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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 15:48

FLORILÈGE

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 Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

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 -23-

 

Dictionnaire philosophique - Zoroastre

 

Voltaire ( 1694-1778)

Écrivain et philosophe des Lumières

 

Le zoroastrisme, l'ancienne religion perse.

 

On lit Candide, Zadig ou Micromégasles Contes de Voltaire sont au programme de français du bac - mais ouvre-t-on encore son Dictionnaire philosophique ?

Je vous donne l'article sur Zoroastre seulement pour rire de cette histoire en forme de conte, comme Voltaire savait si bien en écrire

Sachez bien sûr que je ne veux en rien choquer quelque sensibilité que ce soit – on ne sait jamais ! Voltaire ne se souciait d'ailleurs guère de ce détail.

 

Vous l'aurez compris, j'aime Voltaire.

 

Zoroastre inspirera Nietsche pour son conte philosophique : Also sprach Zarathustra. Ein Buch für Alle und Keinen : Ainsi parlait Zarathoustra ou Ainsi parla Zarathoustra. Un livre pour tous et pour personne ( publication 1883-1885).

 

 

Entrée dans le Dictionnaire philosophique page 616 : 

ZOROASTRE

 

Si c’est Zoroastre qui le premier annonça aux hommes cette belle maxime : « Dans le doute si une action est bonne ou mauvaise, abstiens-toi, » Zoroastre était le premier des hommes après Confucius.

Si cette belle leçon de morale ne se trouve que dans les cent Portes du Sadderlongtemps après Zoroastre, bénissons l’auteur du Sadder. On peut avoir des dogmes et des rites très-ridicules avec une morale excellente.

 Qui était ce Zoroastre ? Ce nom a quelque chose de grec, et on dit qu’il était Mède. Les Parsis d’aujourd’hui l’appellent Zerdust, ou Zerdast, ou Zaradast, ou Zarathrust. Il ne passe pas pour avoir été le premier du nom. On nous parle de deux autres Zoroastres [sic], dont le premier a neuf mille ans d’antiquité ; c’est beaucoup pour nous, quoique ce soit très-peu pour le monde.

Nous ne connaissons que le dernier Zoroastre.

Les voyageurs français Chardin et Tavernier nous ont appris quelque chose de ce grand prophète, par le moyen des Guèbres ou Parsis, qui sont encore répandus dans l’Inde et dans la Perse, et qui sont excessivement ignorants. Le docteur Hyde, professeur en arabe dans Oxford, nous en a appris cent fois davantage sans sortir de chez lui. Il a fallu que dans l’ouest de l’Angleterre il ait deviné la langue que parlaient les Perses du temps de Cyrus, et qu’il l’ait confrontée avec la langue moderne des adorateurs du feu.

C’est à lui surtout que nous devons ces cent Portes du Sadder, qui contiennent tous les principaux préceptes des pieux ignicoles.

Pour moi, j’avoue que je n’ai rien trouvé sur leurs anciens rites de plus curieux que ces deux vers persans de Sadi, rapportés par Hyde :

Qu’un Perse ait conservé le feu sacré cent ans,
Le pauvre homme est brûlé quand il tombe dedans.

Les savantes recherches de Hyde allumèrent, il y a peu d’années, dans le cœur d’un jeune Français, le désir de s’instruire par lui-même des dogmes des Guèbres.

Il fit le voyage des Grandes-Indes pour apprendre dans Surate, chez les pauvres Parsis modernes, la langue des anciens Perses, et pour lire dans cette langue le livre de ce Zoroastre si fameux, supposé qu’en effet il ait écrit.

Les Pythagore, les Platon, les Apollonius de Tyane, allèrent chercher autrefois en Orient la sagesse, qui n’était pas là. Mais nul n’a couru après cette divinité cachée, à travers plus de peines et de périls que le nouveau traducteur français des livres attribués à Zoroastre. Ni les maladies, ni la guerre, ni les obstacles renaissants à chaque pas, ni la pauvreté même, le premier et le plus grand des obstacles, rien n’a rebuté son courage.

Il est glorieux pour Zoroastre qu’un Anglais ait écrit sa vie au bout de tant de siècles, et qu’ensuite un Français l’ait écrite d’une manière tout différente. Mais ce qui est encore plus beau, c’est que nous avons, parmi les biographes anciens du prophète, deux principaux auteurs arabes, qui précédemment écrivirent chacun son histoire ; et ces quatre histoires se contredisent merveilleusement toutes les quatre. Cela ne s’est pas fait de concert ; et rien n’est plus capable de faire connaître la vérité.

Le premier historien arabe, Abu-Mohammed Moustapha, avoue que le père de Zoroastre s’appelait Espintaman ; mais il dit aussi qu’Espintaman n’était pas son père, mais son trisaïeul. Pour sa mère, il n’y a pas deux opinions : elle s’appelait Dogdu, ou Dodo, ou Dodu : c’était une très-belle poule d’Inde ; elle est fort bien dessinée chez le docteur Hyde.

Bundari, le second historien, conte que Zoroastre était Juif, et qu’il avait été valet de Jérémie ; qu’il mentit à son maître ; que Jérémie, pour le punir, lui donna la lèpre ; que le valet, pour se décrasser, alla prêcher une nouvelle religion en Perse, et fit adorer le soleil au lieu des étoiles.

Voici ce que le troisième historien raconte, et ce que l’Anglais Hyde a rapporté assez au long :

Le prophète Zoroastre étant venu du paradis prêcher sa religion chez le roi de Perse Gustaph, le roi dit au prophète : « Donnez-moi un signe. » Aussitôt le prophète fit croître devant la porte du palais un cèdre si gros, si haut, que nulle corde ne pouvait ni l’entourer, ni atteindre sa cime. Il mit au haut du cèdre un beau cabinet où nul homme ne pouvait monter. Frappé de ce miracle, Gustaph crut à Zoroastre.

Quatre mages ou quatre sages (c’est la même chose), gens jaloux et méchants, empruntèrent du portier royal la clef de la chambre du prophète pendant son absence, et jetèrent parmi ses livres des os de chiens et de chats, des ongles et des cheveux de morts, toutes drogues, comme on sait, avec lesquelles les magiciens ont opéré de tout temps. Puis ils allèrent accuser le prophète d’être un sorcier et un empoisonneur. Le roi se fit ouvrir la chambre par son portier. On y trouva les maléfices, et voilà l’envoyé du ciel condamné à être pendu.

Comme on allait pendre Zoroastre, le plus beau cheval du roi tombe malade ; ses quatre jambes rentrent dans son corps, tellement qu’on n’en voit plus. Zoroastre l’apprend ; il promet qu’il guérira le cheval, pourvu qu’on ne le pende pas. L’accord étant fait, il fait sortir une jambe du ventre, et il dit : « Sire, je ne vous rendrai pas la seconde jambe que vous n’ayez embrassé ma religion. — Soit, dit le monarque. » Le prophète, après avoir fait paraître la seconde jambe, voulut que les fils du roi se fissent zoroastriens ; et ils le furent. Les autres jambes firent des prosélytes de toute la cour. On pendit les quatre malins sages au lieu du prophète, et toute la Perse reçut la foi.

Le voyageur français raconte à peu près les mêmes miracles, mais soutenus et embellis par plusieurs autres. Par exemple, l’enfance de Zoroastre ne pouvait pas manquer d’être miraculeuse ; Zoroastre se mit à rire dès qu’il fut né, du moins à ce que disent Pline et Solin. Il y avait alors, comme tout le monde le sait, un grand nombre de magiciens très-puissants ; et ils savaient bien qu’un jour Zoroastre en saurait plus qu’eux, et qu’il triompherait de leur magie. Le prince des magiciens se fit amener l’enfant, et voulut le couper en deux ; mais sa main se sécha sur-le-champ. On le jeta dans le feu, qui se convertit pour lui en bain d’eau de rose. On voulut le faire briser sous les pieds des taureaux sauvages : mais un taureau plus puissant prit sa défense. On le jeta parmi les loups ; ces loups allèrent incontinent chercher deux brebis qui lui donnèrent à téter toute la nuit. Enfin il fut rendu à sa mère Dogdo, ou Dodo, ou Dodu, femme excellente entre toutes les femmes, ou fille admirable entre toutes les filles.

