Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 12:18

ACCUEIL

Tous les articles du blog

Récapitulation des petites histoires à trous avec tous les épisodes des Trois copines

Tous les QUIZ

 

Question préliminaire :

Mettre à la forme interrogative avec l'inversion du sujet

et sans employer EST-CE QUE :

1-Je me moque de toi.

2-Il vainc sa peur.

Voir ► Remarques

1-Me moqué-je de toi ? Ou Me moquè-je de toi ?

2-Vainc-t-il sa peur ?

 Sommaire de l'article :

1-Des précisions sur la phrase interrogative

2-Exercice : QUIZ 78

3-Correction de l'exercice

 

1-Des précisions sur la phrase interrogative

Discours direct

Est-ce qu'il pleut ?

Est-ce que est une locution interrogative qu'on emploie dans la langue parlée. Elle évite l'inversion du sujet : Pleut-il ?

Il pleut ?

Il n'y a pas d'inversion. On sait que c'est une question grâce à l'intonation qu'on donne à la phrase et au point d'interrogation à l'écrit. Langue parlée, familière.

 

Qui est-ce qui vient ? Qu'est-ce que vous faites ?

EST-CE QUE est précédé d'un pronom interrogatif et suivi d'un pronom relatif

d'après Grevisse.

Tournure de la langue soignée :

Pleut-il ? Qui vient ? Que faites-vous ?

Discours indirect :

Je me demande s'il pleut.

Je voudrais savoir qui vient

Je vous demande ce que vous faites

> Le style ou le discours direct et indirect

Tout le monde a pris son parapluie ?

Est-ce que tout le monde a pris son parapluie ?

Tout le monde a-t-il pris son parapluie ?

Il est un pronom qui reprend le sujet tout le monde pour marquer l'inversion (pronom de reprise).

 

Vous prendrez la voiture, Jacques et toi ?

Est-ce que Jacques et toi, vous prendrez la voiture ?

Jacques et toi, prendrez-vous la voiture ? vous, pronom de reprise.

 

Qui vient dîner ce soir ?

Qui est-ce qui vient dîner ce soir ?

Qui c'est qui vient dîner ce soir ?  Tournure familière.

EST-CE QUI se trouve dans des interrogatives commençant par :

qui est-ce qui

lequel (laquelle) est-ce qui

Remarque : bref arrêt de la voix après lequel ou laquelle : Lequel est-ce... qui

qu'est-ce qui (sujet inanimé)

Tournure vieillie et familière : C'est-y

Qui c'est-y qui a volé le dindon ? C'est-y toi ?

C'est-y pas malheureux !

 

REMARQUES

L'inversion du pronom JE

L'inversion du pronom JE au présent de l'indicatif n'est pas usitée dans de nombreux cas.

On ne dit pas : remplis-je, cours-je, réfléchis-je...

Certains verbes admettent l'inversion : vais-je, dois-je, puis-je...

Verbes se terminant par -E :

Emploi vieilli pour : Est-ce que je me moque de toi ?

Me moqué-je de toi ? (orthographe traditionnelle)

Me moquè-je de toi ? (orthographe modifiée en 1990)

Voir :

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

> Ne pas confondre : je peux, je puis, je pus, je puisse, je pusse - puis-je, puissé-je ou puissè-je..

 

La lettre euphonique T

On ajoute des lettres euphoniques pour éviter l'hiatus ou des liaisons peu agréables. Va-t-il partir ?  Vainc-t-il sa peur ? Prendra-t-elle le thé ?

> L'euphonie - Emploi des lettres euphoniques pour éviter l'hiatus – Vas-y ET Va y comprendre quelque chose ! – Va-t'en OU Va-t-en ?

 

2-Exercice :

Remplacez les phrases interrogatives

contenant EST-CE QUE et EST-CE QUI

par des tournures interrogatives de même sens.

Exemple : Qu'est-ce que je vois ? > Que vois-je ?
 

Maggy, Josée et la petite Philo

L'orange

 

1Maggy– Je suis outrée !

2Josée– Qu'est-ce qui t'arrive, Maggy ?

3Philo– Qu'est-ce que tu as fait à ta figure, tu es toute pâle ? Est-ce que tu aurais oublié de te maquiller ? Qui est-ce qui t'a fait du mal ?

4Maggy– Ne m'en parlez pas ! À votre avis, qu'est-ce qui pourrait vous arriver de plus humiliant sur cette terre ?

5Philo– Est-ce que c'est une de tes devinettes, Maggy ?

6Josée– Est-ce que tu voudrais bien nous expliquer ?

7Philo– Est-ce que le ciel t'est tombé sur la tête ?

8Maggy– Si je vous disais que j'ai été emmenée manu militari au poste de police, est-ce que vous me croiriez ?

9Philo– Pourquoi est-ce qu'on t'a arrêtée ? Est-ce que les policiers ont été gentils avec toi, Maggy ?

Maggy– Là n'est pas la question.

10Josée– Comment est-ce que c'est arrivé ? Est-ce que tu vas nous expliquer ?

11Maggy– Quand est-ce que vous allez me laisser parler, les filles ? Comment est-ce que je vais pouvoir en placer une avec toutes vos questions ?

12Josée– Ne t'énerve pas Maggy. Est-ce que tu ne comprends pas qu'on est bouleversées et impatientes de savoir ?

13Maggy– Voilà : j'ai été accusée d'avoir volé une orange.

14Josée– Est-ce que je rêve ? Qui est-ce qui a dit ça ?

15Philo– Est-ce que tu es vraiment une voleuse, Maggy ?

16Maggy– Comment est-ce que vous pouvez croire ça ? Est-ce que j'ai l'air d'une coupable ?

17Philo– Oh, tu sais, l'air ! Est-ce que cela veut dire quelque chose ?

18Josée– Est-ce que les copines que nous sommes vont enfin savoir les détails de ton arrestation maintenant ? On t'écoute.

19Maggy– J'étais allée faire mes courses au Marché de Provence ce matin. Et qu'est-ce que je vois ?

20Philo– Qu'est-ce c'est que tu vois Maggy ? Des tomates, des courgettes, des aubergines, des poivrons, de beaux oignons blancs. Qu'est-ce que tu aurais bien pu voir d'autre pour faire une belle ratatouille ?

21Maggy– Est-ce que ma copine Philo la bavarde va enfin me laisser raconter ? Ainsi donc ... qu'est-ce que je disais ?

22Josée– Est-ce que tu ne disais pas que tu avais volé une orange ?

23Maggy– Mais non, voyons ! On m'a accusée d'en avoir volé une. Qui est-ce qui est un peu attentif ici ?

24Philo– Moi, Maggy. Mais pourquoi est-ce que tu n'as pas acheté des pêches ou des prunes ou des abricots. Ce n'est pas la saison des oranges !

25Maggy– Quand est-ce que mes chères copines vont cesser de me donner des leçons ! J'avais envie d'oranges ; je voulais manger des oranges ; j'allais acheter des oranges ; j'ai assez d'argent pour m'acheter des oranges ; je me fiche que ce ne soit pas la saison des oranges. Ah mais !

26Philo– Et qui est-ce qui n'a pas résisté à voler une orange ? C'est toi, Maggy.

17Maggy– Mais pas du tout ! C'est le marchand qui a cru que j'avais volé une orange !

28Philo– Ah ! L'orange du marchand ! Et qu'est-ce qu'il a donc fait le marchand ?

29Maggy– Il est allé le dire à un policier qui passait par là.

30Philo– Comment est-ce que ça se fait qu'un policier passait par là ?

31Josée– Le hasard, Philo. Un malheureux hasard.

32Maggy– Ne voilà-t-il pas que le policier me prend par le bras ?

33Josée & Philo– Oooh !

34Maggy– Et qu'est-ce que vous croyez qu'il m'est arrivé ?

35Philo– Qu'est-ce qu'il s'est donc passé, Maggy ?

36Maggy– Il m'a emmenée au commissariat.

37Josée & Philo– Aaah ! Pour une orange ?

38Philo– L'orange du marchand !

39Maggy– Le commissaire m'a posé plein de questions.

40Philo– Qu'est-ce qu'il t'a posé comme questions, le commissaire ?

41Maggy– « Comment est-ce que vous vous appelez ? Est-ce que vous savez pourquoi on vous a arrêtée ? Est-ce que c'est la première fois qu'on vous arrête ? Pourquoi est-ce que vous avez volé une orange ? Est-ce que vous l'avez mangée cette orange ? Est-ce qu'elle était bonne cette orange ? Pourquoi est-ce que vous n'avez pas volé un breugnon au lieu d'une orange hors saison ? Pourquoi donc est-ce que vous pleurez ? Est-ce que vous et vos amis ont l'habitude de chaparder sur le marché ? Pourquoi est-ce que vous vous êtes fait prendre sur le fait ? Est-ce que vos éducateurs ne vous ont pas appris les bases de la morale ?

42Josée– Est-ce que tu ne charries pas un peu, Maggy ?

43Philo– Et est-ce qu'on t'a mise en prison ? Dis-le-nous, Maggy.

44Maggy– Non. Qu'est-ce que tu crois !

45Josée– Est-ce qu'ils vont prévenir tes parents ?

46Maggy– Je leur ai dit que j''étais orpheline.

47Josée & Philo– Oooh !

48Maggy– Est-ce que je ne suis pas la plus futée !

49Josée– Dis, Maggy, l'orange, est-ce que tu l'as vraiment volée ?

50Maggy– Ben oui, et mangée de surcroît... Délicieuse !

51Josée & Philo– Oooh !

 

3-Correction de l'exercice

 

1Maggy– Je suis outrée !

2Josée– Que t'arrive-t-il, Maggy ?

3Philo– Qu'as-tu fait à ta figure, tu es toute pâle ? Aurais-tu oublié de te maquiller ? Qui t'a fait du mal ?

4Maggy– Ne m'en parlez pas ! À votre avis, que pourrait-il vous arriver de plus humiliant sur cette terre ?

5Philo– Est-ce une de tes devinettes, Maggy ?

6Josée– Voudrais-tu bien nous expliquer ?

7Philo– Le ciel t'est-il tombé sur la tête ?

8Maggy– Si je vous disais que j'ai été emmenée manu militari au poste de police, me croiriez-vous ?

9Philo– Pourquoi t'a-t-on arrêtée ? Les policiers ont-ils été gentils avec toi, Maggy ?

Maggy– Là n'est pas la question.

10Josée– Comment est-ce arrivé ? Vas-tu nous expliquer ?

11Maggy– Quand allez-vous me laisser parler, les filles ? Comment vais-je pouvoir en placer une avec toutes vos questions ?

12Josée– Ne t'énerve pas Maggy. Ne comprends-tu pas qu'on est bouleversées et impatientes de savoir ?

