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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 07:20

 

 

Les 11, 12 et 13 mai, on fête respectivement saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais appelés les saints de glace.

 

La croyance populaire se base sur le fait qu'une baisse de la température surviendrait à cette période, ce qui ferait craindre des gelées. En fait les astro-physiciens ont décelé qu'à cette époque de l'année, la terre verrait les rayons du soleils obscurcis en traversant une région de poussières.

C'est la lune rousse.

 

Il y a belle lurette que ces saints ont disparu de notre calendrier, je doute que Mamert, Servais et Pancrace soient des noms qui courent les rues. Mais méfions-nous, les gelées peuvent toujours nous surprendre. D'ailleurs, nous aurez remarqué comme moi qu'il ne faisait pas très chaud ces derniers jours, dans le Forez que j'habite.

 

Jardiniers ! Soyez prêts, dès demain, à vous mettre à vos plantations. Plantez dans les jardins et dans vos jardinières, l'esprit tranquille !

Pour ma part, c'est ce que je vais m'appliquer à faire.

 

Pour en savoir + lire l'article sur Wikipédia : Les saints de glace

 

Et voici pour chaque jour de l'année une liste de saints et leurs dictons associés : Liste des Dictons (sur Nominis)

 

Mais pourquoi donc invoquer demain saint Matthias ?

 

14 mai
Saint Mathias casse la glace,
mais s'il n'en trouve pas il faut bien qu'il en fasse.

Aïe !

 

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 13:39

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Tous les articles du blog

 

Pour vous aider à faire les exercices, voyez les articles :

>> la conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

>> Valeurs et emplois du subjonctif 

>> la clef des modes (liste des conjonctions et des locutions conjonctives introduisant des subordonnées)

>> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

 

1-Compléter avec un verbe

au subjonctif présent

L'exercice n'est pas aussi facile qu'il puisse paraître au prime abord, croyez-moi !

Rappelez-vous les terminaisons

-e -es -e -ions -iez -ent (sauf pour avoir et être)

 

1-Il semble qu'il (falloir) les convaincre.

 

2-Il faut absolument qu'on (assaillir) cet anarchiste.

 

3-Ne penses-tu pas qu'il serait bon que tu le (convaincre) ?

 

4-N'espère pas qu'il (résoudre) son problème. Espérer que - J'espère que, je n'espère pas que, espérez-vous que - Inutile que - Prendre garde que, à ce que - Faire attention que, à ce que

 

5-Inutile que tu (avoir) autant d'argent si tu n'as pas d'amis.

 

6-Nous ferons attention à ce que vous ne nous (contraindre) pas à faire l'impossible.

 

7-Prenez garde que je ne vous (astreindre) à mon bon vouloir !

 

8-Je ne pense pas qu'il (convenir) de lui dire la vérité.

 

9-Je vous le ferai savoir quoi qu'il (pouvoir advenir)

 

10-Je demande impérativement que votre leçon (être apprise) avant que vous ne (copier) sur votre voisin.

 

11-Je vous démontrerai que vous avez tort afin que vous en (convenir).

 

12-Je laisse à l'albatros tout le temps qu'il faut pour qu'il (déployer) ses ailes.

 

13-Est-il nécessaire que je (balayer) tout votre appartement et que je (nettoyer) vos toilettes ?

 

14-Je vous supplie, à seule fin que vous (se plier) aux exigences de bonne conduite. 

 

15-Votre ami ne cesse de s'accrocher à vous bien que je (prévoir) que vous serez insensible à ses supplications.

 

16-Il nous faudra devenir bien indulgents d'ici à ce que nous (apprécier) son comportement. D'ici à ce que

 

17-Tu vas te laisser faire, j'en suis sûre, pour peu qu'elle (acquérir) quelque autorité sur toi.

 

18-Quelque généreuse que tu (pouvoir être), il ne te dira jamais merci, le pleutre.

 

19-De quelque ignominie qu'il (avoir) à se repentir, il ne doit pas s'attendre à ce qu'on l'(absoudre)

 

20-Forcez-vous donc un peu à faire des efforts pour vous sortir de cet imbroglio, pour peu qu'il vous en (chaloir) !

Voir dans le Trésor :  Chaloir, verbe défectif impers

Et sur ce blog : Les verbes défectifs

 

21-Il faut qu'il (se faire) violence pour que la moindre idée (poindre) dans son esprit, le simplet !

 

22-En admettant que vous (atteindre) l'Everest, je ne vous en admirerais pas plus.

 

23-À supposer que vous (veiller) sur moi à chaque instant, je ne vous serais pas plus reconnaissante. À supposer que

 

24-Aussi loin qu'il (m'en souvenir) je suis bien sûre de ne vous avoir jamais rencontré, monsieur le fâcheux ! Aussi loin que

 

25-Il faudra bien que je (s'asseoir) si je ne veux pas tomber.

 

26-Je veux bien que votre tendresse (valoir) plus que tout l'or du monde, de là à me laisser dépouiller...

 

27-Quoique tu (courir) plus vite que moi, j'arriverai bien à te rattraper, lièvre ou pas !

 

28-Il sera recommandé que je me (vêtir) plus chaudement.

 

29-Si mes forces reviennent et que je (se mouvoir) avec plus d'agilité, je crois bien que j'escaladerai ce tertre, aussi maladroit que je (être). Aussi... que (ses deux sens)

 

30-Partez sur l'heure de crainte qu'elle ne vous (fuir).

 

31-Elle lui prodigue des baisers moyennant qu'il (accourir) à chacun de ses appels intempestifs. Moyennant que

 

32-Ah ! Il faut que je (voir) ça !

 

33-Il faut que l'eau ou le lait (bouillir) pendant 20 minutes pour qu'il soit stérilisé.

 

Correction des verbes au subjonctif présent

 

1-Il semble qu'il faille les convaincre.

2-Il faut absolument qu'on assaille cet anarchiste.

3-Ne penses-tu pas qu'il serait bon que tu le convainques ?

4-N'espère pas qu'il résolve son problème (subjonctif après le verbe espérer à l'impératif négatif ; mais on dira : J'espère qu'il le résoudra)

5-Inutile que tu aies autant d'argent si tu n'as pas d'amis.

6-Nous ferons attention à ce que vous ne nous contraigniez pas à faire l'impossible.

7-Prenez garde que je ne vous astreigne à mon bon vouloir !

8-Je ne pense pas qu'il convienne de lui dire la vérité.

9-Je vous le ferai savoir quoi qu'il puisse advenir.

10-Je demande impérativement que votre leçon soit apprise avant que vous ne copiiez sur votre voisin.

11-Je vous démontrerai que vous avez tort afin que vous en conveniez.

12-Je laisse à l'albatros tout le temps qu'il faut pour qu'il déploie ses ailes.

13-Est-il nécessaire que je balaie/balaye tout votre appartement et que je nettoie vos toilettes ?

14-Je vous supplie, à seule fin que vous vous pliiez aux exigences de bonne conduite.

15-Votre ami ne cesse de s'accrocher à vous bien que je prévoie que vous serez insensible à ses supplications.

16-Il nous faudra devenir bien indulgents d'ici à ce que nous appréciions son comportement.

17-Tu vas te laisser faire, j'en suis sûre, pour peu qu'elle acquière quelque autorité sur toi.

18-Quelque généreuse que tu puisses être, il ne te dira jamais merci, le pleutre.

19-De quelque ignominie qu'il ait à se repentir, il ne doit pas s'attendre à ce qu'on l'absolve.

20-Forcez-vous donc un peu à faire des efforts pour vous sortir de cet imbroglio, pour peu qu'il vous en chaille !

21-Il faut qu'il se fasse violence pour que la moindre idée poigne dans son esprit, le simplet !

22-En admettant que vous atteigniiez l'Everest, je ne vous en admirerais pas plus.

23-À supposer que vous veilliez sur moi à chaque instant, je ne vous serais pas plus reconnaissante.

24-Aussi loin qu'il m'en souvienne, je suis bien sûre de ne vous avoir jamais rencontré, monsieur le fâcheux !

25-Il faudra bien que je m'assoie/asseye si je ne veux pas tomber.

26-Je veux bien que votre tendresse vaille plus que tout l'or du monde, de là à me laisser dépouiller...

27-Quoique tu coures plus vite que moi, j'arriverai bien à te rattraper, lièvre ou pas !

28-Il sera recommandé que je me vête plus chaudement.

29-Si mes forces reviennent et que je me meuve avec plus d'agilité, je crois bien que j'escaladerai ce tertre, aussi maladroit que je sois. Dans la subordonnée introduite par la conjonction si, on a un indicatif présent, pour évitez la répétition de si, que la remplace et il est suivi du subjonctif.

30-Partez sur l'heure de crainte qu'elle ne vous fuie avant vous.

31-Elle lui prodigue des baisers moyennant qu'il accoure à chacun de ses appels intempestifs.

32-Ah ! Il faut que je voie ça !

33-Il faut que l'eau ou le lait bouille 20 minutes pour qu'il soit stérilisé.

 

2-Compléter avec un verbe

au subjonctif imparfait

Rappelez-vous les terminaisons :

-sse, -sses, -^t, -ssions, -ssiez, -ssent.

Rappel : Le subjonctif imparfait s'emploie dans la langue soutenue.

Il est remplacé par le subjonctif présent dans la langue courante.

 

1-Les temps sont durs, me disais-je, il faudrait bien cependant que j'(accroître) mes revenus.

