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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 14:25

 

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Orthographe grammaire pour les hésitants

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Petit exercice préliminaire :

Comment écririez-vous au singulier et au pluriel :

bestiau-, matériau-, sarrau-, landau-,

bijou-, ripou-, verrou-, banal-, idéal-, travail-.

Les mots sont écrits en vert dans les explications.

(Voir après la correction du texte Tonton et Jeannot)

 

Dans le texte suivant, choisissez la bonne orthographe du mot écrit en rouge :

1-soit le mot n'a pas de terminaison

2-soit il se termine par S

3-soit il se termine par X

 

Vous trouverez la correction et les règles après l'exercice

 

 

 Tonton et Jeannot à la pêche

Les tournures familières sont notées en italique

 

  Ce jour-là nous sommes partis à la pêche, mon neveu(-, s, x) et moi et nous n'avons eu que des aléas. Ma voiture, qui était bien loin d'être un  joyau(.), n'a pas pu démarrer, les essieu( ) étaient cassés et les pneu( ) lisses. "Tes bagnoles, c'est pas mieux que des landau( )" s'est esclaffé mon petit Jeannot qui n'avait pas la langue dans sa poche de manteau( ).

Nous avons décidé d'y aller à pied, mais mon petit louveteau( ) a trébuché sur un caillou( ) et il s'est blessé au genou( ). Il s'est fait de gros bleu( ) parce qu'un vaisseau( ) a claqué. Il criait comme un veau(.). Pauvre chou( ) ! Encore heureux qu'il puisse encore avancer. Il a, par mégarde, écrasé un oiseau( ) et l'on pouvait voir les boyau( ) du pauvre animal. C'était peut-être un passereau( ), un hirondeau( ) ou un fauconneau( ), ou même un petit cailleteau( ), beauseigne*, va savoir. Il s'en est fallu d'un cheveu( ) que Jean n'éclate en sanglots, mais je me suis dit que ce n'était pas la peine de lui chercher des pou(.) dans la tête, et qu'un boyau( ) d'oiseau( ), ça n'valait pas un clou( ).

Il s'est mis à me parler des émeu( ) qu'il avait occis un jour et il ne s'en était jamais remis. Il fit le voeu( ) de ne plus tirer les oiseau( ) au lance-pierre. Sur le chemin, on entendait les coucou( ). Jean m'affirma que c'étaient pas des besogneu( ) et qu'ils piquaient le nid des autres oiseau( ), de vrais voyou( ), des affreu( ).

On est arrivés à la rivière, le lieu( ) était poissonneux ; c'est alors qu'on a eu un petit creu( ). On a déballé la bouffe. "Chouette, des tripou( ) !" s'est écrié mon petit Jean, "on va se goinfrer comme des fou(.)". Je lui ai dit d'y aller mou( ). Il répliqua en me faisant des clins d'yeux. "Y a pas de souci, tonton !"

Après avoir sucé son esquimau( ), mon Jeannot m'a aidé à déballer notre matériel. " Des hameçons en acier !" s'est-il exclamé, "C'est un bon matériau( ), ça !" Et il a accroché un vermisseau( ) comme appât.

On s'est mis à pêcher. Jean a eu de la chance et il a attrapé un petit barbeau( ). Il était déçu. J'ai ironisé : "Quel bestiau( ) ! Tu n'crois pas que tu allais pêcher des merlans ou des lieu( ) dans ce ruisseau, mon petit !"

On rencontra un pauvre hère, un vieux scrogneugneu( ) ; bref un ancien ripou( ), un chemineau( ) connu pour ses vagabondages et vêtu d'un oripeau( ) qui ne fleurait pas la vanille. "Attention !" nous a-t-il dit, "il y a des pièges qui vous prennent les pieds comme dans des étau(.)."

"Il nous mène en bateau( )", ai-je soufflé à Jeannot.

Moi, je n'ai pas eu de chance et j'ai ramené des choses bizarres, un râteau( ), un appeau( ), un marteau( ), un cerceau( ), même un bijou( ) de pacotille. On a passé le temps à se raconter des histoires. Jean m'a fait rire avec un fabliau( ) du Moyen Âge et il m'a récité un rondeau( ).

Je vais vous faire un aveu( ) : on a quand même passé un bon après-midi et un aimable paysan nous a ramenés dans son tombereau( ). Heureusement que j'avais pris un de mes grands sarrau( ) !

Des chouchou( ) comme Jeannot, on en rêve.

*beauseigne se prononce [beausseigne] expression du parler stéphanois (le gaga) qui exprime l'apitoiement. Elle viendrait de "beau seigneur !"

"Il souffre ! Oh beauseigne !

Ce type, c'est vraiment un beauseigne

 

CORRECTION

Ce jour-là nous sommes partis à la pêche, mon neveu et moi et nous n'avons eu que des aléas. Ma voiture, qui était bien loin d'être un joyau, n'a pas pu démarrer, les essieux étaient cassés et les pneus lisses. "Tes bagnoles, c'est toujours des landaus", s'est esclaffé mon petit Jeannot qui n'avait pas la langue dans sa poche de manteau( ).

Nous avons décidé d'y aller à pied, mais mon petit louveteau a trébuché sur un caillou et il s'est blessé au genou. Il s'est fait de gros bleus parce qu'un vaisseau a claqué. Il criait comme un veau. Pauvre chou ! Encore heureux qu'il puisse encore avancer. Il a, par mégarde, écrasé un oiseau et l'on pouvait voir les boyaux du pauvre animal. C'était peut-être un passereau, un hirondeau ou un fauconneau, ou même un petit cailleteau, beauseigne, va savoir. Il s'en est fallu d'un cheveu que Jean n'éclate en sanglots, mais je me suis dit que ce n'était pas la peine de lui chercher des poux dans la tête, et qu'un boyau d'oiseau, ça n'valait pas un clou.

Il s'est mis à me parler des émeus qu'il avait occis un jour et il ne s'en était jamais remis. Il fit le voeu de ne plus tirer les oiseaux au lance-pierre. Sur le chemin, on entendait les coucous. Jean m'affirma que c'étaient pas des besogneux et qu'ils piquaient le nid des autres oiseaux, de vrais voyous, des affreux.

On est arrivés à la rivière, le lieu était poissonneux ; c'est alors qu'on a eu un petit creux. On a déballé la bouffe. "Chouette, des tripous (ou des tripoux) !" s'est écrié mon petit Jean, "on va se goinfrer comme des fous". Je lui ai dit d'y aller mou. Il répliqua en me faisant des clins d'yeux. "Y a pas de souci, tonton !"

Après avoir sucé son esquimau, mon Jeannot m'a aidé à déballer notre matériel. " Des hameçons en acier !" s'est-il exclamé, "C'est un bon matériau, ça !" Et il a accroché un vermisseau comme appât.

On s'est mis à pêcher. Jean a eu de la chance et il a attrapé un petit barbeau. Il était déçu. J'ai ironisé : "Quel bestiau ! Tu n'crois pas que tu allais pêcher des merlans ou des lieus dans ce ruisseau, mon petit !"

On rencontra un pauvre hère, un vieux scrogneugneu ; bref, un ancien ripou, un chemineau connu pour ses vagabondages et vêtu d'un oripeau qui ne fleurait pas la vanille. "Attention ! nous a-t-il dit, il y a des pièges qui vous prennent les pieds comme dans des étaux."

"Il nous mène en bateau", ai-je soufflé à Jeannot.

Moi, je n'ai pas eu de chance et j'ai ramené des choses bizarres, un râteau, un appeau, un marteau, un cerceau, et même un bijou de pacotille. On a passé le temps à se raconter des histoires. Jean m'a fait rire avec un fabliau du Moyen Âge et il m'a récité un rondeau.

Je vais vous faire un aveu : on a quand même passé un bon après-midi et un aimable paysan nous a ramenés dans son tombereau. Heureusement que j'avais pris un de mes grands sarraus !

Des chouchous (ou chouchoux) comme Jeannot, on en rêve.

 

 

LES NOMS SE TERMINANT PAR -OU prennent un S au pluriel

fou-fous, bambou-bambous, voyou-voyous, verrou-verrous...

 

EXCEPTIONS : Prennent un X bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou.

des bijoux, des cailloux, des choux, des genoux, des hiboux, des joujoux, des poux.

 

Ripoux verlan de pourri, admis par Larousse.

Un ripou

Des tripous ou tripoux, l'usage hésite.

Un chouchou

Des chouchous ou chouchoux, ne figurent pas dans les dictionnaires.

 

LES MOTS SE TERMINANT PAR -AU, -EAU, -EU, -OEU prennent un X au pluriel.

un matériau, des matériaux, un tuyau, des tuyaux, un boyau, des boyaux, un oiseau, des oiseaux,

un essieu, des essieux, un neveu, des neveux, un cheveu, des cheveux, un voeu, des voeux...

 

EXCEPTIONS : Prennent un S landau, sarrau - des landaus, des sarraus,

moins connus : berimbau, donau, karbau, pilau, unau

et bleu, émeu, lieu (poisson), pneu – des bleus, des émeus, des lieus (poissons), des pneus.

et aussi beu, bisteu, enfeu, rebeu

et le participe passé de avoir : eu, eus

Prennent un S ou un X

crau, grau,sénau, tussau

emposieu, richelieu

feu (l'adjectif prend un S dans le sens de décédés récemment), lieus (le nom des poissons)

 

Remarques

1-Familièrement on peut employer un bestiau pour une bête.

Ah ! J'ai trouvé un bestiau dans mon assiette !

Pour parler en se moquant d'une personne grande et imposante :

Tu as vu ce bestiau ?

2-un scrogneugneu, des scrogneugneux.

 

LES NOMS MASCULINS SE TERMINANT PAR -AL font généralement leur pluriel en -AUX

un cheval, des chevaux...

 

SAUF les noms suivants qui ont un pluriel en -ALS :

bal, carnaval, cérémonial, chacal, choral, festival, pal, récital, régal, santal.

Un festival, des festivals...

REMARQUES

- CHORAL fait chorals ou choraux (nom, chorals / adjectif, chorals ou choraux)

des ensembles chorals ou choraux (qui concernent des choeurs), des chants choraux, des chorals religieux, des chorals sur orgues, clavecins...

- IDÉAL fait idéals ou idéaux (nom et adjectif)

- BANAL (adjectif) fait banals ou banaux dans :

des fours, des moulins banaux,

et banals (sens abstrait) : des romans banals, des gens banals...

 

LES NOMS MASCULINS SE TERMINANT PAR -AIL font généralement leur pluriel en -AILS

un portail, des portails - un éventail, des éventails...

Un travail (pluriel des travails) est l'appareil dans lequel on place les chevaux pour les ferrer.

Remarque : Le mot travail a deux sens : un travail, des travaux/travails

 

SAUF les noms suivants qui ont un pluriel en -AUX,

bail, corail, émail, fermail, soupirail, travail, vantail et vitrail – baux, coraux, etc

 

Le nom AIL fait au pluriel AILS ou AULX

 

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Les petites histoires à trous

Récapitulation de tous les exercices à trous

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

Orthographe grammaire pour les hésitants

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 09:57

 

Je ne suis pas la seule à m'être posé la question – comme beaucoup d'autres questions d'ailleurs auxquelles je tente de répondre dans ce blog.

Je pensais que AUTANT POUR MOI était l'orthographe correcte de cette locution jusqu'à ce qu'un de mes lecteurs me signale que l'Académie donnait AU TEMPS POUR MOI.

 

Il en va ainsi de la mémoire visuelle ; on rencontre un mot dans un texte ; il s'inscrit dans notre hippocampe (ou ailleurs, que sais-je ?) sans qu'on fasse aucun effort pour en garder la graphie et il ressort tel quel un jour ou l'autre quand le besoin s'en fait sentir. Se pose-t-on la question de savoir s'il est bien orthographié ? Pas toujours. On ne court pas les dictionnaires à chaque mot un peu alambiqué que l'on écrit ; et c'est bien là l'erreur.

Ainsi donc mon lecteur, Benoît pour le nommer, me fait justement remarquer que j'aurais dû écrire AU TEMPS POUR MOI dans le commentaire de mon article : Les mauvaises manières de parler le français - Barbarismes et solécismes - QUIZ 30

Pas si évident.

 

Ma recherche m'amène à lire ce que pensent quelques grammairiens de cette question cruciale.

 

Questions de langue | Académie française

www.academie-francaise.fr/la-langue-francaise/questions-de-langue

Aller à Au temps pour moi – (sommaire)

 

Claude Duneton, historien du langage penche pour autant pour moi (18 décembre 2003 dans la rubrique « au plaisir des mots » du Figaro)

Damourette et Pichon [auteurs de Des mots à la pensée. Essai de grammaire de la langue française] se demandent si autant n’est pas la forme primitive. Note du Grevisse 2012

 

Le Grevisse (411 a et R) fait référence à l'Académie 9e édition qui donne la formule : "Au temps pour les crosses" (à l'entrée CROSSE), injonction qui, dans le langage militaire, demande de recommencer le maniement des armes qui a été mal synchronisé.

 

AU TEMPS POUR MOI ! signifie que l'on reconnaît son erreur.

.......

Compte tenu de ces explications, je pense qu'on peut raisonnablement opter pour l'une ou l'autre graphie, à sa guise ; sans oublier que cette expression est familière.

 

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 12:06

 

 

Le point-virgule marque une pause, plus longue que celle de la virgule, moins longue que celle du point.

J'estime que ce signe de ponctuation est injustement de plus en plus délaissé de nos jours par les écrivains, les journalistes, les étudiants qui écrivent tant bien que mal, les barbouilleurs de tous poils et j'en passe ; pourtant le point-virgule a un sens ; il a un rôle à jouer ; dans la lecture à haute voix ne permet-il pas que l'on reprenne un peu son souffle ?

J'en viens à douter qu'à l'école on apprenne qu'il existe.

 

Cf. Littré : Point et virgule ( ; ), signe de ponctuation, qu'on emploie pour séparer des membres de phrases subordonnés non grammaticalement, mais logiquement.

