16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 08:55

LES DÉLIRES

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« Voudrais-tu que mon âge, avant le temps, par tes questions s'envieillisse ? » gronda Marie Cratère.

 

À peine avais-je eu le temps de me remettre de mes émotions, et Marie Cratère de la jouissance inespérée qu'elle avait eue à me porter secours — elle croyait à présent que la gratitude que j'aurais pour elle ferait de moi son esclave — que je saisis l'occasion de lui demander pourquoi elle s'était donné la mission de venir au secours de ses semblables, dans quelque bourbier qu'ils se fussent fourrés.

Mais elle fuyait toutes les questions comme la peste et m'envoya sur les roses° comme tu viens de l'entendre, cher lecteur.

Elle était toujours le contraire de ce à quoi je m'attendais.

J'insistai avec toute la douceur dont je fus capable, sachant bien qu'elle ne pouvait être insensible aux flatteries qu'elle prendrait forcément pour des compliments. Mine de rien, n'en était-elle pas friande ? Je l'eusse parié.

 

« Marie, j'ai vu, dans la forêt, des pauvres gens, hagards et terrorisés, qui s'enfuyaient et se cachaient ; toi qui es sensible à la détresse humaine, et qui exerces ton art dans le dessein de guérir toutes les maladies de tes semblables, dis-moi Marie, dis-moi pourquoi ils se dérobaient ainsi aux yeux du monde, pourquoi ils ont quitté leur cité pour cette forêt inhospitalière, et pourquoi ils se terrent dans des trous.

—Mes semblables ! Tu as dit mes semblables, ricana-t-elle. Ma pauvre fille, tu ne sais pas de quoi tu parles ! »

 

Qu'avais-je donc espéré qu'il fût possible de savoir ? Après l'aide si précieuse que m'avait apportée Marie Cratère, je crus que nos relations seraient au beau fixe, quelque temps pour le moins. Ne l'avais-je pas comblée en m'efforçant de lui être agréable et en accédant à ses désirs ? Et voilà qu'à cet instant, elle me tenait des propos qui m'ôtaient tout espoir de recevoir des réponses claires sur les sujets qui me tenaient à coeur. Peut-être tarderai-je encore longtemps de les connaître.

L'ardeur que j'avais mise à lui obéir aurait-elle jamais aucun effet sur son coeur ? Je me demandais ce qui lui plairait que je pusse faire pour la fléchir un jour, et combien il me faudrait attendre encore pour arracher d'elle quelque chose qui pût me satisfaire.

 

Pour tout réconfort - qui diable y eût cru ? - je dus me contenter d'avaler une écoeurante ripopée. Je n'osai en laisser la moindre goutte de peur de froisser mon hôte. Après avoir sauvé ma vie, la vieille Marie ne me ménageait guère et me faisait bien sentir que rien, entre nous n'avait changé.

Elle ne m'approuvait pas mais il n'était point l'heure pour elle de me chanter la palinodie°. Elle resta longtemps silencieuse, m'observant de ses petits yeux bordés d'écarlate. Je n'eusse point connu Marie, elle m'eût donné sur les nerfs°. Mais je tâchais à rester patiente.

 

Prétatou, après s'être senti bien inutile de n'avoir pu me porter secours, s'était livré sans mesure aux ébattements quand il m'avait vue saine et sauve. Sa joie fut de courte durée. Il miaula, pour faire diversion, l'atmosphère s'appesantissant de minute en minute.

« Qu'entends-je que ton cador murmure ? Ose-t-il s'immiscer dans nos affaires ? » rugit la vieille qui déversa sur lui son humeur querelleuse.

Elle aurait bien voulu donner du balai° mais elle doutait que je fusse restée chez elle, si d'aventure elle s'en fût prise à mon chien.

......................................................

*Titre : Le soleil est nouveau chaque jour. Aristote, Météorologiques

 

NOTES

 

Titre : les agissements ambigus de Marie Cratère

au singulier, ambigu, ambiguë (féminin)

ambigu, flou, équivoque, qui peut avoir plusieurs interprétations.

adverbe, ambigument.

 

Voudrais-tu que mon âge, avant le temps, par tes questions s'envieillisse ?

Envieillir, s'envieillir, envieilli

Littré

♦ envieillir 1 devenir vieux 2 faire paraître vieux

♦ s'envieillir, Devenir vieux. Mon âge, avant le temps, par mes maux s'envieillit. [Régnier, Élégies]

♦ envieilli, 1 devenu vieux

2 Fig. Qui a contracté par le long temps quelque habitude bonne ou mauvaise. Les pécheurs les plus envieillis. [Pascal, Les provinciales]

3 invétéré, en parlant des choses. Une haine envieillie en un coeur déloyal. [Tristan, La Mort de Chrispe]

 

À peine avais-je eu le temps de me remettre...

inversion fréquente du sujet après les locutions à peine, ainsi, aussi, peut-être...

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

la jouissance inespérée qu'elle avait eue à me porter secours — Elle croyait à présent... —

♦ le participe passé eue s'accorde avec le complément d'objet direct que (antécédent mis pour jouissance) puisqu'il est placé avant lui.

> Règles de l'accord des participes passés

♦ le rôle du tiret dans une phrase ; doit-il être double ?

> Ne pas confondre : trait d'union et tiret

 

pourquoi elle s'était donné pour mission...

pas d'accord avec le participe passé donné ; le complément d'objet direct la mission se trouve après le participe du verbe pronominal se donner ; le pronom réfléchi élidé S' (SE) est complément d'objet second.

> Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux

 

dans quelque bourbier qu'ils se fussent fourrés

♦ quelque... que, locution conjonctive de concession > Quelque... que

fussent subjonctif imparfait

Académie 8e édition, bourbier

Lieu creux et plein de bourbe (fange, boue). S'engager, entrer, tomber dans un bourbier. Se tirer d'un bourbier. Fig. et fam., Se mettre dans un bourbier, S'engager dans une mauvaise affaire. Il s'est mis dans un bourbier d'où il aura peine à se tirer.

 

envoyer sur les roses°, expression familière, se dit cavalièrement à quelqu'un dont on veut se débarrasser.

envoyer paître, envoyer se faire voir, envoyer au diable, aller voir ailleurs si j'y suis,

 

Elle était toujours le contraire de ce à quoi je m'attendais.

Emploi de quoi : pronom neutre interrogatif qui peut avoir pour antécédent ce, rien, quelque chose, autre chose.

Devinez ce à quoi je pense, ce dans quoi je vis, ce avec quoi je travaille, ce dans quoi je m'embourbe, ce sur quoi je marche. Je n'ai rien à quoi me rattacher ni quelque chose à quoi tenir...

 

elle fuyait toutes les questions comme la peste

> Comparaisons – léger comme... méchante comme... long comme... nu comme... sourd comme... solide comme... ronfler comme... sauter comme... battre comme... jurer comme... menteur comme... QUIZ 52

 

mine de rien, sans en avoir l'air.

 

toi... qui exerces ton art dans le dessein de guérir...

> Peut-on dire "dans quel but ? dans le but de... " ?

 

je l'eusse parié

subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel, conditionnel passé.

je l'aurais parié

 

Qu'avais-je donc espéré qu'il fût possible de savoir ?

Fût, subjonctif imparfait

cas où le verbe espérer est suivi du subjonctif > Espérer que - J'espère que, je n'espère pas que, espérez-vous que - Prendre garde que - Inutile que - Prendre garde que, à ce que - Faire attention que, à ce que + subjonctif ou indicatif ?

 

Je me demandais ce qui lui plairait que je pusse faire

-Ce qui, ce que, pronoms interrogatifs dans l’interrogation indirecte, jouent le rôle de locutions pronominales interrogatives :

Interrogation directe : Qu'est-ce qui te plaira ?

indirecte :Je demande ce qui te plaira.

au passé : je me demandais ce qui te plairait.

De même avec ce que

Que dit-elle ? Je ne sais pas ce qu'elle dit - Je ne savais pas ce qu'elle disait.

-Pronoms relatifs sans antécédent : Je ne pouvais pas lui dire : « Ce qui m'est odieux, Marie, c'est ton hypocrisie. » la relative ce qui m'est odieux est sujet réel de est dans c'est ton hypocrisie.

Elle est odieuse, ce qui me rend nerveuse - Dans ce cas ce qui remplace la proposition précédente, il est sujet de rend.

Ce que tu me demandes est inadmissible. Ce que est complément d'objet direct de demandes.

 

Peut-être tarderai-je encore longtemps de les connaître.

Tarder de ou tarder à

tarder de, littéraire.

> Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

 

quelque chose qui pût me satisfaire

subjonctif dans une proposition subordonnée relative contenant une idée de conséquence

 

Qui diable y eût cru ?

Qui diable aurait cru à un quelconque réconfort ?

 

Je dus me contenter d'avaler une écoeurante ripopée

Littré, ripopée :

Terme familier et de mépris. 1-Mélange que les cabaretiers font des différents restes de vin. Ce n'est que de la ripopée. 2-Mélange de différentes sauces, de différentes liqueurs. Quelle ripopée faites-vous là ? 3-Fig. et familièrement. Ouvrage, écrit composé d'idées communes, incohérentes, etc.

 

Mon hôte

♦ une hôte ou une hôtesse, celle qui reçoit.

Une hôte, celle qui est reçue.

♦ mon au lieu de ma pour éviter l'hiatus, le h de hôte étant muet.

> L'euphonie - Emploi des lettres euphoniques pour éviter l'hiatus – Vas-y ET Va y comprendre quelque chose ! – Va-t'en OU Va-t-en ?

> La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction 

 

Avoir les yeux bordés d'écarlate°

Locution vieillie, avoir les yeux rouges, enflammés.

 

Chanter la palinodie°, locution, au sens figuré, désavouer ce qu'on a dit auparavant.

Rappelle-toi, lecteur qui suit les aventures d'Oli depuis si longtemps, Marie Cratère aime Oli, elle l'aime avec passion, quoiqu'elle lui fasse subir continûment des vexations et des mauvais traitements.

 

Je n'eusse point connu Marie, elle m'eût donné sur les nerfs°.

Donner sur les nerfs (à quelqu'un)°, expression familière, l'irriter.

♦ Je n'eusse point connu Marie, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé > je n'aurais point connu Marie...

 

Je tâcherais à rester patiente

♦ noter la préposition, tâcher à + infinitif (littéraire et vieilli)

> je m'efforcerai à rester patiente

Plus couramment tâcher de

♦ autre sens de tâcher, s'occuper.

 

ébattement, action de s'ébattre pour manifester sa gaieté.

 

Qu'entends-je que ton cador murmure ?

cador, mot qui vient de l'arabe > argot pour chien

Ni l'Académie ni le Trésor n'admettent le mot.

 

Elle aurait bien voulu donner du balai° mais elle doutait que je fusse restée chez elle si d'aventure elle s'en fût prise à mon chien.

♦ donner du balai° s'en débarrasser

♦ elle doutait que je fusse restée

> Douter que, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que... Je me doute que, il ne se doute pas que... + indicatif ou subjonctif ?

♦ si elle s'en fût prise à mon chien

Cf. Académie (8e édit.) S'en prendre à quelqu'un, Lui attribuer quelque faute, vouloir l'en rendre responsable, lui en donner le tort. On s'en prend à moi, comme si j'étais pour quelque chose dans cette affaire.

> les modes employés après la conjonction de subordination si

Si + indicatif, subjonctif, quel mode choisir ?

 

> À savoir : le conditionnel n'est plus considéré comme un mode, ses temps font partie de l'indicatif.

Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur antérieur du passé - Le futur antérieur hypothétique

 

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 06:50

FLORILÈGE

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Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

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-26- 

 

Pensées - Le Pari

 

Blaise Pascal

1623-1662

Philosophe, moraliste, théologien,

mathématicien, physicien, inventeur.

 

 

Pascal ne se pose pas la question de savoir si Dieu existe ou s'il n'existe pas. Pour lui, il n'y a aucun doute, Dieu existe. Il s'agit ici, non pas de nous convaincre de l'existence de Dieu mais de nous amener à réfléchir s'il n'est pas de notre intérêt de miser sur son existence.

