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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 12:50

 UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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Enfin Malherbe vint...

 

François de Malherbe (1555 - 1628), procureur normand, arrive à la cour de Henri IV en 1605. Il s'attache à épurer la langue conformément au beau langage et c'est pour cela qu'il veut en chasser "les mots vieux, bas, vulgaires, obscènes, pédants ou palatiaux. [...] Il ouvre le règne de la grammaire, règne qui a été en France plus tyrannique et plus long qu'en aucun pays."2

 

Châtier son style est la formule des gens élégants.

Contrairement à ses prédécesseurs, la doctrine de Malherbe est restrictive. Et la langue est tellement épurée qu'elle s'appauvrit, à tel point que son lexique se voit retirer les mots des sciences, en particulier ceux de la médecine, que ce réformateur considère comme des mots sales, les termes techniques qui n'entrent pas dans la langue de la Cour et même ceux des arts.

 

Notons que seule une femme, Mlle Le Jars de Gournay, défendra la langue des hommes du XVIe siècle et critiquera par le menu les prescriptions et les arrêts de Malherbe qu'elle juge tyranniques. "Adjouster sans retrancher, c'est ce que nous recherchons", propose-t-elle en matière de vocabulaire et elle se convainc que l'usage aura tôt fait de chasser les mots étranges.

 

Malherbe veut que la langue française soit comprise de tous. Il déclare, par boutade, que ses maîtres pour le langage sont les crocheteurs du Pont-aux-Foins. Ce n'est pas qu'il demande qu'on se serve des mots crus de ces crocheteurs, mais qu'on parle avec des mots qu'ils connaissent et puissent comprendre comme tous les Français.

Pour écrire clair, il faut écrire juste. Il ne faut laisser aucune confusion comme on en trouvait dans les textes des poètes précédents.

Il réglemente la langue avec beaucoup de minutie, ― ses adversaires lui reprochaient de regarder les textes avec des lunettes2― et certaines de ses règles sont très importantes.

En voici quelques exemples :

 

Ne sera toujours suivi de pas ou de point (sauf cas très spéciaux) ; il faudra toujours exprimer le sujet des verbes ; on cesse d'employer le à possessif ("la fille à Galafron"), quand cessera de remplacer que.

Il inaugure la distinction des passés suivant qu'ils sont construits avec être ou avoir "j'ai demeuré, dit-il a un autre sens que je suis demeuré"2

 

Malherbe, cependant, n'est pas seulement théoricien de la langue. Il considère qu'être poète est son métier. Il nous a laissé dans son poème Consolation à Monsieur Dupérier cette belle phrase :

 

Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses
L'espace d'un matin.
 
La légende raconte que Malherbe aurait écrit Et Rosette a vécu ce que vivent les roses.... Mais une erreur de l'imprimeur aurait transformé le début du vers, ce qui lui a donné toute sa beauté.
On se demande si Malherbe se prenait au sérieux lorsque, critiquant l'utilité de son art, il écrivait que c’était une sottise de faire le métier de rimeur [et] qu’un poète n’était pas plus utile à l’État qu’un bon joueur de quilles.
 

Vaugelas

 

Claude Fabre, baron de Péroges, seigneur de Vaugelas (1585-1659) est le plus célèbre des grammairiens. Avant de devenir l'un des premiers membres de l'Académie, il aime à fréquenter les salons, comme l'Hôtel de Rambouillet, où se forme le beau langage. Il publie en 1647 ses Remarques sur la langue française. Pour choisir le vocabulaire, le seul permis à l'honnête homme, il s'appuie sur le bon usage.

Le mauvais [vocabulaire] se forme du plus grand nombre de personnes, qui presque en toutes choses n'est pas le meilleur, et le bon au contraire est composé non pas de la pluralité, mais de l'élite des voix, et c'est véritablement celui que l'on nomme le maître des langues. Voici donc comment on définit le bon usage : c'est la façon de parler de la plus saine partie de la Cour.


 

Nicolas Faret, un ami de Vaugelas, écrit en 1630, dans L'Honnête homme ou l'art de plaire à la Cour :

Monsieur de Vaugelas s'était appliqué dans ses "Remarques" à nettoyer la Langue des ordures qu'elle avait contractées ou dans la bouche du peuple, ou dans la foule du palais, et dans les impuretés de la chicane, ou par le mauvais usage des Courtisans ignorants, ou par l'abus de ceux qui disent bien dans les chaires ce qu'il faut, mais autrement qu'il ne faut.

 

Dès ce moment-là, les Remarques de Vaugelas sont consacrées dans les livres et dans l'usage. La physionomie de la langue littéraire ne changera plus désormais.

Parler Vaugelas ne signifie-t-il pas comme au temps de Molière (cf. Les Femmes Savantes) que c'est s'exprimer avec pureté, dans un français châtié ?

 

L'Académie française

 

En 1635, Richelieu, ministre de Louis XIII, a vent qu'un groupe de "particuliers", amoureux des belles lettres se réunit un jour par semaine chez l'un d'eux. Le Cardinal, qui a l'esprit naturellement porté aux grandes choses, après avoir loué ce dessein, demande si ces personnes ne voudroient point faire un corps, et s'assembler régulièrement et sous une autorité publique3 .Leur mission est dorénavant de réglementer et de gouverner la langue.

L'Académie Françoise est née.

Une des règles sera de composer un Dictionnaire, une Grammaire, une Rhétorique et une Poétique sur les observations de l'Académie qui veillera à la pureté de la langue3

Le Dictionnaire de l'Académie, un peu trop aristocratique, n'a pas la faveur du plus grand nombre, lequel préfère d'autres dictionnaires dont le vocabulaire est plus près du peuple. En outre le travail de l'Académie est fort lent. On achève la lettre A en neuf mois.3

Le Dictionnaire ne paraîtra qu'en 1794, bien après que Colbert aura installé l'Académie au Louvre (en 1772).

 

Il n'empêche que l'Académie a survécu jusqu'à nos jours et il n'est pas d'élection d'un nouvel Académicien qui n'intéresse les amoureux des belles lettres. C'est un honneur de porter l'habit vert et une consécration. Parmi les Quarante Immortels, élus par leurs pairs, on compte, depuis 1980, des femmes dont la première fut Marguerite Yourcenar, une petite révolution dans cet aréopage masculin.

L'Académie en est aujourd'hui à la neuvième édition de son Dictionnaire, commencé il y a 25 ans. Le dernier fascicule paru au Journal Officiel s'arrêtait au mot "quadrivium" le 25 mai 2011.

L'avant-propos de cette neuvième édition (tome 2) commence ainsi :

Lorsque nous commençâmes, en 1986, de publier par fascicules la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française, nous rêvions de terminer notre ouvrage pour la fin du siècle. Si l’on ne rêvait pas, on n’entreprendrait jamais.

Maurice Druon
Secrétaire perpétuel honoraire

 

NOTES

1-"Enfin Malherbe vint..."

Célèbre hémistiche de Boileau (auteur de l'Art Poétique, 1674) qui rend hommage à Malherbe.

Un hémistiche est un demi-vers (le vers comptant plus de huit syllabes), mais c'est aussi le milieu d'un vers ; une césure à l'hémistiche est une coupure au milieu du vers qui ne peut être que lorsque le sens l'exige.

2-cf. Histoire de la langue française par Ferdinand Brunot, 1905

(palatial, au XVIIe siècle, relatif au Palais de Justice)

3-cf. Pellisson, Histoire de l'Académie Française, 1858.

____________

Tant d'amoureux de la langue française ont oeuvré pour la rendre claire, et juste, et belle. Ayons une pensée émue pour leur ardeur et leur courage. Grâce à eux notre langue rayonne encore dans le monde. Préservons-la, ne la laissons supplanter par aucune autre.

 

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Note : Pakti nous donne à entendre des vers de Malherbe > https://www.youtube.com/watch?v=L-yi0r_7cOw

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 12:45

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Exercice - À ou DE ? Pas si facile !

Hasarderai-je ... vous demander ... être plus poli ? Réplique 38

- Me hasarderai-je ... refuser ? R 39

- Continuez ... me mentir ! R 21

- Je ne m'essaierai pas ... vous braver, mon brave ! R 25


À savoir >>> verbes suivis de à ou de de + infinitif 

 

Complétez le texte en trouvant la bonne préposition À ou DE

Les phrases commençant par une croix rouge + donnent lieu à un commentaire dans la correction qui suit.

 

Arnolphe et Isidore, les célibataires*

Une journée si peu particulière**

 

Arnolphe et Isidore vivent ensemble mais leurs relations ne sont pas toujours au beau fixe comme nous allons le voir. Arnolphe héberge Isidore.

 

1-ISIDORE - Je n'éprouve aucun besoin ..... vous voir. Je n'aurai plus jamais recours ..... vous.

2-ARNOLPHE - J'ai barbouillé ..... encre votre veston, croyez ..... mes plus plates excuses et sachez que je n'aurai pas la bonté ..... vous dédommager.

3-ISIDORE - Vous êtes abominable ..... ennui, vous me semblez un homme des neiges bourré ..... complexes et incapable ..... rien faire ..... bon.

4-ARNOLPHE - Êtes-vous certain ..... parler ..... un humain ? ..... mémoire ..... homme, nul n'a vu le yéti.

5-ISIDORE - Je suis certain ..... une chose, vous ne cessez ..... mentir ..... tous propos.

6-ARNOLPHE - Pensez-vous que cela puisse changer quelque chose ..... changer ..... discours ..... chaque instant ?

7-ISIDORE - Je suis chargé ..... mission, et vous me commandez ..... faire le travail ..... quelqu'un ..... autre, c'est un peu fort ..... café !

8-ARNOLPHE - Vous cherchez ..... me déstabiliser dans ce monde ..... fous.

9-ISIDORE - Quand vous choisissez ..... m'énerver ainsi, je commande ..... votre valet ..... m'apporter une tasse ..... thé. Gaston !

10-ARNOLPHE -+Vous vous ingéniez ..... m'exaspérer. Comme ..... bien entendu. La la la la la la !

ISIDORE - +Pas une tasse ..... thé vide, butor !

ARNOLPHE - +Vous commencez ..... me courir sur l'haricot.

ISIDORE - +Pauvre ..... vous ! Commencez ..... parler correctement et dites le haricot.

ARNOLPHE - Vous comptez me faire croire que vous ne connaissez rien ..... l'argot, l'haricot est ..... mise ici.

15- ISIDORE - +Je conclus ..... vos propos que nos relations sont mises ..... mal.

ARNOLPHE - Qu'est-ce ..... dire ? Vous me conseillez ..... me calmer ?

ISIDORE - +Oui, ..... compter ..... maintenant, je ne supporterai plus ..... entendre vos sautes ..... humeur.

ARNOLPHE - Je vous conseille ..… être poli.

ISIDORE - Êtes-vous content ..... vous ?

20- ARNOLPHE - Je ne compte pas vous revoir ..... si tôt.

ISIDORE - Continuez ..... vous mentir. Sitôt que j'aurai passé le pas ..... la porte, vous craindrez ..... m'avoir perdu ..... jamais.

ARNOLPHE -C'est ..... voir. La peste soit ..... vos menaces.   

ISIDORE - +Je n'ai rien ..... conseiller ..... personne mais vous feriez bien ..... voir votre poutre coincée au fond ..... votre oeil au lieu ..... être aveuglé par ma paille.

