Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 19:21

LES DÉLIRES Tous les épisodes

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

<< 130 Délires sur une recherche d'emploi


J'étais sur le point de sombrer dans un sommeil pour longtemps irréveillable lorsque mon voisin me susurra : « Mademoiselle, je vois bien là quelques métiers qui vous siéraient et que vous choisiriez volontiers sans attendre si tant est que vous titilliez quelque peu votre vigilance. »

Tout estomaquée de cette impertinence, j'eus une furieuse envie de rétorquer qu'il devrait se mêler de ses affaires, et des siennes seulement. N'avais-je pas été accostée, il y a peu, par un gentleman fort avenant en qui j'avais été prête à mettre toute ma confiance et qui s'était mué en malotru érotomane** ?

Chat échaudé craint l'eau froide°. On ne m'y reprendrait pas.

Rude avait été la leçon. Je tremblais encore en y songeant.

 

      « Le sang-froid est de rigueur dans ce monde impitoyable », me dis-je, et la placidité dont je fis preuve en cet instant me stupéfia.

 

L'inconnu n'insista pas. Grand bien lui fit. Avait-il deviné à mon regard fuyant que pour un peu, je lui eusse dit des choses fort désagréables ?

Je lui aurais répondu, il se serait cru encouragé.

........................................................................

*Cf. Chat échaudé craint l'eau froide. Proverbe XIIIème siècle

Si vous avez vécu une expérience malheureuse, méfiez-vous de ce qui lui ressemble.

 

**érotomane, érotomanie, se reporter au texte des Délires N°128

 

NOTES 

un sommeil pour longtemps irréveillable,

qu'on ne peut réveiller

Littré : XVIe siècle Sommeil irreveillable, [De la Porte, Épithètes]

 

mon voisin me susurra

susurrer, prononcer s et pas z

une seule S entre deux voyelles et qui se prononce z

(une S ou un S, voir le nom des lettres, note du texte N°58)

Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

 

je vois bien là quelques métiers qui vous siéraient

le verbe seoir, défectif.

> Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !

 

si tant est que vous titilliez quelque peu votre vigilance

Titillation, léger chatouillement qui ne produit qu'une sensation agréable.

Titiller, causer la titillation / taquiner, agacer, exciter.

Ce vin titille agréablement le palais.

Ici : vous titilliez, IEZ terminaison du subjonctif (présent) après si tant est que.

Il ne faut pas oublier le i (devant ez) que l'on n'entend pas précisément puisqu'il se fond dans le son mouillé qui le précède.

Voir le subjonctif présent des verbes en GNER, gniez, gnions – IER, iiez, iions – YER, yiez, yions - ILLER, illiez, illons – (même chose pour l'imparfait de l'indicatif) 

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

Tout estomaquée de cette impertinence

Estomaqué, choqué, offensé.

Tout estomaquée, voir : Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

S'estomaquer, se tenir pour offensé de quelque chose, s'en choquer.

Je m'estomaque que vous m'interpelliez ainsi.

 

la placidité dont je fis preuve en cet instant me stupéfia.

Placidité, tranquillité douce et sereine.

 

Grand bien lui fit

Faire grand bien

Grand bien lui fit, cela lui fit grand bien. (indicatif - passé simple)

Grand bien lui fasse ! que cela lui fasse grand bien ! (subjonctif présent) Souhait. Ironique.

Grand bien lui fait, cela lui fait grand bien. (indicatif présent)

Ce remède me fait grand bien.

 

pour un peu, je lui eusse dit des choses fort désagréables

Pour un peu (selon le contexte) peut-être suivi :

-du conditionnel : Pour un peu je lui aurais dit des choses désagréables. Conditionnel passé Ière forme

Pour un peu je lui eusse dit... Conditionnel passé 2ème forme

-ou de l'imparfait de l'indicatif

Pour un peu je lui disais...

-ou même du présent de l'indicatif

Pour un peu je lui dis des choses désagréables.

Un peu plus, même chose que précédemment.

Un peu plus je lui disais des choses désagréables.

Encore un peu, même chose.

Encore un peu je lui eusse dit des choses désagréables.

Tournure vivante en Wallonie.

Cf. Le Bon Usage, Le Grevisse 

à rapprocher de :

Il s'en fallut guère que je ne lui disse des choses désagéables.

Il s'en est fallu guère que je ne lui dise...

Il s'en fallut peu de choses que je ne lui disse des choses désagéables.

Peu s'en fallut que je ne lui disse des choses désagéables.

Il s'en fallut beaucoup que je ne lui disse pas ... (tournure donnée par Littré)

dise subjonctif présent

disse subjonctif imparfait - concordance des temps avec le passé simple fallut (style soutenu)

 

Voir les articles :

Valeurs et emplois du subjonctif

Liste des conjonctions de subordination et des locutions conjonctives

 

Je lui aurais répondu, il se serait cru encouragé.

Si je lui avais répondu, il se serait cru encouragé.

 

<< 130 Délires sur une recherche d'emploi + De l'énergie à la graisse d'andouille

>> 132 Délires d'un monde qui n'offre jamais aucune tranquillité + On ne peut pas faire plus de deux choses à la fois + Pour amateurs de scrabble les petits mots avec K

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Pour amateurs de scrabble, les petits mots avec W

Deux lettres

wu

Trois lettres

daw, ewe, kwa, wad, wap, wax, web, wok, won

Quatre lettres

biwa, dauw, iwan, kawi, kawi, kiwi, kwas, news, show, slow, swap, twin, wale, (+awale), wali, wasp, watt, whig, whip, wifi, witz, wurm.

 

VOIR

J et Q Délires n°133

X Délires n°134

Y Délires n°135

Z Délires n°136

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 07:08

UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

 

Introduction au Moyen Français


Un peu d'histoire
Le XIVe siècle et le début du siècle suivant sont une des périodes les plus sombres de notre histoire.
À partir de 1315 s'installe une famine due au surpeuplement et à des conditions climatiques difficiles. La démographie régresse. La peste noire apparaît et fait des ravages (1348 -1350) avec de nombreuses récidives tant en France que dans l'Europe toute entière. Les guerres, les violences qu'elles entraînent font que l'on vit dans un climat de peur et d'insécurité. La royauté est incapable de défendre le pays. La crise de la féodalité, la captivité de Jean La Bon, la folie de Charles VI, la rivalité des Armagnacs et des Bourguignons, et la Guerre de Cent Ans, mettent le pays à feu et à sang. La crise religieuse due au Grand Schisme (1378 - 1417) divise les chrétiens, deux papes s'étant installés à la tête de l'Eglise catholique, l'un à Rome et l'autre en Avignon soutenu par la France, l'Espagne, l'Écosse et l'Italie du Sud. Après cette période, l'Eglise a de la peine à rétablir son autorité. Le terrain se prépare pour la Réforme protestante qui verra le jour avec Luther au début du XVIe siècle.

L'évolution de la langue 


Le moyen français est une variété historique du français parlé et écrit du XIVe au XVIe siècle. La langue française, issue du francien de l'Île-de-France se différencie alors des autres langues d'oïl.
En 1539, l'ordonnance de Villers-Cotterêts est édictée par le roi François Ier. Elle fait du français l'unique langue juridique et légale du royaume, prenant ainsi la place du latin. Les autres langues d'oïl, l'occitan et le francoprovençal sont dès lors appelés patois.

Quelles transformations apparaissent dans le moyen français ?
La déclinaison, héritée du latin, que l'on trouve dans l'ancien français, disparaît. Aussi, pour que la fonction des mots soit plus évidente dans la phrase, a-t-on recours à de nombreuses prépositions. L'ordre des mots se précise, le sujet se plaçant généralement devant le verbe. On utilise l'article plus fréquemment. On marque d'un e le féminin des adjectifs. Le pluriel des noms prend un s.
Ainsi le français revêt-il un caractère analytique.
La littérature en moyen français se développe. Le vocabulaire s'enrichit, la grammaire se précise.
Villon, Marot, Rabelais, Montaigne, Ronsard et les poètes de la Pléiade nous ont donné des chefs-d'oeuvre dans la langue de cette époque.


FRANÇOIS VILLON (1431 - 1463)

Mais quoy ! je fuyoië l'escolle
Comme fait le mauvaiz enffant
En escripvant cette parolle
A peu que le cueur ne me fent !

Notre poète, François de Moncorbier dit Villon, le plus fameux de cette période est plongé dans les malheurs de son temps. Quelques faits avérés le dépeignent comme un mauvais sujet. Il est arrêté pour des rixes, une affaire de meurtre, un vol. On perd sa trace vers 1463.
Ses écrits où il parle abondamment de sa vie, les « Lais » (« Legs ») et le « Petit Testament » sont en partie le reflet de la réalité et une bouffonnerie satirique, ils ont construit sa légende avec le « Grand Testament » qui, s'il reprend la plaisanterie, est le plus souvent grave et pathétique, révélant les confessions et les regrets.
Les moments lyriques de la poésie de Villon et ses plus belles ballades ont gardé intact, jusqu'à nous, leur pouvoir d'émotion.

 

La Ballade des Pendus 

Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les coeurs contre nous endurciz,
Car, se pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz*.
Vous nous voyez cy attachez cinq, six
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça* devoree et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie :
Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdain, quoy que fusmes occiz
Par justice. Toutesfois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas le sens rassiz;
Excusez nous, puis que sommes transis*,
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale fouldre.
Nous sommes mors, ame ne nous harie*;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

La pluye nous a débuez et lavez,
Et le soleil desséchez et noirciz:
Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez
Et arraché la barbe et les sourciz.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ça, puis la, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.
Ne soyez donc de nostre confrarie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A luy n'avons que faire ne que souldre*.
Hommes, icy n'a point de mocquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre.

NOTES
*Merciz : miséricorde
*pieça : depuis longtemps
*transis : trépassés
*âme ne nous harie : que nul ne nous tourmente
*souldre : payer

Cette ballade traduit les thèmes qui hantent le poète, l'effroi de la mort, la crainte du gibet, la misère, mais aussi la foi et l'appel à la charité chrétienne pour les pauvres gens. Elle s'émaille de détails et d'images réalistes qui surgissent devant nos yeux et ne peuvent nous laisser indifférents.
Je l'ai bien lu des dizaines de fois cette ballade, et je ne peux toujours pas m'empêcher de frémir quand s'égrènent devant mes yeux ses vers qui traduisent tant de douleurs. Mon coeur se serre d'horreur et de pitié. 

L'ombre de Villon est toujours là qui nous fascine. Elle continue de se glisser dans nos poèmes et nos chansons.
Georges Brassens,« foutrement moyenâgeux » comme il se dépeint lui-même, a mis en musique la « Ballade des dames du temps jadis ».

 

 Ballade des dames du temps jadis


Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades*, ni Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine ;
Echo parlant quand bruit on mène
Dessus rivière ou sus étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine
Mais où sont les neiges d'antan?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Abélard à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoyne.
Semblablement, où est la royne
Qui commanda que Buridan
Fut jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La reine Blanche comme lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietris, Alis,
Et Jehanne la bonne Lorraine
Qu'Anglois brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, Vierge souveraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince n'enquérez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Qu'à ce refrain ne vous remaine.

