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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 16:05

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LES PIDGINS

Au XIXe siècle, la langue anglaise a pénétré dans des pays extrême-orientaux comme la Chine, d'abord dans le monde des affaires. Elle a permis les échanges commerciaux entre ces pays qui avaient des langues différentes. L'anglais s'est simplifié, tant dans sa syntaxe que dans son vocabulaire.

De nombreux pays du monde utilisent des pidgins issus de l'anglais. 

Le terme pidgin n'est pas propre à l'anglais. Il s'emploie aussi pour des langues d'autres origines.
 

LE CRÉOLE

Le créole ou plutôt les langues créoles ont pour origines des langues européennes le français, l'espagnol, le portugais importées à l'époque du colonialisme et mêlées à la langue des indigènes.

Le créole n'est pas un pidgin parce qu'il est devenu au fil des générations la langue maternelle et la langue officielle des pays où on le parle.

 

Le mot pidgin est entré dans la 9e édition du Dictionnaire de l'Académie. Voir à l'entrée : PIDGIN

Voir aussi dans Le Trésor de la langue française : PIDGIN

Voir l'étymologie de PIDGIN (prononcer phonétiquement PIGEON en anglais )

Et dans Le Trésor : CRÉOLE

Une autre langue composite : le SABIR

 

Claude Hagège, linguiste.

Je dirai plutôt que certaines langues ont quelque chose de sommaire, une syntaxe moins précise, un lexique moins étendu : ce sont les pidgins, ces langues qui naissent spontanément sur les marchés d'Afrique et d'ailleurs pour permettre à des gens venus de tribus et de villages différents de commercer ensemble. Il leur manque une caractéristique capitale pour être des langues : le fait d'avoir été transmises dans la petite enfance. Mais, comme les relations de marché et d'échanges finissent par créer des communautés, certains pidgins s'enrichissent et engendrent des créoles [NDLR : système linguistique mixte] qui se transmettent au sein de la communauté. Le guadeloupéen, le martiniquais et le guyanais ont commencé par être des pidgins et sont maintenant des créoles.

Extrait de l'article du POINT - Publié le 25/06/2009

Claude Hagège : « j'aime les langues comme les femmes »

 

Extrait de l'introduction à mon blog

Que la langue anglaise soit, elle aussi, une langue riche et nuancée, personne n'oserait en douter, mais que son "pidgin", vidé de la véritable substance de cette langue, soit utilisé dans notre pays, à tout propos, dans les médias, la publicité, l'industrie, et par bon nombre de nos politiques de tous bords qui se targuent d'aimer la France, voilà de quoi ruer dans les brancards !

Mamiehiou > Nouvel avertissement au lecteur

 

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 mwen renmen ou

En créole haïtien : je vous aime

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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 03:23

FLORILÈGE

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Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

                                                                                                             

 

-30-

 

 Au Bonheur des Dames

 

Émile Zola 1840-1902


 

Le roman Au Bonheur des Dames fait partie d'un ensemble de vingt romans : Les Rougon-Macquart (sous-titre : Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire)

Émile Zola s'applique à donner dans son oeuvre une description de la réalité telle qu'elle est. Ce mouvement littéraire s'appelle le Naturalisme. Il s'oppose radicalement au Romantisme.

Émile Zola, fin observateur, enquêteur et psychologue nous fait entrer ici dans un grand magasin grande nouveauté au XIXe siècle qui vient d'ouvrir ses portes : Le Bonheur des Dames.

Une fièvre, due à la curiosité et au désir de faire des affaires, anime ces dames de toutes conditions accourues pour l'événement.

On n'est pas loin de l'animation que l'on connaît aujourd'hui dans les magasins le premier jour des soldes !

 

Chapitre IX [extrait]

Enfin, on rouvrit les portes, et le flot entra. Dès la première heure, avant que les magasins fussent pleins, il se produisit sous le vestibule un écrasement tel, qu'il fallut avoir recours aux sergents de ville, pour rétablir la circulation sur le trottoir. Mouret avait calculé juste : toutes les ménagères, une troupe serrée de petites-bourgeoises et de femmes en bonnet, donnaient assaut aux occasions, aux soldes et aux coupons, étalés jusque dans la rue. Des mains en l'air, continuellement, tâtaient “ les pendus ” de l'entrée, un calicot à sept sous, une grisaille laine et coton à neuf sous, surtout un Orléans à trente-huit centimes, qui ravageait les bourses pauvres. Il y avait des poussées d'épaules, une bousculade fiévreuse autour des casiers et des corbeilles, où des articles au rabais, dentelles à dix centimes, rubans à cinq sous, jarretières à trois sous, gants, jupons, cravates, chaussettes et bas de coton s'éboulaient, disparaissaient, comme mangés par une foule vorace. Malgré le temps froid, les commis qui vendaient au plein air du pavé, ne pouvaient suffire. Une femme grosse jeta des cris. Deux petites filles manquèrent d'être étouffées.
Toute la matinée, cet écrasement augmenta. Vers une heure, des queues s'établissaient, la rue était barrée, ainsi qu'en temps d'émeute. Justement, comme Mme de Boves et sa fille Blanche se tenaient sur le trottoir d'en face, hésitantes, elles furent abordées par Mme Marty, également accompagnée de sa fille Valentine.

Hein ? quel monde ! dit la première. On se tue là-dedans... Je ne devais pas venir, j'étais au lit, puis je me suis levée pour prendre l'air.
C'est comme moi, déclara l'autre. J'ai promis à mon mari d'aller voir sa soeur, à Montmartre... Alors, en passant, j'ai songé que j'avais besoin d'une pièce de lacet. Autant l'acheter ici qu'ailleurs, n'est-ce pas ? Oh ! je ne dépenserai pas un sou ! Il ne me faut rien, du reste.
Cependant, leurs yeux ne quittaient pas la porte, elles étaient prises et emportées dans le vent de la foule.

