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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 05:27

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Quatrains pour le petit Loïc

 

Petit enfant, tu nous es né

Pour n'apporter que du bonheur,

Vois tous les yeux émerveillés

Qui t'admirent avec douceur.

 

Tu as changé en un seul jour

La vie de ceux qui t'attendaient ;

C'est un miracle qui s'est fait,

Et qui n'est autre que l'amour.

 

Tu as fait germer des promesses.

Tout près du coeur de ta maman,

Celle-là même qui ne cesse

De te mignoter tendrement.

 

On t'entend gazouiller parfois

De tout petits airs jolis ;

Vêts-toi de ton plus beau souris,

Qu'on t'embrasse plus de cent fois.

 

Il faudra bien qu'un jour tu saches

Qu'à toi le monde s'ouvrira ;

Tu découvriras ce qu'il cache,

Et pour son bien tu oeuvreras.

 

Petit enfant, tu nous es né

Pour que ton destin s'accomplisse.

Nous te souhaitons tous les délices :

Que tu aimes, et sois aimé.

 

♥ ♥ ♥

Ceux et celles qui connaissent Le petit Loîc pourront décrypter dans le poème les patronymes de ses parents

 

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 12:45

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La très étrange aventure de Dino Marin

 

Depuis quelques jours, Dino Marin était troublé. Un malaise étrange s'était emparé de lui, depuis qu'il était passé devant la vitrine de son voisin l'antiquaire et qu'il avait été saisi par la vue d'une oeuvre remarquable.

Tous les matins, lorsqu'il partait pour son travail de bureau à la mairie de Brignoton, il jetait un coup d'oeil rapide pour découvrir les nouveautés que Monsieur Ferrati avait acquises et s'était dépêché d'installer en bonne place, afin que les passants pussent les admirer.

Monsieur Ferrati était très fier de ses choix, et il n'avait pas de plus grand bonheur lorsque les amateurs curieux se collaient le nez sur la vitre, des minutes durant, pour apprécier l'objet donné à convoiter. Il se tenait au fond du magasin, faisant semblant de s'occuper, tout en guettant le chaland éventuel, lequel ne manquait pas de l'apercevoir. Monsieur Ferrati s'empressait alors de faire un sourire sirupeux qui s'éternisait sous sa fine moustache noire jusqu'à ce qu'il obtînt un sourire en retour, ou un hochement de tête, ou un haussement de sourcil qui aurait traduit le degré d'intérêt que l'admirateur avait pour le nouvel objet d'art. Car c'était bien d'art qu'il s'agissait. Pour rien au monde Monsieur Ferrati ne se serait laissé tenter par un achat qui, il en était sûr, aurait séduit immédiatement — l'occasion eût-elle été grande de faire une affaire — s'il n'avait été certain de la qualité de l'oeuvre. Il ne se serait laissé corrompre en aucun cas et il était fier d'être estimé dans sa petite ville poitevine où personne, jamais, n'aurait eu l'idée de se méfier de lui. Il arborait son intégrité comme une décoration.

C'était un petit homme au teint olivâtre, bien gominé, toujours fringant et désireux de plaire, et par surcroît, d'une politesse exquise, sinon appuyée. Il tenait, de ses ascendants napolitains, les gestes amples qu'il développait sous le nez de ses interlocuteurs, pour accompagner les démonstrations imagées qu'il donnait, quand il expliquait, avec force références artistiques et historiques, le pourquoi et le comment de la création de l'objet auquel ils avaient fait mine de s'intéresser. Il était prêt à répéter la même histoire mille fois, si mille clients avaient regardé l'oeuvre en question avec un peu d'insistance. C'est ainsi que, toujours à l'affût, Monsieur Ferrati avait remarqué que Dino Marin semblait très attiré par le portrait de femme qui trônait, bien à la vue.

« Entrera, n'entrera pas ? » murmurait-il entre ses dents en essayant de capter le regard du client. Mais Dino n'avait rien à faire du sourire obséquieux de l'antiquaire. Ce qu'il voulait, c'était contempler le portrait ; il s'y appliquait avec une attention toute particulière, le scrutait, en découvrait avec délectation tous les détails. Il le contemplait le matin quand il s'en allait. Il le contemplait le soir quand il revenait.

Ce manège durait depuis trois jours et Monsieur Ferrati n'en pouvait plus. Il décida qu'il sortirait sur le seuil de sa boutique le lendemain pour parler à l'admirateur de son tableau, ce qui n'était pas son habitude. Cette attitude de rabatteur lui aurait répugné en toute autre circonstance. Mais là, c'en était trop, vraiment. Tout juste si Dino Marin ne gênait pas, en empêchant les passants de s'arrêter pour contempler l'objet. Il en aurait même oublié l'heure, et sa station debout, immobile, en devenait presque inquiétante comme s'il était la victime d'un mystérieux magnétisme qui le retenait malgré lui.

Dino Marin ne se contentait pas de se laisser absorber par la fascination que ce portrait exerçait sur lui, il y pensait toute la journée, il y pensait le soir au moment du coucher et il avait de ce fait beaucoup de peine à s'endormir. Pire encore, il y rêvait la nuit, et l'émotion était si violente qu'il se réveillait en sursaut et passait des heures d'insomnie en ayant devant les yeux des images mentales obsédantes qui reconstruisaient incessamment le tableau, chaque coup de pinceau y étant à sa place, comme si Dino lui-même avait assisté au travail de l'artiste. Dino s'était bien arraché les yeux pour découvrir le nom du peintre qui aurait dû figurer dans un coin de la toile, comme il l'avait espéré, mais en vain. De signature, il n'y en avait aucune. Ce qui ajoutait au mystère. Sa femme, couchée à côté de lui se réveillait parfois, dérangée par les mouvements intempestifs de Dino qui se tournait et se retournait, puis se levait, puis se recouchait.

« Que se passe-t-il mon ami ? Tu es malade ? » lui demandait-elle, inquiète.

Il lui expliquait que tout allait bien, il s'excusait de l'avoir réveillée, mais il se gardait bien de lui préciser le motif de son agitation. Mélie Sun n'en demandait pas davantage.

Ce qui perturbait si fort ce pauvre Dino, ce n'était pas, à vrai dire, l'oeuvre elle-même, mais le sujet : la ressemblance qu'il trouvait entre son épouse et la femme du portrait. Cette ressemblance extraordinaire l'avait frappé dès l'abord, et plus il essayait de se persuader que ce ne devait être que pure coïncidence, plus il analysait les moindres détails de ses traits, de son expression, de son attitude, et plus il était convaincu que le modèle ne pouvait être que Mélie Sun, et elle seule. Cette idée n'était pas vraisemblable car le tableau semblait d'une facture ancienne, et Dino aurait bien voulu en avoir le coeur net, mais il hésitait à franchir la porte de la boutique. Il savait que le renseignement qu'il demanderait ne pourrait entraîner l'achat du tableau, le prix affiché étant prohibitif, et Dino, qui était un homme trop timide pour jamais oser sortir d'un magasin sans avoir acheté l'objet sur lequel il s'était renseigné, faute de moyens suffisants, fût mort de honte et de confusion si Monsieur Ferrati avait compris que Monsieur Marin, l'heureux époux de la très belle Madame Marin, avait des revenus étriqués. D'ailleurs à ce propos, Monsieur Ferrati s'était toujours étonné qu'une femme aussi magnifique se fût donnée en mariage à un homme très ordinaire, timoré de surcroît, au regard fuyant, au cheveu clairsemé, qui occupait un poste modeste à la mairie.

Il savait beaucoup de choses sur l'activité professionnelle de ses concitoyens et la hauteur de leur patrimoine, Monsieur Ferrati. Assurément, Monsieur Marin ne roulait pas sur l'or, et l'antiquaire avait bien compris les raisons qu'il avait de ne pas oser franchir sa porte. Mais le perspicace Monsieur Ferrati n'était pas aveugle non plus et il avait bien remarqué la ressemblance qui existait entre la superbe Mélie Sun et le portrait. C'est pourquoi il se disait que, s'il entrait en conversation avec Monsieur Marin, il serait peut-être en mesure de l'amener à acheter le tableau, en usant de son habileté commerciale et des ficelles qu'il tirait admirablement, pour forcer le client réticent à capituler.

 

La nuit se passa comme on l'imagine pour Monsieur Marin, et le matin, il se réveilla, épuisé, ayant laissé passer l'heure, et fort contrarié de savoir qu'il n'aurait pas le temps d'admirer le tableau. Il ne prit pas un instant pour avaler son café, omit de se raser, s'habilla en coup de vent, et, après avoir dégringolé l'escalier de son immeuble dont il habitait le cinquième étage sans ascenseur, il dévala la rue qui l'amenait à la place de la mairie.

En passant devant la vitrine des antiquités, il remarqua que Monsieur Ferrati était sur le pas de sa porte, et il se félicita de ne pas avoir à s'arrêter ce matin-là, car il n'aurait pas eu le coeur de devoir converser avec lui. Il lui était plusieurs fois arrivé que l'antiquaire engageât la conversation, quand il le croisait sur le trottoir en train de le balayer ou de laver sa devanture, et ses bavardages, qui n'en finissaient jamais, avaient fort contrarié Dino Marin qui n'avait pas su comment leur mettre un point final et qui avait regardé désespérément sa montre pour se rendre compte de combien de temps il s'était mis en retard pour assumer sa charge d'intérêt public, chose qu'il ne traitait jamais à la légère et à laquelle il se donnait quotidiennement avec beaucoup d'application. En croisant Monsieur Ferrati, il ne put tout de même pas s'exempter d'un « Bonjour monsieur » rapide, soucieux qu'il était de vouloir garder toujours de bonnes relations avec ses congénères. Éberlué, Monsieur Ferrati n'eut pas le temps de le saluer, si grande était la vitesse à laquelle son voisin passa devant lui, et, déçu de n'avoir pu faire l'article en jouant le harponneur, il en fut pour ses frais.

Toute la journée, Monsieur Marin s'efforça, avec beaucoup de peine, de se concentrer sur son travail. C'était bientôt le temps des élections régionales et il s'appliquait à enregistrer, sur son logiciel, le nom des électeurs, suivi de leur adresse, pour les reporter ensuite sur les registres appropriés qui recevraient les signatures.

Pendant ce temps, un homme bien habillé poussa la porte du magasin de Monsieur Ferrati. Il demandait à voir de plus près le tableau de la vitrine pour l'examiner et voulut savoir les renseignements qui l'éclaireraient sur son origine. Il resta longtemps à réfléchir. Il marchanda. Monsieur Ferrati, qui d'ordinaire laissait toujours une marge dans le prix, histoire de donner satisfaction aux acheteurs qui éprouvaient une jouissance non feinte quand on leur rabattait quelques dizaines d'euros, ou des centaines parfois lorsqu'il s'agissait d'un achat important et que Monsieur Ferrati, las de tergiverser, se laissait aller à une sorte d'impatience qui lui coûtait, certes, mais qui laissait toujours un bénéfice substantiel, ce jour-là donc, Monsieur Ferrati fut inflexible et ne retrancha pas un kopeck. Le monsieur n'en parut pas contrarié, il ne donna pas l'impression que l'intransigeance de l'antiquaire eût le moindre poids sur sa décision d'acheter ou non l'objet, mais il se contenta de dire qu'il aviserait et qu'il reviendrait bientôt pour conclure l'affaire. Monsieur Ferrati aurait dû jubiler de savoir que bientôt la vente serait faite, et ce, à son avantage. Il en fut tout contrarié. Il pensa à Monsieur Marin et décida que, comme il n'était pas trop tard, il était bien déterminé à le saisir au vol à la fin de l'après-midi quand il repasserait.

Comme il ne voulait pas le manquer, Monsieur Ferrati resta collé contre la porte vitrée de sa boutique, à guetter. Il sortait parfois dans la rue pour la scruter, aussi loin que le portait son regard, jusqu'au bout, là où elle débouchait sur la place, Il ne manquerait pas de voir si Monsieur Marin arrivait. Mais il ne pouvait pas rester longtemps à faire ainsi le guet, car le froid de l'hiver naissant se faisait sentir, et il rentrait dans son magasin, avec la peur au ventre que quelque fâcheux eût l'idée de vouloir acheter une marchandise, ce qui l'aurait forcé à quitter son poste d'observation, à zyeuter, et il aurait dû renoncer à faire la démarche qu'il s'était imposée.

En affaires, on ne fait pas de sentiment. Monsieur Ferrati se surprit à s'entendre murmurer l'adage dont il était un ferme adepte, et à prendre conscience qu'il se laissait aller à une sensiblerie bien curieuse. Il se demanda pourquoi il se donnait tant de mal pour Monsieur Marin, qui ne lui avait jamais rien acheté, qui était le plus souvent d'une humeur maussade, et qu'il voyait très nettement s'impatienter quand il lui faisait la conversation. Alors quoi ? S'il se posait la question, c'était bien pour se donner le change, pour se duper lui-même. Peut-être s'avouait-il mollement, retenu par un certain amour-propre, que c'était parce que Mélie Sun était sa femme. Et que Mélie Sun, c'était quelqu'un. Il imagina le plaisir qu'il aurait de savoir que Mélie Sun pourrait posséder un tableau venant de lui, mais peut-être surtout caressait-il l'espoir qu'elle franchirait le seuil de sa boutique pour venir voir l'objet, si d'aventure son mari décidait de se l'offrir. Ce dernier ne pourrait décidément pas engager une telle dépense sans en parler à son épouse et elle lui proposerait à coup sûr de connaître l'objet du désir avant d'engager toute transaction.

Aucun client ne dérangea Monsieur Ferrati toujours aux aguets, et il se précipita dans la rue lorsqu'il aperçut son voisin qui approchait. Monsieur Marin tiqua, mais pouvait-il se décider à autre chose qu'à faire bonne figure ? Ce qui l'énervait par dessus tout, c'était de ne pouvoir donner libre cours à son moment préféré, celui de la contemplation du tableau, comme il y songeait depuis des heures, d'autant plus qu'il n'avait pu s'en délecter le matin.

« Pardonnez-moi, Monsieur Marin, de vous interpeller ainsi dans la rue », dit Monsieur Ferrati tout excité, avec son léger accent de Naples dont il était très fier, et dont il n'avait jamais voulu se départir malgré le fait qu'il était né en France, ayant toujours voulu conserver fidèlement l'inflexion de la voix de sa mère. « Monsieur, je vous en prie, insista-t-il, pardonnez-moi, mais j'ai quelque chose qu'il faut que je vous dise et qui ne peut attendre. »

Monsieur Marin, tellement imprégné de la pensée qui le liait au tableau, devina de quoi Monsieur Ferrati allait lui parler, il lui était venu aussi à l'idée que ses stations répétées devant chez lui n'avaient pas échappé au regard inquisiteur et il s'attendait à souffrir le martyre.

« Monsieur, reprit l'antiquaire, contrit de voir la mine défaite de Monsieur Marin, si vous pouvez m'accorder quelques minutes, je vous supplie de me suivre à l'intérieur. Nous serons mieux pour parler.

Mais, je vous en prie, je vous suis, répondit poliment Monsieur Marin.

Comme il y avait un précieux salon Louis XV en exposition, Monsieur Marin s'assit sur l'un des fauteuils ainsi que son interlocuteur l'en priait — n'était-ce pas une marque de déférence, de confiance même ? Dino Marin en fut flatté.

« Je ne vous apprendrai pas, Monsieur Marin, que je vous ai aperçu plusieurs fois admirant mon beau portrait de femme. »

Monsieur Marin acquiesça d'un hochement de tête. Monsieur Ferrati continua.

« Monsieur Marin, Je ne saurais vous dire le plaisir que vous me faites lorsque vous appréciez les belles choses que j'ai choisies avec soin et amore... amore, et que vous les regardez dans ma vitrine. Mais ce portrait, Monsieur Marin, ce portrait est exceptionnel.

Il l'est, soupira le pauvre Dino accablé.

Venons au fait, Monsieur Marin, vous rêvez de le posséder.

Peut-être, murmura Dino, acculé dans ses derniers retranchements. Peut-être.

Je devine que le prix vous rebute, Signore Marini.

Marin, Marin, corrigea nerveusement Dino qui supporta mal l'allusion pécuniaire.

Scusi ! Marin. Monsieur Marin, je vous trouve très sympathique.

Dino fut bien gêné et ne fit aucun commentaire devant la remarque qui n'admettait pas la réciproque.

J'aurais bien une proposition à vous faire, Monsieur Marin, au cas où l'achat de cette oeuvre d'art vous intéresserait. Car j'ai bien peur qu'elle vous intéresse, Monsieur Marin.

Ayez peur, ayez peur, ne put s'empêcher de répliquer Dino que la situation commençait à amuser malgré le fait qu'il était attristé de reconnaître qu'il dirait bientôt à ce marchand de tapis qu'il n'acquerrait pas le tableau, et que ce dernier comprendrait pourquoi.

Ah ! Ah ! Monsieur Marin ! Je vois que vous aimez la plaisanterie. Je vous croyais très froid, Monsieur Marin, mais je me trompais, Monsieur Marin, je me trompais. »

Dino commençait à s'impatienter mais il craignait de vexer le marchand.

Vous avez deviné : le prix me semble trop élevé.

Il vous semble, Monsieur Marin, il vous semble. Mais je peux vous assurer qu'il est en rapport avec le tableau. Un tableau inestimable.

Que vous avez bien estimé, je vous l'accorde. Mais vous avez mal interprété mes paroles. Le prix que vous en demandez, s'il correspond à la valeur du tableau, ne correspond pas, pour moi, au prix que je veux mettre à l'achat de quelque oeuvre d'art que ce soit, expliqua le fonctionnaire peu argenté, et cela sur un ton qui ne voulait pas admettre de réplique.

