Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 06:20

 → MISCELLANÉES - THÈMES DIVERS 

 → ACCUEIL 

 

LES AMPOULES BASSE CONSOMMATION : fluocompactes

Leur durée de vie est longue.

Elles sont lentes à l'allumage et donnent un mauvais éclairage.

Elles demandent beaucoup d'énergie lorsqu'on les allume et plutôt que de les allumer et les éteindre fréquemment, il vaut mieux les laisser éclairées, d'autant plus qu'elles produisent des ondes électro-magnétiques au démarrage. Il est préférable de ne pas se trouver près d'elles.

Ne pas les mettre en lampe de chevet ni en lampe sur un bureau.

Leur utilisation comporte des risques.

Comme elles produisent des ultraviolets, on peut craindre des lésions sur la rétine, surtout sur celle des enfants et celle des personnes atteintes de DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l'Age). Leur clignotement abîme l'oeil. Il y a aussi des risques de cancer de la peau.

Ces ampoules sont toxiques car elles contiennent du mercure à l'état gazeux. Attention de ne pas respirer le gaz quand on les casse. Aérer la pièce un quart d'heure, et prendre garde de ne pas se couper avec les débris de verre, prendre des gants pour les saisir. Surtout ne pas utiliser d'aspirateur ni les jeter à la poubelle. Il faut les rapporter absolument dans le magasin où on les a achetées ou dans une grande surface lorsqu'elles sont cassées ou usagées.

♦ 

LES LED : à diodes électroluminescentes

Elles ont une durée de vie très longue. Certains sites donnent 50000 heures.

Elles sont résistantes aux marches-arrêts

Elles comportent des risques pour les yeux, surtout lorsque les ampoules laissent voir le LED sans protection : certaines d'entre elles donnent une lumière bleutée. Elles peuvent aggraver la DMLA et être dangereuses pour les jeunes enfants s'ils y restent longtemps exposés. Il faut éviter l'éblouissement, ne pas les regarder directement, la pupille pourrait se dilater trop et ne plus protéger la rétine.

 LES HALOGENES

Il faut installer ces ampoules avec des gants, les traces grasses des doigts les abîment.

Leur allumage est immédiat. Elles donne une lumière vive et de bonne qualité.

Elles durent environ 2000 heures, ce qui n'est pas une durée très longue et elles dégagent beaucoup de chaleur. Il ne faut surtout pas toucher l'ampoule quand elle est chaude car on risque de s'y brûler.

Elles ne supportent pas très bien les marches/arrêts répétés

Elles ne comportent aucun risque sanitaire mais elle produisent beaucoup de rayons UV. Il est préférable de choisir des armatures avec des verres protecteurs, adaptées aux halogènes ; et attention aux abat-jour délicats.

 

SOURCES

Le beau site de Laure Mestre >>> Ampoules: l’heure des choix… (03 | octobre | 2012 | A TOUS LES ETAGES le blog)

Quand Laure nous parle des lampes, notre lanterne en est tout éclairée. Halogène, fluocompacte, LED, comment choisir ?

Une belle balade à faire : Déco à tous les étages

>>> Comparatif des différents types d'ampoules : à incandescence ...

>>> Précautions à prendre avec une ampoule fluocompacte - Installation

Les culots : >>> Support des lampes électriques - Wikipédia

Puissance et consommation des diverses lampes :

>>> Tableau équivalences puissance ampoule led / incandescence

 

...........................................................................

ACCUEIL

Miscellanées (sujets divers)

...........................................................................

 

Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Miscellanées
commenter cet article
9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 08:43

FLORILÈGE

ACCUEIL

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII 

Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII 

 

- 27- 

 

Julie ou la Nouvelle Héloïse - 1761

 

Lettres de deux amans, Habitans d'une petite ville au pied des Alpes

 

Jean-Jacques Rousseau - 1712-1778.
 

Ce roman épistolaire (composé de lettres) s'inspire de l'histoire douloureuse et véridique d'Héloïse et d'Abélard. Vous pouvez lire, dans ce blog, l'extrait d'une lettre passionnée d'Héloïse.

>>> LETTRE D'HÉLOÏSE - Les tragiques amours d'Héloïse et d'Abélard

Les personnages de Rousseau, Julie d'Étange et Saint-Preux, vivent un amour impossible.

Dans la lettre dont vous allez lire un extrait, Saint-Preux, naguère précepteur de Julie, écrit à son ami Milord Édouard Bornston, un lord anglais, pour lui relater une promenade en bateau sur le lac Léman, avec celle qu'il aime.

Je préciserai qu'à cette époque Julie a dû faire un mariage de raison avec un vieux monsieur, et qu'elle est mère.

Cette situation nous fait penser au Poème d'Alphonse de Lamartine "Le Lac" où le poète évoque, lui aussi, un lieu qui lui est cher, le lac du Bourget. C'est le souvenir de Madame Charles dont il était épris qui lui fait évoquer ce lieu romantique.

L'oeuvre de Rousseau se compose de cinq parties

L'extrait ci-dessous se trouve à la fin de la dernière lettre de la 4e partie.


 

Lettre XV

à Milord Édouard

 

Tandis que nous nous amusions agréablement à parcourir ainsi des yeux les côtes voisines, un séchard, qui nous poussait de biais vers la rive opposée, s’éleva, fraîchit considérablement ; et, quand nous songeâmes à revirer, la résistance se trouva si forte qu’il ne fut plus possible à notre frêle bateau de la vaincre. Bientôt les ondes devinrent terribles : il fallut regagner la rive de Savoie, et tâcher d’y prendre terre au village de Meillerie qui était vis-à-vis de nous, et qui est presque le seul lieu de cette côte où la grève offre un abord commode. Mais le vent ayant changé se renforçait, rendait inutiles les efforts de nos bateliers et nous faisait dériver plus bas le long d’une file de rochers escarpés où l’on ne trouve plus d’asile.

Nous nous mîmes tous aux rames ; et presque au même instant j’eus la douleur de voir Julie saisie du mal de cœur, faible et défaillante au bord du bateau. Heureusement elle était faite à l’eau et cet état ne dura pas. Cependant nos efforts croissaient avec le danger ; le soleil, la fatigue et la sueur nous mirent tous hors d’haleine et dans un épuisement excessif. C’est alors que, retrouvant tout son courage, Julie animait le nôtre par ses caresses compatissantes ; elle nous essuyait indistinctement à tous le visage, et mêlant dans un vase du vin avec de l’eau de peur d’ivresse, elle en offrait alternativement aux plus épuisés. Non, jamais votre adorable amie ne brilla d’un si vif éclat que dans ce moment où la chaleur et l’agitation avaient animé son teint d’un plus grand feu ; et ce qui ajoutait le plus à ses charmes était qu’on voyait si bien à son air attendri que tous ses soins venaient moins de frayeur pour elle que de compassion pour nous. Un instant seulement deux planches s’étant entr’ouvertes, dans un choc qui nous inonda tous, elle crut le bateau brisé ; et dans une exclamation de cette tendre mère j’entendis distinctement ces mots : « Ô mes enfants ! faut-il ne vous voir plus ? » Pour moi, dont l’imagination va toujours plus loin que le mal, quoique je connusse au vrai l’état du péril, je croyais voir de moment en moment le bateau englouti, cette beauté si touchante se débattre au milieu des flots, et la pâleur de la mort ternir les roses de son visage.

Enfin à force de travail nous remontâmes à Meillerie, et, après avoir lutté plus d’une heure à dix pas du rivage, nous parvînmes à prendre terre. En abordant, toutes les fatigues furent oubliées. Julie prit sur soi la reconnaissance de tous les soins que chacun s’était donnés ; et comme au fort du danger elle n’avait songé qu’à nous, à terre il lui semblait qu’on n’avait sauvé qu’elle.

Nous dînâmes avec l’appétit qu’on gagne dans un violent travail. La truite fut apprêtée. Julie qui l’aime extrêmement en mangea peu ; et je compris que, pour ôter aux bateliers le regret de leur sacrifice, elle ne se souciait pas que j’en mangeasse beaucoup moi-même. Milord, vous l’avez dit mille fois, dans les petites choses comme dans les grandes cette âme aimante se peint toujours.

Après le dîner, l’eau continuant d’être forte et le bateau ayant besoin de raccommoder, je proposai un tour de promenade. Julie m’opposa le vent, le soleil, et songeait à ma lassitude. J’avais mes vues ; ainsi je répondis à tout. « Je suis, lui dis-je, accoutumé dès l’enfance aux exercices pénibles ; loin de nuire à ma santé ils l’affermissent, et mon dernier voyage m’a rendu bien plus robuste encore. À l’égard du soleil et du vent, vous avez votre chapeau de paille ; nous gagnerons des abris et des bois ; il n’est question que de monter entre quelques rochers ; et vous qui n’aimez pas la plaine en supporterez volontiers la fatigue. » Elle fit ce que je voulais, et nous partîmes pendant le dîner de nos gens.

Vous savez qu’après mon exil du Valais je revins il y a dix ans à Meillerie attendre la permission de mon retour. C’est là que je passai des jours si tristes et si délicieux, uniquement occupé d’elle, et c’est de là que je lui écrivis une lettre dont elle fut si touchée. J’avais toujours désiré de revoir la retraite isolée qui me servit d’asile au milieu des glaces et où mon cœur se plaisait à converser en lui-même avec ce qu’il eut de plus cher au monde. L’occasion de visiter ce lieu si chéri dans une saison plus agréable, et avec celle dont l’image l’habitait jadis avec moi, fut le motif secret de ma promenade. Je me faisais un plaisir de lui montrer d’anciens monuments d’une passion si constante et si malheureuse.

