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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 10:45

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Ma fille !

 

Il n'est pas de mot plus doux

Qu'il me soit donné de dire,

De penser ou bien d'écrire,

Sache-le, c'est entre nous.

 

Une dame*, amie de Roi,

Qui faisait de Belles Lettres,

Ne m'eût démentie, ma foi.

Tu la reconnais peut-être.

 

La passion que j'ai pour toi

Est immense et précieuse.

Un tremblement dans ma voix

Trahit qu'elle est douloureuse.

 

Ma fille, ma fille ! Sache

Que c'est le chant de mon cœur,

Et je voudrai sans relâche

Te bercer dans sa douceur.

 

 

*Une dame amie de Roi qui faisait de Belles lettres...

Il s'agit de Marie de Rabutin-Chantal, baronne de Sévigné, dite la Marquise de Sévigné.

Elle aimait beaucoup sa fille, Madame de Grignan, à laquelle elle écrivit des centaines de lettres, véritable chronique qui retraçait, entre autres, ce qui se passait à la Cour du Roi Louis XIV.

 

CONTES, NOUVELLES ET POÉSIES DE MAMIEHIOU

 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 09:29

 

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L'hirondelle de l'écriture (Jules Renard)

 

ÉTYMOLOGIE

L'accent circonflexe peut venir de la disparition du s :

forêt, forest, forestier, déforestation

fenêtre, défénestrer ou défenestrer, défenestration ou défénestration

hôpital, hospitalier

hôte, oste (XIIe siècle)

pâtre, pastoureau, pâture, pasteur...

idolâtre, ydolastre (Ronsard XVIe siècle)

côte à côte, coste a coste (XIIe siècle)

tôt, tost, guêpe, guespe....

 

Il peut remplacer une voyelle (parfois double) ou une consonne :

âge, aage - bâiller, baaillerrôle, roole - beeler, bêler

âme, anme (Fin du IXe siècle, anima : principe spirituel de l'homme)

anme, désanalisé au XIe siècle

Dictionnaire Historique de la langue française

https://books.google.fr/books?isbn=2321000139

 

Il peut servir à distinguer des mots homonymes (> homophones)

crois, croîs, croit, croît, cru, crû...

du, dû

Voir : Ne pas confondre : du, dû, dus, due, dues, dut et dût

 

Le suffixe -âtre sert à former des adjectifs avec le sens de : un peu, pas tout à fait. Il est aussi un diminutif

blanchâtre, saumâtre, gentillâtre...

Mots finissant par -atre ou -âtre :

acariâtre, albâtre, amphithéâtre, archiatre, âtre, beigeâtre, bellâtre, blanchâtre, bleuâtre, brunâtre, châtre, cocâtre, douceâtre, embatre (embattre 1990), emplâtre, écolâtre, fillâtre, filsâtre, finâtre, folâtre, gentillâtre, gériatre, grisâtre, hippiatre, iconolâtre, idolâtre, idolâtré, jaunâtre, marâtre, mulâtre, neuropsychiatre, noirâtre, olivâtre, opiniâtre, opiniâtré, palâtre, parâtre, pâtre, pédiatre, pédopsychiatre, phoniatre, plâtre (et mots de la même famille), psychiatre, quatre, ranatre, replâtré, rosâtre, rougeâtre, roussâtre, saumâtre, théâtre, verdâtre, vératre, violâtre, zoolâtre.

 

Attention : le suffixe -iatre n'a pas d'accent : psychiatre, pédiatre...

 

 

La réforme de 1990 vise à simplifier l'orthographe de la langue française.

Journal officiel de la République française du 6 décembre 1990

>> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

L'accent circonflexe disparaît sur i et u
coût > cout
entraîner > entrainer,
nous entraînons > nous entrainons
paraître, il paraît > paraitre, il parait

 

Mais on le maintient dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif, et en cas d'homonymie

Nous courûmes et vous vainquîtes

Il fallait qu'il courût et qu'elle vainquît

La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

Homonymes :

du, dû (article contracté : de le, et participe passé de devoir)

cru, crû (participe passé de croire et croître)

je crois, tu crois, il croit - je croîs, tu croîs, il croît (présent de l'indicatif de croire et de croître)

je crus, tu crus, il crut, ils crurent – je crûs, tu crûs, il crût, ils crûrent (passé simple de croire et de croître)

sûr, adjectif – sur, préposition

mûr, adjectif – mur, substantif

Étymologie de mûr : Dictionnaire Godefroy : meur, maur (adjectif)

http://micmap.org/dicfro/search/dictionnaire-godefroy/meur

...................................................................................................................

 

Les adverbes formés sur les adjectifs féminins en -aie, -ée, -ie, -ue, perdent leur e final devant -MENT,

-vraiment, aisément, poliment, éperdument, absolument, ambigument.

-Cependant on écrit gaîment (ou gaiement), assidûment, continûment, goulûment, crûment, dûment, indûment, congrûment, incongrûment, nûment.

-Le Dictionnaire Robert accepte nuement et nûment

-On peut trouver dans certains dictionnaires drûment et fichûment.

Les adverbes en -MENT + Quiz 109

La Nouvelle orthographe supprime tous les accents des adverbes

Ainsi peut-on écrire : gaiement, gaîment ou gaiment à sa guise !

 

L'accent circonflexe, une exception française ?

L'accent circonflexe existait en Moyen-haut Allemand (au Moyen Âge)

 

Dû bist mîn, ich bin dîn.
des solt dû gewis sîn.
dû bist beslozzen
in mînem herzen,
verlorn ist das sluzzelîn:
dû muost ouch immêr darinne sîn.

 

Traduction de mamiehiou :

Tu es à moi, je suis à toi,

c'est ce dont tu dois être sûr.

tu es enfermé

dans mon coeur :

elle est perdue la petite clef :

tu dois donc y rester toujours.

 

Le Minnesang (« chant d'amour ») est un style de poésie lyrique dans les pays de langue allemande qui s'est épanoui du XIIe siècle jusqu'au XIVe siècle. Cf. Wikipédia

 

Mîn, dîn sont devenus aujourd'hui mein, dein : à moi, à toi.

http://lyricstranslate.com/en/du-bist-min-you-are-mine.html#footnote1_80gdjjh#ixzz3qdPu98RU

 

Des accents circonflexes dans d'autres langues > Accent circonflexe — Wikipédia
 

Petit casse-tête

 

Des mots suivants, lesquels portent un accent circonflexe ?

Lesquels ont perdu le leur ?

Lesquels n'en n'ont jamais eu ?

Rétablissez les accents circonflexes, aigus ou graves,

quand il le faut.

 

acre, acreté, acrimonie, acrimonieux, acariatre

arome, aromate, aromatique, aromatiser

bete, betail, betaillère

binome, binomial

cable, cabler, cablage, cablier, cablerie, encablure

cone, conique, conifère

conquete, conquerant

cote, coteau

crane, cranien, craniologie

crepe, creper, crepage, crepelé, crepu, crepir

dépot, déposer

diner, dineur, dinatoire

diplome, diplomer, diplomate, diplomatie,
diplomation, diplomatique

drole, drolerie, drolement, drolatique

extreme, extremement, extremité, extremisme, extremiste

fantome, fantomatique

fût, futaie, futaille

grace, disgrace, gracier, gracieux, gracieusement, disgracier

grave, aggraver, aggravation

icone, iconicité, iconique, iconoclaste

infame, infamie, infamant, diffamatoire, diffamer

jeune, jeuner, jeuneur, déjeuner, à jeun

meler, melange, melanger, melangeur

pate, paté, patisserie, patissier, paton,

patir compatir, compatissant, compassion

pole polaire, polariser, polarisation

psychiatre, psychiatrie, psychiatrique

rateau ratisser

supreme, supremement suprematie

sur, surement, sureté assurance, assurer, rassurer

symptome,symptomatique

tater, tatonner, tatonnement, à tatons, tatillon

tempete, tempeter, tempetueux

trone, troner, détroné, introniser, intronisation

veler, velement, velage, velin.

