29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 05:20

 

 

Les mauvaises manières de parler 

Barbarismes* et solécismes*

d'aujourd'hui

et quelques fautes que l'on écrit

1ère partie

 

QUIZ 30

 

Sommaire de l'article :

-Lisez ci-dessous les fautes qu'on entend, qu'on lit, qu'on dit peut-être, et corrigez.

-Épigramme sur quelques mauvaises manières de parler, de Clément Marot.

-Compère Guilleri   

 

Un barbarisme est une faute de langage (par exemple lorsque le mot employé n'existe pas), le solécisme est une faute de syntaxe.

 

Les phrases suivantes contiennent des barbarismes.

La correction et les explications suivent.

 

1-Nous avons convenu de nous rencontrer à cinq heures.  

 

2-Nous avons fait une escalade dangereuse et nous avons rencontré beaucoup d'aléas.

 

3-Et bien, tu as eu raison !

 

4- J'ai tombé dans les escaliers et j'ai échappé mes pommes de terre. Quel fracas !

 

5-J'ai cassé ma tasse, je l'ai faite tomber.   

 

6-Tu avais pris ta valise ? - Oui, je suis parti avec.

 

7-Ça va mal se finir.

 

8-T'as pas dix balles ?

 

9-Je reviens de suite.

 

10-J'espère qu'il vienne.

 

11-Si j'aurais su, j'aurais pas venu.

 

12-Yaka y aller.

 

13-T'es fini.

 

14-T'es où ?

 

15-Il est parti très loin, au diable vert.

 

16-Rappelez-le à mon bon souvenir.

 

17-Je me rappelle de vous avoir vu.

 

18-Vous rappelez-vous de Monsieur Strauss ?

Vous rappelez-vous de lui ?

Je me rappelle de vous

Vous vous rappelez de moi.

 

19-C'est tout ce dont je me rappelle.

Voici ce dont je me rappelle.

 

20-Il se rappelle de son enfance.

 

21-Amène-moi une bouteille !

 

22-Amène-moi la ! Allez ! Donne-moi la !

 

23-J'ai fait une ratatouille pour cinq à six personnes.

 

24-Je ne lui ai pas répondu après qu'il m'ait parlé.

 

25-Je parle, tu te tais, ceci n'est pas normal.

 

26-Je ne t'en voudrai pas malgré que tu partes.

 

27-Nous devrons pallier à ces difficultés.

 

28-Nous irons au coiffeur, au docteur, au dentiste...

 

29-La voiture à papa, la tournée à Zazie.

 

30-J'ai dû payer une somme conséquente.

 

31-Aussi bizarre que cela vous semble, je ne vous reconnais pas.

 

32-Elle hésite entre deux alternatives : le quitter ou continuer à le supporter.

 

33-Je me demande qu'est-ce que tu fais.

 

34-Mais où as-tu laissé la clef ? - Après la porte.

 

35-Je te serai gré d'être poli.

 

36-Au jour d'aujourd'hui.

 

37-Ce gâteau brûlé me fit accroire que vous êtes mauvaise cuisinière.

 

38-Elle s'est en allée trop tôt.

 

39-Il n'est pas très causant.  

 

40-Ce magasin est bien achalandé : que de choses y sont à vendre !

 

41-J'ai vu votre cousine hier. Je vous en ai parlé ? Je la trouve bien jolie.

 

42-Toutes les prévisions qu'il a faites se sont avérées fausses.

 

43-J'ai retrouvé hier l'almanach [almanak] Vermot de ma grand-mère, on y trouvait un calendrier où les jours des Saints évoquaient la météo pour les travaux des champs : "A la Sainte-Catherine tout bois prend racine. "

Saint-Servais, Saint-Pancrasse, Saint-Mamert, Saint-Médard, Saint-Hilaire, Saint-Vincent, Saint-Paul et bien d'autres, avaient-ils donc quelque chose à nous dire ?

 

44-L'amour a anobli son coeur.

 

45-Mon génycologue a d'autant mieux d'argent qu'il thésaurise.

 

46-Mais je me suis basée sur ce que vous m'aviez appris !

