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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 10:32

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

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La matriarche susnommée avait décrété moultes ordonnances, et Alcmène était prête à m'en donner tous les détails qui régissaient la cité. Elle fit appel à ma prudence.

« Ton ignorance, me dit-elle, est le pire de tous les maux. Et si tu veux préserver ta vie, il te faudra apprendre par le menu ce qui est autorisé et ce qui est interdit ici. Rien n'est plus précieux qu'une bonne connaissance de La Règle à laquelle tu dois te soumettre. Si tu l'enfreins, tu es perdue.

Tu as vu comme il est facile de tomber dans le piège des émotions qu'on ne doit en aucun cas laisser paraître. À chacun de tes manquements, des limiers à l'affût sont prêts à fondre sur toi. Et si tu veux avoir la vie sauve, il te faut payer des pots-de-vin qui te mettent sur la paille° pendant des décennies. Tu en as été le témoin. Amphi m'a fait un cadeau dont tu ne peux à peine imaginer le prix. Il n'en était aucunement contraint. Sans sa générosité, c'en était fait de moi... Je sais ce que tu penses. Tu te demandes pourquoi je n'ai pas moi-même payé sur mes propres deniers. Sache que ma bourse s'est vidée depuis fort longtemps. Je suis à sec. J'ai tant de fois manqué à La Règle, tant de fois violé ses commandements impitoyables — et cela sans le vouloir, tu peux bien me croire — qu'à chacune de mes erreurs, il m'a fallu me dépouiller un peu plus. L'impétuosité de mon caractère indocile, mon incapacité à brider les intempestifs mouvements de mon âme, mon humeur inconstante, mon comportement d'extravertie que je ne puis juguler, voilà ce dont je devrais me défaire, Amphi m'en fait le reproche chaque jour. Et si je continue ainsi, à être déraisonnable, irréfléchie, impulsive, inconséquente, écervelée... »

 

Alcmène ne put continuer. Elle éclata en sanglots. Je ne pouvais croire qu'elle était comme elle se décrivait elle-même, Mais une chose était sûre, elle s'acheminait lentement vers le désespoir.

Je jurai de mettre tout en oeuvre pour l'aider à sortir de ce cercle infernal. Il en allait de sa vie, et de la mienne aussi.

Comme j'étais naïve ! Il eût fallu une révolution pour le moins.

Je décidai d'aller au Château.

.....................................................................

 

NOTES

La matriarche susnommée avait décrété moultes ordonnances

la matriarche : il s'agit de Marisa-Loup. Voir les épisodes précédents.

susnommé, nommé ci-dessus.

susdit, susmentionné. 

moult ordonnances ou moultes ordonnances, synonymes : beaucoup de

MOULT, adverbe moult, vieux ou plaisant

 

il te faudra apprendre par le menu

par le menu, en détails.


Sans sa générosité, c'en était fait de moi

> Sans, s'en, sens, sent, c'en, cent, sang, des homophones à ne pas confondre – Sans suivi d'un singulier ou d'un pluriel ?


Si tu l'enfreins

verbe enfreindre

les verbes en DRE font à l'indicatif présent -DS -DS -D

les verbes en INDRE et SOUDRE font -S-S-T

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

des limiers à l'affût sont prêts à fondre sur toi

Un limier, un chien de chasse ou un détective, c'est selon.

Rappelez-vous les limiers que nous avons rencontrés au texte Les Délires  63  et suivants.

> L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux... + Quiz 58


des pots-de-vin qui te mettent sur la paille° pendant des décennies

Je suis à sec

être sur la paille, être à sec, ne pas avoir d'argent.


mon comportement d'extravertie que je ne puis juguler

♦ Extravertie ou extrovertie, qui a une facilité à exprimer ses sentiments, qui aime les contacts avec autrui, qui est ouverte sur le monde.

Contraire, introvertie.

L'extraversion ou extroversion, l'introversion.

♦ je ne puis, je ne peux pas

> Ne pas confondre : je peux, je puis, je pus, je puisse, je pusse - puis-je, puissé-je ou puissè-je...

♦ juguler, arrêter que la chose se développe.

 

Il eût fallu une révolution

subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé

il aurait fallu - conditionnel passé (1re forme)

 

<< 75 Délires sur une psyché - À propos de digressions...

>> 77 Délires qui vont m'amener à affronter l'inconnu + Les babets

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 08:37

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Les digressions suivantes, qui sont des analyses psychiques tout droit sorties du courant romantique qui veut qu'on s'attache à regarder son nombril plutôt que celui des autres, t'agaceront peut-être cher lecteur, toi qui est si impatient de connaître la suite des événements. Mais il faut en passer par là pour mieux appréhender ce qui se passe dans ma tête. Et je n'ai pas l'intention de m'excuser en quoi que ce soit quand je te dis cela ex abrupto !

Ta petite Oli qui s'autoflagelle parfois.  
.................................................................                                                                                                                              

Ma curiosité devint insatiable. Je voulais tout savoir et j'interrogeai Alcmène sur mille détails.

La crispation qui l'avait rendue si dure à mon égard dans les premières minutes de notre entretien, s'effaça peu à peu. Je lui pardonnai, car j'avais compris à quel point, successivement, l'angoisse l'avait paralysée, et la nervosité s'était installée à fleur de peau, a pedibus usque ad caput°, puisqu'il lui avait été impossible de dominer l'effet des giclées de noradrénaline qui l'avaient assaillie, et qui lui avaient si injustement ôté tout libre arbitre,

 

Je sais d'où le sais-je ? qu'il est indispensable de garder son calme et de ne pas vouloir à tout prix raisonner une personne sous l'emprise d'une émotion forte. Ce serait peine perdue. Toute sa volonté et sa capacité à faire travailler son intelligence sont annihilées par un processus cérébral implacable, la réduisant à être la proie de ses instincts primitifs.

 

Peu à peu s'effaça l'agressivité démesurée dont Alcmène avait fait preuve à mon égard alors que je lui avais seulement fait part de mon étonnement, Mais peut-être ne m'eût-il pas fallu rire ou même sourire, c'est cela qu'Alcmène avait ressenti comme insupportable.

 

Quand le calme fut revenu, elle dut reconnaître, en son for intérieur qu'il n'avait pas été dans mes intentions de me moquer d'elle, ni même de mettre en doute ses dires un seul instant. — Suis-je vraiment sincère en disant cela ?  Une fois de plus, je dus faire mon mea-culpa, j'étais trop impulsive et je devrais à l'avenir  tourner sept fois ma langue dans ma bouche° avant de m'exclamer. Ce faisant, et j'enfonçais là une porte ouverte°, je m'appliquerais à réfléchir aux conséquences éventuelles que pourraient entraîner mes paroles trop hâtives et je pèserais le pour et le contre pour les prononcer ou me taire. Cette attitude difficile irait à l'encontre de mon naturel que j'avais maintes fois décidé de chasser, et qui menaçait toujours de revenir au galop.

.................................................................

 

NOTES

Titre - La psyché, ici, ensemble des phénomènes psychiques d'une personne

 

a pedibus usque ad caput, des pieds à la tête (en latin)

 

les digressions suivantes t'agaceront peut-être

une digression - Cf. L'Académie : Ce qui dans un exposé, dans une conversation, un discours s'écarte du sujet principal. Faire une digression. Se perdre dans des digressions.

 

Pardonne-moi si je te dis cela ex abrupto !

Ex abrupto, sans préambule, brusquement. 

 

pour mieux appréhender ce qui se passe dans ma tête.

appréhender

1 -ici, comprendre

2 -craindre.

 

Ta petite Oli qui s'autoflagelle parfois

C'est Oli, la narratrice et l'héroïne de l'histoire qui parle.

S'autoflageller, s'auto-flageller, se critiquer très durement. 

 

impossible de dominer les giclées de noradrénaline

La noradrénaline, neurotransmetteur qui joue un rôle dans les émotions, entre autres.

 

peut-être ne m'eût-il pas fallu rire

verbe au subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé

Ne m'aurait-il pas fallu rire

 

Je dus faire mon mea-culpa (mea culpa - des mea culpa)

Faire son mea-culpa, avouer une faute avec contrition.

battre sa couple

Mea culpa ! C'est ma faute !

 

Ce faisant, en faisant cela.

 

Enfoncer une porte ouverte° 

J'enfonce une porte ouverte, je dis une vérité évidente, une banalité à faire pleurer.

Mais tu me pardonnes, cher lecteur, n'est-ce pas ?

 

Chassez le naturel, il revient au galop.°

Naturam expelles furca, tamen usque recurret, Horace, poète latin, vers 50 avant JC.

 

accord des participes passés, paralysée, installée, assaillie, avec le COD qui les précèdent

Pour en savoir plus sur les participes passés :

> Règles de l'accord des participes passés

et  > QUIZ 26 

 

le passé simple et l'imparfait, interrogeai, pardonnai, etc.

> Les emplois de l'imparfait de l'indicatif et du passé simple

 

le futur du passé, je devrais, je réfléchirais, etc. 

> Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur antérieur du passé - Le futur antérieur hypothétique

 

<< 74 Délires kafkaïens* - QUIZ 15 Trouvez les hommes et les femmes célèbres dont le nom commence par PA

>> 76 Délires qui semblent donner peu d'espace à l'espoir

 

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 11:13

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J'étais bien décidée désormais à être tout ouïe et à ne plus interrompre celle qui était à même de me donner les clefs de ce monde. Alcmène me promit que chaque tour d'écrou que je donnerais m'ouvrirait une porte pour progresser dans le labyrinthe inextricable dans lequel j'avais jusque-là erré sans guide. Peut-être pourrais-je un jour trouver le fil d'Ariane qui me permettrait de m'évader du piège où j'étais prise sans que je l'eusse voulu.

 

Ma nouvelle amie se fit fort de m'initier aux us et coutumes de cette contrée dont les exigences me paraissaient insupportables.

La première chose qu'elle m'apprit, quant à l'âge de ses concitoyens, me glaça : ils n'avaient pas d'âge. Tout au plus, pas d'âge visible, pas d'âge qu'on pût supputer, à voir les visages lisses, les allures alertes, les mouvements souples et aisés, les voix claires et sonores, les chevelures fournies des têtes nues.

« On ne vieillit pas ici, me déclara Alcmène d'une voix blanche. Les rides n'ont pas cours, les calvities sont interdites, on ne chevrote pas...   

 —Est-il possible... ? Je croyais que seul le bonheur supprimait la vieillesse*, me hasardai-je à dire... 

—Il est formellement interdit de tomber gravement malade, coupa-t-elle. »

Cette phrase tomba comme un couperet.

Elle continua :  

« S'il advenait qu'une petite indisposition fondît sur toi, il te la faudrait chasser sur l'heure.  

 —Cela se peut-il ? balbutiai-je. Mais pourquoi m'as-tu dit que je devais me rendre au château quand je t'ai parlé de pharmacie ce matin ? Tu me fais craindre le pire, murmurai-je. »  

Me voyant bouleversée par les explications d'Alcmène, Prétatou me donna un coup de lèche rapide sur la main et glapit : « Ne te laisse pas impressionner ainsi, ma chère, tout n'est pas perdu ! »

Je ne fus pas plus rassurée. 

................................................................ 

*Le bonheur supprime la vieillesse.

de Franz Kafka, l'incontournable Kafka, 1883 – 1924.

 

NOTES

Titre "Délires kafkaïens"

kafkaïen, adjectif dérivé de Kafka, auteur pragois.

> incompréhensible, absurde, cauchemardesque. 

 

J'étais décidée à être tout ouïe

à écouter avec la plus grande attention

Tout ouïe > Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

chaque tour d'écrou que je donnerais

Le Tour d'Ecrou. The Turn Of The Screw, 1898. Roman anglais d'Henry James. Chef d'oeuvre de la littérature fantastique. Il est à l'origine de films, de téléfilms et d'opéras.

 

pourrais-je un jour trouver le fil d'Ariane

le fil d'Ariane, ce qui sert à guider pour sortir de circonstances difficiles, en référence au fil d'Ariane qui permit à Thésée de sortir du labyrinthe (mythologie). Voir plus bas

 

sans que je l'eusse voulu

subjonctif plus-que-parfait de vouloir

> Sans que

 

quant à l'âge de mes concitoyens

quant à, quant au, quant aux, en ce qui concerne.

au, contraction de à le.

aux, contraction de à les.

 

On ne chevrote pas

chevroter, parler avec une voix tremblante.

♦ mot dérivé de chèvre

♦ Voir les mots en OTER et OTTER, la note du texte  20
 

pas d'âge qu'on pût supputer

supputer, calculer indirectement.


S'il advenait qu'une petite indisposition fondît sur toi

♦ advenir - Cf. L'Académie, 8e édition : Arriver par accident, par surprise. Il n'est employé qu'à l'infinitif et aux troisièmes personnes. Les choses étant dans cet état, il advint que...; s'il advenait que...

♦ fondît, subjonctif imparfait. >>Valeurs et emplois du subjonctif

 

Prétatou glapit

♦ glapir, japper, pour un petit chien, pousser des cris aigus.

♦ Pour retrouver les cris des animaux, se reporter au QUIZ 3 texte 15.  

 

Le labyrinthe. Mythologie grecque.

Pasiphaé, l'épouse de Minos, roi de Crète s'accouple avec un Taureau blanc et donne naissance au Minotaure, hybride au corps d'homme et à la tête de taureau. Le roi ordonne que le monstre soit enfermé dans un labyrinthe. L'architecte Dédale le construit. Thésée pénètre dans le labyrinthe et tue le Minotaure. Pour qu'il puisse en sortir, Ariane, amoureuse de Thésée, lui a donné l'idée de Dédale de s'attacher un fil à la cheville. Le fil d'Ariane. Mais Minos enferme Dédale et son fils Icare dans le labyrinthe. Ils s'enfuient grâce à des ailes confectionnées de plumes et de cire. Bien que Dédale mette en garde son fils de ne pas s'approcher du soleil, Icare, enivré par le vol, prend trop d'altitude, la cire fond, et le voilà précipité dans la mer qui portera son nom.

Thésée, infidèle, abandonnera Ariane. Et il épousera sa soeur, Phèdre.

 

On trouve dans Phèdre de Racine :

Ariane, ma sœur, de quel amour blessée
Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée ! 

(Phèdre, acte 1, scène 1)

 

Rappelez-vous l'un des vers les plus beaux, célèbre pour sa métrique parfaite :

La fille de Minos et de Pasiphaé.

(Hippolyte parlant de Phèdre, l'épouse de son père Thésée, acte I, scène 1)

 

<< 73 Délires à décrypter sans plus attendre

>> 75 Délires sur une psyché - À propos de digressions...

 

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QUIZ 15

Trouvez des personnages célèbres

dont le nom commence par PA

 

1- Médecin alchimiste suisse, (1493-1541) dont les recherches sur la chimie aidèrent à son développement. Dommage qu'il ne fût pas d'accord avec les théories de Galien ! 

 

2- Inventeur de la machine à piston en 1687. Le pauvre, il fut chassé de France pour se réfugier en Angleterre au moment de la Révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV.

La France ne reconnaît souvent ses génies que trop tard. Il mourut miséreux.

 

3- Ah ! Si elle n'avait pas ouvert la fameuse jarre*  comme l'avait bien prévu Zeus, comme nous serions heureux !
*jarre ou boîte

 

4- La dopamine fait défaut à la maladie qu'il a décrite.

"Cesse donc de trembler ainsi, Papi !"

 

5- Mathématicien, physicien, biologiste, inventeur, philosophe, moraliste et théologien. Un des plus grand maîtres de la littérature française. Il nous a fait voyager, entre autres, dans l'esprit de géométrie et l'esprit de finesse, dans l'infiniment petit et l'infiniment grand. Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie.

 

6- Ah ! Le bon chirurgien qui remplaça la cautérisation des plaies à l'huile bouillante par la ligature des artères !

 

7- L'ami intime d'Achille

 

8- Quand on n'a pas d'enfant, on est jaloux de ceux qui en ont et quand on en a, ils vous font devenir chèvre ! La Sainte Vierge, peuchère, elle n'en a eu qu'un et regarde un peu les ennuis qu'il lui a fait ! Et encore, c'était un garçon. Citation de Pa...

 

9- Fils de Gargantua, héros éponyme d'Alcofribas Nasier.

 

10- Personnage d'Henri Charrière dans son roman autobiographique. Incarné au cinéma par Steve Macqueen. Le bagne, quelle galère !

 

11- L'Évangile selon Saint Matthieu, c'est de lui. Sa mère y incarne la Vierge Marie.

 

12- C'était au temps du cinéma muet. Les femmes se prenaient pour Loulou (1929) grâce à PA...

 

13- Célèbre flûtiste. Avec ses cornes et ses pieds de bouc, il n'a rien pour séduire et les dieux se moquent de lui. Il est le protecteur des bergers et des troupeaux. Mais aussi de la foule. Il donne un nom dérivé du sien à la foule en délire. Il meurt un jour, ce que ne font jamais les autres dieux !

 

14- Son amour a eu de bien tragiques conséquences, la guerre de Troie.

 

15- Il se suicide en 1950 dans une chambre d'hôtel de Turin et il laisse son dernier texte : La mort viendra et elle aura tes yeux. On considère qu'il est le plus grand écrivain italien du XXème siècle.

En1955 Michelangelo Antonioni donne d'après une de ses nouvelles, le film Tra donne sole, Femmes entre elles.

 

16- Une famille qui a fait beaucoup de voitures.

 

17- Prix Nobel de médecine en 1904. Champion des réflexes conditionnels. On se souvient de son chien.

 

18- Capitaine de l'Armée des Etats-Unis pendant la Première guerre mondiale, Old blood and guts, le vieux sang et tripes comme l'appelaient ses hommes obtint le grade de Général de Division pendant la Seconde Guerre Mondiale,

 

19- Couturier et fabricant de parfums, 1887-1936.

