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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 08:20

> Contes, Nouvelles & Récits de Mamiehiou

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LE REGARD DES AUTRES

 

Dans un pays du nord, fort éloigné du nôtre, vivait un jour un jeune garçon, si petit, si contrefait, qu'on avait peine à reconnaître qu'il appartenait à la famille des humains. Comme si le sort avait pris plaisir à s'acharner sur lui davantage, il avait perdu son père et sa mère, sitôt sorti de l'enfance. Tous les deux avaient succombé à des maladies inconnues, et le pauvre orphelin entendait douloureusement autour de lui, les murmures d'une suspicion malveillante.

 

Ainsi était-il resté seul, abandonné de tous, à vivre dans la petite cabane que son père avait construite au plus profond du bois. C'était tant bien que mal qu'il avait survécu, grâce à son côté débrouillard et inventif, comme l'avaient fait les chasseurs-cueilleurs et les pêcheurs à l'origine de l'humanité.

 

August, c'était là son nom, nom qui collait, à la vérité, bien mal à sa figure, August donc, s'était fait une vie bien réglée.

 

Il se postait chaque matin sous le porche de l'église du village et ne tendait pas la main. Si les regards sensibles s'étaient posés sur sa mine disgracieuse à faire peur, on n'aurait pas hésité à le bastonner illico pour le faire déguerpir car on aurait craint qu'il ne fît avorter les femmes grosses et tourner le lait dans les mamelles des allaitantes. Alors il se cachait soigneusement le visage des deux mains, sa capuche trouée de part en part ne l'eût pas assez protégé.

Assis en tailleur sur le sol le plus souvent glacé, il déposait devant lui un vieux nid d'hirondelle où venaient parfois s'entrechoquer quelques rares pièces jaunes que les paroissiens les moins insensibles lui concédaient dans l'espoir de gagner la reconnaissance du ciel. À le voir si mal loti, certains étaient convaincus qu'il portait les stigmates de crimes ancestraux, comme le leur avait appris la Bible en ses textes anciens, les fautes des parents retombant fatalement sur leurs enfants.

 

On sait bien aujourd'hui que cela n'est pas vrai, mais le pasteur n'était pas homme à jouer l'exégète. De sa voix tonitruante sous les voûtes romanes, il hypnotisait les consciences, et ses brebis, qu'elles fussent fidèles ou égarées, croyaient dur comme glace, qu'Adam était leur père et Ève leur mère. Quant à cette dernière, ils auraient préféré ne pas en être aussi sûrs quand ils en connaissaient la fâcheuse crédulité.

Ainsi, dès matines, August se tenait-il devant la vieille église. L'obscurité était presque totale, puisque, comme on le sait, le soleil ne se lève pas avant le jour. Seules quelques lanternes tremblotantes jetaient comme à regret leurs lueurs craintives sur le pauvre hère. À cette heure-là, il ne récoltait rien, car les mains qui passaient à la hauteur de sa tête étaient dévotement mais bien douillettement recroquevillées dans leurs moufles.

 

Il n'était rien. Il n'existait pas. Il se serait changé brusquement en statue de granit pour devenir le compagnon anachronique des apôtres alignés depuis des siècles sur l'archivolte du tympan évangélique, personne ne s'en fût aperçu. On l'eût pris pour un monstre grimaçant, une gargouille égarée comme on savait si bien les imaginer en un temps où l'enfer était pavé de braises.

Il restait là, heureux, patient, serein, dans l'attente qu'il se passât, pour lui seul, chaque jour, un événement miraculeux.

Lorsque l'office se terminait, il regardait entre ses doigts, sortir un à un, comme des fantômes vêtus de noir, les hommes et les femmes dont le coeur était tout vibrant de cantiques. Le sermon portait parfois sur la charité. C'étaient ces jours-là que quelques piécettes tombaient dru.

Lorsque l'église s'était vidée corps et âmes, August y pénétrait, frissonnant de froid et de joie imminente. Il s'assoyait sur la stalle sculptée, patinée depuis des lustres par de pieuses fesses et interdite au commun des mortels, il ôtait sa capuche devenue inutile, et se mettait à regarder fixement la madone, noble et accueillante, debout sur l'encorbellement. C'était la chose la plus belle qu'il lui fût donné de voir. Avec sa longue robe blanche, la ceinture bleu ciel qui marquait sa taille, la couronne d'étoiles qui flamboyait à la lueur des cierges, la statue de Marie resplendissait. Le visage, empreint de douceur et d'exquise aménité gratifiait August d'un sourire virginal.

Le coeur d'August était comblé.

Il se passait des heures avant que le contemplateur à l'âme sensible, touché par le silence et la sainteté du lieu, se mit à voir s'animer la madone impassible.

