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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 14:03

 

Dans le texte ci-dessous, faites l'accord des participes passés 

 

Puis vous lirez la correction de ce quiz 26 

 

Une saynète

Prunille et Théo, un couple bien ordinaire

 

Chaque prise de parole est numérotée.

Les couleurs se rapportent aux deux personnages

 x, Prunille - y,Théo

..................................................... 

 

 

Pour voir la correction, cliquez sur  C 

 

 

1y- Tu l'as vu cette belle actrice ? Eh bien, Pignon me l'a fait connaître et il me l'a présenté.

C

2x- Je n'ai jamais été vraiment emballé par son jeu, tu sais. 

 

3y- Les choses qu'il m'a dit sur elle sont incroyables.

Il m'en a raconté ! Je ne te le dis pas.

C

4x- Ah ?

 

5y- Et les cadeaux qu'il lui a offert !

Même ses roses ! Les roses de son jardin !
C 

6x- Vraiment ? C'est de cette péronnelle qu'il t'a parlé ?

Et il lui en a donné beaucoup de ses roses?

Des roses de son jardin ?

Mais combien lui en a-t-il donné ?

De ses roses, que je n'ai jamais vu fleurir !!

 

7y- Pourtant, tu les as vu planter, et arroser, et bichonner tout le printemps !

Toute cette peine qu'il s'est donné !

Tous ces efforts qu'il a fait !

C

8x- Ah oui, ses pauvres fleurs ! J'ai vu comment il les a planté et arrosé, et bichonné. Je les ai même regardé pousser... de là à s'épanouir !

Tous ses efforts se sont succédé sans relâche, je te l'accorde. Quel gâchis !

En revanche, j'admire les parterres qui ont fleuri, grâce à toi, dans notre jardin. Ils sont bien réussi.

Mais je me suis piqué quelquefois aux chardons.

 

9y- Tu t'es piqué les doigts ?

C

10x- Oui, et une vipère m'a mordu aussi. L'eusses-tu cru, dis-moi ? M'eusses-tu cru ? Le jour même de nos fiançailles ! Et je me suis tu.

 

11y- Pas de chance ma Louloute. Ma Louloute que j'aime et que j'ai aimé par dessus tout... tout ce temps près de toi...

C

12x- … Il s'est écoulé tant d'années, mon bichon... Et tant de choses se sont passé...

Pourquoi donc nous sommes-nous chamaillé si souvent, et si souvent crêpé le chignon, et si souvent parlé comme des charretiers, et trop souvent battu même.

 

13y- Mais nous nous sommes aussi tant et tant aimé, et si souvent embrassé, et nous nous sommes donné tant de câlins qu'on n'aurait pas pu les compter.

C

14x- Certes nous nous sommes reproché trop de peccadilles ces derniers temps, notre indifférence, nos cris, nos silences...

 

15y- Nous nous sommes regardé en chiens de faïence.

C

16x- Nous nous serions bien arraché les yeux.

Dis, nous nous sommes nui parfois, tu sais.

Tu ne m'aurais pas empêché de partir si je te l'avais demandé, tout de même ?

 

17y- Mais que dis-tu là ? Je t'aurais retenu contre vents et marées.

Je t'aurais serré très fort dans mes bras puissants...

J'aurais pu m'en aller aussi, tu sais. 

C 

18x- Je me serais cru trahie. Tu m'aurais fait souffrir. Jusqu'où nous serions-nous laissé aller ?

 

19y- Et tu te serais rendu intéressante !

C

20x- Certes, je me serais emparé de toi comme une folle. J'aurais crié à tel point que mes hurlements de douleur se seraient entendu de loin.

 

21y- Il se seraient perdu dans le calme du soir.

Ta voix, ta chère voix que j'aurais entendu résonner dans la nuit...

C

22x- Ton corps frémissant que j'aurais senti contre moi...

 

23x + yAAAAh...

C

24x- Étant donné la tournure des événements, on ferait mieux de ne pas offenser la grammaire.

 

25y-Qui parle d'offenser grand-mère ni grand-père ?*...

C

26x- ???  

 

27y- Ah ! tu veux parler des participes passés auxquels on a penser. Ont-ils été  orthographié correctement ? Ont-ils été écrit sans fautes ? Nous ont-ils  donné du fil à retordre ?

C

28x- Ils m'ont bien forcé à réfléchir.

 

29y- Ils se sont ri de nous, tant qu'à faire ! 

C

30x- Ils se sont plu et complu à nous tourmenter. Et nous nous sommes rendu compte de leur cruauté.

 

31y- ... vu les myriades de participes, ils se sont bousculé dans notre discours sans que nous les ayons vraiment invité.

C

32x- Et comme nous nous sommes piqué au jeu, ils se sont joué de nos émotions.

 

33y- Mais pourquoi les Français se sont-ils toujours obstiné à vouloir maîtriser l'accord de leurs participes passés ?

C

34x- Quand on aime la langue française, on est mu par le désir d'en connaître le moindre de ses secrets. 

On est coincé tous les deux n'est-ce pas ?

 

35x + y- Et toi lecteur ?

C

 

 >> Correction du quiz 26 - Un couple très ordinaire 

 ..................................................... 

* cf.Propos de Martine dans Les Femmes Savantes de Molière.

