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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 07:10

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La phrase interrogative

 

L'interrogation est disjonctive quand le locuteur énonce une alternative. 

Étais-je stupide ou simplement naïve ?

Vas-tu enfin me dire, oui ou non, que tu m'aimes ?

Tournure familière :

Avais-je pensé que tout était possible avec lui ? Ou quoi ? 

 

L'interrogation est fictive lorsqu'on n'attend aucune réponse. Elle équivaut à une exclamation ou à une interjection.

Que n'avais-je écouté Roboland ? (Pourquoi n'avais-je pas...)

Allais-je à l'avenir cesser enfin d'être confiante ?

>ou bien lorsque la réponse suit aussitôt la question :

Voulez-vous, chers lecteurs, que je vous dise ce que je vais faire ? Eh bien, je m'en vais délibérer avec moi-même.

 

L'interrogation fictive est dite rhétorique ou oratoire lorsque la réponse est évidente. On n'a pas besoin de répondre.

Ne vous avais-je pas avertis, lecteurs incrédules, que j'étais prête à vous entraîner avec moi dans ce monde en allant de déceptions en déceptions ? Est-il besoin de vous dire que vous brûlez comme moi de l'envie de connaître des jours meilleurs ?

Serais-je mieux avancée si j'avais accusé ouvertement Alcofribas, alors que je n'avais aucune preuve tangible pour étayer ma suspicion ?

 

L'interrogation délibérative permet, à celui qui parle ou qui pense, de réfléchir avant de prendre une décision.

Que ferai-je maintenant ? Qui voir ? À qui me fier ?

 

 Les phrases de l'article sont empruntées au texte :

127 Délires touchants d'une pauvre dupée

Pour en savoir +

> Cas où l'on peut ne pas mettre le point d'interrogation dans une phrase interrogative

> Est-ce que – est-ce qui – La phrase interrogative

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 13:59
Merci - remercier

Merci se construit avec la préposition de ou la préposition pour suivi de la chose dont on remercie.

L'Académie donne seulement merci de.  

Le Trésor donne les deux prépositions.

Merci de vos fleurs. Merci pour vos compliments.

 

De même remercier de et remercier pour.

Remercier de peut-être suivi de la façon de remercier.

Elle me remercia d'un baiser.

 

L'usage veut que l'on dise merci de devant un infinitif.

Merci de m'aider et de m'encourager.

 

On dit merci pour suivi de la personne qui remercie autre que le locuteur.

Je vous remercie pour mon frère.

 

Féliciter

Féliciter quelqu'un de quelque chose

Je te félicite de ton courage.

Féliciter quelqu'un pour quelque chose

Il m'a félicité pour mon mariage.

Féliciter quelqu'un sur quelque chose (style soutenu)

On l'a félicité sur son admirable prestation. 

 

Complimenter

Complimenter quelqu'un de quelque chose

Il m'a complimenté de mon travail.

Je fus complimenté d'avoir su mener à bien cette mission.

Complimenter quelqu'un pour quelque chose 

Je la complimentai pour l'éducation qu'elle avait donnée à son fils.

Note : Grevisse donne pour, mais pas l'Académie ni le Trésor.  

Complimenter quelqu'un sur quelque chose (style soutenu)

On l'a complimenté sur son bel appartement.

 

Savoir gré

Savoir gré à quelqu'un de quelque chose (ou de + infinitif) 

Être reconnaissant envers quelqu'un  

Je vous sais gré de vos bontés

Je vous sais gré de m'écouter.

Attention au barbarisme : Je vous suis gré...

 

Articles connexes

Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

 

Prépositions À ou DE : à vous de bien choisir ! – QUIZ 33

 

QUIZ 34 - Complétez les phrases par les prépositions à ou de suivies d'un infinitif - Texte Arnolphe et Isidore, les célibataires - Une journée si peu particulière

 

Les mauvaises manières de parler le français - Barbarismes et solécismes - Exercices - 1re partie + QUIZ 30

 

Les barbarismes et les solécismes vous irritent-ils ou vous amusent-ils ? Exercices - 2e partie - QUIZ 31

 

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 15:45

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Le trouble de mon esprit demandait à se dissiper. Je ne pouvais rester ainsi à divaguer, à extravaguer même, sans savoir ce que je devais faire ce que je pouvais faire, eussé-je plutôt dû dire. Ne fallait-il pas que je misse de l'ordre dans tout ce que j'avais appris, si effarant, si incongru, si invraisemblable que cela parût ? Mais ne dit-on pas que l'invraisemblable est quelquefois vrai2?

 

Il me fallait redoubler de vigilance.

Lecteur attentif et patient, tu connais le souci que j'ai d'être toujours sincère et spontanée, et ma détestation de toute accommodation, de toute compromission, qui voudraient que je me plie à la dictature de la démagogie, et que je mente pour mieux plaire. La vérité me brûlait les lèvres. Néanmoins il ne faisait aucun doute que mes hésitations étaient fondées : révéler sans précautions ce que je savais aurait pu m'être fatal. C'était couru°.

 

Depuis quelques jours galopaient des rumeurs à peine cachées — et pourtant que ne craignait-on pas à les propager, fût-ce sous le manteau° ! Depuis le moment3 où — rappelle-toi — j'avais eu l'audace de demander de s'interroger sur ses origines ; tous, jusqu'au plus borné, au plus obtus de mon auditoire, n'avaient de repos.

La question avait fait son chemin. Il ne se passa de jours que mes écoliers, toujours avides de problèmes métaphysiques le plus souvent insolubles, ne tentassent de l'éclaircir, après moultes tergiversations, l'abordant sans préambule, la tournant et la retournant en tous sens, la reformulant cent fois pour mieux s'en pénétrer, l'examinant sous ses aspects les plus étranges et les plus inattendus, la discutant à l'envi, quittes à se compromettre, mêlant le doute à la curiosité, attitudes relevant de la faculté humaine la plus remarquable – vous en conviendrez — l'intelligence.

Mais autant vouloir solutionner la quadrature du cercle°.

 

Pourtant je ne désespérais aucunement qu'ils vinssent à bout de leurs réflexions.

N'aurais-je pas lancé, de dépit, un gros juron, si, perdant la maîtrise de moi-même, je m'eusse laissé aller à enfreindre les règles élémentaires de bonne conduite, grave péché qui eût demandé contrition et pénitence ? «  Ventre-saint-gris ! » Mais je me retins. Je donnai la préférence à l'invocation au Ciel : « Fasse que Dieu veuille leur montrer le chemin de la vérité et le moyen de secouer le joug de leurs tyrans ! Et sans moi ! » Je craignais qu'on m'accusât, qu'on me condamnât, qu'on m'exécutât.

À quoi servait donc que je me morfondisse ? Peut-être tout serait-il résolu avant que je ne disse ouf. Et je n'aurais plus rien à craindre de quiconque.

.............................................................

*1-Ce n'est point ici le pays de la vérité : elle erre inconnue parmi les hommes. Blaise Pascal, Pensées, XXIII, 31.

2-L'invraisemblable est quelquefois vrai.

Cf. Le Dictionnaire Littré à l'entrée : invraisemblable.

3-Voir le cours sur les origines donné par Oli : 141 Délires qui plongent dans l'inconscient - « On ne renie pas son enfance ; on l'enfouit au fond de son coeur... »

 

NOTES

Le trouble de mon esprit demandait à se dissiper. 

Le verbe DEMANDER

demander, verbe transitif

J'ai demandé des nouvelles de sa maman. (COD)

Je lui ai demandé conseil. (COS, COD)

Qu'est-ce qu'un complément d'objet direct ? un complément d'objet second ? un complément d'objet indirect ? Qu'est-ce qu'un attribut ?

demander après quelqu'un : demander des nouvelles de quelqu'un - OU demander qu'il vienne.

Je suis venu vous dire qu'il demande après vous.

demander suivi d'une interrogative indirecte

demander qui..., ce que..., ce qui..., lequel..., si..., combien..., comment..., où..., pourquoi..., quand..., à combien..., par où..., depuis quand..., (à, de, avec, contre, par, pour...) qui..., (prépositions) quoi..., (prép.) quel..., etc.

Je demande s'il vient.

Vient-il ? (interrogation directe)

Que fait-il ? Où va-t-il ? Quel train prend-il ?

Je vous demande ce qu'il fait, où il va et quel train il prend.

demander que ou à ce que suivi d'une complétive avec un verbe au subjonctif.

Je demande qu'il vienne immédiatement

Je demande à ce qu'il vienne immédiatement.

demander à quelqu'un de suivi d'un infinitif, le COI est le sujet implicite de l'infinitif

Je lui ai demandé de se taire . > Il doit se taire.

demander à ou de suivi d'un infinitif

Je veux partir : Je demande à partir. Je demande de partir.

Je veux me retirer : Je lui ai demandé à me retirer. Je lui ai demandé de me retirer.

> Verbes qui se construisent avec les prépositions à ou de suivies d'un infinitif

 

eussé-je plutôt dû dire

eussé-je dû, subjonctif imparfait à valeur de conditionnel passé (2e forme) aurais-je dû (1re forme)

j'eusse, sujet inversé : eussé-je OU eussè-je dû dire (Réforme de l'orthographe 1990)

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fût-ce, fussent-ils ...

Et aussi > du, dû, due, dus, dues, dut, dût

 

Ne fallait-il pas que je misse de l'ordre

je misse, subjonctif imparfait de mettre, concordance des temps.

On emploie le subjonctif après il faut que.

Voir le §8 dans > Valeurs et emplois du subjonctif

 

Si effarant, si incongru, si invraisemblable que cela parût.

Effarant, qui effare, qui trouble, qui fait peur, qui provoque la stupéfaction, l'incrédulité.

Incongru, inconvenant, qui ne convient pas à la bienséance, qui est inattendu et surprend.

Incongrûment, de manière incongrue.

parût, subjonctif imparfait.

synonymes :

Pour effarant, pour incongru... que cela parût.

Quelque effarant, quelque incongru... que cela parût.

Aussi effarant, aussi incongru... que cela parût.

Mais aussi que dans ce sens n'est pas admis par tous les grammairiens.

Cf. L'Académie : Aussi... que, suivi du subjonctif, exprime un degré extrême (on dit plutôt Si, Pour, Quelque). Aussi surprenant que cela puisse paraître, c'est la vérité.

 

tu connais ma détestation de toute accommodation

L'accommodation

"Terme de philosophie. Procédé par lequel souvent on accommode une doctrine aux opinions, aux connaissances, aux préjugés de ceux à qui on l'enseigne. " Cf. Littré

"Le type courant en est offert par le mensonge oratoire qui, sans positivement briser les reins à la vérité, accentue ce qui doit plaire à l'auditeur, atténue ce qui ne doit pas lui plaire et ne sait plus bien lui-même où sont les limites du vrai.[...]" E. Mounier, Traité du caractère, 1946, p. 492. Citation lue dans le Trésor.

 

C'était couru°

c'était couru d'avance, le résultat était prévisible.

