Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 09:23

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

J'étais bien déçue.

J'avais cru un moment à un remède miraculeux qui eût pu me guérir de mon ignorance, et voilà que, devant mes yeux, s'effondrait le seul être en qui j'avais mis mes espoirs. Peu m'importait qu'il fût mécanique, ses connaissances universelles auraient pu satisfaire mon avidité.

 

« La déception est bien moins pénible quand on ne s'est point promis le succès1, me souffla Prétatou**.

Il n'empêche... marmottai-je. »

 

Tant de questions me brûlaient la langue depuis que, malgré moi, j'étais devenue utopinambourgeoise3.

Utopienne, passe encore, j'en eusse admis l'occurrence bien que tout ici démontrât le fiasco de l'utopie promise, mais bourgeoise ! Il eût fallu changer mes structures mentales et renverser mes principes pour me qualifier ainsi !

 

Surgit soudain, sûr de lui, un Robobert, tout semblable à son clone Roboland, lequel ne cessait de trembler sans qu'aucun son ne se décidât à sortir de sa bouche béante et comme désarticulée.

Était-ce le mutisme de la sidération amoureuse qui opérait ?

Je me tournai vers le nouveau venu, impatiente de savoir enfin un détail qui me taraudait de longue date. Et quel détail ! Je ne tardai point de l'interroger avant qu'il n'arrivât un accident semblable à celui qui venait de foudroyer son duplicatum.

 

En quelle année étions-nous ? Il m'avait été impossible de me situer dans le temps, à voir défiler les hommes et les multiples situations qui s'étaient offertes à moi, toutes aussi disparates et intemporelles les unes que les autres. Je n'avais pu interroger Alcmène de peur de lire dans ses yeux un effarement préjudiciable à notre amitié naissante. Quant à Prétatou, il vivait comme ses congénères béats, dans le présent, dans l'éternité, ne se posant aucune question ni sur leur naissance ni sur leur mort, dont ils n'auraient jamais l'idée.

 

C'est ce qu'on feint de croire, mais on soupçonne bien que les humains se fourvoient le plus souvent quand ils tentent de percer les mystères de la psychologie animale, cette science n'en sera toujours qu'à ses balbutiements. Il faudrait pour le moins se livrer délibérément à la zooanthropie pour entrer dans une communicabilité authentique avec les bêtes, mais on peut douter que cela soit jamais possible.

Et l'on aura compris, depuis fort longtemps, ce que je pense de la partialité de l'homme, infatué de lui-même, juché sur son piédestal, au sommet de la pyramide des espèces — l'animal !  Indéboulonnable !

................................................................. 

 

1-La déception est moins pénible quand on ne s'est point promis le succès. 

Sénèque, -4 av. J.C. / 65 ap. J.C., 1er siècle. Philosophe, stoïcien, homme politique, conseiller sous Caligula, précepteur de Néron, puis son conseiller. Deux empereurs romains de sinistre mémoire !

Victime des intrigues de Messaline, l'épouse de l'Empereur Claude, Sénèque, diffamé, trahi, se donne la mort en s'ouvrant les veines sur l'ordre de Néron.

Il a écrit des tragédies et ses œuvres philosophiques expriment sa pensée stoïcième.

On lit avec intérêt et plaisir : De uita beata, Sur la vie heureuse. 58

 

2-Prétatou, le chien.

 

3-sur Utopinambourg, voir Les Délires n°53

 

NOTES
un remède miraculeux qui eût pu me guérir de mon ignorance

eût pu, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé

> qui aurait pu me guérir

de même :
Il eût fallu changer mes structures mentales

> il aurait fallu

 

Utopienne, passe encore, j'en eusse admis l'occurrence

♦ utopien, utopienne, relatif à l'Utopie de Thomas More, voir la note du texte n°53 cité précédemment.

♦ occurrence, circonstance, événement.

 

Était-ce le mutisme de la sidération amoureuse qui opérait ?

mutisme, ici, incapacité de parler. 

sidération, anéantissement des fonctions vitales, mort apparente due à un choc émotionnel.

 

Je ne tardai point de l'interroger

tarder à, tarder de.

tarder de suivi de l'infinitif est moins usité.

> Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

 

Un duplicatum, rare, autre singulier de duplicata. Une copie.

 

Il faudrait pour le moins se livrer délibérément à la zooanthropie

Pour le moins (locution adverbiale), si ce n'est plus, au moins, tout au moins, à tout le moins, au minimum.


C'est ce qu'on feint de croire

verbe feindre - voir la conjugaison des verbes en indre :

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

La zooanthropie ou thérianthropie désigne la transformation d'un être humain en animal (mythologie, chamanisme, etc.).

 

la partialité de l'homme, infatué de lui-même

infatué, orgueilleux, prétentieux et sot.

s'infatuer, s'éprendre.

 

<< 97 Délires sur une inadéquation sentimentale -"D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux..."

>> 99 Délires sur la relativité calendaire

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 05:15

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

 ACCUEIL & SOMMAIRE

 Tous les articles du blog

Roboland tressauta.

Une voix vibrante et métalliquement désespérée jaillit de sa poitrine.

« D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux... Vos yeux beaux d'amour me font, belle Marquise, mourir... Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d'amour me font... Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d'amour...1 »

 

Ses yeux clignotèrent. J'en fus marrie.

Était-ce là une déclaration qu'il m'adressait ? L'avais-je troublé à ce point qu'il en perdait les règles élémentaires de la syntaxe ?

Prétatou intervint :

«  N'est-ce pas là une manière moliéresque de s'adresser à toi ! me dit-il. Il aura mémorisé quelques citations qu'il ressert adéquatement à chaque circonstance. Je crois bien qu'il est amoureux.

Il est amoureux ? fis-je figée d'effroi. Est-il possible ?  

C'est à croire.

À croire qu'un robot puisse être équipé de sentiments ? 

Des sentiments dictés par des algorithmes récursifs indissociables de sa personnalité. expliqua doctement Prétatou, au fait des opérations électroniques les plus sophistiquées.

Et il a perdu la tête, me lamentai-je. 

Infecté par un virus cognitif.

La violence des émotions l'a déglingué. Les mots manquent aux émotions2 pourtant. Son esprit est troublé et il ignore où il est, qui il est et ce qu'il fait3.

 —Sois pragmatique, Oli, ce n'est que Roboland. Mais qu'en est-il donc de Robobert ? 

................................................................. 

1-Molière, Le bourgeois gentilhomme : Acte II, scène 4

Monsieur Jourdain 

- Par ma foi ! Il n'y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien et je vous suis le plus obligé du monde de m'avoir appris cela. Je voudrais donc lui mettre dans un billet : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour ; mais je voudrais que cela fût mis d'une manière galante, que ce fût tourné gentiment.
Le Maitre de philosophie  

- On les peut mettre premièrement comme vous avez dit : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour. Ou bien : D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux. Ou bien : Vos yeux beaux d'amour me font, belle Marquise, mourir. Ou bien : Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d'amour me font. Ou bien : Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d'amour.

2-Les mots manquent aux émotions. Victor Hugo

3- Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis et ce que je fais. Molière, L'Avare, Acte IV, scène 7.