 

47-Tu n'as donc pas fini de bâiller aux corneilles.  

 

48-Vous direz bien le bonjour à votre dame !

 

49-Comment qu'on vous cause !  

 

50-Il a dû faire des coupes sombres dans son budget. Récession oblige !

 

51-L'avez-vous entendu m'agoniser d'injures ?

 

52-Il parle comme une vache espagnole.

 

53-Il a une mine pas tibulaire mais presque. 

 

54-Pourquoi est-ce que tu te suspens à mon bras ?

 

55-C'est pain béni.

 

56-Elle a dit une parole bien ambigüe.

 

57-Au temps pour moi ou autant pour moi ?

 

58-Quel acceuil j'ai eu quand elle a vu les fleurs que je lui avais ceuillies !

 

59-J'ai fait une ballade en forêt.

 

60-Si tu viens, je te donnerais des pommes.

 

61-Si tu venais, je t'en donnerai.

 

62-Cette belle dame a bien des appâts.

 

63-Il avait pourtant travaillé assidument ! 

 

 

On se corrige !

 

1-Nous avons convenu de nous voir à cinq heures.  

Nous sommes convenus de nous rencontrer à cinq heures. 

 

Convenir se conjugue avec l'auxiliaire être :

 

-quand il signifie s'entendre sur une chose.

Nous étions convenus que nous nous verrions le lendemain.

Ils sont convenus du prix de cette marchandise, et de la manière d'en faire la publicité.

 

-quand il signifie s'accorder.

J'étais convenu avec tous mes professeurs, ce qui était une gageure. (Prononcer gajure)

Les hommes présents à l'événement ne sont pas convenus sur le mérite de cette femme héroïque. 

 

-quand on reconnaît une vérité.

Nous étions convenus de nos devoirs de citoyens.

Il était convenu que la chose existait vraiment.

(Dans la subordonnée introduite par que on a l'indicatif si la principale est affirmative, le subjonctif si elle est interrogative ou négative).

Les astro-physiciens sont-ils convenus que les astéroïdes soient une menace pour notre terre ?

 

-être conforme en parlant des choses.Vos manières ne sont jamais convenues avec celles de ma fille

 

Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir

 

-quand il signifie convenable à, être propre à

Cette vie ne m'aurait jamais convenu.

La tristesse qu'il éprouvait avait convenu à son caractère neurasthénique.

 

-être à la convenance

Ces décisions m'ont convenu.

 

Remarque

L'usage fait qu'on tend à employer aujourd'hui l'auxiliaire avoir dans tous les cas 

 

Se convenir, vb pronominal  

 

-quand il signifie se plaire, s'accepter

Leurs caractères se sont convenu parfaitement.

Nous nous sommes plu et convenu dès que nous nous sommes rencontrés.

On remarque que les participes passés convenu et plu sont invariables (pas de cod).

 

 

2-Nous avons fait une escalade dangereuse et nous avons rencontré beaucoup d'aléas.

beaucoup de difficultés. Aléas ne signifie pas difficultés ou embûches mais hasard. Aléa s'emploie au singulier ou au pluriel, le plus souvent au pluriel. Ex. Il y a trop d'aléa (trop d'aléas) dans ce que vous allez entreprendre.

 

3-Et bien, tu as eu raison !

Eh bien, tu as eu raison ! 

 

4- J'ai tombé dans les escaliers et j'ai échappé mes pommes de terre. Quel fracas !

Je suis tombé(e) dans l'escalier et mes pommes de terres m'ont échappé / ou j'ai laissé tomber mes pommes de terre.

Échapper = cesser d'être tenu, ou bien laisser tomber, tournure vieillie.

Voir "Le Trésor" sur le site du Cnrtl 

Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Littéraires.

 

5-J'ai cassé ma tasse, je l'ai faite tomber.  

Je l'ai fait tomber. Le participe passé fait suivi d'un infinitif est invariable.

 >L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ

 

6-Tu avais pris ta valise ? - Oui, je suis parti avec.

avec elle.

 

7-Ça va (bien ou mal) se finir.  

ça va bien ou mal finir / ça va bien ou mal se terminer.  