 

v

 

âcre, âcreté, acrimonie, acrimonieux, acariâtre

arôme, aromate, aromatique, aromatiser

bête, bétail, bétaillère

binôme, binomial

câble, câbler, câblage, câblier, câblerie, encablure

cône, conique, conifère

conquête, conquérant

côte, coteau

crâne, crânien, craniologie

crêpe, crêper, crêpage, crêpelé, crépu, crépir
dîner, dîneur, dînatoire

dépôt, déposer

diplôme, diplômer, diplomate, diplomatie,
diplomation, diplomatique

drôle, drôlerie, drôlement, drolatique

extrême, extrêmement, extrémité, extrémisme, extrémiste

fantôme, fantomatique

fût, futaie, futaille

grâce, disgrâce, gracier, gracieux, gracieusement, disgracier

grave, aggraver, aggravation

icône, iconicité, iconique, iconoclaste

infâme, infamie, infamant, diffamatoire, diffamer

jeûne, jeûner, jeûneur, déjeuner, à jeun

mêler, mélange, mélanger, mélangeur

pâte, pâté, pâtisserie, pâtissier, pâton,

pâtir, compatir, compatissant, compassion

pôle, polaire, polariser, polarisation

psychiatre, psychiatrie, psychiatrique

râteau ratisser

suprême, suprêmement, suprématie

sûr, sûrement, sûreté, assurance, assurer, rassurer

symptôme, symptomatique

tâter, tâtonner, tâtonnement, à tâtons, tatillon

tempête, tempêter, tempétueux

trône, trôner, détrôné, introniser, intronisation

vêler, vêlement, vêlage, vélin.

 

L'exercice proposent des familles de mots dont certains ont l'accent circonflexe et d'autres pas.

Exceptions  que vous aurez relevées dans cette liste :

1-N'ont jamais eu d'accents circonflexes les mots des familles de :

psychiatre, psychiatrie, psychiatrique ,

grave, aggraver, aggravation.

2-Tous les mots de la famille de dîner prennent un accent circonflexe.

 

Exercez votre mémoire. Refaites le quiz dans quelques jours. Qu'en restera-t-il ?

 

>>RETOUR AU DEBUT DE L'ARTICLE

..................................................................................................................
AJOUT

Une internaute me demande par courriel pourquoi il y a un accent circonflexe sur dîner. Voici ma réponse :

Lorsque vous avez à faire la recherche de l'étymologie d'un mot, vous pouvez la trouver sur CNRTL Lexicographie et/ou Etymologie, entre autres.

Voir : DÎNER1, verbe intrans.
Ainsi l'accent circonflexe vient de la disparition du S comme dans beaucoup d'autres mots d'ailleurs : forêt, hôpital, etc.

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 07:21

FLORILÈGE La Pensée des autres

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Un florilège de textes, sélectionnés par mamiehiou

 

 

-24-

 

Dans notre beau pays de France, et dans d'autres pays d'ailleurs, on aimait se mesurer les armes à la main. Et trop de gentilshommes ont péri par l'épée et par le pistolet, parfois pour le plaisir de s'éprouver dans "un exploit sportif", mais le plus souvent pour venger leur honneur. 

Voir l'article de Wikipédia : Duel (combat) - Wikipédia

"Entre juin 1643 et octobre 1741, Louis XIV  ne promulgua pas moins de onze édits interdisant le duel et renforçant les peines, sans pour autant faire cesser cette pratique."

Voir la pièce complète sur Wikisource : Le Cid- Wikisource

..................................................................

À tous ceux qui ont étudié Le Cid au collège, et que la relecture de cet extrait réjouira, aux autodidactes qui l'ont lu d'eux-mêmes, par curiosité et par amour de la littérature, à tous ceux aussi qui ont découvert la pièce au théâtre, et à ceux-là mêmes qui ne connaissent pas cette pièce, fleuron du classicisme, et qui n'en ont jamais entendu parler, voici :

 

 

 

 LE CID

1636

 

Acte III, Scène IV – Don Rodrigue, Chimène, Elvire

La scène commence juste après que Rodrigue s'est battu en duel avec le père de Chimène, Don Gomès, comte de Gormas, et qu'il l'a vaincu.

Rodrigue n'a pas failli à son honneur lorsque son propre père, Don Diègue, valeureux en son temps, mais trop vieux pour se venger lui-même, lui a demandé de lui prêter son bras. Don Gomez ayant insulté Don Diègue en lui donnant un soufflet, cette offense ne pouvait demeurer impunie.

Bien que Rodrigue et Chimène s'aiment d'un amour sans égal, Rodrigue, "percé jusques au fond du coeur", s'est résolu à se battre contre Don Gomès, le père de Chimène, au risque de perdre la vie car son adversaire était un homme redoutable, capable de "porter partout l’effroi dans une armée entière".

Rodrigue n'a pas faibli : "La valeur n'attend pas le nombre des années."et "À vaincre sans péril on triomphe sans gloire."

Il n'aurait pas pu conserver l'amour de Chimène s'il s'était dérobé, il aurait été indigne d'elle.

..................................................................

Personnages : Don Rodrigue, Chimène, Elvire (la suivante de Chimène)

Définition du mot suivante, cf. L'Académie : SUIVANTE s'est dit d'une Femme, d'une jeune fille attachée au service d'une princesse. Il n'est plus guère en usage qu'en termes de théâtre. Un rôle de suivante. L'emploi de suivante.
..................................................................

 

Don Rodrigue
Eh bien ! sans vous donner la peine de poursuivre,
Assurez-vous l’honneur de m’empêcher de vivre.

 

Chimène 

  Elvire, où sommes-nous, et qu’est-ce que je vois ?
Rodrigue en ma maison ! Rodrigue devant moi ! 

 

Don Rodrigue

N’épargnez point mon sang : goûtez sans résistance

La douceur de ma perte et de votre vengeance.

 

Chimène

Hélas !

 

Don Rodrigue

Écoute-moi.

 

Chimène

                Je me meurs.

 

Don Rodrigue

                                      Un moment.

 

Chimène

Va, laisse-moi mourir.

 

Don Rodrigue

                                    Quatre mots seulement :

Après, ne me réponds qu’avecque cette épée.

 

Chimène

Quoi ! du sang de mon père encor toute trempée !

 

   Don Rodrigue

Ma Chimène…

 

Chimène

                       Ôte-moi cet objet odieux,

Qui reproche ton crime et ta vie à mes yeux.

 

Don Rodrigue

Regarde-le plutôt pour exciter ta haine,
Pour croître ta colère, et pour hâter ma peine.

 

Chimène

Il est teint de mon sang.  

 

Don Rodrigue

                                    Plonge-le dans le mien,
Et fais-lui perdre ainsi la teinture du tien.

 

Chimène

Ah ! quelle cruauté, qui tout en un jour tue
Le père par le fer, la fille par la vue !
Ôte-moi cet objet, je ne puis le souffrir :
Tu veux que je t’écoute, et tu me fais mourir !

