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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 13:43

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J'excelle en ceci que je suis diserte, éminemment, congrûment, dûment et joliment diserte. Assurément.

Qu'importent les idées pourvu qu'on ait l'ivresse !1

 

Vous me jaugez et me conspuez éhontément ? Peu m'en chaut. Ne serons-nous pas perdants ex aequo devant la Faucheuse2? À fortiori, quelque prétention que vous puissiez avoir, quelque vanité que vous vouliez arborer indécemment et ostensiblement, pauvres insensés cynocéphales, fats, petits fiérots infatués de vous-mêmes, vous crèverez comme la grenouille3 sans avoir l'heur de crier ouf. 

C'est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous.4

 

Étendue dans les fougères arborescentes, sous les voluptueuses frondaisons musicales, caressée par le zéphyr, je me sentis une nymphe sans défense. Les yeux à demi clos, je sombrai précipitamment dans un abîme sans fond. Mes tourments s'accélérèrent et je supputai soudainement mes chances qu'un satyre cornu, exhibitionniste et dégoûtant, à l'air cynique, obscène même, fût près de me piétiner de ses sabots de bouc pestilentiel. Il survint. Quoi que vous en pensiez, je fus en proie à moultes tergiversations. Je me résolus à rester coite et priai Dieu d'intervenir. Que nenni ! Il eût fallu cent hommes pour qu'on vainquît ce monstre concupiscent.

Plût à Dieu que ce ne fût qu'un cauchemar inopportun !

 

Quels que pussent être mes désirs et quoi que je fisse ici-bas, je ne fus jamais dans l'extase longtemps.

...................................................................................  

1-Allusion à la pensée d'Alfred de Musset : Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse.

 

2-La Faucheuse, allégorie de la mort.

L'ALLÉGORIE  figure une abstraction (la mort, l'amour... ) par une image, une peinture, une sculpture ou le plus souvent par un personnage "vivant". 

 

3- La grenouille, allusion à la Fable de la Fontaine, La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf.

 

4-C'est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous.

Éloge de la folie, Didier Érasme, humaniste néerlandais.1466 ou 1469 - 1536

Ah ! Érasme !  Ma (p)référence à moi !

                      

Version simplifiée

J'ai la langue bien pendue et cela m'est égal que vous me jugiez mal. À quoi sert donc notre vanité quand on sait que nous devons tous mourir un jour ?

Je m'endormis sous les arbres qui bruissaient délicieusement, et la brise me caressait. Mais je fus soudain en proie à un cauchemar épouvantable. Un satyre me menaçait, et personne pour me venir en aide !

Ah, c'est vraiment difficile d'être tranquille en ce monde ! 

 

NOTES

J'excelle en ceci que je suis diserte, éminemment, congrûment, dûment et joliment diserte. Assurément.

♦ Disert, qui parle bien.

♦ Ceci, cela, pronoms démonstratifs.
Ceci annonce ce qui suit. Cela reprend et résume ce qui précède.

J'excelle en ceci : j'ai la langue bien pendue.

J'ai la langue bien pendue, j'excelle en cela.

 

Les adverbes finissant par -MENT

 

1-Certains dérivent d'un adjectif au féminin

glouton, gloutonne, gloutonnement

fier, fière, fièrement.

 

2-mais les adjectifs au féminin en -aie, -ée, -ie, -ue, perdent leur e final devant -MENT : vraiment, aisément, poliment, éperdument, absolument, ambigument.

-cependant on écrit gaiement, assidûment (assidument), continûment (continument), goulûment (goulument), crûment (crument), dûment (dument), congrûment (congrument), incongrûment (incongrument).

Mots entre parenthèses : Orthographe modifiée en 1990

 

3-Autres curiosités, immensément, gentiment, aveuglément, profondément, impunément.

 

4-Les adjectifs qui se terminent par -ENT et -ANT (dont le féminin était jadis le même que le masculin) forment leur adverbe en -EMMENT et -AMMENT, prudent, prudemment, constant, constamment.

 

5-Mais on écrit lentement, présentement, véhémentement.

 

6-Certains autres adverbes dérivent d'anciens adjectifs ou d'adverbes ou encore de noms, comme :

journellement, grièvement, brièvement, traîtreusement, nuitamment, sciemment, bêtement, mêmement, quasiment.

 

Pour en savoir plus > Les adverbes en -MENT - Quiz

 

Vous me jaugez et conspuez éhontément...

♦ jauger, mesurer, évaluer.

♦ conspuer, crier publiquement en groupe contre quelqu'un un ou contre quelque chose.

♦ éhontément

◊ Le Trésor et les dernières éditions de l'Académie ne donnent pas le mot.

◊ D'après Littré (1863-1878) - éhontément, d'une manière hontée. - éhonté, qui est sans honte. - C'est un homme éhonté. - Substantivement. Un éhonté. Une éhontée.

◊ L'Académie, dans son édition de 1762, écrit éhonté et dit le mot vieilli. Il s'est rajeuni.

 

Peu m'en chaut, cela m'est égal.

Chaloir, verbe défectif (un verbe défectif est un verbe auquel il manque des personnes ou temps) Il m'en chaut. Peu me chaut. Que tu t'en ailles, peu m'en chaut !

