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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 08:21

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Tout en haut du piton rocheux qui dominait la ville, se dressait, impressionnant et grave, le Château. On ne pouvait tourner la tête dans sa direction sans le voir et il rappelait, à tout un chacun, la puissance qu'il exerçait sur le mental. Les carcasses les moins robustes tremblaient, les esprits les plus résolus fléchissaient devant le symbole glacé et mortel. On faisait tout ce qu'il était possible pour éviter de lever les yeux sur lui, à tel point qu'on en oubliait le plus souvent de regarder les divines beautés du ciel changeant qui se moquait bien de ce qui se passait ici-bas.

 

Avant de nous extirper de la cache où nous nous étions dissimulées, bien à l'abri des ondes indiscrètes, je prévins Alcmène de ma décision de pénétrer dans cette forteresse.

Elle me traita d'intrépide et de téméraire et me pressa de lui dire de quel mal je me plaignais pour vouloir ainsi aller quérir un remède au Château, au risque de ne pas me porter mieux, ou même d'encourir un blâme. Elle ne put me décrire lequel exactement, car on craignait de parler librement de ces choses. Des rumeurs couraient, chuchotées imprudemment à l'oreille, quand on croyait se trouver dans un lieu sûr. Je ne lui dis pas un mot de mes intentions exactes, pour la préserver, au cas où on la presserait d'avouer ce qu'elle savait sur moi.  

Je me serais bien laissé convaincre de n'y point aller, si forts étaient les arguments de ma chère Alcmène, mais la curiosité qui m'animait était trop intense pour lui céder. Je saurais désormais qu'il me fallait me tenir sur mes gardes.

N'étais-je pas tout fraîchement arrivée dans ce monde d'inquisiteurs ? Je me doutais bien qu'on m'avait à l'oeil°.

 

Sitôt que je fus sortie à l'air libre, je respirai de toute ma capacité pectorale comme si une hyper oxygénation pouvait me délivrer de mes peurs. Il me fallait les vaincre pour affronter l'inconnu. Il me fallait les vaincre pour éclaircir le mystère.

 

     « À vouloir trop savoir, qu'y gagne-t-on ? dit le sot. Si tu m'apprends que l'architecture des pommes de pin fait que l'air virevolte autour d'elles, les pignes en seront-elles meilleures ? »

..........................................................

 

NOTES

Première phrase : ..........................le Château

LA SUSPENSION - Procédé de style qui veut produire un effet : rejet en fin de phrase du groupe nominal le Château.

 

à tel point qu'on en oubliait le plus souvent de regarder les divines beautés du ciel

conséquence après la locution conjonctive à tel point que

> À un tel point que, à un point tel que, au point que

 

il rappelait, à tout un chacun, la puissance qu'il exerçait

Tout un chacun, n'importe qui.


Je me serais bien laissé convaincre de n'y point aller

♦ Place de Y : Lorsque le verbe à l'infinitif est précédé d'un adverbe (bien, trop, toujours...) ou de la 2e partie de la nég. (pas, point, rien, jamais...) Y précède le groupe adverbe + infinitif 

> La place de Y et de EN dans la phrase. Vous recherchez des difficultés dans cet exercice ? Vous finirez bien par Y EN trouver. + QUIZ 67

♦ laissé, participe passé suivi d'un infinitif : invariable.

> L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...


Je me doutais bien qu'on m'avait à l'oeil°.

on me surveillait

 

Sitôt que je fus sortie à l'air libre

langue soignée, emploi de la locution conjonctive > Sitôt que

passé antérieur

 

je respirai de toute ma capacité pectorale

pectoral, de la poitrine.

 

les pignes en seront-elles meilleures ?

Une pigne, c'est la graine de la pomme de pin mais c'est aussi parfois la pomme de pain elle-même. 

Dans la Loire on appelle une pomme de pain un babet.

 

Les babets ! Ce mot résonne dans ma mémoire et me plonge dans mon enfance. Comme les promenades dans les bois du Pilat fleuraient bon les résineux ! On y ramassait les babets, précieux butin qui devenait jouets. Les babets femelles avaient notre préférence, c'étaient les plus gros. Je sens encore sous mes doigts le rugueux contact de leurs écailles. Certains d'entre eux, cônes presque fermés, d'autres, cônes éclatés, que la nature artiste avait sculptés dans une inégalable perfection.

 

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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