Que ce fût la rémanence rétinienne qui veut que, quand on regarde longtemps un point, un halo lumineux et coloré se crée autour de lui, dû à l'infinitésimal et involontaire mouvement de la pupille, ou bien qui sait, un effet de ses neurones miroirs, August voyait clairement une jeune femme devant lui, attentive à sa présence et qui ne détournait pas le regard comme les autres femmes avaient coutume de le faire. Une aura arc-en-ciel vibrait autour d'elle, comme si l'Arche d'Alliance1 l'eût sanctifiée.

 

Chaque jour, August restait là, absorbé, fasciné, captivé, ébloui, jusqu'à ce que la voix tonnante du pasteur, partie du fond de l'abside, ne retentît pour lui reprocher mille maux.

August se levait, tremblant, pris sur le fait comme un mauvais larron. Il s'enfuyait à toutes jambes pour rejoindre dans son bois la tranquillité retrouvée où seules les biches, ses compagnes, venaient à sa rencontre et broutaient délicatement dans ses mains les rares brins d'herbe cueillis sous la neige.

 

August n'était ni stupide ni superstitieux. Il savait bien que ce n'était pas la vraie Vierge Marie qui lui souriait : il était assez lucide pour reconnaître qu'il n'avait rien d'un saint et que l'Immaculée Conception, comme elle se nomme elle-même, n'avait pas le dessein de lui apparaître. Mais il lui était doux de s'en laisser accroire, et il renouvelait chaque jour ce plaisir, assis sur le siège vénérable, pour s'imaginer qu'il appartenait à une essence supérieure digne d'une cour sacerdotale.

 

On pourrait s'étonner de voir que dans ce bout du monde, le luthéranisme n'avait pas pu accomplir son oeuvre intégrale de destruction de la foi papiste. On était encore sensible au pouvoir d'intercession des saints et l'on aimait à les célébrer sans en être inquiété par une hiérarchie autoritaire mais beaucoup trop éloignée pour qu'elle se souciât du salut de ces âmes perdues au diable vauvert. C'est pourquoi l'on entendait souvent raconter en chaire l'épopée malheureuse de la croisade de Saint Erik, et là encore se transmettaient de génération en génération Les Révélations de Sainte Brigitte qui remit le roi Magnus dans le droit chemin.

 

Ah ! Comme on était loin des crises de conscience qui sévissaient dans le pays ! Et des querelles théologiques qui donnaient lieu à des discussions sans fin ! Dans la petite île perdue d'August, on n'avait jamais entendu parler ni de piétisme, ni de jésuitisme, ni de rationalisme, ni de libre pensée.

 

Mais comment n'être pas surpris de la présence de la belle madone, gracieuse et transcendante, tout nouvellement arrivée dans ce lieu iconoclaste ? Il faudrait raconter l'odyssée de ce pauvre pêcheur d'Islande2 perdu en haute mer, menacé de naufrage, que les vagues avaient emporté vers ce bout de terre inconnue. Il avait été sauvé de justesse grâce à ses prières mariales, et il avait laissé sur le rivage, havre salvateur, la madone qui venait tout droit de France, comme cadeau à cette île qui ne figurait même pas sur ses cartes marines, vieux portulans à mettre à jour.

Les villageois avaient trouvé la statue, sans savoir comment elle avait échoué là, don du ciel assurément, et elle fut transportée en grande pompe dans la maison de Dieu, où depuis elle ne cessait d'émouvoir les coeurs.

Surtout celui d'August.

 

Il faut dire que le village offrait bien peu de distractions. Trois ou quatre fois l'an, venait du continent un cinématographe ambulant qui proposait des films projetés sur une grande toile blanche tendue entre deux troncs dénudés. Tous, ravis de ce divertissement, donnaient leur écot. Grâce à sa petite taille, August parvenait à se faufiler et à se faire passer pour un enfant. C'était gratis pour lui. Quelques malotrus avaient parfois bien envie de le dénoncer, mais on les poussait du coude en leur intimant de n'en rien faire. Tous n'étaient donc pas aussi mauvais. On subodore même que certains avaient pitié de lui, mais, de nature moutonnière, ils s'en cachaient bien. C'étaient les films du cinématographe qui avaient donné à August l'idée qu'autre chose existait au-delà de la mer, que son pays ne se bornait pas aux plages de cailloux blessants et aux falaises crayeuses qui devenaient violettes au soleil couchant, bords de mer qu'il avait parcourus maintes fois et qu'il aimait, particulièrement lorsque les vagues déchaînées crachaient leur écume mousseuse et venaient s'écraser en grands flocs. C'était un jeu excitant que de marcher trop près du rivage au risque qu'une lame scélérate l'arrachât de ses griffes monstrueuses.

La conviction qu'il avait, qu'un monde existait tout autour de son île, s'était renforcée le jour où il avait dérobé dans le presbytère Le merveilleux voyage de Nils Holgerson3 qu'il avait lu et relu avidement. Il aurait bien voulu, comme Nils, chevaucher l'oie vagabonde, et puis franchir les mers pour ne plus revenir.

 

Partir... Partir...

 

August restait des heures et des jours plongé dans ses rêveries. Bientôt, il se mit à regretter le temps où la contemplation de la madone remplissait son coeur et suffisait à son imagination.

