9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 10:44

 

 

 

Il est d'usage qu'on emploie l'expression locutions de concession (ou locutions concessives) pour désigner des locutions marquant la concession, mais aussi l'opposition, la réserve, la restriction, l'exclusion.

Les grammairiens font quelque différence entre ces notions ; certains même précisent que ces nuances ne les satisfont pas tout à fait.

 

Exemples

Bien qu'il fasse un orage épouvantable, je sortirai pour te rendre visite.

Bien que je susse qu'il m'eût fallu faire un effort pour vous être agréable, je ne fis rien qui pût me contraindre.  

Opposition - L'idée (ou l'action) contenue dans la subordonnée n'empêche pas celle contenue dans la principale. Les deux idées (ou actions) sont indépendantes l'une de l'autre.


Bien que je coure dix kilomètres par jour, je ne maigris pas d'un gramme.

Bien que je ne fasse rien pour te plaire, tu es toujours pendu à mes basques.

Concession – L'idée (ou l'action) contenue dans la subordonnée devrait empêcher celle qui est dans la principale. Ce qui n'est pas le cas.


On emploie aussi locutions adversatives dans ces différents sens bien que le sens précis de locutions adversatives soit de marquer l'opposition (l'adjectif oppositif est peu usité)

 

Les locutions adversatives

♦ conjonctions de coordination :

    mais, et (dans un sens d'opposition)

♦ prépositions ou locutions prépositives :

    malgré, en dépit de...

♦ adverbes ou locutions adverbiales :

    pourtant, cependant, néanmoins...

♦ conjonctions de subordination ou locutions conjonctives :

    bien que, quoique, tandis que, alors que, quand (+ conditionnel, dans un sens concessif)...

..............................

 

Cf. L'Académie 8ème édition :

ADVERSATIF,adj.: Terme de Grammaire. Il ne s'emploie guère que dans cette locution, Conjonction adversative, Conjonction qui marque quelque opposition, quelque différence entre ce qui la précède et ce qui la suit. Mais est une conjonction adversative.

..............................


Le Littré : adversatif, ive - Terme de grammaire. Qui marque quelque différence entre ce qui précède et ce qui suit. Les conjonctions adversatives sont : mais, quoique, bien que, cependant, etc. ; elles indiquent une opposition, une restriction. Une proposition adversative est celle qui est composée de deux propositions dont la seconde s'oppose à la première ou la restreint.

..............................

 

Voir les articles du Trésor:

ADVERSATIF

CONCESSIF

 

..........................................

 

Et aussi d'autres avis de grammairiens dans :

L'essentiel - La concession en français (d'Anne-Annick Morel)  


..........................................

 

Remarque 1

Il n'est pas toujours possible, dans les propositions concessives de temps, de savoir s'il s'agit de propositions concessives ou adversatives, l'idée contenue dans la proposition subordonnée excluant l'autre ou pas.


Remarque 2

Les locutions temporelles ou conditionnelles accompagnées de même ont une nuance de concession (même si, quand bien même, quand même, alors même que, etc.)


..........................................

 

Retrouvez les conjonctions de subordination et les locutions conjonctives :

Conjonctions de subordination et locutions conjonctives classées : cause conséquence but temps condition comparaison concession exception proportion manière conformité supposition addition alternative

 

 

Qu'est-ce qu'une locution nominale, pronominale, adjectivale, verbale, adverbiale, conjonctive, prépositionnelle, injective ?

 

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 11:35

 

Question préliminaire :

QUE ne me l'avez-vous avoué ce jour-là !

Quelle est la nature de QUE et que signifie-t-il ?

Voir le paragraphe 3b

 

QUE 

1-Pronom interrogatif

 

Que fais-tu donc là, petite souris ? 

Mais qu'est-ce que tu manigances ? 

Je voudrais bien savoir ce que tu trafiques dans mes fruits secs. Oh, la gourmande !


est-ce que : locution interrogative, introducteur de la phrase interrogative (de même : est-ce qui)

 

Que dans l'interrogation directe devient ce que dans l'interrogation indirecte.

Que dis-tu ? > Je me demande ce que tu dis.

ce que tu dis, proposition subordonnée interrogative complément d'objet direct de se demander.

 

Que suivi d'un infinitif

Que faire ? Qu'espérer ? Que dire à cela ?

> ou Quoi faire ? Quoi dire ?

 

Ne savoir que + infinitif

Il ne sait que dire ni que penser.

> Il ne sait quoi dire...

 

Que... d'autre

Qu'est-ce que tu aurais pu dire d'autre ?

> Quoi d'autre ?

Ici le pronom interrogatif joue le rôle du pronom indéfini

 

Complément circonstanciel de prix, de poids...

Que coûte ce manteau ?

Que pèse ce lingot ?

> Combien...

 

 

2-Pronom relatif

 

Rendez-moi donc les livres que je vous ai prêtés.

que je vous ai prêtés est la proposition subordonnée relative complément de l'antécédent.

L'antécédent de que est livres

Que est complément d'objet direct du verbe prêtés.

C'est un livre fort intéressant et que je pourrais bien t'offrir pour Noël.

Une relative peut être coordonnée à un adjectif

"[La proposition relative] peut, dans certains cas, avoir valeur d'épithète, ainsi lorsqu'elle est coordonnée avec un adjectif." Cf. Deloffre* (1975 : 51)

 

Ce que peut introduire des propositions relatives

Tout ce que tu peux me dire me va droit au coeur.

La relative est sujet de va

Je conserve ce qui reste de nos bons souvenirs.

Ici, ce qui est à rapprocher de ce que.

la relative est complément direct de conserve

Je conserve ce que tu m'as donné de bons souvenirs.

Je veux voir seulement ce qu'il y a de bon chez toi.

Tu ne peux pas imaginer ce que j'ai de tours dans mon sac.

 

Par ce que

1- Par + relative complément d'agent

Je ne suis pas du tout impressionné par ce que tu m'as dit. (= par cela)

Je ne suis pas du tout impressionné : proposition principale, le verbe est à la voix passive

par ce que tu m'as dit : proposition subordonnée relative complément d'agent de impressionner.

Voix active : Ce que tu m'as dit ne m'impressionne pas du tout (la relative est sujet de impressionner) 

2- Par + relative, complément d'un verbe qui se construit avec la préposition par.

> Je commence par quoi ?

Je commence par ce que tu m'as dit de commencer.

 

 

3-Adverbe

 

a-Adverbe interrogatif ou adverbe exclamatif

Que vos désirs soient satisfaits !

Que le ciel vous tombe sur la tête !

souhait, surprise, colère.

 

Qu'il est donc charmant !

Familier : Qu'est-ce qu'il est charmant !

Ce qu'il est charmant !

 

b-Adverbe interrogatif ou exclamatif dans le sens de pourquoi

Que ne me l'as-tu dit hier !

Que ne me l'avez-vous avoué ce jour-là ? 

> Pourquoi ne me l'avez-vous pas avoué ce jour-là ?

Que ne puis-je m'évader de cet enfer !

> Pourquoi ne puis-je pas m'évader de cet enfer !

 Le plus souvent, ces phrases sont exclamatives et comportent une négation. Elles peuvent exprimer la colère, le regret, le désespoir.

Elles peuvent ne pas être négatives (style soutenu)

Que suis-je allée dans ton sillage !

 > Dorian Gray's sister - Poème

Avec avoir besoin : Qu'avait-il besoin de me chercher querelle ?

avec qu'est-ce que, tournure familière
Qu'est-ce qu'il avait besoin de venir m'embêter ?

 

 

c-Ne... que. Que accompagne l'adverbe de négation : ne

valeur exceptive ou restrictive - dans le sens de seulement

Je n'ai qu'un euro en poche, et vous ?

Il ne pouvait que lui donner tort.

> Il ne pouvait faire rien d'autre que de lui donner tort.

 

d-Que oui ! Que non ! Oh que si ! Que nenni !

Que renforce les adverbes d'affirmation et de négation oui, non, si, nenni. 

 

 

4-Conjonction de subordination

Les propositions introduites par que peuvent être :

 

Sujet

Que tu aimes rire me plaît beaucoup.

Que tu aimes rire : sujet de plaît.

 

Sujet réel (tournure impersonnelle, il étant le sujet apparent)

Il faut que tu me distraies.

Il est impossible que tu ne viennes pas.

il n'est que trop évident que vous n'avez aucune joie à le rencontrer.

Il y a que

Il y a que je ne veux pas que tu sortes !

Il n'est que de

Il n'est que de me dire « Je vous aime » pour que je défaille.

 

Complétive complément d'objet

J'ai pensé que tu serais très heureuse de me revoir après tant d'années.

que tu serais très heureuse de me revoir après tant d'années: complément d'objet direct de penser.

J'espère que tu viendras ce soir.

 

Avec l'inversion de la principale :

Tu n'es pas malade, que je sache

> Je ne sache pas que tu sois malade.

Voir : Je ne sache pas que - Le moyen que - D'où vient que

 

Complétive en apposition

-à un substantif

Le fait qu'il ne m'ait pas remarquée m'est insupportable.

La crainte que j'ai d'échouer me paralyse.

-à ce

J'avais raison et c'est ce que tout le monde dira. 

 

Complétive après des verbes se construisant indirectement

Se décider à ce que, consentir à ce que, parler de ce que, se soucier de ce que, s'indigner de ce que...

Il parle de ce qu'il ne connaît rien.

Il consent à ce que je porte une robe très décolletée.

Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit aussi impertinente.

Nous nous indignons de ce que tout aille mal.

 

Complétive appelée par des adverbes et équivalant à une tournure impersonnelle

sans doute, heureusement, probablement, certainement...

 

Sans doute que je ne le croiserai pas de si tôt.

>Sans doute ne le croiserai-je pas de si tôt (style soutenu)

> Il n'y a aucun doute que je le croise de si tôt. (tournure impersonnelle)
 

Certainement qu'il va venir.

Heureusement que tu es là.

> Il est heureux que tu sois là.

Probablement qu'il ne viendra pas.

> Il est probable qu'il ne viendra pas.

 

Peut-être que

Peut-être qu'il ne reviendra plus jamais.

> Il ne viendra plus jamais peut-être.

> Peut-être ne reviendra-t-il plus jamais. (style soutenu)

 

À peine... que

À peine m'avait-il aperçue qu'il se précipita sur moi pour me mordre, ce sale cabot !

 

Si remplacé par que dans une suite de propositions subordonnées juxtaposées ou coordonnées.

Que est suivi du subjonctif.

Voir §60 dans Valeurs et emplois du subjonctif

Si tu me téléphones, que tu m'écrives ou que tu m'envoies un SMS, je serai content toute la journée.

 

Dans le sens de sans que - Le verbe de la proposition principale est à la forme négative

Il ne met pas le nez dehors que les moustiques ne l'assaillent.

          En savoir + sur la conjonction de subordination : Sans que

 

 

Dans le sens de tant que - Le verbe de la proposition principale est à la forme négative

Je ne vous reverrai pas que vous ne m'ayez demandé pardon.

 

 

5-Que dans des locutions conjonctives

 

Près de cent quarante locutions à retrouver dans :

Conjonctions de subordination et locutions conjonctives - La clef des modes - Indicatif, subjonctif ou conditionnel, lequel choisir ?

à cause que, bien que, de sorte que, pour que, sans que, si...que, tel que, tout... que, à telle enseigne que, quitte à ce que, attendu que, supposé que, pourvu que, selon que, etc.

 

À noter :

Locutions conjonctives formées avec des pronoms interrogatifs où, qui, quoi, quel, qui ont perdu aujourd'hui leur nuance interrogative :

Où que

Qui que

Quoi que

Quel que

 

 

6-Mise en relief d'un terme en tête de phase

C'est... que


C'est toi que je voulais chérir.

C'est hier que tu as voulu partir.

C'est ton portable que j'ai retrouvé dans ma poche !

 

La phrase complète est mise en relief.

C'est que tu en serais capable ! 

C'est qu'il me prendrait pour sa bonne !

 

Voir aussi :

Ce n'est pas que, ce n'est point que

 

 

7-Locutions verbales

 

N'avoir que faire + substantif ou infinitif

Je n'ai que faire de vos sarcasmes.

> Je m'en désintéresse tout à fait.

Elle n'a que faire de mes récriminations.

> Elle se moque de mes récriminations.

 

N'avoir de cesse que

Je n'aurai pas de cesse que nous ne nous raccommodions.

 

 

8-Expressions figées

 

Coûte que coûte !

Vaille que vaille !

 

.................

* Frédéric Deloffre, agrégé de grammaire

La Phrase Française de F. Deloffre (1969)

Éléments de linguistique française (Littérature) de Frédéric Deloffre et Jacqueline Hellegouarc'h (1983)

 

 

Conjonctions de subordination et locutions conjonctives

La clef des modes

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

ACCUEIL

 

Mais qu'est-ce que j'entends que vous me dites là ? Que c'est facile ?

Que nenni !

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 08:54

 → MISCELLANÉES - THÈMES DIVERS 

 → ACCUEIL 

 

Certes, j'aurais pu mettre en exergue pour titre de mon blog : grammaire pour les nuls, ou orthographe pour les nuls, ou bien le français pour les nuls, ou encore une petite histoire de la langue française pour les nuls. J'aurais appelé mes lecteurs des nuls et ils se seraient peut-être reconnus ou ils auraient cru se reconnaître dans cet adjectif : nul.

 

Un titre avec les nuls est très vendeur, chacun de nous se trouvant plus ou moins nul dans telle ou telle discipline.

 

Je trouve le mot nul nul, déplorable, affligeant, détestable.

Je sais, vous allez me dire que nul ne veut pas dire vraiment nul, que c'est une façon de parler. Mais tout de même !

Ceux qui se disent nuls, pour lire et acheter tous les livres s'intitulant pour les nuls, ceux-là, dis-je, doivent se penser, quelque part, un peu nuls.

Peut-être ce terme peu réjouissant qu'on s'attribue ne devrait-il pas s'employer à la légère.

Peut-être renvoie-t-il à une époque où les appréciations que l'on pouvait lire sur son carnet scolaire étaient truffées du mot nul. Paul est nul en histoire. Pierre ne fait aucun effort en math, ses résultats sont nuls. Mais il est d'autres adjectifs tout aussi tristes (j'allais écrire nuls) comme faible, insignifiant, mauvais, inconsistant, lamentable, incapable, insuffisant — et l'indéfini aucun dans : aucun travail sérieux, aucun progrès, aucune attention, aucune application, aucune amélioration dans la conduite.

Je passerai sur : Ne fait pas le travail demandé, ne fait pas ses devoirs, n'apprend pas ses leçons, ne cesse d'amuser ses camarades, fait le pitre pendant les cours, répond aux professeurs.

 

Quand on n'a pas le coeur de voir chez l'enfant ses côtés positifs, ses qualités, puisqu'il en a, c'est sûr, quand on ne l'encourage pas avec des appréciations qui l'aident à grandir, et qu'on lui donne à lire des choses dégradantes sur lui-même, on ne peut pas s'attendre à ce qu'il ait envie de progresser et de réussir.

 

De quoi faire détester à tout jamais les cours, les devoirs, les leçons, les efforts et les mauvaises notes (puisqu'on ne sait pas comment s'y prendre pour y échapper), les profs qui donnent de tels jugements, bref, l'école en général. Et l'estampille qu'elle a collé sur le front perdure comme une blessure :

 

NUL !

 

C'est pourquoi les titres arborant : Le, la, les... pour les Nuls ont tant de succès.

 

J'avais coutume de dire à mes élèves : « Ce n'est pas parce que vous ne réussissez pas à l'école comme vous le voudriez que vous ne réussirez pas dans la vie. »

 

Non, sachez-le, vous n'êtes pas nuls quand vous vous procurez un livre pour les nuls. Ce geste témoigne de votre courage. Vous voulez progresser, vous voulez bien faire. Vous ne baissez pas les bras devant votre ignorance.

Vous êtes un type bien.

 

Et cela vous coûte cher. Le prix d'un livre.

On devrait distribuer gratuitement les livres ... pour les Nuls.

 

Sachez que vous avez sur la toile des sites gratuits qui vous proposent des explications intéressantes et sans fautes. Encore faut-il se méfier de ce qu'on vous donne à lire !