ARNOLPHE - Ha ! Ha ! Vous êtes content ..... vous ..... m'avoir mis ..... mauvaise humeur !

25- ISIDORE - +Je ne m'essaierai pas ..... vous braver, mon brave ! Je me souviens ..... avoir eu maille ..... partir avec vous.

ARNOLPHE -+Vous essayez seulement ..... me contraindre ..... vous donner raison.

ISIDORE - Je ne suis pas ..... votre bande.

ARNOLPHE -+Continuez ..... me railler ! Continuez ..... vouloir me convaincre ..... avoir dit des choses incongrues.

ISIDORE - +Un jour, tête ..... lard, vous serez convaincu ..… imposture et ..... trahison. Tout vient ..... point ..... qui sait attendre.

ARNOLPHE - Je serais curieux ..... connaître la teneur ..... vos propos. Ne vous couvrez-vous pas ..... honte ..... vouloir ainsi me menacer ?

ISIDORE - Je ne crains ni vous ni personne, mais je craindrais ..... vous laisser en paix.

ARNOLPHE - Ah ! Vous vous décidez ..... abattre vos cartes.

30-ISIDORE - Oui, j'ai décidé ..... vous demander des comptes.

ARNOLPHE - Me demander des comptes ? ..... moi ? Je suis bien déçu ..... vous voir si peu enclin ..... l'indulgence.

ISIDORE - Je vous défends bien ..... me critiquer et je demande ..... tous les témoins ..... cette affaire ..... prendre mon parti.

ARNOLPHE - Quels témoins ? La queue ..... votre chien ?

ISIDORE - Je défends ..... quiconque ..... parler ..... mon chien !

35-ARNOLPHE - +Je demande ..... (le) jeune présomptueux que vous êtes ..... se dépêcher ..... la mettre en sourdine.

ISIDORE - Couché Arthur ! Je suis désolé ..... te dire qu'il ne dépend pas ..... moi que cet individu s'intéresse ..... toi.

ARNOLPHE – +..... qui c'est que tu causes ? Je n'ai cure ..... ton cabot. Mais je suis bien déterminé ..... (Isidore l'interrompt)

ISIDORE - ..... quoi ? ..... franchir les limites ..... la bienséance ? ..... me poursuivre jusqu'à mes derniers retranchements ?

ARNOLPHE - Je suis bien décidé ..... défendre ma position.

38-ISIDORE - +Hasarderai-je ..... vous demander ..... être plus aimable ?

39-ARNOLPHE - Me hasarderai-je ..... refuser ?

40-ISIDORE - Je m'attends ..... ce que vous soyez décidé ..... des actions subversives.

ARNOLPHE - +Je serais capable ..... subversion ? Le grand mot ! Nul doute que vous avez mis votre bonnet ..... travers !

ISIDORE - Je me doute bien ..... ce que vous marmonnez.

ARNOLPHE - +Je dis que je parle ..... mon bonnet.

Isidore - Difficile ..... croire. Je doute ..... votre sincérité.

ARNOLPHE - Notre différend n'est pas différent ..... celui ..... la semaine dernière.

45-ISIDORE - +Il n'y a pas ..... doute, vous allez reparler ..... cette vieille histoire. Elle n'est plus ..... saison.

ARNOLPHE - + Pourquoi m'empresserais-je ..... vous faire plaisir ?

ISIDORE -+J'enrage ..... vous entendre et je vous engage ..... mesurer vos paroles.

ARNOLPHE - +Ne pourrions-nous pas tâcher ..... nous engager désormais ..... ce que nous vivions en bonne intelligence ? 

ISIDORE - +Assurément. Je pourrais m'évanouir ..... faiblesse ou exploser ..... colère en moins ..... rien. Votre attitude ne laisse pas ..... m'accabler.

ISIDORE - +Brisons là. Sinon nous n'échapperons pas ..... la bagarre.

50-ARNOLPHE - Je vous sommerai ..... ne plus venir me dire ce que j'ai ..... faire.

ISIDORE - ..... quoi sert ..... discourir ?

ARNOLPHE - ..... s'échauffer la bile !

ISIDORE - Vous êtes-vous échappé ..... un asile ..... aliénés pour toujours me casser du sucre sur le dos ?

ARNOLPHE - Je ne m'embarrasse ..... rien, croyez-le.

55-ISIDORE - Vous êtes effrayant ..... voir et ennuyeux ..... entendre.

ARNOLPHE - +Je ne m'efforce pas ..... vous plaire, sachez-le.

ISIDORE - C'est difficile ..... imaginer ..... quel point vous êtes hypocrite.

ARNOLPHE - C'est un point ..... vue qui laisse ..... désirer et nous avons atteint un point ..... non-retour.

ISIDORE - Vous ne vous embarrassez pas ..... faire des jeux ..... mots.

60-ARNOLPHE - Certes, vous ne vous embarrassez ..... personne, fût-ce ..... moi.

ISIDORE - +Dussé-je vous empêcher ..... parler, je n'arriverais pas ..... vous clouer le bec.

ARNOLPHE – Ravi ..... entendre que je suis un oiseau. Je vous apprendrai ..... gazouiller.

ISIDORE - Vous m'encouragez ..... tenir des propos qui siéent mal ..... votre oreille.

ARNOLPHE - +Saperlipopette ! Vous maniez ..... merveille le verbe seoir, je suis marri ..... vous avoir affligé ..... la sorte.

65-ISIDORE - Je ne puis m'empêcher ..... revenir ..... meilleurs sentiments.

ARNOLPHE - Je veux vous encourager ..... le faire.

ISIDORE - Je vous enseignerai ..... faire ..... même.

ARNOLPHE - Vous moquez-vous ? Je n'ai ..... leçons ..... recevoir ..... personne, surtout pas ..... vous.  Estimez-vous heureux que je consente ..... vous répondre.

ISIDORE - +Il ne tient qu'à vous ..... nous entendre ..... demi-mot et ..... nous accorder ..... discuter calmement.

70-ARNOLPHE - Vous êtes entouré ..... malotrus, comment pouvez-vous espérer être ..... bonne compagnie ?

ISIDORE - J'espérais ..... vous du respect et je ne puis éviter ..... entendre vos sarcasmes. 

ARNOLPHE - +Sarcastique ? Moi ? Excusez ..... (le) peu. J'évite ..... enfoncer le clou et j'essaie ..... bien prendre la chose.

ISIDORE - Je ne m'assujettirai jamais ..... vos caprices. Il s'en est fallu ..... rien que je ne hausse le ton et que je ne me fâche contre vous. 

ARNOLPHE - Il va falloir que vous cessiez ..... feindre que vous voulez devenir aimable.

75-ISIDORE - +Facile ..... faire quand on est facile ..... vivre.

ARNOLPHE - Facile ..... dire, plus que facile ..... faire.

ISIDORE - Ne vous fatiguez pas ..... me contredire, sinon ... me contrarier. C'est un jeu ..... enfant que ..... vouloir faire le généreux.

ARNOLPHE - +Vous êtes tenu ..... me ménager.

ISIDORE - Je tiens ..... l'estime ..... moi-même..

ARNOLPHE - Comme je suis fatigué ..... vous écouter !

ISIDORE -+Vous feignez seulement ..... l'être.

80-ARNOLPHE - Je feins hardiment ..... avoir reçu... vous l'ordre qu'il me faut suivre.

ISIDORE - ..... savoir ?

ARNOLPHE - Êtes-vous sûr ..... pouvoir vous fier ..... votre mémoire ? Êtes-vous fier ..... vous?

ISIDORE - Je me félicite ..... ne pas dire des âneries, moi !

ARNOLPHE - Et moi je ne vous félicite pas ..... croire ..... ce que vous dites.

85-ISIDORE - +Avez-vous donc fini ..... m'agonir ..... balivernes ?

ARNOLPHE - +Je vois, vous êtes furieux ..... entendre mes remontrances et vous vous hâtez ..... m'en remontrer. .

 ISIDORE - + Il me tarde ..... en finir. Je ne suis pas forcé ..... vous écouter.

ARNOLPHE - Je ne vous forcerai pas ..... rester chez moi. Je vous défie ..... partir.

ISIDORE -  Où irais-je ? Où courir ? Où ne pas courir ? Qui donc me contraindra ..... choisir mon destin ?

ARNOLPHE - +L'esprit humain se forme non ..... choisir, mais ..... accepter ; non ..... décider, mais ..... réfléchir.

 

Correction

 

1-ISIDORE - Je n'éprouve aucun besoin de vous voir. Je n'aurai plus jamais recours à vous.

ARNOLPHE - J'ai barbouillé d'encre votre veston, croyez à mes plus plates excuses et sachez que je n'aurai pas la bonté de vous dédommager.

ISIDORE - Vous êtes abominable d'ennui, vous me semblez un homme des neiges bourré de complexes et incapable de rien faire de bon.

ARNOLPHE - Êtes-vous certain de parler d'un humain ? De mémoire d'homme, nul n'a vu le yéti.

5-ISIDORE - Je suis certain d'une chose, vous ne cessez de mentir à tous propos.

ARNOLPHE - Pensez-vous que cela puisse changer quelque chose de changer de discours à chaque instant ?

ISIDORE - Je suis chargé de mission, et vous me commandez de faire le travail de quelqu'un d'autre, c'est un peu fort de café !

ARNOLPHE - Vous cherchez à me déstabiliser dans ce monde de fous.

ISIDORE - Quand vous choisissez de m'énerver ainsi, je commande à votre valet de m'apporter une tasse de thé. Gaston !

10-ARNOLPHE – + Vous vous ingéniez à m'exaspérer.  Comme de bien entendu. La la la la la la !

« Comme de bien entendu » est le titre d'une chanson populaire interprétée par Arletty et Michel Simon dans le film « Circonstances Atténuantes » 1939.

ISIDORE - +Pas une tasse à thé vide, butor !

une tasse à thé, destinée à recevoir du thé

ARNOLPHE - +Vous commencez à me courir sur l'haricot.

Courir sur l'haricot ou courir sur le haricot, argot, pour embêter.

ISIDORE - +Pauvre de vous ! Commencez de parler correctement et dites le haricot.

Commencer quelque chose

commencer à ou commencer de + infinitif

commencer par

Le haricot, disjonction, pas de d'élision, pas de liaison

Liaison et élision devant le h muet, disjonction devant le h aspiré.

Voir l'article L'élision, la laison, la disjonction, l'enchaînement

ARNOLPHE - Vous comptez me faire croire que vous ne connaissez rien à l'argot, l'haricot est de mise ici.

15-ISIDORE - +Je conclus de vos propos que nos relations sont mises à mal.

ARNOLPHE - Qu'est-ce à dire ? Vous me conseillez de me calmer ?

ISIDORE - +Oui, à compter de maintenant, je ne supporterai plus d'entendre vos sautes d'humeur.

Supporter quelqu'un ou quelque chose

Supporter de + infinitif s'emploie surtout dans des tournures négatives. (Ne pas) supporter de + infinitif.

ARNOLPHE - Je vous conseille d'être poli.

ISIDORE - Êtes-vous content de vous ?

20-ARNOLPHE - Je ne compte pas vous revoir de si tôt.

ISIDORE -Continuez à vous mentir. Sitôt que j'aurai passé le pas de la porte, vous craindrez de m'avoir perdu à jamais.