Il sentait monter en lui le sang viking, fort et intrépide, qui avait permis à ses aïeux de se rendre maîtres de l'océan hostile et de parvenir aux confins du monde.

Il fuirait pour de bon les visages malveillants qu'il avait peur de croiser dans son propre village. Il rencontrerait là-bas des gens qui ne se sauveraient pas à son approche, des gens qui lui ressembleraient. Il s'imaginait les saluant sans se voiler la face ; il pourrait même leur adresser la parole ; peut-être, qui sait, pourrait-il les appeler par leur nom ; mieux encore, il aurait l'audace de leur serrer la main. Il ne verrait plus la lueur de dégoût et de haine dans les regards qui se poseraient sur lui. Il n'entendrait plus les ricanements et les sobriquets dont on l'affublait et qui lui brisaient le coeur.

Plus les mois passaient, plus il sentait grossir en lui l'impatience.

Pour la distraire, il lui arrivait de vouloir s'approcher de ses semblables (bien dissemblables à dire vrai). Qu'il sût depuis longtemps que tout commerce avec eux était impossible, cela ne faisait aucun doute, mais les épier sans qu'ils pussent s'en apercevoir, voilà l'idée qui se mit à germer dans son âme solitaire.

 

Chaque soir, à l'heure du crépuscule, il prit l'habitude de se mettre en route en direction du village.

Il se faufilait à travers les ruelles en prenant garde de ne rencontrer âme qui vive. Il se postait près des fenêtres faiblement éclairées lorsque les longues soirées d'hiver réunissaient plusieurs familles et que le conteur, inspiré par les vieilles légendes, évoquait le dieu Thor si effrayant dans son char tiré par ses deux boucs, dévalant les nuages transpercés d'éclairs en faisant un vacarme abominable. Comme il était menaçant, ce dieu gigantesque quand il brandissait sans pitié Mjölinir, son horrible marteau, pour combattre les Géants !

Les enfants écoutaient, terrifiés, et ponctuaient de soupirs et de cris les exploits de celui qu'ils connaissaient bien, pour l'avoir entendu, en tremblant, les jours d'orage.

Le conteur les emmenaient parfois vers Thulé4, l'Ultima, la fabuleuse contrée qui s'étendait aux confins du septentrion ; il évoquait la triste histoire de son roi qui reçut une coupe ciselée d'or à la mort de sa bien-aimée ; lorsqu'il sentit sa fin proche, ce roi fidèle lança dans les flots le vase vénéré afin que personne ne pût le recevoir en héritage.

L'émotion était palpable dans l'auditoire qui avait pourtant mille fois entendu l'histoire tragique. Les adultes mêmes essuyaient furtivement les larmes qu'ils ne pouvaient retenir.

On se passionnait encore à l'écoute des sagas islandaises qui se transmettaient de bouche en bouche, depuis la nuit des temps. S'y mêlaient avec bonheur la vie des grands rois scandinaves, et l'épopée des héros celtes et germaniques. On rêvait de Snorri le Godi, de Njáll le Brûlé, de Sigurd, le Siegfried de la mythologie allemande, et des Chevaliers de la Table Ronde (qui n'ont pas fini de faire florès ! )

Toutes ces merveilles excitaient l'imagination d'August. Il ne se contentait plus de sa propre vie, le quotidien même de ses congénères lui devint insupportable. Que connaissait-il du bonheur des autres ?

 

Certains soirs, il regardait une famille se retrouver à la fin de la journée autour de la table de chêne. La mère y déposait la lourde marmite fumante où la soupe de châtaigne bouillait encore, et elle servait lentement, louchée après louchée, son homme et ses enfants. Leurs bavardages cessaient quand les grosses cuillères se mettaient en branle. August se croyait avec eux, humant et savourant de concert la soupe avalée à grandes lampées, après que chacun eut soufflé sur son assiette pour la refroidir. Puis, les enfants couchés dans l'alcôve entrebâillée, le père et la mère regagnaient leur lit dans l'encoignure sombre. Les flammes du foyer, moribondes, jetaient d'avares lueurs sur les époux qui se retrouvaient. Mais il n'y avait nulle joie dans leurs étreintes lasses.

August, déçu, s'en allait dans sa forêt profonde sans l'espoir d'une vie meilleure. Nulle jalousie ne le tourmentait. Il voulait autre chose qu'il ignorait encore.

 

Nostalgie du Paradis Perdu qui envahit les êtres sensibles jusqu'à ce que les poings se serrent, que le sang bouillonne, que la poitrine éclate, trop pleine de colère, de désir et d'impuissance !

 

August restait prostré des heures et ses larmes lui brûlaient le visage dans la nuit glacée.

