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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 09:08

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

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Dieu sait qu'il n'était point coutume que Prétatou prît la place d'Oli la narratrice, et cependant c'est ce qu'il fit pour un court instant, au grand dam de sa maîtresse, à laquelle il n'eût jamais osé demander l'autorisation. Mal lui en prit.

 

Quand bien le soleil à l'aplomb forçait ses rayons à traverser les frondaisons touffues jusqu'à tout juste nous parvenir, lumières ténues et tremblotantes qui rendaient plus fantasmagorique encore l'endroit où nous étions, nous pûmes distinguer, se dressant brusquement devant nous, la masure de Marie Cratère.

« C'est là, susurra Oli. »

Je sentis, dans le frémissement de sa voix, une émotion difficile à contenir.

L'architecture étrange de cette demeure qui semblait menacer de s'effondrer au moindre souffle ne laissait pas de m'étonner. Oli, certes, m'avait raconté que les salles qui s'y trouvaient se multipliaient ou disparaissaient au gré de la volonté de la propriétaire.1

Tout chien que je fusse, indulgent quant aux assertions parfois invraisemblables de ma douce maîtresse, je me mis à douter à cet instant de sa capacité à voir la réalité des choses – mais, tu le sais bien, ô incrédule lecteur, pour avoir lu Platon2 et Descartes3 et pour ne citer qu'eux  que la réalité en soi est loin de ressembler à la réalité telle que nos sens sont capables de l'appréhender.

Trêve de digressions philosophiques qui brisent ici le suspense du moment.

 

« Cesse d'usurper ma place, se fâcha Oli. N'est-ce pas moi la narratrice ? Qu'as-tu à vouloir ainsi t'adresser à des lecteurs que tu ne connais ni d'Ève ni d'Adam° ? Je les connais bien moi qui les fréquente depuis longtemps. Retire-toi et sois assez content que je me soucie de toi et que je te laisse jouer l'un des premiers rôles dans cette aventure. Ainsi donc, vais-je continuer de raconter notre histoire, en te demandant de rester coi. »

 

Bref, nous étions arrivés à l'aboutissement de notre périple, non sans mal. Et soudain, avant que nous fussions tout à fait préparés à affronter Alecto4 plus cruelle et plus inflexible peut-être que Mégère ou Tisiphone — Marie apparut, plus vieille et décatie que jamais, les rides ravinant ses traits, les cheveux en bataille, les oripeaux crasseux. Elle me regarda et je lus dans ses yeux, doublée d'un étonnement dont on ne s'étonnera pas, une joie immense, profonde, presque grave.

Elle ne dit rien sur l'instant, trop paralysée qu'elle était par la soudaineté de cette circonstance imprévue, et que, peut-être, elle n'osait plus espérer.

Un ravissement subit coupe la respiration, annihile la parole, voire foudroie l'entendement, et vous réduit à croire que vous êtes la victime d'une hallucination. Quelque forte, indestructible même que fût Marie Cratère — ce qu'elle m'avait laissé croire — elle sembla se pétrifier comme si elle eût rencontré le regard de Méduse5.

« C'est bien moi, Oli, lui dis-je, pour la libérer de son enchantement, C'est bien moi. Je t'avais promis de revenir. Je suis revenue. »

.........................................................

*Titre, cf. Sartre, « Chaque homme doit inventer son chemin. » Les Mouches

 

1- les salles qui s'y trouvaient se multipliaient ou disparaissaient au gré de la volonté de la propriétaire. 

Voir ce phénomène extraordinaire dans : 29 Délires sur la plasticité et l'élasticité architecturale d'une habitation pour le moins étrange et suivants.

 

2-Platon (vers 427 avant J.C. - vers 346 avant J.C.)  

Voir l'allégorie de La Caverne de Platon dans les notes du texte : 136 Délires sur le décryptage du monde

 

3-René Descartes (1596-1650), dans sa Deuxième Méditation Métaphysique se pose la question de savoir pourquoi nos sens peuvent nous tromper : Nos sens ne nous trompent pas mais ce sont les jugements que nous portons sur les choses qui nous trompent. 

 

4-Les Érinyes ou Érinnyes (mythologie grecque) sont nées des gouttes de sang versées sur la terre lorsque Cronos mutila son père Ouranos.. Elles sont les déesses de la vengeance, poursuivant les criminels sans relâche jusqu'aux Enfers s'il le faut. Elles sont craintes et fuies des hommes. Parmi elles, on connaît surtout : Alecto (la vengeance), Mégère (la haine) et Tisiphone (l'implacable).

Ce sont elles qui poursuivirent Oreste après qu'il eut assassiné sa mère Clytemnestre (qui elle-même avait tué son père Agamemnon).

Voir :

Eschyle, Les Euménides

Euripide, Oreste.

Homère, L'Iliade

Jean-Paul Sartre, Les Mouches

Etc.

 

5-Méduse

Mythologie grecque – Méduse, l'une des trois Gorgones. Ses sœurs sont Euryale et Sthéno.

Méduse change en pierre (pétrifie) ceux qui osent croiser son regard.

 

NOTES

Quand bien le soleil... forçait ses rayons... nous pûmes distinguer...

Quand bien, quand bien même, etc, locution conjonctive de temps et de concession, suivie de l'indicatif ou du conditionnel (futur hypothétique)

> Quand - quand bien même - quand bien – même quand

 

C'est là, susurra Oli.

susurrer, ce mot est d'origine onomatopéique (s s), comme chuchoter (ch ch). Ces mots imitent le son du bruit qu'ils évoquent.

> Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles 

 

L'architecture étrange de cette demeure qui semblait menacer de s'effondrer au moindre souffle ne laissait pas de m'étonner.

Ne pas laisser de, ne pas cesser de.

> Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif 

 

au gré des volontés de la propriétaire

Volontés au pluriel a, dans ce contexte une nuance péjorative.

Cf. L'Académie, 8e édition : VOLONTÉS, au pluriel, se dit en mauvaise part dans le sens de Fantaisies, caprices.

 

Tout chien que je fusse, je me mis à douter

> Tout... que, locution conjonctive de concession suivie du subjonctif ou de l'indicatif.

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

indulgent quant aux assertions parfois invraisemblables de ma douce maîtresse

assertion : Proposition qu'on avance et qu'on soutient comme vraie. (Académie, 8e édition)

invraisemblable : Une seule s. Voir susurrrer ci-dessus.

Une s ou un s > Le nom et le genre des lettres - l'h, le h, un h, une h, un ache - l's, le s, une esse - etc.

 

Ne connaître (une personne) ni d'Ève ni d'Adam°

Ne pas du tout la connaître, ne jamais avoir entendu parler de cette personne.

 

en te demandant de rester coi

coi, féminin coite. Tranquille, silencieux.


Bref, nous étions arrivés à l'aboutissement de notre périple

bref, enfin, pour faire court, voilà, enfin bref (familier).

 

avant que nous fussions tout à fait préparés à affronter Alecto

> Avant que


doublée d'un étonnement dont on ne s'étonnera pas, une joie immense

LE POLYPTOTE est une figure de style qui consiste à employer un même mot deux fois dans une même phrase, sous des formes grammaticales différentes. Ici : étonnement, étonnera.

 

Un ravissement subit coupe la respiration, annihile la parole, voire foudroie l'entendement

subit - ne pas confondre l'adjectif subit(e) > soudain(e) avec subi(e) le participe passé de subir.

annihiler, anéantir

voire, ou voire même : 

> Second ou deuxième ? Voire ou voire même ? Que doit-on dire ?

le présent de l'indicatif des verbes en yer : ayer, oyer, uyer, eyer.

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

Quelque forte, indestructible même que fût Marie Cratère

quelque + adjectif + que, locution conjonctive suivie du subjonctif (concession)

> Quelque... que

Ne pas confondre : quoique et quoi que – quelque, quelque... que, et quel que

 

elle sembla se pétrifier comme si elle eût rencontré le regard de Méduse.

Comme si elle eût rencontré, subjonctif plus-que parfait.

OU comme si elle avait rencontré, indicatif plus-que-parfait.

> Comme si

 

Elles [les Érinyes] sont craintes et fuies des hommes.

Cf. Littré : participe passé (fui, fuie) de fuir

Dont on s'éloigne. Fui, comme un réprouvé, par ceux qui l'entouraient.

 

<< 156 Délires autour d'une rencontre fantomatique

>> 158 Délires sur de froides retrouvailles

 

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 12:13

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 Les conjonctions de subordination et les locutions conjonctives de subordination sont données par ordre alphabétique dans l'article >> La clef des modes

Voir aussi : >> Qu'est-ce qu'une conjonction de subordination et une locution conjonctive ?

et >> Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur (antérieur) du passé - Le futur (antérieur) hypothétique - Exercice d'application

 

Remarque

Certaines conjonctions de subordination ou locutions conjonctives peuvent avoir plusieurs nuances circonstancielles.

Exemples :

Quand peut introduire une idée de temps1 mais aussi de condition2 s'il est suivi d'un conditionnel.

1Je te téléphonerai quand j'en aurai envie.

2Je te téléphonerai quand (bien même) je n'en aurais pas envie.

Pour autant que peut exprimer la cause, la condition ou la proportion.

Et ainsi de suite. C'est pourquoi l'on trouvera certaines locutions dans plusieurs catégories. 

 

Voici la liste des conjonctions et des locutions conjonctives de subordination qui introduisent des subordonnées exprimant 1-la cause 2-la conséquence 3-le but 4-le temps 5-la condition 6-la comparaison 7-la concession 8-l'exception/la restriction 9-la proportion 10-la manière 11-la conformité 12-la supposition/l'hypothèse 13-l'addition 14-l'alternative + 4 remarques

 

1 ♦ une proposition subordonnée causale (de cause)

À cause que

Attendu que
Comme

Du fait que

Du moment que

>> remarque 2

De ce que
Dès lors que

Pour autant que

Parce que

Pour la (bonne) raison que
Sans que

>> absence de cause (de conséquence, ou de concession)

Surtout que – surtout parce que

Vu que

>>cause ou justification (cause évidente)

À preuve que

Étant donné que

Puisque

>> cause ou justification (cause évidente)

Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que

Pas que

>> négation d'une cause

Faute que 

 

2 ♦ une subordonnée consécutive (de conséquence)

À ce que

À (un) tel point que, à un point tel que, au point que

À telle enseigne que, à telles enseignes que

Au point que

De façon que, de telle façon que, de façon à ce que

De manière que, de telle manière que, de manière à ce que

De sorte que, de telle sorte que

En sorte que

Si bien que

Si et tant que

Si... que
Sans que

absence de conséquence (absence de cause ou de concession)

Tant que, tellement que

Tant et si bien que

Tant... que

Tant de ... que

Tant et tant que

Tellement ... que

Tellement de... que

  

3 ♦ une subordonnée finale (de but)

À ce que

Afin que

À seule fin que

Au point que

De façon que, de telle façon que, de façon à ce que

De manière que, de telle manière que, de manière à ce que

De sorte que, de telle sorte que

En sorte que

De crainte que

Pour que, pour... que

Non point tant pour.. que pour...

 

4 ♦ une subordonnée temporelle (de temps)

À chaque fois que

À l'instant que  

>> remarque 2

Alors que

Après que

Au moment où, au moment que

>> remarque 2

Aussi loin que

Aussitôt que

Avant que

Chaque fois que

Comme quand, comme lorsque

De là à ce que

D'ici à ce que

D'ici que

>> Ne pas confondre les locutions conjonctives de temps : de là à ce que, d'ici à ce que, et d'ici que.

Depuis que 

Dès l'instant que, dès l'instant où,

>> remarque 2

Dès lors que

Dès que

Devant que

Durant que

En attendant que

En même temps

Du plus loin que

Jusqu'à ce que, jusqu'à tant que

Le jour où, le jour que, la nuit où, la nuit que

>> remarque 2

Lorsque

Maintenant que  

>> remarque 2

Pendant que

Sitôt que

Tandis que

Tandiment que

Toutes les fois que

Une fois que

Pour peu que

Pourvu que

Quitte à ce que

Selon que

Si

Si tant est que

Sous la condition que

Suivant que

>> temps avec une nuance de condition

Lors que, lors même que

Même avant que

Pour autant que

 

5 ♦ une subordonnée conditionnelle (de condition)

À (la) condition que

Au cas où, au cas que

Comme si 

>> ressemblance et condition 

Dans le cas où, dans le cas que 

Au cas où, au cas que, dans l'hypothèse / l'éventualité où

Des fois que

En admettant que

En cas que, au cas que

Lors que, lors même que 

Même si

>> sens hypothétique à nuance concessive

Moyennant que

Pour autant que

Quand - quand même - quand bien même - quand bien

>> avec le conditionnel dans la proposition

11 ♦ une subordonnée exprimant la conformité

Aussi bien que

Comme

Selon que

 

12 ♦ une subordonnée exprimant la supposition, l'hypothèse

À supposer que
En supposant que

Supposé que 

Supposition que

 

13 ♦ une subordonnée exprimant l'addition

Outre que

 

14 ♦ une subordonnée exprimant l'alternative

Soit que... soit que / (ou) que... ou que

 

Remarque 1 - Voir aussi :

QUE dans tous ses états – pronom interrogatif - pronom relatif - conjonction de subordination ou élément d'une locution conjonctive - adverbe interrogatif ou exclamatif – ne... que - etc.  