Dans le pari qu'il nous propose de faire, il essaie de démontrer que même si nous ne croyons pas en Dieu, cela vaut la peine de parier que Dieu existe. Car, si nous parions qu'il existe, et qu'il existe, nous gagnons la vie éternelle, c'est-à-dire "une infinité de vies infiniment heureuses". Si nous parions qu'il n'existe pas, et qu'il existe, nous avons gros, très gros à perdre ! Et notre vie présente est "si peu de chose et de si peu de durée" que la mise ne pèse pas beaucoup dans la balance.
 

Pensées de Pascal - extraits

Tome II

Pages 9-10

En un mot, l'homme connaît qu'il est misérable. Il est misérable puisqu'il le connaît ; mais il est bien grand puisqu'il connaît qu'il est misérable.

Quelle chimère est-ce donc que l'homme ! Quelle nouveauté, quel chaos, quel sujet de contradiction ! Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, amas d'incertitude ; gloire et rebut de l'univers ; s'il se vante, je l'abaisse ; s'il s'abaisse, je le vante ; et le contredis toujours jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompréhensible.

Pages 24-26 LE PARI

B-[...] On peut bien connaître qu'il y a un Dieu, sans savoir ce qu'il est : et vous ne devez pas conclure qu'il n'y a point de Dieu, de ce que nous ne connaissons pas parfaitement sa nature. [...]

A-[...] Cependant il est certain que Dieu est ou qu'il n'est pas ; il n'y a point de milieu. Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison, dites-vous, ne peut rien y déterminer. Il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu, à cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile : que gagerez-vous ? Par raison vous ne pouvez assurer ni l’un ni l’autre ; par raison vous ne pouvez nier aucun des deux.

B-Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont fait un choix, car vous ne savez pas s'ils ont tort, et s'ils ont mal choisi.

A- Je les blâmerai d’avoir fait, non ce choix, mais un choix ; et celui qui prend croix, et celui qui prend pile, ont tous deux tort ; le juste est de ne point parier.

B- Oui mais il faut parier : cela n'est point volontaire ; vous êtes embarqué, et ne point parier, c'est parier que Dieu n'est pas. Lequel choisirez-vous donc ? Voyons ce qui vous intéresse le moins : vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien ; et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude, et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Parions donc qu'il est, sans hésiter. Votre raison n’est pas plus blessée en choisissant l’un que l’autre ; puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé ; mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte : en prenant le parti de croire ; si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Croyez donc si vous le pouvez.

A- Cela est admirable ; oui, il faut croire ; mais je hasarde peut-être trop.

B- Voyons puisqu'il y a pareil hasard de gain ou de perte, quand vous n'auriez que deux vies à gagner pour une, vous pourriez encore gager. Et s'il y en avait dix à gagner, vous seriez imprudent de ne pas hasarder votre vie pour en gagner dix à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain. Mais il y a ici une infinité de vies infiniment heureuses à gagner avec pareil hasard de perte et de gain ; et ce que vous jouez est si peu de chose et de si peu de durée, qu'il y a de la folie à le ménager en cette occasion.

Car il ne sert de rien de dire qu'il est incertain si on gagnera, et qu'il est certain qu'on hasarde ; et que l'infinie distance qui est entre la certitude de ce que l'on expose et l'incertitude de ce que l'on gagnera égale le bien fini, qu'on expose certainement à l'infini qui est incertain.

 

Voir la suite page 26 : >> Pensées- Blaise Pascal- Google Livres - Google Books (tome 2)

 

Remarque 1 : On trouve sur la toile plusieurs versions du Pari de Pascal. Les présentations du texte sont différentes de celle que je donne ici. C'est le texte de l'Édition d'Antoine Auguste Renouard, les textes publiés précédemment avaient été mutilés. Voir la préface qu'il signe en 1812 dans le Tome I.

> Pensées- Blaise Pascal- Google Books (tome 1)

 

Remarque 2 : J'ai pris la liberté de modifier la graphie de quelques mots :

vidé > vuidé

connaître > connoitre,

connaissons > connoisssons

connaissance > connoissance...

 

Remarque 3 : Pascal emploie le verbe gager qui signifie parier.

Attention : J'ai lu dans certains textes sur la toile le verbe gagner au lieu de gager, ce qui est une mélecture et une mauvaise copie du texte.

 

 

oooooooooooooooooooooooooooooooooo

 

Arnobe (240?-304?), était un écrivain de langue latine qui enseigna la rhétorique en Afrique du Nord. Après avoir longtemps combattu la religion chrétienne, il se convertit et il écrivit un ouvrage contre les gentils* : De Adeversus nationes.

*Les auteurs chrétiens appelaient les païens les gentils

Montaigne, Bossuet, La Fontaine se sont inspirés de lui ; et Pascal, comme en témoigne le texte qui suit.

Arnobe s'adresse ici aux gentils et leur propose un pari.

 

Voici, bien avant Pascal, le pari d'Arnobe. 

Le Christ n'apporte lui-même aucune preuve de ses promesses, dites-vous. Certes, les événements à venir ne peuvent être prouvés. Mais du fait que, par nature, l'avenir ne se laisse appréhender ni embrasser par aucune prévision, y a-t-il meilleur choix, entre deux possibilités incertaines et prochaines, que de croire plutôt en celle qui apporte quelque espoir qu'en celle qui n'en laisse pas subsister un seul ? Dans le premier cas, on n'a rien à redouter si ce que l'on attend n'aboutit qu'au néant. Dans le second, on subit un immense dommage, la perte du salut, si, le moment venu, il apparaît que ce n'était pas mensonge.

Que pouvez-vous répondre, ignorants dignes de nos pleurs et de notre pitié ? Ne vous terrifie-t-elle pas, l'idée que l'objet de votre mépris et de votre dérision puisse être vrai ?

 

oooooooooooooooooooooooooooooooooo

Pour lire d'autres textes >>> Florilège – La pensée des autres

 

 

 

 

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 17:27

 

LES DÉLIRES

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Quel mode emploie-t-on après Surpris que..., surpris de ce que...  ?

Voir la note en vert.

Mon travail dans le drôle de logis de Marie Cratère étant terminé, je m'apprêtai à prendre quelque repos. Je savais que le banc de pierre scellé contre le pignon de la maison était tout disposé à m'accueillir.

En sortant, je remarquai qu'une niche avait été aménagée, très haut, dans l'arête du mur, et qu'on y avait installé, en des temps très anciens, une statue de granit. On pouvait deviner qu'elle représentait un chevalier debout, tout armé, avec son heaume, son armure, sa lance et son écu. Les intempéries, insensibles à toute forme artistique, en avaient rongé les détails, sans pour autant retirer, à cette noble figure, son allure altière.

Ce qui m'intrigua ne fut pas qu'elle se trouvât là, tant s'en faut, la maison avec ses caractères étranges ne me déconcertait plus guère, mais le socle, qui retenait le noble personnage afin qu'il restât vertical, s'était émoussé au fil du temps, de sorte que la statue penchait, et qu'elle penchait dangereusement, au risque de ne plus se maintenir.

Ce que voyant, je décidai, sans bien réfléchir je l'avoue, et avec toute la témérité dont tu me sais capable, fidèle lecteur, de sauver ce digne objet et de le rétablir dans sa majestueuse verticalité.

On peut être surpris de ce que je commets parfois des imprudences.

Ayant grimpé sur le banc qui n'était destiné qu'à recevoir mon séant, je me hissai donc sur la pointe des pieds et étendis les bras pour me saisir du preux. Bien qu'il fût très lourd, je le sentis bouger, instable, entre mes mains, mais je n'étais pas assez forte, dans cette position pour le moins inconfortable, pour le rétablir comme je l'aurais voulu, et si, à cet instant, je l'avais lâché, j'ose à peine imaginer ce qui serait advenu de lui... et de moi.

Plût à Dieu que j'eusse alors assez de force pour parvenir à mes fins !

 

Une petite goutte au bout de mon nez vint à me chatouiller. Mais j'avais les deux mains prises, bien occupées qu'elles étaient à retenir fermement la statue branlante et je n'avais pas l'intention de la laisser choir, d'autant que j'étais de plus en plus certaine qu'elle me serait tombée dessus si d'aventure j'avais cessé de la retenir. La sensation que j'éprouvais au bout de mon nez était si vive que je me demandais comment il se faisait qu'une goutte aussi petite arrivât à ce point à capter toute mon attention. Mon esprit se révolta. L'idée même que cette infime goutte devînt le centre d'une unique préoccupation — à savoir que ce chatouillement dût cesser promptement — m'empêchait de me concentrer sur l'activité commencée. Et l'alternative qui se présentait à moi ne me donnait pas un choix véritable. Soit que je continuasse à essayer de remettre la statue en place en supportant l'insupportable chatouillis, soit qu'il me fallût me gratter d'urgence le bout du nez, et dans ce cas, j'allais tout lâcher et recevoir l'indocile objet sur la tête ; tout me sembla sans issue. J'imaginai alors avec effroi que ma vie, à coup sûr, serait différente de celle que j'avais eue jusqu'aujourd'hui. Mais voilà que la démangeaison arriva à son comble. Qu'elle en vînt à subjuguer ma pensée m'étonna au plus haut point. Que mon corps tout entier fût dominé par une goutte minuscule me mit dans une colère noire. Tous mes efforts tendaient à m'obliger à rester calme, autant que je le pouvais, dans ce moment qui était, croyez-moi, je vous l'assure, un vrai moment de torture. Mon attention était captive, avec tant d'acuité, de ce petit rien, ou, pour le moins, de l'effet qu'il produisait sur ma personne que j'étais bien incapable de réfléchir à la façon la plus rapide de remettre sur pied la statue qui, comme mue d'une vie propre, commençait à trembler dans mes mains, lesquelles étaient prises soudain d'un trouble nerveux contre quoi je me sentis bien impuissante. Elle oscillait dangereusement, elle tanguait comme sur un bateau ivre dans la tempête, et ce tremblement s'accélérait sans que j'y pusse rien et je voyais approcher avec effroi l'instant où tout basculerait. Mes pieds, haussés sur leurs pointes menaçaient de lâcher ; mes mains s'engourdissaient. La goutte perla. Une violente envie de pleurer me prit par surprise et je mesurai à quel point mon imagination exacerbée me fit me représenter déjà tombée sur le sol, la tête broyée par l'impitoyable chevalier.

La pensée de la mort imminente me traversa, fulgurante. Et je songeai en un éclair que cette mort, qui allait survenir, me priverait irrémédiablement de la possibilité de découvrir tout ce que je voulais savoir du monde où je vivais.

Au moment ultime où aucune solution salvatrice ne s'offrait à moi, je sentis les deux bras secourables de Marie Cratère qui venait à point nommé de se hisser à côté de moi. J'en vins presque à croire au miracle. J'eus tout juste le temps de m'étonner de la voir tout à coup plus grande qu'elle me fût jamais apparue. Elle se saisit vigoureusement de la statue près de tomber et la cala autoritairement dans sa position originelle, telle qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être.

Et je pus, sitôt que je fus sauvée, me gratter le nez.

...................................................

 

NOTES

 

je m'apprêtai à prendre quelque repos

passé simple, le temps du récit.

 

Le banc de pierre, scellé contre le pignon de la maison était tout disposé à m'accueillir.

♦ Le banc de pierre était tout disposé à m'accueillir 

Une figure de style, LA PERSONNIFICATION. 

Aussi dans > Les intempéries, insensibles à toute forme artistique...

Le pignon (de la maison)

Cf. Littré - Terme d'architecture. La partie des murs qui s'élève en triangle et sur laquelle porte l'extrémité de la couverture. J'habitais au milieu des hauts pignons flamands. [Victor Hugo, Les Contemplations V, 8]

Avoir pignon sur rue signifiait autrefois avoir une maison dont le pignon donne sur la rue. Aujourd'hui, être fortuné, être reconnu dans une activité particulière.

 

Une statue de granit, ou de granite.

Le granit est une roche éruptive, cristalline, dure et d'aspect granuleux.

 

un chevalier avec son heaume, son armure, sa lance et son écu

le heaume, casque du Moyen Âge qui enveloppait la tête et auquel on avait pratiqué des ouvertures pour les yeux.

