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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 10:03

 

La synonymie - Dictionnaire de l'Académie 8e édition

Caractère de ce qui est synonyme.

La synonymie des deux mots Courroux et colère.

Il se dit aussi d'une Figure de rhétorique qui exprime la même chose par des synonymes.

Il désigne, en termes d'Histoire naturelle et de Botanique, le Rapprochement, la concordance des divers noms qui ont été donnés à un même animal, à une même plante. Synonymie exacte, complète.

 

Les synonymes appartiennent à la même classe grammaticale (substantifs, infinitifs, adjectifs, adverbes, prépositions, conjonctions de coordination ou de subordination, etc.) et ils sont de sens proche.

Il est extrêmement rare de trouver des synonymes qui ont exactement le même sens (synonymes absolus, complets, parfaits) c'est-à-dire qu'ils puissent s'employer indifféremment dans tous les contextes. Les synonymes, le plus souvent, s'emploient dans des contextes différents car chacun d'eux a une acception bien spécifique.

La connaissance des nuances des synonymes permet d'affiner sa pensée et d'avoir une expression plus juste.

Le Grevisse nous donne par exemple comme synonymes les adjectifs dénué, dépourvu, dépouillé et privé. S'ils expriment tous une idée de manque, peut-on dire qu'il sont interchangeables ? Non. Chacun a une nuance particulière (quasi-synonymie)

Les voici employés dans des phrases :

 

Cette phrase est dénuée de sens.

Dénué exprime un manque de ce qui convient généralement.

>Une phrase devrait avoir un sens.

Les tyrans sont dépourvus d'humanité.

Dépourvu exprime une insuffisance qui fait que la chose, le sujet, n'est pas dans la norme (ou dans ce que l'on pourrait espérer être la norme).

>Le tyran a ceci de particulier qu'il n'a pas ce qu'ont ou devraient avoir la plupart des hommes : le sentiment d'humanité, c'est-à-dire la bienveillance envers leurs semblables.

Il est devenu un pauvre chômeur, nu et dépouillé.

Dépouillé indique qu'a été enlevé, soustrait, un élément qu'on possédait auparavant.

>Cet homme possédait quelque chose, il ne le possède plus, à cause de sa situation de chômeur.

Ce voleur, bien que privé de ses droits, ne s'amendera jamais.

Privé indique que le sujet n'a plus ce qu'il avait ou n'a pas ce qu'il devrait normalement avoir : quelque chose qu'il a perdu dans une circonstance précise, ou qu'il n'a jamais eu.

>On a enlevé ses droits au voleur parce que, justement, il a volé.

 

Notons qu'on peut trouver d'autres nuances à ces adjectifs.

 

>> SYNONYME Le Trésor de la Langue française

Dans : Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

>> Synonymie (partielle ou eXtrême)de Françoise Labelle 

Dans : SÉMANTIQUE LEXICALE


Quiz

Trouvez, dans les phrases suivantes,

le mot qui convient le plus justement,

choisi parmi ses synonymes.

Les réponses sont à la suite.

 

A - autonome, libre, indépendant, émancipé, affranchi. 

1-Je n'ai que quinze ans. Il a fallu que je sois ...... pour que je puisse me marier. 

2-Les Indépendantistes corses voudraient que leur île soit ...... . 

3-J'ai quitté le domicile de mes parents pour emménager dans un petit studio. Aujourd'hui je me sens ...... mais je dépends financièrement de mes parents, je ne suis pas tout à fait ...... . 

4-C'est quand on m'a ôté les menottes que je me suis senti tout à fait ...... . 

5-Lincoln a oeuvré pour que les esclaves des États-Unis d'Amérique

soient ...... . 

 

A-Réponses proposées ci-dessous

 

V


V

 

 

Peut-être le choix du mot peut-il se discuter dans certains cas. 

A - autonome, libre, indépendant, émancipé, affranchi. 

1-Je n'ai que quinze ans. Il a fallu que je sois émancipé pour que je puisse me marier. 

2-Les Indépendantiste corses voudraient que leur île soit autonome/indépendante. 

3-J'ai quitté le domicile de mes parents pour emménager dans un petit studio. Aujourd'hui je me sens indépendant mais je dépends financièrement de mes parents, je ne suis pas tout à fait autonome. 

4-C'est quand on m'a ôté les menottes que je me suis senti tout à fait libre. 

5-Lincoln a oeuvré pour que les esclaves des États-Unis d'Amérique soient affranchis/émancipés. 

...............................

B – nostalgie, repentir, regret, remords, repentance.

Rétablissez les articles s'il y a lieu. 

6-N'ayez aucun(e) ...... des jours enfuis, mais soyez heureux de les avoir vécus.

7-Je sais que j'ai mal agi et cependant je n'éprouve aucun ...... car il fallait que je le fasse. 

8-Qui n'a aucun ...... ne sera pas pardonné. 

9-Je suis éloigné de ma douce France depuis si longtemps que ...... me ronge. 

10-Le mot ......, vieux mot qui appartient au domaine religieux apparaît aujourd'hui dans le vocabulaire laïque. Les pays colonisateurs doivent-ils faire ...... pour avoir colonisé ? 

11-À quoi sert de vous consumer dans ...... de l'amour impossible ? 

 

B-Réponses proposées ci-dessous

 

 V


V

 

 

 

B – nostalgie, repentir, regret, remords, repentance. 

6-N'ayez aucun regret/aucune nostalgie des jours enfuis, mais soyez heureux de les avoir vécus. 

7-Je sais que j'ai mal agi et cependant je n'éprouve aucun remords/regret car il fallait que je le fasse. 

8-Qui n'a aucun repentir ne sera pas pardonné. 

9-Je suis éloigné de ma douce France depuis si longtemps que la nostalgie me ronge. 

10-Le mot repentance, vieux mot qui appartient au domaine religieux apparaît aujourd'hui dans le vocabulaire laïque. Les pays colonisateurs doivent-ils faire repentance pour avoir colonisé ? 

11-À quoi sert de vous consumer dans la nostalgie de l'amour impossible ?   

...............................

C - raconter, exposer, retracer, décrire, rapporter, dépeindre, narrer.

Écrivez les verbes au temps qu'il convient. 

12-Il ...... ce jour-là ses arguments de façon magistrale. 

13-...... ce paysage tourmenté ne fut pas chose facile. 

14-Je l'interrogeai sur ce qu'il avait vécu. Il me ...... son naufrage en termes choisis. 

15-Pourriez-vous me ...... les différentes étapes de votre réflexion ? 

16-Il me demandera comment étaient ses traits. Je les ......aussi fidèlement que possible.

17-Quand j'étais petite, j'adorais quand on me ...... des histoires et maintenant, j'aime en ....... 

18-J'ai horreur quand tu me demandes de ...... les choses qu'on m'a dites.

 

C-Réponses proposées ci-dessous

 

V


V

 

 

 

C-raconter, exposer, retracer, décrire, rapporter, dépeindre, narrer. 

12-Il exposa ce jour-là ses arguments de façon magistrale. 

13-Décrire ce paysage tourmenté ne fut pas chose facile. 

14-Je l'interrogeai sur ce qu'il avait vécu. Il me narra/ raconta son naufrage en termes choisis. (Narrer appartient au style littéraire) 

15-Pourriez-vous me retracer les différentes étapes de votre réflexion ? 

16-Il me demandera comment étaient ses traits. Je les dépeindrai/ décrirai aussi fidèlement que possible. 

17-Quand j'étais petite, j'adorais quand on me racontait des histoires et maintenant, j'aime en raconter. 

18-J'ai horreur quand tu me demandes de rapporter les choses qu'on m'a dites. 

............................... 

  Retrouvez les trois mots synonymes cachés

dans cette définition du Littré :

 

 

...1... veut dire proprement bonne chance, et, par conséquent, il (ou elle) exprime l'ensemble des circonstances, des conditions favorables qui font que nous sommes bien. Il (ou elle) a donc un caractère extérieur, objectif, qui en fait la nuance avec ...2... .

Le (ou la) ...2... n'est point lié(e) à ces conditions du dehors ; il (ou elle) est plus propre à l'âme même ; aussi on ne dira pas : le (ou la)...2... que les richesses procurent ; mais on dira : le (ou la) ...1... qu'elles procurent.

Le (la) ...3..., qui est du style mystique, est le (la) ...2... destiné(e), dans une autre vie, à ceux qui auront pratiqué la vertu dans celle-ci.

 

Réponse ci-dessous

 
V


V

 

 

 

 

Bonheur veut dire proprement bonne chance, et, par conséquent, il exprime l'ensemble des circonstances, des conditions favorables qui font que nous sommes bien. Il a donc un caractère extérieur, objectif, qui en fait la nuance avec félicité.

La félicité n'est point liée à ces conditions du dehors ; elle est plus propre à l'âme même ; aussi on ne dira pas : la félicité que les richesses procurent ; mais on dira : le bonheur qu'elles procurent.

La béatitude, qui est du style mystique, est la félicité destinée, dans une autre vie, à ceux qui auront pratiqué la vertu dans celle-ci.

 

 

 

 

Suite des exercices sur les synonymes 

Cherchez l'intrus parmi les synonymes QUIZ 62

 

Articles connexes :

 

Que signifient les mots synonyme, antonyme, homonyme,homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ? 

 

Synonymes, antonymes, homonymes, homophones, paronymes, hyperonymes, hyponymes, holonymes & méronymes - QUIZ 81

 

Champ lexical - Champ sémantique - Niveau de langue - Registre de langue

- style soutenu, courant, familier, populaire, argotique, ou vulgaire

- Archaïsmes


Comment dites-vous "Je t'aime" ? Je te kiffe, je ne te hais point, tu me bottes, je suis morgane de toi, je t'ai dans la peau, etc. ?

 

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LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 17:31

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>> Les perles de Victor - 1re partie

 

La maman de Victor a consigné avec amour quelques-unes des jolies trouvailles de son fils.

 

Victor 4 ans, tout juste (juin 2012)

Victor Maman, regarde cette mouche. Si on était chez Mamie Kiki, on la dégommerait avec la tapette !

 

Victor —Papa, tu vois ton nombril, c'est la cicatrice de ton cordon ombilical.

Son papa Et, à quoi il sert ce cordon ?

Victor —À relier les bébés aux papas. Non, c'est une blague, aux mamans !

 

La maman de Victor joue au bras de fer avec lui. Il gagne.

Victor —C'est mon poids qui m'a facilité la tâche !
 

Le lendemain d'une discussion avec son père sur l'autorité.

Victor —Papa, tu t'es bien entraîné comme on avait dit, tu m'as bien averti, et tu m'as pas grondé. Bravo !

