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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 08:50

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La soirée fut douce et propice aux échanges ; nous nous racontâmes toutes les deux nos aventures avec cette joie particulière qu'éprouvent des amies quand elles se font des confidences après une longue séparation. Sissi s'étonna que je ne fusse pas restée à Utopinambourg alors que je m'étais hissée à une position sociale tout à fait estimable en fondant ma propre école. Qu'étais-je revenue hanter cette forêt obscure* ? Je lui fis comprendre en deux mots que trop de choses étranges avaient éveillé ma curiosité et que je ne pouvais en rester là.

Mon clabaud de Prétatou, malgré qu'il en ait, se retint de rognogner ; il soupira mais n'osa renchérir sur les sages paroles de Sissi, de peur de me voir froncer le sourcil. Il semblait penser : « Qu'ont-elles à vouloir se dire tant de choses, de omni re scibili*, et patati et patata ? »

J'arrivai au moment de mon récit, où, il y a peu, j'avais été stupéfiée de voir défiler, sans faire le moindre  bruit, ne fût-ce que le craquement ténu des branches qui se brisaient sous leurs pas, une colonne d'hommes et de femmes qui ne ressemblaient aucunement à ceux que j'avais croisés dans la cité. Ces êtres étranges vaguaient avec lenteur et jetaient des regards furtifs de droite et de gauche comme si un danger eût pu les surprendre. Ils étaient tous malingres et souffreteux, cassés, boitant et titubant ; certains d'entre eux s'appuyaient sur des bâtons noueux, d'autres se laissaient guider, le regard vide, la main tendue et appuyée sur l'épaule de ceux qui les précédaient – on eût dit les Aveugles** de Pieter Bruegel.

D'où venaient ces ombres et où s'en allaient-elles ?

Sissi me dit alors qu'elles les avait quelques fois rencontrées. Pour les avoir entendues susurrer d'obscures paroles, elle supposa qu'ils s'étaient échappés de quelque geôle cruelle où ils avaient failli périr. Ils se cachaient ; cela ne faisait aucun doute. Et si on les suivait dans leur déambulation improbable, on arrivait jusqu'à un gouffre sombre qui les engloutissait : leur repaire à coup sûr.

Sissi ne m'en dit pas plus parce qu'elle n'en savait pas plus ; et elle me mit en garde de ne pas les approcher car elle ne savait pas s'ils seraient capables du pire dans le cas où ils se sentiraient débusqués. Si, ma curiosité poussée à son paroxysme, je me décidais à vouloir, à tout prix, découvrir quelque chose de cette foule inconnue, à la suivre sans qu'elle s'en doutât, pourrais-je obvier à tout danger en prenant les précautions nécessaires, tel un fin limier connaissant toutes les ficelles de son art ?

Je me trompai moi-même en me disant qu'il fallait peser le pour et le contre pour agir ainsi. En fait je ne pesai rien car tout est toujours pesé d'avance. On se leurre à croire qu'on use de la réflexion pour se décider ; avant même de réfléchir, tout est décidé. Nulle tergiversation n'est nécessaire. Je savais, bravant tout danger, que j'allais suivre cette file lugubre et me faufiler dans l'antre où elle disparaissait.

Il est des situations qui comportent toutes les audaces.

« Voilà qui est entendu, me dis-je. Je n'aurai désormais de cesse que ces gens ne m'aient dévoilé ce que je veux savoir.»

.............................................................

*De omni re scibili et quibusdam aliis - De toutes les choses qu'on peut savoir et aussi de quelques autres" 


**Les Aveugles de Pieter Bruegel

voir La Parabole des aveugles - Wikipédia

fr.wikipedia.org/wiki/La_Parabole_des_aveugles

 

NOTES

Titre : Délires autour d'une curiosité qui n'en finit pas

qui n'en finit pas : qui ne finit pas d'être ce qu'elle est.

 

Sissi s'étonna que je ne fusse pas restée à Utopinambourg

je ne fusse pas restée, subjonctif plus-que parfait.

> Valeurs et emplois du subjonctif §4 et 5

 

Qu'étais-je revenue hanter cette forêt obscure ?

Pourquoi étais-je revenue hanter cette forêt obscure ?

QUE dans tous ses états – pronom interrogatif - pronom relatif - conjonction de subordination ou élément d'une locution conjonctive - adverbe interrogatif ou exclamatif

cette forêt obscure- Cf. la note dans : 158 Délires sur de froides retrouvailles dans la forêt obscure - la selva oscura (Dante)

 

Mon clabaud de Prétatou, malgré qu'il en ait, se retint de rognogner

Clabaud, chien de chasse qui a les oreilles pendantes et qui aboie fortement sans être sur les voies de la bête. Il se dit par extension, d'un chien qui aboie mal à propos.(Dictionnaire de l'Académie 8e édition)

Rognogner, bougonner, gronder, grommeler.

L'emploi correct de malgré que est rare - Locution admise dans "malgré que j'en aie" = malgré moi, à mon corps défendant. "malgré qu'il en eût"

> Malgré que

 

Qu'ont-elles à vouloir se dire tant de choses et patati et patata.