13Maggy– Voilà : j'ai été accusée d'avoir volé une orange.

14Josée– Est-ce que je rêve ? Qui a dit ça ?

Note : On conservera Est-ce que je rêve,

la tournure Rêvé-je étant peu habituelle et vieillie.

15Philo– Es-tu vraiment une voleuse, Maggy ?

16Maggy– Comment pouvez-vous croire ça ? Ai-je l'air d'une coupable ?

17Philo– Oh, tu sais, l'air ! Cela veut-il dire quelque chose ?

18Josée– Les copines que nous sommes vont-elles enfin savoir les détails de ton arrestation maintenant ? On t'écoute.

19Maggy– J'étais allée faire mes courses au Marché de Provence ce matin. Et que vois-je ?

20Philo– Que vois-tu Maggy ? Des tomates, des courgettes, des aubergines, des poivrons, de beaux oignons blancs. Qu'aurais-tu bien pu voir d'autre pour faire une belle ratatouille ?

21Maggy– Ma copine Philo la bavarde va-t-elle enfin me laisser raconter ? Ainsi donc... que disais-je ?

22Josée– Ne disais-tu pas que tu avais volé une orange ?

23Maggy– Mais non, voyons ! On m'a accusée d'en avoir volé une. Qui est un peu attentif ici ?

24Philo– Moi, Maggy. Mais pourquoi n'as-tu pas acheté des pêches ou des prunes ou des abricots. Ce n'est pas la saison des oranges !

25Maggy– Quand mes chères copines vont-elles cesser de me donner des leçons ! J'avais envie d'oranges ; je voulais manger des oranges ; j'allais acheter des oranges ; j'ai assez d'argent pour m'acheter des oranges ; je me fiche que ce ne soit pas la saison des oranges. Ah mais !

26Philo– Et qui n'a pas résisté à voler une orange ? C'est toi, Maggy.

17Maggy– Mais pas du tout ! C'est le marchand qui a cru que j'avais volé une orange !

28Philo– Ah ! L'orange du marchand ! Et qu'a-t-il donc fait, le marchand ?

29Maggy– Il est allé le dire à un policier qui passait par là.

30Philo– Comment cela se fait-il qu'un policier passait par là ?

31Josée– Le hasard, Philo. Un malheureux hasard.

32Maggy– Ne voilà-t-il pas que le policier me prend par le bras ?

33Josée & Philo– Oooh !

34Maggy– Et que croyez-vous qu'il m'est arrivé ?

35Philo– Que s'est-il donc passé, Maggy ?

36Maggy– Il m'a emmenée au commissariat.

37Josée & Philo– Aaah ! Pour une orange ?

38Philo– L'orange du marchand !

39Maggy– Le commissaire m'a posé plein de questions.

40Philo– Que t'a-t-il posé comme questions, le commissaire ?

41Maggy– « Comment vous appelez-vous ? Savez-vous pourquoi on vous a arrêtée ? Est-ce la première fois qu'on vous arrête ? Pourquoi avez-vous volé une orange ? L'avez-vous mangée cette orange ? Était-elle bonne cette orange ? Pourquoi n'avez-vous pas volé un breugnon au lieu d'une orange hors saison ? Pourquoi donc pleurez-vous ? Vous et vos amis ont-ils l'habitude de chaparder sur le marché ? Pourquoi vous êtes-vous fait prendre sur le fait ? Vos éducateurs ne vous ont-ils pas appris les bases de la morale ? »

42Josée– Ne charries-tu pas un peu, Maggy ?

43Philo– Et t'a-t-on mise en prison ? Dis-le-nous, Maggy.

44Maggy– Non. Que crois-tu !

45Josée– Vont-ils prévenir tes parents ?

46Maggy– Je leur ai dit que j''étais orpheline.

47Josée & Philo– Oooh !

48Maggy– Ne suis-je pas la plus futée !

49Josée– Dis, Maggy, l'orange, l'as-tu vraiment volée ?

50Maggy– Ben oui, et mangée de surcroît... Délicieuse !

51Josée & Philo– Oooh !

Voir aussi :

La phrase interrogative - L'interrogation disjonctive, fictive ou délibérative.

Cas où l'on peut omettre le point d'interrogation dans une phrase interrogative

*La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style ou le discours direct et indirect

**Suite de l'article sur la concordance des temps

***La concordance des temps - Exercices d'application

 

Retrouvez les aventures des Trois Copines

Maggy, Josée et la petite Philo :

 

Maggy, Josée et la petite Philo - Les trois copines (épisode 1)

Les homophones ou, où, ouh, hou, houx, houe, août

Maggy, Josée et la petite Philo - Invitation (épisode 2)

Les homophones es, est, et, ai, aie, aies, aient, haie, hais, ès

Maggy, Josée et la petite Philo – Dans le bois de Parcimoneille (3)

Les homophones et paronymes l'es, l'est, l'ai, l'aie, l'aies, l'aient, lai laid, les, lès, lez, lé

 

Maggy, Josée et la petite Philo – Irons-nous au bois ? (4)

Beau, bel, beaux, belle, belles (adjectif, éléments de syntagmes, locutions nominales, adverbiales, prépositives, locutions phrases...)

 

Maggy, Josée et la petite Philo - Philo se pique au cactus (5)

SI ou S'Y ?

ci-dessus :

Maggy, Josée et la petite Philo - L'orange (6)

Est-ce que - est-ce qui - La Phrase interrogative

 

Maggy,Josée et la petite Philo- La garden-party (7)

Les homophones sa, ça, çà.

 

Maggy, Josée et la petite Philo - A la foire (8)

Les homophones eu, eus, eue, eues, eut, eût, hue.

 

Maggy, Josée, la petite Philo & Kevin (9)

Les homophones ses, ces, c'est, s'est, cet, sait, sais, sai.

 

Maggy, Josée et la petite Philo au restaurant (10)

Orthographe traditionnelle et nouvelle orthographe

 

et suivants :

Récapitulation des petites histoires à trous

Récapitulation de tous les exercices à trous

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS 

ACCUEIL 

 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 09:31

 

 ACCUEIL

CONTES, NOUVELLES ET POÉSIES DE MAMIEHIOU

Tous les articles du blog

 

 

Le Gouda qui voulait se faire plus fort que le Camembert

 

En une crèmerie fuie par les allergiques,

Dépourvus, s'il en est, de vigueur lactasique,

Fleuraient bon deux fromages

Qui détestaient passionnément leur voisinage.

Chacun vantait ses dons, et se gaussait de l'autre

Croyant qu'il avait seul l'apanage du goût.

L'un s'étend et se vautre

Et le second s'enfle debout.

 

« Ah ! Monseigneur, vraiment, vous prenez bien vos aises ;

Je vous vois là tout mou et tout écafoiré1 ;

De la tenue, que diable ! »

L'autre de répliquer,

Se sentant peu coupable :

« Je ne puis me tenir, n'ayant pas une chaise ;

Laissez-moi donc en paix, prétentieux Gouda

Qui ne fûtes ici jamais le chef d'état.

 

Vous coulez et coulez et vous éparpillez

Sans jamais respecter

Le nez de vos voisins,

Reprit du tac au tac le Hollande chagrin,

Le Petit Suisse fuit, le Bleu perd sa couleur,

Le Maroilles lui-même y gâche son humeur,

Et son parfum subtil, et sa fine saveur

Que les Chtis ont vantés avec tant de bonheur ;

La Vache qui Riait a perdu son entrain ;

Et moi-même, j'avoue, qui étais boute-en-train

Avec mon habit rouge et ma peau satinée,

Me voilà tout à coup la mine consternée.

 

Tu veux faire la loi, coquin, en mon pays ?

Franchis donc la frontière et ne viens plus ici !

S'exaspéra soudain le Normand fait à coeur

Qui voulut clore ainsi le bec du chamailleur. »

 

On entendait leurs cris à deux lieues à la ronde.

 

Adonc, on vit frémir la mine rubiconde

De l'agresseur ravi d'être aller un peu loin.

Il réfléchit alors et réclama soudain

L'aide de cestuy-là2 qui venait d'Angleterre

(Jadis adversaire insulaire) ;

Sir Cheddar se leva, les tranches bien léchées,

Qu'on eût mises au pas dans des miches tranchées ;

Feta, toute blanche apeurée,

Crut sa dernière heure arrivée ;

Parmesan s'épandit en poudre polissonne ;

Jamais on n'aurait cru que l'attaquant canonne !

Le fracas, la fumée, même une odeur de pet

Emplirent aussitôt l'air que l'on respirait.

 

On entendit alors, pour le rassemblement,

Une voix de Stentor, claironnant à tous vents :

« La guerre est déclarée ! »

L'allié de Camembert, une aide inespérée,

Celui même boosté3 par le penicillium4,

Se déclara conjointement Dux Bellorum5.

 

Il fut ovationné par la gent fromagère

Qui, du nouveau champion, montra qu'elle était fière.

 

« Compagnon d'armes ! Fine fleur de mon armée !

Ripaille nous ferons, la racaille écrasée,

Déclara Camembert au renfort va-t-en guerre.

Ainsi fait, tu ne peux que plaire !

Sois donc prêt à marcher avec moi d'un seul pas,

La soldatesque nous suivra. »

 

Forts de vouloir laver l'outrage,

Ils portent haut6, tous ces fromages

Qui sont les meilleurs sans conteste ;

Ils sont bien quatre cents que les gourmets attestent.

 

« Dis, n'es-tu pas le préféré des Amerloques ?

Je le suis, mon ami, sans aucune équivoque,

Nous pourrions, je crois, sans bien nous déjuger

Leur demander de nous aider.

Et me voilà, si tu le veux, prêt à férir.

Ma devise est : Lait de brebis ne sait mentir !

Ainsi donc, crions tous : "Sus aux envahisseurs !"

Du "Fait en France" en ce pays, sauvons l'honneur ! »

 

Qui fût en cet instant dans ce lieu survenu,

N'eût rien compris à la bataille,

Et, tout éclaboussé des coups de la piétaille,

Ne serait jamais revenu.

 

Notes

1-écafoiré : en gaga (parler stéphanois) et en lyonnais – Écraser, réduire en bouillie, des oeufs écafoirés, des oeufs sur le plat dont le jaune s'est répandu. Cf. Dictionnaire étymologique du patois lyonnais.

On retrouve écafoiré dans > le vocabulaire gaga - Les gagas 

 

2-cestuy, vieux mot pour celui.

Si vous avez rencontré ce mot, c'est sûrement chez Joachim du Bellay (1522-1560) dans son poème Heureux qui comme Ulysse (Les Regrets)

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison...

 

3-boosté, anglicisme horrible ! Voir l'article > Des anglicismes

 

4-Le penicillium roqueforti est le champignon dont on ensemence le lait de brebis pour faire le Roquefort.

