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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 18:39

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Alors ils arrêtèrent de construire la ville. C'est pourquoi on l'appela Babel : parce que c'est là que l'Eternel brouilla le langage de toute la terre et c'est de là qu'il les dispersa sur toute la surface de la terre. Bible 11, 8-9

 

L'usage du français était vivement recommandé à Utopinambourg. Il fallait une langue partagée par tous pour établir une communication sans ambiguïtés entre les concitoyens embarqués dans cet espace clos et limité.

 

À l'aube de la constitution de ce pays, on avait bien essayé d'imposer une langue commune. L'anglais fut désigné, envers et contre les minorités récalcitrantes, puisque parlé et entendu par le plus grand nombre comme pidgin dans la plupart des cas. Mais des jaloux avaient rejeté ce choix en voulant, par la force, imposer leur propre langue.

Pour éviter les guerres intestines, l'espéranto, le volapuk, l'interlingua, l'ido, le slovio, le tokopona furent expérimentés. Sans succès. On choisit enfin le français, qui émanait du territoire, langue romantique, nuancée et légère, avec ses douceurs euphoniques et son e muet, féminin, sombre, inégalé. Les querelles cessèrent. Ceux qui n'étaient pas natifs d'un de ces coins du monde où on le parlait encore, se rallièrent ainsi à l'une des langues les plus belles, sans abandonner leur dialecte maternel, pratiqué, en catimini, dans l'intimité.

 

Je m'entendis congratuler en des langues que je ne connaissais point. Chacun s'exclamait en son idiome naturel. Était-ce dû à l'émotion gastronomique, qui, comme toute autre,  ne peut s'exprimer que par la langue du coeur° ? Sans conteste, ça l'était.

Une cacophonie, certes non conforme aux lois en vigueur, traduisit l'enthousiasme général, à la grande joie du cordon bleu que j'étais et qui venait de se révéler

La recherche psycholinguistique l'a démontré : L'affect a sa part dans la langue qui résonne dans le sein de la mère. Le nouveau-né n'a-t-il pas déjà ses vagissements spécifiques ? Croyez-moi, je n'invente rien.

 

Alcmène et Amphi furent ravis d'avoir déniché une cuisinière dont on faisait grand cas.

 

NOTES

Titre : des congratulations plurilingues

Une communauté plurilingue, une communauté qui parle plusieurs langues.

 

il fallait une communication sans ambiguïté

ou ambigüité d'après la nouvelle orthographe.

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

l'anglais fut désigné envers et contre les minorités

Envers et contre, en dépit de.

 

comme pidgin dans la plupart des cas

Les pidgins sont-ils des langues comme les autres?

 

chacun s'exclamait dans son idiome naturel

Un idiome, une langue propre à une communauté. 

 

qui comme tout autre, ne peut s'exprimer que dans la langue du coeur

La langue du coeur°, la langue maternelle.

TOUT AUTRE ou TOUTE AUTRE ?

1- Tout est un adverbe invariable dans le sens de complètement, tout à fait, entièrement différent.

L'expression tout autre s'accompagne le plus souvent d'un article indéfini, un, une.

C'est une tout autre histoire. Une histoire entièrement différente.

2- tout est un déterminant variable, tout autre, toute autre, si on peut le remplacer par n'importe quel autre, n'importe quelle autre.

Était-ce dû à l'émotion gastronomique, qui, comme toute autre (émotion),  ne peut s'exprimer que par la langue du coeur° ?

Savoir tout sur TOUT : Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

L'espéranto, le volapuk, l'interlingua, l'ido, le slovio, le tokopona et d'autres encore sont des langues expérimentales qui furent construites de toutes pièces pour tenter de faire communiquer entre eux les gens de tous pays qui voudraient les apprendre.

L'espéranto est, de ces langues, la plus parlée. On estime à 10 millions le nombre de personnes l'ayant apprise, 100 000 la parleraient couramment.

(Données 2010)

 

La cacophonie traduisit l'enthousiasme général

L'EUPHONIE - LA CACOPHONIE

La cacophonie, dissonance phonique, mélange désagréable de sons.

Son contraire, l'euphonie.

L'euphonie s'attache à rendre une harmonie des sons dans la phrase. La langue française est particulièrement riche en exemples.

elle évite l'hiatus (ou le hiatus) en faisant l'élision de voyelles, l'école au lieu de la école.

elle s'attache à respecter les liaisons, le petit homme (on entend le t), les petits enfants (on entend le z)

on rajoute des lettres qui n'ont rien à voir avec la rigueur grammaticale. 

Vas-y. Parles-en (pour va-y et parle-en, imprononçable)

de même : Va-t-en ! A-t-il parlé ?

on fait varier l'adverbe tout, d'ordinaire invariable comme tous les adverbes, lorsqu'il précède une consonne ou un h muet devant un qualificatif au féminin. 

Je la vis revenir toute honteuse et toute repentante.

Ah ! m'exclamé-je. = ou bien m'exclamè-je (je m'exclame à la forme interrogative)

Autre inversion : Eussé-je dit mille fois de faire les liaisons, il les eût négligées.

voir l'article : Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

L'on au lieu de on, si on veut éviter l'hiatus, si l'on veut éviter l'hiatus.

Etc.

Voir l'emploi de l'on : Les homophones ont, on - l'on, l'ont, long

Malheureusement aujourd'hui, on peut déplorer qu'on néglige de plus en plus de faire les liaisons qui supposent de la part du locuteur une connaissance de la langue pour pouvoir les faire correctement, car il faut savoir la terminaison des mots pour les lier.

On entend : j'ai fait-z-un rêve.

ou bien : il va-t-aller la voir et lui offrir quatre-z-oranges.

Ce sont des pataquès.

PATAQUÈS : faute de liaison
Il n’est point-z-à vous, il n’est pas-t-à vous.

Mais alors, je ne sais PAS-T-À-QU'EST-CE

>La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

>Savoir orthographier les adjectifs numéraux cardinaux (cent ou cents, vingt ou vingts...) + des millions, des milliards, des billions + Une réflexion sur "les liaisons dangereuses" de Michel Serres

>Paronymie - Paranomase

 

on choisit enfin le français avec son e muet et ses douceurs euphoniques

Le e muet, caduc, instable, féminin, sombre, non transcrit phonétiquement en syllabe finale (ex : femme [fam] ), schwa, phonétiquement écrit [ә], autant de nuances intéressantes que nous révèlent la phonétique, la phonologie, la poésie.

♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ 

En fin de vers, des rimes féminines, aériennes, plus douces que la douceur même.

Ô Verlaine, qui d'autre a su les chanter mieux que toi ?

 

Écoutez la chanson bien douce

Écoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire,
Elle est discrète, elle est légère :
Un frisson d'eau sur de la mousse !

La voix vous fut connue (et chère ?)
Mais à présent elle est voilée
Comme une veuve désolée,
Pourtant comme elle encore fière,

Et dans les longs plis de son voile,
Qui palpite aux brises d'automne.
Cache et montre au coeur qui s'étonne
La vérité comme une étoile.

Elle dit, la voix reconnue,
Que la bonté c'est notre vie,
Que de la haine et de l'envie
Rien ne reste, la mort venue.

Elle parle aussi de la gloire
D'être simple sans plus attendre,
Et de noces d'or et du tendre
Bonheur d'une paix sans victoire.

Accueillez la voix qui persiste
Dans son naïf épithalame.
Allez, rien n'est meilleur à l'âme
Que de faire une âme moins triste !

Elle est en peine et de passage,
L'âme qui souffre sans colère,
Et comme sa morale est claire !...
Écoutez la chanson bien sage.

 

Paul Verlaine, 1844-1896

Il adresse à Mathilde Mauté une prière tendre, pour lui demander pardon dans l'espoir de la reconquérir.

Versification. Comment compter les pieds* syllabes d'un vers ?

 

Alcmène et Amphi furent ravis d'avoir déniché une cuisinière dont on faisait grand cas.

faire cas de, estimer.

cf. Littré :

Voilà le cas qu'on fait de votre exploit. Racine.

