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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 07:39

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Sitôt que l'inquiétant grommellement eut fait vibrer les frondaisons, messire Ours parut à ma vue. Sa haute stature m'impressionna un bref instant, vu qu'elle ne m'était pas encore très familière1. Cependant rien ne laissait présager dans son attitude qu'il y avait une quelconque menace à craindre ; ne m'avait-il pas laissé entendre, lors de notre rencontre il y a peu, qu'il n'avait nulle intention de me croquer et que — j'en aurais mis ma main au feu° — mes propos l'ayant grandement flatté, ma présence lui était aimable.

 

Non, il n'avait rien d'un Diable libidineux, goinfre et coléreux comme on se plaisait à le décrire au Moyen Âge ; il n'avait rien non plus, dans les siècles qui suivirent, de la bête de cirque que l'on faisait danser et tourner dans les foires, l'anneau dans le museau, les dents et les griffes limées — meurtri, humilié, mortifié, jusqu'à perdre l'estime de lui-même.

Messire Ours, debout, aussi haut qu'un géant, me regardait, pacifique, de ses petits yeux où j'entrapercevais même un sourire — non, non, ne ris pas, lecteur incrédule, toi qui ne verras jamais ni un tigre, ni un lion te regarder avec aménité !

J'attendais qu'il engageât la conversation. Il eût été malvenu que la subalterne que j'étais eût pris la parole la première. Je connaissais les usages en matière de protocole et mon sens de la hiérarchie y était pour quelque chose.

Ainsi donc attendis-je en l'observant.

Et je pensais à Prétatou qui n'avait pas demandé son reste° et avait disparu pour se terrer dans les fougères bien loin de nous. Il s'était fait fort de ne point émettre le moindre son pour ne pas se faire repérer, trop effrayé qu'il était par l'impressionnant plantigrade.

« Voilà une rencontre qui me ravit, belle Oli ! entama le superbe animal. Me croiras-tu si je te dis que c'est par un pur hasard que je suis devant toi ? Non bien sûr. Je marche dans ton sillage depuis un grand moment pour avoir l'heur de jouir de ta présence. J'ai suivi les suaves effluves du parfum naturel que tu as laissés derrière toi, dès lors que mes narines les ont perçus et s'en sont enivrées. Petite Oli, je te sais gré de ne pas fuir ma présence. »

Ces paroles douces, doucereuses peut-être, me laissèrent interloquée. Je crus cette grosse bête près de faire une déclaration d'amour.

Ses petites oreilles tremblaient et papillotaient sous les rais de lumière qui filtraient à travers les feuilles. Était-ce un effet de l'émotion qu'il ressentait ?

Je m'apprêtai à briser là un entretien dont la tournure ne me seyait guère. Une chaude amitié eût suffi.

« J'aurais, Sire, une requête à vous faire si tant est que votre Majesté ne s'offusque pas de la liberté que je prends de lui demander quelque renseignement sur l'un de vos sujets. »

Parle sans crainte, mon enfant, puissé-je t'être utile à quelque chose !

Ne sauriez-vous pas où demeure mon amie Sissi que je cherche. Il semblerait qu'elle ait quitté les lieux qu'elle habitait l'an dernier avec ses petits et je n'ai d'elle ni vent ni nouvelle°.

Tu sais, petite humaine, que le sanglier et sa femelle sont doués d'une ubiquité peu commune et ne se lassent pas d'établir leur bauge ici ou là selon les circonstances ; il n'est pas si facile de savoir où ils migrent. »

Ces paroles, m'annonçant qu'il serait peut-être impossible de retrouver ma laie amie étaient sur le point de me plonger dans le désespoir quand mon interlocuteur reprit :

« Mais j'ai ouï dire qu'elle n'était pas loin d'ici. Quant à ses petits que tu crois être encore des marcassins, il y a beau temps qu'ils ont perdu leurs rayures et ils sont devenus de beaux mâles maintenant.

Se pourrait-il donc que je ne reconnaisse plus ni Si, ni Sou ni Souci2, si je les rencontrais ?

Toi non, mais eux te reconnaîtraient. Je te suggère de prendre cette direction-là, ajouta l'ours en pointant sa patte griffue vers le nord, tu auras toutes tes chances de les croiser en chemin. »

Ce que je fis.

« Se hace camino al andar. Al andar se hace camino3... » lança mon nouvel ami pour me donner du courage.

Et il s'en fut.

Dès qu'il eut tourné les talons, je vis mon Prétatou, l'air piteux et repentant, sortir du fourré où nul n'eût soupçonné sa présence.

Je pris pitié de lui et ne le semonçai point. À quoi cela eût-il servi, je vous le demande, d'autant que messire Ours n'eût pu faire de lui qu'une bouchée, et petite de surcroît.

Il me traversa l'esprit comme un éclair l'idée que mon chien depuis peu s'oursifiait.

 

Je me remis en route, songeuse, en prenant la direction indiquée.

« Reverrai-je jamais ma chère Sissi ? soupirai-je. Si j'en juge par les circonstances, le succès semble encore bien incertain. »

...................................................................

1-Sa haute stature ne m'était pas encore très familière

Lire : > 150 Délires ursins la première rencontre d'Oli avec messire Ours, rencontre édifiante s'il en est !

 

2- Oli fait la connaissance de Sou, de Ci et de Souci :

> 9 Délires amicalement compatibles - Faire contre mauvaise fortune bon coeur° - Le mot-valise

 

3-« Se hace camino al andar. Al andar se hace camino... »

Le chemin se fait en marchant. En marchant se fait le chemin.

Antonio Machado (Antonio Cipriano José María Machado Ruiz) 1875-1939

 

 NOTES

Titre : Délires sur une rencontre imprévue si ce n'est qu'elle était inespérable.

Inespérable, adjectif peu usité – qu'on ne peut (pouvait) espérer

 

Sitôt que l'inquiétant grommellement eut fait vibrer les frondaisons

sitôt que, locution conjonctive de temps suivi ici du passé antérieur

> Sitôt que

 

vu qu'elle ne m'était pas encore très familière

vu que, locution conjonctive de cause, vu invariable.

> Vu que

 

lors de notre rencontre il y a peu

il y a peu de temps

 

j'en aurais mis ma main au feu°

j'aurais donné ma main à couper, j'en aurais donné ma main, j'en étais absolument sûre

 

mes propos l'ayant grandement flatté

on a affaire ici à une proposition participiale avec le passé composé du participe présent du verbe flatter : ayant flatté.

Il a un sujet propre : mes propos.

Le participe présent serait flattant.

> Ne pas confondre participes présents, gérondifs et adjectifs verbaux, en fatiguant fatigant – en convainquant convaincant – en émergeant émergent – en résidant résident...

► grandement, extrêmement.

 

J'attendais qu'il engageât la conversation.

engageât : subjonctif imparfait

concordance des temps, le verbe de la principale est au passé.

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

Il eût été malvenu que la subalterne que j'étais, eût pris la parole la première.

Il eût été, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé (dit conditionnel passé 2e forme)

il aurait été malvenu, conditionnel passé 1re forme.

 

Ainsi donc attendis-je en l'observant

Inversion du sujet (sujet postposé) après ainsi.

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

Prétatou qui n'avait pas demandé son reste°

ne pas demander son reste, partir précipitamment sans rien dire, de peur d'être victime de violence.

 

Il s'était fait fort de ne point émettre le moindre son

il s'était engagé à ne faire aucun bruit.

Elle s'était fait fort... Le participe passé est invariable dans la locution se faire fort.

 

pour avoir l'heur de jouir de ta présence

l'heur, ce qui arrive d'heureux, ce qui fait plaisir, une chance heureuse.

> Ne pas confondre les homophones : leur, leurs, l'heure, leurre et l'heur

 

J'ai suivi les suaves effluves du parfum naturel que tu as laissés derrière toi, dès lors que mes narines les ont perçus et s'en sont enivrées

un effluve substantif masculin

Laissés, participe passé conjugué avec avoir, s'accorde avec le complément d'objet direct QUE placé avant lui (que mis pour l'antécédent effluves)

dès lors que, locution conjonctive généralement de cause, ici de temps (emploi plus rare)

> Dès lors que

perçus, participe passé conjugué avec avoir, s'accorde avec le complément d'objet direct LES placé avant lui

mes narines s'en sont enivrées, elles se sont enivrées des effluves

s'enivrer, verbe pronominal réfléchi

Dans la phrase, SE, le pronom réfléchi représente elles, il est complément d'objet direct de enivrer.

Enivrées, participe passé qui s'accorde avec le complément d'objet direct SE placé avant lui.

