27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 11:10

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   DICTÉES

 

Que de fautes de français dans les textes écrits !

Et que de gens désireux d'améliorer leur orthographe !

Mon blog propose déjà de nombreux exercices.

Je vous donne ici un texte "comme si vous faisiez une dictée". Certains mots écrits "phonétiquement" demanderont à être "décryptés phoniquement " et écrits correctement.

Je n'emploie pas les signes phonétiques internationaux qui pourraient ajouter des difficultés au décryptage.

Le texte d'auteur est ensuite donné sans fautes et je tâche d'expliquer ce qui aurait pu vous paraître difficile.

 

Exemples de mots ou de terminaisons écrits "phonétiquement" :

ê pour ai, ais, ait, aie, aies, ait, aient, et, est, es

sa pour sa, ça ou çà.

ou pour ou où hou ouh 

du pour dû, du(s), du(es), dut, dût

quel pour quels/quelle/quelles ou qu'elle/elles

quelque pour quelque ou quels/quelle/quelles + que

quoique pour quoique et quoi que

ver pour ver, vers, vert, verre, vair, ou au pluriel

si pour si, s'y ou ci

a pour a, à, ah, ha

o pour ô, oh, ho, au, aux, eau, eaux, haut

leur pour leur, leurs, leurre ou l'heure (ou même l'heur)

c'étê pour c'était ou c'étaient

é pour és, ée, ées, er

etc.

Rétablissez les accents s'il le faut.

Il faudra accorder les verbes, les participes passés, les adjectifs, etc.

>> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

CONSEIL :

Écrivez en toutes lettres les mots à corriger.

Mieux encore : Imprimez le texte et écrivez les mots dans l'interligne.

Bon courage et faites-en profiter vos amis !
 

 

Exemple :

Toute les foi qu'il me rencontrê, il me demandê si j'avê mangé.

Correction :

Toutes les fois qu'il me rencontrait, il me demandait si j'avais mangé.

 