Je comprends, je comprends, répondit Monsieur Ferrati, dubitatif. Mais je peux vous faire quelques facilités de paiement.

Une lueur imperceptible et involontaire brilla dans l'oeil de Dino, ce qui n'échappa pas à celui très exercé du marchand ; avant qu'elle ne s'éteignît, et que le futur acheteur n'eût le temps de la réflexion, l'habile homme, qui était sûr maintenant que l'affaire était faite, reprit vivement :

Monsieur Marin, vous pourrez payer à tempérament si vous le désirez, et je n'appliquerai pas le taux de l'usure. Taux zéro pour cent, sur trois ans. Qu'en dites-vous ?

Monsieur Marin, éberlué, hésita.

J'ajouterai, continua l'antiquaire, que je ne pourrai pas attendre. J'ai un acheteur pour ce tableau. Il doit venir demain. Je ne peux pas me permettre d'en manquer la vente. Je ne vous mens pas, Monsieur Marin. Demandez autour de vous. Tout le monde connaît ma probité.

Vous me prenez tellement au dépourvu, répondit Dino que l'on sentait confusément s'affoler, et qui regretta aussitôt d'avoir laissé entrevoir sa faiblesse.

Que la signora vienne donc l'admirer, tenta le marchand qui n'était pas sans savoir qu'il prenait un risque énorme qui pouvait faire capoter la transaction dans le cas où Mélie Sun y mettrait le nez, mais son désir était si grand de la voir de près, et de lui parler, qu'il tenta la chose.

Non, non... Si je le prends, ce sera pour faire une surprise à ma femme.

Vous le prenez donc. Topez-là. Concluons l'affaire. »

Marin crut un instant qu'il était sur le marché aux bestiaux et que le maquignon l'avait emberlificoté. Il craignit que la denture du cheval ne fût pas à la hauteur du prix demandé. Comment savoir ?

« Pourriez-vous m'en dire un peu plus sur le tableau ? demanda-t-il, histoire de faire figure d'un acheteur responsable.

Normal qu'il voulût savoir ce qui pouvait en faire la valeur. Mais sa décision, déjà, était prise.

L'oeuvre n'est pas signée comme vous avez pu le voir, mais elle est de l'École Italienne de la Renaissance. Le travail a été dirigé sans aucun doute ce que je vous garantis par un grand maître du Quattrocento dont vous reconnaissez les règles picturales, j'en suis sûr : la composition géométrique dans laquelle s'insère le tableau, la mise en perspective, au milieu, la ligne horizontale de la table qui se prolonge par la taille de la jeune femme, le rayon de soleil, oblique, qui part de la fenêtre et suit le mouvement du bras, et la lumière, ah ! la lumière qui tombe doucement sur les reliefs en clair-obscur, la présence des miroirs, les natures mortes disposées...

Oui, je vois tout cela, coupa Dino Marin, qui n'avait maintenant plus qu'un seul désir : qu'on en finisse avec les palabres, qu'il signe ses chèques — Monsieur Marin ayant toujours sur lui son chéquier au cas où — qu'on emballe le tableau, et qu'il l'emporte sous le bras.

Monsieur Marin signa donc douze chèques que l'antiquaire lui promit de déposer à la banque, successivement, l'un après l'autre, tous les trois mois.

Dino, Dino... murmura le vendeur pendant que son client s'appliquait à écrire.

Marin, un court instant, crut à une familiarité

— Dino, c'est un prénom italien n'est-ce pas ? N'aurions-nous pas une origine commune ?

Pas du tout ! s'empressa de répondre le Dino en question. Je ne vous cacherai rien : mon parrain n'aimait pas son prénom Odin, il en a fait un anagramme pour son filleul que je suis.

Ah ! Signore, les anagrammes recèlent souvent un sens caché. S'il vous avait appelé Dion, vous auriez peut-être fait carrière dans le music-hall, osa monsieur Ferrati, mais il cessa aussitôt de plaisanter quand il vit le regard sombre de son acheteur. »

Monsieur Marin aurait dû être heureux d'avoir en main, enfin, le portrait qui le faisait tant vibrer. En fait, il frissonnait en se sentant terriblement coupable de s'être laissé emporter par sa passion. Il était d'ordinaire si économe pourtant, ayant toujours peur du lendemain. « On n'est jamais à l'abri de rien, pensait-il, même en étant fonctionnaire. Les gens croient que c'est gagné quand on entre dans la fonction publique. Que nenni ! » Dino Marin avait peur des restructurations du système qui risqueraient de supprimer son poste, il se voyait déjà affecté dans un service impossible, loin de sa ville, et il lui faudrait l'accepter. Cela le couperait de son monde familier. Cela entraînerait des frais considérables. Et lui venait, malgré ses angoisses, malgré l'incertitude du lendemain, il venait de s'engager dans une voie effroyable qu'il avait toujours honnie, la voie du crédit. Il se voyait déjà pousser la porte du Crédit municipal, celle qui jouxtait la porte de son bureau, mettant un à un ses biens en gages, demandant quelque menue monnaie pour joindre les deux bouts. Grands Dieux ! Il irait au Mont-de-Piété, pire encore, chez ma tante ! Quelle déchéance ! Ses collègues se moqueraient. Dur dur de perdre la face.

 

Dino Marin gravissait lourdement l'escalier de sa maison, chargé de son fardeau, et ses pensées lugubres roulaient dedans sa tête. Il ouvrit sans faire de bruit la porte de son appartement. Il entendit sa femme lui crier : « C'est toi, mon ami ? » Il pensa : « Quelle question stupide ! » et puis : « Qu'a-t-elle à m'appeler toujours son ami ?” Et pourtant comme il l'aimait, sa femme ! L'avait-elle jamais contrarié ?

Dino hésita à déballer le tableau et à le montrer à Mélie Sun. L'affaire était considérable et il voulait prendre les précautions nécessaires pour que sa présentation ne fût point ordinaire. Il faudrait y mettre quelque éclat pour forcer l'enthousiasme de la jeune femme, lui coupant de ce fait toute possibilité de se plaindre au sujet de son prix, si jamais elle voulait le connaître. Il attendrait le samedi suivant, quand il serait seul, pour faire une jolie mise en scène. Il le rangea soigneusement dans un des placards du vestibule, celui où sa femme ne mettait que rarement le nez.

« Mais que fais-tu donc, mon ami ? On t'attend ! Gaston est ici. Viens !

J'arrive ! répondit Dino. »

Il était un peu contrarié par la visite de son collègue de travail. Il aurait voulu se consacrer entièrement à ses réflexions après l'émotion qu'il venait de vivre. Encore heureux que Gaston ne se fût pas précipité à l'entrée quand Dino était arrivé, il eût découvert le pot aux roses et la surprise eût été gâchée. Il passa à la salle de bains pour éponger son front brûlant et se composa un visage avant d'entrer au salon.

« Surprise ! s'exclama Gaston quand il vit Dino.

Tu ne m'avais pas dit que tu viendrais à la maison, je t'ai quitté il y a une heure à peine !

Vois comme Gaston est gentil. Il a apporté une bouteille de champagne pour ton anniversaire, lui dit Mélie Sun en l'embrassant.

Buvons à ta santé, vieux frère ! s'écria Gaston joyeusement.

Dino crut un instant qu'ils allaient chanter Happy Birthday, mais non. Mélie Sun savait qu'il n'aimait pas les enfantillages. Il sortit la bouteille du seau à glace et se mit en devoir de la déboucher. Il le fit avec les précautions nécessaires et remplit les flûtes que Mélie Sun avait préparées. Dino n'aimait pas trop que son ami — il le considérait comme tel depuis quinze ans qu'ils travaillaient ensemble — rendît visite à Mélie Sun en son absence. Il fut un peu contrarié de voir qu'ils avaient manigancé cette rencontre à son insu. Il n'appréciait pas beaucoup les surprises organisées pour lui, mais il s'efforça d'esquisser un sourire et il remercia Gaston, aussi chaleureusement qu'il le put.

La conversation roula sur des banalités. Dino avait de la peine à se concentrer et le temps lui semblait long. Il aspirait à se retrouver seul avec ses pensées qui, il le savait, seraient un curieux mélange de plaisir et de crainte. Gaston remarqua son inquiétude et la mit sur le compte de la fatigue. Dino ne faisait que répondre par monosyllabes, et sa femme et son ami se jetaient des regards étonnés. Ils savaient que Dino n'était certes pas loquace mais ils regrettaient qu'il ne fît aucun effort pour rendre sa compagnie agréable. Gaston se mit à présenter le projet du voyage qu'il allait entreprendre aux prochaines vacances. Il irait en Anatolie. Il commença à parler du pays, il aimait bien étaler son savoir. La conversation s'éternisait. Dino était mal à l'aise.

« N'auriez-vous pas un atlas, que je vous montre le périple que j'ai organisé ? »

Mélie Sun se leva et marcha en direction du vestibule, vers le placard où était rangé le livre en question.

Une pensée fulgurante traversa l'esprit de Dino. Mon Dieu ! Le placard !

C'est alors qu'on entendit un grand cri. Dino se leva et s'effondra de toute sa hauteur. Sa tête heurta sa flûte de champagne et les éclats de cristal se fichèrent dans sa chair. Les jets de sang impressionnèrent. On appela une ambulance.

 

Le médecin qui examina et pansa le blessé rassura vite Mélie Sun et Gaston qui avaient accompagné Dino aux urgences de l'hôpital.

« Ce ne sera rien, leur dit-il. Il a repris ses esprits. Les coupures sont superficielles. Son malaise est probablement dû au surmenage. Il sera sur pied demain. Il faudra cependant qu'il se surveille. »

Gaston pensa que Dino était bien loin du burn out. Ils avaient du travail à la mairie, mais pas trop. Ils ramenèrent Dino chez lui. Ils le mirent au lit et le bordèrent en lui prodiguant des paroles encourageantes. Dino se sentit humilié. Il les remercia.

 

Le lendemain matin, après une nuit tourmentée, Dino passa devant l'antiquaire qui aurait bien voulu savoir des choses au sujet de la réaction de Mélie Sun, si elle avait aimé le tableau que son mari lui avait offert. Monsieur Ferrati ne put qu'être bouleversé quand il aperçut la tête de son client. Elle disparaissait sous un bandage, le visage écorché ne laissait voir que des pansements rougis.

« O Madre de Dio ! Elle l'a battu », murmura-t-il avec horreur.

Et il se sentit un peu coupable.

Comme il s'était promis de le faire, Dino attendit patiemment le samedi pour élaborer sa stratégie concernant l'installation du tableau. Mélie Sun s'absentait tous les samedis pour rendre visite à ses deux soeurs qui étaient célibataires et qui, assurait-elle, la recevaient avec plaisir. Dino n'était jamais convié, ce qui lui convenait. Le samedi était à lui tout seul et il jouissait de cette liberté hebdomadaire d'autant plus qu'elle ne s'éternisait pas. Il n'aurait pu se passer de Mélie Sun plus longtemps. C'était une preuve de confiance qu'ils s'accordaient l'un à l'autre, et leurs retrouvailles du dimanche avaient une ferveur érotique renouvelée. Mélie Sun y pourvoyait.

Dino sortit pour faire les courses nécessaires. Il acheta une perceuse adéquate, de grosses vis, deux projecteurs accompagnés de leur appareillage, et, aussitôt muni de son attirail, il se mit au travail. Cela lui prit la journée. Quand il eut fini, et qu'il eut accroché solidement le tableau sur le mur du salon, il se mit à jouer à allumer et à éteindre les projecteurs qui jetaient leurs feux dirigés sur le portrait. L'effet était des plus heureux. Le tableau, à chaque fois éclairé, lui donnait un coup au coeur, délicieux. Dino fut content de lui. Il ne lui restait plus qu'à affronter, le lendemain, à l'instant ultime, le regard de Mélie Sun. Les efforts qu'il avait déployés avaient atténué son angoisse. Il était confiant.

 

Lorsque Mélie Sun revint dans la matinée du dimanche, elle remarqua que son époux avait une attitude particulièrement attentionnée, voire enjouée, comme du temps où il lui faisait la cour. Elle en fut toute contente, émue même, et se rappela l'époque heureuse où tout n'était que prévenances, galanteries et plaisirs. Si elle avait eu un esprit retors, elle aurait pensé que Dino préparait quelque chose à lui dire, de difficilement acceptable, comme de lui faire part d'une demande incongrue, ou de se faire pardonner une indélicatesse, mais Mélie Sun, qui était sans détour, songea que la conduite de Dino voulait atténuer la crainte qu'elle avait eue de le voir si fatigué l'avant-veille, ou lui prouver l'immense joie de la retrouver après son escapade du samedi.

Lorsqu'elle pénétra dans le salon, son étonnement fut à son comble à la vue du tableau qui lui faisait face. Elle se retint de pousser un cri de stupeur. Dino, qui l'observait avec une attention particulière, pour décrypter les signes de son étonnement, se retint de rien dire. Mélie Sun s'assit sur le canapé, en bonne place, en face du portrait, afin de contempler l'oeuvre tout à son aise. Comme elle ne pipait mot et se contentait de regarder, Dino s'impatienta et l'interrogea tout de go.

« Ma chère Mélie, dit-il, que penses-tu de mon acquisition ?

C'est très beau, répondit-elle, laconique.

Mais encore. Ne remarques-tu rien ? ajouta-t-il, impatient de connaître son sentiment, après un silence qui n'en finissait pas.

Ce portrait me ressemble.

À un point... ! soupira-t-il.

Ainsi, l'original ne te suffisait-il pas ? ironisa-t-elle gentiment.

Je n'ai pas pu résister.

Ma foi, tu as bien fait, dit-elle calmement, si cela te plaît.

Dino aurait dû être satisfait de la réaction de sa femme. Il la sentait contente qu'il se fût fait plaisir, et surtout, elle n'avait fait aucune allusion au coût faramineux de la toile, qu'elle devait deviner, forcément. Il se surprit à être frustré qu'elle ne demandât pas plus d'explications au sujet de cette acquisition si peu ordinaire, mais il n'insista pas et dut se contenter de s'asseoir près d'elle sur le canapé. Ils contemplèrent longtemps le tableau de concert et jouirent de son charme.

 

La jeune femme du portrait était d'une beauté peu commune. Ses yeux, peints avec un art accompli, semblaient s'animer au point qu'ils se fixaient sur le couple avec insistance, comme s'ils s'étaient mis à l'épier, à l'interroger même, ce qui donnait l'impression étrange que le personnage était bien vivant et considérait lui-même les observateurs. On saisissait par moments un vague sourire qui s'évanouissait puis revenait derechef si d'aventure on avait posé le regard sur un autre point du tableau. La peau était laiteuse et on aurait eu fort à parier qu'elle était aussi douce que celle de Mélie Sun, tant le grain que rendait la surface finement grenue de la toile était délicat et régulier, et la carnation, rendue par l'habile mélange de couleurs, transparente. La chevelure cuivrée tombait en cascade savante sur les épaules dénudées. Le vêtement aux différentes nuances de rouge, selon qu'il était éclairé ou non, seyait à merveille. Le personnage se tenait debout près d'une table recouverte d'un tapis de velours émeraude qui retombait sur les côtés en plis harmonieux rehaussés de broderies d'or et de glands précieux, tels que surent si bien les tisser les tapissiers flamands. Sur cette table étaient posés la clepsydre et le globe terrestre pour donner la mesure du temps et de l'espace, cadres finis de la vie humaine. Derrière le personnage et disposée en trois-quarts profil, une grande psyché reflétait en abyme, grâce à un autre miroir que l'on devinait lui faire face mais caché à la vue, le corps de l'inconnue, alternativement de demi-profil dos puis de demi-profil face, et cela à l'infini, tout au moins c'est l'impression que donnait l'effet qu'avait su si bien traduire l'artiste. C'était un tour de force, et le regard du spectateur devenait vertige s'il s'y attardait, lorsqu'il tentait d'en découvrir le secret. Tant de détails, tous plus curieux et plus extraordinaires les uns que les autres retenaient si bien l'attention, qu'il était naturel de se laisser prendre à les admirer, à s'extasier même ; en outre on ne pouvait se soustraire à l'envie d'en comprendre la génèse et l'exécution.

Dino et Mélie Sun restèrent ainsi longtemps, assis côte à côte, sachant que le bonheur qu'ils éprouvaient à la vue du tableau ne s'épuiserait jamais.

 

L'habitude les prit de s'installer devant lui chaque soir, après que Dino fut revenu de son travail. Parfois un sentiment de tendresse très fort les unissaient. Ils se prenaient la main, émus et ravis, jusqu'à y ressentir les pulsations de leurs coeurs battant à l'unisson. Seul le samedi laissait Dino dans la solitude. Il en fut contrarié, allez savoir pourquoi, et il devint de plus en plus nerveux au fil du temps.

Un soir, alors que le bonheur semblait devoir régner à jamais dans le foyer tranquille, un malencontreux incident fut le début d'un drame dans lequel Dino Marin allait s'enfermer, pour son malheur et celui de Mélie Sun. Pourquoi l'ombre du Malin avait-il choisi ce havre d'entente et de douceur pour y fondre et y poser sa main griffue qui devait s'insinuer dans les chairs et les coeurs ? Nul n'aurait su le dire. Il suffit qu'un poison, que l'on nommera doute ou fièvre délirante, s'abattît soudain, sans crier gare, sur le pauvre Dino, qui n'en sut jamais trouver l'antidote.

