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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 09:02

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Le mode du verbe de cette phrase est l'indicatif parce que l'action est réelle.

Le temps est le présent parce que l'action se passe en ce moment.

 

Sommaire de l'article

Les modes - définition

Les temps § de A à H

Le conditionnel :

a-le futur hypothétique (anciennement appelé conditionnel-mode)

b-le futur du passé (anciennement appelé conditionnel-temps)

L'impératif 

Le mode infinitif et le mode participe

Récapitulation de la conjugaison (tous les modes, tous les temps)

Le rôle des auxiliaires avoir et être pour former les temps composés (être pouvant servir aussi pour la voix passive)  

 

 

LES MODES

 

Le mode est un point de vue.

Le verbe exprime une action réelle, c'est l'indicatif.

L'action est supposée, douteuse, désirée, ou dépend d'un sentiment, c'est le subjonctif.

Dans les phrases injonctives (contenant un ordre ou une interdiction) et les phrases optatives (un souhait), on emploie l'impératif.

L'action est soumise à une condition, une supposition, une hypothèse, c'est le conditionnel (le futur hypothétique, qui est considéré aujourd'hui comme un indicatif.)

Le mode impersonnel comporte un verbe à la forme impersonnelle (il...).

Le verbe peut se présenter sous la forme du mode infinitif ou du mode participe.

 

Si cela se passait toujours comme cela, comme ce serait facile ! Mais voilà, le français est truffé d'exceptions.

 

Le dictionnaire Littré (1877) donne la définition suivante :

Le mode

Terme de grammaire. Nom donné aux différentes formes du verbe employées pour affirmer plus ou moins la chose dont il s'agit, et pour exprimer non pas le temps, mais les différents points de vue auxquels on considère l'existence ou l'action. Les modes sont, en français, l'indicatif, l'impératif, le subjonctif, le conditionnel, l'infinitif et le participe. Les modes s'accordent entre eux, c'est-à-dire que, dans deux propositions qui se commandent, si la première est au présent, la seconde doit être mise au présent ; si la première est au passé, la seconde doit être aussi au passé : je veux que vous fassiez cela ; je voulais, j'ai voulu, j'avais voulu que vous fissiez cela.

 

L'article date un peu, du temps où le conditionnel était considéré comme un mode. Mais je donne ici cette définition, car elle me semble la plus élégante et la plus simple à comprendre que j'aie rencontrée jusqu'à ce jour dans les grammaires (savantes) et les dictionnaires que j'ai compulsés.

 

 

 

LES TEMPS

 

Imaginez une ligne représentant le temps qui passe.

Situons sur cette ligne l'action ou l'existence exprimée par les verbes des phrases données ci-dessous.

 

A

J'écris cet article. Je suis en train de l'écrire.

J'en ai écrit un hier.

J'en écrirai un autre article demain.

 

.............1................+..............2..............> 

Passé           Présent      Futur

 

Le verbe de la phrase J'écris cet article (+) exprime une action qui se situe au moment présent, sur la petite croix.

J'en ai écrit un hier se situe en (1) dans le passé.

J'écrirai un autre article demain se situe en (2) dans le futur.

 

B

J'avais déjà rédigé cet article quand tu m'as demandé de l'écrire.

 

....3........1................+.............................>

Passé             Présent      Futur

 

J'avais déjà rédigé (3) plus-que-parfait de l'indicatif.

tu m'as demandé de l'écrire (1) passé composé

Le plus-que-parfait de l'indicatif indique que l'action est passée par rapport à une autre action passée. (= antérieure à une action passée)

 

C

On n'est pas toujours puni après qu'on a menti.

 

.............1 ....................................>                      

 

On n'est pas toujours puni (..........) après qu'on a menti (1)

On n'est pas puni, présent de l'indicatif.  

après qu'on a menti, passé composé.

L'action au passé composé est antérieure à celle énoncée au présent.

On notera qu'ici le présent a valeur de vérité générale. L'action de mentir peut se passer à n'importe quel moment.

 Notons en passant que la locution conjonctive après que est toujours suivie de l'indicatif. Voir l'article sur la locution conjonctive Après que

 

D

Je leur montrai cet article après qu'ils me l'eurent demandé.

 

....3........1................+.............................>

Passé             Présent       Futur

 

Je leur montrai cet article (1) après qu'ils me l'eurent demandé (3).

Je leur montrai cet article (1) passé simple

après qu'ils me l'eurent demandé (3) passé antérieur

Le passé antérieur, de même que le plus-que-parfait de l'indicatif, indique que l'action est passée par rapport à une autre action passée. (= antérieure à une action passée) 

 

E

Tu auras lu mon article quand je te demanderai ton avis.

 

.............................+.........4.....2.............>

Passé          Présent        Futur

 

Tu auras lu (4) mon article quand je te demanderai (2) ton avis.

Tu auras lu (4) futur antérieur

je te demanderai (2) futur

Le futur antérieur indique que l'action est future et elle est passée par rapport à une autre action future.

 

Même chose pour la phrase :

Tu pourras partir en vacances (2) après que tu auras repeint la cuisine (4).

Le futur antérieur se trouve ici dans la subordonnée.

 

F

Je te ferai un bisou quand tu partiras.

 

.............................+..............2..............>

Passé           Présent       Futur

 

Je te ferai un bisou (2) quand tu partiras (2).

Les deux actions sont simultanées dans le futur, elles se trouvent en 2.

Voir l'article sur la conjonction "quand"

 

G

Je t'aurai bien dit de faire attention avant que tu ne tombes !

 

.............................+..........4....2..............>

Passé           Présent         Futur

 

Je t'aurai bien dit (4) de faire attention avant que tu (ne) tombes !(2)

Je t'aurai bien dit (4) futur antérieur

avant que tu ne tombes (2) on a le présent du subjonctif puisque le futur du subjonctif n'existe pas. L'action est future.

Le futur antérieur indique que l'action est future mais passée par rapport à une autre action future.

La locution conjonctive "avant que" est toujours suivie du subjonctif.

Voir l'article sur la locution conjonctive "avant que" 

 

H

Je lisais quand tu es arrivé.

Je lisais quand il arriva.

J'étais en train de lire quand vous êtes arrivés.

 

.........ooooo1................+............................>

Passé              Présent         Futur

 

Je lisais (ooooo1) quand tu es arrivé (1).

Je lisais (ooooo1) quand il arriva (1).

J'étais en train de lire (ooooo1) quand vous êtes arrivés (1).

Je lisais, j'étais en train de lire, (ooooo1), l'imparfait de l'indicatif indique que l'action est passée et qu'elle a ici une certaine durée ooooo

quand tu es arrivé (1), quand vous êtes arrivés (1), quand il arriva (1), le passé composé comme le passé simple (llittéraire) indique ici que l'action s'est passée à un moment précis du passé sans idée de durée.

 

Pour connaître les autres emplois de l'imparfait et du passé simple voir la note des Délires n°24

 

 

Le conditionnel

 

 

Et qu'en est-il du conditionnel ?

On distingue :

-le futur hypothétique qui implique le point de vue de la condition, de la supposition, de l'hypothèse,  

-et le futur du passé  

Aujourd'hui, les linguistes s'accordent pour ranger le conditionnel (présent et passé) dans les temps de l'indicatif.

 

 

Le futur du passé (ou conditionnel-temps)

 

1-Je ne savais pas si tu viendrais faire des courses avec moi.

 

.............1......5..........+............................>

 

Je ne savais pas (1) si tu viendrais faire des courses avec moi (5).

Je ne savais pas (1) imparfait de l'indicatif

si tu viendrais (5) futur du passé

Le futur du passé exprime une action passée (5) mais future par rapport à une autre action passée.

 

2-J'étais sûre (1) que tu viendrais (5) faire des courses avec moi.

3-Tu m'as dit (1) que tu viendrais (5)

 

Mettons les phrases 1, 2 et 3 au présent :

4-Je ne sais pas si tu viendras faire des courses avec moi.

5-Je suis sûre que tu viendras faire des courses avec moi.

6-Tu me dis que tu viendras.

On constate que si on a le présent dans la proposition principale, on a le futur dans la subordonnée.

Dans les phrases 1,2 et 3, le temps passé de la principale a entraîné un futur du passé (conditionnel-temps) dans la subordonnée.

C'est ce qu'on appelle la concordance des temps.

 

7-Elle affirme que tu arriveras avant elle. (le présent entraîne un futur)

8-Elle affirmait/a affirmé,/affirma que tu arriverais avant elle. (l'imparfait, ou le passé composé ou le passé simple) entraîne le futur du passé (=conditionnel présent)

9-J'avais bien dit que tu serais arrivée avant moi, et que tu aurais mangé tous les gâteaux !

J'avais bien dit, plus-que-parfait de l'indicatif

tu serais arrivée/ tu aurais mangé, futur antérieur du passé (=conditionnel passé)

 

Le futur hypothétique (ou conditionnel-mode)

 

Si j'avais une bonne amie (maintenant) je serais heureux.  

Je dormirais si tu n'étais pas aussi bruyant.

serais, dormirais, conditionnel présent

La chose n'existe pas, elle ne s'accomplit pas dans le présent, c'est l'irréel du présent. Mais il n'est pas exclu qu'elle survienne.

 

Si j'avais eu une bonne amie j'aurais été heureux.  

Si j'avais eu une bonne amie j'eusse été heureux.  

J'aurais dormi si j'avais eu un peu de silence.

J'eusse dormi si tu me l'eusses permis.

j'aurais été heureux, j'aurais dormi, conditionnel passé 1re forme

j'eusse dormi, conditionnel passé 2e forme

La chose n'a pas eu lieu, c'est l'irréel du passé.

Le conditionnel passé 2e forme appartient à la langue soutenue et littéraire.

 

On rencontre le conditionnel dans des cas spécifiques comme après les conjonctions de subordination quand, quand même, quand bien même (dans le sens de même si)

ou dans des propositions soumises à une condition comme :

Je serais venu si j'avais su.

Voir l'article sur la clef des modes

 

 Pour en savoir + sur le conditionnel et faire un exercice d'application, voir l'article :

Le conditionnel ne serait-il plus un mode ?

 

 

 L'impératif

 

1-Phrases injonctives (ordre ou interdiction)

Léon, range ta chambre ! Ne rentre pas tard ce soir !

2-Phrases optatives (souhait)

Veuillez me faire grâce de vos remarques.

 

Trois personnes dont le sujet n'est pas exprimé.

Les 2e personnes du singulier et du pluriel : Chante-moi une berceuse ! Prenez la porte !

La 1re personne du pluriel : Vivons heureux, vivons cachés !

 

Pour les personnes qui manquent, on peut prendre le subjonctif :

Que le ciel vous entende !

Vienne la nuit sonne l'heure. Les jours s'en vont je demeure. Guillaume Apollinaire

 

Ses temps

Le présent : Sois belle et tais-toi !

Le passé : Sois rentré avant 10h et aie fait tes devoirs avant midi !

 

 

Attention ! Les verbes se terminant par E (ceux du 1er groupe et quelques-uns du 3ème groupe) ne prennent pas de S à la 2e personne du singulier (qui correspond à tu)

1er groupe : Parle ! Saute ! Ne bétifie pas ! Nettoie ! Essuie ! Balaie !

3ème groupe : Cueille... ! Sache... ! Veuille... !  

 

Le mode infinitif

 

Les fonctions de l'infinitif sont les mêmes que celles du nom.

Souffler n'est pas jouer. Je te demande de venir. Elle aime lire mon blog. 

 

 

 Le mode participe

 

Les fonctions du participe sont celles de l'adjectif qualificatif.

Je cherche quelqu'un sachant m'expliquer le conditionnel. Une règle bien expliquée se retient facilement. 

 

 

 Le gérondif

 

Le gérondif équivaut à un adverbe, il est complément circonstanciel. 

Il lit mon blog en espérant y trouver quelque chose qui vaille la peine.

 

 

Récapitulation des modes et des temps

Conjugaison

l'indicatif

les temps simples :

présent : j'écris

imparfait : j'écrivais

passé simple : j'écrivis

futur : j'écrirai

les temps composés

le passé composé: j'ai écrit

le plus-que-parfait : j'avais écrit

le passé antérieur : j'eus écrit

le futur antérieur : j'aurais écrit

 

le subjonctif

temps simples

présent : (il faut que) j'écrive / il écrive

imparfait : (il fallait que) j'écrivisse / il écrivît

temps composés

passé : (il faut que) j'aie écrit cela avant demain. / il ait écrit

plus-que-parfait : (il fallait que) j'eusse écrit cela avant le lendemain. / il eût écrit

 

le conditionnel (considéré aujourd'hui comme un temps de l'indicatif)

futur (antérieur) hypothétique et futur (antérieur) du passé

temps simple

présent : j'écrirais 

temps composés

le passé 1re forme : j'aurais écrit (ou futur antérieur hypothétique ou futur antérieur du passé) de même :

le passé 2e forme : j'eusse écrit (même forme que le subjonctif plus-que-parfait)

 

l'impératif

temps simple

présent : écris !

temps composé

passé : aie écrit cet article avant que je me fâche !

 

l'infinitif

présent : écrire

passé : avoir écrit

 

le participe

présent : écrivant

passé : écrit

 

Notes

Les temps composés se forment avec les auxiliaires être ou avoir. Les verbes qui se conjuguent avec avoir sont les plus nombreux.

J'ai écrit, je suis arrivé.

Certains verbes peuvent se conjuguer avec avoir ou être selon le sens.

Exemple : déchoir

 

Déchoir se conjugue avec l'auxiliaire avoir quand il exprime une action : depuis ce moment il a déchu de jour en jour ; et avec l'auxiliaire être, quand il exprime un état : il y a longtemps qu'ils sont déchus de ces privilèges. Dictionnaire Littré

 

L'auxiliaire être sert aussi à former la voix passive (des verbes transitifs directs)

Cette nouvelle est écrite par mamiehiou. (indicatif présent)

Le roman fut écrit il y a bien longtemps. (passé simple)

Ces articles auraient été écrits hier. (conditionnel passé)

Les lettres seront écrites de votre propre main.

il a été écrit, il serait écrit, elle aurait été écrite, ils eussent été écrits, être écrit, avoir été écrit, ayant été écrit, etc.

 

Attention ! Ne pas confondre le rôle des auxiliaires

Elle écrit, présent, voix active

Elle est écrite, présent, voix passive

elle a écrit, passé composé, voix active

Elle a été écrite passé composé, voix passive

En bleu, l'auxiliaire être de la voix passive.

 

Pour en savoir plus sur les auxiliaires et semi auxiliaires voir la note du texte 43

 

Nota bene

Toutes les nuances des temps ne sont pas traitées dans cet article.

 

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Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 04:16

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Exercice sur le subjonctif  

 

QUIZ 29  

 

Exemple de question à se poser :

Choisiriez-vous de dire : eus -eussé- OU eusse dans la phrase :

.....-je senti la terre entière se dérober sous mes pas, je n'.....pas bougé d'un pouce

> Voir dans la partie correction (grisée) la phrase n°14

 

Voir : > Les valeurs et les emplois du subjonctif

> La conjugaison des verbes au subjonctif - comment déjouer ses difficultés.

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

> Récapitulation de tous les articles sur le subjonctif

 

Exercice

Reconnaissez le mode et le temps.

Vous avez affaire :

-au passé simple de l'indicatif ou à l'imparfait du subjonctif,

-ou bien au passé antérieur de l'indicatif ou au plus-que-parfait du subjonctif.

Le plus-que-parfait du subjonctif a la même forme que le conditionnel passé 2e forme.

 

Barrez ce qui est faux dans les phrases suivantes :

 

1-J'ordonnais qu'il obéît – obéit sur le champ et je regrettais qu'il n'obtempéra - obtempérât pas immédiatement.

 

2-Il lui demanda comment il se faisait que vous lui eûtes - eussiez  menti de la sorte.

 

3-Je voulus savoir comment il se faisait que tu m'eus - m'eusses  raconté des sornettes ?

 

4-Comment ne l'eût-elle – l'eut-elle pas reconnu avec sa casquette de guingois ?

 

5-Comment ne l'eus-je – l'eussé-je pas réussi ? Tout était si facile.

 

6-Et voilà comment il se trouvait que je n'eus – n'eusse jamais quitté mon village.

 

7-A peine eussé-je - eus-je commencé à parler, qu'il se mit à vociférer.

 

8-Le danger, eut-il - eût-il été imminent, nous n'eûmes – eussions pas bougé d'un pouce.

 

9-Peut-être eût-il - eut-il raconté comme vous les pires balivernes.

 

10-Je lui parlerais tout de go, fût-il - fut-il le roi d'Espagne.

 

Eût-il - eut-il raison que je ne le croirais aucunement.

 

Ils travaillèrent le temps d'amasser un petit pécule, si mince fut-il - fût-il.

 

Bête tout enfant, il le fut - fût, il le resta.

 

Eussé-je - eus-je senti la terre entière se dérober sous mes pas, je n'eus - n'eusse pas bougé d'un pouce

 

15-Après qu'il eut - eût quitté la scène, il s'effondra.

 

M'eût-il - eut-il aimée s'il m'eût - m'eut connue plus jeune de vingt ans ?

 

Eût-il - eut-il décroché la lune pour elle ?

 

Eût-il - eut-il été là, rien n'aurait été comme avant.

 

Elle avait ses projets, soit qu'elle eût - eut un fils ou une fille.

 

20-Il serait possible qu'à nous deux, nous n'eûmes - n'eussions qu'une seule secrétaire.

 

Sans ses crises d'angoisses, il eût été – eut été le plus heureux du monde

 

Le plus rapide de tous ne l'eût - eut pas rattrapé.

 

Quand il l'eut - eût choisie, son avenir s'éclaira.

 

C'était l'homme le plus distingué qu'elle eût - eut jamais vu.

 

25-Le bateau à quai, il nous eût – eut fallu rejoindre notre capitaine en goguette.

 

À votre âge, madame, m'eût-il - m'eut-il dit, il ne faut point rêver !

 

Qu'il eût – eut été heureux de la retrouver après vingt ans !

 

M'occuper d'elle comme l'eût – eut fait une infirmière, et qui plus est, la distraire, eut - eût été au-dessus de mes forces.

 

C'eut été - eût été, comme eût dit - eut dit le bouffon, rien moins qu'un roi sans grande magnificence.

 

30-Trop douce, on l'eût - eut accusée de tous les faiblesses.

 

Il eut - eût beau crier, personne ne l'entendit.

 

Sitôt qu'elle eut - eût avalé son verre de gin, on la vit tituber.

 

Il semblait, me dit-il qu'elle n'eût jamais eu - n'eut jamais eu vingt ans.

 

35-Il y eut - eût un soir, il y eut – eût un matin, ce fut – fût le premier jour.

 

Il y eut – eût ce jour-là plus de dix mille morts.

 

Elle s'évanouit sitôt après qu'elle l'eut - eût vu mort.

 

A peine cette phrase lui eut-elle - eût-elle échappé qu'elle éclata en sanglots.

 

Il fit mille bêtises sans qu'elle le sût – sut.

 

40-Je me demandais parfois si je n'eusse – n'eus pas mieux fait de me jeter dans ses bras.

 

Ce film, à peine l'eussent-ils vu - l'eurent-ils ils vu,  ils en furent tout abasourdis. 

 

Son comportement, dussent – durent tous ses amis ne pas l'apprécier, était le plus galant qui se put – pût voir.

 

Rien n'aurait pu le fâcher, dût-il - dut-il revenir sur ses pas.

 

 

888888888888888888888888888888888888888888888888888

 

CORRECTION

 

On peut avoir plusieurs solutions.

 

1-J'ordonnais qu'il obéît – obéit sur le champ et je regrettais qu'il n'obtempéra  n'obtempérât pas immédiatement.

Subjonctif après ordonner, vouloir etc (verbes qui expriment la volonté), regretter (le sentiment)

 

2-Il lui demanda comment il se faisait que vous lui eûtes - eussiez  menti de la sorte.

Le subjonctif et l'indicatif sont possibles.