Nous y parvînmes après une heure de marche par des sentiers tortueux et frais, qui, montant insensiblement entre les arbres et les rochers, n’avaient rien de plus incommode que la longueur du chemin. En approchant et reconnaissant mes anciens renseignements, je fus prêt à me trouver mal ; mais je me surmontai, je cachai mon trouble, et nous arrivâmes. Ce lieu solitaire formait un réduit sauvage et désert, mais plein de ces sortes de beautés qui ne plaisent qu’aux âmes sensibles, et paraissent horribles aux autres. Un torrent formé par la fonte des neiges roulait à vingt pas de nous une eau bourbeuse, charriait avec bruit du limon, du sable et des pierres. Derrière nous une chaîne de roches inaccessibles séparait l’esplanade où nous étions de cette partie des Alpes qu’on nomme les Glacières, parce que d’énormes sommets de glaces qui s’accroissent incessamment les couvrent depuis le commencement du monde. Des forêts de noirs sapins nous ombrageaient tristement à droite. Un grand bois de chênes était à gauche au delà du torrent ; et au-dessous de nous cette immense plaine d’eau que le lac forme au sein des Alpes nous séparait des riches côtes du pays de Vaud, dont la cime du majestueux Jura couronnait le tableau.

Au milieu de ces grands et superbes objets, le petit terrain où nous étions étalait les charmes d’un séjour riant et champêtre ; quelques ruisseaux filtraient à travers les rochers, et roulaient sur la verdure en filets de cristal ; quelques arbres fruitiers sauvages penchaient leurs têtes sur les nôtres ; la terre humide et fraîche était couverte d’herbe et de fleurs. En comparant un si doux séjour aux objets qui l’environnaient, il semblait que ce lieu dût être l’asile de deux amants échappés seuls au bouleversement de la nature.

Quand nous eûmes atteint ce réduit et que je l’eus quelque temps contemplé : « Quoi ! dis-je à Julie en la regardant avec un œil humide, votre cœur ne vous dit-il rien ici, et ne sentez-vous point quelque émotion secrète à l’aspect d’un lieu si plein de vous ? » Alors, sans attendre sa réponse, je la conduisis vers le rocher, et lui montrai son chiffre gravé dans mille endroits, et plusieurs vers de Pétrarque ou du Tasse relatifs à la situation où j’étais en les traçant. En les revoyant moi-même après si longtemps, j’éprouvai combien la présence des objets peut ranimer puissamment les sentiments violents dont on fut agité près d’eux. Je lui dis avec un peu de véhémence : « O Julie, éternel charme de mon cœur ! Voici les lieux où soupira jadis pour toi le plus fidèle amant du monde. Voici le séjour où ta chère image faisait son bonheur, et préparait celui qu’il reçut enfin de toi-même. On n’y voyait alors ni ces fruits ni ces ombrages ; la verdure et les fleurs ne tapissaient point ces compartiments, le cours de ces ruisseaux n’en formait point les divisions ; ces oiseaux n’y faisaient point entendre leurs ramages ; le vorace épervier, le corbeau funèbre, et l’aigle terrible des Alpes, faisaient seuls retentir de leurs cris ces cavernes ; d’immenses glaces pendaient à tous ces rochers ; des festons de neige étaient le seul ornement de ces arbres ; tout respirait ici les rigueurs de l’hiver et l’horreur des frimas ; les feux seuls de mon cœur me rendaient ce lieu supportable, et les jours entiers s’y passaient à penser à toi. Voilà la pierre où je m’asseyais pour contempler au loin ton heureux séjour ; sur celle-ci fut écrite la lettre qui toucha ton cœur ; ces cailloux tranchants me servaient de burin pour graver ton chiffre ; ici je passai le torrent glacé pour reprendre une de tes lettres qu’emportait un tourbillon ; là je vins relire et baiser mille fois la dernière que tu m’écrivis ; voilà le bord où d’un œil avide et sombre je mesurais la profondeur de ces abîmes ; enfin ce fut ici qu’avant mon triste départ je vins te pleurer mourante et jurer de ne te pas survivre. Fille trop constamment aimée, ô toi pour qui j’étais né ! Faut-il me retrouver avec toi dans les mêmes lieux, et regretter le temps que j’y passais à gémir de ton absence ?… » J’allais continuer ; mais Julie, qui, me voyant approcher du bord, s’était effrayée et m’avait saisi la main, la serra sans mot dire en me regardant avec tendresse et retenant avec peine un soupir ; puis tout à coup détournant la vue et me tirant par le bras : « Allons-nous-en, mon ami, me dit-elle d’une voix émue ; l’air de ce lieu n’est pas bon pour moi. » Je partis avec elle en gémissant, mais sans lui répondre, et je quittai pour jamais ce triste réduit comme j’aurais quitté Julie elle-même.

Revenus lentement au port après quelques détours, nous nous séparâmes. Elle voulut rester seule, et je continuai de me promener sans trop savoir où j’allais. À mon retour, le bateau n’étant pas encore prêt ni l’eau tranquille, nous soupâmes tristement, les yeux baissés, l’air rêveur, mangeant peu et parlant encore moins. Après le souper, nous fûmes nous asseoir sur la grève en attendant le moment du départ. Insensiblement la lune se leva, l’eau devint plus calme, et Julie me proposa de partir. Je lui donnai la main pour entrer dans le bateau ; et, en m’asseyant à côté d’elle, je ne songeai plus à quitter sa main. Nous gardions un profond silence. Le bruit égal et mesuré des rames m’excitait à rêver. Le chant assez gai des bécassines, me retraçant les plaisirs d’un autre âge, au lieu de m’égayer, m’attristait. Peu à peu je sentis augmenter la mélancolie dont j’étais accablé. Un ciel serein, les doux rayons de la lune, le frémissement argenté dont l’eau brillait autour de nous, le concours des plus agréables sensations, la présence même de cet objet chéri, rien ne put détourner de mon cœur mille réflexions douloureuses.

Je commençai par me rappeler une promenade semblable faite autrefois avec elle durant le charme de nos premières amours. Tous les sentiments délicieux qui remplissaient alors mon âme s’y retracèrent pour l’affliger ; tous les événements de notre jeunesse, nos études, nos entretiens, nos lettres, nos rendez-vous, nos plaisirs,

E tanta-fede, e si dolci memorie,

E si lungo costume !*

ces foules de petits objets qui m’offraient l’image de mon bonheur passé, tout revenait, pour augmenter ma misère présente, prendre place en mon souvenir. C’en est fait, disais-je en moi-même ; ces temps, ces temps heureux ne sont plus ; ils ont disparu pour jamais. Hélas ! ils ne reviendront plus ; et nous vivons, et nous sommes ensemble, et nos cœurs sont toujours unis ! Il me semblait que j’aurais porté plus patiemment sa mort ou son absence, et que j’avais moins souffert tout le temps que j’avais passé loin d’elle. Quand je gémissais dans l’éloignement, l’espoir de la revoir soulageait mon cœur ; je me flattais qu’un instant de sa présence effacerait toutes mes peines ; j’envisageais au moins dans les possibles un état moins cruel que le mien. Mais se trouver auprès d’elle, mais la voir, la toucher, lui parler, l’aimer, l’adorer, et, presque en la possédant encore, la sentir perdue à jamais pour moi ; voilà ce qui me jetait dans des accès de fureur et de rage qui m’agitèrent par degrés jusqu’au désespoir. Bientôt je commençai de rouler dans mon esprit des projets funestes, et, dans un transport dont je frémis en y pensant, je fus violemment tenté de la précipiter avec moi dans les flots, et d’y finir dans ses bras ma vie et mes longs tourments. Cette horrible tentation devint à la fin si forte, que je fus obligé de quitter brusquement sa main pour passer à la pointe du bateau.

Là mes vives agitations commencèrent à prendre un autre cours ; un sentiment plus doux s’insinua peu à peu dans mon âme, l’attendrissement surmonta le désespoir, je me mis à verser des torrents de larmes, et cet état, comparé à celui dont je sortais, n’était pas sans quelques plaisirs. Je pleurai fortement, longtemps, et fus soulagé. Quand je me trouvai bien remis, je revins auprès de Julie ; je repris sa main. Elle tenait son mouchoir ; je le sentis fort mouillé. « Ah ! lui dis-je tout bas, je vois que nos cœurs n’ont jamais cessé de s’entendre ! ─ Il est vrai, dit-elle d’une voix altérée ; mais que ce soit la dernière fois qu’ils auront parlé sur ce ton. » Nous recommençâmes alors à causer tranquillement, et au bout d’une heure de navigation nous arrivâmes sans autre accident. Quand nous fûmes rentrés, j’aperçus à la lumière qu’elle avait les yeux rouges et fort gonflés ; elle ne dut pas trouver les miens en meilleur état. Après les fatigues de cette journée, elle avait grand besoin de repos ; elle se retira, et je fus me coucher.

Voilà, mon ami, le détail du jour de ma vie où, sans exception, j’ai senti les émotions les plus vives. J’espère qu’elles seront la crise qui me rendra tout à fait à moi. Au reste, je vous dirai que cette aventure m’a plus convaincu que tous les arguments de la liberté de l’homme et du mérite de la vertu. Combien de gens sont faiblement tentés et succombent ? Pour Julie, mes yeux le virent et mon cœur le sentit : elle soutint ce jour-là le plus grand combat qu’âme humaine ait pu soutenir ; elle vainquit pourtant. Mais qu’ai-je fait pour rester si loin d’elle ?

Ô Édouard ! quand séduit par ta maîtresse tu sus triompher à la fois de tes désirs et des siens, n’étais-tu qu’un homme ? Sans toi j’étais perdu peut-être. Cent fois dans ce jour périlleux, le souvenir de ta vertu m’a rendu la mienne.

...........................................