 

fût-ce sous le manteau.

Voir > fût-ce article cité ci-dessus

sous le manteau°, en secret.

Littré  donne : Sous le manteau de la cheminée, en cachette. Dire quelque chose sous le manteau de la cheminée.

Manteau de cheminée, la partie de la cheminée qui fait saillie dans la chambre, au-dessus du foyer.

 

après moultes tergiversations

beaucoup de

> moult (variable ou invariable)

 

la reformulant cent fois pour mieux s'en pénétrer

Se pénétrer de quelque chose, s'en imprégner de telle sorte que son corps, son âme et ses sens en soient remplis.

 

la discutant à l'envi, quittes à se compromettre

À l'envi, à qui mieux mieux.

 

La quadrature du cercle, le problème insoluble par excellence.

Cf. Littré : se dit d'une chose impossible à trouver.

La quadrature, terme de géométrie. Réduction géométrique d'une figure curviligne à un carré équivalent en surface.

 

pourtant je ne désespérais aucunement.

aucunement avec la négation, en aucune façon.

 

Ventre-saint-gris ! était le juron d'Henri IV. 

À rapprocher de Ventrebleu !

Bleu mis pour Dieu pour atténuer le juron : Sacrebleu ! Sacreblotte ! Sacredié ! Sacrelotte ! sur le CNRTL : SACREBLEU, SACREDIEU, interjection

Voir les expressions apparentées dans : sacrebleu - Wiktionnaire

Ah ! Ventre !

Par la mort ! par la tête ! par le ventre ! si je le trouve, je le veux échiner, Molière, Les Fourberies de Scapin, II, 9. (dans le Littré)

 

Fasse le Ciel que Dieu veuille leur montrer le chemin de la vérité !

Subjonctif optatif (on formule un souhait)

Voir le §29 dans : > Valeurs et emplois du subjonctif

> La Vérité, toute la Vérité, rien que la Vérité...

 

si je m'eusse laissé aller à enfreindre les règles

Après la conjonction de subordination SI, on peut avoir le subjonctif plus-que-parfait au lieu du plus-que-parfait de l'indicatif.

si je m'étais laissé aller.

Voir l'article : Si

Le participe passé LAISSÉ suivi d'un infinitif est invariable.

> L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ 

 

À quoi servait donc que je me morfondisse ?

Se morfondre, ici : perdre son temps à attendre que quelque chose se passe, se tourmenter dans l'attente.

Se conjugue comme fondre.

Je fondis, que je fondisse, qu'il fondît.

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

Peut-être tout serait-il résolu avant que je ne disse ouf.

Inversion du sujet après peut-être. Style soutenu.

Peut-être que tout serait résolu... style familier.

avant que je ne disse ouf / avant que je disse ouf

disse, subjonctif imparfait de dire, concordance des temps.

dise, subjonctif présent.

Voir : NE explétif - Quand peut-on l'employer ? 

Et aussi : *La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style (ou le discours) direct et indirect

**Suite de l'article sur la concordance des temps

***La concordance des temps - Exercices d'application

 

<<  146 Délires inassouvis - « Rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre. »

>>  148 Délires audacieux - À coeur vaillant, rien d'impossible !* 

 

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 17:57

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Les puristes se limitent à dire qu'un but est un point que l'on vise.

On n'est pas "dans un but". Le but est à atteindre.

Ainsi plutôt que de dire : Je travaille dans le but de réussir, on peut dire : Je travaille pour réussir.

Dans le dessein de est moins courant et s'emploie dans un style soutenu. Il est parti dans le dessein de s'accomplir dans une oeuvre humanitaire.

 

Cf. L'Académie :  dans le but de, locution prépositive. Emploi critiqué. Dans le dessein de, dans l'intention de.

 

Remarque de Littré :

Peut-on dire : il agissait ainsi dans le but de se réconcilier ? Cette locution est très usitée présentement ; mais elle n'est pas aisée à justifier. On n'est pas dans un but ; car, si on y était, il serait atteint. On dit bien : je suis dans l'espérance de, dans l'intention de, vu que, on peut considérer l'espérance, l'intention comme quelque chose où l'on est placé ; mais il n'en est pas de même du but qui est éloigné et auquel il faut atteindre. Cette locution serait justifiée si on donnait à dans le sens de pour ; mais dans n'a, en aucun autre cas, un emploi de ce genre. La locution, ne pouvant s'expliquer ni par le sens de but dans lequel on n'est pas, ni par l'emploi de dans qui ne marque jamais quelque chose à atteindre, doit être évitée ; et, en place, on se servira de : dans le dessein, dans l'intention, à l'effet de, etc.

 

Le Trésor  signale cette remarque de Littré mais nous dit que "l'expression [dans le but de] est couramment employée par les auteurs."

Voir Le Trésor (TFLi) et l'Académie dans  Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

 

Le Petit Robert admet "dans le but de..."

 

Pourquoi ? : On notera que le plus souvent Pourquoi ? entraîne une réponse donnant une cause (parce que...)

Pour quoi ? Pour quoi faire ? entraîne une réponse donnant un but (pour, pour que)

 

Pour quoi faire ? Ou Pourquoi faire ?  L'orthographe hésite entre ces deux graphies nous dit le Trésor. La seconde plus rationnelle prévaut, fait remarquer Grevisse.

On rencontre parfois sous la plume de quelques écrivains Pourquoi faire bien que ce ne soit pas très logique.

 

En conclusion, si l'on fait partie de ceux qui ont un grand souci de la pureté de la langue, on s'efforcera de ne pas employer "dans le but de" tout en sachant que l'usage en est fort répandu.

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 17:02

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-1-

Un anglicisme est un mot, une expression ou une tournure propre à la langue anglaise.

On appelle calque une traduction mot à mot d'une tournure ou d'un sens qui n'existe pas dans la langue d'origine.

Aucune chance ! Calque de No chance ! (pour : Aucun risque que cela arrive !)

N'y pense même pas ! Calque de Don't even think about it !

dans ce pays Calque de in this country (pour : en France)

Les faux anglicismes (pseudo-anglicismes, franglicismes) sont des mots qui n'existent pas en anglais ou qui, s'ils existent, n'ont pas la même signification en français qu'en anglais : le footing, un parking, un smoking, un brushing, un dancing, un puzzle, un pressing, gay, etc.

 

-2-

Deux mots sur l'origine de l'anglais

Si la langue anglaise a pour origine principalement des langues germaniques du nord de l'Europe (des Angles, des Saxons, des Frisons), elle a été enrichie par l'apport du français lors des invasions normandes.

 

Les Vikings (ou Normands) s'étaient installés en France après que le roi Charles le Simple, eut donné à Rollon (846-931), pour qu'il cessât ses pillages, les terres qui devinrent la Normandie.

 

Guillaume le Conquérant, William The Conqueror (1028-1087), Duc de Normandie conquiert le trône d'Angleterre à la célèbre bataille de Hastings (1066) où il défait le dernier roi anglo-saxon. Il apporte avec lui sa langue, le français, le franco-normand.

 

L'anglo-normand était le dialecte parlé en Angleterre sous les Plantagenêt, qui, sous l’influence de l’anglo-saxon et du français littéraire, différait du franco-normand de Normandie.

 

Si l'on trouve en anglais la majorité des mots venant de l'anglo-saxon, il ne vous aura pas échappé qu'on en trouve un grand nombre d'origine française datant de Guillaume, mais aussi du français moderne. Nous ne parlerons pas ici des autres langues venues l'enrichir.

Une petite histoire de la langue française racontée par mamiehiou

 

 -3-

La langue française, elle, regorge d'anglicismes.

On peut considérer que c'est un enrichissement si l'on est attentif à ne pas l'abîmer à force de tournures anglaises inappropriées qui deviennent des fautes de français.

Certains anglicismes sont entrés dans la langue, certains autres sont à éviter.

D'autres encore n'ont pas trouvé de traductions satisfaisantes en français.

 

Exemples de quelques anglicismes courants (en rouge) à éviter :

Dispatcher POUR répartir.

Overbooké POUR surchargé, débordé.

Le look, relooking, relooker POUR l'allure, l'apparence - donner une meilleure apparence.

Quel look ! Elle a un de ces looks !

L'anglicisme look est si bien implanté qu'on peut difficilement s'en passer.

Non admis par l'Académie ni par le Trésor.

Je supporte mon équipe POUR je suis un supporter de mon équipe.

Un supporter, une supportrice, termes acceptés par le Trésor mais pas encore par l'Académie.

Je réalise que j'ai compris POUR je me rends compte que j'ai compris, du verbe to realize en anglais, to realise en américain

 

 Après réflexion, je me demande si je ne me rends pas coupable d'hypercorrectisme au sujet du sens de "réaliser" et je m'en vais parcourir les dictionnaires à la recherche de quelques éclaircissements.

L'Académie (8e édition) donne : Réaliser, rendre réel et effectif.

Le Trésor (TFLi), dans ses notes à la fin de l'entrée "réaliser" (§B) donne le sens de "se rendre compte, éprouver" avec des citations de Baudelaire, Proust, etc.

Le Grevisse (le Bon Usage) signale que Gide a plaidé plusieurs fois pour cet emploi, "prendre conscience de", et il donne des citations de Baudelaire, Montherlant, Gide, Mauriac, Claudel, etc. L’usage littéraire a, en tout cas, pleinement admis [ce] nouvel emploi.

Le Petit Robert (édition 1997) précise que l'emploi de "réaliser" dans le sens de "se rendre compte de" est critiqué.

 

Voir pour le Trésor et l'Académie le site du CNRS :

Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

 

Un challenge POUR un défi, une gageure [prononcer gajure]

Pour la petite histoire, sachez que les Anglais nous avaient emprunté le mot, et qu'il nous est revenu, mais pas dans le même sens.

Un challenge en français ne s'emploie que dans le domaine sportif.

Le verbe challenger (prononciation française évidemment) signifie : affronter le vainqueur d'un challenge pour le défaire.

Un challenger (prononciation à l'anglaise, cf. Le Trésor) ) ou challengeur (cf. Dictionnaire de l'Académie, Petit Robert) est celui qui affronte le vainqueur pour lui ravir son titre. Par extension, un rival.

Définitivement (calque de definitly) POUR certainement.

Je suis désolé ((calque de I am sorry) POUR excusez-moi.

Mr (mister) POUR M. l'abréviation de Monsieur, en français. 

M. Dupont = Monsieur Dupont 

Mr Smith = Mister Smith

Et pour le pluriel MM. (messieurs) et non pas Mrs. qui veut dire Madame en anglais (misses). On trouve parfois cette faute ; c'est un comble !

Quand on lit des courriers divers, on a l'impression que tous les messieurs français sont des misters ou des misses !

 

Voir l'article : Quand faut-il mettre une majuscule à Monsieur, Madame, Mademoiselle, etc.? Comment abréger ces mots ? Ne pas confondre M. et Mr, MM. et Mr 

 

-4-

Choisir des mots français.

Les inventer s'ils n'existent pas encore.