Remarque de Littré : Enivrer (an-ni-vré, an prononcé comme dans antérieur ; quelques-uns disent é-ni-vré ; mais cette prononciation est contre l'usage et fautive)

> Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ? + QUIZ 32 - Accord du participe passé des verbes pronominaux

 

Ces paroles douces, doucereuses peut-être me laissèrent interloquée

doux, doucereux, douceâtre

doucereux, d'une douceur fade (goût) – d'une douceur hypocrite.

Douceâtre, d'une douceur fade.

interloquée, adjectif attribut de me, c'est-à dire Oli.

 

Je crus cette grosse bête près de me faire une déclaration d'amour.

près de, sur le point de.

 

Ses petites oreilles tremblaient et papillotaient sous les rais de lumière

papilloter, ici scintiller, trembloter dans la lumière.

 

je te sais gré de ne pas fuir ma présence.

Je te sais gré, je te saurai gré... Savoir gré

 

Je m'apprêtai à briser là un entretien dont la tournure ne me seyait guère.

Seyait, verbe seoir, convenir, bien aller. Ce costume lui sied.

> Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !

 

Une chaude amitié eût suffi.

Aurait suffi, conditionnel passé.

 

si tant est que votre Majesté ne s'offusque pas de la liberté que je prends

si tant est que, locution conjonctive de condition avec une nuance d'incertitude – suivie du subjonctif ou de l'indicatif

> Si tant est que

 

puissé-je t'être utile à quelque chose !

Puissé-je, puissè-je – phrase optative, elle exprime un souhait.

> Ne pas confondre : je peux, je puis, je pus, je puisse, je pusse - puis-je, puissé-je ou puissè-je..

 

Il semblerait qu'elle ait quitté les lieux

On emploie le subjonctif après il semble que.

Ai quitté, subjonctif passé.

> Valeurs et emplois du subjonctif

 

et je n'ai d'elle ni vent ni nouvelle°

N'avoir ni vent ni nouvelle(s), n'avoir ni vent ni voie (de quelqu'un ou de quelque chose). N'avoir pas entendu parler de...

 

le sanglier et sa femelle sont doués d'une ubiquité peu commune et ne se lassent pas d'établir leur bauge ici ou là

a-ubiquité, don de pouvoir être à plusieurs endroit à la fois.

b-Ici, ubiquité signifie que le sanglier peut vivre en des lieux très différents.

 

retrouver ma laie amie

amie, substantif employé ici avec une valeur d'adjectif

 

Mais j'ai ouï dire qu'elle n'était pas loin d'ici.

J'ai entendu dire

Verbe ouïr, défectif

On retrouve ce verbe à l'impératif : Oyez !

> Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !*

 

Se pourrait-il donc que je ne reconnaisse plus Si, Sou ni Souci, si je les rencontrais ?

Si, Sou ni Souci étaient des marcassins, progéniture de Sissi, l'amie d'Oli.

Le petit du sanglier est le marcassin. Son pelage a des rayures claires et sombres, qui lui permettent de se camoufler dans les bois. La laie a généralement un ou quatre petits jusqu'à douze parfois.

À six mois, le marcassin perd ses rayures, il prend le nom de bête rousse. Adulte à un an, on l'appelle bête de compagnie : il reste avec les autres sangliers. On peut trouver dans une compagnie des tiers-an, des mâles de trois ans, et des quartaniers de quatre ans.

 

Et il s'en fut.

Il s'en alla

 

je vis mon Prétatou sortir du fourré où nul n'eût soupçonné sa présence.

n'aurait soupçonné – conditionnel passé

 

Je pris pitié de lui et ne le semonçai point.

Semoncer, verbe rare, réprimander.

Semonce, réprimande, remontrance, reproche.

 

À quoi cela eût-il servi, je vous le demande, d'autant que messire Ours n'eût pu faire de lui qu'une bouchée, et petite de surcroît.

À quoi cela aurait-il servi, je vous le demande, d'autant que messire Ours n'aurait pu faire de lui qu'une bouchée, et petite en plus.

> d'autant que

et petite en plus, ellipse : et une petite bouchée en plus.

 

mon chien depuis peu s'oursifiait.

S'oursifier, verbe pronominal, (emploi littéraire), prendre un caractère d'ours, s'assombrir, devenir difficile à vivre.

 

Reverrai-je jamais ma chère Sissi ?

Emploi de jamais sans la négation

> Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques...

 

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 13:45

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  Vaugelas* a été l'un de nos premiers grands grammairiens, et il me faut ici lui rendre hommage pour le travail qu'il a accompli par amour de la langue française ; travail accompli non sans mal, il faut le dire, car la route a été jalonnée d'injustes détracteurs.

On peut trouver sur Wikisource (entre autres sites) ses Remarques sur la langue française, utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire

*Claude Favre, baron de Pérouges, seigneur de Vaugelas, 1585-1550

 

Dans le chapitre V de ses Remarques, je m'arrête un instant sur cette réflexion : Que l'Usage fait beaucoup de choses par raison, beaucoup sans raison, et beaucoup contre raison.

 

[Extrait]

 En un mot, l'Usage fait beaucoup de choses par raison, beaucoup sans raison, et beaucoup contre raison. Par raison, comme la plupart des constructions grammaticales, par exemple, de joindre l'adjectif au substantif en même genre et en même nombre, de joindre le pluriel des verbes au pluriel des noms, et plusieurs autres semblables. Sans raison, comme la variation ou la ressemblance des temps et des personnes aux conjugaisons des verbes, car quelle raison y a-t-il que j'aimais veuille plutôt dire ce qu'il signifie que j'aimerais, ou que j'aimerais veuille plutôt dire ce qu'il signifie que j'aimais, ni que je fais et tu fais se ressemblent plutôt que la seconde et la troisième personne tu fais et il fait ? Non pas que je veuille dire que cette variation se soit faite sans raison, puisqu'elle marque la diversité des temps et des personnes qui est nécessaire à la clarté de l'expression, mais parce qu'elle se varie plutôt d'une façon que d'autre par la seule fantaisie des premiers hommes qui ont fondé la langue. Toutes les conjugaisons anomales1 sont sans raison aussi. Car par exemple, cette conjugaison Je vais, tu vas, il va, nous allons, vous allez, ils vont est sans raison. Et contre raison, par exemple, quand on dit péril éminent pour imminent, recouvert pour recouvré, quand on fait régir le verbe non pas par le nominatif2, mais par le génitif, et qu'on dit une infinité de gens croient, et plusieurs autres semblables qui se voient dans ces Remarques. Car il ne faut pas dire que ce soit le mot collectif infinité qui fasse cela, parce qu'étant mis avec un génitif2 singulier, ce serait une faute de lui faire régir le pluriel, et de dire "une infinité de monde croient". Ces Remarques fourniront grand nombre d'exemples de tous les trois, de ce que l'Usage fait avec raison, sans raison, et contre raison, à quoi je renvoie le Lecteur.

 

Notes de Mamiehiou :

1-anomal : Terme de grammaire. Irrégulier. Aller est un verbe anomal. CF. Littré

2-Le nominatif est un cas grammatical, il indique la fonction sujet.

Le génitif est un autre cas grammatical, on dirait aussi le complément de nom ; dans le syntagme une infinité de gens, gens est complément du nom infinité.

2-J'ai mis quelques mots en caractères gras pour une meilleure lecture.

 

On a souvent déploré que ceux qui ont établi les règles de la grammaire et de l'orthographe ne les aient pas simplifiées alors que la langue s'élaborait chaotiquement, les Français écrivant les mots de diverses façons. Il n'est que de feuilleter le Dictionnaire Godefroy pour s'en faire une idée.

Pour pallier ces difficultés, on a voulu maintes fois modifier les règles de l'orthographe du français et la dernière tentative a été celle faite à l'initiative de Monsieur Rocard en 1990.

 

Mais on constate que les Français sont tellement attachés à leur langue qu'ils ne tiennent pas compte de ses modifications, ou si peu.

 

Si vous vous promenez dans mon blog, vous y rencontrez de nombreux articles qui tâchent de vous éclairer sur les règles qui régissent notre belle langue tout en précisions et tout en nuances.

 

Pour en savoir +

> PDF Rectifications de l'orthographe - Académie française

 

et dans ce blog :

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

> Mais pourquoi la langue française est-elle si compliquée ? - L'origine du français

> Les réformes de la langue française

> Du plaisir de la lecture des dictionnaires

> Une petite histoire de la langue française racontée par mamiehiou - Chapitre 12 - XVIIe siècle 1 - À L'AUBE DE LA LANGUE CLASSIQUE - Les grammairiens façonnent notre langue - Malherbe - Vaugelas - L'Académie Française

 

On pourra lire aussi :

> Questions fréquentes sur les rectifications de l'orthographe

 

Voici un exemple de règle difficile, parmi tant d'autres, dans l'article que j'ai écrit hier :

Sauriez-vous, sans fautes, écrire l'adjectif au féminin ou au masculin selon le cas ?