 

NOTES

Roboland tressauta

tressauter, être saisi d'un mouvement brusque sous le coup de l'émotion, tressaillir.

 

Ses yeux clignotèrent. J'en fus marrie.
Marri, attristé, contrit.

 

fis-je figée d'effroi

on remarquera les allitérations de la fricative [f] et des chuintantes [ʒ]

> Que les consonnes sonnent !

 

algorithmes récursifs

D'amour mourir me font...

Récursif, qui peut être répété un nombre indéfini de fois en appliquant la même règle. (Voir l'extrait du Bourgeois Gentilhomme) 

La syntaxe donne les règles qu'il faut suivre pour agencer correctement les mots dans la construction des phrases (grammaire)

Les algorithmes récursifs et les fonctions récursives sont fondamentaux en informatique. 

 

Il aura mémorisé quelques citations

Futur antérieur à valeur d'hypothèse.

Il se peut qu'il ait mémorisé...

Il a sûrement mémorisé...

 

infecté par un virus cognitif

La cognition recouvre les mécanismes de la pensée, raisonnement, mémoire, prise de décision. Entrent en jeu la perception, la motricité et les émotions.

Les sciences cognitives étudient leurs interactions.

 

Sois pragmatique, Oli, ce n'est que Roboland

Pragmatique, qui est adapté à l'action positive et pratique de la vie courante.

 

<< 96 Délires sur l'hypothétique prestation d'un robotus plein de bonne volonté. 

>> 98 Délires sur des questions existentielles en attente 

 

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

 ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:57

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Je fis un signe au robotus qui semblait vouloir s'attacher à ma personne puisqu'il me suivait discrètement et m'adressait un sourire courtois à chaque fois que mon regard se posait sur lui.

« Oh ! me dis-je, que voilà bien dans ces deux yeux pétillants un signe d'intelligence électromagnétique. Ne vient-on pas de lui insuffler que j'allais lui adresser la parole ? »

 

Seule une très grande intelligence est capable d'insuffler un sens logique aux idées insensées*.

Cette pensée, me venant opportunément à l'esprit, me conforta dans ma détermination de rester toujours sur mes gardes, comme me l'avait enseigné mon expérience si fertile en rebondissements, en ce monde singulier.

« Monsieur Robotus, l'interpellai-je, vous qui semblez prêt à vous intéresser à moi, sauriez-vous répondre aux questions que je me pose ?

Aucune réponse n'est étrangère à ma perspicacité qui n'a d'égale que ma sagacité prompte, subite et éclairée, déclara-t-il prestement et d'un son nasillard. Mais permettez-moi, avant de continuer notre conversation, qui, j'en suis sûr, vous ouvrira toutes grandes les portes de la connaissance, de vous demander d'abandonner le voussoiement. Sachez, en outre, que je me nomme Roboland. Je suis votre serviteur.

Roboland, poursuivis-je, dis-moi donc, s'il te plaît, à quoi sert cette table cabalistique.

Ce monument qui révèle la théorie des inégalités séculaires et périodiques des planètes fondée sur la loi de la pesanteur universelle, les tables alphonsines, les tables rodolphines, les tables de logarithmes, de Pythagore et j'en passe, va devenir en un instant un livre ouvert, ma petite chérie, sitôt que je t'en aurai donné les clefs, me répondit-il d'un ton qui frisait la familiarité. »

 

Avait-il, de son propre chef, eu l'audace de s'adresser ainsi à moi, ou ses maîtres présumés l'avaient-il programmé de la sorte ? Je ne savais pas encore jusqu'à quel point s'exerçait son autonomie.

Je patientai.

Comme Roboland se taisait, je crus qu'il attendait une question plus précise de ma part. Je m'apprêtai à ouvrir la bouche lorsqu'il me fit signe de me taire.

« Il recharge ses accus, pressentit Prétatou. »

Roboland eut un sursaut.

« J'appelle Robobert à la rescousse, Robobert ! Robobert ! Robobert... Robob... Rob... Rrrr... »

« Il est détraqué, constata Prétatou. C'est bien notre veine ! Mais où est donc ce Robobert ? »

......................................................................  

*Seule une très grande intelligence est capable d'insuffler un sens logique aux idées insensées.

Milan Kundera, écrivain de langue tchèque et française. Il a obtenu la nationalité française en 1981.

 

NOTES

puisqu'il me suivait discrètement

Voir le sens et l'emploi de Puisque


Oh ! me dis-je, que voilà bien dans ces deux yeux pétillants un signe d'intelligence électromagnétique.

Cf. Frosine dans l'Avare de Molière Acte I, scène VI
Oh ! que voilà bien là, entre vos deux yeux, un signe de longue vie !

 

Ne vient-on pas de lui insuffler que j'allais lui adresser la parole ?

Insuffler

> remplir d'un souffle d'air

> transmettre, communiquer, animer

 

déclara-t-il prestement

vite, ici : du tac au tac.

 

ma perspicacité qui n'a d'égale que ma sagacité

sagacité, subtilité de l'esprit

 

d'un son nasillard

nasillard, un son qui vient du nez.

 

permettez-moi de vous demander d'abandonner le voussoiement

voussoiement, vouvoiement.

vouvoyer, voussoyer.

Il vouvoie, il voussoie, elle tutoie.

 

Tables alphonsines et rodolphines (ou rudolphines), tables astrologiques, les premières rédigées par ordre du roi Alphonse de Castille (1252-1284) et les secondes dédiées à l'Empereur Rodolphe (1552-1612)

 

à quoi sert cette table cabalistique

La cabale ou kabbale

> science occulte qui prétend faire communiquer ses adeptes avec des êtres surnaturels.

> littéraire : un complot, une conjuration, une intrigue.

> Cabalistique, qui a un rapport avec la cabale / mystérieux, incompréhensible.

 

<< 95 Délires qui s'annoncent paradisiaques

>> 97 Délires sur une inadéquation sentimentale -"D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux..."

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Articles classés par catégories (tags)

 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 18:23

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Ainsi donc fallut-il que Prétatou et moi-même prissions le chemin qui menait au Jardin des Délices et de la Connaissance. C'était l'endroit incontournable à visiter pour me faire une idée de ce que Utopinambourg offrait à ses citoyens.

N'était-il pas annoncé en lettres de feu sur le gigantesque panneau à l'entrée de la ville ?

Quand nous franchîmes le portail monumental qui y donnait accès, nous ressentîmes comme une espèce de vibration sonore, agréable, reconnaissons-le, mais pour moi inconnue jusqu'alors.

Une large allée se déployait devant nous, et, alignés en une longue file, des petits soldats au garde-à-vous nous saluèrent en une ola parfaitement gracieuse et mesurée, des roboti charmants et bigarrés.

 

Prétatou s'était fait fort de m'indiquer leur usage, en devançant mon étonnement.

