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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 17:11

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Sommaire de l'article

1-Les définitions

2- La liste des prépositions

3-La liste des locutions prépositives

4-Les diverses acceptions du mot EN

5-Des articles connexes

 

1 Définitions

La préposition est un mot invariable qui établit un lien entre les mots ou les syntagmes*.

*Le syntagme est un groupe de mots constituant une unité sémantique - Voir sur le site du Cnrtl >> SYNTAGME §B -LINGUISTIQUE

Une locution prépositive ou prépositionnelle est un groupe de mots jouant le rôle d'une préposition.

> Qu'est-ce qu'une locution ?

 

Je passe par Paris pour aller chez toi.

Tu m'apercevras du haut de ton balcon à cinq heures pétantes.

 

Il ne faut pas confondre préposition et adverbe :

Tu me verras en bas de ton immeuble.

en bas de : locution prépositive

en bas de ton immeuble : syntagme prépositionnel, complément circonstanciel de lieu de verras.

Je serai en bas.

en bas : locution adverbiale

 

2 Les prépositions

à (contracté avec les articles le : au et les : aux)

après

attendu

avant

avec

chez

concernant

contre

dans

de (contracté avec le : du, avec les : des)

Qu'est-ce qu'un partitif ? Ne pas confondre la préposition DE DU, DES

- l'article indéfini DES, DE - et l'article partitif DE, DU

dedans, vieux (synonyme : dans)

Littré : Dans le XVIIe siècle, dedans était employé comme préposition [...]; et il est fâcheux qu'on ait établi la règle contraire ; car cela frappe, pour le lecteur actuel, d'incorrection des passages corrects et élégants dans nos classiques.

Dedans peut être aussi :

un adverbe de lieu ou une locution adverbiale : dedans (à l'intérieur), là-dedans, au-dedans, en dedans,

le substantif le dedans

depuis

derrière

dès

dessous vieux (synonyme : sous)

Littré : Il est fâcheux que les puristes du XVIIe siècle aient voulu, sans aucune raison grammaticale ni étymologique, ôter à dessous le rôle de préposition ; il en résulte que de beaux passages de nos classiques nous paraissent ou archaïques ou fautifs. Aujourd'hui la règle s'est établie, et ce serait une faute d'employer dessous comme préposition.

Dessous peut être aussi :

un adverbe de lieu ou une locution adverbiale : dessous, là-dessous, ci-dessous, au-dessous, en dessous, de dessous, par-dessous

le substantif le dessous

devant

devers, vieux (synonymes : vers, du côté de)

dixit vient du latin dixit - devant le nom de l'auteur d'une citation

(synonymes : selon, a dit, d'après) ne figure pas dans L'Académie ni dans Le Trésor

durant

emmi, emmy, vieux ou littéraire (synonyme : au milieu de)

en

endéans, vieux et régional, Belgique, Luxembourg

(synonymes : dans l'intervalle de, dans le délai de – langue de l'administration et des affaires)

entre

envers

ès

excepté

fors, vieux ou littéraire (synonymes : excepté, hormis, sauf)

hormis

hors

jusque

lès, les, lez, dans les noms de localités (synonyme : près de)

malgré

moyennant

nonobstant

>>Nonobstant - Ce nonobstant - Nonobstant que

outre

par

par-dessous

par-dessus

parmi

pendant

pour

près, vieux (synonymes : à proximité de, près de)

revoici, revoilà (voir ci-dessous voici, voilà)

rez, vieux (synonymes : tout contre, au niveau de, au ras de)

sans

sauf, vieilli - Littré, sans blesser, sans porter atteinte à

Exemple : sauf votre respect, sauf le respect que je vous dois

selon

sous

suivant

sur

touchant L'Académie : concernant, sur le sujet de

vers

versus (du latin versus) abrégé en vs,

ne figure pas dans L'Académie ni dans Le Trésor. (synonymes : contre, en opposition à, face à)

via

voici, voilà

Selon les grammairiens, voilà ou voici est :

1 un verbe défectif réduit à la forme unipersonnelle du présent de l'indicatif de l'aspect inaccompli - un présentatif comme il y a, cf. Le Trésor

2 une préposition, cf. L'Académie

3 une locution prépositive, cf. Littré

4 proche des démonstratifs, cf. Grevisse

5 un adverbe démonstratif (pour d'autres)

>>Voilà - Voici

vu (synonymes : étant donné, considérant)

 

 3 Les locutions prépositives

à cause de

à charge de

à compter de

à condition de

à côté de

à défaut de

à droite de

à fleur de

à force de

à gauche de

à l'abri de

à l'aide de

à l'égard de

à l'encontre de

à l'exception de

à l'exclusion de

à l'exemple de

à l'extérieur de

à l'instar de - Le Trésor, littéraire : à l'exemple de, selon le modèle de.

Synonymes : comme (comparaison), à l'image de, à l'imitation de, à la manière de

à l'insu de

à l'intention de

à l'intérieur de

à la façon de

à la faveur de

à la manière de

à la merci de

à la mode de

à même de

à moins de

à partir de

à raison de

à ras de

à seule fin de

à travers

afin de

à l'entour de, L'Académie : [locution vieillie]

généralement remplacée par AUTOUR DE.

au bas de

au contraire de

au cours de

au deçà de, au-deçà de, vieux (synonyme : de ce côté-ci de)

au haut de

au lieu de

au milieu de

au moyen de

au pied de

au prix de

au prorata de

au ras de

au su de

au sujet de

au travers de

au vu de

au-dedans de

au-delà de

au-dessous de

au-dessus de

au-devant de

auprès de

autour de

au travers de

au vu de (quelqu'un)

Le Trésor : sans se cacher de, sous le regard de

au vu et au su de (synonyme : au vu de)

aux abords de

aux alentours de

aux dépens de

aux environs de

avant de

conformément à

contrairement à

dans le but de, locution condamnée par Littré.

(synonymes : pour, dans le dessein de, dans l'intention de)

>>Peut-on dire "dans quel but ? dans le but de... "  

d'après

d'avec

de chez

de delà

de derrière

de dessous

de dessus

de devant

de façon à

de la part de

de manière à

d'entre

de par, vieilli

 Littré : par l'ordre, par le commandement

– exemple : de par le roi))

de peur de

du côté de

du haut de

en arrière de

en bas de

en cas de

en comparaison de

en deçà de

en dedans de

en dehors de

en dépit de

en dessous de

en direction de

en face de

en faveur de

en guise de

en haut de

en outre de

en plus de

en présence de

en qualité de

en raison de

en réponse à

en signe de

en sus de

en tête de

en vertu de

en voie de

en vis-à-vis de, rare, voir ci-dessous vis-à-vis de

en vue de

étant donné

eu égard à

face à

faute de

grâce à

histoire de (familier)

hors de

indépendamment de L'Académie : en dehors de, sans égard à

jusqu'à

le long de

loin de

lors de

parallèlement à

par comparaison avec

par le moyen de

par rapport à

par suite de

par-dedans

par-dessous

par-dessus

par-devant

par-devers

plein de

pour ce qui est de

près de

proche, vieilli ou littéraire (synonyme : près de)

proche de, vieilli (synonyme : près de)

quant à

quitte à

sauf à Littré : à la réserve de, sans empêcher, quitte à

Le Trésor : sans que soit exclu le risque de - en se réservant le droit de, sans s'interdire de.

sous prétexte de

sous réserve de

sur le point de L'Académie : juste avant de, en passe de

versus (du latin versus) abrégé en vs,

ne figure pas dans L'Académie ni dans Le Trésor.

Wiktionnaire : contre, en face de - mathématiques : en fonction de

vis à vis, Le Trésor : vieilli, populaire ou régional (Canada)

vis-à vis de (synonyme : en face de)

 

4 Les diverses acceptions du mot EN

 

EN, PRÉPOSITION

-préposition devant un gérondif : Je lui souris en adoptant un air entendu.

-préposition de lieu : en Europe, en France, en Auvergne.

On dit aussi en Avignon, en Arles : (Les Provençaux le disent pour les villes de Provence)

Mais à Paris, à Arras...

Devant les îles : en Haïti, en Islande, en Crète, en Corse...

Mais à Chypre, à la Réunion...

-devant la matière, en laine, en corne...

-dans le sens de dans. Il tourne comme un ours en cage. Il est mis en bière.

-dans un état, en colère, en nage, en pleurs, en deuil.

-dans le sens de sur. Il est mis en croix.

-suivi de plus ou moins + adjectif invariable.

C'est la même histoire mais en plus beau.

 

EN, PRONOM PERSONNEL

Barbara aime beaucoup Brest. Elle en apprécie l'animation, même quand il pleut. (l'animation de Brest)

Barbara

de Jacques Prévert (extrait)

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie

>> La place de Y et de EN dans la phrase. Vous recherchez des difficultés dans cet exercice ? Vous finirez bien par Y EN trouver. + QUIZ 67

 

EN, ADVERBE DE LIEU

-peut remplacer un complément de lieu.

Je viens d'Istanbul ; mais si, j'en viens !