Ma fille fait cas de vous. Molière

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 17:06

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Il n'était plus temps d'en savoir davantage. Il me fallait rentrer au plus vite pour aider Alcmène qui devait m'attendre. Je craignais qu'Amphi ne se fâchât à me voir aussi peu soucieuse d'accomplir mon devoir et qu'il ne gourmandât son épouse pour m'avoir donné tant de liberté.

J'arrivai, essoufflée, priant Alcmène de me pardonner d'avoir laissé passer l'heure.

« Voyons, Oli, dit-elle, quels sont tes dons pour la cuisine. Je compte sur toi pour me donner quelques idées nouvelles, gastronomiques évidemment. »

Je fis le point sur les ingrédients qu'Amphi avait achetés le matin, et je proposai aussitôt un menu à l'appréciation de mon aimable patronne.

J'avais, entre autres, à m'occuper d'une belle pièce de turbot. Non pas de celle d'un gros turbot dont la chair coriace m'eût donné du fil à retordre°, mais plutôt de celle d'un turbot moyen, infiniment plus tendre et savoureuse. Je me félicitai qu'Amphi eût su bien choisir.

 

Comme tu le sais, cher lecteur, il faut au moins un kilo net pour sept ou huit personnes*, j'avisai la quantité requise pour les éventuels clients qui commanderaient ce plat délicat.

Je préparai pour la cuisson le poisson encore entier, le vidai en passant l'index dans un trou de trois centimètres pratiqué à cet effet, juste au niveau de la poche intestinale, coupai un tiers de la queue et le lavai sous l'eau claire à l'extérieur et à l'intérieur.

Tout cela avec un soin, une douceur et un doigté tout particuliers.

Puis je le mis à dégorger deux heures dans une eau très froide additionnée de gros sel. Pourquoi ? me dira-t-on. Pour parfaire la blancheur de la chair et la débarrasser de toute matière sanguinolente.

Mais il ne s'agissait pas maintenant de le mettre à cuire sans l'avoir préparé de sorte que sa jolie silhouette ne subît des dommages, car les yeux du gourmet excitent l'appétit tout aussi bien que ses papilles.

Sur le côté noir du poisson, je fis deux incisions de chaque côté de l'arête, sans la briser, pour garder au poisson sa souplesse. Je bardai la tête d'une ficelle en me servant d'une aiguille et l'amarrai au corps en décrivant un triangle.

Il était l'heure de placer le turbot, le blanc dessus, dans la turbotière, ustensile indispensable qui en respecterait la forme. J'ajoutai le court-bouillon de lait, fait, on peut le deviner, d'eau, de lait et de sel ; il conserverait à la chair toute sa fermeté et de surcroît sa belle blancheur. Et je mis sur feu vif.

Dès le début de l'ébullition, je déplaçai la turbotière sur le coin du fourneau afin d'obtenir un léger et doux frémissement jusqu'au bout de la cuisson. Puis je la retirai du feu.

Je laissai le turbot dans le bouillon chaud jusqu'au moment de servir, sans le faire attendre plus d'une demi-heure.

 

Les clients, au moment opportun, se virent apporter sur leur table le poisson plein de promesses, entouré de pommes vapeur, et de charmants bouquets de persil tout frisottés.

« Vois, leurs narines se mettent à trembler d'intelligence**, me susurra Alcmène à l'oreille. »

On admira. On huma.

Les glandes pourvoyeuses de salive s'activèrent.

On me regarda faire un service impeccable.

J'enlevai d'abord la peau blanche : je fis avec un couteau d'argent une incision tout le long de l'arête. Je découpai en losange les morceaux tout prêts à être saisis par les convives, puis, cette partie du dessus distribuée, j'enlevai prestement l'arête pour diviser à son tour la partie de dessous.

Je servis en outre quelques sauces d'accompagnement, que l'on put choisir tout à loisir selon son goût, une sauce hollandaise, une sauce aux huîtres, une sauce nantua, une sauce à la crème et une sauce aux câpres. Si j'avais eu le temps de les confectionner, j'aurais proposé, en outre, une sauce mousseline et une sauce crevette. La prochaine fois peut-être.

On goûta. C'était succulent.

On fut conquis.

.......................................................................  

* La recette s'inspire de celle que donne Madame E. de Saint-Ange dans son livre de cuisine (1927). Il est toujours réédité.

Je le cite dans l'article :  Les oeufs - Pourquoi choisir d'en manger – Comment les choisir – Comment les conserver – Comment les cuisiner (les oeufs au miroir)  

 

**La gastronomie fait trembler d'intelligence nos narines.

Charles Monselet, 1825-1888. gastronome, épicurien, journaliste.

Chroniqueur, écrivain, il brosse avec verve les portraits de ses contemporains. Il écrit des essais, des romans, des récits fantastiques. Ses fréquentations ? Chateaubriand, Gauthier ; ses admirateurs ? Hugo, Sainte-Beuve, Barbey d'Aurevilly.

L'heureux homme ! Jusqu'à vouloir un enterrement aux truffes.

 

NOTES 

Il n'était plus temps d'en savoir davantage

> Ne pas confondre : davantage, d'avantage  

 

Je craignais qu'il ne gourmandât son épouse

gourmander, réprimander, semoncer, gronder.

verbe au subjonctif imparfait dans une subordonnée qui dépend du verbe craindre.

 > Valeurs et emplois du subjonctif

 

un soin, une douceur et un doigté tout particuliers

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

la chair coriace m'eût donné du fil à retordre°

eût donné, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme), style soutenu

= aurait donné (1re forme)

donner du fil à retordre°, donner beaucoup de difficultés.

 

de sorte que sa jolie silhouette ne subît des dommages

subît, subjonctif imparfait

> De sorte que, de telle sorte que

 

Le persil plat a beaucoup plus de goût que le frisé, mais le frisé amuse l'œil.

 

On huma, H aspiré, pas de liaison.

Humer, sentir une odeur, aspirer par le nez.

Sens premier, faire pénétrer doucement par la bouche.

Terme d'origine onomatopéique.

 

L'ONOMATOPÉE : terme dont la sonorité rappelle le bruit que désigne le mot. Exemple, clic, toc toc, boum, brrr, clac, floc, cocorico, etc.

Toutes les onomatopées ne sont pas reconnues dans les dictionnaires classiques, et les bandes dessinées s'en donnent à cœur joie !

Voir l'article : Qu'est-ce qu'une onomatopée ?

 

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>> 101 Délires sur des congratulations plurilingues - L'euphonie, la cacophonie 

 

QUIZ 20

 

Trouvez les personnages réels ou imaginaires dont le nom commence par PI

 

1- Ouvert à toutes les littératures, il donna aux télespectateurs et aux lecteurs passionnés, en les guidant grâce à sa subtile intelligence, les clefs du plaisir pur, celui de la lecture.

 

2- Personnages imaginaires qui portent le même nom, que l'on retrouve dans plusieurs films de 1973 à 2008 et qui conservent certains traits de caractère qui nous enchantent.

Dans :

  • L'Emmerdeur (1973) : Jacques Brel

  • Les Compères (1983) : Pierre Richard

  • Les Fugitifs (1986) : Pierre Richard

  • Le Dîner de cons (1998) : Jacques Villeret, Daniel Hanssens, Dany Boon, Régis Laspalès (versions théâtre 1993, 2007, 2009)

  • Le Placard (2001) : Daniel Auteuil

  • La Doublure (2005) : Gad Elmaleh

L'Emmerdeur (2008) : Patrick Timsit (également sur scène à Paris en 2005-2006)

 

3- 1867-1936. Dramaturge italien, nouvelliste, poète, romancier. Prix Nobel de littérature en 1934. Son oeuvre est une interrogation sur l'incommunicabilité qui existe entre les êtres humains, sur l'absurdité de la vie.

 

4- 1896-1980. Psychologue, biologiste, logicien, épistémologue suisse. On ne peut ignorer ce chercheur si l'on s'intéresse quelque peu à la psychologie de l'enfant dont il a étudié le développement de l'intelligence depuis le stade du nouveau-né.

 

5- 1881-1973. L'artiste protéiforme par excellence, (peintre entre autres) peut-être le plus célèbre. Il crée La Colombe pour le Mouvement de la paix en 1949.