« Tu peux tout savoir grâce à eux, m'avait-il précisé. Pose-leur une question et tu auras une réponse juste et complète sur le sujet qui t'intéresse. »

J'imaginai, l'espace d'un éclair, que j'allais me risquer à leur poser des questions tabous, sinon embarrassantes, sur l'administration de leur étrange ville, mais je cessai vite de nourrir cette idée. N'y avait-il pas derrière ces fantoches mécaniques des bouches et des oreilles prêtes à vous prendre en défaut sitôt qu'une question s'éloignerait des normes acceptables de ce pays ?

Prétatou me précisa, pour confirmer la méfiance dont on devait faire preuve en toutes circonstances :

« Sois prudente, ma petite Oli, ne t'amuse pas à poser des questions tabous et même embarrassantes sur l'administration de notre étrange ville. »

Une fois de plus, j'eus la preuve que ce cabot, qui ne se voulait en rien cabotin, était doté d'un pouvoir qui perçait à jour les pensées les plus intimes des humains qu'il croisait. En outre, il était prodigue en bons conseils ; n'en avais-je pas eu maintes fois la preuve ? Et, tout clebs qu'il était, je sus qu'il serait prêt à m'avertir des embûches qui se dresseraient devant moi.

 

Nous nous laissâmes ainsi saluer bien bas par les roboti, et, continuant notre chemin, nous arrivâmes sur une large esplanade où s'étalait, en son milieu une vaste table circulaire que je pris pour une sorte de cadran solaire.

Je m'en approchai, mue par ma curiosité naturelle, tout en observant la prudence nécessaire. La curiosité quelquefois nous trahit*.

La multitude de dessins géométriques qu'on y avait tracés, les indications innombrables que l'on pouvait y lire, me donnèrent à penser qu'il s'agissait de bien d'autres choses. Je pris mon courage à bras le corps et je me décidai à interroger le robotus qui se tenait sagement à côté de moi.

.................................................

*La curiosité quelquefois nous trahit. Corneille, Othon, IV, 4  

 

NOTES
Ainsi donc fallut-il que Prétatou et moi-même prissions le chemin

ainsi donc, reprise du récit un moment interrompu par des digressions.

inversion du sujet après ainsi donc

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

il faut que nous prenions, il fallait que nous prissions...

prissions, subjonctif imparfait

subjonctif après il faut que

> Valeurs et emplois du subjonctif

 

Le Jardin des Délices... n'était-il pas annoncé en lettres de feu...

Pour connaître l'arrivée d'Oli dans la ville, lire :

53 Délires d'une ville, la nuit

 

Le Jardin des Délices renvoie à l'œuvre célèbre de Jérome Bosch (triptyque peint en 1505-1506) dont le tableau central représente une foule nombreuse de personnages nus semblant se livrer à tous les plaisirs. Le panneau de gauche évoque le Paradis Terrestre avec Adam et Ève, celui de droite l'Enfer. Les panneaux refermés, il apparaît sur leur envers une bulle cristalline foisonnante de vie, censée représenter la Création du Monde selon la Génèse.

Au milieu du Paradis Terrestre, se dresse l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. On sait ce qu'il advint lorsque Adam et Ève goûtèrent de ses fruits.

 

des roboti charmants et bigarrés

Un robotus, forcément, son pluriel sera roboti, selon la règle latine qui veut qu'un bonus fasse des boni et un malus des mali.

Le mot robot vient du tchèque robota qui signifie corvée, travail forcé.

Robotus, barbarisme mamiehiouien qui s'affiche ici en néologisme !

 

j'eus la preuve que ce cabot, qui ne se voulait en rien cabotin, était doté d'un pouvoir

un chien, un cabot, un klebs (familier)

Cabotin vient du nom d'un bonimenteur, acteur et arracheur de dents de surcroît, monsieur Cabotin, qui avait l'art et la manière de vendre ses élixirs qu'il disait miraculeux (XVIIe siècle).

Ce terme désigne un mauvais acteur qui surjoue son rôle.

 

<< 94 Délires sur la perspective d'une balade avec Prétatou + QUIZ 19 (3e partie)

>> 96 Délires sur l'hypothétique prestation d'un robotus plein de bonne volonté. 

 

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 15:36

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Je demandai à ma pauvre Alcmène encore toute pensive et bouleversée si je pouvais disposer de quelques heures pour une balade avec Prétatou. Elle y consentit de bonne grâce, toujours encline à me satisfaire, sans prendre ombrage des propos que je lui avais tenus, et qui l'avaient fait me soupçonner de quelque insincérité, balançant encore entre le vrai et le faux, le congru et l'incongru.

Je lui promis d'être de retour pour préparer le dîner.

« Ne te mets pas en peine, chère Oli. prends ton temps, me dit-elle. Il nous en restera bien assez tout à l'heure pour concocter le repas de ce soir »

 

Je ne voulus pas remercier Prétatou de son invitation salutaire pour ne pas lui donner l'occasion de croire qu'il pouvait, en tant que représentant de la gent canine, se hausser jusqu'au degré de mon humanité. Encore heureux que je possédasse la clef du chiffrement de son langage — sibyllin à tout autre oreille.

Peu d'humains peuvent s'enorgueillir de posséder un tel pouvoir1. Quant à moi, j'ignorais, il y a peu, que j'étais l'une des rares personnes qui pût entendre, entre autres idiolectes, celui de Prétatou. Vous me direz qu'il est quelques amoureux de leur animal que vous connaissez qui affirment le comprendre comme s'il avait la parole.

Ma parole ! Quel enfantillage et quelle prétentieuse assertion !

D'autres se plaisent à nous faire croire qu'il nous ressemble comme un frère.

Glouton, coureur, méchant, lâche et galeux ; en somme, feu mon chien était presque un homme, se plaisait à dire Jules Janin2.

Dommage que cet homme honorable fît montre de si peu de considération... pour son chien, il va sans dire.

......................................................................

1-Peu d'humains peuvent s'enorgueillir de posséder un tel pouvoir 

Jules Janin, né à Saint-Etienne, 1804-1874, romancier et critique (au Journal des Débats).

comme dans 

Didier, le film d'Alain Chabat 1997,

ou dans

Coeur de chien, le roman satirique et fantastique de Mikhaïl Boulgakov, où l'on rencontre Bouboulov, un chien beaucoup trop humain, 1925,

ou encore dans

Paroles de chien, le roman de Rudyard Kipling où l'on entend le récit de Bottes, un Aberdeen semblable à celui de Kipling, 1930.

 

NOTES

Titre : une ballade revigorante

Homophones : une balade, une ballade.

> Que signifient les mots synonyme, antonyme, homonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ? 

Une balade, une promenade.

Une ballade est un poème de forme fixe au lyrisme courtois de la fin du Moyen Âge.

Les romantiques la remirent à l'honneur au XIXe siècle.

Elle se caractérise, en autres, par des vers décasyllabes, chaque strophe se terminant par le même vers, le refrain, qui se répète comme un leitmotiv. Et un envoi qui débute par une apostrophe à la personne à laquelle le poème est dédié. 

> Ces deux homophones, balade, ballade ont une même origine.

Les baladins ne se promenaient-ils pas en chantant ?

Revigorer, redonner des forces.

 

Le congru et l'incongru, deux adjectifs que je substantive à ma fantaisie - congru et incongru - congrûment ou incongrûment

Un substantif : un nom.

