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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 10:08

Pour faire le Quiz, reportez-vous à l'article :

QUIZ 17 Des tirades fameuses (à compléter) à retrouver pour le plaisir

 

VICTOR HUGO – HERNANI 1830 – Acte III, scène 4

On se souvient que cette pièce a donné lieu à une violente polémique. Victor Hugo n'ayant pas respecté les règles de la tragédie classique.


Hernani, qui aime Doňa Sol, lui demande de renoncer à l'amour qu'elle lui porte.


Hernani
Monts d'Aragon ! Galice ! 29 Estramadoure !
- Oh ! je porte malheur à tout ce qui m'entoure ! -
J'ai pris vos meilleurs fils, pour mes droits, sans remords ;
Je les ai fait combattre, et voilà qu'ils sont morts !
C'étaient les plus vaillants de la vaillante Espagne.
Ils sont morts ! ils sont tous tombés dans la montagne,
Tous sur le dos couchés, en braves, devant Dieu,
Et, si leurs yeux s'ouvraient,
30 ils verraient le ciel bleu !
Voilà ce que je fais de tout ce qui m'épouse !
Est-ce une destinée à te rendre jalouse ?
Dona Sol, prends le duc, prends l'enfer, prends le roi !
C'est bien. Tout ce qui n'est pas moi
31 vaut mieux que moi !
Je n'ai plus un ami qui de moi se souvienne,
Tout me quitte, il est temps qu'à la fin ton tour vienne,
Car je dois être seul. Fuis ma contagion.
Ne te fais pas d'aimer une religion !
Oh ! par pitié pour toi, fuis ! - Tu me crois, peut-être,
Un homme comme sont tous les autres, un être
Intelligent, qui court droit au but qu'il rêva.
Détrompe-toi. Je suis
32 une force qui va !
Agent aveugle et sourd de mystères funèbres
Une âme de malheur faite avec des ténèbres !
Où vais-je ? je ne sais. Mais je me sens poussé
D'un souffle impétueux, d'un destin insensé.
Je descends, je descends, et jamais ne m'arrête.
Si parfois, haletant, j'ose tourner la tête,
Une voix me dit :
33 Marche! et l'abîme est profond,
Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond !
Cependant, à l'entour de ma course farouche,
Tout se brise, tout meurt. Malheur
34 à qui me touche !
Oh ! fuis ! détourne-toi de mon chemin fatal,
Hélas ! sans le vouloir, je te ferais du mal !
 

 

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 10:07

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QUIZ 17 Des tirades fameuses (à compléter) à retrouver pour le plaisir

 

RACINE – Phèdre 1677 – Acte II, scène 5

Phèdre, épouse de Thésée, est amoureuse de son beau-fils Hippolyte. Après s'être longtemps tu, elle est à bout et avoue sa passion à l'être aimé.

 

Phèdre

Ah ! Cruel ! Tu m'as trop entendue !
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
Eh bien ! Connais donc Phèdr
e 23 et toute sa fureur.
J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même,
Ni que du fol amour qui trouble ma raison,
Ma lâche complaisance ait nourri le poison ;
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m'abhorre encor
plus 24 que tu ne me détestes.
Les dieux m'en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De sédu
ire 25 le coeur d'une faible mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé
C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé ;
J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais
plus, 26 je ne t'aimais pas moins ;
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J'ai langui, j'ai séché dans les feux, dans les larmes
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.
Que dis-je ? Cet aveu que je te viens de faire,
Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?
Tremblante pour un fils que je n'osais trahir,
Je te venais prier de ne le point haïr
Faibles projets d'un coeur trop plein de ce qu'il aime !
Hélas ! Je ne t'ai pu parler que de toi-même !
Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour
Digne fils du héros qui t'a donné le jour,
Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite.
La veuve de Thésée 27 ose aimer Hippolyte !
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper ;
Voilà mon coeur : c'est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d'expier son offense,
Au-devant de ton bras je le sens qui s'avance.
Frappe : ou si tu le crois indigne de tes coups,
Si ta haine m'envie un supplice si doux,
Ou si d'un sang trop vil ta main serait trempée,
Au défaut de ton bras 28 prête-moi ton épée.

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 10:06

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QUIZ 17 Des tirades fameuses (à compléter) à retrouver pour le plaisir

 

MOLIERE – L'Avare 1668 – Acte 4, scène 7

On a dérobé la cassette pleine de pièces d'or d'Harpagon.

Harpagon

Au voleur ! Au voleur ! A l'assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, 19 on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferais-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N'est-il point là ? N'est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête ! 20 Rends-moi mon argent, coquin... (il se prend lui-même le bras) Ah ! C'est moi ! Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis et ce que je fais. Hélas ! Mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! On m'a privé de toi; et puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie; tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde : sans toi, 21 il m'est impossible de vivre. C'en est fait, je n'en puis plus; je me meurs, je suis mort, 22 . N'y a-t-il personne qui puisse me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m'apprenant qui l'a pris ?

 

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 10:05

 

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RACINE – Bérénice 1670 – Acte IV scène 5

Titus et Bérénice s'aiment, mais Titus sacrifie son amour pour le pouvoir.

 

Bérénice

Eh bien ! régnez, cruel, contentez votre gloire :
Je ne dispute plus. J’attendais, pour vous croire,
Que cette même bouche, après mille serments
D’un amour qui devait unir tous nos moments,
Cette bouche, à mes yeux s’avouant infidèle,
M’ordonnât elle-même une absence éternelle.
Moi-même j’ai voulu vous entendre en ce lieu.
Je n’écoute plus rien, et pour jamais : adieu...
Pour jamais ! Ah, Seigneur ! songez-vous en vous-même
Combien ce mot cruel
17est affreux quand on aime ?
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse,
Sans que jamais
18 Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?
Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus !
L’ingrat, de mon départ consolé par avance,
Daignera-t-il compter les jours de mon absence ?