Les bons (ou bonnes) gens sont-ils (ou elles) toujours de bon conseil ?

Il ne voulait rien savoir des petits (ou petites) gens malheureux (ou malheureuses)

Quels (ou quelles) pauvres gens !

Quels (ou quelles) méchants (ou méchantes) gens !

Certains (ou certaines) gens de justice font montre de trop de clémence.

Quels (ou quelles) gens d'affaires connaissez-vous donc pour parler ainsi ?

Il s'intéressait à la vie de différents (ou différentes) gens de mer.

C'est à en perdre son latin !

Vérifiez, si cela vous amuse, l'orthographe correcte de ces phrases dans le paragraphe 2 de l'article :

> la gent, les gens, gentil, gentillesse, Gente Dame, un gentilhomme,, un gentleman, l'entregent, un Gentil, la gentilité

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 13:53

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Exercice préliminaire :

 Sauriez-vous, sans fautes, écrire l'adjectif au féminin ou au masculin

selon le cas ?

Les bons (ou bonnes) gens sont-ils (ou elles) toujours de bon conseil ?

Il ne voulait rien savoir des petits (ou petites) gens malheureux (ou malheureuses)

Quels (ou quelles) pauvres gens !

Quels (ou quelles) méchants (ou méchantes) gens !

Certains (ou certaines) gens de justice font montre de trop de clémence.

Quels (ou quelles) gens d'affaires connaissez-vous donc pour parler ainsi ?

Il s'intéressait à la vie de différents (ou différentes) gens de mer.

  Retrouvez ces phrases au §2

 

Les textes extraits des dictionnaires sont écrits en rouge dans l'article.

> Voir Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

> Dictionnaire Littré en ligne

> Dictionnaire Godefroy

 

 

1-LA GENT substantif féminin (pluriel LES GENS)

Attention ! Employer GENTE pour GENT est une faute (une cacographie)

Gente Dame, savez-vous que votre mari fréquente assidûment la gent féminine ?

Cf. Littré :

 Au singulier Nation, race,

ô combien lors aura de veuves

La gent qui porte le turban ! [Malherbe, III, 1]

Cet emploi, dans le style noble, tombe en désuétude ; cela est fâcheux.

Au sing. Le style familier use aujourd'hui de ce mot pour signifier race, espèce.

Il dit qu'Aenéas et sa gent

Ne valait pas beaucoup d'argent. [Scarron, Virgile travesti]

Fig. La gent moutonnière, ceux qui suivent l'impulsion donnée par les autres.

 

Dans le Littré, voici quelques passages des fables de Jean La Fontaine avec GENT :

De la gent marcassine et de la gent aiglonne Fable III, 6

La gent marécageuse,

Gent fort sotte et fort peureuse,

S'alla cacher sous les eaux -Fable III, 4

Vive la gent qui fend les airs ! - Fable II, 5

La gent reptile et toute son espèce - Petit chien.

La gent qui porte crête au spectacle accourut - Fable VIII, 24

La gent trotte-menu s'en vient chercher sa perte - Fable III, 18

La gent maudite aussitôt poursuivit

Tous les pigeons, en fit ample carnage - Fable VII, 8

Voir d'autres citations : Voir les citations avec "gent"

Dans le Dictionnaire Godefroy (ancien et moyen français ) on peut lire à l'entrée GENT, page 261 [extrait] :

GENT, gant, jant, substantif féminin

race, extraction – peuple, nation, troupe – personne, homme -

GENT, jent, gient, adjectif, gentil, joli, beau, en parlant de personnes – et en parlant de choses, gente chevalerie

GENT, jenz, adverbe, aimablement

ET

GENTAILLE substantif féminin, péjoratif de gent.

Avez-vous peur de tel* gentaille ? Greban

[Propos d'Ascanus dans Mistère* de la Passion d'Arnoul Greban - XVe siècle – à retrouver page 378 sur Gallica]

 * orthographe du texte original

 

2-LES GENS

a-Comment s'accorde l'adjectif avec le mot GENS ?

Si l'adjectif est placé après GENS, il se met au masculin.

Les gens intelligents, les gens sérieux...

Écoutez-les. Quelle jactance ! Non, ce ne sont pas des gens sérieux.

b-Si l'adjectif est placé avant GENS, il se met au féminin.

Les vieilles gens, les petites gens, les bonnes gens...

Elle ne parlait des petites gens qu'avec mépris et n'employait pour les désigner que la formule : bas peuple.

On entend aujourd'hui "France d'en bas" et "France d'en haut". Cf. Balzac et Raffarin >

«France d'en bas»: la récup' de Raffarin - Libération

c-Bien que l'adjectif placé avant soit au féminin, le syntagme (groupe de mots) reste au masculin

Il ne voulait rien savoir des petites gens malheureux.

Les bonnes gens sont-ils  toujours de bon conseil ?

d-Si Gens est précédé de deux adjectifs, le 2e se terminant par un -e muet, les adjectifs sont au masculin.

Quels pauvres gens ! (ici : quel, adjectif exclamatif)

Mais : Quelles méchantes gens ! (adjectif méchant sans -e)

e-On rencontre le masculin dans les mots se rapportant à GENS suivi de DE + un NOM désignant une qualité ou une profession (d'après Grevisse)

Certains gens de justice font montre de trop de clémence.

Quels gens d'affaires connaissez-vous donc pour parler ainsi ?

Il s'intéressait à la vie de différents gens de mer.

 

3-GENTIL - GENTILLE - GENTILLESSE

sens proche : aimable, prévenant, serviable, obligeant, doux, charmant, adorable, exquis, gracieux, mignon, gentillet, agréable,etc.

Gentillesse, caractère de celui ou de celle qui est gentil.

 

4-GENTE DAME

GENT, GENTE, adjectif

Cf. Littré

Terme du style archaïque ou du style badin. Gentil, joli. Une gente demoiselle. Une gente fillette.

Ces femmes.... Qui gentes en habits et sades en façons.

[Régnier, Satires]

Aujourd'hui le terme n'est guère usité que dans le syntagme Gente Dame

 

5-GENTILHOMME, pluriel gentilshommes (prononcer gentizom)

Cf. l'Académie 8e édition

Celui qui est de race, de naissance noble. Simple gentilhomme. Foi de gentilhomme. Se conduire en gentilhomme. Gentilhomme d'ancienne extraction, de vieille souche. Un gentilhomme de marque. Il se dit, au figuré, de Celui qui, sans être noble de race, a des sentiments, des manières nobles. C'est vraiment un gentilhomme. Il est tout à fait gentilhomme. Se comporter en gentilhomme.

 

6-GENTLEMAN, pluriel gentlemen ou gentlemans**

**gentlemans : orthographe réformée > Lexique

Mot français venant de l'anglais gentleman, gentle venant de l'ancien français (gentil)

Le mot est admis par l'Académie en 1932.

À rapprocher de gentilhomme.

Homme distingué, homme du monde.

Vrai, monsieur, vous vous conduisez en parfait gentleman !

Voir aussi ATTESTATIONS dans la BHVF : GENTLEMAN >

BHVF : Base Historique du Vocabulaire Français - Site du ... - Atilf

 

7-L'ENTREGENT

Cf. Le Dictionnaire de l'Académie 8e édition

L'entregent – avoir de l'entregent

Manière adroite de se pousser dans le monde, dans la société, de s'insinuer auprès des personnes utiles, de s'en servir pour ses intérêts. Cet homme ne fera pas fortune, il n'a point d'entregent, il manque d'entregent.

 

8-UN GENTIL - LES GENTILS

Cf. Littré

Il se dit des anciens polythéistes, par opposition aux Juifs et aux Chrétiens. C'était un gentil. Nous avons été baptisés dans le même esprit, pour n'être tous ensemble qu'un même corps, soit juifs ou gentils, soit esclaves ou libres. [Sacy, Bible, St Paul, 1re épît. aux Corinth. XII, 13]

L'Apôtre des gentils, saint Paul. On dit de même : le docteur des gentils.

La figure de ce monde passe, poursuivait le docteur des gentils. [Bourdaloue, 2e dim. après l'Épiphanie, Dominic. t. I, p. 106]

Adjectif ex. Né d'un père gentil et d'une mère chrétienne.

REMARQUE

L'Académie ne donne gentil que comme masculin, soit substantif, soit adjectif. Mais rien n'empêche de dire, substantivement, une gentile, et, adjectivement, une mère gentile.

