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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 12:35

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Je voulus prendre quelque collation avant de partir à la quête de mon amie, histoire de me donner des forces. Mais les rares breuvages que je trouvai chez Marie Cratère me parurent pires que l'émétique, si forte était leur saveur vireuse. Je me désaltérerais en chemin à l'eau claire d'un ru que je connaissais, me dis-je.

Combien de lieues me faudrait-il marcher pour retrouver ma chère Sissi ? Nul n'aurait su le dire.

Prétatou serait de la partie et me seconderait dans mes recherches improbables. Son flair lui permettrait peut-être de découvrir une trace vaporeuse. Je n'aurais alors qu'à lui emboîter le pas. Mais je craignais qu'il refusât tout net de m'aider dans cette entreprise car j'avais cru deviner quelque jalousie lorsque je lui avais parlé avec enthousiasme de l'amitié qui me liait à ma laie.

« Drôle d'amitié, » avait-il susurré entre ses crocs. « est-il donc raisonnable de nourrir un quelconque sentiment pour la gent marcassine, tout juste bonne à fouir autour des troncs jusqu'à déraciner les chênes ? Encore que, » ajouta-t-il en se reprenant, « je dévorerais bien volontiers quelque jambon de laie et ne ferais qu'une bouchée de ses petits, tels que tu me les as décrits ; gras et croquants à souhait ! »

Et il se pourlécha.

« Ingrat, » murmurai-je à mon tour. « je t'aurais sauvé d'une vie errante, sans maîtresse à aimer, et voilà ton merci ! Crois-tu que je t'appartienne tout entière et que je ne puisse avoir d'affection pour nul autre que toi ? »

S'il eût vitupéré encore contre le choix des amis que je me faisais, il se serait vu remettre à sa place, la place qu'il n'aurait jamais dû quitter. Il en est des chiens comme des enfants : quand on leur montre trop d'indulgence, le laxisme n'est pas loin ; et ils se croient vite tout permis. Non que je voulusse lui retirer l'attachement que je lui portais - entendons-nous bien mais il était temps de clarifier les choses en rappelant la hiérarchie qui nous liait.

Après quelques grognements de désapprobation  il n'aurait jamais eu l'audace d'aboyer pour protester  je lui donnai une tendre caresse qui vint illico à clore notre brouillerie passagère.

Nous nous mîmes en route en direction de la bauge de Baucent, le compère de Sissi, qui m'avait maintes fois dévisager de son œil torve ; peut-être aurait-il des nouvelles de sa vieille compagne, bien que je doutasse fort qu'ils fussent encore ensemble ; mais j'étais bien décidée à ne pas me vexer des manières blessantes dont il me traiterait, n'ayant qu'un seul but, celui que je m'étais fixé.

Je ne trouvai aucun sentier praticable ; ma lente progression à travers les fougères géantes et les broussailles épineuses m'arrachait parfois des gémissements ; mes jambes et mes bras se zébraient de longues estafilades où perlaient des gouttes de sang ; ma robe fut bientôt en lambeaux . Eh ! Que m'importe ! pensai-je ; et cependant, pour rien au monde je n'aurais rebroussé chemin  tu connais, cher lecteur, l'entêtement dont je suis capable pour arriver à mes fins, quelles qu'elles soient.

Prétatou n'osait piper de peur d'être semoncé et de raviver une querelle qui n'avait pas fait long feu°. Bien qu'il n'y eût pas le moindre souffle de brise pour lui apporter les effluves âcres et fauves d'une laie vagabonde, il étirait le cou et semblait humer consciencieusement les senteurs du sous-bois. Mais rien ne trahissait la présence proche ou lointaine de Sissi. Je m'aventurai à crier son nom qui ne revint pas en écho, si épaisse était la végétation alentour. Prétatou aurait bien voulu, lui aussi, donner de la voix ; je l'intimai de n'en rien faire de peur d'effrayer les oiseaux et d'autres bêtes craintives. Il grommela quelque chose sur ma délicatesse.

Après une couple d'heures, nous arrivâmes, fourbus, dans une clairière où perçait la lumière en longs rayons tremblotants. C'est à ce moment même que retentit le grognement assourdissant de l'hôte royal de ces bois, celui que nous avions rencontré naguère  t'en souvient-il lecteur attentif ?  j'ai nommé messire Ours, lequel nous avait fait si forte impression*. 

..........................................

*messire Ours dont nous avons fait la connaissance dans : > 150 Délires ursins

 

NOTES

 

je voulus prendre quelque collation

une quelconque collation

 

avant de partir à la quête de mon amie

à la quête de quelqu'un ou de quelque chose (emploi rare)

(partir, aller, être, se mettre) en quête de quelqu'un ou de quelque chose

 

Le récit est au passé simple : je voulus (verbe du 3e groupe), je trouvai (1er groupe, tu trouvas...)

Il s'ensuit qu'on a un futur du passé et pas un futur dans : je me désaltérerais à l'eau claire d'un ru

désaltérerais : conditionnel présent à valeur de futur du passé.

> Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur du passé, e futur antérieur du passé - Le futur hypothétique, le futur antérieur hypothétique - Exercice d'application

 

histoire de me donner des forces

histoire de, locution prépositive introduisant un complément de but

> afin de

Variante : histoire que je me donne des forces

histoire que, locution conjonctive suivie du subjonctif > afin que

 

les breuvages ... me parurent pires que l'émétique, si forte était leur saveur vireuse.

émétique, substance vomitive.

vireux, euse

Cf. Littré : Qui est doué de qualités malfaisantes, en parlant de substances végétales. Un mémoire sur la manière de séparer de l'opium sa partie vireuse. [Condorcet, Bucquet.]

Odeur vireuse, odeur qui ressemble à celle de l'opium, de la chicorée ou de la laitue vireuse. Son odeur puante et vireuse [de la ciguë] ne vous la laissera pas confondre avec le persil ni avec le cerfeuil, qui tous deux ont des odeurs agréables. [Rousseau, Lett. élém. sur la botan.]

 

L'eau claire d'un ru

un ru (vieilli ou régional) un ruisselet, un petit ruisseau

 

Mais je craignais qu'il refusât tout net de m'aider

refusât : subjonctif imparfait

emploi du subjonctif après un verbe exprimant la crainte.

> Valeurs et emplois du subjonctif

 

« Drôle d'amitié, » avait-il susurré entre ses crocs

susurrer, murmurer, chuchoter – le S n'est pas doublé entre les 2 U

> Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

 

la gent marcassine, le peuple des sangliers, laies et marcassins.

> La gent, les gens, gentil, gentillesse, Gente Dame, un gentilhomme,, un gentleman, l'entregent, un Gentil, la gentilité

 

la laie, la femelle du sanglier.

« Voyez-vous à nos pieds fouir incessamment

Cette maudite laie et creuser une mine ?

C'est pour déraciner le chêne assurément. »

[La Fontaine, Fables, L' Aigle la Laie et la Chatte]

 

ses petits, tels que tu me les as décrits 

décrits, participe passé, s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant lui LES qui remplace SES PETITS

> Règles de l'accord des participes passés

 

Et il se pourlécha OU il se pourlécha les babines

 

Crois-tu que je t'appartienne tout entière

tout, ici, est adverbe > Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe variable dans certains cas et substantif

 

S'il eût vitupéré encore contre le choix des amis que je me faisais, il se serait vu remettre à sa place

s'il eût vitupéré : subjonctif plus-que-parfait dans la proposition conditionnelle introduite par SI (langue soignée) > s'il avait vitupéré, indicatif plus-que-parfait

Vitupérer contre quelqu'un ou quelque chose (emploi vieilli ou littéraire) pester contre

 Cf. Littré : vt La syllabe pé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je vitupère, excepté au futur et au conditionnel : je vitupérerai, je vitupérerais) Terme vieilli Blâmer. Vitupérer n'est plus un mot de la langue. Acad. observ. sur Vaugel. p. 407, dans POUGENS]

 

la place qu'il n'aurait jamais dû quitter

dû est ici le participe passé de devoir. Il varie en genre et en nombre : dû, due, dus, dues

> Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

 

Non que je voulusse lui retirer l'attachement que je lui portais... mais...

Non que, pas que, ce n'est pas que, locutions conjonctives suivies du subjonctif > > Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que

 

clore, verbe défectif

> Que dit-on ? clore ou clôturer

CLORE Cf. Littré : Usité seulement dans les formes suivantes : je clos, tu clos, il clôt ; je clorai ; je clorais ; clos ; que je close ; clos, close. REMARQUE

Des grammairiens se sont plaints qu'on laissât sans raison tomber en désuétude plusieurs formes du verbe clore. Pourquoi en effet ne dirait-on pas : nous closons, vous closez ; l'imparfait, je closais ; le prétérit défini, je closis, et l'imparfait du subjonctif, je closisse ? Ces formes n'ont rien de rude ni d'étrange, et il serait bon que l'usage ne les abandonnât pas.

 

Il n'osait piper de peur d'être semoncé

il ne pipait mot (il ne parlait pas) de peur d'être réprimandé, grondé.

Familier - Ne pas piper, ne rien dire, ne pas riposter.

une semonce, une réprimande.

 

de peur de raviver une querelle qui n'avait pas fait long feu

Ne pas faire long feu. Ne pas durer longtemps

Faire long feu°, ne pas aboutir, manquer son but

 

les effluves âcres et fauves d'une laie vagabonde

singulier : un effluve

âcre, qui irrite le goût et l'odorat

une odeur fauve, semblable à celle des fauves

 

Eh ! Que m'importe ! pensai-je

Je ne dois rougir en quelque lieu que ce soit d'être mis dans l'état que j'ai choisi : mon extérieur est simple et négligé mais non crasseux ni malpropre ; la barbe ne l'est point en elle-même puisque c'est la nature qui nous la donne, et que, selon les temps et les modes, elle est quelquefois un ornement. On me trouvera ridicule, impertinent. Eh ! Que m'importe ! Je dois savoir endurer le ridicule et le blâme, pourvu qu'ils ne soient pas mérités. Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions

 

> Qu'importe (OU qu'importent) mes démons, si tu as ma tendresse !

 

une couple d'heures, deux heures environ – une couple de boeufs, de chiens

> Ne pas confondre : un couple, une couple

 

<< 168 Délires autour de mes amitiés tôt envolées ; "je crois le vent les m'a ôtées"

>> 170 Délires sur une rencontre imprévue, si ce n'est qu'elle était inespérable

 

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 16:45

 

Phrases exclamatives : Qu'importe ! Peu importe !

 

Qu'importe ou qu'importent suivis d'un pluriel.

Qu'importent vos gémissements, ils ne changeront pas le cours des choses.

OU

Qu'importe vos gémissements...

 

Peu importe ou peu importent suivis d'un pluriel.

Peu importent vos jérémiades , je ne les entends même plus.

OU

Peu importe vos jérémiades...

 

Par euphonie, on peut préférer mettre le pluriel dans certains cas.

Peu importeront vos choix, ils ne vous conduiront à rien de bon.

OU

Peu importe vos choix, ils ne vous conduiront à rien de bon.

 

Voir aussi > Propositions conditionnelles commençant par : n'était, n'étaient, n'eût été, n'eussent été

 

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LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse

Alfred de Musset

La coupe et les Lèvres

 

L’amour est tout, — l’amour, et la vie au soleil.
Aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse ?
Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ?
Faites-vous de ce monde un songe sans réveil.
[extrait]

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 15:09

> AUTRES DICTÉES 

> Orthographe grammaire pour les hésitants

 

Texte de « Dictée » en vue d'une autocorrection

 

Sommaire de l'article

1 Le texte avec des fautes qu'il vous faut corriger

ou vous pouvez choisir :

2 Le texte avec les fautes non corrigées en rouge pour que vous les repériez plus facilement

3 Le texte avec les fautes corrigées suivies des explications nécessaires que vous trouverez dans l'article :

>> Correction du texte d'Anatole France qui sert de dictée

 

4 La suite de l'histoire

Suggestions : Si vous trouvez le texte trop long, vous pouvez travailler sur des parties courtes (J'ai découpé le texte en 15 parties dans la correction)

Pour plus de confort, vous pouvez télécharger ou imprimer le texte.

 

1 Texte avec des fautes qu'il vous faut corriger 

 

Suzanne ne c’était pas encore mis a la recherche du beau. Elle si mit à trois mois et vingts jours avec beaucoup d’ardeur.

S’était dans la salle à manger. Elle a, cette salle, un faux air d’anciennetée a cause des plats de faience, des bouteilles de grès, des buires d’étain et des fioles de verre de Venise qui charge les dressoir. C’est la maman de Suzanne qui a arrangée tout cela en parisienne entiché de bibelot.

