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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 19:25

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Une campagne "Alerte jaune" va être lancée par les pouvoirs publics.


Le bébés naissent pour la plupart avec un ictère (une jaunisse) qui est très facile à traiter. On met l'enfant à la lumière ; quand c'est plus grave, sous une lampe spéciale, et très vite tout rentre dans l'ordre.
Mais il arrive que l'ictère soit mal diagnostiqué et l'enfant risque de mourir s'il n'est pas soigné.
Un truc simple pour reconnaître un ictère existe cependant depuis des siècles :
Les selles du bébé doivent être normalement colorées, jaune vif, ocre ou jaune d'or. Si l'on remarque qu'elles sont claires, incolores, cela signifie que la bile ne passe plus et l'enfant est en danger.
Les carnets de santé vont inclure bientôt une page qui donnera la couleur des selles normales.
Vu et entendu dans le Magazine de la Santé la semaine dernière. L'émission avait invité une jeune femme qui avait perdu son bébé dans ces circonstances.

 

Sauvez des vies et sauvez la vôtre

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 19:04

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Le trait d'union


Très souvent on entend appeler tiret le trait d'union. Ce sont pourtant des signes qui ont des rôles très différents.


Cas où l'on emploie le trait d'union
1-quand un mot arrive à la fin d'une ligne et qu'on veut le couper en deux.
Exemples (on ne découpe pas le mot n'importe comment)


..........................................................Il s'éveil-
le
............................................................la ques-
tion
.............................................................le bon-
heur
................................................................arith-
métique

2-dans certaines unités lexicales (mot composé, locution, etc.), il unit un ou plusieurs mots.
Exemples : des à-coups, ce matin-là, quelques-uns, c'est-à-dire, un après-midi.

3-dans des unités grammaticales :
des inversions sujet /verbe, à l'impératif :
Viens, dit-il, partons.
Peut-être n'avez-vous rien compris à mon histoire.
Où allez-vous ?
Faites-le-moi savoir. Donnez-les-leur !

4-pour signifier que l'on crie : « C'est in-cro-yable ! » 

5-pour marquer un élément linguistique :
le préfixe in-
le suffixe -able

6-On peut s'amuser à faire une sorte de mot composé pour désigner quelque chose ou quelqu'un :
Le-petit-garçon-qui-ne-voulait-jamais-aller-se-coucher où peut-il bien se cacher ? 

Le tiret


Il est plus long que le trait d'union.


On l'emploie :
1-pour marquer le changement d"interlocuteur dans le dialogue avec éventuellement des guillemets.
—Que me dites-vous-là?
—Je dis que c'est très compliqué.
—Êtes-vous sérieux ?
—Je vous assure qu'il me faudra m'habituer.
—Après cinquante leçons, cela devrait aller.
—Ma technique n'est pas très au point, soupira-t-il en tournant le volant brusquement.
Ou bien
« Que me dites-vous-là?
—Je dis que c'est très compliqué.
—Êtes-vous sérieux ?
—Je vous assure qu'il me faudra m'habituer.
—Après cinquante leçons, cela devrait aller.
—Ma technique n'est pas très au point », soupira-t-il en tournant le volant brusquement.

2-pour isoler un mot, un membre de phrase, on utilise un ou deux tirets (comme on le ferait avec des parenthèses). En outre, ils peuvent servir à faire une mise en relief.
Il prit délicatement la hache — comme le faisait son père, pensa-t-il — puis il l"éleva plus haut que sa tête, et, brusquement, frappa.

Ce pauvre enfant que j"avais rencontré par hasard était bête — mais bête — comme on ne peut l'imaginer.
Je ne vous dirai rien pensa-t-il — avait-il jamais dit quelque chose ?
Quand la phrase est terminée, on ne met pas le deuxième tiret.


Articles connexes

>>Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

>>Des espaces en typographie - avant/après : la virgule, le point, le point-virgule, les points d'exclamation et d'interrogation, les deux points, les guillemets, etc.

>>L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

>>J'aime bien le point-virgule

et aussi

>>J'aime l'esperluette

On lira avec intérêt le texte de Hervé Bodin

> http://unmondesansfautes.blogspot.fr/2015/01/rue-du-trait-dunion-qui-rit.html

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:03

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Alcoolique - alcoolisé

alcoolique
Un alcoolique, substantif.
C'étaient tous des alcooliques dans sa famille.
alcoolique, adjectif.
Quand j'entrai dans ce bouge, je fus  étourdi par les odeurs alcooliques.
Le delirium tremens est une crise alcoolique grave qui surgit lors du sevrage.
La fermentation alcoolique permet, grâce aux levures, de transformer le sucre en alcool.
Sens vieilli, qui contient de l'alcool. On préférera alcoolisé.
 
alcoolisé
Buvez donc ! Cette bière est peu alcoolisée.
Qu'avez-vous ajouté dans ce jus de fruit ? On dirait qu'il est alcoolisé.
Un alcoolisé est un alcoolique.
Littré précise : Le langage médical a pris l'habitude de dire un alcoolique pour une personne qui se livre aux excès alcooliques ; mais cela n'est certainement pas bon ; dites un alcoolisé.

Remarque sur alcoolique et alcoolisé
Certains linguistes ne distinguent pas ces deux termes. D'autres précisent que alcoolisé qualifie une boisson dans laquelle on a ajouté de l'alcool, tandis que alcoolique convient à un liquide dans lequel l'alcool n'a pas été ajouté.

Rabattre – rebattre

Rabattre
Rabats ton jupon, enfin !
Je ne peux pas rabattre le capot, il est coincé.
Les couturières rabattent les coutures et les duellistes rabattent les coups.
Familier : Je lui ai rabattu le caquet, il ne pipe plus mot. (rabattre le caquet à quelqu'un ou de quelqu'un)

Rebattre
Elle m'a battu hier, elle me rebats aujourd'hui. C'est décidé. Je la quitte.
Vous me rebattez les oreilles avec vos histoires !

On ne rabat pas les oreilles !

 
Amener – apporter
Regarde, je t'ai amené les livres que tu aimes.
Non, non, et non. On n'amène pas des choses, on amène des personnes.
Correction : Je t'ai apporté les livres que tu aimes.
 