Ces jours si longs pour moi lui sembleront trop courts.
  

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 10:00

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QUIZ 17 Des tirades fameuses (à compléter) à retrouver pour le plaisir

 

RACINE – Andromaque 1667- Acte V, scène 5

Oreste est amoureux fou d'Hermione qui, par dépit amoureux lui a promis de l'épouser s'il tuait Pyrrhus. Pyrrhus, amoureux d'Andromaque, la captive, est assassiné par Oreste. Hermione écume de rage et se suicide sur le corps de Pyrrhus.

La folie s'empare de lui, il est la proie d'hallucinations.

Pylade est le fidèle ami dOreste.

 

ORESTE
Grâce aux Dieux ! Mon malheur passe mon espérance.
Oui, je te loue, ô ciel, de ta persévérance.
Appliqué sans relâche au soin de me punir,
Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir.
Ta haine a pris plaisir à former ma misère ;
J'étais né pour servir d'exemple à ta colère,
Pour être du malheur un modèle accompli.
Hé bien ! je meurs content, et mon sort est rempli.
Où sont ces deux amants ? Pour couronner ma joie,
Dans leur sang, 13 dans le mien il faut que je me noie ;
L'un et l'autre en mourant je les veux regarder.
Réunissons trois cœurs qui n'ont pu s'accorder.
Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne ?
De quel côté sortir ? D'où vient que je frissonne ?
Quelle horreur me saisit ? Grâce au ciel, j'entrevois.
Dieux ! 14 quels ruisseaux de sang coulent autour de moi !

 

PYLADE
Ah ! Seigneur.

 

ORESTE
Quoi ? Pyrrhus, je te rencontre encore ?
Trouverai-je partout un rival que j'abhorre ?
Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé ?
Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé.
Mais que vois-je ? À mes yeux Hermione l'embrasse ?
Elle vient l'arracher au coup qui le menace ?
Dieux ! quels affreux regards elle jette sur moi !
Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi ?
Hé bien ! filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ?

15 Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
À qui destinez-vous l'appareil qui vous suit ?
Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit ?
Venez, à vos fureurs Oreste s'abandonne.
Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione :
L'ingrate mieux que vous saura me déchirer ;
Et je lui porte 16 enfin mon cœur à dévorer.

Fin de la pièce.

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 09:59

 

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QUIZ 17 Des tirades fameuses (à compléter) à retrouver pour le plaisir

 

CORNEILLE- Horace 1640 - Acte IV scène 5

Les imprécations de Camille.

Albe et Rome se disputent la suprématie. Le combat des trois Horace contre les trois Curiace vient de s'achever. Le frère de Camille, le romain Horace est vainqueur. Camille crie sa haine contre lui. Il a tué son amant, Curiace. 

 

Camille

Rome, l'unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Rome qui t'a vu naître et que ton cœur adore !
Rome
9 enfin que je hais, parce qu'elle t'honore !
Puissent tous ses voisins, ensemble conjurés,
Saper ses fondements encor mal assurés !
Et si ce n'est assez de toute l'Italie,
Que
10 l'Orient, contre elle, à l'Occident s'allie !
Que cent peuples unis des bouts de l'univers
Passent pour la détruire et les monts et les mers !
Qu'elle-même sur soi renverse ses murailles,
Et
11 de ses propres mains déchire ses entrailles !
Que le courroux du ciel allumé par mes vœux,
Fasse tomber sur elle un déluge de feux !
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendres, et tes lauriers en poudre !
Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
Moi seule en être cause, et
12 mourir de plaisir.

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 09:58

LES QUIZ

ACCUEIL

 Avant de lire les tirades ci-dessous > QUIZ à faire dans l'article :

>> Des tirades fameuses (à trous) à retrouver pour le plaisir

CORNEILLE – Le Cid 1636 : Acte 1, Scène 4 - Acte 1, Scène 6, Les stances - Acte 4 , Scène 3

CORNEILLE- Horace 1640 : Acte IV scène 5

MOLIERE – L'Avare 1668 : Acte 4, scène 7

RACINE – Andromaque 1667 : Acte V, scène 5 Les imprécations de Camille

RACINE - Bérénice 1677 : Acte IV scène 5

RACINE - Phèdre 1677 : Acte II scène 4

EDMOND ROSTAND – Cyrano de Bergerac 1797 : Acte 1, scène 4 - La tirade des nez 

Les tirades sont rétablies ci-dessous dans leur intégralité.

 

(Extraits)

 CORNEILLE – LE CID 1636 -

Acte 1, Scène 4

Don Diègue, homme d'honneur, vient de recevoir un soufflet de Don Gormas

 

Don Diègue
Ô rage ! 1 ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir
2 en un jour flétrir tant de lauriers ?
Mon bras qu'avec respect toute l'Espagne admire,
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
Ô cruel souvenir de ma gloire passée !
Oeuvre de tant de jours en un jour effacée !
Nouvelle dignité fatale à mon bonheur !
Précipice élevé d'où tombe mon honneur !
Faut-il de votre éclat voir triompher Le Comte,
Et mourir sans vengeance,
3 ou vivre dans la honte ?

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Acte 1, Scène 6 - Les Stances
Don Rodrigue, son fils, doit le venger, et pour ce faire, il devra provoquer en duel le père de celle qu'il aime, le père de Chimène. Son coeur est déchiré. ll balance entre le devoir et l'amour. Dilemme cornélien !

 

Don Rodrigue
Percé jusques au fond du coeur
4 D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable vengeur d'une juste querelle,
Et malheureux objet d'une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé,
Ô Dieu, l'étrange peine !
En cet affront mon père est l'offensé,

5 Et l'offenseur le père de Chimène !

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Acte I, scène 3

Le valeureux Rodrigue raconte comment il a combattu les Maures

 

Don Rodrigue
Sous moi donc cette troupe s'avance,
6 Et porte sur le front une mâle assurance.
Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort

7 Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port,
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés reprenaient de courage !
J'en cache les deux tiers, aussitôt qu'arrivés,
Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés ;
Le reste, dont le nombre augmentait à toute heure,
Brûlant d'impatience, autour de moi demeure,

8 Passe une bonne part d'une si belle nuit.

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CORNEILLE- Horace 1640 - Acte IV scène 5

Les imprécations de Camille.

