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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 19:27

 UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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Troubadours et trouvères

Au début du XIIe siècle, les troubadours du sud de la France fondent la poésie lyrique qu'ils chantent en langue d'oc.

Vers 1160, les trouvères, dans le nord, s'inspirent de la forme et des thèmes de la poésie occitane.

Apparaît alors une nouvelle représentation poétique de l'amour, la fin'amor,ouamor cortés (courtois),indissociable des vertus morales, laïques, religieuses et sociales qui font, des héros, des êtres épris de loyauté et de fidélité pour leur dame.

L'aristocratie est gourmande des aventures de ces nouveaux chevaliers courtois.

 

Influencés par les textes antiques que les clercs copient et commentent, les poètes traduisent et adaptent en français des romans inspirés de l'Antiquité : la vie d'Alexandre, le siège de Troie d'après des témoins ou prétendus tels, l'Iliade*, l'Énéide*, la Thébaïde*et des récits amoureux d'Ovide* qu'ils mettent au goût du jour.

 

Le Roman d'Énéas, pour ne citer que celui-là,est considéré comme le roman français le plus ancien, écrit par un poète anonyme qui fait revivre, à sa façon, le poème l'Énéide mêlé des souvenirs d'Ovide. Il comporte plus de 10 000 vers.

 

Le Roman d'Énéas 

Extrait adapté :

La jeune Lavine (ou Lavinie) se laisse arracher par sa mère le secret de son amour pour Énéas. Ce qui n'est pas du goût de celle-ci qui la destinait à Turnus.

 

[...]

- Dame, j'aime, je ne puis le nier, / vous devez me donner de bons conseils.

- Je le ferai, si tu me fais confiance. /Puisque ton cœur est au supplice, / tu dois bien me dire pour qui.

- Je n'ose, madame, car je crois / que vous m'en voudriez : / vous me l'avez bien déconseillé, / vous m'avez bien mise en garde contre lui ; / mon intérêt pour lui s'en est accru : / Amour néglige les remontrances. / Si je vous nommais mon aimé, je craindrais de vous fâcher.

- Jamais, je le crois, n'a bien aimé / qui veut blâmer quelqu'un qui aime.

- J'aime, je ne puis plus le nier.

- Donc il n'a pas nom Turnus, ton ami ?

- Nenni, dame, je vous le garantis.

- Et comment donc ?

- Il a nom "é" »,

puis elle soupira et dit "né", et après un moment prononça "as", tout en tremblant elle le dit bas.

La reine se pourpensa (réfléchit) / et les syllabes assembla.

« Tu me dis "é" puis "né" et "as", / ces lettres sonnentÉnéas.

- Vrai, dame, par ma foi, c'est lui.

- Il ne t'aura pas, Tournus ?

- Nenni, je ne l'aurai pas pour seigneur, / mais à celui-là j'octroie mon amour.

- Qu'as-tu dit, folle, insensée ? / Sais-tu vers qui tu t'es donnée ? / Ce misérable ne se soucie guère des femmes. / Il apprécie davantage l'amour des garçons, / il ne veut pas chasser la biche, / il raffole de la chair de mâle ; / Il aimera mieux étreindre son giton / que toi ou n'importe quelle autre. / Il ignore la chasse à la femelle, [... ]

La mère poursuit ses calomnies et ses arguments ne sont pas piqués des vers ! Elle cherche à faire croire à sa fille qu'Énéas ne pense pas à elle et lui rappelle qu'il abandonna Didon. Lavine se pâme sept fois mais ne change pas sa pensée pour Énéas.

 

À la même époque où sont écrits les romans antiques, que l'on devrait plutôt nommer "de l'Antiquité", apparaissent les romans bretons.

 

Qui ne connaît les légendes arthuriennes ? Les exploits du roi Arthur et de ses chevaliers de la Table Ronde, partant à la quête du Graal**. les péripéties de Camelot où entrent en conflit le roi, Lancelot et Mordred ! Nos écrans s'en donnent à coeur joie à mettre en scène et à parodier ces chers héros !

Et les amours tumultueuses de Lancelot et de Guenièvre, celles de Tristan et d'Yseut n'ont-elles pas laissé dans nos coeurs de profondes émotions ?

On trouve l'origine de ces légendes dans la mythologie des Bretons et des Celtes des îles Britanniques et de l'Armorique (région gauloise que les insulaires appellent Petite Bretagne).

 

Les romans de Tristan***appartiennent à la seconde moitié du XIIe siècle.

L'histoire de Tristan et Iseut nous est parvenue par morceaux. Béroul, Thomas, Marie de France nous ont laissé des épisodes fameux.

 

"La dame chante dulcement,

Sa voiz accorde a l’estrument.

Les mains sont belles, li lais bons,

Dulce la voix et bas li tons."

Thomas

 

Voici quelques vers pathétiques de l'un des lais de Marie,  écrit en anglo-normand:

Le Lai du Chèvrefeuille

[...]

«  D'euls deus fu il (tut) autresi
cume del chevrefoil esteit
ki a la codre se perneit :
quant il s'i est laciez e pris
e tut entur le fust s'est mis,
ensemble poënt bien durer ;
mes ki puis les volt desevrer,
li codres muert hastivement
e li chevrefoil ensement.
« bele amie, si est de nus :
ne vus sanz mei, ne mei sanz vus ! »
 
Traduction
«  De ces deux, il en fut ains
 Comme du chèvrefeuille était 
Qui au coudrier s'attachait : 
Quand il s'est enlacé et pris 
Et tout autour du fût s'est mis, 
Ensemble peuvent bien durer. 
Qui plus tard les veut détacher,
Le coudrier meurt hâtivement
Et chèvrefeuille mêmement.
« Belle amie, ainsi est de nous :
Ni vous sans moi, ni moi sans vous ! »

Chrétien de Troyes (né vers 1135- mort vers 1185), le plus grand poète de l'époque, s'inspire de ces légendes pour nous donner Lancelot ou le chevalier à la charrette, Yvain ou le chevalier au lion, Perceval ou le conte du Graal. Un de ses admirateurs dit de lui qu'il savait "prendre le français à plein, tel qu'il lui venait en main", tant il combinait avec bonheur l'étrange, l'analyse, l'observation, dans un esprit gai et réaliste. 

  

Perceval ou le conte du Graal 

Extrait 

La mère de Perceval, pour protéger son fils, l'a empêché de connaître le monde. Elle a perdu son mari et ses autres fils qui étaient chevaliers et veut à tout prix préserver son plus jeune enfant des dangers qu'il pourrait courir, ne lui révélant même pas son nom. Lorsque le jeune naîf entend venir des chevaliers, il les prend d'abord pour des diables, tant ils sont bruyants.

 

[...]

"Mes quant il les vit an apert

Que del bois furent decovert,

Et vit les haubers fremianz

Et les hiaumes clers et luisanz

Et les lances et les escuz

Que onques mes n’avoit veüz,

Et vit le vert et le vermoil

Reluire contre le soloil

Et l’or et l’azur et l’arjant

Si li fut mout et bel et gent

Lors dist : « Ha ! sire Dex, merci !
Ce sont ange que je voi ci. »

 

Traduction

«Mais quand il les vit à découvert, sortant du bois, et qu'il vit les hauberts qui bruissaient et les heaumes clairs et brillants, et les lances et les boucliers qu’il n’avait jamais vus, quand il vit le vert et le vermeil reluire au soleil, et l’or et l’azur et l’argent, le spectacle lui parut beau et magnifique. Alors il s'écria :« Ah Seigneur Dieu, pitié ! Ce sont des anges que je vois ici. »

 

À partir de ce moment-là, Perceval n'a plus qu'une idée en tête, devenir chevalier.

 

NOTES

*Homère, poète grec, VIIIe siècle avant J.C., auteur de l'Iliade et de l'Odyssée.

 

Des poètes latins :

*Virgile,70 -19 avant J.C. auteur de l'Énéide.

*Stace, né vers l"an 40, auteur de la Thébaïde

*Ovide, 43 avant J.C.-17 après J.C., auteur des Métamorphoses.

 

**Quelques mots sur le Graal.

Le Graal a, selon les textes, de nombreuses interprétations.

Dans la mythologie celtique, le Graal est un vase qui produit une nourriture conférant l'immortalité. Il deviendra, dans la légende arthurienne le Saint Graal, le calice qui a contenu le sang du Christ recueilli par Joseph d'Arimathie. Les Chevaliers de la Table Ronde partent à la quête du Saint Graal, mais seul un être pur pourra l'approcher. Ce sera Galaad, le fils de Lancelot.

Le thème du Graal a inspiré de nombreuses créations.

Je citerai Parsifal,l'opéra de Richard Wagner (1882), le film de Robert Bresson Lancelot du Lac (1974), celui d'Eric Rohmer Perceval le Gallois (1978).

 

***L'histoire de Tristan et Iseut, comme celles de tous les romans courtois, a dépassé, à l'époque, les frontières françaises et britanniques.

On la retrouve, par exemple, en Allemagne dans le roman de Gottfried von Straßburg dont s'est inspiré Richard Wagner pour écrire son sublime opéraTristan und Isolde,1856-59.

 

"Isot ma drue, Isot m’amie,
En vos ma mort, en vos ma vie !"

Gottfried von Straßburg

(druerie, ancien français pour amour / dru(e), amant, amante)

 

Je citerai, entre autres chefs-d'oeuvre, le film très poétique L'Eternel Retour de Jean Delannoy, scénario de Jean Cocteau, sorti en 1943 et plus près de nous Tristan et Iseut  le film allemand, tchèque, britannique et américain réalisé par Kevin Reynolds, sorti en 2006.

Le thème est loin d'être épuisé !

Et si d'aventure il vous prenait l'envie irrépressible de lire ou de relire l'histoire de ces deux amants, je ne saurais que vous conseiller de choisir Le Roman de Tristan et Iseut (1900) de Joseph Bédier, dont le style et l'écriture vous séduiront. L'auteur a repris tous les textes relatant cette histoire pour en faire son roman.

 

"Seigneurs, vous plaît-il d’entendre un beau conte d’amour et de mort ? C’est de Tristan et d’Iseut la reine. Écoutez comment à grand’joie, à grand deuil ils s’aimèrent, puis en moururent un même jour, lui par elle, elle par lui."