Non, non, je n'entre pas, j'ai peur, murmura Mme de Boves. Blanche, allons-nous-en, nous serions broyées.
Mais sa voix faiblissait, elle cédait peu à peu au désir d'entrer où entre le monde ; et sa crainte se fondait dans l'attrait irrésistible de l'écrasement. Mme Marty s'était aussi abandonnée. Elle répétait :

Tiens ma robe, Valentine... Ah bien ! je n'ai jamais vu ça. On vous porte. Qu'est-ce que ça va être, à l'intérieur !
Ces dames, saisies par le courant, ne pouvaient plus reculer. Comme les fleuves tirent à eux les eaux errantes d'une vallée, il semblait que le flot des clientes, coulant à plein vestibule, buvait les passants de la rue, aspirait la population des quatre coins de Paris. Elles n'avançaient que très lentement, serrées à perdre haleine, tenues debout par des épaules et des ventres, dont elles sentaient la molle chaleur ; et leur désir satisfait jouissait de cette approche pénible, qui fouettait davantage leur curiosité. C'était un pêle-mêle de dames vêtues de soie, de petites-bourgeoises à robes pauvres, de filles en cheveux, toutes soulevées, enfiévrées de la même passion. Quelques hommes, noyés sous les corsages débordants, jetaient des regards inquiets autour d'eux. Une nourrice, au plus épais, levait très haut son poupon, qui riait d'aise. Et, seule, une femme maigre se fâchait, éclatant en paroles mauvaises, accusant une voisine de lui entrer dans le corps.

Je crois bien que mon jupon va y rester, répétait Mme de Boves. Muette, le visage encore frais du grand air, Mme Marty se haussait pour voir avant les autres, par-dessus les têtes, s'élargir les profondeurs des magasins. Les pupilles de ses yeux gris étaient minces comme celles d'une chatte arrivant du plein jour ; et elle avait la chair reposée, le regard clair d'une personne qui s'éveille.
Ah ! enfin ! dit-elle en poussant un soupir.
Ces dames venaient de se dégager. Elles étaient dans le hall Saint-Augustin. Leur surprise fut grande de le trouver presque vide. Mais un bien-être les envahissait, il leur semblait entrer dans le printemps, au sortir de l'hiver de la rue. Tandis que, dehors, soufflait le vent glacé des giboulées, déjà la belle saison, dans les galeries du Bonheur, s'attiédissait avec les étoffes légères, l'éclat fleuri des nuances tendres, la gaieté champêtre des modes d'été et des ombrelles.

Reportez-vous au site Wikisource

pour retrouver ce texte et l'oeuvre d' Émile Zola.

 

Émile Zola

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FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES (titres des textes)

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  Note

des filles en cheveux : le mot fille a ici un sens péjoratif, il désigne les filles pauvres, probablement aux moeurs légères.

en cheveux : sans chapeau. Il n'était pas convenable pour une dame de sortir sans chapeau.

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 15:06

 

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Récapitulation des petites histoires à trous avec tous les épisodes des Trois copines

 

 

QUIZ 79

Sommaire de l'article

1-L'explication : SA, ÇA et ÇÀ - Natures & Emplois 

à lire avant ou après l'exercice, à votre guise

2-Le texte à trous : La garden-party (épisode 7)

3-Le texte avec la solution

 

Natures & emplois de SA, de ÇA et de ÇÀ

 

Sa 

1adjectif possessif qui détermine un substantif au féminin singulier.

C'est sa passion. C'est la sienne.

La sienne, pronom possessif qui représente sa passion.

 

Ça 

2►pronom démonstratif, familier, mis pour cela.

Ça ne vous ferait rien de me laisser tranquille ?

Cela ne ferait-il rien de me laisser tranquille ?

 

3 ►Ça alors ! Interjection qui marque l'étonnement.

 

4 ►le ça de Freud, pulsions inconscientes (le moi, le surmoi) - Philosophie

 

Çà 

5 ►Çà et là, locution adverbiale de lieu. ici et là.

 

6 ►Ah çà ! Interjection qui marque la surprise, la colère, l'impatience, la menace

Ah çà mais !

Ah çà ! par exemple !

Ah çà, allez-vous donc sortir d'ici ?

 

7 ►Oh çà ! Interjection qui souligne une affirmation.

 « Cette pauvre fille est d'une bêtise !

Oh çà ! »

 

8 ►Or çà ! Interjection vieillie qui marque l'ordre, l'incitation.

Or çà ! Déjeunons

s'emploie aussi pour marquer une forte émotion.

 

On trouve dans le Littré :

Çà - Adverbe de lieu

1 Familièrement, ici.

Viens çà. Venez çà, chien maudit. [Molière, L'étourdi, ou Les contretemps]

Çà et là, de côté et d'autre. Errer çà et là.

Çà et là ses regards en liberté couraient

Où les portait leur fantaisie.

[La Fontaine, Cas de conscience]

Qui çà, qui là, les uns d'un côté, les autres d'un autre. Ils couraient tous qui çà, qui là.

2 De-çà, voir DEÇÀ.

3 Terme ancien de palais. En çà, jusqu'à présent.

Depuis deux ans, depuis deux mois en çà. Depuis cinquante ans en çà on a vu publier plusieurs bulles semblables. [Pascal, Les provinciales]

Interjection familière pour exciter, encourager.

Çà travaillons. Enfin nous ne serons pas les seuls ; çà, çà voici des compagnons. [Bossuet, Démons, 2]

5 Or çà, interjection qui, composée de çà et or (maintenant), signifie qu'on se met à quelque chose, qu'on commence.

Or çà verbalisons. [Racine,Les plaideurs]

6 Ah çà, sorte d'appel à l'attention. Ah çà, il faut s'entendre. Ah çà, que venez-vous me conter ?

 

oooooooooooooooooo

 

Complétez par SA, ÇA ou ÇÀ

 

1Philo- Comme je suis contente que Maggy nous ait invitées à ..... fête ! ..... fait drôle qu'elle organise une garden-party. ..... ne lui était jamais arrivé.