Albe et Rome se disputent la suprématie. Le combat des trois Horace contre les trois Curiace vient de s'achever. Le frère de Camille, le romain Horace est vainqueur. Camille crie sa haine contre lui. Il a tué son amant, Curiace. 

 

Camille

Rome, l'unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Rome qui t'a vu naître et que ton cœur adore !
Rome
9 enfin que je hais, parce qu'elle t'honore !
Puissent tous ses voisins, ensemble conjurés,
Saper ses fondements encor mal assurés !
Et si ce n'est assez de toute l'Italie,
Que
10 l'Orient, contre elle, à l'Occident s'allie !
Que cent peuples unis des bouts de l'univers
Passent pour la détruire et les monts et les mers !
Qu'elle-même sur soi renverse ses murailles,
Et
11 de ses propres mains déchire ses entrailles !
Que le courroux du ciel allumé par mes vœux,
Fasse tomber sur elle un déluge de feux !
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendres, et tes lauriers en poudre !
Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
Moi seule en être cause, et
12 mourir de plaisir.

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RACINE – Andromaque 1667- Acte V, scène 5

Oreste est amoureux fou d'Hermione qui, par dépit amoureux lui a promis de l'épouser s'il tuait Pyrrhus. Pyrrhus, amoureux d'Andromaque, la captive, est assassiné par Oreste. Hermione écume de rage et se suicide sur le corps de Pyrrhus.

La folie s'empare de lui, il est la proie d'hallucinations.

Pylade est le fidèle ami dOreste.

 

ORESTE
Grâce aux Dieux ! Mon malheur passe mon espérance.
Oui, je te loue, ô ciel, de ta persévérance.
Appliqué sans relâche au soin de me punir,
Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir.
Ta haine a pris plaisir à former ma misère ;
J'étais né pour servir d'exemple à ta colère,
Pour être du malheur un modèle accompli.
Hé bien ! je meurs content, et mon sort est rempli.
Où sont ces deux amants ? Pour couronner ma joie,
Dans leur sang,
13 dans le mien il faut que je me noie ;
L'un et l'autre en mourant je les veux regarder.
Réunissons trois cœurs qui n'ont pu s'accorder.
Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne ?
De quel côté sortir ? D'où vient que je frissonne ?
Quelle horreur me saisit ? Grâce au ciel, j'entrevois.
Dieux !
14 quels ruisseaux de sang coulent autour de moi !

 

PYLADE
Ah ! Seigneur.

 

ORESTE
Quoi ? Pyrrhus, je te rencontre encore ?
Trouverai-je partout un rival que j'abhorre ?
Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé ?
Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé.
Mais que vois-je ? À mes yeux Hermione l'embrasse ?
Elle vient l'arracher au coup qui le menace ?
Dieux ! quels affreux regards elle jette sur moi !
Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi ?
Hé bien ! filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ?

15 Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
À qui destinez-vous l'appareil qui vous suit ?
Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit ?
Venez, à vos fureurs Oreste s'abandonne.
Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione :
L'ingrate mieux que vous saura me déchirer ;
Et je lui porte
16 enfin mon cœur à dévorer.

Fin de la pièce.

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RACINE – Bérénice 1670 – Acte IV scène 5

Titus et Bérénice s'aiment, mais Titus sacrifie son amour pour le pouvoir.

 

Bérénice

Eh bien ! régnez, cruel, contentez votre gloire :
Je ne dispute plus. J’attendais, pour vous croire,
Que cette même bouche, après mille serments
D’un amour qui devait unir tous nos moments,
Cette bouche, à mes yeux s’avouant infidèle,
M’ordonnât elle-même une absence éternelle.
Moi-même j’ai voulu vous entendre en ce lieu.
Je n’écoute plus rien, et pour jamais : adieu...
Pour jamais ! Ah, Seigneur ! songez-vous en vous-même
Combien ce mot cruel
17est affreux quand on aime ?
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse,
Sans que jamais
18 Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?
Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus !
L’ingrat, de mon départ consolé par avance,
Daignera-t-il compter les jours de mon absence ?

Ces jours si longs pour moi lui sembleront trop courts.
  

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MOLIERE – L'Avare 1668 – Acte 4, scène 7

On a dérobé la cassette pleine de pièces d'or d'Harpagon.

Harpagon

Au voleur ! Au voleur ! A l'assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, 19 on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferais-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N'est-il point là ? N'est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête ! 20 Rends-moi mon argent, coquin... (il se prend lui-même le bras) Ah ! C'est moi ! Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis et ce que je fais. Hélas ! Mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! On m'a privé de toi; et puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie; tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde : sans toi, 21 il m'est impossible de vivre. C'en est fait, je n'en puis plus; je me meurs, je suis mort, 22 . N'y a-t-il personne qui puisse me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m'apprenant qui l'a pris ?

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RACINE – Phèdre 1677 – Acte II, scène 5

Phèdre, épouse de Thésée, est amoureuse de son beau-fils Hippolyte. Après s'être longtemps tu, elle est à bout et avoue sa passion à l'être aimé.