SYNONYME

GENTILS, PAÏENS. Païens est plus compréhensif que gentils. Païens se dit non-seulement des païens de Rome, de la Grèce, de l'Égypte et en un mot des anciens païens, il se dit aussi des peuples qui encore aujourd'hui appartiennent au polythéisme ; au lieu que gentils ne se dit que des païens contemporains des apôtres et des premiers siècles du christianisme.

 

Cf. Le Trésor (étymologie)

Pour en savoir + GENTIL1, subst. masc.

 

9-LA GENTILITÉ

Cf. Le Dictionnaire de l'Académie 8e édition

Les nations païennes. Toute la gentilité. Il signifie aussi la Profession d'idolâtrie.

Il reste encore des marques de gentilité dans ce pays-là.

 

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 07:42

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Dans le cas où vous voudriez vous faire une idée de ce qu'est la sérendipité si tant est que vous ne connaissiez pas encore ce mot il n'est que* d'aller vous promener sur Wikipédia (Ni le Trésor ni l'Académie ne reconnaissent le mot).

Parmi les renseignements qu'on y trouve, lesquels sont fort intéressants : les diverses acceptions du mot, son origine (persane), son histoire, et j'en passe, je retiendrai ici :

[...] la sérendipité est, depuis les années 2000, l'art de « trouver autre chose que ce que l'on cherchait »

 

Ceux qui ont le loisir de s'adonner pleinement à cet art ont de la chance : il est à supposer qu'ils jouissent de beaucoup de temps pour musarder au hasard sur la toile, sans rechercher quelque chose de précis, et ils tombent sur un mot, une idée, un concept, un événement — que sais-je encore — qui retient leur attention.

Je dis sur la toile, mais je pourrais dire dans un journal, un magazine, dans une bibliothèque... la liste n'est pas close.

Mais la toile a ceci d'excitant qu'un mot en appelle un autre, une idée, une autre, et qu'il suffit de quelques clics pour parcourir en quelques instants des centaines de kilomètres — que dis-je, des centaines — des milliers d'années-lumière ; et c'est comme si l'on était propulsé dans une machine à remonter le temps ; on voyage dans les siècles, les millénaires, jusque dans les ères les plus lointaines, avant le Big Bang même. En un clic, vous dis-je. Quelle merveille !

 

Et c'est ainsi qu'on rencontre ce qu'on ne soupçonnait pas, et qui se met à vous passionner au plus haut point. Ne viens-je pas de découvrir le mot sérendipité que je ne connaissais pas. Cela en parcourant les actualités d'aujourd'hui et en sautant d'un article à un autre.

Que de dictionnaires ai-je parcourus à la recherche du mot qu'il me fallait trouver pour l'écrire dans un contexte précis ! Et me voilà qui fais des trouvailles, emportée que je suis dans des voyages improbables au pays des mots, des tournures, des expressions, des synonymes, des antonymes, des proverbes, des citations d'auteurs...

 

Avez-vous jamais feuilleté des dictionnaires à la recherche de mots que vous ne connaissiez pas, ou, sur la toile, parcouru sans but précis les pages de vieux dictionnaires sur google livres ou gallica ?

On peut le faire sur le Dictionnaire Littré qui déroule ses listes de mots, pour bon nombre d'entre eux plus obscurs les uns que les autres.

Je consigne ce que je veux conserver dans un fichier de mon ordinateur, et à la première occasion, je réemploie, dans un texte, les trésors dénichés. Les mots titillent mes neurones, y font naître des idées que je n'aurais jamais eues si le hasard n'était pas passé par là.

La sérendipité, quoi !

♥ 

Lire les Voyages et aventures des trois princes de Serendip > Wikisource 

Texte de Cristoforo Armeno

Note : Serendip, ancien nom de Ceylan, Sri Lanka.

Sérendipité – Wikipédia

Sérendipité – Wiktionnaire

http://www.rue89.com/2009/11/17/desamicaliser-sur-facebook-mot-de-lannee-jai-mieux-126321 …

Dans ce blog :

Ouvrages de référence qui me sont très utiles

Du plaisir de la lecture des dictionnaires

 

 LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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*il n'est que (d'aller vous promener sur Wikipédia.)

Note du Littré sur : Il n'est que (à l'entrée ÊTRE)

Il n'est que telle chose, c'est-à-dire il n'est rien de tel que, cela seul convient.

Pour perdre des amants celles qui s'en affligent

Donnent trop d'avantage à ceux qui les négligent ;

Il n'est lors que la joie, elle nous venge mieux.

[Corneille, Mélite]

Il n'est que de.... c'est-à-dire le mieux est de....

Il n'est que de prendre les choses comme elles viennent. Il n'est que d'être fin et de soir et de nuit. [Régnier, Épîtres]

Il n'est que de.... signifie aussi : en fait de choses dont il s'agit, la meilleure vient de. Il n'est pommes que de Normandie. Il n'est pruneaux que de Tours.

Il n'est pas que.... avec ne, et le verbe suivant au subjonctif, il n'est pas supposable que....

Il n'est pas que vous ne sachiez quelques nouvelles de cette affaire.

[Molière, L'avare]

 

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 06:15

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Si vous recherchez une expression sur Google, les sites qui apparaissent le plus fréquemment sont le Wiktionnaire et Wikipédia. L'expression y est souvent expliquée d'une manière succincte.

Pour affiner votre recherche, vous pouvez visiter :

1-Le Trésor, 2-l'Académie, 3-La BHVF pour les Attestations,

4-Le Littré, 5-le Dictionnaire de l'argot (Bob),

6-Le Dictionnaire de William Duckett,

etc.

 

Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales .

Sur ce site vous trouvez :

1-TFLi (Le Trésor de la Langue Française)

2-Les dictionnaires de l'Académie (plusieurs éditions : la 9e édition, en train de s'écrire ne donne les mots que jusqu'au Q)

3-Les attestations : le mot est donné dans des exemples qui illustrent ses emplois. Dans BHVF : Base Historique du Vocabulaire Français - Atilf

 

Astuce : Pour faire une recherche sur n'importe quelle page :

Ctrl+f et SUIVANT si nécessaire

 

EXEMPLE

RECHERCHE DES EXPRESSIONS CONTENANT LOUP

 

1- Dans le Trésor

> LOUP, LOUVE, subst

[extrait]

On trouve les expressions expliquées :

Froid de loup

Soleil des loups

Entre chien et loup

Il fait noir comme dans la gueule du loup.

Savoir la patenôtre du loup, la prière aux loups

Enfant loup

Appétit* de loup

À la queue du loup. Synon. de (aller) à la queue leu leu.

Dévorer, manger comme un loup

S'enrhumer, être enrhumé comme un loup.

Être connu comme le loup blanc*.

Il est comme les loups, il n'a jamais vu son père 

Hurler* avec les loups.

Le loup mourra dans sa peau.

Les loups ne se mangent pas entre eux

Qui se fait brebis*, le loup le mange; brebis* comptées, le loup les mange.

Avoir vu le loup.

Crier au loup

Enfermer le loup dans la bergerie*.

Se fourrer, se jeter dans la gueule* du loup.

Prendre, tenir le loup par les oreilles.

Quand on parle du loup, on en voit la queue

La lune est à l'abri des loups.

Vivre comme un loup, vivre en loup

La faim chasse/fait sortir le loup du bois

Mon pauvre Loup.

Saut-de-loup* Tête-de-loup* Ventre de loup.

Suivent des mots de la famille de LOUP :

Lupeux - Lupiforme

La Prononciation et l'orthographe

L'étymologie et l'histoire (vieux proverbes...)

 

2 Dans le Dictionnaire de l'Académie (9e édition jusqu'à la lettre Q)

> LOUP

(Dictionnaire de l'Académie (8e édition pour tous les mots)


 

3 Dans ATTESTATIONS

> LOUP

On trouve les expressions expliquées par des exemples

dent-de-loup, l'entre-chien-et-loup, loup-garou (ou loup garou), gueule-de-loup, herbe à loup, herbe aux loups, homme-loup, mon gros Loup, j'ai vu le loup, j'ai vu courir le loup, enfermer le loup dans la bergerie, faire le loup, un vieux loup de mer, un loup de mer ou loup marin, midi de loup, oeil-de-loup, yeux-de-loup, le voile-loup...

 

4 dans Le Littré

Dictionnaire Littré - Dictionnaire de la langue française

Littré donne les expressions enrichies de multiples citations.

Littré [extrait] :

Familièrement. Il fait un froid de loup, le temps est très rigoureux.

Être enrhumé comme un loup, être fort enrhumé.

Manger comme un loup, manger beaucoup.

