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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 14:00

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Alcmène m'attendait dans la salle du restaurant quand je descendis après un brin de toilette. Je m'en serais voulu de la faire patienter trop longtemps, si grand était son désir de m'entendre lui raconter ce qui s'était passé la veille. Mais elle était déjà rassérénée dès lors qu'elle me vit sourire.

Aucune trace d'angoisse ni de regret d'avoir entrepris cette aventure ne se lisait sur mon visage, et Alcmène, bien que fort curieuse et  sur des charbons ardents°, faisait tout son possible pour ne pas me presser de lui dévoiler ce que j'avais vu et entendu, ne voulant pas être indiscrète, ni me faire croire qu'elle pourrait me fléchir jusqu'à ce que je lui eusse tout expliqué par le menu, hésitant encore à espérer que j'étais devenue une véritable amie. Elle me respectait trop pour me forcer la main à lui révéler des secrets qu'elle pressentait mais dont elle ignorait la teneur véritable.

Elle se serait jeté des charbons de feu sur sa propre tête° si elle n'avait pu se contenir et qu'elle se fût mise brusquement à s'irriter d'impatience.

Elle m'interrogeait du regard sans vouloir dire à haute voix ses pensées les plus intimes, et si elle eût voulu le faire, elle n'aurait su que louvoyer et tourner autour du pot°. Elle attendait que je me décidasse à ouvrir mon coeur, et à lui dire, sans tergiverser, ce que j'avais appris qu'elle ne savait pas encore.

Elle supposait que, si elle avait montré quelque agacement à trop attendre, je me serais rebéquée à l'écart et je n'aurais pipé mot ; elle n'eût ainsi rien tiré de moi. C'eût été mal me connaître, la bouderie n'était pas mon fait et je n'aurais laissé prendre le pas° à aucune fâcherie sur notre connivence.

Elle prit un air détaché pour me servir le petit déjeuner qu'elle avait mis tout prêt pour quand je descendrais de l'étage où je me trouvais, mais elle ne put cacher le léger tremblement de ses mains qui traduisait une émotion intense. Non que je me fusse amusée à la voir ainsi tout émotionnée, mais il faut avouer que je ressentais comme un fluide délicieux qui me parcourait tout entière.

Je comptais pour elle. J'étais aimée.
 

 

NOTES

si grand était son désir de m'entendre

grand, adjectif attribut de désir

 

Elle était déjà rassérénée dès lors qu'elle me vit sourire

♦ Rasséréner, rendre serein / sereine.

sérénité, rassérénement.

♦ la locution conjonctive de cause > Dès lors que

 

Alcmène, brûlant sur des charbons ardents, faisait tout son possible

Être sur des charbons ardents°, être très impatient.

 

ne voulant me faire croire qu'elle pourrait me fléchir jusqu'à ce que je lui expliquasse tout par le menu

♦ fléchir, faire céder. 
la locution conjonctive > Jusqu'à ce que

par le menu, en détails.

 

Elle se serait jeté des charbons de feu sur sa propre tête°  si elle n'avait pu se contenir et qu'elle se fût mise brusquement à s'irriter d'impatience.

[... ] C'est jeter des charbons de feu sur leur tête,  Bossuet 

 Expression biblique.

C'est les rendre inexcusables et c'est attirer la vengeance divine.

Elle se serait jeté des charbons, le participe passé est invariable puisque le complément d'objet direct se trouve après lui.

Si elle n'avait pu se contenir et qu'elle se fût mise...

= Si elle n'avait pu se contenir et si elle s'était mise...

Pour éviter la répétition de si, on emploie une subordonnée conjonctive introduite par que, de même nature et de même fonction que la précédente (conditionnelle) et suivie du subjonctif.

Ici, se fût mise est un subjonctif plus-que-parfait dû à la concordance des temps.

 

Je me serais rebéquée

Se rebéquer, répondre et tenir tête à un supérieur

 

si elle eût voulu le faire, elle n'aurait su que louvoyer et tourner autour du pot°

eût voulu, subjonctif plus-que-parfait après la conjonction si

> Si + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

si elle avait voulu le faire

louvoyer, tourner autour du pot°, sens proche, ne pas aller droit au but, faire des détours pour y parvenir.

 

elle attendait que je me décidasse (subjonctif imparfait)

> Valeurs et emplois du subjonctif 

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

Elle n'eût ainsi rien tiré de moi > elle n'aurait rien tiré..

C'eût été mal me connaître > ç'aurait été ...

tirer et être au plus-que parfait du subjonctif à valeur de conditionnel passé (2ème forme)

 

Prendre le pas sur quelque chose°

passer avant quelque chose

 

elle avait mis tout prêt pour quand je descendrais de l'étage...

je descendrais, futur du passé (concordance des temps)

> elle a mis tout prêt pour quand je descendrai de l'étage

> Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur antérieur du passé - Le futur antérieur hypothétique

 

Non que je me fusse amusée à la voir ainsi tout émotionnée

tout émotionnée, adverbe tout

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe variable dans certains cas et substantif

subjonctif après la locution conjonctive non que.

> Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

émue et émotionnée, voir la note du texte n°21

 

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QUIZ LITTÉRAIRE N°19 (1/3)

Pseudonymes et noms de plume

Essayer de les retrouver

Ce quiz est en trois parties

2ème partie

3ème partie

 

Les citations et les indices vous aideront peut-être.

 

1 - Le surnom* qu'on a donné à Louise LABÉ, poétesse française (1524-1566)

Baise m'encor, rebaise-moi et baise. Donne m'en un de tes plus savoureux...

 

2 - Alexis Maximovitch PECHKOV, écrivain russe (1868-1936). Il débute sa vie dans la pauvreté ; autodidacte, il écrit et il s'engage dans la politique de son pays.

