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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 17:30

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Suite de : 114 Délires cervantesques

 

Je fermai le livre hâtivement. N'avais-je pas vu et senti avec une acuité démesurément exacerbée ce qu'on suppose qui se passe dans l'imagination débridée de lecteurs passionnés ? La frayeur, qui m'avait saisie alors, avait égalé les pires frayeurs ressenties devant les dangers bien réels ceux-là, qui n'avaient pas épargné ma pauvre existence. Je ne pus me résoudre à fréquenter plus longtemps cet hidalgo1 capable de tout.

Néanmoins je ne voulus pas en rester là. La séduction qu'exerçaient sur moi tous ces livres alignés me retint de vouloir abandonner ce lieu sur le champ, et je ne pus m'empêcher de désirer ardemment réitérer une expérience aussi étonnante.

Il me fallait choisir une histoire qui conviendrait à ma position présente, celle de la jeune fille énamourée que j'étais.

 

Quels personnages plus attachants, plus bouleversants, pourrait-on rencontrer en ce monde, que les deux jeunes amants Roméo et Juliette ? Quelle tragédie, sublime et inégalée, a jamais aussi violemment déchiré le cœur d'un être sensible ?

Shakespeare2 s'offrait à moi tout entier, et je choisis, parmi son œuvre, le texte aimé. 

 

J'ouvris le livre avec précaution, sans connaître le moment de l'histoire qui allait s'offrir à mes yeux, et je me mis à frissonner de tout mon être.

 

Un tombeau majesteux s'éleva lentement tout autour de moi et m'enserra tel un écrin glacé. Des sarcophages sculptés dans le marbre de Carrare le peuplaient, surmontés de gisants hiératiques et graves. Dans l'un d'eux découvert, Juliette, pâle et froide regardait, par delà ses yeux clos, l'avenir incertain. Ne l'avait-on pas étendue ici dedans comme morte, pour qu'elle pût échapper à un mariage impossible, la loi de Dieu la liant en secret à jamais à son Roméo ? Que n'avait-il été là pour l'arracher à ce supplice ?

Elle attendait.

L'effet de la potion qui faisait de son sommeil un sommeil semblable à la mort elle-même, allait dans un moment se dissiper.

Je m'approchai de la jeune épousée pour admirer sa beauté. Le caveau en était tout illuminé3

 

Il arrivait enfin dans Vérone endeuillé. L'avait-on prévenu, ce cher amour, que Juliette, pour lui, avait surmonté l'insupportable mensonge, qu'elle avait pris le risque d'avaler le philtre qui l'endormirait jusqu'à son retour et de se réveiller seule dans l'effrayante sépulture ?

 

Mais déjà le voilà qui pénétre en cette crypte lugubre. Il croit Juliette morte. Nul n'a pu l'avertir du stratagème. Seigneur ! Que saisit-il ? Une fiole qu'il veut vider de son contenu mortel !

Je ne puis supporter de voir son désespoir. Je me précipite et veux l'empêcher de se nuire. Je crie ! Comment lui faire savoir que sa Juliette va se réveiller ?

« Don't do that, dear Romeo, She is not dead. Please believe me. Don't do that ! »4

Je m'agrippe à ses vêtements. Je veux lui arracher le poison. Mais puis-je changer le destin d'un si bouleversant amant ? N'avais-je pas naguère tenté l'impossible avec Don Quichotte ? En vain !

Roméo est tout près de moi, si réel, si vivant que je sens la chaleur de son souffle.

C'en est fait de lui. Il boit le funeste breuvage et, posant ses lèvres sur celles de sa bien-aimée, prononce ces mots avec douceur :

« Thus with a kiss I die. »

(« C'est ainsi que dans un baiser je meurs »)

 

Quelle douleur plus impétueuse aurait pu me saisir en cet ultime instant ?

......................................................................................

1-Cet hidalgo. Il s'agit de Don Quichotte que nous avons rencontré dans le texte des Délires n°114

 

2-William Shakespeare est né probablement le 26 avril 1564 à Stradford-upon-Avon en Angleterre, et y est mort le 23 avril 1616. Il est l'un des plus grands poètes, dramaturges et écrivains du monde.

 

3-cf. Roméo et Juliette Acte V scène III

 « ...her beauty makes

This vault a feasting presence full of light »

 

4- « Don't do that, dear Romeo, She is not dead. Please believe me. Don't do that ! *» Ne fais pas cela cher Romeo. Elle n'est pas morte. Je t'en prie, crois-moi. Ne fais pas cela ! (Paroles d'Oli)

 

NOTES

ma position présente, celle de la jeune fille énamourée que j'étais

Énamourée, amoureuse.

N'oublions pas qu'Oli est amoureuse d'Alcofribas !

 

Ne l'avait-on pas étendue ici dedans comme morte.

Cf. Littré. Ici se joint avec d'autres adverbes. Ici dessous...

 

Un tombeau majestueux m'enserra tel un écrin glacé

Enserrer, inhumer, ensevelir, enterrer.

 

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>> 117 Délires de Cadavres Exquis*-"Le cadavre exquis boira le vin nouveau."

 

Savez-vous que William Shakespeare et Miguel de Cervantes, s'ils sont morts à la même date, ne sont pas morts le même jour ?

 

EXPLICATION

La date du 23 avril 1616 a existé dans deux calendriers différents, le calendrier julien et le calendrier grégorien, le nôtre aujourd'hui.

 

Le calendrier julien (de Jules César) a remplacé le calendrier romain en – 45. Il a été lui-même remplacé par le calendrier grégorien élaboré par des scientifiques et qui tient son nom du Pape Grégoire XIII. Il avait pour but de corriger le calendrier julien en lui ajoutant des années bissextiles.

Tous les pays n'ont pas adopté le calendrier grégorien en même temps et ce remplacement s'est fait du XVIème siècle au XXème siècle. Les pays qui s'alignaient sur Rome furent les premiers, les pays protestants suivirent, puis d'autres.

 

Le calendrier grégorien commence en l'An I, l'Anno Domini, qui marque le début de l'ère chrétienne. Il est appliqué le 15 octobre 1582 et l'on supprime 10 jours par rapport au calendrier julien, du 4 octobre 1582 au 15 octobre 1582.

 

Cela explique que la date de la mort de Shakespeare est la même que celle de Cervantes, tout en n'étant pas le même jour, l'une se trouvant dans le calendrier julien (l'Angleterre anglicane n'a pas adopté tout de suite le calendrier grégorien) l'autre dans le calendrier grégorien.

Mais dites-moi, lequel est donc mort avant l'autre ?

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 17:05

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QUIZ 23

 

Cet exercice peut être fait avec des amis.

Celui qui a le plus grand nombre de mots bien orthographiés est le gagnant.

Complétez les mots commençant par

SI – CI – SCI – SY – CY – ou SCY

 

 

1--gma

--the

--boire

--tcom

--ngalais

--rénéen

--evert

--boulette

--napisme

10--zain

--néraire

--bylle

--emment

--rrhose

--mbiose

--nger

--rcumpolaire

--ngle

--node

20--toplasme

--ne qua non

--rrus

--niser

--lice

--lhouette

--narchie

--licose

--llogisme

--nécure

30--ncope

--nécéphalcytologie

--ccatif

--licone

--lvaner

--lure

--ntigraphie

--smique

--nopsis

--lviculture

40--lindre

--nthèse

--nchrone

--alique

--nomyme

--lphe

--lphide

--llabaire

--ssure

--stite

50--nologie

--ncrétisme

--mbole

--byllin

--ène

--novie

--ntagme

--lle

--philis

--priote

60--ntiller

--ngnathe

--nagogue

--lice

--alityque

--napse

--nisme

--énite

--khisme

--nglé

70--ndrome

--nder

--ncope

--près

--ntaxe

--mbale

--riaque

--négétique

--atique

--stole

--caire

80--comore

--nergie

--clone

--mposium

--anose

--zygie

--anure

--gillé

--bernétique

 

 

Voici les mots entiers :

 

1-sigma, 18ème lettre de l'alphabet grec

scythe, se rapporte à des peuplades sémitiques d'origine indo-européenne ayant vécu du VIIème au IIIème siècle avant J.C.

ciboire, vase où l'on recueille les hosties

sitcom, série télévisée à dominante humoristique

cingalais, cinghalais ou singhalais, langue parlée au Sri Lanka

sirénéen, mammifère aquatique herbivore, lamentin

sievert, unité de dose de radiation

ciboulette, plante aromatique qui parfume vos salades, omelettes...

sinapisme, cataplasme à base de farine de moutarde

 

10-sizain, strophe de six vers

cinéraire, plante vivace très florifère

sibylle, prêtresse d'Apollon capable de divination et de prophétie

sciemment, délibérément, en toute connaissance de cause

cirrhose, grave maladie du foie

symbiose, association intime entre deux organismes différents

singer, imiter

circumpolaire, se dit d'un objet céleste qui ne se couche jamais sous l'horizon, du point de vue de l'observateur

single, enregistrement qui comporte un ou deux morceaux

synode, concile rassemblé pour régler des questions précises

 

20-cytoplasme, contenu d'une cellule vivante

sine qua non, condition sans laquelle cela ne pourrait pas être

cirrus, nuage de la troposphère (6000-15000 mètres)

siniser, faire devenir chinois

silice, dioxyde de silicium (dans le sable par exemple)

ou cilice, objet ou vêtement porté par mortification

silhouette, contour d'un objet, dun personne...

synarchie, société politique secrète

silicose, maladie pulmonaire due à l'hinhalation de particules de silice (mines, carrières etc.)

syllogisme, Raisonnement dont le départ est deux propositions appelées prémisses qui conduisent à une conclusion. Logique aristotéliciennne (=d'Aristote)

sinécure, ce n'est pas une sinécure : ce n'est pas de tout repos

 

30-syncope, perte de conscience provoqué par une diminution d'influx sanguin

cynocéphale, à tête de chien, comme l'Anubis égyptien à ête de chacal ou de chien sauvage.

siccatif, substance qui accélère le séchage ou le durcissement d'un matériau (peinture par ex)

silicone, sa base est la silice (voir silice ci-dessus)

la silicone, composé de silicium

le silicone, polymère utilisé par ex. dans les implants mammaires, les colles, gels, gommes, élastomères, produits antimoussants, etc. 

en anglais, silicon (=silicium), silicone (=silicone), silica (=silice)

Silicon Valley, ou bien The Valley, la vallée du silicium (et non du silicone) n'est pas en fait une vallée, mais il s'y trouve une industrie de technologies de pointe.

sylvaner, cépage blanc d'Europe centrale. D'Alsace en particulier

silure, poisson originaire du bassin du Danube

scintigraphie, méthode d'imagerie médicale obtenue en employant des isotopes radoactifs. (os, coeur, prostate...) que l'on injecte au patient et qui se fixent sur l'organe à examiner. On obtient une image sur écran.

sismique, méthode de prospection qui permet d'analyser les zones géologiques profondes grâce à l'analyse des ondes sismiques captées en échos

synopsis, texte qui donne un aperçu d'une oeuvre artistique ou scientifique. Résumé d'un scénario d'un film

sylviculture, exploitation et entretien des forêts

 