L'écu, le bouclier du chevalier.

 

Son allure altière, d'une fierté hautaine.

 

Ce qui m'intrigua ne fut pas qu'il se trouvât là, tant s'en faut

♦ trouvât, subjonctif imparfait.

> Valeurs et emplois du subjonctif

♦ tant s'en faut, loin de là.

À noter : l'expression Loin s'en faut est fautive.

 

au risque de ne plus se maintenir

se maintenir peut s'employer sans complément prépositionnel.

au risque de ne plus se maintenir dans sa position première, de bout...

 

Ce que voyant,...

en voyant cela.

survivance qu'une syntaxe ancienne : ce que suivi d'un participe présent.

Ce qu'entendant,... est plus rare.

 

On peut être surpris de ce que je commets parfois des imprudences.

Ou bien

♦ On peut être surpris que je commette parfois des imprudences

> Cf. Littré - Surpris dans le sens de étonné, régit l'indicatif après de ce que : Vous êtes surpris de ce qu'il ne vient pas. Mais après que, il régit le subjonctif : Vous êtes surpris qu'il ne vienne pas.

 

Mon séant, mon fessier, mon derrière.

 

Bien qu'il fût très lourd, je le sentis bouger

fût subjonctif imparfait

> Bien que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ? 

 

ce qui serait advenu de moi

advenir, dans la langue courante, se produire comme d'une chose possible.

 

Plût à Dieu qu'il me donnât assez de force pour tenir !

Tournure qui exprime un souhait, subjonctif optatif.

Plût à Dieu..., subjonctif imparfait

Plaise à Dieu..., subjonctif présent

 

La maison... ne me déconcertait plus guère

ne... plus guère,

synonyme, ne... plus beaucoup.

 

Une petite goutte au bout de mon nez vint à me chatouiller.

Venir à, suivi d'un infinitif, signifie que le fait est inattendu ou qu'il est arrivé à son aboutissement : en venir à.

> j'en vins presque à croire au miracle.

 

Mais j'avais les deux mains prises, bien occupées qu'elles étaient à retenir ...

occupées, attribut de elles

 

soit que je continuasse à essayer... soit qu'il me fallût me gratter...

la locution conjonctive marque l'alternative

> Soit que... soit que - subjonctif

 

en supportant l'insupportable

Une figure de style, LE POLYPTOTE est la répétition d'un même mot revêtant différentes formes grammaticales dans une même phrase.

 

Qu'elle en vînt à subjuguer ma pensée m'étonna au plus haut point.

subjuguer, soumettre par la force.

vînt subjonctif dans une propostion introduite par que en tête de phrase. Même chose pour la phrase suivante.

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

celle que j'avais eue jusqu'aujourd'hui 

> Jusque, jusqu'à, jusqu'hier, jusques, jusques et y compris, jusques à quand, jusqu'à ce que...

 

une colère noire

> Jeux sur les couleurs : Complétez les phrases avec des noms de couleurs

 

ce tremblement s'accélérait sans que j'y pusse rien

sans que j'y pusse quelque chose.

Pas de ne négatif ni de ne explétif.

> Sans que

 

> NE explétif - Quand peut-on l'employer ? - sans que je ne - avant que je ne - je crains que tu ne - j'empêche que tu ne - je m'attends à ce que tu ne - je ne nie pas que tu ne...

et > Rien.

 

la voir tout à coup plus grande qu'elle me fût jamais apparue

> Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques... + Adverbes et locutions adverbiales de temps

 

la statue près de tomber

> Ne pas confondre : près de, prêt à 

 

Et je pus, sitôt qu'elle m'eut sauvée, me gratter le nez.

♦ sitôt que (langue soutenue), aussitôt que, après que,

♦ eut sauvée, passé antérieur.

Ne pas confondre passé antérieur et subjonctif plus-que-parfait

> Passé simple ou subjonctif imparfait ? Passé antérieur, subjonctif plus-que-parfait ou conditionnel passé ? QUIZ 29

locutions conjonctives de temps suivies de l'indicatif.

Voir Sitôt que simultanéité, antériorité

♦ elle m'eut sauvée, le participe passé conjugué avec avoir s'accorde avec le complément d'objet direct me ( féminin) placé avant lui.

> Règles de l'accord des participes passés

 

SURPRIS ou ÉTONNÉ

Le célèbre lexicographe français Émile Littré avait l'habitude de travailler de longues heures dans son cabinet, ou personne n'osait le déranger. Mais un jour, son épouse, qui avait une affaire urgente à discuter avec lui, monta quand même au cabinet de M. Littré pour lui parler. Elle ouvrit la porte, entra - et trouva son mari avec la bonne !

-Monsieur, je suis surprise ! s'écria la bonne dame, bouche bée.

-Non, madame, lui répondit le grand lexicographe, sans pourtant tourner la tête – c'est moi qui suis surpris ; vous, vous êtes étonnée !

Pour un vrai lexicographe la distinction de sens reste, comme on le voit, le point central dans n'importe quelle situation.

Note de mamiehiou : Il y a beau temps que je connais cette anecdote pour l'avoir inscrite dans mes petits carnets. Malheureusement j'ai omis d'en écrire le nom de l'auteur et je ne m'en souviens plus.

 

J'ai retrouvé ce texte sur la toile, mais sans le nom de son auteur, dans le Dictionnaire explicatif et combinatoire du français contemporain: ... - Volume 4 - Page ix - Résultats Google Recherche de Livres

books.google.fr/books?isbn=2760617386

Igorʹ Aleksandrovič Melʹčuk, Igor A. Mel'cuk, Nadia Arbatchewsky-Jumarie

Étonnant, non !

 

>> 161 Délires où ma joie demeure*

<< 163 Délires sur les agissements ambigus de Marie Cratère « Le soleil est nouveau chaque jour* »

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 15:30

Les poèmes de mamiehiou

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Rien qu'un avertissement : Ceci n'est presque rien et n'a rien d'un poème

  ................. 

 

 

RIEN

.

mais alors, rien du tout.

 

rien de rien.

 

Que dalle !*

 

Fifre ! Nib !

 

Mais si, un tout petit rien.

 

Tout petit petit.

 

Mais vraiment petit, alors.

Et ce n'est pas rien.

 

Une vétille,

une babiole,

une broutille,

une bricole,

une broquille,

une misère,

une poussière.

 

Mais que pourrai-je donc faire avec rien ?

Et même avec un tout petit rien ?

Pas grand-chose ! 

 

Votre indifférence ne diminue en rien

les sentiments qui sont les miens

et qui durent.

 

Impossible d'en rien conclure.

 

Je doute que vous ayez rien compris.

Vous vous gardez bien d'en rien dire

et d'en rien faire aussi.

Mais je ne vous empêcherai point d'en rien penser.

 

Je ne veux voir rien d'autre que vous...

 

Même si je vous aimais plus que rien au monde,

vous me verriez impuissante à rien tenter.

Que rien de vous ne me morfonde !

Je tremble rien qu'à y penser...

Non, non, ce n'est rien.

Pour peu qu'il vous en chaille !

Rien qui la peine vaille.

 

On n'a rien sans rien,

me dis-je.

Il suffirait d'un rien

qui vous oblige,

vous sauriez tout en un rien de temps !


Vous refusez-vous d'en rien croire ?

Vous n'entendez rien à rien ! 

Voire !

 

Vous dites que je suis une moins que rien

et rien moins qu'une bonne à rien.

 

Vous dites que je n'ai rien pour moi,

  aussi que je suis un rien moche.

que je n'ai rien,

ne vis de rien.

Rien dans les mains, rien dans les poches !

 

Loin d'en rien soupçonner

— et je n'en pense pas moins —

je ne dirai rien,

rien qui puisse vous déplaire.

 

D'en rien attendre je désespère.

 

Je ne vous suis de rien

et je ne vous suis rien.

Quelle affaire !

 

L'inaptitude à rien comprendre,

cela ne vous dit rien ?

Vraiment rien ?

 

Et je vis avec mes petits riens,

pas moins patiente que si de rien n'était,

et gentille aussi.

Ma tristesse, c'est trois fois rien.

 

Quoi ?

Vous n'y êtes pour rien ?

 

Je ne suis rien moins que moi-même.

Je n'y peux rien.

Je vous aime.

 

 

.................................................................................................................

Notes

Que dalle ou que dal - fifre - nib : argot > rien.

 

Je doute que vous ayez rien compris.

> Je suis bien sûre que vous avez compris quelque chose.

Douter que, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que... Je me doute que, il ne se doute pas que... + indicatif ou subjonctif ?

 

Pour peu qu'il vous en chaille. Cf Anatole France

du verbe chaloir

Pour peu que cela ait quelque importance pour vous.

>>Les verbes défectifs

 

à lire sur Le Trésor de la Langue Française 

 >> RIEN, pronom indéfini

  pour y retrouver les diverses acceptions de rien et les tournures syntaxiques.

 

Champ lexical - Champ sémantique - Niveau de langue - Registre de langue - style soutenu, courant, familier, populaire, argotique, ou vulgaire - Archaïsmes

 

Les poèmes de mamiehiou

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 11:58

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Tous les exercices à trous

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... " 

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1Du coeur et de l'ardeur d'apprendre 

 

La correction est à la suite du texte

Un petit élève que vous n'avez pas du connaître, fut un modèle du genre.

Il du faire beaucoup d'efforts pour arriver à un résultat qui force, encore aujourd'hui, l'admiration du plus grand nombre.

2Je lui avais donné du travail tous les jours. Il m'avait dit : « Du(t)-il me coûter des heures d'insomnies, j'y mettrai du mien, de la persévérance et du courage. Je serai bientôt en mesure de te régler les leçons du, ajouta-t-il. À chacun son du ! » Je lui répondis que mes cours étaient gratuits quoi qu'il du en penser.

3« Ah, mamiehiou ! s'exclama-t-il. Tu dispenses du savoir grammatical et il ne tient qu'à moi d'en saisir, du mieux possible, toutes les règles. Sache cependant que je n'exige pas ton aide comme une chose du. »

4Il du me parler de sa gratitude et me fit même la bise. Peut-être cette récompense m'était-elle du, tous comptes faits. Il m'offrit du vin, mais je préférai du café. Je considérai alors que ses du étaient réglés. Je lui fus reconnaissante à mon tour du cas qu'il faisait de ma sollicitude.

5Du balcon du sixième étage de mon immeuble, je l'apercevais chaque jour par delà sa fenêtre du quatrième d'en face. Prenait-il du bon temps avec ses exercices ?

6Ah, j'imaginais toutes les heures qu'il avait du passer à réfléchir pour faire tous les devoirs que j'avais du lui donner du 1er janvier au 31 décembre ! Cela avait du lui prendre la tête. Je ne doutais pas qu'il avait du se torturer l'esprit pour arriver à tout comprendre.

7Je du le rassurer : « Un jour le mot DU n'aura plus de secrets pour toi. Geoffroy du Plessis. Ta ténacité paiera car elle sera du à ta soif d'apprendre. Je ne saurais que t'encourager. »

8Mais, du reste, il savait déjà qu'en ce monde rien ne lui était du ; et il du continuer, sans relâche, à faire preuve d'un acharnement et d'une obstination du à son tempérament de winner — aïe ! un anglicisme ici, quelle horreur ! — de gagnant, veux-je dire.

9Qu'il du franchir mille obstacles avec succès fut un défi.

 

Voici le texte corrigé et les explications.

Voir aussi la leçon :

Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

 

1 Du coeur et de l'ardeur d'apprendre

 

Un petit élève que vous n'avez pas  connaître, fut un modèle du genre.

Il dut faire beaucoup d'efforts pour arriver à un résultat qui force encore aujourd'hui, l'admiration du plus grand nombre.

2 Je lui avais donné du travail tous les jours. Il m'avait dit : " Dût-il-il me coûter des heures d'insomnies, j'y mettrai du mien, de la persévérance et du  courage. Je serai bientôt en mesure de te régler les leçons dues, ajouta-t-il. À chacun son ! " Je lui répondis que mes cours étaient gratuits quoi qu'il dût en penser.