 

   Don Rodrigue

Je fais ce que tu veux, mais sans quitter l’envie

De finir par tes mains ma déplorable vie ;
Car enfin n’attends pas de mon affection
Un lâche repentir d’une bonne action.
L’irréparable effet d’une chaleur trop prompte
Déshonorait mon père, et me couvrait de honte.
Tu sais comme un soufflet touche un homme de cœur ;
J’avais part à l’affront, j’en ai cherché l’auteur :
Je l’ai vu, j’ai vengé mon honneur et mon père ;
Je le ferais encor, si j’avais à le faire.
Ce n’est pas qu’en effet contre mon père et moi
Ma flamme assez longtemps n’ait combattu pour toi ;
Juge de son pouvoir : dans une telle offense
J’ai pu délibérer si j’en prendrais vengeance.
Réduit à te déplaire, ou souffrir un affront,
J’ai pensé qu’à son tour mon bras était trop prompt ;
Je me suis accusé de trop de violence ;
Et ta beauté sans doute emportait la balance,
À moins que d’opposer à tes plus forts appas
Qu’un homme sans honneur ne te méritait pas ;
Que malgré cette part que j’avais en ton âme,
Qui m’aima généreux me haïrait infâme ;

Qu’écouter ton amour, obéir à sa voix,
C’était m’en rendre indigne et diffamer ton choix.
Je te le dis encore ; et quoique j’en soupire,
Jusqu’au dernier soupir je veux bien le redire :
Je t’ai fait une offense, et j’ai dû m’y porter
Pour effacer ma honte, et pour te mériter ;
Mais quitte envers l’honneur, et quitte envers mon père,
C’est maintenant à toi que je viens satisfaire :
C’est pour t’offrir mon sang qu’en ce lieu tu me vois.
J’ai fait ce que j’ai dû, je fais ce que je dois.
Je sais qu’un père mort t’arme contre mon crime ;
Je ne t’ai pas voulu dérober ta victime :
Immole avec courage au sang qu’il a perdu
Celui qui met sa gloire à l’avoir répandu.

 

Chimène

Ah ! Rodrigue, il est vrai, quoique ton ennemie,
Je ne te puis blâmer d’avoir fui l’infamie ;
Et de quelque façon qu’éclatent mes douleurs,
Je ne t’accuse point, je pleure mes malheurs.
Je sais ce que l’honneur, après un tel outrage,
Demandait à l’ardeur d’un généreux courage :
Tu n’as fait le devoir que d’un homme de bien ;
Mais aussi, le faisant, tu m’as appris le mien.
Ta funeste valeur m’instruit par ta victoire ;
Elle a vengé ton père et soutenu ta gloire :
Même soin me regarde, et j’ai, pour m’affliger,
Ma gloire à soutenir, et mon père à venger.
Hélas ! ton intérêt ici me désespère :
Si quelque autre malheur m’avait ravi mon père,
Mon âme aurait trouvé dans le bien de te voir
L’unique allégement qu’elle eût pu recevoir ;
Et contre ma douleur j’aurais senti des charmes,

Quand une main si chère eût essuyé mes larmes.
Mais il me faut te perdre après l’avoir perdu ;
Cet effort sur ma flamme à mon honneur est dû ;
Et cet affreux devoir, dont l’ordre m’assassine,
Me force à travailler moi-même à ta ruine.
Car enfin n’attends pas de mon affection
De lâches sentiments pour ta punition.
De quoi qu’en ta faveur notre amour m’entretienne,
Ma générosité doit répondre à la tienne :
Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi ;
Je me dois, par ta mort, montrer digne de toi.

 

Don Rodrigue

Ne diffère donc plus ce que l’honneur t’ordonne :

Il demande ma tête, et je te l’abandonne ;
Fais-en un sacrifice à ce noble intérêt :
Le coup m’en sera doux, aussi bien que l’arrêt.
Attendre après mon crime une lente justice,
C’est reculer ta gloire autant que mon supplice.
Je mourrai trop heureux, mourant d’un coup si beau.

 

Chimène

Va, je suis ta partie, et non pas ton bourreau.

Si tu m’offres ta tête, est-ce à moi de la prendre ?
Je la dois attaquer, mais tu dois la défendre ;
C’est d’un autre que toi qu’il me faut l’obtenir,
Et je dois te poursuivre, et non pas te punir.

 

Don Rodrigue

De quoi qu’en ma faveur notre amour t’entretienne,

Ta générosité doit répondre à la mienne ;
Et pour venger un père emprunter d’autres bras,
Ma Chimène, crois-moi, c’est n’y répondre pas :

Ma main seule du mien a su venger l’offense,
Ta main seule du tien doit prendre la vengeance.

 

Chimène

Cruel ! à quel propos sur ce point t’obstiner ?
Tu t’es vengé sans aide, et tu m’en veux donner !
Je suivrai ton exemple, et j’ai trop de courage
Pour souffrir qu’avec toi ma gloire se partage.
Mon père et mon honneur ne veulent rien devoir
Aux traits de ton amour ni de ton désespoir.

 

Don Rodrigue

Rigoureux point d’honneur ! hélas ! quoi que je fasse,

Ne pourrai-je à la fin obtenir cette grâce ?
Au nom d’un père mort, ou de notre amitié,
Punis-moi par vengeance, ou du moins par pitié.
Ton malheureux amant aura bien moins de peine
À mourir par ta main qu’à vivre avec ta haine.

 

Chimène

Va, je ne te hais point.

 

Don Rodrigue

Tu le dois.

 

Chimène

Je ne puis.

 

Don Rodrigue

Crains-tu si peu le blâme, et si peu les faux bruits ?

Quand on saura mon crime, et que ta flamme dure,
Que ne publieront point l’envie et l’imposture !
Force-les au silence, et, sans plus discourir,
Sauve ta renommée en me faisant mourir.

 

Chimène

Elle éclate bien mieux en te laissant la vie ;
Et je veux que la voix de la plus noire envie
Élève au ciel ma gloire et plaigne mes ennuis,
Sachant que je t’adore et que je te poursuis.
Va-t’en, ne montre plus à ma douleur extrême
Ce qu’il faut que je perde, encore que je l’aime.
Dans l’ombre de la nuit cache bien ton départ :
Si l’on te voit sortir, mon honneur court hasard.
La seule occasion qu’aura la médisance,
C’est de savoir qu’ici j’ai souffert ta présence :
Ne lui donne point lieu d’attaquer ma vertu.

 

Don Rodrigue

Que je meure !

 

Chimène

Va-t’en.

 

Don Rodrigue

À quoi te résous-tu ?

 

Chimène

Malgré des feux si beaux, qui troublent ma colère,
Je ferai mon possible à bien venger mon père ;
Mais malgré la rigueur d’un si cruel devoir,
Mon unique souhait est de ne rien pouvoir.

Don Rodrigue

Ô miracle d’amour !

 

Chimène

Ô comble de misères !

 

Don Rodrigue

Que de maux et de pleurs nous coûteront nos pères !

 

Chimène

Rodrigue, qui l’eût cru ?

 

Don Rodrigue

Chimène, qui l’eût dit ?

 

Chimène

Que notre heur fût si proche et sitôt se perdît ?

 

Don Rodrigue

Et que si près du port, contre toute apparence,

Un orage si prompt brisât notre espérance ?

Chimène

Ah ! mortelles douleurs !

 

Don Rodrigue

Ah ! regrets superflus !

 

Chimène

Va-t’en, encore un coup, je ne t’écoute plus.

 

Don Rodrigue

 

Adieu : je vais traîner une mourante vie,
Tant que par ta poursuite elle me soit ravie.

 

Chimène

Si j’en obtiens l’effet, je t’engage ma foi

De ne respirer pas un moment après toi.
Adieu : sors, et surtout garde bien qu’on te voie.