Un adjectif substantivé : un adjectif qui devient un nom, comme le vrai, le faux, le beau.

Un infinitif substantivé, un infinitif qui devient un nom, comme le coucher, le lever, le manger et le boire.

Congru, pertinent, qui convient.

Incongru, inconvenant, déplacé, indécent même.

On note l'accent circonflexe sur le û de l'adverbe, congrûment, de même pour incongrûment, accent dû à la suppression du e au féminin (congru, congrue, congrûment)

 

Encore heureux que je possédasse la clef du chiffrement de son langage

chiffrement, déchiffrement, (dé)chiffrage, (dé)cryptage, (dé)codage, etc.

En cryptographie, le chiffrement est le procédé qui rend la compréhension d'un document impossible. Pour le décrypter, il faut avoir la clé du chiffrement (ou déchiffrement).

Le chiffre de César était de décaler de plusieurs cases vers la droite ou vers la gauche les lettres de l'alphabet.

Pendant la deuxième guerre mondiale, le code secret des Américains était l'emploi de la langue Navajo (Navaho) particulièrement difficile.

Les dés sont sur le tapis.

À ces mots, message codé, les résistants français surent qu'il fallait détruire chemins de fer, ponts et routes. C'était le 5 juin 1944.

Les Allemands codèrent aussi.

Avec leur machine Enigma. Les Américains firent main basse sur la machine lorsqu'il s'emparèrent d'un sous-marin ennemi, et ils purent décrypter bon nombre de documents secrets. Enigma, c'était le nom de la Solution Finale, l'extermination des Juifs.

 

son langage, sibyllin à tout autre oreille

sibyllin, mystérieux, obscur, difficile à comprendre.

 

en tant que représentant de la gent canine

la gent, le peuple - la gent canine, le peuple des chiens

la gent trotte-menu (les souris), la gent qui porte crête (les coqs), cf. La Fontaine

La gent aristocratique, cf. Balzac

> la gent, les gens, gentil, gentillesse, Gente Dame, un gentilhomme,, un gentleman, l'entregent, un Gentil, la gentilité

 

l'idiolecte de Prétatou

idiolecte, particularité langagière.

 

Quelle prétentieuse assertion !

assertion, idée qu'on affirme comme vraie.

 

<< 93 Délires sur l'enfermement

>> 95 Délires qui s'annoncent paradisiaques

 

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

 Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 19:02

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Dans cette contrée qui semblait si vaste, l'enfermement était pourtant de rigueur. Un enfermement qui n'était pas seulement dû aux limites concrètes des frontières, limites dont la plupart ignoraient l'existence, mais à un autre, plus pervers encore, qui contraignait les esprits, formatés malgré eux, à rester confinés dans des mesures éducatives et politiquement correctes, visant à leur faire suivre le chemin étroit de l'aveugle obéissance. Aucun esprit critique ne pouvait s'exercer.

Le totalitarisme à l'état pur.

L'habitude en était si fortement ancrée dans le quotidien des Utopinambourgeois, que leurs pensées ne pouvaient se libérer en prenant de la hauteur pour entamer une réflexion sur leur vie ― une vie qui voulait se donner l'illusion de s'écouler dans un monde parfait.

Qui étais-je donc pour entrevoir autre chose ? Et que pouvais-je faire pour dessiller leurs yeux ?

Je n'étais pas de la trempe de Jeanne d'Arc*, non plus de celle d'Olympe de Gouges*, ni de Madame Rolland*, encore moins de Charlotte Corday*, pas plus que de Louise Michel*, ne parlons pas de Rosa Luxembourg*, ni d'Anna Arendt*, ni même de Simone Weil*. Ces femmes en défilé, dans mes songes, me faisaient signe de les rejoindre.

 

Je sortis brusquement de mes réflexions profondes lorsque Prétatou tira ma robe et aboya gentiment.

« Viens que je te fasse faire un tour en ville, me proposa-t-il. Je te vois toute triste et morfondue. Cesse de vouloir résoudre tous les problèmes des hommes. Cesse de regarder au-delà de ce que voient les autres, petite Oli, viens te promener avec moi. »

 

NOTES

Un enfermement qui n'était pas seulement dû aux limites concrètes des frontières

> Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

 

dont la plupart ignoraient l'existence

dont la plupart des Utopinambourgeois ignoraient l'existence

La plupart est un collectif qui exige le pluriel.

 

Et que pouvais-je faire pour dessiller leurs yeux ?

dessiller les yeux, faire voir la vérité.

étymologie de dessiller : découdre les paupières (des faucons)

La nouvelle orthographe propose déciller.

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

Cesse de regarder au-delà de ce que voient les autres

au-delà, en deça, par delà...

> Y a-t-il un trait d'union ou pas ? Au delà ou au-delà ? Par delà ou par-delà ? AU ou PAR ou EN etc. + deçà, delà, devant, derrière, avant, arrière, dessus, dessous, dedans, dehors, haut, bas.

> L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête...

 

Des femmes extraordinaires de courage

*Jeanne d'Arc, la Pucelle d'Orléans, (1412 ?-1431) chef de guerre. Elle combattit les Anglais qui occupaient les territoires du Nord et du Sud-Ouest de la France et mena le Roi Charles VII à son sacre à Reims. On connaît son martyre. Elle fut brûler vive sur un bûcher à Rouen.

Elle n'avait pas dix-neuf ans.

Rappelez-vous comme elle sut mettre en échec ses juges à son procès. À ceux-là qui lui posaient des pièges pour la prendre en faute, elle répondait, inspirée. 

 

Savez-vous si vous êtes en la grâce de Dieu ?

Si je n'y suis, Dieu m'y mette. Et si j'y suis, Dieu m'y garde. Je serais la plus malheureuse du monde si je savais ne pas être en la grâce de Dieu ! Je m'en remets à Dieu de tout.

................................................

Olympe de Gouges  (1748-1793) femme de lettres, politique, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

 

Article 1
La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits
...
Article 3
Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation qui n'est que la réunion de la Femme et de l'Homme.

 

Elle a combattu pour faire reconnaître les droits des femmes et pour l'abolition de l'esclavage. Elle fut guillotinée.

Elle est la figure emblématique des mouvements pour la libération de la femme.

................................................

Madame Rolland (1754-1793)

 

Ô liberté ! Que de crimes on commet en ton nom !

Ainsi s'exclama Manon, Vicomtesse Rolland de la Platière, lorsqu'elle passa devant la statue de la Liberté, alors qu'elle s'approchait de la guillotine.

Manon Rolland, l'égérie des Girondins, réunissait dans son salon, deux fois par semaine, les amoureux du progrès. Elle fut la cible des Montagnards qui ne l'épargnèrent pas.

................................................  

Charlotte Corday (1768-1793) l'insoumise, l'indépendante qui n'en faisait toujours qu'à sa tête, décida de délivrer la France de l'homme qui symbolisait l'injustice, Marat. Ce n'est pas sans angoisse qu'elle fit ce geste fatal.

