Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 06:19

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Tout s'éclairait. Marie Cratère avait fait main basse sur la ville**, sur la campagne et la forêt, sur la contrée tout entière. Son ambition, sa soif du pouvoir, son orgueil, tout concourait à mettre ses semblables sous son joug. Comment eût-on pu lutter contre celle qui détenait les fils qu'elle tirait impunément et avec tant de volupté ?

Dansez marionnettes ! Chantez ! Un faux pas, et vous retrouvez les maux prêts à fondre sur vos pauvres carcasses suppliciées !

Retirer aux hommes leur liberté ! Même Dieu n'avait pas voulu cela. Assurément Marie serait damnée.

« Mais Marie, si tu tiens au creux de ta main les plus infortunés, iceux comme icelles qui n'ont pas recours à toi n'ont pas à se plier à tes caprices ?

—Caprices dis-tu ? me répondit-elle en ricanant. Ne vois-tu pas que j'œuvre pour le bienfait de l'humanité ?

—L'humanité ! C'est un trop grand mot pour qui n'en possède pas une once. Ta prétendue bienveillance n'est qu'un leurre lorsque tu imposes ta loi.

—Je reconnais que tu n'as pas la langue dans ta poche° et que tu ne crains personne. Es-tu sortie de la cuisse de Jupiter°, de Jupin dieu suprême de Rome, ha ! ha!  comme le fit Bacchus, ou bien de la tête de Zeus, l'Hellène souverain, telle Athéna, tout armée, brandissant sa lance et son bouclier ? Pour ce qui est d'iceux qui ne souffrent d'aucune imperfection, sache qu'il n'en est pas un qui, dans sa propre famille, n'ait quelqu'un à protéger. Et ma vengeance tomberait sur sa tête. Tous ont pieds et poings liés°. Je fais en sorte que tous me craignent. »

.........................................................................

*Titre : "Il ne faut ni art ni science pour exercer la tyrannie."  La Bruyère

**Main basse sur la ville, film de Francesco Rosi, 1963.

 

NOTES

Comment eût-on pu lutter contre celle qui tirait les fils impunément

eût-on pu lutter, conditionnel passé 2e forme.  = aurait-on pu lutter -1re forme.

impunément, sans être puni, sans risquer aucun inconvénient.

 

un faux pas, et vous retrouverez les maux

LES NOMS MASCULINS SE TERMINANT PAR AL font généralement leur pluriel en AUX

un cheval, des chevaux...

SAUF les noms suivants qui ont un pluriel en ALS,

bal, carnaval, cérémonial, chacal, choral, fest

ival, pal, récital, régal, santal.

Un festival, des festivals...

REMARQUES

- CHORAL fait chorals ou choraux (nom, chorals / adjectif, chorals ou choraux)

des ensembles chorals ou choraux (qui concernent des choeurs), des chants choraux, des chorals religieux, des chorals sur orgues, clavecins...

- IDÉAL fait idéals ou idéaux (nom ou adjectif)

- BANAL (adjectif) fait banals ou banaux dans :

des fours, des moulins banaux,

et banals au sens figuré, des romans banals, des gens banals...

LES NOMS MASCULINS SE TERMINANT PAR AIL font généralement leur pluriel en AILS

un portail, des portails...

Un travail, pluriel des travails, est l'appareil dans lequel on place les chevaux pour les ferrer.

SAUF les noms suivants qui ont un pluriel en AUX,

bail, corail, émail, fermail, soupirail, travail, vantail et vitrail – baux, coraux, etc

Le nom AIL fait au pluriel AILS ou AULX

LES NOMS COMMUNS SE TERMINANT PAR AU, EAU, EU OEU prennent un X au pluriel.

un tuyau, des tuyaux, un boyau, des boyaux, un essieu, des essieux, un neveu, des neveux, un cheveu, des cheveux, un oiseau, des oiseaux, un voeu, des voeux...

SAUF landau, sarrau, bleu, émeu, lieu (poisson) pneu – (des) landaus, sarraus, bleus, émeus, lieus, pneus.

 

Assurément, Marie serait damnée

Mots comportant MN

les mots suivants et leurs dérivés :

prononcer [n] damner, automne,

prononcer [mn] indemne, indemnité, somnambule, insomnie etc.

Mnémo, élément du grec signifiant mémoire.

Mnése, mnésie, mnésique (qui a trait à la mémoire)

Mnémonique, mnémotechnique, amnésique, etc.

Mais attention à dilemme qui a 2M.

 

iceux et icelles qui n'ont pas recours à toi

Icelui, iceux, icelle(s) vieilli pour celui ou celui-ci, ceux ou ceux-ci et celle(s) ou celle(s)-ci

 

pour qui n'en possède pas une once [d'humanité]

une once, une très petite quantité de quelque chose.

Sous l'Ancien Régime une once, 30,59 grammes, est la seizième partie de la livre de Paris 

 

Zeus, père des dieux et des hommes (Homère) dans la mythologie grecque, et Jupiter, dans la mythologie romaine ne sont qu'un seul et même dieu souverain qui siège sur l'Olympe.

Se croire né (ou sorti) de la cuisse de Jupiter, se croire supérieur au commun des mortels.

 

Dionysos, dieu grec du vin et de la vigne (=Bacchus, dieu romain) s'est développé en tant que fœtus dans la cuisse de son père.  

 

telle Athéna, tout armée

Tout est ici adverbe

Voir l'article : Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif 

Athéna, fille de Zeus (= la Minerve romaine) est sortie de la tête de son père qui avait avalé sa mère Métis.

 

Jupin, nom drolatique de Jupiter.

Voir La Fontaine. Les Grenouilles qui demandent un roi.

Les grenouilles se lassant
De l'état démocratique, 
Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique.
Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique...

 

L'Hellène souverain, c'est-à dire Zeus

Hellène, (nom et adjectif) de la Grèce antique. Les Hellènes, les Grecs de l'antiquité.

 

46 Délires de ma persécutrice qui veut encore m'épater + QUIZ N°5 Complétez les citations (1re série)

48 Délires qui n'attirent aucune bénédiction -"Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate."

 

Voir le QUIZ 73 Les noms qui se terminent par au, aux, aus, eau, eaux, eu, eux, eus, oeu, oeux, ou, oux, ou -"Tonton et Jeannot"

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 13:13

LES DÉLIRES Tous les épisodes

Tous les QUIZ

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

« Au fil des décennies qui nous séparent du jour où Madame de Saint-Ange donna ce bal inoubliable, m'expliqua la vieille femme, les filles aînées de cette famille honorable ont gardé, de génération en génération, l'habitude de venir quérir chez moi les remèdes aux maux dont souffraient les jeunes gens et les jeunes filles du comté, euh... de la cité, dirais-tu.... »

 

Marie suspendit son discours pour jouir de l'effet de ses paroles que je buvais avec délectation.

Je me sentis alors griller sur des charbons ardents° et fus excédée qu'elle se jouât ainsi de mon impatience.

 

« Sache, reprit-elle avec volupté, que tu ne rencontreras jamais par ici aucun d'entre eux laid, difforme ou souffreteux. Certains savent garder ces atouts leur vie entière si tant est qu'ils veuillent demeurer honnêtes avec moi. Mais s'ils dérogent à la Règle que je leur impose, les philtres que je leur concocte par l'intermédiaire de Mademoiselle Marie-Loup de Saint-Ange, perdent de leur effet salutaire. Ces gens deviennent aussitôt les plus affreux du monde jusqu'à souffrir les pires tortures, et de surcroît, jusqu'à se voir à jamais reniés par leurs congénères.

Les catarrheux et les boiteux, les névropathes et les prognathes, les sourds et les balourds, les manchots et les culs-de-jatte, les lépreux et les scrofuleux, les morfals et les hydrocéphales, les catatoniques et les dysphasiques, les parkinsoniens et les moins que rien, ceux qui souffrent de diarrhées incoercibles, d'érythèmes indurés, d'ulcérations purulentes, de testicules enflammés (ou orchite pour les puristes), ou même de blépharophimosis... doivent alors s'exiler sans retour, au risque... au risque d'être lynchés.

- Aaah ! criai-je horrifiée. » 

Marie jubilait. 

« Elle se prend pour Dieu, ma parole », pensai-je.

Ainsi Elephant Man pourrait-il paraître en Adonis sans que personne le sût ?

.......................

NOTES

Au fil des décennies qui nous séparent du jour

une décennie, dix ans.

Une décade, dix jours. L'emploi de décade pour décennie est critiqué.

 

[elles] ont gardé, de génération en génération, l'habitude

de génération en génération, de père en fils, de branche en branche, d'écho en écho, de fleur en fleur (singulier), de père en fils, de branche en branche, d'écho en écho, de fleur en fleur (singulier).

 

dont souffraient les jeunes gens et les jeunes filles du comté

Les jeunes gens, pluriel de un jeune homme.

L'expression des jeunes hommes est vieillie. Cf. le Trésor

 

 On entend dire parfois  jeunes hommes,

prononcé sans même le souci du S pour la liaison :

des jeunommes

QUELLE ERREUR ! QUELLE HORREUR ! 

 

♦ L'expression des jeunes gens peut aussi signifier des jeunes des deux sexes. 

♦ Pour jeunes filles, et dans ce sens-là, on ne dit pas filles, qui a une nuance péjorative.

♦ Fille s'emploie en parallèle avec fils.

♦ Quand on dit à une étrangère "ma fille", comme le fait Marie Cratère à Oli, on note une nuance de mépris.