 

Elvire

Madame, quelques maux que le ciel nous envoie…

 

Chimène

Ne m’importune plus, laisse-moi soupirer,
Je cherche le silence et la nuit pour pleurer.

 

..................................................................
Note de mamiehiou

Je me souviens avec nostalgie de Gérard Philipe qui avait si admirablement interprété Rodrigue, il y a bien longtemps déjà, et qui s'est éteint, si jeune encore, laissant le théâtre orphelin. Je ne puis me détacher de son image lorsque je songe au Cid.

Images correspondant à gérard philipe

..................................................................

Une façon de dire "Je t'aime", la litote la plus célèbre de la littérature française : "Je ne te hais point."

Voir dans ce blog : Comment dites-vous "Je t'aime" ? Je te kiffe, je ne te hais point, tu me bottes, je suis morgane de toi, je t'ai dans la peau, mon coeur s'est embrasé, etc. ?

Lire d'autres textes d'auteurs dans :

FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:17

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LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

 

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Petit exercice

Qu'écririez-vous : C'était ou C'étaient ?

1-... de beaux rêves !

2-... ton père et ta mère qui riaient.

3-... nous qui dansions.

Voir la solution en fin d'article

 

 a, b, c......?

1

Un mot fantôme est

a-un mot qui hante des dictionnaires mais qui, en fait, ne correspond à rien.

b-un mot que l'on ne trouve plus dans les dictionnaires d'aujourd'hui parce que l'objet qu'il désigne n'existe plus.

 

2

Le féminin de châtain est

a-châtaine

b-châtaigne

c-chataigne

 

3

On dit

a-une autoroute

b-un autoroute

 

4

On dit 

a- une interview

b-un interview

 

5

On dit

a-C'est un espèce d'engin, un espèce de bonhomme.

b-C'est une espèce d'engin, une espèce de bonhomme.

 

6

On écrit 

a-il a crû

b-un psychiatre

c-il a pû le faire

d-il a dû le faire

 

7

On dit

a-N'espérons pas qu'il vienne !

b-N'espérons pas qu'il viendra !

 

8

On dit : Je viens de t'envoyer

a-un mél

b-un courriel

c-un message électronique

d-un e-mail

e-un mail

 

9

On dit

a-J'ai été à Paris, et toi ?

b-Je suis allé à Paris, et toi ?

 

10

À la fin d'une lettre, si vous êtes une femme, vous écrivez à quelqu'un que vous appréciez

a-Je suis tout à vous.

b-Je suis toute à vous

 

11

a-À partir de ce moment-là, nous nous haîmes de bon coeur.

b-À partir de ce moment-là, nous nous haïmes de bon coeur.

 

12

Vous écrivez sur votre chèque :

a-deux cent quatre-vingt euros

b-deux cents quatre-vingts euros

c-deux cent quatre-vingts euros

 

 

Correction

Les bonnes réponses sont en rouge

 

1

Un mot fantôme est

a-un mot qui hante des dictionnaires mais qui en fait ne correspond à rien.

b-un mot que l'on ne trouve plus dans les dictionnaires d'aujourd'hui parce que l'objet qu'il désigne n'existe plus.

1a

Un mot fantôme est un mot qui hante un ou plusieurs dictionnaires, mais qui, en fait, n'existe pas. Il serait dû à une mélecture, une mauvaise transcription (ou copie) du mot.

Godefroy, dans son dictionnaire (XIIe siècle), aurait écrit afuier (fuir, abandonner, s'en aller) au lieu de a(f)finer.

Voir : http://www.atilf.fr/MotsFantomes

Base des mots fantômes : http://www.atilf.fr/MotsFantomes, ATILF - CNRS & Université de Lorraine

Reprise de la note du texte des Délires 151

2

Le féminin de châtain fait

a-châtaine

b-châtaigne

c-chataigne

2a

a-châtaine

Voir Le Trésor de la Langue Française : CHÂTAIN, AINE, adj. et subst.

« De nombreux dictionnaires généraux déplorent l'absence du féminin; cf. Bescherelle, Littré et Larousse 19e qui l'explique par la répugnance à utiliser la forme régulière châtaigne autant que la forme irrégulière châtaine. Noter qu'on rencontre la forme chataigne (sans accent)

chataigne est très rare, Le Trésor cite Jean Richepin.

 

Littré : Le féminin serait utile, et il a été conseillé par plusieurs grammairiens qui veulent qu'on dise : barbe châtaine, chevelure châtaine.

 

On notera que l'adjectif châtain suivi d'un adjectif est invariable. Des cheveux châtain clair.

On peut dire une barbe châtain ou une barbe châtaine. »

3

On dit

a-une autoroute

b-un autoroute

3a

a-Une autoroute, le mot est calqué sur l'italien autostrada (une autostrade)

 

4

On dit

a-une interview

b-un interview

4a

a-Une interview, le mot vient du français une entrevue.

5

On dit

a-C'est un espèce d'engin, un espèce de bonhomme.

b-C'est une espèce d'engin, une espèce de bonhomme.

5b

b-Une espèce de bonhomme (de fou, de malotru..) 

Une espèce : le mot espèce est toujours au féminin.

Voir l'article : Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4.

6

On écrit 

a-il a crû

b-un psychiatre

c-il a pû le faire

d-il a dû le faire

6a

b

d

a-Attention :

il a crû : verbe croître

il a cru : verbe croire

 

b-un psychiatre

le suffixe -iatre n'a pas d'accent circonflexe

L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux... + Quiz 58


d-il a dû le faire

Ne pas confondre : du, dû, dus, due, dues, dut et dût

On dit

a-N'espérons pas qu'il vienne !

b-N'espérons pas qu'il viendra !

7a

a-N'espérons pas qu'il vienne !

Mais on dit :

Espérons qu'il viendra.

Voir : Espérer que - J'espère que, je n'espère pas que, espérez-vous que - Inutile que - Prendre garde que, à ce que - Faire attention que, à ce que + subjonctif ou indicatif ? 

8

On dit : Je viens de t'envoyer

a-un mél

b-un courriel

c-un message électronique

d-un e-mail

e-un mail

8b

et c

Préférez b-Je viens de t'envoyer un courriel, un message électronique

Courriel est d'origine québécoise. Terme approuvé par l'Académie en 2003.

On peut écrire message électronique.

Mél. est l'abréviation de message électronique. On l'utilise devant une adresse électronique, comme tél. est utilisé devant un numéro de téléphone.

Voir : Dire, ne pas dire | Académie française

Voir questions de langues

9

On dit

a-J'ai été à Paris, et toi ?

b-Je suis allé à Paris, et toi ?

9a

et b

a-J'ai été à Paris, et toi ?

b-Je suis allé à Paris, et toi ?

 

Être dans le sens de aller

Le verbe être peut remplacer le verbe aller, dans la langue courante aux temps composés ; J'ai été à Paris.

Littré précise que dans ce cas, j'y suis allé et j'en suis revenu.

 

On a aussi :

Je m'en fus, je m'en allai.

Le verbe être au passé simple et au subjonctif imparfait est du style soutenu et littéraire :  

Je m'en fus à la campagne. Il s'en fut regarder les avions dans le ciel.

Il fallait bien qu'il s'en fût sans se retourner.

10

À la fin d'une lettre, si vous êtes une femme, vous écrivez à quelqu'un que vous appréciez

a-Je suis tout à vous.

b-Je suis toute à vous

10a

a-Je suis tout à vous signifie : Je suis disposée à vous rendre service.