Dans le sens de tirer à soi, on amène la voile du bateau, un filet de pêcheur, un pavillon.
On amène quelqu'un à de meilleurs sentiments.
Dans le sens de guider, on amène un cheval à l'écurie, un bateau à son port d'attache.
Je vous amènerai bien à la raison !
Je l'ai amené à me dire des secrets.
Le car nous a amené beaucoup de touristes.
Familier- Quel bon vent vous amène ?


Le jais, un geai

le jais
Noir comme du jais, noir comme jais – Comparaison figée comme blanc comme neige
Le jais en minéralogie est une variété de lignite fossile, d'un beau noir brillant.
Il est utilisé en joaillerie, c'est une pierre fine.
La couleur de jais, d'un noir intense et brillant.
Sa chevelure de jais me séduisit dès l'abord.


un geai

Le geai est un oiseau que l'on peut rencontrer dans son jardin, l'hiver surtout, si on lui propose de la nourriture. C'est ce que je fais chaque année. Et il n'est pas le seul à venir s'empiffrer !

Cf. L'Académie : C'est un oiseau de la famille des Corvidés, au plumage gris mêlé de bleu, de noir et de rouge orangé sur les ailes.

L'expressionC'est le geai paré des plumes du paon,se dit, de quelqu'un qui veut se faire valoir par des qualités qu'il n'a pas.
Cf.Le geai paré des plumes du paon, fable de la Fontaine

Le geai jase ou cajole.


Jadis – naguère
Jadis
Adverbe de temps, style soutenu, littéraire et poétique.
Il y a longtemps, autrefois.
Le temps de jadis, le temps jadis, le temps passé, Ballade des dames du temps jadis (XVIe siècle,Villon)
Jadis, aussi loin qu'il m'en souvienne, je passai mes nuits à lire Verlaine.

Naguère
adverbe de temps, style soutenu, littéraire et poétique.
Contraction de "il n'y a guère".
Il y a peu de temps.
On ne doit pas employer naguère pour autrefois.
Recueil de poésie de Paul Verlaine :
Jadis et naguère (1884).

plus tôt,  plutôt

Plus tôt, moins tard

 

Plutôt, de préférence, plus exactement, assez

Vous êtes bête plutôt que méchant = plus exactement. 
Venez aujourd'hui plutôt que demain.* = de préférence à demain
Venez aujourd'hui plus tôt qu'hier.* = moins tard qu'hier

Il est plutôt gentil. =gentil, assez gentil

Il s'écria avec enthousiasme : "Plutôt deux fois qu'une !"


 >> Récapitulation des articles "Ne pas confondre... "


Pour en savoir + 

Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales 

pour y retrouver le Trésor, l'Académie, etc.

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 14:10

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Mon propos ici est d'attirer votre attention

sur un point fort utile lorsque vous écrivez des poèmes :

Comment compter les syllabes des vers ?
 

 
Le problème réside principalement dans trois questions :
a- Une syllabe féminine compte-t-elle toujours pour une syllabe ?
b- Comment se comportent le h (aspiré ou muet) le y et le u en début de mot ?
c- N'importe quelle syllabe ne compte-t-elle que pour une seule syllabe ?

1-Si le vers se termine par une syllabe féminine avec -E, -ES, -ENT précédée d'une consonne, elle ne compte pas.

En fin de vers, les deux syllabes finales (en rouge) comptent pour une seule syllabe féminine.

libertine  (3 syllabes) li-ber-tine

mappemonde (3) ma-ppe-monde

époustouflante (4) é-pous-tou-flante

constitutionnelle (5) cons-ti-tu-tion-nelle

2-Une syllabe composée d'une consonne + -E, suivie d'un mot qui commence par une voyelle, se lie avec la syllabe suivante. Il y a enchaînement. Ces deux syllabes comptent pour une seule syllabe. 

la source enchantée, en tout, 5 syllabes la-sour-cen-chan-tée

la muse éplorée, 5 syllabes la-mu-zé-plo-rée

 

3-À l'intérieur du vers, une syllabe composée d'une consonne + -E, suivie d'un mot commençant par une consonne ou un h aspiré, compte pour une syllabe.

la source glacée, 5 syllabes la-sour-ce-gla-cée

la muse revenue, 6 syllabes la-mu-se-re-ve-nue

une parole honteuse u-ne-pa-ro-le-hon-teu-se 8 syllabes (le h est aspiré et se comporte comme une consonne, la honte)

Mais on aura :

une parole horrible u-ne-pa-ro-lo-rri-ble 7 syllabes (le h muet se comporte comme s'il n'existait pas, l'horreur, l'horrible)

 

Pour en savoir plus sur le H aspiré ou muet (le Y, le U, le O en début de mot), l'élision, la liaison, l'enchaînement et la disjonction, voir l'article :

La liaison - l'élision - l'enchaînement - la disjonction

 

Exercice d'entraînement :

Lisez à haute voix et comptez avec les doigts (c'est + pratique)

Le signe ~ indique les liaisons et les enchaînements. 
 

Quand à longs traits je bois l'amoureuse étincelle
Ronsard

 

Quan

d~à

longs

traits

je

bois

l'a

mou

reu

se~é

tin

celle

 1  

2 

4   

6  

8  

9  

10  

11 

12

 

Le vers est un alexandrin, celle compte pour une seule syllabe.

 

 

Comme un ange qui se dévoile
Hugo

Com

me~un

n~an

ge

qui

se

voile

1

2

3

4

5

6

7

8

 

Le vers est un octosyllabe,  ge, suivi d'une consonne, compte pour une syllabe, voile compte pour une syllabe.

 

4-Mais il ne suffit pas que le mot, se terminant par -E précédé d'une consonne, soit suivi d'une syllabe commençant par une voyelle pour qu'il y ait élision ou liaison ou enchaînement. Il se peut aussi que le mot qui suive commence par un h muet. Dans ces cas il y a aussi élision ou liaison ou enchaînement.

Exemples avec le h muet : l'humour (élision) les-z-hélicoptères (liaison) une sainte horreur (enchaînement)


Il n'est pas toujours facile, quand on a affaire à un h en début de mot, de savoir s'il est muet ou aspiré. Dans le doute, vérifiez dans un dictionnaire qui comporte la transcription phonétique du mot.
Le haricot, h aspiré – l'humanité, h muet
Le h aspiré se comporte comme une consonne, il n'y a ni élision, ni liaison mais disjonction.

 

Il y a disjonction devant le y en début de mot, le yacht, la yole, etc.

