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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 15:45

  LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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Exercice : Où faut-il mettre des accents ?

Eut-il du le faire, il eut refusé.

Sitot qu'il dut m'aider, il partit.

A quoi sont dus ses vertiges ?

Il faudra bien qu'un jour ou l'autre je rembourse mon du.

Correction en fin d'article

 

Vous pouvez faire le quiz avant ou après avoir lu la leçon qui suit.

QUIZ 65 Ecrire DU correctement

Texte à trous "Du coeur et de l'ardeur d'apprendre"

1-Du
Article défini contracté du

préposition de + article défini le
Je viens du marché.

2- Du
Partitif du

contraction de de + le
Donne-moi du pain, du lait et de la confiture.

3- Dû, dus, dut, dût
devoir + infinitif, semi auxiliaire ou auxiliaire de mode
= marque une obligation

Voici la somme que je dus lui payer.
Je dus partir très tôt.

= une éventualité

Il dut faire froid ce jour-là.
Il a dû probablement me le dire.

= une nécessité inéluctable etc.

Il a dû mourir puisque tout le monde meurt.

Voir l'article sur les semi auxiliaires, note des Délires N°43


4-Dû, dus, dut, dût
Verbe devoir = ce que l'on est tenu de s'acquitter, argent, dette, reconnaissance...
À partir de ce jour-là, je lui dus tout.
Je vous ai dû beaucoup d'argent dans le passé.

Formes de l'auxiliaire de mode [3] et du verbe [4] :
passé simple, je dus, tu dus, il dut
subjonctif imparfait, dût
participe passé qui sert à la formation des temps composés : dû

Exemples
J'ai dû travailler (passé composé)
Le train dut partir à l'heure. (passé simple)
Je craignais qu'il ne dût partir avant moi. (subjonctif imparfait)
Eût-il le faire, il eût refusé. (subjonctif plus-que-parfait)
S'il avait dû le faire il aurait refusé. (indicatif plus-que-parfait)
Dès qu'il eut dû m'aider, il s'en alla bien vite. (passé antérieur)
Ou
Dès qu'il dut m'aider, il s'en alla bien vite. (passé simple)

5-Dû, due, dus, dues
adjectif
= que l'on doit.
Je vous rends les sommes dues.
Cet hommage lui est dû.
Faites-moi ça en bonne et due forme.
= causé par
La justesse de son raisonnement est due à sa sagesse.
Ses vertiges sont dus à une forte fièvre.

6-Un dû : le mot ne se met pas au pluriel.
nom commun = ce que l'on doit.
Il m'a réclamé son dû, je ne l'ai pas écouté. 

 

Résumé :
Dû s'écrit avec un accent :

-quand il est le substantif (le nom) : un dû

-quand il est le participe passé de devoir (verbe ou auxiliaire) : j'ai dû (sans terminaison), l'honneur dû à mon rang,

-quand il est au subjonctif imparfait : il dût.


Dû s'écrit sans accent :

-quand il est déterminant, article contracté (§1) ou partitif contracté (§2) : du,

-quand c'est devoir au passé simple : je dus, il dut
-quand le participe passé dû a la marque du pluriel ou du féminin : due, dus et dues.

 

J'ai dû bosser pour écrire cet article, me croiriez-vous ?

 

Exercice d'application > QUIZ 65

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Correction de l'exercice :

Exercice : Où faut-il mettre des accents ?

Eût-il le faire, il eût refusé. > Même s'il avait dû le faire, il aurait refusé.

Sitôt qu'il dut m'aider, il partit. > Dès qu'il dut m'aider, il partit. Les deux actions au passé simple sont considérées comme simultanées.

On pourrait dire : Sitôt qu'il eut dû m'aider, il partit. Le passé antérieur eut dû marque l'antériorité de l'action par rapport à celle de la proposition principale.

À quoi sont dus ses vertiges ?

Il faudra bien qu'un jour ou l'autre je rembourse mon dû.

 

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 08:39

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Récapitulation des articles : Ne pas confondre

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Quoique


Quoique, conjonction de subordination qui introduit une proposition subordonnée de concession. Elle est suivie du subjonctif. Elle peut être remplacée par bien que.
Voir les articles :

bien que,

encore que,

malgré que

Qu'est-ce qu'une conjonction de subordination et une locution conjonctive ?
Voir aussi l'article :

Valeurs et emplois du subjonctif § 48

Quoiqu'il fasse preuve de courage, il n'arrivera jamais à ses fins.
Il la perdit, sa dulcinée, quoiqu'il fît tout pour la reconquérir.


Quoi que


Quoi que, locution pronominale équivalant à :  quelle que soit la chose que/ qui. Elle exprime la  concession et elle est suivie du subjonctif.
Quoi, pronom interrogatif qui a perdu sa nuance interrogative.
 
Je te trouve assez peu convaincant quoi que tu dises.
Quoi que tu projettes, je ne te suivrai pas.   

Remarque 
Quel, quoi, qui, où, sont des interrogatifs - pronoms ou adverbe (où) -, mais aujourd'hui ils ont perdu la nuance interrogative dans les locutions quel que, qui que, quoi que, où que, d'où que, toutes suivies du subjonctif.

Si vous hésitez entre quoique et quoi que, remplacez par bien que. Si ça fonctionne, c'est quoique qu'il faut écrire. 

Quelque


-Déterminant, adjectif indéfini, variable.
Il m'a donné quelques piécettes, le rapiat.
-Adverbe, invariable = à peu près, environ (littéraire)
Il précéde un adjectif numéral cardinal
Je l'ai rencontré il y a quelque trois mois
quelque peu = un peu
Il m'a paru quelque peu éméché. L'alcool ne lui convient guère.
-Syntagme équivalant à un déterminant
quelque peu de = un peu de
-Pronoms indéfinis
quelqu'un, quelques-uns, quelqu'une, quelques-unes
quelque chose, quelque part
-Locutions adverbiales indéfinies
en quelque sorte, en quelque endroit


 Remarque : Il y a disjonction après quelque (pas d'élision), sauf dans quelqu'un et quelqu'une. On aura par exemple quelque autre...


Quelque... que


Quelque... que, locution conjonctive qui exprime la concession, suivie du subjonctif
Voir l'article : Valeurs et emplois du subjonctif § 48

1-quelque + substantif ou syntagme nominal + que
Quelques folies que vous fissiez, je ne vous en aimais que plus encore.
Quelque rage que tu puisses éprouver, je saurai bien te calmer

2-quelque + adjectif + que
Quelque amoureux qu'il soit, il sait bien que tous ses espoirs seront déçus.
Quelque avare qu'il pût être, il n'abandonna pas son enfant.
Quelque amical qu'il veuille paraître, je continue à me méfier de lui.
Quelque misérable qu'il fût, il n'en était pas moins homme. 
 