Substantivement, le point-virgule. Le point-virgule marque une pause plus forte que la virgule.

 

On notera que le point virgule est précédé d'un espace (contrairement à la virgule), et que ce qui suit ne prend jamais de majuscule.

 

On peut l'employer :

dans des phrases longues donnant une énumération d'éléments déjà séparés par des virgules, un ou plusieurs de ces éléments étant eux-mêmes subdivisés en d'autres éléments séparés par des virgules.

 

Texte du 1/1/1835, valide du 1/1/1835 au 7/2/1924 L’acte de décès contiendra les prénoms, nom, âge, profession et domicile de la personne décédée ; les prénoms et nom de l’autre époux, si la personne décédée était mariée ou veuve ; les prénoms, noms, âge, professions et domiciles des déclarants ; et, s’ils sont parents, leur degré de parenté. Code civil - Article 79

 

pour séparer des propositions qui ont entre elles une relation logique.

Extraits de textes que vous pouvez retrouver dans ce blog

 

Ces récits occupaient tout le temps du coucher de ma mère et de ma soeur : elles se mettaient au lit mourantes de peur.; je me retirais au haut de ma tourelle ; la cuisinière rentrait dans la grosse tour, et les domestiques descendaient dans leur souterrain.

>> CHATEAUBRIAND - Mémoires d'Outre-Tombe - À Combourg

 

lorsque les phrases sont unies par un adverbe ou un syntagme à valeur adverbiale : pourtant, cependant, ensuite, enfin, à savoir, par conséquent, etc.

On rencontre le point-virgule avant la conjonction mais, parfois avant et.

 

Sa figure était une pomme rouge, un bouton de pivoine prêt à fleurir ; et là-dedans s’ouvraient, en haut, deux yeux noirs magnifiques, ombragés de grands cils épais qui mettaient une ombre dedans ; en bas, une bouche charmante, étroite, humide pour le baiser, meublée de quenottes luisantes et microscopiques.

>> GUY DE MAUPASSANT - Boule de Suif - Dans la diligence qui les emmène au Havre.

 

Il reste à savoir si l'on peut l'employer aujourd'hui dans une phrase pour séparer certaines parties de la phrase qui, de ce fait, ne sont pas des phrases complètes, comme dans les exemples ci-dessous (les parties de phrases sont ici des subordonnées conjonctives ou d'autres éléments).

Je n'ai trouvé ce cas cité dans aucune grammaire, ni dans aucun site sur la toile (se souciant de cette histoire de point-virgule), mais j'ai lu de nombreuses phrases d'écrivains utilisant ainsi le point-virgule.

 

Bundari, le second historien, conte que Zoroastre était Juif, et qu’il avait été valet de Jérémie ; qu’il mentit à son maître ; que Jérémie, pour le punir, lui donna la lèpre ; que le valet, pour se décrasser, alla prêcher une nouvelle religion en Perse, et fit adorer le soleil au lieu des étoiles.

>>VOLTAIRE - Dictionnaire philosophique - Zoroastre, prophète et fondateur du zoroastrisme

 

Que l'homme, étant revenu à soi, considère ce qu'il est au prix de ce qui est ; qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature ; et que de ce petit cachot où il se trouve logé, j'entends l'univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes et soi-même son juste prix. Qu'est-ce qu'un homme dans l'infini ?

>> BLAISE PASCAL - Pensées - Les deux infinis

 

Les anciens, les Chaldéens sans doute exceptés, la prenaient pour deux étoiles différentes ; ils la nommaient Hesper ou Vesper, l'occidentale, à son apparition du soir. Les modernes l'appellent l'étoile du berger, parce qu'elle est pour celui-ci le signal de la retraite dans les beaux jours ; et les cœurs tendres, l'étoile des amants, dont elle est le discret et mystérieux flambeau.

>> WILLIAM DUCKETT - Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Lucifer (Phosphore, Vénus, Astarté, Vénus-Uranie, Anahid, Hesper ou Vesper, Boker)

 

Je ne suis pas la seule à m'émouvoir de la disparition progressive du point-virgule :

>> Enfin; une cause ! Par MM. Benoît Leblanc et Claude Tousignant

cause qui est d'ailleurs bien mollement défendue !

 

On utilisait beaucoup le point-virgule avant le XXe siècle.

Et je veux l'utiliser à ma guise, sans qu'on me cherche noise !

 

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Vos pouvez lire aussi : J'aime l'esperluette

 

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 19:05

FLORILÈGE

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IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII     IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII     IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 

-28-

 

La Mort d'Honoré de Balzac

 

racontée par Victor Hugo

 

dans CHOSES VUES

 

 

Honoré de Balzac 1799-1850

romancier, dramaturge, critique littéraire, journaliste.

 

Victor Hugo 1802-1885

poète, dramaturge, romancier, homme politique.

 

La mort de Balzac, Choses vues de Victor Hugo

Le 18 août 1850, ma femme, qui avait été dans la journée pour voir Mme de Balzac, me dit que M. de Balzac se mourait. J'y courus.

M. de Balzac était atteint depuis dix-huit mois d'une hypertrophie du coeur. Après la révolution de Février, il était allé en Russie et s'y était marié. Quelques jours avant son départ, je l'avais rencontré sur le boulevard; il se plaignait déjà et respirait bruyamment. En mai 1850, il était revenu en France, marié, riche et mourant. En arrivant, il avait déjà les jambes enflées. Quatre médecins consultés l'auscultèrent. L'un d'eux, M. Louis, me dit le 6 juillet: Il n'a pas six semaines à vivre. C'était la même maladie que Frédéric Soulié.

Le 18 août, j'avais mon oncle, le général Louis Hugo, à dîner. Sitôt levé de table, je le quittai et je pris un fiacre qui me mena avenue Fortunée, n° 14, dans le quartier Beaujon. C'était là que demeurait M. de Balzac. Il avait acheté ce qui restait de l'hôtel de M. de Beaujon, quelques corps de logis bas échappés par hasard à la démolition ; il avait magnifiquement meublé ces masures et s'en était fait un charmant petit hôtel, ayant porte cochère sur l'avenue Fortunée et pour tout jardin une cour longue et étroite où les pavés étaient coupés çà et là de plates-bandes.

Je sonnai. Il faisait un clair de lune voilé de nuages. La rue était déserte. On ne vint pas. Je sonnai une seconde fois. La porte s'ouvrit. Une servante m'apparut avec une chandelle. « Que veut monsieur ? » dit-elle. Elle pleurait.

Je dis mon nom. On me fit entrer dans le salon qui était au rez-de- chaussée, et dans lequel il y avait, sur une console opposée à la cheminée, le buste colossal en marbre de Balzac par David. Une bougie brûlait sur une riche table ovale posée au milieu du salon et qui avait en guise de pieds six statuettes dorées du plus beau goût.

Une autre femme vint qui pleurait aussi et me dit :

« Il se meurt. Madame est rentrée chez elle. Les médecins l'ont abandonné depuis hier. Il a une plaie à la jambe gauche. La gangrène y est. Les médecins ne savent ce qu'ils font. Ils disaient que l'hydropisie de monsieur était une hydropisie couenneuse, une infiltration, c'est leur mot, que la peau et la chair étaient comme du lard et qu'il était impossible de lui faire la ponction. Eh bien, le mois dernier, en se couchant, Monsieur s'est heurté à un meuble historié, la peau s'est déchirée, et toute l'eau qu'il avait dans le corps a coulé. Les médecins ont dit : Tiens ! Cela les a étonnés et depuis ce temps-là ils lui ont fait la ponction. Ils ont dit : Imitons la nature. Mais il est venu un abcès à la jambe. C'est M. Roux qui l'a opéré. Hier on a levé l'appareil. La plaie, au lieu d'avoir suppuré, était rouge, sèche et brûlante. Alors ils ont dit : Il est perdu ! et ne sont plus revenus. On est allé chez quatre ou cinq, inutilement. Tous ont répondu : Il n'y a rien à faire. La nuit a été mauvaise. Ce matin, à neuf heures, monsieur ne parlait plus. Madame a fait chercher un prêtre. Le prêtre est venu et a donné à Monsieur l'extrême- onction. Monsieur a fait signe qu'il comprenait. Une heure après, il a serré la main à sa soeur, Mme de Surville. Depuis onze heures il râle et ne voit plus rien. Il ne passera pas la nuit. Si vous voulez, monsieur, je vais aller chercher M. de Surville, qui n'est pas encore couché. »

La femme me quitta. J'attendis quelques instants. La bougie éclairait à peine le splendide ameublement du salon et de magnifiques peintures de Porbus et de Holbein suspendues aux murs. Le buste de marbre se dressait vaguement dans cette ombre comme le spectre de l'homme qui allait mourir. Une odeur de cadavre emplissait la maison.

M. de Surville entra et me confirma tout ce que m'avait dit la servante. Je demandai à voir M. de Balzac.
Nous traversâmes un corridor, nous montâmes un escalier couvert d'un tapis rouge et encombré d'objets d'art, vases, statues, tableaux, crédences portant des émaux, puis un autre corridor, et j'aperçus une porte ouverte. J'entendis un râlement haut et sinistre. J'étais dans la chambre de Balzac.
Un lit était au milieu de cette chambre. Un lit d'acajou ayant au pied et à la tête des traverses et des courroies qui indiquaient un appareil de suspension destiné à mouvoir le malade. M. de Balzac était dans ce lit, la tête appuyée sur un monceau d'oreillers auxquels on avait ajouté des coussins de damas rouge empruntés au canapé de la chambre. Il avait la face violette, presque noire, inclinée à droite, la barbe non faite, les cheveux gris et coupés courts, l'oeil ouvert et fixe. Je le voyais de profil, et il ressemblait ainsi à l'Empereur.

Une vieille femme, la garde, et un domestique se tenaient debout des deux côtés du lit. Une bougie brûlait derrière le chevet sur une table, une autre sur une commode près de la porte. Un vase d'argent était posé sur la table de nuit. Cet homme et cette femme se taisaient avec une sorte de terreur et écoutaient le mourant râler avec bruit.

La bougie au chevet éclairait vivement un portrait d'homme jeune, rose et souriant, suspendu près de la cheminée.

Une odeur insupportable s'exhalait du lit. Je soulevai la couverture et je pris la main de Balzac. Elle était couverte de sueur. Je la pressai. Il ne répondit pas à la pression.

C'était cette même chambre où je l'étais venu voir un mois auparavant. Il était gai, plein d'espoir, ne doutant pas de sa guérison, montrant son enflure en riant. Nous avions beaucoup causé et disputé politique. Il me reprochait «ma démagogie». Lui était légitimiste. Il me disait : « Comment avez-vous pu renoncer avec tant de sérénité à ce titre de pair de France, le plus beau après le titre de roi de France » - Il me disait aussi : « J'ai la maison de M. de Beaujon, moins le jardin, mais avec la tribune sur la petite église du coin de la rue. J'ai là dans mon escalier une porte qui ouvre sur l'église. Un tour de clef et je suis à la messe. Je tiens plus à cette tribune qu'au jardin. » -- Quand je l'avais quitté, il m'avait reconduit jusqu'à cet escalier, marchant péniblement, et m'avait montré cette porte, et il avait crié à sa femme : « Surtout, fais bien voir à Hugo tous mes tableaux. »

La garde me dit : « Il mourra au point du jour. »

Je redescendis, emportant dans ma pensée cette figure livide ; en traversant le salon, je retrouvai le buste immobile, impassible, altier et rayonnant vaguement, et je comparai la mort à l'immortalité.
Rentré chez moi, c'était un dimanche, je trouvai plusieurs personnes qui m'attendaient, entre autres Riza-Bey, le chargé d'affaires de Turquie, Navarrete, le poète espagnol et le comte Arrivabene, proscrit italien. Je leur dis : « Messieurs, l'Europe va perdre un grand esprit. »

Il mourut dans la nuit. Il avait cinquante et un ans.

 

................................

Si vous avez aimé ce texte, ne manquez pas de lire :

La Mort de Balzac/3. La mort de Balzac – Wikisource

Par Octave Mirbeau, 1905

Note de Mamiehiou

Un récit effarant qui étonne, qui bouleverse ; on ne peut retenir ses larmes !

Ce texte de Mirbeau concernant les confidences de l'amant de Mme de Balzac (madame Hańska d'un premier mariage, comtesse de Mniszech) fut sujet à controverse. L'auteur ne put le publier car la fille de Mme de Balzac, alors âgée de quatre-vingts ans, le pria de n'en rien faire. Aucun autre témoin ne put corroborer ce que furent réellement les dernières heures de Balzac.

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Oeuvres inédites de Victor Hugo. Choses vues

Gallica page 28

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Voir aussi le discours que Victor Hugo prononça aux funérailles de Balzac le 29 août 1850

Discours prononcé aux funérailles de Balzac - françaisenligne

 

 

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FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES (titres des textes)

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 05:55

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QUE s'élide lorsqu'il est suivi d'une voyelle ou d'un h muet. À l'écrit le E final disparaît et laisse la place à l'apostrophe.

Il n'est pas venu parce qu'il était malade.

Mais qu'en est-il lorsque QUE est l'élément d'un autre mot ?  Doit-on ou peut-on marquer l'élision dans les mots : quoique, puisque, lorsque, quelque, et presque ? Et dans quels cas ?

> quoiqu'-, puisqu'-, lorsqu'-, quelqu'-, presqu'-

 

*********************

1-Certains grammairiens nous disent que quoique, puisque, lorsque ne s'élident que devant les pronoms et les articles  > il(s), elle(s), un(s), une(s), on, en, aucun. D'autres ajoutent quelques mots à ceux-ci.

On peut ou non marquer l'élision dans tous les cas précisent l'Académie, dans La Grammaire de l'Académie et Le Grevisse

J'ai fait cet exercice quoiqu'ayant rencontré quelques difficultés. Je l'avais fini lorsqu'Isabelle est arrivée et puisqu'Anna l'a suggéré, nous sommes toutes allées au cinéma.

