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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 08:43

LES DÉLIRES Tous les épisodes

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Pour moi, dès lors, tout rassérénement était impossible. Je m'en fus revoir Monsieur Pro.

Je poussai doucement la porte de son refuge pour ne point le surprendre au cas qu'il serait parvenu à s'endormir. Le volettement d'une mouche l'eût réveillé, si grande était sa crainte d'être découvert.

Sa vue me bouleversa. Chaque instant semblait augmenter les affres de son accablement. Tout son corps menaçait de partir à vau-l'eau. Le cheveu grison s'était fait plus rare, la barbe grivelée laissait entr'apercevoir une lippe tremblante.

 

« Je ne puis me résoudre à vous encombrer davantage, chère Oli, déclara-t-il. Vous avez mieux à faire que de vous occuper de moi. Si, par aventure, la mort me fauchait ici, que feriez-vous de ma dépouille ? Je vous aurais plus embarrassé qu'été utile. Et avec vos antécédents... (N'avez-vous pas été suspectée dans la ténébreuse affaire1 du meurtre d'Alcmène et d'Amphi2, vos amis ?)... vous auriez tôt fait d'être au centre d'un imbroglio3 qui pourrait vous porter préjudice.

Que me parlez-vous là de mes feus amis ? m'exclamai-je interloquée. Avez-vous eu vent de cette histoire° ? En savez-vous quelque chose ? Alcofribas, individu retors s'il en fut, que je soupçonne d'avoir trempé bassement dans cette tragédie effroyable, était-il le coupable ?

Votre intuition ne vous a pas trompée. Cet homme représente la lie de cette société, le Maître Horri impitoyable, le Sanson sans vergogne chargé d'éliminer tout individu capable d'en menacer les fondements.

Pourquoi eux ? Pourquoi ma chère Alcmène et son dévoué mari ?

Des résistants jugés impénitents, irrécupérables. Tel fut l'impitoyable verdict des autorités. "À éliminer !" fut le mot d'ordre. C'est ce que fit Alcofribas. J'intervins pour vous arracher aux griffes policières. Vous l'avez échappé belle.

Je ne savais rien.

Ils se sont tus pour vous préserver.

Ainsi ont-il payé de leur vie. Quelle injustice ! »

J'étais abasourdie. Rien n'aurait pu me causer plus de mal.

« Mais, repris-je, dites-moi, comment alors vous prouver ma reconnaissance ?

Ne venez-vous pas de le faire ? »

Je restai un instant silencieuse, la tristesse me submergeant.

 

J'aurais pu me faire violence et lui donner un baiser, m'en remémorant l'envie qu'il avait eue naguère lorsqu'il esquissa le mouvement pour se rapprocher de moi4, mais je ne me résolus pas à faire cet effort. J'eusse été prise d'un haut-le-coeur s'il m'avait fallu toucher, fût-ce du bout des lèvres, la peau glutineuse de cet homme catarrheux — eût-il été mon sauveur.

 

« Je ne suis qu'un songe-creux, murmura le vieil homme. J'ai ambitionné de changer les choses. Mais mon manque de courage ne m'a fait accoucher que de velléités. Il est trop tard maintenant. Je n'éprouve pour moi-même que du mépris. »

 

Je cherchai des arguments pour qu'il ne s'effondrât point, pour qu'il ne se jugeât point aussi sévèrement. Qu'aurait-il pu faire, face à un appareil aussi puissant, prêt à l'écraser à la moindre tentative de rébellion ?

 

« Parlez-moi, lui demandai-je, de ces agents recruteurs qui capturent par delà (par-delà) la Frontière de pauvres innocents.

Chaque fois qu'un des nôtres disparaît (je veux dire qu'un Utopinambourgeois5 meurt ou s'échappe et se fond dans l'inconnu) la Haute Autorité charge l'un de ses sbires de le remplacer. Pour ce faire, il passe la Frontière et kidnappe un jeune homme, ou une jeune fille, c'est selon. L'affaire est savamment montée. Mais les erreurs foisonnent et les recrutés, pour la plupart, ne sont pas à la hauteur de ce qu'on peut espérer d'eux. Plût aux dieux que les abrutis, les balourds et les crétins ne volassent point ! Il ferait nuit.6 

Il se cacha le visage, imaginant probablement la chose.

« Ainsi fûtes-vous ravie du sein de votre famille, poursuivit-il. Et l'on s'appliqua à vous ôter tout souvenir. Le travail fut mal fait, vous en conviendrez.

Voilà pourquoi de vagues et intermittentes réminiscences ne laissent de me hanter depuis le jour de mon arrivée dans cette cité.

Voilà pourquoi votre soif de découvrir la vérité tout entière est à ce point inextinguible. »

Je dus me contenter de ces dernières explications.

 

Lorsque, le soir même, je revins voir Monsieur Pro, il avait disparu. Je déplorai de ne rien savoir de la résolution qu'il avait prise pour lui-même, et je lui sus gré de s'être esquivé ainsi — au péril de sa vie — sans un adieu.

...............

1-Une Ténébreuse Affaire, de Honoré de Balzac.

2-Alcmène et Amphi, restaurateurs à Utopinambourg, employeurs et amis d'Oli.

Pour en savoir + sur les personnages de la mythologie grecque, Alcmène et Amphitryon, (et Zeus !) voir la note du texte : 59 Délires conjugaux chez Alcmène et Amphi

3-L'arrestation d'Oli >> 120 Délires au commissariat + Des aphorismes incongrus

Comment prononcer imbroglio, voir : Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure, almanach, handball, imbroglio, mas, tomber dans le lacs, abasourdi, Auxerre, Bruxelles, Cassis...

4-J'aurais pu me faire violence et lui donner un baiser... moi.

Voir le texte des Délires : 86 Délires où le charme opère -"Yeah ! We all shine on

5-Utopinambourgeois, habitant de Utopinambourg, la cité étrange où vivent les personnages du conte.

6-Plût aux dieux que les abrutis, les balourds et les crétins ne volassent point ! Il ferait nuit.

Cf. Frédéric Dard."Si les cons volaient, il ferait nuit.", San Antonio.

 

NOTES

je m'en fus revoir monsieur Pro

Être dans le sens d'aller

Je m'en fus, je m'en allai.

je m'en allai revoir monsieur Pro

Le verbe être peut remplacer le verbe aller, dans la langue courante aux temps composés ; J'ai été à Paris.

Littré précise que dans ce cas, j'y suis allé et j'en suis revenu.

Le verbe être au passé simple et au subjonctif imparfait est du style soutenu et littéraire :  

Je m'en fus à la campagne. Il s'en fut regarder les avions dans le ciel.

Il fallait bien qu'il s'en fût sans se retourner.

 

dès lors tout rassérénement était impossible

Dès lors, locution adverbiale, dès ce moment-là, dès ce temps-là.

= dès alors, vieilli.

rassérénement ou rassérènement, action de devenir serein ou de rendre serein.

Je ne serai jamais rasséréné quoi que vous fassiez.

Tu me rassérènes par tes propos.

 

au cas qu'il serait parvenu à s'endormir

> En cas que, au cas que, dans le cas que, pour le cas que

 

le volètement ou volettement, fait de voleter

voleter, voler à petits coups d'ailes, voler ça et là.

je volette, je voletterai...

 

chaque instant semblait augmenter les affres de son accablement

Les affres, la grande angoisse.

Les affres de la mort.

 

tout son corps menaçait de partir à vau l'eau

(à) vau l'eau, vau l'eau, vau leau, vau-leau.

locution adverbiale, en suivant le fil de l'eau – sens figuré, au gré du hasard.

 

le cheveu grison se faisait plus rare

voir dans Le Trésor de la Langue française, TFLi

> GRISON, -ONNE, adj. et subst. masc.

 

la barbe grivelée laissait entr'apercevoir une lippe tremblante

Grivelé, ée, cf. Littré : Mêlé de gris et de blanc.

Un plumage grivelé.

Cuisses.... Grivelées comme saulcisses, Villon, Regrets de la belle Heaulmière. 

une lippe, lèvre (inférieure) épaisse et proéminente. Cf. Littré

entrapercevoir ou entr'apercevoir

> L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

 

je ne puis me résoudre à vous encombrer davantage

Davantage, ici synonyme de plus longtemps.

Voir l'article : Ne pas confondre : davantage, d'avantage – bientôt, bien tôt – sitôt, si tôt - près de, prêt à - etc.

 

l'affaire est savamment montée

Affaire, à faire : voir l'article : Avoir affaire ou avoir à faire ? Les affaires, une affaire de coeur, j'en fais mon affaire, je lui ai fait son affaire, une ténébreuse affaire, faire le bizness...

Savamment, adverbe formé sur savant+ment.

 

si, par aventure, la mort me fauchait ici

D'aventure, par aventure, par hasard

 

Avoir eu vent de quelque chose°

avoir entendu parler de quelque chose.

 

Que me parlez-vous de mes feus amis ?

Pourquoi me parlez-vous...

QUE dans tous ses états – pronom interrogatif - pronom relatif - conjonction de subordination ou élément d'une locution conjonctive - adverbe interrogatif ou exclamatif – ne... que - etc. 

mes feus amis, mes défunts amis.

feu, feue, feus, feues.

Feu dans le sens de décédé récemment.

Invariable, Feu Monsieur. Feu Madame.

Varie lorsque l'adjectif est placé entre le déterminant et le nom, la feue Princesse d'York, les feus enfants du Roi, votre feue famille.

"On dit feu la reine s’il n’y a pas de reine vivante, et la feue reine si une autre l’a remplacée."Cf. Littré

Le Grevisse précise que "cela est vrai pour feu la reine mais la feue reine est possible qu'il y ait une reine vivante ou non."

Ne pas confondre : feux et feus – sensé et censé – chaos et cahot – efficace et efficient – émotionné et ému - bruire et bruisser

 

Alcofribas, individu retors s'il en fut

Retors, qui use sournoisement de mauvais moyens pour arriver à ses fins,

Cf. le Trésor : cauteleux, finaud, madré, malin, matois.

S'il en fut, passé simple du verbe être, locution figée.

 

cet homme représente la lie de cette société

La lie, au figuré, les éléments mauvais, le rebut (ici : de la société).

 

Le Maître Horri impitoyable

Maître Horri, l'éboueur-type du Moyen Âge.

