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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 15:09

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> Orthographe grammaire pour les hésitants

 

Texte de « Dictée » en vue d'une autocorrection

Sommaire de l'article

1 Le texte avec des fautes qu'il vous faut corriger

ou vous pouvez choisir :

2 Le texte avec les fautes non corrigées en rouge pour que vous les repériez plus facilement

3 Le texte avec les fautes corrigées suivies des explications nécessaires que vous trouverez dans l'article :

>> Correction du texte d'Anatole France qui sert de dictée

 

4 La suite de l'histoire

Suggestions : Si vous trouvez le texte trop long, vous pouvez travailler sur des parties courtes (J'ai découpé le texte en 15 parties dans la correction)

Pour plus de confort, vous pouvez télécharger ou imprimer le texte.

 

1 Texte avec des fautes qu'il vous faut corriger 

 

Suzanne ne c’était pas encore mis a la recherche du beau. Elle si mit à trois mois et vingts jours avec beaucoup d’ardeur.

S’était dans la salle à manger. Elle a, cette salle, un faux air d’anciennetée a cause des plats de faience, des bouteilles de grès, des buires d’étain et des fioles de verre de Venise qui charge les dressoir. C’est la maman de Suzanne qui a arrangée tout cela en parisienne entiché de bibelot.

Suzanne, au milieux de ses vieilleries, parait plus fraiche dans sa robe blanche brodée, et l’on se dit, en la voyant la :

« C’est, en vérité, une petite créature toute neuve ! » Elle est indifférente à cette vaiselle d’aieux, aux vieux portraits noirs et aux grands plats de cuivres pendus aux murs. Je compte bien que, plus tard, toutes ces antiquités lui donnerons des idées fantastiques et ferons germer dans sa tête des rêves bizares, absurdes et charmants. Elle aura ses visions. Elle y excercera, si son esprit si prête, cette jolie imagination de détail et de style qui embellie la vie. Je lui conterais des histoires incensées qui ne serons pas beaucoup plus fausses que les autres, mais qui serons beaucoup plus belle ; elle en deviendra folle. Je souhaite à tous ceux que j’aime un petit grain de folie. Cela rend le cœur gay. En attendant, Suzanne ne sourit même pas au petit Baccus assis sur son tonneaux. On est sérieux, à trois mois et vingt jours.

Or, c’était un matin, un matin d’un gris tendre. Des liserons emmellés à la vigne vierge encadrait la fenêtre de leurs étoiles diversement nuancée. Nous avions finis de déjeûner, ma femme et moi, et nous causions comme des gens qui n’on rien à dire. C’étaient une de ces heures ou le temps coule comme un fleuve tranquile. Il semble qu’on le voit couler et que chaque mot qu’on dit soit un petit cailloux qu’on y jette. Je crois bien que nous parlions de la couleur des yeux de Suzanne. C’est un sujet innépuisable.

« Ils sont d’un bleu d’ardoise.

Ils ont un ton de vieille or et de soupe à l’onion.

Ils ont des reflets verts.

Tout celà est vrai ; ils sont miraculeux. » En ce moment Suzanne entra ; ils était, pour cette fois, de la couleur du tant, qui était d’un si joli gris. Elle entra dans les bras de sa bonne. L’éléganse mondène voudrait que se fut dans les bras de sa nourrisse. Mais Suzanne fait comme l’agneau de La Fontaine et comme tout les agneau : elle tête sa mère. Je sais bien quand pareil cas et dans cette excès de rusticité, on doit sauvé au moins les apparenses et avoir une nourrisse sèche. Une nourrisse sèche à des grosses épingle et des ruban à son bonnet comme une autre nourrisse ; il ne lui manque que du lait.

Le lait, cela regarde seullement l’enfant, tandis que tout le monde voit les rubans et les épingles. Quant une mère a la faiblesse de nourir, elle prends, pour cacher sa honte, une nourrisse sèche.