 

Phèdre

Ah ! Cruel ! Tu m'as trop entendue !
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
Eh bien ! Connais donc Phèdre
23 et toute sa fureur.
J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même,
Ni que du fol amour qui trouble ma raison,
Ma lâche complaisance ait nourri le poison ;
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m'abhorre encor plus
24 que tu ne me détestes.
Les dieux m'en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De séduire
25 le coeur d'une faible mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé
C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé ;
J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus,
26 je ne t'aimais pas moins ;
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J'ai langui, j'ai séché dans les feux, dans les larmes
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.
Que dis-je ? Cet aveu que je te viens de faire,
Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?
Tremblante pour un fils que je n'osais trahir,
Je te venais prier de ne le point haïr
Faibles projets d'un coeur trop plein de ce qu'il aime !
Hélas ! Je ne t'ai pu parler que de toi-même !
Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour
Digne fils du héros qui t'a donné le jour,
Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite.
La veuve de Thésée
27 ose aimer Hippolyte !
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper ;
Voilà mon coeur : c'est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d'expier son offense,
Au-devant de ton bras je le sens qui s'avance.
Frappe : ou si tu le crois indigne de tes coups,
Si ta haine m'envie un supplice si doux,
Ou si d'un sang trop vil ta main serait trempée,
Au défaut de ton bras
28 prête-moi ton épée.

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VICTOR HUGO – HERNANI 1830 – Acte III, scène 4

On se souvient que cette pièce a donné lieu à une violente polémique. Victor Hugo n'ayant pas respecté les règles de la tragédie classique.


Hernani, qui aime Doňa Sol, lui demande de renoncer à l'amour qu'elle lui porte.


Hernani
Monts d'Aragon ! Galice ! 29 Estramadoure !
- Oh ! je porte malheur à tout ce qui m'entoure ! -
J'ai pris vos meilleurs fils, pour mes droits, sans remords ;
Je les ai fait combattre, et voilà qu'ils sont morts !
C'étaient les plus vaillants de la vaillante Espagne.
Ils sont morts ! ils sont tous tombés dans la montagne,
Tous sur le dos couchés, en braves, devant Dieu,
Et, si leurs yeux s'ouvraient,
30 ils verraient le ciel bleu !
Voilà ce que je fais de tout ce qui m'épouse !
Est-ce une destinée à te rendre jalouse ?
Dona Sol, prends le duc, prends l'enfer, prends le roi !
C'est bien. Tout ce qui n'est pas moi
31 vaut mieux que moi !
Je n'ai plus un ami qui de moi se souvienne,
Tout me quitte, il est temps qu'à la fin ton tour vienne,
Car je dois être seul. Fuis ma contagion.
Ne te fais pas d'aimer une religion !
Oh ! par pitié pour toi, fuis ! - Tu me crois, peut-être,
Un homme comme sont tous les autres, un être
Intelligent, qui court droit au but qu'il rêva.
Détrompe-toi. Je suis
32 une force qui va !
Agent aveugle et sourd de mystères funèbres
Une âme de malheur faite avec des ténèbres !
Où vais-je ? je ne sais. Mais je me sens poussé
D'un souffle impétueux, d'un destin insensé.
Je descends, je descends, et jamais ne m'arrête.
Si parfois, haletant, j'ose tourner la tête,
Une voix me dit :
33 Marche! et l'abîme est profond,
Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond !
Cependant, à l'entour de ma course farouche,
Tout se brise, tout meurt. Malheur
34 à qui me touche !
Oh ! fuis ! détourne-toi de mon chemin fatal,
Hélas ! sans le vouloir, je te ferais du mal !
 

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EDMOND ROSTAND - CYRANO DE BERGERAC 1797

Acte 1, scène 4 - La tirade des nez

 

CYRANO

Ah ! Non ! C'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme...
En variant le ton, —par exemple, tenez :
Agressif : « moi, monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur le champ
35 que je me l'amputasse ! »
Amical : « mais il doit tremper dans votre tasse :
Pour boire, faites-vous
36 fabriquer un hanap ! »
Descriptif : « c'est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ? ...
37 c'est une péninsule ! »
Curieux : « de quoi sert cette oblongue capsule ?
D'écritoire, monsieur, ou de
38 boîte à ciseaux ? »
Gracieux : « aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous
39 vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »
Truculent : « ça, monsieur, lorsque
40 vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu'un voisin ne crie
41 au feu de cheminée ? »
Prévenant : « gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »
Tendre : « faites-lui faire un
42 petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! »
Pédant : « l'animal seul, monsieur, qu'
43 Aristophane
Appelle hippocampelephantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d'os ! »
Cavalier : « quoi, l'ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau
44c'est vraiment très commode !»
Emphatique : « aucun vent ne peut, nez magistral,
T'enrhumer tout entier,
45 excepté le mistral ! »
Dramatique : « c'est la Mer Rouge
46 quand il saigne ! »
Admiratif : « pour un parfumeur, quelle enseigne ! »
Lyrique : « est-ce une conque, êtes-vous un triton ? »
Naïf : « ce monument,
47 quand le visite-t-on ? »
Respectueux : « souffrez, monsieur, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle avoir
48 pignon sur rue ! »
Campagnard : « hé, ardé ! C'est-y un nez ? Nanain !
C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! »
Militaire : « pointez contre
49 cavalerie ! »
Pratique : « voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera
50 le gros lot ! »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
—Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu
51 de lettres et d'esprit :
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot :
52 sot !
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas
53 qu'un autre me les serve.

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 09:57

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LES QUIZ

QUIZ 17

 

Oh ! Les célèbres tirades ! Fleurons de notre littérature !

Les avez-vous apprises par coeur ?*

Pour votre bonheur !

Elles chantent encore dans votre mémoire.

Peut-être abîmées, tronquées, à moitié oubliées. Mais leur saveur est toujours intacte, leurs accents toujours vibrants.

Elles sont bien là, prêtes à surgir à propos d'un rien, à propos d'un mot, à propos d'une phrase. Quelle délectation !

L'enthousiasme, l'ambition, la passion, l'amour, le dépit, la rage, le désespoir, tout ce qui fait l'homme, enfin !

 

J'ai enlevé de ces tirades fameuses

quelques mots, quelques vers à retrouver.

N'ayez crainte, je vous les rendrai.