Suzanne, au milieux de ses vieilleries, parait plus fraiche dans sa robe blanche brodée, et l’on se dit, en la voyant la :

« C’est, en vérité, une petite créature toute neuve ! » Elle est indifférente à cette vaiselle d’aieux, aux vieux portraits noirs et aux grands plats de cuivres pendus aux murs. Je compte bien que, plus tard, toutes ces antiquités lui donnerons des idées fantastiques et ferons germer dans sa tête des rêves bizares, absurdes et charmants. Elle aura ses visions. Elle y excercera, si son esprit si prête, cette jolie imagination de détail et de style qui embellie la vie. Je lui conterais des histoires incensées qui ne serons pas beaucoup plus fausses que les autres, mais qui serons beaucoup plus belle ; elle en deviendra folle. Je souhaite à tous ceux que j’aime un petit grain de folie. Cela rend le cœur gay. En attendant, Suzanne ne sourit même pas au petit Baccus assis sur son tonneaux. On est sérieux, à trois mois et vingt jours.

Or, c’était un matin, un matin d’un gris tendre. Des liserons emmellés à la vigne vierge encadrait la fenêtre de leurs étoiles diversement nuancée. Nous avions finis de déjeûner, ma femme et moi, et nous causions comme des gens qui n’on rien à dire. C’étaient une de ces heures ou le temps coule comme un fleuve tranquile. Il semble qu’on le voit couler et que chaque mot qu’on dit soit un petit cailloux qu’on y jette. Je crois bien que nous parlions de la couleur des yeux de Suzanne. C’est un sujet innépuisable.

« Ils sont d’un bleu d’ardoise.

Ils ont un ton de vieille or et de soupe à l’onion.

Ils ont des reflets verts.

Tout celà est vrai ; ils sont miraculeux. » En ce moment Suzanne entra ; ils était, pour cette fois, de la couleur du tant, qui était d’un si joli gris. Elle entra dans les bras de sa bonne. L’éléganse mondène voudrait que se fut dans les bras de sa nourrisse. Mais Suzanne fait comme l’agneau de La Fontaine et comme tout les agneau : elle tête sa mère. Je sais bien quand pareil cas et dans cette excès de rusticité, on doit sauvé au moins les apparenses et avoir une nourrisse sèche. Une nourrisse sèche à des grosses épingle et des ruban à son bonnet comme une autre nourrisse ; il ne lui manque que du lait.

Le lait, cela regarde seullement l’enfant, tandis que tout le monde voit les rubans et les épingles. Quant une mère a la faiblesse de nourir, elle prends, pour cacher sa honte, une nourrisse sèche.

Mais la maman de Suzanne est une étourdie qui n’a pas songer à ce belle usage.

La bonne de Suzanne est une petite paysane qui vient de son village, ou elle a élever sept ou huit petits frères, et qui chantent du matin au soir des chansons Lorraines. On lui accorda une journée pour voir Paris ; elle revint enchanté : elle avait vus de beaux radis. Le reste ne lui semblait point lait, mais les radis l’émerveillait : elle en écrivis au pays. Cette simplicité l'a rend parfaite avec Suzanne, qui, de son coté, ne semble remarqué dans la nature entière que les lampes et les caraffes.

Quand Suzanne parue, la salle à manger devint très gay.

On rit à Suzanne ; Suzanne nous rit : il y a toujour moyen de s’entendre quand on s’aime. La maman tendit ces bras souples, sur lesquel la manche du peinoir coulait dans l’abandon d’un matin d’été. Alors Suzanne tendit ses petits bras de marrionette qui ne pliait pas dans leur manche de piqué. Elle écartait les doigt, en sorte qu’on voyait cinq petits rayons roses aux bouts des manches. Sa mère, éblouit, la prit sur ces genoux, et nous étions tous trois parfaitement heureux ; ce qui tient peut-être à se que nous ne pensions à rien. Cette état ne pouvait durer. Suzanne, pencher vers la table, ouvrit les yeux temps et si bien, qu’ils devinrent tout rond, et secoua ses petits bras comme si ils eussent été en bois, ainsi qu’ils en avait l’air. Il y avait de la surprise et de l’admiration dans son regard. Sur la stupiditée touchante et vénérable de son petit visage, on voyait ce glisser je ne sais quoi de spirituel. Elle poussa un cri d’oiseaux blessé.

« C’est peut-être une épingle qui l’a piqué », pensa sa mère, fort attaché, par bonheur, aux réalités de la vie.

Ces épingles anglaises se défont sans qu’on s’en aperçoit et Suzanne en a huit sur elle !

Non, se n’était pas une épingle qui l'a piquait. C’était l’amour du beau.

« L’amour du beau à trois mois et vingts jours ?

Juger plutôt : coulée à demi hors des bras de sa mère, elle agitait les points sur la table et, s’aidant de l’épaule et du genoux, souflant, toussant, bavant, elle parvint à embrasser une assiette. Un vieille ouvrier rustic de Strasbourg (se devait être un homme simple ; la paie soit à ses os ! ) avait peind sur cette assiette un coq rouge. » Suzanne voulut prendre se coq ; se n’était pas pour le mangé, c’était donc parcequ’elle le trouvait beau. Sa mère, a qui je fis ce simple résonnement, me répondis :

« Que tu est bête ! si Suzanne avait put saisir ce coq, elle l’aurait mit tout de suite à sa bouche au lieu de le contemplé. vraiment, les gens d’esprit n’ont pas le sens commun !

Elle n’y eut point manqué, répondis-je ; mais quesque cela prouve, si non que ses facultés diverses et déjà nombreuses ont pour principal organe la bouche ?

Elle a exercer sa bouche avant d’exercer ses yeux, et elle a bien fait ! Maintenant sa bouche exercer, délicate et sensible, est le meilleur moyen de connaisance qu’elle est encore à son service. Elle a raison de l’employer. Je vous dis que votre fille est la sagesse même. Oui, elle aurait mis le coq dans sa bouche ; mais elle lit aurait mis comme une belle chose et non comme une chose nourissante. Noter que cette habitude, qui existe en faite chez les petits enfants, reste en figure dans la langue des hommes. Nous disons gouter un poême, un tableaux, un opéra. » Pendant que j’exprimais ces idées insoutenables que le monde philosophique accepterait toute fois, si elles étaient émises dans un language innintelligible, Suzanne frappait l’assiette avec ses points, la grattait de l’ongle, lui parlait (et dans quel joli babile mystérieux ! ) puis la retournait avec de grandes secousses.

Elle ni mettait pas beaucoup d’addresse ; non ! et ses mouvements manquaient d’exactitudes. Mais un mouvement, si simple qu’il paraisse, est très difficile à faire quant il n’est pas habituel. Et quelles habitudes voulez-vous qu’on est à trois mois et vingts jours ? Songer a se qu’il faut gouverner de nerfs, d’os et de muscles pour seulement lever le petit doigt. Conduire tous les fils des marrionnettes de M. Thomas Holden n’est, en comparaison, qu’une bagatelle. Darwin, qui est un observateur sagace, s’émerveillait de se que les petits enfants pussent rire et pleurer. Il écrivit un gros volume pour expliquer comment ils si prenaient.

Nous sommes sans pitié, « nous autre savants », comme dit M. Zola.

Mais je ne suis pas, heureusement, un aussi grand savant que M. Zola. Je suis superfitiel. Je ne fais pas des expériences sur Suzanne, et je me contente de l’observer, quand je puis le faire sans la contrarier.

Elle grattait son coq et devenait perplexe, ne consevant pas qu’une chose visible fut insaisissable. Cela passait son intelligence, que d’ailleur tout passe. C’est même celà qui rend Suzanne admirable. Les petits enfants vivent dans un perpétuelle miracle ; tout leurs est prodige ; voilà pourquoi il y a une poésie dans leur regard. Prêts de nous, ils habite d’autres régions que nous. L’inconnu, le divin inconnu les enveloppent.

« Petite bête ! dit sa maman.

Chère amie, votre fille est ignorante, mais raisonnable. Quand on voit une belle chose, on veut la posséder.

C’est un penchand naturel, que les loies ont prévues. Les Bohémiens de Béranger, qui disent que voir, c’est avoir, sont des sages d’une espèce fort rare. Si tout les hommes pensaient comme eux, il n’y aurait pas de civilisation et nous vivrions nus et sans arts comme les habitants de la Terre de Feu. vous n’êtes point de leur sentiment ; vous aimez les vieilles tapisseries ou l’on voit des ciguognes sous des arbres et vous en couvrer tous les murs de la maison.

Je ne vous le reproche pas, loin de là. Mais comprenez donc Suzanne et son coq.

Je la comprend, elle est comme petit Pierre, qui demanda la lune dans un seaux d’eau. On ne la lui donna pas. Mais, mon ami, n’allez pas dire qu’elle prend un coq peind pour un coq véritable, puisqu’elle en a jamais vu.

Non ; mais elle prend une illusion pour une réalité. Et les artistes sont bien un peu responsable de sa méprise.

voila bien longtemps qu’il cherche à imiter, par des lignes et des couleurs, la forme des choses. Depuis combien de millier d’années est mort ce brave homme des cavernes qui grava d’après nature un mamouth sur une lame d’ivoir ! La belle merveille qu’après tant et de si longs efforts dans les arts d’imitation il soit parvenu à séduire une petite créature de trois mois et vingts jours ! Les apparances ! Qui ne séduise-t-elle pas ? La science elle même, dont on nous assomme, vat-elle au-dela de se qui semble ? Quesque M. le professeur Robin trouve au fonds de son microscope ? Des apparances et rien que des apparances. « Nous sommes vainement agité par des mensonges », a dit Euripide… » Je parlais ainsi et, me préparant à commenter le vers d’Euripide, j’y aurai sans doutes trouvé des significations profondes auquel le fils de la marchande d’herbes n’avait jamais pensé. Mais le milieu devenait tout à fait inpropre au spéculation philosophique ; car, ne pouvant parvenir a détacher le coq de l’assiette, Suzanne se jetta dans une colère qui l'a rendi rouge comme une pivoine, lui élargi le nez à la fasson des Cafres, lui remonta les joues dans les yeux et les sourcils jusque au sommet du front. Ce front, tout à coup rougi, bouleversé, travaillé de bosses, de cavités, de sillons contraires, resemblait à un sol volcannique. Sa bouche se fendit jusque aux oreilles et il en sortit, entre les gencives, des hurlements barbares. […]

8888888888888888888888888888888888888

2 Le même texte avec les fautes (en rouge) 

au cas où vous ne les auriez pas repérées

Le texte est divisé en 15 paragraphes

1 Suzanne ne c’était pas encore mis a la recherche du beau. Elle si mit à trois mois et vingts jours avec beaucoup d’ardeur.

S’était dans la salle à manger. Elle a, cette salle, un faux air d’anciennetée a cause des plats de faience, des bouteilles de grès, des buires d’étain et des fioles de verre de Venise qui charge les dressoir. C’est la maman de Suzanne qui a arrangée tout cela en parisienne entiché de bibelot.

 Suzanne, au milieux de ses vieilleries, parait plus fraiche dans sa robe blanche brodée, et l’on se dit, en la voyant la :

2 « C’est, en vérité, une petite créature toute neuve ! » Elle est indifférente à cette vaiselle d’aieux, aux vieux portraits noirs et aux grands plats de cuivres pendus aux murs. Je compte bien que, plus tard, toutes ces antiquités lui donnerons des idées fantastiques et ferons germer dans sa tête des rêves bizares, absurdes et charmants. Elle aura ses visions. Elle y excercera, si son esprit si prête, cette jolie imagination de détail et de style qui embellie la vie. Je lui conterais des histoires incensées qui ne serons pas beaucoup plus fausses que les autres, mais qui serons beaucoup plus belle ; elle en deviendra folle. Je souhaite à tous ceux que j’aime un petit grain de folie. Cela rend le cœur gay.

3 En attendant, Suzanne ne sourit même pas au petit Baccus assis sur son tonneaux. On est sérieux, à trois mois et vingt jours.

Or, c’était un matin, un matin d’un gris tendre. Des liserons emmellés à la vigne vierge encadrait la fenêtre de leurs étoiles diversement nuancée. Nous avions finis de déjeûner, ma femme et moi, et nous causions comme des gens qui n’on rien à dire. C’étaient une de ces heures ou le temps coule comme un fleuve tranquile. Il semble qu’on le voit couler et que chaque mot qu’on dit soit un petit cailloux qu’on y jette. Je crois bien que nous parlions de la couleur des yeux de Suzanne. C’est un sujet innépuisable.

4 « Ils sont d’un bleu d’ardoise.

Ils ont un ton de vieille or et de soupe à l’onion.

Ils ont des reflets verts.

Tout celà est vrai ; ils sont miraculeux. » En ce moment Suzanne entra ; ils était, pour cette fois, de la couleur du tant, qui était d’un si joli gris. Elle entra dans les bras de sa bonne. L’éléganse mondène voudrait que se fut dans les bras de sa nourrisse. Mais Suzanne fait comme l’agneau de La Fontaine et comme tout les agneau : elle tête sa mère. Je sais bien quand pareil cas et dans cette excès de rusticité, on doit sauvé au moins les apparenses et avoir une nourrisse sèche. Une nourrisse sèche à des grosses épingle et des ruban à son bonnet comme une autre nourrisse ; il ne lui manque que du lait.

Le lait, cela regarde seullement l’enfant, tandis que tout le monde voit les rubans et les épingles. Quant une mère a la faiblesse de nourir, elle prends, pour cacher sa honte, une nourrisse sèche.