 

EN dans quelques expressions.

en fait, en l'occurrence, en être (être homosexuel), de fleur en fleur, un arbre en fleurs, clés en main, être en faute, d'heure en heure, de Charybde en Scilla...

 

5 Des articles connexes  

 

Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif 

Prépositions À ou DE : à vous de bien choisir ! – QUIZ 33 

QUIZ 34 - Complétez les phrases par les prépositions À ou DE suivies d'un infinitif Texte : Arnolphe et Isidore, les célibataires - Une journée si peu particulière 

La liaison des prépositions, des conjonctions, des adverbes...  

Peut-on dire : merci, remercier, féliciter, complimenter, savoir gré + de, pour, sur ? 

Verbes suivis d'un complément direct ou d'un complément indirect – Ça la démange OU Ça lui démange ? 

Que dit-on ? Débattre (Ø, de, sur) se rappeler (Ø, de) clore ou clôturer, qu'est-ce qui (lui le) prend ? Aller (au, chez) quid (de, sur) battre froid (Ø, à) contredire (Ø, à) c'est, ce sont... 

Sans, s'en, sens, sent, c'en, cent, sang, des homophones à ne pas confondre – Sans suivi d'un singulier ou d'un pluriel ? QUIZ 

Les mauvaises manières de parler le français - Barbarismes et solécismes - Exercices - 1re partie + QUIZ 30  

Les barbarismes et les solécismes vous irritent-ils ou vous amusent-ils ? Exercices - 2e partie - QUIZ 31

Voir aussi :

Conjonctions de subordination et locutions conjonctives classées :

cause conséquence but temps condition comparaison concession

exception proportion manière conformité supposition addition alternative

 

>>Retour au début de l'article

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 18:45

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Vous m'auriez vue tendre les bras vers elle

 

On lie généralement les prépositions avec le mot qui suit.

s-z-hier, en-n-automne,  sans-z-un sou, sous-z-un arbre, avant-t-elle...

 

Vers, le s ne se prononce jamais.

Vers elle, vers eux (on prononce verelles, vereux)

 

Pas de liaison après certaines prépositions : hormis, non compris, ci-inclus, selon, vers, à travers, envers, hors.

 

à travers

Le Littré précise :

tra-vêr ; l's ne se lie pas ; cependant quelques-uns la lient : à tra-vêr-z un désert

 

La locution conjonctive : Au cas où

Il y a controverse.  Faut-il lier cas et où ?

Le Littré précise :

kâ ; l's se lie : un kâ-z étrange
 
On lit sur le Wiktionnaire qu'on peut faire ou non la liaison.

au cas où /o kɑ.z‿u/ ou /o ka u/

 

Les adverbes : dessus, dessous.

Le Littré précise :

de-su ; l's se lie : de-su-z et dessous ; au contraire, Chifflet, Gramm. p. 216, au XVIIe siècle, remarque que l's ne se prononce pas, même devant une voyelle.

de-sou ; l's se lie : de-sou-z et dessus ; au contraire, Chifflet, Gramm. p. 216, XVIIe siècle, remarque que l's ne se prononce pas, même devant une voyelle.

 

Articles connexes :

> La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

> Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure, almanach, handball, imbroglio, mas, tomber dans le lacs, abasourdi, blinis, Auxerre, Bruxelles, Cassis...

> Mots difficiles à prononcer - Risques de fautes de prononciation et d'orthographe - antienne, patio, argutie, cation, kantien, varech, pers, handicap, oecuménisme ...

 

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 12:18

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>>Voir quelques verbes conjugués à la fin de l'article

 

On n'emploie pratiquement plus le passé simple dans la langue parlée (sauf à vouloir jouer les précieux) mais plutôt le passé composé.

On dira :

Ce soir-là je suis sorti et je suis allé au cinéma.

Ce soir-là nous sommes sortis et nous sommes allés au cinéma.

plutôt que :

Ce soir-là je sortis et j'allai au cinéma.

Ce soir-là nous sortîmes et nous allâmes au cinéma.

 

Le passé simple est, dans le style écrit, le temps du récit par excellence. Les actions des verbes qui sont au passé simple se sont passées à un instant précis du passé et peuvent s'être succédé.

Je vis le chien s'élancer dans ma direction, il gravit les marches en un éclair et me mordit la jambe. Je lui assénai un bon coup sur la tête.

 

Les verbes à l'imparfait peuvent présenter des actions multiples et simultanées avec une certaine idée de durée.

Je tricotais et regardais la télé tandis que tu étudiais les cours de la bourse.

 

L'imparfait est aussi le temps de la description, celui de l'habitude et de la répétition des actions dans le passé.

À cette époque-là, je me levais tôt le matin, je changeais bébé, je lui donnais le biberon, je préparais le petit déjeuner, je m'occupais de ma toilette et je courais attraper le bus qui m'emmenait sur le lieu de mon travail.  Le soleil brillait. J'étais comblée !

 

On peut rencontrer le passé simple dans le cas où des verbes expriment des actions qui durent ou qui se répètent si le moment où se passent ces actions est délimité.

Je courus trente jours, je courus trente nuits pour m'entraîner au marathon.

Il marcha trente jours, il marcha trente nuits (Victor Hugo, La Conscience, La Légende des Siècles)

Il me fallut alors faire des efforts. Je pris le train à quatre heures tous les matins de 2001 à 2005.

 

On utilise également l'imparfait pour exprimer :

-un passé proche par rapport à une autre action passée.

À peine étais-je sortie, que la brise embaumée me caressa le visage.

 

-un futur par rapport à une autre action passée.

Je sortais quand je t'ai vue arriver. (J'allais sortir...)

 

-un futur du passé qui remplace un conditionnel passé.

Sans ton aide, je n'y arrivais pas. (je n'y serais pas arrivée)

Sans cette panne idiote, tu gagnais. (tu aurais gagné)

 

-dans une subordonnée de condition.

(un fait possible dans l'avenir, ou un fait non réalisé dans le présent)

Si j'avais ton amitié, je serais heureuse.

 

-un souhait. Ah ! Si tu m'aimais !

 

-une menace. Et si je te trahissais !

 

-une nuance de politesse. Je voulais vous dire... Je venais vous demander...

 

********

Difficulté :

Pour les verbes du 1er groupe (verbes en -ER) et pour le verbe aller,

on peut hésiter entre les terminaisons

-AI (passé simple) et -AIS (imparfait)

à la première personne du singulier JE

Exemples : Je chantai ou je chantais, j'allai ou j'allais ?

Pour les verbes du 2e et du 3e groupe,

vous n'avez pas à hésiter,

la terminaison est toujours -AIS (imparfait)

Ex. J'écrivais, j'écrivis, je partais, je partis, je courais, je courus, etc.

 

Des trucs qui marchent :

1-► on remplace le sujet JE par IL

2-► ou l'on met le verbe au passé composé.

3-► ou l'on remplace le verbe par un verbe du 3ème groupe

(venir ou faire par exemple > je vins, je fis))

 

EXEMPLES :

Ce jour-là, je décidai d'être aimable.

1-► Ce jour-là, il décida d'être aimable.

2-► Ce jour-là, j'ai décidé d'être aimable.

3-► Ce jour-là, je me fis la promesse d'être aimable.

 

Articles connexes :

Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

Les modes indicatif, conditionnel, subjonctif, impératif, infinitif, participe, gérondif et les temps présent, passé, futur

Les modes et les temps. Ne pas les confondre. Le conditionnel est-il un mode ?

Passé simple ou subjonctif imparfait ? Passé antérieur, subjonctif plus-que-parfait ou conditionnel passé ? QUIZ 29

Ne pas confondre l'indicatif présent et le subjonctif présent de certains verbes - Quiz 54

L'indicatif présent pour les hésitants

 

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verbe aller

au passé simple : j'allai, tu allas, il alla, nous allâmes, vous allâtes, ils allèrent.

à l'imparfait : j'allais, tu allais, il allait, nous allions, vous alliez, ils allaient.

verbe cueillir

au passé simple : je cueillis, tu cueillis, il cueillit, nous cueillîmes, vous cueillîtes, ils cueillirent.

à l'imparfait :  je cueillais, tu cueillais, il cueillait, nous cueillions, vous cueilliez, ils cueillaient.

verbe savoir

au passé simple : je sus, tu sus, il sut, nous sûmes, vous sûtes, ils surent.

à l'imparfait :  je savais, tu savais, il savait, nous savions, vous saviez, ils savaient.

verbe venir

au passé simple : je vins, tu vins, il vint, nous vînmes, vous vîntes, ils vinrent.

à l'imparfait : je venais, tu venais, il venait, nous venions, vous veniez, ils venaient.

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 10:49

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Le 14 février, c'est la fête de la Saint-Valentin.

Autrement dit, c'est la Saint-Valentin.

Les amoureux ont pour patron saint Valentin, les épileptiques aussi.

 

Lorsqu'on écrit le nom d'un saint, et qu'on désigne le saint lui-même, l'adjectif saint ne prend pas de majuscule et il n'est pas suivi d'un trait d'union.

Une exception : le roi Louis IX, Saint Louis, fut canonisé en 1297.

