Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 19:02

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Dans cette contrée qui semblait si vaste, l'enfermement était pourtant de rigueur. Un enfermement qui n'était pas seulement dû aux limites concrètes des frontières, limites dont la plupart ignoraient l'existence, mais à un autre, plus pervers encore, qui contraignait les esprits, formatés malgré eux, à rester confinés dans des mesures éducatives et politiquement correctes, visant à leur faire suivre le chemin étroit de l'aveugle obéissance. Aucun esprit critique ne pouvait s'exercer.

Le totalitarisme à l'état pur.

L'habitude en était si fortement ancrée dans le quotidien des Utopinambourgeois, que leurs pensées ne pouvaient se libérer en prenant de la hauteur pour entamer une réflexion sur leur vie ― une vie qui voulait se donner l'illusion de s'écouler dans un monde parfait.

Qui étais-je donc pour entrevoir autre chose ? Et que pouvais-je faire pour dessiller leurs yeux ?

Je n'étais pas de la trempe de Jeanne d'Arc*, non plus de celle d'Olympe de Gouges*, ni de Madame Rolland*, encore moins de Charlotte Corday*, pas plus que de Louise Michel*, ne parlons pas de Rosa Luxembourg*, ni d'Anna Arendt*, ni même de Simone Weil*. Ces femmes en défilé, dans mes songes, me faisaient signe de les rejoindre.

 

Je sortis brusquement de mes réflexions profondes lorsque Prétatou tira ma robe et aboya gentiment.

« Viens que je te fasse faire un tour en ville, me proposa-t-il. Je te vois toute triste et morfondue. Cesse de vouloir résoudre tous les problèmes des hommes. Cesse de regarder au-delà de ce que voient les autres, petite Oli, viens te promener avec moi. »

 

NOTES

Un enfermement qui n'était pas seulement dû aux limites concrètes des frontières

> Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

 

dont la plupart ignoraient l'existence

dont la plupart des Utopinambourgeois ignoraient l'existence

La plupart est un collectif qui exige le pluriel.

 

Et que pouvais-je faire pour dessiller leurs yeux ?

dessiller les yeux, faire voir la vérité.

étymologie de dessiller : découdre les paupières (des faucons)

La nouvelle orthographe propose déciller.

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

Cesse de regarder au-delà de ce que voient les autres

au-delà, en deça, par delà...

> Y a-t-il un trait d'union ou pas ? Au delà ou au-delà ? Par delà ou par-delà ? AU ou PAR ou EN etc. + deçà, delà, devant, derrière, avant, arrière, dessus, dessous, dedans, dehors, haut, bas.

> L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête...

 

Des femmes extraordinaires de courage

*Jeanne d'Arc, la Pucelle d'Orléans, (1412 ?-1431) chef de guerre. Elle combattit les Anglais qui occupaient les territoires du Nord et du Sud-Ouest de la France et mena le Roi Charles VII à son sacre à Reims. On connaît son martyre. Elle fut brûler vive sur un bûcher à Rouen.

Elle n'avait pas dix-neuf ans.

Rappelez-vous comme elle sut mettre en échec ses juges à son procès. À ceux-là qui lui posaient des pièges pour la prendre en faute, elle répondait, inspirée. 

 

Savez-vous si vous êtes en la grâce de Dieu ?

Si je n'y suis, Dieu m'y mette. Et si j'y suis, Dieu m'y garde. Je serais la plus malheureuse du monde si je savais ne pas être en la grâce de Dieu ! Je m'en remets à Dieu de tout.

................................................

Olympe de Gouges  (1748-1793) femme de lettres, politique, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

 

Article 1
La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits
...
Article 3
Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation qui n'est que la réunion de la Femme et de l'Homme.

 

Elle a combattu pour faire reconnaître les droits des femmes et pour l'abolition de l'esclavage. Elle fut guillotinée.

Elle est la figure emblématique des mouvements pour la libération de la femme.

................................................

Madame Rolland (1754-1793)

 

Ô liberté ! Que de crimes on commet en ton nom !

Ainsi s'exclama Manon, Vicomtesse Rolland de la Platière, lorsqu'elle passa devant la statue de la Liberté, alors qu'elle s'approchait de la guillotine.

Manon Rolland, l'égérie des Girondins, réunissait dans son salon, deux fois par semaine, les amoureux du progrès. Elle fut la cible des Montagnards qui ne l'épargnèrent pas.

................................................  

Charlotte Corday (1768-1793) l'insoumise, l'indépendante qui n'en faisait toujours qu'à sa tête, décida de délivrer la France de l'homme qui symbolisait l'injustice, Marat. Ce n'est pas sans angoisse qu'elle fit ce geste fatal.