> Sauf devant yeuse, ypérite, yeux - l'yeuse, l'ypérite, les-z-yeux


Il y a disjonction devant le u de uhlan (le uhlan) et ululement (=hululement), encore que l'on trouve l'ululement et le ululement.

 

J'entendais au loin l'ululement du hibou (12 syllabes)

J'entendais au loin le hululement du hibou. (13 syllabes)

h aspiré dans hibou et hululement


5-L'enchaînement

a-Il y a enchaînement et non liaison (le s intérieur ne se liant pas) dans des cas comme :

des arcs-en-ciel (arkenciel, 3 syllabes)

b-À la 2ème personne du singulier (tu) au présent de l'indicatif et du subjonctif, on ne fait pas la liaison après le s. On prononce habituellement 6 syllabes dans Tu savoures un doux chant 

tu-sa-vou-run-doux-chant

- mais si c'est un vers on aura 7 syllabes :

tu-sa-vou-res-zun-doux-chant.

Dans ce cas on a une liaison avec le s et le mot qui suit.


6-La diérèse
Certaines syllabes qui, en prose, comptent 1, en vers, peuvent compter 2. Le son donné par les voyelles (diphtongues) se dédouble.
Si l'on prononce le mot passion en trois syllabes, il y a une diérèse (pa-ssi-on).

Si on le prononce en deux syllabes, il y a une synérèse (pa-ssion).


Vous souriez : avez-vous point ouï
Quelque doux mot qui vous ait réjoui ?
Ronsard 

 

Vous

sou

ri

ez

a

vez

vous

point

t ~ou

ï

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10


Le vers est un décasyllabe.

Quelques mots qui peuvent donner lieu à une diérèse :
furi-eux, émoti-on, jou-et, bru-ine, li-on, charri-ant, vou-a, etc.

 

Les vers ci-dessus sont extraits des articles sur ce blog :

> Poèmes d'amour - Tome 1

> Poèmes d'amour – Tome 2

...........

7 Remarque 1

Il faut éviter l'hiatus en poésie. Bâillement produit par deux voyelles qui se suivent. Mais il n'y a pas d'hiatus si les deux mots sont séparés par une virgule.

Cf. Baudelaire

"Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !" 

 

Remarque 2

Ne pas faire suivre la conjonction ET d'une voyelle (ou d'un h muet) car il y aurait hiatus, bien que ET se termine par T (le T ne se lie pas à la voyelle suivante)

On n'écrira pas "et une rose parfumée" mais "et la rose parfumée".

 

Remarque 3

Une syllabe comportant un -E précédé d'une voyelle compte 1, à la fin d'un vers ou à l'intérieur. Il n'en n'a pas toujours été ainsi, les anciennes règles de versification étant différentes de celles d'aujourd'hui ; c'est-à dire, depuis le XIXe siècle.

Elle est émue

Elles sont aimées

Vous êtes avertie

On ne fera pas rimer ces syllabes avec des syllabes sans e.

 

Remarque 4

Le poète s'autorise certaines licences poétiques comme :

-l'emploi de encor au lieu de encore

-et des paragoges (additions à la fin d'un mot)

Exemples :

avecque ou avecques pour avec

jusques pour jusque

Les paragoges permettent la mesure voulue du vers ou évitent une cacophonie.

jusqu'à Capri (caca) > jusques à Capri (jusqueza Capri)

Voir le poème "Jusques à quand" dans les Délires 153

...........


Il ne servirait à rien qu'un vers soit juste s'il ne vous procure pas d'émotion. Le poète lui donnera, avec son rythme, ses sonorités, son style propre, et ses images, tout ce qui fera vibrer le coeur.
À vos plumes, vos stylos ou vos claviers ! Il n'importe !
...........

Notes

*Les puristes répugnent à dire "pied" pour syllabe, le terme pied appartenant à la métrique latine ou grecque. On considérera que le mot pied, d'usage courant, est impropre.

 

On peut lire sur Wikipédia : Rimes masculines et féminines ne peuvent rimer ensemble, du moins jusqu'au XIXe siècle. Ainsi, on a longtemps considéré, soit pour des raisons sonores (tant que le e caduc a été prononcé en fin de vers), soit pour des raisons graphiques, que mer et amère ne pouvaient pas rimer plus que aimé et désirée. Actuellement, cette séparation entre rimes masculines et féminines est plus rarement respectée.

 

Pour en savoir +

Notions de versification française - chapitre 3 La prosodie

> La prosodie - Études littéraires

http://www.etudes-litteraires.com/prosodie.php#rime

 

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Commentaires : Une erreur de maintenance d'overblog a embrouillé parfois

l'ordre des questions et des réponses.

Les guillemets ont été transformés malencontreusement par "

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 13:18

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sortir - assortir - ressortir 

Attention au sens et à la conjugaison des verbes sortir, assortir, ressortir (intransitif) et ressortir à (transitif indirect).
-Sortir est du 3ème groupe. Je sors, il sort / Je sortais, il sortait/ Je suis sorti / sortant / etc
-Ressortir, intransitif, dans le sens de sortir de nouveau se conjugue comme sortir.
Attention à l'homonyme.
-Ressortir (à) transitif indirect, dans le sens de être du ressort de, relever de, concerner, appartenir à, se rapporter à, se rattacher à. Il se conjugue comme finir, 2ème groupe. Auxiliaire avoir aux temps composés. Cela ressortit à... Cela ressortissait à.../ Cela a ressorti à... / ressortissant à... /etc.
-Assortir, verbe du 2ème groupe se conjugue comme finir. Avec l'auxiliaire avoir aux temps composés.

1-Ne m'attends pas. Je sors ce soir.
2-Il n'est toujours pas là, il est ressorti il y a deux minutes.
3-Cette affaire a ressorti au tribunal de notre ville.
Les créations de ce parfumeur ressortissent à votre élégance.
4-Vous avez assorti votre chapeau à vos chaussures, quel raffinement !
 
Quelquefois - quelques fois
Quelquefois
On lit ou l'on écrit parfois la locution verbale quelques fois à la place de l'adverbe quelquefois. C'est une erreur dans la plupart des cas.
L'adverbe quelquefois résulte de l'agglutination du déterminant quelque et du nom fois (comme parfois, toutefois, aussitôt, tantôt, dedans, depuis, enfin et bien d'autres sont l'agglutination de prépositions, d'adverbes etc).