5 Mais la maman de Suzanne est une étourdie qui n’a pas songer à ce belle usage.

La bonne de Suzanne est une petite paysane qui vient de son village, ou elle a élever sept ou huit petits frères, et qui chantent du matin au soir des chansons Lorraines. On lui accorda une journée pour voir Paris ; elle revint enchanté : elle avait vus de beaux radis. Le reste ne lui semblait point lait, mais les radis l’émerveillait : elle en écrivis au pays. Cette simplicité l'a rend parfaite avec Suzanne, qui, de son coté, ne semble remarqué dans la nature entière que les lampes et les caraffes.

6 Quand Suzanne parue, la salle à manger devint très gay.

On rit à Suzanne ; Suzanne nous rit : il y a toujour moyen de s’entendre quand on s’aime. La maman tendit ces bras souples, sur lesquel la manche du peinoir coulait dans l’abandon d’un matin d’été. Alors Suzanne tendit ses petits bras de marrionette qui ne pliait pas dans leur manche de piqué. Elle écartait les doigt, en sorte qu’on voyait cinq petits rayons roses aux bouts des manches. Sa mère, éblouit, la prit sur ces genoux, et nous étions tous trois parfaitement heureux ; ce qui tient peut-être à se que nous ne pensions à rien.

7 Cette état ne pouvait durer. Suzanne, pencher vers la table, ouvrit les yeux temps et si bien, qu’ils devinrent tout rond, et secoua ses petits bras comme si ils eussent été en bois, ainsi qu’ils en avait l’air. Il y avait de la surprise et de l’admiration dans son regard. Sur la stupiditée touchante et vénérable de son petit visage, on voyait ce glisser je ne sais quoi de spirituel. Elle poussa un cri d’oiseaux blessé.

« C’est peut-être une épingle qui l’a piqué », pensa sa mère, fort attaché, par bonheur, aux réalités de la vie.

Ces épingles anglaises se défont sans qu’on s’en aperçoit et Suzanne en a huit sur elle !

Non, se n’était pas une épingle qui l'a piquait. C’était l’amour du beau.

« L’amour du beau à trois mois et vingts jours ?

Juger plutôt : coulée à demi hors des bras de sa mère, elle agitait les points sur la table et, s’aidant de l’épaule et du genoux, souflant, toussant, bavant, elle parvint à embrasser une assiette. Un vieille ouvrier rustic de Strasbourg (se devait être un homme simple ; la paie soit à ses os ! ) avait peind sur cette assiette un coq rouge. » Suzanne voulut prendre se coq ; se n’était pas pour le mangé, c’était donc parcequ’elle le trouvait beau.

9 Sa mère, a qui je fis ce simple résonnement, me répondis :

« Que tu est bête ! si Suzanne avait put saisir ce coq, elle l’aurait mit tout de suite à sa bouche au lieu de le contemplé. vraiment, les gens d’esprit n’ont pas le sens commun !

Elle n’y eut point manqué, répondis-je ; mais quesque cela prouve, si non que ses facultés diverses et déjà nombreuses ont pour principal organe la bouche ?

Elle a exercer sa bouche avant d’exercer ses yeux, et elle a bien fait ! Maintenant sa bouche exercer, délicate et sensible, est le meilleur moyen de connaisance qu’elle est encore à son service. Elle a raison de l’employer. Je vous dis que votre fille est la sagesse même. Oui, elle aurait mis le coq dans sa bouche ; mais elle lit aurait mis comme une belle chose et non comme une chose nourissante. Noter que cette habitude, qui existe en faite chez les petits enfants, reste en figure dans la langue des hommes. Nous disons gouter un poême, un tableaux, un opéra. » Pendant que j’exprimais ces idées insoutenables que le monde philosophique accepterait toute fois, si elles étaient émises dans un language innintelligible, Suzanne frappait l’assiette avec ses points, la grattait de l’ongle, lui parlait (et dans quel joli babile mystérieux ! ) puis la retournait avec de grandes secousses.

10 Elle ni mettait pas beaucoup d’addresse ; non ! et ses mouvements manquaient d’exactitudes. Mais un mouvement, si simple qu’il paraisse, est très difficile à faire quant il n’est pas habituel. Et quelles habitudes voulez-vous qu’on est à trois mois et vingts jours ? Songer a se qu’il faut gouverner de nerfs, d’os et de muscles pour seulement lever le petit doigt. Conduire tous les fils des marrionnettes de M. Thomas Holden n’est, en comparaison, qu’une bagatelle. Darwin, qui est un observateur sagace, s’émerveillait de se que les petits enfants pussent rire et pleurer. Il écrivit un gros volume pour expliquer comment ils si prenaient.

11 Nous sommes sans pitié, « nous autre savants », comme dit M. Zola.

Mais je ne suis pas, heureusement, un aussi grand savant que M. Zola. Je suis superfitiel. Je ne fais pas des expériences sur Suzanne, et je me contente de l’observer, quand je puis le faire sans la contrarier.

Elle grattait son coq et devenait perplexe, ne consevant pas qu’une chose visible fut insaisissable. Cela passait son intelligence, que d’ailleur tout passe. C’est même celà qui rend Suzanne admirable. Les petits enfants vivent dans un perpétuelle miracle ; tout leurs est prodige ; voilà pourquoi il y a une poésie dans leur regard. Prêts de nous, ils habite d’autres régions que nous. L’inconnu, le divin inconnu les enveloppent.

12 « Petite bête ! dit sa maman.

 — Chère amie, votre fille est ignorante, mais raisonnable. Quand on voit une belle chose, on veut la posséder.

C’est un penchand naturel, que les loies ont prévues. Les Bohémiens de Béranger, qui disent que voir, c’est avoir, sont des sages d’une espèce fort rare. Si tout les hommes pensaient comme eux, il n’y aurait pas de civilisation et nous vivrions nus et sans arts comme les habitants de la Terre de Feu. vous n’êtes point de leur sentiment ; vous aimez les vieilles tapisseries ou l’on voit des ciguognes sous des arbres et vous en couvrer tous les murs de la maison.

13 Je ne vous le reproche pas, loin de là. Mais comprenez donc Suzanne et son coq.

Je la comprend, elle est comme petit Pierre, qui demanda la lune dans un seaux d’eau. On ne la lui donna pas. Mais, mon ami, n’allez pas dire qu’elle prend un coq peint pour un coq véritable, puisqu’elle n’en a jamais vu.

Non ; mais elle prend une illusion pour une réalité. Et les artistes sont bien un peu responsable de sa méprise.

14 Voila bien longtemps qu’il cherche à imiter, par des lignes et des couleurs, la forme des choses. Depuis combien de millier d’années est mort ce brave homme des cavernes qui grava d’après nature un mamouth sur une lame d’ivoir ! La belle merveille qu’après tant et de si longs efforts dans les arts d’imitation ils soient parvenus à séduire une petite créature de trois mois et vingts jours ! Les apparances ! Qui ne séduise-t-elle pas ? La science elle-même, dont on nous assomme, vat-elle au-dela de se qui semble ? Quesque M. le professeur Robin trouve au font de son microscope ? Des apparances et rien que des apparances.

15 « Nous sommes vainement agité par des mensonges », a dit Euripide… » Je parlais ainsi et, me préparant à commenter le vers d’Euripide, j’y aurai sans doutes trouvé des significations profondes auquel le fils de la marchande d’herbes n’avait jamais pensé. Mais le milieu devenait tout à fait inpropre au spéculation philosophique ; car, ne pouvant parvenir a détacher le coq de l’assiette, Suzanne se jetta dans une colère qui l'a rendi rouge comme une pivoine, lui élargi le nez à la facon des Cafres, lui remonta les joues dans les yeux et les sourcils jusque au sommet du front. Ce front, tout à coup rougi, bouleversé, travaillé de bosses, de cavités, de sillons contraires, resemblait à un sol volcannique. Sa bouche se fendit jusque aux oreilles et il en sortit, entre les gencives, des hurlements barbares. […]

8888888888888888888888

    3

Pour voir la correction

> Correction du texte d'Anatole France qui sert de dictée

et 4

La suite du texte

 

 Retour au début de la page

 

 

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 08:25

Question :

Quand met-on l'accent ?

croîs, crû, crue, accru, décru, recrû, recru,

crut, crût, accrut, accrût, décrut, recrut

Voir à la fin de l'article

Le verbe croître & le verbe croire

 

Le verbe CROÎTRE prend un accent circonflexe sur le i devant le t lorsqu'il est conjugué, ainsi que ses dérivés (s')accroître, décroître, recroître.

Il croît, il croîtra, il croîtrait...

Il accroît, il décroît, il recroît...

 

CROÎTRE prend un accent circonflexe chaque fois qu'on pourrait le confondre avec CROIRE :

 

 

CROÎTRE

CROIRE

Participe passé

crû

cru

Indicatif présent

je croîs

tu croîs

il croît

je crois

tu crois

il croit

Passé simple

je crûs

tu crûs

il crût

nous crûmes

vous crûtes

ils crûrent

je crus

tu crus

il crut

nous crûmes

vous crûtes

ils crurent

 

Littré donne à l'entrée : CRÛ, CRUE participe passé de croître

Les arbres crûs depuis mon départ. La rivière crue et menaçante empêchait le passage.

 

CROÎTRE et CROIRE ne peuvent souvent pas être confondus, par exemple :

nous croyons, nous croissons – je croirai, je croîtrai – il faut que je croie, il faut que je croisse – croyant, croissant – etc.

 

ACCROÎTRE et DÉCROÎTRE perdent l'accent circonflexe du radical si le i n'est pas suivi de t.

J'accrois, je décrois, etc.

Participes passés accru, décru.

Mais : Il fallait qu'il accrût son patrimoine : ici l'accent circonflexe marque le subjonctif passé.

 

RECROÎTRE se conjugue comme CROÎTRE.

recrû, je recroîs, je recrûs etc.

Cependant, on trouve sur la toile plusieurs sites qui donnent : recru, je recrois, je recrus etc. sans accent

 

Littré donne à l'entrée RECROÎTRE : Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir quand on veut exprimer l'acte : L'herbe a recru ; avec être quand on veut marquer l'état : L'herbe est recrue.

 

et il donne à l'entrée RECRÛ-E : Les arbres ont recru

 

On notera que dans cet exemple le U a perdu son accent alors qu'il est donné à entrée RECRÛ-E

 

Je n'ai pas trouvé le participe passé RECRU ni RECRÛ dans le Dictionnaire de l'Académie ni dans le Trésor.

L'adjectif RECRU y figure

 

LE CRU, substantif : dans L'Académie 8e édition

Ce qui croît, ce qui a crû dans une terre et lui est spécial. Il se dit particulièrement du Vin. Les crus du Bordelais, de Bourgogne. Les nombreux crus de France. Du vin de mon cru. Ce vin-là est d'un bon cru. Vin du cru, Vin fait avec le raisin recueilli dans l'endroit même où on le consomme. Nous voulûmes goûter le vin du cru. C'est un vin du cru. Bouilleur de cru. Voyez BOUILLEUR. Il se dit quelquefois, figurément et familièrement, en parlant des Choses qu'on imagine, qu'on invente, par opposition à celles qu'on tient ou qu'on emprunte d'un autre. Cette histoire est de votre cru. Cet ouvrage est une compilation, l'auteur n'y a rien mis de son cru. C'est un auteur sans originalité et qui ne peut rien tirer de son cru.

 

Remarque de Littré

Cru n'est pas autre chose que le participe passé du verbe croître qui s'écrit crû ; l'Académie devrait donc l'écrire avec un accent circonflexe, comme elle fait pour dû : réclamer son dû.

 

RECRU, RECRUE, adjectif : recru(e) de fatigue, extrêmement fatigué(e).

 

UNE RECRUE, substantif : 1 Personne recrutée dans l'armée – 2 Personne nouvelle qui entre dans un groupe

 

UN RECRÛ, substantif : rejets et drageons qui poussent après qu'un taillis a été nettoyé.

Le Littré donne un RECRU :Terme d'eaux et forêts. Ce qui a poussé de nouveau dans une forêt après la coupe sombre. Défendre un taillis contre la dent dévastatrice des bestiaux, qui dévorent le bourgeon et anéantissent le recru. [Forfait, Instit. Mém. scienc. t. V, p. 317]

 

CROISSANT, participe présent

Substantifs :Un croissant que l'on déguste.

Un croissant de lune : Il forme un D quand la lune Croît et un C quand la lune Décroît. Ne dit-on pas que la lune ment ?

 

Autres homonymes de cru : le cru (et le cuit), les crues (du printemps), de l'eau crue, de la soie crue, une couleur crue, des paroles crues, à cru (sur la peau nue), monter un cheval à cru (sans selle...) etc.

 

DE MON CRU, DE SON CRU...

