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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 17:46

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FULGURANCE

 

Dès que mes yeux se posèrent sur la photo accrochée au mur de la salle d'attente, je fus frappée d'une émotion intense. Un couple s'y étreignait avec violence.

Le jeune homme avait enfoui la tête dans le creux de l'épaule de sa bien-aimée. Elle, rejetant la tête en arrière, se cambrait sous le poids de l'embrassement. Il la serrait passionnément contre lui, la pressait de toutes ses forces.

Derrière eux, tout près encore, un train s'en allait, crachant sa fumée blanche, un halo qui emprisonnait les deux amants.

Le plan italien, qui ne permettait pas de voir le bas des corps, laissait deviner, dans la perspective, qu'ils étaient au milieu de la voie. Qu'importait le danger ? Qu'un autre train fût arrivé, il les eût fauchés dans l'extase. En y prenant garde, ils auraient pu lire deux pancartes dressées à gauche : Beware of trains, Please do not cross the line here. La répétition de l'avertissement laissait supposer le danger extrême.

Ils restaient là, immobiles, l'un à l'autre.

 

Elle portait une coiffure haute avec un chignon sur la nuque retenu par des peignes invisibles. Comme elle était fraîche et délicate dans sa petite robe sombre à pois blancs ! Lui, semblait vêtu d'un par-dessus ordinaire et froissé. Ses cheveux frisés, en bataille, ajoutaient à sa fougue.

S'étaient-ils séparés longtemps ? On pouvait le croire, à voir l'élan qui les unissait. La guerre peut-être. La guerre sûrement. J'en imaginais l'époque sombre.

*

Qui a jamais vécu un tel instant de retrouvailles connaît les sensations ardentes qui submergent le corps, les transports qui subliment l'âme ! Retrouver l'être aimé après l'absence ! L'exaltation fait exploser le coeur et inonde la tête de petits corps subtils et délicieux. On est autre, on est ailleurs, dans un paradis qu'on croyait jusqu'alors perdu. Et le partage de l'amour le décuple. Sentiment à jamais gravé au fond de soi et qu'on recherchera toujours. Aucun érotisme ne l'égale.

*

Le noir et le blanc expressionniste, la lumière qui baigne le couple, soulignent l'histoire tragique des deux jeunes gens en cet instant rare où se mêlent à leur paroxysme la souffrance et la joie.

*

Je plongeai tout éveillée et à corps perdu dans l'univers onirique qui me rappelait un souvenir très ancien, et intact.

*

Tout autour de moi, les gens allaient et venaient, s'asseyaient et se levaient à l'appel de leur nom. Je les regardais les uns après les autres avec l'envie furieuse de leur montrer du doigt la photo. Aucun d'eux n'y jeta un regard. Aucun d'eux ne sembla l'apercevoir. Elle était grande pourtant et j'étais la seule à la voir. Je me retins de rien dire. Que se serait-il donc passé si je leur avais fait part de mon admiration ? Ils m'auraient cru folle. Trop originale pour le moins. Je résolus de rester raisonnable — et muette.

 

Ma cardiologue vint me chercher pour la consultation. Tout excitée encore par l'émotion, je ne pus que dire : « Vous avez une bien belle photo dans votre salle d'attente ! »

Étrange. Elle sembla ne pas savoir de quoi je parlais et se contenta de me regarder, interloquée. Peut-être était-elle trop absorbée par le cas d'un patient qu'elle venait d'ausculter.

Elle était bien douce ma cardiologue, attentive, gentille presque. Je lui confiai mon coeur.

 

Note prise furtivement sur mon agenda :

le photographe est Jocelyn Bain Hogg.

La photo est éditée par Portfolio Gallery.

 

Quelques mois plus tard, alors que je retournais la voir pour un suivi médical, je ne trouvai plus la photo à sa place.

    « Qu'est donc devenue la belle photo que vous aviez dans votre salle d'attente ? » lui demandai-je.

    Oh ? La photo ? Elle est tombée un jour et le cadre a volé en éclats. On l'a jetée. »

Que n'avais-je été là le jour où c'est arrivé ; je l'aurais bien récupérée - même un peu froissée !

Mars 2005

 

J'ai cherché en vain la photo sur internet mais je ne l'ai pas trouvée.

N'y a-t-il pas d'archives sur l'Oeil de la photographie

qui se veut le Wikipédia de la photo ?

> http://www.loeildelaphotographie.com/fr/quest-ce-que-loeil-de-la-photograph

 

 Les différents plans

Lire sur > Cours Photographie : Le Cadrage et les Plans - Valbou Photogra

  • Le Plan Général : est un plan très large de prise de vue d'un contexte permettant d'y intégrer un maximum de données sur le décor, l'ambiance etc...
  • Le Plan Pied : est un plan relativement large où le sujet est visible des pieds à la tête.
  • Le Plan Italien : montre le sujet des genoux à la tête
  • Le Plan Américain : prend le sujet de mi-cuisse à la tête
  • Le Plan Taille : comme son nom l'indique, il permet de faire apparaitre le sujet de la tête à la taille. Ce cadrage permet de mettre le sujet à une distance qui correspond à l'écart entre deux personnes qui discutent. Il met en avant le dialogue et atténuant la place du décor.
  • Le Plan Poitrine : Il est également utilisé pour mettre en avant les conversations. Il est cependant plus intime et donnera plus de poids à ce qu'exprime l'individu. Ce plan est très utilisé par les journalistes. Il intègre la tête et la poitrine.
  • Le Gros Plan : est un plan très intime puisqu'il ne prend que la tête et une partie du cou. Il mettra avantageusement une expression en valeur.
  • Le Très Gros Plan : est un cadrage très particulier, il met l'accent sur un détail d'un visage ou d'un objet. Il permet de plonger le spectateur dans un élément qui pourrait passer inaperçu sur un plan moins serré.

 

> Retour au début de l'article

 

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Published by mamiehiou.over-blog.com - dans contes-nouvelles-poèmes
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commentaires

Olivier 07/05/2016 22:27

Je ne connais pas cette photo mais c'est comme si je la voyais.
À bientôt

mamiehiou.over-blog.com 08/05/2016 08:37

Merci, Olivier !

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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