Que >> Valeurs et emplois du subjonctif 

Quoi ? Tu sais quoi ? Vous savez quoi sur QUOI ?

D'où que

Ou que (ou sans accent)

Gare que, attention que

Par ce que (par + relative)

Comme quoi

Remarque 2
Maintenant que- aujourd'hui que – etc.

Au moment où, au moment que - Du moment que -

À l'instant que, l'instant où, le jour où, la nuit que -

Certains grammairiens considèrent qu'il s'agit là de propositions relatives précédées de leurs antécédents

que (ou bien ), pronom relatif, introduit une proposition relative - -l'antécédent est un adverbe de temps (maintenant que, à présent que, aujourd'hui que, présentement que, aujourd'hui où, naguère où...)

ou bien

-l'antécédent est un nom (précédé d'un déterminant) indiquant le temps (le jour où, les jours que, les moments que, cette nuit que, à l'instant que, aux instants que...)
Bien que ces syntagmes ne soient pas complètement figés, on peut les considérer comme des locutions conjonctives, comme le fait L'Académie.

Remarque 3

Les propositions dont le verbe est au conditionnel, lorsqu'elles sont introduites par les conjonctions de subordination ou les locutions conjonctives : quand (littéraire), quand bien même, quand bien (vieilli), lorsque (littéraire et rare), lors même que, alors même que contiennent une nuance de condition.

Si le verbe est à l'indicatif, les locutions contenant même introduisent des propositions temporelles équivalant à même quand, même lorsque.

Remarque 4

C'est-à-dire est une conjonction de coordination qui réunit des termes de même fonction.

C'est-à-dire que est une locution de coordination qui est suivie d'une explication ou d'une rectification

Pour en savoir plus, lire sur le CNTRL : 

C'EST-À-DIRE (QUE), loc. adv. ou conj.

..............................................................

Indicatif ou subjonctif après ...

> Il semble que, il me semble que, il paraît que – Faire (en sorte) que

> Douter que, douter si, se douter que, nul doute que, il n'est pas douteux que...

> Je ne sache pas que, que je sache. pas que je sache – Le moyen que – D'où vient que – Si... il est à craindre que

> Espérer que - Inutile que - Prendre garde (à ce) que - Faire attention (à ce) que

> Je veux bien que - Le hasard/le malheur veut que - Le malheur veut que - Oublier que - de ce que

> Le fait que - Je ne dis pas que - Cela ne veut pas dire que - Ce n'est pas/point que - ignorer que - Il n'empêche que

 

>>Retour au début de l'article

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 19:29

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LES QUIZ

On remarque parfois des différences sémantiques importantes entre des noms au masculin et ceux au féminin : ils n'ont pas le même sens dans les deux genres.

À certains noms au masculin peuvent correspondre plusieurs noms au féminin et vice-versa*.

 

Vrai ou faux ?

 

1-Le féminin de monsieur est mademoiselle.-VRAI FAUX

2-Le féminin de un courtisan est une courtisane.-VRAI FAUX

3-Le féminin de damoiseau est damoiselle.-VRAI FAUX

4-Le féminin de sieur est dame.-VRAI FAUX

5-Le féminin de un monsieur est une madame.-VRAI FAUX

6-Le féminin de Sire est Madame.-VRAI FAUX

7-Le féminin de messire X est madame X.-VRAI FAUX

8-Le féminin de hôte est hôte.-VRAI FAUX

9-Le féminin de aigle est aigle.-VRAI FAUX

10-Le féminin de un pied-noir est une pied-noir.-VRAI FAUX

11-Le féminin de écrivain est écrivaine.-VRAI FAUX

12-Le masculin de fille est garçon.-VRAI FAUX 

13-Le masculin de mercière est mercier.-VRAI FAUX

14-Le masculin de garce est gars.-VRAI FAUX

15-Le masculin de maîtresse est maître.-VRAI FAUX

16-Le masculin de femme est homme.-VRAI FAUX

17-Le masculin de femme publique est homme public.-VRAI FAUX

18-L'épouse du pharmacien est une pharmacienne.-VRAI FAUX

19-Le mari de la reine, laquelle exerce le pouvoir, est le roi.-VRAI FAUX 

20-Celui qui exerce le métier de sage-femme est une sage-femme.-VRAI FAUX

21- Le masculin de une girl est un boy. -VRAI FAUX

22-Le féminin de maire est mairesse.-VRAI FAUX
23-Le féminin de un couple est une couple.-VRAI FAUX

 

Réponses

V

V

1-Le féminin de monsieur est mademoiselle-VRAI

Un autre féminin de monsieur est madame.

On notera que mademoiselle s'emploie aussi parfois pour les actrices, même si elles sont mariées : Mademoiselle Jeanne Moreau.

De nos jours les femmes qui ne sont pas mariées se font appeler le plus souvent madame.

 

2-Le féminin de un courtisan est une courtisane.-FAUX

Faux du point de vue sémantique : le sens est différent.

a-Le courtisan est un gentilhomme qui fréquente la Cour du Roi.

b-La courtisane est une femme aux moeurs légères qui se distingue par son élégance et son éducation. Elle est vénale ou non.

c-Dans l'Antiquité, la courtisane était une artiste, ou une prêtresse. Elle inspirait les hommes de haut rang.

d-L'adjectif courtisane est le féminin de courtisan.

 

3-Le féminin de damoiseau est damoiselle.-VRAI 

Damoiseau signifiait un gentilhomme au Moyen Âge, et il s'emploie de façon ironique aujourd'hui dans le sens d'un jeune homme qui fait le galant auprès des femmes.

Damoiselle le plus souvent désigne une demoiselle au Moyen Âge, le mot n'ayant pas de nuance péjorative.

Voir dans le Trésor : DAMOISEAU

 

4-Le féminin de sieur est dame.-VRAI

Ces noms s'emploient devant les noms de famille dans les affaires juridiques.

Le sieur Calas, le sieur Fouquet, la dame Bovary, le sieur Landru.

Voir l'article : Justice / Portail / Procès historiques

 

5-Le féminin de un monsieur et une madame.- FAUX

Le féminin de un monsieur et une dame.

Une madame est familier.

 

6-Le féminin de Sire est Madame.-VRAI

 

7-Le féminin de messire X est madame X.-FAUX

Le féminin de messire X est dame X.

Messire, titre d'honneur que l'on donnait autrefois aux personnes de qualité. Aujourd'hui on l'emploie pour plaisanter.

 

8-Le féminin de hôte est hôte.-VRAI

Une hôte est une personne qui est reçue.

Une hôtesse est une personne qui reçoit.

Mais on rencontre parfois une hôte avec cette dernière acception.

 

9-Le féminin de aigle est aigle.-VRAI

Un aigle, une aigle.

 

10-Le féminin de un pied-noir est une pied-noir.-VRAI

 

11-Le féminin de écrivain est écrivaine.-VRAI

Les dictionnaires du Trésor et de l'Académie n'admettent pas écrivaine.

Le Petit Larousse l'admet :

Voir l'article du 1er juillet 2008 dans Livreshebdo.fr

Cent cinquante mots ou expressions nouvelles et une cinquantaine de personnalités font leur apparition dans l'édition 2009 du Petit Larousse.

"Nous ne rentrons pas les mots sur décret, mais l'Education nationale commence à imposer la rectification de certains termes", explique Yves Garnier, directeur des dictionnaires et encyclopédies chez Larousse.

 

12-Le masculin de fille est garçon.-VRAI

Mais pas dans toutes les acceptions.

Il peut être fils.

Fille dans le sens de femme de moeurs libres, n'a pas d'équivalent masculin.

Cependant le mot garçon n'a pas toujours de féminin. Exemples : garçon de café, d'hôtel, de restaurant. Pour demander une consommation, on appelle : Garçon !

On aura l'équivalent serveuse.

 

13-Le masculin de mercière est mercier.-VRAI

Proverbe - Petit mercier, petit panier ou À petit mercier, petit panier.

>> Il faut dépenser selon ses moyens.

 

14-Le masculin de garce est gars.-VRAI et FAUX

Jusqu'au début du XXe siècle, on trouve garce dans le sens de jeune fille.

On l'emploie aujourd'hui dans le sens de femme de mauvaise vie, prostituée.

Autre acception : familièrement : une femme ou une fille méchante.

 

15-Le masculin de maîtresse est maître.-VRAI

Dans le sens de maîtresse ou maître d'école par exemple.

S'il s'agit d'une femme qui a des relations sexuelles avec un homme hors mariage, il n'y a pas d'équivalent masculin.

L'amant et l'amante aiment et sont aimés (acception du XVIIe siècle)

Aujourd'hui amant et amante sont des personnes qui s'aiment et qui ont des relations sexuelles.

Dans de nombreuses acceptions, maître n'a pas de féminin.

Pour en savoir + voir le Trésor : MAÎTRE1, MAÎTRESSE

 

16-Le masculin de femme est homme.-VRAI

Mais aussi mari.

 

17-Le masculin de femme publique est homme public.- FAUX

Un homme publique exerce des fonctions officielles, d'ordre administratif, politique, etc.

Une femme publique est une femme aux moeurs légères (voir plus haut une des acceptions de fille.)

 

18-L'épouse du pharmacien est une pharmacienne.-VRAI

On peut employer familièrement le mot pharmacienne dans le sens la femme du pharmacien.

Mais pharmacien et pharmacienne s'emploient pour des personnes qui sont titulaires du diplôme d'État délivré par une faculté de pharmacie.

L'Académie 8e édition donne :

Pharmacien : Celui, celle qui exerce la pharmacie.

Une femme exerçant la profession peut donc dire : "Je suis pharmacienne" ou "Je suis pharmacien."

 

19-Le mari de la reine, laquelle exerce  le pouvoir, est le roi.- FAUX

C'est le prince-consort

 

20-Celui qui exerce le métier de sage-femme est une sage-femme.-VRAI

 

21- Le masculin de une girl est un boy. -VRAI

Mis à part le fait que ces mots sont des anglicismes, ils apparaissent tous les deux dans le Trésor et  l'Académie.

a-Les girls et les boys appartiennent à une troupe de danseurs dans le music-hall.

b-Les boys, les soldats américains.

c-Un boy est aussi un serviteur indigène en Afrique ou en Asie.

Voir une précision dans le commentaire.

 

22-Le féminin de maire est mairesse. -FAUX

On dit aujourd'hui Madame le Maire

Le mot mairesse ne s'emploie plus depuis le XIXe siècle dans le sens de maire (cf. le Trésor).

Mairesse pour maire est rare.

Il s'emploie aujourd'hui pour désigner la femme du maire, pour plaisanter.

 

23-Le féminin de un couple est une couple.-FAUX 

>> Ne pas confondre un couple et une couple

 

Articles apparentés

Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4.

   

Quand faut-il mettre une majuscule à Monsieur, Madame, Mademoiselle, etc.? Comment abréger ces mots ? Ne pas confondre M. et Mr, MM. et Mrs

 

 

Voir l'étude savante de Pratizia Violi sur les origines du genre sur le site :

Persée

Meillet (1921) observe que « le genre grammatical est l'une des catégories les moins logiques et les plus inattendues » et que « la distinction des noms entre masculins et féminins » est totalement dénuée de sens ».

 

*vice-versa ou vice versa.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 00:00

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On écrit les lettres ainsi : A B C D E F G etc.

On peut trouver zed ou zède pour Z. 

 

On a coutume aujourd'hui de donner le genre masculin au nom des lettres. Un A, un B, un L, un X, etc. Il n'en a pas toujours été ainsi. Certaines lettres, dont le nom commence par une voyelle, étaient des substantifs féminins.

On peut dire encore le féminin pour F, L, M, N, R, S, H (prononcer une effe, une elle, une emme, une enne, une erre, une esse, une ache) mais cet usage tombe en désuétude.


On peut faire ou ne pas faire d'élision, l'h ou le h, l's ou le s.
On trouve, dans la littérature, une I, une H muette ou aspirée, une L mouillée, un I grec, une X (rare) etc. Cf. Grevisse

 
Le Trésor donne ache pour l'orthographe du nom de la lettre H ; il cite une comptine recueillie dans Comptines de langue française, Paris, Seghers, 1970, à retrouver aussi dans  Le catalogue de la chanson folklorique française


A, B, C, D, La vieille Babbé ;

E, F, G, H, Elle a pris une hache ;

I, J, K, L, Elle s'est coupé les ailes ;

M, N, O, P, Elle s'est coupé le pied ;

Q, R, S, T, Elle ne s'est pas découragée ;

U, V, X, Y, Z, Elle a eu des pieds aux ailes

 

« Le nom de la lettre est inscrit, [...] dans la rime : E, F, G, H. Elle a pris une hache. »

 

Le Littré donne le nom de la lettre esse pour s.

