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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 17:04

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1- D'après Pierre-Alexandre Lemare, dans Cours de langue française: en six parties : idéologie, ... (1819) volume 2 pages 613 & 614.

FEU (feue, feus, feues) défunt, mort depuis peu de temps.

Pas d'accord avec le substantif lorsqu'il est placé avant un déterminant : feu mon père, feu ma soeur.

J'ai ouï dire à feu ma soeur que sa fille et moi étions nés la même année. [Montesquieu, Lettres Persanes, 51]

Accord avec le substantif lorsqu'il est placé après un déterminant :

ma feue soeur, votre feue mère, la feue reine.

NU

Il était nu-tête et nu-jambes, les pieds chaussés de petites sandales, le chef orné de longs cheveux. [Voltaire, L'Ingénu]

Nu-pieds, nu-jambes, nu-tête, ont été d'abord des négligences qui sont ensuite devenues usuelles.

On dit les pieds nus, les jambes nues, la tête nue.

DEMI

L'adjectif demi, placé devant le substantif, reste invariable, une demi-heure.

Lorsqu'il est après le substantif, il varie selon le substantif auquel il se rapporte, qu'il soit exprimé ou sous-entendu : Il viendra dans une heure et demie. Il n'aura pas la portion entière mais la demie.

 

2-Dans le Dictionnaire Littré - Dictionnaire de la langue française (1889)

FEU, FEUE, Défunt, défunte.

Il se met après l'article défini ou après un adjectif possessif, et alors il s'accorde avec son substantif. Une devise qui est peinte au Louvre dans l'antichambre de la feue reine mère Anne d'Autriche, [Bouhours, Entretien des devises, p. 287]

Il se place avant l'article défini ou l'adjectif possessif, et alors il est invariable. Je tiens de feu ma femme, et je me sens comme elle Pour les désirs d'autrui beaucoup d'humanité, [Molière, Mélicerte, I, 4]

Il se met devant un nom propre, et il est invariable. Et l'on dit qu'autrefois feu Bélise, sa mère.... [Molière, Mélicerte, I, 4]

Il se met devant monsieur, et madame, et alors il est invariable. Vous étiez, madame, aussi bien que feu madame la princesse de Conti, à la tête de ceux qui se flattaient de cette espérance, [Voltaire, Épît. à la duch. du Maine]

REMARQUE

1. Feu s'accorde avec son substantif quand il suit l'article : la feue reine ; mais il reste invariable quand il le précède : feu la reine, feu ma mère.

2. Cette règle est contestée par plusieurs grammairiens qui repoussent une pareille anomalie. Si on se réfère à l'usage, il n'a pas été toujours constant ; témoin cet exemple de Balzac : Si vous ne connaissez pas Uranie, cette nymphe que j'ai tant louée, je vous avertis que c'est feue ma bonne amie, Mme des Loges, Lett. XI, 13.

3. D'après l'Académie, feu n'a pas de pluriel ; cette remarque n'est pas fondée ; et il est correct de dire : les feus rois de Prusse et d'Angleterre. On dirait aussi, mais sans accord : feu mes oncles.

4. Feu ne se dit que des personnes que nous avons vues ou que nous avons pu voir ; on ne dit pas feu Platon, feu Cicéron, si ce n'est en plaisantant ou en style burlesque.

5. Quand on dit le feu pape, le feu roi, etc. on entend toujours le pape dernier mort, le roi dernier mort, etc. Il n'y a point trouvé les propositions condamnées par le feu pape, [Pascal, Prov. 1]

6. On dit feu la reine s'il n'y a pas de reine vivante ; et la feue reine si une autre l'a remplacée.

Le Grevisse* précise que cela est vrai pour feu la reine mais la feue reine est possible qu'il y ait une reine vivante ou non.

Le Bon Usage, 15e édition en 2011.

 

3- Dans le Dictionnaire de l'Académie, 8e édition (1932-1935) :

FEU Qui est mort depuis peu de temps. Il est invariable quand il précède l'article, un adjectif possessif ou un nom qui n'est pas déterminé. Feu la reine. Feu ma mère. Feu Madame Henriette. La feue reine. Ma feue mère. Les feus rois de Suède et de Danemark. Il ne se dit guère au pluriel.

 

4-Dans le Dictionnaire de l'Académie, 9e édition* (en chantier depuis 1986) : > FEU, adj.

 

 

*Ouvrages qui ne sont pas dans le domaine public

Retrouvons Feu dans l'article : Ne pas confondre : feux et feus – sensé et censé – chaos et cahot – efficace et efficient – émotionné et ému - bruire et bruisser

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commentaires

Evelyne, Tout Simplement 04/06/2014 19:35

" Feu-feue".. Voila qui est intéressant pour qui s'occupe de sa généalogie !! Je vois ces termes régulièrement sur les actes d'état civil de mes ancêtres !!
Je partage sur mon blog généalogie !

mamiehiou 11/06/2014 08:19

Et pourtant vos ancêtres ne sont pas morts d'hier !

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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