Tu brûles de connaître, cher lecteur, l'instant fatal qui fit basculer le destin de nos deux héros. Je vais m'appliquer à t'en conter l'occurrence, avec autant de vérité et d'impartialité qu'il m'est possible.

Or donc, un soir que Dino et Mélie Sun prenaient leur moment de plaisir à plonger ensemble dans la beauté mystérieuse du chef-d'oeuvre qui ne cessait de les surprendre et de leur prodiguer ses délices, Dino, malencontreusement, laissa échapper une petite cerise qu'il avait saisie, d'un geste maladroit, de la coupe remplie dont il dégustait le contenu en savourant les fruits croquants, et parfumés, et colorés comme l'étaient les lèvres vermeilles de Mélie Sun. La coquine petite drupe ne se laissa pas rattraper à temps et alla rouler dans un coin du salon, importunant de ce fait Dino qui se décida à la récupérer, malgré le dérangement que lui procura cette initiative, arraché qu'il était à sa jouissance quotidienne. Un homme négligent eût laissé courir, se disant que son épouse ferait place nette lors du prochain ménage, mais l'idée que la petite cerise allait pourrir tranquillement, si l'on ne s'occupait pas d'elle avant longtemps, fut insupportable à Dino. Lorsqu'il s'approcha du fruit rebelle qui avait roulé jusqu'à l'angle du coin, et qu'il voulut s'en saisir, Mélie poussa un soupir, allez savoir pourquoi, ce qui eut pour effet de faire tourner la tête de Dino curieux de voir ce qui se passait. Son regard se posa par un pur hasard sur la toile qu'il voyait maintenant de biais, presque de profil, et le choc qu'il ressentit, en l'apercevant de ce point de vue nouveau, fut indescriptible. Une anamorphose se révélait. Le portrait n'était plus celui qui lui était devenu familier. C'était une sorte d'image à la fois complètement déformée mais obéissant toutefois à des règles parfaitement intelligibles bien qu'elles fussent incohérentes dans ce qu'elles voulaient représenter. L'art consommé du peintre eût forcé l'émerveillement de quiconque. La jeune femme si belle que Dino connaissait, était devenue une créature à demi-serpentine dont la queue était formée d'écailles que donnait l'illusion des reflets multipliés des miroirs. Le visage, bien qu'il gardât une certaine beauté, avait une expression inquiétante tant les éclairs que lançaient les yeux semblaient vouloir foudroyer celui qui le regardait. La fenêtre s'était muée en une fontaine d'où jaillissait une onde bleutée, remplaçant de ce fait les rayons de lumière. Les murs et la table avaient disparu et l'on était maintenant dans un coin de nature où semblaient évoluer deux nymphes évanescentes qui dansaient, gracieuses, autour du personnage mi-femme mi-bête qui fascinait Dino.

« Mélusine, murmura-t-il, Mélusine, est-ce toi ? » Ce faisant, il tourna le regard vers Mélie Sun qui, toujours assise sur le canapé, le regarda, médusée. Elle crut à un moment de folie.

Qu'as-tu donc, mon ami ? lui demanda-t-elle, mais elle comprit qu'il était incapable de s'expliquer. Le choc qu'il avait ressenti ayant anéanti toute pensée logique.

Mélie Sun, Mélusine*...

Il se rappela la réflexion de l'antiquaire : Les anagrammes recèlent souvent un sens caché.

Il se tut pour réfléchir à nouveau, puis il cria à Mélie Sun :

Je sais, je sais maintenant pourquoi tu ne pouvais échapper à ton destin, créature immortelle !

Que veux-tu dire ? murmura Mélie Sun, bouleversée.

Si tu cherchais ton Raimondin* dont la dépouille mortelle a dû depuis des lustres disparaître en poussière, Fée traîtresse, tu l'as trouvé en Dino Marin.

Que dis-tu là ? interrogea à nouveau Mélie Sun qui se rendait compte avec horreur que son époux perdait l'esprit.

Aaaaaah ! Aaaaaah ! continua-t-il, maintenant couché à terre dans le coin de la pièce, les yeux toujours rivés sur le tableau qui lui avait révélé son autre vérité.

Raimondin, Dino Marin... Raimondin, Dino Marin... J'ai compris, perverse. J'ai compris pourquoi tu m'as choisi. Ne faut-il pas qu'au fil des siècles tu trouves pour compagnon un Raimondin, fût-ce un Dino Marin ? Ah, Mélusine ! Qu'importe qu'il soit laid ! Qu'importe qu'il soit borné ! Qu'importe qu'il soit petit ! Qu'importe qu'il me ressemble ! Personne d'autre que moi n'aurait pu faire l'affaire ! Tu me disais que tu m'aimais. Fadaises ! Tu t'es accrochée à moi pour perdurer. N'y avait-il aucun autre anagramme de Raimondin de par le monde pour que tu lui fasses son affaire ? Non ? Personne d'autre de par le monde ! Je sais maintenant ce qui se passe dans ton corps quand tu t'en vas. Qui donc ignore que le samedi est le jour maudit de Mélusine ? Mélusine ! Tu reprends ta forme primitive de reptile repoussant et tu te caches aux yeux de tous qui t'abhorreraient s'ils connaissaient ton secret. Mélior et Palestine ! Ne sont-ce pas les fées qui t'accompagnent à la Font de Sé, la Fontaine de soif ? Tes soeurs ? Tes prétendues soeurs, oui ! Ah ! Que de mensonges depuis le jour où je t'ai connue ! Faut-il que je te haïsse aujourd'hui après t'avoir tant aimée !

Mon pauvre ami, mon cher ami, murmura Mélie Sun complètement désemparée, anéantie par la tournure que prenaient les événements.

Elle se décida à téléphoner à Gaston qui lui serait de bon conseil. Il arriva, trop content de rendre service à Mélie Sun et de mériter sa confiance.

Le pseudo-Raimondin s'était lové, tout recroquevillé, dans son coin. On eût dit que son corps avait diminué de moitié, si grand était son désir de disparaître aux yeux de sa femme.

En deux mots, Mélie résuma l'affaire.

« Es-tu donc Mélusine ? l'interrogea Gaston. »

Mélie Sun fit mine de tomber des nues quand elle entendit cette ineptie. Elle dut nier. Gaston se mit en devoir de faire entendre raison à l'insensé dont le corps se rétrécissait et se desséchait à vue d'oeil jusqu'à devenir une sorte de cafard aux élytres noires qui craquaient à chaque centimètre perdu. Mélie Sun ne put s'empêcher de songer à la Métamorphose kafkaïenne. Elle se frotta les yeux pour y voir plus clair. Non, elle rêvait. Ce n'était pas possible. L'histoire terrible que lui avait racontée Dino l'avait ébranlée. Une chose était réelle : Dino ne voulait pas sortir de son coin dont il épousait les angles droits avec une plasticité étonnante.

« Si tu ne sors pas d'ici, lui ordonna Gaston, nous serons obligés d'appeler les secours psychiatriques. »

Mais lui et Mélie Sun hésitaient à employer les grands moyens et ils restèrent toute la nuit à le veiller. Ils ne jetèrent aucun regard au tableau en oblique, croyant qu'il n'était pas nécessaire de donner du crédit aux élucubrations vociférées par Dino qui les suppliait, mais sans succès, de se rendre compte par eux-mêmes de ce qu'ils pouvaient constater si facilement. Ils ne tournèrent jamais la tête. La fureur de Dino augmentait d'autant plus qu'ils avaient, sous le nez, la preuve qu'il ne mentait pas.

Au petit matin, après une nuit sans sommeil, Dino demanda :

« Quel jour sommes-nous, Mélie ?

Nous sommes samedi, répondit-elle.

Dino, ébaubi, la regarda en s'exclamant :

Samedi ? Et tu es là ? Est-ce possible ? Tu es là ! Est-ce possible ?

Gaston murmura tout doucement dans le cou de Mélie Sun, sans que Dino pût l'entendre :

Tu te trompes Mélie, nous sommes vendredi.

Quelle importance cela a-t-il ? murmura-t-elle à son tour. »

Dino, lui, aurait su.

 

 *La fée Mélusine et son mari Raimondin

>> Mélusine (fée) — Wikipédia

>> Anamorphose — Wikipédia

 

>> CONTES, NOUVELLES ET POÉSIES DE MAMIEHIOU

 

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 13:57

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Scène de la vie ordinaire

 

Anaëlle et Léon

 

Léon— Oui, je sais, tu as toujours raison !

Anaëlle— Mais regarde. Tu veux mettre ton carton dans ce placard étroit et tu le tiens de telle sorte qu'il ne pourra pas rentrer. Voyons ! Présente-le donc verticalement et le plus petit côté d'abord. Tu arrives à me donner le vertige à te voir tout ce temps juché sur l'escabeau.

Léon— Ouais !

Anaëlle— Tu vois, il est rentré sans problème.

Léon— Ouais !

Anaëlle— N'avais-je pas raison ?

Léon— Ouais, tu avais raison, comme toujours ! C'est ce que tu crois, Anaëlle.

Anaëlle— Et pourquoi ne réfléchis-tu pas avant de faire quelque chose ?

Léon— Arrête ! Tu veux bien ? J'aimerais réfléchir si tu m'en donnais le temps.

Anaëlle— Je te donne des conseils et ça ne te plaît pas. Je veux simplement te rendre service.

Léon— Bon, tu m'as rendu service. Ça suffit.

Anaëlle— Et tu ne me dis jamais merci.

Léon— Ça va Anaëlle, merci !

Anaëlle— Comme j'aimerais que tu sois autonome... et responsable ; je ne serais pas toujours aux aguets.

Léon— Tu crois que tu as raison de toujours épier ce que je fais, et moi, je sais que tu as tort. Je ne suis plus un enfant. Il est temps que tu me laisses penser et agir par moi-même.

Anaëlle— Je vois que tu fais la tête. C'est un comble !

Léon— Parfois, j'aimerais que tu ne m'aides pas.

Anaëlle— Tu es injuste. Tu serais resté une heure à tourner et retourner le carton dans tous les sens. Tu te serais énervé. Tu n'aurais pas compris qu'il fallait le présenter verticalement pour qu'il rentre dans son logement.

Léon— Dis-moi carrément que je suis stupide.

Anaëlle— Je ne dirais pas cela. Je sais bien que tu n'as jamais été bon en géométrie, en géométrie dans l'espace, qui plus est.

Léon— Écoute, ce n'est pas à mon âge que je vais m'améliorer, et ce n'est pas la première fois que tu me fais cette remarque. Si tu me laissais agir seul, je suis sûr que j'arriverais à mes fins.

Anaëlle— Quand tu as vu qu'engager le carton comme tu le faisais, ça ne marchait pas, au lieu de t'obstiner, tu aurais pu le tourner d'un autre côté. Tu pourrais quand même faire un effort.

Léon— Ce n'est pas la peine de me seriner que je mets plus longtemps que toi à faire les choses.

Anaëlle— Les choses simples, reconnais-le.

Léon— On ne va pas en parler toute la journée. Passons à autre chose.

Anaëlle— À une autre chose simple, tu veux dire. Eh bien, tu pourrais maintenant ranger l'escabeau dans la loggia.

Léon— Bien.

Anaëlle— Tu n'allais pas le laisser là. Je suis sûre que tu l'aurais oublié et il aurait gêné le passage.

Léon— Je vais le ranger.

Anaëlle—Fais attention aux lampes, Léon, tu risques de les heurter avec l'escabeau.

Léon— Ah, je sais bien qu'il y a des lampes, ce n'est pas la peine de me le dire.

Anaëlle— Je préfère t'avertir avant que le mal ne soit fait. Tu m'en as cassé deux la semaine dernière.

Léon— Mais je le sais maintenant ; je fais attention.

Anaëlle— Regarde comme tu mets l'escabeau ! On ne pourra plus passer pour étendre le linge.

Léon— C'est la loggia qui est trop petite.

Anaëlle— Mais si tu glisses l'escabeau au fond, il ne gênera pas.

Léon— Je sais, je sais, tu as toujours raison.

Anaëlle— Use your head !

Léon— Qu'est-ce que tu marmottes, je n'y comprends rien.

Anaëlle— Utilise tes neurones !

Léon— Je ne dois pas en avoir autant que toi. C'est ce que tu insinues ?

Anaëlle— Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit ; mais j'aimerais que tu regardes avec un peu plus d'attention le monde qui t'entoure. Tu aurais plus de prise sur lui.

Léon— Nul besoin que je le fasse puisque tu le fais pour moi. Tu vois, je me plie à ton autorité, avec une parfaite docilité, reconnais-le.

Anaëlle— Cesse tes sarcasmes. Je ne serai peut-être pas toujours là.

Léon— Je me retiens de te dire ce que je pense.

Anaëlle— Ne t'inquiète pas, mon chéri, je ne te quitterai pas. Tant que je serai en ce monde je resterai prête à te porter secours. Mais qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi mets-tu l'escabeau près de la fenêtre ? Elle est ouverte ! Fais attention ! Tu n'as pas besoin d'y grimper dessus ! Attention Léon ! Tu vas tomber Léon ! Attention !

Léon— No te preocupes !

Anaëlle— Léon ! Léon !

Léon— Là, tu n'as pas raison de crier, Anaëlle. Je veux simplement enlever une toile d'araignée. Qu'est-ce que tu crois ?

Anaëlle— Je crois que je ne peux pas te laisser une minute sans surveillance.

Léon— Et si je faisais tout cela pour que tu t'occupes de moi, Anaëlle, et pour mesurer à quel point tu m'aimes ?

Anaëlle— Ma parole, je croyais que tu ne voulais plus que je t'aide en quoi que ce soit !

Léon— Bien au contraire, Anaëlle, je ne peux pas me passer de toi.

Anaëlle— Natura nihil facit frustra.

Léon— Quésako ?

Anaëlle— La nature ne fait rien en vain, Léon.

 

♥ ♥ ♥

 

La Dialectique éristique — Wikipédia :

La dialectique éristique est l'art de la controverse. Cet art repose sur la distinction entre la vérité objective d'une proposition et l'apparence de vérité que cette proposition peut prendre aux yeux des disputeurs et des auditeurs. La finalité de cet art est de fournir des moyens pour parvenir à cette dernière apparence, afin de convaincre les auditeurs que l'on a raison, même si l'on a objectivement tort.

 

Passez un moment à lire Schopenhauer, vous ne le regretterez pas.

Arthur Schopenhauer : "L'art d'avoir toujours raison" PDF

L'Art d'avoir toujours raison – Wikisource

 

Sur ce blog : d'autres scènes de la vie courante

Prunille et Théo, un couple bien ordinaire
Accord des participes passés

 

Maman et Papa Faichouin*

Les homophones a, as, à, ah, ha


Les célibataires, Arnolphe et Isidore
Compléter par à, de ou rien


Un professeur qui n'en peut mais
participe présent, adjectif verbal, ou gérondif


Du coeur et de l'ardeur d'apprendre

du, dû, due, dues, dut, dût

 

Jo le rebelle

La dérivation - Les suffixes

 

Les confidences de Sidonie Lalèche

Ne pas confondre les homophones : leur, leurs, l'heure, leurre et l'heur

 

Tonton et Jeannot

Les noms qui se terminent par au, aux, aus, eau, eaux, eu, eux, eus, oeu, oeux, ou, oux, ous

 

Le petit chat de Madeleine est parti

Verbes se terminant par I, IE, IS, IES, IT, ou ÎT

 

Léo n'aime plus Léa

Savoir dire NON > Non ! Ah ça non ! Mais non ! Non mais ! Mais pourquoi non ? p'têt ben qu'non. Que nenni !

 

L'insoutenable Alphonse

Je ne marche pas, je ne vois point, je ne mange mie, je ne bois goutte

Les divers emplois de NE

 

Suite : D'autres petites histoires de mamiehiou

et aussi : CONTES, NOUVELLES ET POÉSIES DE MAMIEHIOU

 

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 17:58

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Les oeufs

 

Pourquoi choisir d'en manger ?

Cela ne fait aucun doute, les oeufs nous apportent leurs protéines, leurs oligo-éléments, leurs vitamines. Ils contiennent, entre autres, du fer, du phosphore, de la vitamine D (pour les os) de la vitamine A (pour la vision)

Leur protéine (l'ovalbumine) est excellente et de loin la moins chère de toutes !

Le cholestérol du jaune d'oeuf — quoi que certains esprits chagrins en disent — ne peut être responsable d'hypercholestérolémie, puisqu'il ne contient pas de graisses saturées. Brisez les idées reçues !   

Et il est reconnu que les oeufs, mangés en quantité raisonnable, ne font pas grossir.

Lire :

Oeufs: brisez les idées-reçues ! - Doctissimo

 

On les trouve partout, dans les préparations, les sauces, les gâteaux, les recettes diverses.

Deux oeufs équivalent à un steak de 100 gr., avec 150 calories.

Les oeufs, quand on les aime, c'est délicieux.

 

Et les bébés ?

On peut donner le jaune d'oeuf cuit à partir de six mois, l'oeuf entier à partir d'un an.

Propos recueilli au Magazine de la santé du 14 octobre 2011.

 

Comment les choisir ?

D'où viennent les oeufs ?

Je ne vous parlerai pas du problème crucial, au temps jadis, de savoir lequel a précédé l'autre, de l'oeuf ou de la poule. Nombre de philosophes se sont cassé les dents devant ce paradoxe aussi ardu dont parlait déjà le Milindapañha dans les trois premiers siècles de notre ère.

Autant se demander si Adam avait un nombril.