L'indicatif insiste sur la réalité du fait.

Discours direct : Comment se fait-il que vous m'avez menti de la sorte ?

Le subjonctif implique un doute.

Comment se fait-il que vous m'ayez menti ? Vraiment, j'ai peine à y croire !

Ce cas reste à discuter.

 

3-Je voulus savoir comment il se faisait que tu m'eus - m'eusses  raconté des sornettes ?

Le subjonctif et l'indicatif sont possibles.

 

 

 

"Comment se fait-il que depuis des années qu'on a les 35 heures, pas un seul pays au monde ne nous a imité ? Alors soit on est des génies, soit ce n'est pas sûr qu'on ait raison."   [Nicolas Sarkozy]
Extrait de l'émission 'J'ai une question à vous poser' TF1 - 5 Février 2007

 

4-Comment ne l'eût-elle – l'eut-elle pas reconnu avec sa casquette de guingois ?

Conditionnel passé (2e forme) qui équivaut à un subjonctif plus-que-parfait  

=Comment ne l'aurait-elle pas reconnu ? (conditionnel passé 1re forme)

 

5-Comment ne l'eus-je  l'eussé-je pas réussi ? Tout était si facile.

Idem.

Comment ne l'aurais-je pas réussi ?

 

6-Et voilà comment il se trouvait que je n'eus  n'eusse jamais quitté mon village.

Subjonctif. Le verbe est accompagné d'une négation ne jamais - la principale est impersonnelle. 

Mais on pourrait discuter ce cas.

 

À peine eussé-je  eus-je commencé à parler, qu'il se mit à vociférer. 

L'action est réelle et elle est passée par rapport à une autre action passée, c'est le passé antérieur.

On rencontre donc l'indicatif après à peine.

>> Eussé-je, fussé-je

>>Dussé-je / dussè-je

La prononciation actuelle étant [ɛ] le Conseil supérieur de la langue française a recommandé en 1990 de remplacer ce é par un è. 

 

Le danger, eut-il  eût-il été imminent, nous n'eûmes  eussions pas bougé d'un pouce.

Le subjonctif équivaut au conditionnel

= Le danger, s'il eût été/même s'il avait été imminent, nous n'aurions pas bougé d'un pouce.

>> Voir même si

 

Peut-être eût-il – eut-il raconté comme vous les pires balivernes.

Idem

 

10-Je lui parlerais tout de go, fût-il –  fut-il  le roi d'Espagne.

L’imparfait du subjonctif équivaut à un conditionnel passé dans une sous-phrase ayant le sens d'une proposition commençant par même si (langue littéraire). 

 >> Voir même si

 

Eût-il – eut-il  raison que je ne le croirais aucunement.

Conditionnel - Il aurait-il raison / même s'il avait raison

 

Ils travaillèrent le temps d'amasser un petit pécule, si mince fut-il fût-il.

Idée de concession, bien qu'il fût mince. Sujonctif

>> si

 

Bête tout enfant, il le fut –  fût,  il le resta.

Fut, passé simple

 

14-Eussé-je – eus-je  senti la terre entière se dérober sous mes pas,  je n'eus n'eusse pas bougé d'un pouce

Eussé-je senti, plus-que-parfait du subj. = même si j'avais senti

Même si j'avais senti la terre bouger sous mes pas, je n'aurais pas bougé d'un pouce. 

 

15-Après qu'il eut –  eût quitté la scène, il s'effondra.

Fait réel, indicatif. L'action de quitter la scène est antérieure à l'autre action.

Passé antérieur. Jamais de subjonctif après après que, et toujours un temps composé à l'indicatif

>> après que

 

M'eût-il – m'eut-il aimée s'il m'eût - m'eut  connue plus jeune de vingt ans ? 

M'eût-il aimée = m'aurait-il aimée, conditionnel passé

S'il m'eût connue, conditionnel passé après si = s'il m'avait connue

 

Eût-il – eut-il décroché la lune pour elle ?

Aurait-il décroché la lune ? Conditionnel

 

Eût-il – eut-il été là, rien n'aurait été comme avant.

Subjonctif plus-que-parfait en tête de phrase. Même s'il avait été là / il aurait été là

 

Elle avait ses projets, soit qu'elle eût – eut  un fils ou une fille.

Soit que locution conjonctive de condition entraînant le subjonctif.

>> soit que

 

20-Il serait possible qu'à nous deux, nous n'eûmes n'eussions qu'une seule secrétaire.

Subj. Idée de possibilité dans la principale impersonnelle- Fait non encore réalisé.

>> emplois du subjonctif

 

Sans ses crises d'angoisses, il eût été eut été le plus heureux du monde

= il aurait été

 

Le plus rapide de tous ne l'eût – eut  pas rattrapé.

= cond. passé. = Il ne l'aurait pas rattrapé.

 

Quand il l'eut – eût choisie, son avenir s'éclaira.

Action passée (réelle) par rapport à une autre action passée, passé antérieur.

 

C'était l'homme le plus distingué qu'elle eût – eut  jamais vu.

Subjonctif dans une relative qui suit un superlatif, le plus...

 

25-Le bateau à quai, il nous eût – eut  fallu rejoindre notre capitaine en goguette.

Il nous aurait fallu, cond.

 

À votre âge, madame, m'eût-il eut-il dit, il ne faut point rêver !

Cond. = m'aurait-il dit

 

Qu'il eût eut été heureux de la retrouver après vingt ans !

Souhait. Subj. = Comme il aurait été heureux

 

M'occuper d'elle comme l'eût eut fait une infirmière, et qui plus est, la distraire, eut eût été au-dessus de mes forces.

comme l'eût fait une infirmière subj. plus-que-parfait à valeur de cond. passé aurait fait.

eût été idem. aurait été au-dessus de mes forces.

 

C'eut été eût été, comme eût dit eut dit le bouffon, rien moins qu'un roi sans grande magnificence.

Cela aurait été, comme aurait dit le bouffon...

 

30-Trop douce, on l'eût eut  accusée de tous les faiblesses.

idée de condition, si elle avait été trop douce, on l'aurait accusée

 

Il eut eût  beau crier, personne ne l'entendit.

Fait réel, indicatif – passé simple

 

Sitôt qu'elle eut eût  avalé son verre de gin, on la vit tituber.

Passé antérieur - Fait réel, indicatif

 

On peut écrire :

Sitôt qu'elle avala son verre de gin, on la vit tituber. 

Dans une phrase au passé, après : dès que, aussitôt que, sitôt que, le verbe peut être soit au passé antérieur, soit au même temps que le verbe principal, car on peut considérer que les actions se succèdent immédiatement, comme presque simultanées.

Cf. le Grevisse

 

Il semblait, me dit-il qu'elle n'eût jamais eu n'eut  jamais eu vingt ans.

Subjonctif plus-que-parfait

Principale impersonnelle, il semblait que

 

35-Il y eut – eût un soir, il y eut eût un matin, ce fut fût  le premier jour.

Fait biblique La Génèse (donné comme réel), indicatif, passé simple.

 

Il y eut eût  ce jour-là plus de dix mille morts.

Fait réel, indicatif

action passée, passé simple, temps du récit

 

Elle s'évanouit sitôt après qu'elle l'eut eût  vu mort.

Passé antérieur. L'action est passée par rapport à une autre action passée.

Pas de subjonctif après  après que mais l'indicatif.

 

À peine cette phrase lui eut-elle eût-elle  échappé qu'elle éclata en sanglots.

Assurément un passé antérieur, action passée par rapport à une autre action passée.

Le subjonctif plus-que-parfait peut-il se discuter ?

 

Il fit mille bêtises sans qu'elle le sût sut.

Subjonctif après sans que

>> sans que

 

40-Je me demandais parfois si je n'eusse n'eus  pas mieux fait de me jeter dans ses bras.

conditionnel passé =si je n'aurais pas mieux fait. Discours indirect

Je me demandais parfois  : "Ne ferais-je pas mieux de me jeter dans ses bras ?"

 

Ce film, à peine l'eussent-ils l'eurent-ils ils vu,  ils en furent tout abasourdis.

Passé antérieur, action passée par rapport à une autre action passée.

Comme la phrase 7 

 

Son comportement, dussent – durent  tous ses amis ne pas l'apprécier, était le plus galant qui  se put se pût voir.

Même si tous ses amis ne devaient pas l'apprécier

 dût et dussent acceptent l'inversion comme eussé-je, dussé-je, fussé-je.

 

Rien n'aurait pu le fâcher, dût-il –  dut-il  revenir sur ses pas.

 

888888888888888888888888888888888888888888888888888

 

« Les imparfaits du subjonctif. C’est affaire de mesure. Il n’est pas plus ridicule de se servir de l’imparfait du subjonctif que de dire : "Je fus… Je fis… Nous partîmes…" Mais il ne faut pas abuser ; le passé défini nous lasse vite. De beaux parleurs ne cessent pas de s’en servir. »

(Jules Renard, Journal)

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 09:09

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LES QUIZ

EUSSÉ-je senti la terre entière se dérober sous mes pas,

je n' EUSSE pas bougé d'un pouce

 

Exercice sur le subjonctif - QUIZ 28 

 

Les numéros que vous trouverez dans l'exercice correspondent aux divers paragraphes de l'article qui donne les règles régissant le subjonctif et ses temps dans : Valeurs et emplois du subjonctif

La conjugaison des verbes au subjonctif - comment déjouer ses difficultés

   

Exercice : Conjuguez les verbes mis entre parenthèse. Plusieurs réponses sont souvent possibles.

Peut-être trouverez-vous d'autres solutions que celles proposées dans la correction.

 

Rappel. Dans les cas où l'on a l'imparfait ou le plus-que-parfait du subjonctif, on a affaire à la langue soutenue et littéraire. N'omettez pas de les employer quand la phrase s'y prête.

 

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Exemples :

1-Je demande qu'il (partir) avant cinq heures. 

2-J'exigeai qu'il (s'en aller) avant la nuit.

 

1-Je demande qu'il (partir) avant cinq heures. -parte, soit parti

Je demande qu'il parte avant cinq heures. Subjonctif présent

Je demande qu'il soit parti avant cinq heures. Subjonctif passé

 

2-J'exigeai qu'il (s'en aller) avant la nuit. -s'en allât, s'en fût allé

Dans ce cas la langue est soignée (avec le passé simple de exigeai)

J'exigeai qu'il s'en allât  avant la nuit. Subjonctif imparfait

J'exigeai qu'il s'en fût allé avant la nuit. Subjonctif plus-que-parfait

 

 

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Lire à la fin de l'article suivant ce que pensent du subjonctif imparfait et plus-que-parfait quelques écrivains fameux.

 

 

La correction suit l'exercice

1

Il ne faut pas que tu le (voir) mourir.

Tu as raison, il ne fallait pas que je le (voir) mourir, mon pauvre chien que j'aimais tant.

Il faudrait qu'elle (pouvoir) sécher ses larmes.

Il aurait fallu que tu (chanter) plus juste pour gagner un prix.

Il fallait que nous (venir) te voir jouer pour que nous (pouvoir) donner notre avis.

Il était probable qu'il (arriver) quelque chose.

Il ne s'attendait pas à ce que je (venir).

 

2

Nous ne nous attendions pas à ce que tu nous (convaincre). 

Tu avais décidé de renoncer à la cigarette bien avant que je te le (demander).

 

3, 4 & 5

Il n'est pas certain qu'il me (rester) fidèle.

Nous doutons qu'il (pouvoir) comprendre cet exercice difficile.

Se peut-il qu'elle y (parvenir) ?

Se pouvait-il que nous (s'attendre) à ce qu'elle nous (pardonne) ?

Je ne suis pas vraiment sûr que vous (venir) tous à la manifestation demain.

 

6

Nous ne doutions pas qu'il (savoir) bien s'y prendre.

Je n'ai jamais douté qu'il (partir) ce jour-là.

Nul doute que vous (combattre) avec ferveur.

 

7

Je me doute que tu ne (résoudre) jamais ce problème.

Je me doute bien que tu ne (savoir) pas grand chose, mon pauvre petit.

 

8

J'interdisais qu'il (s'introduire) ici sans autorisation.

Il convenait que vous (retenir) votre souffle.

Je proposerai que tout le monde (résoudre) cette difficulté sur le champ.

Elle supplia qu'il la (absoudre).

Il ne fallait pas que vous (s'excuser).

Il convient que vous la (plaindre).

 

9

Il était bien improbable qu'il me (mentir).

Peut me chaut qu'il (pouvoir gagner) !

 

10

Nous avions considéré comme nul que vous nous (demander) des comptes.

J'ai trouvé un peu cavalier que vous me (parler) comme cela.

 

11

Le fait que vous (savoir) ce secret est incroyable.

 

12 

Ce n'est pas que je (être) regardante, mais tout de même ! -sois, suis

Ce n'était point que je (vouloir) vous abuser, sachez-le.

 

13

Rien ne sera comme avant, je ne crois pas que vous en (prendre) conscience.

 

14

Je ne dis pas qu'il me (convaincre) toujours.

Cela ne veut pas dire qu'un jour vous la (comprendre).

Vous ne pouvez pas dire non plus que vous (voir) le bout du tunnel. 

 

15

Le malheur veut que vous (faire) la bête.

Il n'empêche que vous (se mettre) toujours en quête de la petite bête.

Vous ignorez que votre fille (avoir) un accident il y a quinze jours !

Vous ignoriez qu'elle (être) blessée.

 

16

J'oubliais que le destin le (emporter) si vite.

 

17

Il se plaignit de ce que vous ne (faire) pas votre devoir comme vous le (devoir).

Je me réjouis aujourd'hui de ce que la vie vous (être) douce.

Vous indignez-vous parfois de ce que je (prendre) beaucoup de plaisir à vous agacer ?

 

18

J'espère bien qu'ils (venir) à mon anniversaire. -viendront

Pour ce qui est de Paul, je n'espère pas qu'il me (faire) cette faveur.

J'espérais que tu ne (faire) pas autant de tapage.

Tu n'espérais tout de même pas que je te (prendre) pour quelqu'un d'intelligent !

Pouvait-elle espérer qu'il lui (envoyer) une carte postale ?

N'espérez pas que vous me (faire) changer d'avis !

 

19

Que le ciel (fondre) sur lui !

Qu'on ne le (revoir) jamais !

 

20

Qu'il (falloir) manger pour vivre, est une évidence, pauvre Harpagon !

Que vous (faire) bombance chaque soir ne m'importune guère.

 

21

Que la vie (être) facile sans vous !

 

22

(Venir) le printemps, (venir) les beaux jours !

 

23

Probable qu'on le (maintenir) en vie

Impossible qu'il (courir) aussi vite que le champion !

 

24

Moi ! Qu'on me (faire) travailler pour des clopinettes !

 

25

Il n'était pas pensable que tu (agir) ainsi.

 

26

Supposition que tu (croire) à Dieu et à Diable et que tu (mourir) aujourd'hui.

 

27

Pourvu qu'elle (se taire) pour de bon !

 

28

Prends garde qu'il ne te (nuire) pas.

 

29

(Plaire) à Dieu qu'il ne (partir) pas pour de bon. -Plaise, Plût / parte, partît, soit parti, fût parti

(Pouvoir) vos forces vous revenir !

 

30a

"Elle ne s'entend pas avec lui.. Croyez-vous qu'elle (aller) rompre ?

Non, pas que je (savoir)"

 

30b

Je ne (savoir ) pas qu'il (se rendre) coupable d'une pareille ignominie.

 

31

Non pas que je t'en (vouloir) que tu me (donner) un nom d'oiseau ce jour-là, mais le coup fut rude.

 

32

Le moyen que je te (faire) enrager, dis-le moi.

 

33

D'où vient que vous (être) si mal embouché ?  

 

34

Que je (être) heureuse qu'il me (épouser) en 1928 !

 

35

Je regardais autour de moi ; il n'y avait que des herbes folles ; on (dire) des touffes d'asphodèles. 

 

 

Exercice sur le subjonctif

Correction 

 

1

Il ne faut pas que tu le (voir) mourir. -voies

 

Tu as raison, il ne fallait pas que je le (voir) mourir, mon pauvre chien que j'aimais tant. -voie, visse

voie, subj. présent, langue courante

visse, subj. imparfait, langue soignée. On respecte ici la concordance des temps

 

Il faudrait qu'elle (pouvoir) sécher ses larmes. - puisse, pût 

« On tolérera le présent du subjonctif au lieu de l'imparfait dans les propositions subordonnées dépendant de propositions dont le verbe est au conditionnel. Exemple : il faudrait qu'il vienne ou qu'il vînt. »

Arrêtés ministériels du 31 juillet 1900 et du 26 février 1901

 

>>De même le passé du subjonctif au lieu du plus-que parfait.

 

Il aurait fallu que tu (chanter) plus juste pour gagner un prix. -chantes, chantasses -aies chanté, eusses chanté

 

Il fallait que nous (venir) te voir jouer pour que nous (pouvoir) donner notre avis. -venions/puissions, -vinssions /pussions- soyons venus/ ayons pu- fussions venus/ eussions pu

 

Il était probable qu'il (arriver) quelque chose. -arrive, arrivât, soit arrivé, fût arrivé

 

Il ne s'attendait pas à ce que je (venir). -vienne, vinsse

 

2

Nous ne nous attendions pas à ce que tu nous (convaincre).

-convainques, convainquisses

 

Tu avais décidé de renoncer à la cigarette bien avant que je ne te le (demander). -l'aie demandé, l'eusse demandé

 

3, 4 & 5

Il n'est pas certain qu'il me (rester) fidèle. -reste, soit resté, resterait, serait resté 

 

Nous doutons qu'il (pouvoir) comprendre cet exercice difficile. -puisse, ait pu

 

Se peut-il qu'elle y (parvenir) ? -parvienne, soit parvenue

 

Se pouvait-il que nous (s'attendre) à ce qu'elle nous (pardonne) ? -nous attendions, pardonne / nous soyons attendu, ait pardonnés / nous attendissions, pardonnât / nous eussions attendus, eût pardonnés

 

Je ne suis pas vraiment sûr que vous (venir) tous à la manifestation demain. -viendrez, veniez

 

6

Nous ne doutions pas qu'il (savoir) bien s'y prendre. -savait, saurait, sache, sût, a su, avait su, ait su, eût su, aurait su

 

Je n'ai jamais douté qu'il (partir) ce jour-là. -parte, partait, partirait, soit parti, partît, serait parti, fût parti

 

Nul doute que vous (combattre) avec ferveur. - combattiez,

combatissiez, ayez combattu, eussiez combattu, combattez, avez combattu, combattriez, auriez combattu,

 

7

Je me doute que tu ne (résoudre) jamais ce problème. -résoudras

 

Je me doute bien aussi que tu ne (savoir) pas grand chose, mon pauvre petit. -sais

Jamais de subjonctif après se douter que.

 

8

J'interdisais qu'il (s'introduire) ici sans autorisation. -s'introduise, s'introduisît

 

Il convenait que vous (retenir) votre souffle. -reteniez, retinssiez

 

Je proposerai que tout le monde (résoudre) cette difficulté sur le champ. -résolve

 

Elle supplia qu'il la (absoudre). -l'absolve, lui donnât l'absolution ou l'absolût.

Peut-être avez-vous cru à un piège. Bon nombre de dictionnaires affirment que le verbe absoudre n'a ni passé simple, ni subjonctif imparfait (ex. le Robert) et cependant le Littré propose j'absolus, tu...et que j'absolusse, tu...

Voir les verbes défectifs

 

Il ne fallait pas que vous (s'excuser). -vous excusiez, vous excusassiez

 

Il convient que vous la (plaindre). -plaigniez   

 

9

Il était bien improbable qu'il me (mentir). -mente, mentît, ait menti, eût menti, mentirait (si...) aurait  menti (si...)