Voir La Complainte Rutebeuf dans : Une petite histoire de la Langue Française racontée par mamiehiou– Chapitre 7 - L'ANCIEN FRANÇAIS DU IXe AU XIIIe SIÈCLE - CINQUIÈME PARTIE : Les complaintes de Rutebeuf

Ci encoumence la complainte Rutebuef de son oeuf

Que sunt mi ami devenu
Que j’avoie si pres tenu
Et tant amei ?

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés ?

[...]

Mi autre ami sunt tuit porri :

Je les envoi a maitre Horri

Et cest li lais.

Mes autres amis sont si pourris :
Je les envoie à maître Horri le vidangeur
Et les lui laisse.

...............................................................

le Sanson sans vergogne

Charles-Louis Sanson est le premier d'une longue lignée de bourreaux qui ont pratiqué "leur art" de 1688 à 1847.

Sans vergogne, sans honte.

 

Je restai un instant silencieuse, la tristesse me submergeant.

La tristesse me submergeant, proposition participiale.

Le participe présent submergeant a un sujet qui lui est propre : la tristesse.

=comme la tristesse me submergeait.

Complément circonstanciel de cause et de temps (simultanéité) du verbe de la principale.

Voir l'article : Ne pas confondre participes présents, gérondifs et adjectifs verbaux, (en) fatiguant fatigant – (en) convainquant convaincant – (en) émergeant émergent – (en) résidant résident...

 

Ils se sont tus pour vous préserver.

Se taire, verbe pronominal subjectif. Le participe passé s'accorde avec le sujet.

Le pronom se est inanalysable.

Voir le § J dans l'article :

Qu'est-ce qu'un verbe pronominal (réfléchi, réciproque, subjectif...) ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux

 

l'envie qu'il avait eue naguère

eue, participe passé, s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant lui : que (mis pour l'antécédent envie)

> Règles de l'accord des participes passés

Naguère (il n'y a guère) il y a peu de temps.

 

la peau glutineuse de cet homme catthareux

Glutineux, visqueux et collant comme du gluten

Catarrheux, qui tousse, qui est enrhumé.

La catarrhe est une inflammation des voies respiratoires.

 

J'eusse été prise d'un haut-le-coeur

conditionnel passé 2e forme.

> j'aurais été prise... 1re forme

 

fût-ce du bout des lèvres

subjonctif imparfait, même si c'était du bout des lèvres.

 

eût-il été mon sauveur = même s'il avait été mon sauveur.

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

 

je ne suis qu'un songe-creux, murmura le vieil homme

Un songe-creux, péjoratif, un idéaliste utopiste.

Vieux ou vieil ? Beau ou bel ? Nouveau ou nouvel ? Fou ou fol ? Mou ou mol ? Un vieux monsieur et un vieil homme - Un beau monsieur et un bel homme...

 

mon manque de courage ne m'a fait accoucher que de velléités

Velléité, désir, volonté de faire quelque chose, mais qu'on ne réalise pas.

 

Je cherchai (passé simple) des arguments pour qu'il ne s'effondrât point, pour qu'il ne se jugeât point...

effondrât, jugeât, subjonctif imparfait dans des subordonnées finales (complément circonstanciel de but) > Pour que

Concordance des temps.

On utilise le passé simple et le subjonctif imparfait dans le style soutenu, littéraire.

 

prêt à l'écraser à la moindre tentative de rébellion

la moindre superlatif relatif de l'adjectif petit.

La moindre = la plus petite.

Rébellion, révolte contre l'autorité (ex. de l'état), contre quelque chose.

Se rebeller

 

par delà la frontière, au-delà de la frontière, etc.

>Y a-t-il un trait d'union ou pas ? Au delà ou au-delà ? Par delà ou par-delà ? AU ou PAR ou EN etc. + deçà, delà, devant, derrière, avant, arrière, dessus, dessous, dedans, dehors, haut, bas.

 

la haute autorité charge l'un de ses sbires de le remplacer

Un sbire, un homme de main.

Mot rencontré dans : 123 Délires de sbires et consorts

 

Plût aux dieux que les abrutis ne volassent point !

Les verbes sont au subjonctif imparfait.

Subjonctif optatif, voir le § 29 dans l'article :

Valeurs et emplois du subjonctif

 

Ainsi fûtes-vous ravie du sein de votre famille

inversion du sujet après ainsi.

L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

vous fûtes, passé simple.

Ravie, enlevée de force.

c'est ainsi qu'on vous kidnappa

 

de vagues réminiscences ne laissent de me hanter

Réminiscence, souvenir vague, profondément enfoui dans la mémoire.

ne laissent de me hanter = ne cessent de me hanter.

 

La vérité tout entière

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

votre soif [...] est à ce point inextinguible

Inextinguible, qu'on ne peut éteindre, qu'on ne peut étouffer, qu'on ne peut faire cesser.

 

Je lui sus gré, passé simple de savoir gré.

Lecteur indulgent, je te sais gré d'être sensible à mon style !

 

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 13:23

FLORILÈGE

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IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 

 

  -18-

 

 

   LETTRES PORTUGAISES

 

1669


 

Cinq lettres d'une religieuse portugaise écrites au XVIIème siècle et qui resteront longtemps un mystère.

L'auteur de ces lettres était-il vraiment une religieuse portugaise ?

Qui était donc cette femme amoureuse ?

Et qui était l'officier français à qui elle adressait ces lettres à la fois passionnées et désespérées ?

L'original de ces lettres en portugais a-t-il jamais existé ?

 

Ah ! Ce texte a fait coulé beaucoup d'encre, mais ce n'est pas pour son mystère que je veux ici vous le faire découvrir — si vous ne l'avez déjà lu.

Ces lettres sont magnifiques, de par leur style exceptionnel, de par la sensibilité qui s'en dégage, mêlant l'amertume, la colère, le regret, l'espoir, l'ironie parfois, jusqu'à un humour plein de rancoeur.

 

De nombreux écrivains se sont enthousiasmés pour ces Lettres, comme Stendhal et l'Abbé de Villiers :

« il faut aimer comme la religieuse portugaise, et avec cette âme de feu dont elle nous a laissé une si vive empreinte dans ses lettres immortelles ». Stendhal, La vie de Rossini.

 

« Nous n’avons guère de meilleurs ouvrages que ceux qui ont été écrits par des auteurs véritablement touchés des passions qu’ils voulaient exprimer, c’est ce qui a rendu si excellentes les Lettres d’Héloïse*, les Lettres portugaises, et enfin, les lettres manuscrites de deux ou trois femmes galantes de ce temps. » L'Abbé de Villiers, Entretiens sur les contes de fées, 1699

Cf. Claude Barbin, Libraire de Paris sous le règne de Louis XIV, Gervais E. Reed (Histoire et Civilisation du Livre - VI)

*Les Lettres d'Héloïse, voir dans ce blog :

> Les tragiques amours d'Héloise et d'Abélard – Lettre d'Héloïse


 

EXTRAIT DE LA DEUXIEME LETTRE

[...]