 

2-Quelque ne s'élide que devant un et une : quelqu'un, quelqu'une. On a une disjonction dans les autres cas.

J'en connais quelqu'une qui aimerait bien te rencontrer !

 

Remarque : Cependant j'ai rencontré dans une ancienne version  de La Dictée de Mérimée : Quelqu'exiguës qu'aient pu paraître... les arrhes...

Voir dans ce blog > La dictée de Mérimée avec ses difficultés expliquées par le menu*, règles d'orthographe et de grammaire et digressions sur la langue

Chez Dauzat : Quelqu’opposés […] que fussent leurs tempéraments ( Génie de la langue française, p. 343)

Chez Robespierre : ... quelqu'impure qu'en soit la source... (Discours à la Convention sur la nouvelle Déclaration des droits de l'homme)

 

3-Presque ne s'élide que dans presqu'île.

 

*********************

Voir dans ce blog

> La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

> L'euphonie - Emploi des lettres euphoniques pour éviter l'hiatus

 

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 08:22

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>> Orthographe grammaire pour les hésitants

LES QUIZ

 

Exercice 1- C'est un .. de croire qu'il est ... d'avoir ... de me plaire.

Je ne suis pas des ... .

Qu'on le ... dise !

Voir la correction tout à la fin de l'article

 

Exercice 2 : Complétez avec les homophones : leur, leurs, l'heure, leurre ou l'heur. 

La solution est à la suite des explications.

 

LES CONFIDENCES DE SIDONIE LALÈCHE

 

Je ne ...... ai pas dit que j'avais eu ...... de plaire à mon professeur et qu'il m'avait mis une bonne note pour mon excellent devoir. Il ...... avait parlé de ...... façon d'apprendre ...... leçons, en critiquant ...... désinvolture, ce qui ...... aurait permis de s'améliorer. Mais ...... obstination à n'en faire qu'à ...... tête les avait perdus et ...... notes s'en ressentaient.

...... moyenne était mauvaise.

J'ai toujours été attentive aux consignes de mes professeurs et ...... conseils m'ont aidée. Je ...... ai toujours obéi en tout et ils m'ont donné ...... confiance. Que ...... élèves réussissent est ...... objectif, c'est sûr. J'apprends mes leçons et les autres n'apprennent pas les ...... . C'est ...... choix. Le regretteront-il plus tard ? C'est un ...... de croire que dans la vie tout est facile, et qu'on peut faire seulement ce qui plaît. Je ne ...... dirai rien de tout cela, mais vous pouvez toujours le ...... faire savoir.

 

 

LEUR peut être

Adjectif possessif : Ils tiennent toujours fermement leurs enfants par la main quand ils sont dans la rue.

Pronom possessif : Ce ne sont pas mes enfants mais les leurs.

Pronom personnel : Je leur conseille toujours la prudence.

 

LEUR, LEURS : ADJECTIF POSSESSIF

C'est un déterminant qui accompagne un substantif (un nom)

Ces parents sont imprudents si leurs enfants ne les écoutent pas. Leur autorité est défaillante.

Pour repérer l'adjectif possessif, on peut le remplacer par un autre adjectif possessif : mon, ma, mes, ton, ta, tes, son, sa ses, notre, nos, votre, vos.

 

LE LEUR, LA LEUR, LES LEURS : PRONOM POSSESSIF

Le pronom remplace un nom.

Mes enfants sont obéissants, pas les leurs. (= pas leurs enfants)

Mon fils est particulièrement attentif. Le leur est toujours distrait. (= leur fils)

Ma fille suit mes conseils, alors que la leur n'écoute jamais.

Pronoms possessifs : le mien, la mienne, les miens, les miennes, le tien (etc.), le sien (etc.), le nôtre, la nôtre, les nôtres, le vôtre (etc.) le leur, la leur, les leurs

LE, LES devant LEUR(S) se contractent avec les prépositions A et DE

AU LEUR, AUX LEURS, DU LEUR, DES LEURS.

Je pense toujours à mes petits-enfants, mais ils ne pensent jamais aux leurs.

Je parle toujours de mon petit, je ne les ai jamais entendu parler du leur.

 

LEUR : PRONOM PERSONNEL INVARIABLE (jamais de S)

Le pronom remplace un nom qui répond à la question : À quoi ? ou À qui ?

complément d'objet indirect / complément d'objet second.

Tu leur parles toujours avec gentillesse. (Tu parles aux enfants)

Donne ces jouets aux enfants. Donne-leur ces jouets.

Donne-les-leur.

Attention à la place de leur lorsqu'il y a deux pronoms personnels.

Notez les traits d'union.

 

L'HEURE

Quelle heure est-il ? Il est deux heures et demie.

 

UN LEURRE

Un objet destiné à tromper. Un appât pour dresser un faucon par exemple.

Quelque chose que l'on croit et qui n'est pas vrai, c'est un leurrre.

VERBE LEURRER

On leurre quelqu'un avec quelque chose. Il me leurre avec ses belles promesses.

Je me leurre sur quelque chose, je me fais des illusions.

 

L'HEUR nom masculin

Ce qui arrive d'heureux, ce qui fait plaisir, une chance heureuse.

Je n'ai pas l'heur de vous plaire, tant pis.

> Je n'ai pas la chance, le plaisir de vous plaire.

Mots formés sur HEUR : bonheur, malheur.

 

Correction de l'exercice 2

 

LES CONFIDENCES DE SIDONIE LALÈCHE

 

Je ne leur ai pas dit que j'avais eu l'heur de plaire à mon professeur et qu'il m'avait mis une bonne note pour mon excellent devoir. Il leur avait parlé de leur façon d'apprendre leurs leçons, en critiquant leur désinvolture, ce qui leur aurait permis de s'améliorer. Mais leur obstination à n'en faire qu'à leur tête les avait perdus et leurs notes s'en ressentaient.

Leur moyenne était mauvaise.

J'ai toujours été attentive aux consignes de mes professeurs et leurs conseils m'ont aidée. Je leur ai toujours obéi en tout et ils m'ont donné leur confiance. Que leurs élèves réussissent est leur objectif, c'est sûr. J'apprends mes leçons et les autres n'apprennent pas les leurs. C'est leur choix. Le regretteront-il plus tard ? C'est un leurre de croire que dans la vie tout est facile, et que l'on peut faire seulement ce qui plaît. Je ne leur dirai rien de tout cela, mais vous pouvez le leur faire savoir.

 

Retour au début de la page 

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Les petites histoires à trous

Récapitulation de tous les exercices à trous

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

Orthographe grammaire pour les hésitants

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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.................................................................................

Exercice 1 du début de l'article

 C'est un leurre de croire qu'il est l'heure d'avoir l'heur de me plaire.

Je ne suis pas des leurs .

Qu'on le leur dise !

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 06:58

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 10:26

>>> DICTÉES

 

Vous pouvez vous dispenser de relire l'introduction à cet exercice si vous l'avez déjà lue dans l'article de la dictée 1

 

 > Orthographe – grammaire : comment se remettre à niveau – Dictée 1

 

Que de fautes de français dans les textes écrits !

Et que de gens désireux d'améliorer leur orthographe !

Mon blog propose déjà de nombreux exercices.

Je vous donne ici un texte "comme si vous faisiez une dictée". Certains mots écrits "phonétiquement" demanderont à être "décryptés phoniquement " et écrits correctement.

Je n'emploie pas les signes phonétiques internationaux qui pourraient ajouter des difficultés au décryptage.

Le texte d'auteur est ensuite donné sans fautes et je tâche d'expliquer ce qui aurait pu vous paraître difficile.

 

Exemples de mots ou de terminaisons écrits "phonétiquement" :

ê pour ai, ais, ait, aie, aies, ait, aient, et, est, es

sa pour sa, ça ou çà.

ou pour ou où hou ouh 

du pour dû, du(s), du(es), dut, dût

quel pour quels/quelle/quelles ou qu'elle/elles

quelque pour quelque ou quels/quelle/quelles + que

quoique pour quoique et quoi que

ver pour ver, vers, vert, verre, vair, ou au pluriel

si pour si, s'y ou ci

a pour a, à, ah, ha

o pour ô, oh, ho, au, aux, eau, eaux, haut

leur pour leur, leurs, leurre ou l'heure (ou même l'heur)

c'étê pour c'était ou c'étaient

é pour és, ée, ées, er

etc.

Rétablissez les accents s'il le faut.

Il faudra accorder les verbes, les participes passés, les adjectifs, etc.

>> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

CONSEIL :

Écrivez en toutes lettres les mots à corriger.

Mieux encore : Imprimez le texte et écrivez les mots dans l'interligne.

Bon courage et faites-en profiter vos amis !
 

 

Exemple :

Toute les foi qu'il me rencontrê, il me demandê si j'avê mangé.

Correction :

Toutes les fois qu'il me rencontrait, il me demandait si j'avais mangé.

 

La Mort d'Olivier Bécaille d'Émile Zola

Sê un samedi, a six heure du matin que je suis mort après trois jour de maladies. Ma povre femme fouillê depuis un instant dans la malle, ou elle cherchê du linge.
Lorsqu'elle sê relevé ê quel ma vue rigide, les yeux ouvert, sans un soufle, elle ê acouru, croyant a un évanouissement, me touchant les mains, se penchant sur mon visage. Puis, la terreur la prise ; ê, afolée elle a bégayer, en éclatant en larme :
- Mon Dieu ! mon Dieu ! il ê mort !

J'entendê tout, mais les sons afaiblis semblê venir de très loin. Seul, mon euil gauche persevê encor une lueur confuse, une lumière blanchatre ou les objets ce fondaient ; l'euil droit se trouvê complètemment paralisé.
S'étê une sincope de mon être entier comme un cou de foudre qui m'avait anéantit. Ma volontée étê morte, plus une fibre de ma chaire ne m'obéissê. ê, dans se néant, au-dessus de mes menbres inertes, la pensé seul demeurê, lante ê parresseuse, mais d'une nettetée parfaite.
Ma povre Marguerite pleurê, tombé a genou devant le lit, répétant d'une voie déchiré :
- Il ê mort, mon Dieu ! il ê mort !

Étê-ce dont la mort, se singulié état de torpeur, cette chaire frappé d'immobilitée, tandis que l'inteligence fonctionê toujour ? étê-ce mon ame qui s'atardêt ainsi dans mon crane, avant de prendre son vole ? Depuis mon enfanse, j'étê sujê a des crises nerveuse. Deux foi, tout jeune, des fièvres aigües avê faillie m'enporté. Puis, autour de moi, on s'étê habituer a me voire maladif ; ê moi même j'avais défendus a Marguerite d'allé chercher un mèdecin, lorsque je m'étê couché le matin de nôtre arrivé a Paris, dans cette hotel meublé de la rue Dauphine. Un peu de repos sufirê, s'étê la fatigue du voyage qui me courbaturê ainssi. Pourtant, je me sentê plain d'une angoise afreuse. Nous avions quitter brusquement notre province, très povres, ayant a peine de quoi atendre les apointements de mon premier mois, dans l'administrasion ou je m'étê assuré une place. ê voila qu'une crise subite m'emportê !

Étê-ce bien la mort ? Je m'étê imaginé une nuit plus noir, un silence plus lourt. Tout petit, j'avais déjà peur de mourrir. Comme j'étê débil ê que les gens me carressê avec compassion, je penssê constament que je ne vivrê pas, qu'on m'entererê de bonne heure. ê cette pensé de la terre me cosê une épouvante, a laquel je ne pouvais m'habitué, bien qu'elle me hanta17 nuit ê jour. En grandissant, j'avais gardé cet idée fix. Parfois, après des journées de réflection, je croyais avoir vaincus ma peur. Et bien !
On mourait, c'étê finit ; tout le monde mourait un jour ; rien ne devait être plus comode ni meilleure. J'arrivê presqu'a être gay, je regardê la mort en face. Puis, un frison brusque me glassê, me rendait a mon vertige, comme si une main géante m'eut balancé au-dessus d'un goufre noire. S'étê la pensé de la terre qui revennê ê emportê mes résonements.

Que de foi, la nuit, je me suis réveillé en surso, ne sachant quel soufle avait passer sur mon sommeil, joingnant les mains avec désespoir, balbussiant :

“ Mon Dieu ! mon Dieu ! il faut mourrir ! ” Une anxiétée me cérê la poitrine, la néssecitée de la mort me paréssê plus abominable, dans l'étourdisement du réveille. Je ne me rendormê qu'avec peine, le sommeil m'inquiètê, tellement il resemblê a la mort. Si j'allais dormir toujour ! Si je fermê les yeux pour ne lé rouvrirent jamais !
J'ignore si d'autre on souferts se tourment. Il a désoler ma vie. La mort sê dressé entre moi ê tout se que j'ê aimé. Je me souvient des plus heureux instants que j'ê passé avec Marguerite.

Dans les premier mois de notre marriage, lorsqu'elle dormê la nuit a mon coté, lorsque, je songê a elle en fesant des rèves d'a venir, s'en sesse l'atente d'une séparation fatal gatê mes joies, détruisê mes espoir. Il faudrê nous quittés, peut-être demain, peut-être dans une heure. Un immense découragement me prenê, je me demandê a quoi bon le bonneur d'être ensembles, puisqu'il devê aboutire a un déchirement si cruel. Alors, mon imagination ce plaisê dans le deuil. Qui partirê le premier, elle ou moi ? ê lune ou l'autre alternative m'atendrissê aux larmes, en déroullant le tableaux de nos vies brisés. Au meilleur époque de mon existance, j'ê eut ainsi des mélancolies soudaines que personne ne comprenê. Lorsqu'il m'arrivê une bonne chance, on s'étonnê de me voir sombre. S'étê que tout d'un cou, l'idée de mon néant avait traversé ma joie. Le terrible : “A quoi bon ?” sonê comme un gla a mes oreilles.