On joue sur l'alternance des voyelles i-a

et patati et patata : onomatopée employée pour désigner des bavardages futiles qui n'en finissent pas.

« Et patati et patata, la queue du chat » Souffrances du Professeur Delteil Champfleury (1853)

Variante : et patatipatali et patatatipatala

Prêchi, prêcha : locution désignant un mauvais discours - substantif un prêchi-prêcha.

Brédi-bréda : avec précipitation et confusion. Il nous a raconté tout cela brédi-bréda. Expression tout à fait familière. Littré

On dit quelquefois Brédi-bréda taribara. Dictionnaire de la langue verte d'Alfred Delvau page 59 > Dictionnaire de la langue verte : argots parisiens comparés ... - Gallica.

Cette expression vient de Bréda street (article connexe : Elle arpentait la rue Bréda)

picoti picota, comptine :

Une poule sur un mur
Qui picote du pain dur
Picoti, picota
Lève la queue
Et puis s'en va.

et ceteri et cetera

> ET CÆTERA, ET CETERA, ET CŒTERA, ETC.(Cnrtl)

>Alternance des voyelles i-a - et patati patata, prêchi-prêcha, brédi-bréda, picoti-picota, et ceteri et cetera

 

ne fût-ce que le craquement des branches

ne fût-ce que, locution, sens restrictif et conditionnel 

fût-ce, ne serait-ce que, quand ce ne serait que.

fût-ce, subjonctif imparfait

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

 

Ces êtres étranges vaguaient avec lenteur

vaguer, errer çà et là.

 

pour les avoir entendues susurrer d'étranges paroles

parce qu'elle les avait entendues (cause)

Le participe passé entendues est suivi de l'infinitif susurrer

Note n°2 (le participe passé suivi d'un infinitif) dans Règles de l'accord des participes passés

1-C'est une sorcière ; je l'ai vue cueillir des herbes.

Le part. passé s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant si ce COD fait l'action de l'infinitif. L' (la élidé) c'est-à dire la sorcière : la sorcière a cueilli des herbes. 

2- Voici les herbes que j'ai vu cueillir.

Ici, le part. passé ne s'accorde pas parce que le complément d'objet direct que (les herbes) ne fait pas l'action de l'infinitif. Les herbes ont été cueillies.

 

on eût dit les Aveugles de Pieter Bruegel.

On eût dit, dire au conditionnel passé 2e forme.

on aurait dit, conditionnel passé 1re forme.

 

ils s'étaient échappés de quelque geôle cruelle où ils avaient failli périr

Geôle, prison – prononcer jôle,

de même pour geôlier, geôlière, gardien(ne) de prison.

> Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure, almanach, handball, imbroglio, mas, tomber dans le lacs, abasourdi, blinis, Auxerre, Bruxelles, Cassis...

ils avaient failli périr - failli, participe passé de faillir.

> Verbes se terminant par I, IE, IS, IES, IT, ou ÎT

 

Sissi me dit alors qu'elle les avait quelques fois rencontrées

> Ne pas confondre : sortir, assortir, ressortir intrans. ou trans. indirect- quelquefois, quelques fois – davantage, d'avantage – bientôt, bien tôt – sitôt, si tôt - près de, prêt à

quelques fois (emploi rare) dans le sens de une ou deux fois

 

pourrais-je obvier à tout danger

obvier, cf. Littré : Prévenir un mal, un inconvénient.

Se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

obvier : parer, éviter, remédier, faire face...

 

Il est des situations qui comportent toutes les audaces.

comporter, dans le sens vieilli de rendre possible, permettre. Cf. Grammaire des grammaires.

 

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 10:07

FLORILÈGE

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Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

                                                                                                              

 

-33-

 

Alexandre Dumas 1802-1870

Mes Mémoires

 

Charles Nodier 1780-1844

romancier, poète, grammairien, bibliophile, politique.

Les Soirées de l'Arsenal

 

Alexandre Dumas, dans Mes Mémoires, évoque la vie de Charles Nodier. Il nous raconte l'amitié et l'admiration qu'il portait à cet écrivain érudit et fait revivre les Soirées de l'Arsenal.

C'est dans le salon de Nodier, alors conservateur à la Bibliothèque de l'Arsenal que se côtoient les premiers romantiques.


