Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 13:35

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

 

Je viens de retrouver un texte dans mes "vieux papiers". Je vérifie si on le trouve sur la toile.

Oui, il y est, parfois tronqué.

Je n'ai pas retrouvé le nom de l'auteur qui s'est amusé à y faire des calembours. Dommage ! Il méritait d'être cité pour la postérité.

Sommaire de l'article

Qu'est-ce qu'un calembour ?

Texte Décès à l'abbaye

Le Marquis de Bièvre – Son article écrit dans l'Encyclopédie

Quelques calembours du Marquis

Littré

CALEMBOUR : Jeu de mots fondé sur des mots se ressemblant par le son, différant par le sens, comme quand M. de Bièvre disait que le temps était bon à mettre en cage, c'est-à-dire serein (serin).

 

Sur Wikipédia > calembour

 

DÉCÈS A L'ABBAYE

Un grand malheur est arrivé à l'abbaye Saint Pathique et j'ai la terrible mission de vous en faire part. Mardi soir, pendant que l'abbé Nédictine donnait le salut, l'abbé Quille tomba subitement dans les bras du père Iscope. Le père Turbé, son voisin, fit interrompre la cérémonie. Le père Plexe montra son étonnement mais le père Spicace saisit rapidement la situation. Les révérends pères, en perdant l'abbé Quille, perdaient leur plus grand soutien. Même le père Sécuteur, fut affligé. Un seul restait joyeux, le père Fide. Mais le père Cutant le pria sévèrement de compatir ; quant à l'abbé Tise, il n'y comprenait rien. Il aurait bien voulu que le Saint Plet intervienne et lui parle, car lui, au moins, il l'aurait aidé à comprendre. C'est l'abbé Rébask qui prit sous son bonnet de l'éclairer. Le père Iphérique courut chercher le père Manganate et le père Itoine, les deux médecins de l'Abbaye. Ils pensaient ranimer le malheureux mais leurs efforts furent vains. Ils le confièrent au père Manant, qui contacta la soeur Ingue et la mère Curochrome, du couvent voisin. Mais elles ne surent que répondre. Le père Quisition constata le décès, et le lendemain fut donc célébré l'enterrement. Chacun fut appelé à l'Abbaye par les célèbres cloches sonnées par le père Sonnage. Le pape Arazzi lui-même fut prévenu. Il venait tout juste de succéder au pape Yion, le plus éphémère de nos papes, qui avait pris la suite du pape A. Tango-Charli. La messe fut dite sur une musique de l'abbé Thoven. Le père Ocquet fut chargé du sermon pour décharger l'abbé Gueille et, comme il n'avait pas de chaire, il monta sur les épaules du père Choir. A la fin de l'homélie, le père Cepteur et l'abbé Néfisse firent la quête et remirent les dons à l'abbé N'Pé. On nota bien que le réverend Lemoi ne donna rien. Après la messe, une grande discussion s'engagea : pour se rendre au cimetière, l'abbé Canne et l'abbé Trave voulaient passer par les champs. Le père Clus s'y opposait. L'abbé Casse et le père Midechasse en étaient enchantés. Le père Missif s'en moquait bien. Mais le père Vers et le père Nicieux en profitèrent pour semer la pagaille dans les esprits. Finalement, on décida que, comme à l'accoutumée, l'abbé Taillère serait chargé du transfert du corps du défunt, et on passerait par la route. Le père Misdeconduire et l'abbé MW récupéreraient les retardataires. Devant la tombe creusée par le père Forateur, en l'absence du père Missionnaire, l'abbé Nédiction donna l'absoute. Puis on plaça la pierre tombale préparée par l'abbé Tonneuse. Enfin l'abbé Tabondieu et l'abbé Bêtequimonte fleurirent la tombe avec des bouquets assemblés par le père Venche et l'abbé Gonia, fidèles disciples du Saint Ethique. Sur le chemin du retour, le spectacle était déchirant. Le père Pendiculaire était plié en deux de douleur, l'abbé Vitré était plein de larmes Le père Pétuité fit voeu de pleurer à vie. La mère Cédès et la mère Ideparis, invitées à l'inhumation, fermaient la marche en compagnie du frère du père Igord et du Lama Jorette, moine boudhiste, ami d'enfance du défunt. Le père Uvien était aussi venu de loin pour l'occasion. Même le pope Corn du centre orthodoxe proche avait voulu se joindre aux moines dans la peine. L'abbé R'Lue avait demandé l'itinéraire du retour au père Dition, mais ils disparurent avec le père Dudevue. Plus tard, on retrouva la père Du qui s'était égaré. A l'arrivée, le père Sil et l'abbé Chamelle préparèrent le repas à la place de l'abbé Ration, tout en consultant les livres de Saint Doux. La soeur Pilière se propos pour aider. Le père NO et le père Collateur servirent à boire et chacun put se remettre de ses émotions.

