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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 18:43

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>>>QUIZ 36 – Incipits - deuxième partie

 

Un incipit est le commencement d'une oeuvre littéraire. 

 

QUIZ 35

 

Accordez les incipits avec les titres des oeuvres d'où ils sont tirés et avec  le nom de leur auteur.

La solution suit.

 

Incipits

Oeuvres

Auteurs

888888888888888888888888888888888888888888888888

1re série

 

 

1 Il était tard lorsque K. arriva

Aden Arabie (1931)

Nicolas Malebranche

2 Le 24 février 1815, la vigie de Notre-Dame de la Garde signala le trois-mâts le Pharaon, venant de Smyrne, Trieste et Naples.

Le Dieu Manchot (1987)

Paul Nizan

3 J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie.

De la recherche de la vérité (1674-1675)

Alexandre Dumas

4 Dom João, cinquième du nom dans le catalogue des rois, se rendra cette nuit dans la chambre de son épouse, dona Maria Ana Josepha, venue d'Autriche il y a plus de deux ans afin de donner des infants à la couronne portugaise et qui jusqu'à aujourd'hui, n'a point encore conçu.

Le Château (1926)

Franz Kafka

5 L'erreur est la cause de la misère des hommes ; c'est le mauvais principe qui a produit le mal dans le monde ; c'est elle qui a fait naître et qui entretient dans notre âme tous les maux qui nous affligent, et nous ne devons point espérer de bonheur solide et vé­ritable qu'en travaillant sérieusement à l'éviter.

Le Comte de Monte-Cristo (1845-1846)


 

 

José Saramengo

888888888888888888888888888888888888888888888888

2e série

 

 

6 Longtemps je me suis couché de bonne heure.

Mon dernier rêve sera pour vous (1982)

Alain-Fournier

7 Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme, ce sera moi.

Les Confessions (1782)

Jean d'Ormesson

8 Aujourd’hui, Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.

Du côté de chez Swann (1913)

Albert Camus Marcel Proust

9 Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189... Je continue à dire « chez nous », bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n’y reviendrons certainement jamais.

Le Grand Meaulnes

La Bruyère

10 Dans les dernières années du règne de Louis-Philippe, roi des Français, les Parisiens que leurs habitudes ou leurs occupations amenaient aux abords de la rue du Bac, du côté où elle se perdait dans les jardins de Babylone, puis, plus loin encore, vers le faubourg Montparnasse, voyaient passer assez souvent, d'un pas ralenti par l'âge, un vieillard reconnu et salué par beaucoup.

L'Étranger (1942)

Jean-Jacques Rousseau

888888888888888888888888888888888888888888888888

3e série

 

 

11 Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers.

La lettre écarlate

(1850)

Victor Hugo

12 Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ? Frapperait-il au travers ?

Germinal (1885)

André Malraux

13 En 1815, Monsieur Charles-François-Bienvu Myriel était évêque de Digne. C'était un vieillard d'environ soixante-quinze ans ; il occupait le siège de Digne depuis 1806.

La Gloire de mon père (1957)

Émile Zola

14 Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves.

Les Misérables

Nathaniel Hawthorne

15 Une foule d'hommes barbus, en vêtements de couleurs tristes et chapeaux gris à hautes calottes en forme de pain de sucre, mêlés de femmes, certaines portant capuchon, d'autres, la tête nue, se tenaient assemblés devant un bâtiment de bois dont la porte aux lourdes traverses de chêne était cloutée de fer.  

La Condition Humaine (1933)

Marcel Pagnol

888888888888888888888888888888888888888888888888

4e série

 

 

16 Voici bien des années que vivait à Zucknow un homme qui avait pour nom Mendel Singer. 

Le Rouge et le Noir (1830)

Homère

(fin du Xe siècle avant J.C.)

17 La petite ville de Verrières peut passer pour l'une des plus jolies de la Franche-Comté.

Le Journal d'une femme de chambre (1900)

Aldous Huxley

18 Dis-moi, Muse, cet homme subtil qui erra si longtemps, après qu'il eut renversé la citadelle sacrée de Troie.

Le poids de la Grâce

(1830)

Octave Mirbeau

19 Un bâtiment gris et trapu de trente-quatre étages seulement. Au-dessus de l"entrée principale, les mots : CENTRE D'INCUBATION ET DE CONDITIONNEMENT DE LONDRES-CENTRAL, et, dans un écusson, la devise de l'état mondial : COMMUNAUTÉ, IDENTITÉ, STABILITÉ.

L'Odyssée

Joseph Roth

20 Aujourd’hui, 14 septembre, à trois heures de l’après-midi, par un temps doux, gris et pluvieux, je suis entrée dans ma nouvelle place.

Le meilleur des Mondes

(1931)

Stendhal

(Henri Beyle)

 

Solution

 

 

Incipits

Oeuvres

Auteurs

888888888888888888888888888888888888888888888888

1re série

 

 

1 Il était tard lorsque K. arriva

Le Château (1926)

Franz Kafka

2 Le 24 février 1815, la vigie de Notre-Dame de la Garde signala le trois-mâts le Pharaon, venant de Smyrne, Trieste et Naples.

Le Comte de Monte-Cristo

(1845-1846)

Alexandre Dumas

3 J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie.

Aden Arabie (1931)

Paul Nizan

4 Dom João, cinquième du nom dans le catalogue des rois, se rendra cette nuit dans la chambre de son épouse, dona Maria Ana Josepha, venue d'Autriche il y a plus de deux ans afin de donner des infants à la couronne portugaise et qui jusqu'à aujourd'hui, n'a point encore conçu. (traduction de Geneviève Leihrich)

Le Dieu Manchot (1987)

José Saramengo

 

5 L'erreur est la cause de la misère des hommes ; c'est le mauvais principe qui a produit le mal dans le monde ; c'est elle qui a fait naître et qui entretient dans notre âme tous les maux qui nous affligent, et nous ne devons point espérer de bonheur solide et vé­ritable qu'en travaillant sérieusement à l'éviter.

De la recherche de la vérité (1674-1675)

 

 

Nicolas Malebranche

888888888888888888888888888888888888888888888888

2e série

 

 

6 Longtemps je me suis couché de bonne heure.

Du côté de chez Swann (1913)

Marcel Proust

7 Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme, ce sera moi.

Les Confessions (1782)

Jean-Jacques Rousseau

8 Aujourd’hui, Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.

L'Étranger (1942)

Albert Camus

9 Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189... Je continue à dire « chez nous », bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n’y reviendrons certainement jamais.

Le Grand Meaulnes

Alain-Fournier (1913

10 Dans les dernières années du règne de Louis-Philippe, roi des Français, les Parisiens que leurs habitudes ou leurs occupations amenaient aux abords de la rue du Bac, du côté où elle se perdait dans les jardins de Babylone, puis, plus loin encore, vers le faubourg Montparnasse, voyaient passer assez souvent, d'un pas ralenti par l'âge, un vieillard reconnu et salué par beaucoup.

Mon dernier rêve sera pour vous

(1982)

Jean d'Ormesson

888888888888888888888888888888888888888888888888

3e série

 

 

11 Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers.

La Gloire de mon père (1957)

Marcel Pagnol

12 Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ? Frapperait-il au travers ?

La Condition Humaine (1933)

André Malraux

13 En 1815, Monsieur Charles-François-Bienvu Myriel était évêque de Digne. C'était un vieillard d'environ soixante-quinze ans ; il occupait le siège de Digne depuis 1806.

Les Misérables

Victor Hugo

14 Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves.

Germinal (1885)

Émile Zola

15 Une foule d'hommes barbus, en vêtements de couleurs tristes et chapeaux gris à hautes calottes en forme de pain de sucre, mêlés de femmes, certaines portant capuchon, d'autres, la tête nue, se tenaient assemblés devant un bâtiment de bois dont la porte aux lourdes traverses de chêne était cloutée de fer. (chap.1, traduction Marie Canavaggia)

La lettre écarlate

(1850)

Nathaniel Hawthorne

888888888888888888888888888888888888888888888888

4e série

 

 

16 Voici bien des années que vivait à Zucknow un homme qui avait pour nom Mendel Singer. (Traduit de l'allemand par P. Hofer-Bury)

Le poids de la Grâce

(1830)

Joseph Roth

17 La petite ville de Verrières peut passer pour l'une des plus jolies de la Franche-Comté.

Le Rouge et le Noir

(1830)

Stendhal

(Henri Beyle)

18 Dis-moi, Muse, cet homme subtil qui erra si longtemps, après qu'il eut renversé la citadelle sacrée de Troie. (Traduit du grec par Leconte de Lisle)

L'Odyssée

Homère

(fin du Xe siècle avant J.C.)

19 Un bâtiment gris et trapu de trente-quatre étages seulement. Au-dessus de l"entrée principale, les mots : CENTRE D'INCUBATION ET DE CONDITIONNEMENT DE LONDRES-CENTRAL, et, dans un écusson, la devise de l'état mondial : COMMUNAUTÉ, IDENTITÉ, STABILITÉ. (traduit de l'anglais par Jules Castier)

Le meilleur des Mondes

(1931)

Aldous Huxley

20 Aujourd’hui, 14 septembre, à trois heures de l’après-midi, par un temps doux, gris et pluvieux, je suis entrée dans ma nouvelle place.

Le Journal d'une femme de chambre (1900)

Octave Mirbeau

 >>>QUIZ 36 – Incipits - deuxième partie
 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 06:09

FLORILÈGE

 

                                                                                                                       .

   Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

                                                                                                                        

 

 -10-

 

Le Roi Candaule

 

Théophile Gautier (1811 - 1872)  

 

Extrait du chapitre 5

 

Nyssia défit ensuite ses bracelets, mais ses mains, roidies par des contractions nerveuses, servaient mal son impatience. Elle rompit le fil d'un bracelet de grains d'ambre incrustés d'or, qui roulèrent avec bruit sur le plancher et firent rouvrir à Candaule des paupières qui commençaient à se fermer.

Chacun de ces grains pénétrait dans l'âme de Gygès comme une goutte de plomb fondu tombant dans l'eau. Ses cothurnes délacés, la reine jeta sa première tunique sur le dos du fauteuil d'ivoire. - Cette draperie, ainsi posée, produisit sur Gygès l'effet d'un de ces linges aux plis sinistres, dont on enveloppe les morts pour les porter au bûcher. - Tout dans cette chambre, qu'il trouvait la veille si riante et si splendide, lui semblait livide, obscur et menaçant. - Les statues de basalte remuaient les yeux et ricanaient hideusement. La lampe grésillait, et sa lueur s'échevelait en rayons rouges et sanglants comme les crins d'une comète ; dans les coins mal éclairés s'ébauchaient vaguement des formes monstrueuses de larves et de lémures. Les manteaux suspendus aux chevilles s'animaient sur la muraille d'une vie factice, prenaient des apparences humaines, et quand Nyssia, quittant son dernier voile, s'avança vers le lit, blanche et nue comme une ombre, il crut que la Mort avait rompu les liens de diamant dont Héraclès l'avait autrefois enchaînée aux portes de l'enfer lorsqu'il délivra Alceste, et venait en personne s'emparer de Candaule.

 

Texte complet :

Le Roi Candaule de Théophile Gautier (1844)

Retrouvez des extraits de textes d'auteurs dans :

.................................................................................

FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES (titres des textes)

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.................................................................................

 

 

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 10:47

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Quand L'ON peut-il remplacer ON ou ne peut-il pas le remplacer ?

Quand vaut-il mieux qu'il le remplace?

Réponse §2 b

 

Les homophones sont des mots qui ont la même prononciation sans avoir forcément la même graphie (alors que les homonymes s'écrivent de la même manière).
 

1-ont

peut être soit le verbe avoir, soit l'auxiliaire avoir.

Pour savoir la différence entre le verbe avoir (sens, locutions verbales) et l'auxiliaire avoir, reportez-vous à l'article :

a as à ah ha + Notes sur le verbe et l'auxiliaire avoir

 

a-ont  verbe avoir

à la 3ème personne du pluriel du présent de l'indicatif.

Elles ont des marrons plein les poches. Et eux, ils n'en ont pas.
 

b-ont  auxiliaire avoir

à la troisième personne du pluriel du passé composé

Elles ont cueilli beaucoup de marrons et ils les leur ont volés.
 

c-l'ont

verbe ou auxiliaire avoir précédé du pronom personnel élidé le ou la (l')

Ce sont eux qui l'ont maintenant, le sac de marrons.

Ils l'ont bien eue, la petite Marie !

 

2- on – l'on  Pronom indéfini ***

Voir aussi : ON : c'est parfois quelqu'un ou tout le monde ou toi, moi, nous, vous, elle, lui, ou eux.

 

a- On

En ancien français, ON signifiait homme.

