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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 17:45

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Nous eûmes tôt fait de comprendre qu'il était dans notre intérêt de monter notre affaire. Je plaisais à Lio et Lio me plaisait. Nos noms anagrammes étaient un signe.
Le temps pressait.
Nous scellâmes notre association par un gros baiser amical, ce qui nous fit chaud au coeur.

Comme il était facile de faire accepter son projet dans notre cité !
Cette façon simple et évidente qu'avait Le Bureau des Entreprises de donner sa chance à quiconque voulait se lancer, était des plus encourageantes. Je ne sache pas qu'il y eût maintes sociétés passées capables d'aider ainsi leurs concitoyens.

Il ne fallait pas plus de deux heures. Un local nous fut alloué gratuitement, comme il était d'usage pour toute personne qui se proposait de rendre service à ses congénères. Il nous plut et nous envisageâmes de concert que nous lui donnerions un aspect attrayant. Lio me sembla artiste lorsqu'elle me fit entrevoir les transformations qu'elle comptait y apporter.

Des professeurs patentés, voilà ce que nous devînmes en un clin d'oeil. Nous fallait-il une formation pédagogique particulière pour exercer la profession que nous avions choisie ? Nous rîmes à cette pensée. Nous savions le B A BA de la politesse : faire bonne figure en toutes circonstances, choisir les mots qu'il faut, le ton qu'il faut, les gestes qu'il faut, pour être le plus agréable possible et ne froisser aucune susceptibilité, s'appliquer à une langue claire et châtiée, enfin, en toutes occasions, savoir déployer les règles de la courtoisie.

À quoi servirait d'user d'astuces rebattues pour vivre en bonne intelligence avec autrui ? Il suffit de la politesse qui vient du coeur, celle que la bonté inspire, celle qui vous invite à de tendres attentions*. Il suffit, en un mot, d'être honnête avec soi-même.

   « Si je veux enseigner cela, me dis-je, il me faudra faire un immense effort. Ne suis-je pas toujours sur mes gardes dans ce monde retors ? Ne suis-je pas toujours prête à bondir lorsqu'on met ma patience à mal ? Un travail sur moi-même s'imposait. Un pédagogue ne doit-il pas toujours exercer sur lui les principes qu'il professe ? »

......................................................................
*De toutes les obligations qu'on peut avoir à une belle âme, ces tendres attentions, ces secrètes politesses de sentiment sont les plus touchantes. MARIVAUX.

 

> Sur la politesse, reportez-vous à l'article suivant : 135 Délires pédagogiques + Test sur la politesse, le savoir-vivre et l'art de la table QUIZ 25 
 

NOTES

Nous eûmes tôt fait de comprendre qu'il était dans notre intérêt de monter notre affaire.

qu'il était de notre intérêt...

qu'il était d'un grand intérêt, d'un intérêt vital...


LE CHIASME
Je plaisais à Lio et Lio me plaisait.
Figure de style qui comporte un parallélisme et une inversion. Elle traduit soit l'union, soit l'opposition.

UNE ANAGRAMME (et non pas un anagramme)

Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4

Une anagramme est la transposition des lettres d'un mot ou d'une phrase pour faire un autre mot ou une autre phrase.

Lio est l'anagrame de Oli, les deux personnages des Délires.
 

Une anagramme de Pierre de Ronsard (Marie, aimer)

« Marie, qui voudroit vostre beau nom tourner

Il trouveroit aimer : Aimez-moi donc Marie »

anagramme de Pierre de Ronsard : Rose de Pindare
 

Beaucoup se sont amusés à rechercher pour pseudonyme une anagramme de leur nom ou bien leur nom est une anagramme du nom de quelqu'un d'autre.
Pascal Obispo : Pablo Picasso
Paul Verlaine devient Pauvre Lélian.
Voltaire : (François Marie) Arouet Le Jeune,  probablement AROVET LE IEUNE (le u devient v, le j devient i)
Boris Vian : Bison ravi, Brisavion, Baron Visi
Jean-Paul Sartre : Jean Sol Partre  dans L'Écume des jours de Boris Vian
François Rabelais : Alcofribas Nasier
Salvador Dalí : Avida dollars (surnom donné par André Breton)
Raymond Queneau : Don Evané Marquy ou Rauque Anonyme
André Breton : Étron de Bran
Marguerite de Crayencour : Marguerite Yourcenar (il manque un c)
Honoré (de Balzac) : Lord R’hoone
Margaret Thatcher : Rather great match

Sur les pseudonymes, voir le Quiz n°19, trois parties (1/3 - 2/3 - 3/3)

Voir aussi l'article :

>>> Anagrammes - Virgo serena, pia, munda et immaculata
......................................................................

Cette façon était des plus encourageantes
des plus suivi d'un adjectif signifie très, l'adjectif se met au pluriel.

Je ne sache pas qu'il y eût maintes sociétés passées

je ne sache pas, proposition au subjonctif, elle-même suivie du subjonctif - Langue soignée

je ne connais pas, je ne sais pas.

Voir : Je ne sache pas que
On trouve quelquefois : On ne sache pas...

L'expression comporte une nuance : une constatation prudente.

 

À quoi servirait d'user d'astuces rebattues... ?
Une astuce, c'est une manière d'agir qui permet de se tirer d'affaire quand on rencontre une difficulté. Un truc ingénieux, une trouvaille de petit futé.
Littré donne une définition beaucoup plus péjorative :
Adresse qui va au mal. Vous connaissez l'astuce de votre adversaire.
Rebattu, se dit de quelque chose que l'on a entendu souvent répéter, et que l'on est las d'entendre.

Conte usé et rebattu ;
C'est celui qu'en ces vers j'accommode à ma guise...
Jean de La Fontaine, La Matrone d'Ephèse

J'ai les oreilles rebattues de cette histoire.
J'ai l'esprit rebattu de vos jérémiades.
Je suis si rebattu de tes cris incessants que j'en suis épuisé.

Voir l'article : Ne pas confondre rabattre, rebattre (rabattu, rebattu)

 

s'appliquer à une langue claire et châtiée
Un style châtié, un style très pur et très correct. Littré  

 
Ne suis-je pas toujours sur mes gardes dans ce monde retors ? 

Retors : Au sens figuré, un homme retors est un homme fin, artificieux, par comparaison au fil qui a été retordu. (Littré)
On peut dire qu'il a l'esprit tordu, qu'il est hypocrite et rusé.
......................................................................

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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