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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 09:43

 

Langue usuelle et langue littéraire

 

La langue officielle de la France de Louis XIV, académique et littéraire, se parle surtout chez les gens cultivés, les aristocrates et les bourgeois. La population française — qui compte à cette époque 20 millions d'âmes — à 99% analphabète, comme dans toute l'Europe d'ailleurs, continue de pratiquer les langues régionales, à tel point qu'un voyageur parcourant la France du nord au sud a souvent de grandes difficultés à se faire comprendre.

En témoigne Jean Racine qui voyage en 1661 de Paris à Uzès et raconte : « J'avois commencé dès Lyon à ne plus guère entendre le langage du pays et à n'être plus intelligible moi-même. » On lui apporte un « réchaud de lit » ou une « botte d'allumette », alors qu'il demande un « pot de nuit » ou des « petits clous à broquettes ». Il ne rencontre même pas un seul curé ni un seul maître d'école qui sache répondre par autre chose que des « révérences » à son « françois » (prononcer [franswè]) inintelligible pour eux. La différence entre les parlers du Nord et ceux du Sud était tellement évidente qu'un résident du Sud utilisait l'expression « aller en France » lorsqu'il voyageait dans le Nord.*

En outre, par souci d'un purisme excessif (voir le chapitre précédent) le vocabulaire ne s'enrichit pas, sauf par un certain nombre d'emprunts à l'italien (188 mots), à l'espagnol (103 mots), au néerlandais (52 mots) et à l’allemand (27 mots). Quant à la phrase, elle se raccourcit et [se simplifie] dès le début du règne de Louis XIV; on [délaisse] les longues phrases guindées de Corneille. Dans la grammaire, il n'y [a] pas de faits nouveaux remarquables, sauf la disparition du -s du pluriel dans la prononciation, lequel reste, depuis, uniquement un signe orthographique.*

 

La Préciosité

 

Vers 1608, Catherine de Vivonne, Marquise de Rambouillet, surnommée "L'incomparable Arthénice" accueille dans le salon de son Hôtel bon nombre de gens du monde, de seigneurs et d'écrivains dont Malherbe, Vaugelas, Ménage ; s'y joindront plus tard Madame de Sévigné, Madame de La Fayette, Julie d'Angennes (que l'on honorera avec La Guirlande de Julie) etc. Le poète et prosateur galant Vincent Voiture, "l'âme du rond", anime le cercle.

Les Précieux et les Précieuses "châtient le style", dédaignent la langue commune, et se livrent à des excès jusqu'à ne plus appeler un objet par son nom mais par des périphrases.** Le miroir devient "le conseiller des grâces", les joues, "les trônes de la pudeur", une perruque, "la jeunesse des vieillards", les dents, "l'ameublement de la bouche", le nez ," les écluses du cerveau", les seins, "les coussinets d'amour", le chapeau, "l'affronteur des temps", être en couches, c'est "sentir les contrecoups de l'amour permis". On se livre à des comparaisons galantes et les adverbes sont légion : furieusement, terriblement, épouvantablement.

Aux préciosités du langage s'ajoutent la préciosité des sentiments et celle des manières.

Molière se moquera des excès de ce langage dans sa pièce Les Précieuses Ridicules (1659) qui remportera un grand succès, à la Cour comme à la ville.

Les Précieuses – c'était surtout une affaire de femmes - ont exercé, malgré tout, on le reconnaît, une heureuse influence sur le langage.

 

Nicolas Boileau 1636-1711

"Le législateur du Parnasse", poète, écrivain, critique.

 

"Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément."

"Art poétique, Chant I"

 

Boileau est un théoricien de l'esthétique classique en littérature, l'un des chefs de file du clan des  Anciens  dans la querelle des Anciens et des Modernes, une polémique littéraire au coeur de l'Académie française à la fin du XVIIe siècle.

L'auteur classique est celui en qui la critique ne peut que noter des qualités [...] le classique poursuit surtout ce qui est régulier, harmonieux, au point que la perfection de chacune de ses parties assurent la perfection indiscutable de l'ensemble. Les fautes de grammaire, de goût, de jugement, trouvent en Boileau un critique implacable et il a été pour lui-même le censeur austère qui tâche de remédier à toutes les défaillances et vise au beau absolu [...] « Sans Boileau, dit Sainte-Beuve (critique du XIXe siècle), Racine, je le crains, aurait fait plus souvent des Bérénice, La Fontaine moins de Fables et plus de Contes, Molière lui-même eût donné davantage dans les Scapin et n'aurait pas atteint aux hauteurs sévères du Misanthrope. »**

 

Le Dictionnaire Universel

d'Antoine Furetière 1619-1688

Lorsque Antoine Furetière décide d'écrire son dictionnaire, il doit faire face aux foudres de l'Académie qui se réserve le monopole de la publication de la production lexicographique. Il est accusé de plagiat et son dictionnaire ne sera publié qu'après sa mort en 1890, et à Rotterdam.

Pour en savoir + sur cette affaire, lire : Dictionnaire Universel de Furetière, 1690

 

Titre complet : Dictionnaire françois, contenant les mots et les choses, plusieurs nouvelles remarques sur la langue françoise : Ses Expressions Propres, Figurées & Burlesques, la Prononciation des Mots les plus difficiles, le Genre des Noms, le Régime des Verbes : Avec Les Termes les plus connus des Arts & des Sciences. Le tout tiré de l'Usage et des bons Auteurs de la Langue françoise.

 

C'est le meilleur dictionnaire du XVIIe siècle et le premier dictionnaire encyclopédique au monde (45 000 articles)

Vous pouvez le consulter en ligne :

Gallica - Furetière, Antoine (1619-1688). Dictionnaire universel

 

          Retrouvez Furetière dans ce blog :

          Le A au fil des dictionnaires

          La Vérité, toute la Vérité, rien que la Vérité...

.......
 

François Malherbe, René Descartes, Pierre Corneille, Blaise Pascal, Jean-Baptiste Poquelin dit Molière, François de La Rochefoucauld, Mme de La Fayette (Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de  La Fayette), Mme de Sévigné (Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné),  Jean Racine, Jean de La Fontaine, Jacques-Bénigne Bossuet, Charles Perrault, Jean de La Bruyère, François de Salignac de La Mothe dit  Fénelon...

Le Grand siècle, dont Voltaire disait qu'il fut "le siècle du génie", s'illustre des plus grands noms de notre littérature, écrivains, philosophes, conteurs et poètes, qui nous ont légué, chacun dans son style et sa langue propre, des oeuvres remarquables, oeuvres que le monde entier nous envie. Sachons, encore aujourd'hui les lire et les aimer.

.......

 

Références

*D'après Jacques Leclerc, Histoire de la langue française, Site, agence intergouvernementale de la francophonie.

**cf. Histoire de la Langue et de la Littérature française, Louis Petit de Julleville, 1841- 1900. Editions Armand Colin

 

Nota bene

Conseil de Boileau pour les écrivains en herbe... et les autres :

"Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez."
Art Poétique, Chant I
 

  UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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>>> Chapitre précédent (12) : À l'aube de la langue classique - Les grammairiens façonnent notre langue - Malherbe - Vaugelas - l'Académie Française
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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 17:40

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1re Partie - Définitions

 

 

Un champ lexical est un groupe de mots qui appartiennent à la même catégorie syntaxique (nom, verbe, adjectif, adverbe, etc.) et qui se rapportent à une même idée. 

Exemples :

- champ lexical de "déplacement" : voyage, promenade, flânerie, balade, excursion, errance...

- champ lexical de "se déplacer" : voyager, se balader, errer, vagabonder, arpenter, filer, rouler, se trimbaler (ou se trimballer), trotter, galoper, courir, voler, traîner, se baguenauder, musarder...

Ces mots, s'ils sont liés par le sens, n'appartiennent pas au même registre de langue.

 

Niveaux de langue - Registres de langue 

Le niveau de langue d'un locuteur correspond à la connaissance qu'il a du français, Il dépend de son instruction.

On distingue le niveau intellectuel, le niveau moyen et le niveau populaire.

 

Les registres de langues dépendent des circonstances où se trouve le locuteur au moment où il parle. Il peut utiliser divers registres.

Registre familier, très familier, soigné, soutenu ou précieux. 

 

Les registres ou les styles

1-Style soutenu, littéraire, langue soignée, style châtié : style recherché et soigné. Il s'emploie en littérature. Vocabulaire rare. Tournures et figures de style recherchées.

Emploi du passé simple et du passé antérieur, du subjonctif imparfait et plus-que-parfait.

>>Pour une recherche sur le subjonctif, lire les articles :

Valeurs et emplois du subjonctif

 La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

Employés à l'oral, ces temps (surtout ceux du subjonctif) peuvent donner l'impression d'un style ampoulé ou emphatique et provoquer des moqueries si le locuteur ne s'y adonne pas par plaisanterie.

>>Vous pouvez lire les définitions de ampoulé, emphatique ou d'autres mots difficiles dans les dictionnaires du Trésor et de l'Académie sur le site du CNRS :  Lexicographie- CNRTL 

 

2-Style courant : il est employé à l'oral comme à l'écrit. Style correct dans des phrases échangées entre professionnels ; on l'entend dans les discours politiques ; il est utilisé par les journalistes, par les professeurs et leurs élèves, etc. On dit aussi langue neutre.

 

3-Style familier : il se permet certaines incorrections dans les échanges entre familiers, entre copains, etc.

Il peut s'utiliser pour rabaisser un interlocuteur qui mériterait plus de respect, en le traitant comme un familier.

 

4-Style populaire  : il appartient à des groupes sociaux particuliers, étudiants, ados, etc. Il est propre aux couches les plus modestes de la société, au peuple, et inusité par les gens cultivés.

 

5-Argot : sociolectes, parlers des groupes sociaux qui visent à exclure tout individu n'y appartenant pas, en utilisant un langage "chiffré", afin de n'être pas compris par les non-initiés (entre autres verlan et louchébem).           

>> Voir l'article :  Verlan et Louchébem - Comment ces langues fonctionnent    

 

ARGOT dans Le Dictionnaire de l'Académie 8e édition : 

Langage de convention dont se servent entre eux les malfaiteurs. L'argot des rôdeurs de barrière se renouvelle sans cesse. Le poète Villon nous a transmis des termes d'argot du XVe siècle. Il se dit, par extension, des Mots et tours particuliers qu'adoptent entre eux ceux qui exercent la même profession ou vivent dans un même milieu social. L'argot des peintres, des écoliers. L'argot des coulisses. L'argot de la Bourse.

 

6-Mots vulgaires (triviaux, grossiers, ou orduriers) ou argotiques, ils appartiennent à la langue du "bas peuple". Ils sont prononcés en toute connaissance de cause, pour choquer, pour provoquer celui qui les entend.

La vulgarité ne se trouve pas seulement dans les mots mais aussi dans l'attitude, la gestuelle, le comportement de ceux qui n'ont aucune élévation morale. Elle se manifeste (malheureusement ?) chez certains humoristes, chez les malades atteints du "syndrome" de Gilles de La Tourette, etc.

 

Le mot vulgaire peut ne pas avoir de sens péjoratif et signifier : qui est de la langue orale (en opposition à la langue écrite), la langue courante (par opposition à la langue scientifique).

Exemple : Le latin vulgaire, langue parlée au Moyen Âge, s'opposait au latin écrit des clercs.

La vulgarisation est le fait d'adapter des notions scientifiques pour qu'elles soient compréhensibles par tous.

 

7-Jargon

Ce mot a plusieurs acceptions. Entre autres :

1-Synonyme d'argot. Sens donné au Moyen Âge à une langue comprise par les seuls initiés, voir ci-dessus §5.

2-Code linguistique incompréhensible à ceux qui ne font pas partie du groupe (socioculturel ou professionnel) qui le pratique.

Exemples : jargon médical, sportif, philosophique, judiciaire, jargon des grandes écoles, des métiers, des sectes, jargon des sciences, de la linguistique, etc.

3-Par extension une langue ou des propos que l'on ne comprend pas. Mais qu'est-ce que c'est que ce jargon ?

 

8-Mot archaïque, archaïsme, mot désuet ou tombé en désuétude, inusité de nos jours, vieilli (datant d'une autre époque).

>> Archaïsme ! Fleur fanée, oubliée sur la page d'un vieux livre. Reviens à la vie, l'espace d'un instant !

 

9-Régionalisme : expression linguistique propre et limitée à une région. Le parler régional.

 

 

2e partie - Variations

 

 

Comment peut-on dire d'une autre façon, les phrases suivantes ?