 

Ode à Marie-Charlotte Corday

[… ]

Belle, jeune, brillante, aux bourreaux amenée,
Tu semblais t’avancer sur le char d’hyménée,
Ton front resta paisible, et ton regard serein.
Calme sur l’échafaud, tu méprisas la rage
D’un peuple abject, servile, et fécond en outrage,
Et qui se croit alors et libre et souverain.

[… ]

André Chénier dédia ce poème à la mémoire de la belle héroïne.

Il fut lui aussi guillotiné, le 7 thermidor an II, le 25 juillet 1794.

................................................

Louise Michel (1830-1905) Figure emblématique de la Commune de Paris (1871). Militante anarchiste et révolutionnaire, elle a poursuivi toute sa vie ses activités politiques.


Chacun cherche sa route : nous cherchons la nôtre et nous pensons que le jour où le règne de la liberté et de l'égalité sera arrivé, le genre humain sera heureux.

 

Victor Hugo la dépeint dans son poème Viro Major :

[ … ]

Ayant vu le massacre  immense, le combat

Le peuple sur sa croix, Paris sur son grabat,

La pitié formidable était dans tes paroles.

Tu faisais ce que font les grandes âmes folles

Et, lasse de lutter, de rêver de souffrir,

Tu disais : " j'ai tué ! " car tu voulais mourir.

 

Tu mentais contre toi, terrible et surhumaine.

Judith la sombre juive, Aria la romaine

Eussent battu des mains pendant que tu parlais.

Tu disais aux greniers : " J'ai brûlé les palais !"

Tu glorifiais ceux qu'on écrase et qu'on foule.

Tu criais : " J'ai tué ! Qu'on me tue ! - Et la foule

Écoutait cette femme altière s'accuser.

Tu semblais envoyer au sépulcre un baiser ;

Ton oeil fixe pesait sur les juges livides ;

Et tu songeais pareille aux graves Euménides.

[ … ]

................................................

Rosa Luxembourg (1870-1919) Socialiste révolutionnaire allemande d'origine polonaise. Activiste en Allemagne et en Pologne, collaboratrice d'un journal social démocrate. Elle analyse l'oeuvre de Karl Marx Le Capital. Elle contribue à la formation du Parti communiste allemand et participe à l'insurrection spartakiste. Elle est arrêtée et assassinée.

Le luxembourgisme s'inspire de ses idées.

 

Les guerres sont un phénomène barbare, profondément immoral, réactionnaire et contraire aux intérêts du peuple.

 

Nous assistons à l'effondrement du vieux monde qui croule par pans entiers, jour après jour. Ce qui est le plus surprenant, c'est que la plupart des gens ne s'en aperçoivent pas et croient marcher encore sur un sol ferme.

................................................

Hannah Arendt (1906-1975) philosophe allemande, quitte l'Allemagne pour la France en 1933 afin de s'occuper des étrangers qui fuient le nazisme. Mais devant l'avancée des troupes allemandes, elle rejoint l'Amérique après une halte à Lisbonne.

Elle revient en Allemagne après la guerre et s'occupe des rescapés juifs. En 1941, elle s'installe en Amérique. Naturalisée américaine en 1951, elle enseigne dans plusieurs universités.

Sa pensée aborde des thèmes qui éclairent notre temps comme l'antisémitisme et le totalitarisme. Elle nous laisse une oeuvre considérable.

 

La principale caractéristique de l'homme de masse n'est pas la brutalité ou le retard mental, mais l'isolement et le manque de rapports sociaux normaux.

................................................

Simone Weil (1909-1943) Philosophe française, elle voue sa vie à la recherche de la justice et de la vérité. Elle prend le parti des faibles et des opprimés. Juive d'origine, sa pensée se veut d'inspiration chrétienne.

 

La plénitude de l'amour du prochain, c'est simplement d'être capable de lui demander : « Quel est ton tourment ? »

 

<< 92 Délires sur le désir de conserver sa jeunesse à tout prix - anima sana in corpore sano + QUIZ 19 (2e partie) Retrouvez les pseudonymes de 12 écrivains et écrivaines

>> 94 Délires sur la perspective d'une balade avec Prétatou + QUIZ 19 (3e partie)

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 19:27

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Me fallait-il passer le reste de ma vie à tenter vainement de me faire entendre par des êtres privés de leur liberté, sans pouvoir en trouver un seul qui eût osé mettre en doute les ficelles qui faisaient de lui et de ses semblables de pauvres marionnettes ?

Monsieur Pro m'avait fait comprendre qu'ils étaient tous consentants, car une force impérieuse les poussaient à ne vouloir rien savoir qui eût pu mettre en danger leur sacro-sainte immortalité.

Leur immortalité ? Y croyaient-ils vraiment ?

Et pourtant !

Avais-je vu jusque-là un seul homme ou une seule femme marqués par les stigmates du temps qui passe ?

Il était bien tentant, il était bien humain de vouloir rester dans l'apparence de sa jeunesse.

Pendant des millénaires, on avait tout tenté pour arriver à un tel résultat. Tout. En vain.

Que n'avait-on pas pratiqué pour ce faire ?

Le sport, en en vantant sa pratique incontournable, anima sana in corpore sano, une âme saine dans un corps sain* ; des régimes incroyables à vous faire maigrir en un tournemain, en ingurgitant des médicaments qui se révélaient tous, au bout d'un temps, des poisons, dispensés par des laboratoires criminels, parce que âpres au gain ; des crèmes dites vivifiantes et réparatrices, tonifiantes et régénératrices, qui ne combattaient en rien les rides, mais qui faisaient l'objet d'un marché bien juteux ; des oligo-éléments et des vitamines à gogo qui n'en pouvaient mais ; des liftings qui distordaient les traits jusqu'à gommer toute trace d'émotion ; et des liposuccions, suceuses de graisses épaisses, et qui n'épargnaient aucunement les intérieurs déchirés et sanglants, pouah ; sans parler du maquillage dont l'origine se perd dans la nuit des temps. (On dit que Madame de Pompadour, soucieuse de sa carnation blanche et délicate se barbouillait d'une mixture faite à base d'arsenic.)

Rien de tout cela n'amena jamais quiconque à lui faire oublier son âge.

Un âge qui avance, qui avance... qui avance irrémédiablement. Ne dit-on pas un âge avancé ?

 

Et voilà qu'ici même, il semblait qu'on regardât comme une évidence de rester jeune éternellement !

« La Fontaine de Jouvence... m'avait fait comprendre Pro. » Une fontaine de jouvence aux vertus sans limites. Y croyait-il lui-même alors qu'il avait laissé entendre que sa fin était proche ? On pouvait en décrypter les premiers signes.

Et si tout cela n'était qu'un leurre ? Que devenaient-ils alors, ces êtres sans défense devenus vieux maintenant ? On ne les voyaient plus. S'évaporaient par enchantement ?

N'avais-je pas entrevu un subreptice tressaillement lorsque Pro s'était imaginé son avenir imminent et funeste ? Y aurait-il donc une fin pour tous, à Utopinambourg ? Ces questions m'assaillaient en grand nombre. Qu'avais-je donc à voir avec leur désir irrépressible d'une jeunesse sans fin, tout au plus le risque d'un châtiment qui n'offrait aucune échappatoire.