Continuer à ou continuer de (moins fréquent)

ARNOLPHE -C'est à voir. La peste soit de vos menaces.

ISIDORE - +Je n'ai rien à conseiller à personne mais vous feriez bien de voir votre poutre coincée au fond de votre oeil au lieu d'être aveuglé par ma paille.

cf. La Bible, Matthieu 7 3 « Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !  »

ARNOLPHE - Ha ! Ha! Vous êtes content de vous de m'avoir mis de mauvaise humeur !

25-ISIDORE - +Je ne m'essaierai pas à/de vous braver, mon brave ! Je me souviens d'avoir eu maille à partir avec vous.

s'essayer à ou s'essayer de - mais essayer de

je me souviens d'avoir eu maille à partir...

ou sans de :

je me souviens avoir eu maille à partir...

Avoir maille à partir, avoir un différend avec quelqu'un ou des difficultés avec quelque chose : vieille expression, avoir une pièce de monnaie à partager, ce qui est toujours très difficile à faire !

Une maille était, sous les Capétiens, une pièce de peu de valeur.

Dans ce sens, le verbe partir signifie partager, diviser en parties.

ARNOLPHE - +Vous essayez seulement de me contraindre à/de vous donner raison.

contraindre à ou de

ISIDORE - Je ne suis pas de votre bande.

ARNOLPHE - +Continuez à me railler ! Continuez de vouloir me convaincre d'avoir dit des choses incongrues.

Continuer de ou continuer à + infinitif

ISIDORE - +Un jour, tête de lard, vous serez convaincu d'imposture et de trahison. Tout vient à point à qui sait attendre.

Être convaincu de quelque chose

Tout vient à point à qui sait attendre. Proverbe

ARNOLPHE - Je serais curieux de connaître la teneur de vos propos. Ne vous couvrez-vous pas de honte à vouloir ainsi me menacer ?

ISIDORE - Je ne crains ni vous ni personne, mais je craindrais de vous laisser en paix.

ARNOLPHE - Ah ! Vous vous décidez à abattre vos cartes.

30-ISIDORE - Oui, j'ai décidé de vous demander des comptes.

se décider à - décider de

ARNOLPHE - Me demander des comptes ? À moi ? Je suis bien déçu de vous voir si peu enclin à l'indulgence.

ISIDORE - Je vous défends bien de me critiquer et je demande à tous les témoins de cette affaire de prendre mon parti.

ARNOLPHE - Quels témoins ? La queue de votre chien ?

ISIDORE - Je défends à quiconque de parler de mon chien !

35-ARNOLPHE - +Je demande au jeune présomptueux que vous êtes de se dépêcher de la mettre en sourdine.

Au contraction de à le

De la mettre en sourdine, familier pour : de crier moins fort.

ISIDORE - Couché Arthur ! Je suis désolé de te dire qu'il ne dépend pas de moi que cet individu s'intéresse à toi.

ARNOLPHE - +À qui c'est que tu causes ? Je n'ai cure de ton cabot. Mais je suis bien déterminé...

À qui c'est que tu causes ? est incorrect. On dit « À qui parles -tu ? » « À qui est-ce que tu parles ? » « Avec qui causes-tu ? »

causer avec qn et non causer à qn

causer de qn ou de qc

N'avoir cure de, ne pas tenir compte de.

ISIDORE - À quoi ? À franchir les limites de la bienséance ? À me poursuivre jusqu'à mes derniers retranchements ?

ARNOLPHE - Je suis bien décidé à défendre ma position.

38-ISIDORE - +Hasarderai-je de vous demander d'être plus aimable ?

hasarder de (voir Littré) - se hasarder à

ARNOLPHE - Me hasarderai-je à refuser ?

40-ISIDORE - Je m'attends à ce que vous soyez décidé à des actions subversives.

ARNOLPHE - +Je serais capable de subversion ? Le grand mot ! Nul doute que vous avez mis votre bonnet de travers !

Mettre son bonnet de travers, être de mauvaise humeur.

ISIDORE - +Je me doute bien de ce que vous marmonnez.

 ARNOLPHE - +Je dis que je parle à mon bonnet.

Parler à son bonnet, se parler à soi-même.

ISIDORE - Difficile à croire. Je doute de votre sincérité.

 

45-ARNOLPHE - Notre différend n'est pas différent de celui de la semaine dernière.

ISIDORE - +Il n'y a pas de doute, vous allez reparler de cette vieille histoire. Elle n'est plus de saison.

N'être plus de saison, ne plus être de circonstance, être déplacé ou inopportun. 

ARNOLPHE - + Pourquoi m'empresserais-je à vous faire plaisir ?

s'empresser à = faire preuve de zèle

s'empresser de = se dépêcher de

ISIDORE - +J'enrage de vous entendre et je vous engage à mesurer vos paroles.

ARNOLPHE - +Ne pourrions-nous pas tâcher à/de nous engager désormais à ce que nous vivions en bonne intelligence ?

tâcher = venir à bout de, s'efforcer de

tâcher de ou tâcher à 

Je tâcherai qu'il soit content, est incorrect.. On ne dit pas non plus : Tâchez à ce qu'il soit content. Cf. Littré

S'engager à, ou plus rare, s'engager de + infinitif

s'engager à ce que + subjonctif  

ISIDORE - +Assurément. Je pourrais m'évanouir de faiblesse ou exploser de colère en moins de rien. Votre attitude ne laisse pas de m'accabler.

en moins de rien, très promptement, très vite.

ne laisse pas de (littéraire) ne cesse pas de, ne manque pas de

ou bien : Votre attitude ne laisse pas que de m'accabler.

ISIDORE - +Brisons là. Sinon nous n'échapperons pas à la bagarre.

Brisons là = arrêtons la conversation.

50-ARNOLPHE - Je vous sommerai de ne plus venir me dire ce que j'ai à faire.

ISIDORE - À quoi sert de discourir ?

ARNOLPHE - À s'échauffer la bile !

ISIDORE - Vous êtes-vous échappé d'un asile d'aliénés pour toujours me casser du sucre sur le dos ?

ARNOLPHE - Je ne m'embarrasse de rien, croyez-le.

55-ISIDORE - Vous êtes effrayant à voir et ennuyeux à entendre.

ARNOLPHE - +Je ne m'efforce pas de vous plaire, sachez-le.

S'efforcer à ou s'efforcer de

ISIDORE - C'est effrayant d'imaginer à quel point vous êtes hypocrite.

ARNOLPHE - C'est un point de vue qui laisse à désirer et nous avons atteint un point de non-retour.

ISIDORE - Vous ne vous embarrassez pas de faire des jeux de mots.

60-ARNOLPHE - Certes, vous ne vous embarrassez de personne, fût-ce de moi.

ISIDORE - +Dussé-je vous empêcher de parler, je n'arriverais pas à vous clouer le bec.

>> voir l'article je dusse, dussé-je, dussè-je

ARNOLPHE - Ravi d'entendre que je suis un oiseau. Je vous apprendrai à gazouiller.

ISIDORE - Vous m'encouragez à tenir des propos qui siéent mal à votre oreille.

ARNOLPHE - +Saperlipopette ! Vous maniez à merveille le verbe seoir, je suis marri de vous avoir affligé de la sorte.

Marri, fâché, repentant.

Manier, au sens figuré,se dit de la manière d'user des instruments de la pensée. Cet écrivain manie bien la langue, la plume. Homme qui manie bien la parole. (cf. Littré)

seoir, verbe défectif

>>Pour en savoir + lire l'article sur les verbes défectifs

65-ISIDORE - Je ne puis m'empêcher de revenir à de meilleurs sentiments.

ARNOLPHE - Je veux vous encourager à le faire.

ISIDORE - Je vous enseignerai à faire de même.

ARNOLPHE - +Vous moquez-vous ? Je n'ai de leçons à recevoir de personne, surtout pas de vous. Estimez-vous heureux que je consente à vous répondre.

consentir à ou consentir de (littéraire)

ISIDORE - +Il ne tient qu'à vous de nous entendre à demi-mot et de nous accorder à discuter calmement.

S'accorder à, ou plus rare, s'accorder de

70-ARNOLPHE - Vous êtes entouré de malotrus, comment pouvez-vous espérer être de bonne compagnie ?

ISIDORE - J'espérais de vous du respect et  je ne puis éviter d'entendre vos sarcasmes.

ARNOLPHE - + Sarcastique ? Moi ? Excusez du peu. J'évite d'enfoncer le clou et j'essaie de bien prendre la chose.

excusez du peu, du contraction de de le

ISIDORE - Je ne m'assujettirai jamais à vos caprices. Il s'en est fallu de rien que je ne hausse le ton et que je ne me fâche contre vous.

ARNOLPHE - Il va falloir que vous cessiez de feindre que vous voulez devenir aimable.

75-ISIDORE - +Facile à faire quand on est facile à vivre.

Un homme facile à vivre, un homme dont l'humeur est égale et accommodante.

ARNOLPHE - Facile à dire, plus que facile à faire.

ISIDORE - Ne vous fatiguez pas à me contredire, sinon à me contrarier. C'est un jeu d'enfant que de vouloir faire le généreux.

ARNOLPHE - +Vous êtes tenu de me ménager.

être tenu de - tenir à

ISIDORE - Je tiens à l'estime de moi-même.

ARNOLPHE - Comme je suis fatigué de vous écouter !

ISIDORE - +Vous feignez seulement de l'être.

feindre de + infinitif, faire semblant.

80-ARNOLPHE - +Je feins hardiment d'avoir reçu de vous l'ordre qu'il me faut suivre.

« Je feins hardiment d'avoir reçu de vous l'ordre... » cf. Corneille !

ISIDORE - À savoir ?

ARNOLPHE - Êtes-vous sûr de pouvoir vous fier à votre mémoire ? Êtes-vous fier de vous?

ISIDORE - Je me félicite de ne pas dire des âneries, moi !

ARNOLPHE - Et moi je ne vous félicite pas de croire à ce que vous dites.

85-ISIDORE - +Avez-vous donc fini de m'agonir de balivernes ?

Ne pas confondre agonir et agoniser

agonir d'injures, agoniser avant de mourir

>>Voir l'article sur les paronymes.

ARNOLPHE - + Je vois, vous êtes furieux d'entendre mes remontrances et vous vous hâtez de m'en remontrer.

se hâter de

en remontrer à quelqu'un = se croire supérieur à lui, faire la leçon, montrer le tort qu'il a

 ISIDORE - +Il me tarde d'en finir. Je ne suis pas forcé de vous écouter. 

tournure impersonnelle : il me tarde de

mais tarder à / tarder de (plus littéraire)

ARNOLPHE - Je ne vous forcerai pas à rester chez moi. Je vous défie de partir.

ISIDORE - +Où irais-je ? Où courir ? Où ne pas courir ? Qui donc me contraindra à choisir mon destin ?

« Où courir ? Où ne pas courir ? » Dans l'Avare de Molière

ARNOLPHE - +L'esprit humain se forme non à choisir, mais à accepter ; non à décider, mais à réfléchir.

Utilisation détournée de la citation : « L'esprit humain se forme non à choisir, mais à accepter ; non à décider si une oeuvre est belle, mais à réfléchir sur l'oeuvre belle. » Alain, pseudonyme de Emile Chartier, philosophe.

.................................................................................