 

L'abbé Cédaire

 

Marquis de Bièvre
François-Georges Maréchal
(1747-1789)

Kalembour

Article extrait du Supplément à l'Encyclopédie – 1777

(orthographe du XVIIIe siècle)

KALEMBOUR, ou CALEMBOUR, (Gramm) c’est l’abus que l’on fait d’un mot susceptible de plusieurs interprétations, tel le mot piece, qui s’emploie de tant de manieres : pieces de théâtre, pieces de plein pied, pieces de vin, etc. Par exemple, en disant qu’on doit donner à la comédie une fort jolie piece de deux sols, on fera de ce mot l’abus que nous appellons kalembour. C’est dans ce style que le sieur Devaux dos Caros écrivit en 1630 l’histoire de sa mie de pain mollet, que de nos jours on a donné celle du bacha Bilboquet qui avoit des bras de mer, & nous citerons encore pour des modeles la lettre du sieur, du scieur, de bois flotté à madame la comtesse Tation, la contestation, & la tragédie de Vercingétorix.

Les amateurs séveres veulent que le kalembour puisse s’écrire, & que l’orthographe n’en souffre pas. Ils assurent qu’alors il est plus exact ; mais comme ce n’est point un genre, qu’il trouve mieux sa place dans la conversation que dans un ouvrage, & que vraisemblablement nous avons parlé long-tems avant que de savoir écrire, c’est bien assez pour le kalembour de ne pas choquer l’oreille. D’ailleurs, s’il n’est ni gai ni piquant, il aura beau être très-exact, ce ne sera jamais qu’une sottise très-exactement dégoûtante ; au lieu qu’il est toûjours sûr de son effet, même en dépit de l’orthographe, lorsqu’il est assaisonné de quelque sel, ou qu’il présente à l’esprit quelque contraste vraiment plaisant. Il falloit être de bien mauvaise humeur pour condamner ces deux vers qui sont dans la bouche de Vercingétorix :

Je sus, comme un cochon, résister à leurs armes,
Et je pus, comme un bouc, dissiper vos alarmes.

Ceci est exécrable, disoit-on à l’auteur, vous écrivez je sus & je pus avec un s à la fin, il faudroit qu’on pût y mettre un e pour que le kalembour fût exact : celui-ci répondit au censeur : eh bien ! Monsieur, je ne vous empêche point d’y mettre le vôtre, un nez pour un e.

Cette derniere tournure differe de celle que nous avons indiquée d’abord : aussi le kalembour se présente-t-il de bien des manieres, tantôt c’est une question : par exemple, savez-vous quels sont les ouvriers avec qui l’on s’arrange le mieux ?non : – eh bien ! ce sont les perruquiers, parce qu’il sont tout-à-fait accomodans. Quelquefois c’est une pantomime ; tel est celui d’un musicien qui fatigué de ce qu’on lui demandoit pour la quatrieme fois un autre air que celui qu’il jouoit, fini par aller ouvrir la fenêtre. Tantôt il présente une idée qui avec l’apparence du sens commun est cependant assez obscure pour obliger d’en demander une explication. C’est un jeu auquel les plus fins sont attrapés, pourvu que le moment soit bien saisi : par exemple, comment trouvez vous ce thé là ? savez vous que c’est monsieur .... qui me l’a fait venir de Hollande ? – ah ! ah ! je croyois que c’était monsieur le duc de … qui vous l’avoit donné ; – pourquoi ? – parce qu’on dit dans le monde qu’il a beaucoup de bonté, bon thé, pour vous. Tantôt l’idée du kalembour n’a pas l’ombre du bon sens, mais alors il n’en est que plus plaisant, parce qu’il transporte tout-à-coup l’imagination fort loin du sujet dont on parle, pour ne lui offrir ensuite qu’une puérilité. Marchons toûjours avec l’exemple : n’est-il pas cruel de voir que les hommes soient toûjours cachés & dissimulés, & qu’on ne puisse jamais lire dans leur ame ? cela est affreux. Enfin il n’y a plus que les gens d’écurie qui soient vrais aujourd’hui, – comment ? – sans doute, il ne font point ordinairement un mystere de leur façon de penser, panser les chevaux.