*E tanta-fede, e si dolci memorie, / E si lungo costume !*

"Et cette foi si pure, et ces doux souvenirs, et cette longue familiarité"

Métastase, poète italien, XVIIIe siècle.


 

à retrouver sur Wikisource

Julie ou la Nouvelle Héloïse - Wikisource


 

Le Lac

 Alphonse de Lamartine 1790-1869


 

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !


Méditations Poétiques

........................................................................................................................

FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES (titres des textes)

ACCUEIL

........................................................................................................................

 

Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Florilège - la pensée des autres
commenter cet article
6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 18:54

 

Complétez avec :

équivoque – euphémisme – homonyme homographe – anachronisme – contrepétrie – paronyme ou paronymie – haïku – holonyme – homonyme homophone – épicène – métonymie – archaïsme - barbarisme – méronyme – synonyme

Faites précéder ces mots de un, une, des (-s), le, la, les (-s) ou de rien.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

1 c'est du hollande dit-on pour du fromage de Hollande, par ....... .

2 une crapule, c'est un nom féminin ....... ; il désigne indifféremment une personne de sexe masculin ou féminin.

3 des vers (chantés) et des vers (à soie) sont ....... .

4 La jeune fille regardait la chose en riant, cela peut être ........

5 Dans cette épigramme de Boileau, il y a ....... .

"On dit que l’abbé Roquette

Prêche les sermons d’autrui ;

Moi qui sais qu’il les achète,

Je soutiens qu’ils sont à lui. "

6 Ceci est ....... de Shiki :

"Vent d'hiver ~

le sifflement de la bouilloire

pendue au crochet "

7 la chère, la chair, la chaire, la cheire sont ....... .

8 l'humérus, le radius, le cubitus, le métacarpe, le fémur, le tibia, le péroné, le métatarse sont ....... de SQUELETTE.

9 VILLE est ....... de gratte-ciel, rue, carrefour, citadin.

10 conjecture et conjoncture sont ....... .

11 galvardine, gamache, galvaudeux, abander, abissonné sont ....... .

12 Joie, bonheur, béatitude, félicité sont ....... .

13 Vous allez pallier à ces difficultés, j'en suis sûre. C'est ....... .

14 François 1er alors s'écria : "Allons enfants de la patrie / Le jour de gloire est arrivé !" C'est .......

15 Barnabé est très amoureux de Philomène et déclare : "Par ma foi, elle ne me déplaît point !" C'est ....... .

 

Voici la solution

1 c'est du hollande dit-t-on pour du fromage de Hollande, par métonymie, remplacement d'un mot par un autre, par réduction d'un syntagme (fromage de Hollande)

Autre exemple : J'ai acheté une citroën

J'ai acheté une voiture de la marque Citroën et si tous les Français achetaient des voitures françaises, cela ferait du bien à l'économie de notre pays !

2 une crapule, c'est un nom féminin épicène ; il désigne indifféremment une personne de sexe masculin ou féminin.

Autre exemple : un crapaud est un nom masculin épicène ; il désigne indifféremment un animal mâle ou femelle.

3 des vers (chantés) et des vers (à soie) sont des homonymes homographes.

Les homonymes homographes sont des mots de sens différents qui se prononcent et s'écrivent de la même manière.

Autres exemples : un aigle, une aigle - un pupille, une pupille - une souris, un souris - etc.

Retrouvez ces mots >>> Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4.

4 La jeune fille regardait la chose en riant peut être une contrepétrie.

La contrepétrie a toujours un aspect paillard.

5 Dans cette épigramme de Boileau, il y a une équivoque

"On dit que l’abbé Roquette
Prêche les sermons d’autrui ;
Moi qui sais qu’il les achète,
Je soutiens qu’ils sont à lui."

6 Ceci est un haïku de Shiki :

"Vent d'hiver ~
le sifflement de la bouilloire
pendue au crochet "

>>> 55 haïkus de Shiki (trad. Gilles Fabre) chez Haiku Spirit


7 la chère, la chair, la chaire, la cheire sont des homonymes homophones

Les homonymes homophones sont des mots qui se prononcent de la même manière mais s'écrivent différemment.

>>> Ne pas confondre les homophones : (adjectif) cher, (adverbe) cher, (substantifs) la chère, la chair, la chaire, la cheire.

8 l'humérus, le radius, le cubitus, le métacarpe, le fémur, le tibia, le péroné, le métatarse sont les méronymes de SQUELETTE.

9 Ville est l'holonyme de gratte-ciel, rue, carrefour, citadin...

>>> Que signifient les mots synonyme, antonyme, homonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ?

10 conjecture et conjoncture sont des paronymes

Deux mots qui se ressemblent et qu'on pourrait confondre.

>>> PARONYMES – PARONOMASE + QUIZ N°27 agonir et agoniser - anoblir et ennoblir - bâiller, bailler et bayer - conjecture et conjoncture - ablation et ablution - recouvrer et recouvrir...

11 galvardine, gamache, galvaudeux, abander, abissonné sont des archaïsmes

(les retrouver en ligne dans Le Littré (Reverso) et Le dictionnaire de Godefroy

>>> Archaïsme ! Fleur fanée, oubliée sur la page d'un vieux livre. Reviens à la vie, l'espace d'un instant !

12 Joie, bonheur, béatitude, félicité sont des synonymes

>>> Les synonymes – la synonymie + Quiz 61

13 Vous allez pallier à ces difficultés, j'en suis sûre.

C'est un barbarisme

Le verbe pallier se construit directement : Vous allez pallier ces difficultés, j'en suis sûre.

>>> Les mauvaises manières de parler le français - Barbarismes et solécismes - 1ère partie + QUIZ 30

>>> Les barbarismes et les solécismes vous irritent-ils ou vous amusent-ils ? 2ème partie - QUIZ 31

14 François 1er alors s'écria : "Allons enfants de la patrie / Le jour de gloire est arrivé !" C'est un anachronisme. Erreur dans le temps, dans l'époque.

15 Barnabé est très amoureux de Philomène et déclare : "Par ma foi, elle ne me déplaît point !" C'est un euphémisme.

Un euphémisme consiste à dire peu pour signifier beaucoup (par pudeur, pour ne pas choquer, pour être "politiquement correct", pour déguiser la vérité, la rendre plus acceptable).

>>> De la rhétorique - De l'éloquence - De la langue de bois - Des périphrases - Appeler un chat un chat

À rapprocher de la litote

Exemple : "Va, je ne te hais point." Cf. Le Cid de Corneille

>>> Comment dites-vous "Je t'aime" ? Je te kiffe, je ne te hais point, tu me bottes, je suis morgane de toi, je t'ai dans la peau, mon coeur s'est embrasé, etc. ?

...........................................................................

ACCUEIL

Le français dans tous ses états

Les QUIZ + Exercices d'orthographe et de grammaire

Vous aimez les exercices à trous ? Récapitulation de ceux que vous trouverez dans le blog

...........................................................................

Voir aussi

Que signifient les mots synonyme, antonyme, homonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ?

Les synonymes – la synonymie + Quiz 61

Cherchez l'intrus parmi les synonymes - Quiz 62

Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 05:17

Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Accueil
commenter cet article
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:15

 

 

Suite de l'article : La place de Y et de EN dans la phrase + QUIZ 67

 

Les pronoms personnels compléments sont : me, moi, te, toi, se, le, lui, la, nous, vous, les, leur, eux.

Y et en font l'objet de l'article précédent.

 

 

Complétez les phrases suivantes

par les pronoms personnels.

Les verbes sont à l'impératif.

 

34-C'est Pâques, aujourd'hui. Donne donc cette poule en chocolat à ton petit frère !

Donne-...-... donc !

35-Donne donc ces oeufs en chocolat à tes petits frères !

Donne-...-... donc !

36-Ah ! Tu as pris des photos à la Cité du Design de Saint-Étienne ? J'aimerais bien les voir.

Montre-...-...

37-Ah ! Tu as pris des photos à la Biennale du Design de Sainté ?

Nous aimerions bien les voir.

Montre-...-...

38-Vous aimeriez un bon petit plat pour fêter ça aujourd'hui ?

Eh bien, achetez-...-...

39-Tu aimerais un bon petit plat pour fêter ça aujourd'hui ?

Eh bien, achète-...-...

40-Tu as une nouvelle copine ?

Présente-...-...

Pour cette phrase, trouvez toutes les réponses possibles. Avec moi, nous, lui, leur.

 

 

Correction

 

34-C'est Pâques, aujourd'hui. Donne donc cette poule en chocolat à ton petit frère ! Donne-...-... donc !

Donne-la-lui donc !

La tournure Donne-lui-la ! est interdite.

 

À l'impératif affirmatif, lorsqu'il on a deux compléments, l'un direct, l'autre indirect, on doit mettre le pronom indirect après le pronom direct, dans le cas où les deux pronoms sont à la 3e personne.*

Rappel

Le, la, lui, les, leur, eux > 3e personnes (singulier et pluriel)


> Qu'est-ce qu'un complément d'objet direct ? un complément d'objet second ? un complément d'objet indirect ?

 

35-Donne donc ces oeufs en chocolat à tes petits frères !

Donne-les-leur donc !

La tournure Donne-leur-les ! est interdite.

 

36-Ah ! Tu as pris des photos à la Cité du Design de Saint-Étienne ?

J'aimerais bien les voir. Montre-...-...

Montre-les-moi / Montre-moi-les !°

 

Dans le cas où l'un des pronoms est à la 1ère ou à la 2e personne, il se place soit avant, soit après l'autre.

Normalement, comme dans le cas précédent, on devrait placer le complément indirect en 2e position, mais l'usage veut qu'on le place parfois avant le complément direct. On trouve cette construction chez de nombreux écrivains. Cf. Le Grevisse.

Elle appartient à la langue familière > Phrases marquées avec °

Voir en fin d'article l'extrait du poème de Victor Hugo.