 

2-Si violente que (être) la crise, nous nous résolûmes à rester dans l'expectative.

 

3-Vous avez voté pour lui faute que vous ne (savoir) pas exactement ce qu'il ferait.

 

4-Au vu de ses impardonnables frasques, il aurait été bien difficile que nous l'(absoudre).

 

5-Je vins à ses funérailles bien que je ne l'(aimer) point.

 

6-Nous passâmes des vacances heureuses bien que tu (venir) nous abreuver de tes jérémiades.

 

7-Il prit beaucoup de soin avec ses deux filles afin qu'elles (croître) et (embellir).

 

8-Il me fallut faire tous les exercices grammaticaux concoctés par mamiehiou afin que j'(écrire) en faisant moins de fautes.

 

9-On demanda à cette sportive de manger 2 kilos de poulet par jour jusqu'à ce qu'elle (acquérir) les muscles dont elle rêvait.

 

10-Je voulus que tu n'(entreprendre) rien ce soir-là, sauf à ce que tu me (caresser) tendrement la main.

 

11-Ils ne me reprochèrent rien sinon que je (devoir) me taire.

 

12-Vous me harceliez pour que je (coudre) prestement toutes les déchirures de vos jeans.

 

13-Les Horace furent les seuls qui (vaincre) les Curiace. (relative)

 

14-C'était le seul endroit que je (connaître) bien. (relative)

 

15-Ne m'avez-vous pas dit qu'il fallait que je m'(asseoir) ici ?

 

16-Il était indispensable qu'un jour, enfin, nous (conclure) l'affaire.

 

17-Il était de bon ton que je me (tenir) coi.

 

18-Si j'étais un géant et que je (brandir) mon épée, je ne me laisserais pas défaire par un chétif David.

 

19-Vous bouillissiez d'impatience sans que vous (pouvoir) le dire.

 

20-Il n'était jamais content, soit qu'il (craindre) le froid, soit qu'il (fuir) le chaud.

 

21-Je lui promis de lui donner à boire à moins que je ne (boire) tout avant lui.

 

22-(Plaire) à Dieu que je me (sortir) de cet enfer !

 

23-Il fallait toujours que je (rire) de vos bons mots qui ne valaient pas un clou.

 

24- J'ai longtemps douté qu'elle (vivre) longtemps.

 

25-Il voulait toujours que je (mettre) du grain à moudre et que je le (moudre) moi-même.

 

26-Ce n'était pas le fait que je (naître) après lui, qui me navrait, ni qu'il (naître) avant moi, mais le fait que je (être) victime du droit d'aînesse.

 

27-Il vous estimait tant qu'il avait peur que vous ne (valoir) rien à mes yeux.

 

28- Bien que vous (savoir) que nous ne (vouloir) pas vous répondre, vous continuâtes à nous poser vos questions incongrues.

 

Correction des verbes au subjonctif imparfait

 

1-Les temps sont durs, me disais-je, il faudrait bien cependant que j'accrusse mes revenus. 

À noter : « On tolérera le présent du subjonctif au lieu de l'imparfait dans les propositions subordonnées dépendant de propositions dont le verbe est au conditionnel. Exemple : il faudrait qu'il vienne ou qu'il vînt. »

Arrêtés ministériels du 31 juillet 1900 et du 26 février 1901 

2-Si violente que fût la crise, nous nous résolûmes à rester dans l'expectative.

3-Vous avez voté pour lui faute que vous ne sussiez pas exactement ce qu'il ferait.

4-Au vu de ses impardonnables frasques, il aurait été bien difficile que nous l'absolussions.

Le subjonctif imparfait du verbe absoudre n'est pas admis par tous les dictionnaires. Littré l'admet. Le Wiktionnaire le cite comme rare. L'Académie ne l'admet pas.

>> Les verbes défectifs

5-Je vins à ses funérailles bien que je ne l'aimasse point.

6-Nous passâmes des vacances heureuses bien que tu vinsses nous abreuver de tes jérémiades.

7-Il prit beaucoup de soin avec ses deux filles afin qu'elles crûssent et embellissent.

8-Il me fallut faire tous les exercices grammaticaux concoctés par mamiehiou afin que j'écrivisse en faisant moins de fautes.

9-On demanda à cette sportive de manger 2 kilos de poulet par jour jusqu'à ce qu'elle acquît les muscles dont elle rêvait.

10-Je voulus que tu n'entreprisses rien ce soir-là, sauf à ce que tu me caressasses tendrement la main.

11-Ils ne me reprochèrent rien sinon que je dusse me taire.

12-Vous me harceliez pour que je cousisse prestement toutes les déchirures de vos jeans.

13-Les Horace furent les seuls qui vainquissent les Curiace. (relative)

14-C'était le seul endroit que je connusse bien. (relative)

15-Ne m'avez-vous pas dit qu'il fallait que je m'assisse ici ?

16-Il était indispensable qu'un jour, enfin, nous conclussions l'affaire.

17-Il était de bon ton que je me tinsse coi.

18-Si j'étais un géant et que je brandisse mon épée, je ne me laisserais pas défaire par un chétif David.

19-Vous bouillissiez d'impatience sans que vous pussiez le dire.

20-Il n'était jamais content, soit qu'il craignît le froid, soit qu'il fuît le chaud.

21-Je lui promis de lui donner à boire à moins que je ne busse tout avant lui.

22-Plût à Dieu que je me sortisse de cet enfer ! (plût, subjonctif optatif)

23-Il fallait toujours que je risse de vos bons mots qui ne valaient pas un clou.

24- J'ai longtemps douté qu'elle vécût longtemps.

25-Il voulait toujours que je misse du grain à moudre et que je le moulusse moi-même.

26-Ce n'était pas le fait que je naquisse après lui, qui me navrait, ni qu'il naquît avant moi, mais le fait que je fusse victime du droit d'aînesse.

27-Il vous estimait tant qu'il avait peur que vous ne valussiez rien à mes yeux.

28-Bien que vous sussiez que nous ne voulussions pas vous répondre, vous continuâtes à nous poser vos questions incongrues.

 

 

À noter :Une proposition dépendant d’un verbe au subjonctif peut avoir, par attraction, son verbe au subjonctif.

Exemple :

Phrases au présent :

Vous ne savez pas que vous êtes belle.

>>Je doute que vous sachiez que vous êtes belle.

OU

>>Je doute que vous sachiez que vous soyez belle. (soyez subjonctif par attraction puisque la proposition dépend du verbe sachiez au subjonctif)

Phrases au passé :

Vous ne saviez pas que vous étiez belle.

>>Je doutais que vous vous sussiez que vous étiez belle.

OU

>>Je doutais que vous sussiez que vous fussiez belle. (fussiez subjonctif par attraction puisque la proposition dépend du verbe au subjonctif sussiez)

 

Rappel de la concordance des temps

Dans la plupart des cas :

a-Le verbe est au subjonctif présent ou au subjonctif passé lorsqu'il dépend d'un verbe au présent ou au futur ou à l'impératif.

Il faut que tu fasses ton devoir.

Il faudra qu'il soit arrivé avant cinq heures.

Fasse qu'un malheur ne se produise pas !

b-Il est au subjonctif imparfait ou au subjonctif plus-que-parfait lorsqu'il dépend d'un verbe au passé ou au conditionnel, dans le style soutenu ou littéraire. Plus couramment, on remplace aujourd'hui ces temps par le subjonctif présent ou le subjonctif passé.

Il fallait (faudrait) que tu fisses ton devoir.

Il aurait fallu que nous fussions arrivés avant la nuit.

On dit plus volontiers :

Il fallait (faudrait) que tu fasses ton devoir. Il aurait fallu que nous soyons arrivés avant la nuit.

 

Sur la concordance des temps, voir les articles :

*La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style (ou le discours) direct et indirect

**Suite de l'article sur la concordance des temps

***La concordance des temps - Exercices d'application

et aussi :

Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? 

 

Pour en savoir +

Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

Les exercices :

Quiz 28 Ex n°1 sur le subjonctif – Trouvez le mot qu'il faut

Quiz 29 Ex. n°2 sur le subjonctif - Passé simple ou imparfait du subjonctif ? Passé antérieur ou plus-que parfait du subjonctif ? 

Quiz 42 Ex n°3 sur le subjonctif -Entraînement à l'emploi des verbes au subjonctif présent et imparfait.

Quiz 54 Ex. n°4 sur le subjonctif -Ne pas confondre l'indicatif présent et le subjonctif présent 

Quiz 55 Ex. n° 5 sur le subjonctif - Ne pas confondre l'indicatif imparfait et le subjonctif présent

Verbes au subjonctif imparfait du tac au tac - Exercice n°6 sur le subjonctif

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 12:19

LES DÉLIRES Tous les épisodes

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Malgré toutes les exhortations que je me faisais à moi-même pour en rester là et me tenir coite afin de me préserver de tout danger, je sentais que quelque chose me démangeait.

Mille fois déjà je m'étais fait la leçon.

« Oli, me disais-je, abstiens-toi de t'exposer à la rigueur d'une police aveugle. Prends garde de ne pas faire une folie en te lançant dans un acte téméraire qui pourrait te coûter la vie ! »

Mais la démangeaison était si forte qu'elle demandait impérativement à être soulagée. Il me fallait agir, coûte que coûte, la douleur m'étant aussi insupportable que celle ressentie lorsqu'une nuée de midges vous assaille.