Joseph Bédier

 

Le Roman de Tristan et Iseut (1900)

Joseph Bédier, Wikisource

 

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 09:21

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Allais-je demeurer plus longtemps devant ces volumes qui se paraient des reliures plus précieuses les unes que les autres, reliures plein-cuir en marocain, ou mieux en marocain du Cap au grain exceptionnel, en mohair, en chagrin, reliures dont le tranche-fil rehaussait l'élégance, et qui laissaient deviner qu'elles contenaient les pages dont je pourrais caresser le vélin, le vergé, le chine, le papier bible, le japon dont l'épair est d'une remarquable beauté ?

 

Allais-je demeurer plus longtemps à hésiter avant de me saisir avec mille précautions, avec vénération même, d'une première édition que des milliers de lecteurs avant moi avaient dû effleurer ou embrasser peut-être, et feuilleter, et lire avec la même admiration ? Je tirerais de sa place le volume choisi en prenant garde de ne pas l'agripper par la coiffe pour qu'il ne souffrît pas, je le prendrais plutôt avec deux doigts sur les plats en le soulevant comme il sied à une personne respectueuse et connaissant les usages.

 

Mais avant toute chose, je passai les gants de soie que l'on m'avait remis à l'entrée avec la recommandation de ne point oublier de les enfiler pour ne pas laisser la moindre trace de doigt qui eût pu endommager le livre, gants à la peau si fine que je ne les sentais pas m'empêcher de goûter à la douceur des cuirs.

 

Je parcourus des yeux les titres qui s'offraient à moi et je remarquai qu'ils m'étaient familiers, prometteurs d'idées et d'aventures, les incontournables, les indispensables, ceux dont personne n'aurait pu nier qu'ils exerçassent dans les cœurs des émotions qui ne s'émousseraient jamais, et sur les esprits une influence incontestable dont les effets se feraient sentir encore et toujours à travers les âges à venir.

 

Je laissai glisser, avec volupté, mes doigts sur le dos des livres sagement alignés, vivant de leur vie propre, et qui attendaient patiemment, j'en suis sûre, que je les choisisse, chacun à leur tour. Je jouis du contact délicieux du relief des pièces de titre, des nerfs, des lettres dorées.

 

Mes doigts s'arrêtèrent soudain comme mus par le désir qu'enfin je me décidasse.

Je m'emparai de El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha*.

........................................................................................  

*El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha*, roman de Miguel de Cervantes écrit en deux parties et publié en 1605 et 1615. Connu chez nous sous le nom de Don Quichotte

 

NOTES

Allais-je demeurer plus longtemps devant ces volumes... ?

Allais-je demeurer plus longtemps à hésiter.... ?

L'ANAPHORE

Répétition d'un mot ou d'un groupe de mots en début de phrase.

Allais-je demeurer plus longtemps...

On se souvient de l'anaphore proférée par François Hollande le 2 mai 2012 : "Moi président... Moi président... 15 fois

Sens de demeurer dans le texte

1- Allais-je demeurer plus longtemps devant ces volumes... ?

Verbe duratif comme : attendre, rester, réfléchir…

2- Allais-je demeurer plus longtemps à hésiter.... ?

Tarder, mettre un certain temps pour faire quelque chose.

On peut dire :

J'ai demeuré longtemps à hésiter...

Je suis demeurée longtemps à hésiter...

Demeurer se conjugue généralement avec avoir quand il signifie habiter et avec être quand il signifie rester

Autres sens de demeurer

3- Il unit l'attribut au sujet

Je demeurais perplexe. Je restais perplexe.

4- Je demeurai court. Je restai court. Je me trouvai court. Je ne savais que dire.

5- Je suis demeurée d'accord là-dessus. Je suis tombée d'accord. Je me suis trouvée d'accord.

6- Je ne demeure pas dans cette maison. Je n'habite pas cette maison. Je ne demeure nulle part.

7-Demeurons-en là. Restons-en là. Cessons de discuter.

 

avant de me saisir d'une première édition

Se saisir de, s'emparer de, s'approprier

 

Suivent par ordre alphabétique les mots relatifs au livre-objet. 

Cf. Michel de l'Ormeraie

CHAGRIN : cuir de chèvre à petit grain rond.

CHINE : papier originairement fabriqué en Chine, à base de fibres de soie, léger, fragile, mais très doux de consistance. Il reçoit admirablement la gravure sur bois. Assez souvent, ce papier, qui est très fin, est collé sur un papier vélin pour lui donner plus de résistance.

COIFFE : rebord qui surmonte le dos du volume.

CUIR : Ce mot recouvre toutes les qualités, allant de la croûte à la fleur, toutes les épaisseurs, allant du scié mince (scié dans l'épaisseur) au plein, en passant par le scié fort, demi-fort, trois-quart fort et plein, de telle sorte que pour la plus belle qualité on devrait dire « plein cuir plein ».

Pour en savoir plus sur le cuir, lisez donc l'article CUIR dans la rubrique Trucs et Astuces page 1. 

ÉPAIR : aspect du papier vu par transparence.

JAPON : papier originairement fabriqué au Japon, à base d'écorces d'arbres. Épais et résistant, il a une belle teinte ivoire. Epair nuageux.

JAPON NACRÉ : de même consistance, le papier a subi un blanchiment qui lui enlève la teinte ivoire. On l'additionne de fibre de bambous.

MAROCAIN : cuir de chèvre du Maroc.

MAROCAIN DU CAP : cuir de chèvre du Cap recherché pour son grain caractéristique.

MOHAIR : cuir de chèvre à grains allongés.

MORS : petite saillie entre les plats et le dos d'un volume relié.

NERFS : autrefois, proéminences au dos d'un livre provoquées par l'épaisseur de la ficelle reliant le corps de l'ouvrage au carton des plats. Aujourd'hui, proéminences conservées pour un effet décoratif. Faux-nerfs signifient nerfs creux obtenus par gaufrage, vrais-nerfs signifie nerfs pleins (armés).

PAPIER BIBLE : papier extrêmement mince, très froissable et transparent. Le véritable papier bible est toujours pur chiffon, sinon il doit s'appeler simili bible.

PARCHEMIN : peau d'animal préparé pour l'écriture ou l'impression, il conserve un aspect blanchâtre.

Papier traité façon parchemin.

PLAT : carton formant la couverture d'une reliure et sur lequel est appliquée la matière de recouvrement. On distingue le plat recto et le plat verso.

RELIURE A DENTELLE : 1-style de décor. 2-reliure décorée à l'intérieur des plats.

TRANCHES : les trois côtés papier du livre.

TRANCHEFILE : passementerie décorative de finition en tête et en pied du dos à l'intérieur de la couverture.

VELIN : 1-peau de veau employée au Moyen Âge pour les manuscrits. 2-papier fortement pressé et lissé sur les deux faces, ce qui lui donne la consistance et l'apparence de la peau de veau.

VERGÉ À LA CUVE : papier fabriqué comme à l'ancien temps avec un tamis métallique tenu à deux mains par l'ouvrier papetier. Ce tamis est plongé dans la cuve à papier et rapidement retiré. La couche de pâte à papier est égouttée, délicatement enlevée du tamis et empilée en intercalant entre chaque feuille une mince plaque de feutre. L'ensemble est alors passé sous une presse pour évacuer l'eau au maximum. Puis, les feuilles sont reprises une à une et accrochées sur des fils comme du linge pour finir de sécher à l'air libre.

 

Michel de l'Ormeraie, éditeur passionné qui a voué sa vie professionnelle à la création de livres d'art publiés dans des éditions de luxe, ces petites merveilles que le bibliophile aimera savoir qu'elles se transmettront de génération en génération.

À l'heure de l'éphémère et du tout jetable, cet éditeur d'exception s'est efforcé pendant de longues années à assouvir la passion de ceux qui aiment les beaux livres.

En août 2011, le Ministre de la Culture lui décernait le grade de Chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres. Jamais titre ne fut mieux mérité !

Voir les sites qui le concernent sur la toile.

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 19:19

UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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C'est à la fin du IXe siècle qu'apparaissent les premiers écrits en roman, l'ancêtre de l'ancien français. Ils sont destinés à l'édification des fidèles chrétiens qui n'ont entendu jusque-là que des prédications en latin.

Il est probable que le tout premier texte poétique est « La Séquence de Sainte Eulalie », appelé aussi « La Cantilène* de Sainte Eulalie »: 


La Cantilène de sainte Eulalie

extrait


« Buona pulcella fut Eulalia.
Bel auret corps bellezour anima.
Voldrent la ueintre li d[õ] inimi.
Voldrent la faire diaule seruir.
Elle nont eskoltet les mals conselliers.
Quelle d[õ] raneiet chi maent sus en ciel.
Ne por or ned argent ne paramenz. 
[...] »

Traduction
Bonne pucelle fut Eulalie.
Beau avait le corps, belle l'âme.
Voulurent la vaincre les ennemis de Dieu,
Voulurent la faire diable servir.
Elle, n'écoute pas les mauvais conseillers :
« Qu'elle renie Dieu qui demeure au ciel ! »
Ni pour or, ni argent ni parure.
[...] »


Seule la paix des cloîtres permet l'écriture des textes en langue vulgaire. La France est trop tourmentée par le malaise politique qui a suivi le partage de l'empire de Charlemagne, par les invasions normandes, par les guerres entre seigneurs rivaux, pour que les esprits puissent se consacrer à ce que l'on pourrait appeler la littérature.
Impossible d'imaginer à quoi ressemblait la langue orale quotidienne de cette époque. Les textes, en vers, sont écrits par des clercs soucieux de suivre des conventions très strictes.