Et si vous préférez lire ces textes sans trous,

reportez-vous

> au texte complété

CORNEILLE – Le Cid 1636 : Acte 1, Scène 4 - Acte 1, Scène 6, Les stances - Acte 4, Scène 3

CORNEILLE- Horace 1640 : Acte IV scène 5

MOLIERE – L'Avare 1668 : Acte 4, scène 7

RACINE – Andromaque 1667 : Acte V, scène 5 Les imprécations de Camille

RACINE - Bérénice 1677 : Acte IV scène 5

RACINE - Phèdre 1677 : Acte II scène 4

EDMOND ROSTAND – Cyrano de Bergerac 1797 : Acte 1, scène 4 - La tirade des nez 

 

(Extraits)

CORNEILLE – Le Cid 1636

Acte 1, Scène 4 

Don Diègue, homme d'honneur, vient de recevoir un soufflet de Don Gormas

 

Don Diègue
Ô rage ! 1111
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir
2222
Mon bras qu'avec respect toute l'Espagne admire,
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
Ô cruel souvenir de ma gloire passée !
Oeuvre de tant de jours en un jour effacée !
Nouvelle dignité fatale à mon bonheur !
Précipice élevé d'où tombe mon honneur !
Faut-il de votre éclat voir triompher Le Comte,
Et mourir sans vengeance,
3333

> voir le texte complet

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Acte 1 , Scène 6 , Les stances.
Don Rodrigue, son fils, doit le venger, et pour ce faire, il devra provoquer en duel le père de celle qu'il aime, le père de Chimène. Son coeur est déchiré. ll balance entre le devoir et l'amour.

 

Don Rodrigue
Percé jusques au fond du coeur
4444
Misérable vengeur d'une juste querelle,
Et malheureux objet d'une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé,
Ô Dieu, l'étrange peine !
En cet affront mon père est l'offensé,

5555

> voir le texte complet

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Acte 4 , Scène 3

Le valeureux Rodrigue raconte comment il a combattu les Maures.

 

Don Rodrigue
Sous moi donc cette troupe s'avance,

Et porte sur le front 6666
Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort

Nous nous vîmes 7777
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés reprenaient de courage !
J'en cache les deux tiers, aussitôt qu'arrivés,
Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés ;
Le reste, dont le nombre augmentait à toute heure,
Brûlant d'impatience, autour de moi demeure,

Passe une bonne part 8888

> voir le texte complet

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CORNEILLE - Horace 1640 - Acte IV scène 5

Les imprécations de Camille. 

Albe et Rome se disputent la suprématie. Le combat des trois Horace contre les trois Curiace vient de s'achever. Le frère de Camille, le romain Horace est vainqueur. Camille crie sa haine contre lui. Il a tué son amant, Curiace

 

Camille

Rome, l'unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Rome qui t'a vu naître et que ton cœur adore !
Rome
9999
Puissent tous ses voisins, ensemble conjurés,
Saper ses fondements encor mal assurés !
Et si ce n'est assez de toute l'Italie,
Que
10 10 10 10 10
Que cent peuples unis des bouts de l'univers
Passent pour la détruire et les monts et les mers !
Qu'elle-même sur soi renverse ses murailles,
Et de ses propres mains
11 11 11 11
Que le courroux du ciel allumé par mes vœux,
Fasse tomber sur elle un déluge de feux !
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendres, et tes lauriers en poudre !
Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
Moi seule en être cause, et
12 12 12 12

 

> Texte complet : CORNEILLE - Horace, Acte IV scène 5

> Toutes les tirades complètes

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MOLIERE – L'Avare 1668 – Acte 4, scène 7

On a dérobé la cassette pleine de pièces d'or d'Harpagon.

Harpagon

Au voleur ! Au voleur ! A l'assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, 19 19 19 19, on m'a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferais-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N'est-il point là ? N'est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête ! 20 20 20 20... (il se prend lui-même le bras) Ah ! C'est moi ! Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis et ce que je fais. Hélas ! Mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! On m'a privé de toi; et puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie; tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde : sans toi, 21 21 21 21. C'en est fait, je n'en puis plus; je me meurs, je suis mort, 22 22 22 22 . N'y a-t-il personne qui puisse me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m'apprenant qui l'a pris ?

> Texte complet : MOLIERE – L'Avare – Acte 4, scène 7

> Toutes les tirades complétes

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 RACINE – Andromaque 1667- Acte V, scène 5

Oreste est amoureux fou d'Hermione qui, par dépit amoureux lui a promis de l'épouser s'il tuait Pyrrhus. Pyrrhus, amoureux d'Andromaque, la captive, est assassiné par Oreste. Hermione écume de rage et se suicide sur le corps de Pyrrhus.

La folie s'empare de lui, il est la proie d'hallucinations.

Pylade est le fidèle ami dOreste.

 

ORESTE
Grâce aux Dieux ! Mon malheur passe mon espérance.
Oui, je te loue, ô ciel, de ta persévérance.
Appliqué sans relâche au soin de me punir,
Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir.
Ta haine a pris plaisir à former ma misère ;
J'étais né pour servir d'exemple à ta colère,
Pour être du malheur un modèle accompli.
Hé bien ! je meurs content, et mon sort est rempli.
Où sont ces deux amants ? Pour couronner ma joie,
Dans leur sang,
13 13 13 13
L'un et l'autre en mourant je les veux regarder.
Réunissons trois cœurs qui n'ont pu s'accorder.
Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne ?
De quel côté sortir ? D'où vient que je frissonne ?
Quelle horreur me saisit ? Grâce au ciel, j'entrevois.
Dieux !
14 14 14 14

 

PYLADE
Ah ! Seigneur.


 ORESTE

 

Quoi ? Pyrrhus, je te rencontre encore ?
Trouverai-je partout un rival que j'abhorre ?
Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé ?
Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé.
Mais que vois-je ? À mes yeux Hermione l'embrasse ?
Elle vient l'arracher au coup qui le menace ?
Dieux ! quels affreux regards elle jette sur moi !
Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi ?
Hé bien ! filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ?