......................................................................................... 

*-Orandum est, ut sit mens sana in corpore sano. Il faut prier afin d'obtenir un esprit sain dans un corps sain.

Citation extraite de la dixième des Satires de Juvénal. Elle voulait dire que l'homme, s'il est vraiment sage, ne doit demander que la santé de l'âme avec celle du corps.

On dit aussi :

-Anima sana in corpore sano : Une âme saine dans un corps sain.

-Mens fervida in corpore lacertoso : Un esprit ardent dans un corps musclé.

Citation propre à la Renaissance et à son Humanisme qui exalte l'épanouissement de l'homme.

 

NOTES

Avais-je vu jusque-là un seul homme ou une seule femme marqués par les stigmates du temps qui passe ?

LA CONJONCTION DE COORDINATION OU.

Avec deux noms au singulier coordonnés par ou, on a la marque du singulier ou du pluriel selon que l'un exclut l'autre ou pas (sens voisin de et).

Le père ou la mère viendra. (L'un ou l'autre)

Les filles ou les garçons joueront avec mon fils. (Les uns comme les autres)

Le Président de la République ou le premier Ministre présidera à cette réunion.

Vous portez bien la jupe ou la robe longues.

Exemples donnés par le dictionnaire de l'Académie :

La douceur ou la violence en viendra à bout

La peur ou la misère ont fait commettre bien des choses.

Quand les deux noms sont synonymes, on a la marque du singulier.

Le nom de famille ou patronyme doit figurer sur votre feuille de route.

Pas de OU dans une phase négative, mais NI

Il n'a pas d'argent ni d'amis, le pauvre homme.

................................................. 

Pour ce faire, pour faire cela.

 

Des régimes incroyables à vous faire maigrir en un un tournemain 

en un tournemain, littéraire, en un instant, en un tour de main. 

Le tour de main, coup de main adroit qui vous permet de réussir.


Madame de Pompadour, soucieuse de sa carnation blanche et délicate

La carnation, le teint.

 

qui ne combattaient en rien les rides

en rien, pas du tout.

 

des oligo-éléments, des vitamines qui n'en pouvaient mais.

N'en pouvoir mais, ne rien y pouvoir, ne plus rien y pouvoir.

Je n'en peux mais.

 Les oligo-éléments sont des nutriments. Leur absence ou leur présence en excès dans l'organisme sont létaux.

Létal, qui entraîne la mort.

 

Les vitamines, il y en a une kyrielle, de A à K.

Exemple de conseil : Si vous prenez des médicaments pour fluidifier votre sang, ne prenez pas de vitamine K, qui aurait l'effet contraire. (choux divers, tomates etc.) Consultez votre médecin !

 

N'avais-je pas entrevu un subreptice tressaillement

subreptice, qui est fait furtivement et illicitement.

Dans le contexte, Pro n'avait pas le droit de montrer son émotion.

 

<< 91 Délires à n'y pas croire -"Je peux croire toutes les choses pourvu qu'elles soient incroyables."*

>> 93 Délires sur l'enfermement

 

Article connexe sur l'Express janvier 2013 > Ces milliardaires prêts à s'offrir l'immortalité

QUIZ LITTÉRAIRE N°19 > Pseudonymes et noms de plume – QUIZ 19

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Articles classés par catégories (tags)

 

 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 20:22

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Cette situation particulière qui aurait voulu que ce fût l'employée qui servît sa patronne, et non le contraire, montrait bien qu'Alcmène n'avait aucunement l'envie d'établir une hiérarchie entre nous ; l'échelon où elle se plaçait était sur le même degré que le mien.

Cette réflexion que je me fis à moi-même m'indisposa soudain d'une façon si violente que je refusai de continuer à me faire servir comme un pacha°, en prenant mes aises, et je lui demandai aussitôt quel travail j'aurais à faire pour la journée. Mais elle avança qu'il était encore bien tôt avant le repas du soir et que nous avions tout le temps de converser, ce qui pouvait passer pour une invitation à un bavardage à bâtons rompus°. Peut-être était-ce là ce qu'elle voulait me faire croire alors que son plus vif désir était de m'interroger bien vite en allant droit au but.

Je ne voulus pas la faire souffrir davantage et lui proposai de nous isoler comme nous avions déjà si bien su le faire, afin que nous pussions échanger des choses que l'on rendrait inécoutables à toute oreille étrangère.

Lorsque nous fûmes en position de nous exprimer à l'abri de l'avatar de Big Brother dans notre précieux refuge, je me décidai de lui faire connaître les raisons du désir que j'avais eu de rencontrer la gouvernesse.

Ce fut pour elle une révélation.

Je lui parlai de Pro, si peu pro malgré ses prodigieux efforts.

Je lui révélai tout ce que je savais de Marie Cratère, du séjour que j'avais fait chez elle, dans son antre délétère, et de ses pouvoirs faramineux.

J'attendais de lire dans les yeux d'Alcmène un profond étonnement, une stupéfaction considérable, mais l'effet que produisirent mes explications fut inattendu. Elle eut grand'peine à donner foi à mes paroles.

La chose était trop incroyable pour être crue.

Je lui suggérai de suivre Oscar Wilde qui se plaisait à dire qu'il pouvait tout croire pourvu que ce fût incroyable*. En vain.

Elle m'assaisonna de reproches.

« Je te fiche mon billet° que si je t'avais raconté la même chose, tu ne m'aurais pas crue non plus. »

Et pourtant c'était vrai, aussi vrai que j'existe, moi, Oli, bien faite de chair et de sang !

............................................................  

*I can believe everything provides it is incredible

Oscar Wilde, écrivain irlandais

Je peux croire toutes les choses pourvu qu'elles soient incroyables.

 

NOTES

ce qui pouvait passer pour une invitation à un bavardage à bâtons rompus

À bâtons rompus°, sans fil conducteur.

bâton l'accent circonflexe marque la disparition du s, conservé dans bastonner.

> L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux... + Quiz 58

 

peut-être était-ce là ce qu'elle voulait me faire croire

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison. 

 

à l'abri de l'avatar de Big Brother

un avatar, voir la note du texte n°83    

Big Brother,  voir la note du texte n°63 


les raisons du désir que j'avais eu de rencontrer la gouvernesse.

la gouvernesse, néologisme formé pour la circonstance sur gouverneur.

 

Je lui parlai de Pro, si peu pro

pro (familier) professionnel.

 

du séjour que j'avais fait chez elle, dans son antre délétère

♦ un antre (littéraire) lieu inquiétant et plein de mystère.

Voir les habitations des animaux QUIZ 6 texte n°49 

♦ délétère, nuisible pour la santé, qui attaque la vie.  

Un gaz délétère.

Au figuré, qui cause un mal moral.  

Un roman délétère.

 

et de ses pouvoirs faramineux

faramineux, énorme, extraordinaire, incroyable.

Une bête faramine, une bête sauvage, nuisible. une bête fantastique de l'ouest et du centre de la France.

 

il pouvait tout croire pourvu que ce fût incroyable

fût, subjonctif imparfait

> la locution conjonctive Pourvu que 

 

Je te fiche mon billet que si je t'avais raconté la même chose

je te donne mon billet que...