Quel que

Quel que, locution pronominale qui exprime la concession*  suivie du subjonctif 
Voir l'article   Valeurs et emplois du subjonctif § 48
Quel pronom interrogatif attribut, variable en genre et en nombre : quels, quelle, quelles

Quels que soient vos conseils, je n'en tiendrai pas compte.
 
Quel... (que) est suivi du verbe être au subjonctif ou d'un autre verbe attributif (=verbe d'état), paraître sembler, devenir, demeurer, rester, ces verbes pouvant être accompagnés d'un semi auxiliaire, pouvoir, devoir.

Quelles que puissent être mes intentions, rien ne te fera changer d'avis, n'est-ce pas ?
Quelle que dût être ta résolution, tu savais que je ne bougerais pas le petit doigt.
Je ne me souciais pas de vous, quels que dussent être vos espoirs.


Vocabulaire
Concession, concessif.
Une locution concessive  est une locution qui exprime la concession.
Une proposition concessive est une proposition subordonnée introduite par une conjonction de subordination de concession ou une locution concessive.

> Conjonctions de sub. et locutions conjonctives classées : cause conséquence but temps condition comparaison concession exception proportion manière conformité supposition addition alternative

 

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Récapitulation des articles : Ne pas confondre

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 19:30

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Chronique familiale - Un Noël inattendu

Première partie
Samedi 24 décembre 2011

Une pyramide de cadeaux s'élevait déjà au milieu du salon quand mamie Kiki, papi Gilles et Mick, ma soeur, arrivèrent, cet après-midi du 24 décembre.

Après que les « Joyeux Noël ! » eurent retenti, après les embrassades, on compléta la pyramide avec les cadeaux nouvellement apportés. C'est alors que l'enfant Victor, trois ans et demi, l'unique, le sujet de tout notre amour et de toute notre attention, apparut, avec ses parents.
Ses yeux s'écarquillèrent, éblouis et stupéfaits à la vue du spectacle qui miroitait de tous les feux des gais emballages.
« Des cadeaux ! Des cadeaux ! » s'exclama-t-il.
« Es-tu sûr que ce sont des cadeaux ? » demandai-je ― un peu stupidement, je vous l'accorde.
« Mais oui, je le sais, je le vois ! »
Pas une minute à perdre. Les nouveaux venus installés, le café mis en route, les petits fours servis, Victor eut la charge d'apporter, à qui de droit, et l'un après l'autre, chaque cadeau, lequel arborait le nom du destinaire. Entre deux petits fours, on ouvrait les paquets, les boîtes et les enveloppes. On s'exclamait, on se remerciait. Tout comme c'est la coutume chez nous.
Aude, ma fille, disait :  « On se croirait chez mamie Paul à un Noël de mon enfance », à voir la profusion de tout ce qu'on découvrait.
On était bien, comme on peut l'être en famille quand tout le monde s'aime, quand il n'y a entre ses membres que chaleur, et confiance, et sympathie profonde. Nous avions la chance que tout se passât ainsi, ce soir-là, dans l'univers douillet d'une convivialité franche et sans ombre. Victor était aux anges, plein d'énergie comme à l'ordinaire.
« Il a quelques boutons », fit observer sa mère. « Fais donc voir ton dos Victor. »
En effet, un gros bouton rougeoyait au milieu du joli dos rose. « Et il en a un derrière l'oreille », ajouta son père, « et un autre là. »
« C'est peut-être la varicelle », dit quelqu'un.
« On verra bien. » C'est ce que nous pensâmes tous sans nous inquiéter trop. Les enfants nous réservent toujours des surprises. Ne gâchons pas l'instant.

Ce fut le réveillon. La conversation roula, comme elle le doit, sur des sujets divers et chacun eut son mot à dire.
On eut une pensée pour l'enfant qui naîtrait bientôt. Puis on se sépara.
Ma fille et son fils restèrent à la maison, le petit, épuisé, dormant à poings fermés quand la famille se dispersa.

Dimanche 25 décembre
Le lendemain matin, Julien, le papa, arriva à l'heure prévue pour garder Victor pendant que nous irions à la messe. Au retour, nous comptâmes les boutons qui s'étaient insidieusement multipliés pendant la nuit.
« On va consulter à l'hôpital pour savoir ce qu'il faut faire ». Aude, enceinte, pouvait craindre d'attraper cette maladie infectieuse qui, comme toutes les maladies de l'enfance peuvent être bien méchantes, quand, adultes, on se laisse attaquer pas leurs virus. Et les voilà tous les trois qui partent demander le secours de la médecine.
Julien voit un pédiatre pour son fils et Aude, aux urgences gynéco, s'entend dire des choses bien alarmantes. Ne craint-on pas qu'elle n'ait déjà attrapé la maladie ? Et le foetus aussi ! On l'informe incontinent qu'elle peut prendre une pneumopathie, et, pire encore, que l'enfant qu'elle porte pourrait avoir des malformations. « Ce serait plus risqué si vous étiez en fin de grossesse », lui assure-t-on. Ce sera la seule phrase qui adoucira le diagnostic. Puis c'est une prise de sang pour analyse.
La voilà qui revient avec un masque sur le visage.
Cet affreux virus de la varicelle se promène effrontément dans l'air, paraît-il.
La séparation est indispensable. La mère d'un côté, le père et le fils de l'autre. Aude va squatter le domicile de ses parents, le nôtre évidemment, et nous allons l'héberger, son père et moi, comme nous l'avons fait déjà, il y a trois ans et demi, quand elle était enceinte de Victor et qu'elle devait rester alitée. ― Mais c'est une autre histoire.
« Quand même, reconnaît-elle, c'est bien, des parents qui sont là quand on a besoin d'eux ! »
Julien et Victor s'en retournent chez eux, pour peu de temps à coup sûr, bien décidés à aller s'installer chez mamie Kiki et papi Gilles, les parents de Julien. Comme il est en vacances, les choses en seront facilitées, quelques jours pour le moins. Une chance que Victor soit ravi de rester chez mamie Kiki et papi Gilles !

On n'a plus qu'à attendre patiemment la suite des événements.
Mais l'angoisse est bien là et Aude pleure.
A-t-elle attrapé le virus aérien ? Nul ne le sait encore au moment où j'écris ces lignes. Il lui faut cependant prendre médecine.