Mais voilà que je m'égare. Ces préoccupations sont d'un autre âge. Revenons à nos oeufs.

 

Vous êtes à l'épicerie ou au supermarché.

Que lisez-vous qui vous intéresse, sur la boite où ils se nichent ?

Le prix ? La grosseur ? Le jour où ils ont été pondus  ? Jusqu'à quelle date vous allez les manger "frais" ?

Certes, tout cela peut être très utile.

Mais je sais que déjà bon nombre d'entre vous traquent le petit numéro inscrit sur la coquille même : de 0, 1, 2, ou même 3 !

 

Inscriptions sur la coquille :

0, oeufs issus de la culture biologique

1, oeufs de poules élevées en plein air

2, oeufs de poules élevées au sol, enfermées dans un bâtiment  (je retiens ma colère)

3, oeufs de poules élevées en cage  (je retiens mes larmes)

 

Peut-être que si personne n'achetait plus jamais des oeufs estampillés n°3, les cages disparaîtraient. On peut toujours rêver. Et ceux avec le n°2 aussi, pour que les poules, pendant leur courte vie de chien, voient le soleil.

 

Le fin du fin, ce sont les oeufs Bleu Blanc Coeur, "une agriculture à vocation santé" comme ils disent. Dans ce cas, la nourriture des poules est riche en omégas 3, elle contient des graines de lin. Mais on ne trouve pas ces oeufs à l'achat partout.

Site à visiter :

Bienvenue sur le site de  Bleu-Blanc-Cœur- Oméga 3

 

Autres inscriptions sur la coquille :

Les deux lettres définissent le lieu d'origine, FR France par exemple.

Le code identifie l'élevage d'origine pour une bonne traçabilité.
 

Comment les conserver.

Pour bien faire, les oeufs doivent être consommés dans les 21 jours après leur ponte.

Pour que les échanges gazeux avec l'extérieur soient limités — la bulle d'air étant moins compressée — on les dispose de telle façon que le côté pointu soit en bas.

On les met au frigo (dans la partie la moins froide) ou dans un endroit frais.

On ne lave pas leur coquille qui deviendrait poreuse et l'air chargé de ses millions de bactéries pourrait les contaminer (en salmonelles pour ne citer qu'elles)

Ne laissez pas les oeufs près d'autres aliments à odeurs fortes, comme le poisson ou des fromages. La perméabilité de la coquille laisserait passer ces odeurs dans l'oeuf.

Jetez les oeufs fêlés.

Pour savoir si l'oeuf est plus ou moins frais, on le plonge dans l'eau (salée de préférence). Plus il surnage et plus il est vieux car la bulle d'air qu'il contient a grossi - et plus l'albumine s'étale (le blanc de l'oeuf) quand on le casse dans un récipient.

Œuf (cuisine) – Wikipédia

 

Comment les cuisiner

Le blanc d'oeuf cru est indigeste. Pas de problème avec le jaune cru (exemple dans la mayonnaise)

 

On cuisine les oeufs non pas froids mais à température ambiante. Sortez-les du frigo un moment avant de les préparer.

 

Je n'énumérerai pas les différents modes de cuisson, ni les façons d'apprêter les oeufs. Mille sites vous aideront à vous régaler.

Seulement un ou deux trucs utiles :

L'oeuf à la coque doit être parfaitement frais. Vous êtes à la campagne ? Faites un oeuf coque le jour où il est pondu. Au bout de trois jours, il risque d'être laiteux.

Lavez les coquilles avant de les mettre à cuire. Frottez les taches avec un peu de sel fin si elles résistent. Les oeufs doivent être nets.

Mettez suffisamment d'eau dans la casserole pour que les oeufs soient recouverts (un demi-litre d'eau pour deux oeufs).

Il existe plusieurs procédés de cuisson. Je vous en donne un :

Mettez les oeufs dans la casserole d'eau froide. Placez-la sur feu vif. Quand l'eau est en pleine ébullition, la cuisson est à point.

 

Il est difficile de réussir des oeufs sur le plat dans une poêle car la chaleur n'atteint l'oeuf que par le dessous. La cuisson devant atteindre toutes les parties de l'oeuf et cela uniformément, la meilleure méthode est de le cuire au four. Ce que l'on appelle "oeuf au miroir" vient de l'aspect miroitant du jaune légèrement laiteux.

Le plat choisi, en porcelaine à feu, doit être de dimension proportionnelle au nombre d'oeufs à cuire pour que le blanc ne s'y étale pas en une mince couche, il serait trop vite cuit par rapport au reste.

Faites chauffer quelques instants votre plat avec quelques grammes de beurre. Lorsque le beurre est fondu, cassez vos oeufs et salez le blanc, seulement le blanc. Si vous salez le jaune, il sera parsemé de taches.

Placez le plat dans le four à mi-hauteur et laisser cuire deux à trois minutes.

 

Les oeufs durs ne doivent pas être cuits pendant plus de 9 minutes, sinon, ils sont indigestes. Un oeuf trop cuit est coriace, le jaune se cercle de vert, le blanc sent mauvais.

 

J'ai, parmi mes vieux livres, le Livre de cuisine de Madame E. Saint-Ange édité par la librairie Larousse en 1927, et qui a été réédité en 2005,  précieux ouvrage dont la notoriété dépasse nos frontières et que j'ai reçu en héritage.

On y lit des choses gourmandes merveilleuses dans un style savoureux, et l'auteur nous transmet son savoir-faire inégalé - j'ose le mot.

La table des matières à l'entrée : OEUFS vous enchanterait. On peut y lire  cinquante-et-une façons d'apprêter les oeufs augmentées de celles de confectionner des meringues et autres douceurs... J'aurais eu voulu ici vous donner une ou deux recettes ; mais je ne sais pas si l'ouvrage est dans le domaine public. Il l'est si Madame Marie Ebrard (son mari se nommait Saint-Ange Ebrard) est morte depuis soixante-dix ans. impossible de trouver sur la toile une quelconque biographie de cette géniale cuisinière.

 

Nota bene

Vous rappellerais-je qu'un oeuf est un ovule, que tous les oeufs d'oiseaux ne sont pas ovoïdes, qu'ils tiennent leur forme de leur passage dans l'oviducte par lequel ils passent avant d'être pondus, que les oiseaux sont les descendants des dinosaures, qu'il y a 545 espèces d'oiseaux en France et près de 10 000 dans le monde. Et, si je vous parlais des plumes avec leurs véritables fermetures à glissière (ou fermetures "Éclair" si vous préférez), j'en aurais pour la nuit entière ! 

 

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Textes d'auteurs à retrouver dans la catégorie > Florilège - La pensée des autres

 

Il est des magazines LIRE qu'on a de la peine à oublier

tant il renferment de trésors.

Introductio Le magazine LIRE - Le rêve d'un classement

> Les magazines LIRE de 2005 à 2014 

> Les magazines LIRE de 2015

> Le magazine LIRE 2017- 2016 (SUITE)

En vert, quelques réflexions de Mamiehiou

 

1981                                                        

N° 73 septembre 1981

>> La débâcle de l'orthographe – À qui la faute ?

 

1983

N° 98 novembre 1983

Hélène Carrère d'Encausse, Vincenot, Weyergans, Marie France Garaud, Richelieu...

Sottises et vérités sur la Chine par Simon Leys

"La Chine, pour moi, n'est pas une profession, mais un choix de vie." S. Leys

Extrait

[...]Pierre Rykmans, c'est aussi Simon Leys. Et Simon Leys (dont la force de conviction a laissé quelques traces lors d'un passage à Apostrophe*), c'est la première voix ayant osé avec Les habits neufs du président Mao ( Champ libre) transpercer le mur de l'idolâtrie et de l'imbécillité coupable érigé devant la tragique réalité chinoise. En plein délire maoiste de l'Occident, il clame, d'abord dans un silence total puis sous les calomnies, ce que les dirigeants actuels de la Chine reconnaissent eux-mêmes, en partie : la soi-disant Révolution Culturelle dont la nouveauté la plus radicale reste encore d'avoir apporté une variante inédite dans l'ordre de la coercition totalitaire fut un gigantesque massacre au sens propre comme au sens figuré. Maniant tour à tour l'analyse précise et la polémique avec un style aux pointes cinglantes dans la lignée de nos classiques, Simon Leys va poursuivre dans Ombres chinoises (Laffont), Images brisées (Laffont) et, tout récemment, La Forêt en feu (Hermann) une entreprise d'hygiène qu'il qualifie de modeste témoignage en vue de rétablir des évidences, mais qui justifie plutôt le jugement de Jean-François Revel, voyant dans son oeuvre celle d'un "observateur, historien, penseur et écrivain chez qui la science et la clairvoyance se mêlent merveilleusement à l'indignation et à la satire".

*Extrait du passage de Simon Leys à Apostrophe "Les intellectuels face à l'histoire du communisme" :

VIDÉO : Polémique sur le plateau avec Maria Antonietta Macciocchi, sinologue.

[Dans une étude inédite que Simon Leys vient de terminer sur George Orwell, dont le vrai nom était Eric Blair, on trouve cette observation d'un critique : "Quand un écrivain choisit un autre nom pour son moi qui écrit, il fait bien plus qu'inventer un pseudonyme : il nomme, et dans un sens il crée, son identité imaginaire"]

En marge de l'entretien de Simon Leys avec Pierre Boncenne, on peut lire les "sottises", entre autres, du Parti Communiste, de Simone de Beauvoir, de François Mitterrand, de Jules Roy, d'Alain Peyrefitte, de Roger Garaudy, de Pierre-Jean Rémy, de Roland Barthes, Maria Antonietta Macciocchi, Philippe Sollers, Julia Kristeva...

Je relève ci-dessous les "sottises" de François Mitterrand et d'Alain Peyrefitte.

François Mitterrand

François Mitterrand qui visite la Chine en 1961 en ramène un livre intitulé La Chine au défi (Julliard). Le destin de l'équipe dirigeante lui inspire cette prédiction bien imprudente : "Quand Mao disparaîtra, la succession sera assurée. La révolution chinoise ne ressemble pas à ces complots montés autour d'un personnage prestigieux, ambitieux et qui se juge indispensable."

Alain Peyrefitte

Quelques années après Jules Roy, Alain Peyrefitte, auteur du bestseller Quand la Chine s'éveillera, reprendra et développera la thématique de la Chine, pays radicalement différent. Et il dira notamment : "Les libertés ? Les Chinois n'en ressentent pas la privation, parce qu'ils ne les ont jamais pratiquées."

1985

N°112 janvier 1985

Mes voeux choisis pour 1985 à vous tous, 664000 lecteurs de LIRE, et mes remerciements pour votre fidélité. Bernard Pivot

Les carnets de Bernard Pivot

1985, année des premiers championnats d'orthographe. Loin de moi l'idée que ce concours national de la dictée sera l'événement le plus important des mois à venir, mais il en sera l'une des manifestations culturelles les plus originales et les plus divertissantes. La défense du français tel qu'on doit l'écrire est une grande cause et y participer procurera, j'en suis persuadé, des émotions de qualité. […]

Les 20 meilleurs livres de l'année

1-Matisse par Pierre Schneider

2-L'amant par Marguerite Duras,

Prix Goncourt, bien sûr. Meilleur texte de littérature de l'année, sans aucun doute

3-L'insoutenable légèreté de l'être par Milan Kundera

4-Voix dans la nuit par Frédéric Prokosch

5- 45 ans de dessins par Ronald Searle

6-Néropolis par Hubert Monteilhet

7- Le silence du corps par Guido Ceronetti

8- Avec mon meilleur souvenir par Françoise Sagan

9- les mouvements de mode expliqués aux parents par H. Obalk

10-Tchekhov par Henri Troyat

après Dostoïevski, Pouchkine, Lermontov, Tolstoï et Gogol, Anton Tchekhov est le 6e géant de la littérature russe que notre prolixe académicien passe au crible de son regard exercé de biographe. Un extrait dans LIRE n° 111, décembre 1984.

11- la mort volontaire au Japon par Maurice Pinguet

12 – Rimbaud en Abyssinie par Alain Borer

Un Sieur Rimbaud se disant négociant par Alain Borer

13- L'enfant chat de Béatrix Beck

14- La place par Annie Ernaux

15- Souvenirs de Pologne par Witold Gombrowicz

16- Amoureuse Colette par Geneviève Dormann

17- Confession véridique d'un terroriste albinos par Breyten Breytenbach

18- La recluse par Jacques Doyon

19- Alexis de Tocqueville 1805-1859 par André Jardin

20- Le sourire du chat par François Maspéro

Extrait : Victor Hugo par Alain Decaux

Début 1830, tout Paris attend la « première » d'Hernani, la nouvelle pièce de Victor Hugo. Les tribus romantiques sont prêtes à affronter les classiques. Mais la bataille promet d'être rude...

25 février 1830. Impossible de ne pas s'émouvoir en lisant les lignes que Théophile Gautier a écrites quelques mois avant sa mort, alors qu'il luttait contre l'affreuse maladie qui allait l'emporter : « Cette date reste écrite dans le fond de notre passé en caractères flamboyants : la date de la première représentation d'Hernani . Cette date décida de notre vie. »

Extraits :

L'enfant, le sang et l'espoir par Buchet et Chastel

La France contre la France par Anne-Marie et Jean Mauduit

La double vie de Salvador Dali par Pierre Ajame

la mort volontaire au Japon par Maurice Pinguet

Les animaux ont une histoire par Robert Delort

La gloire de Dina par Michel del Castillo

Poésie : les partis-pris de Jean-François Revel. Une anthologie de la poésie française que Jean-François Revel n'a pas voulu concevoir comme un musée mais comme une collection particulière.

 

  Charles Baudelaire (1821-1867)

 Moesta et errabunda

Dis-moi, ton coeur parfois s'envole-t-il, Agathe,
Loin du noir océan de l'immonde cité,
Vers un autre océan où la splendeur éclate,
Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ?
Dis-moi, ton coeur parfois s'envole-t-il, Agathe ?

La mer, la vaste mer, console nos labeurs !
Quel démon a doté la mer, rauque chanteuse
Qu'accompagne l'immense orgue des vents grondeurs,
De cette fonction sublime de berceuse ?
La mer, la vaste mer, console nos labeurs !

Emporte-moi, wagon ! enlève-moi, frégate !
Loin ! loin ! ici la boue est faite de nos pleurs !
- Est-il vrai que parfois le triste coeur d'Agathe
Dise : Loin des remords, des crimes, des douleurs,
Emporte-moi, wagon, enlève-moi, frégate ?

Comme vous êtes loin, paradis parfumé,
Où sous un clair azur tout n'est qu'amour et joie,
Où tout ce que l'on aime est digne d'être aimé,
Où dans la volupté pure le coeur se noie !
Comme vous êtes loin, paradis parfumé !

Mais le vert paradis des amours enfantines,
Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,
Les violons vibrant derrière les collines,
Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets,
- Mais le vert paradis des amours enfantines,

L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,
Est-il déjà plus loin que l'Inde et que la Chine ?
Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs,
Et l'animer encor d'une voix argentine,
L'innocent paradis plein de plaisirs furtifs ?

 

 Pierre de Ronsard  (1524-1585)

L'an se rajeunissait en sa verte jouvence

L'an se rajeunissait en sa verte jouvence
Quand je m'épris de vous, ma Sinope cruelle ;
Seize ans estoyent la fleur de vostre âge nouvelle,
Et vostre teint sentoit encore son enfance.

Vous aviez d'une infante encor la contenance,
La parolle, et les pas ; vostre bouche estoit belle,
Votre front et vos mains dignes d'une Immortelle,
Et vostre oeil, qui me fait trespasser quand j'y pense.

Amour, qui ce jour-là si grandes beautez vit,
Dans un marbre, en mon coeur d'un trait les escrivit ;
Et si pour le jourd'huy vos beautez si parfaites

Ne sont comme autresfois, je n'en suis moins ravy,
Car je n'ay pas égard à cela que vous estes,
Mais au doux souvenir des beautez que je vis.

N°113 février 1985

Enquête et portraits

Ces acteurs qui savent aussi écrire – Simone Signoret, Dirk Bogarde, Leslie Caron, Marie-France Pisier, Odette Joyeux, Peter Ustinov, Micheline Boudet, Nicole Calfan, Sam Shepard, Woody Allen, Roland Dubillard.

Au peigne fin par André Rollin : Portrait du joueur par Philippe Sollers

Extraits

Lincoln par Stephen B. Oates

Le grand fumeur et sa passion par Odile Lesourne

Le miroir qui revient par Alain Robbe-Grillet

En 1961, le pape du nouveau roman sort indemne d'une catastrophe aérienne. Il n'échappera pas à l'esprit polémique de critiques l'accusant d'avoir raconté cet accident dans le style le plus classique.

« Je n'ai jamais parlé d'autre chose que de moi. Comme c'était de l'intérieur, on ne s'en est guère aperçu. »

Premiers éveils de l'homme par Louis-René Nougier

Anatomie du pouvoir par J. K. Galbraith

Méchant par Jean-Marc Roberts

L'arbre et le fruit par Jacques Gélis

Pour un nouveau-né, le choix d'un prénom marque le véritable acte de naissance. L'histoire montre que cette décision correspond souvent à des traditions ou à des modes et très peu au hasard.

Document : Petits noms et grandes personnes

Léon Schwarzenberg et Léo Malet parlent de leur prénom : Léon. L'un l'aime, l'autre pas et le trouve même, comme Gaston, un peu con.