40cylindre, surface dans l'espace définie par une droite (d), appelée génératrice, passant par un point variable décrivant une courbe plane fermée (c), appelée courbe directrice et gardant une direction fixe.

synthèse, raisonnement inverse de l'analyse

synchrone, se dit d'éléments qui fonctionnent sur le même rythme

sciatique, douleur provenant du nerf du rachis (=colonne vertébrale) lombaire

synonyme, mot de sens voisin

sylphe, mythologie gauloise, celte, et germanique, créature de l'air

sylphide, idem

syllabaire, ensemble de symboles représentant les sons vocalisés d'une langue

scissure, fente, fissure, sillon observés sur certains organes (cerveau, poumons...)

cystite, infection urinaire

 

50-sinologie, étude de la langue et de l'écriture chinoises

syncrétisme, rassemblement de diverses doctrines. Exemple : Au Japon, le bouddhisme et le shintoïsme cohabitent depuis le VIIIe siècle.

sibyllin, incompréhensible

sciène, poisson de l'Atlanique appelé aussi maigre

synovie liquide dans les articulations qui permet le mouvement

syntagme, ensemble de mots formant une unité. Exemple de syntagme nominal (souligné) : Pendant la tempête, la grande maison ancienne d'en face s'est effondrée. Le noyau du syntagme est maison.

scille, plante herbacée

syphilis, infection sexuellement transmissible. IST

cypriote, chypriote, de Chypre

 

60-scintiller, jeter des lueurs intermittentes

syngnathe, anguille ou vipère de mer

synagogue, lieu de prière des Juifs

cynisme, effronterie

cilice, instrument de pénitence

scialytique, marque de luminaires dont le nom est devenu générique

synapse, connection entre deux neurones

cynisme, attitude qui fait fie des conventions morales et sociales

syénite, roche magmatique grenue constituée principalement de feldspaths alcalins

sikhisme, religion moniste fondée dans le nord de l'Inde au XVe siècle par le guru Nanak. Elle s'inspire de l'islam, de la mystique soufie, et de la spiritualité hindoue

cinglé On l'est tous parfois

 

70-syndrome, ensemble de symptômes par forcément en rapport avec une maladie

scinder, couper en plusieurs parties

syncope, perte de connaissance

cyprès, arbres sempervirents de la famille des Cupressacées, les Leylands sont très prisés chez nous pour faire des clôtures

syntaxe, en linguistique, l'étude de la syntaxe concerne la phrase, le mot, le syntagme (ce mot est dans l'exercice)

cymbale instrument de musique de percussion

syriaque, langue du Proche-Orient qui appartient au groupe des langues araméennes

cynégétique, la gestion appelée ainsi concerne la faune sauvage en vue de la chasse

systole, contraction du coeur au contraire de la diastole

sicaire, tueur à gages

 

80-sycomore, espèce d'arbres. L'érable du même nom se voit souvent dans les jardins bretons.

synergie, effet positif qui naît de l'action des éléments complémentaires d'une organisation

cyclone, appelé ouragan, typhon selon l'endroit où il sévit

symposium, colloque, congrès d'une assemblée de spécialistes qui traite une question particulière

cyanose, coloration bleuâtre de la peau causée par un problème circulatoire

syzygie, en astrophysique, situation où trois objets célestes ou plus se trouvent alignés

cyanure, celui de potassium est poison.

cigillé, qui est marqué d'un sceau

cybernétique,« science constituée par l'ensemble des théories sur les processus de commande et de communication et leur régulation chez l'être vivant, dans les machines et dans les systèmes sociologiques et économiques ». Elle a pour objet principal l'étude des interactions entre « systèmes gouvernants » (ou systèmes de contrôle) et « systèmes gouvernés » (ou systèmes opérationnels), régis par des processus de rétroaction ou feed-back. Lu dans Wikipédia, entrée : cybernétique

 

Si vous n'avez fait aucune faute, vous êtes très fort, bravo !

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 13:15

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Exercice :

Faites-vous la liaison ou pas ?

Un sang impur, les fers à repasser, les beaux yuccas,

les yeuses, les haricots, les hiéroglyphes, les hiatus.

Réponses à la fin de l'article

 

LA LIAISON unit deux mots qui se suivent, la dernière lettre du premier se prononce comme si elle commençait le second. Il n'y a pas d'arrêt de la voix entre les deux mots, donc pas de disjonction.

Exemples : les arcs (les-z-arcs), je veux une explication (veux-z-une), encore que, dans ce cas la liaison soit facultative, il est trois heures (trois-z-heures), un grand hommage (grand-t-hommage), il a beaucoup à faire (beaucoup-p-à faire) ou trop à dire (trop-p-à-dire), un long épisode (un long-k-épisode), un sang impur (un sang-k-impur, mais l'usage veut que l'on ne prononce plus le (k) dans ce cas). 

 

La langue française, pour être une langue harmonieuse, suivra certaines règles pour respecter l'euphonie et éviter l'hiatus.

Euphonie : Sons agréables à entendre et faciles à prononcer

Hiatus : Rencontre de deux voyelles

 

Remarque : PATAQUÈS : faute de liaison

Cf. Wiktionnaire : 1784 Déformation de la phrase « Je ne sais pas à qui est-ce », devenue « Je ne sais pataquès ».
Il n’est point-z-à vous, il n’est pas-t-à vous, mais alors, je ne sais PAS-T-À-QU'EST-CE

 

L'ÉLISION. On a une élision lorsqu'une lettre disparaît (amuïssement* de la voyelle finale) pour unir deux mots et cela par euphonie, pour éviter l'hiatus :

On élide la voyelle finale -E : l'état au lieu de le état, jusqu'à au lieu de jusque à, quelqu'un au lieu de quelque un...

On élide la voyelle finale -I : s'il au lieu de si il.

On élide la voyelle finale -A : l'amie au lieu de la amie, l'arrivée au lieu de la arrivée, etc.

 

L'ENCHAÎNEMENT veut que la dernière syllabe d'un mot, qui se prononce, se lie avec la syllabe du mot suivant si celui-ci commence par une voyelle. Une épouse admirable. (uné-pou-zadmirable)

Il est différent de la liaison en ceci qu'un mot ne se lie pas avec sa lettre finale au mot qui le suit mais avec la syllabe finale.

On notera que certains dictionnaires emploient le mot liaison pour enchaînement.

 

Cas particuliers :

Il n'y a pas de liaison avec le S qui se trouve à l'intérieur des locutions nominales au pluriel ; exemples dans arcs-en-ciel (arkanciel),  chars à banc (charàbanc), vers à soie (veràsoie), armoires à glace (armoiràglace), guets-apens (guetapens), crocs-en-jambe (crokenjambe), fers à repasser (feràrepasser), des pots à eau (potàeau ou pots/à/eau avec disjonction) etc.

 

Quand un verbe à la 2e personne du singulier, TU, du présent de l'indicatif et du subjonctif se termine par ES, on a un enchaînement avec le mot qui suit, sans liaison avec le S.

Tu me donnes une rose. (donnune).

Il faut que tu me parles ainsi (parlainsi).

Mais quand on dit un vers, on fait la liaison et on compte la syllabe.

Tu me donnes une rose (tu me donnes-zune rose = 7 syllabes, rose ne comptant que pour une syllabe en fin de vers)

 Pour en savoir + voir l'article :

Versification. Comment compter les syllabes d'un vers ?

 

LA DISJONCTION, contrairement la liaison, nécessite  comme un arrêt de la voix entre deux mots. Un mot qui commence par un h aspiré (ou rarement un mot qui commence par une voyelle, -y, -u) se comporte par rapport au mot qui le précède comme s'il commençait par une consonne.  Ainsi ni l'élision, ni la liaison ne sont possibles.

Exemples, h aspiré : le haricot, le handicap...

On a l'élision et la liaison devant un h muet.

Exemples : L'horreur, ils sont horribles, l'homme, l'humanité, les caractères humains...

On a une disjonction devant le u de uhlan (le uhlan) et de ululement (le ululement = le hululement). On trouve parfois l'ululement.

LE Y EN DEBUT DE MOT.

Dans la plupart des cas, il y a disjonction (pas d'élision, pas de liaison) 

la yole, le yacht, les vénéneux yuccas (et pas z-yuccas)

Exceptions : 

les yeux (liaison z-yeux, d'où zyeuter ou zieuter), l'yeuse (chêne vert), l'ypérite (gaz moutarde, arme de guerre).

Pour l’adverbe hier, on préférera l'élision (le journal d'hier). On rencontre la disjonction dans la langue parlée (parfois écrite) : Je ne l'ai su que hier.

Disjonction après la conjonction de coordination ET. Une femme belle et/élégante passa.

Les mots commençant par ou- : pas de disjonction sauf devant certains noms propres : les habitants de Ouagadougou, mais La République d'Ouganda.

On peut dire l’ouate ou la ouate, le ouistiti, l'ouistiti.

Il n’y a pas de disjonction devant :

les noms propres français commençant par y-, ainsi que devant York (le jambon d'York),

devant les mots commençant par i-, sauf iodler et Ionesco,

devant les mots commençant par hi- ou hy- (l'hymen, l'hiéroglyphe), sauf devant hiérarchie et hyène.

Il y a disjonction devant :

hiérarchie et ses dérivés,

les noms propres étrangers commençant par y- sauf York et  Yourcenar (Marguerite),

le verbe jodler (le j se prononce [j] son mouillé se rapprochant du y yod )

les noms étrangers d'origine germanique commençant par j- prononcé [j] comme le y yod, Jung, Jungfrau,

Jahvé (qu'on écrit aussi Yahvé), .

On a le huis-clos (disjonction) mais l'huis et l'huissier,

le héros (disjonction), mais l'héroïne, l'héroïsme,

l'héro (féminin) pour l'héroïne, la drogue (O apocope)

Disjonction dans le huit (le nom du chiffre), même chose pour le onze, le un, les un. Exemple : le onze s'écrit avec deux un.

 

Rien à voir avec les Huns, ni les uns... ni les autres d'ailleurs !

...........................

*amuïr signifie rendre muet >> amuïssement

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Exercice du début de l'article

Faites-vous la liaison ou pas ?

Un sang impur, les fers à repasser, les beaux yuccas, les yeuses, les haricots, les hiéroglyphes, les hiatus.

Si vous avez lu l'article, vous devez pouvoir répondre sans hésiter.

Réponses

un sang [k] impur (liaison - usage vieilli ou [k] prononcé très assourdi)

ou un sang impur (disjonction)

les fers à repasser (pas de liaison)

les beaux yuccas (pas de liaison) le yucca

les yeuses (liaison) l'yeuse

les haricots (pas de liaison) le haricot – les / haricots

les hiéroglyphes (liaison) l'hiéroglyphe

les hiatus (liaison) la plupart des dictionnaires et des grammairiens s'accordent à reconnaître aujourd'hui le h muet dans hiatus : l'hiatus.

On rencontre parfois la disjonction, le hiatus, Quel beau hiatus ! Ce hiatus, Avez-vous entendu ce hiatus ? Survivance d'un ancien usage : disjonction que l'on trouvait dans quelques dictionnaires.