Les verbes défectifs -  Pour peu qu'il vous en chaille !

 

à fortiori, à priori, à postériori

L'Académie admet l'accent sur à.

 

quelque prétention que vous puissiez avoir

voir  Quelque... que, locution conjonctive de concession suivie du subjonctif.

 

DES SUBORDONNEES CONCESSIVES

 

QUELQUE... QUE  ou  QUEL... QUE ?

+QUELQUE... QUE

Quelque intérêt que tu me portes, je jouerai les indifférentes.

Quelque incongrue que soit ton attitude, je ferai preuve de sang-froid.

> Quelque... que

 

+QUEL(s) QUE... QUELLE(s) QUE... sont suivis de être (devoir être, pouvoir être,  sembler être, etc.) au subjonctif et du sujet inversé (qui s'accorde avec quel)

Quelle que soit ta manière d'agir, je resterai stoïque.

Quels qu'aient été ses arguments, je n'ai pas été convaincue.

Quelles que puissent être tes envies, elles resteront inassouvies.

Quels que doivent être tes espoirs, ils seront forcément déçus.

> Quel que

 

QUOI QUE / QUOIQUE

On ne peut pas se tromper,  QUOIQUE, conjonction concessive,  est synonyme de BIEN QUE.

Quand on hésite sur l'orthographe, on remplace l'un par l'autre.

Je resterai plantée là quoi que tu dises.

Je resterai plantée là, quoique tu me l'interdises / bien que tu me l'interdises.

> Quoi que

 > Quoique  

> Bien que

 

Pour en savoir +


Conjonctions de subordination et locutions conjonctives classées 

 Cause conséquence but temps condition comparaison concession exception

proportion manière conformité supposition addition alternative

 

 

pauvres insensés cynocéphales

Cynocéphale

♦ substantif, singe d'Afrique dont la tête ressemble à une tête de chien.

♦ adjectif, qui a une tête de chien, qui a une tête ressemblant à une tête de chien, qui a une tête de chacal, comme Anubis le dieu égyptien.

 

petits fiérots infatués de vous-mêmes

♦ fiérot, qui montre un contentement de soi naïf et ridicule.

synonyme, faraud.

♦ infatué ou infatué de soi-même, sottement prétentieux.

 

sans avoir l'heur de crier ouf

> sans avoir le plaisir d'exprimer son soulagement

♦ l'heur (vieux) > bon heur > bonheur

♦ ouf onomatopée

dire ouf, ne rien dire, ne pas piper.

 

Les yeux à demi clos

 les yeux mi-clos. Une demi-heure, deux heures et demie.

 

Je supputai mes chances

Supputer, faire un calcul d'estimation, évaluer.  

À voir votre train de vie, je suppute votre situation financière.

 

LES MOTS COMMENÇANT PAR SUP prennent 2P sauf ceux qui commencent par super, supra, suprém, suprêm, supin.

 

qu'un satyre fût près de me piétiner

♦ un satyre, divinité mythologique de la terre ayant un corps d'homme avec des cornes et des pieds de bouc. OU un homme lubrique. 

Homophone, une satire, un texte satirique.

♦ fût, subjonctif imparfait

>>Valeurs et emplois du subjonctif

>>La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

♦ près de >>Ne pas confondre : sortir, assortir, ressortir intrans. ou trans. indirect- quelquefois, quelques fois – davantage, d'avantage – bientôt, bien tôt – sitôt, si tôt - près de, prêt à

 

ses sabots de bouc pestilentiel

Pestilence, pestilentiel

♦ Le C devient généralement T dans la terminaison ENTIEL, essence, essentiel . Mais circonstanciel...

♦ Pestilentiel, qui a les caractères de la peste. Maladie pestilentielle. Il signifie aussi : qui donne la peste et, par extension : qui est infecté. Un air pestilentiel. Vapeurs pestilentielles. Cf. l'Académie  

 

Moultes tergiversations

moult, vieil adjectif indéfini employé comme invariable ou variable, beaucoup de, plusieurs, maint.

 

Je me résolus à rester coite

masculin coi, féminin coite

 

il eût fallu cent hommes pour qu'on vainquît ce monstre

♦ CONDITIONNEL PASSÉ de falloir

Il eût fallu cent hommes (2e forme) > il aurait fallu (1re forme)

 

♦ Pour que, locution conjonctive de but

 

Plût à Dieu que ce ne fût qu'un cauchemar inopportun !

Souhait - Plaise à Dieu 
plût subjonctif imparfait 

le subjonctif optatif - voir le § 29 dans >>Valeurs et emplois du subjonctif

 

Quels que pussent être mes désirs et quoi que je fisse ici-bas...

Locutions quel que et quoi que suivies du subjonctif (concession)

> quel que

> quoi que

> Conjonctions de subordination et locutions conjonctives classées : cause conséquence but temps condition comparaison concession exception proportion manière conformité supposition addition alternative

 

Retour au début de l'article - 2 Délires schizophrènes

 

>> 1 Délires engendrés par un traumatisme irréversible -« Honni soit qui mal y pense ! »

>> 3 Délires évanescents -Fais ce que dois, advienne que pourra.

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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