Cet exercice peut donner lieu à un jeu entre amis.

Vous donnez une phrase, vous laissez une minute de réflexion et chacun donne ensuite une phrase de sens proche dans un style semblable ou différent.

1-Veuillez vous retirer, je vous prie.

 

2-Même si vous continuiez à me mentir, je ne vous le reprocherais pas.

 

3-Peu m'importe qu'il soit parti, je ne l'aimais plus.

 

4-Un peu plus, je le giflais.

 

5-Je ne peux pas croire qu'il soit si naïf !

 

6-Ai-je dit cela ? C'est peu probable.

 

Précisez le registre de langue pour chaque phrase

Les fautes de français sont soulignées. Par exemple, omission de l'adverbe de négation NE dans le style familier - ou populaire

 

Propositions

 

1-Veuillez vous retirer, je vous prie.

 

Je vous prierai de sortir. (futur de politesse)

 

Je vous demanderai de sortir. (futur de politesse)

 

Veuillez sortir s'il vous plaît / je vous prie.

 

Sortez !

 

Disparaissez  !

 

Disparaissez de ma vue !

 

Hors de ma vue !

 

Ôte-toi de ma vue !

 

Hors d'ici !

Harpagon à La Flèche -" Hors d'ici tout à l'heure, et qu'on ne réplique pas ! Allons, que l'on détale de chez moi, maître juré filou, vrai gibier de potence !" Dans l'Avare de Molière

 

 Allez, sors !

 

La porte !

 

De l'air !

 

Casse-toi !

 

Dégage !

 

Lanturlu* !

 

2-Même si vous continuiez à me mentir, je ne vous le reprocherais pas.

 

Dussiez-vous poursuivre vos fabulations, je ne vous en ferais aucun reproche.

Fabulation, bavardages mensongers

>>Pour en savoir + sur dussiez-vous, lire l'article :

je dusse, dussé-je, dussè-je ...

 

Vous continueriez à m'en faire accroire que je ne vous blâmerais en rien. 

>>Voir accroire dans l'article :

Les défectifs -Pour peu qu'il vous en chaille !

 

Quand bien même tu continuerais à me dire des mensonges, je ne t'en tiendrais pas rigueur.

>>Voir l'article

Quand - quand (bien) même - quand bien – même quand

                         et l'article sur Même si  

 

Que tu me mentes encore, tant pis, je ne t'en ferai pas grief.

 

Tu peux toujours me donner de la gabatine*, je broncherai pas.

 

Tu auras beau me gonfler le mou, je te ferai pas d'aubade.

 

Dis-moi des menteries, lâche-moi des gasconnades*, ça craint pas que je te galvaude*.

 

Continue à me conter des bobards, t'inquiète, je ne te dirai pas la messe.

Bobard, bobarderie, bobard à la graisse de chevaux de bois.

T'inquiète = ne t'inquiète pas

 

Sache que si tu me bourres encore la pipe, je te dirai rien !

 

Tu me fais avaler des couleuvres mais je te chenaillerai pas. 

 

Conte-moi des gausses* et je te laisserai faire.

 

Tu peux toujours me raconter des salades, je t'amasserai pas.

 

3-Peu m'importe qu'il soit parti, je ne l'aimais plus.

 

Peu me chaut qu'il m'ait abandonnée, je n'éprouvais plus de sentiment pour lui.

>>Voir chaloir dans l'article : 

Les défectifs -Pour peu qu'il vous en chaille !

 

Quelle importance qu'il m'ait laissée choir ? Je ne le portais plus dans mon coeur !

 

Je me moque qu'il m'ait laissé tomber, il n'y avait plus rien entre nous.

>> Voir 

L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...

          

Cela m'est égal qu'il ait rompu, je ne suis plus folle de lui

 

Je me fiche s'il m'a laissée toute seule, on ne s'aime plus.

 

Il m'a plaquée, tant pis, je l'ai plus dans la peau.

 

Il m'a quittée, basta ! j'en ai rien à cirer. je pouvais plus le gober.

 

Il m'a jetée. Je m'en fous complètement. Je le kiffais plus

se/s'en foutre, vulgaire

 

Il s'est tiré. Je m'en bats les c.... Je pouvais plus le blairer.

s'en battre les c..., vulgaire, très vulgaire.

 

4-Un peu plus, je le giflais.

 

Il ne s'en fallut guère que je ne lui donnasse un soufflet.

 

Il s'en fallut peu de choses que cela n'allât me pousser à le corriger.

 

Peu s'en fallut que je ne vinsse à le souffleter. 

 

Il s'en est fallu de peu que je ne lui donne une bonne calotte.

 

J'ai bien failli le calotter.

 

Un peu plus et il recevait une tarte.

 

Un peu plus je lui donnais une baffe.

 

Tout juste s'il recevait pas une claque.

 

Il aurait bien mérité une torgniole. Mais je me suis retenue.

 

Il a failli morfler une beigne.

>>Voir faillir dans l'article :

Les défectifs -Pour peu qu'il vous en chaille !

 

Synonymes :

a-style :

-soutenu :un soufflet

-courant : une gifle

-familier : une calotte, une tarte, une claque

-populaire : une torgniole, une beigne, une baffe, une mornifle, un beignet, un emplâtre, une giroflée, une girofflée à cinq feuilles*, un pain, une talmouse (populaire, vieilli) etc.

b-Souffleter, gifler, calotter, girofletter (par plaisanterie), etc.

 

>> Voir aussi l'article : 

Pour un peu, un peu plus, il s'en faut peu de choses, il s'en faut beaucoup, il ne s'en est fallu guère, il s'en faudrait peu, il s'en faut de beaucoup, de peu...

5-Je ne peux pas croire qu'il soit si naïf.

 

À mon avis, il est très improbable qu'il ait des facultés intellectuelles aussi limitées : il joue au candide à coup sûr.

 

Je doute qu'on ait affaire à un handicapé mental. Assurément il veut se faire passer pour simple d'esprit.

 

Qu'il est sot ! Qu'il est niais ! C'est à n'y pas croire !

On n'emploie plus beaucoup sot dans le sens de niais de nos jours.

 

Est-il possible qu'il soit aussi simplet ? J'en doute.

 

Ingénu à ce point ? Mais je rêve !

 

Je n'en reviens pas qu'il soit si bête.

 

Difficile d'imaginer qu'il soit nigaud à ce point ! Voilà ce que je pense. 

 

Vise ce grand gille*! Il se la joue ou quoi ? 

 

Dis, c'est pas Dieu possible un jaquesu * pareil ! 

 

Il arrête pas  de faire le malitorne*, le jeannot*. Mais —  j'y crois pas !

 

Quelle poire !  Quel benêt ! Quel godiche ! J'aurais jamais cru ça de lui !

 

C'est pas vrai ! Il est vraiment bouché ou quoi ?

 

Incroyable ! Il est à la masse, le blaireau !

 

Je te fiche mon billet qu'il n'est pas si naze qu'il paraît.

 

Il fait le jobard ou je m'y connais pas.

jobar, jobart, jobard.

 

Le gogotte ! Tu le crois, toi ?

 

Quel c... ce type ! C'est impensable ! 

 

6-Ai-je dit cela ? C'est peu probable.

 

Est-il vraisemblable que j'aie dit cela ?

Qui donc a dit cela si ce n'est moi. Mais j'en doute fort.

Je n'ai pas dit cela, n'est-pas ?

Est-ce que j'ai dit cela ? C'est invraisemblable !

Il est bien improbable que j'aie dit cela.

Il est douteux que j'aie dit cela.

Je doute que j'aie pu dire une chose pareille !

Nul doute que je n'ai pas dit cela.

Il n'y a aucun doute, je n'ai pas dit cela.

C'est vrai que j'ai dit ça ? Moi ? Qu'est-ce que tu me chantes !

Mais qu'ai-je dit ? Et tu crois que c'est moi qui ai dit cela ?

Qu'est-ce diable que j'ai dit ? Mais de qui se moque-t-on ?

Qu'est-ce donc que j'ai dit ? Impossible ! 

Qu'ai-je donc dit ? ―...... ― Non !

Qui est-ce qui a dit ça ? Moi ? Tu déparles !

N'est-ce pas que j'ai pas dit ça ?

C'est pas possible que j'aie dit ça ! À d'autres !

J'y crois pas. Ça, c'est pas moi qui l'a dit ? > ai dit

J'ai pas pu dire ça quand même ! Tu charries !

J'ai dit ça ? Ça alors ! 

C'est-y moi qui a dit ça ? (> ai dit) Allons bon !

J'ai dit quoi ? Je rêve ! Tu débloques !

C'est qui qui a dit ça ? C'est moi ? Tu déconnes (très vulgaire)     

J'ai vraiment dit ça ? Ça craint !

 

>>Voir l'expression du doute :

Douter que, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que... Je me doute que, il ne se doute pas que... + indicatif ou subjonctif ? 

  .................................................................................  

*Les mots marqués de l'astérisque sont des archaïsmes que vous pouvez trouver dans :

Le Dictionnaire du bas-langage, ou, Des manières de parler usitées parmi le peuple - Charles-Louis d'Hautel – (1808) Google Livres

 

-Lanturlu ! Allez au diable, allez vous faire fiche !

-Gabatine, fourberie, subtilités, menterie, phrases flatteuses et galantes, cajoleries.

-Gasconnade, menterie, langage de gascon.

-Galvauder, traiter quelqu'un avec hauteur, le maltraiter de paroles, l'injurier. 

-Conter des gausses, faire des mensonges badins et plaisans, lâcher des gasconnades.

-Une girofflée à cinq feuilles, donner à quelqu'un une girofflée à cinq feuilles, lui donner un soufflet.

-Gille, un grand gille, sobriquet que l'on donne à un niais, à homme d'un esprit simple et borné.

-Jauquesu, sobriquet injurieux et méprisant qui équivaut à badaud, ignorant, jocrisse, niais.

-Malitorne pour sot, niais, stupide et malbâti.

-Un jeannot, un grand jeannot, terme d'injures et de mépris qui se dit d'un homme borné et innocent. 

.................................................................................   

En lexicologie, le champ sémantique d'un mot est l'ensemble de ses sens différents selon le contexte où il est employé.

Exemple :

Temps : le temps qu'il fait, le temps qui passe, le temps jadis...

 

On associe ces deux notions, champ lexical et champ sémantique, on les confond souvent.

................................................................................. 

D'après le Bon Usage (le Grevisse)

"La sémantique étudie la signification, le contenu du message, le signifié."

............................................................

Champ lexical et catégorie sémantique 

>>Voir l'étude savante de Françoise Labelle :

SÉMANTIQUE LEXICALE 

................................................................................. 

Pour la langue familière, populaire ou argotique, reportez-vous donc à Bob dans  ABC de la langue française

Il est vraiment trop !  

..............................................................

 Note de mamiehiou

Cet article est en chantier, il n'est pas terminé. Je cherche des phrases dans le style populaire que pourraient prononcer des groupes de jeunes, ou d'autres.

Phrases synonymes des numéros 1 2 3 4 5 6

Pouvez-vous m'aider ?

 

Comme suite à mon appel, ma jeune amie Fatiha propose :

Ajout, le 17 janvier 2012


Pour la phrase 1 -  Veuillez vous retirer, je vous prie
Gicle ! / Débarrasse le plancher ! / Bouge ! / Bouge de là !

 

Pour la phrase 2 - Même si vous continuiez à me mentir, je ne vous le reprocherais pas. 
Même si tu continues à me mitonner, je dirai rien. / Même si tu me balades, je te prendrai pas la tête.

 

Pour la phrase 3 - Peu m'importe qu'il soit parti, je ne l'aimais plus 
Je m'en tape qu'il se soit cassé / Je m'en tamponne qu'il soit parti / Je m'en bats la race... je le kiffais plus.


Pour la phrase 4 - Un peu plus, je le giflais.
J'étais à deux doigts de le gifler.

Limite j'allais lui en décoller une.

Limite il allait s'en prendre une.


Pour la phrase 5 - Je ne peux pas croire qu'il soit si naïf
Il se croit chez les bisounours (dessin animé où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil).


Pour la phrase 6 -Ai-je dit cela ? C'est peu probable.
N'importe quoi, tu délires grave / Tu débloques, j'ai jamais dit ça / T'es vraiment mytho, j'aurais jamais dit ça. / Arrête tes conneries.....

 

Merci Fatiha ! Tu es une fille épatante !

= super, géniale, top

et sensass — aurait-on dit il y a 50 ans !

                   sensass, apocope de sensationnel. 