Version donnée sur le site   In Libro Veritas


S'inspirant de « La Ballade des Pendus », Léo Ferré nous a donné « L'amour n'a pas d'âge ». Serge Reggiani a chanté aussi cette ballade de façon bouleversante. De même s'en est inspiré Richard Desjardins le Québécois pour écrire sa chanson « Lomer (À la Frenchie Villon) ». Dans « Mon bistrot préféré » de Renaud, Villon est encore là, « qui rôde près du bar et des mauvais garçons ». Félix Leclerc a choisi de mettre en musique quelques pages de l'oeuvre du poète maudit. Le Groupe Eiffel chante« Mort j'appelle » qui s'inspire du rondeau « Mort j'appelle de ta rigueur ».

 

Mort j'appelle de ta rigueur

 

Mort, j'appelle de ta rigueur,
Qui m'as ma maîtresse ravie,
Et n'es pas encore assouvie
Si tu ne me tiens en langueur :

Onc puis n'eus force ni vigueur ;
Mais que te nuisoit-elle en vie,
Mort ?

Deux étions et n'avions qu'un coeur ;
S'il est mort, force est que dévie*,
Voire, ou que je vive sans vie
Comme les images, par coeur,
Mort !

NOTE *que dévie : que je meure

Version donnée sur le site In Libro Veritas


Et, si d'aventure vous vous promenez à Paris, rue Saint-Martin, vous ne manquerez pas de voir, au n°29, la Fontaine Maubuée avec sa pierre sculptée d'épis et de cornes d'abondance, fontaine que Villon a chantée dans son « Testament ».

Voilà, chers lecteurs, de quoi vous donner envie d'écouter des chansons où l'on rencontre ce personnage hors du commun. Je reviendrai bientôt avec d'autres poètes... si, jusque-là, Dieu me prête vie.
Littérairement vôtre,

mamiehiou
 

UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

 

Repost 0
22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 04:12

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Une androïde fort charmante, à l'image de la Maria de Métropolis, m'accueillit, munie du sourire le plus sophistiqué que l'on pût imaginer — néanmoins je compris bientôt qu'elle était superlativement bornée. Elle m'installa avec sa grâce toute mécanique dans un large fauteuil en face d'un écran gigantesque.

J'avais bien raison ; les emplois proposés étaient nombreux, pour la plupart vacants depuis peu, car ici, à Utopinambourg*, on ne restait pas longtemps captif d'une activité particulière, fût-elle désirée ardemment et choisie au prime abord. On aimait le changement. Et il était d'autant plus facile de papillonner d'un emploi à un autre qu'on y prenait goût et qu'on évitait ainsi de s'ankyloser les bras, les jambes, ou pire, les neurones c'était selon.

 

L'offre était vaste, disais-je, à voir la longue, longue liste que parcouraient des yeux, ceux-là mêmes qui, comme les miens, cherchaient le petit boulot du moment.

« Il n'y a pas de sots métiers, il n'y a que de sottes gens », écrivait Monsieur Le Roux de Lincy**, il y a bien longtemps — si longtemps même qu'on aurait presque oublié ce proverbe vidé de son sens, puisqu'ici-bas tous les métiers étaient également respectés ; et l'on passait allègrement de l'un à l'autre pendant sa longue, longue vie qui aurait été bien monotone s'il avait fallu s'en tenir à un seul.

Et si s'éveillait brusquement une passion irrésistible pour une spécialité quelconque, on avait tout le loisir de consacrer, à son étude, le temps nécessaire pour en devenir un expert. Que ce fût l'art du barbier-chirurgien ou celui du décrotteur, l'art du chaircuitier saucisseur ou celui du conchyliculteur de moules, sans parler du bénéficier ni du bistourneur ; par ma foi, tous les métiers se valaient bien et Maître Horri*** n'aurait rien eu à envier aux inventeurs de fragrances nouvelles.

 

J'avais consacré quelque temps à l'art de la gastronomie comme vous le savez, et il me prit l'envie de trouver une autre occupationqui me conviendrait, il va sans dire.

Je lus avec une avidité gourmande le choix des emplois que l'on proposait. Comme on ne me prenait pas pour une sainte-nitouche, j'aurais pu postuler n'importe quel emploi, même celui que nul n'aurait osé me proposer, d'autant plus que la susdite androïde au cerveau duriuscule et dépourvue du moindre état d'âme n'avait pas pour fonction de me conseiller. Eût-elle tenté de s'aventurer à le faire, zeste !

J'étais mon seul juge.

L'écran se déroulait longuement devant moi avec une lenteur bien faite pour donner le temps de la réflexion, à tel point que peu s'en fallut que bientôt je ne m'endormisse. Et pas le moindre remontant ne m'était offert pour corroborer mon esprit !

C'est alors que, subrepticement, un inconnu vint s'asseoir à côté de moi, un peu trop près à mon goût.

.............................................................................

*Utopinambourg

Rappelez-vous l'arrivée de notre héroïne Oli à Utopinambourg,

les Délires n° 53

 

**Antoine Leroux de Lincy, 1806 – 1869, écrivain, archiviste paléographe, conservateur de la bibliothèque de l'Arsenal.

Il n'y a pas de sots métiers, il n'y a que de sottes gens.

Livres des Proverbes.

 

***Maître Horri, l'éboueur-type du Moyen Âge.

Voir La Complainte Rutebeuf dans :  Une petite histoire de la Langue Française racontée par mamiehiou– Chapitre 7 - L'ANCIEN FRANÇAIS DU IXe AU XIIIe SIÈCLE - CINQUIÈME PARTIE : Les complaintes de Rutebeuf

Mi autre ami sunt tuit porri :
Je les envoi a maitre Horri
Et cest li lais

 

NOTES

Un ou une androïde, robot construit à l'image d'un homme ou d'une femme.

Incarnée par Brigitte Helm, l'androïde du film Métropolis de Fritz Lang (1927), est construite à l'image d'une femme du peuple, Maria.

Un film - mémoire
Metropolis a été le premier film classé parmi les documentaires du patrimoine mondial. Il est inscrit au registre Mémoire du Monde  de l'Unesco. 

 

le sourire le plus sophistiqué qu'on pût imaginer

subjonctif dans une relative après un superlatif.

Ici, l'imparfait du subjonctif

§71 dans : Valeurs et emplois du subjonctif

 

ceux qui, comme moi, cherchaient le petit boulot du moment, histoire de se changer les idées, aussi.

L'HYPERBATE est une figure de style qui consiste à séparer deux mots normalement assemblés en intercalant un ou plusieurs autres mots. La phrase en est de ce fait comme prolongée en ajoutant l'élément déplacé. 

... histoire de se changer les idées, aussi.

au lieu de

... histoire de se changer aussi les idées.

 

Les métiers anciens susnommés (écrits en italique), je les ai recueillis pour la plupart dans les dictionnaires de Littré et de Godefroy (Le Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9e au 15e siècle, 1881-1902).

Barbier-chirurgien, barbier, artisan qui coupe les cheveux et la barbe. Autrefois, les barbiers étaient aussi des chirurgiens !

Décrotteur, personne nettoyant et cirant les souliers des passants. Au figuré et par plaisanterie, celui qui corrige et arrange les écrits d'un autre.

Saucisseur et Chaircuitier, ancêtre du charcutier

Bénéficier, titulaire d'un bénéfice écclésiastique et qui en perçoit des revenus.

Bistourneur, personne castrant les animaux.

Conchyliculteur. La conchyliculture est l'élevage des mollusques conchifères (c'est-à-dire les coquillages en général)

Voir : Les mots formés avec l'élément culture, QUIZ n°9

...................

et Maître Horri n'avait rien à envier aux inventeurs de fragrances nouvelles

Le travail de Maître Horri dans le récit :

Maître Horri, descendant lointain du Maître Horri du XIIIe siècle, récupère tous les déchets biologiques, déchets d'animaux (dont déchets d'hommes), et déchets végétaux, pour les transformer en énergie. Cela a commencé au XXIème siècle, et même un peu avant et c'est très au point au siècle de notre héroïne !

Voir la note à la fin de l'article : on fabrique de l'énergie avec la graisse d'andouille.

Fragrance, parfum.

les inventeurs de fragrances nouvelles, les parfumeurs

 

j'ai consacré quelque temps à l'art de la gastronomie

quelque temps, un certain temps.

 

on ne me prenait pas pour une sainte-Nitouche

Nitouche : usité seulement dans la locution familière sainte nitouche, personne hypocrite, doucereuse, affectant la simplicité et l'innocence. Sainte n'y touche, c'est-à-dire une sainte qui n'y touche pas ; wallon et bourguig. mitouche.

 

je compris bientôt qu'elle était superlativement bornée

Superlativement, terme familier, qui ne se dit guère qu'en plaisantant. Au superlatif, extrêmement.

Exemple : Elle est superlativement laide.

 

la susdite androïde au cerveau duriuscule

Duriuscule, adjectif. Terme de plaisanterie. Lat. duriusculus, diminutif de durus, dur. Un peu dur. Cf. Littré

On trouve dans le Malade Imaginaire de Molière : Il est duriuscule [le pouls]

 

eût-elle tenté de s'aventurer à le faire, zeste !

eût-elle tenté, aurait-elle tenté, même si elle avait tenté

Zest ! ou zeste !

Ici, interjection familière et ironique dont on se sert pour repousser ce que dit une personne.

Il se vante de cela : zest !

Pour en savoir plus sur le mot zest ou zeste, lire la note du texte :

159 Délires où la prudence est de rigueur

 

pas le moindre remontant ne m'était offert pour corroborer mon esprit

Corroborer - Littré - Terme de médecine. Donner de la force. Il faut donner à cet enfant étiolé tout ce qui corrobore.  2° En général, affermir, appuyer, renforcer.

Vos encouragements, chers lecteurs, corroborent l'obstination et la ténacité que j'ai à poursuivre inlassablement une suite interminable de mes Délires... Mamiehiou

 .........................................................................

Aujourd'hui aux infos sur France 2, j'entends qu'on fabrique de l'énergie avec la graisse d'andouille. Et la présentatrice du journal d'ajouter qu'on pourra un jour utiliser tous les déchets animaux pour en faire de l'énergie.

Bravo Benoît Rivalan ! Ce charcutier de Guéméné-sur-Scorff dans le Morbihan qui produit 300 000 andouilles par an (est-ce possible ?) et par la même occasion 15 tonnes de graisse, a eu la bonne idée de transformer cette manne en un produit dont l'énergie alimente un groupe électrogène. Il en vend même à L'EDF.

Génial non ? On n'arrête pas le recyclage intelligent.

Et cela pour ne pas faire mentir l'adage : Tout est bon dans le cochon.