 

Allez sur le site du CNRS Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales où vous trouverez les dictionnaires du Trésor et de l'Académie entre autres.

 

Questions de langue| Académie française

 

Dictionnaire français en ligne - langue française- LEXILOGOS

 

Office québécois de la langue française- Page d'accueil

 

Questions de français (études littéraires) 

 

>> Ouvrages de référence qui me sont très utiles  

 

Ou bien lisez les articles de grammaire et d'orthographe de mon blog.

 

Mise en garde

Tout ce qu'on lit sur la toile n'est pas sans fautes. Vous le savez. Méfiez-vous de certains sites.

......................................

 

Ce que je pense du livre de Julien Lepers :

>>Second ou deuxième ? Voire ou voire même ? Que doit-on donc dire M. Lepers ?

>>M. Julien Lepers vient de publier un livre : "Les fautes de français que je ne ferai jamais plus." Dommage ! Fions-nous plutôt à M. Bernard Pivot !

 

......................................

 

Évitez le site : françaisfacile.com

(des erreurs)

......................................

 

Attendez... je rêve...

Je clique sur le site Pour les nuls et je vois une collection intitulée Nullissime !

Nul, je comprends, mais Nullissime...  

Nullissime, superlatif de Nul... 

Alors, plus nul que nul, tu meurs !

 

 

 

Note

Les mots archinul et nullissime ne sont admis ni par l'Académie, ni par Le Trésor de la Langue Française.

 

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 09:52

 

 

« C'est une langue bien difficile que le français.

À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans

qu'on commence à s'en apercevoir. »

Colette

 

 

 

Retrouvez les conjonctions de subordination,

les locutions conjonctives de subordination

ou d'autres syntagmes,

puis le mode

et la circonstance exprimée dans les subordonnées dans

  La clef des modes

Indicatif, subjonctif ou conditionnel, lequel choisir ?

ou

Conjonctions de sub. et locutions conjonctives classées :

cause conséquence but temps condition comparaison concession

exception proportion manière conformité supposition addition alternative

 

 

Certaines locutions sont rares.

Certaines que vous connaissez bien

vous étonneront pour leurs emplois particuliers.

Certaines peuvent être suivies de modes différents

selon la nuance de sens.

Dans le doute, reportez-vous aux articles cités ci-dessus 

qui vous donnent le sens précis de ces locutions

et les modes qui les suivent. 

 

Autre exercice : Exercez-vous à construire des phrases sur le même modèle.

  Pour en savoir + Qu'est ce qu'une conjonction de subordination

ou une locution conjonctive de subordination ?

Note : Les phrases de l'exercice n'ont fait l'objet d'aucun emprunt.

Mamiehiou

 

Exemple :

Tu es de moins en moins attentif aux belles choses au fur et à mesure que s'écoulent tes années. Dommage !

La proposition principale est Tu es de moins en moins attentif aux belles choses

La locution conjonctive est au fur et à mesure que elle introduit la subordonnée temporelle (= de temps)

La proposition subordonnée est au fur et à mesure que s'écoulent tes années

Le mode du verbe de la subordonnée est  l'indicatif

 

Première partie

 

1-Étant donné que vous faites l'imbécile sans discontinuer, j'ai décidé que je n'aurai plus affaire à vous.

Étant donné que

Mis à part que tu es un peu soupe au lait, je te trouve de commerce agréable.

Mis à part que

Tu as moins travaillé que je te l'avais demandé. 

Remarque n°3 (les corrélatives, moins que, moins de que)

Tu as moins travaillé aujourd'hui qu'hier (que tu l'avais fait hier).

Tu as moins travaillé que tu l'aurais fait si j'avais été là.

Tu as moins travaillé que tu l'aurais dû.

Tu as fait moins de travail que ce à quoi je m'attendais.

Outre que le vin est hors de prix cette année, il est imbuvable.

Outre que

Je veux bien faire le travail que tu me demandes, moyennant que tu sois moins pointilleux/ moyennant que tu seras moins pointilleux sur le résultat obtenu.

Moyennant que

10-Non que je veuille t'obliger à quoi que ce soit, mais j'aurais grand plaisir à ce que tu me dises merci quelquefois.

Non que, non moins que, non plus que

J'ai ressenti en cet instant, non moins que vous, une émotion d'une violence inouïe.

Je n'éprouverai jamais envers vous aucune gratitude, non plus qu'à qui que ce soit.

Ce n'est pas que tu fasses parfois des erreurs mais tu pourrais faire un effort tout de même.

Ce n'est pas que

Où que tu ailles, quoi que tu fasses, qui que tu voies, je ne me lasserai pas de t'aimer.

Où que

Je sortirai, qu'il pleuve ou qu'il vente.

Soit que... soit que

Je sors quand il pleut ou qu'il neige. 

Quand

M'aimes-tu parce que je t'aime ?

Parce que

Je ne suis pas du tout impressionné par ce que tu m'as dit.

Par ce que

20-Je commence par ce que tu m'as dit de commencer.

Par ce que

Pas que l'opération m'effraie, mais je préférerais rester entier !

Ce n'est pas que

J'aimais te regarder dormir pendant que la nuit avançait.

pendant que

Il a été plus sage qu'un respectable "chibani".
Remarque n°3 (les corrélatives, plus que, plus de que)

Tu as beaucoup plus d'énergie que je le croyais.

J'ai plus de souvenirs que tu ne peux l'imaginer.

Tu n'as pas passé de bonnes vacances pour autant que je sache. 

pour autant que

Pour autant que je me souvienne de ses griefs envers toi, il ne viendra pas à ton mariage.

Elle ne sera pas invitée, pour autant qu'il tient à moi.

Je garderai mon calme pour autant que vous cesserez de m'invectiver. 

Elle jubilerait, j'en suis sûre, pour autant qu'elle réussirait à me convaincre.

Tu réussiras ce que tu veux entreprendre pour peu que tu t'en donnes la peine et que tu fasses l'effort nécessaire.

Pour peu que

30-Il faudra que je sois sincère pour que tu voies clair en moi et que tu me croies.

Pour que

Je devrai rester sérieuse pour que tu ne ries pas de moi.

Pour naïf qu'il soit, il a bien réussi à la conquérir

pour... que

Pour malin qu'il soit, il n'en est pas moins tombé dans le piège.

Nous serons à nouveau heureux ensemble pourvu que tu me pardonnes mes incartades.

Pourvu que

Il ne m'a jamais invitée pour la bonne raison qu'il ne pouvait pas me voir en peinture. Qu'importe, moi non plus !

Pour la bonne raison

La nuit suit le jour puisque la terre tourne.

Puisque

Je ne te quitterai jamais puisque je t'aimerai toujours.

Nous te dirons "Bon vent !" quand tu t'en iras. 

Quand

40-Je m'incrusterais chez toi quand bien même tu souhaiterais me voir partir.

Quand - quand bien même - quand bien – même quand

Je te supporterai quand même que tu ferais ton cinéma. (régional)

Quels que soient vos conseils, je n'en tiendrai pas compte.

Quel que

Quelles que puissent être mes intentions, rien ne te fera changer d'avis, n'est-ce pas ?

Quelle que dût être ta résolution, tu savais que je ne bougerais pas le petit doigt.

Je ne me souciais pas de vous, quels que dussent être vos espoirs.

Quelque misérable qu'il fût, il n'en était pas moins homme.

Quelque... que

Quelques folies que vous fissiez, je ne vous en aimais que plus encore.

Quelque rage que tu puisses éprouver, je saurai bien te calmer

Quelque amoureux qu'il soit, il sait bien que tous ses espoirs seront déçus.

50-Quelque avare qu'il pût être, il n'abandonna pas son enfant.

Quelque amical qu'il veuille paraître, je continue à me méfier de lui.

Quoiqu'il fasse preuve de courage, il n'arrivera jamais à ses fins.

Quoique

Il la perdit, sa dulcinée, quoiqu'il fît tout pour la conquérir.

Qui que vous soyez, cessez de crier ! 

Qui que

Je ne donnerai pas un kopek à qui que ce soit, non mais !

Je saurai te défier au poker, quitte à ce que tu ne le supportes pas.

Quitte à ce que

Je n'irai pas en vacances avec toi cette année quitte à ce que tu m'en veuilles pendant longtemps.

Tu couleras lentement sans que personne veuille se porter à ton secours.

Sans que

Je partis à la campagne sans que personne y vît un inconvénient.

60-Je t'ai demandé de planter un clou sans que tu utilises de marteau.

Je le ferai sans que jamais tu m'y autorises.

Tu es capable de tout sans que je te permette rien.

Tu es tombée dans les orties sans que j'y sois pour rien.

Tu as avalé trois tablettes de chocolat sans que ton estomac en soit embarrassé.

Elle criait qu'elle était en train de se noyer sans qu'on pût comprendre ce qu'elle voulait.

Selon que tu travailleras ou non, tes notes varieront, tu le sais bien.

Selon que

Tu feras bien ou mal les choses, mon enfant, selon que tu veuilles m'écouter.

Mes pulsions, selon que j'en suis maître, ne m'empêchent pas de vivre dans la normalité.

"Aimez-vous les uns les autres", selon que l'énonce le onzième commandement.

70-Je peux te concéder beaucoup de choses, sache-le, sauf que tu n'auras pas ma fille.

Sauf que, sauf à ce que, sauf si

Il a vraiment pensé à tout sauf que sa chérie ne viendrait pas.

J'aurais pu lui plaire sauf que j'avais tellement grossi.

Je ne voudrais rien ce soir sauf que tu fasses taire le chien du voisin.

Je vous respecterai toujours chère amie, sauf à ce que vous me trompiez.

Vous ne saurez jamais ce que c'est de mettre un enfant au monde, sauf à ce que vous soyez une femme, = sauf si vous êtes une femme.= si vous n'êtes pas une femme = sauf au cas où vous seriez une femme = à moins que vous soyez une femme. 

Je vais pleurer tout l'après-midi, sauf si tu viens.

Vous viendrez n'est-ce pas, sauf si vous avez un empêchement.

80-Si j'avais appris tout cela, je l'aurais su. 

Si

Si j'eusse beaucoup appris, j'eusse un peu retenu.

Elle veut bien mourir s'il ne viendra pas déclarer sa flamme demain.

Il semble que si tu devrais te sentir bien dans ta peau, c'est un peu grâce à moi.

Il a pris beaucoup trop de médicaments si bien qu'il en est mort.

Si bien que

Je lui ai demandé pardon si bien qu'elle n'ait plus de reproches à me faire.

Je ressasserai les mêmes histoires si et tant que tu en mourras d'ennui.

Si tant est que

Je suis heureuse comme à vingt ans, si ce n'est que je n'ai plus mes vingt ans.

Si ce n'est que

Je suis si heureuse que je ne puis le croire

Si... que

Il était si énervé qu'il en aurait mangé son chapeau.

90-Si belle qu'elle puisse être, elle n'a aucune chance de me plaire.

Si... que

Si vite qu'elle coure, jamais elle ne me rattrapera.

Tout m'est possible en ce monde si tant est que tu veuilles / veux m'apporter un rayon de soleil. 

Si tant est que

Je veux bien t'écouter parler de l'amour que tu me portes si tant est que tu y eus / eusses jamais cru.

Sitôt que je lui eus ouvert la porte, il entra en me bousculant.

Sitôt que

Je m'en allai sitôt que je reçus mon ordre de départ.

Il ne sera jamais content soit qu'il parte en vacances soit qu'il reste chez lui.

Soit que... soit que

Je t'emmènerai avec moi sous la condition que tu veuilles bien payer le voyage.

Sous la condition que

Nous irons chez nos cousins québécois sous condition que tu auras réussi ton bac.

100-Supposé que tu sois malade au moment du départ, nous resterions chez nous, n'est-ce pas ?

Supposé que

Supposition qu'il meure demain, tu serais libre comme l'air !

Supposition que

Je te ferai des cadeaux suivant que tu auras été plus ou moins aimable avec moi, et je ne te le répèterai pas !

Suivant que

Il est plus ou moins heureux suivant que je lui rende visite ou non.

Vous ne pouvez pas exiger cela de lui surtout qu'il est trop jeune.

Surtout que

Faut-il que tu ris tandis qu'il pleure?

Tandis que

Je vais aller faire la sieste tandiment qu'il y a du travail à faire.

Tandiment que

Je le caressai avec fougue tant et si bien qu'il me griffa — mon chat, il va sans dire !

Tant et si bien que

Je t'aiderai tant que je le pourrai .

Tant que

110-Je t'aime tant que sans toi, il m'est impossible de vivre. 

Il a tant forcé, le pauvre, qu'il s'est donné un beau lumbago !

Tu m'as donné tant de preuves de patience que je n'en suis pas encore revenue.

Il parlait si et tant que j'en avais plein les oreilles.

Si et tant que

Il parle tellement vite que je n'y comprends rien.

Tellement que

Il était tellement beau à l'époque que toutes les filles - ou presque - tombaient dans ses bras.

J'ai tellement d'amour pour les chats que j'aimerais qu'on les respecte partout et toujours.

Je lui donne des caresses, des baisers, des preuves d'amour tellement qu'il en reste tout étourdi. (familier)

Je suis venu m'installer chez toi  non (point) tant pour te faire plaisir que pour que je puisse prendre mes aises dans ta belle maison.

(= Je suis venu m'installer chez toi pour que je puisse prendre mes aises.)

Non point tant

120-Je l'ai tant et tant charrié qu'il en a fait une dépression.

Tant et tant que

Je n'ai rien à voir avec cette histoire, tant s'en faut.

Tant s'en faut qu'

120-Je l'ai tant et tant charrié qu'il en a fait une dépression.

Tant et tant que

Je n'ai rien à voir avec cette histoire, tant s'en faut.

Tant s'en faut qu'il accepte de m'aider, il me laissera plutôt dans la panade.

Du thé ? — Donnez m'en tant soit peu.

Tant s'en faut (que)

Je renonce à son amitié et je lui ai demandé de me rendre ce qu'il me devait, tant qu'à faire. 

Tant qu'à faire

Je m'occuperai de toi, je te soignerai, je te mignoterai, tant que de besoin.

Tant que de besoin

Tout amoureux qu'il était, il se comportait méchamment. Une vraie teigne ! 

Tout... que

Tout enfant qu'il est, sa logique est implacable.

Tout amoureux qu'il fût, il se plaisait à me pincer pour me faire souffrir.

130-Tout enfant qu'il soit, je douterais de son innocence.

Je dois me taire toutes les fois que tu ouvres la bouche. Est-ce vraiment normal ?

Toutes les fois que

J'ai dû partir une fois qu'elle m'a parlé.

J'ai dû partir une fois qu'elle m'a eu parlé. (On remarque ici un passé surcomposé. Langue familière)

Une fois que

Vu que vous ne m'avez pas écouté, je ne vous adresserai plus la parole.

Vu que
 

>>Eussé-je (et suivantes)

J'espérais le revoir, non pas que j'eusse des illusions, mais son absence me pesait.

Il ferait beau voir qu'il fût plus intelligent que moi !

Eussé-je dit mille fois qu'il fallait m'écouter, cela n'eût servi à rien.

M'eussiez-vous trahie, je vous eusse encore aimé.  

140-Même si vous m'aviez trahie, je vous aurais encore aimé.  

Quand bien même vous m'auriez trahie, je vous aurais encore aimée.

Quand vous m'auriez trahie...

Quand bien vous m'auriez trahie...

Quand même vous m'auriez trahie... 

Voilà ce que nous écrivîmes, dussiez-vous nous en vouloir toute votre vie.

Je ferai tout pour le retenir, dût-il partir sur le champ.

Ils battent en retraite, dussent-ils tous en subir les tragiques conséquences. 

Je les repousserai tous, fussent-ils des amis très chers.

Je doute qu'en aucun pays, fût-ce dans le nôtre, les gouvernants soient un jour capables d'éradiquer la misère.

150-N'eût-elle jamais eu d'amis, elle n'en eût pas recherché.

La vie eût-elle été mille fois plus pénible, je n'y eusse point renoncé.

Personne ne me donnera le moindre plaisir, fût-ce vous.

...........

Je peux partir en vacances dans n'importe quel pays excepté que je ne choisirai pas ceux qui sont en guerre.