Voir l'article : L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...
Sens proche de quelquefois : parfois (régional ou langue plus soutenue), des fois (familier ou populaire), de temps en temps, de temps à autre, occasionnellement, à l'occasion, par moments.
Quelques fois
se rapproche de quelquefois et de parfois dans le sens d'un petit nombre de fois. (emploi rare)
Quelques fois suggère une idée de nombre : deux ou trois fois par exemple.


Je rencontre quelquefois mes amis à Paris.
Je les ai rencontrés quelques fois cet été. (= Je les ai rencontrés deux ou trois fois.)

Davantage - d'avantage
Davantage
-adverbe de degré proche de plus
Je parle beaucoup, certes, mais tu parles (bien) davantage.
-suivi de de, davantage de, déterminant indéfini,
Vous me devez davantage de considération.
-ou équivalent d'un pronom
Il a beaucoup d'amis, mais j'en ai davantage.
Elle a beaucoup péché, mais j'ai davantage à me faire pardonner.
Quelques-uns de mes amis me sont restés, davantage m'ont oubliée.
D'avantage

Un avantage, substantif - faveur, profit, bénéfice, privilège.
Vous lui faites des ronds de jambe, vous n'en tirerez pas d'avantage. (= aucun avantage)

Je n'ai pas obtenu d'avantage à lui rendre tous les services qu'il me demandait. (= de profit)

Je ne parlerai ni d'avantage ni d'inconvénient.



Bientôt - bien tôt
Bientôt 
adverbe de temps

sens proche des locutions adverbiales : dans peu de temps, incessamment, promptement (adv.), sans tarder, sous peu, d'un moment à l'autre...
Au revoir ! À bientôt !
Il va bientôt venir.
Bien tôt
sens proche de trop tôt, très tôt
Vous venez bien tôt ce matin !

Sitôt - si tôt
Sitôt
-adverbe de temps, sens proche de aussitôt
Sitôt dit, sitôt fait
Les présentations furent sitôt faites.
-sens vieilli, dans l'instant même
J'éclatai de rire, et sitôt, elle éclata en sanglots.
-sitôt que
locution conjonctive de temps, style soutenu, sens proche de aussitôt que, dès que, à peine + sujet inversé... + que
Sitôt que nos regards se croisèrent, je tombai fou amoureux d'elle. = Dès que nos regards se croisèrent, je tombai amoureux. = À peine nos regards se croisèrent-ils que je tombai amoureux.
Ou bien avec le passé antérieur qui indique qu'une action passée est antérieure à une autre action passée :
Sitôt que nos regards se furent croisés, je tombai fou amoureux d'elle. = Dès que nos regards se furent croisés, je tombai amoureux. = À peine nos regards se furent-ils croisés que je tombai amoureux.
Dans ces cas, on peut considérer que les actions sont tellement proches qu'elles sont presque simultanées, aussi peut-on employer le passé simple dans les deux propositions.
-plus rare, avec une nuance de cause, dès que, dès l'instant que
On entend une mouche voler sitôt qu'on demande au coupable de se dénoncer,  
Si tôt
L'adverbe de temps tôt est modifié par l'adverbe de quantité bien.
sens proche de si vite, dans un délai tellement court.
Pas de sitôt, pas avant longtemps
Si tôt contraire de si tard.
Il est venu si tôt ! J'étais encore en cheveux !

Près de - Prêt à
Il est près de partir, il est sur le point de partir.
Il est prêt à partir, il y est décidé, disposé, il s'y est préparé.

Une erreur courante : on prend prêt pour près.

 

Remarques

1-L'emploi de prêt de + infinitif est vieilli

Il est condamné aujourd'hui (communiqué de l'Académie du 19 novembre 1964, cf. Le Trésor)

2-Le Grevisse précise : Mais la langue littéraire (ou même la langue écrite) continue à employer prêt à avec le sens sur le point de.

 

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

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Lire aussi quelques articles associés :
Les paronymes
Les mauvaises manières de parler le français
Les barbarismes et les solécismes vous irritent-ils ou vous amusent-ils ?

 

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 11:21

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A- Mettre ou non une majuscule

Les règles sont difficiles et sont parfois très discutées.

On met la majuscule quand on s'adresse à quelqu'un et qu'on veut marquer une certaine déférence.

Merci, Monsieur Jacques.

 

Dans les autres cas, on ne met pas la majuscule.

J'ai envoyé mes hommages à madame Hiou.

 

Quand on s'adresse à une personne par écrit, on met la majuscule. Madame, Mademoiselle, Monsieur. 

 

Quand on rapporte des paroles, on écrit la minuscule encore que l'on trouve souvent la majuscule si l'on marque une déférence et si le mot n'est pas suivi d'un nom propre.

Cher Monsieur, si vous voulez honorer votre correspondant.  

Cher monsieur est plus neutre.

 

Quand on parle de quelqu'un on peut dire : J'ai parlé à madame Pinsec ce matin ou bien, J'ai rencontré Mademoiselle Husson, au choix.

 

Il est d'usage courant d'abréger en M., Mme, Mlle, MM., Mmes, Mlles devant le nom.

Mais dans un texte de bonne facture, on n'abrège pas monsieur, madame, mademoiselle.

 

Quand il constitue un titre, on met la majuscule : Monsieur le Président, Madame Mère, Monsieur le Comte, Madame la Directice...

 

On emploie la minuscule dans une circulaire, une lettre, etc.

Veuillez agréer, monsieur, mes sincères salutations.

Mais il est de plus en plus courant de mettre la majuscule dans ces cas-là. Histoire de se montrer déférent.

 

Avec un nom commun, une minuscule. C'est un grand monsieur, un petit monsieur, un vilain monsieur, un gentil monsieur !

Un monsieur apparut...

 

Quand on s'adresse à la troisième personne à son interlocuteur, les avis sont partagés.

Soit

J'ai l'honneur de souhaiter un bon voyage à Monsieur. 

 soit

à monsieur

 

B- Comment abréger ces mots

Monsieur devient M. (avec le point)

Madame devient Mme

Mademoiselle devient Mlle

Messieurs devient MM.

Mesdames devient Mmes

Mesdemoiselles devient Mlles

On met généralement le point après la lettre si elle commence le mot.  

M. Monsieur

On ne met pas le point si les dernières lettres de l'abréviation finissent le mot.

Mlles mesdemoiselles

 

Attention !