Peu à peu, la nature lui procurait une sérénité bénéfique et parvenait presque à calmer ses ardeurs douloureuses. C'était tantôt le bruissement des arbres agités par le vent, tantôt le craquement des branches sèches sous les pas des animaux sauvages, tantôt les hululements et les chuintements qui s'appelaient en brisant l'air pétrifié, et là-bas, tout là-bas, le chant rythmé de la vague sempiternelle.

Las et vaincu, August sombrait enfin dans un sommeil profond et sans rêves.

 

Un dimanche, alors que l'hiver touchait à sa fin, August s'approcha du lac où la fête battait son plein. Ce n'était pas encore le printemps, mais des signes prometteurs ne laissaient aucun doute. Le givre faisait toujours scintiller ses cristaux sur les rameaux où bientôt se gonfleraient de vie les bourgeons naissants. Le perce-neige, trop fier d'être le premier à enchanter les coeurs, effleurait çà et là les regards pleins d'attente. Mais les journées étaient encore bien courtes et il fallait profiter de leurs quelques heures lumineuses pour emmagasiner toute la joie du monde.

Les jeunes filles aux robes plus courtes que celles de leurs mères et souvent colorées, virevoltaient sur la glace qui crissait sous leurs danses légères. Leurs jeunes partenaires, tout émoustillés par la sève nouvelle qu'ils sentaient obscurément monter en eux, faisaient des rondes étourdissantes en criant les noms des demoiselles. C'étaient des rires et des chants à n'en plus finir.

Ce spectacle joyeux amusa fort August qui soudain crut avoir des ailes et il s'élança sur la piste glacée. Il y fut accueilli par des cris stridents, comme si le diable en personne fût apparu. Et toutes les jeunes filles et tous les jeunes gens se dispersèrent sans crier gare. August, comme frappé par la foudre, resta seul au milieu du lac. De grosses larmes se mirent à couler le long de ses joues creuses et se glacèrent, distordant les chairs. Il serait resté là, longtemps, à geler sur place, si un sentiment de haine féroce ne l'avait ébranlé, et son corps se mit à trembler de rage, de dépit et de froid. Sa tête en feu lui faisait mal. Jamais encore il n'avait éprouvé cette émotion si vive qui le débordait.

Il ne sut plus qui il était.

 

Jusqu'à ce jour, il avait supporté la bêtise, l'avarice, l'indifférence, l'hypocrisie. Il s'y était habitué. Il s'en était même accommodé. C'était le triste décor que lui offrait le monde des gens d'âge mur et celui des vieillards. Mais toute cette jeunesse à laquelle il aurait pu appartenir, avec laquelle il aurait pu rire et chanter, pourquoi le rejetait-elle ainsi ? Ne savaient-ils pas tous qu'il était un jeune homme ? Un jeune homme comme eux malgré les apparences ? Étaient-ils tous des crétins, des gens bornés, des sans-coeur et sans âme pour le rejeter ainsi, sans qu'il pût dire un seul mot pour se défendre ?

Il eut le sentiment de ne pas appartenir à leur race.

Il était celui qui est différent, celui dont on éprouve une peur viscérale, comme venue du fond des âges, celui qu'on n'a jamais voulu ni regarder, ni écouter, ni comprendre.

On ne lui avait donné aucune chance.

C'est alors qu'August décida que les choses n'en resteraient pas là. Il attendit son heure.

 

Le dimanche suivant, August se cacha soigneusement derrière un buisson gros de neige durcie, sur la berge du lac. Il vit arriver un à un les couples qui s'étaient formés depuis peu, enlacés à la taille. Ils se souriaient et plaisantaient.

« Ils ont l'air heureux, se dit August. »

Le spectacle était bien joli à voir. C'était à qui faisait sur la glace les figures les plus folles.

August admirait sans broncher. C'est tout juste s'il n'avait pas oublié sa colère. Cependant, l'apaisement qu'il ressentait n'était pas totalement innocent.

Il entendit soudain près de lui des petits pas qui craquaient sur la neige. Une jeune fille, rose à souhait, lui sourit sous son chapeau de fourrure fauve quand il se retourna. Se pouvait-il qu'elle ne s'enfuît pas comme il s'y attendait ? Elle s'accroupit, comme lui, tout près de lui.

« C'est un joli point de vue ! On y embrasse tout le lac du regard », dit-elle pour rompre la glace.

Ce n'était pas le lac qu'August aurait bien voulu embrasser. Mais il n'était pas fou. Il n'avait jamais parlé à aucune jeune fille, ni vu l'une d'entre elles d'aussi près. Il resta coi, de peur que sa voix rauque et mal assurée la fît s'enfuir pour le coup, d'autant plus qu'il n'aurait rien trouvé à lui dire. Il savoura la douceur de la sentir si proche, et ses tempes se mirent à battre.

« Je sais bien que tu ne viendras pas sur le lac aujourd'hui. »

Elle se leva brusquement.

« Je suis contente de t'avoir parlé. »

Est-il possible de décrire l'effet délicieux qu'August ressentit à l'écoute de ces suaves paroles ?

Il la vit courir et s'éloigner pour rejoindre les autres, et elle s'élança sur la glace telle une ballerine pleine de grâce.