15 15 15 15 15
À qui destinez-vous l'appareil qui vous suit ?
Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit ?
Venez, à vos fureurs Oreste s'abandonne.
Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione :
L'ingrate mieux que vous saura me déchirer ;
Et je lui porte enfin mon cœur
16 16 16 16 16

 

Fin de la pièce.

> Texte complet : RACINE – Andromaque - Acte V, scène 5

> Toutes les tirades complètes

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RACINE - Bérénice 1677 Acte IV scène 5

Titus et Bérénice s'aiment, mais Titus sacrifie son amour pour le pouvoir.

 

Bérénice

Eh bien ! régnez, cruel, contentez votre gloire :
Je ne dispute plus. J’attendais, pour vous croire,
Que cette même bouche, après mille serments
D’un amour qui devait unir tous nos moments,
Cette bouche, à mes yeux s’avouant infidèle,
M’ordonnât elle-même une absence éternelle.
Moi-même j’ai voulu vous entendre en ce lieu.
Je n’écoute plus rien, et pour jamais : adieu...
Pour jamais ! Ah, Seigneur ! songez-vous en vous-même
Combien ce mot cruel
17 17 17 17
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse,
Sans que jamais
18 18 18 18
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?
Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus !
L’ingrat, de mon départ consolé par avance,
Daignera-t-il compter les jours de mon absence ?
Ces jours si longs pour moi lui sembleront trop courts.

> Texte complet : RACINE – Bérénice – Acte IV scène 5

> Toutes les tirades complètes
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RACINE - Phèdre 1677 Acte II scène 4

Phèdre, épouse de Thésée, est amoureuse de son beau-fils Hippolyte. Après s'être longtemps tu, elle est à bout et avoue sa passion à l'être aimé.

 

Phèdre

Ah ! Cruel ! Tu m'as trop entendue !
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
Eh bien ! Connais donc Phèdre
23 23 23 23
J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même,
Ni que du fol amour qui trouble ma raison,
Ma lâche complaisance ait nourri le poison ;
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m'abhorre encor plus
24 24 24 24
Les dieux m'en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De séduire
25 25 25 25
Toi-même en ton esprit rappelle le passé
C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé ;
J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus,
26 26 26 26
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J'ai langui, j'ai séché dans les feux, dans les larmes
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.
Que dis-je ? Cet aveu que je te viens de faire,
Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?
Tremblante pour un fils que je n'osais trahir,
Je te venais prier de ne le point haïr
Faibles projets d'un coeur trop plein de ce qu'il aime !
Hélas ! Je ne t'ai pu parler que de toi-même !
Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour
Digne fils du héros qui t'a donné le jour,
Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite.
La veuve de Thésée
27 27 27 27
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper ;
Voilà mon coeur : c'est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d'expier son offense,
Au-devant de ton bras je le sens qui s'avance.
Frappe : ou si tu le crois indigne de tes coups,
Si ta haine m'envie un supplice si doux,
Ou si d'un sang trop vil ta main serait trempée,
Au défaut de ton bras
28 28 28 28

 

> Texte complet : RACINE – Phèdre – Acte II, scène 5

> Toutes les tirades complètes

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 VICTOR HUGO – Hernani 1830 – Acte III, scène 4

On se souvient que cette pièce a donné lieu à une violente polémique. Victor Hugo n'ayant pas respecté les règles de la tragédie classique.


Hernani, qui aime Doňa Sol, lui demande de renoncer à l'amour qu'elle lui porte.


Hernani
Monts d'Aragon ! Galice ! 29 29 29 29
- Oh ! je porte malheur à tout ce qui m'entoure ! -
J'ai pris vos meilleurs fils, pour mes droits, sans remords ;
Je les ai fait combattre, et voilà qu'ils sont morts !
C'étaient les plus vaillants de la vaillante Espagne.
Ils sont morts ! ils sont tous tombés dans la montagne,
Tous sur le dos couchés, en braves, devant Dieu,
Et, si leurs yeux s'ouvraient,
30 30 30 30
Voilà ce que je fais de tout ce qui m'épouse !
Est-ce une destinée à te rendre jalouse ?
Dona Sol, prends le duc, prends l'enfer, prends le roi !
C'est bien. Tout ce qui n'est pas moi
31 31 31 31
Je n'ai plus un ami qui de moi se souvienne,
Tout me quitte, il est temps qu'à la fin ton tour vienne,
Car je dois être seul. Fuis ma contagion.
Ne te fais pas d'aimer une religion !
Oh ! par pitié pour toi, fuis ! - Tu me crois, peut-être,
Un homme comme sont tous les autres, un être
Intelligent, qui court droit au but qu'il rêva.
Détrompe-toi. Je suis
32 32 32 32
Agent aveugle et sourd de mystères funèbres
Une âme de malheur faite avec des ténèbres !
Où vais-je ? je ne sais. Mais je me sens poussé
D'un souffle impétueux, d'un destin insensé.
Je descends, je descends, et jamais ne m'arrête.
Si parfois, haletant, j'ose tourner la tête,
Une voix me dit :
33 33 33 33
Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond !
Cependant, à l'entour de ma course farouche,
Tout se brise, tout meurt. Malheur
34 34 34 34 34
Oh ! fuis ! détourne-toi de mon chemin fatal,
Hélas ! sans le vouloir, je te ferais du mal !