 

2Josée- ..... c'est vrai. Elle préfère de beaucoup qu'on l'invite plutôt que d'inviter. ..... lui fait moins de dérangement.

 

3Philo- ..... alors ! Tu penses comme moi. En fait, je crois que ..... l'embête de faire des frais. Elle qui nous parle toujours de ..... générosité. On va voir ......

 

4Josée- Oh ..... ! Ce sera bien ..... première fois ! ..... va être grandiose, je le sens.

 

5Philo- Ah ..... ! Elle a intérêt ! C'est drôle, on n'a jamais critiqué ..... façon de faire. On est trop indulgentes avec elle. ..... ne lui ferait pas plaisir si elle savait ce qu'on pense d'elle.

 

6Josée- Tu crois ....., Philo ? Mais non ! ..... susceptibilité ne serait même pas froissée. Elle sait très bien ce qu'elle fait quand elle te lance ses piques ; ....., je te l'assure.

 

7Philo- C'est vrai ..... ? ..... lui fait du bien de me faire du mal ?

 

8Josée- Elle est comme ...... N'en parlons plus. Tiens, on arrive devant ..... maison. Regarde ..... belle banderole de Bienvenue.

 

9Philo- ....., c'est chouette.

 

10Josée- Elle a mis ..... grande table dans le jardin. Regarde donc son buffet  ! ..... en jette !

 

11Maggy- Ohé ! Bonjour les copines ! (Elles s'embrassent) ..... vous plaît ? Oh ! Philo a mis ..... jolie robe rose pour l'occasion ! Comme ..... va bien à ..... carnation blanchâtre ! Oh ! Et ..... jolie chaîne de pacotille avec ..... médaille en laiton ! ..... te sied à merveille, Philo !

 

12Philo- C'est vrai, Maggy ? ..... fait joli ?

 

13Maggy- Dommage qu'il y ait des petites taches ..... et là. ..... fait pas très soigné.

 

14Philo (les larmes aux yeux)- ..... n'est pas de ma faute. C'est ton chien Bobby qui vient de m'éternuer dessus.

 

15Maggy- C'est ..... ; c'est Bobby. Il a ..... grosse grippe de printemps. ..... craint !

 

16Josée- Ah ..... ! Tu aurais dû le tenir enfermé, Maggy !

 

17Maggy- Quoi ? Mon Bobby enfermé ? ..... par exemple ! ..... ne va pas, les filles. Ne t'approche pas de moi Philo avec ta robe toute sale. Tu peux comprendre ....., quand même !

 

18Josée- Mais dis-moi Maggy, Comment ..... se fait-il que tes autres invités n'arrivent pas ?

 

19Maggy- C'est ....., tu veux que je te le dise. Eh bien, sachez que vous êtes les deux seules. Les autres se sont tous décommandés. ..... vous fait plaisir ?

 

20Josée & Philo- Ah ..... mais ! Tu aurais dû nous le dire !

  

Voici le texte complété :

 

Les numéros mis en exposants renvoient

à l'explication qui précède le texte.

 

1Philo- Comme je suis contente que Maggy nous ait invitées à sa1 fête ! Ça2 fait drôle qu'elle organise une garden-party. Ça ne lui était jamais arrivé.

 

2Josée- Ça c'est vrai. Elle préfère de beaucoup qu'on l'invite plutôt que d'inviter. Ça lui fait moins de dérangement.

 

3Philo- Ça alors3 ! Tu penses comme moi. En fait, je crois que ça l'embête de faire des frais. Elle qui nous parle toujours de sa générosité. On va voir ça.

 

4Josée- Oh çà7 ! Ce sera bien sa première fois ! Ça va être grandiose, je le sens.

 

5Philo- Ah çà6 ! Elle a intérêt ! C'est drôle, on n'a jamais critiqué sa façon de faire. On est trop indulgentes avec elle. Ça ne lui ferait pas plaisir si elle savait ce qu'on pense d'elle.

 

6Josée- Tu crois ça, Philo ? Mais non ! Sa susceptibilité ne serait même pas froissée. Elle sait très bien ce qu'elle fait quand elle te lance ses piques. Ça, je te l'assure.

 

7Philo- C'est vrai ça ? Ça lui fait du bien de me faire du mal ?

 

8Josée- Elle est comme ça. N'en parlons plus. Tiens, on arrive devant sa maison. Regarde sa belle banderole de Bienvenue.

 

9Philo- Ça, c'est chouette.

 

10Josée- Elle a mis sa grande table dans le jardin. Regarde donc son buffet  ! Ça en jette ! 

 

11Maggy- Ohé ! Bonjour les copines ! (Elles s'embrassent) Ça vous plaît ? Oh ! Philo a mis sa jolie robe rose pour l'occasion ! Comme ça va bien à sa carnation blanchâtre ! Oh ! Et sa jolie chaîne de pacotille avec sa médaille en laiton ! Ça te sied à merveille, Philo !

 

12Philo- C'est vrai, Maggy ? Ça fait joli ?

 

13Maggy- Dommage qu'il y ait des petites taches çà5 et là. Ça fait pas très soigné.

 

14Philo (les larmes aux yeux)- Ça n'est pas de ma faute. C'est ton chien Bobby qui vient de m'éternuer dessus.

 

15Maggy- C'est ça ; c'est Bobby. Il a sa grosse grippe de printemps. Ça craint !

 

16Josée- Ah çà6 ! Tu aurais dû le tenir enfermé, Maggy !

 

17Maggy- Quoi ? Mon Bobby enfermé ? Ah çà6 par exemple ! Ça ne va pas, les filles. Ne t'approche pas de moi Philo avec ta robe toute sale. Tu peux comprendre ça, quand même !