 

L'Académie 8ème édition 1932-1935 donne F masculin et féminin : Un grand F, une petite f.

......................................................

Selon La Grammaire générale et raisonnée de 1660, L'épellation des consonnes se fait ainsi : be, ke ou se, de, fe, ge, he, je, ke le, me ne pe, ke, re, se, te ve, we, kse, ze. —be, prononcer [bə], etc.—

Inconvénient : le C, le K et le Q se prononcent tous les trois ke !

On note que cette épellation n'est jamais entrée dans l'usage.

......................................................

Dans le Dictionnaire de l'Académie 4ème édition 1762 : on note que les lettres F, L, N, S, X, autrefois substantifs féminins sont devenues substantifs masculin et se prononcent fe, le, ne, se :

 

F substantif féminin suivant l'ancienne appellation qui prononçoit Effe; & masculin suivant l'appellation moderne qui prononce Fe.

L substantif masculin suivant l'appellation nouvelle, qui prononce Le; & féminin, suivant l'appellation ancienne, qui prononçoit Elle.
N suivant l'appellation ancienne, qui prononçoit Enne; & masculin, suivant l'appellation moderne, qui prononce Ne.

S substantif féminin suivant l'ancienne appellation qui prononçoit Esse; & masculin, suivant l'appellation moderne qui prononce Se. 

X substantif masculin - Lettre consonne, qui est la vingt-troisième lettre de l'Alphabet François. Suivant l'ancienne appellation, on la nommoit ics, & suivant la nouvelle, on l'appelle xe.
......................................................

Remarque :

Le nom des lettres T, S, F, X peut s'employer pour désigner des objets ayant la même forme que ces lettres.

Le té du dessinateur.

L'esse (crochet) du boucher. Et autres esses.

Les FF (ouïes) du violon.

Un X ou ixe (tabouret dont les pieds sont en forme de x)  

......................................................

> Que les consonnes sonnent !

> Les lettres forment des mots - Isolées, que signifient-elles ? - QUIZ 53

> L N N E O P Y – L'allographe du Chevalier de Boufflers

 

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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Note

Comme suite au commentaire ci-dessous, j'ajouterai qu'il est évident qu'on ne demandera jamais à aucun élève d'écrire ixe pour la lettre X , esse pour la lettre S ou ache pour la lettre H , encore qu'on puisse lui laisser la liberté de le faire dans certains cas précis.

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Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 10:33

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Si l'on a la curiosité de parcourir les dictionnaires, on peut s'étonner de lire que les mots varient au fil des siècles, tant au point de vue de leur graphie que de celui de leurs acceptions.

J'ai raconté, dans ma rubrique Une petite histoire de la langue française racontée par mamiehiou comment s'est constituée, pas à pas, notre langue depuis le IXe siècle.

Nous avons aujourd'hui une chance inouïe, celle de nous promener sur la toile et de parcourir, sans sortir de notre chambre, des dizaines de dictionnaires, qui sont là, à portée de la main.

Chaque dictionnaire porte en lui la marque de la personnalité de celui ou de ceux qui l'ont voulu, conçu, rédigé, parfois au prix de mille embûches. Le Furetière ne fut-il pas publié qu'après la mort de son auteur qui dut lutter contre les attaques de l'Académie, et à Rotterdam, alors qu'il fut le plus grand dictionnaire de son temps ?

Rendons hommage à ces hommes qui ont fait un travail titanesque.

Vous trouverez dans cet article à l'entrée de la Lettre A : les mots A et À, dans les dictionnaires suivants :

1-Le Dictionnaire d'Antoine Furetière - 1690

2-Le Nouveau Vocabulaire de la Langue Française

  par Georges Lambert-Gentot - 1827  

3-Le Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture

de William Duckett - 1832-1873 

4-Le Littré d'après l'ouvrage d'Émile Littré 1863-1877

 5-Le Dictionnaire de Frédéric Godefroy* 1881

 6-Dictionnaire National de Louis-Nicolas Bescherelle* 1856

7-Le Dictionnaire de l'Académie 8ème édition* 1882-1935

 *Les articles de ces trois dictionnaires ne sont pas reproduits ici.

Je les mets en lien sur la toile

 

1 Le Dictionnaire d'Antoine Furetière - 1690

 

DICTIONAIRE UNIVERSEL

Contenant generalement tous les MOTS FRANÇOIS

tant vieux que modernes, & les

Termes de toutes les

SCIENCES et DES ARTS :

Divisé en trois Tomes

T O M E  P R E M I E R

 

A - E

A

Première lettre de l'Alphabet François* & de toutes les autres Langues.

Chez les Occidentaux, cette lettre prend son nom du son qu'elle fait. Chez les Grecs on la nomme Alpha ; chez les Hébreux Aleph ; chez les Arabes Aliph ; et chez les Indiens Alephu. C'est aussi le premier son articulé que la Nature pousse, & celui qui forme le premier cri & le bégayement des enfants. D'où vient que Jérémie répondant à Dieu qui le destinoit pour son Prophete, luy dit : A,a,a, Seigneur, je ne sçai pas parler, parce que je suis un enfant. Hierem. Cap. I.*

 

C'est aussi ce qui exprime presque tous les mouvemens de notre ame ; & pour rendre l'expression plus forte, on y ajoute une h avant ou après, comme dans l'admiration : Ha le beau tableau ! Dans la joie : Ha quel plaisir ! Dans la colere : Ha méchant. Dans la douleur : Ha la teste. Dans la pamoison : Ha je me meurs. Dans le mouvement : Ha levrier. Et généralement ce mot exprime toutes les palpitations du coeur, comme il paroist en ceux qui ont courte haleine. Cicéron appelle l'A lettre salutaire, parce que c'etoist la marque d'absolution.

 

Quand cette lettre forme toute seule une syllabe, les enfans disent en épellant, A de par soy A

 

Cette lettre forme souvent un mot entier, & est quelquefois article du datif pour décliner les noms propres seulement. Ce livre est à Pierre, à Agnès. Quand il sert à décliner les noms ordinaires, s'ils commencent par des consones, on dit au comme au soleil, si c'est par une voyelle, on y ajoute une l, au masculin ou, la, au féminin : À l'homme, À la femme ; et au pluriel, on dit dans tous les cas aux, comme : Aux Alexandres, Aux Muses, Aux Animaux.

À est quelquefois préposition, mais rarement. Il est à la ville, aux champs, Cela est à la mode.

 

À est le plus souvent adverbe, non seulement de temps, & de lieu, comme, Cela vient à tard, cela est à terre : mais encore il se joint à presque tous les mots de la Langue pour faire des phrases adverbiales qui tiennent de leurs significations & de leurs manières. Estre à couvert, vivre à discrétion, &c. Car si on n'y prend garde de près, la plus-part des exemples qu'on donne de son usage pour marquer la preposition, se réduisent à l'article du datif.

 

À se joint aussi aux infinitifs des verbes pour faire des phrases adverbiales. Donner à boire & à manger, un maistre à écrire, on fait à sçavoir, au pis aller, au rebours, &c.

 

A se dit quelquefois dans les temps des verbes auxiliaires. Il a gagné cent écus, il a fait, il a dit, il a le temps et l'argent.

 

On dit proverbialement qu'un homme ne sçait ni A ni B, pour dire, qu'il ne sait pas lire ; qu'il ne scauroit faire une panse d'A, pour dire qu'il ne sçait pas écrire ; et qu'il apprend l'A, B, C, pour dire qu'il commence à connoître ses lettres.

 

Cette lettre A étoit aussi chez les Anciens une lettre numerale qui signifoit 500, comme on voit dans Valerus Probus. Il y a des vers anciens rapportez par Baronius & autres, qui marquent les lettres significatives des nombres dont le premier est tel :

Possidet A numeros quingentos ordine recto

 

Quand on mettoit un titre ou une ligne droite au dessus de l'A, il signifie 5000.

 

A.A.A. Les Chymistes se servent de ce signe pour signifier, Amalgamer, Amalgamation, & Amalgame.

 

*Notes de mamiehiou :

Hierem. Cap.I : dans la Bible - Jérémie, verset I, 6. 

On remarque la graphie des mots du XVIIe siècle :

dictionaire pour dictionnaire

françois pour français

generalement pour généralement

begayment pour bégaiement

mouvemens pour mouvements

ame pour âme

luy pour lui

sçavoir pour savoir, je sçai pour je sais

Ha quel plaisir (etc.) pour Ah quel plaisir (etc)

Voir : Les homophones Compléter par a, as, à, ah, ha - QUIZ 37

épellant pour épelant

[des vers anciens] rapportez pour rapportés

chymistes pour chimistes

une teste pour une tête

un maistre pour un maître

imparfait de l'indicatif, destinoit, paroist pour destinait,etc.

paroist pour paraît, etc.

la plus-part pour la plupart

&c. pour etc.

etc.

Voir aussi :

     Le nom et le genre des lettres - l'h, le h, un h, une h, une ache - l's, le s, une esse - etc.

 

Retrouver Le Furetière sur la toile :
Dictionaire universel  par Antoine Furetière (1690)

      A-E - F-O - P-Z

 

À propos de Furetière : Une petite histoire de la langue française racontée par mamiehiou - Chapitre 13 – LE XVIIe SIÈCLE (2) - Préciosité – Classicisme – Boileau, Furetière, et les autres... 

 

2 Le Nouveau Vocabulaire de la Langue Française

extrait du Dictionnaire de l'Académie - 1827

 

Nouveau Vocabulaire

de la langue Française,

extrait du dictionnaire de l'Académie

et des meilleurs auteurs modernes ;

contenant tous les mots usités, ceux des arts et sciences, leurs définitions, leurs différentes acceptions et leur prononciation figurée ;

augmenté

Des Etymologies, de tous les mots dérivés des langues anciennes

et modernes, pour faciliter l'intelligence de la Langue française ;

Par Lambert-Gentot

 A, substantif masculin ; première lettre de l'alphabet ; première des cinq voyelles. Il est long dans la prononciation : Il ne sait ni A ni B. - Il est indéclinable : deux A et non pas deux As.

 

A, troisième personne du singulier du verbe avoir, est bref : il a, il y a.

 

À bref, marqué d'un accent grave, est préposition.

1° Il désigne le datif des latins devant les noms propres et ceux qui ne prennent point d'article : à Pierre, à mon frère, à elle, à lui. Il n'est suivi d'un article qu'en présence d'un singulier féminin : À la Gloire de Dieu, ou d'un singulier masculin commençant par une voyelle : à l'homme, à l'animal.

2° Devant les verbes, il répond au supin des latins : Bon à manger.

3° Il répond au gérondif latin : On ne gagne rien à courir le monde, c'est-à-dire en courant.

4° Il signifie

  • après : poil à poil

  • avec : dessiner à la plume

  • environ : dans cinq à six jours

  • par : je vous connais à votre habit

  • selon, suivant : un habit fait à la mode

  • vers : ce tonneau tire à sa fin

  • sur : monter à cheval

5° Il marque

  • le temps : dîner à midi.

  • Le lieu : se mettre à lécart, à l'abri, à droite.

  • La posture : à genoux, nez à nez.

  • La manière de vivre de s'habiller, de parler : vivre à la française.

  • L'homme à cheveux ronds, à systèmes, à bons procédés.

  • La qualité : de l'or à 24 carats.

  • La quantité, il en a à satiété, à foison.

  • Le prix : du drap à dix francs l'aune.

  • La mesure : vendre du vin à la pinte, du drap à l'aune.

  • La cause : machine à vapeur, moulin à vent

  • Le motif : j'ai dit cela à bonne intention et non à mauvais dessein.

  • L'usage : terre à froment, boîte à coudre.

6° Il équivaut à la préposition latine ad : allez à l'église, venez à moi.

7° Lorsqu'il précède l'article masculin suivi d'un mot qui commence par une consonne, il devient Au.

 

A dans la composition des mots dérivés du grec, est privatif : a-céphale, sans tête ; a-mnistie, sans mémoire ; oubli.

Voir sur google-books : Nouveau vocabulaire de la langue française 

 

3 Le Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture

de William Duckett

1832-1873

 

A, lettre voyelle, la première dans notre alphabet et dans celui de presque toutes les nations, est la treizième dans l'alphabet éthiopien. On dit de quelqu'un qui est ignorant qu'il ne sait ni A ni B. - Pour exprimer que quelqu'un n'a rien fait, on dit qu'il n'a pas fait une panse d'A, c'est-à-dire, pas même le premier trait de cette lettre.

A sur les médailles grecques, indique ordinairement qu'elles ont été frappées à Argos ou à Athènes ; sur les monnaies françaises, qu'elles ont été battues à Paris.

Chez les latins, c'était la lettre salutaire, littera salutaris, parce que, lorsque les juges voulaient absoudre, ils écrivaient sur leurs tablettes A, première lettre d'absolvo, j'absous.