Alors que si l'on considère que le H n'est pas aspiré, on doit dire : l'hiatus, Quel bel hiatus ! Ces-z-hiatus, Avez-vous entendu cet hiatus ? 

Article connexe :

Le S précédé de C (-CS) ne se lie pas avec le mot qui suit.

La liaison des prépositions et des conjonctions

Savoir orthographier les adjectifs numéraux cardinaux cent ou cents, vingt ou vingts... + des millions, des milliards, des billions + Une réflexion sur "les liaisons dangereuses" de Michel Serres

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 13:10

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Lecteur oisif, très cher lecteur, lecteur compréhensif, lecteur prudent, fasse le Ciel que tu ne succombes point à l'attrait immodéré qu'exerce sur toi la lecture de mes aventures, toutes plus dangereuses et ébouriffantes les unes que les autres et que tu ne te laisses pas emporter irrépressivement dans la tourmente née de ta recherche de la vérité. Ne prends pas mes moulins à vent pour des ennemis à combattre et écoute le raisonnable Sancho qui veille en toi. Entraîné dans ta course folle pour l'oisiveté, tu risques de perdre de vue les mille et une petites choses qui sont là, tout près, et qui t'échappent, et qui pourraient te donner ces joies minuscules qui font de la vie sa douceur même !

........................................

NOTES

Desocupado lector, lector carisimo, lector suave, lector prudente, dans le Prologue, première partie de Don Quichotte.

El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha, de Cervantes.

 

La recherche de la vérité

>>La Vérité, toute la Vérité, rien que la Vérité...

 

Ces joies minuscules : La première gorgée de bière par exemple. Mais les futurs alcooliques ne devraient en aucun cas se laisser prendre à ce plaisir-là, à la fois anodin et pervers, et qui pourrait, un jour, leur être fatal ! Et, pour éviter d'enfoncer le clou, je ne parlerai pas de cette façon delermesque de les inciter à siroter un petit verre de porto !

Ne vaut-il pas mieux se contenter d'écosser des petits pois ? Définitivement.

Voyons Philippe, soyez honnête, bon nombre de vos lecteurs ont horreur de l'écossage, et moi la première !

 

J'ai lu aussi : « La voiture est étrange : à la fois comme une petite maison familière et comme un vaisseau sidéral. »

Comme c'est drôlement vu ! On aimerait bien demander aux SDF qui n'ont plus que leur voiture comme abri de nous donner leur avis.

 

Et encore :« Ah ! Les petites maladies de l’enfance qui vous laissent quelques jours de convalescence, à lire au lit des Bugs Bunny ! Hélas, quand on vieillit, les plaisirs de la maladie deviennent rares. »

Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire pour connaître ses classiques contemporains ! Je me souviens avoir attrapé la même année, quand j'avais 10 ans, la coqueluche et la scarlatine. J'ai cru que j'allais en mourir ! (vous connaissez le cri rauque du coq qui a donné son nom à coqueluche ?) Je ne pouvais même pas lire mes Lucky Luke ! Alors, les plaisirs de la maladie ! Quelle vaste rigolade !

Ah ! J'en pleurerais d'avoir raté, au fil de ma longue vie, ces rares plaisirs. Pourtant, à mon âge, j'aurais pu tant et tant en rencontrer !

Non, je n'ai rien contre Monsieur Philippe Delerm qui est, j'en suis sûre, quelqu'un de tout à fait charmant.

Il n'empêche !

 

Nota Bene : je cite Philippe Delerm, La Première Gorgée de Bière et autres plaisirs minuscules, 1997. Ce petit livre avait fait un tabac à sa sortie. Aïe ! encore un mot sanitairement incorrect !

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Moulins à vent, enchaînement et non liaison, le s ne se lie pas avec le à.

> La liaison - l'élision - l'enchaînement - la disjonction

 

<< 114 Délires cervantesques

Il me semble bien que cet intermède qu'on pourrait juger inopiné m'ait fait perdre le fil de mon récit. Pas pour longtemps.

Voici la suite :

>> 116 Délires shakespeariens (Suite de mes pérégrinations livresques dans La Bibliothèque du Jardin des Délices)

 

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 17:07

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Après avoir caressé longuement l'objet chargé des vibrations émotionnelles que d'innombrables mains, ou des lèvres peut-être, lui avaient transmis au fil du temps, je me décidai, jouissant par avance de l'ineffable plaisir de la lecture de quelques lignes du précieux don que nous avait fait pour l'éternité Miguel de Cervantes1, je me décidai, dis-je, à ouvrir le livre, au hasard des pages.

 

À peine avais-je effectué le mouvement, que je me sentis traversée par un souffle irrésistible qui ébranla mon corps tout entier, et je vis surgir devant moi un être sorti tout droit de la littérature picaresque que l'on connaît, l'armure, le heaume et l'écu, luisants et sonnants. Non, il ne ressemblait en rien au squelette de Posada, immortel, puisque figé dans la mort, ni au personnage de Flores, tout coloré de jaune et de rouge, couleurs de l'Espagne, ni au dessin de Debout qui le voyait chauve et maigre et chaussé de lunettes, perdu dans la lecture de livres poussiéreux relatant de chevaleresques exploits, ni au mythique du Chevalier à la Triste Figure de Goya, assailli par ses visions et ses rêves, mais bien plutôt au Don Quichotte daumiéresque, tout simple, grand, maigre, dégingandé, perché sur un Rossinante2 décharné, la première de toutes les rosses du monde.

Il surgit, dis-je, tel un diable, comme ont dû surgir jadis de la jarre de Pandore les maux du monde, sans que je pusse rien faire pour l'arrêter. Ce n'était aucunement un hologramme, comme on aurait pu le croire, ni un film en 3D sur un écran venu de nulle part, c'était Don Quichotte lui-même, tout plein de l'énergie et du courage qu'on lui reconnaît, pourfendeur du mal, défenseur des opprimés.

 

Suivit un cri à me faire trembler tous les membres.

« Mire vuestra merced que aquellos que alli se parecen no son gigantes, sino molinos de viento y lo que en ello parecen brazos son las aspas, que, volteadas del viento, hacen andar la piedra del molino. »

Paroles que je compris illico presto sans les traduire, mais je le ferai pour toi volontiers, cher lecteur, au cas où tu ne serais pas hispaniste, et pour que les choses soient bien claires.

« Prenez donc garde, Votre Seigneurie ; ce que nous voyons là-bas ne sont pas des géants, mais des moulins à vent, et ce qui paraît leurs bras, ce sont leurs ailes, qui, tournées par le vent, font tourner à leur tour la meule du moulin. »

Je renchéris : « Escucha Sancho ! Escucha Sancho ! »

 

Mais rien n'y fit. Don Quichotte n'écouta pas son écuyer qui n'en pouvait plus de harceler son grison pour suivre son seigneur, l'allure lui manquait. Et il s'époumonait, malgré l'urgence, à donner une leçon de choses à son maître, lui expliquant par le menu à quoi servaient les ailes du moulin, Cher, fidèle Sancho Panza3, balançant chaque jour entre croire son maître et douter de lui !

 

Je voulus faire un écart pour éviter que le fougueux Don Quichotte ne me télescopât. Sans succès. Il fonça sur moi de toute la vitesse dont Rossinante était capable. Je crus ma dernière heure arrivée.

Mais il n'y eut aucun choc. Le cavalier et sa monture me traversèrent sans aucun mal. Sancho Panza me frôla et je vis, en un éclair, dans son regard, comme un clin d'oeil, le sous-entendu qu'il me lança. Étais-je victime d'une illusion ?

 

Je compris alors que les livres de cette bibliothèque n'étaient pas ordinaires et que leurs personnages apparaissaient tels que je voulais les voir.

..............................................................................

1-El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha de Miguel de Cervantes, 1547 – 1616.

2-Rossinante est un étalon, pas une jument.

3-Sancho Panza ou Pança

 

NOTES

Le titre : Délires cervantesques

Cervantesque, daumiéresque, adjectifs formés sur les noms Cervantes et Daumier et le suffixe ESQUE comme dantesque, moliéresque, ubuesque, etc

On dénombre environ 800 adjectifs se terminant par esque.

Pour en savoir plus sur le suffixe -esque :

Voir sur la toile : adjectifs en esque, Plénat

 

Et pour en savoir plus : Les adjectifs tirés de patronymes :

> Les adjectifs tirés de patronymes

http://monsu.desiderio.free.fr/curiosites/patronymes.html

 

à peine avais-je effectué le mouvement

inversion du sujet après à peine

L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

José Posada, Pedro Flores, Francisco de Goya, Honoré Daumier, Albert Debout, et bien d'autres peintres et dessinateurs ont représenté Don Quichotte, chacun à leur manière. Jacques Brel a interprété :

Jacques Brel - "La Quête" - L'Homme de la Mancha - YouTube

www.youtube.com/watch?v=LeJj2YgqvoU

 

Sancho Panza qui n'en pouvait plus de harceler son grison

son grison, Sancho Panza appelle ainsi son âne sans lui donner de nom.

 

cher lecteur, au cas où tu ne serais pas hispaniste

Les hispanistes sont des spécialistes de la culture espagnole et hispanoaméricaine.

................................................................................................ 

« La libertad, Sancho, es uno de los más preciosos dones que a los hombres dieron los cielos ; con ella no pueden igualarse los tesoros que encierra la tierra ni el mar encubre ; por la libertad así como por la honra se puede y debe aventurar la vida, y, por el contrario, el cautiverio es el mayor mal que puede venir a los hombres. »

 

« La liberté, Sancho, est un des dons les plus précieux que le ciel ait fait aux hommes. Rien ne l’égale, ni les trésors que la terre enferme en son sein, ni ceux que la mer recèle en ses abîmes. Pour la liberté, aussi bien que pour l’honneur, on peut et l’on doit aventurer la vie ; au contraire, l’esclavage est le plus grand mal qui puisse atteindre les hommes. »

El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha   

Don Quichotte de Miguel de Cervantes, Livre II, Chapitre LVIII.

 

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 19:27

 UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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Troubadours et trouvères

Au début du XIIe siècle, les troubadours du sud de la France fondent la poésie lyrique qu'ils chantent en langue d'oc.

Vers 1160, les trouvères, dans le nord, s'inspirent de la forme et des thèmes de la poésie occitane.

Apparaît alors une nouvelle représentation poétique de l'amour, la fin'amor,ouamor cortés (courtois),indissociable des vertus morales, laïques, religieuses et sociales qui font, des héros, des êtres épris de loyauté et de fidélité pour leur dame.

L'aristocratie est gourmande des aventures de ces nouveaux chevaliers courtois.

 

Influencés par les textes antiques que les clercs copient et commentent, les poètes traduisent et adaptent en français des romans inspirés de l'Antiquité : la vie d'Alexandre, le siège de Troie d'après des témoins ou prétendus tels, l'Iliade*, l'Énéide*, la Thébaïde*et des récits amoureux d'Ovide* qu'ils mettent au goût du jour.