 

18Josée- Mais dis-moi Maggy, Comment ça se fait-il que tes autres invités n'arrivent pas ?

 

19Maggy- C'est ça, tu veux que je te le dise. Eh bien, sachez que vous êtes les deux seules. Les autres se sont tous décommandés. Ça vous fait plaisir ?

 

20Josée & Philo- Ah çà mais6 ! Tu aurais dû nous le dire !

 

>> RETOUR AU DEBUT DE L'ARTICLE

 Récapitulation de tous les exercices à trous

Récapitulation des petites histoires à trous

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

Orthographe grammaire pour les hésitants

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 11:48

 

Comme une suite à l'article :

Mais pourquoi la langue française est-elle si compliquée ?

( D'où vient le français ?)

 

La curiosité nous pousse parfois à chercher l'origine d'un mot, et à en connaître sa famille (les mots dérivés*). Nous avons alors le plaisir de parcourir les dictionnaires étymologiques.

 

ÉTYMOLOGIE (entrée dans le Dictionnaire de l'Académie 8e édition)

Origine d'un mot, sa dérivation par rapport à un ou plusieurs autres. Rechercher l'étymologie d'un mot, en donner l'étymologie. Véritable, fausse étymologie. Il se dit, par extension, de la Science des étymologies. S'occuper d'étymologie. Les règles de l'étymologie.

 

Voir le Trésor de la langue française : ÉTYMOLOGIE, subst. Fém.

 

Dictionnaire étymologique de la langue française par Léon Clédat (1914)

Cliquez sur le livre pour en tourner les pages ou faites glisser le curseur (sous les articles)

Voici ce que nous donne ce dictionnaire

à l'entrée du verbe LIER (par exemple)

Pages 337-338

Lier, latin ligare. Dérivés : liaison, lieur, liasse, lien, ligament, ligature, ligoter, et au figuré ligue, liguer, ligueur, sans doute aussi licteur, porteur de faisceaux, et liane, plante qui s'enlace ; composé licou (voir col). Les limiers, jadis liemiers (mot formé sur lien) sont des chiens qu'on mène en laisse.

-En vieux français, lier avait aussi la forme loyer (comparez plier et ployer), d'où aloyer, substantif verbal aloi, au sens d'alliage, dans "monnaie de bon aloi" avec le même préfixe a- et la forme lier, on a allier, d'où alliance et alliage ; mésallier, mésalliance (préfixe més- , voir moindre), rallier, ralliement. Autre composé : relier, d'où relieur, reliure.

-Composé savant avec ob- : obliger, lier par un ordre ou par un service, d'où obligeant, obligeance d'une part, obligatoire, obligation, obligataire, d'autre part (cf. au mot agir la signification des mots action, actionnaire). Désobliger, d'où désobligeant, c'est proprement rendre un mauvais service.

-Sur un synonyme latin de ligare (voir annexe)

 

Sur le Trésor : Étymologie et histoire du verbe > LIER

  

*Exemple de mot dérivé : RELIURE

Le radical du mot est le verbe LIER, le préfixe est RE-, le suffixe est -URE

 

Les affixes (préfixe, infixe et suffixe) sont des éléments lexicaux qui, ajoutés au début, à l'intérieur et à la fin d'un mot, forment d'autres mots.

 

Le Trésor cite un exemple d'infixe donné par le linguiste Bernard Pottier.

L'infixe -ill- dans boitiller "ne pas boiter exactement" (Systématique des éléments de relation, Paris, Klincksieck, 1962, p. 179).

 

Littré :

Infixe : nm (in-fi-ks'), Terme de grammaire. Mot ou partie de mot

qui se place à l'intérieur des mots, de la même façon que le préfixe à la tête, et le suffixe à la fin.

Ainsi, dans amphi-bologie, bo est un infixe ; car les Grecs ont dit amphilogie et amphibolie.

 

Articles sur la dérivation :

Les suffixes nominaux -té, -eté, et -ité - QUIZ 71

La Dérivation - Les suffixes - QUIZ 69 "Jo le rebelle"

QUIZ 22 Mots contenant l'élément phobie

QUIZ 9 Mots contenant l'élément culture

...............................................................

 

Sur le site Études Littéraires,

voir : Les préfixes en français

Les suffixes français

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 07:34

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Après avoir fait l'exercice > En finir avec les fautes d'inattention – Petits exercices d'orthographe pour Anthony qui est en CM2 (2e partie)

tu peux corriger en regardant le texte ci-dessous :

 

Les lapins
 

    — Il ne reste plus de melon pour toi, dit madame Lepic ; d’ailleurs, tu es comme moi, tu ne l’aimes pas.

    — Ça se trouve bien, se dit Poil de Carotte.

On lui impose ainsi ses goûts et ses dégoûts. En principe, il doit aimer seulement ce qu’aime sa mère. Quand arrive le fromage :

    — Je suis bien sûre, dit madame Lepic, que Poil de Carotte n’en mangera pas.

Et Poil de Carotte pense :

    — Puisqu’elle en est sûre, ce n’est pas la peine d’essayer.

En outre, il sait que ce serait dangereux.

Et n’a-t-il pas le temps de satisfaire ses plus bizarres caprices dans des endroits connus de lui seul ? Au dessert, madame Lepic lui dit :

    — Va porter ces tranches de melon à tes lapins.

Poil de Carotte fait la commission au petit pas, en tenant l’assiette bien horizontale afin de ne rien renverser.

À son entrée sous leur toit, les lapins, coiffés en tapageurs, les oreilles sur l’oreille, le nez en l’air, les pattes de devant raides comme s’ils allaient jouer du tambour, s’empressent autour de lui.

    — Oh ! attendez, dit Poil de Carotte ; un moment, s’il vous plaît, partageons.

S’étant assis d’abord sur un tas de crottes, de séneçon* rongé jusqu’à la racine, de trognons de choux, de feuilles de mauves, il leur donne les graines de melon et boit le jus lui-même : c’est doux comme du vin doux.