Se finir à la forme pronominale de sens passif est très rare.

 

8-T'as pas dix balles ?  

Tu n'as pas...  N'as-tu pas... N'aurais-tu pas... à me prêter ? Pourrais-tu me prêter... s'il te plaît ?

La politesse se serait-elle à ce point perdue ? 

 

9-Je reviens de suite.  

tout de suite

 

10-J'espère qu'il vienne.  

qu'il viendra.

Voir les cas où l'on emploie l'indicatif ou le subjonctif après espérer.

>Espérer que - J'espère que, je n'espère pas que, espérez-vous que...

 

11-Si j'aurais su, j'aurais pas venu !

Si j'avais su, je ne serais pas venu.

Célèbre phrase du petit Gibus dans le film "La Guerre des Boutons" d'Yves Robert sorti en 1962.

Si j'aurais su : pas le conditionnel dans la subordonnée de condition introduite par si.

j'aurais pas venu : le verbe venir se conjugue avec l'auxiliaire être aux temps composés.

> Si + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

12-Yaka y aller. 

Il n'y a qu'à y aller.

 

13-T'es fini.  

Tu es mort ! (ou autre)

 

14-T'es où ?  

Où es-tu ?

 

15-Il est parti très loin, au diable vert.  

Au diable Vauvert.

 

Je lis sur le Littré en ligne :

 Étymologie.-Saint-Foix (Essais sur Paris) raconte que, sous le règne de saint Louis, des chartreux, possesseurs à Gentilly d'une très belle maison qu'ils tenaient de ce prince, et mis en appétit par ce cadeau, s'avisèrent de convoiter le château abandonné de Vauvert, bâti autrefois par le roi Robert dans la rue qu'on nomme aujourd'hui rue d'Enfer, et qu'ils voyaient de leurs fenêtres. Le demander sans aucune raison valable, c'eût été s'exposer à un refus, même de la part du pieux monarque. Les moines préférèrent employer la ruse ; à leur commandement une légion d'esprits peupla le château, dont personne n'osa bientôt plus s'approcher ; et, comme on le pense bien, le roi fut, un beau jour, enchanté de trouver les bons pères, pour se débarrasser de cette maudite propriété qu'ils se chargeaient bravement de disputer aux revenants. Telle est l'origine du diable de Vauvert ou diable Vauvert. Vauvert est val vert, vallée verte.

 

16-Rappelez-le à mon bon souvenir.  

Rappelez-moi à son souvenir. Formule de politesse dont on se sert soit en parlant, soit en chargeant quelqu'un de transmettre ce témoignage. (Littré)

 

17-Je me rappelle de vous avoir vu.  

Cette phrase est correcte mais le tour est vieilli. Je me rappelle vous avoir vu.

 

18-Vous rappelez-vous de Monsieur Strauss ?

 

Vous rappelez-vous Monsieur Strauss ?

 

Vous rappelez-vous de lui ?

 

Vous souvenez-vous de lui ?

 

Je me rappelle de vous.

 

Je me souviens de vous.

 

Vous vous rappelez de moi.

Vous vous souvenez de moi.

 

19-C'est tout ce dont je me rappelle.

Voici ce dont je me rappelle : ...

C'est tout ce que je me rappelle.

Voici ce que je me rappelle : ...

 

20-Il se rappelle de son enfance.

Il se rappelle son enfance.

 

21-Amène-moi une bouteille !

Apporte-moi une bouteille !

 

22-Amène-moi la ! Allez ! Donne-moi la !

Apporte-la moi ! Allez ! Donne-la moi ! 

23-J'ai fait une ratatouille pour cinq à six personnes.

Pour cinq ou six personnes

 

24-Je ne lui ai pas répondu après qu'il m'ait parlé.

après qu'il m'a parlé, pas de subjonctif après "après que". Voir les emplois du subjonctif, § 38

 

25-Je parle, tu te tais, ceci n'est pas normal.

cela n'est pas normal.

CECI annonce ce qu'on dit ou écrit, CELA résume.

 

26-Je ne t'en voudrai pas malgré que tu partes.

bien que tu partes.

