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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 08:19

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L'euphonie est, en linguistique, ce qui rend la prononciation plus agréable, plus douce, plus facile.

(Euphonie s'oppose à cacophonie et à dissonance)

 

En 2e partie : Les lettres euphoniques : S T L

1re partie

Ne se prononce pas généralement en liaison le S de la 2e personne du singulier

-des verbes du premier groupe

Tu chantes un air que je connais. (tu chantun air..)

-et de certains verbes du 3e groupe se terminant par ES précédé d'une consonne 

Tu cueilles une rose. (tu cueillune rose)

Tu m'offres un coeur aimant. (offrun)

Il faut que tu saches en reconnaître le prix. (tu sachen...)

-On fait généralement la liaison dans : tu es allé. (tu es-z-allé)

 

Ne se prononce pas dans la langue courante le X de veux, peux, vaux (prévaux, etc)

Je veux une preuve de ce que tu avances.

 

>>Exceptions, en langue soutenue ou en poésie.

Tu m'offres un bouquet. (tu m'offres-zun-bouquet)

Je veux un geste de ta part. (Je veux-z-un geste)

 

 

L'élision et l'introduction des lettres euphoniques permet d'éviter l'hiatus (ouverture de la bouche), bâillement qui se produit lorsqu'on prononce deux voyelles qui se suivent.

 

 

L'Académie considère comme des cas d'euphonie la contraction de l'article défini et l'élision.

 

La contraction de l'article défini

DE + LE devient DU

DE + LES devient DES

À + LE devient AU

À + LES devient AUX

Je reviens du cinéma. (de le cinéma)

J'ai parlé aux enfants. (à les enfants)

 

Pour en savoir plus

Lire l'article : Qu'est-ce qu'un partitif ? Ne pas confondre la préposition DE - l'article défini contracté DU DES - et l'article partitif DE DU DES

 

L'élision

Académie (4ème édition) : Suppression d'une voyelle dans un mot à la rencontre d'une autre voyelle.

-On élide la voyelle et on la remplace par une apostrophe devant une voyelle, un H muet, certains mots commençant par Y, comme dans : l'école (au lieu de la école), l'homme (au lieu de le homme), l'yeuse (au lieu de la yeuse), jusqu'à présent (au lieu de jusque à présent), parce qu'il pleure (au lieu de parce que il...), s'il (au lieu de si il), etc.

 

L'Académie : Dans la prononciation, il se fait beaucoup d'élisions qui ne se marquent pas dans l'écriture, comme, Il marche après lui.

C'est l'enchaînement linguistique.

Il s'agit, comme le font remarquer plusieurs linguistes, du phénomène sandhi. Une modification phonétique se produit lorsque les mots se suivent. Il n'y a pas de modifications visuelles.

Je me promène en forêt (promènen forêt)

>>pas de disjonction entre promène et en

Je la jette au panier (jettau panier)

Ils me mènent en bateau (mènen bateau)

       (Style soutenu ou en poésie, liaison: mènent-ten) 

 

Pour en savoir +

Voir l'article : L'élision, la liaison, la disjonction, l'enchaînement 

 

La connaissance de ce phénomène vaut pour le décompte des syllabes en poésie.

"Comme un ange qui se dévoile"
Victor Hugo

Com

me~un

n~an

ge

qui

se

voile

1

2

3

4

5

6

7

8

enchaînements : comme-un, un-ange

ge, suivi d'une consonne, compte pour une syllabe, voile compte pour une syllabe.

 

Pour en savoir +

Voir l'article : Versification. Comment compter les pieds* (syllabes) d'un vers ?

 

L'Académie remarque : Il se fait plusieurs élisions assez considérables dans la prononciation familière, qui n'ont pas lieu dans la prononciation soutenue.

..............................................................................................

2e partie

Les lettres euphoniques : S T L

Elles servent à rendre la prononciation plus facile, plus coulante.

 

-À l'impératif, les verbes du 1er groupe et certains du 3e groupe se terminant par E (et le verbe va) prennent S devant les pronoms EN et Y, non suivis d’un infinitif :

Chantes-en une (en, pronom = de tes chansons)

Vas-y tout de suite.

Aies-en soin.

Penses-y.

 

-Ces verbes ne prennent pas de S

1°devant les pronoms EN et Y s'ils sont suivis d'un infinitif

2°et devant la préposition EN.

On note qu'il n'y a pas de trait d'union.

