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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 11:33

 

 

Exercice de rapidité :

Il fallait que je + subjonctif imparfait

de bouillir, coudre, dire, extraire, tenir, quérir, se repaître, traire.

Si vous voulez passer tout de suite à la solution, allez à la fin de l'article.

 

Vous trouverez après le tableau les liens vers les articles qui vous éclaireront sur la conjugaison du subjonctif, si vous en avez besoin, et aussi d'autres exercices qui vous rendront imbattables sur la question.

 

 

 

Exercice d'entraînement 1

Exercice que vous pouvez faire avec vos copains et vos copines. Posez-vous des colles les uns aux autres et répondez du tac au tac.

Mettre

au subjonctif imparfait

1re et 3e personnes

du singulier

 

Il fallait que je.../qu'il..

 

en vert 1er groupe

en bleu 2e groupe

en rouge 3e groupe

 

.

Absoudre

que j'absolusse / qu'il absolût

l'Académie ne l'admet pas, Littré l'admet.

Accroître

que j'accrusse / qu'il accrût

Acquérir

que j'acquisse / qu'il acquît

Aller

que j'allasse / qu'il allât 

Appeler

que j'appelasse/qu'il appelât

Assaillir

que j'assaillisse/qu'il assaillît

S'asseoir

que je m'assisse/qu'il s'assît

Avoir

que j'eusse/qu'il eût

Balayer

que je balayasse/qu'il balayât

Bâtir

que je bâtisse/qu'il bâtît

Battre

que je battisse/qu'il battît

Boire

que je busse/qu'il bût

Bouillir

que je bouillisse/qu'il bouillît

Braire

défectif*

Choir

défectif

Connaître

que je connusse/qu'il connût

Croire

que je crusse/qu'il crût

Croître

que je crûsse/qu'il crût

Clore

défectif

Conclure

que je conclusse/qu'il conclût

Conduire

que je conduisisse/qu'il conduisit

Contenir

que je continsse/qu'il contînt 

Contredire

que je contredisse/qu'il contredît

Coudre

que je cousisse/qu'il cousît

Courir

que je courusse/qu'il courût

Couvrir

que je couvrisse/qu'il couvrît

Craindre

que je craignisse/qu'il craignît

Cueillir

que je cueillisse/qu'il cueillît

Dire

que je disse/qu'il dît

Distraire

défectif

Ennuyer

que j'ennuyasse/qu'il ennuyât

Extraire

défectif

Faire

que je fisse/qu'il fît

Faillir

défectif

Falloir

défectif, qu'il fallût

Fuir

que je fuisse/qu'il fuît

Jeter

que je jetasse/qu'il jetât

Joindre

que je joignisse/qu'il joignît

Lire

que je lusse/qu'il lût

Naître

que je naquisse/qu'il naquît

Maudire

que je maudisse/qu'il maudît

Mentir

que je mentisse/qu'il mentît

Mettre

que je misse/qu'il mît

Moudre

que je moulusse/qu'il moulût

Mourir

que je mourusse/qu'il mourût

Mouvoir

que je musse/qu'il mût

Nuire

que je nuisse/qu'il nuît

Joindre

que je joignisse/qu'il joignît

Occire

défectif

Oindre

que j'oignisse/qu'il oignît

Certains grammairiens le considèrent comme un défectif.

Ouïr

défectif

Paître

défectif

Partir

que je partisse/qu'il partît

Paître

défectif

Peindre

que je peignisse/qu'il peignît

Pendre

que je pendisse/qu'il pendît

Plaindre

que je plaignisse/qu'il plaignît

Plaire

que je plusse/qu'il plût

Pourvoir

que je pourvusse/qu'il pourvût

Pleuvoir

défectif, qu'il plût

Pouvoir

que je pusse/qu'il pût

Prendre

que je prisse/qu'il prît

Prévoir

que je prévisse/qu'il prévît

Quérir

défectif

Raire

défectif

Rendre

que je rendisse/qu'il rendît

Repaître (se)

que je me repusse/qu'il se repût

Résoudre

que je résolusse/qu'il résolût

Rire

que je risse/qu'il rît

Rompre

que je rompisse/qu'il rompît

Savoir

que je susse/qu'il sût

Sentir

que je sentisse/qu'il sentît

Seoir

défectif

Servir

que je servisse/qu'il servît

Seoir

défectif

Soustraire

défectif

Suffire

que je suffisse/qu'il suffît

Suivre

que je suivisse/qu'il suivît

Sucer

que je suçasse, qu'il suçât

Tenir

que je tinsse/qu'il tînt 

Tître

défectif

Traire

défectif

Urger

défectif, vb non admis par l'Académie

Vaincre

que je vainquisse/qu'il vainquît

Valoir

que je valusse/qu'il valût

Venir

que je vinsse/qu'il vînt

Vêtir

que je vêtisse/qu'il vêtît

Vivre

que je vécusse/ qu'il vécût

Voir

que je visse/ qu'il vît

Vouloir

Que je voulusse/qu'il voulût

 

 

 

*Un verbe défectif est un verbe qui n'existe pas à tous les modes, à tous les temps ou à toutes les personnes

 

 

Exercice d'entraînement 2

 

Vous pouvez reprendre les verbes et demander de les conjuguer aux personnes du pluriel :

 

Aux première et deuxième personnes du pluriel on a, selon les désinences :

assions, assiez

issions, issiez

ussions, ussiez

inssions, inssiez

 

par exemple :

assaillir, que vous assaillissiez

coudre, que vous cousissiez

sucer, que vous suçassiez

savoir, que vous sussiez

joindre, que vous joignissiez

courir, que vous courussiez

venir, que vous vinssiez

vaincre, que vous vainquissiez

 

 

>> Voir l'article sur les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !

 

absoudre*, accroire, adirer, apparoir, ardre (arder), bienvenir, braire, chaloir, choir, clore, reclore, déclore, comparoir, contondre, ester, falloir, faillir, férir, frire, gésir, issir, messeoir, occire, ouïr, paître, partir (sens de partager), poindre, quérir, raire, raller, ravoir, reclure, semondre, seoir, tître, traire (abstraire, distraire, extraire, retraire, soustraire, portraire, rentraire, attraire), urger, vouloir 

*l'Académie ne l'admet pas, Littré l'admet.


 

>> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

>> Ne pas confondre l'indicatif présent et le subjonctif présent de certains verbes - Quiz 54

 

>> Ne pas confondre l'indicatif imparfait et le subjonctif présent de certains verbes - Quiz 55 

.................................................................................

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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.................................................................................

Solution

Il fallait que je + subjonctif imparfait de bouillir, coudre, dire, extraire, tenir, quérir, se repaître, traire.

Il fallait que je bouillisse, que je cousisse, que je disse, (extraire est défectif), que je tinsse, (quérir est défectif), que je me repusse, (traire est défectif). 

 

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 14:58

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une larme - un pleur - des pleurs

 

On peut lire dans : Grammaire des grammaires (Google Books) de Charles Pierre Girault Duvivier, édition de1833, pages 544-545 :

 

Pleurs, larmes. Ces deux expressions ont des différences remarquables. Voici comment M. Laveaux les établit. Les larmes sont une lymphe quelle que soit la cause qui la rende visible. On verse des larmes de joie, de tristesse, d'admiration, de douleur, etc. Tous les pleurs sont des larmes, mais toutes les larmes ne sont pas des pleurs. Les larmes ne prennent le nom de pleurs que lorsqu'elles sont excitées par quelque passion violente, par quelque blessure profonde du coeur, par un outrage sanglant, par un vif ressentiment, par un désir ardent de vengeance, par un malheur certain et direct.

[...]

Bossuet a employé cette expression dans toute l'étendue de sa signification, lorsqu'il a dit, en parlant de l'enfer : C'est là que règne un pleur éternel.

Pleurs, il est vrai, n'a point de singulier, mais qui oserait condamner cette énergique expression ?

On notera que Littré reconnaît PLEUR au singulier :

Littré-1877 

PLEUR 1° Au singulier. Écoulement de larmes, le sens propre du latin plorare étant verser abondamment des larmes. Le pleur m'en vient aux yeux. [Jodelle, Didon, v.]

Il est peu usité au singulier en ce sens ; ou bien on le dit en plaisantant : jeter un pleur.

[...]

 

L'Académie (8e édition, 1835) donne :

PLEUR, n. m.: Écoulement de larmes. Il est peu usité au singulier et ne s'emploie plus guère que par plaisanterie. Verser un pleur. Au pluriel, il signifie Larmes. Verser des pleurs. Répandre des pleurs. Avoir le visage tout mouillé, tout trempé de pleurs. [...]

 

j'ai coutume - j'ai la coutume

comme de coutume - à l'accoutumée

 

Adverbes ou locutions adverbiales de sens proche :

D'habitude, habituellement, d'ordinaire, ordinairement, comme de coutume, à l'accoutumée (expression vieillie)

Adjectifs qualificatifs :

Coutumier (coutumière), habituel (habituelle)

 

Littré nous donne de fort intéressantes nuances :

LA COUTUME, L'HABITUDE.

Coutume est objectif, c'est-à-dire indique une manière d'être générale à laquelle nous nous conformons.

Au contraire, habitude est subjectif, c'est-à-dire indique une manière d'être qui nous est personnelle et qui détermine nos actions. L'habitude devient un besoin ; mais la coutume ne le devient jamais.

Cependant on dira également : j'ai la coutume ou j'ai l'habitude de prendre du café, avec cette nuance cependant que avoir la coutume exprime seulement le fait que je prends ordinairement du café, tandis que avoir l'habitude exprime qu'un certain besoin s'y joint.

