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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 11:05

  

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Nous eûmes vite fait de parcourir les quelques centaines de mètres qui nous séparaient de notre petite auberge, moi marchant à grands pas et Prétatou trottinant à mon côté, tout réjoui de m'avoir retrouvée, ce qu'indiquait fort bien le frénétique mouvement de sa queue. Aucun doute là-dessus.

Le chien ne sait mentir, il s'exprime tout au plus avec grande transparence, ce pourquoi nous aimons lui pardonner tout écart de conduite.

 

En arrivant, nous fûmes étonnés de voir que la rutilante enseigne À LA BONNE CHÈRE était éteinte, elle qui, à l'accoutumée, brillait de mille feux à cette heure. Un frisson nous parcourut comme si nous fussions électrisés par l'émotion. La stupéfaction et l'inquiétude nous gagnèrent d'autant plus que, lorsque nous parvînmes à l'entrée, nous lûmes sur un carton que nous jugeâmes bien grossièrement présenté, vu le soin que les propriétaires avaient d'ordinaire de s'appliquer en toutes choses :  Fermé à cause de meurtre.

Prétatou gloussa, ce qui n'était pas sa manière coutumière d'exprimer ses contrariétés, mais la circonstance valait bien qu'il ne s'en tînt pas à une réaction habituelle.

 

L'horrible pensée qui me traversa l'esprit fut qu'il pouvait s'agir d'Alcmène. On aurait occis mon amie si chère ? J'en vins en un éclair à souhaiter qu'Amphi fût la victime et non point celle pour qui mon coeur débordait d'affection. Je m'efforçai de n'avoir aucun remords que cette pensée m'eût traversé l'esprit, ne me sentant nullement responsable de ce que mes neurones chavirés n'en fissent qu'à leur tête, épaulés par des synapses complices qui véhiculaient sans vergogne des idées que la décence eût censurées en toute autre conjoncture.

« N'ayons pas de remords, me répétai-je, nous risquerions d'en être gênée ! »

Je m'entendis penser : Un seul être vous manque et tout est dépeuplé*.

 

« Je sais que ton coeur souhaite qu'il ne soit rien arrivé à Alcmène, renchérit Prétatou, mais Amphi n'est pas un mauvais bougre et son absence nous ferait grand tort, poursuivit-il. »

Son avis pragmatique et calculé donnait toujours à penser. J'imaginais vite Alcmène désemparée sans son protecteur de mari, fût-il parfois imbuvable et mal embouché avec ses sautes d'humeur intempestives. Mais n'en avions-nous pas pris notre parti ? Ne nous en étions-nous pas accommodées, de guerre lasse, au fil des jours, dès lors qu'elles ne pesaient plus bien lourd en face de ce que nous lui devions ?

Alcmène sans Amphi n'était pas concevable. Tout aussi peu qu'Amphi sans mon amène amie.

 

« Chère, chère Alcmène, gémis-je, te reverrai-je un jour en ce monde incertain ? »

..............................................

*Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Vous voudriez connaître l'auteur de cette citation ?

Vous cherchez sur la toile et vous trouvez :

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Alphonse de Lamartine dans L'Internaute et dans Evene

ou bien Victor Hugo dans idid-it-myway.skyrock.com

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé' Victor Hugo - .::.

et dans Je poème Un seul être est absent et tout est dépeuplé (réédition)

Lire sur mon blog :

> De la recherche difficile de l'auteur d'une citation & Fausses citations

 

NOTES

La rutilante enseigne À LA BONNE CHÈRE était éteinte

Homophones, mots qui se prononcent de la même manière et s'écrivent différemment.

Cher, chère, chair, chaire.

LA CHÈRE, nom commun, faire bonne chère, bien manger, faire un bon repas.

CHER - CHÈRE

adjectif qualificatif

- que l'on aime bien, pour qui on éprouve de l'affection.

Ma chère enfant.

- pour qui l'on éprouve une certaine considération, formule de politesse.

Cher ami, cher maître (pour le notaire, l'avocat, l'huissier...), cher confrère, etc

- coûteux, ces pommes sont chères

CHER, adverbe invariable, coùter cher, valoir cher...

Ces pommes se vendent cher.

Elles coûtent cher.

Je ne donnerais pas cher de ta peau.

Tu me le paieras cher.