 

 

Texte avec les fautes soulignées suivies des explications

Se rapporter aux numéros à la suite de chaque paragraphe

 

Texte original

Extrait

La Mort d'Olivier Bécaille

un samedi, a six heure du matin que je suis mort après trois jour de maladies. Ma povre femme fouillê depuis un instant dans la malle, ou1 elle cherchê du linge.
Lorsqu'elle
sê relevé2 ê quel ma vue3 rigide, les yeux ouvert, sans un soufle, elle ê acouru4, croyant a un évanouissement, me touchant les mains, se penchant sur mon visage. Puis, la terreur la prise5 ; ê, afolée elle a bégayer, en éclatant en larme :
- Mon Dieu ! mon Dieu ! il
ê mort !

La Mort d'Olivier Bécaille

C'est un samedi, à six heures du matin que je suis mort après trois jours de maladie. Ma pauvre femme fouillait depuis un instant dans la malle, où elle cherchait du linge.
Lorsqu'elle s'est relevée et qu'elle m'a vu rigide, les yeux ouverts, sans un souffle, elle est accourue, croyant à un évanouissement, me touchant les mains, se penchant sur mon visage. Puis, la terreur l'a prise ; et, affolée elle a bégayé, en éclatant en larmes :
- Mon Dieu ! mon Dieu ! il est mort !
 

 

Notes :

1- la malle où elle cherchait du linge

où, pronom relatif qui a pour antécédent malle : elle cherchait du linge dans la malle

 

2-elle s'est relevée, verbe pronominal se relever conjugué au passé composé avec l'auxiliaire être.

La règle de l'accord des participes passés des verbes pronominaux est la même que lorsque les verbes sont conjugués avec avoir : ils s'accordent avec le complément d'objet direct s'il y en a un et s'il est placé avant le participe passé.

Se dans se relever est un pronom réfléchi. Elle s'est relevée > elle a relevé elle-même. Donc accord.

 

3-et qu'elle m'a vu

que (élidé en qu' devant une voyelle) remplace lorsque pour éviter la répétition : lorsqu'elle s'est relevée et lorsqu'elle m'a vu

> Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ?

4-elle est accourue – verbe accourir au passé composé.

Note de Littré : Accourir se construit avec l'auxiliaire avoir et l'auxiliaire être. L'on se sert du premier quand on a particulièrement l'intention d'exprimer l'action d'accourir ; et du second, quand on a l'intention d'exprimer l'état d'une personne qui est accourue. Elles ont accouru en hâte nous porter secours ; elles sont accourues et ont contemplé ce triste spectacle.

Le participe passé s'accorde avec le sujet lorsqu'il est conjugué avec l'auxiliaire être (sauf celui des verbes pronominaux)

Verbes commençant par AC- ACC- Ils s'écrivent tous avec 2C, sauf acquérir et s'acoquiner

 

5-la terreur l'a prise, prendre au passé composé. Le participe passé prise s'accorde avec le complément placé avant lui : l' (la élidé) qui remplace ma pauvre femme.

J'entendê tout, mais les sons afaiblis6 semblê venir de très loin. Seul, mon euil gauche persevê encor7 une lueur confuse, une lumière blanchatre8 ou les objets ce fondê ; l'euil droit se trouvê complètemment9 paralisé.
S'étê une sincope de mon être entié comme un cou de foudre qui m'avait anéantit10. Ma volontée étê morte, plus une fibre de ma chaire ne m'obéissê. Ê, dans se11 néant, au-dessus de mes menbres
12 inertes, la pensé seul demeurê, lante ê parresseuse, mais d'une nettetée13 parfaite.
Ma
povre Marguerite pleurê, tombé a genou devant le lit, répétant d'une voie déchiré :
- Il ê mort, mon Dieu ! il ê mort !

J'entendais tout, mais les sons affaiblis semblaient venir de très loin. Seul, mon oeil gauche percevait encore une lueur confuse, une lumière blanchâtre où les objets se fondaient ; l'oeil droit se trouvait complètement paralysé.
C'était une syncope de mon être entier comme un coup de foudre qui m'avait anéanti. Ma volonté était morte, plus une fibre de ma chair ne m'obéissait. Et, dans ce néant, au-dessus de mes membres inertes, la pensée seule demeurait, lente et paresseuse, mais d'une netteté parfaite.
Ma pauvre Marguerite pleurait, tombée à genoux devant le lit, répétant d'une voix déchirée :
- Il est mort, mon Dieu ! il est mort !

 

6-les sons affaiblis, affaiblis est un participe passé employé comme adjectif. Il s'accorde avec LES SONS, masculin pluriel. (un son affaibli)

7-encore peut s'écrire sans E en poésie. C'est une licence poétique pour la rime ou la mesure du vers.
 

8-L'adverbe complètement est formé à partir de l'adjectif au féminin complète + MENT

Dure, durement – sotte, sottement - etc.
 

Les adverbes formés sur les adjectifs se terminant par MENT ou MANT prennent 2M :

patient, patiemment – brillant, brillamment – etc


9-blanchâtre, bleuâtre, rougeâtre, douçâtre.

>>L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux...

10- un coup de foudre qui m'avait anéanti : le verbe du 2e groupe est à l'indicatif plus que parfait. Anéanti est le participe passé.
 

11- Et dans ce néant au-dessus de mes membres inertes :

ce néant, celui dont il vient de parler. Ce, adjectif démonstratif.
 

12-mes membres

Devant le M, le B, le P, on écrit M pas N

Exceptions : bonbon, bonbonne, bonbonnière, embonpoint, néanmoins.

13- une netteté parfaite

Les noms féminins se terminant par -té ou -tié s'écrivent sans -é .

Ce sont des noms abstraits ou des qualités.
Exemples : l'amitié, la liberté, la volonté.

Ils sont formés à partir des adjectifs qui leur correspondent.

obscur, obscurité – cher, cherté – beau, beauté.


Exceptions : 
1. 
la dictée, la jetée, la montée, la pâtée, la portée. 
2. les noms féminins qui indiquent une quantité ou un contenu.

Exemples : une portée, une brouettée, une charretée...

 

Étê-ce dont la mort, se singulié état de torpeur, cette chaire14 frappé d'immobilitée, tandis que l'inteligence fonctionê toujours ? étê-ce mon ame qui s'atardêt ainsi dans mon crane, avant de prendre son vole ? Depuis mon enfanse, j'étê sujê a des crises nerveuse. Deux foi15, tout jeune, des fièvres aigües avê faillie m'enporté16. Puis, autour de moi, on s'étê habituer a me voire17 maladif ; ê moi même j'avais défendus a Marguerite d'allé chercher un mèdecin, lorsque je m'étê couché le matin de nôtre18 arrivé a Paris, dans cette hotel19 meublé de la rue Dauphine. Un peu de repos sufirê, s'étê la fatigue du voyage qui me courbaturê ainssi. Pourtant, je me sentê plain d'une angoise afreuse. Nous avions quitter brusquement notre province, très povres, ayant a peine de quoi atendre les apointements de mon premier mois, dans l'administrasion20 ou je m'étê assuré une place. ê voila21 qu'une crise subite m'emportê !

Était-ce donc la mort, ce singulier état de torpeur, cette chair frappée d'immobilité, tandis que l'intelligence fonctionnait toujours ? Était-ce mon âme qui s'attardait ainsi dans mon crâne, avant de prendre son vol ? Depuis mon enfance, j'étais sujet à des crises nerveuses. Deux fois, tout jeune, des fièvres aiguës avaient failli m'emporter. Puis, autour de moi, on s'était habitué à me voir maladif ; et moi-même j'avais défendu à Marguerite d'aller chercher un médecin, lorsque je m'étais couché le matin de notre arrivée à Paris, dans cet hôtel meublé de la rue Dauphine. Un peu de repos suffirait, c'était la fatigue du voyage qui me courbaturait ainsi. Pourtant, je me sentais plein d'une angoisse affreuse. Nous avions quitté brusquement notre province, très pauvres, ayant à peine de quoi attendre les appointements de mon premier mois, dans l'administration où je m'étais assuré une place. Et voilà qu'une crise subite m'emportait !

14-chair > Ne pas confondre les homophones : adjectif) cher, adverbe) cher, substantifs) la chère, la chair, la chaire, la cheire.

15—deux fois

FOIS -que de fois, une fois – Dérivés : quelquefois, parfois

FOI- avoir la foi, être croyant – avoir foi en quelqu'un, en quelque chose.

Eh bien ma foi ! Par ma foi !

FOIE – le foie est un organe qui sécrète la bile.

16-des fièvres aiguës

aigu, ambigu, exigu et la ciguë ont un tréma sur le e au féminin singulier et pluriel aiguë, ambiguë, exiguë.

La ciguë

des fièvres aiguës avaient failli m'emporter

avaient failli, plus-que parfait, le participe passé est failli.

Emporter est à l'infinitif.

Si l'on remplace emporter par faire on a :

 

14-chair > Ne pas confondre les homophones : adjectif) cher, adverbe) cher, substantifs) la chère, la chair, la chaire, la cheire.

15—deux fois

FOIS -que de fois, une fois – Dérivés : quelquefois, parfois

FOI- avoir la foi, être croyant – avoir foi en quelqu'un, en quelque chose.

Eh bien ma foi ! Par ma foi !

FOIE – le foie est un organe qui sécrète la bile.

16-des fièvres aiguës

aigu, ambigu, exigu et la ciguë ont un tréma sur le e au féminin singulier et pluriel aiguë, ambiguë, exiguë.

La ciguë

des fièvres aiguës avaient failli m'emporter

avaient failli, plus-que parfait, le participe passé est failli.

Emporter est à l'infinitif.

Si l'on remplace emporter par faire on a :

des fièvres aiguës avaient failli me faire (et non pas fait)

17-voire avec un E : même.

On dit aussi voire même  > Voire ou voire même ? Que doit-on dire ?

 

18-notre arrivée à Paris

NOTRE est un adjectif possessif, on peut le remplacer par un autre déterminant comme un article indéfini : l'arrivée, ou un article indéfini : une arrivée.

NÔTRE est un pronom possessif, il remplace un nom.

C'est notre voiture.

> C'est la nôtre. (nôtre remplace notre voiture)

19-cet hôtel

Les adjectifs démonstratifs masculins au singulier : ce, cet, (suivis d'un nom)

Cet est suivi d'une voyelle ou d'un h muet : cet homme, cet élève attentif.

20-administration

Les mots se terminant par ATION s'écrivent avec un T sauf passion et compassion.

21-un accent à voilà (Vois là) > Voilà - Voici

pas d'accent à cela.

Étê-ce bien la mort ? Je m'étê imaginé une nuit plus noir, un silence plus lourt. Tout petit, j'avais déjà peur de mourrir22. Comme j'étê débil ê que les gens me carressê avec compassion, je penssê constament23 que je ne vivrê pas24, qu'on m'entererê de bonne heure. ê cette pensé de la terre me cosê une épouvante, a laquel je ne pouvais m'habitué, bien qu'elle me hanta25 nuit ê jour. En grandissant, j'avais gardé cet idée fix. Parfois, après des journées de réflection je croyais avoir vaincus26 ma peur. Et bien27 !
On mourait,
c'étê finit ; tout le monde mourait un jour ; rien ne devait être plus comode ni meilleure. J'arrivê presqu'a28 être gay29, je regardê la mort en face. Puis, un frison brusque me glassê, me rendait a mon vertige, comme si une main géante m'eut balancé30 au-dessus d'un goufre noire. S'étê la pensé de la terre qui revennê ê emportê mes résonements31.

Était-ce bien la mort ? Je m'étais imaginé une nuit plus noire, un silence plus lourd. Tout petit, j'avais déjà peur de mourir. Comme j'étais débile et que les gens me caressaient avec compassion, je pensais constamment que je ne vivrais pas, qu'on m'enterrerait de bonne heure. Et cette pensée de la terre me causait une épouvante, à laquelle je ne pouvais m'habituer, bien qu'elle me hantât nuit et jour. En grandissant, j'avais gardé cette idée fixe. Parfois, après des journées de réflexion, je croyais avoir vaincu ma peur. Eh bien !
On mourait, c'était fini ; tout le monde mourait un jour ; rien ne devait être plus commode ni meilleur. J'arrivais presque à être gai, je regardais la mort en face. Puis, un frisson brusque me glaçait, me rendait à mon vertige, comme si une main géante m'eût balancé au-dessus d'un gouffre noir. C'était la pensée de la terre qui revenait et emportait mes raisonnements.

22-MOURIR (comme COURIR et ses dérivés accourir, recourir) prend 2R seulement au futur, je courrai, il courra... et au conditionnel présent, je courrais, il courrait.

23-voir les adverbes au n°8

adjectif constant

adverbe constamment 

24-je pensais constamment que je ne vivrais pas, qu'on m'enterrerait de bonne heure.

Mettons la phrase au présent :

Je pense constamment que je ne vivrai pas, qu'on m'enterrera ...

Concordance des temps :

Le présent dans la proposition principale entraîne le futur (vivrai) dans la subordonnée.

Le passé dans la proposition principale entraîne le conditionnel (vivrais) dans la subordonnée.

Ce conditionnel est un futur du passé.

25-je ne pouvais m'habituer bien qu'elle me hantât

On a ici le subjonctif hantât et pas un passé simple (hanta). Après la locution conjonctive bien que, on a toujours le subjonctif > Bien que

26-je croyais avoir vaincu ma peur

avoir vaincu, infinitif passé

vaincre, verbe du 3e groupe

présent de l'indicatif : je vaincs, il vainc

passé simple : je vainquis

passé composé : j'ai vaincu

27- Eh bien – Eh oui

28-j'arrivais presque à être gai.

Il y a une disjonction après presque (le E final n'est pas élidé) sauf dans presqu'île

29- gai, joyeux.

gay, homosexuel.

Changeons le sujet :

Tu penses constamment que tu ne vivras pas.

Tu pensais constamment que tu ne vivrais pas.