 

6- Un petit chien sorti en 1945 de l'imagination de José Cabrero Arnal qui le dessina pour le journal l'Humanité. Il avait pour dessein de dénoncer les injustices de l'époque, à la sortie de la guerre, où de nombreux Français souffraient de la faim et ne savaient comment se loger.

 

7- Metteur en scène, merveilleux acteur de théâtre et de cinéma, et dont le sourire charmeur n'a pas d'égal. Il faut le revoir, flamboyant, en Comte d'Artois dans Les Rois Maudits de Maurice Druon,1972.

 

8- Personnage triste mais non pas triste personnage de la commedia dell'arte.

 

9- 1879-1953. Peintre, écrivain. Il fut influencé tout d'abord par Alfred Sisley et Camille Pissaro, peintres de l'Ecole de Barbizon. En 1918 il rejoignit le groupe Dada (Tristan Tzara, André Breton)

Son aquarelle Caoutchouc (1909) est l'oeuvre fondatrice de l'art abstrait.

 

10- 1925-... Acteur de cinéma (plus de 50 films). L'un de nos plus fameux comédiens. Il a joué, au théâtre, les plus grands,Shakespeare, Marivaux, Tchekhov, Ibsen, Schnitzler, Guitry, Duras et j'en passe. Il a obtenu de nombreux prix, comme l'Ours d'Argent à Berlin pour Une étrange affaire.

 

11- 1884-1939, D'origine russe. Acteur, metteur en scène de théâtre, animateur du Cartel des Quatre. Père de Sacha, lui aussi comédien et metteur en scène.

 

12- 1930-2008. Auteur dramatique anglais. The Guardian, Le Gardien 1961. Il a écrit aussi des scénarios comme celui deThe Servant, Le messager, de Losey. Prix Nobel de littérature en 2005.

 

13- Marionnette crée par Carlo Collodi, qui eut l'heur de jouer avec Gina Lollobrigida, dans le feuilleton de six épisodes de Comencini en 1972.

 

14- L'un des principaux sculpteurs de la Renaissance française, le sculpteur de Catherine de Médicis. Il travailla le bronze, le bois, la pierre, la terre cuite avec un égal bonheur.

 

15- Procureur romain, préfet de Judée, abandonna Jésus aux mains du Sanhédrin juif et s'en lava symboliquement les mains.

 

16- Tyran d'Athènes évoqué dans le texte Les Délires n°83

 

Réponses ci-dessous

 

Voici les personnages réels ou imaginaires

dont le nom commence par PI

 

1- Pivot Bernard. Ouvert à toutes les littératures, il donna aux lecteurs passionnés, en les guidant grâce à sa subtile intelligence, les clefs du plaisir pur, celui de la lecture.

Journaliste, chroniqueur littéraire, sa figure nous est familière pour avoir crevé l'écran avec ses invités lors de nos soirées à la télévision : Ouvrez les Guillemets 1973, Apostrophes, 1974, Bouillon de culture, 1990, Double je, 2002-2005.

 Merci Monsieur Pivot ! Je vous ai toujours été fidèle.

 

2- Pignon François, personnage que l'on retrouve dans plusieurs films de 1973 à 2008 et qui sait conserver certains traits de caractère qui nous enchantent.

 Les François Pignon

  • L'Emmerdeur (1973) : Jacques Brel

  • Les Compères (1983) : Pierre Richard

  • Les Fugitifs (1986) : Pierre Richard

  • Le Dîner de cons (1998) : Jacques Villeret, Daniel Hanssens, Dany Boon, Régis Laspalès (versions théâtre 1993, 2007, 2009)

  • Le Placard (2001) : Daniel Auteuil

  • La Doublure (2005) : Gad Elmaleh

  • L'Emmerdeur (2008) : Patrick Timsit (également sur scène à Paris en 2005-2006)

 

3- Pirandello Luigi, 1867-1936, dramaturge italien, nouvelliste, poète, romancier. Prix Nobel de littérature en 1934. Son oeuvre est une interrogation sur l'incommunicabilité qui existe entre les êtres humains, sur l'absurdité de la vie. Citons Six personnages en quête d'auteur. Nous avons déjà rencontré cet auteur. dans ce blog.

 

4- Piaget Jean,1896-1980. psychologue, biologiste, logicien, épistémologue suisse. On ne peut ignorer ce chercheur si l'on s'intéresse quelque peu à la psychologie de l'enfant dont il a étudié le développement de l'intelligence depuis le stade du nouveau-né. Il a fortement influencé la formation des enseignants.

Certes, la connaissance des fonctions cognitives de l'enfant a beaucoup évolué aujourd'hui, mais les découvertes de Jean Piaget restent incontournables.

 

5- Picasso, Pablo Ruiz y Picasso,1881-1973. L'artiste protéiforme par excellence, peut-être le plus célèbre. Il crée La Colombe pour le Mouvement de la paix en 1949.

 

6- Pif, un petit chien sorti en 1945 de l'imagination de José Cabrero Arnal qui le dessina pour le journal l'Humanité. Il avait pour dessein de dénoncer les injustices de l'époque, à la sortie de la guerre, où de nombreux Français souffraient de la faim et ne savaient comment se loger.
 

7- Piat Jean, metteur en scène, merveilleux acteur de théâtre et de cinéma, et dont le sourire charmeur n'a pas d'égal. Il faut le revoir, flamboyant, en Comte d'Artois dans Les Rois Maudits de Maurice Druon,1972.

 

8-Pierrot, personnage triste et non pas triste personnage de la Commedia dell'arte.

 

9- Picabia, Francis-Marie Martinez de Picabia,1879-1953, peintre, écrivain. Il fut influencé tout d'abord par Alfred Sisley et Camille Pissaro, peintres de l'Ecole de Barbizon. En 1918 il rejoignit le groupe Dada (Tristan Tzara,André Breton)

Son aquarelle Caoutchouc (1909, M.N.A.M., Paris) est considérée comme l'une des œuvres fondatrices de l'art abstrait.

 

10- Piccoli Michel,1925-... Acteur de cin éma (plus de 50 films) L'un de nos plus fameux comédiens. Au théâtre il a joué les plus grands,Shakespeare, Marivaux, Tchekhov, Ibsen, Schnitzler, Guitry, Duras et j'en passe. Il a obtenu de nombreux prix, comme l'Ours d'Argent à Berlin pour Une étrange affaire.

 

11- Pitoëff Georges,1884-1939, d'origine russe acteur, metteur en scène de théâtre, animateur du Cartel des Quatre. Père de Sacha, lui aussi comédien et metteur en scène.

Le Cartel des quatre est crée en 1927 par quatre metteurs en scène de théâtre, Louis Jouvet, Charles Dullin, Gaston Baty et Georges Pitoëff. Ils demandèrent aux acteurs un jeu plus naturel, et travaillèrent à un renouveau du théâtre.

 

12- Pinter Harold, 1930-2008. Auteur dramatique anglais. The Guardian, Le Gardien1961. Il a écrit aussi des scénarios commeThe Servant, Le messager,de Losey. Prix Nobel de littérature en 2005.

 

13- Pinocchio, marionnette crée par Carlo Collodi, qui eut l'heur de jouer avec Gina Lollobrigida, dans le feuilleton de six épisodes de Comencini en 1972.

 

14- Pilon Germain, l'un des principaux sculpteurs de la Renaissance française, le sculpteur de Catherine de Médicis. Il travailla le bronze, le bois, la pierre, la terre cuite avec un égal bonheur.

 

15- Pilate Ponce, procureur romain, préfet de Judée, abandonna Jésus au Sanhédrin juif et s'en lava symboliquement les mains.

 

16- Pisistrate, tyran d'Athènes, dont les lois étaient pavées de bonnes intentions !

 

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 18:10

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Mon nouveau robotus semblait, à première vue, tout aussi dévoué que l'autre, à voir l'air aimable avec lequel il me regardait.

