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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 17:17

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Dans cet article, vous trouverez :

1-L'envie, péché capital.

2-L'envie au fil des dictionnaires.

    ♥ Le Furetière 1690

    ♥ La Grammaire des grammaires 1833

    ♥ Le Littré 1863-1877

    ♥ Le Dictionnaire de la conversation et de la lecture 1868

     Liens avec :

    ♥ Le Trésor de la Langue Française

    ♥ et Le Dictionnaire de l'Académie 9e édition

3-L'envie exploitée dans notre société de consommation.

 

 

 

1-L'envie, péché capital.

 

L'envie est à la troisième place dans la liste des péchés capitaux*.

*Les sept péchés qui sont

comme la source de tous les autres.

Cf. Le Dictionnaire de l'Académie 8e édition

 

Le Pape Grégoire le Grand fixa le nombre des péchés à sept, l'orgueil est le plus grand d'entre eux. Les sept péchés capitaux sont la source de tous les autres péchés.

Grégoire le Grand né vers 540 – mort en 604

 

 

Liste des péchés capitaux par Thomas d'Aquin au XIIIe siècle

 

L'Orgueil

L'Avarice

L'Envie

La Colère

La Luxure

La Paresse

La Gourmandise

 

Ezéchiel 18 : 1 et 21

La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots :

Si le méchant revient de tous les péchés qu'il a commis,

s'il observe toutes mes lois et pratique la droiture et la justice,

il vivra, il ne mourra pas.

 

Quelques versets de la Bible avec le mot envie

 

Proverbes 14 : 30

30 Un coeur calme est la vie du corps, Mais l'envie est la carie des os.

 

Matthieu 27 : 17-18

Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit : Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu'on appelle Christ ?

Car il savait que c'était par envie qu'ils avaient livré Jésus.

 

Galates 5 : 26

26 Ne cherchons pas une vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres.

 

Philippiens 1 : 15

Quelques-uns, il est vrai, prêchent Christ par envie et par esprit de dispute; mais d'autres le prêchent avec des dispositions bienveillantes.

 

Timothée 6 : 4

il est enflé d'orgueil, il ne sait rien, et il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d'où naissent l'envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons,

 

Tite 3 : 3

Car nous aussi, nous étions autrefois insensés, désobéissants, égarés, asservis à toute espèce de convoitises et de voluptés, vivant dans la méchanceté et dans l'envie, dignes d'être haïs, et nous haïssant les uns les autres.

 

Jacques 4 : 2

Vous convoitez, et vous ne possédez pas; vous êtes meurtriers et envieux, et vous ne pouvez pas obtenir; vous avez des querelles et des luttes, et vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas.

 

Pierre 2 : 1

Rejetant donc toute malice et toute ruse, la dissimulation, l'envie, et toute médisance,

 

Psaumes 73 : 3

Car j'ai porté envie aux insensés, en voyant la prospérité des méchants.

 

>> Bible : Lire, écouter et étudier la Bible - EnseigneMoi 

 

 

 

 

2-L'envie au fil des dictionnaires

 

 

 

 

Dictionnaire universel de Furetière 1690

 

Dictionnaire françois, contenant les mots et les choses, plusieurs nouvelles remarques sur la langue françoise : Ses Expressions Propres, Figurées & Burlesques, la Prononciation des Mots les plus difficiles, le Genre des Noms, le Régime des Verbes : Avec Les Termes les plus connus des Arts & des Sciences. Le tout tiré de l'Usage et des bons Auteurs de la Langue françoise.

 

 

 

  Antoine Furetière 1619-1688

Envie 

>> dans le volume 2

 

♦ « Tristesse, deplaisir qu'on a des bonnes qualitez, ou de la prosperité d'autrui. Les philosophes la definissent, une emotion de l'âme causée, entretenuë & fortifiée, par un cours des esprits qui represente que c'est un mal de voir arriver du bien aux autres, comme s'ils le recevoient à notre prejudice. Cette passion est composée de plusieurs autres, de la tristesse, de la haine, de l'indignation, de l'ambition & de l'orgueil. L'envie naît particulièrement entre les egaux. L'envie est une humeur chagrine qui ressemble fort à la haine, FEN. L'envie est un censeur triste et severe des bonnes qualitez d'autrui. L'envie, cette sombre rivale du merite, ne cherche qu'à le rebaisser jusqu'à lui, BOI. C'est une regle de sagesse que d'irriter le moins qu'on peut l'envie & la jalousie des autres. LOC. La malignité de la vie s'attache d'ordinaire à la vertu. OE. M. L'envie a quelque chose de bas & ne tend qu'à supplanter son rival ; mais l'emulation qui est plus noble, & plus genereuse, ne songe qu'à supplanter son concurrent. BELL. La haine et l'envie sont deux passions qui se confondent ; s'il y a quelque difference, c'est que l'une s'attache à la personne, & l'autre à l'eclat, & à la condition. LA. BR. Il n'y a point de vengeance plus heroïque que celle qui tourmente l'envie à force de bien faire. AMELOT. Je connois des gens chagrins & desagreables, par un principe d'envie. LE CH. DE. M. Il n'y a rien de plus vrai que ce que disait Horace, que les tyrans les plus cruels n'ont pu inventer de tortures plus insupportables que l'envie. BAY. Un sage Favori doit eviter la pompe, & le faste pour ne pas irriter l'envie. M. ESP. L'envie regarde avec dedain & avec chagrin la bonne fortune d'autrui. FEN. On dit d'une fortune mediocre qu'elle est au-dessous de l'envie, & au-dessous du mepris.OEV. M. M. Rousseau dit d'un mauvais poëte.

 

Il est bien vrai qu'à l'oubli condamnez

Ses vers souvent font des enfants morts nez

Mais chacun l'aime, et nul ne s'en defie.

A ses talens aucun ne porte envie.

 

Nous portons ordinairement envie à ceux qui nous sont preferez. On dit aussi, porter envie à quelqu'un pour dire simplement, souhaiter un bonheur pareil au sien, sans avoir de deplaisir. Sa fortune est digne d'envie. Alexandre portoit envie à Achille d'avoir eu un Homère pour chanter ses actions. L'ACAD.

 

Cesse de t'etonner si l'envie animée,

Attachant à ton nom sa rouille envenimée,

La calomnie en main quelquefois te poursuit. BOI.

 

Contentons notre ardeur, laissons parler l'envie. LA SUZE.

 

Cette beauté l'objet de tant de jalousie,

Qu'on ne peut voir sans l'admirer

Où les yeux même de l'envie,

Ne trouvent rien à censurer. OEV. M.

 

♦ Envie, Divinité maligne que les payens mettoient entre celles qu'ils adoroient de peur d'être exposez à ses fureurs... Un Poëte payen la depeint habitant dans un antre obscur, où le soleil n'entre jamais, où il fait toujours froid, & qui est toujours rempli d'un brouillard epais. Il lui donne un visage pâle & des yeux enfoncez & regardant de travers, une bouche d'où sort le venin dont son coeur est rempli, des dents jaunes, des cheveux en serpents noüez au haut de sa tête. Il la represente se nourrissant de vipères ; ne souriant jamais, si ce n'est des malheurs d'autrui ; ne dormant point, envenimant toutes ses paroles, & tenant trois grands serpents dans une main , et dans l'autre un hydre à sept têtes avec un autre serpent qui lui ronge le sein. On ne peut faire une plus belle peinture de l'envie ; & après cela il faut avouer que Virgile avoit raison de l'appeler la domestique du Dieu des Enfers. Les Grecs en font un Dieu parce que le mot phtonos, qui en leur Langue signifie l'envie, est masculin. L'Anguille, selon quelques-uns, & selon d'autres le Serpent etoit chez les Anciens, le Symbole de l'envie.

 

♦ Envie, signifie aussi, desir, volonté, & quelquefois fantaisie. Grande envie, legere envie, envie dereglée, desordonnée, furieuse. La plus grande de ses envies est de faire plaisir. Avoir envie de dormir, de souper, d'être marié, avoir envie d'un bouquet, d'un tableau. Il lui a pris envie de se retirer du monde. Il a satisfait son envie, sa passion. La colère est une envie impatiente de se venger. M. ESP. Je meurs d'envie de vous voir. L'envie lui a cessé de voyager. On dit passer son envie de quelque chose. Faire passer l'envie d'une chose à quelqu'un, c'est l'en rassasier, ou l'en degouter. »

 

Notes de mamiehiou 

J'ai conservé autant que possible la graphie de l'époque

portoit, étoit > portait, était

connois > connais

recevoient, mettoient, adoroient, etc. > aient

Pas encore d'accent sur certaines voyelles : deplaisir, merite, prosperité, ame, emotion, degouter, etc

le tréma sur entretenuë, poëte, etc.

Le z marque un pluriel : qualitez, condamnez (Il est vrai qu'à l'oubli condamnés, ces vers...), morts nez (des enfants morts-nés), ceux qui nous sont preferez (préférés) exposez (de peur d'être exposés), etc.

Payen > païen

Etc.

 

Autres acceptions du mot ENVIE que je ne retiendrai pas dans les définitions des dictionnaires suivants.

 

 ♦ On dit proverbialement, c'est une envie de femme grosse, pour dire, un appétit déréglé pour quelque chose mauvaise, à cause que les femmes dans cet état mangent plusieurs choses qui ne valent rien. On dit aussi qu'il vaut mieux faire envie que pitié.

♦ On appelle aussi envies, de petits morceaux de peau qui se détachent vers l'extrémité des doigts. »

 

 

Grammaire des grammaires,

ou

Analyse raisonnée des meilleurs traités sur la Langue Française

1833

 

 

 

Charles-Pierre Girault-Duvivier

Page 546

Porter envie

Le sage « ne porte envie à personne. » — « Je ne lui envie point sa fortune » — « Je porte envie à mon ami de ce qu'il a le plaisir d'être avec vous. (L'Acad.)

 

 

 

Dictionnaire Littré 1863-1877

 

 

Emile Littré 1801-1881

Envie

« ♦ Chagrin et haine qu'on ressent du bonheur, des succès, des avantages d'autrui.

♦ Désir de jouir d'un avantage pareil à celui d'autrui. »

Dans le Littré en ligne

(Reverso)

Voir l'article en entier

>> ENVIE

>> et les citations avec "envie"

 

 


Dictionnaire de la conversation et de la lecture  

Inventaire raisonné

des notions générales les plus indispensables à tous

Par une société de savants et de gens de Lettres

 sous la direction de M. W. Duckett

 Seconde édition

 M DCCC LXVIII 

(1868)

 

 

William Duckett 1805-1873

 

Envie

>> Dans le volume 8 - page 644 

 

♦ « Le Dictionnaire de l'Académie définit l'envie, dans son acception la plus générale : « un chagrin qu'on ressent du bonheur, du succès, des avantages d'autrui. » Les phrénologistes la considèrent comme une affection d'un organe propre au cerveau, combinée avec l'activité ou le manque d'énergie d'autres facultés. Ce qu'on appelle les affections de l'âme ne peut exister ou être réalisé qu'au moyen d'organes cérébraux. Or il y a un organe qui nous porte tous à avoir pour nous-mêmes plus ou moins d'estime ; il nous fait désirer l'estime des autres, et il est la source de l'ambition, de l'orgueil, de la hauteur. Quand l'organe de l'estime de soi est très actif dans un individu, et que cet individu est en même temps privé des organes de la justice et de la bienveillance, il est désagréablement affecté du bonheur et du succès des autres. Il croit fermement mériter tous les avantages dont il est privé et qu'il voit chez autrui. L'envieux toutefois ne l'est pas pour toutes choses. Il l'est seulement à l'égard des objets pour lesquels il a des organes plus actifs : ainsi celui qui aura l'organe de la propriété très développé sera envieux de la fortune et des richesses d'un autre ; celui qui aura de l'approbation ou de la vanité très actif, sera envieux des décorations, des distinctions et des éloges qu'il entendra faire des autres ; et celui qui aura un fort penchant pour le sexe, sera envieux seulement de la bonne fortune des autres, et ainsi de suite de tous les penchants naturels à l'homme. L'envieux est porté à vouloir, non seulement toutes les jouissances pour lui exclusivement, mais il voudrait anéantir celle qu'il ne peut posséder, afin qu'aucun autre ne pût en jouir. Il est très difficile de corriger les envieux : il paraît que la nature les a condamnés à souffrir toute leur vie des biens des autres, sans leur permettre de jouir de ceux qu'ils possèdent eux-mêmes. L'éducation, cependant, corrigera beaucoup cette mauvaise direction de nos sentiments et de nos facultés. Les pères et mères et les instituteurs doivent faire attention aux tendances des enfants, et aussitôt qu'un premier signe d'envie se manifeste en eux, tâcher de réveiller en eux les sentiments de la justice et de la bienveillance, en s'appuyant sur la raison et les exemples ; ils doivent faire voir que l'envie rend malheureux celui qui se laisse dominer par cette triste affection, et leur dire que ceux qui sont l'objet de notre envie sont souvent plus malheureux que nous. Mais généralement les parents font le contraire de ce qu'ils doivent faire ; et en croyant exciter dans leurs enfants une juste émulation, ils ne font que féconder dans leurs âmes le sentiment de l'envie qui doit plus tard rendre leur existence bien malheureuse.

 

♦ Le mot envie s'emploie enfin comme synonyme de désir ou de volonté. Il est fâcheux qu'il n'y ait qu'un seul et même terme pour des sentiments si différents de celui dont nous venons de parler. Nous essaierons, au point de vue phrénologique, une brève explication de la manière dont un désir se forme en nous.

L'homme et les animaux apportent en naissant des facultés et des penchants déterminés, que les phrénologistes appellent organes. C'est la condition matérielle voulue par la nature pour la manifestation de chacune de nos facultés. Dans le monde extérieur, en dehors de l'individu, il y a des objets différents qui sont destinés à être mis en rapport avec chacun des organes du cerveau. Ordinairement, quand un objet se présente à un individu, il réveille l'activité de l'organe auquel il correspond, et l'organe en question demande à être satisfait. L'envie est donc cet état d'un organe cérébral qui a besoin d'être satisfait par l'exercice de la faculté qu'il représente, ou par la possession de l'objet qui est en rapport avec lui. Dès lors on comprendra que l'on peut avoir autant de désirs et d'envies différentes, qu'on a d'organes différents, et comment on peut avoir envie d'une chose, tantôt d'une autre, en raison de la variété des objets qui se présentent devant nous et peuvent satisfaire aux besoins de nos organes. L'instinct du sexe fait naître dans l'homme l'envie de posséder une compagne ; l'instinct de la propre défense fait naître dans celui-ci l'envie de se battre à la vue d'un ennemi ; l'organe de la propriété donnera à un autre l'envie de s'enrichir et de posséder beaucoup, etc. De même, s'il y a des organes pour le sens du rapport de l'espace ou des lieux et des sons, il y a en dehors de nous des lieux et des sons, et quand les lieux et les sons réveillent en nous l'activité de l'organe des localités et de la musique, nous avons envie de nous promener, de voyager, ou d'entendre ou de faire de la musique, etc. Il n'est pas absolument nécessaire que l'objet soit présent pour réveiller l'activité d'un organe, il nous suffit que l'objet existe, et qu'il ait pu donner à l'individu l'idée de son existence ; l'organe peut alors entrer en activité en vertu de sa propre vitalité. Dans nos institutions sociales, il faudrait donc tâcher de présenter aux différents individus des objets qui déterminent des bons penchants et des facultés dont l'exercice peut être utile à l'individu et à la société entière, et éloigner autant que possible la présence de ceux qui pourraient réveiller l'activité des organes malfaisants. »

Dr Fossati

 

Le Trésor de la Langue Française >> ENVIE

 

Le Dictionnaire de l'Académie, 9e édition >> ENVIE

 

3-L'envie exploitée

 

dans notre société de consommation.