Vous m'avez consommée par vos assiduités, vous m'avez enflammée par vos transports, vous m'avez charmée par vos complaisances, vous m'avez assurée par vos serments, mon inclination violente m'a séduite, et les suites de ces commencements si agréables, et si heureux ne sont que des larmes, que des soupirs, et qu'une mort funeste, sans que je puisse y porter aucun remède. Il est vrai que j'ai eu des plaisirs bien surprenants en vous aimant : mais ils me coûtent d'étranges douleurs, et tous les mouvements, que vous me causez, sont extrêmes. Si j'avais résisté avec opiniâtreté à votre amour, si je vous avais donné quelque sujet de chagrin, et de jalousie pour vous enflammer davantage, si vous aviez remarqué quelque ménagement artificieux dans ma conduite, si j'avais enfin voulu opposer ma raison à l'inclination naturelle que j'ai pour vous, dont vous me fîtes bientôt apercevoir (quoique mes efforts eussent été sans doute inutiles) vous pourriez me punir sévèrement, et vous servir de votre pouvoir : mais vous me parûtes aimable, avant que vous m'eussiez dit que vous m'aimiez, vous me témoignâtes une grande Passion, j'en fus ravie, et je m'abandonnai à vous aimer éperdument ; vous n'étiez point aveuglé, comme moi, pourquoi avez-vous donc souffert que je devinsse en l'état où je me trouve ? Qu'est-ce que vous vouliez faire de tous mes emportements, qui ne pouvaient vous être que très importuns ? Vous saviez bien que vous ne seriez pas toujours en Portugal, et pourquoi m'y avez-vous voulu choisir pour me rendre si malheureuse ? Vous eussiez trouvé sans doute en ce Pays quelque femme qui eût été plus belle, avec laquelle vous eussiez eu autant de plaisirs, puisque vous n'en cherchiez que de grossiers, qui vous eût fidèlement aimé aussi longtemps qu'elle vous eût vu, que le temps eût pu consoler de votre absence, et que vous auriez pu quitter sans perfidie, et sans cruauté : ce procédé est bien plus d'un Tyran, attaché à persécuter, que d'un Amant, qui ne doit penser qu'à plaire : Hélas ! Pourquoi exercez-vous tant de rigueurs sur un coeur, qui est à vous ? Je vois bien que vous êtes aussi facile à vous laisser persuader contre moi, que je l'ai été à me laisser persuader en votre faveur ; j'aurais résisté, sans avoir besoin de tout mon amour, et sans m'apercevoir que j'eusse rien fait d'extraordinaire, à de plus grandes raisons, que ne peuvent être celles qui vous ont obligé à me quitter : elles m'eussent paru bien faibles et il n'y en a point, qui eussent jamais pu m'arracher d'auprès de vous : mais vous avez voulu profiter des prétextes, que vous avez trouvés de retourner en France ; un vaisseau partait, que ne le laissiez-vous partir ? Votre famille vous avait écrit, ne savez-vous pas toutes les persécutions que j'ai souffertes de la mienne ? Votre honneur vous engageait à m'abandonner, ai-je pris quelque soin du mien ? Vous étiez obligé d'aller servir votre Roi, si tout ce qu'on dit de lui est vrai, il n' a aucun besoin de votre secours, et il vous aurait excusé. J'eusse été trop heureuse, si nous avions passé notre vie ensemble : mais puisqu'il fallait qu'une absence cruelle nous séparât, il me semble que je dois être bien aise de n'avoir pas été infidèle, et je ne voudrais pas pour toutes les choses du monde, avoir commis une action si noire : Quoi ? vous avez connu le fond de mon coeur, et de ma tendresse, et vous avez pu vous résoudre à me laisser pour jamais, et à m'exposer aux frayeurs, que je dois avoir, que vous ne vous souvenez plus de moi, que pour me sacrifier à une nouvelle Passion ? Je vois bien que je vous aime, comme une folle : cependant je ne me plains point de toute la violence des mouvements de mon coeur, je m'accoutume à ses persécutions, et je ne pourrais vivre sans un plaisir, que je découvre, et dont je jouis en vous aimant au milieu de mille douleurs : mais je suis sans cesse persécutée avec un extrême désagrément par la haine, et par le dégoût que j'ai pour toutes choses ; ma famille, mes amis et ce Couvent me sont insupportables ; tout ce que je suis obligée de voir, et tout ce qu'il faut que je fasse de toute nécessité, m'est odieux : je suis si jalouse de ma Passion, qu'il me semble que toutes mes actions, et que tous mes devoirs vous regardent : Oui, je fais quelque scrupule, si je n'emploie tous les moments de ma vie pour vous ; que ferais-je, hélas ! sans tant de haine, et sans tant d'amour, qui remplissent mon coeur ? Pourrais-je survivre à ce qui m'occupe incessamment, pour mener une vie tranquille et languissante ? Ce vide et cette insensibilité ne peuvent me convenir. Tout le monde s'est aperçu du changement entier de mon humeur, de mes manières, et de ma personne ; ma Mère** m'en a parlé avec aigreur, et ensuite avec quelque bonté, je ne sais ce que je lui ai répondu, il me semble que je lui ai tout avoué. Les Religieuses les plus sévères ont pitié de l'état où je suis, il leur donne même quelque considération, et quelque ménagement pour moi ; tout le monde est touché de mon amour, et vous demeurez dans une profonde indifférence, sans m'écrire, que des lettres froides ; pleines de redites ; la moitié du papier n'est pas remplie, et il paraît grossièrement que vous mourez d'envie de les avoir achevées. Dona Brites me persécuta ces jours passés pour me faire sortir de ma chambre, et croyant me divertir, elle me mena promener sur le balcon, d'où l'on voit Mertola ; je la suivis, et je fus aussitôt frappée d'un souvenir cruel, qui me fit pleurer tout le reste du jour : elle me ramena, et je me jetai sur mon lit, où je fis mille réflexions sur le peu d'apparence que je vois de guérir jamais : ce qu'on fait pour me soulager aigrit ma douleur, et je retrouve dans les remèdes mêmes des raisons particulières de m'affliger : je vous ai vu souvent passer en ce lieu avec un air qui me charmait, et j'étais sur ce balcon le jour fatal que je commençai à sentir les premiers effets de ma Passion malheureuse : il me sembla que vous vouliez me plaire, quoique vous ne me connussiez pas : je me persuadai que vous m'aviez remarquée entre toutes celles qui étaient avec moi, je m'imaginai que lorsque vous vous arrêtiez, vous étiez bien aise que je vous visse mieux, et j'admirasse votre adresse, et votre bonne grâce, lorsque vous poussiez votre cheval, j'étais surprise de quelque frayeur lorsque vous le faisiez passer dans un endroit difficile : enfin je m'intéressais secrètement à toutes vos actions, je sentais bien que vous ne m'étiez point indifférent, et je prenais pour moi tout ce que vous faisiez : Vous ne connaissez que trop les suites de ces commencements, et quoique je n'aie rien à ménager, je ne dois pas vous les écrire, de crainte de vous rendre plus coupable, s'il est possible, que vous ne l'êtes, et d'avoir à me reprocher tant d'efforts inutiles pour vous obliger à m'être fidèle. Vous ne le serez point : Puis-je espérer de mes lettres, et de mes reproches ce que mon amour et mon abandonnement n'ont pu sur votre ingratitude ? Je suis trop assurée de mon malheur, votre procédé injuste ne me laisse pas la moindre raison d'en douter, et je dois tout appréhender, puisque vous m'avez abandonnée. N'aurez-vous de charmes que pour moi, et ne paraîtrez-vous pas agréable à d'autres yeux ? Je crois que je ne serai pas fâchée que les sentiments des autres justifient les miens en quelque façon, et je voudrais que toutes les femmes de France vous trouvassent aimable, qu'aucune ne vous aimât, et qu'aucune ne vous plût : ce projet est ridicule, et impossible : néanmoins, j'ai assez éprouvé que vous n'êtes guère capable d'un grand entêtement, et que vous pourrez bien m'oublier sans aucun secours, et sans y être contraint par une nouvelle Passion : peut-être, voudrais-je que vous eussiez quelque prétexte raisonnable ? Il est vrai que je serais plus malheureuse, mais vous ne seriez pas si coupable : je vois bien que vous demeurerez en France sans de grands plaisirs, avec une entière liberté ; la fatigue d'un long voyage, quelque petite bienséance, et la crainte de ne répondre pas à mes transports, vous retiennent : Ah ! ne m'appréhendez point ? Je me contenterai de vous voir de temps en temps, et de savoir seulement que nous sommes en même lieu : mais je me flatte, peut-être, et vous serez plus touché de la rigueur et de la sévérité d'une autre, que vous ne l'avez été de mes faveurs ; est-il possible que vous serez enflammé par de mauvais traitements ? Mais avant que de vous engager dans une grande Passion, pensez bien à l'excès de mes douleurs, à l'incertitude de mes projets, à la diversité de mes mouvements, à l'extravagance de mes Lettres, à mes confiances, à mes désespoirs, à mes souhaits, à ma jalousie ? Ah ! vous allez vous rendre malheureux ; je vous conjure de profiter de l'état où je suis, et qu'au moins ce que je souffre pour vous, ne vous soit pas inutile ? Vous me fîtes, il y a cinq ou six mois, une fâcheuse confidence, et vous m'avouâtes de trop bonne foi que vous aviez aimé une Dame en votre Pays : si elle vous empêche de revenir, mandez-le-moi sans ménagement ? afin que je ne languisse plus ; quelque reste d'espérance me soutient encore, et je serai bien aise (si elle ne doit avoir aucune suite) de la perdre tout à fait, et de me perdre moi-même ; envoyez-moi son portrait avec quelqu'une de ses lettres ? Et écrivez-moi tout ce qu'elle vous dit ? J'y trouverais, peut-être, des raisons de me consoler, ou de m'affliger davantage ; je ne puis demeurer plus longtemps dans l'état où je suis, et il n'y a point de changement qui ne me soit favorable ? Je voudrais aussi avoir le portrait de votre frère et de votre Belle-soeur : tout ce qui vous est quelque chose m'est fort cher, et je suis entièrement dévouée à ce qui vous touche : je ne me suis laissé aucune disposition de moi-même : Il y a des moments, où il me semble que j'aurais assez de soumission pour servir celle que vous aimez ; vos mauvais traitements et vos mépris m'ont tellement abattue, que je n'ose quelquefois penser seulement, qu'il me semble que je pourrais être jalouse sans vous déplaire, et que je crois avoir le plus grand tort du monde de vous faire des reproches : je suis souvent convaincue que je ne dois point vous faire voir avec fureur, comme je fais, des sentiments, que vous désavouez. Il y a longtemps qu'un Officier attend votre Lettre ; j'avais résolu de l'écrire d'une manière à vous la faire recevoir sans dégoût : mais elle est trop extravagante, il faut la finir : Hélas ! il n'est pas en mon pouvoir de m'y résoudre, il me semble que je vous parle, quand je vous écris, et que vous m'êtes un peu plus présent : La première ne sera pas si longue, ni si importune, vous pourrez l'ouvrir et la lire sur l'assurance que je vous donne ; il est vrai que je ne dois point vous parler d'une passion qui vous déplaît, et je ne vous en parlerai plus. Il y aura un an dans peu de jours que je m'abandonnai toute à vous sans ménagement : votre Passion me paraissait fort ardente, et fort sincère, et je n'eusse jamais pensé que mes faveurs vous eussent assez rebuté, pour vous obliger à faire cinq cent lieues, et à vous exposer à des naufrages pour vous en éloigner ; personne ne m'était redevable d'un pareil traitement : vous pouvez vous souvenir de ma pudeur, de ma confusion et de mon désordre, mais vous ne vous souvenez pas de ce qui vous engagerait à m'aimer malgré vous. L'Officier qui doit vous porter cette Lettre me mande pour la quatrième fois, qu'il veut partir ; qu'il est pressant ! il abandonne sans doute quelque malheureuse en ce Pays. Adieu, j'ai plus de peine à finir ma Lettre, que vous n'en avez eu à me quitter, peut-être, pour toujours. Adieu, je n'ose vous donner mille noms de tendresse, ni m'abandonner sans contrainte à tous mes mouvements : je vous aime mille fois plus que ma vie, et mille fois plus que je ne pense ; que vous m'êtes cher ! et que vous m'êtes cruel ! vous ne m'écrivez point, je n'ai pu m'empêcher de vous dire encore cela ; je vais recommencer, et l'Officier partira ; qu'importe, qu'il parte, j'écris plus pour moi que pour vous, je ne cherche qu'à me soulager ; aussi bien la longueur de ma lettre vous fera peur, vous ne la lirez point, qu'est-ce que j'ai fait pour être si malheureuse ? Et pourquoi avez-vous empoisonné ma vie ? Que ne suis-je née en un autre Pays ? Adieu, pardonnez-moi ? Je n'ose plus vous prier de m'aimer ; voyez où mon destin m'a réduite ? Adieu.

 

*ma Mère, la Mère Supérieure du couvent

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Les Lettres Portugaises remportèrent un grand succès de librairie. Le roman épistolaire fit florès.

Jusqu'au XXe siècle, on a cru que ces lettres avaient été écrites par la religieuse franciscaine Mariana Alcoforado (1640-1723) amoureuse du marquis de Chamilly qui avait rejoint les troupes portugaises lors de La guerre de Restauration, guerre d'indépendance menée par le Portugal contre l'Espagne.