 

être sur des charbons ardents°

être sur la braise°, ne plus pouvoir se contenir. 

 

Certains savent garder ces atouts, si tant est qu'ils le veuillent

> si tant est que, locution conjonctive qui exprime une supposition mais elle est douteuse. 

si tant est que est suivi du subjonctif ou de l'indicatif

Si tant est qu'ils le veuillent ou si tant est qu'ils le veulent...

Venez donc à ce bal si tant est que cela vous plaise.

 

Ainsi Elephant man pourrait-il paraître en Adonis...

♦ Elephant man, film américain de David Lynch 1980 qui met en scène un personnage dont la vie est inspirée de celle de Joseph Merrick (1862-1890) qui souffrait du syndrome de Protée, une maladie génétique qui affecte la croissance des tissus et entraîne des déformations. 

♦  Adonis, très beau jeune homme aimé d'Aphrodite. Mythologie grecque.

♦ Ainsi suivi d'une inversion du sujet

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

<< 45 Délires de Marie qui me laisse brûler à petit feu°

>> 47 Délires sur les effets d'une dictature inédite."Il ne faut ni art ni science pour exercer la tyrannie."

>>Retour au début de l'article

 

QUIZ 5

 

CULTURE ! ....VOUS AVEZ DIT CULTURE ?

Plutôt réflexes littéraires.

Cherchez donc la suite et le nom de l'auteur si cela vous amuse.

 

1- Le coeur a ses raisons...

2- Et comme chaque jour je t'aime davantage...

3- Pour qui sont ces serpents...

4- Il faut aimer sans cesse...

5- Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre...

6- To be or not to be...

7- Messieurs les Anglais...

8- O temps, suspends ton vol...

9- Si l'on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en disant “Parce que c'était lui...

10- Amour, amour, quand tu nous tiens, on peut bien dire...

11-Vingt fois sur le métier...

12- Je ne vous dirai pas : changez de caractère,

      Car on n'en change point, je ne le sais que trop.

      Chassez le naturel...

13- Qui veut noyer son chien...

14- Dansons la Carmagnole, 

      Vive le son ! Vive le son !

      Dansons la Carmagnole...

15- L'appétit vient...

16- N'estime l'argent ni plus ni moins qu'il ne vaut. C'est un bon serviteur...

17- O rage, ô désespoir...

19- Je ne cherche pas...

18- Le dernier argument :...

20- De l'audace...

21- Ma foi sur l'avenir, bien fou qui s'y fiera,

      Tel qui rit vendredi...

22- Baise m'encor, rebaise-moi...

23- Et rose elle a vécu ce que vivent les roses...

24- J'ai failli...

25- Souvent femme varie...

26- On n'a pas bâti Rome...

27-Sans doute serais-je chrétien si les chrétiens...

28- Je ne suis ni Athénien ni Grec...

29- Il pleure dans mon coeur...

30- Et le combat cessa...

31- Science sans conscience...

32- Aimez qu'on vous conseille...

33- Il ne f aut point parler de corde...

34- Souhaitons que l'esprit soit sain...

35- Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable...

36- La critique est aisée, et...

37- La culture est ce qui subsiste...

38- Il n'y a pas d'hommes cultivés, il n'y a...

39- S'il en demeure dix, je serai le dixième ;

      Et s'il n'en reste qu'un...

40- Si Dieu n'existait pas...

41- Tel donne à pleines mains qui n'oblige personne ;

      La façon de donner...

42- Sois sage, ô ma douleur et...

43- Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille...

44- L'enfer, c'est...

45- Bon voyage Monsieur Dumollet ! 

    À Saint-Malo débarquez sans naufrage.

      Bon voyage Monsieur Dumollet !...

46- Quand nous chanterons le temps des cerises 

      Et gai rossignol, et merle moqueur 

      Seront  tous en fête.

      Les belles auront la folie en tête, 

      Et les amoureux du soleil au coeur. 

      Quand nous chanterons le temps des cerises...

47- C'est la lutte finale. 

      Groupons-nous et demain 

      L'Internationale...

48- L'enfer est pavé...

49- Monsieur Le Président, ...

      Je vous fais une lettre

50-I can resist everything...

51- Tous ceux qui useront de l'épée...

52- L'autre jour, au fond du vallon,

      Un serpent piqua Jean Fréron ;

      Que pensez-vous qu'il arriva ?...

53- L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure

54- Faites ce que je dis et...

55- Familles...

56- Les femmes sont extrêmes : elles sont meilleures...

57-Je suis contre les femmes...

58- Sous le pont Mirabeau coule la Seine 

      Et nos amours 

      Faut-il qu'il m'en souvienne 

      La joie venait toujours après la peine 

      Vienne la nuit sonne l'heure...

59-Je veux être Chateaubriand...

60- Nathanaël, à présent,...

  Voici les citations complétées

 

CULTURE ! ....VOUS AVEZ DIT CULTURE ?

 

1- Le coeur a ses raisons que la raison ignore.

Blaise Pascal, Pensées.

2- Et comme chaque jour je t'aime davantage,

      Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.  

Rosemonde Gérard (l'épouse d'Edmond Rostand), Les Pipeaux.

3- Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?  

Jean Racine, Andromaque.

4- Il faut aimer sans cesse après avoir aimé.  

Alfred de Musset, La Nuit d'Août.

5- Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction.  

Saint-Exupéry, Terre des hommes.

6- To be or not to be. That is the question.

Shakespeare, Hamlet.

7- Messieurs les Anglais, tirez les premiers !

Le Comte d'Anterroche à la bataille de Fontenoy.

8- O temps, suspends ton vol,

      Et vous, heures propices,

      Suspendez votre cours !

      Laissez-nous savourer les rapides délices

      Des plus beaux de nos jours.

Lamartine, Le Lac.

9- Si l'on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en disant “Parce que c'était lui, parce que c'était moi” 

Michel de Montaigne, Essais.

10- Amour, amour, quand tu nous tiens, on peut bien dire : “Adieu prudence.”

La Fontaine, Le Lion Amoureux.

11-Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ;

    Polissez-le sans cesse et le repolissez.

Boileau, L'Art Poétique.

12- Je ne vous dirai pas : changez de caractère ;

      Car on n'en change point, je ne le sais que trop,

      Chassez le naturel, il revient au galop.

Ph. Destouches, Les Glorieux.

13- Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage.

Molière, Les Femmes Savantes.

14- Dansons la Carmagnole,

      Vive le son ! Vive le son !

      Dansons la Carmagnole,

      Vive le son du canon !

Anonyme 1792 

15- L'appétit vient en mangeant.

Rabelais, Gargantua.

16- N'estime l'argent ni plus ni moins qu'il ne vaut. C'est un bon serviteur et un mauvais maître.

Alexandre Dumas fils, La Dame aux Camélias (Préface)

17- Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie !

      Que n'ai-je tant vécu que pour cette infamie !

Corneille, Le Cid.

18- Le dernier argument des rois.

Louis XVI . Gravé sur ses canons : Ultima ratio regum 

19- Je ne cherche pas, je trouve.

Pablo Picasso.

20- De l'audace, toujours de l'audace, encore de l'audace !

Danton, Assemblée Législative, 2-9-1792 

21- Ma foi sur l'avenir, bien fou qui s'y fiera,

      Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.

Racine, Les Plaideurs.

22 - Baise m'encor, rebaise-moi et baise ;

      Donne m'en un de tes plus savoureux,

     Donne m'en un de tes plus amoureux :

    Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.    

Louise Labé, Sonnets. 

23- Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,

     L'espace d'un matin.

Malherbe, Stances à Monsieur du Périer.

24- J'ai failli attendre.

Louis XVI, attendant son carrosse.

25- Souvent femme varie,

      Bien fol est qui s'y fie.

Corneille

26- On n'a pas bâti Rome en un jour.

Miguel de Cervantes, Don Quichotte.

27-Sans doute serais-je chrétien si les chrétiens l'étaient 24 heures par jour. Ghandi.

28- Je ne suis ni Athénien ni Grec, mais un citoyen du monde.

Socrate cité par Plutarque

29- Il pleure dans mon coeur

      Comme il pleut sur la ville ;

      Quelle est cette langueur

      Qui pénètre mon coeur ?

Verlaine, Romances sans paroles.

30- Et le combat cessa, faute de combattants.

Corneille, Le Cid.

31- Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.

Rabelais, Pantagruel.

32- Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue.

Boileau, L'Art Poétique.

33- Il ne faut point parler de corde dans la maison d'un pendu.

Cervantes, Don Quichotte.

34- Souhaitons que l'esprit soit sain dans un corps sain.

Juvénal

35- Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent.

Voltaire, Zadig.

36- La critique est aisée, et l'art est difficile.

Destouches, Le Glorieux.

37- La culture est ce qui subsiste quand on a oublié tout ce qu'on avait appris. Selma Lagerlöf

38- Il n'y a pas d'hommes cultivés, il n'y a que des hommes qui se cultivent.

Maréchal Foch.

39- S'il en demeure dix, je serai le dixième ;

      Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là.

Victor Hugo, Les Châtiments.

40- Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer.

Voltaire, Épîtres.

41- Tel donne à pleines mains qui n'oblige personne ;

      La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne.

Corneille, Le Menteur.

42- Sois sage, ô ma douleur et tiens-toi plus tranquille.

Baudelaire, Nouvelles Fleurs du Mal.

43- Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille

      Applaudit à grands cris.

Victor Hugo, Les Feuilles d'Automne.

44- L'enfer, c'est les autres.

Sartre, Huis-clos.