Un homme ou une femme canonisé par le Pape devient un saint ou une sainte. Le nouveau nom est inscrit dans le canon des saints (le catalogue des saints) pour être reconnu par l'Église Catholique et l'Église orthodoxe.

Père de l'Église, philosophe et théologien chrétien d'origine berbère, saint Augustin (354-430) fut évêque d'Hippone. Il eut pour mère sainte Monique.

L'apôtre préféré de Jésus était saint Jean.

En novembre 2014, le pape François a canonisé six nouveaux saints.

 

On met un trait d'union dans des expressions figées, des fêtes, des noms de villes, des noms de rue, etc. Saint prend une majuscule.

La nuit de la Saint-Jean, la Saint-Sylvestre, la Saint-Barthélémy, l'été de la Saint-Martin, la Saint-Nicolas...

La basilique Saint-Pierre, la rue Saint-Jean, le Saint-Empire romain germanique, la ville de Saint-Étienne...

 

Saint et sainte dans quelques proverbes :

Quand il pleut à la Saint-Médard (le 8 juin), il pleut quarante jours plus tard.

À la Sainte-Luce (13 décembre), les jours croissent du saut d'une puce.

À la Sainte-Catherine (25 novembre) tout bois prend racine.

S'il pleut le jour de la Saint-Gervais (19 juin),il pleut quarante jours après.

Découvrir saint Pierre pour couvrir saint Paul. (remédier à un inconvénient par un autre - Littré)

 

On écrit : coiffer sainte Catherine.

Par sa virginité, sainte Catherine (Catherine d'Alexandrie), martyre, est le symbole de la pureté.
Les catherinettes, jeunes filles non mariées à 25 ans (et que la tradition supposait encore vierges) coiffent sainte Catherine. Elles portent un chapeau qui, à l'origine devait avoir pour couleurs le jaune (symbole de la foi) et le vert (symbole de la connaissance).

 

Les agriculteurs connaissent bien les saints de glace : saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais fêtés les Les 11, 12 et 13 mai.

Retrouvez les saints de glace dans l'article :

> Jardiniers, n'ayez plus peur ! Les saints de glace sont passés !

 

Retrouvez Sainte-Adresse et Saint Martin dans l'article :

> La dictée de Mérimée avec ses difficultés expliquées par le menu*, règles d'orthographe et de grammaire et digressions sur la langue

 

On qualifie parfois de saints, certains ou certaines qui ne le sont aucunement comme sainte nitouche (celle qui n'a pas l'air d'y toucher, celle qui joue l'innocente), à la Saint-Glinglin (c'est-à-dire jamais), le saint-frusquin (ou le Saint-Frusquin, les affaires, les biens - frusquin vient du mot frusques : les hardes, les vieux habits), etc.

 

Sur le trait d'union :

> Ne pas confondre : trait d'union et tiret

> Y a-t-il un trait d'union ou pas ? Au delà ou au-delà ? Par delà ou par-delà ? AU ou PAR ou EN etc. + deçà, delà, devant, derrière, avant, arrière, dessus, dessous, dedans, dehors, haut, bas.

> L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

 

À propos de saint Augustin :

> SAINT AUGUSTIN - Les Confessions [extrait]- Le larcin

 

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 15:54

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

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Je savais que Marie Cratère ne supporterait pas longtemps cette façon que nous avions, Prétatou et moi, de vivre à ses dépens. Ne nous avait-elle pas fait remarquer, d'une aigre trogne, que son chez-elle n'était pas une auberge et que nous ne pourrions pas continuer à y demeurer ainsi sans contrepartie. Elle en avait assez de prodiguer ses largesses sans qu'on lui témoignât quelque reconnaissance. Il nous faudrait un jour ou l'autre payer en retour. Mais payer comment ? Je n'avais pas un sou vaillant. Elle me tenait à sa merci. J'eus peur qu'elle usât d'un abus de pouvoir et se livrât à un chantage.

Il me traversa l'esprit que le mieux serait de m'en retourner à Utopinambourg où la vie m'était facile ; mais il me faudrait alors renoncer à étancher ma soif de curiosité.

Prétatou enfonça le clou : « Ne pourrais-tu te décider une fois pour toutes à ne plus te risquer dans des aventures périlleuses et à quitter cette forêt hostile ?

Non, je ne pouvais faire table rase de ces derniers jours que j'avais vécu, de ces longues heures que je n'avais pas dormi, de ces longs mois qu'avait duré ma quête de la vérité. Il me fallait aller de l'avant. J'eusse jouer matoisement pour arriver à mes fins, c'est dire !

Il me vint l'idée subite de me fondre, dès que je l'apercevrais, dans la file improbable des claque-faim qui cheminaient craintivement. Certes, je n'étais pas experte en feintise, mais aucun doute que j'aurais tôt fait d'y exceller. Je m'en convainquis, si ferme était ma détermination.

Prétatou pensa si fort que je l'entendis :

« Quelle folie ! Toi que je croyais si pleine de raison et de bon sens. Tu cours à ta perte, tu le sais, et quoi que j'en dise, rien ne pourra te faire changer d'avis, je le déplore.

Tu as la comprenette prompte, m'esclaffai-je, histoire de détendre l'atmosphère pesante. Allons, mon bon chien, tu vas te découvrir une fermeté de cœur que tu ne soupçonnes pas. Cependant, sache-le, il te faudra te cacher et m'observer de loin, sans aucun désir d'intervenir. »

J'en étais là de mes réflexions lorsque Marie Cratère surgit brusquement, abandonnant pour un temps ses fourneaux où mijotait sa macrabouillasse.

« Il va falloir me dire ce que tu comptes faire présentement ! tonna-t-elle. J'ai ouï dire que tu espionnes de pauvres hères que tu ne connais ni d'Ève ni d'Adam. Si l'un d'eux t'entraperçoit, ma pauvre fille, ton sort est scellé. Nul ne doit savoir qu'ils existent, et les espions, s'il s'en trouvait, seraient légion à les dénoncer. Mais ces malheureux traqués veillent et ils auront tôt fait d'occire illico tout intrus qui se mêlerait de leurs affaires.

Qu'est-ce à dire, Marie ? Ce sont des brigands ? Ils sont recherchés ?

Tout le mal qu'ils ont fait, c'est de connaître la vérité. Et comme tu le sais, celui qui clame la vérité à la face du monde doit mourir. Tu connais la chanson.

Sois plus claire, Marie, de quelle vérité parles-tu ?

De celle que l'on doit taire, petite sotte ; ne sommes-nous pas sous le joug tyrannique des gouvernants qui ont décidé une fois pour toutes de notre sort ? T'es-tu demandé comment on pourrait s'évader impunément d'Utopinambourg s'il nous en prenait l'envie ? Mais, je crois, vois-tu, que ces va-nu-pieds sont en train de trouver un moyen de sortir de cet enfer. Je ne te dirai rien à ce sujet ; pour peu que tu y ailles fourrer le nez, il pourrait t'en cuire ; et je veux te protéger malgré toi, bien que tu n'en vailles pas la peine, je le crains. »

C'était bien là le ton affectueux de Marie !

« Tu en as déjà trop dit, Marie. D'où viennent-ils donc, ces meurt-la faim ?

Ils ont été précipités dans les culs-de-basse-fosse du Château, ma petite. C'est le sort que tu aurais subi si Monsieur Pro ne t'avait tendu une perche salvatrice. Quelle chance tu as eue ! Cela sert parfois d'être jeune, et belle, et charmante, comme toi. Une pauvre laide y serait passée, répondit Marie en lâchant un gros soupir. »

Je m'exclamai avec horreur : « Ils ont été jetés dans les oubliettes et ils ont survécu ! »

Je n'en croyais pas mes oreilles.

« Un sur mille a survécu, reprit Marie Cratère, Peut-être moins encore. Mais il y a si longtemps qu'on les y abîme, qu'un matelas de chairs putréfiées a amorti leur chute. Qu'ont-ils fait alors pour subsister dans cette cloaca maxima d'où nul ne devait revenir ? Ils se sont livrés au cannibalisme. Il en est ainsi depuis que le monde est monde : l'instinct de survie est plus fort que tout. Ils ont ruminé leur misérable sort dans un hypogée qui serait devenu leur tombe jusqu'à ce qu'ils se déterminent à vouloir en sortir. Il a fallu qu'ils usent leurs ongles à creuser la terre, et les os des morts, racles improvisées, leur ont été bien utiles. Il s'agissait de percer un tunnel, un tunnel qui les ramènerait au jour. Et tu les vois aujourd'hui qui errent sans but, et cherchent à conserver le peu de vie qu'ils ont gagné. Comprends-tu maintenant pourquoi ils feraient n'importe quoi pour se cacher des intrus ? »

J'étais atterrée.

« Comment sais-tu tout cela ? Dis-moi, Marie, comment le sais-tu ? »

Le silence qui s'ensuivit ne fut perturbé que par les grincements de dents de mon interlocutrice. Je soupçonnais fortement qu'elle entretenait son bruxisme pour m'exaspérer. Elle ne voulut pas m'en dire plus ; et, une fois encore, je restai sur ma faim. Marie ne distillait les révélations qu'au goutte à goutte pour mieux jouir de leurs effets. Je n'insistai pas de crainte qu'elle se courrouçât.