Mais la maman de Suzanne est une étourdie qui n’a pas songer à ce belle usage.

La bonne de Suzanne est une petite paysane qui vient de son village, ou elle a élever sept ou huit petits frères, et qui chantent du matin au soir des chansons Lorraines. On lui accorda une journée pour voir Paris ; elle revint enchanté : elle avait vus de beaux radis. Le reste ne lui semblait point lait, mais les radis l’émerveillait : elle en écrivis au pays. Cette simplicité l'a rend parfaite avec Suzanne, qui, de son coté, ne semble remarqué dans la nature entière que les lampes et les caraffes.

Quand Suzanne parue, la salle à manger devint très gay.

On rit à Suzanne ; Suzanne nous rit : il y a toujour moyen de s’entendre quand on s’aime. La maman tendit ces bras souples, sur lesquel la manche du peinoir coulait dans l’abandon d’un matin d’été. Alors Suzanne tendit ses petits bras de marrionette qui ne pliait pas dans leur manche de piqué. Elle écartait les doigt, en sorte qu’on voyait cinq petits rayons roses aux bouts des manches. Sa mère, éblouit, la prit sur ces genoux, et nous étions tous trois parfaitement heureux ; ce qui tient peut-être à se que nous ne pensions à rien. Cette état ne pouvait durer. Suzanne, pencher vers la table, ouvrit les yeux temps et si bien, qu’ils devinrent tout rond, et secoua ses petits bras comme si ils eussent été en bois, ainsi qu’ils en avait l’air. Il y avait de la surprise et de l’admiration dans son regard. Sur la stupiditée touchante et vénérable de son petit visage, on voyait ce glisser je ne sais quoi de spirituel. Elle poussa un cri d’oiseaux blessé.

« C’est peut-être une épingle qui l’a piqué », pensa sa mère, fort attaché, par bonheur, aux réalités de la vie.

Ces épingles anglaises se défont sans qu’on s’en aperçoit et Suzanne en a huit sur elle !

Non, se n’était pas une épingle qui l'a piquait. C’était l’amour du beau.

« L’amour du beau à trois mois et vingts jours ?

Juger plutôt : coulée à demi hors des bras de sa mère, elle agitait les points sur la table et, s’aidant de l’épaule et du genoux, souflant, toussant, bavant, elle parvint à embrasser une assiette. Un vieille ouvrier rustic de Strasbourg (se devait être un homme simple ; la paie soit à ses os ! ) avait peind sur cette assiette un coq rouge. » Suzanne voulut prendre se coq ; se n’était pas pour le mangé, c’était donc parcequ’elle le trouvait beau. Sa mère, a qui je fis ce simple résonnement, me répondis :

« Que tu est bête ! si Suzanne avait put saisir ce coq, elle l’aurait mit tout de suite à sa bouche au lieu de le contemplé. vraiment, les gens d’esprit n’ont pas le sens commun !

Elle n’y eut point manqué, répondis-je ; mais quesque cela prouve, si non que ses facultés diverses et déjà nombreuses ont pour principal organe la bouche ?

Elle a exercer sa bouche avant d’exercer ses yeux, et elle a bien fait ! Maintenant sa bouche exercer, délicate et sensible, est le meilleur moyen de connaisance qu’elle est encore à son service. Elle a raison de l’employer. Je vous dis que votre fille est la sagesse même. Oui, elle aurait mis le coq dans sa bouche ; mais elle lit aurait mis comme une belle chose et non comme une chose nourissante. Noter que cette habitude, qui existe en faite chez les petits enfants, reste en figure dans la langue des hommes. Nous disons gouter un poême, un tableaux, un opéra. » Pendant que j’exprimais ces idées insoutenables que le monde philosophique accepterait toute fois, si elles étaient émises dans un language innintelligible, Suzanne frappait l’assiette avec ses points, la grattait de l’ongle, lui parlait (et dans quel joli babile mystérieux ! ) puis la retournait avec de grandes secousses.