 

20- 1782-1840 Violoniste, altiste, guitariste et compositeur italien. Le plus grand violoniste qui ait jamais existé. En 1987, Klaus Kinski adapte sa jeunesse à l'écran sous le titre de Kinski-Pa...

 

21- Il donna un coup mortel à la théorie de la génération spontanée. A faire enrager ses pairs !

 

22- Encore heureux que nous ne fassions pas tous partie de son troupeau !


La solution est ci-dessous.

 

1- Paracelce Philippus

2- Papin Denis

3- Pandore

4- Parkinson James

5- Pascal Blaise

6- Paré Ambroise

7- Patrocle

8- Pagnol Marcel (citation extraite de Fanny)

9- Pantagruel, héros éponyme (qui a le même nom que le titre du livre). Alcofribas Nasier pseudonyme et anagramme de François Rabelais.

10- Papillon

11- Pasolini Pier paolo

12- Pabst Georg Wilhelm

13- Pan (nom dérivé, panique)

14- Pâris (Troyen, fils de Priam, il enlève Hélène, femme de Ménélas qui est grec et le frère du Roi des Rois, Agamemnon.)

15- Pavese Cesare

16- Panhard

17- Pavlov Ivan

18- Patton George

19- Patou Jean

20- Paganini Niccolò

21- Louis Pasteur qui découvrit l'existence des microbes. Et il soigna la rage illico !

22- Panurge, ami de Pantagruel. Il jette d'un bateau un mouton qui sera suivi par tous les autres, dans le Quart-Livre. Personnage de Rabelais

 

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 15:40

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« Tu sembles n'avoir aucune idée sur notre gouvernement, commença mon Alcmène encore tout émotionnée. »

J'étais touchée qu'elle eût abandonné le voussoiement, ce qui me donna à penser qu'elle voulait que nous fussions proches. Proches jusqu'à quel point ?

« Ne m'as-tu pas déjà dit que j'étais tombée de la dernière averse ? lui répondis-je en souriant. 

Écoute, m'assura-t-elle avec le plus grand sérieux. Sache, qu'à notre tête, une matriarche a tous les pouvoirs. » 

 

Je ne m'en étonnai nullement. Pourquoi cela m'eût-il semblé étrange ?  

Alcmène suspendait ses phrases comme si j'eusse dû réagir à chacune d'elles.  

« Elle a pour nom Marisa-Loup de Saint-Ange, continua-t-elle. Ne m'as-tu pas laissée entendre que tu l'avais vue chez Marie Cratère ?

  J'éclatai de rire.

Marisa-Loup ! Une matriarche ? Le mot est plaisant ! Est-ce un titre ou un sobriquet ? »


Prétatou me rappela à l'ordre et me fit comprendre, par le truchement d'un aboiement qui n'admettait pas de réplique, que la raillerie était hors de saison. L'heure était grave.

 

« Comment dois-je prendre tes propos ? m'invectiva mon interlocutrice qui sembla soudain d'une susceptibilité exacerbée. Puis-je continuer à te parler sans entendre tes sarcasmes ? As-tu décidé de m'interrompre à chaque fois que quelque chose te semble bizarre ? Dans ces conditions, nous ne pourrons pas nous entendre et tu ne sauras rien ! J'avais cru que tu étais impatiente de savoir ce que j'avais à te dire. Je me suis trompée. Restons-en là ! 

Pardonne-moi Alcmène. Je t'en prie. Je suis prête à apprendre la grille de lecture de ce monde qui m'est encore inconnu, et à m'appliquer à le déchiffrer sous ta dictée. Je n'ai pas voulu me moquer, je te le jure. Je te promets qu'à l'avenir je t'écouterai avec tout le sérieux que tu exiges. Mais comprends-moi. Marisa-Loup ne peut être à mes yeux une matriarche. Elle a tout juste trente ans ! 

C'est ce que tu crois. Il faut, dès à présent, que ta grille de lecture comporte un logiciel lié aux âges.»

 

C'est alors qu'il me revint en mémoire les propos étranges de Marie Cratère auxquels je n'avais accordé aucun crédit. Ne m'avait-elle pas dit qu'elle avait, jadis, fréquenté Paracelse ?

..............................................................................

 

 NOTES

Titre : Délires à décrypter

Décrypter, décoder, déchiffrer.

 

mon Alcmène tout émotionnée

 ♦ L'adverbe tout n'est pas toujours invariable.

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif 

♦ Émotionner et Émouvoir, voir la note du texte 21

 

J'étais touchée qu'elle eût abandonné le voussoiement, ce qui me donna à penser qu'elle voulait que nous fussions proches.

eût abandonné, subjonctif plus-que-parfait 

Le voussoiement, le vouvoiement.

Voussoyer, vouvoyer.

Voir la conjugaison des verbes en YER, texte 5
♦ que nous fussions poches, subjonctif imparfait

> Valeurs et emplois du subjonctif 

 

Ne m'as-tu pas déjà dit que j'étais tombée de la dernière averse

allusion à la réflexion d'Alcmène, voir le texte 57

"On pourra se goberger... se goinfrer... et partir sans payer quand les poules auront des dents°, hoqueta-t-elle. Êtes-vous donc tombée de la dernière averse°, ou bien voulez-vous mourir à tout prix ? "

 

Matriarche, patriarche, personne à la tête d'un groupe.

Cela implique que la matriache ait un certain âge.


pourquoi cela m'eût-il semblé étrange ? 

subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme)
pourquoi cela m'aurait-il semblé étrange ? (1re forme)


comme si j'eusse dû réagir

♦  Comme si

♦  Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

et QUIZ 65 - Texte à trous "Du coeur et de l'ardeur d'apprendre"

 

Un sobriquet, surnom familier, pas toujours apprécié par la personne ainsi nommée qui pense qu'on se moque d'elle.

 

une susceptibilité exacerbée, mots commençant par EX, EXH, voir la note du texte 9

 

Un truchement, un interprète, un porte-parole, un intermédiaire qui traduit des pensées et des sentiments.

 

C'est hors de saison, c'est déplacé.

 

les propos étranges de Marie Cratère auxquels je n'avais accordé aucun crédit.

accorder du crédit à quelqu'un ou à quelque chose, le croire.

le participe passé accordé ne s'accorde pas, pas de complément d'objet direct placé avant lui

Voir L'accord des participes passés - QUIZ 26

 

Paracelce, médecin alchimiste de la Renaissance, voir la note du texte 16

 

<< 72 Délires qui mettent la patience à rude épreuve + 000 Délires qui soulèvent un coin du voile - Une parenthèse autobiographique sur laquelle vous pouvez faire l'impasse

 >> 74 Délires kafkaïens* - QUIZ 15 Trouvez les hommes et les femmes célèbres dont le nom commence par PA

 

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 16:56

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Alcmène mit longtemps à se calmer. Elle me sut gré, sans le dire, de la patience pleine d'indulgence que je lui témoignais en restant là, à ses côtés, attentive au moindre de ses mouvements, au moindre de ses soupirs.

Pourquoi s'était-elle laissé aller jusqu'au point de me dévoiler sa faiblesse ? Ce que je lui avais dit l'avait stupéfiée. Mais qu'y avait-il donc dans mes propos de si troublant, de si incroyable, que Mademoiselle de Saint-Ange rendît  visite à Marie Cratère ?

Pourquoi semblait-elle bouleversée à ce point ?

Je commençai à douter de son état mental ; elle avait été bien malmenée la veille.

Qu'il fallait peu de choses à son imagination pour croire qu'il se passait entre les deux femmes une entente secrète et lourde de conséquences, à tel point qu'il était nécessaire de nous terrer au fond d'un trou pour en éclaircir le mystère ! Et quand bien même nous devrions en commenter l'occurrence, que sortirait-il de notre conversation ?

 

Je n'osais prendre la parole avant que le calme ne fût revenu tout à fait, et je considérais Alcmène qui s'apaisait peu à peu. Sa respiration devint plus régulière, et lorsque nos regards se croisèrent, elle me sourit. Elle était vraiment très jolie avec sa petite frimousse d'enfant punie, et je ressentis, en cet instant qui la rendait si proche de moi, comme un élan de tendresse vers cette jeune femme qui n'avait eu jusque-là personne à qui se confier et qui, pour la première fois décidait de sauter le pas° au risque de le regretter aussitôt.

Que savait-elle de moi ? Rien de plus que moi-même.

Connais-toi toi-même* avant de juger.

C'est bien ce que nous aurions pu nous dire pour nous mettre en garde, jusqu'à nous défier l'une de l'autre, jusqu'à nous défier de nous-mêmes. Mais nous n'avions rien à cacher. Et nos coeurs étaient purs. 

....................................................................... 

*Connais-toi toi-mêmeDevise de sagesse gravée sur le fronton du Temple d'Apollon à Delphes. Socrate reprendra cette maxime pour en faire l'un des piliers de sa philosophie.

 

NOTES

Elle me sut gré, sans le dire, de la patience que je lui témoignais

Savoir gré à quelqu'un de quelque chose, lui en être reconnaissant.

Je vous sais gré de... Je vous saurai gré de...

