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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 18:02

  

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Telle une anguille, je me glissai voluptueusement dans mes draps frais, tout parfumés de jasmin, et je poussai un long soupir.

Un soupir de soulagement, puisque rien de fâcheux ne m'était arrivé vraiment. S'y mêlait cependant, avec la fatigue, une déception bien grande. Non seulement je n'avais pu rencontrer la gouvernesse (ce mot maintes fois répété par Pro avec vénération me faisait sourire) mais je n'avais pu convaincre tout à fait ce vassal au degré de servilité insurpassé, lorsque je lui avais révélé les dessous des rouages bien huilés de l'autocratie qui dictait La Règle à laquelle il se pliait, sans jamais émettre quelque critique que ce fût.

 

Les déceptions ne tuent pas et les espérances font vivre*.

 

J'avais semé un léger doute, à coup sûr. Je ne saurais dire s'il serait aussitôt étouffé par l'imminent briefing — oh pardon ! De l'anglais ici ! Mais quelle tenue ! — par la prochaine réunion d'information qui réunirait, au Château, les acteurs de la sinistre assemblée, pour résumer toutes les situations et les problèmes qui se seraient nouvellement posés, et pour succinctement connaître toutes les directives utiles aux futures opérations délicates projetées par qui... ? je te le donne en mille... je te le donne en sang... je te le donne en dix... (je vois que déjà pétillent tes yeux tout ébaubis d'avoir trouvé si vite la solution, cher lecteur)... par la gouvernesse, bien sûr !

Avant de refermer les yeux sur cette journée achevée, j'imaginai une dernière fois mon pauvre Pro tout ébaudi, se tenant coi, continûment coi, évitant soigneusement de laisser bientôt paraître devant ses pairs une émotion qui pût le trahir.

..........................................................................................

* Les déceptions ne tuent pas et les espérances font vivre.

George Sand, chère George Sand !

 

NOTES

je me glissai voluptueusement dans mes draps frais

glissai, passé simple du verbe glisser

Les emplois de l'imparfait de l'indicatif et du passé simple 

 

les rouages bien huilés de l'autocratie

L'autocratie est un régime politique ayant à sa tête un autocrate qui a le pouvoir absolu et qui ne le tient que de lui-même. C'était le cas de la Russie des tsars.

Les rois de France n'étaient pas autocrates car, bien que leur pouvoir fût absolu, ils le tenaient de Dieu. C'était la monarchie de droit divin.

 

je te le donne en mille, je te le donne en sang

Je vous le donne en mille, je vous mets au défi de trouver la solution, la réponse.

Je te le donne en sang (en cent)

Fais de cette homophonie (sang, cent) ce qu'il te chante et ce qu'il t'en semble, lecteur !

> Que signifient les mots synonyme, antonyme, homonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ? 

 

Pro, tout ébaidi, se tenait coi

Deux paronymes déjà rencontrés qu'il ne faut pas confondre : ébaubi et ébaudi.

Ébaubi, vraiment très étonné, ahuri, ébahi.

Ébaudi, amusé, réjoui.

Ébaudir quelqu'un (ou autre) le mettre en joie

S'ébaudir, se mettre en joie, s'amuser

Et amusez-vous avec les paronymes : 

PARONYMES – PARONOMASE + QUIZ N°27

 

« Lecteur exigeant, j'ignore si je t'ébaudis  mais je m'attache à le faire.

Je m'ébaudis, écrivant et relisant les textes que l'on trouve ici même, c'est mon côté narcissique !

Ébaudis-je ton esprit chagrin quand tout s'écroule autour de toi  ?

Que je sois ébaubie devant la perplexité de ceux qui ne goûtent pas mon humour ne t'étonnera guère. Comment cela peut-il être possible ? m'interrogé-je. 

Quelle prétention ! me répondras-tu. »

 

<< 87 Délires tout empreints du principe kantien : "Handle so, daß die Maxime deines Willens jederzeit zugleich als Prinzip einer allgemeinen Gesetzgebung gelten könne."