>>courriel au lieu de mail ou de e-mail

"À la demande de la délégation générale à la langue française, la commission générale de terminologie et de néologie s'est penchée sur la traduction française de l'anglo-américain e-mail et en particulier sur le symbole à utiliser dans les administrations pour indiquer l'adresse électronique sur le papier à lettres et les cartes de visite."

"Le symbole retenu par la commission générale de terminologie et de néologie est Mél. (pour messagerie électronique), qui peut figurer devant l'adresse électronique, tout comme Tél., généralement utilisé devant le numéro de téléphone." Voir : Mél. - Culture.fr

On peut utiliser courriel pour courrier électronique.

Voir : mél– Wiktionnaire

 

>>logiciel au lieu de software

>>Le mot ordinateur pour computer est une belle réussite. On en voudrait d'autres.

 

Ce qui est dommage, c'est la réticence qu'ont beaucoup de Français à utiliser les mots de leur propre langue comme :

>>florilège, au lieu de best of (cité dans la catégorie Florilège - la pensée des autres)

>>baladeur au lieu de walkman (marque déposée par Sony)

Cf. L'Académie : "Un baladeur, poste de radio, lecteur de cassettes ou de disques compacts muni d'écouteurs, de petit format, et que l'on porte sur soi.

Doit être préféré à l'anglais Walkman."

 

Réponse au Commentaire de Laure du 24 avril 2012

Dictées commentées pour tous ceux qui sont addicts* à notre belle langue

Bonjour Laure !

Vous vous interrogez sur la traduction de certains anglicismes (coaching, nesting, color zoning) qu'il vous faut employer dans la décoration. Ils n'ont souvent pas de traductions satisfaisantes et s'ils en ont, elles n'entrent pas facilement dans l'usage. Il faudrait faire preuve d'inventivité pour trouver leur équivalent en français. Je ne vais pas vous aider beaucoup. J'en suis désolée.

J'approuve tout à fait conseil en décoration que vous utilisez pour coaching déco.

 

Pour les non-initiés je donne quelques précisions :

Coaching (non retenu par l'Académie ni le Trésor)

En autres acceptions, le coaching est le soutien utile donné par un professionnel à un client.

Le coaching déco concerne l'aide à la décoration de son chez soi.

Le nesting concerne l'environnement de l'enfant dans un sens large.

De l'anglais : nest, nid – nesting, construire un nid

Le cocooning concerne la recherche du confort et de la sécurité. (entré dans le Petit Robert en 1980, non retenu par l'Académie ni le Trésor)

Le hiving, de hive, ruche.

Si le cocooning impliquait une sorte de repli sur soi, le hiving au contraire suppose une ouverture sur le monde extérieur, une ouverture aux autres. La maison est conçue pour recevoir sa famille, ses amis...

Ce qui suppose un intérieur suffisamment spacieux et agencé en conséquence, avec un mobilier adapté.

Le color zoning, comme on peut le deviner, est une technique qui met en valeur, en peignant les murs, des zones de la maison, mais aussi des meubles, canapés, etc. grâce aux couleurs. On joue avec des formes géométriques. Et on peut s'adonner à cette activité sans dépenser trop.

...................................................................................

 

On peut lire sur le site HOMESPACING - Home une traduction de plusieurs termes de déco comme :

>"Homespacing (espacement accueil) est un terme que nous avons créé pour décrire le processus utilisé dans le cadre de la recherche et la conception du processus de décoration de la maison."

>Featured rooms, chambres en vedette

>Space Planning, aménagement de l'espace

etc.

Cliquez sur : Traduire cette page

et promenez le curseur sur les mots à retrouver en anglais.

...................................................................................

 

La lecture du livre ci-dessous doit être bien enrichissante pour les accros du marketing :

Lexique du marketing: les 2 200 mots des techniques mercatiques, des stratégies et des relations commerciales - Google Books

 

C'est une bonne initiative de faire preuve d'imagination pour chercher des traductions claires et belles et pour les imposer face à des anglicismes qui, s'ils semblent nous envahir, sont bien nécessaires parfois dans le domaine des techniques nouvelles. Il ne tient qu'à nous qu'ils soient remplacés.

Ne baissons pas les bras et gardons-nous d'être comme ceux qui sont montrés du doigt dans La Carpette anglaise !

Académie de la Carpette anglaise– Wikipédia

...................................................................................

Voici cinq mots proposés par des étudiants à la demande du Secrétariat d'Etat à la Francophonie.

Pour tuning, bolidage,

pour buzz, ramdam,

pour newsletter, infolettre,

pour talk, débat,

pour chat, dialogue. (D'aucuns auraient préféré e-blabla ou tchatche)

À voir sur : Des mots originaux pour lutter contre les anglicismes- Le Figaro

Le site La Langue Française nous donne la liste suivante :

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 13:26

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Ma nuit fut hantée de pensées vagabondes.

Eussé-je dû marquer d'une pierre blanche° le jour où je te rencontrai ? J'avais attendu longtemps, si bien que l'espoir avait laissé la place à la résignation. Non que je souffrisse vraiment — l'être raisonnable que j'étais devenue s'était rendu à l'évidence : toute quête demeurait vaine — mais ne sentais-je pas comme un vide, là, quelque part, au tréfonds de mon coeur, ou peut-être, plus prosaïquement, quelque creux dans mon épigastre ?

Celui qu'on voudrait chérir et aimer — aimer passionnément et pour toujours, il va sans dire — n'existe pas. Il ne peut exister. C'est là un défaut de la nature.

Cette impatience, naguère si vive, doucement s'était consumée, comme le volcan, éteint, s'effondre sur lui-même.

 

L'idée que j'ai de l'objet du désir est si haute qu'il en devient inaccessible. Mais bientôt l'exaspération des nerfs s'étiole. L'hyperbole exacerbée d'une aspiration née de l'incomplétude s'amenuise enfin. Qui s'épuiserait à attendre des chimères ? Quel esprit tourmenté passerait ses jours et ses nuits à se perdre dans le vague d'une imagination délirante, dans des rêves qu'il croirait possiblement réalisables ?

Celui-là serait fou qui voudrait se forger un destin alors que la vie même est le fruit du hasard, et la voilà, chaque minute, ballottée, telle un fétu de paille, brinquebalée de droite et de gauche au gré de surgissements imprévus, frêle esquif balancé au gré des lames écumantes d'un océan sans rivage, quelque volonté que son capitaine puisse exercer sur une ligne de direction choisie à l'avance.

Tout est imprévisible, souvent inopportun, jamais planifié. Tout ce qui survient demande, dans l'instant, une adaptation de circonstance, qui, sans donner le temps de la réflexion la plus ténue, n'est qu'une fulguration le plus souvent douloureuse. Ainsi nos muscles se mettent-ils en branle sans qu'on leur demande rien, mus par des ordres cérébraux dont on n'est pas maître — quoi qu'on en pense — dirigés qu'ils sont par des réflexes involontaires, des sursauts d'expériences anciennes perdues au plus profond de soi, refusant de revenir à la conscience et que nulle résilience n'a pu adoucir, des ordres chaotiques engendrés par des maladresses ataviques entassées dans nos gènes abâtardis issus du fond des âges, héritages successifs d'une parentèle qui ne fut pas toujours irréprochable.

 

« Y a-t-il en ce monde un seul être qui me soit destiné ? » Cette question, je me l'étais posée mille fois. Et mille fois il m'avait fallu reconnaître ce fait indiscutable : il n'était pas encore né celui qui ravirait mon coeur.

 

Le jour était venu et je te rencontrai. Tu étais là, devant moi, paré de toutes les grâces du monde, les bras chargés de fleurs, arborant ton sourire que je n'oublierai jamais, un sourire indéfinissable tel que seuls les peintres renaissants surent le représenter, non pas un sourire large où les dents se découvrent, non pas un sourire, signe d'une triviale satisfaction, mais un sourire à peine esquissé, un sourire mystérieux, presque imperceptible et cependant attirant par son irrésistible force magnétique.

Pourquoi es-tu venu, toi que je n'attendais plus ? Tu bouleverses ma quiétude. Tu embrouilles mes convictions. Je ne sais que penser. Depuis que je t'ai vu, j'erre parmi les ombres, les ombres de l'incertitude, celles du doute et de la perplexité...

 

À mon réveil brutal, laissant s'échapper mes illusions oniriques, j'entendis une voix intérieure qui me susurrait, à la manière de Monsieur Coué : « En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d'être [heureuse].1 »

Devais-je, envers et contre tous, me contenter d'un bonheur étriqué et me laisser abuser par des pensées étrangères ?

Je me dressai brusquement sur mon séant. Pourquoi venais-je de déraisonner ainsi en cette nuit agitée ? Avais-je donc, la veille, ressenti une émotion si aiguë que ma raison vacillait ?

« Ah ! ...Mon esprit est troublé2 », me dis-je.

J'effaçai mon rêve, et chassai, d'un revers de la main, ce pensement malvenu.

.............................................................................................  

1-En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d'être heureux.

Marc-Aurèle, empereur romain, philosophe stoïcien (121-180)

 

2-Ah ! c'est moi. Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais.

L'Avare, Molière.

 

NOTES

Ma nuit fut hantée de pensées vagabondes

fut hantée, pas de liaison, disjonction. Le h de hanté est aspiré, la hantise.

La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

 

Eussé-je-je dû marquer d'une pierre blanche le jour où je te rencontrai

conditionnel passé 2e forme

Aurais-je dû marquer... conditionnel passé 1re forme
Le subjonctif plus-que-parfait s'emploie dans la langue soignée avec une valeur de conditionnel passé 2e forme.

J'eusse aimé vivre auprès de vous jusqu'à mon dernier souffle.

J'aurais aimé...

Eussé-je continué à vivre ainsi, pauvre et délaissée ?

Aurais-je continué...

Voir : Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je...

et : Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

Jour à marquer d'une pierre blanche°, jour particulièrement mémorable.

le jour où je te rencontrai, passé simple

> Les emplois de l'imparfait de l'indicatif et du passé simple

 

Non que je souffrisse vraiment, subjonctif imparfait

> Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

L'être raisonnable que j'étais devenue

j'étais devenue l'être raisonnable

devenue, participe passé employé avec l'auxiliaire être, s'accorde avec le sujet je au féminin.

que, le pronom relatif qui représente l'antécédent l'être raisonnable, est attribut du sujet je.

devenir est un verbe d'état ou verbe copule.

Voir : Qu'est-ce qu'un attribut ?

 

ne sentais-je pas là, au tréfonds de mon coeur, comme un creux, ou plus prosaïquement, quelque vide dans mon épigastre

au tréfonds de mon coeur, au plus profond de mon coeur.

Prosaïquement, ici, banalement.

quelque vide, un certain vide dans le creux de l'estomac

L'épigastre, partie de l'abdomen (le ventre) comprise entre l'ombilic (le nombril) et le sternum (os plat du thorax où s'attachent les sept premières paires de côtes).

 

cette impatience, naguère si vive

Naguère, il y a peu, il y a peu de temps.