Elle ni mettait pas beaucoup d’addresse ; non ! et ses mouvements manquaient d’exactitudes. Mais un mouvement, si simple qu’il paraisse, est très difficile à faire quant il n’est pas habituel. Et quelles habitudes voulez-vous qu’on est à trois mois et vingts jours ? Songer a se qu’il faut gouverner de nerfs, d’os et de muscles pour seulement lever le petit doigt. Conduire tous les fils des marrionnettes de M. Thomas Holden n’est, en comparaison, qu’une bagatelle. Darwin, qui est un observateur sagace, s’émerveillait de se que les petits enfants pussent rire et pleurer. Il écrivit un gros volume pour expliquer comment ils si prenaient.

Nous sommes sans pitié, « nous autre savants », comme dit M. Zola.

Mais je ne suis pas, heureusement, un aussi grand savant que M. Zola. Je suis superfitiel. Je ne fais pas des expériences sur Suzanne, et je me contente de l’observer, quand je puis le faire sans la contrarier.

Elle grattait son coq et devenait perplexe, ne consevant pas qu’une chose visible fut insaisissable. Cela passait son intelligence, que d’ailleur tout passe. C’est même celà qui rend Suzanne admirable. Les petits enfants vivent dans un perpétuelle miracle ; tout leurs est prodige ; voilà pourquoi il y a une poésie dans leur regard. Prêts de nous, ils habite d’autres régions que nous. L’inconnu, le divin inconnu les enveloppent.

« Petite bête ! dit sa maman.

Chère amie, votre fille est ignorante, mais raisonnable. Quand on voit une belle chose, on veut la posséder.

C’est un penchand naturel, que les loies ont prévues. Les Bohémiens de Béranger, qui disent que voir, c’est avoir, sont des sages d’une espèce fort rare. Si tout les hommes pensaient comme eux, il n’y aurait pas de civilisation et nous vivrions nus et sans arts comme les habitants de la Terre de Feu. vous n’êtes point de leur sentiment ; vous aimez les vieilles tapisseries ou l’on voit des ciguognes sous des arbres et vous en couvrer tous les murs de la maison.

Je ne vous le reproche pas, loin de là. Mais comprenez donc Suzanne et son coq.

Je la comprend, elle est comme petit Pierre, qui demanda la lune dans un seaux d’eau. On ne la lui donna pas. Mais, mon ami, n’allez pas dire qu’elle prend un coq peind pour un coq véritable, puisqu’elle en a jamais vu.

Non ; mais elle prend une illusion pour une réalité. Et les artistes sont bien un peu responsable de sa méprise.

voila bien longtemps qu’il cherche à imiter, par des lignes et des couleurs, la forme des choses. Depuis combien de millier d’années est mort ce brave homme des cavernes qui grava d’après nature un mamouth sur une lame d’ivoir ! La belle merveille qu’après tant et de si longs efforts dans les arts d’imitation il soit parvenu à séduire une petite créature de trois mois et vingts jours ! Les apparances ! Qui ne séduise-t-elle pas ? La science elle même, dont on nous assomme, vat-elle au-dela de se qui semble ? Quesque M. le professeur Robin trouve au fonds de son microscope ? Des apparances et rien que des apparances. « Nous sommes vainement agité par des mensonges », a dit Euripide… » Je parlais ainsi et, me préparant à commenter le vers d’Euripide, j’y aurai sans doutes trouvé des significations profondes auquel le fils de la marchande d’herbes n’avait jamais pensé. Mais le milieu devenait tout à fait inpropre au spéculation philosophique ; car, ne pouvant parvenir a détacher le coq de l’assiette, Suzanne se jetta dans une colère qui l'a rendi rouge comme une pivoine, lui élargi le nez à la fasson des Cafres, lui remonta les joues dans les yeux et les sourcils jusque au sommet du front. Ce front, tout à coup rougi, bouleversé, travaillé de bosses, de cavités, de sillons contraires, resemblait à un sol volcannique. Sa bouche se fendit jusque aux oreilles et il en sortit, entre les gencives, des hurlements barbares. […]

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2 Le même texte avec les fautes (en rouge) 

au cas où vous ne les auriez pas repérées

Le texte est divisé en 15 paragraphes

1 Suzanne ne c’était pas encore mis a la recherche du beau. Elle si mit à trois mois et vingts jours avec beaucoup d’ardeur.