Savoir mauvais gré à quelqu'un de quelque chose, être mécontent de ce qu'il a fait.

Je vous sais mauvais gré de m'avoir insulté.

 

attentive au moindre de ses mouvements

au plus petit de ses mouvements, voir les comparatifs et les superlatifs irréguliers dans la note du texte 30

 

Pourquoi s'était-elle laissé aller

Le participe passé laissé est invariable lorsqu'il est suivi d'un infinitif

>L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...

 

Ce que je lui avais dit l'avait stupéfiée.

stupéfiée, participe passé qui s'accorde avec l' (mis pour Alcmène), complément d'objet direct placé avant lui.

 

Qu'il fallait peu de choses à son imagination pour croire...

Cf. René Chateaubriand.

Qu'il fallait peu de choses à ma rêverie...

Voir l'extrait dans l'article :CHATEAUBRIAND


à tel point qu'il était nécessaire de nous terrer au fond d'un trou

>À un tel point que, à un point tel que, au point que

locutions conjonctives introduisant des propositions de conséquence

 

Et quand bien même nous devrions en commenter l'occurrence

Quand bien même, locution conjonctive suivie du conditionnel (condition)

> Quand - même quand - quand même - quand bien même - quand bien - quand même que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ? 

Une occurrence, un événement qui arrive de façon fortuite.

 

avant que le calme ne fût revenu tout à fait.

♦ fût revenu subjonctif plus-que-parfait

subjonctif après la locution conjonctive >Avant que 

Ne est explétif après avant que, il n'est pas nécessaire.

>NE explétif - Quand peut-on l'employer ?

 

et je considérais Alcmène qui s'apaisait peu à peu.
Considérer, observer attentivement

s'apaisait : VERBES COMMENÇANT PAR AP et APP, voir la note du texte 14

 

jusqu'à nous défier l'une de l'autre

ici verbe pronominal réciproque 

se défier (de quelqu'un), se méfier de lui.

se défier de soi-même, ne pas avoir confiance en soi.

 

<< 71 Délires à vous donner des frissons, à votre corps défendant - QUIZ 14 Trouvez les proverbes à partir de leur définition - Retrouvez les expressions incomplètes

>> 73 Délires à décrypter sans plus attendre

 

Délires qui soulèvent un coin du voile - Une parenthèse autobiographique sur laquelle vous pouvez faire l'impasse

Vous savez si peu de choses sur moi, moi Oli, l'héroïne et la narratrice de cette histoire.

Je vais profiter d'un petit break1 dans mon récit pour vous en dire quelque chose.

Et je ne vais pas tergiverser ni vous en faire accroire2. À quoi bon ? Je suis si bien protégée devant mon ordinateur qui fait écran et mon écran qui éclaire ma chambre autour de laquelle je voyage3 avant l'aurore. Sans parler de mon nom qui ne révèle rien.

 

Bon, je l'avoue. Je suis vieille aujourd'hui. D'aucuns diraient à ma place :  Je suis une personne âgée ou même  Je suis installée dans la quatrième dimensionOh ! Pardon ! Lapsus..  dans le quatrième âge. Un âge canonique sinon canon4.

 

Vieille ? Qu'est-ce à dire ? vous exclamerez-vous. Que signifie vieille aujourd'hui ?

En fait non. Vous direz plutôt : Vieille comment ? ou bien Quel âge avez-vous donc ?

Si vous êtes un vrai internaute pratiquant assidûment les blogs vous préférerez : Quel âge as-tu ? Ou mieux encore : T'as quel âge ?

Il y a des chances que, bravant tout respect pour l'orthographe, vous écriviez plutôt : Ta quel age ? ou Té vielle comment ?

Eh bien voilà, j'ai quatre-vingt dix-huit ans5. C'est dit.

J'entends déjà les sifflets et les huées, le clap de fin de partie6... C'est mon blog qu'on éteint.  

 

(J'écris la suite pour ceux qui ne m'ont pas fuie en courant)

En fait, coquette, je plaisantais. J'ai cent quatorze ans.

Là, je sens déjà que vous ne me croyez plus...

Si j'avouais mon âge véritable, vous seriez estomaqués, chers lecteurs.

À chacun sa vérité7 !

Je vous vois acharnés à savoir ce que sont les êtres et les choses comme si les êtres et les choses en soi étaient ceci plutôt que cela. Luigi Pirandello

 

Je laisse ce tapuscrit  faire son oeuvre.

Lorsque je l'écris, il y a déjà bien longtemps que j'ai quitté la cité d'Utopinambourg.

Comme le Manuscrit trouvé à Saragosse, ou les Lettres Portugaises, on n'en saura pas plus que si cette histoire était écrite par un anonyme.

Bien que je sois très vieille j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans8je suis toujours fidèle à moi-même, quoi que9  vous en pensiez, une honnête femme s'il en fut10.

Je vous pardonne vos trépignements d'impatience pour connaître la suite du récit de ma vie. À bientôt. Au prochain épisode.

Votre Oli*,

dont vous suivez fidèlement les pérégrinations.

*Je m'appelle Oli,

du petit nom que j'ai choisi.  (Délires 18).

NOTES

1-Un break. Parfois les anglicismes me surprennent. Un break, dans cette acception-là, indispose. Un dictionnaire me souffle que l'usage en est courant bien que condamnable, et il propose : pause.

Certes, pause est plus posé et s'impose. 

 

2-En faire accroire, tromper.

 

3-cf. Voyage autour de ma chambre du Comte Xavier de Maistre, publié sans nom d'auteur par son frère, le philosophe Joseph de Maistre, et à son insu. Anti-roman, anti-voyage.

Un jour, ce livre est arrivé dans ma bibliothèque comme par enchantement. Pour m'enchanter.

À lire sur la toile. Voir Gloubik, Voyage autour de ma chambre. On l'a écrit avec quelques fautes de frappe, dommage.

Voyage autour de ma Chambre

Vous pourrez y lire entre autres délires métaphysiques : "Messieurs et mesdames, soyez fiers de votre intelligence tant qu'il vous plaira ; mais défiez-vous beaucoup de l'autre, surtout quand vous êtes ensemble !"

 

4-Canon, super chouette.

 

 5-J'ai quatre-vingt dix-huit ans.

L'accord des adjectifs numéraux, vingt, cent, mille...

Et les cas particuliers.

Exemple : Pourquoi quatre-vingts pages et page quatre-vingt ? Etc.

Voir l'article : Savoir orthographier les adjectifs numéraux cardinaux (cent ou cents, vingt ou vingts...) + des millions, des milliards, des billions + Une réflexion sur "les liaisons dangereuses" de Michel Serres

Ne vous cassez donc plus la tête ! La nouvelle orthographe nous permet de mettre des traits d'union entre chaque élément.

Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

6-Fin de partie, pièce de Samuel Beckett, 1957. 

 

7- À chacun sa vérité, pièce de Luigi Pirandello, 1917.

 

8- J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans. 

Ah ! Le Spleen de Charles Baudelaire !

 

9-quoi que vous en pensiez...

voir les articles  

Quoi que 

Quoique

 

10-une honnête femme s'il en fut.

S'il en fut, expression figée, pas d'accent sur fut, passé simple.

 

Œuvres remarquables dites anonymes

 

+Lettres de La Religieuse Portugaise, dont on spécule encore aujourd'hui sur le nom de l'auteur. Écrites par une religieuse (pas si sûr !) passionnément amoureuse d'un officier français qui l'aurait abandonnée. Peut-être les plus belles pages de la littérature française ! L'amour, la passion, les supplications, la rage, tout y est. Un régal.

Extrait dans ce blog :

LETTRES PORTUGAISES anonyme - La passion amoureuse d'une religieuse

 

+Les Lettres Persanes (d'Usbek et de Rica) publiées sous un pseudonyme de Montesquieu, lequel pseudonyme affirme avoir trouvé ces lettres.

Histoire de critiquer quelque peu le pays qu'il habite (le nôtre), Montesquieu écrit sans se révéler. L'intelligence faite homme, au Siècle des Lumières.

 

+Le Manuscrit Trouvé à Saragosse, fine fleur du roman fantastique, récits en abyme, déjà cité dans ce blog.

 

Et bien d'autres.

Les écrivains adorent trouver des manuscrits qu'ils transcrivent dans leurs romans !

Une façon de se cacher, de dire "ce n'est pas moi, c'est un autre qui a écrit cela", parfois pour échapper aux foudres des autorités, ou encore... pour laisser planer le mystère.

 

Une citation qui n'a rien à voir avec ce qui précède :

De Luigi Pirandello :

Quel auteur pourra jamais dire comment et pourquoi un personnage a surgi dans son imaginaire ? Le mystère de la création artistique est le mystère même de la naissance naturelle.

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 16:08

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Alcmène me prit par la main et m'emmena vers une large ottomane recouverte d'un précieux tapis turc dont les fils de laine et de soie entremêlés et tressés au noeud ghiodès étalaient leurs dessins rouges et or d'inspiration byzantine.

Docile, je m'y installai. Elle s'assit tout près de moi.