 

Peut me chaut qu'il (pouvoir) gagner ! -puisse, pût, ait pu, eût pu

 

10

Nous avions considéré comme nul que vous nous (demander) des comptes. -demandiez, ayez demandé, eussiez demandé

 

J'ai trouvé un peu cavalier que vous me (parler) comme cela. - parliez, m'ayez parlé 

 

11

Le fait que vous (savoir) ce secret est incroyable. -sachiez, sussiez, ayez su, eussiez su

 

12 

Ce n'est pas que je (être) regardante, mais tout de même ! -sois, suis

 

Ce n'était point que je (vouloir) vous abuser, sachez-le. -veuille, voulusse, voulais, voulus

 

13

Rien ne sera comme avant, je ne crois pas que vous en (prendre) conscience. -prenez, preniez

 

14

Je ne dis pas qu'il me (convaincre) toujours. - convainque, convainc, m'ait convaincue, a convaincue, convaincra

 

Cela ne veut pas dire qu'un jour vous la (comprendre). -compreniez,

 

Vous ne pouvez pas dire non plus que vous (voir) le bout du tunnel. -voyiez

subjonctif après vouloir dire, pouvoir dire.

   

15

Le malheur veut que vous (faire) la bête. -faites, fassiez  

 

Il n'empêche que vous (se mettre) toujours en quête de la petite bête. -vous mettez, mettiez (subj. rare)

 

Vous ignorez que votre fille (avoir) un accident il y a quinze jours ! -a eu, ait eu (subj. rare)

 

Vous ignoriez qu'elle (être) blessée. -était, fût

 

16

J'oubliais que le destin le (emporter) si vite. -l'a si vite emporté, l'avait emporté, l'eut emporté, l'ait emporté, l'eût emporté (subjonctif rare)  

 

 

17

Il se plaignit de ce que vous ne (faire) pas votre devoir comme vous le (devoir). -faites / devez, devriez / faisiez, n'avez pas fait, n'aviez pas fait, fassiez, fissiez / deviez, auriez dû

 

Je me réjouis aujourd'hui de ce que la vie vous (être) douce. -soit, est

 

Vous indignez-vous parfois de ce que je (prendre) beaucoup de plaisir à vous agacer ? -prenne, prends

 

 

18

J'espère bien qu'ils (venir) à mon anniversaire. -viendront, jamais de subjonctif après espérer à la forme affirmative.

 

Pour ce qui est de Paul, je n'espère pas qu'il me (faire) cette faveur. -fasse, fera

 

J'espérais que tu ne (faire) pas autant de tapage. -ferais (futur du passé)  pas de subjonctif

 

Tu n'espérais tout de même pas que je te (prendre) pour quelqu'un d'intelligent ! -prendrais, prenne 

 

Pouvait-elle espérer qu'il lui (envoyer) une carte postale ?.-enverrait, envoie, envoyât 

 

N'espérez pas que vous me (faire) changer d'avis ! -fassiez 

Toujours le subj. après l'impératif négatif d'espérer.

 

Note 

Espérer que à la forme affirmative est suivi, normalement, de l’indicatif.

On trouve de plus en plus fréquemment le subjonctif dans la langue orale comme après souhaiter ou des verbes exprimant des sentiments.

 Le grammairien Hanse estime que cet emploi du subjonctif « supprime la différence essentielle » entre espérer, « qui exprime une confiance dans la réalisation du fait » et souhaiter.

(Cité dans le Bon usage de Grevisse)

 

19

Que le ciel (fondre) sur lui ! -fonde

 

Qu'on ne le (revoir) jamais ! -revoie 

 

 

20

Qu'il (falloir) manger pour vivre, est une évidence, pauvre Harpagon ! -faille

 

Que vous (faire) bombance chaque soir ne m'importune guère. -fassiez 

 

 

21

Que la vie (être) facile sans vous ! -eût été

 

 

22

(Venir) le printemps, (venir) les beaux jours ! -Vienne le printemps ! Viennent les beaux jours ! 

 

 

23

Probable qu'on le (maintenir) en vie -maintienne, l'ait maintenu

 

Impossible qu'il (courir) aussi vite que le champion ! -coure, ait couru

 

24

Moi ! Qu'on me (faire) travailler pour des clopinettes ! -fasse, fît 

 

25

Il n'était pas pensable que tu (agir) ainsi. -agisses, aies agi, eusses agi 

 

26

Supposition que tu (croire) à Dieu et à Diable et que tu (mourir) aujourd'hui. -croies, meures 

 

27

Pourvu qu'elle (se taire) pour de bon ! -se taise, se soit tue

 

28

Prends garde qu'il ne te (nuire) pas. -nuise 

 

29

(Plaire) à Dieu qu'il ne (partir) pas pour de bon. -Plaise, Plût / parte, partît, soit parti, fût parti

 

(Pouvoir) vos forces vous revenir ! -puissent

 

30a

"Elle ne s'entend pas avec lui. Croyez-vous qu'elle (aller) rompre ?

Non, pas que je (savoir)"

-aille, va /sache 

 

30b

Je ne (savoir ) pas qu'il (se rendre) coupable d'une pareille ignominie. -sache / rende, rendît, se soit rendu, se fût rendu,  toujours le subj. après je ne sache pas que

 

31

Non pas que je t'en (vouloir) que tu me (donner) un nom d'oiseau ce jour-là, mais le coup fut rude. -veuille, aie voulu /m'aies donné, -eusse voulu / m'eusses donné 

 

32

Le moyen que je te (faire) enrager, dis-le moi. -fasse

 

33

D'où vient que vous (être) si mal embouché ? -soyez  

 

34

Que je (être) heureuse qu'il me (épouser) en 1928 ! -eusse été / m'eût épousée

 

35

Je regardais autour de moi ; il n'y avait que des herbes folles ; on (dire) des touffes d'asphodèles. -aurait dit, eût dit, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé

 

Il reste à voir la multitude des conjonctions et des locutions conjonctives suivies du subjonctif.

Reportez-vous à la liste

et à l'article précédent, à partir du paragraphe n°36

 

  Récapitulation des articles sur le subjonctif

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 04:33

 UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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La Pléiade
 

« Un gentilhomme vendomois, Pierre de Ronsard, obligé dit-on par une surdité précoce, de renoncer à la cour, se remet à l'étude : pendant sept ans, avec un de ses amis, Antoine de Baïf, il travaille le grec et pratique les écrivains anciens sous la direction de l'helléniste Daurat ; il rêve de fabriquer à sa patrie une littérature égale aux chefs-d'oeuvre qu'il admire : il rencontre dans une hôtellerie Joachim Du Bellay, le doux angevin, plein des mêmes ambitions et des mêmes espérances. D'autres se groupent auprès de ces trois et Ronsard forme « La Brigade » qui bientôt et plus superbement devint « La Pléiade » : champions d'abord, astres ensuite de la poésie française. Avec Ronsard, Baïf et Du Bellay, Belleau, Ponthus de Thiard, Jodelle et Daurat complétèrent la constellation. »
La Pléiade est aristocratique et érudite.
(G. Lanson, Histoire de la littérature française)

 


« Défense et Illustration de la langue Française »

 Cet ouvrage capital et brillant, rédigé par Du Bellay en 1549, marque la fin de la poésie du Moyen Âge et annonce l'ère du classicisme. Ce manifeste est à la fois un pamphlet, un plaidoyer et un art poétique. Il contient les idées essentielles de La Pléiade.
 
Il faut, comme l'indique le titre, défendre la langue contre ces « reblanchisseurs de murailles », ces « latineurs » et « grécaniseurs » qui ont étudié le latin et le grec « à l'école à coups de verges » et qui sont fiers d'« avoir recousu et rabobiné je ne sais quelles vieilles rapetasseries de Virgile et de Cicéron ». C'est une critique des érudits qui n'écrivent qu'en latin et des imitateurs qui ne sont que des copistes et des traducteurs des oeuvres anciennes.
Il faut la défendre contre les ignorants qui ne savent que du mauvais latin. Seule l'étude apprend la façon qu'avaient les Anciens, les Grecs et les Latins, de faire des chefs-d'oeuvre. L'étude cependant ne suffit pas, le poète doit avoir du génie.
 
Il faut illustrer la langue française en lui donnant ses lettres de noblesse. Ronsard et Du Bellay apprenaient l'italien et leur enthousiasme allait vers les oeuvres de Dante, Boccace, Pétrarque, l'Arioste. Ils voulaient donner à la langue française une grande littérature, comme l'avaient fait les Italiens qui avaient imité les Anciens.
 
Pour enrichir notre langue qui était pauvre alors, Du Bellay et Ronsard proposent, pour donner « grande majesté aux poèmes », de retrouver de vieux mots dont on a perdu l'usage et que l'on retrouve dans « tous ces vieux romans et poètes français », « principalement ceux du langage wallon et picard, lequel nous reste par tant de siècles l'exemple naïf de la langue française ».
 
« Use de mots purement françois, non toute fois trop communs, non point aussi trop inusitez, si tu ne voulois quelquefois usurper et quasi comme enchasser, ainsi qu'une pierre precieuse et rare, quelques mots insignes en ton poeme à l'exemple de Virgile. »
 
Ils conseillent d'emprunter des mots aux dialectes provinciaux, eux-mêmes venant du latin, « quand tu n'en auras pas trouvé de si bons et de si propres en ta nation », et aussi « tu composeras hardiment des mots à l'imitation des Grecs et des Latins ».
La langue devra s'étoffer des mots puisés dans le langage des métiers, qu'ils ne demeurent pas seulement celui des spécialistes, « toutes sortes d'ouvriers, et de gens mécaniques, comme mariniers, fondeurs, peintres, engraveurs et autres, savoir leurs inventions, les noms des matières, des outils et et les termes usités en leurs arts et métiers, pour tirer de là ces belles comparaisons et vives descriptions ».
On peut inventer des mots par provignement, en leur faisant reprendre racine. « Si les vieux mots abolis par l'usage ont laissé quelques rejetons, comme les branches des arbres coupés se rajeunissent de nouveaux drageons, tu pourras provigner, amender et cultiver afin qu'ils se repeuplent de nouveau. » Ainsi peut-on former des mots dérivés grâce aux suffixes.
Ils préconisent « la sage hardiesse d'inventer des vocables nouveaux, pourvu qu'ils soient moulés et façonnés sur un patron déjà reçu du peuple. »
 
Non seulement la recherche de mots nouveaux est nécessaire, mais il faut y ajouter celle des tournures et des figures de rhétorique pour « orner le style poétique ».
 
On reconnaît que Ronsard et Du Bellay ont fait preuve de prudence dans leurs conseils, insistant toujours sur le respect de l'harmonie de la langue et de son génie.
 
Je ne finirai pas cet article sans donner une oeuvre de Ronsard et une autre de Du Bellay, deux poèmes que nous aimons et qui chantent en nos mémoires, fines fleurs de notre patrimoine poétique.
 
 

Joachim Du Bellay (1522 - 1560)
 
Heureux qui comme Ulysse
 
Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage

Ou comme cestuy-là qui conquit la Toison,
Et puis est retourné plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
 
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province et beaucoup davantage ?
 
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine.
 
Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.

« Les Regrets »
 
NOTES
Un mot sur le recueil « Les Regrets ».
Forcé de rester à Rome auprès de son oncle le cardinal Jean Du Bellay qui est en ambassade pour le roi de France auprès du pape, il est son secrétaire et son intendant, Joachim Du Bellay compose des poèmes élégiaques où il évoque les lieux qui lui sont chers, « [son] petit village », « le clos de [sa] pauvre maison », « [son] Loire gaulois », « [son] petit Liré », « le séjour qu'ont bâti [ses] aïeux ». Au fil des vers, il les compare aux beautés de Rome qui l'ont déçu.Le « front majestueux » des « palais romains », « le marbre dur », « le Tibre », fleuve qui traverse Rome,« le Mont Palatin », l'une des sept collines, « l'air marin »... n'ont pas autant de charme que ce qu'il a laissé.
Il lui plaît d'évoquer dans des sonorités très douces, fluides, bien faites pour faire naître la nostalgie dans nos coeurs, « l'ardoise fine », « la douceur angevine »...

Un mot sur Ulysse.
Ulysse, héros grec, mettra dix ans après avoir participé à la guerre de Troie, pour retourner dans son île, Ithaque, et rejoindre les siens, Pénélope sa femme et Télémaque son fils . Ce périple forcé qui sillonne la méditerranée est raconté dans « L'Odyssée » d'Homère.
 
Un mot sur un Argonaute fameux.
« cestuy-là qui conquit la Toison »(celui-là...) ici, c'est de Jason qu'il est question.
Dans la mythologie grecque encore, on rencontre Jason envoyé traîtreusement en Colchide pour aller chercher La Toison d'or. Il y rencontrera Médée, la magicienne, qui lui donnera des enfants. Elle les tuera pour se venger des amours coupables de Jason, mais ceci est une autre histoire... 
 
« Heureux qui comme Ulysse »a été mis en chanson par Georges Brassens et on peut en entendre une version par Ridan.
Àécouter sur leur site.
 
 

Pierre de Ronsard (1524-1585)

Ronsard, Prince des poètes et poète des princes, reste surtout célèbre pour ses odes et ses sonnets où il a célébré ses amours, Hélène, Marie, Cassandre, et, avec elles, la fuite du temps, la jeunesse perdue. 
 
À Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
 
Ode à Cassandre


desclos(e), ouvert(e)
ceste vesprée, ce soir.

 Hommage
Nous ne pouvons qu'être reconnaissants envers ceux qui ont eu le courage, à force d'études, de passion et de génie, de prendre à bras le corps, malgré les critiques et les résistances, ce travail qui paraissait impossible, ce défi qui allait changer notre langue, pour la défendre, et l'illustrer.
 

 UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 11:58

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  "Le moindre solécisme en parlant vous irrite..."

Philaminte [Les Femmes Savantes, Molière ]

 

QUIZ 31

Barbarismes, solécismes et quelques fautes à l'écrit

suite de l'article précédent (même exercice)

Un barbarisme est une faute de langage (le mot n'existe pas),

le solécisme est une faute de syntaxe.

 

Essayez de corriger les phrases suivantes.

La correction est à la suite.

 

1-Il allait révéler mon secret, alors je l'ai menacé pour pas qu'il parle.

 

2-Vous n'êtes pas sans ignorer que la vie n'est pas un lit de roses

 

3-Tous ces billets de loterie que tu as achetés ! Tu risques de gagner cette fois !

 

4-Une terrible secousse sismique a été enregistrée au Japon, le 11 mars 2011.

 

5-Il s'en est suivi un désastre épouvantable.

 

6-Regarde, il a construit une Tour Eiffel dans une bouteille. Il est excessivement adroit !

 

7-Il l'a revue à l'aréoport et s'est trouvé devant un dilemne. Rester ou partir ?

 

8-Tu n'as donc pas demandé à ton futur patron combien tu allais être rénuméré ?

 

9- Ils croyent que rien ne va se passer.          

 

10-"Je m'ai foulé la cheville

  — Ben, assis-toi donc !"

 

11-Comme c'est désagréable, vous me contredites toujours !

 

12-Arrêtes donc cette pantomine !

 

13-Il a déjà eu deux infractus et il continue à faire de la bicyclette.

 

14- Je ne peux pas vous rembourser mon dut, j'ai des difficultés pécunières.

 

15-Attendez-moi, je vais acheter un ticket de train !

 

16-Il ne s'est pas méfié et il est tombé dans le lac !

 

18-Je ne vous prête plus rien car je n'en tire pas davantage.

 

19-Regardez la carte. C'est là d'où je viens et c'est là où je vais.

 

20-Écoutez-moi donc, je vous cause !

 

21-"Je me suis fait une entorse, cela me fait très mal.

    Grand mal vous en a prit d'escalader ce rocher !"

 

22-Je la verrais d'ici demain.

 

23-Tu me rabats les oreilles avec tes bonnes règles de conduite.

 

24-Ces mécréants sont rentrés dans l'église avec leurs chapeaux.

 

25- J'ai acheté ce chapeau un peu cabossé parce les soldes étaient intéressantes. Je l'ai pris tel que.

 

26-Comment y êtes-vous allé ? En bicyclette ? En moto ? En voiture ?

 

27-"Je ne la croirais pas quand même que ce serait vrai.

Elle a menti, mais ce n'est pas de sa faute."

 

28-Je vous invite à venir demain. Tâchez moyen de faire votre possible pour être là vers les midis.

 

29-Oh ! Tu as vu ? Ta robe est pareille que la tienne !

 

30-"Dépêchez-vous !

Oui, j'arrive de suite !"

 

31-J'ai très faim, le repas est-il prêt ?

 

32-Je n'ai pas eu le temps matériel de faire le travail que vous m'aviez donné.

 

33-Messieurs-dames, le repas est servi !

 

34-Vous aurez fini d'ici lundi. Je compte sur vous.

 

35-Il s'en est guère fallu qu'il se casse la margoulette.

 

36-Quand elle a pris son vieux manteau, elle s'est rendu compte qu'il était tout infecté de mites.

 

37-Baisse la radio, ce bruit m'insupporte.

 

38- Il m'a passé devant sans attendre, comme si rien n'était.

 

39-Que de vacarme dans cette rue passante !

 

40-Nous, on a rien à dire.

 

41-Vous parlez d'un espèce de mal embouché !

 

42-Vous supportez l'OM ou le PSG ?

 

43-Qu'est-ce que tu as lu sur le journal ce matin ?

 

44-Athènes, ville à la civilisation naguère florissante, vit son apogée au Siècle de Périclès, le Vème siècle avant J.C.

 

45-Ce sportif a une forme olympienne.  

 

46-Il était tout émotionné que la voiture l'ait heurté si violement mais il en est sorti indemme.

 

47-Elle exerça sur moi une telle attractivité que je ne pus me résoudre à ne pas lui faire la cour.

 

48-"Au cas où si tu venais, n'oublies pas les caches-nez.

             —Waouh! Je vais ressembler un gangster qui va faire un hold-up !" 

 

49-Si tu me quittais, sache que j'en mourirais.

 

50-Dans un mois, quand je me serai bien entraîné, je courrirai plus vite.

 

51-Il est aggressif, j'ai peur d'avoir à faire à lui.

 

52-Je ne sais pas si il faut le dire. 

 

53-Ils ont eu un différent.

 

54-Tous les ans, j'acquière des intérêts. 

 

55-Il tort cette barre sans effort.

 

56-Venez aujourd'hui plus tôt que demain.

Venez aujourd'hui plutôt qu'hier.

 

57-Elle s'est faite griffer par le chat

 

58-Nous nous sommes laissés piéger.


59-Je suis surpris de ce vous parliez aussi mal le français

 

QUIZ 31 Correction

 

1-Il allait révéler mon secret, alors je l'ai menacé pour pas qu'il parle.

je l'ai menacé pour qu'il ne parle pas.

 

2-Vous n'êtes pas sans ignorer que la vie n'est pas un lit de roses.

Vous n'êtes pas sans savoir

 

3-Tous ces billets de loterie que tu as achetés ! Tu risques de gagner cette fois !

Tu as une chance (des chances) de gagner

 

4-Une terrible secousse sismique a été enregistrée au Japon le 11 mars 2011.

une secousse tellurique, un tremblement de terre ou un séisme a été enregistré

 

5-Il s'en est suivi un désastre épouvantable.

Il s'est ensuivi, il s'en est ensuivi

 

6-Regarde, il a construit une Tour Eiffel dans une bouteille. Il est excessivement adroit !

extrêmement adroit

 

7-Il l'a revue à l'aréoport et s'est trouvé devant un dilemne. Rester ou partir ?

l'aéroport – un dilemme

Voir la note des Délires n°47. Mots contenant l'élément MN

 

8-Tu n'as donc pas demandé à ton futur patron combien tu allais être rénuméré ?

rémunéré

 

9- Ils croyent que rien ne va se passer.          

Ils croient – Attention à la faute de prononciation !

On entend aussi parfois ils voyent (ils voillent) alors que c'est ils voient.

 

10-"Je m'ai foulé la cheville.

  Ben, assis-toi donc !"

"Je me suis foulé la cheville.

Eh bien, assieds-toi donc ou bien  assois-toi donc !