3 "Ah, mamiehiou ! s'exclama-t-il. Tu dispenses du savoir grammatical et il ne tient qu'à moi d'en saisir, du mieux possible, toutes les règles. Sache cependant que je n'exige pas ton aide comme une chose due.

4 Il dut me parler de sa gratitude et me fit même la bise. Peut-être cette récompense m'était-elle due, tous comptes faits. Il m'offrit du vin, mais je préférai du café. Je considérai alors que ses dus étaient réglés. Je lui fus reconnaissante à mon tour du cas qu'il faisait de ma sollicitude.

5 Du balcon du sixième étage de mon immeuble, je l'apercevais chaque jour par delà sa fenêtre du quatrième d'en face. Prenait-il du bon temps avec ses exercices ?

6 Ah, j'imaginais toutes les heures qu'il avait passer à réfléchir pour faire tous les devoirs que j'avais dû lui donner du 1er janvier au 31 décembre ! Cela avait lui prendre la tête. Je ne doutais pas qu'il avait se torturer l'esprit pour arriver à tout comprendre.

7 Je dus le rassurer : « Un jour le mot DU n'aura plus de secrets pour toi. Geoffroy du Plessis. Ta ténacité paiera car elle sera due à ta soif d'apprendre. Je ne saurais que t'encourager. »

8 Mais, du reste, il savait déjà qu'en ce monde rien ne lui était ; et il dut continuer, sans relâche, à faire preuve d'un acharnement et d'une obstination dus à son tempérament de winner — aïe, un anglicisme ici, quelle horreur ! — de gagnant, veux-je dire.

9 Qu'il dût franchir mille obstacles avec succès fut un défi.

 

1 Du coeur et de l'ardeur d'apprendre  

du coeur > du courage

du, contraction de de, préposition et de le, article défini

de indique le sujet dont on parle, dans un article, un titre d'ouvrage. (de, du, de la, des)

> au sujet de, à propos de

Cf. mamiehiou : Du Plaisir de la Lecture des Dictionnaires

Du bonheur de vivre (Fontenelle) – De l'Amour Stendhal - De l'Allemagne Madame de Staël

Un petit élève que vous n'avez pas  connaître, fut un modèle du genre.

dû, participe passé (passé composé de devoir)

Il dut faire beaucoup d'efforts

dut, passé simple, je dus, tu dus, il dut, nous dûmes, etc.

pour arriver à un résultat qui force encore aujourd'hui, l'admiration du plus grand nombre.

du, contraction de le, de (préposition et le (article défini)

du plus grand nombre complément d'admiration.

2 Je lui avais donné du travail tous les jours.

du, partitif, contraction de le.

Il m'avait dit : " Dût-il me coûter des heures d'insomnies, j'y mettrai du mien,

dût-il, subjonctif imparfait dans une proposition conditionnelle (ici en début de phrase)

équivalent : même si ce travail devait me coûter des heures d'insomnies

Voir : je dusse, dussé-je, dussè-je

et

Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

c'est-à dire de la persévérance et du courage.

du partitif, contraction de de le

Je serai bientôt en mesure de te régler les leçons dues, ajouta-t-il.

dues, adjectif variable (féminin, pluriel), épithète de leçons

(> seul le masculin singulier dû prend l'accent circonflexe)

À chacun son ! "

son dû, substantif (participe passé substantivé de devoir).

Un dû, des dus.

Je lui répondis que mes cours étaient gratuits quoi qu'il dût en penser.

dût, subjonctif imparfait.

On a le subjonctif dans une proposition subordonnée introduite par quoi que, à ne pas confondre avec quoique.

Voir : Ne pas confondre : quoique et quoi que – quelque, quelque... que, et quel que

3 "Ah, mamiehiou ! s'exclama-t-il. Tu dispenses du savoir grammatical

du partitif, contraction de de le.

et il ne tient qu'à moi d'en saisir, du mieux possible, toutes les règles.

du mieux possible, locution adverbiale (du, de le)

Sache cependant que je n'exige pas ton aide comme une chose due.

due, adjectif, épithète de chose.

4 Il dut me parler de sa gratitude et me fit même la bise.

dut, passé simple.

Peut-être cette récompense m'était-elle due, tous comptes faits.

Indicatif imparfait : elle m'était due (voix passive) on me la devait (voix active)

due, participe passé de la voix passive, accord avec le sujet (auxiliaire être)

Il m'offrit du vin, mais je préférai du café.

du, partitif (de le)

Je considérai alors que ses dus étaient réglés.

ses dus, substantif au pluriel (participe passé substantivé de devoir).

Un dû, des dus.

Je lui fus reconnaissante à mon tour du cas qu'il faisait de ma sollicitude.

du, contraction de la préposition de et de l'article défini le.

du cas, complément de l'adjectif reconnaissante.

5 Du balcon du sixième étage de mon immeuble, je l'apercevais chaque jour par delà sa fenêtre du quatrième d'en face. 

du balcon, depuis le balcon, complément de lieu.

du, contraction de la préposition de et de l'article défini le.

du sixième étage, complément du nom balcon

du, contraction de la préposition de et de l'article défini le

du quatrième, complément du nom fenêtre

du, article contracté : préposition de + le

Prenait-il du bon temps avec ses exercices ?

du, partitif.

6 Ah, j'imaginais toutes les heures qu'il avait passer à réfléchir

dû participe passé du verbe à l'indicatif plus-que-parfait

pour faire tous les devoirs que j'avais lui donner

dû participe passé du verbe à l'indicatif plus-que-parfait

du1er janvier au 31 décembre !

du, contraction de la préposition de et de l'article défini le.

préposition introduisant un complément circonstanciel de lieu.

Cela avait lui prendre la tête.

dû, participe passé du verbe à l'indicatif plus-que-parfait

Je ne doutais pas qu'il avait se torturer l'esprit pour arriver à tout comprendre.

dû, participe passé, le verbe est à l'indicatif plus-que-parfait

On emploie le subjonctif dans une complétive avec douter comme verbe dans la principale ; mais quand le verbe douter est à la forme négative, il n'y a plus de doute, on emploie l'indicatif.

7 Je dus le rassurer :

dus, passé simple

« Un jour le mot DU n'aura plus de secrets pour toi.

Du, apposé à mot.

Geoffroy du Plessis.

du, particule marquant un titre de noblesse. (de, de la, des)

Ta ténacité paiera car elle sera due à ta soif d'apprendre. Je ne saurais que t'encourager. »

due, adjectif attribut de ténacité.

8 Mais, du reste,

du reste, locution adverbiale (de le), en outre, d'ailleurs.

il savait déjà qu'en ce monde rien ne lui était ;
         dû, participe passé du verbe à l'indicatif plus-que-parfait

et il dut continuer, sans relâche,

dut, passé simple

à faire preuve d'un acharnement et d'une obstination dus à son tempérament de winner— aïe, un anglicisme ici, quelle horreur ! — de gagnant, veux-je dire.

          dus, masculin pluriel de dû (dû, dus, due, dues)

          un acharnement et une obstination dus...

9 Qu'il dût franchir mille obstacles avec succès fut un défi.

dût, subjonctif imparfait.

Emploi du subjonctif dans une proposition introduite par que en tête de phrase. Ici la proposition est sujet (de fut) 

 

Pour en savoir +

Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

>> je dusse, dussé-je, dussè-je

>> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

&

>> Récapitulation des petites histoires à trous

>> Récapitulation de tous les exercices à trous

  >> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

  >> Valeurs et emplois du subjonctif

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 13:00

 

Écoutez-les. Ils se croient humoristes, ceux-là mêmes qui ne font que heurter le coeur et l'esprit.

 

Ceux-là même ou ceux-là mêmes ?

 

Celles-là même ou celles-là mêmes ?

 

Pas si facile !

 

Dans les phrases suivantes, on a MÊME adjectif indéfini ou MÊME adverbe.

Distinguez-les et faites l'accord s'il est nécessaire.

1-J'aimerais vivre encore vingt ans pour relire mes livres, ceux-là même(s) que j'ai le plus aimés.

2-Celles-là même(s) qui dînaient à ma table me prenaient pour une farfelue.

3-J'en ai connu des profs sympas. Ceux-là même(s) qui supportaient mes incartades.

4-J'ai regardé pour la énième fois les photos de toi que j'avais prises il y a bien longtemps, celles-là même(s) qui me rappellent combien nous avons été heureux.

5-Je rencontrai ce soir-là une troupe de joyeux clowns, ceux-là même(s) qui m'avaient tant amusée la veille.

6-Lors de notre dernière réunion, j'ai revu mes anciens camarades, ceux-là même(s) dont j'avais oublié le nom.

 

La solution vient après les explications.
.....................

 

Placé immédiatement après un nom, ou un pronom, MÊME peut être adjectif (ici, il accompagne le pronom démonstratif, ceux-là ou celles-là...) ou adverbe.

Mais attention :

 

Même adjectif indéfini, variable.

ceux-là mêmes (ou ceux mêmes, les ... eux-mêmes.)

celles-là mêmes (ou celles mêmes, les ... elles-mêmes.)

Même ne peut pas se placer avant le pronom.

 

Même adverbe, invariable.

Il marque un renforcement, il souligne le pronom : ceux-là même ou celles-là même, même ceux-là, même celles-là.

Même peut se placer avant ou après le pronom.

 

Cf. Littré

Entrée même :

§11-Même s'emploie sans article, immédiatement après les noms pour marquer plus expressément la personne ou la chose dont on parle. Ceci même. Cela même. Celui-ci même. Celui-là même.

§14-Même, adverbe - De plus, aussi, encore.

>> Dictionnaire Littré en ligne

 

Même peut être considéré dans certaines phrases comme adjectif ou comme adverbe suivant le point de vue où l'on se place.

a- Les cancres mêmes ont pris du plaisir à l'écouter.

Adjectif : les cancres eux-mêmes ont pris du plaisir à l'écouter.

b- Les cancres même ont pris du plaisir à l'écouter.

Adverbe : Même les cancres ont pris du plaisir à l'écouter.

Les cancres aussi ont pris du plaisir à l'écouter.

De plus, les cancres...

.....................

 

Même : adverbe dans le sens de précisément, avec des adverbes de temps ou de lieu.

C'est ici même, c'est là même. = précisément

aujourd'hui même, hier même (plus rare)

C'est ici même que nous nous sommes connus.

C'est aujourd'hui même que je vais le revoir.

 

On écrit sans trait d'union cela même, ici même, là même, par là même.

.....................

 

Correction de l'exercice

 

1-J'aimerais vivre encore vingt ans pour relire mes livres, ceux-là mêmes que j'ai le plus aimés. (adjectif indéfini)

> précisément ceux que j'ai le plus aimés, ceux-là et pas d'autres.

On pourrait difficilement comprendre : même ceux que j'ai le plus aimés.

 

2-Celles-là mêmes (ou celles-là même) qui dînaient à ma table me prenaient pour une farfelue. (adjectif indéfini ou adverbe selon le sens)

> a-Même celles qui dînaient à ma table me prenaient pour une farfelue. (adverbe)

Celles aussi qui dînaient à ma table...

à supposé que d'autres le faisaient déjà. On aurait pu croire que celles qui dînaient à ma table ne m'auraient pas prise pour une farfelue, peut-être parce qu'elles me connaissaient d'une autre manière.

> b-Celles-là mêmes qui dînaient à ma table me prenaient pour une farfelue. (adjectif indéfini)

Celles qui dînaient elles-mêmes à ma table...

 

3-J'en ai connu des profs sympas, ceux-là mêmes qui supportaient mes incartades. (adjectif indéfini)

> On ne peut pas dire : même ceux qui supportaient mes incartades.

C'est justement ceux-là qui les supportaient.

 

4-J'ai regardé pour la énième fois les photos de toi que j'avais prises il y a bien longtemps, celles-là mêmes (ou même) qui me rappellent combien nous avons été heureux. (adjectif indéfini ou adverbe, mais cela peut se discuter.)

Les deux sens sont possibles

> a-les photos, précisément celles qui me rappellent combien nous avons été heureux.

> b-je les ai toutes regardées, même celles qui me rappellent...

 

5-Je rencontrai ce soir-là une troupe de joyeux clowns, ceux-là mêmes qui m'avaient tant amusée la veille. (adjectif indéfini)

> ceux-là et pas d'autres.