Puis il racle avec les dents ce que sa famille a laissé aux tranches de jaune sucré, tout ce qui peut fondre encore, et il passe le vert aux lapins en rond sur leur derrière.

La porte du petit toit est fermée.

Le soleil des siestes enfile les trous des tuiles et trempe le bout de ses rayons dans l’ombre fraîche.


 

 

NOTES

 

Des mots qui se terminent toujours par -S : d'ailleurs temps jus

ailleurs, d'ailleurs

le temps

le jus

Écris ces mots pour t'en souvenir.

 

*le séneçon est une plante. Ses fleurs ont la forme de petites aigrettes blanches.

 

Réponse aux questions

1-Pourquoi met-on un -E à SÛRE dans la phrase :

- Puisqu’elle en est sûre, ce n’est pas la peine d’essayer.

On met un -E parce que l'adjectif SÛR est au féminin. Il s'accorde avec le pronom personnel ELLE (mme Lepic)

2-Pourquoi Poil de Carotte pense-t-il :

En outre, il sait que ce serait dangereux >> d'essayer de dire qu'il aime le melon

Mme Lepic a dit à Poil de Carotte qu'il n'aimait pas le melon, et qu'il n'en mangerait pas, ce qui n'est pas vrai puisqu'on le voit racler et manger ce qui reste sur les tranches, à la fin du texte. Poil de Carotte ne veut pas contredire sa maman pour ne pas être grondé. C'est elle qui décide de ce qu'il aime et de ce qu'il n'aime pas.

 

Retour au texte non corrigé

Retour au 1er article de la série intitulée

Exercices d'orthographe pour Anthony

En finir avec les fautes d'inattention – Petits exercices d'orthographe pour Anthony qui est en CM2 (1re partie)

LIRE >L'indicatif présent pour les hésitants

 

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 07:27

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Bonjour Anthony !

Après avoir fait et corrigé les exercices de l'article :

En finir avec les fautes d'inattention – Petits exercices d'orthographe pour Anthony qui est en CM2 (1re partie)

lis attentivement le texte ci-dessous et rétablis tous les -S qui ont été oubliés.

C'est un chapitre de Poil de Carotte écrit par Jules Renard en 1802


Les lapins

Il ne reste plus de melon pour toi, dit madame Lepic ; d’ailleurs, tu es comme moi, tu ne l’aime pas.

Ça se trouve bien, se dit Poil de Carotte.

On lui impose ainsi ses goût et ses dégoût. En principe, il doit aimer seulement ce qu’aime sa mère. Quand arrive le fromage :

Je suis bien sûre, dit madame Lepic, que Poil de Carotte n’en mangera pas.

Et Poil de Carotte pense :

Puisqu’elle en est sûre, ce n’est pas la peine d’essayer.

En outre, il sait que ce serait dangereux.

Et n’a-t-il pas le temps de satisfaire ses plus bizarre caprice dans des endroit connu de lui seul ? Au dessert, madame Lepic lui dit :

Va porter ces tranche de melon à tes lapin.

Poil de Carotte fait la commission au petit pas, en tenant l’assiette bien horizontale afin de ne rien renverser.

À son entrée sous leur toit, les lapin, coiffé en tapageur, les oreille sur l’oreille, le nez en l’air, les patte de devant raide comme s’ils allaient jouer du tambour, s’empressent autour de lui.

Oh ! attendez, dit Poil de Carotte ; un moment, s’il vous plaît, partageons.

S’étant assis d’abord sur un tas de crotte, [...] de trognon de choux, de feuille de mauves, il leur donne les graine de melon et boit le jus lui-même : c’est doux comme du vin doux.

Puis il racle avec les dent ce que sa famille a laissé aux tranche de jaune sucré, tout ce qui peut fondre encore, et il passe le vert aux lapins en rond sur leur derrière.

La porte du petit toit est fermée.

Le soleil des sieste enfile les trou des tuile et trempe le bout de se rayons dans l’ombre fraîche.

...........................................

Réponds aux trois questions avant de regarder la correction :

1-Pourquoi met-on un -E à SÛRE dans la phrase :

- Puisqu’elle en est sûre, ce n’est pas la peine d’essayer.

2-Que signifie la phrase :

En outre, il sait que ce serait dangereux (>> d'essayer de dire qu'il aime le melon).

3-Que penses-tu de la maman de Poil de Carotte ?

 

L'exercice terminé, tu peux voir la correction :

Correction des exercices pour Anthony (2e partie)

 

Série : Exercices d'orthographe pour Anthony

En finir avec les fautes d'inattention (1re partie)

En finir avec les fautes d'inattention (2e partie)

Orthographe grammaire pour les hésitants

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 17:55

 

Correction des exercices de l'article :

>> En finir avec les fautes d'inattention – Petits exercices d'orthographe pour Anthony qui est en CM2 (1re partie)

 

Rappel 1

La terminaison d'un verbe conjugué à la 2e personne du singulier TU est un S quel que soit le temps.

Tu joues, tu ris, tu es joyeux, tu aimes être tes copains, tu fais aussi parfois tes devoirs et tu apprends tes leçons.

Il fallait souligner ou surligner les S des terminaisons des verbes des phrases précédentes.

 

Exception : On ne met pas de S à l'impératif quand le verbe se termine par un E muet (On a aussi Va sans S) L'impératif est un mode qui permet d'exprimer un ordre, une suggestion, un conseil, une interdiction.

Joue ! Chante ! Ne pleure pas ! Cueille des fleurs pour faire un beau bouquet ! Sache que tout le monde doit faire des efforts pour réussir ! Aime-la de tout ton cœur, c'est ta maman. Ne bavarde pas en classe, c'est interdit.

Il fallait souligner ou surligner les E des terminaisons des verbes des phrases précédentes.