 

11-Comme c'est désagréable, vous me contredites toujours !

Vous me contredisez toujours.

Les verbes contenant l'élément dire (interdire, prédire...) se conjuguent comme contredire sauf dire et redire (vous dites, vous redites)

 

12-Arrêtes donc cette pantomine !

Arrête donc cette pantomime !

L'impératif présent des verbes du 1er groupe, et ceux du 3ème groupe se terminant par e muet ne prennent pas s. (chante, bouge, cueille, sache... )

 

13-Il a déjà eu deux infractus et il continue à faire du vélo.

infarctus

 

14- Je ne peux pas vous rembourser mon dut, j'ai des difficultés pécunières.

mon dû, voir l'article : du, dû, due, dus, dues, dut, dût

pécuniaires (l'adjectif pécunier, pécunière n'existe pas)

 

15-Attendez-moi, je vais acheter un ticket de train !

un billet de train, un billet de théâtre, de cinéma, mais un ticket de métro, de bus, de caisse.

 

16-Il ne s'est pas méfié et il est tombé dans le lac !

dans le lacs, on prononce [la] pas [lak]

Lacs, noeud coulant pour attraper des animaux, piège, rets.

 

17 Pourquoi est-ce que tu pars ? Comment est-ce que tu y vas ?

Les phrases ne sont pas incorrectes mais d'un style familier. La tournure avec est-ce que après les adverbes interrogatifs pourquoi et comment est lourde.

C'est tellement plus élégant de dire :

Pourquoi pars-tu ? Comment y vas-tu ?

Et plus court !

 

18-Je ne vous prête plus rien car je n'en tire pas davantage.

d'avantage ou d'avantages. Il s'agit ici du nom avantage contraire de inconvénient.

Davantage est un adverbe. Vous avez des ennuis, mais j'en ai davantage.

À mon âge, on a davantage de problèmes/ plus de problèmes.

 

19-Regardez la carte. C'est là d'où je viens et c'est là je vais.

C'est de là que je viens, c'est là que je vais.

 

20-Écoutez-moi donc, je vous cause !

je vous parle, je m'adresse à vous

 

21-"Je me suis fait une entorse, cela me fait très mal.

Grand mal vous en a prit d'escalader ce rocher !"

je me suis donné une entorse.

On remarque que cette expression est très peu usitée aujourd'hui.

Grand mal vous en a pris

 

22-Je la verrais d'ici demain.

je la verrai (futur) d'ici à demain

Je la verrais si + condition

 

23-Tu me rabats les oreilles avec tes bonnes règles de conduite.

rebats

 

24-Ces mécréants sont rentrés dans l'église avec leurs chapeaux. Oui oui, vous m'avez bien entendu, avec leurs chapeaux sur leurs têtes.

Ces mécréants sont entrés dans l'église avec leurs chapeaux (ou leur chapeau). Oui oui, vous m'avez bien entendu, avec leurs chapeaux (ou leur chapeau) sur la tête. 

la tête au singulier. On n'emploie pas ici l'adjectif possessif, avec une partie du corps qui correspond au sujet (ils).

25- J'ai acheté ce chapeau un peu cabossé parce que les soldes étaient intéressantes. Je l'ai pris tel que.

soldes est masculin, des soldes intéressants (une solde est donnée comme appointements aux militaires, aux gens de guerre)

Je l'ai pris tel quel.

 

Si vous hésitez sur le genre de certains noms, vous pouvez faire le quiz suivant dans l'article : 

Quiz 4 Noms masculins ou féminins, à vous de le dire + Des noms au genre très problématique  

 

26-Comment y êtes-vous allé ? En bicyclette ? En moto ? En voiture ?

à bicyclette, à vélo, à moto. à trottinette.

C'est la préposition À que l'on emploie dans ces expressions.

EN précède les véhicules dans lesquels on monte, en voiture, en taxi, en train, en avion, etc.

Il est d'usage courant d'employer à l'oral en vélo, en moto, mais cet usage a suscité chez les grammairiens une vive opposition et on emploie de préférence la préposition à surtout à l'écrit bien que l'on trouve chez certains auteurs la préposition en. cf. Grevisse

 

27-"Je ne la croirais pas quand même que ce serait vrai.

Elle a menti, mais ce n'est pas de sa faute."

quand bien même ce serait vrai, quand ce serait vrai, quand bien ce serait vrai, même si c'était vrai.

> conjonctions de subordination et locutions conjonctives

Ce n'est pas sa faute.

 

28-Je vous invite à venir demain. Tâchez moyen d'être là vers les midis.

Faites votre possible pour être ici vers midi.

 

29-Oh ! Tu as vu ? Ta robe est pareille que la mienne !

ta robe ressemble à la mienne, elle est la même que, elle est semblable à...

 

30-"Dépêchez-vous !

Oui, j'arrive de suite !"

J'arrive tout de suite. 

Expressions avec le mot suite citées dans l'article

Fautes qu'il ne faut plus jamais faire. 

 

SUITE

On ne confond pas tout de suite, de suite, à la suite, comme suite...

Venez tout de suite. Venez immédiatement, sans délai, sans plus attendre, illico.

Je reviens de suite : familier, critiqué.

Il est venu cinq jours de suite.

Il y avait une grande queue, je me suis mise à la suite.

Écrire dans une lettre :

En réponse à votre lettre du... / à votre annonce parue le...

Comme suite à votre annonce parue le... dans...

 

31-J'ai très faim, le repas est-il prêt ? 

Certains grammairiens n'admettent pas cet usage, d'autres le qualifient de familier.

On peut dire : J'ai une grande faim. J'ai une grosse faim.

J'ai une faim dévorante.

j'ai extrêmement faim.

De même : J'ai grand faim, j'ai grand peur, j'ai grand plaisir, faire grand tort... ou d'autres tournures synonymes.
Voir l'article : Peut-on dire : J'ai très envie, très plaisir, très peur, très faim, très sommeil... – Cela me fait très envie, très plaisir, très peur... ?

 

32-Je n'ai pas eu le temps matériel de faire le travail que vous m'aviez donné.

Je n'ai pas eu le temps de faire...

 

33-Messieurs-dames, le repas est servi !

Mesdames et messieurs – Messieurs et mesdames

Quand le repas est servi lors d'un grand dîner, on dit "Madame est servie !" (si ce n'est pas elle qui a fait le repas !)

 

34-Vous aurez fini d'ici lundi. Je compte sur vous.

d'ici à lundi

35-Il s'en est guère fallu qu'il se casse la margoulette.

Il ne s'en est fallu guère qu'il ne se casse la margoulette.

Il s'en fallait peu que, il s'en faudrait peu que, + ne explétif

Il s'en faut peu de choses que cela n'aille (Dictionnaire de l'Académie)

Peu s'en fallut que je ne vinsse (Littré)

Il s'en faut beaucoup...(pas de NE)

Il s'en faut de peu, il s'en faut de beaucoup (différence en quantité) Littré

ex : Il s'en faut de peu que le verre ne soit plein / Il s'en faut de beaucoup que le verre soit plein.

 

36-Quand elle a pris son vieux manteau, elle s'est rendu compte qu'il était tout infecté de mites.

infesté

voir l'article sur les paronymes + quiz

rendu est invariable dans la locution verbale se rendre compte

 

37-Baisse la radio, ce bruit m'insupporte.

Baisse le son de la radio, ce bruit m'est insupportable. Je ne supporte pas ce bruit.

 

38- Il m'a passé devant sans attendre, comme si rien n'était.

Il est passé avant (devant) moi, sans attendre, comme si de rien était.

 

39-Que de vacarme dans cette rue passante !

dans cette rue passagère

 

40-Nous, on a rien à dire.

ON est pris dans le sens de NOUS

Nous n'avons rien à dire.

Voir la note sur la syllepse (exemple 2) Les Délires n°119

Attention on n'a rien, ne pas oublier la négation NE que l'on n'entend pas avec la liaison.

 

41-Vous parlez d'un espèce de mal embouché !

Une espèce.

Voir encore l'article sur la syllepse (exemple 4) Les Délires n°119

Voir aussi le Quiz n°4 Noms féminins ou masculins, à vous de le dire. Les Délires n°38

 

42-Vous supportez l'OM ou le PSG ?

Vous êtes supporter de l'OM ou du PSG ?

 

43-Qu'est-ce que tu as lu sur le journal ce matin ?

dans le journal

 

44-Athènes, ville à la civilisation naguère florissante, eut son apogée au Siècle de Périclès, le Vème siècle avant J.C.

jadis florissante 

naguère signifie il y a peu de temps.

 

45-Ce sportif a une forme olympienne.  

olympique (qui a un rapport avec les jeux olympiques, au sport)

olympien : qui a rapport aux anciens dieux grecs de l'Olympe 

46-Il était tout émotionné que la voiture l'ait heurté si violement mais il en est sorti indemme.

Violemment : adverbe dérivé de violent

Voir Les adverbes en -MENT

Indemne

 

ÉMOTIONNER & ÉMOUVOIR

émotionner, émotionné, familier, implique un choc, une perturbation.

émouvoir, ému, moins démonstratif qu'émotionner. Se rapporte à quelque chose qui touche le coeur, qui rend triste.

 

47-Elle exerça sur moi une telle attractivité que je ne pus me résoudre à ne pas lui faire la cour.

une telle attirance 

Charme particulier de certaines choses ou de certains êtres qui attire à eux les gens ou les bêtes (Dictionnaire de L'Académie, 8ème édition)

Le mot attractivité est inconnu des dictionnaires. Faites-moi signe si vous le trouvez.

Faux néologisme.

 

48-"Au cas où si tu venais, n'oublies pas les caches-nez.

      —Waouh! Je vais ressembler un gangster qui va faire un hold-up !"

"Au cas où tu viens (ou viendrais), n'oublie pas les cache-nez.

—Ouah ! Je vais ressembler à un gangster qui va faire un hold up !"
 

5 fautes : 

1-"au cas où si tu venais", on entend aussi "au cas où si tu viens", "au cas où si tu viendrais"...

Correction :

-au cas où tu viens

ou bien -au cas où tu viendrais

ou bien -si tu viens

 

2-n'oublie, impératif pas de terminaison en s pour les verbes du 1er groupe, chante, vole, mange... et ceux du 3ème groupe qui se terminent par un E muet, cueille, sache... (comme la phrase n°12)

 

3-"cache" dans "les cache-nez" ne prend pas de s, c'est le verbe.

 

4-On dit et on écrit ouah ! pour exprimer la surprise.

Waouh, onomatopée qui traduit l'aboiement d'un chien comme Wouf, Wouaf, Whouaf, Waf, et aussi ouah.

Wow ! Onomatopée anglo-saxonne qui traduit la surprise.

 

La bande dessinée véhicule et invente de nombreuses onomatopées.

Cf. Comic strip de Gainsbourg chanté par Brigitte Bardot :

Entre autres :

Des CLIP ! CRAP ! des BANG ! des VLOP ! et des ZIP !
SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !

Ça fait VLAM ! ça fait SPLATCH !

et ça fait CHTUCK !
Ou bien BOMP ! ou HUMPF ! parfois même PFFF

et puis KLING !
Après quoi je fais TILT ! et ça fait BOING !
Je suis là CRASH ! pour te protéger TCHLACK !
Ferme les yeux CRACK ! embrasse-moi SMACK !
SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZZZZ !

Voir sur la toile les onomatopées

et des curiosités comme : les théories peuh-peuh,

les théories ouah-ouah, les théories la-la

les théories ho-hisse, le sploing sploing,

les swiiing, swwoing ou stwouip, le scrlurrlph

5- ressembler à quelque chose ou à quelqu'un

49-Si tu me quittais, sache que j'en mourirais.

Si tu me quittais, sache que j'en mourrais

2R : Je mourrais, conditionnel présent, je mourrai, futur -

mais 1R à l'imparfait de l'indicatif, je mourais et au passé simple : je mourus

et aux participes : mourant, mort. 

 

50-Dans un mois, quand je me serai bien entraîné, je courirai plus vite

Dans un mois, quand je me serai bien entraîné, je courrai plus vite

Je courrai au futur, je courrais au conditionnel présent mais je courais à l'imparfait, et courant, couru.

 

51-Il est aggressif, j'ai peur d'avoir à faire à lui.

agressif, agression, agresser / avoir affaire à...

Voir : Avoir affaire ou avoir à faire ?

 

52-Je ne sais pas si il faut le dire.

s'il. Il y a élision, pas disjonction.

Voir:   La liaison, l'élision, l'enchaînement, la disjonction 

 

53-Ils ont eu un différent.

un différend (un différend, une contestation, ne pas confondre avec l'adjectif différent)

 

54-Tous les ans, j'acquière des intérêts.

j'acquiers, présent de l'indicatif.

Il faut que j'acquière... , présent du subjonctif

>> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

55-Il tort cette barre sans effort.

Il tord.

On écrit je tords, tu tords, il tord, mais un tort, retors.

 

56-Venez aujourd'hui plus tôt que demain.

Venez aujourd'hui plutôt qu'hier.

Venez aujourd'hui plutôt que demain.

Venez aujourd'hui plus tôt qu'hier.

Voir : Ne pas confondre : plutôt, plus tôt

 

57-Elle s'est faite griffer par le chat.

fait

Les participes passés fait et laissé suivis d'un infinitif sont invariables.

>> L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...

 

58-Nous nous sommes laissés piéger.

laissé  (voir la phrase 57)

 

59-Je suis surpris de ce vous parliez aussi mal le français

Je suis surpris de ce que vous parlez aussi mal le français.

ou bien

Je suis surpris que vous parliez aussi mal le français.
Le mode dans les subordonnées :

surpris de ce que + indicatif

surpris que + subjonctif

>> Retour au début d'article

>> Même exercice sur les barbarismes : QUIZ 30

 

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 23:02

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Suite de l'article sur le subjonctif

>>Valeurs et emplois du subjonctif

 

LA CONJUGAISON

 

73-LE SUBJONCTIF PRÉSENT

Au présent du subjonctif tous les verbes se terminent par :

 >>     -e  -es  -e  -ions  -iez  -ent

Il faut que je le voie, que tu coures, qu'il me croie, que nous veillions, que vous le sachiez, qu'ils te convainquent.

Exceptions :

-le verbe être

>>      sois sois soit soyons soyez soient

-et le verbe avoir 

>>      aie aies ait ayons ayez aient 

 

74-On peut confondre, aux personnes du singulier, le subjonctif présent et l'indicatif présent, dans le cas des verbes du 1er groupe et ceux du 3e groupe se terminant de la même façon (-e -es -e).

1er groupe 

Je parle trop. Indicatif présent

>>Il faut que je parle moins. Subjonctif présent

3e groupe

Tu cueilles des fleurs. Indicatif présent

>>Il ne faut pas que tu cueilles celles-là. Subjonctif présent

>> Ne pas confondre l'indicatif présent et le subjonctif présent de certains verbes - Quiz 54

 

75-On peut confondre également des terminaisons qui se prononcent de la même façon et s'écrivent différemment. D'où l'intérêt de savoir si l'on a affaire à un indicatif ou à un subjonctif.

Je te crois. Indicatif présent.

Faut-il que je te croie ? Subjonctif présent

Il conquiert son coeur. Indicatif présent.

>>Il faut qu'il le conquière. Subjonctif présent

Je vous vois mal. Indicatif présent

>>Il faut que je vous voie mieux. Subjonctif présent

 

76-On peut confondre, aux deux premières personnes du pluriel, le subjonctif présent et l'indicatif imparfait, pour les verbes du 1er groupe, et certains du 3e groupe (-ions -iez).

Nous parlions pendant des heures chaque soir. Indicatif imparfait

Il faut que nous parlions, ma chérie. Subjonctif présent

Souvenez-vous ma chère, vous cueilliez chaque année des fleurs des champs. Indicatif imparfait

Il faut que vous cueilliez ces roses dès aujourd'hui. Subjonctif présent

>> Ne pas confondre l'indicatif imparfait et le subjonctif présent de certains verbes - Quiz 55

 

Attention, n'oubliez pas le i de -ions et -iez dans des cas où il ne s'entend pas précisément.

Il faut que vous criiez, que nous effeuillions la marguerite, que vous me craigniez, que nous ne nous ennuyions pas, que vous balayiez devant votre porte, que nous repeignions les volets.

 

77-LE SUBJONCTIF IMPARFAIT

Dans la langue courante, il est remplacé par le subjonctif présent.

 

Pour repérer la désinence du subjonctif imparfait, pensez au passé simple du verbe.

 

Il chanta ce jour-là et je chantai aussi pour l'accompagner.

>>Il fallut qu'il chantât et que je chantasse aussi pour l'accompagner.

Il nourrit dès cet instant-là un sentiment de culpabilité.

>>Fallait-il qu'il nourrît ce sentiment et que nous le comprissions ?

Il ne courut pas comme un dératé à ces jeux.

>>Il aurait fallu qu'il courût comme un dératé pour gagner.

Il tint bon devant l'adversité.

>>Il avait fallu qu'il tînt bon.

subjonctif présent :

>>Il avait fallu qu'il tienne bon.

 

Subjonctif imparfait de tous les verbes

      Terminaisons : -sse -sses -^t -ssions -ssiez -ssent

 

A-Verbes du 1er groupe en er (et du verbe aller 3e gr.)

      -asse -asses -ât -assions -assiez -assent

ex. Il fallait / fallut / a fallu / avait fallu / faudrait / aurait fallu / eût fallu / que je travaillasse, qu'il m'écoutât, que nous le forçassions, etc.

 

B-Verbes du 2e groupe en ir

     - isse -isses -ît issions issiez issent

Il fallait que tu en finisses avec elle et qu'elle en finît avec toi.

 

Remarques :

Les terminaisons des verbes en ir du 2e groupe sont les mêmes à toutes les personnes au subjonctif présent et au subjonctif imparfait sauf à la 3e personne du singulier. On a au subjonctif présent isse et au subjonctif imparfait ît.

Il faut qu'il en jouisse.

Il fallait qu'il en jouît.

 

Comment reconnaître qu'un verbe en ir est du 2e groupe : si le participe présent est en issant.

remplir remplissant 2e gr.

mentir mentant 3e gr.

exception en issant, maudire, 3e gr. maudissant (mais l'infinitif est en ire, pas ir)

 

C- Verbes du 3e groupe en ir, oir, ire, re.

Il y a quatre désinences 

     1-isse isses ît issions issiez issent

Il faudrait que tu sentisses cette douceur crépusculaire.

Le subjonctif présent est accepté après le conditionnel : il faudrait que tu sentes.

 

     2--usse -usses -ût -ussions -ussiez -ussent

Il avait fallu qu'ils mourussent tous.

 

     3--insse -insses -înt - inssions -inssiez -inssent

Les verbes venir et tenir et leurs dérivés, contenir, retenir, convenir, devenir etc.

Il aurait fallu que vous tinssiez bon et que vous vinssiez à cette épreuve difficile.

 

       4--asse -asses -ât -assions -assiez -assent (aller)

Fallait-il que j'allasse aux champignons ce jour-là et qu'il allât me le reprocher ?

Seul le verbe aller du troisième groupe se termine en er.

Comment voit-on que aller est du 3e groupe ?

> Parce que le radical change selon le temps je vais, j'irai, que j'aille, allant.

 

78-LE SUBJONCTIF PASSE

Il va de pair avec le présent.

Comme tout temps composé, il se construit soit avec l'auxiliaire avoir, soit avec l'auxiliaire être suivi du participe passé du verbe.

Il faut que j'aie fini ce travail avant cinq heures et que je sois parti avant la nuit.

Voir la conjugaison des auxiliaires au présent du subjonctif dans le §73 ci-dessus.

 

79-LE SUBJONCTIF PLUS-QUE-PARFAIT

Dans la langue courante, il est remplacé par le subjonctif passé.

Le subjonctif plus-que-parfait comme le subjonctif imparfait s'emploie quand le verbe de la principale est à un temps passé ou au conditionnel. Les auxiliaires sont alors au subjonctif imparfait et sont suivis du participe passé.