« Robobert, commençai-je en prenant un air détaché, pourrais-tu m'indiquer l'année, le mois et le jour où nous sommes. Il me tarde d'éprouver tes connaissances et de voir si elles sont aussi bonnes que celles de Roboland. »

Qu'avais-je donc dit qu'il eût fallu taire ? Mes propos étaient-ils à ce point irrévérencieux que Robobert prit tout aussitôt la mouche°. Ses sourcils se froncèrent, son front se creusa. Son évidente susceptibilité me fit craindre le pire, et soudain :

« 6780, 6112, 5707, 1098, 3056, 3763, 2389, 1217...broum, broum, broum, br....

Qu'est-ce à dire ? Sont-ce là des calculs de ton cru  ? l'interrogeai-je tout ébahie.

Tu m'as posé une question, j'y réponds, déclara préremptoirement Robobert. »

Et, sans que j'eusse le temps de demander une plus fine explication, il continua :

« Fruchtidor, sextilis, tichri, chèvre, août, shrivar, mouharram...

Merci, merci Robobert ! Je suis éblouie par ta science, m'empressai-je de lui dire pour flatter son ego  »

 

Je n'étais pas plus avancée. Seul le mot août me dit quelque chose à quoi je pus me raccrocher. Mais la liste des années ne m'avait point éclairée. Je savais bien que chaque époque rêvait de la suivante*, mais, me dis-je, comment situer la mienne par rapport à celles qui l'avaient précédée ? C'est là que devait être la clef.

Me voyant dubitative, Robobert me proposa une nouvelle table à étudier, qui, si j'avais les moyens intellectuels suffisants pour la comprendre, précisa-t-il, m'apporterait la connaissance de toutes les ères.

Je saisis au vif, dans son regard, un air de défi.

....................................

*Chaque époque rêve de la suivante. Walter Benjamin

 

NOTES

Titre - Calendaire, relatif au calendrier.

 

Qu'avais-je donc dit qu'il eût fallu taire ?

eût fallu : subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme)

Qu'avais-je donc dit qu'il aurait fallu taire ?

aurait fallu, 1re forme

 

Prendre la mouche°

s'énerver, se vexer pour une raison de peu d'importance.

 

6780, 6112, 5707, 1098, 3056, 3763, 2389, 1217...

Nous verrons, plus tard, à quoi correspondent toutes ces dates, mais laissons à Oli le temps d'en trouver les clefs. Si votre impatience est trop insupportable, vous pouvez vous référer à l'article calendrier sur la toile. Et vous pourrez deviner en quelle année se passe l'histoire.

Mais sachez que l'année de celle du calendrier grégorien, le nôtre, ne figure pas dans cette énumération.

 

sans que j'eusse le temps de demander une plus fine explication...

eusse, subjonctif imparfait

Voir la locution conjonctive Sans que

 

j'y réponds, déclara préremptoirement Robobert

préremptoirement, sans réplique possible.

 

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 09:23

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J'étais bien déçue.

J'avais cru un moment à un remède miraculeux qui eût pu me guérir de mon ignorance, et voilà que, devant mes yeux, s'effondrait le seul être en qui j'avais mis mes espoirs. Peu m'importait qu'il fût mécanique, ses connaissances universelles auraient pu satisfaire mon avidité.

 

« La déception est bien moins pénible quand on ne s'est point promis le succès1, me souffla Prétatou**.

Il n'empêche... marmottai-je. »

 

Tant de questions me brûlaient la langue depuis que, malgré moi, j'étais devenue utopinambourgeoise3.

Utopienne, passe encore, j'en eusse admis l'occurrence bien que tout ici démontrât le fiasco de l'utopie promise, mais bourgeoise ! Il eût fallu changer mes structures mentales et renverser mes principes pour me qualifier ainsi !

 

Surgit soudain, sûr de lui, un Robobert, tout semblable à son clone Roboland, lequel ne cessait de trembler sans qu'aucun son ne se décidât à sortir de sa bouche béante et comme désarticulée.

Était-ce le mutisme de la sidération amoureuse qui opérait ?

Je me tournai vers le nouveau venu, impatiente de savoir enfin un détail qui me taraudait de longue date. Et quel détail ! Je ne tardai point de l'interroger avant qu'il n'arrivât un accident semblable à celui qui venait de foudroyer son duplicatum.

 

En quelle année étions-nous ? Il m'avait été impossible de me situer dans le temps, à voir défiler les hommes et les multiples situations qui s'étaient offertes à moi, toutes aussi disparates et intemporelles les unes que les autres. Je n'avais pu interroger Alcmène de peur de lire dans ses yeux un effarement préjudiciable à notre amitié naissante. Quant à Prétatou, il vivait comme ses congénères béats, dans le présent, dans l'éternité, ne se posant aucune question ni sur leur naissance ni sur leur mort, dont ils n'auraient jamais l'idée.

 

C'est ce qu'on feint de croire, mais on soupçonne bien que les humains se fourvoient le plus souvent quand ils tentent de percer les mystères de la psychologie animale, cette science n'en sera toujours qu'à ses balbutiements. Il faudrait pour le moins se livrer délibérément à la zooanthropie pour entrer dans une communicabilité authentique avec les bêtes, mais on peut douter que cela soit jamais possible.

Et l'on aura compris, depuis fort longtemps, ce que je pense de la partialité de l'homme, infatué de lui-même, juché sur son piédestal, au sommet de la pyramide des espèces — l'animal !  Indéboulonnable !

................................................................. 

 

1-La déception est moins pénible quand on ne s'est point promis le succès. 

Sénèque, -4 av. J.C. / 65 ap. J.C., 1er siècle. Philosophe, stoïcien, homme politique, conseiller sous Caligula, précepteur de Néron, puis son conseiller. Deux empereurs romains de sinistre mémoire !

Victime des intrigues de Messaline, l'épouse de l'Empereur Claude, Sénèque, diffamé, trahi, se donne la mort en s'ouvrant les veines sur l'ordre de Néron.

Il a écrit des tragédies et ses œuvres philosophiques expriment sa pensée stoïcième.

On lit avec intérêt et plaisir : De uita beata, Sur la vie heureuse. 58

 

2-Prétatou, le chien.

 

3-sur Utopinambourg, voir Les Délires n°53

 

NOTES
un remède miraculeux qui eût pu me guérir de mon ignorance

eût pu, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé

> qui aurait pu me guérir

de même :
Il eût fallu changer mes structures mentales

> il aurait fallu

 

Utopienne, passe encore, j'en eusse admis l'occurrence

♦ utopien, utopienne, relatif à l'Utopie de Thomas More, voir la note du texte n°53 cité précédemment.

♦ occurrence, circonstance, événement.

 

Était-ce le mutisme de la sidération amoureuse qui opérait ?

mutisme, ici, incapacité de parler. 

sidération, anéantissement des fonctions vitales, mort apparente due à un choc émotionnel.

 

Je ne tardai point de l'interroger

tarder à, tarder de.

tarder de suivi de l'infinitif est moins usité.

> Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

 

Un duplicatum, rare, autre singulier de duplicata. Une copie.

 

Il faudrait pour le moins se livrer délibérément à la zooanthropie

Pour le moins (locution adverbiale), si ce n'est plus, au moins, tout au moins, à tout le moins, au minimum.


C'est ce qu'on feint de croire

verbe feindre - voir la conjugaison des verbes en indre :

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

La zooanthropie ou thérianthropie désigne la transformation d'un être humain en animal (mythologie, chamanisme, etc.).

 

la partialité de l'homme, infatué de lui-même

infatué, orgueilleux, prétentieux et sot.

s'infatuer, s'éprendre.

 

<< 97 Délires sur une inadéquation sentimentale -"D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux..."

>> 99 Délires sur la relativité calendaire

 

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 05:15

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Roboland tressauta.

Une voix vibrante et métalliquement désespérée jaillit de sa poitrine.

« D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux... Vos yeux beaux d'amour me font, belle Marquise, mourir... Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d'amour me font... Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d'amour...1 »

 

Ses yeux clignotèrent. J'en fus marrie.

Était-ce là une déclaration qu'il m'adressait ? L'avais-je troublé à ce point qu'il en perdait les règles élémentaires de la syntaxe ?

Prétatou intervint :

«  N'est-ce pas là une manière moliéresque de s'adresser à toi ! me dit-il. Il aura mémorisé quelques citations qu'il ressert adéquatement à chaque circonstance. Je crois bien qu'il est amoureux.