 

Victor —Maman, bientôt je serai adolescent. C'est super d'être adolescent.

Sa maman —Ah bon, pourquoi ?

Victor —Parce qu'on peut goûter la bière.


Victor —Mamiehiou, t'as pas à t'inquiéter. Quand tu seras morte, je m'occuperai de ton blog.

Mamiehiou Oh, comme tu es gentil ! Merci mon chéri ! 


Les blogueurs meurent,

  les blogueuses aussi...

 

 

Victor 4 ans 2 mois (août 2012)

Sa maman —Sais-tu pourquoi le film s'appelle "Les Visiteurs'' ?

Victor —Parce que les chevaliers visitent une autre époque.

Sa maman —Pourquoi tu comprends tout ?

Victor Parce que je réfléchis dans ma tête et j'ai le pouvoir de savoir.

 

Victor manipule ses jouets. Il fait dévorer un chevalier par un dinosaure et s'exclame :

Victor   Maman regarde ! C'est un anachronisme, ça, hein ?

 

Victor —Tu sais quoi ? J'aimerais bien être dans ton cerveau.

Sa maman —Pourquoi ?

Victor —Pour découvrir tout ce qu'il y a dedans. Et après, j'apparaîtrais dans ma vraie vie !

 

Sa maman —Pourquoi on ne peut pas aller en Australie en train ?

Victor —Parce qu'il n'y a pas de tunnel sous cette Manche.

 

Victor et sa maman jouent aux Dames.

Sa maman —Attention, je vais te manger cinq pions d'un coup.

Victor —Tu peux pas. Tu vas t'étouffer !

 

 

Victor 4 ans 4 mois (octobre 2012)

Victor Maman, est-ce que tu sais ce que c'est : jaune, rouge, jaune, rouge, jaune ?

Sa maman Non.

Victor C'est un algorithme

 

Sa maman —Victor, est-ce que ta vie te convient ?

Victor —Oui

Sa maman —Pourquoi ?

Victor —Parce que j'ai une maman et un papa.

Sa maman —Et est-ce qu'il te manque quelque chose ?

Victor —Oui, une tante.

  Ses parents sont des enfants uniques.

           

Sa maman —Qu'est-ce qui te rend heureux ?

Victor —Mes jouets.

Sa maman —Il y a autre chose qui te rende heureux ?

Victor —Oui, l'amour.

 

Victor —Maman, est-ce qu'on vit la réalité, là ?

Sa maman —Comment ça ?

Victor —Eh bien, est-ce que ce qu'on vit, c'est pas juste un rêve qu'on fait ?

 

Edgar Poe n'a-t-il pas écrit :

"Is all that we see or seem is but a dream within a dream ?"

Poème : A dream within a dream

"Tout ce que nous voyons, tout ce que nous croyons,

n'est-il qu'un rêve dans un rêve ?

et

Jorge Luis Borges :

"Personne ne peut savoir si le monde est fantastique ou réel,

et non plus s'il existe une différence entre rêver et vivre."

 

Maman demande à Victor de lui raconter sa journée à la ferme avec l'école.

Victor —J'ai tout oublié, je peux pas te raconter.

Sa maman —C'est pas possible !

Victor —Comment tu peux savoir. T'es quand même pas dans mon cerveau !

 

Sa maman —Victor, où aimerais-tu aller quand tu seras plus grand ?

Victor —À LA GONIE ! Non, j'rigole !


à l'agonie

 

 

Victor 4 ans 7 mois (Janvier 2013)

Victor joue et fait tout un cinéma avec ses jouets. Les chevaliers, les dragons et les dinosaures s'entretuent.

Victor —Maman, maman, viens chercher Maxime. Je crois que le spectacle est interdit aux moins de six mois !


Maxime est son petit frère.

 

3 mai 2013, bientôt 5 ans

 

Cartésien, mon petit-fils a dit : "J'ai rêvé que j''existais pas, mais je l'ai pas cru, tu sais, si je rêve, c'est que j'existe."

 

"Je peux dire des secrets à Maxime (10 mois). Il ne peut pas les répéter ; et quand il sera plus grand, il les aura oubliés."

 

 >>> Les perles de Victor - 1re partie

 >>> Aidez votre enfant à apprendre à parler tout en s'amusant

  ♥. ♥.

AUTOUR DE L'ENFANT

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..................................................................................

 

 

 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 19:33

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Paul a 4 ans.

Il ne parle pas et il ne comprend que certaines phrases et toujours les mêmes mots utilisés dans le même contexte.

Il préfère s’isoler dans sa chambre pour sauter inlassablement sur son trampoline plutôt que d’être avec ses parents, son frère ou d’autres enfants.

Il stresse et se met très en colère quand on change ses habitudes, qu’il est dans une situation nouvelle ou dans un environnement qu'il ne connaît pas.

Il a des mouvements bizarres comme marcher sur la pointe des pieds, dodeliner de la tête, battre des mains quand il est content ou excité.

Il peut regarder pendant des heures une photo de lignes blanches d'une route éclairée par des phares et une photo d’éclairs.

Paul est autiste.

Nous avons eu la chance de trouver des personnes compétentes pour mettre en place une prise en charge de qualité pour Paul, grâce à laquelle il progresse (propreté, alimentation, comportement, répétition de sons et mots approximatifs). Il a débuté une scolarisation avec une aide humaine.

 

Il s’agit d’une méthode comportementale, l’ABA, recommandée par le rapport tout récent de l’HAS. Mais nous sommes étonnés que tout ce dispositif soit à la charge des parents. Pas de remboursement par la sécurité sociale, seules les journées en hôpital psychiatrique, ou en CAMSP le sont en France, alors que ce n’est pas adapté à l’autisme. Pour plus d’infos, il n’y a qu’à consulter internet.

Les thérapeutes coûtent en moyenne 35 euros de l’heure, en théorie il faut 25 à 40 heures de thérapie par semaine.

 

Nous avons créé une association pour faire connaitre ce handicap, sa prise en charge, et pour obtenir de l’aide humaine et matérielle car malgré la présence et la participation de nos proches (nous les en remercions), il est difficile de maintenir sur le long terme ce traitement.

Le projet pour le futur serait de pouvoir faire bénéficier d’autres enfants du même type de prise en charge que celui de Paul. Pour cela, il faut former des gens, les superviser, et les rémunérer.

 

Pour mieux connaître notre association :

Présentation de l'association- dessine-moi un Mouton

 

N'hésitez pas à en parler autour de vous.

De même si vous connaissez des artistes qui voudraient se produire au profit de l’association, des sportifs, des commerçants, des entreprises, ou d'autres encore qui seraient de généreux donateurs, faites-nous signe !

Merci.

Séverine et Romain, les parents de Paul.

 

Pour les courriels concernant l'association :dmum@netcourrier.com

 

Plaquette sur notre association

L’AUTISME (ou trouble envahissant du développement) est un handicap qui touche :

♦ La capacité de communiquer

♦ Le langage

Les comportements sociaux et les centres d’intérêts

Il s’y associe des « stéréotypies » et des troubles sensoriels, l’ensemble entravant fortement le développement et les apprentissages de l’enfant, puis de l’adulte.

Il existe pour ce handicap une prise en charge validée scientifiquement,  dont le socle théorique est l’analyse appliquée du comportement (ABA Applied Behavioral Analysis)

Dans son application pratique, il s’agit d’une approche éducative intensive (25 à 40 heures par semaine), nécessitant la présence d’un thérapeute pour un enfant.

Le travail est basé sur l’évaluation précise et régulière des compétences et des déficits de l’enfant.

Malheureusement il y a très peu de thérapeutes formés en France.

De plus cette prise en charge n’est pas remboursée, elle est totalement financée par les familles.

Notre association (loi 1901) a plusieurs buts :

Faire connaître l’ABA

Financer la formation continue des thérapeutes (supervision BCBA)

Participer au financement de la prise en charge de Paul, et faciliter son intégration dans la vie, en particulier à l’école (présence de thérapeutes auprès des enseignants)

Si l’association connaît un essor suffisant, elle pourra former d’autres thérapeutes, pour, à terme, pouvoir prendre en charge d’autres enfants.

 

Pour plus de détails, vous pouvez consulter le site de l’association :

autisme et ABA - E-monsite

dmum.e-monsite.com/

blog/site de l'association d'une mère d'un enfant autiste pris en charge en ABA.

♥♥♥

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 11:19

 FLORILÈGE – Textes d'auteurs

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Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou
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-25-

 

Descartes, notre premier grand philosophe français, avait vingt-six ans quand il ne s'en fallut guère qu'il ne fût assassiné.

Son biographe Adrien Baillet raconte cet épisode qui nous fait frémir à l'idée qu'il aurait pu très mal se terminer.

Nous pouvons nous interroger sur ce que serait la Philosophie si Descartes n'avait pas eu le temps de nous laisser — de laisser au monde, veux-je dire — ses méditations, si fécondes qu'elles ont marqué jusqu'aujourd'hui de leur empreinte nos esprits cartésiens.

 

DENIS DESCARTES 1596-1650

 

La vie de M. Descartes par ADRIEN BAILLET 1691

 

*Étant sur le point de partir pour se rendre en Hollande avant la fin novembre de la même année, il se défit de ses chevaux & d'une bonne partie de son équipage : et il ne retint qu'un valet avec lui. Il s'embarqua sur l'Elbe, soit que ce fut à Hambourg, soit que ce fut à Gluckstadt, sur un vaisseau qui devait lui laisser prendre terre dans la Frise orientale, parce que c'était son dessein de visiter les côtes de la mer d'Allemagne à son loisir. Il se remit sur mer peu de jours après, avec résolution de s'embarquer en West-Frise, dont il était curieux de voir aussi quelques endroits. Pour le faire avec plus de liberté, il retint un petit bateau à lui seul d'autant plus volontiers, que le trajet était court depuis Embden jusqu'au premier abord de West-Frise. Mais cette disposition qu'il n'avait prise que pour mieux pourvoir à la commodité, pensa lui être fatale. Il avait affaire à des mariniers qui étaient des plus rustiques et des plus barbares qu'on eût pu trouver parmi les gens de cette profession. Il ne fut pas longtemps sans reconnaître que c'étaient des scélérats, mais après tout, ils étaient les maîtres du bateau. Monsieur Descartes n'avait d'autre compagnie que celle de son valet avec lequel il parlait français. Les mariniers qui le prenaient plutôt pour un marchand forain que pour un cavalier, jugèrent qu'il devait avoir de l'argent. C'est ce qui leur fit prendre des résolutions qui n'étaient nullement favorables à sa bourse; mais il y a cette différence entre les voleurs de mer et ceux des bois, que ceux-ci peuvent sans péril laisser la vie à ceux qu'ils volent, alors que ceux-là ne peuvent, en la circonstance, remettre sur la terre ferme un passager, sans s'exposer au risque d'être appréhendés. Aussi les mariniers de M. Descartes prirent-ils des mesures pour parer à tout danger de ce genre. Ils remarquèrent que c'était un étranger qui venait de loin, qui n'avait nulle connaissance dans ce pays, et que personne ne s'aviserait de réclamer quand il viendrait à manquer. Ils le trouvaient d'une humeur fort tranquille, fort patiente, & jugeant à la douceur de sa mine, & à l'honnêteté qu'il avait pour eux, que ce n'était qu'un jeune homme qui n'avait encore pas beaucoup d'expérience, ils conclurent qu'ils en auraient meilleur marché de sa vie. Ils ne firent point de difficultés de tenir conseil en sa présence, ne croyant pas qu'il sût d'autre langue que celle qu'il s'entretenait avec son valet, et leurs délibérations allaient à l'assommer, à le jeter dans l'eau, et à profiter de ses dépouilles.