Lundi matin, 26 décembre
Aude retourne à l'hôpital et voit le docteur qui lui prescrit du Valaciclovir contre les infections virales de la famille de la varicelle. Pas encore de résultats concluants. « Vous reviendrez dès qu'on aura reçu le médicament » — l'immunoglobuline à perfuser pour que les anticorps protègent de la maladie, le Varitect CP.
On attend la journée.
Aude fatiguée, essaie en vain de se reposer. Nous avons, elle et moi, tant de choses à nous dire. Égoïstement je chéris les moments qu'elle reste, forcée, auprès de sa mère, auprès de moi.
« Victor et Julien me manquent déjà ! » se plaint-elle. Mais il faudra attendre, attendre que les croûtes de Victor soient tombées, et bien tombées, pour qu'elle puisse à nouveau le serrer dans ses bras. Il faut aussi qu'on fasse une autre analyse de son sang, et cela dans quinze jours, pour savoir si elle a été infectée, envahie par ces bestioles dont la taille minuscule est inversement proportionnelle à leur perfidie !
À sept heures du soir, dans la nuit, dans le froid, la voilà qui part pour l'hôpital pour la troisième fois. On va la mettre sous perf.
« Mais on ne connaît pas ce médicament ! » s'exclament les infirmières chargées de l'affaire. « Vous savez, vous êtes un cas rare ! Et de plus, nous ne savons pas comment l'administrer. Doit-on le diluer avant de l'injecter ? Toutes les explications sont en allemand. Allons, perfusons, perfusons ! »
Voilà ma petite qui revient à la maison.
« Énorme était le tuyau me dit Aude, ça m'a fait sacrément mal. Et je ne sais même pas si j'ai la varicelle ! »
Germanophile, je traduis la notice qui décrit les effets secondaires et indésirables. Vous savez comment sont les notices, elles font plus de peur que de mal, mais je tiens toujours à les lire. Baisse brutale de tension, éruption cutanée, accélération du pouls, fièvre, allergies diverses, et j'en passe.
Nous restons dans l'expectative.
Et comme nous n'avons pas sommeil, trop retournées par les émotions, ma fille et moi, nous regardons "Esprits Criminels" à la télévision, un petit bout tout au plus, jusqu'à ce que le sommeil se fasse sentir.
La route sera longue jusqu'à la fin de l'histoire, jusqu'à ce que le petit, tant attendu, arrive.
Je suis contente que Aude ait un fils, et un autre bientôt.
Avec les filles, c'est compliqué. Souvent.

Deuxième partie
Aujourd'hui, mercredi 18 janvier 2012

 « Allô maman !
—Oui, ma chérie. »
J'écoute, elle sanglote.
 « Je suis heureuse, maman, je n'ai pas eu la varicelle ! »

L'hôpital vient de lui téléphoner les résultats de sa dernière analyse de sang. Les précédents nous avaient laissées sur un mot : « Incertain ».

Mais il y avait plus alarmant. J'avais moi-même attrapé la varicelle. Les boutons étaient apparus le 7 janvier, ils apparaissent toujours quatorze jours après la contamination. Et Aude qui était restée tout ce temps avec moi !

« Je suis heureuse, maman, je n'ai pas eu la varicelle ! »
Phrase magique et bouleversante.
On devrait mourir de joie quand l'émotion est trop forte. Eh bien non, on ne meurt pas. On est heureux, c'est tout.


Conclusion
Tout cela ne serait pas arrivé si l'information était passée : on doit se faire vacciner contre la varicelle avant d'être enceinte. On parle de la rubéole et de la toxoplasmose mais pas assez souvent de la varicelle.

Et pour ce qui est de la coqueluche, toute la famille devrait se faire vacciner, si elle n'est pas déjà immunisée, avant la venue d'un nouveau-né.

Parlez-en autour de vous.

 

> Quelques articles autour de l'enfant

> Sauvez des vies et sauvez la vôtre

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 19:25

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Une campagne "Alerte jaune" va être lancée par les pouvoirs publics.


Le bébés naissent pour la plupart avec un ictère (une jaunisse) qui est très facile à traiter. On met l'enfant à la lumière ; quand c'est plus grave, sous une lampe spéciale, et très vite tout rentre dans l'ordre.
Mais il arrive que l'ictère soit mal diagnostiqué et l'enfant risque de mourir s'il n'est pas soigné.
Un truc simple pour reconnaître un ictère existe cependant depuis des siècles :
Les selles du bébé doivent être normalement colorées, jaune vif, ocre ou jaune d'or. Si l'on remarque qu'elles sont claires, incolores, cela signifie que la bile ne passe plus et l'enfant est en danger.
Les carnets de santé vont inclure bientôt une page qui donnera la couleur des selles normales.
Vu et entendu dans le Magazine de la Santé la semaine dernière. L'émission avait invité une jeune femme qui avait perdu son bébé dans ces circonstances.

 

Sauvez des vies et sauvez la vôtre

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 19:04

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Le trait d'union


Très souvent on entend appeler tiret le trait d'union. Ce sont pourtant des signes qui ont des rôles très différents.


Cas où l'on emploie le trait d'union
1-quand un mot arrive à la fin d'une ligne et qu'on veut le couper en deux.
Exemples (on ne découpe pas le mot n'importe comment)


..........................................................Il s'éveil-
le
............................................................la ques-
tion
.............................................................le bon-
heur
................................................................arith-
métique

2-dans certaines unités lexicales (mot composé, locution, etc.), il unit un ou plusieurs mots.
Exemples : des à-coups, ce matin-là, quelques-uns, c'est-à-dire, un après-midi.

3-dans des unités grammaticales :
des inversions sujet /verbe, à l'impératif :
Viens, dit-il, partons.
Peut-être n'avez-vous rien compris à mon histoire.
Où allez-vous ?
Faites-le-moi savoir. Donnez-les-leur !

4-pour signifier que l'on crie : « C'est in-cro-yable ! » 

5-pour marquer un élément linguistique :
le préfixe in-
le suffixe -able

6-On peut s'amuser à faire une sorte de mot composé pour désigner quelque chose ou quelqu'un :
Le-petit-garçon-qui-ne-voulait-jamais-aller-se-coucher où peut-il bien se cacher ? 

Le tiret


Il est plus long que le trait d'union.


On l'emploie :
1-pour marquer le changement d"interlocuteur dans le dialogue avec éventuellement des guillemets.
—Que me dites-vous-là?
—Je dis que c'est très compliqué.
—Êtes-vous sérieux ?
—Je vous assure qu'il me faudra m'habituer.
—Après cinquante leçons, cela devrait aller.
—Ma technique n'est pas très au point, soupira-t-il en tournant le volant brusquement.
Ou bien
« Que me dites-vous-là?
—Je dis que c'est très compliqué.
—Êtes-vous sérieux ?
—Je vous assure qu'il me faudra m'habituer.
—Après cinquante leçons, cela devrait aller.
—Ma technique n'est pas très au point », soupira-t-il en tournant le volant brusquement.

2-pour isoler un mot, un membre de phrase, on utilise un ou deux tirets (comme on le ferait avec des parenthèses). En outre, ils peuvent servir à faire une mise en relief.
Il prit délicatement la hache — comme le faisait son père, pensa-t-il — puis il l"éleva plus haut que sa tête, et, brusquement, frappa.

