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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 19:30

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Chronique familiale - Un Noël inattendu

Première partie
Samedi 24 décembre 2011

Une pyramide de cadeaux s'élevait déjà au milieu du salon quand mamie Kiki, papi Gilles et Mick, ma soeur, arrivèrent, cet après-midi du 24 décembre.

Après que les « Joyeux Noël ! » eurent retenti, après les embrassades, on compléta la pyramide avec les cadeaux nouvellement apportés. C'est alors que l'enfant Victor, trois ans et demi, l'unique, le sujet de tout notre amour et de toute notre attention, apparut, avec ses parents.
Ses yeux s'écarquillèrent, éblouis et stupéfaits à la vue du spectacle qui miroitait de tous les feux des gais emballages.
« Des cadeaux ! Des cadeaux ! » s'exclama-t-il.
« Es-tu sûr que ce sont des cadeaux ? » demandai-je ― un peu stupidement, je vous l'accorde.
« Mais oui, je le sais, je le vois ! »
Pas une minute à perdre. Les nouveaux venus installés, le café mis en route, les petits fours servis, Victor eut la charge d'apporter, à qui de droit, et l'un après l'autre, chaque cadeau, lequel arborait le nom du destinaire. Entre deux petits fours, on ouvrait les paquets, les boîtes et les enveloppes. On s'exclamait, on se remerciait. Tout comme c'est la coutume chez nous.
Aude, ma fille, disait :  « On se croirait chez mamie Paul à un Noël de mon enfance », à voir la profusion de tout ce qu'on découvrait.
On était bien, comme on peut l'être en famille quand tout le monde s'aime, quand il n'y a entre ses membres que chaleur, et confiance, et sympathie profonde. Nous avions la chance que tout se passât ainsi, ce soir-là, dans l'univers douillet d'une convivialité franche et sans ombre. Victor était aux anges, plein d'énergie comme à l'ordinaire.
« Il a quelques boutons », fit observer sa mère. « Fais donc voir ton dos Victor. »
En effet, un gros bouton rougeoyait au milieu du joli dos rose. « Et il en a un derrière l'oreille », ajouta son père, « et un autre là. »
« C'est peut-être la varicelle », dit quelqu'un.
« On verra bien. » C'est ce que nous pensâmes tous sans nous inquiéter trop. Les enfants nous réservent toujours des surprises. Ne gâchons pas l'instant.

Ce fut le réveillon. La conversation roula, comme elle le doit, sur des sujets divers et chacun eut son mot à dire.
On eut une pensée pour l'enfant qui naîtrait bientôt. Puis on se sépara.
Ma fille et son fils restèrent à la maison, le petit, épuisé, dormant à poings fermés quand la famille se dispersa.

Dimanche 25 décembre
Le lendemain matin, Julien, le papa, arriva à l'heure prévue pour garder Victor pendant que nous irions à la messe. Au retour, nous comptâmes les boutons qui s'étaient insidieusement multipliés pendant la nuit.
« On va consulter à l'hôpital pour savoir ce qu'il faut faire ». Aude, enceinte, pouvait craindre d'attraper cette maladie infectieuse qui, comme toutes les maladies de l'enfance peuvent être bien méchantes, quand, adultes, on se laisse attaquer pas leurs virus. Et les voilà tous les trois qui partent demander le secours de la médecine.
Julien voit un pédiatre pour son fils et Aude, aux urgences gynéco, s'entend dire des choses bien alarmantes. Ne craint-on pas qu'elle n'ait déjà attrapé la maladie ? Et le foetus aussi ! On l'informe incontinent qu'elle peut prendre une pneumopathie, et, pire encore, que l'enfant qu'elle porte pourrait avoir des malformations. « Ce serait plus risqué si vous étiez en fin de grossesse », lui assure-t-on. Ce sera la seule phrase qui adoucira le diagnostic. Puis c'est une prise de sang pour analyse.
La voilà qui revient avec un masque sur le visage.
Cet affreux virus de la varicelle se promène effrontément dans l'air, paraît-il.
La séparation est indispensable. La mère d'un côté, le père et le fils de l'autre. Aude va squatter le domicile de ses parents, le nôtre évidemment, et nous allons l'héberger, son père et moi, comme nous l'avons fait déjà, il y a trois ans et demi, quand elle était enceinte de Victor et qu'elle devait rester alitée. ― Mais c'est une autre histoire.
« Quand même, reconnaît-elle, c'est bien, des parents qui sont là quand on a besoin d'eux ! »
Julien et Victor s'en retournent chez eux, pour peu de temps à coup sûr, bien décidés à aller s'installer chez mamie Kiki et papi Gilles, les parents de Julien. Comme il est en vacances, les choses en seront facilitées, quelques jours pour le moins. Une chance que Victor soit ravi de rester chez mamie Kiki et papi Gilles !