Je suis toute à vous signifie : Je vous aime

Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

11

a-À partir de ce moment-là, nous nous haîmes de bon coeur.

b-À partir de ce moment-là, nous nous haïmes de bon coeur.

11b

b-À partir de ce moment-là, nous nous haïmes de bon coeur.

Le verbe haïr conserve son tréma au passé simple, comme le verbe ouïr.

Nous haïmes, vous haïtes

Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !*

12

Vous écrivez sur votre chèque :

a-deux cent quatre-vingt euros

b-deux cents quatre-vingts euros

c-deux cent quatre-vingts euros

12c

c-deux cent quatre-vingts euros

cent et vingt prennent un s lorsqu'ils sont multipliés par un nombre qui les précèdent et non suivis d'un autre nombre.

Savoir orthographier les adjectifs numéraux cardinaux (cent ou cents, vingt ou vingts...) + des millions, des milliards, des billions + Une réflexion sur "les liaisons dangereuses" de Michel Serres

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 11:07

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Pour trouver la définition d'un mot, voir l'Académie ou le Trésor sur le site : le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

 

Faut-il un ou deux C à :

 

1-

pec(c)adille ou péc(c)adille, 

pec(c)ule ou péc(c)ule,

pec(c)able ou péc(c)able,

pec(c)ant, ou péc(c)ant*,

pec(c)uniaire ou péc(c)uniaire,

impec(c)able ou impéc(c)able,

pec(c)ore ou péc(c)ore,

ec(c)hymose ou éc(c)hymose,

 

2-

oc(c)lusion,

oc(c)ulter,

oc(c)ulaire,

oc(c)urrence,

oc(c)uliste,

 

3-

ac(c)arien,

ac(c)abit,

ac(c)aparer,

ac(c)ariâtre,

ac(c)ompte,

ac(c)umuler,

s'ac(c)oquiner,

ac(c)oustique,

ac(c)uité,

ac(c)upuncture,

ac(c)uler,

ac(c)oler,

ac(c)olyte,

 

4-

sac(c)ager,

sac(c)harine,

sac(c)oche,

sic(c)ativité,

sic(c)aire,

 dessic(c)ation,

suc(c)ube,

suc(c)ulent,

suc(c)omber,

suc(c)ursale,

 

5-

buc(c)al,

bac(c)alauréat,

bac(c)hanales,

bac(c)hantes,

bac(c)ara,  

bac(c)arat,

 

6-

et soc(c)er

 

Correction

 

1-peccadille, pécule, peccable*, peccant*, pécuniaire, impeccable*, pécore, ecchymose,

 

2-occlusion, occulter, oculaire, occurrence, oculiste,

 

3-acarien, acabit, accaparer, acariâtre, acompte, accumuler, s'acoquiner, acoustique, acuité, acupuncture, acculer, accoler, acolyte,

 

4-saccager, saccharine, sacoche, siccativité, sicaire, succube, succulent, succomber, succursale, dessiccation,

 

5-buccal, baccalauréat, bacchanales, bacchantes, baccara, baccarat,

 

6-et soccer, prononcer [sɔkœːʀ] football en anglais.

 

*Note

Quelques mots de la famille de péché - Littré

peccant, ante

Terme de médecine, épithète donnée par les humoristes aux humeurs quand elles pèchent par rapport à la qualité surtout.

Certaines humeurs, qu'entre nous autres savants nous appelons humeurs peccantes. [Molière, Le médecin malgré lui]

peccable

Qui est capable de pécher. Tout homme est peccable.

impeccable

Terme de Théologie. Qui est incapable de pécher.

Il n'y a que Dieu qui soit impeccable par nature. La Vierge n'a pu être impeccable que par grâce. Il n'y a point d'homme impeccable.

Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, Qui est incapable de faillir. J'ai pu faire une faute, faillir, je ne suis pas impeccable.

Par extension, il signifie Qui est absolument régulier, correct. Sa conduite fut impeccable. Tenue impeccable. Toilette impeccable.

 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 16:54

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LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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La liste des exemples donnés ci-dessous n'est évidemment pas exhaustive. Vous auriez, je n'en doute pas, beaucoup à dire sur le sujet !

 

Pour connaître les registres de langue, lire l'article

Champ lexical - Champ sémantique

Niveau de langue - Registre de langue,

style soutenu, courant, familier, populaire, argotique, ou vulgaire

Archaïsmes

 

Langue soignée, style soutenu

Je suis très épris de vous.>>ÉPRIS, ISE, part. passé et adj.
Je veux vous chérir.

 

Style  populaire 

J'ai le béguin pour toi.
Je me suis toqué de toi.

Je t'ai à la bonne.

Je t'ai à la chouette.

Tu m'as tapé dans l'oeil.

Tu me bottes 

J'en pince pour toi.

Je te kiffe.

Je suis morgane de toi.

je t'ai dans la peau.

Je suis dingue de toi.

 

Style courant

Je t'aime. Je vous aime

Je me suis amouraché de toi.

Je suis amoureux de toi.
Je suis très attaché à toi.

Je te porte dans mon coeur.
Je ne peux pas me passer de toi.

Tu es ma vie.

Tu es ma raison de vivre.

 

Vous pouvez vous exprimer par litote...
Une litote est une figure de rhétorique qui consiste à dire moins pour laisser entendre beaucoup plus.

Je ne te hais point.

Chimène à Rodrigue : Va, je ne te hais point.

Voir l'article : PIERRE CORNEILLE - Le Cid - Acte III Scène 4

Va, je ne te hais point. - Rodrigue qui l'eût cru ?

Je vous apprécie et je vous estime.

Sachez que je fais (grand) cas de vous.

Cas, estime.

Faire cas (de quelqu'un ou de quelque chose), estimer, avoir une bonne opinion.

Cf. Ma fille fait cas de vous. Molière, Les Amants Magnifiques, 1, 2

Sais-tu que tu ne me déplais pas ?

Tu me plais, tu sais.

Je ne te trouve pas mal. 

Je tiens à toi.

Je m'intéresse à toi.

 

...ou par hyperbole

Une hyperbole est une figure de style qui consiste à employer des termes exagérés.

Je t'adore.

Je t'idolâtre.

Je suis fou de toi.

Je raffole de toi.

 

...ou par métaphore 

Une métaphore est une comparaison abrégée, par laquelle on transporte un mot du sens propre au sens figuré. Métaphore heureuse, juste, hardie, outrée, forcée, incohérente. C'est par métaphore qu'on dit d'un homme courageux : C'est un lion. Faire des métaphores qui se suivent. Cf. Académie, 8e édition.

Je brûle pour vous.

Cf. Phèdre de Racine, Acte II Scène V

Oui prince, je languis, je brûle pour Thésée...

Mon coeur s'est embrasé.
Mon coeur s'enflamme pour toi.

 

Peu usité : archaïsme

Je m'énamoure de toi, de ta voix, de ta chevelure.

S'énamourer, tomber amoureux, devenir amoureux, se prendre d'amour.

Énamourer, donner de l'amour.

Cf. Littré : Le comte de Saint-Paul et cette dame s'entraimerent loyaument et s'enamourerent l'un l'autre. Jean ou Jehan Froissart, XVe siècle.

Énamouré, qui s'est pris d'amour.

 

Vous pouvez choisir des "phrases cultes" tirées de films ou de chansons.

T'as de beaux yeux, tu sais.

Jean Gabin à Michèle Morgan

dans Quai des Brumesde Marcel Carné.  

Que je t'aime, que je t'aime !

Johnny Halliday chante Que je t'aime !