  J'AI COUTUME, J'AI LA COUTUME.  

J'ai coutume de fumer, veut dire je fume d'ordinaire ; j'ai la coutume de fumer, veut dire que cela est entré dans mes coutumes. C'est cette nuance délicate il est vrai mais réelle qui fait que avoir coutume peut se dire des choses, tandis que avoir la coutume ne peut pas s'en dire.

 

La rivière a coutume de déborder à cette époque de l'année ; mais elle n'en a pas la coutume.

 

 

l'abîme - la mise en abyme 

 

Abîme, sens propre, gouffre très profond.

Locution : En abyme, rarement en abîme

Mise en abyme

Construction particulière qui veut que deux ou plusieurs éléments s'imbriquent les uns dans les autres comme un jeu de miroirs :

♦ une peinture dans une peinture, Les époux Anolfini de Jan Van Eyck,  Les Ménines de Diego Vélasquez...

un récit dans un récit, Les Mille et une nuits, Le Manuscrit trouvé à Saragosse (roman fantastique) de Jan Potocki...

une pièce dans une pièce, Hamlet de William Shakespeare...

♦  une image dans une image, La Vache qui rit...

un film dans un film, La Nuit Américaine de François Truffaut... 

etc. 

 

une balade - une ballade 

 

Une balade, familièrement, une flânerie, une promenade sans but déterminé.

Une ballade est un poème de forme fixe au lyrisme courtois de la fin du Moyen Âge.

Les romantiques la remirent à l'honneur au XIXème siècle.

Elle se caractérise, en autres, par des vers décasyllabes, chaque strophe se terminant par le même vers, le refrain, qui se répète comme un leitmotiv. Et un envoi qui débute par une apostrophe à la personne à laquelle le poème est dédié.

 

Ces deux homophones, balade, ballade ont une même origine.

Les baladins ne se promenaient-ils pas en chantant ?

 

Un martyr - un martyre 

 

Un martyr, une martyre

 ◊ celui ou celle qui a souffert et mort pour sa foi.

Saint Irénée, grec de naissance et évêque de Lyon mourut en martyr. 

victime, celui qui souffre ou a souffert physiquement ou psychologiquement.

 

Un martyre, souffrance ou mort endurée pour une cause, un idéal. Le martyre des premiers Chrétiens.

Par extension, une grande douleur.

Il lui a fait subir un martyre.  

 

Adjectif qualificatif = martyr(e)

un enfant martyr, une petite fille martyre.

 

Un couple - une couple  

 

Un couple

Ensemble de deux personnes unies par le mariage, ou par un sentiment ou autres.

un couple de danseurs...

Un couple de brigands...

 

Une couple

On emploie une couple au féminin pour parler de deux animaux considérés comme étant ensemble, une couple de boeufs. Mais aussi par analogie on dit une couple d'heures. Cependant on dira une paire de chaussures, une paire de gants, etc.

 

Une couple d'heures, deux heures environ.

une couple de boeufs, une couple de chiens

Par extension, une couple signifie un petit nombre

 

Page 44 de La Grammaire des Grammaires (1833) susmentionnée.

Couple est féminin, quand il est employé pour signifier deux choses quelconques d'une même espèce, qui ne vont pas ensemble nécessairement, et qui ne sont unies qu'accidentellement.

Il a avalé une couple d'oeufs (Girard et M. Lemare)

Nous avons tué une couple de perdrix (M. Laveaux)

Remarque. - Quand deux choses vont ensemble par une nécessité d'usage, on se sert du mot paire. Une paire de gants, de bas, de souliers, de jarretières, de bottes, de sabots, de boucles d'oreilles, de pistolets, etc.

On s'en sert encore, en parlant d'une seule chose nécessairement composée de parties qui font le même service : une paire de ciseaux, de lunettes, de pincettes, etc.

Enfin un couple et une couple peuvent se dire des animaux ; mais le couple ne marque que le nombre ; et la paire y ajoute l'idée d'une association nécessaire. Ainsi un boucher dira qu'il achètera une couple de boeufs, parce qu'il en veut deux ; mais un laboureur doit dire qu'il en achètera une paire, parce qu'il veut les atteler à la même charrue.

 

Tous ces mots ont été rencontrés dans les Délires

>>>Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "<<<

 

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 11:31

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Peut-être Marie Cratère eut-elle un sursaut de remords de s'être montrée si intraitable à mon égard. Lorsqu'elle me dévisagea, curieuse qu'elle était de savoir jusqu'à quel point je supportais ses sarcasmes, une larme discrète coula le long de ma joue tendre.

N'avais-je pas usé d'autosuggestion1 et prononcé en mon for intérieur : « Pleurez , pleurez mes yeux et fondez-vous en eau !2 » Ce qu'ils firent. Une fieffée comédienne, voilà ce que j'étais devenue ; mais, à mon corps défendant. Qui m'en eût osé tenir rigueur en cette circonstance ? Ma détermination ne m'y pouvait que résoudre. Ne devais-je pas employer tous les moyens, si subtils et si blâmables qu'ils fussent, pour arriver à obtenir de Marie les réponses que j'attendais ? Non que je crusse qu'il fût aisé de la fléchir, mais je misais sur ce dont elle aurait pu faire preuve à mon égard, ne fût-ce qu'une once de faiblesse. Et c'est bien là ce qui se produisit. Rien de ce qui me concernait ne pouvait lui échapper.

Certes je savais qu'elle entendait toutes choses au premier mot, mais le plus souvent elle préférait faire la sourde. Elle était, en compassion, aussi grippe-sou qu'en économie.

Prétatou, qui suivait le fil de ma pensée, ne put se retenir de marmotter sans que, fort heureusement, Marie Cratère pût l'entendre : « Il s'en trouve qui sont si avares, chiches et pince-mailles qu'ils n'osent, comme on dit, boire de peur de pisser». Ce n'était guère là un langage châtié, mais il reflétait bien ma pensée. 

 

Mon pleur, cependant, toucha la vieille femme au-delà de mes espérances.

Un rictus mal contenu, une crispation légère que je devinai plus qu'elle n'apparaissait en vérité, me firent comprendre que Marie ne demeurait point insensible à la déception qui m'accablait. Sans doute s'en voulut-elle quelque peu —  c'est à tout le moins ce que je crus — car elle me susurra d'une voix mielleuse : « Qu'est-ce donc là que je vois, ma chérie ? Quel est ce chagrin qui gonfle ton coeur ? Sont-ce les refus que j'oppose à tes questions importunes qui te mettent en peine ? »

Puis, se reprenant brusquement, et avant même que je ne me fusse épanchée dans son sein — ce que j'aurais osé faire malgré ma répugnance, mais elle ne m'en donna pas l'opportunité — elle continua : « Tu ne lâcheras donc jamais ! »

Non, je ne me décramponnerais point de mon obsession et je continuerais toujours à la poursuivre avec les mêmes questions.

 

Je te prie, lecteur impatient, de ne faire aucune allusion à ce qu'il fallut que je cessasse d'être pour être qui j'étais devenue.4

...............................................................

1-autosuggestion ou auto-suggestion > L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère

 

2-"Pleurez , pleurez mes yeux et fondez-vous en eau." Corneille, Le Cid, III, 2

 

 3- «[...] il s'en trouue qui sont si auares chiches et pince-mailles qu'ils n'osent (comme on dit) boire de peur de pisser [...]» Le Tondeux qui court en certains quartiers de la France, et pourquoi il tient la campagne. Auteur anonyme ? 1615 (dans BHVF attestations)

♦ trouue, auares > u consonne, ancienne forme du v

> Que les consonnes sonnent !

 

4-"Il a fait allusion à ce qu'il a fallu que je cessasse d'être pour être qui je suis." André Breton, Nadja, 1928

 

NOTES

Titre : Délires aux larmes de crocodile

Cf. L'Académie, 8e édition : Fig. et fam., Larmes de crocodile, Larmes hypocrites par lesquelles on cherche à émouvoir quelqu'un pour le tromper.

 

Peut-être Marie Cratère eut-elle un sursaut de remords

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

curieuse qu'elle était de savoir...

curieuse, attribut de elle

 

prononcé en mon for intérieur

Cf. Académie, 8e édition : Le for intérieur, Le jugement qu'au fond de soi on porte sur soi-même, le tribunal de la conscience. Je suis sûr que, dans votre for intérieur, vous m'approuvez. Garder son for intérieur.

 

N'avais-je pas usé d'autosuggestion

phrase qui ne finit pas par un point d'interrogation.

Cas où l'on peut omettre le point d'interrogation dans une phrase interrogative

 

à mon corps défendant, malgré moi.

 

Qui m'en eût osé tenir rigueur en cette circonstance ? Ma détermination ne m'y pouvait que résoudre.

On dirait plus couramment : Qui aurait osé m'en tenir rigueur ? Ma détermination ne pouvait que m'y résoudre.

La première tournure est rare de nos jours.

> La place de Y et de EN dans la phrase. Vous recherchez des difficultés dans cet exercice ? Vous finirez bien par Y EN trouver. + QUIZ 67

 

tous les moyens, si subtils et si blâmables qu'ils fussent, pour arriver à obtenir de Marie les réponses que j'attendais

ils fussent, subjonctif imparfait de être

locution conjonctive suivie du subjonctif > Quelque... que

 

Non que je crusse qu'il fût aisé de la fléchir, mais je misais...

je crusse subjonctif imparfait de croire

locution conjonctive suivie du subjonctif, non que... (mais)

> Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que

qu'il fût aisé, subjonctif imparfait : Une proposition dépendant d’un verbe au subjonctif peut avoir, par attraction, son verbe au subjonctif.

autrement dit : Non que je crusse qu'il était aisé de la fléchir, mais..