 

Écoute, on frappe à la porte.

On boit beaucoup de café en France.

 

Particularités de ON :

 

-Dans une même phrase deux ON ne peuvent représenter les mêmes sujets.

On frappa à la porte et on eut peur. Impossible

On précisera le 2ème on :

On frappa à la porte et nous eûmes peur / ils eurent peur.

 

-SOI et SOI-MÊME, sont les pronoms (compléments) qui correspondent à ON.

On parle beaucoup trop de soi.

On doit tout faire par soi-même dans cette maison !

Avec le possessif son :

On prend tout son temps quand on est retraité.

 

-Dans d'autres cas, on emploie NOUS/NOTRE, VOUS/VOTRE selon que l'on fait partie ou non du groupe représenté par ON.

On n'ose même pas imaginer que cela nous soit difficile. (... cela vous soit difficile)

On ne refuse pas de l'aide quand on frappe à notre porte. (... à votre porte)

 

-Dans la langue parlée familière, on emploie ON comme équivalent de NOUS :

Maintenant, on va tous prendre nos livres.(nous allons ...)

Cet usage est très répandu aujourd'hui.

Nous, on s'amuse bien à apprendre toutes ces choses.

Nous, on... comme Moi, je...

 

b-L'on

 

On peut utiliser L'ON au lieu de ON pour l'euphonie (pour que ce soit plus agréable à entendre) afin d'éviter l'hiatus (deux voyelles voisines : si, et, ou, où, quoi, qui, suivi de on)

Si on >> Si l'on vous dit d'apprendre, apprenez !

Où on >> Voilà un coin où l'on aime vivre.

Qu'on, puisqu'on, lorsqu'on... >> Il faut que l'on vous le dise.

Et on >> Et l'on vous dira des choses.

Quoi on >> Dites-moi à quoi l'on croit de nos jours.

Et même plus rare :

Comme on >> Faites comme l'on vous dira.

Choisir L'ON au lieu de ON n'est en rien obligatoire, cependant :

 

Particularités de L'ON

 

-Pour l'euphonie, les grammairiens conseillent d'éviter L'ON après DONT.

On lit le blog de mamiehiou dont on tire la substantifique moelle !

(et non pas dont l'on)

 

-Encore pour l'euphonie, on évite L'ON devant un verbe commençant par L

Si on longe le canal, on prend des risques. (et non pas si l'on longe)

 

-Toujours pour l'euphonie, on emploie L'ON après QUE si le mot suivant commence par CON-

Mieux vaut détourner les yeux de ce que l'on convoite. (et pas de ce qu'on convoite, répétition malvenue de la syllabe con-)

 

-L'ON en tête de phrase, tour littéraire.

 L'on n'aime pas toujours qui se veut trop aimable

 

-ON NE

Attention de ne pas oublier la négation NE (élidée en N') après ON dans une tournure négative.

On n'apprend rien ici. (ne rien)

On n'y voit pas grand chose. (ne pas)

L'oubli de NE vient de la liaison.

On prononce de la même façon :

on apprend, on n'apprend...

on y voit, on n'y voit...

 

-On répète ON devant chaque verbe coordonné.

On le voit, on rit, on est méchant de se moquer de lui.

 

3- Long

 

a-Adjectif qualificatif,

opposé à court.

opposé à large.

>De grande dimension : Le chemin est bien long.

>Qui dure longtemps : Long comme un jour sans pain.

Vos longs regards me prouvent votre amour pour moi.

Vous buviez à longs traits.

>Lent :Comme tu es longue à venir !

>Oeuvre ou texte long à lire ou à entendre. Un long discours.

>Dans certaines expressions

Il a les dents longues mais j'ai le bras long.

 

Cf. Littré : Faire courte messe et long dîner, aimer la bonne chère plus que la piété.

Vous m'avez donné le carême bien long, c'est-à-dire vous prenez un bien long terme.

Elliptiquement. Il ne la fera pas longue, c'est-à-dire il ne vivra pas longtemps.

 

b-Adverbe

Tu en sais bien long !

 

Voir les expressions avec long sur long– Wiktionnaire

 

8888888888888888888888888888888888888888

***Note sur les pronoms indéfinis

 

Les pronoms indéfinis sont des pronoms qui indiquent :

-une certaine quantité

tout, plusieurs, aucun, nul, moult, divers (vieux) maints (vieux)

-une identification non précisée, on, tel, certain, chacun, quelqu'un, autrui, on, personne, rien, autre, même, quiconque

 

Ne pas confondre les pronoms indéfinis avec les adjectifs indéfinis qui sont des déterminants suivis d'un substantif (nom)

Je n'ai pas vu d'autres enfants (adjectif)

Je n'en ai pas vu d'autres (pronom)

Tous les enfants sont arrivés à l'heure. (adjectif)

Tous sont arrivés à l'heure. (pronom)

 

Certains adverbes, la plupart des adverbes de degré, peuvent être employés comme pronoms indéfinis :

beaucoup, peu, moins, plus, trop, assez, tant, tellement, autant, guère, combien (qui peut-être aussi interrogatif ou exclamatif) pas mal,

Ce sont des déterminants indéfinis s'ils sont suivis de la préposition de.

Il reste moins de spectateurs qu'il y a une heure. (moins de, déterminant)

Il faisait froid, beaucoup sont partis, peu sont restés. (beaucoup, peu, adverbes employés comme pronoms indéfinis)

 

Les adjectifs numéraux peuvent être employés comme pronoms indéfinis.

Un, l'un, l'un d'eux, l'un d'entre vous, l'une de celles-ci...

 

LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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> ON : c'est parfois quelqu'un ou tout le monde ou toi, moi, nous, vous, elle, lui, ou eux.

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 09:41

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L'HÉRITIER

 

14 septembre 1981

Maître Valance de Lancogne avait envoyé une lettre à Paul Malmaison. Décacheter une lettre venant d'un notaire n'était pas chose courante pour Paul. Il la lut. Il fut frappé de stupeur.

Était-il possible qu'un jeune homme triste et solitaire, qui n'avait jamais eu un sou vaillant, prît connaissance d'une nouvelle aussi invraisemblable qu'inespérée ?

 

On lui parlait d'un oncle dont il était l'héritier ! Quel oncle ? Son père avait quitté sa mère lorsqu'il était tout petit et il n'avait jamais entendu parler de sa famille paternelle. Sa pauvre maman abandonnée, avait gardé, enfoui au fond de son coeur, un secret douloureux qu'elle ne voulut jamais raviver en donnant au jeune garçon des explications qu'elle jugeait vaines. Elle avait réussi à élever son enfant tant bien que mal, avec beaucoup d'amour il est vrai, mais l'argent avait toujours cruellement manqué. Un soir glacé de décembre, alors qu'elle avait lutté désespérément pour ne pas le laisser seul au monde, une pneumonie l'avait emportée.  

 

Ainsi donc Gaspard Malmaison avait-il fait de Paul son héritier, non qu'il l'eût voulu délibérément, s'en était-il un seul instant soucié ? mais le destin avait voulu que la seule personne qui restât de la famille fut son neveu, Paul, qu'il n'avait jamais rencontré. 

 

Le jeune homme ne pouvait pas croire à cette chance, et, sans savoir encore de quels biens il s'agissait, il se surprit à éprouver une joie hésitante et une certaine tendresse envers cet homme défunt. Il ne pourrait jamais le rencontrer pour le remercier. Le remercier ! Pourquoi d'ailleurs ?

 

....

 

Paul alla au rendez-vous fixé par le notaire. Il l'entendit lui lire des textes divers : des articles, des actes, des droits, en langue sibylline et à une vitesse peu commune. Il comprit peu de choses, si ce n'est l'essentiel : il devenait le propriétaire d'une maison, et un pécule assez coquet lui resterait après qu'il aurait payé les frais. Il signa et parapha un nombre incalculable de pages que le notaire tournait à une vitesse étonnante au fur et à mesure des signatures et des paraphes.

On lui remit des clefs.

Interloqué, il n'osait s'en saisir.

    « Elles sont à vous, il ne vous reste plus qu'à prendre possession des lieux. »

Et on l'attira poliment vers la sortie.

 

....

 

Un vieux car poussif longea une route de campagne interminable et s'arrêta à une croisée de chemins. 

      « C'est ici ! Vous pouvez descendre, dit aimablement le chauffeur à qui le jeune propriétaire avait demandé où se trouvait la Combe de l'Homme ».

 

Paul se rappela un conte de Charles Nodier qu'il avait lu naguère et qui s'intitulait La Combe de l'Homme Mort. Un frisson furtif le parcourut.

      « Suis-je bête, pensa-t-il. »

 

      « Vous allez chez qui comme ça ? J'peux vous renseigner ? »

Le jeune voyageur s'entendit répondre : « Chez monsieur Malmaison. »

Le chauffeur fronça le sourcil : « Vous ne le trouverez pas. Il est mort. »

Comme Paul se taisait, le chauffeur ajouta :  « C'est tout droit, là-haut, au bout du chemin, derrière le petit bois. »

 

Dès que Paul fut descendu du car, il reçut en plein visage une bouffée d'air frais et odorant qui le fit presque tituber.

Il était persuadé qu'il venait de tourner définitivement une page de son passé. Il en ressentit un vertige mêlé de plaisir. La ville ne lui avait jamais apporté de joies. Il avait dû toujours batailler pour survivre et il ne laissait derrière lui ni amour, ni travail. Ses joues creuses son teint blême, ses longs membres osseux témoignaient d'une fatigue depuis longtemps installée dans son grand corps efflanqué. À partir de ce jour-là pourtant, sa vie basculait. L'avenir ne pouvait que lui sourire.

 

Les arbres aux couleurs chatoyantes lui firent une haie d'honneur. Il avança au milieu d'un tourbillon de feuilles qui dansaient pour lui. La bise lui fouetta le sang. Soudain, alors qu'il suivait le chemin qui faisait le tour du bois, il sursauta. Une vieille maison de granit avait surgi devant lui.

     « C'est ma maison ! » pensa-t-il. 

À peine s'il pouvait y croire. 

Le jardin était rempli de fleurs automnales. Les chrysanthèmes pourpres et dorés faisaient de vastes tapis de lumière, les volubilis géants grimpaient le long de la barrière et offraient l'éclat de leurs clochettes blanches et roses, les hibiscus mauves n'avaient pas encore perdu leurs fleurs veloutées. Dans les deux grands érables rouge sang qui ponctuaient les limites du jardin, voltigeaient, joyeuses et agiles, de petites mésanges bleues.

      « C'est le paradis, pensa le jeune homme, stupéfait et ravi. »

Et il respira profondément.

 

Il ouvrit le portail et contempla un long moment ce spectacle qu'il ne pouvait quitter du regard. Soudain, il détourna les yeux. N'avait-il pas senti une présence derrière lui ? Sur le chemin, une toute jeune fille l'observait en souriant. Il fit quelques pas pour s'approcher d'elle. Aussi vive que l'éclair elle disparut on ne sait où. À ce moment-là, il aurait bien aimé ne pas être seul pour partager toutes ses joies.

     « Je l'apprivoiserai, se dit-il. »

 

Il entra dans la maison et il s'étonna qu'elle ne fût pas fermée à clef. Les murs étaient épais et il y faisait froid, mais la vaste cuisine lui sembla chaleureuse avec sa grande cheminée au manteau de chêne buriné. Paul n'avait jamais rien vu de pareil. Il allait faire un bon feu avec les bûches qu'il avait vues dehors, sur le côté de la maison. La chambre contiguë était petite et confortable. Il aimerait l'édredon de duvet qui faisait un gros ventre sur le lit.

Il était comblé.

     « Demain, je visiterai le village. »

 

....

 

Les rayons du soleil réveillèrent Paul Malmaison. Il n'avait pas fermé les volets et il avait regardé, des heures durant, avant de s'endormir, les chauves-souris voleter dans la nuit claire. La lumière dansait maintenant dans les voilages de guipure blanche.

     « Tout cela est à moi. Même le soleil s'invite dans ma chambre. »

Il tira l'édredon très haut sous le menton. Quelle jouissance de ne plus avoir peur du lendemain ! La petite fortune de son oncle le mettrait à l'abri pour quelque temps.

Il rêva à tout ce qu'il allait faire : mettre de l'ordre dans la maison, débarrasser le jardin de ses quelques fleurs fanées, descendre au village, rencontrer des gens à qui il se promettait de faire force sourires ; peut-être pourrait-il engager une conversation avec certains d'entre eux ! Il reverrait la jolie demoiselle qu'il avait aperçue la veille. Il marcherait longtemps dans la campagne et cela l'amusait d'imaginer qu'il prendrait des couleurs. Il mangerait des produits sains et délicieux ; il savourerait le lait bourru, les oeufs tout frais, les bons fromages, la cochonnaille, les légumes qu'il aimerait à faire pousser dans son jardin, les fraises sauvages et les airelles qu'il chercherait dans les bois ; il élèverait peut-être des poules et des lapins ; il s'instruirait en recettes paysannes ; il se voyait déjà se couper de larges tranches de gros pain de campagne et les tartiner de beurre frais.