Rappel

Me, moi, nous >1ères personnes (singulier et pluriel)

Te, toi, vous > 2e personnes (singulier et pluriel)

 

37-Ah ! Tu as pris des photos à la Biennale du Design de Sainté ?

Nous aimerions bien les voir. Montre-...-...

Montre-les-nous / Montre-nous-les !°

 

38-Vous aimeriez un bon petit plat pour fêter ça aujourd'hui ?

Eh bien, achetez-...-...

Eh bien, achetez-le-vous ! Eh bien, achetez-vous-le !°

 

39-Tu aimerais un bon petit plat pour fêter ça aujourd'hui ?

Eh bien, achète-...-...

Eh bien, achète-le-toi ! Eh bien, achète-toi-le !°

 

40-Tu as une nouvelle copine ? Présente-...-...

Trouvez toutes les réponses possibles. Avec moi, nous, lui, leur.

Présente-la nous. Présente-nous-la.°

Présente la-moi. Présente-moi-la.°

Présente-la lui.

Présente-la-leur.

 

*Présente-lui-la et Présente-leur-la est interdit.

> les deux pronoms sont à la 3e personne.

 

Remarque

On trouve souvent ces phrases sans le 2e trait d'union. C'est une faute.

 

Tenez-vous-le pour dit !°

ou

Tenez-le-vous pour dit !

 

888888888888888888888888888888888

Lecteur internaute, soucieux de bien parler et de bien écrire, torture-toi l'esprit afin de te souvenir de ces règles.

Je te le1 dis, je te le1 répète et tu me le1 promets.

Apprends-les à ceux qui voudront t'entendre.

Tu les leur diras2, et tu les leur répéteras2.

Même à ta copine qui parle le français comme un Basque l'espagnol. Tu les lui diras2, tu les lui répéteras2.

Cette leçon, tu la lui feras réciter jusqu'à ce qu'elle la sache.

 

1 et 2 Et fais-leur remarquer que les pronoms personnels compléments directs le, la les se placent APRÈS les indirects1  me te nous vous mais AVANT lui et leur2.

 

Remarque

Régional : On entend parfois l'ordre inverse : Tu lui la fera réciter.

 

Le titre : Dites-le-moi

OU dites-moi-le° ?

On peut dire soit l'un, soit l'autre

Victor Hugo

Les Pauvres Gens (La Légende des Siècles)

Extrait 

 

                                                   Ô pauvres femmes
De pêcheurs ! c’est affreux de se dire : « Mes âmes,
Père, amant, frères, fils, tout ce que j’ai de cher,
C’est là, dans ce chaos ! — mon cœur, mon sang, ma chair ! »
Ciel ! être en proie aux flots, c’est être en proie aux bêtes.
Oh ! songer que l’eau joue avec toutes ces têtes,
Depuis le mousse enfant jusqu’au mari patron,
Et que le vent hagard, soufflant dans son clairon,
Dénoue au-dessus d’eux sa longue et folle tresse,
Et que peut-être ils sont à cette heure en détresse,
Et qu’on ne sait jamais au juste ce qu’ils font,
Et que, pour tenir tête à cette mer sans fond,
À tous ces gouffres d’ombre où ne luit nulle étoile,
Ils n’ont qu’un bout de planche avec un bout de toile !
Souci lugubre ! on court à travers les galets,
Le flot monte, on lui parle, on crie : « Oh ! rends-nous-les ! »

Mais, hélas ! que veut-on que dise à la pensée
Toujours sombre, la mer toujours bouleversée !

 

Tous les quiz

ACCUEIL

Le français dans tous ses états

Vous aimez les exercices à trous ? Récapitulation de ceux que vous trouverez dans le blog

...........................................................................

 

Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 10:03

Tous les quiz 

ACCUEIL

Y et En peuvent être :

 

des pronoms personnels qui remplacent des syntagmes nominaux (groupes nominaux) compléments indirects introduits par les prépositions DE (pour EN) ou À (pour Y).

Je me souviens des jours passés > Je m'en souviens.

Je pense à nos dernières vacances. > J'y pense.

EN peut correspondre à l'article partitif de la, du (de le), des (de les) :

Ces bonbons ont l'air délicieux, j'en veux (je veux de ces bonbons) – j'en veux un – j'en veux quelques-uns.

 > Qu'est-ce qu'un partitif ?

des pronoms adverbiaux qui remplacent :

-des syntagmes nominaux complément de lieu, introduits par la préposition DE (pour EN) ou À (pour Y) parfois par d'autres prépositions (SUR...)

-ou des adverbes de lieu (ICI, LÀ, LÀ-DESSUS... )

Je vais à Paris demain. > J'y vais.

Je reviens de mon pays natal > J'en reviens.

Je suis ici et j'y reste.

Remarque : On ne peut pas employer Y ni EN pour des personnes.

Je pense à mes amis. > Je pense à eux.

Et non pas : J'y pense.

En peut être aussi une préposition.

Il vit en France. Il est bon en français. Il écrit en boustrophédon...

 

Il n'est pas toujours facile de placer Y ou EN

au bon endroit dans les phrases.

 

QUIZ 67

 Exercice : remplacez par Y ou par EN les éléments soulignés

1-Voilà un gâteau appétissant. Donnez-moi de ce gâteau.

2-Tu vas à l'Opéra. Mène-moi à l'Opéra.

3-Mène-nous à l'Opéra

4-a-Vous voulez aller sur la lune ? Transportez-vous vous-même sur la lune.

     b-Les mêmes phrases avec tu.

5-On fait entendre la lettre N dans indemne.

6-Faites donc cette recette telle quelle sans rien ajouter à cette recette, sans retrancher à cette recette.

7-On peut dire : Il se faut entr'aider, c'est la loi de nature, ou il faut s'entr'aider. Il vaut mieux placer le pronom devant l'infinitif , mais on peut, pour la variété ou pour la mélodie, s'écarter du pronom quelquefois. D'après La Fontaine

8-Voyez ce tourbillon dangereux dans la Loire. Tout vient s'engloutir dans ce tourbillon.

9-Il échangea son point de vue sur la manière de réduire la dette ; il travaillait aux moyens de parvenir à cette réduction depuis trop longtemps pour ne pas bien s'y connaître OU pour ne pas s'y bien connaître

10-Il avait longtemps penser ne rien y pouvoir OU n'y rien pouvoir

11-Je me serais bien laissé convaincre de ne pas aller au diable Vauvert.

12-Complétez le dialogue :

Allez-vous à New York ? -Oui j'...

Irez-vous à New York ? -Oui j'...

Faites une remarque.

13-Ce n'est pas parce que j'aime vraiment cette idée que je m'accroche à cette idée.

14-Il ne va plus se promener dans cette forêt pour trop souvent s'être perdu dans cette forêt.

15-Il me raconte ses ennuis pendant des heures ; Il s'abîme la voix à vouloir toujours parler de ses ennuis.

16- Il a beaucoup trop de défaillances et ne s'inquiète pas de ne jamais pouvoir remédier à ses défaillances.

17-a-Il devrait cependant toujours s'appliquer à remédier à ses défaillances.

     b-Il devrait cependant toujours s'appliquer à remédier à ses défaillances.

18- Ecrire

a-s'en aller aux trois personnes de l'impératif

b- s'en aller aux trois personnes de l'impératif négatif

19-Gardez-vous de faire cette bêtise !

20-Complétez : Il y a des cailloux dans vos lentilles. Retirez ... ...(2 pronoms)

21-Mettez-moi cinq pommes de chaque variété.(2 pronoms)

22- Parle de toute cette histoire à mon frère. (2 pronoms)

23-Emmenez donc mes enfants au parc ! (2 pronoms)

24-Fiez-vous donc aux règles de grammaire données ici.

25-Accompagne mon enfant à l'école, s'il te plaît. (2 pronoms)

26-Laissons-le en paix dans sa tombe.

27-Mets-toi tout de suite à faire tes devoirs, Lucette !

28-Remplacez partir par s'en aller :

a-Il est parti les bras ballants.

b-Nous sommes partis sans crier gare.

c-Vous seriez partis ainsi sans nous remercier !

29-Félicitons-nous de notre succès.

30-Fiez-vous à mes conseils.

31-Ses remarques me donnaient des frissons dans tout le corps et me faisaient des douleurs insupportables dans tout le corps.

32-Allez donc voir mon tableau à vendre chez l'antiquaire. On vous montrera mon tableau dans la boutique. (2 pronoms compléments)

33 Compléter la phrase par Y et EN  dans le bon ordre.

J'ai repéré dans ce dictionnaire toutes les phrases qui contenaient Y et En. Il ne faut pas ... ... chercher d'autres.

34 Qui eût osé me tenir rigueur d'une telle chose en cette circonstance ? Ma détermination ne pouvait que me résoudre à poursuivre mes recherches.

 

Correction

On remplace les syntagmes soulignés

Remarquez les apostrophes et les traits d'union.

 

1-Voilà un gâteau appétissant. Donnez-moi de ce gâteau.

Donnez-m'en.

En, valeur partitive. > Qu'est-ce qu'un partitif ? 

 

2-Tu vas à l'Opéra. Mène-moi à l'Opéra.

Mènes-y-moi.

L'impératif de mener est MÈNE sans S. le S est une lettre euphonique > L'euphonie - Emploi des lettres euphoniques pour éviter l'hiatus – Vas-y ET Va y comprendre quelque chose ! – Va-t'en OU Va-t-en ?

On évitera m'y et t'y près un verbe à l'impératif.

 

3-Mène-nous à l'Opéra

Menez-nous-y

 

4-Vous voulez aller sur la lune ? Transportez-vous vous-même sur la lune.

Vous voulez y aller ? Transportez-vous-y vous-même.