> § 72 dans Valeurs et emplois du subjonctif

 

ne fût-ce qu'une once de faiblesse

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils

♦ une once, ancienne mesure de poids > un rien, un petit peu.

 

Entendre toutes choses au premier mot

comprendre immédiatement ce qui est dit.

 

Elle était, en compassion, aussi pince-maille qu'en économie.

= elle était avare de sa pitié comme de ses sous.

Pince-maille, très avare, grippe-sou, chiche, ladre.

Dans la Grammaire des grammaires (cinquième édition) 1822

de Charles-Pierre Girault-Duvivier

Page 176 : Grippe-sou, pl. Des grippe-sou. Des gens d'affaires qui moyennant le sou pour livre, c'est-à dire une très légère remise, reçoivent les rentes. C'est dans le même sens que l'on écrira des pince-maille. Maille, dit l'Académie, était une monnaie au-dessous du denier : trois sous, deux deniers et maille.- Il n'a ni sou ni maille. - les pince-maille sont des personnes qui pincent, qui ne négligent pas une maille.

Ainsi les pince-maille sont de deux ou trois degrés plus ladres que les grippe-sou.

 

Il ne put se retenir de marmotter

marmotter, marmonner...

Cf. Littré, parler confusément entre ses dents.

 

Mon pleur, cependant, toucha la vieille femme.

> Ne pas confondre une larme, un pleur - j'ai coutume, j'ai la coutume, comme de coutume, à l'accoutumée – l'abîme, en abyme - une balade, une ballade – un martyre, un martyr – un/une couple

 

sans que Marie pût l'entendre

sans que, locution conjonctive suivie du subjonctif.

Pas de ne explétif dans la subordonnée.

> NE explétif - Quand peut-on l'employer ?

 

Sans doute s'en voulut-elle quelque peu

♦ inversion après sans doute : voir ci-dessus peut-être

♦ quelque peu, un peu.

 

Ce n'était guère là un langage châtié

CF. Littré, un style châtié, un style très pur et très correct.

(pisse, pisser, vulgaire)

 

sont-ce les refus que j'oppose...

Quand emploie-t-on c'est et ce sont, c'était et c'étaient ?

Pas toujours là où l'on pense.

Voir > Confusions : Débattre (Ø, de, sur ?) se rappeler (Ø, de ?) clore ou clôturer, qu'est-ce qui lui (le ?) prend ? Aller (au, chez) quid (de, sur ?) battre froid (à ?) contredire (Ø, à ?) c'est, ce sont...

 

avant même que je ne me fusse épanchée dans son sein

s'épancher, donner libre cours à ses sentiments, avec sincérité.

avant que locution conjonctive suivie du subjonctif 

> NE explétif 

 

à tout le moins, pour le moins, du moins.

 

elle me susurra d'une voix mielleuse

♦ susurrer > Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

mielleuse, doucereuse, mêlée d'hypocrisie.

 

<<  163 Délires sur les agissements ambigus de Marie Cratère « Le soleil est nouveau chaque jour* »

>>  165 Délires sur l'amour - « Il n’y a qu’une loi en sentiment, c’est de faire le bonheur de ce qu‘on aime. »*

 

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 19:59

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Complétez avec un homophone :

J'aime la bonne ... - La ... est faible - Il prêche du haut de sa ... -

Ils furent de la ... à canon - La ... d'Aydat mesure 15 km.

Réponse à la fin de l'article

L'adjectif variable cher – chère

♦ que l'on aime bien, pour qui l'on éprouve de l'affection.

Ma chère enfant

Ma très chère amie, je voudrais vous dire ici combien vous m'êtes chère.

Synonymes ou mots de sens proche :

chéri, aimé, bien-aimé, affectionné, adoré, adulé.

 

pour qui l'on éprouve une certaine considération, formule de politesse.

Cher ami, cher maître (pour le notaire, l'avocat, l'huissier...), cher confrère, etc.

 

coûteux

Les pommes sont chères cette année

Comme elle est chère, ta robe !

Je n'ai rien mangé parce que tout était trop cher.

Synonymes ou mots de sens proche :

onéreux, dispendieux, ruineux, inabordable, coûteux, hors de prix, chérot, inestimable, salé.

 

L'adverbe invariable cher

coûter cher, valoir cher

Les pommes se vendent cher cette année.

Comme ça coûte cher d'aller à Tahiti pour les vacances !

Dix mille euros ! Vous allez payer trop cher !

Non, ce n'est pas cher payer pour un tel voyage.

Je ne donnerais pas cher de ta peau.

Tu me le paieras cher.

Tu ne vaux pas cher.

Je donnerais cher pour ne faire aucune faute d'orthographe.

 

Le substantif la chère

♦ faire bonne chère, bien manger, faire un bon repas.

Je suis gourmet, j'aime la bonne chère.

♦ faire bonne chère à quelqu'un (vieilli), lui faire bon accueil

 

Le substantif la chair

constituant du corps humain ou de l'animal ou autre.

Mon fils, tu es la chair de ma chair.

La chair de ce poulet est bien tendre.

Je vais te faire déguster de la chair à saucisse truffée.

Ces pauvres soldats furent de la chair à canon.

J'en ai la chair de poule.

La chair de ce fruit est bien juteuse.

En opposition avec l'âme. Le péché de chair.

« L'esprit est ardent mais la chair est faible. »

      (Évangile selon Saint Matthieu)

 

Le substantif la chaire

♦ une charge dans une université par exemple

Ce professeur à une chaire au Collège de France.

Une tribune 

une estrade où se place le professeur pour donner son cours.
une chaire en bois, en marbre...

Il professe du haut de sa chaire.

Les prêtres faisaient leurs sermons du haut de leur chaire.

Pour en savoir +

> Le Trésor :CHAIRE 

 

Le substantif la cheire

Coulée de lave

Ce vulcanologue étudie les cheires d'Auvergne.

 

> Que signifient les mots synonyme, antonyme, homonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ?

> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

 

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 Solution de la question posée au début de l'article

J'aime la bonne chère.

La chair est faible.

Il prêche du haut de sa chaire.

Ils furent de la chair à canon.

La.cheire d'Aydat mesure 15 km.

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 19:37

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Question :

Peut-on toujours remplacer PAR CONTRE par EN REVANCHE ?

Voir la note à la fin de l'article.

 

♦ Littré conseillait de n'employer par contre que dans le langage commercial. Voici ce qu'il dit à l'entrée CONTRE :

"Par contre est une locution dont plusieurs se servent, pour dire en compensation, en revanche : Si les artisans sont ordinairement pauvres, par contre ils se portent bien ; Si le vin est cher cette année, par contre il est bon. Cette locution, qui a été tout particulièrement critiquée par Voltaire et qui paraît provenir du langage commercial, peut se justifier grammaticalement, puisque la langue française admet, en certains cas, de doubles prépositions, de contre, d'après, etc. mais elle ne se justifie guère logiquement, par contre signifiant bien plutôt contrairement que en compensation, et devant provenir de quelque ellipse commerciale (par contre ayant été dit pour par contre-envoi) ; en tout cas, il convient de suivre l'avis de Voltaire et de ne transporter cette locution hors du langage commercial dans aucun style."

 

♦ L'Académie 8e édition n'admet pas la locution par contre.

Dans sa 9e édition elle mentionne la locution et ne la considère plus comme une faute puisque de nombreux auteurs l'ont utilisée, cependant elle la déconseille quand on peut lui substituer une autre locution.

Voir par contre à l'entrée CONTRE (partie en caractère gras)

 

♦ Le Trésor, qui cite Grevisse, propose comme synonymes possibles mais d'autre part, mais d'un autre côté, les locutions en revanche et en compensation présentant d'autres nuances.

Voir Le Trésor à l'entrée CONTRE, IV, B Remarque 1.

 

Remarque

J'ai entendu plus d'une fois l'emploi de par contre dans le sens de en outre. C'est une faute. La locution adverbiale en outre signifie de plus, de surcroît.

La locution prépositive en outre de calquée sur en plus de est condamnée par les puristes.

 

Phrase fautive : J'ai fait les soldes et j'ai acheté deux manteaux bon marché, par contre une jolie petite robe d'été ne m'a coûté de 20 euros.

> de plus, en outre, ou de surcroît 

...........................................

Note de mamiehiou : Personnellement, si tant est que je puisse avoir une opinion personnelle dans cette affaire qui a été et qui est aujourd'hui encore pour les puristes sujet à controverse, j'aime employer la locution en revanche quand le contexte s'y prête.

Mais il ne s'y prête pas toujours et André Gide faisait remarquer :  « Trouveriez-vous décent qu’une femme vous dise : "Oui, mon frère et mon mari sont revenus saufs de la guerre ; en revanche j’y ai perdu mes deux fils." »

...........................................

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 18:10

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1-Dans la langue soignée et littéraire, on rencontre fréquemment l'inversion après : ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, du moins, pour le moins, tout au moins, à tout le moins, tout au plus, encore moins, à plus forte raison.

 

Il parla, devant mon patron, des sentiments intimes qu'il nourrissait pour moi. Ainsi me mit-il dans l'embarras.

Je vous ai tiré d'un mauvais pas en vous sauvant de la noyade ; ainsi serons-nous liés à jamais, ma pauvre chérie.

ainsi, par conséquent.

Il mentit sur nos relations ; sans doute avait-il peur de passer pour un grand timide.

 Il m'a fait cadeau d'un bel appartement, sans doute croyait-il que ma reconnaissance serait sans bornes.