A, chez les Grecs, signifiait 1 ; chez les Romains, avant l'adoption du D, 500 ;

avec un trait au-dessus, 5000.

A.D. Signifie Anno Domini, ou depuis Jésus-Christ , A.C. (Anno Christi) signifie la même chose ; a.c. année courante ; a.p. année passée.

En musique, A, première note du tétracorde hyperbolien, répond à la sixième note de notre gamme la. En tête d'un morceau de musique, indique la partie de la haute-contre, alto.

 

Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture - William Duckett - Tous les volumes (lien Books-Google)

 

Et retrouvez dans ce blog un article du dictionnaire de W. Duckett : WILLIAM DUCKETT - Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Lucifer (Phosphore, Vénus, Astarté, Vénus-Uranie, Anahid, Hesper ou Vesper, Boker)

 

  4 Le Littré d'après l'ouvrage d'Emile Littré - 1863-1877

  • 1-A

    Voyelle et première lettre de l'alphabet. Un grand A. Un petit A. Deux A. Des A mal formés, sans s au pluriel. Il y a une géométrie matérielle qui se contente de lignes, de points, d'A + B.  Le génie du christianisme, ou Les beautés de la religion chrétienne 

    Il est marqué à l'A se dit d'un homme de bien, d'honneur et de mérite ; et ce proverbe est emprunté des monnaies qu'on marquait aux villes de France par ordre alphabétique, selon leur primauté : la monnaie de Paris, réputée du meilleur aloi, était marquée de l'A.

    A, dans la musique moderne et notamment dans la musique allemande, le sixième degré de la gamme diatonique et naturelle, ou la dixième corde de la gamme diatonico-chromatique, appelé dans l'ancien solfège a la mi ré, a mi la, ou la. A majuscule, écrit sur une partition, indique l'alto.

    2-A

    3ème personne du verbe avoir au présent de l'indicatif

  • Á

  • prép. (a)

Lorsque "à" précède l'article masculin suivi d'une consonne autre que l'h muette, on les contracte en au pour à le ; lorsqu'il précède l'article pluriel des deux genres, on les contracte en aux pour à les.

  • REMARQUE

    Ces formes proviennent de l'ancienne langue : à le se disait al, qui devant une consonne se prononçait ordinairement au, comme on le voit dans autre, écrit anciennement altre et venant du latin alter. Pour le pluriel, à les se contractait en as ou aus ; d'où notre forme aux.

    À exprime trois rapports différents : direction, aller à Paris ; repos, résider à Paris ; extraction, prendre à un tas. Quand, partant de ces trois significations fondamentales, on examine les acceptions telles qu'elles se comportent dans le langage, on rencontre une variété extrême de nuances, qui rend très difficile le classement des sens. Un mot aussi petit et aussi employé que à est devenu très indéterminé, de manière à se prêter à une foule d'emplois différents. Comme toute préposition, il exprime un rapport, et ne peut être bien apprécié indépendamment des deux termes qu'il lie, aussi bien l'antécédent que le conséquent. Au lieu de la classification par significations, on peut adopter une classification d'après les deux termes du rapport où à figure, le sens étant aussi bien déterminé, en beaucoup de cas, par le mot qui précède que par le mot qui suit. En conséquence, on peut considérer à dans les positions suivantes :

  • 1Entre un substantif et un substantif ou un pronom. Séjour à Paris. Habitation à la campagne. La vie aux champs. Retour à la ville. L'ascension au haut du pic. L'orientation au nord. La remise à un autre temps. Le recours au juge. Le discours au roi. La réponse à une lettre. L'élévation aux dignités. La disposition à la plaisanterie. La préparation à la communion. La contribution au fonds commun. La légèreté à la course. Le lion à la gueule menaçante. Terre à potier. Vases à huile. Marché aux boeufs. Cruche à anses. Chaise à porteurs. Terre à blé. Tunique à manches. L'emprunt au banquier. L'achat au marchand. La demande au professeur. La suspension au plancher. L'arrachement à toutes les affections. La répugnance au mariage. Le manquement au devoir. L'obéissance au maître. Il n'est rien de cela aux exemples des payens ; nous n'avons pas de liaison à eux. Pensées]

  • 2Entre un substantif et un pronom, construction où à exprime la possession. Un ami à moi. C'est un ami à moi ; je vous le recommande. Il a un style à lui. Vous avez une manière à vous.

  • 3Entre un substantif et un verbe. L'exhortation à combattre. L'encouragement à bien vivre. La disposition à plaisanter. La promptitude à faire. L'habileté à parler. La facilité à comprendre. La répugnance à venir. Le plaisir à obéir. La fermeté à soutenir la vérité. La honte à mentir. Quelque effort que l'on fasse à rompre vos beaux noeuds  Her. I, 4]

  • 4Entre un adjectif et un substantif ou un pronom. Exposé au midi. Porté à la violence. Enclin au mal. Prêt au combat. Parti hostile au gouvernement. Obéissant à la loi. Nuisible à la santé. Plaisant à l'oeil. Important à l'État. Habitué aux théâtres. Utile à tous, propre au travail. Affable aux petits. Semblable au loup. Égal aux plus grands. Sa mort fut conforme à sa vie. Attaché à ses habitudes. Rebelle à l'autorité. Répugnant aux sens. Il est loisible à tout homme de.... Il était naturel à Adam et juste à son innocence.   édit. Cousin.]

  • 5Entre un adjectif et un verbe. Disposé à médire. Prêt à partir. Enclin à ne rien faire. Facile à apprendre. Important à comprendre. Chose honteuse à dire. Charmant à contempler. Agréable à faire. Inutile à dire. Le dernier à fuir. Le premier à s'élancer. Prompt à se mettre en colère. Habile à parler. Propre à supporter les fatigues. C'est bientôt le premier à prendre. [La Fontaine, Fables]

  • 6Entre un adverbe et un nom ou un pronom. Conformément à ce que vous dites. Semblablement aux feuilles des arbres, les générations humaines se succèdent sur la terre.

  • 7Entre le même mot répété sans article, indiquant que personnes ou choses se suivent ou se touchent. Un à un. Trois à trois. Il passèrent un à un. On les compta trois à trois. Goutte à goutte. Seul à seul. Tête à tête. Ils s'introduisirent homme à homme. Pas à pas. Mot à mot. Traduire mot à mot. Corps à corps. Lutte corps à corps. Bec à bec. Bout à bout. En termes de jeu, nous sommes fiche à fiche, dix à dix, nous avons chacun une fiche, dix points ; et même, elliptiquement, nous sommes fiche à, dix à.

  • 8Entre un verbe ayant à pour complément indirect et un substantif ou un pronom. Se rendre à la ville. Reléguer aux champs. Recevoir au camp. Aller à Rouen, à la campagne. Monter au ciel. Envoyer un livre à quelqu'un. Monter à cheval. Être tourné à l'est. être exposé au danger. Jeter quelqu'un à terre. Jeter à l'eau. Revenir à soi. J'en viens à un autre objet. Courir à sa perte. Appeler aux armes. Exhorter au travail. Recourir au juge. Descendre aux dernières prières. S'adresser à ses amis. Réduire à l'extrémité. Arracher quelqu'un à son opinion. Élever au rang suprême. Courir au danger. Se préparer au combat. Lever les mains au ciel. Accorder la récompense au mérite. Devoir de l'argent à quelqu'un. Exposer au péril. Se rendre à César. Écrire à quelqu'un. Enseigner les lettres aux jeunes gens. Ajouter à quelque chose. Imputer à crime. Assister au jugement. Plaire à quelqu'un. Il importe à tout le monde. Elle pense à moi. Il s'accoutume à l'obéissance. Ce vêtement sied bien aux hommes âgés. Il convient à chacun. Ce livre appartient à mon frère. Se joindre à une compagnie. Mettre une chose à sa place. Associer sa cause au salut public. Faire part de sa gloire à quelqu'un. Mêler de l'huile à de la chaux. Comparer Aristote à Platon. Répondre à l'amour. Répugner à certaines démarches. Le chien ressemble au loup. Conformer sa vie aux préceptes de la sagesse. Condamner à mort, aux galères. Puiser de l'eau à une fontaine. Boire à la source. Prendre au tas. Demander quelque chose à quelqu'un. Allumer une chandelle au feu. Acheter du drap au marchand. Emprunter de l'argent à un ami. Dire une parole, un mot à quelqu'un. Commencer à dormir. Suspendre au plafond. Arracher aux arbres leurs fruits, un fils à sa mère. Dérober au danger. La marcotte a été prise à un bon cep. Dépouilles enlevées à l'ennemi. Retirer sa confiance à quelqu'un. Manquer à son devoir, à ses amis. Toucher à quelque chose. Toucher au terme, au port. La vérité était contraire à vos fins ; il a fallu mettre votre confiance au mensonge. [Pascal, Les provinciales]

  • 9Entre un verbe et un verbe. Exhorter à faire. Inviter à venir. Condescendre à traiter. Il en est venu à nous dire. Réduire à capituler. Forcer à mourir de faim. Il incline à prendre ce parti. Se préparer à partir. Apprendre à lire. Enseigner à s'exprimer correctement. Cela contribue à augmenter le patrimoine. Ce discours le portait à céder. Se décider à comparaître. Sa démarche l'exposait à périr. Il se plaît à étudier. Il pense à exécuter son projet. S'accoutumer à obéir. Aimer à donner. Condamner à faire amende honorable. Chercher à comprendre. Donner à copier une lettre. Donner à porter un fardeau. Il reste à finir le travail. Demander à être reçu. Manquer à venir. Répugner à travailler. On l'exhorta à avoir courage. [Scarron, Le Roman comique]

  • 10 Absolument, devant un nom ou un pronom, exprimant une circonstance, à la façon d'un adverbe ou d'une locution adverbiale. À Paris. À la ville. Aux champs. Au midi. Au nord. À terre. À l'entrée de l'église. À l'armée. Au feu. À l'ombre. Au soleil. À table. Au doigt. Porter une bague au doigt. Au front. Blessé au front. À l'oreille. Mal à l'oreille. Je vous dirai cela à l'oreille. À tout âge. À l'âge de trente ans. Au temps que les bêtes parlaient. À neuf heures. À midi. Au jour fixé. À échéance. Payer à échéance. Au commencement. À la fin de l'année. Au printemps. À l'année. Louer une maison à l'année. Pension à vie. Travailler à la journée. À la longue. Au point du jour. Au mois de mai. À toutes les heures. À chaque fois. À quelques jours de là. À de longs intervalles. À mon arrivée. À l'approche de Xerxès. À cette vue. À ce récit. Au bruit de sa mort. À la nouvelle que.... À la vue du bourreau. À la prière. À l'instigation des ennemis. À grandes journées. Venir à grandes journées. À la façon des Grecs. À pleines mains. À genoux. À pied. Au toucher. Au goût. À dessein. À souhait. À l'huile. Manger des légumes à l'huile. À l'épée. Se battre à l'épée. À l'aiguille. Broder à l'aiguille. À la paume. Jouer à la paume. À voiles et à rames. À toute vapeur. À la main. Fait à la main. Au poids. À la mesure. À prix d'argent. À bon marché. À un prix élevé. À vingt sous la livre. À gros intérêts. À sept kilomètres de Paris. À dix lieues environ. À une journée de marche. À mon avis. À l'exemple des autres. À ce que je vois. À ce que je sais. À l'enseigne du Lion d'argent. Au Veau qui tette. À la Boule d'or. À la cour de cassation. Conseiller à la cour de cassation. Avocat à la cour d'appel. Commis au ministère de la guerre. Tu reviens seul, Hémon ; ô sinistre présage ! Que je lis d'infortune aux traits de ton visage ! [Rotrou, Antigone]

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  • 11 Absolument, devant un pronom interrogatif. À qui cela ? à quoi bon ? à quelle fin ? à quelle utilité ? [La Fontaine, Fables]

  • 12 Absolument, devant un verbe exprimant une circonstance à la façon d'un adverbe ou d'une locution adverbiale. À vrai dire. À ne pas mentir. À en croire Homère. À y bien regarder. À tout prendre. À compter de ce jour. À partir de telle époque. Que gagnerai-je à vous tromper ? Perdre son temps à jouer. Il passe le temps à se lamenter. Il s'arrête à lire les affiches. Le bon sens n'est pas à penser sur les choses avec trop de sagacité. [Vauvenargues. Bon Sens.]

  • 13 Absolument, devant un nom de nombre ou devant un pronom suivi d'un nom de nombre. À quatre. Ils soulevèrent ce fardeau à quatre. À lui seul. À moi seul. Médée, à elle seule, bravait une armée. Ignominie qui, à elle seule.... À trois que nous étions, nous ne pouvions soulever ce fardeau.