Mes Mémoires - Extrait

C'était un homme adorable que Nodier ; je n'ai rien vu et rien connu de si savant, de si artiste et de si bienveillant à la fois – excepté Méry peut-être. Au reste, n'ayant pas un vice, mais plein de défauts, de ces défauts charmants qui font l'originalité de l'homme de génie.
Nodier était prodigue, insouciant, flâneur ; oh ! mais flâneur avec délices, comme Figaro était paresseux. Peut-être pouvait-on lui reprocher d'aimer un peu trop tout le monde ; mais, cela, c'était encore par insouciance, pour ne pas se donner la peine de faire la division de ses sentiments.
Puis, disons-le, c'était le commun des martyrs que Nodier aimait de cette façon-là ; il avait un cercle de privilégiés qu'il aimait avec son coeur, ceux là ; les autres, il ne les aimait qu'avec son esprit.
Nodier était l'homme savant par excellence ; il savait tout, puis encore une foule de choses au-delà de ce tout. D'ailleurs, Nodier avait le privilège des hommes de génie : quand il ne savait pas, il inventait, et ce qu'il inventait, il faut l'avouer, était bien autrement probable, bien autrement coloré, bien autrement poétique, bien autrement ingénieux, et j'oserai dire bien autrement vrai que la réalité. On comprend facilement qu'avec cette faculté inventive, Nodier était un véritable sac à paradoxes... Seulement, ses paradoxes, il ne vous forçait nullement à les adopter ; Nodier créait les trois quarts de ses paradoxes pour son amusement particulier.
Un jour que j'avais déjeuné chez un ministre, on me demandait :
- Comment s'est passé le déjeuner ?
- Bien, répondis-je ; mais, sans moi, je m'y serais cruellement ennuyé !
Eh bien, c'était la même chose pour Nodier : de peur de s'ennuyer, il créait des paradoxes, comme moi, je raconte des histoires.
Je reviens sur ce que j'ai dit, que Nodier aimait un peu trop tout le monde ; ma phrase a presque l'air d'un reproche : on se tromperait en la prenant ainsi. Nodier aimait comme le feu réchauffe, comme la torche éclaire, comme le soleil luit : il aimait parce que l'amour et l'amitié étaient ses fruits, à lui, aussi bien que le raisin est le fruit de la vigne. Qu'on me permette de faire un mot pour cet homme qui en a tant fait, c'était un
aimeur.
J'ai dit en amour et en amitié, parce qu'il en était, pour Nodier, des femmes comme des hommes. De même que Nodier aimait tous les hommes d'amitié, Nodier, dans sa jeunesse – et jamais Nodier ne fut vieux – Nodier aimait toutes les femmes d'amour. Combien en aima-t-il ainsi ? C'est ce qu'il lui eût été impossible de dire. D'ailleurs comme tous les esprits éminemment poétiques, Nodier confondait toujours le rêve avec l'idéal, l'idéal avec la matière ; pour Nodier, toutes les fantaisies de son imagination avaient existé : Thérèse Aubert, la Fée aux miettes, Inès de las Sierras ; il vivait au milieu de toutes ces créations de son génie, et jamais sultan n'eut un plus magnifique harem.
Il est assez curieux de savoir comment travaillait un écrivain qui a produit tant de livres, et des livres si amusants. Je vais vous le dire.
L'homme que nous allons prendre, c'est le Nodier de la semaine, le Nodier romancier, savant, bibliophile, le Nodier écrivant le
Dictionnaire des Onomatopées, Trilby, les Souvenirs de jeunesse
.
Le matin, après deux ou trois heures d'un travail facile, après avoir couvert d'une écriture lisible, régulière, sans rature aucune, douze ou quatorze pages de papier de six pouces de haut sur quatre de large, Nodier jugeait sa tâche du matin finie, et sortait.
Une fois sorti, Nodier errait à l'aventure, suivant tantôt l'une ou l'autre allée des boulevards, tantôt la ligne de l'un ou de l'autre quai.
Qu'il fit cette route-ci ou celle-là, trois choses le préoccupaient : les étalages de bouquiniste, les boutiques de libraire, les magasins des relieurs
.; car Nodier était presque aussi friand de fines reliures que de livres rares, et je ne jurerais pas que, dans son esprit, il n'eût mis au même rang Deneuil, Derome, Thouvenin et les trois Elzévirs.
Cette course aventureuse de Nodier, retardée par les trouvailles de livres ou les rencontres d'amis, commençait d'ordinaire sur le midi, et aboutissait presque toujours, entre trois et quatre heures, chez Crozet ou chez Techener.
Là se réunissait, vers cette heure, le congrès des bibliophiles de Paris.[...]

[...] on s'asseyait et l'on causait de omni re scibili et quibusdam aliis*.
La causerie durait jusqu'à cinq heures. [...]

À six heures, Nodier dînait en famille.
Après le dîner, la tasse de café savourée en véritable sybarite, à petites et longues gorgées, on enlevait la nappe et ce qui la couvrait, et, sur la table nue, on apportait trois chandelles.
Trois chandelles, et non pas trois bougies. Nodier préférait la chandelle à la bougie. Pourquoi ? Personne ne l'a jamais su. C'était un des caprices de Nodier.
Ces trois chandelles, jamais plus, jamais moins, étaient placées en triangle. Nodier apportait son travail commencé, ses plumes d'oie – il exécrait les plumes de fer – et il travaillait jusqu'à neuf ou dix heures du soir.

À cette heure, il sortait une seconde fois ; mais, alors pour suivre invariablement la ligne des boulevards ; et, selon l'affiche, il entrait à la Porte-Saint-Martin, à l'Ambigu ou aux Funambules. On a vu que c'est à la Porte-Saint-Martin que je l'ai rencontré pour la première fois. [...]
Les six jours de la semaine s'écoulaient parfaitement semblables les uns aux autres. puis venait le dimanche. [...]