Ce pauvre enfant que j"avais rencontré par hasard était bête — mais bête — comme on ne peut l'imaginer.
Je ne vous dirai rien pensa-t-il — avait-il jamais dit quelque chose ?
Quand la phrase est terminée, on ne met pas le deuxième tiret.


Articles connexes

>>Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

>>Des espaces en typographie - avant/après : la virgule, le point, le point-virgule, les points d'exclamation et d'interrogation, les deux points, les guillemets, etc.

>>L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

>>J'aime bien le point-virgule

et aussi

>>J'aime l'esperluette

On lira avec intérêt le texte de Hervé Bodin

> http://unmondesansfautes.blogspot.fr/2015/01/rue-du-trait-dunion-qui-rit.html

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:03

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Alcoolique - alcoolisé

alcoolique
Un alcoolique, substantif.
C'étaient tous des alcooliques dans sa famille.
alcoolique, adjectif.
Quand j'entrai dans ce bouge, je fus  étourdi par les odeurs alcooliques.
Le delirium tremens est une crise alcoolique grave qui surgit lors du sevrage.
La fermentation alcoolique permet, grâce aux levures, de transformer le sucre en alcool.
Sens vieilli, qui contient de l'alcool. On préférera alcoolisé.
 
alcoolisé
Buvez donc ! Cette bière est peu alcoolisée.
Qu'avez-vous ajouté dans ce jus de fruit ? On dirait qu'il est alcoolisé.
Un alcoolisé est un alcoolique.
Littré précise : Le langage médical a pris l'habitude de dire un alcoolique pour une personne qui se livre aux excès alcooliques ; mais cela n'est certainement pas bon ; dites un alcoolisé.

Remarque sur alcoolique et alcoolisé
Certains linguistes ne distinguent pas ces deux termes. D'autres précisent que alcoolisé qualifie une boisson dans laquelle on a ajouté de l'alcool, tandis que alcoolique convient à un liquide dans lequel l'alcool n'a pas été ajouté.

Rabattre – rebattre

Rabattre
Rabats ton jupon, enfin !
Je ne peux pas rabattre le capot, il est coincé.
Les couturières rabattent les coutures et les duellistes rabattent les coups.
Familier : Je lui ai rabattu le caquet, il ne pipe plus mot. (rabattre le caquet à quelqu'un ou de quelqu'un)

Rebattre
Elle m'a battu hier, elle me rebats aujourd'hui. C'est décidé. Je la quitte.
Vous me rebattez les oreilles avec vos histoires !

On ne rabat pas les oreilles !

 
Amener – apporter
Regarde, je t'ai amené les livres que tu aimes.
Non, non, et non. On n'amène pas des choses, on amène des personnes.
Correction : Je t'ai apporté les livres que tu aimes.
 
Dans le sens de tirer à soi, on amène la voile du bateau, un filet de pêcheur, un pavillon.
On amène quelqu'un à de meilleurs sentiments.
Dans le sens de guider, on amène un cheval à l'écurie, un bateau à son port d'attache.
Je vous amènerai bien à la raison !
Je l'ai amené à me dire des secrets.
Le car nous a amené beaucoup de touristes.
Familier- Quel bon vent vous amène ?


Le jais, un geai

le jais
Noir comme du jais, noir comme jais – Comparaison figée comme blanc comme neige
Le jais en minéralogie est une variété de lignite fossile, d'un beau noir brillant.
Il est utilisé en joaillerie, c'est une pierre fine.
La couleur de jais, d'un noir intense et brillant.
Sa chevelure de jais me séduisit dès l'abord.


un geai

Le geai est un oiseau que l'on peut rencontrer dans son jardin, l'hiver surtout, si on lui propose de la nourriture. C'est ce que je fais chaque année. Et il n'est pas le seul à venir s'empiffrer !

Cf. L'Académie : C'est un oiseau de la famille des Corvidés, au plumage gris mêlé de bleu, de noir et de rouge orangé sur les ailes.

L'expressionC'est le geai paré des plumes du paon,se dit, de quelqu'un qui veut se faire valoir par des qualités qu'il n'a pas.
Cf.Le geai paré des plumes du paon, fable de la Fontaine

Le geai jase ou cajole.


Jadis – naguère
Jadis
Adverbe de temps, style soutenu, littéraire et poétique.
Il y a longtemps, autrefois.
Le temps de jadis, le temps jadis, le temps passé, Ballade des dames du temps jadis (XVIe siècle,Villon)
Jadis, aussi loin qu'il m'en souvienne, je passai mes nuits à lire Verlaine.

Naguère
adverbe de temps, style soutenu, littéraire et poétique.
Contraction de "il n'y a guère".
Il y a peu de temps.
On ne doit pas employer naguère pour autrefois.
Recueil de poésie de Paul Verlaine :
Jadis et naguère (1884).

plus tôt,  plutôt

Plus tôt, moins tard

 

Plutôt, de préférence, plus exactement, assez

Vous êtes bête plutôt que méchant = plus exactement. 
Venez aujourd'hui plutôt que demain.* = de préférence à demain
Venez aujourd'hui plus tôt qu'hier.* = moins tard qu'hier

Il est plutôt gentil. =gentil, assez gentil

Il s'écria avec enthousiasme : "Plutôt deux fois qu'une !"


 >> Récapitulation des articles "Ne pas confondre... "


Pour en savoir + 

Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales 

pour y retrouver le Trésor, l'Académie, etc.

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 14:10

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Mon propos ici est d'attirer votre attention

sur un point fort utile lorsque vous écrivez des poèmes :

Comment compter les syllabes des vers ?
 

 
Le problème réside principalement dans trois questions :
a- Une syllabe féminine compte-t-elle toujours pour une syllabe ?
b- Comment se comportent le h (aspiré ou muet) le y et le u en début de mot ?
c- N'importe quelle syllabe ne compte-t-elle que pour une seule syllabe ?

1-Si le vers se termine par une syllabe féminine avec -E, -ES, -ENT précédée d'une consonne, elle ne compte pas.