Marcher à pas de loup, marcher sans bruit et à dessein de surprendre.

Loup gris, loup blanc, vieux loup renommé pour ses déprédations.

Il est connu comme le loup gris, comme le loup blanc, il est très connu.

Il est décrié comme le loup blanc, se dit d'un homme très décrié.

Fig. Être au vieux loup, s'est dit anciennement en parlant d'un terme vieilli.

Courir un homme comme un loup gris, le poursuivre vivement.

Il est comme les loups, il n'a jamais vu son père, se dit d'un bâtard, parce que, dit-on, les loups par jalousie déchirent celui qui a couvert la louve.

Ces gens vont queue à queue, comme les loups, se dit quand des gens arrivent à la suite les uns des autres.

Il a vu le loup, se dit d'un homme enrhumé, à cause d'une vieille erreur populaire qui faisait croire à une action malfaisante du regard du loup.

Il a vu le loup, se dit aussi d'un homme aguerri, qui a vu le monde, qui a été aux occasions.

Avoir vu le loup, en parlant d'une fille exprime qu'elle a eu des galanteries.

Il a vu le loup, se dit aussi quelquefois d'un homme qui se tait subitement, voyant survenir celui dont il parlait.

Savoir la patenôtre du loup, savoir certaines paroles prétendues magiques pour empêcher que le loup n'étrangle les brebis.

Entre chien et loup, voir CHIEN. Mme de Sévigné a dit par une singulière ellipse : On soupe pendant le chien et le loup, Lett. 29 juin 1689.

Fig. Tenir le loup par les oreilles, ne savoir quel parti prendre.

Donner la brebis à garder au loup, mettre quelque chose en une main infidèle.

Enfermer le loup dans la bergerie, mettre quelqu'un dans un lieu où il peut faire aisément beaucoup de mal.

Enfermer le loup dans la bergerie.

Il faut hurler avec les loups, il faut s'accoutumer aux manières de ceux avec qui l'on se trouve, quoiqu'on ne les approuve pas.

Le loup mourra dans sa peau, il arrive rarement qu'un méchant homme s'amende.

Qui se fait brebis, le loup le mange, quand on est trop facile ou trop patient, on est sujet à être tourmenté, vexé, etc.

Brebis comptées, le loup les mange, quelque soin qu'on ait de garder ce qu'on a et d'en savoir le compte, on ne laisse pas quelquefois d'être volé ; ce proverbe signifie aussi : cela porte malheur de prendre le compte exact de ce que l'on possède.

Les loups ne se mangent pas, les méchants s'épargnent entre eux.

La guerre est bien forte quand les loups se mangent, se dit quand des gens de même profession sont en querelle.

Tandis que le loup chie, la brebis s'enfuit, proverbe grossier pour exprimer qu'il ne faut pas laisser échapper l'occasion qui se présente.

La faim chasse le loup hors du bois, la nécessité contraint les gens à faire, pour vivre, bien des choses contre leur inclination.

Quand on parle du loup, on en voit la queue, se dit lorsqu'un homme survient au moment où l'on parle de lui.

Dans l'argot du théâtre, défaut qui produit un vide dans l'enchaînement des scènes ; c'est une extension de loup en termes d'atelier

On dit aussi qu'il y a un loup quand la scène reste vide dans le cours d'un acte. 

(voir la suite dans l'article du Littré)

+PROVERBES

Il faut hurler avec les loups, il faut s'accoutumer aux manières de ceux avec qui l'on se trouve, quoiqu'on ne les approuve pas.

Le loup mourra dans sa peau, il arrive rarement qu'un méchant homme s'amende.

Qui se fait brebis, le loup le mange, quand on est trop facile ou trop patient, on est sujet à être tourmenté, vexé, etc.

Brebis comptées, le loup les mange, quelque soin qu'on ait de garder ce qu'on a et d'en savoir le compte, on ne laisse pas quelquefois d'être volé ; ce proverbe signifie aussi : cela porte malheur de prendre le compte exact de ce que l'on possède.

Les loups ne se mangent pas, les méchants s'épargnent entre eux.

La guerre est bien forte quand les loups se mangent, se dit quand des gens de même profession sont en querelle.

Tandis que le loup chie, la brebis s'enfuit, proverbe grossier pour exprimer qu'il ne faut pas laisser échapper l'occasion qui se présente.

La faim chasse le loup hors du bois, la nécessité contraint les gens à faire, pour vivre, bien des choses contre leur inclination.

Quand on parle du loup, on en voit la queue, se dit lorsqu'un homme survient au moment où l'on parle de lui.

Dans l'argot du théâtre, défaut qui produit un vide dans l'enchaînement des scènes ; c'est une extension de loup en termes d'atelier

On dit aussi qu'il y a un loup quand la scène reste vide dans le cours d'un acte.

 

5 Dans le Dictionnaire d'argot, on trouve de nombreuses expressions avec LOUP et des mots de la même famille

Bob : dictionnaire d'argot, ou l'autre trésor de la langue

On trouve les expressions expliquées :

[extrait]

(dans salade salades) Entourloupe [...], louper louper qqchose ; louper son coup, loufoque, louffoque, loufoc, louffoc, louphoque, à pas de loup à pas de loups, marcher à pas de loup, aller à pas de loup, loupiot, loupiau, loupiote (fém.), loupé, louppé, demi-loupé, dur, prendre le dur, louper le dur, loubion, lioubion, loupion, goupline, gourpline, gloupine

 

6 dans le Dictionnaire de William Duckett XIXe siècle 

Dictionnaire de la conversation et de la lecture, Volume 36

(Entrée LOUP, page 6)

Tous les volumes : Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture - William Duckett - Tous les volumes (lien Books-Google)

 

La liste des dictionnaires donnée ici n'est évidemment pas exhaustive.

Articles connexes :

Du plaisir de la lecture des dictionnaires

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 14:47

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CONTES, NOUVELLES ET POÉSIES DE MAMIEHIOU

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Le poème Dorian Gray's sister (La sœur de Dorian Gray) m'a été inspiré par The Picture of Dorian Gray (Le Portrait de Dorian Gray), le seul et unique roman qu'Oscar Wilde ait jamais écrit.

 

Ce roman gothique, fantastique, raconte l'histoire d'un dandy, Dorian Gray, qui, pour rester toujours jeune et beau, vend son âme au diable.

Il se faire peindre un portrait qu'il garde secrètement et dont les traits vieilliront à sa place, au fil des ans.

Il se permettra une vie de turpitudes et de péchés odieux jusqu'à sa fin.

 

 The only horrible thing in the world is ennui, Dorian.

That is the one sin for which there is no forgiveness.

O. W.*

 

La Soeur de Dorian Gray

à Dorian

 

Faut-il pleurer sur mon bel âge

Si tôt gâché, si tôt maudit ?

Je suis ta sœur, odieux outrage

À mon destin que je vomis.

Je n'ai rien fait à mon image ;

Je me suis trahie jour et nuit.

À quoi me sert-il d'être sage ?

Me disais-je, accablée d'ennui.

Le regret me poursuit. Dommage !

Renierais-je ce que je vis ?

Il est trop tard  ; vois mon visage

Puant, informe et racorni.

La mort approche. Ah, quelle rage

De n'avoir cru au paradis !

Me voici mise en sarcophage.

Il est trop tard  pour que je prie.

Mon âme franchit le passage,

Lequel conduit tous les impies

Pour jamais, dans l'ultime orage

Qui les foudroie tous sans merci.

Là ne sont que douleurs et cris !

Dorian ! Dorian ! Tous t'ont honni !

Que suis-je allée dans ton sillage,

Amour vénéneux et chéri !*

J'ai rêvé d'être à ton image ;

À tous tes vœux j'ai obéi ;

Je fus ta chose sans partage ;

Tu fus mon mortel ennemi.

Que t'en aimais-je davantage !*

Oh, malédiction infinie !

J'erre et te cherche, affreux rouage

de la perdition de ma vie.

Tes os recevront en hommage,

Fussent-ils hideux et pourris,

Mes baisers,

Brûlant jusqu'à la fin des âges.

Note grammaticale

*La nature de QUE dans les vers :

Que suis-je allé dans ton sillage !

Que t'en aimais-je davantage !

adverbe exclamatif (ou interrogatif avec le signe ?) dans le sens de pourquoi (style recherché)

Voir le §3b dans >  QUE dans tous ses états

 

 *« The only horrible thing in the world is ennui, Dorian.

That is the one sin for which there is no forgiveness. »

« Il n'est qu'une chose horrible en ce monde, un seul péché irrémissible, l'ennui. »

 Le portrait de Dorian Gray, chapitre 18,1890-1891
 

The Picture of Dorian Gray est un des plus grands romans du XIXe siècle.
 