45- Bon voyage Monsieur Dumollet !

    À Saint-Malo débarquez sans naufrage. 

      Bon voyage Monsieur Dumollet !

      Et restez-y si le pays vous plaît !

M-A Désaugier,

M. Dumollet était supposé être Louis XVIII.

46- Quand nous chanterons le temps des cerises

     Et gai rossignol, et merle moqueur

      Seront tous en fête.

      Les belles auront la folie en tête,

      Et les amoureux du soleil au coeur.

      Quand nous chanterons le temps des cerises,

      Sifflera bien mieux le merle moqueur.

J.B. Clément, chanson associée à la Commune de Paris.

47- C'est la lutte finale.

      Groupons-nous et demain

      L'Internationale

      Sera le genre humain.

Eugène Pottier

48- L'enfer est pavé de bonnes intentions.

S. Johnson, cité par Boswell dans La vie de Johnson.

49- Monsieur Le Président

    Je vous fais une lettre

      Que vous lirez peut-être

      Si vous avez le temps.

Boris Vian, Le déserteur.

50- I can resist everything except temptation.

Oscar Wilde  

> Je peux résister à tout, sauf à la tentation.

51- Tous ceux qui useront de l'épée, périront par l'épée.

Matthieu, Nouveau Testament.

52- L'autre jour, au fond du vallon,

      Un serpent piqua Jean Fréron ;

      Que pensez-vous qu'il arriva ?

      Ce fut le serpent qui creva.

Voltaire contre Fréron qu'il ne pouvait souffrir.

53- L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé.

Montesquieu, Pensées diverses.

54- Faites ce que je dis et non ce que je fais.

C.Delavigne, Louis XI.

55- Familles, je vous hais.

André Gide, les Nourritures terrestres.

56- Les femmes sont extrêmes : elles sont meilleures ou pires que les hommes.

La Bruyère, Les Caractères.

57-Je suis contre les femmes : tout contre...

Sacha Guitry.

58- Sous le pont Mirabeau coule la Seine

      Et nos amours

      Faut-il qu'il m'en souvienne

      La joie venait toujours après la peine

      Vienne la nuit sonne l'heure

      Les jours s'en vont je demeure.

Guillaume Apollinaire, Alcools, le pont Mirabeau.

59-Je veux être Chateaubriand ou rien.

Victor Hugo 

60-Nathanaël, à présent, jette mon livre !

André Gide, Les Nourritures terrestres.  

 

Combien de bonnes réponses sur soixante ? Trente, la moyenne ? C'est bien.

Mais ne vous endormez pas sur vos lauriers et continuez à lire !

Retour au début de l'article

<< 45 Délires de Marie qui me laisse brûler à petit feu°

>> 47 Délires sur les effets d'une dictature inédite."Il ne faut ni art ni science pour exercer la tyrannie."

LES DÉLIRES Tous les épisodes

Tous les QUIZ

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 06:30

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

J'avais écouté Marie Cratère sans l'interrompre comme elle me l'avait demandé. Comment aurais-je pu enfreindre son injonction ? Du reste, je n'en eus aucune envie.

Ah ! Comme elle avait su me captiver ! Mais je me serais bien gardée de lui dire que j'avais été envoûtée par sa voix ; elle n'avait eu aucune peine à la rendre expressive et lancinante lorsqu'elle avait évoqué un monde à la fois précieux et vulnérable. Elle avait perdu son air revêche et me lançait des regards malicieux. Croyait-elle vraiment pouvoir exercer sur moi quelque empire ? 

Il semblait qu'un véritable jeu de cache-cache se fût établi entre nous.

 

Le personnage de Marisa m'avait bouleversé. Quelle belle âme !

Au ciel, un ange n'a rien d'exceptionnel*.

Hélas ! Je suis bien forcée de reconnaître que sur terre il n'en est pas de même. Aussi la rencontre de l'un deux suscite-t-elle une émotion qui nous rapproche du divin. Et l'on se sent meilleur, sans qu'on ait rien fait pour cela. L'amour du bien est contagieux. C'est tout au moins l'effet qu'il donne à mon âme en quête de sublime, arrachée quelques instants à ce monde de turpitudes.

 

Cette Marisa était un ange. Ses paroles généreuses m'auraient fait verser des larmes, mais je parvins à garder mon calme et affectai même une certaine froideur, histoire de ne pas révéler une fêlure dans ma sensibilité à fleur de peau, de peur que Marie ne s'en servît contre moi un jour ou l'autre.

Chat échaudé craint l'eau froide°.

Et féline comme je l'étais...

 

Un immense soupir de soulagement me délivra cependant, à la fin de cette histoire, qui ne devait être qu'un commencement en somme, et j'enviai ceux et celles qui venaient au secours des désespérés.

Une chose me taraudait maintenant et je sentais l'impatience me gagner. Il me fallait savoir enfin pourquoi Marie Cratère recevait secrètement Marisa-Loup. Je la pressai de me répondre. Elle ne se fit pas prier trop longtemps, me voyant suer sang et eau pour lui arracher l'explication que j'attendais.

............................................................ 

*In Heaven an angel is nobody in particular. Au ciel, un ange n'a rien d'exceptionnel.

Du dramaturge irlandais George Bernard Shaw.

 

 NOTES

ACCORD DES PARTICIPES PASSÉS  

J'avais écouté Marie Cratère sans l'interrompre, comme elle me l'avait demandé.

Cas où LE placé avant le participe passé remplace une proposition, une phrase, un infinitif.

Pas d'accord.

Le pronom personnel le élidé (l') est le représentant de  l'idée contenue dans la proposition  précédente (l'antécédent)  

J'avais écouté Marie Cratère comme elle m'avait demandé de l'écouter. 

 

LE PARTICIPE PASSE FAIT suivi d'un infinitif

Il est toujours invariable.

Ses paroles généreuses m'auraient fait verser des larmes

Je vous ai fait passer un mauvais quart d'heure, mes amis.

> L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés 

Pour en savoir plus sur les participes passés : QUIZ 26

 

J'avais écouté Marie Cratère sans l'interrompre

Interrompre, 2R, inter+rompre

adjectif interruptible (rare) qui est susceptible d'être interrompu.

 

Du reste, je n'en eus aucune envie

du reste, en outre, d'ailleurs

 

Et l'on se sent meilleur sans qu'on ait rien fait pour cela.

Le NE explétif est à éviter après la locution conjonctive sans que.

> NE explétif - Quand peut-on l'employer ? - sans que je ne - avant que je ne - je crains que tu ne - j'empêche que tu ne - je m'attends à ce que tu ne - je ne nie pas que tu ne...

> Sans que est suivi du subjonctif.

Emploi de ON et L'ON > Les homophones ont, on - l'on, l'ont, long

 

Comment aurais-je pu enfreindre son injonction ?

Enfreindre, ne pas respecter, enfreindre une règle, un code, la loi...

Voir la conjugaison des verbes en DRE, et des verbes en INDRE et SOUDRE, au présent de l'indicatif, note du texte n°7.

J'enfreins, tu enfreins, nous enfreignons etc.

 

J'avais été envoûtée par sa voix

plus-que-parfait de envoùter, à la voix passive

(sa voix m'avait envoûtée, voix active)

 

Il semblait qu'un véritable jeu de cache-cache se fût établi entre nous

se fût établi, subjonctif plus-que-parfait

> Il semble que, il me semble que, il paraît que – Faire que, faire en sorte que – Indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ? 

établi : i participe passé

Revoir les terminaisons en i, is, it, ît

> Verbes se terminant par I, IE, IS, IES, IT, ou ÎT - QUIZ 74

 

Croyait-elle pouvoir exercer sur moi quelque empire ?

Quelques acceptions du mot empire :

Exercer son empire, son autorité, l'empire des sens, être sous l'empire des mots, avoir de l'empire sur soi-même (pouvoir se contrôler)

 

Quelle belle âme !

> Beau, bel, beaux, belle(s) – Adjectif, substantif ou élément d'un syntagme, d'une locution verbale, nominale, adverbiale ou prépositive – Exercice à trous – QUIZ 66

 

Elle me lançait des regards malicieux

Malicieux a perdu aujourd'hui son sens fort : méchant, mauvais, qui a de la malice, de la malignité, de la méchanceté.

On l'emploie plus volontiers dans le sens de farceur, d'espiègle.

 

de peur que Marie ne s'en servît contre moi

ici, le NE n'est pas négatif, mais explétif. On emploie le NE explétif qui n'a pas de véritable valeur grammaticale, dans certaines expressions (il tend à disparaître) exprimant la crainte ou le doute.

Il est facultatif.

Les verbes craindre, appréhender, désespérer, douter, empêcher, éviter... Je crains que je ne... de crainte que je ne... avant que je ne... de peur que je ne...

Voir l'article donné plus haut NE explétif

Locutions conjonctives de but De crainte que, de peur que 

Tous ces cas sont suivis du subjonctif

de peur qu'elle ne s'en servît, subjonctif imparfait avec l'accent circonflexe

Pour en savoir + voir les articles :

Valeurs et emplois du subjonctif

La conjugaison du subjonctif - Comment déjouer ses difficultés  

 

Chat échaudé craint l'eau froide°.

QUIZ 103 Proverbes animaliers 1re partie – Retrouvez le nom de l'animal

 

me voyant suer sang et eau pour lui arracher l'explication que j'attendais

Suer sang et eau. Y a-t-il liaison ou disjonction ? Les dictionnaires ont des avis différents. Ils proposent soit de ne pas faire la liaison soit de la faire, dans ce cas, le g se prononce [k] sang k et eau  (Littré).