Il prit faim, se leva, se vêtit. Il lui sembla que le regard que lui réfléchissait le miroir terni était gai, comme jamais encore il ne l'avait été.

 

...

 

Dehors, l'air, plus vif que la veille, lui fouettait le visage. Paul dévala le chemin caillouteux et s'approcha du village. Il avançait contre le vent et ne se sentait pas très solide sur ses jambes, ce qui le faisait vaciller parfois de droite ou de gauche. Deux paysans qui avaient l'air pressés le croisèrent sans lui adresser un regard.

Sur la place du village, — oh ! c'était un tout petit village ! — il eut plaisir à voir la boulangerie, l'épicerie et le petit café qui se côtoyaient. Il entra dans le café pour y commander un petit déjeuner. Les trois clients assis à une table cessèrent de bavarder.

     « On ne sert pas de petit déjeuner ici ! »

Paul voulut expliquer qu'un bol de lait aurait suffi, mais il ne put ajouter un mot : le regard d'acier du cafetier le mit mal à l'aise. Il sortit en s'excusant.

 

Une bouffée parfumée de pain chaud le saisit quand il ouvrit la porte de la boulangerie. Il acheta une grosse miche de pain qu'il serra fort contre lui. Il demanda à la boulangère peu affable où il pourrait se procurer du bon lait. Elle lui répondit que tous les fermiers donnaient leur lait à la coopérative et qu'ils ne vendaient pas le lait comme ça. Déçu, Paul se dirigea vers l'épicerie. La porte était close. Il insista pour l'ouvrir. Elle était bien verrouillée. Pourtant il lui semblait avoir vu bouger quelqu'un tout à l'heure, derrière les victuailles de la vitrine.

     « C'est trop fort ! s'exclama-t-il. »

Les larmes lui montèrent aux yeux. Il sentit confusément qu'on l'observait derrière les volets à demi clos des maisons sur la place. Il s'en retourna vite.

 

.....

 

Les langues allaient bon train au village depuis que Paul y avait mis les pieds. Personne n'avait su, à la mort du vieux Malmaison, qui hériterait du domaine, de ses champs et de ses bois. Il n'avait pas d'héritier, c'était sûr. Tout serait vendu aux enchères, c'était couru. Et les plus riches du village voyaient cela d'un très bon oeil. Ils s'étaient déjà mis d'accord pour se partager l'affaire en limitant les prix. Puis on avait appris, Dieu sait comment ! qu'il y avait un héritier, un homme de la ville, qui viendrait s'emparer de tout. Chaque jour, on avait guetté les voitures que l'on ne connaissait pas, on avait épié le car et ses voyageurs. Et il était arrivé.

 

Sans même qu'il s'en doutât, on l'avait observé, on l'avait regardé s'installer à la Combe. Voilà maintenant qu'il y restait ! Il faisait du feu. Il achetait de quoi manger. Et, en ce moment même, il arrangeait le jardin, il arrachait les mauvaises herbes.  

     « Mais, vous l'avez vu vu ce jeune homme, si maigre, si décharné que c'en n'est pas possible ? »

     « Vous savez qu'il a essayé de parler à la Corinne, la petite de la Combe ? Elle sait pas ce qu'elle risque la Corinne, de s'approcher d'un homme de la ville.  »

      « Il est si pâle. Il est malade, c'est sûr. Une de ces maladies qu'on n'attrape pas chez nous. »

       « Vous avez vu à la télé ? Y en a qui ont le sida. Ils sont maigres comme lui. Ils n'ont que la peau sur les os. Il est venu ici pour se soigner, pour respirer notre bon air. Il va nous l'empoisonner. » 

     « On va pas se laisser faire.  »

 

.....

 

On se persuada de la maladie du jeune Malmaison. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre.

     « On va se débarrasser de lui, vous allez voir. Il va pas moisir chez nous.  »

      « Il va vite comprendre qu'on veut pas de lui ici, ça doit être un homo. Il doit être drogué. Faut pas croire qu'il va nous infecter. »

       « Vous avez entendu la Corinne comme elle prendrait pitié ? » 

     « Ah ! Si nos filles se mettent à le fréquenter, quel malheur pour not' village ! »

 

.....

 

Quand il fut revenu chez lui, Paul se dit qu'il ne se découragerait pas si vite, qu'après tout, il se faisait peut-être des idées. Les gens d'ici n'étaient pas aimables parce qu'ils répugnaient à voir s'installer chez eux un étranger. En fait, il ne se sentait pas vraiment un étranger puisqu'il était le neveu de Malmaison. On s'habituerait sûrement à lui. Ce n'était qu'une question de temps. Il descendrait tous les jours au village pour essayer de faire la connaissance de gens plus bienveillants. À force d'être salués aimablement, il y en aurait bien quelques-uns qui se rendraient compte qu'ils n'avaient rien à craindre de lui.

     « Avec le temps, se dit-il, avec le temps... »

Il s'assit à la grande table de chêne polie par les ans. Il la caressa un instant. La patine l'avait rendue douce comme une peau de femme. Il revit en pensée le visage de la jeune fille dont il eût bien aimé connaître le nom, et le seul regard humain qu'on lui eût jamais adressé ici.

     « Je la rencontrerai, et je lui parlerai, et nous deviendrons amis. »

Il se décida à entamer son très frugal repas, quelques  tranches de pain et un peu d'eau fraîche de son puits. Lorsqu'il coupa la miche de pain, horreur ! la croûte recouvrait une moisissure pestilentielle. Paul poussa un cri, un cri de rage.

     « C'en est trop ! Ces paysans sont des sauvages. Ils veulent me faire partir d'ici. Mais non, je ne céderai pas, je ne céderai jamais. Ils pourront me faire ce qu'ils voudront. Je suis chez moi. J'en ai vu d'autres. Ils n'arriveront pas à leurs fins ! »

 

.....

 

Il décida de réfléchir à une stratégie pour faire face. Il irait faire ses provisions au village voisin. Ce n'était pas si loin. Il y avait bien un vélo dans la remise. Cela lui ferait du bien de faire un peu de sport. Il se constituerait une petite réserve.

Il s'achèterait des livres aussi.

 

Il se prit à rêver à des plaisirs jusque-là impossibles. Plus tard, il aurait même la télévision. Il inviterait des amis, ses amis de mauvaise fortune qui viendraient bien le voir s'il leur payait le voyage. Ils parleraient de leurs jours de misère en buvant du champagne et en dégustant du foie gras. Il se réjouissait à l'avance de ces soirées chaleureuses où ils riraient, ils riraient...

 

.....

 

Il enfourcha le vieux vélo, et quelques heures plus tard, il revint, les sacoches pleines et un grand panier sanglé sur le porte-bagages. En passant dans le village, il vit des ombres qui s'esquivaient. Il avait envie de rire et de crier quelque chose, comme s'il leur avait joué un bon tour, mais il choisit de ne pas attiser leur méfiance. Il s'enivrait de l'air froid qui lui cinglait le visage, du soleil que buvaient les nuages, du paysage qui resplendissait de couleurs. Il n'avait jamais rien vu d'aussi beau. Et sa joie revint.

Arrivé chez lui, il eut le sentiment d'être en état de siège. Toutes ces victuailles achetées ! N'était-il pas devenu fou ? Cette histoire ne tenait pas debout.

     « On verra bien, on verra bien, murmura-t-il. »

 

.....

 

Le calme ne régna pas, ce soir-là, au village. La veillée fut agitée. On réunit un véritable conseil. Un conseil d'hommes, bien sûr, d'hommes bien-pensants et déterminés.

      « Il nous nargue. »

      «  Avez-vous vu ce qu'il avait sur son vélo ? »

      « De quoi se nourrir pour un mois ! »

      « Il s'incruste. Rien ne pourra le faire changer d'avis. »

      « Il faut faire quelque chose. Pourquoi attendre ? »

 

.....

 

Une semaine passa, solitaire pour Paul. Il se familiarisait avec la campagne alentour qui le distrayait de son amertume. Ses longues marches lui faisaient du bien. Lorsqu'il s'approvisionnait au village voisin, les gens de là-bas ne le regardaient pas d'un mauvais oeil.

Comme il avait fort à faire à tenir sa maison, à préparer le jardin pour l'hiver, — cette activité nouvelle l'amusait beaucoup —  à casser du petit bois pour la cheminée, et surtout à rêver, à échafauder des projets pour l'avenir, à souffler un peu, enfin. Il en aurait presque oublié la présence du village, si proche pourtant.

 

.....

 

Un matin, il n'y eut pas de soleil pour réveiller Paul Malmaison. Il avait mal dormi. De drôles de cauchemars l'avaient assailli. Il eut le sentiment qu'il n'arriverait jamais à être heureux tout à fait. Elle était comme ça, sa vie, sa pauvre vie. 

Il faisait froid. Les bûches, dans la haute cheminée, s'étaient depuis longtemps consumées.

Il se leva et s'approcha de la fenêtre, attiré par d'étranges bruits. Il n'en crut pas ses yeux. Un homme était là, qui le regardait, un fusil à son côté. Paul ouvrit la fenêtre pour lui parler. L'homme mit en joue. Paul, sidéré, fit un bond en arrière. Il entendit un remue-ménage, des chars et des brouettes que l'on traînait sur le gravier.

 

Paul voit empilées devant lui, dans l'encadrement de la porte qu'il a ouverte pour s'enfuir, de grosses pierres scellées de mortier. Saisi d'horreur, il regarde fixement l'homme qui le vise. Il n'ose bouger. Il doit encore faire un mauvais rêve. Tous les hommes du village semblent s'être rassemblés autour de la maison. Personne ne dit mot. Inutile d'essayer de fuir par les fenêtres. Chacune est gardée par un homme armé. Paul les voit une à une se boucher sans qu'il puisse se défendre. Il est pétrifié. Aucun son ne peut sortir de sa bouche.

 

.....

 

Combien de jours a-t-il passé dans sa prison ? Il ne saurait le dire. Il ne lui reste plus rien à manger depuis des heures interminables.

Il a longtemps hurlé. Puis il s'est tu. Personne ne passe sur ce chemin perdu en haut de la colline.

     « Je vais mourir... Je vais mourir... »

 

.....  

 

Des mois passent.

Un promeneur égaré s'étonne de voir une maison sans porte, aux volets clos, et ceinturée de belles glycines en fleurs.

 

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CONTES, NOUVELLES ET POESIES DE MAMIEHIOU

 

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 08:20

FLORILÈGE

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Tome 1

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Louise Labé, la Belle Cordière

vers 1524 - 1566

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Baise m'encor, rebaise-moi et baise...

 

Baise m'encor, rebaise-moi et baise :

Donne m'en un de tes plus savoureux,

Donne m'en un de tes plus amoureux :

Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

 

Las, te plains-tu ? ça que ce mal j'apaise,

En t'en donnant dix autres doucereux.

Ainsi mêlant nos baisers tant heureux

Jouissons-nous l'un de l'autre à notre aise.

 

Lors double vie à chacun en suivra.

Chacun en soi et son ami vivra.

Permets m'Amour penser quelque folie :

 

Toujours suis mal, vivant discrètement,

Et ne me puis donner contentement,

Si hors de moi ne fais quelque saillie.

 

Sonnet XVIII

 

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Pierre de Ronsard 

1524 - 1585

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Amourette

 

Or que l'hiver roidit la glace épaisse

Réchauffons-nous, ma gentille maîtresse,

Non accroupis près le foyer cendreux,

Mais aux plaisirs des combats amoureux.

Assisons-nous sur cette molle couche.

Sus ! baisez-moi, tendez-moi votre bouche,

Pressez mon col de vos bras dépliés,

Et maintenant votre mère oubliez.

Que de la dent votre tétin je morde,

Que vos cheveux fil à fil je détorde.

Il ne faut point, en si folâtres jeux,

Comme au dimanche arranger ses cheveux.

Approchez donc, tournez-moi votre joue.

Vous rougissez ? il faut que je me joue.

Vous souriez : avez-vous point ouï

Quelque doux mot qui vous ait réjoui ?

Je vous disais que la main j'allais mettre

Sur votre sein : le voulez-vous permettre ?

Ne fuyez pas sans parler : je vois bien

A vos regards que vous le voulez bien.

Je vous connais en voyant votre mine.