Tu veux y aller ? Transportes-y-toi toi-même.

 

5-On fait entendre la lettre N dans indemne.

On y fait entendre la lettre n.

 

6-Faites donc cette recette telle quelle sans rien ajouter à cette recette, sans rien retrancher à cette recette.

Faites donc cette recette telle quelle sans y rien ajouter, sans y rien retrancher.

 

7-On peut dire : Il se faut entr'aider, c'est la loi de nature, ou il faut s'entr'aider. Il vaut mieux placer le pronom devant l'infinitif , mais on peut, pour la variété ou pour la mélodie, s'écarter du pronom quelquefois. (citation dans La Grammaire des Grammaires)

... s'en écarter quelquefois.

 

8-Voyez ce tourbillon dangereux dans la Loire. Tout vient s'engloutir dans ce tourbillon.

... tout vient s'y engloutir.

Tournure vieillie : tout s'y vient engloutir.

Y se place devant un verbe régissant un infinitif dont il est complément.

 

9-Il échangea son point de vue sur la manière de réduire la dette ; il travaillait aux moyens de parvenir à cette réduction depuis trop longtemps pour ne pas bien s'y connaître. (OU pour ne pas s'y bien connaître ?)

Il échangea son point de vue sur la manière de réduire la dette ; il y travaillait depuis trop longtemps pour ne pas s'y bien connaître.

Phrases 9, 10,11,15,16 : Lorsque l'infinitif est précédé d'un adverbe (bien, trop, toujours...) ou de la 2e partie de la négation (pas, point, rien, jamais...) Y précède le groupe adverbe + infinitif

 

10-Il avait longtemps penser ne rien y pouvoir. (OU n'y rien pouvoir ?)

Il avait longtemps penser n'y rien pouvoir. (voir la note de la phrase 9)

 

11-Je me serais bien laissé convaincre de ne pas aller au diable Vauvert.

Je me serais bien laissé convaincre de n'y point aller. (voir la note de la phrase 9)

 

12-Complétez le dialogue :

Allez-vous à New York ? -Oui, j'y vais

Irez-vous à New York ? -Oui, j'irai

Faites une remarque.

Le Y disparaît devant le I de irai, irait, etc.

 

13-Ce n'est pas parce que j'aime vraiment cette idée que je m'accroche à cette idée.

Ce n'est pas parce que j'aime vraiment cette idée que je m'y accroche.

 

14-Il ne va plus se promener dans cette forêt pour trop souvent s'être perdu dans cette forêt.

Il ne va plus se promener dans cette forêt pour trop souvent s'y être perdu.

 

15-Il me raconte ses ennuis pendant des heures ; Il s'abîme la voix à constamment vouloir parler de ses ennuis.

Il me raconte ses ennuis pendant des heures ; Il s'abîme la voix à en constamment vouloir parler. (voir la note de la phrase 9)

 

16- Il a beaucoup trop de défaillances et ne s'inquiète pas de ne jamais pouvoir remédier à ses défaillances.

Il a beaucoup trop de défaillances et ne s'inquiète pas de n'y jamais pouvoir remédier. (voir la note de la phrase 9)

 

17-a-Il devrait cependant toujours s'appliquer à remédier à ses défaillances.

Il devrait cependant toujours s'appliquer à y remédier.

        b-Il devrait cependant toujours s'appliquer à remédier à ses défaillances.

Il devrait cependant toujours s'y appliquer.

 

18- Écrire

a-s'en aller aux trois personnes de l'impératif

b-s'en aller aux trois personnes de l'impératif négatif

N'oubliez pas les apostrophes ou les traits d'union.

Va-t'en, allons-nous-en, allez-vous-en.

Ne t'en va pas, ne nous en allons pas, ne vous en allez pas.

> Lettres euphoniques

 

19-Gardez-vous de faire cette bêtise !

Gardez-vous-en.

 

20-Complétez : Il y a des cailloux dans vos lentilles. Retirez ... ...

Retirez-les-en.

 

21-Mettez-moi cinq pommes de chaque variété.

Mettez-m'en cinq de chaque.

 

22- Parle de toute cette histoire à mon frère.

Parle-lui-en.

 

23-Emmenez donc mes enfants au parc !

Emmenez-les-y.

 

24-Fiez-vous donc aux règles de grammaire données ici.

Fiez-vous-y donc !

 

25-Accompagne mon enfant à l'école, s'il te plaît.

Accompagne-l'y.

 

26-Laissons-le en paix dans sa tombe.

Laissons-l'y en paix.

Phrases 25 et 26, formes peu usitées à l'oral.

On évite aussi m'y et t'y.

 

27-Mets-toi tout de suite à faire tes devoirs, Lucette !

Mets-y toi tout de suite.

Forme orale familière, à éviter à l'écrit.

 

28-Remplacez partir par s'en aller :

a-Il est parti les bras ballants.

Il s'en est allé les bras ballants.

b-Nous sommes partis sans crier gare.

Nous nous en sommes allés sans crier gare.

c-Vous seriez partis ainsi sans nous remercier !

Vous vous en seriez allés ainsi sans nous remercier.

 

29-Félicitons-nous de notre succès.

Félicitons-nous-en 

 

30-Fiez-vous à mes conseils.

Fiez-vous-y

 

31-Ses remarques me donnaient des frissons dans tout le corps et me faisaient des douleurs insupportables dans tout le corps.

Ses remarques me donnaient des frissons dans tout le corps et m'y faisaient des douleurs insupportables.

Y peut suivre un complément d'objet indirect (ici : me)

 

32-Allez donc voir mon tableau à vendre chez l'antiquaire. On vous montrera mon tableau dans la boutique.

On vous l'y montrera.

Y et En peuvent se trouver après deux autres pronoms.

 

33-Compléter la phrase par Y et EN  dans le bon ordre.

J'ai repéré dans ce dictionnaire toutes les phrases qui contenaient Y et En. Il ne faut pas ... ... chercher d'autres.

Il ne faut pas y en chercher d'autres.

Lorsque Y et En se succèdent devant un verbe, Y précède EN.

 

34-Qui eût osé me tenir rigueur d'une telle chose en cette circonstance ? Ma détermination ne pouvait que me résoudre à poursuivre mes recherches.

Qui m'en eût osé tenir rigueur en cette circonstance ? Ma détermination ne m'y pouvait que résoudre. (Les Délires 164)

Si l'infinitif a deux pronoms personnels complément, on peut placer Y ou EN soit devant le verbe principal, soit devant l'infinitif.

La première tournure est rare de nos jours.

On dirait plus couramment : Qui eût osé m'en tenir rigueur ? Ma détermination ne pouvait que m'y résoudre.

 

Voir aussi

>>De la difficulté de bien placer les pronoms personnels compléments dans la phrase. Dites-le-moi OU dites-moi-le ?

 

Bibliographie.

Les phrases 1 à 7 s'inspirent librement des règles données dans

> La  Grammaire des grammaires (cinquième édition)1822 de Charles-Pierre Girault-Duvivier, pages 317, 322, 337, 51, 311.

Les phrases 8 à 17 suivent des règles données dans le Trésor, à trouver sur le site du cnrs > Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

Les phrases de 19 à 33 illustrent les règles données dans Le Bon Usage de Grevisse §682-683 – L'ouvrage n'est pas en ligne.

 

ACCUEIL

Bibliographie.

Les phrases 1 à 7 s'inspirent librement des règles données dans

> La  Grammaire des grammaires (cinquième édition)1822 de Charles-Pierre Girault-Duvivier, pages 317, 322, 337, 51, 311.

Les phrases 8 à 17 suivent des règles données dans le Trésor, à trouver sur le site du cnrs > Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

Les phrases de 19 à 33 illustrent les règles données dans Le Bon Usage de Grevisse §682-683 – L'ouvrage n'est pas en ligne.

Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 18:11

 

 

Voici, glanées ici et là, quelques réflexions de nos grammairiens sur les consonnes. 

 

Charles-Pierre Girault-Duvivier

Grammaire des grammaires  (cinquième édition) 1822

Chapitre 2 pages 26 et suivantes

 

Consonne

Les consonnes n'ont pas de son par elles-mêmes, elles ne se font entendre qu'avec l'air qui fait la voix ou voyelle ; c'est en quoi leur son diffère de celui des voyelles, qui n'est formé que par une seule émission de voix et sans articulation. Ce son des consonnes diffère encore du son des voyelles, en ce que le son de celles-ci est permanent, c'est-à-dire qu'on peut faire un port de voix sur toutes les voyelles, au lieu que le son propre des consonnes ne peut se faire que dans un seul instant, c'est-à-dire qu'il est impossible de faire un port de voix sur aucune consonne.

De tout cela il résulte que la voyelle est le son qui provient de la situation où les organes de la parole se trouvent dans le temps que la voix sort de la trachée-artère, et que la consonne est l'effet de la modification passagère que cet air reçoit de l'action momentanée de quelque organe particulier de la parole.

C'est relativement à chacun de ces organes que, dans toutes les langues, on divise les lettres en certaines classes, où elles sont nommées du nom de l'organe particulier qui paraît contribuer le plus à leur formation. Ainsi on appelle labiales celles à la formation desquelles les lèvres sont principalement employées ; comme P, B; F, V, dans père, bon, feu, vie ;

Linguales, celles à la formation desquelles la langue contribue principalement ; comme D, T N, R, L, dans de, tu, notre, rivage, livre ;

Palatales, celles dont le son s'exécute dans l'intérieur de la bouche, à peu près au milieu de la langue et du palais vers lequel elle s'élève un peu à cet effet, comme G, J, K, Q, et les sons mouillés, IL, ILLE, AIL, AILLES, dans gingembre, guenon, jésuite, kermès, quotité, péril, fille, travail, broussailles ;

Dentales ou sifflantes, celles dont le son s'exécute vers la pointe de la langue appuyée contre les lèvres, comme S, C, Z, CH, dans se, ci, zizanie, cheval ;

Nasales, celles qui se prooncent un peu du nez, comme M, N, R, dans main, nain, règne.