Chacun voudrait que son voisin ait un peu de conscience, mais personne n'en veut pour soi-même.

 

3 - Carlo LORENZINI, écrivain italien (1826-1890)

Tous les pères sont tous les mêmes ! Vient toujours un moment où ils ne voudraient pas être regardés par leur fils avec les yeux qu'ils leur ont faits.

 

4 - Marie DE RABUTIN-CHANTAL, femme de lettres française (1626-1696)

Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu'aujourd'hui, la plus brillante, la plus digne d'envie : enfin une chose dont on ne trouve qu’un exemple dans les siècles passés, encore cet exemple n'est-il pas juste.

 

5 - Anne-Louise Germaine NECKER, romancière et essayiste française d'origine suisse romande (1766-1817)

Il faut, dans nos temps modernes, avoir l'esprit européen.

(Dire cela, à son époque, bravo Madame la Baronne !)

 

6 - Alexis LEGER, poète et diplomate français (1887-1975)

Et c'est assez pour le poète d'être la mauvaise conscience de son temps.

 

7 - Amandine Lucie Aurore DUPIN, baronne DUDEVANT, écrivaine française (1804-1876)

La nature est une œuvre d'art, mais Dieu est le seul artiste qui existe, et l'homme n'est qu'un arrangeur de mauvais goût

 

8 - Charles DE SECONDAT, écrivain français (1689-1755)

L'effet des richesses d'un pays, c'est de mettre de l'ambition dans tous les cœurs. L'effet de la pauvreté est d'y faire naître le désespoir. La première s'irrite par le travail ; l'autre se console par la paresse.
 

9 - René Brabanzon RAYMOND, écrivain anglais, fils d'un colonel de l'Armée des Indes (1906-1985)

Un des maîtres du roman policier : Pas d'orchidées pour miss Blandish.

 

10- Adeline Virgina STEPHEN, femme de lettres britannique (1882-1941) Qui a peur d'Adeline?

La vie est un rêve, c'est le réveil qui nous tue.

 

11 - Marguerite Germaine Marie DONNADIEU, femme de lettres française (1914-1996)

Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit.

 

12 - Alexandre DAVY de la PAILLETERIE, écrivain français (1806-1870)

Un pour tous, tous pour un !  

 

*un surnom n'est pas précisément un pseudonyme. Un pseudonyme est un nom d'emprunt, différent du nom officiel, et que la personne concernée se donne à elle-même

 

Le plus souvent, on connaît mieux

les pseudonymes des auteurs que leurs véritables noms.

Les voici :

 

1 La BELLE CORDIÈRE* : Louise LABÉ, poétesse française (1524-1566)

 

2 Maxime GORKI : Alexis Maximovitch PECHKOV, écrivain russe (1868-1936)

 

3 Carlo COLLODI : Carlo LORENZINI, écrivain italien auteur de Pinocchio (1826-1890)  

 

4 Marquise de SEVIGNE : Marie DE RABUTIN-CHANTAL, femme de lettres française (1626-1696)

 

5 Madame De STAËL : Anne-Louise Germaine NECKER, baronne de STAËL-HOLSTEIN, romancière et essayiste française d'origine suisse romande (1766-1817)

Elle a popularisé les oeuvres romantiques en langue allemande qui n'étaient pas encore connues en France.

 

6 SAINT JOHN-PERSE : Alexis LEGER, poète français (1887-1975)

 

7 George SAND : Amandine Lucie Aurore DUPIN, baronne DUDEVANT, écrivaine française (1804-1876)

 

8 Charles MONTESQUIEU : Charles DE SECONDAT, écrivain français (1689-1755)

 

9 James Hadley CHASE : René Brabanzon RAYMOND, écrivain anglais (1906-1985)

 

10 Virginia WOOLF : Adeline Virgina STEPHEN, femme de lettres britannique (1882-1941)

Qui a peur de Virginia Woolf ?

+pièce de théâtre d'Edward Albee 1962.

+film de Mike Nichols avec Elizabeth Taylor et Richard Burton, 1966.

 

11 Marguerite DURAS : Marguerite Germaine Marie DONNADIEU, femme de lettres française (1914-1996)

 

12 Alexandre DUMAS (père) : Alexandre DAVY de la PAILLETERIE, écrivain français (1806-1870). Il porte le nom de sa grand-mère.

 Il est le fils de Thomas Alexandre Davy de la Pailletterie, le Général Dumas qui combattit pendant la Révolution française et le petit-fils du Marquis Davy de la Pailleterie qui émigra à Saint-Domingue et épousa une haïtienne, esclave affranchie, d'origine africaine, Marie-Cessette Dumas.

Il écrivit près de trois cents romans dont Les Trois Mousquetaires. 

"Un pour tous. Tous pour un."

 

C'était un homme plein d'esprit en butte parfois au racisme de ceux qui le jalousaient. Un jour, l'un d'eux s'adressa à lui par ces mots :

« Au fait, cher Maître, vous devez bien vous y connaître en nègres ?

- Mais très certainement. Mon père était un mulâtre mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez, Monsieur : ma famille commence où la vôtre finit. »

Ce fut là sa réponse.

 

Il est le père de l'écrivain Alexandre Dumas fils (1824-1895) dit Dumas fils, auteur entre autres de La Dame aux Camélias

 

J'ai beaucoup d'admiration et de tendresse pour Alexandre Dumas qui était un homme exquis. Ses romans sont baignés d'Histoire. Son livre Mes Mémoires sont d'une grande richesse d'événements et d'émotions.

....

*1-La Belle Cordière n'est pas précisément un pseudonyme, c'est le surnom qu'on a donné à Louise Labé.

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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