Excepté que

Je partirai avec toi, excepté que tu choisisses une destination dangereuse.

Vous avez osé défier la morale ? Gare que le ciel aille vous tomber sur la tête !

Gare que, attention que

Je vous ai offensé ? Gare que je me mette en colère comme vous ne m'avez encore jamais vue !

Si vos idées féministes vous plaisent, madame, gare que demain elles (ne) puissent se retourner contre vous.

160-Vous avez bien tout remis, Omer, hormis que vous avez omis de mettre cette vis-là.

Hormis que

Les nuits que je t'attendais, la lune était plus belle.

Le jour où, le jour que, la nuit où, la nuit que

Je ne peux pas t'en vouloir lors même que tu fais un effort pour me plaire.

Lors que, lors même que

Je ne t'en voudrais pas lors même que tu prendrais ta revanche.

Je m'enthousiasme lorsque je te vois.

Lorsque

Lorsque tu me quitterais, je ne t'en voudrais pas. > Même si

Enfin ! Maintenant que tu travailles tu ne vas plus faire ton "Tanguy".

Maintenant que

Elle m'a prié de corriger les erreurs qu'elle avait faites dans sa thèse, ce que j'ai fait, malgré que j'en aie.

Malgré que

Je ne t'aurais pas cru même si tu me l'avais affirmé.

Même si

Je lui rendrai visite même si cela me coûte.

170-Il n'atteindrait pas son but même s'il conjuguait tous ses efforts.

Tu ne serais pas parti en voyage même si je t'avais accompagné.

Il ne m'eût pas pardonné même si je lui eusse fait des excuses.

Je lui pardonnerais tout quand bien même il me quitterait.  

.......................

Phrases à valeur concessive  > Même si / Quand - quand bien même - quand bien – même quand / Eussé-je

Eussé-je dit mille fois que je te pardonnais, tu n'eusses jamais cessé de te tourmenter.

Même si je t'avais dit mille fois que je te pardonnais, tu n'aurais jamais cessé de te tourmenter.

Quand je t'aurais dit mille fois que je te pardonnais, tu n'aurais jamais cessé de te tourmenter.

Quand bien même je t'aurais dit mille fois que je te pardonnais, tu n'aurais jamais cessé de te tourmenter.

Quand bien je t'aurais dit  mille fois que je te pardonnais, tu n'aurais jamais cessé de te tourmenter.

Dût le ciel me tomber sur la tête, je resterais fier et droit. 

 > je dusse, dussé-je, dussè-je

180-Nous lui resterons fidèles, dussions-nous en souffrir.

Quand bien même tu m'aurais trompé, battu, ruiné, je ne pourrais me résoudre à vivre sans toi.

Quand bien je t'aurais attendu pendant dix ans, je t'accueillerais les bras ouverts, sache-le.

.......................

À supposer que vous me voyiez gagner au loto, vous continueriez à me guigner deux francs six sous, ou même mes cent millions d'euros, pauvre dépensière compulsive que vous êtes !

A supposer que, en supposant que, supposé que...

En supposant que je puisse faire la pluie et le beau temps, pourrais-je espérer que tu fasses un peu plus cas de moi ?

Je rêve de t'offrir des douceurs comme si j'allais croire que tu les accepterais.

Comme si

Elle lui répondit avec une litote comme s'il eût été capable de saisir toutes les nuances de sa pensée.

Aussi touffu que puisse être ton blog, je m'y balade, sans m'y perdre, avec plaisir.

Aussi... que

Tu es parti en claquant la porte avant que j'aie pu me justifier, comme d'habitude !

Avant que

Je ne t'aiderai plus jamais à te sortir d'un mauvais pas de telle façon que je ne t'entende plus me critiquer pour un oui ou pour un non.

De façon que, de telle façon que, de façon à ce que

190-Je ne vous révélerai aucun de mes secrets de manière que vous ne puissiez me trahir.

De manière que, de telle manière que, de manière à ce que 

Il ne lui a jamais avoué sa flamme de telle manière qu'il s'est laissé consumé de regret au fil du temps.

Je vous donnerai toute ma bibliothèque de manière à ce que vous vous instruisiez un peu.

Elle ne lui accorda pas cette danse de crainte qu'il ne lui écrasât les orteils.

De crainte que

Je veux bien accepter que tu m'offres des cadeaux à ne plus savoir où les mettre, mais de là à ce que tu attendes un seul geste de ma part, tu peux toujours rêver.

Ne pas confondre de là à ce que, d'ici à ce que, et d'ici que

J'ai ressenti en cet instant, non moins que vous, une émotion d'une violence inouïe.

Je n'éprouverai jamais envers vous aucune gratitude, non plus qu'à qui que ce soit.

Non que, non moins que, non plus que

D'ici à ce que tu me rendes tous les livres que je t'ai prêtés, tu auras vidé ma bibliothèque pour remplir la tienne.

Prépare donc une bonne soupe, mon chéri, en attendant que j'aie fini de téléphoner à mes copines.

299-N'aient été nos relations tumultueuses, je fusse restée à tes côtés jusqu'au dernier jour.

> Propositions commençant par : n'était, n'étaient, n'eût été, n'eussent été -

Deuxième partie

 

1-Je dois me taire toutes les fois que tu ouvres la bouche. Est-ce vraiment normal ?

Toutes les fois que

2-Je t'attendrai, sois en sûre, à condition que tu ne viennes pas quatre heures après l'heure fixée. 

À (la) condition que

3-Vous pouvez me ramener en voiture sous la condition que vous resterez dîner chez moi.

Sous la condition que 

4-Il est malade à cause qu'il a trop mangé.(tournure rare - régionale)

À cause que

5-Ces demoiselles ont des joues roses et appétissantes à ce qu'on leur donne des baisers. (tournure rare)

À ce que 

6-Je sacrifierais tout pour toi afin que tu réussisses, petit morveux !

7-J'ai agi ainsi que vous m'aviez dit de le faire.

Afin que

8-Tout s'est passé avec lui ainsi que je l'avais imaginé

Ainsi que 

9-La lune s'assombrit à l'instant que je te tins dans mes bras.

À l'instant que  

peut être considéré comme une locution conjonctive ou comme le pronom relatif que dont l'antécédent serait instant.

10-Je m'occupe de la petite alors que tu joues au foot.

Alors même que

Il faut toujours que je garde tes enfants alors que tu pourrais m'aider un peu.

Rien n'est comme avant lors même que tout serait possible.

Lors que, lors même que

Je faiblis à mesure que le temps passe.

Tu es de moins en moins attentif aux belles choses à mesure que s'écoulent tes années. Dommage !

À mesure que

Reste tranquille à moins que tu ne veuilles que je te donne une fessée.

À moins que

Le travail est terminé à part que tu n'as rien fait.

À part que

Rien n'est plus comme avant à part que tu continues à m'offrir des fleurs, malgré tout.

Il a eu de bonnes notes ce mois à preuve que tout est possible.

À preuve que

Tu m'as apporté beaucoup de satisfaction cette fois à preuve que tu en es capable.

20-Il a hurlé à seule fin que je sois tout essorillée, ce putois !

À seule fin que

Tu as fait des efforts à tel point que rien n'est plus comme avant.

À (un) tel point que, à un point tel que, au point que

Il m'a fait des choses invraisemblables, à tel point que j'en ai perdu mon sang-froid coutumier.

On ne punit jamais les coupables après qu'on a dit qu'ils n'étaient que responsables.

Après que

Après qu'il m'eut serré très fort dans ses bras, il partit sans se retourner, l'hypocrite.

Je ne te demanderai plus rien après que tu m'auras rendu ce service, et à cette seule condition, vu ? 

Je pleure toujours avant que tu ne partes.  

Avant que

Je pleure toujours après que tu es parti.

À proportion qu'on se spécialise, on touche à un moins grand nombre de domaines de connaissances.

À proportion que

À proportion que les chercheurs avancent dans leurs découvertes, ils se rendent compte des erreurs scientifiques passées, vérités qu'ils croyaient être inébranlables.

30-À supposer qu'elle coure plus vite que le chien enragé, il ne lui mordra pas les fesses.

À supposer que 

J'ai voulu trop bien faire à telle enseigne que rien ne s'est passé comme je le voulais. 

À telle enseigne que, à telles enseignes que

Je lui ai donné toute ma fortune à telles enseignes qu'il ne fait plus cas de moi aujourd'hui, l'ingrat !

Au cas où tu voudrais me faire plaisir, invite-moi au restaurant.

Je me passerais de mon professeur dans le cas où je viendrais à en savoir plus que lui.

Dans le cas qu'on vous eût donné quelque mission urgente, vous me l'eussiez fait savoir.

Envoyez-moi vite votre majordome pour le cas que vous viendriez à manquer à vos devoirs.

Je souffre le martyre au fur et à mesure que le crabe me ronge.

Mais je supporte ma misérable vie de mieux en mieux au fur et à mesure que tu me montres ta patience et ton dévouement.

Vous êtes devenu brusquement aimable au moment où je m'y attendais le moins. Quelle bonne surprise, mon ami !

40-Vous vous êtes furtivement échappé au moment que les choses prenaient une tournure agréable. Qu'est-ce à dire ?

Elle n'a rien fait pour redresser la situation au point que je ne voie plus aucune raison de lui venir en aide en quoi que ce soit.

Je m'accroche à cette idée aussi bizarre qu'elle soit.

Tu as brodé cette nappe aussi joliment que tu l'aurais fait si tu avais été une professionnelle.

Tu seras aussi docile que je te le demanderai, n'est-ce pas, ma chérie ?

Quel bonheur que tu fasses cela aussi bien que ta copine !

Au plus loin que je puisse regarder, je ne vois aucun rapace planer dans le ciel.

SMS : "Je m'efforce de te regarder t'en aller aussi loin que se porte mon regard. Adieu !"

Aussi loin qu'on pouvait voir la forêt, rien ne laissait supposer qu'un feu était en train de couver.

Je lance la balle aussi loin que je le peux.

50-De si loin que les éperviers remarquent une proie courant sur le sol, ils s'apprêtent à foncer dessus.

Chaque jour, d'aussi loin que j'aperçois le facteur, je me précipite pour savoir si tu m'as écrit.

D'aussi loin que je le pouvais, j'apercevais ton navire se profiler à l'horizon. Joie !

Elle m'interpella cavalièrement du plus loin qu'elle me vit.

Si loin qu'on soit raciste, on peut se surprendre parfois à avoir quelques préjugés dont on a peine à se défaire.

Bien loin que je veuille vous décevoir, mais je ne vous accompagnerai pas à la montagne avec ma jambe cassée.

Loin que je veuille vous contrarier, mais je n'irai pas à Venise avec vous si vous emmenez vos enfants.

Loin que je veuille vous affliger, je ne puis me dispenser de vous dire vos quatre vérités.

Aussi loin que je puisse remonter dans mon passé, je ne me souviens pas vous avoir jamais rencontré.

Il prit la porte aussitôt qu'il eut plié bagage, sans même un au revoir. Quel malappris !

60-Aussitôt que tu m'auras remerciée tu te croiras quitte, c'est ça ?

Autant que j'en puisse en juger, elle est capable de vous plaire.

Nous nous dépêchons de rentrer d'autant plus que l'orage menace d'éclater.

On parle des problèmes des délinquants d'autant moins qu'on n'a pas de solutions pour les endiguer.

Ce garçon me plaisait autant qu'à elle.

Je suis sûre que je parle au moins autant que vous. (= autant que vous parlez, proposition elliptique du verbe)

Je te le répéterai autant de fois que cela sera nécessaire. 

J'ai autant de patience que j'en avais quand tu m'as connue.

Nous avons travaillé à cela autant que faire se peut.

70-Autant d'argent qu'il ait eu dans sa cassette, cela ne l'a pas empêché de quitter ce monde.

Autant que le tsunami ait sévit sur nos côtes, les digues ont tenu.

Les poules auront des dents avant que tu cesses de bouder comme tu le fais. Quelle galère !

Avant qu'il eût l'audace de m'adresser un sourire, je savais déjà qu'il me ferait la cour.

Il ne semble pas que cette crise internationale passe avant qu'il soit longtemps. 

Tournez donc sept fois fois votre langue dans la bouche avant que de parler !

Je ne vous rendrai plus visite cependant que vous inviterez tous vos amis.

 Tu me dis de douces paroles cependant que tu cherches à me nuire, félon !

Chaque fois que je veux te faire plaisir, tu me tournes en ridicule.

Comme tu n'es pas venu, j'ai mangé tout le chocolat.

80-J'ai agi avec toi comme tu le fais avec moi.

J'ai fait preuve de patience comme toi, tu vois ce que je veux dire...

J'ai fait la sieste comme tu draguais la voisine, chacun est libre, non ? 

Je vais te démontrer comme quoi il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.

Je lui ai dit la vérité et il m'en a su gré, comme quoi la sincérité m'a valu son estime.

Je vois bien que tu me regardes comme si j'étais la Vénus de Milo, manchote que je suis.

Vous vous comportez avec moi comme si je vous eusse guéri de tous vos maux

Fais comme si tu m'aimais... s'il te plaît.

Quand vous m'eûtes annoncé votre départ, ce fut comme si vous m'eussiez donné un coup de poignard en pleine poitrine.

Tu ne vas pas me priver de chocolat comme quand ton fils t'embête et que tu lui infliges cette punition, tout de même !

90-Vous serez récompensé dans la mesure où vous aurez été à la hauteur de votre tâche, ni plus, ni moins. Compris ?

N'oublie pas de m'apporter ce que je t'ai demandé dans le cas où tu viendrais.

Dans le cas où vous me posez une question pertinente, je veux bien vous répondre avec clarté.

Dans le cas que vous eussiez quelque mission urgente à me confier, vous me l'eussiez fait savoir.

Je n'arrive pas à comprendre pourquoi elle est si teigneuse d'autant qu'elle a tout pour être heureuse.

Je n'ai plus du tout envie de le voir d'autant moins qu'il agit en égoiste patenté.

Je suis très attachée à toi, d'autant plus que tu me fais de jolis cadeaux.

Je ne te rendrai pas service de façon que tu ne te sentes pas obligé de me rendre la pareille.

Je ne vais jamais à ses rendez-vous de façon qu'il sache ce que je pense de lui.

Je ne l'ai jamais remercié de ses faveurs de façon qu'il a cessé de m'importuner.

100-Je continuai d'être muette de façon à ce que je n'eusse plus jamais rien à vous répondre.

Ce jour-là j'ai agi avec vous de même que je l'avais fait avec votre prédécesseur.

Vous êtes attaché à moi de même que la moule adhère à son rocher.

De même que la moule adhère à son rocher, de même vous êtes attaché à moi.

Je m'étonne de ce que tu sois là.

Je m'étonne que tu sois là.

Je m'indigne de ce qu'il mente toujours.

Je ne sors pas en fin d'après-midi de crainte que les insectes ne m'assaillent.

Je ne sors pas à ce moment-là  de la journée pour que les insectes n'aient pas le loisir de me dévorer.

Je veux bien te demander pardon mais de là à ce que je me traîne à tes genoux, tu peux toujours courir.

110-Je suis le plus heureux du monde depuis que nous nous sommes mariés.

Il y a bien un mois que je ne l'ai (pas) vu.

Voilà deux ans que je n'ai (pas) reçu de lettres de lui.

Mes sentiments pour toi n'ont pas changé depuis que je ne t'ai vu.

Nous avons l'habitude de nous chamailler depuis que nous sommes des gamins.

Nous avions la habitude de nous chamailler depuis que nous étions des gamins.

Dès qu'il m'eut remercié, j'eus envie de recommencer à lui faire plaisir.

Je hurle dès que tu me pinces, petite peste !

Je ne t'en veux plus dès que tu me demandes pardon.

Tu feras un effort pour moi dès l'instant que tu le veuilles bien.

Je ne dois pas me mettre en colère aussi souvent, des fois que tu partirais. (familier)

120-Je suis parti dès lors que tu m'as rendu ma liberté.

Il m'a salué chaleureusement dès lors que je suis arrivée.

Il s'applique à bien se laver les pieds chaque jour de sorte qu'il ne sent pas la transpiration.