Comment se faisait-il qu'elle parlât tout bas alors qu'elle m'avait prévenue que personne ne pourrait nous entendre ?

« C'est la peur, me dis-je, la peur. Quoi d'autre ? »  

Une peur irraisonnée.

 

Tandis que nous étions à l'abri du monde et de ses vicissitudes, ne fussent que quelques instants volés au tumulte, je vis Alcmène soudain en proie à un frisson incoercible, une horripilation de tout le corps, à tel point que ce hérissonnement léger parvenait à m'atteindre, et j'en ressentais les vibrations duveteuses sur ses bras nus que j'effleurais parfois, si étroite était la distance qui nous séparait. Des gouttes de sueur glissaient le long de son visage comme s'il en pleuvait. Et malgré les signes flagrants de son émoi, je ne pouvais me résoudre à céder, moi aussi, à cette peur qui se serait voulue contagieuse.

 

Cette femme, à qui je devais tant, m'émouvait. J'avais envie de la calmer, de la rassurer, de lui dire des gentillesses pour qu'elle se sentît moins seule dans la tourmente qui gonflait sa poitrine jusqu'à lui donner le souffle court des asthmatiques.

J'aurais pu la prendre dans mes bras, lui donner des caresses et un baiser peut-être, mais nous n'étions pas liées d'amitié depuis assez longtemps pour que je pusse lui témoigner une affection aussi tendre et j'aurais craint qu'elle ne l'interprétât comme une invite discrète.

J'abhorre les malentendus et les quiproquos, les imbroglios* et la confusion des sentiments**.

Je me rendis compte de mon incapacité à témoigner de mon désir de lui venir en aide. Une retenue me paralysait comme si je me fusse attendue à des reproches.

Ma spontanéité s'était-elle donc émoussée à ce point depuis que j'étais entrée à Utopinambourg ?

   

.............................................................................. 

*Imbroglio, prononciation soit avec le son ll mouillé à l'italienne soit à la française imbroglio

>>Prononciation problématique de quelques mots en français : gageure, almanach, handball, imbroglio, mas, tomber dans le lacs, abasourdi, Auxerre, Bruxelles, Cassis...

 

** La Confusion des Sentiments, Verwirrung der Gefühlede Stefan Zweig. Connaissez-vous les nouvelles de Zweig ? Pas encore ? Que de plaisirs vous attendent à les lire !

 

NOTES
elle m'emmena vers une large ottomane

Une ottomane, grand siège de repos sur lequel on peut s'étendre à la manière turque, sorte de canapé soit sans dossier, soit avec un dossier arrondi, selon ce que nous disent les dictionnaires.

 

dont les fils tressés au noeud ghiordès étalaient leurs dessins rouges et or (ou rouge et or)

Le noeud ghiordès, tissage particulier des tapis turcs

L'accord des adjectifs de couleurs - Cas particulier :

Rouge fait partie d'un groupe coordonné : il peut être considéré comme un adjectif , leurs dessins rouges et or ou comme un substantif, leurs dessins rouge et or (où l'on voit du rouge et de l'or). Cf. Grevisse

L'accord des adjectifs de couleur, voir la note du texte 7

Vous aimez les couleurs ? Jeux sur les couleurs : 1-Complétez les phrases avec des noms de couleurs 2-Trouvez la couleur dans les titres des films 3-Cherchez l'intruse - QUIZ 63

 

Comment se faisait-il qu'elle parlât tout bas alors qu'elle m'avait prévenue

parlât, subjonctif imparfait

Subjonctif puisque le verbe de la proposition principale est à une tournure impersonnelle. Imparfait puisque le récit est à un temps passé.

Elle m'avait prévenue

Le participe passé employé avec avoir s'accorde avec le COD me (élidé) mis pour Oli, placé avant lui.

 

Une peur irraisonnée

voir le préfixe in (im- ir- il-) dans la note du texte 4

 

ne fussent que quelques instantsmême si ce n'étaient que quelques instants, voir l'article sur même si

 

une horripilation de tout le corps

Il y a horripilation lorsque les poils se dressent sur la peau. Les causes ? Le froid, la peur, l'énervement, le plaisir parfois.

Tu m'horripiles, tu me tapes sur les nerfs. (le H est muet)

 

en proie à un frisson incoercible

incoercible, que l'on ne peut retenir.

 

les signes flagrants de son émoi

 émoi, excitation sensuelle.

 

pour qu'elle se sentît moins seule...

subjonctif (imparfait) dans une subordonnée finale (de but)

> Pour que

 

j'aurais craint qu'elle ne l'interprétât comme une invite discrète

interprétât, subjonctif imparfait

subjonctif parce que dans une subordonnée dont la principale comporte un verbe exprimant un sentiment, la crainte.

Voir l'article sur l'emploi du subjonctif

Le NE est explétif, après craindre, avoir peur, etc

cas où il n'est pas obligatoire

NE explétif - Quand peut-on l'employer ? - sans que je ne - avant que je ne - je crains que tu ne - j'empêche que tu ne - je m'attends à ce que tu ne - je ne nie pas que tu ne...

 

j'abhorre les malentendus et les quiproquos

abhorrer, détester, abominer, haïr

 

> Retour au début de l'article 

>> 70 Délires près de dévoiler un secret

<< 72 Délires qui mettent la patience à rude épreuve + 000 Délires qui soulèvent un coin du voile - Une parenthèse autobiographique sur laquelle vous pouvez faire l'impasse

 

QUIZ 14

 

  Trouvez les proverbes à partir de leur définition

 

1- On ne doit pas juger les gens sur l'allure qu'ils ont.

2- Notre façon de faire ressemble beaucoup à celle de nos fréquentations.

3- Difficile de se débarrasser des stigmates de ses origines et de son passé.

4-On ne peut faire de déduction valable avec un seul élément.

5- Personne n'est obligé de faire ce qui est au-dessus de ses forces.

6- On fait des efforts considérables et on est bien déçu de ce qu'on obtient en fin de compte.

7- Ah, si les jeunes gens avaient l'expérience et les vieillards le tonus !

8- N'en faites pas trop aujourd'hui, laissez-en un peu pour demain.

9- Vous êtes malheureux aujourd'hui ? Parions que vous serez heureux demain !

10- Ne vous souciez donc pas de ce que diront les gens ! Agissez pour le mieux.

11-On ne doit refuser à personne les moyens de s'instruire.

12- Mais réfléchissez un peu avant de dire des âneries !

13- Une médisance fait plus de mal qu'une agression physique.

14- Il faut rester raisonnable et savoir faire une chose après l'autre.

15- Quand on a des choses à régler dans son ménage, il vaut mieux ne pas en faire profiter les autres !

 

Complétez le morceau qui manque dans les expressions :

 

1- L'habitude est une

2- À tout seigneur

3- Séparer le bon grain de

4- Cela me fait une belle

5- Faire le coup de

6- Jeter de la poudre

7- Jeux de mains

8- Jouer son

9- S'en donner à

10- On ne peut pas être à la fois

...

...

la laine sur le dos. 11

use le fourreau. 12

bien pendue 13

pour des lanternes 14

de crocodile 15

larrons en foire 16

son latin 17

sur les lèvres 18

la lie 19

lion mort 20

loges 21

loup blanc 22

enseigne 23

les mains pleines 24

 

 SOLUTION

 

1- On ne doit pas juger les gens sur l'allure qu'ils ont.

L'habit ne fait pas le moine.

2- Notre façon de faire ressemble beaucoup à celle des nos fréquentations.

Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es.

3- Difficile de se débarrasser des stigmates de ses origines et de son passé.

La caque sent toujours le hareng. (La caque est la barrique où sont stockés les harengs)

4-On ne peut faire de déduction valable avec un seul élément.

Une hirondelle ne fait pas le printemps.

5- Personne n'est obligé de faire ce qui est au-dessus de ses forces.

A l'impossible, nul n'est tenu.

6- On fait des efforts considérables et on est bien déçu de ce qu'on obtient en fin de compte.

Le jeu n'en vaut pas la chandelle.

7- Ah, si les jeunes gens avaient l'expérience et les vieillards le tonus !

Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait.

8- N'en faites pas trop aujourd'hui, laissez-en un peu pour demain.

A chaque jour suffit sa peine.

9- Vous êtes malheureux aujourd'hui ? Parions que demain vous serez heureux !

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas.

10- Ne vous souciez donc pas de ce que diront les gens ! Agissez pour le mieux.

Il faut bien faire et laisser dire.

11-On ne doit refuser à personne les moyens de s'instruire.

Il ne faut pas mettre la lampe allumée sous le boisseau.

12- Réfléchissez donc un peu avant de dire des âneries !

Il faut tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler.

13- Une médisance fait plus de mal qu'une agression physique.

Un coup de langue est pire qu'un coup de lance.

14- Il faut rester raisonnable et savoir faire une chose après l'autre.

Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois.

15- Quand on a des choses à régler dans son ménage, mieux vaut ne pas en faire profiter les autres !

Il faut laver son linge  

 

Compléter les expressions et les proverbes (ceux-ci sont en italiques) :

1- L'habitude est une seconde nature.