 

Pour l'euphonie, parfois, on est obligé d'ajouter un S EUPHONIQUE au verbe conjugué à l'impératif.

Quel beau gâteau ! Goûtes-y

Le S euphonique rend la phrase plus agréable à entendre.

Tu as un problème ; parles-en à ta maman. Tu voudrais des pokémons, achètes-en. Tu veux allez chez ton copain, eh bien vas-y !

Il fallait souligner ou surligner le S qu'on a ajouté pour l'euphonie

 

Rappel 2

Tu sais comment on forme le pluriel d'un nom (ou substantif).

On ajoute un S au nom qui est au singulier, parfois un X. C'est la règle générale.

Un enfant, des enfants - un jouet, des jouets

un jeu, des jeux – un bateau, des bateaux

Il fallait souligner ou surligner le S ou le X qu'on a ajouté aux noms pour les mettre au pluriel.

 

L'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte. On ajoute généralement un S à l'adjectif au singulier pour le mettre au pluriel.

Regarde la bicyclette bleue

Regarde les bicyclettes bleues.

Il porte toujours un tee-shirt rouge. Et il est souvent déchiré.

Il porte toujours des tee-shirts rouges. Et ils sont souvent déchirés.

Il fallait souligner ou surligner le S qu'on a ajouté aux noms et aux adjectifs pour les mettre au pluriel.

 

À bientôt Anthony !

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 17:26

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Bonjour Anthony !

Je sais que tu es un garçon bien sympathique et que tu t'intéresses à beaucoup de matières à l'école, comme la géographie et l'histoire. J'ai écrit pour toi ces petits exercices qui vont te demander un peu d'attention. Il s'agit de repérer les S.

C'est facile pour toi, ouvre l'œil.

 

Rappel 1

La terminaison d'un verbe conjugué à la 2e personne du singulier TU est un S quel que soit le temps.

Tu joues, tu ris, tu es joyeux, tu aimes être tes copains, tu fais aussi parfois tes devoirs et tu apprends tes leçons.

Exercice : Souligne ou surligne les S des terminaisons des verbes des phrases précédentes.

 

Exception : On ne met pas de S à l'impératif quand le verbe se termine par un E muet. On a aussi Va sans S.

L'impératif est un mode qui permet d'exprimer un ordre, une suggestion, un conseil, une interdiction.

Joue ! Chante ! Ne pleure pas ! Cueille des fleurs pour faire un beau bouquet ! Sache que tout le monde doit faire des efforts pour réussir ! Aime-la de tout ton cœur, c'est ta maman. Ne bavarde pas en classe, c'est interdit.

Exercice : Souligne ou surligne les E des terminaisons des verbes des phrases précédentes.

 

Pour l'euphonie, parfois, on est obligé d'ajouter un S EUPHONIQUE au verbe conjugué à l'impératif.

Quel beau gâteau ! Goûtes-y

Le S euphonique rend la phrase plus agréable à entendre.

Tu as un problème ; parles-en à ta maman. Tu voudrais des pokémons, achètes-en. Tu veux aller chez ton copain, eh bien vas-y !

Exercice : Souligne ou surligne le S qu'on a ajouté pour l'euphonie

 

Rappel 2

Tu sais comment on forme le pluriel d'un nom (ou substantif).

On ajoute un S au nom qui est au singulier, parfois un X. C'est la règle générale.

Un enfant, des enfants - un jouet, des jouets

un jeu, des jeux – un bateau, des bateaux

Exercice : Souligne ou surligne le S ou le X qu'on a ajouté aux noms pour les mettre au pluriel.

 

L'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte. On ajoute généralement un S à l'adjectif au singulier pour le mettre au pluriel.

Regarde la bicyclette bleue

Regarde les bicyclettes bleues.

Il porte toujours un tee-shirt rouge. Et il est souvent déchiré.

Il porte toujours des tee-shirts rouges. Et ils sont souvent déchirés.

Exercice : Souligne ou surligne le S qu'on a ajouté aux noms et aux adjectifs pour les mettre au pluriel.

 

Cet exercice est terminé. Je t'en écrirai d'autres.

Était-ce un exercice difficile ?

Ta maman peut regarder si tu as fait des oublis.

Tu peux voir la correction en cliquant sur :

Correction des exercices pour Anthony (1re partie)

Tu peux faire un commentaire après l'article si tu veux.

À bientôt Anthony !

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Série : Exercices d'orthographe pour Anthony

En finir avec les fautes d'inattention (1re partie)

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 15:00

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« Comment m'as-tu trouvée, ma belle ? Quel jour de bonheur ! Enfin je te revois ! Je savais que tu me reviendrais. Ne me l'avais-tu pas promis ? Est-il possible ? Est-il possible ? »

Du plus loin que Sissi m'aperçut, j'entendis ses exclamations qui traduisaient un bouleversement profond ; et je me réjouis de cet accueil enthousiaste, éperdue, à tel point que je restai muette, jusqu'à m'étonner moi-même.

Des grommellements sonores et de profonds soupirs entrecoupaient ses cris de joie.

La sombre forêt avait-elle jamais frémi de la sorte ?

«  L'a'vous vue ? L'a'vous vue tous ? A'vous vu ma petite Oli qui revient ?

«  Qu'a-t-elle donc, cette Pochemuchka, pour s'exprimer de la sorte ? susurra mon Prétatou prêt à souligner chaque écart que ferait mon amiequ'il croyait être ma préférée. Qu'est-ce qu'il lui prend ? Est-elle frappée d'hapaxépie ? L'émotion va la tuer à coup sûr ! »

 

Jour de liesse ! De toutes parts retentirent à qui mieux mieux les cris de la gent emplumée, et en si grand nombre que la contagion semblait s'être étendue jusqu'aux confins de la terre.

« Quelle fête, mes amis ! Quelle fête faites-vous donc là ! m'exclamai-je abasourdie. »

Les chants pleuvaient à tout rompre.