Je ne ferai plus couler l'eau tout le temps que je me laverai les dents de sorte que ma facture en sera allégée.

Je lui demandai de ne plus jamais me faire souffrir de sorte que je ne fisse plus de dépression.

Vous ne pûtes être condamnée devant que la preuve de votre culpabilité n'eût été faite.

D'ici à ce que j'aie lu tous tes articles, mamiehiou, de l'eau aura coulé sous les ponts !

D'ici que je vous fasse l'aumône d'un seul euro, les grenouilles auront des poils, comme disent les Espagnols.

Peu me chaut d'où que tu viennes et où que tu ailles.

"D'où que vienne l'accordéon, [...] il connaît toutes les chansons." (Jean Ferrat)

130-Tu entreprends n'importe quoi du fait que tout te semble possible.

Du moment que j'ai su que tu me mentais, ma vie a basculé.

Je n'insisterai pas du moment que tu t'entêtes.

J'accepte tes conditions du moment qu'elles m'aillent.

Durant que mon geôlier dormait, je me suis échappée.

En admettant que vous soyez l'homme de ma vie, ne croyez pas que vous ferez de moi ce que vous voudrez.

Joue sagement avec ta Flash McQueen  en attendant que je revienne.

N'oublie pas de me prévenir en cas que tu veuilles venir plus tôt.

Dans le cas qu'on t'eût donné quelque mission urgente, tu me l'eusses (aurais) fait savoir.

Je ne ferai rien en dépit de ce que vous puissiez me dire.

140-Elle continue de l'aimer en dépit du fait qu'il l'ait trahie.

Il chantonnait sa vieille rengaine en même temps qu'il opérait ses patients.

J'agis en sorte qu'il ne me voie pas.

Je me suis entraîné de sorte que j'ai décroché une médaille de championne.

Je suis sûr qu'elle sait beaucoup de choses encore qu'elle n'ait rien dit.

Je ne ferai rien en dépit de ce que vous puissiez me dire

En supposant que tu sois intelligent, puis-je te demander de me faire mes problèmes de maths ?

...............  

Quel courage vous avez eu, lecteur persévérant,

de lire toutes mes phrases (445, pas moins !)

et d'en vouloir connaître toutes les nuances !

>> RETOUR AU DEBUT DE LA PAGE

 

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LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 15:57

   LES DÉLIRES

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On sait bien que Marie Cratère, si subjuguée qu'elle pût être, ne se laissait pas longtemps abuser par quelque émotion que ce fût.

 

« Tu es bien courageuse, petite, déclara-t-elle, avec toujours le tremblement de sa voix rogommeuse qui trahissait quelque raillerie. Ne t'es-tu donc point égarée dans cette forêt obscure* ? Nul besoin donc d'être accompagnée par un guide, tel Virgile conduisant Dante jusqu'en Enfer* ? Il me faut reconnaître, foi de Marie, que tu as été bien audacieuse, téméraire même. Sache que je pensais ne plus jamais te revoir. Mais... je ne préjugerais pas que tu fusses revenue ici pour mes beaux yeux ! »

 

Marie éclata d'un rire sonore qui n'eut pas d'écho sous la voûture végétale. Que ma sensibilité eût été ébranlée, j'en eusse frémi de terreur mais j'étais comme bardée d'une cotte de maille solide que nulle flèche perverse n'aurait pu abîmer. Je me sentais inatteignable. N'avais-je pas été trahie, trahie que dis-je, torturée, et cela trop de fois pour ne pas m'y être accoutumée ? Encore que l'on puisse douter qu'il soit possible de s'habituer aux tourments infligés par autrui.    

 

« N'empêche, ajouta-t-elle, je suis bien aise que tu sois de retour, même sans que j'en connaisse les raisons. Ta seule vue me réjouit fort et je sais que tu connais ma faiblesse, faiblesse que je chéris, je l'avoue, encore qu'elle fût cause d'un supplice dont tu n'as pas la moindre idée : l'attente de ton retour que je n'osais espérer. »

 

Bien que je n'éprouvasse aucune inclination pour cette vieille femme, et l'on sait ô combien pourquoi, je fus près de m'émouvoir à l'entendre me confesser l'affection qu'elle avait pour moi. Mais j'étais bien loin de me laisser attendrir, tant s'en faut. Elle ne se laissa pas aller jusqu'à accourir vers moi pour me prendre dans ses bras, craignant, je le supposai, que je n'eusse un mouvement de recul, si violent était le dégoût qu'elle m'inspirait. Je ne sache pas que lorsqu'on s'était quittées, on se fût raccommodées dans des embrassements.

 

Reprenant vivement ses esprits, peut-être honteuse d'avoir dévoilé trop vite ses sentiments, elle s'écria, les yeux tournés sur Prétatou : 

« Qu'est-ce donc là que tu amènes avec toi ? Que diable as-tu besoin d'un chien pour compagnon ? À voir ses yeux apeurés, sa queue coincée sous le ventre, et les frissons qui l'accompagnent, il m'a tout l'air d'un couard remarquable. Tu me déçois, Oli.

 

Prétatou ne broncha pas mais n'en pensa pas moins. Et, le cœur battant la chamade, il se jura que ces propos, bien peu amènes, ne demeureraient pas impunis.

 

.................................................

* La forêt obscure, la selva oscura, allégorie du péché

L'Enfer de Dante, La Divina Commedia – voir un extrait en fin d'article

Images correspondant à la selva oscura

 

Dans La Divine Comédie de Dante Alighieri (1265-1321), Dante s'égare dans une forêt obscure. Il se dirige au sommet d'une colline mais rencontre une panthère, un lion et une louve qui l'empêchent de passer. Virgile arrive et l'invite à l'accompagner en l'Enfer et au Purgatoire et Béatrice le conduira au Paradis.

 

Voir en fin d'article :

Extrait de La Divine Comédie, de Dante, traduite de l'italien en vers par Louis Ratisbonne de 1852 à 1857.

Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer, l'Enfer. 

À lire sur la toile >>  L'Enfer

 

 

 

 NOTES 

 

Je ne préjugerais pas que tu fusses revenue pour mes beaux yeux.

Ou bien :
Je ne préjugerais pas que tu sois revenue pour mes beaux yeux.

« On tolérera le présent du subjonctif au lieu de l'imparfait dans les propositions subordonnées dépendant de propositions dont le verbe est au conditionnel. »  Arrêtés ministériels du 31 juillet 1900 et du 26 février 1901

Exemples

♦ Il faudrait qu'il vînt.

>>Il faudrait qu'il vienne.

De même le passé du subjonctif au lieu du plus-que parfait.

Il aurait fallu que tu eusses couru plus vite pour gagner le prix.

>>Il aurait fallu que tu aies couru plus vite pour gagner le prix.

 

sa voix rogommeuse qui trahissait quelque raillerie

♦ Voix rogommeuse, ou voix de rogomme

rogommeuse, adjectif rare et vieilli, qualifie une voix rauque, enrouée, éraillée (par l'abus d'alcool).

♦ quelque raillerie, quelque au singulier, une certaine raillerie.

♦ Raillerie, moquerie – Ces deux mots sont très voisins l'un de l'autre ; cependant la nuance est que la raillerie est une aggravation de la moquerie, une moquerie acerbe. Cf Littré

 

Voûture, terme vieilli, voûte que forme la végétation.

 

Que ma sensibilité eût été ébranlée, j'en eusse frémi de terreur.

♦ Injonction fictive au subjonctif avec la valeur conditionnelle dans la proposition qui commence par que.

>> Si ma sensibilité avait été ébranlée, j'en aurais frémi de terreur.

♦ On peut écrire aussi :

-avec deux points :

Que ma sensibilité eût été ébranlée : j'en eusse frémi de terreur

-avec la conjonction de coordination et :

Que ma sensibilité eût été ébranlée et j'en eusse frémi de terreur

Voir : La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

N'avais-je pas été trahie, trahie que dis-je, torturée

que dis-je n'est pas ponctué par un point d'interrogation

Voir : Cas où l'on peut omettre le point d'interrogation dans une phrase interrogative

 

encore que l'on puisse douter qu'il soit possible de s'habituer aux tourments infligés par autrui.

Encore qu'on ne serait pas agréable à entendre. Pour éviter la cacophonie, j'ai préféré écrire : encore que l'on.

Voir on - l'on dans l'article : L'euphonie - Emploi des lettres euphoniques pour éviter l'hiatus – Vas-y ET Va y comprendre quelque chose ! – Va-t'en OU Va-t-en ?
♦ Douter que. Voir : Douter que, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que... Je me doute que, il ne se doute pas que... + indicatif ou subjonctif ?
♦ La phrase est au présent alors que le récit est au passé : le présent a valeur de vérité générale. 

 

N'empêche, familier pour Il n'empêche. 

 

Mais j'étais bien loin de me laisser attendrir, tant s'en faut.

Tant s'en faut, loin de là.

Loin s'en faut - Le Trésor et l'Académie ne le reconnaissent pas. C'est un barbarisme qui mélange les deux locutions.

 

Je ne sache pas que, lorsqu'on s'était quittées, on se fût raccommodées dans des embrassements.

♦ je ne sache pas que + subjonctif (on se fût raccommodées)

vieilli, littéraire - je suis certaine que...

Voir l'article : Je ne sache pas que, que je sache, pas que je sache

♦ on s'était quittées, on se fût raccommodées 

syllepse : emploi de on pour nous (Marie et moi), ce qui justifie l'accord des participes. Tournure familière

 

Que diable as-tu besoin d'un chien pour compagnon ?

Que dans le sens de pourquoi

 

sa queue coincée sous le ventre/sous son ventre

Adjectifs possessifs - Emplois particuliers - J'ai mal à la tête ou à ma tête ? Ils ont pris leur chapeau ou leurs chapeaux ?

 

ses propos bien peu amènes

amène, doux.

aménité, douceur accompagnée de courtoisie et de grâce. Cf. Académie.

 

>> Voir les locutions conjonctives du texte : Si... que - Quelque... que - Sans que (absence de cause, absence de concession) - Encore que.

 

Conjonctions de sub. et locutions conjonctives classées : cause conséquence but temps condition comparaison concession exception proportion manière conformité supposition addition alternative

.....................................................

 

 

<< 157 Délires où l'on doit inventer son chemin*

>> 159 Délires où la prudence est de rigueur

 

 

La Divine Comédie de Dante Alighieri


 

CHANT PREMIER

Extrait
 

C'était à la moitié du trajet de la vie ;
Je me trouvais au fond d'un bois sans éclaircie,
Comme le droit chemin était perdu pour moi.

 

Ah ! que la retracer est un pénible ouvrage,
Cette forêt épaisse, âpre à l'œil et sauvage,
Et dont le seul penser réveille mon effroi !

 

Tâche amère ! la mort est plus cruelle à peine;
Mais puisque j'y trouvai le bien après la peine,
Je dirai tous les maux dont j'y fus attristé.

 

Je ne sais plus comment j'entrai dans ce bois sombre,
Tant pesait sur mes yeux le sommeil chargé d'ombre,
Lorsque du vrai chemin je m'étais écarté.

 

Mais comme j'atteignais le pied d'une colline,
Au point où la vallée obscure se termine,
Qui d'un si grand effroi m'avait poigné le cœur,

 

Je levai mes regards : sur son épaule altière
Le mont portait déjà le manteau de lumière
De l'astre qui partout guide le voyageur.

 

Alors fut apaisée en mon âme inquiète,
Dans le lac agité de mon cœur, la tempête
Que cette affreuse nuit avait fait y gronder.

 

Et tel un malheureux échappé du naufrage,
Sorti tout haletant de la mer au rivage,
Se retourne en tremblant et reste à regarder ;

 

À peine de mes sens je recouvrais l'usage,
Je me tournais pour voir encore ce passage
D'où personne jamais n'est revenu vivant.

 

Après quelques instants d'un repos salutaire,
Je me pris à gravir la pente solitaire,
Le pied ferme en arrière et le corps en avant.

 

Voici que sur ma route à peine commencée
Une panthère accourt, svelte, agile, élancée ;
D'un pelage changeant son corps était couvert.

 

Et loin de s'effrayer devant l'humain visage,
Cet animal si bien me barrait le passage,
Que je fus près vingt fois de rentrer au désert.

 

[...]

 

 

 

Texte original

 

Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura,
ché la diritta via era smarrita.

 

Ahi quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

 

Tant' è amara che poco è più morte;
ma per trattar del ben ch'i' vi trovai,
dirò de l'altre cose ch'i' v'ho scorte.

 

Io non so ben ridir com' i' v'intrai,
tant' era pien di sonno a quel punto
che la verace via abbandonai.

 

Ma poi ch'i' fui al piè d'un colle giunto,
là dove terminava quella valle
che m'avea di paura il cor compunto,

 

guardai in alto e vidi le sue spalle
vestite già de' raggi del pianeta
che mena dritto altrui per ogne calle.

 

Allor fu la paura un poco queta,
che nel lago del cor m'era durata
la notte ch'i' passai con tanta pieta.

 

E come quei che con lena affannata,
uscito fuor del pelago a la riva,
si volge a l'acqua perigliosa e guata,

 

così l'animo mio, ch'ancor fuggiva,
si volse a retro a rimirar lo passo
che non lasciò già mai persona viva.

 

Poi ch'èi posato un poco il corpo lasso,
ripresi via per la piaggia diserta,
sì che 'l piè fermo sempre era 'l più basso.

 

Ed ecco, quasi al cominciar de l'erta,
una lonza leggiera e presta molto,
che di pel macolato era coverta ;

 

e non mi si partia dinanzi al volto,
anzi 'mpediva tanto il mio cammino,
ch'i' fui per ritornar più volte vòlto.

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 08:08

LES DÉLIRES

 

Quand bien le soleil à l'aplomb forçait ses rayons à traverser les frondaisons touffues jusqu'à nous parvenir, lumières ténues et tremblotantes qui rendaient plus fantasmagorique encore l'endroit où nous étions, nous pûmes distinguer, se dressant brusquement devant nous, la masure de Marie Cratère.

« C'est là, susurra Oli. »

Je sentis, dans le frémissement de sa voix, une émotion difficile à contenir.

L'architecture étrange de cette demeure qui semblait menacer de s'effondrer au moindre souffle ne laissait pas de m'étonner. Oli, certes, m'avait raconté que les salles qui s'y trouvaient se multipliaient ou disparaissaient au gré de la volonté de la propriétaire.1

Tout chien que je fusse, indulgent quant aux assertions parfois invraisemblables de ma douce maîtresse, je me mis à douter à cet instant de sa capacité à voir la réalité des choses – mais, tu le sais bien, ô incrédule lecteur, pour avoir lu Platon2 et Descartes3 pour ne citer qu'eux  que la réalité en soi est loin de ressembler à la réalité telle que nos sens sont capables de l'appréhender.

Mais trêve de digressions philosophiques qui brisent ici le suspense du moment.

 

« Cesse d'usurper ma place, se fâcha Oli. N'est-ce pas moi la narratrice ? Qu'as-tu à vouloir ainsi t'adresser à des lecteurs que tu ne connais ni d'Ève ni d'Adam° ? Je les connais bien moi qui les fréquente depuis longtemps. Retire-toi et sois assez content que je me soucie de toi et que je te laisse jouer l'un des premiers rôles dans cette aventure. Ainsi donc, vais-je continuer de raconter notre histoire, en te demandant de rester coi. »

 

Bref, nous étions arrivés à l'aboutissement de notre périple, non sans mal. Et soudain, avant que nous fussions tout à fait préparés à affronter Alecto4 plus cruelle et plus inflexible peut-être que Mégère ou Tisiphone — Marie apparut, plus vieille et décatie que jamais, les rides ravinant ses traits, les cheveux en bataille, les oripeaux crasseux. Elle me regarda et je lus dans ses yeux, doublée d'un étonnement dont on ne s'étonnera pas, une joie immense, profonde, presque grave.

Elle ne dit rien sur l'instant, trop paralysée qu'elle était par la soudaineté de cette circonstance imprévue, et que, peut-être, elle n'osait plus espérer.