2- A tout seigneur tout honneur

3- Séparer le bon grain de l'ivraie

4- Cela me fait une belle jambe

5- Faire le coup de Jarnac

6- Jeter de la poudre aux yeux

7- Jeux de mains, jeux de vilains

8- Jouer son va-tout

9- S'en donner à coeur joie

10- On ne peut pas être à la fois juge et partie

11- Se laisser manger (ou tondre) la laine sur le dos

12- La lame use le fourreau

13- Avoir la langue bien pendue

14- Faire prendre des vessies pour des lanternes

15- Verser des larmes de crocodiles

16- S'entendre comme larrons en foire

17- Y perdre son latin

18- Avoir le coeur sur les lèvres

19- Boire le calice jusqu'à la lie

20- Chien en vie vaut mieux que lion mort

21- Etre aux premières loges

22- Etre connu comme le loup blanc

23- Etre logé à la même enseigne

24- Aux innocents, les mains pleines

 

> Retour au début de l'article

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 09:16

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Jetant des regards furtifs de droite et de gauche pour s'assurer que personne ne nous entrapercevait, Alcmène m'emmena au fond du jardin où était aménagée une fosse qui ne laissait passer aucune onde de quelque nature qu'elle fût.

Lorsque la trappe fut retombée sur nous, l'atmosphère cotonneuse semblait faire barrage à nos voix qui en étaient tout assourdies. Le silence épais donnait à entendre des bruits inconnus qui venaient de l'intérieur de notre enveloppe charnelle, inaudibles dans les situations ordinaires de la vie, comme le sang canonnant sous nos tempes, le chuintement de nos alvéoles pulmonaires qui se déployaient et se repliaient à chaque souffle, nos viscères qui travaillaient sans relâche, mettant au turbin° enzymes et bactéries, notre système lymphatique qui charriait incessamment, et pas si lympathiquement que ça, ses petits soldats toujours prêts à l'attaque de microbes effrontés, nos ligaments et nos tendons qui bandaient dans l'effort pour maintenir notre équilibre, et le va-et-vient humide de nos paupières qui s'alourdissaient dans la pénombre.

J'attendais, anxieuse, l'explication d'Alcmène.

 

J'eus un instant le souvenir fugace d'un lieu clos où j'avais souffert un martyre si douloureux qu'il restait gravé en moi, profondément, jusqu'à me tarauder encore, bien que je fusse à l'abri du bourreau que j'avais fui. Mais il était trop tôt encore pour que la cicatrice se fût effacée, et il m'aurait fallu un psy expert en victimologie* pour me guérir des réminiscences qui me torturaient à chaque fois qu'une situation nouvelle me renvoyait aux épreuves endurées avec Marie Cratère.

 

Prétatou, qui s'était faufilé entre nos jambes, serait le témoin de notre conversation. C'est avec acuité qu'il percevait déjà l'émotion dans nos voix. L'oreille dressée et la queue immobile, on eût pensé, à le voir ainsi, se retenant de haleter, qu'il s'impliquait tout entier dans cette affaire.

...................................................................................

*David Servan-Schreiber, neuropsychiatre nous fait part de ses découvertes en neurobiologie dans les livres qu'il a écrits (Guérir, anti-cancer, etc.) Il a travaillé sur une méthode l'EMDR, qui vise à contrôler l'amygdale, où siègent nos émotions, afin de les archiver dans notre cortex frontal. Cette méthode, reconnue par l'INSERM en 2004 soigne le syndrome de stress post-traumatique par le mouvement de l'oeil. Voir sur la toile : David Servan-Schreiber, les vidéos proposées sur la question, EMDR, le cerveau émotionnel, etc.

EMDR, Eye Movement Desentization and Reprocessing – Reprogrammation et Désensibilisaton par le Mouvement de l'Oeil

Le 24 juillet 2011, David Servan-Schreiber meurt. Je suis triste.

Retrouver la note sur nos trois cerveaux à la suite du texte 67

 

NOTES

Personne ne nous entrapercevait

Entrapercevoir, on peut rencontrer entr'apercevoir. Apercevoir à peine, de façon rapide et fugitive.

Voir l'article L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

 

qui ne laissait passer aucune onde de quelque nature qu'elle fût

fût, subjonctif imparfait

de quelque nature qu'elle soit, subjonctif présent.

voir  l'article Quelque... que

 

l'atmosphère cotonneuse semblait faire barrage à nos voix qui en étaient tout assourdies

Cotonneuse, dérivés de mots se terminant par ON voir note du texte 63.

poumon, s'époumon(n)er, pulmonaire. 1N

tout assourdies, tout adverbe invariable mais pas tout le temps.

Voir l'article Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

les petits soldats de notre système lymphatique, les lymphocytes.

 

Aller au turbin° (argot) aller au boulot.

 

nos ligaments et nos tendons qui bandaient dans l'effort

Les ligaments relient les os entre eux dans les articulations.

Les tendons relient les muscles aux os.

 

il était trop tôt encore pour que la cicatrice se fût effacée

Le verbe s'effacer est au plus-que-parfait du subjonctif.

Subjonctif après la locution conjonctive pour que qui introduit une subordonnée finale (de but)

Voir l'expression du but dans la note du texte 51

 

j'avais souffert un martyre si douloureux

un martyre ou un martyr ? (Reprise de la note du texte 1)

Un martyre, souffrance ou mort endurée pour une cause, un idéal. Le martyre des premiers Chrétiens.

Par extension, une grande douleur.

Il lui a fait subir un martyre.

Un martyr, une martyre - substantif

celui ou celle qui a souffert et mort pour sa foi.

Saint Irénée, grec de naissance et évêque de Lyon mourut en martyr.

victime, celui qui souffre ou a souffert physiquement ou psychologiquement.

martyr(e) - adjectif qualificatif

un enfant martyr, une petite fille martyre.

 

Prétatou serait le témoin de notre conversation.

Serait, futur du passé 

Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur du passé - Le futur hypothétique

 

On eût pensé qu'il s'impliquait tout entier

eût pensé, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé (deuxième forme)

> on aurait pensé...

 

<< 69 Délires dans un drôle de pays de cocagne - La métanalyse

>> 71 Délires à vous donner des frissons, à votre corps défendant - QUIZ 14

 

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 10:40

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Je me levai tard le lendemain. Je savais que, dans ce pays bien étrange s'il en fut, la coutume requérait de ne travailler que trois heures par jour. Je supposais que des revendications sociales avaient fait leur oeuvre dans un cadre économique suffisamment confortable. Tout juste de quoi ne pas perdre la main pour préserver le précieux savoir-faire acquis depuis des temps immémoriaux dans toutes les activités humaines, encore que certaines se fussent déjà envolées de longue date, les fils n'ayant pas voulu embrasser la profession des pères.

On ne parlait plus depuis belle lurette d'aboyeurs, d'affineurs, d'afoireurs, d'apothicaires ni d'allumeurs de réverbères puisque les taxis n'exigeaient point qu'on les hélât ; les cordes étaient devenues synthétiques ; on savait les nouvelles par des médias divers ; et il était d'usage que la Fée Électricité se chargeât d'éclairer les rues. Quant aux apothicaires...

 

Ma charmante patronne entra pour me réveiller.  

« Alcmène, » demandai-je après lui avoir souhaité un bonjour sincère, pourriez-vous m'indiquer une pharmacie pour...  

Une pharmacie ? Ce mot  est  ici  hors d'usage  Si un mal quelconque a eu l'audace d'agresser votre corps ou votre âme, courez vite au Château pour vous y faire soigner. 

Au château ? l'interrogeai-je interloquée. 

Mademoiselle Marisa-Loup de Saint-Ange* se fera un devoir de vous...

Marisa-Loup ! Je l'avais oubliée ! Est-elle donc châtelaine... et pharmacienne de surcroît ?

Elle l'est.

Dites-moi deux mots d'elle. Savez-vous qu'elle connaît Marie Cratère ? Je l'ai vue en visite il y a peu.  

Tout s'éclaire ! s'étonna mon interlocutrice comme frappée d'une révélation incroyable.

Expliquez-vous !

C'est trop risqué. Venez donc dans ma chambre aveugle et insonorisée. »

 

.................................................................... 

*Marisa-Loup de Saint-Ange, descendante de Marisa-Louisa de Saint-Ange. Voir le conte en abyme texte n° 44 : Le Bal de Madame de Saint-Ange.

 

NOTES

Le pays de cocagne est un lieu imaginaire ou le bonheur est roi.

 

la coutume requérait de ne travailler que trois heures par jour

requérir, acquérir, quérir.

quérir, verbe défectif qui ne s'emploie qu'à l'infinitif.

Pour en savoir plus sur les verbes défectifs voir l'article : Les verbes défectifs

 

un cadre économique suffisamment confortable 

suffisamment, voir Les adverbes en -MENT

 

le précieux savoir-faire acquis depuis des temps immémoriaux

des temps immémoriaux, dont on a perdu la mémoire, il y a très longtemps.