[...] la famille de Nodier se composait de sa femme, de sa fille, de sa soeur madame de Tercy, et de sa nièce.
À six heures, la table était mise chez Nodier. Trois ou quatre couverts en plus des couverts de la famille attendaient les dîneurs de fondation. [...]
Trois ou quatre autres couverts attendaient les dîneurs de hasard.
Les dîneurs de hasard étaient Bixio, le grand Saint-Valery et moi.
Saint-Valery était bibliothécaire comme Nodier. Il avait six pieds un pouce de hauteur. C'était un homme fort instruit, mais sans aucune originalité, ni aucun esprit. C'est sur lui que Méry fit ce vers :
          "Il se baisse, et ramasse un oiseau dans les airs !"
Lorsqu'il était à sa bibliothèque, c'était chose bien rare qu'il fût obligé de prendre une échelle pour atteindre un livre, si haut qu'il fût placé. Il allongeait un de ses longs bras, se haussait sur la pointe de ses longs pieds, et allait chercher, reposât-il sous la frise, le livre demandé.
Au reste, susceptible au plus haut degré, et ne pouvant digérer des plaisanteries, si inoffensives qu'elles fussent, sur sa grande taille ; il m'en voulut très longtemps, parce qu'un jour qu'il se plaignait à madame Nodier d'un violent rhume de cerveau, je lui demandai s'il n'avait pas eu froid aux pieds l'année dernière.
Une fois admis dans cette douce et bonne intimité de la maison, on allait dîner chez Nodier à son plaisir. S'il fallait ajouter un, deux, trois couverts, aux couverts d'attente, on les ajoutait. S'il fallait allonger la table, on l'allongeait. Mais malheur à celui qui arrivait le treizième ! Celui-là dînait impitoyablement à une petite table, à moins qu'un quatorzième convive, encore plus inattendu que lui, ne vînt le relever de sa pénitence.
Bientôt je fus un de ces intimes dont je parlais tout à l'heure, et ma place à table fut fixée, une fois pour toutes, entre madame Nodier et Marie Nodier. Quand j'apparaissais à la porte, on me recevait avec des cris de joie, et il n'y avait pas jusqu'à Nodier qui n'allongeât vers moi ses deux grands bras pour me serrer les mains ou pour m'embrasser. Au bout d'un an, ce qui n'était qu'un point de fait devint un point de droit : cette place m'attendait vide jusqu'à l'enlèvement du potage ; alors, on se hasardait à la donner ; mais, fût-elle donnée, celui qui me remplaçait eût-il été là depuis dix minutes, depuis un quart d'heure, depuis une demi-heure, fût-ce au dessert que j'arrivasse, il se levait ou on le faisait lever, et ma place m'était rendue.
Nodier prétendait que j'étais une bonne fortune pour lui, en ce que je le dispensais de causer ; mais ce qui, en pareil cas, était la joie du paresseux maître de maison, était le désespoir de ses convives : dispenser de causer le plus charmant causeur qu'il y eût au monde, c'était presque un crime : il est vrai qu'une fois chargé de cette vice-royauté de la conversation, je mettais un amour-propre inouï à bien remplir ma charge. Il y a des maisons où l'on a de l'esprit sans s'en douter, et d'autres maisons où l'on est bête malgré soi. Moi, j'avais trois maisons de prédilection, trois maisons où flambaient incessamment ma verve, mon entrain, ma jeunesse : c'étaient la maison de Nodier, la maison de madame Guyet-Desfontaines, et la maison de ­immermann. Partout ailleurs, j'avais encore quelque esprit, mais l'esprit de tout le monde.
Au reste, soit que Nodier parlât – et, alors, grands et petits enfants se taisaient pour l'écouter – ; soit que son silence livrât la conversation à Dauzats, à Bixio et à moi, on arrivait toujours, sans avoir compté les heures, à la fin d'un dîner charmant, enviable par le prince le plus puissant de la terre, pourvu que ce prince fût un prince spirituel.

À la fin de ce dîner, on servait le café à la table même. Nodier était bien trop sybarite pour se lever de table, et pour aller prendre son moka, debout et mal à son aise, dans un salon encore mal chauffé, quand il pouvait le prendre allongé sur sa chaise, dans une salle à manger bien tiède, et bien parfumée de l'arôme des fruits et des liqueurs.
Pendant ce dernier acte, ou plutôt cet épilogue du dîner, madame Nodier se levait avec Marie pour aller éclairer le salon. Moi qui ne prends ni café ni liqueurs, je les suivais pour les aider dans cette tâche, où ma longue taille, qui me permettait d'allumer le lustre et les candélabres sans monter sur les fauteuils, leur était bien utile. Il va sans dire que, si Saint-Valery était là, comme il avait un pied de plus que moi, la charge d'allumeur lui revenait de droit.
Grâce à nous donc, le salon s'illuminait – c'était une solennité qui n'avait lieu que le dimanche ; les autres jours, on était reçu dans la chambre de madame Nodier – ; en s'illuminant, le salon éclairait des lambris peints en blanc avec les moulures du temps de Louis XV, un ameublement de la plus grande simplicité, composé de douze chaises ou fauteuils et d'un canapé recouverts en casimir rouge, et complété par des rideaux de même couleur, par un buste d'Hugo, par une statue d'Henri IV enfant, par un portrait de Nodier, et par un paysage de Regnier représentant une vue des Alpes.