 

Il n'est pas de jour où l'on n'entend parler de croissance économique. Sa progression serait le remède de tous nos maux.

Mais qu'est-ce que la croissance économique si ce n'est l'augmentation de la production de biens et de services marchands d'un pays, et du monde. Et cette croissance repose sur la consommation qu'il faut développer à tout prix pour augmenter la richesse de chacun et la richesse des états.

Se plaint-on que la croissance n'est pas celle attendue ? Elle ne cesse de progresser cependant.

 

L'économie française produit aujourd'hui 4,6 fois plus de richesses qu'en 1959 .

>> Alternatives

Une croissance ralentie, mais plus riche en emplois

 

La richesse d'un pays se mesure par le PIB.

Le PIB a été multiplié par 6,8 entre 1950 et 2010, par 2,2 entre 1950 et 1970, par 2 entre 1970 et 2010.

La consommation sur une longue période varie avec le PIB

>> France-Inflation.com

TAUX INFLATION EN FRANCE depuis 1901. Inflation actuelle 2012

 

Jusqu'où faudra-t-il que la consommation augmente pour nous satisfaire ? Mis à part les considérations de compétitivité mondiale et les problèmes de chômage, on peut s'interroger sur cette frénésie de vouloir produire toujours plus, pour acheter toujours plus, pour devenir – pour certains - de plus en plus riches.

 

Créer des envies sans qu'elles soient des besoins, voilà le rôle de la publicité et des médias qui exposent à l'envi (= à qui mieux mieux) les objets nouveaux qu'on ne connaissait pas hier encore, mais qu'on a tôt fait de croire indispensables, incontournables. Séduction, tentation, fascination, désir, obsession même, tromperie, tout cela habilement enveloppé dans l'art du bien-dire et du bien montrer !

Irrésistible !

C'est là que l'envie engendre la jalousie*, sa soeur, sa compagne.

On tombe dans le panneau. On est harponné. On n'a de cesse de vouloir tel ou tel objet dernier cri, dont on aura vite épuisé les charmes et que l'on jettera pour que grossisse la masse des déchets dont on ne sait que faire !

 

*La jalousie.

Mauvais sentiment qu'on éprouve quand on n'obtient pas ou ne possède pas les avantages obtenus ou possédés par un autre. Cf. Littré

 

L'envie c'est la douleur de voir autrui posséder ce que nous désirons ; la jalousie, de le voir posséder ce que nous possédons. Diogène Laerce (début du 3e siècle après J.C.)

 

 

Et la douleur du pauvre qui regarde et qui ne peut accéder aux objets de ses désirs, objets qui s'étalent à profusion devant lui et dont il sait qu'il n'en n'aura jamais la jouissance.

 

 

 

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À écouter

Michel Sardou et Johnny Hallyday dans :

L'envie d'avoir envie - texte j.j. Goldman - de Frederique LONGERE

 

 

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Articles connexes dans ce blog :

La folie du consumérisme* -"Prêt à jeter"

Qu'est-ce que le seuil de pauvreté ? - Le seuil de pauvreté en France...

 

  FOCUS sur quelques mots :

Le A au fil des dictionnaires 

La Vérité, toute la Vérité, rien que la Vérité...
Lucifer - WILLIAM DUCKETT - Dictionnaire de la conversation et de la lecture

 

et

Peut-on dire : J'ai très envie, très plaisir, très peur, très faim, très sommeil... Cela me fait très envie, très plaisir, très peur... ?  

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 13:52

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Petit exercice. Compléteriez-vous sans hésiter :

Sa redingote est ... devant derrière.

Sa chambre est ... dessus dessous.

...  en est fait de vous !

Il va ... dire qu'il est fou.

Correction en fin d'article

  QUIZ 60

  Les explications et la correction suivent l'exercice

qui n'est pas toujours évident quoi qu'on en pense !

 

  Des histoires sans queue ni tête

vs avec queue & tête

 

Les phrases qui suivent appartiennent

à des registres* de langue différents.

Voir : *Registre de langue

 

1 Je lui fus d'une reconnaissance ...... bornes et il ...... fut, la tête haute, tout ragaillardi.

2 Quelle tête de mule ! Qu'il ...... aille donc s'il ...... ...... le courage !

3 Après que je l'eus sermonné, il ...... est allé la queue basse.

4 Range donc ta chambre, tête de linotte ! Elle est toute ...... dessus dessous.

5 Que je lui dise blanc ou noir, à cette tête de cochon, il ...... moque.

6 Je m'installerai chez lui ...... façons, quand bien même il ...... prendrait à moi qui suis sa tête de Turc. Non mais ! Peut-être ne ...... apercevra-t-il même pas.

7 Il a gagné ...... vingt trois millions d'euros et je n'en ai pas vu la queue d'un, le pingre !

8 Il arracha les queues des cerises et ...... fit une tisane.

9 « ...... est trop de tes histoires ...... queue ni tête », dit-il. Il ne savait plus à quoi  ...... tenir.

10 Je préparai un foie gras truffé et le maître-queux ...... empara. Étonnant non ?

11 « Ah je le ...... bien là.

    —Tu es (> censé ou sensé) le dire ?

    —Oui, il ...... bon, le canard au ...... qui mijote. » 

12 Il perdit son ......-froid et, ...... un mot, ...... retourna fort jaloux. « Il a le ...... chaud, » pensai-je à part moi.

13 « Il est toujours ...... le sou et tire le diable par la queue.

   —...... blague ? »

14 Je lui tiens la queue. ...... est fait de lui ! Je vais le faire suer ...... et eau.

15 Bon ...... ! Cette queue de cochon me laisse ...... voix. On ...... pourlèche.

16 Vois comment tu t'habilles ! Ta queue de pie et ta redingote sont ...... devant derrière !

17 Je fis des tête-à-queue ...... qu'il ...... rendît compte. Ainsi ...... émut-il aucunement.

18 « ...... n'est pas croyable ! Il ...... est coupé une !

   —De quoi parles-tu ?

   —Devine ! »

19 Ils ont inventé une voiture ...... roues et ...... volant. Il va ...... dire que c'est dangereux. Pourquoi le pilote ne serait-il pas ...... tête pendant qu'on y est ?

20 Il ...... est mis plein la lampe ...... aucuns frais.

21 Il y a ...... ...... dans un dollar. Le billet d'un dollar montre la tête de George Washington, premier président des États-Unis d'Amérique.

22 Il ......suivit des rires incongrus à lui casser la tête. Et il ......fuit à perdre haleine. 

 

1 SENS1

Le sens, le bon sens, il a perdu le sens... On prononce le S du mot sens. Il n'en n'a pas toujours été ainsi.

On ne prononce pas le S dans sens dessus dessous ni dans sens devant derrière.

 

2 SENS2- SENT

Du verbe sentir à l'indicatif présent. Je sens, tu sens, il sent.

 

3 SANS

Préposition suivie d'un nom au singulier ou au pluriel.

Cas général, on se fie au sens.

Un chien sans queue. Il pourrait en avoir une, et une seule.

Une voiture sans roues. Elle en aurait plusieurs si elle en avait.

Une chemise sans manches. Un film sans paroles. Un ciel sans soleil.

Ce travail est sans aucuns frais.

Pour les cas particuliers, il faudra consulter le dictionnaire.

EX : Sans encombre, sans exemple, sans preuve, sans inconvénient, sans douleur, sans façons, sans soins, sans soucis, sans défauts etc.

Voir dans le Trésor : SANS

Et dans ce blog la locution conjonctive Sans que

 

Remarque

Sans bornes est une locution adverbiale. Bornes est toujours au pluriel. Les poètes l'ont parfois écrit au singulier pour les besoins de la rime ou de la métrique :

 

Cette grandeur sans borne et cet illustre sang

Corneille, Cinna Acte II scène 1

 

Son orgueil est sans borne ainsi que sa richesse

Racine, Esther Acte II scène 9

 

Dans ses prétentions une femme est sans borne.

Boileau, 10e Satire

 

4 S'EN1

♦  Fait partie de certains verbes pronominaux (verbes pr. subjectifs)

Le mot EN est inanalysable

Voir : Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ?

s'en aller, s'en retourner, s'en tenir (s'en tenir là, savoir à quoi s'en tenir)...

verbe être dans le sens de s'en aller au passé simple, je m'en fus, il s'en fut...

 

5 S'EN2

Complément indirect EN = DE + un substantif, un infinitif, une proposition.

Il s'en prend plein la figure. (des railleries)

Il s'en moque. (d'échouer)

Elle est toujours en train de lui dire des gentillesses, il ne pourrait pas s'en passer. (qu'elle lui dise des gentillesses)

 

6 C'EN

CE élidé en C'. Pronom démonstratif signifiant CELA

c'en est - c'est


7 CENT1

Nombre numéral cardinal 

Dix fois dix font cent.

Cent s'écrit cents quand il est multiplié par un nombre et non suivi d'un nombre.

Trois cents - Trois cent vingt

 

8 CENT2

Un cent est la centième partie du dollar

 

9 SANG

Liquide qui parcourt nos artères et nos veines.

Ce mot se retrouve dans de nombreuses expressions.

Voir Le Trésor : SANG

 

10 CENSÉ ou SENSÉ

Il est vraiment stupide ; il n'était pas censé faire cela.

Censé, supposé

Sensé, qui a du bon sens

Voir : Ne pas confondre : feux et feus – sensé et censé – chaos et cahot – efficace et efficient – émotionné et ému - bruire et bruisser

 

 

CORRECTION

1 Je lui fus d'une reconnaissance sans bornes et il s'en fut, la tête haute, tout ragaillardi.

♦ Sans bornes locution adverbiale, bornes au pluriel.

♦ il s'en fut = il s'en est allé

verbe être dans le sens d'aller au passé simple

♦ Ragaillardir = donner de la vigueur.

 

2 Quelle tête de mule ! Qu'il s'en aille donc, s'il s'en sent le courage !

 

3 Après que je l'eus sermonné, il s'en est allé la queue basse.

La queue basse = honteux

 

4 Range donc ta chambre, tête de linotte ! Elle est toute sens dessus dessous.

 

5 Que je lui dise blanc ou noir, à cette tête de cochon, il s'en moque.

 

6 Je m'installerai chez lui sans façons, quand bien même il s'en prendrait à moi qui suis sa tête de Turc. Non mais ! Peut-être ne s'en apercevra-t-il même pas.

 

7 Il a gagné cent vingt trois millions d'euros et je n'en ai pas vu la queue d'un, le pingre !

♦ Pas la queue d'un (populaire)= pas un seul

♦ Voir : Savoir orthographier les adjectifs numéraux cardinaux cent ou cents, vingt ou vingts... + des millions, des milliards, des billions

 

8 Il arracha les queues des cerises et s'en fit une tisane. 

Queue d'un fruit = tige

 

9 « C'en est trop de tes histoires sans queue ni tête », dit-il. Il ne savait plus à quoi s'en tenir.

 

10 Je préparai un foie gras truffé et le maître-queux s'en empara. Étonnant non ?

            un maître-queux, un grand cuisinier

11 « Ah je le sens bien là.

   —Tu es censé le dire ? 

   —Oui, il sent bon, le canard au sang qui mijote. »

 

12 Il perdit son sang-froid et, sans un mot, s'en retourna fort jaloux. « Il a le sang chaud, » pensai-je à part moi.

 

13 « Il est toujours sans le sou et tire le diable par la queue.

—Sans blague ? »

Tirer le diable par la queue = être fauché.

 

14 Je lui tiens la queue. C'en est fait de lui ! Je vais le faire suer sang et eau.

Prononciation

Sang et eau Léon Warnant, Louis Chalon donnent san-k-éo

Sang impur : san-g-impur ou san-k-impur

Dans la langue courante, très souvent l'usager ne fait pas de liaison mais une disjonction : san-éo, san-impur

 

15 Bon sang ! Cette queue de cochon me laisse sans voix. On s'en pourlèche.

Se pourlécher, se pourlécher les babines, les lèvres, les badigoinces (populaire, lèvres ou joues)

 

16 Vois comment tu t'habilles ! Ta queue de pie et ta redingote sont sens devant derrière !

 

17 Je fis des tête-à-queue sans qu'il s'en rendît compte. Ainsi s'en émut-il aucunement.

Aucunement, terme vieilli s'emploie avec ou sans ne = nullement, d'aucune manière.

 

18 « C'en est pas croyable ! Il s'en est coupé une !

    —De quoi parles-tu ?

    —Devine !"

 

19 Ils ont inventé une voiture sans roues et sans volant. Il va sans dire que c'est dangereux. Pourquoi le pilote ne serait-il pas sans tête pendant qu'on y est ?

 

20 Il s'en est mis plein la lampe sans aucuns frais à tel point qu'il en avait les moustaches queue de vache.

♦ S'en mettre plein la lampe, argot = manger et/ou boire beaucoup. 

♦ Sans aucuns frais. Voir :  Aucun, aucuns, aucune, aucunes, d'aucuns

♦ Queue de vache, couleur jaune pisseux.

 

21 Il y a cent cents dans un dollar. Le billet d'un dollar montre la tête de George Washington, premier président des États-Unis d'Amérique.


22 Il s'ensuivit des rires incongrus à lui casser la tête. Et il s'enfuit à perdre haleine.

            Verbes s'ensuivre et s'enfuir au passé simple

            (agglutination : en- est soudé aux verbes suivre et fuir)

            Voir : L'agglutination

En linguistique, l'agglutination consiste en ce que deux ou plusieurs termes autrefois séparés, deviennent un seul mot.

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Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... " 

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Petit exercice du début de l'article :

Sa redingote est sens devant derrière.

Sa chambre est sens dessus dessous.

C'en  est fait de vous !

Il va sans dire qu'il est fou.

(Il est évident qu'il est fou. Il est fou, cela va sans dire)

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 06:49

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Je jurai de ne plus me laisser emberlificoter non plus qu'enjôler par la vieille Marie, en me tenant sur mes gardes, moi qui, de timide et de naïve que j'avais été lors de notre première rencontre, m'étais retrouvée toute meurtrie, mortifiée même, lorsqu'elle avait jeté son dévolu sur ma personne.

N'était la curiosité irrépressible qui m'étreignait sans relâche et que seule Marie pouvait assouvir, je fusse restée éloignée d'elle à jamais.

 

Elle m'invita à entrer, d'un ton doucereux, et me proposa une collation. 

Je ne fis pas de façons, trop contente de m'octroyer quelque repos. Elle m'offrit un vin chaud et doux, à la cannelle, sur lequel elle s'appliqua à presser deux ou trois zestes d'orange, fit éclater quelques noix entre ses doigts de fer pour en extraire les cuisses qu'elle me présenta dans une coupelle.

Je dégustai.

Prétatou s'était réfugié dans une encoignure, près de l'âtre, trop heureux qu'on ne l'eût pas laissé dehors. La faim et la soif le taraudaient. Quelques lippées lui eussent convenu quelles qu'elles eussent été. Tout en bâillant d'inanition, il en vint à imaginer de devenir sec comme le bois. Mais il n'osait réclamer par crainte d'entendre encore des paroles malveillantes à lui faire bouillir le sang. Eût-il émis le moindre son, il se fût donné des verges pour se faire fouetter°. Il promenait son regard alentour pour se faire une idée de l'antre de la mégère.

