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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 07:00

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Rien ne pourrait décrire la reconnaissance que j'éprouvais pour ma chère Sissi, ma providence incarnée. J'implorai son pardon pour avoir douté d'elle. Son infinie bonté me bouleversait. Grâce à son intervention que je tenais pour miraculeuse, j'avais pu jeter aux orties° les habits du malheur*, pour revêtir la robe immaculée de l'espérance que le ciel m'avait départie.

Elle fut abasourdie par mon discours grandiloquent et mon emphase déplacée. Elle n'osait m'interrompre, si grande était l'empathie qu'elle éprouvait en cet instant, et elle me regardait, ébahie, éberluée, étonnée même que je fusse à ce point dépendante de mon émotion.

« Merci, conclus-je. »

Il fallait bien que j'entretinsse cette amitié qui venait de faire preuve d'une efficacité rare et sans couac(s).

 

Après cet intermède où j'avais entre autres pour dessein d'entretenir avec Sissi une relation nécessaire au cas où je me retrouverais, on ne sait jamais, dans une situation semblable, d'où elle pourrait me tirer d'affaire derechef, je m'apprêtai à mettre Marie Cratère à l'épreuve des promesses qu'elle m'avait faites.

 « Il faut battre le fer quand il est chaud°, me dis-je. »

 

Je ne m'embarrassai donc d'aucune circonlocution en lui demandant tout de go qui était la jeune femme que j'avais entraperçue et dont elle m'avait jalousement caché l'existence, comme si ce fût une affaire d'état.

« Ça l'est, me répondit-elle, à mon grand étonnement. »

J'étais prête à donner quelque crédit à son allégation bien qu'il me restât encore quelques doutes sur sa sincérité. N'avais-je pas été déjà par trop échaudée ? Quelle échappatoire pourrait-elle inventer pour se soustraire à mes reproches ?

............................................................ 

*The suits of woe, Les habits de malheur, Hamlet de Skakespeare.

 

NOTES

Sissi, ma providence incarnée

incarné, qui s'est fait chair.

 

la robe immaculée de l'espérance que le ciel m'avait départie

départir, accorder.

 

si grande était l'empathie qu'elle éprouvait

grande, attribut de l'empathie

l'empathie avec un TH

du grec pathos, souffrance, passion.

le pathos, en rhétorique, moyens employés pour émouvoir l'auditeur. S'emploie souvent dans un sens péjoratif pour émettre une critique.

Sympathie, antipathie, pathétique, homéopathie etc.

 

une efficacité rare et sans couac ou sans couacs 

Sans, s'en, sens, sent, c'en, cent, sang, des homophones à ne pas confondre – Sans suivi d'un singulier ou d'un pluriel ?

 

j'avais entre autres pour dessein

remarquez le pluriel = entre autres choses.

 

Je ne m'embarrassai donc d'aucune circonlocution en lui demandant tout de go

aucune circonlocution - tout de go

Ces deux expressions dans une même phrase constituent un PLÉONASME. C'est une faute évidemment. Mais ne puis-je pas tout me permettre dès l'instant où je me dénonce ? Et n'ai-je pas déjà fait mon mea culpa avec La Grande Armée napoléonnienne ?

"Non, pas d'excuses, entends-je un lecteur murmurer.”

J'en prends acte.

 

dont elle m'avait jalousement caché l'existence.

Pas d'accord avec le participe passé caché employé avec avoir. Le complément d'objet direct l'existence est placé après lui, m' est un complément d'objet second (à moi). On l'appelle second parce que le verbe a un complément d'objet direct.

 

Il fallait bien que j'entretinsse cette amitié.

entretinsse subjonctif imparfait 

Imparfait puisque la phrase est au passé

 Il faut bien que je l'entretienne. Présent

RAPPEL - Quand la proposition principale comporte : il faut,  on a le mode subjonctif dans la subordonnée.

entretenir se conjugue comme tenir et ses dérivés.

Pour trouver le subjonctif imparfait entretinsse, on pense au passé simple, je tins, j'entretins, et on ajoute la terminaison du subjonctif imparfait

il fallait que je TINSSE, que tu TINSSES, qu'il TÎNT (avec l'accent circonflexe, que nous TINSSIONS, que vous TINSSIEZ, qu'ils TINSSENT

Tenir se conjugue comme venir (et leurs dérivés)

Voir l'article :

La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

j'étais prête à donner quelque crédit à son allégation

quelque crédit, un certain crédit.

une allégation, une affirmation.
 

Il faut battre le fer quand il est chaud°

Il faut agir quand la situation s'y prête, sans attendre.

 

N'avais-je pas été déjà par trop échaudée

Par trop (littéraire) excessivement, beaucoup trop, vraiment très.

 

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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