 

l'exaspération des nerfs s'étiole

S'étioler, se fâner, s'amoindir, s'affaiblir.

 

l'hyperbole exacerbée née d'une incomplétude s'amenuise enfin 

L'hyperbole, l'exagération, l'excès.

L'incomplétude, état de ce qui est incomplet.

S'amenuiser, rendre plus menu, diminuer

 

des rêves possiblement réalisables

Possiblement, adverbe rare.

 

tout ce qui survient demande, dans l'instant, une adaptation

Dans l'instant, à l'instant, aussitôt.

 

la vie, ballottée telle un fétu de paille

ou tel un fétu de paille > Tel (accord)

Ballotté, bringuebaler, brinquebaler, brimbaler.

 

quelque volonté que son capitaine puisse exercer

> Quelque... que

 

quoi qu'on en pense

> Quoi que

 

des expériences anciennes que nulle résilience n'a pu adoucir

La résilience, qualité de celui qui ne se décourage pas, qui rebondit après une épreuve difficile.

 

Cette question, je me l'étais posée mille fois.

Posée, participe passé qui s'accorde avec l' (la élidé, pronom personnel représentant question) complément d'objet direct placé avant lui.

Me, pronom réfléchi, complément d'objet second.

Voir : Qu'est-ce qu'un verbe pronominal (réfléchi, réciproque, subjectif...) ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux

 

seuls les peintres renaissants surent le représenter

Les peintres renaissants, les peintres de la Renaissance.

 

celui-là serait fou qui voudrait se forger un destin

Il y a ici disjonction : qui, pronom relatif, est éloigné de son antécédent celui-là.

> Celui qui voudrait se forger un destin serait fou.

 

un sourire, signe d'une triviale satisfaction

Trivial, banal, ordinaire.

 

laissant s'échapper mes illusions orniriques

Onirique, qui tient du rêve.

 

j'entendis une voix qui me susurrait

Susurrer  > Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

 

La méthode Coué

Répétez-vous donc tous les matins au petit lever :

"Tous les jours à tous points de vue, je vais de mieux en mieux".

Rencontré dans : 121 Délires où « tout vient à point à qui sait attendre.°»

 

je me dressai sur mon séant

Le séant, le derrière, le postérieur.

En son séant (vieux), sur son séant. En position assise (dans un lit)

Se (re)dresser sur son séant, se mettre sur son séant.

Séant, seyant, sis sont les participes du verbe seoir. Voir ce verbe défectif dans la note de : 6 Délires inconsidérés - Je n'en peux mais !

 

et je chassai, d'un revers de main, ce pensement malvenu

pensement, archaïque, action de penser. Cf. Littré

Ce pensement était son plaisir et sa consolation, G. SAND, François le Champi.

malvenu, inopportun.

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 08:44

FLORILÈGE

.                                                                                      

Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

 .                                                                                      

 

  -19-


 

FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND

 

MÉMOIRES D'OUTRE-TOMBE

 

À Combourg


 

François-René, vicomte de Chateaubriand (1768–1848)

Premier écrivain romantique, homme politique.

 

Chateaubriand ouvre la voie du romantisme en en abordant tous les thèmes : les mouvements de l'âme et du coeur, la rêverie - le mal du siècle* -, l'exotisme, la recherche du beau et du bien, l'évocation du passé...

*Le mal du siècle, Musset dans Confession d'un enfant du siècle.

 

Ce mouvement littéraire s'épanouira au XIXe siècle et les écrivains nous laisseront des oeuvres parmi les plus belles de notre littérature.

 

« Je serai Chateaubriand ou rien », écrit Victor Hugo dans ses cahiers à l'âge de quatorze ans.

 

Baudelaire dira du romantisme qu'il « n’est précisément ni dans le choix des sujets ni dans la vérité exacte, mais dans la manière de sentir. »

 

« Les Mémoires d'Outre-Tombe », écrites de 1809 à 1848 est une autobiographie de l'auteur qui raconte des épisodes de sa vie.

Voir en fin d'article la « Préface testamentaire » à ces « Mémoires ».

 

Je donne ici un épisode de la vie du jeune Chateaubriand à Combourg. 

 

Chapitre 1 

Montboissier, juillet 1817.

Revu en décembre 1846.

Vie à Combourg. - Journées et soirées.(extrait)

[...]

Le calme morne du château de Combourg était augmenté par l'humeur taciturne et insociable de mon père. Au lieu de resserrer sa famille et ses gens autour de lui, il les avait dispersés à toutes les aires de vent de l'édifice.

Sa chambre à coucher était placée dans la petite tour de l'est, et son cabinet dans la petite tour de l'ouest. Les meubles de ce cabinet consistaient en trois chaises de cuir noir et une table couverte de titres et de parchemins. Un arbre généalogique de la famille des Chateaubriand tapissait le manteau de la cheminée, et dans l'embrasure d'une fenêtre on voyait toutes sortes d'armes depuis le pistolet jusqu'à l'espingole. L'appartement de ma mère régnait au-dessus de la grand'salle, entre les deux petites tours : il était parqueté et orné de glaces de Venise à facettes. Ma soeur habitait un cabinet dépendant de l'appartement de ma mère. La femme de chambre couchait loin de là, dans le corps de logis des grandes tours. Moi, j'étais niché dans une espèce de cellule isolée, au haut de la tourelle de l'escalier qui communiquait de la cour intérieure aux diverses parties du château. Au bas de cet escalier, le valet de chambre de mon père et le domestique gisaient dans des caveaux voûtés, et la cuisinière tenait garnison dans la grosse tour de l'ouest.

Mon père se levait à quatre heures du matin, hiver comme été : il venait dans la cour intérieure appeler et éveiller son valet de chambre, à l'entrée de l'escalier de la tourelle. On lui apportait un peu de café à cinq heures ; il travaillait ensuite dans son cabinet jusqu'à midi. Ma mère et ma soeur déjeunaient chacune dans leur chambre, à huit heures du matin. Je n'avais aucune heure fixe, ni pour me lever, ni pour déjeuner ; j'étais censé étudier jusqu'à midi : la plupart du temps je ne faisais rien.

À onze heures et demie, on sonnait le dîner que l'on servait à midi. La grand'salle était à la fois salle à manger et salon : on dînait et l'on soupait à l'une de ses extrémités du côté de l'est ; après les repas, on se venait placer à l'autre extrémité du côté de l'ouest, devant une énorme cheminée. La grand'salle était boisée, peinte en gris blanc et ornée de vieux portraits depuis le règne de François Ier jusqu'à celui de Louis XIV ; parmi ces portraits, on distinguait ceux de Condé et de Turenne : un tableau représentant Hector tué par Achille sous les murs de Troie, était suspendu au-dessus de la cheminée.

Le dîner fait, on restait ensemble jusqu'à deux heures. Alors, si l'été, mon père prenait le divertissement de la pêche, visitait ses potagers, se promenait dans l'étendue du vol du chapon ; si l'automne et l'hiver, il partait pour la chasse, ma mère se retirait dans la chapelle, où elle passait quelques heures en prières. Cette chapelle était un oratoire sombre, embelli de bons tableaux des plus grands maîtres, qu'on se s'attendait guère à trouver dans un château féodal, au fond de la Bretagne. J'ai aujourd'hui, en ma possession, une Sainte Famille de l'Albane, peinte sur cuivre, tirée de cette chapelle : c'est tout ce qui me reste de Combourg.

Mon père parti et ma mère en prières, Lucile s'enfermait dans sa chambre ; je regagnais ma cellule, ou j'allais courir les champs.

À huit heures, la cloche annonçait le souper. Après le souper, dans les beaux jours, on s'asseyait sur le perron. Mon père, armé de son fusil, tirait les chouettes qui sortaient des créneaux à l'entrée de la nuit. Ma mère, Lucile et moi, nous regardions le ciel, les bois, les derniers rayons du soleil, les premières étoiles. À dix heures, on rentrait et l'on se couchait.

Les soirées d'automne et d'hiver étaient d'une autre nature. Le souper fini et les quatre convives revenus de la table à la cheminée, ma mère se jetait, en soupirant, sur un vieux lit de jour de siamoise flambée ; on mettait devant elle un guéridon avec une bougie. Je m'asseyais auprès du feu avec Lucile ; les domestiques enlevaient le couvert et se retiraient. Mon père commençait alors une promenade, qui ne cessait qu'à l'heure de son coucher. Il était vêtu d'une robe de ratine blanche, ou plutôt d'une espèce de manteau que je n'ai vu qu'à lui. Sa tête, demi-chauve, était couverte d'un grand bonnet blanc qui se tenait tout droit. Lorsqu'en se promenant, il s'éloignait du foyer, la vaste salle était si peu éclairée par une seule bougie qu'on ne le voyait plus ; on l'entendait seulement encore marcher dans les ténèbres : puis il revenait lentement vers la lumière et émergeait peu à peu de l'obscurité, comme un spectre, avec sa robe blanche, son bonnet blanc, sa figure longue et pâle. Lucile et moi, nous échangions quelques mots à voix basse, quand il était à l'autre bout de la salle ; nous nous taisions quand il se rapprochait de nous. Il nous disait, en passant : " De quoi parliez-vous ? " Saisis de terreur, nous ne répondions rien ; il continuait sa marche. Le reste de la soirée, l'oreille n'était plus frappée que du bruit mesuré de ses pas, des soupirs de ma mère et du murmure du vent.

Dix heures sonnaient à l'horloge du château : mon père s'arrêtait ; le même ressort, qui avait soulevé le marteau de l'horloge, semblait avoir suspendu ses pas. Il tirait sa montre, la montait, prenait un grand flambeau d'argent surmonté d'une grande bougie, entrait un moment dans la petite tour de l'ouest, puis revenait, son flambeau à la main, et s'avançait vers sa chambre à coucher, dépendante de la petite tour de l'est. Lucile et moi, nous nous tenions sur son passage ; nous l'embrassions en lui souhaitant une bonne nuit. Il penchait vers nous sa joue sèche et creuse sans nous répondre, continuait sa route et se retirait au fond de la tour, dont nous entendions les portes se refermer sur lui.

Le talisman était brisé ; ma mère, ma soeur et moi transformés en statues par la présence de mon père, nous recouvrions les fonctions de la vie. Le premier effet de notre désenchantement se manifestait par un débordement de paroles : si le silence nous avait opprimés, il nous le payait cher.

Ce torrent de paroles écoulé, j'appelais la femme de chambre, et je reconduisais ma mère et ma soeur à leur appartement. Avant de me retirer, elles me faisaient regarder sous les lits, dans les cheminées, derrière les portes, visiter les escaliers, les passages et les corridors voisins. Toutes les traditions du château, voleurs et spectres, leur revenaient en mémoire. Les gens étaient persuadés qu'un certain comte de Combourg, à jambe de bois, mort depuis trois siècles, apparaissait à certaines époques, et qu'on l'avait rencontré dans le grand escalier de la tourelle ; sa jambe de bois se promenait aussi quelquefois seule avec un chat noir.