 

Le Roman d'Énéas, pour ne citer que celui-là,est considéré comme le roman français le plus ancien, écrit par un poète anonyme qui fait revivre, à sa façon, le poème l'Énéide mêlé des souvenirs d'Ovide. Il comporte plus de 10 000 vers.

 

Le Roman d'Énéas 

Extrait adapté :

La jeune Lavine (ou Lavinie) se laisse arracher par sa mère le secret de son amour pour Énéas. Ce qui n'est pas du goût de celle-ci qui la destinait à Turnus.

 

[...]

- Dame, j'aime, je ne puis le nier, / vous devez me donner de bons conseils.

- Je le ferai, si tu me fais confiance. /Puisque ton cœur est au supplice, / tu dois bien me dire pour qui.

- Je n'ose, madame, car je crois / que vous m'en voudriez : / vous me l'avez bien déconseillé, / vous m'avez bien mise en garde contre lui ; / mon intérêt pour lui s'en est accru : / Amour néglige les remontrances. / Si je vous nommais mon aimé, je craindrais de vous fâcher.

- Jamais, je le crois, n'a bien aimé / qui veut blâmer quelqu'un qui aime.

- J'aime, je ne puis plus le nier.

- Donc il n'a pas nom Turnus, ton ami ?

- Nenni, dame, je vous le garantis.

- Et comment donc ?

- Il a nom "é" »,

puis elle soupira et dit "né", et après un moment prononça "as", tout en tremblant elle le dit bas.

La reine se pourpensa (réfléchit) / et les syllabes assembla.

« Tu me dis "é" puis "né" et "as", / ces lettres sonnentÉnéas.

- Vrai, dame, par ma foi, c'est lui.

- Il ne t'aura pas, Tournus ?

- Nenni, je ne l'aurai pas pour seigneur, / mais à celui-là j'octroie mon amour.

- Qu'as-tu dit, folle, insensée ? / Sais-tu vers qui tu t'es donnée ? / Ce misérable ne se soucie guère des femmes. / Il apprécie davantage l'amour des garçons, / il ne veut pas chasser la biche, / il raffole de la chair de mâle ; / Il aimera mieux étreindre son giton / que toi ou n'importe quelle autre. / Il ignore la chasse à la femelle, [... ]

La mère poursuit ses calomnies et ses arguments ne sont pas piqués des vers ! Elle cherche à faire croire à sa fille qu'Énéas ne pense pas à elle et lui rappelle qu'il abandonna Didon. Lavine se pâme sept fois mais ne change pas sa pensée pour Énéas.

 

À la même époque où sont écrits les romans antiques, que l'on devrait plutôt nommer "de l'Antiquité", apparaissent les romans bretons.

 

Qui ne connaît les légendes arthuriennes ? Les exploits du roi Arthur et de ses chevaliers de la Table Ronde, partant à la quête du Graal**. les péripéties de Camelot où entrent en conflit le roi, Lancelot et Mordred ! Nos écrans s'en donnent à coeur joie à mettre en scène et à parodier ces chers héros !

Et les amours tumultueuses de Lancelot et de Guenièvre, celles de Tristan et d'Yseut n'ont-elles pas laissé dans nos coeurs de profondes émotions ?

On trouve l'origine de ces légendes dans la mythologie des Bretons et des Celtes des îles Britanniques et de l'Armorique (région gauloise que les insulaires appellent Petite Bretagne).

 

Les romans de Tristan***appartiennent à la seconde moitié du XIIe siècle.

L'histoire de Tristan et Iseut nous est parvenue par morceaux. Béroul, Thomas, Marie de France nous ont laissé des épisodes fameux.

 

"La dame chante dulcement,

Sa voiz accorde a l’estrument.

Les mains sont belles, li lais bons,

Dulce la voix et bas li tons."

Thomas

 

Voici quelques vers pathétiques de l'un des lais de Marie,  écrit en anglo-normand:

Le Lai du Chèvrefeuille

[...]

«  D'euls deus fu il (tut) autresi
cume del chevrefoil esteit
ki a la codre se perneit :
quant il s'i est laciez e pris
e tut entur le fust s'est mis,
ensemble poënt bien durer ;
mes ki puis les volt desevrer,
li codres muert hastivement
e li chevrefoil ensement.
« bele amie, si est de nus :
ne vus sanz mei, ne mei sanz vus ! »
 
Traduction
«  De ces deux, il en fut ains
 Comme du chèvrefeuille était 
Qui au coudrier s'attachait : 
Quand il s'est enlacé et pris 
Et tout autour du fût s'est mis, 
Ensemble peuvent bien durer. 
Qui plus tard les veut détacher,
Le coudrier meurt hâtivement
Et chèvrefeuille mêmement.
« Belle amie, ainsi est de nous :
Ni vous sans moi, ni moi sans vous ! »

Chrétien de Troyes (né vers 1135- mort vers 1185), le plus grand poète de l'époque, s'inspire de ces légendes pour nous donner Lancelot ou le chevalier à la charrette, Yvain ou le chevalier au lion, Perceval ou le conte du Graal. Un de ses admirateurs dit de lui qu'il savait "prendre le français à plein, tel qu'il lui venait en main", tant il combinait avec bonheur l'étrange, l'analyse, l'observation, dans un esprit gai et réaliste. 

  

Perceval ou le conte du Graal 

Extrait 

La mère de Perceval, pour protéger son fils, l'a empêché de connaître le monde. Elle a perdu son mari et ses autres fils qui étaient chevaliers et veut à tout prix préserver son plus jeune enfant des dangers qu'il pourrait courir, ne lui révélant même pas son nom. Lorsque le jeune naîf entend venir des chevaliers, il les prend d'abord pour des diables, tant ils sont bruyants.

 

[...]

"Mes quant il les vit an apert

Que del bois furent decovert,

Et vit les haubers fremianz

Et les hiaumes clers et luisanz

Et les lances et les escuz

Que onques mes n’avoit veüz,

Et vit le vert et le vermoil

Reluire contre le soloil

Et l’or et l’azur et l’arjant

Si li fut mout et bel et gent

Lors dist : « Ha ! sire Dex, merci !
Ce sont ange que je voi ci. »

 

Traduction

«Mais quand il les vit à découvert, sortant du bois, et qu'il vit les hauberts qui bruissaient et les heaumes clairs et brillants, et les lances et les boucliers qu’il n’avait jamais vus, quand il vit le vert et le vermeil reluire au soleil, et l’or et l’azur et l’argent, le spectacle lui parut beau et magnifique. Alors il s'écria :« Ah Seigneur Dieu, pitié ! Ce sont des anges que je vois ici. »

 

À partir de ce moment-là, Perceval n'a plus qu'une idée en tête, devenir chevalier.

 

NOTES

*Homère, poète grec, VIIIe siècle avant J.C., auteur de l'Iliade et de l'Odyssée.

 

Des poètes latins :

*Virgile,70 -19 avant J.C. auteur de l'Énéide.

*Stace, né vers l"an 40, auteur de la Thébaïde

*Ovide, 43 avant J.C.-17 après J.C., auteur des Métamorphoses.

 

**Quelques mots sur le Graal.

Le Graal a, selon les textes, de nombreuses interprétations.

Dans la mythologie celtique, le Graal est un vase qui produit une nourriture conférant l'immortalité. Il deviendra, dans la légende arthurienne le Saint Graal, le calice qui a contenu le sang du Christ recueilli par Joseph d'Arimathie. Les Chevaliers de la Table Ronde partent à la quête du Saint Graal, mais seul un être pur pourra l'approcher. Ce sera Galaad, le fils de Lancelot.

Le thème du Graal a inspiré de nombreuses créations.

Je citerai Parsifal,l'opéra de Richard Wagner (1882), le film de Robert Bresson Lancelot du Lac (1974), celui d'Eric Rohmer Perceval le Gallois (1978).

 

***L'histoire de Tristan et Iseut, comme celles de tous les romans courtois, a dépassé, à l'époque, les frontières françaises et britanniques.

On la retrouve, par exemple, en Allemagne dans le roman de Gottfried von Straßburg dont s'est inspiré Richard Wagner pour écrire son sublime opéraTristan und Isolde,1856-59.

 

"Isot ma drue, Isot m’amie,
En vos ma mort, en vos ma vie !"

Gottfried von Straßburg

(druerie, ancien français pour amour / dru(e), amant, amante)

 

Je citerai, entre autres chefs-d'oeuvre, le film très poétique L'Eternel Retour de Jean Delannoy, scénario de Jean Cocteau, sorti en 1943 et plus près de nous Tristan et Iseut  le film allemand, tchèque, britannique et américain réalisé par Kevin Reynolds, sorti en 2006.

Le thème est loin d'être épuisé !

Et si d'aventure il vous prenait l'envie irrépressible de lire ou de relire l'histoire de ces deux amants, je ne saurais que vous conseiller de choisir Le Roman de Tristan et Iseut (1900) de Joseph Bédier, dont le style et l'écriture vous séduiront. L'auteur a repris tous les textes relatant cette histoire pour en faire son roman.

 

"Seigneurs, vous plaît-il d’entendre un beau conte d’amour et de mort ? C’est de Tristan et d’Iseut la reine. Écoutez comment à grand’joie, à grand deuil ils s’aimèrent, puis en moururent un même jour, lui par elle, elle par lui."

Joseph Bédier

 

Le Roman de Tristan et Iseut (1900)

Joseph Bédier, Wikisource

 

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 09:21

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Allais-je demeurer plus longtemps devant ces volumes qui se paraient des reliures plus précieuses les unes que les autres, reliures plein-cuir en marocain, ou mieux en marocain du Cap au grain exceptionnel, en mohair, en chagrin, reliures dont le tranche-fil rehaussait l'élégance, et qui laissaient deviner qu'elles contenaient les pages dont je pourrais caresser le vélin, le vergé, le chine, le papier bible, le japon dont l'épair est d'une remarquable beauté ?

 

Allais-je demeurer plus longtemps à hésiter avant de me saisir avec mille précautions, avec vénération même, d'une première édition que des milliers de lecteurs avant moi avaient dû effleurer ou embrasser peut-être, et feuilleter, et lire avec la même admiration ? Je tirerais de sa place le volume choisi en prenant garde de ne pas l'agripper par la coiffe pour qu'il ne souffrît pas, je le prendrais plutôt avec deux doigts sur les plats en le soulevant comme il sied à une personne respectueuse et connaissant les usages.

 

Mais avant toute chose, je passai les gants de soie que l'on m'avait remis à l'entrée avec la recommandation de ne point oublier de les enfiler pour ne pas laisser la moindre trace de doigt qui eût pu endommager le livre, gants à la peau si fine que je ne les sentais pas m'empêcher de goûter à la douceur des cuirs.

 

Je parcourus des yeux les titres qui s'offraient à moi et je remarquai qu'ils m'étaient familiers, prometteurs d'idées et d'aventures, les incontournables, les indispensables, ceux dont personne n'aurait pu nier qu'ils exerçassent dans les cœurs des émotions qui ne s'émousseraient jamais, et sur les esprits une influence incontestable dont les effets se feraient sentir encore et toujours à travers les âges à venir.