À partir du XIe siècle naît un sentiment national et mystique.
Les poètes célébrent la première croisade (1095-1099) et ils évoquent les exploits fameux de Charlemagne et de Guillaume d'Orange.
Les premiers chefs-d'oeuvre retracent un passé grandiose. Ce sont les chansons de geste**.
Ces textes ne se contentent pas de retracer une époque passée, mais ils créent un monde idéal, un univers épique où les héros, hommes au grand coeur, jouissent d'une force colossale, leurs exploits étant auréolés du merveilleux chrétien***.
Il reste dans notre mémoire quelques épisodes de l'épopée de La Chanson de Roland que nous avons rencontrée à l'école ou ailleurs, dans des films comme celui de Frank Cassenti,  La Chanson de Roland (1978)
L'évocation du héros, Roland, magnifié par les poètes, ne nous laisse pas insensible.

 

La Chanson de Roland

L'extrait qui suit relate la mort du preux chevalier.
Charlemagne rentre en France par les défilés des Pyrénées. Il quitte l'Espagne, espérant la paix retrouvée avec le calife Marsile, roi des Sarrasins. Le comte Roland, à l'arrière-garde, est attaqué à Roncevaux, victime de la trahison de Ganelon, l'émissaire de l'Empereur. Mortellement blessé, Roland a tenté vainement de briser sa fidèle épée Durandal.

CLXXVI 
Li quens Rollant se jut desuz un pin,
Envers Espaigne en ad turnet sun vis,
De plusurs choses a remembrer li prist.
De tante tere cum li bers conquist,
De Dulce France, des humes de sun lign
De Carlemagne, sun seignor, kil nurrit,
Ne poet muer, n'en plurt, e ne suspirt,
Mais lui meisme ne volt mettre en ubli,
Cleimet sa culpe, si priet Deu mercit:
Veire Patene, ki unkes ne mentis,
Seint Lazaron de mort resurrexis,
E Daniel des leons guaresis,
Guaris de mei l'anme de tuz perilz
Pur les pecchez que en ma vie fis.
Sun destre guant a Deu en puroffrit,
Seint Gabriel de sa main l'ad pris.
Desur sun braz teneit le chef enclin,
Juntes ses mains est alet a sa fin.
Deus tramist sun angle Cherubin
Ensembl od li seint Michel del Peril,
Ensembl'od els sent Gabriel i vint,
L'anme del cunte portent en pareis. »
 
Traduction de Joseph Bédier :
Le Comte Roland est couché sous un pin. Vers l'Espagne il a tourné son visage. De maintes choses il lui vient souvenance : de tant de terres qu'il a conquises, le vaillant de douce France, des hommes de son lignage, de Charlemagne, son seigneur, qui l'a nourri. Il en pleure et soupire, il ne peut s'en empêcher. Mais il ne veut pas se mettre lui-même en oubli ; il bat sa coulpe et implore la merci de Dieu :« Vrai Père qui jamais ne mentis, toi qui rappelas Saint Lazare d'entre les morts, toi qui sauvas Daniel des lions, sauve mon âme de tous les périls, pour les péchés que j'ai faits dans ma vie ! » Il a offert à Dieu son gant droit : saint Gabriel l'a pris de sa main. Sur son bras il a laissé retomber sa tête. Il est allé, les mains jointes, à sa fin. Dieu lui envoie son ange Chérubin et saint Michel du Péril ; avec eux y vint saint Gabriel. Ils portent l'âme du Comte en Paradis.
 

Victor Hugo, au XIXe siècle s'inspire de cette chanson dans son poème « Le Mariage de Roland » qui fait partie du recueil « La Légende des Siècles ».


Se dressent l'un contre l'autre, dans un combat singulier, les valeureux chevaliers ennemis, Roland et Olivier :


« Le Mariage de Roland »

extrait

« Ils se battent — combat terrible ! — corps à corps.
Voilà déjà longtemps que leurs chevaux sont morts ;
Ils sont là seuls tous deux dans une île du Rhône,
Le fleuve à grand bruit roule un flot rapide et jaune,
Le vent trempe en sifflant les brins d’herbe dans l’eau.
L’archange saint Michel attaquant Apollo
Ne ferait pas un choc plus étrange et plus sombre ;
Déjà, bien avant l’aube, ils combattaient dans l’ombre.
[...] »
Et de ce combat surhumain dont aucun des deux héros, ni Roland ni  Olivier, ne sort vainqueur, naît une solide amitié scellée par les derniers vers du poème :
« [...]
Écoute, j'ai ma sœur, la belle Aude au bras blanc,
Épouse-la.
 — Pardieu ! je veux bien, dit Roland.
Et maintenant buvons, car l’affaire était chaude. »

C'est ainsi que Roland épousa la belle Aude. »

Victor, mon amour de petit-fils, sais-tu que c'est grâce à ce vers-là que j'ai appelé ta maman Aude ? Mamiehiou

NOTES

*Au Moyen Âge, la cantilène désigne un court poème lyrique et épique, toujours chanté.

**La chanson de geste est un ensemble de poèmes narratifs chantés qui retracent une épopée, de hauts faits qui appartiennent au passé.
La geste vient du latin gesta qui signifie les exploits.
Ces poèmes sont composés de strophes appelées laisses. Le mètre du vers est le décasyllabe.

***Le merveilleux chrétien est indissociable de la littérature du Moyen Age. Dieu, les saints, les anges interviennent dans le déroulement du récit.

 

Lire le magnifique poème "Le Mariage de Roland " de Victor Hugo dans Wikisource

Le Mariage de Roland Texte validé 

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 14:27

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Je fus bien étonnée de me trouver seule dans cet endroit qui aurait dû fourmiller d'accros à la lecture, mais après une réflexion tant soit peu mathématique, je compris que même les soldats d'une armée innombrable, éparpillés dans cette immensité, n'auraient pu se croiser. Je frissonnais, de peur de me perdre dans le dédale* des salles que l'on pouvait parcourir l'une après l'autre, en se dirigeant successivement dans les quatre directions cardinales et je me promis de me limiter à un seul étage de peur que ne m'échappât le contrôle de l'orientation. J'avisai cependant des plans qui m'indiquaient exactement la salle où je me trouvais et je repris confiance bien que je susse qu'il m'eût été impossible de héler qui que ce fût dans le cas où je n'aurais plus retrouvé la sortie. Tout était fait de telle sorte qu'on se serait cru sur une île déserte, ne fût-ce le décor confiné qui ne m'offrait que des étagères dressées le long des quatre murs des pièces que je commençais à arpenter, chacun d'eux étant percé d'une porte qui s'ouvrait sur un espace semblable.

Chaque salle disposait dans son angle nord que m'aurait indiqué une boussole si j'en avais apporté une d'une étroite cage carrelée à l'extérieur comme à l'intérieur d'admirables mosaïques azulejos. Elle offrait au visiteur un petit cabinet de toilette au cas où une envie incongrue mais naturelle se serait fait sentir, trop pressante pour qu'on pût sortir sans dommages de la pièce où l'on se trouvait, parcourir les autres précipitamment, dégringoler l'escalier vertigineux ou prendre un ascenseur probablement occupé pour de longues minutes et accéder enfin au hall d'entrée où j'avais pu lire précédemment le mot TOILETTES en lettres lumineuses.

Le lecteur me pardonnera cette réflexion quelque peu scatologique si nécessaire à des impératifs auxquels nul ne peut se soustraire.

 

Après avoir visité par curiosité l'un de ces lieux d'aisance confortables où un irrévérencieux malotru avait laissé sur la table de toilette quelques manuscrits précieux —  encore heureux qu'il ne s'en fût point torché le c... — je cherchai en vain quelque répertoire qui eût pu m'indiquer l'emplacement de l'oeuvre que j'aurais voulu trouver si toutefois mon choix se fût porté sur l'une d'entre elles en particulier. À parcourir les rayonnages et à lire sur le dos de chacun des livres, l'un après l'autre, le nom des titres et de leurs auteurs, je constatai qu'il n'y avait aucune classification claire et commode. Tout semblait d'un désordre voulu et j'essayai vainement de trouver, dans ce bazar troublant, un fil conducteur qui m'eût indiquer quelque cohérence. Dans ce carrefour de tous les rêves de l'humanité** tout semblait conçu pour égarer le néophyte, mais je ne me décourageai point et je jurai qu'à force de faire travailler ma capacité de déduction et d'induction dont mon esprit toujours en effervescence ne manquait pas, je parviendrais bien à saisir la clef de ce capharnaüm.

 

Peut-être, pensai-je, Alcofribas me donnerait-il l'explication que je cherchais, mais il n'était plus à mes côtés et son absence, à cet instant, se fit cruellement sentir.

 

« Allez seule découvrir les trésors de cette bibliothèque » m'avait-il dit sur le perron. « Je vous laisse en face de vous-même et vous n'avez nullement besoin de moi. Le lecteur aspire à la solitude quand il s'aventure dans l'univers d'un livre. Il ne veut quiconque à ses côtés. Il n'est jamais qu'un voyeur jaloux de ses découvertes. Je ne saurais que vous embarrasser »

............................................................................................... 

*Le dédale - Pour rencontrer Dédale, Icare, le Minotaure, Thésée, Phèdre, Ariane et son fil, relire la note du texte Les Délires n°74

**Une biblothèque, c'est le carrefour de tous les rêves de l'humanité. Julien Green

 

NOTES

cet endroit qui aurait dû fourmiller d'accros à la lecture

Un accro, vient du mot accroché, par apocope de la dernière syllabe.

Anglicisme de l’anglais américain argotique hooked  littéralement accroché, dans le sens de dépendant.

Accro à une drogue, à l'héroïne, etc.

Ne pas confondre avec l'homonyme accroc.

> Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

 

après une réflexion tant soit peu mathématique

Tant soit peu, très peu, si peu que ce soit.

 

une cage carrelée d'admirables carreaux azuleros

Des carreaux azuleros - L'azulejaria est un art décoratif du Portugal, que l'on trouve aussi au Brésil. Il consiste en la fabrication et la peinture de carreaux de faïence émaillée (azulejos) pour la plupart en bleu. Les décors sont souvent magnifiques. Cet art remonte à la période maure du début du XVème siècle.

On en trouve partout au Portugal, sur les façades, les murs, dans les maisons, les jardins, les monuments, etc.

 

trouver, dans ce bazar troublant, un fil conducteur

je parviendrais bien à saisir la clef de ce capharnaüm

Bazar, capharnaüm, souk, termes familiers pour désordre.