Le Trésor précise que c'est une expression familière - Ce qui est propre à un individu

 

Littré nous donne à l'entrée CRU (1) - [extrait] :

Fig. Cet ouvrage est une compilation, l'auteur n'y a rien mis de son cru. Ce que nous désirons aujourd'hui avec tant de chaleur et de besoin vient immédiatement du cru de Dieu. [Guez de Balzac, Discours à la Régente]

 

Voir aussi :

> Ne pas confondre : du, dû, dus, dut, due, dues, et dût

> [du] s'écrit du, dû, due, dues, dus, dut, dût - Trouvez la bonne orthographe et justifiez-la - QUIZ 65 - Texte à trous "Du coeur et de l'ardeur d'apprendre"

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

  Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

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Réponse à la question posée au début de l'article

Quand met-on l'accent ?

croîs, crû, crue, accru, décru, recrû, recru,

crut, crût, accrut, accrût, décrut, recrut

Si vous lisez l'article, vous y trouverez les réponses.

croîs, je croîs, tu croîs, verbe croître au présent de l'indicatif

crû, participe passé du verbe croître

crue 1-participe passé au féminin du verbe croire 3-adjectif, qui n'est pas cuite 2-la crue substantif

accru, participe passé de accroître

décru, participe passé de décroître

recrû, 1-participe passé de recroître (dans certains dictionnaires dont Littré) 2- participe passé substantivé de recroître Le Trésor 3- substantif, repousse de rejets et drageons

recru, participe passé de recroître (dans certains dictionnaires)

crut, il crut, passé simple de croire

crût, il crût, 1-indicatif présent de croître 2-subjonctif imparfait de croire et de croître

accrut, il accrut, passé simple de accroître

accrût, il accrût, subjonctif imparfait de accroître

décrut, il décrut, passé simple de décroître

recrut, il recrut, passé simple de recroître - ou il recrût

etc.

Voir les autres mots apparentés dans l'article.

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 13:57

LES QUIZ

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 Sauriez-vous répondre à la question ?

LES NOMS : ténèbres, abois, auspices, décombres,

entrefaites, affres, aguets, frais, alentours, gens, existent-ils au singulier ?

 

Les substantifs donnés ci-dessous sont employés généralement au pluriel, mais pas toujours. Certains ont une acception différente au singulier ou, d'emplois rares, se rencontrent dans des textes littéraires ou en poésie ; d'autres s'employaient autrefois au singulier ; d'autres encore n'existent qu'au pluriel.

Vous voulez en savoir + sur le sens des mots > Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales  (Le Trésor, L'Académie, etc)

 

Complétez le tableau - La solution suit

 

 

Noms au pluriel

Genre

M

 

Genre

F

 

Peuvent ou non s'employer au singulier

1

Ténèbres

 

 

 

2

Funérailles

 

 

 

3

Tripes

 

 

 

4

Moeurs

 

 

 

6

Sévices

 

 

 

7

Abois

 

 

 

8

Auspices

 

 

 

9

Décombres

 

 

 

10

Doléances

 

 

 

11

Entrefaites

 

 

 

12

Arrhes

 

 

 

13

Affres

 

 

 

14

Calendes

 

 

 

15

Fiançailles

 

 

 

16

Aguets

 

 

 

17

Frais

 

 

 

18

Alentours

 

 

 

19

Rillettes

 

 

 

20

Ambages

 

 

 

21

Condoléances

 

 

 

22

Gens

 

 

 

23

Annales

 

 

 

24

Confins

 

 

 

25

Honoraires

 

 

 

26

Appointements

 

 

 

27

Dépens

 

 

 

28

Matines, Laudes, Complies

 

 

 

29

Thermes

 

 

 

30

Archives

 

 

 

31

Ébats

 

 

 

32

Us

 

 

 

33

Armoiries

 

 

 

34

Entrailles

 

 

 

35

Obsèques

 

 

 

36

Vêpres

 

 

 

37

Arrérages

 

 

 

38

Épousailles

 

 

 

39

Pénates

 

 

 

40

Victuailles

 

 

 

41

Relevailles

 

 

 

42

Babines

 

 

 

43

Emplettes

 

 

 

44

Fripes ou frippes

 

 

 

45

Blandices

 

 

 

46

Retrouvailles

 

 

 

47

Ouailles

 

 

 

48

Semailles

 

 

 

49

Oubliettes

 

 

 

50

Accordailles

 

 

 

51

Agrès

 

 

 

52

Comics

 

 

 

53

Écrouelles

 

 

 

54

Effondrilles

 

 

 

55

Environs

 

 

 

59

Errements

 

 

 

60

Fringues

 

 

 

61

Hardes

 

 

 

62

Frusques

 

 

 

63

Effondrilles

 

 

 

64

Grègues

 

 

 

65

Tripous ou Tripoux

 

 

 

66

ravages

 

 

 

67

Intempéries

 

 

 

68

Lochies

 

 

 

69

Mamours

 

 

 

70

Pouilles

 

 

 

71

Menstrues

 

 

 

72

Prémices

 

 

 

73

Mânes

 

 

 

74

Gémonies

 

 

 

75

Royalties

 

 

 

76

Tricoises

 

 

 

77

Prolégomènes

 

 

 

78

Ancêtres

 

 

 

79

Bestiaux

 

 

 

80

Catacombes

 

 

 

 

 

Solutions

Remarque : Certains noms généralement au pluriel

peuvent avoir un autre sens au singulier.

 

 

Noms au pluriel

F : Féminin

M : Masculin

Toujours ou généralement employé au pluriel

existe au

singulier rare ou ancien

1

Ténèbres F

OUI

 

Les demi-ténèbres ou la demi-ténèbre

On trouve très rarement le mot Ténèbre au singulier. Voir TÉNÈBRE

dans   CONCORDANCE

2

Funérailles F

OUI

 

3

Tripes F

x

une tripe

4

Moeurs F

OUI

 

6

Sévices M

OUI

 Anciennement au singulier

Académie 1694-1740

7

Abois M

Être aux abois

Un aboi, cri du chien

8

Auspices M

OUI

 le plus souvent au pluriel

Un auspice

9

Décombres M

OUI

Un décombre

Le singulier est rare, littéraire

10

Doléances F

OUI

Une doléance

Au singulier, emploi vieilli ou littéraire

11

Entrefaites F

OUI

Une entrefaite

Au sing : temps qui s'écoule entre deux actions

12

Arrhes F

OUI

 

13

Affres F

OUI

 Le singulier ne s'emploie plus depuis le XVIIe siècle

14

Calendes F

Ides F

Nones F

OUI

Antiquité Romaine

Dans le calendrier romain, le quinzième jour des mois de mars, mai, juillet et octobre, et le treizième jour des autres mois. Les calendes, les nones et les ides (les calendes grecques)

 

15

Fiançailles F

OUI

 

16

Aguets M

OUI

Un aguet

Sens vieilli au singulier

17

Frais M

OUI

 

18

Alentours M

OUI

 Origine : locution adverbiale à l'entour > alentour

Cf. Littré : Seulement quand alentour est précédé de la préposition de, il n'y a plus de choix et il faut écrire alentour d'un seul mot.

19

Rillettes F

OUI

Une rillette

Usage ancien régional, longue bande de lard.

20

Ambages F

OUI

sans ambages

Une ambage

Le singulier est vieilli

21

Condoléances F

OUI

Une condoléance

Au singulier, vieux, rare

22

Gens F

( accord au masculin dans certains cas)

 

OUI*

*voir à la suite du tableau


 La gent

Cf. L'Académie 8e édition : (Pluriel : Gens.) Vieux mot qui signifiait Nation. La gent qui portait le turban, Les anciens Turcs, la nation des Turcs. Il signifiait aussi Race. La gent marécageuse. Les grenouilles. La gent trotte-menu, Les souris. Fig., La gent moutonnière, Les personnes qui font ce qu'elles voient faire, qui suivent aveuglément l'exemple des autres, comme les moutons.

23

Annales F

OUI

 

24

Confins M

OUI

Le confin

Rare au singulier

25

Honoraires

M

OUI

Un honoraire

Rare au singulier

26

Appointements M

OUI

À l'appointement figure dans Le Dictionnaire de l'Académie 1835 & 1878

27

Dépens M

OUI

 

28

Matines, F Laudes, F Complies F

OUI

Lithurgie catholique

 

29

Thermes M

OUI

 

30

Archives F

OUI

 

31

Ébats M

OUI

dans le sens de jeux de plaisirs, de l'amour

Un ébat

Au singulier, rare, littéraire

32

Us M

OUI

Us et coutumes [yzekutym]

 

33

Armoiries F

OUI

 Singulier avant 1304

34

Entrailles F

OUI

 

35

Obsèques F

OUI

 

36

Vêpres F

OUI

 Vieux, régional (synonyme de soir) :

le vêpre M, la vêprée

37

Arrérages M

OUI

 

38

Épousailles F

OUI

 

39

Pénates M

OUI

Les Pénates étaient des dieux domestiques protecteurs du foyer, chez les Romains et les Étrusques.

 

40

Victuailles F

OUI

Vieux ou littéraire, la victuaille 

41

Relevailles F

OUI

 

42

Babines F

x

Une babine

43

Emplettes F

x

Une emplette

44

Fripes F frippes

x

Une fripe

ou frippe

45

Blandices F

OUI

littéraire

 On trouve le singulier en poésie

46

Retrouvailles F

OUI

Une retrouvaille

Au singulier, emploi vieilli.

47

Ouailles F

x

Une ouaille

48

Semailles F

OUI

 Académie 1694 une semaille

49

Oubliettes F

OUI

 

Moins souvent au singulier :

une oubliette

50

Accordailles F

OUI

 

51

Agrès M

OUI

 

52

Comics M

OUI

 

53

Écrouelles F

OUI

 

54

Gravats M

OUI

 

55

Environs M

OUI

 

59

Errements M

OUI

 

60

Fringues F

OUI

 

61

Hardes F

OUI

 

62

Frusques F

OUI

 

63

Effondrilles F

OUI

 

64

Grègues F

OUI

 Autrefois au singulier

65

Tripous ou Tripoux M

OUI

 

66

Ravages

x

Un ravage

Le singulier était autrefois plus courant que le pluriel

67

Intempéries

OUI

 

68

Lochies

OUI

 

69

Mamours

OUI

 

70

Pouilles

OUI

 

71

Menstrues

OUI

 

72

Prémices

OUI

 

73

Mânes

OUI

 

74

Gémonies

OUI

 

75

Royalties

OUI

 

76

Tricoises

OUI

Une tricoise (singulier dans un autre sens)

77

Prolégomènes

OUI

 

78

Ancêtres

OUI

Un ancêtre (aïeul)

une ancêtre

(aïeule)

79

Bestiaux

OUI

Familièrement ou ironiquement en parlant d'un homme grand : "Quel bestiau !"

ou d'une bête : "Regarde le bestiau que j'ai dans mon assiette !"

80

Catacombes F

OUI

Une catacombe

Le mot est le plus souvent au pluriel

Cette liste n'est pas exhaustive

   

GENS

Cf. Académie 8e édition (extrait) > GENS, n. f.

GENS sujet se met toujours au masculin. Quoique déchus de leurs honneurs et de leur fortune, ces gens paraissent heureux. Instruits par l'expérience les vieilles gens sont soupçonneux.

GENS est précédé d'un adjectif des deux genres, on met Tous au masculin. Tous les honnêtes gens. Tous les habiles gens. Quand au contraire l'adjectif qui précède Gens est F, On met Toutes. Toutes les vieilles gens.

GENS est suivi d'une épithète ou de quelque autre mot déterminatif. Tous les gens sensés, raisonnables, pieux, etc.

 

>> Retour au début de l'article

 

Voir aussi l'article > Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4.

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 13:01

ON pronom personnel indéfini, 3e personne du singulier.
 

Notes :

Au XVe siècle, on trouve le verbe conjugué avec ON au pluriel. Cf. Le Trésor

ON signifiait NOUS au XVIe siècle, on le rencontrait parfois à la 1ère personne du pluriel. Cf. Le Grevisse

 

1 ON, c'est quelqu'un mais sûrement pas toi, ni moi, ni vous.

On frappe à la porte.

 

2 ON, c'est tout le monde (moi, toi, vous et eux).

On a souvent besoin d'un plus petit que soi. La Fontaine


3 ON, c'est nous.

Il est de plus en plus fréquent d'employer ON pour NOUS

Emploi sylleptique de ON

Si le verbe se conjugue toujours à la 3e personne du singulier, le participe passé, l'adjectif, les possessifs, etc. s'accordent avec la ou les personnes dont on parle.

Qu'est-ce qu'une syllepse ?

Académie 8e édition : Figure par laquelle le discours répond plutôt à notre pensée qu'aux règles grammaticales.

 

On est contents de notre balade. On s'est bien amusés.

On n'est pas des nuls quand même.

On était invincibles quand on avait vingt ans.

On a de la chance de vivre dans notre beau pays.

On représente le groupe sujet dont je fais partie.

 

Ah ! la vie avec elle n'était pas rose ; on s'était séparés et puis raccommodés.

ON représente un groupe de deux personnes dont je fais partie, elle et moi, par exemple, ou toi et moi...

 

4 ON, c'est toi ou vous.

C'est curieux que tu ne puisses pas retenir cette leçon. Allez, on s'accroche !

Alors, on se réveille ? On a bien dormi ? On est prêts à bosser ? Debout là-dedans !

(À un enfant) Qu'est-ce qu'on dit ? On dit merci.