.................................................................................

Montboissier, août 1817.

Mon donjon.

Ces récits occupaient tout le temps du coucher de ma mère et de ma soeur : elles se mettaient au lit mourantes de peur ; je me retirais au haut de ma tourelle ; la cuisinière rentrait dans la grosse tour, et les domestiques descendaient dans leur souterrain.

La fenêtre de mon donjon s'ouvrait sur la cour intérieure ; le jour, j'avais en perspective les créneaux de la courtine opposée, où végétaient des scolopendres et croissait un prunier sauvage. Quelques martinets qui, durant l'été, s'enfonçaient en criant dans les trous des murs, étaient mes seuls compagnons. La nuit, je n'apercevais qu'un petit morceau du ciel et quelques étoiles. Lorsque la lune brillait et qu'elle s'abaissait à l'occident, j'en étais averti par ses rayons, qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre. Des chouettes, voletant d'une tour à l'autre, passant et repassant entre la lune et moi, dessinaient sur mes rideaux l'ombre mobile de leurs ailes. Relégué dans l'endroit le plus désert, à l'ouverture des galeries, je ne perdais pas un murmure des ténèbres. Quelquefois, le vent semblait courir à pas légers ; quelquefois il laissait échapper des plaintes ; tout à coup, ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des mugissements, puis ces bruits expiraient pour recommencer encore. À quatre heures du matin, la voix du maître du château, appelant le valet de chambre à l'entrée des voûtes séculaires, se faisait entendre comme la voix du dernier fantôme de la nuit. Cette voix remplaçait pour moi la douce harmonie au son de laquelle le père de Montaigne éveillait son fils.

L'entêtement du comte de Chateaubriand à faire coucher un enfant seul au haut d'une tour pouvait avoir quelque inconvénient ; mais il tourna à mon avantage. Cette manière violente de me traiter me laissa le courage d'un homme, sans m'ôter cette sensibilité d'imagination dont on voudrait aujourd'hui priver la jeunesse. Au lieu de chercher à me convaincre qu'il n'y avait point de revenants, on me força de les braver. Lorsque mon père me disait avec un sourire ironique : " Monsieur le chevalier aurait-il peur ? " il m'eût fait coucher avec un mort. Lorsque mon excellente mère me disait : " Mon enfant, tout n'arrive que par la permission de Dieu ; vous n'avez rien à craindre des mauvais esprits, tant que vous serez bon chrétien " ; j'étais mieux rassuré que par tous les arguments de la philosophie. Mon succès fut si complet que les vents de la nuit, dans ma tour déshabitée, ne servaient que de jouets à mes caprices et d'ailes à mes songes. Mon imagination allumée, se propageant sur tous les objets, ne trouvait nulle part assez de nourriture et aurait dévoré la terre et le ciel. C'est cet état moral qu'il faut maintenant décrire. Replongé dans ma jeunesse, je vais essayer de me saisir dans le passé, de me montrer tel que j'étais, tel peut-être que je regrette de n'être plus, malgré les tourments que j'ai endurés.

Retrouvez cet extrait sur Gallica, chapitre 1 page 23.

Texte intégral :

Mémoires d'Outre-tombe [Numérisé en mode texte]
 

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Je garde de ce texte un souvenir ému. Je me souviens l'avoir lu au collège, j'avais treize ou quatorze ans et je ne l'ai jamais oublié : il m'avait fait une impression très forte. Peut-être ma propre enfance différait-elle tellement de celle de Chateaubriand qu'il m'était difficile d'imaginer qu'un père puisse être aussi dur que le sien.

Je m'enthousiasmai aussi à la lecture du passage où "René" exhorte "les orages désirés" de se lever pour l'"emporter dans une autre vie".

Note de mamiehiou  

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Voir le texte de René dans Wikisource, René (1802)

 

  RENÉ
 

" Le jour, je m'égarais sur de grandes bruyères terminées par des forêts. Qu'il fallait peu de choses à ma rêverie ! une feuille séchée que le vent chassait devant moi, une cabane dont la fumée s'élevait dans la cime dépouillée des arbres, la mousse qui tremblait au souffle du nord sur le tronc d'un chêne, une roche écartée, un étang désert où le jonc flétri murmurait ! Le clocher solitaire s'élevant au loin dans la vallée a souvent attiré mes regards ; souvent j'ai suivi des yeux les oiseaux de passage qui volaient au-dessus de ma tête. Je me figurais les bords ignorés, les climats lointains où ils se rendent ; j'aurais voulu être sur leurs ailes. Un secret instinct me tourmentait ; je sentais que je n'étais moi-même qu'un voyageur, mais une voix du ciel semblait me dire : " Homme, la saison de ta migration n'est pas encore venue ; attends que le vent de la mort se lève, alors tu déploieras ton vol vers ces régions inconnues que ton cœur demande. "

" Levez-vous vite, orages désirés qui devez emporter René dans les espaces d'une autre vie !" Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelure, ne sentant ni pluie, ni frimas, enchanté, tourmenté et comme possédé par le démon de mon cœur.


 

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Dans le coeur de l'adolescente que j'étais quelle émotion ! Quel bouleversement !

C'est bien à l'école que j'ai ressenti mes premiers émois littéraires.

Note de mamiehiou

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PRÉFACE TESTAMENTAIRE des "Mémoires d'Outre-tombe"


 

Paris, 1er août 1832.


 

Comme il m’est impossible de prévoir le moment de ma fin ; comme à mon âge les jours accordés à l’homme ne sont que des jours de grâce, ou plutôt de rigueur, je vais, dans la crainte d’être surpris, m’expliquer sur un travail destiné, en se prolongeant, à tromper pour moi l’ennui de ces heures dernières et délaissées, que personne ne veut, et dont on ne sait que faire.

Les Mémoires à la tête desquels on lira cette préface embrassent ou embrasseront le cours entier de ma vie : ils ont été commencés dès l’année 1811, et continués jusqu’à ce jour. Je raconte dans ce qui est achevé, et raconterai dans ce qui n’est encore qu’ébauché, mon enfance, mon éducation, ma première jeunesse, mon entrée au service, mon arrivée à Paris, ma présentation à Louis XVI, le commencement de la révolution, mes voyages en Amérique, mon retour en Europe, mon émigration en Allemagne et en Angleterre, ma rentrée en France sous le consulat, mes occupations et mes ouvrages sous l’empire, ma course à Jérusalem, mes occupations et mes ouvrages sous la restauration, enfin l’histoire complète de cette restauration et de sa chute.

 

Voir la préface en entier :

Mémoires d'outre-tombe - Préface testamentaire - Wikisource

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 08:43

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Pour moi, dès lors, tout rassérénement était impossible. Je m'en fus revoir Monsieur Pro.

Je poussai doucement la porte de son refuge pour ne point le surprendre au cas qu'il serait parvenu à s'endormir. Le volettement d'une mouche l'eût réveillé, si grande était sa crainte d'être découvert.

Sa vue me bouleversa. Chaque instant semblait augmenter les affres de son accablement. Tout son corps menaçait de partir à vau-l'eau. Le cheveu grison s'était fait plus rare, la barbe grivelée laissait entr'apercevoir une lippe tremblante.

 

« Je ne puis me résoudre à vous encombrer davantage, chère Oli, déclara-t-il. Vous avez mieux à faire que de vous occuper de moi. Si, par aventure, la mort me fauchait ici, que feriez-vous de ma dépouille ? Je vous aurais plus embarrassé qu'été utile. Et avec vos antécédents... (N'avez-vous pas été suspectée dans la ténébreuse affaire1 du meurtre d'Alcmène et d'Amphi2, vos amis ?)... vous auriez tôt fait d'être au centre d'un imbroglio3 qui pourrait vous porter préjudice.

Que me parlez-vous là de mes feus amis ? m'exclamai-je interloquée. Avez-vous eu vent de cette histoire° ? En savez-vous quelque chose ? Alcofribas, individu retors s'il en fut, que je soupçonne d'avoir trempé bassement dans cette tragédie effroyable, était-il le coupable ?

Votre intuition ne vous a pas trompée. Cet homme représente la lie de cette société, le Maître Horri impitoyable, le Sanson sans vergogne chargé d'éliminer tout individu capable d'en menacer les fondements.

Pourquoi eux ? Pourquoi ma chère Alcmène et son dévoué mari ?

Des résistants jugés impénitents, irrécupérables. Tel fut l'impitoyable verdict des autorités. "À éliminer !" fut le mot d'ordre. C'est ce que fit Alcofribas. J'intervins pour vous arracher aux griffes policières. Vous l'avez échappé belle.

Je ne savais rien.

Ils se sont tus pour vous préserver.

Ainsi ont-il payé de leur vie. Quelle injustice ! »

J'étais abasourdie. Rien n'aurait pu me causer plus de mal.

« Mais, repris-je, dites-moi, comment alors vous prouver ma reconnaissance ?

Ne venez-vous pas de le faire ? »

Je restai un instant silencieuse, la tristesse me submergeant.

 

J'aurais pu me faire violence et lui donner un baiser, m'en remémorant l'envie qu'il avait eue naguère lorsqu'il esquissa le mouvement pour se rapprocher de moi4, mais je ne me résolus pas à faire cet effort. J'eusse été prise d'un haut-le-coeur s'il m'avait fallu toucher, fût-ce du bout des lèvres, la peau glutineuse de cet homme catarrheux — eût-il été mon sauveur.

 

« Je ne suis qu'un songe-creux, murmura le vieil homme. J'ai ambitionné de changer les choses. Mais mon manque de courage ne m'a fait accoucher que de velléités. Il est trop tard maintenant. Je n'éprouve pour moi-même que du mépris. »

 

Je cherchai des arguments pour qu'il ne s'effondrât point, pour qu'il ne se jugeât point aussi sévèrement. Qu'aurait-il pu faire, face à un appareil aussi puissant, prêt à l'écraser à la moindre tentative de rébellion ?

 

« Parlez-moi, lui demandai-je, de ces agents recruteurs qui capturent par delà (par-delà) la Frontière de pauvres innocents.

Chaque fois qu'un des nôtres disparaît (je veux dire qu'un Utopinambourgeois5 meurt ou s'échappe et se fond dans l'inconnu) la Haute Autorité charge l'un de ses sbires de le remplacer. Pour ce faire, il passe la Frontière et kidnappe un jeune homme, ou une jeune fille, c'est selon. L'affaire est savamment montée. Mais les erreurs foisonnent et les recrutés, pour la plupart, ne sont pas à la hauteur de ce qu'on peut espérer d'eux. Plût aux dieux que les abrutis, les balourds et les crétins ne volassent point ! Il ferait nuit.6 

Il se cacha le visage, imaginant probablement la chose.

« Ainsi fûtes-vous ravie du sein de votre famille, poursuivit-il. Et l'on s'appliqua à vous ôter tout souvenir. Le travail fut mal fait, vous en conviendrez.

Voilà pourquoi de vagues et intermittentes réminiscences ne laissent de me hanter depuis le jour de mon arrivée dans cette cité.