On a vu par l’exemple qui a précédé celui-ci, que le kalembour dépend souvent de la construction que l’on donne à la phrase : car le mot bonté ne pourroit être pris pour bon thé, si l’on disoit, sa bonté, ses bontés, etc. il y a aussi des verbes qui ne présentent d’équivoque que dans quelques-uns de leur tems ; tels que peindre & peigner que l’on pourra prendre l’un pour l’autre, lorsqu’on dira, nous peignons, vus peignez, etc. mais c’est toûjours la maniere d’amener & de placer le kalembour qui le rend plus ou moins plaisant : par exemple, ce seroit une platitude bien froide de dire : cet homme-là mérite d’être cru, il ne faut pas le cuire ; mais on sera sûr de faire rire avec le même équivoque, en supposant un homme condamné à être brûlé qui, au moment où l’on va mettre le feu au bûcher, veut parler encore pour sa justification, & en admettant un interlocuteur qui lui adresse ces mots : va, mon ami, ce que tu dis là & rien, c’est la même chose, tu ne sera plus cru.

Le kalembour devient aussi plus piquant par des circonstances que le hasard seul peut amener ; par exemple, un officier de marine faisoit à table un fort long récit d’une tempête qu’il avoit essuyée vingt ans auparavant : enfin, dit-il, nous jettâmes l’ancre, & nous donnâmes de nos nouvelles ; vous aviez donc perdu la tête tout-à-fait, reprit quelqu’un, puisque voulant donner de vos nouvelles, vous avez commencé par jetter l’encre. Voilà ceux que les dissertateurs & les conteurs ne pardonnent pas, ainsi que les prétendus beaux esprits, parce qu’alors on les abandonne pour rire, & qu’on n’y revient plus. Le kalembour employé de cette maniere seroit une armée défensive assez utile en société ; mais de quoi n’abuse-t-on pas ? On en a fait quelquefois une arme très offensive, tel est ce fameux mot de Moliere au parterre, le jour que le premier président de Harlai, qu’on croyait reconnoître dans Tartuffe, en fit suspendre la représentation : Messieurs, nous comptions avoir l’honneur de vous donner aujourd’hui Tartuffe, mais M. le premier président ne veut pas qu’on le joue. Telle est encore cette répartie d’un homme à une femme qui lui demandoit pourquoi il la considéroit si attentivement, je vous regarde, madame, répondit-il, mais je ne vous considere pas.

Il y a une remarque assez singuliere à faire sur ceux qui écoutent un kalembour ; c’est que le premier qui le devine le trouve toûjours excellent, & les autres plus ou moins mauvais, à raison du tems qu’ils ont mis à le deviner, ou du nombre des personnes qui l’ont entendu avant eux ; car dans le monde moral, c’est l’amour-propre qui abhorre le vuide.