 

Ode à Marie-Charlotte Corday

[… ]

Belle, jeune, brillante, aux bourreaux amenée,
Tu semblais t’avancer sur le char d’hyménée,
Ton front resta paisible, et ton regard serein.
Calme sur l’échafaud, tu méprisas la rage
D’un peuple abject, servile, et fécond en outrage,
Et qui se croit alors et libre et souverain.

[… ]

André Chénier dédia ce poème à la mémoire de la belle héroïne.

Il fut lui aussi guillotiné, le 7 thermidor an II, le 25 juillet 1794.

................................................

Louise Michel (1830-1905) Figure emblématique de la Commune de Paris (1871). Militante anarchiste et révolutionnaire, elle a poursuivi toute sa vie ses activités politiques.


Chacun cherche sa route : nous cherchons la nôtre et nous pensons que le jour où le règne de la liberté et de l'égalité sera arrivé, le genre humain sera heureux.

 

Victor Hugo la dépeint dans son poème Viro Major :

[ … ]

Ayant vu le massacre  immense, le combat

Le peuple sur sa croix, Paris sur son grabat,

La pitié formidable était dans tes paroles.

Tu faisais ce que font les grandes âmes folles

Et, lasse de lutter, de rêver de souffrir,

Tu disais : " j'ai tué ! " car tu voulais mourir.

 

Tu mentais contre toi, terrible et surhumaine.

Judith la sombre juive, Aria la romaine

Eussent battu des mains pendant que tu parlais.

Tu disais aux greniers : " J'ai brûlé les palais !"

Tu glorifiais ceux qu'on écrase et qu'on foule.

Tu criais : " J'ai tué ! Qu'on me tue ! - Et la foule

Écoutait cette femme altière s'accuser.

Tu semblais envoyer au sépulcre un baiser ;

Ton oeil fixe pesait sur les juges livides ;

Et tu songeais pareille aux graves Euménides.

[ … ]

................................................

Rosa Luxembourg (1870-1919) Socialiste révolutionnaire allemande d'origine polonaise. Activiste en Allemagne et en Pologne, collaboratrice d'un journal social démocrate. Elle analyse l'oeuvre de Karl Marx Le Capital. Elle contribue à la formation du Parti communiste allemand et participe à l'insurrection spartakiste. Elle est arrêtée et assassinée.

Le luxembourgisme s'inspire de ses idées.

 

Les guerres sont un phénomène barbare, profondément immoral, réactionnaire et contraire aux intérêts du peuple.

 

Nous assistons à l'effondrement du vieux monde qui croule par pans entiers, jour après jour. Ce qui est le plus surprenant, c'est que la plupart des gens ne s'en aperçoivent pas et croient marcher encore sur un sol ferme.

................................................

Hannah Arendt (1906-1975) philosophe allemande, quitte l'Allemagne pour la France en 1933 afin de s'occuper des étrangers qui fuient le nazisme. Mais devant l'avancée des troupes allemandes, elle rejoint l'Amérique après une halte à Lisbonne.

Elle revient en Allemagne après la guerre et s'occupe des rescapés juifs. En 1941, elle s'installe en Amérique. Naturalisée américaine en 1951, elle enseigne dans plusieurs universités.

Sa pensée aborde des thèmes qui éclairent notre temps comme l'antisémitisme et le totalitarisme. Elle nous laisse une oeuvre considérable.

 

La principale caractéristique de l'homme de masse n'est pas la brutalité ou le retard mental, mais l'isolement et le manque de rapports sociaux normaux.

................................................

Simone Weil (1909-1943) Philosophe française, elle voue sa vie à la recherche de la justice et de la vérité. Elle prend le parti des faibles et des opprimés. Juive d'origine, sa pensée se veut d'inspiration chrétienne.

 

La plénitude de l'amour du prochain, c'est simplement d'être capable de lui demander : « Quel est ton tourment ? »

 

<< 92 Délires sur le désir de conserver sa jeunesse à tout prix - anima sana in corpore sano + QUIZ 19 (2ème partie) Retrouvez les pseudonymes de 12 écrivains et écrivaines

>> 94 Délires sur la perspective d'une balade avec Prétatou + QUIZ 19 (3ème partie)

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : LE BLOG DE MAMIEHIOU - La langue française telle qu'on l'aime  De la grammaire, des exercices divers, des dictées commentées, des histoires, des textes d'auteurs, des infos pratiques...
  • : Pour tous ceux qui aiment la langue française. Son histoire, sa grammaire et son orthographe. Des dictées commentées, des exercices ébouriffants, un florilège de textes d'auteurs, etc.
  • Contact

Mon Profil

  • mamiehiou.over-blog.com
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.

Mon blog

Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

Rechercher Un Mot Du Blog