 

5- Dux bellorum, en latin pour « Chef de guerre. »

 

6-Porter haut : Tenir la tête haute dans une attitude fière. Syntagme elliptique du nom tête. Porter haut la tête. Cf. Le Trésor de la Langue Française

>>Les poèmes de mamiehiou

ACCUEIL 

 

La Fable a subi plusieurs modifications pour être améliorée depuis sa publication le 7 septembre 2013

Le poème a été repris sur :

http://short-edition.com/oeuvre/poetik/le-gouda-qui-voulait-se-faire-plus-fort-que-le-camembert?all-comments=true#fos_comment_comment_body_128912

et Marie5950 l'a copié-collé sur :

https://www.quintonic.fr/groupes/caen/discussions/pour-faire-plaisir-a-un-poetamateur-qui-aimera

Voir les commentaires !

On le retrouve sur les blogs d'Evelyne (Mon blog à moi) et de la Vieille Marmotte.

Un grand merci à toutes !

 

Poème précédent : Dorian Gray's sister

Poème suivant : Acrostiche - Enzébrez-vous ! (à Alexandre Jardin)

Article connexe : Comportements illogiques des Français – Le "fait en France"

Et quelques mots gagas que l'on peut trouver au fil de mes articles : se mistifriser - le coissou, le mâtru - ça mouillanche - la même - beauseigne (prononcé beausseigne) - les babets

 

Si vous aimez les textes : A la manière de... vous pouvez lire l'extrait d'un pastiche de Paul Reboux, dans mon florilège.

> PAUL REBOUX & CHARLES MÜLLER - À la manière de ... Chateaubriand

ACCUEIL

CONTES, NOUVELLES ET POÉSIES DE MAMIEHIOU

Tous les articles du blog  

Repost 2
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans contes-nouvelles-poèmes
commenter cet article
4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 14:50

  FLORILÈGE

ACCUEIL

                                                                                                                                                  I

Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

                                                                                                                                                  I

 

-29-

 

 À la manière de...

 

Paul Reboux & Charles Müller

 

  TROULALA – À la manière de Chateaubriand - 1913

 

Le Pastiche est un art bien fait pour amuser le lecteur. Paul Reboux et Charles Müller y ont excellé et nous ont donné quelques textes savoureux.

Si vous vous plongez dans les oeuvres de ces deux pasticheurs de talent, vous en sucerez la substantifique moelle, et cela d'autant plus que vous connaîtrez les auteurs pastichés. Et si d'aventure Chateaubriand vous a enchanté, vous saurez puiser dans l'exercice de style de ce court extrait, tout l'humour qui en fait le charme ; à peine de quoi vous mettre l'eau à la bouche.

Que ne puis-je vous donner à lire le texte intégral : il n'est pas encore, à mon grand regret, dans le domaine public.
 

TROULALA

 [extrait]

Quand le vaisseau sur lequel j'avais réfugié mon aventureuse destinée parvint en vue du Nouveau-Monde, un orage comme on n'en voit qu'en ces contrées sembla nous condamner à notre perte. Tantôt la mer boursouflait ses flots comme des collines, tantôt des torrents d'eau s'écoulaient contre les flancs de la frégate, avec tant de force que nous recommandions sans cesse notre âme à Dieu. Les mugissements de l'abîme répondaient aux roulements de la foudre, et d'impétueux éclairs illuminaient sans interruption le chaos des éléments déchaînés. Enfin retentit un fracas plus horrible encore ; je crus que ma dernière heure était venue, et je perdis le sentiment.
Quand je revins à moi, j'étais couché sur un lit de sensitives. Un arquebousier gigantesque étendait sur mon front ses ramures. Devant moi, la Savane déroulait ses riants tableaux. Ici paissaient des biches ; là se pourchassaient des opossums ; plus loin des ocarinas, sortes de rongeurs assez semblables à nos lapins d'Europe, se balançaient aux branches, suspendus par leurs longues queues.
Près de moi se trouvait une jeune femme dont la céleste beauté me fit croire que l'ange du sauvetage se présentait à ma vue.


Ô vierge, m'écriai-je en versant des larmes de reconnaissance, quel est ton nom?
Je me nomme Troulala, répondit-elle. Mon père est un cacique renommé qui règne sur la tribu des Zagaragar. Tandis qu'il est allé porter ses offrandes aux Manitous et aux Génies des Roches, il m'a confié le soin de veiller sur tes jours.

 
Ah ! qu'il eût mérité d'être plaint, celui qui ne se fût pas, à ces paroles, prosterné, plein de gratitude, devant les décrets de la divine Providence ! Mes pleurs ruisselaient sur mes joues, tel un flot que les abîmes de la terre essaient en vain de retenir, ou tel le lait nourricier, mais inutile, que le sein de la mère fait jaillir comme une libation sur le tombeau du défunt nouveau-né. Je saisis la main de Troulala et la pressai contre mes lèvres.
Ô solitude où tout est silence et repos ! Ô plaines fortunées du Nouveau-Monde ! Ô riants bocages de chênes-fraisiers et d'arbres à pain d'épice ! Que de fois nous vous avons contemplés ensemble, soit que l'astre du jour nous inondât de ses rayons, soit que la lune brillât parmi les nuages, comme un chandelier d'argent que le Seigneur eût tenu sur nos fronts pour protéger nos naissantes amours.

 

Les séries des pastiches publiés par Reboux & Müller

À la manière de...

Paul Reboux avec la collaboration de Charles Müller :

Première série, 1908 : Maurice Maeterlinck – Paul Adam – Francis Jammes – Maurice Barrès – José-Maria de Heredia – Tristan Bernard – La Rochefoucauld – J.-K. Huysmans – Charles-Louis Philippe – Lucie Delarue-Mardrus – Conan Doyle – Henry Bataille – Jules Renard – Shakespeare

Deuxième série, 1908 : Octave Mirbeau – Henri de Régnier – Léon Tolstoï, et les romanciers russes traduits en français – Lamartine – Mme de Noailles – Baudelaire – Marcelle Tinayre – Frédéric Mistral – Pierre Loti – Gyp – Jean Jaurès – Charles Dickens, Edmond de Goncourt, Émile Zola, Alphonse Daudet

Troisième série, 1913 : Jean Racine* – Gabriele D'Annunzio – Chateaubriand – Paul Déroulède – Georges d'Esparbès – Henry Bordeaux – Henry Bataille – Paul Fort – G. Lenôtre – Max et Alex Fischer – Stéphane Mallarmé – André de Lorde – Charles Péguy – Marcel Prévost – Brieux – Abel Bonnard – Paul Verlaine – Rudyard Kipling – Émile Faguet – Catulle Mendès – Auguste Rodin – Jules Claretie – Mariani – Octave Mirbeau – Cécile Sorel – René Bérenger – Docteur Doyen – X, directeur du Matin – Léon Frapié – Rothschild – Colette Willy – Mme Séverine – Henry Bernstein

Sans la collaboration de Charles Muller :

Quatrième série, 1925, Paul Morand – Jean de La Fontaine – J.-H. Fabre – J.J. Brousson – Marcel Boulenger – Francis Carco – Gustave Flaubert – Marcel Proust – Docteur Mardrus – Paul Géraldy – Georges de Porto-Riche – Buffon – André Gide – Victor Hugo – Jean Giraudoux – Henry Bataille – Raymond Radiguet – Léon Daudet – Henri Lavedan – Comtesse de Ségur – Henry Murger – Clément Vautel – Raymond Roussel.

 

*Jean Racine pastiché

Et comment ne pas rire à la lecture de la première page de présentation de la pièce Cléopastre.


 

Cléopastre
 

Premier acte inédit d'une pièce inconnue jusqu'à ce jour,

colligé, annoté et interpolé

Par M. LIBELLULE

Professeur de troisième classe au lycée de Romorantin
 

PERSONNAGES
 

AUGUSTE, Empereur de Rome.

ANTOINE, Général romain, amant de Cléopastre.

EXUTOIRE, confident d'Auguste.

ZOÉ, confidente de Cléopastre.

ADJUPÈTE, confident d'Antoine.

 

 

 FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES (titres des textes)

 

ACCUEIL & SOMMAIRE

Oserai-je proposer un pastiche que j'ai fait :

Une fable de Mamiehiou à la manière de La Fontaine : Le Gouda qui voulait se faire plus fort que le Camembert

 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Florilège - la pensée des autres
commenter cet article
31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 12:07

 

 > ACCUEIL & SOMMAIRE

> Tous les articles du blog

> Les diverses catégories (ou tags)

Sommaire de l'article

- 1re partie : Rendre à César...

- 2e partie : Des citations dont on n'est pas toujours sûr de l'auteur

- 3e partie : Des citations modifiées ou détournées

Première partie

Rendre à César...

 

Il me fallut un jour quitter une période heureuse de ma jeunesse. C'est alors que quelqu'un de bienveillant me dit : « Leuchtende Tage ! Weine nicht dass sie vorüber, sondern lächle dass sie gewesen »

Ce que je traduirai à ma manière par : "Jours heureux ! Ne pleure pas qu'ils soient passés, mais souris plutôt de les avoir vécus". (>littéralement : mais souris qu'ils aient été)

Je viens de retrouver dans un vieux livre la carte où était écrite cette phrase magnifique, mais sans le nom de son auteur.

Et me voilà sur internet en quête de ce nom. Je suis bien sûre qu'une telle phrase n'a pas laissé insensibles bon nombre de ceux qui la connaissent.

Voici ce que j'y trouve :

 

« Il ne faut pas pleurer pour ce qui n'est plus mais être heureux pour ce qui a été »

Marguerite Yourcenar

http://www.seressourcer.net/citations.htm

et aussi

Il ne faut pas pleurer pour ce qui n'est plus... - 1001 citations

 

"Glückliche Tage - nicht weinen, wenn sie vorüber, dankbar, dass sie gewesen" - Dante Alighieri- unterschobenes Zitat - Verwendung: [WN 28.04.10] - anonym - Verwendung: [WN 28.04.10; 17.09.10] - S.

http://www.uni-bielefeld.de/lili/personen/useelbach/STUD/trauersprueche.html

Jours heureux...

Site de l'Université de Bielefeld

Leuchtende Tage. Nicht weinen, dass sie vorüber. Lächeln, dass sie gewesen.

Konfuzius *551 v. Chr. †479 v. Chr. (Confucius)
Chinesicher Philosoph

http://www.poeteus.de/zitat/Leuchtende-Tage-Nicht-weinen-dass-sie-vor%C3%BCber-L%C3%A4cheln-dass-sie-gewesen/301 

„Schöne Tage - nicht weinen, dass sie vergangen, sondern lächeln, dass sie gewesen.“

Rabindranath Tagore

http://www.zitate-online.de/sprueche/kuenstler-literaten/17077/schoene-tage---nicht-weinen-dass-sie-vergangen.html

Leuchtende Tage, nicht weinen, dass sie vorüber, lächeln, dass sie gewesen sind.