 

M. Descartes, voyant que c'était tout de bon, se leva tout d'un coup, changea de contenance, tira l'épée d'une fierté imprévue, leur parla en leur langue d'un ton qui les saisit, & les menaça de les percer sur l'heure, s'ils osaient lui faire insulte. Ce fut en cette rencontre qu'il s'aperçut de l'impression que peut faire la hardiesse qui, en d'autres occasions, pourrait passer pour une pure rodomontade. Celle qu'il fit paraître pour lors, eut un effet merveilleux sur l'esprit de ces misérables. L'épouvante qu'ils en eurent fut suivie d'un étourdissement qui les empêchèrent de considérer leur avantage, et ils le conduisirent aussi paisiblement qu'il pût souhaiter.

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Notes de mamiehiou 

Monsieur Thomas de Quincey rapporte cette aventure dans "De l'assassinat considéré comme l'un des Beaux-Arts" (La Pléiade pages 248-250)

Voici sa réaction, que vous apprécierez, j'en suis sûre :

« Pardonnez-moi de rire, messieurs ; mais le fait est qu'en vérité je ris toujours quand je pense à ce cas, tant me paraissent drolatiques deux de ces traits. Le premier est l'horrible panique ou trouille (comme on dit à Eton), dont M. Descartes dut être saisi quand il entendit esquisser ce véritable drame en vue de sa propre mort, de ses funérailles, de sa succession et de la disposition de ses biens. Mais il est un autre trait qui me paraît plus comique encore dans cette affaire ; si ces molosses de Frise avait été crânes, nous n'aurions pas, en effet, de philosophie cartésienne ; et comment aurions-nous pu faire sans, étant donné le nombre de livres qu'elle a produit, je laisse à tout fabricant de malle* de le dire. »

Traduction de Pierre Leyris 1907-2001

*On avait, en effet, l'habitude d'utiliser les feuilles des livres invendus pour matelasser l'intérieur des malles. (Note dans La Pléiade, page 1745)

 

Thomas de Quincey, écrivain britannique, 1785-1859.

Vous l'aurez compris, Monsieur de Quincey sait manier l'humour noir.

 

« Excuse my laughing, gentlemen; but the fact is I always do laugh when I think of this case — two things about it seem so droll. One is the horrid panic or "funk" (as the men of Eton call it) in which Descartes must have found himself upon hearing this regular drama sketched for his own death, funeral, succession and administration to his effects. But another thing which seems to me still more funny about this affair is that, if these Friezland hounds had been "game," we should have no Cartesian philosophy ; and how we could have done without that, considering the world of books it has produced, I leave to any respectable trunk-maker to declare. » 

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Suite des notes 

J'ai modifié la graphie de quelques mots  du XVIIe siècle du texte original d'Adrien Baillet  pour rendre la lecture plus facile.

j'ai conservé & pour et.

on lira ai pour oi : étoit, devoit, reconnoître, françois, viendroit, connoissoit, etc.

lui pour luy

certains mots n'avaient pas l'accent aigu : defit, debarquer, etc.

consonnes doubles : Appercevoir, jetter...

lire : Frise Occidentale pour West-Frise

Etc.

Retrouver le texte original dans le volume 1, pages 102-103.

La vie de Monsieur Descartes. [Volume 1] / (par Adrien Baillet)

 

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FLORILÈGE – Textes d'auteurs

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 10:53

LES DÉLIRES Tous les épisodes

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À peine le chat-huant avait-il lancé son dernier hou, l'aube n'ayant pas encore signalé de ses feux blafards que le jour poignait — comment d'ailleurs aurais-je pu en percevoir le moindre rayon dans cette forêt épaisse1 ? — que, déjà sur pied, je scrutais alentour, forçant ma vue à saisir quelque chose, ne fussent que le ver luisant dont l'éclat ténu accrocha un instant mon regard, les noires frondaisons se mouvant au rythme de la brise, et l'oeil de quelque félin brillant dans l'obscurité butyreuse.

J'aurais pu rester quelques heures encore sur ma couche vétuste, à vouloir me délasser, si grande avait été la fatigue qui m'avait terrassée la veille, mais la tiédeur de la nuit m'avait empêchée de goûter à un repos salutaire, troublé qu'il était par une agitation incoercible. Et mes jambes fourmillaient.

Je sentis le furtif effleurement du poil de Prétatou qui s'était approché pour se donner la sensation exquise de me signaler sa présence, toujours attentif au moindre de mes mouvements. Je lui sus gré de la délicatesse dont il fit preuve de ne point se manifester bruyamment, comme s'il ne voulait pas troubler les derniers instants de la nuit.

Une foultitude de questions m'assaillirent, celles-là mêmes que je m'apprêtais à poser à Marie Cratère, et j'imaginais la forme qu'elles prendraient, et les prodigieux efforts dont je devrais faire preuve et qui étaient si éloignés de ma propre nature. Il me faudrait user de la plus grande patience et du discernement le plus subtil et le plus éclairé, car je savais que mon interlocutrice ne manquerait pas de m'éprouver. Et cette épreuve serait d'autant plus difficile que je savais que je n'en sortirais pas indemne alors même que j'aurais aiguisé tous mes sens et exercé jusqu'à leur paroxysme, la perspicacité, le sang-froid, la persévérance et l'impassibilité même, fût-elle feinte.

 

« Oli, ne dors-tu point ? »

Je sursautai et palis, comme prise en défaut.

Marie connaissait sur le bout des doigts l'art et la manière de culpabiliser. Elle eût stigmatisé sans vergogne l'innocence même.

Elle m'entraîna dans sa masure où déjà le thé et le café fumant attendaient. Et quelques petits pains chauds étaient tout juste sortis du four. Un drôle de four en vérité qui, dès l'instant qu'on l'ouvrait jetait des flammes griffues, vertes et bleues.

J'eus tout juste le temps de m'étonner.

« Prends garde de ne point t'approcher trop de mon athanor et d'en vouloir connaître les vertus. Il t'en cuirait° à coup sûr. »

Elle me fit m'asseoir en face d'elle à la grande table de chêne.

Je n'osai piper.

« Ne va pas m'abasourdir par tes questions indiscrètes. Tu me ferais regretter d'être heureuse de te revoir. Ne t'avise pas de jaspiner et de vouloir me tirer les vers du nez°. »

Avant même que j'eusse émis une parole, elle m'avait coupé l'herbe sous le pied°.

« Ha ha ! ricana-t-elle, je suis bien aise de ne point t'entendre parler hardiment. Écoute, je m'en vais ici te dire quelque chose que tu brûles de savoir. Ne m'interromps point et mange, je te prie. »

 Elle suspendit son discours un instant pour se repaître de mon impatience.

 « Sache, reprit-elle enfin, qu'il fut un temps, très éloigné du nôtre où des hommes et des femmes peuplaient la terre entière. Les civilisations se succédèrent pendant des siècles. Elles naissaient, atteignaient le point culminant de leur prospérité, puis mouraient, sans qu'on pût rien changer.

Ce sont les fautes, les crimes, l'avidité et la bêtise qui funestèrent nos civilisations. La nature, accablée de déchets incorruptibles, croulait et menaçait de nous engloutir tous. Les hommes s'étaient crus longtemps les plus forts et leur faiblesse les avait rendus rogues et fiers.

N'avaient-ils donc jamais pensé recourir à la religion ? osai-je murmurer. »

Elle sourcilla et poursuivit. 

« Pour continuer à garder jalousement leurs privilèges qui s'amenuisaient de jour en jour, et s'accommodant d'une mitoyenne morale2, les jouisseurs avaient composé avec Dieu, se livrant — impunément, croyaient-ils — aux pires turpitudes. L'environnement corrompu, l'air devenu irrespirable, les sentiments de solidarité et de compassion s'étant étiolés pour laisser la place à l'égoïsme, la vanité, jusqu'à l'autolâtrie même, il fallait qu'une révolution s'accomplît pour sauver une partie de l'humanité, une toute petite partie, pour le moins. Il en fut ainsi, comme par gageure. Des esprits éclairés qui n'avaient point encore subi l'assaut du mal s'employèrent à vouloir mettre en sûreté, d'abord quelques-uns d'entre eux, leur famille, puis leurs amis, puis d'autres encore qu'il jugeaient dignes d'être sauvés. C'est ainsi que sortit de terre Utopinambourg. De rien, au milieu d'une forêt que nul ne devrait plus traverser, en deçà d'une frontière que nul ne devrait outrepasser. Mais tu sais déjà ce détail, petite... tu le sais déjà...

Me laisseras-tu t'interroger sur ce que je ne sais pas, Marie ?

Prends garde de vouloir jamais m'arracher un secret que tu regretteras de connaître sitôt que tu l'auras connu, me répondit-elle d'une voix sifflante et qui me glaça les os. »

 

Ce disant, la vieille houhou se leva, et sans qu'il me fût possible d'ajouter un seul mot, me somma de nettoyer la maison qui avait, précisa-t-elle, subi quelque dérangement à cause de ma venue. Puis elle s'en fut.

...........................................................................

1-cette forêt épaisse, la forêt obscure, la selva oscura

> 158 Délires sur de froides retrouvailles dans la forêt obscure - la selva oscura

 

2-Les jouisseurs, à peu près sans nombre, qui ne se croyaient pas des canailles, avaient rêvé de s'accommoder avec l'absolu divin et d'instituer, pour toute la durée des siècles, une mitoyenne morale. L. Bloy, Journal,1892

 

NOTES

Titre : une (vieille) houhou, une (vieille) haha.