5 ON, c'est lui ou elle.

Comme on est belle à seize ans !

Comme on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans ! (d'après Arthur Rimbaud)

Nuance de mépris, d'ironie : Regardez-la qui fait la tête. On est vexée ?


6 ON, c'est elles ou eux.

Rosine et Loulou sont odieuses ; comme on est donc mal élevées dans cette famille !


7 ON s'accompagne de SE, de SOI

On ne s'est jamais aussi bien senti que chez soi.

Emploi sylleptique : On ne s'est jamais aussi bien sentis que chez nous.


8 ON repris par VOUS ou NOUS

On ne peut pas se passer de télévision aujourd'hui ; elle s'impose à nous.

OU

On ne peut pas se passer de télévision aujourd'hui ; elle s'impose à vous.

 

9 Quand ON ou VOUS est remplacé par TU

Langue familière ou langage des jeunes

Tu ne peux pas te passer de télévision aujourd'hui ; elle s'impose à toi.

 

J'ai vu Fabien Marsaud, Grand Corps Malade, à l'émission ALLÔ DOCTEURS du 21 juin 2013. Il présentait son concert du 25 juin donné au profit de L'association Théodora (pour les enfants malades).

Il a parlé de sa maladie. Je rapporte ici quelques-uns de ses propos :

"[Les enfants] t'apportent plus que toi tu leur apportes."

"Y a plus de choses qui te marquent."

"... la période intubée où tu peux pas trop parler."

à voir sur la toile :

Fabien Marsaud : un grand corps malade au grand coeur ...


10 ON et NOUS, mise en relief du sujet.

Vous vous ennuyez ? Nous, on s'amuse bien ici.


11 Étymologie de On

homo (latin) > homme > om > on


12 Emploi de ON ou de L'ON : Quand faut-il choisir L'ON ? Quand faut-il l'éviter ?

>>Les homophones ont, on - l'on, l'ont, long 

................................................................................

13 Quelques emplois sylleptiques de pronoms personnels rencontrés dans des textes de ce blog (extraits) :

>>158 Délires sur de froides retrouvailles dans la forêt obscure - la selva oscura*

« Je ne sache pas que, lorsqu'on s'était quittées, on se fût raccommodées dans des embrassements. »

on s'était quittées, on se fût raccommodées 

syllepse : emploi de on pour nous (Marie et moi), ce qui justifie l'accord des participes. Tournure familière

 

>> 119 Délires d'où l'on se sort pas indemne

 « N'ayons pas de remords, me dis-je, nous risquerions d'en être gênée ! »  

Oli se parle à elle-même : elle veut dire « Il faut que je n'aie pas de remords, je risquerais d'en être gênée. »

Le NOUS est ici pris pour JE. Le participe passé gênée est au féminin singulier.

 

La syllepse est une figure de style qui permet d'exprimer notre pensée sans pour autant suivre les règles grammaticales.

Quand les pronoms personnels nous et vous sont employés pour une personne au singulier, l’adjectif, le participe passé qui s’accordent normalement avec ces pronoms, se mettent au singulier et au genre correspondant au sexe de la personne. 

 

Emploi sylleptique de ON (familier) dans le sens de NOUS.

On a été bloqués dans un embouteillage.

Regardez-nous les garçons. On n'est pas jolies ?  

 

« Alors mademoiselle, nous nous sommes réveillée bien tard ce matin ! Nous sommes-nous bien reposée ? »

NOUS mis pour ELLE

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:08

> AUTRES DICTÉES 

> Orthographe grammaire pour les hésitants

 

 

Correction du texte d'Anatole France : Le Coq – Le Journal de Suzanne

"Dictée" n°3

ATTENTION ! Avant de lire cet article qui donne la correction du texte, reportez-vous à l'article où vous devrez corriger les fautes d'orthographe que j'ai faites tout exprès pour exercer votre réflexion.

 

Retour aux 1ère et 2e parties de l'article dans :

>> Dictée n°3 ANATOLE FRANCE - Le livre de Suzanne

 

Excellent exercice d'attention et de recherche qui vous permettra d'apprendre ou de réviser certaines règles d'orthographe et de grammaire.

3e partie de l'article

Le texte (découpé arbitrairement en 15 §) avec les fautes corrigées

suivi des explications nécessaires 

1-Suzanne ne c’était1 pas encore mis a2 la recherche du beau. Elle si3 mit à trois mois et vingts4 jours avec beaucoup d’ardeur.

S’était5 dans la salle à manger. Elle a, cette salle, un faux air d’anciennetée6 a cause des plats de faience7, des bouteilles de grès, des buires d’étain et des fioles de verre de Venise qui charge8 les dressoir. C’est la maman de Suzanne qui a arrangée9 tout cela en parisienne10 entiché11 de bibelot.

Suzanne, au milieux12 de ses vieilleries, parait13 plus fraiche14 dans sa robe blanche brodée, et l’on se dit, en la voyant la15 :

Suzanne ne s’était pas encore mise à la recherche du beau. Elle s’y mit à trois mois et vingt jours avec beaucoup d’ardeur.

C’était dans la salle à manger. Elle a, cette salle, un faux air d’ancienneté à cause des plats de faïence, des bouteilles de grès, des buires d’étain et des fioles de verre de Venise qui chargent les dressoirs. C’est la maman de Suzanne qui a arrangé tout cela en Parisienne entichée de bibelots.

Suzanne, au milieu de ces vieilleries, paraît plus fraîche dans sa robe blanche brodée, et l’on se dit, en la voyant là :

1 Suzanne ne s’était pas encore mise : verbe pronominal se mettre (à) - Ici le participe passé mise s'accorde avec le sujet

2 à la recherche : à, préposition avec un accent grave.

Ne pas confondre avec le verbe (ou auxiliaire) avoir : Il a un pantalon. Il a bien chanté.

3 Elle s'y mit, s'y mettre, se mettre à la recherche – Y pronom personnel qui remplace à la recherche.

4 Vingt jours – les adjectifs numéraux vingt et cent prennent un S lorsqu'ils sont multipliés par un nombre qui les précède (quatre-vingts, trois cents) et non suivis d'un autre nombre (quatre-vingt cinq, trois cent douze)

5 C’était dans la salle, c'est dans la salle (ici, il n'y a pas de verbe pronominal)

> cela se passait dans la salle à manger.

6 ancienneté

Les noms féminins se terminant par -té ou -tié s'écrivent sans -é .

Ce sont des noms abstraits ou des qualités.
Exemples : l'amitié, la liberté, la volonté.

Ils sont formés à partir des adjectifs qui leur correspondent.

obscur, obscurité – cher, cherté – beau, beauté.


Exceptions : 
1. la dictée, la jetée, la montée, la pâtée, la portée.
2. les noms féminins qui indiquent une quantité ou un contenu.

Exemples : une portée, une brouettée, une charretée...

7 faïence, un tréma sur le ï pour prononcer fa-ïence

8 qui chargent, le sujet qui, pronom relatif remplace bouteilles, buires, fioles au pluriel.

9 la maman de Suzanne qui a arrangé, a arrangé, passé composé du verbe arranger. Le participe passé arrangé ne s'accorde avec aucun mot (pas de complément d'objet direct placé avant lui)

Le cod tout cela est placé après.

10 une Parisienne, une habitante de Paris : il faut une majuscule, c'est un nom. Mais on aurait l'adjectif parisienne sans majuscule, par exemple : une allure parisienne.

11 une Parisienne entichée de bibelots : entichée s'accorde avec le substantif féminin.

12 au milieu, un milieu (singulier) les milieux (pluriel)

> Les noms qui se terminent par au, aux, aus, eau, eaux, eu, eux, eus, oeu, oeux, ou, oux, ous - QUIZ 73

13 au milieu de ces vieilleries – ces, adjectif démonstratif, les vieilleries dont on vient de parler.

Ses vieilleries signifierait qu'elles appartiennent à Suzanne (ses, adjectif possessif) ce qui n'est pas le cas.

14 Suzanne paraît plus fraîche

Les verbes en AÎTRE et OÎTRE garde leur accent circonflexe sur le Î devant le T : ÎT - il paraîtra, il décroît, il disparaîtrait...

15 en la voyant là – l'adverbe de lieu LÀ a un accent grave.

 

2-« C’est, en vérité, une petite créature toute neuve ! » Elle est indifférente à cette vaiselle15 d’aieux17, aux vieux portraits noirs et aux grands plats de cuivres18 pendus aux murs. Je compte bien que, plus tard, toutes ces antiquités lui donnerons19 des idées fantastiques et ferons19 germer dans sa tête des rêves bizares, absurdes et charmants. Elle aura ses visions. Elle y excercera20, si son esprit si21 prête, cette jolie imagination de détail et de style qui embellie22 la vie. Je lui conterais23 des histoires incensées24 qui ne serons25 pas beaucoup plus fausses que les autres, mais qui serons25 beaucoup plus belle26 ; elle en deviendra folle. Je souhaite à tous ceux que j’aime un petit grain de folie. Cela rend le cœur gay27.

« C’est, en vérité, une petite créature toute neuve ! » Elle est indifférente à cette vaisselle d’aïeux, aux vieux portraits noirs et aux grands plats de cuivre pendus aux murs. Je compte bien que, plus tard, toutes ces antiquités lui donneront des idées fantastiques et feront germer dans sa tête des rêves bizarres, absurdes et charmants. Elle aura ses visions. Elle y exercera, si son esprit s’y prête, cette jolie imagination de détail et de style qui embellit la vie. Je lui conterai des histoires insensées qui ne seront pas beaucoup plus fausses que les autres, mais qui seront beaucoup plus belles ; elle en deviendra folle. Je souhaite à tous ceux que j’aime un petit grain de folie. Cela rend le cœur gai.

 

16 vaisselle SS entre deux voyelles pour avoir le son [s] sauf exceptions.

> Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

17 les aïeux, les ancêtres.

18 plats de cuivre, en cuivre - Complément de matière (au singulier). Complément introduit le plus souvent par de ou en qui indique de quoi, en quoi est fait un objet.

19 toutes ces antiquités...donneront...feront, verbes au futur, le sujet ces antiquités est la 3e personne du pluriel.

20 elle y exercera, verbe exercer, exercice – Prononciation de X différente dans exister et exciter.

21 si son esprit s'y prête – si son esprit se prête à cela – Y pronom personnel neutre

22 cette jolie imagination... qui embellit la vie – verbe embellir, 2e groupe. Le sujet est la 3e personne du singulier.

23 je lui conterai des histoires, futur > tu lui conteras, nous lui conterons des histoires – Ne pas confondre avec le conditionnel : je lui conterais des histoires > tu lui conterais, nous lui conterions des histoires.

24 des histoires insensées, qui n'ont aucun sens.

Vous êtes sensé > vous êtes raisonnable.

Vous êtes censé réussir > vous êtes supposé réussir.

25 des histoires qui ne seront pas... qui seront... futur, 3e personne du pluriel

26 des histoires... qui seront beaucoup plus belles – belles adjectif attribut de qui (pronom relatif ayant pour antécédent histoires = qui remplace histoires)

27 Cela rend le cœur gai > joyeux.

Gay > homosexuel

3-En attendant, Suzanne ne sourit même pas au petit Baccus28 assis sur son tonneaux29. On est sérieux, à trois mois et vingt jours.

Or, c’était un matin, un matin d’un gris tendre. Des liserons emmellés à la vigne vierge encadrait la fenêtre de leurs étoiles diversement nuancée. Nous avions finis de déjeûner30, ma femme et moi, et nous causions comme des gens qui n’on rien à dire. C’étaient une de ces heures ou31 le temps coule comme un fleuve tranquile. Il semble qu’on le voit32 couler et que chaque mot qu’on dit soit un petit cailloux29 qu’on y jette. Je crois bien que nous parlions de la couleur des yeux de Suzanne. C’est un sujet innépuisable.

En attendant, Suzanne ne sourit même pas au petit Bacchus assis sur son tonneau. On est sérieux, à trois mois et vingt jours.

Or, c’était un matin, un matin d’un gris tendre. Des liserons emmêlés à la vigne vierge encadraient la fenêtre de leurs étoiles diversement nuancées. Nous avions fini de déjeuner, ma femme et moi, et nous causions comme des gens qui n’ont rien à dire. C’était une de ces heures où le temps coule comme un fleuve tranquille. Il semble qu’on le voie couler et que chaque mot qu’on dit soit un petit caillou qu’on y jette. Je crois bien que nous parlions de la couleur des yeux de Suzanne. C’est un sujet inépuisable.

28 Bacchus, le dieu romain du vin et de la vigne (> Dionysos le dieu grec)

29 un tonneau, des tonneaux - un caillou, des cailloux

> Les noms qui se terminent par au, aux, aus, eau, eaux, eu, eux, eus, oeu, oeux, ou, oux, ous - QUIZ 73

30 déjeuner, jeûner (ne pas s'alimenter) le jeûne

Ne pas confondre avec la jeunesse, les jeunes gens...

31 c'était une de ces heures où le temps coule – l'heure où, le moment ou, le jour où, etc. locutions conjonctives équivalant à quand

32 Il semble qu'on le voie : subjonctif après il semble que. Il semble que vous le voyions.

On le voit. Indicatif

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

> Ne pas confondre l'indicatif présent et le subjonctif présent de certains verbes - Quiz 54

4-« Ils sont d’un bleu d’ardoise.