Le radical de enterrer est terre. 2R

30-comme si une main géante m'eût balancé : subjonctif plus-que-parfait

La conjonction de subordination SI et la locution conjonctive COMME SI sont suivies de l'indicatif ou du subjonctif (langue soignée)

comme si une main géante m'avait balancé : indicatif plus-que-parfait.

> Si > Comme si

31-mes raisonnements

Ne pas confondre résonner, retentir

et raisonner, exercer sa raison.

Que de foi, la nuit, je me suis réveillé en surso32, ne sachant quel soufle avait passer sur mon sommeil, joingnant33 les mains avec désespoir, balbussiant :

Mon Dieu ! mon Dieu ! il faut mourrir ! ” Une anxiétée me cérê la poitrine, la néssecitée de la mort me paréssê plus abominable, dans l'étourdisement du réveille. Je ne me rendormê qu'avec peine, le someil m'inquiètê, tellement il resemblê a la mort. Si j'allais dormir toujour ! Si je fermê les yeux pour ne rouvrirent jamais !
J'ignore si
d'autre on souferts se34 tourment. Il a désoler ma vie. La mort s'ê dressé entre moi ê tout se que j'ê aimé. Je me souvient des plus heureux instants que j'ê passé35 avec Marguerite.

Que de fois, la nuit, je me suis réveillé en sursaut, ne sachant quel souffle avait passé sur mon sommeil, joignant les mains avec désespoir, balbutiant :

Mon Dieu ! mon Dieu ! il faut mourir ! ” Une anxiété me serrait la poitrine, la nécessité de la mort me paraissait plus abominable, dans l'étourdissement du réveil. Je ne me rendormais qu'avec peine, le sommeil m'inquiétait, tellement il ressemblait à la mort. Si j'allais dormir toujours ! Si je fermais les yeux pour ne les rouvrir jamais !
J'ignore si d'autres ont souffert ce tourment. Il a désolé ma vie. La mort s'est dressée entre moi et tout ce que j'ai aimé. Je me souviens des plus heureux instants que j'ai passés avec Marguerite.

32-un saut, un sursaut, sursauter

33-joindre, verbe du 3e groupe

Indicatif présent : je joins, il joint, nous joignons

passé composé : j'ai joint

passé simple : je joignis

participe présent joignant

34-j'ignore si d'autres ont souffert ce tourment

ont souffert, passé composé de souffrir

Le complément d'objet direct:CE TOURMENT est placé après le verbe souffrir, dont pas d'accord du participe passé.

Ce tourment, ce, adjectif démonstratif : ce tourment-là

> Qu'est-ce qu'un complément d'objet direct ? un complément d'objet second ? un complément d'objet indirect ?
 

35- des plus heureux instants que j'ai passés avec Marguerite.

Le participe passé PASSÉS s'accorde avec le complément d'objet direct QUE (pronom relatif qui remplace instants) placé avant lui.

> Règles de l'accord des participes passés

 

Dans les premier mois de notre marriage, lorsqu'elle dormê la nuit a mon coté, lorsque je songê a elle en fesant des rèves d'a venir, s'en sesse l'atente d'une séparation fatal gatê mes joies, détruisê mes espoir. Il faudrê nous quittés, peut-être demain, peut-être dans une heure. Un immense découragement me prenê, je me demandê a quoi bon le bonneur d'être ensembles36, puisqu'il devê aboutire a un déchirement si cruel. Alors, mon imagination ce plaisê37 dans le deuil. Qui partirê38 le premier, elle ou moi ? ê lune ou l'autre alternative m'atendrissê aux larmes, en déroullant le tableaux de nos vies brisés. Au meilleur époque de mon existance, j'ê eut ainsi des mélancolies soudaines que personne ne comprenê. Lorsqu'il m'arrivê une bonne chance, on s'étonnê de me voir sombre. S'étê que tout d'un cou, l'idée de mon néant avait traversé ma joie. Le terrible : “A quoi bon ?” sonê comme un gla a mes oreilles.

Dans les premiers mois de notre mariage, lorsqu'elle dormait la nuit à mon côté, lorsque je songeais à elle en faisant des rêves d'avenir, sans cesse l'attente d'une séparation fatale gâtait mes joies, détruisait mes espoirs. Il faudrait nous quitter, peut-être demain, peut-être dans une heure. Un immense découragement me prenait, je me demandais à quoi bon le bonheur d'être ensemble, puisqu'il devait aboutir à un déchirement si cruel. Alors, mon imagination se plaisait dans le deuil. Qui partirait le premier, elle ou moi ? Et l'une ou l'autre alternative m'attendrissait aux larmes, en déroulant le tableau de nos vies brisées. Aux meilleures époques de mon existence, j'ai eu ainsi des mélancolies soudaines que personne ne comprenait. Lorsqu'il m'arrivait une bonne chance, on s'étonnait de me voir sombre. C'était que tout d'un coup, l'idée de mon néant avait traversé ma joie. Le terrible :
“À quoi bon ?” sonnait comme un glas à mes oreilles.

36-ensemble est un adverbe invariable : nous sommes ensemble.

Le substantif varie : un ensemble (costume, maths, musique, etc.) des ensembles.

37-mon imagination se plaisait dans le deuil

verbe pronominal se plaire

elle se plaît : notez l'accent.

38-Qui partirait le premier ?

Voir la note 24 : concordance des temps.

Si le récit était au présent, on aurait : Qui partira le premier ?

Le récit est au passé : partirait, futur du passé.

 

 

Voir le texte intégral complet dans in Libro Veritas

>> Emile Zola - La Mort d'Olivier Bécaille - texte intégral - In Libro Veritas

La Mort d'Olivier Bécaille d'Emile Zola

1884

 

Extrait

C'est un samedi, à six heures du matin que je suis mort après trois jours de maladie. Ma pauvre femme fouillait depuis un instant dans la malle, où elle cherchait du linge.
Lorsqu'elle s'est relevée et qu'elle m'a vu rigide, les yeux ouverts, sans un souffle, elle est accourue, croyant à un évanouissement, me touchant les mains, se penchant sur mon visage. Puis, la terreur l'a prise ; et, affolée elle a bégayé, en éclatant en larmes :
- Mon Dieu ! mon Dieu ! il est mort !
J'entendais tout, mais les sons affaiblis semblaient venir de très loin. Seul, mon oeil gauche percevait encore une lueur confuse, une lumière blanchâtre où les objets se fondaient ; l'oeil droit se trouvait complètement paralysé.
C'était une syncope de mon être entier comme un coup de foudre qui m'avait anéanti. Ma volonté était morte, plus une fibre de ma chair ne m'obéissait. Et, dans ce néant, au-dessus de mes membres inertes, la pensée seule demeurait, lente et paresseuse, mais d'une netteté parfaite.
Ma pauvre Marguerite pleurait, tombée à genoux devant le lit, répétant d'une voix déchirée :
- Il est mort, mon Dieu ! il est mort !
Était-ce donc la mort, ce singulier état de torpeur, cette chair frappée d'immobilité, tandis que l'intelligence fonctionnait toujours ? Était-ce mon âme qui s'attardait ainsi dans mon crâne, avant de prendre son vol ? Depuis mon enfance, j'étais sujet à des crises nerveuses. Deux fois, tout jeune, des fièvres aiguës avaient failli m'emporter. Puis, autour de moi, on s'était habitué à me voir maladif ; et moi-même j'avais défendu à Marguerite d'aller chercher un médecin, lorsque je m'étais couché le matin de notre arrivée à Paris, dans cet hôtel meublé de la rue Dauphine. Un peu de repos suffirait, c'était la fatigue du voyage qui me courbaturait ainsi. Pourtant, je me sentais plein d'une angoisse affreuse. Nous avions quitté brusquement notre province, très pauvres, ayant à peine de quoi attendre les appointements de mon premier mois, dans l'administration où je m'étais assuré une place. Et voilà qu'une crise subite m'emportait !
Était-ce bien la mort ? Je m'étais imaginé une nuit plus noire, un silence plus lourd. Tout petit, j'avais déjà peur de mourir. Comme j'étais débile et que les gens me caressaient avec compassion, je pensais constamment que je ne vivrais pas, qu'on m'enterrerait de bonne heure. Et cette pensée de la terre me causait une épouvante, à laquelle je ne pouvais m'habituer, bien qu'elle me hantât nuit et jour. En grandissant, j'avais gardé cette idée fixe. Parfois, après des journées de réflexion, je croyais avoir vaincu ma peur. Eh bien !
On mourait, c'était fini ; tout le monde mourait un jour ; rien ne devait être plus commode ni meilleur. J'arrivais presque à être gai, je regardais la mort en face. Puis, un frisson brusque me glaçait, me rendait à mon vertige, comme si une main géante m'eût balancé au-dessus d'un gouffre noir. C'était la pensée de la terre qui revenait et emportait mes raisonnements.

Que de fois, la nuit, je me suis réveillé en sursaut, ne sachant quel souffle avait passé sur mon sommeil, joignant les mains avec désespoir, balbutiant :

Mon Dieu ! mon Dieu ! il faut mourir ! ” Une anxiété me serrait la poitrine, la nécessité de la mort me paraissait plus abominable, dans l'étourdissement du réveil. Je ne me rendormais qu'avec peine, le sommeil m'inquiétait, tellement il ressemblait à la mort. Si j'allais dormir toujours ! Si je fermais les yeux pour ne les rouvrir jamais !
J'ignore si d'autres ont souffert ce tourment. Il a désolé ma vie. La mort s'est dressée entre moi et tout ce que j'ai aimé. Je me souviens des plus heureux instants que j'ai passés avec Marguerite.

Dans les premiers mois de notre mariage, lorsqu'elle dormait la nuit à mon côté, lorsque je songeais à elle en faisant des rêves d'avenir, sans cesse l'attente d'une séparation fatale gâtait mes joies, détruisait mes espoirs. Il faudrait nous quitter, peut-être demain, peut-être dans une heure. Un immense découragement me prenait, je me demandais à quoi bon le bonheur d'être ensemble, puisqu'il devait aboutir à un déchirement si cruel. Alors, mon imagination se plaisait dans le deuil. Qui partirait le premier, elle ou moi ? Et l'une ou l'autre alternative m'attendrissait aux larmes, en déroulant le tableau de nos vies brisées. Aux meilleures époques de mon existence, j'ai eu ainsi des mélancolies soudaines que personne ne comprenait. Lorsqu'il m'arrivait une bonne chance, on s'étonnait de me voir sombre. C'était que tout d'un coup, l'idée de mon néant avait traversé ma joie. Le terrible : “À quoi bon ?” sonnait comme un glas à mes oreilles.

 

Les homophones ou où hou ouh houx août houe / Ton père ou ta mère viendra ou viendront ?

Les homophones/paronymes et es est ai aie aies ait aient eh hé hais hait haie ais ès + Note sur les conjonctions de coordination

>> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

*Valeurs et emplois du subjonctif

La clef des modes - Indicatif, subjonctif ou conditionnel, lequel choisir ?

Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

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Orthographe et grammaire pour les hésitants

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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 Les Textes de mes  DÉLIRES  peuvent vous servir de textes de dictées.

Voir aussi  La dictée de Mérimée avec ses difficultés expliquées par le menu

 

 Si vous avez fait beaucoup de fautes, refaites la dictée dans quelques temps.

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 12:10

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   DICTÉES

 

Que de fautes de français dans les textes écrits !

Et que de gens désireux d'améliorer leur orthographe !

Mon blog propose déjà de nombreux exercices.

Je vous donne ici un texte "comme si vous faisiez une dictée". Certains mots écrits "phonétiquement" demanderont à être "décryptés phoniquement " et écrits correctement.

Je n'emploie pas les signes phonétiques internationaux qui pourraient ajouter des difficultés au décryptage.

Le texte d'auteur est ensuite donné sans fautes et je tâche d'expliquer ce qui aurait pu vous paraître difficile.

 

Exemples de mots ou de terminaisons écrits "phonétiquement" :

ê pour ai, ais, ait, aie, aies, ait, aient, et, est, es

sa pour sa, ça ou çà.

ou pour ou où hou ouh 

du pour dû, du(s), du(es), dut, dût

quel pour quels/quelle/quelles ou qu'elle/elles

quelque pour quelque ou quels/quelle/quelles + que

quoique pour quoique et quoi que

ver pour ver, vers, vert, verre, vair, ou au pluriel

si pour si, s'y ou ci

a pour a, à, ah, ha

o pour ô, oh, ho, au, aux, eau, eaux, haut

leur pour leur, leurs, leurre ou l'heure (ou même l'heur)

c'étê pour c'était ou c'étaient

é pour és, ée, ées, er

etc.

Rétablissez les accents s'il le faut.

Il faudra accorder les verbes, les participes passés, les adjectifs, etc.

>> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

CONSEIL :

Écrivez en toutes lettres les mots à corriger.

Mieux encore : Imprimez le texte et écrivez les mots dans l'interligne.

Bon courage et faites-en profiter vos amis !
 

 

Exemple :

Toute les foi qu'il me rencontrê, il me demandê si j'avê mangé.

Correction :

Toutes les fois qu'il me rencontrait, il me demandait si j'avais mangé.