Cf. Littré - houhou, terme burlesque.Vieille houhou, personne décrépite et grondeuse.

Vieille houhou, vieille haha, SCARRON Poésies, cité dans RICHELET.

Elles sont plus noires que des taupes, plus laides que des guenons, plus sottes que des houhous, CHAPELAIN, Trad. de Guzm. d'Alfar. cité dans SCHELER.

Voudrais-tu que je prisse une vieille houhou ? Partisan dupé,dans LE ROUX,Dict. comique. XVIe s. Houhou [vieille sorcière], OUDIN Dict.

 

À peine le chat-huant avait-il lancé son dernier hou

À peine est suivi d'une inversion du sujet (comme après : ainsi, aussi, sans doute, peut-être...)

Voir

Les homophones ou où hou ouh houx août houe / Ton père ou ta mère viendra ou viendront ?

et aussi

15 Délires pour un bestiaire. QUIZ 3 - Ces animaux qui nous parlent

 

Le jour poignait

Poindre, imparfait poignait

verbe qui se conjugue comme oindre, joindre.

Ici, poindre a le sens de commencer à apparaître

synonyme pointer

une autre acception de poindre, blesser, faire du mal

Proverbe.Oignez vilain, il vous poindra; poignez vilain, il vous oindra.

caressez un malhonnête homme, il vous fera du mal ; faites-lui du mal, il vous caressera

oindre, consacrer par une onction.

 

Je scrutais alentour

Scruter est un verbe transitif, on scrute une chose ou une personne. Ici il est employé absolument, c'est-à-dire non suivi d'un complément d'objet auquel on s'attendrait.

 

ne fussent que le ver luisant dont l'éclat ténu accrocha un instant mon regard

fussent, subjonctif imparfait de être suivi des sujets inversés le ver luisant, les noires frondaisons, l'oeil de quelque félin

quelque félin, un certain félin

 

l'obscurité butyreuse

butyreux, qui a l'apparence ou les propriétés du beurre

 

un repos... troublé par une agitation incoercible

incoercible, qu'on ne peut ni contenir, ni arrêter.

 

mes jambes fourmillaient

j'avais des fourmis dans les jambes

 

une foultitude de questions m'assaillirent, celles-là mêmes que je m'apprêtais à poser

une foultitude

un très grand nombre de questions

foultitude - Mot-valise formé à partir des mots foule et multitude.

Ni l'Académie ni le Trésor n'admettent le mot.

celles-là mêmes

> Ceux-là même ou ceux-là mêmes ? Celles-là même ou celles-là mêmes – cela même, ici même, là même, par là même, aujourd'hui même... QUIZ 64

 

je n'en sortirais pas indemne alors même que j'aurais aiguisé tous mes sens

>> Alors même que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

l'impassibilté même, fût-elle feinte.

Fût-ce, fussent-ils, fût-il

>> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je... 

 

Elle eût stigmatisé sans vergogne l'innocence même.

Conditionnel passé deuxième forme

Elle aurait stigmatisé, (première forme)

sans vergogne, sans honte.

 

Prends garde de ne pas t'approcher trop de mon athanor

Un athanor, vient de l'arabe (tannūr) : four à pain ; source d'eau chaude, fourneau des alchimistes, grand alambic, fourneau philosophique.

 

Je n'osai piper, je n'osai piper mot, je n'osai dire un mot.

 

Il t'en cuirait°

Cf. L'Académie 8e édition - Figuré et familier., Il vous en cuira quelque jour ; il m'en cuit ; il pourrait bien vous en cuire. Vous vous en repentirez ; je m'en repens ; vous pourrez bien vous en repentir.

Une figure de style, LA SYLLEPSE DE SENS, le mot est employé à la fois dans son sens propre et dans son sens figuré 

Ici le verbe cuire a deux acceptions dans le contexte.

Tu t'en repentirais & le four te cuirait.

 

Ne va pas m'abasourdir par tes questions indiscrètes.

abasourdir, vieilli et familier. Vient de l'argot des coquillards.

Cf. Dictionnaire du Bas Langage Charles-Louis d'Hautel

abasourdir, étourdir quelqu'un de plaintes sans fondement ; l'importuner, l'obséder ; le jeter dans la consternation et l'abattement.

Cet homme est abasourdissant. Pour, est ennuyeux, fatigant ; ses discours sont d'une insipidité accablante.

S'emploie aujourd'hui surtout au participe passé abasourdi, étourdi par un grand bruit.

Prononcer le s d'abasourdi [z] et non [s]

Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure - abasourdir...

 

Ne t'avise pas de jaspiner et de vouloir me tirer les vers du nez°.

jaspiner jaser, bavarder, etc. Ce verbe du vieux langage est encore en usage parmi le peuple

Dictionnaire du Bas Langage – Charles-Louis d'Hautel

Tirer les vers du nez°

questionner quelqu'un adroitement pour lui faire dire ce que l'on veut savoir.

 

Couper l'herbe sous le pied°

Devancer

 

Ha ha ! ricana-t-elle, je suis bien aise de ne point t'entendre parler hardiment.

Ha ha ! Interjection qui exprime le rire ou la raillerie.

> Les homophones a as à ah ha

> Qu'est-ce qu'une interjection ? Qu'est-ce qu'une onomatopée ?

 

Ce sont les fautes, les crimes, l'avidité et la bêtise qui funestèrent nos civilisations.

Cf. Littré funester, rendre funeste.

"Enfin plusieurs assassinats auxquels la nation n'était point encore accoutumée, funestèrent quelque temps le règne de Charles II" VOLTAIRE Moeurs

 

leur faiblesse les avait rendus rogues et fiers.

Cf. Littré rogue, terme familier. Arrogant avec une nuance de rudesse en plus.

 

L'autolâtrie

le culte de soi-même, l'égoïsme poussé à l'extrême.

 

Il en fut ainsi comme par gageure, comme par défi

Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure,..

 

une frontière que nul ne devrait outrepasser

outrepasser, emploi vieilli, franchir, aller au-là.

 

au-delà, au delà, en deçà...

Y a-t-il un trait d'union ou pas ? Au delà ou au-delà ? Par delà ou par-delà ? AU ou PAR ou EN etc. + deçà, delà, devant, derrière, avant, arrière, dessus, dessous, dedans, dehors, haut, bas.

 

Prends garde de vouloir jamais m'arracher un secret...

Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques... + Adverbes et locutions adverbiales de temps

 

La vieille houhou se leva... Puis elle s'en fut.

 Puis elle s'en fut  - elle s'en alla

Être dans le sens de s'en aller au passé simple, je m'en fus, il s'en fut...

Reprise de la note du texte :

145 Délires autour d'une inéluctable séparation

ALLER ou ÊTRE 

Je m'en fus, je m'en allai.

Le verbe être peut remplacer le verbe aller dans la langue courante aux temps composés ; J'ai été à Paris.

Littré précise que dans ce cas, j'y suis allé et j'en suis revenu.

Le verbe être au passé simple et au subjonctif imparfait est du style soutenu et littéraire :

Je m'en fus à la campagne. Il s'en fut regarder les avions dans le ciel.

Il fallait bien qu'il s'en fût sans se retourner. 

 

<<  159 Délires où la prudence est de rigueur

>>  161 Délires où ma joie demeure

 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 17:59

 

 

Le verbe férir, défectif aujourd'hui, est un vieux verbe

que l'on ne retrouve plus qu'au mode infinitif dans l'expression sans coup férir.

Son participe passé a donné l'adjectif féru.

Qui se souvient que fier-à-bras vient de férir ?

→ Celui qui frappe à tour de bras, qu'il soit fier ou pas !

 

 

 

 

      FÉRIR AU FIL DES DICTIONNAIRES



Le Furetière

Dictionnaire universel 1690

D'Antoine Furetière

Titre complet : Dictionnaire françois, contenant les mots et les choses, plusieurs nouvelles remarques sur la langue françoise : Ses Expressions Propres, Figurées & Burlesques, la Prononciation des Mots les plus difficiles, le Genre des Noms, le Régime des Verbes : Avec Les Termes les plus connus des Arts & des Sciences. Le tout tiré de l'Usage et des bons Auteurs de la Langue françoise.

 

 

Volume 2 Page 6

Férir, frapper, blesser.

Repondit tope et puis mourut

D'une broche qui le ferut.

ST-AMANT

 

On l'a dit aussi dans la signification de frapper à une porte.

On le trouve au futur dans ferra pour frappera & au présent fiert pour frappe. On le trouve aussi dans le gérondif férant.


S'en vient ferant des esperons

PERCEVAL

Pour dire piquant son cheval avec ses éperons. Il n'est aujourd'hui en usage qu'en cette phrase sans coup férir, pour dire sans tirer l'épée, sans donner un coup d'épée, sans rien hasarder.

 

Féru, participe passé, blessé. Il ne se dit qu'en cette phrase badine, il est fort féru de cette femme, pour dire il en est fort amoureux & son coeur est féru pour dire il est blessé par amour.


Je suis feru, j'en ai dans l'aile

SAINT-AMANT

Il était féru de Cassandre

Et pour elle d'amour charmé,

Il avait fait maint bout rimé.

SCARRON

 

Note de mamiehiou : j'ai rétabli l'accent aigu dans la graphie des mots de l'article de Furetière : ferir, feru, present, gerondif, epée...

 

Fier-à-bras, terme populaire qui se dit d'un fanfaron qui fait le brave et le furieux, et qui se fait craindre par ses menaces.

Ce mot vient de Guillaume Fierabrach*, c'est-à-dire Bras de Fer, qui était frère de Robert Guiscard qui conquit la Sicile, et qui était un fort vaillant homme.

 

Notes

qui étoit (qui était)

 

*Les Hauteville sont les descendants du chef viking Rollon, 1er duc de Normandie. Vers l'an 1035 ils arrivent en Italie et conquerront de vastes territoires et la Sicile, Guillaume Bras de fer est fils de Tancrède de Hauteville, seigneur normand du Cotentin.

 

 

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Dictionnaire de l'Académie 8e édition 1932-1935


 

Férir. Frapper. Ce verbe n'est plus usité qu'à l'infinitif et au participe passé dans quelques locutions. Sans coup férir.

 

Sans coup férir, Sans se battre, sans en venir aux mains. On a pris cette place sans coup férir. Il signifie aussi figurément et familièrement sans éprouver de résistance. Il en est venu à bout sans coup férir.

Féru, ue, Le participe passé s'emploie comme adjectif et signifie Qui est blessé, frappé de quelque chose. En termes d'Art vétérinaire, Ce cheval a le tendon féru. Fig., Il est féru de cette femme, Il en est éperdument amoureux. On dit dans le même sens Il est féru d'amour.