Je jure Amour que vous êtes si fine,

Que pour mourir, de bouche ne diriez

Qu'on vous baisât, bien que le désiriez ;

Car toute fille, encor' qu'elle ait envie

Du jeu d'aimer, désire être ravie.

Témoin en est Hélène, qui suivit

D'un franc vouloir Pâris, qui la ravit.

Je veux user d'une douce main-forte.

Hà ! vous tombez, vous faites jà la morte.

Hà ! quel plaisir dans le coeur je reçois !

Sans vous baiser, vous moqueriez de moi

En votre lit, quand vous seriez seulette.

Or sus ! c'est fait, ma gentille brunette.

Recommençons afin que nos beaux ans

Soient réchauffés de combats si plaisants.

 

Second livre des Amours

 

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Gérard de Nerval 

1808 - 1855

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El Desdichado

 

Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte,
et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encore du baiser de la reine ;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

 

Les Chimères

 

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Alfred de Musset

1810 - 1857

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Chanson de Fortunio

 

Si vous croyez que je vais dire

― Qui j'ose aimer,

Je ne saurais, pour un empire,

― Vous la nommer.
 

Nous allons chanter à la ronde,

― Si vous voulez,

Que je l'adore et qu'elle est blonde

― Comme les blés.
 

Je fais ce que sa fantaisie

― Veut m'ordonner,

Et je puis, s'il lui faut ma vie,

― La lui donner.
 

Du mal qu'une amour ignorée

― Nous fait souffrir,

J'en porte l'âme déchirée

― Jusqu'à mourir.
 

Mais j'aime trop pour que je die

― Qui j'ose aimer,

Et je veux mourir pour ma mie

― Sans la nommer.

 

Poésies Nouvelles
 

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Henri de Régnier

1864 - 1936

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Odelette 2

 

Si j'ai parlé

De mon amour, c'est à l'eau lente

Qui m'écoute quand je me penche

Sur elle ; si j'ai parlé

De mon amour, c'est au vent

Qui rit et chuchote entre les branches ;

Si j'ai parlé de mon amour, c'est à l'oiseau

Qui passe et chante

Avec le vent ;

Si j'ai parlé

C'est à l'écho ;

Si j'ai aimé de grand amour,

Triste ou joyeux, Ce sont tes yeux ;

Si j'ai aimé de grand amour,

Ce fut ta bouche grave et douce,

Ce fut ta bouche ;

Si j'ai aimé de grand amour,

Ce furent ta chair tiède et tes mains fraiches,

Et c'est ton ombre que je cherche.

Les Jeux rustiques et divins 

 

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Charles Baudelaire

1821 - 1867

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L'Invitation au Voyage

 

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

 

Les Fleurs du Mal

 

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Jean-Paul Toulet

1867 - 1920

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En Arle

 

Dans Arle, où sont les Aliscamps
Quand l’ombre est rouge sous les roses,
            Et clair le temps,
 
Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
            Ton cœur trop lourd ;
 
Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas si c’est d’amour
            Au bord des tombes.

 

Contre-rimes

 

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Louis Aragon

1897 - 1982

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Les yeux d'Elsa

 

Je ne peux pas publier ce poème que j'aime. L'oeuvre n'est pas encore tombée dans le domaine public, mais, en cherchant bien, vous pouvez trouver le texte sur la toile. 

 

Quand un ouvrage peut-il tomber dans le domaine public ?

Lire : Pourquoi Apollinaire a mis 95 ans pour entrer dans le domaine public

 

>> Voir aussi : Poèmes d'amour  Tome 1

>> Et d'autres textes d'auteurs dans "La pensée des autres"

 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 12:50

 UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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Enfin Malherbe vint...

 

François de Malherbe (1555 - 1628), procureur normand, arrive à la cour de Henri IV en 1605. Il s'attache à épurer la langue conformément au beau langage et c'est pour cela qu'il veut en chasser "les mots vieux, bas, vulgaires, obscènes, pédants ou palatiaux. [...] Il ouvre le règne de la grammaire, règne qui a été en France plus tyrannique et plus long qu'en aucun pays."2

 

Châtier son style est la formule des gens élégants.

Contrairement à ses prédécesseurs, la doctrine de Malherbe est restrictive. Et la langue est tellement épurée qu'elle s'appauvrit, à tel point que son lexique se voit retirer les mots des sciences, en particulier ceux de la médecine, que ce réformateur considère comme des mots sales, les termes techniques qui n'entrent pas dans la langue de la Cour et même ceux des arts.

 

Notons que seule une femme, Mlle Le Jars de Gournay, défendra la langue des hommes du XVIe siècle et critiquera par le menu les prescriptions et les arrêts de Malherbe qu'elle juge tyranniques. "Adjouster sans retrancher, c'est ce que nous recherchons", propose-t-elle en matière de vocabulaire et elle se convainc que l'usage aura tôt fait de chasser les mots étranges.

 

Malherbe veut que la langue française soit comprise de tous. Il déclare, par boutade, que ses maîtres pour le langage sont les crocheteurs du Pont-aux-Foins. Ce n'est pas qu'il demande qu'on se serve des mots crus de ces crocheteurs, mais qu'on parle avec des mots qu'ils connaissent et puissent comprendre comme tous les Français.

Pour écrire clair, il faut écrire juste. Il ne faut laisser aucune confusion comme on en trouvait dans les textes des poètes précédents.

Il réglemente la langue avec beaucoup de minutie, ― ses adversaires lui reprochaient de regarder les textes avec des lunettes2― et certaines de ses règles sont très importantes.

En voici quelques exemples :

 

Ne sera toujours suivi de pas ou de point (sauf cas très spéciaux) ; il faudra toujours exprimer le sujet des verbes ; on cesse d'employer le à possessif ("la fille à Galafron"), quand cessera de remplacer que.

Il inaugure la distinction des passés suivant qu'ils sont construits avec être ou avoir "j'ai demeuré, dit-il a un autre sens que je suis demeuré"2

 

Malherbe, cependant, n'est pas seulement théoricien de la langue. Il considère qu'être poète est son métier. Il nous a laissé dans son poème Consolation à Monsieur Dupérier cette belle phrase :

 

Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses
L'espace d'un matin.
 
La légende raconte que Malherbe aurait écrit Et Rosette a vécu ce que vivent les roses.... Mais une erreur de l'imprimeur aurait transformé le début du vers, ce qui lui a donné toute sa beauté.
On se demande si Malherbe se prenait au sérieux lorsque, critiquant l'utilité de son art, il écrivait que c’était une sottise de faire le métier de rimeur [et] qu’un poète n’était pas plus utile à l’État qu’un bon joueur de quilles.
 

Vaugelas

 

Claude Fabre, baron de Péroges, seigneur de Vaugelas (1585-1659) est le plus célèbre des grammairiens. Avant de devenir l'un des premiers membres de l'Académie, il aime à fréquenter les salons, comme l'Hôtel de Rambouillet, où se forme le beau langage. Il publie en 1647 ses Remarques sur la langue française. Pour choisir le vocabulaire, le seul permis à l'honnête homme, il s'appuie sur le bon usage.

Le mauvais [vocabulaire] se forme du plus grand nombre de personnes, qui presque en toutes choses n'est pas le meilleur, et le bon au contraire est composé non pas de la pluralité, mais de l'élite des voix, et c'est véritablement celui que l'on nomme le maître des langues. Voici donc comment on définit le bon usage : c'est la façon de parler de la plus saine partie de la Cour.


 

Nicolas Faret, un ami de Vaugelas, écrit en 1630, dans L'Honnête homme ou l'art de plaire à la Cour :

Monsieur de Vaugelas s'était appliqué dans ses "Remarques" à nettoyer la Langue des ordures qu'elle avait contractées ou dans la bouche du peuple, ou dans la foule du palais, et dans les impuretés de la chicane, ou par le mauvais usage des Courtisans ignorants, ou par l'abus de ceux qui disent bien dans les chaires ce qu'il faut, mais autrement qu'il ne faut.

 

Dès ce moment-là, les Remarques de Vaugelas sont consacrées dans les livres et dans l'usage. La physionomie de la langue littéraire ne changera plus désormais.

Parler Vaugelas ne signifie-t-il pas comme au temps de Molière (cf. Les Femmes Savantes) que c'est s'exprimer avec pureté, dans un français châtié ?

 

L'Académie française

 

En 1635, Richelieu, ministre de Louis XIII, a vent qu'un groupe de "particuliers", amoureux des belles lettres se réunit un jour par semaine chez l'un d'eux. Le Cardinal, qui a l'esprit naturellement porté aux grandes choses, après avoir loué ce dessein, demande si ces personnes ne voudroient point faire un corps, et s'assembler régulièrement et sous une autorité publique3 .Leur mission est dorénavant de réglementer et de gouverner la langue.

L'Académie Françoise est née.

Une des règles sera de composer un Dictionnaire, une Grammaire, une Rhétorique et une Poétique sur les observations de l'Académie qui veillera à la pureté de la langue3

Le Dictionnaire de l'Académie, un peu trop aristocratique, n'a pas la faveur du plus grand nombre, lequel préfère d'autres dictionnaires dont le vocabulaire est plus près du peuple. En outre le travail de l'Académie est fort lent. On achève la lettre A en neuf mois.3

Le Dictionnaire ne paraîtra qu'en 1794, bien après que Colbert aura installé l'Académie au Louvre (en 1772).

 

Il n'empêche que l'Académie a survécu jusqu'à nos jours et il n'est pas d'élection d'un nouvel Académicien qui n'intéresse les amoureux des belles lettres. C'est un honneur de porter l'habit vert et une consécration. Parmi les Quarante Immortels, élus par leurs pairs, on compte, depuis 1980, des femmes dont la première fut Marguerite Yourcenar, une petite révolution dans cet aréopage masculin.

L'Académie en est aujourd'hui à la neuvième édition de son Dictionnaire, commencé il y a 25 ans. Le dernier fascicule paru au Journal Officiel s'arrêtait au mot "quadrivium" le 25 mai 2011.

L'avant-propos de cette neuvième édition (tome 2) commence ainsi :

Lorsque nous commençâmes, en 1986, de publier par fascicules la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française, nous rêvions de terminer notre ouvrage pour la fin du siècle. Si l’on ne rêvait pas, on n’entreprendrait jamais.

Maurice Druon
Secrétaire perpétuel honoraire

 

NOTES

1-"Enfin Malherbe vint..."

Célèbre hémistiche de Boileau (auteur de l'Art Poétique, 1674) qui rend hommage à Malherbe.

Un hémistiche est un demi-vers (le vers comptant plus de huit syllabes), mais c'est aussi le milieu d'un vers ; une césure à l'hémistiche est une coupure au milieu du vers qui ne peut être que lorsque le sens l'exige.

2-cf. Histoire de la langue française par Ferdinand Brunot, 1905

(palatial, au XVIIe siècle, relatif au Palais de Justice)

3-cf. Pellisson, Histoire de l'Académie Française, 1858.

____________

Tant d'amoureux de la langue française ont oeuvré pour la rendre claire, et juste, et belle. Ayons une pensée émue pour leur ardeur et leur courage. Grâce à eux notre langue rayonne encore dans le monde. Préservons-la, ne la laissons supplanter par aucune autre.

 

 UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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Note : Pakti nous donne à entendre des vers de Malherbe > https://www.youtube.com/watch?v=L-yi0r_7cOw

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 12:45

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Exercice - À ou DE ? Pas si facile !

Hasarderai-je ... vous demander ... être plus poli ? Réplique 38

- Me hasarderai-je ... refuser ? R 39

- Continuez ... me mentir ! R 21

- Je ne m'essaierai pas ... vous braver, mon brave ! R 25


À savoir >>> verbes suivis de à ou de de + infinitif 

 

Complétez le texte en trouvant la bonne préposition À ou DE

Les phrases commençant par une croix rouge + donnent lieu à un commentaire dans la correction qui suit.

 

Arnolphe et Isidore, les célibataires*

Une journée si peu particulière**

 

Arnolphe et Isidore vivent ensemble mais leurs relations ne sont pas toujours au beau fixe comme nous allons le voir. Arnolphe héberge Isidore.

 

1-ISIDORE - Je n'éprouve aucun besoin ..... vous voir. Je n'aurai plus jamais recours ..... vous.

2-ARNOLPHE - J'ai barbouillé ..... encre votre veston, croyez ..... mes plus plates excuses et sachez que je n'aurai pas la bonté ..... vous dédommager.

3-ISIDORE - Vous êtes abominable ..... ennui, vous me semblez un homme des neiges bourré ..... complexes et incapable ..... rien faire ..... bon.

4-ARNOLPHE - Êtes-vous certain ..... parler ..... un humain ? ..... mémoire ..... homme, nul n'a vu le yéti.

