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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 10:51

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Voir aussi l'article précédent :

*La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style (ou le discours) direct et indirect

et l'article suivant :

***La concordance des temps - Exercices d'application

 

En introduction à la concordance des temps, j'ai écrit dans l'article précédent :

 

 

La concordance des temps veut

que le temps du verbe de la proposition subordonnée

dépende du temps du verbe de la principale.

Mais ce n'est pas mécanique.

Il faut se fier au sens de la phrase.

 

 

On pourrait supposer qu'au mode et au temps donnés d'un verbe d'une proposition principale corresponde mécaniquement un mode et un temps du verbe de la proposition subordonnée.

C'est ce que la plupart des articles concernant ce problème de la concordance des temps voudraient nous faire croire (articles nombreux que vous pouvez trouver sur la toile).

Et on peut y lire des tableaux qu'on supposerait immuables et qui résoudraient tous les problèmes.

 

Je vous donne un exemple :

 

 

 

Phrases

On a dans la proposition principale

>

On a dans la proposition subordonnée

1-Je pense qu'il est malade.

Un verbe à l'indicatif présent (je pense)

>

Un verbe à l'indicatif présent (il est)

2-Je pensais qu'il était malade.

Un verbe à l'indicatif imparfait (je pensais)

>

Un verbe à à l'indicatif imparfait (il était)

3-Je veux qu'il guérisse.

Un verbe à l'indicatif présent (je veux)

>

Un verbe au subjonctif présent (il est)

4-Je voulais qu'il guérisse.

Un verbe à l'indicatif imparfait (je pensais)

>

Un verbe au subjonctif présent (il guérisse)

5-Je ne sors pas s'il pleut.

Un verbe à l'indicatif présent (je ne sors pas)

>

Un verbe à l'indicatif présent après la conjonction SI (s'il pleut)

6-Je ne sortirais pas s'il pleuvait.

 

Un verbe au conditionnel présent (je ne sortirais pas)

>

Un verbe à à l'indicatif imparfait après SI (s'il pleuvait)

7-Je ne serais pas sorti s'il avait plu.

Un verbe au conditionnel passé (je ne serais pas sorti)

>

Un verbe à l'indicatif plus-que-parfait après SI (s'il avait plu)

 

Conclusion : on a toujours un indicatif après : SI

  FAUX !

 

Remarque 1

Si la plupart des analyses faites dans ce tableau sont correctes, on remarque qu'elles sont très incomplètes.

Il faudrait ajouter par exemple :

dans les cases 1 et 2 :

1-Je pense qu'il est malade.

Je pense qu'il a été malade.

Je pense qu'il sera malade.

Je pense qu'il aura été malade (après tous ces excès de gourmandise)

Je pense qu'il serait malade (s'il mangeait tout le chocolat).

Je pense qu'il aurait été malade (s'il ne m'avait pas écoutée).

2-dans la case 4 :

Je voulais qu'il guérisse. Style courant - subjonctif présent 

Je voulais qu'il guérît. Style soutenu - subjonctif imparfait

3-Je pensais qu'il était malade.

J'ai pensé qu'il était malade.

Je pensais qu'il avait été malade.

Je pensais qu'il aurait été malade.

J'avais pensé qu'il était malade.

J'avais pensé qu'il serait malade.

Je pensai qu'il était malade.

J'aurais pensé qu'il aurait été malade.

J'eusse pensé qu'il eût été malade (s'il eût fait bombance).

Etc.

 

Remarque 2

Pour les exemples des phrases 6 et 7 où l'on trouve l'indicatif après la conjonction de subordination Si (que ce soit l'imparfait ou le plus-que parfait) on omet de signaler le cas du subjonctif :

Je ne fusse pas sorti s'il eût plu.

Le subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé s'emploie dans le style soutenu. On le rencontre dans des textes littéraires.

On peut l'employer soit dans une proposition soit dans l'autre

Je ne fusse pas sorti s'il avait plu.

Je ne serais pas sorti s'il eût plu.

 

Remarque 3

Et pourquoi se limiterait-on à l'emploi de la conjonction de condition si ?