Mr veut dire Mister en anglais.

Mr. (Mr suivi d'un point) en anglais américain  

Mrs veut dire Misses, c'est-à-dire Madame.

Ms est un compromis entre Mrs [misiz] et Miss [mis]. Ms se prononce [miz] et s'emploie pour une femme mariée ou non.

On trouve malheureusement trop souvent Mr pour le Monsieur français.

Erreur !

Pourquoi La Banque Postale s'obstine-t-elle à écrire sur les enveloppes qu'elle envoie : Mr. ou Mme ... (pour un compte joint comme le mien) ?  Je frémis à chaque fois que je reçois un courrier d'elle. Pas un Français qui ne lui ait signalé la faute ! C'est à désespérer. Pourtant, ils sont nombreux à la Poste !

Et je ne cite qu'elle.

Vous ne me croirez pas. Il y a quelques années, alors que je déambulais dans les couloirs du Palais de Justice de ma ville, j'ai lu sur une plaque "Mrs Untel et Untel" pour "MM. Untel et Untel". Je ne sais pas si l'on a corrigé, je ne suis pas une habituée du Palais de Justice. Mais j'y pense encore.

 

Peut-être devrais-je faire mon mea-culpa et apporter une nuance (non négligeable) à ce que je viens d'affirmer aussi péremptoirement.

Les abréviations de Monsieur et de Messieurs en Mr et Mrs sont anciennes et peuvent être employées (dans certains cas) de nos jours.

Cf. Le tweet du 29 août 2014 de Vieillard Baron : "[…] nous avons tjrs accepté dans les examens les abréviations Mr et Mrs puisque imposées par l'EN."

 

Abréviations :

Mr, M. (singulier), Mrs, MM. (pluriel) dans le dictionnaire de l'Académie 1835, 1878

> La 6ème Édition, 1835 - Académie française - Atilf

Dictionnaire de L'Académie française, 6th Edition (1832-5)

MONSIEUR. s. m. (Page 2:225)

Il fait au pluriel, Messieurs. Je vous prie, messieurs, d'observer que... Messieurs les membres de la chambre des députés. J'ai dit à ces messieurs ce que je pensais de l'affaire. On écrit souvent, par abréviation, au singulier Mr ou M., et au pluriel Mrs ou MM.

M. (singulier), MM. (pluriel) dans le dictionnaire de l'Académie 1935 

  >  MONSIEUR : Définition de MONSIEUR

L'Ecole Normale accepte Mr et Mrs dans les examens. (page 85)

Le maître de langues: les premiers enseignants d'allemand en France (1830-1850)

http://books.google.fr/books?id=aWc1iLJzqlAC&pg=PA85&lpg=PA85&dq=ecole+normale+accepte+Mr+et+Mrs+dans+les+examens&source=bl&ots=_ZT86T9imQ&sig=qljuNIj-u6dm2cZzMosOzn3L3as&hl=fr&sa=X&ei=U34BVJX7L4nVaquzgIAP&ved=0CCoQ6AEwAQ#v=onepage&q=ecole%20normale%20accepte%20Mr%20et%20Mrs%20dans%20les%20examens&f=false

 

Chers lecteurs, vous qui vous intéressez au français, puisque vous avez eu la patience de lire cet article jusqu'au bout, n'hésitez pas à dispenser autour de vous la bonne parole et indignez-vous quand vous trouverez de telles erreurs ! Puisque l'heure est à l'indignation, autant qu'elle serve à quelque chose !

Votre toujours dévouée,

mamiehiou

 

Commentaire

Ajout - le 13 février 2013

Une lectrice — nous l'appellerons Aurore Dupin, pour garder son anonymat — m'envoie un courriel qui prêterait à rire si l'anecdote n'était pas aussi navrante. Elle me permet de le publier.


Notre lectrice reçoit des lettres adressées à Mr Aurore Dupin (sic).

Elle m'écrit :
Bonjour,
Je suis membre, depuis cinq ans, d'une association d'anciens maires, et le secrétaire s'obstine à mettre comme adresse :
Mr Aurore Dupin et cela ne le choque pas !!!! A-t-il de la peine à intégrer le concept d'une femme maire ? De même, lorsqu'on me disait "Mme la Mairesse" je répondais "non" la mairesse est la femme du maire.......mais il n'y a pas de nom pour l'époux de Mme le Maire..............!!!!!!!


Le ridicule ne tue pas !
....................................................................................

Articles connexes :

>Différences sémantiques entre noms masculins et noms féminins. Les noms masculins ont-ils toujours des équivalents féminins et vice-versa ? QUIZ 59

>Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 11:10

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 Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

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-16-

 

Lettre d'Héloïse à Abélard 

 
Héloïse (nom de famille inconnu) 1101 - 1164
Pierre Abélard 1079 - 1142
 
Internautes qui passez par hasard dans ce blog, connaissez-vous l'histoire tragique des deux amants, Héloïse et Abélard ?
Arrêtez-vous un instant pour la lire et pleurez sur les souffrances qu'ils ont endurées, pour leur seul crime : celui d'avoir trop aimé.

***

Héloïse est une délicieuse jeune fille, déjà savante à dix-sept ans* quand son oncle Fulbert, chanoine de Notre-Dame de Paris la confie à Abélard, pour qu'il soit son précepteur.
À quarante ans, Abélard est l'intellectuel le plus doué de son temps, philosophe, théologien, logicien, poète, compositeur. Il ose, par sa rigueur philosophique, s'opposer aux autorités ecclésiastiques, ce qui lui vaut d'être condamné pour hérésie.
Héloïse et Abélard tombent éperdument amoureux, et ils se marient en secret. Mais Abélard, en tant que clerc et chanoine n'a pas le droit de se marier. Fulbert se venge en organisant un guet-apens et fait castrer Abélard.
Abélard se retire à l'abbaye de Saint-Denis, Héloïse se retire dans le couvent d'Argenteuil où elle deviendra Prieure, sans avoir jamais eu de véritable vocation religieuse. 

*Certaines sources donnent vingt ans

Nous connaissons l'histoire de l'amour passionné d'Abélard et d'Héloïse grâce aux nombreuses lettres qu'ils ont échangées. En voici une d'Héloïse.