5-ISIDORE - Je suis certain ..... une chose, vous ne cessez ..... mentir ..... tous propos.

6-ARNOLPHE - Pensez-vous que cela puisse changer quelque chose ..... changer ..... discours ..... chaque instant ?

7-ISIDORE - Je suis chargé ..... mission, et vous me commandez ..... faire le travail ..... quelqu'un ..... autre, c'est un peu fort ..... café !

8-ARNOLPHE - Vous cherchez ..... me déstabiliser dans ce monde ..... fous.

9-ISIDORE - Quand vous choisissez ..... m'énerver ainsi, je commande ..... votre valet ..... m'apporter une tasse ..... thé. Gaston !

10-ARNOLPHE -+Vous vous ingéniez ..... m'exaspérer. Comme ..... bien entendu. La la la la la la !

ISIDORE - +Pas une tasse ..... thé vide, butor !

ARNOLPHE - +Vous commencez ..... me courir sur l'haricot.

ISIDORE - +Pauvre ..... vous ! Commencez ..... parler correctement et dites le haricot.

ARNOLPHE - Vous comptez me faire croire que vous ne connaissez rien ..... l'argot, l'haricot est ..... mise ici.

15- ISIDORE - +Je conclus ..... vos propos que nos relations sont mises ..... mal.

ARNOLPHE - Qu'est-ce ..... dire ? Vous me conseillez ..... me calmer ?

ISIDORE - +Oui, ..... compter ..... maintenant, je ne supporterai plus ..... entendre vos sautes ..... humeur.

ARNOLPHE - Je vous conseille ..… être poli.

ISIDORE - Êtes-vous content ..... vous ?

20- ARNOLPHE - Je ne compte pas vous revoir ..... si tôt.

ISIDORE - Continuez ..... vous mentir. Sitôt que j'aurai passé le pas ..... la porte, vous craindrez ..... m'avoir perdu ..... jamais.

ARNOLPHE -C'est ..... voir. La peste soit ..... vos menaces.   

ISIDORE - +Je n'ai rien ..... conseiller ..... personne mais vous feriez bien ..... voir votre poutre coincée au fond ..... votre oeil au lieu ..... être aveuglé par ma paille.

ARNOLPHE - Ha ! Ha ! Vous êtes content ..... vous ..... m'avoir mis ..... mauvaise humeur !

25- ISIDORE - +Je ne m'essaierai pas ..... vous braver, mon brave ! Je me souviens ..... avoir eu maille ..... partir avec vous.

ARNOLPHE -+Vous essayez seulement ..... me contraindre ..... vous donner raison.

ISIDORE - Je ne suis pas ..... votre bande.

ARNOLPHE -+Continuez ..... me railler ! Continuez ..... vouloir me convaincre ..... avoir dit des choses incongrues.

ISIDORE - +Un jour, tête ..... lard, vous serez convaincu ..… imposture et ..... trahison. Tout vient ..... point ..... qui sait attendre.

ARNOLPHE - Je serais curieux ..... connaître la teneur ..... vos propos. Ne vous couvrez-vous pas ..... honte ..... vouloir ainsi me menacer ?

ISIDORE - Je ne crains ni vous ni personne, mais je craindrais ..... vous laisser en paix.

ARNOLPHE - Ah ! Vous vous décidez ..... abattre vos cartes.

30-ISIDORE - Oui, j'ai décidé ..... vous demander des comptes.

ARNOLPHE - Me demander des comptes ? ..... moi ? Je suis bien déçu ..... vous voir si peu enclin ..... l'indulgence.

ISIDORE - Je vous défends bien ..... me critiquer et je demande ..... tous les témoins ..... cette affaire ..... prendre mon parti.

ARNOLPHE - Quels témoins ? La queue ..... votre chien ?

ISIDORE - Je défends ..... quiconque ..... parler ..... mon chien !

35-ARNOLPHE - +Je demande ..... (le) jeune présomptueux que vous êtes ..... se dépêcher ..... la mettre en sourdine.

ISIDORE - Couché Arthur ! Je suis désolé ..... te dire qu'il ne dépend pas ..... moi que cet individu s'intéresse ..... toi.

ARNOLPHE – +..... qui c'est que tu causes ? Je n'ai cure ..... ton cabot. Mais je suis bien déterminé ..... (Isidore l'interrompt)

ISIDORE - ..... quoi ? ..... franchir les limites ..... la bienséance ? ..... me poursuivre jusqu'à mes derniers retranchements ?

ARNOLPHE - Je suis bien décidé ..... défendre ma position.

38-ISIDORE - +Hasarderai-je ..... vous demander ..... être plus aimable ?

39-ARNOLPHE - Me hasarderai-je ..... refuser ?

40-ISIDORE - Je m'attends ..... ce que vous soyez décidé ..... des actions subversives.

ARNOLPHE - +Je serais capable ..... subversion ? Le grand mot ! Nul doute que vous avez mis votre bonnet ..... travers !

ISIDORE - Je me doute bien ..... ce que vous marmonnez.

ARNOLPHE - +Je dis que je parle ..... mon bonnet.

Isidore - Difficile ..... croire. Je doute ..... votre sincérité.

ARNOLPHE - Notre différend n'est pas différent ..... celui ..... la semaine dernière.

45-ISIDORE - +Il n'y a pas ..... doute, vous allez reparler ..... cette vieille histoire. Elle n'est plus ..... saison.

ARNOLPHE - + Pourquoi m'empresserais-je ..... vous faire plaisir ?

ISIDORE -+J'enrage ..... vous entendre et je vous engage ..... mesurer vos paroles.

ARNOLPHE - +Ne pourrions-nous pas tâcher ..... nous engager désormais ..... ce que nous vivions en bonne intelligence ? 

ISIDORE - +Assurément. Je pourrais m'évanouir ..... faiblesse ou exploser ..... colère en moins ..... rien. Votre attitude ne laisse pas ..... m'accabler.

ISIDORE - +Brisons là. Sinon nous n'échapperons pas ..... la bagarre.

50-ARNOLPHE - Je vous sommerai ..... ne plus venir me dire ce que j'ai ..... faire.

ISIDORE - ..... quoi sert ..... discourir ?

ARNOLPHE - ..... s'échauffer la bile !

ISIDORE - Vous êtes-vous échappé ..... un asile ..... aliénés pour toujours me casser du sucre sur le dos ?

ARNOLPHE - Je ne m'embarrasse ..... rien, croyez-le.

55-ISIDORE - Vous êtes effrayant ..... voir et ennuyeux ..... entendre.

ARNOLPHE - +Je ne m'efforce pas ..... vous plaire, sachez-le.

ISIDORE - C'est difficile ..... imaginer ..... quel point vous êtes hypocrite.

ARNOLPHE - C'est un point ..... vue qui laisse ..... désirer et nous avons atteint un point ..... non-retour.

ISIDORE - Vous ne vous embarrassez pas ..... faire des jeux ..... mots.

60-ARNOLPHE - Certes, vous ne vous embarrassez ..... personne, fût-ce ..... moi.

ISIDORE - +Dussé-je vous empêcher ..... parler, je n'arriverais pas ..... vous clouer le bec.

ARNOLPHE – Ravi ..... entendre que je suis un oiseau. Je vous apprendrai ..... gazouiller.

ISIDORE - Vous m'encouragez ..... tenir des propos qui siéent mal ..... votre oreille.

ARNOLPHE - +Saperlipopette ! Vous maniez ..... merveille le verbe seoir, je suis marri ..... vous avoir affligé ..... la sorte.

65-ISIDORE - Je ne puis m'empêcher ..... revenir ..... meilleurs sentiments.

ARNOLPHE - Je veux vous encourager ..... le faire.

ISIDORE - Je vous enseignerai ..... faire ..... même.

ARNOLPHE - Vous moquez-vous ? Je n'ai ..... leçons ..... recevoir ..... personne, surtout pas ..... vous.  Estimez-vous heureux que je consente ..... vous répondre.

ISIDORE - +Il ne tient qu'à vous ..... nous entendre ..... demi-mot et ..... nous accorder ..... discuter calmement.

70-ARNOLPHE - Vous êtes entouré ..... malotrus, comment pouvez-vous espérer être ..... bonne compagnie ?

ISIDORE - J'espérais ..... vous du respect et je ne puis éviter ..... entendre vos sarcasmes. 

ARNOLPHE - +Sarcastique ? Moi ? Excusez ..... (le) peu. J'évite ..... enfoncer le clou et j'essaie ..... bien prendre la chose.

ISIDORE - Je ne m'assujettirai jamais ..... vos caprices. Il s'en est fallu ..... rien que je ne hausse le ton et que je ne me fâche contre vous. 

ARNOLPHE - Il va falloir que vous cessiez ..... feindre que vous voulez devenir aimable.

75-ISIDORE - +Facile ..... faire quand on est facile ..... vivre.

ARNOLPHE - Facile ..... dire, plus que facile ..... faire.

ISIDORE - Ne vous fatiguez pas ..... me contredire, sinon ... me contrarier. C'est un jeu ..... enfant que ..... vouloir faire le généreux.

ARNOLPHE - +Vous êtes tenu ..... me ménager.

ISIDORE - Je tiens ..... l'estime ..... moi-même..

ARNOLPHE - Comme je suis fatigué ..... vous écouter !

ISIDORE -+Vous feignez seulement ..... l'être.

80-ARNOLPHE - Je feins hardiment ..... avoir reçu... vous l'ordre qu'il me faut suivre.

ISIDORE - ..... savoir ?

ARNOLPHE - Êtes-vous sûr ..... pouvoir vous fier ..... votre mémoire ? Êtes-vous fier ..... vous?

ISIDORE - Je me félicite ..... ne pas dire des âneries, moi !

ARNOLPHE - Et moi je ne vous félicite pas ..... croire ..... ce que vous dites.

85-ISIDORE - +Avez-vous donc fini ..... m'agonir ..... balivernes ?

ARNOLPHE - +Je vois, vous êtes furieux ..... entendre mes remontrances et vous vous hâtez ..... m'en remontrer. .

 ISIDORE - + Il me tarde ..... en finir. Je ne suis pas forcé ..... vous écouter.

ARNOLPHE - Je ne vous forcerai pas ..... rester chez moi. Je vous défie ..... partir.

ISIDORE -  Où irais-je ? Où courir ? Où ne pas courir ? Qui donc me contraindra ..... choisir mon destin ?

ARNOLPHE - +L'esprit humain se forme non ..... choisir, mais ..... accepter ; non ..... décider, mais ..... réfléchir.

 

Correction

 

1-ISIDORE - Je n'éprouve aucun besoin de vous voir. Je n'aurai plus jamais recours à vous.

ARNOLPHE - J'ai barbouillé d'encre votre veston, croyez à mes plus plates excuses et sachez que je n'aurai pas la bonté de vous dédommager.

ISIDORE - Vous êtes abominable d'ennui, vous me semblez un homme des neiges bourré de complexes et incapable de rien faire de bon.

ARNOLPHE - Êtes-vous certain de parler d'un humain ? De mémoire d'homme, nul n'a vu le yéti.

5-ISIDORE - Je suis certain d'une chose, vous ne cessez de mentir à tous propos.

ARNOLPHE - Pensez-vous que cela puisse changer quelque chose de changer de discours à chaque instant ?

ISIDORE - Je suis chargé de mission, et vous me commandez de faire le travail de quelqu'un d'autre, c'est un peu fort de café !

ARNOLPHE - Vous cherchez à me déstabiliser dans ce monde de fous.

ISIDORE - Quand vous choisissez de m'énerver ainsi, je commande à votre valet de m'apporter une tasse de thé. Gaston !

10-ARNOLPHE – + Vous vous ingéniez à m'exaspérer.  Comme de bien entendu. La la la la la la !

« Comme de bien entendu » est le titre d'une chanson populaire interprétée par Arletty et Michel Simon dans le film « Circonstances Atténuantes » 1939.

ISIDORE - +Pas une tasse à thé vide, butor !

une tasse à thé, destinée à recevoir du thé

ARNOLPHE - +Vous commencez à me courir sur l'haricot.

Courir sur l'haricot ou courir sur le haricot, argot, pour embêter.

ISIDORE - +Pauvre de vous ! Commencez de parler correctement et dites le haricot.

Commencer quelque chose

commencer à ou commencer de + infinitif

commencer par

Le haricot, disjonction, pas de d'élision, pas de liaison

Liaison et élision devant le h muet, disjonction devant le h aspiré.

Voir l'article L'élision, la laison, la disjonction, l'enchaînement

ARNOLPHE - Vous comptez me faire croire que vous ne connaissez rien à l'argot, l'haricot est de mise ici.

15-ISIDORE - +Je conclus de vos propos que nos relations sont mises à mal.