Je n'ai plus d'à priori* sur les soi-disant qualités de Pierre ; du moins Paul m'a-t-il fait comprendre que je ne pouvais pas lui demander n'importe quoi. 

il, reprise du sujet Paul.

Il m'aimait, à tout le moins le croyait-il.

Il disait vouloir toujours me faire plaisir, tout au plus ne me téléphonait-il que tous les deux mois.

Il m'a promis que je serais son héritière si je m'occupais de lui jusqu'à son dernier souffle ; j'aurais bien du mal à lui dire oui ; à plus forte raison n'ai-je jamais eu pour lui aucun sentiment.

à plus forte raison, à fortiori*, en vertu d'une raison plus forte
Avec son caractère de cochon, il ne pourra jamais trouver personne pour se mettre à son service, à plus forte raison ne le pourrais-je pas, moi qui n'ai aucune patience.

J'aime garder les livres qu'il me prête et il m'en a fait le reproche ; aussi bien ne lui emprunterai-je plus rien.

Je le craignais, aussi évitais-je de le rencontrer.

Aussi, aussi bien : d'ailleurs, au demeurant, au surplus, dans le fait, tout compte fait, somme toute, en tout état de cause, après tout, cf. Le Trésor

Il n'est encore pas venu hier ; peut-être a-t-il eu un empêchement.

Je lui ai dit ses quatre vérités. Peut-être n'entendrai-je plus jamais parler de lui, enfin.

On peut avoir d'autres constructions.

Exemples avec peut-être :

Peut-être que je n'entendrai plus jamais parler de lui.

Je n'entendrai peut-être plus jamais parler de lui.

 

2-On doit toujours faire l'inversion après : toujours est-il, (et) encore (dans le sens de malgré cela – restriction qui donne plus de poids sur ce qui précède)

 

Il fait tout pour lui plaire, il lui offre de fleurs, l'invite au cinéma, lui donne la sérénade, et l'aubade parfois, et encore n'arrive-t-il pas à ses fins.

On me reproche de ne jamais parler de lui. Encore faudrait-il que je le connaisse.

J'ai décidé ce soir de lui demander sa main, encore faut-il que je trouve les mots qui ne la fassent pas partir en courant.

Je lui ai envoyé moult textos depuis une semaine, toujours est-il qu'il ne m'a pas répondu. Que dois-je en penser ?

 

 > Ces expressions ne sont pas suivies d'une virgule.

 

Quand AUSSI signifie DE PLUS et marque une idée de conséquence, il est suivi d'une virgule et il n'y a pas d'inversion.

Il est très fâché contre moi et refuse de m'écrire. Aussi, il ne me téléphone plus ni ne me donne signe de vie.

 

*L'Académie 1932 donne à priori, à fortiori, à postériori avec un accent sur le à

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 09:55

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« Voudrais-tu que mon âge, avant le temps, par tes questions, s'envieillisse ? » gronda Marie Cratère.

 

À peine m'étais-je remise de mes émotions, et Marie Cratère de la jouissance inespérée qu'elle avait eue à me porter secours — elle croyait à présent que la gratitude que j'aurais pour elle ferait de moi son esclave — que je saisis l'occasion de lui demander pourquoi elle s'était donné la mission de venir au secours de ses semblables, dans quelque bourbier qu'ils se fussent fourrés.

Mais elle fuyait toutes les questions comme la peste et m'envoya sur les roses° comme tu viens de l'entendre, cher lecteur.

Elle était toujours le contraire de ce à quoi je m'attendais.

J'insistai avec toute la douceur dont je fus capable, sachant bien qu'elle ne pouvait être insensible aux flatteries qu'elle prendrait forcément pour des compliments. Mine de rien, n'en était-elle pas friande ? Je l'eusse parié.

 

« Marie, j'ai vu, dans la forêt, des pauvres gens, hagards et terrorisés, qui s'enfuyaient et se cachaient ; toi qui es sensible à la détresse humaine, et qui exerces ton art dans le dessein de guérir toutes les maladies de tes semblables, dis-moi Marie, dis-moi pourquoi ils se dérobaient ainsi aux yeux du monde, pourquoi ils ont quitté leur cité pour cette forêt inhospitalière, et pourquoi ils se terrent dans des trous.

—Mes semblables ! Tu as dit mes semblables, ricana-t-elle. Ma pauvre fille, tu ne sais pas de quoi tu parles ! »

 

Qu'avais-je donc espéré qu'il fût possible de savoir ? Après l'aide si précieuse que m'avait apportée Marie Cratère, je crus que nos relations seraient au beau fixe, quelque temps pour le moins. Ne l'avais-je pas comblée en m'efforçant de lui être agréable et en accédant à ses désirs ? Et voilà qu'à cet instant, elle me tenait des propos qui m'ôtaient tout espoir de recevoir des réponses claires sur les sujets qui me tenaient à coeur. Peut-être tarderais-je encore longtemps de les connaître.

L'ardeur que j'avais mise à lui obéir aurait-elle jamais aucun effet sur son coeur ? Je me demandais ce qui lui plairait que je pusse faire pour la fléchir un jour, et combien il me faudrait attendre encore pour arracher d'elle quelque chose qui pût me satisfaire.

 

Pour tout réconfort — qui diable l'eût cru ? — je dus me contenter d'avaler une écoeurante ripopée. Je n'osai en laisser la moindre goutte de peur de froisser mon hôte. Après avoir sauvé ma vie, la vieille Marie ne me ménageait guère et me faisait bien sentir que rien, entre nous n'avait changé.

Elle ne m'approuvait pas mais il n'était point l'heure pour elle de me chanter la palinodie°. Elle resta longtemps silencieuse, m'observant de ses petits yeux bordés d'écarlate. Je n'eusse point connu Marie, elle m'eût donné sur les nerfs°. Mais je tâchais à rester patiente.

 

Prétatou, après s'être senti bien inutile de n'avoir pu me porter secours, s'était livré sans mesure aux ébattements quand il m'avait vue saine et sauve. Sa joie fut de courte durée. Il miaula, pour faire diversion, l'atmosphère s'appesantissant de minute en minute.

« Qu'entends-je que ton cador murmure ? Ose-t-il s'immiscer dans nos affaires ? » rugit la vieille qui déversa sur lui son humeur querelleuse.

Elle aurait bien voulu donner du balai° mais elle doutait que je fusse restée chez elle, si d'aventure elle s'en fût prise à mon chien.

......................................................

*Titre : Le soleil est nouveau chaque jour. Aristote, Météorologiques

 

NOTES

Titre : les agissements ambigus de Marie Cratère

au singulier, ambigu, ambiguë (féminin, ambiguë d'après la nouvelle orthographe)

ambigu, flou, équivoque, qui peut avoir plusieurs interprétations.

adverbe, ambigument.

 

Voudrais-tu que mon âge, avant le temps, par tes questions s'envieillisse ?

Envieillir, s'envieillir, envieilli

Littré

♦ envieillir 1 devenir vieux 2 faire paraître vieux

♦ s'envieillir, Devenir vieux. Mon âge, avant le temps, par mes maux s'envieillit. [Régnier, Élégies]

♦ envieilli, 1 devenu vieux

2 Fig. Qui a contracté par le long temps quelque habitude bonne ou mauvaise. Les pécheurs les plus envieillis. [Pascal, Les provinciales]

3 invétéré, en parlant des choses. Une haine envieillie en un coeur déloyal. [Tristan, La Mort de Chrispe]

 

À peine avais-je eu le temps de me remettre

inversion fréquente du sujet après les locutions à peine, ainsi, aussi, peut-être...

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

la jouissance inespérée qu'elle avait eue à me porter secours — Elle croyait à présent... —

♦ le participe passé eue s'accorde avec le complément d'objet direct que (antécédent mis pour jouissance) puisqu'il est placé avant lui.

> Règles de l'accord des participes passés

♦ le rôle du tiret dans une phrase ; doit-il être double ?

> Ne pas confondre : trait d'union et tiret

 

pourquoi elle s'était donné la mission de venir porter secours à ses semblables

pas d'accord avec le participe passé donné ; le complément d'objet direct la mission se trouve après le participe du verbe pronominal se donner ; le pronom réfléchi élidé S' (SE) est complément d'objet second (indirect)

> Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux

 

dans quelque bourbier qu'ils se fussent fourrés

♦ quelque... que, locution conjonctive de concession > Quelque... que

fussent subjonctif imparfait

Académie 8e édition, bourbier

Lieu creux et plein de bourbe (fange, boue). S'engager, entrer, tomber dans un bourbier. Se tirer d'un bourbier. Fig. et fam., Se mettre dans un bourbier, S'engager dans une mauvaise affaire. Il s'est mis dans un bourbier d'où il aura peine à se tirer.

 

envoyer sur les roses°, expression familière, se dit cavalièrement à quelqu'un dont on veut se débarrasser.

envoyer paître, envoyer se faire voir, envoyer au diable, aller voir ailleurs si j'y suis,

 

Elle était toujours le contraire de ce à quoi je m'attendais.

Emploi de quoi : pronom neutre interrogatif qui peut avoir pour antécédent ce, rien, quelque chose, autre chose.

Devinez ce à quoi je pense, ce dans quoi je vis, ce avec quoi je travaille, ce dans quoi je m'embourbe, ce sur quoi je marche. Je n'ai rien à quoi me rattacher ni quelque chose à quoi tenir...

 

elle fuyait toutes les questions comme la peste

> Comparaisons – léger comme... méchante comme... long comme... nu comme... sourd comme... solide comme... ronfler comme... sauter comme... battre comme... jurer comme... menteur comme... QUIZ 52

 

mine de rien, sans en avoir l'air.