S’était dans la salle à manger. Elle a, cette salle, un faux air d’anciennetée a cause des plats de faience, des bouteilles de grès, des buires d’étain et des fioles de verre de Venise qui charge les dressoir. C’est la maman de Suzanne qui a arrangée tout cela en parisienne entiché de bibelot.

 Suzanne, au milieux de ses vieilleries, parait plus fraiche dans sa robe blanche brodée, et l’on se dit, en la voyant la :

2 « C’est, en vérité, une petite créature toute neuve ! » Elle est indifférente à cette vaiselle d’aieux, aux vieux portraits noirs et aux grands plats de cuivres pendus aux murs. Je compte bien que, plus tard, toutes ces antiquités lui donnerons des idées fantastiques et ferons germer dans sa tête des rêves bizares, absurdes et charmants. Elle aura ses visions. Elle y excercera, si son esprit si prête, cette jolie imagination de détail et de style qui embellie la vie. Je lui conterais des histoires incensées qui ne serons pas beaucoup plus fausses que les autres, mais qui serons beaucoup plus belle ; elle en deviendra folle. Je souhaite à tous ceux que j’aime un petit grain de folie. Cela rend le cœur gay.

3 En attendant, Suzanne ne sourit même pas au petit Baccus assis sur son tonneaux. On est sérieux, à trois mois et vingt jours.

Or, c’était un matin, un matin d’un gris tendre. Des liserons emmellés à la vigne vierge encadrait la fenêtre de leurs étoiles diversement nuancée. Nous avions finis de déjeûner, ma femme et moi, et nous causions comme des gens qui n’on rien à dire. C’étaient une de ces heures ou le temps coule comme un fleuve tranquile. Il semble qu’on le voit couler et que chaque mot qu’on dit soit un petit cailloux qu’on y jette. Je crois bien que nous parlions de la couleur des yeux de Suzanne. C’est un sujet innépuisable.

4 « Ils sont d’un bleu d’ardoise.

Ils ont un ton de vieille or et de soupe à l’onion.

Ils ont des reflets verts.

Tout celà est vrai ; ils sont miraculeux. » En ce moment Suzanne entra ; ils était, pour cette fois, de la couleur du tant, qui était d’un si joli gris. Elle entra dans les bras de sa bonne. L’éléganse mondène voudrait que se fut dans les bras de sa nourrisse. Mais Suzanne fait comme l’agneau de La Fontaine et comme tout les agneau : elle tête sa mère. Je sais bien quand pareil cas et dans cette excès de rusticité, on doit sauvé au moins les apparenses et avoir une nourrisse sèche. Une nourrisse sèche à des grosses épingle et des ruban à son bonnet comme une autre nourrisse ; il ne lui manque que du lait.

Le lait, cela regarde seullement l’enfant, tandis que tout le monde voit les rubans et les épingles. Quant une mère a la faiblesse de nourir, elle prends, pour cacher sa honte, une nourrisse sèche.

5 Mais la maman de Suzanne est une étourdie qui n’a pas songer à ce belle usage.

La bonne de Suzanne est une petite paysane qui vient de son village, ou elle a élever sept ou huit petits frères, et qui chantent du matin au soir des chansons Lorraines. On lui accorda une journée pour voir Paris ; elle revint enchanté : elle avait vus de beaux radis. Le reste ne lui semblait point lait, mais les radis l’émerveillait : elle en écrivis au pays. Cette simplicité l'a rend parfaite avec Suzanne, qui, de son coté, ne semble remarqué dans la nature entière que les lampes et les caraffes.