..............................................................  

Voir aussi :  

 

> Comment dites-vous "Je t'aime" ? Je te kiffe, je ne te hais point, tu me bottes, je suis morgane de toi, je t'ai dans la peau, etc. 

> Dictionnaire de la langue verte d'Alfred Delvau + QUIZ 80

> Poème argotique : Elle arpentait la rue Bréda

> Verlan et Louchébem dans les notes du texte :126 Délires sur un coup de théâtre

> La langue française massacrée - Peut-on s'habituer à la grossièreté ?

 

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Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 05:30

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Au cours de ces mois glacés, Lio et moi jouîmes d'une vie tissue d'amitié et de tendre complicité. Nos caractères s'accordaient à merveille et nous ne doutions pas que nos jours s'écouleraient ainsi longtemps encore. Je songeai souvent à ma chère Alcmène que j'avais perdue pour toujours et pour laquelle j'avais éprouvé tant de gratitude en des temps tourmentés, et mon coeur se serrait à son souvenir. Le crime impuni qui l'avait arrachée à moi me laissait dans l'âme un regret et une amertume incoercibles.

Les premiers signes du renouveau apparurent et me soulagèrent un peu de mes pensées sombres, encore que je n'eusse guère de temps à consacrer à la rêverie.

Notre travail nous emportait dans un tourbillon salutaire. Et nous étions prêtes à consacrer nos heures de repos à nos disciples dont le nombre ne cessait de croître de semaine en semaine. Pouvions-nous leur refuser la sollicitude qu'ils attendaient de nous et les conseils qui les aideraient à vivre ?

 

Un jour, cependant que j'étais près, non pas de renoncer à découvrir quoi que ce fût sur l'énigme qui m'avait amenée jusqu'ici, dans cette ville étrange, mais plutôt de désespérer d'y parvenir, je vis se profiler dans le hall de notre école une silhouette qui me sembla presque familière, sinon que la démarche hésitante m'étonna au plus haut point.

« Il y a donc, me dis-je des hommes assez fous pour déambuler ainsi, affichant ouvertement leur état, au risque d'être arrêtés sur-le-champ ! »

Je craignis que son image, captée par des dizaines de caméras, n'inquiétât les autorités, et que ne surgît une horde de policiers pour se saisir de ce pauvre homme.

Je dégringolai prestement l'escalier pour aller à sa rencontre, et lui intimai de me suivre dans un endroit caché à la vue, et insonorisé de surcroît,

À le voir ainsi de près, je mis un nom sur son visage et m'exclamai : « Monsieur Pro ! Vous ici ? » Il mit le doigt sur sa bouche, effrayé qu'il était que quelqu'un eût pu le repérer et, les portes bientôt closes derrière nous, nous espérâmes nous protéger de tous.

 

La petite pièce où je l'emmenai ressemblait à un boudoir précieux que j'avais installé pour mon plaisir, et où je me refugiais hors de portée de vue et d'ouïe de Big Brother que je soupçonnais toujours à l'affût de quelque manquement à la sacro-sainte Règle à laquelle je m'étais aujourd'hui accoutumée, mais non soumise, comme vous venez de vous en apercevoir. Eût-on découvert mon cabinet secret, qu'une sanction je n'ose imaginer laquelle eût fondu sur moi comme l'épervier sur son innocente proie.

 

« Reprenez-vous  », dis-je au petit homme haletant et tout recroquevillé d'effroi, « et mettez-vous à l'aise. »

Il s'installa du bout des fesses sur l'ottomane que j'avais discrètement rapportée de chez Alcmène, en souvenir d'elle, et nous fûmes de loisir d'engager la conversation.

« Je suis piégé, » commença-t-il. « mon heure est arrivée ! Déjà ! »

Il fit une pause et respira profondément.

Il n'était pas douteux qu'il s'en allait au grand galop°.

 

Je pensais que chaque homme ici-bas s'étonnait quand il voyait la mort surgir devant lui, qu'il fût atteint d'une maladie mortelle, qu'il vît l'accident survenir, qu'il sentît le bourreau lever sa hache ou qu'il tombât d'une falaise.

« Déjà ! » Et la vie, qu'elle ait été longue ou courte — à l'échelle humaine s'entend — avant ces circonstances, se met à n'être qu'un point infime du temps.

« Déjà ! »  Et l'on se rend à l'évidence : on ne peut échapper à son humaine condition. Et l'on a beau se dire qu'avant soi des dizaines de milliards d'êtres se sont éteints, et qu'il faut, comme eux, en passer par là, on ne peut s'y résoudre, ou si l'on s'y résout, c'est au prix d'une grande sagesse ou d'une immense résignation, inconnue de la plupart des mortels. On est seul. Rien ni personne ne peut nous venir en aide. Nul n'échappe à l'inexorabilité.

Adresser à Dieu une prière instante serait l'ultime secours, la douceur de l'espérance. Mais la terreur paralyse, si bien que toute velléité d'apaisement, en cet instant ultime, semble vain.

Et pendant ce temps-là, la foule des vivants rit et suit sa folie.**

...................................................................... 

* "Nada saber si el mondo differenzia sono y vivir..."

"Personne ne peut savoir si le monde est fantastique ou réel, et non plus s'il existe une différence entre rêver et vivre."

Jorge Luis Borges, écrivain et poète argentin 1899–1986

 

** "La foule des vivants rit et suit sa folie."  Victor Hugo, 1802–1885

Dans le Cimetière de... Recueil : Les Rayons et les Ombres.

 

NOTES

Une vie tissue d'amitié et de tendre complicité

voir le défectif tître / tissu dans l'article sur les défectifs.

Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !

 

les premiers signes du renouveau apparurent

Le renouveau, le printemps.

locutions adverbiales À NOUVEAU et DE NOUVEAU – nouvellement – une nouvelle - le renouveau ...

 

il n'était pas douteux qu'il s'en allait au grand galop°

Voir l'article sur douter

Douter que, douter si, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que...

Il s'en va au grand galop, se dit de quelqu'un qui est tombé en langueur et dont la vie est fort en danger. Littré

 

le crime inpuni me laissait dans l'âme un regret et une amertume Incoercibles

un regret et une amertume incoercibles, irrésistibles, que je ne pouvais dominer.

 

encore que je n'eusse guère de temps à consacrer à la rêverie.

la concession exprimée avec : encore que, bien que, quoique

Voir l'article Encore que

 

nous fûmes de loisir d'engager la conversation

Être de loisir (vieilli). Pouvoir faire ce que l'on veut, et avoir tout son temps pour le faire.

 

Un jour, cependant que j'étais près, non pas de renoncer à découvrir quoi que ce fût sur l'énigme

Près de (sur le point de) sens différent de prêt à (= préparé à)

Cependant que, voir l'article.

quoi que ce fût, voir l'article Quoi que

 

sinon que la démarche hésitante m'étonna au plus haut point.

Voir l'article Sinon que

 

je me réfugiai hors de portée de vue et d'ouïe de Big Brother

voir la note du texte 63 Délires sur Big Brother

 

Eût-on découvert mon cabinet secret

Subjonctif plus-que parfait

Si l'on avait découvert mon cabinet secret...

 

il s'installa du bout des fesses sur l'ottomane

Une ottomane, voir la note du texte 71 Délires à vous donner des frissons, à votre corps défendant

 

Et la vie, qu'elle ait été longue ou courte – à l'échelle humaine s'entend

Cf. Littré S'entend, bien entendu, cela va sans dire, locution familière qui se dit par parenthèse.

 

Et l'on se rend à l'évidence

Et l'on a beau se dire...

ON ou L'ON - Quand peut-on employer L'ON ? 

 

Nul n'échappe à l'inexorabilité

Inexorabilité, caractère de ce qui est inexorable, inéluctable, impitoyable, de ce à quoi on ne peut échapper.

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 08:54

FLORILÈGE

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IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 

 

 -14-

 

 

Boule de Suif - 1880

 

Guy de Maupassant (1850-1893)
 


Dans une diligence, sur la route du Havre où grouillent les envahisseurs prussiens...*

 

[...]

La femme, une de celles appelées galantes, était célèbre par son embonpoint précoce qui lui avait valu le surnom de Boule de Suif. Petite, ronde de partout, grasse à lard, avec des doigts bouffis, étranglés aux phalanges, pareils à des chapelets de courtes saucisses ; avec une peau luisante et tendue, une gorge énorme qui saillait sous sa robe, elle restait cependant appétissante et courue, tant sa fraîcheur faisait plaisir à voir. Sa figure était une pomme rouge, un bouton de pivoine prêt à fleurir ; et là-dedans s’ouvraient, en haut, deux yeux noirs magnifiques, ombragés de grands cils épais qui mettaient une ombre dedans ; en bas, une bouche charmante, étroite, humide pour le baiser, meublée de quenottes luisantes et microscopiques.

Elle était de plus, disait-on, pleine de qualités inappréciables.

Aussitôt qu’elle fut reconnue, des chuchotements coururent parmi les femmes honnêtes, et les mots de « prostituée », de « honte publique » furent chuchotés si haut qu’elle leva la tête. Alors elle promena sur ses voisins un regard tellement provocant et hardi qu’un grand silence aussitôt régna, et tout le monde baissa les yeux à l’exception de Loiseau, qui la guettait d’un air émoustillé.

Mais bientôt la conversation reprit entre les trois dames, que la présence de cette fille avait rendues subitement amies, presque intimes. Elles devaient faire, leur semblait-il, comme un faisceau de leurs dignités d’épouses en face de cette vendue sans vergogne ; car l’amour légal le prend toujours de haut avec son libre confrère.

Les trois hommes aussi, rapprochés par un instinct de conservateurs à l’aspect de Cornudet, parlaient argent d’un certain ton dédaigneux pour les pauvres. Le comte Hubert disait les dégâts que lui avaient fait subir les Prussiens, les pertes qui résulteraient du bétail volé et des récoltes perdues, avec une assurance de grand seigneur dix fois millionnaire que ces ravages gêneraient à peine une année. M. Carré-Lamadon, fort éprouvé dans l’industrie cotonnière, avait eu soin d’envoyer six cent mille francs en Angleterre, une poire pour la soif qu’il se ménageait à toute occasion. Quant à Loiseau, il s’était arrangé pour vendre à l’Intendance française tous les vins communs qui lui restaient en cave, de sorte que l’État lui devait une somme formidable qu’il comptait bien toucher au Havre.

Et tous les trois se jetaient des coups d’œil rapides et amicaux. Bien que de conditions différentes, ils se sentaient frères par l’argent, de la grande franc-maçonnerie de ceux qui possèdent, qui font sonner de l’or en mettant la main dans la poche de leur culotte.

La voiture allait si lentement qu’à dix heures du matin on n’avait pas fait quatre lieues. Les hommes descendirent trois fois pour monter des côtes à pied. On commençait a s’inquiéter, car on devait déjeuner à Tôtes et l’on désespérait maintenant d’y parvenir avant la nuit. Chacun guettait pour apercevoir un cabaret sur la route, quand la diligence sombra dans un amoncellement de neige et il fallut deux heures pour la dégager.

L’appétit grandissait, troublait les esprits ; et aucune gargote, aucun marchand de vin ne se montraient, l’approche des Prussiens et le passage des troupes françaises affamées ayant effrayé toutes les industries.

Les messieurs coururent aux provisions dans les fermes au bord du chemin, mais ils n’y trouvèrent pas même de pain, car le paysan défiant cachait ses réserves dans la crainte d’être pillé par les soldats qui, n’ayant rien à se mettre sous la dent, prenaient par force ce qu’ils découvraient.

Vers une heure de l’après-midi, Loiseau annonça que décidément il se sentait un rude creux dans l’estomac. Tout le monde souffrait comme lui depuis longtemps ; et le violent besoin de manger, augmentant toujours, avait tué les conversations.

De temps en temps, quelqu’un bâillait ; un autre presque aussitôt l’imitait ; et chacun, à tour de rôle, suivant son caractère, son savoir-vivre et sa position sociale, ouvrait la bouche avec fracas ou modestement en portant vite sa main devant le trou béant d’où sortait une vapeur.

Boule de Suif, à plusieurs reprises, se pencha comme si elle cherchait quelque chose sous ses jupons. Elle hésitait une seconde, regardait ses voisins, puis se redressait tranquillement. Les figures étaient pâles et crispées. Loiseau affirma qu’il payerait mille francs un jambonneau. Sa femme fit un geste comme pour protester ; puis elle se calma. Elle souffrait toujours en entendant parler d’argent gaspillé, et ne comprenait même pas les plaisanteries sur ce sujet. « Le fait est que je ne me sens pas bien, dit le comte, comment n’ai-je pas songé à apporter des provisions ? » — Chacun se faisait le même reproche.