Ils ont un ton de vieille33 or et de soupe à l’onion.

Ils ont des reflets verts.

Tout cela est vrai ; ils sont miraculeux. »

En ce moment Suzanne entra ; ils était, pour cette fois, de la couleur du tant, qui était d’un si joli gris. Elle entra dans les bras de sa bonne. L’éléganse mondène voudrait que se fut34 dans les bras de sa nourrisse. Mais Suzanne fait comme l’agneau de La Fontaine et comme tout les agneau : elle tête35 sa mère. Je sais bien quand pareil cas et dans cette excès de rusticité, on doit sauvé au moins les apparenses et avoir une nourrisse sèche. Une nourrisse sèche à des grosses épingle et des ruban à son bonnet comme une autre nourrisse ; il ne lui manque que du lait.

Le lait, cela regarde seullement l’enfant, tandis que tout le monde voit les rubans et les épingles. Quant36 une mère a la faiblesse de nourir, elle prends, pour cacher sa honte, une nourrisse sèche.

« Ils sont d’un bleu d’ardoise.

Ils ont un ton de vieil or et de soupe à l’oignon.

Ils ont des reflets verts. 

Tout cela est vrai ; ils sont miraculeux. »

En ce moment Suzanne entra ; ils étaient, pour cette fois, de la couleur du temps, qui était d’un si joli gris. Elle entra dans les bras de sa bonne. L’élégance mondaine voudrait que ce fût dans les bras de sa nourrisse. Mais Suzanne fait comme l’agneau de La Fontaine et comme tous les agneaux : elle tète sa mère. Je sais bien qu’en pareil cas et dans cet excès de rusticité, on doit sauver au moins les apparences et avoir une nourrisse sèche. Une nourrisse sèche a des grosses épingles et des rubans à son bonnet comme une autre nourrisse ; il ne lui manque que du lait.

Le lait, cela regarde seulement l’enfant, tandis que tout le monde voit les rubans et les épingles. Quand une mère a la faiblesse de nourrir, elle prend, pour cacher sa honte, une nourrisse sèche.

33 Ils ont un ton de vieil or et de soupe à l’oignon.

vieil or - VIEIL masculin singulier devant une voyelle ou un H MUET > Vieux ou vieil ? Beau ou bel ? Un vieux monsieur et un vieil homme - Un beau monsieur et un bel homme

oignon se prononce [onion]

34 l'élégance mondaine voudrait que ce fût... – l'élégance mondaine veut que ce soit ... subjonctif

35 elle tète sa mère, verbe téter. Ne pas confondre avec la tête.

36 quand, conjonction de subordination de temps (synonyme lorsque)

quant à, quant au, quant aux > en ce qui concerne – quant à moi, en ce qui me concerne. - quant aux enfants, pour ce qui est des enfants

5-Mais la maman de Suzanne est une étourdie qui n’a pas songer à ce belle37 usage.

La bonne de Suzanne est une petite paysane qui vient de son village, ou38 elle a élever39 sept ou huit petits frères, et qui chantent40 du matin au soir des chansons Lorraines41. On lui accorda une journée pour voir Paris ; elle revint enchanté42 : elle avait vus de beaux radis. Le reste ne lui semblait point lait, mais les radis l’émerveillait : elle en écrivis41 au pays. Cette simplicité l'a42 rend parfaite avec Suzanne, qui, de son coté, ne semble remarqué43 dans la nature entière que les lampes et les caraffes.

Mais la maman de Suzanne est une étourdie qui n’a pas songé à ce bel usage.

La bonne de Suzanne est une petite paysanne qui vient de son village, où elle a élevé sept ou huit petits frères, et qui chante du matin au soir des chansons lorraines. On lui accorda une journée pour voir Paris ; elle revint enchantée : elle avait vu de beaux radis. Le reste ne lui semblait point laid, mais les radis l’émerveillaient : elle en écrivit au pays. Cette simplicité la rend parfaite avec Suzanne, qui, de son côté, ne semble remarquer dans la nature entière que les lampes et les carafes.

37 ce bel usage, beau au masculin singulier devient bel devant une voyelle ou un H MUET > un bel homme, un beau héros (héros commence par un H ASPIRÉ)

38 son village où elle a élevé sept ou huit petits frères... où, pronom relatif qui a pour antécédent village, complément circonstanciel de lieu de a élevé

39 elle a élevé sept ou huit petits frères – verbe élever au passé composé

40 qui... et qui chante du matin au soir des chansons : les deux pronoms relatifs qui ont le même antécédent, féminin singulier.

41 elle en écrivit au pays > elle écrivit à ce sujet au pays – verbe écrire au passé simple.

42 cette simplicité la rend parfaite – la, pronom personnel qui remplace la bonne de Suzanne

43 [elle] ne semble remarquer ... que les lampes et les carafes

TRUC - Quand vous hésitez entre un participe passé et un infinitif, remplacez le verbe par faire (>infinitif) ou fait (>participe passé). Cela fonctionne (pratiquement) toujours

> elle ne semble remarquer > elle ne semble faire

6-Quand Suzanne parue44, la salle à manger devint très gay.

On rit à Suzanne ; Suzanne nous rit : il y a toujour moyen de s’entendre quand on s’aime. La maman tendit ces45 bras souples, sur lesquel la manche du peinoir coulait dans l’abandon d’un matin d’été. Alors Suzanne tendit ses petits bras de marrionette qui ne pliait pas dans leur manche de piqué. Elle écartait les doigt, en sorte qu’on voyait cinq petits rayons roses aux bouts des manches. Sa mère, éblouit46, la prit sur ces genoux, et nous étions tous trois parfaitement heureux ; ce qui tient peut-être à se que47 nous ne pensions à rien.

Quand Suzanne parut, la salle à manger devint très gaie.

On rit à Suzanne ; Suzanne nous rit : il y a toujours moyen de s’entendre quand on s’aime. La maman tendit ses bras souples, sur lesquels la manche du peignoir coulait dans l’abandon d’un matin d’été. Alors Suzanne tendit ses petits bras de marionnette qui ne pliaient pas dans leur manche de piqué. Elle écartait les doigts, en sorte qu’on voyait cinq petits rayons roses au bout des manches. Sa mère, éblouie, la prit sur ses genoux, et nous étions tous trois parfaitement heureux ; ce qui tient peut-être à ce que nous ne pensions à rien.

44 Suzanne parut, verbe paraître au passé simple.

45 la maman tendit ses bras - ses, adjectif possessif (ce sont les siens)

46 sa mère, éblouie, la prit... - éblouie : participe passé employé comme adjectif, apposé à sa mère

47 ce qui tient peut-être à ce que nous ne pensions à rien.

On écrit toujours ce devant qui ou que : CE QUI ou CE QUE

7-Cette48 état ne pouvait durer. Suzanne, pencher vers la table, ouvrit les yeux temps et si bien, qu’ils devinrent tout rond, et secoua ses petits bras comme si ils49 eussent été en bois, ainsi qu’ils en avait l’air. Il y avait de la surprise et de l’admiration dans son regard. Sur la stupiditée touchante et vénérable de son petit visage, on voyait ce glisser je ne sais quoi de spirituel. Elle poussa un cri d’oiseaux blessé.

« C’est peut-être une épingle qui l’a piqué50 », pensa sa mère, fort attaché, par bonheur, aux réalités de la vie.

Cet état ne pouvait durer. Suzanne, penchée vers la table, ouvrit les yeux tant et si bien, qu’ils devinrent tout ronds, et secoua ses petits bras comme s’ils eussent été en bois, ainsi qu’ils en avaient l’air. Il y avait de la surprise et de l’admiration dans son regard. Sur la stupidité touchante et vénérable de son petit visage, on voyait se glisser je ne sais quoi de spirituel. Elle poussa un cri d’oiseau blessé.

« C’est peut-être une épingle qui l’a piquée », pensa sa mère, fort attachée, par bonheur, aux réalités de la vie.

48 Cet état ne pouvait durer – Ce, cet, cette, ces : adjectifs démonstratifs. On écrit cet (masculin) devant un mot commençant par une voyelle ou un H MUET

49 S'IL – S'ILS : Il n'y a pas de disjonction mais une élision pour éviter l'hiatus (pour que ce soit plus agréable à l'oreille)

Si conjonction de subordination de condition, IL ou ILS pronoms personnels.

50 C’est peut-être une épingle qui l’a piquée

Le participe passé piquée (du verbe conjugué avec l'auxiliaire avoir) s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant lui : l' qui remplace Suzanne

> Qu'est-ce qu'un complément d'objet direct ? un complément d'objet second ? un complément d'objet indirect ? Qu'est-ce qu'un attribut ?

8-Ces épingles anglaises se défont sans qu’on s’en aperçoit51 et Suzanne en a huit sur elle !

Non, se n’était pas une épingle qui l'a piquait. C’était l’amour du beau.

« L’amour du beau à trois mois et vingts jours ?

Juger52 plutôt : coulée à demi hors des bras de sa mère, elle agitait les points sur la table et, s’aidant de l’épaule et du genoux, souflant, toussant, bavant, elle parvint à embrasser une assiette. Un vieille ouvrier rustic de Strasbourg (se devait être un homme simple ; la paie soit à ses os !) avait peind sur cette assiette un coq rouge. » Suzanne voulut prendre se coq ; se n’était pas pour le mangé, c’était donc parcequ’elle le trouvait beau.

Ces épingles anglaises se défont sans qu’on s’en aperçoive et Suzanne en a huit sur elle !

Non, ce n’était pas une épingle qui la piquait. C’était l’amour du beau.

« L’amour du beau à trois mois et vingt jours ?

Jugez plutôt : coulée à demi hors des bras de sa mère, elle agitait les poings sur la table et, s’aidant de l’épaule et du genou, soufflant, toussant, bavant, elle parvint à embrasser une assiette. Un vieil ouvrier rustique de Strasbourg (ce devait être un homme simple ; la paix soit à ses os ! ) avait peint sur cette assiette un coq rouge. » Suzanne voulut prendre ce coq ; ce n’était pas pour le manger, c’était donc parce qu’elle le trouvait beau.

51 sans qu'on s'en aperçoive – On a toujours le subjonctif après la locution conjonctive SANS QUE

52 Jugez plutôt – Impératif présent du verbe juger
Ne pas confondre Plutôt (synonymes selon le cas : de préférence, du moins, assez
) avec Plus tôt (moins tard)

Ne pas confondre Plutôt (synonymes selon le cas : de préférence, du moins, assez) avec Plus tôt (moins tard)

 

9-Sa mère, a qui je fis ce simple résonnement53, me répondis :

« Que tu est54 bête ! si Suzanne avait put saisir ce coq, elle l’aurait mit tout de suite à sa bouche au lieu de le contemplé. vraiment, les gens d’esprit n’ont pas le sens commun !

Elle n’y eut55 point manqué, répondis-je ; mais quesque56 cela prouve, si non que ses facultés diverses et déjà nombreuses ont pour principal organe la bouche ?

Elle a exercer sa bouche avant d’exercer ses yeux, et elle a bien fait ! Maintenant sa bouche exercer, délicate et sensible, est le meilleur moyen de connaisance qu’elle est57 encore à son service. Elle a raison de l’employer. Je vous dis que votre fille est la sagesse même. Oui, elle aurait mis le coq dans sa bouche ; mais elle lit aurait mis comme une belle chose et non comme une chose nourissante. Noter que cette habitude, qui existe en faite chez les petits enfants, reste en figure dans la langue des hommes. Nous disons gouter un poême, un tableaux, un opéra. » Pendant que j’exprimais ces idées insoutenables que le monde philosophique accepterait toute fois, si elles étaient émises dans un language58 innintelligible, Suzanne frappait l’assiette avec ses points, la grattait de l’ongle, lui parlait (et dans quel joli babile mystérieux ! ) puis la retournait avec de grandes secousses.

Sa mère, à qui je fis ce simple raisonnement, me répondit :

« Que tu es bête ! si Suzanne avait pu saisir ce coq, elle l’aurait mis tout de suite à sa bouche au lieu de le contempler. vraiment, les gens d’esprit n’ont pas le sens commun !

Elle n’y eût point manqué, répondis-je ; mais qu’est-ce que cela prouve, sinon que ses facultés diverses et déjà nombreuses ont pour principal organe la bouche ?

Elle a exercé sa bouche avant d’exercer ses yeux, et elle a bien fait ! Maintenant sa bouche exercée, délicate et sensible, est le meilleur moyen de connaissance qu’elle ait encore à son service. Elle a raison de l’employer. Je vous dis que votre fille est la sagesse même. Oui, elle aurait mis le coq dans sa bouche ; mais elle l’y aurait mis comme une belle chose et non comme une chose nourrissante. Notez que cette habitude, qui existe en fait chez les petits enfants, reste en figure dans la langue des hommes. Nous disons goûter un poème, un tableau, un opéra. » Pendant que j’exprimais ces idées insoutenables que le monde philosophique accepterait toutefois, si elles étaient émises dans un langage inintelligible, Suzanne frappait l’assiette avec ses poings, la grattait de l’ongle, lui parlait (et dans quel joli babil mystérieux ! ) puis la retournait avec de grandes secousses.