L'AVEUGLE - Guy de Maupassant

    Quêce donc que cette joie du premié soleil ? Pourquoi cette lumière tombé sur la terre nous emplit-elle ainsi du bonneur de vivre ? Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toute blanche ; et nos yeux ravi boive sé couleur vive dont ils font de l'alégresse pour nos ames. Et il nous viens des envies de dansé, des envies de courir, des envies de chanté, une légèretée heureuse de la pensée, une sorte de tendresse élargi, on voudrê embrassé le soleil.
    Les aveugles sous les portes, impassibles en leur éternelle obscuritée, reste calmes comme toujour au milieu de cette gaité nouvelle, et, sans comprendre, ils appaisent à toutes minutes leur chien qui voudrê gambadé.
    Quand ils rentrent, le jour finit, au bras d'un jeune frère ou d'une petite soeur, si l'enfant dit : "Il a fait bien beau tantot !", l'autre réponds : "Je m'en suis bien aperçue, qu'il fesê beau, Loulou ne tenê pas en place."
    J'ai connu un de sé hommes dont la vie fût un des plus cruel martyr qu'on puisse rêvé.
    C'était un paysan, le fils d'un fermier normand. Tant que le père et la mère vécurent, on eu à peu prê soin de lui ; il ne souffris guère que de son horible infirmité ; mais dès que les vieux furent partis, l'existence atrosse commençat. Recueillit par une soeur, tout le monde dans la ferme le traitê comme un geux qui mange le pain des autres. A chaques repas, on lui reprochê la nouriture ; on l'appelê fénéant, manant ; et bien que son beau-frère se fut emparé de sa part d'héritage, on lui donnê à regret la soupe, juste assez pour qu'il ne mourut point.
    Il avait une figure toute pale, et deux grands yeux blanc comme des pains à cacheté ; et il demeurê impassible sous l'injure, tellement enfermé en lui même qu'on ignorê si il la sentê. Jamais d'ailleurs il n'avait connue aucune tendresse, sa mère l'ayant toujour un peu rudoyé, ne l'aimant guère ; car o champs les inutiles sont des nuisibles, et les paysans ferê volontier comme les poules qui tue les infirmes d'entre elle.
    Si tot la soupe avalé, il allê s'assoir devant la porte en été, contre la cheminé en hiver, et il ne remuê plus jusqu'au soir. Il ne fesê pas un geste, pas un mouvement ; seule ses paupières, qu'agitê une sorte de soufrance nerveuse, retombê parfois sur la tache blanche de sé yeux. Avait il un esprit, une pensée, une conscience nette de sa vie ? Personne ne se le demandê.
    Pendant quelques années les choses allère ainsi. Mais son impuissance à rien faire autant que son impassibilitée finir par exaspéré sé parents, et il devint un soufre douleur, une sorte de boufon-martyre, de proie donné a la férocité native, à la gaité sauvage des bruts qui l'entourê.
    On imaginat toutes les farses cruelles que sa céssité pu inspiré. Et, pour ce payé de se qu'il mangê, on fit de sé repas des heures de plaisir pour les voisins et de supplice pour l'impotant.
    Les paysans des maisons prochaines ç'en venê à ce divertissement ; on se le disê de portes en portes, et la cuisine de la ferme ce trouvê pleine chaque jours. Tantot on posê sur la table, devant son assiette ou il commensê à puisé le bouillon, quelque chat ou quelque chien. La bête avec son instinct flairê l'infirmitée de l'homme et, tout doucement, s'approchê, mangê sans bruits, lappant avec délicatesse ; et quand un clapoti de langue un peu bruyant avait éveillé l'attention du pauvre diable, elle s'écartê prudement pour évité le coup de cuiller qu'il envoyê au hazard devant lui.
    Alors c'étê des rires, des poussées, des trépignements des spectateurs tassé le long des mur. Et lui, sans jamais dire un mot, se remettê à manger de la main droite, tandis que, de la gauche avancé, il protégê et défendê son assiette.
    Tantot on lui fesê maché des bouchons, du bois, des feuilles ou même des ordures, qu'il ne pouvê distingué.
    Puis on se lassat même des plésanteries ; et le beau-frère enrajant de le toujour nourrir, le frappat, le giflat s'en sesse, riant des efforts inutiles de l'autre pour paré les cous ou les rendre. Se fut alors un jeu nouveaux : le jeu des clacs. Et les valets de charrue, le gougeat, les servantes, lui lansê à tous moments leur main par la figure, se qui imprimait à sé paupières un mouvement précipité. Il ne savait ou se cacher et demeurait s'en sesse les bras étendu pour évité les aproches.
    Enfin, on le contraignis a mendié. On le portê sur les routes les jours de marché, et dès qu'il entendêt un bruit de pas ou le roulement d'une voiture, il tendê son chapeaux en balbussiant : "La charitée, s'il vous plê."
    Mais le paysan n'est pas prodigue, et, pendant des semaines entières, il ne raportais pas un sous.
    Se fut alors contre lui une haine déchainé, impitoyable. Et voici comment il mouru.
    Un hiver, la terre était couverte de neige, et il gelait horiblement. Hors son beau-frère, un matin, le conduisit fort loin sur une grande route pour lui faire demander l'omone. Il li laissat tout le jour, et quand la nuit fut venut, il affirmat devant sé gens qu'il ne l'avait plus retrouvé. Puis il ajoutat : "Bast ! faut pas sans occupé, quelqu'un l'aurat emené parcequ'il avait froid. Pardié ! i n'est pas perdu. I reviendra ben d'main manger la soupe."
    Le lendemain, il ne reveint pas.
    Après de longue heure d'attente, saisit par le froid, se sentant mourrir, l'aveugle s'était mit a marché. Ne pouvant reconnaitre la route enseveli sous cette écume de glace, il avait héré au hazard, tombant dans les fossés, se relevant, toujour muet, cherchant une maison.
    Mais l'engourdissement des neiges l'avait peu a peu envahit, et sé jambes faibles ne le pouvant plus porté, il s'était assi au milieux d'une pleine. Il ne se relevat point.
    Les blancs flocons qui tombê toujour l'ensevelir. Son corps raidit disparu sous l'insessante acumulation de leur foule infini ; et rien n'indiquait plus la place ou le cadavre était couché.
    Sé parents firent mines de s'en quérir et de le chercher pendant huit jours. Ils pleurèrent même.
    L'hiver était rude et le dégel n'arrivait pas vite. Hors, un dimanche, en allant à la messe, les fermiers remarquèrent un grand vol de corbeau qui tournoyê sans fin au-dessus de la plaine, puis s'abatêt comme une pluie noire en tas à la même place, repartê et revenê toujour.
    La semaine suivante, ils étê encor là, les oiseau sombre. Le ciel en portê un nuage comme s'il se fusse réuni de tout les coin de l'horizon ; et il se laissê tomber avec de grand cris dans la neige éclatante, qu'il tachê étrangement et fouillê avec obstination.
    Un gars alla voir ce qu'ils fesê, et découvri le corps de l'aveugle, à moitié dévoré déja, déchiqueté. Ses yeux pales avaient disparus, piqué par les longs becs vorasses.
    Et je ne puis jamais ressentir la vive gaité des jours de soleil, sans un souvenir triste et une pensé mélancolique vers le geux, si désérité dans la vie que son horible mort fut un soulagement pour tout ceux qui l'avê connus.

 

Texte avec les fautes soulignées suivies des explications - Se rapporter aux numéros à la suite de chaque paragraphe

Texte intégral

L'AVEUGLE

    Quêce1 donc que cette joie du premié soleil ? Pourquoi cette lumière tombé2 sur la terre nous emplit-elle ainsi du bonneur de vivre ? Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toute3 blanche ; et nos yeux ravi boive 4 couleurs vives dont ils font de l'alégresse pour nos ames. Et il nous viens5 des envies de dansé6, des envies de courir, des envies de chanté5, une légèretée heureuse de la pensée, une sorte de tendresse élargi, on voudrê embrassé6 le soleil.