 

NOTE (ligne 25)

*cf Les Femmes savantes, Molière, 1672

Acte II Scène 6 (extrait)  

[Philaminthe est outrée lorsqu'elle entend sa servante Martine faire des fautes de français. Bélise renchérit. C'est en vain, que Chrysale, le mari de Philaminthe, essaie mollement de trouver des excuses à la pauvre Martine qui n'a pas la langue dans sa poche] 

 

Philaminte
Elle a, d’une insolence à nulle autre pareille,
Après trente leçons, insulté mon oreille
Par l’impropriété d’un mot sauvage et bas,
Qu’en termes décisifs condamne Vaugelas.


Chrysale
Est-ce là… ?


Philaminte
Quoi ? toujours, malgré nos remontrances,
Heurter le fondement de toutes les sciences,
La grammaire, qui sait régenter jusqu’aux rois,
Et les fait, la main haute, obéir à ses lois ?


Chrysale
Du plus grand des forfaits je la croyais coupable.


Philaminte
Quoi ? vous ne trouvez pas ce crime impardonnable ?


Chrysale
Si fait.


Philaminte
Je voudrais bien que vous l’excusassiez !


Chrysale
Je n’ai garde.


Bélise
Il est vrai que ce sont des pitiés :
Toute construction est par elle détruite,
Et des lois du langage on l’a cent fois instruite.


Martine
Tout ce que vous prêchez est, je crois, bel et bon ;
Mais je ne saurais, moi, parler votre jargon.


Philaminte
L’impudente ! appeler un jargon le langage
Fondé sur la raison et sur le bel usage !

 

Martine
Quand on se fait entendre, on parle toujours bien,
Et tous vos beaux dictons ne servent pas de rien.

 

Philaminte
Hé bien ! ne voilà pas encore de son style ?

* cf.Propos de Martine dans Les Femmes Savantes de Molière.

 

NOTE (ligne 25)

*cf Les Femmes savantes, Molière, 1672

Acte II Scène 6 (extrait)  

[Philaminthe est outrée lorsqu'elle entend sa servante Martine faire des fautes de français. Bélise renchérit. C'est en vain, que Chrysale, le mari de Philaminthe, essaie mollement de trouver des excuses à la pauvre Martine qui n'a pas la langue dans sa poche] 

 

Philaminte
Elle a, d’une insolence à nulle autre pareille,
Après trente leçons, insulté mon oreille
Par l’impropriété d’un mot sauvage et bas,
Qu’en termes décisifs condamne Vaugelas.


Chrysale
Est-ce là… ?


Philaminte
Quoi ? toujours, malgré nos remontrances,
Heurter le fondement de toutes les sciences,
La grammaire, qui sait régenter jusqu’aux rois,
Et les fait, la main haute, obéir à ses lois ?


Chrysale
Du plus grand des forfaits je la croyais coupable.


Philaminte
Quoi ? vous ne trouvez pas ce crime impardonnable ?


Chrysale
Si fait.


Philaminte
Je voudrais bien que vous l’excusassiez !


Chrysale
Je n’ai garde.


Bélise
Il est vrai que ce sont des pitiés :
Toute construction est par elle détruite,
Et des lois du langage on l’a cent fois instruite.


Martine
Tout ce que vous prêchez est, je crois, bel et bon ;
Mais je ne saurais, moi, parler votre jargon.


Philaminte
L’impudente ! appeler un jargon le langage
Fondé sur la raison et sur le bel usage !

 

Martine
Quand on se fait entendre, on parle toujours bien,
Et tous vos beaux dictons ne servent pas de rien.

 

Philaminte
Hé bien ! ne voilà pas encore de son style ?
Ne servent pas de rien !

 

Bélise
Ô cervelle indocile !
Faut-il qu’avec les soins qu’on prend incessamment,
On ne te puisse apprendre à parler congrûment ?
De pas mis avec rien tu fais la récidive,
Et c’est, comme on t’a dit, trop d’une négative.

 

Martine

Mon Dieu ! je n’avons pas étugué comme vous,
Et je parlons tout droit comme on parle cheux nous.

 

Philaminte
Ah ! peut-on y tenir ?

 

Bélise
Quel solécisme horrible !

 

Philaminte
En voilà pour tuer une oreille sensible.

 

Bélise
Ton esprit, je l’avoue, est bien matériel.
Jen’est qu’un singulier, avonsest pluriel.
Veux-tu toute ta vie offenser la grammaire ?

 

Martine
Qui parle d’offenser grand’mère ni grand-père ?

 

Philaminte
Ô Ciel !

 

Bélise
Grammaire est prise à contre-sens par toi,
Et je t’ai dit déjà d’où vient ce mot.

 

Martine
Ma foi !
Qu’il vienne de Chaillot, d’Auteuil, ou de Pontoise,
Cela ne me fait rien.

 

Bélise
Quelle âme villageoise !
La grammaire, du verbe et du nominatif,
Comme de l’adjectif avec le substantif,
Nous enseigne les lois.

 

Martine
J’ai, Madame, à vous dire
Que je ne connais point ces gens-là.

 

Philaminte
Quel martyre !


Bélise
Ce sont les noms des mots, et l’on doit regarder
En quoi c’est qu’il les faut faire ensemble accorder.


Martine
Qu’ils s’accordent entr’eux, ou se gourment, qu’importe ?


Philaminte, à sa sœur.
Eh, mon Dieu ! Finissez un discours de la sorte.

 

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>> Correction du quiz 26 - Un couple bien ordinaire

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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