"Les Célibataires" Roman. En hommage à Henri de Montherlant.

"Une journée particulière". En souvenir du très beau film d'Ettore Scola.

................................................................................. 

>> Retour au début de l'article

>> Récapitulation des petites histoires à trous

>> Récapitulation de tous les exercices à trous

>> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... " 

 

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS (Titres des articles)

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 11:24

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Petit exercice préliminaire

Complétez chaque verbe par À et par DE et trouvez les nuances de sens :

Il consent ... m'épargner – Je vous déciderai ... venir -

Je le défie ... me combattre – Il s'empresse ... me faire plaisir

Voir ci-dessous la correction >>

 

Certains verbes se construisent directement (sans préposition)

Certains se construisent avec à, de, ou d'autres prépositions (sur, pour, envers, contre...)

Certains verbes ont des sens différents selon qu'ils se construisent avec à, avec de, et s'ils sont pronominaux ou pas.
 

>> Correction de l'exercice donné au début de l'article

Il consent à m'épargner OU Il consent de m'épargner (langue littéraire)

Je vous déciderai à venir OU Je vous déciderai de venir.

Je le défie à me combattre > Je le provoque à me combattre.

OU Je le défie de me combattre > Je l'incite à me combattre, mais je veux bien parier qu'il en sera incapable.

Il s'empresse à me faire plaisir > Il fait preuve de zèle pour me faire plaisir.

OU Il s'empresse de me faire plaisir > Il se dépêche de me faire plaisir.

verbes à retrouver dans le §1 et le §2

 

Exemple : Emploi du verbe LAISSER

Je vous laisse partir.

Je vous laisse à mener rondement cette affaire.

Cela laisse à désirer.

Je vous laisse ce travail à faire.

Votre histoire ne laisse pas de m'émouvoir.

OU

Votre histoire ne laisse pas que de m'émouvoir . (ne pas cesser de)

cf. Littré, proverbe : On a beau être las, on ne laisse pas d'aller, c'est-à-dire : Il faut s'évertuer dans la nécessité. Il faut bien faire et laisser dire. 

Pronominal : Il se laisse faire.

Cela se laisse manger. (familier)

Je me suis laissé dire que... (familier)

 

ATTENTION

-Ne figurent pas dans cet article la construction des verbes suivis de substantifs (noms) mais seulement d'infinitifs.

Il interrompt son travail (travail, substantif)

Il s'interrompt de travailler (travailler, infinitif)

Nous avons admiré les étoiles. (les étoiles, substantif)

Cela a consisté à passer une nuit blanche. (passer, infinitif)

En quoi consiste ton problème ? (quoi, pronom)  

 

-Certains verbes ci-dessous se construisent à la forme pronominale et gardent le même sens et la même construction. Il ne me semble pas utile de signaler ces pronominaux que vous devinerez sans problème.

Exemples : habituer quelqu'un à, s'habituer à – destiner quelqu'un à, se destiner à – obliger quelqu'un à, s'obliger à - préparer quelqu'un à, se préparer à – résoudre quelqu'un à, se résoudre à, etc.

Je signale les verbes pronominaux qui n'entrent pas dans cette catégorie.

 

§1-Verbes + à + infinitif

A-

s’abaisser

aboutir

s’abuser

s'accorder (1°on dit aussi s'accorder pour 2° mais accorder de)

s’acharner

accoutumer (1°accoutumer à dans le sens habituer 2°mais avoir accoutumé de dans le sens avoir coutume de)

s'adonner

aguerrir

aider

amener

s’amuser

s’animer

apprendre

arriver  (1°à : J'arrive à pleurer 2°de : tournure impersonnelle : Il m'arrive de pleurer)

s’appliquer

s’apprêter

s’arrêter

aspirer

assigner

assujettir

avoir (= devoir)

s’attacher

s’avilir  

astreindre

s'attendre à (mais attendre de)

autoriser

B-

se borner

balancer

C-

chercher

commencer

conduire

continuer

se complaire

concourir

consister

conspirer

condamner

consentir (consentir de, littéraire)

contribuer

contraindre (à ou de)

convier (convier de est très rare)

D-

décider (1° décider quelqu'un à (on trouve décider quelqu'un de) 2°se décider à 3°mais décider de) 

demander (1°demander à lorsque les deux verbes se rapportent à la même personne : Je demande à partir, mais on peut avoir : Je demande de partir. 2°on préférera pour éviter l'hiatus : Il demanda de... à : Il demanda à...(hiatus) 3° demander de quand la personne est différente : je vous demande de partir)

demander que - demander à ce que

Pour en savoir + sur le verbe demander, lire la note du texte : 147 Délires troublants

se dépêcher (de ou à) 

défier (défier à = provoquer à 2°défier de = déclarer ne pas être capable de)

destiner

se dévouer

disposer

donner

déterminer

E-

s’empresser (1°s’empresser à : faire preuve de zèle 2°s’empresser de : se dépêcher de)

enseigner

être bien venu/ bienvenu/ malvenu  (à ou de)

s’entendre

entraîner (entraîner sans préposition est rare)

s'essayer à ou de (essayer de)

s’évertuer

exceller

exciter

exhorter (exhorter de est rare et vieilli)

s’exposer

employer

encourager

engager

F-

se fatiguer

(être) fondé

forcer (à ou de)

H-

habiliter

habituer (habituer de est rare et vieilli)

se hasarder à (mais hasarder de)

hésiter (hésiter de et hésiter pour sont plus rares)

I-

imaginer (1°imaginer de = avoir l'idée de 2°imaginer sans préposition 3°s'imaginer sans préposition 4°s'imaginer de = se proposer de) 

inciter

induire

s’ingénier

inviter

L-

1°laisser (1°laisser à quand on demande à quelqu'un de faire quelque chose : Je vous laisse ce travail à faire. laisser sans préposition 3° avec de ou que de dans le sens de ne pas cesser de, ne pas manquer de : Ce drame ne laisse pas de me faire souffrir)

se lasser (à ou de)

M-

mener (1° dans le sens de conduire 2°peut se construire sans préposition)

mettre (peut se construire sans préposition : mettre les haricots à cuire, mettre cuire les haricots)

O-

obliger (à ou de)

s’obstiner

s'occuper (s'occuper à [une activité quelconque] - s'occuper de [de façon plus attentive])

P-

partir (1°partir à ou de, dans le sens de commencer à : Vous voilà partis à étudier la grammaire ! Il est parti de rire ou à rire.2°sans préposition : partir voyager)

parvenir

penser (1°penser à = ne pas oublier de, avoir l’idée de, 2°penser sans préposition = croire, avoir l’intention de / = faillir) 

pousser

se prendre

persévérer

persister

préparer

prétendre (1°se construit généralement sans préposition 2°prétendre à = ambitionner de)

prêter

provoquer

porter

se plaire

se plier

R-

réduire

refuser (1°se refuser à 2°se refuser de (littéraire) 3°mais refuser de)

renoncer

répugner

se résigner

résoudre (1°résoudre à lorsqu'on a le complément qui indique la personne, Je le résous à... Je me résous à... 2°se résoudre à 3°se résoudre de est vieilli) rester (sans préposition ou avec à)

réussir à (réussir de, très rare)

rêver à ou rêver suivi d'un complément direct (J'avais rêvé être la meilleure de toutes. Je rêve à te faire tout avouer.)

se risquer à (rarement se risquer de – mais risquer de)

S-

servir

songer

se soumettre

stimuler

suffire (à ou pour)

T-

tâcher à ou tâcher de, voir le § suivant 

tarder (1°tarder à 2°tarder de est plus littéraire 3°tarder pris impersonnellement, littéraire, se construit toujours avec de devant l’infinitif: Il me tarde de...) 

tendre

tenir à (mais être tenu de)

travailler

trouver

se tuer

V-

venir (1°venir de est un auxiliaire de mode, un semi auxiliaire indiquant un passé immédiat.  Il vient de partir. 2°venir à : Vous en venez à me mentir.)

veiller

viser

voir (1°généralement sans préposition 2°voir à = veiller à, ou penser à)

 

§2-Verbes + de + infinitif

A-

accuser

accepter

achever

accorder (1° s'accorder à soi-même - 2° faire une faveur – 3° s'accorder à ou pour)

admettre de (1°= accepter de 2°admettre à = autoriser quelqu'un à faire quelque chose)

affecter

s’affliger

ajourner (1°le Dictionnaire de l'Académie donne ajourner non suivi d'un infinitif. 2°on trouve parfois ajourner de, ajourner à est rare)

ambitionner

avertir

attendre de (mais s'attendre à)

B-

blâmer

brûler

C-

cesser

charger

choisir

commander

commencer (de ou à ou par, de est plus rare, plus précieux)

comploter

conclure (se trouve rarement suivi d'une préposition. On le rencontre parfois suivi de de ou de à, la tournure est vieillie)

conjurer

conseiller

se contenter

continuer (de ou à ou par)

contraindre (à ou de)

convaincre (est parfois suivi d'un infinitif sans préposition, cas particulier et rare)

convenir

convoiter

craindre

D-

Décider (1°décider de 2°mais décider quelqu'un à 3°se décider à 4°on trouve décider quelqu'un de)

défier de (1°déclarer que la personne à laquelle on s'adresse ou dont on parle n'est pas capable de 2°mais défier à = provoquer à)

demander de (1°lorsque les deux verbes se rapportent à deux personnes différentes : Je vous demande de partir on peut préférer : Il demanda de... à : Il demanda à... pour raison d'euphonie 2°demander à quand la personne est la même : Je demande à partir) - voir avec à § précédent

se dépêcher de (ou à)

désaccoutumer

désapprendre

désespérer

déshabituer

détourner

différer

discontinuer

disconvenir

se disculper

dispenser

dissuader

douter

déconseiller

décourager

dédaigner

dégoûter

défendre

défier

délibérer

devoir (1°devoir sans préposition 2°se devoir de)

dire de (Je leur disais de m'obéir - dire sans préposition pour des propos rapportés :  Ils me disaient m'obéir = Ils me disaient qu'ils m'obéissaient)

E-

écarter

s’efforcer (on trouve s'efforcer à, littéraire)

s’embarrasser (aussi s'embarrasser pour)

empêcher

s’empresser à ou de (1°s’empresser à : faire preuve de zèle 2°s’empresser de : se dépêcher de, parfois à)

enjoindre

enrager

s'ennuyer (1°s'ennuyer à : s'ennuyer à mourir, s'ennuyer à attendre ou s'ennuyer d’attendre 2°ennuyer de, forme impersonnelle vieux : Il m'ennuie de... / ou cela m'ennuie de)

entreprendre

envisager

épargner

essayer de (ou s'essayer à ou de)

s’étonner

éviter

excuser

exempter

F-

feindre (se construit parfois sans préposition)

féliciter

finir

se flatter

forcer (à ou de)

frémir

se glorifier

G-

gager

garder

gémir

H-

haïr (avec de ou sans de) Je hais mentir – Je me hais d'avoir menti. (pour)

se hâter

hasarder de (mais aussi se hasarder à)

hésiter de (vieilli) voir hésiter à - § ci-dessus

I-

imposer

imputer

incriminer

s’indigner

s’ingérer de (aussi s'ingérer à)

inspirer

interdire

s’interrompre

inventer

J-

jurer (1°jurer de : Je jure de vous obéir 2° sans préposition : Je jurai n'avoir obéi à aucun d'eux.)