Telles ont été dans toute la terre toutes les histoires des anciens temps. C’est la preuve de ce que nous avons dit souvent, que la fable est la sœur aînée de l’histoire.

Je voudrais que, pour notre plaisir et pour notre instruction, tous ces grands prophètes de l’antiquité, les Zoroastre, les Mercure Trismégiste, les Abaris, les Numa même, etc., etc., etc., revinssent aujourd’hui sur la terre, et qu’ils conversassent avec Locke, Newton, Bacon, Shaftesbury, Pascal, Arnauld, Bayle ; que dis-je ? avec les philosophes les moins savants de nos jours, qui ne sont pas les moins sensés. J’en demande pardon à l’antiquité, mais je crois qu’ils feraient une triste figure.

Hélas ! les pauvres charlatans ! ils ne vendraient pas leurs drogues sur le Pont-Neuf, Cependant, encore une fois, leur morale est bonne. C’est que la morale n’est pas de la drogue. Comment se pourrait-il que Zoroastre eût joint tant d’énormes fadaises à ce beau précepte de s’abstenir dans le doute si on fera bien ou mal ? C’est que les hommes sont toujours pétris de contradictions.

On ajoute que Zoroastre, ayant affermi sa religion, devint persécuteur. Hélas ! il n’y a pas de sacristain ni de balayeur d’église qui ne persécutât s’il le pouvait.

On ne peut lire deux pages de l’abominable fatras attribué à ce Zoroastre sans avoir pitié de la nature humaine. Nostradamus et le médecin des urines sont des gens raisonnables en comparaison de cet énergumène ; et cependant on parle de lui, et on en parlera encore. Ce qui paraît singulier, c’est qu’il y avait, du temps de ce Zoroastre que nous connaissons, et probablement avant lui, des formules de prières publiques et particulières instituées. Nous avons au voyageur français l’obligation de nous les avoir traduites. Il y avait de telles formules dans l’Inde ; nous n’en connaissons point de pareilles dans le Pentateuque.

Ce qui est bien plus fort, c’est que les mages, ainsi que les brames, admirent un paradis, un enfer, une résurrection, un diable*. Il est démontré que la loi des Juifs ne connut rien de tout cela. Ils ont été tardifs en tout. C’est une vérité dont on est convaincu, pour peu qu’on avance dans les connaissances orientales.

 

*Le diable, chez Zoroastre, est Hariman, ou, si vous voulez, Arimane ; il avait été créé. C’était tout comme chez nous originairement ; il n’était point principe ; il n’obtint cette dignité de mauvais principe qu’avec le temps. Ce diable, chez Zoroastre, est un serpent qui produisit quarante-cinq mille envies. Le nombre s’en est accru depuis ; et c’est depuis ce temps-là qu’à Rome, à Paris, chez les courtisans, dans les armées, et chez les moines, nous voyons tant d’envieux. (Note de Voltaire.)

...............................................................

L'un des plus grands poètes persans Abū-Muḥammad Muṣliḥ al-Dīn bin Abdallāh Shīrāzī né en 1184  et mort en 1283 ou en 1291. Il est plus connu en occident sous le nom de Sadi ou Saadi.

 

À retrouver dans Wikisource :

Dictionnaire philosophique Garnier (1878)

 

À lire dans ce blog :

Du plaisir de la lecture des dictionnaires

 

Lire d'autres textes choisis par mamiehiou dans :
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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 07:06

LES DÉLIRES Tous les épisodes

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« Ô chère Oli, jusques à quand

Devrai-je aller, doux et fidèle

À tes côtés, t'obéissant ?

Est-ce une chose naturelle

De te suivre par tous les temps ?

Ô chère Oli, jusques à quand

Voudrai-je déployer mon zèle

À t'aimer tant ? Jusques à quand ? »

 

À ces tendres paroles que Prétatou* avaient si joliment habillées, mon coeur frémit d'émoi. Et je me demandai soudain, comment les animaux, êtres sensibles s'il en fut, pouvaient avoir, à ce point, un tel pouvoir sur le coeur humain si tant est qu'on les aimât ou qu'on s'intéressât à eux, comment il se faisait que la plupart des hommes ne fussent point convaincus que les bêtes étaient dignes d'être respectées tout autant qu'eux-mêmes. Les lois en disaient long sur l'iniquité dont elles étaient victimes, et bien qu'Aristote se fût posé la question de savoir si ces créatures avait droit au paradis, bien que François d'Assise eût été l'apôtre des animaux et qu'il sût converser joyeusement avec les oiseaux, bien que notre grand historien Michelet eût plaidé pour leur cause, on peut voir aujourd'hui encore, non condamnés, des sévices cruels infligés à nos frères (d'aucuns disent « nos frères inférieurs » — je vous demande bien pourquoi : avez-vous essayé de voler comme l'aigle ou de nager comme le requin ? Que nenni !)

 

Prétatou, toujours attentif à mes pensées les plus intimes, comme ne l'aurait fait aucun compagnon de mon espèce, sauta sur l'occasion pour ajouter que de nombreux saints s'étaient fait accompagner par des animaux qu'ils affectionnaient et qu'on ne manquait pas de les voir, dans l'iconographie traditionnelle, flanqués de leur ami favori, comme Saint Benoît et son corbeau, Saint Eustache ainsi que Saint Hubert et leurs cerfs, Saint Éloi et son cheval, Sainte Geneviève et son mouton, Saint Antoine et son cochon, Saint Basile et sa colombe, Saint Loup et son loup, Sainte Agnès et son agneau...

« Ah ! Je crois bien que nous allons y passer la nuit, l'interrompis-je. Baignons dans la douceur de cette litanie et laissons se baisser lentement nos paupières alourdies. »

J'eus tout juste le courage de murmurer « bonne nuit » et je n'entendis pas :

« Ô chère Oli, jusques à quand

Voudrai-je déployer mon zèle

À t'aimer tant ? Jusques à quand ? »

.....................................................

*Pour celui ou celle qui n'aurait encore lu aucuns Délires, qu'il sache que Prétatou est le chien d'Oli, qu'il peut parler, sentir, deviner les choses – comme tous les chiens d'ailleurs !

 

NOTES

Titre : Délires sur l'amour que d'aucuns portent aux animaux

d'aucuns, certains

Dans la note : Pour celui ou celle qui n'auraient encore lu aucuns Délires...

aucuns, ici au pluriel (le titre Délires étant au pluriel)

Voir : Aucun, aucuns, aucune, aucunes, d'aucuns

 

« Ô chère Oli, jusques à quand... »

Jusques au lieu de jusque

Une paragoge est une addition à la fin d'un mot.

Le s est une paragoge que l'on emploie dans un vers si l'euphonie ou la mesure du vers (nombre de syllabes) l'exige.

jusqu'à quand = trois syllabes

jusques à quand : quatre syllabes

Jusque, jusques, voir l'article : Jusque, jusqu'à, jusqu'hier, jusques, jusques et y compris, jusques à quand, jusqu'à ce que...

 

Le vers compte 8 syllabes, c'est un octosyllabe

 

Ô

chè

ro

li

jus

que

za

quand

1

2

3

4

5

6

7

8

Le vers aurait compté 7 syllabes si l'on avait eu "jusqu'à quand". Il aurait été faux.