 

Ma décision fut prise avant même d'être réfléchie mûrement. Je partirais revoir Marie Cratère. Je lui arracherais son secret. J'userais de tous les moyens dont je disposais pour la convaincre de me révéler tout ce qu'elle savait.

Pauvre insensée que j'étais ! La vieille Marie serait capable de débusquer toutes mes ruses, d'être insensible à toute séduction, orgueilleuse qu'elle était de jouir de sa puissance et de tenir chacun sous son joug.

C'était à n'y plus tenir. Je me sentis soudain capable de toutes les audaces comme le furent si courageusement tant de femmes exceptionnelles2 par le passé. Il faut se guider d'après de bons exemples.3

Ah, je ris ! Je ris de me voir si fragile et cependant prête à tout, tel le jeune David affrontant le Philistin4 haut de six coudées et un empan ! Marie Cratère n'avait pas une telle stature, certes, mais sa détermination à imposer pour jamais son pouvoir sur les êtres et sur les choses de ce monde ne se laissait pas si facilement fléchir.

« Je vais partir avant qu'il soit longtemps ! » m'exclamai-je à voix haute comme pour affermir mon courage. « J'irai, à la barbe de tous, ennemis de la liberté, se dressant le plus souvent les uns contre les autres, mordus, mordants5, punis, punissants, mystifiés, mystifiants... j'irai faire triompher la vérité ! »

Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelure, enchantée, tourmentée et comme possédée par le démon de mon cœur !6

 

C'est, calmée, que j'en vins à des considérations plus pragmatiques.

Je prendrais le temps de préparer mon périple aventureux et me barderais du bagage nécessaire — à dire vrai, je ne prendrais qu'un baluchon7, m'interdisant de m'embarrasser trop.

Je savais déjà que l'espace sauvage que j'allais traverser n'avait rien d'édénien.

....................................................................................................

*Titre- À coeur vaillant, rien d'impossible !

Devise de Jacques Coeur (vers 1395/1400-1456)

2-Des femmes exceptionnelles

Jeanne d'Arc, Olympe de Gouge, Madame Rolland, Charlotte Corday, Louise Michel, Rosa Luxembourg, Hannah Arendt, Simone Weil, voir la note du texte : 93 Délires sur l'enfermement - Rencontre avec des femmes extraordinaires de courage

3-Il faut se guider d'après de bons exemples. Cf. Littré (entrée : guider)

4-Goliath, le Philistin.

Goliath est un personnage biblique del'Ancien Testament (Samuel, 17).

C'est un géant « de six coudées et un empan » soit environ 2,90 m.

Il défend les Philistins contre Israël et lance le défi de combattre avec un homme voulant se mesurer à lui. Le jeune berger David, aidé de Dieu, le vainc en lui lançant une pierre en plein front avec sa fronde. David prend alors l'épée de son ennemi terrassé et lui coupe la tête.

5-Tous l'un de l'autre ennemis obstinés, Mordus, mordants, chansonneurs, chansonnés, Voltaire, Pauvre diable.

6-Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelure, ne sentant ni pluie, ni frimas, enchanté, tourmenté et comme possédé par le démon de mon cœur !

Chateaubriand, René.

Voir l'article dans mon florilège : CHATEAUBRIAND - Mémoires d'Outre-Tombe

7-baluchon ou balluchon

 

NOTES

pour me tenir coite

coi, masculin / coite, féminin – silencieux, tranquille

Voir d'autres adjectifs irréguliers dans les notes du texte : 23 Délires d'une Marie bien chiche

 

Elle demandait à être soulagée.

Demander. Voir les différentes constructions de ce verbe, note du texte : 147 Délires troublants

 

la douleur ressentie lorsque des milliers de midges vous assaillent

 On rencontre les midges ou simulies dans les zones humides d'Écosse et d'Irlande (et dans d'autres continents).

Les midges, c'est une espèce de petit moucheron aussi venimeux que des serpents à sonnettes qui vous assaillent par millions et vous font venir sur la peau du visage et des mains des chaînes de montagnes horriblement démangeantes. (Mérimée, Lettres à la Comtesse de Boigne, 1870)

 

La vieille Marie serait capable de débusquer toutes mes ruses [...], orgueilleuse qu'elle était de jouir de sa puissance...

orgueilleuse, l'adjectif apposé à la vieille Marie, est prolongé par une proposition relative qu'elle était de jouir de sa puissance... dans laquelle le pronom relatif qu' (que) reprenant orgueilleuse est attribut.

 

C'était à n'y plus tenir, c'était difficilement supportable.

C'est à n'y pas tenir, c'est à n'y plus tenir. Style familier.

 

sa détermination à imposer pour jamais son pouvoir.

pour jamais, pour toujours.

Voir l'article : Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques... + Adverbes et locutions adverbiales de temps 

 

Avant qu'il soit longtemps, avant longtemps, avant peu, avant peu de temps, avant que peu de temps soit passé.  

 

mordus, mordants, punis, punissants, mystifiés, mystifiants

des participes employés comme adjectifs.

 

C'est, calmée, que j'en vins à des considérations plus pragmatiques.

En venir - Venir se construit avec la particule en qui lui donne plus de force en indiquant à l'esprit quelque chose d'antécédent d'où l'on part. Cf. Littré

Pragmatique, qui concerne la réalité, les faits réels, l'action.

 

l'espace sauvage n'avait rien d'édénien

Édénien ou édénique, qui se rapporte à l'Eden, le paradis perdu. [Cf. La Bible]

 

<< 147 Délires troublants - « Ce n'est point ici le pays de la vérité : elle erre inconnue parmi les hommes. »*

>> 149 Délires qui froissent l'amour-propre - « Ainsi en pleurant une séparation, c'est soi qu'on pleure »*

 

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 07:10

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La phrase interrogative

 

L'interrogation est disjonctive quand le locuteur énonce une alternative. 

Étais-je stupide ou simplement naïve ?

Vas-tu enfin me dire, oui ou non, que tu m'aimes ?

Tournure familière :

Avais-je pensé que tout était possible avec lui ? Ou quoi ? 

 

L'interrogation est fictive lorsqu'on n'attend aucune réponse. Elle équivaut à une exclamation ou à une interjection.

Que n'avais-je écouté Roboland ? (Pourquoi n'avais-je pas...)

Allais-je à l'avenir cesser enfin d'être confiante ?

>ou bien lorsque la réponse suit aussitôt la question :

Voulez-vous, chers lecteurs, que je vous dise ce que je vais faire ? Eh bien, je m'en vais délibérer avec moi-même.

 

L'interrogation fictive est dite rhétorique ou oratoire lorsque la réponse est évidente. On n'a pas besoin de répondre.

Ne vous avais-je pas avertis, lecteurs incrédules, que j'étais prête à vous entraîner avec moi dans ce monde en allant de déceptions en déceptions ? Est-il besoin de vous dire que vous brûlez comme moi de l'envie de connaître des jours meilleurs ?

Serais-je mieux avancée si j'avais accusé ouvertement Alcofribas, alors que je n'avais aucune preuve tangible pour étayer ma suspicion ?

 

L'interrogation délibérative permet, à celui qui parle ou qui pense, de réfléchir avant de prendre une décision.

Que ferai-je maintenant ? Qui voir ? À qui me fier ?

 

 Les phrases de l'article sont empruntées au texte :

127 Délires touchants d'une pauvre dupée

Pour en savoir +

> Cas où l'on peut ne pas mettre le point d'interrogation dans une phrase interrogative

> Est-ce que – est-ce qui – La phrase interrogative

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 13:59
Merci - remercier

Merci se construit avec la préposition de ou la préposition pour suivi de la chose dont on remercie.

L'Académie donne seulement merci de.  

Le Trésor donne les deux prépositions.

Merci de vos fleurs. Merci pour vos compliments.

 

De même remercier de et remercier pour.

Remercier de peut-être suivi de la façon de remercier.

Elle me remercia d'un baiser.

 

L'usage veut que l'on dise merci de devant un infinitif.

Merci de m'aider et de m'encourager.

 

On dit merci pour suivi de la personne qui remercie autre que le locuteur.

Je vous remercie pour mon frère.

 

Féliciter

Féliciter quelqu'un de quelque chose

Je te félicite de ton courage.

Féliciter quelqu'un pour quelque chose

Il m'a félicité pour mon mariage.

Féliciter quelqu'un sur quelque chose (style soutenu)

On l'a félicité sur son admirable prestation. 

 

Complimenter

Complimenter quelqu'un de quelque chose

Il m'a complimenté de mon travail.

Je fus complimenté d'avoir su mener à bien cette mission.

Complimenter quelqu'un pour quelque chose 

Je la complimentai pour l'éducation qu'elle avait donnée à son fils.

Note : Grevisse donne pour, mais pas l'Académie ni le Trésor.  

Complimenter quelqu'un sur quelque chose (style soutenu)

On l'a complimenté sur son bel appartement.

 

Savoir gré

Savoir gré à quelqu'un de quelque chose (ou de + infinitif) 

Être reconnaissant envers quelqu'un  

Je vous sais gré de vos bontés

Je vous sais gré de m'écouter.

Attention au barbarisme : Je vous suis gré...