On attribue aujourd'hui ces lettres à Gabriel-Joseph Guilleragues (1628-1686). On y retrouve son style dans ses autres écrits.

 

.....................................................................

J'ai sous les yeux le magazine de Théâtre L'AVANT-SCÈNE du 1er juin 1973 qui donnait le texte des "Lettres de la Religieuse portugaise" à l'occasion de la mise en scène théâtrale de José Valverde lors d'une reprise au Kaléidoscope (Création au théâtre Daniel Sorano).

Je peux y lire une interview du magazine dont voici un extrait :

L'Avant-S.— Pensez-vous que ce texte soit effectivement d'une religieuse portugaise ?

J. Valverde — Savoir si Don Juan ou Faust ont existé, cela a-t-il un grand intérêt ? Pour moi, La Religieuse est un grand personnage tragique, ses lettres - telles qu'elles nous sont parvenues – sont un grand chef-d'oeuvre de la littérature du XVIIe siècle et la problématique qui s'y déploie me touche profondément comme elle en touche et en touchera d'autres sans doute encore longtemps. Je ne suis pas historien, mais homme de théâtre...

 

Voici un extrait de la critique après que la pièce fut jouée :

De André Ransan de l'Aurore :

"Voilà du feu ! Voilà où, le plus simplement du monde et dans une éblouissante clarté, se retrouvent, se reconnaissent, tous les esprits et tous les coeurs. Lettres brûlantes d'amour adressées par une femme désespérée à un homme infidèle, et qui sont parmi les plus belles, les plus poignantes qu'on ait jamais écrites.[...]"

 

L'Avant-Scène :

"Après bien des recherches en paternité infuctueuses, il semble admis maintenant, que les lettres d'amour de Mariana Alcoforado sont bien de la religieuse portugaise. À sa prouesse littéraire, vieille de trois siècles, fait écho aujourd'hui la prouesse artistique d'un metteur en scène et d'une comédienne, José Valverde et Micheline Uzan."

 

Ainsi donc, en 1973, les spécialistes littéraires n'avaient-ils pas dit leur dernier (?) mot.

 

Nota : Le texte donné dans l'Avant-scène, en français du XVIIe siècle, diffère quelque peu de celui donné ci-dessous.

 

Lire les cinq Lettres sur ABU : Lettres de la religieuse portugaise - ABU - Cnam

 

Voir d'autres textes d'auteurs dans : Florilège - la pensée des autres

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Voir aussi : Comment dites-vous "Je t'aime" ? Je te kiffe, je ne te hais point, tu me bottes, je suis morgane de toi, je t'ai dans la peau, mon coeur s'est embrasé, etc. ?

FLORILÈGE

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 10:49

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Si les adjectifs varient en genre et en nombre, les participes présents ne varient pas, ni les gérondifs.

 

Adjectif verbal.

Comme elles sont provocantes avec leurs décolletés profonds !

provocantes, adjectif, attribut de elles.

 

Participe présent.

Il connaît tous les chemins convergeant vers ma maison.

Convergeant, participe présent, épithète de chemins.

= Il connaît tous les chemins qui convergent vers ma maison.

 

Participe présent dans une proposition participiale

La sirène émergeant des profondeurs, je fus séduit par ses chants.

La sirène émergeant des profondeurs, proposition participiale complément de temps du verbe de la principale.

La sirène est sujet de émergeant.

= Comme la sirène émergeait des profondeurs, je fus séduit par ses chants.

 

Gérondif

Je lui fis un clin d'oeil en l'interrogeant.

en l'interrogeant, gérondif, complément de temps (simultanéité) de faire un clin d'oeil.

Il s'est blessé en tombant. 

en tombant, gérondif, complément de cause et de temps (simultanéité) de se blesser.

 

Après avoir lu l'article, vous pourrez faire l'exercice d'application :

QUIZ 51

 

Participes présents en -quant et adjectifs en -cant :

Le participe présent conserve QU qui fait partie du verbe à l'infinitif.

claudiquant,claudicant (claudiquer)

communiquant, communicant (communiquer)

intoxiquant, intoxicant (intoxiquer) 

provoquant, provocant (provoquer)

suffoquant, suffocant (suffoquer)

vaquant, vacant (vaquer)

convainquant, convaincant (> convaincre)

 

Participes présents en -guant et adjectifs en -gant :

Le participe présent conserve QU qui fait partie du verbe à l'infinitif.

fatiguant, fatigant (fatiguer)

déléguant, délégant (déléguer)

divaguant, divagant (etc.)

extravaguant, extravagant

intriguant, intrigant

naviguant, navigant

zigzaguant, zigzagant

Le Grevisse signale qu'on trouve les adjectifs (rares) subjugant et tangant. Ils ne sont donnés ni par le Trésor ni par l'Académie.

 

Participes présents en -ant et adjectifs en -ent :

adhérant, adhérent, affluant, affluent, coïncidant, coïncident,

confluant, confluent, déférant, déférent, différant, différent,

équivalant, équivalent, excellant, excellent, expédient, expédiant,

influant, influent, interférant, interférent, précédant, précédent,

somnolant, somnolent, violant, violent.

>>résidant participe présent et adjectif

résident, autre graphie pour l'adjectif

substantif un résident, un résidant

Pour lire les différentes acceptions, voir Le Trésor :

RÉSIDENT, -ENTE, adj. et subst.

RÉSIDANT, -ANTE, part. prés., adj. et subst.

 

Participes présents en -geant et adjectifs en -gent :

émergeant, émergent

négligeant, négligent

divergeant, divergent

>>exigeant ne change pas

Je sais que je suis exigeante en exigeant trop de vous !

exigeante, adjectif.

en exigeant, gérondif.

 

Je lis que l'adjectif débloquant, débloquante est sorti du Petit Robert.

Voir le Club d'orthographe de Grenoble

Le cimetière des mots : articles sortis entre les Petit Robert 2009 et 2010

Publié le 20 août 2011
Dernière modification : 22 août 2011

 

Il demeure cependant utile dans le scrabble.

Voir : Le mot DEBLOQUANTE est valide au Scrabble

1mot.fr/debloquante.htm

 

Cet adjectif ne se trouve pas dans l'Académie ni dans le Trésor.

 

Pris dans le sens de divaguer, de dire des choses stupides, de parler à tort et à travers, L'Académie range le verbe débloquer dans le registre argotique, le Trésor dans celui de populaire.

Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et lexicales(cnrs) 

>>Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

 

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 Après avoir lu l'article, vous pourrez faire l'exercice d'application :

QUIZ : Part. présent, adj., gérondif, substantif (en quant ou cant, guant ou gant ou geant ou gent, ant ou ent) Doit-on écrire délégant ou déléguant, déférent ou déférant, coïncident ou coïncidant, etc. ?

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 18:42

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Pour un peu  (selon le contexte) peut-être suivi :

 

-du conditionnel :  

Pour un peu je lui aurais dit des choses désagréables. Conditionnel passé 1re forme

Pour un peu je lui eusse dit la vérité. Conditionnel passé 2e forme

-ou de l'imparfait de l'indicatif :

Pour un peu je lui disais de s'en aller.

-ou même du présent de l'indicatif :

Pour un peu je lui dis de faire ce qu'il veut.

 

Un peu plus, même chose que précédemment.

Un peu plus je lui disais des horreurs.

Etc.

 

Encore un peu, même sens (Belgique)

Encore un peu je lui eusse dit n'importe quoi.

 

à rapprocher de :

Il s'en faut peu de choses que je te croie.

Il s'en faudrait peu que tu meures d'amour (mourusses).

Il s'en fallait peu que nous éclations de rire. (éclatassions)

 

Il ne s'en est fallu guère que je ne lui dise de partir. Ne explétif.

Il ne s'en fallut guère que je ne lui disse des choses désagéables. Ne explétif.

dise subjonctif présent

disse subjonctif imparfait - concordance des temps avec le passé simple fallut (style soutenu) 

Il s'en fallut peu de choses que je ne lui disse ce qui l'attendait.

 

Il s'en fallut beaucoup que je ne lui disse pas ses quatre vérités.

Ne... pas, adverbe de négation.Tournure donnée par Littré.

Il s'en faut beaucoup pour que je le convainque. (pas de NE)

 

Peu s'en fallut que je ne vinsse. Ne explétif, Littré.

Peu s'en faut que je ne parte en courant.

 

Il s'en faut de peu

et

il s'en faut de beaucoup (différence en quantité)  

Cf. Littré : 

Il s'en faut de peu que le verre (ne) soit plein.

Il s'en faut de beaucoup que la coupe (ne) soit pleine.

 

Articles connexes, pour en savoir +

> L'expression de l'approximation : environ, à peu près, quelque, dans les, à un poil près, etc.

> La conjugaison du subjonctif - Comment déjouer ses difficultés 

> NE explétif - Quand peut-on l'employer ? - sans que je (ne) - avant que je (ne) - je crains que tu (ne) - j'empêche que tu (ne) - je m'attends à ce que tu (ne) - je ne nie pas que tu (ne)...

> > Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 09:17

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Petit exercice : Accordez ou non les participes passés dans la phrase :

Ils se sont rencontré, se sont souri, se sont parlé, et ils se sont aimé ;

puis ils se sont menti et nui et fait du mal  ;

et finalement ils se sont quitté après s'être rendu compte qu'ils s'étaient torturé bêtement.

Solution à la fin de l'article

 

Rappel de la règle générale : Le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct (COD) s'il est placé avant lui.

Verbes conjugués aux temps composés, employés avec l'auxiliaire avoir et verbes pronominaux.

La difficulté est de savoir si le verbe pronominal a un complément d'objet direct.

> L'accord des participes passés des verbes pronominaux

 

succédé

Il a succédé à son père.

Le verbe n'a pas de COD mais un complément d'objet indirect (COI) relié au verbe par la préposition à.

Ils se sont succédé de père en fils.

Le pronom se est COI. Pas d'accord.

Remarque : SE n'est pas un pronom réciproque. Si l'un succède à l'autre, l'autre ne succède pas à l'un !

 

parlé* - souri

Le jour de notre première rencontre, nous nous sommes souri, puis nous nous sommes parlé.

Le pronom réciproque nous est complément d'objet indirect (à qui ?)

J'ai souri à cette jeune femme, j'ai parlé à cette charmante demoiselle...