 

Ô

chè

ro

li

jus

qu'à

quand

1

2

3

4

5

6

7

 

Pour en savoir + Versification. Comment compter les pieds (syllabes) d'un vers ?

 

Une autre paragoge : avecque ou avecques au lieu de avec.

Dans L'Étourdi de Molière

Les dettes aujourd'hui, quelque soin qu'on emploie,
Sont comme les enfants que l'on conçoit en joie,
Et dont avecque peine on fait l'accouchement.

...

 

Dans la fable de La Fontaine Les Loups et les Brebis

Après mille ans et plus de guerre déclarée,
Les loups firent la paix avecque les brebis.

 

Dans l'Encyclopédie Panckoucke* (Tome Second, page 758) on lit qu'une paragoge est une espèce de métaplasine** qui change le matériel primitif d'un mot par une addition faite à la fin.

**métaplasine (altération d'un mot)

 

Suivent des exemples comme quand nous ajoutons un -E à un mot masculin pour en faire un féminin, comme la lettre -S pour marquer le pluriel, -MENT aux adjectifs pour avoir des adverbes, -TÉ pour en dériver des noms abstraits, etc.

 

*l'Encyclopédie Panckoucke ou L’Encyclopédie méthodique ou par ordre de matières par une société de gens de lettres, de savants et d'artistes ; précédée d'un Vocabulaire universel, servant de Table pour tout l'Ouvrage, ornée des Portraits de MM. Diderot et d'Alembert, premiers Éditeurs de l'Encyclopédie. Publiée de 1782 à 1832

 

voudrai-je déployer mon zèle à t'aimer tant

Mettre du zèle à faire quelque chose, s'empresser à faire quelque chose

> Ne pas confondre : s'empresser à et s'empresser de. Voir l'article : Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

 

mon coeur frémit d'émoi

émoi, trouble, émotion.

 

comment les animaux, êtres sensibles s'il en fut,

s'il en fut : comme il n'y en a pas d'autres

On insiste sur une vérité, une réalité.

Expression figée au passé simple. fut et pas fût !

 

Si tant est qu'on les aimât...

> Si tant est que, locution conjonctive suivie du subjonctif ou de l'indicatif

 

les lois en disaient long sur l'iniquité dont les bêtes étaient victimes

Iniquité, grande injustice.

 

bien qu'Aristote se fût posé la question

bien que suivi du subjonctif > Bien que

 

Style indirect : Et je me demandai soudain, comment les animaux, êtres sensibles s'il en fut, pouvaient avoir, à ce point, un tel pouvoir sur le coeur humain si tant est qu'on les aimât ou qu'on s'intéressât à eux, comment il se faisait que la plupart des hommes ne fussent point convaincus que les bêtes étaient dignes d'être respectées tout autant qu'eux-mêmes.

Style direct : Et je me demandai soudain : "Comment les animaux, êtres sensibles s'il en est, peuvent-ils avoir, à ce point, un tel pouvoir sur le coeur humain si tant est qu'on les aime ou qu'on s'intéresse à eux ? Comment se fait-il que la plupart des hommes ne soient point convaincus que les bêtes sont dignes d'être respectées tout autant qu'eux-mêmes ?

Voir : La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style (ou le discours) direct et indirect

 

Jules Michelet, 1798-1874 historien français.

Auteur d'un plaidoyer pour les animaux dans La République des Oiseaux et La Mer.

 

François d'Assise, ou Saint François d'Assise (né en 1181 ou en 1182 – mort en 1226), est un religieux catholique italien, fondateur des Franciscains, ordre des frères mineurs.

 

de nombreux saints s'étaient fait accompagner

fait et laissé sont invariables lorsqu'ils sont suivis d'un infinitif

Voir : L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...

<< 152 Délires sylvestres - « Lève-toi et marche !* »

>> 154 Délires dans la plus pénétrante obscurité de l'avenir

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 04:51

 

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L'heure était tardive. Nous avions bien parcouru sept lieues dans la forêt où la profusion des arbres, l'épaisseur des fourrés, l'emmêlement des branches mortes jonchant le sol, et le chevauchement des racines sur lesquelles nous butions, rendaient notre progression de plus en plus difficile, d'autant plus que l'obscurité s'épaississait sous le couvert des arbres. C'est alors que Prépatou commença à geindre.

Il se laissa soudainement tomber comme une masse.

« Je n'en puis mais, Oli. Que ne suis-je accouvé auprès du feu, me donnant le loisir de rêvasser à quoi bon me semble ! Je me sens défaillir. Peut-être même vais-je bientôt clapser.

Devrai-je présentement user d'une houssine pour t'en fouetter le train ? Je vois là une belle baguette de coudrier qui ferait bien l'affaire. »

Jamais au grand jamais Prétou n'avait entendu à son endroit de propos aussi durs. Il en fut tout marri.

« Toi, jérémia-t-il, d'ordinaire si douce, si enjouée, si indulgente même, as-tu à ce point-là changé ? À croire que la forêt maléfique ne te vaut rien. »

Il ne bougea d'un pouce, faisant mine d'être accravanté sous le poids de la fatigue.

« Lève-toi et marche !1  » lui intimai-je, ne croyant qu'à demi qu'un miracle pût se produire.

Il n'en fit rien. J'usai d'arguments.

« Eh bien cela promet ! N'ai-je pas jusqu'ici fait preuve de générosité envers toi ? Ne t'ai-je pas recueilli lorsque ta maîtresse a disparu ? Ne t'ai-je pas nourri, logé, câliné même ? J'ai cru à ton dévouement sincère et voilà que tu m'abandonnes dans un moment où j'ai besoin de toi !

Certes tu m'as recueilli, nourri, logé, câliné même et je me suis rassoté de toi. Tu m'as demandé de faire des choses si périlleuses qu'elles eussent pu m'envoyer tout droit au gibet. Rappelle-toi avec quelle constance et quelle habileté j'ai pu détourner les regards pervers des policiers en chasse2. Et lorsque tu me vois, ici, pantelant, gueusant quelque repos, tu demeures insensible. Je suis prêt à céder au coup qui me tue3. »

Je perçus un tantinet de sincérité dans ces propos quelque peu grandiloquents et je me radoucis. Certes, nous aurions pu, encore une heure, poursuivre notre chemin, mais je consentis à faire une halte pour la nuit.

Je déployais sur le sol ma couverture, et Prétatou, auquel je n'aurais pour rien au monde retiré mon affection, vint se lover dans mon giron.

« Viens mon bon chien et cessons nos querelles. » 

Il me gratifia d'une grosse lichade bien chaude, et il se délecta quand mes doigts le grattouillèrent (gratouillèrent) entre les deux oreilles.

..............................................................

*1-Lève-toi et marche !

Parole de Jésus dans l'Évangile (Nouveau Testament) Luc, 5 :24

2-Rappelez-vous les cabrioles et les pirouettes de Prétatou dans : 144 Délires à vous couper bras et jambes

3- Je suis prêt à céder au coup qui me tue.

Cf. Le Cid

Don Rodrigue "mon âme abattue / Cède au coup qui me tue."

Le Cid , Acte I, Scène VIPierre Corneille

Acte 1 , Scène 6

Don Rodrigue


Percé jusques au fond du coeur
D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable vengeur d'une juste querelle,
Et malheureux objet d'une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé,
Ô Dieu, l'étrange peine !
En cet affront mon père est l'offensé,
Et l'offenseur le père de Chimène !

 

NOTES

Nous avions bien parcouru sept lieues

une lieue, quatre kilomètres.

 

Il se laissa soudainement tomber comme une masse.

comme une masse : voir l'article sur les comparaisons :  Comparaisons – léger comme... méchante comme... long comme... nu comme... sourd comme... solide comme... ronfler comme... sauter comme... battre comme... jurer comme... menteur comme... QUIZ 52 

soudain, soudainement

1-soudain, adjectif, qui survient promptement et de façon inopinée.