Konfuzius

http://www.mein-kartendruck.de/catalog/product_info.php?products_id=101

"Don't cry because you are leaving, smile because you were there."

http://www.mtholyoke.edu/~rghosh/index/quotes/friendship.html

Pas de nom d'auteur

Ne pleure pas parce que tu t'en vas,

souris d'avoir été là.

“Don't cry because it's over, smile because it happened.”
Dr. Seuss

http://www.goodreads.com/quotes/tag/sadness

Ne pleure pas que ce soit fini,

souris puisque c'est arrivé

Glorious days - don't cry that they are over but smile that they have been.

http://www.flickr.com/photos/elisas-photos/6576531671/#

Sans nom d'auteur

Leuchtende Tage ...

Zut ! la page où se trouve le nom de l'auteur est manquante !

Heute ist der erste Tag vom Rest deines Lebens (C'est aujourd'hui le premier jour du reste de ta vie)

books.google.fr/books?isbn=3845006188 

Elisabeth Lukas - 2012 - ‎Psychology

Leuchtende Tage ...

Immanuel Kant (Emmanuel Kant)

In den Armen des Lebens (Dans les bras de la vie)

books.google.fr/books?isbn=3863862163

Bernardt A. Grimm

 

La liste n'est pas exhaustive, tant s'en faut !

 

On rencontre souvent sur la toile cette belle citation sans nom d'auteur ; elle accompagne des faire-parts de décès, le regret d'un chat disparu (Katrin S.d.u.n.)  ; on la fait passer pour un proverbe ; on précise que cette citation est anonyme ; on l'inclut dans son texte personnel sans signaler que c'est une citation... En un mot, elle a beaucoup, beaucoup de succès.

Comment savoir qui, à l'origine, a dit ou écrit cette belle pensée qui veut que nous soyons heureux d'avoir été heureux, qui nous incite à chasser nos douloureux regrets pour nous permettre ainsi de jouir d'une sereine nostalgie.

 

Deuxième partie

 

Des citations dont on n'est pas toujours sûr de l'auteur

 

Je viens de trouver cinq auteurs "présumés" pour la citation donnée dans la 1re partie, mais il est des citations bien connues qui cherchent encore leur auteur.

 

Vous voudriez connaître l'auteur de :

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Alphonse de Lamartine dans L'Internaute - dans  Evene

ou bien Victor Hugo dans idid-it-myway.skyrock.com

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé' Victor Hugo - .::.

et dans Je poème Un seul être est absent et tout est dépeuplé (réédition ... - Je Poeme

 

Autre citation

La culture est ce qui reste quand on a tout oublié.

attribuée à Édouard Herriot (1872-1957) : Wikipédia

ou bien est-elle d'Alain ou d'André Malraux ? DU BON USAGE DES CITATIONS - Goublin

d'Émile Henriot ? Emile Henriot - Ses citations - Dicocitations

et Les citations sur la culture - Letudiant.fr 

de Selma Lagerlöf ? La culture est ce qui subsiste quand on a oublié tout ce qu'on avait appris - Evene

 

Voilà ! On se copie les uns les autres, sans savoir vraiment qui dit vrai. Restons vigilants !

Suis-je la seule à m'émouvoir des fausses citations ? Non, bien sûr !

 

Citations : encore plus belles quand elles sont fausses ? | le blog du ...

Citation célèbre de Cicéron (mais fausse...) - Expressions ...

Fausses citations de Bob Dylan dans une biographie à succès: l ...

 

Troisième partie

 

Des citations modifiées ou détournées

 

George Sand a écrit, dans une lettre à Marcie :

Le presbytère n'a rien perdu de sa propreté, ni le jardin de son éclat.

Citation culte pour les surréalistes qui en feront l'un de leurs papillons.

Voir la Note (Les Papillons surréalistes) dans le texte : 117 Délires de Cadavres Exquis*- "Le cadavre exquis boira le vin nouveau."

Phrase que j'ai détournée moi-même dans ce texte.

Le Jardin des Délices n'avait rien perdu de son animation ni de son éclat

Je me suis souvent amusée à détourner

des citations et des proverbes dans mes Délires ;

mais je m'applique à rendre à César ce qui appartient à César !

 

On lit dans Le mystère de la Chambre jaune de Gaston Leroux :

Le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat.

 

***

On trouve souvent la citation écornée de Boileau :

Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage.

Vingt fois suffisent !

NICOLAS BOILEAU – Art Poétique – Apprenez à penser... Ce qui se conçoit bien... Vingt fois sur le métier...

 

***

Autre citation qui fait florès :

Anima sana in corpore sano : Une âme saine dans un corps sain.

Qui a pour origine :

Orandum est, ut sit mens sana in corpore sano. Il faut prier afin d'obtenir un esprit sain dans un corps sain.

Citation extraite de la dixième des Satires de Juvénal. L'homme, dans sa sagesse, ne doit demander que la santé de l'âme et celle du corps.

Mens fervida in corpore lacertoso. : Un esprit ardent dans un corps musclé.

C'est ce que doit viser l'homme dans la Renaissance humaniste.

Dans Wikipédia :

Variante attribuée à Pierre de Coubertin : mens fervida in corpore lacertoso (un esprit ardent dans un corps musclé).

Sans référence précise.

 

Petits exercices sur les citations :

Complétez les citations 1re série

Complétez les citations 2e série

Autour des citations & des faux proverbes qui prêtent à rire

QUIZ 35 - Incipits - première partie

QUIZ 36 – Incipits - deuxième partie

 

Ajout du 13 avril 2014

Andy Warhol n'a jamais dit :

"Dans le futur, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale."

 

Marie-Antoinette, épouse de Louis XVI n'a jamais dit, quand le peuple de Paris criait : Du pain ! :

"Qu'ils mangent de la brioche !"

 

André Malraux n'est pas l'auteur de :

"Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas."

"Je n’ai jamais dit cela, bien entendu, car je n’en sais rien. Ce que je dis est plus incertain. Je n’exclus pas la possibilité d’un événement spirituel à l’échelle planétaire." André Malraux,1975, dans Le Point

 

Elvis Presley n'a jamais dit :

"Je n'ai besoin des Noirs que pour acheter mes disques et cirer mes pompes."

 

Albert Einstein n'a jamais dit :

"Si les abeilles venaient à disparaître, l'humanité n'aurait plus que quatre années devant elle"

Rumeur expliquée sur le site américain Snopes.com

 

Conan Doyle ne fait jamais dire à Sherlock Holmes :

"Elémentaire, mon cher Watson"

 

Fausses citations relevées par Camille Caldini sur francetvinfo (13 avril 2014) dans son article :

Ces citations célèbres attribuées (abusivement) à leur auteur

http://www.francetvinfo.fr/culture/ces-citations-celebres-attribuees-abusivement-a-leur-auteur_573699.html?google_editors_picks=true

 

Ajout du 29 novembre 2013

Qui a écrit : « Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es... »

C'est Goethe, Maximes et Réflexions (Maximen und Reflexionen)

traduction par Sigismond Sklower, 1842
Johann Wolfgang von Goethe - deutscher Dichter (1749 - 1832)

Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es ; dis-moi de quoi tu t’occupes, je te dirai ce que tu deviendras.

Sage mir, mit wem du umgehst, so sage ich dir wer du bist! Weiß ich, womit du dich beschäftigst, so weiß ich, was aus dir werden kann.

Quelle (source) : Wilhelm Meisters Wanderjahre II, Betrachtungen im Sinne der Wanderer

Lu sur Wikisource

Ajout du 23 mars 2014

Tweet de frenchtogether (18 février 2014)

I don't agree with what you say, but I will fight so that you have the right to say it. Voltaire

Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez droit de le dire. Voltaire

Ma réponse : Citation apocryphe. Voltaire n'a jamais écrit cette phrase mais elle est bien dans son esprit. 

 

Des citations empruntées

Ajout du 20 mai 2014 (d'après Wikipédia)

Homo homini lupus, locution latine : « l'homme est un loup pour l'homme », Plaute (Asinaria, la Comédie des Ânes vers 195 av. J.-C. « Quand on ne le connaît pas, l'homme est un loup pour l'homme »

Erasme (Adagiorum Collectanea)

Rabelais (Tiers livre,chapitre III)

Montaigne (Les Essais III, 5))

Agrippa d'Aubigné (Les Tragiques, I)

Francis Bacon (De Dignitate et augmentis scientiarum et Novum organum)

Hobbes ( De cive (épître dédicatoire) « Et certainement il est également vrai, et qu’un homme est un dieu à un autre homme, et qu’un homme est aussi un loup à un autre homme. »

Schopenhauer (Le monde comme volonté et comme représentation)

Freud (Malaise dans la civilisation)

 

***

"Un dictionnaire sans citations est un squelette."

Lettre LXII à M. Charles Pinot Duclos (11 août 1760), dans Œuvres complètes de M. de Voltaire, Voltaire, éd. Sanson et compagnie, 1792, t. 86, p. 123

 

> Retour au début de l'article

> ACCUEIL & SOMMAIRE

> Tous les articles du blog

> Les diverses catégories (ou tags) 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 18:35

ACCUEIL

Tous les articles du blog

Récapitulation des petites histoires à trous avec tous les épisodes des Trois copines

 

Vous trouverez les emplois de SI et de S'Y dans l'article :

SI et S'Y, des homophones à ne pas confondre

 

QUIZ 77

 Complétez par SI ou S'Y

Les Trois copines Maggy, Josée et la petite Philo (épisode 5)

Philo se pique au cactus

 

1 Josée Bonjour Maggy ! Nous voilà !

2 Philo Bonjour Maggy ! C'est nous !

3 Maggy – C'est sûr que ..... vous ne m'aviez pas dit que c'était vous, je ne vous aurais pas reconnues. C'est grave, les filles...... vous pensez que je suis aveugle.

4 Philo – ..... déjà tu veux nous railler Maggy, on part. ..... jamais tu continues, je pleure. Tu ne nous avais donc pas invitées ?

 5 Maggy – Bien sûr que ....., ma petite, et je me demandais ..... vous alliez être à l'heure.

6 Josée – On est toujours ponctuelles, Maggy. C'est ..... facile d'être polies.

7 Maggy – La politesse ? On ..... conforme quand on est conformiste, comme vous.

8 Josée – Et ..... on se faisait plutôt la bise, Maggy !

(Elles s'embrassent)

9 Philo – ..... je suis là, c'est que tu nous as dit que tu avais une surprise pour nous.

10 Maggy – Tu es ..... intéressée que je n'en reviens pas, ma pauvre Philo. ..... je ne t'avais pas parlé de surprise tu ne serais donc pas venue ?