Il y a bien d'autres locutions conjonctives de sens proche (condition, supposition, hypothèse, éventualité) qui demanderaient à être étudiées, chacune d'entre elles ayant une construction particulière.

 

Conjonctions et locutions conjonctives de condition

À moins que 

À part que 

À supposer que   

Au cas où, au cas que

Dans le cas où, dans le cas que

En cas que, au cas que

En supposant que(En supposant que, supposé que, à supposer que, admettons que, en admettant que, une supposition que, supposition que (régional ou familier), dans la supposition que (rare)

Excepté que

Loin que, aussi loin que, d'aussi loin que, du plus loin que, bien loin que

Lors que, lors même que 

Lorsque

Même si (avec une nuance concessive)

Moyennant que

Pour autant que

Pour peu que

Pourvu que

Quand

Quitte à ce que

Sauf que, sauf à ce que, sauf si

Selon que

Si

Si ce n'est que

Si tant est que

Soit que... soit que

Sous (la) condition que

Supposé que

Supposition que

Suivant que

 

Il en va de même pour les conjonctions de subordination et les locutions conjonctives exprimant le temps, la cause, la conséquence, la concession, le but, l'alternative, la restriction, la proportion, etc.

Vous trouverez ces conjonctions et leurs nuances dans l'article :

La clef des modes - Indicatif, subjonctif ou conditionnel ?

Autres exemples avec des subordonnées concessives, propositions subordonnées introduites par une conjonction ou une locution conjonctive de concession :

Je sors bien qu'il pleuve.

Je sors même s'il pleut.

(même si, locution conj. de condition avec une nuance concessive)

Je sors alors même qu'il pleut.

Je sors lors qu'il pleut.

Je sors lors même qu'il pleut.

Je sortirais quand bien même il pleuvrait.

Je sortirais quand même il pleuvrait.

Je sortirais quand bien il pleuvrait.

Je sortirais même lorsqu'il pleuvrait (lorsque concessif rare)

lors, quand et lorsque (cas rare) peuvent s'employer dans un sens concessif sans être accompagnés de même, mais on peut les confondre avec leur valeur temporelle sans nuance concessive.

 

Pleuvrait-il, je sortirais.

Eût-il plu, je serais sorti. / je fusse sorti.

Interrogatives fictives – la première proposition (sous-phrase) est à valeur conditionnelle.

 

Les phrases grisées ont des tournures vieillies et peu usitées.

Il n'importe ! Elles existent.

 

Quand et lorsque sont des conjonctions de temps mais elle ont ici une nuance concessive dès lors qu'elles sont suivies du conditionnel.

 

Ces exemples montrent toute la complexité de la concordance des temps.
 

CONCLUSION

On voudrait nous faire croire qu'un tableau donnant des correspondances entre les modes et les temps peut résumer tous les cas possibles. C'est faux.

On voudrait nous faire croire qu'on peut tirer de quelques exemples des règles rigides et immuables, c'est faux.

La langue française est riche de nuances pour traduire la pensée. Elle ne se laisse pas si facilement emprisonner dans un cadre restreint.

Et c'est tant mieux !

Réjouissons-nous donc d'en vouloir connaître toutes ses subtilités !

 

Nota bene

Par exemple, si vous avez mémorisé que quand bien même est suivi du conditionnel, vous serez peut être étonné de savoir qu'il est suivi parfois de l'indicatif.

Voir : Quand §3

.............................

Voir l'article précédent : 

*La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style (ou le discours) direct et indirect

et l'article suivant :

***La concordance des temps - Exercices d'application

.............................

Quelques exercices de circonstance :

Quel mode et quel temps choisir ? Exercice sur le subjonctif n° 1 - QUIZ 28

 

Passé simple ou subjonctif imparfait ? Passé antérieur, ou subjonctif plus-que-parfait ou conditionnel passé ? QUIZ 29 – Exercice sur le subjonctif n° 2

 

Entraînement à l'emploi des verbes au subjonctif présent et imparfait. Exercices sur le subjonctif n°3 - QUIZ 42

 

La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

Valeurs et emplois du subjonctif

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Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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