Bazar vient du persan, et souk, de l'arabe. Marché, ensemble de magasins.

 

on se serait cru sur une île déserte, ne fût-ce le décor confiné

ne fût-ce... si ce n'était...

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

 

le lecteur me pardonnera cette réflexion quelque peu scatologique

Scatologie, scatologique, scato.

Scatologie, écrit ou propos où il est question d'excréments.

Une plaisanterie scatologique.

 

Certains d'entre vous n'apprécient pas d'écarts politiquement incorrects. Qu'ils me le fassent savoir ! Pourquoi userais-je d'euphémismes, de périphrases ou de circonlocutions pour déguiser ma pensée, je vous le demande.

Pour ma gouverne, je citerai François Rabelais qui ne se priva en aucune manière d'user de l'expression se torcher le cul. Il décrivit même, de la bouche de son personnage Gargantua, cent façons de faire cette chose bien nécessaire. Pour preuve, l'extrait de Gargantua que je vous donne ci-dessous. Pour son plaisir... et pour le nôtre.

Les bégueules s'abstenir !

 

LE TORCHE-CUL DE GARGANTUA

(Grandgousier est le père du héros éponyme)

J’ay (respondit Gargantua) par longue et curieuse experience inventé un moyen de me torcher le cul, le plus seigneurial, le plus expedient que jamais feut veu.
– Quel ? dict Grandgousier.
– Comme vous le raconteray (dist Gargantua) presentement.
« Je me torchay une foys d’un cachelet de velours de une damoiselle, et le trouvay bon, car la mollice de sa soye me causoit au fondement une volupté bien grande ;
« une aultre foys d’un chapron d’ycelles, et feut de mesmes ;
« une aultre foys d’un cache coul ;
« une aultre foys des aureillettes de satin cramoysi, mais la dorure d’un tas de spheres de merde qui y estoient m’escorcherent tout le derrière ; que le feu sainct Antoine arde le boyau cullier de l’orfebvre qui les feist et de la damoiselle qui les portoit !
« Ce mal passa me torchant d’un bonnet de paige, bien emplumé à la Souice.
« Puis, fiantant derrière un buisson, trouvay un chat de Mars ; d’icelluy me torchay, mais ses gryphes me exulcererent tout le perinée.
« De ce me gueryz au lendemain, me torchant des guands de ma mere, bien parfumez de maujoin.
« Puis me torchay de saulge, de fenoil, de l’aneth, de marjolaine, de roses, de fueilles de courles, de choulx, de bettes, de pampre, de guymaulves, de verbasce (qui est escarlatte de cul), de lactues et de fueilles de espinards, — le tout me feist grand bien à ma jambe, — de mercuriale, de persiguire, de orties, de consolde; mais j’en eu la cacquesangue de Lombard, dont feu gary me torchant de ma braguette.
« Puis me torchay aux linceux, à la couverture, aux rideaulx, d’un coissin, d’un tapiz, d’un verd, d’une mappe, d’une serviette, d’un mouschenez, d’un peignouoir. En tout je trouvay de plaisir plus que ne ont les roigneux quand on les estrille.
— Voyre, mais (dist Grandgousier) lequel torchecul trouvas tu meilleur ?
— Je y estois (dist Gargantua), et bien toust en sçaurez le tu autem. Je me torchay de foin, de paille, de bauduffe, de bourre, de laine, de papier. Mais
Tousjours laisse aux couillons esmorche
Qui son hord cul de papier torche.
— Quoy! (dist Grandgousier) mon petit couillon, as tu prins au pot, veu que tu rimes desjà ?
— Ouy dea (respondit Gargantua), mon roy, je rime tant et plus, et en rimant souvent m’enrime. Escoutez que dict nostre retraict aux fianteurs :
Chiart,
Foirart,
Petart,
Brenous,
Ton lard
Chappart
S’espart
Sur nous.
Hordous,
Merdous,
Esgous,
Le feu de sainct Antoine te ard!
Sy tous
Tes trous
Esclous
Tu ne torche avant ton depart !
« En voulez vous dadventaige ?
— Ouy dea, respondit Grandgousier.
— Adoncq dist Gargantua :
RONDEAU
En chiant l’aultre hyer senty
La guabelle que à mon cul doibs ;
L’odeur feut aultre que cuydois :
J’en feuz du tout empuanty.
O ! si quelc’un eust consenty
M’amener une que attendoys
En chiant !
Car je luy eusse assimenty
Son trou d’urine à mon lourdoys ;
Cependant eust avec ses doigtz
Mon trou de merde guarenty
En chiant.
« Or dictes maintenant que je n’y sçay rien! Par la mer Dé, je ne les ay faict mie, mais les oyant reciter à dame grand que voyez cy, les ay retenu en la gibbessiere de ma memoire.
— Retournons (dist Grandgousier) à nostre propos.
— Quel ? (dist Gargantua) chier ?
— Non (dist Grandgousier), mais torcher le cul.
— Mais (dist Gargantua) voulez vous payer un bussart de vin Breton si je vous foys quinault en ce propos ?
— Ouy vrayement, dist Grandgousier.
— Il n’est (dist Gargantua) poinct besoing torcher cul, sinon qu’il y ayt ordure ; ordure n’ y peut estre si on n’a chié; chier doncques nous fault davant que le cul torcher.
— O (dist Grangousier) que tu as bon sens, petit guarsonnet ! Ces premiers jours je te feray passer docteur en gaie science, par Dieu! car tu as de raison plus que d’aage. Or poursuiz ce propos torcheculatif, je t’en prie. Et, par ma barbe ! pour un bussart tu auras soixante pippes, j’entends de ce bon vin Breton, lequel poinct ne croist en Bretaigne, mais en ce bon pays de Verron.
— Je me torchay après (dist Gargantua) d’un couvre chief, d’un aureiller, d’ugne pantophle, d’ugne gibbessiere, d’un panier, — mais ô le mal plaisant torchecul ! — puis d’un chappeau. Et notez que les chappeaulx, les uns sont ras, les aultres à poil, les aultres veloutez, les aultres taffetasser, les aultres satinizez. Le meilleur de tous est celluy de poil, car il faict très bonne abstersion de la matiere fecale.
« Puis me torchay d’une poulle, d’un coq, d’un poulet, de la peau d’un veau, d’un lievre, d’un pigeon, d’un cormoran, d’un sac d’advocat, d’une barbute, d’une coyphe, d’un leurre.
« Mais, concluent,
je dys et mantiens qu’il n’y a tel torchecul que d’un oyzon bien dumeté, pourveu qu’on luy tienne la teste entre les jambes. Et m’en croyez sus mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une volupté mirificque, tant par la doulceur d’icelluy dumet que par la chaleur temperée de l’oizon, laquelle facilement est communicquée au boyau culier et aultres intestines, jusques à venir à la region du cuers et du cerveau. Et ne pensez que la beatitude des heroes et semi dieux, qui sont par les Champs Elysiens, soit en leur asphodele, ou ambrosie, ou nectar, comme disent ces vieilles ycy. Elle est (scelon mon opinion) en ce qu’ilz se torchent le cul d’un oyzon, et telle est l’opinion de Maistre Jehan d’Escosse. »

 François Rabelais 1483 ou 1484 -1553, médecin, écrivain humaniste de la Renaissance.

 

Vous aurez remarqué que j'ai surligné en bleu la meilleure manière de se torcher le c..., mais en tant que membre de la Société Protectrice des Animaux, je ne saurais vous la conseiller. À bon entendeur, salut !

Et pour ce qui est de noter littérairement l'existence de toilettes dans une bibliothèque, un certain Borges dont j'ai parlé précédemment (Délires n°111) en avait eu l'idée. Je n'ai su que lui rendre hommage !

 

« À droite et à gauche du couloir il y a deux cabinets minuscules. L'un permet de dormir debout ; l'autre de satisfaire les besoins fécaux. »

dixit Borges.

La Bibliothèque de Babel

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 08:54

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QUIZ N°22

 

Une phobie est la haine ou la crainte excessive de quelque chose.

Étymologie : Du grec ancien φόβος, phóbos (« effroi, peur »).

Exemple :

La katagélophobie est la peur du ridicule.

Le katagélophobe est celui qui en souffre

 

Retrouvez ou devinez le sens des mots ci-dessous

contenant l'élément PHOBIE.

Les réponses suivent.

1 Zoophobie

Homophobie

Xénophobie

Nosophobie

 

5 Agoraphobie

Anglophobie

Photophobie

Francophobie

Érythophobie, éreuthophobie

 

10 Germanophobie

Cancérophobie

Claustrophobie

Acrophobie

Bacillophobie

 

15 Apiphobie

Cuniculophobie

Coulrophobie

Autophobie

Aviophobie

 

20 Bélénophobie

Bitrochosphobie

Brontophobie

Cheimophobie

Astraphobie

 

25 Acarophobie

Ablutophobie

Anuptaphobie

Cumulophobie

Achluophobie

 

30 Aérodromphobie

Arachnophobie

Arénaphobie

Asthénophobie

Buticulaphobie

35 Aérophobie

Aichmophobie

ou Achmophobie

Algophobie

Anthelmophobie

ou Vermiphobie

Pyrophobie

 

40 Sidérodromophobie

Squalophobie

Ailurophobie

Akousticophobie

Cynophobie

 

45 Dysmorphophobie, dysmorphophie

Émétophobie

Entomophobie

Apopathodiaphulatophobie

Automysophobie

 

50 Phobophobie

Galactophobie

Hypégiaphobie

Ithyphallophobie

Katagélophobie

 

55 Kénophobie

Leucosélophobie

Myrmécophobie

Ophiophobie

Ornitophobie

 

60 Pantophobie

Aquaphobie

Autocheirothanatophobie

Ethylophobie

Gymnophobie

 

65 Gynéphobie

Mysophobie

Mycophobie

Ochlophobie

Paraskevidékatriaphobie

70 Phasmophobie

Graphophobie

Plangonophobie

Placomusophobie

Pruritanophobie

 

75 Hématophobie

Psychopathophobie

Stasophobie

Suiphobie

Taijin kyofusho, (terme japonais)

 

80 Hexakosioihexekontahexa-

-phobie

Hippopotomonstrosesquipedalio-

-phobie

Tératophobie

Thalassophobie

Thanatophobie

 

85 Toxicophobie,

Triskaïdekaphobie

Alopophobie

Hydrophobie

Hylophobie

 

90 Américanophobie

Biphobie

Dyspondéromorphophobie

Calciphobie

Chromophobie

 

95 Nomophobie, mot récent

Anthropophobie

Paraskevidékatriaphobie

Athazagoraphobie

Tokophobie

 

100 Théophobie

 

 

La liste n'est pas exhaustive.