Avec l'auxiliaire avoir :

(Il fallait, avait fallu, aurait fallu, eût fallu que) j'eusse frémi, tu eusses dormi, il eût aperçu, nous eussions admiré, vous vous eussiez enfuis, ils eussent vaincu.

Avec l'auxiliaire être :

(que) je fusse tombé, tu fusses revenu, il fût mort, nous nous fussions perdus, vous vous fussiez évanouis, ils se fussent envolés.

 

Il fallait que Roméo fût parti avant le chant de l'alouette.

Il n'aurait pas fallu que tu eusses mangé mes champignons avant d'aller danser.

 

Le subjonctif plus-que-parfait est remplacé dans la langue courante par un subjonctif passé.

on dira plus naturellement :

>>Il fallait que Roméo soit parti avant le chant de l'alouette.

>>Il n'aurait pas fallu que tu aies mangé mes champignons avant d'aller danser. 

Voir le §2 de l'article précédent  Valeurs et emplois du subjonctif 

 

80-VERBES CONJUGUÉS

1-indicatif présent

2- passé simple 

3-subjonctif présent

4-subjonctif imparfait

Connaître la désinence du passé simple permet d'en déduire celle du subjonctif imparfait.

  

Tous les verbes du 1er groupe en er  

aimer

1-j'aime, 2-j'aimai, tu aimas 3-que j'aime, 4-que j'aimasse.

 

Tous les verbes du 2e groupe en ir (issant au participe présent)

finir

1-je finis, 2-je finis, 3-que je finisse et qu'il finisse, 4-que je finisse et qu'il finît

 

Verbes du 3e groupe dits verbes irréguliers.

Les verbes se conjuguent en général comme leurs dérivés avec un préfixe.

Comprendre, reprendre, surprendre, se méprendre, etc. se conjuguent comme PRENDRE.

Convenir, devenir, revenir, prévenir, etc. se conjuguent comme VENIR.

Retenir, contenir, détenir, etc. se conjuguent comme TENIR

Discourir, recourir, parcourir, etc. se conjugue comme COURIR.

Défendre, pourfendre se conjuguent comme FENDRE.

Etc.

Sauf exceptions :

quérir (acquérir...)

seoir (asseoir)

croître (accroître, décroître)

croire (accroire)

paître (se repaître) 

voir (pourvoir, apercevoir...)

faire (forfaire, surfaire, parfaire s’emploient surtout à l’infinitif et aux temps composés, méfaire est rare),

dire, redire -vous dites, vous redites (mais contredire, vous contredisez – médire, vous médisez – prédire, vous prédisez - interdire, vous interdisez, etc.)

etc.

 

Conjugaison

1-indicatif présent 2- passé simple 

3-subjonctif présent 4-subjonctif imparfait 

 

                            

Absoudre, 1-j'absous, 2-j'absolus, 3-que j'absolve, 4-que j'absolusse

Le passé simple et le subjonctif imparfait ne sont pas acceptés dans tous les dictionnaires. Beaucoup donnent absoudre comme verbe défectif.

Littré admet ces formes.

Voir en fin d'article la liste des verbes défectifs

 

Accroître, j'accrois, j'accrus, que j'accroisse, que j'accrusse.

 

acquérir, j'acquiers, j'acquis, que j'acquière, que j'acquisse.

 

Aller, je vais, j'allai, que j'aille, que j'allasse.

 

Assaillir, j'assaille, j'assaillis, que j'assaille, que j'assaillisse.

 

Asseoir, j'assois ou j'assieds, j'assis, que j'assoie ou que j'asseye, que j'assisse.

 

Boire, je bois, je bus, que je boive, que je busse.

 

Bouillir, je bous, je bouillis, que je bouille, que je bouillisse.

 

Connaître, je connais, je connus, que je connaisse, que je connusse.

 

Croire, je crois, je crus, que je croie, que je crusse.

 

Croître, je croîs, je crûs, que je croisse, que je crûsse.

Le verbe croître, outre qu'il prend un accent circonflexe sur le î devant le t (il croît, il croîtra, etc.) prend aussi un accent sur le u lorsqu'on peut le confondre avec le verbe croire (il a crû).

 

Clore, défectif.

 

Conclure, je conclus, je conclus, que je conclue, que je conclusse.

 

Conduire, je conduis, je conduisis, que je conduise, que je conduisisse.

 

Coudre, je couds, je cousis, que je couse, que je cousisse.

 

Courir, je cours, je courus, que je coure, que je courusse.

 

Couvrir, je couvre, je couvris, que je couvre, que je couvrisse.

 

Craindre, je crains, je craignis, que je craigne, que je craignisse.

 

Cueillir, je cueille, je cueillis, que je cueille, que je cueillisse.

 

Dire, je dis, je dis, que je dise, que je disse.

 

Faire, je fais, je fis, que je fasse, que je fisse.

 

Faillir, défectif, je faux (n'est plus usité) je faillis

 

Fuir, je fuis, je fuis, que je fuie, que je fuisse.

 

Lire, je lis, je lus, que je lise, que je lusse.

 

Naître, je nais, je naquis, que je naisse, que je naquisse.

 

Mettre, je mets, je mis, que je mette, que je misse.

 

Moudre, je mouds, je moulus, que je moule, que je moulusse.

 

Mourir, je meurs, je mourus, que je meure, que je mourusse.

 

Mouvoir, je meus, je mus, que je meuve, que je musse.

 

Nuire, je nuis, je nuis, que je nuise, que je nuisse.

 

Partir, je pars, je partis, que je parte, que je partisse.

 

Paître, défectif, je pais, que je paisse.

 

Plaindre, je plains, je plaignis, que je plaigne, que je plaignisse.

 

Plaire, je plais, je plus, que je plaise, que je plusse.

 

Pourvoir, je pourvois, je pourvus, que je pourvoie, que je pourvusse.

 

Pleuvoir, il pleut, il plut, qu'il pleuve, qu'il plût.

 

Pouvoir, je peux, je pus, que je puisse, que je pusse.

 

Prendre, je prends, je pris, que je prenne, que je prisse.

 

Prévoir, je prévois, je prévis, que je prévoie, que je prévisse.

 

Quérir, défectif.

 

Rendre, je rends, je rendis, que je rende, que je rendisse.

 

Repaître (se) , défectif, je me repais, je me repus, que je me repaisse, que je me repusse.

 

Résoudre, je résous, je résolus, que je résolve, que je résolusse.

 

Rire, je ris, je ris, que je rie, que je risse.

 

Rompre, je romps, je rompis, que je rompe, que je rompisse.

 

Savoir, je sais, je sus, que je sache, que je susse.

 

Sentir, je sens, je sentis, que je sente, que je sentisse.

 

Seoir, défectif, il sied.

 

Servir, je sers, je servis, que je serve, que je servisse.

 

Suffire, je suffis, je suffis, que je suffise, que je suffisse.

 

Suivre, je suis, je suivis, que je suive, que je suivisse.

 

Traire, défectif, je trais, que je traie.

 

Vaincre, je vaincs, je vainquis, que je vainque, que je vainquisse.

 

Valoir, je vaux, je valus, que je vaille, que je valusse.

 

Venir, je viens, je vins, que je vienne, que je vinsse.

 

Vêtir, je vêts, je vêtis, que je vête, que je vêtisse.

 

Vivre, je vis, je vécus, que je vive, que je vécusse.

 

Voir, je vois, je vis, que je voie, que je visse.

 

>>Voir l'article sur les verbes défectifs

 

absoudre, accroire, adirer, apparoir, ardre (arder), bienvenir, braire, chaloir, choir, clore, reclore, déclore, comparoir, contondre, ester, falloir, faillir, férir, frire, gésir, issir, messeoir, occire, oindre, ouïr, paître, partir (sens de partager), poindre, pouvoir, quérir, raire, raller, ravoir, reclure, semondre, seoir, tître, traire (abstraire, distraire, extraire, retraire, soustraire, portraire, rentraire, attraire), urger, vouloir.

 

Un verbe défectif est un verbe qui n'existe pas à tous les modes, à tous les temps ou à toutes les personnes.

 

Particularités

Au passé simple, nous haïmes (2e groupe) et nous ouïmes (3e groupe, défectif) ne prennent pas d'accent circonflexe.

 

Voir aussi le tableau de conjugaison dans l'article :

Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

et les exercices :

QUIZ 28 Exercice n°1 sur le subjonctif 

QUIZ 29 Exercice n°2 sur le subjonctif - Passé simple ou subjonctif imparfait / Passé antérieur ou subjonctif plus-que-parfait

QUIZ 42 Entraînement à l'emploi du subjonctif présent et imparfait. Exercice à trous

 

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 23:01

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Que vous soyez puissant ou misérable, vous n'échapperez pas

aux affres du subjonctif !*

 

À savoir :  Un article détaillé est consacré

à chacune des conjonctions de subordination

et des locutions conjonctives. Voir la liste dans :

>> La clef des modes

 

1-Les temps du subjonctif

-le présent, que je chante, que je finisse, que je voie, qu'il meure

-l'imparfait, que je chantasse, que je finisse, qu'il crût, que nous vinssions

-le passé, que j'aie chanté, que je sois venue

-le plus-que-parfait  que j'eusse chanté, qu'il fût arrivé (même chose que le conditionnel passé 2ème forme)

-Les temps surcomposés (rares), que j'aie eu couru, qu'il eût eu soupiré

Voir > La conjugaison des verbes au subjonctif et ses difficultés §73 et suivants

et aussi > Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

2-L'imparfait et le plus-que parfait du subjonctif ont pratiquement disparu à l'oral, sauf si l'on ne craint pas de paraître précieux ou ridicule ou qu'on veuille faire quelques jeux de mots grivois quand le mot s'y prête.

On ne rencontre ces temps que dans la langue soignée et littéraire.

Je ne m'attendais pas à ce que vous fussiez malade. subjonctif imparfait

Plus couramment :

Je ne m'attendais pas à ce que vous soyez malade. subjonctif présent

Il était parti en courant avant même que je l'eusse embrassé. subjonctif plus-que-parfait

Plus couramment :

Il était parti en courant avant même que je l'aie embrassé. subjonctif passé

 

3-Le subjonctif, au contraire de l'indicatif, n'a pas de futur, c'est le présent du subjonctif qui l'exprime.

Je sais qu'il viendra. indicatif

Je veux qu'il vienne. subjonctif

 

4-Si le mode indicatif s'appuie sur la réalité des faits, le mode subjonctif au contraire permet d'exprimer des opinions. des faits envisagés, incertains, désirés ou craints, il dépend d'une expression ou d'une proposition qui comporte un sentiment - la crainte, l'étonnement, la joie...- le doute, la négation, le souhait, l'interrogation, la possibilité.

 

5-Ces deux modes s'opposent.

Il est certain que je le reverrai. indicatif

Il n'est pas certain que je le revoie. subjonctif

Se peut-il qu'il m'ait méprisée à ce point ? subjonctif

Je suis sûr qu'il viendra demain. indicatif

Je souhaite qu'il vienne. subjonctif

Je désire que tu me fasses plaisir. subjonctif

J'aimerais que tu aies plus de temps pour m'aider. subjonctif

Je m'étonne que tu sois si naïf. subjonctif

Je constate que tu es bien naïf. indicatif

Attention : voir les § 7 et 18

 

Cas où l'on emploie le subjonctif

 

6-a-On a le subjonctif dans les subordonnées qui dépendent d'une principale exprimant le doute.

Je doute / il est douteux / Il est improbable qu'il vienne demain.

 

b- Mais quand la principale comporte une négation, on a l'indicatif (ou le conditionnel), puisqu'il n'y a plus de doute.

Il n'y a pas le moindre doute / Il n'y a aucun doute / Nul doute / Il est hors de doute / Je ne doute pas / Il n'est pas douteux / etc 

Le subjonctif s'emploie cependant fréquemment dans ces mêmes cas.

Je ne doute pas qu'il viendra / vienne demain / viendrait demain s'il le pouvait.

Il n'est pas douteux que je peux / puisse / pourrais le faire.

Nul doute que c'est / ce soit / ce serait une épreuve difficile.

 

c-Il en est de même dans les phrases interrogatives

Douterais-je que vous m'avez / m'ayez menti ?

 

7-Se douter n'est pas suivi du subjonctif, mais de l'indicatif, même à la forme négative.

Je me doute bien qu'il viendra.

Il ne se doute pas que je viendrai.

 

Il arrive qu'on rencontre le subjonctif après une proposition principale négative ou interrogative s'il y a une idée de doute. 

Il ne se doutait pas qu'il eût rien fait de très difficile.

 

8-Subjonctif après : Il faut, il est nécessaire, il convient, il est possible, je veux, je désire, je souhaite, j’interdis, j’ordonne, je permets, je propose, je demande,,,.

Il faut que vous fassiez un effort pour apprendre !

J'interdis que quiconque interdise quoi que ce soit !

 

9-Proposition conjonctive sujet réel

Il me paraît vraiment bizarre qu'il ne m'ait pas remarquée, le goujat !  

> Qu'il ne m'ait pas remarquée me paraît vraiment bizarre

 

10-Proposition conjonctive liée à un attribut

J'ai trouvé extraordinaire qu'il m'ait remarquée alors qu'il ne m'a même pas jeté le moindre regard.

> Qu'il m'ait remarqué est extraordinaire. 

 

11-Le fait que + indicatif ou subjonctif, sans qu'on observe aucune nuance.

Le fait qu'il ne m'ait pas remarquée m'est insupportable.

Le fait qu'il ne m'a pas remarquée m'est insupportable.

 

12-Ce n'est pas/point que, mise en relief de la négation ne pas ou ne point + subjonctif

Je ne suis pas sourde à tes menaces.

> Ce n'est pas que je sois sourde à tes menaces.

Je ne t'en veux pas.

> Ce n'est pas que je t'en veuille, tu peux me croire.

On peut trouver aussi l'indicatif.

Ce n'est pas que je t'en veux.

 

13-La tournure négative entraîne la plupart du temps un subjonctif, même dans le cas d'une constatation, d'une certitude, d'une probabilité.

Je ne crois pas qu'il ait menti.

Ou bien : Je ne crois pas qu'il a menti. Indicatif

Il n'est pas vraisemblable qu'il m'ait trompée.

Il n'est pas vraisemblable qu'il m'a trompée. 

> Indicatif. On s'appuie ici sur la réalité des faits.

Croyez-vous que la vie soit un lit de roses ?

Croyez-vous que la vie est un lit de roses ?

> On a dans ce cas la preuve qu'elle ne l'est pas.

Je ne crois pas que je sois (suis, serais) capable de l'affirmer

 

14-Après le verbe dire à la forme négative 

Je ne dis pas que vous soyez (êtes) insincère, mon ami.

Tournure négative de dire à la première personne, subjonctif fréquent.

Cela ne veut pas dire que vous mentiez toujours.

Subjonctif après vouloir dire ou pouvoir dire à la forme négative.

 

15-Ignorer que, il n'empêche que, je veux bien que, le hasard veut que, le malheur veut que, se construisent avec l'indicatif, rarement avec le subjonctif.

J'ignore que ce soit (c'est) possible.

On peut employer le subjonctif quand ignorer est affirmatif.

Sa pauvre épouse ignorait qu'il se fût (s'était) déjà marié quatre fois !

Dans des phrases au passé.

 

16-Oublier que, subjonctif rare.

Elle avait oublié que la mort existait. indicatif

Elle avait oublié que la mort existât.

Littéraire, temps passé.

 

17-De ce que suivi du subjonctif ou de l'indicatif.

Je me plaignais de ce qu'il n'agît pas (n'agit pas, n'agissait pas, n'avait pas agi) comme je le voulais.

Elle se réjouit fort de ce que vous lui fassiez (faites) la cour.

Nous nous indignons de ce que tout aille (va) mal. 

 

18-Le verbe espérer :

Phrases affirmatives > indicatif

J'espère qu'il viendra ce soir.

J'espérais qu'il viendrait.

Concordance des temps, on a le conditionnel présent (dit futur du passé)

> Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur (et f. antérieur) du passé - Le futur (et f. antérieur) hypothétique

J'avais espéré qu'il serait venu. Conditionnel passé ou futur antérieur du passé.

Phrases interrogatives ou négatives > subjonctif 

Je n'espère pas qu'il vienne.

Je n'espérais pas qu'il vînt.

Mais on trouve aussi : Je n'espère pas qu'il viendra.

Je n'espérais pas qu'il viendrait.   

Impératif négatif > subjonctif

N'espère pas qu'il vienne !

 

19-L'impératif n'existe qu'avec trois personnes :

Pars ! Partons ! Partez !

Pour les personnes manquantes, on utilise que + sujet + verbe au subjonctif.

Dans les phrases injonctives, le subjonctif introduit par que permet d'exprimer un ordre, une interdiction, un souhait tout comme l'impératif.

Qu'elles obéissent !

Qu'il sorte immédiatement !

Que ces gens s'en aillent et ne reviennent jamais !

Que la lumière soit !

Que ces malotrus aillent se faire pendre !

 

20-Dans les conjonctives sujet (subjonctif) - complétives

Que tu sois revenu ne m'étonne guère.

Une subordonnée complétive est une proposition nécessaire qui complète la proposition principale. Elle peut être sujet, complément d'objet direct ou attribut.

21-Dans les exclamatives (subjonctif)

Qu'il eût été ravi de vous rencontrer !

 

22-On peut avoir des expressions figées avec le subjonctif

Sauve qui peut ! (= Que celui qui peut se sauve !)

Advienne que pourra !

Vive la France !

Coûte que coûte !

Vaille que vaille !

Comprenne qui pourra !

Soit dit entre nous, ...

 

23-Phrase averbale (proposition principale sans verbe)

Inutile qu'on lui fasse mal.

 

24-Le subjonctif exprime une hypothèse qu'on rejette.

Moi, qu'on me dise un tel mensonge !

Lui, qu'il ait fait cela !

Toi, qu'on te mette en prison !

 

25-Forme impersonnelle (sujet il) dans la proposition principale, subjonctif dans la complétive.

Il est possible que tu puisses un jour me regarder.

Il se peut qu'on rie à vous entendre.

Une subordonnée complétive

 

26-Une supposition que, supposition que + subjonctif

Une supposition que tu aies envie de réussir, tu bosses, tu réussis.

 

27-Pourvu que + subjonctif

Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé !

Pourvu qu'il n'aille rien arriver à ces deux enfants !  

(aille : verbe aller semi-auxiliaire indiquant le futur proche, subjonctif, littéraire)

 

28-subjonctif après prendre garde, faire attention

prendre garde à ce que, faire attention à ce que

Prenez garde qu'on ne vous voie.

Prenez garde qu'on vous voie. Rare sans le ne explétif

Prenez garde qu'on ne vous voie pas.

 

29-Le subjonctif optatif

Le mode optatif est le mode des espoirs des souhaits et des désirs (désidératif). Il est exprimé le plus souvent au subjonctif.

Plaise / Plût à Dieu qu'Il vous entende !

À Dieu ne plaise !

Ce qu'à Dieu ne plaise, sous-phrase incidente.

Dans le cas où il viendrait à disparaître, ce qu'à Dieu ne plaise, ma destinée en serait bouleversée.  

Que votre volonté soit faite !

Puissiez-vous arriver à temps !

Puisse au subjonctif avec le sujet postposé exprime un souhait et il peut être conjugué aux différentes personnes.

Puissé-je, puisse-t-il (elle), puissiez-vous, puissions-nous, puissent-elles (ils)

> Ne pas confondre : je peux, je puis, je pus, je puisse, je pusse - puis-je, puissé-je ou puissè-je..

 

30a-Expressions figées, que je sache. pas que je sache.

Vous n'allez pas mourir demain, que je sache.

     -Tu vas l'épouser ?

1- Non, pas que je sache. 

2- Non pas, que je sache. (ici on appuie sur non pas, et on fait une pause après non pas.)

Pour en savoir +

>Je ne sache pas que... que je sache...