On n'a plus qu'à attendre patiemment la suite des événements.
Mais l'angoisse est bien là et Aude pleure.
A-t-elle attrapé le virus aérien ? Nul ne le sait encore au moment où j'écris ces lignes. Il lui faut cependant prendre médecine.

Lundi matin, 26 décembre
Aude retourne à l'hôpital et voit le docteur qui lui prescrit du Valaciclovir contre les infections virales de la famille de la varicelle. Pas encore de résultats concluants. « Vous reviendrez dès qu'on aura reçu le médicament » — l'immunoglobuline à perfuser pour que les anticorps protègent de la maladie, le Varitect CP.
On attend la journée.
Aude fatiguée, essaie en vain de se reposer. Nous avons, elle et moi, tant de choses à nous dire. Égoïstement je chéris les moments qu'elle reste, forcée, auprès de sa mère, auprès de moi.
« Victor et Julien me manquent déjà ! » se plaint-elle. Mais il faudra attendre, attendre que les croûtes de Victor soient tombées, et bien tombées, pour qu'elle puisse à nouveau le serrer dans ses bras. Il faut aussi qu'on fasse une autre analyse de son sang, et cela dans quinze jours, pour savoir si elle a été infectée, envahie par ces bestioles dont la taille minuscule est inversement proportionnelle à leur perfidie !
À sept heures du soir, dans la nuit, dans le froid, la voilà qui part pour l'hôpital pour la troisième fois. On va la mettre sous perf.
« Mais on ne connaît pas ce médicament ! » s'exclament les infirmières chargées de l'affaire. « Vous savez, vous êtes un cas rare ! Et de plus, nous ne savons pas comment l'administrer. Doit-on le diluer avant de l'injecter ? Toutes les explications sont en allemand. Allons, perfusons, perfusons ! »
Voilà ma petite qui revient à la maison.
« Énorme était le tuyau me dit Aude, ça m'a fait sacrément mal. Et je ne sais même pas si j'ai la varicelle ! »
Germanophile, je traduis la notice qui décrit les effets secondaires et indésirables. Vous savez comment sont les notices, elles font plus de peur que de mal, mais je tiens toujours à les lire. Baisse brutale de tension, éruption cutanée, accélération du pouls, fièvre, allergies diverses, et j'en passe.
Nous restons dans l'expectative.
Et comme nous n'avons pas sommeil, trop retournées par les émotions, ma fille et moi, nous regardons "Esprits Criminels" à la télévision, un petit bout tout au plus, jusqu'à ce que le sommeil se fasse sentir.
La route sera longue jusqu'à la fin de l'histoire, jusqu'à ce que le petit, tant attendu, arrive.
Je suis contente que Aude ait un fils, et un autre bientôt.
Avec les filles, c'est compliqué. Souvent.

Deuxième partie
Aujourd'hui, mercredi 18 janvier 2012

 « Allô maman !
—Oui, ma chérie. »
J'écoute, elle sanglote.
 « Je suis heureuse, maman, je n'ai pas eu la varicelle ! »

L'hôpital vient de lui téléphoner les résultats de sa dernière analyse de sang. Les précédents nous avaient laissées sur un mot : « Incertain ».

Mais il y avait plus alarmant. J'avais moi-même attrapé la varicelle. Les boutons étaient apparus le 7 janvier, ils apparaissent toujours quatorze jours après la contamination. Et Aude qui était restée tout ce temps avec moi !

« Je suis heureuse, maman, je n'ai pas eu la varicelle ! »
Phrase magique et bouleversante.
On devrait mourir de joie quand l'émotion est trop forte. Eh bien non, on ne meurt pas. On est heureux, c'est tout.


Conclusion
Tout cela ne serait pas arrivé si l'information était passée : on doit se faire vacciner contre la varicelle avant d'être enceinte. On parle de la rubéole et de la toxoplasmose mais pas assez souvent de la varicelle.

Et pour ce qui est de la coqueluche, toute la famille devrait se faire vacciner, si elle n'est pas déjà immunisée, avant la venue d'un nouveau-né.

Parlez-en autour de vous.

 

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Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Miscellanées
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commentaires

ameli 02/02/2012 13:50


C'est vraiment dommage pour vous. Et merci d'avoir raconter cette histoire pour qu'on soit prudent à notre tour.

mamiehiou.over-blog.com 03/02/2012 10:25



Bonjour ! Et merci pour votre commentaire ! J'espère qu'à l'avenir on sera mleux informé de l'existence du vaccin de la varicelle, et que vous en parlerez autour de vous.


Cordialement !



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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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