Elle fut prise d'une soudaine envie de crier. 

2-soudain adverbe (dans le texte)

tout à coup, subitement, sans signe avant-coureur – Il peut se placer en début de phrase.

Soudain il apparut et je fus pris d'effroi.

Il apparut soudain et je fus pris d'effroi. 

3-soudainement (littéraire) adverbe formé sur l'adjectif au féminin, soudaine - d’une manière rapide et imprévue, on ne s'y attend pas

À la fin de l'été, ma mère tomba soudainement malade.

Des hirondelles avaient bâti leurs nids sous le bandeau du toit. Je les avais vues élever leurs petits hirondeaux. Puis elles partirent soudainement un jour d'automne.

Vues, le participe passé suivi d'un infinitif s'accorde avec le COD placé avant lui (les, mis pour hirondelles) quand ce COD fait l'action de l'infinitif (elles élèvent leur hirondeaux)

Voir l'article : Règles de l'accord des participes passés (§2, quatre cas)

 

Je n'en puis mais, locution vieillie.

Mais, adverbe.

Je n'en puis plus.

N'en pouvoir mais. Ne rien pouvoir à quelque chose

 

que ne suis-je accouvé auprès du feu

accouvé Cf. dictionnaire de Furetière : qui se tient au coin du feu en fainéant, en paresseux, sans vouloir en sortir pour travailler

 

peut-être même vais-je bientôt clapser

clapser, claboter (argot), mourir

 

devrai-je présentement user d'une houssine pour t'en fouetter le train

Une houssine, terme vieilli.

Cf. Littré. Baguette de houx ou de tout autre bois flexible, employée notamment pour faire aller sa monture ou battre les tapis, les vêtements. Houssine de houx, de coudrier. Battre un costume, un habit avec une houssine.

le train, le train arrière, le train de derrière - synonyme : l'arrière-train

 

jamais au grand jamais

> Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques... + Adverbes et locutions adverbiales de temps

 

il n'avait entendu en son endroit

à son endroit, à mon endroit, à l'endroit de quelqu'un, envers quelqu'un, à l'égard de quelqu'un.

 

Il en fut tout marri.

marri (vieux, littéraire) attristé, affligé.

 

Toi, jérémia-t-il, d'ordinaire si douce...

Mots dérivés de Jérémie :

jérémier, jérémiader, faire des jérémiades.

 

Jérémie (VIe siècle av. J.-C.) est l'un des prophètes majeurs de la Bible hébraïque ou Ancien Testament.

L'histoire de Jérémie se situe au temps de l'exil, en Perse.

Jérémie met en garde le peuple d'Israêl qui préfère servir des idoles plutôt que le vrai Dieu.« Revenez au Seigneur de tout votre coeur. » 

"Qui changera ma tête en eaux et mes yeux en sources de larmes pour que je pleure nuit et jour les blessés à mort de la fille de mon peuple?" Jérémie 9 : 11

Pour en savoir +

JÉRÉMIE

www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/chrysostome/synopse/jeremie.htm

ABRÉGÉ DES CHOSES DITES PAR LE PROPHÈTE JÉRÉMIE. Prédiction des maux qui arriveront à Israël par Nabuchodonosor.

Et Jérémie et son temps :

Étude sur le prophète Jérémie, par AugustinGretillat

http://ba.21.free.fr/gretillat/gretillat_jeremie.pdf

 

 

faisant mine d'être accravanté sous le poids de la fatigue

Accravanté, Cf. dictionnaire de Furetière :

Accabler sous un poids excessif. Si vous lui faites porter ce fardeau, c'est le moyen de l'acravanter, cet homme a été accravanté sous les ruines de sa maison. Ce mot est composé et dérivé de crever.

 

« Lève-toi et marche ! » lui intimai-je...

je lui intimai de se lever...

je lui enjoignis de se lever...

je lui ordonnai autoritairement de se lever...

 

ne croyant qu'à demi qu'un miracle pût se produire.

Pût se produire, subjonctif imparfait

Voir : Valeurs et emplois du subjonctif 

 

je me suis rassoté de toi

Rassoter, Cf Littré -Terme familier. Faire devenir sot ; rendre fou de....

Rassoter qqn de. Faire éprouver à quelqu'un un attachement déraisonnable envers.

Se rassoter, s'amouracher.

Se rassoter, v. réfl. Devenir rassoté. Se rassoter d'un nouvel amour.

 

gueusant quelque repos

gueuser, mendier, demander l'aumône

 

il me gratifia d'une grosse lichade

Lichade, baiser

autre acception : beuverie

 

mes doigts le gratouillèrent

Gratouillement, dérivé de gratouiller ou grattouiller (gratter légèrement).

(mot trouvé dans le Trésor de la Langue Française - TFLi)

 

<< 151 Délires où Prétatou trahit son nom

>> 153 Délires sur l'amour que d'aucuns portent aux animaux

 

Je cite plusieurs fois le Dictionnaire de Furetière que vous pouvez retrouver sur la toile.

Dictionnaire universel de Furetière XVIIe siècle - 1690

Dictionnaire universel, contenant généralement tous les mots ... 

Titre complet : Dictionnaire françois, contenant les mots et les choses, plusieurs nouvelles remarques sur la langue françoise : Ses Expressions Propres, Figurées & Burlesques, la Prononciation des Mots les plus difficiles, le Genre des Noms, le Régime des Verbes : Avec Les Termes les plus connus des Arts & des Sciences. Le tout tiré de l'Usage et des bons Auteurs de la Langue françoise.

A-E - F-O - P-Z

Edition de 1725, revue et augmentée par Henri Basnage de Beauval & Jean-Baptiste Brutel de La Rivière :

A-D - E-K - L-P - Q-Z

Je cite Furetière dans l'article :

Du plaisir de la lecture des dictionnaires

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 07:07

FLORILÈGE

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IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII          IIIIIIIIIIIIIIIIIII

 Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII          IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 

-22-

 

Louis Bourdaloue (1632-1704)

Le roi des prédicateurs et le prédicateur des rois

 

Sermons

 

À lire à haute voix pour l'effet à rendre :

 

Sermon sur les richesses (extrait)

 

« On veut être riche ; voilà la fin qu'on se propose et à laquelle on est absolument déterminé. Des moyens, on en délibérera dans la suite ; mais le capital est d'avoir, dit-on, de quoi se pousser dans le monde, de quoi faire quelque figure dans le monde, de quoi maintenir son rang dans le monde, de quoi vivre à son aise dans le monde ; et c'est ce que l'on envisage comme le terme de ses désirs. On voudrait bien y parvenir par des voies honnêtes, et avoir encore, s'il était possible, l'approbation publique ; mais, à défaut de ces voies honnêtes, on est secrètement disposé à en prendre d'autres et à ne rien excepter pour venir à bout de ses prétentions. »

 

« S'enrichir par une longue épargne ou par un travail assidu, c'était l'ancienne route que l'on suivait dans la simplicité des premiers siècles ; mais de nos jours on a découvert des chemins raccourcis et bien plus commodes. Une commission qu'on exerce, un avis qu'on donne, un parti où l'on entre, mille autres moyens que vous connaissez, voilà ce que l'empressement et l'impatience d'avoir a mis en usage. En effet, c'est par là qu'on fait des progrès surprenants ; par là qu'on voit fructifier au centuple son talent et son industrie ; par là qu'en peu d'années, qu'en peu de mois, de la poussière où l'on rampait, on s'élève jusque sur le pinacle. »

 

Merveilleux texte et tellement actuel ! Note de mamiehiou 

 

Lire sur ce blog : De la rhétorique - De l'éloquence - De la langue de bois - Des périphrases - Appeler un chat un chat

 

et d'autres textes dans : Florilège - la pensée des autres

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 08:33

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Pourriez-vous compléter les expressions

comportant une comparaison ?