 

30b-Je ne sache pas = je ne sais pas, le sens est atténué (litote)

Je ne sache pas qu'on vous veuille/ait voulu du mal. 

Rarement : on ne sache pas, nous ne sachions pas, je n'en sache pas.

Vous me parlez de ce mariage, je n'en sache pas de plus malvenu.

Toujours le subjonctif après je ne sache pas que.

Je ne sache pas qu'il faille tout connaître !

 

31-Non (pas) que, ce n'est pas que 

Ce n'est pas que je te fasse peur, par exemple ? (fais, ferais)

Non que j'eusse la moindre intention d'être désagréable avec vous, je voulus néanmoins vous faire comprendre le fond de ma pensée.

Non pas que je sois (suis) méchante, mais je lui fais ce que je veux.

Pour en savoir +

> Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que

 

32-Le moyen que + subjonctif

"Vous la retrouverez, n'est-ce pas ?

- Le moyen que j'y parvienne ?"

 

33-Les tours : d'où vient que (idée de cause) / de là vient que

D'où vient que vous vous soyez (êtes) mariés si vite ?

 

34-Le subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé deuxième forme (littéraire)

Qu'elle eût été heureuse de vous rencontrer !

 Qu'elle aurait été heureuse !

Que je me fusse pâmée de douleur en entendant une telle nouvelle !

 Comme je me serais pâmée !

J'eusse aimé vivre avec vous, mon Prince.

 J'aurais aimé vivre avec vous.

 

35-Même chose pour :

On eût dit = on aurait dit  

On eût dit du Brahms.  

On eût dit un parfum de jasmin.      

 

36-ATTENTION ! Il ne faut pas confondre le passé antérieur de l'indicatif avec le plus-que parfait du subjonctif. 

Comment se fait-il qu'il ne l'eût pas embrassée ? subjonctif

Comment ne l'eût-il pas reconnue ? = Comment ne l'aurait-il pas reconnue ? conditionnel passé

Il me prit dans ses bras aussitôt que je fus apparue.

Passé antérieur, l'action passée est antérieure à l'autre action passée.

À peine m'eut-il vue qu'il partit en courant.

Passé antérieur

 

37-Venir en tête de phrase

Viennent les temps difficiles et je me résoudrai à travailler.

Vienne un tsunami, je me noie.

 

38-Locutions conjonctives marquant le temps, avant que, en attendant que, jusqu’à ce que...

J'attends votre réponse jusqu'à ce que vous preniez une décision.

Il part avant que je le lui permette. Quel affreux Jojo !

Il est parti avant que je le lui aie permis. C'est un comble !

Il partit avant que je le lui eusse permis. Le croiriez-vous ?

> Mais on a l'indicatif après après que.

 

Il part après que je le lui ai permis. Passé composé

Il est parti après que je le lui avais permis. Plus-que-parfait de l'indicatif

Il partit après que je le lui eus permis. Passé antérieur

Il partira après que je le lui aurai permis. Futur antérieur

On entend de plus en plus souvent employer le subjonctif après après que.

 

39-Lorsque les faits sont simultanés, on emploie comme, pendant que, tandis que, en même temps que, tant que, alors que.

Ces locutions admettent l'indicatif. Voir (+)

 

40-Subjonctif après d'ici que, d'ici à ce que, de là à ce que

D'ici à ce que nous nous reparlions, les poules auront des dents.

> Ne pas confondre les locutions conjonctives de temps : de là à ce que, d'ici à ce que, et d'ici que.

 

41-Rare : devant que

Il passera de l'eau sous le pont devant que ce soit raconté.

 

42-Rare, régional : jusqu'à tant que, jusqu'à temps que.

Je ne sortirai pas de chez moi jusqu'à tant que le soleil revienne.

L'Académie admet jusqu'à temps que. Grevisse  admet jusqu'à tant que.
 

43-Loin que, aussi loin que, d'aussi loin que, du plus loin que, bien loin que + subjonctif

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu être comédienne.

Loin que mes amis m'eussent aidée, c'est mon pire ennemi qui se porta à mon secours.

Bien loin qu'ils aient le droit d'enfreindre les lois, ils se dresseront contre l'injustice.

> Loin que, aussi loin que, d'aussi loin que, du plus loin que, bien loin que

 

44-Locutions conjonctives marquant le but, afin que, pour que, de crainte que, de peur que. + subjonctif

Je parle haut pour qu'il m'entende bien.

Je l'ai menacé de crainte qu'il ne me dénonce. Ne explétif

Je le menaçai de crainte qu'il ne me dénonçât.

 

45-a-Locutions conjonctives marquant la conséquence ou le but.

De (telle) manière que, de (telle) façon que, de telle) sorte que, si bien que, entraînent une conséquence soit qu'elle se réalise, soit qu'elle soit réalisée, ou non .

Si elle est réalisée, c'est l'indicatif, ou le subjonctif.

Si elle ne l'est pas, c'est le subjonctif.

Elle a obéi de sorte que je n'ai rien eu à lui reprocher / Elle a obéi de sorte vous n'avez rien eu à lui reprocher.  Indicatif

Elle obéira toujours de telle sorte que je n'aie rien à lui reprocher / Elle obéira toujours de telle sorte que vous n'ayez rien à lui reprocher. Subjonctif

Je me poussai de côté de façon qu'il pût (put) passer sans encombre.

Je me suis poussé de côté de telle façon qu'il pouvait (puisse, a pu, ait pu) passer.

 

45-b Dans des propositions subordonnées relatives comportant une conséquence.

Je choisis un siège bien moelleux qui me soit confortable.

Tu ne fais vraiment rien qui me dise que tu tiens à moi.

 

46-De façon à ce que, de manière à ce que, locutions courantes dans la littérature du XIXe s. Peu usitées aujourd'hui. Elles marquent le but.

Prenez votre ombrelle de façon à ce que vous ne soyez pas prise au dépourvu en cas de soleil. 

 

47-Sans que + subjonctif

a-La cause ou la conséquence attendue ne se réalise pas, ne s'est pas réalisée, ou ne se réalisera pas.

Il a égorgé le cochon sans que le pauvre animal ait poussé un seul cri. Étonnant non ?

Remarque : si le sujet de la principale est le même que celui de la subordonnée, on met un infinitif.

Il a égorgé le cochon sans pousser un seul cri. Ici c'est l'égorgeur qui n'a pas poussé de cris. Encore plus étonnant, non ?

On peut accompagner sans que d'un ne explétif : sans qu'il n'ait poussé un seul cri. 

L'Académie n'approuve pas. Voir > NE explétif

b-Concession négative

Il est très en colère sans qu'on s'en doute. (bien qu'on ne s'en doute pas)

> Sans que

 

48- Une conjonction quoique, et des locutions conjonctives ou pronominales marquant la concession, bien que, si... que, aussi... que, pour... que, quoi que..., quel (quels, quelle, quelles)... que, quelque... que, encore que. > Liste

On trouve le subjonctif dans toutes subordonnées concessives même quand le verbe de la subordonnée exprime un fait réel.

Sauf avec Tout... que : voir le § 49

 

Pour petite qu'elle soit, elle n'en est pas moins ma préférée.

Aussi tard que tu viennes, il restera des sandwichs pour toi.

Je ferai ce que j'aurai décidé quoi que tu en dises.

Je le ferai quoique tu ne sois pas d'accord avec moi.

Pour ne pas confondre quoi que avec quoique on remplace par bien que qui est synonyme de quoique. On ne peut pas remplacer quoi que par bien que.

Quelque envie de t'embrasser que j'aie, je me retiendrai.

Quelle envie de t'embrasser que j'aie, je me retiendrai. (vieux, littéraire)

Quels que soient tes arguments, je ne changerai pas d'avis.

Si intelligente que tu sois, tu n'es pas parvenue à résoudre ce problème.

Tu restes avec moi encore que je ne sois pas arrivé tout à fait à te convaincre que je t'aime vraiment.

La subordonnée introduite par encore que suit la principale et exprime une réserve par rapport à la principale.

Il peut y avoir arrêt de la voix en fin de principale, et le tiret comme signe de ponctuation.

J'ai invité ton amie encore que j'aie bien hésité à le faire.

 

49-Le subjonctif est donc dans les subordonnées de concession, sauf dans la subordonnée avec tout... que

Mais on peut avoir aussi le subjonctif.

Tout niais qu'il était, il n'en gagnait pas moins toujours aux échecs. Tout niais qu'il fût...

 

50-Malgré que est une locution critiquée, sauf dans l'expression malgré que j'en aie ( = malgré moi), malgré qu'il en eût ( = malgré lui).

On entend de plus en plus malgré que dans la langue orale. On le rencontre dans des textes littéraires.

Préférer bien que à malgré que.

 

51-Très rare : quand même que, en dépit que, en dépit de ce que, en dépit du fait que.

 

52-Locutions conjonctives marquant la condition, à moins que, pour peu que, pourvu que... + subjonctif

Nous ferons tout pour réussir à moins que les embûches ne soient insurmontables.

Tu y arriveras, pour peu que tu le veuilles.

Je serai contente, pourvu que je te voie.

 

53-Pour autant que, autant que + subjonctif

Le film était intéressant, (pour) autant que je puisse (puis) en juger.

Elle n'a pas passé son bac, pour autant que je sache.

 

54-Rare : dans le cas que, pour le cas que

Dans le cas que tu eusses (aurais) quelque mission urgente, tu me l'eusses (aurais) fait savoir.

 

55-En admettant que, en supposant que, supposé que, à supposer que + subjonctif

Supposé que vous soyez choisie comme présidente, nous demanderons tous à voir ce dont vous êtes capable.
 

56-Sous (la) condition que, à (la) condition que, moyennant que (subj ou ind)

Il pourra rester ici à la condition qu'il se tienne (tiendra) tranquille.

Je veux bien qu'on m'interviewe moyennant qu'on floute (floutera) mon visage et qu'on ne dise (dira) pas mon nom. 

 

57-Expressions qui contiennent les mots cas, éventualité, hypothèse, on met le conditionnel, l'indicatif, parfois le subjonctif.

Viens me voir dans le cas où tu (aurais, as) aies besoin de moi.

Ils s'achetèrent une piscine en cas qu'il leur (aurait plu, avait plu) eût plu d'apprendre à nager.

Je te ficelle soigneusement dans l'hypothèse où tu (prendrais, prends) prennes l'envie de te sauver.

Vous le ferez au cas où je ne le (ferais, fais) fasse pas. 

à noter :

Rare : dans le cas que, pour le cas que

Dans le cas que tu eusses (aurais) quelque mission urgente, tu me l'eusses (aurais) fait savoir.
 

58-Si

Après si, conjonction de subordination de condition on peut avoir :

-le présent de l'indicatif

Si tu t'en vas, je pleure / je ne le supporterai pas.

-l'imparfait de l'indicatif

Si tu t'en allais, je le supporterais très bien.

-le plus-que-parfait de l'indicatif

Si tu étais parti, je ne m'en serais pas plus mal portée.

-le plus-que-parfait du subjonctif  

Si tu fusses resté, tout eût été pour le mieux.

59-Après la conjonction de subordination si ou la locution conjonctive comme si, on peut remplacer un plus-que-parfait de l'indicatif, par un plus-que-parfait du subjonctif. Langue soignée.

Si j'eusse étudié plus, qu'eussé-je retenu ?

= Si j'avais étudié plus, qu'aurais-je retenu ?

Tu combattis comme si tu eusses été un héros.

= Tu as combattu comme si tu avais été un héros.

 

60-Que remplaçant si

Si l'on a plusieurs subordonnées conditionnelles coordonnées, la première commençant par si, les autres propositions peuvent commencer par que dans le sens de si. On met dans ces propositions les verbes au subjonctif (langue soignée).

Si vous venez me voir demain et que vous me suppliiez d'accepter vos propositions, je n'hésiterai pas à vous mettre à la porte.

S'il voulait me faire céder et qu'il m'y obligeât  par la force, je serais contrainte de renoncer à le revoir.

On peut aussi mettre le verbe à l'indicatif. 

Si je t'attends trop longtemps et que tu viens (viennes) une heure plus tard, je te ferai des reproches.

 

61-Comme si dans une phrase exclamative

Comme si la vie était un long fleuve tranquille et que je devais (doive, dusse) tout accepter de toi !

> et qu'il me fallait (faille, fallût) tout accepter de toi !

 

62-Si... il est à craindre que + subjonctif + ne explétif

Si vous agissez ainsi, il est à craindre que vous n'essuyiez un retour de bâton.

 

63-Fussé-je, eussé-je, dussé-je  (Pour en savoir +)

Fussè-je, eussè-je, dussè-je  

fût-il, eût-il

fussent-ils

= même si j'eusse, il eût, ils eussent...Littéraire

Dût-il me quitter, je n'en aurais pas fait tout un plat.

= Même s'il avait dû...

fût-ce est plus courant.

J'aurais parlé ainsi, fût-ce au roi lui-même.

 

64-Si tant est que exprime une supposition mais elle est douteuse. Subjonctif ou indicatif

Votre courage, si tant est que vous en ayez (avez), vous fera probablement gagner la partie.

 

65-On remarque une tendance à faire suivre du subjonctif selon que, suivant que.

Vous réussirez selon que vous ayez (aurez) de la chance dans la vie.

Le subjonctif n'est pas courant après dans la mesure où.

Vous ne pouvez pas plaire aux filles dans la mesure où vous ne faîtes (fassiez) aucun effort pour leur être agréable. 

 

66-Sauf que, hors que, hormis que + subjonctif

J'accepterai tout de toi, sauf que tu partes.

 

67-Sauf à ce que + subjonctif

Sauf à ce que ma voiture n'ait décidé de me faire tourner en bourrique avec ses pannes répétées, il n'y a pas la moindre chance que je prenne le train.

 

68-Quitte à ce que + subjonctif

sens proche : > Même si

Je t'emmènerai avec moi quitte à ce que tu me fasses honte avec ta tenue gothique.

 

69-Gare que, attention que + subjonctif

Si vos idées féministes vous plaisent, madame, gare que demain elles (ne) puissent se retourner contre vous.

Le ne explétif est rare après gare que.

Si vous ne cessez pas de m'importuner, attention que bientôt je ne me fâche. 

 

70-L'expression de l'alternative avec les locutions conjonctives suivies du subjonctif soit que... soit que/ou que/ou encore que...  

Rien n'a désormais d'importance, soit que tu partes, soit que tu restes.

 

71-Dans une relative, on a le plus souvent le subjonctif quand l’antécédent s'accompagne d'un superlatif relatif (le plus..., le moins..., le mieux, le pire, le pis, le moindre) ou d'un adjectif ayant une valeur de superlatif comme seul, unique, premier, principal, dernier...

C'est la pire chose qu'il ait jamais vécue.

C'est la moindre (la plus petite) excuse que vous puissiez dire.

 

On emploie le subjonctif quand "l'antécédent est sélectionné parmi un ensemble de possibles."

L'indicatif "établit une présupposition d'existence".

 

72-Une proposition dépendant d’un verbe au subjonctif peut avoir, corrélativement, son verbe au subjonctif.

Bien que vous sachiez que nous ne puissions (pouvons) pas venir, vous continuez à insister, c'est fâcheux !

 

LA CONJUGAISON

>>> La conjugaison du subjonctif -  §73 et suivants

Comment déjouer ses difficultés

 

 

Récapitulation des articles sur le subjonctif

voir aussi :

 

Conjonctions de sub. et locutions conjonctives classées : cause conséquence but temps condition comparaison concession exception proportion manière conformité supposition addition alternative

Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

>> Retour au début de l'article

 

*Que vous soyez puissant ou misérable...

Cf. La Fontaine, bien sûr.

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 06:20

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Les mauvaises manières de parler

Barbarismes* et solécismes* d'aujourd'hui

et quelques fautes que l'on écrit

1re partie

 

QUIZ 30

Sommaire de l'article :

Lisez ci-dessous les fautes qu'on entend, qu'on lit,

qu'on dit peut-être, et corrigez.

Épigramme sur quelques mauvaises manières de parler,

de Clément Marot.

Compère Guilleri

 

Un barbarisme est une faute de langage (par exemple lorsque le mot employé n'existe pas), le solécisme est une faute de syntaxe.

 

Les phrases suivantes contiennent des barbarismes.

La correction et les explications suivent.

 

1-Nous avons convenu de nous rencontrer à cinq heures.

 

2-Nous avons fait une escalade dangereuse et nous avons rencontré beaucoup d'aléas.

 

3-Et bien, tu as eu raison !

 

4- J'ai tombé dans les escaliers et j'ai échappé mes pommes de terre. Quel fracas !

 

5-J'ai cassé ma tasse, je l'ai faite tomber.

 

6-Tu avais pris ta valise ? - Oui, je suis parti avec.

 

7-Ça va mal se finir.

 

8-T'as pas dix balles ?

 

9-Je reviens de suite.

 

10-J'espère qu'il vienne.

 

11-Si j'aurais su, j'aurais pas venu.

 

12-Yaka y aller.

 

13-T'es fini.

 

14-T'es où ?

 

15-Il est parti très loin, au diable vert.

 

16-Rappelez-le à mon bon souvenir.

 

17-Je me rappelle de vous avoir vu.

 

18-Vous rappelez-vous de Monsieur Strauss ?

Vous rappelez-vous de lui ?

Je me rappelle de vous

Vous vous rappelez de moi.

 

19-C'est tout ce dont je me rappelle.

Voici ce dont je me rappelle.

 

20-Il se rappelle de son enfance.

 

21-Amène-moi une bouteille !

 

22-Amène-moi la ! Allez ! Donne-moi la !

 

23-J'ai fait une ratatouille pour cinq à six personnes.

 

24-Je ne lui ai pas répondu après qu'il m'ait parlé.

 

25-Je parle, tu te tais, ceci n'est pas normal.

 

26-Je ne t'en voudrai pas malgré que tu partes.

 

27-Nous devrons pallier à ces difficultés.

 

28-Nous irons au coiffeur, au docteur, au dentiste...

 

29-La voiture à papa, la tournée à Zazie.

 

30-J'ai dû payer une somme conséquente.

 

31-Aussi bizarre que cela vous semble, je ne vous reconnais pas.

 

32-Elle hésite entre deux alternatives : le quitter ou continuer à le supporter.

 

33-Je me demande qu'est-ce que tu fais.

 

34-Mais où as-tu laissé la clef ? - Après la porte.

 

35-Je te serai gré d'être poli.

 

36-Au jour d'aujourd'hui.

 

37-Ce gâteau brûlé me fit accroire que vous êtes mauvaise cuisinière.

 

38-Elle s'est en allée trop tôt.

 

39-Il n'est pas très causant.

 

40-Ce magasin est bien achalandé : que de choses y sont à vendre !

 

41-J'ai vu votre cousine hier. Je vous en ai parlé ? Je la trouve bien jolie.

 

42-Toutes les prévisions qu'il a faites se sont avérées fausses.

 

43-J'ai retrouvé hier l'almanach [almanak] Vermot de ma grand-mère, on y trouvait un calendrier où les jours des Saints évoquaient la météo pour les travaux des champs : la Sainte-Catherine tout bois prend racine. "

Saint-Servais, Saint-Pancrasse, Saint-Mamert, Saint-Médard, Saint-Hilaire, Saint-Vincent, Saint-Paul et bien d'autres, avaient-ils donc quelque chose à nous dire ?

 

44-L'amour a anobli son coeur.

 

45-Mon génycologue a d'autant mieux d'argent qu'il thésaurise.

 

46-Mais je me suis basée sur ce que vous m'aviez appris !

 

47-Tu n'as donc pas fini de bâiller aux corneilles.

 

48-Vous direz bien le bonjour à votre dame !

 

49-Comment qu'on vous cause !

 

50-Il a dû faire des coupes sombres dans son budget. Récession oblige !

 

51-L'avez-vous entendu m'agoniser d'injures ?

 

52-Il parle comme une vache espagnole.

 

53-Il a une mine pas tibulaire mais presque.

 

54-Pourquoi est-ce que tu te suspens à mon bras ?

