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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 14:58

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une larme - un pleur - des pleurs

 

On peut lire dans : Grammaire des grammaires (Google Books) de Charles Pierre Girault Duvivier, édition de1833, pages 544-545 :

 

Pleurs, larmes. Ces deux expressions ont des différences remarquables. Voici comment M. Laveaux les établit. Les larmes sont une lymphe quelle que soit la cause qui la rende visible. On verse des larmes de joie, de tristesse, d'admiration, de douleur, etc. Tous les pleurs sont des larmes, mais toutes les larmes ne sont pas des pleurs. Les larmes ne prennent le nom de pleurs que lorsqu'elles sont excitées par quelque passion violente, par quelque blessure profonde du coeur, par un outrage sanglant, par un vif ressentiment, par un désir ardent de vengeance, par un malheur certain et direct.

[...]

Bossuet a employé cette expression dans toute l'étendue de sa signification, lorsqu'il a dit, en parlant de l'enfer : C'est là que règne un pleur éternel.

Pleurs, il est vrai, n'a point de singulier, mais qui oserait condamner cette énergique expression ?

On notera que Littré reconnaît PLEUR au singulier :

Littré-1877 

PLEUR 1° Au singulier. Écoulement de larmes, le sens propre du latin plorare étant verser abondamment des larmes. Le pleur m'en vient aux yeux. [Jodelle, Didon, v.]

Il est peu usité au singulier en ce sens ; ou bien on le dit en plaisantant : jeter un pleur.

[...]

 

L'Académie (8e édition, 1835) donne :

PLEUR, n. m.: Écoulement de larmes. Il est peu usité au singulier et ne s'emploie plus guère que par plaisanterie. Verser un pleur. Au pluriel, il signifie Larmes. Verser des pleurs. Répandre des pleurs. Avoir le visage tout mouillé, tout trempé de pleurs. [...]

 

j'ai coutume - j'ai la coutume

comme de coutume - à l'accoutumée

 

Adverbes ou locutions adverbiales de sens proche :

D'habitude, habituellement, d'ordinaire, ordinairement, comme de coutume, à l'accoutumée (expression vieillie)

Adjectifs qualificatifs :

Coutumier (coutumière), habituel (habituelle)

 

Littré nous donne de fort intéressantes nuances :

LA COUTUME, L'HABITUDE.

Coutume est objectif, c'est-à-dire indique une manière d'être générale à laquelle nous nous conformons.

Au contraire, habitude est subjectif, c'est-à-dire indique une manière d'être qui nous est personnelle et qui détermine nos actions. L'habitude devient un besoin ; mais la coutume ne le devient jamais.

Cependant on dira également : j'ai la coutume ou j'ai l'habitude de prendre du café, avec cette nuance cependant que avoir la coutume exprime seulement le fait que je prends ordinairement du café, tandis que avoir l'habitude exprime qu'un certain besoin s'y joint.

  J'AI COUTUME, J'AI LA COUTUME.  

J'ai coutume de fumer, veut dire je fume d'ordinaire ; j'ai la coutume de fumer, veut dire que cela est entré dans mes coutumes. C'est cette nuance délicate il est vrai mais réelle qui fait que avoir coutume peut se dire des choses, tandis que avoir la coutume ne peut pas s'en dire.

 

La rivière a coutume de déborder à cette époque de l'année ; mais elle n'en a pas la coutume.

 

 

l'abîme - la mise en abyme 

 

Abîme, sens propre, gouffre très profond.

Locution : En abyme, rarement en abîme

Mise en abyme

Construction particulière qui veut que deux ou plusieurs éléments s'imbriquent les uns dans les autres comme un jeu de miroirs :

♦ une peinture dans une peinture, Les époux Anolfini de Jan Van Eyck,  Les Ménines de Diego Vélasquez...

un récit dans un récit, Les Mille et une nuits, Le Manuscrit trouvé à Saragosse (roman fantastique) de Jan Potocki...

une pièce dans une pièce, Hamlet de William Shakespeare...

♦  une image dans une image, La Vache qui rit...

un film dans un film, La Nuit Américaine de François Truffaut... 

etc. 

 

une balade - une ballade 

 

Une balade, familièrement, une flânerie, une promenade sans but déterminé.

Une ballade est un poème de forme fixe au lyrisme courtois de la fin du Moyen Âge.

Les romantiques la remirent à l'honneur au XIXème siècle.

Elle se caractérise, en autres, par des vers décasyllabes, chaque strophe se terminant par le même vers, le refrain, qui se répète comme un leitmotiv. Et un envoi qui débute par une apostrophe à la personne à laquelle le poème est dédié.

 

Ces deux homophones, balade, ballade ont une même origine.

Les baladins ne se promenaient-ils pas en chantant ?

 

Un martyr - un martyre 

 

Un martyr, une martyre

 ◊ celui ou celle qui a souffert et mort pour sa foi.

Saint Irénée, grec de naissance et évêque de Lyon mourut en martyr. 

victime, celui qui souffre ou a souffert physiquement ou psychologiquement.

 

Un martyre, souffrance ou mort endurée pour une cause, un idéal. Le martyre des premiers Chrétiens.

Par extension, une grande douleur.

Il lui a fait subir un martyre.  

 

Adjectif qualificatif = martyr(e)

un enfant martyr, une petite fille martyre.

 

Un couple - une couple  

 

Un couple

Ensemble de deux personnes unies par le mariage, ou par un sentiment ou autres.

un couple de danseurs...

Un couple de brigands...

 

Une couple

On emploie une couple au féminin pour parler de deux animaux considérés comme étant ensemble, une couple de boeufs. Mais aussi par analogie on dit une couple d'heures. Cependant on dira une paire de chaussures, une paire de gants, etc.

 

Une couple d'heures, deux heures environ.

une couple de boeufs, une couple de chiens

Par extension, une couple signifie un petit nombre

 

Page 44 de La Grammaire des Grammaires (1833) susmentionnée.

Couple est féminin, quand il est employé pour signifier deux choses quelconques d'une même espèce, qui ne vont pas ensemble nécessairement, et qui ne sont unies qu'accidentellement.

Il a avalé une couple d'oeufs (Girard et M. Lemare)

Nous avons tué une couple de perdrix (M. Laveaux)

Remarque. - Quand deux choses vont ensemble par une nécessité d'usage, on se sert du mot paire. Une paire de gants, de bas, de souliers, de jarretières, de bottes, de sabots, de boucles d'oreilles, de pistolets, etc.

On s'en sert encore, en parlant d'une seule chose nécessairement composée de parties qui font le même service : une paire de ciseaux, de lunettes, de pincettes, etc.

Enfin un couple et une couple peuvent se dire des animaux ; mais le couple ne marque que le nombre ; et la paire y ajoute l'idée d'une association nécessaire. Ainsi un boucher dira qu'il achètera une couple de boeufs, parce qu'il en veut deux ; mais un laboureur doit dire qu'il en achètera une paire, parce qu'il veut les atteler à la même charrue.

 

Tous ces mots ont été rencontrés dans les Délires

>>>Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "<<<

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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