« Elle ne donne pas dans le luxe, pensa-t-il. »

Bien qu'il s'appliquât à être le plus discret possible, Marie Cratère, qui ne le portait guère dans son coeur, à ce qu'il semblait, s'adressa à lui. Il s'en émut tant et si bien qu'on lui vit le poil se hérisser.

« Il ferait beau voir que tu grognasses ! l'avertit-elle. Je ne supporterai aucun murmure de toi. Tiens-le toi pour dit. »

 

L'arôme diffusible du vin emplissait l'air jusqu'à l'étourdir et il se demandait combien de temps il lui faudrait encore attendre pour qu'une âme compatissante s'intéressât à lui.

Ne voulant pas indisposer Marie en lui montrant trop manifestement l'attention que je portais à mon chien, je laissai croire à cette vieillarde —  ne la savais-je pas insensible — que je le traitais comme quantité négligeable.

Je songeai à cet instant à Souci, le petit marcassin, qui avait échappé à la broche mortifère, et que j'avais sauvé de justesse.1

J'aurais voulu savoir ce qu'il était advenu de Sissi, mon amie que je n'avais pas croisée sur le chemin, mais je n'osai interroger Marie Cratère de peur qu'elle n'en conçût une grande jalousie.

 

Cher lecteur, tu me diras peut-être que tu es très étonné de voir que je pris tant de précautions pour ménager la susceptibilité de Marie, mais je te rétorquerai aussitôt que, bien que cela ne fût pas dans ma nature de n'être point directe ni spontanée, j'usai alors de tous les atouts pour amadouer celle qui me livrerait bientôt — et peut-être — les secrets que je voulais découvrir.

 

Après un silence que j'appréciai, toujours gagné sur des propos acerbes, Marie reprit la parole.

« Orendroit2, commença-t-elle, voyons quelle mouche t'a piquée° pour me rendre visite hic et nunc3.

Je connais ta perspicacité, Marie. Peux-tu imaginer un seul instant que, ayant vécu une année entière à Utopinambourg, je puisse me satisfaire de ne rien savoir des secrets de cette cité ?

Hem ! Hem ! fit-elle. S'il ne tenait qu'à moi de te les dévoiler, peut-être le ferais-je, mais je ne suis pas seule dans cette affaire. »

Elle coupa court à la conversation qui ne lui plaisait guère, et m'invita à aller dormir.

 

Il se faisait tard. J'entraînai Prétatou dans la remise inconfortable qui m'avait naguère maintes fois tenu lieu de refuge et, lui ayant servi à boire et donné quelques rognures dénichées dans un coin de bahut chez Marie, je m'endormis séance tenante, de concert avec lui.

.................................................

1- Oli sauve Souci de justesse dans l'épisode : 24 Délires d'une cuisinière assassine - Tant va pot à l'eve que brise.°

2-orendroit, maintenant, terme archaïque

3-Hic et nunc, ici et maintenant.

 

NOTES

Je jurai de ne plus me laisser emberlificoter, non plus qu'enjôler

♦ Je jurai, passé simple, temps du récit

♦ emberlificoter (familier), embrouiller, entortiller.

♦ non plus que, vieilli et littéraire, pas plus que

♦ enjôler, attirer par de belles paroles, séduire par des promesses trompeuses.

 

de timide et de naïve que j'avais été lors de notre première rencontre

Cas où l’adjectif (ici : timide et naïve) est précédé de la préposition de, pour marquer qu’il s’agit d’un état antérieur.

Les adjectifs sont attributs de je (j'avais été).

 

N'était la curiosité irrépressible... je fusse restée éloignée d'elle à jamais.

♦ N''était, si ce n'était, s'il n'y avait pas...

Voir : Propositions conditionnelles commençant par : n'était, n'étaient, n'eût été, n'eussent été - Variations syntaxiques

♦ irrépressible, irrésistible, impérieuse, irréfrénable.

♦ à jamais, pour toujours.

Voir : Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques...

 

Le ton était doucereux.

Doux doucereux douceâtre

Cf. Académie 8e édition :

♦ Doucereux - Qui est d'une douceur fade et affectée, en parlant des Personnes. Quel personnage doucereux ! Par extension, Un langage, un ton, un air doucereux.

♦ Douceâtre - Qui est d'une douceur fade. Un goût douceâtre. Un sirop douceâtre. Par extension, Une façon de parler douceâtre.

 

Je ne fis pas de façons.

Je ne fis pas de cérémonie (et j'acceptai).

 

elle s'appliqua à presser deux ou trois zestes d'orange

un zest de citron ou d'orange, une fine lamelle que l'on découpe sur l'écorce pour parfumer quelque boisson. (Attention que le fruit n'ait pas été traité !)

 

ZEST ! ou ZESTE ! interjection qui marque

♦ qu'une action est soudaine et rapide.

Un cambrioleur a pénétré dans ma maison. Les policiers doivent intervenir au plus tôt, zeste !

♦ qu'on rejette les paroles, l'argument de son interlocuteur.

Tu m'as assuré que tu voulais me faire plaisir, zeste !

 

Lu sur le Dictionnaire de Furetière , à l'entrée ZEST

                     > Gallica - Furetière, Antoine (1619-1688). Dictionnaire universel

Je n'ai pas conservé la graphie des mots du XVIIe siècle. (note de mamiehiou)

1- Zest (pour zeste) pellicule dure qui est au milieu de la noix, qui est entre les quatre cuisses. Quelques médecins assurent que le zest séché & bu avec du vin blanc, environ demi-once, guérit de la gravelle.

2- Zest est aussi un petit instrument avec lequel on souffle de la poudre sur les cheveux, sur une perruque. C'est une espèce de boucle de cuir qui s'enfle & se serre par le moyen d'une baleine, et qui a une petite ouverture d'ivoire.

3- Zest (pour zeste) est aussi un petit morceau de pelure d'orange duquel on espeint* le jus sur un verre de vin, afin qu'il en sente l'odeur. On le passe quelquefois à la chandelle, on lui fait faire son effet contre le nez.

4- Zest se dit quelquefois ironiquement, & absolument, pour montrer qu'on ne fait point cas d'une chose, qu'elle est de nulle valeur, comme le zest qui est au milieu de la noix. On a beau le menacer, il dit zest, il ne fait que s'en moquer.

J'ai ajouté la graphie moderne en rouge

*Espeindre ou épeindre : presser une chose qui a du suc ou du jus. Définition du Furetière

Je n'ai retrouvé ce mot dans aucun dictionnaire ancien avec cette acception. 

Dans Le Dictionnaire de Godefroy, espeindre : expier.

 

Sur Furetière, voir : Une petite histoire de la langue française - Chapitre 13 – LE XVIIe SIÈCLE 2 - Préciosité – Classicisme – Boileau, Furetière, et les autres...

 

Zest et Zeste dans :

Le Nouveau vocabulaire de la langue française, extrait du dictionnaire de l'académie et des meilleurs auteurs modernes : augmentée des étymologies de tous les mots dérivés des langues anciennes et modernes

Lambert-Gentot, 1843

 

Zest s.m. entre le zist et le zest. Populaire et familier. Entre-deux, passablement, tant bien que mal – Espèce d'interjection dont on se sert dans le langage familier, quand on veut rejeter ce qu'un homme dit.

Zeste s. m. ce qui est au-dedans de la noix, qui la sépare en quatre. - Partie mince qu'on coupe sur le dessus de l'écorce d'orange, d'un citron, etc. On dit familièrement d'une chose qui a peu de valeur, cela ne vaut pas un zeste

 

 

Les cuisses d'une noix, les quartiers.

 

Prétatou s'était réfugié près de l'âtre.

L'âtre est la partie de la cheminée où l'on fait du feu.

Par métonymie, c'est la cheminée elle-même.


Quelques lippées lui eussent convenu quelles qu'elles eussent été.

> Il aurait mangé n'importe quoi

♦ une lippée, une bouchée.

♦ quelles qu'elles eussent été, quelles qu'elles fussent, quelles qu'elles soient...

Voir : Quel que

 

Eût-il émis le moindre son, il se fût donné des verges pour se faire fouetter°.

♦ La phrase commence par une proposition conditionnelle.

> S'il avait émis le moindre son, il se serait donné des verges...

-Eût-il émis... subjonctif plus-que-parfait

Voir : Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

Se donner des verges pour se faire battre° donner à son adversaire des arguments, des motifs pour recevoir des coups.

 

 Il promenait son regard alentour pour se faire une idée de l'antre de la mégère

♦ Un antre, une caverne qui sert d'habitation à des animaux sauvages.

Péjorativement, un lieu redoutable et sordide.

              Voir : Où habitent-ils, tous ces animaux que vous connaissez ?

Une mégère, une méchante femme, violente et agressive.

Cf. Littré: 1- Nom propre d'une des trois Furies (avec une M majuscule).

Ô haines ! ô fureurs dignes d'une Mégère ![Corneille, Rodogune, princesse des Parthes]

2- Figuré, Femme méchante et emportée (avec une m minuscule).

 

Il s'en émut tant et si bien qu'on lui vit le poil se hérisser.

Voir la locution conjonctive : Tant et si bien que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

Il ferait beau voir que tu grognasses.(subj. Imparfait)

« On tolérera le présent du subjonctif au lieu de l'imparfait dans les propositions subordonnées dépendant de propositions dont le verbe est au conditionnel. » Arrêtés ministériels du 31 juillet 1900 et du 26 février 1901

> Il ferait beau voir que tu grognes. (subj.présent)

> Ce serait le comble si tu grognais.

> Cela dépasserait la mesure.

 

Tiens-le toi pour dit.

Se le tenir pour dit. Ne pas répondre, ne pas discuter.

 

L'arôme diffusible du vin emplissait l'air jusqu'à l'étourdir

Cf. Littré. Diffusible,

1- Qui peut se répandre dans tous les sens, de tous les côtés. Une odeur diffusible.

2- Terme de physiologie. Qui excite tous les tissus vivants d'une manière vive mais passagère, et réagit promptement sur le cerveau : tels sont l'alcool et l'éther.

Tous les diffusibles sont odorants, inflammables et sujets à s'évaporer.

 

Orendroit, commença-t-elle

Orendroit, terme des XIIIe et XIVe siècles.

Lu dans le Dictionnaire de Godefroy

> maintenant, présentement, désormais.

-Orendroit ou horendroit, orrandroit, arendroit, arandroit, orendret, orendroites.

-Desorendroit, désormais.

L'orthographe était loin d'être fixée à l'époque !

Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXème au XVème siècle, Frédéric Godefroy, 1880-1895

 

Hem ! Hem ! fit-elle

Onomatopée qui imite le bruit de la toux pour attirer l'attention. Elle exprime ici l'hésitation et la défiance.

Qu'est-ce qu'une interjection ? Qu'est-ce qu'une onomatopée ?

 

quelques rognures trouvées dans un coin de bahut

des rognures, des restes de viande ou de pain, des reliefs de repas.

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 10:57

 

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Une des grandes préoccupations des philosophes, la plus grande peut-être, est de partir à la recherche de la Vérité. Il est long, long et semé d'embûches, le chemin qui conduit à la Vérité, encore faut-il s'engager sur le bon chemin.

Chacun d'entre nous, philosophe à ses heures, est confronté à l'idée qu'il se fait de la vérité.

« C'est vrai, je t'assure », affirme-t-on parfois à la légère.

« Je te jure que c'est vrai ! » déclare-t-on, péremptoire.

Et l'on étaie ses allégations avec force arguments, raisonnables ou fallacieux, c'est selon.

Car il y va de l'honnêteté du locuteur : Suit-il ses intérêts ? Est-il l'esclave de ses préjugés ? Ne peut-il se départir de son aveuglement ? Ou bien veut-il faire triompher la Vérité ? 

 

Chacun sa vérité* me direz-vous peut-être. Cette vérité-là, subjective, partiale même, cause d'injustice et d'intolérance ne s'accommode en rien avec la vraie Vérité, la Vérité en soi, la Vérité universelle, la Vérité absolue telle que la considéraient Socrate et Platon, la Vérité qui existe en dehors de soi, la Vérité éternelle.

 

*Chacun sa vérité, pièce de Luigo Pirandello 1916

Voir aussi dans ce blog 

  De la rhétorique - De l'éloquence - De la langue de bois

Le mensonge - L'imposture - La fausseté

 

« La vérité absolue existe hors de moi, elle est éternelle. »

Platon 424/423-348/347 av. J.-C

 

« Il faut aller à la vérité de toute son âme. »

Platon

 

« Quand donc y a-t-il ou n'y a-t-il pas ce que nous appelons vrai ou faux ? Ce n'est pas parce que nous pensons d'une manière vraie que tu es blanc, que tu es blanc, mais c'est parce que tu es blanc, qu'en disant que tu l'es, nous disons la vérité. » Métaphysique

Aristote 384 av. J.-C 322 av. J.-C

 

« Amicus Plato, sed magis amica veritas »

« Platon m'est cher, mais la vérité m'est plus chère encore. » Éthique à Nicomaque

Aristote parlant de Platon, son maître et ami .

 

« Nous ne connaissons pas le vrai si nous ignorons la cause. »

Aristote

 

« En doutant, on atteint la vérité. »

Cicéron 106-43 av. J.-C

 

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Évangile de Jean ch.14 v.6)

Jésus de Nazareth né vraisemblablement entre 7 et 5 av. J.-C, crucifié vers 30 ap. J.-C

 

« Le langage de la vérité est simple. »

Sénèque 4 av. J.-C 65 ap. J.-C.