 

L'AVEUGLE - Guy de Maupassant

    Quêce donc que cette joie du premié soleil ? Pourquoi cette lumière tombé sur la terre nous emplit-elle ainsi du bonneur de vivre ? Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toute blanche ; et nos yeux ravi boive sé couleur vive dont ils font de l'alégresse pour nos ames. Et il nous viens des envies de dansé, des envies de courir, des envies de chanté, une légèretée heureuse de la pensée, une sorte de tendresse élargi, on voudrê embrassé le soleil.
    Les aveugles sous les portes, impassibles en leur éternelle obscuritée, reste calmes comme toujour au milieu de cette gaité nouvelle, et, sans comprendre, ils appaisent à toutes minutes leur chien qui voudrê gambadé.
    Quand ils rentrent, le jour finit, au bras d'un jeune frère ou d'une petite soeur, si l'enfant dit : "Il a fait bien beau tantot !", l'autre réponds : "Je m'en suis bien aperçue, qu'il fesê beau, Loulou ne tenê pas en place."
    J'ai connu un de sé hommes dont la vie fût un des plus cruel martyr qu'on puisse rêvé.
    C'était un paysan, le fils d'un fermier normand. Tant que le père et la mère vécurent, on eu à peu prê soin de lui ; il ne souffris guère que de son horible infirmité ; mais dès que les vieux furent partis, l'existence atrosse commençat. Recueillit par une soeur, tout le monde dans la ferme le traitê comme un geux qui mange le pain des autres. A chaques repas, on lui reprochê la nouriture ; on l'appelê fénéant, manant ; et bien que son beau-frère se fut emparé de sa part d'héritage, on lui donnê à regret la soupe, juste assez pour qu'il ne mourut point.
    Il avait une figure toute pale, et deux grands yeux blanc comme des pains à cacheté ; et il demeurê impassible sous l'injure, tellement enfermé en lui même qu'on ignorê si il la sentê. Jamais d'ailleurs il n'avait connue aucune tendresse, sa mère l'ayant toujour un peu rudoyé, ne l'aimant guère ; car o champs les inutiles sont des nuisibles, et les paysans ferê volontier comme les poules qui tue les infirmes d'entre elle.
    Si tot la soupe avalé, il allê s'assoir devant la porte en été, contre la cheminé en hiver, et il ne remuê plus jusqu'au soir. Il ne fesê pas un geste, pas un mouvement ; seule ses paupières, qu'agitê une sorte de soufrance nerveuse, retombê parfois sur la tache blanche de sé yeux. Avait il un esprit, une pensée, une conscience nette de sa vie ? Personne ne se le demandê.
    Pendant quelques années les choses allère ainsi. Mais son impuissance à rien faire autant que son impassibilitée finir par exaspéré sé parents, et il devint un soufre douleur, une sorte de boufon-martyre, de proie donné a la férocité native, à la gaité sauvage des bruts qui l'entourê.
    On imaginat toutes les farses cruelles que sa céssité pu inspiré. Et, pour ce payé de se qu'il mangê, on fit de sé repas des heures de plaisir pour les voisins et de supplice pour l'impotant.
    Les paysans des maisons prochaines ç'en venê à ce divertissement ; on se le disê de portes en portes, et la cuisine de la ferme ce trouvê pleine chaque jours. Tantot on posê sur la table, devant son assiette ou il commensê à puisé le bouillon, quelque chat ou quelque chien. La bête avec son instinct flairê l'infirmitée de l'homme et, tout doucement, s'approchê, mangê sans bruits, lappant avec délicatesse ; et quand un clapoti de langue un peu bruyant avait éveillé l'attention du pauvre diable, elle s'écartê prudement pour évité le coup de cuiller qu'il envoyê au hazard devant lui.
    Alors c'étê des rires, des poussées, des trépignements des spectateurs tassé le long des mur. Et lui, sans jamais dire un mot, se remettê à manger de la main droite, tandis que, de la gauche avancé, il protégê et défendê son assiette.
    Tantot on lui fesê maché des bouchons, du bois, des feuilles ou même des ordures, qu'il ne pouvê distingué.
    Puis on se lassat même des plésanteries ; et le beau-frère enrajant de le toujour nourrir, le frappat, le giflat s'en sesse, riant des efforts inutiles de l'autre pour paré les cous ou les rendre. Se fut alors un jeu nouveaux : le jeu des clacs. Et les valets de charrue, le gougeat, les servantes, lui lansê à tous moments leur main par la figure, se qui imprimait à sé paupières un mouvement précipité. Il ne savait ou se cacher et demeurait s'en sesse les bras étendu pour évité les aproches.
    Enfin, on le contraignis a mendié. On le portê sur les routes les jours de marché, et dès qu'il entendêt un bruit de pas ou le roulement d'une voiture, il tendê son chapeaux en balbussiant : "La charitée, s'il vous plê."
    Mais le paysan n'est pas prodigue, et, pendant des semaines entières, il ne raportais pas un sous.
    Se fut alors contre lui une haine déchainé, impitoyable. Et voici comment il mouru.
    Un hiver, la terre était couverte de neige, et il gelait horiblement. Hors son beau-frère, un matin, le conduisit fort loin sur une grande route pour lui faire demander l'omone. Il li laissat tout le jour, et quand la nuit fut venut, il affirmat devant sé gens qu'il ne l'avait plus retrouvé. Puis il ajoutat : "Bast ! faut pas sans occupé, quelqu'un l'aurat emené parcequ'il avait froid. Pardié ! i n'est pas perdu. I reviendra ben d'main manger la soupe."
    Le lendemain, il ne reveint pas.
    Après de longue heure d'attente, saisit par le froid, se sentant mourrir, l'aveugle s'était mit a marché. Ne pouvant reconnaitre la route enseveli sous cette écume de glace, il avait héré au hazard, tombant dans les fossés, se relevant, toujour muet, cherchant une maison.
    Mais l'engourdissement des neiges l'avait peu a peu envahit, et sé jambes faibles ne le pouvant plus porté, il s'était assi au milieux d'une pleine. Il ne se relevat point.
    Les blancs flocons qui tombê toujour l'ensevelir. Son corps raidit disparu sous l'insessante acumulation de leur foule infini ; et rien n'indiquait plus la place ou le cadavre était couché.
    Sé parents firent mines de s'en quérir et de le chercher pendant huit jours. Ils pleurèrent même.
    L'hiver était rude et le dégel n'arrivait pas vite. Hors, un dimanche, en allant à la messe, les fermiers remarquèrent un grand vol de corbeau qui tournoyê sans fin au-dessus de la plaine, puis s'abatêt comme une pluie noire en tas à la même place, repartê et revenê toujour.
    La semaine suivante, ils étê encor là, les oiseau sombre. Le ciel en portê un nuage comme s'il se fusse réuni de tout les coin de l'horizon ; et il se laissê tomber avec de grand cris dans la neige éclatante, qu'il tachê étrangement et fouillê avec obstination.
    Un gars alla voir ce qu'ils fesê, et découvri le corps de l'aveugle, à moitié dévoré déja, déchiqueté. Ses yeux pales avaient disparus, piqué par les longs becs vorasses.
    Et je ne puis jamais ressentir la vive gaité des jours de soleil, sans un souvenir triste et une pensé mélancolique vers le geux, si désérité dans la vie que son horible mort fut un soulagement pour tout ceux qui l'avê connus.

 

Texte avec les fautes soulignées suivies des explications - Se rapporter aux numéros à la suite de chaque paragraphe

Texte intégral

L'AVEUGLE

    Quêce1 donc que cette joie du premié soleil ? Pourquoi cette lumière tombé2 sur la terre nous emplit-elle ainsi du bonneur de vivre ? Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toute3 blanche ; et nos yeux ravi boive 4 couleurs vives dont ils font de l'alégresse pour nos ames. Et il nous viens5 des envies de dansé6, des envies de courir, des envies de chanté5, une légèretée heureuse de la pensée, une sorte de tendresse élargi, on voudrê embrassé6 le soleil.

 

Notes :

1-Qu'est-ce - Qu'est-ce que c'est

 

2-Cette lumière tombée sur la terre : le participe passé tombée s'accorde avec lumière.

 

3-Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toutes blanches

Tout est ici un adverbe. Généralement un adverbe ne varie pas : il ne porte pas la marque du féminin ni du pluriel. Mais dans ce cas toute verte, toutes blanches il varie par euphonie, pour que ce soit plus agréable à entendre > Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe variable dans certains cas et substantif

 

4-ces couleurs vives : celles-ci, celles dont on parle

ces : adjectif démonstratif

pas ses, pas les siennes.

 

5-il nous vient des envies de danser, de chanter.

Il impersonnel sujet de vient.

(Il me vient une idée)

danser, chanter sont des infinitifs.

Si vous hésitez entre les participes dansé, chanté, et les infinitifs en ER vous pouvez remplacer par l'infinitif faire ou le participe fait.

Il nous vient des envies de faire... (et non de fait)

 

6-on voudrait embrasser le soleil

de la même façon que le 5, on peut dire : on voudrait faire... (et non fait)

 

L'AVEUGLE

    Qu'est-ce donc que cette joie du premier soleil ? Pourquoi cette lumière tombée sur la terre nous emplit-elle ainsi du bonheur de vivre ? Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toutes blanches ; et nos yeux ravis boivent ces couleurs vives dont ils font de l'allégresse pour nos âmes. Et il nous vient des envies de danser, des envies de courir, des envies de chanter, une légèreté heureuse de la pensée, une sorte de tendresse élargie, on voudrait embrasser le soleil.


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

 

    Les aveugles sous les portes, impassibles en leur éternelle obscuritée7, restent calmes comme toujour au milieu de cette gaité8 nouvelle, et, sans comprendre, ils appaisent9 à toutes minutes leur chien qui voudrê gambadé.

 

7-obscurité

Les noms féminins se terminant par -té ou -tié s'écrivent sans -é .

Ce sont des noms abstraits ou des qualités.
Exemples : l'amitié, la liberté, la volonté.

Ils sont formés à partir des adjectifs qui leur correspondent.

obscur, obscurité – cher, cherté – beau, beauté.


Exceptions : 
1. la dictée, la jetée, la montée, la pâtée, la portée. 
2. les noms féminins qui indiquent une quantité ou un contenu.

Exemples : une portée, une brouettée, une charretée...

 

 

8-gaieté (ou gaîté, emploi vieilli – avant 1835)

Voir ci-dessus la règle des mots finissant par -té

 

9-ils apaisent, verbe apaiser

Les mots qui commencent par AP- ou APP- prennent le plus souvent 2P

apprivoiser, appartenir, s'approprier, etc.

Voici quelques exceptions :

apaiser, apercevoir, apeurer, (s')apitoyer, aplanir, (s')aplatir, apostropher, (s')apetisser, aposter.

 

    Les aveugles sous les portes, impassibles en leur éternelle obscurité, restent calmes comme toujours au milieu de cette gaieté nouvelle, et, sans comprendre, ils apaisent à toute minute leur chien qui voudrait gambader.

    Quand ils rentrent, le jour finit10, au bras d'un jeune frère ou d'une petite soeur, si l'enfant dit : "Il a fait bien beau tantot11!", l'autre réponds : "Je m'en suis bien aperçue12, qu'il fesê13 beau, Loulou ne tenê pas en place."

    J'ai connu un de hommes dont la vie fût14 un des plus cruel martyr15 qu'on puisse rêvé.

 

10-le jour fini – fini n'est pas ici le verbe finir conjugué à l'indicatif présent. C'est le participe passé fini. Le jour est le sujet propre du participe dans la proposition subordonnée participiale : le jour fini.

La nuit tombée, j'allais voir la lune.

La nuit tombée, proposition participiale, le participe passé tombée a un sujet propre, la nuit.

La nuit tombant, j'allais voir la lune. Même chose : le participe présent à un sujet propre, la nuit.

 

11- un accent circonflexe à tôt, tantôt, bientôt, sitôt, aussitôt.

 

12-je m'en suis bien aperçu

Le participe passé s'accorde avec je. C'est un masculin.

 

13-Il faisait beau. On prononce fe.

Ne pas confondre avec le futur : je ferai et le conditionnel présent : je ferais.

 

14-j'ai connu un de ces hommes dont la vie fut (passé simple) un des plus cruels martyres.

On peut remplacer par : dont la vie a été un des plus cruels martyres.

fût serait un subjonctif imparfait qui ne se justifie pas ici.

 

15-un martyre : la souffrance infligée : J'ai souffert un vrai martyre.

Un martyr(e), la personne à laquelle on fait subir un martyre :

De nombreux Chrétiens furent des martyrs dans l'Antiquité.

Cette petite fille est une enfant martyre.

    Quand ils rentrent, le jour fini, au bras d'un jeune frère ou d'une petite soeur, si l'enfant dit : "Il a fait bien beau tantôt !", l'autre répond : "Je m'en suis bien aperçu, qu'il faisait beau, Loulou ne tenait pas en place."
    J'ai connu un de ces hommes dont la vie fut un des plus cruels martyres qu'on puisse rêver.

    C'était un paysan, le fils d'un fermier normand. Tant que le père et la mère vécurent, on eu16 à peu prê soin de lui ; il ne souffris guère que de son horible infirmitée17 ; mais dès que les vieux furent partis, l'existence atrosse commençat

 

16-Le passé simple est le temps du récit.

Ils vécurent, on eut, il ne souffrit, l'existence atroce commença.

17-infirmité : voir la note 7, les noms féminins se terminant par -té

    C'était un paysan, le fils d'un fermier normand. Tant que le père et la mère vécurent, on eut à peu près soin de lui ; il ne souffrit guère que de son horrible infirmité ; mais dès que les vieux furent partis, l'existence atroce commença.

Recueillit par une soeur, tout le monde dans la ferme le traitê18 comme un geux qui mange le pain des autres. A chaques repas, on lui reprochê la nouriture ; on l'appelê fénéant, manant ; et bien que son beau-frère se fut emparé19 de sa part d'héritage, on lui donnê à regret la soupe, juste assez pour qu'il ne mourut19 point.

 

18-L'imparfait traitait, reprochait, etc. est un imparfait de répétition.

 

19-bien que son beau-frère se fût emparé (subjonctif plus-que-parfait)

-pour qu'il ne mourût point (subjonctif imparfait.)

On met un accent circonflexe à la 3e personne du singulier des verbes au subjonctir imparfait et plus-que-parfait.

On emploie le subjonctif après certaines locutions conjonctives comme : bien que, pour que, etc.

> Bien que  > Pour que, pour... que

 

 

Recueilli par une soeur, tout le monde dans la ferme le traitait comme un gueux qui mange le pain des autres. À chaque repas, on lui reprochait la nourriture ; on l'appelait fainéant, manant ; et bien que son beau-frère se fût emparé de sa part d'héritage, on lui donnait à regret la soupe, juste assez pour qu'il ne mourût point.