Cependant, Cornudet avait une gourde pleine de rhum ; il en offrit ; on refusa froidement. Loiseau seul en accepta deux gouttes, et, lorsqu’il rendit la gourde, il remercia : « C’est bon tout de même, ça réchauffe, et ça trompe l’appétit. » — L’alcool le mit en belle humeur et il proposa de faire comme sur le petit navire de la chanson : de manger le plus gras des voyageurs. Cette allusion indirecte à Boule de Suif choqua les gens bien élevés. On ne répondit pas ; Cornudet seul eut un sourire. Les deux bonnes sœurs avaient cessé de marmotter leur rosaire, et, les mains enfoncées dans leurs grandes manches, elles se tenaient immobiles, baissant obstinément les yeux, offrant sans doute au Ciel la souffrance qu’il leur envoyait.

Enfin, à trois heures, comme on se trouvait au milieu d’une plaine interminable, sans un seul village en vue, Boule de Suif se baissant vivement, retira de sous la banquette un large panier couvert d’une serviette blanche.

Elle en sortit d’abord une petite assiette de faïence, une fine timbale en argent, puis une vaste terrine dans laquelle deux poulets entiers, tout découpés, avaient confi sous leur gelée ; et l’on apercevait encore dans le panier d’autres bonnes choses enveloppées, des pâtés, des fruits, des friandises, les provisions préparées pour un voyage de trois jours, afin de ne point toucher à la cuisine des auberges. Quatre goulots de bouteilles passaient entre les paquets de nourriture. Elle prit une aile de poulet et, délicatement, se mit à la manger avec un de ces petits pains qu’on appelle « Régence » en Normandie.

Tous les regards étaient tendus vers elle. Puis l’odeur se répandit, élargissant les narines, faisant venir aux bouches une salive abondante avec une contraction douloureuse de la mâchoire sous les oreilles. Le mépris des dames pour cette fille devenait féroce, comme une envie de la tuer ou de la jeter en bas de la voiture, dans la neige, elle, sa timbale, son panier et ses provisions.

Mais Loiseau dévorait des yeux la terrine de poulet. Il dit : « À la bonne heure, madame a eu plus de précaution que nous. Il y a des personnes qui savent toujours penser à tout. » Elle leva la tête vers lui : « Si vous en désirez, monsieur ? C’est dur de jeûner depuis le matin. » Il salua : « Ma foi, franchement, je ne refuse pas, je n’en peux plus. À la guerre comme à la guerre, n’est-ce pas, madame ? » Et, jetant un regard circulaire, il ajouta : «  Dans des moments comme celui-ci, on est bien aise de trouver des gens qui vous obligent. » — Il avait un journal qu’il étendit pour ne point tacher son pantalon, et sur la pointe d’un couteau toujours logé dans sa poche, il enleva une cuisse toute vernie de gelée, la dépeça des dents, puis la mâcha avec une satisfaction si évidente qu’il y eut dans la voiture un grand soupir de détresse.

Mais Boule de Suif, d’une voix humble et douce, proposa aux bonnes sœurs de partager sa collation. Elles acceptèrent toutes les deux instantanément, et, sans lever les yeux, se mirent à manger très vite après avoir balbutié des remerciements. Cornudet ne refusa pas non plus les offres de sa voisine, et l’on forma avec les religieuses une sorte de table en développant des journaux sur les genoux.

Les bouches s’ouvraient et se fermaient sans cesse, avalaient, mastiquaient, engloutissaient férocement. Loiseau, dans son coin, travaillait dur, et, à voix basse, il engageait sa femme a l’imiter. Elle résista longtemps, puis, après une crispation qui lui parcourut les entrailles, elle céda. Alors son mari, arrondissant sa phrase, demanda à leur « charmante compagne » si elle lui permettait d’offrir un petit morceau à Mme Loiseau. Elle dit : « Mais oui, certainement, monsieur, » avec un sourire aimable, et tendit la terrine.

Un embarras se produisit lorsqu’on eût débouché la première bouteille de bordeaux : il n’y avait qu’une timbale. On se la passa après l’avoir essuyée. Cornudet seul, par galanterie sans doute, posa ses lèvres à la place humide encore des lèvres de sa voisine.

Alors, entourés de gens qui mangeaient, suffoqués par les émanations des nourritures, le comte et la comtesse de Bréville, ainsi que M. et Mme Carré-Lamadon souffrirent ce supplice odieux qui a gardé le nom de Tantale. Tout d’un coup la jeune femme du manufacturier poussa un soupir qui fit retourner les têtes ; elle était aussi blanche que la neige du dehors ; ses yeux se fermèrent, son front tomba : elle avait perdu connaissance. Son mari, affolé, implorait le secours de tout le monde. Chacun perdait l’esprit, quand la plus âgée des bonnes sœurs, soutenant la tête de la malade, glissa entre ses lèvres la timbale de Boule de Suif et lui fit avaler quelques gouttes de vin. La jolie dame remua, ouvrit les yeux, sourit et déclara d’une voix mourante qu’elle se sentait fort bien maintenant. Mais, afin que cela ne se renouvelât plus, la religieuse la contraignit à boire un plein verre de bordeaux, et elle ajouta : — « C’est la faim, pas autre chose. »

Alors Boule de Suif, rougissante et embarrassée, balbutia en regardant les quatre voyageurs restés à jeun : « Mon Dieu, si j’osais offrir à ces messieurs et à ces dames… » Elle se tut, craignant un outrage. Loiseau prit la parole : « Eh, parbleu, dans des cas pareils tout le monde est frère et doit s’aider. Allons, mesdames, pas de cérémonie, acceptez, que diable ! Savons-nous si nous trouverons seulement une maison où passer la nuit ? Du train dont nous allons nous ne serons pas à Tôtes avant demain midi. » — On hésitait, personne n’osant assumer la responsabilité du « oui ».

Mais le comte trancha la question. Il se tourna vers la grosse fille intimidée, et, prenant son grand air de gentilhomme, il lui dit : « Nous acceptons avec reconnaissance, madame. »

Le premier pas seul coûtait. Une fois le Rubicon passé, on s’en donna carrément. Le panier fut vidé. Il contenait encore un pâté de foie gras, un pâté de mauviettes, un morceau de langue fumée, des poires de Crassane, un pavé de Pont-l’Évêque, des petits-fours et une tasse pleine de cornichons et d’oignons au vinaigre, Boule de Suif, comme toutes les femmes, adorant les crudités.

On ne pouvait manger les provisions de cette fille sans lui parler. Donc on causa, avec réserve d’abord, puis, comme elle se tenait fort bien, on s’abandonna davantage. Mmes de Bréville et Carré-Lamadon, qui avaient un grand savoir-vivre, se firent gracieuses avec délicatesse. La comtesse surtout montra cette condescendance aimable des très nobles dames qu’aucun contact ne peut salir, et fut charmante. Mais la forte Mme Loiseau, qui avait une âme de gendarme, resta revêche, parlant peu et mangeant beaucoup.[...]

 

...........................

Mais bientôt vint l'ingratitude, l'ignoble ingratitude... (Précision de mamiehiou)

 N.B. Vocabulaire

Passer le Rubicon, franchir le Rubicon,

lire la note du texte des Délires : 138 

 

  Lire le texte intégral sur Wikisource :  

Boule de suif

 

.................................................................................

FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES (titres des textes)

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.................................................................................

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 12:47

 

 

 

  QUIZ 1  

 

Questions

Réponses

1 Tu as deux mains. L'une est la main droite.

Comment s'appelle l'autre main ?

On donne la réponse après chaque question. L'enfant pourra s'en servir pour répondre à la question suivante. 

On lui fait montrer sa main droite et sa main gauche.

 

Voir les réponses ci-dessous

2 Combien de doigts as-tu à chaque main ?

 

On compte avec lui en montrant chaque doigt, un deux trois quatre cinq. 

3 Si tu caches ton pouce de la main droite, combien te reste-t-il de doigts à cette main ?

On compte les doigts avec lui.

4 Combien d'orteils as-tu à chaque pied ?

On compte avec lui s'il ne peut pas compter seul et on lui fait répéter. 

5 Dessines-tu avec une main ou un pied ?

 

6 Peux-tu dire si tu dessines avec la main droite ou avec ta main gauche ?

 

7 Sais-tu que le soleil est une étoile ?

 

8 Sais-tu que la terre est une planète ?

 

9 La terre et le soleil ont la même forme. Ils ont la forme d'un ballon ou d'une orange. Ils sont ...

 

10 Sais-tu si c'est la terre qui tourne autour du soleil ou le soleil qui tourne autour de la terre ?

 

Ton papa (ou ta maman) peut prendre une orange qui représente le soleil et une toute petite boulette de pain qui représente la terre et il fera tourner la boulette autour de l'orange. Il expliquera que tout cela se passe dans l'espace, le ciel. Et tu adoreras ça.

 

 

Questions + Réponses

 

Questions

Réponses

1 point par réponse juste

1 Tu as deux mains. L'une est la main droite.

Comment s'appelle l'autre main ?

La main gauche

On lui fait montrer sa main droite et sa main gauche.

 


  

2 Combien de doigts as-tu à chaque main ?

 

Cinq

On compte avec lui en montrant chaque doigt, un deux trois quatre cinq.

3 Si tu caches ton pouce de la main droite, combien te reste-t-il de doigts à cette main ?

Quatre

un deux trois quatre

on compte les doigts avec lui.

4 Combien d'orteils as-tu à chaque pied ?

cinq

5 Dessines-tu avec une main ou un pied ?

Avec une main

6 Peux-tu dire si tu dessines avec la main droite ou avec ta main gauche ?

Avec la main ...

7 Sais-tu que le soleil est une étoile ?

oui

8 Sais-tu que la terre est une planète ?

oui

9 La terre et le soleil ont la même forme. Ils ont la forme d'un ballon ou d'une orange. Ils sont ...

Ils sont ronds

10 Sais-tu si c'est la terre qui tourne autour du soleil ou le soleil qui tourne autour de la terre ?

 

C'est la terre qui tourne autour du soleil.

Ton papa (ou ta maman) peut prendre une orange qui représente le soleil et une toute petite boulette de pain qui représente la terre et il fera tourner la boulette autour de l'orange. Il expliquera que tout cela se passe dans l'espace, le ciel. Et tu adoreras ça.

 

 

Score

Tu as répondu à 3 questions, c'est bien.

Tu as répondu à 6 questions, c'est très bien.

Tu as répondu à toutes les questions, tu es un petit garçon ou une petite fille qui sait beaucoup beaucoup de choses !

Tu n'as pas su répondre aux questions, ce n'est pas grave, tu pourras refaire ce quiz plus tard et tu répondras à beaucoup de questions.

 

 

Si ta maman ou ton papa veulent que tu réussisses à l'école et ailleurs, ils doivent te parler et te faire parler, ils doivent te faire raconter tes activités, ce que tu as fait en promenade, à l'école, chez ta grand-mère et ton grand-père, chez tes amis, etc.

Et qu'ils n'oublient pas de te lire ou de te raconter des histoires pour développer ton imagination !

 

J'espère que ce petit quiz a réussi à te faire t'exprimer !

 

..................................................................................

 

 

 

QUIZ 2

 

 

11 Comment sais-tu quand il y a du vent dehors ?

 Voir quelques propositions de réponses ci-dessous

12 Quand tu es dans une voiture, le conducteur, ton papa ou ta maman doivent-ils s'arrêter au feu rouge ou au feu vert ?

 

13 Peux-tu dire ce que fait un pompier ? 

 

14 Peux-tu dire ce que fait un policier ?

 

15 Peux-tu dire ce que fait un médecin, un docteur ? 

 

16 Connais-tu d'autres métiers ?

 

17 Quel métier voudrais-tu faire quand tu seras grand ?

 

18 Explique pourquoi.

 

19 Quand un petit garçon grandit, il devient plus tard un homme. Que devient une petite fille quand elle grandit ?

 

20 Connais-tu d'autres jours de la semaine que le lundi et le mardi ?

 

 

 

Réponses

 

11 Comment sais-tu quand il y a du vent dehors ?

Les feuilles des arbres bougent. Je sens le vent sur ma figure. Des feuilles et des papiers s'envolent....