 

NOTES

Le titre.- Délires édifiants. Édifiant, qui renseigne, qui instruit.

Littré : édifier [dans le sens d'instruire] Je veux vous édifier là-dessus.


une aigre trogne

la trogne (familier), la tête, le visage, la tronche (argot)

 

sans qu'on lui témoignât quelque reconnaissance

sans que, locution conjonctive suivie du subjonctif

> Sans que

 

je ne pouvais faire table rase de ces derniers jours que j'avais vécu, de ces longues heures que je n'avais pas dormi, de ces longs mois qu'avait duré ma quête de la vérité.

Les participes passés vécu, dormi, duré n'ont pas de complément d'objet direct mais des compléments adverbiaux de mesure (compléments circonstanciels). Ils sont invariables.

Autres verbes accompagnés de compléments adverbiaux de mesure : coûter, valoir, peser, mesurer, marcher, courir, vivre, dormir, régner, durer, reposer, etc.

faire table rase : ne rien laisser de ce qui existait


J'eus peur qu'elle usât d'un abus de pouvoir

usât subjonctif imparfait – le subjonctif s'emploie dans une subordonnée quand la principale comporte un verbe exprimant la crainte.

> Valeurs et emplois du subjonctif

L'emploi du Ne explétif est possible : J'eus peur qu'elle n'usât...

> NE explétif - Quand peut-on l'employer ? - sans que je ne - avant que je ne - je crains...

 

j'eusse joué matoisement

j'eusse joué, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé – j'aurais joué.

matoisement, d'une façon matoise.

matois, rusé, futé, sans le laisser paraître et sous un air débonnaire.

 

Il me vint l'idée subite de me fondre dans la file improbable des claque-faim qui cheminaient peureusement

Subir > subi (ie) est un participe passé, subit (te) est un adjectif :

Il a subi des dommages - Une mort subite (qui surgit inopinément). J'ai eu alors une inspiration subite.

Les claque-faim, les affamés, les meurt-la faim.

 

Je n'étais pas experte en feintise

Feintise, synonyme de feinte (dissimulation, déguisement) vient du verbe feindre, faire semblant.

Littré donne aussi : habitude de la feinte. Le sens dans lequel je l'ai employé dans le texte ci-dessus.

 

je m'en convainquis

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

quoi que j'en dise

> Ne pas confondre : quoique et quoi que – quelque, quelque... que, et quel que

 

Tu as la comprenette prompte, m'esclaffai-je

Comprenette, comprenoire, variante : comprenure. Faculté de comprendre rapide ou non selon le cas.

 

ses fourneaux où mijotait sa macrabouillasse

macrabouillasse, terme inventé par le poète Frankétienne. J'aime bien ce mot que j'ai détourné de son sens.

 

Si l'un d'eux t'entraperçoit, ma pauvre fille, ton sort est scellé

entrapercevoir

> L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

Ton sort est scellé, ton compte est bon, tu vas mourir, ou tu vas être condamné.

 

les espions, s'ils s'en trouvait, seraient légion à les dénoncer

s'ils s'en trouvait, s'il y en avait.

légion au singulier

être légion, être très nombreux (emploi littéraire)


ils auraient tôt fait d'occire illico tout intrus

occire, verbe défectif - tuer.

illico (familier) sur le champ, tout de suite. .

 

Et comme tu le sais, celui qui clame la vérité doit mourir. Tu connais la chanson.

« Le premier qui dit la vérité
Il doit être exécuté. »
Guy Béart

 

il pourrait t'en cuire

Littré : En cuire, Verbe impersonnel. Être l'occasion d'un désagrément, d'un regret, d'un repentir. Il vous en cuira quelque jour. Il pourra bien vous en cuire.


Une pauvre laide y serait passée

passer verbe intransitif : mourir, passer de vie à trépas.

Elle est passée, elle est morte


Ils ont été précipités dans les culs-de-basse-fosse du Château

dans les oubliettes

singulier : un cul-de-basse-fosse

> Les noms composés - Quiz 97 Ma soirée avec Jojo


il y a si longtemps qu'on les y abîme

abîmer - Littré : Précipiter dans un abîme.

 

Qu'ont-ils fait alors dans cette cloaca maxima d'où nul ne devait revenir ?

La Cloaca Maxima était le nom du grand égout de la Rome antique.

 

Ils ont vécu longtemps dans un hypogée qui serait devenu leur tombe

un hypogée, sens propre : construction destinée à une sépulture - littéraire, construction souterraine

 

elle entretenait son bruxisme pour m'exaspérer

bruxisme : grincement des dents

 

Je n'insistai pas de crainte qu'elle se courrouçât

OU de crainte qu'elle ne se courrouçât

> NE explétif - Quand peut-on l'employer ? - sans que je ne - avant que je ne - je crains que tu ne - j'empêche que tu ne - je m'attends à ce que tu ne - je ne nie pas que tu ne...

 

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 10:53

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FLORILÈGE – Textes d'auteurs

 

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 Un florilège de textes choisis par mamiehiou

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 

- 40 -

 

Victor Hugo 1802-1885

poète - dramaturge - romancier - homme politique

 Talleyrand 1754-1838

Homme d'état – Diplomate français

Dans Choses vues : Talleyrand

 19 mai 1838

Rue Saint-Florentin, il y a un palais et un égout.

Le palais, qui est d’une noble, riche et morne architecture, s’est appelé longtemps : Hôtel de l’infuntado ; aujourd’hui on lit sur le fronton de sa porte principale : Hôtel Talleyrand. Pendant les quarante années qu’il a habité cette rue, l’hôte dernier de ce palais n’a peut-être jamais laissé tomber son regard sur cet égout.

C’était un personnage étrange, redouté et considérable ; il s’appelait Charles-Maurice de Périgord ; il était noble comme Machiavel, prêtre comme Gondi, défroqué comme Fouché, spirituel comme Voltaire et boiteux comme le diable. On pourrait dire que tout en lui boitait comme lui ; la noblesse, qu’il avait faite servante de la république, la prêtrise, qu’il avait traînée au Champ de Mars, puis jetée au ruisseau, le mariage, qu’il avait rompu par vingt scandales et par une séparation volontaire, l’esprit, qu’il déshonorait par la bassesse. Cet homme avait pourtant sa grandeur.

Les splendeurs des deux régimes se confondaient en lui ; il était prince du vieux royaume de France, et prince de l’empire français.

Pendant trente ans, du fond de son palais, du fond de sa pensée, il avait à peu près mené l’Europe. Il s’était laissé tutoyer par la révolution, et lui avait souri, ironiquement, il est vrai ; mais elle ne s’en était pas aperçue. Il avait approché, connu, observé, pénétré, remué, retourné, approfondi, raillé, fécondé tous les hommes de son temps, toutes les idées de son siècle, et il y avait eu dans sa vie des minutes où, tenant en sa main les quatre ou cinq fils formidables qui faisaient mouvoir l’univers civilisé, il avait pour pantin Napoléon Ier, empereur des français, roi d’Italie, protecteur de la confédération du Rhin, médiateur de la confédération suisse. Voilà à quoi jouait cet homme.

Après la révolution de Juillet, la vieille race, dont il était grand chambellan, étant tombée, il s’était retrouvé debout sur un pied et avait dit au peuple de 1830, assis, bras nus, sur un tas de pavés : Fais-moi ton ambassadeur.

Il avait reçu la dernière confession de Mirabeau et la première confidence de Thiers. Il disait lui-même qu’il était un grand poëte et qu’il avait fait une trilogie en trois dynasties : acte Ier, l’empire de Buonaparte ; acte II, la maison de Bourbon ; acte III, la maison d’Orléans.

Il avait fait tout cela dans son palais, et, dans ce palais, comme une araignée dans sa toile, il avait successivement attiré et pris héros, penseurs, grands hommes, conquérants, rois, princes, empereurs, Bonaparte, Sieyès, Mme de Staël, Chateaubriand, Benjamin Constant, Alexandre de Russie, Guillaume de Prusse, François d’Autriche, Louis XVIII, Louis-Philippe, toutes les mouches dorées et rayonnantes qui bourdonnent dans l’histoire de ces quarante dernières années. Tout cet étincelant essaim, fasciné par l’œil profond de cet homme, avait successivement passé sous cette porte sombre qui porte écrit sur son architrave : Hôtel Talleyrand.

Eh bien, avant-hier 17 mars 1838, cet homme est mort. Des médecins sont venus, et ont embaumé le cadavre. Pour cela, à la manière des Égyptiens, ils ont retiré les entrailles du ventre et le cerveau du crâne. La chose faite, après avoir transformé le prince de Talleyrand en momie et cloué cette momie dans une bière tapissée de satin blanc, ils se sont retirés, laissant sur une table la cervelle, cette cervelle qui avait pensé tant de choses, inspiré tant d’hommes, construit tant d’édifices, conduit deux révolutions, trompé vingt rois, contenu le monde.

Les médecins partis, un valet est entré, il a vu ce qu’ils avaient laissé : Tiens ! ils ont oublié cela. Qu’en faire ? Il s’est souvenu qu’il y avait un égout dans la rue, il y est allé, et a jeté ce cerveau dans cet égout.