> La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

 

<< 44 Délires en abyme (Un conte dans le conte) Le bal de Madame de Saint-Ange

>> 46 Délires de ma persécutrice qui veut encore m'épater + QUIZ N°5 Complétez les citations (1re série)

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 19:37

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Chaque année, à pareille époque, Madame Cécile-Clémence de Saint-Ange donnait un bal. C'était un événement dont on parlait des semaines à l'avance dans tout le canton. Qui serait convié à la soirée fameuse de Carnaval ? Telle était la question qui soulevait maintes conjectures et mettait en émoi tous les jeunes gens et les jeunes filles susceptibles d'y prendre part. Car Madame de Saint-Ange n'invitait que la jeunesse digne d'être distinguée. Cent jeunes coeurs seraient les élus, pas un de plus. On attendait avec fébrilité. Chacun de ceux et de celles qui entraient dans la tranche d'âge requise, de dix-huit à vingt-cinq ans, frémissait d'impatience à l'idée qu'il, ou elle, pourrait recevoir le carton d'invitation convoité. Mais la sélection ne se limitait pas au jeune âge. Madame de Saint-Ange triait sur le volet, ne choisissant que les jeunes personnes dotées de grandes qualités de coeur et d'intelligence — on chuchotait même qu'elles devaient répondre aux canons de la beauté. Une condition cependant était exigée, que nul ne se dévoilât jamais, pour garder un anonymat parfait. Il était strictement interdit de crier sur tous les toits que Madame de Saint-Ange avait choisi d'adresser une invitation à tel ou telle, même s'il démangeait qu'on arborât fièrement son carton, histoire de faire des envieux, sous peine d'encourir à l'avenir le mépris de la population et de se couvrir définitivement d'opprobre. Il y avait bien parfois des rumeurs qui couraient çà et là, donnant à deviner qui viendrait à ce bal, mais elles étaient le plus souvent infondées et malheur à celui qui les répandait et n'attirait sur lui que des regards où l'on pouvait lire le dédain, le dégoût même.

 

Le soir du bal, les malheureux qui n'avaient pas été choisis se terraient chez eux afin que personne ne pût les apercevoir, pour laisser croire qu'ils avaient été invités. Il restait ainsi un mystère autour de cette affaire, de sorte que le lendemain, chacun des jeunes gens déçus pouvait laisser supposer qu'il avait pris part aux joyeusetés, sans jamais, bien sûr, n'en dire un traître mot.

De toute façon, aucune des personnes qui y avait participé n'avait le droit d'en raconter un seul détail. On gardait tout par-devers soi, comme un trésor caché, un souvenir secret.

 

Le silence mythique qui entourait ces circonstances était tel qu'il excitait les imaginations au plus haut point. Certains esprits chagrins, qui n'avaient pas eux-mêmes vécu la chose, arrivaient parfois à se demander si des faits à la limite de la décence ne devaient pas s'y passer, mais Madame de Saint-Ange était femme à ne susciter aucune méfiance tant son honnêteté était proverbiale et son intégrité sans faille. Certains autres disaient, pour se consoler, que toute cette histoire était bien montée, afin que le bal demeurât le point d'orgue des festivités carnavalesques, moment de l'année prisé entre tous, tant on l'attendait avec impatience, et qu'il ne devait son succès qu'au halo de mystère dont il s'entourait, pour que Madame de Saint-Ange gardât la notoriété à laquelle elle tenait jalousement ; et elle profitait ainsi de cet état de choses qu'elle parvenait à faire perdurer, pour qu'on lui fît, tout au long de l'année, des courbettes à n'en plus finir, des ronds de jambes bien tournés, cela parce qu'on espérait qu'elle inviterait un jour ou l'autre, qui2 son fils, qui sa fille, qui un neveu ou une nièce, ou une jeune personne protégée.

Mais aussitôt, et pour les mêmes raisons énoncées plus haut, on se retenait vite d'émettre une telle ignominie à haute voix et l'on se fustigeait d'avoir pu penser une telle horreur.

Et les choses restaient en l'état.

 

Ainsi donc cette année-là, arriva le jour tant attendu. Madame de Saint-Ange avait envoyé discrètement les invitations. Elle organisait avec soin les festivités en s'occupant du moindre détail qui arracherait à coup sûr des cris d'étonnement et d'admiration aux invités. Il lui fallait faire preuve d'une imagination sans bornes3 pour inventer ce qui saurait capter l'attention et susciter l'effet de surprise le plus heureux, et il n'était pas question de renouveler certaines trouvailles de l'année précédente puisque quelques jeunes hôtes privilégiés, qui n'étaient pas nés de la dernière pluie, connaissaient les usages pour avoir déjà assisté au célèbre bal.

Madame de Saint-Ange se faisait fort de rameuter la gent huppée des alentours, sûre de ses choix, exigeante en tous points sur la tenue et les manières, ce qui était certain de conférer à la soirée une ambiance à la fois feutrée et galante. Et si d'aventure une minuscule anicroche en venait troubler la perfection que chacun s'appliquait à faire régner, la maîtresse de maison eût tôt fait d'y mettre bon ordre.

 

Le soir venu, les calèches anonymes, affrétées par l'instigatrice de l'événement, sillonnèrent les rues des villes afin de rassembler les brillants invités. Tout juste si l'on pouvait voir surgir on ne sait d'où, les ombres furtives, drapées de capes noires, qui s'y engouffraient pour parcourir la courte distance, jusqu'au lieu magique qui les attendait.

 

On les réunit tous, en un premier temps, dans le hall immense de l'hôtel particulier de Madame de Saint-Ange, qui offrit le spectacle d'un lieu bien peu banal. On y avait suspendu, pour aveugler les hautes fenêtres, de lourds rideaux de velours cramoisi qui donnaient, par leurs plis mouvants, l'impression d'une vague sanguine. D'immenses candélabres en bronze doré jetaient leurs feux sur la foule multicolore qui se pressait calmement, chacun prenant soin de garder entre lui et les autres une distance convenable. On se contentait d'aimables courbettes et révérences, esquissées entre gens de sexe opposé, comme pour rompre la glace. Un majordome se tenait debout près de l'entrée de la grande salle de bal où il s'appliquait à filtrer les convives qui lui remettaient en passant leur carton d'invitation. Toute personne qui n'aurait pas eu le sésame4 indispensable aurait été refoulée irrémédiablement, mais nul ne se serait risqué à faire aucun scandale pour forcer l'entrée.

 

Les jeunes gens et les jeunes filles, tous vêtus et parés plus élégamment les uns que les autres, entraient incognito comme il était convenu. Aucun signe distinctif n'était censé se faire apercevoir pour que personne ne pût deviner à qui l'on avait affaire. Les riches costumes avaient été confectionnés avec un goût très sûr ; chacun d'eux montrait une originalité particulière qui laissait deviner un choix mûrement réfléchi, propre à provoquer une admiration non feinte. Les soies, les damas, les satins, les dentelles froufroutaient en un concert diffus et se mêlaient aux ors, aux perles et aux pierreries. Tout ce monde se mouvait en gestes mesurés et gracieux. Les parfums les plus frais et les plus capiteux flottaient dans l'air par moments et leurs effluves étaient bien faits pour enivrer les sens.

On se mit à bavarder avec des airs que l'on voulait détachés, bien qu'on sentît que rien ici ne pourrait passer pour ordinaire. L'intelligence aidant, on s'efforçait de ne pas succomber à des accès de timidité qui auraient à coup sûr tout gâché. Et l'on prenait des poses naturelles comme si tout allait de soi.

 

Madame de Saint-Ange parut soudain, alors que tout le monde était aligné autour de la salle dont les murs étaient tendus de tapisseries qui représentaient des amours courtoises. Chacun la salua en un mouvement de vague merveilleusement coordonné. Elle salua à son tour en souhaitant à tous la bienvenue. Elle souligna, avec la délicate modestie dont elle était coutumière, qu'elle était très flattée qu'ils eussent répondu à son invitation et leur dit tout l'espoir qu'elle avait qu'ils passeraient une belle soirée.

 

« Musique ! » demanda-t-elle.

 

Et les musiciens, tout prêts sur leur estrade décorée de guirlandes et de fleurs, s'ébranlèrent en un joyeux intermède. Les jeunes demoiselles, comme il se doit, restaient un peu sur leur quant-à-soi, et attendaient que les jeunes messieurs se décidassent à s'approcher d'elles, et à leur faire la conversation. Elles n'attendirent pas longtemps. On commença à échanger quelques banalités, puis à se grouper selon les sympathies que l'on se découvrait, et bientôt de petits rires fusèrent, les bavardages s'animèrent, jusqu'au moment où l'orchestre entama une valse viennoise. Des couples se formèrent, et l'on n'était pas étonné que les Mousquetaires invitassent les Muses, que les petits marquis tendissent la main à des bergères, et que des reines couronnées se laissassent enlacer par de preux chevaliers. Hamlet5, sous son masque d'une pâleur à faire frémir, tournait sans cesse dans sa main le crâne du cher Yorick, exhumé du cimetière de Elseneur. Il y avait bien aussi quelques monstres destinés à faire peur, pour mettre un peu de piquant dans l'assemblée quelque peu trop léchée, comme un loup-garou6 prêt à dévorer la plus innocente victime, une Carabosse7 très enrubannée qui faisait bruisser l'air dans ses tourbillons, un Diable Amoureux8, tout de rouge vêtu, qui sifflait ses baisers dispensés dans les directions cardinales, une sorcière, comme échappée d'une Nuit de Walpurgis9, dont les oripeaux couleur de feu voletaient autour d'elle et lui composaient les flammes du bûcher où elle semblait se consumer ; on eût dit que des étincelles fusaient de toutes parts lorsqu'elle tournait dans sa danse infernale. Un grand escogriffe de Neptune noir en courroux brandissait son trident et faisait pousser des cris stridents aux jeunes filles effrayées, ou pour le moins, feignant de l'être. Don Quichotte se tenait au milieu de la piste, tout maigre et dégingandé, effaré, effondré même d'avoir à tout jamais perdu sa Dulcinée. Tout ce petit monde évoluait sans se reconnaître car il était inconcevable que l'on retirât son masque, parfaitement hermétique, bien fait pour cacher la moindre partie du visage et les cheveux qui eussent pu laisser deviner à qui ils appartenaient.