Un ravissement subit coupe la respiration, annihile la parole, voire foudroie l'entendement, et vous réduit à croire que vous êtes la victime d'une hallucination. Quelque forte, indestructible même que fût Marie Cratère — ce qu'elle m'avait laissé croire — elle sembla se pétrifier comme si elle eût rencontré le regard de Méduse5.

« C'est bien moi, Oli, lui dis-je, pour la libérer de son enchantement, C'est bien moi. Je t'avais promis de revenir. Je suis revenue. »

.........................................................

*Titre, cf. Sartre, « Chaque homme doit inventer son chemin. » Les Mouches

 

1- les salles qui s'y trouvaient se multipliaient ou disparaissaient au gré de la volonté de la propriétaire. 

Voir ce phénomène extraordinaire dans : 29 Délires sur la plasticité et l'élasticité architecturale d'une habitation pour le moins étrange et suivants.

 

2-Platon (vers 427 avant J.C. - vers 346 avant J.C.)  

Voir l'allégorie de La Caverne de Platon dans les notes du texte : 136 Délires sur le décryptage du monde

 

3-René Descartes (1596-1650), dans sa Deuxième Méditation Métaphysique se pose la question de savoir pourquoi nos sens peuvent nous tromper : Nos sens ne nous trompent pas mais ce sont les jugements que nous portons sur les choses qui nous trompent. 

 

4-Les Érinyes ou Érinnyes (mythologie grecque) sont nées des gouttes de sang versées sur la terre lorsque Cronos mutila son père Ouranos.. Elles sont les déesses de la vengeance, poursuivant les criminels sans relâche jusqu'aux Enfers s'il le faut. Elles sont craintes et fuies des hommes. Parmi elles, on connaît surtout : Alecto (la vengeance), Mégère (la haine) et Tisiphone (l'implacable).

Ce sont elles qui poursuivirent Oreste après qu'il eut assassiné sa mère Clytemnestre (qui elle-même avait tué son père Agamemnon).

Voir :

Eschyle, Les Euménides

Euripide, Oreste.

Homère, L'Iliade

Jean-Paul Sartre, Les Mouches

Etc.

 

5-Méduse

Mythologie grecque – Méduse, l'une des trois Gorgones. Ses sœurs sont Euryale et Sthéno.

Méduse change en pierre (pétrifie) ceux qui osent croiser son regard.

Lire sur Wikipédia : Méduse (mythologie)

 

NOTES

 

Quand bien le soleil... forçait ses rayons... nous pûmes distinguer...

Quand bien, quand bien même, etc, locution conjonctive de temps et de concession, suivie de l'indicatif ou du conditionnel (futur hypothétique)

Voir : Quand - quand bien même - quand bien – même quand

 

C'est là, susurra Oli.

susurrer, ce mot est d'origine onomatopéique.

Voir : Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles 

 

L'architecture étrange de cette demeure qui semblait menacer de s'effondrer au moindre souffle ne laissait pas de m'étonner.

Ne pas laisser de, ne pas cesser de.

Voir : Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif 

 

au gré des volontés de la propriétaire...

Volontés au pluriel a, dans ce contexte une nuance péjorative.

Cf. L'Académie, 8e édition : VOLONTÉS, au pluriel, se dit en mauvaise part dans le sens de Fantaisies, caprices.

 

Tout chien que je fusse...

 Voir : Tout... que, locution conjonctive de concession suivie du subjonctif ou de l'indicatif.

>> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

indulgent quant aux assertions parfois invraisemblables de ma douce maîtresse

♦ assertion : Proposition qu'on avance et qu'on soutient comme vraie. (Académie, 8e édition)

♦ invraisemblable : Une seule s. Voir susurrrer ci-dessus.

Une s ou un s : Le nom et le genre des lettres - l'h, le h, un h, une h, un ache - l's, le s, une esse - etc.

 

Ne connaître (une personne ) ni d'Ève ni d'Adam°

Ne pas du tout la connaître, ne jamais avoir entendu parler de cette personne.

 

en te demandant de rester coi.

coi, féminin coite. Tranquille, silencieux.


Bref, nous étions arrivés à l'aboutissement de notre périple...

bref, enfin, pour faire court, voilà, enfin bref (familier).

 

avant que nous fussions tout à fait préparés à affronter Alecto...

Voir : Avant que


doublée d'un étonnement dont on ne s'étonnera pas, une joie immense...

LE POLYPTOTE est une figure de style qui consiste à employer un même mot deux fois dans une même phrase, sous des formes grammaticales différentes. Ici : étonnement, étonnera.

 

Un ravissement subit coupe la respiration, annihile la parole, voire foudroie l'entendement...

♦ subit - ne pas confondre l'adjectif subit(e) > soudain(e) avec subi(e) le participe passé de subir.

♦ annihiler, anéantir

♦ voire, ou voire même : 

Second ou deuxième ? Voire ou voire même ? Que doit-on dire ?

♦ le présent de l'indicatif des verbes en yer : ayer, oyer, uyer, eyer.

Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

Quelque forte, indestructible même que fût Marie Cratère....

quelque + adjectif + que, locution conjonctive suivie du subjonctif (concession)

Voir : Quelque... que  

Ne pas confondre : quoique et quoi que – quelque, quelque... que, et quel que

 

elle sembla se pétrifier comme si elle eût rencontré le regard de Méduse.

Comme si elle eût rencontré, subjonctif plus-que parfait.

>> comme si elle avait rencontré, indicatif plus-que-parfait.

Voir : Comme si

 

Elles [les Érinyes] sont craintes et fuies des hommes.

Cf. Littré : participe passé (fui, fuie) de fuir

Dont on s'éloigne. Fui, comme un réprouvé, par ceux qui l'entouraient.

 

<< 156 Délires autour d'une rencontre fantomatique

>>  158 Délires sur de froides retrouvailles

 

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 11:13

ACCUEIL & SOMMAIRE

L'article a été modifié pour une meilleure lecture le 24 janvier 2014

Les conjonctions de subordination et les locutions conjonctives de subordination sont données par ordre alphabétique dans l'article >> La clef des modes

Voir aussi : >> Qu'est-ce qu'une conjonction de subordination et une locution conjonctive ?

 

Remarque :

Certaines conjonctions ou locutions peuvent avoir plusieurs nuances circonstancielles. 

Exemples :

Quand peut introduire une idée de temps mais aussi de condition s'il est suivi d'un conditionnel.

Pour autant que peut exprimer la cause, la condition ou la proportion.

Et ainsi de suite. C'est pourquoi l'on trouvera certaines locutions dans plusieurs catégories. 

 

Liste des conjonctions et des locutions conjonctives de subordination qui introduisent des subordonnées exprimant 1-la cause 2-la conséquence 3-le but 4-le temps 5-la condition 6-la comparaison 7-la concession 8-l'exception/la restriction 9-la proportion 10-la manière 11-la conformité 12-la supposition/l'hypothèse 13-l'addition 14-l'alternative + 4 remarques

 

1 ♦ une proposition subordonnée causale (de cause)

À cause que

Attendu que
Comme

Du fait que

Du moment que

>> remarque 2

De ce que
Dès lors que

Pour autant que

Parce que

Pour la (bonne) raison que
Sans que

>> absence de cause (de conséquence, ou de concession)

Surtout que – surtout parce que

Vu que

>>cause ou justification (cause évidente)

À preuve que

Étant donné que

Puisque

>> cause ou justification (cause évidente)

Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que

Pas que

>> négation d'une cause

Faute que 

 

2 ♦ une subordonnée consécutive (de conséquence)

À ce que

À (un) tel point que, à un point tel que, au point que

À telle enseigne que, à telles enseignes que

Au point que

De façon que, de telle façon que, de façon à ce que

De manière que, de telle manière que, de manière à ce que

De sorte que, de telle sorte que

En sorte que

Si bien que

Si et tant que

Si... que
Sans que

absence de conséquence (absence de cause ou de concession)

Tant que, tellement que

Tant et si bien que

Tant... que

Tant de ... que

Tant et tant que

Tellement ... que

Tellement de... que

 

3 ♦ une subordonnée finale (de but)

À ce que

Afin que

À seule fin que

Au point que

De façon que, de telle façon que, de façon à ce que

De manière que, de telle manière que, de manière à ce que

De sorte que, de telle sorte que

En sorte que

De crainte que

Pour que, pour... que

Non point tant pour.. que pour...

 

4 ♦ une subordonnée temporelle (de temps)

À chaque fois que

À l'instant que  

>> remarque 2

Alors que

Après que

Au moment où, au moment que

>> remarque 2

Aussi loin que

Aussitôt que

Avant que

Chaque fois que

Comme quand, comme lorsque

De là à ce que

D'ici à ce que

D'ici que

>> Ne pas confondre les locutions conjonctives de temps : de là à ce que, d'ici à ce que, et d'ici que.

Depuis que 

Dès l'instant que, dès l'instant où,

>> remarque 2

Dès lors que

Dès que

Devant que

Durant que

En attendant que

En même temps

Du plus loin que

Jusqu'à ce que, jusqu'à tant que

Le jour où, le jour que, la nuit où, la nuit que

>> remarque 2

Lorsque

Maintenant que  

>> remarque 2

Pendant que

Sitôt que

Tandis que

Tandiment que

Toutes les fois que

Une fois que

Pour peu que

Pourvu que

Quitte à ce que

Selon que

Si

Si tant est que

Sous la condition que

Suivant que

>> temps avec une nuance de condition

Lors que, lors même que

Même avant que

Pour autant que

 

5 ♦ une subordonnée conditionnelle (de condition)

À (la) condition que

Au cas où, au cas que

Comme si 

>> ressemblance et condition 

Dans le cas où, dans le cas que 

Au cas où, au cas que, dans l'hypothèse / l'éventualité où

Des fois que

En admettant que

En cas que, au cas que

Lors que, lors même que 

Même si

>> sens hypothétique à nuance concessive

Moyennant que

Pour autant que

Quand - quand même - quand bien même - quand bien

>> avec le conditionnel dans la proposition

11 ♦ une subordonnée exprimant la conformité

Aussi bien que

Comme

Selon que

 

12 ♦ une subordonnée exprimant la supposition, l'hypothèse

À supposer que
En supposant que

Supposé que 

Supposition que

 

13 ♦ une subordonnée exprimant l'addition

Outre que

 

14 ♦ une subordonnée exprimant l'alternative

Soit que... soit que / (ou) que... ou que

 

Remarque 1 - Voir aussi :

QUE dans tous ses états – pronom interrogatif - pronom relatif - conjonction de subordination ou élément d'une locution conjonctive - adverbe interrogatif ou exclamatif – ne... que - etc.  

Que >> Valeurs et emplois du subjonctif 

Quoi ? Tu sais quoi ? Vous savez quoi sur QUOI ?

D'où que

Ou que (ou sans accent)

Gare que, attention que

Par ce que (par + relative)

Comme quoi

Remarque 2
Maintenant que- aujourd'hui que – etc.

Au moment où, au moment que - Du moment que -

À l'instant que, l'instant où, le jour où, la nuit que -

Certains grammairiens considèrent qu'il s'agit là de propositions relatives précédées de leurs antécédents

que (ou bien ), pronom relatif, introduit une proposition relative - -l'antécédent est un adverbe de temps (maintenant que, à présent que, aujourd'hui que, présentement que, aujourd'hui où, naguère où...)

ou bien

-l'antécédent est un nom (précédé d'un déterminant) indiquant le temps (le jour où, les jours que, les moments que, cette nuit que, à l'instant que, aux instants que...)
Bien que ces syntagmes ne soient pas complètement figés, on peut les considérer comme des locutions conjonctives, comme le fait L'Académie.

Remarque 3

Les propositions dont le verbe est au conditionnel, lorsqu'elles sont introduites par les conjonctions de subordination ou les locutions conjonctives : quand (littéraire), quand bien même, quand bien (vieilli), lorsque (littéraire et rare), lors même que, alors même que contiennent une nuance de condition.

Si le verbe est à l'indicatif, les locutions contenant même introduisent des propositions temporelles équivalant à même quand, même lorsque.

Remarque 4

Controverse au sujet de c'est-à-dire

C'est-à-dire est une conjonction de coordination qui réunit des termes de même fonction.

Je lis sur la toile qu'on la donne parfois comme locution conjonctive, ce que je ne crois pas qu'elle soit.

C'est-à-dire que est une locution de coordination qui est suivie d'une explication ou d'une rectification

..............................................................

Indicatif ou subjonctif après ...

 

Il semble que, il me semble que, il paraît que – Faire (en sorte) que

 

Douter que, douter si, se douter que, nul doute que, il n'est pas douteux que...

Je ne sache pas que, que je sache. pas que je sache – Le moyen que – D'où vient que – Si... il est à craindre que

 

Espérer que - Inutile que - Prendre garde (à ce) que - Faire attention (à ce) que

 

Je veux bien que - Le hasard/le malheur veut que - Le malheur veut que - Oublier que - de ce que

 

Le fait que - Je ne dis pas que - Cela ne veut pas dire que - Ce n'est pas/point que - ignorer que - Il n'empêche que

 

>>Retour au début de l'article

 

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 18:29

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LES QUIZ

On remarque parfois des différences sémantiques importantes entre des noms au masculin et ceux au féminin : ils n'ont pas le même sens dans les deux genres.

À certains noms au masculin peuvent correspondre plusieurs noms au féminin et vice-versa*.

 

Vrai ou faux ?

 

1-Le féminin de monsieur est mademoiselle.-VRAI FAUX

2-Le féminin de un courtisan est une courtisane.-VRAI FAUX

3-Le féminin de damoiseau est damoiselle.-VRAI FAUX

4-Le féminin de sieur est dame.-VRAI FAUX

5-Le féminin de un monsieur est une madame.-VRAI FAUX

6-Le féminin de Sire est Madame.-VRAI FAUX

7-Le féminin de messire X est madame X.-VRAI FAUX

8-Le féminin de hôte est hôte.-VRAI FAUX

9-Le féminin de aigle est aigle.-VRAI FAUX

10-Le féminin de un pied-noir est une pied-noir.-VRAI FAUX

11-Le féminin de écrivain est écrivaine.-VRAI FAUX

12-Le masculin de fille est garçon.-VRAI FAUX 

13-Le masculin de mercière est mercier.-VRAI FAUX

14-Le masculin de garce est gars.-VRAI FAUX

15-Le masculin de maîtresse est maître.-VRAI FAUX

16-Le masculin de femme est homme.-VRAI FAUX

17-Le masculin de femme publique est homme public.-VRAI FAUX

18-L'épouse du pharmacien est une pharmacienne.-VRAI FAUX

19-Le mari de la reine, laquelle exerce le pouvoir, est le roi.-VRAI FAUX 

20-Celui qui exerce le métier de sage-femme est une sage-femme.-VRAI FAUX

21- Le masculin de une girl est un boy. -VRAI FAUX

22-Le féminin de maire est mairesse.-VRAI FAUX
23-Le féminin de un couple est une couple.-VRAI FAUX

 

Réponses

V

V

1-Le féminin de monsieur est mademoiselle-VRAI

Un autre féminin de monsieur est madame.

On notera que mademoiselle s'emploie aussi parfois pour les actrices, même si elles sont mariées : Mademoiselle Jeanne Moreau.

De nos jours les femmes qui ne sont pas mariées se font appeler le plus souvent madame.

 

2-Le féminin de un courtisan est une courtisane.-FAUX

Faux du point de vue sémantique : le sens est différent.

a-Le courtisan est un gentilhomme qui fréquente la Cour du Roi.

b-La courtisane est une femme aux moeurs légères qui se distingue par son élégance et son éducation. Elle est vénale ou non.

c-Dans l'Antiquité, la courtisane était une artiste, ou une prêtresse. Elle inspirait les hommes de haut rang.

d-L'adjectif courtisane est le féminin de courtisan.

 

3-Le féminin de damoiseau est damoiselle.-VRAI 

Damoiseau signifiait un gentilhomme au Moyen Âge, et il s'emploie de façon ironique aujourd'hui dans le sens d'un jeune homme qui fait le galant auprès des femmes.

Damoiselle le plus souvent désigne une demoiselle au Moyen Âge, le mot n'ayant pas de nuance péjorative.

Voir dans le Trésor : DAMOISEAU

 

4-Le féminin de sieur est dame.-VRAI

Ces noms s'emploient devant les noms de famille dans les affaires juridiques.