  

 

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Fierabras, chanson de geste du Moyen Âge appartenant à la Geste du Roi et qui raconte les aventures du géant sarrasin Fier-à-bras. Miguel de Cervantès, Pedro Calderon de la Barca et Franz Schubert s'inspirèrent de cette histoire.

 

 

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Grammaire des grammaires,

ou,

Analyse raisonnée des meilleurs traités sur la Langue Française

1833

Par Charles Pierre Girault-Duvivier

 

Page 250

Férir verbe actif et défectif, qui signifie frapper n'est plus d'usage que dans cette phrase, sans coup férir, pour dire, sans en venir aux mains, sans rien hasarder.

 

Féru,e, ne se dit qu'en des phrases badines, il est féru de cette femme, pour dire, il en est bien amoureux, je suis féru, j'en ai dans l'aile.

(L'Académie, Féraud et Trévoux)

On trouve encore dans nos anciens écrivains, il fiert, il frappe.


Page 83

Fier-à-bras, plur. Fier-à-bras*. Ce mot composé est une altération de fiert-à-bras, c'est-à dire qui frappe à tour de bras. Ici fier vient du latin férit, il frappe.

 

*Aujourd'hui, un fier-à-bras, pluriel des fiers-à-bras. Pas de liaison avec le s à l'intérieur du mot.

 

On notera que cette Grammaire des grammaires reprend quelques acceptions de férir que l'on trouve dans le Dictionnaire Universel de Furetière.

 

 

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Dictionnaire Littré 1863-1877

En ligne (Reverso) 

D'après Emile Littré

>> Voir les citations avec "férir"

 

Féru, part. passé (fé-ru, rue) de férir

1 Terme de vétérinaire. Blessé d'un coup. Ce cheval a le tendon féru. 

2 Fig. Être féru d'une personne, d'une chose, en être très épris. Il est féru de cette femme. Notre précepteur, qui n'avait jamais lu de romans.... en devint si féru qu'il avoua que la lecture des bons romans instruisait et divertissait. [ Scarron, Le Roman comique]

Être féru contre quelqu'un, être fort indisposé contre lui.+

+ FÉRU.
2 Fig. Ajoutez cet exemple de Racine : Le coeur féru de nouvelles amours, Lexique, éd. P. Mesnard.

 

 

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  FOCUS sur quelques mots :

Le A au fil des dictionnaires 

La Vérité, toute la Vérité, rien que la Vérité...
Lucifer - WILLIAM DUCKETT - Dictionnaire de la conversation et de la lecture

L'envie dans tous ses états - L'envie, péché capital - L'envie au fil des dictionnaires - L'envie, moteur de la consommation - Manne des publicitaires

 

 



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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 07:38

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Dictionnaire de la conversation et de la lecture

1re édition parue entre 1832 et 1851

William Duckett, journaliste français 1805-1873

 

N'ayant pas trouvé sur la toile les volumes classés,

numérotés dans l'ordre,

je les propose dans cet article pour faciliter vos recherches

  sur Books-Google.

Qui a goûté à ce dictionnaire le lit comme un roman !

Note de Mamiehiou

Volume 1

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -A 1re lettre - Ame- Volume 1

Volume 2

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Ame - Apo - Volume 2

Volume 3

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Arc-Azy- Volume 3

Volume 4

Dictionnaire de la conversation et de la lecture - B 2e lettre- Bat - Volume 4

Volume 5

Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Bat - Bes-Volume 5

Volume 6

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Bes - Boi - Volume 6

Volume 7

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Boi-Bou- Volume 7

Volume 8

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Bou-Bro- Volume 8

Volume 9

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Bro - Cal - Volume 9

Volume 10

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Cal-Car Volume 10 

Volume 11

Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Car - Ce - Volume 11

Volume 12

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Ce-Cha- Volume 12

Volume 13

Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Cha - Che - Volume 13

Volume 14

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Che-Clo- Volume 14

Volume 15

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Clo - Com - Volume 15

Volume 16

Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Com - Con -Volume 16

Volume 17

Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Con -Cou -Volume 17

Volume 18

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Cou - Cuv - Volume 18

Volume 19

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -D 4e lettre - Del Volume 19

Volume 20

Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Del - Dic -Volume 20

Volume 21

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Did - Dou - Volume 21

Volume 22

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Dou - Ech - Volume 22

Volume 23

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Ech-Ego- Volume 23

Volume 24

Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Volume 24

Volume 25

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Epi  - Evi - Volume 25

Volume 26

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Evi-Fer- Volume 26

Volume 27

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Fer - Fos - Volume 27

Volume 28

Dictionnaire de la conversation et de la lecture Fos-Fra- Volume 28

Volume 29

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Fra - Gav - Volume 29

Volume 30

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Gay - Gra - Volume 30

Volume 31

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Gra - Her - Volume 31

Volume 32

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Her - Ind - Volume 32

Volume 33

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Ind - Jou - Volume 33

Volume 34

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Joy - Leg - Volume 34

Volume 35

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Leg - Lou - Volume 35

Volume 36

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Lou - Man - Volume 36

Volume 37

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Man - Mer - Volume 37

Volume 38

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Mer - Mor - Volume 38

Volume 39

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Mor-Nav- Volume 39

Volume 40

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Nav - Ois - Volume 40

Volume 41

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Ola-Pal- Volume 41

Volume 42

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Pec-Pic- Volume 42

Volume 43

Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Volume 43

Volume 44

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Pic - Por - Volume 44

Volume 45

Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Volume 45

Volume 46

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Par - Res - Volume 46

Volume 47

Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Res-Rys-Volume 47

Volume 48

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Ren - Sel - Volume 48

Volume 49

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Sem - Ste - Volume 49

Volume 50

Dictionnaire de la conversation et de la lecture -Ste-Ten- Volume 50

Volume 51

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Ten - Ved - Volume 51

Volume 52

Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Veg - Zwi - Volume 52

 

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2ème édition Duckett fils

Dictionnaire de la conversation et de la lecture 6e volume - Coiffeur - Ctésiphon

à retrouver sur Books-Google

>> Lire - Autres éditions


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Autres dictionnaires

Les incontournables : Le Trésor de la Langue Française,

le Dictionnaire de l'Académie (plusieurs éditions),

le Littré...

Retrouvez-les dans :

Ouvrages de référence qui me sont très utiles

 

 

> Du plaisir de la lecture des dictionnaires

> WILLIAM DUCKETT - Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Lucifer Phosphore, Vénus, Astarté, Vénus-Uranie, Anahid, Hesper ou Vesper, Boker

 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 05:52

 

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Vous voulez connaître le mode qui suit une conjonction de subordination, une locution conjonctive ou un autre syntagme, voyez la liste par ordre alphabétique ci-dessous :

 

Voir en outre le classement :

>> Conjonctions de subordination et locutions conjonctives classées selon les circonstances qu'elles introduisent dans la subordonnée : cause conséquence but temps condition comparaison concession exception proportion manière conformité supposition addition alternative


À cause que 

 

À ce que 

 

À chaque fois que 

 

À (la) condition que

 

Afin que 

 

Ainsi que 

 

À l'instant que  

peut être considéré comme une locution conjonctive ou comme le pronom relatif QUE dont l'antécédent serait instant.

 

Alors même que

 

Alors que   

 

À mesure que

 

À moins que

 

À part que

 

À preuve que  

 

À (un) tel point que, à un point tel que, au point que

 

Après que

 

À proportion que

 

À seule fin que

 

À supposer que   

 

À telle enseigne que, à telles enseignes que

 

Attendu que

 

Au cas où, au cas que

 

Au fur et à mesure que 

 

Au moment où, au moment que

peuvent être considérés comme des locutions conjonctives ou comme le pronom relatif QUE dont l'antécédent serait moment. 

 

Au point que 

 

Aussi... que

 

Aussi bien que

 

Aussi loin que

Loin que, si loin que, aussi loin que, d'aussi loin que, du plus loin que, bien loin que, au plus loin que, de si loin que

 

Aussitôt que

 

Autant (de) que, pour autant que

 

Avant que

 

Bien loin que

 

Bien que

 

Cependant que

 

Chaque fois que

 

Comme

 

Comme quoi

 

Comme si

 

Comme quand, comme lorsque    

 

Dans le cas où, dans le cas que

 

Dans la mesure où

 

D'autant que   

 

D'autant plus que, d'autant mieux

 

De ce que 

 

De crainte que 

 

De façon que, de telle façon que, de façon à ce que 

 

De là à ce que

 

> Ne pas confondre les locutions conjonctives de temps : de là à ce que, d'ici à ce que, et d'ici que.

 

De manière que, de telle manière que, de manière à ce que

 

De même que

 

De peur que

 

Depuis que

 

Des fois que

 

Dès lors que

 

De sorte que, de telle sorte que

 

Dès que

 

Devant que

 

D'ici à ce que

 

> Ne pas confondre les locutions conjonctives de temps : de là à ce que, d'ici à ce que, et d'ici que.

 

D'ici que

 

D'où que

 

Du fait que

 

Du moment que

 

Du plus loin que

 

Durant que

 

Étant donné que

 

En admettant que

 

En attendant que

 

En cas que, au cas que

 

Encore que

 

En dépit que, en dépit de ce que, en dépit du fait que

 

En même temps

 

En sorte que

 

En supposant que

En supposant que, supposé que, à supposer que, admettons que, en admettant que, une supposition que, supposition que (régional ou familier), dans la supposition que (rare)  

 

Étant donné que

 

Excepté que

 

Faute que

 

Gare que, attention que

 

Hormis que, hors que

 

Jusqu'à ce que, jusqu'à tant que

 

Le jour où, le jour que, la nuit où, la nuit que

 

Loin que, aussi loin que, d'aussi loin que, du plus loin que, bien loin que

 

Lors que, lors même que

 

Lorsque

 

Maintenant que

peut être considéré comme une locution conjonctive ou comme le pronom relatif QUE dont l'antécédent serait maintenant.

 

Malgré que

 

Malgré le fait que + indicatif ou subjonctif ? - Le fait est que, il est de fait que, du fait que, par le fait que...

 

Même avant que

 

Même si

 

Mis à part que

 

Moins que, moins ... que, moins de ... que

 

Moyennant que

 

Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que  

 

Outre que

 

Où que

 

Parce que

 

Par ce que

 

Pas que

 

Pendant que

 

Plus que, plus de ... que

 

Pour autant que

 

Pour peu que

 

Pour que, pour... que

 

Pourvu que

 

Pour la (bonne) raison que

 

Puisque

 

Quand - même quand - quand même - quand bien même - quand bien - quand même que

 

Que >> Valeurs et emplois du subjonctif

 

Que >> QUE dans tous ses états – pronom interrogatif - pronom relatif - conjonction de subordination ou élément d'une locution conjonctive - adverbe interrogatif ou exclamatif – ne... que - etc.