Il paroît qu’il n’y a point de langue morte ou vivante qui prête plus au kalembour que la françoise. Les François en font tous les jours sans qu’ils s’en aperçoivent, mais les étrangers sur-tout y sont pris à chaque instant ; on connoît celui de cet Anglois qui trouvoit ses bottes trop équitables, trop justes, & qui croyoit parler plus honnêtement, en disant qu’il revenoit du dévoyement de Saint-Germain. Au reste toutes les langues du monde fournissent nécessairement une ample matiere aux équivoques ; la nature est si riche, nous sommes remués par tant de causes, que notre articulation ne peut suffire à distinguer les nuances que nos yeux & notre esprit peuvent apercevoir, ainsi les kalembours doivent être aussi anciens que les hommes. Si nous voulions parler ici des doutes & de l’obscurité que des rapports de mots ont jettés dans l’histoire ancienne, des changemens et des malheurs qui ne sont arrivés que faute de s’entendre, nous trouverions moyen de donner quelque importance au kalembour, & de remonter peut-être à l’origine de l’antipathie qui existe entre la philosophie & lui ; mais nous nous contenterons d’ajouter qu’il faudroit avoir bien de la rancune pour le bannir absolument de la société, aujourd’hui que nous sommes assez éclairés pour qu’il ne puisse plus nous donner que matiere à rire.

Pour finir dignement cet article, nous devrions indiquer son étymologie : mais nous avons le courage d’avouer que nous ne la connoissons pas. On croit bien y trouver le mot latin calamus : mais il faudroit quelque chose de plus ; d’ailleurs cette origine ne conviendroit point à une plaisanterie que l’oreille seule peut admettre. On doit nous trouver bien généreux de convenir ainsi de notre impuissance, car il ne tiendroit qu’à nous de dire qu’il dérive du composé lizotruq, se divisant en beaux rameaux, ce qui exprimeroit assez bien les différentes significations d’un même mot. C’est ici le seul lieu de parler de deux autres rébus connus sous le nom de charade & de contrepetterie, qui, sans avoir aujourd’hui les mêmes ressources que le kalembour, ont pu produire autrefois les mêmes erreurs.

Pour faire une charade, il faut choisir un mot composé de deux syllabes qui chacune fasse un mot, tel que mouton, alors on propose ce mot à deviner, en disant, ou à peu-près : mon premier désigne ce qui n’a point de consistance : sans mon second, il n’y auroit point de musique, mon tout est un animal pacifique. Ainsi la charade est toûjours une plaisanterie préparée.

On fait une contrepetterie lorsqu’on transpose la premiere lettre de deux mots, ce qui arrive fréquemment à ceux qui parlent avec trop de volubilité ; mais pour qu’elle soit exacte, il faut que la phrase ait toûjours sens, tel ridicule qu’il soit : exemples, un feu trop près du port, pour un peu trop près du fort ; le caire se mouche, pour le maire se couche.

La contrepetterie offre quelquefois des contrastes assez plaisans : la charade peut quelquefois être un madrigal & même un épigramme, mais elle ressemble toûjours à un commentaire, & ne se présente jamais que sous le même aspect ; on voit d’ailleurs que ces deux sortes de rébus sont si dénués de gaieté par leur construction, que les plus plaisans sont ceux que nous ne pouvons citer ici. (D. B.)

Calembours du Marquis de Bièvre

Apprenant à un ami qu'un homme s'était jeté dans un puits par désespoir d'amour.

"Dans un puits? Mais c'est là se conduire comme un fou !

Dites plutôt comme un sot !" (un seau)

 

"Ma santé est bien altérée", se plaignait un vieux libertin.

Eh bien, que ne la faites-vous boire" lui répondit le marquis Georges de Bièvre.

 

Le marquis aimait se promener avec ses jolies invitées dans un bosquet planté de six ifs : "Madame, s'écriait-il voici l'endroit décisif !" (des six ifs)

 

Dernier calembour en mourant à Spa, où il était allé prendre les eaux.

"Mes amis ! je m'en vais de ce pas." (de Spa)

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : LE BLOG DE MAMIEHIOU - La langue française telle qu'on l'aime  De la grammaire, des exercices divers, des dictées commentées, des histoires, des textes d'auteurs, des infos pratiques...
  • : Pour tous ceux qui aiment la langue française. Son histoire, sa grammaire et son orthographe. Des dictées commentées, des exercices ébouriffants, un florilège de textes d'auteurs, etc.
  • Contact

Mon Profil

  • mamiehiou.over-blog.com
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.

Mon blog

Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

Rechercher Un Mot Du Blog