 

Merci, Alexandre Jardin, de nous avoir donné à lire ce texte de Victor Hugo à partir d'un de vos tweets (le 7 février 2015)

A lire aussi dans ce blog le texte poignant :

VICTOR HUGO - La mort d'Honoré de Balzac - Choses vues

 

A retrouver sur Wikisource : Victor Hugo Choses vues – Talleyrand

http://fr.wikisource.org/wiki/Page:Hugo_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes,_Impr._nat.,_Choses_vues,_tome_I.djvu/47

 

 

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 15:00

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Un texte à corriger – Ma soirée avec Jojo

La correction

Les règles

QUIZ 97

Ma soirée avec Jojo

Examinez les noms composés et mettez des -s s'il le faut

 

Jojo m'avait invitée ce soir-là. Vous auriez piqué des fou-rire si vous l'aviez vu. Il portait des haut-de-chausse jusqu'à mi-cuisse ! Ce n'était pas la première fois qu'on faisait des pause-café, vu qu'on était collègues avant son licenciement. On s'était donné rendez-vous dans la rue des Filles-Du-Calvaire, allez savoir pourquoi. Il y avait là des crève-la-faim qui faisaient la manche. Jojo, qui est un vrai grippe-sou1 ne leur a rien donné. Quel racle-denier1, je vous jure ! Il est vrai qu'il fréquentait aujourd'hui les va-nu-pied.

On a fait quelques bar-restaurant pour en trouver un qui nous plairait. On se serait cru dans les bas-fond. On n'est pas des m'as-tu-vu mais des coupe-gorge pareils ne nous disaient guère. Je craignais de tomber dans des chausse-trape2On a opté pour un snack-bar qui proposait des croque-monsieur et des petit-beurre. Il n'y avait là ni rince-bouche ni rince-doigt ; de toutes façons, Jojo préférait les rince-cochon3.

Il m'a dit : "Je viens là les week-end avec mes copains. Quels boute-en-train ! On aime bien se déguiser. L'autre jour, on s'est mis des soutien-gorge. C'était poilant. On joue aussi des tragi-comédie. On est des vrais pince-sans-rire. Tu peux venir à nos soirée-bénéfice. On n'envoie pas de faire-part ! Mais je te préviens, elles ne sont pas pour les sainte-nitouche."

Je ne savais pas qu'il avait un violon d'Ingres.

"Tu as d'autres passe-temps ? lui ai-je demandé.

Je suis devenu un gagne-petit, chômage oblige, a-t-il rétorqué. On nous prend pour des sans-abri, mais c'est des on-dit. Même si l'on est payé avec des lance-pierre, on ne se plaint pas."

J'ai réglé l'addition et j'ai voulu lui donner un billet.

"Tu joues les saint-bernard ?" C'est ce qu'il m'a dit . "Tu sais, les nantis, c'est tous des sans-coeur."

En l'observant, j'ai remarqué qu'il avait les yeux cernés jusqu'à mi-joue.

"Tu vas dormir où, ce soir ? lui ai-je demandé.

Il n'a pas répondu.

"Allez, Jojo, viens chez moi. J'ai deux canapé-lit.

C'est Byzance4 !" s'est-il exclamé, et il m'a souri.

 

NOTES

1-Un grippe-sou, un racle-denier (populaire), un avare.

2-Une chausse-trape (ou chausse-trappe) une embûche, un piège.

3-un rince-cochon (populaire) Si vous avez la bouche pâteuse, buvez un rince-cochon (vin blanc additionné de citron et d'eau de Seltz)

4-C'est Byzance ! C'est le grand luxe !

 

CORRECTION

 

Jojo m'avait invitée ce soir-là. Vous auriez piqué des fous-rires si vous l'aviez vu. Il portait des hauts-de-chausses jusqu'à mi-cuisse ! Ce n'était pas la première fois qu'on faisait des pauses-café, vu qu'on était collègues avant son licenciement. On s'était donné rendez-vous dans la rue des Filles-Du-Calvaire, allez savoir pourquoi. Il y avait là des crève-la-faim qui faisaient la manche. Jojo, qui était un vrai grippe-sou ne leur a rien donné. Quel racle-denier, je vous jure ! Il est vrai qu'il fréquentait aujourd'hui les va-nu-pieds.

On a fait quelques bars-restaurants pour en trouver un qui nous plairait. On se serait cru dans les bas-fonds. On n'est pas des m'as-tu-vu mais des coupe-gorge pareils ne nous disaient guère. Je craignais de tomber dans des chausse-trapes (ou chausse-trappes). On a opté pour un snack-bar qui proposait des croque-monsieur et des petits-beurre. Il n'y avait là ni rince-bouche ni rince-doigts ; de toutes façons, Jojo préférait les rince-cochons.

Il m'a dit : "Je viens là les week-ends avec mes copains. Quels boute-en-train ! On aime bien se déguiser. L'autre jour, on s'était mis des soutiens-gorge (ou soutien-gorge). C'était poilant. On joue aussi des tragi-comédies. On est des vrais pince-sans-rire. Tu peux venir à nos soirées-bénéficeOn n'envoie pas de faire-part ! Mais je te préviens, elles ne sont pas pour les saintes-nitouches."

Je ne savais pas qu'il avait un violon d'Ingres. "Tu as d'autres passe-temps", lui ai-je demandé. "Je suis devenu un gagne-petit, chomage oblige", a-t-il rétorqué. "On nous prend pour des sans-abri, mais c'est des on-dit. Même si l'on est payé avec des lance-pierres, on ne se plaint pas."

J'ai réglé l'addition et j'ai voulu lui donner un billet.

"Tu joues les saint-bernard (ou saint-bernards) ?" C'est ce qu'il m'a dit . "Tu sais, les nantis, c'est tous des sans-coeur."

En l'observant, j'ai remarqué qu'il avait les yeux cernés jusqu'à mi-joues.

"Tu vas dormir où, ce soir ?" lui ai-je demandé.

Il n'a pas répondu.

"Allez, Jojo, viens chez moi. J'ai deux canapés-lits.

C'est Byzance !" s'est-il exclamé, et il m'a souri.

 

 

Le pluriel des noms composés

Il faut se fier au sens

Un nom suivi d'un adjectif, les deux mots ont généralement la marque du pluriel, des coffres-forts, des wagons-lits...

Un verbe et un nom, seul le nom peut être au pluriel, selon le sens, un ramasse-miettes (il ramasse des miettes), un couvre-chef (il couvre le chef > la tête)...

Deux noms, seul le premier est au pluriel si le second est ou peut être un complément de nom avec préposition, des timbres-poste > des timbres de la poste, des choux-fleur > des choux en fleur, des gueules-de-loup...

un nom et un mot invariable, seul le nom peut être au pluriel, des arrière-trains, des en-têtes...

deux mots, le premier se termine par o, seul le second peut varier, des afro-américains...

un adjectif et un nom, généralement, les deux mots se mettent au pluriel, des plates-bandes, des courtes-pointes, des hauts-de-chausses...

Mais

grand au masculin prend un s au pluriel, des grands-oncles, des grands-pères...

grand au féminin est invariable des grand-mères, les grand-rues, les grand-messes...

♦ On notera quelques différences dans l'orthographe réformée

 > Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

chaussetrappe

vanupied

basfond

coupe-gorge, coupe-gorges

croquemonsieur, croquemonsieurs

weekend, weekends

quelques noms composés :

des on-dit, des coq-à-l'âne, des va-nu-pieds, des pot-au-feu, des ayant-cause et des ayants-droit, des pur-sang, des tête-à-tête, des après-midis...

Voir aussi l'article :

> L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

 

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 18:13

 

 

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Lorsque je réapparus à l'air libre, mon Prétatou était là, si heureux de me revoir que sa queue se mit à lui battre les flancs comme baguettes de tambour. Plût à Dieu que personne ne l'entendît ! Son poil étant touffu et frisé, aucun son n'en sortit. Je le calmai d'une caresse opportune. Il ne m'en sut pas mauvais gré dès lors que je l'ouïs ronronner de contentement.

« Chère Oli, » susurra-t-il, suffisamment distinctement pour que je pusse l'entendre, « j'ai bien cru que je t'avais perdue. Ce grand trou ne me dit rien qui vaille et pour rien au monde je n'y avancerais une patte. Quand cesseras-tu donc de te mettre en danger ? Que ferais-je sans toi s'il t'arrivait malheur ? Où courrais-je pour trouver une compagne qui te ressemble ? »

Je l'interrompis séance tenante.

« Chacun à sa place, Prétatou ! Je ne suis point ta compagne, sache-le, mais ta maîtresse. Cesse tes jérémiades. Je n'en ai cure. »

Il se mit à gémir de plus belle pour m'attendrir ; mais sa geinte ne m'émut guère.

Il fallut faire diversion.

« Je meurs de faim », essayai-je. « Je me suis laissé dire que toi aussi. »

Je le vis perdre un filet de salive à dégouline que veux-tu.

Il n'était plus temps d'hésitailler.