À gauche en entrant, dans un enfoncement pareil à une immense alcôve, était le piano de Marie. Cet enfoncement avait assez de largeur pour que les amis de la maison pussent, comme dans la ruelle d'un lit du temps de Louis XIV, rester près de Marie et causer avec elle, tandis qu'elle jouait, du bout de ses doigts si agiles et si sûrs, des contredanses et des valses.
Mais ces contredanses et ces valses n'arrivaient qu'à un moment donné
.; deux heures étaient invariablement consacrées – de huit à dix heures – à la causerie ; de dix heures à une heure du matin, on dansait.
Cinq minutes après l'éclairage du salon par madame Nodier, Marie et moi, entraient Taylor et de Cailleux d'abord, qui étaient chez eux bien plus que Nodier n'était chez lui ; puis Nodier, appuyé au bras de Dauzats, de Francis Wey ou de Bixio ; car, quoique Nodier n'eût guère que trente-huit ou quarante ans à cette époque, Nodier, comme ces grandes plantes grimpantes qui couvrent toute une muraille de feuilles et de fleurs, avait déjà besoin de s'appuyer à quelqu'un.
Derrière Nodier entrait le reste des convives, avec la petite fille dansant et sautant.
Dix minutes après, commençaient d'arriver les habitués. [...]

Si Nodier, en sortant de table, allait s'étendre dans son fauteuil à côté de la cheminée, c'est qu'il voulait, sybarite égoïste, savourer à son aise, en suivant un rêve quelconque de son imagination, ce moment de béatitude qui suit le café ; si, au contraire, faisant un effort pour rester debout, il allait s'adosser au chambranle de la cheminée, les mollets au feu, le dos à la glace, c'est qu'il allait conter. Alors on souriait d'avance au récit prêt à sortir de cette bouche aux lignes fines, spirituelles et moqueuses ; alors, on se taisait ; alors, se déroulait une de ces charmantes histoires de sa jeunesse, qui semblent un roman de Longus ou une idylle de Théocrite. C'était à la fois Walter Scott et Perrault ; c'était le savant aux prises avec le poète. c'était la mémoire en lutte avec l'imagination. Non seulement Nodier était amusant à entendre, mais encore il était charmant à voir : son long corps efflanqué, ses longs bras maigres, ses longues mains pâles, son long visage, plein d'une mélancolique sérénité, tout cela s'harmoniait, se fondait avec sa parole un peu traînante, et avec cet accent franc-comtois dont j'ai déjà parlé ; et, soit que Nodier eût entamé le récit d'une histoire d'amour, d'une bataille dans les plaines de la Vendée, d'un drame sur la place de la Révolution, d'une conspiration de Cadoudal ou d'Oudet, il fallait écouter presque sans souffle, tant l'art admirable du conteur savait tirer le suc de chaque chose – ceux qui entraient faisaient silence, saluaient de la main, et allaient s'asseoir dans un fauteuil, ou s'adosser contre le lambris ; et le récit finissait toujours trop tôt ; il finissait on ne savait pourquoi, car on comprenait que Nodier eût pu puiser éternellement dans cette bourse de Fortunatus qu'on appelle l'imagination. On n'applaudissait pas, on n'applaudit pas le murmure d'une rivière, le chant d'un oiseau, le parfum d'une fleur ; mais, le murmure éteint, le chant évanoui, le parfum évaporé, on écoutait, on attendait, on désirait encore !
Mais Nodier se laissait doucement glisser du chambranle de la cheminée sur son grand fauteuil ; il souriait, il se tournait vers Lamartine ou vers Hugo :
- Assez de prose comme cela, disait-il ; des vers, des vers, allons !
Et, sans se faire prier, l'un ou l'autre poète, de sa place, les mains appuyées au dossier d'un fauteuil, ou les épaules assurées contre le lambris, laissait tomber de sa bouche le flot harmonieux et pressé de sa poésie ; et, alors, toutes les têtes se retournaient, prenant une direction nouvelle, tous les esprits suivaient le vol de cette pensée qui, portée sur ses ailes d'aigle, jouait alternativement dans la brume des nuages, parmi les éclairs de la tempête, ou au milieu des rayonnements du soleil.
Cette fois, on applaudissait ; puis, les applaudissements éteints, Marie allait se mettre à son piano, et une brillante fusée de notes s'élançait dans les airs. C'était le signal de la contredanse ; on rangeait chaises et fauteuils ; les joueurs se retranchaient dans les angles, et ceux qui, au lieu de danser, préféraient causer avec Marie, se glissaient dans l'alcôve.
Nodier était un des premiers à la table de jeu : longtemps il n'avait voulu jouer qu'à la bataille, et s'y prétendait d'une force supérieure ; enfin, il avait fait une concession au goût du siècle, et jouait à l'écarté.
Le bal commençait, et Nodier, qui avait d'ordinaire fort mauvais jeu, demandait des cartes.
À partir de ce moment, Nodier s'annihilait, disparaissait, était complètement oublié. Nodier, c'était l'hôte antique qui s'efface pour faire place à celui qu'il reçoit, lequel, alors, devient chez lui maître en son lieu et place.
D'ailleurs, après avoir disparu un peu, Nodier disparaissait tout à fait. Il se couchait de bonne heure, ou plutôt, on le couchait de bonne heure. C'était à madame Nodier qu'était réservé ce soin d'endormir le grand enfant ; elle sortait, en conséquence, la première du salon, et allait préparer la couverture. Alors, l'hiver, dans les grands froids, quand par hasard il n'y avait pas de feu à la cuisine, on voyait, au milieu des danseurs, une bassinoire passer, s'approcher de la cheminée du salon, ouvrir sa large gueule, y recevoir la cendre chaude, et entrer dans la chambre à coucher.
Nodier suivait la bassinoire, et tout était dit.
Voilà ce qu'était Nodier, voilà quelle était la vie de cet homme excellent.
Un jour, nous le trouvâmes humble, embarrassé, honteux.
L'auteur du
Roi de Bohême et ses Sept Châteaux venait d'être nommé académicien.
Il nous fit ses excuses bien humbles, à Hugo et à moi ; nous lui pardonnâmes.
Après avoir été refusé cinq fois, Hugo fut nommé à son tour.
Il ne me fit pas ses excuses, et il eut raison, car je ne lui eusse pas pardonné, à lui !