Il est amoureux ? fis-je figée d'effroi. Est-il possible ?  

C'est à croire.

À croire qu'un robot puisse être équipé de sentiments ? 

Des sentiments dictés par des algorithmes récursifs indissociables de sa personnalité. expliqua doctement Prétatou, au fait des opérations électroniques les plus sophistiquées.

Et il a perdu la tête, me lamentai-je. 

Infecté par un virus cognitif.

La violence des émotions l'a déglingué. Les mots manquent aux émotions2 pourtant. Son esprit est troublé et il ignore où il est, qui il est et ce qu'il fait3.

Sois pragmatique, Oli, ce n'est que Roboland. Mais qu'en est-il donc de Robobert ? 

................................................................. 

1-Molière, Le bourgeois gentilhomme : Acte II, scène 4

Monsieur Jourdain 

- Par ma foi ! Il n'y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien et je vous suis le plus obligé du monde de m'avoir appris cela. Je voudrais donc lui mettre dans un billet : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour ; mais je voudrais que cela fût mis d'une manière galante, que ce fût tourné gentiment.
Le Maitre de philosophie  

- On les peut mettre premièrement comme vous avez dit : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour. Ou bien : D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux. Ou bien : Vos yeux beaux d'amour me font, belle Marquise, mourir. Ou bien : Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d'amour me font. Ou bien : Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d'amour.

2-Les mots manquent aux émotions. Victor Hugo

3- Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis et ce que je fais. Molière, L'Avare, Acte IV, scène 7.

 

NOTES

Roboland tressauta

tressauter, être saisi d'un mouvement brusque sous le coup de l'émotion, tressaillir.

 

Ses yeux clignotèrent. J'en fus marrie.
Marri, attristé, contrit.

 

fis-je figée d'effroi

on remarquera les allitérations de la fricative [f] et des chuintantes [ʒ]

> Que les consonnes sonnent !

 

algorithmes récursifs

D'amour mourir me font...

Récursif, qui peut être répété un nombre indéfini de fois en appliquant la même règle. (Voir l'extrait du Bourgeois Gentilhomme) 

La syntaxe donne les règles qu'il faut suivre pour agencer correctement les mots dans la construction des phrases (grammaire)

Les algorithmes récursifs et les fonctions récursives sont fondamentaux en informatique. 

 

Il aura mémorisé quelques citations

Futur antérieur à valeur d'hypothèse.

Il se peut qu'il ait mémorisé...

Il a sûrement mémorisé...

 

infecté par un virus cognitif

La cognition recouvre les mécanismes de la pensée, raisonnement, mémoire, prise de décision. Entrent en jeu la perception, la motricité et les émotions.

Les sciences cognitives étudient leurs interactions.

 

Sois pragmatique, Oli, ce n'est que Roboland

Pragmatique, qui est adapté à l'action positive et pratique de la vie courante.

 

<< 96 Délires sur l'hypothétique prestation d'un robotus plein de bonne volonté. 

>> 98 Délires sur des questions existentielles en attente 

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:57

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Je fis un signe au robotus qui semblait vouloir s'attacher à ma personne puisqu'il me suivait discrètement et m'adressait un sourire courtois à chaque fois que mon regard se posait sur lui.

« Oh ! me dis-je, que voilà bien dans ces deux yeux pétillants un signe d'intelligence électromagnétique. Ne vient-on pas de lui insuffler que j'allais lui adresser la parole ? »

 

Seule une très grande intelligence est capable d'insuffler un sens logique aux idées insensées*.

Cette pensée, me venant opportunément à l'esprit, me conforta dans ma détermination de rester toujours sur mes gardes, comme me l'avait enseigné mon expérience si fertile en rebondissements, en ce monde singulier.

« Monsieur Robotus, l'interpellai-je, vous qui semblez prêt à vous intéresser à moi, sauriez-vous répondre aux questions que je me pose ?

Aucune réponse n'est étrangère à ma perspicacité qui n'a d'égale que ma sagacité prompte, subite et éclairée, déclara-t-il prestement et d'un son nasillard. Mais permettez-moi, avant de continuer notre conversation, qui, j'en suis sûr, vous ouvrira toutes grandes les portes de la connaissance, de vous demander d'abandonner le voussoiement. Sachez, en outre, que je me nomme Roboland. Je suis votre serviteur.

Roboland, poursuivis-je, dis-moi donc, s'il te plaît, à quoi sert cette table cabalistique.

Ce monument qui révèle la théorie des inégalités séculaires et périodiques des planètes fondée sur la loi de la pesanteur universelle, les tables alphonsines, les tables rodolphines, les tables de logarithmes, de Pythagore et j'en passe, va devenir en un instant un livre ouvert, ma petite chérie, sitôt que je t'en aurai donné les clefs, me répondit-il d'un ton qui frisait la familiarité. »

 

Avait-il, de son propre chef, eu l'audace de s'adresser ainsi à moi, ou ses maîtres présumés l'avaient-il programmé de la sorte ? Je ne savais pas encore jusqu'à quel point s'exerçait son autonomie.

Je patientai.

Comme Roboland se taisait, je crus qu'il attendait une question plus précise de ma part. Je m'apprêtai à ouvrir la bouche lorsqu'il me fit signe de me taire.

« Il recharge ses accus, pressentit Prétatou. »

Roboland eut un sursaut.

« J'appelle Robobert à la rescousse, Robobert ! Robobert ! Robobert... Robob... Rob... Rrrr... »

« Il est détraqué, constata Prétatou. C'est bien notre veine ! Mais où est donc ce Robobert ? »

......................................................................  

*Seule une très grande intelligence est capable d'insuffler un sens logique aux idées insensées.

Milan Kundera, écrivain de langue tchèque et française. Il a obtenu la nationalité française en 1981.

 

NOTES

puisqu'il me suivait discrètement

Voir le sens et l'emploi de Puisque


Oh ! me dis-je, que voilà bien dans ces deux yeux pétillants un signe d'intelligence électromagnétique.

Cf. Frosine dans l'Avare de Molière Acte I, scène VI
Oh ! que voilà bien là, entre vos deux yeux, un signe de longue vie !

 

Ne vient-on pas de lui insuffler que j'allais lui adresser la parole ?

Insuffler

> remplir d'un souffle d'air

> transmettre, communiquer, animer

 

déclara-t-il prestement

vite, ici : du tac au tac.

 

ma perspicacité qui n'a d'égale que ma sagacité

sagacité, subtilité de l'esprit

 

d'un son nasillard

nasillard, un son qui vient du nez.

 

permettez-moi de vous demander d'abandonner le voussoiement

voussoiement, vouvoiement.

vouvoyer, voussoyer.

Il vouvoie, il voussoie, elle tutoie.

 

Tables alphonsines et rodolphines (ou rudolphines), tables astrologiques, les premières rédigées par ordre du roi Alphonse de Castille (1252-1284) et les secondes dédiées à l'Empereur Rodolphe (1552-1612)

 

à quoi sert cette table cabalistique

La cabale ou kabbale

> science occulte qui prétend faire communiquer ses adeptes avec des êtres surnaturels.

> littéraire : un complot, une conjuration, une intrigue.

> Cabalistique, qui a un rapport avec la cabale / mystérieux, incompréhensible.

 

<< 95 Délires qui s'annoncent paradisiaques

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 18:23

 

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Ainsi donc fallut-il que Prétatou et moi-même prissions le chemin qui menait au Jardin des Délices et de la Connaissance. C'était l'endroit incontournable à visiter pour me faire une idée de ce que Utopinambourg offrait à ses citoyens.

N'était-il pas annoncé en lettres de feu sur le gigantesque panneau à l'entrée de la ville ?

Quand nous franchîmes le portail monumental qui y donnait accès, nous ressentîmes comme une espèce de vibration sonore, agréable, reconnaissons-le, mais pour moi inconnue jusqu'alors.

Une large allée se déployait devant nous, et, alignés en une longue file, des petits soldats au garde-à-vous nous saluèrent en une ola parfaitement gracieuse et mesurée, des roboti charmants et bigarrés.