 

6-Lors de notre dernière réunion, j'ai revu mes anciens camarades, ceux-là même (ou mêmes) dont j'avais oublié le nom.

Les deux sens sont possibles

> a- adverbe : même ceux dont j'avais oublié le nom.

> b-adjectif indéfini : justement ceux-là.

 

J'ajouterai que même est accentué à l'oral lorsqu'il est adverbe. Qu'en pensez-vous ?

 

Le pronom indéfini MÊME, le même, la même, les mêmes.

« Vous avez une belle robe, ma chère. Dommage, j'ai la même. »

 

Le même pronom indéfini neutre

C'est du pareil au même.

 

La même pour la même chose.

Emploi régional, gaga (parler de Saint-Étienne), lyonnais...

« J'ai pris un petit vin du Forez. Et vous, qu'est-ce que vous prenez ?

—La même ! »

.................................................................................

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.................................................................................

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 14:07

 

Les numéros correspondent aux phrases où se trouvent les mots :

débattre 1 2 3

se rappeler 4 5 6

à l'envi(e) 7

clore et clôturer 8 9 10 11 12 13

le prendre ou lui prendre 14 15 16

mener, aller à ou chez 17 18 19 20 21 22

c'est, ce sont, c'était, c'étaient, ce sera, ce seront 23 24 25 26 27

dans le but, pour quoi ou pourquoi 28 29 30 31

gésir 32

colorer, colorier, coloriser 33 34 35 36 37

dispatcher 38

se crasher 39

exprès, express, expresse 40 41

ça va-t-i 42

ressembler 43

quid 44 45

battre froid 46 47

ressembler 48

est-ce que, qu'est-ce que 48 50

 

 

Quelles sont les phrases correctes ?

Corrigez celles où il y a une faute.

Les tournures familières ne sont pas incorrectes.

 

1 Nous allons débattre cette question.

2 Nous allons débattre de cette question.

3 Nous allons débattre sur cette question.

 

4 Tu te rappelles notre vieil instituteur ? 

5 Oui, je me rappelle bien de lui.

6 La chose dont je me rappelle, c'est quand il me tirait les oreilles.

 

7 Pierre et Jean, tous les deux fous amoureux d'elle, lui offraient à l'envie des bouquets de roses, des roses qu'elle aimait.

 

clore ou clôturer ?

8 Votre façon de regarder me clôt la bouche.

9 Je vais clore mon compte en banque ; j'ai vraiment trop de frais.

10 Il a décidé de clore son champ.

11 Reste tranquille sinon je vais te clore dans le placard à balais.

12 Enfin, nous avons clos notre inventaire avant la fin de l'année !

13 Vous n'étiez pas chez vous, nous avons trouvé porte close.

 

14 Qu'est-ce qui lui a pris ?

15 C'est la fièvre qui l'a pris.

16 Bien lui a pris de partir en courant

 

17 J'ai mené mon fils au coiffeur ce matin.

18 Et cet après-midi il faut que j'aille au docteur.

19 Je suis allé au ministre pour lui exposer mes doléances.

20 Je suis allée au roi le supplier de gracier celui que j'aime.

21 Il vaut mieux aller au boulanger qu'au médecin.

22 Mon oncle a mené sa vache au taureau.

 

23 C'était de beaux jours en perspective.

24 Ç'avait été de beaux jours, rappelle-toi.

25 Ce sera les meilleures vacances de ma vie.

26 C'est ton père et ma mère qui viendront nous chercher.

27 Crois-tu que c'est eux qui viendront ? 

 

28 Elle a agi ainsi dans le but de vous plaire.

29 Son dessin était de vous plaire. C'est pourquoi elle a agi ainsi.

30 Vous ramassez ces cailloux, c'est pour quoi faire ? 

31 Dans quel but faites-vous cela ?

 

32 Je regardais leurs corps inertes gésir côte à côte.

 

33 Elle n'aime pas quand sa timidité colorie ses joues.

34 Ce sont nos sens qui colorent ce que nous voyons.

35 Lorsque j'étais enfant, ma mère me coloriait la gorge au bleu de méthylène pour la désinfecter. Ma langue en était toute bleue.

36 J'avais le dos tourné, ma petite soeur a coloré mon livre d'histoire. C'est affreux. Elle va avoir affaire à moi.

37 On colorise souvent des films en noir et blanc. Je trouve que cela leur enlève tout leur charme et de plus, le résultat n'est pas très beau.

 

38 Selon les questions à débattre, on nous a dispatchés dans des salles différentes.

 

39 C'était horrible ! J'ai vu l'hélicoptère se crasher sur votre maison.

 

40 J'ai reçu ce matin un colis express.

41 Je lui ai fait la demande expresse de se taire.

 

42 Ça va-ti, mon gars ?

 

43 J'ai bon espoir qu'elle voudra m'épouser, mais quid si elle refuse ?

44 Quid sur votre façon d'aborder les jeunes filles ?

 

45 Il était un peu vulgaire; tout le monde le battait froid. Il ne s'amendait pas.

46 Tout le monde lui battait froid.

 

47 Vos agissements contredisent à vos principes.

 

48 C'est frappant comme il ressemble son fils.

 

49 J'ai bien compris qu'est-ce que tu me dis.

50 Mais comment est-ce que tu me parles ?

 

 

Reprise des phrases précédentes

suivies de la correction

 

Les fautes sont barrées.

La faute corrigée est soulignée.

Les phrases correctes sont laissées telles quelles.

 

 

1 Nous allons débattre cette question.

2 Nous allons débattre de cette question.

3 Nous allons débattre sur cette question.

 

1 Nous allons débattre cette question. Verbe transitif direct

2 Nous allons débattre de cette question. Transitif indirect (de)

3 Nous allons débattre sur cette question. Transitif indirect (sur)

Débattre, discuter en argumentant.

Les trois constructions sont possibles. L'Académie ne reconnaît pas débattre sur.

 

4 Tu te rappelles notre vieil instituteur ?

5 Oui, je me rappelle bien de lui.

6 La chose dont je me rappelle, c'est quand il me tirait les oreilles.

 

4 Tu te rappelles notre vieil instituteur ?

5 Oui, je me souviens bien de lui.

6 La chose que je me rappelle, c'est quand il me tirait les oreilles.

Se rappeler se construit avec un complément d'objet direct, on se rappelle quelque chose ou quelqu'un ; mais dans la langue parlée, on adopte souvent la même construction indirecte que se souvenir de. On évite de le faire à l'écrit.

Mais il n'est pas possible d'employer se rappeler transitif direct avec les pronoms personnels me, te, nous, vous.

On peut dire je me le rappelle, mais pas je me vous rappelle, tu te me rappelles, etc. On contourne la difficulté en disant je me rappelle de vous, tu te rappelles de moi, etc. (phrase 5)

 

7 Pierre et Jean, tous deux amoureux fous d'elle, lui offraient à l'envie des bouquets de roses, des roses qu'elle aimait.

 

7 Pierre et Jean, tous les deux fous amoureux d'elle, lui offraient à l'envi des bouquets de roses, des roses qu'elle aimait.

Locution adverbiale à l'envi. En rivalisant, à qui mieux mieux.

 

8 Votre façon de me regarder me clôt la bouche.

9 Je vais clore mon compte en banque ; j'ai vraiment trop de frais.

10 Il a décidé de clore son champ.

11 Reste tranquille sinon je vais te clore dans le placard à balais.

12 Enfin, nous avons clos notre inventaire avant la fin de l'année !

13 Vous n'étiez pas chez vous, nous avons trouvé porte close.

 

8 Votre façon de me regarder me clôt la bouche/ me clôt le bec.

9 Je vais clôturer mon compte en banque ; j'ai vraiment trop de frais.

10 Il a décidé de clore son champ.

clore ou clôturer, fermer (mettre une clôture).

11 Reste tranquille sinon je vais te clore dans le placard à balais.

Clore ou clôturer enfermer

12 Enfin, nous avons clôturé notre inventaire avant la fin de l'année ! Clôturer, mettre un terme

13 Vous n'étiez pas chez vous, nous avons trouvé porte close.

Remarque : Clore, verbe défectif. Indicatif présent je clos, il clôt...

> Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !*

 

14 Qu'est-ce qui lui a pris ?

15 C'est la fièvre qui l'a pris.

16 Bien lui a pris de partir en courant.

 

14 Qu'est-ce qui lui a pris ?

 Quelque chose prend à quelqu'un.

L'envie leur prend d'en savoir plus.

L'envie lui prend de mieux me connaître

15 C'est la fièvre qui lui a pris

16 Bien lui a pris de partir en courant

 

17 J'ai mené mon fils au coiffeur ce matin.

18 Et cet après-midi il faut que j'aille au docteur.

19 Je suis allé au ministre pour lui exposer mes doléances.

20 Je suis allé au roi le supplier de gracier celui que j'aime.

21 Il vaut mieux aller au boulanger qu'au médecin.

22 Mon oncle a mené sa vache au taureau.

 

17 J'ai mené mon fils chez le coiffeur ce matin.

18 Et cet après-midi il faut que j'aille chez le docteur.

19 Je suis allé au ministre pour lui exposer mes doléances.

Le tour est correct mais vieilli. On dit aller jusqu'au ministre.

20 Je suis allé au roi le supplier de gracier celui que j'aime.

21 Il vaut mieux aller au boulanger qu'au médecin. Proverbe.

22 Mon oncle a mené sa vache au taureau.

Mener une vache au taureau(familier) Faire saillir une vache.

 

23 C'était de beaux jours en perspective.

24 C'avait été de beaux jours, rappelle-toi.

25 Ce sera les meilleures vacances de ma vie.

26 C'est ton père et ma mère qui viendront nous chercher.

27 Crois-tu que c'est eux qui viendront ?

23 C'étaient de beaux jours en perspective.

24 Ç'avaient été de beaux jours, rappelle-toi.

25 Ce seront les meilleures vacances de ma vie.

26 C'est ton père et ma mère qui viendront nous chercher.

C'est est suivi d'un nom au singulier.

27 Crois-tu que c'est eux qui viendront ?

C'est est suivi d'un pronom.

 

28 Elle a agi ainsi dans le but de vous plaire.

29 Son dessin était de vous plaire. C'est pourquoi elle a agi ainsi.

30 Vous ramassez ces cailloux, c'est pour quoi faire ? 

31 Dans quel but faites-vous cela ? 

28 Elle a agi ainsi pour vous plaire.

29 Son dessein était de vous plaire. C'est pourquoi elle a agi ainsi.

30 Vous ramassez ces cailloux, c'est pour quoi faire ?

31 Dans quel but faites-vous cela ?

Bien que l'expression dans quel but ne soit pas heureuse, on l'emploie couramment aujourd'hui. Les puristes ne l'acceptent pas.

On n'est pas dans un but, on cherche à l'atteindre.

Dans quel dessein faites-vous cela ?

Quel est votre objectif en faisant cela ?

Pourquoi faites-vous cela ?

> Peut-on dire "dans quel but ? dans le but de... " ? Écrit-on "Pourquoi faire" ou "Pour quoi faire" ?

 

32 Je regardais leur corps inertes gésir côte à côte.

 

32 Je regardais leurs corps inertes gésir côte à côte. 

Gésir, verbe défectif, je gis, il gît, il gisait, gisant...

L'infinitif est encore employé. 

Ci-gît, des gisants

> Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !*

 

33 Elle n'aime pas quand sa timidité colorie ses joues.

34 Ce sont nos sens qui colorent ce que nous voyons.

35 Lorsque j'étais enfant, ma mère me coloriait la gorge au bleu de méthylène pour la désinfecter. Ma langue en était toute bleue.

36 J'avais le dos tourné ; ma petite soeur a coloré mon livre d'histoire. C'est affreux. Elle va avoir affaire à moi.

37 On colorise souvent des films en noir et blanc. Je trouve que cela leur enlève tout leur charme et de plus, le résultat n'est pas très beau.

 

33 Elle n'aime pas quand sa timidité colore ses joues.

34 Ce sont nos sens qui colorent ce que nous voyons.

35 Lorsque j'étais enfant, ma mère me colorait la gorge au bleu de méthylène pour la désinfecter. Ma langue en était toute bleue.