  • 14 Absolument, avec un adverbe de temps. À quand ? à quand le rendez-vous ? à demain. À demain, je vous attends. À demain les affaires. À jamais. Événement à jamais déplorable. À toujours. Soyez prêt à demain. [Corneille, Le Cid]

  • 15Elliptiquement, devant un nom ou un pronom. Au secours ! à moi, citoyens ! Au voleur ! Au feu ! à la porte, l'insolent ! à table, messieurs ! à l'ennemi, soldats ! à votre santé ! à monsieur un tel (sur une adresse). À Jupiter, très bon, très grand. Au revoir (revoir est ici un substantif). À ce soir. À dimanche. À la vie, à la mort. À perpétuité. Concession à perpétuité dans un cimetière. À moi, comte, deux mots. [Corneille, Le Cid]

  • 16Elliptiquement, entre un substantif et un verbe (équivalent à bon, propre). Chose à dire. Lettre à écrire. Homme à pendre. Je ne vous crois pas homme à faire cela. Occasion à ne pas laisser échapper. Affaire à perdre un homme. Procès à ne pas finir. Conte à dormir debout. Chambre à coucher. Pierre à aiguiser. Arbres à transplanter. Compte à revoir. Travail à refaire. Lettre à porter. Par abréviation : à revoir, à refaire, à porter. Un voile à couvrir d'autres flammes. [Molière, Le dépit amoureux]

  • 17Elliptiquement, devant un verbe. Demain, à recommencer. Après-demain, à dîner. À revoir, monsieur. Finissons ; mais demain, muse, a recommencer. [Boileau, Satires]

  • 18Locutions avec le verbe être. Cela est à moi. Tout était à l'ennemi. C'est à vous de prendre garde. Ce n'est pas à nous d'examiner. On ne peut être à soi un seul instant. Cet homme est à lui-même une énigme. C'est bien fait à vous. C'est à un bon consul de prévoir ce qui arrivera. C'est à faire à lui. C'est folie à vous de croire. Cinq est à quinze comme vingt est à soixante. À cette partie de trictrac, nous étions cinq trous à dix. Dans cette partie de billard, nous sommes quatre à six. Je suis ici à l'attendre. Je suis encore à savoir comment. Cet homme est à craindre. Avec ellipse de soit : Honneur aux braves, c'est-à-dire honneur soit aux braves, et ainsi pour les exemples suivants : Gloire à Dieu dans le ciel ! Guerre aux châteaux et paix aux chaumières ! Malheur aux vaincus ! Les fureurs de la terre Ne sont que paille et que verre à la colère des cieux. [Malherbe II, 2]

  • 19Locutions avec avoir. Avoir affaire à quelqu'un. Il y a de la folie à croire que.... Je n'avais rien à vous écrire. Vous n'avez qu'à parler. J'ai à vous entretenir. Il y aurait à craindre. Le temps que j'ai à vivre. L'argent que j'ai à dépenser. Ils eurent un peu à souffrir sous ses successeurs. [Bossuet, Discours sur l'histoire universelle]

  • 20Locutions avec faire suivi d'un infinitif. J'ai fait faire un habit à mon tailleur. Il a fait accepter un cadeau à son ami. Faire prendre les armes à la troupe. Ils l'ont fait recevoir [la bulle] au clergé. [Pascal, Les provinciales]

  • 21Locutions avec se laisser et un infinitif. Se laisser séduire aux voluptés. Se laissant conduire à leurs inclinations et à leurs désirs. Ne nous laissons pas abattre à la tristesse. [Pascal, édit. Cousin.]

  • 22Locutions avec ouïr dire, voir faire, entendre dire, etc. J'ai ouï dire à des vieillards.

    REMARQUE

      Des lexicographes ont critiqué cette locution, comme étant amphibologique et pouvant signifier : j'ai entendu qu'on disait à des vieillards ; ils voulaient que l'on mît : " J'ai ouï dire par des vieillards. " Mais ce scrupule est excessif ; ouï dire est une locution inséparable et on ne peut jamais intercaler quelque chose entre ouï et dire, ni supposer, j'ai ouï quelqu'un dire à des vieillards. Cela étant impossible, le sens de la locution ne prête à aucune amphibologie. On dira de même : j'ai entendu dire à votre frère que vous viendrez, c'est-à-dire j'ai entendu votre frère qui disait : j'ai vu faire à ces hommes une action généreuse, c'est-à-dire j'ai vu ces hommes faisant. Mais il n'en serait plus de même si un pronom intervenait au lieu d'un nom : je lui ai entendu dire ; je lui ai vu faire ; je lui ai vu donner ; l'amphibologie commence, et il y a à distinguer deux cas :

      1° si le verbe à l'infinitif ne peut avoir de régime indirect avec à, la locution est bonne, l'amphibologie n'existe pas : je lui ai vu franchir le fossé : on ne dit pas franchir à quelqu'un ; le cas n'est pas douteux ; je l'ai vu franchissant le fossé ; je lui ai vu faire une action généreuse ; on ne dit pas faire à quelqu'un ; le sens est donc, je l'ai vu faisant.

      2° Si le verbe à l'infinitif peut avoir un régime indirect avec à, l'amphibologie commence réellement : je lui ai vu donner un soufflet pourrait également signifier, je l'ai vu donnant un soufflet, et j'ai vu qu'on lui donnait un soufflet. On évitera donc cette tournure.

    • 23Locutions avec attendre. J'ai attendu à vous parler que tout le monde fût sorti. Elle.... Attend l'ordre d'un père à choisir un époux. [Corneille, Le Cid]

    • 24Locutions avec trouver. J'ai trouvé à votre ami un air soucieux. Trouver à dire. Écoutez si vous trouvez l'air à votre goût. [Molière, Les précieuses ridicules]

    • 25Devant de. Rien ne plaît à des gens malades. Répondez avec fermeté à de telles prétentions. Il se livre à des extravagances. À de plus hauts partis Rodrigue doit prétendre. [Corneille, Le Cid] Cette locution s'explique par la construction partitive (voir DE).

    • 26De.... à. De Paris à Rouen il y a trente lieues. D'eux à moi il y a cette différence. D'homme à homme. Elliptiquement : vingt à trente, dix à douze, pour de vingt à trente, de dix à douze. Du matin au soir. De la tête aux pieds. Du jour au lendemain. De vous à moi. De nation à nation. Vivre de pair à compagnon. Traiter de Turc à More. De gré à gré.

    • 27Locution à qui. C'était à qui partirait le premier. Ils se disputent à qui sera préféré à l'autre. Tirons à qui jouera le premier. Eh bien ! gageons nous deux à qui plus tôt aura dégarni les épaules Du cavalier. [La Fontaine, Fables]

    • 28Locutions par pléonasme. à est suivi d'un pronom personnel reproduisant le pronom possessif qui précède. C'est mon opinion à moi. Votre devoir à vous, est de partir. Sa manière à lui, c'est de parler par sentences. Leur gain à eux est de cent francs.

    • 29Locution populaire, la barque à Caron. Cette tournure n'est plus usitée que dans cette locution, et ce serait une faute que de s'en servir autre part. Pourtant elle n'est qu'un archaïsme, et, aujourd'hui encore, on dit parmi les ouvriers et les gens de campagne : la femme à Jean, la fille à Thomas, la soeur au bedeau.


    •  

    REMARQUE

    À étant entre deux substantifs où le conséquent détermine l'antécédent, le conséquent doit-il prendre le pluriel, quand l'antécédent change de nombre, ou quand le conséquent peut représenter une pluralité ? En d'autres termes, si l'on écrit fruit à noyau, faut-il écrire, au pluriel, fruits à noyau ou à noyaux ; et faut-il écrire arbre à fruit ou à fruits ? Il y a quatre cas :

    1° L'antécédent est au singulier ou au pluriel, et le conséquent n'est pas susceptible de pluralité ; alors on met toujours le singulier : pomme à cidre et pommes à cidre ; mouche à miel et mouches à miel ; machine à vapeur et machines à vapeur ; une arme à feu, des armes à feu ; un moulin à eau, des moulins à eau ; une rente à perpétuité, des rentes à perpétuité ;

    2° l'antécédent est au singulier ou au pluriel, et le conséquent indique la pluralité : une bête à cornes, des bêtes à cornes ; un serpent à sonnettes, des serpents à sonnettes ; un homme à projets, à préjugés ;

    3° le conséquent est nécessairement singulier ; alors quand l'antécédent est mis au pluriel, on peut maintenir le conséquent au singulier, attendu qu'il est unique pour chaque antécédent, ou le mettre au pluriel en considérant qu'il y en a autant que d'antécédents : une comète est un astre à queue ; les comètes sont des astres à queue ou à queues ; manchette à dentelle, manchettes à dentelle ou à dentelles ; couteau à ressort, couteaux à ressort ou à ressorts ; cuiller à pot, cuillers à pot ou à pots. L'usage le plus ordinaire est de mettre le singulier ; mais, comme on voit, le pluriel n'est pas une faute ;

    4° le conséquent, bien que multiple, peut être considéré comme un nom collectif, par exemple, fruit, feuille, fleur, puisqu'on dit le fruit de cet arbre, la fleur du poirier, la feuille de l'acacia. Dans ce cas, on peut mettre le nombre que l'on veut, que l'antécédent soit au singulier ou au pluriel : arbre à fruit ou à fruits, arbres à fruit ou à fruits ; mais si le conséquent ne se prend pas habituellement au sens collectif, il faut toujours le mettre au pluriel. Ainsi on ne dira pas fleur à pistil, mais à pistils, fruit à noyau, mais fruit à noyaux, à moins, bien entendu, que la fleur n'ait qu'un pistil, le fruit qu'un noyau. Considérer ces mots-là comme collectifs se peut à la rigueur ; mais c'est leur attribuer un usage qu'ils n'ont pas, et dès lors il vaut mieux suivre l'idée naturelle, qui est celle du pluriel.

    2. On lisait dans l'avant-dernière édition du Dictionnaire de l'Académie : il y avait sept à huit personnes dans cette assemblée. La dernière édition et tous les grammairiens modernes condamnent cette locution. On ne peut employer la préposition à qu'entre deux nombres qui en laissent supposer un intermédiaire ou qu'entre deux nombres consécutifs, quand il s'agit de choses qu'on peut diviser par fractions. Mais, dans l'exemple cité, il faut la conjonction ou, parce qu'une personne ne se divise pas. Les bons auteurs ont reconnu la règle donnée ici. On a pris ou tué aux Allemands sept à huit cents hommes. [Racine, Lett. à Boil. XLI] La faute vulgaire provient d'une extension non raisonnée du cas où la locution convient, sept à huit livres, au cas où elle ne convient pas, sept à huit hommes.

    3. C'est à lui à qui on en veut. Dites c'est à lui qu'on en veut, ou c'est lui à qui on en veut. L'usage actuel condamne la répétition de à ; et c'est en effet un pléonasme. Ainsi on trouve une faute dans ce vers de Boileau : C'est à vous, mon esprit, à qui je veux parler, Sat. IX. Mais si Boileau y avait vu une faute, il lui était bien facile de l'éviter, en mettant : Oui, c'est vous, mon esprit, à qui je veux parler. Le fait est que de son temps cela n'était pas considéré comme une faute. Ses contemporains ne se font aucun scrupule de répéter à. Que de son cuisinier il s'est fait un mérite, Et que c'est à sa table à qui l'on rend visite. [Molière, Le misanthrope] Les auteurs plus anciens usent également de cette façon de parler. Aujourd'hui on rejette absolument ce pléonasme.

    4. On dit, à Paris, à Bordeaux, quand il s'agit de la demeure, soit fixe, soit passagère. Il est à Paris, il réside à Paris, il passera quelques jours à Paris ; autrement, on peut dire dans : il y a douze cent mille habitants dans Paris

    5. à devant les noms de lieux. 1° On se sert toujours de à devant les noms de villes ou de villages : aller ou résider à Paris, à Meudon, à Saint-Cloud ; 2° de en devant les noms de continents, de pays, de provinces, quand ils sont féminins. Aller ou résider en France, en Afrique, en Algérie, en Angleterre, en Normandie ; 3° de à, s'ils sont masculins : aller ou résider au Japon, au Mexique, au Canada, au Perche, au Maine : Cependant on dit : en Portugal, en Danemark, en Béarn, bien qu'ils soient masculins ; 4° autrefois la distinction entre l'emploi de à et celui de en n'était pas faite, et l'on disait aller à l'Amérique. L'un des trois jouvenceaux Se noya dès le port, allant à l'Amérique. [La Fontaine, Fables] De cet ancien usage il est resté, à la Chine : aller à la Chine ; mais on commence à dire de préférence, en Chine.

    6. C'est à vous à faire cela ; c'est à vous de faire cela. Ces deux tournures s'emploient l'une et l'autre et sont équivalentes ; il est impossible de fixer entre elles une nuance réelle et fondée sur l'usage. C'est au prince à juger de ses ministres. [D'ablanc. dans BOUHOURS] Ces deux tournures, autorisées par l'usage, n'ont pas un titre égal devant la grammaire. C'est à vous de parler s'explique grammaticalement : de parler est à vous. Mais c'est à vous à parler ne s'explique pas ; il faut y voir une incorrection causée par l'oreille, que le premier à décida à en vouloir un second.

