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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 18:02

 

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Je m'en voulus de n'avoir pu être d'aucun secours à ma protectrice et je me sentis un peu coupable. N'étais-je pas, sans le vouloir, à l'origine de cette fâcheuse affaire ? Je ne savais que lui dire pour lui témoigner ma compassion, le moindre geste de ma part l'eût fait éclater en sanglots et l'expression de mon empathie lui eût nui plutôt qu'elle ne l'eût aidée.

 

Elle baissa les yeux quelques instants et déglutit. Ses larmes séchées, elle se tourna vers moi pour mesurer à quel point l'émotion m'avait atteinte. Je lui souris. Nous étions liées à jamais.

Il n'était pas question que je larmoyasse ou que je m'appesantisse davantage sur cet incident regrettable. Le temps pressait.

Les tables, jonchées des reliefs du repas, demandaient d'urgence à être nettoyées. Je passai un ramasse-miettes furtif et préalablement désinfecté.

Les spectateurs, un instant médusés, reprenaient lentement leurs gestes coutumiers. Il n'y eut pas de commentaires circonstanciés. On se contint.

.....................................................

 

NOTES

Le moindre geste l'eût fait éclater en sanglots.

Rappel. Le participe passé FAIT est invariable lorsqu'il est suivi d'un infinitif.

eût fait... aurait fait. Conditionnel passé.

Voir : L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...

 

L'expression de mon empathie lui eût nui plutôt qu'elle ne l'eût aidée.

l'empathie, faculté que l'on a de pouvoir se mettre à la place des autres et de ressentir les mêmes joies et les mêmes douleurs.

- sympathie, antipathie
eût nui, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé - conditionnel passé 2e forme - style soutenu.

> lui aurait nui (conditionnel passé 1re forme)

ici pas d'accord du participe passé nui employé avec avoir, il n'y a pas de COD. Nuire à quelqu'un un. Voir :  Règles de l'accord des participes passés 

 

plutôt 1-de préférence 2-assez, c'est plutôt agréable

plus tôt, moins tard, avant l'heure.

Voir l'article : Ne pas confondre : alcoolique, alcoolisé – rabattre, rebattre - amener, apporter – geai, jais - jadis, naguère – plutôt, plus tôt

 

Venez aujourd'hui plutôt que demain.

aujourd'hui, c'est préférable

Venez aujourd'hui plus tôt qu'hier.

hier, vous êtes venu un peu tard.

 

plutôt qu'elle ne l'eût aidée.

aidée s'accorde avec le COD l' placé avant.


Aider. Je l'aide ou bien je lui aide ?

Aider une personne transitif direct.  

J'aide ma soeur, je l'aide.

Transitif indirect, vieilli ou régional, aider à une personne.

J'aide à ma soeur, je lui aide.

Transitif indirect, aider à une chose, faciliter.  

Ce remède aide à sa guérison, il l'aide à guérir.

S'aider, pronominal réfléchi.

Aide-toi, le ciel t'aidera.

Pronominal réciproque.

Nous nous sommes aidés dans l'adversité, nous nous sommes entraidés.

 

Il n'était pas question que je larmoyasse ou que je m'appesantisse...

subjonctif imparfait dans les subordonnées 

Voir : Valeurs et emplois du subjonctif

imparfait puisque le verbe de la principale est à un temps passé (était, imparfait de l'indicatif)

Il n'est pas question que je larmoie ou que je m'appesantisse...

la principale étant au présent de l'indicatif, les verbes de la subordonnée sont ici au présent du subjonctif.
Rappel : les verbes du 2e groupe (comme appesantir) ont la même forme au présent et à l'imparfait du subjonctif sauf à la 3ème personne du singulier.

il n'est pas question qu'il s'appesantisse...

Il n'était pas question qu'il s'appesantît...

La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

  

Un ramasse-miettes, des ramasse-miettes

Le pluriel des noms composés

Voir le QUIZ > Les noms composés - Quiz 97 Ma soirée avec Jojo

 Il faut se fier au sens

Un nom suivi d'un adjectif, les deux mots ont généralement la marque du pluriel, des coffres-forts, des wagons-lits...

Un verbe et un nom, seul le nom peut être au pluriel, selon le sens, un ramasse-miettes, un couvre-chef...

Deux noms, seul le premier est au pluriel si le second est ou peut être un complément de nom avec préposition, des timbres-poste = des timbres de la poste, des choux-fleur = des choux en fleur, des gueules-de-loup...

un nom et un mot invariable, seul le nom peut être au pluriel, des arrière-trains, des en-têtes...

deux mots, si le premier se termine par o, seul le second peut varier, des afro-américains...

un adjectif et un nom, généralement, les deux mots se mettent au pluriel, des plates-bandes, des courtes-pointes, des hauts-de-chausses...

Mais

grand au masculin prend un s au pluriel, des grands-oncles, des grands-pères...

grand au féminin est invariable des grand-mères, les grand-rues, les grand-messes...

quelques noms composés :

des on-dit, des coq-à-l'âne, des va-nu-pieds, des pot-au-feu, des ayant-cause et des ayants-droit, des pur-sang, des tête-à-tête, des après-midis...

Les règles changent avec la Nouvelle Orthographe

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

les spectateurs, un instant médusés, frappés de stupeur.

La Méduse, figure mythologique peu sympathique. Elle changeait en pierre ceux qu'elle regardait. C'est l'une des trois Gorgones avec Euryale et Sthéno.

Vous la reconnaissez, Médousa avec sa tête surmontée de serpents.

 

Des commentaires circonstanciés, détaillés.

 

On se contint, ils se continrent, nous nous contînmes, etc.

se contenir, contenir, refréner, ficeler, réprimer, brider ses émotions. 

 

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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