Voir malgré que dans Les emplois du subjonctif paragraphe 50

 

27-Nous devrons pallier à ces difficultés.

pallier ces difficultés.

 

28-Nous irons au coiffeur, au docteur, au dentiste...

chez le coiffeur, chez...

 

29-La voiture à papa - 

la voiture de papa.
La Tournée à Zazie : on peut supposer que le barbarisme est voulu, effet de style !

 

30- J'ai dû payer une somme conséquente.

considérable, importante.

 

31-Aussi bizarre que cela vous semble, je ne vous reconnais pas.

Cette phrase est correcte. on peut dire aussi :

= Si bizarre que cela vous semble... 

 

Aussi... que = si... que (concession)   

Aussi... que, dans ce sens, est ancien, et il est fort répandu aujourd'hui alors que je l'ai vu dénoncer comme barbarisme dans certains sites en ligne. L'Académie l'admet et le Grevisse aussi.

 

32-Elle hésite entre deux alternatives : le quitter ou continuer à le supporter.

Elle hésite entre deux partis, elle hésite devant une alternative.

 

33-Je me demande qu'est-ce que tu fais.

Je me demande ce que tu fais. C'est une interrogation indirecte, la proposition principale est "je me demande". L'interrogation directe serait "qu'est-ce que tu fais ?"

 

34-"Mais où as-tu laissé la clef ?

- Après la porte."

sur la porte.

 

35-Je te serai gré d'être poli.

Je te saurai gré d'être poli. (savoir gré)

 

36-Au jour d'aujourd'hui.

Aujourd'hui suffit.

Il faut savoir que "hui" anciennement signifiait aujourd'hui.

 

37-Ce gâteau brûlé me fit accroire que vous êtes mauvaise cuisinière.

me fit croire.

On trompe les autres en leur faisant accroire des choses fausses - on fait croire, on persuade les autres qu'une chose est vraie.

Voir l'article sur les verbes défectifs

 

38-Elle s'est en allée trop tôt.

Elle s'en est allée trop tôt.

 

39-Il n'est pas très causant.

Il n'est pas très bavard, pas très loquace. 

 

40-Ce magasin est bien achalandé : que de choses y sont à vendre !

achalandé veut dire qu'il y a beaucoup de clients, on confond le mot avec fourni, approvisionné.

 

41-J'ai vu votre cousine hier. Je vous en avais parlé ? Elle est bien jolie.

Je vous avais parlé d'elle ? Le pronom personnel "en" ne peut pas remplacer une personne.

 

42-Toutes les prévisions qu'il a faites se sont avérées fausses.

Elles se sont révélées fausses.  

Avérer, s'avérer : 

a-Avérer s'emploie le plus souvent à la forme pronominale s'avérer bien que le verbe transitif existe mais soit d'un usage vieilli.

b-S'avérer non suivi d'un attribut est rare.

Les faits décrits s'avèrent = apparaissent comme vrais, se montrent dans la réalité après vérification)

c-On dit :

Les conséquences de son acte se sont avérées désastreuses.

(désastreuses attribut de se)

Ce que vous me dites là s'avère du plus grand intérêt.

J'ai vérifié le sens du mot s'avérer et il s'avère qu'il n'est pas d'un usage facile.

d-Ne pas dire : s'avérer vrai (pléonasme), s'avérer faux, s'avérer exact, s'avérer inexact.

Le mot avérer vient de vrai.

 

43-J'ai retrouvé hier l'almanach [almanak] Vermot de ma grand-mère, on y trouvait un calendrier où les jours des Saints évoquaient la météo pour les travaux des champs : "À la Sainte-Catherine tout bois prend racine. "

Saint-Servais, Saint-Pancrasse, Saint-Mamert, Saint-Médard, Saint-Hilaire, Saint-Vincent, Saint-Paul et bien d'autres, avaient-ils donc quelque chose à nous dire ?

1 Almanach se prononce [almana] pas [almanak].

Voir : Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure, almanach, handball, imbroglio, mas, tomber dans le lacs, abasourdi, Auxerre, Bruxelles, Cassis...