Enfin celles qui sont prononcées avec une aspiration forte, et par un mouvement du fond de la gorge, sont appelées gutturales. Nous n'avons de son guttural que la lettre H quand elle est aspirée ; comme dans les mots le héros, la hauteur.

Remarque.- Il y a des grammairiens qui mettent la lettre h au rang des consonnes ; d'autres, au contraire, soutiennent que ce signe, ne marquant aucun son particulier analogue au son des autres consonnes, ne doit être considéré que comme un signe d'aspiration ; mais, comme dit Dumarsais, puisque les uns et les autres de ces grammairiens conviennent de la valeur de ce signe, ils peuvent se permettre de l'appeler ou consonne ou signe d'aspiration, selon le point de vue qui les affecte le plus.

 

 

William Duckett

Dictionnaire de la conversation et de la lecture – 1932 Volume 16

page 319 et suivantes

 

Consonne

Tout le monde sait que que les lettres se divisent en voyelles et en consonnes. Les voyelles expriment les sons purs et simples que forme la voix humaine, semblables à ces cordes d'un instrument qui, seules, rendent un son constant et uniforme, et ne peuvent enfanter les prodiges de l'harmonie qu'avec l'assistance féconde de l'archet habile, ou de la main savante de l'artiste. La consonne est pour la voyelle ce que le coup d'archet est pour la corde musicale : elle opère le miracle de l'harmonie des langues comme celui-ci opère l'harmonie des sons. Aussi, les sons des voyelles ont paru tellement bien établis à certains peuples, qu'ils ont négligé d'exprimer les voyelles dans leur écriture. Ils se sont uniquement attachés à peindre les consonnes avec toutes leurs nuances d'articulation. La consonne est donc tout dans le discours. Elle modifie la voyelle suivant les passions qu'elle exprime : elle la brise et l'écrase sous une aspiration forte, comme elle la module sous une inflexion douce et sonore.- Les savants ont divisé les consonnes en labiales, linguales, palatales, dentales, nasales et gutturales, suivant que ce sont les lèvres, la langue, le palais, les dents, le nez ou la gorge qui sont les plus affectés ou qui jouent le principal rôle dans leur prononciation. - Nous laissons ces divisions pour citer quelques exemples. Ce vers de Virgile toujours beau à citer pour l'effet des consonnes :

Quadrupedante putrem sonitu quatit ungula campum

les sabots sonores des chevaux martèlent la plaine poudreuse.

ainsi que ce vers de la Phèdre de Racine (acte V, scène 6) :

L'essieu crie et se rompt

et cet autre que le même auteur met dans la bouche d'Oreste (Andromaque, acte V, scène 5)

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?

La consonne est d'un bien mauvais effet dans ce vers de Voltaire :

Non, il n'est rien que Nanine n'honore,

où l'on comptait neuf N et qui est un peu moins mauvais tel qu'il a été refait depuis :

Non, il n'est rien que sa vertu n'honore.

Quant à celui-ci :

Ciel, si ceci se sait, ses soins sont sans succès,

il appartient à la parodie, qui ne pouvait rien imaginer de plus ridicule, dans aucune langue. - Monsieur Charles Nodier a parfaitement déterminé les lois de l'usage des consonnes dans sa Linguistique : " Que le poète, dit-il, fasse bruire les brises à travers les bruyères, murmurer les ruisseaux qui roulent lentement leurs eaux entre les rivages fleuris, soupirer les scions ondoyants qui se balancent, qui gémissent ; frémir et frissonner les frais feuillages  ; roucouler la tourterelle ou hurler au loin le hibou ; qu'il fasse se lamenter les vents plaintifs ; qu'il les fasse rugir furieux ; qu'il mêle leur clameur effrayante à la sourde rumeur de l'ouragan, au fracas des torrents qui se brisent de roc en roc, au tumulte des cataractes qui tombent, aux éclats des tonnerres qui grondent, aux cris des pins qui se rompent."

EDOUARD BRACONNIER

Les autres volumes du Dictionnaire de William Duckett

> Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture - William Duckett


Le Littré,1863-1877 - d'après Émile Littré

Dictionnaire Littré en ligne (Reverso) 


Consonne 

Terme de grammaire. Lettre qui n'a point de son par elle-même et ne se prononce qu'en s'appuyant sur une voyelle. Les consonnes et les voyelles. Il y a dix-neuf consonnes en français : b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, x, z. Les consonnes ne sont entendues qu'avec l'air qui fait la voix ou voyelle. [Dumarsais, Mél. gramm. philos. Oeuvres, t. IV, p. 364, dans POUGENS.]

Adjectivement. Les lettres consonnes.

Le j se nommait autrefois i consonne, et le v, u consonne.

 

 

 

Caractérisiques articulatoires

 

 ♦ consonnes bilabiales, labiodentales, dentales, palatales, vélaires -

  consonnes occlusives, fricatives, spirantes -

  consonnes sourdes, sonores -

  consonnes fortes, faibles -

  consonnes orales, nasales -

 

  Le p et le b sont des bilabiales orales, le m une bilabiale nasale, le f et le v sont des labiodentales.

  Le d et le t sont des dentales.

 ♦ Le n mouillé (gn) est une consonne palatale ; le yod (y dans yeux par exemple) est une semi consonne (ou semi voyelle) palatale.

  Une consonne est vélaire lorsqu'elle est articulée avec le dos de la langue près du palais, k, g, et le son anglais de la fin du mot smoking.

 

  B, d, g sont des occlusives sonores.

  P, t, c sont des occlusives sourdes.

  Les spirantes se caractérisent par l'émission d'un souffle prolongé s, z, ch, j, f, v. Et  en anglais th, sourde dans thing, sonore dans this.

  F est une consonne fricative sourde, v est une consonne fricative sonore.   Frottement de l'air contre les lèvres et les dents.

 

  P, t, c sont des consonnes fortes ou tendues ; par opposition aux consonnes faibles ou douces.

  M, n, gn sont des consonnes nasales (par opposition aux consonnes orales) : une partie de l'air expulsé passe par le nez. 

 

 

 

Pour en savoir +

Dans le Trésor de la langue Française

CONSONNE, subst. Fém.


 

L'Académie 9e édition

CONSONNE, n. f.


 

Notes de mamiehiou

Toutes les nuances articulatoires ne se trouvent pas dans cet article. Vous les retrouverez facilement sur la toile. Vous pouvez apprendre aussi, si vous ne les connaissez pas encore, les signes phonétiques internationaux qui vous permettront de bien prononcer les mots français et étrangers.

........................................

Non, je ne pouvais résolument pas terminer cet article sans vous donner le plaisir de lire ou de relire la scène du Bourgeois Gentilhomme de Molière où monsieur Jourdain apprend ce que sont les voyelles.

Comme les consonnes ne vont jamais (ou presque) sans les voyelles...


Acte II, scène 5 (extrait)


Monsieur Jourdain
Apprenez-moi l'orthographe.

Maître de philosophie
Très volontiers.

Monsieur Jourdain
Après, vous m'apprendrez l'almanach, pour savoir quand il y a la lune et quand il n'y en a point.

Maître de philosophie
Soit. Pour bien suivre votre pensée et traiter cette matière en philosophe, il faut commencer, selon l'ordre des choses, par une exacte connaissance de la nature des lettres et de la différente manière de les prononcer toutes. Et là-dessus j'ai à vous dire que les lettres sont divisées en voyelles, ainsi dites voyelles parce qu'elles expriment les voix ; et en consonnes, ainsi appelées consonnes parce qu'elles sonnent avec les voyelles, et ne font que marquer les diverses articulations des voix. Il y a cinq voyelles ou voix : A, E, I, O, U.

Monsieur Jourdain
J'entends tout cela.

Maître de philosophie
La voix A se forme en ouvrant fort la bouche : A.

Monsieur Jourdain
A, A, oui.

Maître de philosophie
La voix E se forme en rapprochant la mâchoire d'en bas de celle d'en haut : A, E.

Monsieur Jourdain
A, E; A, E. Ma foi, oui. Ah! que cela est beau!

Maître de philosophie
Et la voix I, en rapprochant encore davantage les mâchoires l'une de l'autre, et écartant les deux coins de la bouche vers les oreilles : A, E, I.

Monsieur Jourdain
A, E, I, I, I, I. Cela est vrai. Vive la science !

Maître de philosophie
La voix O se forme en rouvrant les mâchoires et rapprochant les lèvres par les deux coins, le haut et le bas : O.

Monsieur Jourdain
O, O. Il n'y a rien de plus juste. A, E, I, O, I, O. Cela est admirable! I, O, I, O.

Maître de philosophie
L'ouverture de la bouche fait justement comme un petit rond qui représente un O.

Monsieur Jourdain
O, O, O. Vous avez raison. O. Ah ! la belle chose que de savoir quelque chose !

Maître de philosophie
La voix U se forme en rapprochant les dents sans les joindre entièrement, et allongeant les deux lèvres en dehors, les approchant aussi l'une de l'autre sans les joindre tout à fait : U.

Monsieur Jourdain
U, U. Il n'y a rien de plus véritable, U.

Maître de philosophie
Vos deux lèvres s'allongent comme si vous faisiez la moue, d'où vient que, si vous la voulez faire à quelqu'un et vous moquez de lui, vous ne sauriez lui dire que U.

Monsieur Jourdain
U, U. Cela est vrai ! Ah ! que n'ai-je étudié plus tôt pour savoir tout cela !

Maître de philosophie
Demain nous verrons les autres lettres, qui sont les consonnes.