56 Elle n'y eût point manqué – Le verbe manquer est ici au subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme)

> elle n'y aurait point manqué, conditionnel passé (1ère forme)

57 le meilleur moyen de connaissance qu’elle ait encore à son service

Le verbe avoir est au subjonctif présent dans la proposition relative : qu’elle ait encore à son service (verbe avoir : que j'aie, que tu aies, qu'il ait, que nous ayons...)

Quand on a un superlatif dans la proposition principale (le plus, le moins, le meilleur, le pire, le moindre, OU le premier, le dernier, le seul l'unique...) on a le subjonctif dans la relative.

58 un langage – en anglais language

inintelligible : Préfixe IN- > in- intelligible

10-Elle ni mettait pas beaucoup d’addresse59 ; non ! et ses mouvements manquaient d’exactitudes. Mais un mouvement, si simple qu’il paraisse, est très difficile à faire quant il n’est pas habituel. Et quelles habitudes voulez-vous qu’on est60 à trois mois et vingts jours ? Songer a se qu’il faut gouverner de nerfs, d’os et de muscles pour seulement lever le petit doigt. Conduire tous les fils des marrionnettes de M. Thomas Holden n’est, en comparaison, qu’une bagatelle. Darwin, qui est un observateur sagace, s’émerveillait de se que les petits enfants pussent rire et pleurer. Il écrivit un gros volume pour expliquer comment ils si prenaient.

Elle n’y mettait pas beaucoup d’adresse ; non ! et ses mouvements manquaient d’exactitude. Mais un mouvement, si simple qu’il paraisse, est très difficile à faire quand il n’est pas habituel. Et quelles habitudes voulez-vous qu’on ait à trois mois et vingt jours ? Songez à ce qu’il faut gouverner de nerfs, d’os et de muscles pour seulement lever le petit doigt. Conduire tous les fils des marionnettes de M. Thomas Holden n’est, en comparaison, qu’une bagatelle. Darwin, qui est un observateur sagace, s’émerveillait de ce que les petits enfants pussent rire et pleurer. Il écrivit un gros volume pour expliquer comment ils s’y prenaient.

59 adresse en français – address en anglais

60 Et quelles habitudes voulez-vous qu’on ait à trois mois et vingt jours ?

> Et quelles habitudes voulez-vous que nous ayons à trois mois et vingt jours ? ait, ayons, subjonctif 

11-Nous sommes sans pitié, « nous autre savants », comme dit M. Zola.

Mais je ne suis pas, heureusement, un aussi grand savant que M. Zola. Je suis superfitiel. Je ne fais pas des expériences sur Suzanne, et je me contente de l’observer, quand je puis le faire sans la contrarier.

Elle grattait son coq et devenait perplexe, ne consevant pas qu’une chose visible fut61 insaisissable. Cela passait son intelligence62, que d’ailleur tout passe. C’est même celà qui rend Suzanne admirable. Les petits enfants vivent dans un perpétuelle miracle ; tout leurs63 est prodige ; voilà pourquoi il y a une poésie dans leur regard. Prêts de nous, ils habite d’autres régions que nous. L’inconnu, le divin inconnu les enveloppent.

 

Nous sommes sans pitié, « nous autres savants », comme dit M. Zola.

Mais je ne suis pas, heureusement, un aussi grand savant que M. Zola. Je suis superficiel. Je ne fais pas des expériences sur Suzanne, et je me contente de l’observer, quand je puis le faire sans la contrarier.

Elle grattait son coq et devenait perplexe, ne concevant pas qu’une chose visible fût insaisissable. Cela passait son intelligence, que d’ailleurs tout passe. C’est même cela qui rend Suzanne admirable. Les petits enfants vivent dans un perpétuel miracle ; tout leur est prodige ; voilà pourquoi il y a une poésie dans leur regard. Près de nous, ils habitent d’autres régions que nous. L’inconnu, le divin inconnu les enveloppe.

 

61 ne concevant pas qu’une chose visible fût insaisissable. Subjonctif

Verbe concevoir > comprendre

au présent : ne concevant pas qu’une chose visible soit insaisissable.

> Valeurs et emplois du subjonctif

62 Cela passait son intelligence > cela dépassait son intelligence > elle ne pouvait pas comprendre cela.

63 tout leur est prodige – leur représente les petits enfants, pronom personnel invariable

 

12-« Petite bête ! dit sa maman.

-— Chère amie, votre fille est ignorante, mais raisonnable. Quand on voit une belle chose, on veut la posséder.

C’est un penchand naturel, que les loies ont prévues. Les Bohémiens de Béranger, qui disent que voir, c’est avoir, sont des sages d’une espèce fort rare. Si tout64 les hommes pensaient comme eux, il n’y aurait pas de civilisation et nous vivrions nus et sans art65 comme les habitants de la Terre de Feu. vous n’êtes point de leur sentiment ; vous aimez les vieilles tapisseries ou l’on voit des ciguognes sous des arbres et vous en couvrer tous les murs de la maison.

« Petite bête ! dit sa maman.

Chère amie, votre fille est ignorante, mais raisonnable. Quand on voit une belle chose, on veut la posséder.

C’est un penchant naturel, que les lois ont prévu. Les Bohémiens de Béranger, qui disent que voir, c’est avoir, sont des sages d’une espèce fort rare. Si tous les hommes pensaient comme eux, il n’y aurait pas de civilisation et nous vivrions nus et sans arts comme les habitants de la Terre de Feu. vous n’êtes point de leur sentiment ; vous aimez les vieilles tapisseries où l’on voit des cigognes sous des arbres et vous en couvrez tous les murs de la maison.

64 si tous les hommes pensaient – tous, adjectif indéfini au masculin pluriel, s'accorde avec le substantif qui le suit.

65 nous vivrions nus et sans arts

SANS suivi d'un singulier ou d'un pluriel. Règle générale : On se pose la question qui va logiquement donner la réponse : S'il y en avait, y aurait-il un art ou des arts ?

13-Je ne vous le reproche pas, loin de là. Mais comprenez donc Suzanne et son coq.

Je la comprend66, elle est comme petit Pierre, qui demanda la lune dans un seaux d’eau. On ne la lui donna pas. Mais, mon ami, n’allez pas dire qu’elle prend un coq peint pour un coq véritable, puisqu’elle n’en a jamais vu.

Non ; mais elle prend une illusion pour une réalité. Et les artistes sont bien un peu responsable67 de sa méprise.

Je ne vous le reproche pas, loin de là. Mais comprenez donc Suzanne et son coq.

Je la comprends, elle est comme petit Pierre, qui demanda la lune dans un seau d’eau. On ne la lui donna pas. Mais, mon ami, n’allez pas dire qu’elle prend un coq peint pour un coq véritable, puisqu’elle n’en a jamais vu.

Non ; mais elle prend une illusion pour une réalité. Et les artistes sont bien un peu responsables de sa méprise.

66 Verbes en DRE au présent de l'indicatif -DS -DS -D

je comprends, tu mouds, il défend

MAIS verbes en INDRE et SOUDRE -S, -S -T

je crains, tu peins, il joint

je résous, tu absous, il dissout

67 les artistes sont bien un peu responsables, responsables adjectif attribut de artistes

14-Voila bien longtemps qu’il cherche à imiter, par des lignes et des couleurs, la forme des choses. Depuis combien de millier d’années est mort ce brave homme des cavernes qui grava d’après nature un mamouth sur une lame d’ivoir ! La belle merveille qu’après tant et de si longs efforts dans les arts d’imitation ils soient parvenus à séduire une petite créature de trois mois et vingts jours ! Les apparances ! Qui ne séduise-t-elle pas ? La science elle-même, dont on nous assomme, vat-elle68 au-dela de se qui semble ? Quesque69 M. le professeur Robin trouve au font de son microscope ? Des apparances et rien que des apparances.

Voilà bien longtemps qu’ils cherchent à imiter, par des lignes et des couleurs, la forme des choses. Depuis combien de milliers d’années est mort ce brave homme des cavernes qui grava d’après nature un mammouth sur une lame d’ivoire ! La belle merveille qu’après tant et de si longs efforts dans les arts d’imitation ils soient parvenus à séduire une petite créature de trois mois et vingt jours ! Les apparences ! Qui ne séduisent-elles pas ? La science elle-même, dont on nous assomme, va-t-elle au-delà de ce qui semble ? Qu’est-ce que M. le professeur Robin trouve au fond de son microscope ? Des apparences et rien que des apparences.

68 La science … va-t-elle au-delà de ce qui semble ?

Le T de va-t-elle est euphonique. On ne peut pas dire va elle.

Comme le S de Vas-y. L'impératif d'aller est Va sans S

69 qu'est-que M. Robin trouve au fond de son microscope ?

Introducteur de la phrase interrogative : est-ce que – est-ce qui

Est-ce que tu pars ? > Pars-tu ? - Qu'est-ce que tu dis ? > Que dis-tu ?

Qu'est-ce qui fait du bruit ? Qui est-ce qui part ? > Qui part ?

 

15-« Nous sommes vainement agité par des mensonges », a dit Euripide… » Je parlais ainsi et, me préparant à commenter le vers d’Euripide, j’y aurai69 sans doutes trouvé des significations profondes auquel70 le fils de la marchande d’herbes n’avait jamais pensé. Mais le milieu devenait tout à fait inpropre71 au spéculation philosophique ; car, ne pouvant parvenir a détacher le coq de l’assiette, Suzanne se jetta dans une colère qui l'a rendi72 rouge comme une pivoine, lui élargi le nez à la facon des Cafres, lui remonta les joues dans les yeux et les sourcils jusque73 au sommet du front. Ce front, tout à coup rougi, bouleversé, travaillé de bosses, de cavités, de sillons contraires, resemblait à un sol volcannique. Sa bouche se fendit jusque aux73 oreilles et il en sortit, entre les gencives, des hurlements barbares. […]

 « Nous sommes vainement agités par des mensonges », a dit Euripide… » Je parlais ainsi et, me préparant à commenter le vers d’Euripide, j’y aurais sans doute trouvé des significations profondes auxquelles le fils de la marchande d’herbes n’avait jamais pensé. Mais le milieu devenait tout à fait impropre aux spéculations philosophiques ; car, ne pouvant parvenir à détacher le coq de l’assiette, Suzanne se jeta dans une colère qui la rendit rouge comme une pivoine, lui élargit le nez à la façon des Cafres, lui remonta les joues dans les yeux et les sourcils jusqu’au sommet du front. Ce front, tout à coup rougi, bouleversé, travaillé de bosses, de cavités, de sillons contraires, ressemblait à un sol volcanique. Sa bouche se fendit jusqu’aux oreilles et il en sortit, entre les gencives, des hurlements barbares.

69 j’y aurais sans doute trouvé des significations profondes – verbe trouver au conditionnel passé > nous y aurions trouvé sans doute...

70 des significations profondes auxquelles le fils de la marchande d’herbes n’avait jamais pensé – auxquelles, pronom relatif ayant pour antécédent significations, complément d'objet indirect de n'avait jamais pensé -

 > le fils de la marchande d’herbes n’avait jamais pensé à des significations profondes.

  Pronoms relatifs formés avec quel : singulier : lequel, auquel, duquel, (à) laquelle - pluriel : lesquels, lesquelles, auquel, auxquels, auxquelles, desquels,, desquelles,

Exemple : les jeunes filles à côté desquelles je m'étais assis étaient fort plaisantes.

71 impropre aux spéculations philosophiques > le singulier serait : impropre à la spéculation philosophique

impropre M devant P

 Le N devient M devant M B et P sauf bonbon, bonbonne, bonbonnière, embonpoint, néanmoins

Exemples immaculé, imberbe, importer

72 une colère qui la rendit rouge comme une pivoine – verbe rendre au passé simple – La, pronom personnel remplaçant Suzanne.

Si l'on avait le passé composé, on aurait : une colère qui l'a rendue rouge

73 jusqu'au sommet du front – jusque est élidé

Même chose pour : jusqu'aux oreilles

> Quoique, puisque, lorsque, quelque, et presque s'élident-ils ? Si oui dans quels cas ? 

 

 

Suite du texte sans fautes

 

« À la bonne heure ! m’écriai-je. voilà l’éclat des passions ! Les passions, il n’en faut pas médire. Tout ce qui se fait de grand en ce monde est fait par elles. Et voici qu’un de leurs éclairs rend un tout petit bébé presque aussi effrayant qu’une menue idole chinoise. Ma fille, je suis content de vous. Ayez des passions fortes, laissez-les grandir et croissez avec elles. Et si, plus tard, vous devenez leur maîtresse inflexible, leur force sera votre force et leur grandeur votre beauté. Les passions, c’est toute la richesse morale de l’homme.

Quel vacarme ! s’écrie la maman de Suzanne. On ne s’entend plus dans cette salle, entre un philosophe qui déraisonne et un bébé qui prend un coq peint pour je ne sais quoi de véritable. Les pauvres femmes ont bien besoin de sens commun pour vivre avec un mari et des enfants !