Articles connexes dans ce blog

La naissance de Victor Hugo - Deux noms prédestinés : Victor et Hugo par Alexandre Dumas

& Le nom de famille – Le prénom – Le surnom – Le pseudonyme 

N°114 mars 1985

Vous écrivez ? Comment vous faire publier. Les manuscrits, les éditeurs, les droits d'auteur, les pièges... et nos conseils pratiques.

Interview Georges Dumézil

Mondialement connu pour ses études sur les indo-européens qui ont révolutionné l'histoire des religions et des sociétés anciennes, Georges Dumézil continue, à 87 ans, ses recherches. Pierre Assouline lui a demandé de retracer son extraordinaire itinéraire intellectuel.

G. D.- « Je souhaiterais vivre cent ans de plus pour voir ce que deviendra la science mais pas une minute de plus pour voir ce que deviendra l'histoire dont je n'attends rien. »

« Un seul homme au monde parle la langue oubykh. Ce paysan turc, que j'ai fait invité au Collège de France, est devenu mon collègue »

« Ma seule raison de vivre, c'est de réfléchir et de comprendre. Quand je ne pourrai plus, je souhaite qu'on m'aide à partir. »

Ces merveilleux livres-objets et leurs drôles d'éditeurs

Des livres à lire, à voir et à toucher. Conçus par des artisans-éditeurs passionnés du papier et de la typographie.

Au peigne fin par André Rollin : Le septième ciel par Jacques Lanzmann

Extraits

Moi, ta mère par Christiane Collange

Droit de réponse à l'un de ses fils : Moi, ton fils

Les Français et l'ancien régime par Pierre Goubert & Daniel Roche

Les meilleurs amis du monde par Raymond Castans

Le cerveau binaire par David Ritchie

Brummel par Jacques Langlade

Hommes et femmes par Annie Leclerc

Fortitude par Larry Collins

Lire document : La leçon de dessin du professeur Frédérique

Divertissement loufoque d' André Frédérique

Le Tour du Monde en 25 questions par Betty der Andreassian

Je vous en donne quelques-unes :

2-Ce peintre qui, avec Velasquez et Goya domine la peinture espagnole, n'est pourtant pas né en Espagne. Quel est son nom et d'où est-il ?

3- En 1835, Alexandre Dumas fait, sous un nom d'emprunt un voyage qui, quelques années après, donnera naissance à l'un de ses livres où excelle le plus son talent d'observateur et son génie de conteur mais qui restera pendant plus d'un siècle ignoré par le public. Quel est le titre de ce livre récemment republié ?

5-Vous vous embarquez pour une traversée sur la mer Egée. A quel dieu vous en remettre ?

9-Le naufrage du Saint-Géran sur les côtes de l'Ile de France inspira un ouvrage. Lequel ?

25- Qu'appelle-t-on Colonnes d'Hercule ?

Réponses

2-Le Greco est né près de Candie (Heraklion) en Crête

3-Alexandre Dumas – qui s'est vu refuser son sauf-conduit – se rendra sous le nom du peintre Guichard à Naples où il résidera. Le titre de son livre, le Corricolo, est le nom d'une voiture tirée pas deux chevaux – des chevaux morts ! C'est, en fait, le lien idéal entre les différents épisodes, les lieux et les époques dans ce portrait en mouvement de Naples.

5-A Poseidon (Neptune), fils de Cronos et frère de Zeus et de Pluton. Il a mauvais caractère et passe son temps à se disputer l'Attique avec Athéna !

9-L'Ile de France (l'Ile Maurice) fut le témoin du naufrage du Saint-Géran. Cette tragédie allait inspirer à Bernard de Saint-Pierre son roman Paul et Virginie, l'histoire de deux enfants qui ont grandi ensemble sous les palmiers de l'Ile de France, qui s'aiment et sont séparés. Virginie, partie en France, décide de revenir. Mais le Saint-Géran dans lequel elle rejoint l'île fait naufrage. Elle périt sous les yeux de Paul qui l'attend sur le rivage. Il meurt de chagrin...

25-Les Colonnes d'Hercule, c'est le détroit de Gibraltar. [...]

N°115 avril 1985

La culture des jeunes par Hector Obalk

Comment mieux connaître la culture des jeunes ? Qu'ont-ils appris au juste ? Quelle forme de sensibilité manifestent-ils ?

Il est communément admis que la civilisation a commencé il y a plus de cinq mille ans avec l'invention de l'écriture. Pour les jeunes, on peut parier qu'elle commence dans les années trente ; avec le début du parlant. Et on peut même dire qu'avant 1925 , le passé sombre pour eux dans la préhistoire des siècles sans images ou plutôt sans cinéma. Renaissance, Moyen Âge, XVIIIe siècle se confondent dès lors, dans une sorte d'ailleurs indistinct. » [...]

Note de Mamiehiou.- Je ne suis pas sûre qu'aujourd'hui, en 2015, les choses aient bien changé. Peut-être sont-elles pires ; l'enseignement de l'histoire a laissé peu de traces dans les mémoires de nos jeunes d'aujourd'hui. Ceux qui ont moins de quarante ans, si tant est qu'ils ne se soient jamais intéressés à l'histoire après leurs années lycée, sont souvent incapables de se remémorer l'ordre chronologique des mouvements historiques et ne sauraient pas placer le nom des grands personnages sur la ligne du temps.

Au peigne fin par André Rollin : La Pompéi par René-Victor Pilhes

Extraits

Machiavel par Giuseppe Prezzolini

suivi de Machiavel vu par Maurice Merleau-Ponty, Jean Giono et Raymond Aron.

La Cité de la joie par Dominique Lapierre

Au nom de la loi par Guy Thomas

Le propre et le sale par George Vigarello

L'Elysée de Mitterrand par Michel Schifres & Michel Sarazin

La planète vivante par David Attenborough et Jean Dorst

Retrouvailles, une nouvelle de Vladimir Nabokov extraite de Détails d'un coucher de soleil

Jeux (extrait) A partir de 3 définitions proposées, on demande de retrouver le sens de : nosophobie, éreuthophobie, photophobie, agoraphobie.

 uvreté, Sylvie Péju

N°116 mai 1985

Gouverner sans écrire, impossible. Les livres des hommes politiques de la Ve République. Style. Intérêt. Impact. Enquête de Pierre Assouline avec la participation de Pierre Boncenne

Cinquante hommes politiques sont passés au crible.

Les auteurs ont donné une notation à leur style.

*** style remarquable ; impact exceptionnel ; intérêt historique.

** Style original ; impact marquant ; intérêt indiscutable.

*Style correct ; impact honorable ; intérêt documentaire.

° style inexistant et livre-magnétophone ; impact restreint, intérêt à peine circonstanciel.

Comme on pouvait s'y attendre, Charles de Gaulle frise l'excellence : ***style remarquable ; ***impact exceptionnel ; ***intérêt historique.

Edgar Faure le suit de près : ** Style original ; **impact marquant ; ***intérêt historique

« J'ai du génie, mais je ne suis par sûr qu'il soit nécessaire » E. F.

François Mitterrand ***,**,**, évidemment.

Michel Jobert n'est pas mal non plus :***,**,**

Alain Peyrefitte : **,***,**

Je ne reproduis pas ici le nom des politiques qui ont des °.

Ils ont dû bien souffrir quand ce numéro de LIRE est paru.

Alain Duhamel, Le Complexe d'Astérix

Si les hommes politiques français affectionnent d'être présentés comme auteurs, les intellectuels, eux, ne sont pas les derniers à prendre parti de façon péremptoire. Mais la dictature idéologique des maîtres-penseurs touche peut-être à sa fin

Au peigne fin par André Rollin : Les rats par Bernard Franck

Une interview d'Antoine de Gaudemar : Claude Michelet

« La vie Parisienne ne m'a jamais manqué. Être loin, c'est ce qui fait ma force, mon indépendance. Je resterai chez moi, en Corrèze. » Les Promesses du ciel et de la terre.

Extraits

Croquis de mémoire par Jean Cau

Une enfance irlandaise, Sean o'Casey

Edmond et Jules Goncourt, Wanda Bannour

Jules était de huit ans le cadet d'Edmond. Mais dans le monde, comme dans leur fameux journal, ils furent deux frères inséparables.

« Juledmond » reste un cas étonnant de génie androgyne.

Lire Documents : Frères et sœurs en littérature

Un monde à part Gustaw Herling

Lire doc. : Un manuscrit à part

La légende Bloodsmoor, Joyce Carol Oates

Scènes de la grande pauvreté, Sylvie Péju

   N°117 juin 1985

Enquête : les écrivains pour ou contre la photographie

Au peigne fin par André Rollin : De Guerre lasse par Françoise Sagan

F. Sagan - De temps en temps, ça m'arrive de me dire : « Oh flûte, quelle idée d'être devenu adulte ! Qu'est-ce que j'ai appris ? Quelle barbe ! J'aimerais être irresponsable, être cachée sous les jupes de ma mère. J'ai envie d'herbe fraîche, j'ai envie de ma mère, de mon père. D'avoir dix ans et de n'être au courant de rien.

Extraits

L'Université peut mieux faire par Henri Tezenas du Moncel

Louis XVI par Evelyne Lever

Lire document : Marcel Jullian défend Louis XVI

Chasseurs de têtes par Didier Pourquery

Le lumineux destin d'Alexandra David-Neel par Jean Chalon

Septembre 1923. À 55 ans, Alexandra David-Neel sera la première femme occidentale à pénétrer à Lhassa, la ville thibétaine interdite aux étrangers.

Lire doc. : Deux aventurières sur les traces d'Alexandra David-Neel, E. Coquet et A.F. Dauteville.

Les Trois-chênes par Maurice Denuzière

La vérité du ministre par A.A. Diallo

Comment Umberto Eco a écrit Au nom de la Rose

Avec Au nom de la Rose, roman policier historique bourré de clins d'oeil culturels et constamment drôle, Umberto Eco a acquis une audience internationale. En sa diabolique compagnie et celle des moines, des millions de lecteurs ont vécu dans une abbaye bénédictine durant une semaine de l'An de grâce 1327. Aujourd'hui dans une apostille Au nom de la rose, Umberto Eco raconte comment et pourquoi lui, un philosophe sémiologue, a pu écrire un livre devenu un best-seller (bientôt adapté à l'écran par Jean-Jacques Annaud). Une très subtile réflexion éclairant des mystères et donnant des clefs. Mais ne livrant pas, bien sûr, les recettes du succès, aussi impénétrables que les lois du Seigneur.

U. Eco - J'ai écrit un roman parce que l'envie m'en est venue. Je pense que c'est une raison suffisante pour se mettre à raconter. L'homme est un animal fabulateur par nature. J'ai commencé à écrire en mars 1978, mû par une idée séminale. J'avais envie d'empoisonner un moine.

Interview de Pierre Boncenne : William Boyd

Sous les allures séduisantes d'étudiant décontracté, le jeune auteur anglais de Comme neige au soleil cache un métier de romancier hors du commun.

W. B.- En faisant des recherches pour ce roman, je me suis rendu compte qu'à l'époque, en 1914, la presse en Angleterre, sauf The Times, était considérée comme quelque chose de pourri que l'on ne respectait pas. Le métier de journaliste était aussi déprécié que celui de comédienne. C'était un mot presque péjoratif. [...] Mais c'est évident, si j'avais déclaré à mon père, un médecin, mon ambition de devenir écrivain, sans doute aurais-je obtenu le même résultat. D'être un artiste dans une famille écossaise où il y a plutôt des médecins, des dentistes, des ingénieurs, cela paraît encore maintenant assez bizarre.

Jeux de Bernard Laygues [extrait]

Accord : Chaque écrivain, chaque historien, chaque sociologue /a fait/ont fait/ rêver.

Solution : a fait

N°118 juillet & 119 août 1985

Des auteurs très pratiques et très curieux

André Marchand, Daniel Picon, Michel Marin, Daniel Puiboube, Christian Pessey, Pierre Bourge & Jean Lacroux, Michèle et Jean-Claude Lamontagne, Odile Vedier, Paule Vani alias Madame Truc, Henri Limousin, Philippe de Wailly, Jean Bedel.

Au peigne fin par André Rollin : Maria par Cavanna

Cavanna : un nom symbole. Celui d'une génération, celle qui rime avec dérision. Celle de Hara Kiri et de Charlie-Hebdo. Cavanna, ça rime aussi avec saga : celle des Ritals, celle des Russkoffs. Aujourd'hui Maria est, comme l'écrit Cavanna lui-même, le résultat d'un défi. Étonnant !

Cavanna.- Je m'amuse, je fais de la politique fiction ! Comme actuellement tout le monde a la certitude que la gauche va être battue, j'écris le contraire. Par esprit de contradiction ! C'est aussi un souhait de coeur...

Page 48 A propos des femmes : « L'odeur de parfumerie les entoure d'une muraille anti-érotique. »

Extraits

Le grand massacre des chats par Robert Darnton

Conférences de Jorge Luis Borges

Les Indiens par Trévor Fishlock

Le sport à tout prix par le Docteur Henry Salomon

« Rien ne sert de courir... » Alors que jogging ou marathon sont devenus de vraies intuitutions, un cardiologue américain dénonce le mythe de l'exercice physique. Un conseil : Rangez vos survêtements !

Lire document Michel Jazy, La pratique du jogging

En écoutant Cézanne, Degas, Renoir par Ambroise Vollard

Lire document Charles Sorlier

Requiem pour la vie par Léon Schwarzenberg

Le vent du soir par Jean d'Ormesson

Le nouveau roman de Jean d'Ormesson inaugure une saga en trois volets. Si ce roman-fleuve a peu de chance de détrôner Jules Romains et ses Hommes de bonne volonté (27 volumes) dans le livre des records, c'est tout de même à la lecture d 'une superproduction que nous convie l'académicien.

Le vent du soir.- La fête nationale Paraguayenne tombait dans une dizaine de jours. Avec un peu d'embarras, le colonel informa Leurs Excellences que le président les recevrait à cette occasion. Et qu'il aurait à ses côtés mademoiselle Asunción élevée au rang enviable de compagne officielle. Pour marquer cette exaltation un protocole particulier était institué auquel Leurs Excellences étaient instamment invitées à se plier.

[…] passant ensuite devant le trône où siégerait la première dame du pays, ils lui baiseraient le pied en signe d'hommage.

Un silence consterné accueillit la communication du colonel-instructeur. Il dura plusieurs secondes, une dizaine peut-être, ou une vingtaine. Elles parurent une éternité. Il fut rompu bientôt par une tempête de murmures, d'exclamations et d'interpellations.

C'était une mesure inouïe, inacceptable, un ultimatum, un chantage, une provocation inadmissible, une humiliation sans précédent, une déclaration de guerre aux nations civilisées.

Messieurs... disait le colonel, messieurs...

Unbearable ! hurlait le ministre des États-Unis, dont le père s'était battu aux côtés de Washington. Un défi aux droits de l'homme et de la démocratie...

Inacceptable ! renchérissait le Consul de France, jamais depuis 1789 et des immortels principes...

Um Gottes Willen ! éructait le Consul de Prusse. Unerträglich... Unbeschämt...

Per la Madonna ! fulminait l'Italien.

Messieurs... disait le colonel, messieurs...

Extraits

Une enfance à l'eau bénite par Denise Bombardier

Joseph Kessel ou sur la piste du lion par Yves Courrière

Notes sur les manières du temps par Renaud Camus

Journal de Samuel Pepys

Dans la cage de l'ours par Jacques Abouchar

Kant intime par Borowski/Jachmann/Wasianski

Empire du soleil par J.G. Ballard

Lire document : La bombe atomique m'a sauvé la vie

Les dessous de la ville par Francis Masse

N°120 septembre 1985

Les 10 ans de Lire

Modiano, Levi-Strauss, San-Antonio, Le Clézio, F. Giroud, Char, Vargas,Llosa, Duby, Gerber, Dormann, B. Clavel, Vautrin, Tardieu, Dutourd, Dux, Nourrissier, le Roy Ladurie, Schwarzenberg, Simon Leys, Decaux, Ionesco, Zinoviev, Averty, Carrère d'Encausse, etc conseils à un jeune homme qui veut devenir écrivain, par François Nourricier et Robert Laffont

Lire vous offre dix variations autour du chiffre 10

Un vieux proverbe anglais dit qu'une femme est un ange à 10 ans, une sainte à 15, un démon à 40, une sorcière à 80. Ange à 10 ans, soit. Au bel âge le beau chiffre. Sacré, magique depuis toujours : ni les maléfices du 13, ni la chevalerie du 12, ni les mystères troubles du 7, mais la rondeur pleine et paisible du 0 soudée au fer de lance du 1. Sancho Pança et Don Quichotte enfin réconciliés. Dix, c'est la base numérique la plus répandue dans toutes les nations : parce que, partout, l'espèce humaine possède les mêmes appendices ongulés et articulés qui lui permettent de compter non seulement jusqu'à 10, mais même jusqu'à 100000[...] A.J.

Dix conseils à un jeune homme qui veut devenir écrivain, par François Nourricier

Ne vous hâtez pas, ne lambinez pas non plus. Dix-huit ans, c'est tôt ; trente-cinq ans, c'est tard[...]

Assurez vios arrières, Je vous suggère de ne pas tarabuster les éditeurs avant d'avoir écrit deux textes[...]

Ayez un métier. N'espérez pas vivre bientôt ni longtemps de votre plume[...]

Lisez ! Beaucoup de livres et pas trop de journaux. C'est dans les oeuvres des autres et du passé que vous apprendrez votre métier, pas dans les échos[...]

Ne soyez pas à la mode. Soyez éclectique. Soyez naturel[...]

Sachez l'orthographe, la grammaire, la syntaxe comme le savaient les instituteurs et les profs d'il y a cinquante ans[...]