Oscar Wilde, romancier et dramaturge écossais, compte parmi mes auteurs préférés. Je vous dois de préciser que la sœur de Dorian Gray n'a jamais existé. Elle a jailli de mon imagination, flanquée de ses attributs peu recommandables, comme sortit jadis, de la tête de Zeus, Athéna tout armée !

C'est de loin le texte le plus malodorant que j'ai publié ici. Je me demande si j'ai bien fait et si l'on ne va pas me mettre une vilaine étiquette. Basta ! Qu'importe !

« Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais », disait encore Oscar Wilde dans The Picture.

On sait ce qu'il lui en a coûté. Pauvre cher Oscar !

« Follies are the only things we never regret. »

Question :

Savez-vous pourquoi Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde avait

pour prénom OSCAR ?

 

Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde tenait son prénom d'Oscar II, roi de Suède, qui s'était fait soigner par son père, oculiste de renom. Le roi, pour remercier ce dernier, avait demandé à être le parrain de son fils : Oscar Wilde.
 

Oscar est un prénom que l'on donne à de nombreux petits Français aujourd'hui.

En 2010, année record d'attribution de ce prénom, sont nés 960 Oscar. (Source : Site Meilleurs Prénoms)

 

Poème suivant : Une fable de Mamiehiou à la manière de La Fontaine : Le Gouda qui voulait se faire plus fort que le Camembert

 

>> Retour au début de la page

 >>Les poèmes de mamiehiou

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 14:27

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Valeurs et emplois du subjonctif

La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

Conjonctions de subordination et locutions conjonctives : La clef des modes - Indicatif, subjonctif ou conditionnel, lequel choisir ? (144 articles)

Les modes indicatif, conditionnel, subjonctif, impératif, infinitif, participe, gérondif et les temps présent, passé, futur

Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

Quel mode et quel temps choisir ? Exercice sur le subjonctif n° 1 - QUIZ 28

Passé simple ou subjonctif imparfait ? Passé antérieur, subjonctif plus-que-parfait ou conditionnel passé ? QUIZ 29 – Exercice sur le subjonctif n° 2

Entraînement à l'emploi des verbes au subjonctif présent et imparfait. Exercices sur le subjonctif n°3 - QUIZ 42

Ne pas confondre l'indicatif présent et le subjonctif présent de certains verbes - Exercice sur le subjonctif n°4- Quiz 54

Ne pas confondre l'indicatif imparfait et le subjonctif présent de certains verbes – Exercice sur le subjonctif n°5 - Quiz 55

Verbes au subjonctif imparfait du tac-au-tac - Exercice n°6 sur le subjonctif

Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je

Je dusse, dussé-je, dussè-je

Quel mode emploie-t-on après SURPRIS QUE... SURPRIS DE CE QUE... Voir la note 162 Délires autour d'une petite goutte

Les modes et les temps. Ne pas les confondre. Le conditionnel est-il un mode ?

 LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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Je veux bien parier que lorsque vous aurez fait les exercices sur le subjonctif que je vous ai concoctés avec tout le soin possible, ce mode n'ayant plus de secrets pour vous, vous ne ferez plus jamais de fautes.

Note de mamiehou

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 08:58

 

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Tous les QUIZ

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Examinez la liste des mots qui suivent et dites s'ils existent. Essayez de retrouver l'infinitif des verbes, ainsi que le mode et le temps où ils sont employés.

Avant de regarder la correction de l'exercice, dites combien de mots sont mal orthographiés.

 

1-pû, 2-pue, 3-pût,

 4-du, 5-due, 6-dûs, 7-dut, 8-dût, 9-duent, 10-eût dû,

11-croîs, 12-crû, 13-crue,

14-accru, 15-décru, 16-recrû, 17-recru, 18-crut,

19-crût, 20-accrut, 21-accrût, 22-décrut, 23-recrut

 

V

V

1-, le mot n'existe pas. Le participe passé PU de pouvoir ne prend pas d'accent.

2-pue, verbe puer au présent de l'indicatif et du subjonctif : je pue, il pue. Il est insupportable que cela pue aussi fort !

3-pût, verbe pouvoir au subjonctif imparfait Il fallait qu'il pût sortir de ce mauvais pas et que je pusse l'y aider.

4-du, contraction de DE LE. 

-DE préposition Je me suis tiré du piège que tu m'avais tendu, non sans mal.

-DU article partitif Qu'a-t-il bu ? -Du vin, et plus que de raison.

>Qu'est-ce qu'un partitif ?

5-due

-adjectif au féminin. Il faut que tu rendes la somme due, ou sinon.

-participe passé de devoir, accord avec un nom ou un pronom au féminin Témoigne donc de la reconnaissance qui m'est due.

6-dûs, un dû (ce que l'on doit) ne peut pas se mettre au pluriel

Le participe passé de devoir est dû, due, dus, dues.

7-dut, passé simple de devoir. Il dut me parler ce jour-là de sa façon qu'il avait d'escroquer tout le monde.

8-dût, subjonctif imparfait de devoir. Il s'empiffrait dans leur restaurant sans qu'il dût payer un seul euro.

9-duent, le mot n'existe pas. On peut avoir : il durent, indicatif et subjonctif présent de durer

10-eût dû, subjonctif plus-que-parfait de devoir ou subjonctif plus-que-parfait de devoir à valeur de conditionnel passé > il aurait dû) Il eût dû le faire sans dire un mot. Personne n'y eût rien vu.

11- croîs, je croîs, tu croîs, verbe croître au présent de l'indicatif. Le verbe croître prend un accent circonflexe chaque fois qu'on peut le confondre avec le verbe croire. Je croîs et embellis chaque jour. Ne le crois-tu pas ? 

12- crû, participe passé du verbe croître. Ma barbe a crû démesurément cette nuit. Je ne me reconnais plus.

13- crue

-1-participe passé au féminin du verbe croire. Elle a menti et je l'ai crue. Quel naïf je fais !

-2-adjectif, qui n'est pas cuite. La pomme se mange crue aussi bien que cuite.

-3-la crue substantif. L'horreur ! Le 15 novembre 2014, cinq personnes se sont noyées dans le Gard, à cause des fortes crues.

14- accru, participe passé de accroître. Je n'y crois pas : tu as encore accru tes revenus et pas moi !

15- décru, participe passé de décroître. Le bruit a décru tout à coup ; nos voisins seraient-ils tous morts ?

16- recrû

-1-participe passé de recroître (dans certains dictionnaires dont Littré). Mon saule a tant et tant recrû qu'il recouvre ma maison. Je ne la retrouve plus.

-2- participe passé substantivé de recroître Le Trésor - substantif, repousse de rejets et drageons. Mon jardin est envahi de recrûs. Quel travail en perspective !

17- ou recru, participe passé de recroître (dans certains dictionnaires)

18- crut, il crut, passé simple de croire. Il crut en moi, un certain temps.

19- crût, il crût, passé simple de croître. Le blé crût étonnamment cet été-là, ce qui nous permit de nous y cacher pour y faire les pires bêtises.

-1-indicatif présent de croître. Vois comme tu es laid quand ta colère croît.

-2-subjonctif imparfait de croire et de croître. Il fallait bien qu'elle crût que tu étais intelligent pour que l'estime qu'elle te portait crût aussi vite.

20- accrut, il accrut, passé simple de accroître. Sa fortune s'accrut en malversations, le malotru !

21- accrût, il accrût, subjonctif imparfait de (s') accroître. Etait-il possible que l'amour que je te portais s'accrût pendant tant d'années sans que tu eusses vent de la chose ? 

22- décrut, il décrut, passé simple de décroître. Et ta beauté décrut irrémédiablement. Dommage !

23- recrut, ou recrût selon les dictionnaires, passé simple de recroître.

Mon saule recrut tellement que je m'y perdis quand ses branches atteignirent le sol. Etonnant, non ?

 

Récapitulation des mots mal orthographiés en rouge :

1-pû, 2-pue, 3-pût, 4-du, 5-due, 6-dûs, 7-dut, 8-dût, 9-duent, 10-eût dû, 11-croîs, 12-crû, 13-crue, 14-accru, 15-décru, 16-recrû, 17-recru, 18-crut, 19-crût, 20-accrut, 21-accrût, 22-décrut, 23-recrut

 

Pour en savoir plus sur le sens et l'emploi de ces mots, lire l'article :

>Cru, crû, crut, crût - accru, accrut, accrût, décru, recru, recrû - de son cru, de mon cru - etc.