Notes

*De omni re scibili et quibusdam aliis « De toutes les choses qu'on peut savoir et aussi de quelques autres. »

Charles Nodier fut élu à l'Académie le 17 octobre 1833, Victor Hugo le 7 janvier 1841.

Alexandre Dumas était un jeune homme lorsque le rencontra Charles Nodier qui avait 22 ans de plus que lui.

 

Voir le texte intégral sur le site :

dumaspere.com, le site officiel de la Société des Amis d'Alexandre Dumas ...

La page :

http://dumaspere.com/pages/bibliotheque/chapitre.php?lid=m3&cid=121

 

Pour lire la liste des oeuvres de Charles Nodier : 

Charles Nodier - Wikisource

fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Charles_Nodier

Si vous n'avez encore rien lu de lui, vous pouvez commencer par son célèbre conte fantastique : Trilby ou le Lutin d'Argail 

Œuvres de Charles Nodier: Smarra. Trilby ... - Google Books page 193
 

J'ai déjà écrit, dans ce blog, que j'avais une tendresse particulière pour Alexandre Dumas. Vous pouvez y retrouver d'autres textes de Mes Mémoires qui sont particulièrement émouvants :

Alexandre Dumas - Mes Mémoires La mort de Géricault 

et

Alexandre Dumas – Mes Mémoires La naissance de Victor Hugo - Deux noms prédestinés : Victor et Hugo

 

FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES (titres des textes)

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 07:54

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« En Angleterre, tout est permis, sauf ce qui est interdit. En Allemagne, tout est interdit, sauf ce qui est permis. En France, tout est permis, même ce qui est interdit. En U.R.S.S., tout est interdit, même ce qui est permis. » Winston Churchill

Eh bien non Winston, tout n'est pas permis en France !

.........................................

 

In England, everything is permitted except what is forbidden. In Germany, everything is forbidden except what is permitted. In France, everything is allowed, even what is prohibited. In the USSR, everything is prohibited, even what is permitted. “ W.Ch.

 

Vous avez dit citations ?

>> To say what we feel... Dire ce que nous sentons... Autour des citations & des faux proverbes qui donnent à rire

>> De la recherche difficile de l'auteur d'une citation & Fausses citations

>> Les villes dans des expressions, des proverbes, des citations, des titres... QUIZ 88

 

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:59

Début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

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LES QUIZ

Réponse A

Avez-vous repéré la devise de Jacques Coeur ?

5 A cœur vaillant, rien d’impossible

B

16 avec des si on mettrait .......

17 beaucoup de bruit .......

18 bien faire, et .......

19 bien mal acquis .......

20 bon marché, .......

21 caresse de chien .......

22 c’est au pied du mur .......

23 c’est en forgeant .......

24 c’est l’occasion .......

25 ce n’est pas à un vieux singe .......

26 ce qui ne tue pas rend plus fort

27 cela ne sert à rien de devenir un jour l’homme le plus riche .......

28 un tiens vaut mieux .......

29 une hirondelle ne fait pas

30 chacun est l’artisan de .......

 

Proverbes ou citations ou expressions complétés (B)

16 avec des si on mettrait Paris en bouteille

17 beaucoup de bruit pour rien

18 bien faire, et laisser dire

19 bien mal acquis ne profite jamais

20 bon marché, c’est mauvais marché

21 caresse de chien donne des puces

22 c’est au pied du mur qu’on voit le maçon

23 c’est en forgeant qu’on devient forgeron

24 c’est l’occasion qui fait le larron

25 ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces

26 ce qui ne tue pas rend plus fort

27 cela ne sert à rien de devenir un jour l’homme le plus riche du cimetière

28 un tiens vaut mieux que deux tu l’auras

29 une hirondelle ne fait pas le printemps

30 chacun est l’artisan de sa fortune

 

Avez-vous repéré le titre d'une pièce de Shakespeare ?