Il n'y a pas d'écrivains sans style. forgez-le vôtre[...]

Ayez de l'hygiène. Bon sommeil. Sexualité joyeuse. Pas d'alcoolisme. Peu de café. Très peu d'amphétamines. Longues marches[...]

Que votre vie privée le soit vraiment[...]

Dix commandements de l'amour courtois, par George Duby

Dix dates de la démocratie française, par Alain Decaux

1748- Montesquieu publie l'Esprit des lois [...]

1751- Publication du premier volume de l'Encyclopédie. Cette immense entreprise voulue par Diderot et d'Alembert avait pour but d'établir "un tableau général des efforts de l'esprit humain dans tous les genres et dans tous les siècles" [...]

1789, 2 octobre- Vote par l'Assemblée Constutuante de la Déclaration des droits de l'homme [...]

1793- Vote de la Constitution de 1793 qui introduit pour la première fosi en France le suffrage universel. Malheureusement, cette constitution n'entrera jamais en application [...]

1830, juillet- Les Trois Glorieuses, en chassant du pouvoir la branche aînée des Bourbons et en lui substituant Louis-Philippe d'Orléans ne se contentent pas de changer la personne du chef d'état. En fait, c'est une nouvelle façon de penser qui accède au pouvoir [...]

1848, 2 mars- [...] le gouvernement adopte à l'unanimité le principe du suffrage universel "direct, sans la moindre condition de cens" [...]

1860- Napoléon III jette les fondements de l'Empire libéral. [Il] va peu à peu transformer un régime dictatorial en une monarchie parlementaire [...]

1875- Constitution de la IIIe République [...] séparation des pouvoirs, deux assemblées dont l'une est élue au suffrage universel [...]

1944, 21 avril- En accordant le droit de vote aux femmes, le Général De Gaulle établit en France pour la première fois un suffrage universel véritable. [...]

1958- Constitution de la Ve République[...] [Elle] représente le couronnement de l'édifice démocratique français.

Dix mots préférés de 10 personnalités (G. Dormann, Pierre Perret, Ionesco,etc.)

Jean-Christophe Averty- C'est tout réfléchi. Après "je" et "moi", que peut-il y voir d'autre que le "merdre" du père Ubu ? Ce mot devrait être le premier prononcé en naissant et le dernier en mourant. Tout le reste est une immense chasse d'eau [...]

Dix monstrueux calembours de San-Antonio commentés par Frédéric Dard lui-même

L'Arabie, c'est où, dites ?- Le mariage est soit une corne d'abondance, soit une abondance de cornes.- Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu hais.- Quand je rencontre un fantôme, je lui fous la main occulte.- Il faut battre le frère quand il est chauve.-Dieu merci, pareil aux sans-culottes, j'ai plus d'une corde à monarque.[...]

Dix heures entre deux trains, une nouvelle de Alain Gerber

Dix romans devenus dix chefs-d'oeuvre au cinéma, par Claude Jean-Philippe

Les films :Faust de Murnau, La chienne de Jean Renoir, Autant en emporte le vent de David O Selznick, Le Raisins de la colère de John Ford, Le journal d'un curé de campagne de Robert Bresson, Les enfants terribles de Jean-Pierre Melville, Madame De de Max Ophuls, Le Mépris de Jean-Luc Godard, Charulata de Satiajit Ray, Deux anglaises et le continent de François Truffaut [...]

Ah, Claude-Jean Philippe ! Il a enchanté mes vendredis soirs avec les merveilleux films qu'il choisissait et commentait à l'émission "Ciné-Club" sur Antenne 2 de 1971 à 1996.

Dix disques, les meilleurs de ma discothèque, par Pierre-Jean Rémy

Dix écrivains-artistes : une exposition jamais vue

Dix livres événements de la rentrée.

N°121 octobre 1985

Un superbe article :

Enquête Un Français prix Nobel ? Notre enquête à Stockholm, 21 ans depuis le refus de la récompense par Jean-Paul Sartre, un Français obtiendra-t-il enfin le Prix Nobel de Littérature ? Mais qui sont les jurés Nobel ? A quels critères correspondent leur choix ?Pierre Assouline, sur place à Stockholm, a mené l'enquête, rapportant beaucoup de confidences […]

Six nobelisables français : René Char, Nathalie Sarraute, Leopold Sedar Senghor, Claude Simon, Michel Tournier, Marguerite Yourcenar.

 .................................

Une réflexion de François Mauriac consignée dans son BLOC-NOTES 

 L'année 1985 réunit "tous les fastes commémoratifs" sur Victor Hugo, mort en 1885, en oubliant Vaugelas et le quatrième centenaire de sa naissance (1685) et Ronsard, mort la même année.

À ce propos, François Mauriac écrit :

Dimanche 13 octobre 1985. Un élève de classe terminale à qui son père demande quels poèmes on lui a donnés à lire et à apprendre par coeur au lycée répond : "Un poème de Ponge." Le père insiste : et Hugo ? Vigny ? Lamartine ? Baudelaire ? Verlaine ? Rimbaud ? Non. Ceux-là, l'étudiant ne les connaît pas. Son bagage poétique se réduit à un poème de Ponge. Et comme le père, atterré, s'enquiert de l'impression que lui a fait ce poème, le jeune homme hausse les épaules : "Bof, c'est pas évident." L'anecdote, que je garantis authentique, m'a été rapportée ce matin.

Ainsi, cinq ou six siècles de poésie française sont tranquillement passés sous silence, dans un établissement français d'éducation, par des enseignants pour qui il n'existe qu'un poète contemporain inconnu du grand public. Je ne me prononce pas sur l'oeuvre de Monsieur Ponge, que je n'ignore pas mais que je n'ai pas beaucoup pratiquée. Je ne doute pas qu'elle présente un intérêt capital pour certains esprits. Mais est-il juste, est-il raisonnable, de ne donner à nos enfants que cette chiche manne, quand on pourrait les nourrir de nos poètes classiques et romantiques passés et modernes, et Villon à Apollinaire ?

Si c'est ainsi que certains professeurs conçoivent l'enseignement de la littérature, alors, oui, commémorons Victor Hugo avec faste du 1er janvier au 31 décembre pour compenser !

Cher Jean-Pierre Chevènement, vous qui avez, pour notre joie, réintroduit l'orthographe, l'éducation civique, l'émulation et la Marseillaise dans nos écoles, couronnez votre oeuvre en y réintroduisant aussi la vraie poésie, celle qui émeut ou enthousiasme, et qui ne se contente pas de décrire un cageot ou une cucurbitacée. Contraignez des maîtres prétentieux à suivre les programmes littéraires que vous avez établis, et où figurent, j'imagine, Ronsard et Baudelaire, Villon et Hugo. Le meilleur moyen d'honorer les poètes n'est pas de célébrer leurs anniversaires, mais de les maintenir vivants en faisant bruire, sur les lèvres de nos enfants, ce murmure immémorial de la poésie, qui est comme une première appoche du divin, en nous, et hors de nous.

Ce texte sera repris dans l'article du 28 novembre 2015 :

>>L'enseignement du français n'est plus ce qu'il était. Money Drop, Le Cid, Mauriac.

 

Au peigne fin : Dara par Patrick Besson

Besson, l'enfant prodige ? En 1974, premier roman à 17 ans : succès immédiat. A Paris, à la radio, son innocence insolente fait des étincelles. Aujourd'hui, à 29 ans, avec Dara (Seuil), son neuvième titre, il grandit, tout à coup, en écrivant « son livre » : le roman sur (de) sa mère, l'immigrée yougoslave. Drôle et grave, Tortueux et joyeux. Encore une réussite ! .-André Rollin

Extrait : Ce que je sais du XXe siècle par Pierre Daix

Lire documents Guernica revu et corrigé

Extrait : L'univers ambidextre par Martin Gardner

Pourquoi l'humanité a-t-elle privilégié la main droite ? Et savez-vous pourquoi les gauchers, même s'ils dominent au tennis, souffrent dans mille détails de la vie quotidienne ? Droite/gauche : la cohabitation est vraiment impossible.

Le livre.-L'univers ambidextre est consacré aux miroirs et aux paradoxes de l'espace-temps. « Pourquoi notre miroir inverse-t-il la droite et la gauche et non le haut et le bas ? » commence par se demander l'auteur, et cette question banale déclenche en cascade une série d'autres questions sur les symétries de l'univers, l'art et les nombres, l'origine de la vie, la quatrième dimension, les antiparticules, la science du temps ou les mondes inversés. Un voyage surprenant où ne manquent même pas quelques auteurs familiers comme William Blake, Lewis Carroll, James Joyce ou Italo Calvino.

Extrait : Citizen Hughes par Michael Drosnin

Aviateur milliardaire et playboy de Hollywood, Howard Hughes s'installe un jour au dernier étage d'un hôtel de Las Vegas. Il n'en sortira jamais plus. Drogué, maniaque, mégalomane, entouré de mormons, il rêvait d'acheter... l'Amérique.

Extrait : La vie quotidienne en Nouvelle-Calédonie par Jacqueline Senes

9 mai 1864. Le premier contingent d'« ouvriers de la transportation » débarque sur le « Caillou » du Pacifique. Du simple délinquant au dangereux criminel, l'intégration des bagnards ne se fera pas sans douleur. On en ressent aujourd'hui encore les effets.

Extrait : La Piscine. Les services secrets français 1944-1984 par Roger Faligot et Pascal Krop

Extrait : Un homme d'influence, Sigmund Warburg par Jacques Attali

Extrait : La Chasse à l'ours par Lucien Bodard

Interview : Jean Guitton

A 84 ans, Le philosophe chrétien retrace son itinéraire exceptionnel.

Jean Guitton :

« Paul VI m'a dit : « Soignez-vous car il est plus difficile de trouver un successeur à un philosophe qu'à un pape. »

« Heidegger devant moi, avec gentillesse, a traité Sartre de petit coquin. »-J. G.

« J'ai voulu soustraire Louis Althusser du châtiment. Je l'aimais. J'ai agi comme si j'étais son père. »

« Marthe Robin était une stigmatisée qui a vécu trente ans sans se nourrir. J'y crois. J'en suis sûr. »

N°122 novembre 1985

Enquête : Les intellectuels, le sida et la vérité

A partir d'une enquête sur le décès de Michel Foucault, LIRE a essayé de comprendre comment le sida peut remettre en cause la notion de vérité, y compris chez ceux qui en sont les garants : les intellectuels. Plus généralement, l'histoire montre que la maladie, surtout épidémique, engendre une sorte de mythologie dont les écrivains restent à la fois juges et responsables. Une enquête de Pierre Boncenne et Pierre Assouline.

Au peigne fin : Hector Bianciotti

Chaque mois, André Rollin traque les moindres détails d'un roman et demande à l'auteur de les justifier. ce mois-ci : Sans la miséricorde du Christ.

Interview : Michel Serres

Ce philosophe issu de l'Ecole navale a navigué entre les théories de la communication et Tintin, la thermodynamique et La Fontaine. Le voici maintenant parti pour l'exploration des Cinq sens (titre de son dernier ouvrage), célébrant aussi la couleur d'une tapisserie que le bouquet d'un grand vin. Interview réalisée par Alain Jaubert.

Extraits

Julien Green : le langage et son double

Notre langue maternelle est liée à une culture et à une patrie. Né à Paris de parents américains, l'auteur de Un voyageur sur la terre raconte son expérience , celle d'un "étranger" français et anglais.

Claude Duneton Petit Louis dit Louis XIV

Petit Louis - futur Louis XIV - a deux ans. Choyé par sa mère Anne d'Autriche et ses suivantes, le jeune dauphin, un soir, est terrifié par une forme blanche.

Pourtant ce n'était que Louis XIII, son père.

Woody Allen Au-delà du langage - Par Robert Benayoun

Il y a Dieu, Shakespeare et ... lui. Mais au commencement de la légende de Woody, il y a des gags verbaux et une fabuleuse fascination pour les mots.

Extrait : Disons qu'un auteur qui peut utiliser en une courte phrase très incidente « Esquimau qui chante Night and day pendant six mois de suite », un « peintre pop qui tente de se couper l'oreille au rasoir électrique », une « synagogue convertie en disco et peuplée de rabbins topless privés de yarmoulkas », un « poisson rouge qui chante I got rythm », un « médecin qui pratique la chirurgie à cœur ouvert par retour du courrier », ou une « ménagère qui tricote un poulet » et qui « avale une surdose de jetons de Mah Jong » atteint de façon directement assimilable pour un large auditoire à la suprématie des maîtres aphoristes, Forneret, Lichtenberg, La Rochefoucauld revu par Ducasse, en même temps qu'il rejoint la verve folle d'un Benjamin Péret ou d'un Tex Avery.

Jean Lacouture : De Gaulle, le politique

Le général était aussi un homme de plume. Il l'a prouvé pendant sa traversée du désert, en consacrant sa retraite provisoire à la rédaction de ses Mémoires de guerre dont le succès fut phénoménal.

Italo Calvino : Palomar

Un monsieur sympathique et fou de savoir qui décide de "regarder les choses du dehors" avec le personnage de Palomar qui lui ressemble comme un frère. Calvino nous a laissé, avant de partir, un merveilleux cadeau.

Michel Déon : Voyage pour Vancouver

Parmi les souvenirs inoubliables de Michel Déon, sa rencontre avec Coco Chanel qui lui disait : "Qu'est-ce qu'ils doivent penser ces imbéciles d'un homme de votre âge qui déjeune avec une vieille dame parée comme une châsse !"

1990

N°182 novembre 1990

Numéro consacré à la réforme de l'orthographe, qualifiée parfois de réformette.

En titre sur la première de couverture, on peut lire :

À qui profite la réforme de l'orthographe ?

Une question quelque peu provocatrice à laquelle Lire s'efforce de répondre.

Aux enfants ?

Aux instituteurs ?

Au syndicat national des instituteurs ?

À la société des agrégés ?

Aux informaticiens qui rêvaient de soulager les claviers des ordinateurs d'un certain nombre de touches ?

Aux étudiants étrangers ?

On est peu convaincus de l'utilité de cette réforme quand on lit les réponses de LIRE à toutes ces questions

Une pseudo réponse en guise de boutade :

"Au-delà des intentions affichées, les véritables bénéficiaires ne seraient-ils pas Michel Rocard et Maurice Druon ?"

Il s'ensuit une liste de pour et de contre cette réforme qui donnent à penser.

J'en relèverai un contre qui vous fendra le coeur à le lire, et qui vous arrachera des larmes, j'en suis sûre :

"La suppression de l'accent circonflexe défigure l'image que nous avons de certains mots comme abîme, goût, brûler. Ces mots, tels qu'ils sont font partie de notre patrimoine. les mots sont un langage pour l'oeil autant que pour l'oreille."

Et aussi

Ellroy, Nourricier, Rinaldi, Duneton

Les écrivains du bac Rimbaud

Voir sur ce blog les articles :

> La réforme de l'orthographe – L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

> Orthographe traditionnelle et nouvelle orthographe QUIZ

 

1995

N° 239 octobre 1995

Lire a vingt ans !

Le dossier - Bernard Pivot se souvient de la création du journal - Qu'est-ce qu'ils écrivaient à 20 ans ? Que feront-ils dans 20 ans ? 20 ans d'événements littéraires - 20 dates clefs de Lire, etc.

Extrait Intellectuels et passions françaises J-F Sirinelli

Racines d'un écrivain Jean Carrère (Achigan)

L'univers d'un écrivain Jérome Charyn (Le Geek de New York)

L'entretien Michel del Castillo (Mon frère l'Idiot)

"Ces derniers temps, en France, on parle très mal du style ; On confond le style avec le bien écrire. Or, le bien-écrire, c'est le normalisé, la langue canonique. Le style, c'est trouver une musique personnelle telle que le lecteur le reconnaît immédiatememt. La voix de Céline, ce n'est pas seulement les points de suspension, c'est le triturage de l'argot, l'invention des néologismes. Le style de Gide, c'est le chant d'une pureté à la limite de la préciosité – j'appelle ça du remue-ménage de hanches. Dostoïevski, lui, a une voix populaire, petit-russien, très proche du langage parlé et de ce fait proche du langage feuilletonnesque. Il a besoin de se mettre dans des situations d'urgence, d'où le style catastrophique, haletant, de celui qui écrit contre la mort."

Référendum de Lire : les 20 meilleurs titres élus par la rédaction au cours de ces 20 dernières années (1975-1995)

1 Le nom de la Rose - Umberto Eco 50%

2 L'écriture ou la vie – Jorge Semprun 27%

3 Moon Palace – Paul Auster 12%

4 Le choix de Sophie William Styron 11%

5 Le journal d'Hannah – Louis Lambrichs 5%

6 Les Météores – Michel Tournier 2%

7 Les hauteurs béantes – Alexandre Zinoviev 2 %

8 Mars Fritz – Zorn 2%

9 Le chant du bourreau – Norman Mailer 2%

10 Matisse - Pierre Schneider 2%

11 La créature – John Fowles 2%

12 Avant mémoire – Jean Delay 1%

13 Le concert - Ismail Kadaré 1%

14 Donatien Alphonse François, Marquis de Sade – Maurice Lever 1%

Où sont les 6 derniers ? La page était-elle trop petite ?

Les livres, extraits et critiques : Gilles Lapouge ( L'incendie de Copenhague) A. B. Yehoshua (Shiva) Dominique Fernandez (La Perle et le Croissant) Paul Valéry (Monsieur Teste)

PHOTO DE FAMILLE SOUS LA PLUIE. Une grande photo est jointe au magazine. On peut y voir Bernard Pivot entouré de 88 écrivains (dont un intrus)

Note de Mamiehiou : J'ai beaucoup d'émotion à les voir là, tous assemblés.