>> 89 Délires que l'on croit rêver + QUIZ 18 Quatorze personnages en quête d'auteurs

 

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 11:43

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Que pouvais-je faire ? Comme je me sentais petite, et seule dans un monde qui me deviendrait hostile sitôt que j'aurais révélé les dessous de cette affaire. Qui croirait que Marie Cratère était la seule à détenir les secrets de La Fontaine de Jouvence à laquelle les citoyens d'Utopinambourg s'abreuvaient ? Ne serais-je pas mise au pilori, brûlée sur la place publique ? Ne me ferait-on pas subir la question ?  

J'eus peur. Qui me le reprocherait ?

Puis je souris à l'idée qu'on pourrait attacher de l'importance à mes propos.

Qui étais-je pour qu'on se pût se soucier ainsi de moi ?

« Elle se complaît à inventer des élucubrations sans fondement, dirait-on. Ce ne sont que fadaises, billevisées et coxigrues. »

 

Mais pendant ma course effrénée, je songeais à la vérité*. Combien de temps pourrais-je la contenir ? Combien de temps laisserais-je tous ces gens dans l'ignorance et dans l'erreur ?

Je me souvins alors de l'admirable précepte moral qui vaut pour tout honnête homme : Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse être érigée en loi universelle**.

 

Que je veuille le bien de tous, malgré eux, au détriment de mon propre intérêt, de mon propre bonheur, voire de ma propre vie !

Quel travail me faudrait-t-il faire sur moi-même pour arriver à une telle détermination ? Vaincre ma peur. Renoncer à tous les espoirs que j'avais mis dans mon avenir.

Malheureusement, je me rendais bien compte que, malgré toute la noble aspiration que j'avais, il ne serait pas possible de convaincre qui que ce fût avec mes découvertes. Personne ne m'écouterait, au mieux, hausserait-on les épaules à m'entendre.

Il me fallait trouver une piste, plus crédible, plus évidente, pour être crue.

........................................................... 

* > La Vérité, toute la Vérité, rien que la Vérité...

**Emmanuel Kant, philosophe allemand, 1624-1804.

Voir la note.

 

NOTES

La Fontaine de Jouvence, grâce à laquelle on garde une éternelle jeunesse.

 

Ne serais-je pas mise au pilori ?

Mettre au pilori

infliger une peine, un supplice à un condamné.

l'exposer dans un lieu public, dans un dispositif très inconfortable, le pilori.

 

Ne me ferait-on pas subir la question ?

Subir la question, subir la torture.

 

Qui étais-je pour qu'on pût se soucier ainsi de moi ?

pût, subjonctif imparfait.

> Pour que, pour... que 

 

Impératif catégorique kantien.

Handle so, daß die Maxime deines Willens jederzeit zugleich als Prinzip einer allgemeinen Gesetzgebung gelten könne.

Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse toujours valoir en même temps comme principe d'une législation universelle.

ou bien

Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse être érigée en loi universelle.

Emmanuel Kant, Kritik der Praktischen Vernunft, Critique de la Raison Pratique.

Agir sans prendre en compte ses appétits personnels, ses inclinations, ses désirs, au détriment de ceux des autres, agir selon le devoir parfait qui n'admet aucune entorse.

L'une des pensées les plus hautes, les plus respectables, les plus admirables que l'esprit humain ait conçues !

Et combien difficile à mettre en oeuvre !

Kantien prononcer [t] ou [s]

> Mots difficiles à prononcer - Risques de fautes de prononciation et d'orthographe - antienne, patio, argutie, cation, kantien, varech, pers, handicap ..

 

<< 86 Délires où le charme opère

>> 88 Délires que l'épuisement exacerbe "Les déceptions ne tuent pas et les espérances font vivre" 

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 11:41

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Ainsi donc ne vis-je pas Marisa-Loup. Et je restai sur ma faim°. Il me fallait me résoudre à rebrousser chemin.

Je dévalai le sentier du retour, parallèle au premier et sans encombrement, à croire que mes congénères avaient disparu par enchantement de la surface de la terre. La lune, protectrice, répandait sa lumière devant mes pas. Libérée des alarmes et de l'inquiétude qui avaient pesé sur moi tout au long de l'entrevue, je me sentis légère comme l'air et je goûtai les clairs rayons en pensant : « Nous resplendissons tous, comme la lune, et les étoiles et le soleil. Pourquoi donc nous torturer en cherchant à savoir de quoi demain sera fait ? »

 

Mais, tout au long de ma course, je ne cessai de songer à Pro, mon questionneur. C'était le nom épinglé sur sa manche et que j'avais pu lire en lettres bleuâtres lorsqu'il m'avait tendu le bras pour l'au revoir. Tout juste s'il ne m'eût pas embrassée, le pauvre homme, Je m'étais écartée doucement de lui quand il avait esquissé le mouvement. Une familiarité pareille ne devait pas lui arriver tous les jours. Je n'avais pas succombé à la pitié.