*REMARQUE : le participe passé du verbe se parler de sens passif s'accorde avec le sujet.

Les langues régionales se sont parlées après que le français a été imposé en France. Elles se parlent encore et ne sont pas près de s'éteindre.

 

menti - nui

Vous vous êtes menti et vous vous êtes nui. Quel dommage !

Le pronom réciproque vous est complément d'objet indirect (à qui ?)

Paul a menti (nui) à Julien et Julien a menti (nui) à Paul.

 

Plu - déplu

Nous nous sommes plu immédiatement.

Ils se sont déplu et se sont regardés en chiens de faïence.

Les pronoms se de se plaire et se déplaire sont COI. Pas de COD.

Sonia a plu à Serge et Serge a plu à Sonia

 

complu

Ils se sont complu à la contredire.

Complu toujours invariable. Le pronom se est inanalysable.

Pas de COD

 

ri - joué

Elles ont ri. Elles ont joué.

Pas de COD, pas d'accord.

Elles se sont ri de nous.

Elles se sont joué de nous.

Le pronom se est inanalysable.

Pas de COD.

 

ils se sont fait mal /tort/justice

ils se sont rendu compte...

ils se sont donné rendez-vous

...

Le COD suit le verbe, donc pas d'accord.

Elle s'est fait mal.

Ils se sont fait tort (du tort).

Nous ne nous sommes rendu compte de rien.

Vous vous êtes donné rendez-vous le lendemain.

 

ils se sont fait/laissé mordre...

Nous nous sommes fait mordre par ce sale cabot !

Elles se sont laissé raconter des sornettes.

fait et laissé suivi d'un infinitif sont invariables.

Pour voir les divers cas concernant les participes fait et laissé, lire l'article : L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...

 

Pour en savoir +

> Qu'est-ce qu'un complément d'objet direct ? un complément d'objet second ? un complément d'objet indirect ? Qu'est-ce qu'un attribut ?

> Règles de l'accord des participes passés

> L'accord des participes passés + Quiz 26

> L'accord des participes passés des verbes pronominaux + Quiz 32

> L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...

> Les différentes constructions des verbes assurer et persuader et l'accord de leur participe passé

 

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Petit exercice du début de l'article : Accordez ou non les participes passés dans la phrase :

Ils se sont rencontrés, se sont souri, se sont parlé, et se sont aimés ; puis ils se sont menti et nui et fait du mal  ; et finalement ils se sont quittés après s'être rendu compte qu'ils s'étaient torturés bêtement.

 

Solution :

rencontrés : participe passé d'un verbe pronominal réciproque, s'accorde avec le cod (complément d'objet direct) SE (pronom réciproque) placé avant lui

souri, parlé, pas de complément d'objet direct, SE est COI (complément d'objet indirect). parler à, sourire à, mentir à, nuire à.

aimés, comme rencontrés.

menti, nui, comme souri.

fait du mal, le cod DU MAL est après le participe passé, pas d'accord.

quittés, comme rencontrés.

rendu compte, le cod COMPTE est après, pas d'accord.

torturés : On peut considérer qu'ils se sont torturés l'un l'autre, donc verbe pronominal réciproque, OU que chacun d'eux s'est torturé lui-même, le verbe est alors pronominal réfléchi.

Dans les deux cas, accord avec le pronom SE placé avant le participe passé.

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 16:52

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Lorsque je regarde des jeux télévisés où les participants s'achoppent à des difficultés d'ordre grammatical, je me dis : Que n'ont-ils lu les articles de mon blog !

Je suis étonnée qu'on passe tant et tant d'heures à l'école à ressasser des règles, et qu'après quelques années, il en reste si peu de choses.

« Mais, » me direz-vous, « la culture n'est-elle pas ce qui reste après avoir tout oublié ?* »

*D'après la citation attribuée à Édouard Herriot (1872-1957)

Il n'empêche.                        

              
Hier deux personnalités que j'apprécie beaucoup, Hélène Segara et Anthony Kavanagh ont dû quitter le plateau de "Qui veut gagner des millions" sur TF1, très tôt, trop tôt, parce qu'ils ne savaient pas qu'un participe passé employé avec avoir, ou celui de certains* verbes pronominaux, s'accordait avec le complément d'objet direct placé avant eux.

Ils ont préféré : "Elles se sont succédées" à : "Elles se sont succédé".

Pas de complément d'objet direct, donc pas d'accord.

On succède à + complément d'objet indirect

Dommage pour le gain manqué pour Sidaction !

*Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ?

Accord du participe passé des verbes pronominaux
 

Quelques jours auparavant, une mère et sa fille, heureuses d'être parvenues à la dernière étape de "Money Drop", toujours sur TF1, ont choisi d'écrire en abrégé pour messieurs : Mrs au lieu de MM. (Mrs signifie mesdames en anglais). Elles ont perdu les 20 000 euros qu'elles avaient épargnés jusque-là.

Déception !             

Quand faut-il mettre une majuscule à Monsieur, Madame, Mademoiselle,etc ? Comment abréger ces mots. Ne pas confondre M. et Mr, MM. et Mrs

 

Alors, si vous êtes joueur, promenez-vous dans les articles de grammaire de mon blog. Un jour, peut-être, cela vous rapportera-t-il gros !  

 

EXTRAITS DE QUELQUES ARTICLES DU BLOG :

>>> Reportez-vous aux articles pour avoir le test complet et la correction.

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Curiosités grammaticales + QUIZ 41

Questions

1-Quel est le seul verbe qui se termine par ER à l'infinitif sans être du 1er groupe ?

2-Quels sont les deux verbes qui existent au passé simple et qui ne prennent pas d'accent circonflexe à la 1re ni à la 2e personne du pluriel  ? (comme : nous courûmes et vous éclatâtes)

3-Quels sont les 2 verbes qui ne se terminent pas par E ES E aux 3 personnes du singulier du présent du subjonctif comme le font tous les verbes (sauf défectifs) : EX. (que) je croie, tu coures, il meure ?

4-Quels verbes ne se terminent pas par E, T ou D à la 3ème personne du singulier du présent de l'indicatif comme il miaule, il remplit, il attend ?Trouvez-en 4

5-Dans quels cas particuliers TOUT, adverbe invariable, varie-t-il ? Et pourquoi ?

6-Quel est le verbe pronominal qui n'entre dans aucun des cas suivants ? 1-pronominal réfléchi 2-pronominal réciproque3 -pronominal subjectif (essentiellement pr.) 4-pronominal de sens passif

7-Quels sont les adverbes qui se terminent par ûment avec l'accent circonflexe ?

Etc.

SUITE > Curiosités grammaticales + QUIZ 41

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L'accord des participes passés + Quiz 26

Accordez le participe passé s'il le faut : 

 

Extrait de la saynète [...]

ELLE- Vraiment ? C'est de cette péronnelle qu'il t'a parlé ? Et il lui en a donné beaucoup de ses roses? Des roses de son jardin ? Mais combien lui en a-t-il donné ? De ses roses, que je n'ai jamais vu fleurir !!

LUI- Pourtant, tu les as vu planter, et arroser, et bichonner tout le printemps ! Toute cette peine qu'il s'est donné ! Tous ces efforts qu'il a fait !

ELLE- Ah oui, ses pauvres fleurs ! J'ai vu comment il les a planté et arrosé, et bichonné. Je les ai même regardé pousser... de là à s'épanouir ! Tous ses efforts se sont succédé sans relâche, je te l'accorde. Quel gâchis !

En revanche, j'admire les parterres qui ont fleuri, dans notre jardin, grâce à toi. Ils sont bien réussi. Mais je me suis piqué quelquefois aux chardons.

[...]

SUITE > L'accord des participes passés + Quiz 26

 

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L'accord des participes passés des verbes pronominaux 

 

Accordez le participe passé s'il le faut :

10-Ils ne parleront jamais des choses dérobées qu'ils se sont approprié.

11-Nous nous sommes imposé des règles drastiques.

12-Elle s'est imaginé que sa chance ne la quitterait pas.

13-Ils se sont fait un plaisir de nous inviter à dîner.

14-Mes parents se sont juré qu'il resteraient intraitables.

15-Messieurs, vous vous êtes enfin rendu compte de votre erreur.

16-Elle s'est piqué les jambes aux orties.

17-Des arguments contre le Médiator se sont fait jour.

[...]

52-Vous vous êtes suffi à vous-mêmes trop longtemps, vous avez besoin de nous maintenant.

53-Ils se sont nui trop souvent en s'envoyant des invectives blessantes.

54-Pauvres niais, vous êtes-vous aperçu de votre erreur ?

55-Non, ils ne se sont douté de rien.

56-Et nous nous sommes plaint de leur bêtise.

57-Elles se sont joué de lui et ne se sont pas repenti.

58-Elle s'est  moqué de moi et s'est esclaffé: "Quel borné !"

59-Ta voix se serait entendu jusqu'à Pontoise si tu n'avais pas cessé de crier.

[...]

SUITE > L'accord des participes passés des verbes pronominaux 

 

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L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...

 

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Paronymie et paronamase + QUIZ 27

 

Compléter la phrase avec le mot qu'il faut.

1- On l'entendait crier jusqu'ici, Il vous ........ d'injures.  Quelle pitié ! (agonissait ou agonisait)

2- Difficile de venir en aide aux agriculteurs dans cette ........ (conjecture ou conjoncture)

3- Mon fils n'ira pas à l'école, il étudiera à la maison avec un ........ (percepteur ou précepteur)

4- Ce preux chevalier a été ........ par le roi. (ennobli ou anobli)

5- Je vous ........ gré de ne pas oublier de me rendre mon dû. (saurai, serai)

6- Au Moyen Âge, les grands chemins étaient ........ de brigands. (infectés,infestés)

7- Quel malotru ! Il m'a ........ trente coups de bâtons. (baillé, bâillé, bayé)

8- Qu'avez-vous donc à ........ ainsi aux corneilles. Remuez-vous ! (bailler, bâiller, bayer)

9- Vu ........ du danger, nous devons fuir sans attendre. (l'imminence, l'éminence)

10- Ce condamné à mort ne bénéficiera pas de ........ qu'il attendait. (l'armistice, l'amnistie)

11- Tout est sens dessus dessous ! On est entré par ........ dans l'appartement ! (infraction, effraction)

SUITE > Paronymie et paronamase + QUIZ 27

 

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Quiz 28 sur le subjonctif 

 

Trouver le mot qu'il faut

1

Il ne faut pas que tu le (voir) mourir.