>>> Réponse et suite du QUIZ 89 (C)

 

> Retour tout au début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

 

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Ce quiz n°89  comprend 12 parties

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:55

Début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

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LES QUIZ

Réponse B

Avez-vous repéré le titre d'une pièce de Shakespeare ?

17 Beaucoup de bruit pour rien Much Ado About Nothing

C

31 chacun voit midi .......

32 chassez le naturel, .......

33 chassez le naturel par la porte, .......

34 chat échaudé craint .......

35 chose promise, .......

36 comme on fait son lit, .......

37 connais-toi .......

38 de l’eau sur la mariée, .......

39 en avril, ......., en mai, .......

40 fais ce que je dis, .......

41 fais du bien à Bertrand, .......

42 faute avouée .......

43 vouloir, .......

44 faute de grives, .......

45 il faut battre le fer .......

 

Proverbes ou citations ou expressions complétés (C)

31 chacun voit midi à sa porte

32 chassez le naturel, il revient au galop

33 chassez le naturel par la porte, il revient par la fenêtre

34 chat échaudé craint l’eau froide

35 chose promise, chose due

36 comme on fait son lit, on se couche

37 connais-toi toi-même

38 de l’eau sur la mariée, de l’or dans le panier

39 en avril, ne te découvre pas d’un fil, en mai, fais ce qu’il te plaît

40 fais ce que je dis, pas ce que je fais

41 fais du bien à Bertrand, il te le rend en caguant

42 faute avouée à moitié pardonnée

OU

faute avouée est à demi pardonnée

43 vouloir, c’est pouvoir

44 faute de grives, on mange des merles

45 il faut battre le fer quand il est chaud

 

Avez-vous repéré la devise inscrite au frontispice

du Temple de Delphes ?

>>> Réponse et suite du QUIZ 89 (D)

> Retour tout au début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

 

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:50

Début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

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LES QUIZ

Réponse C

Aviez-vous repéré la devise inscrite au frontispice

du Temple de Delphes ?

37 Connais-toi toi-même

D

 

46 il faut manger pour vivre, et .......

47 il faut souffrir ou .......

48 il faut viser haut pour .......

49 il n’est pire aveugle que .......

50 il n’est pire sourd que .......

51 il n’est point de sot métier .......

52 il ne faut pas se moquer de la peine du voisin, .......

53 il n’y a pas de fonctionnaires travailleurs, il n’y a que .......

54 il n’y a pas de fumée .......

55 il n’y a pas de mauvais temps, juste .......

56 il n’y a que la vérité .......

57 il n’y a que le premier pas .......

58 il n’y a qu’un seul péché, .......

59 il n’y a rien de nouveau .......

60 il vaut mieux arriver en retard qu’arriver .......

 

Proverbes ou citations ou expressions complétés (D)

46 il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger

47 il faut souffrir ou faire souffrir

48 il faut viser haut pour ne pas tomber trop bas

49 il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir

50 il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre

51 il n’est point de sot métier, il n'y a que de sottes gens

52 il ne faut pas se moquer de la peine du voisin, car la vôtre arrive le lendemain matin

53 il n’y a pas de fonctionnaires travailleurs, il n’y a que des fonctionnaires insomniaques

54 il n’y a pas de fumée sans feu

55 il n’y a pas de mauvais temps, juste de mauvais équipements

56 il n’y a que la vérité qui blesse

OU

qui fâche

57 il n’y a que le premier pas qui coûte

58 il n’y a qu’un seul péché, c’est l’ignorance

59 il n’y a rien de nouveau sous le soleil

60 il vaut mieux arriver en retard qu’arriver en corbillard

 

Avez-vous repéré les paroles d'Harpagon ?

> Réponse et suite du QUIZ 89 (E)

> Retour tout au début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

 

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:45

Début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

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LES QUIZ

Réponse D

Avez-vous repéré les paroles d'Harpagon ?

46 Il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger

Dans l'Avare de Molière

E

61 il y a assez à faire de regarder ce qui cuit dans sa marmite sans aller .......

62 jamais deux .......

63 je ne sais qu’une chose .......

64 jeu de main, .......

65 l’amour est .......

66 l’amour et la fortune sont .......

67 l’appétit vient .......

68 l’argent est un bon serviteur .......

69 l’avare et le cochon ne sont bons .......

70 l’espoir fait .......

71 l’habit ne fait pas .......

72 la caque sent toujours .......

73 la chance sourit à ceux .......

74 la fortune sourit aux .......

75 la fourmi elle-même a .......

 

Proverbes ou citations ou expressions complétés (E)

61 il y a assez à faire de regarder ce qui cuit dans sa marmite sans aller regarder ce qui cuit dans celle du voisin

62 jamais deux sans trois

63 je ne sais qu’une chose c’est que je ne sais rien

64 jeu de main, jeu de vilain

65 l’amour est aveugle

66 l’amour et la fortune sont aveugles

67 l’appétit vient en mangeant

68 l’argent est un bon serviteur et un mauvais maître

69 l’avare et le cochon ne sont bons qu’après leur mort

70 l’espoir fait vivre

71 l’habit ne fait pas le moine

72 la caque sent toujours le hareng

73 la chance sourit à ceux qui ne l’attendent pas

74 la fortune sourit aux audacieux

75 la fourmi elle-même a sa colère

 

Avez-vous repéré la parole de Socrate ?