« Allons ! Pressons, mon chien, avant que l'heure du dîner ne passe. Marie Cratère dénichera bien quelque chose pour rétablir nos forces. »

Mais nous nous étions bien éloignés de la cabane de Marie et le retour promettait d'être long. Notre chemin ventoyait parmi les fûts qui se dressaient devant nous, à chaque pas, comme s'ils s'étaient donné le mot pour entraver notre course, et nous zigzaguions, trébuchant sans y prendre garde sur les racines et les bois morts qui la rendaient plus difficile encore.

Bientôt, la forêt s'obscurcissant, des cris d'animaux nous accompagnèrent. Un cerf réa ; des chats-huants huèrent en se répondant de la cime des arbres ; une troupe de grands paons, fatigués d'avoir trop longtemps fait vibrer leurs plumes tectrices pour attirer la paonne, braillèrent, avant de se jucher sur leur arbre pour la nuit ; un ours grogna : était-ce Lokis ?

Nous ne parvînmes à notre but qu'à potron-minet.

« Mais où étais-tu donc si longtemps disparue, Oli ? » semonça Marie Cratère.

Je ne lui répondis pas. J'étais libre, après tout, de faire ce que bon me semblait.


Notes

Plût à Dieu que que personne ne l'entendît !

LittréPLAIRE - Plaise à Dieu, plût à Dieu que... ! formules de souhait. Plaise à Dieu qu'il en soit ainsi ! Plût aux dieux que mon cœur fût innocent comme elles [comme mes mains] ! [Racine,Phèdre, I, 3] Plût à Dieu que l'histoire parlât davantage des hommes de génie, et moins de la méchanceté ou de l'imbécillité puissante, si ce n'est pour faire abhorrer l'une et mépriser l'autre ! [ D'Alembert, Éloges]


Cesse tes jérémiades.

Jérémiade vient du nom du Prophète Jérémie ; allusion à ses lamentations.

 

Il ne m'en sut pas mauvais gré dès lors que je l'entendis ronronner de contentement.

Savoir gré, savoir bon gré, savoir mauvais gré.

Dès lors que, puisque.

 

pour que je pusse l'entendre

pusse, subjonctif imparfait de pouvoir après la locution conjonctive de but > Pour que

> Ne pas confondre : je peux, je puis, je pus, je puisse, je pusse - puis-je, puissé-je ou puissè-je..

 

Où courrais-je pour trouver une compagne qui te ressemble?

Où irais-je ?

Je courrais, conditionnel présent (2r) - je courais indicatif imparfait (1r)
 

sa geinte ne m'émut guère

Geinte substantif féminin rare - verbe geindre, synonyme gémir.
 

Il n'était plus temps d'hésitailler.

Hésitailler, familier pour hésiter.
 

Je me suis laissé dire que toi aussi

laissé, participe passé invariable lorsqu'il est suivi d'un infinitif.

L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...
 

à dégouline que veux-tu (locution), sans arrêt, abondamment.
 

Notre chemin ventoyait parmi les fûts

Ventoyer, suivre une trace sinueuse

 

comme s'ils s'étaient donné le mot

Le participe passé ne s'accorde pas parce que le complément d'objet direct est un substantif masculin placé après lui

> Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux
 

les plumes tectices

Cf. Wikipédia Les tectrices sont des plumes courtes de couverture.
 

était-ce Lokis ?
Épisodes où Oli rencontre l'ours Lokis :

150 Délires ursins

170 Délires sur une rencontre imprévue, si ce n'est qu'elle était inespérable

171 Délires manifestés lors de touchantes retrouvailles

 

Nous ne parvînmes à notre but qu'à potron-minet.

Nous vînmes, nous parvînmes, passé simple

 

25 janvier 2015

 

 

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Lorsque je réapparus à l'air libre, mon Prétatou était là, si heureux de me revoir que sa queue se mit à lui battre les flancs comme baguettes de tambour. Plût à Dieu que personne ne l'entendît ! Son poil étant touffu et frisé, aucun son n'en sortit. Je le calmai d'une caresse opportune. Il ne m'en sut pas mauvais gré dès lors que je l'ouïs ronronner de contentement.

« Chère Oli, » susurra-t-il, suffisamment distinctement pour que je pusse l'entendre, « j'ai bien cru que je t'avais perdue. Ce grand trou ne me dit rien qui vaille et pour rien au monde je n'y avancerais une patte. Quand cesseras-tu donc de te mettre en danger ? Que ferais-je sans toi s'il t'arrivait malheur ? Où courrais-je pour trouver une compagne qui te ressemble ? »

Je l'interrompis séance tenante.

« Chacun à sa place, Prétatou ! Je ne suis point ta compagne, sache-le, mais ta maîtresse. Cesse tes jérémiades. Je n'en ai cure. »

Il se mit à gémir de plus belle pour m'attendrir ; mais sa geinte ne m'émut guère.

Il fallut faire diversion.

« Je meurs de faim », essayai-je. « Je me suis laissé dire que toi aussi. »

Je le vis perdre un filet de salive à dégouline que veux-tu.

Il n'était plus temps d'hésitailler.

« Allons ! Pressons, mon chien, avant que l'heure du dîner ne passe. Marie Cratère dénichera bien quelque chose pour rétablir nos forces. »

Mais nous nous étions bien éloignés de la cabane de Marie et le retour promettait d'être long. Notre chemin ventoyait parmi les fûts qui se dressaient devant nous, à chaque pas, comme s'ils s'étaient donné le mot pour entraver notre course, et nous zigzaguions, trébuchant sans y prendre garde sur les racines et les bois morts qui la rendaient plus difficile encore.

Bientôt, la forêt s'obscurcissant, des cris d'animaux nous accompagnèrent. Un cerf réa ; des chats-huants huèrent en se répondant de la cime des arbres ; une troupe de grands paons, fatigués d'avoir trop longtemps fait vibrer leurs plumes tectrices pour attirer la paonne, braillèrent, avant de se jucher sur leur arbre pour la nuit ; un ours grogna : était-ce Lokis ?

Nous ne parvînmes à notre but qu'à potron-minet.

« Mais où étais-tu donc si longtemps disparue, Oli ? » semonça Marie Cratère.

Je ne lui répondis pas. J'étais libre, après tout, de faire ce que bon me semblait.


Notes

Plût à Dieu que que personne ne l'entendît !

LittréPLAIRE - Plaise à Dieu, plût à Dieu que... ! formules de souhait. Plaise à Dieu qu'il en soit ainsi ! Plût aux dieux que mon cœur fût innocent comme elles [comme mes mains] ! [Racine,Phèdre, I, 3] Plût à Dieu que l'histoire parlât davantage des hommes de génie, et moins de la méchanceté ou de l'imbécillité puissante, si ce n'est pour faire abhorrer l'une et mépriser l'autre ! [ D'Alembert, Éloges]


Cesse tes jérémiades.

Jérémiade vient du nom du Prophète Jérémie ; allusion à ses lamentations.

 

Il ne m'en sut pas mauvais gré dès lors que je l'entendis ronronner de contentement.

Savoir gré, savoir bon gré, savoir mauvais gré.

Dès lors que, puisque.

 

pour que je pusse l'entendre

pusse, subjonctif imparfait de pouvoir après la locution conjonctive de but > Pour que

> Ne pas confondre : je peux, je puis, je pus, je puisse, je pusse - puis-je, puissé-je ou puissè-je..

 

Où courrais-je pour trouver une compagne qui te ressemble?

Où irais-je ?

Je courrais, conditionnel présent (2r) - je courais indicatif imparfait (1r)
 

sa geinte ne m'émut guère

Geinte substantif féminin rare - verbe geindre, synonyme gémir.
 

Il n'était plus temps d'hésitailler.

Hésitailler, familier pour hésiter.
 

Je me suis laissé dire que toi aussi

laissé, participe passé invariable lorsqu'il est suivi d'un infinitif.

L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...
 

à dégouline que veux-tu (locution), sans arrêt, abondamment.
 

Notre chemin ventoyait parmi les fûts

Ventoyer, suivre une trace sinueuse

 

comme s'ils s'étaient donné le mot

Le participe passé ne s'accorde pas parce que le complément d'objet direct est un substantif masculin placé après lui

> Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux
 

les plumes tectices

Cf. Wikipédia Les tectrices sont des plumes courtes de couverture.
 

était-ce Lokis ?
Épisodes où Oli rencontre l'ours Lokis :

150 Délires ursins

170 Délires sur une rencontre imprévue, si ce n'est qu'elle était inespérable

171 Délires manifestés lors de touchantes retrouvailles

 

Nous ne parvînmes à notre but qu'à potron-minet.

Nous vînmes, nous parvînmes, passé simple

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

à potron-minet (chat) ou à potron-jaquet (jacquet, écureuil)

de très bonne heure, à l'aube.

On dit aussi : dès potron-minet

on trouve dès potron-minette.

 

Mais où étais-tu si longtemps disparue ?

> Vous hésitez entre l'auxiliaire être et l'auxiliaire avoir ?