Votre fille, répondis-je, vient de chercher le beau pour la première fois. C’est la fascination de l’abîme, dirait un romantique ; c’est, dirai-je, l’exercice naturel des nobles esprits. Mais il ne faut pas s’y livrer trop tôt et avec des méthodes trop insuffisantes. Chère amie, vous avez des charmes souverains pour calmer les douleurs de Suzanne.

Endormez votre fille. » 

 

Voir la suite sur WIKISOURCE : SUZANNELe livre de Suzanne ( 1- Le Coq)

> Le Livre de Suzanne - SuzanneWikisource

>> Voir d'autres "DICTÉES"

 

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 12:14

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Trouvez la terminaison correcte : -I, -IE, -IS, -IES, -IT, -ÎT

Les expressions en italique sont populaires

Les questions qu'il faut se poser :

Est-ce un adjectif, un participe passé employé comme adjectif ?

> Si oui, que deviendrait-il au féminin : IE, ISE, ITE ?

Si le participe passé fait partie d'un verbe conjugué dois-je faire l'accord ?

> Je repère s'il y a un complément d'objet direct placé avant lui, etc.

 

Est-ce un verbe conjugué au présent de l'indicatif ? > IS IS IT

au passé simple ? > IS IS IT

au subjonctif imparfait ? > ÎT

Vous pouvez lire les explications qui suivent le texte avant de faire l'exercice

 

 

Le petit chat de Madeleine est parti

 

Madeleine raconte :

Ce matin, mon petit chat a aboli... les règles et franchi... la barrière de mon petit jardin. Je suis abasourdi.... Je croyais avoir acqui... sa confiance. Que nenni ! Son absence assombri... ce jour et je me sens anéanti....

J'ai réfléchi.... Que pouvais-je donc faire ?

J'ai gravi... la colline voisine. Mes cris ont retenti... si fort et si longtemps que j'en ai vomi... mon petit déj.

Qui ne se serait pas enqui... de lui dans tout le voisinage ?

Je l'avais pourtant averti... et j'ai cru que les soins que je lui prodiguais l'avaient conqui... et sédui... pour la vie. Pourquoi donc s'est-il enfui... ? Je lui avais interdi... de me quitter. Le monde est rempli... d'ennemis ; ne le lui avais-je pas di... ? C'était pourtant un petit chat averti....

Je l'ai nourri..., je l'ai chéri..., je l'ai servi... comme un prince, je ne l'ai jamais puni..., jamais haï..., jamais honni... quoi qu'il fi... ; j'ai écri... pour lui des vers que je li... et reli... pour me bercer de son souvenir.

Et il est parti... ! Il s'est évanoui... dans la nature ! Il m'avait promi... qu'il ne me quitterait pas et il a menti.... Il m'a trahi....

N'est-il pas déjà rédui... en bouillie, aplati... par quelque véhicule ?

J'ai tant pleuré que mes yeux en ont rougi..., mes cheveux ont blanchi... et mes larmes sont d'ores et déjà tari.... Je me sens meurtri..., empli... de haine et enlaidi... par le chagrin.

Je frémi... de peur pour lui et je gémi... en l'attendant sur le pas de ma porte.

Soudain l'air a fraîchi... et j'en suis toute refroidi....

Il y a un instant, j'ai tressailli.... N'était-ce pas un cri de mon petit ?

Le voici qui rapplique tout réjoui.... Il ignore les angoisses que j'ai ressenti....

Instant béni... ! Mon imagination a fini... d'envisager le pire. Et me voilà toute ragaillardi....

Viens, mon petit chat que je chéri.... Ne me donnes-tu pas là une joie inouï... ?

Voilà une histoire qui fini... bien, me direz-vous.

 

Vous trouverez la correction de cet exercice à la fin de l'article, après les règles de grammaire qui éclaireront votre lanterne si tant est qu'il faille qu'elle soit éclairée.

 

Comment reconnaître les verbes du 2e groupe de ceux du 3e groupe qui se terminent par IR ?

Les verbes du 2e groupe ont leur participe présent en ISSANT pas ceux du 3e groupe.

Ex : 2e groupe : réunir, réunissant

3e groupe : sentir, sentant

MAIS maudire, maudissant

 

Remarque sur les participes passés :

On peut rencontrer des participes passés

 

a-lorsqu'ils sont conjugués avec un auxiliaire avoir ou être à un temps composé

ex : Il a ri trop longtemps et il s'est senti mal. (passé composé par exemple)

b- ou à la voix passive avec l'auxiliaire être

J'ai été saisi d'une rage irrépressible.

 

Le participe passé peut-être

participe passé verbal :

Ma journée finie, je sortais pour voir la lune et ma nuit s'écoulait remplie de rêves.

Ma journée finie est une proposition participiale, le participe passé finie a un sujet propre : ma journée. Elle équivaut à la proposition Quand ma journée était finie.

participe passé employé comme adjectif :

Tu es enfin devenu un homme réfléchi.

participe passé substantivé (nom)

C'est vraiment tous des pourris !

 

UN TRUC pour repérer la terminaison en i, is, it du participe passé : chercher la forme au féminin :

-I > -IE

démenti > démentie - subi > subie -fini > finie – ravi > ravie - chéri > chérie, choisi > choisie...

-I > -IT

écrit > écrite – dit > dite – contredit > contredite...

-IS > -ISE

commis > commise - compris > comprise – assis > assise...

Attention ! Il y a des exceptions selon le sens du mot comme :

béni, bénie ou bénit, bénite – subi, subie ou subit, subite

> bénit s'emploie pour quelque chose qu'un prêtre a béni :

exemples : l'eau bénite, le pain bénit.

Son père l'a béni avant de le voir s'en aller.

Expression familière : C'est pain bénit ! C'est bien mérité !

> subi (ie) est un participe passé, subit (te) est un adjectif :

Il a subi des dommages - Une mort subite (qui surgit inopinément). J'ai eu alors une inspiration subite.

 

CORRECTION

Le petit chat de Madeleine est parti

 

Ce matin, mon petit chat a aboli les règles et franchi la barrière de mon petit jardin. Je suis abasourdie. Je croyais avoir acquis sa confiance. Que nenni ! Son absence assombrit ce jour et je me sens anéantie.

J'ai réfléchi. Que pouvais-je donc faire ?

J'ai gravi la colline voisine. Mes cris ont retenti si fort et si longtemps que j'en ai vomi mon petit déj.

Qui ne se serait pas enquis de lui dans tout le voisinage ?

Je l'avais pourtant averti et j'ai cru que les soins que je lui prodiguais l'avaient conquis. Pourquoi donc s'est-il enfui ? Je lui avais interdit de me quitter. Le monde est rempli d'ennemis ; ne le lui avais-je pas dit ? C'était pourtant un petit chat averti.

Je l'ai nourri, je l'ai chéri, je l'ai servi comme un prince, je ne l'ai jamais puni, jamais haï, jamais honni quoi qu'il fît* ; j'ai écrit pour lui des vers que je lis et relis pour me bercer de son souvenir.

Et il est parti ! Il s'est évanoui dans la nature ! Il m'avait promis qu'il ne me quitterait pas et il a menti. Il m'a trahie.

N'est-il pas déjà réduit en bouillie, aplati par quelque véhicule ?

J'ai tant pleuré que mes yeux en ont rougi, mes cheveux ont blanchi et mes larmes sont d'ores et déjà taries. Je me sens meurtrie, emplie de haine et enlaidie par le chagrin.

Je frémis de peur pour lui et je gémis en l'attendant sur le pas de ma porte.

Soudain l'air a fraîchi et j'en suis toute refroidie.

Il y a un instant, j'ai tressailli. N'était-ce pas un cri de mon petit ?

Le voici qui rapplique tout réjoui. Il ignore les angoisses que j'ai ressenties.

Instant béni** ! Mon imagination a fini d'envisager le pire. Et me voilà toute ragaillardie.

Viens, mon petit chat que je chéris. Ne me donnes-tu pas là une joie inouïe ?

"Voilà une histoire qui finit bien" me direz-vous !

 

 

*quoi qu'il fît, subjonctif imparfait

quoi qu'il fasse, subjonctif présent.

quoi qu'il ait fait, subjonctif passé

quoi qu'il eût fait, subjonctif plus-que parfait

 

 Récapitulation des petites histoires à trous

Récapitulation de tous les exercices à trous

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 16:56

 

Le 23 juin, j'ai regardé sur France 5 l'émission qui donnait un film intitulé CRASH.

Édifiant !

Des scientifiques ont fait s'écraser, dans le désert mexicain, un avion chargé de mannequins censés représenter des personnes, pour pouvoir étudier toutes les conséquences et les dommages corporels encourus lors de cette expérience, grâce à des caméras, mais aussi le comportement de l'avion lui-même.

Vraiment très impressionnant, si l'on imagine vivre un tel drame.

 

Le film donnait à entendre des témoignages de rescapés.

Que l'on soit assis à l'avant ou à l'arrière de l'avion, on n'est jamais sûr d'être à "la bonne place", celle qui donne le maximum de chances de survivre à un tel choc ; et cependant, on peut tirer quelques conclusions intéressantes.

Si l'avion touche le sol plutôt vers l'avant, il est compréhensible que les voyageurs assis à l'arrière ont plus de chance d'être seulement blessés, et même indemnes, car l'énergie de l'onde de choc qui parcourt l'avion s'amoindrit au fur et à mesure qu'elle se propage dans le fuselage. Si les personnes se trouvant devant ont peu de chance d'avoir la vie sauve, celles qui sont au milieu ne sont que blessées à moins qu'un objet ne les heurte violemment, et celles à l'arrière n'ont rien, à moins que l'avion ne prenne feu et qu'elles n'aient pas le temps de sortir.

 

Pour pouvoir sortir, encore faut-il pouvoir marcher ; et l'on constate que nombreux sont ceux qui ont les jambes brisées, pour n'avoir pas su les positionner convenablement.

 

La position idéale est de glisser ses jambes sous son siège : ainsi le poids du corps qui peut être considérable lors de l'impact, ne porte pas sur les jambes.

La tête est baissée vers l'avant, on se met en boule, pour que la distance entre la tête et le dossier du siège qui est devant soit la plus courte possible ; si l'on se tient assis tout droit, la distance que parcourt la tête pour aller heurter le dossier devant elle fait qu'elle s'écrase sur le dossier. Les dossiers ne sont pas fixés solidement et sont projetés un peu vers l'avant pour amoindrir encore le choc de la tête.

 

Cependant il ne faut pas en déduire que les passagers à l'arrière ne courent aucun risque. Chaque "crash" est différent des autres et il a des conséquences différentes. Des témoignages de passagers se trouvant le plus à l'avant de l'avion prouvent qu'ils s'étaient tirés de ce mauvais pas car l'arrière de l'avion avait touché le sol en premier.

Vous vous souvenez peut-être de l'accident du Vol 1549 US AIRWAYS survenu le 15 janvier 2009 au dessus de la ville de New York. L'avion avait percuté un groupe de bernaches qui avaient endommagé les réacteurs. L'excellent pilote a réussi un atterrissage sur la rivière Hudson : 78 personnes ont été blessées mais toutes (155) ont survécu.

 

Il serait bon que, lorsqu'on prend un avion, on soit informé de ces choses.

Retenons cependant que prendre un avion est le moyen de voyager le plus sûr.

Et laissez-moi vous souhaiter de bons  voyages en avion, il va sans dire ! 

 

 

Sauvez des vies et sauvez la vôtre

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 06:00

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Récapitulation des articles

 

Votre avion va s'écraser. Quelle est la meilleure position à prendre ?

 

Votre bébé risque de mourir si vous dormez avec lui !

 

Quelles choses faut-il savoir pour avoir la vie sauve et sauver la vie des autres dans des circonstances particulières ?

 

Vous êtes dans un tunnel qui offre une certaine déclivité. Le feu prend dans un véhicule, une voiture, la vôtre peut-être, le train où vous vous trouvez ou bien le funiculaire. Vous arrivez à sortir du véhicule ; dans quel sens vous sauvez-vous en courant ? vers le haut ? vers le bas ? Choisissez bien ou vous êtes mort.

 

Quand un tsunami va se produire, l'eau de la mer se retire. Impression étrange.

 

Étouffement par inhalation d'un corps étranger.

 

Si vous êtes énervé, ne secouez pas votre bébé ni celui des autres.

 

Femmes enceintes, voici quelques conseils sur les choses que j'ai apprises lors de mes grossesses, accouchements et allaitements et que j'aurais bien aimé connaître avant d'avoir tâtonné !

 

La sauge – Femmes enceintes, attention !

 

Varicelle : un danger pour les femmes enceintes. Jeunes filles, faites-vous vacciner si vous ne l'avez jamais eue !

 

Le miel, le pamplemousse, le soja, sont-ils dangereux pour la santé ?

 

D'après un tweet de Jean-Daniel Faysakier que j'ai retweeté le 3 octobre 2013 > J'ignorais totalement l'existence du '114' numéro d'urgence par fax ou SMS pour sourds, mal entendants, aphasiques

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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