En fin de vers, les deux syllabes finales (en rouge) comptent pour une seule syllabe féminine.

libertine  (3 syllabes) li-ber-tine

mappemonde (3) ma-ppe-monde

époustouflante (4) é-pous-tou-flante

constitutionnelle (5) cons-ti-tu-tion-nelle

2-Une syllabe composée d'une consonne + -E, suivie d'un mot qui commence par une voyelle, se lie avec la syllabe suivante. Il y a enchaînement. Ces deux syllabes comptent pour une seule syllabe. 

la source enchantée, en tout, 5 syllabes la-sour-cen-chan-tée

la muse éplorée, 5 syllabes la-mu-zé-plo-rée

 

3-À l'intérieur du vers, une syllabe composée d'une consonne + -E, suivie d'un mot commençant par une consonne ou un h aspiré, compte pour une syllabe.

la source glacée, 5 syllabes la-sour-ce-gla-cée

la muse revenue, 6 syllabes la-mu-se-re-ve-nue

une parole honteuse u-ne-pa-ro-le-hon-teu-se 8 syllabes (le h est aspiré et se comporte comme une consonne, la honte)

Mais on aura :

une parole horrible u-ne-pa-ro-lo-rri-ble 7 syllabes (le h muet se comporte comme s'il n'existait pas, l'horreur, l'horrible)

 

Pour en savoir plus sur le H aspiré ou muet (le Y, le U, le O en début de mot), l'élision, la liaison, l'enchaînement et la disjonction, voir l'article :

La liaison - l'élision - l'enchaînement - la disjonction

 

Exercice d'entraînement :

Lisez à haute voix et comptez avec les doigts (c'est + pratique)

Le signe ~ indique les liaisons et les enchaînements. 
 

Quand à longs traits je bois l'amoureuse étincelle
Ronsard

 

Quan

d~à

longs

traits

je

bois

l'a

mou

reu

se~é

tin

celle

 1  

2 

4   

6  

8  

9  

10  

11 

12

 

Le vers est un alexandrin, celle compte pour une seule syllabe.

 

 

Comme un ange qui se dévoile
Hugo

Com

me~un

n~an

ge

qui

se

voile

1

2

3

4

5

6

7

8

 

Le vers est un octosyllabe,  ge, suivi d'une consonne, compte pour une syllabe, voile compte pour une syllabe.

 

4-Mais il ne suffit pas que le mot, se terminant par -E précédé d'une consonne, soit suivi d'une syllabe commençant par une voyelle pour qu'il y ait élision ou liaison ou enchaînement. Il se peut aussi que le mot qui suive commence par un h muet. Dans ces cas il y a aussi élision ou liaison ou enchaînement.

Exemples avec le h muet : l'humour (élision) les-z-hélicoptères (liaison) une sainte horreur (enchaînement)


Il n'est pas toujours facile, quand on a affaire à un h en début de mot, de savoir s'il est muet ou aspiré. Dans le doute, vérifiez dans un dictionnaire qui comporte la transcription phonétique du mot.
Le haricot, h aspiré – l'humanité, h muet
Le h aspiré se comporte comme une consonne, il n'y a ni élision, ni liaison mais disjonction.

 

Il y a disjonction devant le y en début de mot, le yacht, la yole, etc.

> Sauf devant yeuse, ypérite, yeux - l'yeuse, l'ypérite, les-z-yeux


Il y a disjonction devant le u de uhlan (le uhlan) et ululement (=hululement), encore que l'on trouve l'ululement et le ululement.

 

J'entendais au loin l'ululement du hibou (12 syllabes)

J'entendais au loin le hululement du hibou. (13 syllabes)

h aspiré dans hibou et hululement

 

5-L'enchaînement

a-Il y a enchaînement et non liaison (le s intérieur ne se liant pas) dans des cas comme :

des arcs-en-ciel (arkenciel, 3 syllabes)

b-À la 2ème personne du singulier (tu) au présent de l'indicatif et du subjonctif, on ne fait pas la liaison après le s. On prononce habituellement 6 syllabes dans Tu savoures un doux chant

tu-sa-vou-run-doux-chant

- mais si c'est un vers on aura 7 syllabes :

tu-sa-vou-res-zun-doux-chant.

Dans ce cas on a une liaison avec le s et le mot qui suit.


6-La diérèse
Certaines syllabes qui, en prose, comptent 1, en vers, peuvent compter 2. Le son donné par les voyelles (diphtongues) se dédouble.
Si l'on prononce le mot passion en trois syllabes, il y a une diérèse (pa-ssi-on).

Si on le prononce en deux syllabes, il y a une synérèse (pa-ssion).


Vous souriez : avez-vous point ouï
Quelque doux mot qui vous ait réjoui ?
Ronsard

 

Vous

sou

ri

ez

a

vez

vous

point

t ~ou

ï

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10


Le vers est un décasyllabe.

Quelques mots qui peuvent donner lieu à une diérèse :
furi-eux, émoti-on, jou-et, bru-ine, li-on, charri-ant, vou-a, etc.

 

Les vers ci-dessus sont extraits des articles sur ce blog :

> Poèmes d'amour - Tome 1

> Poèmes d'amour – Tome 2

...........

7 Remarque 1

Il faut éviter l'hiatus en poésie. Bâillement produit par deux voyelles qui se suivent. Mais il n'y a pas d'hiatus si les deux mots sont séparés par une virgule.

Cf. Baudelaire

"Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !"

 

Remarque 2

Ne pas faire suivre la conjonction ET d'une voyelle (ou d'un h muet) car il y aurait hiatus, bien que ET se termine par T (le T ne se lie pas à la voyelle suivante)

On n'écrira pas "et une rose parfumée" mais "et la rose parfumée".

 

Remarque 3

Une syllabe comportant un -E précédé d'une voyelle compte 1, à la fin d'un vers ou à l'intérieur. Il n'en n'a pas toujours été ainsi, les anciennes règles de versification étant différentes de celles d'aujourd'hui ; c'est-à dire, depuis le XIXe siècle.

Elle est émue

Elles sont aimées

Vous êtes avertie

On ne fera pas rimer ces syllabes avec des syllabes sans e.

 

Remarque 4

Le poète s'autorise certaines licences poétiques comme :

-l'emploi de encor au lieu de encore

-et des paragoges (additions à la fin d'un mot)

Exemples :

avecque ou avecques pour avec

jusques pour jusque

Les paragoges permettent la mesure voulue du vers ou évitent une cacophonie.

jusqu'à Capri (caca) > jusques à Capri (jusqueza Capri)

Voir le poème "Jusques à quand" dans les Délires 153

...........


Il ne servirait à rien qu'un vers soit juste s'il ne vous procure pas d'émotion. Le poète lui donnera, avec son rythme, ses sonorités, son style propre, et ses images, tout ce qui fera vibrer le coeur.
À vos plumes, vos stylos ou vos claviers ! Il n'importe !
...........

Notes

*Les puristes répugnent à dire "pied" pour syllabe, le terme pied appartenant à la métrique latine ou grecque. On considérera que le mot pied, d'usage courant, est impropre.

 

On peut lire sur Wikipédia : Rimes masculines et féminines ne peuvent rimer ensemble, du moins jusqu'au XIXe siècle. Ainsi, on a longtemps considéré, soit pour des raisons sonores (tant que le e caduc a été prononcé en fin de vers), soit pour des raisons graphiques, que mer et amère ne pouvaient pas rimer plus que aimé et désirée. Actuellement, cette séparation entre rimes masculines et féminines est plus rarement respectée.