 

Prétatou s'était fait fort de m'indiquer leur usage, en devançant mon étonnement.

« Tu peux tout savoir grâce à eux, m'avait-il précisé. Pose-leur une question et tu auras une réponse juste et complète sur le sujet qui t'intéresse. »

J'imaginai, l'espace d'un éclair, que j'allais me risquer à leur poser des questions tabous, sinon embarrassantes, sur l'administration de leur étrange ville, mais je cessai vite de nourrir cette idée. N'y avait-il pas derrière ces fantoches mécaniques des bouches et des oreilles prêtes à vous prendre en défaut sitôt qu'une question s'éloignerait des normes acceptables de ce pays ?

Prétatou me précisa, pour confirmer la méfiance dont on devait faire preuve en toutes circonstances :

« Sois prudente, ma petite Oli, ne t'amuse pas à poser des questions tabous et même embarrassantes sur l'administration de notre étrange ville. »

Une fois de plus, j'eus la preuve que ce cabot, qui ne se voulait en rien cabotin, était doté d'un pouvoir qui perçait à jour les pensées les plus intimes des humains qu'il croisait. En outre, il était prodigue en bons conseils ; n'en avais-je pas eu maintes fois la preuve ? Et, tout clebs qu'il était, je sus qu'il serait prêt à m'avertir des embûches qui se dresseraient devant moi.

 

Nous nous laissâmes ainsi saluer bien bas par les roboti, et, continuant notre chemin, nous arrivâmes sur une large esplanade où s'étalait, en son milieu une vaste table circulaire que je pris pour une sorte de cadran solaire.

Je m'en approchai, mue par ma curiosité naturelle, tout en observant la prudence nécessaire. La curiosité quelquefois nous trahit*.

La multitude de dessins géométriques qu'on y avait tracés, les indications innombrables que l'on pouvait y lire, me donnèrent à penser qu'il s'agissait de bien d'autres choses. Je pris mon courage à bras le corps et je me décidai à interroger le robotus qui se tenait sagement à côté de moi.

.................................................

*La curiosité quelquefois nous trahit. Corneille, Othon, IV, 4  

 

NOTES
Ainsi donc fallut-il que Prétatou et moi-même prissions le chemin

ainsi donc, reprise du récit un moment interrompu par des digressions.

inversion du sujet après ainsi donc

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

il faut que nous prenions, il fallait que nous prissions...

prissions, subjonctif imparfait

subjonctif après il faut que

> Valeurs et emplois du subjonctif

 

Le Jardin des Délices... n'était-il pas annoncé en lettres de feu...

Pour connaître l'arrivée d'Oli dans la ville, lire :

53 Délires d'une ville, la nuit

 

Le Jardin des Délices renvoie à l'œuvre célèbre de Jérome Bosch (triptyque peint en 1505-1506) dont le tableau central représente une foule nombreuse de personnages nus semblant se livrer à tous les plaisirs. Le panneau de gauche évoque le Paradis Terrestre avec Adam et Ève, celui de droite l'Enfer. Les panneaux refermés, il apparaît sur leur envers une bulle cristalline foisonnante de vie, censée représenter la Création du Monde selon la Génèse.

Au milieu du Paradis Terrestre, se dresse l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. On sait ce qu'il advint lorsque Adam et Ève goûtèrent de ses fruits.

 

des roboti charmants et bigarrés

Un robotus, forcément, son pluriel sera roboti, selon la règle latine qui veut qu'un bonus fasse des boni et un malus des mali.

Le mot robot vient du tchèque robota qui signifie corvée, travail forcé.

Robotus, barbarisme mamiehiouien qui s'affiche ici en néologisme !

 

j'eus la preuve que ce cabot, qui ne se voulait en rien cabotin, était doté d'un pouvoir

un chien, un cabot, un klebs (familier)

Cabotin vient du nom d'un bonimenteur, acteur et arracheur de dents de surcroît, monsieur Cabotin, qui avait l'art et la manière de vendre ses élixirs qu'il disait miraculeux (XVIIème siècle).

Ce terme désigne un mauvais acteur qui surjoue son rôle.

 

<< 94 Délires sur la perspective d'une balade avec Prétatou + QUIZ 19 (3ème partie)

>> 96 Délires sur l'hypothétique prestation d'un robotus plein de bonne volonté. 

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 15:36

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Je demandai à ma pauvre Alcmène encore toute pensive et bouleversée si je pouvais disposer de quelques heures pour une balade avec Prétatou. Elle y consentit de bonne grâce, toujours encline à me satisfaire, sans me tenir rigueur des propos que je lui avais tenus, et qui l'avaient fait me soupçonner de quelque insincérité, balançant encore entre le vrai et le faux, le congru et l'incongru.

Je lui promis d'être de retour pour préparer le dîner.

« Ne te mets pas en peine, chère Oli. prends ton temps, me dit-elle. Il nous en restera bien assez tout à l'heure pour concocter le repas de ce soir »

 

Je ne voulus pas remercier Prétatou de son invitation salutaire pour ne pas lui donner l'occasion de croire qu'il pouvait, en tant que représentant de la gent canine, se hausser jusqu'au degré de mon humanité. Encore heureux que je possédasse la clef du chiffrement de son langage — sibyllin à tout autre oreille.

Peu d'humains peuvent s'enorgueillir de posséder un tel pouvoir1. Quant à moi, j'ignorais, il y a peu, que j'étais l'une des rares personnes qui pût entendre, entre autres idiolectes, celui de Prétatou. Vous me direz qu'il est quelques amoureux de leur animal que vous connaissez qui affirment le comprendre comme s'il avait la parole.

Ma parole ! Quel enfantillage et quelle prétentieuse assertion !

D'autres se plaisent à nous faire croire qu'il nous ressemble comme un frère.

Glouton, coureur, méchant, lâche et galeux ; en somme, feu mon chien était presque un homme, se plaisait à dire Jules Janin2.

Dommage que cet homme honorable fît montre de si peu de considération... pour son chien, il va sans dire.

......................................................................

1-Peu d'humains peuvent s'enorgueillir de posséder un tel pouvoir 

Jules Janin, né à Saint-Etienne, 1804-1874, romancier et critique (au Journal des Débats).

comme dans 

Didier, le film d'Alain Chabat 1997,

ou dans

Coeur de chien, le roman satirique et fantastique de Mikhaïl Boulgakov, où l'on rencontre Bouboulov, un chien beaucoup trop humain, 1925,

ou encore dans

Paroles de chien, le roman de Rudyard Kipling où l'on entend le récit de Bottes, un Aberdeen semblable à celui de Kipling, 1930.

 

NOTES

Titre : une ballade revigorante

Homophones : une balade, une ballade.

> Que signifient les mots synonyme, antonyme, homonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ? 

Une balade, une promenade.

Une ballade est un poème de forme fixe au lyrisme courtois de la fin du Moyen Âge.

Les romantiques la remirent à l'honneur au XIXème siècle.

Elle se caractérise, en autres, par des vers décasyllabes, chaque strophe se terminant par le même vers, le refrain, qui se répète comme un leitmotiv. Et un envoi qui débute par une apostrophe à la personne à laquelle le poème est dédié. 

> Ces deux homophones, balade, ballade ont une même origine.

Les baladins ne se promenaient-ils pas en chantant ?

Revigorer, redonner des forces.

 

Le congru et l'incongru, deux adjectifs que je substantive, congru et incongru - congrûment ou incongrûment, qu'importe ! 

Un substantif : un nom.

Un adjectif substantivé : un adjectif qui devient un nom, comme le vrai, le faux, le beau.

Un infinitif substantivé, un infinitif qui devient un nom, comme le coucher, le lever, le manger et le boire.

Congru, pertinent, qui convient.

Incongru, inconvenant, déplacé, indécent même.

On note l'accent circonflexe sur le û de l'adverbe, congrûment, de même pour incongrûment, accent dû à la suppression du e au féminin (congru, congrue, congûment)

 

Encore heureux que je possédasse la clef du chiffrement de son langage

chiffrement, déchiffrement, (dé)chiffrage, (dé)cryptage, (dé)codage, etc.