[...]

 

>> Le nom et le genre des lettres - l'h, le h, un h, une h, un ache - l's, le s, une esse - etc

 

>> Le A au fil des dictionnaires

 

..........................................................................................................

 

  LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

ACCUEIL

..........................................................................................................

 

 

 

Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 08:24

Récapitulation des articles sur TANT TELLEMENT et AUTANT

Certains articles se recoupent.

 

tant (de) (que), tellement (de) (que), autant (de) (que), pour autant que, d'autant (plus, mieux, moins) que, tant pis - tant mieux, non point tant que, en tant que, autant pour moi (au temps pour moi), tant s'en faut, tant soit peu, jusqu'à tant que, tant qu'à faire, en tant que de besoin, tous autant que vous êtes...

 

Tant et tant que, non point tant pour.. que pour, tant s'en faut que + indicatif ou subjonctif ? - Tant soit peu, tant qu'à faire, en tant que de besoin, tous autant que vous êtes

 

Tant que, tant... que, tant de... que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

Tellement de... que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

Tellement ... que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

Tant de ... que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

Tant... que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

Tant et si bien que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

Tant que, tellement que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

Pour autant que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

D'autant plus que, d'autant mieux que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

D'autant que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

Voir la remarque n° 3 sur les subordonnées corrélatives dans  l'article :

Remarques

 

Autres sens de Tant à chercher dans le Trésor :  TANT, adverbe et nom.

 

Qu'est-ce qu'une locution nominale, pronominale, adjectivale, verbale, adverbiale, conjonctive, prépositionnelle, interjective ?

Voir le § locutions adverbiales équivalant à des déterminants indéfinis (tant de, tellement de, autant de...)

 


 



Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 05:38

LES DÉLIRES

ACCUEIL

Fort rares, si tant est qu'il y en eût, avaient été jusqu'à ce jour les signes d'un amour véritable que m'aurait porté Marie Cratère. Certes elle m'avait fait connaître, dès le début de notre rencontre, qu'elle nourrissait pour moi un sentiment que je pris pour de l'amitié, puis elle avait vanté mes qualités et s'était faite mon mentor ; mais, rappelle-toi, lecteur fidèle, l'effroyable moment où elle m'avait incarcérée et affamée, moi, alors sans défense, et cela parce que je l'avais avertie que je voulais me séparer d'elle. Rappelle-toi le supplice incroyable qu'aucune autre que moi n'aurait supporté et qui m'avait entraînée jusqu'aux portes de la mort. Alors que Cerbère2 m'ouvrait toutes grandes celles des Enfers, j'avais regimbé, et je m'étais accrochée si fortement au fil ténu qui me maintenait encore en ce monde, que je m'étais porté secours à moi-même en me refusant obstinément à vouloir quitter la vie. Et si je n'eusse point été sauvée in extremis par Sissi, que serait-il advenu de moi ?

 

Qu'elle est large la palette de l'amour !

Qui pense aimer n'aime en vérité que lui-même, et à l'autre bout, qui pense aimer et aime vraiment est prêt à se donner tout entier.

Amour altruiste, amour possessif. D'autres que moi en ont décrit tous les signes. Il n'est que de lire les grands amoureux et les grandes amoureuses, et les grands auteurs qui ont donné vie à des personnages amoureux, pour se faire une idée de ce dont l'homme est capable par amour. D'un côté, l'appropriation jalouse de l'autre, l'autoflagellation, la haine qui peut conduire jusqu'au crime même, en revanche, de l'autre, le sacrifice, l'abnégation, c'est-à-dire la négation complète de soi-même pour le bonheur de l'être aimé, et entre les deux, l'amour que l'on dispense avec mollesse jusqu'à ce qu'il s'étiole et s'éteigne au fil du temps.

Bon, laissons-là ces idées rebattues et lisons plutôt Stendhal, chantre De l'Amour.

................................................................

*1-Stendhal

Titre « Il n’y a qu’une loi en sentiment, c’est de faire le bonheur de ce qu‘on aime. »

Stendhal, Journal, 1805

 

*La Cristallisation

« Aimer, c'est avoir du plaisir à voir, toucher, sentir par tous les sens, et d'aussi près que possible un objet aimable qui nous aime.  »

La première cristallisation commence. On se plaît à orner de mille perfections une femme de l’amour de laquelle on est sûr ; on se détaille tout son bonheur avec une complaisance infinie. Cela se réduit à s’exagérer une propriété superbe, qui vient de nous tomber du ciel, que l’on ne connaît pas, et de la possession de laquelle on est assuré. Laissez travailler la tête d’un amant pendant vingt-quatre heures, et voici ce que vous trouverez. Aux mines de sel de Salzbourg, on jette dans les profondeurs abandonnées de la mine un rameau d’arbre effeuillé par l’hiver ; deux ou trois mois après, on le retire couvert de cristallisations brillantes : les plus petites branches, celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d’une mésange, sont garnies d’une infinité de diamants mobiles et éblouissants ; on ne peut plus reconnaître le rameau primitif. Ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l’objet aimé a de nouvelles perfections.”

Stendhal, De l'amour, 1822

L'art et la vie de Stendhal - Page 377 - Résultats Google Recherche de Livres

 

Stendhal parle de Don Juan : « Au lieu de se perdre dans les rêveries enchanteresses de la cristallisation, il pense comme un général au succès de ses manœuvres, et, en un mot, tue l’amour au lieu d’en jouir plus qu'un autre. »

De l'amour - Volume 2 - Page 177 - Google Recherche de Livres

 

Une étude intéressante dans : Stendhal : La Cristallisation la-philosophie.com/cristallisation-stendhal

 

2-Cerbère– Dans la mythologie grecque, Cerbère est le chien qui garde les portes des Enfers, le séjour des morts. Il est traditionnellement représenté avec trois têtes, une crinière de serpents et une queue de serpent. Il laisse entrer les vivants qui traversent le Styx et terrorise les morts qu'il empêche de sortir.

 

NOTES

 

Fort rares, si tant est qu'il y en eût, avaient été les signes d'un amour véritable

♦ rares, adjectif attribut de signes

si tant est qu'il y en eût ou si tant est qu'il y en eut

eût subjonctif imparfait ou eut passé simple

> la locution conjonctive Si tant est que

 

elle s'était faite mon mentor

Académie, 8e édition - Mentor : Celui qui sert de guide, de conseiller à quelqu'un, par allusion à un personnage du Télémaque, de Fénelon, emprunté à l'Odyssée d'Homère. Donner un mentor à un jeune homme. Vous servirez de mentor à cette jeunesse. Vous êtes bien jeune pour faire le mentor.

 

alors que Cerbère m'ouvrait toutes grandes celles des Enfers

toutes, ici adverbe qui varie pour raison d'euphonie

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe variable dans certains cas et substantif

 

je m'étais porté secours à moi-même

se porter, verbe pronominal réfléchi, le complément d'objet direct secours suit le participe passé. Pas d'accord.

> Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux

 

en me refusant  obstinément à vouloir quitter la vie

en refusant obstinément de vouloir

se refuser à - refuser de

> Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

 

Et si je n'eusse point été sauvée in extremis

ici, subjonctif (imparfait) après si

> la conjonction de subordination Si

 

d'un côté... en revanche, de l'autre...

> Peut-on dire PAR CONTRE ? > en compensation, en revanche, mais d'autre part, mais d'un autre côté.

 

laissons ces idées rebattues

> Ne pas confondre : alcoolique, alcoolisé – rabattre, rebattre - amener, apporter – geai, jais - jadis, naguère – plutôt, plus tôt

............................................

 

À lire dans Florilège – la pensée des autres, les lettres de grandes amoureuses

♥ Les tragiques amours d'Héloise et d'Abélard – Lettre d'Héloïse

♥ LETTRES PORTUGAISES anonyme - La passion amoureuse d'une religieuse

et aussi

♥ PIERRE CORNEILLE - Le Cid - Acte III Scène 4 - Va, je ne te hais point. - Rodrigue qui l'eût cru ? 

♥ Poèmes d'amour - Tome 1 

♥ Poèmes d'amour – Tome 2

 

à propos, comment dites-vous "Je t'aime" ? Je te kiffe, je ne te hais point, tu me bottes, je suis morgane de toi, je t'ai dans la peau, mon coeur s'est embrasé, etc. ?

 

<< 164 Délires aux larmes de crocodile « Pleurez , pleurez mes yeux et fondez-vous en eau. »

>> 166 Délires au bord du gouffre

...........................................................................

ACCUEIL

LES DÉLIRES DE MAMIEHIOU - TITRES DES ÉPISODES

...........................................................................

Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 13:19

ACCUEIL

Les petites histoires à trous de mamiehiou

Tous les quiz

 

Maggy, Josée et la petite Philo

 

"Irons-nous au bois ?"

Épisode 4

Retrouvez les autres épisodes avec les trois copines :

Récapitulation des petites histoires à trous

 

Complétez le texte par beau, bel, beaux, belle ou belles

et trouvez la nature du mot :

Adjectif, substantif ou élément d'un syntagme,

d'une locution verbale, nominale, adverbiale ou prépositive.

 

1Maggy - C'est bien ....... de rester chez toi, Josée, à écouter de ....... chansons et à faire de ....... discours. Mais il fait trop ....... pour renoncer à une balade. Et toi Philo, tu as ....... dire que tu aimerais réviser tes verbes irréguliers, c'est quand même plus agréable d'aller cueillir de ....... chanterelles dans le petit bois de Parcimoneille. On pourrait y rencontrer de ....... garçons. Tenez, comme le ....... Albert. En voilà un qui a une ....... prestance et un ....... esprit.

2Josée – Oui mais il nous a ....... et bien posé un lapin l'autre jour. Il a ....... jeu de vouloir faire le ........