2 le nom des Saints n'est pas séparé du mot saint par un trait d'union, Sainte Catherine, Saint Servais, etc.. Pour le nom des rues, des places, des villes, etc. On met un trait d'union. Ex. Saint-Étienne.  

Pour le nom des fêtes aussi, la Sainte-Catherine.

 

44-L'amour a anobli son coeur.

Il a ennobli son coeur. Ennoblir s'emploie pour la noblesse morale, anoblir s'emploie pour donner un titre de noblesse. Voir l'article sur les paronymes.

 

45-Mon génycologue a d'autant mieux d'argent qu'il thésaurise.

Mon gynécologue a d'autant plus d'argent qu'il thésaurise. Mieux est le comparatif de bien.

 

46-Mais je me suis basée sur ce que vous m'aviez appris !

Je me suis fondée.

 

47-Tu n'as donc pas fini de bâiller aux corneilles ?

bayer aux corneilles. Non, on ne bâille pas, mais on peut avoir quand même la bouche ouverte. 

Je t'ai baillé cent coups = je t'ai donné cent coups.

 

48-Vous direz bien le bonjour à votre dame !  

Vous direz bonjour à votre femme / à votre épouse, de ma part. 

 

49-Comment qu'on vous cause !

Comment on vous parle !

 

50-Il a dû faire des coupes sombres dans son budget. Récession oblige !

Des coupes claires.

 

51-L'avez-vous entendu m'agoniser d'injures ?

agonir d'injures.

Voir l'article sur les paronymes et le quiz

 

52-Il parle comme une vache espagnole.

comme un Basque l'espagnol.

 

53-Il a une mine pas tibulaire mais presque.

 

Cité dans la note des Délires n° 69

La Métanalyse, mauvaise interprétation du découpage des sons des mots, ce qui donne des mots nouveaux.

Exemple : Il avait une mine pas tibulaire mais presque. (au lieu de patibulaire) Coluche

On peut rapprocher cette distorsion lexicale de la paronymie (qui est proche de l'homonymie ou de l'homophonie) dans des expressions comme parler comme une vache espagnole au lieu de parler comme un Basque l'espagnol – être fier comme bar tabac, au lieu de  être fier comme Artaban – avoir une voix de centaure au lieu de Stentor...

Soit on peut jouer avec cette structure particulière, soit elle est le fruit de l'ignorance.

 

54-Pourquoi est-ce que tu te suspens à mon bras ?

Tu te suspends. Les verbes en dre au présent de l'indicatif font ds, ds d. Les verbes en indre et soudre font s, s t 

La forme Pourquoi est-ce que est familière.

Pourquoi te suspends-tu...

 

55-C'est pain béni.

C'est pain bénit.

Littré : familièrement, C'est pain bénit se dit à propos d'une personne qui a bien mérité ce qui lui arrive.

 

                       béni(e) ou bénit(e) ?

Bénit se dit des choses ou des personnes sur lesquelles le prêtre a donné la bénédiction avec les cérémonies prescrites. Drapeaux bénits. Chandelles bénites. Pain bénit. Eau bénite.

Familièrement. C'est pain bénit, se dit à propos d'une personne qui a bien mérité ce qui lui arrive

Béni, qui a reçu la bénédiction de Dieu ou des hommes. Marie était bénie entre toutes les femmes. Enfant béni par son père. Ce roi est béni par son peuple. cf. Littré

 

56-Elle a dit une parole bien ambigüe.

ambigu, masculin, ambiguë, féminin. Le tréma se met sur le e. Comme exiguë, la ciguë etc.

(ambigüe, réforme de 1990)

 

57-Au temps pour moi ou autant pour moi ? 

l'Académie donne "au temps pour moi". Mais ce n'est pas si simple et l'on rencontre souvent "autant pour moi"...

Voir le commentaire à la fin de l'article.

 

58-Quel acceuil j'ai eu quand elle a vu les fleurs que je lui avais ceuillies !

 accueil, cueillies. Si l'on place le e après le c on a le son [s]

 

59-J'ai fait une ballade en forêt.

une balade. Une balade est une promenade. Une ballade est un poème.