 

Voici les réponses si vous n'avez pas tout trouvé :

1 Zoophobie, angoisse liée à la présence d'animaux

Homophobie, hostilité à l'homosexualité

Xénophobie, détestation des étrangers

Nosophobie, crainte d'attraper une maladie

 

5 Agoraphobie, crainte des grands espaces, crainte de la foule

L'agora était la place publique dans la Grèce antique

Anglophobie, détestation des Britanniques

Photophobie, crainte de la lumière

Francophobie, détestation des Français

Érythophobie, éreuthophobie, peur pathologique de rougir en public

 

10 Germanophobie, détestation des Allemands

Cancérophobie, peur d'avoir un cancer

Claustrophobie, crainte d'enfermement dans un lieu clos

Acrophobie, crainte de se trouver sur une hauteur

Bacillophobie, peur des bacilles et des bactéries

 

15 Apiphobie, peur des abeilles, des insectes qui piquent

Cuniculophobie, peur des lapins

Coulrophobie, peur des clowns

Autophobie, peur de soi-même, de la solitude

Aviophobie, peur de prendre l'avion

 

20 Bélénophobie, peur des aiguilles

Bitrochosphobie, peur des bicyclettes

Brontophobie, peur du tonnerre

Cheimophobie, peur des tempêtes et des orages

Astraphobie, peur des éclairs

 

25 Acarophobie, peur des parasites de la peau, des acariens

Ablutophobie, peur de se noyer

Anuptaphobie, peur de rester célibataire

Cumulophobie, peur des nuages

Achluophobie, peur de l'obscurité

 

30 Aérodromphobie, peur de l'avion, des voyages en avion

Arachnophobie, peur des araignées

Arénaphobie, peur du sable

Asthénophobie, peur de la faiblesse

Buticulaphobie, peur des bouteilles

 

35 Aérophobie, peur de l'air et du vent

Aichmophobie ou Achmophobie, peur des aiguilles et des objets pointus (ciseaux, couteaux, seringue etc)

Algophobie, peur de la douleur

Anthelmophobie ou vermiphobie, peur des vers

Pyrophobie, peur du feu

 

40 Sidérodromophobie, peur de voyager en train

Squalophobie, peur des requins

Ailurophobie , peur des chats

Akousticophobie, peur des sons

Cynophobie, peur des chiens

 

45 Dysmorphophobie, dysmorphophie peur des difformités physiques

Émétophobie, peur de vomir

Entomophobie, peur des insectes

Apopathodiaphulatophobie, peur d'être constipé ou de la constipation

Automysophobie, peur d'être sale ou de sentir mauvais

 

50 Phobophobie, peur d'avoir peur

Galactophobie, peur du lait

Hypégiaphobie, peur des responsabilités

Ithyphallophobie, peur de voir des pénis en érection

Katagélophobie, peur du ridicule

 

55 Kénophobie, peur du noir et de l'obscurité

Leucosélophobie, peur de la page blanche

Myrmécophobie, peur des fourmis

Ophiophobie, peur des serpents

Ornitophobie, peur des oiseaux

 

60 Pantophobie, peur de tout

Aquaphobie, peur de l'eau

Autocheirothanatophobie, peur du suicide

Ethylophobie, peur de l'ivresse, de l'alcool

Gymnophobie, peur de la nudité

 

65 Gynéphobie, peur des femmes

Mysophobie, peur de la saleté, de la contamination par les microbes

Mycophobie, peur des champignons

Ochlophobie, peur de la foule

Paraskevidékatriaphobie, peur du vendredi 13

 

70 Phasmophobie, peur des fantômes

Graphophobie, peur de devoir écrire

Plangonophobie, peur des poupées

Placomusophobie, peur des bouchons de champagne

Pruritanophobie, peur de se gratter en public

 

75 Hématophobie, peur du sang

Psychopathophobie, peur de devenir fou

Stasophobie, peur de devoir rester debout

Suiphobie, peur de soi-même

Taijin kyofusho, (terme japonais) peur d'offenser autrui par l'odeur ou le regard

 

80 Hexakosioihexekontahexaphobie, peur du nombre 666

Hippopotomonstrosesquipedaliophobie, peur des mots trop longs

Tératophobie, peur des monstres

Thalassophobie, peur de la mer

Thanatophobie, peur de la mort

 

85 Toxicophobie, peur de l'empoisonnement

Triskaïdekaphobie, peur du nombre 13

Alopophobie, haine ou crainte des chauves

Hydrophobie,

a- peur morbide de l'eau

b- non-solubilité dans l'eau Des substances dont les molécules ne se lient pas aux molécules d'eau sont dites hydrophobes

Hylophobie, peur des forêts

 

90 Américanophobie, haine des Américains

Biphobie, crainte envers les bisexuels

Dyspondéromorphophobie, peur du poids

Calciphobie, une plante qui ne pousse pas en sol calcaire est dite calciphobe (plus couramment calcifuge)

Chromophobie : une cellule qui ne prend pas de colorant est dite chromophobe

 

95 Nomophobie, peur d'être privé de son téléphone portable

Anthropophobie, peur des gens, peur d'être en compagnie des autres

Paraskevidékatriaphobie, peur du vendredi 13

Athazagoraphobie, peur d'être oublié ou ignoré par quelqu'un à qui vous étiez attaché

Tokophobie, peur d'accoucher

100 Théophobie, peur de Dieu

 

Vous trouverez sur Wikipédia la liste des phobies. Voir ci-dessous.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0.

 

Vous voulez, entre autres, connaître l'origine du mot ? Cliquez sur le nom de la phobie qui vous intéresse.

 

Ablutophobie – Peur de se baigner. Cette phobie est plus une peur de la noyade qu'une peur de l'eau.

Acarophobie – Peur des parasites de la peau, des acariens3.

Acérophobie – Peur de ce qui a un goût sur (acide).

Achluophobie – Peur de l'obscurité et du noir.

Achmophobie / Aichmophobie – Peur des aiguilles et des objets pointus (ciseaux, couteaux, seringues par exemple).

Acrophobie – Peur des hauteurs ; s'accompagne souvent de vertiges.

Aérodromophobie – Peur de l'avion, des voyages en avion4.

Aérophobie – Peur de l'air et du vent5.

Agoraphobie – Peur des espaces publics et, par extension, de la foule ; plus généralement, des espaces où la fuite est rendue difficile (foule, mais aussi lieux déserts).

Algophobie – Peur de la douleur.

Amatophobie – Phobie de la poussière.

Amaxophobie – Peur de la conduite.

Anginophobie – Peur de l’étouffement, notamment par des angines de poitrine.

Angrophobie – Peur de se mettre en colère en public.

Anthropophobie – Peur des gens ou d'être en leur compagnie, une forme de phobie sociale6.

Anuptaphobie – Peur du célibat7.

Apéirophobie – Peur de l'infini.

Apopathodiaphulatophobie – Peur d'être constipé ou de la constipation en elle-même8.

Aquaphobie – Peur de l’eau9.

Arithmophobie – Peur des chiffres.

Asthénophobie – Peur de s'évanouir

Astraphobie – Peur du tonnerre.

Athazagoraphobie – Peur d'être oublié ou ignoré.

Atychiphobie – Peur de l’échec.

Aurophobie – Peur de l'or/de l'aube.

Automysophobie – Peur d'être sale, de sentir mauvais10.

Autophobie – Peur de la solitude11.

Aviophobie – Peur de prendre l'avion12.

Bacillophobie – Peur des bacilles, des bactéries13,14.

Basophobie – Peur de marcher.

Bélénophobie – Peur des aiguilles (cf. achmophobie).

Blemmophobie – Peur du regard des autres.

Borbophobie – Peur des gargouillements.

Brontophobie – Peur du tonnerre.

Cancérophobie – Peur du cancer15.

Cardiophobie – Peur du cœur ou peur d'un développement d'une maladie cardiovasculaire.

Carpophobie – Peur des fruits.

Catapédaphobie – Peur de grimper en hauteur.

Cherophobie – Peur de la gaieté.

Chorophobie – Peur de danser.

Claustrophobie – Peur des espaces confinés16.

Climacophobie – Peur d'utiliser des escaliers, surtout de les descendre.

Coulrophobie – Peur des clowns17.

Cyclophobie – Peur de monter sur une bicyclette ou tout autre véhicule à deux roues.

Dentophobie – Peur du dentiste.

Dysmorphophobie / Dysmorphophie – Peur des anomalies physiques.

Ecclesiophobie – Peur des églises[réf. souhaitée].

Émétophobie – Peur de vomir.

Epistaxiophobie – Peur des saignements de nez.

Éreutophobie – Peur de rougir en public.

Fumiphobie – Peur de la fumée (tabac par exemple)

Géphyrophobie – Peur des ponts (ou de traverser les ponts).

Gérascophobie – Peur de vieillir.

Glossophobie – Peur de parler en public.

Graphophobie – Peur de l'écriture (fait d'écrire).

Gymnophobie – Peur de la nudité.

Halitophobie – Peur d'avoir mauvaise haleine.

Haptophobie (ou Aphenphosmophobie) – Peur d'être touché.

Hématophobie – Peur du contact et de la vue du sang.

Hylophobie – Peur des forêts.

Hypégiaphobie – Peur des responsabilités.

Ithyphallophobie / Medorthophobie – Peur de voir des pénis en érection18.

Katagélophobie – Peur du ridicule.

Kénophobie – Peur de l'obscurité.

Laxophobie – Peur d’être pris de diarrhées impérieuses en public, en dehors de chez soi, et de ne pas arriver à se retenir.

Leucosélophobie – Peur de la page blanche (blocage de l'écrivain) 19.