***

Extrait
Mon bien‑aimé, le hasard vient de faire passer entre mes mains la lettre de consolation que tu écrivis à un ami. Je reconnus aussitôt, à la suscription, qu'elle était de toi. Je me jetai sur elle et la dévorai avec toute l'ardeur de ma tendresse : puisque j’avais perdu la présence corporelle de celui qui l'avait écrite, du moins les mots ranimeraient un peu pour moi son image.
 
Après avoir raconté les per­sécutions dirigées contre toi par tes maîtres, puis l’injuste attentat perpétré sur ton corps, tu as peint l'exécrable jalousie et l'acharnement de tes condisciples [...]

Tu sais, mon bien‑aimé, et tous le savent, combien j'ai perdu en toi ; tu sais dans quelles terribles circonstances l'indignité d'une trahison publique m'arracha au siècle en même temps que toi ; et je souffre incomparablement plus de la manière dont je t'ai perdu que de ta perte même. Plus grand est l'objet de la douleur, plus grands doivent être les remèdes de la consolation. Toi seul, et non un autre, toi seul, qui seul es la cause de ma douleur, m'apporteras la grâce de la consolation. Toi seul, qui m’as contristée, pourras me rendre la joie, ou du moins soulager ma peine. Toi seul me le dois, car aveuglément j'ai accompli toutes tes volontés, au point que j'eus, ne pouvant me décider à t'opposer la moindre résistance, le courage de me perdre moi‑même, sur ton ordre. Bien plus, mon amour, par un effet incroyable, s'est tourné en tel délire qu'il s'enleva, sans espoir de le recouvrer jamais, à lui‑même l’unique objet de son désir, le jour où pour t'obéir je pris l'habit et acceptai de changer de coeur. Je te prouvai ainsi que tu règnes en seul maître sur mon âme comme sur mon corps. Dieu le sait, jamais je n'ai cherché en toi que toi‑même. C'est toi seul que je désirais, non ce qui t'appartenait ou ce que tu représentes. Je n'attendais ni mariage, ni avantages matériels, ne songeais ni à mon plaisir ni à mes volontés, mais je n'ai cherché, tu le sais bien, qu'à satisfaire les tiennes. Le nom d'épouse paraît plus sacré et plus fort ; pourtant celui d'amie m'a toujours été plus doux. J'aurais aimé, permets-moi de le dire, celui de concubine et de fille de joie, tant il me semblait qu'en m'humiliant davantage j’augmentais mes titres à ta reconnaissance et nuisais moins à la gloire de ton génie.
[...]
Quel roi, quel philosophe, pouvait égaler ta gloire ? Quel pays, quelle ville, quel village n'aspirait à te voir ? Qui donc, je le demande, lorsque tu paraissais en public, n'accourait pour te regarder et, quand tu t'éloignais, ne te suivait du regard, le cou tendu ? Quelle femme mariée, quelle jeune fille, ne te désirait en ton absence, ne brûlait quand tu étais là ? Quelle reine, quelle grande dame, n'a pas envié mes joies et mon lit ?
Tu possédais deux talents, entre tous, capables de séduire aussitôt le coeur d'une femme : celui de faire des vers, et celui de chanter. Nous savons qu'ils sont bien rares chez les philosophes. Ils te permettaient de te reposer, comme en jouant, des exercices philosophiques. Tu leur dois d'avoir composé, sur des mélodies et des rythmes amoureux tant de chansons dont la beauté poétique et musicale connut un succès public et répandit universellement ton nom. Les ignorants mêmes, incapables d'en comprendre le texte, les retenaient, retenaient ton nom, grâce à la douceur de leur mélodie. Telle était la raison principale de l'ardeur amoureuse que les femmes nourrissaient pour toi. Et, comme la plupart de ces chansons célébraient nos amours, bientôt mon nom se répandit en maintes contrées, excitant contre moi les jalousies féminines.
Quels charmes en effet de l'esprit et du corps n'embellissaient point ta jeunesse ? Quelle femme, alors mon envieuse, ne compatirait aujourd'hui au malheur qui me prive de telles délices ? Quel homme, quelle femme, fût-ce mon pire ennemi, ne s'attendrirait pas envers moi d'une juste pitié ?
Tant que je goûtai avec toi les voluptés de la chair, on a pu hésiter sur mon compte : agissais-je par amour, ou par simple concupiscence ? Mais aujourd'hui le dénouement de cette aventure démontre quels furent à son début mes sentiments. Je me suis interdit tout plaisir afin d'obéir à ta volonté. Je ne me suis rien réservé, sinon de me faire toute à toi. Vois quelle iniquité tu commets en accordant le moins à qui mérite le plus ; en lui refusant tout, alors même qu’il te serait facile de lui donner complètement le peu qu'il te demande.
[...] adieu, mon unique.

 
Dans "Abélard et Héloïse correspondance", Bibliothèque médiévale, texte établi et présenté par Paul Zumthor, 10/18, UGE, 1979

Pour lire le texte intégral de la lettre et d'autres lettres d''Héloïse, voir le site : 

Textes traduits d'Abelard, Heloise et autres

Pour en savoir +
Héloïse et Abélard - Étienne Gilson - Google Livres

(aperçu)  Lire, entre autres, les pages 17, 20 et suivantes

Librairie philosophique- J.Vrin

****

Ballade Des Dames Du Temps Jadis

de François Villon 
extrait
[...]
Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Abelard à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
[...]
Mais où sont les neiges d'antan ?

                                           essoine, ici, mutilation >  ESSOINE


Pour en savoir + sur Villon et retrouver "La Ballade des Dames du Temps jadis", voir dans l'article :  

Une petite histoire de la langue française racontée par mamiehiou – Chapitre 8 - Le moyen français du XIVe au XVIe siècle - Les misères de la France - L'évolution de la langue - Villon 

 

D'autres textes choisis à lire dans  Florilège - La pensée des autres

Vous y trouverez d'autres lettres d'amour passionné : LETTRES PORTUGAISES (anonyme ?) - La passion amoureuse d'une religieuse 

***

Voir aussi : Comment dites-vous "Je t'aime" ? Je te kiffe, je ne te hais point, tu me bottes, je suis morgane de toi, je t'ai dans la peau, mon coeur s'est embrasé, etc. ?

 

 FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES (titres des textes)

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 20:41

 Exercice - Est-ce correct ? 