Mais que fait-elle ? Elle s'éloigne du groupe ? Elle se rapproche de la berge aux sapins bleus ?

Pourquoi elle ?

Brusquement, la glace craqua sous les pieds de la belle. Un cercle pervers, creusé par qui l'on devine, s'ébranla et se déroba sous elle. Tout son corps glissa lentement dans l'eau profonde, et elle disparut comme si elle eût été la petite sirène.

« Non ! Je n'ai pas voulu ça ! murmura August dans un souffle. »

Il se précipita comme un fou près de la cassure. Tous les jeunes gens crièrent et coururent en direction de la berge d'où August, sans hésiter un instant, plongeait.

Cela dura une éternité.

Il nageait dans l'eau bleue et cuisante. Et l'on aurait pu voir, au-dessus de lui, le toit de la glace épaisse où couraient en sautillant les bulles prisonnières. Il cherchait la jeune fille qui s'enfonçait lentement. Lorsqu'il vit ses longs cheveux flotter et ses bras en croix qui ralentissaient sa chute, il la saisit dans sa descente fatale. La remontée fut difficile.

Les hourrah et les applaudissements l'étourdirent à sa sortie de l'eau. Il n'avait pas été long à retrouver le trou criminel.

La jeune fille fut enlevée prestement. Ses compagnons se dévêtirent pour l'envelopper de leurs manteaux épais. On l'emmena vite.

August resta seul sur la rive, la mine hagarde, les haillons durcis par le gel. Il eût vite perdu ses esprits si l'instinct de survie ne l'eût sauvé une fois de plus. Il s'enfuit en courant.

 

Le maire du village qui était l'homme le plus sage ou le moins abruti, c'est selon décida qu'il fallait faire quelque chose pour August.

On organisa donc une petite fête pour lui, pour le remercier de sa bravoure, et on le coiffa, faute de lauriers, d'une couronne d'épineux. On pensait qu'il en serait très honoré.

À la question : « Qu'est-ce qui te ferait plaisir, August ? », il répondit : « Un voyage dans la grande ville. »

 

Les villageois, très étonnés de cette demande, aussi incongrue qu'inattendue, ne comprirent pas pourquoi August voulait quitter leur île et ils essayèrent de le convaincre que son choix ne pouvait pas se réaliser : il n'était pas armé pour affronter le continent ! Ils ne pouvaient concevoir l'idée que sa vie ne lui convenait pas ; ils ne pouvaient même pas imaginer l'île sans August qui était devenu, du jour au lendemain, une mascotte presque attendrissante.

August savait bien qu'ils auraient tôt fait d'oublier son exploit, et que le cours de sa pauvre vie reprendrait comme avant.

S'il y eût une chose qui l'eût retenu, c'était l'espoir que la toute jeune fille qu'il avait sauvée, Thilda pour la nommer, émît le désir de le voir pour le remercier. Mais ses parents la préservaient de toute visite, vu son état de faiblesse, a fortiori de l'être immonde qu'il était et le resterait à leurs yeux. C'est avec horreur qu'on s'imaginait qu'il l'avait tenue dans ses bras pour la sauver. Les autres jeunes filles juraient qu'elles eussent préféré la mort.

August insista.

« Un voyage dans la grande ville ! »

Les villageois se concertèrent. Quand ils comprirent que le jeune héros n'en démordrait pas, ils cédèrent.

« Tu partiras par le prochain bateau. »

Le bateau navette avait coutume d'accoster une fois par mois. Il débarquait les marchandises que les îliens attendaient, et en paiement, il embarquait les caisses de poissons pêchés qu'on avait soigneusement saumurés.

 

August ressentit une joie débordante. Elle dura peu.

Ses nuits furent agitées par des rêves atroces qui le laissaient au réveil chancelant et brisé. Il n'eut plus le coeur à mendier. L'idée de récolter à nouveau une aumône misérable lui était devenue insupportable. Tout juste s'il avait envie de pêcher pour se sustenter quelque peu. Son enthousiasme éteint, il se mit à redouter l'entreprise souhaitée, s'imaginant seul et désorienté dans une foule hostile pour laquelle il ne serait qu'un inconnu. Ici, il avait ses marques. Que trouverait-il là-bas ?

Il alla se recueillir à l'église et contempler la madone compatissante. Il avait quelque chose à se faire pardonner.

 

Puis, un jour, le bateau arriva.

« Alea jacta est » se dit August dans sa langue maternelle.

Après avoir payé la traversée comme prévu, quelques pêcheurs lui remirent un tout petit pécule afin qu'il ne partît pas, pauvre comme Job, pour une aventure qu'ils entrevoyaient bien périlleuse. Et leur coeur, si dur d'ordinaire, s'en émouvait, comme s'ils eussent perdu à tout jamais un compagnon qui leur était cher.

L'homme, on le sait, est illogique, versatile et inconstant.