36 J'avais le dos tourné, ma petite soeur a colorié mon livre d'histoire. C'est affreux. Elle va avoir affaire à moi !

> Avoir affaire ou avoir à faire ? Les affaires, une affaire de coeur, j'en fais mon affaire, je lui ai fait son affaire, une ténébreuse affaire, faire le bizness...

37 On colorise souvent des films en noir et blanc. Je trouve que cela leur enlève tout leur charme et de plus, le résultat n'est pas très beau.

Colorisé n'est pas reconnu par le Trésor ni par l'Académie.

 

38 Selon les questions à débattre, on nous a dispatchés dans des salles différentes.

 

38 Selon les questions à débattre, on nous a répartis dans des salles différentes.

dispacher : anglicisme à éviter.

> Des anglicismes à traduire : coaching, nesting, hiving, color zoning...

 

39 C'était horrible ! J'ai vu l'hélicoptère se crasher sur votre maison.

 

39 C'était horrible ! J'ai vu l'hélicoptère s'écraser sur votre maison.

se crasher, anglicisme à éviter.

 

40 J'ai reçu ce matin un colis express.

41 Je lui ai fait la demande expresse de se taire.

 

40 J'ai reçu ce matin un colis exprès.

L'express, le train express

41 Je lui ai fait la demande expresse de se taire.

Adjectif variable : exprès, expresse

 

42 Ça va-ti, mon gars ?

 

42 Ça va-ti, mon gars ? Parler régional.

> Est-ce que ça va, mon garçon ? Cela va-t-il, mon garçon ?

 

43 J'ai bon espoir qu'elle voudra m'épouser, mais quid si elle refuse ?

44 Quid sur votre façon d'aborder les jeunes filles ?

 

43 J'ai bon espoir qu'elle voudra m'épouser, mais quid si elle refuse ?

Quid : qu'en est-il ? qu'en sera-t-il ? Quoi ?

44 Quid sur votre façon d'aborder les jeunes filles ?

Quid sur ou quid de, que penser de

Emploi familier.

 

45 Il était un peu vulgaire; tout le monde le battait froid. Il ne s'amendait pas.

46 Tout le monde lui battait froid.

 

45 Il était un peu vulgaire; tout le monde lui battait froid. Il ne s'amendait pas.

46 Tout le monde lui battait froid, lui manifestait de la froideur

Battre froid à quelqu'un

 

47 Vos agissements contredisent à vos principes.

 

47 Vos agissements contredisent à vos principes.

Forme correcte mais vieillie.

-contredisent vos principes.

 

48 C'est frappant comme il ressemble son fils.

 

48 C'est frappant comme il ressemble son fils.

Ressembler transitif, tournure archaïque ou régionale.

>C'est frappant comme il ressemble à son fils.

 

49 J'ai bien compris qu'est-ce que tu me dis.

50 Mais comment est-ce que tu me parles ?

 

49 J'ai bien compris ce que tu me dis.

est-ce que se transforme en ce que dans une proposition interrogative indirecte.

Qu'est-ce que tu dis ?

Je me demande ce que tu dis.

> *La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style ou le discours direct et indirect

50 Mais comment est-ce que tu me parles ?

Comment me parles-tu ?

La tournure avec est-ce que est familière.

Comment est-ce que, pourquoi est-ce que, quand est-ce, lequel est-ce que, etc.

 

>>>>>> VOIR : Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "<<<<<<

Les mauvaises manières de parler le français - Barbarismes et solécismes

Les barbarismes et les solécismes vous irritent-ils ou vous amusent-ils ?

Écrire et ne pas écrire - Les fautes d'orthographe les plus usuelles

 

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Liste de tous les quiz et des exercices

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 10:45

 

La lecture de quelques dictionnaires anciens me plonge dans une délectation sans bornes. Leurs auteurs s'y sont dévoilés entre les lignes, comme si chaque mot avait éveillé en eux une histoire mêlée à leur propre histoire, à leur propre vie. On sent la palpitation de leur coeur ; on pénètre dans le secret de leur âme.

Ils nous émeuvent aussi quand on essaie d'imaginer et de mesurer le travail gigantesque accompli, accompagné de recherches sans fin, d'hésitations douloureuses, de corrections innombrables visant à l'excellence, et tout cela parfois dans des conditions exécrables où les jaloux, les rivaux, les aléas de la guerre, toutes sortes d'embûches qu'on a de la peine à imaginer aujourd'hui, retardaient leur travail.

Par delà leurs mots, ils se révèlent tout entiers sans craindre de ne pas sacrifier à la sacro-sainte objectivité que devrait requérir tout dictionnaire.

D'aucuns pourraient sourire en les lisant et me diraient : « Il faut en prendre et en laisser ! » et je leur rétorquerais que c'est justement ce qui fait là tout leur charme, et qu'il s'agit tout simplement d'en sucer la substantifique moelle.

Pour en avoir consulté quelques-uns — consulté, que dis-je, savouré quelques-uns — et m'être attachée à leur auteur, je citerai ici :

 

Le Furetière, qui m'est cher, je l'avoue, lorsque je songe à la souffrance que ce pauvre et cher Antoine a dû subir pour accoucher de son oeuvre dans un climat de malveillance et de jalousie dont il était victime, à preuve qu'il a fallu attendre après sa mort pour que son Dictionnaire soit enfin publié, non pas en France mais à Rotterdam, alors qu'il est reconnu depuis comme le plus grand dictionnaire du XVIIe siècle.

Dictionnaire universel de Furetière XVIIe siècle - 1690

Dictionnaire universel, contenant généralement tous les mots ... 

Titre complet : Dictionaire françois, contenant les mots et les choses,

plusieurs nouvelles remarques sur la langue françoise :

Ses Expressions Propres, Figurées & Burlesques,

la Prononciation des Mots les plus difficiles, le Genre des Noms,

le Régime des Verbes : Avec Les Termes les plus connus des Arts & des Sciences.

Le tout tiré de l'Usage et des bons Auteurs de la Langue françoise.


Le Dictionnaire de William Duckett, journaliste français comme son nom ne l'indique pas, lequel donne à lire des choses bien étonnantes étayées qu'elles étaient par la grande érudition de son auteur. 

Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture

Inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous

William Duckett1ère édition 1832

 

Le Littré, plus proche de nous, qui répertorie avec bonheur toutes les acceptions des mots et les illustre par d'innombrables citations. On trouve sur le site reverso une adaptation du Dictionnaire. L'original est de loin plus étoffé. Il offre de très nombreuses citations remontant à l'origine du mot.

Dictionnaire Littré en ligne

 

Monsieur Émile Littré nous raconte comment il a fait son Dictionnaire dans sa Causerie du 1er mars 1880. On ne peut lire qu'avec émotion la genèse de son oeuvre.

À lire : 

Causerie du 1er mars 1880 - Wikisource

Comment j'ai fait mon dictionnaire de la langue française -1880

La copie comptait 415 636 feuillets.

Le commencement de la copie fut remis à l’imprimerie le 27 septembre 1859, la fin, le 4 juillet 1872.

La composition n’a été interrompue que pendant la guerre, du 1er août 1870 au 21 février 1871, et, pendant la Commune, du 19 avril au 14 juin.

 

"Il créa ainsi un admirable monument à la gloire de la langue française. Pour la première fois, la définition du mot était complétée par l’image de son passé, de ses racines, de son évolution à travers les siècles. Tandis que les lexicographes s’étaient limités jusqu’alors à un instantané de la langue, Littré racontait la vie des mots depuis leur naissance. Il démontrait qu’on peut en user avec exactitude sans en comprendre la genèse. Et les définitions étaient illustrées de tant d’exemples choisis avec bonheur qu’elles devenaient, à chaque page, le prétexte d’un rendez-vous avec Du Bellay, Christine de Pisan, Molière, Pascal, Bossuet, La Fontaine, Voltaire ou Victor Hugo" - Jean Hamburger de l'Institut

 

 

Je ne saurais oublier de mentionner le Dictionnaire philosophique de Voltaire (1694-1778) dont l'esprit* est inégalable.

Je vous donne ci-dessous l'article Égalité. 

Dictionnaire philosophique ou La Raison par alphabet - 6e ed

Wikisource 

ÉGALITÉ

Que doit un chien à un chien, & un cheval à un cheval ? Rien, aucun animal ne dépend de son semblable ; mais l’homme ayant reçu le rayon de la divinité qu’on appelle raison, quel en est le fruit ? c’est d’être esclave dans presque toute la terre.

Si cette terre était ce qu’elle semble devoir être, c’est-à-dire, si l’homme y trouvait partout une subsistance facile & assurée, & un climat convenable à sa nature, il est clair qu’il eût été impossible à un homme d’en asservir un autre. Que ce globe soit couvert de fruits salutaires, que l’air qui doit contribuer à notre vie ne nous donne point les maladies & la mort, que l’homme n’ait besoin d’autre logis & d’autre lit que celui des daims & des chevreuils ; alors les Gengiskan & les Tamerlan n’auront de valets que leurs enfans, qui seront assez honnêtes gens pour les aider dans leur vieillesse.

Dans cet état si naturel dont jouïssent tous les quadrupèdes, les oiseaux & les reptiles, l’homme serait aussi heureux qu’eux, la domination serait alors une chimère, une absurdité à laquelle personne ne penserait ; car pourquoi chercher des serviteurs quand vous n’avez besoin d’aucun service ?

S’il passait par l’esprit à quelque individu à tête tyrannique & à bras nerveux d’asservir son voisin moins fort que lui, la chose serait impossible, l’opprimé serait à cent lieües, avant que l’oppresseur eût pris ses mesures.

Tous les hommes seraient donc nécessairement égaux, s’ils étaient sans besoins. La misère attachée à notre espèce subordonne un homme à un autre homme : ce n’est pas l’inégalité qui est un malheur réel, c’est la dépendance. Il importe fort peu que tel homme s’appelle Sa Hautesse, tel autre Sa Sainteté ; mais il est dur de servir l’un ou l’autre.

Une famille nombreuse a cultivé un bon terroir ; deux petites familles voisines ont des champs ingrats & rebelles ; il faut que les deux pauvres familles servent la famille opulente, ou qu’ils l’égorgent, cela va sans difficulté. Une des deux familles indigentes va offrir ses bras à la riche pour avoir du pain ; l’autre va l’attaquer & est battue ; la famille servante est l’origine des domestiques & des manœuvres ; la famille battue est l’origine des esclaves.

Il est impossible dans notre malheureux globe que les hommes vivant en société ne soient pas divisés en deux classes, l’une de riches qui commandent, l’autre de pauvres qui servent ; & ces deux se subdivisent en mille, & ces mille ont encor des nuances différentes.

Tous les pauvres ne sont pas absolument malheureux. La plupart sont nés dans cet état, & le travail continuel les empêche de trop sentir leur situation ; mais quand ils la sentent, alors on voit des guerres, comme celle du parti populaire contre le parti du sénat à Rome ; celles des paysans en Allemagne, en Angleterre, en France. Toutes ces guerres finissent tôt ou tard par l’asservissement du peuple, parce que les puissants ont l’argent, & que l’argent est maître de tout dans un État ; je dis dans un État, car il n’en est pas de même de nation à nation. La nation qui se servira le mieux du fer, subjuguera toujours celle qui aura plus d’or & moins de courage.

Tout homme naît avec un penchant assez violent pour la domination, la richesse & les plaisirs ; & avec beaucoup de goût pour la paresse : par conséquent tout homme voudrait avoir l’argent & les femmes ou les filles des autres, être leur maître, les assujettir à tous ses caprices, & ne rien faire, ou du moins ne faire que des choses très agréables. Vous voyez bien qu’avec ces belles dispositions il est aussi impossible que les hommes soient égaux, qu’il est impossible que deux prédicateurs ou deux professeurs de théologie ne soient pas jaloux l’un de l’autre.

Le genre humain tel qu’il est, ne peut subsister à moins qu’il n’y ait une infinité d’hommes utiles qui ne possèdent rien du tout. Car certainement un homme à son aise ne quittera pas sa terre pour venir labourer la vôtre ; & si vous avez besoin d’une paire de souliers, ce ne sera pas un maître de requêtes qui vous la fera. L’égalité est donc à la fois la chose la plus naturelle, & en même tems la plus chimérique.