 

<< 129 Délires sur la folie du consumérisme + « Prêt à jeter » l'obsolescence programmée 

 >> 131 Délires sur une chatte échaudée qui craint l'eau froide* + Pour amateurs de scrabble, les petits mots avec W

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 21:37

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

 

Dans la nuit du 19 mars 2011, à 2h45, pour distraire mon insomnie, je suis allée sur Arte par hasard et j'y ai vu un film documentaire suivi d'une discussion qui m'ont sidérée.

 

« PRÊT A JETER »  un film de Cosima Dannoritzer

Quelle naïve j'étais jusqu'alors ! Mais à un point !

Ne me dit-on pas que les ingénieurs doivent s'appliquer dans leurs merveilleuses inventions à y introduire une fragilité, une défaillance qui font que l'objet ne doit pas durer ! Les ingénieurs deviennent des destructeurs.

 

L'obsolescence programmée**,

Moteur de notre économie !

 

Cette programmation qui peut paraître insensée, révoltante au premier abord, se comprend aussitôt qu'on l'explique par l'insatiable avidité de ceux qui tiennent dans leurs mains les rênes de l'industrie et de l'économie.

Dès les années vingt !

Et les années cinquante voient la naissance de la société de consommation en Amérique. Nous ne tardons pas à être contaminés. Quel gâchis !

 

 Un produit qui ne s'use pas

est une tragédie pour les affaires.

 

On donne dans le film de multiples exemples.

Thomas Edison inventa la lampe à incandescence qui durait 2500 heures. Elle inonda le marché mondial. Mais sa vie était beaucoup trop longue au goût du « Cartel des Ampoules » !

On réduisit son temps d'éclairage à 1000 heures.

Le bas nylon fut commercialisé en 1939 par la firme DuPont de Neumours. Sa fibre était, à l'origine, d'une grande solidité. Qu'à cela ne tienne ! On y introduisit une substance bien faite pour les faire filer vite.

Plus près de nous, il a suffi que l'utilisateur d'une imprimante pète les plombs quand elle est tombée en panne. « Irréparable, lui dit-on. » Il écrit sur la toile sa déconvenue et sa colère jusqu'à ce qu'un petit malin lui fasse savoir qu'une puce se trouve dans l'appareil et qu'elle compte le nombre de tirages déterminés pour la faire tomber en panne. Voilà qu'il enlève la puce en question et l'imprimante redémarre !

Et Apple qui se vante de fabriquer des produits écologiques ! Il bride artificiellement les chargeurs iPhone. Les acheteurs d'iPhone n'ont pas été prévenus que l'iPhone avait une durée de vie limitée du fait que la batterie n'était pas prévue pour être remplacée. Une class-action a été déposée contre Apple au sujet de la batterie de la machine.

(Les class-actions sont des actions collectives d'utilisateurs US contre une société en général.)

 

"La terre est assez grande pour les besoins de tous

mais trop petite pour l'avidité de chacun"

Mahatmah Gandhi

 

L'impact sur l'environnement est désastreux. Nous n'avons pas le droit d'envoyer nos déchets en Afrique ou ailleurs, mais ils passent sans encombre les frontières quand ils sont déclarés comme matériels d'occasion ! On ne peut se retenir de frémir de dégoût et de tristesse lorsqu'on voit les déchets s'accumuler sans honte dans des pays qui ne peuvent se défendre. Imaginons les millions de tonnes de frigos, de machines à laver, de téléviseurs, d'ordinateurs et appareils en tous genres qui polluent la belle nature africaine et qui tue ses enfants.

C'est notre faute. Nous le savons. Et nous agissons comme si nous n'y pouvions rien.

 

Il faut sortir de la logique de la démesure !

 

Livres sur le sujet

-The Waste Makers de Packard Vance

-Mort d'un commis voyageur d'Arthur Miller

 

Film

-1951 L’Homme au complet blanc (The Man in the White Suit) d'Alexander Mackendrick avec le merveilleux Alec Guinness.

Le désastre social lorsque les vêtements ne s'usent plus !

 

Pour ce qui est du film « Prêt à jeter » où j'ai puisé la majeure partie de la matière de cet article, on peut se le procurer en VOD et en DVD.

Regardez deux extraits du film mis en ligne en recherchant :

Prêt à jeter Arte

 

Ce documentaire donne lieu à une vive controverse. Si vous voulez en savoir plus et lire des commentaires très divers sur le sujet, vous pouvez vous reporter à l'article "Le mythe de l'obsolescence programmée" d'Alexandre Delaigue, que vous trouverez sur "le blog d'éconoclaste". Ce sera à vous de juger.

 

*Le consumérisme

En sociologie, le consumérisme est une idéologie qui veut que la consommation de biens soit primordiale (cf. le roman Les Choses de Georges Pérec). Le consumérisme se rattache à l'idée de société de consommation et dénonce un comportement qui se donne la consommation, voire la surconsommation, pour finalité.

Cf.  Alain Soral analyste sociologue, Emmanuel Todd, économiste, Bernard Stiegler, philosophe.

L'association américaine "Buy_Nothing_Day", les associations françaises "Casseurs de pubs" ou "Journée sans achat" dénoncent la surconsommation.

 

**L'obsolescence programmée

C'est le fait de produire un bien en prévoyant le moment où il ne sera bon qu'à jeter.

 

<< 129 Délires sur la folie du consumérisme + « Prêt à jeter » l'obsolescence programmée

 

Ajout du 23 avril 2013

Enfin ! On s'émeut de l'obsolescence programmée. L'heure est à la réparation des objets en panne. mais encore faut-il pouvoir réparer. Certains objets sont fabriqués de telle sorte qu'ils ne peuvent pas se démonter.

On remarque qu'il se vend de plus en plus de pièces détachées. C'est bon signe, signe qu'on veut faire des économies.

Le gouvernement veut mettre en place l'interdiction de fabriquer des objets qu'on ne puisse pas réparer et obliger le fabricant à mettre à disposition les pièces détachées nécessaires. Et peut-être les garanties de deux ans seront-elles prolongées à cinq ans.

Une bonne nouvelle ! Bricoleurs, à vos tourne-vis et à vos marteaux !

Entendu aujourd'hui au journal de 13 heures de France 2

 

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Miscellanées
commenter cet article
8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 12:24

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Le lendemain matin, rien ne parut de mes émotions de la veille. Dès le lever, je me sentis prête à affronter tous les obstacles qui se dresseraient devant moi. Ne savais-je pas que j'étais capable de sortir indemne des situations les plus délicates que je pourrais rencontrer ?

Je mis en ordre mes tâches à accomplir. Dieu seul sait combien j'étais peu procrastinatrice ! L'urgence était de trouver un emploi, le plus tôt possible, c'est-à-dire le jour même, car dans cette cité fort bien organisée, il était formellement interdit de rester sans emploi plus de vingt-quatre heures sous peine d'un châtiment exemplaire. Tout juste le temps de choisir l'activité proposée parmi celles, nombreuses, qui étaient vacantes. Inutile de vous préciser que le plein emploi était la première loi que s'imposait le pays. Pas de chômage. Pas d'assistanat.

 

Comme tu le sais déjà, lecteur attentif qui n'oublie jamais rien de ce que je te raconte, il ne s'agissait que de travailler trois heures par jour tout au plus1, ce qui suffisait amplement à la bonne marche de la vie de mes concitoyens.

Je me rendis donc au Bureau de l'Emploi où je pourrais étudier la liste des postes à pourvoir.

Je songeais en chemin à ce qui me conviendrait.

 

Nul besoin de te dire, lecteur toujours curieux des us et coutumes de mon temps, que le travail en usine avait depuis longtemps disparu, tous les objets dont nous nous servions, ici, à Utopinambourg, étant inusables. La plupart d'entre eux avaient été inventés, élaborés et fabriqués il y a quelques siècles, dupliqués en des matières inaltérables, voire indestructibles, et ils étaient toujours en usage, et comme neufs, depuis que les hommes avaient compris une fois pour toutes qu'ils avaient été décervelés par la société consumériste à force de publicités, pour beaucoup mensongères, et vantant des produits dont nul n'avait l'utilité.

 

Il fut un temps où leur esprit s'était plié à toutes sortes de règles dont ils eurent beaucoup de peine à se défaire. Il fut un temps où était impensable l'idée même de renoncer au crédit, aux séductions de la publicité, au faux besoin irrépressible d'acheter des choses nouvelles coûteuses et parfaitement superflues, où il était tout aussi inimaginable d'abandonner cette habitude de n'avoir à disposition que des objets dont on avait programmé à l'avance l'obsolescence pour qu'ils fussent vite hors d'usage la panne toujours menaçant et qu'on eût tout aussi vite l'envie d'en racheter de nouveaux, à la plus grande avidité des trusts, des cartels, et des mafias de l'économie viciée qui ne disaient pas toujours leur nom.

Il fut un temps — que tu connais bien cher lecteur  le mensonge [était] passé à l'état de spéculation, mis à la portée de tout le monde, et circulant librement pour les besoins de la société et de l'industrie, toutes les vanteries, jongleries, sensibleries de nos poètes, de nos orateurs et de nos hommes d'état, autant de puffs !2

C'était pitié de voir ces consommateurs compulsifs, tous asinant sans le savoir, et courant à leur perte, comme des dératés°.

Sais-tu, lecteur, qu'il fut un temps où l'idée des antipodes était une inconcevabilité4?

Eh bien sache qu'il fut un temps où l'idée de mettre un terme à la société de consommation était tout aussi inconcevable.

 

Croître pour croître était son credo.

L'usure, la clé de son économie.

 

Mais quels gogos, quels pigeons avaient donc été la plupart des hommes de ce temps révolu ! Et quel retournement avait dû se faire, non sans mal, pour parvenir au résultat d'aujourd'hui ! Il fallut traitailler et les prêchi-prêcha furent légion.

Aussi ne fabriquait-on plus à la chaîne ni voitures, ni vêtements, ni ustensiles de ménage, et l'on ne construisait plus ni maisons, ni digues, ni routes, ni ponts. Tout était durable, robuste, solide, infrangible, incassable3, d'aucuns diraient « costaud et increvable ». Il faut reconnaître que tous ces adjectifs jouaient leur rôle à merveille.

De quoi s'éjouir !

 

    « Ainsi donc, me dis-je, confiante, les emplois ne manquent pas, et l'un d'entre eux m'attend forcément. »

....................................................................

1- il ne s'agissait que de travailler trois heures par jour tout au plus.

Voir la note à la fin de l'article (reprise de Les Délires n°69)

 

 2- Le mensonge passé à l'état de spéculation, mis à la portée de tout le monde... autant de puffs ! cf. Le Puff ou Mensonge et Vérité du dramaturge Eugène SCRIBE, 1859.

On sait que notre jeune héroïne ne vit plus dans ce temps-là, qui est encore le nôtre. Grâce à sa curiosité toujours en éveil elle est parvenue à découvrir l'époque dans laquelle elle vit. Voir les Délires n°106.

 

3- Incassable, Unbreakable, est un thriller de super-héros, film réalisé en 2000 par M. Night Shyamalan avec Bruce Willis et Samuel L. Jackson.