 

toi... qui exerces ton art dans le dessein de guérir...

> Peut-on dire "dans quel but ? dans le but de... " ?

 

je l'eusse parié

subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel, conditionnel passé.

je l'aurais parié

 

Qu'avais-je donc espéré qu'il fût possible de savoir ?

Fût, subjonctif imparfait

cas où le verbe espérer est suivi du subjonctif > Espérer que - J'espère que, je n'espère pas que, espérez-vous que - Prendre garde que - Inutile que - Prendre garde que, à ce que - Faire attention que, à ce que + subjonctif ou indicatif ?

 

Je me demandais ce qui lui plairait que je pusse faire

-Ce qui, ce que, pronoms interrogatifs dans l’interrogation indirecte, jouent le rôle de locutions pronominales interrogatives :

Interrogation directe : Qu'est-ce qui te plaira ?

indirecte :Je demande ce qui te plaira.

au passé : je me demandais ce qui te plairait.

De même avec ce que

Que dit-elle ? Je ne sais pas ce qu'elle dit - Je ne savais pas ce qu'elle disait.

-Pronoms relatifs sans antécédent : Je ne pouvais pas lui dire : « Ce qui m'est odieux, Marie, c'est ton hypocrisie. » la relative ce qui m'est odieux est sujet réel de est dans c'est ton hypocrisie.

Elle est odieuse, ce qui me rend nerveuse - Dans ce cas ce qui remplace la proposition précédente, il est sujet de rend.

Ce que tu me demandes est inadmissible. Ce que est complément d'objet direct de demandes.

 

Peut-être tarderai-je encore longtemps de les connaître.

Tarder de ou tarder à

tarder de, littéraire.

> Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

 

quelque chose qui pût me satisfaire

subjonctif dans une proposition subordonnée relative contenant une idée de conséquence

 

Qui diable y eût cru ?

Qui diable aurait cru à un quelconque réconfort ?

 

Je dus me contenter d'avaler une écoeurante ripopée

Littré, ripopée :

Terme familier et de mépris. 1-Mélange que les cabaretiers font des différents restes de vin. Ce n'est que de la ripopée. 2-Mélange de différentes sauces, de différentes liqueurs. Quelle ripopée faites-vous là ? 3-Fig. et familièrement. Ouvrage, écrit composé d'idées communes, incohérentes, etc.

 

Mon hôte

♦ une hôte ou une hôtesse, celle qui reçoit.

Une hôte, celle qui est reçue.

♦ mon au lieu de ma pour éviter l'hiatus, le h de hôte étant muet.

> L'euphonie - Emploi des lettres euphoniques pour éviter l'hiatus – Vas-y ET Va y comprendre quelque chose ! – Va-t'en OU Va-t-en ?

> La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction 

 

Avoir les yeux bordés d'écarlate°

Locution vieillie, avoir les yeux rouges, enflammés.

 

Chanter la palinodie°, locution, au sens figuré, désavouer ce qu'on a dit auparavant.

Rappelle-toi, lecteur, toi qui suis les aventures d'Oli depuis si longtemps, Marie Cratère aime Oli, elle l'aime avec passion, quoiqu'elle lui fasse subir continûment des vexations et des mauvais traitements.

 

Je n'eusse point connu Marie, elle m'eût donné sur les nerfs°.

Si je n'avais pas connu Marie, elle m'aurait porté sur les nerfs.

Donner sur les nerfs (à quelqu'un)°, expression familière, l'irriter.

♦ Je n'eusse point connu Marie, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé > je n'aurais point connu Marie...

 

je tâchais à rester patiente

♦ noter la préposition, tâcher à + infinitif (littéraire et vieilli)

> je m'efforcerai à rester patiente

Plus couramment tâcher de

♦ autre sens de tâcher, s'occuper.

> Verbes qui se construisent avec les prépositions à ou de suivies d'un infinitif

 

Prétatou s'était livré sans mesure aux ébattements

ébattement, action de s'ébattre pour manifester sa gaieté.

 

Qu'entends-je que ton cador murmure ?

cador, mot qui vient de l'arabe > argot pour chien

Ni l'Académie ni le Trésor n'admettent le mot.

 

Elle aurait bien voulu donner du balai° mais elle doutait que je fusse restée chez elle si d'aventure elle s'en fût prise à mon chien.

♦ donner du balai° s'en débarrasser

♦ elle doutait que je fusse restée

> Douter que, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que... Je me doute que, il ne se doute pas que... + indicatif ou subjonctif ?

♦ si elle s'en fût prise à mon chien

Cf. Académie (8e édit.) S'en prendre à quelqu'un, Lui attribuer quelque faute, vouloir l'en rendre responsable, lui en donner le tort. On s'en prend à moi, comme si j'étais pour quelque chose dans cette affaire.

> les modes employés après la conjonction de subordination si

Si + indicatif, subjonctif, quel mode choisir ?

 

> À savoir : le conditionnel n'est plus considéré comme un mode, ses temps font partie de l'indicatif.

Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur antérieur du passé - Le futur antérieur hypothétique

 

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et Marie Cratère de la jouissance inespérée qu'elle avait eue à me porter secours — elle croyait à présent que la gratitude que j'aurais pour elle ferait de moi son esclave — que je saisis l'occasion de lui demander pourquoi elle s'était donné la mission de venir au secours de ses semblables, dans quelque bourbier qu'ils se fussent fourrés.

Mais elle fuyait toutes les questions comme la peste et m'envoya sur les roses° comme tu viens de l'entendre, cher lecteur.

Elle était toujours le contraire de ce à quoi je m'attendais.

J'insistai avec toute la douceur dont je fus capable, sachant bien qu'elle ne pouvait être insensible aux flatteries qu'elle prendrait forcément pour des compliments. Mine de rien, n'en était-elle pas friande ? Je l'eusse parié.

 

« Marie, j'ai vu, dans la forêt, des pauvres gens, hagards et terrorisés, qui s'enfuyaient et se cachaient ; toi qui es sensible à la détresse humaine, et qui exerces ton art dans le dessein de guérir toutes les maladies de tes semblables, dis-moi Marie, dis-moi pourquoi ils se dérobaient ainsi aux yeux du monde, pourquoi ils ont quitté leur cité pour cette forêt inhospitalière, et pourquoi ils se terrent dans des trous.

—Mes semblables ! Tu as dit mes semblables, ricana-t-elle. Ma pauvre fille, tu ne sais pas de quoi tu parles ! »

 

Qu'avais-je donc espéré qu'il fût possible de savoir ? Après l'aide si précieuse que m'avait apportée Marie Cratère, je crus que nos relations seraient au beau fixe, quelque temps pour le moins. Ne l'avais-je pas comblée en m'efforçant de lui être agréable et en accédant à ses désirs ? Et voilà qu'à cet instant, elle me tenait des propos qui m'ôtaient tout espoir de recevoir des réponses claires sur les sujets qui me tenaient à coeur. Peut-être tarderai-je encore longtemps de les connaître.

L'ardeur que j'avais mise à lui obéir aurait-elle jamais aucun effet sur son coeur ? Je me demandais ce qui lui plairait que je pusse faire pour la fléchir un jour, et combien il me faudrait attendre encore pour arracher d'elle quelque chose qui pût me satisfaire.

 

Pour tout réconfort — qui diable l'eût cru ? — je dus me contenter d'avaler une écoeurante ripopée. Je n'osai en laisser la moindre goutte de peur de froisser mon hôte. Après avoir sauvé ma vie, la vieille Marie ne me ménageait guère et me faisait bien sentir que rien, entre nous n'avait changé.

Elle ne m'approuvait pas mais il n'était point l'heure pour elle de me chanter la palinodie°. Elle resta longtemps silencieuse, m'observant de ses petits yeux bordés d'écarlate. Je n'eusse point connu Marie, elle m'eût donné sur les nerfs°. Mais je tâchais à rester patiente.

 

Prétatou, après s'être senti bien inutile de n'avoir pu me porter secours, s'était livré sans mesure aux ébattements quand il m'avait vue saine et sauve. Sa joie fut de courte durée. Il miaula, pour faire diversion, l'atmosphère s'appesantissant de minute en minute.

« Qu'entends-je que ton cador murmure ? Ose-t-il s'immiscer dans nos affaires ? » rugit la vieille qui déversa sur lui son humeur querelleuse.

Elle aurait bien voulu donner du balai° mais elle doutait que je fusse restée chez elle, si d'aventure elle s'en fût prise à mon chien.

......................................................

*Titre : Le soleil est nouveau chaque jour. Aristote, Météorologiques

 

NOTES

Titre : les agissements ambigus de Marie Cratère

au singulier, ambigu, ambiguë (féminin, ambiguë d'après la nouvelle orthographe)

ambigu, flou, équivoque, qui peut avoir plusieurs interprétations.

adverbe, ambigument.

 

Voudrais-tu que mon âge, avant le temps, par tes questions s'envieillisse ?

Envieillir, s'envieillir, envieilli

Littré

♦ envieillir 1 devenir vieux 2 faire paraître vieux

♦ s'envieillir, Devenir vieux. Mon âge, avant le temps, par mes maux s'envieillit. [Régnier, Élégies]

♦ envieilli, 1 devenu vieux

2 Fig. Qui a contracté par le long temps quelque habitude bonne ou mauvaise. Les pécheurs les plus envieillis. [Pascal, Les provinciales]

3 invétéré, en parlant des choses. Une haine envieillie en un coeur déloyal. [Tristan, La Mort de Chrispe]

 

À peine avais-je eu le temps de me remettre

inversion fréquente du sujet après les locutions à peine, ainsi, aussi, peut-être...