 

Articles connexes

Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

 

Prépositions À ou DE : à vous de bien choisir ! – QUIZ 33

 

QUIZ 34 - Complétez les phrases par les prépositions à ou de suivies d'un infinitif - Texte Arnolphe et Isidore, les célibataires - Une journée si peu particulière

 

Les mauvaises manières de parler le français - Barbarismes et solécismes - Exercices - 1re partie + QUIZ 30

 

Les barbarismes et les solécismes vous irritent-ils ou vous amusent-ils ? Exercices - 2e partie - QUIZ 31

 

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 15:45

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Le trouble de mon esprit demandait à se dissiper. Je ne pouvais rester ainsi à divaguer, à extravaguer même, sans savoir ce que je devais faire ce que je pouvais faire, eussé-je plutôt dû dire. Ne fallait-il pas que je misse de l'ordre dans tout ce que j'avais appris, si effarant, si incongru, si invraisemblable que cela parût ? Mais ne dit-on pas que l'invraisemblable est quelquefois vrai2?

 

Il me fallait redoubler de vigilance.

Lecteur attentif et patient, tu connais le souci que j'ai d'être toujours sincère et spontanée, et ma détestation de toute accommodation, de toute compromission, qui voudraient que je me plie à la dictature de la démagogie, et que je mente pour mieux plaire. La vérité me brûlait les lèvres. Néanmoins il ne faisait aucun doute que mes hésitations étaient fondées : révéler sans précautions ce que je savais aurait pu m'être fatal. C'était couru°.

 

Depuis quelques jours galopaient des rumeurs à peine cachées — et pourtant que ne craignait-on pas à les propager, fût-ce sous le manteau° ! Depuis le moment3 où — rappelle-toi — j'avais eu l'audace de demander de s'interroger sur ses origines ; tous, jusqu'au plus borné, au plus obtus de mon auditoire, n'avaient de repos.

La question avait fait son chemin. Il ne se passa de jours que mes écoliers, toujours avides de problèmes métaphysiques le plus souvent insolubles, ne tentassent de l'éclaircir, après moultes tergiversations, l'abordant sans préambule, la tournant et la retournant en tous sens, la reformulant cent fois pour mieux s'en pénétrer, l'examinant sous ses aspects les plus étranges et les plus inattendus, la discutant à l'envi, quittes à se compromettre, mêlant le doute à la curiosité, attitudes relevant de la faculté humaine la plus remarquable – vous en conviendrez — l'intelligence.

Mais autant vouloir solutionner la quadrature du cercle°.

 

Pourtant je ne désespérais aucunement qu'ils vinssent à bout de leurs réflexions.

N'aurais-je pas lancé, de dépit, un gros juron, si, perdant la maîtrise de moi-même, je m'eusse laissé aller à enfreindre les règles élémentaires de bonne conduite, grave péché qui eût demandé contrition et pénitence ? «  Ventre-saint-gris ! » Mais je me retins. Je donnai la préférence à l'invocation au Ciel : « Fasse que Dieu veuille leur montrer le chemin de la vérité et le moyen de secouer le joug de leurs tyrans ! Et sans moi ! » Je craignais qu'on m'accusât, qu'on me condamnât, qu'on m'exécutât.

À quoi servait donc que je me morfondisse ? Peut-être tout serait-il résolu avant que je ne disse ouf. Et je n'aurais plus rien à craindre de quiconque.

.............................................................

*1-Ce n'est point ici le pays de la vérité : elle erre inconnue parmi les hommes. Blaise Pascal, Pensées, XXIII, 31.

2-L'invraisemblable est quelquefois vrai.

Cf. Le Dictionnaire Littré à l'entrée : invraisemblable.

3-Voir le cours sur les origines donné par Oli : 141 Délires qui plongent dans l'inconscient - « On ne renie pas son enfance ; on l'enfouit au fond de son coeur... »

 

NOTES

Le trouble de mon esprit demandait à se dissiper. 

Le verbe DEMANDER

demander, verbe transitif

J'ai demandé des nouvelles de sa maman. (COD)

Je lui ai demandé conseil. (COS, COD)

Qu'est-ce qu'un complément d'objet direct ? un complément d'objet second ? un complément d'objet indirect ? Qu'est-ce qu'un attribut ?

demander après quelqu'un : demander des nouvelles de quelqu'un - OU demander qu'il vienne.

Je suis venu vous dire qu'il demande après vous.

demander suivi d'une interrogative indirecte

demander qui..., ce que..., ce qui..., lequel..., si..., combien..., comment..., où..., pourquoi..., quand..., à combien..., par où..., depuis quand..., (à, de, avec, contre, par, pour...) qui..., (prépositions) quoi..., (prép.) quel..., etc.

Je demande s'il vient.

Vient-il ? (interrogation directe)

Que fait-il ? Où va-t-il ? Quel train prend-il ?

Je vous demande ce qu'il fait, où il va et quel train il prend.

demander que ou à ce que suivi d'une complétive avec un verbe au subjonctif.

Je demande qu'il vienne immédiatement

Je demande à ce qu'il vienne immédiatement.

demander à quelqu'un de suivi d'un infinitif, le COI est le sujet implicite de l'infinitif

Je lui ai demandé de se taire . > Il doit se taire.

demander à ou de suivi d'un infinitif

Je veux partir : Je demande à partir. Je demande de partir.

Je veux me retirer : Je lui ai demandé à me retirer. Je lui ai demandé de me retirer.

> Verbes qui se construisent avec les prépositions à ou de suivies d'un infinitif

 

eussé-je plutôt dû dire

eussé-je dû, subjonctif imparfait à valeur de conditionnel passé (2e forme) aurais-je dû (1re forme)

j'eusse, sujet inversé : eussé-je OU eussè-je dû dire (Réforme de l'orthographe 1990)

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fût-ce, fussent-ils ...

Et aussi > du, dû, due, dus, dues, dut, dût

 

Ne fallait-il pas que je misse de l'ordre

je misse, subjonctif imparfait de mettre, concordance des temps.

On emploie le subjonctif après il faut que.

Voir le §8 dans > Valeurs et emplois du subjonctif

 

Si effarant, si incongru, si invraisemblable que cela parût.

Effarant, qui effare, qui trouble, qui fait peur, qui provoque la stupéfaction, l'incrédulité.

Incongru, inconvenant, qui ne convient pas à la bienséance, qui est inattendu et surprend.

Incongrûment, de manière incongrue.

parût, subjonctif imparfait.

synonymes :

Pour effarant, pour incongru... que cela parût.

Quelque effarant, quelque incongru... que cela parût.

Aussi effarant, aussi incongru... que cela parût.

Mais aussi que dans ce sens n'est pas admis par tous les grammairiens.

Cf. L'Académie : Aussi... que, suivi du subjonctif, exprime un degré extrême (on dit plutôt Si, Pour, Quelque). Aussi surprenant que cela puisse paraître, c'est la vérité.

 

tu connais ma détestation de toute accommodation

L'accommodation

"Terme de philosophie. Procédé par lequel souvent on accommode une doctrine aux opinions, aux connaissances, aux préjugés de ceux à qui on l'enseigne. " Cf. Littré

"Le type courant en est offert par le mensonge oratoire qui, sans positivement briser les reins à la vérité, accentue ce qui doit plaire à l'auditeur, atténue ce qui ne doit pas lui plaire et ne sait plus bien lui-même où sont les limites du vrai.[...]" E. Mounier, Traité du caractère, 1946, p. 492. Citation lue dans le Trésor.

 

C'était couru°

c'était couru d'avance, le résultat était prévisible.

 

fût-ce sous le manteau.

Voir > fût-ce article cité ci-dessus

sous le manteau°, en secret.

Littré  donne : Sous le manteau de la cheminée, en cachette. Dire quelque chose sous le manteau de la cheminée.

Manteau de cheminée, la partie de la cheminée qui fait saillie dans la chambre, au-dessus du foyer.

 

après moultes tergiversations

beaucoup de

> moult (variable ou invariable)

 

la reformulant cent fois pour mieux s'en pénétrer

Se pénétrer de quelque chose, s'en imprégner de telle sorte que son corps, son âme et ses sens en soient remplis.

 

la discutant à l'envi, quittes à se compromettre

À l'envi, à qui mieux mieux.

 

La quadrature du cercle, le problème insoluble par excellence.

Cf. Littré : se dit d'une chose impossible à trouver.

La quadrature, terme de géométrie. Réduction géométrique d'une figure curviligne à un carré équivalent en surface.

 

pourtant je ne désespérais aucunement.

aucunement avec la négation, en aucune façon.

 

Ventre-saint-gris ! était le juron d'Henri IV. 

À rapprocher de Ventrebleu !

Bleu mis pour Dieu pour atténuer le juron : Sacrebleu ! Sacreblotte ! Sacredié ! Sacrelotte ! sur le CNRTL : SACREBLEU, SACREDIEU, interjection

Voir les expressions apparentées dans : sacrebleu - Wiktionnaire

Ah ! Ventre !

Par la mort ! par la tête ! par le ventre ! si je le trouve, je le veux échiner, Molière, Les Fourberies de Scapin, II, 9. (dans le Littré)

 

Fasse le Ciel que Dieu veuille leur montrer le chemin de la vérité !

Subjonctif optatif (on formule un souhait)

Voir le §29 dans : > Valeurs et emplois du subjonctif

> La Vérité, toute la Vérité, rien que la Vérité...

 

si je m'eusse laissé aller à enfreindre les règles

Après la conjonction de subordination SI, on peut avoir le subjonctif plus-que-parfait au lieu du plus-que-parfait de l'indicatif.

si je m'étais laissé aller.