Vous pouvez parfois trouver plusieurs solutions.

Les réponses suivent.

Pour trouver un mot, faites Ctrl+F

Complément d'un adjectif

1 blanc comme

jaune comme

noir comme

bleu(e) comme

bête comme

con comme

sale comme

propre comme

simple comme

vieux comme

rouge comme

2 gai comme

léger comme

sourd comme

méchante comme

bavard comme

bon comme

clair comme

droit comme

dur comme

sage comme

3 gracieux/ aimable/ poli comme

ennuyeux comme

faux comme

solide comme

fin comme

grand comme

heureux comme

insolent comme

lourd comme

malade comme

vêtu comme

4 mou comme

pâle comme

nu comme

plate comme

raide comme

souple comme

sérieux comme

têtu comme

vilain comme

moche comme

5 connu comme

fort comme un

courageux

fraîche comme

frais comme

doux comme

muet comme

myope comme

long comme

beau comme

beau/ belle comme

6 chaud comme

amer comme

barbu comme

blond comme

fier comme

pauvre comme

gueux comme

riche comme

tranquille comme

7 roué comme

attendu comme

fermé comme

malin comme

vif - rapide comme

serrés comme

rond comme

malheureux comme

haut comme

maigre comme

grosse comme

gros (dans le sens de petit) comme

un coeur gros comme

8 libre comme

plat comme

plate comme

 

Complément d'un verbe

9 filer, courir comme

chanter comme

s'y prendre comme

sortir comme

pleuvoir comme

glisser comme

tenir comme

pleurer comme
il fait noir comme

Aller comme

aller comme (seoir)

10 boire comme

parler français comme

crier comme

dormir comme

errer comme

s'étaler comme

être affalé comme

fuir comme

fuir quelqu'un comme

grimper comme

manger comme

11 rire comme

ronfler comme

rugir comme

sauter comme

siffler comme

rougir comme

saigner comme

taper comme

tomber comme

tourner comme

12 trembler comme

jurer comme

trotter comme

se vendre comme

battre comme

s'en moquer comme

aimer comme

arriver comme

s'y prendre comme

s'entendre comme

se dégonfler comme

13 cela se voit comme

se soucier de quelqu'un comme d'un...

se soucier - se moquer - se ficher de quelqu'un ou de quelque chose comme d'une...

 

Voici les expressions complétées

 

Complément d'un adjectif :

1 blanc comme neige - blanc comme un lys – blanc comme un linge

jaune comme un citron

noir comme jais - noir comme l'ébène

bleue comme une orange

Cf. Paul Eluard "La terre est bleue comme une orange"

(dans L'amour la poésie -1929)

bête comme chou - bête comme ses pieds - bête comme cochon - bête comme un âne

con comme la lune - con comme un balai

sale comme un cochon – sale comme un peigne

propre comme un sou neuf

simple comme bonjour

vieux comme le monde - comme Hérode - comme Mathusalem

rouge comme une tomate - rouge comme carotte – rouge comme une pivoine - rouge comme un coq

2 gai comme un pinson

léger comme une plume

sourd comme un pot

méchante comme une teigne – méchante comme la gale

bavard comme une pie

bon comme le bon Dieu - bon comme du bon pain

clair comme le jour - clair comme de l'eau de roche

droit comme un piquet - droit comme un i

dur comme l'acier - dur comme fer

sage comme une image

3 gracieux, aimable/ poli comme une porte de prison

ennuyeux comme la pluie

faux comme un jeton

(hypocrite - un faux jeton (sans trait d'union, cf. L'Académie)

solide comme un roc – solide comme le Pont-Neuf

(Le Pont-Neuf est le pont le plus ancien de Paris. Il a été construit à la fin du XVIe siècle)

fin comme une mouche (une fine mouche)

grand comme le monde

heureux comme un roi

insolent comme une porte cochère

lourd comme du plomb

malade comme un chien

vêtu comme l'as de pique

4 mou comme une chiffe

pâle comme un mort (comme la mort)

nu comme la main – nu comme un ver

plate comme une planche

raide comme des baguettes de tambour – raide comme la justice - raide comme un passe-lacets

souple comme un verre de lampe - souple comme un passe-lacets

sérieux comme un pape

têtu comme une mule – têtu comme un bourrique

vilain comme un singe - vilain comme un pou

moche comme un pou

5 connu comme le loup blanc

fort comme un Turc – fort comme un lion - fort comme Hercule

courageux comme un lion

fraîche comme une rose

frais comme un gardon

doux comme un agneau - doux comme un mouton - doux comme miel

muet comme une carpe

myope comme une taupe

long comme un jour sans pain

beau comme un dieu - beau comme un astre - beau comme le jour
belle comme un sapin de Noël – belle comme le jour

beau/ belle comme le jour - beau/ belle comme un camion

6 chaud comme braise - chaud comme une caille (porté sur le sexe)

amer comme chicotin (chicotin, plante amère)

barbu comme chèvre

blond comme les blés - blond comme Phœbus ou Phébus

(Apollon, dieu de la musique et des arts, est aussi appelé Phoebus chez les Romains.)

fier comme un paon - fier comme un coq - fier comme Artaban

(Artaban, nom donné à différents rois Parthes, et un personnage du roman Cléopâtre de Gautier de la Calprenède. Leur fierté était extrème.

On plaisante quand on dit : fier comme bar-tabac)

pauvre comme Job

gueux comme Job

riche comme Crésus

tranquille comme Baptiste

7 roué comme potence

attendu comme le messie

fermé comme une huître (très réservé)

malin comme un singe

vif (rapide) comme l'éclair

serrés comme des sardines - serrés (pressés) comme des harengs en caque

(serrés dans un petit espace.

Une caque est une barrique dans laquelle on conserve les harengs fumés ou salés.)

rond comme une queue de pelle (complètement ivre)

malheureux comme les pierres

haut comme trois pommes

maigre comme un clou

grosse comme une baleine

gros (dans le sens de petit) comme une tête d'épingle

un coeur gros comme ça

8 libre comme l'air

plat comme une punaise (qui est servile) - plat comme une limande

plate comme une limande en parlant d'une femme : qui n'a presque pas de poitrine -

plat comme une limande en parlant de quelqu'un, obséquieux servile.

 

Complément d'un verbe

9 filer, courir comme un zèbre

chanter comme une casserole

s'y prendre comme un manche

sortir comme un diable de sa boîte

pleuvoir comme vache qui pisse - pleuvoir comme des cordes - pleuvoir comme à Gravelotte

(En août 1870 Gravelotte et ses environs ont été le siège de terribles combats au cours de la guerre franco-prussienne)

il fait noir comme dans un four

glisser comme une anguille

tenir comme une teigne

(Cela tient comme une teigne se dit d'une chose qui tient fortement.)

courir comme un dératé - courir comme un lièvre - courir comme un Basque

pleurer comme une madeleine - pleurer comme un veau

Aller comme un enragé - aller comme le vent (ces expressions signifient toutes aller à toute allure)

aller comme un gant

10 boire comme un Polonais - boire comme un trou

parler français comme un Basque l'espagnol

(et non pas comme une vache espagnole !)