 

« Le vrai est à la fois dans l'intellect et dans les choses. Toutefois, le vrai qui est dans les choses est substantiellement identique à l'être ; et le vrai qui est dans l'intellect est identique à l'être, mais comme une représentation l'est à ce qu'elle représente [...]. » Somme théologique

Thomas d'Aquin 1224/1225-1274

 

« L'histoire est comme une chose sacrée, parce qu'elle doit être véritable, et où se trouve la vérité, se trouve Dieu, son unique source. » Don Quichotte

Miguel de Cervantès 1547-1616

 

« Le doute est l'école de la vérité. »

Francis Bacon 1561-1626

 

« Le vrai et le faux sont des attributs du langage, non des choses. Et là où il n'y a pas de langage, il n'y a ni vérité ni fausseté. » Léviathan

Hobbes 1588-1679

 

« La vérité doit toujours avoir l'avantage, quoique nouvellement découverte, puisqu'elle est toujours plus ancienne que toutes les opinions qu'on en a eues, et que ce serait ignorer sa nature que de s'imaginer qu'elle ait commencé d'être au temps qu'elle a commencé d'être connue. » Sur le traité du vide

Blaise Pascal 1623-1662

 

« La vérité est si obscurcie en ces temps et le mensonge si établi, qu’à moins d’aimer la vérité, on ne saurait la reconnaître. » Pensées

Blaise Pascal

 

« Ce n'est pas la vérité qui persuade les hommes, ce sont ceux qui la disent. »

Pierre Nicole 1625-1695

 

« La première signification donc de Vrai et de Faux semble avoir tiré son origine des récits ; et l’on a dit vrai un récit quand le fait raconté était réellement arrivé ; faux, quand le fait raconté n’était arrivé nulle part. Plus tard, les Philosophes ont employé le mot pour désigner l’accord d’une idée avec son objet ; ainsi, l’on appelle idée vraie celle qui montre une chose comme elle est en elle-même ; fausse celle qui montre une chose autrement qu’elle n’est en réalité. » Pensées métaphysiques

Spinoza 1632- 1677

 

« Lorsque l'erreur porte les livrées de la vérité, elle est souvent plus respectée que la vérité même. » De la recherche de la vérité

Nicolas de Malebranche 1638-1715

 

« Le vrai et le faux consistent en un accord ou un désaccord, soit avec les relations réelles entre les idées, soit avec l'existence et le fait réel. » Traité de la nature humaine

David Hume 1711-1776

 

« Les avantages du mensonge sont d'un moment, et ceux de la vérité sont éternels ; mais les suites fâcheuses de la vérité, quand elle en a, passent vite, et celles du mensonge ne finissent qu'avec lui. » Le rêve d'Alembert

Denis Diderot 1713-1784

 

« Le contraire de la vérité est la fausseté : quand elle est tenue pour vérité, elle se nomme erreur. » La Logique

Emmanuel Kant ( Immanuel Kant) 1724-1804

 

« Je préfère une vérité nuisible à une erreur utile : la vérité guérit le mal qu'elle a pu causer. »

Johann Wolfgang von Goethe 1749-1832

 

« La vérité, l'âpre vérité. »

Danton 1759-1794

 

« Il semble que l'on fait consister proprement la possession de la philosophie dans le manque de connaissances et d'études, et que celles-ci finissent quand la philosophie commence. On tient souvent la philosophie pour un savoir formel et vide de contenu. Cependant, on ne se rend pas assez compte que ce qui est Vérité selon le contenu, dans quelque connaissance ou science que ce soit, peut seulement mériter le nom de Vérité si la philosophie l'a engendré ; que les autres sciences cherchent autant qu'elles veulent par la ratiocination à faire des progrès en se passant de la philosophie il ne peut y avoir en elles sans cette philosophie ni vie, ni esprit, ni vérité. » Phénoménologie de l'esprit, « Introduction »

Georg Wilhelm Friedrich Hegel 1770-1831

 

« Cette vieille erreur, qu'il n'y a de parfaitement vrai que ce qui est prouvé, et que toute vérité repose sur une preuve, quand, au contraire, toute preuve s'appuie sur une vérité indémontrée. » Le Monde comme volonté et comme représentation

Arthur Schopenhauer 1788-1860

 

« La vérité légendaire est d'une autre nature que la vérité historique. La vérité légendaire, c'est l'invention ayant pour résultat la réalité. »

Victor Hugo 1802-1885

 

« Les vérités absolues supposent un être absolu comme elles. »

Victor Cousin 1829-1853

>> Du vrai, du Beau & du Bien - Quatrième leçon

 

« On définit la vérité l'accord de la pensée avec la chose. »

Jules Lachelier 1832-1918

>>  HISTOIRE ET VERITE -  Jean Leduc – 8 janvier 2008

 

« La vérité est toujours plus surprenante que la fiction, parce que la fiction doit coller à ce qui est possible, alors que la vérité, elle, n’y est pas obligée. »

Mark Twain 1835-1910

 

« La question de savoir si la vérité est nécessaire doit, non seulement avoir reçu d’avance une réponse affirma­tive, mais l’affirmation doit en être faite de façon à ce que le principe, la foi, la conviction y soient exprimés, « rien n’est plus nécessaire que la vérité, et, par rapport à elle, tout le reste n’a qu’une valeur de deuxième ordre ». — Cette absolue volonté de vérité : qu’est-elle ? Est-ce la volonté de ne pas se laisser tromper ? Est-ce la volonté de ne point tromper soi-même ? Car la volonté de vérité pourrait aussi s’interpréter de cette dernière façon : en admettant que la généralisation « je ne veux pas tromper » comprenne aussi le cas particulier « je ne veux pas me tromper ». Mais pourquoi ne pas tromper ? Mais pourquoi ne pas se laisser tromper ? — Il faut remarquer que les raisons de la première éventualité se trouvent sur un tout autre domaine que les raisons de la seconde. On ne veut pas se laisser tromper parce que l’on considère qu’il est nuisible, dangereux, néfaste d’être trompé [...]  » Le Gai Savoir (« La gaya scienza »)

livre cinquième §344

Friedrich Nietzsche 1836-1900

 

« Qu’est-ce donc que la vérité ? Une multitude mouvante de métaphores, de métonymies, d’anthropomorphismes, bref, une somme de relations humaines qui ont été poétiquement et rhétoriquement haussées, transposées, ornées, et qui, après un long usage, semblent à un peuple fermes, canoniales et contraignantes : les vérités sont des illusions dont on a oublié qu’elles le sont, des métaphores qui ont été usées et qui ont perdu leur force sensible, des pièces de monnaie qui ont perdu leur empreinte et qui entrent dès lors en considération, non plus comme des pièces de monnaie, mais comme métal. » Vérité et mensonge au sens extra-moral

Nietzsche

 

« La science a-t-elle promis le bonheur ? Je ne le crois pas. Elle a promis la vérité, et la question est de savoir si l’on fera jamais du bonheur avec de la vérité. »

Emile Zola 1840-1902

 

« Il y a quelque impiété à faire marcher de concert la vérité immuable, absolue, et cette sorte de vérité imparfaite et provisoire qu'on appelle la science. » L'Orme du mail

Anatole France 1844-1924

 

« En art, l’exactitude est la déformation et la vérité est le mensonge. Il n’y a rien là d’absolument vrai, ou plutôt il existe autant de vérités humaines que d’individus. » Le Rêve (Le Gaulois)

Octave Mirbeau 1848-1917 

 

« Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité. » Journal

Jules Renard (Pierre-Jules Renard) 1864-1910

 

« La vérité, c’est de chercher toujours la vérité. » Clérambault

Romain Rolland 1866-1915

 

« Il faut aimer la vérité plus que soi-même et les autres plus que la vérité. »

Romain Rolland

 

« Il n'est pas de tyran au monde qui aime la vérité ; la vérité n'obéit pas. »

Alain (Emile-Auguste Chartier) 1868-1951

 

« La vérité est dure comme le diamant et fragile comme la fleur de pêcher. » Autobiographie ou Mes expériences de vérité

Gandhi (Mohandas Karamchand Gandhi)1869-1948

 

Sur la vérité scientifique

« L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique (…) Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit » La formation de l’esprit scientifique

Gaston Bachelard 1884-1962

 

« Je dis toujours la vérité : pas toute, parce que toute la dire, on n'y arrive pas... Les mots y manquent... C'est même par cet impossible que la vérité tient au réel. » Séminaire

Jacques Lacan 1901-1981

 

« La vérité est un symbole que poursuivent les mathématiciens et les philosophes. Dans les rapports humains, la bonté et les mensonges valent mieux que mille vérités. » Le fond du problème

Graham Greene 1904-1991

 

« "Chacun sa vérité" est une formule juste car chacun se définit par la vérité vivante qu'il dévoile. »

Jean-Paul Sartre 1905-1980

 

« Pour convaincre, la vérité ne peut suffire. »

Isaac Asimov 1920-1992

 

« Qu'est-ce que la vérité ? Il y a la tienne, la mienne et celle de tous les autres. Toute vérité n'est que la vérité de celui qui l'a dite. Il y a autant de vérités que d'individus. » L'Evangile selon Pilate

Eric-Emmanuel Schmitt 1960 

.........................................

VERITE dans le Dictionaire1 de Furetière  

Furetière 1619-1688

 

Verité. s. f. Certitude d'une chose qui est toujours la même, qui ne change point. Dieu est l'éternelle verité. Il y a des propositions d'eternelle verité. Les mystères de la foy sont des verités cachées.

Verité se prend aussi pour la connoissance d'une chose telle qu'elle est effectivement. Il y a des veritez, celles connues, certaines et infaillibles, comme les veritez Evangéliques. Les instructions du Messie commencent par ces termes, Je vous dis en verité. On appelle la chaire de verité celle où on annonce la parole de Dieu. Charron a écrit un livre des trois veritez, pour prouver la Religion. Le père Malebranche a fait un excellent livre de la recherche de la verité. Desmarets a fait un joli Roman de la verité des fables.

Verité se dit aussi des connoissances dont on découvre la certitude par art. La géométrie est la seule science qui ait des veritez démonstratives. Les autres cherchent la verité à tastons, taschent de trouver la verité. Démocrite a dit que la verité est cachée au fond d'un puits. On dit en l'Escole, Ami d'Aristote, ami de Platon, mais encore plus ami de la verité2. Le temps descouvre les verités les plus cachées. On demande aux témoins si leur deposition contient verité. On a de la peine à faire allvoûer la verité aux criminels  : ils deguisent la verité. Ce procureur n'a pas dit un mot de verité en plaidant.

En verité. adv. Certainement. Cela est en verité comme je vous le dis, pour dire, C'est la pure verité.

A la verité. adverbial. Confession, adveu, qui ne se dit guère sans restriction, ou application. A la verité j'ay pris possession de cette terre, mais je pretends qu'elle m'appartient.

Verité, se dit proverbialement en ces phrases, Toutes verités ne sont pas bonnes à dire. Les verités sont odieuses. On a dit à cet homme ses verités c'est à dire on lui a reproché ses défauts ses vices secrets. On dit aussi à ceux qui disent des injures mal fondées, Il n'y a que la verité qui offense. On dit aussi burlesquement in vino veritas.

 

Notes de mamiehiou

♥ J'ai conservé le plus possible la graphie des mots et la ponctuation du dictionnaire.

♥ Pour lire un autre article dans le Furetière, voir : Le A au fil des dictionnaires

♥ Pour retrouver Furetière dans ce blog : Une petite histoire de la langue française - Chapitre 13 – LE XVIIe SIÈCLE (2) - Préciosité – Classicisme – Boileau, Furetière, et les autres... 

 

Á retrouver sur la toile :

Dictionaire universel contenant generalement tous les mots françois, tant vieux que modernes, & les termes de toutes les sciences et des arts, par Antoine Furetière(1690)

 

1-Le Dictionaire, le Dictionnaire

2-Voir plus haut la citation d'Aristote.

 

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Ajout du 16 février 2014

Qu'en est-il du serment ?

Évangile selon Matthieu, Chapitre 5

33 Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.

34 Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu,

35 ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi.

36 Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.

37 Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais.

 

Ajout du 24 février 2014 Le diseur de vérité est souvent un trouble-fête. (Aphorisme de mamiehiou à l'occasion des JO de Sotchi)

La Vérité n'est pas toujours bonne à dire :

Fera-t-on le bilan des bonheurs procurés par les JO et des malheurs qu'ils ont causé à la population de Sotchi ? Mamiehiou sur twitter

 

Ajout du 29 avril 2014

J'ai conclu que la recherche de la vérité était une folie, parce que, quand on la trouverait, on ne saurait à qui la dire.

Bernardin de Saint-Pierre - La Chaumière indienne


Ajout du 21 juin 2014

André Gluckmann, Les Maîtres Penseurs, Grasset, page 131 – 1977

La science copernicienne prouve que la maîtrise de l'univers physique est possible ; la Révolution Française bouscule les traditions les plus ancrées et les préjugés les plus solides, "toutes les fictions disparaissent devant la vérité, toutes les folies tombent devant la raison" (Robespierre), elle met à l'ordre du jour la maîtrise de l'ordre social et politique.

 

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 19:10

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Question préliminaire - Qu'écririez-vous ?

N'étaient les larmes que je ne pouvais retenir, personne n'aurait connu ma tristesse.

OU

N'était les larmes que je ne pouvais retenir, personne n'aurait connu ma tristesse. 

Voir la remarque à la fin de l'article
 

N'était/ N'étaient + sujet inversé*

> le verbe de la proposition principale est au conditionnel présent : fait hypothétique présent ou futur

 

N'était sa timidité, il serait le plus séduisant des hommes.

> Si ce n'était sa timidité, il serait le plus séduisant des hommes.

> Sans sa timidité, il serait le plus séduisant des hommes.

> S'il n'était pas si timide, il serait le plus séduisant des hommes.

 

N'étaient vos accusations, je ne serais pas au tribunal aujourd'hui.

> Si ce n'étaient vos accusations, je ne serais pas au tribunal aujourd'hui.

> S'il n'y avait pas vos accusations, je ne serais pas au tribunal aujourd'hui.

 

Marie serait une charmante enfant, n'étaient ses mensonges continuels.

> Marie serait une charmante enfant, si ce n'étaient ses mensonges continuels.

> Marie serait une charmante enfant, si elle ne mentait pas continuellement.

> Marie serait une charmante enfant, sans ses mensonges continuels.

> Marie serait une charmante enfant, s'il n'y avait ses mensonges continuels.

 

Équivalents : n'était/n'étaient , si ce n’était/si ce n'étaient, si ce n’avait été/si ce n'avaient été, s’il n’y avait, s’il n’y avait pas eu.

Rare : emploi du conditionnel, du plus que parfait, du subjonctif imparfait à valeur de conditionnel présent.

 

N'eût été/ N'eussent été + sujet inversé, verbe être au subjonctif plus-que-parfait, style soutenu et littéraire*

> le verbe de la proposition principale est au conditionnel passé1 / subjonctif plus-que-parfait2 ou à l'imparfait de l'indicatif3 : fait hypothétique passé qui ne s'est pas produit.

 

N'eût été la fermeté du ministre, l'entreprise aurait mis1 tout le monde au chômage.

> N'eût été la fermeté du ministre, l'entreprise eût mis2 tout le monde au chômage.

> Si le ministre n'avait pas été ferme, l'entreprise aurait mis tout le monde au chômage.

> S'il n'y avait pas eu la fermeté du ministre, l'entreprise mettait3 tout le monde au chômage.

 

N'eussent été les conditions déplorables dans lesquelles tu travaillais, tu y fusses resté jusqu'à la fin de ta vie.

> Si ce n'avaient pas été les conditions déplorables dans lesquelles tu travaillais, tu y serais resté jusqu'à la fin de ta vie.

> S'il n'y avait pas eu les conditions déplorables dans lesquelles tu travaillais, tu y restais jusqu'à la fin de ta vie.

 

*REMARQUE

N'était, n'étaient, n'eût été, n'eussent été ont une valeur conditionnelle. On peut considérer qu'ils n'ont plus leur valeur normale. De ce fait, ils s'accordent ou non avec le sujet au pluriel qui suit :

N'étaient les larmes que je ne pouvais retenir, personne n'aurait connu ma tristesse.

OU

N'était les larmes que je ne pouvais retenir, personne n'aurait connu ma tristesse.

 

Voir aussi :

Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...
 

je dusse, dussé-je, dussè-je

 

La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

Exercice grammatical en guise de jeu : Variations sur des phrases 1-Tu m'as menti, je ne suis pas restée. 2-Tu m'as menti, je suis restée

 

Champ lexical - Champ sémantique - Niveau de langue - Registre de langue - style soutenu, courant, familier, populaire, argotique, ou vulgaire - Archaïsmes

 

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 11:44

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Il est d'usage qu'on emploie l'expression locutions de concession (ou locutions concessives) pour désigner des locutions marquant la concession, mais aussi l'opposition, la réserve, la restriction, l'exclusion.

Les grammairiens font quelque différence entre ces notions ; certains même précisent que ces nuances ne les satisfont pas tout à fait.

Exemples

Bien qu'il fasse un orage épouvantable, je sortirai pour te rendre visite.