    Il avait une figure toute pale, et deux grands yeux blanc comme des pains à cacheté ; et il demeurê impassible sous l'injure, tellement enfermé en lui même qu'on ignorê si ill20 la sentê. Jamais d'ailleurs il n'avait connue aucune tendresse, sa mère l'ayant toujour un peu rudoyé, ne l'aimant guère ; car o21 champs les inutiles sont des nuisibles, et les paysans ferê volontier comme les poules qui tue les infirmes d'entre elle.

 

20-S'il : contraction de si il.

 

21- aux champs,

aux : contraction de à les, les article défini, à préposition.

Au, contraction de à le

    Il avait une figure toute pâle, et deux grands yeux blancs comme des pains à cacheter ; et il demeurait impassible sous l'injure, tellement enfermé en lui-même qu'on ignorait s'il la sentait. Jamais d'ailleurs il n'avait connu aucune tendresse, sa mère l'ayant toujours un peu rudoyé, ne l'aimant guère ; car aux champs les inutiles sont des nuisibles, et les paysans feraient volontiers comme les poules qui tuent les infirmes d'entre elles.

    Si tot22 la soupe avalé, il allê s'assoir devant la porte en été, contre la cheminé en hiver, et il ne remuê plus jusqu'au soir. Il ne fesê pas un geste, pas un mouvement ; seule ses paupières, qu'agitê une sorte de soufrance nerveuse, retombê parfois sur la tache blanche de yeux. Avait il un esprit, une pensée, une conscience nette de sa vie ? Personne ne se le demandê.

22 sitôt sa soupe avalée

sitôt préposition de temps

sitôt que sa soupe était avalée, proposition de temps introduite par la locution conjonctive de temps sitôt que.

> Sitôt que

Synonyme, aussitôt (que)

Sitôt appartient à la langue soignée.

    Sitôt la soupe avalée, il allait s'asseoir devant la porte en été, contre la cheminée en hiver, et il ne remuait plus jusqu'au soir. Il ne faisait pas un geste, pas un mouvement ; seules ses paupières, qu'agitait une sorte de souffrance nerveuse, retombaient parfois sur la tache blanche de ses yeux. Avait-il un esprit, une pensée, une conscience nette de sa vie ? Personne ne se le demandait.

    Pendant quelques années les choses allère ainsi. Mais son impuissance à rien faire autant que son impassibilitée finir par exaspéré parents, et il devint un soufre douleur, une sorte de boufon-martyre, de proie donné a la férocité native, à la gaité sauvage des bruts qui l'entourê.
    On imaginat toutes les farses cruelles que sa céssité pu inspiré. Et, pour ce payé de se23 qu'il mangê, on fit de repas des heures de plaisir pour les voisins et de supplice pour l'impotant.

 

23-CE QUE ou CE QUI ne s'écrivent jamais SE

    Pendant quelques années les choses allèrent ainsi. Mais son impuissance à rien faire autant que son impassibilité finirent par exaspérer ses parents, et il devint un souffre-douleur, une sorte de bouffon-martyr, de proie donnée à la férocité native, à la gaieté sauvage des brutes qui l'entouraient.
    On imagina toutes les farces cruelles que sa cécité put inspirer. Et, pour se payer de ce qu'il mangeait, on fit de ses repas des heures de plaisir pour les voisins et de supplice pour l'impotent.

    Les paysans des maisons prochaines ç'en venê24 à ce divertissement ; on se le disê de portes en portes, et la cuisine de la ferme ce trouvê25 pleine chaque jours26. Tantot on posê sur la table, devant son assiette ou27 il commensê à puisé le bouillon, quelque chat ou quelque chien28. La bête avec son instinct flairê l'infirmitée de l'homme et, tout doucement, s'approchê, mangê sans bruits29, lappant avec délicatesse ; et quand un clapoti de langue un peu bruyant avait éveillé l'attention du pauvre diable, elle s'écartê prudement30 pour évité le coup de cuiller qu'il envoyê au hazard devant lui.

 

24-s'en venir, s'en aller, s'en retourner

 

25-la cuisine de la ferme se trouvait pleine, verbe pronominal se trouver

 

26-chaque jour : chaque est toujours suivi d'un singulier.

 

27- son assiette où il commençait à puiser le bouillon

où est un pronom relatif qui remplace son assiette dans la proposition relative où il commençait à puiser le bouillon.

Où est complément de lieu de puiser.

 

28-quelque chat ou quelque chien, au singulier > un certain chat, un quelconque chat.

 

29 sans bruit : après la préposition sans, on met logiquement le singulier ou le pluriel selon le cas.

Ici : sans faire un seul bruit.

 

30-prudemment vient de l'adjectif prudent auquel on a ajouté le suffixe MENT. Le N de prudent est devenu M

> élégant, élégamment – galant, galamment – impertinent, impertinemment.

 

    Les paysans des maisons prochaines s'en venaient à ce divertissement ; on se le disait de porte en porte, et la cuisine de la ferme se trouvait pleine chaque jour. Tantôt on posait sur la table, devant son assiette où il commençait à puiser le bouillon, quelque chat ou quelque chien. La bête avec son instinct flairait l'infirmité de l'homme et, tout doucement, s'approchait, mangeait sans bruit, lapant avec délicatesse ; et quand un clapotis de langue un peu bruyant avait éveillé l'attention du pauvre diable, elle s'écartait prudemment pour éviter le coup de cuiller qu'il envoyait au hasard devant lui.

    Alors c'étê des rires, des poussées, des trépignements des spectateurs tassé le long des mur. Et lui, sans jamais dire un mot, se remettê à manger de la main droite, tandis que, de la gauche avancé, il protégê et défendê son assiette.
    Tantot on lui fesê maché des bouchons, du bois, des feuilles ou même des ordures, qu'il ne pouvê distingué.

 

> Tandis que

    Alors c'étaient des rires, des poussées, des trépignements des spectateurs tassés le long des murs. Et lui, sans jamais dire un mot, se remettait à manger de la main droite, tandis que, de la gauche avancée, il protégeait et défendait son assiette.
    Tantôt on lui faisait mâcher des bouchons, du bois, des feuilles ou même des ordures, qu'il ne pouvait distinguer.

    Puis on se lassat même des plésanteries ; et le beau-frère enrajant de le toujour nourrir, le frappat, le giflat s'en sesse, riant des efforts inutiles de l'autre pour paré les cous ou les rendre. Se fut alors un jeu nouveaux : le jeu des clacs. Et les valets de charrue, le gougeat, les servantes, lui lansê a tous moments leur main par la figure, se qui imprimait à paupières un mouvement précipité. Il ne savait ou se cacher et demeurait s'en sesse les bras étendu pour évité les aproches.

    Puis on se lassa même des plaisanteries ; et le beau-frère enrageant de le toujours nourrir, le frappa, le gifla sans cesse, riant des efforts inutiles de l'autre pour parer les coups ou les rendre. Ce fut alors un jeu nouveau : le jeu des claques. Et les valets de charrue, le goujat, les servantes, lui lançaient à tout moment leur main par la figure, ce qui imprimait à ses paupières un mouvement précipité. Il ne savait où se cacher et demeurait sans cesse les bras étendus pour éviter les approches.

    Enfin, on le contraignis a mendié. On le portê sur les routes les jours de marché, et dès qu'il entendêt un bruit de pas ou le roulement d'une voiture, il tendê son chapeaux en balbussiant : "La charitée, s'il vous plê."
    Mais le paysan n'est pas prodigue, et, pendant des semaines entières, il ne raportais pas un sous.
    Se fut alors contre lui une haine déchainé, impitoyable. Et voici comment il mouru.

    Enfin, on le contraignit à mendier. On le portait sur les routes les jours de marché, et dès qu'il entendait un bruit de pas ou le roulement d'une voiture, il tendait son chapeau en balbutiant : "La charité, s'il vous plaît."
    Mais le paysan n'est pas prodigue, et, pendant des semaines entières, il ne rapportait pas un sou.
    Ce fut alors contre lui une haine déchaînée, impitoyable. Et voici comment il mourut.

    Un hiver, la terre était couverte de neige, et il gelait horiblement. Hors son beau-frère, un matin, le conduisit fort loin sur une grande route pour lui faire demander l'omone. Il li31 laissat tout le jour, et quand la nuit fut venut, il affirmat devant gens qu'il ne l'avait plus retrouvé. Puis il ajoutat : "Baste ! faut pas sans occupé, quelqu'un l'aurat emené parcequ'il avait froid. Pardié ! i n'est pas perdu. I reviendra ben d'main manger la soupe."(tel quel dans le texte)
    Le lendemain, il ne reveint pas.
    Après de longue heure d'attente, saisit par le froid, se sentant mourrir32, l'aveugle s'était mit a marché. Ne pouvant reconnaitre la route enseveli sous cette écume de glace, il avait héré au hazard, tombant dans les fossés, se relevant, toujour muet, cherchant une maison.

 

31-Il l'y laissa

Y, adverbe de lieu. Il le laissa là, sur la route.

 

32-MOURIR comme COURIR prend 2N seulement au futur, je courrai, il courra... et au conditionnel présent, je courrais, il courrait.

Mais on a : je courais (imparfait), je courus (passé simple), couru (participe passé), courant (participe présent), etc.

   Un hiver, la terre était couverte de neige, et il gelait horriblement. Or son beau-frère, un matin, le conduisit fort loin sur une grande route pour lui faire demander l'aumône. Il l'y laissa tout le jour, et quand la nuit fut venue, il affirma devant ses gens qu'il ne l'avait plus retrouvé. Puis il ajouta : "Bast ! faut pas s'en occuper, quelqu'un l'aura emmené parce qu'il avait froid. Pardié ! i n'est pas perdu. I reviendra ben d'main manger la soupe."
    Le lendemain, il ne revint pas.
    Après de longues heures d'attente, saisi par le froid, se sentant mourir, l'aveugle s'était mis à marcher. Ne pouvant reconnaître la route ensevelie sous cette écume de glace, il avait erré au hasard, tombant dans les fossés, se relevant, toujours muet, cherchant une maison

 

    Mais l'engourdissement des neiges l'avait peu a peu envahit33, et jambes faibles ne le pouvant plus porté, il s'était assi au milieux d'une pleine. Il ne se relevat point.
    Les blancs flocons qui
tombê toujour l'ensevelir. Son corps raidit disparu sous l'insessante acumulation de leur foule infini ; et rien n'indiquait plus la place ou le cadavre était couché.
    
parents firent mines de s'en quérir34 et de le chercher pendant huit jours. Ils pleurèrent même.

 

33-l'engourdissement des neiges l'avait envahi. Envahi est le participe passé du verbe du 2e groupe envahir.

Les verbes(en -IR) du 2e groupe font issant au participe présent.

envahir, envahissant - finir, finissant

Ils se terminent par i au participe passé s'il n'y a pas d'accord particulier.

Il a envahi la terre. La terre est envahie.

34-s'enquérir, s'informer

    Mais l'engourdissement des neiges l'avait peu à peu envahi, et ses jambes faibles ne le pouvant plus porter, il s'était assis au milieu d'une plaine. Il ne se releva point.
    Les blancs flocons qui tombaient toujours l'ensevelirent. Son corps raidi disparut sous l'incessante accumulation de leur foule infinie ; et rien n'indiquait plus la place où le cadavre était couché.
    Ses parents firent mine de s'enquérir et de le chercher pendant huit jours. Ils pleurèrent même.

    L'hiver était rude et le dégel n'arrivait pas vite. Hors, un dimanche, en allant à la messe, les fermiers remarquèrent un grand vol de corbeau qui tournoyê sans fin au-dessus de la plaine, puis s'abatêt comme une pluie noire en tas à la même place, repartê et revenê toujours.
    La semaine suivante, ils
étê encor35 là, les oiseau sombre. Le ciel en portê un nuage comme s'il se fusse réuni de tout les coin de l'horizon ; et il se laissê tomber avec de grand cris dans la neige éclatante, qu'il tachê étrangement et fouillê avec obstination.

 

35-On rencontre encor sans e en poésie. C'est une licence accordée pour la rime ou le mètre (le nombre de syllabes du vers)
 

    L'hiver était rude et le dégel n'arrivait pas vite. Or, un dimanche, en allant à la messe, les fermiers remarquèrent un grand vol de corbeaux qui tournoyaient sans fin au-dessus de la plaine, puis s'abattaient comme une pluie noire en tas à la même place, repartaient et revenaient toujours.
    La semaine suivante, ils étaient encore là, les oiseaux sombres. Le ciel en portait un nuage comme s'ils se fussent réunis de tous les coins de l'horizon ; et ils se laissaient tomber avec de grands cris dans la neige éclatante, qu'ils tachaient étrangement et fouillaient avec obstination.

    Un gars alla voir ce qu'ils fesê, et découvri le corps de l'aveugle, à moitié dévoré déja, déchiqueté. Ses yeux pales avaient disparus, piqué par les longs becs vorasses.
    Et je ne puis jamais ressentir la vive
gaité des jours de soleil, sans un souvenir triste et une pensé mélancolique vers le geux, si désérité36 dans la vie que son horible mort fut un soulagement pour tout37 ceux qui l'avê connus.

 

36- déshérité, hériter, héritage, héritier.

 

37- tous ceux qui l'avaient connu.

    Un gars alla voir ce qu'ils faisaient, et découvrit le corps de l'aveugle, à moitié dévoré déjà, déchiqueté. Ses yeux pâles avaient disparu, piqués par les longs becs voraces.
    Et je ne puis jamais ressentir la vive gaieté des jours de soleil, sans un souvenir triste et une pensée mélancolique vers le gueux, si déshérité dans la vie que son horrible mort fut un soulagement pour tous ceux qui l'avaient connu.