Mots commençant par le préfixe in (im-, ir-, il-) voir note du texte 4

 

encore que certaines se fussent envolées de longue date.

verbe au subjonctif plus-que-parfait

Encore que, bien que, quoique, locutions conjonctives et conjonction de concession ou d'opposition. Elles sont suivies du mode subjonctif.

> Conjonctions de sub. et locutions conjonctives classées : cause conséquence but temps condition comparaison concession exception proportion manière conformité supposition addition alternative

Pour en savoir plus sur le subjonctif : 

Récapitulation des articles sur le subjonctif

 

On ne parlait plus depuis belle lurette

depuis belle lurette, depuis longtemps, il y a belle lurette...

Belle lurette vient de la métanalyse de l'expression belle heurette (petite heure).

 

LA MÉTANALYSE, mauvaise interprétation du découpage des sons des mots, ce qui donne des mots nouveaux.

Exemple : Il avait une mine pas tibulaire mais presque. (au lieu de patibulaire) Coluche

On peut rapprocher cette distorsion lexicale de la paronymie (qui est proche de l'homonymie ou de l'homophonie) dans des expressions comme parler comme une vache espagnole au lieu de parler comme un Basque l'espagnol – être fier comme bar tabac, au lieu de être fier comme Artaban – avoir une voix de centaure au lieu de Stentor...

Soit on peut jouer avec cette tournure particulière, soit elle est le signe de l'ignorance de celui qui l'emploie.

Voir le quiz 27 Paronymie - Paranomase

 

De très vieux métiers : 

Les aboyeurs appelaient les fiacres au sortir des spectacles.

Les affineurs affinaient le chanvre pour en faire des cordes.

Les afoireurs étaient des crieurs publics, informateurs de la population.

 

Les taxis n'exigeaient point qu'on les hélât ;

hélât subjonctif imparfait

subjonctif car le verbe de la principale exprime une volonté, un désir, exiger.

imparfait puisque le verbe de la principale est à un temps passé, l'imparfait (de l'indicatif)

>*La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style ou le discours direct et indirect

le point-virgule. En typographie, on laisse une espace avant et une autre après ce signe de ponctuation. 

 

> J'aime bien le point-virgule

> Des espaces en typographie - avant/après : la virgule, le point, le point-virgule, les points d'exclamation et d'interrogation, les deux points, les guillemets, etc.

 

Je l'ai vue en visite il y a peu.

♦ vue, participe passé employé avec avoir s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant, L' :  LA pronom élidé pour Marisa-Loup de Saint-Ange.

♦ il y a peu, il n'y a pas longtemps.

 

Pour en savoir plus sur l'accord des participes passé

Récapitulation des articles sur l'accord des participes passés

 

<< 68 Délires morphiques

>> 70 Délires près de dévoiler un secret

 

AJOUT

Note du 21 janvier 2013

En écrivant cet épisode de la fiction surréaliste et fantasmagorique des Délires (n°69), je ne croyais pas si bien dire. À savoir que l'illustre économiste britannique, Mr Keynes, avait déjà imaginé qu'il serait possible de ne travailler que trois heures par jour dans une société où chacun aurait dompté son Hybris. Cela suffirait pour subvenir à ses besoins. Cf. J. M. Keynes, La pauvreté dans l’abondance

John Maynard Keynes 1883-1946

Comment suis-je parvenue à la découverte, chez Mr Keynes, de cette idée folle, mais ô combien intéressante, bien après qu'elle eut germé dans mon esprit ? Je vais vous le dire.

J'ai écouté l'interview de Monsieur Michel Rocard, que j'ai en grande estime, sur RMC, le 21 janvier 2013. Il fait allusion à la pensée de Mr Keynes, qui, si elle peut sembler datée à certains, contient une vision qui mérite qu'on s'y attarde aujourd'hui.

En surfant sur la toile, je retrouve l'idée dans la revue CONTRETEMPS.

En voici un extrait :

Keynes, et après ? | Contretemps

"Keynes poussa l’audace jusqu’à envisager, pour une société capable de dompter son hybris, « des postes de trois heures par jour ou de quinze heures par semaine », car « trois heures par jour suffiront amplement à satisfaire le vieil Adam chez la plupart d’entre nous »[28]. Dans la Théorie générale, il reconnait certes « qu’à l’heure actuelle, la grande majorité des individus préfèrent l’augmentation de leur revenu à l’augmentation de leur loisir », et qu’on ne peut obliger ceux qui préfèrent un supplément de revenu à jouir d’un supplément de loisir ». Mais, aujourd’hui comme hier, la question (que Keynes ne pose pas) est de savoir pourquoi tant d’individus peuvent préférer travailler plus pour gagner plus dans un travail aliéné, que se serrer la ceinture dans un temps réputé libre mais tout aussi aliéné et vide. L’expérience des 35 heures avec flexibilité et compensation salariale apporterait d'édifiants éléments de réponse."

 

Étonnant, non ?

L'utopie des trois heures de travail par jour apparaît dans la cité d'Utopinambourg, lieu où se passe mon récit. À y réfléchir de près, ne serait-ce qu'une utopie ?

 

 

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 18:39

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Un Romain à la toge immaculée et en caliges cloutées brandit la main pour me saluer. Tout juste si je n'étais pas troublée, à voir son allure altière. L'accompagnait une vénus (Vénus) callipyge  dont le péplos dorien se balançait, suggestif, à chaque pas. Elle me fit des gracieusetés.

Sa jumelle, en stola aux longues manches sur sa tunica intima qui se laissait deviner, se tenait un peu en arrière et lançait des œillades à un Grec en chlamyde légère dont l'ample étoffe était retenue par une précieuse fibule en oméga.

Un autre qui lui ressemblait comme un frère* était drapé d'un palladium hellène, un himation dont la longue bande de tissu reposait cérémonieusement sur le bras gauche.

Plus loin, un Berbère en gandoura devisait aimablement avec un Touareg dont le chèche indigo, trônant en pièce montée sur le chef, devait bien faire au moins huit mètres de long, mais semblait n'avoir aucun poids, tant la nuque était musclée et se mouvait avec grâce. Une majesté royale pour un homme au sang bleu.

Un Bédouin s'efforçait de rétablir son keffieh (kéfié) de guingois pour que l'emblème palestinien ne perdît pas de sa grandeur.

Un groupe d'hommes et de femmes en djellabas discutaient bruyamment de choses inédites qu'un Coréen en dobok n'approuvait pas, à voir sa mine déconfite. Il faisait des gestes cabalistiques à un Mexicain dont le regard torride lançait des éclairs de dessous son grand sombrero.

Je ne vous parlerai pas du boxeur birman, le sarong noué en triangle autour de la taille, que personne ne menaça jamais, tant la couleur de son grade impressionnait.

Tout ce monde bariolé s'affairait.

Je les avais servis. Ils m'avaient poliment remerciée, et il me restait de leurs couleurs plein la tête.

 

Lorsque je fus près de m'endormir enfin, je sursautai, je tombai dans un puits sans fond. C'est alors que surgit, devant mes yeux égarés, un Maasaï (Masaï) en shuka, le visage peint d'ocre et la bouche écarlate d'où s'écoulait quelques gouttes du sang d'une vache vampirisée.

Je frissonnais, mais ce n'était qu'un songe. J'avais sombré.

.................................................

*Un autre, qui lui ressemblait comme un frère... 

Il me vient en mémoire La Nuit de Décembre d'Alfred de Musset

 

Du temps que j'étais écolier,

Je restais un soir à veiller

Dans notre salle solitaire.

Devant ma table vint s'asseoir

Un pauvre enfant vêtu de noir

Qui me ressemblait comme un frère.

NOTES

Titre, Délires morphiques

Morphique, voir la note du texte précédent sur Morphée et Somnus

On tire la morphine des sels morphiques.

Morphinisme, morphinique, le morphinisme n'a rien à envier à l'alcoolisme.

Des médicaments morphiniques, antidouleur. 

 

des caliges (féminin) des sandales des soldats romains.

 

Le salut romain : la main levée.

Morituri te salutant ! Ceux qui vont mourir te saluent. Salut des gladiateurs à César dans l'arène, avant le combat.

 

une vénus callipyge  

qui a de belles fesses ou qui a de grosses fesses

La Vénus Callipyge, statue au musée archéologique national de Naples.

Type de statue grecque qui représente Aphrodite (Vénus) soulevant son péplos pour regarder ses fesses par dessus son épaule.

Jean de La Fontaine tira un conte de l'histoire des deux soeurs qui voulaient savoir laquelle des deux avait les plus belles fesses, et George Brassens mit Vénus aux-belles-fesses en chanson.

 

Le péplos, la tunique de la femme romaine.

Dorien, le style de la tunique.

 

Elle me fit des gracieusetés

Gracieusetés, marques d'une politesse charmante, d'une civilité affectueuse.

Gracieux du latin gracios, bon, bienveillant (Sa Gracieuse Majesté) - souriant

adverbe gracieusement

gracioso, en musique

Grâce, du latin gratia, aide de Dieu – gracier, rendre grâce, faire grâce à un condamné.

De tous ces mots, seul grâce a l'accent circonflexe.