 

Notes :

1-Qu'est-ce - Qu'est-ce que c'est

 

2-Cette lumière tombée sur la terre : le participe passé tombée s'accorde avec lumière.

 

3-Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toutes blanches

Tout est ici un adverbe. Généralement un adverbe ne varie pas : il ne porte pas la marque du féminin ni du pluriel. Mais dans ce cas toute verte, toutes blanches il varie par euphonie, pour que ce soit plus agréable à entendre > Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe variable dans certains cas et substantif

 

4-ces couleurs vives : celles-ci, celles dont on parle

ces : adjectif démonstratif

pas ses, pas les siennes.

 

5-il nous vient des envies de danser, de chanter.

Il impersonnel sujet de vient.

(Il me vient une idée)

danser, chanter sont des infinitifs.

Si vous hésitez entre les participes dansé, chanté, et les infinitifs en ER vous pouvez remplacer par l'infinitif faire ou le participe fait.

Il nous vient des envies de faire... (et non de fait)

 

6-on voudrait embrasser le soleil

de la même façon que le 5, on peut dire : on voudrait faire... (et non fait)

 

L'AVEUGLE

    Qu'est-ce donc que cette joie du premier soleil ? Pourquoi cette lumière tombée sur la terre nous emplit-elle ainsi du bonheur de vivre ? Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toutes blanches ; et nos yeux ravis boivent ces couleurs vives dont ils font de l'allégresse pour nos âmes. Et il nous vient des envies de danser, des envies de courir, des envies de chanter, une légèreté heureuse de la pensée, une sorte de tendresse élargie, on voudrait embrasser le soleil.


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

 

    Les aveugles sous les portes, impassibles en leur éternelle obscuritée7, restent calmes comme toujour au milieu de cette gaité8 nouvelle, et, sans comprendre, ils appaisent9 à toutes minutes leur chien qui voudrê gambadé.

 

7-obscurité

Les noms féminins se terminant par -té ou -tié s'écrivent sans -é .

Ce sont des noms abstraits ou des qualités.
Exemples : l'amitié, la liberté, la volonté.

Ils sont formés à partir des adjectifs qui leur correspondent.

obscur, obscurité – cher, cherté – beau, beauté.


Exceptions : 
1. la dictée, la jetée, la montée, la pâtée, la portée. 
2. les noms féminins qui indiquent une quantité ou un contenu.

Exemples : une portée, une brouettée, une charretée...

 

 

8-gaieté (ou gaîté, emploi vieilli – avant 1835)

Voir ci-dessus la règle des mots finissant par -té

 

9-ils apaisent, verbe apaiser

Les mots qui commencent par AP- ou APP- prennent le plus souvent 2P

apprivoiser, appartenir, s'approprier, etc.

Voici quelques exceptions :

apaiser, apercevoir, apeurer, (s')apitoyer, aplanir, (s')aplatir, apostropher, (s')apetisser, aposter.

 

    Les aveugles sous les portes, impassibles en leur éternelle obscurité, restent calmes comme toujours au milieu de cette gaieté nouvelle, et, sans comprendre, ils apaisent à toute minute leur chien qui voudrait gambader.

    Quand ils rentrent, le jour finit10, au bras d'un jeune frère ou d'une petite soeur, si l'enfant dit : "Il a fait bien beau tantot11!", l'autre réponds : "Je m'en suis bien aperçue12, qu'il fesê13 beau, Loulou ne tenê pas en place."

    J'ai connu un de hommes dont la vie fût14 un des plus cruel martyr15 qu'on puisse rêvé.

 

10-le jour fini – fini n'est pas ici le verbe finir conjugué à l'indicatif présent. C'est le participe passé fini. Le jour est le sujet propre du participe dans la proposition subordonnée participiale : le jour fini.

La nuit tombée, j'allais voir la lune.

La nuit tombée, proposition participiale, le participe passé tombée a un sujet propre, la nuit.

La nuit tombant, j'allais voir la lune. Même chose : le participe présent à un sujet propre, la nuit.

 

11- un accent circonflexe à tôt, tantôt, bientôt, sitôt, aussitôt.

 

12-je m'en suis bien aperçu

Le participe passé s'accorde avec je. C'est un masculin.

 

13-Il faisait beau. On prononce fe.

Ne pas confondre avec le futur : je ferai et le conditionnel présent : je ferais.

 

14-j'ai connu un de ces hommes dont la vie fut (passé simple) un des plus cruels martyres.

On peut remplacer par : dont la vie a été un des plus cruels martyres.

fût serait un subjonctif imparfait qui ne se justifie pas ici.

 

15-un martyre : la souffrance infligée : J'ai souffert un vrai martyre.

Un martyr(e), la personne à laquelle on fait subir un martyre :

De nombreux Chrétiens furent des martyrs dans l'Antiquité.

Cette petite fille est une enfant martyre.