 

> Texte complet : VICTOR HUGO – Hernani – Acte III, scène 4

> Toutes les tirades complètes

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 EDMOND ROSTAND - Cyrano de Bergerac 1797

La tirade des nez

CYRANO 

Ah ! Non ! C'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme...
En variant le ton, —par exemple, tenez :
Agressif : « moi, monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur le champ
3535 35 35 35
Amical : « mais il doit tremper dans votre tasse :
Pour boire, faites-vous
36 36 36 36
Descriptif : « c'est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ? ...
37 37 37 37
Curieux : « de quoi sert cette oblongue capsule ?
D'écritoire, monsieur, ou de
38 38 38 38
Gracieux : « aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous
39 39 39 39
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »
Truculent : « ça, monsieur, lorsque
4040 40 40 40
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu'un voisin ne crie
4141 41 41
Prévenant : « gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »
Tendre : « faites-lui faire un
42 42 42 42
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! »
Pédant : « l'animal seul, monsieur, qu'
43 43 43 43 43
Appelle hippocampelephantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d'os ! »
Cavalier : « quoi, l'ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau
44 44 44 44
Emphatique : « aucun vent ne peut, nez magistral,
T'enrhumer tout entier,
45 45 45 45
Dramatique : « c'est la Mer Rouge 46 46 46 46
Admiratif : « pour un parfumeur, quelle enseigne ! »
Lyrique : « est-ce une conque, êtes-vous un triton ? »
Naïf : « ce monument,
4747 47 47 47
Respectueux : « souffrez, monsieur, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle avoir 48 48 48 48
Campagnard : « hé, ardé ! C'est-y un nez ? Nanain !
C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! »
Militaire : « pointez contre
49 49 49 49
Pratique : « voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera
50 50 50 50 50
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
—Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu
51 51 51 51 51
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot :
52 52 52 52
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas
53 53 53 53

 

> Texte complet : EDMOND ROSTAND - Cyrano de Bergerac

> Toutes les tirades complètes

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Je demande pardon à tous pour le massacre de ces textes magnifiques.

Mais n'était-ce pas un moyen comme un autre de les faire revivre dans vos cœurs ? 

Pour voir toutes les tirades complétes : 

>> QUIZ 17 Des tirades fameuses à retrouver pour le plaisir

 

*Je suis reconnaissante à mes professeurs de Lettres qui, lorsque j'étais adolescente, m'ont demandé d'apprendre par coeur des textes littéraires. C'est non seulement un exercice de mémoire mais l'appropriation d'une richesse littéraire qui s'inscrit à jamais dans le coeur et l'esprit.

La pratique du "par coeur" à l'école semble s'amenuiser de nos jours et c'est bien dommage lorsqu'on voit le succès grandissant des ateliers-théâtre qui ravissent les adolescents.

 

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 09:56

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Les questions qu'on me posa furent sans détours. On voulait savoir mille choses que je ne connaissais pas, de mon identité, de mon âge, de mes origines. Je répondais avec ma candide sincérité : « Je ne sais pas », à chaque fois, ce qui ne parut aucunement étonner le petit homme qui continuait d'égrener (égrainer) sa litanie interrogatrice, sans le moindre énervement, sans jamais sourciller, comme si ce fût chose naturelle, que j'ignorasse tout de moi-même.

À la question à laquelle je m'attendais : « De quel mal souffrez-vous ? » j'eus l'imprudence de dévoiler le motif de ma venue et lui demandai tout de go si je pouvais rencontrer Madame Marisa-Loup de Saint-Ange. Il se leva promptement de son siège et m'enjoignis de ne pas avoir un instant la pensée d'une telle requête. Je réitérai toutefois ma demande. Son visage devint violacé et je crus qu'il était près de succomber à une attaque cérébrale. Il se laissa tomber lourdement sur son siège que j'eus peur de voir s'effondrer sous lui. Après avoir vociféré sous le coup de l'émotion, il tenta de recouvrer un calme apparent et murmura :

« Mademoiselle dont j'ignore le nom, je vous apprendrai que l'ignorance est la condition du bonheur des hommes*. Je vous supplie de ne pas insister ; si vous m'y forcez, je serai obligé d'en référer aux autorités et je ne vous décris pas ce que vous encourrez. Sachez qu'il me faudra, sur le champ, informer ma hiérarchie de votre demande. (Il se reprit.) Mais je ne le ferai pas. Je vous l'assure. Je crois, à vous voir aussi naïve, qu'on vous donnerait du fil à retordre° » — l'euphémisme m'eût fait sourire en des circonstances moins périlleuses — « néanmoins, je vous avouerai que je suis las d'envoyer dans des mains peu amènes, des jeunes filles aussi jolies que vous, et qui semblent bien innocentes. Voilà. Vous pouvez me trahir. Vous pouvez dire que je n'ai pas rempli ma charge en vous mettant en garde ; je ne nierai pas et je donnerai ma démission, illico. Je sais ce qui m'attendrait, aussi est-ce à moi de vous demander maintenant de ne parler de cet entretien à personne »

.............................................

*L’ignorance est la condition nécessaire du bonheur des hommes et il faut reconnaître que le plus souvent, ils la remplissent bien. Anatole France 

 

NOTES

sans jamais sourciller, comme si ce fût chose naturelle, que j'ignorasse tout de moi-même.

jamais, ne jamais > Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques...

comme si ce fût chose naturelle, subjonctif possible après si et comme si

> Si + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

que j'ignorasse tout de moi-même, proposition introduite par la conjonction de subordination que, sujet réel de fût. 

 

il m'enjoignit de ne pas avoir la pensée d'une telle requête

enjoindre, ordonner expressément

une requête, une demande

 

Je vous supplie de ne pas insister, si vous m'y forcez,  je serai obligé d'en référer aux autorités

Concordance des temps

SI vous m'y forcez (présent de l'indicatif), j'y serai obligé. (futur)

Si vous m'y forciez (indicatif imparfait), j'y serais obligé. (conditionnel présent)

> voir les trois articles sur la concordance des temps

La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style ou le discours direct et indirect

et suivants.

En référer aux autorités, en appeler aux autorités, leur faire un rapport.

 

je ne vous décris pas ce que vous encourrez

encourir, risquer, se mettre en danger.

se conjugue comme courir :

vous encourez, indicatif présent.

vous encourrez 2R futur.