 

Je laissai glisser, avec volupté, mes doigts sur le dos des livres sagement alignés, vivant de leur vie propre, et qui attendaient patiemment, j'en suis sûre, que je les choisisse, chacun à leur tour. Je jouis du contact délicieux du relief des pièces de titre, des nerfs, des lettres dorées.

 

Mes doigts s'arrêtèrent soudain comme mus par le désir qu'enfin je me décidasse.

Je m'emparai de El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha*.

........................................................................................  

*El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha*, roman de Miguel de Cervantes écrit en deux parties et publié en 1605 et 1615. Connu chez nous sous le nom de Don Quichotte

 

NOTES

Allais-je demeurer plus longtemps devant ces volumes... ?

Allais-je demeurer plus longtemps à hésiter.... ?

L'ANAPHORE

Répétition d'un mot ou d'un groupe de mots en début de phrase.

Allais-je demeurer plus longtemps...

On se souvient de l'anaphore proférée par François Hollande le 2 mai 2012 : "Moi président... Moi président... 15 fois

Sens de demeurer dans le texte

1- Allais-je demeurer plus longtemps devant ces volumes... ?

Verbe duratif comme : attendre, rester, réfléchir…

2- Allais-je demeurer plus longtemps à hésiter.... ?

Tarder, mettre un certain temps pour faire quelque chose.

On peut dire :

J'ai demeuré longtemps à hésiter...

Je suis demeurée longtemps à hésiter...

Demeurer se conjugue généralement avec avoir quand il signifie habiter et avec être quand il signifie rester

Autres sens de demeurer

3- Il unit l'attribut au sujet

Je demeurais perplexe. Je restais perplexe.

4- Je demeurai court. Je restai court. Je me trouvai court. Je ne savais que dire.

5- Je suis demeurée d'accord là-dessus. Je suis tombée d'accord. Je me suis trouvée d'accord.

6- Je ne demeure pas dans cette maison. Je n'habite pas cette maison. Je ne demeure nulle part.

7-Demeurons-en là. Restons-en là. Cessons de discuter.

 

avant de me saisir d'une première édition

Se saisir de, s'emparer de, s'approprier

 

Suivent par ordre alphabétique les mots relatifs au livre-objet. 

Cf. Michel de l'Ormeraie

CHAGRIN : cuir de chèvre à petit grain rond.

CHINE : papier originairement fabriqué en Chine, à base de fibres de soie, léger, fragile, mais très doux de consistance. Il reçoit admirablement la gravure sur bois. Assez souvent, ce papier, qui est très fin, est collé sur un papier vélin pour lui donner plus de résistance.

COIFFE : rebord qui surmonte le dos du volume.

CUIR : Ce mot recouvre toutes les qualités, allant de la croûte à la fleur, toutes les épaisseurs, allant du scié mince (scié dans l'épaisseur) au plein, en passant par le scié fort, demi-fort, trois-quart fort et plein, de telle sorte que pour la plus belle qualité on devrait dire « plein cuir plein ».

Pour en savoir plus sur le cuir, lisez donc l'article CUIR dans la rubrique Trucs et Astuces page 1. 

ÉPAIR : aspect du papier vu par transparence.

JAPON : papier originairement fabriqué au Japon, à base d'écorces d'arbres. Épais et résistant, il a une belle teinte ivoire. Epair nuageux.

JAPON NACRÉ : de même consistance, le papier a subi un blanchiment qui lui enlève la teinte ivoire. On l'additionne de fibre de bambous.

MAROCAIN : cuir de chèvre du Maroc.

MAROCAIN DU CAP : cuir de chèvre du Cap recherché pour son grain caractéristique.

MOHAIR : cuir de chèvre à grains allongés.

MORS : petite saillie entre les plats et le dos d'un volume relié.

NERFS : autrefois, proéminences au dos d'un livre provoquées par l'épaisseur de la ficelle reliant le corps de l'ouvrage au carton des plats. Aujourd'hui, proéminences conservées pour un effet décoratif. Faux-nerfs signifient nerfs creux obtenus par gaufrage, vrais-nerfs signifie nerfs pleins (armés).

PAPIER BIBLE : papier extrêmement mince, très froissable et transparent. Le véritable papier bible est toujours pur chiffon, sinon il doit s'appeler simili bible.

PARCHEMIN : peau d'animal préparé pour l'écriture ou l'impression, il conserve un aspect blanchâtre.

Papier traité façon parchemin.

PLAT : carton formant la couverture d'une reliure et sur lequel est appliquée la matière de recouvrement. On distingue le plat recto et le plat verso.

RELIURE A DENTELLE : 1-style de décor. 2-reliure décorée à l'intérieur des plats.

TRANCHES : les trois côtés papier du livre.

TRANCHEFILE : passementerie décorative de finition en tête et en pied du dos à l'intérieur de la couverture.

VELIN : 1-peau de veau employée au Moyen Âge pour les manuscrits. 2-papier fortement pressé et lissé sur les deux faces, ce qui lui donne la consistance et l'apparence de la peau de veau.

VERGÉ À LA CUVE : papier fabriqué comme à l'ancien temps avec un tamis métallique tenu à deux mains par l'ouvrier papetier. Ce tamis est plongé dans la cuve à papier et rapidement retiré. La couche de pâte à papier est égouttée, délicatement enlevée du tamis et empilée en intercalant entre chaque feuille une mince plaque de feutre. L'ensemble est alors passé sous une presse pour évacuer l'eau au maximum. Puis, les feuilles sont reprises une à une et accrochées sur des fils comme du linge pour finir de sécher à l'air libre.

 

Michel de l'Ormeraie, éditeur passionné qui a voué sa vie professionnelle à la création de livres d'art publiés dans des éditions de luxe, ces petites merveilles que le bibliophile aimera savoir qu'elles se transmettront de génération en génération.

À l'heure de l'éphémère et du tout jetable, cet éditeur d'exception s'est efforcé pendant de longues années à assouvir la passion de ceux qui aiment les beaux livres.

En août 2011, le Ministre de la Culture lui décernait le grade de Chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres. Jamais titre ne fut mieux mérité !

Voir les sites qui le concernent sur la toile.

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 19:19

UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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C'est à la fin du IXe siècle qu'apparaissent les premiers écrits en roman, l'ancêtre de l'ancien français. Ils sont destinés à l'édification des fidèles chrétiens qui n'ont entendu jusque-là que des prédications en latin.

Il est probable que le tout premier texte poétique est « La Séquence de Sainte Eulalie », appelé aussi « La Cantilène* de Sainte Eulalie »: 


La Cantilène de sainte Eulalie

extrait


« Buona pulcella fut Eulalia.
Bel auret corps bellezour anima.
Voldrent la ueintre li d[õ] inimi.
Voldrent la faire diaule seruir.
Elle nont eskoltet les mals conselliers.
Quelle d[õ] raneiet chi maent sus en ciel.
Ne por or ned argent ne paramenz. 
[...] »

Traduction
Bonne pucelle fut Eulalie.
Beau avait le corps, belle l'âme.
Voulurent la vaincre les ennemis de Dieu,
Voulurent la faire diable servir.
Elle, n'écoute pas les mauvais conseillers :
« Qu'elle renie Dieu qui demeure au ciel ! »
Ni pour or, ni argent ni parure.
[...] »


Seule la paix des cloîtres permet l'écriture des textes en langue vulgaire. La France est trop tourmentée par le malaise politique qui a suivi le partage de l'empire de Charlemagne, par les invasions normandes, par les guerres entre seigneurs rivaux, pour que les esprits puissent se consacrer à ce que l'on pourrait appeler la littérature.
Impossible d'imaginer à quoi ressemblait la langue orale quotidienne de cette époque. Les textes, en vers, sont écrits par des clercs soucieux de suivre des conventions très strictes.

À partir du XIe siècle naît un sentiment national et mystique.
Les poètes célébrent la première croisade (1095-1099) et ils évoquent les exploits fameux de Charlemagne et de Guillaume d'Orange.
Les premiers chefs-d'oeuvre retracent un passé grandiose. Ce sont les chansons de geste**.
Ces textes ne se contentent pas de retracer une époque passée, mais ils créent un monde idéal, un univers épique où les héros, hommes au grand coeur, jouissent d'une force colossale, leurs exploits étant auréolés du merveilleux chrétien***.
Il reste dans notre mémoire quelques épisodes de l'épopée de La Chanson de Roland que nous avons rencontrée à l'école ou ailleurs, dans des films comme celui de Frank Cassenti,  La Chanson de Roland (1978)
L'évocation du héros, Roland, magnifié par les poètes, ne nous laisse pas insensible.

 

La Chanson de Roland

L'extrait qui suit relate la mort du preux chevalier.
Charlemagne rentre en France par les défilés des Pyrénées. Il quitte l'Espagne, espérant la paix retrouvée avec le calife Marsile, roi des Sarrasins. Le comte Roland, à l'arrière-garde, est attaqué à Roncevaux, victime de la trahison de Ganelon, l'émissaire de l'Empereur. Mortellement blessé, Roland a tenté vainement de briser sa fidèle épée Durandal.

CLXXVI 
Li quens Rollant se jut desuz un pin,
Envers Espaigne en ad turnet sun vis,
De plusurs choses a remembrer li prist.
De tante tere cum li bers conquist,
De Dulce France, des humes de sun lign
De Carlemagne, sun seignor, kil nurrit,
Ne poet muer, n'en plurt, e ne suspirt,
Mais lui meisme ne volt mettre en ubli,
Cleimet sa culpe, si priet Deu mercit:
Veire Patene, ki unkes ne mentis,
Seint Lazaron de mort resurrexis,
E Daniel des leons guaresis,
Guaris de mei l'anme de tuz perilz
Pur les pecchez que en ma vie fis.
Sun destre guant a Deu en puroffrit,
Seint Gabriel de sa main l'ad pris.
Desur sun braz teneit le chef enclin,
Juntes ses mains est alet a sa fin.
Deus tramist sun angle Cherubin
Ensembl od li seint Michel del Peril,
Ensembl'od els sent Gabriel i vint,
L'anme del cunte portent en pareis. »
 
Traduction de Joseph Bédier :
Le Comte Roland est couché sous un pin. Vers l'Espagne il a tourné son visage. De maintes choses il lui vient souvenance : de tant de terres qu'il a conquises, le vaillant de douce France, des hommes de son lignage, de Charlemagne, son seigneur, qui l'a nourri. Il en pleure et soupire, il ne peut s'en empêcher. Mais il ne veut pas se mettre lui-même en oubli ; il bat sa coulpe et implore la merci de Dieu :« Vrai Père qui jamais ne mentis, toi qui rappelas Saint Lazare d'entre les morts, toi qui sauvas Daniel des lions, sauve mon âme de tous les périls, pour les péchés que j'ai faits dans ma vie ! » Il a offert à Dieu son gant droit : saint Gabriel l'a pris de sa main. Sur son bras il a laissé retomber sa tête. Il est allé, les mains jointes, à sa fin. Dieu lui envoie son ange Chérubin et saint Michel du Péril ; avec eux y vint saint Gabriel. Ils portent l'âme du Comte en Paradis.
 