Relisez avec délectation le texte de Guy de Maupassant dans son intégralité
 

L'AVEUGLE

    Qu'est-ce donc que cette joie du premier soleil ? Pourquoi cette lumière tombée sur la terre nous emplit-elle ainsi du bonheur de vivre ? Le ciel est tout bleu, la campagne toute verte, les maisons toutes blanches ; et nos yeux ravis boivent ces couleurs vives dont ils font de l'allégresse pour nos âmes. Et il nous vient des envies de danser, des envies de courir, des envies de chanter, une légèreté heureuse de la pensée, une sorte de tendresse élargie, on voudrait embrasser le soleil.
    Les aveugles sous les portes, impassibles en leur éternelle obscurité, restent calmes comme toujours au milieu de cette gaieté nouvelle, et, sans comprendre, ils apaisent à toute minute leur chien qui voudrait gambader.
    Quand ils rentrent, le jour fini, au bras d'un jeune frère ou d'une petite soeur, si l'enfant dit : "Il a fait bien beau tantôt !", l'autre répond : "Je m'en suis bien aperçu, qu'il faisait beau, Loulou ne tenait pas en place."
    J'ai connu un de ces hommes dont la vie fut un des plus cruels martyres qu'on puisse rêver.
    C'était un paysan, le fils d'un fermier normand. Tant que le père et la mère vécurent, on eut à peu près soin de lui ; il ne souffrit guère que de son horrible infirmité ; mais dès que les vieux furent partis, l'existence atroce commença. Recueilli par une soeur, tout le monde dans la ferme le traitait comme un gueux qui mange le pain des autres. À chaque repas, on lui reprochait la nourriture ; on l'appelait fainéant, manant ; et bien que son beau-frère se fût emparé de sa part d'héritage, on lui donnait à regret la soupe, juste assez pour qu'il ne mourût point.
    Il avait une figure toute pâle, et deux grands yeux blancs comme des pains à cacheter ; et il demeurait impassible sous l'injure, tellement enfermé en lui-même qu'on ignorait s'il la sentait. Jamais d'ailleurs il n'avait connu aucune tendresse, sa mère l'ayant toujours un peu rudoyé, ne l'aimant guère ; car aux champs les inutiles sont des nuisibles, et les paysans feraient volontiers comme les poules qui tuent les infirmes d'entre elles.
    Sitôt la soupe avalée, il allait s'asseoir devant la porte en été, contre la cheminée en hiver, et il ne remuait plus jusqu'au soir. Il ne faisait pas un geste, pas un mouvement ; seules ses paupières, qu'agitait une sorte de souffrance nerveuse, retombaient parfois sur la tache blanche de ses yeux. Avait-il un esprit, une pensée, une conscience nette de sa vie ? Personne ne se le demandait.
    Pendant quelques années les choses allèrent ainsi. Mais son impuissance à rien faire autant que son impassibilité finirent par exaspérer ses parents, et il devint un souffre-douleur, une sorte de bouffon-martyr, de proie donnée à la férocité native, à la gaieté sauvage des brutes qui l'entouraient.
    On imagina toutes les farces cruelles que sa cécité put inspirer. Et, pour se payer de ce qu'il mangeait, on fit de ses repas des heures de plaisir pour les voisins et de supplice pour l'impotent.
    Les paysans des maisons prochaines s'en venaient à ce divertissement ; on se le disait de porte en porte, et la cuisine de la ferme se trouvait pleine chaque jour. Tantôt on posait sur la table, devant son assiette où il commençait à puiser le bouillon, quelque chat ou quelque chien. La bête avec son instinct flairait l'infirmité de l'homme et, tout doucement, s'approchait, mangeait sans bruit, lapant avec délicatesse ; et quand un clapotis de langue un peu bruyant avait éveillé l'attention du pauvre diable, elle s'écartait prudemment pour éviter le coup de cuiller qu'il envoyait au hasard devant lui.
    Alors c'étaient des rires, des poussées, des trépignements des spectateurs tassés le long des murs. Et lui, sans jamais dire un mot, se remettait à manger de la main droite, tandis que, de la gauche avancée, il protégeait et défendait son assiette.
    Tantôt on lui faisait mâcher des bouchons, du bois, des feuilles ou même des ordures, qu'il ne pouvait distinguer.
    Puis on se lassa même des plaisanteries ; et le beau-frère enrageant de le toujours nourrir, le frappa, le gifla sans cesse, riant des efforts inutiles de l'autre pour parer les coups ou les rendre. Ce fut alors un jeu nouveau : le jeu des claques. Et les valets de charrue, le goujat, les servantes, lui lançaient à tout moment leur main par la figure, ce qui imprimait à ses paupières un mouvement précipité. Il ne savait où se cacher et demeurait sans cesse les bras étendus pour éviter les approches.
    Enfin, on le contraignit à mendier. On le portait sur les routes les jours de marché, et dès qu'il entendait un bruit de pas ou le roulement d'une voiture, il tendait son chapeau en balbutiant : "La charité, s'il vous plaît."
    Mais le paysan n'est pas prodigue, et, pendant des semaines entières, il ne rapportait pas un sou.
    Ce fut alors contre lui une haine déchaînée, impitoyable. Et voici comment il mourut.
    Un hiver, la terre était couverte de neige, et il gelait horriblement. Or son beau-frère, un matin, le conduisit fort loin sur une grande route pour lui faire demander l'aumône. Il l'y laissa tout le jour, et quand la nuit fut venue, il affirma devant ses gens qu'il ne l'avait plus retrouvé. Puis il ajouta : "Bast ! faut pas s'en occuper, quelqu'un l'aura emmené parce qu'il avait froid. Pardié ! i n'est pas perdu. I reviendra ben d'main manger la soupe."
    Le lendemain, il ne revint pas.
    Après de longues heures d'attente, saisi par le froid, se sentant mourir, l'aveugle s'était mis à marcher. Ne pouvant reconnaître la route ensevelie sous cette écume de glace, il avait erré au hasard, tombant dans les fossés, se relevant, toujours muet, cherchant une maison.
    Mais l'engourdissement des neiges l'avait peu à peu envahi, et ses jambes faibles ne le pouvant plus porter, il s'était assis au milieu d'une plaine. Il ne se releva point.
    Les blancs flocons qui tombaient toujours l'ensevelirent. Son corps raidi disparut sous l'incessante accumulation de leur foule infinie ; et rien n'indiquait plus la place où le cadavre était couché.
    Ses parents firent mine de s'enquérir et de le chercher pendant huit jours. Ils pleurèrent même.
    L'hiver était rude et le dégel n'arrivait pas vite. Or, un dimanche, en allant à la messe, les fermiers remarquèrent un grand vol de corbeaux qui tournoyaient sans fin au-dessus de la plaine, puis s'abattaient comme une pluie noire en tas à la même place, repartaient et revenaient toujours.
    La semaine suivante, ils étaient encore là, les oiseaux sombres. Le ciel en portait un nuage comme s'ils se fussent réunis de tous les coins de l'horizon ; et ils se laissaient tomber avec de grands cris dans la neige éclatante, qu'ils tachaient étrangement et fouillaient avec obstination.
    Un gars alla voir ce qu'ils faisaient, et découvrit le corps de l'aveugle, à moitié dévoré déjà, déchiqueté. Ses yeux pâles avaient disparu, piqués par les longs becs voraces.
    Et je ne puis jamais ressentir la vive gaieté des jours de soleil, sans un souvenir triste et une pensée mélancolique vers le gueux, si déshérité dans la vie que son horrible mort fut un soulagement pour tous ceux qui l'avaient connu.

 

Vous pouvez trouver sur la toile les Nouvelles de Guy de Maupassant.

Il est un de mes auteurs préférés. Ceux qui aiment le lire me pardonneront le traitement que j'ai fait subir à ce beau texte dramatique. C'était pour la bonne cause

 

Les homophones ou où hou ouh houx août houe / Ton père ou ta mère viendra ou viendront ?

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*Valeurs et emplois du subjonctif

La clef des modes - Indicatif, subjonctif ou conditionnel, lequel choisir ?

Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

Les verbes impersonnels - il pleuvine, il pleuvote, il pluviote, il pleuvasse, il pleuvoche, il crachine, il bruine, il brumasse, il brouillasse, il neigeote...

 

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Les Textes de mes  DÉLIRES  peuvent vous servir de textes de dictées.

Voir aussi  La dictée de Mérimée avec ses difficultés expliquées par le menu

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 09:42

 

Certains noms abstraits sont formés avec les suffixes -té, -eté, et ité.

Cher, cherté.

Pauvre, pauvreté.

Vulnérable, vulnérabilité.

Si les noms en -té sont les plus anciens, les noms en -ité sont les plus nombreux et l'on ne cesse d'en créer.

 

Trouvez les noms en -ité

grâce aux définitions données ci-dessous.

Pas du tout facile !

 

1 Capacité d'absorber :

2 Allégresse, entrain, gaieté :

3 Caractère de ce qui est contagieux, au propre comme au figuré :

4 Propriété d'un bien acquis en dot :

5 (Scolastique) Terme de scolastique. Ce qui indique la qualité d'être présent, comme si cette qualité pouvait exister sans l'objet :

6 Voisinage :

7 Terme de droit. Qualité d'étranger :

8 Caractère de ce qui peut être falsifier :

9 Propriété d’une matière sujette à la fermentation :

10 État de ce qui est flasque :

11 Le fait de se présenter de front :

12 Manque d'argent :

13 Qualité d'une chose qui n'est pas nuisible :

14 Qualité de ce qui peut se mêler, s’allier :

15 Attachement scrupuleux à la lettre, dans une traduction :

16 Patience avec laquelle un être puissant et bon endure les fautes, les insultes qu’il pourrait punir :

17 Ce mot relève d'une théorie développée par le philosophe John Langshaw Austin dans Quand dire c'est faire (1962) :

18 Excessive timidité, manque de courage :

19 Rudesse, âpreté de la voix :

20 Caractérise des propos ou des comportements érotiques, obscènes :

21 Caractère d’une chose menue, très petite :

22 Propriété gustative qui caractérise la force du vin :

23 En lisant les tweets de Christophe Barbier et en l'écoutant sur des vidéos en ligne, je l'ai entendu dire un mot que je ne connaissais pas encore, un mot valise en -ité qui signifie que nous souffrons d'être submergés d'infos à tel point que nous en sommes devenus gros, très gros.

"Trop d'infos tue l'info", c'est bien connu ! Quel est donc ce mot apparu en 2010 ?

24 Caractère de qui est borné, à courte vue, obtus. 

 

Les définitions données se trouvent pour la plupart dans Le Dictionnaire de l'Académie (8e édition) ou dans le Littré.

 

Pour vous aider, je vous propose le début du mot.

Vous pourrez ensuite lire la solution.

 

1 Capacité d'absorber : ab-

2 Allégresse, entrain, gaieté : ala-

3 Caractère de ce qui est contagieux, au propre comme au figuré : co-

4 Propriété d'un bien acquis en dot : do-

5 (Scolastique) Terme de scolastique. Ce qui indique la qualité d'être présent, comme si cette qualité pouvait exister sans l'objet : ecc-

6 Voisinage : vic-

7 Terme de droit. Qualité d'étranger : ex-

8 Caractère de ce qui peut être falsifier : fa-

9 Propriété d’une matière sujette à la fermentation : fer-

10 État de ce qui est flasque : fl-

11 Le fait de se présenter de front : fr-

12 Manque d'argent : imp-

13 Qualité d'une chose qui n'est pas nuisible : inno -

14 Qualité de ce qui peut se mêler, s’allier : misc-

15 Attachement scrupuleux à la lettre, dans une traduction : lit-

16 Patience avec laquelle un être puissant et bon endure les fautes, les insultes qu’il pourrait punir : lon-

17 Ce mot relève d'une théorie développée par le philosophe John Langshaw Austin dans Quand dire c'est faire (1962) : perf-

18 Excessive timidité, manque de courage : pus-

19 Rudesse, âpreté de la voix : rau-

20 Caractérise des propos ou des comportements érotiques, obscènes : sa-

21 Caractère d’une chose menue, très petite : té-

22 Propriété gustative qui caractérise la force du vin : vi -

23 Excès d'infos : info-

24 Caractère de qui est borné, obtus : ob-

 

Et voici les mots complets :

 

1 Capacité d'absorber : absorptivité

2 Allégresse, entrain, gaieté : alacrité

3 Caractère de ce qui est contagieux, au propre comme au figuré : contagiosité

4 Propriété d'un bien acquis en dot : dotalité

5 (Scolastique) Terme de scolastique. Ce qui indique la qualité d'être présent, comme si cette qualité pouvait exister sans l'objet : eccéité

6 Voisinage : vicinité

7 Terme de droit. Qualité d'étranger : extranéité

8 Caractère de ce qui peut être falsifier : falsifiabilité

9 Propriété d’une matière sujette à la fermentation : fermentescibilité

10 État de ce qui est flasque : flaccidité

11 Le fait de se présenter de front : frontalité

12 Manque d'argent : impécuniosité

13 Qualité d'une chose qui n'est pas nuisible : innocuité

14 Qualité de ce qui peut se mêler, s’allier : miscibilité

15 Attachement scrupuleux à la lettre, dans une traduction : littéralité

16 Patience avec laquelle un être puissant et bon endure les fautes, les insultes qu’il pourrait punir : longanimité

17 Ce mot relève d'une théorie développée par le philosophe John Langshaw Austin dans Quand dire c'est faire (1962) : performativité

Exemple : "Je vous déclare mari et femme."

18 Excessive timidité, manque de courage : pusillanimité

19 Rudesse, âpreté de la voix : raucité

20 Caractérise des propos ou des comportements érotiques, obscènes : salacité

21 Caractère d’une chose menue, très petite : ténuité

22 Propriété gustative qui caractérise la force du vin : vinosité

23 Excès d'infos : infobésité

24 Caractère de qui est borné, obtus : obtusité (dans le Trésor de la Langue Française)

Obtusité - L'évidence pour toi n'est pas celle des autres. Elle n'est bien souvent ni la leur, ni la nôtre ! (Mon tweet du 14 septembre 2013)

 

Voir : La Dérivation - Les suffixes - Quiz 69 "Jo le rebelle"

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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