 

Vous pouvez détourner des paroles archi-connues

 

Quand tu me prenddans tes bras,
Tu me parletout bas
Je vois la vie en rose,
Tu me dides mots d'amour
Des mots de tous les jours,
Et ça m'fait quelque chose...

Cf. La Vie en rose, chantée par Edith Piaf

 

Je t'ai tellement dans la peau,

J'en suis marteau...

Cf. Mon homme,par Edith Piaf

>>TU POUR IL

Chansons à écouter sur You Tube

 

Vous pouvez envoyer un poème à votre bien-aimé(e), poème que vous emprunterez à un poète que vous aimez, ou poème de votre cru, si vous vous sentez poète.

>>Versification. Comment compter les pieds* syllabes d'un vers ?

 

Voir les poèmes d'amour que j'ai sélectionnés dans mon Florilège

Poèmes d'amour - Tome 1

Poèmes d'amour – Tome 2

et quelques lettres de grandes amoureuses :

LETTRE D'HÉLOÏSE- Les tragiques amours d'Héloïse et d'Abélard

LETTRES PORTUGAISES (anonyme) - La passion amoureuse d'une religieuse

 

Nota bene

Je souhaite, à tous ceux qui me lisent et aux autres mêmes, d'aimer et d'être aimés ; mais aussi de savoir dire qu'ils les aiment à ceux qu'ils aiment et de s'entendre dire qu'ils sont aimés.

Mamiehiou

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 I ♥ U

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 14:03

LES DÉLIRES Tous les épisodes

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Prétatou, suivant scrupuleusement le dictamen de sa conscience, ne me demandait plus en geignant combien de temps il nous faudrait avancer ainsi avant d'atteindre notre but. Il trottinait à mes côtés, ou bien derrière moi quand la végétation était trop dense, me laissant la tâche ardue de tracer le chemin.

 

Soudain des bruits de voix confus parvinrent à nos oreilles à l'affût.

« Qu'est-ce donc là ? murmurai-je.

Des voix d'hommes et de femmes, susurra Prétatou, se rendant à l'évidence et peu convaincu qu'on pût rencontrer des gens dans ce lieu inhospitalier. »

Nous suspendîmes un instant notre souffle.

« Ne seraient-ce pas des hallucinations auditives ? Je doute fort cependant que nous en soyons tous les deux victimes au même instant, fis-je observer sans grande conviction, mais laissant une part infime à l'espoir que ces voix ne fussent point réelles.

Prenons garde qu'on ne nous voie. L'endroit est mal choisi pour nouer des relations quelles qu'elles soient, ajouta pertinemment Prétatou. Leur timbre ne me plaît guère »

On entendait en effet rognonner des voix chevrotantes et catarrhales.

« Cela ne me dit rien qui vaille », pensâmes-nous de concert.

Nos impressions vibraient à l'unisson, à tel point que l'accord de nos émotions et de nos pensées nous confortait dans le sentiment que nous avions une perception semblable du monde tel qu'il était, hormis le doute qui aurait pu s'insinuer quant à la fragilité de nos sens, toujours prompts à nous tromper ; sur quoi nous nous tapîmes en nous rétrécissant le plus possible dans un épais fourré. Notre sang qui coulait dans nos vaisseaux à fleur de peau se retira et nous en devînmes blêmes. Notre coeur battait dans nos tempes jusqu'à nous faire craindre qu'il ne s'entendît de loin. Nous frémîmes à cette pensée. Les illusions sont parfois si intenses qu'elles dépassent l'entendement.

« Gardons notre sang-froid. Soyons prêts à tout », m'encouragea mon acolyte.

Nous écoutions et observions. La bande s'approchait. Les bribes de phrases que nous saisissions semblaient conçues par des esprits étiolés. Rien n'avait de sens.

 

« ... une paillasse, je veux une paillasse...  »

« Rien ne vaut ma vie passée... »

« Ma vie passée ne vaut rien...1 »

« ... trop tard, trop tard maintenant... »

« Le passé dépend du présent... »

« La vieille ne lâchera rien... »

« ... le moment rétrograde du vrai... »

« L'histoire s'écrit au futur antérieur...2 »

« Vos langues dialectales ne traduisent ni démocratie ni liberté... »

« ...que ce microcosme... que ce microcosme trop étroit... »

« Selon la théorie du chaos... »

Il semblait que ces propos fussent lancés à la désespérade.

 

« Que sont donc ces gens ? » me dis-je, et aussi invraisemblable que cela pût paraître, j'ajoutai par devers moi : « Ce sont des vieillards et des vieillardes vêtus vieillardement. Est-il possible ? »

« À les renifler j'en suis tout ébaubi, constata Prétatou. »

 

Nous restâmes silencieux de longues minutes à les observer dans leur déambulation, tels des morts-vivants.

Un corbeau grailla qui rendit la scène plus lugubre encore.

 

« Vois, me dit mon chien dont la vue aiguisée ne manquait rien, n'est-ce pas là monsieur Pro, suant et claudiquant ?

Ainsi donc a-t-il rejoint la horde des réprouvés, gémis-je. »

 

Nous laissâmes la file des malheureux passer devant nous sans qu'ils se doutassent aucunement de notre présence, et brusquement ils disparurent dans leur antre, un abîme béant qui sembla abruptement se dérober sous leurs pas.

 

C'est alors que me revint en mémoire l'image fugace d'un pauvre hère3 que j'avais entraperçu lors de mon arrivée à Utopinambourg. N'avais-je pas alors perdu l'esprit, terrassée que je fus par la vive émotion dont j'avais été la proie ?

Il y avait donc sur cette terre utopinambourgeoise, ô révélation des plus incroyables, des êtres qui portaient les marques de la vieillesse, les monstrueux stigmates de la sénescence !

 

................................................

1-« Rien ne vaut ma vie passée... »

« Ma vie passée ne vaut rien... »

À rapprocher de la phrase d'André Malraux dans Les Conquérants : Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie.

 

2-L'histoire s'écrit au futur antérieur.

Voir > Michel Serres. « Philosopher, c'est anticiper » • Entretiens, Histoire...

 

3-C'est alors que me revint en mémoire l'image fugace d'un pauvre hère...

Voir le premier épisode des Délires :

> 1 Délires engendrés par un traumatisme irréversible - Honni soit qui mal y pense

 

NOTES

Titre : Délires autour d'une rencontre fantomatique

fantomatique (pas d'accent), fantôme.

Voir : L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux... + Quiz 58

 

Prétatou, suivant le dictamen de sa conscience

Dictamen de conscience, dictamen intérieur, sentiment qu'a Prétatou que sa conscience (ou sa raison) lui dicte ce qu'il a à faire.

 

Des voix d'hommes et de femmes, susurra Prétatou

Le s de susurrer se prononce [s] bien qu'il soit entre deux voyelles.

Voir l'article : Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

 

peu convaincu qu'on pût rencontrer des gens

l'espoir que ces voix ne fussent point réelles

pût, fussent, subjonctif imparfait.

Voir l'article : La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

L'endroit est mal choisi pour nouer des relations quelles qu'elles soient.

quel que, locution conjonctive.

Quel que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode faut-il choisir ?

 

1-Prenons garde qu'on nous voie.

Phrases synonymes avec prendre garde

2-Prenons garde qu’on ne nous voie.

3-Prenons garde qu’on ne nous voie pas. (dans le sens de veillons...)

Ou :

4-Prenons garde à ce qu’on ne nous voie pas.

Les phrases 3 et 4 peuvent être considérées comme incorrectes.

 

ajouta pertinemment Prétatou

Pertinemment, d'une manière pertinente ; avec intelligence et bon sens.