  1. Je n'ai de cesse de te chercher que je t'ai trouvé.
  2. Je serai parti avant que tu arrives.
  3. Il s'en est fallu de peu que je ne réussisse
  4. Il n'est pas impossible qu'il ne m'ait trahie 

Voir la correction à la fin de l'article

 

A- Le NE EXPLÉTIF peut être employé dans certaines propositions subordonnées conjonctives mais cet emploi n'est pas obligatoire.

Mon gâteau aura fini de cuire avant que la fête ne commence.

Mon gâteau aura fini de cuire avant que la fête commence.

Il peut exprimer une nuance de négation dans l'esprit du locuteur sans être un adverbe de négation.

J'emploierai tous les moyens pour te garder avant que tu ne te lasses de moi.

(>> Idée : Tu ne te lasseras pas de moi.)

J'ai bien peur qu'on ne se soit trompé sur son compte.

  (>> On ne s'est pas trompé)

Cette nuance est donnée dans le Grevisse.

 

B- Le NE EXPLÉTIF est employé facultativement :

-après des verbes ou des locutions verbales qui expriment la peur, la crainte, l'inquiétude (sans être à la forme négative)

J'ai grand peur que tu n'ailles te plaindre à qui de droit.

Il est à craindre que tu ne sois puni pour tes fautes.

Nous vivions dans la crainte (la peur, la terreur, l'inquiétude, l'angoisse... ) que ce monstre ne revînt.

Je tremble qu'il ne me fasse encore du mal.

J'appréhende que le sujet d'examen ne soit trop difficile pour moi.

 

On n'emploie pas le NE EXPLÉTIF quand le verbe exprimant la crainte est à la forme négative.

Je n'ai pas peur que tu ailles te plaindre à qui de droit.

Il n'est pas à craindre que tu sois puni pour tes fautes.

Je ne tremble plus qu'il veuille encore me faire du mal, je saurai me défendre.

 

Mais on peut ou non mettre le NE EXPLÉTIF à la forme interro-négative.

N'as-tu pas peur que j'aille me plaindre à qui de droit ?

Ou

N'as-tu pas peur que je n'aille me plaindre à qui de droit ?

N'est-il pas à craindre que tu (ne) sois puni pour tes fautes.

N'appréhende-t-il pas que le sujet d'examen (ne) soit trop difficile pour lui ?

 

On emploie le négation NE PAS, NE POINT... dans la proposition conjonctive quand on ne craint pas que l'action ne se produise pas.

Je ne crains pas que mon projet ne se réalise pas.

(>> Tout compte fait, il n'est pas très important pour moi s'il ne se réalise pas, tant pis !)

 

C- Le NE EXPLÉTIF peut être employé facultativement après :

-(faire) attention que, attention que

Attention qu'un tsunami (ne) nous emporte un jour pour de bon.

-prendre garde que, prendre garde à ce que

Je prends garde que ma joie de vivre (ne) cesse.

dans le sens de remarquer, prendre garde se construit sans le NE

Prenez garde que le feu passe au rouge !

-s'attendre à ce que

Puis-je m'attendre à ce que mes vieilles amies (ne) m'envoient un signe d'amitié pour Noël ?

-éviter que

Puis-je éviter que vous (ne) vous trompiez lourdement sur mon compte ?

-empêcher que

Je ne pourrai jamais empêcher que ma tristesse (ne) grandisse chaque jour davantage

-Gare que (rare)

Gare que je (ne) sombre tout à fait dans l'amertume la plus profonde.

-se méfier que

On ne se méfie jamais assez que le ciel (ne) nous tombe sur la tête

 

D- Le NE EXPLÉTIF peut être employé facultativement après un verbe ou une expression qui exprime le doute ou la négation (aux formes négative et interrogative) :

-douter que

-il n'y a pas de doute que

-il n'est pas douteux que

-nul doute que

Je ne doute pas que vous (ne) reconnaissiez bien vite vos erreurs passées.

-désespérer que

Ne devrais-je pas désespérer que mon chat Caramel ne rentre à la maison ? Il s'est perdu aujourd'hui même.

-nier que

Vous ne nierez pas que je (n')aie là matière à pleurer ?

- disconvenir que

Vous ne disconviendrez pas qu'il (ne) me faille à présent cesser mes jérémiades.

-contester que

Ah ! Vous ne contestez pas que je (ne) veuille m'en tenir là !

-il n'est pas impossible que

Il ne me semble pas impossible que je (ne) reprenne du poil de la bête.

Et il n'est pas invraisemblable que je (ne) retrouve un deuxième souffle.

-etc.

 

Pas de NE EXPLÉTIF quand ces verbes et locutions sont à la forme affirmative :

Je doute que vous ayez tout votre bon sens.

Pas de NE explétif quand la proposition subordonnée n'est pas au subjonctif :

Je doutais qu'elle viendrait.

 

E- Le NE EXPLÉTIF est souvent employé dans les propositions corrélatives qui suivent un adverbe d'inégalité, plus, moins, et meilleur, mieux, pire, pis, moindre, autre (... que)

Je suis bien moins naïve que tu (ne) le crois.

 

Bien que l'on ne doive pas employer le NE EXPLÉTIF dans une corrélative qui suit un adverbe d'égalité, aussi, autant (... que), et cela, même avec une négation, on le trouve parfois.

Mieux vaut dire ou écrire :

Elle est aussi cruche qu'on le dit.

Vous n'êtes pas aussi méchante qu'on le pense.

 

F- Le NE EXPLÉTIF peut être employé facultativement avec s'en falloir.

Il s'en est fallu de peu que tu (ne) gagnes à ce jeu débile.

ou

Il s'en est fallu de peu pour que tu (ne) gagnes à ce jeu débile.

   

G- Autres cas, autres exemples où le NE est facultatif aux formes interrogative et négative.

-Il tient à... que

En ce temps-là il ne tenait qu'à un fil que je (n')allasse faire le tour du monde. Il ne tenait à rien que je (n')en finisse avec mon passé.

-il dépend de... que

Il ne dépend pas de vous que je (ne) sois satisfaite. 

 

À la forme affirmative, pas de NE ou bien NÉGATION COMPLÈTE (ne pas, ne point...)

 Il tient à moi que cela se fasse, que cela ne se fasse pas (Littré).

 

H- NE EXPLÉTIF facultatif après les locutions conjonctives :

-avant que

Je prends mes jambes à mon cou avant que le loup (ne) m'attrape.