Victor Hugo, au XIXe siècle s'inspire de cette chanson dans son poème « Le Mariage de Roland » qui fait partie du recueil « La Légende des Siècles ».


Se dressent l'un contre l'autre, dans un combat singulier, les valeureux chevaliers ennemis, Roland et Olivier :


« Le Mariage de Roland »

extrait

« Ils se battent — combat terrible ! — corps à corps.
Voilà déjà longtemps que leurs chevaux sont morts ;
Ils sont là seuls tous deux dans une île du Rhône,
Le fleuve à grand bruit roule un flot rapide et jaune,
Le vent trempe en sifflant les brins d’herbe dans l’eau.
L’archange saint Michel attaquant Apollo
Ne ferait pas un choc plus étrange et plus sombre ;
Déjà, bien avant l’aube, ils combattaient dans l’ombre.
[...] »
Et de ce combat surhumain dont aucun des deux héros, ni Roland ni  Olivier, ne sort vainqueur, naît une solide amitié scellée par les derniers vers du poème :
« [...]
Écoute, j'ai ma sœur, la belle Aude au bras blanc,
Épouse-la.
 — Pardieu ! je veux bien, dit Roland.
Et maintenant buvons, car l’affaire était chaude. »

C'est ainsi que Roland épousa la belle Aude. »

Victor, mon amour de petit-fils, sais-tu que c'est grâce à ce vers-là que j'ai appelé ta maman Aude ? Mamiehiou

NOTES

*Au Moyen Âge, la cantilène désigne un court poème lyrique et épique, toujours chanté.

**La chanson de geste est un ensemble de poèmes narratifs chantés qui retracent une épopée, de hauts faits qui appartiennent au passé.
La geste vient du latin gesta qui signifie les exploits.
Ces poèmes sont composés de strophes appelées laisses. Le mètre du vers est le décasyllabe.

***Le merveilleux chrétien est indissociable de la littérature du Moyen Age. Dieu, les saints, les anges interviennent dans le déroulement du récit.

 

Lire le magnifique poème "Le Mariage de Roland " de Victor Hugo dans Wikisource

Le Mariage de Roland Texte validé 

 

UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 14:27

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Je fus bien étonnée de me trouver seule dans cet endroit qui aurait dû fourmiller d'accros à la lecture, mais après une réflexion tant soit peu mathématique, je compris que même les soldats d'une armée innombrable, éparpillés dans cette immensité, n'auraient pu se croiser. Je frissonnais, de peur de me perdre dans le dédale* des salles que l'on pouvait parcourir l'une après l'autre, en se dirigeant successivement dans les quatre directions cardinales et je me promis de me limiter à un seul étage de peur que ne m'échappât le contrôle de l'orientation. J'avisai cependant des plans qui m'indiquaient exactement la salle où je me trouvais et je repris confiance bien que je susse qu'il m'eût été impossible de héler qui que ce fût dans le cas où je n'aurais plus retrouvé la sortie. Tout était fait de telle sorte qu'on se serait cru sur une île déserte, ne fût-ce le décor confiné qui ne m'offrait que des étagères dressées le long des quatre murs des pièces que je commençais à arpenter, chacun d'eux étant percé d'une porte qui s'ouvrait sur un espace semblable.

Chaque salle disposait dans son angle nord que m'aurait indiqué une boussole si j'en avais apporté une d'une étroite cage carrelée à l'extérieur comme à l'intérieur d'admirables mosaïques azulejos. Elle offrait au visiteur un petit cabinet de toilette au cas où une envie incongrue mais naturelle se serait fait sentir, trop pressante pour qu'on pût sortir sans dommages de la pièce où l'on se trouvait, parcourir les autres précipitamment, dégringoler l'escalier vertigineux ou prendre un ascenseur probablement occupé pour de longues minutes et accéder enfin au hall d'entrée où j'avais pu lire précédemment le mot TOILETTES en lettres lumineuses.

Le lecteur me pardonnera cette réflexion quelque peu scatologique si nécessaire à des impératifs auxquels nul ne peut se soustraire.

 

Après avoir visité par curiosité l'un de ces lieux d'aisance confortables où un irrévérencieux malotru avait laissé sur la table de toilette quelques manuscrits précieux —  encore heureux qu'il ne s'en fût point torché le c... — je cherchai en vain quelque répertoire qui eût pu m'indiquer l'emplacement de l'oeuvre que j'aurais voulu trouver si toutefois mon choix se fût porté sur l'une d'entre elles en particulier. À parcourir les rayonnages et à lire sur le dos de chacun des livres, l'un après l'autre, le nom des titres et de leurs auteurs, je constatai qu'il n'y avait aucune classification claire et commode. Tout semblait d'un désordre voulu et j'essayai vainement de trouver, dans ce bazar troublant, un fil conducteur qui m'eût indiquer quelque cohérence. Dans ce carrefour de tous les rêves de l'humanité** tout semblait conçu pour égarer le néophyte, mais je ne me décourageai point et je jurai qu'à force de faire travailler ma capacité de déduction et d'induction dont mon esprit toujours en effervescence ne manquait pas, je parviendrais bien à saisir la clef de ce capharnaüm.

 

Peut-être, pensai-je, Alcofribas me donnerait-il l'explication que je cherchais, mais il n'était plus à mes côtés et son absence, à cet instant, se fit cruellement sentir.

 

« Allez seule découvrir les trésors de cette bibliothèque » m'avait-il dit sur le perron. « Je vous laisse en face de vous-même et vous n'avez nullement besoin de moi. Le lecteur aspire à la solitude quand il s'aventure dans l'univers d'un livre. Il ne veut quiconque à ses côtés. Il n'est jamais qu'un voyeur jaloux de ses découvertes. Je ne saurais que vous embarrasser »

............................................................................................... 

*Le dédale - Pour rencontrer Dédale, Icare, le Minotaure, Thésée, Phèdre, Ariane et son fil, relire la note du texte Les Délires n°74

**Une biblothèque, c'est le carrefour de tous les rêves de l'humanité. Julien Green

 

NOTES

cet endroit qui aurait dû fourmiller d'accros à la lecture

Un accro, vient du mot accroché, par apocope de la dernière syllabe.

Anglicisme de l’anglais américain argotique hooked  littéralement accroché, dans le sens de dépendant.

Accro à une drogue, à l'héroïne, etc.

Ne pas confondre avec l'homonyme accroc.

> Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

 

après une réflexion tant soit peu mathématique

Tant soit peu, très peu, si peu que ce soit.

 

une cage carrelée d'admirables carreaux azuleros

Des carreaux azuleros - L'azulejaria est un art décoratif du Portugal, que l'on trouve aussi au Brésil. Il consiste en la fabrication et la peinture de carreaux de faïence émaillée (azulejos) pour la plupart en bleu. Les décors sont souvent magnifiques. Cet art remonte à la période maure du début du XVème siècle.

On en trouve partout au Portugal, sur les façades, les murs, dans les maisons, les jardins, les monuments, etc.

 

trouver, dans ce bazar troublant, un fil conducteur

je parviendrais bien à saisir la clef de ce capharnaüm

Bazar, capharnaüm, souk, termes familiers pour désordre.

Bazar vient du persan, et souk, de l'arabe. Marché, ensemble de magasins.

 

on se serait cru sur une île déserte, ne fût-ce le décor confiné

ne fût-ce... si ce n'était...

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

 

le lecteur me pardonnera cette réflexion quelque peu scatologique

Scatologie, scatologique, scato.

Scatologie, écrit ou propos où il est question d'excréments.

Une plaisanterie scatologique.

 

Certains d'entre vous n'apprécient pas d'écarts politiquement incorrects. Qu'ils me le fassent savoir ! Pourquoi userais-je d'euphémismes, de périphrases ou de circonlocutions pour déguiser ma pensée, je vous le demande.

Pour ma gouverne, je citerai François Rabelais qui ne se priva en aucune manière d'user de l'expression se torcher le cul. Il décrivit même, de la bouche de son personnage Gargantua, cent façons de faire cette chose bien nécessaire. Pour preuve, l'extrait de Gargantua que je vous donne ci-dessous. Pour son plaisir... et pour le nôtre.

Les bégueules s'abstenir !

 

LE TORCHE-CUL DE GARGANTUA

(Grandgousier est le père du héros éponyme)