Tu as raison, il ne fallait pas que je le (voir) mourir, mon pauvre chien que j'aimais tant.

Il faudrait qu'elle (pouvoir) sécher ses larmes.

Il aurait fallu que tu (chanter) plus juste pour gagner un prix.

Il fallait que nous (venir) te voir jouer pour que nous (pouvoir) donner notre avis.

Il était probable qu'il (arriver) quelque chose.

Il ne s'attendait pas à ce que je (venir).

 

2

Nous ne nous attendions pas à ce que tu nous (convaincre). 

Tu avais décidé de renoncer à la cigarette bien avant que je te le (demander).

 

3, 4 & 5

Il n'est pas certain qu'il me (rester) fidèle.

Nous doutons qu'il (pouvoir) comprendre cet exercice difficile.

Se peut-il qu'elle y (parvenir) ?

Se pouvait-il que nous (s'attendre) à ce qu'elle nous (pardonne) ?

Je ne suis pas vraiment sûr que vous (venir) tous à la manifestation demain.

 

6

Nous ne doutions pas qu'il (savoir) bien s'y prendre.

Je n'ai jamais douté qu'il (partir) ce jour-là.

Nul doute que vous (combattre) avec ferveur.

SUITE > Quiz 28 sur le subjonctif 


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Quiz 29 sur le subjonctif - Passé simple ou imparfait du subjonctif ? Passé antérieur ou plus-que parfait du subjonctif ?

 

Trouvez le mot juste.

1-J'ordonnais qu'il obéît – obéit sur le champ et je regrettais qu'il n'obtempéra - obtempérât pas immédiatement.

 

2-Il lui demanda comment il se faisait que vous lui eûtes - eussiez menti de la sorte.

 

3-Je voulus savoir comment il se faisait que tu m'eus - m'eusses raconté des sornettes ?

 

4-Comment ne l'eût-elle – l'eut-elle pas reconnu avec sa casquette de guingois ?

 

5-Comment ne l'eus-je – l'eussé-je pas réussi ? Tout était si facile.

 

6-Et voilà comment il se trouvait que je n'eus – n'eusse jamais quitté mon village.

 

7-A peine eussé-je - eus-je commencé à parler, qu'il se mit à vociférer.

 

8-Le danger, eut-il - eût-il été imminent, nous n'eûmes – eussions pas bougé d'un pouce.

SUITE > Quiz 29 sur le subjonctif - Passé simple ou imparfait du subjonctif ? Passé antérieur ou plus-que parfait du subjonctif ?

 

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Les mauvaises manières de parler le français et de l'écrire - Barbarismes et solécismes + QUIZ 30

 

Corrigez les phrases.

1-Nous avons convenu de nous voir à cinq heures. 

 

2-Nous avons fait une escalade dangereuse et nous avons rencontré beaucoup d'aléas.

 

3-Et bien, tu as eu raison !

 

4- J'ai tombé dans les escaliers et j'ai échappé mes pommes de terre. Quel fracas !

 

5-J'ai cassé ma tasse, je l'ai faite tomber.  

 

6-Tu avais pris ta valise ? - Oui, je suis parti avec.

 

7-Ça va (bien ou mal) se finir.

 

8-T'as pas dix balles ?

 

9-Je reviens de suite.

 

10-J'espère qu'il vienne.

SUITE > Les mauvaises manières de parler le français et de l'écrire - Barbarismes et solécismes + QUIZ 30

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Les barbarismes vous irritent-il ou vous amusent-ils ? + QUIZ 31

 

Corrigez

2-Vous n'êtes pas sans ignorer que la vie n'est pas un lit de roses.

 

3-Tous ces billets de loterie que tu as achetés ! Tu risques de gagner cette fois !

 

4-Une terrible secousse sismique a été enregistrée au Japon, le 11 mars 2011.

 

5-Il s'en est suivi un désastre épouvantable.

SUITE > Les barbarismes vous irritent-il ou vous amusent-ils ? + QUIZ 31

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Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4.

Quel est le genre des mots suivants ?

Certains peuvent être au féminin et au masculin.

pupille

acné

barde

algèbre

acrostiche

crêpe

ambre

anagramme

emblème

esclandre

ecchymose

greffe

foudre

garenne

manoeuvre

mémoire

ombre

pendule

solde

oriflamme

impasse

écritoire

amour... etc.

SUITE > Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4.

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Voir aussi :

Verbes au subjonctif imparfait du tac au tac - Exercices

 

Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure, almanach, handball, imbroglio, mas, tomber dans le lacs, abasourdi, Auxerre, Bruxelles, Cassis...

 

Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

Savoir orthographier les adjectifs numéraux cardinaux (cent ou cents, vingt ou vingts...) + des millions, des milliards, des billions + Une réflexion sur "les liaisons dangereuses" de Michel Serres

 

Quand faut-il mettre une majuscule à Monsieur, Madame, Mademoiselle, etc ? Comment abréger ces mots. Ne pas confondre M. et Mr, MM. et Mrs

 

Avoir affaire ou avoir à faire ? Les affaires, une affaire de coeur, j'en fais mon affaire, je lui ai fait son affaire, une ténébreuse affaire, faire le bizness...

 

Mots commençant par SI – CI – SCI – SY – CY – SCY + QUIZ 2   

 

Vous aimez les exercices à trous ? Récapitulation de ceux que vous trouverez dans le blog

 

Voir tous les quiz du blog  

 

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 17:57

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NOUVEAU, adjectif, récent, neuf, qui apparaît pour la première fois ou qui est apparu depuis peu de temps, dont on vient de prendre connaissance.

 

L'adjectif nouveau varie en genre et en nombre.

-au masculin nouveau ou nouvel*  

-au féminin nouvelle

-au pluriel nouveaux, nouvelles

 

Un nouveau parfum, un nouveau héros, un nouvel hélicoptère, un nouvel ami, de nouveaux jeux, de nouvelles épreuves.

Il peut se placer parfois avant ou après le substantif : une nouvelle vie ou une vie nouvelle.

 

*Nouvel devant un substantif masculin commençant par une voyelle ou un h muet.

Un nouvel ennui, un nouvel horizon...

Un nouvel ami, mais (disjonction devant et) un nouveau et doux ami.

Un nouveau et terrible orage.

On trouve parfois dans la littérature la forme un nouvel et terrible orage. (Cf. Le Grevisse)

 

Voir l'article : Vieux ou vieil ? Beau ou bel ? Nouveau ou nouvel ? Fou ou fol ? Mou ou mol ? Un vieux monsieur et un vieil homme - Un beau monsieur et un bel homme...


NOUVEAU, adverbe invariable, nouvellement.

Dans des adjectifs et des substantifs composés

(nouveau + participe)

 

Adjectifs :Qu'ils sont craquants ces enfants nouveau-nés ! Des filles nouveau-nées.

Substantifs :des nouveau(-)venus, des nouveau-nés.

Nous avons bien accueilli les nouveau venus.

 

Littré - Adverbe, nouvellement. Du beurre nouveau battu. Des vins nouveau percés. Les nouveau-nés. Une fille nouveau-née.

Avec d'autres participes que né et qui sont pris substantivement, il est adjectif et s'accorde.

Les nouveaux venus. Une nouvelle venue. Une nouvelle convertie.

 

 

DE NOUVEAU

Locution adverbiale

une fois de plus. L'Académie

encore une fois, derechef. Littré

 

Ah ! Tu t'es trompé de nouveau !

À NOUVEAU

Locution adverbiale

pour la seconde fois, de façon complètement différente. l'Académie

d'une manière différente, sur de nouvelles bases, comme si c'était la première fois. Le Trésor

 

Ta dissertation est vraiment nulle, tu dois y réfléchir à nouveau.

 

-Le Trésor de la langue française  donne : à nouveau, synonyme de de nouveau (par extension) mais pas l'Académie ni le Littré.

 

UNE NOUVELLE  substantif 

Alors quelles nouvelles ?

(la nouvelle arrivée)-Tu as vu la nouvelle ? Pas mal, hein ?

 

LE RENOUVEAU substantif

-le renouvellement, le retour

-le printemps

............................................................

 

La Promenade

de Marie-Joseph Chénier

1805

 

Roule avec majesté tes ondes fugitives,

Seine ; j'aime à rêver sur tes paisibles rives,

En laissant comme toi la reine des cités.

Ah ! Lorsque la nature à mes yeux attristés,

Le front orné de fleurs, brille enfin renaissante ;

Lorsque du renouveau l'haleine caressante

Rafraîchit l'univers de jeunesse paré,

Sans ranimé mon front pâle et décoloré ;

Du moins, auprès de toi que je retrouve encore

Ce calme inspirateur que le poète implore,

Et la mélancolie errante au bord des eaux.

[...]

 

Page 303 des oeuvres complètes de M. J. Chénier

voir sur google livre.

 

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 10:47

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J'écris en rouge la prononciation simplifiée au cas où le lecteur ne connaîtrait pas l'alphabet phonétique international donné par convention entre crochets [...]

signifie approximativement.

 

Imbroglio (pluriel imbroglios) mot qui vient de l'italien.

Embrouillement, confusion – Situation embrouillée

Prononciations possibles : [ɛ̃.bʁɔ.ljo] ou [ɛ̃.bʁɔ.ɡli.jo]

Les formes francisées (on les rencontre rarement) sont imbroille (Cf. Littré et le Dictionnaire de l'Académie 1762) et imbroïlle, une variante dans le Dictionnaire de l'Académie 1878.

 

Gageure : Action qui tient du pari, du défi.

Prononcer >gajure [gaʒy:ʀ]

Orthographe réformée : gageüre

Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

Geôle >jôle, de même pour geôlier, geôlière

Prison, gardien(ne) de prison.

 

Almanach : Vous connaissez peut-être l'Almanach Vermot, livre populaire qui est publié chaque année depuis 126 ans.

Je me souviens que je le lisais chez ma grand-mère lorsque j'étais enfant. On y trouvait un calendrier donnant pour chaque jour des articles météorologiques, astronomiques, pratiques, l'histoire du saint du jour, des petites histoires sur des sujets variés, des blagues et des illustrations. Il y a bien longtemps. Je croyais qu'il appartenait au passé et je découvre qu'il est encore publié aujourd'hui.