Voir l'article : Si

Le participe passé LAISSÉ suivi d'un infinitif est invariable.

> L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ 

 

À quoi servait donc que je me morfondisse ?

Se morfondre, ici : perdre son temps à attendre que quelque chose se passe, se tourmenter dans l'attente.

Se conjugue comme fondre.

Je fondis, que je fondisse, qu'il fondît.

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

Peut-être tout serait-il résolu avant que je ne disse ouf.

Inversion du sujet après peut-être. Style soutenu.

Peut-être que tout serait résolu... style familier.

avant que je ne disse ouf / avant que je disse ouf

disse, subjonctif imparfait de dire, concordance des temps.

dise, subjonctif présent.

Voir : NE explétif - Quand peut-on l'employer ? 

Et aussi : *La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style (ou le discours) direct et indirect

**Suite de l'article sur la concordance des temps

***La concordance des temps - Exercices d'application

 

<<  146 Délires inassouvis - « Rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre. »

>>  148 Délires audacieux - À coeur vaillant, rien d'impossible !* 

 

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 17:57

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Les puristes se limitent à dire qu'un but est un point que l'on vise.

On n'est pas "dans un but". Le but est à atteindre.

Ainsi plutôt que de dire : Je travaille dans le but de réussir, on peut dire : Je travaille pour réussir.

Dans le dessein de est moins courant et s'emploie dans un style soutenu. Il est parti dans le dessein de s'accomplir dans une oeuvre humanitaire.

 

Cf. L'Académie :  dans le but de, locution prépositive. Emploi critiqué. Dans le dessein de, dans l'intention de.

 

Remarque de Littré :

Peut-on dire : il agissait ainsi dans le but de se réconcilier ? Cette locution est très usitée présentement ; mais elle n'est pas aisée à justifier. On n'est pas dans un but ; car, si on y était, il serait atteint. On dit bien : je suis dans l'espérance de, dans l'intention de, vu que, on peut considérer l'espérance, l'intention comme quelque chose où l'on est placé ; mais il n'en est pas de même du but qui est éloigné et auquel il faut atteindre. Cette locution serait justifiée si on donnait à dans le sens de pour ; mais dans n'a, en aucun autre cas, un emploi de ce genre. La locution, ne pouvant s'expliquer ni par le sens de but dans lequel on n'est pas, ni par l'emploi de dans qui ne marque jamais quelque chose à atteindre, doit être évitée ; et, en place, on se servira de : dans le dessein, dans l'intention, à l'effet de, etc.

 

Le Trésor  signale cette remarque de Littré mais nous dit que "l'expression [dans le but de] est couramment employée par les auteurs."

Voir Le Trésor (TFLi) et l'Académie dans  Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

 

Le Petit Robert admet "dans le but de..."

 

Pourquoi ? : On notera que le plus souvent Pourquoi ? entraîne une réponse donnant une cause (parce que...)

Pour quoi ? Pour quoi faire ? entraîne une réponse donnant un but (pour, pour que)

 

Pour quoi faire ? Ou Pourquoi faire ?  L'orthographe hésite entre ces deux graphies nous dit le Trésor. La seconde plus rationnelle prévaut, fait remarquer Grevisse.

On rencontre parfois sous la plume de quelques écrivains Pourquoi faire bien que ce ne soit pas très logique.

 

En conclusion, si l'on fait partie de ceux qui ont un grand souci de la pureté de la langue, on s'efforcera de ne pas employer "dans le but de" tout en sachant que l'usage en est fort répandu.

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 17:02

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-1-

Un anglicisme est un mot, une expression ou une tournure propre à la langue anglaise.

On appelle calque une traduction mot à mot d'une tournure ou d'un sens qui n'existe pas dans la langue d'origine.

Aucune chance ! Calque de No chance ! (pour : Aucun risque que cela arrive !)

N'y pense même pas ! Calque de Don't even think about it !

dans ce pays Calque de in this country (pour : en France)

Les faux anglicismes (pseudo-anglicismes, franglicismes) sont des mots qui n'existent pas en anglais ou qui, s'ils existent, n'ont pas la même signification en français qu'en anglais : le footing, un parking, un smoking, un brushing, un dancing, un puzzle, un pressing, gay, etc.

 

-2-

Deux mots sur l'origine de l'anglais

Si la langue anglaise a pour origine principalement des langues germaniques du nord de l'Europe (des Angles, des Saxons, des Frisons), elle a été enrichie par l'apport du français lors des invasions normandes.

 

Les Vikings (ou Normands) s'étaient installés en France après que le roi Charles le Simple, eut donné à Rollon (846-931), pour qu'il cessât ses pillages, les terres qui devinrent la Normandie.

 

Guillaume le Conquérant, William The Conqueror (1028-1087), Duc de Normandie conquiert le trône d'Angleterre à la célèbre bataille de Hastings (1066) où il défait le dernier roi anglo-saxon. Il apporte avec lui sa langue, le français, le franco-normand.

 

L'anglo-normand était le dialecte parlé en Angleterre sous les Plantagenêt, qui, sous l’influence de l’anglo-saxon et du français littéraire, différait du franco-normand de Normandie.

 

Si l'on trouve en anglais la majorité des mots venant de l'anglo-saxon, il ne vous aura pas échappé qu'on en trouve un grand nombre d'origine française datant de Guillaume, mais aussi du français moderne. Nous ne parlerons pas ici des autres langues venues l'enrichir.

Une petite histoire de la langue française racontée par mamiehiou

 

 -3-

La langue française, elle, regorge d'anglicismes.

On peut considérer que c'est un enrichissement si l'on est attentif à ne pas l'abîmer à force de tournures anglaises inappropriées qui deviennent des fautes de français.

Certains anglicismes sont entrés dans la langue, certains autres sont à éviter.

D'autres encore n'ont pas trouvé de traductions satisfaisantes en français.

 

Exemples de quelques anglicismes courants (en rouge) à éviter :

Dispatcher POUR répartir.

Overbooké POUR surchargé, débordé.

Le look, relooking, relooker POUR l'allure, l'apparence - donner une meilleure apparence.

Quel look ! Elle a un de ces looks !

L'anglicisme look est si bien implanté qu'on peut difficilement s'en passer.

Non admis par l'Académie ni par le Trésor.

Je supporte mon équipe POUR je suis un supporter de mon équipe.

Un supporter, une supportrice, termes acceptés par le Trésor mais pas encore par l'Académie.

Je réalise que j'ai compris POUR je me rends compte que j'ai compris, du verbe to realize en anglais, to realise en américain

 

 Après réflexion, je me demande si je ne me rends pas coupable d'hypercorrectisme au sujet du sens de "réaliser" et je m'en vais parcourir les dictionnaires à la recherche de quelques éclaircissements.

L'Académie (8e édition) donne : Réaliser, rendre réel et effectif.

Le Trésor (TFLi), dans ses notes à la fin de l'entrée "réaliser" (§B) donne le sens de "se rendre compte, éprouver" avec des citations de Baudelaire, Proust, etc.

Le Grevisse (le Bon Usage) signale que Gide a plaidé plusieurs fois pour cet emploi, "prendre conscience de", et il donne des citations de Baudelaire, Montherlant, Gide, Mauriac, Claudel, etc. L’usage littéraire a, en tout cas, pleinement admis [ce] nouvel emploi.

Le Petit Robert (édition 1997) précise que l'emploi de "réaliser" dans le sens de "se rendre compte de" est critiqué.

 

Voir pour le Trésor et l'Académie le site du CNRS :

Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

 

Un challenge POUR un défi, une gageure [prononcer gajure]

Pour la petite histoire, sachez que les Anglais nous avaient emprunté le mot, et qu'il nous est revenu, mais pas dans le même sens.

Un challenge en français ne s'emploie que dans le domaine sportif.

Le verbe challenger (prononciation française évidemment) signifie : affronter le vainqueur d'un challenge pour le défaire.

Un challenger (prononciation à l'anglaise, cf. Le Trésor) ) ou challengeur (cf. Dictionnaire de l'Académie, Petit Robert) est celui qui affronte le vainqueur pour lui ravir son titre. Par extension, un rival.

Définitivement (calque de definitly) POUR certainement.

Je suis désolé ((calque de I am sorry) POUR excusez-moi.

Mr (mister) POUR M. l'abréviation de Monsieur, en français. 

M. Dupont = Monsieur Dupont 

Mr Smith = Mister Smith

Et pour le pluriel MM. (messieurs) et non pas Mrs. qui veut dire Madame en anglais (misses). On trouve parfois cette faute ; c'est un comble !

Quand on lit des courriers divers, on a l'impression que tous les messieurs français sont des misters ou des misses !

 

Voir l'article : Quand faut-il mettre une majuscule à Monsieur, Madame, Mademoiselle, etc.? Comment abréger ces mots ? Ne pas confondre M. et Mr, MM. et Mr 

 

-4-

Choisir des mots français.

Les inventer s'ils n'existent pas encore.

>>courriel au lieu de mail ou de e-mail

"À la demande de la délégation générale à la langue française, la commission générale de terminologie et de néologie s'est penchée sur la traduction française de l'anglo-américain e-mail et en particulier sur le symbole à utiliser dans les administrations pour indiquer l'adresse électronique sur le papier à lettres et les cartes de visite."