 

Les amarres larguées, le bateau s'éloigna lentement de la berge familière, et August, la poitrine serrée, se tourna vers l'horizon sans fin qu'il avait appelé de tous ses vœux.

Cette nuit-là, pas de tempête, pas de vagues mugissantes. La lune avait migré aux antipodes. Par intermittence, au gré des nuages, se laissait à peine entrevoir la pâle lueur du firmament constellé. Le brouillard se leva et recouvrit la surface de l'eau ; il monta lentement le long de la coque, plus haut encore, jusqu'à ce qu'August le sentit lui coller à la peau. Il frissonna. Un silence profond remplit l'air épais et le bateau cessa d'avancer, faute de vent dans les voiles qui, de guerre lasse, s'étaient affaissées, inertes et impuissantes.

Il faudrait rester là aussi longtemps que la nature capricieuse l'avait décidé.

 

Le capitaine, un homme aguerri à toutes les vicissitudes, vint s'accouder au bastingage à côté d'August qui s'étonna de ne plus être fui, et qui pouvait dévoiler sa tête informe, sans craindre des représailles, et sans qu'on n'y trouvât rien à redire.

Ils sursautèrent de concert, lorsque soudain une caravelle, toutes voiles dehors, apparut, sans qu'il y eût un souffle, et effleura le ventre de leur propre bateau dans un silence de tombeau.

« Der Fliegende Holländer5, murmura entre ses chicots le capitaine interdit.

Le Hollandais Volant, murmura August en écho dans l'épaisseur de la brume où glissait lentement et sans bruit le bâtiment lugubre et désert.

Mauvais présage, ajouta, laconique, le capitaine. »

 

August savait, pour l'avoir lu dans ses livres dérobés, que le Vaisseau Fantôme est condamné à errer éternellement à la recherche de rêves irréalisables et de l'impossible, auquel lui, August, n'osait même pas penser. N'était-ce pas là le signe qu'il lui fallait abandonner, avant toute tentative, l'espérance qui l'avait animé ?

 

« Je l'ai déjà vu, ce bateau de mauvaise augure, grommela le marin. Il y a bien trente ans. La peste s'est déclarée, et nous avons dû passer dix hommes par-dessus bord.

Mauvais présage, répéta-t-il. Mais ne te laisse pas impressionner. Va te coucher. Demain est un autre jour. »

August se glissa dans la cale silencieuse.

 

Dès l'aube, le vent se leva et gonfla la voilure. Il ne faudrait pas plus d'une journée pour arriver à quai. Le voyage se poursuivit sans histoire. On avait presque oublié la rencontre funeste de la veille.

Lorsque le soir tomba, on vit à l'horizon une frange tremblotante de lumière qui s'approchait lentement. Un port, un vrai port s'étendait devant les yeux d'August, inconnu, étranger, immense.

Le bateau glissa dans cette bouche béante, cherchant sa place au milieu d'autres bateaux amarrés, et déjà l'on pouvait percevoir une rumeur diffuse qui venait de la terre, et qu'August ne connaissait pas ; les craquements des gréements et le clapotis de l'eau se mêlaient à des éclats de voix, des rires et des cris, des chansons même, des aboiements plaintifs et aux grincements des charrettes que l'on chargeait et déchargeait encore, avant que les ténèbres ne missent fin à l'activité inouïe qui s'offrait à la vue.

« Allez petit, tu es arrivé. Bon vent et que Dieu te garde ! »

 

Ce fut presque comme à regret qu'August quitta le bateau . Il y avait rencontré pour la première fois un homme qui avait fait cas de lui. Était-il possible que le regard qu'il portait sur ses semblables pût changer ? Était-il possible qu'on portât sur lui un autre regard ?

Il se retrouva comme un somnambule sur le quai, étonné, étourdi, fasciné par le spectacle qui l'entourait. On s'agitait, on s'invectivait ; chacun semblait avoir une tâche précise sauf August, qui resta là, jusqu'à ce que la place se vidât peu à peu et qu'il dût décider s'il s'enfoncerait davantage dans la gueule béante du port qui ne s'endormirait pas.

Il choisit de s'engager dans une ruelle sombre à peine éclairée par un bec de gaz à l'autre bout, afin qu'on ne pût s'effrayer de sa figure, si d'aventure il eût croisé un autochtone. Mais d'autochtones point. C'est à peine si l'on pouvait distinguer entre les langues et les accents divers si l'on était dans le pays d'August ou si Babel avait survécu à la colère de Dieu, et s'était installée là, comme un défi à sa puissance.

Au bout de la ruelle, il arriva dans un quartier étrange où se promenaient des dames en robes de couleurs, décolletées comme il n'est pas permis, et qui se mirent à le héler en déployant leurs attraits. Leurs attitudes lubriques l'étonnèrent. C'est à Sodome et Gomorrhe qu'il pensa. Il était à la fois effrayé et attiré par ces femmes qui osaient soutenir son regard sans être horrifiées, et s'approcher de lui jusqu'à le flatter de la main et lui susurrer des paroles doucereuses.