 

Quel que

 

Quelque... que  

 

Qui que

 

Quitte à ce que

 

quoi que

 

Quoique

 

Sans que  

 

Sauf que, sauf à ce que, sauf si

 

Selon que

 

Si

 

Si bien que

 

Si ce n'est que

 

Si et tant que

 

Si... que

 

Sinon que

 

Si tant est que

 

Sitôt que

 

Soit que... soit que

 

Sous (la) condition que

 

Supposé que

 

Supposition que

 

Suivant que

 

Surtout que

 

Tandis que

 

Tandiment que

 

Tant que, tellement que

 

Tant et si bien que

 

Tant... que

 

Tant de ... que

 

Tant et tant que, non point tant pour.. que pour, tant s'en faut que

 

Tellement ... que

 

Tellement de... que

 

Tout... que

 

Toutes les fois que

 

Une fois que

 

Vu que

 

Il semble que, il me semble que, il paraît que – Faire que, faire en sorte que – Indicatif ou subjonctif ?

 

Douter que, douter si, se douter que, je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que, je me doute que, il ne se doute pas que + indicatif ou subjonctif ?

 

Je ne sache pas que, que je sache. pas que je sache – Le moyen que – D'où vint que – Si... il est à craindre que + indicatif ou subjonctif ?

 

Espérer que - J'espère que, je n'espère pas que, espérez-vous que - Inutile que - Prendre garde que, à ce que - Faire attention que, à ce que + subjonctif ou indicatif ?

 

Je veux bien que - Le hasard veut que - Le malheur veut que - Oublier que, j'oublie que - de ce que + subjonctif ou indicatif ?

 

Le fait que - Je ne dis pas que - Cela ne veut pas dire que - Ce n'est pas que, ce n'est point que - ignorer que, j'ignore que - Il n'empêche que + indicatif ou subjonctif ?

 

Voir aussi : Récapitulation des articles sur le subjonctif

> Retour au début de l'article

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 17:17

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Dans cet article, vous trouverez :

1-L'envie, péché capital.

2-L'envie au fil des dictionnaires.

    ♥ Le Furetière 1690

    ♥ La Grammaire des grammaires 1833

    ♥ Le Littré 1863-1877

    ♥ Le Dictionnaire de la conversation et de la lecture 1868

     Liens avec :

    ♥ Le Trésor de la Langue Française

    ♥ et Le Dictionnaire de l'Académie 9e édition

3-L'envie exploitée dans notre société de consommation.

 

 

 

1-L'envie, péché capital.

 

L'envie est à la troisième place dans la liste des péchés capitaux*.

*Les sept péchés qui sont

comme la source de tous les autres.

Cf. Le Dictionnaire de l'Académie 8e édition

 

Le Pape Grégoire le Grand fixa le nombre des péchés à sept, l'orgueil est le plus grand d'entre eux. Les sept péchés capitaux sont la source de tous les autres péchés.

Grégoire le Grand né vers 540 – mort en 604

 

 

Liste des péchés capitaux par Thomas d'Aquin au XIIIe siècle

 

L'Orgueil

L'Avarice

L'Envie

La Colère

La Luxure

La Paresse

La Gourmandise

 

Ezéchiel 18 : 1 et 21

La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots :

Si le méchant revient de tous les péchés qu'il a commis,

s'il observe toutes mes lois et pratique la droiture et la justice,

il vivra, il ne mourra pas.

 

Quelques versets de la Bible avec le mot envie

 

Proverbes 14 : 30

30 Un coeur calme est la vie du corps, Mais l'envie est la carie des os.

 

Matthieu 27 : 17-18

Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit : Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu'on appelle Christ ?

Car il savait que c'était par envie qu'ils avaient livré Jésus.

 

Galates 5 : 26

26 Ne cherchons pas une vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres.

 

Philippiens 1 : 15

Quelques-uns, il est vrai, prêchent Christ par envie et par esprit de dispute; mais d'autres le prêchent avec des dispositions bienveillantes.

 

Timothée 6 : 4

il est enflé d'orgueil, il ne sait rien, et il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d'où naissent l'envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons,

 

Tite 3 : 3

Car nous aussi, nous étions autrefois insensés, désobéissants, égarés, asservis à toute espèce de convoitises et de voluptés, vivant dans la méchanceté et dans l'envie, dignes d'être haïs, et nous haïssant les uns les autres.

 

Jacques 4 : 2

Vous convoitez, et vous ne possédez pas; vous êtes meurtriers et envieux, et vous ne pouvez pas obtenir; vous avez des querelles et des luttes, et vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas.

 

Pierre 2 : 1

Rejetant donc toute malice et toute ruse, la dissimulation, l'envie, et toute médisance,

 

Psaumes 73 : 3

Car j'ai porté envie aux insensés, en voyant la prospérité des méchants.

 

>> Bible : Lire, écouter et étudier la Bible - EnseigneMoi 

 

 

 

 

2-L'envie au fil des dictionnaires

 

 

 

 

Dictionnaire universel de Furetière 1690

 

Dictionnaire françois, contenant les mots et les choses, plusieurs nouvelles remarques sur la langue françoise : Ses Expressions Propres, Figurées & Burlesques, la Prononciation des Mots les plus difficiles, le Genre des Noms, le Régime des Verbes : Avec Les Termes les plus connus des Arts & des Sciences. Le tout tiré de l'Usage et des bons Auteurs de la Langue françoise.

 

 

 

  Antoine Furetière 1619-1688

Envie 

>> dans le volume 2

 

♦ « Tristesse, deplaisir qu'on a des bonnes qualitez, ou de la prosperité d'autrui. Les philosophes la definissent, une emotion de l'âme causée, entretenuë & fortifiée, par un cours des esprits qui represente que c'est un mal de voir arriver du bien aux autres, comme s'ils le recevoient à notre prejudice. Cette passion est composée de plusieurs autres, de la tristesse, de la haine, de l'indignation, de l'ambition & de l'orgueil. L'envie naît particulièrement entre les egaux. L'envie est une humeur chagrine qui ressemble fort à la haine, FEN. L'envie est un censeur triste et severe des bonnes qualitez d'autrui. L'envie, cette sombre rivale du merite, ne cherche qu'à le rebaisser jusqu'à lui, BOI. C'est une regle de sagesse que d'irriter le moins qu'on peut l'envie & la jalousie des autres. LOC. La malignité de la vie s'attache d'ordinaire à la vertu. OE. M. L'envie a quelque chose de bas & ne tend qu'à supplanter son rival ; mais l'emulation qui est plus noble, & plus genereuse, ne songe qu'à supplanter son concurrent. BELL. La haine et l'envie sont deux passions qui se confondent ; s'il y a quelque difference, c'est que l'une s'attache à la personne, & l'autre à l'eclat, & à la condition. LA. BR. Il n'y a point de vengeance plus heroïque que celle qui tourmente l'envie à force de bien faire. AMELOT. Je connois des gens chagrins & desagreables, par un principe d'envie. LE CH. DE. M. Il n'y a rien de plus vrai que ce que disait Horace, que les tyrans les plus cruels n'ont pu inventer de tortures plus insupportables que l'envie. BAY. Un sage Favori doit eviter la pompe, & le faste pour ne pas irriter l'envie. M. ESP. L'envie regarde avec dedain & avec chagrin la bonne fortune d'autrui. FEN. On dit d'une fortune mediocre qu'elle est au-dessous de l'envie, & au-dessous du mepris.OEV. M. M. Rousseau dit d'un mauvais poëte.

 

Il est bien vrai qu'à l'oubli condamnez

Ses vers souvent font des enfants morts nez

Mais chacun l'aime, et nul ne s'en defie.

A ses talens aucun ne porte envie.

 

Nous portons ordinairement envie à ceux qui nous sont preferez. On dit aussi, porter envie à quelqu'un pour dire simplement, souhaiter un bonheur pareil au sien, sans avoir de deplaisir. Sa fortune est digne d'envie. Alexandre portoit envie à Achille d'avoir eu un Homère pour chanter ses actions. L'ACAD.

 

Cesse de t'etonner si l'envie animée,

Attachant à ton nom sa rouille envenimée,

La calomnie en main quelquefois te poursuit. BOI.

 

Contentons notre ardeur, laissons parler l'envie. LA SUZE.

 

Cette beauté l'objet de tant de jalousie,

Qu'on ne peut voir sans l'admirer

Où les yeux même de l'envie,

Ne trouvent rien à censurer. OEV. M.

 

♦ Envie, Divinité maligne que les payens mettoient entre celles qu'ils adoroient de peur d'être exposez à ses fureurs... Un Poëte payen la depeint habitant dans un antre obscur, où le soleil n'entre jamais, où il fait toujours froid, & qui est toujours rempli d'un brouillard epais. Il lui donne un visage pâle & des yeux enfoncez & regardant de travers, une bouche d'où sort le venin dont son coeur est rempli, des dents jaunes, des cheveux en serpents noüez au haut de sa tête. Il la represente se nourrissant de vipères ; ne souriant jamais, si ce n'est des malheurs d'autrui ; ne dormant point, envenimant toutes ses paroles, & tenant trois grands serpents dans une main , et dans l'autre un hydre à sept têtes avec un autre serpent qui lui ronge le sein. On ne peut faire une plus belle peinture de l'envie ; & après cela il faut avouer que Virgile avoit raison de l'appeler la domestique du Dieu des Enfers. Les Grecs en font un Dieu parce que le mot phtonos, qui en leur Langue signifie l'envie, est masculin. L'Anguille, selon quelques-uns, & selon d'autres le Serpent etoit chez les Anciens, le Symbole de l'envie.

 

♦ Envie, signifie aussi, desir, volonté, & quelquefois fantaisie. Grande envie, legere envie, envie dereglée, desordonnée, furieuse. La plus grande de ses envies est de faire plaisir. Avoir envie de dormir, de souper, d'être marié, avoir envie d'un bouquet, d'un tableau. Il lui a pris envie de se retirer du monde. Il a satisfait son envie, sa passion. La colère est une envie impatiente de se venger. M. ESP. Je meurs d'envie de vous voir. L'envie lui a cessé de voyager. On dit passer son envie de quelque chose. Faire passer l'envie d'une chose à quelqu'un, c'est l'en rassasier, ou l'en degouter. »

 

Notes de mamiehiou 

J'ai conservé autant que possible la graphie de l'époque

portoit, étoit > portait, était

connois > connais

recevoient, mettoient, adoroient, etc. > aient

Pas encore d'accent sur certaines voyelles : deplaisir, merite, prosperité, ame, emotion, degouter, etc

le tréma sur entretenuë, poëte, etc.