Ainsi donc mesurai-je à quel point ma popularité s'était renforcée pendant mon absence. L'alouette grisollait, la caille cacabait, le corbeau croassait, la corneille graillait, le geai cajolait, le paon braillait, la perdrix cacabait, le pinson ramageait, la pie jasait, le merle sifflait, la mésange zinzinulait ; la gent quadrupède accourut et se joignit au tohu-bohu ; le cerf réait, suivi de sa harde fidèle qui s'époumonait, ravie d'accompagner son raire ; le renard glapissait, la souris chicotait, le crapaud coassait ; les insectes, ceux-là mêmes d'ordinaire si peu sentimentaux, se manifestèrent ; le bourdon bourdonnait, le grillon, grésillant, avait peine à se faire entendre ; soudain, le hibou réveillé se mit à boubouler ; une chèvre perdue bégueta. On aurait pu craindre une cacophonie, mélange de bruits confus et assourdissants à s'en boucher les oreilles. Que nenni ! Il s'instaura en un éclair une harmonie qu'on eût dit céleste, comme on en entend parfois lors des rassemblements religieux où chacun se met à chanter un air inspiré qu'il invente à chaque mesure, le tout à l'unisson, manifestation d'une rare glossolalie digne de la plus haute expression spirituelle.

Et par dessus tout, les couinements mélodiques et ravis de ma Sissi, ma laie amie.

« Chère Oli, me dit-elle, j'ai, depuis une année entière, tant pleuré sur ton souvenir, que les hôtes de ces bois* se sont émus de ma tristesse et je leur ai parlé de toi. Ils en sont venus à t'attendre comme moi-même je t'attendais. Le croirais-tu, chère Oli, le croirais-tu ? J'avais grand peur que tu ne puisses pas me retrouver : je dus m'éloigner de la demeure de Marie Cratère qui me menaçait et m'accusait de n'avoir pu te conserver auprès d'elle ; puis je fus chassée de ce territoire ennemi par Lokis* le Grand Ours à qui personne ne peut tenir tête au risque d'être occis sur l'heure.

Ces paroles ne m'étonnèrent aucunement.

« Tu veux parler de Messire Ours ? C'est lui que tu crains ? Ne te mets pas en peine, chère Sissi. C'est lui-même qui m'a indiqué la direction que je devais prendre pour te rejoindre. Il est devenu mon ami. »

À ces mots, le saisissement atteignant son paroxysme, Sissi fut prise d'une violente commotion et elle s'effondra lentement en un bruit sourd.

Vraiment, c'était trop pour elle.

« On n'a pas pu empêcher qu'elle ne nous joue un tour à sa façon ; et je crains qu'elle ne refasse surface avant longtemps, conclut doctement mon chien. » 

................................................

*Les hôtes de ces bois

Emprunt à Jean de la Fontaine – Fable, Le Corbeau et le Renard.

 

**Lokis, Michel, noms donnés dans les légendes lithuaniennes à l'ours brun.

Prosper Mérimée s'est inspiré de ces légendes en écrivant Lokis (1869) une de ses plus belles et de ses plus énigmatiques nouvelles, la dernière, un an avant sa mort.

Cité dans le livre de Michel Pastoureau, L'Ours. Histoire d'un roi déchu - 2007

On peut lire la nouvelle de Mérimée sur la toile : Lokis - Wikisource

 

NOTES 

Comment m'as-tu trouvée, ma belle ?

Le participe passé trouvée s'accorde avec le pronom personnel M' (ME élidé) féminin, singulier, placé avant lui.

Me pronom personnel complément d'objet direct de trouver. Il représente Sissi, l'amie de la narratrice Oli.

Voir les règles d'accord des participes passés > Règles de l'accord des participes passés

 

Est-il possible ?

Tournure vieillie > Comment est-ce possible ?

 

Du plus loin que Sissi m'aperçut, j'entendis ses exclamations

Du plus loin que, locution conjonctive qui introduit une proposition subordonnée conjonctive > Loin que, aussi loin que, d'aussi loin que, du plus loin que, bien loin que

 

La sombre forêt avait-elle jamais frémi de la sorte ?

L'adverbe de temps JAMAIS ne s'accompagne pas toujours de la négation NE > Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques...

 

L'a'vous vue ? L'a'vous vue tous ? A'vous vu ma petite Oli qui revient ?

L'a'vous vue ? POUR : L'avez-vous vue ?

A'vous vu ? POUR Avez-vous vu

Hapaxépie : faute de prononciation. On omet un phonème (ou un groupe de phonèmes) qui aurait dû être prononcé deux fois.

Synonyme : Haplologie

En linguistique, l'haplologie désigne l'amuïssement (la disparition) dans un mot d’un ou de plusieurs phonèmes identiques ou apparentés.

Haplographie : même phénomène qui concerne l'écriture.

De nombreux mots se sont formés par haplologie.

Exemples : Clermont et Montferrand, deux villes qui furent réunies au XVIIIe siècle et prirent le nom de Clermont-Ferrand.

Dismorphobie pour dismorphophobie (peur d'être laid ou mal fait)

 

Qu'a-t-elle donc, cette Pochemuchka, à s'exprimer de la sorte, susurra mon Prétatou

Pochemuchka, mot russe lu sur twitter le 6 octobre 2013 emprunté à

¡Entérate!

 

"La palabra rusa más difícil de traducir es 'pochemuchka', se emplea para referirse al individuo que formula muchas preguntas."