crier comme un aveugle qui a perdu son bâton - crier comme un possédé - crier comme un putois - crier comme un sourd

dormir comme un bienheureux- dormir comme un loir - dormir comme une souche

errer comme une âme en peine

s'étaler comme un veau

être affalé comme une loque

fuir comme une ombre

fuir quelqu'un comme la peste

grimper comme un chat

manger comme un ogre

11 rire comme un fou

ronfler comme un sabot - ronfler comme un sonneur

rugir comme un lion

sauter comme un cabri – sauter comme une puce (ne pas tenir en place)

siffler comme un merle

rougir comme une jeune fille

saigner comme un boeuf

taper comme un sourd

tomber comme une masse

tourner comme une toupie

12 trembler comme une feuille

jurer comme un charretier

trotter comme un lapin - trotter comme une souris

se vendre comme des petits pains

battre comme plâtre

s'en moquer comme de sa première chemise

s'en moquer comme de sa première culotte

s'en moquer comme de l'an 40

s'en moquer comme de Colin Tampon

(Cf. Littré 1880, Vaugelas pense que la locution : S'en moquer comme de colin-tampon, vient d'un dicton militaire né après la bataille de Marignan qui diminua le renom des Suisses ; il est plus probable que cette locution signifie seulement s'en moquer comme d'un vain bruit de tambour).

aimer comme un fou

arriver, venir comme un cheveu sur la soupe

s'y prendre comme un manche (mal s'y prendre)

s'entendre comme larrons en foire (pour faire un mauvais coup)

13 se dégonfler comme une baudruche

cela se voit comme le nez au milieu de la figure

se soucier de qqc. comme d'un fétu. (n'en faire aucun cas.)

se soucier - se moquer - se ficher de qqn (qqc.) comme d'une guigne.

 

Autres comparaisons

14 comme tout (simple, facile, etc. comme tout)

comme un pied : maladroitement.

comme pas deux : comme personne

comme un puits sans fond

une faim de loup

un froid de canard

un temps de chien

un vent à décorner les boeufs

15 être bouché à l'émeri : ne pas comprendre ce qui est dit

de la monnaie de singe

(Payer en monnaie de singe, c'est ne pas payer)

une voix de Stentor

(Dans la mythologie grecque, Stentor "à la voix d'airain" est le crieur de l'armée des Grecs lors de la guerre de Troie.)

menteur comme un arracheur de dents

16 danser devant le buffet (n'avoir rien à manger)

jeter l'argent par les fenêtres

manger de la vache enragée

pleuvoir des hallebardes

ronger son frein (ne pas manifester son impatience, sa colère, son dépit.)

etc.

Article connexe : Expressions françaises d'hier et d'aujourd'hui

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 10:31

 

 

Le miel

 

J'ai vu avec intérêt l'émission Allô Docteurs sur France 5 le vendredi 7 septembre 2012. On y parlait du miel et de ses vertus.

Le miel, entre autres qualités, possède des propriétés énergétiques et cicatrisantes.

Il aide à la cicatrisation : il aspire les sérosités, il est détergent et antiseptique. Son acidité empêche les microbes de se multiplier. Au contact de l'eau il fabrique de l'eau oxygénée.

Le miel appliqué sur une plaie est plus efficace que le tulle gras !

Il soigne l'acné. Acnéiques, barbouillez-vous de miel !


 


Mais attention !

Il ne faut jamais donner de miel à un enfant de moins d'un an. Son appareil digestif n'est pas assez développé. L'absorption de miel peut entraîner des troubles très graves.

 

Le miel alimentaire peut contenir des bactéries et des toxines.

 

Évitez les miels industriels (dans des pâtisseries diverses) qui sont souvent de mauvaise qualité et qui ne sont parfois que des sucres (fructose et glucose). 

 


 

Marina nous conseille de visiter le site :

Association Francophone d'Apithérapie

Cliquez sur Les remèdes

 

J'ai trouvé un autre site intéressant :

La propriété antibiotique du miel enfin démontrée


 

 
 

Le pamplemousse

 

On reconnaît au pamplemousse bien des vertus. Il n'est qu'à parcourir de nombreux sites qui l'affirment.
 


 

Mais attention !

Le pamplemousse ne doit pas être pris avec certains médicaments : immunodépresseurs, benzodiazépines, statines, inhibiteurs calciques, etc.

Les risques encourus peuvent être gravissimes : destruction musculaire, insuffisance rénale aiguë, choc hémorragique...

 

 

 
 

Le soja

 

Le soja est une plante dont on vante les qualités. On en trouve dans de très nombreux aliments.

La lécithine de soja remplace le beurre de cacao dans beaucoup de chocolats (Moins cher pour le fabricant, moins bon pour le palais !)

Mais si l'on s'attache à la question de savoir si le soja est bénéfique ou nocif pour qui a eu un cancer du sein ou bien s'il adoucit les effets de la ménopause, on entre dans un débat qui n'est pas près d'être clos !

Les phytoestrogènes contenus dans le soja sont des molécules proches des estrogènes - hormones chez la femme.


 

Dans le doute, que faire ?

La sagesse voudrait que l'on s'abstienne de manger du soja quand on fait partie d'un groupe à risque.

 

................................................................................................

 
Ajout du 20 septembre 2012 : Maïs génétiquement modifié : attention dangereux ! Expériences sur des rats, forte mortalité.

Lisez les étiquettes.

 

>> Sauvez des vies et sauvez la vôtre

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 15:16

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« Va te mistifriser, on sort ! »

« Qu'est-ce que tu fais ? Tu te mistrifises ?

« Regardez-la, comme elle s'est mistifrisée ! »

 

C'est une douce musique de mon enfance qui me revient en mémoire quand je pense à ce mot, quand ma mère le disait. Je croyais qu'elle était la seule à le connaître, ou bien qu'elle l'avait inventé, pour nous. Je ne l'avais jamais entendu prononcer par quiconque.

Si gai, si vivant, si pimpant avec ses trois i qui éclatent en sourires, il suppose une application toute particulière dans l'activité qu'il décrit.

 

Je me faisais belle, je me coiffais avec soin, je me pomponnais, je me mistifrisais.

Maman avait ses mots, ses mots bien à elle, qu'elle avait conservés de sa jeunesse, et je ne m'étonnais pas de ne les entendre, pour la plupart, que dans sa bouche. Certes, je connaissais beaucoup des expressions qu'elle employait — ils appartenaient à la langue bien de chez nous, le gaga — mais se mistifriser, non, je croyais vraiment qu'elle l'avait fait pour l'ajouter à son vocabulaire riche, savoureux, coloré.

 

Un jour que Monsieur Toubon, alors Ministre de la Culture et de la Francophonie préparait sa loi qu'on nommerait la Loi Toubon, comme il se doit, et qui verrait le jour le 4 août 1994, loi destinée à protéger notre belle langue française, notre précieux patrimoine linguistique, contre l'invasion anglophone, je l'entendis s'exprimer sur ce sujet à la radio, et soudain, dans son discours, il évoque des mots qu'il affectionne et prononce : « se mistifriser ».

Je n'en reviens pas ! Ainsi ce mot est-il connu et résonne-il dans d'autres familles que la mienne...

 

J'en ai fait cadeau à ma fille.

Comme tu es belle, ma fille, toute mistifrisée !

 

Si l'on jette un coup d'oeil curieux sur la toile, on rencontre que beaucoup de gens se mistifrisent de par le monde, de nombreux dialectes s'étant approprié le mot, le lyonnais, le bourbonnais, le normand, celui de la Saintonge, du Poitou et de l'Aunis, et même les Cadiens, ou Cajuns dont le parler d'origine vient de ces trois provinces, encore tellement attachés à leur vieille langue française, celle que leurs aïeux ont emportée avec eux jusqu'en Louisiane au XVIIe et XVIIIe siècle.

 

Non, je ne suis pas la seule à aimer ce vocable guilleret et je m'en réjouis fort. Ne l'ai-je pas trouvé dans le Soulier de Satin de Paul Claudel qui nous donne à voir des « courtisans dorés et mistifrisés ». Pas de mistigri là-dedans, ni de mystification comme une certaine interprétation voudrait nous le laisser croire, mais du gaga assurément.

 

Et la voix de ma mère — chère voix qui s'est tue — qui me l'a fait entendre si souventes fois.