> Réponse et suite du QUIZ 89 (F)

> Retour tout au début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

 

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:40

Début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

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LES QUIZ

Réponse E

Avez-vous repéré la parole de Socrate ?

63 Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien

 

F

76 la nuit, tous les chats .......

77 la parole est d’argent et .......

78 la peur donne .......

79 la raison du plus fort est .......

80 la véritable amitié se voit .......

81 l’appétit vient .......

82 l’argent n’a pas .......

83 l’avenir appartient à ceux .......

84 le chat parti, .......

85 le chemin de l’enfer est pavé .......

86 le chien aboie, .......

87 le malheur des uns fait .......

88 le mieux est l’ennemi .......

89 le temps, c’est .......

90 les absents ont .......

 

Proverbes, citations ou expressions complétés (F)

76 la nuit, tous les chats sont gris

77 la parole est d’argent et le silence est d’or

78 la peur donne des ailes

79 la raison du plus fort est toujours la meilleure

80 la véritable amitié se voit dans le malheur

81 l’appétit vient en mangeant

82 l’argent n’a pas d’odeur

83 l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt

84 le chat parti, les souris dansent

85 le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions

86 le chien aboie, la caravane passe

87 le malheur des uns fait le bonheur des autres

88 le mieux est l’ennemi du bien

89 le temps, c’est de l’argent

90 les absents ont toujours tort

 

Avez-vous repéré le premier vers d'une fable de La Fontaine ?

> Réponse et suite du QUIZ 89 (G)

> Retour tout au début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

 

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:35

Début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

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LES QUIZ

Réponse F

Avez-vous repéré le premier vers d'une fable de La Fontaine ?

79 La raison du plus fort est toujours la meilleure

Le Loup et l'Agneau

G

91 les affaires sont .......

92 les arbres ne montent .......

93 les avares sont comme les porcs : ils ne rendent service .......

94 les bons comptes font .......

95 les bons maîtres font .......

96 les chiens aboient, .......

97 les chiens ne font pas .......

98 les cordonniers sont toujours .......

99 les murs ont

100 les petits ruisseaux font .......

101 les plaisanteries les plus courtes sont .......

102 les rats quittent .......

103 l’habit ne fait pas .......

104 l’exactitude est .......

105 l’occasion fait .......

 

Proverbes ou citations ou expressions complétés (G)

91 les affaires sont les affaires

92 les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel

93 les avares sont comme les porcs : ils ne rendent service qu’après leur mort

94 les bons comptes font les bons amis

95 les bons maîtres font les bons valets

96 les chiens aboient, la caravane passe

97 les chiens ne font pas des chats

98 les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés

99 les murs ont des oreilles

100 les petits ruisseaux font les grandes rivières

101 les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures

102 les rats quittent le navire

103 l’habit ne fait pas le moine

104 l’exactitude est la politesse des rois

105 l’occasion fait le larron

 

Avez-vous repéré un conseil pour actionnaires novices ?

> Réponse et suite du QUIZ 89 (H)

> Retour tout au début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

 

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:30

Début du QUIZ : Proverbes à compléter QUIZ 89 (A)

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LES QUIZ

Réponse G

Avez-vous repéré un conseil pour actionnaires novices ?

92 Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel

H

106 l’oisiveté est .......

107 loin des yeux, .......

108 lorsque Dieu veut nous punir, .......

109 lorsque qu’un vieux fait l’amour, .......

110 mariage pluvieux, .......

111 mieux vaut arriver en retard .......

112 mieux vaut être seul que .......

113 mieux vaut faire envie que .......

114 mieux vaut prévenir que .......

115 mieux vaut tard que .......

116 mieux vaut tondre l’agneau que .......

117 ne remets pas à demain .......

118 nécessité fait .......

119 nul n’est prophète .......

120 œil pour œil, .......

 

Proverbes ou citations ou expressions complétés (H)

106 l’oisiveté est la mère de tous les vices

107 loin des yeux, loin du cœur

108 lorsque Dieu veut nous punir, Il exauce nos prières

109 lorsque qu’un vieux fait l’amour, la mort court alentour

110 mariage pluvieux, mariage heureux

111 mieux vaut arriver en retard qu’en corbillard

112 mieux vaut être seul que mal accompagné

113 mieux vaut faire envie que pitié

114 mieux vaut prévenir que guérir

115 mieux vaut tard que jamais

116 mieux vaut tondre l’agneau que le pourceau

117 ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd’hui

ou

il ne faut pas remettre à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui

ou

il ne faut pas remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour même

118 nécessité fait loi

119 nul n’est prophète en son pays

120 œil pour œil, dent pour dent

 

Avez-vous repéré la loi du talion ?

> Réponse et suite du QUIZ 89 (I)

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