Bien que je susse qu'il m'eût fallu faire un effort pour vous être agréable, je ne fis rien qui pût me contraindre.  

Opposition - L'idée (ou l'action) contenue dans la subordonnée n'empêche pas celle contenue dans la principale. Les deux idées (ou actions) sont indépendantes l'une de l'autre.

Bien que je coure dix kilomètres par jour, je ne maigris pas d'un gramme.

Bien que je ne fasse rien pour te plaire, tu es toujours pendu à mes basques.

Concession – L'idée (ou l'action) contenue dans la subordonnée devrait empêcher celle qui est dans la principale. Ce qui n'est pas le cas.

 

On emploie aussi locutions adversatives dans ces différents sens bien que le sens précis de locutions adversatives soit de marquer l'opposition (l'adjectif oppositif est peu usité)

 

Les locutions adversatives

♦ conjonctions de coordination :

    mais, et (dans un sens d'opposition)

♦ prépositions ou locutions prépositives :

    malgré, en dépit de...

♦ adverbes ou locutions adverbiales :

    pourtant, cependant, néanmoins...

♦ conjonctions de subordination ou locutions conjonctives :

    bien que, quoique, tandis que, alors que, quand (+ conditionnel, dans un sens concessif)...

..............................

Cf. L'Académie 8ème édition :

ADVERSATIF,adj.: Terme de Grammaire. Il ne s'emploie guère que dans cette locution, Conjonction adversative, Conjonction qui marque quelque opposition, quelque différence entre ce qui la précède et ce qui la suit. Mais est une conjonction adversative.

..............................

Le Littré : adversatif, ive - Terme de grammaire. Qui marque quelque différence entre ce qui précède et ce qui suit. Les conjonctions adversatives sont : mais, quoique, bien que, cependant, etc. ; elles indiquent une opposition, une restriction. Une proposition adversative est celle qui est composée de deux propositions dont la seconde s'oppose à la première ou la restreint.

..............................

Voir les articles du Trésor:

ADVERSATIF

CONCESSIF

..........................................

Et aussi d'autres avis de grammairiens dans :

L'essentiel - La concession en français (d'Anne-Annick Morel)
..........................................

Remarque 1

Il n'est pas toujours possible, dans les propositions concessives de temps, de savoir s'il s'agit de propositions concessives ou adversatives, l'idée contenue dans la proposition subordonnée excluant l'autre ou pas.

Remarque 2

Les locutions temporelles ou conditionnelles accompagnées de même ont une nuance de concession (même si, quand bien même, quand même, alors même que, etc.)
..........................................

Retrouvez les conjonctions de subordination et les locutions conjonctives :

Conjonctions de subordination et locutions conjonctives classées : cause conséquence but temps condition comparaison concession exception proportion manière conformité supposition addition alternative

 

Qu'est-ce qu'une locution nominale, pronominale, adjectivale, verbale, adverbiale, conjonctive, prépositionnelle, injective ?

 

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 12:35

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Question préliminaire :

QUE ne me l'avez-vous avoué ce jour-là !

Quelle est la nature de QUE et que signifie-t-il ?

voir le paragraphe 3b

QUE 

1-Pronom interrogatif

Que fais-tu donc là, petite souris ? 

Mais qu'est-ce que tu manigances ? 

Je voudrais bien savoir ce que tu trafiques dans mes fruits secs. Oh, la gourmande !


est-ce que : locution interrogative, introducteur de la phrase interrogative (de même : est-ce qui)

 

Que dans l'interrogation directe devient ce que dans l'interrogation indirecte.

Que dis-tu ? > Je me demande ce que tu dis.

ce que tu dis, proposition subordonnée interrogative complément d'objet direct de se demander.

 

Que suivi d'un infinitif

Que faire ? Qu'espérer ? Que dire à cela ?

> ou Quoi faire ? Quoi dire ?

 

Ne savoir que + infinitif

Il ne sait que dire ni que penser.

> Il ne sait quoi dire...

 

Que... d'autre

Qu'est-ce que tu aurais pu dire d'autre ?

> Quoi d'autre ?

Ici le pronom interrogatif joue le rôle du pronom indéfini

 

Complément circonstanciel de prix, de poids...

Que coûte ce manteau ?

Que pèse ce lingot ?

> Combien...

 

2-Pronom relatif

Rendez-moi donc les livres que je vous ai prêtés.

que je vous ai prêtés est la proposition subordonnée relative complément de l'antécédent.

L'antécédent de que est livres

Que est complément d'objet direct du verbe prêtés.

C'est un livre fort intéressant et que je pourrais bien t'offrir pour Noël.

Une relative peut être coordonnée à un adjectif

"[La proposition relative] peut, dans certains cas, avoir valeur d'épithète, ainsi lorsqu'elle est coordonnée avec un adjectif." Cf. Deloffre* (1975 : 51)

 

Ce que peut introduire des propositions relatives

Tout ce que tu peux me dire me va droit au coeur.

La relative est sujet de va

Je conserve ce qui reste de nos bons souvenirs.

Ici, ce qui est à rapprocher de ce que.

la relative est complément direct de conserve

Je conserve ce que tu m'as donné de bons souvenirs.

Je veux voir seulement ce qu'il y a de bon chez toi.

Tu ne peux pas imaginer ce que j'ai de tours dans mon sac.

 

Par ce que

1- Par + relative complément d'agent

Je ne suis pas du tout impressionné par ce que tu m'as dit. (= par cela)

Je ne suis pas du tout impressionné : proposition principale, le verbe est à la voix passive

par ce que tu m'as dit : proposition subordonnée relative complément d'agent de impressionner.

Voix active : Ce que tu m'as dit ne m'impressionne pas du tout (la relative est sujet de impressionner) 

2- Par + relative, complément d'un verbe qui se construit avec la préposition par.

> Je commence par quoi ?

Je commence par ce que tu m'as dit de commencer.

 

3-Adverbe

a-Adverbe interrogatif ou adverbe exclamatif

Que vos désirs soient satisfaits !

Que le ciel vous tombe sur la tête !

souhait, surprise, colère.

 

Qu'il est donc charmant !

Familier : Qu'est-ce qu'il est charmant !

Ce qu'il est charmant !

 

b-Adverbe interrogatif ou exclamatif dans le sens de pourquoi

Que ne me l'as-tu dit hier !

Que ne me l'avez-vous avoué ce jour-là ? 

> Pourquoi ne me l'avez-vous pas avoué ce jour-là ?

Que ne puis-je m'évader de cet enfer !

> Pourquoi ne puis-je pas m'évader de cet enfer !

 Le plus souvent, ces phrases sont exclamatives et comportent une négation. Elles peuvent exprimer la colère, le regret, le désespoir.

Elles peuvent ne pas être négatives (style soutenu)

Que suis-je allée dans ton sillage !

 > Dorian Gray's sister - Poème

Avec avoir besoin : Qu'avait-il besoin de me chercher querelle ?

avec qu'est-ce que, tournure familière
Qu'est-ce qu'il avait besoin de venir m'embêter ?

Cf. Académie 8e édition : QUE est aussi adverbe interrogatif au début de certaines phrases et signifie Pourquoi. Que ne se corrige-t-il? Que ne demeurez-vous? Que n'est-il plus diligent? Que n'avez-vous soin de vos affaires? En ce sens il s'emploie plus rarement sans négation. Que tardez-vous? Que différez-vous?

 

c-Ne... que. Que accompagne l'adverbe de négation : ne

valeur exceptive ou restrictive - dans le sens de seulement

Je n'ai qu'un euro en poche, et vous ?

Il ne pouvait que lui donner tort.

> Il ne pouvait faire rien d'autre que de lui donner tort.

 

d-Que oui ! Que non ! Oh que si ! Que nenni !

Que renforce les adverbes d'affirmation et de négation oui, non, si, nenni.

 

4-Conjonction de subordination

Les propositions introduites par que peuvent être :

 

Sujet

Que tu aimes rire me plaît beaucoup.

Que tu aimes rire : sujet de plaît.

 

Sujet réel (tournure impersonnelle, il étant le sujet apparent)

Il faut que tu me distraies.

Il est impossible que tu ne viennes pas.

il n'est que trop évident que vous n'avez aucune joie à le rencontrer.

Il y a que

Il y a que je ne veux pas que tu sortes !

Il n'est que de

Il n'est que de me dire « Je vous aime » pour que je défaille.

 

Complétive complément d'objet

J'ai pensé que tu serais très heureuse de me revoir après tant d'années.

que tu serais très heureuse de me revoir après tant d'années: complément d'objet direct de penser.

J'espère que tu viendras ce soir.

 

Avec l'inversion de la principale :

Tu n'es pas malade, que je sache

> Je ne sache pas que tu sois malade.

Voir : Je ne sache pas que - Le moyen que - D'où vient que

 

Complétive en apposition

-à un substantif

Le fait qu'il ne m'ait pas remarquée m'est insupportable.

La crainte que j'ai d'échouer me paralyse.

-à ce

J'avais raison et c'est ce que tout le monde dira. 

 

Complétive après des verbes se construisant indirectement

Se décider à ce que, consentir à ce que, parler de ce que, se soucier de ce que, s'indigner de ce que...

Il parle de ce qu'il ne connaît rien.

Il consent à ce que je porte une robe très décolletée.

Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit aussi impertinente.

Nous nous indignons de ce que tout aille mal.

 

Complétive appelée par des adverbes et équivalant à une tournure impersonnelle

sans doute, heureusement, probablement, certainement...

 

Sans doute que je ne le croiserai pas de si tôt.

>Sans doute ne le croiserai-je pas de si tôt (style soutenu)

> Il n'y a aucun doute que je le croise de si tôt. (tournure impersonnelle)
 

Certainement qu'il va venir.

Heureusement que tu es là.

> Il est heureux que tu sois là.

Probablement qu'il ne viendra pas.

> Il est probable qu'il ne viendra pas.

 

Peut-être que

Peut-être qu'il ne reviendra plus jamais.

> Il ne viendra plus jamais peut-être.

> Peut-être ne reviendra-t-il plus jamais. (style soutenu)

 

À peine... que

À peine m'avait-il aperçue qu'il se précipita sur moi pour me mordre, ce sale cabot !

 

Si remplacé par que dans une suite de propositions subordonnées juxtaposées ou coordonnées.

Que est suivi du subjonctif.

Voir §60 dans Valeurs et emplois du subjonctif

Si tu me téléphones, que tu m'écrives ou que tu m'envoies un SMS, je serai content toute la journée.

 

Dans le sens de sans que - Le verbe de la proposition principale est à la forme négative

Il ne met pas le nez dehors que les moustiques ne l'assaillent.

          En savoir + sur la conjonction de subordination : Sans que

 

Dans le sens de tant que - Le verbe de la proposition principale est à la forme négative

Je ne vous reverrai pas que vous ne m'ayez demandé pardon.

 

5-Que dans des locutions conjonctives

Près de cent quarante locutions à retrouver dans :

Conjonctions de subordination et locutions conjonctives - La clef des modes - Indicatif, subjonctif ou conditionnel, lequel choisir ?

à cause que, bien que, de sorte que, pour que, sans que, si...que, tel que, tout... que, à telle enseigne que, quitte à ce que, attendu que, supposé que, pourvu que, selon que, etc.

 

À noter :

Locutions conjonctives formées avec des pronoms interrogatifs où, qui, quoi, quel, qui ont perdu aujourd'hui leur nuance interrogative :

Où que

Qui que

Quoi que

Quel que

 

6-Mise en relief d'un terme en tête de phase -C'est... que
C'est toi que je voulais chérir.

C'est hier que tu as voulu partir.

C'est ton portable que j'ai retrouvé dans ma poche !

 

La phrase complète est mise en relief.

C'est que tu en serais capable ! 

C'est qu'il me prendrait pour sa bonne !

 

Voir aussi :

Ce n'est pas que, ce n'est point que

 

7-Locutions verbales

N'avoir que faire + substantif ou infinitif

Je n'ai que faire de vos sarcasmes.

> Je m'en désintéresse tout à fait.

Elle n'a que faire de mes récriminations.

> Elle se moque de mes récriminations.

 

N'avoir de cesse que

Je n'aurai pas de cesse que nous ne nous raccommodions.

 

8-Expressions figées

Coûte que coûte !

Vaille que vaille !

................

* Frédéric Deloffre, agrégé de grammaire

La Phrase Française de F. Deloffre (1969)

Éléments de linguistique française (Littérature) de Frédéric Deloffre et Jacqueline Hellegouarc'h (1983)

 

Conjonctions de subordination et locutions conjonctives

La clef des modes

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Mais qu'est-ce que j'entends que vous me dites là ? Que c'est facile ?

Que nenni !

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 09:54

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Certes, j'aurais pu mettre en exergue pour titre de mon blog : Grammaire pour les nuls, ou Orthographe pour les nuls, ou bien Le français pour les nuls, ou encore Une petite histoire de la langue française pour les nuls. J'aurais appelé mes lecteurs des nuls et ils se seraient peut-être reconnus ou ils auraient cru se reconnaître dans cet adjectif : nul.

 

Un titre avec les nuls est très vendeur, chacun de nous se trouvant plus ou moins nul dans telle ou telle discipline.

 

Je trouve le mot nul nul, déplorable, affligeant, détestable.

Je sais, vous allez me dire que nul ne veut pas dire vraiment nul, que c'est une façon de parler. Mais tout de même !

Ceux qui se disent nuls, pour lire et acheter tous les livres s'intitulant pour les nuls, ceux-là, dis-je, doivent se penser, quelque part, un peu nuls.

Peut-être ce terme peu réjouissant qu'on s'attribue ne devrait-il pas s'employer à la légère.

Peut-être renvoie-t-il à une époque où les appréciations qu'on pouvait lire sur son carnet scolaire étaient truffées du mot nul. Paul est nul en histoire. Pierre ne fait aucun effort en math, ses résultats sont nuls. Mais il est d'autres adjectifs tout aussi tristes (j'allais écrire nuls) comme faible, insignifiant, mauvais, inconsistant, lamentable, incapable, insuffisant — et l'indéfini aucun dans : aucun travail sérieux, aucun progrès, aucune attention, aucune application, aucune amélioration dans la conduite.

Je passerai sur : Ne fait pas le travail demandé, ne fait pas ses devoirs, n'apprend pas ses leçons, ne cesse d'amuser ses camarades, fait le pitre pendant les cours, répond aux professeurs.

 

Quand on n'a pas le coeur de voir chez l'enfant ses côtés positifs, ses qualités, puisqu'il en a, c'est sûr, quand on ne l'encourage pas avec des appréciations qui l'aident à grandir, et qu'on lui donne à lire des choses dégradantes sur lui-même, on ne peut pas s'attendre à ce qu'il ait envie de progresser et de réussir.

 

De quoi faire détester à tout jamais les cours, les devoirs, les leçons, les efforts et les mauvaises notes (puisqu'on ne sait pas comment s'y prendre pour y échapper), les profs qui donnent de tels jugements, bref, l'école en général. Et l'estampille qu'elle a collée sur le front, perdure, comme une blessure :

 

NUL !

 

C'est pourquoi les titres arborant : Le, la, les... pour les Nuls ont tant de succès.

 

J'avais coutume de dire à mes élèves : « Ce n'est pas parce que vous ne réussissez pas à l'école comme vous le voudriez que vous ne réussirez pas dans la vie. »

 

Non, sachez-le, vous n'êtes pas nuls quand vous vous procurez un livre pour les nuls. Ce geste témoigne de votre courage. Vous voulez progresser, vous voulez bien faire. Vous ne baissez pas les bras devant votre ignorance.