 

Pour en savoir +

Notions de versification française - chapitre 3 La prosodie

> La prosodie - Études littéraires

http://www.etudes-litteraires.com/prosodie.php#rime

 

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sortir - assortir - ressortir 

Attention au sens et à la conjugaison des verbes sortir, assortir, ressortir (intransitif) et ressortir à (transitif indirect).
-Sortir est du 3ème groupe. Je sors, il sort / Je sortais, il sortait/ Je suis sorti / sortant / etc
-Ressortir, intransitif, dans le sens de sortir de nouveau se conjugue comme sortir.
Attention à l'homonyme.
-Ressortir (à) transitif indirect, dans le sens de être du ressort de, relever de, concerner, appartenir à, se rapporter à, se rattacher à. Il se conjugue comme finir, 2ème groupe. Auxiliaire avoir aux temps composés. Cela ressortit à... Cela ressortissait à.../ Cela a ressorti à... / ressortissant à... /etc.
-Assortir, verbe du 2ème groupe se conjugue comme finir. Avec l'auxiliaire avoir aux temps composés.

1-Ne m'attends pas. Je sors ce soir.
2-Il n'est toujours pas là, il est ressorti il y a deux minutes.
3-Cette affaire a ressorti au tribunal de notre ville.
Les créations de ce parfumeur ressortissent à votre élégance.
4-Vous avez assorti votre chapeau à vos chaussures, quel raffinement !
 
Quelquefois - quelques fois
Quelquefois
On lit ou l'on écrit parfois la locution verbale quelques fois à la place de l'adverbe quelquefois. C'est une erreur dans la plupart des cas.
L'adverbe quelquefois résulte de l'agglutination du déterminant quelque et du nom fois (comme parfois, toutefois, aussitôt, tantôt, dedans, depuis, enfin et bien d'autres sont l'agglutination de prépositions, d'adverbes etc).

Voir l'article : L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...
Sens proche de quelquefois : parfois (régional ou langue plus soutenue), des fois (familier ou populaire), de temps en temps, de temps à autre, occasionnellement, à l'occasion, par moments.

 

Quelques fois
se rapproche de quelquefois et de parfois dans le sens d'un petit nombre de fois. (emploi rare)
Quelques fois suggère une idée de nombre : deux ou trois fois par exemple.
Je rencontre quelquefois mes amis à Paris.
Je les ai rencontrés quelques fois cet été. (= Je les ai rencontrés deux ou trois fois.)

Davantage - d'avantage
Davantage
-adverbe de degré proche de plus
Je parle beaucoup, certes, mais tu parles (bien) davantage.
-suivi de de, davantage de, déterminant indéfini,
Vous me devez davantage de considération.
-ou équivalent d'un pronom
Il a beaucoup d'amis, mais j'en ai davantage.
Elle a beaucoup péché, mais j'ai davantage à me faire pardonner.
Quelques-uns de mes amis me sont restés, davantage m'ont oubliée.

 

D'avantage

Un avantage, substantif - faveur, profit, bénéfice, privilège.
Vous lui faites des ronds de jambe, vous n'en tirerez pas d'avantage. (= aucun avantage)

Je n'ai pas obtenu d'avantage à lui rendre tous les services qu'il me demandait. (= de profit)

Je ne parlerai ni d'avantage ni d'inconvénient.



Bientôt - bien tôt
Bientôt 
adverbe de temps

sens proche des locutions adverbiales : dans peu de temps, incessamment, promptement (adv.), sans tarder, sous peu, d'un moment à l'autre...
Au revoir ! À bientôt !
Il va bientôt venir.


Bien tôt
sens proche de trop tôt, très tôt
Vous venez bien tôt ce matin !

Sitôt - si tôt
Sitôt
-adverbe de temps, sens proche de aussitôt
Sitôt dit, sitôt fait
Les présentations furent sitôt faites.
-sens vieilli, dans l'instant même
J'éclatai de rire, et sitôt, elle éclata en sanglots.
-sitôt que
locution conjonctive de temps, style soutenu, sens proche de aussitôt que, dès que, à peine + sujet inversé... + que
Sitôt que nos regards se croisèrent, je tombai fou amoureux d'elle. = Dès que nos regards se croisèrent, je tombai amoureux. = À peine nos regards se croisèrent-ils que je tombai amoureux.
Ou bien avec le passé antérieur qui indique qu'une action passée est antérieure à une autre action passée :
Sitôt que nos regards se furent croisés, je tombai fou amoureux d'elle. = Dès que nos regards se furent croisés, je tombai amoureux. = À peine nos regards se furent-ils croisés que je tombai amoureux.
Dans ces cas, on peut considérer que les actions sont tellement proches qu'elles sont presque simultanées, aussi peut-on employer le passé simple dans les deux propositions.
-plus rare, avec une nuance de cause, dès que, dès l'instant que
On entend une mouche voler sitôt qu'on demande au coupable de se dénoncer.


Si tôt
L'adverbe de temps tôt est modifié par l'adverbe de quantité bien.
sens proche de si vite, dans un délai tellement court.
Pas de sitôt, pas avant longtemps
Si tôt contraire de si tard.
Il est venu si tôt ! J'étais encore en cheveux !

Près de - Prêt à
Il est près de partir, il est sur le point de partir.
Il est prêt à partir, il y est décidé, disposé, il s'y est préparé.

Une erreur courante : on prend prêt pour près.

 

Remarques

1-L'emploi de prêt de + infinitif est vieilli

Il est condamné aujourd'hui (communiqué de l'Académie du 19 novembre 1964, cf. Le Trésor)

2-Le Grevisse précise : Mais la langue littéraire (ou même la langue écrite) continue à employer prêt à avec le sens sur le point de.

 

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

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Lire aussi quelques articles associés :
Les paronymes
Les mauvaises manières de parler le français
Les barbarismes et les solécismes vous irritent-ils ou vous amusent-ils ?

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 11:21

 

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A- Mettre ou non une majuscule

Les règles sont difficiles et sont parfois très discutées.

On met la majuscule quand on s'adresse à quelqu'un et qu'on veut marquer une certaine déférence.

Merci, Monsieur Jacques.

 

Dans les autres cas, on ne met pas la majuscule.

J'ai envoyé mes hommages à madame Hiou.

 

Quand on s'adresse à une personne par écrit, on met la majuscule. Madame, Mademoiselle, Monsieur. 

 

Quand on rapporte des paroles, on écrit la minuscule encore que l'on trouve souvent la majuscule si l'on marque une déférence et si le mot n'est pas suivi d'un nom propre.

Cher Monsieur, si vous voulez honorer votre correspondant.  

Cher monsieur est plus neutre.