Mamiehiou

 

NOTES

Le gaga, le parler stéphanois.

 

En regardant dans le dictionnaire de l'ancienne langue française de Godefroy, je lis quelques acceptions de miste.

Miste, adjectif : joli, gentil, bien mis, propret.

mais aussi

Miste comme substantif : élégant, élégante.

Une jeune damoyselle, miste, belle, gaillarde, dispose et affaitee. (1617, Le Diogène français)

Et d'autres encore.

Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXème au XVème siècle, Frédéric Godefroy, 1880-1895

.........................................................................

Quelques mots gaga que vous trouverez dans ce blog :

Se mistifriser, reprise de la note du texte des Délires n°118

 

beauseigne ! dans le texte : Les noms qui se terminent par au, aux, aus, eau, eaux, eu, eux, eus, oeu, oeux, ou, oux, ous

 

Les babets dans les notes du texte : 77 Délires qui vont m'amener à affronter l'inconnu

 

Le coissou, le matru, dans :  Poème - À Maxime nouveau-né - "Trois et Un font Quatre"

 

♥  La même pour la même chose, dans  Ceux-là même ou ceux-là mêmes ? Celles-là même ou celles-là mêmes

Emploi régional, gaga (parler de Saint-Étienne), lyonnais...

   « J'ai pris un petit vin du Forez. Et vous, qu'est-ce que vous prenez ?

   —La même ! »

 

♥  écafoiré dans : Une fable de Mamiehiou à la manière de La Fontaine : Le Gouda qui voulait se faire plus fort que le Camembert

 

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 01:17


À l'origine, aucun avait une valeur positive et signifiait quelque, quelqu'un. Il a aujourd'hui le plus souvent une valeur négative et s'accompagne de NE


1- adjectif indéfini (déterminant) 

 Il prend généralement la marque du singulier.  

Aucun livre ne l'intéresse.

 

sauf dans les cas où le nom qui le suit n'existe qu'au pluriel.

 Je ne lui commanderai aucuns travaux.

Tout cela n'a entraîné aucuns frais.


 ou si le nom a, au pluriel, un sens particulier qu'il n'a pas au singulier.  

L’acquéreur n’est tenu d’aucuns dommages et intérêts (Code civil, art. 1750)

À partir de cette année-là, je décidai que je n'irais plus jamais à aucunes eaux. Ni à Vichy, ni à Spa.

Comment ! Vous n'avez encore lu aucuns Délires de mamiehiou ?

 

Mais on le trouve parfois dans la langue littéraire sans qu'il ait un des sens donnés ci-dessus.

Il ne fallait goûter aucuns fruits de cet arbre.

Elle ne détenait aucuns droits.

 

2- pronom indéfini (représente un substantif) 

Comme l'adjectif, il est le plus souvent au singulier. 

J'attendais des amis, aucun n'est venu.

 

D'aucuns (littéraire) = certains, plusieurs.  

D'aucuns pourront critiquer ces élucubrations, cela m'est bien égal !

On rencontre parfois aucuns au lieu de d'aucuns.

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 17:39

 

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Question :

Que veut dire : Puissé-je être cru !

Quel est le mode et le temps de puissé-je ?

Peut-on écrire puissè-je ?

Réponse à la fin de l'article.

 

Le verbe pouvoir est un verbe défectif, il ne se conjugue pas à l'impératif.

> Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !

..............................

Le verbe pouvoir est transitif direct.

Son complément d'objet direct peut être :

-un infinitif

Il peut plaire

Nous pouvons gagner plus.

-un pronom neutre ( indéfini, personnel, démonstratif)

Tu peux tout et il ne peut rien.

C'est vrai, je le peux ?

Fais ce que tu peux !

..............................

Indicatif présent

À la forme affirmative :

Je peux, tu peux, il peut, nous pouvons, vous pouvez, ils peuvent.

Je peux me taire s'il le faut.

ou bien :

Je puis, tu puis (style soutenu), il puit (vieux, inusité aujourd'hui)

Je puis y renoncer si vous l'exigez.

Tu ne puis me forcer.

À la forme négative :

Je ne peux pas m'y faire, tu ne peux pas...etc.

Je ne puis (pas) l'avouer, tu ne puis pas...

À la forme interrogative :

Puis-je est obligatoire, peux-tu, peut-il...

Puis-je vous le dire, chère âme ?

..............................

Passé simple

Je pus, tu pus, il put, nous pûmes, vous pûtes, ils purent.

Nous pûmes aller danser et c'est ce que nous fîmes.

Je perdis ma pantoufle de vair et ne pus arriver à temps,

..............................

Subjonctif présent

> Valeurs et emplois du subjonctif

À la forme affirmative

Je puisse, tu puisses, il puisse, nous puissions, vous puissiez, ils puissent.

Il faut absolument que tu puisses me voir demain.

À la forme négative.

Je suis désolé que tu ne puisses pas venir avec nous.

Dans une phrase optative (on formule un souhait)

Puissé-je ou puissè-je, puisses-tu, puisse-t-il, puissions-nous, puissiez-vous, puissent-il...! Style soutenu

Puissé-je, orthographe traditionnelle

Puissè-je orthographe rectifiée en 1990

>> Réforme de l'orthographe

Puissé-je demeurer près de toi toute ma vie !

Puisses-tu être entendue !

Puisse-t-il ne pas m'en vouloir !

Puissiez-vous être aussi plein de retenue que votre ami !

Faute à ne pas faire : confusion entre puis-je et puissé-je.

Puis- je vous voir ? = Ai-je la possibilité, l'autorisation de vous voir ?

Puissé-je voir grandir mes petits-fils ! = Ah si je pouvais... ! Comme j'aimerais ... ! J'ai l'espoir de...

..............................

Subjonctif imparfait 

On sait que pour repérer la désinence du subjonctif imparfait d'un verbe, on pense au passé simple. (je pus >> je pusse)

Je pusse, tu pusses, il pût, nous pussions, vous pussiez, ils pussent.

Il fallait absolument que vous pussiez venir à ce rendez-vous. (style soutenu).

..............................

Impératif

Le verbe pouvoir n'existe pas à l'impératif.

..............................

Les participes sont invariables.

Participe passé : pu

Je n'ai pas pu arriver à mes fins. Elle aurait pu me dire que c'était trop difficile pour elle.

Participe présent : pouvant

Ne pouvant rien dire d'autre pour qu'elle comprenne ce que je voulais lui expliquer, j'ai jeté l'éponge.

..............................

Remarque : Je lis sur certains sites sur la toile : puissé-je, subjonctif imparfait. C'est une erreur, c'est un subjonctif présent.

Voir les articles : 

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

> Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !* 

> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre..."              

 

Réponse aux questions posées au début de l'article :

Que veut dire : Puissé-je être cru !

Quel est le mode et le temps de puissé-je ?

Peut-on écrire puissè-je ?

 

Puissé-je être cru !  langue soignée.

Phrase optative. On formule un souhait : Comme j'aimerais être cru ! Je voudrais tellement qu'on me croie ! J'espère/ je souhaite être cru.

Subjonctif présent de pouvoir

Puissé-je : orthographe traditionnelle

Puissè-je : orthographe rectifiée en 1990

 > Réforme de l'orthographe

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 12:30

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Petit exercice préliminaire :

Complétez par GANT, GUANT, GEANT ou GENT

Tu es bien exig- et fatig-, mon chéri !

Les avis converg- vers les miens seront admis.

C'est le personnel navig-.qui était inquiet.

Le sous-marin navig- entre deux eaux était silencieux.

À qui est donc cette tête émerg- des eaux glacées ?

Beaucoup trop d'intérêts diverg- nous séparent.

Nombreux sont les pays, pauvres autrefois, émerg- aujourd'hui de leurs difficultés économiques.