 

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 08:18

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CONTES, NOUVELLES, RECITS ET POÉSIES DE MAMIEHIOU

 

Je suis arrivée aux urgences à 11 heures, le 16 décembre 2014, pour insuffisance respiratoire avec suspicion d'embolie pulmonaire. Bien que j'aie suivi scrupuleusement les conseils de mon médecin qui m'avait donné un traitement de fond pour me soulager de mon asthme, rien n'y avait fait et voilà deux mois que je souffrais le martyre. Mon cas s'aggravait. Ma fille, toujours maternelle, a pris le taureau par les cornes et m'a donc amenée aux urgences sur le conseil de mon médecin qui n'en pouvait mais.

 

Les urgences sont débordées. Beaucoup de malades et d'accidentés sont là, qui dans les box, qui le long du couloir, et cela des deux côtés où les brancards sont alignés, à la queue leu leu.

Mais avant qu'on m'y trouve une place j'ai dû être examinée.

 

Appliqué et attentif, un jeune externe, brun et de belle allure, frais émoulu de la fac de médecine, s'est enquis de mon état ; il m'a, comme il se doit, écouté le coeur et les poumons, vérifié mes réflexes d'extension au coude et au genou et posé les questions adéquates sur mes maladies antérieures.

Comme il m'est arrivé plus d'une fois de hanter les hôpitaux, j'ai établi un petit dossier tout prêt pour faciliter les choses aux médecins chargés de ma personne : il est constitué du résultat de mes dernières analyses de sang, de mes dernières ordonnances et d'une grande page intitulée 'BILAN DE SANTÉ" qui récapitule les grandes lignes des tribulations de mon organisme tout au long de ma vie accidents et maladies diverses bien classées par années et accompagnées du nom des médecins et des chirurgiens qui se sont occupés à vouloir me guérir. En un tournemain, on connaît tout de moi sans avoir à consulter les innombrables dossiers qui doivent encombrer les étagères des archives de l'hôpital.

Très pratique Qu'on se le dise !

Ainsi donc, le bientôt Docteur, après s'être forgé une idée de mon état, me voyant et m'entendant tousser à perdre haleine, me fait emmener dans le local des urgences, là où tout peut arriver.

 

Pas de box libre pour moi. On m'installe m'installer, c'est beaucoup dire on me place, au début de la rangée des brancards, à gauche du couloir, près de l'entrée. À quelques mètres devant moi, une sorte de comptoir d'environ un mètre cinquante de hauteur, me sépare de l'espace où s'affaire la gent hippocratique, tout occupée à n'avoir d'un seul dessein : soigner, sauver.

Je suis comme au théâtre. Je vais voir se dérouler devant moi, et cela pendant plus d'un jour entier, toute une série d'événements inattendus qui vont me distraire de mon mal. Distraire, le mot n'est pas trop fort. À ne pas confondre avec divertir, évidemment.

 

Comme il m'est interdit de me lever, à cause du risque d'embolie pulmonaire, au cas où un caillot de sang malvenu prendrait l'idée d'aller se promener dans des organes vitaux comme le coeur ou le cerveau Qu'adviendrait-il alors de moi ? Quelle horreur ! je tâche de prendre mon mal en patience. Mais le confort n'est pas le fort du brancard recouvert d'un plastique noir glissant, et je me sens glisser malgré le drap sur lequel je suis étendue. Je ne puis rien faire pour me remonter et des infirmières compatissantes viendront par moments me tirer le drap par le haut pour me rétablir dans ma position première.

 

Je découvre là une hiérarchie bien ordonnée, les uns donnant des ordres, les autres les exécutant. Derrière le comptoir, sont alignés des ordinateurs où pianotent les médecins. J'aperçois, qui dépassent, les têtes des officiants.

De mon point d'observation, je ne vois que leurs visages éclairés, avec leurs chevelures brunes ou blondes qui s'agitent lorsque vient discuter un confrère ou une infirmière ou un autre encore. Je n'entends pas, d'où je suis, leurs conversations mais rien n'échappe à ma vue, le temps qu'il m'est donné de ne pas m'époumoner en des quintes incoercibles.

La bonne humeur semble régner dans ce microcosme médical qui m'est étranger et l'on y rit souvent  tout bas, il va sans dire pour pouvoir, je le suppose, supporter le pire.

En voilà un qui prend une infirmière à bras le corps et la soulève ; elle pouffe et s'empêche de crier trop fort.

Vont et viennent les infirmières et les infirmiers, les brancardiers, les aides-soignantes et les aides-soignants, les médecins parfois. Ils circulent sans perdre un instant, absorbés qu'ils sont dans leurs pensées, longeant le couloir, entrant et sortant des box, chacun à son rythme.

Il y a cette petite souris qui file toujours comme l'éclair, sans jeter un regard à quiconque ; et celle-là, une brunette comme Blanche Neige qui me lance un sourire en passant ; cette autre, qui se dandine, forte de sa tâche à accomplir, et qui avance, les bras presque tendus devant elle brandissant des documents comme si elle voulait occuper plus d'espace que les autres et montrer l'importance de sa fonction : "Moi, je fais mon travail !" m'a-t-elle dit en guise de réponse à une question que je lui ai posée, et elle ne m'a plus jamais adressé un seul regard ; et il y en a aussi beaucoup d'autres, toutes gentilles et aimables, parmi elles, deux jolies blondes que j'ai confondues longtemps.

Des heures durant je les vois aller et venir sans cesse.

 

Les pompiers viennent plusieurs fois pour amener des personnes en difficulté. Les ayant confiées aux soignants, ils montrent une jovialité étonnante ; ils saluent, serrent les mains, et disparaissent quelques instants dans une pièce du fond où l'on se réunit parfois, et où se trouve, je le suppose, toute la panoplie médicale. Ces soldats du feu et d'autres désastres en ressortent, requinqués par quelques minutes de convivialité et ils retournent courageusement à leur devoir ; ou bien une sirène retentit qui les appelle et les voilà qui courent vers la sortie avec la vitesse du vent.

 

Le jeune homme qui m'a accueillie et examinée à mon arrivée est toujours là derrière le comptoir et je me demande, depuis des heures, ce qu'il a tant à écrire sur son l'ordinateur. J'interroge un infirmier qui passe et me répond : "Il reste ici vingt heures d'affilée. Ah mon Dieu, m'exclamé-je, eh bien, il doit être frais à la sortie !"

 

Je vois peu les malades et les accidentés qui, dès qu'ils arrivent sont emmenés hors de ma vue ou bien ils sont placés derrière moi en enfilade. J'entends des phrases qu'on prononce de toutes parts, tout au moins quelques bribes.

J'ai pris ces quelques notes sur le vif.

On se penche sur un nouvel arrivant : "Regardez, de la mousse sort de sa bouche, il s'est drogué..."

On essaie de réveiller quelqu'un qui dort profondément :"Réveillez-vous ! Réveillez-vous !" On lui donne des tapes sur la figure. Rien n'y fait. On lui prend les deux bras et on les agite au-dessus de sa tête. "Réveillez-vous !"...

Et toujours des exclamations qui fusent de toutes parts :

"Ah, vous n'avez pas le droit de partir !"

"Vous allez bientôt changer de service."

"Asseyez-vous là ! Faut s'asseoir ! Asseyez-vous !"

"Il ne faut pas manger pour l'instant, c'est pas possible."

"Restez allongé ! Ne bougez pas ! Restez allongé ! Ne bougez pas ! Ne bougez pas !

"Vous poussez les fesses !"

"Qui a fait votre ordonnance ? Quel est votre docteur ?"

"Je vais chercher les sacs."

"Vous avez eu votre repas ?"

"C'est ici qu'il faut faire pipi !"

"Qu'est-ce que vous avez fait ? Vous avez tout tiré !"

"Attendez le scanner !"

 

La nuit est longue, nuit blanche.

Au bout de quelques heures, on me signale qu'un box s'est libéré. Est-ce que je veux bien y aller ? Ah non. Que ferais-je toute seule enfermée dans un si petit espace ? Avec ma toux et mes insomnies. Je mourrais d'ennui. Je préfère rester à ma place favorite.

Mais il faut bien aller faire pipi. Alors on m'emmène quelques minutes dans un box à l'abri des regards et on me passe le bassin. Évidemment, interdiction de me lever. Mais, que vois-je lorsque je ressors : on m'a pris ma place ; et l'on me met tout au fond du couloir d'où je ne vois plus rien d'intéressant. J'en pleurerais. Je zieute si l'on déplace la personne qui m'a privée bien involontairement de ma première loge, si l'on peut dire. Je n'attends pas longtemps. Je hèle discrètement un infirmier qui me remet à ma bonne place. Ouf !

 

Le médecin qui est soi-disant responsable de ma personne ne s'est pas déplacé pour venir me voir. Je ne sais pas encore qui il est. J'attends. Je tousse. Une infirmière vient pour me donner des antibiotiques. L'analyse de sang qu'on m'a faite a dû révéler que j'héberge quelques millions de bactéries. On m'a prescrit de l'Augmentin. Je connais cet antibiotique qui me donne des coliques sévères. Je demande à mon aimable soignante si je pourrais avoir un autre antibiotique qui soit aussi efficace et qui me rende moins malade. Elle va s'enquérir de la chose et elle revient : "Le docteur a dit que si vous n'étiez pas contente vous pourriez rentrer chez vous." Je n'en reviens pas. Je lui demande quel est ce docteur si aimable qui s'occupe de moi. Elle me le montre. Il est derrière le comptoir ; son petit minois ne daigne pas lever les yeux pour regarder ma réaction. Il est très jeune et doit faire ses premières armes.