 

Quand on parle de quelqu'un on peut dire : J'ai parlé à madame Pinsec ce matin ou bien, J'ai rencontré Mademoiselle Husson, au choix.

 

Il est d'usage courant d'abréger en M., Mme, Mlle, MM., Mmes, Mlles devant le nom.

Mais dans un texte de bonne facture, on n'abrège pas monsieur, madame, mademoiselle.

 

Quand il constitue un titre, on met la majuscule : Monsieur le Président, Madame Mère, Monsieur le Comte, Madame la Directice...

 

On emploie la minuscule dans une circulaire, une lettre, etc.

Veuillez agréer, monsieur, mes sincères salutations.

Mais il est de plus en plus courant de mettre la majuscule dans ces cas-là. Histoire de se montrer déférent.

 

Avec un nom commun, une minuscule. C'est un grand monsieur, un petit monsieur, un vilain monsieur, un gentil monsieur !

Un monsieur apparut...

 

Quand on s'adresse à la troisième personne à son interlocuteur, les avis sont partagés.

Soit

J'ai l'honneur de souhaiter un bon voyage à Monsieur. 

 soit

à monsieur

 

B- Comment abréger ces mots

Monsieur devient M. (avec le point)

Madame devient Mme

Mademoiselle devient Mlle

Messieurs devient MM.

Mesdames devient Mmes

Mesdemoiselles devient Mlles

On met généralement le point après la lettre si elle commence le mot.  

M. Monsieur

On ne met pas le point si les dernières lettres de l'abréviation finissent le mot.

Mlles mesdemoiselles

 

Attention !

Mr veut dire Mister en anglais.

Mr. (Mr suivi d'un point) en anglais américain  

Mrs veut dire Misses, c'est-à-dire Madame.

Ms est un compromis entre Mrs [misiz] et Miss [mis]. Ms se prononce [miz] et s'emploie pour une femme mariée ou non.

On trouve malheureusement trop souvent Mr pour le Monsieur français.

Erreur !

Pourquoi La Banque Postale s'obstine-t-elle à écrire sur les enveloppes qu'elle envoie : Mr. ou Mme ... (pour un compte joint comme le mien) ?  Je frémis à chaque fois que je reçois un courrier d'elle. Pas un Français qui ne lui ait signalé la faute ! C'est à désespérer. Pourtant, ils sont nombreux à la Poste !

Et je ne cite qu'elle.

Vous ne me croirez pas. Il y a quelques années, alors que je déambulais dans les couloirs du Palais de Justice de ma ville, j'ai lu sur une plaque "Mrs Untel et Untel" pour "MM. Untel et Untel". Je ne sais pas si l'on a corrigé, je ne suis pas une habituée du Palais de Justice. Mais j'y pense encore.

 

Peut-être devrais-je faire mon mea-culpa et apporter une nuance (non négligeable) à ce que je viens d'affirmer aussi péremptoirement.

Les abréviations de Monsieur et de Messieurs en Mr et Mrs sont anciennes et peuvent être employées (dans certains cas) de nos jours.

Cf. Le tweet du 29 août 2014 de Vieillard Baron : "[…] nous avons tjrs accepté dans les examens les abréviations Mr et Mrs puisque imposées par l'EN."

 

Abréviations :

Mr, M. (singulier), Mrs, MM. (pluriel) dans le dictionnaire de l'Académie 1835, 1878

> La 6ème Édition, 1835 - Académie française - Atilf

Dictionnaire de L'Académie française, 6th Edition (1832-5)

MONSIEUR. s. m. (Page 2:225)

Il fait au pluriel, Messieurs. Je vous prie, messieurs, d'observer que... Messieurs les membres de la chambre des députés. J'ai dit à ces messieurs ce que je pensais de l'affaire. On écrit souvent, par abréviation, au singulier Mr ou M., et au pluriel Mrs ou MM.

M. (singulier), MM. (pluriel) dans le dictionnaire de l'Académie 1935 

  >  MONSIEUR : Définition de MONSIEUR

L'Ecole Normale accepte Mr et Mrs dans les examens. (page 85)

Le maître de langues: les premiers enseignants d'allemand en France (1830-1850)

http://books.google.fr/books?id=aWc1iLJzqlAC&pg=PA85&lpg=PA85&dq=ecole+normale+accepte+Mr+et+Mrs+dans+les+examens&source=bl&ots=_ZT86T9imQ&sig=qljuNIj-u6dm2cZzMosOzn3L3as&hl=fr&sa=X&ei=U34BVJX7L4nVaquzgIAP&ved=0CCoQ6AEwAQ#v=onepage&q=ecole%20normale%20accepte%20Mr%20et%20Mrs%20dans%20les%20examens&f=false

 

Chers lecteurs, vous qui vous intéressez au français, puisque vous avez eu la patience de lire cet article jusqu'au bout, n'hésitez pas à dispenser autour de vous la bonne parole et indignez-vous quand vous trouverez de telles erreurs ! Puisque l'heure est à l'indignation, autant qu'elle serve à quelque chose !

Votre toujours dévouée,

mamiehiou

 

Commentaire

Ajout - le 13 février 2013

Une lectrice — nous l'appellerons Aurore Dupin, pour garder son anonymat — m'envoie un courriel qui prêterait à rire si l'anecdote n'était pas aussi navrante. Elle me permet de le publier.


Notre lectrice reçoit des lettres adressées à Mr Aurore Dupin (sic).

Elle m'écrit :
Bonjour,
Je suis membre, depuis cinq ans, d'une association d'anciens maires, et le secrétaire s'obstine à mettre comme adresse :
Mr Aurore Dupin et cela ne le choque pas !!!! A-t-il de la peine à intégrer le concept d'une femme maire ? De même, lorsqu'on me disait "Mme la Mairesse" je répondais "non" la mairesse est la femme du maire.......mais il n'y a pas de nom pour l'époux de Mme le Maire..............!!!!!!!


Le ridicule ne tue pas !
....................................................................................

Articles connexes :

>Différences sémantiques entre noms masculins et noms féminins. Les noms masculins ont-ils toujours des équivalents féminins et vice-versa ? QUIZ 59

>Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 11:10

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IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

 

-16-

 

Lettre d'Héloïse à Abélard 

 
Héloïse (nom de famille inconnu) 1101 - 1164
Pierre Abélard 1079 - 1142
 
Internautes qui passez par hasard dans ce blog, connaissez-vous l'histoire tragique des deux amants, Héloïse et Abélard ?
Arrêtez-vous un instant pour la lire et pleurez sur les souffrances qu'ils ont endurées, pour leur seul crime : celui d'avoir trop aimé.