 

4-  Il fut un temps où l'idée des antipodes était une inconcevabilité. Littré

 

NOTES

Titre : Délires sur la folie du consumérisme - l'obsolescence programmée

Le consumérisme 

En sociologie, le consumérisme est une idéologie qui veut que la consommation de biens soit primordiale (cf. le roman Les Choses de Georges Pérec). Le consumérisme se rattache à l'idée de société de consommation et dénonce un comportement qui se donne la consommation, voire la surconsommation, pour finalité.

Cf. Alain Soral analyste sociologue, Emmanuel Todd, économiste, Bernard Stiegler, philosophe.

L'association américaine "Buy_Nothing_Day", les associations françaises "Casseurs de pubs" ou "Journée sans achat" dénoncent la surconsommation.

L'obsolescence programmée

C'est le fait de produire un bien en prévoyant le moment où il ne sera bon qu'à jeter.

Lire l'article qui suit : La folie du consumérisme- Prêt à jeter

 

Inutile de préciser... Nul besoin de te dire ...

LA PRÉTÉRITION : C’est lorsqu’on affirme passer sous silence une chose dont on va pourtant parler.

 

Dieu sait combien j'étais peu procrastinatrice

Procrastinatrice, procrastinateur, procrastination.

Le procrastinateur a pour formule : Je remets toujours au lendemain ce que je pourrais faire le jour même !

 

Il fut un temps...

L'ANALEPSE (une) : En narratologie, c’est un retour sur des événements antérieurs au moment de la narration.

 

Il fut un temps... il fut un temps... il fut un temps...

L’ANAPHORE (une) est une figure de style qui consiste à commencer des vers ou des phrases par les mêmes mots ou les mêmes syntagmes. Elle rythme le discours telle une obsession et renforce une affirmation. Elle crée un effet de symétrie.

 

ils avaient été décervelés par la société consumériste

Décerveler, abêtir.

 

les menteries, jongleries... autant de puff

Le puff ou peuf, de l'anglais souffle, bouffée de tabac, bulle de savon.

Tromperie de charlatan. Littré

 

C'était pitié de voir ces consommateurs compulsifs

La compulsion est une névrose. On se sent contraint de faire quelque chose, on ne peut y échapper par sa propre volonté. Ici on ne cesse d'acheter sans pouvoir se raisonner.

 

tous asinant sans le savoir et courant à leur perte comme des dératés

Asiner, faire l'âne.

Courir comme un dératé, il paraît que l'on court plus vite si l'on n'a pas de rate !

 

tout était durable, robuste, solide, infrangible

Infrangible, qui ne peut être brisé

 

mettre un terme à la société de consommation était inconcevable

L'inconcevabilité, caractère de ce qui est inconcevable.

Il fut un temps où l'idée des antipodes était une inconcevabilité. Littré

 

il fallut traitailler et les prêchi-prêcha furent légion

Traitailler, faire sans cesse de nouveaux traités, de petites conventions mal observées ; tripoter dans les négociations. Littré

Un prêchi-prêcha ou prêchiprêcha, prechi-precha, prechiprecha, discours moralisateur ennuyeux.

 

De quoi s'éjouir !

S'éjouir, se réjouir. Ce mot a un peu vieilli mais il est encore bon, nous précise le Littré en 1880 !

 

<< 128 Délires bien faits pour tourner la page + L'érotomanie + Les formes disjointes de l'attribut

>> 130 Délires sur une recherche d'emploi + De l'énergie à la graisse d'andouille

 

AJOUT

Note du 21 janvier 2013

En écrivant cet épisode de la fiction surréaliste et fantasmagorique des Délires (n°69), je ne croyais pas si bien dire. À savoir que l'illustre économiste britannique, Mr Keynes, avait déjà imaginé qu'il serait possible de ne travailler que trois heures par jour dans une société où chacun aurait dompté son Hybris. Cela suffirait pour subvenir à ses besoins. Cf. J. M. Keynes, La pauvreté dans l’abondance - John Maynard Keynes 1883-1946

Comment suis-je parvenue à la découverte, chez Mr Keynes, de cette idée folle, mais ô combien intéressante, bien après qu'elle eut germé dans mon esprit ? Je vais vous le dire.

J'ai écouté l'interview de Monsieur Michel Rocard, que j'ai en grande estime, sur RMC, le 21 janvier 2013. Il fait allusion à la pensée de Mr Keynes, qui, si elle peut sembler datée à certains, contient une vision qui mérite qu'on s'y attarde aujourd'hui.

En surfant sur la toile, je retrouve l'idée dans la revue CONTRETEMPS.

En voici un extrait :

Keynes, et après ? | Contretemps

"Keynes poussa l’audace jusqu’à envisager, pour une société capable de dompter son hybris, « des postes de trois heures par jour ou de quinze heures par semaine », car « trois heures par jour suffiront amplement à satisfaire le vieil Adam chez la plupart d’entre nous »[28]. Dans la Théorie générale, il reconnait certes « qu’à l’heure actuelle, la grande majorité des individus préfèrent l’augmentation de leur revenu à l’augmentation de leur loisir », et qu’on ne peut obliger ceux qui préfèrent un supplément de revenu à jouir d’un supplément de loisir ». Mais, aujourd’hui comme hier, la question (que Keynes ne pose pas) est de savoir pourquoi tant d’individus peuvent préférer travailler plus pour gagner plus dans un travail aliéné, que se serrer la ceinture dans un temps réputé libre mais tout aussi aliéné et vide. L’expérience des 35 heures avec flexibilité et compensation salariale apporterait d'édifiants éléments de réponse."

Étonnant, non ?

L'utopie des trois heures de travail par jour apparaît dans la cité d'Utopinambourg, lieu où se passe mon récit. À y réfléchir de près, ne serait-ce qu'une utopie ?

 

<< 128 Délires bien faits pour tourner la page + L'érotomanie + Les formes disjointes de l'attribut

>> 130 Délires sur une recherche d'emploi + De l'énergie à la graisse d'andouille

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 16:22

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Je m'en fus.

Lorsque je sortis à l'air libre, je me félicitai de m'être évadée de la situation où j'étais près de m'engluer, Il s'en était fallu de peu qu'Alcofribas ne se mît à furibonder ; il s'était retenu de justesse et il avait enfin cessé de m'importuner, redoutant de paraître outrageusement entreprenant envers moi aux yeux de Louf.

Je n'étais pas fâchée que Louf eût été le témoin de cette scène éprouvante. Il serait toujours à même de se rappeler l'empressement pathologique dont Alcofribas avait fait preuve à mon égard, s'il reprenait à ce lamentable amoureux éconduit l'envie de jouer l'érotomane.

Bien que ces dernières heures m'eussent mise maintes fois à l'épreuve de la patience, je n'avais nulle envie de tomber folle. Je me considérai.

Dans tout ce qui était MOI et faisait MOI en cette minute, il n'était rien qui ne fût héroïque.1

 

Un doux serein automnal me rafraîchit. Un penchement de tête me fit recevoir comme une bénédiction les infimes gouttelettes en plein visage. Je fermai les yeux et me dis : « Voilà qu'il me faut maintenant reprendre en main° mon destin. »

Ne dit-on pas qu'il n'est que d'entreprendre pour réussir2?

 

Il n'était plus question de rentrer à l'auberge qui appartenait d'ores et déjà à celui qu'assurément j'aurais bien honni, mais il me fallait rester prudente et je décidai de le chasser de mes pensées, pour aller de l'avant.

La nature exerça à ce moment précis sa tyrannie. Il me fallait d'urgence avaler quelque chose. Comme je n'avais que quelques piécettes en poche et que je ne voulais pas réitérer l'expérience que j'avais eue le soir de mon arrivée à Utopinambourg3 — pour rien au monde je n'aurais mendigoter quoi que ce fût — je décidai de me contenter de quelques soupettes trempées dans un bouillon qu'on me servit dans une gargote. Je quémandai des os et des reliefs pour Prétatou. Il les dévora allègrement après que je l'eus récupéré.

 

L'heure était tardive. Nous nous réfugiâmes dans la cache de la défunte Alcmène pour y passer la nuit4.

................................................................

1-Dans tout ce qui était MOI et faisait MOI en cette minute, il n'était rien qui ne fût héroïque.

Cf. Dans tout ce qui était LUI et faisait LUI en cette minute, il n'était rien qui ne fût admirable. Montherlant

2-Il n'est que d'entreprendre pour réussir.

Exil de Cicéron, Desfontaines.

3-Le soir de mon arrivée à Utopinambourg où je me rends coupable de grivèlerie, voir Les Délires n°55, n°56 et suivants.

4-La cache secrète et insonorisée pour échapper à Big Brother, voir les Délires n°70, n°71 et suivants.

Pour info sur Big Brother, voir Les Délires n°63

 

NOTES

Je m'en fus, je m'en allai. Il s'en fut, il s'en alla, etc.

J'allai / je fus. être pouvait autrefois remplacer aller.

On le rencontre encore aujourd'hui dans des tournures littéraires au passé simple ou au subjonctif passé.

Je fus lui rendre visite (= j'allai lui rendre visite) ;

Je m'en fus lui annoncer la bonne nouvelle.

 

Il s'en était fallu de peu qu'Alcofribas ne se mît à furibonder.

Il ne s'en était fallu guère qu'il ne se mît à furibonder.

Il s'en fallait peu que, il s'en faudrait peu que, + subjonctif + ne explétif

Il s'en faut peu de choses que cela n'aille (Dictionnaire de l'Académie)

Peu s'en fallut que je ne vinsse (Littré)

Il s'en faut beaucoup...(pas de NE)

Il s'en faut de peu, il s'en faut de beaucoup (différence en quantité) Littré

ex : Il s'en faut de peu que le verre ne soit plein / Il s'en faut de beaucoup que le verre soit plein.

Attention, évitez le barbarisme :

Il s'en est guère fallu qu'il se casse la margoulette.

voir Les barbarismes (phrase n°35)

Furibonder, faire le furibond.

Une personne furibonde, sujette à la fureur.

Un geste furibond.

 

s'il lui reprenait l'envie de jouer l'érotomane

Érotomanie, maladie psychotique délirante. L'érotomane croit qu'il est aimé d'une personne et ne veut pas en démordre même s'il a tous les éléments qui prouvent le contraire. La violence que peut atteindre ce sentiment, cette pulsion, pousse parfois à des actes répréhensibles, voire meurtriers, celui ou celle qui en est atteint.

Les phases de l'érotomanie sont la phase d'espoir où l'on attend que l'être aimé se déclare, la phase de dépit où se manifestent agressivité et dépression, la phase de rancune qui peut mener au pire.

On rencontre des personnages érotomanes dans les films :

Anna M., Liaison Fatale, Un Frisson dans la Nuit, L'Histoire d'Adèle H, pour ne citer qu'eux.

 

Je n'avais nulle envie de tomber folle

Tomber suivi d'un adjectif attribut implique une action brusque ou un coup du sort.

On emploie le plus souvent ce verbe dans les expressions tomber amoureux, tomber malade mais on le rencontre maintenant dans tomber enceinte, tomber paralysé, tomber aveugle.