 

60-Si tu viens, je te donnerais des pommes.

donnerai. Concordance des temps, le présent viens dans la subordonnée conjonctive introduite par si entraîne le futur donnerai dans la proposition principale.

 

61-Si tu venais, je t'en donnerai.

donnerais. L'imparfait de l'indicatif dans la subordonnée entraîne le conditionnel dans la principale, le conditionnel est ici le futur du passé (donnerais)

 

62-Cette belle dame a bien des appâts.

des appas. Les appas éveillent et excitent les désirs.

Les vers, les mouches sont des appâts pour la pêche, pour appâter.

 

63-Il avait pourtant travaillé assidument !

assidûment.

Voir les adverbes en ment dans les notes de l'article des Délires n°2 

 

  >> Suite des barbarismes et des solécismes

2ème partie QUIZ 31

 

Si vous voulez en savoir +

Des fautes qu'il ne faut plus faire

Genre masculin ou féminin, à vous de le dire + quiz

Verbes défectifs, pour peu qu'il vous en chaille !

Paronymie, paronomase

  >> quiz - plus de 50 paronymes   

  agonir et agoniser, épitaphe et épigraphe...

 

Déjà au XVIème siècle, Clément Marot s'émouvait que l'on ne parlât pas notre belle langue comme on eût dû le faire et il nous le fit poétiquement savoir :

 

Sur quelques mauvaises manières de parler

Colin s’en allit au Lendit,
Où n’achetit ni ne vendit,
Mais seulement, à ce qu’on dit,
Dérobit une jument noire.
La raison qu’on ne le penda
Fut que soudain il réponda
Que jamais autre il n’entenda
Sinon que de la mener boire.

Et vous vous souvenez à coup sûr de la chanson enfantine que vous avez eu plaisir à chanter quand vous étiez tout petit, au temps où vous jongliez maladroitement avec les verbes au passé simple.

Compère Guilleri à écouter sur You Tube

 

*Définitions de barbarisme et de solécisme

Cf. Le Littré (extraits)

Barbarisme

"Faute contre la partie de la grammaire qui traite des espèces de mots, et, par extension, toute expression, toute locution qui viole la règle. Barbarisme de mots, celui qui tombe sur le mot lui-même en le dénaturant, comme : vous disez, au lieu de : vous dites. Barbarisme de phrase, celui qui consiste dans l'emploi d'une construction vicieuse, comme : nous repentons notre conduite, au lieu de : nous nous repentons de notre conduite"

"Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme." [Boileau, L'art poétique] 

 

Solécisme

"Faute contre la syntaxe."

 

Syntaxe 

"Terme de grammaire. Manière de joindre ensemble les mots d'une phrase et les phrases entre elles."

 

"Ce n'est pas assez d'avoir des mots pour chaque idée ; il faut encore savoir former, de plusieurs idées, un tout dont nous saisissions tout à la fois les détails et l'ensemble, et dont rien ne nous échappe ; voilà l'objet de la syntaxe", Condillac,

 

Etienne Bonnot abbé de Condillac, philosophe, historien, grammairien.

 

 >> Suite des barbarismes et des solécismes

  QUIZ 31

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commentaires

Benoît 09/09/2012

Bonjour, Vous faites erreur sur le "au temps pour moi", qui est bien la forme correcte. Voir le site de l'Académie Française :
http://www.academie-francaise.fr/la-langue-francaise/questions-de-langue#16_strong-em-au-temps-pour-moi-em-strong Liste fort intéressante par ailleurs :)

Benoit 10/09/2012


Bonjour,


Il semblerait que je sois également trop péremptoire en affirmant que vous faites erreur, puisque vous vous fondez sur un panel de sources bien plus large que le mien :)


 

Eugène M. B. GNIMASSOU 16/05/2014

En français : entre "au plus tard "et "au plus grand tard" que choisir?

click here 03/09/2014

It is nice to read about the information regarding the bad manners to speak French - Barbarismes and solecisms. Some phrases in French language are really difficult to pronounce. I will try to solve this exercise using a dictionary.

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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