Maskaphobie – Peur des masques20.

Musicophobie – Peur de la musique.

Mycophobie – Peur des champignons.

Mysophobie – Peur de la saleté, de la contamination par les microbes.

Nécrophobie – Peur des cadavres21.

Nomophobie – Peur d'être séparé de son téléphone portable22. Cette phobie désignerait aussi la peur excessive des lois.

Nosocomephobie – Peur des hôpitaux, cliniques et centres de soin en général.

Nosophobie – Peur de la maladie, d'être malade23.

Nyctophobie – Peur du noir.

Ochlophobie – Peur de la foule.

Odontophobie – Peur du chirurgien-dentiste / des actes médicaux ou chirurgicaux en bouche.

Pantophobie – Peur de tout24.

Pédiophobie :

Pédiophobie – Peur des poupées25

(aussi : peur des enfants).

Phagophobie – Peur de s'étouffer avec des aliments.

Phasmophobie – Peur des fantômes26.

Phobie de type sang-injection-blessure – Sous-type de phobies spécifiques classifié dans le DSM-IV.

Phobie sociale – Peur des ou de certaines situations sociales.

Phobophobie – Peur d'avoir peur (d'être surpris).

Pogonophobie – Aversion envers les barbes / phobie des poils du menton et des joues.

Psychopathophobie – Peur de devenir fou.

Pyrophobie – Peur du feu27.

Scatophobie – Peur des excréments.

Scopophobie – Peur du regard des autres.

Sélénophobie – Peur de la lune.

Sidérodromophobie – Peur de voyager en train.

Spectrophobie – Peur des miroirs (des reflets).

Stasophobie – Peur d'avoir à rester debout28.

Taphophobie – Peur des tombes ou d'être enterré vivant.

Téléphonophobie – Peur de répondre au téléphone.

Tératophobie – Peur des monstres.

Thalassophobie – Peur de la mer.

Thanatophobie – Peur de la mort.

Théophobie – Peur de Dieu.

Tokophobie – Peur d'accoucher.

Trichophobie – Peur des poils et de la pilosité.

Trypophobie (en) – Peur des trous.

 Phobies animales

Article détaillé : Zoophobie.

Ailurophobie – Peur des chats.

Alektorophobie – Peur des poulets.

Anthelmophobie – Peur des vers.

Apiphobie – Peur des abeilles ; par extension, peur des insectes possédant un dard ou pouvant piquer.

Arachnophobie – Peur des araignées.

Chiroptophobie – Peur des chauves-souris

Cuniculophobie – Peur des lapins.

Cynophobie – Peur des chiens.

Entomophobie – Peur des insectes.

Herpétophobie – Peur des reptiles ou amphibiens.

Hippophobie – Peur des chevaux, des équidés.

Ichthyophobie – Peur des poissons.

Lépidophobie – Peur des papillons29 qui sont des lépidoptères (Lepidoptera), d'où le nom.

Musophobie – Peur des souris ou rats.

Myrmécophobie – Peur des fourmis.

Ophiophobie – Peur des serpents.

Ornithophobie – Peur des oiseaux.

Squalophobie – Peur des requins.

Affections non-psychologiques

Hydrophobie rabique – Peur morbide de l'eau, en tant que symptôme de la rage.

Osmophobie – Hypersensibilité aux odeurs.

Phonophobie – Hypersensibilité au son.

Photophobie – Hypersensibilité à la lumière.

Superstitions

Hexakosioihexekontahexaphobie – Peur du nombre 666 (30).

Paraskevidékatriaphobie – Peur du vendredi 13.

Tétraphobie – Peur du chiffre 4.

Triskaïdékaphobie – Peur du nombre 13

Préjugés et discriminations

Article principal : Liste des termes anti-ethniques et anti-nationaux.

Le suffixe -phobie est utilisé pour créditer les termes qui dénote un sentiment particulier d'anti-ethnicité ou anti-démographique, par exemple américanophobie, europhobie, francophobie et hispanophobie. Souvent un synonyme avec le préfixe « anti- » est dénoté (ex. antiaméricanisme). Des sentiments antireligieux sont exprimés par des termes tels que christianophobie et islamophobie. Souvent, les termes eux-mêmes peuvent être considérés comme racistes, par exemple « négrophobie ». D'autres préjugés incluent :

Acéphobie - Peur ou rejet des asexuelles

Androphobie – Peur de l'homme (sexe masculin).

Biphobie – Peur ou rejet des personnes bisexuelles.

Christianophobie – Peur ou rejet de la religion des chrétiens.

Gérontophobie – Peur ou rejet des personnes âgées.

Gynéphobie ou gynécophobie – Peur ou rejet des femmes.

Hétérophobie – Peur ou rejet des hétérosexuels.

Homophobie – Peur ou rejet de l'homosexualité ou des homosexuels.

Islamophobie – Peur ou rejet de la religion des musulmans

Judéophobie – Peur ou rejet de la religion des juifs.

Lesbophobie – Peur ou rejet des lesbiennes.

Pédophobie / Pédiophobie – Peur ou rejet des enfants (aussi : peur des poupées).

Psychophobie – Peur ou rejet des maladies mentales.

Technophobie – Peur ou rejet du progrès scientifique et technologique (voir : luddisme).

Transphobie – Peur ou rejet des personnes transidentitaires.

Xénophobie – Peur ou rejet des étrangers en général.

Biologiques / chimiques

Les biologistes utilisent un nombre de termes -phobie / -phobe pour décrire des prédispositions de plantes et animaux dans certaines conditions.

Acidophobie / Acidophobe – Préférence aux conditions non-acides.

Chemophobie - Peur des produits chimiques.

Héliophobie – Sensibilité à la lumière du soleil.

Hydrophobie – Sensibilité à l'eau.

Lipophobicité – Sensibilité aux corps gras.

Myrmécophobie – Action répulsive de plantes vis-à-vis des fourmis.

Photophobie – Réponse phototropiste, ou tendance à rester hors de la lumière.

Superhydrophobe – Propriété donnée aux matériaux difficilement humidifiables.

Thermophobie – Peur de la chaleur

 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 14:26

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En entrant dans le hall — pouvait-on l'appeler ainsi tant il était étroit et presque sombre, ce qui m'étonna pour une bibliothèque digne de ce nom — je me sentis plongée dans un monde qui n'avait rien à voir avec ce que j'avais imaginé. Il me revint soudain en mémoire la description d'une autre bibliothèque qui avait dû donner du fil à retordre° aux lecteurs qui s'y aventurèrent.

 

L'univers (que d'autres appellent la Bibliothèque) se compose d'un nombre indéfini, et peut-être infini, de galeries hexagonales, avec au centre de vastes puits d'aération bordés par des balustrades basses. De chacun de ces hexagones on aperçoit les étages inférieurs et supérieurs, interminablement...*

 

Mais ici, bien qu'on pût voir en enfilade de petites salles carrées en nombre indéfini, infini peut-être, non seulement situées sur le plan horizontal de l'étage où je me trouvais, mais aussi sur un nombre d'étages innombrables puisque l'ascenseur qui y conduisait, au lieu d'inscrire le numéro de chacun d'eux — la place pour écrire tous les numéros aurait manqué — se contentait de trois boutons qui indiquaient, l'un le rez-de-chaussée au cas où l'on aurait voulu ressortir du bâtiment, le deuxième montrait un plus (+) qui permettait d'accéder à l'étage supérieur, et le troisième un moins (–) grâce auquel on pouvait descendre quand le désir se faisait sentir ; on eût pu douter que l'espace fût plus restreint que celui de la bibliothèque borgèsienne.

À la gauche de l'ascenseur se trouvait un escalier en colimaçon qui, aussi loin que le regard se portait, tournoyait jusqu'au fond d'un puits faiblement éclairé, et de moins en moins, au fur et à mesure que l'oeil essayait de franchir la distance la plus éloignée possible ; mais était-ce vraiment le fond que l'on distinguait ou bien l'illusion était-elle si parfaite que l'on croyait s'y abîmer tout entier, et vertigineusement, jusqu'au centre de la terre, ou aux antipodes, qui sait ? Et si le regard se dirigeait vers le haut, la tête tournait, comme on l'a vu dans le film fameux** où Alfred Hitchcock fait monter Scottie dans la tour Coit, qui se révélera infernale pour son personnage acrophobe, incarné par James Steward à la poursuite de la sensuelle et énigmatique Kim Novak ; on sait qu'un judicieux moyen technique, le travelling compensé, fit que la vision de l'escalier étroit, mouvant et élastique que gravit le héros devint un insupportable cauchemar dû au vertige dont il souffrait. Je ressentis le même malaise en projetant mon regard dans la direction qui visait le sommet de l'escalier, lequel me semblait tourbillonner, et je me demandai comment il se faisait que je ne pusse apercevoir la coupole du bâtiment alors que de l'extérieur j'en avais aperçu le dôme doré sans remarquer qu'il était aussi haut.

Peut-être était-ce un effet de mon imagination mais je me convainquis que cet escalier n'avait pas de fin, quelque direction verticale qu'on voulût choisir.

 

De fait, je n'étais pas là pour rester longuement à tergiverser sur les mystères architecturaux de cette bibliothèque particulière mais bien pour en apprécier ses merveilles, à savoir les beaux livres qui s'offraient à portée de main.

.......................................................................

 

*L'univers (que d'autres appellent la Bibliothèque)... interminablement.

Extrait de La Bibliothèque de Babel de Jorge Luis Borges, 1941, traduction Ibarra

citée dans le texte n°109

Voir sur la toile :  La Bibliothèque de Babel - La page de Zombre

 

**Vertigo, Sueurs froides en français, film américain d'Alfred Hitchcock (1958). Adaptation du roman de Pierre Boileau et Thomas Narcejac, D'entre les morts.

Film culte qui se situe dans la liste des dix meilleurs films de toute l'histoire du cinéma.

On remarque dans le film de nombreuses connotations sexuelles qui entourent le personnage de Scottie et Alfred Hitchcock ne laisse pas d'ironiser sur son impuissance.

Un détail : La tour Coit se visite à San Francisco !