La littérature nous donne à lire tomber boiteux, tomber paralytique, tomber faible, tomber veuve, tomber bête et je me donne la liberté d'écrire ici tomber folle.

 

Je me considérai.

Se considérer :

Se regarder, s'examiner, s'estimer, se juger comme un personnage.

Narcisse se considère dans l'eau de la rivière et tombe amoureux de son reflet.

Je ne me considère pas comme l'amie d'Alcofribas, ce malotru !

S'estimer l'un l'autre

Ces deux amis-là se considéraient.

Être pesé, pris en considération..

Dans certaines circonstances, le moindre détail se considère.

 

Un doux serein automnal me rafraîchit. Un penchement de tête me fit recevoir les fines gouttelettes

Le serein est une humidité fine qui tombe après le coucher du soleil, ordinairement pendant la saison chaude et sans qu'il y ait de nuages au ciel.

Le penchement, action de rendre penchant, des penchements de tête. État d'un corps qui penche.

 

Voilà qu'il me faut maintenant prendre en main mon destin

Prendre en main, se charger d'une affaire soi-même et la diriger seul.

 

celui qu'assurément j'aurais bien honni

Honnir, faire honte à quelqu'un, blâmer en faisant honte.

 

pour rien au monde je n'aurais mendigoter quoi que ce fût

Mendigoter, quêter comme un mendiant.

quoi que

 

quelques soupettes trempées dans un bouillon qu'on me servit dans une gargote

Une soupette, une petite tranche de pain. Diminutif de soupe

Une gargote, petit restaurant où l'on donne à manger à bas prix.

 

je quémandai des os et des reliefs pour Prétatou

Quémander, mendier, solliciter les gens jusqu'à les importuner.

Des reliefs, ce qui reste d'un repas sur la table.

 

après que je l'eus récupéré

Après que

toujours l'indicatif après la locution conjonctive après que, ici le passé antérieur.

 

Formes disjointes de l'attribut

Dans tout ce qui était MOI et faisait MOI en cette minute, il n'était rien qui ne fût héroïque.

Je suis moi et vous êtes vous, ne vous en déplaise !

Dans la plupart des cas on trouve les formes disjointes de l'attribut après les expressions c'est ou si j'étais.

Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous. (cf. Barbara)

Est-ce votre dernier mot ? Oui, ce l'est.

Si j'étais vous, (si j'étais de vous, si j'étais que de vous) je ne sourcillerais même pas à la lecture de toutes ces explications grammaticales que je me fais un plaisir de vous donner !

Si j'étais toi (vous, lui, elle...), si j'étais que toi, si j'étais de toi, si j'étais que de toi

On lira utilement l'article p. 301 sur le site de La grammaire FLE... research.jyu.fi/grfle/301.html

 

<< 127 Délires touchants d'une pauvre dupée + Les distinctions de la phrase interrogative

>> 129 Délires sur la folie du consumérisme + « Prêt à jeter » l'obsolescence programmée

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog 

 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 04:50

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Étais-je stupide ou simplement naïve de croire qu'il était possible d'atteindre le bonheur dans cette vie semée d'embûches ? Et n'avais-je pas compris d'ores et déjà que toujours à nouveaux maux naissent nouvelles peines* ?

Je m'étais laissé aller jusqu'à m'attendrir lorsque Alcofribas m'avait dit naguère de suaves paroles, lorsqu'il m'avait aidée et conduite par la main, lorsqu'il avait répondu aux questions que je me posais. Je l'avais senti irrésistiblement attiré par mon charme et la douceur de mon caractère. Il s'était conduit en vrai protecteur et j'avais été près de lui ouvrir mon coeur.

Ô illusion !

Avais-je pensé que tout était possible avec lui, ou quoi ?

 

Qu'avais-je à me torturer l'esprit alors que l'évidence se faisait jour ? Il avait contrevenu à toutes les règles de la bienséance. Il s'était montré éhontément tel qu'il était. Comment se pouvait-il qu'on osât me traiter aussi barbarement ? Ma colère bouillonnait. De rose tendre qu'elles étaient, mes joues s'enflammèrent, cinabarines. Je ne me contenais plus.

J'aurais tant et tant aimé qu'on me mignotât et voilà que je m'étais laissé surprendre par le parlage d'un fourbe, les boniments d'un ridicule crispin.

Serais-je mieux avancée si j'avais ici accusé ouvertement Alcofribas, alors que je n'avais aucune preuve tangible, palpable, concrète... en un mot irrécusable, pour étayer ma suspicion ?

 

Que n'avais-je écouté Roboland ? Ne m'avait-il pas crié : « Méfie-toi d'Alcofribas ! » Et je n'avais cru qu'à une saute d'humeur, un accès de jalousie. Cher Roboland ! Quelle pitié de ne recevoir de l'affection que d'un robot !

 

« Que ferai-je maintenant ? me dis-je. Qui voir ? À qui me fier ? »

Allais-je à l'avenir m'empêcher de croire à la générosité, à la bonté ? Cesserais-je d'être toujours en quête de tendresse, de compassion, d'amitié ? Ou devrais-je me livrer encore au premier venu, pieds et poings liés°, avec un impardonnable indiscernement ?

Personne ne se tient jamais assez sur ses gardes.

Dieu ! Tout semble m'abandonner !

Dans les heures sombres et solitaires, il ne me reste plus, pour garder espoir, qu'à me bercer de vers qui chantent en ma mémoire.

 

   "Qu’un ami véritable est une douce chose.
   Il cherche vos besoins au fond de votre cœur ;
   Il vous épargne la pudeur
   De les lui découvrir vous-même.
   Un songe, un rien, tout lui fait peur
   Quand il s’agit de ce qu’il aime."*

 

Ne vous avais-je pas avertis, lecteurs incrédules, que j'étais prête à vous entraîner avec moi dans ce monde qui ressemble fort au vôtre d'ailleurs où nous irions, ensemble, de déceptions en déceptions ? N'étions-nous pas convenus que nous ferions la route ensemble ? Est-il besoin de vous dire que vous brûlez comme moi de l'envie de connaître des jours meilleurs ?

Voulez-vous, chers lecteurs, que je vous dise ce que je vais faire ?

Eh bien, je m'en vais délibérer avec moi-même.

...............................................................  

*Voyez que c'est du monde, et des choses humaines !

Toujours à nouveaux maux naissent nouvelles peines ;

Et ne m'ont les destins, à mon dam trop constans,

Jamais après la pluye, envoyé le beau temps

Mathurin Régnier, satire 11

 

**Qu'un ami véritable est une douce chose...

Jean de la Fontaine, Les deux amis.

 

NOTES

Je m'étais laissé aller

Attention, le participe passé laissé suivi d'un infinitif est invariable.  

> L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...

 

Avais-je pensé que tout était possible avec lui ou quoi ?

Quoi ? Tu sais quoi ? Vous savez quoi sur QUOI ?

 

Il avait contrevenu à toutes les règles de la bienséance

Contrevenir : enfreindre, transgresser, agir contre.

Contrevenir aux lois, contrevenir à des ordres.

Se conjugue comme le verbe venir sauf aux temps composés où il s'accompagne de l'auxiliaire avoir.

Je suis venu, j'ai contrevenu à...

Cf. Littré : Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir : il a contrevenu à vos ordres ; il s'est conjugué [autrefois] avec l'auxiliaire être : il est contrevenu à vos ordres ; et, au fond, rien n'empêche de dire ou d'écrire ainsi, puisque les composés de venir se conjuguent dans la plupart des cas avec l'auxiliaire être : je suis parvenu au sommet, je suis convenu du fait.   

N'étions-vous pas convenus que nous ferions la route ensemble ?

Convenir

Je voudrais ici attirer votre attention sur les sens de convenir puisque l'auxiliaire utilisé aux temps composés, être et avoir, varie selon le sens.

CONVENIR se conjugue avec l'auxiliaire être :

quand il signifie s'entendre sur une chose.

Nous étions convenus que nous nous verrions le lendemain.

Ils sont convenus du prix de cette marchandise, et de la manière d'en faire la publicité.

quand il signifie s'accorder.

J'étais convenu avec tous mes professeurs, ce qui était une gageure. (Prononcer gajure)

Les hommes et les femmes conviennent rarement sur le mérite d'une femme. La Bruyère

Pour en savoir plus, toujours penser à se plonger dans Le Littré (en ligne),

Le Trésor et L'Académie (voir le CNRTL) 

Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

quand on reconnaît une vérité.

Nous étions convenus de nos devoirs de citoyens.

Il était convenu que la chose existait vraiment.

(Dans la subordonnée introduite par que on a l'indicatif si la principale est affirmative, le subjonctif si elle est interrogative ou négative)

-être conforme en parlant des choses.

Vos manières ne sont jamais convenues avec celles de ma fille.

Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir

quand il signifie convenable à, être propre à

Cette vie ne m'aurait jamais convenu.

être à la convenance

Ces décisions m'ont convenu.

être convenable

On se mit d'accord sur ce qu'il était convenu de faire.

Se convenir, verbe pronominal

quand il signifie se plaire, s'accepter

Leurs caractères se sont convenu parfaitement.

Nous nous sommes plu et convenu dès que nous nous sommes rencontrés.

On remarque que les participes passés convenu et plu sont invariables (pas de cod).

Faute que l'on entend souvent :

On dit : « Nous avons convenu de faire du shopping cet après-midi. »  alors qu'on devrait dire : » Juliette et moi, nous sommes convenues de faire des emplettes cet (ou cette) après-midi. »

Pour en savoir plus sur les participes passés : QUIZ 26

 

Se pouvait-il qu'on osât me traiter aussi barbarement ?

Barbarement, d'une façon barbare.

qu'on osât, subjonctif imparfait, §25 dans Valeurs et emplois du subjonctif

 

De rose tendre qu'elles étaient, mes joues s'enflammèrent, cinabarines.

L'hyperbate est une figure de style qui consiste à séparer deux mots normalement assemblés. Le rejet en fin de phrase met en relief l'adjectif cinabarine. Il y a disjonction.

Cinabarin (e), qui a la couleur rouge du cinabre, rouge vermillon.

Jeux sur les couleurs : 1-Complétez les phrases avec des noms de couleurs 2-Trouvez la couleur dans les titres des films 3-Cherchez l'intruse - QUIZ 63

 

Nuances de la couleur rouge : aniline, ponceau, framboise, fraise écrasée, rouge anglais, carmin, amarante, bordeaux, capucine, corail, écarlate, feu, vermeil, garance, tomate, vermillon, cinabarin, coquelicot, groseille, écrevisse, terracotta, cerise, cardinal, Bismark, andrinople, cramoisi, sang, sang de boeuf, grenat, tomette, senois, pourpre, nacarat, -de Falun, etc.

 

J'aurais tant aimé qu'on me mignotât

Mignoter, traiter de façon mignonne.

mignotât, subjonctif imparfait

 

Je m'étais laissé surprendre par le parlage d'un fourbe, les boniments d'un ridicule crispin

laissé > L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ

Parlage

-bavardage, paroles inutiles

-discours que l'on tient dans le but de tromper. Le parlage d'un fourbe.