 

il tenta de recouvrer un calme apparent

Recouvrer la vue, l'ouïe, la liberté, etc.

ne pas confondre avec retrouver ou recouvrir.

 

Donner du fil à retordre à quelqu'un°, le mettre dans l'embarras, lui causer du souci.

 

l'euphémisme m'eût fait sourire en des circonstances moins périlleuses

L'EUPHÉMISME  permet de dire de façon adoucie, une chose qui pourrait choquer si elle était décrite telle qu'elle est. 

> Oli sait qu'elle risquerait gros.

Périlleux, dangereux.

Le péril, le danger.

 

je suis las d'envoyer dans des mains peu amènes

Amène, doux, aimable. L'aménité.

 

je ne nierai pas et je donnerai ma démission illico

illico, familier - immédiatement, tout de suite.

Emplois de SUITE

On ne confond pas tout de suite, de suite, à la suite, comme suite...

Venez tout de suite. Venez immédiatement, sans délai, sans plus attendre, illico.

Je reviens de suite : familier, critiqué.

Il est venu cinq jours de suite.

Il y avait une grande queue, je me suis mise à la suite.

Écrire dans une lettre :

Comme suite à votre annonce parue le... dans...

L'expression Suite à... est critiquée.

Préférez la formule :

Comme suite à

ou mieux encore, selon les circonstances :

 

En réponse à votre lettre ...

Pour donner suite à votre commentaire sur...

Pour faire suite à votre proposition ...

En référence à l'arrêté du...

 

aussi est-ce à moi de vous demander...

inversion après aussi > L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 12:13

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On me fit entrer dans une vaste salle tout en bleu camaïeu. Les lampes allumées, dont les ondes vibratoires se dirigeaient vers le plafond pour n'aller frapper que lui, revenaient en réfraction sans éblouir et donnait une vision tout océanique dont les nuances s'étalaient du cyan au bleu de Prusse.

Devant un grand bureau, se tenait, assis, un petit homme arborant un air de bonhomie manifeste, peut-être un peu forcée. Ses doigts se promenaient, caressant négligemment des objets en bakélite que les reflets de l'éclairage avaient bien sûr bleuis. Son visage rondouillard, strié d'indigo, laissait deviner l'addiction à une suralimentation carnée ou aux boissons alcooliques.

On ne me fit pas asseoir.

Une voix monocorde m'interrogea sans discourir. Mais mon attention était retenue irrésistiblement par une verrue qui pointait sur le nez de mon interrogateur et je me demandai céans comment il se faisait que tant de moyens thérapeutiques fussent déployés alentour et qu'aucun d'eux ne fût à même de venir à bout de cette excroissance dégoûtante.

Si la couleur d'ici voulait jouer à tout prix sur son symbole de fraîcheur et de pureté, de sagesse et de liberté, c'était raté.  

Je ne sache pas que quiconque, à Utopinambourg, eût pu montrer quelque imperfection épidermique que ce fût.  

Je demeurai perplexe. Très perplexe.

..............................................................

NOTES

Le titre : Délires céruléens

Céruléen, d'un bleu très clair

 

une vaste salle tout en bleu camaïeu

tout, adverbe invariable sauf devant une consonne ou un h muet. 

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe variable dans certains cas et substantif

Camaïeu

couleur qui a des tons différents

pierre fine

 

les couleurs s'étalaient du cyan au bleu de prusse

Cyan, bleu très clair.

Du cyan au bleu de Prusse, du bleu le plus clair au bleu le plus foncé.

Le bleu a une longueur d'onde comprise entre 446 et 520 nm.

 

Une vision tout océanique, tout adverbe

Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe variable dans certains cas et substantif

 

arborant un air de bonhomie manifeste

Bonhomme 2M, bonhomie1M.

 

caressant négligemment des objets en bakélite

La bakélite, première matière plastique inventée. Résine synthétique qui imite l'ambre, issue du traitement de phénols et de formaldéhide.

 

Je me demandai céans

céans, ici dedans. Le maître de céans, le maître des lieux.

 

Je ne sache pas que quiconque eût pu montrer quelque imperfection épidermique que ce fût.

je ne sache pas - verbe savoir en locution restrictive :

littéraire : Je ne sache pas... (contient une nuance de doute) / je ne connais pas...

, autant que je sache, … / autant que je puisse en juger.

Voir l'article sur les valeurs du subjonctif Je ne sache pas que §30b

que quiconque eût pu montrer

pouvoir au subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé

> aurait pu montrer

♦ quelque imperfection épidermique que ce fût.

ce fût, subjonctif imparfait

> locution conjonctive Quelque... que

 

> Jeux sur les couleurs : 1-Complétez les phrases avec des noms de couleurs 2-Trouvez la couleur dans les titres des films 3-Cherchez l'intruse - QUIZ 63

 

LES COULEURS

On sait que les couleurs perçues par l'oeil humain ont une interprétation toute subjective. Tel qui voit un bleu, l'autre le voit vert s'il est un tantinet daltonien, et les animaux n'ont aucune idée du spectacle que nous donne notre œil. (Peu leur en chaut, d'ailleurs !) Nous en savons bien peu de celui qu'ils ont eux-mêmes devant les yeux. Si peu.

Il est courant de considérer que nous sommes sensibles aux fréquences variant de 400 à 700 nm environ, mesure de la longueur d'onde dans le vide.

1 nm, c'est-à-dire un nanomètre, correspond au milliardième de mètre soit 0,000 000 001 mètre.

 10-9 m.

un nanomètre égale dix puissance moins neuf mètres : c'est petit, petit.

On mesure en nanomètres les longueurs d'ondes comprises entre l'infrarouge et l'ultraviolet, et la finesse de gravure d'un microprocesseur.

Je vous ai parlé scientifiquement. La poésie des couleurs reste à venir !

 

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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