En cryptographie, le chiffrement est le procédé qui rend la compréhension d'un document impossible. Pour le décrypter, il faut avoir la clé du chiffrement (ou déchiffrement).

Le chiffre de César était de décaler de plusieurs cases vers la droite ou vers la gauche les lettres de l'alphabet.

Pendant la deuxième guerre mondiale, le code secret des Américains était l'emploi de la langue Navajo (Navaho) particulièrement difficile.

Les dés sont sur le tapis.

À ces mots, message codé, les résistants français surent qu'il fallait détruire chemins de fer, ponts et routes. C'était le 5 juin 1944.

Les Allemands codèrent aussi.

Avec leur machine Enigma. Les Américains firent main basse sur la machine lorsqu'il s'emparèrent d'un sous-marin ennemi, et ils purent décrypter bon nombre de documents secrets. Enigma, c'était le nom de la Solution Finale, l'extermination des Juifs.

 

son langage, sibyllin à tout autre oreille

sibyllin, mystérieux, obscur, difficile à comprendre.

 

en tant que représentant de la gent canine

la gent, le peuple - la gent canine, le peuple des chiens

la gent trotte-menu (les souris), la gent qui porte crête (les coqs), cf. La Fontaine

La gent aristocratique, cf. Balzac

> la gent, les gens, gentil, gentillesse, Gente Dame, un gentilhomme,, un gentleman, l'entregent, un Gentil, la gentilité

 

l'idiolecte de Prétatou

idiolecte, particularité langagière.

 

Quelle prétentieuse assertion !

assertion, idée que l'on affirme comme vraie.

 

<< 93 Délires sur l'enfermement

>> 95 Délires qui s'annoncent paradisiaques

 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 19:02

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Dans cette contrée qui semblait si vaste, l'enfermement était pourtant de rigueur. Un enfermement qui n'était pas seulement dû aux limites concrètes des frontières, limites dont la plupart ignoraient l'existence, mais à un autre, plus pervers encore, qui contraignait les esprits, formatés malgré eux, à rester confinés dans des mesures éducatives et politiquement correctes, visant à leur faire suivre le chemin étroit de l'aveugle obéissance. Aucun esprit critique ne pouvait s'exercer.

Le totalitarisme à l'état pur.

L'habitude en était si fortement ancrée dans le quotidien des Utopinambourgeois, que leurs pensées ne pouvaient se libérer en prenant de la hauteur pour entamer une réflexion sur leur vie ― une vie qui voulait se donner l'illusion de s'écouler dans un monde parfait.

Qui étais-je donc pour entrevoir autre chose ? Et que pouvais-je faire pour dessiller leurs yeux ?

Je n'étais pas de la trempe de Jeanne d'Arc*, non plus de celle d'Olympe de Gouges*, ni de Madame Rolland*, encore moins de Charlotte Corday*, pas plus que de Louise Michel*, ne parlons pas de Rosa Luxembourg*, ni d'Anna Arendt*, ni même de Simone Weil*. Ces femmes en défilé, dans mes songes, me faisaient signe de les rejoindre.

 

Je sortis brusquement de mes réflexions profondes lorsque Prétatou tira ma robe et aboya gentiment.

« Viens que je te fasse faire un tour en ville, me proposa-t-il. Je te vois toute triste et morfondue. Cesse de vouloir résoudre tous les problèmes des hommes. Cesse de regarder au-delà de ce que voient les autres, petite Oli, viens te promener avec moi. »

 

NOTES

Un enfermement qui n'était pas seulement dû aux limites concrètes des frontières

> Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

 

dont la plupart ignoraient l'existence

dont la plupart des Utopinambourgeois ignoraient l'existence

La plupart est un collectif qui exige le pluriel.

 

Et que pouvais-je faire pour dessiller leurs yeux ?

dessiller les yeux, faire voir la vérité.

étymologie de dessiller : découdre les paupières (des faucons)

La nouvelle orthographe propose déciller.

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

Cesse de regarder au-delà de ce que voient les autres

au-delà, en deça, par delà...

> Y a-t-il un trait d'union ou pas ? Au delà ou au-delà ? Par delà ou par-delà ? AU ou PAR ou EN etc. + deçà, delà, devant, derrière, avant, arrière, dessus, dessous, dedans, dehors, haut, bas.

> L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête...

 

Des femmes extraordinaires de courage

*Jeanne d'Arc, la Pucelle d'Orléans, (1412 ?-1431) chef de guerre. Elle combattit les Anglais qui occupaient les territoires du Nord et du Sud-Ouest de la France et mena le Roi Charles VII à son sacre à Reims. On connaît son martyre. Elle fut brûler vive sur un bûcher à Rouen.

Elle n'avait pas dix-neuf ans.

Rappelez-vous comme elle sut mettre en échec ses juges à son procès. À ceux-là qui lui posaient des pièges pour la prendre en faute, elle répondait, inspirée. 

 

Savez-vous si vous êtes en la grâce de Dieu ?

Si je n'y suis, Dieu m'y mette. Et si j'y suis, Dieu m'y garde. Je serais la plus malheureuse du monde si je savais ne pas être en la grâce de Dieu ! Je m'en remets à Dieu de tout.

................................................

Olympe de Gouges  (1748-1793) femme de lettres, politique, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

 

Article 1
La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits
...
Article 3
Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation qui n'est que la réunion de la Femme et de l'Homme.

 

Elle a combattu pour faire reconnaître les droits des femmes et pour l'abolition de l'esclavage. Elle fut guillotinée.

Elle est la figure emblématique des mouvements pour la libération de la femme.

................................................

Madame Rolland (1754-1793)

 

Ô liberté ! Que de crimes on commet en ton nom !

Ainsi s'exclama Manon, Vicomtesse Rolland de la Platière, lorsqu'elle passa devant la statue de la Liberté, alors qu'elle s'approchait de la guillotine.

Manon Rolland, l'égérie des Girondins, réunissait dans son salon, deux fois par semaine, les amoureux du progrès. Elle fut la cible des Montagnards qui ne l'épargnèrent pas.

................................................  

Charlotte Corday (1768-1793) l'insoumise, l'indépendante qui n'en faisait toujours qu'à sa tête, décida de délivrer la France de l'homme qui symbolisait l'injustice, Marat. Ce n'est pas sans angoisse qu'elle fit ce geste fatal.

 

Ode à Marie-Charlotte Corday

[… ]

Belle, jeune, brillante, aux bourreaux amenée,
Tu semblais t’avancer sur le char d’hyménée,
Ton front resta paisible, et ton regard serein.
Calme sur l’échafaud, tu méprisas la rage
D’un peuple abject, servile, et fécond en outrage,
Et qui se croit alors et libre et souverain.

[… ]

André Chénier dédia ce poème à la mémoire de la belle héroïne.

Il fut lui aussi guillotiné, le 7 thermidor an II, le 25 juillet 1794.

................................................

Louise Michel (1830-1905) Figure emblématique de la Commune de Paris (1871). Militante anarchiste et révolutionnaire, elle a poursuivi toute sa vie ses activités politiques.


Chacun cherche sa route : nous cherchons la nôtre et nous pensons que le jour où le règne de la liberté et de l'égalité sera arrivé, le genre humain sera heureux.

 

Victor Hugo la dépeint dans son poème Viro Major :

[ … ]

Ayant vu le massacre  immense, le combat

Le peuple sur sa croix, Paris sur son grabat,

La pitié formidable était dans tes paroles.

Tu faisais ce que font les grandes âmes folles

Et, lasse de lutter, de rêver de souffrir,

Tu disais : " j'ai tué ! " car tu voulais mourir.

 

Tu mentais contre toi, terrible et surhumaine.

Judith la sombre juive, Aria la romaine

Eussent battu des mains pendant que tu parlais.

Tu disais aux greniers : " J'ai brûlé les palais !"

Tu glorifiais ceux qu'on écrase et qu'on foule.

Tu criais : " J'ai tué ! Qu'on me tue ! - Et la foule

Écoutait cette femme altière s'accuser.

Tu semblais envoyer au sépulcre un baiser ;

Ton oeil fixe pesait sur les juges livides ;

Et tu songeais pareille aux graves Euménides.