J’ay (respondit Gargantua) par longue et curieuse experience inventé un moyen de me torcher le cul, le plus seigneurial, le plus expedient que jamais feut veu.
– Quel ? dict Grandgousier.
– Comme vous le raconteray (dist Gargantua) presentement.
« Je me torchay une foys d’un cachelet de velours de une damoiselle, et le trouvay bon, car la mollice de sa soye me causoit au fondement une volupté bien grande ;
« une aultre foys d’un chapron d’ycelles, et feut de mesmes ;
« une aultre foys d’un cache coul ;
« une aultre foys des aureillettes de satin cramoysi, mais la dorure d’un tas de spheres de merde qui y estoient m’escorcherent tout le derrière ; que le feu sainct Antoine arde le boyau cullier de l’orfebvre qui les feist et de la damoiselle qui les portoit !
« Ce mal passa me torchant d’un bonnet de paige, bien emplumé à la Souice.
« Puis, fiantant derrière un buisson, trouvay un chat de Mars ; d’icelluy me torchay, mais ses gryphes me exulcererent tout le perinée.
« De ce me gueryz au lendemain, me torchant des guands de ma mere, bien parfumez de maujoin.
« Puis me torchay de saulge, de fenoil, de l’aneth, de marjolaine, de roses, de fueilles de courles, de choulx, de bettes, de pampre, de guymaulves, de verbasce (qui est escarlatte de cul), de lactues et de fueilles de espinards, — le tout me feist grand bien à ma jambe, — de mercuriale, de persiguire, de orties, de consolde; mais j’en eu la cacquesangue de Lombard, dont feu gary me torchant de ma braguette.
« Puis me torchay aux linceux, à la couverture, aux rideaulx, d’un coissin, d’un tapiz, d’un verd, d’une mappe, d’une serviette, d’un mouschenez, d’un peignouoir. En tout je trouvay de plaisir plus que ne ont les roigneux quand on les estrille.
— Voyre, mais (dist Grandgousier) lequel torchecul trouvas tu meilleur ?
— Je y estois (dist Gargantua), et bien toust en sçaurez le tu autem. Je me torchay de foin, de paille, de bauduffe, de bourre, de laine, de papier. Mais
Tousjours laisse aux couillons esmorche
Qui son hord cul de papier torche.
— Quoy! (dist Grandgousier) mon petit couillon, as tu prins au pot, veu que tu rimes desjà ?
— Ouy dea (respondit Gargantua), mon roy, je rime tant et plus, et en rimant souvent m’enrime. Escoutez que dict nostre retraict aux fianteurs :
Chiart,
Foirart,
Petart,
Brenous,
Ton lard
Chappart
S’espart
Sur nous.
Hordous,
Merdous,
Esgous,
Le feu de sainct Antoine te ard!
Sy tous
Tes trous
Esclous
Tu ne torche avant ton depart !
« En voulez vous dadventaige ?
— Ouy dea, respondit Grandgousier.
— Adoncq dist Gargantua :
RONDEAU
En chiant l’aultre hyer senty
La guabelle que à mon cul doibs ;
L’odeur feut aultre que cuydois :
J’en feuz du tout empuanty.
O ! si quelc’un eust consenty
M’amener une que attendoys
En chiant !
Car je luy eusse assimenty
Son trou d’urine à mon lourdoys ;
Cependant eust avec ses doigtz
Mon trou de merde guarenty
En chiant.
« Or dictes maintenant que je n’y sçay rien! Par la mer Dé, je ne les ay faict mie, mais les oyant reciter à dame grand que voyez cy, les ay retenu en la gibbessiere de ma memoire.
— Retournons (dist Grandgousier) à nostre propos.
— Quel ? (dist Gargantua) chier ?
— Non (dist Grandgousier), mais torcher le cul.
— Mais (dist Gargantua) voulez vous payer un bussart de vin Breton si je vous foys quinault en ce propos ?
— Ouy vrayement, dist Grandgousier.
— Il n’est (dist Gargantua) poinct besoing torcher cul, sinon qu’il y ayt ordure ; ordure n’ y peut estre si on n’a chié; chier doncques nous fault davant que le cul torcher.
— O (dist Grangousier) que tu as bon sens, petit guarsonnet ! Ces premiers jours je te feray passer docteur en gaie science, par Dieu! car tu as de raison plus que d’aage. Or poursuiz ce propos torcheculatif, je t’en prie. Et, par ma barbe ! pour un bussart tu auras soixante pippes, j’entends de ce bon vin Breton, lequel poinct ne croist en Bretaigne, mais en ce bon pays de Verron.
— Je me torchay après (dist Gargantua) d’un couvre chief, d’un aureiller, d’ugne pantophle, d’ugne gibbessiere, d’un panier, — mais ô le mal plaisant torchecul ! — puis d’un chappeau. Et notez que les chappeaulx, les uns sont ras, les aultres à poil, les aultres veloutez, les aultres taffetasser, les aultres satinizez. Le meilleur de tous est celluy de poil, car il faict très bonne abstersion de la matiere fecale.
« Puis me torchay d’une poulle, d’un coq, d’un poulet, de la peau d’un veau, d’un lievre, d’un pigeon, d’un cormoran, d’un sac d’advocat, d’une barbute, d’une coyphe, d’un leurre.
« Mais, concluent,
je dys et mantiens qu’il n’y a tel torchecul que d’un oyzon bien dumeté, pourveu qu’on luy tienne la teste entre les jambes. Et m’en croyez sus mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une volupté mirificque, tant par la doulceur d’icelluy dumet que par la chaleur temperée de l’oizon, laquelle facilement est communicquée au boyau culier et aultres intestines, jusques à venir à la region du cuers et du cerveau. Et ne pensez que la beatitude des heroes et semi dieux, qui sont par les Champs Elysiens, soit en leur asphodele, ou ambrosie, ou nectar, comme disent ces vieilles ycy. Elle est (scelon mon opinion) en ce qu’ilz se torchent le cul d’un oyzon, et telle est l’opinion de Maistre Jehan d’Escosse. »

 François Rabelais 1483 ou 1484 -1553, médecin, écrivain humaniste de la Renaissance.

 

Vous aurez remarqué que j'ai surligné en bleu la meilleure manière de se torcher le c..., mais en tant que membre de la Société Protectrice des Animaux, je ne saurais vous la conseiller. À bon entendeur, salut !

Et pour ce qui est de noter littérairement l'existence de toilettes dans une bibliothèque, un certain Borges dont j'ai parlé précédemment (Délires n°111) en avait eu l'idée. Je n'ai su que lui rendre hommage !

 

« À droite et à gauche du couloir il y a deux cabinets minuscules. L'un permet de dormir debout ; l'autre de satisfaire les besoins fécaux. »

dixit Borges.

La Bibliothèque de Babel

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 08:54

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QUIZ N°22

 

Une phobie est la haine ou la crainte excessive de quelque chose.

Étymologie : Du grec ancien φόβος, phóbos (« effroi, peur »).

Exemple :

La katagélophobie est la peur du ridicule.

Le katagélophobe est celui qui en souffre

 

Retrouvez ou devinez le sens des mots ci-dessous

contenant l'élément PHOBIE.

Les réponses suivent.

1 Zoophobie

Homophobie

Xénophobie

Nosophobie

 

5 Agoraphobie

Anglophobie

Photophobie

Francophobie

Érythophobie, éreuthophobie

 

10 Germanophobie

Cancérophobie

Claustrophobie

Acrophobie

Bacillophobie

 

15 Apiphobie

Cuniculophobie

Coulrophobie

Autophobie

Aviophobie

 

20 Bélénophobie

Bitrochosphobie

Brontophobie

Cheimophobie

Astraphobie

 

25 Acarophobie

Ablutophobie

Anuptaphobie

Cumulophobie

Achluophobie

 

30 Aérodromphobie

Arachnophobie

Arénaphobie

Asthénophobie

Buticulaphobie

35 Aérophobie

Aichmophobie

ou Achmophobie

Algophobie

Anthelmophobie

ou Vermiphobie

Pyrophobie

 

40 Sidérodromophobie

Squalophobie

Ailurophobie

Akousticophobie

Cynophobie

 

45 Dysmorphophobie, dysmorphophie

Émétophobie

Entomophobie

Apopathodiaphulatophobie

Automysophobie

 

50 Phobophobie

Galactophobie

Hypégiaphobie

Ithyphallophobie

Katagélophobie

 

55 Kénophobie

Leucosélophobie

Myrmécophobie

Ophiophobie

Ornitophobie

 

60 Pantophobie

Aquaphobie

Autocheirothanatophobie

Ethylophobie

Gymnophobie

 

65 Gynéphobie

Mysophobie

Mycophobie

Ochlophobie

Paraskevidékatriaphobie

70 Phasmophobie

Graphophobie

Plangonophobie

Placomusophobie

Pruritanophobie

 

75 Hématophobie

Psychopathophobie

Stasophobie

Suiphobie

Taijin kyofusho, (terme japonais)

 

80 Hexakosioihexekontahexa-

-phobie

Hippopotomonstrosesquipedalio-

-phobie

Tératophobie

Thalassophobie

Thanatophobie

 

85 Toxicophobie,

Triskaïdekaphobie

Alopophobie

Hydrophobie

Hylophobie

 

90 Américanophobie

Biphobie

Dyspondéromorphophobie

Calciphobie

Chromophobie

 

95 Nomophobie, mot récent

Anthropophobie

Paraskevidékatriaphobie

Athazagoraphobie

Tokophobie

 

100 Théophobie

 

 

La liste n'est pas exhaustive.

 

Voici les réponses si vous n'avez pas tout trouvé :

1 Zoophobie, angoisse liée à la présence d'animaux

Homophobie, hostilité à l'homosexualité

Xénophobie, détestation des étrangers

Nosophobie, crainte d'attraper une maladie

 

5 Agoraphobie, crainte des grands espaces, crainte de la foule

L'agora était la place publique dans la Grèce antique

Anglophobie, détestation des Britanniques

Photophobie, crainte de la lumière

Francophobie, détestation des Français

Érythophobie, éreuthophobie, peur pathologique de rougir en public

 

10 Germanophobie, détestation des Allemands

Cancérophobie, peur d'avoir un cancer

Claustrophobie, crainte d'enfermement dans un lieu clos

Acrophobie, crainte de se trouver sur une hauteur

Bacillophobie, peur des bacilles et des bactéries

 

15 Apiphobie, peur des abeilles, des insectes qui piquent

Cuniculophobie, peur des lapins

Coulrophobie, peur des clowns

Autophobie, peur de soi-même, de la solitude

Aviophobie, peur de prendre l'avion

 

20 Bélénophobie, peur des aiguilles

Bitrochosphobie, peur des bicyclettes

Brontophobie, peur du tonnerre

Cheimophobie, peur des tempêtes et des orages

Astraphobie, peur des éclairs

 

25 Acarophobie, peur des parasites de la peau, des acariens

Ablutophobie, peur de se noyer

Anuptaphobie, peur de rester célibataire

Cumulophobie, peur des nuages

Achluophobie, peur de l'obscurité

 

30 Aérodromphobie, peur de l'avion, des voyages en avion

Arachnophobie, peur des araignées

Arénaphobie, peur du sable

Asthénophobie, peur de la faiblesse

Buticulaphobie, peur des bouteilles

 

35 Aérophobie, peur de l'air et du vent

Aichmophobie ou Achmophobie, peur des aiguilles et des objets pointus (ciseaux, couteaux, seringue etc)

Algophobie, peur de la douleur

Anthelmophobie ou vermiphobie, peur des vers

Pyrophobie, peur du feu

 

40 Sidérodromophobie, peur de voyager en train

Squalophobie, peur des requins

Ailurophobie , peur des chats

Akousticophobie, peur des sons

Cynophobie, peur des chiens

 

45 Dysmorphophobie, dysmorphophie peur des difformités physiques

Émétophobie, peur de vomir

Entomophobie, peur des insectes

Apopathodiaphulatophobie, peur d'être constipé ou de la constipation

Automysophobie, peur d'être sale ou de sentir mauvais

 

50 Phobophobie, peur d'avoir peur

Galactophobie, peur du lait

Hypégiaphobie, peur des responsabilités

Ithyphallophobie, peur de voir des pénis en érection

Katagélophobie, peur du ridicule

 

55 Kénophobie, peur du noir et de l'obscurité

Leucosélophobie, peur de la page blanche

Myrmécophobie, peur des fourmis

Ophiophobie, peur des serpents

Ornitophobie, peur des oiseaux

 

60 Pantophobie, peur de tout

Aquaphobie, peur de l'eau

Autocheirothanatophobie, peur du suicide

Ethylophobie, peur de l'ivresse, de l'alcool

Gymnophobie, peur de la nudité

 

65 Gynéphobie, peur des femmes

Mysophobie, peur de la saleté, de la contamination par les microbes

Mycophobie, peur des champignons

Ochlophobie, peur de la foule

Paraskevidékatriaphobie, peur du vendredi 13

 

70 Phasmophobie, peur des fantômes

Graphophobie, peur de devoir écrire

Plangonophobie, peur des poupées

Placomusophobie, peur des bouchons de champagne

Pruritanophobie, peur de se gratter en public

 

75 Hématophobie, peur du sang

Psychopathophobie, peur de devenir fou

Stasophobie, peur de devoir rester debout

Suiphobie, peur de soi-même

Taijin kyofusho, (terme japonais) peur d'offenser autrui par l'odeur ou le regard

 

80 Hexakosioihexekontahexaphobie, peur du nombre 666

Hippopotomonstrosesquipedaliophobie, peur des mots trop longs

Tératophobie, peur des monstres

Thalassophobie, peur de la mer

Thanatophobie, peur de la mort

 

85 Toxicophobie, peur de l'empoisonnement

Triskaïdekaphobie, peur du nombre 13

Alopophobie, haine ou crainte des chauves

Hydrophobie,

a- peur morbide de l'eau

b- non-solubilité dans l'eau Des substances dont les molécules ne se lient pas aux molécules d'eau sont dites hydrophobes

Hylophobie, peur des forêts

 

90 Américanophobie, haine des Américains

Biphobie, crainte envers les bisexuels

Dyspondéromorphophobie, peur du poids

Calciphobie, une plante qui ne pousse pas en sol calcaire est dite calciphobe (plus couramment calcifuge)

Chromophobie : une cellule qui ne prend pas de colorant est dite chromophobe

 

95 Nomophobie, peur d'être privé de son téléphone portable

Anthropophobie, peur des gens, peur d'être en compagnie des autres

Paraskevidékatriaphobie, peur du vendredi 13

Athazagoraphobie, peur d'être oublié ou ignoré par quelqu'un à qui vous étiez attaché

Tokophobie, peur d'accoucher

100 Théophobie, peur de Dieu

 

Vous trouverez sur Wikipédia la liste des phobies. Voir ci-dessous.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0.