Solution donnée à la fin de cette page.

Article à lire avant ou après les exercices, pour en savoir +

Ne pas confondre participes présents, gérondifs et adjectifs verbaux, (en) fatiguant fatigant – (en) convainquant convaincant – (en) émergeant émergent – (en) résidant résident...

 

QUIZ 51 : écrire un mot en -ant ou -ent, dérivé du verbe surligné en jaune : participe présent, adjectif verbal, gérondif ou substantif.

 

Exemple : Nos avis sont diverger, nous ne nous accorderons jamais.

Nos désirs, diverger sensiblement, nous firent nous éloigner l'un de l'autre.

 

>> Nos avis sont divergents, nous ne nous accorderons jamais.

Nos désirs, divergeant sensiblement, nous firent nous éloigner l'un de l'autre.

 

 

Un professeur qui n'en peut mais

 

Après son accident, il rentra chez lui en claudiquer, il était déjà bien inquiétant avec son oeil de verre !

Je le reconnaissais de loin quand j'entendais son pas claudiquer résonner dans les couloirs, je retenais mon souffle.

On faisait à l'école des expériences avec les vases communiquer, on s'arrosait, c'était à mourir de rire. Mais notre professeur borgne et boiteux nous lorgnait et il avait tôt fait de nous terroriser en nous communiquer ses angoisses.

Il fumait comme une locomotive, négliger toute interdiction, et l'air en devenait suffoquer. 

Suffoquer et toussant, on avait de la peine à répondre à ses questions.

C'est en nous provoquer chaque jour par ses propos pour le moins provoquer qu'il éveilla en nous le désir de nous venger.

Il n'était pas aussi convaincre qu'il le croyait, vaquer dans notre salle de classe à pas inégaux et zigzaguer, nous faisant croire qu'on pouvait gober tous ses discours péremptoires, même les plus intriguer, les plus extravaguer, divaguer sans cesse sur la physique expérimentale, moléculaire, nucléaire, quantique et j'en passe, à tel point que, naviguer dans les sphères scientifiques les plus pointues, nous allions, somnoler irrésistiblement, et malgré cela, adhérer sans regimber à toutes ces théories auxquelles nous ne comprenions rien.

Et nos têtes tanguer et somnoler, violer toutes les règles de l'attention, se laissaient bercer au rythme de la voix rocailleuse de notre professeur dont les explications n'avaient rien de subjuguer.

Parfois un violer éclat de voix précéder l'instant où nous allions nous assoupir nous faisait sursauter, interférer avec nos rêveries, et nous expédier illico dans la douloureuse réalité. Converger vers l'horrible rictus de l'enseignant, nos regards apeurés se figeaient. 

Une poussée d'adrénaline influer sur notre comportement réflexe nous laissait échapper des cris violer et incongrus. Il s'ensuivait les punitions extravaguer que nous dispensait notre exceller tortionnaire, exceller en cela plus encore que dans sa façon peu amène de nous instruire.

Résider dans l'école même, il ne nous permettait pas de faire un seul pas sans nous traquer. En tant que fils du concierge et son voisin, hélas, j'y étais aussi un résider qu'il ne cessait de persécuter. Pauvre de moi !

Mes opinions n'étaient en rien confluer avec les siennes, sachez-le bien. Et, quand d'aventure, il lui arrivait de me croiser sans que personne pût nous voir, il se vengeait de tous ses élèves en me donnant une torgniole équivaloir à une méga force capable de m'ébranler le cerveau à jamais, selon la formule :

ou peut-être une autre, que sais-je ?

Ne nous convaincre aucunement d'écouter ses boniments affliger, il fit tant et si bien que nous en vînmes à ne plus pouvoir le supporter.

Aussi décidâmes-nous un jour de lui faire des crocs-en-jambe chaque fois que nous le croisions jusqu'à tant qu'il en perdît l'usage de la marche. Mais que croyez-vous qu'il fît ? Il se déplaça désormais en zigzaguer dans son fauteuil roulant.

 

Si les adjectifs varient en genre et en nombre,

les participes présents ne varient pas, ni les gérondifs.

 

Voici les réponses :

 

Après son accident, il rentra chez lui en claudiquant, il était déjà bien inquiétant avec son oeil de verre !

Je le reconnaissais quand j'entendais son pas claudicant résonner dans les couloirs, je retenais mon souffle.

On faisait à l'école des expériences avec les vases communicants, on s'arrosait, c'était à mourir de rire. Mais notre professeur borgne et boiteux nous lorgnait et il avait tôt fait de nous terroriser en nous communiquant ses angoisses.

Il fumait comme une locomotive, négligeant toute interdiction, et l'air en devenait suffocant.

Suffoquant et toussant, on avait de la peine à répondre à ses questions.

C'est en nous provoquant chaque jour par ses propos pour le moins provocants qu'il éveilla en nous le désir de nous venger.

Il n'était pas aussi convaincant qu'il le croyait, vaquant dans notre salle de classe à pas inégaux et zigzagants, nous faisant croire qu'on pouvait gober tous ses discours péremptoires, même les plus intrigants, les plus extravagants, divaguant sans cesse sur la physique expérimentale, moléculaire, nucléaire, quantique et j'en passe, à tel point que, naviguant dans les sphères scientifiques les plus pointues, nous allions, somnolant irrésistiblement, et malgré cela, adhérant sans regimber à toutes ces théories auxquelles nous ne comprenions rien.

Et nos têtes tangantes et somnolentes, violant toutes les règles de l'attention, se laissaient bercer au rythme de la voix rocailleuse de notre professeur dont les explications n'avaient rien de subjugant.

Parfois un violent éclat de voix précédant l'instant où nous allions nous assoupir nous faisait sursauter, interférant avec nos rêveries, et nous expédiant illico dans la douloureuse réalité. Convergeant vers l'horrible rictus de l'enseignant, nos regards apeurés se figeaient.

Une poussée d'adrénaline influant sur notre comportement réflexe nous laissait échapper des cris violents et incongrus. Il s'ensuivait les punitions extravagantes que nous dispensait notre excellent tortionnaire, excellant en cela, plus encore que dans sa façon peu amène de nous instruire.

Résidant dans l'école même, il ne nous permettait pas de faire un seul pas sans nous traquer. En tant que fils du concierge et son voisin, hélas, j'y étais aussi un résident (= résidant) qu'il ne cessait de persécuter. Pauvre de moi !

Mes opinions n'étaient en rien confluentes avec les siennes, sachez-le bien. Et, quand d'aventure il lui arrivait de me croiser sans que personne pût nous voir, il se vengeait de tous ses élèves en me donnant une torgniole équivalant à une méga force capable de m'ébranler le cerveau à jamais, selon la formule :

ou peut-être une autre, que sais-je ?

Ne nous convainquant aucunement d'écouter ses boniments affligeants, il fit tant et si bien que nous en vînmes à ne plus pouvoir le supporter.

Aussi décidâmes-nous un jour de lui faire des crocs-en-jambe chaque fois que nous le croiserions jusqu'à tant qu'il en perdît l'usage de la marche. Mais que croyez-vous qu'il fît ? Il se déplaça désormais en zigzaguant dans son fauteuil roulant.

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Solution de l'exercice proposé au début de l'article

Complétez par GANT, GUANT, GEANT ou GENT

Tu es bien exigeant et fatigant chéri !

Les avis convergeant vers les miens seront admis.

C'est le personnel navigant qui était inquiet.

Le sous-marin naviguant entre deux eaux était silencieux.

À qui est donc cette tête émergeant des eaux glacées ?

Beaucoup trop d'intérêts divergents nous séparent.

Nombreux sont les pays, pauvres autrefois, émergeant aujourd'hui de leurs difficultés économiques.

 

> Ne pas confondre participes présents, gérondifs et adjectifs verbaux,

 

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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