 

Il n'était pas le premier à me faire des confidences, pas le premier à s'intéresser à ma personne, jusqu'à vouloir établir une relation amicale, mieux encore, une certaine intimité même.

Ce n'était certes pas la première fois que je recevais des marques d'affection.

Je me remémorai** les moments délicieux que j'avais passés avec Sissi, ma charmante Sissi qui devait se languir de moi, puis les semaines qu'il m'avait fallu vivre avec Marie Cratère, prisonnière de sa passion, jusqu'à ce que l'irrémédiable se produisît lorsqu'elle comprit que je refusais d'être toute à elle, puis la rencontre avec Alcmène qui ne balança pas un instant pour me sauver la vie au risque de perdre la sienne, et enfin ce petit Pro, à la mine rougeaude, larmoyant presque, et qui m'eût volé un baiser si je n'avais pas été sur mes gardes.

J'attirais les sympathies et je devais me rendre à l'évidence : mon charme opérait sans que je fisse aucun effort.

Je n'avais rien d'une conquérante, rien d'une ambitieuse ; en aucun cas je ne me serais donné l'envie d'un quelconque succès personnel. Mais ne devais-je pas aller de l'avant malgré les obstacles que j'entrevoyais ?

Qui d'autre que moi eût pu obtenir de Pro l'aveu de sa faiblesse ? Étais-je arrivée à un moment crucial de sa vie où il lâchait prise, où sa volonté de tenir bon devant une autorité trop exigeante faiblissait ?

Une chose était sûre. Je détenais là un secret considérable, capable de faire basculer les institutions qui rendaient malheureux les citoyens d'Utopinambourg. Quant à savoir si je ne devrais pas batailler pour être crue, l'avenir me le dirait.

Allais-je devoir faire acte de rébellion et endosser pour ce faire la cuirasse de Spartacus***? Il me la faudrait choisir sans défaut° pour ne pas être crucifiée au bord de la route, et devenir le symbole d'un châtiment exemplaire.

........................................................ 

*Yeah ! We all shine on, like the moon and the stars and the sun.

Dans Instant Karmade John Lennon.

Nous resplendissons tous comme la lune et les étoiles et le soleil.

** L'ANALEPSE  permet, au cours d'une narration de revenir sur des moments antérieurs. On dirait FLASHBACK au cinéma. 

***Spartacus, premier siècle avant J.C. Esclave qui mena la révolte pour se libérer de sa condition entraînant avec lui six mille opprimés qui furent écrasés par la répression romaine, et que l'on crucifia le long de la Via Appia.

 

NOTES

Ainsi donc ne vis-je pas Marisa-Loup.

Ainsi donc : on revient sur le sujet après une digression ou une interruption.

ainsi donc, c'est donc ainsi que...

inversion du sujet après ainsi.

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

Tout juste s'il ne m'eût pas embrassée

♦ eût embrassée, plus-que-parfait du subjonctif à valeur de conditionnel passé.

C'est tout juste s'il ne m'aurait pas embrassée.

♦ embrassée, participe passé qui s'accorde avec le complément d'objet direct me (mis pour Oli) placé avant lui.

> Règles de l'accord des participes passés

> L'accord des participes passés - QUIZ 26

 

Rester sur sa faim°, être déçu, insatisfait, parce qu'on s'attendait à mieux.

 

Je refusai d'être toute à elle, ou tout à elle ?

Je suis tout à vous, je vous suis dévouée.

Je suis toute à vous, je vous aime.

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe variable dans certains cas et substantif

 

mon charme opérait sans que je fisse aucun effort.

Sans que, locution conjonctive suivie du subjonctif, marque ici l'absence de cause.

> Sans que

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

En aucun cas je ne me serais donné l'envie d'un quelconque succès personnel.

Le complément d'objet direct l'envie est placé après le participe passé du verbe pronominal se donner, donc pas d'accord.