Vous êtes un type bien.

 

Et cela vous coûte cher. Le prix d'un livre.

On devrait distribuer gratuitement les livres ... pour les Nuls.

 

Sachez que vous avez sur la toile des sites gratuits qui vous proposent des explications intéressantes et sans fautes. Encore faut-il se méfier de ce qu'on vous donne à lire !

 

Allez sur le site du CNRS Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales où vous trouverez les dictionnaires du Trésor et de l'Académie entre autres.

 

Questions de langue| Académie française

 

Dictionnaire français en ligne - langue française- LEXILOGOS

 

Office québécois de la langue française- Page d'accueil

 

Questions de français (études littéraires) 

 

>> Ouvrages de référence qui me sont très utiles  

 

Ou bien lisez les articles de grammaire et d'orthographe de mon blog.

 

Mise en garde

Tout ce qu'on lit sur la toile n'est pas sans fautes. Vous le savez. Méfiez-vous de certains sites.

......................................

Ce que je pense du livre de Julien Lepers :

>>Second ou deuxième ? Voire ou voire même ? Que doit-on donc dire M. Lepers ?

>>M. Julien Lepers vient de publier un livre : "Les fautes de français que je ne ferai jamais plus." Dommage !

......................................

Évitez le site : françaisfacile.com il y a des erreurs.

......................................

Attendez... je rêve...

Je clique sur le site Pour les nuls et je vois une collection intitulée Nullissime !

Nul, je comprends, mais Nullissime...  

Nullissime, superlatif de Nul... 

Alors, plus nul que nul, tu meurs !

 

Note

Les mots archinul et nullissime ne sont admis ni par l'Académie, ni par Le Trésor de la Langue Française.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 10:52

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« C'est une langue bien difficile que le français.

À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans

qu'on commence à s'en apercevoir. »

Colette

 

 Retrouvez les conjonctions de subordination,

les locutions conjonctives de subordination

ou d'autres syntagmes,

puis le mode

et la circonstance exprimée dans les subordonnées dans

  La clef des modes

Indicatif, subjonctif ou conditionnel, lequel choisir ?

ou

Conjonctions de sub. et locutions conjonctives classées :

cause conséquence but temps condition comparaison concession

exception proportion manière conformité supposition addition alternative

 

 

Certaines locutions sont rares.

Certaines que vous connaissez bien

vous étonneront pour leurs emplois particuliers.

Certaines peuvent être suivies de modes différents

selon la nuance de sens.

Dans le doute, reportez-vous aux articles cités ci-dessus 

qui vous donnent le sens précis de ces locutions

et les modes qui les suivent. 

 

Autre exercice : Exercez-vous à construire des phrases sur le même modèle.

  Pour en savoir + Qu'est ce qu'une conjonction de subordination

ou une locution conjonctive de subordination ?

Note : Les phrases de l'exercice n'ont fait l'objet d'aucun emprunt.

Mamiehiou

 

Exemple :

Tu es de moins en moins attentif aux belles choses au fur et à mesure que s'écoulent tes années. Dommage !

La proposition principale est Tu es de moins en moins attentif aux belles choses

La locution conjonctive est au fur et à mesure que elle introduit la subordonnée temporelle (= de temps)

La proposition subordonnée est au fur et à mesure que s'écoulent tes années

Le mode du verbe de la subordonnée est  l'indicatif

 

Première partie

 

1-Étant donné que vous faites l'imbécile sans discontinuer, j'ai décidé que je n'aurai plus affaire à vous.

Étant donné que

Mis à part que tu es un peu soupe au lait, je te trouve de commerce agréable.

Mis à part que

Tu as moins travaillé que je te l'avais demandé. 

Remarque n°3 (les corrélatives, moins que, moins de que)

Tu as moins travaillé aujourd'hui qu'hier (que tu l'avais fait hier).

Tu as moins travaillé que tu l'aurais fait si j'avais été là.

Tu as moins travaillé que tu l'aurais dû.

Tu as fait moins de travail que ce à quoi je m'attendais.

Outre que le vin est hors de prix cette année, il est imbuvable.

Outre que

Je veux bien faire le travail que tu me demandes, moyennant que tu sois moins pointilleux/ moyennant que tu seras moins pointilleux sur le résultat obtenu.

Moyennant que

10-Non que je veuille t'obliger à quoi que ce soit, mais j'aurais grand plaisir à ce que tu me dises merci quelquefois.

Non que, non moins que, non plus que

J'ai ressenti en cet instant, non moins que vous, une émotion d'une violence inouïe.

Je n'éprouverai jamais envers vous aucune gratitude, non plus qu'à qui que ce soit.

Ce n'est pas que tu fasses parfois des erreurs mais tu pourrais faire un effort tout de même.

Ce n'est pas que

Où que tu ailles, quoi que tu fasses, qui que tu voies, je ne me lasserai pas de t'aimer.

Où que

Je sortirai, qu'il pleuve ou qu'il vente.

Soit que... soit que

Je sors quand il pleut ou qu'il neige. 

Quand

M'aimes-tu parce que je t'aime ?

Parce que

Je ne suis pas du tout impressionné par ce que tu m'as dit.

Par ce que

20-Je commence par ce que tu m'as dit de commencer.

Par ce que

Pas que l'opération m'effraie, mais je préférerais rester entier !

Ce n'est pas que

J'aimais te regarder dormir pendant que la nuit avançait.

pendant que

Il a été plus sage qu'un respectable "chibani".
Remarque n°3 (les corrélatives, plus que, plus de que)

Tu as beaucoup plus d'énergie que je le croyais.

J'ai plus de souvenirs que tu ne peux l'imaginer.

Tu n'as pas passé de bonnes vacances pour autant que je sache. 

pour autant que

Pour autant que je me souvienne de ses griefs envers toi, il ne viendra pas à ton mariage.

Elle ne sera pas invitée, pour autant qu'il tient à moi.

Je garderai mon calme pour autant que vous cesserez de m'invectiver. 

Elle jubilerait, j'en suis sûre, pour autant qu'elle réussirait à me convaincre.

Tu réussiras ce que tu veux entreprendre pour peu que tu t'en donnes la peine et que tu fasses l'effort nécessaire.

Pour peu que

30-Il faudra que je sois sincère pour que tu voies clair en moi et que tu me croies.

Pour que

Je devrai rester sérieuse pour que tu ne ries pas de moi.

Pour naïf qu'il soit, il a bien réussi à la conquérir

pour... que

Pour malin qu'il soit, il n'en est pas moins tombé dans le piège.

Nous serons à nouveau heureux ensemble pourvu que tu me pardonnes mes incartades.

Pourvu que

Il ne m'a jamais invitée pour la bonne raison qu'il ne pouvait pas me voir en peinture. Qu'importe, moi non plus !

Pour la bonne raison

La nuit suit le jour puisque la terre tourne.

Puisque

Je ne te quitterai jamais puisque je t'aimerai toujours.

Nous te dirons "Bon vent !" quand tu t'en iras. 

Quand

40-Je m'incrusterais chez toi quand bien même tu souhaiterais me voir partir.

Quand - quand bien même - quand bien – même quand

Je te supporterai quand même que tu ferais ton cinéma. (régional)

Quels que soient vos conseils, je n'en tiendrai pas compte.

Quel que

Quelles que puissent être mes intentions, rien ne te fera changer d'avis, n'est-ce pas ?

Quelle que dût être ta résolution, tu savais que je ne bougerais pas le petit doigt.

Je ne me souciais pas de vous, quels que dussent être vos espoirs.

Quelque misérable qu'il fût, il n'en était pas moins homme.

Quelque... que

Quelques folies que vous fissiez, je ne vous en aimais que plus encore.

Quelque rage que tu puisses éprouver, je saurai bien te calmer

Quelque amoureux qu'il soit, il sait bien que tous ses espoirs seront déçus.

50-Quelque avare qu'il pût être, il n'abandonna pas son enfant.

Quelque amical qu'il veuille paraître, je continue à me méfier de lui.

Quoiqu'il fasse preuve de courage, il n'arrivera jamais à ses fins.

Quoique

Il la perdit, sa dulcinée, quoiqu'il fît tout pour la conquérir.

Qui que vous soyez, cessez de crier ! 

Qui que

Je ne donnerai pas un kopek à qui que ce soit, non mais !

Je saurai te défier au poker, quitte à ce que tu ne le supportes pas.

Quitte à ce que

Je n'irai pas en vacances avec toi cette année quitte à ce que tu m'en veuilles pendant longtemps.

Tu couleras lentement sans que personne veuille se porter à ton secours.

Sans que

Je partis à la campagne sans que personne y vît un inconvénient.

60-Je t'ai demandé de planter un clou sans que tu utilises de marteau.

Je le ferai sans que jamais tu m'y autorises.

Tu es capable de tout sans que je te permette rien.

Tu es tombée dans les orties sans que j'y sois pour rien.

Tu as avalé trois tablettes de chocolat sans que ton estomac en soit embarrassé.

Elle criait qu'elle était en train de se noyer sans qu'on pût comprendre ce qu'elle voulait.

Selon que tu travailleras ou non, tes notes varieront, tu le sais bien.

Selon que

Tu feras bien ou mal les choses, mon enfant, selon que tu veuilles m'écouter.

Mes pulsions, selon que j'en suis maître, ne m'empêchent pas de vivre dans la normalité.

"Aimez-vous les uns les autres", selon que l'énonce le onzième commandement.

70-Je peux te concéder beaucoup de choses, sache-le, sauf que tu n'auras pas ma fille.

Sauf que, sauf à ce que, sauf si

Il a vraiment pensé à tout sauf que sa chérie ne viendrait pas.

J'aurais pu lui plaire sauf que j'avais tellement grossi.

Je ne voudrais rien ce soir sauf que tu fasses taire le chien du voisin.

Je vous respecterai toujours chère amie, sauf à ce que vous me trompiez.

Vous ne saurez jamais ce que c'est de mettre un enfant au monde, sauf à ce que vous soyez une femme, = sauf si vous êtes une femme.= si vous n'êtes pas une femme = sauf au cas où vous seriez une femme = à moins que vous soyez une femme. 

Je vais pleurer tout l'après-midi, sauf si tu viens.

Vous viendrez n'est-ce pas, sauf si vous avez un empêchement.

80-Si j'avais appris tout cela, je l'aurais su. 

Si

Si j'eusse beaucoup appris, j'eusse un peu retenu.

Elle veut bien mourir s'il ne viendra pas déclarer sa flamme demain.

Il semble que si tu devrais te sentir bien dans ta peau, c'est un peu grâce à moi.

Il a pris beaucoup trop de médicaments si bien qu'il en est mort.

Si bien que

Je lui ai demandé pardon si bien qu'elle n'ait plus de reproches à me faire.

Je ressasserai les mêmes histoires si et tant que tu en mourras d'ennui.

Si tant est que

Je suis heureuse comme à vingt ans, si ce n'est que je n'ai plus mes vingt ans.

Si ce n'est que

Je suis si heureuse que je ne puis le croire

Si... que

Il était si énervé qu'il en aurait mangé son chapeau.

90-Si belle qu'elle puisse être, elle n'a aucune chance de me plaire.

Si... que

Si vite qu'elle coure, jamais elle ne me rattrapera.

Tout m'est possible en ce monde si tant est que tu veuilles / veux m'apporter un rayon de soleil. 

Si tant est que

Je veux bien t'écouter parler de l'amour que tu me portes si tant est que tu y eus / eusses jamais cru.

Sitôt que je lui eus ouvert la porte, il entra en me bousculant.

Sitôt que

Je m'en allai sitôt que je reçus mon ordre de départ.

Il ne sera jamais content soit qu'il parte en vacances soit qu'il reste chez lui.

Soit que... soit que

Je t'emmènerai avec moi sous la condition que tu veuilles bien payer le voyage.

Sous la condition que

Nous irons chez nos cousins québécois sous condition que tu auras réussi ton bac.

100-Supposé que tu sois malade au moment du départ, nous resterions chez nous, n'est-ce pas ?

Supposé que

Supposition qu'il meure demain, tu serais libre comme l'air !

Supposition que

Je te ferai des cadeaux suivant que tu auras été plus ou moins aimable avec moi, et je ne te le répèterai pas !

Suivant que

Il est plus ou moins heureux suivant que je lui rende visite ou non.

Vous ne pouvez pas exiger cela de lui surtout qu'il est trop jeune.

Surtout que

Faut-il que tu ris tandis qu'il pleure?

Tandis que

Je vais aller faire la sieste tandiment qu'il y a du travail à faire.

Tandiment que

Je le caressai avec fougue tant et si bien qu'il me griffa — mon chat, il va sans dire !

Tant et si bien que

Je t'aiderai tant que je le pourrai .

Tant que

110-Je t'aime tant que sans toi, il m'est impossible de vivre. 

Il a tant forcé, le pauvre, qu'il s'est donné un beau lumbago !

Tu m'as donné tant de preuves de patience que je n'en suis pas encore revenue.

Il parlait si et tant que j'en avais plein les oreilles.

Si et tant que

Il parle tellement vite que je n'y comprends rien.

Tellement que

Il était tellement beau à l'époque que toutes les filles - ou presque - tombaient dans ses bras.

J'ai tellement d'amour pour les chats que j'aimerais qu'on les respecte partout et toujours.

Je lui donne des caresses, des baisers, des preuves d'amour tellement qu'il en reste tout étourdi. (familier)

Je suis venu m'installer chez toi  non (point) tant pour te faire plaisir que pour que je puisse prendre mes aises dans ta belle maison.

(= Je suis venu m'installer chez toi pour que je puisse prendre mes aises.)

Non point tant

120-Je l'ai tant et tant charrié qu'il en a fait une dépression.

Tant et tant que

Je n'ai rien à voir avec cette histoire, tant s'en faut.

Tant s'en faut qu'

120-Je l'ai tant et tant charrié qu'il en a fait une dépression.

Tant et tant que

Je n'ai rien à voir avec cette histoire, tant s'en faut.

Tant s'en faut qu'il accepte de m'aider, il me laissera plutôt dans la panade.

Du thé ? — Donnez m'en tant soit peu.

Tant s'en faut (que)

Je renonce à son amitié et je lui ai demandé de me rendre ce qu'il me devait, tant qu'à faire. 

Tant qu'à faire

Je m'occuperai de toi, je te soignerai, je te mignoterai, tant que de besoin.

Tant que de besoin

Tout amoureux qu'il était, il se comportait méchamment. Une vraie teigne ! 

Tout... que

Tout enfant qu'il est, sa logique est implacable.

Tout amoureux qu'il fût, il se plaisait à me pincer pour me faire souffrir.

130-Tout enfant qu'il soit, je douterais de son innocence.

Je dois me taire toutes les fois que tu ouvres la bouche. Est-ce vraiment normal ?

Toutes les fois que

J'ai dû partir une fois qu'elle m'a parlé.

J'ai dû partir une fois qu'elle m'a eu parlé. (On remarque ici un passé surcomposé. Langue familière)

Une fois que

Vu que vous ne m'avez pas écouté, je ne vous adresserai plus la parole.

Vu que
 

>>Eussé-je (et suivantes)

J'espérais le revoir, non pas que j'eusse des illusions, mais son absence me pesait.

Il ferait beau voir qu'il fût plus intelligent que moi !