"Le symbole retenu par la commission générale de terminologie et de néologie est Mél. (pour messagerie électronique), qui peut figurer devant l'adresse électronique, tout comme Tél., généralement utilisé devant le numéro de téléphone." Voir : Mél. - Culture.fr

On peut utiliser courriel pour courrier électronique.

Voir : mél– Wiktionnaire

 

>>logiciel au lieu de software

>>Le mot ordinateur pour computer est une belle réussite. On en voudrait d'autres.

 

Ce qui est dommage, c'est la réticence qu'ont beaucoup de Français à utiliser les mots de leur propre langue comme :

>>florilège, au lieu de best of (cité dans la catégorie Florilège - la pensée des autres)

>>baladeur au lieu de walkman (marque déposée par Sony)

 Cf. L'Académie : "Un baladeur, poste de radio, lecteur de cassettes ou de disques compacts muni d'écouteurs, de petit format, et que l'on porte sur soi.

  Doit être préféré à l'anglais Walkman."

 

Réponse au Commentaire de Laure du 24 avril 2012

 Dictées commentées pour tous ceux qui sont addicts* à notre belle langue 

Bonjour Laure !

Vous vous interrogez sur la traduction de certains anglicismes (coaching, nesting, color zoning) qu'il vous faut employer dans la décoration. Ils n'ont souvent pas de traductions satisfaisantes et s'ils en ont, elles n'entrent pas facilement dans l'usage. Il faudrait faire preuve d'inventivité pour trouver leur équivalent en français. Je ne vais pas vous aider beaucoup. J'en suis désolée.

J'approuve tout à fait conseil en décoration que vous utilisez pour coaching déco.

 

Pour les non-initiés je donne quelques précisions :

Coaching (non retenu par l'Académie ni le Trésor)

En autres acceptions, le coaching est le soutien utile donné par un professionnel à un client.

Le coaching déco concerne l'aide à la décoration de son chez soi.

Le nesting concerne l'environnement de l'enfant dans un sens large.

De l'anglais : nest, nid – nesting, construire un nid

Le cocooning concerne la recherche du confort et de la sécurité. (entré dans le Petit Robert en 1980, non retenu par l'Académie ni le Trésor)

Le hiving, de hive, ruche.

Si le cocooning impliquait une sorte de repli sur soi, le hiving au contraire suppose une ouverture sur le monde extérieur, une ouverture aux autres. La maison est conçue pour recevoir sa famille, ses amis...

Ce qui suppose un intérieur suffisamment spacieux et agencé en conséquence, avec un mobilier adapté.

Le color zoning, comme on peut le deviner, est une technique qui met en valeur, en peignant les murs, des zones de la maison, mais aussi des meubles, canapés, etc. grâce aux couleurs. On joue avec des formes géométriques. Et on peut s'adonner à cette activité sans dépenser trop.

................................................................................... 

 

On peut lire sur le site HOMESPACING - Home une traduction de plusieurs termes de déco comme :

>"Homespacing (espacement accueil) est un terme que nous avons créé pour décrire le processus utilisé dans le cadre de la recherche et la conception du processus de décoration de la maison."

>Featured rooms, chambres en vedette

>Space Planning, aménagement de l'espace

etc.

Cliquez sur : Traduire cette page 

et promenez le curseur sur les mots à retrouver en anglais. 

...................................................................................

 

La lecture du livre ci-dessous doit être bien enrichissante pour les accros du marketing :

Lexique du marketing: les 2 200 mots des techniques mercatiques, des stratégies et des relations commerciales - Google Books

 

C'est une bonne initiative de faire preuve d'imagination pour chercher des traductions claires et belles et pour les imposer face à des anglicismes qui, s'ils semblent nous envahir, sont bien nécessaires parfois dans le domaine des techniques nouvelles. Il ne tient qu'à nous qu'ils soient remplacés.

Ne baissons pas les bras et gardons-nous d'être comme ceux qui sont montrés du doigt dans La Carpette anglaise !

Académie de la Carpette anglaise– Wikipédia

...................................................................................

Voici cinq mots proposés par des étudiants à la demande du Secrétariat d'Etat à la Francophonie.

Pour tuning, bolidage,

pour buzz, ramdam,

pour newsletter, infolettre,

pour talk, débat,

pour chat, dialogue. (D'aucuns auraient préféré e-blabla ou tchatche)

À voir sur : Des mots originaux pour lutter contre les anglicismes- Le Figaro

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 13:26

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Ma nuit fut hantée de pensées vagabondes.

Eussé-je dû marquer d'une pierre blanche° le jour où je te rencontrai ? J'avais attendu longtemps, si bien que l'espoir avait laissé la place à la résignation. Non que je souffrisse vraiment — l'être raisonnable que j'étais devenue s'était rendu à l'évidence : toute quête demeurait vaine — mais ne sentais-je pas comme un vide, là, quelque part, au tréfonds de mon coeur, ou peut-être, plus prosaïquement, quelque creux dans mon épigastre ?

Celui qu'on voudrait chérir et aimer — aimer passionnément et pour toujours, il va sans dire — n'existe pas. Il ne peut exister. C'est là un défaut de la nature.

Cette impatience, naguère si vive, doucement s'était consumée, comme le volcan, éteint, s'effondre sur lui-même.

 

L'idée que j'ai de l'objet du désir est si haute qu'il en devient inaccessible. Mais bientôt l'exaspération des nerfs s'étiole. L'hyperbole exacerbée d'une aspiration née de l'incomplétude s'amenuise enfin. Qui s'épuiserait à attendre des chimères ? Quel esprit tourmenté passerait ses jours et ses nuits à se perdre dans le vague d'une imagination délirante, dans des rêves qu'il croirait possiblement réalisables ?

Celui-là serait fou qui voudrait se forger un destin alors que la vie même est le fruit du hasard, et la voilà, chaque minute, ballottée, telle un fétu de paille, brinquebalée de droite et de gauche au gré de surgissements imprévus, frêle esquif balancé au gré des lames écumantes d'un océan sans rivage, quelque volonté que son capitaine puisse exercer sur une ligne de direction choisie à l'avance.

Tout est imprévisible, souvent inopportun, jamais planifié. Tout ce qui survient demande, dans l'instant, une adaptation de circonstance, qui, sans donner le temps de la réflexion la plus ténue, n'est qu'une fulguration le plus souvent douloureuse. Ainsi nos muscles se mettent-ils en branle sans qu'on leur demande rien, mus par des ordres cérébraux dont on n'est pas maître — quoi qu'on en pense — dirigés qu'ils sont par des réflexes involontaires, des sursauts d'expériences anciennes perdues au plus profond de soi, refusant de revenir à la conscience et que nulle résilience n'a pu adoucir, des ordres chaotiques engendrés par des maladresses ataviques entassées dans nos gènes abâtardis issus du fond des âges, héritages successifs d'une parentèle qui ne fut pas toujours irréprochable.

 

« Y a-t-il en ce monde un seul être qui me soit destiné ? » Cette question, je me l'étais posée mille fois. Et mille fois il m'avait fallu reconnaître ce fait indiscutable : il n'était pas encore né celui qui ravirait mon coeur.

 

Le jour était venu et je te rencontrai. Tu étais là, devant moi, paré de toutes les grâces du monde, les bras chargés de fleurs, arborant ton sourire que je n'oublierai jamais, un sourire indéfinissable tel que seuls les peintres renaissants surent le représenter, non pas un sourire large où les dents se découvrent, non pas un sourire, signe d'une triviale satisfaction, mais un sourire à peine esquissé, un sourire mystérieux, presque imperceptible et cependant attirant par son irrésistible force magnétique.

Pourquoi es-tu venu, toi que je n'attendais plus ? Tu bouleverses ma quiétude. Tu embrouilles mes convictions. Je ne sais que penser. Depuis que je t'ai vu, j'erre parmi les ombres, les ombres de l'incertitude, celles du doute et de la perplexité...

 

À mon réveil brutal, laissant s'échapper mes illusions oniriques, j'entendis une voix intérieure qui me susurrait, à la manière de Monsieur Coué : « En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d'être [heureuse].1 »

Devais-je, envers et contre tous, me contenter d'un bonheur étriqué et me laisser abuser par des pensées étrangères ?

Je me dressai brusquement sur mon séant. Pourquoi venais-je de déraisonner ainsi en cette nuit agitée ? Avais-je donc, la veille, ressenti une émotion si aiguë que ma raison vacillait ?

« Ah ! ...Mon esprit est troublé2 », me dis-je.

J'effaçai mon rêve, et chassai, d'un revers de la main, ce pensement malvenu.

.............................................................................................  

1-En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d'être heureux.

Marc-Aurèle, empereur romain, philosophe stoïcien (121-180)

 

2-Ah ! c'est moi. Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais.

L'Avare, Molière.

 

NOTES

Ma nuit fut hantée de pensées vagabondes

fut hantée, pas de liaison, disjonction. Le h de hanté est aspiré, la hantise.

La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

 

Eussé-je-je dû marquer d'une pierre blanche le jour où je te rencontrai

conditionnel passé 2e forme

Aurais-je dû marquer... conditionnel passé 1re forme
Le subjonctif plus-que-parfait s'emploie dans la langue soignée avec une valeur de conditionnel passé 2e forme.

J'eusse aimé vivre auprès de vous jusqu'à mon dernier souffle.

J'aurais aimé...

Eussé-je continué à vivre ainsi, pauvre et délaissée ?

Aurais-je continué...