Je ne cesse de m'étouffer et mes quintes sont pénibles. J'entends quelqu'un qui gronde : "Mais arrêtez donc de tousser ! Plus vous toussez et plus vous allez tousser !" C'est lui ! C'est mon médecin discourtois qui, goujatement, réitère. Je ne dis rien, rien encore.

Une petite demi-heure plus tard, une quinte terrible m'assaille de nouveau.

"Arrêtez !" crie mon énervé de toubib.

Je m'écrie, n'y tenant plus : "Vous devriez réviser votre cours sur les réflexes !"

On entendrait alors une mouche voler.

Je le vois un peu plus tard qui avance vers moi dans le couloir : "Vous boudez ?" me demande-t-il. Je lui réponds : "Ce n'est pas mon genre !"

Quelques instants après, plusieurs infirmières s'approchent de moi. L'une d'entre elles me dit : "Vous l'avez bien eu !" Je lui réponds : "Je crois qu'il est un peu bête."

Sachez que vous ne le retrouverez pas aux urgences, il s'en est allé sous d'autres cieux, m'a-t-on dit.

 

Le lendemain de mon arrivée, on m'informe qu'on va m'envoyer dans le service de pneumologie pour y être soignée. J'attends jusqu'à 17 heures. C'est long. On a oublié de me donner à manger. Je réclame.

Je resterai en Pneumo B vingt jours. Les soignants de ce service sont au top. En plus de leur compétence et de leur rigueur, ils distribuent généreusement leur gentillesse et leurs sourires.

Et quelle gaieté pour Noël ! Je les remercie de tout coeur.

Je suis heureuse de vivre en France, mon pays que j'aime tant. Non que je croie que tout soit parfait chez nous, mais il est des valeurs que le monde entier nous envie.

Être malade en France, c'est être assuré d'être mis entre de bonnes mains, et de recevoir les meilleurs soins, financés par la solidarité nationale.

 

J'aime la France pour sa générosité et pour la volonté qu'elle a eue, qu'elle a et qu'elle aura toujours de défendre la liberté.

Nul doute qu'elle parviendra un jour à rayer de sa carte les pauvres malheureux qui n'ont pas de toit. C'est un chantier qu'il lui faut mettre en oeuvre parce qu'il y a urgence.

Il y a urgence depuis trop longtemps, messieurs les princes qui nous gouvernent !

 

"Nous vivons dans un monde d'impostures.

Est-ce qu'il est normal qu'il y ait des gens très riches

et d'autres qui meurent de faim ?"

Jean d'Ormesson (lors d'une interview à la télévision)

 

Les politiques qui vont visiter les pauvres sans domicile,

pour Noël, dans les lieux d'accueil, n'ont-ils pas honte ?

Moi

 

Le titre de l'article :

Clin d'oeil à "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme",

une nouvelle de Stefan Zweig, un écrivain que j'aime.

 

>> Retour au début de l'article

 

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 09:39

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orthographe- grammaire pour les hésitants

 

Note préliminaire : Il faut se rappeler que tous les verbes conjugués au présent de l'indicatif et à la première personne du singulier JE se terminent soit par -E soit par -S, soit par -X et jamais par une autre lettre.

 

Pour conjuguer un verbe au présent de l'indicatif, il suffit de retenir la règle suivante :

1re partie

Les verbes du 1er groupe, c'est-à-dire ceux qui se terminent par -ER* à l'infinitif et également quelques verbes du 3e groupe : assaillir, couvrir, cueillir, défaillir, offrir, ouvrir, souffrir, tressaillir, ont pour terminaisons selon les personnes je, tu, il (elle), nous, vous, ils (elles) :

-E -ES -E -ONS -EZ -ENT

* Aller est du 3e groupe, je vais...

Exemples

AIMER, CRIER 1er groupe

CUEILLIR* 3e groupe

1re personne du singulier JE

J'aime

Je crie

Je cueille

 

2e personne du singulier TU

Tu aimes

Tu cries

Tu cueilles

3e personne du singulier IL

Il aime,

elle aime

Il crie

Il cueille

1re personne du pluriel NOUS

Nous aimons

Nous crions

Nous cueillons

2e personne du pluriel VOUS**

Vous aimez

Vous criez

Vous cueillez

3e personne du pluriel ILS

Ils aiment,

elles aiment

Ils crient

Ils cueillent,

elles cueillent

Les verbes du 3e groupe cités se terminent par un -E MUET à la première personne du singulier : j'assaille, je couvre, je cueille, je défaille, j'offre, j'ouvre, je souffre, je tressaille.

*Remarque 1: Dans le verbe cueillir, on a une inversion des voyelles E et U. CEU devient CUE pour éviter CEU qui se prononcerait seu au lieu de keu (ceuillir-cueillir)

**Remarque 2 : VOUS peut être la 2e personne du singulier lorsqu'il est le VOUS DE POLITESSE. Il se conjugue comme si c'était un pluriel.

Remarque 3 : Les verbes du 1er groupe et du 3e groupe cités plus haut se terminent par -E à la 1re personne de l'impératif présent. Pas de -S :

Cherche ! Vole ! Bouge !

Cueille-moi des fleurs ! Ouvre la porte !

 

2e partie

Les autres verbes se terminent par -S aux 1re et 2e personnes du singulier, JE et TU qu'ils soient du 2e ou du 3e groupe, quelques-uns du 3e groupe*  se terminent par -X

*je/tu veux, peux, vaux (je/tu faux est désuet -je/tu faillis)

2e groupe

Je finis, tu finis, il finit, nous finissons, vous finissez, ils finissent.

Les verbes du 2e groupe se terminent par -IR et leurs participes présents se terminent par -ISSANT, ainsi que le verbe du 3e groupe en IRE maudire. Ils ont comme terminaisons selon les personnes je, tu, il, nous, vous, ils :

-IS -IS -IT -ISSONS -ISSEZ -ISSENT

3e groupe

Verbes en DRE -ds, -ds, -d

sauf les verbes en INDRE, AINDRE, EINDRE, OINDRE -s, -s, -t

et les verbes en SOUDRE -s, -s, -t

Verbes en TIR -s, -s, -t

Verbes en TRE -s, -s, -t

quelques exemples :

Je pends, tu pends, il pend, nous pendons, vous pendez, ils pendent.

Je peins, tu peins, il peint, nous peignons, vous peignez, ils peignent

Je mens, tu mens, il ment, nous mentons, vous mentez, ils mentent.

Je mets, tu mets, il met, nous mettons, vous mettez, ils mettent.

J'écris, tu écris, il écrit, nous écrivons, ils écrivent.

Je convaincs, tu convaincs, il convainc, nous convainquons, vous convainquez, ils convainquent.

Je vais, tu vas, il va, nous allons, vous allez, ils vont.

Je résous, tu résous, il résout, nous résolvons, vous résolvez, ils résolvent.

Je mouds, tu mouds, il moud, nous moulons, vous moulez, ils moulent.

Je veux, tu veux, il veut, nous voulons, vous voulez, ils veulent.

Je vaux, tu vaux, il vaut, nous valons, vous valez, ils valent

Je bats, tu bats, il bat, nous battons, vous battez, ils battent

Attention : Le t de je bats, tu bats appartient au radical du verbe et non à la terminaison.

 

Exercice - Mettez la terminaison correcte aux verbes conjugués à l'indicatif présent. Prenez la peine d'écrire les réponses, cela vous aidera à réfléchir.

je met

elle ren

ils parl

tu résou

elle descen

elle bou

il pen

elle se repen

je cou

il pein 

tu convain

je ven

tu cour

je mu (quel est l'infinitif ?)

nous somm

tu me ba et tu me men

tu pleur

je reli (quels sont les infinitifs ?)

elle me plain

je m'enqui (quel est l'infinitif ?)

elle acqui

tu conclu (quel est l'infinitif ?)

tu remu (quel est l'infinitif ?)

tu pu

tu mou

il absou

je rejoin

je suspen

tu meur

 

Correction

je mets

elle rend

ils parlent

tu résous

elle descend

elle bout

il pend

elle se repent

je couds

il dépend

tu convaincs

je vends

tu cours

je mue (muer)

nous sommes

tu me bats et tu me mens

tu pleures

je relis (verbe relire) je relie (verbe relier)

elle me plaint

je m'enquiers s'enquérir

elle acquiert

tu conclus conclure

tu remues remuer

tu puer

tu mouds moudre

il absout absoudre

je rejoins

je suspends

tu meurs

Un conseil : refaites l'exercice plusieurs jours de suite

Voir les cas particuliers des verbes difficiles à conjuguer, dans l'article

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

...........

> Ne pas confondre l'indicatif présent et le subjonctif présent de certains verbes - Quiz 54

> Ne pas confondre l'indicatif imparfait et le subjonctif présent de certains verbes - Quiz 55

 

> Retour au début de l'article 

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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