-jusqu'à ce que

Je m'installerai chez toi jusqu'à ce que ma présence (ne) te devienne insupportable

-en attendant que

J'attendrai le temps qu'il faudra en attendant que Godot (n')arrive.

-à moins que

Ce sera dur pour Gilles de construire une autre cabane pour son deuxième petit-fils à moins que quelqu'un (ne) se décide à lui donner un coup de main.

-sans que :

L'Académie condamne le NE EXPLÉTIF après sans que :

  « sans que doit se construire sans négation, même s’il est suivi d’un mot comme aucun, personne ou rien, qui ont dans ces phrases un sens positif » (1966)

L'usage emploie souvent le NE

Il est préférable de dire ou d'écrire :

On abattit les arbres sans que personne l'ait voulu.

 

I- Pas de NE EXPLÉTIF après :

-défendre que

Je défends qu'on me blesse.

-interdire que

Et j'interdis qu'on me stresse, je ne veux pas user mes télomères !

 

J-N'avoir (pas) de cesse + NE obligatoire

Il n'aura de cesse de vouloir me plaire qu'il ne soit arrivé à ses fins.

 

.................................................................................

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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.............................................................................

Correction de l'exercice

1-Je n'ai de cesse de te chercher que je ne t'aie trouvé.

*aie trouvé, subjonctif passé.

*le NE est obligatoire après n'avoir (pas) de cesse.

Les autres phrases sont correctes.

On peut dire aussi :

2-Je serai parti avant que tu n'arrives

3-Il s'en est fallu de peu que je réussisse

4-Il n'est pas impossible qu'il m'ait trahie 

 

> RETOUR au début de l'article

 

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 19:10

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Les locutions que vous lirez dans cet article sont :

-des locutions nominales,

-des locutions adverbiales,

-des locutions prépositionnelles.

 

(L')au-delà

ou (l')au delà

Locutions nominales

= substantifs/noms

au delà ou au-delà,

par delà ou par-delà

locutions adverbiales

=adverbes

Au delà de,

ou au-delà de

locutions prépositionnelles

ou prépositives

= préposition

 

Pour en savoir + voir l'article :

Qu'est-ce qu'une locution nominale, pronominale, adjectivale, verbale, adverbiale, conjonctive, prépositionnelle, interjective ?

 

Certaines locutions prépositionnelles sont formées en ajoutant DE aux locutions adverbiales.

Exemples

au delà, au delà de – en dehors, en dehors de – au-dessus, au-dessus de, etc.

 

Locutions avec au

au delà, au-delà

au-deçà

au-dedans, au dedans, 

au-dessous, au-dessus

au-devant

au-dehors, au dehors

au-dessus, au-devant, cf le Robert

au-dessus, au-dedans, au-dehors, au-delà, au-devant , cf. l'Académie

au dedans, au dehors, au delà, cf. le Robert 

 

Locutions avec en

en deçà, en delà

en dehors

en dessus, en dessous

en dedans ou en-dedans

en dedans, en dehors, en deçà, en delà, en dessous, cf. l'Académie

 

Locutions avec par

par ici, par là

par-dedans, par-derrière

par dehors

par-dessus, par-dessous

      (un) pardessus, substantif

par le haut, par le bas

par devant, par derrière

par-delà, par delà

par-ci par-là

par au-delà, ou par au delà

>>vieux, rare ou régional = au-delà

 

par-dedans, par-derrière, par-dessus, par-devant, par-delà, etc. cf. l'Académie.

par-dessous, par-dessus, par-devant, cf. le Robert.

par delà, par derrière, cf. le Robert.

 

Locutions avec de

de dedans, de dehors

de dessus, de dessous

de devant, de derrière

de là

de-ci de-là , cf. le Robert

      

Locutions commençant par ci, ici ou là

ci-dessus, ci-dessous

ci-après

ci-contre 

ci-devant 

là-dessus, là-dessous

là-bas, ici-bas

là dedans ou là-dedans

là-haut

 

Autres locutions

d'ici là ou d'ici-là

çà et là

jusque-là (Académie 1935), jusque là (Académie 2000)

sens devant derrière

sens dessus dessous

deçà, delà, vieux = Ici et là

Deçà et delà = De côté et d'autre.

Oh là là ! (interjection)

 

Articles connexes

 

> L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

> Ne pas confondre : trait d'union et tiret

 

Pour retrouver ces locutions et pour en savoir +

Cnrtl, site du CNRS (Le Trésor, l'Académie)

Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

 

Par exemple pour rechercher au-delà (ou au delà), cherchez à l'entrée Delà :

DELÀ, prép. et adv.

Faire de même pour les autres locutions.

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 19:11

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C'est bien d'oeuvrer pour la défense du français !

Je ne saurais que saluer de pareilles initiatives.

Monsieur Lepers a voulu bien faire, mais il veut corriger des fautes qui n'en sont pas. D'où tient-il donc ses sources ?

C'est un fait, il souffre d'hypercorrectisme. Dommage pour ses lecteurs !

Pour en savoir + voir l'article :

Second ou deuxième ? Voire ou voire même ? Que doit-on dire Monsieur Lepers?

 

Monsieur Bernard Pivot — ce cher monsieur Bernard Pivot ! — avait fait très fort avec les dictées qu'il proposait. Et ses livres sur l'orthographe et la grammaire, ses "dicos d'or", et ses "100 expressions à sauver (Albin Michel, 2008) ô combien savoureuses ! — sont d'incontournables livres de chevet !

Il se dévoile dans "Les mots de ma vie" (Albin Michel, 2011)

J'ai une tendresse particulière pour cet animateur hors pair, que j'ai fréquenté si longtemps pour avoir suivi ses émissions culturelles ; je ne les aurais manquées pour rien au monde ! Ouvrez les Guillemets, Apostrophes, Bouillon de culture, Double je.

Je lui suis reconnaissante pour tout ce que je sais, grâce à lui, pour tous les auteurs que j'ai côtoyés, grâce à lui, pour tous les plaisirs de la lecture que j'ai eus, grâce à lui. Et je ne parle pas des émotions qu'il savait si bien susciter chez les téléspectateurs lorsque ses invités mettaient leur coeur à nu. Ah ! que de nostalgie !

Merci Monsieur Pivot.

..............................................................................................

Ouvrages de référence dont je me sers pour écrire mes articles

 

Voir sur la toile :

Julien Lepers chez Laurent Ruquier :  

On n'est pas couché - 05/11/2011 - YouTube  

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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