11 Josée – Mais ....., on serait venues ! On aime bien être ensemble pour papoter, ..... tu veux le savoir.

12 Philo – Aïe, je ne sais pas ..... c'est un cactus, mais je me suis fait mal.

13 Maggy – Qui ..... frotte ..... pique !

14 Josée – Quelle idée de l'avoir mis ..... près de la porte d'entrée, Maggy !

15 Maggy – Par moment, je me demande ..... vous n'êtes pas venues pour me critiquer.

16 Philo – Ouille ! ..... tu avais une pince à épiler on enlèverait les piquants, Maggy.

17 Maggy – Les piquants ! Les piquants ! ..... tu t'exprimais correctement, tu serais plus agréable à entendre, ma pauvre Philo.

18 Josée – Elle a voulu dire "les épines", Maggy

(Maggy commence à lui enlever les épines et Philo gémit.)

19 Maggy – Je ne te savais pas ..... douillette, Philo. Voilà, c'est comme ..... c'était fait. La douleur, c'est comme tout, on arrive à .....habituer.

20 Philo – ..... tu ne m'enfonçais pas la pince dans le bras, ça ne ferait pas ..... mal.

21 Josée – Ma pauvre Philo, tu joues de malchance.

22 Maggy – Elle ..... abonne. Elle ..... complaît. ..... c'est pas malheureux ! Tu sais ..... bien gâcher nos petites après-midis entre amies, ma pauvre Philo !

23 Philo – Josée, elle ..... prend mal. Tu veux bien essayer, dis, s'il te plaît ?

24 Maggy – Comme ..... c'était facile ! ..... tu crois qu'elles me vexent, tes critiques, tu te trompes, Philo. Et ..... tu espères que je vais jouer les infirmières plus longtemps, tu peux toujours rêver. (Elle tend la pince à épiler à Josée.) Tiens, Josée. Tant pis ..... elle souffre. Il va falloir qu'elle ..... fasse !

25 Philo – J'aimerais bien savoir ..... on va tout enlever.

26 Maggy – Mais bien sûr, ma pauvre Philo. Josée est ..... patiente et elle ..... connaît.. Quand tu as un problème, Il suffit qu'elle ..... attelle et tout est vite résolu. Mais ça va sûrement durer des heures. Moi qui voulais vous montrer ma surprise.

27 Philo – Oh oui Maggy, montre-la-nous !

28 Maggy – Dommage, je crois qu'aujourd'hui, nous n'aurons plus le temps. Ce sera pour la prochaine fois. ..... vous voulez revenir demain, je vous la montrerai peut-être.

 

 

Essayez de retrouver la nature et la fonction des SI en vous aidant des explications données dans : SI et S'Y, des homophones à ne pas confondre

 

Voici le texte complété :

 

1 Josée Bonjour Maggy ! Nous voilà !

2 Philo Bonjour Maggy ! C'est nous !

3 Maggy – C'est sûr que si vous ne m'aviez pas dit que c'était vous, je ne vous aurais pas reconnues. Si vous pensez que je suis aveugle, c'est grave, les filles.

4 Philo – Si déjà tu veux nous railler Maggy, on part. Si jamais tu continues, je pleure.Tu ne nous avais donc pas invitées ?

5 Maggy – Bien sûr que si, ma petite, et je me demandais si vous alliez être à l'heure.

6 Josée – On est toujours ponctuelles1, Maggy. C'est si facile d'être polies.

7 Maggy – La politesse ? On s'y conforme quand on est conformiste, comme vous.

8 Josée – Et si on se faisait plutôt la bise, Maggy.

(Elles s'embrassent)

9 Philo – Si je suis là, c'est que tu nous as dit que tu avais une surprise pour nous.

10 Maggy – Tu es si intéressée que je n'en reviens pas, ma pauvre Philo. Si je ne t'avais pas parlé de surprise tu ne serais donc pas venue ?

11 Josée – Mais si, on serait venues ! On aime bien être ensemble pour papoter, si tu veux le savoir.

12 Philo – Aïe, je ne sais pas si c'est un cactus, mais je me suis fait mal.

13 Maggy – Qui s'y frotte s'y pique !

14 Josée – Quelle idée de l'avoir mis si près de la porte d'entrée, Maggy !

15 Maggy – Par moment, je me demande si vous n'êtes pas venues pour me critiquer.

16 Philo – Ouille ! Si tu avais une pince à épiler on enlèverait les piquants, Maggy.

17 Maggy – Les piquants ! Les piquants ! Si tu t'exprimais correctement, tu serais plus agréable à entendre, ma pauvre Philo.

18 Josée – Elle a voulu dire "les épines", Maggy

(Maggy commence à lui enlever les épines et Philo gémit.)

19 Maggy – Je ne te savais pas si douillette, Philo. Voilà, c'est comme si c'était fait. La douleur, c'est comme tout, on arrive à s'y habituer.

20 Philo – Si tu ne m'enfonçais pas la pince dans le bras, ça ne ferait pas si mal.

21 Josée – Ma pauvre Philo, tu joues de malchance.

22 Maggy – Elle s'y abonne. Elle s'y complaît. Si c'est pas2 malheureux ! Tu sais si bien gâcher nos petites après-midis entre amies, ma pauvre Philo !

23 Philo – Josée, elle s'y prend mal. Tu veux bien essayer, dis, s'il te plaît ?

24 Maggy – Comme si c'était facile ! Si tu crois qu'elles me vexent, tes critiques, tu te trompes, Philo. Et si tu espères que je vais jouer les infirmières plus longtemps, tu peux toujours rêver. (Elle tend la pince à épiler à Josée.) Tiens, Josée. Tant pis si elle souffre. Il va falloir qu'elle s'y fasse !

25 Philo – J'aimerais bien savoir si on va tout enlever.

26 Maggy – Mais bien sûr, ma pauvre Philo. Josée est si patiente et elle s'y connaît. Quand tu as un problème, Il suffit qu'elle s'y attelle et tout est vite résolu. Mais ça va sûrement durer des heures. Moi qui voulais vous montrer ma surprise.

27 Philo – Oh oui Maggy, montre-la-nous !

28 Maggy – Dommage, je crois qu'aujourd'hui, nous n'aurons plus le temps. Ce sera pour la prochaine fois. Si vous voulez revenir demain, je vous la montrerai peut-être.

 

Exercice

Essayez de retrouver la nature et la fonction des SI en vous aidant des explications données dans : SI et S'Y, des homophones à ne pas confondre

 

 NOTES

1-On est toujours ponctuelles : L'adjectif s'accorde avec ce que ON représente, Josée et Philo -ON est mis pour NOUS : syllepse grammaticale.

> ON : c'est parfois quelqu'un ou tout le monde ou toi, moi, nous, vous, elle, lui, ou eux.

2-Si c'est pas malheureux ! Langue familière, omission de NE > Si ce n'est pas malheureux !

Voir aussi :

La place de Y et de EN dans la phrase. Vous recherchez des difficultés dans cet exercice ? Vous finirez bien par Y EN trouver. + QUIZ 67

Récapitulation de tous les exercices à trous

Récapitulation des petites histoires à trous

avec tous les épisodes des Trois Copines

 Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

 Orthographe grammaire pour les hésitants

 LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

ACCUEIL 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 17:47

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

 

Vous pourrez faire l'exercice à trous :

SI ou S'Y ? "Philo se pique au cactus" Les trois copines (épisode 5) 

 

Si peut être :

une conjonction de subordination de condition.

Elle introduit une proposition subordonnée conditionnelle.

Je serai heureuse si tu viens demain.

Je serais heureuse si tu venais demain.

J'aurais été heureuse si tu étais venu hier.

(Littéraire) J'eusse été heureuse si vous fussiez venu hier.

Notez la concordance des temps

Voir l'article Si + diverses locutions contenant SI

 

un adverbe de degré (synonyme : tellement) qui modifie :

un adjectif : Il est si beau !

un adverbe : C'est si loin !

 

un adverbe de degré qui appelle une proposition corrélative consécutive (si... que)

Il est si beau que je ne peux pas m'empêcher de l'admirer.

La proposition subordonnée conjonctive est introduite par que, conjonction de subordination. Elle est complément circonstanciel de conséquence (consécutive) de beau.

> Voir la remarque n°3 dans l'article : Remarques

 

> Autre sens de Si... que : dans une subordonnée concessive.

Si beau qu'il soit, je ne me laisserai pas bercer par ses paroles.

Si beau qu'il soit, proposition subordonnée concessive, complément circonstanciel de concession de "ne me laisserai pas bercer".

Sens proches : tout beau qu'il est, bien qu'il soit beau

 

OUI, NON, SI s'emploient pour approuver ou non une phrase affirmative ou négative.

♦ Viendras-tu ?

- Oui

- Non

♦ Ne viendras-tu pas ? - Si

SI sert à désapprouver une phrase négative.

Dans certains cas, on peut employer OUI au lieu de NON.

Tu n'es donc pas venu hier ?

Approbation :

-Non (=je ne suis pas venu hier)

-Oui (=je ne suis pas venu hier : le oui confirme ici la phrase négative.)

Désapprobation :

-Si (=je suis venu hier).

 

SI adverbe interrogatif introduisant une proposition interrogative indirecte.

Interrogation directe :

"Viendras-tu ?"

Interrogation indirecte :

Je me demande si tu viendras.

Je me demande, proposition principale

si tu viendras, proposition subordonnée interrogative indirtecte, complément d'objet direct de se demander.

Je me demandais si tu viendrais.

Notez la concordance des temps.

 

SI, la note de musique.

 

S'Y - SE élidé suivi de Y

Y

Y peut représenter un adverbe de lieu, un syntagme nominal (groupe nominal), un pronom, une proposition.

Y : complément adverbial d'un verbe.

Je vais là-bas pour me reposer. J'y vais.

Je pars pour Paris. J'y vais de ce pas.

Quelle jolie casserole. J'y fais ma ratatouille.

Il y avait de la buée sur la vitre. J'y ai dessiné un coeur.

Il est dans désespoir. J'y suis aussi.

Complément d'objet indirect d'un verbe qui se construit avec la préposition à.

Tu penses à ce que tu pourrais faire. Moi, je n'y pense pas.

Ah l'amour ! Tu y crois ?

Complément d'un adjectif attribut.

Tu me parles de mes vieux souvenirs ? Je n'y suis pas attachée.

 

SE élément d'un verbe pronominal (ici, se construisant avec la préposition à + complément d'objet indirect.)

Exemple : s'attacher à, s'habituer à, s'attendre à, se faire à...

Ce joli chaton, ils s'y sont attachés.