Il suffit d'une bonne réponse pour compter 1 point

12 Quand tu es dans une voiture, le conducteur, ton papa ou ta maman doivent-ils s'arrêter au feu rouge ou au feu vert ?

Au feu rouge

13 Peux-tu dire ce que fait un pompier ?

 

Il sauve les gens en danger.

Il transporte les gens à l'hôpital.

Il éteint les feux.

...

14 Peux-tu dire ce que fait un policier ?

Il rend service.

Il fait la circulation.

Il empêche les voleurs de voler, les gens de se battre, les conducteurs de voitures d'aller trop vite...

Il suffit d'une bonne réponse pour compter 1 point   

 

15 Peux-tu dire ce que fait un médecin, un docteur ?

 

Il soigne les gens malades, il dit le nom des médicaments qu'il faut prendre, il écoute le coeur, il regarde au fond de la bouche (la gorge)...

Il suffit d'une bonne réponse pour compter 1 point

16 Connais-tu d'autres métiers ?

...

Un ou plusieurs métiers comptent 1 point

17 Quel métier voudrais-tu faire quand tu seras grand ?

...

Un ou plusieurs métiers comptent 1 point

18 Explique pourquoi.

...

Une idée ou plusieurs idées comptent un point

19 Quand un petit garçon grandit, il devient plus tard un homme. Que devient une petite fille quand elle grandit ?

Une femme

20 Connais-tu d'autres jours de la semaine que le lundi et le mardi ?

Il suffit qu'un seul jour soit cité pour avoir 1 point.

On peut lui faire répéter tous les jours dans l'ordre

 

 

Score

Tu as répondu à 3 questions, c'est bien.

Tu as répondu à 6 questions, c'est très bien.

Tu as répondu à toutes les questions, tu es un petit garçon ou une petite fille qui sait beaucoup beaucoup de choses !

Tu n'as pas su répondre aux questions, ce n'est pas grave, tu pourras refaire ce quiz plus tard et tu répondras à beaucoup de questions.

 

 

Aux parents :

Si votre enfant aime les chansons, il peut en trouver sur la toile, des chansons bien françaises que vous avez appris peut-être dans votre enfance.

Il est temps qu'il apprenne à faire se promener la souris pour choisir les chansons qui lui sont proposées sur You Tube.

On ne le laissera jamais seul devant l'écran bien sûr, pour éviter les pièges que vous pouvez imaginer.

mes premieres chansons compère guilleri - YouTube 

 

 >>> Voir Aidez votre enfant à apprendre à parler tout en s'amusant

 

>>> Voir d'autres quiz dans la catégorie : Contes et quiz pour les petits enfants

 

 

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 10:04

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La grammaire est, après le cheval,

et à côté de l'art des jardins,

l'un des sports les plus agréables.

Alexandre Vialatte

 

 

Posez donc les questions ci-dessous à vos amis

et aux personnes de votre entourage,

et comptez les points !

Les réponses suivent l'exercice.

 

Questions

 

À vous de jouer !

1-Quel est le seul verbe qui se termine par -ER à l'infinitif sans être du 1er groupe ?

 

2-Quels sont les deux verbes qui existent au passé simple et qui ne prennent pas d'accent circonflexe à la 1re ni à la 2e personne du pluriel ?

(comme par exemple : nous courûmes et vous éclatâtes)

 

3-Quels sont les 2 verbes qui ne se terminent pas par -E -ES -E aux 3 personnes du singulier du présent du subjonctif comme le font tous les verbes (sauf défectifs) : EX. (que) je croie, (que) tu coures, (qu') il meure ?

 

4-Quels verbes ne se terminent pas par -E, -T ou -D à la 3ème personne du singulier du présent de l'indicatif comme il miaule, il remplit, il attend ? Trouvez-en 4.

 

5-Dans quels cas particuliers TOUT, adverbe invariable, varie-t-il ? Et pourquoi ?

 

6-Quel est le verbe pronominal qui n'entre dans aucun des cas suivants ? 

-pronominal réfléchi

-pronominal réciproque

-pr. subjectif/essentiellement pr.

-pronominal. de sens passif

 

7-Quels sont les adverbes qui se terminent par ûment avec l'accent circonflexe ?

 

8-Quel est l'adjectif de couleur qui, employé avec un nom ou un pronom masculin, varie presque toujours en nombre et, avec un nom ou un pronom féminin peut, soit garder sa forme, soit prendre la forme féminine mais qui n’est pas généralisée, même dans l’usage familier.

cf. le Bon Usage

 

9-Quel est l'infinitif du verbe dans ci-gît ?

 

10-Donnez les deux formes du verbe faillir à la première personne du singulier au futur et au conditionnel présent.

 

11- Les verbes du 2e groupe font leur participe présent en -ISSANT. Quel verbe du 3ème groupe fait aussi -ISSANT ?

 

12-Quel est le verbe qui est seulement employé au participe passé TISSU, le plus souvent dans les temps composés ? (langue littéraire)

 

13-On dit : "Mon père ou ma mère viendra ou viendront ?"

 

14-Vous contredisez, vous médisez, vous prédisez, vous interdisez, mais vous dites. Quel autre verbe se conjugue comme dire ?

 

15-Au passé simple on a :

Il courut, il mourut, il cousut, il voulut, il vécut, il fut, il résolut, il disparut, il absolut, il eut, il put.

Y a-t-il une ou plusieurs fautes dans cette liste ?

 

16-Je étant féminin, y a-t-il une différence de sens entre :

Je suis tout à vous

et

Je suis toute à vous ?

Si oui, laquelle ?

 

17-Quelle différence de sens voyez-vous entre :

Ils ont tout déchiré leur chemise.

Ils ont tous déchiré leur chemise.

 

18-Y a-t-il faute ou non dans les phrases :

Elles étaient tout yeux et tout oreilles.

Elles sont tout feu, tout flamme.

 

19-Transformez les groupes nominaux en caractères gras en pronoms personnels ou adverbes de lieu : Y ou EN

Exemples :

Je doute de mes capacités.

>>J'en doute.

Je pense à mes vacances.

>>J'y pense.

Je reviens de Paris.

>>J'en reviens.

À vous !

Goûte de ce gâteau.

Réfléchis à cet exercice.

Envoyez des lettresa à Parisb.

 

20-Béni ou bénit ?

Un rameau que l'on avait béni/bénit était suspendu au-dessus de son lit.

 

21-Dites si l'on peut dire ou écrire :

1-sur les deux heures

2-sur les une heure

3-sur les midis

4-sur les minuits

 

22-De ces mots commençant par Y, lesquels se lient avec les mots qui les précèdent et admettent l'élision (L') et pas la disjonction (LE, LA)

(L'  et pas LE ou LA) )

yole, yacht, yeuse, yucca, ypérite, yeux, yourte.

 

23-Il ne parle jamais sans dire de bêtises.
Il parle sans dire de bêtises.   

Où est la faute ?

 

Réponses

 

Vous avez bien réfléchi ?

Bien, alors il est temps de vous donner les explications que vous brûlez de lire.

Questions

Réponses expliquées

1-Quel est le seul verbe qui se termine par -ER à l'infinitif sans être du 1er groupe ?

Aller est du 3ème groupe.

Son radical change : je vais, nous allons, il ira.

2-Quels sont les deux verbes qui existent au passé simple et qui ne prennent pas d'accent circonflexe à la 1re ni à la 2e personne du pluriel ?

(comme par ex. : nous courûmes et vous éclatâtes)

Haïr conserve son tréma.

Nous haïmes, vous haïtes

Ouïr, archaïque est peu usité au passé simple.

Nous ouïmes, vous ouïtes

De même à la 3e personne du singulier de l'imparfait du subjonctif.
Il était impossible qu'il me haït.

3-Quels sont les 2 verbes qui ne se terminent pas par -E -ES -E aux 3 personnes du singulier du présent du subjonctif comme le font tous les verbes (sauf défectifs) ? Ex. (que) je croie, tu coures, il meure.

Être

(que) je sois, tu sois, il soit.

Avoir ne prend pas de E à la troisième personne : (qu')il ait

 

4-Quels verbes ne se terminent pas par -E, -T ou -D à la 3ème personne du singulier du présent de l'indicatif comme il miaule, il remplit, il attend ? Trouvez-en 4.

Avoir, aller, vaincre, convaincre.

Il a, il va, il vainc, il convainc.

5-Dans quels cas particuliers TOUT, adverbe invariable, varie-t-il ?

Et pourquoi ?

Tout (adverbe signifiant très, fort, tout à fait, entièrement) varie lorsqu'il précède un mot féminin commençant par une consonne ou un h aspiré, pour l'euphonie.

Elle est toute folle, elle est toute honteuse.

Devant une voyelle ou un h muet, il reste invariable :

Elle est tout émue, elle est tout habitée par son désir.

Voir h muet et h aspiré dans l'article :

La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction 

Tout peut être :

-adverbe

-déterminant (adjectif indéfini)

-ou pronom indéfini.

6-Quel est le verbe pronominal qui n'entre dans aucun des cas suivants ? 

-pr. réfléchi

-pr. réciproque

-pr. subjectif/essentiellement pr.

-pr. de sens passif

 

 

pr.= pronominal

Succéder.

On notera qu'il n'y a pas d'accord possible du participe passé (jamais de complément d'objet direct placé avant lui)

Pour en savoir + lire :

Qu'est-ce qu'un verbe pronominal (réfléchi, réciproque, subjectif...) ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux

7-Quels sont les adverbes qui se terminent par -ûment avec l'accent circonflexe ?

assidûment, continûment, goulûment, crûment, dûment, congrûment, incongrûment...

Mais on a sans accent :

éperdument, absolument, ambigument...

L'accent remplace la lettre e de l'adjectif au féminin.

Pour en savoir + sur les adverbes en -ument -ûment, voir la note du texte 141

La réforme de l'orthographe de 1990 supprime les accents. circonflexes.

8-Quel est l'adjectif de couleur qui, employé avec un nom ou un pronom masculin, varie presque toujours en nombre et, avec un nom ou un pronom féminin peut, soit garder sa forme, soit prendre la forme féminine mais qui n’est pas généralisée, même dans l’usage familier.

cf. le Bon Usage

Châtain.

Des cheveux châtains

une chevelure châtain ou châtaine

 

9-Quel est l'infinitif du verbe dans ci-gît ?

Gésir

Voir l'article :

Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !

10-Donnez les deux formes du verbe faillir à la première personne du singulier au futur et au conditionnel présent.

Futur :

Je faudrai (vieilli)

je faillirai

Conditionnel présent :

je faudrais (vieilli)

je faillirais

Les verbes défectifs

11- Les verbes du 2e groupe font leur participe présent en -ISSANT. Quel verbe du 3ème groupe fait aussi -ISSANT ?

Maudire, maudissant

12-Quel est le verbe qui est seulement employé au participe passé TISSU, le plus souvent dans les temps composés ? (langue littéraire)

Tître

sens proche : tisser.

Ma vie est tissue d'expériences douloureuses.

13-On dit :"Mon père ou ma mère viendra ou viendront ?"

viendra

Quand la conjonction de coordination OU coordonne deux termes qui s'excluent l'un l'autre, le verbe porte la marque du singulier.

Voir l'article :

Les homophones ou où hou ouh houx août houe / Ton père ou ta mère viendra ou viendront ?

14-Vous contredisez, vous médisez, vous prédisez, vous interdisez, mais vous dites. Quel autre verbe se conjugue comme dire ?

Redire, vous redites.

Voir §80 de l'article :

La conjugaison des verbes

 

15-Au passé simple on a :

Il courut, il mourut, il cousut, il voulut, il vécut, il fut, il résolut, il disparut, il absolut, il eut, il put.

Y a-t-il une ou plusieurs fautes dans cette liste ?

Il cousit, pas il cousut.

 

Le verbe absoudre, n'apparaît ni au passé simple, ni au subjonctif imparfait dans de nombreux dictionnaires.

On le trouve dans Larousse.

 Littré écrit :

"J'absolus et j'absolusse sont peu usités ; mais on ne doit pas les exclure de l'usage, puisqu'on dit je résolus et je résolusse"

16-Je étant féminin, y a-t-il une différence de sens entre :

Je suis tout à vous

et

Je suis toute à vous ?

Laquelle ?

Je suis tout à vous, je suis à votre disposition, je m'occupe de vous.

Je suis toute à vous, je vous aime.

17-Quelle différence de sens voyez-vous entre :

Ils ont tout déchiré leur chemise.

Ils ont tous déchiré leur chemise.