L–

laisser (1°avec de ou que de dans le sens de ne pas manquer de : Ce drame ne laisse pas de me faire souffrir. laisser sans préposition : Laisse tomber ! 3° laisser à quand on demande à quelqu'un de faire quelque chose : Je vous laisse ce travail à terminer.)

se lasser(de ou à)

louer (faire des louanges)

M-

méditer

se mêler

menacer

mériter

négliger

O-

obtenir

s'occuper (1°s'occuper à [une activité quelconque] - s'occuper de [de façon plus attentive]

omettre

ordonner

oublier

P-

pardonner

parier

parler

permettre

persuader de (parfois sans préposition)

protester

plaindre

préméditer

prescrire

presser

prétexter

prévoir

prier

projeter

R-

rappeler (1°rappeler à quelqu'un de faire quelque chose 2°se rappeler avoir fait quelque chose. 3° se rappeler de + infinitif (= ne pas oublier mais pas dans le sens de : se rappeler de quelqu'un ou de quelque chose)

réclamer

recommander

récompenser

redouter

se refuser à (se refuser de, littéraire, mais refuser de)

regretter

se réjouir

remercier

remettre

se repentir

reprocher

retenir

rêver de (moins souvent rêver à ou sans préposition)

rire

rougir

ruminer

S-

signifier

simuler

solliciter de (on trouve aussi, solliciter quelqu'un à faire quelque chose, plus rare)

sommer

se soucier

souhaiter (1°souhaiter sans préposition, souhaiter de + rare 2°souhaiter à quelqu'un de)

soupçonner

se souvenir de (ou sans préposition) Je me souviens de vous. Je me souviens que je vous ai aimé.

suggérer

supplier

supporter

T-

tâcher de (s'efforcer à 1°on trouve tâcher à, langue écrite et aussi dans le sens de s'occuper)  

V-

valoir  (valoir sans préposition est très rare) Mieux vaut se taire. Que me vaut de te connaître ?

vanter

venir (1°venir de est un auxiliaire de mode, un semi auxiliaire indiquant un passé immédiat.  Il vient de partir. 2°venir à : Vous en venez à me mentir.)

 

Remarque : Les verbes qui se construisent d’ordinaire avec un infinitif sans préposition sont suivis de la préposition de dans des phrases comme :

Je crois indispensable de vous rencontrer.

Indispensable est attribut de vous rencontrer.

>> Vous rencontrer est indispensable

..........................................................................

Exercices à trous

>>>Complétez par à ou par de QUIZ 33

>>>Complétez par à ou de devant l'infinitif QUIZ 34 - Texte : Isidore et Arnolphe, les célibataires

 

Et pour en savoir + sur tous ces verbes, voir :

Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

où vous trouverez Le Trésor, le Dictionnaire de l'Académie, etc. 

 

 Récapitulation de tous les exercices à trous

  Récapitulation des petites histoires à trous

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

Orthographe grammaire pour les hésitants

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 10:55

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Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

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a-Les homonymes sont des mots qui s'écrivent et/ou se prononcent de la même façon et qui n'ont pas le même sens.

Les homonymes homophones sont des mots qui ont la même prononciation sans avoir la même graphie, alors que les homonymes homographes s'écrivent de la même manière.

 

Pour en savoir +

> Que signifient les mots synonyme, homonyme, antonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ?

 

Les mots et es est ai aie aies ait aient eh hé hais haie ais ès seraient des homophones parfaits s'ils se prononçaient tous [ε ] ou tous [e] (=ê ou é).

Comme ce n'est pas le cas, nous dirons  plus exactement que ce sont des paronymes, les paronymes étant des mots dont la prononciation se ressemble.

Pour en savoir plus sur les paronymes, lire l'article :

> Paronymes -paronomase + QUIZ N°27

 

Dans le français courant, on constate que les oppositions entre les sons prononcés [ε] ou [e] ont souvent tendance à disparaître en syllabe ouverte, en fin de mot ― par exemple dans les mots mauvais, chanter, poulet, aimé, parlaient...

Dans certaines régions, la nuance entre ces deux sons n'existe pas et il est difficile de distinguer le et [e] du est  [ε] .

Je citerai par exemple le parler de la Haute-Loire.


b-La lettre h ne s'entend pas en français mais on doit savoir si le h qui commence un mot est aspiré [h] ou muet. C'est très utile pour faire ou non l'élision et la liaison avec certains mots qui le précèdent

Il y a élision si le h est muet : l'hélice et disjonction si le h est aspiré : le héros. On prononcera la liaison dans  les z-hélices,mais on dira les/héros, les/haricots et pas  les-z-haricots.

On aura la disjonction la/haie, je le/hais

Pour en savoir +

> La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction  

 

Examinons les homophones (ou paronymes)

1-ai - aie - aies - ait - aient

2-et

3-es - est

4-eh - hé

5-hais - hait

6-haie

7-ais

8-ès

EXERCICE D'APPLICATION :Homophones et paronymes - Exercice à trous - Compléter par et est ai aie aies ait aient eh hé hais hait haie ais ès - Maggy, Josée et la petite Philo 2 QUIZ 39

 

1 ai, aie, aies, ait, aient

Ce sont des formes du verbe et de l'auxiliaire avoir.

Pour savoir distinguer le verbe avoir de l'auxiliaire avoir, reportez vous à l'article : a as à ah ha + Notes sur le verbe et l'auxiliaire avoir

Verbe avoir

j'ai :première personne du singulier du présent de l'indicatif.

J'ai trois maisons comme Cadet Rousselle.

j'aie, tu aies, ils aient : deux premières personnes du singulier et troisième personne du pluriel du présent du subjonctif.

Il faut que j'aie mon bac cette année.

Bien tu aies une belle voiture, tu n'intéresses personne.

Je m'étonne qu'ils aient autant d'argent.

Auxiliaire avoir

j'ai + participe passé, passé composé.

J'ai parié dix euros que je gagnerai.

J'aie + participe passé, tu aies + participe passé, Ils aient + participe passé : subjonctif passé.

Qu'importe que j'aie tout perdu !

Il n'est pas impossible qu'il ait tout emporté.

Je leur ai tout pris sans qu'ils aient dit un seul mot.

 

Truc pour distinguer ai de aie : remplacez le sujet je par nous :  

Qu'importe que nous ayons tout perdu !

C'est un subjonctif puisque vous ne pouvez pas dire :

Qu'importe que nous avons tout perdu !

 

Pour en savoir + sur le subjonctif, lire les articles :

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

> Valeurs et emplois du subjonctif

 

2 et

Et : conjonction de coordination qui relie généralement des mots de même nature grammaticale et de même fonction.

Exemples :

Elle portait une robe rouge et blanche. (Et coordonne deux adjectifs épithètes)

Vous parlerez et me regarderez en même temps. (Deux verbes qui ont le même sujet)

Elle s'est exprimée clairement et simplement. (deux adverbes de manière)

Il me regardait et je sentais bien que quelque chose allait arriver.

Quand il la vit arriver et qu'elle ôta son chapeau avec grâce, il fut conquis.

(Deux propositions de même nature, deux indépendantes /ou une indépendante et une principale /ou deux subordonnées de même fonction)

Etc.

 

3 es est

Es, à la deuxième personne du singulier, tu es.

Est, à la troisième personne du singulie, il/elle est

 

a-verbe être,  exister, vivre, se situer dans l'espace...

au présent de l'indicatif 

Il est là et pas ailleurs. Elle est en Espagne. Le passé n'est plus.Tu es parce que Dieu a voulu que tu sois.

 

b-verbe être attributif ou verbe copule, anciennement appelé verbe d'état. Il est suivi d'un attribut du sujet.

au présent de l'indicatif

Tu n'es vraiment pas drôle. Il est malade. Elle est trop occupée. Il est mon protecteur. Es-tu donc l'avocat du diable ?

 

c-auxiliaire être

1-sert à former le passé composé de certains verbes.

Tu es venu quand tu l'as voulu. Il est tombé dans la farine. Elle s'est souvenue de lui. Tu ne t'es rendu compte de rien.

2-à la voix passive

Elle est mangée par le chat, pauvre souris ! (forme active, le chat la mange)

Fais vite, tu es attendu ! (On t'attend !)

 

Truc pour reconnaître si on a affaire à ai, et, est, es, et :

On peut remplacer par était/étais si c'est le verbe ou l'auxiliaire être.

On peut remplacer par et puis ou et aussi si c'est la conjonction et.

On peut remplacer par tu as ou il a si c'est avoir

Pour la confusion ai aie, revenez au premier paragraphe.

 

4 eh hé Interjections

Eh

-dans les expressions : eh bien, eh oui, eh non

-on peut trouver plus rarement hé bien, hé oui, hé non

-et bien, et oui, et non ne sont pas acceptés

 

interjection familière

-sert à appeler

Hé ! Regarde qui est là !

-traduit la douleur

Hé, pauvre de moi.

-sert à mettre en garde

Hé là-bas ! Attention !

traduit un sentiment de pitié

Hé ! Mon cher ami, mon pauvre ami !

-traduit l'étonnement

Hé ! Que fais-tu donc là ?

-répété, hé traduit l'approbation

Hé, hé, ce n'est pas si mal.

 

5 hais - hait

Hais, hait, du verbe haïr

je hais, tu hais, il hait, présent de l'indicatif

Je hais l'hiver. Oui, je le hais.

Ne pas confondre avec haï [ɑi] participe passé aux temps composés

J'ai haï, nous aurions haï ces monstres.

Ces monstres, vous les aviez haïs.

Sa tortionnaire, il l'a haïe

À la voix passive :

Il est haï de tous et elle sera haïe aussi.

Particularité du passé simple :

Nous haïmes, vous haïtes (pas d'accent circonflexe)

 

6 haie 

1-substantif féminin, une haie, la haie, clôture fait d'arbres ou d'arbustes.

2-Terme de laboureur. Synonyme d'age, c'est-à-dire la pièce de bois arrondie qui reçoit l'attelage à son bout et les étançons soutenant le sep.

3-Interjection qui exprime la douleur physique. Un enfant à qui on tire les cheveux dit haie ! haie !

 4-Terme de turf. Un des obstacles usités dans les courses d'obstacles.

Cf. Littré

 

7 ais 

substantif masculin, l'aie,  un ais  

1-Planche de bois.

2-Au jeu de paume, un coup d'ais, le coup que la balle donne de volée dans un ais qui est du côté du service.

3-Sorte de planchette à l'usage des relieurs.

4-Établi sur lequel le boucher débite la viande.

5-Outil du fondeur en sable

Cf. Littré   

   

8 ès

ès = dans les, préposition  

contraction des deux mots  en et les

Bachelier ès lettres

Docteur ès sciences

Licence ès arts

 

Prononciation : ê devant une consonne, bachelier ê lettres ; plusieurs prononcent l's : ês' lettres ; devant une voyelle l's se lie : ê-z arts. cf. Littré (édition 1935)

De nos jours on a tendance à prononcer le s.

Pour en savoir plus, voir le site : Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

 

Notes

Les conjonctions de coordination

Les conjonctions de coordination relient (=coordonnent) des mots ou des syntagmes (groupes de mots) de même nature et de même fonction.

Procédé mnémotechnique pour se rappeler la liste des conjonctions de coordination :

mais ou et donc or ni car (Mais où est donc Ornicar ?)