 

Au fil des heures de la nuit, on sentait que tout devenait plus simple et plus détendu. On tournoyait incessamment au son des valses, des polkas, des contredanses et des mazurkas. Quelques liqueurs capiteuses faisaient leur oeuvre. On se sentit libre de ses gestes et de ses propos. Tout devint gai.

Madame de Saint-Ange veillait à ce qu'il n'y eût pas d'excès. Elle fit annoncer qu'un buffet était dressé dans la salle contiguë, et la jeunesse affamée par la dépense d'énergie dont elle avait usé et abusé au cours de la soirée, ne se l'entendit pas dire deux fois. Et voilà que les plats délicieux et si merveilleusement disposés se vident en un tournemain. Les lèvres doivent se dévoiler un peu mais on les cache bien vite.

Tout semblait se dérouler dans le plus grand bonheur.

 

À minuit sonnant, un incident se produisit. Une petite personne, qui avait revêtu la robe de lumière de Peau d'âne10, recouverte de l'horrible peau de l'animal, monta sur l'estrade musicale et fit faire silence. Le timbre cristallin de sa voix était celui d'une toute jeune fille qui donnait à imaginer qu'elle devait être délicieuse. Soudain, elle laissa glisser jusqu'au sol le hideux camouflage, et elle apparut, fragile et délicate, la taille bien prise et le décolleté tout à fait séduisant. Des murmures assourdirent l'air qu'on hésita un instant de respirer, tant la stupeur paralysa les spectateurs qui s'attendaient à ce que la jeune inconnue fît tomber le masque. Quel scandale c'eût été !

 

« N'ayez aucune crainte, dit-elle d'un ton assuré. Je m'en vais vous faire part d'une décision que j'ai prise, envers et contre tous les principes que vous avez respectés jusqu'à cet instant. N'en prenez point ombrage, je vous en conjure, mais il faut qu'une fois pour toute la vérité éclate dans cette demeure qui a vu mille d'entre vous s'adonner aux plaisirs que Madame de Saint-Ange a cru bon de vous prodiguer. Madame de Saint-Ange est ma mère, ajouta-t-elle dans un souffle, je suis Marisa-Louise. »

À cet instant précis, elle arracha le précieux masque vénitien qui laissait supposer recouvrir un visage des plus adorables, et ce que l'on vit fut reçu avec des cris et des larmes. Les jeunes filles ne se retinrent pas de tomber dans les bras de leurs cavaliers qui avaient de la peine à les soutenir, tant elles étaient secouées de tremblements incoercibles. Trop dure était l'épreuve qu'on devait supporter, à voir la face noire et zébrée de cicatrices trop roses dont l'aspect était des plus épouvantables, les paupières boursouflées anéantissaient le regard, les cheveux semblaient avoir été arrachés par touffes et laissaient entrevoir des plaques nues sur le crâne dévasté.

« Qu'ai-je à me faire pardonner de vous, mes soeurs et mes frères... mes semblables ? N'êtes-vous pas vous aussi les victimes d'une nature injuste, abominable même, ou d'accidents affreux qui ont décidé de vous faire les plus laids du monde ? Vous êtes comme moi, de pauvres innocents marqués par le destin. »

 

C'en était trop. À ces mots, les invités mesurèrent l'horreur de la situation : ils étaient découverts.

« N'ayez aucune crainte, continua-t-elle, je ne demanderai pas de révéler à tous votre infortune, quand bien même j'en aurais le pouvoir, mais sachez qu'il n'est pas bon de vous terrer dans vos maisons et de vous empêcher de vivre sous prétexte que vous n'êtes pas faits selon les exigences de la beauté. Il faut de tout ici-bas, de la beauté certes, mais aussi de l'intelligence et de la bonté. Si vous n'avez pas la première de ces qualités, celle qui semble être, pour notre condition, indispensable pour paraître en pleine lumière, sachez que votre liberté peut faire voler en éclats le carcan qu'on vous inflige. Je veux être le témoin de l'absurdité qui fait que nous vivons dans un monde d'orgueil, uniquement soucieux des apparences, le monde de ceux qui nous entourent, de nos parents qui ne ressentent pour nous que honte ou pitié. Faisons-leur savoir que nous sommes des personnes à part entière, leurs enfants dignes d'avoir une vie décente, leurs enfants dignes d'être aimés. »

 

Le silence profond qui s'était établi pendant ce discours laissait pressentir que des pensées subversives naissaient petit à petit dans les cerveaux bouillants de cette jeunesse sacrifiée. Vrai ! N'était-il pas temps de secouer le joug pesant que l'on devait porter chaque jour et qui se dissipait si bien lorsqu'on passait le seuil de cette demeure, en étant assuré que personne ne saurait ?

Il n'y eut jamais, de mémoire d'homme, si douce enfant qui eût à coeur d'aider les plus infortunés.

 

Madame de Saint-Ange écoutait sa fille admirable. Comment aurait-elle pu imaginer un seul instant à quel point la portait son courage ? Marisa-Louise la dépassait en humanité.

 

C'est alors qu'une jeune fille se dressa de toute sa hauteur et s'avança pour être vue de tous. D'un geste rapide, elle mit bas son masque, et bien qu'on s'attendît à être en face d'une horreur, on fut bien étonné de reconnaître qu'on avait devant soi, l'une des plus belles créatures qui fussent au monde.

« Mais quelle est cette mascarade ? Voilà bien la preuve qu'on nous ment ici ! cria quelqu'un. »

 

À la seconde même, une autre jeune fille s'approcha de la beauté en personne et ôta son propre masque sans ménagement. Des murmures de dégoût accompagnèrent ce geste résolu. Elle invectiva la première qui se laissait admirer tout à loisir.

« Je te reconnais, dit la jeune fille au visage ingrat. Et je sais bien ce que tu as manigancé pour venir à ce bal. L'invitation ne t'était pas destinée ! Avoue ! Je sais que tu l'as dérobée à ta soeur qui s'est plainte à moi et je n'ai pu sécher ses larmes si grand était son chagrin. Ne laisse pas croire que tous les visages qui se cachent derrière les masques sont aussi beaux que le tien ! »

Elle se tourna vers l'assemblée qui ne savait quoi penser, chacun, doutant encore, croyant qu'il était l'un des rares déshérités.

 

La jeune traîtresse se laissa aller à un ricanement qui provoqua un frisson dans l'âme des plus aguerris.

« Je sais bien ce qu'il me reste à faire, dit-elle comme un défi. Demain, la ville se tordra de rire quand je... »

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase criminelle, les Mousquetaires avaient dégainé leur épée qu'ils brandissaient déjà, la pointe à la hauteur du visage de la belle.

« Un seul mot de tout cela, lui dit l'un d'eux d'une voix on ne peut plus menaçante, et jamais plus à l'avenir on ne reconnaîtra vos traits ! »

Bouleversée, elle pâlit, et s'évanouit, sans que personne tentât de freiner sa chute.   

Et un mouvement, comme un miracle inattendu, se produisit. Un à un, les masques tombèrent. Un à un, les visages apparurent, tous plus tristes et plus affreux les uns que les autres.

 

L'un était couvert de cratères creusés par la petite vérole, un autre semblait avoir subi les lacérations d'une cravache cruelle, un autre encore montrait ses boutons purulents, une enfant avait perdu sa mâchoire inférieure et ses dents orphelines saillaient démesurément, une autre souffrait d'un goitre énorme et repoussant, ses yeux hallucinés sortaient de son visage. Toute une multitude de monstruosités qui s'offraient aux regards. Personne ne pleurait plus, personne ne criait plus. Ils ne se prenaient pas en pitié parce qu'ils étaient tous pareils, ces êtres qui souffraient sans mot dire, depuis des lustres, et s'ils avaient accepté leur situation en silence jusqu'alors, qu'adviendrait-il d'eux maintenant que leur conscience s'éveillait ?

La sage Marisa-Louise, qui avait tant effrayé l'auditoire lorsqu'elle s'était découverte, reprit la parole. On s'était déjà presque habitué à sa figure peu ordinaire et on la regardait, plein de l'espoir d'une autre vie possible, une vie qu'elle leur avait fait entrevoir.

« Je déplore que nous ne soyons ici qu'une petite partie des malheureux qui vivent près de nous. Il fallait bien ne choisir que ceux dont le corps ne laissait deviner aucune difformité, rien ne devait jeter le trouble dans ce bal. N'étiez-vous pas censés être la fine fleur de nos familles ? Pensons maintenant aux contrefaits, aux paralytiques, aux boiteux et bossus que l'on cache encore dans nos maisons. N'ont-ils pas droit, eux aussi, à être reconnus ? »

On entendit des murmures d'approbation.