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

la jouissance inespérée qu'elle avait eue à me porter secours — Elle croyait à présent... —

♦ le participe passé eue s'accorde avec le complément d'objet direct que (antécédent mis pour jouissance) puisqu'il est placé avant lui.

> Règles de l'accord des participes passés

♦ le rôle du tiret dans une phrase ; doit-il être double ?

> Ne pas confondre : trait d'union et tiret

 

pourquoi elle s'était donné la mission de venir porter secours à ses semblables

pas d'accord avec le participe passé donné ; le complément d'objet direct la mission se trouve après le participe du verbe pronominal se donner ; le pronom réfléchi élidé S' (SE) est complément d'objet second (indirect)

> Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux

 

dans quelque bourbier qu'ils se fussent fourrés

♦ quelque... que, locution conjonctive de concession > Quelque... que

fussent subjonctif imparfait

Académie 8e édition, bourbier

Lieu creux et plein de bourbe (fange, boue). S'engager, entrer, tomber dans un bourbier. Se tirer d'un bourbier. Fig. et fam., Se mettre dans un bourbier, S'engager dans une mauvaise affaire. Il s'est mis dans un bourbier d'où il aura peine à se tirer.

 

envoyer sur les roses°, expression familière, se dit cavalièrement à quelqu'un dont on veut se débarrasser.

envoyer paître, envoyer se faire voir, envoyer au diable, aller voir ailleurs si j'y suis,

 

Elle était toujours le contraire de ce à quoi je m'attendais.

Emploi de quoi : pronom neutre interrogatif qui peut avoir pour antécédent ce, rien, quelque chose, autre chose.

Devinez ce à quoi je pense, ce dans quoi je vis, ce avec quoi je travaille, ce dans quoi je m'embourbe, ce sur quoi je marche. Je n'ai rien à quoi me rattacher ni quelque chose à quoi tenir...

 

elle fuyait toutes les questions comme la peste

> Comparaisons – léger comme... méchante comme... long comme... nu comme... sourd comme... solide comme... ronfler comme... sauter comme... battre comme... jurer comme... menteur comme... QUIZ 52

 

mine de rien, sans en avoir l'air.

 

toi... qui exerces ton art dans le dessein de guérir...

> Peut-on dire "dans quel but ? dans le but de... " ?

 

je l'eusse parié

subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel, conditionnel passé.

je l'aurais parié

 

Qu'avais-je donc espéré qu'il fût possible de savoir ?

Fût, subjonctif imparfait

cas où le verbe espérer est suivi du subjonctif > Espérer que - J'espère que, je n'espère pas que, espérez-vous que - Prendre garde que - Inutile que - Prendre garde que, à ce que - Faire attention que, à ce que + subjonctif ou indicatif ?

 

Je me demandais ce qui lui plairait que je pusse faire

-Ce qui, ce que, pronoms interrogatifs dans l’interrogation indirecte, jouent le rôle de locutions pronominales interrogatives :

Interrogation directe : Qu'est-ce qui te plaira ?

indirecte :Je demande ce qui te plaira.

au passé : je me demandais ce qui te plairait.

De même avec ce que

Que dit-elle ? Je ne sais pas ce qu'elle dit - Je ne savais pas ce qu'elle disait.

-Pronoms relatifs sans antécédent : Je ne pouvais pas lui dire : « Ce qui m'est odieux, Marie, c'est ton hypocrisie. » la relative ce qui m'est odieux est sujet réel de est dans c'est ton hypocrisie.

Elle est odieuse, ce qui me rend nerveuse - Dans ce cas ce qui remplace la proposition précédente, il est sujet de rend.

Ce que tu me demandes est inadmissible. Ce que est complément d'objet direct de demandes.

 

Peut-être tarderai-je encore longtemps de les connaître.

Tarder de ou tarder à

tarder de, littéraire.

> Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

 

quelque chose qui pût me satisfaire

subjonctif dans une proposition subordonnée relative contenant une idée de conséquence

 

Qui diable y eût cru ?

Qui diable aurait cru à un quelconque réconfort ?

 

Je dus me contenter d'avaler une écoeurante ripopée

Littré, ripopée :

Terme familier et de mépris. 1-Mélange que les cabaretiers font des différents restes de vin. Ce n'est que de la ripopée. 2-Mélange de différentes sauces, de différentes liqueurs. Quelle ripopée faites-vous là ? 3-Fig. et familièrement. Ouvrage, écrit composé d'idées communes, incohérentes, etc.

 

Mon hôte

♦ une hôte ou une hôtesse, celle qui reçoit.

Une hôte, celle qui est reçue.

♦ mon au lieu de ma pour éviter l'hiatus, le h de hôte étant muet.

> L'euphonie - Emploi des lettres euphoniques pour éviter l'hiatus – Vas-y ET Va y comprendre quelque chose ! – Va-t'en OU Va-t-en ?

> La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction 

 

Avoir les yeux bordés d'écarlate°

Locution vieillie, avoir les yeux rouges, enflammés.

 

Chanter la palinodie°, locution, au sens figuré, désavouer ce qu'on a dit auparavant.

Rappelle-toi, lecteur, toi qui suis les aventures d'Oli depuis si longtemps, Marie Cratère aime Oli, elle l'aime avec passion, quoiqu'elle lui fasse subir continûment des vexations et des mauvais traitements.

 

Je n'eusse point connu Marie, elle m'eût donné sur les nerfs°.

Si je n'avais pas connu Marie, elle m'aurait porté sur les nerfs.

Donner sur les nerfs (à quelqu'un)°, expression familière, l'irriter.

♦ Je n'eusse point connu Marie, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé > je n'aurais point connu Marie...

 

je tâchais à rester patiente

♦ noter la préposition, tâcher à + infinitif (littéraire et vieilli)

> je m'efforcerai à rester patiente

Plus couramment tâcher de

♦ autre sens de tâcher, s'occuper.

> Verbes qui se construisent avec les prépositions à ou de suivies d'un infinitif

 

Prétatou s'était livré sans mesure aux ébattements

ébattement, action de s'ébattre pour manifester sa gaieté.

 

Qu'entends-je que ton cador murmure ?

cador, mot qui vient de l'arabe > argot pour chien

Ni l'Académie ni le Trésor n'admettent le mot.

 

Elle aurait bien voulu donner du balai° mais elle doutait que je fusse restée chez elle si d'aventure elle s'en fût prise à mon chien.

♦ donner du balai° s'en débarrasser

♦ elle doutait que je fusse restée

> Douter que, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que... Je me doute que, il ne se doute pas que... + indicatif ou subjonctif ?

♦ si elle s'en fût prise à mon chien

Cf. Académie (8e édit.) S'en prendre à quelqu'un, Lui attribuer quelque faute, vouloir l'en rendre responsable, lui en donner le tort. On s'en prend à moi, comme si j'étais pour quelque chose dans cette affaire.

> les modes employés après la conjonction de subordination si

Si + indicatif, subjonctif, quel mode choisir ?

 

> À savoir : le conditionnel n'est plus considéré comme un mode, ses temps font partie de l'indicatif.

Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur antérieur du passé - Le futur antérieur hypothétique

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 07:50

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FLORILÈGE – Textes d'auteurs

 

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII   IIIIIIIIIIIIIIII

 

-26- 

 

Pensées - Le Pari

 

Blaise Pascal

1623-1662

Philosophe, moraliste, théologien,

mathématicien, physicien, inventeur.

 

 

Pascal ne se pose pas la question de savoir si Dieu existe ou s'il n'existe pas. Pour lui, il n'y a aucun doute, Dieu existe. Il s'agit ici, non pas de nous convaincre de l'existence de Dieu mais de nous amener à réfléchir s'il n'est pas de notre intérêt de miser sur son existence.

Dans le pari qu'il nous propose de faire, il essaie de démontrer que même si nous ne croyons pas en Dieu, cela vaut la peine de parier que Dieu existe. Car, si nous parions qu'il existe, et qu'il existe, nous gagnons la vie éternelle, c'est-à-dire "une infinité de vies infiniment heureuses". Si nous parions qu'il n'existe pas, et qu'il existe, nous avons gros, très gros à perdre ! Et notre vie présente est "si peu de chose et de si peu de durée" que la mise ne pèse pas beaucoup dans la balance.
 

Pensées de Pascal - extraits

Tome II

Pages 9-10

En un mot, l'homme connaît qu'il est misérable. Il est misérable puisqu'il le connaît ; mais il est bien grand puisqu'il connaît qu'il est misérable.

Quelle chimère est-ce donc que l'homme ! Quelle nouveauté, quel chaos, quel sujet de contradiction ! Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, amas d'incertitude ; gloire et rebut de l'univers ; s'il se vante, je l'abaisse ; s'il s'abaisse, je le vante ; et le contredis toujours jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompréhensible.

Pages 24-26 LE PARI

B-[...] On peut bien connaître qu'il y a un Dieu, sans savoir ce qu'il est : et vous ne devez pas conclure qu'il n'y a point de Dieu, de ce que nous ne connaissons pas parfaitement sa nature. [...]

A-[...] Cependant il est certain que Dieu est ou qu'il n'est pas ; il n'y a point de milieu. Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison, dites-vous, ne peut rien y déterminer. Il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu, à cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile : que gagerez-vous ? Par raison vous ne pouvez assurer ni l’un ni l’autre ; par raison vous ne pouvez nier aucun des deux.

B-Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont fait un choix, car vous ne savez pas s'ils ont tort, et s'ils ont mal choisi.