Certains mots jouent également ce rôle de coordonnants, des adverbes de liaison par exemple : sans doute, ainsi, peut-être, ou d'autres connecteurs : c'est-à-dire, c'est pourquoi, par conséquent, ensuite, enfin...

 

Articles connexes 

 

Pour en savoir + sur la conjonction de coordination ou, voir l'article : les homophones ou, où hou, ouh, etc - Ton mère ou ta mère viendra  ou viendont ?

 

Pour en savoir + sur ET, voir le site Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et lexicales (Le Trésor, l'Académie)

 

Pour en savoir + sur les pronoms personnels, voir l'article : les homophones a as à ah ha

+ Note sur les pronoms personnels

Pour en savoir + sur les interjections : Qu'est-ce qu'une interjection ? Qu'est-ce qu'une onomatopée ?

Pour en savoir + sur les prépositions, voir l'article : as à ah ha + Notes sur les prépositions 

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 18:13

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Questions

Réponses

1-Qui a deux grandes oreilles rondes et noires et une fiancée qui s'appelle Minnie ?

 

2- Qui est le gros monstre gris supergentil, ami de Mei et de Satsuki ?

 

3- Comment s'appellent les trois neveux de Donald ?

 

4-Et leur oncle qui est très riche et très avare ?

 

5-Comment s'appelle le jeune Prince, le roi et la reine dans Le Roi Lion ?

 

6-Comment s'appelle la super voiture rouge dans le film Cars ?

 

7-A quel peuple appartient Pocahontas ? De quelle tribu est-elle ?

 

8-A quel peuple appartiennent Astérix et Obélix ?

 

9-Quel est le deuxième nom dans le titre du film de Walt Disney "La Belle et le..."?

 

10-Qui est Bouba et avec qui vit-il ?

 

11-Combien y a-t-il de Dalmatiens dans une certaine histoire ?

 

12- Comment s'appelle la méchante femme qui les poursuit ?

 

13-Comment s'appelle l'ennemi des Schtroumpfs ?

 

 

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Questions + Réponses

 

1-Qui a deux grandes oreilles rondes et noires et une fiancée qui s'appelle Minnie ?

1- Mickey Mouse

2- Qui est le gros monstre gris supergentil, ami de Mei et de Satsuki ?

2- Totoro

3- Comment s'appellent les trois neveux de Donald ?

3- Les neveux de Donald Duck sont Riri, Fifi et Loulou.

4-Et leur oncle qui est très riche et très avare ?

4- Oncle Picsou

5-Comment s'appelle le jeune Prince, le roi et la reine dans Le Roi Lion ?

5- Le Prince Simba est le fils du roi Mufasa et de la reine Sarabi

6-Comment s'appelle la super voiture rouge dans le film Cars ?

6- Flash Macqueen

7-A quel peuple appartient Pocahontas ? De quelle tribu est-elle ?

7- Elle est amérindienne de la tribu des Powhatans

8-A quel peuple appartiennent Astérix et Obélix ?

8- Ils sont Gaulois.

 

 

9-Quel est le deuxième nom dans le titre du film de Walt Disney "La Belle et le..."?

9- le Clochard

10-Qui est Bouba et avec qui vit-il ?

10-.Bouba, petit ourson, vit avec sa mère Amandine et sa soeur. Frisquette

11-Combien y a-t-il de Dalmatiens dans une certaine histoire ?

11- 101 dalmatiens

12- Comment s'appelle la méchante femme qui les poursuit ?

12- Cruella d'Enfer

13-Comment s'appelle l'ennemi des Schtroumpfs ?

12- Gargamel

 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 08:07

 UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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Le XVIe siècle est un siècle d'une grande fécondité dans le domaine de la langue. Nous avons pu le voir avec notamment Rabelais (au chapitre 9) et Ronsard (au chapitre 10) ; tous deux font partie de ceux qui ont inventé le plus grand nombre de mots.

 

Montaigne* (1533-1592)

Michel Eyquem de Montaigne aime le mot juste et fuit « les longueries ». Il dit lui-même que « son esprit crochette et furette tout le magasin des mots et des figures pour se représenter. » Sa pensée (n'oublions pas qu'il était gascon), s'exprime dans les mots concrets de la langue populaire ; il use de digressions, saute d'une idée à l'autre à coups de récits, de poésie, de démonstrations, se laissant guider par sa sagesse, sa tolérance et son humanisme jamais dépourvu d'émotions.

 

« Que les paroles ne soient plus de vents mais de chair et d’os »

 

Montaigne, dans son œuvre majeure « les Essais », aborde, pêle-mêle, tous les sujets possibles, qu'ils soient importants ou futiles : de simples questions domestiques côtoient ses réflexions métaphysiques.

Il se nourrit des oeuvres de l'Antiquité, mais, dit-il : « Je feuillette les livres, je ne les étudie pas : ce qui m'en demeure, c'est chose que je ne reconnais plus être autrui. »

Il tente de répondre à la question : « Qu'est-ce que l'Homme ? » Pour ce faire, il doit répondre à celle-ci : « Qui suis-je, moi, Michel Eyquem de Montaigne ? »

Vous l'auriez vu, lisant et écrivant dans sa « librairie » où il avait fait peindre, sur les poutres, les sentences des Anciens**.

 

En conclusion au XVIe siècle :

Après avoir assisté à un foisonnement d'innovations linguistiques, où s'exprime une grande liberté, on va peu à peu mettre en place quelque rigueur en prônant une plus grande simplicité dans le style, ce qui donnera lieu bientôt à l'élaboration de la grammaire.

 

En 1827, dans « La Préface de Cromwell », Victor Hugo écrit :

« [...] La langue française n’est point fixée et ne se fixera point. Une langue ne se fixe pas.

L’esprit humain est toujours en marche, ou, si l’on veut, en mouvement, et les langues avec lui. Les choses sont ainsi. Quand le corps change, comment l’habit ne changerait-il pas ? Le français du dix-neuvième siècle ne peut pas plus être le français du dix-huitième, que celui-ci n’est le français du dix-septième, que le français du dix-septième n’est celui du seizième. La langue de Montaigne n’est plus celle de Rabelais, la langue de Pascal n’est plus celle de Montaigne, la langue de Montesquieu n’est plus celle de Pascal. Chacune de ces quatre langues, prise en soi, est admirable, parce qu’elle est originale. Toute époque a ses idées propres, il faut qu’elle ait aussi les mots propres à ses idées.

Les langues sont comme la mer, elles oscillent sans cesse. À certains temps, elles quittent un rivage du monde de la pensée et envahissent un autre. Tout ce que leur flot déserte ainsi sèche et s’efface du sol. C’est de cette même façon que des idées s’éteignent, que des mots s’en vont.

Il en est des idiomes humains comme de tout. Chaque siècle y apporte et en emporte quelque chose. Qu’y faire ? Cela est fatal. C’est donc en vain que l’on voudrait pétrifier la mobile physionomie de notre idiome sous une forme donnée. C’est en vain que nos Josué littéraires crient à la langue de s’arrêter ; les langues ni le soleil ne s’arrêtent plus. Le jour où elles se fixent, c’est qu’elles meurent [...] »

 

NOTES

*Montaigne devrait se prononcer Montagne, puisqu'on ne prononce pas le i en langue d'oc.

**Retrouver cinquante-sept des sentences des Anciens, peintes sur les travées de sa librairie. (traduites du grec ou du latin), dans les notes des Délires n° 105

Délires sur une réponse qui se fait attendre + Les sentences chères à Montaigne

 

Publications en 1861 et 1894, et en appendice dans La Pléiade, Gallimard 1963.

UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 14:34

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Prosper Mérimée, 1803 – 1870

En 1857, l'Impératrice Eugénie avait demandé à Prosper Mérimée une dictée pour amuser la cour de Napoléon III.

L'empereur aurait fait 75 fautes, Eugénie 62, Alexandre Dumas 24 et Metternich, l'ambassadeur d'Autriche, seulement 3.

« Quand allez-vous, prince, vous présenter à l’Académie pour nous apprendre l’orthographe ? » aurait demandé Dumas quand furent annoncés les résultats.

 

Voici le texte de la dictée publiée par Léo Claretie en 1900.

La dictée de Mérimée, site officiel du Ministère français de la Culture.

 

Les mots expliqués sont en rouge.

Vous trouverez d'autres versions à la suite de celle-ci.

 

« Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier.

Quelles que soient, quelque exiguës qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d’en vouloir, pour cela, à ces fusiliers jumeaux et malbâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.

Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s’est laissé entraîner à prendre un râteau et qu’elle s'est crue obligée de frapper l’exigeant marguillier sur son omoplate vieillie.

Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara suivie d’une phtisie et l’imbécillité du malheureux s’accrut.

— Par saint Martin, quelle hémorragie ! s’écria ce bélître.

À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière. »

 

Explications

 

ambiguïté, de l'adjectif ambigu au masculin (pluriel ambigus), ambiguë au féminin (ambiguës)

De même aigu, aigus, aiguë, aiguës, le tréma n'est pas sur le U, même chose pour contigu, contiguë, contiguïté, exigu, exiguë, exiguïté... et la ciguë.

La Réforme de 1990 permet ambigüité > Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

Un dîner, dîner, variante orthographique : un diner, diner (non admis par l'Académie ni par le Trésor).

Réforme de 1990, l'accent disparaît.  

 

Sainte-Adresse

Que Adresse soit une sainte ou non, on écrit Saint ou Sainte que l'on relie au nom qui suit par un trait d'union, dans les noms de rues, de places, de villes...

Ex : quartier Saint-Denis, place Saint-Pierre, rue Saint-Vincent.

Quand on parle d'un saint, on écrit (par ex.) saint Martin, sans trait d'union.

 

malgré n'a jamais de s, ni parmi.

 

effluve est masculin.

E précédant 2F en début de mot n'a pas d'accent, effet, effervescent...

Voir sur l'article sur le blog  :

Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr

+ Quiz  4. 

 

embaumés, participe passé employé comme adjectif s'accorde avec effluves.

 

de très bons crus, si c'était un singulier, on aurait "d'un très bon cru".

 

un cuisseau : Partie du veau, coupée en deux, qui prend au-dessous de la queue et va jusqu'au rognon, et comprenant le quasi, la culotte, la noix pâtissière, la sous-noix et le jarret.

un cuissot : Cuisse de gibier de forte taille. Cuissot de cerf, de chevreuil, de sanglier.

Définitions recueillies sur le CNRTL dans Le Trésor de la langue française.

Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales du cnrs

 

prodigués s'accorde avec cuisseaux et cuissots

 

un amphitryon, celui qui reçoit à diner.

Pour en savoir + sur Amphitryon, voir la note des Délires n°59 

 

guêpier, mot qui vient de guêpe

-endroit bruyant

-piège, souricière

 

quelles que soient .. les arrhes

quel que : locution conjonctive de concession, suivie du verbe être au subjonctif

quel s'accorde avec le sujet du verbe être

Quelle que dût être votre opinion, je ne m'en souciai guère.

Quels que puissent être vos désirs, vous ne les accomplirez jamais.

Les semi auxiliaires (auxiliaires de mode) devoir et pouvoir accompagnent le verbe être dans ces deux phrases. 