> L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux... + Quiz 58

 

La stola vêtement féminin des Romaines qui se porte sur la tunica intima.

 

La tunica intima, les dessous chics de l'époque.

 

La chlamyde grecque manteau d'une seule pièce.

 

Une fibule en oméga, agrafe qui sert à fixer les extrémités du vêtement.

 

Le palladium nom latin du vêtement grec, ou l'himation, drapé autour du corps, le costume national.

 

La gandoura, tunique berbère

 

le chèche indigo, trônant en pièce montée sur le chef 

Un chèche de Touareg, turban de 4 à 8 mètres.

sur le chef, sur la tête.

 

Les hommes au sang bleu

Cette expression vient de la couleur indigo de leur chèche, de leurs vêtements.

 

Les Bédouins (Irak, Jordanie, Syrie) portent le keffieh (ou kéfié) qui est devenu l'emblème des Palestiniens, à l'origine, c'était un couvre-chef paysan.

 

djellaba ou jilbab, longue robe, vêtement arabo-musulman pour les hommes et les femmes.

 

Le dobok coréen (vêtement de la Voie) blanc à ceinture noire, vêtement pour l'entraînement du corps.

 

Des gestes cabalistiques, mystérieux.

 

Le longyi ou sarong birman est noué en triangle autour de la taille, il sert de serviette, de ceinture, de couvre-chef. En occident il se porte sur le short. Sa couleur est spécifique de la boxe birmane et marque le grade.

 

Lorsque je fus près de m'endormir enfin

Près de, prêt à -

Ne pas confondre : sortir, assortir, ressortir intrans. ou trans. indirect- quelquefois, quelques fois – davantage, d'avantage – bientôt, bien tôt – sitôt, si tôt - près de, prêt à

 

Le Maasaï ou Masaï appartient à une ethnie du Kénya. Les Masaïs se nourrissaient principalement de viande et boivent le sang des vaches en faisant une incision dans leur cuir.

Aujourd'hui les Masaï se sédentarisent. La sécheresse ne permet plus aux troupeaux d'avoir assez d'herbe pour se nourrir.

 

MAJUSCULE OU MINUSCULE ?

Un boxeur birman, un Mexicain, un dobok coréen, un Romain, le keffieh d'un Bédouin irakien, syrien ou jordanien.

Les noms des habitants d'un pays, d'une région, d'une ville prennent une majuscule, les adjectifs, une minuscule. En anglais, on a des majuscules dans tous les cas.

 

Je tombai dans un puits sans fond.

Quand on s'endort, cette sensation vient de la perte du tonus musculaire.

Un puits >

Les noms au singulier finissant par -S (ds, ts, cs, ps, rs, ns, ls, etc.)

 

<< 67 Délires qui surgissent inopinément au terme d'une journée d'enfer + Nos trois cerveaux

>> 69 Délires dans un drôle de pays de cocagne

 

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 05:04

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La nuit tombant, l'heure inéluctable de la fermeture survint, enfin. L'inquiétude avait disparu mais nous étions épuisées, Alcmène et moi. Les émotions avaient surmené notre système limbique, et notre unique espoir était que la nuit réparerait notre amygdale excédée. Nous n'avions aucune envie de prolonger cette journée trop fertile en rebondissements.

 

L'été battait son plein, et les nuits, encore courtes, faisaient de l'air une étuve. L'endormissement tardait. Dans ma coquette chambrette les pensées m'assaillaient et barraient le passage à Somnus, dolent et shooté.

 

Je refusai obstinément de compter les moutons bien tranquilles là-haut dans leurs verts pâturages, nul ne s'étant jamais endormi pour les avoir vus défiler dans une imagination imbécile. C'est connu.

 

Le bruit de la rue... les bruits de la rue*, incessants, entêtants, couraient sur ma couche étroite.

 

Que t'ai-je quitté, vent de ma forêt

Qui me susurrait tes chansons légères ?

Qui faisait trembler, tes jours de fureur,

Le grand chêne vert** et le saule en pleurs ?

Je ne t'entends plus, vent de ma forêt.

 

J'aimais ta douceur, j'aimais tes colères

Faut-il qu'aujourd'hui, vent de ma forêt

J'aie dû t'échanger contre ces clameurs ? 

 

Le moment vint, propice aux fantasmes, où se déploya un monde incertain entre la veille et le sommeil.

S'y côtoyaient toutes sortes de gens que j'avais croisés tantôt, affublés de costumes qu'en d'autres circonstances on eût dit d'autres temps, en d'autres lieux. Mais pourquoi m'étonner ? Savais-je où j'étais et en quelle année ?

 

Ils repassèrent devant mes yeux, ces étrangers de cette ville étrange, et se mirent à déambuler sans cesse ni repos. Mes représentations cérébrales mémorisées surgissaient comme des diables de leur boite. 

...............................................................  

*voir l'énumération des bruits d'Utopinambourg dans les Délires n° 53.

 

**Le grand chêne vert, l'yeuse que nous avons rencontrée dans Les Délires n°4

Voir les mots commençant par Y. Y a-t il liaison ou disjonction ? >La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

 

Notes

Somnus, dieu romain du sommeil.

♦ On sait que Morphée, son homologue grec, est souvent représenté avec, dans la main, une fleur de pavot.

♦ La morphine, mot tiré de Morphée. 

Morphine, alcaloïde de l'opium extrait de la fleur de pavot.

Dormir, être dans les bras de Morphée.

Shooté, drogué.

 

les émotions avaient surmené notre système limbique

le système limbique, l'amygdale, le siège des émotions.

 

Nous distinguons trois cerveaux dans notre tête. 

- le cerveau reptilien,cerveau primitif où siègent les instincts de base, les besoins fondamentaux (se maintenir en vie, se reproduire pour conserver l'espèce...)

- le cerveau limbique, apparu plus tardivement dans l'évolution des espèces, où siègent entre autres l'hypothalamus, l'hippocampe et l'amygdale qui est le siège des émotions comme l'agressivité et la peur. (voir l'hippocampe que nous avons rencontrée dans le texte n°34)

Il comporte les processus de la mémoire et rend possible une adaptation à l'environnement social.

- le cortex cérébral, ou néocortex.Voilà le top du top. Celui qui nous fait dire que nous sommes mieux que les autres, ici-bas. Ce qui fait les hommes comme vous et moi, façon de parler.

Ah ! Le néocortex ! Sa souplesse, sa plasticité ! Sa capacité d'imagination et de créativité, sa pensée abstraite, et son langage, son langage, mesdames et messieurs !

Il distille un orgueil qui fait qu'on croit toujours qu'on est au sommet d'une pyramide. Indéboulonnable !

Un peu d'humilité, je vous prie, où est la sagesse dans tout ça ?  

Nous ne sommes pas éloignés des bonobos, membres de la famille des hominidés, nos cousins... nos cousins, que dis-je, nos frères, bien moins agressifs que les humains, et que les chimpanzés. Notre cerveau ressemble au leur pour plus de 98%, de quoi mesurer notre animalité.

Peut-être nous faudra-t-il un quatrième cerveau.

Que nous réserve donc l'évolution qui n'a pas fini de nous étonner ?

 

Exemple illustré :

Si le cerveau reptilien pousse l'amoureux à se rapprocher le plus possible* de sa compagne, le cerveau limbique lui donne l'envie de l'embrasser, de la caresser, de la mignoter, de faire la parade aussi, et le néocortex l'incite à lui offrir des fleurs, et à l'emmener au ciné !

*euphémisme permettant de ne pas employer certains verbes trop suggestifs qui pourraient choquer le prude lecteur.

 

Que t'ai-je quitté, vent de ma forêt...

Que dans le sens de pourquoi, littéraire.

> QUE dans tous ses états – pronom interrogatif - pronom relatif - conjonction de subordination ou élément d'une locution conjonctive - adverbe interrogatif ou exclamatif – ne... que - etc.

 

Nul ne s'étant jamais endormi pour les avoir vus défiler... 

pour les avoir vus défiler : L'expression de la cause, voir la note du texte 33

avoir vus défiler : la délicate règle qui nous dit quand on doit accorder ou non le participe passé employé avec avoir et suivi d'un infinitif avec le COD placé avant (plusieurs cas) :

> Règles de l'accord des participes passés suivis d'un infinitif § 2 3 et 4

Ici, le pronom LES fait l'action de l'infinitif (ils ont défilé) donc accord du participe passé vus avec le COD.

 

S'y côtoyaient toutes sortes de gens.

Sujet inversé. On rencontre le verbe en tête de phrase pour mettre en valeur un indicatif ou un subjonctif expressif.

Puisses-tu réussir cette fois !

 

toutes sortes de gens que j'avais croisés.

Le participe passé employé avec avoir s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant : que = les gens)

 

gens que j'avais croisés tantôt

Tantôt (emploi vieilli) ici dans un passé récent

Tantôt peut être employé aussi pour un futur proche (bientôt).

 

On eût dit d'autres temps, en d'autres lieux

 > on aurait dit... conditionnel passé

 

Les représentations cérébrales.

cf. La psychologie cognitive.

 

<< 66 Délires après le choc

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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