 

On ne prononce pas le ch du mot almanach [almana]. On entend K quand il se lie avec une voyelle. Exemple : Un almana-k-étonnant.

 

Pour connaître les acceptions d'almanach, voir le Trésor (TFLi) et l'Académie sur le site du CNRS :

Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et lexicales 

 

Lacs. Un lacs est un cordon.

Prononcer [la]

Tomber dans le lacs, tomber dans le piège. Par confusion on dit souvent aujourd'hui tomber dans le lac.

 

Mas. Maison provençale traditionnelle.

On peut prononcer >ma ou masse [ma(s)]

 

Handball. On fait la confusion avec football.

Handball vient de l'allemand, hand (main) ball (ballon)

Le a de handball se prononce >a et non >o

 

Abasourdi. On prononce [z].

Certains prononcent [s] par analogie avec l'adjectif sourd. C'est une faute.

abasourdi, étourdi comme quelqu'un qui a reçu un coup sur la tête.

Voir Le Trésor TFLi et l'étymologie sur le cnrtl

 ABASOURDIR


Blinis ou blini, pluriel de blini

Source :  dufau.com : les blini

« on prononce « BLINI », même au pluriel, et non « blinisse », pas plus que spaghettisse ou macaronisse... [...] D'ailleurs, blini est déjà, en russe, le pluriel de blin. » 

Je pense qu'on peut faire confiance à Mme Dufau. Elle semble s'y connaître en blini, elle donne même la recette.

L'Académie a ajouté le mot dans sa dernière édition (la 9ème)   

  >> BLINI, substantif

 

Carrousel [z] On prononce parfois fautivement >carroussel.

 

Lamaserie.  Prononcer [z]  

J'ai rencontré parfois le mot lamasserie, mais il ne figure ni dans le Littré, ni dans le Trésor, ni dans l'Académie, ni dans le Petit Robert...

 

Particularité du verbe faire 

Faisons se prononce > feson

Faisais,-ait se prononce >fezê 

Faisiez se prononce >fezié 

Faisant se prononce >fezan  

 

QU- se prononce souvent [k] > k- parfois [kw] >kou-

quadrupède [kwa] >koua

quadragénaire [kwa] >koua

quadrilatère [kwa] ou [ka]

Quid ? [kwid] Mot latin qui signifie Qu'en est-il ?

« Évidemment, la science nous a appris à pasteuriser le fromage. Mais quid de la bombe à hydrogène ? » Woody Allen

 

Coreligionnaires, de la même religion. Par extension, qui pratique les mêmes rites, qui a les mêmes opinions que le groupe auquel il appartient.

Il n'y a pas d'accent sur le e de core-

Prononciation [kɔʀ(ə)liʒjɔnε:ʀ] ou [kɔʀeliʒjɔnε:ʀ] c'est-à dire >core- ou coré-

Pourquoi l'Académie, qui écrit corrélation, corrélatif, avec deux r, écrit-elle coreligionnaire avec une seule r ? question sur le Littré

 

Les / haricots (pas de liaison, disjonction) et non les-zaricots, le h étant aspiré.

De même les / handicaps et les / handicapés pas les-zandicaps ni les-zandicapés.

Voir l'article : La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction 

 

Des villes et des lieux

 

Bruxelles  >Brusselles 

Auxerre  >Ausserre

Cassis  >Cassi

Metz >Messe [mes]

Leicester >≈Lesteur -  ville anglaise

Bonn > ne pas prononcer comme Beaune mais comme bonne.

 

 

 

Roanne >Rouanne
Ville qui se situe dans la Loire.Elle s'appelait autrefois Rouanne.

En artipan (francoprovençal) Rouana.

Rouanne, 1610, le 10 May : Veue de la Ville de Roanne

 

Priest se prononce >prié dans Saint-Priest-en-Jarez > jarê près de Saint-Étienne.

Mais toutes les lettres se prononcent dans Priest de Saint-Priest près de Lyon.

 

Le Forez >forê

Le Forez, ancienne province française correspondant à une partie de la Loire, de la Haute-Loire, et du Puy-de-Dôme.

Je suis une forézienne de souche et je parle le forézien (dialecte de la langue franco-provençale) si je le veux, et en particulier le gaga, (dialecte de Saint-Étienne) avec l'accent s'il vous plaît.

Pour en savoir + sur le gaga, lire sur Wikipédia :

 Parler gaga - Wikipédia

 

 

Lez, lès ces deux mots signifient proche de, près de (lieu)

Prononcer >lê

Il y a liaison avec le mot qui suit s'il commence par une voyelle ou un h muet.

Plessis-lez-Tours, Auchy-lez-Orchies, Saint-Denis-lez-Paris, Aulnoy-lez-Valenciennes, Bougy-lez-Neuville, etc.

Bourg-lès-Valence. 

 

Le Gers >  on peut prononcer le S ou pas [ʒɛʁs ] ou [ʒɛːʁ]

Affluent de la Garonne et département français

 

Des noms et des prénoms :

 

De Broglie,prononcer [dəbʁɔj] >debreuil

 

Comment prononcer le W dans les mots allemands.

Par confusion on prononce fautivement à l'anglaise le W [ w] >ou- dans les mots venant de l'allemand alors qu'il se prononce [v]

Pour le prénom Walter par exemple qui est anglais mais aussi allemand on prononcera >≈ ouolteur en anglais et  >≈ valtère en allemand.

 

De même pour le prénom Peter, en anglais >≈piteur / en allemand >≈péteur

 

Prononcer

Peter Pan >≈piteur panne

Peter Weis >≈péteur va-isse

Sean (Connery) > le son est entre chêne et cheune

(Richard) Gere >g-ir et pas jire, mais la plupart des Français disent jire.

Sinead (O'Connor) prononciation irlandaise  > chnéid

 

Pour en savoir +

>Mots difficiles à prononcer - Risques de fautes de prononciation et d'orthographe - antienne, patio, argutie, cation, kantien, hématie, facétie, argutie, varech, pers, ischion, handicap ...

>Quelques mots qu'on ne prononce pas toujours comme il faut.

>Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

>Le A se prononce [o] dans hall, football... mais [a] dans handball, balltrap...

>Écrire et ne pas écrire - Les fautes d'orthographe les plus usuelles

>La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

>Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4

>Les mauvaises manières de parler le français - Barbarismes et solécismes

>Les barbarismes et les solécismes vous irritent-ils ou vous amusent-ils ?

 

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 10:19

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Qu'écririez-vous ? Fait ou faite ? Laissé ou laissée ?

Elle s'est fait mordre et s'est laissé soigner.

Fait et laissé suivis d'un infinitif sont invariables.

Rappel de la règle générale

Le participe passé d'un verbe conjugué s'accorde avec le complément d'objet direct (COD) si celui-ci est placé avant lui.

          Qu'est-ce qu'un complément d'objet direct ? 

 

EXEMPLES

J'ai composé une jolie chanson. (COD placé après, pas d'accord)

Je l'ai composée hier. (COD l' placé avant, accord)

La chanson que j'ai composée est bien jolie. (COD que mis pour l'antécédent chanson, placé avant, accord)

 

Même chose pour fait.

J'ai fait une jolie chanson. (COD placé après, pas d'accord)

Je l'ai faite hier. (COD l' placé avant, accord)

La chanson que j'ai faite est bien jolie. (COD que mis pour l'antécédent chanson, placé avant, accord)

 

Même chose pour laissé.

Je t'ai laissé une jolie chanson sur ton PC.(COD placé après, pas d'accord)

Je l'ai laissée hier. (COD l' placé avant, accord)

La chanson que je t'ai laissée est bien jolie. (COD que mis pour l'antécédent chanson, placé avant, accord)

 

Le pronom réfléchi ou réciproque d'un verbe pronominal peut être COD, dans ce cas aussi le participe s'accorde avec l'un ou l'autre.

Elle s'est faite toute seule.

 

Pour en savoir + voir les articles

 Règles de l'accord des participes passés

 Qu'est-ce qu'un verbe pronominal (réfléchi, réciproque, subjectif...) ? L'accord du participe passé des verbes pronominaux

 

Le participe passé FAIT

 

Fait suit la règle générale et s'accorde avec le COD placé avant.

Ils vont expier les fautes qu'ils ont faites.

 

Se faire un devoir, un plaisir...

Ils se sont fait un devoir de le dénoncer.

Elle s'est fait un plaisir de m'inviter.

FAIT suit la règle générale ci-dessus, le COD est placé après, pas d'accord

SE est un pronom réfléchi dans ces deux phrases, il est complément d'objet second (COS)

Pour en savoir + voir l'article :

           Qu'est-ce qu'un complément d'objet second ?

 

Se faire l'écho

ACCORD du participe passé avec le pronom réfléchi se.

Ils se sont faits l'écho d'une bien triste nouvelle.

Ils se sont faits (eux-mêmes)...

Cette feuille de chou s'est faite l'écho de sondages erronés.

On trouve des dictionnaires qui acceptent FAIT invariable dans ce cas.

 

Se faire fort

FAIT est invariable dans cette locution verbale figée.

Cette année-là, elles s'étaient fait fort de réussir leur bac.

 

FAIT suivi d'un infinitif est invariable

Elle s'est fait faire une superbe coupe de cheveux.

Ils se sont fait avoir, ces naïfs.

Ils sont bien utiles, les cadeaux que nous nous sommes fait offrir.

Elle s'est fait rattraper par les policiers.

 

 

 

Le participe passé LAISSÉ

 

Laissé suit la règle générale et s'accorde avec le COD s'il est placé avant lui.

Ne t'inquiète donc pas, j'ai bien utilisé la grosse somme que tu m'as laissée.

 

Règle de l'accord des participes passés suivis d'un infinitif.

Il y a plusieurs cas que vous retrouverez dans l'article :  

Règles de l'accord des participes passés (chapitre I § 2 3 4)

LAISSÉ suivi d'un infinitif

Le Conseil supérieur de la langue française* recommande l’invariabilité de ce participe (ainsi que Littré et l'Académie)

Vos enfants, je les ai laissé parler aussi longtemps qu'ils l'ont voulu.

Nous nous sommes laissé dire que vous étiez un peu toqué.