 

NOTES

en entrant dans le hall, je me sentis plongée dans un monde

Un hall, anglicisme qui vient du mot français halle, XVIIème siècle.

 

Donner du fil à retordre°, mettre durablement en difficulté.

L'expression provient de ce que les retordeurs de fils de laine au moyen âge avaient beaucoup de difficultés pour faire ce travail qui visait à renforcer la solidité des fils retors.

 

un escalier en colimaçon qui tournoyait jusqu'au fond d'un puits

colimaçon, du normand calimachon qui veut dire escargot, limaçon à coquille, ou escalier à vis. Il a une forme hélicoïdale.

Il existe un escalier à double hélice (double colimaçon) au château de Chambord, fait de telle sorte que deux personnes peuvent monter et descendre en même temps sans se rencontrer jamais  !

Ne pas confondre le mot hélice avec le mot spirale qui est une courbe plane et non pas en trois dimensions.

Faites l'expérience de demander à quelqu'un que vous connaissez bien de décrire une spirale. Immanquablement il fera un geste décrivant une hélice, à moins qu'il ne soit un mathématicien patenté. Il sera dans l'erreur, ce que vous ne manquerez pas de lui dire, histoire d'étaler vos connaissances !

La spirale est une courbe qui commence en un point central puis s'en éloigne de plus en plus, en même temps qu'elle tourne autour.

 

On eût pu douter que l'espace fût moins restreint

On aurait pu douter que l'espace fût moins restreint

eût pu, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé

fût subjonctif imparfait (concordance des temps)

Et pour en savoir + voir l'article :

> Douter que, douter si, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que... Je me doute que, il ne se doute pas que... + indicatif ou subjonctif ?

 

jusqu'au centre de la terre, jusqu'aux antipodes, qui sait ?

Les antipodes, nom masculin, employé au pluriel.

Sur terre, point diamétralement opposé à celui où l'on a les pieds. En grec ancien, pod : pied

 

la tour Coit qui se révèlera infernale pour son personnage acrophobe

Acrophobie, phobie des hauteurs et du vide qui provoque angoisse et panique.

 

le dôme et la coupole

Le dôme est, à l'extérieur, un toit circulaire ou elliptique et, comme il est convexe, la coupole en est la voûte concave à l'intérieur.

 

<< 110 Délires imprudents -"Il est vrai qu'on veut aimer l'objet qu'on aime"*

>> 112 Délires sur une description qui met à mal la patience du lecteur - Le torche-cul de Gargantua

 

On trouve dans le texte le mot acrophobe.

Quiz sur les phobies

Les phobies – Leurs noms à décrypter – QUIZ

Zoophobie

Homophobie

Xénophobie

Nosophobie

Agoraphobie

Anglophobie

Photophobie

Francophobie

Érythophobie, éreuthophobie

etc.

 

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 19:11

 UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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Ah ! Ces Normands !  

 

Un siècle et demi après que Rollon, le Viking, eut obtenu du roi de France les terres qui allaient devenir La Normandie, Guillaume Le Conquérant, Duc de Normandie, battit Harold, le dernier roi anglo-saxon, à Hastings en 1066.

Il fut couronné roi et devint Guillaume 1er d'Angleterre. Il apportait avec lui, dans la fière Albion, sa langue, un dialecte local roman, mêlé de picard, de francien (dialecte de l'Île-de-France), et de poitevin, qui devint l'anglo-normand.

 

Le vieux norrois scandinave, la langue des ancêtres normands, n'avait pas survécu. Seule une cinquantaine de mots de cette langue, pour la plupart se référant à la mer, se retrouvent dans le français d'aujourd'hui : grès, banquise, crique, écume, étrave, hauban, hune, quai, quille, sauna, ski, tangage, varech, etc.

 

Ainsi donc s'installèrent en Angleterre environ soixante-mille Franco-Normands. Les classes dirigeantes de la société normande ne prirent pas la peine d'apprendre la langue du pays. On raconte que Guillaume commença à quarante-trois ans l'étude de l'anglais pour y rendre la justice.

 

Il va sans dire qu'un bon nombre de mots d'origine française se retrouvent dans la langue anglaise d'aujourd'hui. Ils correspondent souvent à une langue plus recherchée que les mots d'origine anglo-saxonne.

On citera comme exemples :

to perish, to die.

to combat, to fight.

to finish, to end.

Cf. Claude Hagège

 

L'anglo-normand, langue des rois Plantagenêts et des grands seigneurs, fut la langue officielle de l'Angleterre jusqu'au XIVe siècle.

 

"Dieu est mon droit" peut-on lire encore aujourd'hui sur les armes de Grande Bretagne. Et  "Honni soit qui mal y pense" reste la distinction la plus haute de la noblesse anglaise, la devise de l'Ordre de la Jarretière.

C'est ainsi qu'en 1347 s'était exclamé Édouard III lorsqu'il avait renoué la jarretière de sa maîtresse lors d'un bal.

 

Les Normands ne se contentèrent pas de poser le pied dans les îles Britanniques, ils essaimèrent partout en Europe et au-delà. Ils s'installèrent durablement en Italie du Sud et en Sicile et devinrent des comtes, des princes et des rois.

 

 UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 20:42

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Je craignis que, aussitôt que manifesté, mon empressement à suivre Alcofribas ne me portât préjudice. Qu'avais-je à lui témoigner tant d'inclination ? Je le connaissais encore si peu ! Ne m'étais-je pas promis de garder les distances nécessaires afin qu'il ne se fît pas beaucoup d'illusions sur les sentiments que je lui portais ? Et voilà que je me surprenais à laisser éclater mon enthousiasme à la première suggestion qu'il me faisait ! Je ne me pardonnerais pas de si tôt de lui avoir montré ainsi le plaisir que j'éprouvais d'être en sa compagnie.

 

Il est vrai qu'on veut aimer l'objet qu'on aime, c'est la spontanéité du vouloir.*

Mais le voulais-je vraiment ou plutôt voulais-je m'en défendre ? C'est le dilemme douloureux qui me déchirait le cœur.

Éprouverais-je un jour assez de confiance et de sérénité pour me donner tout entière à une personne digne d'être aimée ?

Ce fut avec ces sentiments tourmentés que je me laissai conduire à la bibliothèque dont Alcofribas m'avait laissé entendre qu'elle renfermait des ressorts énigmatiques.

 

Prétatou, la queue entre les jambes, voyait d'un mauvais œil que je me laissasse embarquer dans des péripéties dont je ne connaissais ni les tenants ni les aboutissants, d'autant plus que je lui enjoignis de ne point pénétrer dans ce lieu, mais plutôt de m'attendre sagement à l'entrée. Il craignait de ne pouvoir m'aider à sortir des griffes de prédateurs éventuels et il sentit cruellement son impuissance à me venir en aide.

 

« Tu sais combien je te suis dévoué, petite Oli, grogna-t-il. Et voilà que tu m'empêches de te venir en aide si d'aventure un prédateur sortait ses griffes. Qu'es-tu venue te fourrer dans cette galère ? »

.................................................................

*Il est vrai qu'on veut aimer l'objet qu'on aime, c'est la spontanéité du vouloir.

Fénélon, François de Salignac de La Mothe Fénelon

 

NOTES

Je craignis que, aussitôt que manifesté, mon empressement à suivre Alcofribas ne me portât préjudice.

Aussitôt que manifesté, proposition adverbiale averbale.

Averbal : sans verbe.

Voir les articles :

> Valeurs et emplois du subjonctif

craindre, verbe exprimant un sentiment est suivi du subjonctif

> NE explétif - Quand peut-on l'employer ? - sans que je (ne) - avant que je (ne) - je crains que tu (ne) - j'empêche que tu (ne) - je m'attends à ce que tu (ne) - je ne nie pas que tu (ne)...

a : préfixe privatif = sans

amnésie, amoral, anonyme, aphasique, apolitique, asexué, asymétrique, athée...

Les autres préfixes privatifs

in qui devient im, il ou ir voir la note du texte Les Délires n°4

anti, antiviral, antipodes...

dé, dés, démotivé, désorganisé...

 

C'est le dilemme douloureux qui me déchirait le coeur

Un dilemme et non pas un dilemne.

Mots contenant MN voir la note du texte n°47

 

je lui enjoignis de ne point pénétrer dans ce lieu

Enjoindre, ordonner, imposer.

On enjoint à quelqu'un de faire quelque chose.

On enjoint quelqu'un de faire quelque chose.

On enjoint quelqu'un à faire quelque chose.

Les trois constructions se pratiquent mais seule la première est correcte.

 

<< 109 Délires de bibliolâtre

>> 111 Délires hitchcockiens - QUIZ 22 - Mots contenant l'élément phobie

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 09:26

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« Je n'ai point surpris mon esprit avec un moment de plaisir tranquille, depuis que je suis hors d'auprès de vous »*

 

C'est avec ces mots inattendus qu'Alcofribas m'accueillit le lendemain sitôt que j'eus franchi le portail du Jardin des Délices.

Si je n'eusse point aimé sa manière, je m'en fusse allée sur le champ, mais je trouvai la formule exquise bien que surannée.

Avait-il flairé, tel un chien d'arrêt, que je n'étais pas une jeune fille ordinaire et qu'il lui faudrait s'appliquer beaucoup pour que je m'intéressasse à lui. Je craignis un instant qu'il en voulût faire un peu trop. Le style du XVIIème siècle n'était plus de rigueur et La Carte du Tendre avait fait long feu.

Cela me fit chaud au coeur, malgré tout.

 

« S'il vous plaît, madame, de me laisser vous guider dans ce jardin comme je le fis hier, me proposa-t-il, permettez à votre serviteur de vous prendre la main. Je vous fais la promesse que vous ne serez pas déçue. »

Je lui répondis du tac au tac.

« Je ne puis empêcher à une galante personne telle que vous de me suggérer le meilleur choix possible. Vous me connaissez peu, mais assez pour savoir me distraire. Je me fie à vous. »

J'aurais bien ajouté : « tout en gardant les yeux ouverts. » ou bien : « je me tiens tout de même sur mes gardes. », mais j'aurais eu peur de l'indisposer à mon égard.