6 Quand Suzanne parue, la salle à manger devint très gay.

On rit à Suzanne ; Suzanne nous rit : il y a toujour moyen de s’entendre quand on s’aime. La maman tendit ces bras souples, sur lesquel la manche du peinoir coulait dans l’abandon d’un matin d’été. Alors Suzanne tendit ses petits bras de marrionette qui ne pliait pas dans leur manche de piqué. Elle écartait les doigt, en sorte qu’on voyait cinq petits rayons roses aux bouts des manches. Sa mère, éblouit, la prit sur ces genoux, et nous étions tous trois parfaitement heureux ; ce qui tient peut-être à se que nous ne pensions à rien.

7 Cette état ne pouvait durer. Suzanne, pencher vers la table, ouvrit les yeux temps et si bien, qu’ils devinrent tout rond, et secoua ses petits bras comme si ils eussent été en bois, ainsi qu’ils en avait l’air. Il y avait de la surprise et de l’admiration dans son regard. Sur la stupiditée touchante et vénérable de son petit visage, on voyait ce glisser je ne sais quoi de spirituel. Elle poussa un cri d’oiseaux blessé.

« C’est peut-être une épingle qui l’a piqué », pensa sa mère, fort attaché, par bonheur, aux réalités de la vie.

Ces épingles anglaises se défont sans qu’on s’en aperçoit et Suzanne en a huit sur elle !

Non, se n’était pas une épingle qui l'a piquait. C’était l’amour du beau.

« L’amour du beau à trois mois et vingts jours ?

Juger plutôt : coulée à demi hors des bras de sa mère, elle agitait les points sur la table et, s’aidant de l’épaule et du genoux, souflant, toussant, bavant, elle parvint à embrasser une assiette. Un vieille ouvrier rustic de Strasbourg (se devait être un homme simple ; la paie soit à ses os ! ) avait peind sur cette assiette un coq rouge. » Suzanne voulut prendre se coq ; se n’était pas pour le mangé, c’était donc parcequ’elle le trouvait beau.

9 Sa mère, a qui je fis ce simple résonnement, me répondis :

« Que tu est bête ! si Suzanne avait put saisir ce coq, elle l’aurait mit tout de suite à sa bouche au lieu de le contemplé. vraiment, les gens d’esprit n’ont pas le sens commun !

Elle n’y eut point manqué, répondis-je ; mais quesque cela prouve, si non que ses facultés diverses et déjà nombreuses ont pour principal organe la bouche ?

Elle a exercer sa bouche avant d’exercer ses yeux, et elle a bien fait ! Maintenant sa bouche exercer, délicate et sensible, est le meilleur moyen de connaisance qu’elle est encore à son service. Elle a raison de l’employer. Je vous dis que votre fille est la sagesse même. Oui, elle aurait mis le coq dans sa bouche ; mais elle lit aurait mis comme une belle chose et non comme une chose nourissante. Noter que cette habitude, qui existe en faite chez les petits enfants, reste en figure dans la langue des hommes. Nous disons gouter un poême, un tableaux, un opéra. » Pendant que j’exprimais ces idées insoutenables que le monde philosophique accepterait toute fois, si elles étaient émises dans un language innintelligible, Suzanne frappait l’assiette avec ses points, la grattait de l’ongle, lui parlait (et dans quel joli babile mystérieux ! ) puis la retournait avec de grandes secousses.

10 Elle ni mettait pas beaucoup d’addresse ; non ! et ses mouvements manquaient d’exactitudes. Mais un mouvement, si simple qu’il paraisse, est très difficile à faire quant il n’est pas habituel. Et quelles habitudes voulez-vous qu’on est à trois mois et vingts jours ? Songer a se qu’il faut gouverner de nerfs, d’os et de muscles pour seulement lever le petit doigt. Conduire tous les fils des marrionnettes de M. Thomas Holden n’est, en comparaison, qu’une bagatelle. Darwin, qui est un observateur sagace, s’émerveillait de se que les petits enfants pussent rire et pleurer. Il écrivit un gros volume pour expliquer comment ils si prenaient.