A- Je les blâmerai d’avoir fait, non ce choix, mais un choix ; et celui qui prend croix, et celui qui prend pile, ont tous deux tort ; le juste est de ne point parier.

B- Oui mais il faut parier : cela n'est point volontaire ; vous êtes embarqué, et ne point parier, c'est parier que Dieu n'est pas. Lequel choisirez-vous donc ? Voyons ce qui vous intéresse le moins : vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien ; et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude, et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Parions donc qu'il est, sans hésiter. Votre raison n’est pas plus blessée en choisissant l’un que l’autre ; puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé ; mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte : en prenant le parti de croire ; si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Croyez donc si vous le pouvez.

A- Cela est admirable ; oui, il faut croire ; mais je hasarde peut-être trop.

B- Voyons puisqu'il y a pareil hasard de gain ou de perte, quand vous n'auriez que deux vies à gagner pour une, vous pourriez encore gager. Et s'il y en avait dix à gagner, vous seriez imprudent de ne pas hasarder votre vie pour en gagner dix à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain. Mais il y a ici une infinité de vies infiniment heureuses à gagner avec pareil hasard de perte et de gain ; et ce que vous jouez est si peu de chose et de si peu de durée, qu'il y a de la folie à le ménager en cette occasion.

Car il ne sert de rien de dire qu'il est incertain si on gagnera, et qu'il est certain qu'on hasarde ; et que l'infinie distance qui est entre la certitude de ce que l'on expose et l'incertitude de ce que l'on gagnera égale le bien fini, qu'on expose certainement à l'infini qui est incertain.

 

Voir la suite page 26 : >> Pensées- Blaise Pascal- Google Livres - Google Books (tome 2)

 

Remarque 1 : On trouve sur la toile plusieurs versions du Pari de Pascal. Les présentations du texte sont différentes de celle que je donne ici. C'est le texte de l'Édition d'Antoine Auguste Renouard, les textes publiés précédemment avaient été mutilés. Voir la préface qu'il signe en 1812 dans le Tome I.

> Pensées- Blaise Pascal- Google Books (tome 1)

 

Remarque 2 : J'ai pris la liberté de modifier la graphie de quelques mots :

vidé > vuidé

connaître > connoitre,

connaissons > connoisssons

connaissance > connoissance...

 

Remarque 3 : Pascal emploie le verbe gager qui signifie parier.

Attention : J'ai lu dans certains textes sur la toile le verbe gagner au lieu de gager, ce qui est une mélecture et une mauvaise copie du texte.

 

 

oooooooooooooooooooooooooooooooooo

 

Arnobe (240?-304?), était un écrivain de langue latine qui enseigna la rhétorique en Afrique du Nord. Après avoir longtemps combattu la religion chrétienne, il se convertit et il écrivit un ouvrage contre les gentils* : De Adeversus nationes.

*Les auteurs chrétiens appelaient les païens les gentils

Montaigne, Bossuet, La Fontaine se sont inspirés de lui ; et Pascal, comme en témoigne le texte qui suit.

Arnobe s'adresse ici aux gentils et leur propose un pari.

 

Voici, bien avant Pascal, le pari d'Arnobe. 

Le Christ n'apporte lui-même aucune preuve de ses promesses, dites-vous. Certes, les événements à venir ne peuvent être prouvés. Mais du fait que, par nature, l'avenir ne se laisse appréhender ni embrasser par aucune prévision, y a-t-il meilleur choix, entre deux possibilités incertaines et prochaines, que de croire plutôt en celle qui apporte quelque espoir qu'en celle qui n'en laisse pas subsister un seul ? Dans le premier cas, on n'a rien à redouter si ce que l'on attend n'aboutit qu'au néant. Dans le second, on subit un immense dommage, la perte du salut, si, le moment venu, il apparaît que ce n'était pas mensonge.

Que pouvez-vous répondre, ignorants dignes de nos pleurs et de notre pitié ? Ne vous terrifie-t-elle pas, l'idée que l'objet de votre mépris et de votre dérision puisse être vrai ?

 

Pour lire d'autres textes >>> Florilège – La pensée des autres

 

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 18:27

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Mon travail dans le drôle de logis de Marie Cratère étant terminé, je m'apprêtai à prendre quelque repos. Je savais que le banc de pierre scellé contre le pignon de la maison était tout disposé à m'accueillir.

En sortant, je remarquai qu'une niche avait été aménagée, très haut, dans l'arête du mur, et qu'on y avait installé, en des temps très anciens, une statue de granit. On pouvait deviner qu'elle représentait un chevalier debout, tout armé, avec son heaume, son armure, sa lance et son écu. Les intempéries, insensibles à toute forme artistique, en avaient rongé les détails, sans pour autant retirer, à cette noble figure, son allure altière.

Ce qui m'intrigua ne fut pas qu'elle se trouvât là, tant s'en faut, la maison avec ses caractères étranges ne me déconcertait plus guère, mais le socle, qui retenait le noble personnage afin qu'il restât vertical, s'était émoussé au fil du temps, de sorte que la statue penchait, et qu'elle penchait dangereusement, au risque de ne plus se maintenir.

Ce que voyant, je décidai, sans bien réfléchir je l'avoue, et avec toute la témérité dont tu me sais capable, fidèle lecteur, de sauver ce digne objet et de le rétablir dans sa majestueuse verticalité.

On peut être surpris de ce que je commets parfois des imprudences.

Ayant grimpé sur le banc qui n'était destiné qu'à recevoir mon séant, je me hissai donc sur la pointe des pieds et étendis les bras pour me saisir du preux. Bien qu'il fût très lourd, je le sentis bouger, instable, entre mes mains, mais je n'étais pas assez forte, dans cette position pour le moins inconfortable, pour le rétablir comme je l'aurais voulu, et si, à cet instant, je l'avais lâché, j'ose à peine imaginer ce qui serait advenu de lui... et de moi.

Plût à Dieu que j'eusse alors assez de force pour parvenir à mes fins !

 

Une petite goutte au bout de mon nez vint à me chatouiller. Mais j'avais les deux mains prises, bien occupées qu'elles étaient à retenir fermement la statue branlante et il n'était pas dans mon intention de la laisser choir, d'autant que j'étais de plus en plus certaine qu'elle me serait tombée dessus si d'aventure j'avais cessé de la tenir. La sensation que j'éprouvais au bout de mon nez était si vive que je me demandais comment il se faisait qu'une goutte aussi petite arrivât à ce point à capter toute mon attention. Mon esprit se révolta. L'idée même que cette infime goutte devînt le centre d'une unique préoccupation — à savoir que ce chatouillement dût cesser promptement — m'empêchait de me concentrer sur l'activité commencée. Et l'alternative qui se présentait à moi ne me donnait pas un choix véritable. Soit que je continuasse à essayer de remettre la statue en place en supportant l'insupportable chatouillis, soit qu'il me fallût me gratter d'urgence le bout du nez, et dans ce cas, j'allais tout lâcher et recevoir l'indocile objet sur la tête ; tout me sembla sans issue. J'imaginai alors avec effroi que ma vie, à coup sûr, pourrait être en un instant différente de celle que j'avais eue jusqu'aujourd'hui. Mais voilà que la démangeaison arriva à son comble. Qu'elle en vînt à subjuguer ma pensée m'étonna au plus haut point. Que mon corps tout entier fût dominé par une goutte minuscule me mit dans une colère noire. Tous mes efforts tendaient à m'obliger à rester calme, autant que je le pouvais, dans ce moment qui était, croyez-moi, je vous l'assure, un vrai moment de torture. Mon attention était captive, avec tant d'acuité, de ce petit rien, ou, pour le moins, de l'effet qu'il produisait sur ma personne que j'étais bien incapable de réfléchir à la façon la plus rapide de remettre sur pied la statue qui, comme mue d'une vie propre, commençait à trembler dans mes mains, lesquelles étaient prises soudain d'un trouble nerveux contre quoi je me sentis bien impuissante. Elle oscillait dangereusement, elle tanguait comme sur un bateau ivre dans la tempête, et ce tremblement s'accélérait sans que j'y pusse rien et je voyais approcher avec effroi l'instant où tout basculerait. Mes pieds, haussés sur leurs pointes menaçaient de lâcher ; mes mains s'engourdissaient. La goutte perla. Une violente envie de pleurer me prit par surprise et je mesurai à quel point mon imagination exacerbée me fit me représenter déjà tombée sur le sol, la tête broyée par l'impitoyable chevalier.

La pensée de la mort imminente me traversa, fulgurante. Et je songeai en un éclair que cette mort, qui allait survenir, me priverait irrémédiablement de la possibilité de découvrir tout ce que je voulais savoir du monde où je vivais.

Au moment ultime où aucune solution salvatrice ne semblait d'offrir à moi, je sentis les deux bras secourables de Marie Cratère qui venait à point nommé de se hisser à côté de moi. J'en vins presque à croire au miracle. J'eus tout juste le temps de m'étonner de la voir tout à coup plus grande qu'elle me fût jamais apparue. Elle se saisit vigoureusement de la statue près de tomber et la cala autoritairement dans sa position originelle, telle qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être.

Et je pus, sitôt que je fus sauvée, me gratter le nez.

...................................................

 

NOTES

je m'apprêtai à prendre quelque repos

passé simple, le temps du récit.

 

Le banc de pierre, scellé contre le pignon de la maison était tout disposé à m'accueillir.

♦ Le banc de pierre était tout disposé à m'accueillir 

Une figure de style, LA PERSONNIFICATION. 

Aussi dans > Les intempéries, insensibles à toute forme artistique...