Crispin : valet de comédie qui fait de mauvais tours. Cf. Lesage, comédie : Le valet et son maître

>> sens figuré, se dit d'un personnage qui ressemble au valet de comédie.

 

Devrais-je me livrer au premier venu, avec un impardonnable indiscernement ?

Indiscernement, absence de discernement.

Cesserais-je... Devrais-je...

Le futur du passé, la forme conjuguée est le conditionnel présent. Ici le futur du passé est dans des phrases indépendantes au style indirect libre.

Comparer avec :

Je me demandais si je cesserais à l'avenir... si je devrais...

Je me demande si je cesserai à l'avenir... si je devrai...

Voir > *La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style ou le discours direct et indirect

 

<< 126 Délires sur un coup de théâtre + Verlan et Louchébem

>> 128 Délires bien faits pour tourner la page + L'érotomanie + Les formes disjointes de l'attribut

 

La phrase interrogative.

L'interrogation est disjonctive quand elle énonce une alternative

Étais-je stupide ou simplement naïve ?

Tournure familière :

Avais-je pensé que tout était possible avec lui ? Ou quoi ? 

 

L'interrogation est fictive lorsqu'on n'attend aucune réponse. Elle équivaut à une exclamation ou à une interjection.

Que n'avais-je écouté Roboland ? (Pourquoi n'avais-je pas...)

Allais-je à l'avenir cesser enfin d'être confiante ?

>ou bien lorsque la réponse suit aussitôt la question :

Voulez-vous, chers lecteurs, que je vous dise ce que je vais faire ? Eh bien, je m'en vais délibérer avec moi-même.

 

L'interrogation fictive est dite rhétorique ou oratoire lorsque la réponse est évidente. On n'a pas besoin de répondre.

Ne vous avais-je pas avertis, lecteurs incrédules, que j'étais prête à vous entraîner avec moi dans ce monde en allant de déceptions en déceptions ? Est-il besoin de vous dire que vous brûlez comme moi de l'envie de connaître des jours meilleurs ?

Serais-je mieux avancée si j'avais accusé ouvertement Alcofribas, alors que je n'avais aucune preuve tangible pour étayer ma suspicion ?

 

L'interrogation délibérative permet, à celui qui parle ou qui pense, de réfléchir avant de prendre une décision.

Que ferai-je maintenant ? Qui voir ? À qui me fier ?

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 07:58

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

   → Tous les articles du blog

 

Le susmentionné lieutenant, dégingandé et tiré à quatre épingles°, voulut mettre de l'ordre dans ses troupes livrées quelque peu à elle-mêmes, lesquelles ne se souciaient aucunement de donner une bonne image de l'autorité et de l'impartialité dont elles eussent dû faire preuve. Sa voix tonitruante impressionna. Le silence revint.

Chacun se remit au travail — tout au moins le laissa croire — non sans quelques murmures.

Après m'avoir succinctement posé les questions d'usage en pareille circonstance, à savoir où je me trouvais à l'heure du crime et si je connaissais aux victimes des ennemis jurés, ou de simples ennemis tout au plus, mon interrogateur me dit d'un ton péremptoire que je pourrais me retirer. Il me remit sa carte en me demandant de lui faire part de détails nouveaux qui me reviendraient en mémoire.

Je lus,

Lieutenant Pékin Louf.

Avec un nom pareil, je me doutais bien qu'il lui avait fallu une autorité supérieure à la moyenne pour se faire entendre. Son surnom de Plouf— P. Louf — que j'avais entendu maintes fois susurrer, accompagné d'un geste suggestif, ne devait rien arranger.

Je n'étais cependant pas au bout de mes surprises. À peine avais-je esquissé un mouvement pour quitter sans regret la place, que Louf — dit Plouf — me retint.

« On m'informe à l'instant qu'un certain monsieur Nasier vous demande et dit avoir une requête à vous faire, me dit-il. »

J'attendis.

 

Saisie d'une intuition effroyable, je blêmis à l'arrivée dudit monsieur Nasier.

Alcofribas ! C'était Alcofribas !**

Je n'en crus pas mes yeux quand je le vis entrer en grande conversation avec le susdit Louf — dit Plouf.

Mais, que vois-je présentement ? Ne se donnent-ils pas de grandes tapes dans le dos comme de vieux camarades ?

« Qu'est-ce à croire ? m'interrogé-je. »

 

Alcofribas s'approche de moi et, doucereux comme il n'est pas permis, m'apprend qu'il reprend l'auberge restée vacante, et pour cause, et il me propose de m'y garder comme cuisinière.

À peine si je reconnais ses manières ! Lui, le galant, le séducteur.

Sûr de lui, il s'enflamme lorsqu'il me voit réticente.

Ne voit-il pas qu'il me charlatane ?

Que croit-il donc ce mâchefer ? me convaincre à force de vociférations incongrues ? Qu'imagine-t-il donc ce paroxyste ? me fléchir par la menace ? Qu'espère-t-il donc ce malitorne ? m'emberlificoter par ses manières de macho?

 

« Acceptez mon offre Oli ! Acceptez mon offre Oli... »  nonuple-t-il sur tous les tons sans se résoudre à perdre la partie.

 

Que voilà bien soudain un sinistre personnage !

Je contiens ma colère. J'imagine des choses bien vilaines qu'il a dû faire. Se pourrait-il vraiment qu'il soit à l'origine de cette histoire abominable ? Tout ça pour me tenir à sa merci ?

 

Et ce hareng pec de Plouf qui ne remue pas le petit doigt !

Mais comment lui dire mes soupçons ?

........................................................................ 

*Voir le texte n° 106 où l'on voit se rencontrer pour la première fois Oli et Alcofribas.

Alcofribas Nasier. Je ne te ferai pas l'injure, cher lecteur, de te rappeler à qui appartient ce célèbre pseudonyme que j'ai outrageusement emprunté !

[Après réflexion, je te fais quand même l'injure, c'est François Rabelais)

 

NOTES

le susmentionné lieutenant, dégingangé et tiré à quatre épingles

Susmentionné, susdit, susnommé... susdite, susmentionnée etc.

Mentionné(e) ci-dessus.

tiré à quatre épingles, mis sur son trente-et-un, très chic.

 

l'impartialité dont elles eussent dû faire preuve

eussent dû, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme), elles auraient dû (2e forme))

Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

 

Mais que vois-je présentement...

Le texte qui est écrit au passé, temps du récit, passe brusquement au présent pour le rendre plus vivant. C'est le présent de narration.

 

Qu'est-ce à croire ? m'interrogé-je

Le voilà ! m'écrié-je.

Forme vieillie : Inversion du sujet je après un verbe se terminant par e au présent de l'indicatif.

On aurait à la 3e personne du singulier :

Qu'est-ce à croire, s'interroge-t-il.

Le voilà, s'écrie-t-il.

Voir : Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je..

 

Ne voit-il pas qu'il me charlatane

Ne voit-il pas

locution désuète qui marque la surprise.

Charlataner

1-faire le charlatan

2-tromper à la manière des charlatans, abuser quelqu'un par de belles paroles.

 

qu'espère donc ce malitorne ?

Un malitorne, un personnage qui a de mauvaises manières.

 

que croit donc ce mâchefer ?

Un mâchefer, un fanfaron, celui qui croit pouvoir mâcher du fer.

 

qu'imagine donc de paroxyste ?

Un paroxyste a un tempérament qui pousse à l'outrance, au paroxysme.

 

"acceptez mon offre", nonuple-t-il

Nonupler, répéter neuf fois.

 

et ce hareng pec de Plouf qui ne remue pas le petit doigt

Pec, fraîchement salé. ne s'emploie que dans la locution hareng pec.

 

<< 125 Délires qui n'ont rien de désopilant + Vieux proverbes

>> 127 Délires touchants d'une pauvre dupée + Les distinctions de la phrase interrogative

 

VERLAN ET LOUCHÉBEM

 

LE VERLAN

Le mot verlan est un mot verlan. On a mis à l'envers les syllabes de l'envers (vers-l'en) et on a écrit le mot en verlan.

Le verlan utilise ce procédé, mettre à l'envers les syllabes des mots.

Tomber devient béton dans le Laisse béton de Renaud.

On trouve déjà au XVIème siècle Bonbour pour Bourbon et Louis XV au XVIIIème devient Sequinzouill.

Le verlan a voulu être à ses débuts une sorte de langue secrète utilisée par les prisonniers qui ne voulaient pas être compris. Aujourd'hui certains groupes de jeunes vernalisent.

 

L'art et la manière de comprendre le verlan.

Lorsque le mot a deux syllabes, on l'a vu, on inverse les syllabes, c'est la permutation. Dans le cas où il n'y a qu'une seule syllabe, on inverse les sons. Une vie de ouf, c'est une vie de fou.

La syllabe unique se termine par une consonne ou un e muet ? Qu'à cela ne tienne ! On ajoute un e qui se prononce eu. Flic devient par dissyllabisation flikeu et par inversion keufli, la troncation fait disparaître le li et donne keuf.

Femme devient meuf. mère, reum.

Les règles parfois varient, on peut enlever une lettre ou la modifier, arabe devient rebeu, frère, reuf, juif, feuj. On peut revernaliser : dans ce cas, beur devient reubeu et keuf, feukeu.

Avec plus de deux syllabes on a le champ libre pour la fantaisie. La cigarette devient garettci et enculé léancu, chiredé ou chiré signifie déchiré, port'nawak ou nawak, n'importe quoi.

Et ainsi de suite.

 

LE LOUCHÉBEM (exemple : louf)

C'était et c'est toujours la langue propre aux bouchers, jargon bien hermétique dont seuls les habitués en saisissent le sens.

La première lettre est rejetée en fin de mot, Les mots commencent par L et se terminent soit par EM ou par OC. JI, UCHE, IC, ou autres variantes.

 

Boucher devient louchébem.

Fou, loufoc, d'où loufoque (par troncation louf).

Gigot, ligogem.

Patron, latronpuche.

Maquereau, lacromuche.

Etc

 

Pour en savoir + sur les langues populaires, voir l'article :

Champ lexical - Registre de langue (ou style), soutenu, courant, familier, populaire, argotique, ou vulgaire – Archaïsmes

 

> Retour au début de l'article

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 13:45

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Une couple d'heures plus tard je me rendis à mon interrogatoire. On me fit observer véhémentement que j'avais six minutes de retard. Tout juste si l'on n'était pas sur le point de dépêcher, à mes trousses, la force publique.

« Je serais bien marrie que vous crussiez que je manque* à mes devoirs de citoyenne, me défendis-je, mais la nuit a été rude et le réveil difficile. »

Le lieutenant me posa moult questions parsemées de pièges, mais je ne donnai dans aucun. Ce ne fut pas sans mal. Les esprits s'échauffaient. On entendait des saillies. La plupart d'un goût douteux. On eût dit qu'autour de moi n'étaient que franches caillettes.