    7. On doit répéter la préposition à devant chacun de ses compléments : il écrit à Pierre et à Jean, et non, il écrit à Pierre et Jean ; il aime à lire et à écrire, et non à lire et écrire. Ainsi on n'imitera pas ces exemples de Molière : On sait bien que Célie A causé des désirs à Léandre et Lélie. [Molière, L'étourdi, ou Les contretemps] Exceptions : Parmi tous les romans de l'antiquité, je donne la préférence à Théagène et Chariclée, parce que ces deux mots Théagène et Chariclée, étant le titre d'un ouvrage, ne font qu'une expression unique. Par la même raison on dira, il aime à aller et venir, parce qu'aller et venir forment une locution. On pourra semblablement supprimer à quand deux verbes placés l'un à côté de l'autre ressembleront à une locution ; ce qui est délicat à apprécier. Supprimer à n'est point une faute contre la logique ou la grammaire ; c'est seulement une faute contre un usage qui, dans le fait, est favorable à la clarté.

    8. à se répète avec l'un et l'autre. Cela convient à l'un et à l'autre, et non à l'un et l'autre. Cependant, en poésie, la règle ne s'observe pas. À l'une ou l'autre enfin votre âme à l'abandon Ne lui pourra jamais refuser ce pardon. [Corneille, Pertharite, roi des Lombards]

    9° Locut. vic. Le fils à Guillaume. Loc. corr. Le fils de Guillaume. Le rapport d'origine n'est plus marqué par la prép. à. Ne dites pas non plus, la maison à mon père. Loc. vic. Je suis l'aîné à mon frère qui est à Paris. Loc. corr. Je suis l'aîné de mon frère qui est à Paris. Loc. vic. Je suis cousin à votre apothicaire. Loc. corr. Je suis cousin de votre apothicaire. Loc. vic. Sept ôtés de dix, reste à trois. Loc. corr. Sept ôtés de dix, reste trois ; comme s'il y avait, il reste trois. Loc. vic. Il demeure à la grande rue. Avez-vous votre mouchoir à la poche ? Loc. corr. Il demeure dans la grande rue. Avez-vous votre mouchoir dans votre poche ?

    +

    À.

    29Ajoutez : Pour l'emploi populaire et archaïque de à au sens possessif, on peut citer : épouvantail à chènevière, et cet exemple de La Fontaine :.... car le greffe tient bon, Quand une fois il est saisi des choses : C'est proprement la caverne au lion, Oraison.

    Joinville disait comme nos paysans : La comtesse Marie qui fut soeur au roi de France, édit. de la Bibl. nat. p. 17.

     

    Retrouvez Le Littré sur la toile

    Dictionnaire Littré - Dictionnaire de la langue française 

     

    4 Le Dictionnaire de l'Ancienne Langue Française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle –1881

     

     DICTIONNAIRE

    DE L'ANCIENNE LANGUE FRANCAISE

    ET DE TOUS SES DIALECTES

    DU IX AU XVe SIECLE

     

    Voir sur la toile : Dictionnaire Godefroy

     

    4 Le Dictionnaire de l'Académie –8ème édition – 1882-1935

     

    .........................................................................

     

    À retrouver sur le blog : Petite histoire de la langue française - Chapitre 12 - XVIIe siècle (1) - À L'AUBE DE LA LANGUE CLASSIQUE - Les grammairiens façonnent notre langue - Malherbe - Vaugelas - L'Académie Française

     

    À lire aussi le Dictionnaire de l'Académie 9ème édition et Le Trésor sur le site du CNRS : Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

     

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    14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 10:45

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    Ma fille !

     

    Il n'est pas de mot plus doux

    Qu'il me soit donné de dire,

    De penser ou bien d'écrire,

    Sache-le, c'est entre nous.

     

    Une dame*, amie de Roi,

    Qui faisait de Belles Lettres,

    Ne m'eût démentie, ma foi.

    Tu la reconnais peut-être.

     

    La passion que j'ai pour toi

    Est immense et précieuse.

    Un tremblement dans ma voix

    Trahit qu'elle est douloureuse.

     

    Ma fille, ma fille ! Sache

    Que c'est le chant de mon cœur,

    Et je voudrai sans relâche

    Te bercer dans sa douceur.

     

     

    *Une dame amie de Roi qui faisait de Belles lettres...

    Il s'agit de Marie de Rabutin-Chantal, baronne de Sévigné, dite la Marquise de Sévigné.

    Elle aimait beaucoup sa fille, Madame de Grignan, à laquelle elle écrivit des centaines de lettres, véritable chronique qui retraçait, entre autres, ce qui se passait à la Cour du Roi Louis XIV.

     

    CONTES, NOUVELLES ET POÉSIES DE MAMIEHIOU

     

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    13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 09:29

     

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    L'hirondelle de l'écriture (Jules Renard)

     

    ÉTYMOLOGIE

    L'accent circonflexe peut venir de la disparition du s :

    forêt, forest, forestier, déforestation

    fenêtre, défénestrer ou défenestrer, défenestration ou défénestration

    hôpital, hospitalier

    hôte, oste (XIIe siècle)

    pâtre, pastoureau, pâture, pasteur...

    idolâtre, ydolastre (Ronsard XVIe siècle)

    côte à côte, coste a coste (XIIe siècle)

    tôt, tost, guêpe, guespe....

     

    Il peut remplacer une voyelle (parfois double) ou une consonne :

    âge, aage - bâiller, baaillerrôle, roole - beeler, bêler

    âme, anme (Fin du IXe siècle, anima : principe spirituel de l'homme)

    anme, désanalisé au XIe siècle

    Dictionnaire Historique de la langue française

    https://books.google.fr/books?isbn=2321000139

     

    Il peut servir à distinguer des mots homonymes (> homophones)

    crois, croîs, croit, croît, cru, crû...

    du, dû

    Voir : Ne pas confondre : du, dû, dus, due, dues, dut et dût

     

    Le suffixe -âtre sert à former des adjectifs avec le sens de : un peu, pas tout à fait. Il est aussi un diminutif

    blanchâtre, saumâtre, gentillâtre...

    Mots finissant par -atre ou -âtre :

    acariâtre, albâtre, amphithéâtre, archiatre, âtre, beigeâtre, bellâtre, blanchâtre, bleuâtre, brunâtre, châtre, cocâtre, douceâtre, embatre (embattre 1990), emplâtre, écolâtre, fillâtre, filsâtre, finâtre, folâtre, gentillâtre, gériatre, grisâtre, hippiatre, iconolâtre, idolâtre, idolâtré, jaunâtre, marâtre, mulâtre, neuropsychiatre, noirâtre, olivâtre, opiniâtre, opiniâtré, palâtre, parâtre, pâtre, pédiatre, pédopsychiatre, phoniatre, plâtre (et mots de la même famille), psychiatre, quatre, ranatre, replâtré, rosâtre, rougeâtre, roussâtre, saumâtre, théâtre, verdâtre, vératre, violâtre, zoolâtre.

     

    Attention : le suffixe -iatre n'a pas d'accent : psychiatre, pédiatre...

     

     

    La réforme de 1990 vise à simplifier l'orthographe de la langue française.

    Journal officiel de la République française du 6 décembre 1990

    >> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

    L'accent circonflexe disparaît sur i et u
    coût > cout
    entraîner > entrainer,
    nous entraînons > nous entrainons
    paraître, il paraît > paraitre, il parait

     

    Mais on le maintient dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif, et en cas d'homonymie

    Nous courûmes et vous vainquîtes

    Il fallait qu'il courût et qu'elle vainquît

    La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

     

    Homonymes :

    du, dû (article contracté : de le, et participe passé de devoir)

    cru, crû (participe passé de croire et croître)

    je crois, tu crois, il croit - je croîs, tu croîs, il croît (présent de l'indicatif de croire et de croître)

    je crus, tu crus, il crut, ils crurent – je crûs, tu crûs, il crût, ils crûrent (passé simple de croire et de croître)

    sûr, adjectif – sur, préposition

    mûr, adjectif – mur, substantif

    Étymologie de mûr : Dictionnaire Godefroy : meur, maur (adjectif)

    http://micmap.org/dicfro/search/dictionnaire-godefroy/meur

    ...................................................................................................................

     

    Les adverbes formés sur les adjectifs féminins en -aie, -ée, -ie, -ue, perdent leur e final devant -MENT,

    -vraiment, aisément, poliment, éperdument, absolument, ambigument.

    -Cependant on écrit gaîment (ou gaiement), assidûment, continûment, goulûment, crûment, dûment, indûment, congrûment, incongrûment, nûment.

    -Le Dictionnaire Robert accepte nuement et nûment

    -On peut trouver dans certains dictionnaires drûment et fichûment.

    Les adverbes en -MENT + Quiz 109

    La Nouvelle orthographe supprime tous les accents des adverbes

    Ainsi peut-on écrire : gaiement, gaîment ou gaiment à sa guise !

     

    L'accent circonflexe, une exception française ?

    L'accent circonflexe existait en Moyen-haut Allemand (au Moyen Âge)

     

    Dû bist mîn, ich bin dîn.
    des solt dû gewis sîn.
    dû bist beslozzen
    in mînem herzen,
    verlorn ist das sluzzelîn:
    dû muost ouch immêr darinne sîn.

     

    Traduction de mamiehiou :

    Tu es à moi, je suis à toi,

    c'est ce dont tu dois être sûr.

    tu es enfermé

    dans mon coeur :

    elle est perdue la petite clef :

    tu dois donc y rester toujours.

     

    Le Minnesang (« chant d'amour ») est un style de poésie lyrique dans les pays de langue allemande qui s'est épanoui du XIIe siècle jusqu'au XIVe siècle. Cf. Wikipédia

     

    Mîn, dîn sont devenus aujourd'hui mein, dein : à moi, à toi.

    http://lyricstranslate.com/en/du-bist-min-you-are-mine.html#footnote1_80gdjjh#ixzz3qdPu98RU

     

    Des accents circonflexes dans d'autres langues > Accent circonflexe — Wikipédia
     

    Petit casse-tête

     

    Des mots suivants, lesquels portent un accent circonflexe ?

    Lesquels ont perdu le leur ?

    Lesquels n'en n'ont jamais eu ?

    Rétablissez les accents circonflexes, aigus ou graves,

    quand il le faut.

     

    acre, acreté, acrimonie, acrimonieux, acariatre

    arome, aromate, aromatique, aromatiser

    bete, betail, betaillère

    binome, binomial

    cable, cabler, cablage, cablier, cablerie, encablure

    cone, conique, conifère

    conquete, conquerant

    cote, coteau

    crane, cranien, craniologie

    crepe, creper, crepage, crepelé, crepu, crepir

    dépot, déposer

    diner, dineur, dinatoire

    diplome, diplomer, diplomate, diplomatie,
    diplomation, diplomatique

    drole, drolerie, drolement, drolatique

    extreme, extremement, extremité, extremisme, extremiste

    fantome, fantomatique

    fût, futaie, futaille

    grace, disgrace, gracier, gracieux, gracieusement, disgracier

    grave, aggraver, aggravation

    icone, iconicité, iconique, iconoclaste

    infame, infamie, infamant, diffamatoire, diffamer

    jeune, jeuner, jeuneur, déjeuner, à jeun

    meler, melange, melanger, melangeur

    pate, paté, patisserie, patissier, paton,

    patir compatir, compatissant, compassion

    pole polaire, polariser, polarisation

    psychiatre, psychiatrie, psychiatrique

    rateau ratisser

    supreme, supremement suprematie

    sur, surement, sureté assurance, assurer, rassurer

    symptome,symptomatique

    tater, tatonner, tatonnement, à tatons, tatillon

    tempete, tempeter, tempetueux

    trone, troner, détroné, introniser, intronisation

    veler, velement, velage, velin.

     

    v

     

    âcre, âcreté, acrimonie, acrimonieux, acariâtre

    arôme, aromate, aromatique, aromatiser

    bête, bétail, bétaillère

    binôme, binomial

    câble, câbler, câblage, câblier, câblerie, encablure

    cône, conique, conifère

    conquête, conquérant

    côte, coteau

    crâne, crânien, craniologie

    crêpe, crêper, crêpage, crêpelé, crépu, crépir
    dîner, dîneur, dînatoire

    dépôt, déposer

    diplôme, diplômer, diplomate, diplomatie,
    diplomation, diplomatique

    drôle, drôlerie, drôlement, drolatique

    extrême, extrêmement, extrémité, extrémisme, extrémiste

    fantôme, fantomatique

    fût, futaie, futaille

    grâce, disgrâce, gracier, gracieux, gracieusement, disgracier

    grave, aggraver, aggravation

    icône, iconicité, iconique, iconoclaste

    infâme, infamie, infamant, diffamatoire, diffamer

    jeûne, jeûner, jeûneur, déjeuner, à jeun

    mêler, mélange, mélanger, mélangeur

    pâte, pâté, pâtisserie, pâtissier, pâton,

    pâtir, compatir, compatissant, compassion

    pôle, polaire, polariser, polarisation

    psychiatre, psychiatrie, psychiatrique

    râteau ratisser

    suprême, suprêmement, suprématie

    sûr, sûrement, sûreté, assurance, assurer, rassurer

    symptôme, symptomatique

    tâter, tâtonner, tâtonnement, à tâtons, tatillon

    tempête, tempêter, tempétueux

    trône, trôner, détrôné, introniser, intronisation

    vêler, vêlement, vêlage, vélin.