Articles connexes :

>Ne pas confondre : du, dû, dus, dut, due, dues, et dût

>[du] s'écrit du, dû, due, dues, dus, dut, dût - Trouvez la bonne orthographe et justifiez-la - QUIZ 65 - "Du coeur et de l'ardeur d'apprendre"

>Qu'est-ce qu'un partitif ? Ne pas confondre la préposition DE DU, DES - l'article indéfini DES, DE - et l'article partitif DE, DU,présent DE LA, DES

 

  Récapitulation de tous les exercices à trous

 Récapitulation des petites histoires à trous

 Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

 Orthographe grammaire pour les hésitants

 LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 14:15

 Accueil

> Récapitulation de mes sentences & de mes truismes

> Tous les articles du blog

 

 Mes pensées au fil du temps.

Elles ont donné lieu à plusieurs de mes tweets.

Sentence, maxime ou aphorisme.

Un truisme est une banalité, une évidence, une lapalissade.

 

Mai, juin et juillet 2013

 

JUILLET 2013

Nous ne sommes pas seulement des punisseurs si nous punissons durement les petits enfants, mais des monstres.

 

PRAGMATIQUE- La curiosité nous pousse à rechercher le pourquoi des choses ; mieux vaudrait le plus souvent trouver le comment nous adapter à ces choses mêmes.

 

Il ne faut pas donner à un enfant l'occasion de mentir en le forçant à vouloir échapper à une sanction trop sévère.

 

Aucun regret n'est plus cruel que celui de n'avoir pas dit "Je t'aime", et "Pardon" à celui ou à celle qui vient de mourir.

 

On n'aime pas davantage ceux qui sont toujours fiers de ce qu'ils font que ceux qui ne sont jamais contents d'eux.


On se berce souvent d'illusions avec grand plaisir, même si l'on sait que ce ne sont que des illusions.

 

Le mot jouissement (qui fait rêver !) est un hapax.

> Hapax, mots-valises, mots fantômes et autres mots étranges

 

Quand on voit comment vivent les hommes, on se demande s'ils savent qu'ils pourraient mourir aujourd'hui.

 

Nous rêvons que nos enfants seront meilleurs et plus heureux que nous. Laissons les déceptions pour ne retenir que les espoirs comblés !

 

À vouloir être rafistolés de greffons et d'organes requinqués nous allons faire la pige à la Créature de Frankenstein !

 

De ces émotions minuscules qui perdurent dans le souvenir - C'était dans le Chaos de Montpellier-Le-Vieux, il y a bien longtemps. Une foultitude de papillons sont venus se poser sur ma robe écarlate à petit pois blancs quand je me suis assise dans l'herbe.

 

Le sadique sait qu'un seul mot peut faire très mal. Nous aussi, qui feignons si bien d'être innocents.

 

Quand on vous condamne pour votre franc-parler, vous comprenez trop tard que la docilité aurait payé. La liberté, mais à quel prix ?

 

Faut-il qu'on soit meilleur pour être plus aimé ?

 

Nous ne sommes pas des super héros ; et si d'aventure nous devenons des héros, c'est, la plupart du temps, par le plus grand des hasards.

 

SARDONIQUES - Combien se réjouissent des errements des autres dès lors qu'ils ne sont pas dans leur camp !

 

Si vous ne voulez pas qu'on vous fuie, cessez de faire la tête.

 

CLAIRVOYANCE - Quand on est amoureux il faut toujours jouer sa chance en supputant les chances qu'on a.

 

L'orgueilleux s'enorgueillit d'être orgueilleux ; l'envieux jamais d'être envieux.

 

Fortune inopinée peut vite être envolée.

 

Ces princes qui nous gouvernent parlent de leurs grands desseins et craignent qu'on leur reproche injustement leurs petits moyens.

 

Qui rêve d'un destin magnifique ne sait pas ce qui l'attend !

 

Pour appréhender le vrai avec une certitude tranquille il nous faut nous débarrasser de nos préjugés et de nos passions.

 

Les élans de nos cœurs ne se commandent point.

 

Quelque difficile à vivre qu'il soit ou qu'on craigne qu'il soit, aujourd'hui se passera.

 

JUIN 2013

Il semble naturel pour certains de reconnaître leurs torts et de demander pardon ; pas pour les autres qui ignorent qu'ils ont tout à perdre

 

Heureux celui qui vit une passion sans porter atteinte à autrui !

 

Les tortures que les parents infligent aux enfants peuvent revêtir un nombre infini de formes.

 

28 juin- J'ai vu hier un père obliger sa petite de 5 ans à faire de l'accro-branches. Elle hurlait de peur. Les autres parents ont protesté, en vain.

 

On devrait donner des cours d'éducation de l'enfant aux futurs parents que sont les jeunes gens au même titre que les cours d'histoire, de géographie ou d'instruction civique.

 

Vous offense-t-on ? Souriez ; c'est la meilleure défense

 

Certains disent l'horoscope chaque matin pour les simplets qui les écoutent ; si au moins ils se bornaient à des joyeusetés !

 

Le rêve éveillé a ceci d'agréable qu'il se laisse modeler et savourer à notre guise. La réalité est par trop rétive.

 

On ne punit pas les enfants pour un oui ou pour un non. La punition doit être exceptionnelle. Elle est toujours accompagnée d'explications.

 

Les parents doivent toujours tenir leurs promesses ; ne pas mentir à leurs enfants : les récompenser ou les punir selon les circonstances.

 

AUTORITÉ Certains parents menacent continûment de punir leurs enfants sans jamais les punir. Que peuvent donc comprendre ces pauvres petits ?

 

À se plaindre toujours, certains d'entre nous arrivent à se persuader eux-mêmes qu'ils sont à plaindre.

 

UNE NOBLE ATTITUDE - À sourire toujours, quelques-uns d'entre nous laissent croire aux autres que tout leur sourit.

 

Désenchantement - On confond gentillesse avec faiblesse et mièvrerie. L'agressivité est tellement plus à la mode !

 

Quand, amer et désabusé, on commence à ressasser son passé, c'est qu'on renonce à l'espoir du moindre plaisir qui pourrait advenir.

 

Je suis glacée d'effroi quand je pense à l'excision que subissent les petites filles et les femmes. Le couteau, l'acide... quelle horreur !

 

Les tortures ont toujours existé ; on n'est pas près de leur tordre le cou. Que peut-on donc espérer de l'homme ?

 

L'ANXIEUX : "Qu'est-ce qui permet de dire à coup sûr que demain sera ?

 

Noble précepte : Fais ce que tu dois. - "À l'impossible nul n'est tenu", murmure le tartuf(f)e.

 

Ne remettons pas à demain les belles et bonnes choses que nous avons décidé de faire. Qui sait de quoi demain sera fait ?

 

Nous mesurons notre propre estime à celle que les autres nous portent, à moins d'être très orgueilleux, ou plus estimable qu'on croit.

 

On n'est jamais si bien aimé que par soi-même ; détesté aussi ; c'est selon.

 

On a faim, on mange, on grossit. On veut maigrir, on mange peu, on a grand faim, on grossit de plus belle. Le mince ne peut pas comprendre.

 

Les espoirs déçus méritent trop souvent de ne pas l'être. Qu'importe, vivons pleins d'espoirs nouveaux !

 

Qu'il est doux d'avoir le souvenir d'un amour heureux !

 

Nous avons quelque chose à dire qui nous tient vraiment à coeur ? Ne tardons pas, de peur qu'un AVC cruel nous surprenne et nous paralyse.

 

Il n'est pas un seul de mes moments de bonheur qui ne soit entaché de la tristesse de savoir que tôt ou tard il doit finir.

Pensée inspirée par Shakespeare

Shakespeare Sonnet 64 vers 14

This thought is as a death which cannot choose

But weep to have that which it fears to lose.

Cette pensée me met la mort dans l’âme, en la réduisant à pleurer d’avoir ce qu’elle craint tant de perdre. (Traduction de François-Victor Hugo)

 

Une personne à qui je rendais service m'a dit un jour : "On n'agit toujours que par intérêt." De quoi être blessée... et me méfier d'elle.

 

Quel ineffable plaisir, que celui de vouloir tout connaître de l'orthographe de la Langue Française. Une vie n'y suffit pas !

 

Nous voudrions le plus souvent que les autres soient autres qu'ils ne sont. L'inverse est aussi vrai. Faisons l'économie de la déception.

 

Bien peu catholique : Si je savais qu'il me faille mourir dans une heure, j'aurais si peur que je la perdrais inconsidérément en pensant que je vais mourir.

 

"LE TEMPS S'EN VA... LAS* ! - À peine hier a-t-il disparu que déjà demain, impatient, s'avance vers aujourd'hui.

 

*Le temps s'en va, le temps s'en va ma Dame,

Las ! le temps non, mais nous nous en allons...