> Accord du participe passé des verbes pronominaux

 

Qui d'autre que moi eût pu obtenir de Pro l'aveu de sa faiblesse ?

eût pu obtenir, plus-que-parfait du subjonctif à valeur de conditionnel passé

(> aurait pu obtenir)

 

Le défaut de la cuirasse°, le point faible.

 

<< 85 Délires qui confinent au mystère

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 11:40

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« Mais pourquoi donc voulez-vous voir notre gouvernesse ? répéta-t-il, dubitatif.

Je l'ai rencontrée chez Marie Cratère et j'ai un message très personnel à lui transmettre. »

Ce mensonge lui cloua le bec° ; mais pas pour longtemps. Marisa-Loup n'avait besoin d'aucune messagère. Elle n'avait besoin de personne, fût-ce de Mercure* lui-même.

« Et quel est le message que vous voulez lui remettre ? »

Il tenta la question, Mais sans conviction.

« Marie Cratère a fait de nouvelles découvertes, lui dis-je d'un air assuré, pour me rendre crédible à ses yeux.

Des découvertes ? Dans quel domaine ? voulut-il savoir. »

 

J'étais abasourdie. Je crus qu'il prêchait le faux pour savoir le vrai°. Était-il possible qu'il ne sût rien des manigances tramées entre les deux femmes ? Croyait-il donc que Marisa-Loup tenait ses connaissances d'un pouvoir qui lui était propre ? Allais-je lui faire découvrir le pot aux roses° par mon bavardage, alors qu'il était convaincu de détenir une autre vérité ?

Les choses sont parfois autres que les représentations que nous en avons.**

Il se gratta la tête violemment jusqu'à s'écorcher.

« Marie Cratère... Marie Cratère... répéta-t-il. J'ai ouï ce nom plusieurs fois. Pour mettre en garde toute la population. Que me parlez-vous de Marie Cratère, comme si vous l'aviez vous-même rencontrée ?

Cela vous étonnerait-il donc ?

C'est une personne, paraît-il, bien peu recommandable et qu'il faut éviter à tout prix. Personne n'oserait s'aventurer dans la forêt qu'elle habite. C'est d'ailleurs l'un des articles de la Règle. Et vous me dites que vous l'avez vue, je ne puis vous croire... Elle ne supporte pas de présence humaine... On dit que son aspect est repoussant.

Sans conteste, il l'est, assurai-je. Mais elle ne m'a pas repoussée, bien au contraire. Je suis son amie.»

Là, j'étais allée trop loin. Il se cabra.

« Vous affabulez petite fille. Oubliez tout ce que je vous ai dit jusqu'à présent. Vous n'êtes pas digne de ma confiance. Vous vous jouez de moi.»

Mais il se ravisa.

« Pourriez-vous me dire un seul détail qui me permettrait de vous croire ? »

Seul un détail qu'il connaissait serait arrivé à le convaincre. Je lui parlai de l'art que possédait Marie Cratère de cueillir des plantes médicinales et de savoir les marier expertement pour venir à bout de toutes les maladies.

À son air toujours incrédule, je voyais que j'étais loin de l'avoir convaincu tout à fait, j'aurais pu inventer tout cela, et je sentais pourtant que s'était insinuée dans son esprit une certaine perplexité concernant les dons véritables de Marisa-Loup. Se pouvait-il qu'elle n'en possédât aucun ? Et qu'elle les tînt de la vieille ? Car Marie Cratère était vieille, n'est-ce pas ?

« Elle est toute décatie, toute ridée, toute flétrie, cette pauvre Marie, et savez-vous qu'elle m'a fait une confidence : elle n'a pas d'âge.

Comme nous tous, enchaîna mon interlocuteur... comme nous tous. »

 

Je pris conscience brusquement que tous les habitants d'Utopinambourg étaient d'une jeunesse florissante et je compris alors qu'ils la devaient aux remèdes prodigieux dispensés dans ce donjon.

« Mais ces remèdes ne font qu'un temps, un temps certes bien long, marmotta mon bonhomme (qui avait perdu l'éclat d'une très bonne santé), mais un temps qui a une fin. Il ne me reste peut-être plus que trois ou quatre décennies à pouvoir vivre dans cette cité, et puis, mon tour viendra... »

 

Il se leva, et d'une façon toute paternelle m'accompagna jusqu'à la sortie de son grand bureau bleu. Il me fit mille recommandations de prudence, maintenant que je savais. Mais il ne me répondit pas lorsque je lui demandai ce qui allait advenir de lui, quand son temps serait venu. Était-ce à la mort qu'il pensait ? Ou à une autre fin plus abominable encore ?