 

Il s'ensuivit des commentaires nombreux, on discuta avec ardeur pour améliorer le sort de tous ceux qui croyaient avoir reçu une terrible malédiction, si terrible qu'elle ne les autorisait jamais à paraître dans le monde. S'ils avaient enfreint la règle qui les retenait de vivre au grand jour, ils seraient morts de honte à l'idée de porter un coup fatal à la haute estime et au respect qu'on témoignait à leurs parents.

Vanité des vanités, tout est vanité !11

Des voix s'élevèrent : « Laissons parler nos coeurs ! Faisons preuve de courage ! N'ayons plus peur ! »

La petite jeune fille qui paraissait si fragile avait su lever le voile. Dès cet instant, personne ne pourrait plus oublier qu'il était possible et même nécessaire d'envisager sa vie d'une autre manière, en ayant l'audace, inimaginable il y a peu, de paraître aux yeux de tous, le visage mis à nu, tel que la vie l'avait façonné. On se sentit fort d'être ensemble.

Marisa-Louise se saisit alors d'une baguette, descendit de son estrade et s'approcha d'une console sur laquelle se dressait une imposante potiche chinoise bleue où couraient les Sentiers Célestes. La jeune fille donna un coup sec sur la porcelaine qui retentit d'un son mat et vola en éclat. Une cascade d'or en jaillit comme un prodige et s'étala sur le sol. On recula un peu pour que tout le monde pût la voir. On poussa des cris de surprise, ébloui par les écus qui brillaient sous la lumière des lustres de cristal.

 

Marisa-Louise expliqua :

« Mes chers amis, ne croyez pas que vos mères soient insensibles à votre souffrance. Chaque année, sachez-le, à l'occasion de ce bal fait pour réunir la jeunesse des familles les plus en vue, elles priaient désespérément que leur enfant disgracieux y fût invité. Pour forcer le destin, elles demandaient audience à Madame de Saint-Ange, ma chère mère, (à ce moment elle jeta un coup d'oeil à celle qu'elle aimait et elle vit que des larmes inondaient son visage bienveillant) et elles la suppliaient de vous choisir, vous plutôt qu'un autre, vous plutôt qu'une autre, vous qui n'aviez aucune chance de l'être. Mais l'occasion était trop belle, se persuadaient-elles, pour que vous pussiez passer la plus merveilleuse soirée de votre vie, bien cachés sous votre masque. Cette situation, cependant, vous pouvez bien l'imaginer, avait un revers, car vous alliez alors mesurer à quel point les plaisirs du monde vous étaient refusés. Vous n'en sortiriez pas indemnes. Vos mères croyaient bien faire, elles se jetaient aux genoux de celle qui avait le pouvoir de distribuer l'invitation attendue avec tant de fièvre, et elles déversaient leur bourse remplie pour acheter cette faveur qu'elles brûlaient de vous offrir. Les écus que vous voyez sont ceux que ma mère n'a pas voulus pour elle-même, peut-être attendait-elle ce jour pour qu'il en fût fait bon usage.

Qu'en dites-vous ? Que décidez-vous ? Ils sont le prix de l'amour maternel. Ils ne sont à personne. »

 

Après un court conciliabule, on décida que la petite fortune serait remise à l'hospice de la ville pour secourir les malades.

« C'est bien ! dit Marisa-Louise.

Et maintenant, musique ! »

 

On célébra de drôles de mariages cette année-là.

Et dans les années qui suivirent...

 

NOTES

Le titre : Un conte en abyme

Ce conte s'inscrit au coeur d'un autre conte : Les Délires.

*1 Mise en abyme (plus rarement en abîme)

Construction particulière qui veut que deux ou plusieurs éléments s'imbriquent les uns dans les autres comme un jeu de miroirs :

- une peinture dans une peinture, Les époux Anolfini de Jan Van Eyck,  Les Ménines de Diego Velasquez...

- un récit dans un récit, Les Mille et une nuits, Le Manuscrit trouvé à Saragosse (roman fantastique) de Jan Potocki...

- une pièce dans une pièce, Hamlet de William Shakespeare...

- une image dans une image, La Vache qui rit...

- un film dans un film, La Nuit Américaine de François Truffaut... 

 - etc.

 

2 Répétition de qui  (distributif)  : qui son fils, qui sa fille, qui une nièce ou un neveu...

L'un...  l'autre... Celui-ci... celui-là...

 

3 Sans bornes  

Locution adverbiale, bornes au pluriel 

 

4  Sésame, ouvre-toi ! Formule magique prononcée dans Ali Baba et les quarante voleurs, une des histoires racontées par Shéhérazade dans Les Mille et une nuits.

Mille et une veut dire un très grand nombre.

 

5 Hamlet, prince danois, est  le héros éponyme de la pièce de Shakespeare dont la vie est secouée de drames terribles. (éponyme, qui donne son nom)

Rappelons le nom de celle qu'il aime, Ophélie, qui aura, elle aussi, un destin tragique.

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles,

La blanche Ophélia flotte comme un grand lys. 

Rimbaud

 

Yorick, personnage de la pièce dont le crâne exhumé du cimetière de Elseneur (ville du Danemark) suggère, au Prince Hamlet, une méditation sur la mort.

  Acte V scène 1.

  Alas poor Yorick ! I knew him, Horatio, a fellow of infinite jest, of most excellent fancy, he hath borne me on his back a thousand times, and now, how abhorred in my imagination it is ! My gorge rises at it. Here hung those lips that I have kissed I know not how oft. Where be your gibes now ? your songs ? your gambols ?...

 

Hamlet, près de la tombe ouverte, considére le crâne de Yorick et parle à son ami Horatio.

  Hélas Pauvre Yorick ! Je l'ai bien connu, Horatio, c'était un type qui faisait preuve d'un humour sans bornes et d'une imagination débordante, il m'a porté sur son dos mille fois, et maintenant, quelle horreur j'éprouve en y pensant ! Cela me soulève le coeur. C'est là qu'étaient ces lèvres que j'ai embrassées je ne sais combien de fois. Où sont donc maintenant tes plaisanteries ? tes chansons ? tes cabrioles ? ....  

Cette traduction n'engage que moi. Les oeuvres de Shakespeare n'ont pas de traductions exemplaires. Autant de traducteurs, autant de traductions ! 

 

6 Le loup-garou ou lycanthrope sévit dans toutes les légendes du monde. L'homme qui devient loup, le plus souvent à la pleine lune.

On a aimé Thriller de Michael Jackson, et beaucoup d'autres histoires, récits ou films, où le loup-garou ne cesse de terroriser les aficionados avec bonheur. 

 

7 La fée Carabosse,  bossue à trente-six carats dispense sa méchanceté à tout va.

Elle apparaît dans des contes au XIIème siècle comme une très méchante fée. Chez Charles Perrault, elle porte son nom de Carabosse (pas encore dans La Belle au bois dormant).

Chez Grimm, elle est la treizième fée.

Chez Disney, elle a pour nom Maléfique.

 

8 Le Diable Amoureux, roman fantastique de Jacques Cazotte, écrit en 1772.

Thème repris par le psychanalyste Jacques Lacan  qui s'en servit lors d'un de ses séminaires pour expliquer les lois perverses et le graphe du désir. 

 

 9  La Nuit de Walpurgis, entre le 30 avril et le 1er mai, c'est Le Sabbat des Sorcières. On connaît cette célébration depuis des temps très anciens. Elle fut condamnée par l'Eglise Chrétienne.

Aujourd'hui encore on fête la nuit qui précède la Sainte Walpurge dans des pays comme l'Allemagne, la Suède, la Tchéquie, la Roumanie, en faisant de grands feux, comme à notre Nuit de la Saint-Jean (Saint-Jean-Baptiste)

La Nuit de Walpurgis est un thème repris maintes fois par les écrivains, les peintres et les musiciens.  

 

10 Peau d'Âne, conte de Charles Perrault  qui traite de l'inceste.

Un roi promet à sa femme mourante qu'il ne pourra épouser qu'une femme plus belle qu'elle. Son choix se porte sur sa fille, mais celle-ci, pour échapper à son père, revêt une peau d'âne et s'enfuit... 

 

11 Vanité des vanités, tout est vanité.

Dans L'Ecclésiaste,  l'un des livres de la Bible, l'Ancien Testament.

Traduction textuelle, Souffle des souffles, ou bien Vapeur des vapeurs.

Cette phrase renvoie l'homme à sa propre mort en soulignant que la vie humaine est éphémère et que les plaisirs du monde sont vains.

De nombreux artistes (des peintres en autres) se sont inspirés de cette parole de sagesse.

 

<< 43 Délires sur une fugace digression tout à mon avantage

>> 45 Délires de Marie qui me laisse brûler à petit feu°

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 19:13

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Que savais-je de ma beauté ? La seule chose que je connaissais de mon visage était le reflet frissonnant dans le ruisseau lorsque je me penchais pour y boire. Je n'avais jamais joué les Narcisse. Mais cette remarque de Marie m'alla droit au coeur.

La beauté est une promesse de bonheur.**

Je me berçai brièvement d'un voeu qui me fit rêver d'une autre vie.

Marie reprit la parole : « Et maintenant mon enfant, écoute l'histoire édifiante de Madame de Saint-Ange. »

Je n'oubliais pas qu'elle venait de me faire subir des choses épouvantables, et la voilà qui, maintenant, se gargarisait de douceurs à mon endroit. Croyait-elle un instant que j'allais lui pardonner ? 