Expressions familières

Je suis prête à parier. Je vous affirme que...

 

Je te donne mon billet, je te fiche mon billet

Brassens chante dans Saturne :

C'est pas vilain, les fleurs d'automne
Et tous les poètes l'ont dit
Je regarde et
je donne
Mon billet q
u'ils n'ont pas menti
Je regarde et
je donne
Mon billet
qu'ils n'ont pas menti

 

<< 90 Délires autour d'une impatience caractérisée 

>> 92 Délires sur le désir de conserver sa jeunesse à tout prix - anima sana in corpore sano

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Articles classés par catégories (tags) 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 14:00

LES DÉLIRES Tous les épisodes

Tous les QUIZ

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Alcmène m'attendait dans la salle du restaurant quand je descendis après un brin de toilette. Je m'en serais voulu de la faire patienter trop longtemps, si grand était son désir de m'entendre lui raconter ce qui s'était passé la veille. Mais elle était déjà rassérénée dès lors qu'elle me vit sourire.

Aucune trace d'angoisse ni de regret d'avoir entrepris cette aventure ne se lisait sur mon visage, et Alcmène, bien que fort curieuse et  sur des charbons ardents°, faisait tout son possible pour ne pas me presser de lui dévoiler ce que j'avais vu et entendu, ne voulant pas être indiscrète, ni me faire croire qu'elle pourrait me fléchir jusqu'à ce que je lui eusse tout expliqué par le menu, hésitant encore à espérer que j'étais devenue une véritable amie. Elle me respectait trop pour me forcer la main à lui révéler des secrets qu'elle pressentait mais dont elle ignorait la teneur véritable.

Elle se serait jeté des charbons de feu sur sa propre tête° si elle n'avait pu se contenir et qu'elle se fût mise brusquement à s'irriter d'impatience.

Elle m'interrogeait du regard sans vouloir dire à haute voix ses pensées les plus intimes, et si elle eût voulu le faire, elle n'aurait su que louvoyer et tourner autour du pot°. Elle attendait que je me décidasse à ouvrir mon coeur, et à lui dire, sans tergiverser, ce que j'avais appris qu'elle ne savait pas encore.

Elle supposait que, si elle avait montré quelque agacement à trop attendre, je me serais rebéquée à l'écart et je n'aurais pipé mot ; elle n'eût ainsi rien tiré de moi. C'eût été mal me connaître, la bouderie n'était pas mon fait et je n'aurais laissé prendre le pas° à aucune fâcherie sur notre connivence.

Elle prit un air détaché pour me servir le petit déjeuner qu'elle avait mis tout prêt pour quand je descendrais de l'étage où je me trouvais, mais elle ne put cacher le léger tremblement de ses mains qui traduisait une émotion intense. Non que je me fusse amusée à la voir ainsi tout émotionnée, mais il faut avouer que je ressentais comme un fluide délicieux qui me parcourait tout entière.

Je comptais pour elle. J'étais aimée.
 

 

NOTES

si grand était son désir de m'entendre

grand, adjectif attribut de désir

 

Elle était déjà rassérénée dès lors qu'elle me vit sourire

♦ Rasséréner, rendre serein / sereine.

sérénité, rassérénement.

♦ la locution conjonctive de cause > Dès lors que

 

Alcmène, brûlant sur des charbons ardents, faisait tout son possible

Être sur des charbons ardents°, être très impatient.

 

ne voulant me faire croire qu'elle pourrait me fléchir jusqu'à ce que je lui expliquasse tout par le menu

♦ fléchir, faire céder. 
la locution conjonctive > Jusqu'à ce que

par le menu, en détails.

 

Elle se serait jeté des charbons de feu sur sa propre tête°  si elle n'avait pu se contenir et qu'elle se fût mise brusquement à s'irriter d'impatience.

[... ] C'est jeter des charbons de feu sur leur tête,  Bossuet 

 Expression biblique.

C'est les rendre inexcusables et c'est attirer la vengeance divine.

Elle se serait jeté des charbons, le participe passé est invariable puisque le complément d'objet direct se trouve après lui.

Si elle n'avait pu se contenir et qu'elle se fût mise...

= Si elle n'avait pu se contenir et si elle s'était mise...

Pour éviter la répétition de si, on emploie une subordonnée conjonctive introduite par que, de même nature et de même fonction que la précédente (conditionnelle) et suivie du subjonctif.

Ici, se fût mise est un subjonctif plus-que-parfait dû à la concordance des temps.

 

Je me serais rebéquée

Se rebéquer, répondre et tenir tête à un supérieur

 

si elle eût voulu le faire, elle n'aurait su que louvoyer et tourner autour du pot°

eût voulu, subjonctif plus-que-parfait après la conjonction si

> Si + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

si elle avait voulu le faire

louvoyer, tourner autour du pot°, sens proche, ne pas aller droit au but, faire des détours pour y parvenir.

 

elle attendait que je me décidasse (subjonctif imparfait)

> Valeurs et emplois du subjonctif 

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

Elle n'eût ainsi rien tiré de moi > elle n'aurait rien tiré..

C'eût été mal me connaître > ç'aurait été ...

tirer et être au plus-que parfait du subjonctif à valeur de conditionnel passé (2ème forme)

 

Prendre le pas sur quelque chose°

passer avant quelque chose

 

elle avait mis tout prêt pour quand je descendrais de l'étage...

je descendrais, futur du passé (concordance des temps)

> elle a mis tout prêt pour quand je descendrai de l'étage

> Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur antérieur du passé - Le futur antérieur hypothétique

 

Non que je me fusse amusée à la voir ainsi tout émotionnée

tout émotionnée, adverbe tout

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe variable dans certains cas et substantif

subjonctif après la locution conjonctive non que.

> Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

 

émue et émotionnée, voir la note du texte n°21

 

<< 89 Délires que l'on croit rêver + QUIZ 18 Quatorze personnages en quête d'auteurs

>> 91 Délires à n'y pas croire -"Je peux croire toutes les choses pourvu qu'elles soient incroyables."*

 

QUIZ LITTÉRAIRE N°19

> QUIZ 19 Pseudonymes et noms de plumes

>> Retour au début de l'article

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

 ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Articles classés par catégories (tags)

 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 12:16

LES DÉLIRES Tous les épisodes

Tous les QUIZ

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Mon sommeil était si profond le lendemain matin que je n'entendis pas Alcmène pianoter son toc toc discret sur le battant de la porte. Elle l'ouvrit doucement, la fit tourner autour du châssis dormant, qui ne grinça aucunement, dormant tout aussi bien que moi.

Elle s'approcha de mon lit, hésitant à me réveiller, et partant, à me plonger derechef dans la brutale réalité.

« Tu avais le sourire aux lèvres, me dirait-elle quelques instants plus tard, en me demandant ce que j'avais rêvé.

Je ne me souviens plus, lui répondrais-je. »

Je ne peux même pas compter sur mes rêves de la nuit. Les plus beaux se refusent à mon souvenir.  À dire vrai, mes rêves éveillés suffisent largement à me faire croire que je rêve.