Le pignon (de la maison)

Cf. Littré - Terme d'architecture. La partie des murs qui s'élève en triangle et sur laquelle porte l'extrémité de la couverture. J'habitais au milieu des hauts pignons flamands. [Victor Hugo, Les Contemplations V, 8]

Avoir pignon sur rue signifiait autrefois avoir une maison dont le pignon donne sur la rue. Aujourd'hui, être fortuné, être reconnu dans une activité particulière.

 

une statue de granit, ou de granite.

Le granit est une roche éruptive, cristalline, dure et d'aspect granuleux.

 

un chevalier avec son heaume, son armure, sa lance et son écu

le heaume, casque du Moyen Âge qui enveloppait la tête et auquel on avait pratiqué des ouvertures pour les yeux.

L'écu, le bouclier du chevalier.

 

son allure altière, d'une fierté hautaine.

 

Ce qui m'intrigua ne fut pas qu'il se trouvât là, tant s'en faut

♦ trouvât, subjonctif imparfait.

> Valeurs et emplois du subjonctif

♦ tant s'en faut, loin de là.

À noter : l'expression Loin s'en faut est fautive.

 

au risque de ne plus se maintenir

se maintenir peut s'employer sans complément prépositionnel.

au risque de ne plus se maintenir dans sa position première, de bout...

 

Ce que voyant,...

en voyant cela.

survivance qu'une syntaxe ancienne : ce que suivi d'un participe présent.

Ce qu'entendant,... est plus rare.

 

On peut être surpris de ce que je commets parfois des imprudences.

Ou bien

♦ On peut être surpris que je commette parfois des imprudences

> Cf. Littré - Surpris dans le sens de étonné, régit l'indicatif après de ce que : Vous êtes surpris de ce qu'il ne vient pas. Mais après que, il régit le subjonctif : Vous êtes surpris qu'il ne vienne pas.

 

mon séant, mon fessier, mon derrière.

 

Bien qu'il fût très lourd, je le sentis bouger

fût subjonctif imparfait

> Bien que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ? 

 

ce qui serait advenu de moi

advenir, dans la langue courante, se produire comme d'une chose possible.

 

Plût à Dieu qu'il me donnât assez de force pour tenir !

Tournure qui exprime un souhait, subjonctif optatif.

Plût à Dieu..., subjonctif imparfait

Plaise à Dieu..., subjonctif présent

 

La maison ne me déconcertait plus guère

ne... plus guère,

synonyme, ne... plus beaucoup.

 

Une petite goutte au bout de mon nez vint à me chatouiller.

Venir à, suivi d'un infinitif, signifie que le fait est inattendu ou qu'il est arrivé à son aboutissement : en venir à.

> j'en vins presque à croire au miracle.

 

Mais j'avais les deux mains prises, bien occupées qu'elles étaient à retenir la statue branlante

occupées, attribut de elles

 

soit que je continuasse à essayer... soit qu'il me fallût me gratter...

la locution conjonctive marque l'alternative

> Soit que... soit que - subjonctif

 

en supportant l'insupportable

Une figure de style, LE POLYPTOTE est la répétition d'un même mot revêtant différentes formes grammaticales dans une même phrase.

 

Qu'elle en vînt à subjuguer ma pensée m'étonna au plus haut point.

subjuguer, soumettre par la force.

vînt subjonctif dans une propostion introduite par que en tête de phrase. Même chose pour la phrase suivante.

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

celle que j'avais eue jusqu'aujourd'hui 

> Jusque, jusqu'à, jusqu'hier, jusques, jusques et y compris, jusques à quand, jusqu'à ce que...

 

une colère noire

> Jeux sur les couleurs : Complétez les phrases avec des noms de couleurs

 

ce tremblement s'accélérait sans que j'y pusse rien

sans que j'y pusse quelque chose.

Pas de ne négatif ni de ne explétif.

> Sans que

> NE explétif - Quand peut-on l'employer ? - sans que je ne - avant que je ne - je crains que tu ne - j'empêche que tu ne - je m'attends à ce que tu ne - je ne nie pas que tu ne...

et > Rien.

 

la voir tout à coup plus grande qu'elle me fût jamais apparue

> Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques... + Adverbes et locutions adverbiales de temps

 

la statue près de tomber

> Ne pas confondre : près de, prêt à 

 

Et je pus, sitôt qu'elle m'eut sauvée, me gratter le nez.

♦ sitôt que (langue soutenue), aussitôt que, après que,

♦ eut sauvée, passé antérieur.

Ne pas confondre passé antérieur et subjonctif plus-que-parfait

> Passé simple ou subjonctif imparfait ? Passé antérieur, subjonctif plus-que-parfait ou conditionnel passé ? QUIZ 29

locutions conjonctives de temps suivies de l'indicatif.

Voir Sitôt que simultanéité, antériorité

♦ elle m'eut sauvée, le participe passé conjugué avec avoir s'accorde avec le complément d'objet direct me ( féminin) placé avant lui.

> Règles de l'accord des participes passés

 

SURPRIS ou ÉTONNÉ

Le célèbre lexicographe français Émile Littré avait l'habitude de travailler de longues heures dans son cabinet, ou personne n'osait le déranger. Mais un jour, son épouse, qui avait une affaire urgente à discuter avec lui, monta quand même au cabinet de M. Littré pour lui parler. Elle ouvrit la porte, entra - et trouva son mari avec la bonne !

Monsieur, je suis surprise ! s'écria la bonne dame, bouche bée.

Non, madame, lui répondit le grand lexicographe, sans pourtant tourner la tête – c'est moi qui suis surpris ; vous, vous êtes étonnée !

Pour un vrai lexicographe la distinction de sens reste, comme on le voit, le point central dans n'importe quelle situation.

Note : Il y a beau temps que je connais cette anecdote pour l'avoir inscrite dans mes petits carnets. Malheureusement j'ai omis d'en écrire le nom de l'auteur et je ne m'en souviens plus.

J'ai retrouvé ce texte sur la toile, mais sans le nom de son auteur, dans le Dictionnaire explicatif et combinatoire du français contemporain: ... - Volume 4 - Page ix - Résultats Google Recherche de Livres

books.google.fr/books?isbn=2760617386

Igorʹ Aleksandrovič Melʹčuk, Igor A. Mel'cuk, Nadia Arbatchewsky-Jumarie

Étonnant, non !

 

>> 161 Délires où ma joie demeure*

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 16:30

Les poèmes de mamiehiou

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Rien qu'un avertissement : Ceci n'est presque rien et n'a rien d'un poème.

  ................. 

 

 

RIEN

.

mais alors, rien du tout.

 

rien de rien.

 

Que dalle !*

 

Fifre ! Nib !

 

Mais si, un tout petit rien.

 

Tout petit petit.

 

Mais vraiment petit, alors.

Et ce n'est pas rien.

 

Une vétille,

une babiole,

une broutille,

une bricole,

une broquille,

une misère,

une poussière.

 

Mais que pourrai-je donc faire avec rien ?

Et même avec un tout petit rien ?

Pas grand-chose ! 

 

Votre indifférence ne diminue en rien

les sentiments qui sont les miens

et qui durent.

 

Impossible d'en rien conclure.

 

Je doute que vous ayez rien compris.

Vous vous gardez bien d'en rien dire

et d'en rien faire aussi.

Mais je ne vous empêcherai point d'en rien penser.

 

Je ne veux voir rien d'autre que vous...

 

Même si je vous aimais plus que rien au monde,

vous me verriez impuissante à rien tenter.

Que rien de vous ne me morfonde !

Je tremble rien qu'à y penser...

Non, non, ce n'est rien.

Pour peu qu'il vous en chaille !

Rien qui la peine vaille.

 

On n'a rien sans rien,

me dis-je.

Il suffirait d'un rien

qui vous oblige,

vous sauriez tout en un rien de temps !


Vous refusez-vous d'en rien croire ?

Vous n'entendez rien à rien ! 

Voire !

 

Vous dites que je suis une moins que rien

et rien moins qu'une bonne à rien.

 

Vous dites que je n'ai rien pour moi,

  aussi que je suis un rien moche.

que je n'ai rien,

ne vis de rien.

Rien dans les mains, rien dans les poches !

 

Loin d'en rien soupçonner

— et je n'en pense pas moins —

je ne dirai rien,

rien qui puisse vous déplaire.

 

D'en rien attendre je désespère.

 

Je ne vous suis de rien

et je ne vous suis rien.

Quelle affaire !

 

L'inaptitude à rien comprendre,

cela ne vous dit rien ?

Vraiment rien ?

 

Et je vis avec mes petits riens,

pas moins patiente que si de rien n'était,

et gentille aussi.

Ma tristesse, c'est trois fois rien.

 

Quoi ?

Vous n'y êtes pour rien ?

 

Je ne suis rien moins que moi-même.

Je n'y peux rien.

Je vous aime.

 

 

Notes

Que dalle ou que dal - fifre - nib : argot > rien.

 

Je doute que vous ayez rien compris.

> Je suis bien sûre que vous avez compris quelque chose.

Douter que, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que... Je me doute que, il ne se doute pas que... + indicatif ou subjonctif ?

 

Pour peu qu'il vous en chaille. Cf Anatole France

du verbe chaloir

Pour peu que cela ait quelque importance pour vous.

>>Les verbes défectifs

 

à lire sur Le Trésor de la Langue Française 

 >> RIEN, pronom indéfini

  pour y retrouver les diverses acceptions de rien et les tournures syntaxiques.

 

Champ lexical - Champ sémantique - Niveau de langue - Registre de langue - style soutenu, courant, familier, populaire, argotique, ou vulgaire - Archaïsmes

 

Les poèmes de mamiehiou

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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