AJOUT  Voir la photo dans le tweet de Julien Bisson du > 2 avril 2015

20 dessins pour une première de couverture de Lire pour ses 20 ans : Page blanche à WIAZ HONORE LEMAN PANCHO CABU TIGNOUS CHARB FOISSY WOLINSKI SINE PETILLON MAJA BARRIGUE MATJE CARON BENOIT GEKKE CARDON AVOINE RISS

2003

N° 312 février 2003

Enquête Règlement de comptes chez les intellectuels.

Les carnets de Pierre Assouline

"On dirait que les gens n'arrivent plus à se parler. Ce qui est d'autant plus fâcheux qu'ils existent par le verbe. Il semble que l'on assiste à une brutalisation de leurs rapports. Le phénomène n'est ni nouveau ni propre à ce milieu mais il n'y a pas de circonstances atténuantes."

Et aussi Magris, Grangé, Fuentes, Makine, Reza, Barthes, Boswell, Desplechin, Charyn...

Entretiens Jean-Claude Milner : Existe-t-il une vie intellectuelle en France ? & Claudio Magris

L'univers d'un écrivain Marie Desplechin

Extrait Makine, Tsypkin, Miquel, Peter Brook, Boswell

Peut-on abolir le hasard (L'Emergence de la probabilité)

Echenoz, virtuose du séisme de la collision et de la chute en tout genre (Au Piano)

Peter Brook (Oublier le temps) Génèse du Mahâbhârata

N° 313 mars 2003

Enquête Les romanciers ont-ils tous les droits ?

Dossier Patricia Cornwell démasque Jack l'éventreur

"Il est tout à fait inexact d'affirmer que Walter Sickert a cessé de tuer. D'après des documents rares et anciens, de nombreux indices attestent l'existence de plusieurs autres meurtres qui auraient été commis par Jack l'Eventreur"

Extraits Philippe Paulet – Kirty Gunn – Maurice Lever (Beaumarchais) –

Jean Bacon – Patricia Cornwell

L'univers d'un écrivain François Nourricier

"J'ai toujours été fasciné par la mort, alors pour une fois qu'elle était là."

N° 316 juin 2003

Spécial Des romans pour l'été

Les Carnets de Pierre Assouline

"Il faudrait être sourd, analphabète et Pakistanais pour ignorer que Bernard-Henri Levy vient de publier chez Grasset un gros livre intitulé Qui a tué David Pearl ? [...]

Pour ce qui est de la mise en scène de soi, Tolstoï aurait pu leur donner des leçons à tous. C'est l'un des enseignements du passionnant documentaire que Frédéric Mitterrand vient de consacrer aux derniers instants du maître. [...]

 La Délivrance de Tolstoï

> http://boutique.arte.tv/f6063-delivrance_de_tolstoi

Entretien avec Daniel Pennac (Le dictateur et le hamac)

"Je cherche à me fausser compagnie."

Extraits

La lumière des polders, Alain Bertrand

la mauvaise nouvelle d'abord, Sibylle Berg,

Saint-Petersbourg, sous la direction de Lorraine de Meaux,

Mort d'un personnage, Jean Giono,

La république du Tour de France, Jean-Luc Boeuf & Yves Léonard

et aussi Kundera, Yourcenar...

Elisabeth Badinter Ne tuons pas l'homme

Entretien avec Philippe Djian (Frictions)

N° 318 septembre 2003

Ce qui est tendance en librairie [...] le sexe perd du terrain, la guerre et l'entreprise en gagnent.

Extraits

Défaut d'origine, Oliver Rohe

La nostalgie de l'Ange, Alice Sebold

Passions de femmes (au temps de la reine Margot), Robert Muchembled

Morts imaginaires, Michel Schneider

L'étrange histoire de Peter Schemihl, Adelbert von Chamisso

Entretien Patrick Rambaud (l'absent)

Cet ancien nègre s'est pris de passion pour Napoléon qui lui valut le Prix Goncourt en 1997. Cette fois, il raconte son séjour à l'île d'Elbe.

L'univers d'un écrivain Lydie Salvayre (Passage à l'ennemie)

Entretiens et conférences de George Perec.

Considéré à ses débuts en 1965 comme un potache surdoué, Georges Perec accédera au statut de grand écrivain en 1978 avec La vie mode d'emploi. Il meurt en 1981.

Pour en savoir +, voir : Georges Perec, Entretiens et conférences - Mireille Ribière

N° 319 octobre 2003

Modiano "On est prisonnier des hasards de sa naissance"

Entretien avec Laurence Liban

L.Liban-Dans la vie il n'y a pas que le hasard. Il y a le désir, la volonté.

Modiano-Mais il y a une constante. C'est le regard que vous portez sur les choses. Vous savez, on est condamné à écrire toujours la même chose. J'ai souvent le sentiment que les gens de ma génération ont une infirmité par rapport à ceux de la génération précédente : notre pouvoir de concentration s'est affaibli. La génération précédente est parvenue à faire une oeuvre globale, une sorte de cathédrale. Je pense à Proust ou à Lawrence Durrell et à son Quatuor d'Alexandrie. Ces gens vivaient dans un monde où l'on pouvait se concentrer davantage, tandis que pour les gens de ma génération, c'est fragmentaire. On arrive peut-être à faire un truc global, mais avec des fragments, si vous voulez...

N° 320 novembre 2003

Trois livres sur la guerre en Irak

Dossier le Goncourt a 100 ans

La Stratégie de l'andouillette

Les récalés du Goncourt

Petits miracles du Goncourt

Le Goncourt m'a tué

Le Goncourt vu de l'étranger

Ne parlons pas de corruption

Extrait Un siècle de Goncourt de Olivier Boura

Entretien Marcel Rufo et Boris Cyrulnik

Cyrulnik : "Cela ne m'ennuie pas que les psys prennent la parole. Il n'y a pas si longtemps encore, elle était réservée aux militaires, aux prêtres et aux industriels. L'écriture du moi est une preuve de démocratie. Dans un pays totalitaire, il n'y a pas de moi. Il n'y a que la personnalité imposée par ceux qui gouvernent. Alors, si les psys prennent la parole, c'est un très bon signe culturel."

> Rufo et Cyrulnik à bâtons rompus - L'Express

Extraits

Ma vie parmi les ombres - Richard Millet

L'île anonyme - Yi Munyol

Voir 1er nov. 2003 : Extrait : L'île anonyme - Lire - L'Express

Vivre pour la raconter - Gabriel Garcia Marquez

Vivre pour la raconter - L'Express

Récits de la Kolyma – Variam Chalamov

L'univers d'un écrivain Bernard Clavel

 

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  Voir > Introduction - Le magazine LIRE - Le rêve d'un classement

  > Les magazines LIRE de 2005 à 2014

 > Les magazines LIRE de 2015 

Cet article est en chantier. Je vais m'appliquer à le compléter. Note de Mamiehiou

 

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 11:06

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CE, CET, CETTE et CES sont des adjectifs démonstratifs.

CE et CET déterminent un substantif masculin singulier

CETTE détermine un substantif féminin singulier

CET et CETTE se prononcent de la même manière [sɛt], puisque CET se lie avec le mot suivant

cet enfant (un enfant), cette enfant (une enfant)

CE s'emploie devant une consonne ou un H aspiré

Ce malfrat doit être emprisonné.

Ce héros montre l'exemple à suivre (le héros)

alors que CET s'emploie devant une voyelle ou un H muet.

Cet individu est dangereux.

Cet homme n'est pas fréquentable. (l'homme)

 

Si vous hésitez sur le genre d'un substantif :

> Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr

Si vous hésitez entre le H muet et le H aspiré

L' devant le H muet, LE ou LA devant le H aspiré. Exemples : L'héroïne, LE hérisson, LA hotte

Grammaire aidenet : > "h" aspiré et muet liste alphabétique

 

Exercice : Complétez par CE, CET, ou CETTE

1-Je ne revivrais, pour rien au monde, c... épouvantable jour.

2-C... habitation me semble très vétuste.

3-C... habit rayé noir et jaune lui va très bien.

4-Je ne peux plus supporter c... hâbleur, ce vantard, ce fanfaron !

5-N'utilise pas c... hache-légumes, il est dangereux.

6-C... habitude qu'il a de me reprendre à chaque mot m'exaspère.

7-C... hachoir doit être aiguisé.

8-Qu'as-tu à porter c... haillon ?

9-Je me demande comment il se fait que tu aies c... haleine fétide.

10-Je me suis dorée au soleil ; c... hâle me sied-il bien ?

11-Est-ce que tu vas bien ? C... halètement m'inquiète.

12-C... halluciné ne me dit rien qui vaille. Fuyons !

13-C... ecchymose me fait souffrir ; cesse de me donner des coups !

14-Tu ne pourras jamais soulever c... haltère, gringalet !

15-C... hamac semble me promettre un bon repos.

16-C... acrostiche est une trouvaille.

17-C... hameçon est bien cruel pour les petits poissons.

18-C... horrible histoire avec c... horrible vampire me glace le sang.

19-Je suis émue de voir la persévérance de c... handicapé.

20-C... astérisque est mal placé. Corrige.

21-C... handicap ne l'empêche pas de vivre comme tout un chacun.

22-C... hémisphère n'est pas au nord de l'équateur. Révise ton cours de géographie.

23-C... oriflamme, flottant joyeusement au vent, nous incitait à rejoindre le vainqueur.

24-C... haricot n'est pas mûr.

 

Les phrases complétées

1-Je ne revivrais, pour rien au monde, cet épouvantable jour.

2-Cette habitation me semble très vétuste.

3-Cet habit rayé noir et jaune lui va très bien. (l'habit)

4-Je ne peux plus supporter ce hâbleur, ce vantard, ce fanfaron ! (le hâbleur)

5-N'utilise pas ce hache-légumes, il est dangereux.

6-Cette habitude qu'il a de me reprendre à chaque mot m'exaspère.

7-Ce hachoir doit être aiguisé. (le hachoir)

8-Qu'as-tu à porter ce haillon ? (le haillon ou les haillons)

9-Je me demande comment il se fait que tu aies cette haleine fétide.

10-Je me suis dorée au soleil. Ce hâle me sied-il bien ? (le hâle)

11-Est-ce que tu vas bien ? Ce halètement m'inquiète. (le halètement)

12-Cet halluciné ne me dit rien qui vaille. Fuyons ! (l'hallucination)

13-Cette ecchymose me fait souffrir ; cesse de me donner des coups ! (une ecchymose, un bleu)

14-Tu ne pourras jamais soulever cet haltère, gringalet. (l'haltère, un haltère)

15-Ce hamac semble me promettre un bon repos. (le hamac)

16-Cet acrostiche est une trouvaille. (un acrostiche)

17-Ce hameçon est bien cruel pour les petits poissons. (le hameçon)

18-Cette horrible histoire avec cet horrible vampire me glace le sang. (l'horreur, l'horrible)

19-Je suis émue de voir la persévérance de ce handicapé. (le handicapé)

20-Cet astérisque est mal placé. Corrige. (un astérique)

21-Ce handicap ne l'empêche pas de vivre comme tout un chacun. (le handicap)

22-Cet hémisphère n'est pas au nord de l'équateur. Révise ton cours de géographie. (l'hémisphère, un hémisphère)

23-Cette oriflamme, flottant joyeusement au vent, nous incitait à rejoindre le vainqueur. (une oriflamme)

24-Ce haricot n'est pas mûr. (le haricot*)

*Le haricot, note de l'Académie :

Le haricot ou l’haricot ? (sommaire)

Le h de haricot est « aspiré », c’est-à-dire qu’il interdit la liaison, impose que ce mot soit prononcé disjoint de celui qui le précède, au singulier comme au pluriel. On écrit et dit : le haricot, non l’haricot ; un beau haricot, non un bel haricot. Tous les dictionnaires indiquent par un signe conventionnel quels h (généralement d’origine germanique) sont aspirés et quels h (généralement d’origine gréco-latine) ne le sont pas. Pour certains mots, l’usage est indécis. Ce n’est pas le cas de haricot : la liaison est incontestablement une faute.

La rumeur selon laquelle il serait aujourd’hui d’usage et admis que l’on fasse cette liaison a été colportée par un journal largement diffusé dans les établissements scolaires (L’Actu n° 8 du jeudi 3 septembre 1998, p.7) qui n’a pas jugé bon de publier de rectificatif.

Pour en savoir +

H aspiré et H muet :

>La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

Article connexe :

>Vieux ou vieil ? Beau ou bel ? Nouveau ou nouvel ? Fou ou fol ? Mou ou mol ? Un vieux monsieur et un vieil homme - Un beau monsieur et un bel homme...

> Récapitulation des exercices à trous

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 17:20

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Ouvrages de référence qui me sont très utiles

 

Ce qu'on peut faire pour s'amuser avec les mots

Vous trouverez sur mon blog :

Anagrammes - Virgo serena, pia, munda et immaculata

Poèmes holorimes (note du texte :136 Délires)

Des chiasmes célèbres - QUIZ 70

Petits jeux littéraires à pratiquer entre amis sans modération

Tautogramme et virelangue - Jeu

Hapax, mots-valises, mots fantômes et autres mots étranges

Qu'est-ce qu'une interjection ? Qu'est-ce qu'une onomatopée ?

Le cadavre exquis boira le vin nouveau. (note du texte 117)

Le carré magique SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS

L N N E O P Y – L'allographe du Chevalier de Boufflers

Vous aimez les proverbes ? Amusez-vous !

Acrostiche - Enzèbrez-vous !

Palindrome - Ésope reste ici et se repose

Du plaisir de la lecture des dictionnaires

Figures de style et de rhétorique

Le nom de famille – Le prénom – Le surnom – Le pseudonyme

S'amuser à pasticher de grands auteurs comme le firent si bien

PAUL REBOUX & CHARLES MÜLLER - À la manière de ... Chateaubriand

& tous mes QUIZ

 

& ailleurs sur la toile

Savoir découvrir des mots qu'on ne connaît pas, qu'on n'a jamais vus, qu'on ne peut absolument pas supposer qu'ils puissent exister. 

On va sur le site du Littré : http://www.littre.org/definition/curieux … et on clique dans la fenêtre en haut à gauche sur : "Rechercher - Une requête vide propose un mot au hasard."

Les ateliers d'écriture créative - Réseau Ambition Réussite

Les mots pour le rire - Résultats Google Recherche de Livres Sébastien Bailly -2015

L'autre trésor de la langue : Dictionnaire de français argotique, familier et populaire : Bob - ABC de la langue française

Des livres à acheter :

Jeux d'écriture et de langage - Tome 1 - Ed. Retz

Jeux d'écriture et de langage - Tome 2 - Ed. Retz

Jeux d'écriture et de langage - Tome 1, Cycle 3, 6e/5e

 

Les écrivains aiment souvent se lancer des défis littéraires.

Vous en avez découvert dans les articles ci-dessus.

Il y en a bien d'autres.

Jacques Prévert - ses poésies

Mangez sur l'herbe
Dépêchez-vous
Un jour ou l'autre
L'herbe mangera sur vous.

 

Georges Perec qui écrira, entre autres joyeusetés, la Disparition (Un texte dans lequel la lettre E a disparu.)

Longtemps je me suis couché par écrit.
Parcel Mroust

Voir l'incipit n° 6 dans :

QUIZ 35 - Incipits - première partie

 

Raymond Queneau, cofondateur de l'Oulipo*, amusera ses lecteurs avec ses Exercices de style, Zazie dans le métro et j'en passe.

L'orthographe est plus qu'une mauvaise habitude, c'est une vanité.

*L'Ouvroir de Littérature Potentielle, généralement désigné par son acronyme OuLiPo (ou Oulipo), est un groupe international de littéraires et de mathématiciens se définissant comme des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir. » Cf. Oulipo – Wikipédia

 

Un acrostiche attribué à Camille Debans 1835-1910

dans Alphabet en acrostiche - France pittoresque

L'alphabet en fin de vers

Quand Adam fut créé, tout seul il s’ennuy A
Dans de vagues pensées, trop souvent absor B
Il suppliait son Dieu de les faire ces C
Dieu crut à ses désirs devoir enfin cé D
L’homme en fut pour sa côte…. Eve alors fut cré E
Elle était séduisante et belle au premier ch’ F
Depuis la Création, la race a peu chan G
Et de plaire et séduire, elle s’est fait la t’ H
A force de l’aimer, le monde s’arrond I
L’amour, ce doux plaisir, cette douce ma J
Ne donnait que bonheur et jamais de tra K
La femme était constante et le mari fid’ L
Que faire ? Ils étaient seuls… il faut bien que l’on s’ M
Pas de rivaux d’amour, pas d’ennuis, pas de N
Oh ! C’était le beau temps des plaisirs, du rep O
Tandis que, de nos jours, on voit l’homme occu P
Courbant sous le destin, par le besoin vain Q
Et pour qui le travail, devenu nécess’ R
S’assied à son chevet, le poursuivant sans c’ S
Eh bien, soit ! Travaillons…. Et vive la gaie T
Que jamais le chagrin ne nous trouve abatt’ U
J’ai vu soixante hivers, je pense avoir trou V
Des amis que je tiens en réserve, au beau f’ X
Je crois à ce bonheur : comme moi, croyez- Y
Et qu’un Dieu protecteur nous soutienne et nous Z

 

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Il me fallait bien m'approcher d'Alcmène et manifester ma présence. Je tendis le bras et lui effleurai doucement l'épaule. Elle se retourna prestement comme mue sous l'effet d'une décharge électrique.

