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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 13:57

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Scène de la vie ordinaire

 

Anaëlle et Léon

 

Léon— Oui, je sais, tu as toujours raison !

Anaëlle— Mais regarde. Tu veux mettre ton carton dans ce placard étroit et tu le tiens de telle sorte qu'il ne pourra pas rentrer. Voyons ! Présente-le donc verticalement et le plus petit côté d'abord. Tu arrives à me donner le vertige à te voir tout ce temps juché sur l'escabeau.

Léon— Ouais !

Anaëlle— Tu vois, il est rentré sans problème.

Léon— Ouais !

Anaëlle— N'avais-je pas raison ?

Léon— Ouais, tu avais raison, comme toujours ! C'est ce que tu crois, Anaëlle.

Anaëlle— Et pourquoi ne réfléchis-tu pas avant de faire quelque chose ?

Léon— Arrête ! Tu veux bien ? J'aimerais réfléchir si tu m'en donnais le temps.

Anaëlle— Je te donne des conseils et ça ne te plaît pas. Je veux simplement te rendre service.

Léon— Bon, tu m'as rendu service. Ça suffit.

Anaëlle— Et tu ne me dis jamais merci.

Léon— Ça va Anaëlle, merci !

Anaëlle— Comme j'aimerais que tu sois autonome... et responsable ; je ne serais pas toujours aux aguets.

Léon— Tu crois que tu as raison de toujours épier ce que je fais, et moi, je sais que tu as tort. Je ne suis plus un enfant. Il est temps que tu me laisses penser et agir par moi-même.

Anaëlle— Je vois que tu fais la tête. C'est un comble !

Léon— Parfois, j'aimerais que tu ne m'aides pas.

Anaëlle— Tu es injuste. Tu serais resté une heure à tourner et retourner le carton dans tous les sens. Tu te serais énervé. Tu n'aurais pas compris qu'il fallait le présenter verticalement pour qu'il rentre dans son logement.

Léon— Dis-moi carrément que je suis stupide.

Anaëlle— Je ne dirais pas cela. Je sais bien que tu n'as jamais été bon en géométrie, en géométrie dans l'espace, qui plus est.

Léon— Écoute, ce n'est pas à mon âge que je vais m'améliorer, et ce n'est pas la première fois que tu me fais cette remarque. Si tu me laissais agir seul, je suis sûr que j'arriverais à mes fins.

Anaëlle— Quand tu as vu qu'engager le carton comme tu le faisais, ça ne marchait pas, au lieu de t'obstiner, tu aurais pu le tourner d'un autre côté. Tu pourrais quand même faire un effort.

Léon— Ce n'est pas la peine de me seriner que je mets plus longtemps que toi à faire les choses.

Anaëlle— Les choses simples, reconnais-le.

Léon— On ne va pas en parler toute la journée. Passons à autre chose.

Anaëlle— À une autre chose simple, tu veux dire. Eh bien, tu pourrais maintenant ranger l'escabeau dans la loggia.

Léon— Bien.

Anaëlle— Tu n'allais pas le laisser là. Je suis sûre que tu l'aurais oublié et il aurait gêné le passage.

Léon— Je vais le ranger.

Anaëlle—Fais attention aux lampes, Léon, tu risques de les heurter avec l'escabeau.

Léon— Ah, je sais bien qu'il y a des lampes, ce n'est pas la peine de me le dire.

Anaëlle— Je préfère t'avertir avant que le mal ne soit fait. Tu m'en as cassé deux la semaine dernière.

Léon— Mais je le sais maintenant ; je fais attention.

Anaëlle— Regarde comme tu mets l'escabeau ! On ne pourra plus passer pour étendre le linge.

Léon— C'est la loggia qui est trop petite.

Anaëlle— Mais si tu glisses l'escabeau au fond, il ne gênera pas.

Léon— Je sais, je sais, tu as toujours raison.

Anaëlle— Use your head !

Léon— Qu'est-ce que tu marmottes, je n'y comprends rien.

Anaëlle— Utilise tes neurones !

Léon— Je ne dois pas en avoir autant que toi. C'est ce que tu insinues ?

Anaëlle— Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit ; mais j'aimerais que tu regardes avec un peu plus d'attention le monde qui t'entoure. Tu aurais plus de prise sur lui.

Léon— Nul besoin que je le fasse puisque tu le fais pour moi. Tu vois, je me plie à ton autorité, avec une parfaite docilité, reconnais-le.

Anaëlle— Cesse tes sarcasmes. Je ne serai peut-être pas toujours là.

Léon— Je me retiens de te dire ce que je pense.

Anaëlle— Ne t'inquiète pas, mon chéri, je ne te quitterai pas. Tant que je serai en ce monde je resterai prête à te porter secours. Mais qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi mets-tu l'escabeau près de la fenêtre ? Elle est ouverte ! Fais attention ! Tu n'as pas besoin d'y grimper dessus ! Attention Léon ! Tu vas tomber Léon ! Attention !

Léon— No te preocupes !

Anaëlle— Léon ! Léon !

Léon— Là, tu n'as pas raison de crier, Anaëlle. Je veux simplement enlever une toile d'araignée. Qu'est-ce que tu crois ?

Anaëlle— Je crois que je ne peux pas te laisser une minute sans surveillance.

Léon— Et si je faisais tout cela pour que tu t'occupes de moi, Anaëlle, et pour mesurer à quel point tu m'aimes ?

Anaëlle— Ma parole, je croyais que tu ne voulais plus que je t'aide en quoi que ce soit !

Léon— Bien au contraire, Anaëlle, je ne peux pas me passer de toi.

Anaëlle— Natura nihil facit frustra.

Léon— Quésako ?

Anaëlle— La nature ne fait rien en vain, Léon.

 

♥ ♥ ♥

 

La Dialectique éristique — Wikipédia :

La dialectique éristique est l'art de la controverse. Cet art repose sur la distinction entre la vérité objective d'une proposition et l'apparence de vérité que cette proposition peut prendre aux yeux des disputeurs et des auditeurs. La finalité de cet art est de fournir des moyens pour parvenir à cette dernière apparence, afin de convaincre les auditeurs que l'on a raison, même si l'on a objectivement tort.

 

Passez un moment à lire Schopenhauer, vous ne le regretterez pas.

Arthur Schopenhauer : "L'art d'avoir toujours raison" PDF

L'Art d'avoir toujours raison – Wikisource

 

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Je ne marche pas, je ne vois point, je ne mange mie, je ne bois goutte

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et aussi : CONTES, NOUVELLES ET POÉSIES DE MAMIEHIOU

 

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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