.............................

Les choses sont parfois autres que les représentations que nous en avons.

Citation détournée : Les choses ne sont rien d'autre que les représentations que nous en avons.

Georges Berkeley, 1685-1753. Évêque, philosophe irlandais qui a défendu l'empirisme.

*Mercure, dans la mythologie romaine est le messager des dieux (il est Hermès chez les Grecs)

 

NOTES

Titre : Délires qui confinent au mystère

Confiner au mystère, arriver aux confins du mystère. en être tout proche.

 

Clouer le bec°, clore, fermer le bec à quelqu'un, ou de quelqu'un, réduire  quelqu'un au silence.

 

Prêcher le faux pour savoir le vrai°, mentir habilement pour arriver à connaître la vérité.

 

Découvrir le pot aux roses°, découvrir quelque chose que l'on veut cacher, un secret.

 

Elle n'avait besoin de personne, fût-ce de Mercure lui-même.

> Eussé-je, eussè-je, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

 

Fabuler, affabuler, voir la note du texte des Délires n°1

 

Le Bec dans tous ses états

Retrouvez toutes les expressions et tous les sens du mot bec dans :Le Trésor de la Langue Française à l'entrée BEC >>BEC, subst- masc

Exemples

Bec d'aigle-L'avoir dans le bec-Chelinguer du bec-Tortiller du bec- Caquet bon bec-Bec-jaune, béjaune...

Et des dizaines d'autres des plus savoureux !

 

<< 84 Délires justifiant un amollissement bien compréhensible

>> 86 Délires où le charme opère

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 11:24

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Le petit fonctionnaire, poussé dans ses derniers retranchements°, hésita. Était-il possible qu'il pût livrer un secret avec tant de facilité à une jeune fille écervelée comme moi, inconsciente des conséquences qu'une telle révélation pourrait entraîner ? Ne serais-je pas en mesure maintenant de le mener par le bout du nez° ? N'était-il pas allé trop loin, jusqu'à épancher son coeur ?

La lassitude, c'était la lassitude qui avait eu raison de lui. Une vie si longue, faite d'un travail quotidien sans intérêt, il fallait qu'elle s'achevât un jour. Le système avait tué ses belles ambitions et son corps le lâchait. Tous les remèdes n'y pouvaient plus rien. Il sentait que c'était la fin. Alors, pourquoi ne pas se venger du joug autoritaire qu'il avait dû supporter jusque-là ? Et cette enfant que j'étais, qui venait à lui aujourd'hui, ne serait-elle pas le bras de sa vengeance. Ne l'armerait-il pas ?

 

NOTES

Titre : un amollissement, affaiblissement.  

 

Être poussé dans ses derniers retranchements°, être forcé dans une discussion de donner ses derniers arguments pour se défendre.

Un retranchement, vocabulaire militaire, un ouvrage fortifié, où l'on se réfugie pour se préserver de l'assaut ennemi.

Un moyen de défense.

 

Était-il possible qu'il pût livrer un secret

pût : subjonctif imparfait.

 

Il fallait qu'elle s'achevât un jour

s'achevât, subjonctif imparfait

Subjonctif après : il est possible que - il faut que

Voir : Valeurs et emplois du subjonctif 

 

Mener quelqu'un par le bout du nez°, faire de quelqu'un ce que l'on veut, sans qu'il puisse exercer sa propre volonté.

Se laisser mener par le bout du nez°, c'est être sous influence, avoir abandonné son libre arbitre pour suivre quelqu'un aveuglément.

 

N'était-il pas allé trop loin jusqu'à épancher son coeur

s'épancher, livrer ses plus intimes pensées, se confier.

 

c'était la lassitude qui avait eu raison de lui

Avoir raison de quelqu'un ou de quelque chose, venir à bout de sa résistance, triompher de lui.

 

le joug autoritaire qu'il avait dû supporter jusque-là

♦ Le joug, la sujétion, l'assujettissement, la soumission.