***

Héloïse est une délicieuse jeune fille, déjà savante à dix-sept ans* quand son oncle Fulbert, chanoine de Notre-Dame de Paris la confie à Abélard, pour qu'il soit son précepteur.
À quarante ans, Abélard est l'intellectuel le plus doué de son temps, philosophe, théologien, logicien, poète, compositeur. Il ose, par sa rigueur philosophique, s'opposer aux autorités ecclésiastiques, ce qui lui vaut d'être condamné pour hérésie.
Héloïse et Abélard tombent éperdument amoureux, et ils se marient en secret. Mais Abélard, en tant que clerc et chanoine n'a pas le droit de se marier. Fulbert se venge en organisant un guet-apens et fait castrer Abélard.
Abélard se retire à l'abbaye de Saint-Denis, Héloïse se retire dans le couvent d'Argenteuil où elle deviendra Prieure, sans avoir jamais eu de véritable vocation religieuse. 

*Certaines sources donnent vingt ans

Nous connaissons l'histoire de l'amour passionné d'Abélard et d'Héloïse grâce aux nombreuses lettres qu'ils ont échangées. En voici une d'Héloïse.

***

Extrait
Mon bien‑aimé, le hasard vient de faire passer entre mes mains la lettre de consolation que tu écrivis à un ami. Je reconnus aussitôt, à la suscription, qu'elle était de toi. Je me jetai sur elle et la dévorai avec toute l'ardeur de ma tendresse : puisque j’avais perdu la présence corporelle de celui qui l'avait écrite, du moins les mots ranimeraient un peu pour moi son image.
 
Après avoir raconté les per­sécutions dirigées contre toi par tes maîtres, puis l’injuste attentat perpétré sur ton corps, tu as peint l'exécrable jalousie et l'acharnement de tes condisciples [...]

Tu sais, mon bien‑aimé, et tous le savent, combien j'ai perdu en toi ; tu sais dans quelles terribles circonstances l'indignité d'une trahison publique m'arracha au siècle en même temps que toi ; et je souffre incomparablement plus de la manière dont je t'ai perdu que de ta perte même. Plus grand est l'objet de la douleur, plus grands doivent être les remèdes de la consolation. Toi seul, et non un autre, toi seul, qui seul es la cause de ma douleur, m'apporteras la grâce de la consolation. Toi seul, qui m’as contristée, pourras me rendre la joie, ou du moins soulager ma peine. Toi seul me le dois, car aveuglément j'ai accompli toutes tes volontés, au point que j'eus, ne pouvant me décider à t'opposer la moindre résistance, le courage de me perdre moi‑même, sur ton ordre. Bien plus, mon amour, par un effet incroyable, s'est tourné en tel délire qu'il s'enleva, sans espoir de le recouvrer jamais, à lui‑même l’unique objet de son désir, le jour où pour t'obéir je pris l'habit et acceptai de changer de coeur. Je te prouvai ainsi que tu règnes en seul maître sur mon âme comme sur mon corps. Dieu le sait, jamais je n'ai cherché en toi que toi‑même. C'est toi seul que je désirais, non ce qui t'appartenait ou ce que tu représentes. Je n'attendais ni mariage, ni avantages matériels, ne songeais ni à mon plaisir ni à mes volontés, mais je n'ai cherché, tu le sais bien, qu'à satisfaire les tiennes. Le nom d'épouse paraît plus sacré et plus fort ; pourtant celui d'amie m'a toujours été plus doux. J'aurais aimé, permets-moi de le dire, celui de concubine et de fille de joie, tant il me semblait qu'en m'humiliant davantage j’augmentais mes titres à ta reconnaissance et nuisais moins à la gloire de ton génie.
[...]
Quel roi, quel philosophe, pouvait égaler ta gloire ? Quel pays, quelle ville, quel village n'aspirait à te voir ? Qui donc, je le demande, lorsque tu paraissais en public, n'accourait pour te regarder et, quand tu t'éloignais, ne te suivait du regard, le cou tendu ? Quelle femme mariée, quelle jeune fille, ne te désirait en ton absence, ne brûlait quand tu étais là ? Quelle reine, quelle grande dame, n'a pas envié mes joies et mon lit ?
Tu possédais deux talents, entre tous, capables de séduire aussitôt le coeur d'une femme : celui de faire des vers, et celui de chanter. Nous savons qu'ils sont bien rares chez les philosophes. Ils te permettaient de te reposer, comme en jouant, des exercices philosophiques. Tu leur dois d'avoir composé, sur des mélodies et des rythmes amoureux tant de chansons dont la beauté poétique et musicale connut un succès public et répandit universellement ton nom. Les ignorants mêmes, incapables d'en comprendre le texte, les retenaient, retenaient ton nom, grâce à la douceur de leur mélodie. Telle était la raison principale de l'ardeur amoureuse que les femmes nourrissaient pour toi. Et, comme la plupart de ces chansons célébraient nos amours, bientôt mon nom se répandit en maintes contrées, excitant contre moi les jalousies féminines.
Quels charmes en effet de l'esprit et du corps n'embellissaient point ta jeunesse ? Quelle femme, alors mon envieuse, ne compatirait aujourd'hui au malheur qui me prive de telles délices ? Quel homme, quelle femme, fût-ce mon pire ennemi, ne s'attendrirait pas envers moi d'une juste pitié ?
Tant que je goûtai avec toi les voluptés de la chair, on a pu hésiter sur mon compte : agissais-je par amour, ou par simple concupiscence ? Mais aujourd'hui le dénouement de cette aventure démontre quels furent à son début mes sentiments. Je me suis interdit tout plaisir afin d'obéir à ta volonté. Je ne me suis rien réservé, sinon de me faire toute à toi. Vois quelle iniquité tu commets en accordant le moins à qui mérite le plus ; en lui refusant tout, alors même qu’il te serait facile de lui donner complètement le peu qu'il te demande.
[...] adieu, mon unique.

 
Dans "Abélard et Héloïse correspondance", Bibliothèque médiévale, texte établi et présenté par Paul Zumthor, 10/18, UGE, 1979

Pour lire le texte intégral de la lettre et d'autres lettres d''Héloïse, voir le site : 

Textes traduits d'Abelard, Heloise et autres

Pour en savoir +
Héloïse et Abélard - Étienne Gilson - Google Livres

(aperçu)  Lire, entre autres, les pages 17, 20 et suivantes

Librairie philosophique- J.Vrin

****

Ballade Des Dames Du Temps Jadis

de François Villon 
extrait
[...]
Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Abelard à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
[...]
Mais où sont les neiges d'antan ?

                                           essoine, ici, mutilation >  ESSOINE


Pour en savoir + sur Villon et retrouver "La Ballade des Dames du Temps jadis", voir dans l'article :  

Une petite histoire de la langue française racontée par mamiehiou – Chapitre 8 - Le moyen français du XIVe au XVIe siècle - Les misères de la France - L'évolution de la langue - Villon 

 

D'autres textes choisis à lire dans  Florilège - La pensée des autres

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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