Voilà pourquoi votre soif de découvrir la vérité tout entière est à ce point inextinguible. »

Je dus me contenter de ces dernières explications.

 

Lorsque, le soir même, je revins voir Monsieur Pro, il avait disparu. Je déplorai de ne rien savoir de la résolution qu'il avait prise pour lui-même, et je lui sus gré de s'être esquivé ainsi — au péril de sa vie — sans un adieu.

...............

1-Une Ténébreuse Affaire, de Honoré de Balzac.

2-Alcmène et Amphi, restaurateurs à Utopinambourg, employeurs et amis d'Oli.

Pour en savoir + sur les personnages de la mythologie grecque, Alcmène et Amphitryon, (et Zeus !) voir la note du texte : 59 Délires conjugaux chez Alcmène et Amphi

3-L'arrestation d'Oli >> 120 Délires au commissariat + Des aphorismes incongrus

Comment prononcer imbroglio, voir : Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure, almanach, handball, imbroglio, mas, tomber dans le lacs, abasourdi, Auxerre, Bruxelles, Cassis...

4-J'aurais pu me faire violence et lui donner un baiser... moi.

Voir le texte des Délires : 86 Délires où le charme opère -"Yeah ! We all shine on

5-Utopinambourgeois, habitant de Utopinambourg, la cité étrange où vivent les personnages du conte.

6-Plût aux dieux que les abrutis, les balourds et les crétins ne volassent point ! Il ferait nuit.

Cf. Frédéric Dard."Si les cons volaient, il ferait nuit.", San Antonio.

 

NOTES

je m'en fus revoir monsieur Pro

Être dans le sens d'aller

Je m'en fus, je m'en allai.

je m'en allai revoir monsieur Pro

Le verbe être peut remplacer le verbe aller, dans la langue courante aux temps composés ; J'ai été à Paris.

Littré précise que dans ce cas, j'y suis allé et j'en suis revenu.

Le verbe être au passé simple et au subjonctif imparfait est du style soutenu et littéraire :  

Je m'en fus à la campagne. Il s'en fut regarder les avions dans le ciel.

Il fallait bien qu'il s'en fût sans se retourner.

 

dès lors tout rassérénement était impossible

Dès lors, locution adverbiale, dès ce moment-là, dès ce temps-là.

= dès alors, vieilli.

rassérénement ou rassérènement, action de devenir serein ou de rendre serein.

Je ne serai jamais rasséréné quoi que vous fassiez.

Tu me rassérènes par tes propos.

 

au cas qu'il serait parvenu à s'endormir

> En cas que, au cas que, dans le cas que, pour le cas que

 

le volètement ou volettement, fait de voleter

voleter, voler à petits coups d'ailes, voler ça et là.

je volette, je voletterai...

 

chaque instant semblait augmenter les affres de son accablement

Les affres, la grande angoisse.

Les affres de la mort.

 

tout son corps menaçait de partir à vau l'eau

(à) vau l'eau, vau l'eau, vau leau, vau-leau.

locution adverbiale, en suivant le fil de l'eau – sens figuré, au gré du hasard.

 

le cheveu grison se faisait plus rare

voir dans Le Trésor de la Langue française, TFLi

> GRISON, -ONNE, adj. et subst. masc.

 

la barbe grivelée laissait entr'apercevoir une lippe tremblante

Grivelé, ée, cf. Littré : Mêlé de gris et de blanc.

Un plumage grivelé.

Cuisses.... Grivelées comme saulcisses, Villon, Regrets de la belle Heaulmière. 

une lippe, lèvre (inférieure) épaisse et proéminente. Cf. Littré

entrapercevoir ou entr'apercevoir

> L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

 

je ne puis me résoudre à vous encombrer davantage

Davantage, ici synonyme de plus longtemps.

Voir l'article : Ne pas confondre : davantage, d'avantage – bientôt, bien tôt – sitôt, si tôt - près de, prêt à - etc.

 

l'affaire est savamment montée

Affaire, à faire : voir l'article : Avoir affaire ou avoir à faire ? Les affaires, une affaire de coeur, j'en fais mon affaire, je lui ai fait son affaire, une ténébreuse affaire, faire le bizness...

Savamment, adverbe formé sur savant+ment.

 

si, par aventure, la mort me fauchait ici

D'aventure, par aventure, par hasard

 

Avoir eu vent de quelque chose°

avoir entendu parler de quelque chose.

 

Que me parlez-vous de mes feus amis ?

Pourquoi me parlez-vous...

QUE dans tous ses états – pronom interrogatif - pronom relatif - conjonction de subordination ou élément d'une locution conjonctive - adverbe interrogatif ou exclamatif – ne... que - etc. 

mes feus amis, mes défunts amis.

feu, feue, feus, feues.

Feu dans le sens de décédé récemment.

Invariable, Feu Monsieur. Feu Madame.

Varie lorsque l'adjectif est placé entre le déterminant et le nom, la feue Princesse d'York, les feus enfants du Roi, votre feue famille.

"On dit feu la reine s’il n’y a pas de reine vivante, et la feue reine si une autre l’a remplacée."Cf. Littré

Le Grevisse précise que "cela est vrai pour feu la reine mais la feue reine est possible qu'il y ait une reine vivante ou non."

Ne pas confondre : feux et feus – sensé et censé – chaos et cahot – efficace et efficient – émotionné et ému - bruire et bruisser

 

Alcofribas, individu retors s'il en fut

Retors, qui use sournoisement de mauvais moyens pour arriver à ses fins,

Cf. le Trésor : cauteleux, finaud, madré, malin, matois.

S'il en fut, passé simple du verbe être, locution figée.

 

cet homme représente la lie de cette société

La lie, au figuré, les éléments mauvais, le rebut (ici : de la société).

 

Le Maître Horri impitoyable

Maître Horri, l'éboueur-type du Moyen Âge.

Voir La Complainte Rutebeuf dans : Une petite histoire de la Langue Française racontée par mamiehiou– Chapitre 7 - L'ANCIEN FRANÇAIS DU IXe AU XIIIe SIÈCLE - CINQUIÈME PARTIE : Les complaintes de Rutebeuf

Ci encoumence la complainte Rutebuef de son oeuf

Que sunt mi ami devenu
Que j’avoie si pres tenu
Et tant amei ?

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés ?

[...]

Mi autre ami sunt tuit porri :

Je les envoi a maitre Horri

Et cest li lais.

Mes autres amis sont si pourris :
Je les envoie à maître Horri le vidangeur
Et les lui laisse.

...............................................................

le Sanson sans vergogne

Charles-Louis Sanson est le premier d'une longue lignée de bourreaux qui ont pratiqué "leur art" de 1688 à 1847.

Sans vergogne, sans honte.

 

Je restai un instant silencieuse, la tristesse me submergeant.

La tristesse me submergeant, proposition participiale.

Le participe présent submergeant a un sujet qui lui est propre : la tristesse.

=comme la tristesse me submergeait.

Complément circonstanciel de cause et de temps (simultanéité) du verbe de la principale.

Voir l'article : Ne pas confondre participes présents, gérondifs et adjectifs verbaux, (en) fatiguant fatigant – (en) convainquant convaincant – (en) émergeant émergent – (en) résidant résident...

 

Ils se sont tus pour vous préserver.

Se taire, verbe pronominal subjectif. Le participe passé s'accorde avec le sujet.

Le pronom se est inanalysable.

Voir le § J dans l'article :

Qu'est-ce qu'un verbe pronominal (réfléchi, réciproque, subjectif...) ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux

 

l'envie qu'il avait eue naguère

eue, participe passé, s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant lui : que (mis pour l'antécédent envie)

> Règles de l'accord des participes passés

Naguère (il n'y a guère) il y a peu de temps.

 

la peau glutineuse de cet homme catthareux

Glutineux, visqueux et collant comme du gluten

Catarrheux, qui tousse, qui est enrhumé.

La catarrhe est une inflammation des voies respiratoires.

 

J'eusse été prise d'un haut-le-coeur

conditionnel passé 2e forme.

> j'aurais été prise... 1re forme

 

fût-ce du bout des lèvres

subjonctif imparfait, même si c'était du bout des lèvres.

 

eût-il été mon sauveur = même s'il avait été mon sauveur.

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

 

je ne suis qu'un songe-creux, murmura le vieil homme

Un songe-creux, péjoratif, un idéaliste utopiste.

Vieux ou vieil ? Beau ou bel ? Nouveau ou nouvel ? Fou ou fol ? Mou ou mol ? Un vieux monsieur et un vieil homme - Un beau monsieur et un bel homme...

 

mon manque de courage ne m'a fait accoucher que de velléités

Velléité, désir, volonté de faire quelque chose, mais qu'on ne réalise pas.

 

Je cherchai (passé simple) des arguments pour qu'il ne s'effondrât point, pour qu'il ne se jugeât point...

effondrât, jugeât, subjonctif imparfait dans des subordonnées finales (complément circonstanciel de but) > Pour que

Concordance des temps.

On utilise le passé simple et le subjonctif imparfait dans le style soutenu, littéraire.

 

prêt à l'écraser à la moindre tentative de rébellion

la moindre superlatif relatif de l'adjectif petit.

La moindre = la plus petite.

Rébellion, révolte contre l'autorité (ex. de l'état), contre quelque chose.

Se rebeller

 

par delà la frontière, au-delà de la frontière, etc.

>Y a-t-il un trait d'union ou pas ? Au delà ou au-delà ? Par delà ou par-delà ? AU ou PAR ou EN etc. + deçà, delà, devant, derrière, avant, arrière, dessus, dessous, dedans, dehors, haut, bas.

 

la haute autorité charge l'un de ses sbires de le remplacer

Un sbire, un homme de main.

Mot rencontré dans : 123 Délires de sbires et consorts

 

Plût aux dieux que les abrutis ne volassent point !

Les verbes sont au subjonctif imparfait.

Subjonctif optatif, voir le § 29 dans l'article :

Valeurs et emplois du subjonctif

 

Ainsi fûtes-vous ravie du sein de votre famille

inversion du sujet après ainsi.

L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

vous fûtes, passé simple.

Ravie, enlevée de force.

c'est ainsi qu'on vous kidnappa

 

de vagues réminiscences ne laissent de me hanter

Réminiscence, souvenir vague, profondément enfoui dans la mémoire.

ne laissent de me hanter = ne cessent de me hanter.

 

La vérité tout entière

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

votre soif [...] est à ce point inextinguible

Inextinguible, qu'on ne peut éteindre, qu'on ne peut étouffer, qu'on ne peut faire cesser.

 

Je lui sus gré, passé simple de savoir gré.

Lecteur indulgent, je te sais gré d'être sensible à mon style !

 

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 13:23

FLORILÈGE

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IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 

 

  -18-

 

 

   LETTRES PORTUGAISES

 

1669


 

Cinq lettres d'une religieuse portugaise écrites au XVIIème siècle et qui resteront longtemps un mystère.