♦ dû, participe passé de devoir : dû, dus, due, dues

 

Ne serait-elle pas le bras de la vengeance ?

LA PERSONNIFICATION, figure de rhétorique qui fait un personnage d'un être inanimé en lui donnant des attributs anthropomorphiques (de l'homme)

 

<< 83 Délires qui torturent l'entendement

>> 85 Délires qui confinent au mystère

 

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 10:10

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À entendre le procès qu'il se faisait à lui-même, je sentis à cet instant que mon interrogateur était mûr pour les confidences. Il n'avait rien de mieux à perdre que la vie. C'est ce que j'avais cru comprendre après toutes les mises en garde que m'avait faites Alcmène : il était fort possible de subir le châtiment suprême, pour peu qu'on s'éloignât de la ligne obligée.

Malgré son refus de me donner la marche à suivre pour rencontrer Marisa-Loup, je m'obstinais à répéter ma demande en inventant une raison qui le plongea dans la plus grande stupéfaction.

 

« Monsieur, lui dis-je, je vous remercie pour la clémence que vous venez de me témoigner. Vous me protégez au péril de votre vie, je l'ai bien compris.

C'est cela même, me coupa-il, accablé. Et je le fais de bon coeur car je jurerais que vous n'êtes en aucun cas venue ici pour jeter le trouble, et votre air candide ne saurait cacher les plus minces velléités malfaisantes. C'est la première fois que j'ose me dresser ainsi contre les ordres de La Règle, la première fois que j'ose la liberté... C'est un sentiment curieux où se mêlent une joie profonde, l'estime de soi et la sérénité qu'apporte le vrai devoir accompli... La paix avec soi-même... (Il se reprit.) Je ne peux cependant vous laisser aller où bon vous semble dans ce donjon qui est le coeur de notre état. Dites-moi, je vous prie quelle mouche vous a piquée° pour demander à voir notre gouvernesse. Il faut que vous soyez rudement culottée pour oser venir ici. (Il s'arrêta comme étonné de son propre langage.) Pardonnez-moi, je veux dire que vous êtes bien audacieuse...

Que devrais-je craindre, je vous prie ? lui rétorquai-je. Madame Marisa-Loup de Saint-Ange n'est-elle pas une personne comme vous et moi ? Est-elle un mythe ? Un croquemitaine ? Une disciple de Pisistrate ? Un avatar du Docteur Mabuse ? Une fée Carabosse ou une Maléfique venue en ce monde pour terroriser ses semblables ?

Elle a le pouvoir, soupira-t-il.

Le pouvoir, qu'est-ce à dire ?

Tous les hommes seraient des tyrans s'ils le pouvaient*, ajouta-t-il. Elle n'est ni pire ni meilleure qu'un autre. Elle fait sa loi, La Règle.

Si vous refusiez tous d'être ses esclaves, il n'y aurait pas de tyrannie !

Mais ce pouvoir qu'elle a, nous le chérissons, nous le nourrissons, nous l'accroissons. Nous ne pourrions plus nous en passer, il est l'espérance, le remède souverain, il est le rêve des hommes depuis la nuit des temps...

Elle vous a tous ensorcelés ! m'exclamai-je. Dites-moi son secret, dites-moi ce secret jalousement gardé, qui vous lie pieds et poings°, qui lie votre pensée ! »

..................................................................

*All men would be tyrants if they could.

Tous les hommes seraient des tyrans s'ils le pouvaient 

Daniel Defoe, l'auteur de Robinson Crusoe entre autres chefs-d'œuvre.

Piètre opinion qu'on peut avoir des hommes !

 

NOTES

Il est fort possible de subir le châtiment suprême

c'est-à-dire la mort.

 

pour peu qu'on s'éloignât de la ligne obligée

qu'on enfreignit la Règle imposée.

le verbe est au subjonctif imparfait

locution conjonctive > Pour peu que

 

Je réitérai ma demande

je répétai

 

je vous remercie pour la clémence que vous venez de me témoigner

La clémence est une vertu, soeur de la compassion et de la pitié, qu'exerce une personne possédant une certaine autorité vis à vis d'une autre qui, hiérarchiquement, lui est inférieure.

 

Gouvernesse, barbarisme, sorte de néologisme que j'ai formé sur gouverneur. Note de Mamiehiou

 

Il faut que vous soyez rudement culottée pour oser venir ici.