 

« Cette donzelle-là, c'est du menu fretin. Mais nul besoin de tendre un marquesèque. »

« À malin malin et demi°, peu me chaut qu'elle ait menti. » 

J'entendis même de vieux proverbes qui n'étaient plus de saison. À peine si l'on saisissait ce qui s'y cachait.

« Femme maligne et poule qui pond font grand bruit à la maison.** » 

« Mentir, tromper, embler et question, encheminent l'âme à perdition.** »

Et de rire.

Tous ces sarcasmes m'étaient destinés. Je ne bronchais pas. Seule dans mon coin, je me tenais coite, de peur d'indisposer la galerie.

Je songeais à mes chers disparus.

Toute joie m'était forclose. Leur souvenir serait engravé à mon coeur, à jamais.

.................................................. 

*Je serais bien marri que vous crussiez que nous manquons à ce que nous leur devons. Pascal, Les Provinciales.

 

**Femme maligne et poule qui pond font grand bruit à la maison.

**Mentir, tromper, embler et question, encheminent l'âme à perdition.

Deux proverbes anciens recueillis sur le site du Ministère de la Culture proverbes

On y trouve 24670 vieux proverbes ! Étonnant non ? En lire quelques-uns avec le mot AMOUR à la fin de l'article

 

NOTES

Titre - Délires qui n'ont rien de désopilant

Désopilant, qui fait rire, très amusant.

 

Une couple d'heures

deux heures environ.

On emploie une couple au féminin pour parler de deux animaux considérés comme étant ensemble, une couple de boeufs. Mais aussi par analogie on dit une couple d'heures. Cependant on dira une paire de chaussures, une paire de gants, etc.

Un couple, une couple, homonymes. 

voir le QUIZ 4 Noms masculins ou féminins - À vous de choisir.

 

On me fit observer véhémentement

avec véhémence, violemment, très fortement.

 

Je serais bien marrie

marrie, fâchée et repentante (marri masculin)

 

Le lieutenant me posa moult questions parsemées de pièges 

beaucoup (de), maint, plusieurs, moult ou moultes questions.

Adjectif employé parfois sous sa forme variable.  

Moult, l'adverbe est invariable, nous venant de l'ancien français, Xème siècle. On l'emploie aujourd'hui pour plaisanter ou bien par amour des archaïsmes. 

Un piège, donner dans un piège, tomber dans un piège, se laisser prendre au piège, être pris à son propre piège, etc.

 

L'ASYNDETE est une figure de style qui consiste en l'absence de mots de liaison, conjonctions ou adverbes, entre les diverses propositions d'une phrase ou entre les phrases mêmes.

Exemple ici :

Ce ne fut pas sans mal. Les esprits s'échauffaient. On entendait des saillies. La plupart d'un goût douteux. On eût dit qu'autour de moi n'étaient que franches caillettes.  

 

nul besoin de tendre un marquesèque

Marquesèque, filet à mailles très serrées pour le petit poisson.

 

À malin malin et demi°

Proverbe. On trouve toujours plus malin que soi.

Vous aimez les proverbes ? Amusez-vous !

 

Peu me chaut, verbe défectif chaloir, peu m'importe.

Voir chaloir dans l'article :

Les verbes défectifs - Pour peu qu'il vous en chaille !*

 

On entendait des saillies

Une saillie, sens figuré : Trait d'esprit brillant et imprévu.

 

« Mentir, tromper, embler et question, encheminent l'âme à perdition. »

Embler, ravir avec violence ou par surprise.

 

On eût dit qu'autour de moi n'étaient que franches caillettes

on eût dit, on aurait dit

Conditionnel passé, 2e et 1re forme.

Caillette, cailleter

Faire la caillette ; bavarder.

Une caillette, personne qui a du babil et point de consistance. Cet homme est une franche caillette.

Dans le commencement du XVIe siècle, il y avait un personnage fictif, très populaire : c'était l'innocent Caillette.

 

Et de rire, se met quelquefois à la fin d'un récit, et signifie : on se mit à rire.

 

Toute joie m'était forclose.

Forclos (forclose), participe passé de forclore, exclure.

Le verbe ne s'emploie qu'à l'infinitif et au participe passé.

Forclusion, prescription, perte d'un droit, le délai ayant expiré.

 

Le souvenir serait engravé en mon coeur, à jamais

engraver

1- enliser, ensabler

2-ici, graver sur...

 

<< 124 Délires des plus funestes + Le roi Candaule

>> 126 Délires sur un coup de théâtre + Verlan et Louchébem

 

Et voici quelques proverbes anciens que vous propose

le site du Ministère de la Culture, proverbes.

Ici ma recherche se borne au mot amour,

(Tout un programme !)

Je trouve, entre autres :

 

A table comme en amour, changement donne saveur

Absence d'une heure et d'un jour compte pour 10 ans en amour

Amour aveugle, raison.

Amour de belle fille et de gendre est comme lessive sans cendre

Amour de courtisan, caresse de putain, bienfait d'avare et promesse de femme ne durent pas plus d'un an

Amour de femme et ris de chien tout ne vaut rien qui ne dit rien

Amour de ramière, blandissement de chien

Amour est de telle propriété qui n'ayme n'est digne d'Etre aimé

Amour et mort, rien n'est plus fort

Amour fait moult, mais argent fait tout

Amour plus que rigueur gagne le coeur

Amour de gendre, lessive sans cendre

Amour de gendre, soleil d'hiver

Amour de monsieur, eau dans un panier

Amour de putain et vin de flacon, s'il vaut au matin, le soir n'est plus bon

Amour de reins, amour de rien

Amour de seigneur n'est pas héritage

Amour de vieux ne dure guère

Amour donne l'esprit aux femmes et le retire aux hommes

Amour en coeur, feu en estouppes

Amour et crainte sont le tymon et le fouet du charroy humain

Amour fait moult, argent fait tout

Amour n'a pas de sagesse ni colère de conseil

Amour ne veut point de compagnon

Amour passe, douleur demeure

Amour peines et argent ne peuvent rester secrets

Amour porte la musique

Amour se monstre là où il est

Amour se pèse à la balance

Amour sur beauté n'a jugement

Amour vainc tout mon coeur de félon

Amour vainc tout, et argent fait tout

Amour vainc tout, fors que coeur de félon

Amour volage aulx amans coûte cher

Amour veut celer ses joyaux

 

Tout cela donne bien à penser, n'est-ce pas ?

 

Vous aimez les proverbes ? Donnez-vous-en à coeur joie

> Proverbes tronqués à compléter QUIZ 89

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 19:58

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blo

 

Je commençai à douter de pouvoir jamais arriver à mes fins. Étais-je tombée dans un piège où l'on voulait m'empêcher de mener mes propres investigations, ou bien avait-on coutume d'épuiser l'énergie de ceux qui s'intéressaient quelque peu à leur prochain ? Je m'étais pliée de bonne grâce à toutes les lenteurs policières jusqu'à ce qu'il me fallût craquer, ce qui n'avait pas été du goût de Carat. J'en avais assez. Cependant, je me défendis de toute paranoïa en supposant que cette malaventure, avec un tel bicêtre, n'arrivait pas qu'à moi et qu'on se plaisait ici à émousser la résistance de ceux qui osaient poser des questions.

Comme je refusais de continuer à jouer le paragon de patience et que j'avais déjà marqué ma désapprobation, on consentit à m'écouter et à me répondre.

Un grand escogriffe de lieutenant dans un uniforme du dernier chic se présenta. Je vis aussitôt qu'il ne ressemblait en rien à son collègue blèche avec qui j'avais eu affaire avant lui, ce qui me donna quelque espoir. Il me dit que je n'avais pas à connaître les détails du drame qui venait de se dérouler À la bonne chère, l'enquête n'en étant qu'à ses débuts.

Je décidai de me mouver violemment les neurones pour le convaincre de me dire ce qui s'était passé.

Comme je précisai que j'étais employée là-bas, que mes patrons Alcmène et Amphi étaient des amis très proches, que je ne pouvais me résoudre à ne rien savoir du meurtre qui s'y était commis et que je ne savais dorénavant où aller puisque j'y avais le gîte et le couvert, mon interlocuteur reconnut que j'étais dans de sales draps° et me précisa que je pourrais toujours rester au poste de police si je ne voulais pas coucher dehors, d'autant plus que je devenais à ses yeux la première suspecte dans cette affaire. Comme il était très tard dans la nuit et qu'il devrait m'interroger à la première heure le lendemain, il ne me restait que peu de temps pour trouver un endroit quelque part, pour y dormir une heure ou deux tout au plus.

 

« Qui est mort ? Mais qui donc est mort ? » criai-je, n'y tenant plus.

J'entendis autour de moi grand éclat de risée et grand chuchillement*.

« Ces gens sont fous », pensai-je.

Je bisquais.

Je bisquais, que dis-je ? J'étais plutôt près de mourir de dépit !

Le lieutenant me vit si désespérée qu'il lâcha prise et me répondit enfin avec froideur : « Vos deux amis sont morts. »

J'étais effondrée. Je renonçai à en savoir davantage.

Je sortis pour aller retrouver Prétatou qui devait se morfondre à m'attendre.

« J'ai les crocs° », jappa-t-il d'aussi loin qu'il me vit.

 

Malgré la crainte que j'avais de me laisser surprendre, j'entrai avec lui dans le restaurant désert par la porte qui donnait sur le jardin. On ne m'avait pas demandé si j'en avais les clefs. Rien ne paraissait avoir été dérangé. Tout était comme à l'ordinaire, mais il planait un silence glacé. Je frissonnais à la pensée que je ne reverrais plus mes amis si chers. J'en eusse de marrisson pleuré comme une vache**. Une douleur gravative, telle une enclume, me pesait sur l'estomac.

 

Prétatou dévora sans vergogne ce qu'on n'avait pas servi ce soir-là. Je m'étonnai qu'il ne m'interrogeât point au sujet de ses maîtres que je savais qu'il chérissait, et qu'il ne voulût point en apprendre davantage.

      « J'aime les sushis** », grognait-il entre deux déglutitions.

.......................................................................  

* Pétrarque... En eût de marrison pleuré comme une vache, Mathurin Régnier, 1573-1613 Satire X

marison, marrisson ou marrison

 

**« J'aime les sushis » comme le dit Gad Elmaleh alias Chouchou dans le rôle-titre du film de Merzak Allouache tourné en 2003.

 

NOTES

Je commençai à douter de pouvoir jamais arriver à mes fins.

Je commençai à douter de pouvoir un jour arriver à mes fins.

sens positif de jamais

Voir l'article : Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques...

 

ceux qui s'intéressaient quelque peu à leur prochain

quelque peu, un peu.

 

jusqu'à ce qu'il me fallût craquer

fallût, subjonctif imparfait

On trouve parfois l'indicatif après jusqu'à ce que (cas rare)

craquer, familier.

Voir l'article Jusqu'à ce que, jusqu'à tant que


cette malaventure, avec un tel bicêtre, n'arrivait pas qu'à moi

Un bicêtre, un malheur, une infortune

Ce mot est voisin de bissextre, le jour bissextil, ajouté à l'année tous les quatre ans, et qui était considéré comme jour de malheur.