ARNOLPHE - Qu'est-ce à dire ? Vous me conseillez de me calmer ?

ISIDORE - +Oui, à compter de maintenant, je ne supporterai plus d'entendre vos sautes d'humeur.

Supporter quelqu'un ou quelque chose

Supporter de + infinitif s'emploie surtout dans des tournures négatives. (Ne pas) supporter de + infinitif.

ARNOLPHE - Je vous conseille d'être poli.

ISIDORE - Êtes-vous content de vous ?

20-ARNOLPHE - Je ne compte pas vous revoir de si tôt.

ISIDORE -Continuez à vous mentir. Sitôt que j'aurai passé le pas de la porte, vous craindrez de m'avoir perdu à jamais.

Continuer à ou continuer de (moins fréquent)

ARNOLPHE -C'est à voir. La peste soit de vos menaces.

ISIDORE - +Je n'ai rien à conseiller à personne mais vous feriez bien de voir votre poutre coincée au fond de votre oeil au lieu d'être aveuglé par ma paille.

cf. La Bible, Matthieu 7 3 « Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !  »

ARNOLPHE - Ha ! Ha! Vous êtes content de vous de m'avoir mis de mauvaise humeur !

25-ISIDORE - +Je ne m'essaierai pas à/de vous braver, mon brave ! Je me souviens d'avoir eu maille à partir avec vous.

s'essayer à ou s'essayer de - mais essayer de

je me souviens d'avoir eu maille à partir...

ou sans de :

je me souviens avoir eu maille à partir...

Avoir maille à partir, avoir un différend avec quelqu'un ou des difficultés avec quelque chose : vieille expression, avoir une pièce de monnaie à partager, ce qui est toujours très difficile à faire !

Une maille était, sous les Capétiens, une pièce de peu de valeur.

Dans ce sens, le verbe partir signifie partager, diviser en parties.

ARNOLPHE - +Vous essayez seulement de me contraindre à/de vous donner raison.

contraindre à ou de

ISIDORE - Je ne suis pas de votre bande.

ARNOLPHE - +Continuez à me railler ! Continuez de vouloir me convaincre d'avoir dit des choses incongrues.

Continuer de ou continuer à + infinitif

ISIDORE - +Un jour, tête de lard, vous serez convaincu d'imposture et de trahison. Tout vient à point à qui sait attendre.

Être convaincu de quelque chose

Tout vient à point à qui sait attendre. Proverbe

ARNOLPHE - Je serais curieux de connaître la teneur de vos propos. Ne vous couvrez-vous pas de honte à vouloir ainsi me menacer ?

ISIDORE - Je ne crains ni vous ni personne, mais je craindrais de vous laisser en paix.

ARNOLPHE - Ah ! Vous vous décidez à abattre vos cartes.

30-ISIDORE - Oui, j'ai décidé de vous demander des comptes.

se décider à - décider de

ARNOLPHE - Me demander des comptes ? À moi ? Je suis bien déçu de vous voir si peu enclin à l'indulgence.

ISIDORE - Je vous défends bien de me critiquer et je demande à tous les témoins de cette affaire de prendre mon parti.

ARNOLPHE - Quels témoins ? La queue de votre chien ?

ISIDORE - Je défends à quiconque de parler de mon chien !

35-ARNOLPHE - +Je demande au jeune présomptueux que vous êtes de se dépêcher de la mettre en sourdine.

Au contraction de à le

De la mettre en sourdine, familier pour : de crier moins fort.

ISIDORE - Couché Arthur ! Je suis désolé de te dire qu'il ne dépend pas de moi que cet individu s'intéresse à toi.

ARNOLPHE - +À qui c'est que tu causes ? Je n'ai cure de ton cabot. Mais je suis bien déterminé...

À qui c'est que tu causes ? est incorrect. On dit « À qui parles -tu ? » « À qui est-ce que tu parles ? » « Avec qui causes-tu ? »

causer avec qn et non causer à qn

causer de qn ou de qc

N'avoir cure de, ne pas tenir compte de.

ISIDORE - À quoi ? À franchir les limites de la bienséance ? À me poursuivre jusqu'à mes derniers retranchements ?

ARNOLPHE - Je suis bien décidé à défendre ma position.

38-ISIDORE - +Hasarderai-je de vous demander d'être plus aimable ?

hasarder de (voir Littré) - se hasarder à

ARNOLPHE - Me hasarderai-je à refuser ?

40-ISIDORE - Je m'attends à ce que vous soyez décidé à des actions subversives.

ARNOLPHE - +Je serais capable de subversion ? Le grand mot ! Nul doute que vous avez mis votre bonnet de travers !

Mettre son bonnet de travers, être de mauvaise humeur.

ISIDORE - +Je me doute bien de ce que vous marmonnez.

 ARNOLPHE - +Je dis que je parle à mon bonnet.

Parler à son bonnet, se parler à soi-même.

ISIDORE - Difficile à croire. Je doute de votre sincérité.

 

45-ARNOLPHE - Notre différend n'est pas différent de celui de la semaine dernière.

ISIDORE - +Il n'y a pas de doute, vous allez reparler de cette vieille histoire. Elle n'est plus de saison.

N'être plus de saison, ne plus être de circonstance, être déplacé ou inopportun. 

ARNOLPHE - + Pourquoi m'empresserais-je à vous faire plaisir ?

s'empresser à = faire preuve de zèle

s'empresser de = se dépêcher de

ISIDORE - +J'enrage de vous entendre et je vous engage à mesurer vos paroles.

ARNOLPHE - +Ne pourrions-nous pas tâcher à/de nous engager désormais à ce que nous vivions en bonne intelligence ?

tâcher = venir à bout de, s'efforcer de

tâcher de ou tâcher à 

Je tâcherai qu'il soit content, est incorrect.. On ne dit pas non plus : Tâchez à ce qu'il soit content. Cf. Littré

S'engager à, ou plus rare, s'engager de + infinitif

s'engager à ce que + subjonctif  

ISIDORE - +Assurément. Je pourrais m'évanouir de faiblesse ou exploser de colère en moins de rien. Votre attitude ne laisse pas de m'accabler.

en moins de rien, très promptement, très vite.

ne laisse pas de (littéraire) ne cesse pas de, ne manque pas de

ou bien : Votre attitude ne laisse pas que de m'accabler.

ISIDORE - +Brisons là. Sinon nous n'échapperons pas à la bagarre.

Brisons là = arrêtons la conversation.

50-ARNOLPHE - Je vous sommerai de ne plus venir me dire ce que j'ai à faire.

ISIDORE - À quoi sert de discourir ?

ARNOLPHE - À s'échauffer la bile !

ISIDORE - Vous êtes-vous échappé d'un asile d'aliénés pour toujours me casser du sucre sur le dos ?

ARNOLPHE - Je ne m'embarrasse de rien, croyez-le.

55-ISIDORE - Vous êtes effrayant à voir et ennuyeux à entendre.

ARNOLPHE - +Je ne m'efforce pas de vous plaire, sachez-le.

S'efforcer à ou s'efforcer de

ISIDORE - C'est effrayant d'imaginer à quel point vous êtes hypocrite.

ARNOLPHE - C'est un point de vue qui laisse à désirer et nous avons atteint un point de non-retour.

ISIDORE - Vous ne vous embarrassez pas de faire des jeux de mots.

60-ARNOLPHE - Certes, vous ne vous embarrassez de personne, fût-ce de moi.

ISIDORE - +Dussé-je vous empêcher de parler, je n'arriverais pas à vous clouer le bec.

>> voir l'article je dusse, dussé-je, dussè-je

ARNOLPHE - Ravi d'entendre que je suis un oiseau. Je vous apprendrai à gazouiller.

ISIDORE - Vous m'encouragez à tenir des propos qui siéent mal à votre oreille.

ARNOLPHE - +Saperlipopette ! Vous maniez à merveille le verbe seoir, je suis marri de vous avoir affligé de la sorte.

Marri, fâché, repentant.

Manier, au sens figuré,se dit de la manière d'user des instruments de la pensée. Cet écrivain manie bien la langue, la plume. Homme qui manie bien la parole. (cf. Littré)

seoir, verbe défectif

>>Pour en savoir + lire l'article sur les verbes défectifs

65-ISIDORE - Je ne puis m'empêcher de revenir à de meilleurs sentiments.

ARNOLPHE - Je veux vous encourager à le faire.

ISIDORE - Je vous enseignerai à faire de même.

ARNOLPHE - +Vous moquez-vous ? Je n'ai de leçons à recevoir de personne, surtout pas de vous. Estimez-vous heureux que je consente à vous répondre.

consentir à ou consentir de (littéraire)

ISIDORE - +Il ne tient qu'à vous de nous entendre à demi-mot et de nous accorder à discuter calmement.

S'accorder à, ou plus rare, s'accorder de

70-ARNOLPHE - Vous êtes entouré de malotrus, comment pouvez-vous espérer être de bonne compagnie ?

ISIDORE - J'espérais de vous du respect et  je ne puis éviter d'entendre vos sarcasmes.

ARNOLPHE - + Sarcastique ? Moi ? Excusez du peu. J'évite d'enfoncer le clou et j'essaie de bien prendre la chose.

excusez du peu, du contraction de de le

ISIDORE - Je ne m'assujettirai jamais à vos caprices. Il s'en est fallu de rien que je ne hausse le ton et que je ne me fâche contre vous.

ARNOLPHE - Il va falloir que vous cessiez de feindre que vous voulez devenir aimable.

75-ISIDORE - +Facile à faire quand on est facile à vivre.

Un homme facile à vivre, un homme dont l'humeur est égale et accommodante.

ARNOLPHE - Facile à dire, plus que facile à faire.

ISIDORE - Ne vous fatiguez pas à me contredire, sinon à me contrarier. C'est un jeu d'enfant que de vouloir faire le généreux.

ARNOLPHE - +Vous êtes tenu de me ménager.

être tenu de - tenir à

ISIDORE - Je tiens à l'estime de moi-même.

ARNOLPHE - Comme je suis fatigué de vous écouter !

ISIDORE - +Vous feignez seulement de l'être.

feindre de + infinitif, faire semblant.

80-ARNOLPHE - +Je feins hardiment d'avoir reçu de vous l'ordre qu'il me faut suivre.

« Je feins hardiment d'avoir reçu de vous l'ordre... » cf. Corneille !

ISIDORE - À savoir ?

ARNOLPHE - Êtes-vous sûr de pouvoir vous fier à votre mémoire ? Êtes-vous fier de vous?

ISIDORE - Je me félicite de ne pas dire des âneries, moi !

ARNOLPHE - Et moi je ne vous félicite pas de croire à ce que vous dites.

85-ISIDORE - +Avez-vous donc fini de m'agonir de balivernes ?

Ne pas confondre agonir et agoniser

agonir d'injures, agoniser avant de mourir

>>Voir l'article sur les paronymes.

ARNOLPHE - + Je vois, vous êtes furieux d'entendre mes remontrances et vous vous hâtez de m'en remontrer.

se hâter de

en remontrer à quelqu'un = se croire supérieur à lui, faire la leçon, montrer le tort qu'il a

 ISIDORE - +Il me tarde d'en finir. Je ne suis pas forcé de vous écouter. 

tournure impersonnelle : il me tarde de

mais tarder à / tarder de (plus littéraire)

ARNOLPHE - Je ne vous forcerai pas à rester chez moi. Je vous défie de partir.

ISIDORE - +Où irais-je ? Où courir ? Où ne pas courir ? Qui donc me contraindra à choisir mon destin ?

« Où courir ? Où ne pas courir ? » Dans l'Avare de Molière

ARNOLPHE - +L'esprit humain se forme non à choisir, mais à accepter ; non à décider, mais à réfléchir.

Utilisation détournée de la citation : « L'esprit humain se forme non à choisir, mais à accepter ; non à décider si une oeuvre est belle, mais à réfléchir sur l'oeuvre belle. » Alain, pseudonyme de Emile Chartier, philosophe.

.................................................................................

"Les Célibataires" Roman. En hommage à Henri de Montherlant.

"Une journée particulière". En souvenir du très beau film d'Ettore Scola.

................................................................................. 

>> Retour au début de l'article

>> Récapitulation des petites histoires à trous

>> Récapitulation de tous les exercices à trous

>> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... " 

 

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 11:24

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Petit exercice préliminaire

Complétez chaque verbe par À et par DE et trouvez les nuances de sens :

Il consent ... m'épargner – Je vous déciderai ... venir -

Je le défie ... me combattre – Il s'empresse ... me faire plaisir

Voir ci-dessous la correction >>

 

Certains verbes se construisent directement (sans préposition)

Certains se construisent avec à, de, ou d'autres prépositions (sur, pour, envers, contre...)