Eussé-je dit mille fois qu'il fallait m'écouter, cela n'eût servi à rien.

M'eussiez-vous trahie, je vous eusse encore aimé.  

140-Même si vous m'aviez trahie, je vous aurais encore aimé.  

Quand bien même vous m'auriez trahie, je vous aurais encore aimée.

Quand vous m'auriez trahie...

Quand bien vous m'auriez trahie...

Quand même vous m'auriez trahie... 

Voilà ce que nous écrivîmes, dussiez-vous nous en vouloir toute votre vie.

Je ferai tout pour le retenir, dût-il partir sur le champ.

Ils battent en retraite, dussent-ils tous en subir les tragiques conséquences. 

Je les repousserai tous, fussent-ils des amis très chers.

Je doute qu'en aucun pays, fût-ce dans le nôtre, les gouvernants soient un jour capables d'éradiquer la misère.

150-N'eût-elle jamais eu d'amis, elle n'en eût pas recherché.

La vie eût-elle été mille fois plus pénible, je n'y eusse point renoncé.

Personne ne me donnera le moindre plaisir, fût-ce vous.

...........

Je peux partir en vacances dans n'importe quel pays excepté que je ne choisirai pas ceux qui sont en guerre.

Excepté que

Je partirai avec toi, excepté que tu choisisses une destination dangereuse.

Vous avez osé défier la morale ? Gare que le ciel aille vous tomber sur la tête !

Gare que, attention que

Je vous ai offensé ? Gare que je me mette en colère comme vous ne m'avez encore jamais vue !

Si vos idées féministes vous plaisent, madame, gare que demain elles (ne) puissent se retourner contre vous.

160-Vous avez bien tout remis, Omer, hormis que vous avez omis de mettre cette vis-là.

Hormis que

Les nuits que je t'attendais, la lune était plus belle.

Le jour où, le jour que, la nuit où, la nuit que

Je ne peux pas t'en vouloir lors même que tu fais un effort pour me plaire.

Lors que, lors même que

Je ne t'en voudrais pas lors même que tu prendrais ta revanche.

Je m'enthousiasme lorsque je te vois.

Lorsque

Lorsque tu me quitterais, je ne t'en voudrais pas. > Même si

Enfin ! Maintenant que tu travailles tu ne vas plus faire ton "Tanguy".

Maintenant que

Elle m'a prié de corriger les erreurs qu'elle avait faites dans sa thèse, ce que j'ai fait, malgré que j'en aie.

Malgré que

Je ne t'aurais pas cru même si tu me l'avais affirmé.

Même si

Je lui rendrai visite même si cela me coûte.

170-Il n'atteindrait pas son but même s'il conjuguait tous ses efforts.

Tu ne serais pas parti en voyage même si je t'avais accompagné.

Il ne m'eût pas pardonné même si je lui eusse fait des excuses.

Je lui pardonnerais tout quand bien même il me quitterait.  

.......................

Phrases à valeur concessive  > Même si / Quand - quand bien même - quand bien – même quand / Eussé-je

Eussé-je dit mille fois que je te pardonnais, tu n'eusses jamais cessé de te tourmenter.

Même si je t'avais dit mille fois que je te pardonnais, tu n'aurais jamais cessé de te tourmenter.

Quand je t'aurais dit mille fois que je te pardonnais, tu n'aurais jamais cessé de te tourmenter.

Quand bien même je t'aurais dit mille fois que je te pardonnais, tu n'aurais jamais cessé de te tourmenter.

Quand bien je t'aurais dit  mille fois que je te pardonnais, tu n'aurais jamais cessé de te tourmenter.

Dût le ciel me tomber sur la tête, je resterais fier et droit. 

 > je dusse, dussé-je, dussè-je

180-Nous lui resterons fidèles, dussions-nous en souffrir.

Quand bien même tu m'aurais trompé, battu, ruiné, je ne pourrais me résoudre à vivre sans toi.

Quand bien je t'aurais attendu pendant dix ans, je t'accueillerais les bras ouverts, sache-le.

.......................

À supposer que vous me voyiez gagner au loto, vous continueriez à me guigner deux francs six sous, ou même mes cent millions d'euros, pauvre dépensière compulsive que vous êtes !

A supposer que, en supposant que, supposé que...

En supposant que je puisse faire la pluie et le beau temps, pourrais-je espérer que tu fasses un peu plus cas de moi ?

Je rêve de t'offrir des douceurs comme si j'allais croire que tu les accepterais.

Comme si

Elle lui répondit avec une litote comme s'il eût été capable de saisir toutes les nuances de sa pensée.

Aussi touffu que puisse être ton blog, je m'y balade, sans m'y perdre, avec plaisir.

Aussi... que

Tu es parti en claquant la porte avant que j'aie pu me justifier, comme d'habitude !

Avant que

Je ne t'aiderai plus jamais à te sortir d'un mauvais pas de telle façon que je ne t'entende plus me critiquer pour un oui ou pour un non.

De façon que, de telle façon que, de façon à ce que

190-Je ne vous révélerai aucun de mes secrets de manière que vous ne puissiez me trahir.

De manière que, de telle manière que, de manière à ce que 

Il ne lui a jamais avoué sa flamme de telle manière qu'il s'est laissé consumé de regret au fil du temps.

Je vous donnerai toute ma bibliothèque de manière à ce que vous vous instruisiez un peu.

Elle ne lui accorda pas cette danse de crainte qu'il ne lui écrasât les orteils.

De crainte que

Je veux bien accepter que tu m'offres des cadeaux à ne plus savoir où les mettre, mais de là à ce que tu attendes un seul geste de ma part, tu peux toujours rêver.

Ne pas confondre de là à ce que, d'ici à ce que, et d'ici que

J'ai ressenti en cet instant, non moins que vous, une émotion d'une violence inouïe.

Je n'éprouverai jamais envers vous aucune gratitude, non plus qu'à qui que ce soit.

Non que, non moins que, non plus que

D'ici à ce que tu me rendes tous les livres que je t'ai prêtés, tu auras vidé ma bibliothèque pour remplir la tienne.

Prépare donc une bonne soupe, mon chéri, en attendant que j'aie fini de téléphoner à mes copines.

299-N'aient été nos relations tumultueuses, je fusse restée à tes côtés jusqu'au dernier jour.

> Propositions commençant par : n'était, n'étaient, n'eût été, n'eussent été -

Deuxième partie

 

1-Je dois me taire toutes les fois que tu ouvres la bouche. Est-ce vraiment normal ?

Toutes les fois que

2-Je t'attendrai, sois en sûre, à condition que tu ne viennes pas quatre heures après l'heure fixée. 

À (la) condition que

3-Vous pouvez me ramener en voiture sous la condition que vous resterez dîner chez moi.

Sous la condition que 

4-Il est malade à cause qu'il a trop mangé.(tournure rare - régionale)

À cause que

5-Ces demoiselles ont des joues roses et appétissantes à ce qu'on leur donne des baisers. (tournure rare)

À ce que 

6-Je sacrifierais tout pour toi afin que tu réussisses, petit morveux !

7-J'ai agi ainsi que vous m'aviez dit de le faire.

Afin que

8-Tout s'est passé avec lui ainsi que je l'avais imaginé

Ainsi que 

9-La lune s'assombrit à l'instant que je te tins dans mes bras.

À l'instant que  

peut être considéré comme une locution conjonctive ou comme le pronom relatif que dont l'antécédent serait instant.

10-Je m'occupe de la petite alors que tu joues au foot.

Alors même que

Il faut toujours que je garde tes enfants alors que tu pourrais m'aider un peu.

Rien n'est comme avant lors même que tout serait possible.

Lors que, lors même que

Je faiblis à mesure que le temps passe.

Tu es de moins en moins attentif aux belles choses à mesure que s'écoulent tes années. Dommage !

À mesure que

Reste tranquille à moins que tu ne veuilles que je te donne une fessée.

À moins que

Le travail est terminé à part que tu n'as rien fait.

À part que

Rien n'est plus comme avant à part que tu continues à m'offrir des fleurs, malgré tout.

Il a eu de bonnes notes ce mois à preuve que tout est possible.

À preuve que

Tu m'as apporté beaucoup de satisfaction cette fois à preuve que tu en es capable.

20-Il a hurlé à seule fin que je sois tout essorillée, ce putois !

À seule fin que

Tu as fait des efforts à tel point que rien n'est plus comme avant.

À (un) tel point que, à un point tel que, au point que

Il m'a fait des choses invraisemblables, à tel point que j'en ai perdu mon sang-froid coutumier.

On ne punit jamais les coupables après qu'on a dit qu'ils n'étaient que responsables.

Après que

Après qu'il m'eut serré très fort dans ses bras, il partit sans se retourner, l'hypocrite.

Je ne te demanderai plus rien après que tu m'auras rendu ce service, et à cette seule condition, vu ? 

Je pleure toujours avant que tu ne partes.  

Avant que

Je pleure toujours après que tu es parti.

À proportion qu'on se spécialise, on touche à un moins grand nombre de domaines de connaissances.

À proportion que

À proportion que les chercheurs avancent dans leurs découvertes, ils se rendent compte des erreurs scientifiques passées, vérités qu'ils croyaient être inébranlables.

30-À supposer qu'elle coure plus vite que le chien enragé, il ne lui mordra pas les fesses.

À supposer que 

J'ai voulu trop bien faire à telle enseigne que rien ne s'est passé comme je le voulais. 

À telle enseigne que, à telles enseignes que

Je lui ai donné toute ma fortune à telles enseignes qu'il ne fait plus cas de moi aujourd'hui, l'ingrat !

Au cas où tu voudrais me faire plaisir, invite-moi au restaurant.

Je me passerais de mon professeur dans le cas où je viendrais à en savoir plus que lui.

Dans le cas qu'on vous eût donné quelque mission urgente, vous me l'eussiez fait savoir.

Envoyez-moi vite votre majordome pour le cas que vous viendriez à manquer à vos devoirs.

Je souffre le martyre au fur et à mesure que le crabe me ronge.

Mais je supporte ma misérable vie de mieux en mieux au fur et à mesure que tu me montres ta patience et ton dévouement.

Vous êtes devenu brusquement aimable au moment où je m'y attendais le moins. Quelle bonne surprise, mon ami !

40-Vous vous êtes furtivement échappé au moment que les choses prenaient une tournure agréable. Qu'est-ce à dire ?

Elle n'a rien fait pour redresser la situation au point que je ne voie plus aucune raison de lui venir en aide en quoi que ce soit.

Je m'accroche à cette idée aussi bizarre qu'elle soit.

Tu as brodé cette nappe aussi joliment que tu l'aurais fait si tu avais été une professionnelle.

Tu seras aussi docile que je te le demanderai, n'est-ce pas, ma chérie ?

Quel bonheur que tu fasses cela aussi bien que ta copine !

Au plus loin que je puisse regarder, je ne vois aucun rapace planer dans le ciel.

SMS : "Je m'efforce de te regarder t'en aller aussi loin que se porte mon regard. Adieu !"

Aussi loin qu'on pouvait voir la forêt, rien ne laissait supposer qu'un feu était en train de couver.

Je lance la balle aussi loin que je le peux.

50-De si loin que les éperviers remarquent une proie courant sur le sol, ils s'apprêtent à foncer dessus.

Chaque jour, d'aussi loin que j'aperçois le facteur, je me précipite pour savoir si tu m'as écrit.

D'aussi loin que je le pouvais, j'apercevais ton navire se profiler à l'horizon. Joie !

Elle m'interpella cavalièrement du plus loin qu'elle me vit.

Si loin qu'on soit raciste, on peut se surprendre parfois à avoir quelques préjugés dont on a peine à se défaire.

Bien loin que je veuille vous décevoir, mais je ne vous accompagnerai pas à la montagne avec ma jambe cassée.

Loin que je veuille vous contrarier, mais je n'irai pas à Venise avec vous si vous emmenez vos enfants.

Loin que je veuille vous affliger, je ne puis me dispenser de vous dire vos quatre vérités.

Aussi loin que je puisse remonter dans mon passé, je ne me souviens pas vous avoir jamais rencontré.

Il prit la porte aussitôt qu'il eut plié bagage, sans même un au revoir. Quel malappris !

60-Aussitôt que tu m'auras remerciée tu te croiras quitte, c'est ça ?

Autant que j'en puisse en juger, elle est capable de vous plaire.

Nous nous dépêchons de rentrer d'autant plus que l'orage menace d'éclater.

On parle des problèmes des délinquants d'autant moins qu'on n'a pas de solutions pour les endiguer.

Ce garçon me plaisait autant qu'à elle.

Je suis sûre que je parle au moins autant que vous. (= autant que vous parlez, proposition elliptique du verbe)

Je te le répéterai autant de fois que cela sera nécessaire. 

J'ai autant de patience que j'en avais quand tu m'as connue.

Nous avons travaillé à cela autant que faire se peut.

70-Autant d'argent qu'il ait eu dans sa cassette, cela ne l'a pas empêché de quitter ce monde.

Autant que le tsunami ait sévit sur nos côtes, les digues ont tenu.

Les poules auront des dents avant que tu cesses de bouder comme tu le fais. Quelle galère !

Avant qu'il eût l'audace de m'adresser un sourire, je savais déjà qu'il me ferait la cour.

Il ne semble pas que cette crise internationale passe avant qu'il soit longtemps. 

Tournez donc sept fois fois votre langue dans la bouche avant que de parler !

Je ne vous rendrai plus visite cependant que vous inviterez tous vos amis.

 Tu me dis de douces paroles cependant que tu cherches à me nuire, félon !

Chaque fois que je veux te faire plaisir, tu me tournes en ridicule.

Comme tu n'es pas venu, j'ai mangé tout le chocolat.

80-J'ai agi avec toi comme tu le fais avec moi.

J'ai fait preuve de patience comme toi, tu vois ce que je veux dire...

J'ai fait la sieste comme tu draguais la voisine, chacun est libre, non ? 

Je vais te démontrer comme quoi il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.

Je lui ai dit la vérité et il m'en a su gré, comme quoi la sincérité m'a valu son estime.

Je vois bien que tu me regardes comme si j'étais la Vénus de Milo, manchote que je suis.

Vous vous comportez avec moi comme si je vous eusse guéri de tous vos maux

Fais comme si tu m'aimais... s'il te plaît.

Quand vous m'eûtes annoncé votre départ, ce fut comme si vous m'eussiez donné un coup de poignard en pleine poitrine.

Tu ne vas pas me priver de chocolat comme quand ton fils t'embête et que tu lui infliges cette punition, tout de même !

90-Vous serez récompensé dans la mesure où vous aurez été à la hauteur de votre tâche, ni plus, ni moins. Compris ?

N'oublie pas de m'apporter ce que je t'ai demandé dans le cas où tu viendrais.

Dans le cas où vous me posez une question pertinente, je veux bien vous répondre avec clarté.

Dans le cas que vous eussiez quelque mission urgente à me confier, vous me l'eussiez fait savoir.

Je n'arrive pas à comprendre pourquoi elle est si teigneuse d'autant qu'elle a tout pour être heureuse.

Je n'ai plus du tout envie de le voir d'autant moins qu'il agit en égoiste patenté.

Je suis très attachée à toi, d'autant plus que tu me fais de jolis cadeaux.

Je ne te rendrai pas service de façon que tu ne te sentes pas obligé de me rendre la pareille.

Je ne vais jamais à ses rendez-vous de façon qu'il sache ce que je pense de lui.