Le russe a un mot difficile à traduire pour désigner quelqu'un qui pose beaucoup de questions : Pochemuchka.

susurrer > Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

 

Qu'est-ce qu'il lui prend ? Ou bien Qu'est-ce qui lui prend 

> (CE) QUI ou (CE) QU'IL suivi d'un verbe impersonnel

 

les cris de la gent emplumée

Le peuple des oiseaux > la gent, les gens, gentil, gentillesse, Gente Dame, un gentilhomme,, un gentleman, l'entregent, un Gentil, la gentilité

 

Quelle fête faites-vous donc ! m'exclamai-je abasourdie.

fête & faites : homonymes homophones

> Que signifient les mots synonyme, antonyme, homonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ?

m'exclamai-je > passé simple

abasourdie

prononcer abazourdi > Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure, almanach, handball, imbroglio, mas, tomber dans le lacs, abasourdi, blinis, Auxerre, Bruxelles, Cassis...

 

Ainsi pus-je mesurer à quel point ma popularité s'était renforcée

L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

pus-je verbe pouvoir au passé simple

> Ne pas confondre : je peux, je puis, je pus, je puisse, je pusse - puis-je, puissé-je ou puissè-je..

L'alouette grisollait, la caille cacabait, le corbeau croassait, la corneille graillait, le geai cajolait...

Les cris des animaux > Délires pour un bestiaire. QUIZ 3

 

le cerf réait, suivi de sa harde fidèle qui s'époumonait, ravie d'accompagner son raire.

Verbe réer

synonymes bramer, crier et raire > Les verbes défectifs

le raire, le cri du cerf - le brame

  s'époumoner 1N

LES MOTS QUI FINISSENT PAR ON ont le plus généralement leurs dérivés avec deux N.

Galon, galonné, talon, talonné, ballon, ballonné.

SAUF national, cantonade, cantonal (mais cantonner, cantonnement, cantonnier), patronal, patronage, patronat (mais patronner etc.), régional, détoner (exploser, mais détonner quand on chante), détonation, détonateur, donation, donataire (celui qui reçoit le don), s'époumoner, limoner, millionième, violoner, violoniste, sonore (de son), sonorité, assonance , assoner, résonance, résonateur, résonant (ou résonnant)...

Voir d'autres mots de leur famille.

 

les insectes, ceux-là mêmes d'ordinaire si peu sentimentaux, se manifestèrent

> Ceux-là même ou ceux-là mêmes ? Celles-là même ou celles-là mêmes

 

une harmonie qu'on eût dit céleste

eût dit : subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé (appelé aussi conditionnel passé 2e forme)

> une harmonie qu'on aurait dit céleste.

 

manifestation d'une rare glossolalie digne de la plus haute expression spirituelle

Glossolalie, phénomène appelé aussi don du chant en langues.

Langue inintelligible prononcée par les mystiques en extase.

Autre acception en psychiatrie

 

 je dus m'éloigner de la demeure de Marie Cratère

> Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

 

Lokis le Grand Ours* à qui personne ne peut tenir tête au risque d'être occis sur l'heure

Lire la première rencontre d'Oli avec messire Ours 

> 150 Délires ursins

occis, occire (vieux verbe) tuer > Les verbes défectifs

 

On n'a pas pu empêcher qu'elle ne nous joue un tour à sa façon, conclut doctement mon chien. 

Après EMPÊCHER, on peut employer ou non le NE explétif.

NE explétif - Quand peut-on l'employer ? - sans que je ne - avant que je ne - je crains que tu ne - j'empêche que tu ne - je m'attends à ce que tu ne - je ne nie pas que tu ne...

 

<< 170 Délires sur une rencontre imprévue, si ce n'est qu'elle était inespérable

>> 172 Délires pour une réprimande doublée d'un déluge de pleurs

 

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 10:21

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Que doit-on dire : Qu'est-ce qui arrive ? OU Qu'est-ce qu'il arrive ?

 Les deux propositions sont possibles

Qu'est-ce qu'il faut faire ?

Falloir est un verbe essentiellement impersonnel

On emploie QU'IL

devant les verbes essentiellement impersonnels

Voir : Les verbes impersonnels

Tous les efforts qu'il faut que je fasse pour vous plaire !

Les bruits qu'il y a eu hier soir dans la rue m'ont fait penser à une échauffourée.

Je l'attends depuis ce matin ; il aurait dû arriver, à l'heure qu'il est.

Vous me demandez ce qu'il faut faire ? Moi aussi je vous le demande.

Tu as eu tout ce qui te faut : usage familier

 

L'usage est souvent hésitant entre QU'IL et QUI devant les verbes impersonnels qui peuvent se construire personnellement.

Pour ton anniversaire, tu peux choisir ce qui te plaît.

> ce qui te fait plaisir

 

QU'IL s'emploie aussi :

quand le pronom relatif est complément de l'infinitif exprimé ou sous-entendu.

Et ce soir nous ferons ce qu'il nous plaira (de faire)

 

quand le sujet logique suit le verbe impersonnel

Vous voudrez bien m'expliquer ce qu'il importe que je sache.

Il arrivera ce qu'il doit arriver.

Quelques exemples de phrases.

Qu'est-ce qu'il lui prend ? Qu'est-ce qui lui prend ?

A-t-il enfin fait ce qui convient ?

Tu sais bien que jamais je ne ferai ce qu'il convient de faire !

Dans cette affaire, je n'ai pas su ce qui importait vraiment.

L'article nous démontre ce qui importe.

Je me demande bien ce qu'il lui est arrivé.

C'est ce qui était nécessaire.

Il ne put me raconter ce qui se passa ce jour-là. (ce qu'il se passa ce jour-là)

Voilà ce qui est admis à l'examen.

Je m'imaginais tout ce qui pourrait m'advenir. 

Qui sait ce qui va advenir de nous ?

Voyez ce qui m'arrive - Il en arrivera ce qu'il pourra. Académie 8e édition

L'usage est souvent libre entre QUI et QU'IL

♥ 

Voir aussi : CE QUE – CE QUI – Natures & Emplois

 

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L'Office québécois de la langue française traite de cette question grammaticale dans sa Banque de dépannage linguistique

Voir : Ce qui ou ce qu'il [Les homophones grammaticaux]

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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