Pour en savoir + voir l'article Quel que

 

quelque exiguës qu'aient pu paraître... les arrhes

quelque ... que : locution conjonctive de concession, suivie d'un verbe au subjonctif.

ici, aient pu paraître est le verbe paraître accompagné du semi auxiliaire pouvoir au subjonctif passé.

 

-quelque + adjectif + que

quelque appliqué qu'il soit, il ne réussira jamais à avoir la moyenne.

ou

-quelque + syntagme nominal + que

Quelque effort que je fasse, tu restes indifférent.

Pour en savoir + voir l'article Quelque... que

 

paraître prend l'accent circonflexe sur le i devant le t

comme naître, les dérivés de paraître (apparaître, disparaître, comparaître), et de croître (accroître, décroître, surcroître). Ex. il naîtra, il croîtrait, nous disparaîtrons...

On a aussi : il clôt, il gît, il plaît.

Particularité de croître : il prend l'accent circonflexe à chaque fois qu'on peut le confondre avec croire.

Il croît, il a crû, MAIS il croissait, croissant, etc.

Surcroître est vieilli, on le trouve dans les expressions de surcroît, par surcroît.

 

la somme due, les sommes dues, l'emprunt dû

dû (de devoir) ne prend d'accent circonflexe que lorsqu'on peut le confondre avec du (partitif ou préposition, du = de + le)

J'ai du bon tabac dans ma tabatière. (du, partitif. Sens : une partie d'un tout, une certaine quantité de)

Je viens du marché. (du = de le)

J'ai dû parler. (devoir)

Voir l'article du, dû, due, dus, dues, dut, dût

 

des arrhes, substantif féminin. On donne des arrhes pour un achat ou une location. 

arrher, donner des arrhes.

arrhement, vieilli.

Les arrhes données ne sont pas rendues par le vendeur si l'acheteur se rétracte.

 

Les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier.

qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier est une proposition relative complément de l'antécédent arrhes.

qu' (c'est-à dire que élidé) est un pronom relatif qui représente l'antécédent arrhes.

Je remplace que par ce qu'il représente :

la douairière et le marguillier étaient censés avoir donné des arrhes

 

données est un participe passé, il suit la règle de l'accord des participes passés qui veut qu'un participe passé employé avec l'auxiliaire avoir s'accorde avec le complément d'objet direct si celui-ci le précède.

Dans ce cas le complément d'objet direct est que (= arrhes) féminin pluriel, et il est placé avant (avoir) données. Donc accord.

Pour en savoir + sur l'accord des participes passés, voir les 3 articles : 

Règles de l'accord des participes passés 

L'accord des participes passés  + Quiz 26   

Qu'est-ce qu'un verbe pronominal ? L'accord des participes passés des verbes pronominaux + Quiz 32  

 

étaient censés s'accorde avec le sujet inversé douairière et marguillier

censés, adjectif qualificatif attribut de douairière et marguillier, s'accorde avec ces substantifs.

Être censé, être supposé.

MAIS être sensé, avoir du bon sens.

 

douairière, marguillier, fusilier

voir le sens de ces mots sur

Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales du cnrs

 

infâme a un accent circonflexe, infamie n'en a pas.

> L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux... + Quiz 58

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

malbâti, du verbe bâtir (accent circonflexe) et de l'adverbe mal.

Au pluriel malbâtis

Dont le corps n'est pas bien bâti, qui a une mauvaise tournure. Un homme malbâti. Substantivement : un grand malbâti. Littré

 

rafraîchissement, accent circonflexe comme dans rafraîchir, fraîchir, fraîcheur.

 

coreligionnaires, de la même religion

Il n'y a pas d'accent sur le e de core-

Prononciation [kɔʀ(ə)liʒjɔnε:ʀ] ou [kɔʀeliʒjɔnε:ʀ] c'est-à dire core- ou coré-

Pourquoi l'Académie, qui écrit corrélation, corrélatif, avec deux r, écrit-elle coreligionnaire avec une seule r ? question sur le Littré

 

quoi qu'il en soit subjonctif après quoi que

quoi que et non pas quoique

> Quoiqu'il en soit privé, il ne demande jamais de chocolat = bien qu'il en soit privé

Pour ne pas confondre quoi que et quoique, sachez qu'on peut remplacer quoique par bien que (synonymes) dans un contexte donné.

Quoi dans quoi que est pronom interrogatif mais il a perdu sa connotation interrogative, de même qui dans qui que, dans où que.

Pour en savoir + voir les articles sur le blog :

Quoi que

Quoique

 

exorbitant, excessif, qui dépasse la mesure

du latin exorbitare, dévier, sortir de l'ornière, de ex, hors, et orbita, ornière, trace d'une roue de voiture, cf. Littré.

mots commençant par ex, exc, exh, voir la note des Délires n° 9

 

entraîner (orthographe traditionnelle avec l'accent)

ou entrainer (réforme de 1990)

 

la douairière s'est laissé entraîner

On est dans le cas où le participe passé laissé est suivi d'un infinitif, entraîner.

Lorsque le sujet ne fait pas l'action de l'infinitif, le participe passé est invariable.

Elle s'est laissé battre (on l'a battue)

Elle s'est laissée mourir (elle est morte)

On préfére aujourd'hui LAISSÉ suivi d'un infinitif, invariable dans tous les cas.

Voir l'article :

L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...

Voir les 4 cas où le participe passé est suivi d'un infinitif dans l'article du blog :

Règles de l'accord des participes passé paragraphe 2

 

elle s'est crue obligée

Le participe passé d'un verbe pronominal (se croire) suivi d'un attribut du pronom réfléchi s'accorde avec lui (obligée attribut de se).

Pour en savoir + sur cette règle voir l'article :

Qu'est-ce qu'un verbe pronominal ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux Voir le paragraphe G de la correction dans l'article.

 

exigeant, l'adjectif et le participe présent ont la même graphie.

(et non pas exigent comme dans ils exigent)

MAIS on a divergent (adj.) divergeant (part. prés.), convergent, convergeant, négligent, négligeant, émergent, émergeant.

Voir : Ne pas confondre participes présents, gérondifs et adjectifs verbaux, (en) fatiguant fatigant – (en) convainquant convaincant – (en) émergeant émergent – (en) résidant résident... 

 

son omoplate vieillie

omoplate est féminin. On écrit son omoplate par euphonie, devant une voyelle, son étant ici féminin. Cela pour éviter l'hiatus sa omoplate.

 

alvéoles est ici au masculin ce qui justifie l'accord du participe brisés. 

Mais le genre de alvéole peut se discuter.

Voir l'article sur le blog

 Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr

+ Quiz  4.  

 

dysentrie vient du grec mal et entrailles.

Le s de l'élément dys (= mal), bien qu'il soit entre deux voyelles ne se prononce pas [z] mais [s].

Voir l'article sur le blog :

Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

 

phtisie, une ancienne graphie était phthisie, cf. Littré 2ème édition 1872-1877 (en ligne)

 

imbécillité : 2L, imbécile : 1L

 

s'accrut, verbe s'accroître au passé simple

Il n'y a pas d'accent circonflexe sur le u parce que :

-accroître est différent du verbe croître qui prend un accent lorsqu'on peut le confondre avec le verbe croire. Il crût, il accrut, il s'accrut.

-il s'accrût serait la forme du subjonctif imparfait, ce qui n'est pas le cas ici.

bélître, homme de rien, sot, importun

L'Académie (1798-1932) écrit belître sans accent aigu sur e.

La finale -itre ne prend l'accent circonflexe que dans les trois mots suivants : bélître, épître, huître. Lu sur le cnrtl

Ainsi pitre, chapitre et pupitre n'ont pas d'accent.

 

excédent, noter le exc [ks]

voir l'article sur le blog

mots commençant par ex, exc, exh, voir la note des Délires n° 9

 

bagage, un bagage

 

tout entière

tout adverbe.

Les adverbes sont généralement invariables.

Tout pour raison d'euphonie fait toute lorsqu'il se trouve devant une consonne ou un h aspiré.

Elle est toute mouillée, elle est toute honteuse.

Mais il reste invariable devant une voyelle ou un h muet

Elle est tout étonnée, elle est tout horrifiée.

 

La version de 1990

La version de 1990 supprime les accents circonflexes et écrit ambigüité, exigüe et marguiller, graphies que je n'ai trouvées dans aucun des dictionnaires que j'ai consultés.

Ouvrages de référence dont je me sers pour écrire mes articles

 

La réforme de 1990

Dans les modifications orthographiques de la réforme de 1990, on propose de laisser tomber cet accent circonflexe. Après plus d'une quinzaine d'années, on constate que personne ne laisse tomber le chapeau. Cette proposition doit donc être considérée avec la plus grande vigilance d'autant plus que la règle est assez simple. cf. cnrtl

Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

« Pour parler sans ambigüité, ce diner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuisseaux de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier. Quelles que soient, quelque exigües qu’aient pu paraitre, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguiller, il était infâme d’en vouloir, pour cela, à ces fusiliers jumeaux et malbâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraichissements avec leurs coreligionnaires. Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s’est laissé entrainer à prendre un râteau et qu’elle s'est crue obligée de frapper l’exigeant marguiller sur son omoplate vieillie.Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara suivie d’une phtisie et l’imbécilité du malheureux s’accrut.— Par saint Martin, quelle hémorragie ! s’écria ce bélitre. À cet évènement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière. »

Notes 

J'ai trouvé dans d'autres versions ou d'autres commentaires ces graphies proposées sur la toile :

 

quelqu'exiguës...

Quelque exiguës qu'aient pu paraître... les arrhes...

On a une disjonction après quelque sauf dans les expressions quelqu'un, quelqu'une. 

On trouve cependant chez Dauzat :

Quelqu’ opposés […] que fussent leurs tempéraments (Dauzat, Génie de la langue française, p. 343)

et également chez Robespierre :

... quelqu'impure qu'en soit la source... (Discours à la Convention sur la nouvelle Déclaration des droits de l'homme)

On a également une disjonction avec presque sauf dans presqu'île.

Quoique, puisque, lorsque, quelque, et presque s'élident-ils ? 

   

cuisseaux pour cuissots, et une note précisant que cuisseaux a également le sens de cuissots. (la définition du Petit Robert le laisserait penser)

 

alvéoles au féminin

 

de très bon cru au singulier

 

Par saint Hippolyte, au lieu de Par saint Martin

 

Étonnant non ? Les commentaires de la dictée sont de moi, mamiehiou, et n'engagent que moi.

CQFD !

Ouvrages de référence dont je me sers pour écrire mes articles

 

*Titre : par le menu = en détails

 

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 07:21

  
 

La sauge officinale est une plante médicinale qui a de multiples propriétés.

On utilise ses feuilles séchées.

 

Employée en usage externe

C'est un désinfectant pour la bouche (aphtes, maux de gorge...)

 

Employée en usage interne (en tisane) elle a un pouvoir :

-antidiaphorétique = antitranspirant (bouffées de chaleur...)

-antiseptique (antiviral, antibactérien)

-antiphlogistique, lutte contre l'inflammation

-anti-oxydant, protection des cellules contre les radicaux libres

 

Elle soulage la toux, la bronchite, elle aide à digérer.

 

Elle peut être employée en cuisine comme condiment, intéressante pour son action anti-oxydante.

Par exemple, elle parfume agréablement le porc et la volaille. (Introduire quelques feuilles dans le poulet à rôtir.)