Je ne l'ai jamais remercié de ses faveurs de façon qu'il a cessé de m'importuner.

100-Je continuai d'être muette de façon à ce que je n'eusse plus jamais rien à vous répondre.

Ce jour-là j'ai agi avec vous de même que je l'avais fait avec votre prédécesseur.

Vous êtes attaché à moi de même que la moule adhère à son rocher.

De même que la moule adhère à son rocher, de même vous êtes attaché à moi.

Je m'étonne de ce que tu sois là.

Je m'étonne que tu sois là.

Je m'indigne de ce qu'il mente toujours.

Je ne sors pas en fin d'après-midi de crainte que les insectes ne m'assaillent.

Je ne sors pas à ce moment-là  de la journée pour que les insectes n'aient pas le loisir de me dévorer.

Je veux bien te demander pardon mais de là à ce que je me traîne à tes genoux, tu peux toujours courir.

110-Je suis le plus heureux du monde depuis que nous nous sommes mariés.

Il y a bien un mois que je ne l'ai (pas) vu.

Voilà deux ans que je n'ai (pas) reçu de lettres de lui.

Mes sentiments pour toi n'ont pas changé depuis que je ne t'ai vu.

Nous avons l'habitude de nous chamailler depuis que nous sommes des gamins.

Nous avions la habitude de nous chamailler depuis que nous étions des gamins.

Dès qu'il m'eut remercié, j'eus envie de recommencer à lui faire plaisir.

Je hurle dès que tu me pinces, petite peste !

Je ne t'en veux plus dès que tu me demandes pardon.

Tu feras un effort pour moi dès l'instant que tu le veuilles bien.

Je ne dois pas me mettre en colère aussi souvent, des fois que tu partirais. (familier)

120-Je suis parti dès lors que tu m'as rendu ma liberté.

Il m'a salué chaleureusement dès lors que je suis arrivée.

Il s'applique à bien se laver les pieds chaque jour de sorte qu'il ne sent pas la transpiration.

Je ne ferai plus couler l'eau tout le temps que je me laverai les dents de sorte que ma facture en sera allégée.

Je lui demandai de ne plus jamais me faire souffrir de sorte que je ne fisse plus de dépression.

Vous ne pûtes être condamnée devant que la preuve de votre culpabilité n'eût été faite.

D'ici à ce que j'aie lu tous tes articles, mamiehiou, de l'eau aura coulé sous les ponts !

D'ici que je vous fasse l'aumône d'un seul euro, les grenouilles auront des poils, comme disent les Espagnols.

Peu me chaut d'où que tu viennes et où que tu ailles.

"D'où que vienne l'accordéon, [...] il connaît toutes les chansons." (Jean Ferrat)

130-Tu entreprends n'importe quoi du fait que tout te semble possible.

Du moment que j'ai su que tu me mentais, ma vie a basculé.

Je n'insisterai pas du moment que tu t'entêtes.

J'accepte tes conditions du moment qu'elles m'aillent.

Durant que mon geôlier dormait, je me suis échappée.

En admettant que vous soyez l'homme de ma vie, ne croyez pas que vous ferez de moi ce que vous voudrez.

Joue sagement avec ta Flash McQueen  en attendant que je revienne.

N'oublie pas de me prévenir en cas que tu veuilles venir plus tôt.

Dans le cas qu'on t'eût donné quelque mission urgente, tu me l'eusses (aurais) fait savoir.

Je ne ferai rien en dépit de ce que vous puissiez me dire.

140-Elle continue de l'aimer en dépit du fait qu'il l'ait trahie.

Il chantonnait sa vieille rengaine en même temps qu'il opérait ses patients.

J'agis en sorte qu'il ne me voie pas.

Je me suis entraîné de sorte que j'ai décroché une médaille de championne.

Je suis sûr qu'elle sait beaucoup de choses encore qu'elle n'ait rien dit.

Je ne ferai rien en dépit de ce que vous puissiez me dire

En supposant que tu sois intelligent, puis-je te demander de me faire mes problèmes de maths ?

...............  

Quel courage vous avez eu, lecteur persévérant,

de lire toutes mes phrases

et d'en vouloir connaître toutes les nuances !

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LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 16:57

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On sait bien que Marie Cratère, si subjuguée qu'elle pût être, ne se laissait pas longtemps abuser par quelque émotion que ce fût.

 

« Tu es bien courageuse, petite, déclara-t-elle, avec toujours le tremblement de sa voix rogommeuse qui trahissait quelque raillerie. Ne t'es-tu donc point égarée dans cette forêt obscure* ? Nul besoin donc d'être accompagnée par un guide, tel Virgile conduisant Dante jusqu'en Enfer* ? Il me faut reconnaître, foi de Marie, que tu as été bien audacieuse, téméraire même. Sache que je pensais ne plus jamais te revoir. Mais... je ne préjugerais pas que tu fusses revenue ici pour mes beaux yeux ! »

 

Non, Marie n'était aucunement experte en suaves paroles ; elle éclata d'un rire sonore qui n'eut pas d'écho sous la voûture végétale. Que ma sensibilité eût été ébranlée, j'en eusse frémi de terreur mais j'étais comme bardée d'une cotte de maille solide que nulle flèche perverse n'aurait pu abîmer. Je me sentais inatteignable. N'avais-je pas été trahie, trahie que dis-je, torturée, et cela trop de fois pour ne pas m'y être accoutumée ? Encore que l'on puisse douter qu'il soit possible de s'habituer aux tourments infligés par autrui.

 

« N'empêche, ajouta-t-elle, je suis bien aise que tu sois de retour, même sans que j'en connaisse les raisons. Ta seule vue me réjouit fort et je sais que tu connais ma faiblesse, faiblesse que je chéris, je l'avoue, encore qu'elle fût cause d'un supplice dont tu n'as pas la moindre idée : l'attente de ton retour que je n'osais espérer. »

 

Bien que je n'éprouvasse aucune inclination pour cette vieille femme, et l'on sait ô combien pourquoi, je fus près de m'émouvoir à l'entendre me confesser l'affection qu'elle avait pour moi. Mais j'étais bien loin de me laisser attendrir, tant s'en faut. Elle ne se laissa pas aller jusqu'à accourir vers moi pour me prendre dans ses bras, craignant, je le supposai, que je n'eusse un mouvement de recul, si violent était le dégoût qu'elle m'inspirait. Je ne sache pas que, lorsqu'on s'était quittées, on se fût raccommodées dans des embrassements.

 

Reprenant vivement ses esprits, peut-être honteuse d'avoir dévoilé trop vite ses sentiments, elle s'écria, les yeux tournés sur Prétatou : 

« Qu'est-ce donc là que tu amènes avec toi ? Que diable as-tu besoin d'un chien pour compagnon ? À voir ses yeux apeurés, sa queue coincée sous le ventre, et les frissons qui l'accompagnent, il m'a tout l'air d'un couard remarquable. Tu me déçois, Oli.

 

Prétatou ne broncha pas mais n'en pensa pas moins. Et, le cœur battant la chamade, il se jura que ces propos, bien peu amènes, ne demeureraient pas impunis.

.................................................

* La forêt obscure, la selva oscura, allégorie du péché

L'Enfer de Dante, La Divina Commedia – voir un extrait en fin d'article

Images correspondant à la selva oscura

Dans La Divine Comédie de Dante Alighieri (1265-1321), Dante s'égare dans une forêt obscure. Il se dirige au sommet d'une colline mais rencontre une panthère, un lion et une louve qui l'empêchent de passer. Virgile arrive et l'invite à l'accompagner en l'Enfer et au Purgatoire et Béatrice le conduira au Paradis.

Voir en fin d'article :

Extrait de La Divine Comédie, de Dante, traduite de l'italien en vers par Louis Ratisbonne de 1852 à 1857.

Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer, l'Enfer. 

À lire sur la toile >> L'Enfer

 

NOTES

Je ne préjugerais pas que tu fusses revenue pour mes beaux yeux.

Ou bien :
Je ne préjugerais pas que tu sois revenue pour mes beaux yeux.

« On tolérera le présent du subjonctif au lieu de l'imparfait dans les propositions subordonnées dépendant de propositions dont le verbe est au conditionnel. »  Arrêtés ministériels du 31 juillet 1900 et du 26 février 1901

Exemples

Il faudrait qu'il vînt.

>>Il faudrait qu'il vienne.

De même le passé du subjonctif au lieu du plus-que parfait.

Il aurait fallu que tu eusses couru plus vite pour gagner le prix.

>>Il aurait fallu que tu aies couru plus vite pour gagner le prix.

 

sa voix rogommeuse qui trahissait quelque raillerie

Voix rogommeuse, ou voix de rogomme

rogommeuse, adjectif rare et vieilli, qualifie une voix rauque, enrouée, éraillée (par l'abus d'alcool).

quelque raillerie, quelque au singulier, une certaine raillerie.

Raillerie, moquerie – Ces deux mots sont très voisins l'un de l'autre ; cependant la nuance est que la raillerie est une aggravation de la moquerie, une moquerie acerbe. Cf Littré

 

un rire sonore qui n'eut pas d'écho sous la voûture végétale

voûture, terme vieilli, voûte que forme la végétation.

 

Que ma sensibilité eût été ébranlée, j'en eusse frémi de terreur.

Injonction fictive au subjonctif avec la valeur conditionnelle dans la proposition qui commence par que.

>> Si ma sensibilité avait été ébranlée, j'en aurais frémi de terreur.

On peut écrire aussi :

-avec deux points :

Que ma sensibilité eût été ébranlée : j'en eusse frémi de terreur

-avec la conjonction de coordination et :

Que ma sensibilité eût été ébranlée et j'en eusse frémi de terreur

Voir : La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

N'avais-je pas été trahie, trahie que dis-je, torturée

que dis-je n'est pas ponctué par un point d'interrogation

Voir : Cas où l'on peut omettre le point d'interrogation dans une phrase interrogative

 

encore que l'on puisse douter qu'il soit possible de s'habituer aux tourments infligés par autrui.

Encore qu'on ne serait pas agréable à entendre. Pour éviter la cacophonie, j'ai préféré écrire : encore que l'on...

Voir on - l'on dans l'article : L'euphonie - Emploi des lettres euphoniques pour éviter l'hiatus – Vas-y ET Va y comprendre quelque chose ! – Va-t'en OU Va-t-en ?
Douter que > Douter que, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que... Je me doute que, il ne se doute pas que... + indicatif ou subjonctif ?
La phrase est au présent alors que le récit est au passé : le présent a valeur de vérité générale.

 

N'empêche, je suis bien aise que tu sois de retour

familier pour Il n'empêche. 

 

Mais j'étais bien loin de me laisser attendrir, tant s'en faut.

Tant s'en faut, loin de là.

Loin s'en faut - Le Trésor et l'Académie ne le reconnaissent pas. C'est un barbarisme qui mélange les deux locutions.

 

Je ne sache pas que, lorsqu'on s'était quittées, on se fût raccommodées dans des embrassements.

je ne sache pas que + subjonctif (on se fût raccommodées)

vieilli, littéraire - je ne sais pas que... (avec une nuance d'incertitude - ici avec quelque ironie)

> Je ne sache pas que, que je sache, pas que je sache

on s'était quittées, on se fût raccommodées 

syllepse : emploi de on pour nous (Marie et moi), ce qui justifie l'accord des participes. Tournure familière

 

Que diable as-tu besoin d'un chien pour compagnon ?

Que dans le sens de pourquoi

 

sa queue coincée sous le ventre/sous son ventre

Adjectifs possessifs - Emplois particuliers - J'ai mal à la tête ou à ma tête ? Ils ont pris leur chapeau ou leurs chapeaux ?

 

ses propos bien peu amènes

amène, doux.

aménité, douceur accompagnée de courtoisie et de grâce. Cf. Académie.

 

>> Voir les locutions conjonctives du texte : Si... que - Quelque... que - Sans que (absence de cause, absence de concession) - Encore que.

 

Conjonctions de sub. et locutions conjonctives classées : cause conséquence but temps condition comparaison concession exception proportion manière conformité supposition addition alternative

 

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>> 159 Délires où la prudence est de rigueur

 

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La Divine Comédie de Dante Alighieri

 

CHANT PREMIER

Extrait
 

C'était à la moitié du trajet de la vie ;
Je me trouvais au fond d'un bois sans éclaircie,
Comme le droit chemin était perdu pour moi.

 

Ah ! que la retracer est un pénible ouvrage,
Cette forêt épaisse, âpre à l'œil et sauvage,
Et dont le seul penser réveille mon effroi !

 

Tâche amère ! la mort est plus cruelle à peine;
Mais puisque j'y trouvai le bien après la peine,
Je dirai tous les maux dont j'y fus attristé.

 

Je ne sais plus comment j'entrai dans ce bois sombre,
Tant pesait sur mes yeux le sommeil chargé d'ombre,
Lorsque du vrai chemin je m'étais écarté.

 

Mais comme j'atteignais le pied d'une colline,
Au point où la vallée obscure se termine,
Qui d'un si grand effroi m'avait poigné le cœur,

 

Je levai mes regards : sur son épaule altière
Le mont portait déjà le manteau de lumière
De l'astre qui partout guide le voyageur.

 

Alors fut apaisée en mon âme inquiète,
Dans le lac agité de mon cœur, la tempête
Que cette affreuse nuit avait fait y gronder.

 

Et tel un malheureux échappé du naufrage,
Sorti tout haletant de la mer au rivage,
Se retourne en tremblant et reste à regarder ;

 

À peine de mes sens je recouvrais l'usage,
Je me tournais pour voir encore ce passage
D'où personne jamais n'est revenu vivant.

 

Après quelques instants d'un repos salutaire,
Je me pris à gravir la pente solitaire,
Le pied ferme en arrière et le corps en avant.

 

Voici que sur ma route à peine commencée
Une panthère accourt, svelte, agile, élancée ;
D'un pelage changeant son corps était couvert.

 

Et loin de s'effrayer devant l'humain visage,
Cet animal si bien me barrait le passage,
Que je fus près vingt fois de rentrer au désert.

 

[...]

 

Texte original

 

Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura,
ché la diritta via era smarrita.

 

Ahi quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

 

Tant' è amara che poco è più morte;
ma per trattar del ben ch'i' vi trovai,
dirò de l'altre cose ch'i' v'ho scorte.

 

Io non so ben ridir com' i' v'intrai,
tant' era pien di sonno a quel punto
che la verace via abbandonai.

 

Ma poi ch'i' fui al piè d'un colle giunto,
là dove terminava quella valle
che m'avea di paura il cor compunto,

 

guardai in alto e vidi le sue spalle
vestite già de' raggi del pianeta
che mena dritto altrui per ogne calle.

 

Allor fu la paura un poco queta,
che nel lago del cor m'era durata
la notte ch'i' passai con tanta pieta.

 

E come quei che con lena affannata,
uscito fuor del pelago a la riva,
si volge a l'acqua perigliosa e guata,

 

così l'animo mio, ch'ancor fuggiva,
si volse a retro a rimirar lo passo
che non lasciò già mai persona viva.

 

Poi ch'èi posato un poco il corpo lasso,
ripresi via per la piaggia diserta,
sì che 'l piè fermo sempre era 'l più basso.

 

Ed ecco, quasi al cominciar de l'erta,
una lonza leggiera e presta molto,
che di pel macolato era coverta ;

 

e non mi si partia dinanzi al volto,
anzi 'mpediva tanto il mio cammino,
ch'i' fui per ritornar più volte vòlto.

 

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