Le sieur Calas, le sieur Fouquet, la dame Bovary, le sieur Landru.

Voir l'article : Justice / Portail / Procès historiques

 

5-Le féminin de un monsieur et une madame.- FAUX

Le féminin de un monsieur et une dame.

Une madame est familier.

 

6-Le féminin de Sire est Madame.-VRAI

 

7-Le féminin de messire X est madame X.-FAUX

Le féminin de messire X est dame X.

Messire, titre d'honneur que l'on donnait autrefois aux personnes de qualité. Aujourd'hui on l'emploie pour plaisanter.

 

8-Le féminin de hôte est hôte.-VRAI

Une hôte est une personne qui est reçue.

Une hôtesse est une personne qui reçoit.

Mais on rencontre parfois une hôte avec cette dernière acception.

 

9-Le féminin de aigle est aigle.-VRAI

Un aigle, une aigle.

 

10-Le féminin de un pied-noir est une pied-noir.-VRAI

 

11-Le féminin de écrivain est écrivaine.-VRAI

Les dictionnaires du Trésor et de l'Académie n'admettent pas écrivaine.

Le Petit Larousse l'admet :

Voir l'article du 1er juillet 2008 dans Livreshebdo.fr

Cent cinquante mots ou expressions nouvelles et une cinquantaine de personnalités font leur apparition dans l'édition 2009 du Petit Larousse.

"Nous ne rentrons pas les mots sur décret, mais l'Education nationale commence à imposer la rectification de certains termes", explique Yves Garnier, directeur des dictionnaires et encyclopédies chez Larousse.

 

12-Le masculin de fille est garçon.-VRAI

Mais pas dans toutes les acceptions.

Il peut être fils.

Fille dans le sens de femme de moeurs libres, n'a pas d'équivalent masculin.

Cependant le mot garçon n'a pas toujours de féminin. Exemples : garçon de café, d'hôtel, de restaurant. Pour demander une consommation, on appelle : Garçon !

On aura l'équivalent serveuse.

 

13-Le masculin de mercière est mercier.-VRAI

Proverbe - Petit mercier, petit panier ou À petit mercier, petit panier.

>> Il faut dépenser selon ses moyens.

 

14-Le masculin de garce est gars.-VRAI et FAUX

Jusqu'au début du XXe siècle, on trouve garce dans le sens de jeune fille.

On l'emploie aujourd'hui dans le sens de femme de mauvaise vie, prostituée.

Autre acception : familièrement : une femme ou une fille méchante.

 

15-Le masculin de maîtresse est maître.-VRAI

Dans le sens de maîtresse ou maître d'école par exemple.

S'il s'agit d'une femme qui a des relations sexuelles avec un homme hors mariage, il n'y a pas d'équivalent masculin.

L'amant et l'amante aiment et sont aimés (acception du XVIIe siècle)

Aujourd'hui amant et amante sont des personnes qui s'aiment et qui ont des relations sexuelles.

Dans de nombreuses acceptions, maître n'a pas de féminin.

Pour en savoir + voir le Trésor : MAÎTRE1, MAÎTRESSE

 

16-Le masculin de femme est homme.-VRAI

Mais aussi mari.

 

17-Le masculin de femme publique est homme public.- FAUX

Un homme publique exerce des fonctions officielles, d'ordre administratif, politique, etc.

Une femme publique est une femme aux moeurs légères (voir plus haut une des acceptions de fille.)

 

18-L'épouse du pharmacien est une pharmacienne.-VRAI

On peut employer familièrement le mot pharmacienne dans le sens la femme du pharmacien.

Mais pharmacien et pharmacienne s'emploient pour des personnes qui sont titulaires du diplôme d'État délivré par une faculté de pharmacie.

L'Académie 8e édition donne :

Pharmacien : Celui, celle qui exerce la pharmacie.

Une femme exerçant la profession peut donc dire : "Je suis pharmacienne" ou "Je suis pharmacien."

 

19-Le mari de la reine, laquelle exerce  le pouvoir, est le roi.- FAUX

C'est le prince-consort

 

20-Celui qui exerce le métier de sage-femme est une sage-femme.-VRAI

 

21- Le masculin de une girl est un boy. -VRAI

Mis à part le fait que ces mots sont des anglicismes, ils apparaissent tous les deux dans le Trésor et  l'Académie.

a-Les girls et les boys appartiennent à une troupe de danseurs dans le music-hall.

b-Les boys, les soldats américains.

c-Un boy est aussi un serviteur indigène en Afrique ou en Asie.

Voir une précision dans le commentaire.

 

22-Le féminin de maire est mairesse. -FAUX

On dit aujourd'hui Madame le Maire

Le mot mairesse ne s'emploie plus depuis le XIXe siècle dans le sens de maire (cf. le Trésor).

Mairesse pour maire est rare.

Il s'emploie aujourd'hui pour désigner la femme du maire, pour plaisanter.

 

23-Le féminin de un couple est une couple.-FAUX 

>> Ne pas confondre un couple et une couple

 

Articles apparentés

Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4.

   

Quand faut-il mettre une majuscule à Monsieur, Madame, Mademoiselle, etc.? Comment abréger ces mots ? Ne pas confondre M. et Mr, MM. et Mrs

 

 

Voir l'étude savante de Pratizia Violi sur les origines du genre sur le site : Persée

Meillet (1921) observe que « le genre grammatical est l'une des catégories les moins logiques et les plus inattendues » et que « la distinction des noms entre masculins et féminins » est totalement dénuée de sens ».

 

*vice-versa ou vice versa.

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LES QUIZ 

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 23:00

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On écrit les lettres ainsi : A B C D E F G etc.

On peut trouver zed ou zède pour Z. 

 

On a coutume aujourd'hui de donner le genre masculin au nom des lettres. Un A, un B, un L, un X, etc. Il n'en a pas toujours été ainsi. Certaines lettres, dont le nom commence par une voyelle, étaient des substantifs féminins.

On peut dire encore le féminin pour F, L, M, N, R, S, H (prononcer une effe, une elle, une emme, une enne, une erre, une esse, une ache) mais cet usage tombe en désuétude.


On peut faire ou ne pas faire d'élision, l'h ou le h, l's ou le s.
On trouve, dans la littérature, une I, une H muette ou aspirée, une L mouillée, un I grec, une X (rare) etc. Cf. Grevisse

 
Le Trésor donne ache pour l'orthographe du nom de la lettre H ; il cite une comptine recueillie dans Comptines de langue française, Paris, Seghers, 1970, à retrouver aussi dans  Le catalogue de la chanson folklorique française


A, B, C, D, La vieille Babbé ;

E, F, G, H, Elle a pris une hache ;

I, J, K, L, Elle s'est coupé les ailes ;

M, N, O, P, Elle s'est coupé le pied ;

Q, R, S, T, Elle ne s'est pas découragée ;

U, V, X, Y, Z, Elle a eu des pieds aux ailes

 

« Le nom de la lettre est inscrit, [...] dans la rime : E, F, G, H. Elle a pris une hache. »

 

Le Littré donne le nom de la lettre esse pour s.

 

L'Académie 8ème édition 1932-1935 donne F masculin et féminin : Un grand F, une petite f.

......................................................

Selon La Grammaire générale et raisonnée de 1660, L'épellation des consonnes se fait ainsi : be, ke ou se, de, fe, ge, he, je, ke le, me ne pe, ke, re, se, te ve, we, kse, ze. —be, prononcer [bə], etc.—

Inconvénient : le C, le K et le Q se prononcent tous les trois ke !

On note que cette épellation n'est jamais entrée dans l'usage.

......................................................

Dans le Dictionnaire de l'Académie 4ème édition 1762 : on note que les lettres F, L, N, S, X, autrefois substantifs féminins sont devenues substantifs masculin et se prononcent fe, le, ne, se :

 

F substantif féminin suivant l'ancienne appellation qui prononçoit Effe; & masculin suivant l'appellation moderne qui prononce Fe.

L substantif masculin suivant l'appellation nouvelle, qui prononce Le; & féminin, suivant l'appellation ancienne, qui prononçoit Elle.
N suivant l'appellation ancienne, qui prononçoit Enne; & masculin, suivant l'appellation moderne, qui prononce Ne.

S substantif féminin suivant l'ancienne appellation qui prononçoit Esse; & masculin, suivant l'appellation moderne qui prononce Se. 

X substantif masculin - Lettre consonne, qui est la vingt-troisième lettre de l'Alphabet François. Suivant l'ancienne appellation, on la nommoit ics, & suivant la nouvelle, on l'appelle xe.
......................................................

Remarque :

Le nom des lettres T, S, F, X peut s'employer pour désigner des objets ayant la même forme que ces lettres.

Le té du dessinateur.

L'esse (crochet) du boucher. Et autres esses.

Les FF (ouïes) du violon.

Un X ou ixe (tabouret dont les pieds sont en forme de x)  

......................................................

> Que les consonnes sonnent !

> Les lettres forment des mots - Isolées, que signifient-elles ? - QUIZ 53

> L N N E O P Y – L'allographe du Chevalier de Boufflers

 

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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Note

Comme suite au commentaire ci-dessous, j'ajouterai qu'il est évident qu'on ne demandera jamais à aucun élève d'écrire ixe pour la lettre X , esse pour la lettre S ou ache pour la lettre H , encore qu'on puisse lui laisser la liberté de le faire dans certains cas précis.

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 09:33

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Si l'on a la curiosité de parcourir les dictionnaires, on peut être étonné de lire que les mots varient au fil des siècles, tant au point de vue de leur graphie que de celui de leurs acceptions.

J'ai raconté, dans ma rubrique Une petite histoire de la langue française comment s'est constituée, pas à pas, notre langue depuis le IXe siècle.

 

Nous avons aujourd'hui une chance inouïe, celle de nous promener sur la toile et de parcourir, sans sortir de notre chambre, des dizaines de dictionnaires, qui sont là, à portée de la main.

Chaque dictionnaire porte en lui la marque de la personnalité de celui ou de ceux qui l'ont voulu, conçu, rédigé, parfois au prix de mille embûches. Le Furetière ne fut-il pas publié qu'après la mort de son auteur qui dut lutter contre les attaques de l'Académie, et à Rotterdam, alors qu'il fut le plus grand dictionnaire de son temps ?

Rendons hommage à ces hommes qui ont fait un travail titanesque.

 

Vous trouverez dans cet article à l'entrée de la Lettre A : les mots A et À, dans les dictionnaires suivants :

 

 

1-Le Dictionnaire d'Antoine Furetière

        1690

2-Le Nouveau Vocabulaire de la Langue Française

  par Georges Lambert-Gentot

1827  

3-Le Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture

de William Duckett

      1832-1873 

4-Le Littré d'après l'ouvrage d'Émile Littré

       1863-1877

 5-Le Dictionnaire de Frédéric Godefroy*

1881

 6-Dictionnaire National de Louis-Nicolas Bescherelle*

1856

7-Le Dictionnaire de l'Académie 8ème édition*
1882-1935

 

 

 

*Les articles de ces trois dictionnaires ne sont pas reproduits ici.

Je les mets en lien sur la toile

 

 

1 Le Dictionnaire d'Antoine Furetière - 1690

 

 

 

DICTIONAIRE

UNIVERSEL

Contenant generalement tous les

MOTS FRANÇOIS

tant vieux que modernes, & les

Termes de toutes les

SCIENCES et DES ARTS :

Divisé en trois Tomes

 

T O M E  P R E M I E R

 

A - E

 

 

 

A

Première lettre de l'Alphabet François* & de toutes les autres Langues.

Chez les Occidentaux, cette lettre prend son nom du son qu'elle fait. Chez les Grecs on la nomme Alpha ; chez les Hébreux Aleph ; chez les Arabes Aliph ; et chez les Indiens Alephu. C'est aussi le premier son articulé que la Nature pousse, & celui qui forme le premier cri & le bégayement des enfants. D'où vient que Jérémie répondant à Dieu qui le destinoit pour son Prophete, luy dit : A,a,a, Seigneur, je ne sçai pas parler, parce que je suis un enfant. Hierem. Cap. I.*

 

C'est aussi ce qui exprime presque tous les mouvemens de notre ame ; & pour rendre l'expression plus forte, on y ajoute une h avant ou après, comme dans l'admiration : Ha le beau tableau ! Dans la joie : Ha quel plaisir ! Dans la colere : Ha méchant. Dans la douleur : Ha la teste. Dans la pamoison : Ha je me meurs. Dans le mouvement : Ha levrier. Et généralement ce mot exprime toutes les palpitations du coeur, comme il paroist en ceux qui ont courte haleine. Cicéron appelle l'A lettre salutaire, parce que c'etoist la marque d'absolution.

 

Quand cette lettre forme toute seule une syllabe, les enfans disent en épellant, A de par soy A

 

Cette lettre forme souvent un mot entier, & est quelquefois article du datif pour décliner les noms propres seulement. Ce livre est à Pierre, à Agnès. Quand il sert à décliner les noms ordinaires, s'ils commencent par des consones, on dit au comme au soleil, si c'est par une voyelle, on y ajoute une l, au masculin ou, la, au féminin : À l'homme, À la femme ; et au pluriel, on dit dans tous les cas aux, comme : Aux Alexandres, Aux Muses, Aux Animaux.

À est quelquefois préposition, mais rarement. Il est à la ville, aux champs, Cela est à la mode.

 

À est le plus souvent adverbe, non seulement de temps, & de lieu, comme, Cela vient à tard, cela est à terre : mais encore il se joint à presque tous les mots de la Langue pour faire des phrases adverbiales qui tiennent de leurs significations & de leurs manières. Estre à couvert, vivre à discrétion, &c. Car si on n'y prend garde de près, la plus-part des exemples qu'on donne de son usage pour marquer la preposition, se réduisent à l'article du datif.

 

À se joint aussi aux infinitifs des verbes pour faire des phrases adverbiales. Donner à boire & à manger, un maistre à écrire, on fait à sçavoir, au pis aller, au rebours, &c.

 

A se dit quelquefois dans les temps des verbes auxiliaires. Il a gagné cent écus, il a fait, il a dit, il a le temps et l'argent.

 

On dit proverbialement qu'un homme ne sçait ni A ni B, pour dire, qu'il ne sait pas lire ; qu'il ne scauroit faire une panse d'A, pour dire qu'il ne sçait pas écrire ; et qu'il apprend l'A, B, C, pour dire qu'il commence à connoître ses lettres.

 

Cette lettre A étoit aussi chez les Anciens une lettre numerale qui signifoit 500, comme on voit dans Valerus Probus. Il y a des vers anciens rapportez par Baronius & autres, qui marquent les lettres significatives des nombres dont le premier est tel :

Possidet A numeros quingentos ordine recto

 

Quand on mettoit un titre ou une ligne droite au dessus de l'A, il signifie 5000.

 

A.A.A. Les Chymistes se servent de ce signe pour signifier, Amalgamer, Amalgamation, & Amalgame.

 

*Notes de mamiehiou :

Hierem. Cap.I : dans la Bible - Jérémie, verset I, 6. 

On remarque la graphie des mots du XVIIe siècle :

dictionaire pour dictionnaire

françois pour français

generalement pour généralement

begayment pour bégaiement

mouvemens pour mouvements

ame pour âme

luy pour lui

sçavoir pour savoir, je sçai pour je sais

Ha quel plaisir (etc.) pour Ah quel plaisir (etc)

Voir : Les homophones Compléter par a, as, à, ah, ha - QUIZ 37

épellant pour épelant

[des vers anciens] rapportez pour rapportés

chymistes pour chimistes

une teste pour une tête

un maistre pour un maître

imparfait de l'indicatif, destinoit, paroist pour destinait,etc.

paroist pour paraît, etc.

la plus-part pour la plupart

&c. pour etc.

etc.

Voir aussi :

     Le nom et le genre des lettres - l'h, le h, un h, une h, une ache - l's, le s, une esse - etc.

 

Retrouver Le Furetière sur la toile :
Dictionaire universel  par Antoine Furetière (1690)

      A-E - F-O - P-Z

 

À propos de Furetière : Une petite histoire de la langue française racontée par mamiehiou - Chapitre 13 – LE XVIIe SIÈCLE (2) - Préciosité – Classicisme – Boileau, Furetière, et les autres... 