    Quand ils rentrent, le jour fini, au bras d'un jeune frère ou d'une petite soeur, si l'enfant dit : "Il a fait bien beau tantôt !", l'autre répond : "Je m'en suis bien aperçu, qu'il faisait beau, Loulou ne tenait pas en place."
    J'ai connu un de ces hommes dont la vie fut un des plus cruels martyres qu'on puisse rêver.

    C'était un paysan, le fils d'un fermier normand. Tant que le père et la mère vécurent, on eu16 à peu prê soin de lui ; il ne souffris guère que de son horible infirmitée17 ; mais dès que les vieux furent partis, l'existence atrosse commençat

 

16-Le passé simple est le temps du récit.

Ils vécurent, on eut, il ne souffrit, l'existence atroce commença.

17-infirmité : voir la note 7, les noms féminins se terminant par -té

    C'était un paysan, le fils d'un fermier normand. Tant que le père et la mère vécurent, on eut à peu près soin de lui ; il ne souffrit guère que de son horrible infirmité ; mais dès que les vieux furent partis, l'existence atroce commença.

Recueillit par une soeur, tout le monde dans la ferme le traitê18 comme un geux qui mange le pain des autres. A chaques repas, on lui reprochê la nouriture ; on l'appelê fénéant, manant ; et bien que son beau-frère se fut emparé19 de sa part d'héritage, on lui donnê à regret la soupe, juste assez pour qu'il ne mourut19 point.

 

18-L'imparfait traitait, reprochait, etc. est un imparfait de répétition.

 

19-bien que son beau-frère se fût emparé (subjonctif plus-que-parfait)

-pour qu'il ne mourût point (subjonctif imparfait.)

On met un accent circonflexe à la 3e personne du singulier des verbes au subjonctir imparfait et plus-que-parfait.

On emploie le subjonctif après certaines locutions conjonctives comme : bien que, pour que, etc.

> Bien que  > Pour que, pour... que

 

 

Recueilli par une soeur, tout le monde dans la ferme le traitait comme un gueux qui mange le pain des autres. À chaque repas, on lui reprochait la nourriture ; on l'appelait fainéant, manant ; et bien que son beau-frère se fût emparé de sa part d'héritage, on lui donnait à regret la soupe, juste assez pour qu'il ne mourût point.

    Il avait une figure toute pale, et deux grands yeux blanc comme des pains à cacheté ; et il demeurê impassible sous l'injure, tellement enfermé en lui même qu'on ignorê si ill20 la sentê. Jamais d'ailleurs il n'avait connue aucune tendresse, sa mère l'ayant toujour un peu rudoyé, ne l'aimant guère ; car o21 champs les inutiles sont des nuisibles, et les paysans ferê volontier comme les poules qui tue les infirmes d'entre elle.

 

20-S'il : contraction de si il.

 

21- aux champs,

aux : contraction de à les, les article défini, à préposition.

Au, contraction de à le

    Il avait une figure toute pâle, et deux grands yeux blancs comme des pains à cacheter ; et il demeurait impassible sous l'injure, tellement enfermé en lui-même qu'on ignorait s'il la sentait. Jamais d'ailleurs il n'avait connu aucune tendresse, sa mère l'ayant toujours un peu rudoyé, ne l'aimant guère ; car aux champs les inutiles sont des nuisibles, et les paysans feraient volontiers comme les poules qui tuent les infirmes d'entre elles.

    Si tot22 la soupe avalé, il allê s'assoir devant la porte en été, contre la cheminé en hiver, et il ne remuê plus jusqu'au soir. Il ne fesê pas un geste, pas un mouvement ; seule ses paupières, qu'agitê une sorte de soufrance nerveuse, retombê parfois sur la tache blanche de yeux. Avait il un esprit, une pensée, une conscience nette de sa vie ? Personne ne se le demandê.

22 sitôt sa soupe avalée

sitôt préposition de temps

sitôt que sa soupe était avalée, proposition de temps introduite par la locution conjonctive de temps sitôt que.

> Sitôt que

Synonyme, aussitôt (que)

Sitôt appartient à la langue soignée.

    Sitôt la soupe avalée, il allait s'asseoir devant la porte en été, contre la cheminée en hiver, et il ne remuait plus jusqu'au soir. Il ne faisait pas un geste, pas un mouvement ; seules ses paupières, qu'agitait une sorte de souffrance nerveuse, retombaient parfois sur la tache blanche de ses yeux. Avait-il un esprit, une pensée, une conscience nette de sa vie ? Personne ne se le demandait.

    Pendant quelques années les choses allère ainsi. Mais son impuissance à rien faire autant que son impassibilitée finir par exaspéré parents, et il devint un soufre douleur, une sorte de boufon-martyre, de proie donné a la férocité native, à la gaité sauvage des bruts qui l'entourê.
    On imaginat toutes les farses cruelles que sa céssité pu inspiré. Et, pour ce payé de se23 qu'il mangê, on fit de repas des heures de plaisir pour les voisins et de supplice pour l'impotant.