Voir : Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je...

et : Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

Jour à marquer d'une pierre blanche°, jour particulièrement mémorable.

le jour où je te rencontrai, passé simple

> Les emplois de l'imparfait de l'indicatif et du passé simple

 

Non que je souffrisse vraiment, subjonctif imparfait

> Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

L'être raisonnable que j'étais devenue

j'étais devenue l'être raisonnable

devenue, participe passé employé avec l'auxiliaire être, s'accorde avec le sujet je au féminin.

que, le pronom relatif qui représente l'antécédent l'être raisonnable, est attribut du sujet je.

devenir est un verbe d'état ou verbe copule.

Voir : Qu'est-ce qu'un attribut ?

 

ne sentais-je pas là, au tréfonds de mon coeur, comme un creux, ou plus prosaïquement, quelque vide dans mon épigastre

au tréfonds de mon coeur, au plus profond de mon coeur.

Prosaïquement, ici, banalement.

quelque vide, un certain vide dans le creux de l'estomac

L'épigastre, partie de l'abdomen (le ventre) comprise entre l'ombilic (le nombril) et le sternum (os plat du thorax où s'attachent les sept premières paires de côtes).

 

cette impatience, naguère si vive

Naguère, il y a peu, il y a peu de temps.

 

l'exaspération des nerfs s'étiole

S'étioler, se fâner, s'amoindir, s'affaiblir.

 

l'hyperbole exacerbée née d'une incomplétude s'amenuise enfin 

L'hyperbole, l'exagération, l'excès.

L'incomplétude, état de ce qui est incomplet.

S'amenuiser, rendre plus menu, diminuer

 

des rêves possiblement réalisables

Possiblement, adverbe rare.

 

tout ce qui survient demande, dans l'instant, une adaptation

Dans l'instant, à l'instant, aussitôt.

 

la vie, ballottée telle un fétu de paille

ou tel un fétu de paille > Tel (accord)

Ballotté, bringuebaler, brinquebaler, brimbaler.

 

quelque volonté que son capitaine puisse exercer

> Quelque... que

 

quoi qu'on en pense

> Quoi que

 

des expériences anciennes que nulle résilience n'a pu adoucir

La résilience, qualité de celui qui ne se décourage pas, qui rebondit après une épreuve difficile.

 

Cette question, je me l'étais posée mille fois.

Posée, participe passé qui s'accorde avec l' (la élidé, pronom personnel représentant question) complément d'objet direct placé avant lui.

Me, pronom réfléchi, complément d'objet second.

Voir : Qu'est-ce qu'un verbe pronominal (réfléchi, réciproque, subjectif...) ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux

 

seuls les peintres renaissants surent le représenter

Les peintres renaissants, les peintres de la Renaissance.

 

celui-là serait fou qui voudrait se forger un destin

Il y a ici disjonction : qui, pronom relatif, est éloigné de son antécédent celui-là.

> Celui qui voudrait se forger un destin serait fou.

 

un sourire, signe d'une triviale satisfaction

Trivial, banal, ordinaire.

 

laissant s'échapper mes illusions orniriques

Onirique, qui tient du rêve.

 

j'entendis une voix qui me susurrait

Susurrer  > Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

 

La méthode Coué

Répétez-vous donc tous les matins au petit lever :

"Tous les jours à tous points de vue, je vais de mieux en mieux".

Rencontré dans : 121 Délires où « tout vient à point à qui sait attendre.°»

 

je me dressai sur mon séant

Le séant, le derrière, le postérieur.

En son séant (vieux), sur son séant. En position assise (dans un lit)

Se (re)dresser sur son séant, se mettre sur son séant.

Séant, seyant, sis sont les participes du verbe seoir. Voir ce verbe défectif dans la note de : 6 Délires inconsidérés - Je n'en peux mais !

 

et je chassai, d'un revers de main, ce pensement malvenu

pensement, archaïque, action de penser. Cf. Littré

Ce pensement était son plaisir et sa consolation, G. SAND, François le Champi.

malvenu, inopportun.

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 08:44

FLORILÈGE

.                                                                                      

Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

 .                                                                                      

 

  -19-


 

FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND

 

MÉMOIRES D'OUTRE-TOMBE

 

À Combourg


 

François-René, vicomte de Chateaubriand (1768–1848)

Premier écrivain romantique, homme politique.

 

Chateaubriand ouvre la voie du romantisme en en abordant tous les thèmes : les mouvements de l'âme et du coeur, la rêverie - le mal du siècle* -, l'exotisme, la recherche du beau et du bien, l'évocation du passé...

*Le mal du siècle, Musset dans Confession d'un enfant du siècle.

 

Ce mouvement littéraire s'épanouira au XIXe siècle et les écrivains nous laisseront des oeuvres parmi les plus belles de notre littérature.

 

« Je serai Chateaubriand ou rien », écrit Victor Hugo dans ses cahiers à l'âge de quatorze ans.

 

Baudelaire dira du romantisme qu'il « n’est précisément ni dans le choix des sujets ni dans la vérité exacte, mais dans la manière de sentir. »

 

« Les Mémoires d'Outre-Tombe », écrites de 1809 à 1848 est une autobiographie de l'auteur qui raconte des épisodes de sa vie.

Voir en fin d'article la « Préface testamentaire » à ces « Mémoires ».

 

Je donne ici un épisode de la vie du jeune Chateaubriand à Combourg. 

 

Chapitre 1 

Montboissier, juillet 1817.

Revu en décembre 1846.

Vie à Combourg. - Journées et soirées.(extrait)

[...]

Le calme morne du château de Combourg était augmenté par l'humeur taciturne et insociable de mon père. Au lieu de resserrer sa famille et ses gens autour de lui, il les avait dispersés à toutes les aires de vent de l'édifice.

Sa chambre à coucher était placée dans la petite tour de l'est, et son cabinet dans la petite tour de l'ouest. Les meubles de ce cabinet consistaient en trois chaises de cuir noir et une table couverte de titres et de parchemins. Un arbre généalogique de la famille des Chateaubriand tapissait le manteau de la cheminée, et dans l'embrasure d'une fenêtre on voyait toutes sortes d'armes depuis le pistolet jusqu'à l'espingole. L'appartement de ma mère régnait au-dessus de la grand'salle, entre les deux petites tours : il était parqueté et orné de glaces de Venise à facettes. Ma soeur habitait un cabinet dépendant de l'appartement de ma mère. La femme de chambre couchait loin de là, dans le corps de logis des grandes tours. Moi, j'étais niché dans une espèce de cellule isolée, au haut de la tourelle de l'escalier qui communiquait de la cour intérieure aux diverses parties du château. Au bas de cet escalier, le valet de chambre de mon père et le domestique gisaient dans des caveaux voûtés, et la cuisinière tenait garnison dans la grosse tour de l'ouest.

Mon père se levait à quatre heures du matin, hiver comme été : il venait dans la cour intérieure appeler et éveiller son valet de chambre, à l'entrée de l'escalier de la tourelle. On lui apportait un peu de café à cinq heures ; il travaillait ensuite dans son cabinet jusqu'à midi. Ma mère et ma soeur déjeunaient chacune dans leur chambre, à huit heures du matin. Je n'avais aucune heure fixe, ni pour me lever, ni pour déjeuner ; j'étais censé étudier jusqu'à midi : la plupart du temps je ne faisais rien.

À onze heures et demie, on sonnait le dîner que l'on servait à midi. La grand'salle était à la fois salle à manger et salon : on dînait et l'on soupait à l'une de ses extrémités du côté de l'est ; après les repas, on se venait placer à l'autre extrémité du côté de l'ouest, devant une énorme cheminée. La grand'salle était boisée, peinte en gris blanc et ornée de vieux portraits depuis le règne de François Ier jusqu'à celui de Louis XIV ; parmi ces portraits, on distinguait ceux de Condé et de Turenne : un tableau représentant Hector tué par Achille sous les murs de Troie, était suspendu au-dessus de la cheminée.

Le dîner fait, on restait ensemble jusqu'à deux heures. Alors, si l'été, mon père prenait le divertissement de la pêche, visitait ses potagers, se promenait dans l'étendue du vol du chapon ; si l'automne et l'hiver, il partait pour la chasse, ma mère se retirait dans la chapelle, où elle passait quelques heures en prières. Cette chapelle était un oratoire sombre, embelli de bons tableaux des plus grands maîtres, qu'on se s'attendait guère à trouver dans un château féodal, au fond de la Bretagne. J'ai aujourd'hui, en ma possession, une Sainte Famille de l'Albane, peinte sur cuivre, tirée de cette chapelle : c'est tout ce qui me reste de Combourg.

Mon père parti et ma mère en prières, Lucile s'enfermait dans sa chambre ; je regagnais ma cellule, ou j'allais courir les champs.

À huit heures, la cloche annonçait le souper. Après le souper, dans les beaux jours, on s'asseyait sur le perron. Mon père, armé de son fusil, tirait les chouettes qui sortaient des créneaux à l'entrée de la nuit. Ma mère, Lucile et moi, nous regardions le ciel, les bois, les derniers rayons du soleil, les premières étoiles. À dix heures, on rentrait et l'on se couchait.