Le z marque un pluriel : qualitez, condamnez (Il est vrai qu'à l'oubli condamnés, ces vers...), morts nez (des enfants morts-nés), ceux qui nous sont preferez (préférés) exposez (de peur d'être exposés), etc.

Payen > païen

Etc.

 

Autres acceptions du mot ENVIE que je ne retiendrai pas dans les définitions des dictionnaires suivants.

 

 ♦ On dit proverbialement, c'est une envie de femme grosse, pour dire, un appétit déréglé pour quelque chose mauvaise, à cause que les femmes dans cet état mangent plusieurs choses qui ne valent rien. On dit aussi qu'il vaut mieux faire envie que pitié.

♦ On appelle aussi envies, de petits morceaux de peau qui se détachent vers l'extrémité des doigts. »

 

 

Grammaire des grammaires,

ou

Analyse raisonnée des meilleurs traités sur la Langue Française

1833

 

 

 

Charles-Pierre Girault-Duvivier

Page 546

Porter envie

Le sage « ne porte envie à personne. » — « Je ne lui envie point sa fortune » — « Je porte envie à mon ami de ce qu'il a le plaisir d'être avec vous. (L'Acad.)

 

 

 

Dictionnaire Littré 1863-1877

 

 

Emile Littré 1801-1881

Envie

« ♦ Chagrin et haine qu'on ressent du bonheur, des succès, des avantages d'autrui.

♦ Désir de jouir d'un avantage pareil à celui d'autrui. »

Dans le Littré en ligne

(Reverso)

Voir l'article en entier

>> ENVIE

>> et les citations avec "envie"

 

 


Dictionnaire de la conversation et de la lecture  

Inventaire raisonné

des notions générales les plus indispensables à tous

Par une société de savants et de gens de Lettres

 sous la direction de M. W. Duckett

 Seconde édition

 M DCCC LXVIII 

(1868)

 

 

William Duckett 1805-1873

 

Envie

>> Dans le volume 8 - page 644 

 

♦ « Le Dictionnaire de l'Académie définit l'envie, dans son acception la plus générale : « un chagrin qu'on ressent du bonheur, du succès, des avantages d'autrui. » Les phrénologistes la considèrent comme une affection d'un organe propre au cerveau, combinée avec l'activité ou le manque d'énergie d'autres facultés. Ce qu'on appelle les affections de l'âme ne peut exister ou être réalisé qu'au moyen d'organes cérébraux. Or il y a un organe qui nous porte tous à avoir pour nous-mêmes plus ou moins d'estime ; il nous fait désirer l'estime des autres, et il est la source de l'ambition, de l'orgueil, de la hauteur. Quand l'organe de l'estime de soi est très actif dans un individu, et que cet individu est en même temps privé des organes de la justice et de la bienveillance, il est désagréablement affecté du bonheur et du succès des autres. Il croit fermement mériter tous les avantages dont il est privé et qu'il voit chez autrui. L'envieux toutefois ne l'est pas pour toutes choses. Il l'est seulement à l'égard des objets pour lesquels il a des organes plus actifs : ainsi celui qui aura l'organe de la propriété très développé sera envieux de la fortune et des richesses d'un autre ; celui qui aura de l'approbation ou de la vanité très actif, sera envieux des décorations, des distinctions et des éloges qu'il entendra faire des autres ; et celui qui aura un fort penchant pour le sexe, sera envieux seulement de la bonne fortune des autres, et ainsi de suite de tous les penchants naturels à l'homme. L'envieux est porté à vouloir, non seulement toutes les jouissances pour lui exclusivement, mais il voudrait anéantir celle qu'il ne peut posséder, afin qu'aucun autre ne pût en jouir. Il est très difficile de corriger les envieux : il paraît que la nature les a condamnés à souffrir toute leur vie des biens des autres, sans leur permettre de jouir de ceux qu'ils possèdent eux-mêmes. L'éducation, cependant, corrigera beaucoup cette mauvaise direction de nos sentiments et de nos facultés. Les pères et mères et les instituteurs doivent faire attention aux tendances des enfants, et aussitôt qu'un premier signe d'envie se manifeste en eux, tâcher de réveiller en eux les sentiments de la justice et de la bienveillance, en s'appuyant sur la raison et les exemples ; ils doivent faire voir que l'envie rend malheureux celui qui se laisse dominer par cette triste affection, et leur dire que ceux qui sont l'objet de notre envie sont souvent plus malheureux que nous. Mais généralement les parents font le contraire de ce qu'ils doivent faire ; et en croyant exciter dans leurs enfants une juste émulation, ils ne font que féconder dans leurs âmes le sentiment de l'envie qui doit plus tard rendre leur existence bien malheureuse.

 

♦ Le mot envie s'emploie enfin comme synonyme de désir ou de volonté. Il est fâcheux qu'il n'y ait qu'un seul et même terme pour des sentiments si différents de celui dont nous venons de parler. Nous essaierons, au point de vue phrénologique, une brève explication de la manière dont un désir se forme en nous.

L'homme et les animaux apportent en naissant des facultés et des penchants déterminés, que les phrénologistes appellent organes. C'est la condition matérielle voulue par la nature pour la manifestation de chacune de nos facultés. Dans le monde extérieur, en dehors de l'individu, il y a des objets différents qui sont destinés à être mis en rapport avec chacun des organes du cerveau. Ordinairement, quand un objet se présente à un individu, il réveille l'activité de l'organe auquel il correspond, et l'organe en question demande à être satisfait. L'envie est donc cet état d'un organe cérébral qui a besoin d'être satisfait par l'exercice de la faculté qu'il représente, ou par la possession de l'objet qui est en rapport avec lui. Dès lors on comprendra que l'on peut avoir autant de désirs et d'envies différentes, qu'on a d'organes différents, et comment on peut avoir envie d'une chose, tantôt d'une autre, en raison de la variété des objets qui se présentent devant nous et peuvent satisfaire aux besoins de nos organes. L'instinct du sexe fait naître dans l'homme l'envie de posséder une compagne ; l'instinct de la propre défense fait naître dans celui-ci l'envie de se battre à la vue d'un ennemi ; l'organe de la propriété donnera à un autre l'envie de s'enrichir et de posséder beaucoup, etc. De même, s'il y a des organes pour le sens du rapport de l'espace ou des lieux et des sons, il y a en dehors de nous des lieux et des sons, et quand les lieux et les sons réveillent en nous l'activité de l'organe des localités et de la musique, nous avons envie de nous promener, de voyager, ou d'entendre ou de faire de la musique, etc. Il n'est pas absolument nécessaire que l'objet soit présent pour réveiller l'activité d'un organe, il nous suffit que l'objet existe, et qu'il ait pu donner à l'individu l'idée de son existence ; l'organe peut alors entrer en activité en vertu de sa propre vitalité. Dans nos institutions sociales, il faudrait donc tâcher de présenter aux différents individus des objets qui déterminent des bons penchants et des facultés dont l'exercice peut être utile à l'individu et à la société entière, et éloigner autant que possible la présence de ceux qui pourraient réveiller l'activité des organes malfaisants. »

Dr Fossati

 

Le Trésor de la Langue Française >> ENVIE

 

Le Dictionnaire de l'Académie, 9e édition >> ENVIE

 

3-L'envie exploitée

 

dans notre société de consommation.

 

Il n'est pas de jour où l'on n'entend parler de croissance économique. Sa progression serait le remède de tous nos maux.

Mais qu'est-ce que la croissance économique si ce n'est l'augmentation de la production de biens et de services marchands d'un pays, et du monde. Et cette croissance repose sur la consommation qu'il faut développer à tout prix pour augmenter la richesse de chacun et la richesse des états.

Se plaint-on que la croissance n'est pas celle attendue ? Elle ne cesse de progresser cependant.

 

L'économie française produit aujourd'hui 4,6 fois plus de richesses qu'en 1959 .

>> Alternatives

Une croissance ralentie, mais plus riche en emplois

 

La richesse d'un pays se mesure par le PIB.

Le PIB a été multiplié par 6,8 entre 1950 et 2010, par 2,2 entre 1950 et 1970, par 2 entre 1970 et 2010.

La consommation sur une longue période varie avec le PIB

>> France-Inflation.com

TAUX INFLATION EN FRANCE depuis 1901. Inflation actuelle 2012

 

Jusqu'où faudra-t-il que la consommation augmente pour nous satisfaire ? Mis à part les considérations de compétitivité mondiale et les problèmes de chômage, on peut s'interroger sur cette frénésie de vouloir produire toujours plus, pour acheter toujours plus, pour devenir – pour certains - de plus en plus riches.

 

Créer des envies sans qu'elles soient des besoins, voilà le rôle de la publicité et des médias qui exposent à l'envi (= à qui mieux mieux) les objets nouveaux qu'on ne connaissait pas hier encore, mais qu'on a tôt fait de croire indispensables, incontournables. Séduction, tentation, fascination, désir, obsession même, tromperie, tout cela habilement enveloppé dans l'art du bien-dire et du bien montrer !

Irrésistible !

C'est là que l'envie engendre la jalousie*, sa soeur, sa compagne.

On tombe dans le panneau. On est harponné. On n'a de cesse de vouloir tel ou tel objet dernier cri, dont on aura vite épuisé les charmes et que l'on jettera pour que grossisse la masse des déchets dont on ne sait que faire !

 

*La jalousie.

Mauvais sentiment qu'on éprouve quand on n'obtient pas ou ne possède pas les avantages obtenus ou possédés par un autre. Cf. Littré

 

L'envie c'est la douleur de voir autrui posséder ce que nous désirons ; la jalousie, de le voir posséder ce que nous possédons. Diogène Laerce (début du 3e siècle après J.C.)

 

 

Et la douleur du pauvre qui regarde et qui ne peut accéder aux objets de ses désirs, objets qui s'étalent à profusion devant lui et dont il sait qu'il n'en n'aura jamais la jouissance.

 

 

 

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À écouter

Michel Sardou et Johnny Hallyday dans :

L'envie d'avoir envie - texte j.j. Goldman - de Frederique LONGERE

 

 

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Articles connexes dans ce blog :

La folie du consumérisme* -"Prêt à jeter"

Qu'est-ce que le seuil de pauvreté ? - Le seuil de pauvreté en France...

 

  FOCUS sur quelques mots :

Le A au fil des dictionnaires 

La Vérité, toute la Vérité, rien que la Vérité...
Lucifer - WILLIAM DUCKETT - Dictionnaire de la conversation et de la lecture

 

et

Peut-on dire : J'ai très envie, très plaisir, très peur, très faim, très sommeil... Cela me fait très envie, très plaisir, très peur... ?  