 

 

 

2 Le Nouveau Vocabulaire de la Langue Française

extrait du Dictionnaire de l'Académie - 1827

 

 

Nouveau

Vocabulaire

de la langue Française,

extrait du dictionnaire de l'Académie

et des meilleurs auteurs modernes ;

contenant tous les mots usités, ceux des arts et sciences, leurs définitions, leurs différentes acceptions et leur prononciation figurée ;

 

augmenté

Des Etymologies, de tous les mots dérivés des langues anciennes

et modernes, pour faciliter l'intelligence de la Langue française ;

Par Lambert-Gentot

 

 

A, substantif masculin ; première lettre de l'alphabet ; première des cinq voyelles. Il est long dans la prononciation : Il ne sait ni A ni B. - Il est indéclinable : deux A et non pas deux As.

 

A, troisième personne du singulier du verbe avoir, est bref : il a, il y a.

 

À bref, marqué d'un accent grave, est préposition.

1° Il désigne le datif des latins devant les noms propres et ceux qui ne prennent point d'article : à Pierre, à mon frère, à elle, à lui. Il n'est suivi d'un article qu'en présence d'un singulier féminin : À la Gloire de Dieu, ou d'un singulier masculin commençant par une voyelle : à l'homme, à l'animal.

2° Devant les verbes, il répond au supin des latins : Bon à manger.

3° Il répond au gérondif latin : On ne gagne rien à courir le monde, c'est-à-dire en courant.

4° Il signifie

  • après : poil à poil

  • avec : dessiner à la plume

  • environ : dans cinq à six jours

  • par : je vous connais à votre habit

  • selon, suivant : un habit fait à la mode

  • vers : ce tonneau tire à sa fin

  • sur : monter à cheval

5° Il marque

  • le temps : dîner à midi.

  • Le lieu : se mettre à lécart, à l'abri, à droite.

  • La posture : à genoux, nez à nez.

  • La manière de vivre de s'habiller, de parler : vivre à la française.

  • L'homme à cheveux ronds, à systèmes, à bons procédés.

  • La qualité : de l'or à 24 carats.

  • La quantité, il en a à satiété, à foison.

  • Le prix : du drap à dix francs l'aune.

  • La mesure : vendre du vin à la pinte, du drap à l'aune.

  • La cause : machine à vapeur, moulin à vent

  • Le motif : j'ai dit cela à bonne intention et non à mauvais dessein.

  • L'usage : terre à froment, boîte à coudre.

6° Il équivaut à la préposition latine ad : allez à l'église, venez à moi.

7° Lorsqu'il précède l'article masculin suivi d'un mot qui commence par une consonne, il devient Au.

 

A dans la composition des mots dérivés du grec, est privatif : a-céphale, sans tête ; a-mnistie, sans mémoire ; oubli.

Voir sur google-books : Nouveau vocabulaire de la langue française 

 

 

 

3 Le Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture

de William Duckett

1832-1873

 

 

DICTIONNAIRE

 

DE

 

LA CONVERSATION

 

ET DE LA LECTURE

 

A, lettre voyelle, la première dans notre alphabet et dans celui de presque toutes les nations, est la treizième dans l'alphabet éthiopien. On dit de quelqu'un qui est ignorant qu'il ne sait ni A ni B. - Pour exprimer que quelqu'un n'a rien fait, on dit qu'il n'a pas fait une panse d'A, c'est-à-dire, pas même le premier trait de cette lettre.

A sur les médailles grecques, indique ordinairement qu'elles ont été frappées à Argos ou à Athènes ; sur les monnaies françaises, qu'elles ont été battues à Paris.

Chez les latins, c'était la lettre salutaire, littera salutaris, parce que, lorsque les juges voulaient absoudre, ils écrivaient sur leurs tablettes A, première lettre d'absolvo, j'absous.

A, chez les Grecs, signifiait 1 ; chez les Romains, avant l'adoption du D, 500 ;

avec un trait au-dessus, 5000.

A.D. Signifie Anno Domini, ou depuis Jésus-Christ , A.C. (Anno Christi) signifie la même chose ; a.c. année courante ; a.p. année passée.

En musique, A, première note du tétracorde hyperbolien, répond à la sixième note de notre gamme la. En tête d'un morceau de musique, indique la partie de la haute-contre, alto.

 

Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture - William Duckett - Tous les volumes (lien Books-Google)

 

Et retrouvez dans ce blog un article du dictionnaire de W. Duckett : WILLIAM DUCKETT - Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Lucifer (Phosphore, Vénus, Astarté, Vénus-Uranie, Anahid, Hesper ou Vesper, Boker)

 

 

  4 Le Littré d'après l'ouvrage d'Emile Littré - 1863-1877

 

  • 1-A

    Voyelle et première lettre de l'alphabet. Un grand A. Un petit A. Deux A. Des A mal formés, sans s au pluriel. Il y a une géométrie matérielle qui se contente de lignes, de points, d'A + B.  Le génie du christianisme, ou Les beautés de la religion chrétienne 

    Il est marqué à l'A se dit d'un homme de bien, d'honneur et de mérite ; et ce proverbe est emprunté des monnaies qu'on marquait aux villes de France par ordre alphabétique, selon leur primauté : la monnaie de Paris, réputée du meilleur aloi, était marquée de l'A.

    A, dans la musique moderne et notamment dans la musique allemande, le sixième degré de la gamme diatonique et naturelle, ou la dixième corde de la gamme diatonico-chromatique, appelé dans l'ancien solfège a la mi ré, a mi la, ou la. A majuscule, écrit sur une partition, indique l'alto.

    2-A

    3ème personne du verbe avoir au présent de l'indicatif

     

     

    Á

  • prép. (a)

Lorsque "à" précède l'article masculin suivi d'une consonne autre que l'h muette, on les contracte en au pour à le ; lorsqu'il précède l'article pluriel des deux genres, on les contracte en aux pour à les.

  • REMARQUE

    Ces formes proviennent de l'ancienne langue : à le se disait al, qui devant une consonne se prononçait ordinairement au, comme on le voit dans autre, écrit anciennement altre et venant du latin alter. Pour le pluriel, à les se contractait en as ou aus ; d'où notre forme aux.

    À exprime trois rapports différents : direction, aller à Paris ; repos, résider à Paris ; extraction, prendre à un tas. Quand, partant de ces trois significations fondamentales, on examine les acceptions telles qu'elles se comportent dans le langage, on rencontre une variété extrême de nuances, qui rend très difficile le classement des sens. Un mot aussi petit et aussi employé que à est devenu très indéterminé, de manière à se prêter à une foule d'emplois différents. Comme toute préposition, il exprime un rapport, et ne peut être bien apprécié indépendamment des deux termes qu'il lie, aussi bien l'antécédent que le conséquent. Au lieu de la classification par significations, on peut adopter une classification d'après les deux termes du rapport où à figure, le sens étant aussi bien déterminé, en beaucoup de cas, par le mot qui précède que par le mot qui suit. En conséquence, on peut considérer à dans les positions suivantes :

  • 1Entre un substantif et un substantif ou un pronom. Séjour à Paris. Habitation à la campagne. La vie aux champs. Retour à la ville. L'ascension au haut du pic. L'orientation au nord. La remise à un autre temps. Le recours au juge. Le discours au roi. La réponse à une lettre. L'élévation aux dignités. La disposition à la plaisanterie. La préparation à la communion. La contribution au fonds commun. La légèreté à la course. Le lion à la gueule menaçante. Terre à potier. Vases à huile. Marché aux boeufs. Cruche à anses. Chaise à porteurs. Terre à blé. Tunique à manches. L'emprunt au banquier. L'achat au marchand. La demande au professeur. La suspension au plancher. L'arrachement à toutes les affections. La répugnance au mariage. Le manquement au devoir. L'obéissance au maître. Il n'est rien de cela aux exemples des payens ; nous n'avons pas de liaison à eux. Pensées]

  • 2Entre un substantif et un pronom, construction où à exprime la possession. Un ami à moi. C'est un ami à moi ; je vous le recommande. Il a un style à lui. Vous avez une manière à vous.

  • 3Entre un substantif et un verbe. L'exhortation à combattre. L'encouragement à bien vivre. La disposition à plaisanter. La promptitude à faire. L'habileté à parler. La facilité à comprendre. La répugnance à venir. Le plaisir à obéir. La fermeté à soutenir la vérité. La honte à mentir. Quelque effort que l'on fasse à rompre vos beaux noeuds  Her. I, 4]

  • 4Entre un adjectif et un substantif ou un pronom. Exposé au midi. Porté à la violence. Enclin au mal. Prêt au combat. Parti hostile au gouvernement. Obéissant à la loi. Nuisible à la santé. Plaisant à l'oeil. Important à l'État. Habitué aux théâtres. Utile à tous, propre au travail. Affable aux petits. Semblable au loup. Égal aux plus grands. Sa mort fut conforme à sa vie. Attaché à ses habitudes. Rebelle à l'autorité. Répugnant aux sens. Il est loisible à tout homme de.... Il était naturel à Adam et juste à son innocence.   édit. Cousin.]

  • 5Entre un adjectif et un verbe. Disposé à médire. Prêt à partir. Enclin à ne rien faire. Facile à apprendre. Important à comprendre. Chose honteuse à dire. Charmant à contempler. Agréable à faire. Inutile à dire. Le dernier à fuir. Le premier à s'élancer. Prompt à se mettre en colère. Habile à parler. Propre à supporter les fatigues. C'est bientôt le premier à prendre. [La Fontaine, Fables]

  • 6Entre un adverbe et un nom ou un pronom. Conformément à ce que vous dites. Semblablement aux feuilles des arbres, les générations humaines se succèdent sur la terre.

  • 7Entre le même mot répété sans article, indiquant que personnes ou choses se suivent ou se touchent. Un à un. Trois à trois. Il passèrent un à un. On les compta trois à trois. Goutte à goutte. Seul à seul. Tête à tête. Ils s'introduisirent homme à homme. Pas à pas. Mot à mot. Traduire mot à mot. Corps à corps. Lutte corps à corps. Bec à bec. Bout à bout. En termes de jeu, nous sommes fiche à fiche, dix à dix, nous avons chacun une fiche, dix points ; et même, elliptiquement, nous sommes fiche à, dix à.

  • 8Entre un verbe ayant à pour complément indirect et un substantif ou un pronom. Se rendre à la ville. Reléguer aux champs. Recevoir au camp. Aller à Rouen, à la campagne. Monter au ciel. Envoyer un livre à quelqu'un. Monter à cheval. Être tourné à l'est. être exposé au danger. Jeter quelqu'un à terre. Jeter à l'eau. Revenir à soi. J'en viens à un autre objet. Courir à sa perte. Appeler aux armes. Exhorter au travail. Recourir au juge. Descendre aux dernières prières. S'adresser à ses amis. Réduire à l'extrémité. Arracher quelqu'un à son opinion. Élever au rang suprême. Courir au danger. Se préparer au combat. Lever les mains au ciel. Accorder la récompense au mérite. Devoir de l'argent à quelqu'un. Exposer au péril. Se rendre à César. Écrire à quelqu'un. Enseigner les lettres aux jeunes gens. Ajouter à quelque chose. Imputer à crime. Assister au jugement. Plaire à quelqu'un. Il importe à tout le monde. Elle pense à moi. Il s'accoutume à l'obéissance. Ce vêtement sied bien aux hommes âgés. Il convient à chacun. Ce livre appartient à mon frère. Se joindre à une compagnie. Mettre une chose à sa place. Associer sa cause au salut public. Faire part de sa gloire à quelqu'un. Mêler de l'huile à de la chaux. Comparer Aristote à Platon. Répondre à l'amour. Répugner à certaines démarches. Le chien ressemble au loup. Conformer sa vie aux préceptes de la sagesse. Condamner à mort, aux galères. Puiser de l'eau à une fontaine. Boire à la source. Prendre au tas. Demander quelque chose à quelqu'un. Allumer une chandelle au feu. Acheter du drap au marchand. Emprunter de l'argent à un ami. Dire une parole, un mot à quelqu'un. Commencer à dormir. Suspendre au plafond. Arracher aux arbres leurs fruits, un fils à sa mère. Dérober au danger. La marcotte a été prise à un bon cep. Dépouilles enlevées à l'ennemi. Retirer sa confiance à quelqu'un. Manquer à son devoir, à ses amis. Toucher à quelque chose. Toucher au terme, au port. La vérité était contraire à vos fins ; il a fallu mettre votre confiance au mensonge. [Pascal, Les provinciales]

  • 9Entre un verbe et un verbe. Exhorter à faire. Inviter à venir. Condescendre à traiter. Il en est venu à nous dire. Réduire à capituler. Forcer à mourir de faim. Il incline à prendre ce parti. Se préparer à partir. Apprendre à lire. Enseigner à s'exprimer correctement. Cela contribue à augmenter le patrimoine. Ce discours le portait à céder. Se décider à comparaître. Sa démarche l'exposait à périr. Il se plaît à étudier. Il pense à exécuter son projet. S'accoutumer à obéir. Aimer à donner. Condamner à faire amende honorable. Chercher à comprendre. Donner à copier une lettre. Donner à porter un fardeau. Il reste à finir le travail. Demander à être reçu. Manquer à venir. Répugner à travailler. On l'exhorta à avoir courage. [Scarron, Le Roman comique]

  • 10 Absolument, devant un nom ou un pronom, exprimant une circonstance, à la façon d'un adverbe ou d'une locution adverbiale. À Paris. À la ville. Aux champs. Au midi. Au nord. À terre. À l'entrée de l'église. À l'armée. Au feu. À l'ombre. Au soleil. À table. Au doigt. Porter une bague au doigt. Au front. Blessé au front. À l'oreille. Mal à l'oreille. Je vous dirai cela à l'oreille. À tout âge. À l'âge de trente ans. Au temps que les bêtes parlaient. À neuf heures. À midi. Au jour fixé. À échéance. Payer à échéance. Au commencement. À la fin de l'année. Au printemps. À l'année. Louer une maison à l'année. Pension à vie. Travailler à la journée. À la longue. Au point du jour. Au mois de mai. À toutes les heures. À chaque fois. À quelques jours de là. À de longs intervalles. À mon arrivée. À l'approche de Xerxès. À cette vue. À ce récit. Au bruit de sa mort. À la nouvelle que.... À la vue du bourreau. À la prière. À l'instigation des ennemis. À grandes journées. Venir à grandes journées. À la façon des Grecs. À pleines mains. À genoux. À pied. Au toucher. Au goût. À dessein. À souhait. À l'huile. Manger des légumes à l'huile. À l'épée. Se battre à l'épée. À l'aiguille. Broder à l'aiguille. À la paume. Jouer à la paume. À voiles et à rames. À toute vapeur. À la main. Fait à la main. Au poids. À la mesure. À prix d'argent. À bon marché. À un prix élevé. À vingt sous la livre. À gros intérêts. À sept kilomètres de Paris. À dix lieues environ. À une journée de marche. À mon avis. À l'exemple des autres. À ce que je vois. À ce que je sais. À l'enseigne du Lion d'argent. Au Veau qui tette. À la Boule d'or. À la cour de cassation. Conseiller à la cour de cassation. Avocat à la cour d'appel. Commis au ministère de la guerre. Tu reviens seul, Hémon ; ô sinistre présage ! Que je lis d'infortune aux traits de ton visage ! [Rotrou, Antigone]

  • 11 Absolument, devant un pronom interrogatif. À qui cela ? à quoi bon ? à quelle fin ? à quelle utilité ? [La Fontaine, Fables]

  • 12 Absolument, devant un verbe exprimant une circonstance à la façon d'un adverbe ou d'une locution adverbiale. À vrai dire. À ne pas mentir. À en croire Homère. À y bien regarder. À tout prendre. À compter de ce jour. À partir de telle époque. Que gagnerai-je à vous tromper ? Perdre son temps à jouer. Il passe le temps à se lamenter. Il s'arrête à lire les affiches. Le bon sens n'est pas à penser sur les choses avec trop de sagacité. [Vauvenargues. Bon Sens.]