 

Mais on trouve encore parfois l'accord avec le COD placé avant si ce COD fait l'action de l'infinitif.

Vos enfants, je les ai laissés parler aussi longtemps qu'ils l'ont voulu. (ils ont parlé)

 

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En résumé, si vous écrivez fait et laissé invariables lorsqu'ils sont suivis d'un infinitif, vous ne faites pas de fautes.

Dans les autres cas, ils suivent la règle générale des participes passés. 

 

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*Le Conseil supérieur de la langue française, créé par Michel Rocard en 1989 est chargé de veiller à la qualité de la langue française. Un rapport public a été publié le 6 décembre 1990 dans le Journal Officiel.

>> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 14:13

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Il y a deux sortes de compléments d'objet :

♦ le complément d'objet direct qu'il ne faut pas confondre avec un complément circonstanciel (ou adverbial) ni avec un attribut.

♦ le complément d'objet indirect qui est relié au verbe par une préposition.

Le complément d'objet second, indirect, se rencontre toujours dans la proposition avec le complément d'objet direct (l'objet premier) 

 

DIRECT signifie que le complément n'est pas relié au verbe par une préposition.

INDIRECT signifie qu'il est relié par une préposition (à, de, pour...). La préposition n'est pas toujours visible dans le cas où le complément est un pronom.

Exemples : Je parle à Jacques, je lui parle.

Mais : Je pense à mes enfants. Je pense à eux. 

 

Le complément d'objet direct (COD)

 

Le complément d'objet direct est complément d'un verbe d'action à la forme active. Il répond aux questions qui ? ou quoi ?

Il se construit directement, ce qui veut dire qu'l n'est pas relié au verbe par une préposition.

Paul mange une banane.

Il a mangé une banane.

On mangera des bananes.

 

À la voix passive le COD devient le sujet du verbe 

Paul mange une banane.

> Une banane est mangée (par Paul - Paul complément d'agent).

Il a mangé une banane.

> Une banane a été mangée (par lui).

On mangera des bananes.

> Des bananes seront mangées.

Il n'est pas toujours possible de transformer une phrase comportant un COD à la voix passive.

 

Le complément d'objet direct peut-être :

-un nom

Je connais ton nom

-un pronom

J'ai aperçu quelqu'un.

-un infinitif

Je veux m'amuser.

Certains verbes se construisent avec de + infinitif : 

Je regrette d'avoir parlé (je regrette mes paroles)

Je redoute de partir. Je crains de souffrir. J'appréhende de sauter.

-une proposition infinitive

J'entends les oiseaux chanter. (les oiseaux : sujet de chanter dans la proposition infinitive)

-une proposition complétive (proposition conjonctive introduite par que)

J'espère que tu viendras.

-une proposition interrogative indirecte

Je me demande comment tu t'appelles.

-une proposition relative 

Je fais ce que je dis. 

 

Il ne faut pas confondre un complément d'objet direct avec un complément circonstanciel que l'on appelle aussi complément adverbial.

Il chante la bouche grande ouverte.

la bouche grande ouverte : complément circonstanciel de manière (qui répond à la question comment ?)

Il avance les yeux fermés.

les yeux fermés : complément circonstanciel de simultanéité (de temps) il marche et en même temps il a les yeux fermés.

Il mesure deux mètres : complément de mesure

 

Il ne faut pas confondre le complément d'objet direct avec l'attribut


Qu'est-ce qu'un attribut ?

En vert, les attributs.

1-L'attribut du sujet est relié au sujet par des verbes d'état ou verbes copules comme :

être, devenir, rester, paraître, apparaître, demeurer, être considéré comme, se nommer, s'appeler, passer pour, se rendre, se croire, se faire, se montrer, etc.

Je suis persévérante.- persévérante attribut de je.

Il passe pour un imbécile.- imbécile attribut de il.

Mon désir est que tout se passe bien. que tout se passe bien attribut de désir.

Vouloir, c'est pouvoir. Pouvoir attribut de vouloir. (C' représente vouloir)

 

2-L'attribut de l'objet est relié à l'objet (COD du verbe) par des verbes comme :

juger, trouver, estimer, considérer comme, regarder comme, laisser, rendre, faire, proclamer, nommer, élire, traiter de, appeler, montrer, etc.

Il la trouve stupide.- stupide attribut de la.

Elle me rend complètement dingue.- complètement dingue attribut de me.

 

3- Les verbes précédemment cités dans le 2 peuvent se mettre à la voix pronominale, le pronom réfléchi ou réciproque devient alors complément d'objet direct.

se juger, se trouver, s'estimer, se considérer comme, se regarder comme, se laisser, se rendre, se faire, se proclamer, se nommer, se traiter de, s'appeler, semontrer, etc.

Remarque : Le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant lui.

Ils se sont jugés vraiment  trop bêtes.

 Nous nous sommes faits des redresseurs de torts.

Elle s'est rendue malade. 

 

Le complément d'objet second (COS)

 

Il n'existe que s'il y a aussi un COD (objet premier) dans la phrase.

Le COS s'appelait autrefois complément d'attribution.

C'est forcément un complément indirect puisqu'il est introduit par une préposition.

 

Le COS est introduit généralement par les prépositions à ou de.

Je donne le plus beau cadeau à votre enfant.

Je donne le plus beau cadeau (COD) à votre enfant (COS).

Je retire mon enfant (COD) de ce groupe (COS)

Lorsque le COS est un pronom, la préposition peut disparaïtre.

Je lui donne le plus beau cadeau.

Je lui (COS) donne le plus beau cadeau (COD)

Je le donne à votre enfant.

Je le (COD) donne à votre enfant (COS)

Je le lui donne.

Je le (COD) lui (COS) donne.

Je donne les plus beaux cadeaux à ces enfants-là.

ou

Je donne à ces enfants-là les plus beaux cadeaux.

Je les (COD) donne à ceux-là (COS).

Je les leur donne.

Je leur ôte l'envie de rire.

Je leur (COS) ôte l'envie de rire (COD).

J'ai volé des bonbons (COD) à mes petits camarades (COS).
Il ne distingue pas ses amis (COD) d'avec ses ennemis COS).

 

Le complément d'objet indirect (COI)

 

Le complément d'objet indirect est rattaché au verbe par une préposition, le plus souvent à ou de (mais aussi en, sur, contre, avec, d'avec...)

Il répond généralement aux questions à qui ? à quoi ? de qui, de quoi ?...

 

Je pense à mon anniversaire. J'y pense.

Je pense à mes amis. Je pense à eux.

Je me souviens de mes dernières vacances. Je m'en souviens.

Je me souviens de mes vieilles camarades. Je me souviens d'elles.

 

Prépositions autres que à ou de : en, contre, avec, dans, après, avec, d'avec.

On compte sur vous.

Je ne me fâcherai jamais contre toi .  

Il ne distingue pas ses amis d'avec ses ennemis.

Il ne croit pas en sa bonne étoile.

Je crois en vous. J'aime bien bavarder avec toi. Votre fortune consiste en plusieurs immeubles. Votre énergie consiste dans votre bonne santé. Je n'ai pas attendu après vous pour faire cela (familier). Vous ne discernez pas les bons auteurs d'avec les mauvais. 

 

La préposition disparaît parfois quand le COI est un pronom personnel,

J'y pense. Je m'en souviens.

Souviens-t'en. (Et pas souviens-toi-z-en !)

Penses-y. ((Le s de penses-y est ici pour raison d'euphonie.)

Elle me nuit. Il va me succéder.Vous en doutez.Je vous parle.

 

Le complément d'objet indirect n'est pas toujours suivi d'une préposition devant un infinitif.

Je me souviens avoir passé d'excellentes vacances cette année-là.

Pas de préposition lorsque le verbe est suivi d'une complétive.

Je me souviens qu'il a fait très chaud.

Je doute que vous m'ayez dit cela.

 

Il ne faut pas confondre un complément d'objet indirect avec un complément circonstanciel que l'on appelle aussi complément adverbial.  

Il va à l'école.

à l'école, complément circonstanciel de lieu. 

 

Un même verbe peut avoir soit un complément d'objet direct, soit un complément d'objet indirect.

Je compte mes amis. On compte sur vous !

Je l'aide. Je lui aide (régional).

J'ai atteint mon but.

Il atteint à la perfection.

Je crois à la prière. Je crois en la bonté.

Je ne crois rien de ce que vous me dites.

Etc.

 

Pour en savoir +

> Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

> QUIZ 34 - Complétez les phrases par les prépositions à ou de suivies d'un infinitif

> Prépositions À ou DE : à vous de bien choisir ! – QUIZ 33  

 

Ne pas confondre la préposition DE et les articles partitifs DE, DU, DE LA, DES.

Il parle de la moutarde - de, préposition

Il mange de la moutarde - de la, partitif

> Qu'est-ce qu'un partitif ? Ne pas confondre la préposition DE - l'article indéfini DES, DE - et l'article partitif DE, DU, DES

 

REMARQUE

Un même verbe peut avoir à la fois un complément d'objet direct et un complément d'objet indirect (trouver, voir, connaître, supposer)

La préposition à marque l'appartenance.

 

Je trouve beaucoup de qualités à votre mari.

Je lui suppose une grande patience.

 Me voyez-vous beaucoup de rides ?

Je ne connais à cette pauvre femme aucun ami.

 

 

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Voir

>>La place de Y et de EN dans la phrase. Vous recherchez des difficultés dans cet exercice ? Vous finirez bien par Y EN trouver. + QUIZ 67

>>De la difficulté de bien placer les pronoms personnels compléments dans la phrase. Suite du QUIZ 67 - Dites-le-moi OU dites-moi-le ?

 

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Nota bene

J'ai remarqué des erreurs sur certains sites que vous visiterez peut-être sur la toile. 

Par exemple, je lis : 

Le Complément d'Objet Second (C.O.S.) indique à qui profite ou à qui nuit l'action faite par le sujet. Ce complément, introduit par une préposition, est rattaché à un verbe qui est déjà construit avec un COD (après ce dernier, il vient donc en second) :
- Roméo porte la valise de Juliette.
 

ERREUR : Juliette n'est pas COS.

Roméo porte la valise de Juliette. 

La valise de Juliette est un groupe nominal complément d'objet direct de porte.

Juliette est complément du nom valise.

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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