L'auteur de ces lettres était-il vraiment une religieuse portugaise ?

Qui était donc cette femme amoureuse ?

Et qui était l'officier français à qui elle adressait ces lettres à la fois passionnées et désespérées ?

L'original de ces lettres en portugais a-t-il jamais existé ?

 

Ah ! Ce texte a fait coulé beaucoup d'encre, mais ce n'est pas pour son mystère que je veux ici vous le faire découvrir — si vous ne l'avez déjà lu.

Ces lettres sont magnifiques, de par leur style exceptionnel, de par la sensibilité qui s'en dégage, mêlant l'amertume, la colère, le regret, l'espoir, l'ironie parfois, jusqu'à un humour plein de rancoeur.

 

De nombreux écrivains se sont enthousiasmés pour ces Lettres, comme Stendhal et l'Abbé de Villiers :

« il faut aimer comme la religieuse portugaise, et avec cette âme de feu dont elle nous a laissé une si vive empreinte dans ses lettres immortelles ». Stendhal, La vie de Rossini.

 

« Nous n’avons guère de meilleurs ouvrages que ceux qui ont été écrits par des auteurs véritablement touchés des passions qu’ils voulaient exprimer, c’est ce qui a rendu si excellentes les Lettres d’Héloïse*, les Lettres portugaises, et enfin, les lettres manuscrites de deux ou trois femmes galantes de ce temps. » L'Abbé de Villiers, Entretiens sur les contes de fées, 1699

Cf. Claude Barbin, Libraire de Paris sous le règne de Louis XIV, Gervais E. Reed (Histoire et Civilisation du Livre - VI)

*Les Lettres d'Héloïse, voir dans ce blog :

> Les tragiques amours d'Héloise et d'Abélard – Lettre d'Héloïse


 

EXTRAIT DE LA DEUXIEME LETTRE

[...]

Vous m'avez consommée par vos assiduités, vous m'avez enflammée par vos transports, vous m'avez charmée par vos complaisances, vous m'avez assurée par vos serments, mon inclination violente m'a séduite, et les suites de ces commencements si agréables, et si heureux ne sont que des larmes, que des soupirs, et qu'une mort funeste, sans que je puisse y porter aucun remède. Il est vrai que j'ai eu des plaisirs bien surprenants en vous aimant : mais ils me coûtent d'étranges douleurs, et tous les mouvements, que vous me causez, sont extrêmes. Si j'avais résisté avec opiniâtreté à votre amour, si je vous avais donné quelque sujet de chagrin, et de jalousie pour vous enflammer davantage, si vous aviez remarqué quelque ménagement artificieux dans ma conduite, si j'avais enfin voulu opposer ma raison à l'inclination naturelle que j'ai pour vous, dont vous me fîtes bientôt apercevoir (quoique mes efforts eussent été sans doute inutiles) vous pourriez me punir sévèrement, et vous servir de votre pouvoir : mais vous me parûtes aimable, avant que vous m'eussiez dit que vous m'aimiez, vous me témoignâtes une grande Passion, j'en fus ravie, et je m'abandonnai à vous aimer éperdument ; vous n'étiez point aveuglé, comme moi, pourquoi avez-vous donc souffert que je devinsse en l'état où je me trouve ? Qu'est-ce que vous vouliez faire de tous mes emportements, qui ne pouvaient vous être que très importuns ? Vous saviez bien que vous ne seriez pas toujours en Portugal, et pourquoi m'y avez-vous voulu choisir pour me rendre si malheureuse ? Vous eussiez trouvé sans doute en ce Pays quelque femme qui eût été plus belle, avec laquelle vous eussiez eu autant de plaisirs, puisque vous n'en cherchiez que de grossiers, qui vous eût fidèlement aimé aussi longtemps qu'elle vous eût vu, que le temps eût pu consoler de votre absence, et que vous auriez pu quitter sans perfidie, et sans cruauté : ce procédé est bien plus d'un Tyran, attaché à persécuter, que d'un Amant, qui ne doit penser qu'à plaire : Hélas ! Pourquoi exercez-vous tant de rigueurs sur un coeur, qui est à vous ? Je vois bien que vous êtes aussi facile à vous laisser persuader contre moi, que je l'ai été à me laisser persuader en votre faveur ; j'aurais résisté, sans avoir besoin de tout mon amour, et sans m'apercevoir que j'eusse rien fait d'extraordinaire, à de plus grandes raisons, que ne peuvent être celles qui vous ont obligé à me quitter : elles m'eussent paru bien faibles et il n'y en a point, qui eussent jamais pu m'arracher d'auprès de vous : mais vous avez voulu profiter des prétextes, que vous avez trouvés de retourner en France ; un vaisseau partait, que ne le laissiez-vous partir ? Votre famille vous avait écrit, ne savez-vous pas toutes les persécutions que j'ai souffertes de la mienne ? Votre honneur vous engageait à m'abandonner, ai-je pris quelque soin du mien ? Vous étiez obligé d'aller servir votre Roi, si tout ce qu'on dit de lui est vrai, il n' a aucun besoin de votre secours, et il vous aurait excusé. J'eusse été trop heureuse, si nous avions passé notre vie ensemble : mais puisqu'il fallait qu'une absence cruelle nous séparât, il me semble que je dois être bien aise de n'avoir pas été infidèle, et je ne voudrais pas pour toutes les choses du monde, avoir commis une action si noire : Quoi ? vous avez connu le fond de mon coeur, et de ma tendresse, et vous avez pu vous résoudre à me laisser pour jamais, et à m'exposer aux frayeurs, que je dois avoir, que vous ne vous souvenez plus de moi, que pour me sacrifier à une nouvelle Passion ? Je vois bien que je vous aime, comme une folle : cependant je ne me plains point de toute la violence des mouvements de mon coeur, je m'accoutume à ses persécutions, et je ne pourrais vivre sans un plaisir, que je découvre, et dont je jouis en vous aimant au milieu de mille douleurs : mais je suis sans cesse persécutée avec un extrême désagrément par la haine, et par le dégoût que j'ai pour toutes choses ; ma famille, mes amis et ce Couvent me sont insupportables ; tout ce que je suis obligée de voir, et tout ce qu'il faut que je fasse de toute nécessité, m'est odieux : je suis si jalouse de ma Passion, qu'il me semble que toutes mes actions, et que tous mes devoirs vous regardent : Oui, je fais quelque scrupule, si je n'emploie tous les moments de ma vie pour vous ; que ferais-je, hélas ! sans tant de haine, et sans tant d'amour, qui remplissent mon coeur ? Pourrais-je survivre à ce qui m'occupe incessamment, pour mener une vie tranquille et languissante ? Ce vide et cette insensibilité ne peuvent me convenir. Tout le monde s'est aperçu du changement entier de mon humeur, de mes manières, et de ma personne ; ma Mère** m'en a parlé avec aigreur, et ensuite avec quelque bonté, je ne sais ce que je lui ai répondu, il me semble que je lui ai tout avoué. Les Religieuses les plus sévères ont pitié de l'état où je suis, il leur donne même quelque considération, et quelque ménagement pour moi ; tout le monde est touché de mon amour, et vous demeurez dans une profonde indifférence, sans m'écrire, que des lettres froides ; pleines de redites ; la moitié du papier n'est pas remplie, et il paraît grossièrement que vous mourez d'envie de les avoir achevées. Dona Brites me persécuta ces jours passés pour me faire sortir de ma chambre, et croyant me divertir, elle me mena promener sur le balcon, d'où l'on voit Mertola ; je la suivis, et je fus aussitôt frappée d'un souvenir cruel, qui me fit pleurer tout le reste du jour : elle me ramena, et je me jetai sur mon lit, où je fis mille réflexions sur le peu d'apparence que je vois de guérir jamais : ce qu'on fait pour me soulager aigrit ma douleur, et je retrouve dans les remèdes mêmes des raisons particulières de m'affliger : je vous ai vu souvent passer en ce lieu avec un air qui me charmait, et j'étais sur ce balcon le jour fatal que je commençai à sentir les premiers effets de ma Passion malheureuse : il me sembla que vous vouliez me plaire, quoique vous ne me connussiez pas : je me persuadai que vous m'aviez remarquée entre toutes celles qui étaient avec moi, je m'imaginai que lorsque vous vous arrêtiez, vous étiez bien aise que je vous visse mieux, et j'admirasse votre adresse, et votre bonne grâce, lorsque vous poussiez votre cheval, j'étais surprise de quelque frayeur lorsque vous le faisiez passer dans un endroit difficile : enfin je m'intéressais secrètement à toutes vos actions, je sentais bien que vous ne m'étiez point indifférent, et je prenais pour moi tout ce que vous faisiez : Vous ne connaissez que trop les suites de ces commencements, et quoique je n'aie rien à ménager, je ne dois pas vous les écrire, de crainte de vous rendre plus coupable, s'il est possible, que vous ne l'êtes, et d'avoir à me reprocher tant d'efforts inutiles pour vous obliger à m'être fidèle. Vous ne le serez point : Puis-je espérer de mes lettres, et de mes reproches ce que mon amour et mon abandonnement n'ont pu sur votre ingratitude ? Je suis trop assurée de mon malheur, votre procédé injuste ne me laisse pas la moindre raison d'en douter, et je dois tout appréhender, puisque vous m'avez abandonnée. N'aurez-vous de charmes que pour moi, et ne paraîtrez-vous pas agréable à d'autres yeux ? Je crois que je ne serai pas fâchée que les sentiments des autres justifient les miens en quelque façon, et je voudrais que toutes les femmes de France vous trouvassent aimable, qu'aucune ne vous aimât, et qu'aucune ne vous plût : ce projet est ridicule, et impossible : néanmoins, j'ai assez éprouvé que vous n'êtes guère capable d'un grand entêtement, et que vous pourrez bien m'oublier sans aucun secours, et sans y être contraint par une nouvelle Passion : peut-être, voudrais-je que vous eussiez quelque prétexte raisonnable ? Il est vrai que je serais plus malheureuse, mais vous ne seriez pas si coupable : je vois bien que vous demeurerez en France sans de grands plaisirs, avec une entière liberté ; la fatigue d'un long voyage, quelque petite bienséance, et la crainte de ne répondre pas à mes transports, vous retiennent : Ah ! ne m'appréhendez point ? Je me contenterai de vous voir de temps en temps, et de savoir seulement que nous sommes en même lieu : mais je me flatte, peut-être, et vous serez plus touché de la rigueur et de la sévérité d'une autre, que vous ne l'avez été de mes faveurs ; est-il possible que vous serez enflammé par de mauvais traitements ? Mais avant que de vous engager dans une grande Passion, pensez bien à l'excès de mes douleurs, à l'incertitude de mes projets, à la diversité de mes mouvements, à l'extravagance de mes Lettres, à mes confiances, à mes désespoirs, à mes souhaits, à ma jalousie ? Ah ! vous allez vous rendre malheureux ; je vous conjure de profiter de l'état où je suis, et qu'au moins ce que je souffre pour vous, ne vous soit pas inutile ? Vous me fîtes, il y a cinq ou six mois, une fâcheuse confidence, et vous m'avouâtes de trop bonne foi que vous aviez aimé une Dame en votre Pays : si elle vous empêche de revenir, mandez-le-moi sans ménagement ? afin que je ne languisse plus ; quelque reste d'espérance me soutient encore, et je serai bien aise (si elle ne doit avoir aucune suite) de la perdre tout à fait, et de me perdre moi-même ; envoyez-moi son portrait avec quelqu'une de ses lettres ? Et écrivez-moi tout ce qu'elle vous dit ? J'y trouverais, peut-être, des raisons de me consoler, ou de m'affliger davantage ; je ne puis demeurer plus longtemps dans l'état où je suis, et il n'y a point de changement qui ne me soit favorable ? Je voudrais aussi avoir le portrait de votre frère et de votre Belle-soeur : tout ce qui vous est quelque chose m'est fort cher, et je suis entièrement dévouée à ce qui vous touche : je ne me suis laissé aucune disposition de moi-même : Il y a des moments, où il me semble que j'aurais assez de soumission pour servir celle que vous aimez ; vos mauvais traitements et vos mépris m'ont tellement abattue, que je n'ose quelquefois penser seulement, qu'il me semble que je pourrais être jalouse sans vous déplaire, et que je crois avoir le plus grand tort du monde de vous faire des reproches : je suis souvent convaincue que je ne dois point vous faire voir avec fureur, comme je fais, des sentiments, que vous désavouez. Il y a longtemps qu'un Officier attend votre Lettre ; j'avais résolu de l'écrire d'une manière à vous la faire recevoir sans dégoût : mais elle est trop extravagante, il faut la finir : Hélas ! il n'est pas en mon pouvoir de m'y résoudre, il me semble que je vous parle, quand je vous écris, et que vous m'êtes un peu plus présent : La première ne sera pas si longue, ni si importune, vous pourrez l'ouvrir et la lire sur l'assurance que je vous donne ; il est vrai que je ne dois point vous parler d'une passion qui vous déplaît, et je ne vous en parlerai plus. Il y aura un an dans peu de jours que je m'abandonnai toute à vous sans ménagement : votre Passion me paraissait fort ardente, et fort sincère, et je n'eusse jamais pensé que mes faveurs vous eussent assez rebuté, pour vous obliger à faire cinq cent lieues, et à vous exposer à des naufrages pour vous en éloigner ; personne ne m'était redevable d'un pareil traitement : vous pouvez vous souvenir de ma pudeur, de ma confusion et de mon désordre, mais vous ne vous souvenez pas de ce qui vous engagerait à m'aimer malgré vous. L'Officier qui doit vous porter cette Lettre me mande pour la quatrième fois, qu'il veut partir ; qu'il est pressant ! il abandonne sans doute quelque malheureuse en ce Pays. Adieu, j'ai plus de peine à finir ma Lettre, que vous n'en avez eu à me quitter, peut-être, pour toujours. Adieu, je n'ose vous donner mille noms de tendresse, ni m'abandonner sans contrainte à tous mes mouvements : je vous aime mille fois plus que ma vie, et mille fois plus que je ne pense ; que vous m'êtes cher ! et que vous m'êtes cruel ! vous ne m'écrivez point, je n'ai pu m'empêcher de vous dire encore cela ; je vais recommencer, et l'Officier partira ; qu'importe, qu'il parte, j'écris plus pour moi que pour vous, je ne cherche qu'à me soulager ; aussi bien la longueur de ma lettre vous fera peur, vous ne la lirez point, qu'est-ce que j'ai fait pour être si malheureuse ? Et pourquoi avez-vous empoisonné ma vie ? Que ne suis-je née en un autre Pays ? Adieu, pardonnez-moi ? Je n'ose plus vous prier de m'aimer ; voyez où mon destin m'a réduite ? Adieu.