Certains verbes ont des sens différents selon qu'ils se construisent avec à, avec de, et s'ils sont pronominaux ou pas.
 

>> Correction de l'exercice donné au début de l'article

Il consent à m'épargner OU Il consent de m'épargner (langue littéraire)

Je vous déciderai à venir OU Je vous déciderai de venir.

Je le défie à me combattre > Je le provoque à me combattre.

OU Je le défie de me combattre > Je l'incite à me combattre, mais je veux bien parier qu'il en sera incapable.

Il s'empresse à me faire plaisir > Il fait preuve de zèle pour me faire plaisir.

OU Il s'empresse de me faire plaisir > Il se dépêche de me faire plaisir.

verbes à retrouver dans le §1 et le §2

 

Exemple : Emploi du verbe LAISSER

Je vous laisse partir.

Je vous laisse à mener rondement cette affaire.

Cela laisse à désirer.

Je vous laisse ce travail à faire.

Votre histoire ne laisse pas de m'émouvoir.

OU

Votre histoire ne laisse pas que de m'émouvoir . (ne pas cesser de)

cf. Littré, proverbe : On a beau être las, on ne laisse pas d'aller, c'est-à-dire : Il faut s'évertuer dans la nécessité. Il faut bien faire et laisser dire. 

Pronominal : Il se laisse faire.

Cela se laisse manger. (familier)

Je me suis laissé dire que... (familier)

 

ATTENTION

-Ne figurent pas dans cet article la construction des verbes suivis de substantifs (noms) mais seulement d'infinitifs.

Il interrompt son travail (travail, substantif)

Il s'interrompt de travailler (travailler, infinitif)

Nous avons admiré les étoiles. (les étoiles, substantif)

Cela a consisté à passer une nuit blanche. (passer, infinitif)

En quoi consiste ton problème ? (quoi, pronom)  

 

-Certains verbes ci-dessous se construisent à la forme pronominale et gardent le même sens et la même construction. Il ne me semble pas utile de signaler ces pronominaux que vous devinerez sans problème.

Exemples : habituer quelqu'un à, s'habituer à – destiner quelqu'un à, se destiner à – obliger quelqu'un à, s'obliger à - préparer quelqu'un à, se préparer à – résoudre quelqu'un à, se résoudre à, etc.

Je signale les verbes pronominaux qui n'entrent pas dans cette catégorie.

 

§1-Verbes + à + infinitif

A-

s’abaisser

aboutir

s’abuser

s'accorder (1°on dit aussi s'accorder pour 2° mais accorder de)

s’acharner

accoutumer (1°accoutumer à dans le sens habituer 2°mais avoir accoutumé de dans le sens avoir coutume de)

s'adonner

aguerrir

aider

amener

s’amuser

s’animer

apprendre

arriver  (1°à : J'arrive à pleurer 2°de : tournure impersonnelle : Il m'arrive de pleurer)

s’appliquer

s’apprêter

s’arrêter

aspirer

assigner

assujettir

avoir (= devoir)

s’attacher

s’avilir  

astreindre

s'attendre à (mais attendre de)

autoriser

B-

se borner

balancer

C-

chercher

commencer

conduire

continuer

se complaire

concourir

consister

conspirer

condamner

consentir (consentir de, littéraire)

contribuer

contraindre (à ou de)

convier (convier de est très rare)

D-

décider (1° décider quelqu'un à (on trouve décider quelqu'un de) 2°se décider à 3°mais décider de) 

demander (1°demander à lorsque les deux verbes se rapportent à la même personne : Je demande à partir, mais on peut avoir : Je demande de partir. 2°on préférera pour éviter l'hiatus : Il demanda de... à : Il demanda à...(hiatus) 3° demander de quand la personne est différente : je vous demande de partir)

demander que - demander à ce que

Pour en savoir + sur le verbe demander, lire la note du texte : 147 Délires troublants

se dépêcher (de ou à) 

défier (défier à = provoquer à 2°défier de = déclarer ne pas être capable de)

destiner

se dévouer

disposer

donner

déterminer

E-

s’empresser (1°s’empresser à : faire preuve de zèle 2°s’empresser de : se dépêcher de)

enseigner

être bien venu/ bienvenu/ malvenu  (à ou de)

s’entendre

entraîner (entraîner sans préposition est rare)

s'essayer à ou de (essayer de)

s’évertuer

exceller

exciter

exhorter (exhorter de est rare et vieilli)

s’exposer

employer

encourager

engager

F-

se fatiguer

(être) fondé

forcer (à ou de)

H-

habiliter

habituer (habituer de est rare et vieilli)

se hasarder à (mais hasarder de)

hésiter (hésiter de et hésiter pour sont plus rares)

I-

imaginer (1°imaginer de = avoir l'idée de 2°imaginer sans préposition 3°s'imaginer sans préposition 4°s'imaginer de = se proposer de) 

inciter

induire

s’ingénier

inviter

L-

1°laisser (1°laisser à quand on demande à quelqu'un de faire quelque chose : Je vous laisse ce travail à faire. laisser sans préposition 3° avec de ou que de dans le sens de ne pas cesser de, ne pas manquer de : Ce drame ne laisse pas de me faire souffrir)

se lasser (à ou de)

M-

mener (1° dans le sens de conduire 2°peut se construire sans préposition)

mettre (peut se construire sans préposition : mettre les haricots à cuire, mettre cuire les haricots)

O-

obliger (à ou de)

s’obstiner

s'occuper (s'occuper à [une activité quelconque] - s'occuper de [de façon plus attentive])

P-

partir (1°partir à ou de, dans le sens de commencer à : Vous voilà partis à étudier la grammaire ! Il est parti de rire ou à rire.2°sans préposition : partir voyager)

parvenir

penser (1°penser à = ne pas oublier de, avoir l’idée de, 2°penser sans préposition = croire, avoir l’intention de / = faillir) 

pousser

se prendre

persévérer

persister

préparer

prétendre (1°se construit généralement sans préposition 2°prétendre à = ambitionner de)

prêter

provoquer

porter

se plaire

se plier

R-

réduire

refuser (1°se refuser à 2°se refuser de (littéraire) 3°mais refuser de)

renoncer

répugner

se résigner

résoudre (1°résoudre à lorsqu'on a le complément qui indique la personne, Je le résous à... Je me résous à... 2°se résoudre à 3°se résoudre de est vieilli) rester (sans préposition ou avec à)

réussir à (réussir de, très rare)

rêver à ou rêver suivi d'un complément direct (J'avais rêvé être la meilleure de toutes. Je rêve à te faire tout avouer.)

se risquer à (rarement se risquer de – mais risquer de)

S-

servir

songer

se soumettre

stimuler

suffire (à ou pour)

T-

tâcher à ou tâcher de, voir le § suivant 

tarder (1°tarder à 2°tarder de est plus littéraire 3°tarder pris impersonnellement, littéraire, se construit toujours avec de devant l’infinitif: Il me tarde de...) 

tendre

tenir à (mais être tenu de)

travailler

trouver

se tuer

V-

venir (1°venir de est un auxiliaire de mode, un semi auxiliaire indiquant un passé immédiat.  Il vient de partir. 2°venir à : Vous en venez à me mentir.)

veiller

viser

voir (1°généralement sans préposition 2°voir à = veiller à, ou penser à)

 

§2-Verbes + de + infinitif

A-

accuser

accepter

achever

accorder (1° s'accorder à soi-même - 2° faire une faveur – 3° s'accorder à ou pour)

admettre de (1°= accepter de 2°admettre à = autoriser quelqu'un à faire quelque chose)

affecter

s’affliger

ajourner (1°le Dictionnaire de l'Académie donne ajourner non suivi d'un infinitif. 2°on trouve parfois ajourner de, ajourner à est rare)

ambitionner

avertir

attendre de (mais s'attendre à)

B-

blâmer

brûler

C-

cesser

charger

choisir

commander

commencer (de ou à ou par, de est plus rare, plus précieux)

comploter

conclure (se trouve rarement suivi d'une préposition. On le rencontre parfois suivi de de ou de à, la tournure est vieillie)

conjurer

conseiller

se contenter

continuer (de ou à ou par)

contraindre (à ou de)

convaincre (est parfois suivi d'un infinitif sans préposition, cas particulier et rare)

convenir

convoiter

craindre

D-

Décider (1°décider de 2°mais décider quelqu'un à 3°se décider à 4°on trouve décider quelqu'un de)

défier de (1°déclarer que la personne à laquelle on s'adresse ou dont on parle n'est pas capable de 2°mais défier à = provoquer à)

demander de (1°lorsque les deux verbes se rapportent à deux personnes différentes : Je vous demande de partir on peut préférer : Il demanda de... à : Il demanda à... pour raison d'euphonie 2°demander à quand la personne est la même : Je demande à partir) - voir avec à § précédent

se dépêcher de (ou à)

désaccoutumer

désapprendre

désespérer

déshabituer

détourner

différer

discontinuer

disconvenir

se disculper

dispenser

dissuader

douter

déconseiller

décourager

dédaigner

dégoûter

défendre

défier

délibérer

devoir (1°devoir sans préposition 2°se devoir de)

dire de (Je leur disais de m'obéir - dire sans préposition pour des propos rapportés :  Ils me disaient m'obéir = Ils me disaient qu'ils m'obéissaient)

E-

écarter

s’efforcer (on trouve s'efforcer à, littéraire)

s’embarrasser (aussi s'embarrasser pour)

empêcher

s’empresser à ou de (1°s’empresser à : faire preuve de zèle 2°s’empresser de : se dépêcher de, parfois à)

enjoindre

enrager

s'ennuyer (1°s'ennuyer à : s'ennuyer à mourir, s'ennuyer à attendre ou s'ennuyer d’attendre 2°ennuyer de, forme impersonnelle vieux : Il m'ennuie de... / ou cela m'ennuie de)

entreprendre

envisager

épargner

essayer de (ou s'essayer à ou de)

s’étonner

éviter

excuser

exempter

F-

feindre (se construit parfois sans préposition)

féliciter

finir

se flatter

forcer (à ou de)

frémir

se glorifier

G-

gager

garder

gémir

H-

haïr (avec de ou sans de) Je hais mentir – Je me hais d'avoir menti. (pour)

se hâter

hasarder de (mais aussi se hasarder à)

hésiter de (vieilli) voir hésiter à - § ci-dessus

I-

imposer

imputer

incriminer

s’indigner

s’ingérer de (aussi s'ingérer à)

inspirer

interdire

s’interrompre

inventer

J-

jurer (1°jurer de : Je jure de vous obéir 2° sans préposition : Je jurai n'avoir obéi à aucun d'eux.)

L–

laisser (1°avec de ou que de dans le sens de ne pas manquer de : Ce drame ne laisse pas de me faire souffrir. laisser sans préposition : Laisse tomber ! 3° laisser à quand on demande à quelqu'un de faire quelque chose : Je vous laisse ce travail à terminer.)

se lasser(de ou à)

louer (faire des louanges)

M-

méditer

se mêler

menacer

mériter

négliger

O-

obtenir

s'occuper (1°s'occuper à [une activité quelconque] - s'occuper de [de façon plus attentive]

omettre

ordonner

oublier

P-

pardonner

parier

parler

permettre

persuader de (parfois sans préposition)

protester

plaindre

préméditer

prescrire

presser

prétexter

prévoir

prier

projeter

R-

rappeler (1°rappeler à quelqu'un de faire quelque chose 2°se rappeler avoir fait quelque chose. 3° se rappeler de + infinitif (= ne pas oublier mais pas dans le sens de : se rappeler de quelqu'un ou de quelque chose)

réclamer

recommander

récompenser

redouter

se refuser à (se refuser de, littéraire, mais refuser de)

regretter

se réjouir

remercier

remettre

se repentir

reprocher

retenir

rêver de (moins souvent rêver à ou sans préposition)

rire

rougir

ruminer

S-

signifier

simuler

solliciter de (on trouve aussi, solliciter quelqu'un à faire quelque chose, plus rare)

sommer

se soucier

souhaiter (1°souhaiter sans préposition, souhaiter de + rare 2°souhaiter à quelqu'un de)

soupçonner

se souvenir de (ou sans préposition) Je me souviens de vous. Je me souviens que je vous ai aimé.

suggérer

supplier

supporter

T-

tâcher de (s'efforcer à 1°on trouve tâcher à, langue écrite et aussi dans le sens de s'occuper)  

V-

valoir  (valoir sans préposition est très rare) Mieux vaut se taire. Que me vaut de te connaître ?

vanter

venir (1°venir de est un auxiliaire de mode, un semi auxiliaire indiquant un passé immédiat.  Il vient de partir. 2°venir à : Vous en venez à me mentir.)