[ … ]

................................................

Rosa Luxembourg (1870-1919) Socialiste révolutionnaire allemande d'origine polonaise. Activiste en Allemagne et en Pologne, collaboratrice d'un journal social démocrate. Elle analyse l'oeuvre de Karl Marx Le Capital. Elle contribue à la formation du Parti communiste allemand et participe à l'insurrection spartakiste. Elle est arrêtée et assassinée.

Le luxembourgisme s'inspire de ses idées.

 

Les guerres sont un phénomène barbare, profondément immoral, réactionnaire et contraire aux intérêts du peuple.

 

Nous assistons à l'effondrement du vieux monde qui croule par pans entiers, jour après jour. Ce qui est le plus surprenant, c'est que la plupart des gens ne s'en aperçoivent pas et croient marcher encore sur un sol ferme.

................................................

Hannah Arendt (1906-1975) philosophe allemande, quitte l'Allemagne pour la France en 1933 afin de s'occuper des étrangers qui fuient le nazisme. Mais devant l'avancée des troupes allemandes, elle rejoint l'Amérique après une halte à Lisbonne.

Elle revient en Allemagne après la guerre et s'occupe des rescapés juifs. En 1941, elle s'installe en Amérique. Naturalisée américaine en 1951, elle enseigne dans plusieurs universités.

Sa pensée aborde des thèmes qui éclairent notre temps comme l'antisémitisme et le totalitarisme. Elle nous laisse une oeuvre considérable.

 

La principale caractéristique de l'homme de masse n'est pas la brutalité ou le retard mental, mais l'isolement et le manque de rapports sociaux normaux.

................................................

Simone Weil (1909-1943) Philosophe française, elle voue sa vie à la recherche de la justice et de la vérité. Elle prend le parti des faibles et des opprimés. Juive d'origine, sa pensée se veut d'inspiration chrétienne.

 

La plénitude de l'amour du prochain, c'est simplement d'être capable de lui demander : « Quel est ton tourment ? »

 

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 19:27

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Me fallait-il passer le reste de ma vie à tenter vainement de me faire entendre par des êtres privés de leur liberté, sans pouvoir en trouver un seul qui eût osé mettre en doute les ficelles qui faisaient de lui et de ses semblables de pauvres marionnettes ?

Monsieur Pro m'avait fait comprendre qu'ils étaient tous consentants, car une force impérieuse les poussaient à ne vouloir rien savoir qui eût pu mettre en danger leur sacro-sainte immortalité.

Leur immortalité ? Y croyaient-ils vraiment ?

Et pourtant !

Avais-je vu jusque-là un seul homme ou une seule femme marqués par les stigmates du temps qui passe ?

Il était bien tentant, il était bien humain de vouloir rester dans l'apparence de sa jeunesse.

Pendant des millénaires, on avait tout tenté pour arriver à un tel résultat. Tout. En vain.

Que n'avait-on pas pratiqué pour ce faire ?

Le sport, en en vantant sa pratique incontournable, anima sana in corpore sano, une âme saine dans un corps sain* ; des régimes incroyables à vous faire maigrir en un tournemain, en ingurgitant des médicaments qui se révélaient tous, au bout d'un temps, des poisons, dispensés par des laboratoires criminels, parce que âpres au gain ; des crèmes dites vivifiantes et réparatrices, tonifiantes et régénératrices, qui ne combattaient en rien les rides, mais qui faisaient l'objet d'un marché bien juteux ; des oligo-éléments et des vitamines à gogo qui n'en pouvaient mais ; des liftings qui distordaient les traits jusqu'à gommer toute trace d'émotion ; et des liposuccions, suceuses de graisses épaisses, et qui n'épargnaient aucunement les intérieurs déchirés et sanglants, pouah ; sans parler du maquillage dont l'origine se perd dans la nuit des temps. (On dit que Madame de Pompadour, soucieuse de sa carnation blanche et délicate se barbouillait d'une mixture faite à base d'arsenic.)

Rien de tout cela n'amena jamais quiconque à lui faire oublier son âge.

Un âge qui avance, qui avance... qui avance irrémédiablement. Ne dit-on pas un âge avancé ?

 

Et voilà qu'ici même, il semblait qu'on regardât comme une évidence de rester jeune éternellement !

« La Fontaine de Jouvence... m'avait fait comprendre Pro. » Une fontaine de jouvence aux vertus sans limites. Y croyait-il lui-même alors qu'il avait laissé entendre que sa fin était proche ? On pouvait en décrypter les premiers signes.

Et si tout cela n'était qu'un leurre ? Que devenaient-ils alors, ces êtres sans défense devenus vieux maintenant ? On ne les voyaient plus. S'évaporaient par enchantement ?

N'avais-je pas entrevu un subreptice tressaillement lorsque Pro s'était imaginé son avenir imminent et funeste ? Y aurait-il donc une fin pour tous, à Utopinambourg ? Ces questions m'assaillaient en grand nombre. Qu'avais-je donc à voir avec leur désir irrépressible d'une jeunesse sans fin, tout au plus le risque d'un châtiment qui n'offrait aucune échappatoire.

......................................................................................... 

*-Orandum est, ut sit mens sana in corpore sano. Il faut prier afin d'obtenir un esprit sain dans un corps sain.

Citation extraite de la dixième des Satires de Juvénal. Elle voulait dire que l'homme, s'il est vraiment sage, ne doit demander que la santé de l'âme avec celle du corps.

On dit aussi :

-Anima sana in corpore sano : Une âme saine dans un corps sain.

-Mens fervida in corpore lacertoso : Un esprit ardent dans un corps musclé.

Citation propre à la Renaissance et à son Humanisme qui exalte l'épanouissement de l'homme.

 

NOTES

Avais-je vu jusque-là un seul homme ou une seule femme marqués par les stigmates du temps qui passe ?

LA CONJONCTION DE COORDINATION OU.

Avec deux noms au singulier coordonnés par ou, on a la marque du singulier ou du pluriel selon que l'un exclut l'autre ou pas (sens voisin de et).

Le père ou la mère viendra. (L'un ou l'autre)

Les filles ou les garçons joueront avec mon fils. (Les uns comme les autres)

Le Président de la République ou le premier Ministre présidera à cette réunion.

Vous portez bien la jupe ou la robe longues.

Exemples donnés par le dictionnaire de l'Académie :

La douceur ou la violence en viendra à bout

La peur ou la misère ont fait commettre bien des choses.

Quand les deux noms sont synonymes, on a la marque du singulier.

Le nom de famille ou patronyme doit figurer sur votre feuille de route.

Pas de OU dans une phase négative, mais NI

Il n'a pas d'argent ni d'amis, le pauvre homme.

................................................. 

Pour ce faire, pour faire cela.

 

Des régimes incroyables à vous faire maigrir en un un tournemain 

en un tournemain, littéraire, en un instant, en un tour de main. 

Le tour de main, coup de main adroit qui vous permet de réussir.


Madame de Pompadour, soucieuse de sa carnation blanche et délicate

La carnation, le teint.

 

qui ne combattaient en rien les rides

en rien, pas du tout.

 

des oligo-éléments, des vitamines qui n'en pouvaient mais.

N'en pouvoir mais, ne rien y pouvoir, ne plus rien y pouvoir.

Je n'en peux mais.

 Les oligo-éléments sont des nutriments. Leur absence ou leur présence en excès dans l'organisme sont létaux.

Létal, qui entraîne la mort.

 

Les vitamines, il y en a une kyrielle, de A à K.

Exemple de conseil : Si vous prenez des médicaments pour fluidifier votre sang, ne prenez pas de vitamine K, qui aurait l'effet contraire. (choux divers, tomates etc.) Consultez votre médecin !

 

N'avais-je pas entrevu un subreptice tressaillement

subreptice, qui est fait furtivement et illicitement.

Dans le contexte, Pro n'avait pas le droit de montrer son émotion.

 

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>> 93 Délires sur l'enfermement

 

Article connexe sur l'Express janvier 2013 > Ces milliardaires prêts à s'offrir l'immortalité

QUIZ LITTÉRAIRE N°19 > Pseudonymes et noms de plume – QUIZ 19

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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