La vie n'est pas facile, mais on s'y est habitué.

Des choses parfois surviennent alors qu'on ne s'y attend pas.

Il a vraiment un caractère épouvantable ; et elle s'y est faite.

Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ?

 

Exercice d'application

SI ou S'Y ? Exercice à trous – "Philo se pique au cactus" Les trois copines  QUIZ

 

 Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

Orthographe grammaire pour les hésitants

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

ACCUEIL

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 07:39

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

 

Sitôt que l'inquiétant grommellement eut fait vibrer les frondaisons, messire Ours parut à ma vue. Sa haute stature m'impressionna un bref instant, vu qu'elle ne m'était pas encore très familière1. Cependant rien ne laissait présager dans son attitude qu'il y avait une quelconque menace à craindre ; ne m'avait-il pas laissé entendre, lors de notre rencontre il y a peu, qu'il n'avait nulle intention de me croquer et que — j'en aurais mis ma main au feu° — mes propos l'ayant grandement flatté, ma présence lui était aimable.

 

Non, il n'avait rien d'un Diable libidineux, goinfre et coléreux comme on se plaisait à le décrire au Moyen Âge ; il n'avait rien non plus, dans les siècles qui suivirent, de la bête de cirque que l'on faisait danser et tourner dans les foires, l'anneau dans le museau, les dents et les griffes limées — meurtri, humilié, mortifié, jusqu'à perdre l'estime de lui-même.

Messire Ours, debout, aussi haut qu'un géant, me regardait, pacifique, de ses petits yeux où j'entrapercevais même un sourire — non, non, ne ris pas, lecteur incrédule, toi qui ne verras jamais ni un tigre, ni un lion te regarder avec aménité !

J'attendais qu'il engageât la conversation. Il eût été malvenu que la subalterne que j'étais eût pris la parole la première. Je connaissais les usages en matière de protocole et mon sens de la hiérarchie y était pour quelque chose.

Ainsi donc attendis-je en l'observant.

Et je pensais à Prétatou qui n'avait pas demandé son reste° et avait disparu pour se terrer dans les fougères bien loin de nous. Il s'était fait fort de ne point émettre le moindre son pour ne pas se faire repérer, trop effrayé qu'il était par l'impressionnant plantigrade.

« Voilà une rencontre qui me ravit, belle Oli ! entama le superbe animal. Me croiras-tu si je te dis que c'est par un pur hasard que je suis devant toi ? Non bien sûr. Je marche dans ton sillage depuis un grand moment pour avoir l'heur de jouir de ta présence. J'ai suivi les suaves effluves du parfum naturel que tu as laissés derrière toi, dès lors que mes narines les ont perçus et s'en sont enivrées. Petite Oli, je te sais gré de ne pas fuir ma présence. »

Ces paroles douces, doucereuses peut-être, me laissèrent interloquée. Je crus cette grosse bête près de faire une déclaration d'amour.

Ses petites oreilles tremblaient et papillotaient sous les rais de lumière qui filtraient à travers les feuilles. Était-ce un effet de l'émotion qu'il ressentait ?

Je m'apprêtai à briser là un entretien dont la tournure ne me seyait guère. Une chaude amitié eût suffi.

« J'aurais, Sire, une requête à vous faire si tant est que votre Majesté ne s'offusque pas de la liberté que je prends de lui demander quelque renseignement sur l'un de vos sujets. »

Parle sans crainte, mon enfant, puissé-je t'être utile à quelque chose !

Ne sauriez-vous pas où demeure mon amie Sissi que je cherche. Il semblerait qu'elle ait quitté les lieux qu'elle habitait l'an dernier avec ses petits et je n'ai d'elle ni vent ni nouvelle°.

Tu sais, petite humaine, que le sanglier et sa femelle sont doués d'une ubiquité peu commune et ne se lassent pas d'établir leur bauge ici ou là selon les circonstances ; il n'est pas si facile de savoir où ils migrent. »

Ces paroles, m'annonçant qu'il serait peut-être impossible de retrouver ma laie amie étaient sur le point de me plonger dans le désespoir quand mon interlocuteur reprit :

« Mais j'ai ouï dire qu'elle n'était pas loin d'ici. Quant à ses petits que tu crois être encore des marcassins, il y a beau temps qu'ils ont perdu leurs rayures et ils sont devenus de beaux mâles maintenant.

Se pourrait-il donc que je ne reconnaisse plus ni Si, ni Sou ni Souci2, si je les rencontrais ?

Toi non, mais eux te reconnaîtraient. Je te suggère de prendre cette direction-là, ajouta l'ours en pointant sa patte griffue vers le nord, tu auras toutes tes chances de les croiser en chemin. »

Ce que je fis.

« Se hace camino al andar. Al andar se hace camino3... » lança mon nouvel ami pour me donner du courage.

Et il s'en fut.

Dès qu'il eut tourné les talons, je vis mon Prétatou, l'air piteux et repentant, sortir du fourré où nul n'eût soupçonné sa présence.

Je pris pitié de lui et ne le semonçai point. À quoi cela eût-il servi, je vous le demande, d'autant que messire Ours n'eût pu faire de lui qu'une bouchée, et petite de surcroît.

Il me traversa l'esprit comme un éclair l'idée que mon chien depuis peu s'oursifiait.

 

Je me remis en route, songeuse, en prenant la direction indiquée.

« Reverrai-je jamais ma chère Sissi ? soupirai-je. Si j'en juge par les circonstances, le succès semble encore bien incertain. »

...................................................................

1-Sa haute stature ne m'était pas encore très familière

Lire : > 150 Délires ursins la première rencontre d'Oli avec messire Ours, rencontre édifiante s'il en est !

 

2- Oli fait la connaissance de Sou, de Ci et de Souci :

> 9 Délires amicalement compatibles - Faire contre mauvaise fortune bon coeur° - Le mot-valise

 

3-« Se hace camino al andar. Al andar se hace camino... »

Le chemin se fait en marchant. En marchant se fait le chemin.

Antonio Machado (Antonio Cipriano José María Machado Ruiz) 1875-1939

 

 NOTES

Titre : Délires sur une rencontre imprévue si ce n'est qu'elle était inespérable.

Inespérable, adjectif peu usité – qu'on ne peut (pouvait) espérer

 

Sitôt que l'inquiétant grommellement eut fait vibrer les frondaisons

sitôt que, locution conjonctive de temps suivi ici du passé antérieur

> Sitôt que

 

vu qu'elle ne m'était pas encore très familière

vu que, locution conjonctive de cause, vu invariable.

> Vu que

 

lors de notre rencontre il y a peu

il y a peu de temps

 

j'en aurais mis ma main au feu°

j'aurais donné ma main à couper, j'en aurais donné ma main, j'en étais absolument sûre

 

mes propos l'ayant grandement flatté

on a affaire ici à une proposition participiale avec le passé composé du participe présent du verbe flatter : ayant flatté.

Il a un sujet propre : mes propos.

Le participe présent serait flattant.

> Ne pas confondre participes présents, gérondifs et adjectifs verbaux, en fatiguant fatigant – en convainquant convaincant – en émergeant émergent – en résidant résident...

► grandement, extrêmement.

 

J'attendais qu'il engageât la conversation.

engageât : subjonctif imparfait

concordance des temps, le verbe de la principale est au passé.

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

Il eût été malvenu que la subalterne que j'étais, eût pris la parole la première.

Il eût été, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé (dit conditionnel passé 2e forme)

il aurait été malvenu, conditionnel passé 1re forme.

 

Ainsi donc attendis-je en l'observant

Inversion du sujet (sujet postposé) après ainsi.

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

Prétatou qui n'avait pas demandé son reste°

ne pas demander son reste, partir précipitamment sans rien dire, de peur d'être victime de violence.

 

Il s'était fait fort de ne point émettre le moindre son

il s'était engagé à ne faire aucun bruit.

Elle s'était fait fort... Le participe passé est invariable dans la locution se faire fort.

 

pour avoir l'heur de jouir de ta présence

l'heur, ce qui arrive d'heureux, ce qui fait plaisir, une chance heureuse.

> Ne pas confondre les homophones : leur, leurs, l'heure, leurre et l'heur

 

J'ai suivi les suaves effluves du parfum naturel que tu as laissés derrière toi, dès lors que mes narines les ont perçus et s'en sont enivrées

un effluve substantif masculin

Laissés, participe passé conjugué avec avoir, s'accorde avec le complément d'objet direct QUE placé avant lui (que mis pour l'antécédent effluves)

dès lors que, locution conjonctive généralement de cause, ici de temps (emploi plus rare)

> Dès lors que

perçus, participe passé conjugué avec avoir, s'accorde avec le complément d'objet direct LES placé avant lui

mes narines s'en sont enivrées, elles se sont enivrées des effluves

s'enivrer, verbe pronominal réfléchi

Dans la phrase, SE, le pronom réfléchi représente elles, il est complément d'objet direct de enivrer.

Enivrées, participe passé qui s'accorde avec le complément d'objet direct SE placé avant lui.

Remarque de Littré : Enivrer (an-ni-vré, an prononcé comme dans antérieur ; quelques-uns disent é-ni-vré ; mais cette prononciation est contre l'usage et fautive)

> Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ? + QUIZ 32 - Accord du participe passé des verbes pronominaux

 

Ces paroles douces, doucereuses peut-être me laissèrent interloquée

doux, doucereux, douceâtre

doucereux, d'une douceur fade (goût) – d'une douceur hypocrite.

Douceâtre, d'une douceur fade.

interloquée, adjectif attribut de me, c'est-à dire Oli.

 

Je crus cette grosse bête près de me faire une déclaration d'amour.

près de, sur le point de.

 

Ses petites oreilles tremblaient et papillotaient sous les rais de lumière

papilloter, ici scintiller, trembloter dans la lumière.

 

je te sais gré de ne pas fuir ma présence.

Je te sais gré, je te saurai gré... Savoir gré

 

Je m'apprêtai à briser là un entretien dont la tournure ne me seyait guère.

Seyait, verbe seoir, convenir, bien aller. Ce costume lui sied.

> Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !

 

Une chaude amitié eût suffi.

Aurait suffi, conditionnel passé.

 

si tant est que votre Majesté ne s'offusque pas de la liberté que je prends

si tant est que, locution conjonctive de condition avec une nuance d'incertitude – suivie du subjonctif ou de l'indicatif

> Si tant est que

 

puissé-je t'être utile à quelque chose !

Puissé-je, puissè-je – phrase optative, elle exprime un souhait.

> Ne pas confondre : je peux, je puis, je pus, je puisse, je pusse - puis-je, puissé-je ou puissè-je..

 

Il semblerait qu'elle ait quitté les lieux

On emploie le subjonctif après il semble que.

Ai quitté, subjonctif passé.