 

23-CE QUE ou CE QUI ne s'écrivent jamais SE

    Pendant quelques années les choses allèrent ainsi. Mais son impuissance à rien faire autant que son impassibilité finirent par exaspérer ses parents, et il devint un souffre-douleur, une sorte de bouffon-martyr, de proie donnée à la férocité native, à la gaieté sauvage des brutes qui l'entouraient.
    On imagina toutes les farces cruelles que sa cécité put inspirer. Et, pour se payer de ce qu'il mangeait, on fit de ses repas des heures de plaisir pour les voisins et de supplice pour l'impotent.

    Les paysans des maisons prochaines ç'en venê24 à ce divertissement ; on se le disê de portes en portes, et la cuisine de la ferme ce trouvê25 pleine chaque jours26. Tantot on posê sur la table, devant son assiette ou27 il commensê à puisé le bouillon, quelque chat ou quelque chien28. La bête avec son instinct flairê l'infirmitée de l'homme et, tout doucement, s'approchê, mangê sans bruits29, lappant avec délicatesse ; et quand un clapoti de langue un peu bruyant avait éveillé l'attention du pauvre diable, elle s'écartê prudement30 pour évité le coup de cuiller qu'il envoyê au hazard devant lui.

 

24-s'en venir, s'en aller, s'en retourner

 

25-la cuisine de la ferme se trouvait pleine, verbe pronominal se trouver

 

26-chaque jour : chaque est toujours suivi d'un singulier.

 

27- son assiette où il commençait à puiser le bouillon

où est un pronom relatif qui remplace son assiette dans la proposition relative où il commençait à puiser le bouillon.

Où est complément de lieu de puiser.

 

28-quelque chat ou quelque chien, au singulier > un certain chat, un quelconque chat.

 

29 sans bruit : après la préposition sans, on met logiquement le singulier ou le pluriel selon le cas.

Ici : sans faire un seul bruit.

 

30-prudemment vient de l'adjectif prudent auquel on a ajouté le suffixe MENT. Le N de prudent est devenu M

> élégant, élégamment – galant, galamment – impertinent, impertinemment.

 

    Les paysans des maisons prochaines s'en venaient à ce divertissement ; on se le disait de porte en porte, et la cuisine de la ferme se trouvait pleine chaque jour. Tantôt on posait sur la table, devant son assiette où il commençait à puiser le bouillon, quelque chat ou quelque chien. La bête avec son instinct flairait l'infirmité de l'homme et, tout doucement, s'approchait, mangeait sans bruit, lapant avec délicatesse ; et quand un clapotis de langue un peu bruyant avait éveillé l'attention du pauvre diable, elle s'écartait prudemment pour éviter le coup de cuiller qu'il envoyait au hasard devant lui.

    Alors c'étê des rires, des poussées, des trépignements des spectateurs tassé le long des mur. Et lui, sans jamais dire un mot, se remettê à manger de la main droite, tandis que, de la gauche avancé, il protégê et défendê son assiette.
    Tantot on lui fesê maché des bouchons, du bois, des feuilles ou même des ordures, qu'il ne pouvê distingué.

 

> Tandis que

    Alors c'étaient des rires, des poussées, des trépignements des spectateurs tassés le long des murs. Et lui, sans jamais dire un mot, se remettait à manger de la main droite, tandis que, de la gauche avancée, il protégeait et défendait son assiette.
    Tantôt on lui faisait mâcher des bouchons, du bois, des feuilles ou même des ordures, qu'il ne pouvait distinguer.

    Puis on se lassat même des plésanteries ; et le beau-frère enrajant de le toujour nourrir, le frappat, le giflat s'en sesse, riant des efforts inutiles de l'autre pour paré les cous ou les rendre. Se fut alors un jeu nouveaux : le jeu des clacs. Et les valets de charrue, le gougeat, les servantes, lui lansê a tous moments leur main par la figure, se qui imprimait à paupières un mouvement précipité. Il ne savait ou se cacher et demeurait s'en sesse les bras étendu pour évité les aproches.

    Puis on se lassa même des plaisanteries ; et le beau-frère enrageant de le toujours nourrir, le frappa, le gifla sans cesse, riant des efforts inutiles de l'autre pour parer les coups ou les rendre. Ce fut alors un jeu nouveau : le jeu des claques. Et les valets de charrue, le goujat, les servantes, lui lançaient à tout moment leur main par la figure, ce qui imprimait à ses paupières un mouvement précipité. Il ne savait où se cacher et demeurait sans cesse les bras étendus pour éviter les approches.

    Enfin, on le contraignis a mendié. On le portê sur les routes les jours de marché, et dès qu'il entendêt un bruit de pas ou le roulement d'une voiture, il tendê son chapeaux en balbussiant : "La charitée, s'il vous plê."
    Mais le paysan n'est pas prodigue, et, pendant des semaines entières, il ne raportais pas un sous.
    Se fut alors contre lui une haine déchainé, impitoyable. Et voici comment il mouru.