 

« J'imagine que vous aimez les bibliothèques, dit-il d'un ton qui n'admettait aucune contestation. Il en est une dans ce jardin qui ne laisse de surprendre. On y voit des choses qui tiennent du merveilleux. Vous m'en direz des nouvelles !

 

Certes j'avais entendu parler de bibliothèques peu ordinaires : comme celle d'Alexandrie dont les ouvrages précieux et irremplaçables s'étaient consumés par accident, la Bibliothèque de Babel dont la description laisse pantois, la bibliothèque du monastère du Nom de la Rose qui devait renfermer le tome 2 de La Poétique d'Aristote, ouvrage soi-disant perdu à jamais, la Bibliothèque de Diderot qu'acquit Catherine de Russie, admiratrice de notre philosophe des Lumières, la bibliothèque dublinoise de Trinity Collège où sont exposées les merveilles médiévales : The Book of Dimma, The Book of Armargh en gaélique, et l'incontournable Book of Kells dont l'enluminure de l'Évangile selon Saint-Matthieu est inégalée. Je m'arrête ici de dérouler la liste des bibliothèques fameuses dont tu n'auras de cesse, cher lecteur, d'en connaître les curiosités, si tant est que cela soit possible.

 Pour ce qui était de celle dont me parlait Alcofribas, je demandais à voir. 

...............................................................

*Je n'ai point surpris mon esprit avec un moment de plaisir tranquille, depuis que je suis hors d'auprès de vous. Mademoiselle de Scudéry

Langage précieux. En clair : Je n'ai pas eu un seul moment de plaisir tout le temps où je n'ai pas été auprès de vous.

 

NOTES

Titre : Délires de bibliolâtre

Un bibliolâtre est celui qui idolâtre les livres.

Un bibliomane, un bibliophile.

 

sitôt que j'eus franchi le portail

eus franchi, passé antéreur

dès que j'eus franchi le portail

aussitôt que que j'eus franchi le portail

après que j'eus franchi le portail

la locution conjonctive > Sitôt que 

> Ne pas confondre : sortir, assortir, ressortir intrans. ou trans. indirect- quelquefois, quelques fois – davantage, d'avantage – bientôt, bien tôt – sitôt, si tôt - près de, prêt à

 

La Carte du Tendre avait fait long feu

Mademoiselle Madeleine de Scudéry, dite Sappho, 1607-1701, femme de lettres qui fréquenta l'Hôtel de Rambouillet où se réunissaient chaque samedi les écrivains et les célébrités.

Elle écrivit des romans précieux, notamment Clélie, histoire romaine, où l'on peut se promener grâce à la Carte du Tendre (oeuvre collective) qui figure un pays imaginaire et allégorique dont la géographie est propice à l'amour :

L'amoureux recherche sa dame dans des villes, Tendre-sur-Estime, Tendre-sur-Reconnaissance, Tendre-sur-Inclination et des villages Jolis Vers, Générosité, Grand Cœur, Billet doux, Sensibilité, mais aussi et pour son malheur Négligence, Oubli, Perfidie, Orgueil… Il traverse des fleuves Estime, Reconnaissance, Inclination, mais les mers ont pour noms Dangereuse ou d'Inimitié, et attention à ne pas choir dans le lac d'Indifférence !

 

Si je ne n'eusse point aimé sa manière, je m'en fusse allée sur le champ.

subjonctif plus-que-parfait dans les deux propositions

Voir la conjonction de subordination > Si

 

je trouvai la formule exquise bien que surannée

Suranné, archaïque, vieilli, démodé. qui date d'une autre époque.

 

Je ne puis empêcher à une galante personne telle que vous de me suggérer le meilleur choix possible.

ou

Je ne puis empêcher une galante personne telle que vous

On trouve parfois dans la littérature empêcher à quelqu'un de faire quelque chose au lieu de la construction courante empêcher quelqu'un de faire quelque chose. D'après Grevisse.

 

des bibliothèques

La bibliothèque d'Alexandrie était la plus célèbre bibliothèque de l'Antiquité à Alexandrie en Égypte fondée en -288 . Elle brûla en 642.

La Bibliothèque de Babel  nouvelle de Jorge Luis Borges, 1899-1986, une métaphore très remarquable de la littérature.

Vue dans Le Nom de la Rose, la bibliothèque du roman de Umberto Eco, italien, né en 1932, à la fois romancier, essayiste, philosophe, linguiste, spécialiste de la sémiotique. Et un homme d'un humour, d'un humour, je ne vous dis que ça !

Cette bibliothèque s'inspire de la précédente.

 

Elle ne laisse de surprendre, elle ne cesse pas de surprendre.

Ne pas laisser de + infinitif, (littéraire) ne pas cesser de, ne pas manquer de, n'être pas sans.

J'énonce là des idées qui ne laissent pas de vous étonner, n'est-il pas vrai ?

 

<< 108 Délires qui me torturent

>> 110 Délires imprudents -"Il est vrai qu'on veut aimer l'objet qu'on aime"*

 

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 18:55

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Alcmène me regarda, étonnée, lorsque je rentrai ce jour-là.

« C'est étrange me fit-elle observer, on dirait que tu as quelque chose de changé. Dis-moi un peu comment s'est déroulée ta promenade. Je t'envie de pouvoir t'éclipser ainsi sans avoir de compte à rendre à personne. Mais ma parole, ajouta-t-elle en scrutait ma mine épanouie, tu aurais vu s'ouvrir devant toi la caverne recélant les merveilles des Mille et une nuits que tu n'aurais pas la mine plus radieuse. Sont-ce les secrets de l'univers que tu as découverts avec Roboland1 ? »

J'hésitai. N'était-il pas trop tôt pour dévoiler un sentiment qui venait de naître ? Étais-je assurée de ne pas me fourvoyer encore une fois dans un labyrinthe d'émotions qui précipiterait ma perte ?

 

L'aveuglement se dissipa soudain comme vapeur et je me mis à réfléchir à ce qui m'arrivait. La vie m'avait appris que je ne devais en aucun cas succomber au premier numéro de charme qui aurait quelque impact sur ma personne, a fortiori s'il venait d'un inconnu dont je ne savais rien. Je me remémorai par le menu les étapes qui m'avaient enchantées lors de cette première rencontre. S'était insinuée dans mon esprit une perverse fasciole qui commençait à me dévorer. Était-ce à ce point douloureux qu'il me faudrait renoncer à revoir ce jeune homme plein de séduction ? J'avais eu, jusqu'à ce jour, une vie bien éprouvée. Ne devais-je point lutter contre un feu dévorant qui, si je le laissais prendre le pas sur ma raison, consumerait toute clairvoyance ?

« Alcofribas, murmurai-je dans un souffle. Il s'appelle Alcofribas2.  

Tu m'as l'air bien harponnée, se désola Alcmène. Je t'ai dit mille fois : " Prends garde !" »

 

C'était une situation dont rien, ni personne, n'auraient su empêcher qu’elle fût rude et grave.3

 

Prétatou, qui n'avait rien perdu de ce qui m'arrivait, acquiesça.

« Elle lutte contre le feu dévorant qui est près de consumer sa clairvoyance, aboya-t-il en écho »

...................................................................

1Pour en avoir plus sur Roboland, voir les Délires n°96 et n°97

 

2-Alcofribas Nasier, anagramme de François Rabelais.

L'écrivain publie Pantagruel sous ce pseudonyme en 1532 ainsi que Gangantua en 1534. Grand bien lui fait puisque ses écrits suivants seront interdits.

 

3- Une situation dont rien, ni personne, ne sauraient empêcher qu’elle soit rude et grave. Charles de Gaulle.

 

NOTES

Alcmène me regarda, étonnée

Étonné et surpris 

"Chacun a ses faiblesses. Littré en avait pour sa bonne. Un jour qu’il la lutinait, Madame Littré poussa la porte et s’écria : « Ah, monsieur, je suis surprise ! » Et le regretté Littré, se rajustant, lui répondit : « Non, madame, vous êtes étonnée. C’est nous qui sommes surpris. » 

 

La caverne recélant les merveilles des Mille et une nuits

Les Mille et Une Nuits est un recueil anonyme de contes populaires en arabe, d'origine persane et indienne.

L'origine des Contes des Mille et Une Nuits est difficile à connaître car ils ont été transmis oralement, probablement de l'Inde à l'Iran, et au monde arabe.

Leur première version écrite date du XIIIème siècle. 

Résumé

Le sultan Schahriar, trahi par son épouse, la condamne à mort. À partir de ce jour-là, il assassine chaque matin la femme qu'il a épousée la veille, sûr ainsi de ne plus être trompé. Il se marie avec Shéhérazade, la fille du Grand Vizir. Elle a l'idée de raconter à son mari une histoire qu'elle laisse en suspens chaque nuit. Le sultan, avide de connaître la suite de l'histoire lui laisse la vie sauve, et ainsi de suite chaque soir. Au bout de mille et une nuits, il renonce à vouloir la tuer.

 

Dans ce texte des Délires, la caverne remplie de merveilles renvoie au conte de Ali Baba et les quarante voleurs. Le héros est stupéfait de découvrir les trésors lorsque la porte s'ouvre quand il prononce la fameuse phrase « Sésame, ouvre-toi. »

 

a fortiori s'il venait d'un inconnu dont je ne savais rien

a fortiori ou à fortiori

Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

s'était insinuée dans mon esprit une perverse fasciole

Une fasciole, ver qui parasite le foie et les voies biliaires de certains animaux.

Synonyme, la douve (du foie) qui peut contaminer l'homme lorsqu'il mange du cresson sauvage. On ne peut s'en défaire, et l'on meurt, grignoté de l'intérieur.

Ici, au sens figuré : quelque chose qui me ronge.

 

tu m'as l'air bien harponnée

Harponner - Ce terme est parfois employé par certains banquiers qui usent et abusent de moyens visant à faire acheter à leurs clients des produits dont ces derniers n'ont nul besoin mais qui rapportent gros à la banque.

Ils harponnent les clients crédules souvent ignorants et peu argentés et leur font parfois perdre beaucoup d'argent. Méfiance !

 

<< 107 Délires suaves et foudroyants

>> 109 Délires de bibliolâtre

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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