Tu ne vaux pas cher.

Je donnerais cher pour ne faire aucune faute d'orthpgraphe.

LA CHAIR, constituant du corps humain ou animal ou autre.

Mon fils, tu es la chair de ma chair.

La chair de ce poulet est bien tendre.

La chair à saucisse.

Ces pauvres soldats furent de la chair à canon.

J'en ai la chair de poule.

La chair de ce fruit est bien juteuse.

En opposition avec l'âme. Le péché de chair.

« L'esprit est ardent mais la chair est faible. » Évangile selon Saint Matthieu

LA CHAIRE. Ce professeur à une chaire (charge) à l'université.

Une tribune : Il professe du haut de sa chaire.

Les prêtres faisaient leurs sermons du haut de leur chaire.

LA CHEIRE > Ne pas confondre les homophones : (adjectif) cher, (adverbe) cher, (substantifs) la chère, la chair, la chaire, la cheire.

 

Voir : Que signifient les mots synonyme, antonyme, homonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ?

 

comme si nous fussions électrisés

fussions subjonctif imparfait

Voir la locution conjonctive comme si dans l'article Comme si + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

« N'ayons pas de remords, me dis-je, nous risquerions d'en être gênée ! »

LA SYLLEPSE

Oli se parle à elle-même : elle veut dire « Il faut que je n'aie pas de remords, je risquerais d'en être gênée. »

Le NOUS est ici pris pour JE. Le participe passé gênée est au féminin singulier.

La syllepse est une figure de style qui permet d'exprimer sa pensée sans pour autant qu'on suive les règles grammaticales.

Quand les pronoms personnels nous et vous sont employés pour une personne au singulier, l’adjectif, le participe passé qui s’accordent normalement avec ces pronoms, se mettent au singulier et au genre correspondant au sexe de la personne.

Emploi sylleptique de ON (familier) dans le sens de nous.

On a été bloqués dans un embouteillage.

Regardez-nous les garçons. On est pas jolies ?

NOUS mis pour ELLE

« Alors mademoiselle, nous nous sommes réveillée bien tard ce matin ! Nous sommes-nous bien reposée ? »

Autre exemple

Le Bon Usage (Grevisse)  nous fait remarquer que le mot espèce est parfois mis au masculin quand suit un nom au masculin. C'est aussi une syllepse, à éviter bien sûr !

Je me suis fait avoir par un espèce d'olibrius!

Au lieu de une espèce d'olibrius. 

 

Prétatou gloussa, ce qui n'était pas sa manière coutumière d'exprimer ses contrariétés, mais la circonstance valait bien qu'il ne s'en tînt pas à une réaction habituelle

L'expression de l'habitude

SYNONYMES, mots de sens proche.

Adjectifs qualificatifs

Coutumier (coutumière), habituel (habituelle)

Adverbes ou locutions adverbiales

D'habitude, habituellement, d'ordinaire, ordinairement, comme de coutume, à l'accoutumée.

Substantifs

Le dictionnaire Littré (en ligne) nous donne de fort intéressantes nuances.

1° LA COUTUME, L'HABITUDE.

Coutume est objectif, c'est-à-dire indique une manière d'être générale à laquelle nous nous conformons.

Au contraire, habitude est subjectif, c'est-à-dire indique une manière d'être qui nous est personnelle et qui détermine nos actions. L'habitude devient un besoin ; mais la coutume ne le devient jamais.

Cependant on dira également : j'ai la coutume ou j'ai l'habitude de prendre du café, avec cette nuance cependant que avoir la coutume exprime seulement le fait que je prends ordinairement du café, tandis que avoir l'habitude exprime qu'un certain besoin s'y joint.

 2° J'AI COUTUME, J'AI LA COUTUME.  

J'ai coutume de fumer, veut dire je fume d'ordinaire ; j'ai la coutume de fumer, veut dire que cela est entré dans mes coutumes. C'est cette nuance délicate il est vrai mais réelle qui fait que avoir coutume peut se dire des choses, tandis que avoir la coutume ne peut pas s'en dire.

La rivière a coutume de déborder à cette époque de l'année ; mais elle n'en a pas la coutume.

 

Je n'eus aucun remords

Noms au singulier se terminant par DS ou TS

voir la note du texte des Délires n°61

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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