 

Vous voulez, entre autres, connaître l'origine du mot ? Cliquez sur le nom de la phobie qui vous intéresse.

 

Ablutophobie – Peur de se baigner. Cette phobie est plus une peur de la noyade qu'une peur de l'eau.

Acarophobie – Peur des parasites de la peau, des acariens3.

Acérophobie – Peur de ce qui a un goût sur (acide).

Achluophobie – Peur de l'obscurité et du noir.

Achmophobie / Aichmophobie – Peur des aiguilles et des objets pointus (ciseaux, couteaux, seringues par exemple).

Acrophobie – Peur des hauteurs ; s'accompagne souvent de vertiges.

Aérodromophobie – Peur de l'avion, des voyages en avion4.

Aérophobie – Peur de l'air et du vent5.

Agoraphobie – Peur des espaces publics et, par extension, de la foule ; plus généralement, des espaces où la fuite est rendue difficile (foule, mais aussi lieux déserts).

Algophobie – Peur de la douleur.

Amatophobie – Phobie de la poussière.

Amaxophobie – Peur de la conduite.

Anginophobie – Peur de l’étouffement, notamment par des angines de poitrine.

Angrophobie – Peur de se mettre en colère en public.

Anthropophobie – Peur des gens ou d'être en leur compagnie, une forme de phobie sociale6.

Anuptaphobie – Peur du célibat7.

Apéirophobie – Peur de l'infini.

Apopathodiaphulatophobie – Peur d'être constipé ou de la constipation en elle-même8.

Aquaphobie – Peur de l’eau9.

Arithmophobie – Peur des chiffres.

Asthénophobie – Peur de s'évanouir

Astraphobie – Peur du tonnerre.

Athazagoraphobie – Peur d'être oublié ou ignoré.

Atychiphobie – Peur de l’échec.

Aurophobie – Peur de l'or/de l'aube.

Automysophobie – Peur d'être sale, de sentir mauvais10.

Autophobie – Peur de la solitude11.

Aviophobie – Peur de prendre l'avion12.

Bacillophobie – Peur des bacilles, des bactéries13,14.

Basophobie – Peur de marcher.

Bélénophobie – Peur des aiguilles (cf. achmophobie).

Blemmophobie – Peur du regard des autres.

Borbophobie – Peur des gargouillements.

Brontophobie – Peur du tonnerre.

Cancérophobie – Peur du cancer15.

Cardiophobie – Peur du cœur ou peur d'un développement d'une maladie cardiovasculaire.

Carpophobie – Peur des fruits.

Catapédaphobie – Peur de grimper en hauteur.

Cherophobie – Peur de la gaieté.

Chorophobie – Peur de danser.

Claustrophobie – Peur des espaces confinés16.

Climacophobie – Peur d'utiliser des escaliers, surtout de les descendre.

Coulrophobie – Peur des clowns17.

Cyclophobie – Peur de monter sur une bicyclette ou tout autre véhicule à deux roues.

Dentophobie – Peur du dentiste.

Dysmorphophobie / Dysmorphophie – Peur des anomalies physiques.

Ecclesiophobie – Peur des églises[réf. souhaitée].

Émétophobie – Peur de vomir.

Epistaxiophobie – Peur des saignements de nez.

Éreutophobie – Peur de rougir en public.

Fumiphobie – Peur de la fumée (tabac par exemple)

Géphyrophobie – Peur des ponts (ou de traverser les ponts).

Gérascophobie – Peur de vieillir.

Glossophobie – Peur de parler en public.

Graphophobie – Peur de l'écriture (fait d'écrire).

Gymnophobie – Peur de la nudité.

Halitophobie – Peur d'avoir mauvaise haleine.

Haptophobie (ou Aphenphosmophobie) – Peur d'être touché.

Hématophobie – Peur du contact et de la vue du sang.

Hylophobie – Peur des forêts.

Hypégiaphobie – Peur des responsabilités.

Ithyphallophobie / Medorthophobie – Peur de voir des pénis en érection18.

Katagélophobie – Peur du ridicule.

Kénophobie – Peur de l'obscurité.

Laxophobie – Peur d’être pris de diarrhées impérieuses en public, en dehors de chez soi, et de ne pas arriver à se retenir.

Leucosélophobie – Peur de la page blanche (blocage de l'écrivain) 19.

Maskaphobie – Peur des masques20.

Musicophobie – Peur de la musique.

Mycophobie – Peur des champignons.

Mysophobie – Peur de la saleté, de la contamination par les microbes.

Nécrophobie – Peur des cadavres21.

Nomophobie – Peur d'être séparé de son téléphone portable22. Cette phobie désignerait aussi la peur excessive des lois.

Nosocomephobie – Peur des hôpitaux, cliniques et centres de soin en général.

Nosophobie – Peur de la maladie, d'être malade23.

Nyctophobie – Peur du noir.

Ochlophobie – Peur de la foule.

Odontophobie – Peur du chirurgien-dentiste / des actes médicaux ou chirurgicaux en bouche.

Pantophobie – Peur de tout24.

Pédiophobie :

Pédiophobie – Peur des poupées25

(aussi : peur des enfants).

Phagophobie – Peur de s'étouffer avec des aliments.

Phasmophobie – Peur des fantômes26.

Phobie de type sang-injection-blessure – Sous-type de phobies spécifiques classifié dans le DSM-IV.

Phobie sociale – Peur des ou de certaines situations sociales.

Phobophobie – Peur d'avoir peur (d'être surpris).

Pogonophobie – Aversion envers les barbes / phobie des poils du menton et des joues.

Psychopathophobie – Peur de devenir fou.

Pyrophobie – Peur du feu27.

Scatophobie – Peur des excréments.

Scopophobie – Peur du regard des autres.

Sélénophobie – Peur de la lune.

Sidérodromophobie – Peur de voyager en train.

Spectrophobie – Peur des miroirs (des reflets).

Stasophobie – Peur d'avoir à rester debout28.

Taphophobie – Peur des tombes ou d'être enterré vivant.

Téléphonophobie – Peur de répondre au téléphone.

Tératophobie – Peur des monstres.

Thalassophobie – Peur de la mer.

Thanatophobie – Peur de la mort.

Théophobie – Peur de Dieu.

Tokophobie – Peur d'accoucher.

Trichophobie – Peur des poils et de la pilosité.

Trypophobie (en) – Peur des trous.

 Phobies animales

Article détaillé : Zoophobie.

Ailurophobie – Peur des chats.

Alektorophobie – Peur des poulets.

Anthelmophobie – Peur des vers.

Apiphobie – Peur des abeilles ; par extension, peur des insectes possédant un dard ou pouvant piquer.

Arachnophobie – Peur des araignées.

Chiroptophobie – Peur des chauves-souris

Cuniculophobie – Peur des lapins.

Cynophobie – Peur des chiens.

Entomophobie – Peur des insectes.

Herpétophobie – Peur des reptiles ou amphibiens.

Hippophobie – Peur des chevaux, des équidés.

Ichthyophobie – Peur des poissons.

Lépidophobie – Peur des papillons29 qui sont des lépidoptères (Lepidoptera), d'où le nom.

Musophobie – Peur des souris ou rats.

Myrmécophobie – Peur des fourmis.

Ophiophobie – Peur des serpents.

Ornithophobie – Peur des oiseaux.

Squalophobie – Peur des requins.

Affections non-psychologiques

Hydrophobie rabique – Peur morbide de l'eau, en tant que symptôme de la rage.

Osmophobie – Hypersensibilité aux odeurs.

Phonophobie – Hypersensibilité au son.

Photophobie – Hypersensibilité à la lumière.

Superstitions

Hexakosioihexekontahexaphobie – Peur du nombre 666 (30).

Paraskevidékatriaphobie – Peur du vendredi 13.

Tétraphobie – Peur du chiffre 4.

Triskaïdékaphobie – Peur du nombre 13

Préjugés et discriminations

Article principal : Liste des termes anti-ethniques et anti-nationaux.

Le suffixe -phobie est utilisé pour créditer les termes qui dénote un sentiment particulier d'anti-ethnicité ou anti-démographique, par exemple américanophobie, europhobie, francophobie et hispanophobie. Souvent un synonyme avec le préfixe « anti- » est dénoté (ex. antiaméricanisme). Des sentiments antireligieux sont exprimés par des termes tels que christianophobie et islamophobie. Souvent, les termes eux-mêmes peuvent être considérés comme racistes, par exemple « négrophobie ». D'autres préjugés incluent :

Acéphobie - Peur ou rejet des asexuelles

Androphobie – Peur de l'homme (sexe masculin).

Biphobie – Peur ou rejet des personnes bisexuelles.

Christianophobie – Peur ou rejet de la religion des chrétiens.

Gérontophobie – Peur ou rejet des personnes âgées.

Gynéphobie ou gynécophobie – Peur ou rejet des femmes.

Hétérophobie – Peur ou rejet des hétérosexuels.

Homophobie – Peur ou rejet de l'homosexualité ou des homosexuels.

Islamophobie – Peur ou rejet de la religion des musulmans

Judéophobie – Peur ou rejet de la religion des juifs.

Lesbophobie – Peur ou rejet des lesbiennes.

Pédophobie / Pédiophobie – Peur ou rejet des enfants (aussi : peur des poupées).

Psychophobie – Peur ou rejet des maladies mentales.

Technophobie – Peur ou rejet du progrès scientifique et technologique (voir : luddisme).

Transphobie – Peur ou rejet des personnes transidentitaires.

Xénophobie – Peur ou rejet des étrangers en général.

Biologiques / chimiques

Les biologistes utilisent un nombre de termes -phobie / -phobe pour décrire des prédispositions de plantes et animaux dans certaines conditions.

Acidophobie / Acidophobe – Préférence aux conditions non-acides.

Chemophobie - Peur des produits chimiques.

Héliophobie – Sensibilité à la lumière du soleil.

Hydrophobie – Sensibilité à l'eau.

Lipophobicité – Sensibilité aux corps gras.

Myrmécophobie – Action répulsive de plantes vis-à-vis des fourmis.

Photophobie – Réponse phototropiste, ou tendance à rester hors de la lumière.

Superhydrophobe – Propriété donnée aux matériaux difficilement humidifiables.

Thermophobie – Peur de la chaleur

 

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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