Ils ont tout1 déchiré leur chemise = ils ont déchiré leurs chemises de partout. (style familier)

Il ont tous2 déchiré leur chemises = Tous2 ont déchiré leur chemise.

 

1-adverbe

2-pronom indéfini

18-Y a-t-il faute ou non dans les phrases :

Elles étaient tout yeux et tout oreilles.

Elles sont tout feu, tout flamme.

 

Pas de fautes.

tout yeux et tout oreilles   

tout feu, tout flamme 

expressions consacrées, tout adverbe est invariable.

19-Transformez les groupes nominaux en caractères gras en pronoms personnels ou adverbes de lieu : Y ou EN

Exemples :

Je doute de mes capacités.

>>J'en doute.

Je pense à mes vacances.

>>J'y pense.

Je reviens de Paris.

>>J'en reviens.

À vous !

Goûte de ce gâteau.

Réfléchis à cet exercice.

Envoyez des lettresa à Parisb.

Goûtes-en1

Réfléchis-y

Envoyez-y-en2

 

1-Goûte de ce gâteau - Goûtes-en à l'impératif affirmatif, goûte prend un s par euphonie (pour que ce soit plus agréable à entendre).

L'impératif négatif est N'en goûte pas.

Goûtes-y = Goûte à ce gâteau

Y suppose la préposition À

EN la préposition DE

 

2-Envoyez-y-en

En fait, même si Littré signale cette forme comme correcte, on ne parle ni n'écrit plus comme cela. Y+EN n'est plus usité.

20-Béni ou bénit ?

Un rameau que l'on avait béni/bénit était suspendu au-dessus de son lit.

Un rameau que l'on avait béni.

C'est un rameau bénit avec de l'eau bénite.

Béni est le participe passé de bénir.

Béni a un doublet bénit, qui s’emploie comme adjectif (épithète ou attribut) et qui se dit de choses consacrées par une bénédiction rituelle.

C'est pain bénit !

Expression : C'est une aubaine !

21-Dites si l'on peut dire ou écrire :

1-sur les deux heures

2-sur les une heure

3-sur les midis

4-sur les minuits

Le 1 et le 2 sont acceptés, mais on écrit

3-sur les midi

4-sur les minuit

Littré condamne sur les midis.

Il donne sur les une heure comme familier et abusif.

22-De ces mots commençant par Y, lesquels se lient avec les mots qui les précèdent et admettent l'élision (L') au singulier et pas la disjonction (LE, LA)

( Exemples : L'  et pas LE ou LA au singulier - et liaison) 

yole, yacht, yeuse, yucca, ypérite, yeux, yourte.

Le Y en début de mot.

Il ne se lie pas avec le mot précédent dans la plupart des cas, il y a donc disjonction (pas d'élision, pas de liaison) 

la yole, le yacht, les vénéneux yuccas (et pas z-yuccas)

Exceptions : 

les yeux (liaison z-yeux, d'où zyeuter ou zieuter), l'yeuse (chêne vert), l'ypérite (gaz moutarde qui servit d'arme de guerre).

 

 

23-Il parle sans dire de bêtises.

Il ne parle jamais sans dire de bêtises.

Où est la faute ?

Il parle sans dire de bêtises = Il ne dit pas de bêtises.

 Il ne parle jamais sans dire des bêtises. = Il dit des bêtises.

Après SANS on rétablit l'article indéfini complet (des) quand le verbe est à la forme négative.

Qu'est-ce qu'un partitif ? Ne pas confondre la préposition DE - l'article indéfini DES, DE - et l'article partitif DE, DU, DES

 

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Nous interroger sur notre belle langue est une source de délectation sans fin.

J'espère que cet exercice vous a plu. Je l'ai concocté pour votre plaisir, lecteur internaute que je connais ou que je ne connais pas et qui, j'ose l'espérer, aimez naviguer sur mon blog. Dans ce cas, j'en suis fort contente.

Votre grammaticalement dévouée,

mamiehiou

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 10:05

 

 

                                                                                                         

Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

                                                                                                         

 

 -11- 

 

Un coeur simple

 

Gustave Flaubert (1821 – 1880)

 

 

Chapitre IV

Le perroquet de Félicité

 

Il s’appelait Loulou. Son corps était vert, le bout de ses ailes rose, son front bleu et sa gorge dorée.

Mais il avait la fatigante manie de mordre son bâton, s’arrachait les plumes, éparpillait ses ordures, répandait l’eau de sa baignoire ; Mme Aubain, qu’il ennuyait, le donna pour toujours à Félicité.

Elle entreprit de l’instruire ; bientôt il répéta : « Charmant garçon ! Serviteur, monsieur ! Je vous salue, Marie ! » Il était placé auprès de la porte, et plusieurs s’étonnaient qu’il ne répondît pas au nom de Jacquot, puisque tous les perroquets s’appellent Jacquot. On le comparait à une dinde, à une bûche : autant de coups de poignard pour Félicité ! Étrange obstination de Loulou, ne parlant plus du moment qu’on le regardait !

Néanmoins il recherchait la compagnie ; car le dimanche, pendant que ces demoiselles Rochefeuille, M. de Houppeville et de nouveaux habitués : Onfroy l’apothicaire, M. Varin et le capitaine Mathieu, faisaient leur partie de cartes, il cognait les vitres avec ses ailes, et se démenait si furieusement qu’il était impossible de s’entendre.

La figure de Bourais, sans doute, lui paraissait très drôle. Dès qu’il l’apercevait, il commençait à rire, à rire de toutes ses forces. Les éclats de sa voix bondissaient dans la cour, l’écho les répétait, les voisins se mettaient à leurs fenêtres, riaient aussi ; et, pour n’être pas vu du perroquet, M. Bourais se coulait le long du mur, en dissimulant son profil avec son chapeau, atteignait la rivière puis entrait par la porte du jardin ; et les regards qu’il envoyait à l’oiseau manquaient de tendresse.

Loulou avait reçu du garçon boucher une chiquenaude, s’étant permis d’enfoncer la tête dans sa corbeille ; et depuis lors il tâchait toujours de le pincer à travers sa chemise. Fabu menaçait de lui tordre le col, bien qu’il ne fût pas cruel, malgré le tatouage de ses bras, et ses gros favoris. Au contraire ! il avait plutôt du penchant pour le perroquet, jusqu’à vouloir, par humeur joviale, lui apprendre des jurons. Félicité, que ces manières effrayaient, le plaça dans la cuisine. Sa chaînette fut retirée, et il circulait dans la maison.

Quand il descendait l’escalier, il appuyait sur les marches la courbe de son bec, levait la patte droite, puis la gauche ; et elle avait peur qu’une telle gymnastique ne lui causât des étourdissements. Il devint malade, ne pouvait plus parler ni manger. C’était sous sa langue une épaisseur, comme en ont les poules quelquefois. Elle le guérit, en arrachant cette pellicule avec ses ongles. M. Paul un jour, eut l’imprudence de lui souffler aux narines la fumée d’un cigare ; une autre fois que Mme Lormeau l’agaçait du bout de son ombrelle, il en happa la virole ; enfin, il se perdit.

Elle l’avait posé sur l’herbe pour le rafraîchir, s’absenta une minute ; et, quand elle revint, plus de perroquet ! D’abord, elle le chercha dans les buissons, au bord de l’eau et sur les toits, sans écouter sa maîtresse qui lui criait :

Prenez donc garde ! vous êtes folle !

Ensuite, elle inspecta tous les jardins de Pont-l’Évêque ; et elle arrêtait les passants.

Vous n’auriez pas vu, quelquefois, par, hasard, mon perroquet ?

À ceux qui ne connaissaient pas le perroquet, elle en faisait la description. Tout à coup, elle crut distinguer derrière les moulins, au bas de la côte, une chose verte qui voltigeait. Mais au haut de la côte, rien ! Un porte-balle lui affirma qu’il l’avait rencontré tout à l’heure à Saint-Melaine, dans la boutique de la mère Simon. Elle y courut. On ne savait pas ce qu’elle voulait dire. Enfin elle rentra épuisée, les savates en lambeaux, la mort dans l’âme ; et, assise au milieu du banc, près de Madame, elle racontait toutes ses démarches, quand un poids léger lui tomba sur l’épaule, Loulou ! Que diable avait-il fait ? Peut-être qu’il s’était promené aux environs ?

Elle eut du mal à s’en remettre, ou plutôt ne s’en remit jamais.

Par suite d’un refroidissement, il lui vint une angine ; peu de temps après, un mal d’oreilles. Trois ans plus tard, elle était sourde ; et elle parlait très haut, même à l’église. Bien que ses péchés auraient pu sans déshonneur pour elle, ni inconvénient pour le monde, se répandre à tous les coins du diocèse, M. le Curé jugea convenable de ne plus recevoir sa confession que dans la sacristie.

Des bourdonnements illusoires achevaient de la troubler. Souvent, sa maîtresse lui disait :

Mon Dieu ! comme vous êtes bête !

Elle répliquait

Oui, Madame, en cherchant quelque chose autour d’elle.

Le petit cercle de ses idées se rétrécit encore, et le carillon des cloches, le mugissement des bœufs n’existaient plus ! Tous les êtres fonctionnaient avec le silence des fantômes. Un seul bruit arrivait maintenant à ses oreilles, la voix du perroquet.

Comme pour la distraire, il reproduisait le tic-tac du tournebroche, l’appel aigu d’un vendeur de poisson, la scie du menuisier qui logeait en face ; et, aux coups de la sonnette, imitait Mme Aubain.

Félicité ! la porte, la porte !

Ils avaient des dialogues, lui, débitant à satiété les trois phrases de son répertoire, et elle, y répondant par des mots sans plus de suite, mais où son cœur s’épanchait. Loulou, dans son isolement était presque un fils, un amoureux. Il escaladait ses doigts, mordillait ses lèvres, se cramponnait à son fichu ; et, comme elle penchait son front en branlant la tête à la manière des nourrices, les grandes ailes du bonnet et les ailes de l’oiseau frémissaient ensemble.

Quand des nuages s’amoncelaient et que le tonnerre grondait, il poussait des cris, se rappelant peut-être les ondées de ses forêts natales. Le ruissellement de l’eau que crachaient les gouttières, excitait son délire ; il voletait éperdu, montait au plafond, renversait tout, et par la fenêtre allait barboter dans le jardin ; mais revenait vite sur un des chenets, et, sautillant pour sécher ses plumes, montrait tantôt sa queue, tantôt son bec.

Un matin du terrible hiver de 1837, qu’elle l’avait mis devant la cheminée, à cause du froid, elle le trouva mort au milieu de sa cage, la tête en bas, et les ongles dans les fils de fer. Une congestion l’avait tué, sans doute. Elle crut à un empoisonnement par le persil ; et, malgré l’absence de toute preuve, ses soupçons portèrent sur Fabu.

Elle pleura tellement que sa maîtresse lui dit :

Eh bien ! faites-le empailler !

Alors elle demanda conseil au pharmacien qui avait toujours été bon pour le perroquet.

[...]

 

Lire le texte complet sur Wikisource :  

>> Un cœur simple 

 

 Voir d'autres textes dans : 

>> Florilège - la pensée des autres 

 

À connaître : "Le Perroquet de Flaubert" de Julian Barnes, écrivain anglais francophile et flaubertien.

Paru en Janvier 2000

 

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FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES (titres des textes)

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 17:55

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Récapitulation des petites histoires à trous avec tous les épisodes des Trois copines

 

Avant de faire l'exercice, vous pouvez lire l'article :

Homophones/paronymes : Savoir reconnaitre l'ai l'aie l'aies l'ait l'aient l'es l'est l'ais les lait laie lai lais lé lez lei laid

 

QUIZ 40

  Maggy, Josée et la petite Philo (3)

Dans le petit bois de Parcimoneilles

 

Maggy-Hou ! Hou ! Josée ! l

Josée-Bonjour Maggy ! Je te remercie pour ton invitation. Bien que je ne ..... reçue que ce matin, je suis là. C'était court.

Maggy-Tu l'as vu mon cabriolet ? Je ..... eu pour mon anniversaire. Il n'est pas ....., hein ? Il est top ?

Josée-Oh oui, il ......

Maggy-Je te ..... écrit et je ne t'ai pas menti. Toujours avec ton teuf-teuf à ce que je vois ?

Josée- Si ..... et si poussif qu'il soit, il me rend bien des services.

Maggy-Il faudrait que tu ..... remplacé avant qu'il ne tombe en panne.

Josée-Mais je ne .....pas depuis longtemps et je ne ..... pas encore payé entièrement !