3Philo – C'est vrai ça, il devrait apprendre les ....... manières !

4Maggy – Le ....... Albert est toujours de ....... humeur. C'est pas comme toi, ma petite Philo ! Allez vite, c'est décidé. On va se faire ........ C'est ....... d'avoir des copines qui sont toujours d'accord.

5Philo – Il fait ....... croire qu'on est toujours d'accord avec toi, Maggy, alors que tout le monde dit que ce n'est pas le cas.

6Maggy - A ....... mentir qui vient de loin. Tu veux te donner le ....... rôle à vouloir me contrarier, ma pauvre Philo !

7Philo - Si tu étais une ....... âme, Maggy, et que tu sois animée par de ....... sentiments, tu ne t'imposerais pas toujours comme tu le fais. Je ne trouve pas ....... de donner des ordres.

8Maggy - C'est moi qui décide. Un point c'est tout.

Philo (pleure)- Hi ! Hi !

9Josée – Tu as ....... jeu de nous commander, Maggy. Tu sais que Philo ne peut pas se défendre. Tiens Philo, je te donne un ....... abricot pour te remonter le moral.

10Maggy – Je vois qu'elle a toujours un ....... appétit ! Regardez-la comme elle le croque à ....... dents ! Tu vas grossir Philo !

11Philo (pleure)- Hi ! Hi !

12Maggy – Et la voilà qui pleure de plus ....... ! Tu grossirais un peu, la ....... affaire ! Ça nous ferait de ....... jambes !

13Josée – Sois gentille, Maggy, tu vois bien que tu lui fais de la peine.

14Maggy – Ah ! Que voilà de ....... paroles  !

Josée – Arrête Maggy ! Regarde, elle s'évanouit.

15Maggy – Zut ! Elle est dans un ....... état ! Si elle ne se réveille pas, on est dans de ....... draps !

16Josée – Un ....... jour, Maggy, elle nous fera une ....... crise cardiaque.Tu es dure avec elle, tu sais.

17Maggy – Il ferait ....... voir que tu m'accuses de quoi que ce soit. Je lui propose d'aller se promener avec nous et elle tombe dans les pommes au ....... milieu de la chambre.

18Josée – Ah, la ....... excuse Maggy !

19Maggy – J'aurai ....... dire et ....... faire, vous ne serez jamais contentes, les filles. Je supporte votre mauvais caractère depuis ....... lurette.

20Josée – Tu es trop dure, Maggy.

21Maggy – Ah, vous me la bailler ....... ! Avais-je tort de vouloir vous emmener dans ma petite décapotable jusqu'au petit bois ? On ne voit jamais assez le ....... côté des choses!

22Philo (reprenant ses esprits) – Qu'est-ce qui m'est arrivé ?

23Maggy – Ah, tu en fais de ....... !

24Josée – Je suis contente que tu ailles mieux, Philo.

25Maggy – Tu l'as échappé ......., ma ........ On a ....... et bien cru que tu étais morte.

 

Correction

Les exposants 1 à 8 renvoient aux explications à la suite du texte.

 

1Maggy - C'est bien beau2 de rester chez toi, Josée, à écouter de belles1 chansons et à faire de beaux1 discours. Mais il fait trop beau2 pour renoncer à une balade. Et toi Philo, tu as beau2 dire que tu aimerais réviser tes verbes irréguliers, c'est quand même plus agréable d'aller cueillir de belles1 chanterelles dans le petit bois de Parcimoneille. On pourrait y rencontrer de beaux1  garçons. Tenez, comme le bel1 Albert. En voilà un qui a belle1 prestance et un bel1 esprit.

2Josée – Oui mais il nous a bel4 et bien posé un lapin l'autre jour. Il a beau2 jeu de vouloir faire le beau.

3Philo – C'est vrai ça, il devrait apprendre les belles1 manières !

4Maggy – Le bel1 Albert est toujours de belle humeur4. C'est pas comme toi, ma petite Philo ! Allez vite, c'est décidé. On va se faire belles2 . C'est beau2 d'avoir des copines qui sont toujours d'accord.

5Philo – Il fait beau2 croire qu'on est toujours d'accord avec toi, Maggy, alors que tout le monde dit que ce n'est pas le cas.

6Maggy - A beau mentir qui vient de loin8 ! Tu veux te donner le beau2 rôle à vouloir me contrarier, ma pauvre Philo !

7Philo - Si tu étais une belle âme3, Maggy, et que tu sois animée par de beaux sentiments3, tu ne t'imposerais pas toujours comme tu le fais. Je ne trouve pas beau2 de donner des ordres.

8Maggy - C'est moi qui décide. Un point c'est tout.

Philo (pleure)- Hi ! Hi !

9Josée – Tu as beau2 jeu de nous commander, Maggy. Tu sais que Philo ne peut pas se défendre. Tiens Philo, je te donne un bel1 abricot pour te remonter le moral.

10Maggy – Je vois qu'elle a toujours un bel1 appétit ! Regardez-la comme elle le croque à belles dents4 ! Tu vas grossir Philo !

11Philo (pleure)- Hi ! Hi !

12Maggy – Et la voilà qui pleure de plus belle4  ! Tu grossirais un peu, la belle 5 affaire ! Ça nous ferait de belles5 jambes !

13Josée – Sois gentille, Maggy, tu vois bien que tu lui fais de la peine.

14Maggy – Ah ! Que voilà de belles5 paroles !

Josée – Arrête Maggy ! Regarde, elle s'évanouit.

15Maggy – Zut ! Elle est dans un bel5 état ! Si elle ne se réveille pas, on est dans de beaux5 draps  !

16Josée – Un beau jour, Maggy, elle nous fera une belle1 crise cardiaque.Tu es dure avec elle, tu sais.

17Maggy – Il ferait beau2 voir que tu m'accuses de quoi que ce soit. Je lui propose d'aller se promener avec nous et elle tombe dans les pommes au beau6 milieu de la chambre.

18Josée – Ah, la belle5 excuse Maggy !

19Maggy – J'aurai beau2 dire et beau2 faire, vous ne serez jamais contentes, les filles. Je supporte votre mauvais caractère depuis belle2 lurette.

20Josée – Tu es trop dure, Maggy.

21Maggy – Ah, vous me la bailler belle2 ! Avais-je tort de vouloir vous emmener dans ma petite décapotable jusqu'au petit bois ? On ne voit jamais assez le beau côté des choses3.

22Philo (reprenant ses esprits) – Qu'est-ce qui m'est arrivé ?

23Maggy – Ah, tu en fais de belles2 !

24Josée – Je suis contente que tu ailles mieux, Philo.

25Maggy – Tu l'as échappé belle2, ma belle7. On a bel4 et bien cru que tu étais morte.

 

Beau, bel, beaux, belle, belles

Voir aussi > Vieux ou vieil ? Beau ou bel ? Nouveau ou nouvel ? Fou ou fol ? Mou ou mol ? Un vieux monsieur et un vieil homme - Un beau monsieur et un bel homme...

 

1 adjectif qualificatif

♦ masculin : beau, bel devant une voyelle ou un h muet

pluriel : beaux

féminin : belle(s)

 

2 locutions verbales

a-Il fait beau, avoir beau temps (beau a une valeur adverbiale)

b-Il fait beau + infinitif > il est plaisant de

Avoir beau, infinitif à valeur concessive > on espère une chose et on est déçu qu'elle ne se réalise pas.

C'est beau de, Il est beau de + infinitif

se donner le beau rôle

trouver beau de + infinitif

avoir beau jeu de + infinitif > n'éprouver aucune difficulté à

se faire beau, se faire belle

et éléments de syntagmes figés

la bailler belle > en faire accroire

en faire de belles

Il y a beau jour que, il y a beau temps que, il y a belle lurette que (belle lurette, métanalyse de belle heurette) > il y a longtemps que

depuis beau temps, depuis belle lurette > depuis longtemps

 

3 éléments de syntagmes nominaux

une belle âme

de beaux sentiments

le beau côté des choses 

 

4 locutions adverbiales

éléments de syntagmes figés

bel et bien, réellement

de belle humeur

à belles dents

de plus belle

 

5 antiphrases

Une antiphrase veut dire le contraire de ce qu'elle énonce, par ironie ou par euphémisme.

La belle affaire !

Cela nous (ou autre pronom) fait de belles jambes ! Expression figée

(Que voilà ) de belles paroles ! (des paroles inutiles)

(elle est) dans un bel état !

(On est) dans de beaux draps!

La belle excuse !

 

6 locution prépositive

au beau milieu de, en plein milieu de

 

7 locution en apostrophe qui marque l'affection

Ma belle


8 proverbe
A beau mentir qui vient de loin

> On ne peut pas savoir si elles sont vraies, les histoires que racontent les gens qui ne sont pas d'ici.

Celui qui vient de loin a beau mentir.

 

>>  Vieux ou vieil ? Beau ou bel ? Nouveau ou nouvel ? Fou ou fol ? Mou ou mol ? Un vieux monsieur et un vieil homme - Un beau monsieur et un bel homme...

.............................................................................................................................

Les petites histoires à trous de mamiehiou

Récapitulation de tous les exercices à trous

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS (Titres des articles)

ACCUEIL

.............................................................................................................................

Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article

Présentation

  • : LE BLOG DE MAMIEHIOU - La langue française telle qu'on l'aime  De la grammaire, des exercices divers, des dictées commentées, des histoires, des textes d'auteurs, des infos pratiques...
  • : Pour tous ceux qui aiment la langue française. Son histoire, sa grammaire et son orthographe. Des dictées commentées, des exercices ébouriffants, un florilège de textes d'auteurs, etc.
  • Contact

Mon Profil

  • mamiehiou.over-blog.com
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.

Mon blog

Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

Rechercher Un Mot Du Blog