 

55-C'est pain béni.

 

56-Elle a dit une parole bien ambigüe.

 

57-Au temps pour moi ou autant pour moi ?

 

58-Quel acceuil j'ai eu, lorsqu'elle a vu les fleurs que j'avais ceuillies pour elle !

 

59-J'ai fait une ballade en forêt.

 

60-Si tu viens, je te donnerais des pommes.

 

61-Si tu venais, je t'en donnerai.

 

62-Cette belle dame a bien des appâts.

 

63-Il avait pourtant travaillé assidument !

>> Retour au début de l'article

 

On se corrige !

 

1-Nous avons convenu de nous voir à cinq heures.

Nous sommes convenus de nous rencontrer à cinq heures. 

 

Convenir se conjugue avec l'auxiliaire être :

>>quand il signifie s'entendre sur une chose.

Nous étions convenus que nous nous verrions le lendemain.

Ils sont convenus du prix de cette marchandise, et de la manière d'en faire la publicité.

>>quand il signifie s'accorder.

J'étais convenu avec tous mes professeurs, ce qui était une gageure. (Prononcer gajure)

Les hommes présents à l'événement ne sont pas convenus sur le mérite de cette femme héroïque. 

>>quand on reconnaît une vérité.

Nous étions convenus de nos devoirs de citoyens.

Il était convenu que la chose existait vraiment.

(Dans la subordonnée introduite par que on a l'indicatif si la principale est affirmative, le subjonctif si elle est interrogative ou négative).

Les astro-physiciens sont-ils convenus que les astéroïdes soient une menace pour notre terre ?

>>être conforme en parlant des choses.

Vos manières ne sont jamais convenues avec celles de ma fille

 

Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir

>>quand il signifie convenable à, être propre à

Cette vie ne m'aurait jamais convenu.

La tristesse qu'il éprouvait avait convenu à son caractère neurasthénique.

>>être à la convenance

Ces décisions m'ont convenu.

 

Remarque

L'usage fait qu'on tend à employer aujourd'hui l'auxiliaire avoir dans tous les cas 

Se convenir, vb pronominal

>>quand il signifie se plaire, s'accepter

Leurs caractères se sont convenu parfaitement.

Nous nous sommes plu et convenu dès que nous nous sommes rencontrés.

On remarque que les participes passés convenu et plu sont invariables (pas de cod).

2-Nous avons fait une escalade dangereuse et nous avons rencontré beaucoup d'aléas.

beaucoup de difficultés. Aléas ne signifie pas difficultés ou embûches mais hasard. Aléa s'emploie au singulier ou au pluriel, le plus souvent au pluriel. Ex. Il y a trop d'aléa (trop d'aléas) dans ce que vous allez entreprendre.

 

3-Et bien, tu as eu raison !

Eh bien, tu as eu raison ! 

 

4- J'ai tombé dans les escaliers et j'ai échappé mes pommes de terre. Quel fracas !

Je suis tombé(e) dans l'escalier et mes pommes de terres m'ont échappé / ou j'ai laissé tomber mes pommes de terre.

Échapper = cesser d'être tenu, ou bien laisser tomber, tournure vieillie.

Voir "Le Trésor" sur le site du Cnrtl 

Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Littéraires.

 

5-J'ai cassé ma tasse, je l'ai faite tomber.  

Je l'ai fait tomber. Le participe passé fait suivi d'un infinitif est invariable.

 >L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ

 

6-Tu avais pris ta valise ? - Oui, je suis parti avec.

avec elle.

 

7-Ça va (bien ou mal) se finir.  

ça va bien ou mal finir / ça va bien ou mal se terminer.  

Se finir à la forme pronominale de sens passif est très rare.

 

8-T'as pas dix balles ?  

Tu n'as pas...  N'as-tu pas... N'aurais-tu pas... à me prêter ? Pourrais-tu me prêter... s'il te plaît ?

La politesse se serait-elle à ce point perdue ? 

 

9-Je reviens de suite.  

tout de suite

 

10-J'espère qu'il vienne.  

qu'il viendra.

Voir les cas où l'on emploie l'indicatif ou le subjonctif après espérer.

>Espérer que - J'espère que, je n'espère pas que, espérez-vous que...

 

11-Si j'aurais su, j'aurais pas venu !

Si j'avais su, je ne serais pas venu.

Célèbre phrase du petit Gibus dans le film "La Guerre des Boutons" d'Yves Robert sorti en 1962.

Si j'aurais su : pas le conditionnel dans la subordonnée de condition introduite par si.

j'aurais pas venu : le verbe venir se conjugue avec l'auxiliaire être aux temps composés.

> Si + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

12-Yaka y aller. 

Il n'y a qu'à y aller.

 

13-T'es fini.  

Tu es mort ! (ou autre)

 

14-T'es où ?  

Où es-tu ?

 

15-Il est parti très loin, au diable vert.  

Au diable Vauvert.

 

Je lis sur le Littré en ligne :

 Étymologie.-Saint-Foix (Essais sur Paris) raconte que, sous le règne de saint Louis, des chartreux, possesseurs à Gentilly d'une très belle maison qu'ils tenaient de ce prince, et mis en appétit par ce cadeau, s'avisèrent de convoiter le château abandonné de Vauvert, bâti autrefois par le roi Robert dans la rue qu'on nomme aujourd'hui rue d'Enfer, et qu'ils voyaient de leurs fenêtres. Le demander sans aucune raison valable, c'eût été s'exposer à un refus, même de la part du pieux monarque. Les moines préférèrent employer la ruse ; à leur commandement une légion d'esprits peupla le château, dont personne n'osa bientôt plus s'approcher ; et, comme on le pense bien, le roi fut, un beau jour, enchanté de trouver les bons pères, pour se débarrasser de cette maudite propriété qu'ils se chargeaient bravement de disputer aux revenants. Telle est l'origine du diable de Vauvert ou diable Vauvert. Vauvert est val vert, vallée verte.

 

16-Rappelez-le à mon bon souvenir.  

Rappelez-moi à son souvenir. Formule de politesse dont on se sert soit en parlant, soit en chargeant quelqu'un de transmettre ce témoignage. (Littré)

 

17-Je me rappelle de vous avoir vu.  

Cette phrase est correcte mais le tour est vieilli. Je me rappelle vous avoir vu.

 

18-Vous rappelez-vous de Monsieur Strauss ?

Vous rappelez-vous Monsieur Strauss ?

 

La tournure avec de est obligatoire avec un pronom.

Cette tournure familière est sujette à controverse.

Vous rappelez-vous de lui ?

Je me rappelle de vous.

Vous vous rappelez de moi.

Il est correct de dire :

Vous souvenez-vous de lui ?

Je me souviens de vous.

Vous vous souvenez de moi.

 

19-C'est tout ce dont je me rappelle.

Voici ce dont je me rappelle : ...

C'est tout ce que je me rappelle.

Voici ce que je me rappelle : ...

 

20-Il se rappelle de son enfance.

Il se rappelle son enfance.

 

21-Amène-moi une bouteille !

Apporte-moi une bouteille !

 

22-Amène-moi la ! Allez ! Donne-moi la !

Apporte-la moi ! Allez ! Donne-la moi

  23-J'ai fait une ratatouille pour cinq à six personnes.

pour cinq ou six personnes

 

24-Je ne lui ai pas répondu après qu'il m'ait parlé.

après qu'il m'a parlé, pas de subjonctif après "après que". Voir les emplois du subjonctif, § 38

 

25-Je parle, tu te tais, ceci n'est pas normal.

cela n'est pas normal.

CECI annonce ce qu'on dit ou écrit, CELA résume.

 

26-Je ne t'en voudrai pas malgré que tu partes.

bien que tu partes.

Voir malgré que dans Les emplois du subjonctif paragraphe 50

 

27-Nous devrons pallier à ces difficultés.

pallier ces difficultés.

 

28-Nous irons au coiffeur, au docteur, au dentiste...

chez le coiffeur, chez...

 

29-La voiture à papa - 

la voiture de papa.
La Tournée à Zazie : on peut supposer que le barbarisme est voulu, effet de style !

 

30- J'ai dû payer une somme conséquente.

considérable, importante.

 

31-Aussi bizarre que cela vous semble, je ne vous reconnais pas.

Cette phrase est correcte. on peut dire aussi :

= Si bizarre que cela vous semble...

 

Aussi... que = si... que (concession)

Aussi... que, dans ce sens, est ancien, et il est fort répandu aujourd'hui alors que je l'ai vu dénoncer comme barbarisme dans certains sites en ligne. L'Académie l'admet et le Grevisse aussi.

 

32-Elle hésite entre deux alternatives : le quitter ou continuer à le supporter.

Elle hésite entre deux partis, elle hésite devant une alternative.

 

33-Je me demande qu'est-ce que tu fais.

Je me demande ce que tu fais. C'est une interrogation indirecte, la proposition principale est "je me demande". L'interrogation directe serait "qu'est-ce que tu fais ?"

 

34-"Mais où as-tu laissé la clef ?

- Après la porte."

sur la porte.

 

35-Je te serai gré d'être poli.

Je te saurai gré d'être poli. (savoir gré)

 

36-Au jour d'aujourd'hui.

Aujourd'hui suffit.

Il faut savoir que "hui" anciennement signifiait aujourd'hui.

 

37-Ce gâteau brûlé me fit accroire que vous êtes mauvaise cuisinière.

me fit croire.

On trompe les autres en leur faisant accroire des choses fausses - on fait croire, on persuade les autres qu'une chose est vraie.

Voir l'article sur les verbes défectifs

 

38-Elle s'est en allée trop tôt.

Elle s'en est allée trop tôt.

 

39-Il n'est pas très causant.

Il n'est pas très bavard, pas très loquace. 

 

40-Ce magasin est bien achalandé : que de choses y sont à vendre !

achalandé veut dire qu'il y a beaucoup de clients, on confond le mot avec fourni, approvisionné.

 

41-J'ai vu votre cousine hier. Je vous en avais parlé ? Elle est bien jolie.

Je vous avais parlé d'elle ? Le pronom personnel "en" ne peut pas remplacer une personne.

 

42-Toutes les prévisions qu'il a faites se sont avérées fausses.

Elles se sont révélées fausses.  

Avérer, s'avérer : 

a-Avérer s'emploie le plus souvent à la forme pronominale s'avérer bien que le verbe transitif existe mais soit d'un usage vieilli.

b-S'avérer non suivi d'un attribut est rare.

Les faits décrits s'avèrent = apparaissent comme vrais, se montrent dans la réalité après vérification)

c-On dit :

Les conséquences de son acte se sont avérées désastreuses.

(désastreuses attribut de se)

Ce que vous me dites là s'avère du plus grand intérêt.

J'ai vérifié le sens du mot s'avérer et il s'avère qu'il n'est pas d'un usage facile.

d-Ne pas dire : s'avérer vrai (pléonasme), s'avérer faux, s'avérer exact, s'avérer inexact.

Le mot avérer vient de vrai.

 

43-J'ai retrouvé hier l'almanach [almanak] Vermot de ma grand-mère, on y trouvait un calendrier où les jours des Saints évoquaient la météo pour les travaux des champs : "À la Sainte-Catherine tout bois prend racine. "

Saint-Servais, Saint-Pancrasse, Saint-Mamert, Saint-Médard, Saint-Hilaire, Saint-Vincent, Saint-Paul et bien d'autres, avaient-ils donc quelque chose à nous dire ?

1 Almanach se prononce [almana] pas [almanak].

Voir : Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure, almanach, handball, imbroglio, mas, tomber dans le lacs, abasourdi, Auxerre, Bruxelles, Cassis...

2 le nom des Saints n'est pas séparé du mot saint par un trait d'union, Sainte Catherine, Saint Servais, etc.. Pour le nom des rues, des places, des villes, etc. On met un trait d'union. Ex. Saint-Étienne.  

Pour le nom des fêtes aussi, la Sainte-Catherine.

 

44-L'amour a anobli son coeur.

Il a ennobli son coeur. Ennoblir s'emploie pour la noblesse morale, anoblir s'emploie pour donner un titre de noblesse. Voir l'article sur les paronymes.

 

45-Mon génycologue a d'autant mieux d'argent qu'il thésaurise.

Mon gynécologue a d'autant plus d'argent qu'il thésaurise. Mieux est le comparatif de bien.

 

46-Mais je me suis basée sur ce que vous m'aviez appris !

Je me suis fondée.

 

47-Tu n'as donc pas fini de bâiller aux corneilles ?

bayer aux corneilles. Non, on ne bâille pas, mais on peut avoir quand même la bouche ouverte. 

Je t'ai baillé cent coups = je t'ai donné cent coups.

 

48-Vous direz bien le bonjour à votre dame !  

Vous direz bonjour à votre femme / à votre épouse, de ma part. 

 

49-Comment qu'on vous cause !

Comment on vous parle !

 

50-Il a dû faire des coupes sombres dans son budget. Récession oblige !

Des coupes claires.

 

51-L'avez-vous entendu m'agoniser d'injures ?

agonir d'injures.

Voir l'article sur les paronymes et le quiz

 

52-Il parle comme une vache espagnole.

comme un Basque l'espagnol.

 

53-Il a une mine pas tibulaire mais presque.

Cité dans la note des Délires n° 69

La Métanalyse, mauvaise interprétation du découpage des sons des mots, ce qui donne des mots nouveaux.

Exemple : Il avait une mine pas tibulaire mais presque. (au lieu de patibulaire) Coluche

On peut rapprocher cette distorsion lexicale de la paronymie (qui est proche de l'homonymie ou de l'homophonie) dans des expressions comme parler comme une vache espagnole au lieu de parler comme un Basque l'espagnol – être fier comme bar tabac, au lieu de  être fier comme Artaban – avoir une voix de centaure au lieu de Stentor...

Soit on peut jouer avec cette structure particulière, soit elle est le fruit de l'ignorance.

   

54-Pourquoi est-ce que tu te suspens à mon bras ?

Tu te suspends. Les verbes en DRE au présent de l'indicatif font ds, ds d. Les verbes en indre et soudre font s, s, t

La forme Pourquoi est-ce que est familière.

Pourquoi te suspends-tu...

 

55-C'est pain béni.

C'est pain bénit.

Littré : familièrement, C'est pain bénit se dit à propos d'une personne qui a bien mérité ce qui lui arrive.

béni(e) ou bénit(e) ?

Bénit se dit des choses ou des personnes sur lesquelles le prêtre a donné la bénédiction avec les cérémonies prescrites. Drapeaux bénits. Chandelles bénites. Pain bénit. Eau bénite.

Familièrement. C'est pain bénit, se dit à propos d'une personne qui a bien mérité ce qui lui arrive

Béni, qui a reçu la bénédiction de Dieu ou des hommes. Marie était bénie entre toutes les femmes. Enfant béni par son père. Ce roi est béni par son peuple. cf. Littré

 

56-Elle a dit une parole bien ambigüe.

ambigu, masculin, ambiguë, féminin. Le tréma se met sur le e. Comme exiguë, la ciguë etc.

(ambigüe, réforme de 1990)

 

57-Au temps pour moi ou autant pour moi ?

l'Académie donne "au temps pour moi". Mais ce n'est pas si simple et l'on rencontre souvent "autant pour moi"...

Voir le commentaire à la fin de l'article.

 

58-Quel acceuil j'ai eu, lorsqu'elle a vu les fleurs que j'avais ceuillies pour elle !

accueil, cueillies. Si l'on place le e après le c on a le son [s]

 

59-J'ai fait une ballade en forêt.

une balade. Une balade est une promenade. Une ballade est un poème.

 

60-Si tu viens, je te donnerais des pommes.

donnerai. Concordance des temps, le présent viens dans la subordonnée conjonctive introduite par si entraîne le futur donnerai dans la proposition principale.

 

61-Si tu venais, je t'en donnerai.

donnerais. L'imparfait de l'indicatif dans la subordonnée entraîne le conditionnel dans la principale, le conditionnel est ici le futur du passé (donnerais)

> Ne pas confondre futur et conditionnel - Je partirai Je partirais

 

62-Cette belle dame a bien des appâts.

des appas. Les appas éveillent et excitent les désirs.

Les vers, les mouches sont des appâts pour la pêche, pour appâter.

 

63-Il avait pourtant travaillé assidument !

assidûment.

> Les adverbes en -MENT - QUIZ 109

>> Retour au début de l'article

 

>> Suite des barbarismes et des solécismes

2e partie QUIZ 31

 

Si vous voulez en savoir +

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Verbes défectifs, pour peu qu'il vous en chaille !

Paronymie, paronomase >> quiz - plus de 50 paronymes :

agonir et agoniser, épitaphe et épigraphe...

 

Déjà au XVIe siècle, Clément Marot s'émouvait que l'on ne parlât pas notre belle langue comme on eût dû le faire et il nous le fit poétiquement savoir :

Sur quelques mauvaises manières de parler

Colin s’en allit au Lendit,
Où n’achetit ni ne vendit,
Mais seulement, à ce qu’on dit,
Dérobit une jument noire.
La raison qu’on ne le penda
Fut que soudain il réponda
Que jamais autre il n’entenda
Sinon que de la mener boire.

Et vous vous souvenez à coup sûr de la chanson enfantine que vous avez eu plaisir à chanter quand vous étiez tout petit, au temps où vous jongliez maladroitement avec les verbes au passé simple.

Compère Guilleri à écouter sur You Tube

 

*Définitions de barbarisme et de solécisme

Cf. Le Littré (extraits)

Barbarisme

"Faute contre la partie de la grammaire qui traite des espèces de mots, et, par extension, toute expression, toute locution qui viole la règle. Barbarisme de mots, celui qui tombe sur le mot lui-même en le dénaturant, comme : vous disez, au lieu de : vous dites. Barbarisme de phrase, celui qui consiste dans l'emploi d'une construction vicieuse, comme : nous repentons notre conduite, au lieu de : nous nous repentons de notre conduite"

"Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme." [Boileau, L'art poétique]

Solécisme

"Faute contre la syntaxe."

Syntaxe

"Terme de grammaire. Manière de joindre ensemble les mots d'une phrase et les phrases entre elles."

 

"Ce n'est pas assez d'avoir des mots pour chaque idée ; il faut encore savoir former, de plusieurs idées, un tout dont nous saisissions tout à la fois les détails et l'ensemble, et dont rien ne nous échappe ; voilà l'objet de la syntaxe", Condillac

Etienne Bonnot abbé de Condillac, philosophe, historien, grammairien.

 

>> Suite des barbarismes et des solécismes QUIZ 31

>> Écrire et ne pas écrire - Les fautes d'orthographe les plus usuelles

Voir aussi dans un autre registre : politesse et savoir-vivre

 

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 07:56

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Petit exercice

Connaissez-vous les infinitifs des participes passés issu, tissu, brui(t), et de gît.

Quel est le sens de partir dans maille à partir ?

La solution est à la fin de l'article.

 

Les verbes défectifs 

Pour peu qu'il vous en chaille !

absoudre*, accroire, adirer, apparoir, ardre (arder, ardoir), béer, bienvenir, braire, chaloir, choir, clore, déclore, comparoir, contondre, ester, falloir, faillir, férir, frire, gésir, issir, messeoir, occire, oindre*, ouïr, paître, partir (sens de partager), poindre, pouvoir, quérir, raire, raller, ravoir, reclore, reclure, semondre, seoir, souloir, tître, traire (>> abstraire, distraire, extraire, retraire, soustraire, portraire, rentraire, attraire), urger, vouloir.

*Certains grammairiens le considèrent comme un défectif.

 

Un verbe défectif est un verbe qui n'existe pas à tous les modes, à tous les temps ou à toutes les personnes. 

 

Voir la signification de ces verbes sur le site : 

>> Lexicographie - cnrtl 

 

Absoudre  n'existe ni au passé simple de l'indicatifni à l'imparfait du subjonctif. C'est ce qu'écrivent plusieurs dictionnaires (ex. Le Petit Robert)

Mais le Littré précise que l'on ne doit pas exclure ces temps de l'usage (j'absolus, que j'absolusse) puisqu'on dit je résolus, que je résolusse...