Être rudement culotté pour + infinitif, expression familière :

> Vous êtes bien effrontée pour... Vous avez l'audace de, l'impudence, l'outrecuidance...

 

une disciple de Pisistrate

disciple peut être masculin ou féminin

Pisistrate (-600 -528) tyran d'Athènes, successeur de Solon qui institua la première constitution. Il imposa ses lois pour le bien des citoyens► Un tyran, un maître en grec.
 

un avatar du Docteur Mabuse

Un avatar (mot qui vient du sanskrit) désigne, dans l'hindouisme, une incarnation de Vishnou. Il en a dix, dont Krischna, Bouddha, etc. Le dernier avatar, Kalki reste à venir.

Quand on dit Avatar, on pense immanquablement au film de James Cameron, 2009.

Le Docteur Mabuse, personnage du roman de Norbert Jacques d'où est tiré le film expressionniste de Fritz Lang, Doktor Mabuse, 1922. Le titre en français est Le Docteur Mabuse et Mabuse le joueur.

Le Docteur Mabuse ne recule devant rien pour tenter d'établir son pouvoir sur sa ville, Berlin, et sur le monde.

 

une fée Carabosse ou une Maléfique 

La fée Carabosse,  bossue à trente-six carats dispense sa méchanceté à tout va. Elle apparaît dans des contes au XIIème siècle comme une très méchante fée. Chez Charles Perrault, elle porte son nom de Carabosse (pas encore dans La Belle au bois dormant). Chez Grimm, elle est la treizième fée. Chez Disney, elle a pour nom Maléfique.

Reprise de la note n°7 dans les Délires 44, un conte en abyme

 

<< 82 Délires qui sont près de nous émouvoir - QUIZ 17 Des tirades fameuses à retrouver pour le plaisir

>> 84 Délires justifiant un amollissement bien compréhensible

 

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 10:10

Pour faire le Quiz, reportez-vous à l'article :

QUIZ 17 Des tirades fameuses (à compléter) à retrouver pour le plaisir

 

EDMOND ROSTAND - CYRANO DE BERGERAC 1797

Acte 1, scène 4 - La tirade des nez

 

CYRANO

Ah ! Non ! C'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme...
En variant le ton, —par exemple, tenez :
Agressif : « moi, monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur le champ
35 que je me l'amputasse ! »
Amical : « mais il doit tremper dans votre tasse :
Pour boire, faites-vous
36 fabriquer un hanap ! »
Descriptif : « c'est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ? ...
37 c'est une péninsule ! »
Curieux : « de quoi sert cette oblongue capsule ?
D'écritoire, monsieur, ou de
38 boîte à ciseaux ? »
Gracieux : « aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous
39 vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »
Truculent : « ça, monsieur, lorsque
40 vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu'un voisin ne crie
41 au feu de cheminée ? »
Prévenant : « gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »
Tendre : « faites-lui faire un
42 petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! »
Pédant : « l'animal seul, monsieur, qu'
43 Aristophane
Appelle hippocampelephantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d'os ! »
Cavalier : « quoi, l'ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau
44c'est vraiment très commode !»
Emphatique : « aucun vent ne peut, nez magistral,
T'enrhumer tout entier,
45 excepté le mistral ! »
Dramatique : « c'est la Mer Rouge
46 quand il saigne ! »
Admiratif : « pour un parfumeur, quelle enseigne ! »
Lyrique : « est-ce une conque, êtes-vous un triton ? »
Naïf : « ce monument,
47 quand le visite-t-on ? »
Respectueux : « souffrez, monsieur, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle avoir
48 pignon sur rue ! »
Campagnard : « hé, ardé ! C'est-y un nez ? Nanain !
C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! »
Militaire : « pointez contre
49 cavalerie ! »
Pratique : « voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera
50 le gros lot ! »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
—Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu
51 de lettres et d'esprit :
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot :
52 sot !
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas
53 qu'un autre me les serve.

 

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 10:08

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VICTOR HUGO – HERNANI 1830 – Acte III, scène 4

On se souvient que cette pièce a donné lieu à une violente polémique. Victor Hugo n'ayant pas respecté les règles de la tragédie classique.


Hernani, qui aime Doňa Sol, lui demande de renoncer à l'amour qu'elle lui porte.