Je dus me plier à son bon vouloir.

Après que nous nous fûmes installées dans de profonds fauteuils, un peu usagés à mon goût, les ressorts fatigués blessant méchamment les parties sensibles de notre anatomie, de la mienne sans conteste, Marie prit l'air grave des conteurs et commença. 

Blottie là, à croupetons, immobile, je regardais de biais Marie Cratère, pour ne pas devoir soutenir son regard de front ; la perspective gauchie que j'avais d'elle, exacerbait ses yeux exorbités.

....................................................................

*Titre : La beauté est dans les yeux de celui qui regarde. Beauty is in the eye of the beholder. Oscar Wilde

**La beauté est une promesse de bonheur.  Stendhal.

 

NOTES

Je n'avais jamais joué les Narcisse

Narcisse (mythologie grecque), jeune homme que la légende dit être tombé amoureux de son propre reflet dans une fontaine. Cet amour impossible le fera mourir de désespoir.

À cet endroit même où il trépasse, pousse la fleur qui porte son nom.

 

Je me berçai brièvement d'un voeu

Bref, brève, brièvement, en bref, Bref !

Pépin, dit Le Bref, parce qu'il était petit, si différent de son fils Charlemagne.

►  un voeu,des voeux, voir le pluriel des noms qui se terminent en EU,  ŒU, AU.

> Les noms qui se terminent par au, aux, aus, eau, eaux, eu, eux, eus, oeu, oeux, ou, oux, ous

 

blessant méchamment les parties sensibles de notre anatomie, de la mienne sans conteste

► notre anatomie, ici, notre corps.

sans conteste, incontestablement, assurément.

 

Blottie là, à croupetons, immobile,

Se tenir à croupetons, se tenir accroupi.

 

Après que nous nous fûmes installées dans de profonds fauteuil, Marie prit un air grave...

 RAPPEL. On a l'indicatif après APRES QUE, pas le subjonctif  

Ici, c'est le passé antérieur. > Après que

 

la perspective gauchie que j'avais d'elle,

Gauchi (de gauchir) déformé, tordu.

 

exacerbait ses yeux exobités

Exacerbait (exagérait), exorbités (hors de leur orbite).

Voir les mots en EX, EXH, note du texte 9

 

LES AUXILIAIRES ET LES SEMI AUXILIAIRES

Je n'avais jamais joué les Narcisse.

Après que nous nous fûmes installés...

Elle venait de me faire subir des choses...

J'allais pardonner.

Je dus me plier à son bon vouloir.

 

LES DEUX AUXILIAIRES AVOIR ET ÊTRE

 

1- Ils servent à conjuguer les verbes aux temps composés. 

Les verbes qui se conjuguent avec avoir sont les plus nombreux.

J'ai fait du grabuge. (passé composé)

Nous avions pris la poudre d'escampette. (plus-que-parfait)

Elle eût rué dans les brancards si elle eût pu le faire. (conditionnel passé 2e forme – subjonctif plus-que-parfait)

Quand tu auras gagné au loto tu pourras me faire signe. (futur antérieur)

Quelques verbes se conjuguent avec être (aller, venir, tomber, mourir, etc.)

Ils sont venus pour nous embêter.

Tu serais donc allé à Vierzon ?

Il est mort sans s'en apercevoir.

Il sera tombé dans la bassine d'eau bouillante.

Les verbes pronominaux se conjuguent avec être.

Il se sera moqué de mon gros pif, c'est sûr.

Ils se seraient emparés de mes atouts.

Elles se sont fait prendre.

> le participe passé FAIT suivi d'un infinitif est invariable.

 

2- L'auxiliaire être sert à former la voix passive.

Elle a été punie par son professeur.

Voix active : Son professeur l'a punie.

Nous serons chassés comme des malpropres.

Voix active : On nous chassera comme des malpropres.

 

LES SEMI-AUXILIAIRES

 

Le semi-auxiliaire est un verbe qui perd son sens ou une partie de son sens. Il se combine à un autre verbe qui le suit.

Exemple le verbe et le semi-auxiliaire ALLER :

Le verbe aller : Je vais à mon bureau. J'y vais.

Le semi-auxiliaire : Je vais partir. Je suis sur le point de partir.

 

Parmi les semi-auxiliaires, on peut distinguer :

Les semi-auxiliaires de temps

un futur proche : aller, être sur le point de, devoir.

Je vais partir, le taxi doit venir me chercher.

un passé récent : venir de.

Elle vient (juste) de se faire enlever !

 

Les semi-auxiliaires de mode

pouvoir : possibilité, souhait, probabilité, autorisation.

Peut-il soulever cette enclume ? Est-il assez fort ?

Puissé-je te revoir un jour ! J'aimerais te revoir demain.

Il se peut qu'elle me cède enfin. Elle me cèdera peut-être.

Puis-je vous aider ? M'autorisez-vous à vous aider ?

devoir, obligation, probabilité, concession.

On doit aider son prochain.

Tu dois obéir aux ordres.

Il a dû me laisser quelque chose. Peut-être m'a-t-il laissé un kopek.

Dussé-je attendre mille ans, je ne t'oublierai pas. Même si je devais t'attendre...

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

 

Les semi-auxiliaires d'aspect

Début de l'action : commencer à ou de, se mettre à.

Tu commences à me plaire.

Il se mit à parler avec enthousiasme.

Durée de l'action (aspect duratif) : être en train de

Mais qu'est-ce que tu es en train de faire ?

Fin de l'action (aspect conclusif) : finir de, cesser de

A-t-elle fini de dire des bêtises ?

Cesse donc de te plaindre !

 

AUTRES

Aller

Va voir ailleurs si j'y suis !

Va me chercher des gâteaux !

Faire OU se faire

Fais-toi couper les cheveux, Antoine.

D'accord, je les ferai couper, demain peut-être.

Vouloir

Tu veux sucer ces sucres d'orge ?

Paraître – sembler

Il paraît être plus bête qu'il ne l'est en réalité.

Il semble jouer mieux que vous.

 

Article connexe : Vous hésitez entre l'auxiliaire être et l'auxiliaire avoir ?

 

<< 42 Délires sur les prémices d'une révélation -"What and Why and When and How and Where and Who"

>> 44 Délires en abyme* (Un conte dans le conte) Le bal de Madame de Saint-Ange

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 06:14

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Et c'est ainsi que Marie voulut bien me conter l'origine de l'histoire de ses relations avec la jeune femme.   

« Si j'ai commerce avec elle, cela ne date pas d'hier, me confia-elle. Il faut remonter à l'époque où vivait sa trisaïeule Madame Cécile-Clémence de Saint-Ange qui se rendit célèbre par sa prodigalité, et dont on a gardé la mémoire dans notre comté. Il n'y a pas ici une seule famille qui ne jouisse encore aujourd'hui de la générosité de notre bienfaitrice.  

Que me dis-tu là, Marie ? Tu oses prétendre avoir connu une dame qui a vécu il y a des siècles ?

Il y a tant de choses que tu ne peux comprendre, mon enfant, et que je m'interdis de révéler. Tu m'as demandé de t'éclairer au sujet de la visite que m'a faite Mademoiselle Marisa-Loup de Saint-Ange, j'y consens. Tiens-toi coite, cesse de m'interrompre à tout propos et écoute ce que j'ai à te dire, pour ton édification, ma fille, pour que tu en prennes de la graine°. Tu comprendras peut-être alors, que je ne puis me permettre de divulguer mes secrets, fût-ce à toi, à qui je suis la plus attachée.

La dame est bien jolie, ne pus-je m'empêcher d'ajouter avant que Marie ne commençât son récit, au risque de me faire gourmander.

Bien jolie, certes. Mais sa beauté n'égale pas la tienne, laissa-t-elle échapper, comme si cet atout que j'avais, pouvait lui nuire un jour. »

 

Elle resta un instant songeuse en me regardant.

.....................................................................

 *I KEEP six honest serving-men
(They taught me all I knew) ;
Their names are What and Why and When
And How and Where and Who.
I send them over land and sea,
I send them east and west;
But after they have worked for me,
I give them all a rest.

The elephant's child, Rudyard Kipling1865-1936

 

Je garde toujours auprès de moi six amis fidèles

(Tout ce que je sais, c'est eux qui me l'ont appris) ;

Ils ont pour noms Quoi et Pourquoi et Quand

Et Comment et Où et Qui.

Je les envoie parcourir terre et mer,

Je les envoie à l'orient et à l'occident ;

Mais après qu'ils ont travaillé pour moi,

Je leur permets à tous de se reposer.

Traduction de mamiehiou

NOTES

Titre - Délires sur les prémices d'une révélation

Les prémices, à ne pas confondre avec son homophone, les prémisses. 

Prémices, toujours au pluriel, le commencement.

Autre acception : les prémices étaient, dans l'antiquité, chez les Grecs, les Romains, les Hébreux etc., les offrandes aux dieux : les premiers fruits, les premiers nés d'un troupeau.

Une prémisse

En logique,une des deux propositions d'où découle une conclusion.

le syllogisme aristotélicien (Aristote 384-322 avant J.C.) se compose de trois propositions : deux prémisses, la majeure et la mineure et d'une conclusion.

Tous les hommes sont mortels,

or les Grecs sont des hommes,

donc les Grecs sont mortels. 

Si les deux prémisses sont supposées vraies elles doivent conduire à une conclusion que l'on pourrait croire vraie aussi. Mais on sait que certains syllogismes fallacieux (faux) sont absurdes.