Tout ce que nous voyons, tout ce que nous croyons,

n'est-il qu'un rêve dans un rêve ?* 

 

Lorsque j'ouvris les yeux, mon regard plongea dans celui de mon amie, si bleu, si vaste, que toutes les colombes du monde auraient pu y voler. Son air apaisé et maternel fit vibrer les cordes les plus sensibles de ma psyché.

« Tout s'est bien passé, là-haut ? voulut-elle savoir. »

Je pris le temps d'étirer lentement mes muscles engourdis, et je lui fis signe que oui. Le souci qu'elle prenait de moi me mit du baume au coeur°.

 

 L'amitié est la similitude des âmes.** Cette pensée qui me vint me berça dans sa douceur.

...............................................................................

*Tout ce que vous voyons, tout ce que nous croyons n'est-il qu'un rêve dans un rêve ? Edgar Poe, Poème A dream within a dream.

Is all that we see or seem is but a dream within a dream ?

 

**L'amitié est la similitude des âmes. D'Alcuin (d'York)

Albinus Alcuin, (surnommé Flaccus) en vieil anglais Ealhwine, 735-804, moine anglais, maître de l'Académie Palatine, la plus grande école de l'empire carolingien, conseiller de Charlemagne.

   

NOTES

Le châssis dormant est l'huisserie de la porte dans laquelle vient s'emboîter la partie mobile, le battant.

 

elle la fit tourner autour du châssis dormant, qui ne grinça aucunement, dormant tout aussi bien que moi

L'ANTANACLASE joue sur le mot dormant qui est employé dans deux acceptions différentes :

 

"J'avais le sourire aux lèvres, me dirait-elle quelques instants plus tard, en me demandant ce que j'avais rêvé.

Je ne me souviens plus, lui répondrais-je.”

LA PROLEPSE est une anticipation des faits qui se produiront plus tard.

 

hésitant à me réveiller, et partant, à me plonger derechef dans la brutale réalité

partant, par conséquent.

derechef, de nouveau, une seconde fois.

> Ne pas confondre À NOUVEAU et DE NOUVEAU

 

les cordes les plus sensibles de ma psyché

ma psyché, mon psychisme, mon cœur, mon âme.

 

le souci qu'elle prenait de moi me mit du baume au coeur

Mettre du baume au cœur°, réconforter.

Un baume, une préparation calmante à base de résine odoriférante de certains végétaux.

 

<< 88 Délires que l'épuisement exacerbe -"Les déceptions ne tuent pas et les espérances font vivre" 

>> 90 Délires autour d'une impatience caractérisée + QUIZ 19 (1re partie) Ces écrivains et ces écrivaines dont on ne connaît parfois que les pseudonymes

 

QUIZ LITTÉRAIRE N°18

14 personnages en quête d'auteurs*

Retrouvez les grandes œuvres de la littérature française (et francophone)

où l'on peut les rencontrer.

Et le nom de leur créateur !

 

1 Mathilde de la Molle

2 Esmeralda

3 Till ou Thyl

4 Estragon (Gogo) et Vladimir (Didi)

5 Madame de Clèves

6 Le curé d'Ambricourt

7 Le Docteur Rieux

8 Justine

9 Abel Tiffauges

10 Vautrin

11 Edmond Dantès

12 Emma

13 Ferdinand Bardamu

14 Odette

V

V

V

1 Mathilde de la Molle, dans le Rouge et le Noir avec Julien Sorel, de Stendhal.

 

2 Esmeralda, poignardée par Frollo dans Notre-Dame de Paris de Victor Hugo.

3 Till ou Thyl, La légende d'Ulenspiegel (ou Eulenspiegel), de Charles de Coster, Belgique.

Titre complet : La Légende et les Aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulensiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandres et ailleurs.

Du nom du héros est né le mot espiègle. Till l'Espiègle

extrait : Till l'Espiègle/ Thyl Ulenspiegel - Charles De Coster

 

4 Estragon (Gogo) et Vladimir (Didi). En attendant Godot de Samuel Beckett, Irlandais.

 

5 Madame de Clèves. La princesse de Clèves, éprise du comte de Neumours, de Madame de La Fayette.

 

6 Le curé d'Ambricourt. Journal d'un curé de campagne de Georges Bernanos. Le roman se termine sur une conclusion empruntée à Sainte Thérèse de Lisieux :

« Qu'est-ce que cela fait ? Tout est grâce. »

 

7 Le Docteur Rieux. La Peste d'Albert Camus. L'auteur s'est probablement inspiré d'une épidémie de typhus qui avait sévi en Algérie en 1941-1942.

 

8 Justine. Les Infortunes de la Vertu du Marquis de Sade.

 

9 Abel Tiffauges. Le Roi des Aulnes de Michel Tournier. Ce roman s'inspire de la Germanistik que l'auteur tient de ses parents et de ses études.

Le titre fait référence à un poème de Goethe,

 

Der Erlkönig (Le roi des Aulnes).

Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ?

Es ist der Vater mit seinem Kind...

Qui chevauche si tard dans la nuit et le vent ?

C'est le père avec son enfant...

 

10 Vautrin, personnage de plusieurs romans de la Comédie Humaine de Honoré de Balzac.

Le père Goriot

Illusions perdues

Splendeurs et misères des courtisanes

Le député d'Arcis

Ancien forçat, il se plaît à aider de jeunes ambiltieux, Eugène de Rastignac, Lucien de Rubempré, et cela jusqu'au crime.

On sait que Jean Herman, écrivain, scénariste, réalisateur, a choisi Jean Vautrin comme nom de plume.

 

11 Edmond Dantès. Le Comte de Monte-Christo d'Alexandre Dumas père.

Accusé à tort, arraché des bras de Mercedes, Edmond se venge. Et comment !

 

12 Emma. Madame Bovary de Gustave Flaubert. Une petite midinette qui se suicide et qui défraie la chronique, et voilà mon Gustave prêt pour écrire un chef-d'oeuvre à partir de ce fait divers.

 

13 Ferdinand Bardamu. Le Voyage au bout de la Nuit de Ferdinand Céline.

Le personnage nous décrit la condition humaine sous son jour le plus noir, le plus désespérant.

 

14 Odette (Madame Swann). À la Recherche du temps perdu de Marcel Proust

Laure Hayman, amie de Proust serait à l'origine du personnage

*Titre du QUIZ : Cf. Six personnages en quête d'auteur de Luigi Pirandello.

 

> Retour au début de l'article

LES DÉLIRES Tous les épisodes

Tous les QUIZ

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article

Présentation

  • : LE BLOG DE MAMIEHIOU - La langue française telle qu'on l'aime  De la grammaire, des exercices divers, des dictées commentées, des histoires, des textes d'auteurs, des infos pratiques...
  • : Pour tous ceux qui aiment la langue française. Son histoire, sa grammaire et son orthographe. Des dictées commentées, des exercices ébouriffants, un florilège de textes d'auteurs, etc.
  • Contact

Mon Profil

  • mamiehiou.over-blog.com
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.

Mon blog

Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

Rechercher Un Mot Du Blog