    Enfin, on le contraignit à mendier. On le portait sur les routes les jours de marché, et dès qu'il entendait un bruit de pas ou le roulement d'une voiture, il tendait son chapeau en balbutiant : "La charité, s'il vous plaît."
    Mais le paysan n'est pas prodigue, et, pendant des semaines entières, il ne rapportait pas un sou.
    Ce fut alors contre lui une haine déchaînée, impitoyable. Et voici comment il mourut.

    Un hiver, la terre était couverte de neige, et il gelait horiblement. Hors son beau-frère, un matin, le conduisit fort loin sur une grande route pour lui faire demander l'omone. Il li31 laissat tout le jour, et quand la nuit fut venut, il affirmat devant gens qu'il ne l'avait plus retrouvé. Puis il ajoutat : "Baste ! faut pas sans occupé, quelqu'un l'aurat emené parcequ'il avait froid. Pardié ! i n'est pas perdu. I reviendra ben d'main manger la soupe."(tel quel dans le texte)
    Le lendemain, il ne reveint pas.
    Après de longue heure d'attente, saisit par le froid, se sentant mourrir32, l'aveugle s'était mit a marché. Ne pouvant reconnaitre la route enseveli sous cette écume de glace, il avait héré au hazard, tombant dans les fossés, se relevant, toujour muet, cherchant une maison.

 

31-Il l'y laissa

Y, adverbe de lieu. Il le laissa là, sur la route.

 

32-MOURIR comme COURIR prend 2N seulement au futur, je courrai, il courra... et au conditionnel présent, je courrais, il courrait.

Mais on a : je courais (imparfait), je courus (passé simple), couru (participe passé), courant (participe présent), etc.

   Un hiver, la terre était couverte de neige, et il gelait horriblement. Or son beau-frère, un matin, le conduisit fort loin sur une grande route pour lui faire demander l'aumône. Il l'y laissa tout le jour, et quand la nuit fut venue, il affirma devant ses gens qu'il ne l'avait plus retrouvé. Puis il ajouta : "Bast ! faut pas s'en occuper, quelqu'un l'aura emmené parce qu'il avait froid. Pardié ! i n'est pas perdu. I reviendra ben d'main manger la soupe."
    Le lendemain, il ne revint pas.
    Après de longues heures d'attente, saisi par le froid, se sentant mourir, l'aveugle s'était mis à marcher. Ne pouvant reconnaître la route ensevelie sous cette écume de glace, il avait erré au hasard, tombant dans les fossés, se relevant, toujours muet, cherchant une maison

 

    Mais l'engourdissement des neiges l'avait peu a peu envahit33, et jambes faibles ne le pouvant plus porté, il s'était assi au milieux d'une pleine. Il ne se relevat point.
    Les blancs flocons qui
tombê toujour l'ensevelir. Son corps raidit disparu sous l'insessante acumulation de leur foule infini ; et rien n'indiquait plus la place ou le cadavre était couché.
    
parents firent mines de s'en quérir34 et de le chercher pendant huit jours. Ils pleurèrent même.

 

33-l'engourdissement des neiges l'avait envahi. Envahi est le participe passé du verbe du 2e groupe envahir.

Les verbes(en -IR) du 2e groupe font issant au participe présent.

envahir, envahissant - finir, finissant

Ils se terminent par i au participe passé s'il n'y a pas d'accord particulier.

Il a envahi la terre. La terre est envahie.

34-s'enquérir, s'informer

    Mais l'engourdissement des neiges l'avait peu à peu envahi, et ses jambes faibles ne le pouvant plus porter, il s'était assis au milieu d'une plaine. Il ne se releva point.
    Les blancs flocons qui tombaient toujours l'ensevelirent. Son corps raidi disparut sous l'incessante accumulation de leur foule infinie ; et rien n'indiquait plus la place où le cadavre était couché.
    Ses parents firent mine de s'enquérir et de le chercher pendant huit jours. Ils pleurèrent même.

    L'hiver était rude et le dégel n'arrivait pas vite. Hors, un dimanche, en allant à la messe, les fermiers remarquèrent un grand vol de corbeau qui tournoyê sans fin au-dessus de la plaine, puis s'abatêt comme une pluie noire en tas à la même place, repartê et revenê toujours.
    La semaine suivante, ils
étê encor35 là, les oiseau sombre. Le ciel en portê un nuage comme s'il se fusse réuni de tout les coin de l'horizon ; et il se laissê tomber avec de grand cris dans la neige éclatante, qu'il tachê étrangement et fouillê avec obstination.