Comme les hommes sont excessifs en tout quand ils le peuvent, on a outré cette inégalité, on a prétendu dans plusieurs pays qu’il n’était pas permis à un citoyen de sortir de la contrée où le hasard l’a fait naître ; le sens de cette loi est visiblement, Ce pays est si mauvais & si mal gouverné que nous défendons à chaque individu d’en sortir, de peur que tout le monde n’en sorte. Faites mieux, donnez à tous vos sujets envie de demeurer chez vous, & aux étrangers d’y venir.

Chaque homme dans le fond de son cœur a droit de se croire entièrement égal aux autres hommes : il ne s’ensuit pas de là que le cuisinier d’un Cardinal doive ordonner à son maître de lui faire à dîner ; mais le cuisinier peut dire : Je suis homme comme mon maître ; je suis né comme lui en pleurant ; il mourra comme moi dans les mêmes angoisses & les mêmes cérémonies ; nous faisons tous deux les mêmes fonctions animales ; si les Turcs s’emparent de Rome, & si alors je suis Cardinal & mon maître cuisinier, je le prendrai à mon service. Tout ce discours est raisonnable & juste ; mais en attendant que le grand Turc s’empare de Rome, le cuisinier doit faire son devoir, ou toute société humaine est pervertie.

À l’égard d’un homme qui n’est ni cuisinier d’un Cardinal ni revêtu d’aucune autre charge dans l’État ; à l’égard d’un particulier qui ne tient à rien, mais qui est fâché d’être reçu partout avec l’air de la protection ou du mépris, qui voit évidemment que plusieurs Monsignors n’ont ni plus de science, ni plus d’esprit, ni plus de vertu que lui, & qui s’ennuie d’être quelquefois dans leur antichambre, quel parti doit-il prendre ? celui de s’en aller.

Voir aussi entre autres entrées : Fanatisme.

 

*Qu'en est-il de l'esprit de Voltaire ?

Littré :

Esprit : En un sens plus particulier que celui d'ensemble des facultés intellectuelles, vivacité d'esprit qui fait trouver des saillies piquantes, des mots spirituels, des aperçus ingénieux.

L'Encyclopédie – Article de Voltaire :

Le mot esprit, quand il signifie une qualité de l'âme est un de ces mots vagues auxquels tous ceux qui les prononcent attachent presque toujours des sens différents : il exprime autre chose que jugement, génie, goût, talent, pénétration, étendue, grâce, finesse, et il doit tenir de tous ces mérites : on pourrait le définir raison ingénieuse.

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Pour qui veut partir à la recherche d'autres dictionnaires :

Accès facile aux dictionnaires :

Ouvrages de référence qui me sont très utiles

Dictionnaires d'autrefoisAtilf

 

Retrouvez ici quelques articles du blog en lien avec ces dictionnaires :

WILLIAM DUCKETT - Dictionnaire de la conversation et de la lecture – LUCIFER

VOLTAIRE - Dictionnaire philosophique - ZOROASTRE, prophète et fondateur du zoroastrisme

Le A au fil des dictionnaires

L'envie dans tous ses états - L'envie, péché capital - L'envie au fil des dictionnaires

Férir – sans coup férir – féru(e) – un fier-à-bras, des fiers-à-bras

Que les consonnes sonnent !

 

Pour les amateurs de la langue verte :

Dictionnaire de la langue verte d'Alfred Delvau + QUIZ 80

Sur la toile :

ABC de la langue française  >> Bob ¶

Les Excentricités du langage de Lorédan Larchey- Wikisource

Dictionnaire de la langue verte ; argots parisiens comparés - (2e édition) d'Alfred Delvau 1866 - Gallica...

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 13:05

LES DÉLIRES

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Il fallait que je me rendisse à l'évidence. Je devais celer mon ego et devenir docile comme un agneau jusqu'à étonner Marie. Elle savait de longue date que j'avais une tendance naturelle à n'être point soumise ; aussi l'application que je mettrais à lui être agréable la fléchirait-elle peut-être, à un point tel qu'il lui deviendrait impossible de rien me refuser.

Bien que sa masure, on le sait, eût un aspect repoussant, je m'appliquai du mieux que je pus en en traquant le moindre grain de poussière. Mon hôtesse serait-elle généreuse envers qui la servirait fidèlement ?

Je pris le temps nécessaire. Rompue aux soins du ménage et gardant à l'esprit que cet exercice pouvait me permettre d'arriver à mes fins, je sentis obscurément que cette besogne, qui m'était apparue bien déplaisante dès l'abord, devenait, au fil des heures, tout à fait attrayante. Je poussai l'excellence jusqu'à cirer les meubles préalablement décrassés et les faire reluire comme jamais. La cire d'abeille embaumait, et, n'eût été l'absence de soeurs ouvrières qui m'auraient secondée. je me serais bien crue dans une ruche.

Toute activité recèle des trésors, fussent-ils cachés. Dans ce cas, s'efforcer de les découvrir permet de savourer le plaisir du travail bien fait. Ce que je fis. Et ma vie n'en fut que meilleure.

 

« Tu ne sortiras pas d'ici que tu n'aies tout briqué », m'avait dit Marie Cratère d'un ton irréfragable.

 

La nommée Oli que je suis, quand elle mourra, pourra se glorifier d'avoir su aller au-delà de sa répugnance jusqu'à la transformer en suave délectation.

Vous ne me croyez pas ? Zeste !

M'avez-vous vue, lecteurs incrédules, ne serait-ce qu'une seule fois, vous mentir effrontément ?

..........................................................

*Que ma joie demeure, roman de Jean Giono, 1935. 

 

NOTES

 

Il fallait que je me rendisse à l'évidence.

♦ Subjonctif après il faut que

♦ je me rendisse : subjonctif imparfait (langue soignée), le verbe principal étant au passé.

♦ Il fallait que je me rende à l'évidence (style courant) 

La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

Je devais celer mon ego

cacher la vraie personne (le moi) que j'étais

 

me rendre docile comme un agneau

Comparaisons – léger comme... méchante comme... long comme... nu comme... sourd comme... solide comme... ronfler comme... sauter comme... battre comme... jurer comme... menteur comme... QUIZ 52

 

Bien que sa masure, on le sait, eût un aspect repoussant

>> Bien que est suivi du subjonctif

 

Mon hôtesse serait-elle généreuse...

♦ une hôtesse ou une hôte reçoit. 

♦ une hôte est reçue.

 

dès l'abord, tout d'abord, au prime abord, dans le premier abord, du premier abord, de premier abord, dès le premier abord.

Quand on commence une énumération ou un raisonnement ou en premier lieu: d'abord, tout d'abord.

 

Rompue aux soins du ménage

très habile, parfaitement exercée aux soins du ménage.

N'eût été l'absence de soeurs ouvrières qui m'auraient secondée

n'était l'absence...

s'il n'y avait pas eu l'absence...

Propositions conditionnelles commençant par : n'était, n'étaient, n'eût été, n'eussent été

 

"Tu ne sortiras pas d'ici que tu n'aies tout briqué"

♦ briquer, nettoyer avec grand soin. Registre familier

Champ lexical - Champ sémantique - Niveau de langue - Registre de langue - style soutenu, courant, familier, populaire, argotique, ou vulgaire - Archaïsmes

 ♦ que tu n’aies tout briqué

dans ce cas, le Ne n’est pas explétif et ne peut être supprimé

NE explétif - Quand peut-on l'employer ? - sans que je ne - avant que je ne - je crains que tu ne - j'empêche que tu ne - je m'attends à ce que tu ne - je ne nie pas que tu ne...

 

d'un ton irréfragable

Irréfragable, qu'on ne peut ni contredire ni réfuter.

 

au-delà de sa répugnance, au delà ...

Y a-t-il un trait d'union ou pas ? Au delà ou au-delà ? Par delà ou par-delà ? AU ou PAR ou EN etc. + deçà, delà, devant, derrière, avant, arrière, dessus, dessous, dedans, dehors, haut, bas

 

Zeste ! ou Zest ! Interjection qui marque qu'Oli rejette l'argument présumé de ses lecteurs.

Pour connaître les autres acceptions de zeste ou zest, voir les notes du texte :159 Délires où la prudence est de rigueur

 

<< 160 Délires de la vieille houhou - vieille haha

>> 162 Délires autour d'une petite goutte  

 

 

 

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 16:14

 LES QUIZ

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   Exercices 1, 2 et 3 - La difficulté va crescendo.

 

 

1-Trouvez la bonne couleur

 

 

 

1-Tu es ....... de peur, c'est à croire que tu as croisé un monstre.

Tu veux dire que tu as eu une peur ....... quand tu m'as vu ! 

Regardez-le comme il est en colère, il voit ........

Tu ris ......., je sais que ta situation n'est pas drôle mais ne te force pas à me faire croire le contraire.

5-On m'a offert pour Noël un livre de l'écrivain anglais Thomas de Quincey. Quel délice ! J'adore l'humour ........

Il est ....... comme un linge quand il me voit, me craint-il ?

La terre pourrait-elle se faire avaler par un trou ....... ?

Tu es trop sentimentale. Quelle fleur ....... tu fais !

Tu broies du ......., ma fille. Pourtant tu as tout pour être heureuse.

10-Un prétentieux et un imbécile, pour moi c'est bonnet-........ et .......-bonnet.

Ta casserole en cuivre s'est oxydée ; elle est pleine de .......-de-....... tu vas t'empoisonner.

Dégraisse ta peau et ôte tes points ....... !

Allez ! Réfléchissez ! Faites marcher vos cellules ....... !

Quand vous sortez dans votre ville, tout le monde vous salue. Vous êtes donc connu comme le loup ....... !

15-Il fait frais, il fait ......., restons chez nous.

Je grinçais des dents à chaque fois que j'écrivais à la craie sur le tableau ........

......., c'est ......., chantait Johnny. Et moi aussi.

Vous trompez tout le monde, je ne vous donnerais pas carte ........

Il m'a menti et son histoire était cousue de fil ........

20-Les Touaregs ne disent-ils pas qu'ils ont le sang ....... ?

Attention ! Ce carrefour est vraiment un point ........

Il m'en a fait voir de ........ Je ne pouvais plus le supporter.

Elle a tué son joli petit lapin jusqu'à le saigner à ........

Oui, oui, et ce, à l'arme ........ 

25-Bravo ! Quel cordon ....... ! Je reviendrai manger chez toi. Ta truite au ....... était un régal.

Les blousons ......., ça craint ! Les blousons ......., ça craint aussi !

Le péril ....... économique nous menace-t-il aujourd'hui ?

Les jours où je te rencontre, je suis contente et je les marque d'une pierre ........

Il en devint ....... d'étonnement.

30-Pourquoi lis-tu mes beaux poèmes d'une voix ........ Quel ennui ! Mets-y donc du coeur !

Il commence dans le métier, c'est un ........

Quel avare ! Il ne pense qu'à une chose amasser du métal ........

Je lui ai fait une entourloupe et il n'y a vu que du ........

35-Je faisais croire à ma mère que j'étais la bête ....... du prof, vu mes mauvaises notes.

Vous faites une musique exécrable. On en pleurerait d'entendre vos sons sourds, monocordes, ........

Je lui avais donné rendez-vous. Elle n'est pas venue. J'ai fait chou ........

Quand j'étais gamine, j'aimais bien jouer au nain ........

Il a heurté la table et s'est fait un gros ........

Qui t'a donc fait cet oeil au beurre ....... ?

40-Il y avait foule sur l'agora. C'était ....... de monde.

C'est affreux ! Je vis une série ........

Une légende raconte que le roi du Danemark, Christian X a porté l'étoile ....... en solidarité avec les Juifs persécutés.

Voyons, cela ne vous vaut rien d'être ....... de honte.

45-Ah, quelle chaleur sur cette Canebière ! Garçon, un petit ....... !

Pourquoi donc les signaux d'arrêt sur les voies de chemins de fer sont-ils .......?

Que vous est-il donc arrivé. Vous faites bien ....... mine ? Attention !