Enhardi par leur attitude qu'il jugeait amicales, bien que vulgaires, il osa s'approcher de l'une d'entre elles, et lui sourit. Elle était plus jeune que les autres et de loin plus jolie. Mais il fut vivement saisi par le bras et repoussé en arrière, et il crut comprendre, en une langue voisine de la sienne, que cette jeune fille n'était pas pour lui, et que la matrone autoritaire à qui il avait affaire, était prête, elle, à lui proposer ses charmes. Il recula promptement et entendit des hurlements de rires, de désapprobation, de haine même. Tout juste si quelques-unes ne s'approchèrent pas de lui, menaçantes. Il dut prendre ses jambes à son cou, comme il avait si bien coutume de le faire, et il passa sans les voir devant les vitrines étroites où s'exhibaient éhontément les charmes à vendre de dames qui avaient, elles, pignon sur rue.

 

Il s'arrêta haletant et bouleversé devant un établissement où il put rassembler ses forces. C'était une sorte d'auberge, un bouge plutôt, malodorant et crasseux, qui affichait son enseigne « Drei Groschen6».

« Ma foi, trois sous, c'est dans mes moyens, se dit-il. »

Quand il y entra, il fut comme soulevé par une vague musicale. Tous chantaient à tue-tête la chanson de Mackie7, Mackie le Surineur. Il se sentit transporté par une joie virile et débordante, chauffé par la bière mauvaise, submergé par l'odeur de friture âcre et la fumée épaisse. Il lampa son bock mousseux à souhait, avala une saucisse rance mais chaude, et, le ventre plein, exténué, il s'affala sur la table grasse et s'endormit, vaincu par l'alcool et les émotions nouvelles.

 

C'est dans le caniveau qu'il se réveilla, humide d'embruns, le crâne embrumé et la bouche fétide. Il se demanda bien ce qu'il était venu faire dans cette galère.

Il eut soif. Il eut faim.

Une femme tirait un char à bras et criait : « Crawfish8 ! Hering9 ! » et toute une litanie poissonneuse dans toutes les langues, sur un ton lancinant et monocorde.

August s'approcha, choisit deux harengs séchés ; mais, lorsqu'il plongea la main au fond de sa poche, il constata amèrement que quelque gougnafier sans vergogne l'avait délesté de son bien.

La bonne femme attendait impatiemment son dû qui était bien long à venir, et pour cause. Le pauvre August, interloqué, tenait à bout de bras ses harengs par la queue sans savoir s'il devait les rendre ou s'enfuir précipitamment ; d'ailleurs, il était incapable de réfléchir, et il serait resté ainsi longtemps, telle une statue de sel, si la poissonnière qui ne comprenait rien à son manège ne l'avait fait sursauter.

« Mein Geld10 ! » ordonna-t-elle.

Elle examina sa mine piteuse, sa dégaine difforme, et il pensa qu'il allait l'émouvoir quand il fut secoué de gros sanglots.

« Ach11 ! » poussa-t-elle, comme si elle eût envie de lâcher un gros crachat.

C'était sa manière à elle.

Elle se contenta d'un coup de rein pour faire démarrer sa lourde charrette, et poursuivit son chemin.

« Crawfish ! Hering ! »

Qu'une inconnue eût la générosité de lui faire un cadeau, ça, il n'aurait jamais pu l'imaginer.

Et il se mit à dévorer les harengs d'un appétit qu'on ne qualifiera pas.

Il ne s'était pas passé cinq minutes, et August venait tout juste d'engouffrer ses deux poissons, que deux hommes, dépêchés par la marchande rancunière, surgirent on ne sait d'où, et se mirent à le bastonner d'une violence telle qu'August avait peine à se protéger tant il pleuvait de coups, et de droite, et de gauche. Il en sortit tout meurtri et il pensa que c'était une juste punition.

 

Le port lui sembla désormais une jungle sauvage. Il ne trouva pas de travail sur les docks, il était trop malingre. Il ne lui fallait pas songer à proposer ses services sur le marché de poissons, il aurait fait fuir le chaland. À la brasserie, il aurait fait tourner la bière. Comme moussaillon, aucun capitaine n'aurait fait confiance à sa mine secouée de rictus. Une fois seulement, un cirque qui passait l'aurait bien recruté pour le mettre en cage. Lui ! En cage ! Cela se pouvait-il ? Quelle dégoûtation : cette idée de se donner à des yeux se repaissant de sa vue !

Il ne lui restait pour survivre que le vol et la mendicité. Il renonça à ces dernières solutions. Il eût préféré mourir que de s'y adonner.

Le vol était hors de ses principes Ne rendait-il pas scrupuleusement les livres dérobés furtivement au presbytère quand il les avait lus ? et la mendicité, ça non ! il avait déjà donné, si l'on peut dire !