     

    L'exercice propose des familles de mots dont certains ont l'accent circonflexe et d'autres pas.

    Exceptions  que vous aurez relevées dans cette liste :

    1-N'ont jamais eu d'accents circonflexes les mots des familles de :

    psychiatre, psychiatrie, psychiatrique ,

    grave, aggraver, aggravation.

    2-Tous les mots de la famille de dîner prennent un accent circonflexe.

     

    Exercez votre mémoire. Refaites le quiz dans quelques jours. Qu'en restera-t-il ?

     

    >>RETOUR AU DEBUT DE L'ARTICLE

    ..................................................................................................................
    AJOUT

    Une internaute me demande par courriel pourquoi il y a un accent circonflexe sur dîner. Voici ma réponse :

    Lorsque vous avez à faire la recherche de l'étymologie d'un mot, vous pouvez la trouver sur CNRTL Lexicographie et/ou Etymologie, entre autres.

    Voir : DÎNER1, verbe intrans.
    Ainsi l'accent circonflexe vient de la disparition du S comme dans beaucoup d'autres mots d'ailleurs : forêt, hôpital, etc.

     

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    10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 07:21

    FLORILÈGE La Pensée des autres

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    Un florilège de textes, sélectionnés par mamiehiou

     

     

    -24-

     

    Dans notre beau pays de France, et dans d'autres pays d'ailleurs, on aimait se mesurer les armes à la main. Et trop de gentilshommes ont péri par l'épée et par le pistolet, parfois pour le plaisir de s'éprouver dans "un exploit sportif", mais le plus souvent pour venger leur honneur. 

    Voir l'article de Wikipédia : Duel (combat) - Wikipédia

    "Entre juin 1643 et octobre 1741, Louis XIV  ne promulgua pas moins de onze édits interdisant le duel et renforçant les peines, sans pour autant faire cesser cette pratique."

    Voir la pièce complète sur Wikisource : Le Cid- Wikisource

    ..................................................................

    À tous ceux qui ont étudié Le Cid au collège, et que la relecture de cet extrait réjouira, aux autodidactes qui l'ont lu d'eux-mêmes, par curiosité et par amour de la littérature, à tous ceux aussi qui ont découvert la pièce au théâtre, et à ceux-là mêmes qui ne connaissent pas cette pièce, fleuron du classicisme, et qui n'en ont jamais entendu parler, voici :

     

     

     

     LE CID

    1636

     

    Acte III, Scène IV – Don Rodrigue, Chimène, Elvire

    La scène commence juste après que Rodrigue s'est battu en duel avec le père de Chimène, Don Gomès, comte de Gormas, et qu'il l'a vaincu.

    Rodrigue n'a pas failli à son honneur lorsque son propre père, Don Diègue, valeureux en son temps, mais trop vieux pour se venger lui-même, lui a demandé de lui prêter son bras. Don Gomez ayant insulté Don Diègue en lui donnant un soufflet, cette offense ne pouvait demeurer impunie.

    Bien que Rodrigue et Chimène s'aiment d'un amour sans égal, Rodrigue, "percé jusques au fond du coeur", s'est résolu à se battre contre Don Gomès, le père de Chimène, au risque de perdre la vie car son adversaire était un homme redoutable, capable de "porter partout l’effroi dans une armée entière".

    Rodrigue n'a pas faibli : "La valeur n'attend pas le nombre des années."et "À vaincre sans péril on triomphe sans gloire."

    Il n'aurait pas pu conserver l'amour de Chimène s'il s'était dérobé, il aurait été indigne d'elle.

    ..................................................................

    Personnages : Don Rodrigue, Chimène, Elvire (la suivante de Chimène)

    Définition du mot suivante, cf. L'Académie : SUIVANTE s'est dit d'une Femme, d'une jeune fille attachée au service d'une princesse. Il n'est plus guère en usage qu'en termes de théâtre. Un rôle de suivante. L'emploi de suivante.
    ..................................................................

     

    Don Rodrigue
    Eh bien ! sans vous donner la peine de poursuivre,
    Assurez-vous l’honneur de m’empêcher de vivre.

     

    Chimène 

      Elvire, où sommes-nous, et qu’est-ce que je vois ?
    Rodrigue en ma maison ! Rodrigue devant moi ! 

     

    Don Rodrigue

    N’épargnez point mon sang : goûtez sans résistance

    La douceur de ma perte et de votre vengeance.

     

    Chimène

    Hélas !

     

    Don Rodrigue

    Écoute-moi.

     

    Chimène

                    Je me meurs.

     

    Don Rodrigue

                                          Un moment.

     

    Chimène

    Va, laisse-moi mourir.

     

    Don Rodrigue

                                        Quatre mots seulement :

    Après, ne me réponds qu’avecque cette épée.

     

    Chimène

    Quoi ! du sang de mon père encor toute trempée !

     

       Don Rodrigue

    Ma Chimène…

     

    Chimène

                           Ôte-moi cet objet odieux,

    Qui reproche ton crime et ta vie à mes yeux.

     

    Don Rodrigue

    Regarde-le plutôt pour exciter ta haine,
    Pour croître ta colère, et pour hâter ma peine.

     

    Chimène

    Il est teint de mon sang.  

     

    Don Rodrigue

                                        Plonge-le dans le mien,
    Et fais-lui perdre ainsi la teinture du tien.

     

    Chimène

    Ah ! quelle cruauté, qui tout en un jour tue
    Le père par le fer, la fille par la vue !
    Ôte-moi cet objet, je ne puis le souffrir :
    Tu veux que je t’écoute, et tu me fais mourir !

     

       Don Rodrigue

    Je fais ce que tu veux, mais sans quitter l’envie

    De finir par tes mains ma déplorable vie ;
    Car enfin n’attends pas de mon affection
    Un lâche repentir d’une bonne action.
    L’irréparable effet d’une chaleur trop prompte
    Déshonorait mon père, et me couvrait de honte.
    Tu sais comme un soufflet touche un homme de cœur ;
    J’avais part à l’affront, j’en ai cherché l’auteur :
    Je l’ai vu, j’ai vengé mon honneur et mon père ;
    Je le ferais encor, si j’avais à le faire.
    Ce n’est pas qu’en effet contre mon père et moi
    Ma flamme assez longtemps n’ait combattu pour toi ;
    Juge de son pouvoir : dans une telle offense
    J’ai pu délibérer si j’en prendrais vengeance.
    Réduit à te déplaire, ou souffrir un affront,
    J’ai pensé qu’à son tour mon bras était trop prompt ;
    Je me suis accusé de trop de violence ;
    Et ta beauté sans doute emportait la balance,
    À moins que d’opposer à tes plus forts appas
    Qu’un homme sans honneur ne te méritait pas ;
    Que malgré cette part que j’avais en ton âme,
    Qui m’aima généreux me haïrait infâme ;

    Qu’écouter ton amour, obéir à sa voix,
    C’était m’en rendre indigne et diffamer ton choix.
    Je te le dis encore ; et quoique j’en soupire,
    Jusqu’au dernier soupir je veux bien le redire :
    Je t’ai fait une offense, et j’ai dû m’y porter
    Pour effacer ma honte, et pour te mériter ;
    Mais quitte envers l’honneur, et quitte envers mon père,
    C’est maintenant à toi que je viens satisfaire :
    C’est pour t’offrir mon sang qu’en ce lieu tu me vois.
    J’ai fait ce que j’ai dû, je fais ce que je dois.
    Je sais qu’un père mort t’arme contre mon crime ;
    Je ne t’ai pas voulu dérober ta victime :
    Immole avec courage au sang qu’il a perdu
    Celui qui met sa gloire à l’avoir répandu.

     

    Chimène

    Ah ! Rodrigue, il est vrai, quoique ton ennemie,
    Je ne te puis blâmer d’avoir fui l’infamie ;
    Et de quelque façon qu’éclatent mes douleurs,
    Je ne t’accuse point, je pleure mes malheurs.
    Je sais ce que l’honneur, après un tel outrage,
    Demandait à l’ardeur d’un généreux courage :
    Tu n’as fait le devoir que d’un homme de bien ;
    Mais aussi, le faisant, tu m’as appris le mien.
    Ta funeste valeur m’instruit par ta victoire ;
    Elle a vengé ton père et soutenu ta gloire :
    Même soin me regarde, et j’ai, pour m’affliger,
    Ma gloire à soutenir, et mon père à venger.
    Hélas ! ton intérêt ici me désespère :
    Si quelque autre malheur m’avait ravi mon père,
    Mon âme aurait trouvé dans le bien de te voir
    L’unique allégement qu’elle eût pu recevoir ;
    Et contre ma douleur j’aurais senti des charmes,

    Quand une main si chère eût essuyé mes larmes.
    Mais il me faut te perdre après l’avoir perdu ;
    Cet effort sur ma flamme à mon honneur est dû ;
    Et cet affreux devoir, dont l’ordre m’assassine,
    Me force à travailler moi-même à ta ruine.
    Car enfin n’attends pas de mon affection
    De lâches sentiments pour ta punition.
    De quoi qu’en ta faveur notre amour m’entretienne,
    Ma générosité doit répondre à la tienne :
    Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi ;
    Je me dois, par ta mort, montrer digne de toi.

     

    Don Rodrigue

    Ne diffère donc plus ce que l’honneur t’ordonne :

    Il demande ma tête, et je te l’abandonne ;
    Fais-en un sacrifice à ce noble intérêt :
    Le coup m’en sera doux, aussi bien que l’arrêt.
    Attendre après mon crime une lente justice,
    C’est reculer ta gloire autant que mon supplice.
    Je mourrai trop heureux, mourant d’un coup si beau.

     

    Chimène

    Va, je suis ta partie, et non pas ton bourreau.

    Si tu m’offres ta tête, est-ce à moi de la prendre ?
    Je la dois attaquer, mais tu dois la défendre ;
    C’est d’un autre que toi qu’il me faut l’obtenir,
    Et je dois te poursuivre, et non pas te punir.

     

    Don Rodrigue

    De quoi qu’en ma faveur notre amour t’entretienne,

    Ta générosité doit répondre à la mienne ;
    Et pour venger un père emprunter d’autres bras,
    Ma Chimène, crois-moi, c’est n’y répondre pas :

    Ma main seule du mien a su venger l’offense,
    Ta main seule du tien doit prendre la vengeance.

     

    Chimène

    Cruel ! à quel propos sur ce point t’obstiner ?
    Tu t’es vengé sans aide, et tu m’en veux donner !
    Je suivrai ton exemple, et j’ai trop de courage
    Pour souffrir qu’avec toi ma gloire se partage.
    Mon père et mon honneur ne veulent rien devoir
    Aux traits de ton amour ni de ton désespoir.

     

    Don Rodrigue

    Rigoureux point d’honneur ! hélas ! quoi que je fasse,

    Ne pourrai-je à la fin obtenir cette grâce ?
    Au nom d’un père mort, ou de notre amitié,
    Punis-moi par vengeance, ou du moins par pitié.
    Ton malheureux amant aura bien moins de peine
    À mourir par ta main qu’à vivre avec ta haine.

     

    Chimène

    Va, je ne te hais point.

     

    Don Rodrigue

    Tu le dois.

     

    Chimène

    Je ne puis.

     

    Don Rodrigue

    Crains-tu si peu le blâme, et si peu les faux bruits ?

    Quand on saura mon crime, et que ta flamme dure,
    Que ne publieront point l’envie et l’imposture !
    Force-les au silence, et, sans plus discourir,
    Sauve ta renommée en me faisant mourir.

     

    Chimène

    Elle éclate bien mieux en te laissant la vie ;
    Et je veux que la voix de la plus noire envie
    Élève au ciel ma gloire et plaigne mes ennuis,
    Sachant que je t’adore et que je te poursuis.
    Va-t’en, ne montre plus à ma douleur extrême
    Ce qu’il faut que je perde, encore que je l’aime.
    Dans l’ombre de la nuit cache bien ton départ :
    Si l’on te voit sortir, mon honneur court hasard.
    La seule occasion qu’aura la médisance,
    C’est de savoir qu’ici j’ai souffert ta présence :
    Ne lui donne point lieu d’attaquer ma vertu.

     

    Don Rodrigue

    Que je meure !

     

    Chimène

    Va-t’en.

     

    Don Rodrigue

    À quoi te résous-tu ?

     

    Chimène

    Malgré des feux si beaux, qui troublent ma colère,
    Je ferai mon possible à bien venger mon père ;
    Mais malgré la rigueur d’un si cruel devoir,
    Mon unique souhait est de ne rien pouvoir.

    Don Rodrigue

    Ô miracle d’amour !

     

    Chimène

    Ô comble de misères !