> Valeurs et emplois du subjonctif

 

et je n'ai d'elle ni vent ni nouvelle°

N'avoir ni vent ni nouvelle(s), n'avoir ni vent ni voie (de quelqu'un ou de quelque chose). N'avoir pas entendu parler de...

 

le sanglier et sa femelle sont doués d'une ubiquité peu commune et ne se lassent pas d'établir leur bauge ici ou là

a-ubiquité, don de pouvoir être à plusieurs endroit à la fois.

b-Ici, ubiquité signifie que le sanglier peut vivre en des lieux très différents.

 

retrouver ma laie amie

amie, substantif employé ici avec une valeur d'adjectif

 

Mais j'ai ouï dire qu'elle n'était pas loin d'ici.

J'ai entendu dire

Verbe ouïr, défectif

On retrouve ce verbe à l'impératif : Oyez !

> Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !*

 

Se pourrait-il donc que je ne reconnaisse plus Si, Sou ni Souci, si je les rencontrais ?

Si, Sou ni Souci étaient des marcassins, progéniture de Sissi, l'amie d'Oli.

Le petit du sanglier est le marcassin. Son pelage a des rayures claires et sombres, qui lui permettent de se camoufler dans les bois. La laie a généralement un ou quatre petits jusqu'à douze parfois.

À six mois, le marcassin perd ses rayures, il prend le nom de bête rousse. Adulte à un an, on l'appelle bête de compagnie : il reste avec les autres sangliers. On peut trouver dans une compagnie des tiers-an, des mâles de trois ans, et des quartaniers de quatre ans.

 

Et il s'en fut.

Il s'en alla

 

je vis mon Prétatou sortir du fourré où nul n'eût soupçonné sa présence.

n'aurait soupçonné – conditionnel passé

 

Je pris pitié de lui et ne le semonçai point.

Semoncer, verbe rare, réprimander.

Semonce, réprimande, remontrance, reproche.

 

À quoi cela eût-il servi, je vous le demande, d'autant que messire Ours n'eût pu faire de lui qu'une bouchée, et petite de surcroît.

À quoi cela aurait-il servi, je vous le demande, d'autant que messire Ours n'aurait pu faire de lui qu'une bouchée, et petite en plus.

> d'autant que

et petite en plus, ellipse : et une petite bouchée en plus.

 

mon chien depuis peu s'oursifiait.

S'oursifier, verbe pronominal, (emploi littéraire), prendre un caractère d'ours, s'assombrir, devenir difficile à vivre.

 

Reverrai-je jamais ma chère Sissi ?

Emploi de jamais sans la négation

> Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques...

 

<< 169 Délires où la recherche de Sissi n'est point une mince affaire

>> 171 Délires manifestés lors de touchantes retrouvailles

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 13:45

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

 

  Vaugelas* a été l'un de nos premiers grands grammairiens, et il me faut ici lui rendre hommage pour le travail qu'il a accompli par amour de la langue française ; travail accompli non sans mal, il faut le dire, car la route a été jalonnée d'injustes détracteurs.

On peut trouver sur Wikisource (entre autres sites) ses Remarques sur la langue française, utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire

*Claude Favre, baron de Pérouges, seigneur de Vaugelas, 1585-1550

 

Dans le chapitre V de ses Remarques, je m'arrête un instant sur cette réflexion : Que l'Usage fait beaucoup de choses par raison, beaucoup sans raison, et beaucoup contre raison.

 

[Extrait]

 En un mot, l'Usage fait beaucoup de choses par raison, beaucoup sans raison, et beaucoup contre raison. Par raison, comme la plupart des constructions grammaticales, par exemple, de joindre l'adjectif au substantif en même genre et en même nombre, de joindre le pluriel des verbes au pluriel des noms, et plusieurs autres semblables. Sans raison, comme la variation ou la ressemblance des temps et des personnes aux conjugaisons des verbes, car quelle raison y a-t-il que j'aimais veuille plutôt dire ce qu'il signifie que j'aimerais, ou que j'aimerais veuille plutôt dire ce qu'il signifie que j'aimais, ni que je fais et tu fais se ressemblent plutôt que la seconde et la troisième personne tu fais et il fait ? Non pas que je veuille dire que cette variation se soit faite sans raison, puisqu'elle marque la diversité des temps et des personnes qui est nécessaire à la clarté de l'expression, mais parce qu'elle se varie plutôt d'une façon que d'autre par la seule fantaisie des premiers hommes qui ont fondé la langue. Toutes les conjugaisons anomales1 sont sans raison aussi. Car par exemple, cette conjugaison Je vais, tu vas, il va, nous allons, vous allez, ils vont est sans raison. Et contre raison, par exemple, quand on dit péril éminent pour imminent, recouvert pour recouvré, quand on fait régir le verbe non pas par le nominatif2, mais par le génitif, et qu'on dit une infinité de gens croient, et plusieurs autres semblables qui se voient dans ces Remarques. Car il ne faut pas dire que ce soit le mot collectif infinité qui fasse cela, parce qu'étant mis avec un génitif2 singulier, ce serait une faute de lui faire régir le pluriel, et de dire "une infinité de monde croient". Ces Remarques fourniront grand nombre d'exemples de tous les trois, de ce que l'Usage fait avec raison, sans raison, et contre raison, à quoi je renvoie le Lecteur.

 

Notes de Mamiehiou :

1-anomal : Terme de grammaire. Irrégulier. Aller est un verbe anomal. CF. Littré

2-Le nominatif est un cas grammatical, il indique la fonction sujet.

Le génitif est un autre cas grammatical, on dirait aussi le complément de nom ; dans le syntagme une infinité de gens, gens est complément du nom infinité.

2-J'ai mis quelques mots en caractères gras pour une meilleure lecture.

 

On a souvent déploré que ceux qui ont établi les règles de la grammaire et de l'orthographe ne les aient pas simplifiées alors que la langue s'élaborait chaotiquement, les Français écrivant les mots de diverses façons. Il n'est que de feuilleter le Dictionnaire Godefroy pour s'en faire une idée.

Pour pallier ces difficultés, on a voulu maintes fois modifier les règles de l'orthographe du français et la dernière tentative a été celle faite à l'initiative de Monsieur Rocard en 1990.

 

Mais on constate que les Français sont tellement attachés à leur langue qu'ils ne tiennent pas compte de ses modifications, ou si peu.

 

Si vous vous promenez dans mon blog, vous y rencontrez de nombreux articles qui tâchent de vous éclairer sur les règles qui régissent notre belle langue tout en précisions et tout en nuances.

 

Pour en savoir +

> PDF Rectifications de l'orthographe - Académie française

 

et dans ce blog :

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

> Mais pourquoi la langue française est-elle si compliquée ? - L'origine du français

> Les réformes de la langue française

> Du plaisir de la lecture des dictionnaires

> Une petite histoire de la langue française racontée par mamiehiou - Chapitre 12 - XVIIe siècle 1 - À L'AUBE DE LA LANGUE CLASSIQUE - Les grammairiens façonnent notre langue - Malherbe - Vaugelas - L'Académie Française

 

On pourra lire aussi :

> Questions fréquentes sur les rectifications de l'orthographe

 

Voici un exemple de règle difficile, parmi tant d'autres, dans l'article que j'ai écrit hier :

Sauriez-vous, sans fautes, écrire l'adjectif au féminin ou au masculin selon le cas ?

Les bons (ou bonnes) gens sont-ils (ou elles) toujours de bon conseil ?

Il ne voulait rien savoir des petits (ou petites) gens malheureux (ou malheureuses)

Quels (ou quelles) pauvres gens !

Quels (ou quelles) méchants (ou méchantes) gens !

Certains (ou certaines) gens de justice font montre de trop de clémence.

Quels (ou quelles) gens d'affaires connaissez-vous donc pour parler ainsi ?

Il s'intéressait à la vie de différents (ou différentes) gens de mer.

C'est à en perdre son latin !

Vérifiez, si cela vous amuse, l'orthographe correcte de ces phrases dans le paragraphe 2 de l'article :

> la gent, les gens, gentil, gentillesse, Gente Dame, un gentilhomme,, un gentleman, l'entregent, un Gentil, la gentilité

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 13:53

 ACCUEIL

  Tous les articles du blog

 

Exercice préliminaire :

 Sauriez-vous, sans fautes, écrire l'adjectif au féminin ou au masculin

selon le cas ?

Les bons (ou bonnes) gens sont-ils (ou elles) toujours de bon conseil ?

Il ne voulait rien savoir des petits (ou petites) gens malheureux (ou malheureuses)

Quels (ou quelles) pauvres gens !

Quels (ou quelles) méchants (ou méchantes) gens !

Certains (ou certaines) gens de justice font montre de trop de clémence.

Quels (ou quelles) gens d'affaires connaissez-vous donc pour parler ainsi ?

Il s'intéressait à la vie de différents (ou différentes) gens de mer.

  Retrouvez ces phrases au §2

 

Les textes extraits des dictionnaires sont écrits en rouge dans l'article.

> Voir Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

> Dictionnaire Littré en ligne

> Dictionnaire Godefroy

 

 

1-LA GENT substantif féminin (pluriel LES GENS)

Attention ! Employer GENTE pour GENT est une faute (une cacographie)

Gente Dame, savez-vous que votre mari fréquente assidûment la gent féminine ?

Cf. Littré :

 Au singulier Nation, race,

ô combien lors aura de veuves

La gent qui porte le turban ! [Malherbe, III, 1]

Cet emploi, dans le style noble, tombe en désuétude ; cela est fâcheux.

Au sing. Le style familier use aujourd'hui de ce mot pour signifier race, espèce.

Il dit qu'Aenéas et sa gent

Ne valait pas beaucoup d'argent. [Scarron, Virgile travesti]

Fig. La gent moutonnière, ceux qui suivent l'impulsion donnée par les autres.

 

Dans le Littré, voici quelques passages des fables de Jean La Fontaine avec GENT :

De la gent marcassine et de la gent aiglonne Fable III, 6

La gent marécageuse,

Gent fort sotte et fort peureuse,

S'alla cacher sous les eaux -Fable III, 4

Vive la gent qui fend les airs ! - Fable II, 5

La gent reptile et toute son espèce - Petit chien.

La gent qui porte crête au spectacle accourut - Fable VIII, 24

La gent trotte-menu s'en vient chercher sa perte - Fable III, 18

La gent maudite aussitôt poursuivit

Tous les pigeons, en fit ample carnage - Fable VII, 8

Voir d'autres citations : Voir les citations avec "gent"

Dans le Dictionnaire Godefroy (ancien et moyen français ) on peut lire à l'entrée GENT, page 261 [extrait] :

GENT, gant, jant, substantif féminin

race, extraction – peuple, nation, troupe – personne, homme -

GENT, jent, gient, adjectif, gentil, joli, beau, en parlant de personnes – et en parlant de choses, gente chevalerie

GENT, jenz, adverbe, aimablement

ET

GENTAILLE substantif féminin, péjoratif de gent.