Maggy-Et Philo, cette grosse ....., ou cette grosse truie si tu veux, elle n'est pas avec toi ?

Josée-Oh, tu es dure ! Comment tu l'appelles ! Elle n'est pas si grosse !

Maggy-Oh si, elle ...... Comment se fait-il que tu ne ..... pas vue en short cet été ?

Josée-Mais je ..... vue. Elle est mignonne, et gentille.

Maggy-Ah ! La voilà ! Salut Philo !

Philo- J'étais allée chercher des pains au ...... Comment allez-vous ..... filles ?

Maggy-On disait que tu étais une copine super.

Philo-C'est vrai ?

Josée-Oh oui, tu ....., Philo.

Maggy-On t'aime Philo. Je ..... dit à Josée.

Philo-Je suis contente que tu ..... dit, Maggy.

Maggy-Et que je ..... pensé aussi.

Philo-Vous avez une idée où on va maintenant ?

Maggy-En route ! On retourne au petit bois de Parcimoneilles-.....-Sainté. On parcourra ..... ..... sans se perdre cette fois.

Josée-Tu veux dire ..... sentiers, Maggy. On est loin de ..... connaître tous.

Maggy-Tu as ton herbier, Philo ?

Philo-Oui, je ......

Josée-Il est superbe, Maggy, tu verras. 

Maggy-Je devine qu'il ......

Philo-On cueillera des végétaux de toutes sortes et je ..... classerai.

Maggy-Bien que je ne ..... jamais fait, je suppose que ce doit être excitant de confectionner un herbier. Toute cette flore morte à manipuler, ces odeurs à supporter ! Pouah!

Josée-Maggy !

Philo-Ne roule pas si vite Maggy ! ..... virages sont dangereux.

Maggy-Je ..... vois à peine ! Si tu veux savoir, je ..... rodée hier ma Mercédès.

Josée-Hier seulement ? Bien que tu ..... en main, comme tu le dis, fais attention, tu roules sur l'accotement, il ne semble pas stabilisé.

Maggy-Mais si, il ..... ! Tu es bien froussarde.

Josée-On s'arrête là.

Elles descendent de voiture.

Philo-Regarde le bûcheron, qu'est-ce qu'il fait ?

Josée-Il ..... ..... arbres pour marquer s'il seront abattus ou non.

Philo (elle chante) -Promenons-vous dans ..... bois, pendant que le loup n'y est pas.

Maggy (elle chuchote à Josée) -Et si on la perdait pour qu'elle ..... mauvaise, cette pauvre Philo ?

Josée-Comme c'est ....., ce que tu dis !

Maggy-Elle m'écorche ..... oreilles.

(Soudain)

Philo-Aaah !

Josée-Mon Dieu, elle est tombée au fond d'un trou ! Tends-lui la main Maggy !

Maggy-Ça y est, je ...... (Plouf !) Je ..... échappée.

Philo-À l'aide !

Josée-Tends les bras, Philo ! (tout bas) Il faut que je ..... et que je la tienne fermement. — Je ne te lâcherai pas Philo ! Accroche-toi !

Philo-Enfin sauvée ! Merci Josée !

Maggy-Tu m'as échappé sans que je ..... voulu. Tu es si lourde ! Comme tu es dégoûtante ma pauvre Philo !

Philo-Ouh ! Ouh ! Rentrons !

Maggy-Dommage pour .... pains au ..... !

 

Correction  

Maggy-Hou ! Hou ! Josée !

Josée-Bonjour Maggy ! Je te remercie pour ton invitation. Bien que je ne l'aie reçue que ce matin, je suis là. C'était court.

Maggy-Tu l'as vu mon cabriolet ? Je l'ai eu pour mon anniversaire. Il n'est pas laid, hein ? Il est top ?

Josée-Oh oui, il l'est.

Maggy-Je te l'ai écrit et je ne t'ai pas menti. Toujours avec ton teuf-teuf à ce que je vois ?

Josée- Si laid et si poussif qu'il soit, il me rend bien des services.

Maggy-Il faudrait que tu l'aies remplacé avant qu'il ne tombe en panne.

Josée-Mais je ne l'ai pas depuis longtemps et je ne l'ai pas encore payé entièrement.

Maggy-Et Philo, cette grosse laie, elle n'est pas avec toi ?

Josée-Oh, tu es dure ! Comment tu l'appelles ! Elle n'est pas si grosse !

Maggy-Oh si, elle l'est. Comment se fait-il que tu ne l'aies pas vue en short cet été ?

Josée-Mais je l'ai vue. Elle est mignonne, et gentille.

Maggy-Ah ! La voilà ! Salut Philo !

Philo- J'étais allée chercher des pains au lait. Comment allez-vous les filles ?

Maggy-On disait que tu étais une copine super.

Philo-C'est vrai ?

Josée-Oh oui, tu l'es, Philo.

Maggy-On t'aime Philo. Je l'ai dit à Josée.

Philo-Je suis contente que tu l'aies dit, Maggy.

Maggy-Et que je l'aie pensé aussi.

Philo-Vous avez une idée où on va maintenant ?

Maggy-En route ! On retourne au petit bois de Parcimoneilles-lez-Sainté. On parcourra les laies sans se perdre cette fois.

Josée-Tu veux dire les sentiers, Maggy. On est loin de les connaître tous.

Maggy-Tu as ton herbier, Philo ?

Philo-Oui, je l'ai.

Josée-Il est superbe, Maggy, tu verras.

Maggy-Je devine qu'il l'est.

Philo-On cueillera des végétaux de toutes sortes et je les classerai.

Maggy-Bien que je ne l'aie jamais fait, je suppose que ce doit être excitant de confectionner un herbier. Toute cette flore morte à manipuler, ces odeurs à supporter ! Pouah !

Josée-Maggy !

Philo-Ne roule pas si vite Maggy ! Les virages sont dangereux.

Maggy-Je les vois à peine ! Si tu veux savoir, je l'ai rodée hier ma Mercédès.

Josée-Hier seulement ? Bien que tu l'aies en main, comme tu le dis, fais attention, tu roules sur l'accotement, il ne semble pas stabilisé.

Maggy-Mais si, il l'est ! Tu es bien froussarde.

Josée-On s'arrête là.

Elles descendent de voiture.

Philo-Regarde le bûcheron, qu'est-ce qu'il fait ?

Josée-Il laie les arbres pour marquer s'il seront abattus ou non.

Philo (elle chante)-Promenons-vous dans les bois, pendant que le loup n'y est pas. 

Maggy (elle chuchote à Josée) -Et si on la perdait pour qu'elle l'aie mauvaise, cette pauvre Philo ?

Josée-Comme c'est laid, ce que tu dis !

Maggy-Elle m'écorche les oreilles.

(Soudain)

Philo-Aaah !

Josée-Mon Dieu, elle est tombée au fond d'un trou ! Tends-lui la main Maggy !

Maggy-Ça y est, je l'ai. Plouf ! Je l'ai échappée.

Philo-À l'aide !

Josée-Tends les bras, Philo ! (tout bas) Il faut que je l'aie et que je la tienne fermement. — Je ne te lâcherai pas Philo ! Accroche-toi !

Philo-Enfin sauvée ! Merci Josée !

Maggy-Tu m'as échappé sans que je l'aie voulu. Tu es si lourde ! Comme tu es dégoûtante ma pauvre Philo !

Philo-Ouh ! Ouh ! Rentrons !

Maggy-Dommage pour les pains au lait ! 

 

Cas où l'on a le subjonctif :

 

Bien que je ne l'aie reçue que ce matin, je suis là.

La locution conjonctive de concession bien que est suivie du subjonctif. Voir l'article Bien que

 

Il faudrait que tu l'aies remplacé avant qu'il ne tombe en panne.

Subjonctif après Il faut que.

 

Comment se fait-il que tu ne l'aies pas vue en short cet été ?

Le subjonctif est dans une subordonnée introduite par la conjonction de subordination que, la proposition principale est interrogative.

On pourrait aussi avoir l'indicatif :

Comment se fait-il que tu ne l'as pas vue en short cet été ?

 

Je suis contente que tu l'aies dit, Maggy.

Le subjonctif dans la subordonnée dépend d'une principale où s'exprime un sentiment : je suis contente.

 

Et que je l'aie pensé aussi.

Cette subordonnée coordonnée à la précédente suit la même règle.

 

Bien que je ne l'aie jamais fait, ça doit être excitant de confectionner un herbier.

Bien que tu l'aies en main, comme tu le dis, fais attention, tu roules sur l'accotement

Les deux propositions subordonnées sont introduites par bien que qui est toujours suivi du subjonctif.

 

Si on la perdait pour qu'elle l'aie mauvaise, Josée ?

La subordonnée de but est introduite par la locution conjonctive pour que qui est toujours suivie du subjonctif.

Voir l'article Pour que, pour... que

 

Il faut que je l'aie et que je la tienne fermement.

Il faut que est suivi du subjonctif

 

Tu m'as échappé sans que je l'aie voulu.

La locution conjonctive sans que est toujours suivie du subjonctif.

Voir l'article Sans que

 

Lire aussi Valeurs et emplois du subjonctif

et La clef des modes - Indicatif, subjonctif ou conditionnel, lequel choisir ?  

 

  Retrouvez Maggy, Josée et la petite Philo dans :

>> Récapitulation des petites histoires à trous

 

Récapitulation de tous les exercices à trous

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

Orthographe grammaire pour les hésitants

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 17:51

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1- l'ai, l'aie, l'aies, l'ait, l'aient

ai, aie, aies, ait, aient précédés du pronom personnel élidé LE (l')

Verbe avoir ou auxiliaire avoir

 

Reprise en partie de l'article : Les homophones/ paronymes et es est ai aie aies ait aient eh hé hais hait haie ais ès Paragraphe 1 :

 

1 ai, aie, aies, ait, aient

Ce sont des formes du verbe et de l'auxiliaire avoir.

Pour savoir distinguer le verbe avoir de l'auxiliaire avoir, reportez vous à l'article :a as à ah ha + Notes sur le verbe et l'auxiliaire avoir

Verbe avoir

j'ai:première personne du singulier du présent de l'indicatif.

J'ai trois maisons comme Cadet Rousselle.

j'aie, tu aies, ils aient : deux premières personnes du singulier et troisième personne du pluriel du présent du subjonctif.

Il faut que j'aie mon bac cette année.

Bien tu aies une belle voiture, tu n'intéresses personne.

Je m'étonne qu'ils aient autant d'argent.

Auxiliaire avoir

j'ai + participe passé, passé composé.

J'ai parié dix euros que je gagnerai.

J'aie + participe passé, tu aies + participe passé, Ils aient + participe passé : subjonctif passé.

Qu'importe que j'aie tout perdu !

Il n'est pas impossible qu'il ait tout emporté.

Je leur ai tout pris sans qu'ils aient dit un seul mot.

 

Truc pour distinguer ai de aie : remplacez le sujet je par nous : 

Qu'importe que nous ayons tout perdu !

C'est un subjonctif puisque vous ne pouvez pas dire :

Qu'importe que nous avons tout perdu !

 

 

"Il faut que tu l'aies fait avant cinq heures.

- Voilà, je l'ai fait."

Attention ! ne pas confondre indicatif et subjonctif !
 

2- l'es, l'est

es, est, précédés du pronom personnel élidé LE (l')

Verbe être ou auxiliaire être, voir le paragraphe 3 de l'article :

Les homophones et es est ai aie aies ait aient eh hé hais hait haie ais ès

 

"Je suis bûcheron.

-Tu l'es vraiment ?"

 

3-les

article défini, masculin ou féminin, pluriel de LE ou de LA

Les jours sont-ils plus beaux que les nuits ?

 

4-l'ais

ais, substantif, précédé de l'article défini élidé LE (l')

voir les diverses acceptions de ais dans le paragraphe 7 de l'article :

Les homophones et es est ai aie aies ait aient eh hé hais hait haie ais ès

 

5-le lait

Ce pays de lait et de miel dont rêvaient les Hébreux, où donc se trouve-t-il aujourd'hui ?

cf. La Bible, voir par exemple le site :

Le pays ruisselant de lait et de miel - Textes bibliques

 

6-la laie

La femelle du sanglier

 

7-la laie, je laie, il laie

La laie ou le layon, espace déboisé rectiligne.

le layon, sentier tracé en forêt.

-layer un bois

Laye, Je laie ou je laye, tu laies ou tu layes, il laie ou il laye etc.

Un layeur trace des laies dans un bois ou marque les arbres que l'on veut couper (ou que l'on ne veut pas couper) dans un abattis.