     

    Don Rodrigue

    Que de maux et de pleurs nous coûteront nos pères !

     

    Chimène

    Rodrigue, qui l’eût cru ?

     

    Don Rodrigue

    Chimène, qui l’eût dit ?

     

    Chimène

    Que notre heur fût si proche et sitôt se perdît ?

     

    Don Rodrigue

    Et que si près du port, contre toute apparence,

    Un orage si prompt brisât notre espérance ?

    Chimène

    Ah ! mortelles douleurs !

     

    Don Rodrigue

    Ah ! regrets superflus !

     

    Chimène

    Va-t’en, encore un coup, je ne t’écoute plus.

     

    Don Rodrigue

     

    Adieu : je vais traîner une mourante vie,
    Tant que par ta poursuite elle me soit ravie.

     

    Chimène

    Si j’en obtiens l’effet, je t’engage ma foi

    De ne respirer pas un moment après toi.
    Adieu : sors, et surtout garde bien qu’on te voie.

     

    Elvire

    Madame, quelques maux que le ciel nous envoie…

     

    Chimène

    Ne m’importune plus, laisse-moi soupirer,
    Je cherche le silence et la nuit pour pleurer.

     

    ..................................................................
    Note de mamiehiou

    Je me souviens avec nostalgie de Gérard Philipe qui avait si admirablement interprété Rodrigue, il y a bien longtemps déjà, et qui s'est éteint, si jeune encore, laissant le théâtre orphelin. Je ne puis me détacher de son image lorsque je songe au Cid.

    Images correspondant à gérard philipe

    ..................................................................

    Une façon de dire "Je t'aime", la litote la plus célèbre de la littérature française : "Je ne te hais point."

    Voir dans ce blog : Comment dites-vous "Je t'aime" ? Je te kiffe, je ne te hais point, tu me bottes, je suis morgane de toi, je t'ai dans la peau, mon coeur s'est embrasé, etc. ?

    Lire d'autres textes d'auteurs dans :

    FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES

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    9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:17

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    LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

     

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    Petit exercice

    Qu'écririez-vous : C'était ou C'étaient ?

    1-... de beaux rêves !

    2-... ton père et ta mère qui riaient.

    3-... nous qui dansions.

    Voir la solution en fin d'article

     

     a, b, c......?

    1

    Un mot fantôme est

    a-un mot qui hante des dictionnaires mais qui, en fait, ne correspond à rien.

    b-un mot que l'on ne trouve plus dans les dictionnaires d'aujourd'hui parce que l'objet qu'il désigne n'existe plus.

     

    2

    Le féminin de châtain est

    a-châtaine

    b-châtaigne

    c-chataigne

     

    3

    On dit

    a-une autoroute

    b-un autoroute

     

    4

    On dit 

    a- une interview

    b-un interview

     

    5

    On dit

    a-C'est un espèce d'engin, un espèce de bonhomme.

    b-C'est une espèce d'engin, une espèce de bonhomme.

     

    6

    On écrit 

    a-il a crû

    b-un psychiatre

    c-il a pû le faire

    d-il a dû le faire

     

    7

    On dit

    a-N'espérons pas qu'il vienne !

    b-N'espérons pas qu'il viendra !

     

    8

    On dit : Je viens de t'envoyer

    a-un mél

    b-un courriel

    c-un message électronique

    d-un e-mail

    e-un mail

     

    9

    On dit

    a-J'ai été à Paris, et toi ?

    b-Je suis allé à Paris, et toi ?

     

    10

    À la fin d'une lettre, si vous êtes une femme, vous écrivez à quelqu'un que vous appréciez

    a-Je suis tout à vous.

    b-Je suis toute à vous

     

    11

    a-À partir de ce moment-là, nous nous haîmes de bon coeur.

    b-À partir de ce moment-là, nous nous haïmes de bon coeur.

     

    12

    Vous écrivez sur votre chèque :

    a-deux cent quatre-vingt euros

    b-deux cents quatre-vingts euros

    c-deux cent quatre-vingts euros

     

     

    Correction

    Les bonnes réponses sont en rouge

     

    1

    Un mot fantôme est

    a-un mot qui hante des dictionnaires mais qui en fait ne correspond à rien.

    b-un mot que l'on ne trouve plus dans les dictionnaires d'aujourd'hui parce que l'objet qu'il désigne n'existe plus.

    1a

    Un mot fantôme est un mot qui hante un ou plusieurs dictionnaires, mais qui, en fait, n'existe pas. Il serait dû à une mélecture, une mauvaise transcription (ou copie) du mot.

    Godefroy, dans son dictionnaire (XIIe siècle), aurait écrit afuier (fuir, abandonner, s'en aller) au lieu de a(f)finer.

    Voir : http://www.atilf.fr/MotsFantomes

    Base des mots fantômes : http://www.atilf.fr/MotsFantomes, ATILF - CNRS & Université de Lorraine

    Reprise de la note du texte des Délires 151

    2

    Le féminin de châtain fait

    a-châtaine

    b-châtaigne

    c-chataigne

    2a

    a-châtaine

    Voir Le Trésor de la Langue Française : CHÂTAIN, AINE, adj. et subst.

    « De nombreux dictionnaires généraux déplorent l'absence du féminin; cf. Bescherelle, Littré et Larousse 19e qui l'explique par la répugnance à utiliser la forme régulière châtaigne autant que la forme irrégulière châtaine. Noter qu'on rencontre la forme chataigne (sans accent)

    chataigne est très rare, Le Trésor cite Jean Richepin.

     

    Littré : Le féminin serait utile, et il a été conseillé par plusieurs grammairiens qui veulent qu'on dise : barbe châtaine, chevelure châtaine.

     

    On notera que l'adjectif châtain suivi d'un adjectif est invariable. Des cheveux châtain clair.

    On peut dire une barbe châtain ou une barbe châtaine. »

    3

    On dit

    a-une autoroute

    b-un autoroute

    3a

    a-Une autoroute, le mot est calqué sur l'italien autostrada (une autostrade)

     

    4

    On dit

    a-une interview

    b-un interview

    4a

    a-Une interview, le mot vient du français une entrevue.

    5

    On dit

    a-C'est un espèce d'engin, un espèce de bonhomme.

    b-C'est une espèce d'engin, une espèce de bonhomme.

    5b

    b-Une espèce de bonhomme (de fou, de malotru..) 

    Une espèce : le mot espèce est toujours au féminin.

    Voir l'article : Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4.

    6

    On écrit 

    a-il a crû

    b-un psychiatre

    c-il a pû le faire

    d-il a dû le faire

    6a

    b

    d

    a-Attention :

    il a crû : verbe croître

    il a cru : verbe croire

     

    b-un psychiatre

    le suffixe -iatre n'a pas d'accent circonflexe

    L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux... + Quiz 58


    d-il a dû le faire

    Ne pas confondre : du, dû, dus, due, dues, dut et dût

    On dit

    a-N'espérons pas qu'il vienne !

    b-N'espérons pas qu'il viendra !

    7a

    a-N'espérons pas qu'il vienne !

    Mais on dit :

    Espérons qu'il viendra.

    Voir : Espérer que - J'espère que, je n'espère pas que, espérez-vous que - Inutile que - Prendre garde que, à ce que - Faire attention que, à ce que + subjonctif ou indicatif ? 

    8

    On dit : Je viens de t'envoyer

    a-un mél

    b-un courriel

    c-un message électronique

    d-un e-mail

    e-un mail

    8b

    et c

    Préférez b-Je viens de t'envoyer un courriel, un message électronique

    Courriel est d'origine québécoise. Terme approuvé par l'Académie en 2003.

    On peut écrire message électronique.

    Mél. est l'abréviation de message électronique. On l'utilise devant une adresse électronique, comme tél. est utilisé devant un numéro de téléphone.

    Voir : Dire, ne pas dire | Académie française

    Voir questions de langues

    9

    On dit

    a-J'ai été à Paris, et toi ?

    b-Je suis allé à Paris, et toi ?

    9a

    et b

    a-J'ai été à Paris, et toi ?

    b-Je suis allé à Paris, et toi ?

     

    Être dans le sens de aller

    Le verbe être peut remplacer le verbe aller, dans la langue courante aux temps composés ; J'ai été à Paris.

    Littré précise que dans ce cas, j'y suis allé et j'en suis revenu.

     

    On a aussi :

    Je m'en fus, je m'en allai.

    Le verbe être au passé simple et au subjonctif imparfait est du style soutenu et littéraire :  

    Je m'en fus à la campagne. Il s'en fut regarder les avions dans le ciel.

    Il fallait bien qu'il s'en fût sans se retourner.

    10

    À la fin d'une lettre, si vous êtes une femme, vous écrivez à quelqu'un que vous appréciez

    a-Je suis tout à vous.

    b-Je suis toute à vous

    10a

    a-Je suis tout à vous signifie : Je suis disposée à vous rendre service.

    Je suis toute à vous signifie : Je vous aime

    Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

    11

    a-À partir de ce moment-là, nous nous haîmes de bon coeur.

    b-À partir de ce moment-là, nous nous haïmes de bon coeur.

    11b

    b-À partir de ce moment-là, nous nous haïmes de bon coeur.

    Le verbe haïr conserve son tréma au passé simple, comme le verbe ouïr.

    Nous haïmes, vous haïtes

    Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !*

    12

    Vous écrivez sur votre chèque :

    a-deux cent quatre-vingt euros

    b-deux cents quatre-vingts euros

    c-deux cent quatre-vingts euros

    12c

    c-deux cent quatre-vingts euros

    cent et vingt prennent un s lorsqu'ils sont multipliés par un nombre qui les précèdent et non suivis d'un autre nombre.

    Savoir orthographier les adjectifs numéraux cardinaux (cent ou cents, vingt ou vingts...) + des millions, des milliards, des billions + Une réflexion sur "les liaisons dangereuses" de Michel Serres

     

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    8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 11:07

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    Pour trouver la définition d'un mot, voir l'Académie ou le Trésor sur le site : le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

     

    Faut-il un ou deux C à :

     

    1-

    pec(c)adille ou péc(c)adille, 

    pec(c)ule ou péc(c)ule,

    pec(c)able ou péc(c)able,

    pec(c)ant, ou péc(c)ant*,

    pec(c)uniaire ou péc(c)uniaire,

    impec(c)able ou impéc(c)able,

    pec(c)ore ou péc(c)ore,

    ec(c)hymose ou éc(c)hymose,

     

    2-

    oc(c)lusion,

    oc(c)ulter,

    oc(c)ulaire,

    oc(c)urrence,

    oc(c)uliste,

     

    3-

    ac(c)arien,

    ac(c)abit,

    ac(c)aparer,

    ac(c)ariâtre,

    ac(c)ompte,

    ac(c)umuler,

    s'ac(c)oquiner,

    ac(c)oustique,

    ac(c)uité,

    ac(c)upuncture,

    ac(c)uler,

    ac(c)oler,

    ac(c)olyte,

     

    4-

    sac(c)ager,

    sac(c)harine,

    sac(c)oche,

    sic(c)ativité,

    sic(c)aire,

     dessic(c)ation,

    suc(c)ube,

    suc(c)ulent,

    suc(c)omber,

    suc(c)ursale,

     

    5-

    buc(c)al,

    bac(c)alauréat,

    bac(c)hanales,

    bac(c)hantes,

    bac(c)ara,  

    bac(c)arat,

     

    6-

    et soc(c)er

     

    Correction

     

    1-peccadille, pécule, peccable*, peccant*, pécuniaire, impeccable*, pécore, ecchymose,

     

    2-occlusion, occulter, oculaire, occurrence, oculiste,

     

    3-acarien, acabit, accaparer, acariâtre, acompte, accumuler, s'acoquiner, acoustique, acuité, acupuncture, acculer, accoler, acolyte,

     

    4-saccager, saccharine, sacoche, siccativité, sicaire, succube, succulent, succomber, succursale, dessiccation,

     

    5-buccal, baccalauréat, bacchanales, bacchantes, baccara, baccarat,

     

    6-et soccer, prononcer [sɔkœːʀ] football en anglais.

     

    *Note

    Quelques mots de la famille de péché - Littré

    peccant, ante

    Terme de médecine, épithète donnée par les humoristes aux humeurs quand elles pèchent par rapport à la qualité surtout.

    Certaines humeurs, qu'entre nous autres savants nous appelons humeurs peccantes. [Molière, Le médecin malgré lui]

    peccable

    Qui est capable de pécher. Tout homme est peccable.

    impeccable

    Terme de Théologie. Qui est incapable de pécher.

    Il n'y a que Dieu qui soit impeccable par nature. La Vierge n'a pu être impeccable que par grâce. Il n'y a point d'homme impeccable.

    Il signifie aussi, dans le langage ordinaire, Qui est incapable de faillir. J'ai pu faire une faute, faillir, je ne suis pas impeccable.

    Par extension, il signifie Qui est absolument régulier, correct. Sa conduite fut impeccable. Tenue impeccable. Toilette impeccable.

     

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    • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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