Les soirées d'automne et d'hiver étaient d'une autre nature. Le souper fini et les quatre convives revenus de la table à la cheminée, ma mère se jetait, en soupirant, sur un vieux lit de jour de siamoise flambée ; on mettait devant elle un guéridon avec une bougie. Je m'asseyais auprès du feu avec Lucile ; les domestiques enlevaient le couvert et se retiraient. Mon père commençait alors une promenade, qui ne cessait qu'à l'heure de son coucher. Il était vêtu d'une robe de ratine blanche, ou plutôt d'une espèce de manteau que je n'ai vu qu'à lui. Sa tête, demi-chauve, était couverte d'un grand bonnet blanc qui se tenait tout droit. Lorsqu'en se promenant, il s'éloignait du foyer, la vaste salle était si peu éclairée par une seule bougie qu'on ne le voyait plus ; on l'entendait seulement encore marcher dans les ténèbres : puis il revenait lentement vers la lumière et émergeait peu à peu de l'obscurité, comme un spectre, avec sa robe blanche, son bonnet blanc, sa figure longue et pâle. Lucile et moi, nous échangions quelques mots à voix basse, quand il était à l'autre bout de la salle ; nous nous taisions quand il se rapprochait de nous. Il nous disait, en passant : " De quoi parliez-vous ? " Saisis de terreur, nous ne répondions rien ; il continuait sa marche. Le reste de la soirée, l'oreille n'était plus frappée que du bruit mesuré de ses pas, des soupirs de ma mère et du murmure du vent.

Dix heures sonnaient à l'horloge du château : mon père s'arrêtait ; le même ressort, qui avait soulevé le marteau de l'horloge, semblait avoir suspendu ses pas. Il tirait sa montre, la montait, prenait un grand flambeau d'argent surmonté d'une grande bougie, entrait un moment dans la petite tour de l'ouest, puis revenait, son flambeau à la main, et s'avançait vers sa chambre à coucher, dépendante de la petite tour de l'est. Lucile et moi, nous nous tenions sur son passage ; nous l'embrassions en lui souhaitant une bonne nuit. Il penchait vers nous sa joue sèche et creuse sans nous répondre, continuait sa route et se retirait au fond de la tour, dont nous entendions les portes se refermer sur lui.

Le talisman était brisé ; ma mère, ma soeur et moi transformés en statues par la présence de mon père, nous recouvrions les fonctions de la vie. Le premier effet de notre désenchantement se manifestait par un débordement de paroles : si le silence nous avait opprimés, il nous le payait cher.

Ce torrent de paroles écoulé, j'appelais la femme de chambre, et je reconduisais ma mère et ma soeur à leur appartement. Avant de me retirer, elles me faisaient regarder sous les lits, dans les cheminées, derrière les portes, visiter les escaliers, les passages et les corridors voisins. Toutes les traditions du château, voleurs et spectres, leur revenaient en mémoire. Les gens étaient persuadés qu'un certain comte de Combourg, à jambe de bois, mort depuis trois siècles, apparaissait à certaines époques, et qu'on l'avait rencontré dans le grand escalier de la tourelle ; sa jambe de bois se promenait aussi quelquefois seule avec un chat noir.

.................................................................................

Montboissier, août 1817.

Mon donjon.

Ces récits occupaient tout le temps du coucher de ma mère et de ma soeur : elles se mettaient au lit mourantes de peur ; je me retirais au haut de ma tourelle ; la cuisinière rentrait dans la grosse tour, et les domestiques descendaient dans leur souterrain.

La fenêtre de mon donjon s'ouvrait sur la cour intérieure ; le jour, j'avais en perspective les créneaux de la courtine opposée, où végétaient des scolopendres et croissait un prunier sauvage. Quelques martinets qui, durant l'été, s'enfonçaient en criant dans les trous des murs, étaient mes seuls compagnons. La nuit, je n'apercevais qu'un petit morceau du ciel et quelques étoiles. Lorsque la lune brillait et qu'elle s'abaissait à l'occident, j'en étais averti par ses rayons, qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre. Des chouettes, voletant d'une tour à l'autre, passant et repassant entre la lune et moi, dessinaient sur mes rideaux l'ombre mobile de leurs ailes. Relégué dans l'endroit le plus désert, à l'ouverture des galeries, je ne perdais pas un murmure des ténèbres. Quelquefois, le vent semblait courir à pas légers ; quelquefois il laissait échapper des plaintes ; tout à coup, ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des mugissements, puis ces bruits expiraient pour recommencer encore. À quatre heures du matin, la voix du maître du château, appelant le valet de chambre à l'entrée des voûtes séculaires, se faisait entendre comme la voix du dernier fantôme de la nuit. Cette voix remplaçait pour moi la douce harmonie au son de laquelle le père de Montaigne éveillait son fils.

L'entêtement du comte de Chateaubriand à faire coucher un enfant seul au haut d'une tour pouvait avoir quelque inconvénient ; mais il tourna à mon avantage. Cette manière violente de me traiter me laissa le courage d'un homme, sans m'ôter cette sensibilité d'imagination dont on voudrait aujourd'hui priver la jeunesse. Au lieu de chercher à me convaincre qu'il n'y avait point de revenants, on me força de les braver. Lorsque mon père me disait avec un sourire ironique : " Monsieur le chevalier aurait-il peur ? " il m'eût fait coucher avec un mort. Lorsque mon excellente mère me disait : " Mon enfant, tout n'arrive que par la permission de Dieu ; vous n'avez rien à craindre des mauvais esprits, tant que vous serez bon chrétien " ; j'étais mieux rassuré que par tous les arguments de la philosophie. Mon succès fut si complet que les vents de la nuit, dans ma tour déshabitée, ne servaient que de jouets à mes caprices et d'ailes à mes songes. Mon imagination allumée, se propageant sur tous les objets, ne trouvait nulle part assez de nourriture et aurait dévoré la terre et le ciel. C'est cet état moral qu'il faut maintenant décrire. Replongé dans ma jeunesse, je vais essayer de me saisir dans le passé, de me montrer tel que j'étais, tel peut-être que je regrette de n'être plus, malgré les tourments que j'ai endurés.

Retrouvez cet extrait sur Gallica, chapitre 1 page 23.

Texte intégral :

Mémoires d'Outre-tombe [Numérisé en mode texte]
 

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Je garde de ce texte un souvenir ému. Je me souviens l'avoir lu au collège, j'avais treize ou quatorze ans et je ne l'ai jamais oublié : il m'avait fait une impression très forte. Peut-être ma propre enfance différait-elle tellement de celle de Chateaubriand qu'il m'était difficile d'imaginer qu'un père puisse être aussi dur que le sien.

Je m'enthousiasmai aussi à la lecture du passage où "René" exhorte "les orages désirés" de se lever pour l'"emporter dans une autre vie".

Note de mamiehiou  

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Voir le texte de René dans Wikisource, René (1802)

 

  RENÉ
 

" Le jour, je m'égarais sur de grandes bruyères terminées par des forêts. Qu'il fallait peu de choses à ma rêverie ! une feuille séchée que le vent chassait devant moi, une cabane dont la fumée s'élevait dans la cime dépouillée des arbres, la mousse qui tremblait au souffle du nord sur le tronc d'un chêne, une roche écartée, un étang désert où le jonc flétri murmurait ! Le clocher solitaire s'élevant au loin dans la vallée a souvent attiré mes regards ; souvent j'ai suivi des yeux les oiseaux de passage qui volaient au-dessus de ma tête. Je me figurais les bords ignorés, les climats lointains où ils se rendent ; j'aurais voulu être sur leurs ailes. Un secret instinct me tourmentait ; je sentais que je n'étais moi-même qu'un voyageur, mais une voix du ciel semblait me dire : " Homme, la saison de ta migration n'est pas encore venue ; attends que le vent de la mort se lève, alors tu déploieras ton vol vers ces régions inconnues que ton cœur demande. "

" Levez-vous vite, orages désirés qui devez emporter René dans les espaces d'une autre vie !" Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelure, ne sentant ni pluie, ni frimas, enchanté, tourmenté et comme possédé par le démon de mon cœur.


 

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Dans le coeur de l'adolescente que j'étais quelle émotion ! Quel bouleversement !

C'est bien à l'école que j'ai ressenti mes premiers émois littéraires.

Note de mamiehiou

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PRÉFACE TESTAMENTAIRE des "Mémoires d'Outre-tombe"


 

Paris, 1er août 1832.


 

Comme il m’est impossible de prévoir le moment de ma fin ; comme à mon âge les jours accordés à l’homme ne sont que des jours de grâce, ou plutôt de rigueur, je vais, dans la crainte d’être surpris, m’expliquer sur un travail destiné, en se prolongeant, à tromper pour moi l’ennui de ces heures dernières et délaissées, que personne ne veut, et dont on ne sait que faire.

Les Mémoires à la tête desquels on lira cette préface embrassent ou embrasseront le cours entier de ma vie : ils ont été commencés dès l’année 1811, et continués jusqu’à ce jour. Je raconte dans ce qui est achevé, et raconterai dans ce qui n’est encore qu’ébauché, mon enfance, mon éducation, ma première jeunesse, mon entrée au service, mon arrivée à Paris, ma présentation à Louis XVI, le commencement de la révolution, mes voyages en Amérique, mon retour en Europe, mon émigration en Allemagne et en Angleterre, ma rentrée en France sous le consulat, mes occupations et mes ouvrages sous l’empire, ma course à Jérusalem, mes occupations et mes ouvrages sous la restauration, enfin l’histoire complète de cette restauration et de sa chute.

 

Voir la préface en entier :

Mémoires d'outre-tombe - Préface testamentaire - Wikisource

 

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FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES (titres des textes)

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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