-Layer une pierre,

Terme de construction. Dresser le parement d'une pierre avec la laie. Cf Littré

Faire des rayures sur une pierre.

Parement: Surface d'une pierre qui doit apparaître du côté extérieur du mur. Cf. Lexicographie - CNRTL

La laie ou la laye : cf. Littré : Marteau du tailleur de pierre dont le tranchant est dentelé. Traces formées sur la pierre par les dents du marteau.

 

8-le lai

poème lyrique ou narratif du Moyen Âge, Le Lai du Chèvrefeuille de Marie de France qui évoque l'amour de Tristan et d'Iseut que même la mort ne peut séparer.

Pour en savoir + sur le Lai du Chèvrefeuille voir l'article :

Petite histoire de la Langue Française - Chapitre 4 - L'ANCIEN FRANÇAIS DU IXème AU XIIIème siècle

 

9-la laye

partie de l'orgue, caisse abritant les soupapes.

 

10-lai

qui se consacre aux travaux manuels dans un couvent, frère lai, soeur laie, frère convers, soeur converse.

 

11-le lais ou le legs

Les Lais des Testaments de Villon

Pour en savoir + sur Villon, voir l'article :

Chapitre 8 - LE MOYEN FRANÇAIS DU XIVème AU XVIème SIÈCLE – 1re PARTIE

 

12-le lé

bande de tissu ou de tapisserie

 

13-lez les lès

=près de

site, lieu.

Plessis-lez-Tours, Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Montfort-la-Cane-lez-Saint-Malo, Esquermes-lez-Lille 

 

14-le lei

(pluriel leu) unité monétaire roumaine.

La Roumanie n'est pas encore entrée dans la zone euro à ce jour.

 

15-laid

pas joli joli

 

Pour en savoir plus sur tout le vocabulaire :

Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et littéraires

 

>> Et maintenant faisons l'exercice d'application (texte à trous)


Maggy, Josée et la petite Philo – Dans le bois de Parcimoneille (3)

 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 12:38

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Récapitulation des petites histoires à trous avec tous les épisodes des Trois copines

 

Retrouvez les notes sur les paronymes dans l'article :

Les paronymes et est ai aie aies ait aient eh hé hais hait haie ais ès

 

Ces mots sont des paronymes plutôt que des homophones parce que la prononciation de certains d'entre eux est proche mais pas tout à fait semblable : on distingue ai [ɛ] de [e] par exemple.

 

Maggy, Josée et la petite Philo (épisode 2)

Invitation

Parcimoneilles, le 22 juin

Ma chère Josée,

Bien que tu ne m'..... pas invitée à ton anniversaire ..... que je t'..... invitée au mien, (tu ..... bien étourdie de n'être pas venue !) tu as vu que j'..... fait preuve de grandeur d'âme ..... que je t'..... complètement pardonné tes oublis. Il faut bien que j'..... une amitié sans faille. Je sais, ma très chère, que tu ne me ..... pas, bien au contraire, et je supporte ton silence, sans rancune. Je doute que tu ..... aussi peu de cervelle.

Je t'..... écrit trois lettres déjà et pas de réponse. Tu ..... bien paresseuse. Mais je sais que c'..... dans ton caractère et j'..... pour toi une patience qui n'..... pas près de s'éteindre.J'..... bon espoir qu'un jour tu auras le courage de prendre la plume pour m'écrire des gentillesses. Quoique je n'..... eu depuis longtemps (.....-ce six mois déjà ?) aucun signe amical de ta part qui m'..... prouvé que tu ... encore ma meilleure amie, j'..... toujours la conviction que tu me gardes une place de choix dans ton coeur. Si j'..... bien compris, tu n'.... pas en train de me mettre à l'épreuve, loin de là, tu veux seulement savoir si j'..... envie de garder ton amitié. Craindrais-tu que je t'..... oublié ? Vraiment, il n'..... pas utile que tu fasses tout ce cinéma, ..... pour que tu en ..... le coeur net, j'..... décidé de t'inviter à un petit pique-nique avec ton inséparable Philo. Elle ..... bien bête ..... bien naïve comme tu le sais, mais c'..... pour te montrer que je sacrifie mon amour-propre afin que tu ..... la preuve que j'..... envie de te faire plaisir. Qu'elle ..... joué la bécassine l'autre jour ne m'a pas trop gênée, j'..... l'habitude d'entendre ses niaiseries.

J'..... déjà préparé pour demain quelques petits en-cas comme je suis seule capable de les faire ..... nous nous régalerons.

..... bien, tout est prêt. J'..... l'intention de vous emmener dans ma petite décapotable. Ta teuf-teuf ..... par trop poussive, elle ..... bonne pour la casse, ma pauvre Josée, et je te plains de savoir que tu n'..... pas très argentée. Quant à Philo, elle n'..... même pas capable de rouler à bicyclette ! Si j'..... envie de vous distraire, ..... que j'..... le devoir de le faire, croyez-le, c'..... que je sais que vous vous languissez de moi. Ce n'..... pas parce que je serai bientôt docteur ..... lettres qu'il ne m'..... pas permis d'être aimable avec vous, ..... je pense très fort : "Qu'elles ..... une telle admiration pour moi ne les empêche pas d'être mes amies fidèles."

C'..... tout à votre honneur, mes chéries, de fréquenter la surdouée que j'..... toujours été.

Ma petite Josée, tu m'..... reconnaissante d'être comptée parmi mes intimes ..... Philo l'..... aussi. Comme l'amitié qui règne dans nos coeurs ..... forte ! Souhaitons qu'elle ..... encore de belles années devant elle !

À demain donc ! Pour ce qui ..... de Philo, si elle n'..... pas en mesure de venir, je n'en ferai pas une maladie !

Je t'embrasse sur les deux joues (si tu n'.... pas maquillée bien sûr.)

Maggie

 

Correction et explications

Ma chère Josée,

Bien que tu ne m'aies pas invitée à ton anniversaire et que je t' aie invitée au mien, (tu es bien étourdie de n'être pas venue !) tu as vu que j'ai fait preuve de grandeur d'âme et que je t'ai complètement pardonné tes oublis. Il faut bien que j'aie une amitié sans faille. Je sais, ma très chère, que tu ne me hais pas, bien au contraire, et je supporte ton silence, sans rancune. Je doute que tu aies aussi peu de cervelle.

Je t'ai écrit trois lettres déjà et pas de réponse. Tu es bien paresseuse. Mais je sais que c'est dans ton caractère et j'ai pour toi une patience qui n'est pas près de s'éteindre. J'ai bon espoir qu'un jour tu auras le courage de prendre la plume pour m'écrire des gentillesses. Quoique je n'aie eu depuis longtemps - est-ce six mois déjà ? - aucun signe amical de ta part qui m'ait prouvé que tu es encore ma meilleure amie, j'ai toujours la conviction que tu me gardes une place de choix dans ton coeur. Si j'ai bien compris, tu n'es pas en train de me mettre à l'épreuve, tu veux seulement savoir si j'ai envie de garder ton amitié. Craindrais-tu que je t'aie oublié ? Vraiment, il n'est pas utile que tu fasses tout ce cinéma, et pour que tu en aies le coeur net, j'ai décidé de t'inviter à un petit pique-nique avec ton inséparable Philo. Elle est bien bête et bien naïve comme tu le sais, mais c'est pour te montrer que je sacrifie mon amour-propre afin que tu aies la preuve que j'ai envie de te faire plaisir. Qu'elle ait joué la bécassine l'autre jour ne m'a pas trop gênée, j'ai l'habitude d'entendre ses niaiseries.

J'ai déjà préparé pour demain quelques petits en-cas dont nous nous régalerons.

Eh bien, tout est prêt. J'ai l'intention de vous emmener dans ma petite décapotable. Ta teuf-teuf est par trop poussive, elle est bonne pour la casse, ma pauvre Josée, et je te plains de savoir que tu n'es pas très argentée. Quant à Philo, elle n'est même pas capable de rouler à bicyclette ! Si j'ai envie de vous distraire, et que j'aie le devoir de le faire, croyez-le, c'est que je sais que vous vous languissez de moi. Ce n'est pas parce que je serai bientôt docteur ès lettres qu'il ne m'est pas permis d'être aimable avec vous et je pense très fort : "Qu'elles aient une telle admiration pour moi ne les empêche pas d'être mes amies fidèles." C'est tout à votre honneur, mes chéries, de fréquenter la surdouée que j'ai toujours été.

Ma petite Josée, tu m'es reconnaissante d'être comptée parmi mes intimes et Philo l'est aussi. Comme l'amitié qui règne dans nos coeurs est forte ! Souhaitons qu'elle ait encore de belles années devant elle !

À demain donc ! Pour ce qui est de Philo, si elle n'est pas en mesure de venir, je n'en ferai pas une maladie !

Je t'embrasse sur les deux joues (si tu n'es pas maquillée bien sûr.)

Maggy

 

Verbe avoir au subjonctif présent

ou auxiliaire avoir suivi du participe passé d'un verbe au subjonctif passé

que j'aie, que tu aies, qu'il ait, que nous ayons, que vous ayez, qu'ils aient

 

Auxiliaire avoir - verbe au subjonctif passé

Bien que tu ne m'aies pas invitée à ton anniversaire et que je t'aie invité au mien...

aie invité, aies invité : subjonctif passé du verbe inviter, aie, aies est l'auxiliaire

On emploie le subjonctif près la locution conjonctive de concession bien que

Le deuxième que reprend bien que

 

Il faut bien que j'aie une amitié sans faille.

aie : subjonctif présent du verbe avoir

Subjonctif après il faut que §8

 

Je doute que tu aies aussi peu de cervelle.

aies : subjonctif présent du verbe avoir.

Le subjonctif est employé après la conjonction de subordination que, la proposition principale exprime le doute.

 

quoique je n'aie eu depuis longtemps aucun signe...

aie eu : subjonctif passé du verbe avoir,

On emploie le subjonctif près la locution conjonctive de concession quoique

 

aucun signe amical de ta part qui m'ait prouvé...

ait prouvé : subjonctif passé du verbe prouver

On a ici le subjonctif dans une proposition subordonnée relative avec une idée de conséquence.

 

pour que tu en aies le coeur net

aies : verbe avoir au subjonctif présent

On emploie le subjonctif près la locution conjonctive de but pour que

 

Craindrais-tu que je t'aie oublié ?

aie oublié : subjonctif passé du verbe oublier

Le subjonctif est employé après la conjonction de subordination que, la proposition principale exprime la crainte, la peur.

 

afin que tu aies la preuve...

aies : subjonctif présent du verbe avoir

On emploie le subjonctif près la locution conjonctive de but afin que

 

Si j'ai  l'envie de vous distraire, et que j'aie le devoir de le faire, croyez-le...

Cas où SI est remplacé par QUE dans une suite de propositions subordonnées coordonnées >> Que est suivi du subjonctif.  >> Le subjonctif  §60

 

Qu'elle ait joué la bécassine l'autre jour ne m'a pas trop gênée.

ait joué : subjonctif passé du verbe jouer.

Dans une phrase commençant par que >> le subj. §20, on a le subjonctif.

 

Qu'elles aient une telle admiration pour moi ne les empêche pas d'être mes amies fidèles.

aient : subjonctif présent du verbe avoir

Dans une phrase commençant par que >> §20, on a le subjonctif.

 

tu m'es reconnaissante que je t'aie comptée depuis toujours parmi mes intimes.

aie comptée : subjonctif passé du verbe compter

Le subjonctif est employé après la conjonction de subordination que, quand la proposition principale exprime un sentiment >> Le subj. §4 et 5

 

Souhaitons qu'elle ait encore de belles années devant elle !

ait : subjonctif présent su verbe avoir

Le subjonctif est employé après la conjonction de subordination que, quand la proposition principale exprime un souhait §4 et 5

 

Pour en savoir plus sur le subjonctif, voir les articles :

La clef des modes - Liste des conjonctions de subordination

Emplois et valeurs du subjonctif

 

Un petit truc pour repérer le subjonctif, remplacer le sujet par nous. Si l'on a "nous ayons", c'est le subjonctif.

 

Cas où l'on a le verbe être

es : deuxième personne du singulier, tu es.

est : troisième personne du singulier, elle est, c'est, est-ce...

 

Et, conjonction de coordination

 

Eh, dans : eh bien ! eh oui ! eh non !

et surtout pas Et bien

 

  Retrouvez Maggy, Josée et la petite Philo dans :

>> Récapitulation des petites histoires à trous

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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