  • 13 Absolument, devant un nom de nombre ou devant un pronom suivi d'un nom de nombre. À quatre. Ils soulevèrent ce fardeau à quatre. À lui seul. À moi seul. Médée, à elle seule, bravait une armée. Ignominie qui, à elle seule.... À trois que nous étions, nous ne pouvions soulever ce fardeau.

  • 14 Absolument, avec un adverbe de temps. À quand ? à quand le rendez-vous ? à demain. À demain, je vous attends. À demain les affaires. À jamais. Événement à jamais déplorable. À toujours. Soyez prêt à demain. [Corneille, Le Cid]

  • 15Elliptiquement, devant un nom ou un pronom. Au secours ! à moi, citoyens ! Au voleur ! Au feu ! à la porte, l'insolent ! à table, messieurs ! à l'ennemi, soldats ! à votre santé ! à monsieur un tel (sur une adresse). À Jupiter, très bon, très grand. Au revoir (revoir est ici un substantif). À ce soir. À dimanche. À la vie, à la mort. À perpétuité. Concession à perpétuité dans un cimetière. À moi, comte, deux mots. [Corneille, Le Cid]

  • 16Elliptiquement, entre un substantif et un verbe (équivalent à bon, propre). Chose à dire. Lettre à écrire. Homme à pendre. Je ne vous crois pas homme à faire cela. Occasion à ne pas laisser échapper. Affaire à perdre un homme. Procès à ne pas finir. Conte à dormir debout. Chambre à coucher. Pierre à aiguiser. Arbres à transplanter. Compte à revoir. Travail à refaire. Lettre à porter. Par abréviation : à revoir, à refaire, à porter. Un voile à couvrir d'autres flammes. [Molière, Le dépit amoureux]

  • 17Elliptiquement, devant un verbe. Demain, à recommencer. Après-demain, à dîner. À revoir, monsieur. Finissons ; mais demain, muse, a recommencer. [Boileau, Satires]

  • 18Locutions avec le verbe être. Cela est à moi. Tout était à l'ennemi. C'est à vous de prendre garde. Ce n'est pas à nous d'examiner. On ne peut être à soi un seul instant. Cet homme est à lui-même une énigme. C'est bien fait à vous. C'est à un bon consul de prévoir ce qui arrivera. C'est à faire à lui. C'est folie à vous de croire. Cinq est à quinze comme vingt est à soixante. À cette partie de trictrac, nous étions cinq trous à dix. Dans cette partie de billard, nous sommes quatre à six. Je suis ici à l'attendre. Je suis encore à savoir comment. Cet homme est à craindre. Avec ellipse de soit : Honneur aux braves, c'est-à-dire honneur soit aux braves, et ainsi pour les exemples suivants : Gloire à Dieu dans le ciel ! Guerre aux châteaux et paix aux chaumières ! Malheur aux vaincus ! Les fureurs de la terre Ne sont que paille et que verre à la colère des cieux. [Malherbe II, 2]

  • 19Locutions avec avoir. Avoir affaire à quelqu'un. Il y a de la folie à croire que.... Je n'avais rien à vous écrire. Vous n'avez qu'à parler. J'ai à vous entretenir. Il y aurait à craindre. Le temps que j'ai à vivre. L'argent que j'ai à dépenser. Ils eurent un peu à souffrir sous ses successeurs. [Bossuet, Discours sur l'histoire universelle]

  • 20Locutions avec faire suivi d'un infinitif. J'ai fait faire un habit à mon tailleur. Il a fait accepter un cadeau à son ami. Faire prendre les armes à la troupe. Ils l'ont fait recevoir [la bulle] au clergé. [Pascal, Les provinciales]

  • 21Locutions avec se laisser et un infinitif. Se laisser séduire aux voluptés. Se laissant conduire à leurs inclinations et à leurs désirs. Ne nous laissons pas abattre à la tristesse. [Pascal, édit. Cousin.]

  • 22Locutions avec ouïr dire, voir faire, entendre dire, etc. J'ai ouï dire à des vieillards.

    REMARQUE

    Des lexicographes ont critiqué cette locution, comme étant amphibologique et pouvant signifier : j'ai entendu qu'on disait à des vieillards ; ils voulaient que l'on mît : " J'ai ouï dire par des vieillards. " Mais ce scrupule est excessif ; ouï dire est une locution inséparable et on ne peut jamais intercaler quelque chose entre ouï et dire, ni supposer, j'ai ouï quelqu'un dire à des vieillards. Cela étant impossible, le sens de la locution ne prête à aucune amphibologie. On dira de même : j'ai entendu dire à votre frère que vous viendrez, c'est-à-dire j'ai entendu votre frère qui disait : j'ai vu faire à ces hommes une action généreuse, c'est-à-dire j'ai vu ces hommes faisant. Mais il n'en serait plus de même si un pronom intervenait au lieu d'un nom : je lui ai entendu dire ; je lui ai vu faire ; je lui ai vu donner ; l'amphibologie commence, et il y a à distinguer deux cas :

    1° si le verbe à l'infinitif ne peut avoir de régime indirect avec à, la locution est bonne, l'amphibologie n'existe pas : je lui ai vu franchir le fossé : on ne dit pas franchir à quelqu'un ; le cas n'est pas douteux ; je l'ai vu franchissant le fossé ; je lui ai vu faire une action généreuse ; on ne dit pas faire à quelqu'un ; le sens est donc, je l'ai vu faisant.

    2° Si le verbe à l'infinitif peut avoir un régime indirect avec à, l'amphibologie commence réellement : je lui ai vu donner un soufflet pourrait également signifier, je l'ai vu donnant un soufflet, et j'ai vu qu'on lui donnait un soufflet. On évitera donc cette tournure.

  • 23Locutions avec attendre. J'ai attendu à vous parler que tout le monde fût sorti. Elle.... Attend l'ordre d'un père à choisir un époux. [Corneille, Le Cid]

  • 24Locutions avec trouver. J'ai trouvé à votre ami un air soucieux. Trouver à dire. Écoutez si vous trouvez l'air à votre goût. [Molière, Les précieuses ridicules]

  • 25Devant de. Rien ne plaît à des gens malades. Répondez avec fermeté à de telles prétentions. Il se livre à des extravagances. À de plus hauts partis Rodrigue doit prétendre. [Corneille, Le Cid] Cette locution s'explique par la construction partitive (voir DE).

  • 26De.... à. De Paris à Rouen il y a trente lieues. D'eux à moi il y a cette différence. D'homme à homme. Elliptiquement : vingt à trente, dix à douze, pour de vingt à trente, de dix à douze. Du matin au soir. De la tête aux pieds. Du jour au lendemain. De vous à moi. De nation à nation. Vivre de pair à compagnon. Traiter de Turc à More. De gré à gré.

  • 27Locution à qui. C'était à qui partirait le premier. Ils se disputent à qui sera préféré à l'autre. Tirons à qui jouera le premier. Eh bien ! gageons nous deux à qui plus tôt aura dégarni les épaules Du cavalier. [La Fontaine, Fables]

  • 28Locutions par pléonasme. à est suivi d'un pronom personnel reproduisant le pronom possessif qui précède. C'est mon opinion à moi. Votre devoir à vous, est de partir. Sa manière à lui, c'est de parler par sentences. Leur gain à eux est de cent francs.

  • 29Locution populaire, la barque à Caron. Cette tournure n'est plus usitée que dans cette locution, et ce serait une faute que de s'en servir autre part. Pourtant elle n'est qu'un archaïsme, et, aujourd'hui encore, on dit parmi les ouvriers et les gens de campagne : la femme à Jean, la fille à Thomas, la soeur au bedeau.

 

REMARQUE

À étant entre deux substantifs où le conséquent détermine l'antécédent, le conséquent doit-il prendre le pluriel, quand l'antécédent change de nombre, ou quand le conséquent peut représenter une pluralité ? En d'autres termes, si l'on écrit fruit à noyau, faut-il écrire, au pluriel, fruits à noyau ou à noyaux ; et faut-il écrire arbre à fruit ou à fruits ? Il y a quatre cas :

1° L'antécédent est au singulier ou au pluriel, et le conséquent n'est pas susceptible de pluralité ; alors on met toujours le singulier : pomme à cidre et pommes à cidre ; mouche à miel et mouches à miel ; machine à vapeur et machines à vapeur ; une arme à feu, des armes à feu ; un moulin à eau, des moulins à eau ; une rente à perpétuité, des rentes à perpétuité ;

2° l'antécédent est au singulier ou au pluriel, et le conséquent indique la pluralité : une bête à cornes, des bêtes à cornes ; un serpent à sonnettes, des serpents à sonnettes ; un homme à projets, à préjugés ;

3° le conséquent est nécessairement singulier ; alors quand l'antécédent est mis au pluriel, on peut maintenir le conséquent au singulier, attendu qu'il est unique pour chaque antécédent, ou le mettre au pluriel en considérant qu'il y en a autant que d'antécédents : une comète est un astre à queue ; les comètes sont des astres à queue ou à queues ; manchette à dentelle, manchettes à dentelle ou à dentelles ; couteau à ressort, couteaux à ressort ou à ressorts ; cuiller à pot, cuillers à pot ou à pots. L'usage le plus ordinaire est de mettre le singulier ; mais, comme on voit, le pluriel n'est pas une faute ;

4° le conséquent, bien que multiple, peut être considéré comme un nom collectif, par exemple, fruit, feuille, fleur, puisqu'on dit le fruit de cet arbre, la fleur du poirier, la feuille de l'acacia. Dans ce cas, on peut mettre le nombre que l'on veut, que l'antécédent soit au singulier ou au pluriel : arbre à fruit ou à fruits, arbres à fruit ou à fruits ; mais si le conséquent ne se prend pas habituellement au sens collectif, il faut toujours le mettre au pluriel. Ainsi on ne dira pas fleur à pistil, mais à pistils, fruit à noyau, mais fruit à noyaux, à moins, bien entendu, que la fleur n'ait qu'un pistil, le fruit qu'un noyau. Considérer ces mots-là comme collectifs se peut à la rigueur ; mais c'est leur attribuer un usage qu'ils n'ont pas, et dès lors il vaut mieux suivre l'idée naturelle, qui est celle du pluriel.

2. On lisait dans l'avant-dernière édition du Dictionnaire de l'Académie : il y avait sept à huit personnes dans cette assemblée. La dernière édition et tous les grammairiens modernes condamnent cette locution. On ne peut employer la préposition à qu'entre deux nombres qui en laissent supposer un intermédiaire ou qu'entre deux nombres consécutifs, quand il s'agit de choses qu'on peut diviser par fractions. Mais, dans l'exemple cité, il faut la conjonction ou, parce qu'une personne ne se divise pas. Les bons auteurs ont reconnu la règle donnée ici. On a pris ou tué aux Allemands sept à huit cents hommes. [Racine, Lett. à Boil. XLI] La faute vulgaire provient d'une extension non raisonnée du cas où la locution convient, sept à huit livres, au cas où elle ne convient pas, sept à huit hommes.

3. C'est à lui à qui on en veut. Dites c'est à lui qu'on en veut, ou c'est lui à qui on en veut. L'usage actuel condamne la répétition de à ; et c'est en effet un pléonasme. Ainsi on trouve une faute dans ce vers de Boileau : C'est à vous, mon esprit, à qui je veux parler, Sat. IX. Mais si Boileau y avait vu une faute, il lui était bien facile de l'éviter, en mettant : Oui, c'est vous, mon esprit, à qui je veux parler. Le fait est que de son temps cela n'était pas considéré comme une faute. Ses contemporains ne se font aucun scrupule de répéter à. Que de son cuisinier il s'est fait un mérite, Et que c'est à sa table à qui l'on rend visite. [Molière, Le misanthrope] Les auteurs plus anciens usent également de cette façon de parler. Aujourd'hui on rejette absolument ce pléonasme.

4. On dit, à Paris, à Bordeaux, quand il s'agit de la demeure, soit fixe, soit passagère. Il est à Paris, il réside à Paris, il passera quelques jours à Paris ; autrement, on peut dire dans : il y a douze cent mille habitants dans Paris

5. à devant les noms de lieux. 1° On se sert toujours de à devant les noms de villes ou de villages : aller ou résider à Paris, à Meudon, à Saint-Cloud ; 2° de en devant les noms de continents, de pays, de provinces, quand ils sont féminins. Aller ou résider en France, en Afrique, en Algérie, en Angleterre, en Normandie ; 3° de à, s'ils sont masculins : aller ou résider au Japon, au Mexique, au Canada, au Perche, au Maine : Cependant on dit : en Portugal, en Danemark, en Béarn, bien qu'ils soient masculins ; 4° autrefois la distinction entre l'emploi de à et celui de en n'était pas faite, et l'on disait aller à l'Amérique. L'un des trois jouvenceaux Se noya dès le port, allant à l'Amérique. [La Fontaine, Fables] De cet ancien usage il est resté, à la Chine : aller à la Chine ; mais on commence à dire de préférence, en Chine.

6. C'est à vous à faire cela ; c'est à vous de faire cela. Ces deux tournures s'emploient l'une et l'autre et sont équivalentes ; il est impossible de fixer entre elles une nuance réelle et fondée sur l'usage. C'est au prince à juger de ses ministres. [D'ablanc. dans BOUHOURS] Ces deux tournures, autorisées par l'usage, n'ont pas un titre égal devant la grammaire. C'est à vous de parler s'explique grammaticalement : de parler est à vous. Mais c'est à vous à parler ne s'explique pas ; il faut y voir une incorrection causée par l'oreille, que le premier à décida à en vouloir un second.

7. On doit répéter la préposition à devant chacun de ses compléments : il écrit à Pierre et à Jean, et non, il écrit à Pierre et Jean ; il aime à lire et à écrire, et non à lire et écrire. Ainsi on n'imitera pas ces exemples de Molière : On sait bien que Célie A causé des désirs à Léandre et Lélie. [Molière, L'étourdi, ou Les contretemps] Exceptions : Parmi tous les romans de l'antiquité, je donne la préférence à Théagène et Chariclée, parce que ces deux mots Théagène et Chariclée, étant le titre d'un ouvrage, ne font qu'une expression unique. Par la même raison on dira, il aime à aller et venir, parce qu'aller et venir forment une locution. On pourra semblablement supprimer à quand deux verbes placés l'un à côté de l'autre ressembleront à une locution ; ce qui est délicat à apprécier. Supprimer à n'est point une faute contre la logique ou la grammaire ; c'est seulement une faute contre un usage qui, dans le fait, est favorable à la clarté.

8. à se répète avec l'un et l'autre. Cela convient à l'un et à l'autre, et non à l'un et l'autre. Cependant, en poésie, la règle ne s'observe pas. À l'une ou l'autre enfin votre âme à l'abandon Ne lui pourra jamais refuser ce pardon. [Corneille, Pertharite, roi des Lombards]

9° Locut. vic. Le fils à Guillaume. Loc. corr. Le fils de Guillaume. Le rapport d'origine n'est plus marqué par la prép. à. Ne dites pas non plus, la maison à mon père. Loc. vic. Je suis l'aîné à mon frère qui est à Paris. Loc. corr. Je suis l'aîné de mon frère qui est à Paris. Loc. vic. Je suis cousin à votre apothicaire. Loc. corr. Je suis cousin de votre apothicaire. Loc. vic. Sept ôtés de dix, reste à trois. Loc. corr. Sept ôtés de dix, reste trois ; comme s'il y avait, il reste trois. Loc. vic. Il demeure à la grande rue. Avez-vous votre mouchoir à la poche ? Loc. corr. Il demeure dans la grande rue. Avez-vous votre mouchoir dans votre poche ?

+

À.

29Ajoutez : Pour l'emploi populaire et archaïque de à au sens possessif, on peut citer : épouvantail à chènevière, et cet exemple de La Fontaine :.... car le greffe tient bon, Quand une fois il est saisi des choses : C'est proprement la caverne au lion, Oraison.

Joinville disait comme nos paysans : La comtesse Marie qui fut soeur au roi de France, édit. de la Bibl. nat. p. 17.


 

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4 Le Dictionnaire de l'Ancienne Langue Française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle –1881

 

 

 

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ET DE

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DU IX AU XVe SIECLE

 

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Dictionnaire Godefroy

 

 

4 Le Dictionnaire de l'Académie –8ème édition – 1882-1935

 

 

 

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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