 

35-On rencontre encor sans e en poésie. C'est une licence accordée pour la rime ou le mètre (le nombre de syllabes du vers)
 

    L'hiver était rude et le dégel n'arrivait pas vite. Or, un dimanche, en allant à la messe, les fermiers remarquèrent un grand vol de corbeaux qui tournoyaient sans fin au-dessus de la plaine, puis s'abattaient comme une pluie noire en tas à la même place, repartaient et revenaient toujours.
    La semaine suivante, ils étaient encore là, les oiseaux sombres. Le ciel en portait un nuage comme s'ils se fussent réunis de tous les coins de l'horizon ; et ils se laissaient tomber avec de grands cris dans la neige éclatante, qu'ils tachaient étrangement et fouillaient avec obstination.

    Un gars alla voir ce qu'ils fesê, et découvri le corps de l'aveugle, à moitié dévoré déja, déchiqueté. Ses yeux pales avaient disparus, piqué par les longs becs vorasses.
    Et je ne puis jamais ressentir la vive
gaité des jours de soleil, sans un souvenir triste et une pensé mélancolique vers le geux, si désérité36 dans la vie que son horible mort fut un soulagement pour tout37 ceux qui l'avê connus.

 

36- déshérité, hériter, héritage, héritier.

 

37- tous ceux qui l'avaient connu.

    Un gars alla voir ce qu'ils faisaient, et découvrit le corps de l'aveugle, à moitié dévoré déjà, déchiqueté. Ses yeux pâles avaient disparu, piqués par les longs becs voraces.
    Et je ne puis jamais ressentir la vive gaieté des jours de soleil, sans un souvenir triste et une pensée mélancolique vers le gueux, si déshérité dans la vie que son horrible mort fut un soulagement pour tous ceux qui l'avaient connu.