 

Il commença à regretter son île où sa cabane devait s'ennuyer sans lui. Et il se mit à penser à Thilda, la douce enfant qui avait osé l'approcher, qui avait osé lui parler. Qu'était-elle devenue ? S'était-elle rétablie ?

August pensa que sa vie ne valait la peine d'être vécue que là-bas, dans le berceau de sa forêt, sur son rivage aux bords poissonneux.

« C'est là qu'il me faut retourner. C'est là qu'il me faut vivre. Chez moi. Près de la tombe de mon père. Près de la tombe de ma mère. Près de la Madone bienveillante. »

 

Sa décision était prise. Il resta deux semaines sur le quai, grappillant çà et là quelques détritus pour subsister. Il attendait le capitaine qui l'avait amené, comptant bien qu'il n'exigerait pas de paiement pour le retour.

Et un jour, il le vit apparaître sur le pont de son navire, droit et fier, côte à côte avec l'altière figure de proue semblable à une Walkyrie.

 

Sur le chemin du retour, ils ne croisèrent pas le maléfique Hollandais Volant qui hantait d'autres lieux.

Lorsqu'ils jetèrent l'ancre près du rivage retrouvé, August se cacha comme il savait le faire, mieux que quiconque, et il se faufila en catimini jusqu'à ce qu'il arrivât à l'endroit qu'il aimait.

 

Il fuyait désormais ses congénères comme la peste. Même la petite Thilda. Il aurait eu trop peur qu'elle lui dît un jour en le rencontrant :

« Mon pauvre August, tu es vraiment trop laid... Je suis contente de t'avoir parlé. »

 

ÉPILOGUE

 

August ne regrettait pas d'avoir tenté l'aventure. Ce n'était pas qu'il fût malheureux d'avoir échoué, mais il ressentait encore plus douloureusement l'isolement qu'il avait choisi pour se protéger.

Montesquieu a décrit si justement le sentiment qu'éprouvait alors notre jeune héros : « Cette tristesse vient de la solitude du coeur, qui se sent trop fait pour jouir, et qui ne jouit pas ; qui se sent trop fait pour les autres, et qui ne les trouve pas. »

 

August partait au plus profond des bois à la recherche des trolls et des tomtes12, mais il n'en trouvait aucun qui lui fît bonne figure.

 

On s'aperçoit que la statue de la Vierge a disparu.

Mystère.

Tout le monde croit qu'un paroissien luthérien, plus orthodoxe que les autres, l'a soustraite à la vue de ses coreligionnaires. Pour leur salut, bien sûr.

Dorénavant, vous l'aurez compris, notre August ne sera plus jamais seul.

 

NOTES

 

1 Dans la Bible, l'arc-en-ciel représente le signe de l'Alliance entre Dieu et son peuple. Il apparaîtrait au-dessus de l'Arche d'Alliance.

 

2 Les pêcheurs d'Islande étaient les pêcheurs qui allaient dans les eaux islandaises pour pêcher la morue. Pierre Loti évoque leur vie difficile dans son beau roman “Pêcheurs d'Islande”.

 

3 “ Le Merveilleux voyage de Nils Holgerson” est un conte pour la jeunesse, de Selma Lagerlöf, romancière suédoise qui reçut le Prix Nobel en 1909.

 

4 Thulé était connue des Grecs et des Romains comme la terre la plus septentrionale, peut-être l'une des îles Shetland ou l'une des îles Orcades, ou l'Islande, ou la côte de Norvège. Elle est devenue mythique.

 

5 “Le Vaisseau fantôme”, en allemand “der Fliegende Holländer”. Le mythe raconte qu'il est condamné à errer éternellement jusqu'à ce qu'il rencontre l'amour d'une femme.

 

6 Ein Groschen : un sou, une pièce de dix Pfennig.
Drei Groschen: trois sous.
Dreigroschenoper : “l'Opéra de quat'sous”, drame musical de Bertolt Brecht (1928) d'après “The Beggar's Opera” de John Gay (1728).

 

7 “La Chanson de Mackie”, Mackie le Surineur, “ Mac the Knife”, fait partie de l'Opéra de quat'sous.

 

8 Crawfish : mot anglais qui signifie langouste, langoustine.

Lecteur, as-tu jamais entendu la poissonnière crier “Crawfish” dans une chanson du King ?

>> Elvis Presley - Crawfish - YouTube

 

9 Hering : mot allemand et anglais (herring) qui signifie hareng - en suédois, sill.

 

10 Mein Geld : Mon argent en allemand.

 

11 Ach ! Interjection gutturale allemande qui marque une émotion : la surprise, le dépit, etc.

12 Trolls et tomtes : petits lutins des légendes scandinaves.

 

Auteur : Mamiehiou

Ce texte est protégé.

 

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Michel Jean 07/04/2017 10:41

Bonjour Mme., il y a [presque] du Victor Hugo dans le style et la narration de ce joli récit. Bravo. Bye. Mich.

mamiehiou.over-blog.com 07/04/2017 10:44

Ma modestie est bouleversée !
Merci Michel !

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