 

On la trouve aussi en pharmacie sous d'autres formes que des feuilles séchées. Mais attention, demandez conseil à votre pharmacien.

 

Facile à cultiver, cette plante vivace se multiplie vite dans votre jardin sans que vous ayez à vous occuper beaucoup d'elle. On récolte ses feuilles en été.

 

Contre-indication importante

Les femmes enceintes ne doivent pas utiliser la sauge qui peut provoquer des avortements spontanés (fausses couches).

 

Autres contre-indications

Allaitement, cancer du sein, hypertension, épilepsie.

 

Nota

Le mot sauge vient du latin salvare, sauver.

 

 >> RÉCAPITULATION des articles : Autour de l'enfant

.

..........................................................................................................

 >> Sauvez des vies et sauvez la vôtre 

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..........................................................................................................

.

 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 19:30

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Le seuil de pauvreté 

 

Il est basé sur le revenu médian des ménages. Attention à ne pas confondre le revenu médian avec le revenu moyen. Le calcul a été défini par l’Insee, Eurostat et les pays membres de l’Union européenne.

Le revenu médian signifie qu'il y a autant de personnes qui ont un revenu supérieur à lui que de personnes qui ont un revenu inférieur.

 

Le seuil de pauvreté représente 60% du revenu médian  

(il est parfois calculé sur 50%).

Exemple : Si le revenu médian était de 2000 euros, le seuil de pauvreté serait de 60% de 2000 euros, soit 1200 euros.

On voit bien que, si un pays compte beaucoup de riches et peu de pauvres, le seuil de pauvreté peut être relativement élevé. Dans le cas contraire, le seuil de pauvreté peut être extrêmement bas.

 

La France

 

Les articles du 30 août 2011 donnés par les médias sur le sujet, nous font connaître le seuil de pauvreté de la France calculé en 2009. 

Il est de 954 euros par mois, le revenu médian étant de 1590 euros 

13,5% de la population vit sous ce seuil de pauvreté, soit 8,2 millions de Français, un Français sur 7 (étude de l'Insee publiée ce mardi 30 août).

Attention à ne pas confondre le seuil de pauvreté avec le salaire au-dessous duquel les gens sont considérés comme pauvres. Les revenus pris en compte ne sont pas seulement les salaires mais tous les revenus, moins les impôts et les prestations sociales.

 

Certes, les Français ne vivent pas comme ils le faisaient en 1970, mais on constate que la France ne cesse de s'enrichir malgré le ralentissement de la croissance. Le seuil de pauvreté était de 466 euros en 1970*, moins de la moitié de celui d'aujourd'hui. On peut dire que les pauvres d'aujourd'hui sont plus riches que ceux d'hier, tout au moins la plupart d'entre eux.

 

Comme le seuil de pauvreté varie selon la richesse ou la pauvreté des pays, il n'est pas clair de dire, par exemple, que huit millions de personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté si l'on ne précise pas ce seuil. Beaucoup d'articles, lorsqu'ils parlent du seuil de pauvreté d'un pays ne précisent pas ce seuil.

 

AJOUT du 9 septembre 2012

Seuil de pauvreté 964 euros en 2010.

Voir :  Enquête de l'Insee

 

Les États-Unis 

 

43,6 millions de pauvres en 2009, soit 14,3% de la population, le seuil de pauvreté étant de 1833 dollars** par mois pour une famille de quatre personnes.  

 

Qu'en est-il des pays pauvres, des pays émergents ?

 

Que signifierait de dire qu'un quart de la planète vit sous le seuil d'extrême pauvreté si l'on ne savait pas que ce seuil s'élève à 1,25 dollars par habitant et par jour, soit moins d'1euro*?

 

La Chine 

 

Avril 2011

Le seuil de pauvreté est en dessous des 456 dollars annuels (2986 yuans), correspondant à 1,25 dollar quotidien. De plus en plus de Chinois sont extrêmement riches, mais il y a tellement de pauvres.

 

Ajout du 27 octobre 2011 : La Chine prête à l'Europe ! (accord du 27 octobre 2011) Sauver l'Europe, c'est sauver aussi l'économie des Chinois, puisque l'Europe est leur gros client, et qu'ils ont beaucoup investi dans l'euro !

 

Ajouts :

1er décembre 2011

En Chine, le seuil de pauvreté est passé de 1274 à 2300 yuans annuels ( de 149€ à 268 € par an).

La Chine augmente le seuil de pauvreté de 92%

 

Et aussi 17 avril 2012

Révision du seuil de pauvreté en Chine ?

 

L'Inde 

 

Avril 2010

Le seuil de pauvreté s'élèverait à 17 roupies (0,29 euros) par jour en milieu urbain et 12 roupies (0,20 euros) en milieu rural et concernerait 300 (ou 400) millions d'Indiens.

 

Notes

*en euros constants, sans tenir compte de l'inflation.

1 euro = 1,42 dollars au 1er septembre 2011

1 dollar = 0,70 euro

Sources (sur la toile) 

 

**7 octobre 2008 : données de la Banque Mondiale sur le site Observatoire des Inégalités - La Pauvreté dans le Monde

 

30 août 2011 :

RTL.fr

L'Express.fr

20 minutes.fr

17 septembre 2010 :

Monde actu - Etats-Unis :  plus de 14% des Américains sous le seuil de pauvreté

avril 2011 :

Révision du seuil de pauvreté en Chine ? - China Daily

23 avril 2010 :

Inde pauvreté courrier international

 

Voir aussi

18 décembre 2009 :

edelweiss-developpement.over-blog.com/article-/ Le Maroc, un pays riche aux habitants pauvres

 

Lire aussi sur Wikipédia dans l'article Seuil de pauvreté, les définitions de

Seuil de pauvreté absolue

Seuil de pauvreté relative

IPH : Indicateurs de pauvreté humaine

 

Ajout du 27 janvier 2012

Voir l'article de Global voices

Chine, USA : Les seuils de pauvreté sont-ils comparables ?

 

Ajout septembre 2012
Par convention, une personne est considérée comme pauvre quand son niveau de vie n'atteint pas 60% du niveau de vie médian, soit 964 euros en 2010.

L'intégralité de l'enquête de l'Insee est disponible sur son site internet.

 

Ajout du 4 juin 2013

Dans cinq ans 500 millions de Chinois auront atteint le niveau de vie de la France. Entendu sur France Info à 6h45

 

Ajout du 10 juin 2015

Expliquez-nous ... le seuil de pauvreté | France info

  

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 19:06

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Pierre de Ronsard

1524 - 1585

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Quand à longs traits je bois l'amoureuse étincelle

 

Quand à longs traits je bois l'amoureuse étincelle

Qui sort de tes beaux yeux, les miens sont éblouis :
D'esprit ni de raison, troublé, je ne jouis,
Et comme ivre d'amour, tout le corps me chancelle.

Le cœur me bat au sein : ma chaleur naturelle
Se refroidit de peur : mes sens évanouis
Se perdent dedans l'air, tant tu te réjouis
D'acquérir par ma mort le surnom de cruelle.

Tes regards foudroyants me percent de leurs rais
Tout le corps, tout le cœur, comme pointes de traits
Que je sens dedans l'âme : et quand je me veux plaindre,

Ou demander merci du mal que je reçois,
Si bien ta cruauté me resserre la voix,
Que je n'ose parler, tant tes yeux me font craindre.

 

Le premier livre des Sonnets pour Hélène, 1578

 

Lire aussi l'Ode à Cassandre dans la note des Délires n°65

Mignonne, allons voir si la rose...

 

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Victor Hugo

1802-1885

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Mon bras pressait ta taille frêle

 

Mon bras pressait ta taille frêle
Et souple comme le roseau ;
Ton sein palpitait comme l’aile
D’un jeune oiseau.

Longtemps muets, nous contemplâmes
Le ciel où s’éteignait le jour.
Que se passait-il dans nos âmes?
Amour ! amour !

Comme un ange qui se dévoile,
Tu me regardais, dans ma nuit,
Avec ton beau regard d’étoile,
Qui m’éblouit.

 

Les Contemplations, 1856

 

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Alphonse Daudet

(1840 - 1897)

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L'oiseau bleu

 

J'ai dans mon cœur un oiseau bleu,
Une charmante créature,
Si mignonne que sa ceinture
N'a pas l'épaisseur d'un cheveu.

Il lui faut du sang pour pâture
Bien longtemps, je me fis un jeu
De lui donner sa nourriture :
Les petits oiseaux mangent peu.

Mais, sans en rien laisser paraître,
Dans mon cœur il a fait, le traître,
Un trou large comme la main.

Et son bec fin comme une lame,
En continuant son chemin,
M'est entré jusqu'au fond de l'âme !...

 

Les Amoureuses

 

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Charles Cros

1842 – 1888

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Cueillette

C'était un vrai petit voyou,
Elle venait on ne sait d’où,
Moi, je l’aimais comme une bête.
Oh ! la jeunesse, quelle fête.

Un baiser derrière son cou
La fit rire et me rendit fou.
Sainfoin, bouton d’or, pâquerette,
Surveillaient notre tête à tête.

La clairière est comme un salon
Tout doré ; les jaunes abeilles
Vont aux fleurs qui leur sont pareilles ;

Moi seul, féroce et noir frelon,
Qui baise ses lèvres vermeilles,
Je fais tache en ce fouillis blond.

Le Panier de Griffes

 

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Stéphane Mallarmé

1842 – 1898

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Apparitions 

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs

Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
— C’était le jour béni de ton premier baiser.
 

Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d’un Rêve au cœur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’œil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

Poésies, 1887

 

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Paul Verlaine 

1844 – 1896

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A poor young shepherd*

 

J'ai peur d'un baiser
Comme d'une abeille.
Je souffre et je veille

Sans me reposer.
J'ai peur d'un baiser !

Pourtant j'aime Kate
Et ses yeux jolis.
Elle est délicate
Aux longs traits pâlis.
Oh! que j'aime Kate !

C'est Saint-Valentin !
Je dois et je n'ose
Lui dire au matin...
La terrible chose
Que Saint-Valentin !

Elle m'est promise,

Fort heureusement !
Mais quelle entreprise
Que d'être un amant
Près d'une promise !

J'ai peur d'un baiser
Comme d'une abeille. 
Je souffre et je veille
Sans me reposer:
J'ai peur d'un baiser !

 

Romances sans paroles 1874

*A poor young shepherd = un pauvre jeune berger


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Arthur Rimbaud

1854 – 1891

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À... Elle

Rêvé pour l'hiver

 

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.
 
Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.
 
Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...
 
Et tu me diras : « Cherche ! » en inclinant la tête,
- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
- Qui voyage beaucoup...
 
En wagon, le 7 octobre 1870. 

 

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Paul Géraldy

1885 – 1983

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Abat-jour

Toi et Moi

Je ne peux pas publier ce poème que j'aime. L'oeuvre n'est pas encore tombée dans le domaine public mais, en cherchant bien, vous pouvez trouver le texte sur la toile.
 
Quand un ouvrage peut-il tomber dans le domaine public ?
Lire : Pourquoi Apollinaire a mis 95 ans pour entrer dans le domaine public
 

VOIR Poèmes d'amour – Tome 2 - Florilège proposé par mamiehiou

Et d'autres textes d'auteurs dans " Florilège - La pensée des autres"

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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