Tu t'es trompé, carton ....... !

La fièvre ....... est aussi appelée vomi ........

50-Je suis sidérée : on en raconte des ....... et des pas mûres dans son bureau.

"A ......., I ......., U ......., O ....... : voyelles." Poème d'Arthur Rimbaud

 

 

Solutions exercice 1

 

Je donne parfois deux réponses possibles.

 

1-Tu es vert de peur, c'est à croire que tu as croisé un monstre.

Tu veux dire que tu as eu une peur bleue quand tu m'as vu !

Regardez-le comme il est en colère, il voit rouge.

Tu ris jaune, je sais que ta situation n'est pas drôle mais ne te force pas à me faire croire le contraire.

5-On m'a offert pour Noël un livre de l'écrivain anglais Thomas de Quincey. Quel délice ! J'adore l'humour noir.

Il est blanc comme un linge quand il me voit, me craint-il ?

La terre pourrait-elle se faire avaler par un trou noir ?

Tu es trop sentimentale. Quelle fleur bleue tu fais !

Tu broies du noir, ma fille. Pourtant tu as tout pour être heureuse.

10-Un prétentieux et un imbécile, pour moi c'est blanc-bonnet et bonnet-blanc.

Ta casserole en cuivre s'est oxydée ; elle est pleine de vert-de-gris tu vas t'empoisonner.

Dégraisse ta peau et ôte tes points noirs !

Allez ! Réfléchissez ! Faites marcher vos cellules grises !

Quand vous sortez dans votre ville, tout le monde vous salue. Vous êtes donc connu comme le loup blanc !

15-Il fait frais, il fait gris, restons chez nous.

Je grinçais des dents à chaque fois que j'écrivais à la craie sur le tableau noir.

Noir, c'est noir, chantait Johnny. Et moi aussi.

Vous trompez tout le monde, je ne vous donnerais pas carte blanche.

Il m'a menti et son histoire était cousue de fil blanc.

20-Les Touaregs ne disent-ils pas qu'ils ont le sang bleu ? (sang royal)

Attention ! Ce carrefour est vraiment un point noir.

Il m'en a fait voir de grises. Je ne pouvais plus le supporter.

Elle a tué son joli petit lapin jusqu'à le saigner à blanc.

Oui, oui, et ce, à l'arme blanche 

25-Bravo ! Quel cordon bleu ! Je reviendrai manger chez toi. Ta truite au bleu était un régal.

Les blousons noirs, ça craint ! Les blousons dorés, ça craint aussi !

Le péril jaune économique nous menace-t-il aujourd'hui ? (La Chine)

Les jours où je te rencontre, je les marque d'une pierre blanche.

Il en devint bleu d'étonnement.

30-Pourquoi lis-tu mes beaux poèmes d'une voix blanche Quel ennui ! Mets-y donc du coeur !

Il commence dans le métier, c'est un bleu.

Quel avare ! Il ne pense qu'à une chose, amasser du métal jaune. (= de l'or)

Je lui ai fait une entourloupe et il n'y a vu que du bleu.

35-Je faisais croire à ma mère que j'étais la bête noire du prof, vu mes mauvaises notes.

Vous faites une musique exécrable. On en pleurerait d'entendre vos sons sourds, monocordes, violets.

Je lui avais donné rendez-vous. Elle n'est pas venue. J'ai fait chou blanc.

Quand j'étais gamine, j'aimais bien jouer au nain jaune.

Il a heurté la table et s'est fait un gros bleu.

40-Qui t'a donc fait cet oeil au beurre noir ?

Il y avait foule sur l'agora. C'était noir de monde.

C'est affreux ! Je vis une série noire.

Une légende raconte que le roi du Danemark, Christian X a porté l'étoile jaune en solidarité avec les Juifs persécutés.

Voyons, cela ne vous vaut rien d'être rouge/violet de honte.

45-Ah, quelle chaleur sur cette Canebière ! Garçon, un petit jaune ! (un pastis)

Pourquoi donc les signaux d'arrêt sur les voies de chemins de fer sont-ils violets ? (ou blancs et rouges)

Que vous est-il donc arrivé. Vous faites bien grise mine ?

Attention ! Tu t'es trompé, carton jaune/rouge !

La fièvre jaune est aussi appelée vomi noir.

50-Je suis sidérée : on en raconte des vertes et des pas mûres dans son bureau.

"A noir, I rouge, U vert, O bleu : voyelles." Poème d'Arthur Rimbaud

 

 

2-Complétez les titres des films

par le nom d'une couleur

Les titres complets sont à la suite

 

 

1-Soleil .......

Le Mystère de la chambre .......

Le Chien .......

Tous les chats sont .......

....... bonbon

....... revolver

La mariée était en .......

Le Cercle .......

Le Sorcier et le serpent.....

10-Croc-.......

L'Éléphant .......

....... d'enfer

Prince .......

Travail au .......

La Môme .......-de-.......

Le Rayon .......

The .......

Moulin .......

Le Loup ....... et Le Petit Chaperon .......

20-Maigret voit .......

La Rue .......,

Peur(s) du .......

La Ligne .......

Le Renne .......

Pain .......

Le ....... est mis

Calme .......

Les Aventures extraordinaires d'Adèle .......-Sec

Le Train .......

30-Carré .......

Mariage en .......

Le Grand .......

Le Ruban .......

L'Homme en .......

La Vie en .......

Le Dahlia .......

Le Narcisse .......

Le Violon .......

Des filles en .......

40-Trois couleurs : .......

Trois couleurs : .......

Trois couleurs : .......

Goupil mains-.......

 

Titres complets exercice 2

 

1-Soleil vert

Le Mystère de la chambre jaune

Le Chien jaune (film)

Tous les chats sont gris

Rose bonbon

Jaune revolver

La mariée était en noir

Le Cercle rouge

Le Sorcier et le serpent blanc

10-Croc-Blanc

L'Éléphant blanc

Bleu d'enfer

Prince noir

Travail au noir

La Môme vert-de-gris

Le Rayon vert

The Rose

Moulin rouge

Le Loup Gris Et Le Petit Chaperon Rouge

20-Maigret voit rouge

La Rue rouge

Peur(s) du noir

La Ligne rouge

Le Renne blanc

Pain Noir

Le rouge est mis

Calme blanc

Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec

Le Train Bleu

30-Carré blanc

Mariage en blanc

Le Grand Bleu

Le Ruban Blanc

L'Homme En Gris

La Vie en rose

Le Dahlia noir

Le Narcisse noir

Le Violon rouge

Des filles en noir

Trois Couleurs : Rouge

40-Trois couleurs - Bleu

Trois couleurs : Blanc

Goupi Mains Rouges 

 

 

3-Cherchez l'intruse

Dans chaque paragraphe,

retrouvez la couleur qui n'est pas à sa place

 

 

Nuances de la couleur.......

§1-aniline, ponceau, framboise, fraise écrasée, -anglais, carmin, amarante, bordeaux, capucine, corail, écarlate, cobalt, feu, vermeil, garance, tomate, vermillon, cinabre, coquelicot, groseille, écrevisse, terracotta, cerise, cardinal, Bismark, andrinople, cramoisi, sang, sang de boeuf, grenat, tomette, senois, pourpre, nacarat, -de Falun, etc.

L'intruse est .......

 

Nuances de la couleur.......

§2-acier, -ciel, -céruléen, -électrique, azur, -pastel, guède, turquin, bleuet, barbeau, ardoise, majorelle, -roi, saphir, -nuit, Klein, marine, lavande, indigo, Charon, pétrole, Berlon, lapis-lazulis, vénitien, -de Prusse, paon, sarcelle, canard, mers du sud, céleste, turquoise, aigue-marine, azurin, -dragée, -givré, etc.

 

Nuances de la couleur.......

§3-absinthe, amande, -anglais, anis, avocat, bouteille, céladon, chartreuse, cyan, -d'eau, émeraude, empire, épinard, gazon, glauque, hooker, jade, kaki, menthe à l'eau, malachite, olive, perroquet, opaline, tilleul, sapin, sinople, Véronèse, vert de gris, vessie. pomme, mousse, pistache, prairie, -de chrome, smaragdin, poireau, lichen, printemps, lime, impérial, etc.

 

Nuances de la couleur.......

§4-ambre, auréolin, aurore, banane, beurre, beurre frais, bis, blé, blond, bouton d'or, caca d'oie, canari, chamois, champagne, chrome, cinabre, citron, flave, fleur de soufre, -impérial, maïs, mars, mimosa, moutarde, nankin, Naples, or, orpiment, paille, poussin, queue de vache, sable, safran, soufre, vanille, topaze, ocre rouge, ocre jaune, miel, poils de chameau, fauve, bulle, gomme-gutte, mastic, etc.

 

Nuances de la couleur....... 

§5-cuisse de nymphe, -dragée, incarnadin, -bonbon, fuschia, magenta, mauve, balai, saumon, thé, chair, viride, pêche, etc.

 

Solution exercice 3

 

 

  §1-Nuances de la couleur rouge

aniline, ponceau, framboise, fraise écrasée, rouge anglais, carmin, amarante, bordeaux, capucine, corail, écarlate, cobalt, feu, vermeil, garance, tomate, vermillon, coquelicot, groseille, écrevisse, terracotta, cerise,cardinal, Bismark, andrinople, cramoisi, sang, sang de boeuf, grenat, tomette, senois, pourpre, nacarat, -de Falun, etc.

L'intrus est  bleu cobalt

 

 

 

  §2-Nuances de la couleur bleue

-ciel, -céruléen, -électrique, azur, -pastel, guède, turquin, bleuet, barbeau, ardoise, majorelle, -roi, saphir, -nuit, Klein, marine, lavande, indigo, Charon, pétrole, Berlon, lapis-lazulis, vénitien, -de Prusse, acier, paon, sarcelle, canard, mers du sud, céleste, turquoise, aigue-marine, azurin, dragée, -givré, etc.

L'intrus est jaune ou blond vénitien

 

 

 

  §3-Nuances de la couleur verte

absinthe, amande,  vert anglais, anis, avocat, bouteille, céladon, chartreuse, -d'eau, cyan, émeraude, empire, épinard, gazon, glauque, hooker, jade, kaki, menthe à l'eau, malachite, olive, perroquet, opaline, tilleul, sapin, sinople, Véronèse, vert de gris, vessie. pomme, mousse, pistache, cyan prairie, -de chrome, smaragdin, poireau, lichen, printemps, lime, impérial, etc.

L'intrus est  bleu cyan

 

 

 

  §4-Nuances de la couleur jaune

Ambre, auréolin, aurore, banane, beurre, beurre frais, bis, blé, blond, bouton d'or, caca d'oie, canari, chamois, champagne, chrome, cinabre, citron, flave, fleur de soufre, -impérial, maïs, mars, mimosa, moutarde, nankin, Naples, or, orpiment, paille, poussin, queue de vache, sable, safran, soufre, vanille, topaze, ocre rouge, ocre jaune, miel, poils de chameau, fauve, bulle, gomme-gutte, mastic, etc.

L'intrus est  rouge cinabre

 

 

 

  §5-Nuances de la couleur rose

cuisse de nymphe, dragée, incarnadin, -bonbon, fuschia, magenta, mauve, balai, saumon, thé, chair, viride, pêche, -indien, vieux- etc.

L'intrus est vert viride

 

 

Notes

On peut écrire véronèse, Véronèse, vert véronèse, vert Véronèse.

On écrit bordeaux qui fait référence à la couleur du vin de bordeaux vieilli.

Le rouge cardinal est le rouge des robes des cardinaux qui évoque le sang des martyrs.

Cuisse de nymphe ou cuisse de nymphe émue (hotpink).

Malachite est la couleur de la pierre fine : prononcer [malakit]

Pour -cerise on peut dire rouge cerise ou bleu cerise

 

Plusieurs sites sur la toile proposent

les différentes couleurs et leurs nuances

à voir !

Exemples :

>>Nuancier pantone ou couleurs pantone

ou

>>[CODE COULEUR] Dictionnaire des couleurs

ou

>>Dictionnaire des couleurs et de leurs nuances

ou

sur wikipédia (article pour chaque couleur)

 

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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