 

Accroire existe seulement à l'infinitif après le verbe faire ou laisser. Faire accroire, laisser accroire.

 

Adirer existe à l'infinitif et au participe passé adiré

 

Apparoir existe seulement à l'infinitif avec le verbe faire et à la 3ème personne du singulier au présent de l'indicatif. Il appert.

 

Ardre, arder ou ardoir Mots tombés en désuétude

 

Assavoir existe seulement à l'infinitif avec le verbe faire. Faire assavoir.

 

Béer

participe passé bée (féminin) Bouche bée.

participe présent béant.

L'Académie donne en 1987 l'infinitif béer.

On le trouve conjugué à d'autres temps dans la littérature comme un verbe du 1er groupe.

 

Bienvenir ou bien-venir. Ce verbe s'emploie seulement à l'infinitif : Bienvenir quelqu'un. Se faire bienvenir de quelqu'un.

 

Braire existe à l'infinitif présent,

aux troisièmes personnes

-du présent et du futur de l'indicatif. Il brait/braira – ils braient/brairont

-du conditionnel présent. Il brairait, ils brairaient.

Comme d'autres verbes qui ont pour sujets des animaux ou des choses, on emploie braire aux troisièmes personnes seulement.

 

Bruire existe

1- d'après le dictionnaire Littré :

-à l'infinitif présent, bruire

-aux personnes du singulier de l'indicatif présent, je bruis, tu bruis, il bruit

-à toutes les personnes de l'imparfait de l'indicatif, je bruyais, tu bruyais, il bruyait etc.

-au futur et au conditionnel, je bruirai, je bruirais etc.

-au participe passé, bruit

-aux temps composés, j'ai bruit, il avait bruit etc.

2-d'après Le Grevisse

Bruire se conjugue à la troisième personne comme finir.

-il bruit, ils bruissent, Présent de l'indicatif

-Il bruissait, ils bruissaient, imparfait de l'indicatif

Il admet que, comme le dit le Littré, certains auteurs écrivent bruissait, bruissaient.

-il bruit, ils bruirent, passé simple rare

-qu'il bruisse, qu'ils bruissent, subjonctif présent

-bruissant, participe présent

-participe passé, brui

 

Bruyant est un adjectif pas un participe présent.

 

Un autre verbe qui lui ressemble, bruisser. Le dictionnaire de l'Académie ne l'a pas encore reconnu. (2001)

 

Chaloir s’emploie surtout à la 3ème personne du singulier de l'indicatif présent.

Peu me chaut que vous trépassiez demain ! Que me chaut...

On trouve encore chalait, chaudrait, chaudra, qu'il chaille.

 

Choir s'emploie à l'infinitif après laisser.

Laissez-le donc choir !

-On le conjugue aussi à l'indicatif présent, je chois, tu chois, il choit, ils choient

Les autres personnes ne sont pas usitées.

-au passé simple, seulement il chut, ils churent.

-au futur, cherra et choira

-participe passé chu, chue.

-temps composés avec l'auxiliaire être. Elle est chue, elle est tombée.

Le dictionnaire de l'Académie accepte avoir. Il a chu.

Le dictionnaire Quillet 1965 précise que choir ne s'emploie plus qu'à l'infinitif, et rarement au participe passé.

 

Clore existe à l'infinitif et

-à l'indicatif présent, je clos, tu clos, il clôt, pas de pluriel

-au futur, je clorai

-au conditionnel, je clorais

  tous les temps composés

-au participe passé, clos, close.

 

Comparoir

S'emploie seulement à l'infinitif.

 

Contondre

Littré le conjugue, mais il est tombé en désuétude.

Participe passé contus.

Il est remplacé par contusionner.

 

Déchoir

-je déchois, tu déchois, il déchoit ou il déchet, nous déchoyons, vous déchoyez, ils déchoient

-je déchus,tu déchus, etc.

-je décherrai ou je déchoirai, etc.

-je décherrais ou je déchoirais, etc.

-déchois, déchoyons, etc.

-que je déchoie, que nous déchoyons, que je déchusse

-pas d'imparfait de l'indicatif ni d'imparfait du subjonctif

-pas d'impératif (Le Littré donne cependant déchois, déchoyons)

-pas de participe présent

-participe passé déchu, déchue

-se conjugue aux temps composés avec être ou avoir selon le sens. 

 

Déclore

-je déclos, tu déclos, il déclôt, pas de pluriel

-je déclorai

-je déclorais

-que je déclose, que tu décloses, qu'il déclose, que nous déclosions, que vous déclosiez, qu'ils déclosent

-participe passé, déclos, déclose 

 

Échoir se conjugue aux troisièmes personnes, il, ils.

-il échoit (ou échet), ils échoient (ou échéent)

-il échut, il échoira (ou écherra)

-j'échus , tu échus, nous échûmes,

-j'écherrai, j'écherrais, etc.

-les participes, échéant, échu, échue

 

Éclore s'emploie à l'infinitif

-au présent de l'indicatif, il éclôt, ils éclosent

-au futur, il éclora, ils écloront

-au conditionnel, il éclorait, ils écloraient

-au présent du subjonctif, qu'il éclose, qu'ils éclosent

-aux temps composés, elle a éclos etc.

-au participe passé, éclos, éclose

 

Ester (en justice) n'existe qu'à l'infinitif présent

 

Faillir est usité à l'infinitif

-au passé simple, je faillis,etc.

-au futur, je faudrai ou je faillirai, etc.

-au conditionnel, je faudrais ou je faillirais,etc.

-au subjonctif présent que je faille

-au participe passé, failli

-aux temps composés, j'ai failli, j'avais failli, etc.

Note : faillirai et faillirais étaient des barbarismes mais il sont entrés dans l'usage.

Cf. Littré (1935, en ligne) 

 

Falloir, verbe impersonnel 

-il faut, à tous les temps de tous les modes

-pas d'impératif ni participe présent.

 

Férir s'emploie à l'infinitif en particulier dans l'expression sans coup férir, sans frapper, sans donner un coup, sans se battre.

On lit dans le Grevisse :

On a en outre l’adjectif féru. — Sans coup férir est parfois employé en contradiction avec son sens originaire, comme un équivalent de « sans délai » ou « sans hésitation » 

  > Férir – sans coup férir – féru(e) – un fier-à-bras, des fiers-à-bras.

 

Frire s'emploie : 

-à l'infinitif

-au participe passé, frit, frite

moins couramment :

-au présent de l'indicatif, je fris, tu fris, il frit

-au futur, je frirai, etc.

-au conditionnel, je frirais, etc.

-à une seule personne de l'impératif, fris

-aux temps composés.

Pas de participe présent.

On peut remplacer par faire frire qui donne toutes les possibilités.

 

Gésir se rencontre

-à l'infinitif, rare

-au présent de l'indicatif,  je gis, tu gis, il gît, nous gisons, vous gisez, ils gisent

-à l'imparfait, je gisais, etc

-au participe présent, gisant

-en formule d'épitaphe, ci-gît

-en substantifs, votre ci-gît, vos ci-gît

 

Issir n'est plus usité qu’au participe passé issu, issue.
Issant, adjectif en héraldique.

 

Messeoir s'emploie surtout à la 3ème personne du singulier :

(le plus souvent à la forme négative, cela ne messied pas)

-à l'indicatif, il messied, il messeyait, il messiéra

-au conditionnel présent, il messiérait

Le Littré donne :

-je messieds, tu messieds, il messied, nous messeyons, vous messeyez, ils messeyent

-je messeyais, et autres personnes

-je messiérai, tu...

-je messiérais...

-que je messeye, que nous messeyions, que vous messeyiez, qu'ils messeyent

-et le participe présent, messéant

 

Occire s'emploie surtout à l'infinitif, aux temps composés et au participe passé occis, occise.

Il peut s'employer à d'autres temps, dans le langage familier, pour plaisanter, ou par amour des archaïsmes.

 

Oindre s'emploie à l'infinitif et au participe passé oint.

Mais on trouve aussi, moins usité dans les cas suivants :

-j'oins, tu oins, il oint, nous oignons, vous oignez, ils oignent

-j'oignais...

-j'oignis...

-j'oindrai...

-j'oindrais...

-oins, oignons...

-que j'oigne, que nous oignions...

-que j'oignisse...

-oignant

Tous les grammairiens ne le considèrent pas comme un défectif.

 

Proverbe : Oignez vilain, il vous poindra ; poignez vilain, il vous oindra. 

= Si vous êtes sympa avec un affreux, attendez-vous au pire ; en revanche, si vous êtes dur avec lui, vous pourrez faire de lui ce que vous voudrez.

 

Ouïr se rencontre à l'infinitif et au participe passé ouï.

On rencontre certaines formes faites par fantaisie précise le Grevisse.

Conjugué comme finir.

Oyez, il orra, il ouït, il oyait, en oyant, etc.

Ouïs ceci, ouïssez ceci...

Notez nous ouïmes, vous ouïtes au passé simple, pas d'accent circonflexe.

 

Paître ne n'emploie ni au passé simple, ni à l'imparfait du subjonctif, ni aux temps composés et il n'a pas de participe passé.

 

Partir, seulement à l'infinitif dans le sens de partager.

avoir maille à partir = avoir une pièce de monnaie à partager.

La pièce d'une maille était celle qui avait le moins de valeur.

On rencontre le participe passé dans des expressions, le jeu-parti, mi-parti (mes admirateurs, mi-partis d'Anglais et d'Américains... / une robe mi-partie de lin et de soie) etc.

 

Pleuvoir se conjugue seulement à la troisième personne du singulier et du pluriel.

 

Poindre se rencontre le plus souvent

-à l'infinitif

-à la troisième personne du singulier et du pluriel de l'indicatif présent, imparfait et futur 

il point, ils poignent, il poignait, ils poignaient, il poindra, ils poindront

Il se conjugue comme le verbe joindre.

-au participe présent, poignant

 

Le Littré  donne :

-le passé simple, il poignit, etc

-le subjonctif présent que je poigne, que nous poignions

-le subjonctif imparfait, que je poignisse, qu'il poignît, etc

-le participe passé point

 

Pouvoir, se conjugue à tous les temps sauf à l'impératif.

Voir l'article : Ne pas confondre : je peux, je puis, je pus, je puisse, je pusse - puis-je, puissé-je ou puissè-je...

 

Quérir s'emploie à l'infinitif avec les verbes aller, envoyer, venir.

 

Raire n'a ni passé simple ni subjonctif imparfait, et les autres temps sont rarement usités.

-participes rayant, rait (ni féminin, ni pluriel)

Synonyme réer qui se conjugue comme créer.

 

Raller, aller de nouveau

On lit dans le Littré :

Usité seulement aux temps et aux personnes où aller prend les formes de vais : je revais, tu revas, il reva, ils revont ; reva, à l'impératif..

 Il reva lui parler.

     Mon coeur vole,

     Va, vient, reva, revient tout comme ma parole.

     DUFRESNY, la Réconcil. normande, V, 4.

Pourtant, rien n'empêcherait de l'employer, comme dans l'ancienne langue, au temps où il se conjuguait comme aller : je rallais, je rallai, nous rallâmes ; mais le futur rirai ne se dit pas.

Et dans le Grevisse :

Le dictionnaire de Littré est le seul grand dictionnaire à faire place à raller (avec un exemple de 1719), mais il a essayé plus d’une fois de rendre la vie à des mots anciens.

 

Ravoir

L'Académie (1935) l'admet à l'infinitif.

Dans le Grevisse on lit :

Selon le Robert, le futur et le conditionnel « se rencontrent parfois dans la langue familière par plaisanterie ». Le verbe a une conjugaison complète comme avoir.

 

Reclore Voir déclore

Rarement reconnu par les dictionnaires

 

Reclure, littéraire, s'emploie à l'infinitif et aux temps composés.

Participe passé, reclus(e)

 

Saillir s'emploie à l'infinitif

-le plus souvent aux 3èmes personnes, il saillit, ils saillissaient, ils sailliront

-mais on le trouve aux autres personnes, je saillis, vous saillissez etc

-participes sailli, saillant

Certains grammairiens ne ne condidèrent pas comme un défectif.

 

Semondre  

Usité à l'infinitif.

 

Seoir s'emploie aux troisièmes personnes du singulier et du pluriel

-de l'indicatif présent, il sied, ils siéent

-de l'indicatif imparfait, il seyait, ils seyaient

-du futur, il siéra, ils siéront

-du conditionnel présent, il siérait, ils siéraient

-du subjonctif présent, qu'il siée, qu'ils siéent

Il n'a pas de temps composés.

Le participe présent et l'adjectif verbal sont séant, séante, seyant, seyante.

 

Soudre est usité à l'infinitif (rare) = résoudre ou dissoudre

 

Souloir

Vieilli, ce verbe n'est plus usité. Dernier exemple cité dans le dictionnaire le Trésor. > Lexicographie -cnrtl  

 

Sourdre s'emploie à l'infinitif et aux troisièmes personnes de l'indicatif présent et imparfait : il sourd, ils sourdent, il sourdait, ils sourdaient.

Le Littré donne :

-indicatif présent il sourd, ils sourdent

-imparfait, il sourdait

-passé simple, il sourdit

-futur, il sourdra

-conditionnel présent, il sourdrait

-subjonctif présent, qu'il sourde

-subjonctif imparfait qu'il sourdît

-participe présent sourdant

-pas de participe passé

 

Stupéfaire se rencontre

-aux temps composés, j'ai stupéfait, etc.

-au présent de la troisième personne du singulier, je stupéfais, il stupéfait

-dans des constructions passives, je suis stupéfait(e)

Le Grevisse 2007 écrit :

Il reste plus correct de dire : elle l'avait stupéfié plutôt que elle l'avait stupéfait.

 

Tître n'est qu'usité au participe passé tissu, le plus souvent au figuré.

 

Traire et les mots de sa famille

Traire ne se conjugue ni au passé simple de l'indicatif ni à l'imparfait du subjonctif.

Abstraire, distraire, extraire, retraire, soustraire se conjuguent comme traire.

Portraire ne se trouve qu'à l'infinitif.

Rentraire n'est pratiquement plus usité. Synonyme rentrayer.

Attraire ne s'emploie qu'à l'infinitif et au passif.

Fortrait est un adjectif, ancien participe passé.

 

Transir

Certains grammairiens le présentent comme défectif, mais on peut le conjuguer comme finir.

On rencontre le plus souvent le participe passé transi(e)

 

Urger est un verbe impersonnel

Pas d'impératif

 

Vouloir s'emploie à tous les modes et tous les temps.

Remarque :

Un impératif qui exprime une forte détermination, veux, voulons, voulez, très rare.

Si l'on veut être poli on utilise veuille, veuillez.

Pas veuillons.

......................

Pour retrouver la signification des verbes, reportez-vous au site du CNRS qui propose, entre autres, le dictionnaire de l'Académie, le dictionnaire Le Trésor (Trésor de la Langue Française, TLF) : 

Lexicographie– Centre National de Ressources Textuelles et lexicales

Promenez-vous aussi dans le Littré :

Dictionnaire Littré en ligne 

..................................................

NOTES

Le centre national de ressources textuelles et lexicales

www.cnrtl.fr/lexicographie

document crée en 2005 par le CNRS

Vous y trouvez quelques dictionnaires : Le Trésor de la langue française, plusieurs éditions de l'Académie, etc.

 

Le Littré en ligne (édition 1872 - 1877)

(pas très récente évidemment mais tombée dans le domaine public - et combien passionnante !)

 

Dictionnaire de l'Académie Française, neuvième édition

Version informatisée 

les Académiciens sont loin d'en avoir fini avec leur dictionnaire.

 

Rappelons que c'est Colbert qui lança le Dictionnaire de l'Académie. La première édition parut en 1694, soixante ans après la fondation de l'Académie Française.

 

Note : La neuvième version n'est pas encore dans le domaine public.

 

Voici un extrait de la préface de la neuvième édition.

Cette édition en était à l'entrée quadrivium dans le dernier fascicule paru le 25 mai 2011.

 

« La huitième édition réclama cinquante-sept ans de préparation. Elle parut en 1935, dans l'année du tricentenaire. Il y a de cela cinquante ans.
L'Académie a résolu de commencer la publication de la neuvième édition par fascicules, selon la formule qui avait été déjà expérimentée pour la précédente. Cette publication s'étendra sur une période d'une douzaine d'années. »

Maurice Druon, Secrétaire perpétuel de l'époque, 1986.

..................................................

Nota bene

aux fidèles lecteurs de mon blog

Vous l'aurez compris, j'ai une admiration et un attachement particuliers pour le Littré j'aimerais le savoir par coeur, comme Monsieur d'Ormesson. « Un dictionnaire, une légende, un trésor. Le Littré est un roman, le roman de la langue française », a-t-il dit  — et  pour le Grevisse (le Bon Usage). Ce dernier ouvrage donne une étude de la grammaire tout à fait passionnante.

 

Je me réfère quelquefois aussi au Petit Robert qui m'a accompagnée fidèlement toute ma vie, parfois au Larousse, histoire d'avoir des confirmations intéressantes. Et puis, Larousse est à l'avant-garde pour les mots nouveaux, il est indispensable aux scrabbleurs !

Mamiehiou     

 

Voir : Ouvrages de référence dont je me sers pour écrire mes articles

 

Lire aussi : Du plaisir de la lecture des dictionnaires

....................................................................................

* Le mot Chaille (dans le titre de l'article)

Non, ce n'est pas ici un  terme provincial qui signifie une pierre cassée en menus morceaux pour couvrir les routes.

Ce n'est aucunement un terme de géognosie qui évoquerait des rognons arrondis de calcaire siliceux, coupant, de distance en distance, des assises inférieures de marnes qui se trouvent à la base de l'étage supérieur du terrain jurassique, au-dessous du corallien.

Non plus un terrain calcaire pierreux

Ce n'est pas, enfin, l'un des noms vulgaires de la camomille romaine.

Toutes ces acceptions, je les ai trouvées dans le Littré susnommé.

Ici, c'est le verbe chaloir au subjonctif présent.

 

 "Pour peu qu'il vous en chaille !" Cf. Anatole France 

Pour peu que cela ait quelque importance pour vous ! 

 

Et, comme nous le rapporta Jean de La Fontaine :

"J'en suis d'avis, non pourtant qu'il m'en chaille."

Dans La Gageure des trois Commères

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 Avez-vous tout retenu?

Retrouvez les infinitifs des participes passés issu, tissu, brui(t), et de gît. Sens de partir dans maille à partir ?

Réponse :

Issir, tître, bruire, gésir.

maille à partir : avoir une pièce de monnaie à partager. La maille était la pièce qui avait la plus petite valeur. Autant dire que c'était très difficile de la partager.

Cf. Littré, MAILLE (3): Fig. Avoir maille à partir avec quelqu'un, avoir un différend comme si l'on avait une maille à partager. Toujours de son devoir je tâche à l'avertir, Et l'on nous voit sans cesse avoir maille à partir. Molière, L'étourdi, ou Les contretemps

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 17:20

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SONNET POUR UN NOUVEAU-NÉ

 À Victor

 

Me voilà bienvenu dans votre vaste monde,

Encore tout petit et déjà tant aimé.

Je souris, conquérant, aux têtes à la ronde,

Tendant mes petits poings et gigotant des pieds

 

Dans un nid bien douillet que l'on m'a préparé.

Une chance inouïe dans votre vaste monde

Où j'apprendrai bientôt qu'il est des nouveau-nés

Dans des lieux miséreux que le malheur inonde.

 

Je vais bientôt savoir dans votre vaste monde

Que s'offriront à moi des chemins par milliers.

Plût à Dieu qu'Il m'éclaire et que je sache aimer !

 

Aurai-je l'énergie, le coeur, la volonté,

D'émettre, à ma mesure, avec ténacité

Un rayon de soleil dans notre vaste monde ? 

 

 

17 juin 2008

 

> Poème que j'ai écrit pour son petit frère Maxime
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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Mon blog

Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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