 

comme je refusais de continuer à jouer le paragon de patience

Un paragon (substantif), un exemple, un modèle, un archétype.

Littré : Ce qu'il y a de plus excellent, en parlant des personnes ou des choses.

Anne, puisqu'ainsi va, passait dans son village

Pour la perle et le parangon.

Le cas de conscience (Contes et nouvelles en vers par Monsieur Jean de La Fontaine)

En joaillerie : Une perle paragon, un diamant paragon se distinguent par leur grosseur et leur beauté.

 

il ne ressemblait en rien à son collègue blèche avec qui j'avais eu affaire avant lui

Blèche (ou Blêche que l'on trouve sur Littré), faible de caractère, laid, sans volonté, tarte, dolent.

Voir l'article : Avoir affaire ou avoir à faire ? Les affaires, une affaire de coeur, j'en fais mon affaire, je lui ai fait son affaire, une ténébreuse affaire, faire le bizness...

 

je décidai de me mouver violemment les neurones

Mouver, populaire, remuer, bouger.

Exemples :

-mouver (remuer) la sauce, en cuisine.

-mouver la terre d'un pot, en jardinage.

L'allégorie, la mythologie, la poésie sont essentielles à l'esprit humain, et c'est pourquoi précisément l'esprit qui mouve sans cesse doit renouveler sans cesse, par son éducation progressive, le langage de l'art. Bürger, Salons de 1861 à 1868

 

Être dans de sales draps°, ou vilains, beaux, jolis, mauvais draps.

Être dans une très mauvaise situation.

On dit aussi se mettre dans de sales (etc) draps°.

 

J'en eusse de marrisson pleuré comme une vache.

marrisson (Littré), marrison ou marisson (vieux mot hors d'usage), tristesse, chagrin, état de celui qui est marri (DMF) 

Ou : J'en aurais de chagrin pleuré comme un veau ! 

 

je bisquais, que dis-je, j'étais plutôt près de mourir de dépit !

Bisquer, mot familier et populaire, éprouver du dépit.

Près de, prêt à.

On confond souvent ces deux expressions.

Ne pas confondre : sortir, assortir, ressortir intrans. ou trans. indirect- quelquefois, quelques fois – davantage, d'avantage – bientôt, bien tôt – sitôt, si tôt - près de, prêt à

 

Avoir les crocs°, avoir très faim.

 

J'entendis près de moi grand éclat de risée et grand chuchillement

Grand éclat de risée et grand chuchillement, Jean de La Fontaine dans le conte Le roi Candaule et le Maître en droit : à en lire ci-dessous un extrait.

Chuchillement, sorte de chuchotement.

 

une douleur gravative, telle une enclume, me pesait sur l'estomac

Douleur gravative, sentiment de pesanteur.

 

<< 123 Délires de sbires et consorts - "Il avait toujours été nigaud, brigand, maniaque et souffreteux, brèche-dent, caborgnon, punais."

>> 125 Délires qui n'ont rien de désopilant + Vieux proverbes

 

 Notes sur le Roi Candaule

Jean de La Fontaine & Théophile Gautier

Jean de la Fontaine, notre fabuliste toujours aimé.

(Fabrice Luchini ne me démentirait pas !)

On connaît de lui quelques-unes de ses fables les plus célèbres. Heureux ceux et celles qui les connaissent par coeur ! Mais que connaît-on de ses autres oeuvres ? Peu de choses en vérité.

Et pourtant !

Que de savoureuses histoires il a écrites dont nous nous délectons !

La Fontaine publia ses contes et nouvelles de 1664 à 1666. Ce sont des histoires paillardes dont il trouva l'inspiration chez l'Arioste, Boccace, et François Rabelais, entre autres.

Je ne peux résister à l'envie de vous faire connaître ou relire : 

 

Le roi Candaule, et le Maître en droit

(extrait du conte)

Force gens ont été l'instrument de leur mal ;

Candaule en est un témoignage.

Ce roi fut en sottise un très grand personnage.

Il fit pour Gygès son vassal

Une galanterie imprudente et peu sage.

Vous voyez, lui dit-il, le visage charmant,

Et les traits délicats dont la reine est pourvue ;

Je vous jure ma foi que l'accompagnement

Est d'un tout autre prix, et passe infiniment ;

Ce n'est rien qui ne l'a vue

Toute nue.

Je vous la veux montrer sans qu'elle en sache rien ;

Car j'en sais un très bon moyen:

Mais à condition. . . , vous m'entendez fort bien,

Sans que j'en dise davantage ;

Gygès, il vous faut être sage :

Point de ridicule désir :

Je ne prendrais pas de plaisir

Aux voeux impertinents qu'une amour sotte et vaine

Vous ferait faire pour la reine.

Proposez-vous de voir tout ce corps si charmant,

Comme un beau marbre seulement.

Je veux que vous disiez que l'art, que la pensée,

Que même le souhait ne peut aller plus loin.

Dedans le bain je l'ai laissée :

Vous êtes connaisseur, venez être témoin

De ma félicité suprême.

Ils vont. Gygès admire. Admirer ; c'est trop peu.

Son étonnement est extrême.

Ce doux objet joua son jeu.

Gygès en fut ému, quelque effort qu'il pût faire.

Il aurait voulu se taire,

Et ne point témoigner ce qu'il avait senti :

Mais son silence eût fait soupçonner du mystère.

L'exagération fut le meilleur parti.

Il s'en tint donc pour averti ;

Et sans faire le fin, le froid, ni le modeste,

Chaque point, chaque article eut son fait, fut loué.

Dieux, disait-il au roi, quelle félicité !

Le beau corps ! le beau cuir ! ô ciel ! et tout le reste !

De ce gaillard entretien

La reine n'entendit rien ;

Elle l'eût pris pour outrage :

Car en ce siècle ignorant

Le beau sexe était sauvage ;

Il ne l'est plus maintenant ;

Et des louanges pareilles

De nos dames d'à présent

N'écorchent point les oreilles.

Notre examinateur soupirait dans sa peau.

L'émotion croissait, tant tout lui semblait beau.

Le prince s'en doutant l'emmena ; mais son âme

Emporta cent traits de flamme.

Chaque endroit lança le sien.

Hélas, fuir n'y sert de rien :

Tourments d'amour font si bien

Qu'ils sont toujours de la suite.

Près du prince Gygès eut assez de conduite ;

Mais de sa passion la reine s'aperçut.

Elle sut

L'origine du mal ; le roi prétendant rire

S'avisa de tout lui dire.

Ignorant ! savait-il point

Qu'une reine sur ce point

N'ose entendre raillerie ?

Et supposé qu'en son coeur

Cela lui plaise, elle rie,

Il lui faut, pour son honneur

Contrefaire la furie.

Celle-ci le fut vraiment,

Et réserva dans soi-même,

De quelque vengeance extrême

Le désir très véhément.

Je voudrais pour un moment,

Lecteur, que tu fusses femme :

Tu ne saurais autrement

Concevoir jusqu'où la dame

Porta son secret dépit.

Un mortel eut le crédit

De voir de si belles choses,

A tous mortels lettres closes !

Tels dons étaient pour des dieux,

Pour des rois, voulais-je dire ;

L'un et l'autre y vient de cire,

Je ne sais quel est le mieux.

Ces pensers incitaient la reine à la vengeance.

Honte, dépit, courroux, son coeur employa tout.

Amour même, dit-on, fut de l'intelligence : 

De quoi ne vient-il point à bout ?

Gygès était bien fait; on l'excusa sans peine :

Sur le montreur d'appas tomba toute la haine :

Il était mari; c'est son mal ;

Et les gens de ce caractère

Ne sauraient en aucune affaire

Commettre de péché qui ne soit capital.

Qu'est-il besoin d'user d'un plus ample prologue ?

Voilà le roi haï, voilà Gygès aimé,

Voilà tout fait et tout formé

Un époux du grand catalogue ;

Dignité peu briguée, et qui fleurit pourtant.

La sottise du prince était d'un tel mérite

Qu'il fut fait in petto confrère de Vulcan ;

De là jusqu'au bonnet la distance est petite.

Cela n'était que bien; mais la Parque maudite

Fut aussi de l'intrigue ; et sans perdre de temps

Le pauvre roi par nos amants

Fut député vers le Cocyte.

On le fit trop boire d'un coup :

Quelquefois, hélas ! c'est beaucoup.

Bientôt un certain breuvage

Lui fit voir le noir rivage,

Tandis qu'aux yeux de Gygès

S'étalaient de blancs objets :

Car, fût-ce amour, fût-ce rage,

Bientôt la reine le mit

Sur le trône et dans son lit.

Mon dessein n'était pas d'étendre cette histoire :

On la savait assez. Mais je me sais bon gré ;

Car l'exemple a très bien cadré ;

Mon texte y va tout droit : même j'ai peine à croire

Que le docteur en lois dont je vais discourir

Puisse mieux que Candaule à mon but concourir. [...]

à lire sur Wikisource : Le Roi Candaule et le maître en droit

Note - Le candaulisme est la perversion de Candaule.

 C'est par Hérodote qu'on connaît l'histoire de ce roi sarde tué par Gygès qui lui ravit le trône de Lydie.

Théophile Gautier écrivit sa nouvelle Le roi Candaule en 1844.

A la lecture de cette oeuvre, Victor Hugo fit part à Théophile de son enthousiasme : «Vous êtes un grand poète et un charmant esprit. Cher Théophile, je lis votre Roi Candaule avec bonheur. Vous prouvez, avec votre merveilleuse puissance, que ce qu'ils appellent la poésie romantique a tous les génies à la fois, le génie grec comme les autres. Il y a, à chaque instant de votre poème, d'éblouissants rayons de soleil. C'est beau, c'est joli, et c'est grand.» (Propos recueillis sur le site L'Antiquité des Méditerranées) 

Vous trouverez entre autres sur le site (mediterranes.net) la liste des mythes grecs et romains. Ne vous privez pas de donner libre cours à ce vice impuni, la lecture. 

Le Roi Candaule, nouvelle de Théophile Gautier

Lire un extrait dans La Pensée des Autres :

> THEOPHILE GAUTIER - Le Roi Candaule - Nyssia et Gygès

et le texte intégral dans Wikisource :

...........................................................  

 J'ai une tendresse et une admiration particulières pour Théophile Gautier qui nous a donné une oeuvre pleine de fantaisie et de charme. Mamiehiou

Note

*Ce vice impuni, la lecture, Valéry Larbaud.

 

> Retour au début de l'article

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article

Présentation

  • : LE BLOG DE MAMIEHIOU - La langue française telle qu'on l'aime  De la grammaire, des exercices divers, des dictées commentées, des histoires, des textes d'auteurs, des infos pratiques...
  • : Pour tous ceux qui aiment la langue française. Son histoire, sa grammaire et son orthographe. Des dictées commentées, des exercices ébouriffants, un florilège de textes d'auteurs, etc.
  • Contact

Mon Profil

  • mamiehiou.over-blog.com
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.

Mon blog

Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

Rechercher Un Mot Du Blog