Relisez avec délectation le texte de Guy de Maupassant dans son intégralité
 

L'AVEUGLE

    Qu'est-ce donc que cette joie du premier soleil ? Pourquoi cette lumière tombée sur la terre nous emplit-elle ainsi du bonheur de vivre ? Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toutes blanches ; et nos yeux ravis boivent ces couleurs vives dont ils font de l'allégresse pour nos âmes. Et il nous vient des envies de danser, des envies de courir, des envies de chanter, une légèreté heureuse de la pensée, une sorte de tendresse élargie, on voudrait embrasser le soleil.
    Les aveugles sous les portes, impassibles en leur éternelle obscurité, restent calmes comme toujours au milieu de cette gaieté nouvelle, et, sans comprendre, ils apaisent à toute minute leur chien qui voudrait gambader.
    Quand ils rentrent, le jour fini, au bras d'un jeune frère ou d'une petite soeur, si l'enfant dit : "Il a fait bien beau tantôt !", l'autre répond : "Je m'en suis bien aperçu, qu'il faisait beau, Loulou ne tenait pas en place."
    J'ai connu un de ces hommes dont la vie fut un des plus cruels martyres qu'on puisse rêver.
    C'était un paysan, le fils d'un fermier normand. Tant que le père et la mère vécurent, on eut à peu près soin de lui ; il ne souffrit guère que de son horrible infirmité ; mais dès que les vieux furent partis, l'existence atroce commença. Recueilli par une soeur, tout le monde dans la ferme le traitait comme un gueux qui mange le pain des autres. À chaque repas, on lui reprochait la nourriture ; on l'appelait fainéant, manant ; et bien que son beau-frère se fût emparé de sa part d'héritage, on lui donnait à regret la soupe, juste assez pour qu'il ne mourût point.
    Il avait une figure toute pâle, et deux grands yeux blancs comme des pains à cacheter ; et il demeurait impassible sous l'injure, tellement enfermé en lui-même qu'on ignorait s'il la sentait. Jamais d'ailleurs il n'avait connu aucune tendresse, sa mère l'ayant toujours un peu rudoyé, ne l'aimant guère ; car aux champs les inutiles sont des nuisibles, et les paysans feraient volontiers comme les poules qui tuent les infirmes d'entre elles.
    Sitôt la soupe avalée, il allait s'asseoir devant la porte en été, contre la cheminée en hiver, et il ne remuait plus jusqu'au soir. Il ne faisait pas un geste, pas un mouvement ; seules ses paupières, qu'agitait une sorte de souffrance nerveuse, retombaient parfois sur la tache blanche de ses yeux. Avait-il un esprit, une pensée, une conscience nette de sa vie ? Personne ne se le demandait.
    Pendant quelques années les choses allèrent ainsi. Mais son impuissance à rien faire autant que son impassibilité finirent par exaspérer ses parents, et il devint un souffre-douleur, une sorte de bouffon-martyr, de proie donnée à la férocité native, à la gaieté sauvage des brutes qui l'entouraient.
    On imagina toutes les farces cruelles que sa cécité put inspirer. Et, pour se payer de ce qu'il mangeait, on fit de ses repas des heures de plaisir pour les voisins et de supplice pour l'impotent.
    Les paysans des maisons prochaines s'en venaient à ce divertissement ; on se le disait de porte en porte, et la cuisine de la ferme se trouvait pleine chaque jour. Tantôt on posait sur la table, devant son assiette où il commençait à puiser le bouillon, quelque chat ou quelque chien. La bête avec son instinct flairait l'infirmité de l'homme et, tout doucement, s'approchait, mangeait sans bruit, lapant avec délicatesse ; et quand un clapotis de langue un peu bruyant avait éveillé l'attention du pauvre diable, elle s'écartait prudemment pour éviter le coup de cuiller qu'il envoyait au hasard devant lui.
    Alors c'étaient des rires, des poussées, des trépignements des spectateurs tassés le long des murs. Et lui, sans jamais dire un mot, se remettait à manger de la main droite, tandis que, de la gauche avancée, il protégeait et défendait son assiette.
    Tantôt on lui faisait mâcher des bouchons, du bois, des feuilles ou même des ordures, qu'il ne pouvait distinguer.
    Puis on se lassa même des plaisanteries ; et le beau-frère enrageant de le toujours nourrir, le frappa, le gifla sans cesse, riant des efforts inutiles de l'autre pour parer les coups ou les rendre. Ce fut alors un jeu nouveau : le jeu des claques. Et les valets de charrue, le goujat, les servantes, lui lançaient à tout moment leur main par la figure, ce qui imprimait à ses paupières un mouvement précipité. Il ne savait où se cacher et demeurait sans cesse les bras étendus pour éviter les approches.
    Enfin, on le contraignit à mendier. On le portait sur les routes les jours de marché, et dès qu'il entendait un bruit de pas ou le roulement d'une voiture, il tendait son chapeau en balbutiant : "La charité, s'il vous plaît."
    Mais le paysan n'est pas prodigue, et, pendant des semaines entières, il ne rapportait pas un sou.
    Ce fut alors contre lui une haine déchaînée, impitoyable. Et voici comment il mourut.
    Un hiver, la terre était couverte de neige, et il gelait horriblement. Or son beau-frère, un matin, le conduisit fort loin sur une grande route pour lui faire demander l'aumône. Il l'y laissa tout le jour, et quand la nuit fut venue, il affirma devant ses gens qu'il ne l'avait plus retrouvé. Puis il ajouta : "Bast ! faut pas s'en occuper, quelqu'un l'aura emmené parce qu'il avait froid. Pardié ! i n'est pas perdu. I reviendra ben d'main manger la soupe."
    Le lendemain, il ne revint pas.
    Après de longues heures d'attente, saisi par le froid, se sentant mourir, l'aveugle s'était mis à marcher. Ne pouvant reconnaître la route ensevelie sous cette écume de glace, il avait erré au hasard, tombant dans les fossés, se relevant, toujours muet, cherchant une maison.
    Mais l'engourdissement des neiges l'avait peu à peu envahi, et ses jambes faibles ne le pouvant plus porter, il s'était assis au milieu d'une plaine. Il ne se releva point.
    Les blancs flocons qui tombaient toujours l'ensevelirent. Son corps raidi disparut sous l'incessante accumulation de leur foule infinie ; et rien n'indiquait plus la place où le cadavre était couché.
    Ses parents firent mine de s'enquérir et de le chercher pendant huit jours. Ils pleurèrent même.
    L'hiver était rude et le dégel n'arrivait pas vite. Or, un dimanche, en allant à la messe, les fermiers remarquèrent un grand vol de corbeaux qui tournoyaient sans fin au-dessus de la plaine, puis s'abattaient comme une pluie noire en tas à la même place, repartaient et revenaient toujours.
    La semaine suivante, ils étaient encore là, les oiseaux sombres. Le ciel en portait un nuage comme s'ils se fussent réunis de tous les coins de l'horizon ; et ils se laissaient tomber avec de grands cris dans la neige éclatante, qu'ils tachaient étrangement et fouillaient avec obstination.
    Un gars alla voir ce qu'ils faisaient, et découvrit le corps de l'aveugle, à moitié dévoré déjà, déchiqueté. Ses yeux pâles avaient disparu, piqués par les longs becs voraces.
    Et je ne puis jamais ressentir la vive gaieté des jours de soleil, sans un souvenir triste et une pensée mélancolique vers le gueux, si déshérité dans la vie que son horrible mort fut un soulagement pour tous ceux qui l'avaient connu.

 

Vous pouvez trouver sur la toile les Nouvelles de Guy de Maupassant.

Il est un de mes auteurs préférés. Ceux qui aiment le lire me pardonneront le traitement que j'ai fait subir à ce beau texte dramatique. C'était pour la bonne cause

 

Les homophones ou où hou ouh houx août houe / Ton père ou ta mère viendra ou viendront ?

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*Valeurs et emplois du subjonctif

La clef des modes - Indicatif, subjonctif ou conditionnel, lequel choisir ?

Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

Les verbes impersonnels - il pleuvine, il pleuvote, il pluviote, il pleuvasse, il pleuvoche, il crachine, il bruine, il brumasse, il brouillasse, il neigeote...

 

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Les Textes de mes  DÉLIRES  peuvent vous servir de textes de dictées.

Voir aussi  La dictée de Mérimée avec ses difficultés expliquées par le menu

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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