Ose en parler à ta mère si tu veux. (en, pronom = parle de cela)

Laisse en donner à tout le monde. (en, pronom)

Articule en t'appliquant (en, préposition)

Va y mettre ton nez. (y, pronom)

Va en savoir plus. (en, pronom)

Laisse y réfléchir un peu. (y, pronom)

Parle en tant que représentant de notre groupe. (en tant que, locution dont le 1er mot est la préposition en)

Parle en anglais, s'il te plaît. (en, préposition)

Chante en sourdine, je te prie. (en, préposition)

Joue en faisant le moindre bruit possible. (en, préposition)

NOTE : EN et Y font partie du groupe qui suit le verbe à l'impératif, on peut faire dans certains cas une légère pause après ce verbe :

Va / y mettre ton nez - Laisse / y réfléchir - Va / en savoir plus...

 

-Avec les verbes pronominaux + EN.

s'en aller, s'en retourner, s'en mêler, etc.

Va-t'en ou c'est moi qui m'en vais.

Retourne-t'en immédiatement.

Mêle-t'en et tu vas voir.

Lave-t'en les mains et pense à autre chose.

On remarque l'apostrophe comme elle figure à l'infinitif.

Le T dans ce cas est le pronom lié au verbe, ce n'est pas la lettre euphonique.  

s'en aller >>Va-t'en >> Allez-vous-en

t' est le pronom te dont le e est élidé.

 

Le Grevisse, le Trésor, l'Académie donnent : Va-t'en.

On rencontre parfois de façon erronée va-t-en.

Malbrough s'en va-t-en guerre

Babette s'en va-t-en guerre

Johnny s'en va-t-en guerre

 

À noter

Vas-y voir (familier)

 

Expression que l'on attribue aux marins :

À Dieu vat ! = À Dieu va ! (À la grâce de Dieu !)

On prononce généralement le t de vat

Vat est une forme de l'ancien français va.

 

-Le T dans certaines phrases interrogatives

Pourquoi cet orateur crie-t-il si fort dans son micro ?

Parle-t-on ici un français correct ?

Gardera-t-il la bouche cousue ?

 

-L'ON plutôt que ON

On peut employer l'on au lieu de on pour éviter l'hiatus.

si l'on, et l'on, ou l'on, où l'on, préposition + quoi l'on, qui l'on, etc.

Si on >> Si l'on vous dit d'apprendre, apprenez !

Où on >> Voilà un coin où l'on aime vivre.

 

Et on >> Et l'on vous dira des choses.

Quoi on >> Dites-moi à quoi l'on croit de nos jours.

 

Aussi après que, que l'on

 Qu'on, puisqu'on, lorsqu'on... >> Il faut que l'on vous le dise.

Et même plus rare :

Comme on >> Faites comme l'on vous dira.

 

Choisir L'ON au lieu de ON n'est en rien obligatoire.

 

Particularités de L'ON - Quand vaut-il mieux l'éviter ?

-Pour l'euphonie, les grammairiens conseillent d'éviter l'on après dont.

On lit le blog de mamiehiou dont on tire la substantifique moelle !

(et non pas dont l'on)

-Encore pour l'euphonie, on évite l'on devant un verbe commençant par L

Si on longe le canal, on prend des risques. (et non pas si l'on longe)

-Toujours pour l'euphonie, on emploie l'on après que si le mot suivant commence par con-

Mieux vaut détourner les yeux de ce que l'on convoite. (et pas de ce qu'on convoite, répétition malvenue de la syllabe con-)

-L'on en tête de phrase, tour littéraire.

L'on me dit ici des choses bien extraordinaires.

 

Pour en savoir + sur ON et L'ON

Voir l'article :Les homophones ont, on - l'on, l'ont, long 

 

Transformation des adjectifs possessifs MA, TA, SA.

Ils deviennent MON, TON, SON devant les mots au féminin qui commencent par une voyelle ou un h muet.

Mon amie, ton épaule, son horrible face de rat.

 

Une remarque sur "l'ancienne langue"

Lu dans le Littré (1880) :

T euphonique : lorsque le temps d'un verbe terminé par une voyelle est immédiatement suivi des pronoms il, elle, on, et lorsque l'adverbe voilà est immédiatement suivi du pronom il, on intercale un t : Dira-t-on, joue-t-elle, fera-t-il, va-t-il.

"Ainsi, n'ayant au coeur nul dessein pour Clitandre,

Que vous importe-t-il qu'on y puisse prétendre ?

Molière, Les Femmes Savantes.

Ce t est étranger à l'ancienne langue, du moins quant à la prononciation. Dans les très hauts temps, il s'écrivait, mais ne se prononçait pas le plus souvent. À la fin du XIIe et au XIIIe siècle, il ne s'écrivait ni ne se prononçait : les vers montrent que l'on disait aime il en deux syllabes, et non, comme nous, en trois syllabes, aime-t-il. Mais la prononciation actuelle était en vigueur dès le XVIe siècle au moins ; car les grammairiens de ce siècle nous apprennent que, bien qu'on écrive aime il, on prononce aime-t-il.

 

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Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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