11 Nous sommes sans pitié, « nous autre savants », comme dit M. Zola.

Mais je ne suis pas, heureusement, un aussi grand savant que M. Zola. Je suis superfitiel. Je ne fais pas des expériences sur Suzanne, et je me contente de l’observer, quand je puis le faire sans la contrarier.

Elle grattait son coq et devenait perplexe, ne consevant pas qu’une chose visible fut insaisissable. Cela passait son intelligence, que d’ailleur tout passe. C’est même celà qui rend Suzanne admirable. Les petits enfants vivent dans un perpétuelle miracle ; tout leurs est prodige ; voilà pourquoi il y a une poésie dans leur regard. Prêts de nous, ils habite d’autres régions que nous. L’inconnu, le divin inconnu les enveloppent.

12 « Petite bête ! dit sa maman.

 — Chère amie, votre fille est ignorante, mais raisonnable. Quand on voit une belle chose, on veut la posséder.

C’est un penchand naturel, que les loies ont prévues. Les Bohémiens de Béranger, qui disent que voir, c’est avoir, sont des sages d’une espèce fort rare. Si tout les hommes pensaient comme eux, il n’y aurait pas de civilisation et nous vivrions nus et sans arts comme les habitants de la Terre de Feu. vous n’êtes point de leur sentiment ; vous aimez les vieilles tapisseries ou l’on voit des ciguognes sous des arbres et vous en couvrer tous les murs de la maison.

13 Je ne vous le reproche pas, loin de là. Mais comprenez donc Suzanne et son coq.

Je la comprend, elle est comme petit Pierre, qui demanda la lune dans un seaux d’eau. On ne la lui donna pas. Mais, mon ami, n’allez pas dire qu’elle prend un coq peint pour un coq véritable, puisqu’elle n’en a jamais vu.

Non ; mais elle prend une illusion pour une réalité. Et les artistes sont bien un peu responsable de sa méprise.

14 Voila bien longtemps qu’il cherche à imiter, par des lignes et des couleurs, la forme des choses. Depuis combien de millier d’années est mort ce brave homme des cavernes qui grava d’après nature un mamouth sur une lame d’ivoir ! La belle merveille qu’après tant et de si longs efforts dans les arts d’imitation ils soient parvenus à séduire une petite créature de trois mois et vingts jours ! Les apparances ! Qui ne séduise-t-elle pas ? La science elle-même, dont on nous assomme, vat-elle au-dela de se qui semble ? Quesque M. le professeur Robin trouve au font de son microscope ? Des apparances et rien que des apparances.

15 « Nous sommes vainement agité par des mensonges », a dit Euripide… » Je parlais ainsi et, me préparant à commenter le vers d’Euripide, j’y aurai sans doutes trouvé des significations profondes auquel le fils de la marchande d’herbes n’avait jamais pensé. Mais le milieu devenait tout à fait inpropre au spéculation philosophique ; car, ne pouvant parvenir a détacher le coq de l’assiette, Suzanne se jetta dans une colère qui l'a rendi rouge comme une pivoine, lui élargi le nez à la facon des Cafres, lui remonta les joues dans les yeux et les sourcils jusque au sommet du front. Ce front, tout à coup rougi, bouleversé, travaillé de bosses, de cavités, de sillons contraires, resemblait à un sol volcannique. Sa bouche se fendit jusque aux oreilles et il en sortit, entre les gencives, des hurlements barbares. […]

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Pour voir la correction

> Correction du texte d'Anatole France qui sert de dictée

et 4

La suite du texte

 

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 Récapitulation de tous les exercices à trous

 Récapitulation des petites histoires à trous

 Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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