Sonnet à Marie, Pierre de Ronsard

 

Si l'on coupait les mains de ceux qui coupent les mains, ils ne couperaient plus de mains.

 

Je n'ai croisé aujourd'hui dans ma rue que des billes de clowns. Encore heureux que je ne me sois pas croisée moi-même.

 

Comment peut-on jouir d'un instant de sérénité quand on sait qu'il est des milliards de gens qui souffrent à cet instant même ?

 

REFLET & ILLUSION - Trois jeunes oiseaux se sont écrasés sur ma fenêtre. Ils ont cru y voir le ciel. Vite, que je baisse les persiennes !

 

Pourquoi donc s'esquinter* à vouloir changer les autres alors qu'on a déjà mille preuves qu'ils ne changeront jamais.(*exquintare > sens propre: mettre en cinq)

 

Le misanthrope énamouré : "Ce n'est pas que je ne vous aime pas, mais je préfère rester avec moi-même."

 

On aime une fois. On voudrait aimer toujours. C'est l'amour qu'on aime.

 

1er juin- Un astéroïde nous frôle de près, de très près... et la vie continue !

 

Mes truismes ne sont pas loin d'être péripatéticiennement philosophiques, mais vous l'avez remarqué, je crois !

MAI 2013

Impromptu

Je vais bien retrouver

Dans quelque ancien cahier

D'un auteur ou d'un autre

La belle idée que vous dites conçue d'hier ;

Non, ce n'est pas la vôtre !

 

Avoir des rêves, c'est bien. Les réaliser, ce n'est pas toujours mieux.

 

Les femmes ne disent pas qu'elles sont des hommes ; elles se comptent pourtant parmi les 7 milliards d'hommes sur terre.

 

Nos amours passionnés sont des électrons libres. Nous n'avons aucun pouvoir sur eux.

 

Croire en sa bonne étoile, c'est aider le destin.

 

Nous parlons souvent trop et mal. Écouter nos propres paroles pourrait nous être insupportable. Malheureusement ce qui est dit est dit.

 

Il est bien regrettable que certains n'aient aucune idée de ce que signifie la politesse dans le dialogue, savoir écouter et laisser parler.

 

Toujours l'idée avant la chose, a écrit le moraliste Joseph Joubert, j'ajouterai : "Mais la chose donne bien des idées !"

 

24 Mai- C'est aujourd'hui mon anniversaire. Mon Dieu ! Je n'y crois pas !... Je ne peux pas vous dire mon âge ; j'aurais l'impression de mentir.

 

L'égalité entre les hommes ne se rencontre que dans la mort. Encore heureux que celle-ci ne se monnaye pas ! Quoique...

 

Ce que l'on conçoit mal s'énonce obscurément

Et les mots pour le dire achoppent bigrement.

 

Il est certains esprits dont les sombres pensées

Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ;

Le jour de la raison ne le saurait percer.

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.

Selon que notre idée est plus ou moins obscure,

L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément.  

Nicolas Boileau, L'art poétique (Chant I)

 

Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?—J'aime les sourires... les sourires qui passent... ici et là... les merveilleux sourires !

Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas...
là-bas... les merveilleux nuages !
 

Baudelaire, Le Spleen de Paris

 

20 mai- Rébellion Outre-Rhin : Les morts refusent de se décomposer. Trop de conservateurs. Pas assez d'insectes.

 

Nous nous efforçons péniblement de grappiller autour de nous quelques bribes, quelques miettes de la réalité si difficile à atteindre.

 

17 mai 2013 - 00:00h : 158 857 d'entre nous mourront aujourd'hui. Vous peut-être... ou moi. Qui a dit : "Qu'importe !" 

 

"L'ai-je bien descendu ?" dit le présomptueux, au bas de l'escalier qui le conduit en Enfer.*

L'ai-je bien descendu ?

Phrase devenue célèbre après qu'elle eut été prononcée par Cécile Sorel (1873-1966) s'adressant à Mistinguet lors de la Première de la revue "Vive Paris" (1933). Il s'agissait du grand escalier du Casino de Paris.

 

On témoigne de sa gratitude par amour sinon pour se libérer d'un fardeau.

 

Nous attendons toujours des autres qu'ils nous estiment et nous admirent. Qu'ils nous aiment importe peu le plus souvent.

 

Impromptu

Comme on est vaniteux,

Quand, les yeux dans les yeux

De gens très respectables,

On raconte des fables,

Comme on est vaniteux !

Comme on est pitoyable !

 

Comment faire comprendre aux sots qu'ils sont sots ? Autant parler à son bonnet.

 

Beaucoup ont perdu le sens du mot vertu, celui du mot vice aussi, l'un étant l'avers de l'autre.

 

Vous voulez faire et donner peu ? Promettez beaucoup ! Le temps fera le reste.

 

On s'accorde à penser qu'écrire est bien utile, que ce soit de droite à gauche, de gauche à droite ou en boustrophédon, de bas en haut, de haut en bas... Quoi d'autre?

 

J'enfonce une porte ouverte ? Même pas mal !

 

Tout est écrit. Cessons de plagier !

 

Impromptu

Dans un vieil elzévir j'ai relevé jadis

Une pensée si belle que j'en ai frémi.

Elle s'est envolée ; j'en suis toute marrie ;

Mais le frisson me reste et j'y rêve, endormie.

 

Votre amour-propre vous fait souffrir ? Cessez donc de l'astiquer !

 

L'orgueil est le pire des maux. Il dévaste tout en commençant par soi.

 

Je ne suis point jalouse ; bien au contraire, j'aime savoir que les autres ont ce que je n'ai pas.

 

La sagesse de Victor (4 ans) : "Je dis des secrets à Maxime (10 mois). Il ne peut pas les répéter ; et quand il sera plus grand, il les aura oubliés."

 

Cartésien, il a dit : "J'ai rêvé que j''existais pas, mais je l'ai pas cru, tu sais, si je rêve, c'est que j'existe.

 

Le tweet, carcan bien fait pour endiguer les diarrhées verbales.

 

Le tweet est au discours ce que le haïku est au poème, idéal pour lecteurs pressés.

 

Mon petit jardin serait un paradis pour les oiseaux si les pinsons ne jouaient pas les fiers-à-bras avec les belles mésanges bleues.

 

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Pour lire la suite > Récapitulation de mes sentences & de mes truismes

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 09:12

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Eh oui, j'aime l'esperluette.

Son graphisme me ravit, son élégance en forme de gitane qui danse le flamenco, ou son air de petit bonhomme ventru qui tente un jeté battu, ou bien encore son allure de 8 ailé prêt à prendre son envol.

Elle s'enlace et s'entrelace, lascive, comme amoureuse d'elle-même.

Ne la voit-on pas parfois même en hamac, peut-être fatiguée qu'elle est de trop coordonner ?

 >> Images correspondant à esperluette

Elle ressemble à ET dont elle est issue, ou bien elle n'y ressemble guère, c'est selon.

Elle étonne par sa diversité & l'imagination débridée des imprimeurs qui ont varié sa plastique à l'envi.

 

Il arrive qu'elle se prenne presque pour un G ; elle orne les objets ; on la capture dans des marques ; elle se laisse phagocyter par des oeuvres d'art ; en un mot, elle fait n'importe quoi.

En tant que 27e lettre* de l'alphabet, elle se livre à des écarts auxquels ne se risquerait aucune de ses compagnes ; encore que le Q, le K & d'autres encore ne soient pas toujours aussi policés qu'on pense.

*C'est ainsi qu'on l'appelait jusqu'au XIXe siècle.

 

Oui, j'aime l'esperluette.

Ma main s'égaie à la dessiner telle une arabesque folle que je voudrais laisser partout.

Dirai-je que je lis, avec délectation, & pour la rencontrer, les vieux textes où les auteurs la parsemaient ici & là pour les enjoliver ? - Peut-être.

 

Je ne vous dévoilerai presque rien de sa naissance ni de son évolution au fil des siècles : je ne perdrai pas mon temps à cela alors que votre curiosité peut vous amener si facilement à des sites qui vous raconteront tout à son sujet ! Mais ce que je vous dirai, c'est que j'aime l'esperluette presque tout autant d'ailleurs que la clé de sol qui est longue, belle & aussi élégante que ma préférée : l'esperluette.

 

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À propos d'autres lettres :

Le nom & le genre des lettres - l'h, le h, un h, une h, un ache - l's, le s, une esse

Les lettres numérales - les chiffres romains - QUIZ 46

Les lettres forment des mots - Isolées, que signifient-elles ?

Que les consonnes sonnent !

L'euphonie - Emploi des lettres euphoniques pour éviter l'hiatus

& J'aime bien le point-virgule

 

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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