Adverbe formé sur l'adjectif pertinent (+ment) donc 2M.

 

On entendait rognonner des voix

rognonner, bougonner, grogner, parler entre ses dents avec mécontentement.

 

des voix chevrotantes et catarrhales.

♦ chevroter, parler d'une voix tremblotante.

La chèvre bêle, elle chevrote.

♦ un catarrhe, catarrhal, catarrheux.

-Cf. Littré : Le catarrhe est l'inflammation et hypersécrétion des muqueuses, particulièrement des voies respiratoires. Catarrhe bronchique, chronique; souffrir d'un catarrhe

Catarrhal, ale, aux, relatif au catarrhe; qui est dû à un catarrhe.

En parlant d'une personne. Sujet aux catarrhes. Un vieillard catarrheux.

 

Cela ne me dit rien qui vaille, pensâmes-nous de concert.

de concert, locution adverbiale, ensemble.

de concert avec, locution prépositive, en accord avec.

Synonyme : de conserve (avec), ensemble, de concert.

 

Notre coeur battait dans nos tempes jusqu'à nous faire croire qu'il s'entendait de loin.

Notre coeur battait...

ou bien

Nos coeurs battaient...

Voir : Adjectifs possessifs - Cas particuliers

 

Les bribes de phrases...

Une bribe, un petit morceau.

Bribes de pain, de viande, de tabac...

 

des esprits étiolés

Cf Littré. Étiolé, qui a subi l'étiolement. Plante étiolée. Par extension. Enfant étiolé. Fig. Se dit aussi en parlant de l'intelligence. Un esprit étiolé.

S'étioler, péricliter par manque de contact avec la réalité.

 

Je veux une paillasse...

Entre autres acceptions, une paillasse peut être un matelas fait de paille. Ce peut être aussi une prostituée de bas étage (style populaire)

 

Il semblait que ces propos fussent lancés à la désespérade.

La désespérade. Ce mot n'est ni dans l'Académie ni dans le Trésor

Cf. Littré : Air de désespoir, acte de désespoir. 

Il semblait que... fussent lancés

Voir l'article : Il semble que, il me semble que, il paraît que – Faire que, faire en sorte que – Indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

j'ajoutai par devers moi

quant à moi, de mon côté.

 

À les renifler j'en suis tout ébaubi.

ébaubi, surpris, stupéfait.

 

Un corbeau grailla qui rendit la scène plus lugubre encore.

Le corbeau graille, croaille, croasse.

grailler se dit aussi d'une personne qui parle avec la voix rauque.

♦ Voir le poème d'Edgar Poe :

EDGAR POE - The Raven - Le Corbeau

 

monsieur Pro, suant et claudiquant.

Claudiquer, boiter - Claudication.

Claudiquant, participe présent.

Claudicant(e), adjectif.

Voir l'article : Ne pas confondre participes présents, gérondifs et adjectifs verbaux, (en) fatiguant fatigant – (en) convainquant convaincant – (en) émergeant émergent – (en) résidant résident...

et aussi l'exercice d'application : QUIZ 51

 

sans qu'ils se doutassent aucunement de notre présence.

subjonctif après la locution conjonctive sans que.

♦ aucunement, nullement, d'aucune manière. S'emploie avec ou sans NE.

 

la horde des réprouvés

♦ les réprouvés : adjectif substantivé, les condamnés.

Une horde. Voir Le Trésor : HORDE

Ne pas confondre avec une HARDE

 

<< 155 Délires inquiétants - « La Nature est un temple où de vivants piliers / Laissent parfois sortir de confuses paroles... »

>> 157 Délires où l'on doit inventer son chemin*

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:50

 

 

A- On dit : J'ai mal à la tête plutôt que J'ai mal à ma tête.

L'article défini est employé au lieu de l'adjectif possessif lorsqu'il ne fait aucun doute que l'objet appartient au possesseur : pour les parties du corps par exemple. C'est l'appartenance inaliénable.

Je me suis tordu le pied au lieu de mon pied.

Il s'est cassé le fémur au lieu de son fémur.

 

La règle n'est pas toujours suivie :

J'ai mal au genou.

Qu'est-ce que j'ai mal à mon genou ! Tournure familière.

Elle s'était mis un ruban rose dans ses cheveux. Ou : dans les cheveux.

N'ouvre pas la bouche. N'ouvre pas ta bouche. (le possesseur est la personne à qui l'on s'adresse)

Elle se maquille les yeux. Elle maquille ses yeux.

Mon chat s'est brûlé les coussinets. Ou : ses coussinets.

 

Et on dira aussi :

Il a fait travailler ses neurones.

Elle soigne ses artères.

 

B-Pluriel ou singulier ?

On écrit : Ils ont pris leur chapeau en sortant.

Ou : Ils ont pris leurs chapeaux en sortant.

Cela dépend du point de vue où l'on se place. Soit on voit que chacun a un chapeau (singulier), soit on voit tous les chapeaux (pluriel)

Le pluriel est plus courant.

Ils étaient tous arrivés avec leur voiture.

Ou : Ils étaient tous arrivés avec leurs voitures.

Ces vieillards marchaient péniblement avec leur canne.

Ou : avec leurs cannes.

 

Voir :

Poème pour Agathe nouveau-née


                                                              [...] Je les sens près de moi,

Et leur souffle m'effleure à l'instant où leur voix

Exquisément susurre : « Approchons doucement...

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 10:10

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Je vais t'apprendre

Une série d'articles destinés aux enfants,

et à leurs parents qui veulent discuter avec eux.

À partir de trois ou quatre ans ou plus.

À retrouver dans  >> Autour de l'enfant

 

La découverte des sens

 

Donnez à l'enfant un fruit, par exemple une pomme, une pêche ou une orange.

 

questions

suggestions

Pourrais-tu me décrire ce fruit, me dire comment il est ?

Laissez parler l'enfant. S'il est bavard, il pourra dire plusieurs choses.

Pour aider à la réflexion :

Quelle est sa forme ?

Quelle est sa couleur ?

Il est rond. Il est vert ou jaune ou il a plusieurs couleurs, etc.

Si tu fermes les yeux, est-ce que tu peux savoir s'il est rond ?

Demandez-lui de fermer les yeux.

Prenez-lui les mains et faites-lui palper le fruit. Il dira qu'il devine qu'il est rond, sans le voir, en le touchant.

Il peut donner d'autres précisions, la peau est lisse, douce, pas très lisse, velouté, tout dépend du fruit.

Si tu fermes encore les yeux, peux-tu voir sa couleur ?

Non.

Ferme encore les yeux. Peux-tu deviner le fruit que tu touches maintenant ?

Vous lui faites palper une banane (par exemple) qu'il n'a pas vue.

Comment as-tu fait pour deviner que c'était une banane alors que tu ne l'as pas vue ?

À sa forme. Le fruit est long.

Parce que je sais ce que c'est qu'une banane, comment elle est faite.

Mets un fruit près de ton nez. Qu'est-ce que tu peux dire sur ce fruit ?

Il sent bon, il a une odeur, il est parfumé.

Ferme les yeux, tu vas deviner quel fruit je vais te faire sentir.

Vous pouvez lui mettre successivement sous le nez, sans qu'il les voie, plusieurs fruits à sentir et lui demander de deviner le fruit qu'il sent.

Dis-moi de quel fruit tu manges maintenant.

Sans lui faire voir le morceau du fruit que vous lui mettez dans la bouche (il a toujours les yeux fermés) il doit deviner de quel fruit il mange.

 

Tu as pu reconnaître ces fruits parce que tu les a vus, grâce à un sens : la vue.