 

*ma Mère, la Mère Supérieure du couvent

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Les Lettres Portugaises remportèrent un grand succès de librairie. Le roman épistolaire fit florès.

Jusqu'au XXe siècle, on a cru que ces lettres avaient été écrites par la religieuse franciscaine Mariana Alcoforado (1640-1723) amoureuse du marquis de Chamilly qui avait rejoint les troupes portugaises lors de La guerre de Restauration, guerre d'indépendance menée par le Portugal contre l'Espagne.

On attribue aujourd'hui ces lettres à Gabriel-Joseph Guilleragues (1628-1686). On y retrouve son style dans ses autres écrits.

 

.....................................................................

J'ai sous les yeux le magazine de Théâtre L'AVANT-SCÈNE du 1er juin 1973 qui donnait le texte des "Lettres de la Religieuse portugaise" à l'occasion de la mise en scène théâtrale de José Valverde lors d'une reprise au Kaléidoscope (Création au théâtre Daniel Sorano).

Je peux y lire une interview du magazine dont voici un extrait :

L'Avant-S.— Pensez-vous que ce texte soit effectivement d'une religieuse portugaise ?

J. Valverde — Savoir si Don Juan ou Faust ont existé, cela a-t-il un grand intérêt ? Pour moi, La Religieuse est un grand personnage tragique, ses lettres - telles qu'elles nous sont parvenues – sont un grand chef-d'oeuvre de la littérature du XVIIe siècle et la problématique qui s'y déploie me touche profondément comme elle en touche et en touchera d'autres sans doute encore longtemps. Je ne suis pas historien, mais homme de théâtre...

 

Voici un extrait de la critique après que la pièce fut jouée :

De André Ransan de l'Aurore :

"Voilà du feu ! Voilà où, le plus simplement du monde et dans une éblouissante clarté, se retrouvent, se reconnaissent, tous les esprits et tous les coeurs. Lettres brûlantes d'amour adressées par une femme désespérée à un homme infidèle, et qui sont parmi les plus belles, les plus poignantes qu'on ait jamais écrites.[...]"

 

L'Avant-Scène :

"Après bien des recherches en paternité infuctueuses, il semble admis maintenant, que les lettres d'amour de Mariana Alcoforado sont bien de la religieuse portugaise. À sa prouesse littéraire, vieille de trois siècles, fait écho aujourd'hui la prouesse artistique d'un metteur en scène et d'une comédienne, José Valverde et Micheline Uzan."

 

Ainsi donc, en 1973, les spécialistes littéraires n'avaient-ils pas dit leur dernier (?) mot.

 

Nota : Le texte donné dans l'Avant-scène, en français du XVIIe siècle, diffère quelque peu de celui donné ci-dessous.

 

Lire les cinq Lettres sur ABU : Lettres de la religieuse portugaise - ABU - Cnam

 

Voir d'autres textes d'auteurs dans : Florilège - la pensée des autres

.................................................
Voir aussi : Comment dites-vous "Je t'aime" ? Je te kiffe, je ne te hais point, tu me bottes, je suis morgane de toi, je t'ai dans la peau, mon coeur s'est embrasé, etc. ?

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 10:49

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Si les adjectifs varient en genre et en nombre, les participes présents ne varient pas, ni les gérondifs.

 

Adjectif verbal.

Comme elles sont provocantes avec leurs décolletés profonds !

provocantes, adjectif, attribut de elles.

 

Participe présent.

Il connaît tous les chemins convergeant vers ma maison.

Convergeant, participe présent, épithète de chemins.

= Il connaît tous les chemins qui convergent vers ma maison.

 

Participe présent dans une proposition participiale

La sirène émergeant des profondeurs, je fus séduit par ses chants.

La sirène émergeant des profondeurs, proposition participiale complément de temps du verbe de la principale.

La sirène est sujet de émergeant.

= Comme la sirène émergeait des profondeurs, je fus séduit par ses chants.

 

Gérondif

Je lui fis un clin d'oeil en l'interrogeant.

en l'interrogeant, gérondif, complément de temps (simultanéité) de faire un clin d'oeil.

Il s'est blessé en tombant. 

en tombant, gérondif, complément de cause et de temps (simultanéité) de se blesser.

 

Après avoir lu l'article, vous pourrez faire l'exercice d'application :

QUIZ 51

 

Participes présents en -quant et adjectifs en -cant :

Le participe présent conserve QU qui fait partie du verbe à l'infinitif.

claudiquant,claudicant (claudiquer)

communiquant, communicant (communiquer)

intoxiquant, intoxicant (intoxiquer) 

provoquant, provocant (provoquer)

suffoquant, suffocant (suffoquer)

vaquant, vacant (vaquer)

convainquant, convaincant (> convaincre)

 

Participes présents en -guant et adjectifs en -gant :

Le participe présent conserve QU qui fait partie du verbe à l'infinitif.

fatiguant, fatigant (fatiguer)

déléguant, délégant (déléguer)

divaguant, divagant (etc.)

extravaguant, extravagant

intriguant, intrigant

naviguant, navigant

zigzaguant, zigzagant

Le Grevisse signale qu'on trouve les adjectifs (rares) subjugant et tangant. Ils ne sont donnés ni par le Trésor ni par l'Académie.

 

Participes présents en -ant et adjectifs en -ent :

adhérant, adhérent, affluant, affluent, coïncidant, coïncident,

confluant, confluent, déférant, déférent, différant, différent,

équivalant, équivalent, excellant, excellent, expédient, expédiant,

influant, influent, interférant, interférent, précédant, précédent,

somnolant, somnolent, violant, violent.

>>résidant participe présent et adjectif

résident, autre graphie pour l'adjectif

substantif un résident, un résidant

Pour lire les différentes acceptions, voir Le Trésor :

RÉSIDENT, -ENTE, adj. et subst.

RÉSIDANT, -ANTE, part. prés., adj. et subst.

 

Participes présents en -geant et adjectifs en -gent :

émergeant, émergent

négligeant, négligent

divergeant, divergent

>>exigeant ne change pas

Je sais que je suis exigeante en exigeant trop de vous !

exigeante, adjectif.

en exigeant, gérondif.

 

Je lis que l'adjectif débloquant, débloquante est sorti du Petit Robert.

Voir le Club d'orthographe de Grenoble

Le cimetière des mots : articles sortis entre les Petit Robert 2009 et 2010

Publié le 20 août 2011
Dernière modification : 22 août 2011

 

Il demeure cependant utile dans le scrabble.

Voir : Le mot DEBLOQUANTE est valide au Scrabble

1mot.fr/debloquante.htm

 

Cet adjectif ne se trouve pas dans l'Académie ni dans le Trésor.

 

Pris dans le sens de divaguer, de dire des choses stupides, de parler à tort et à travers, L'Académie range le verbe débloquer dans le registre argotique, le Trésor dans celui de populaire.

Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et lexicales(cnrs) 

>>Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

 

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 Après avoir lu l'article, vous pourrez faire l'exercice d'application :

QUIZ : Part. présent, adj., gérondif, substantif (en quant ou cant, guant ou gant ou geant ou gent, ant ou ent) Doit-on écrire délégant ou déléguant, déférent ou déférant, coïncident ou coïncidant, etc. ?

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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