"Est-ce toi, susurra-t-elle, est-ce toi ?"

Elle écarquillait les yeux à les faire jaillir de leur orbite. Je l'exhortai ex abrupto de garder son calme et de ne rien laisser paraître. Comme elle semblait près de s'évanouir, je dus la soutenir de crainte qu'elle ne s'effondrât de stupeur.

"Je t'ai retrouvée, ma chère Alcmène", lui glissai-je tendrement à l'oreille. "je t'ai retrouvée, enfin !"

Reprenant peu à peu ses esprits, elle en vint à déplorer que je fusse, comme elle, tombée dans les griffes scélérates qui l'avaient condamnée à une mort certaine.

"Ainsi, tu en as réchappée... tu en as réchappée.", hoqueta-t-elle. "Prends garde qu'on ne te découvre. Ils auraient tôt fait de t'occire, ma chère Oli ; oh, ma chère Oli, ma compagne d'infortune."

 

Comme je m'étais grimée à l'excès pour ressembler au mieux à une gueuse en guenilles, je ne doutais pas qu'on fût incapable de me débusquer. Je m'étais bien cochonnément vêtue et m'étais peinte habilement sur le corps des pustules qui seraient passées pour un pouillotement. Ainsi faite, j'étais assurée que nul n'allait tenter de m'aborder.

Nous avions repris notre déambulation, et conversions tout bas.

Qu'était-il advenu d'Amphi ? Il n'avait pas survécu à l'infâme traitement qu'on lui avait fait subir.

Je n'osais interroger Alcmène sur la grièveté de son crime, assavoir pourquoi elle avait été si durement condamnée. Elle ne me laissa pas ignorante bien longtemps.

"J'étais entrée en résistance, me confia-t-elle. Comment aurais-je pu ne pas te ressembler ?" Elle ajouta dans un souffle : "Tu as ouvert la voie à bon nombre d'entre nous. C'est toi qui nous a dessillé les yeux et tu nous as insufflé le désir de nous libérer. Nous sommes sur le point de réussir."

J'étais abasourdie. Bien que j'eusse toujours espéré qu'un jour ou l'autre nous serions parvenus à franchir les rives du Styx*, j'avais encore des doutes sur le temps qu'il faudrait. Ce jour béni était-il donc proche ?

"Le tunnel que nous creusons arrive à sa fin, m'expliqua Alcmène. Nous aurons bientôt dépassé les frontières de la Cité. Il nous reste plus qu'à remonter pour atteindre une sortie qui nous amènera au jour."

Je continuai : "Et nous serons ainsi hors d'atteinte des geoliers d'Utopinambourg. Quel monde découvrirons-nous alors, Alcmène ? Dans quel monde devrons-nous vivre ?"

..................................................

Les rives du Styx : l'enfer. Ici, l'enfer, c'est la cité d'Utopinambourg.

 

 Notes

"Est-ce toi, susurra-t-elle, est-ce toi ?"

susurra : ici, le s entre deux voyelles se prononce [s] et pas [z]

> Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

 

Je l'exhortai ex abrupto de garder son calme

je lui demandai, je la persuadai sans préambule de garder son calme

 

Comme elle semblait près de s'évanouir,

Les homophones : près (de) - prêt (à)

> Ne pas confondre : sortir, assortir, ressortir intrans. ou trans. indirect- quelquefois, quelques fois – davantage, d'avantage – bientôt, bien tôt – sitôt, si - près de, prêt à

 

je dus la soutenir de crainte qu'elle ne s'effondrât de stupeur.

De crainte que, locution conjonctive suivie du subjonctif.

> De crainte que

ici le subjonctif imparfait dû à la concordance des temps.

> La concordance des temps dans les propositions subordonnées

Stupeur

Littré- sens figuré : Espèce d'immobilité causée par une grande surprise ou par une frayeur subite.

 

Je t'ai retrouvée, ma chère Alcmène

retrouvée, participe passé qui s'accorde avec le pronom personnel t', complément d'objet direct placé avant.

> Règles de l'accord des participes passés

 

Prends garde qu'on ne te découvre.

Tâche d'éviter qu'on ne te découvre.

Prendre garde que suivi du subjonctif + l'explétif NE

> Espérer que - J'espère que, je n'espère pas que, espérez-vous que - Prendre garde que - Inutile que - Prendre garde que, à ce que - Faire attention que, à ce que + subjonctif ou indicatif ?

 

Ils auraient tôt fait de t'occire, ma chère Oli

ils auraient vite fait de te tuer

occire, vieux verbe

 

Ainsi, tu en as réchappée

réchapper de quelque chose, échapper à un danger.

 

je m'étais grimée à l'excès pour ressembler au mieux à une gueuse en guenilles,

grimée, maquillée

une gueuse, une pauvre misérable.

 

je ne doutais pas qu'on fût incapable de me débusquer.

j'étais sûre qu'on serait incapable de me découvrir.

> Douter que, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que... Je me doute que, il ne se doute pas que... + indicatif ou subjonctif ?

 

Je m'étais bien cochonnément vêtue

cochonnément, adverbe rare

> Les adverbes en -MENT + Quiz 109

 

des pustules qui seraient passées pour un pouillotement.

Littré - Terme populaire, maladie causée par le développement des poux, surtout chez les bestiaux.

 

Je n'osais interroger Alcmène sur la grièveté de son crime

grièveté (littéraire) énormité, gravité.

> Mosaïque de quelques curiosités de la Langue Française

grave, gravement, grièvement, etc.

 

assavoir pourquoi elle avait été si durement condamnée

assavoir : synonyme de c'est-à-dire

> Mosaïque de quelques curiosités de la Langue Française

 

tu nous as dessillé les yeux

La Nouvelle orthographe donne déciller.

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

J'étais abasourdie.

Le s se prononce [z].

Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure, almanach, handball, imbroglio, mas, tomber dans le lacs, abasourdi, blinis, Auxerre, Bruxelles, Cassis...

 

Bien que j'eusse toujours espéré qu'un jour ou l'autre nous serions parvenus à franchir les rives du Styx*

bien que , locution conjonctive suivie du subjonctif

> Bien que

j'eusse espéré, plus-que-parfait du subjonctif

Le Styx était, chez les Grecs, le fleuve qu'il fallait franchir pour aller aux enfers.

 

Les geoliers d'Utopinambourg

prononcer [jo]

un geolier, un gardien de prison.

Une geole, une prison.

Utopinambourg, la cité où se passe l'histoire des Délires.

 

<< 179 Délires propices à l'audace

>> 181 Délires sur la marche à suivre

 

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 02:21

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Le s en rouge se prononce [s]

 

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR DS

poids (et ses dérivés, contrepoids, surpoids), fonds (à ne pas confondre avec fond), tréfonds, défends (ou défens), remords...

et quelques mots composés comme va-nu-pieds

 

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR TS

mets, puits, starets (ou stariets)...

Ne sont pas donnés ici tous les mots composés comme :

coupe-jarrets (ou coupe-jarret), cure-dents...

Ni (évidemment) les mots qu'on trouve seulement au pluriel, comme :

rets, goguenots, rotoplots...

 

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR CS

lacs (tomber dans le lacs, dans le piège. prononcer [la]), entrelacs [la]

Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure, almanach, handball, imbroglio, mas, tomber dans le lacs, abasourdi, blinis, Auxerre, Bruxelles, Cassis...

&

Mots difficiles à prononcer - Risques de fautes de prononciation et d'orthographe - antienne, patio, argutie, cation, kantien, varech, pers, handicap, oecuménisme ...

 

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR PS

corps (et ses composés anticorps, etc.), temps (et ses composés, printemps, contretemps, etc.), biceps, quadriceps, triceps, reps, seps, blaps, laps, relaps, schnaps, tricératops, cynips...

 

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR NS

encens, défens, suspens, gens, sens (nonsens, contresens), guet-apens, impatiens, cens ...

sapiens, adjectif latin dans homo-sapiens

 

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR LS

fils (féminin fille), (arrière-)petit-fils, beau-fils.

 

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR RS

cours (et les mots contenant cours : parcours, concours, recours, etc.) vers, envers,  convers, univers, revers, travers, velours, tiers, secours, recors, rebours...

autres : divers, volontiers, devers ...

 

MOTS FINISSANT PAR UNE VOYELLE + S

Ils sont très nombreux : taffetas, propos, procès, bonus, malus, crocus, ananas ou ananas, hormis, sous...

 

La liste des mots au singulier finissant par -S n'est pas exhaustive

Certains mots composés dans l'orthographe traditionnelle ne le sont plus dans la nouvelle orthographe.

Voir l'article :

Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

Article connexe

Mots finissant par o, aud, au, eau, ot, aut, os, ault - QUIZ

 

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 17:26

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Le problème était de savoir si je serais capable d'attirer l'attention d'Alcmène sans pour autant me faire remarquer des autres, problème qui me sembla aussi insoluble que de résoudre la quadrature du cercle ou le dernier théorème de Fermat – dans la théorie arithmétique, il va sans dire. J'observai, avec toute l'acuité qui m'était coutumière, la topographie des lieux et le rythme cahoteux de la file qui avançait, lequel laissait parfois s'entrouvrir, entre certains va-nu-pieds*, un intervalle qui me permettrait possiblement de m'y glisser. Mais l'affaire était hasardeuse. Alcmène ne jetterait-elle pas un cri de surprise en me voyant et n'ameuterait-elle pas ainsi ses pauvres mais vigilants compagnons d'infortune, toujours aux aguets et anxieux de n'être pas repérés ?

Il me fallut sauter le pas. Je me jetai sur la tête ma capuche, bien faite pour me camoufler le visage, et je fus assez habile pour m'introduire subrepticement dans la file, juste derrière mon amie, profitant de ce que le pauvre jeune homme qui la suivait, arrivant aux dernières extrémités de sa fatigue, s'était effondré. Je tirai avantage du temps qu'il mit à se relever, personne ne venant lui porter secours, pour me caler au plus près d'Alcmène qui n'avait pas soupçonné ma présence. La manoeuvre était téméraire. Je la réussis avec brio, sans faire de bruit, et j'eusse été marrie qu'on m'eût applaudie.

J'en étais là de mes réflexions lorsque j'assistai soudain à un branle-bas* de combat ; les acteurs de la scène insolite se mirent soudain, clochant et clopinant, à courir éperdument à la poursuite de quelque chose que je ne voyais pas encore. J'écarquillai les yeux, mon regard se faufilant avec peine entre les arbres et les fourrés ; et ce qui s'offrit à ma vue me stupéfia.

C'était Sissi, ma chère Sissi, ma laie fidèle, qui faisait diversion.

A-t-on jamais vu amie si généreuse ? Elle mettait pour moi sa vie en péril.

« Que me vaut donc tant de sollicitude ? m'interrogeai-je attendrie. »

Comme elle savait qu'elle représentait un mets de choix pour ces affamés, elle n'avait pas hésité à se sacrifier ; et cette batelée de gueux, sprinters improvisés battant le briquet, gémissant muettement de plaisir à la vue du repas convoité, haletaient, si épuisante était leur course. Leurs yeux, vides il y a peu, se mirent à lancer des regards chargés de cochonnaille : jambons, terrines, civets et autres saucisses.

C'est à qui serait le vainqueur. C'eût pu être un moment tintamarresque. Ce ne le fut point, chacun s'efforçant d'être le plus discret ; nul besoin de dire pourquoi.

« Bigre ! me dis-je, ces parias sans foi ni loi seraient bien capables d'étriper et de croquer ma bienfaitrice s'ils parvenaient à l'attraper. »

C'est à ce moment que surgirent trois gros sangliers, trois ragots menaçants aux défenses acérées, battant l'air de leurs grandes oreilles. Il semblaient assez belliqueux pour terrasser un régiment ; la Grande Armée ne les eût point fait reculer.

« Mais que vois-je ? Ne sont-ce point ici, venant à la rescousse, les petits de Sissi : Sou, Ci et Souci ? Dieu, qu'ils ont forci ! »

Les coquins s'égaillèrent illico tous azimuts. Les sangliers eussent-ils chargé, il y aurait eu, à coup sûr, maints enragés d'embrochés.

Je profitai de cet heureux instant pour m'approcher d'Alcmène que je n'avais pas perdue de vue.

...........................................................

*un va-nu-pieds

Nouvelle orthographe (ou Orthographe réformée) un vanupied, des vanupieds

> Réforme de l'orthographe - Lexique

*branle-bas, branlebas, branle bas

 

NOTES

Le problème était de savoir si je serais capable d'attirer l'attention d'Alcmène

Le style indirect et la concordance des temps

La proposition principale est au passé, la proposition subordonnée interrogative indirecte est au futur du passé (conditionnel présent)

Question directe « Serai-je capable d'attirer l'attention d'Alcmène ? »

Voir *La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style ou le discours direct et indirect

 

le rythme cahoteux de la file qui avançait

Ne pas confondre cahot avec chaos.

Chaotique existe mais pas cahotique.

Ne pas confondre : feux et feus – sensé et censé – chaos et cahot – efficace et efficient – émotionné et ému - bruire et bruisser

 

il me fallut sauter le pas

Littré : au figuré et familièrement. Sauter le pas, le fossé, prendre une résolution extrême, hasardeuse.

 

je me jetai sur la tête ma capuche

Adjectifs possessifs - Emplois particuliers - J'ai mal à la tête ou à ma tête ? Ils ont pris leur chapeau ou leurs chapeaux ?

 

et j'eusse été marrie qu'on m'eût applaudie.

eusse été, subjonctif plus-que-parfait de être, à valeur de conditionnel passé, j'aurais été

► marri(e), désolé(e)

eût applaudie, subjonctif plus-que-parfait de applaudir

Voir le § 4 et 5 > Valeurs et emplois du subjonctif

applaudie, participe passé qui s'accorde avec ME le complément d'objet direct placé avant lui.

Voir §B, 1 > Règles de l'accord des participes passés

 

J'en étais là de mes réflexions lorsque j'assistai soudain à un branle-bas de combat

Littré : − En être là (de...). Être parvenu à un certain point, à un certain résultat. Nous n'en sommes pas là; nous en sommes tous là; vous n'en êtes encore que là?

 

elle représentait un mets de choix

le substantif METS prend un s au singulier

Les noms au singulier finissant par -S (ds, ts, cs, ps, rs, ns, ls, etc.)

 

et cette batelée de gueux, sprinters improvisés battant le briquet, gémissant muettement de plaisir à la vue du repas convoité, haletaient

Littré : une batelée. Une certaine quantité de gens réunis, quoique inconnus.

Un sprinter, en sport, se dit d'un coureur spécialiste des courses de vitesse

battre le briquet, Littré : Familièrement et figurément, battre le briquet, se frapper les chevilles des pieds en marchant.

gémissant muettement, sans dire une parole

 

Bigre !

Littré : Jurement adouci. Très familier

Bougre - Jurement très grossier. Ah ! b.... je me suis fait mal. Dans ce sens, ce mot ne s'écrit jamais que par sa première lettre ; et, quand il s'écrit, il se prononce bé.

 

trois ragots menaçants aux défenses acérées

Les ragots sont des sangliers mâles de deux ou trois ans

Les défenses sont de longues dents saillantes

 

ils semblaient assez belliqueux

belliqueux

Littré : 1-Qui se plaît à la guerre. Peuple sauvage et belliqueux. Cité belliqueuse. Ardeur belliqueuse. 2-Qui excite à la guerre. Des accents, des sons belliqueux.

 

la Grande Armée ne les eût pas fait reculer.

L'armée de Napoléon ne les aurait pas fait reculer.

 

Les coquins s'égaillèrent illico tous azimuts

ils se dispersèrent immédiatement dans toutes les directions

illico, tous azimuts, expressions familières.

 

Ne sont-ce point ici les petits de Sissi, Sou, Ci et Souci ? Dieu, qu'ils ont forci !

quelques adverbes de négation archaïques

> Je ne marche pas, je ne vois point, je ne mange mie, je ne bois goutte

on notera l'allitération de la sifflante [s]

ils ont forci, ils sont devenus plus gros et plus vigoureux.

Vous hésitez entre forci, forcis,ou forcit ?

> Verbes se terminant par I, IE, IS, IES, IT, ou ÎT

 

il y aurait eu, à coup sûr, maints enragés d'embrochés.

Littré : Des grammairiens modernes ont prétendu qu'il n'était pas correct de dire : il y a eu cent hommes de tués, et que le de devait être supprimé. La question avait été agitée déjà du temps de Vaugelas qui déclare que le de est appuyé par de bons auteurs. Aujourd'hui l'usage l'a consacré, usage qui d'ailleurs n'a rien d'inexplicable grammaticalement. Il n'y a rien qui paraisse de plus insensé à ceux qui ne sont pas éclairés d'en haut, [Bossuet, Hist. II, 11] On remarquera cette tournure : Bossuet ayant à construire rien de plus insensé avec paraître, a mis le verbe au milieu ; construction qui peut sembler insolite, mais qui est bonne et à imiter.

 

Je profitai de cet heureux instant

La place de l'adjectif heureux détermine (généralement) son sens.

1) antéposé, c'est-à-dire placé avant le substantif

cet heureux instant, cet instant favorisé par le hasard annonce quelque chose de favorable.

2) postposé, placé après le substantif

cet instant heureux, cet instant de bonheur.

 

<< 178 Délires qui laissent entrevoir une lueur d'espoir

>> 180 Délires sur la conquête de la liberté

> QCM Vocabulaire rencontré dans les Délires du 170 au 179

 

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