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 13:52

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Petit exercice. Compléteriez-vous sans hésiter :

Sa redingote est ... devant derrière.

Sa chambre est ... dessus dessous.

...  en est fait de vous !

Il va ... dire qu'il est fou.

Correction en fin d'article

  QUIZ 60

  Les explications et la correction suivent l'exercice

qui n'est pas toujours évident quoi qu'on en pense !

 

  Des histoires sans queue ni tête

vs avec queue & tête

 

Les phrases qui suivent appartiennent

à des registres* de langue différents.

Voir : *Registre de langue

 

1 Je lui fus d'une reconnaissance ...... bornes et il ...... fut, la tête haute, tout ragaillardi.

2 Quelle tête de mule ! Qu'il ...... aille donc s'il ...... ...... le courage !

3 Après que je l'eus sermonné, il ...... est allé la queue basse.

4 Range donc ta chambre, tête de linotte ! Elle est toute ...... dessus dessous.

5 Que je lui dise blanc ou noir, à cette tête de cochon, il ...... moque.

6 Je m'installerai chez lui ...... façons, quand bien même il ...... prendrait à moi qui suis sa tête de Turc. Non mais ! Peut-être ne ...... apercevra-t-il même pas.

7 Il a gagné ...... vingt trois millions d'euros et je n'en ai pas vu la queue d'un, le pingre !

8 Il arracha les queues des cerises et ...... fit une tisane.

9 « ...... est trop de tes histoires ...... queue ni tête », dit-il. Il ne savait plus à quoi  ...... tenir.

10 Je préparai un foie gras truffé et le maître-queux ...... empara. Étonnant non ?

11 « Ah je le ...... bien là.

    —Tu es (> censé ou sensé) le dire ?

    —Oui, il ...... bon, le canard au ...... qui mijote. » 

12 Il perdit son ......-froid et, ...... un mot, ...... retourna fort jaloux. « Il a le ...... chaud, » pensai-je à part moi.

13 « Il est toujours ...... le sou et tire le diable par la queue.

   —...... blague ? »

14 Je lui tiens la queue. ...... est fait de lui ! Je vais le faire suer ...... et eau.

15 Bon ...... ! Cette queue de cochon me laisse ...... voix. On ...... pourlèche.

16 Vois comment tu t'habilles ! Ta queue de pie et ta redingote sont ...... devant derrière !

17 Je fis des tête-à-queue ...... qu'il ...... rendît compte. Ainsi ...... émut-il aucunement.

18 « ...... n'est pas croyable ! Il ...... est coupé une !

   —De quoi parles-tu ?

   —Devine ! »

19 Ils ont inventé une voiture ...... roues et ...... volant. Il va ...... dire que c'est dangereux. Pourquoi le pilote ne serait-il pas ...... tête pendant qu'on y est ?

20 Il ...... est mis plein la lampe ...... aucuns frais.

21 Il y a ...... ...... dans un dollar. Le billet d'un dollar montre la tête de George Washington, premier président des États-Unis d'Amérique.

22 Il ......suivit des rires incongrus à lui casser la tête. Et il ......fuit à perdre haleine. 

 

1 SENS1

Le sens, le bon sens, il a perdu le sens... On prononce le S du mot sens. Il n'en n'a pas toujours été ainsi.

On ne prononce pas le S dans sens dessus dessous ni dans sens devant derrière.

 

2 SENS2- SENT

Du verbe sentir à l'indicatif présent. Je sens, tu sens, il sent.

 

3 SANS

Préposition suivie d'un nom au singulier ou au pluriel.

Cas général, on se fie au sens.

Un chien sans queue. Il pourrait en avoir une, et une seule.

Une voiture sans roues. Elle en aurait plusieurs si elle en avait.

Une chemise sans manches. Un film sans paroles. Un ciel sans soleil.

Ce travail est sans aucuns frais.

Pour les cas particuliers, il faudra consulter le dictionnaire.

EX : Sans encombre, sans exemple, sans preuve, sans inconvénient, sans douleur, sans façons, sans soins, sans soucis, sans défauts etc.

Voir dans le Trésor : SANS

Et dans ce blog la locution conjonctive Sans que

 

Remarque

Sans bornes est une locution adverbiale. Bornes est toujours au pluriel. Les poètes l'ont parfois écrit au singulier pour les besoins de la rime ou de la métrique :

 

Cette grandeur sans borne et cet illustre sang

Corneille, Cinna Acte II scène 1

 

Son orgueil est sans borne ainsi que sa richesse

Racine, Esther Acte II scène 9

 

Dans ses prétentions une femme est sans borne.

Boileau, 10e Satire

 

4 S'EN1

♦  Fait partie de certains verbes pronominaux (verbes pr. subjectifs)

Le mot EN est inanalysable

Voir : Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ?

s'en aller, s'en retourner, s'en tenir (s'en tenir là, savoir à quoi s'en tenir)...

verbe être dans le sens de s'en aller au passé simple, je m'en fus, il s'en fut...

 

5 S'EN2

Complément indirect EN = DE + un substantif, un infinitif, une proposition.

Il s'en prend plein la figure. (des railleries)

Il s'en moque. (d'échouer)

Elle est toujours en train de lui dire des gentillesses, il ne pourrait pas s'en passer. (qu'elle lui dise des gentillesses)

 

6 C'EN

CE élidé en C'. Pronom démonstratif signifiant CELA

c'en est - c'est


7 CENT1

Nombre numéral cardinal 

Dix fois dix font cent.

Cent s'écrit cents quand il est multiplié par un nombre et non suivi d'un nombre.

Trois cents - Trois cent vingt

 

8 CENT2

Un cent est la centième partie du dollar

 

9 SANG

Liquide qui parcourt nos artères et nos veines.

Ce mot se retrouve dans de nombreuses expressions.

Voir Le Trésor : SANG

 

10 CENSÉ ou SENSÉ

Il est vraiment stupide ; il n'était pas censé faire cela.

Censé, supposé

Sensé, qui a du bon sens

Voir : Ne pas confondre : feux et feus – sensé et censé – chaos et cahot – efficace et efficient – émotionné et ému - bruire et bruisser

 

 

CORRECTION

1 Je lui fus d'une reconnaissance sans bornes et il s'en fut, la tête haute, tout ragaillardi.

♦ Sans bornes locution adverbiale, bornes au pluriel.

♦ il s'en fut = il s'en est allé

verbe être dans le sens d'aller au passé simple

♦ Ragaillardir = donner de la vigueur.

 

2 Quelle tête de mule ! Qu'il s'en aille donc, s'il s'en sent le courage !

 

3 Après que je l'eus sermonné, il s'en est allé la queue basse.

La queue basse = honteux

 

4 Range donc ta chambre, tête de linotte ! Elle est toute sens dessus dessous.

 

5 Que je lui dise blanc ou noir, à cette tête de cochon, il s'en moque.

 

6 Je m'installerai chez lui sans façons, quand bien même il s'en prendrait à moi qui suis sa tête de Turc. Non mais ! Peut-être ne s'en apercevra-t-il même pas.

 

7 Il a gagné cent vingt trois millions d'euros et je n'en ai pas vu la queue d'un, le pingre !

♦ Pas la queue d'un (populaire)= pas un seul

♦ Voir : Savoir orthographier les adjectifs numéraux cardinaux cent ou cents, vingt ou vingts... + des millions, des milliards, des billions

 

8 Il arracha les queues des cerises et s'en fit une tisane. 

Queue d'un fruit = tige

 

9 « C'en est trop de tes histoires sans queue ni tête », dit-il. Il ne savait plus à quoi s'en tenir.

 

10 Je préparai un foie gras truffé et le maître-queux s'en empara. Étonnant non ?

            un maître-queux, un grand cuisinier

11 « Ah je le sens bien là.

   —Tu es censé le dire ? 

   —Oui, il sent bon, le canard au sang qui mijote. »

 

12 Il perdit son sang-froid et, sans un mot, s'en retourna fort jaloux. « Il a le sang chaud, » pensai-je à part moi.

 

13 « Il est toujours sans le sou et tire le diable par la queue.

—Sans blague ? »

Tirer le diable par la queue = être fauché.

 

14 Je lui tiens la queue. C'en est fait de lui ! Je vais le faire suer sang et eau.

Prononciation

Sang et eau Léon Warnant, Louis Chalon donnent san-k-éo

Sang impur : san-g-impur ou san-k-impur

Dans la langue courante, très souvent l'usager ne fait pas de liaison mais une disjonction : san-éo, san-impur

 

15 Bon sang ! Cette queue de cochon me laisse sans voix. On s'en pourlèche.

Se pourlécher, se pourlécher les babines, les lèvres, les badigoinces (populaire, lèvres ou joues)

 

16 Vois comment tu t'habilles ! Ta queue de pie et ta redingote sont sens devant derrière !

 

17 Je fis des tête-à-queue sans qu'il s'en rendît compte. Ainsi s'en émut-il aucunement.

Aucunement, terme vieilli s'emploie avec ou sans ne = nullement, d'aucune manière.

 

18 « C'en est pas croyable ! Il s'en est coupé une !

    —De quoi parles-tu ?

    —Devine !"

 

19 Ils ont inventé une voiture sans roues et sans volant. Il va sans dire que c'est dangereux. Pourquoi le pilote ne serait-il pas sans tête pendant qu'on y est ?

 

20 Il s'en est mis plein la lampe sans aucuns frais à tel point qu'il en avait les moustaches queue de vache.

♦ S'en mettre plein la lampe, argot = manger et/ou boire beaucoup. 

♦ Sans aucuns frais. Voir :  Aucun, aucuns, aucune, aucunes, d'aucuns

♦ Queue de vache, couleur jaune pisseux.

 

21 Il y a cent cents dans un dollar. Le billet d'un dollar montre la tête de George Washington, premier président des États-Unis d'Amérique.


22 Il s'ensuivit des rires incongrus à lui casser la tête. Et il s'enfuit à perdre haleine.

            Verbes s'ensuivre et s'enfuir au passé simple

            (agglutination : en- est soudé aux verbes suivre et fuir)

            Voir : L'agglutination

En linguistique, l'agglutination consiste en ce que deux ou plusieurs termes autrefois séparés, deviennent un seul mot.

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Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... " 

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Petit exercice du début de l'article :

Sa redingote est sens devant derrière.

Sa chambre est sens dessus dessous.

C'en  est fait de vous !

Il va sans dire qu'il est fou.

(Il est évident qu'il est fou. Il est fou, cela va sans dire)

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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