Hernani
Monts d'Aragon ! Galice ! 29 Estramadoure !
- Oh ! je porte malheur à tout ce qui m'entoure ! -
J'ai pris vos meilleurs fils, pour mes droits, sans remords ;
Je les ai fait combattre, et voilà qu'ils sont morts !
C'étaient les plus vaillants de la vaillante Espagne.
Ils sont morts ! ils sont tous tombés dans la montagne,
Tous sur le dos couchés, en braves, devant Dieu,
Et, si leurs yeux s'ouvraient,
30 ils verraient le ciel bleu !
Voilà ce que je fais de tout ce qui m'épouse !
Est-ce une destinée à te rendre jalouse ?
Dona Sol, prends le duc, prends l'enfer, prends le roi !
C'est bien. Tout ce qui n'est pas moi
31 vaut mieux que moi !
Je n'ai plus un ami qui de moi se souvienne,
Tout me quitte, il est temps qu'à la fin ton tour vienne,
Car je dois être seul. Fuis ma contagion.
Ne te fais pas d'aimer une religion !
Oh ! par pitié pour toi, fuis ! - Tu me crois, peut-être,
Un homme comme sont tous les autres, un être
Intelligent, qui court droit au but qu'il rêva.
Détrompe-toi. Je suis
32 une force qui va !
Agent aveugle et sourd de mystères funèbres
Une âme de malheur faite avec des ténèbres !
Où vais-je ? je ne sais. Mais je me sens poussé
D'un souffle impétueux, d'un destin insensé.
Je descends, je descends, et jamais ne m'arrête.
Si parfois, haletant, j'ose tourner la tête,
Une voix me dit :
33 Marche! et l'abîme est profond,
Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond !
Cependant, à l'entour de ma course farouche,
Tout se brise, tout meurt. Malheur
34 à qui me touche !
Oh ! fuis ! détourne-toi de mon chemin fatal,
Hélas ! sans le vouloir, je te ferais du mal !
 

 

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RACINE – Phèdre 1677 – Acte II, scène 5

Phèdre, épouse de Thésée, est amoureuse de son beau-fils Hippolyte. Après s'être longtemps tu, elle est à bout et avoue sa passion à l'être aimé.

 

Phèdre

Ah ! Cruel ! Tu m'as trop entendue !
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
Eh bien ! Connais donc Phèdr
e 23 et toute sa fureur.
J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même,
Ni que du fol amour qui trouble ma raison,
Ma lâche complaisance ait nourri le poison ;
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m'abhorre encor
plus 24 que tu ne me détestes.
Les dieux m'en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De sédu
ire 25 le coeur d'une faible mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé
C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé ;
J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais
plus, 26 je ne t'aimais pas moins ;
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J'ai langui, j'ai séché dans les feux, dans les larmes
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.
Que dis-je ? Cet aveu que je te viens de faire,
Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?
Tremblante pour un fils que je n'osais trahir,
Je te venais prier de ne le point haïr
Faibles projets d'un coeur trop plein de ce qu'il aime !
Hélas ! Je ne t'ai pu parler que de toi-même !
Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour
Digne fils du héros qui t'a donné le jour,
Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite.
La veuve de Thésée 27 ose aimer Hippolyte !
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper ;
Voilà mon coeur : c'est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d'expier son offense,
Au-devant de ton bras je le sens qui s'avance.
Frappe : ou si tu le crois indigne de tes coups,
Si ta haine m'envie un supplice si doux,
Ou si d'un sang trop vil ta main serait trempée,
Au défaut de ton bras 28 prête-moi ton épée.

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 10:06

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MOLIERE – L'Avare 1668 – Acte 4, scène 7

On a dérobé la cassette pleine de pièces d'or d'Harpagon.

Harpagon

Au voleur ! Au voleur ! A l'assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, 19 on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferais-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N'est-il point là ? N'est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête ! 20 Rends-moi mon argent, coquin... (il se prend lui-même le bras) Ah ! C'est moi ! Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis et ce que je fais. Hélas ! Mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! On m'a privé de toi; et puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie; tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde : sans toi, 21 il m'est impossible de vivre. C'en est fait, je n'en puis plus; je me meurs, je suis mort, 22 . N'y a-t-il personne qui puisse me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m'apprenant qui l'a pris ?

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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