Tu as pu aussi les reconnaître parce que tu les as touchés, grâce à un sens, le toucher.

Tu as pu aussi les reconnaître parce que tu les as sentis, grâce à un sens, l'odorat.

Tu as pu aussi les reconnaître parce que tu les as goûtés, grâce à un sens, le goût.

Peux-tu reconnaître le fruit que tu ne vois pas, que tu ne touches pas, que tu ne sens pas, que tu ne goûtes pas ?

Vous prenez un fruit que votre enfant n'a pas vu et vous le cachez derrière votre dos.

>> Non !

 

Donc tu sais maintenant que tu connais les objets, que tu sais ce qui existe, grâce à tes sens.

******

******

Nous allons maintenant faire une expérience avec les sons. Écoute très attentivement les bruits de la rue et tu me dis ce que tu entends.

Vous pouvez ouvrir la fenêtre ou pas nécessairement si l'on perçoit assez de bruits qu'il connaît. On peut ne pas regarder par la fenêtre. Si vous n'avez pas de fenêtre sur la rue, vous pouvez écouter les bruits de la maison. Vous pouvez lui demander de fermer les yeux et vous vaquez à des occupations qui font des bruits qu'il reconnaît. Ouvrir une porte, tourner le robinet, prendre une casserole, ouvrir une bouteille et verser de l'eau dans un verre, tirer la chasse d'eau, etc. Si les voisins font du bruit, il pourra reconnaître des pas, des chaises que l'on traîne, une télé allumée, un chien qui aboie... et dans le jardin le pépiement des oiseaux, le vent dans les arbres, une tondeuse à gazon...
L'enfant énumère les bruits.

On peut aussi faire l'exercice les yeux fermés.

Tu vas fermer les yeux et tu essaies de reconnaître certains bruits.

L'enfant énumère les bruits.

Tu as reconnu ces bruits parce que tu les as entendus, grâce à un sens : l'ouïe.

******

******

À la fin de l'exercice, nous récapitulons.

Nous avons cinq sens : la vue, le toucher, l'odorat, le goût et l'ouïe. C'est grâce à eux que nous pouvons connaître et reconnaître les choses.

 

Dans les phrases suivantes vous lui demandez de répéter les mots en rouge.

Nous voyons avec les yeux grâce à la vue. (répète, la vue)

Nous sentons avec le nez grâce à l'odorat. (répète, l'odorat)

Nous savons le goût des choses avec notre langue grâce au goût. (répète, le goût)

Nous sentons avec nos mains ou avec d'autre parties de notre corps grâce au toucher. (répète, le toucher)

Nous entendons avec nos oreilles grâce à l'ouïe.(répète, l'ouïe)

Imagine qu'une personne n'ait aucun de ces sens , ni la vue, ni le toucher, ni l'odorat, ni le goût, ni l'ouïe.

Comment pourrait-elle connaître les choses qui l'entourent, comment pourrait-elle connaître le monde ?

Cette personne ne pourrrait pas connaître les choses. Elle ne saurait rien du monde.

Dis-moi : comment appelle-t-on les personnes qui ne voient pas, qui n'ont pas le sens de la vue ?

Des aveugles.

Ils souffrent de cécité.

Et celles qui n'entendent pas, qui n'ont pas l'ouïe ?

Des sourds

Il souffrent d'anacousie.

 

Pour répondre aux questions des enfants qui en demandent toujours plus :

Les personnes qui n'ont pas le goût souffrent d'agueusie.

Celles qui ne sentent plus rien, qui ont perdu l'odorat, souffrent d'anosmie.

Celles qui ont perdu le sens du toucher souffrent d'anesthésie.

Eh oui, il y a des personnes qui ne sentent pas quand on les touche, quand on les caresse, quand on les embrassent, ni quand elles se font mal.

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur le sens du toucher, lisez l'article très intéressant sur papidoc :

S'accommoder d'une deficience du toucher

 

>> Autour de l'enfant

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 06:48

 

J'ai quitté vaillamment le doux sein de ma mère

En paraissant au jour telle une nymphe émue.

On s'étonne de voir que je suis si menue ;

Poucette était aussi gracieuse et légère.


Comme la fleur déclôt sa robe parfumée

Prête à s'épanouir, ô miracle inouï,

Je me donne, en confiance, aux regards éblouis

Qui me disent déjà combien je suis aimée.


J'entends bruire tout bas des murmures discrets ;

Je vois autour de moi des lueurs et des ombres.

Curieuse de tout, je découvre en grand nombre

Les choses de la vie. Je saurai leurs secrets


Si tant est que l'on m'aide à former mon esprit,

À connaître et le Beau et le Bon et le Bien.

Sachez que mes parents ne négligeront rien

Qui puisse m'élever. N'ont-ils pas tant appris

 

De choses sur le monde aux deux petits enfants

Que j'entends babiller ? Je les sens près de moi,

Et leur souffle m'effleure à l'instant où leur voix

Exquisément susurre : « Approchons doucement.


Pour ne pas l'effrayer ne faisons pas de bruit.

Nous lui raconterons des choses bien gentilles.

Petite soeur chérie, toute petite fille

Arrivée parmi nous et qui nous a choisis. »


C'est mon frère et ma soeur, Gabriel et Adèle

Qui tiennent ces propos si doux, si délicats.

Sur eux je compterai lors de mes premiers pas.

J'aurai besoin de lui et j'aurai besoin d'elle.

 

Pour l'heure je veux bien me laisser mignoter

Et jouir à l'envi du plaisir que j'y prends.

De brûler une étape il n'est point encor temps !

Ma maman, mon papa savent bien m'écouter ;


J'exige beaucoup d'eux pour qu'ils me rendent heureuse :

« Veuillez me caresser et puis me bisouter,

Vous occuper des soins qu'il vous faut me donner,

M'apaiser dans vos bras, me chanter des berceuses,


Être à l'écoute enfin de mes cris, de mes pleurs,

Vous appliquer sans faille et puis recommencer ! »

Vous allez sans relâche, ô parents dévoués,

Me donner votre amour : il emplit votre coeur !

 

 

Agathe est née le 19 octobre 2012 

NOTES

 

♥ Une nymphe émue

Allusion à la rose ancienne, cuisse de nymphe émue et à sa couleur.

Images correspondant à une nymphe émue

 

Poucette était aussi gracieuse et légère.

Poucette, personnage éponyme du conte d'Andersen

Gracieuse, diérèse : gra/ci/eu/se, cieu compte pour deux syllabes.

 

Comme la fleur déclôt sa robe parfumée

déclore = ouvrir (vieux verbe)

clore = fermer

 

Curieuse de tout, je découvre en grand nombre...

Curieuse, diérèse : cu/ri/eu/se, rieu compte pour deux syllabes.

 

Petite soeur chérie, toute petite fille

Arrivée parmi nous et qui nous a choisis.

Françoise Dolto pensait que les enfants qui naissaient choisissaient leur famille. C'est assez difficile à croire, mais pourquoi pas ?

Dans son étude sur la psychologie de l'enfant elle a décrypté tant de sens cachés !

 

Encor

Licence poétique. On peut écrire encor au lieu de encore.

 

à l'envi = à qui mieux mieux

 

.......Je les sens près de moi,

Et leur souffle m'effleure à l'instant où leur voix

Exquisément susurre...

 

Leur souffle et leur voix

ou bien

Leurs souffles et leurs voix


 

Lire d'autres poèmes pour mes petits-fils nouveau-nés dans :

CONTES, NOUVELLES ET POÉSIES DE MAMIEHIOU



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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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