Avez-vous peur de tel* gentaille ? Greban

[Propos d'Ascanus dans Mistère* de la Passion d'Arnoul Greban - XVe siècle – à retrouver page 378 sur Gallica]

 * orthographe du texte original

 

2-LES GENS

a-Comment s'accorde l'adjectif avec le mot GENS ?

Si l'adjectif est placé après GENS, il se met au masculin.

Les gens intelligents, les gens sérieux...

Écoutez-les. Quelle jactance ! Non, ce ne sont pas des gens sérieux.

b-Si l'adjectif est placé avant GENS, il se met au féminin.

Les vieilles gens, les petites gens, les bonnes gens...

Elle ne parlait des petites gens qu'avec mépris et n'employait pour les désigner que la formule : bas peuple.

On entend aujourd'hui "France d'en bas" et "France d'en haut". Cf. Balzac et Raffarin >

«France d'en bas»: la récup' de Raffarin - Libération

c-Bien que l'adjectif placé avant soit au féminin, le syntagme (groupe de mots) reste au masculin

Il ne voulait rien savoir des petites gens malheureux.

Les bonnes gens sont-ils  toujours de bon conseil ?

d-Si Gens est précédé de deux adjectifs, le 2e se terminant par un -e muet, les adjectifs sont au masculin.

Quels pauvres gens ! (ici : quel, adjectif exclamatif)

Mais : Quelles méchantes gens ! (adjectif méchant sans -e)

e-On rencontre le masculin dans les mots se rapportant à GENS suivi de DE + un NOM désignant une qualité ou une profession (d'après Grevisse)

Certains gens de justice font montre de trop de clémence.

Quels gens d'affaires connaissez-vous donc pour parler ainsi ?

Il s'intéressait à la vie de différents gens de mer.

 

3-GENTIL - GENTILLE - GENTILLESSE

sens proche : aimable, prévenant, serviable, obligeant, doux, charmant, adorable, exquis, gracieux, mignon, gentillet, agréable,etc.

Gentillesse, caractère de celui ou de celle qui est gentil.

 

4-GENTE DAME

GENT, GENTE, adjectif

Cf. Littré

Terme du style archaïque ou du style badin. Gentil, joli. Une gente demoiselle. Une gente fillette.

Ces femmes.... Qui gentes en habits et sades en façons.

[Régnier, Satires]

Aujourd'hui le terme n'est guère usité que dans le syntagme Gente Dame

 

5-GENTILHOMME, pluriel gentilshommes (prononcer gentizom)

Cf. l'Académie 8e édition

Celui qui est de race, de naissance noble. Simple gentilhomme. Foi de gentilhomme. Se conduire en gentilhomme. Gentilhomme d'ancienne extraction, de vieille souche. Un gentilhomme de marque. Il se dit, au figuré, de Celui qui, sans être noble de race, a des sentiments, des manières nobles. C'est vraiment un gentilhomme. Il est tout à fait gentilhomme. Se comporter en gentilhomme.

 

6-GENTLEMAN, pluriel gentlemen ou gentlemans**

**gentlemans : orthographe réformée > Lexique

Mot français venant de l'anglais gentleman, gentle venant de l'ancien français (gentil)

Le mot est admis par l'Académie en 1932.

À rapprocher de gentilhomme.

Homme distingué, homme du monde.

Vrai, monsieur, vous vous conduisez en parfait gentleman !

Voir aussi ATTESTATIONS dans la BHVF : GENTLEMAN >

BHVF : Base Historique du Vocabulaire Français - Site du ... - Atilf

 

7-L'ENTREGENT

Cf. Le Dictionnaire de l'Académie 8e édition

L'entregent – avoir de l'entregent

Manière adroite de se pousser dans le monde, dans la société, de s'insinuer auprès des personnes utiles, de s'en servir pour ses intérêts. Cet homme ne fera pas fortune, il n'a point d'entregent, il manque d'entregent.

 

8-UN GENTIL - LES GENTILS

Cf. Littré

Il se dit des anciens polythéistes, par opposition aux Juifs et aux Chrétiens. C'était un gentil. Nous avons été baptisés dans le même esprit, pour n'être tous ensemble qu'un même corps, soit juifs ou gentils, soit esclaves ou libres. [Sacy, Bible, St Paul, 1re épît. aux Corinth. XII, 13]

L'Apôtre des gentils, saint Paul. On dit de même : le docteur des gentils.

La figure de ce monde passe, poursuivait le docteur des gentils. [Bourdaloue, 2e dim. après l'Épiphanie, Dominic. t. I, p. 106]

Adjectif ex. Né d'un père gentil et d'une mère chrétienne.

REMARQUE

L'Académie ne donne gentil que comme masculin, soit substantif, soit adjectif. Mais rien n'empêche de dire, substantivement, une gentile, et, adjectivement, une mère gentile.

SYNONYME

GENTILS, PAÏENS. Païens est plus compréhensif que gentils. Païens se dit non-seulement des païens de Rome, de la Grèce, de l'Égypte et en un mot des anciens païens, il se dit aussi des peuples qui encore aujourd'hui appartiennent au polythéisme ; au lieu que gentils ne se dit que des païens contemporains des apôtres et des premiers siècles du christianisme.

 

Cf. Le Trésor (étymologie)

Pour en savoir + GENTIL1, subst. masc.

 

9-LA GENTILITÉ

Cf. Le Dictionnaire de l'Académie 8e édition

Les nations païennes. Toute la gentilité. Il signifie aussi la Profession d'idolâtrie.

Il reste encore des marques de gentilité dans ce pays-là.

 

ACCUEIL

Tous les articles du blog   

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 07:42

ACCUEIL

Tous les articles du blog

Dans le cas où vous voudriez vous faire une idée de ce qu'est la sérendipité si tant est que vous ne connaissiez pas encore ce mot il n'est que* d'aller vous promener sur Wikipédia (Ni le Trésor ni l'Académie ne reconnaissent le mot).

Parmi les renseignements qu'on y trouve, lesquels sont fort intéressants : les diverses acceptions du mot, son origine (persane), son histoire, et j'en passe, je retiendrai ici :

[...] la sérendipité est, depuis les années 2000, l'art de « trouver autre chose que ce que l'on cherchait »

 

Ceux qui ont le loisir de s'adonner pleinement à cet art ont de la chance : il est à supposer qu'ils jouissent de beaucoup de temps pour musarder au hasard sur la toile, sans rechercher quelque chose de précis, et ils tombent sur un mot, une idée, un concept, un événement — que sais-je encore — qui retient leur attention.

Je dis sur la toile, mais je pourrais dire dans un journal, un magazine, dans une bibliothèque... la liste n'est pas close.

Mais la toile a ceci d'excitant qu'un mot en appelle un autre, une idée, une autre, et qu'il suffit de quelques clics pour parcourir en quelques instants des centaines de kilomètres — que dis-je, des centaines — des milliers d'années-lumière ; et c'est comme si l'on était propulsé dans une machine à remonter le temps ; on voyage dans les siècles, les millénaires, jusque dans les ères les plus lointaines, avant le Big Bang même. En un clic, vous dis-je. Quelle merveille !

 

Et c'est ainsi qu'on rencontre ce qu'on ne soupçonnait pas, et qui se met à vous passionner au plus haut point. Ne viens-je pas de découvrir le mot sérendipité que je ne connaissais pas. Cela en parcourant les actualités d'aujourd'hui et en sautant d'un article à un autre.

Que de dictionnaires ai-je parcourus à la recherche du mot qu'il me fallait trouver pour l'écrire dans un contexte précis ! Et me voilà qui fais des trouvailles, emportée que je suis dans des voyages improbables au pays des mots, des tournures, des expressions, des synonymes, des antonymes, des proverbes, des citations d'auteurs...

 

Avez-vous jamais feuilleté des dictionnaires à la recherche de mots que vous ne connaissiez pas, ou, sur la toile, parcouru sans but précis les pages de vieux dictionnaires sur google livres ou gallica ?

On peut le faire sur le Dictionnaire Littré qui déroule ses listes de mots, pour bon nombre d'entre eux plus obscurs les uns que les autres.

Je consigne ce que je veux conserver dans un fichier de mon ordinateur, et à la première occasion, je réemploie, dans un texte, les trésors dénichés. Les mots titillent mes neurones, y font naître des idées que je n'aurais jamais eues si le hasard n'était pas passé par là.

La sérendipité, quoi !

♥ 

Lire les Voyages et aventures des trois princes de Serendip > Wikisource 

Texte de Cristoforo Armeno

Note : Serendip, ancien nom de Ceylan, Sri Lanka.

Sérendipité – Wikipédia

Sérendipité – Wiktionnaire

http://www.rue89.com/2009/11/17/desamicaliser-sur-facebook-mot-de-lannee-jai-mieux-126321 …

Dans ce blog :

Ouvrages de référence qui me sont très utiles

Du plaisir de la lecture des dictionnaires

 

 LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

ACCUEIL

 

*il n'est que (d'aller vous promener sur Wikipédia.)

Note du Littré sur : Il n'est que (à l'entrée ÊTRE)

Il n'est que telle chose, c'est-à-dire il n'est rien de tel que, cela seul convient.

Pour perdre des amants celles qui s'en affligent

Donnent trop d'avantage à ceux qui les négligent ;

Il n'est lors que la joie, elle nous venge mieux.

[Corneille, Mélite]

Il n'est que de.... c'est-à-dire le mieux est de....

Il n'est que de prendre les choses comme elles viennent. Il n'est que d'être fin et de soir et de nuit. [Régnier, Épîtres]

Il n'est que de.... signifie aussi : en fait de choses dont il s'agit, la meilleure vient de. Il n'est pommes que de Normandie. Il n'est pruneaux que de Tours.

Il n'est pas que.... avec ne, et le verbe suivant au subjonctif, il n'est pas supposable que....

Il n'est pas que vous ne sachiez quelques nouvelles de cette affaire.

[Molière, L'avare]

 

> Retour au début de la page

ACCUEIL

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article

Présentation

  • : LE BLOG DE MAMIEHIOU - La langue française telle qu'on l'aime  De la grammaire, des exercices divers, des dictées commentées, des histoires, des textes d'auteurs, des infos pratiques...
  • : Pour tous ceux qui aiment la langue française. Son histoire, sa grammaire et son orthographe. Des dictées commentées, des exercices ébouriffants, un florilège de textes d'auteurs, etc.
  • Contact

Mon Profil

  • mamiehiou.over-blog.com
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.

Mon blog

Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

Rechercher Un Mot Du Blog