 

Remarque : Les verbes qui se construisent d’ordinaire avec un infinitif sans préposition sont suivis de la préposition de dans des phrases comme :

Je crois indispensable de vous rencontrer.

Indispensable est attribut de vous rencontrer.

>> Vous rencontrer est indispensable

..........................................................................

Exercices à trous

>>>Complétez par à ou par de QUIZ 33

>>>Complétez par à ou de devant l'infinitif QUIZ 34 - Texte : Isidore et Arnolphe, les célibataires

 

Et pour en savoir + sur tous ces verbes, voir :

Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

où vous trouverez Le Trésor, le Dictionnaire de l'Académie, etc. 

 

 Récapitulation de tous les exercices à trous

  Récapitulation des petites histoires à trous

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

Orthographe grammaire pour les hésitants

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 10:55

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Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

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a-Les homonymes sont des mots qui s'écrivent et/ou se prononcent de la même façon et qui n'ont pas le même sens.

Les homonymes homophones sont des mots qui ont la même prononciation sans avoir la même graphie, alors que les homonymes homographes s'écrivent de la même manière.

 

Pour en savoir +

> Que signifient les mots synonyme, homonyme, antonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ?

 

Les mots et es est ai aie aies ait aient eh hé hais haie ais ès seraient des homophones parfaits s'ils se prononçaient tous [ε ] ou tous [e] (=ê ou é).

Comme ce n'est pas le cas, nous dirons  plus exactement que ce sont des paronymes, les paronymes étant des mots dont la prononciation se ressemble.

Pour en savoir plus sur les paronymes, lire l'article :

> Paronymes -paronomase + QUIZ N°27

 

Dans le français courant, on constate que les oppositions entre les sons prononcés [ε] ou [e] ont souvent tendance à disparaître en syllabe ouverte, en fin de mot ― par exemple dans les mots mauvais, chanter, poulet, aimé, parlaient...

Dans certaines régions, la nuance entre ces deux sons n'existe pas et il est difficile de distinguer le et [e] du est  [ε] .

Je citerai par exemple le parler de la Haute-Loire.


b-La lettre h ne s'entend pas en français mais on doit savoir si le h qui commence un mot est aspiré [h] ou muet. C'est très utile pour faire ou non l'élision et la liaison avec certains mots qui le précèdent

Il y a élision si le h est muet : l'hélice et disjonction si le h est aspiré : le héros. On prononcera la liaison dans  les z-hélices,mais on dira les/héros, les/haricots et pas  les-z-haricots.

On aura la disjonction la/haie, je le/hais

Pour en savoir +

> La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction  

 

Examinons les homophones (ou paronymes)

1-ai - aie - aies - ait - aient

2-et

3-es - est

4-eh - hé

5-hais - hait

6-haie

7-ais

8-ès

EXERCICE D'APPLICATION :Homophones et paronymes - Exercice à trous - Compléter par et est ai aie aies ait aient eh hé hais hait haie ais ès - Maggy, Josée et la petite Philo 2 QUIZ 39

 

1 ai, aie, aies, ait, aient

Ce sont des formes du verbe et de l'auxiliaire avoir.

Pour savoir distinguer le verbe avoir de l'auxiliaire avoir, reportez vous à l'article : a as à ah ha + Notes sur le verbe et l'auxiliaire avoir

Verbe avoir

j'ai :première personne du singulier du présent de l'indicatif.

J'ai trois maisons comme Cadet Rousselle.

j'aie, tu aies, ils aient : deux premières personnes du singulier et troisième personne du pluriel du présent du subjonctif.

Il faut que j'aie mon bac cette année.

Bien tu aies une belle voiture, tu n'intéresses personne.

Je m'étonne qu'ils aient autant d'argent.

Auxiliaire avoir

j'ai + participe passé, passé composé.

J'ai parié dix euros que je gagnerai.

J'aie + participe passé, tu aies + participe passé, Ils aient + participe passé : subjonctif passé.

Qu'importe que j'aie tout perdu !

Il n'est pas impossible qu'il ait tout emporté.

Je leur ai tout pris sans qu'ils aient dit un seul mot.

 

Truc pour distinguer ai de aie : remplacez le sujet je par nous :  

Qu'importe que nous ayons tout perdu !

C'est un subjonctif puisque vous ne pouvez pas dire :

Qu'importe que nous avons tout perdu !

 

Pour en savoir + sur le subjonctif, lire les articles :

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

> Valeurs et emplois du subjonctif

 

2 et

Et : conjonction de coordination qui relie généralement des mots de même nature grammaticale et de même fonction.

Exemples :

Elle portait une robe rouge et blanche. (Et coordonne deux adjectifs épithètes)

Vous parlerez et me regarderez en même temps. (Deux verbes qui ont le même sujet)

Elle s'est exprimée clairement et simplement. (deux adverbes de manière)

Il me regardait et je sentais bien que quelque chose allait arriver.

Quand il la vit arriver et qu'elle ôta son chapeau avec grâce, il fut conquis.

(Deux propositions de même nature, deux indépendantes /ou une indépendante et une principale /ou deux subordonnées de même fonction)

Etc.

 

3 es est

Es, à la deuxième personne du singulier, tu es.

Est, à la troisième personne du singulie, il/elle est

 

a-verbe être,  exister, vivre, se situer dans l'espace...

au présent de l'indicatif 

Il est là et pas ailleurs. Elle est en Espagne. Le passé n'est plus.Tu es parce que Dieu a voulu que tu sois.

 

b-verbe être attributif ou verbe copule, anciennement appelé verbe d'état. Il est suivi d'un attribut du sujet.

au présent de l'indicatif

Tu n'es vraiment pas drôle. Il est malade. Elle est trop occupée. Il est mon protecteur. Es-tu donc l'avocat du diable ?

 

c-auxiliaire être

1-sert à former le passé composé de certains verbes.

Tu es venu quand tu l'as voulu. Il est tombé dans la farine. Elle s'est souvenue de lui. Tu ne t'es rendu compte de rien.

2-à la voix passive

Elle est mangée par le chat, pauvre souris ! (forme active, le chat la mange)

Fais vite, tu es attendu ! (On t'attend !)

 

Truc pour reconnaître si on a affaire à ai, et, est, es, et :

On peut remplacer par était/étais si c'est le verbe ou l'auxiliaire être.

On peut remplacer par et puis ou et aussi si c'est la conjonction et.

On peut remplacer par tu as ou il a si c'est avoir

Pour la confusion ai aie, revenez au premier paragraphe.

 

4 eh hé Interjections

Eh

-dans les expressions : eh bien, eh oui, eh non

-on peut trouver plus rarement hé bien, hé oui, hé non

-et bien, et oui, et non ne sont pas acceptés

 

interjection familière

-sert à appeler

Hé ! Regarde qui est là !

-traduit la douleur

Hé, pauvre de moi.

-sert à mettre en garde

Hé là-bas ! Attention !

traduit un sentiment de pitié

Hé ! Mon cher ami, mon pauvre ami !

-traduit l'étonnement

Hé ! Que fais-tu donc là ?

-répété, hé traduit l'approbation

Hé, hé, ce n'est pas si mal.

 

5 hais - hait

Hais, hait, du verbe haïr

je hais, tu hais, il hait, présent de l'indicatif

Je hais l'hiver. Oui, je le hais.

Ne pas confondre avec haï [ɑi] participe passé aux temps composés

J'ai haï, nous aurions haï ces monstres.

Ces monstres, vous les aviez haïs.

Sa tortionnaire, il l'a haïe

À la voix passive :

Il est haï de tous et elle sera haïe aussi.

Particularité du passé simple :

Nous haïmes, vous haïtes (pas d'accent circonflexe)

 

6 haie 

1-substantif féminin, une haie, la haie, clôture fait d'arbres ou d'arbustes.

2-Terme de laboureur. Synonyme d'age, c'est-à-dire la pièce de bois arrondie qui reçoit l'attelage à son bout et les étançons soutenant le sep.

3-Interjection qui exprime la douleur physique. Un enfant à qui on tire les cheveux dit haie ! haie !

 4-Terme de turf. Un des obstacles usités dans les courses d'obstacles.

Cf. Littré

 

7 ais 

substantif masculin, l'aie,  un ais  

1-Planche de bois.

2-Au jeu de paume, un coup d'ais, le coup que la balle donne de volée dans un ais qui est du côté du service.

3-Sorte de planchette à l'usage des relieurs.

4-Établi sur lequel le boucher débite la viande.

5-Outil du fondeur en sable

Cf. Littré   

   

8 ès

ès = dans les, préposition  

contraction des deux mots  en et les

Bachelier ès lettres

Docteur ès sciences

Licence ès arts

 

Prononciation : ê devant une consonne, bachelier ê lettres ; plusieurs prononcent l's : ês' lettres ; devant une voyelle l's se lie : ê-z arts. cf. Littré (édition 1935)

De nos jours on a tendance à prononcer le s.

Pour en savoir plus, voir le site : Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

 

Notes

Les conjonctions de coordination

Les conjonctions de coordination relient (=coordonnent) des mots ou des syntagmes (groupes de mots) de même nature et de même fonction.

Procédé mnémotechnique pour se rappeler la liste des conjonctions de coordination :

mais ou et donc or ni car (Mais où est donc Ornicar ?)

Certains mots jouent également ce rôle de coordonnants, des adverbes de liaison par exemple : sans doute, ainsi, peut-être, ou d'autres connecteurs : c'est-à-dire, c'est pourquoi, par conséquent, ensuite, enfin...

 

Articles connexes 

 

Pour en savoir + sur la conjonction de coordination ou, voir l'article : les homophones ou, où hou, ouh, etc - Ton mère ou ta mère viendra  ou viendont ?

 

Pour en savoir + sur ET, voir le site Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et lexicales (Le Trésor, l'Académie)

 

Pour en savoir + sur les pronoms personnels, voir l'article : les homophones a as à ah ha

+ Note sur les pronoms personnels

Pour en savoir + sur les interjections : Qu'est-ce qu'une interjection ? Qu'est-ce qu'une onomatopée ?

Pour en savoir + sur les prépositions, voir l'article : as à ah ha + Notes sur les prépositions 

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 18:13

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Questions

Réponses

1-Qui a deux grandes oreilles rondes et noires et une fiancée qui s'appelle Minnie ?

 

2- Qui est le gros monstre gris supergentil, ami de Mei et de Satsuki ?

 

3- Comment s'appellent les trois neveux de Donald ?

 

4-Et leur oncle qui est très riche et très avare ?

 

5-Comment s'appelle le jeune Prince, le roi et la reine dans Le Roi Lion ?

 

6-Comment s'appelle la super voiture rouge dans le film Cars ?

 

7-A quel peuple appartient Pocahontas ? De quelle tribu est-elle ?

 

8-A quel peuple appartiennent Astérix et Obélix ?

 

9-Quel est le deuxième nom dans le titre du film de Walt Disney "La Belle et le..."?

 

10-Qui est Bouba et avec qui vit-il ?

 

11-Combien y a-t-il de Dalmatiens dans une certaine histoire ?

 

12- Comment s'appelle la méchante femme qui les poursuit ?

 

13-Comment s'appelle l'ennemi des Schtroumpfs ?

 

 

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Questions + Réponses

 

1-Qui a deux grandes oreilles rondes et noires et une fiancée qui s'appelle Minnie ?

1- Mickey Mouse

2- Qui est le gros monstre gris supergentil, ami de Mei et de Satsuki ?

2- Totoro

3- Comment s'appellent les trois neveux de Donald ?

3- Les neveux de Donald Duck sont Riri, Fifi et Loulou.

4-Et leur oncle qui est très riche et très avare ?

4- Oncle Picsou

5-Comment s'appelle le jeune Prince, le roi et la reine dans Le Roi Lion ?

5- Le Prince Simba est le fils du roi Mufasa et de la reine Sarabi

6-Comment s'appelle la super voiture rouge dans le film Cars ?

6- Flash Macqueen

7-A quel peuple appartient Pocahontas ? De quelle tribu est-elle ?

7- Elle est amérindienne de la tribu des Powhatans

8-A quel peuple appartiennent Astérix et Obélix ?

8- Ils sont Gaulois.

 

 

9-Quel est le deuxième nom dans le titre du film de Walt Disney "La Belle et le..."?

9- le Clochard

10-Qui est Bouba et avec qui vit-il ?

10-.Bouba, petit ourson, vit avec sa mère Amandine et sa soeur. Frisquette

11-Combien y a-t-il de Dalmatiens dans une certaine histoire ?

11- 101 dalmatiens

12- Comment s'appelle la méchante femme qui les poursuit ?

12- Cruella d'Enfer

13-Comment s'appelle l'ennemi des Schtroumpfs ?

12- Gargamel

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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