Les sophistes se sont joué (participe passé invariable) des syllogismes pour abuser de leur auditoire.

 

Tiens-toi coite

Se tenir coi (coite), se tenir tranquille et se taire.

 

Il faut remonter à l'époque où vivait sa trisaïeule

sa trisaïeule, la grand-mère de sa grand-mère

Ne pas confondre aïeuls et aïeux
► aïeux, ancêtres
► aïeul(s), aïeule(s), grand-père(s), grand-mère(s),
► bisaïeul, bisaïeule, père et mère des aïeuls,
► trisaïeuls, leurs grand-père et grand-mère.

 

Elle se rendit célèbre par sa prodigalité

prodigalité, générosité.

célèbre par ou célèbre pour

 

Comté, département, canton, pays, Marie Cratère sur laquelle le temps n'a pas de prise comme on le sait, ne veut pas faire la différence.

 

Je ne puis me permettre (style soutenu)

Je ne peux (pas) me permettre...

Puis s'emploie obligatoirement dans l'interrogative : Puis-je... ?

> Ne pas confondre : je peux, je puis, je pus, je puisse, je pusse - puis-je, puissé-je ou puissè-je...

 

fût-ce à toi = même si c'était à toi.

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

 

Mais sa beauté n'égale pas la tienne, laissa-t-elle échapper,...

laissa-t-elle échapper, proposition indépendante incise, ou intercalée. Dans le dialogue, elle permet de savoir qui parle.

 

En prendre de la graine°

En tirer une leçon, s'en servir d'exemple pour l'avenir.

 

au risque de me faire gourmander

 gronder, réprimander, morigéner.

 

<< 41 Délires un peu calculateurs, mais pas seulement – Foin des habits de malheurs

>> 43 Délires sur une fugace digression tout à mon avantage

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 07:00

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Rien ne pourrait décrire la reconnaissance que j'éprouvais pour ma chère Sissi, ma providence incarnée. J'implorai son pardon pour avoir douté d'elle. Son infinie bonté me bouleversait. Grâce à son intervention que je tenais pour miraculeuse, j'avais pu jeter aux orties° les habits du malheur*, pour revêtir la robe immaculée de l'espérance que le ciel m'avait départie.

Elle fut abasourdie par mon discours grandiloquent et mon emphase déplacée. Elle n'osait m'interrompre, si grande était l'empathie qu'elle éprouvait en cet instant, et elle me regardait, ébahie, éberluée, étonnée même que je fusse à ce point dépendante de mon émotion.

« Merci, conclus-je. »

Il fallait bien que j'entretinsse cette amitié qui venait de faire preuve d'une efficacité rare et sans couac(s).

 

Après cet intermède où j'avais entre autres pour dessein d'entretenir avec Sissi une relation nécessaire au cas où je me retrouverais, on ne sait jamais, dans une situation semblable, d'où elle pourrait me tirer d'affaire derechef, je m'apprêtai à mettre Marie Cratère à l'épreuve des promesses qu'elle m'avait faites.

 « Il faut battre le fer quand il est chaud°, me dis-je. »

 

Je ne m'embarrassai donc d'aucune circonlocution en lui demandant tout de go qui était la jeune femme que j'avais entraperçue et dont elle m'avait jalousement caché l'existence, comme si ce fût une affaire d'état.

« Ça l'est, me répondit-elle, à mon grand étonnement. »

J'étais prête à donner quelque crédit à son allégation bien qu'il me restât encore quelques doutes sur sa sincérité. N'avais-je pas été déjà par trop échaudée ? Quelle échappatoire pourrait-elle inventer pour se soustraire à mes reproches ?

............................................................ 

*The suits of woe, Les habits de malheur, Hamlet de Skakespeare.

 

NOTES

Sissi, ma providence incarnée

incarné, qui s'est fait chair.

 

la robe immaculée de l'espérance que le ciel m'avait départie

départir, accorder.

 

si grande était l'empathie qu'elle éprouvait

grande, attribut de l'empathie

l'empathie avec un TH

du grec pathos, souffrance, passion.

le pathos, en rhétorique, moyens employés pour émouvoir l'auditeur. S'emploie souvent dans un sens péjoratif pour émettre une critique.

Sympathie, antipathie, pathétique, homéopathie etc.

 

une efficacité rare et sans couac ou sans couacs 

Sans, s'en, sens, sent, c'en, cent, sang, des homophones à ne pas confondre – Sans suivi d'un singulier ou d'un pluriel ?

 

j'avais entre autres pour dessein

remarquez le pluriel = entre autres choses.

 

Je ne m'embarrassai donc d'aucune circonlocution en lui demandant tout de go

aucune circonlocution - tout de go

Ces deux expressions dans une même phrase constituent un PLÉONASME. C'est une faute évidemment. Mais ne puis-je pas tout me permettre dès l'instant où je me dénonce ? Et n'ai-je pas déjà fait mon mea culpa avec La Grande Armée napoléonnienne ?

"Non, pas d'excuses, entends-je un lecteur murmurer.”

J'en prends acte.

 

dont elle m'avait jalousement caché l'existence.

Pas d'accord avec le participe passé caché employé avec avoir. Le complément d'objet direct l'existence est placé après lui, m' est un complément d'objet second (à moi). On l'appelle second parce que le verbe a un complément d'objet direct.

 

Il fallait bien que j'entretinsse cette amitié.

entretinsse subjonctif imparfait 

Imparfait puisque la phrase est au passé

 Il faut bien que je l'entretienne. Présent

RAPPEL - Quand la proposition principale comporte : il faut,  on a le mode subjonctif dans la subordonnée.

entretenir se conjugue comme tenir et ses dérivés.

Pour trouver le subjonctif imparfait entretinsse, on pense au passé simple, je tins, j'entretins, et on ajoute la terminaison du subjonctif imparfait

il fallait que je TINSSE, que tu TINSSES, qu'il TÎNT (avec l'accent circonflexe, que nous TINSSIONS, que vous TINSSIEZ, qu'ils TINSSENT

Tenir se conjugue comme venir (et leurs dérivés)

Voir l'article :

La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

j'étais prête à donner quelque crédit à son allégation

quelque crédit, un certain crédit.

une allégation, une affirmation.
 

Il faut battre le fer quand il est chaud°

Il faut agir quand la situation s'y prête, sans attendre.

 

N'avais-je pas été déjà par trop échaudée

Par trop (littéraire) excessivement, beaucoup trop, vraiment très.

 

<<40 Délires remplis de bonnes résolutions

>>42 Délires sur les prémices d'une révélation -"What and Why and When and How and Where and Who"

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 23:00

 LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Je pouvais désormais, grâce à ma laie stratège, envisager un avenir possible. Marie se tiendrait sur ses gardes à chaque faux pas qu'elle ferait. Elle n'avait pas intérêt à s'achopper à toute situation qui pourrait se révéler fatale pour elle. De là à ce qu'elle devînt tout sucre et tout miel°, je n'y comptais guère, tant qu'elle ignorerait que je savais son point faible.

Tout heureuse d'être délivrée, je n'en étais pas moins désireuse de recouvrer une liberté inconditionnelle, et je consentis à revoir avec Marie les termes de nos rapports, qui, abîmés par une incompréhension réciproque, avaient bien failli tourner au vinaigre°, et c'est là un euphémisme quand on sait de quelle façon ma vie avait été sur le point d'être écourtée.

 

Peut-être avions-nous négligé de nous confier l'une à l'autre comme l'exige une amitié véritable, de là venait l'aigreur qui avait entaché nos sentiments. Vêtues des oripeaux de l'orgueil, nous avions été empêchées de trouver un compromis où auraient régné tempérance, tolérance et respect, qualités qui dépendent de la volonté, essentielles dans toute relation sereine. Marie avait cru que son ascendant aurait suffi pour m'attacher à elle, c'était sans compter ma nature inconstante, versatile, insoumise, frondeuse même, les attributs que l'on reproche le plus souvent à la jeunesse.

Je lui promis de ne pas l'abandonner si elle me pardonnait à l'avenir mes escapades. Elle me jura de ne plus attenter à ma liberté si je lui restais fidèle. Et nous tombâmes d'accord sur les vertus du dialogue.

 

Cher lecteur, ce revirement t'épate**, non ? C'est au-delà (au delà) de ce qu'on pouvait espérer. Mais voilà que tu t'impatientes de savoir si j'ai remercié Sissi.

...............................................................

* Du passé faisons table rase

   Foule esclave, debout ! debout  !

   Le monde va changer de base :

   Nous ne sommes rien, soyons tout !

Eugène Pottier, L'Internationale, 1871

 

**Je prends ici la liberté de te tutoyer, lecteur fidèle, car, arrivé courageusement jusqu'à ce moment de la lecture — c'est tout de même le quarantième épisode ! — tu ne peux être qu'un alter ego. Et comment pourrais-je voussoyer mon alter ego ?

(→ vouvoyer mon autre moi-même)

NOTES

Le titre : Table rase (titre) tabula rasa

Faire table rase, repartir à zéro.

 

Elle n'avait pas intérêt à s'achopper à toute situation

S'achopper à une situation qui pose problème, se heurter à cette situation, sans trouver de solution.

 

De là à ce qu'elle devînt tout sucre et tout miel°

devînt : subjonctif imparfait.(accent circonflexe)

De là à ce qu'elle devienne, subjonctif présent.

> Ne pas confondre les locutions conjonctives de temps : de là à ce que, d'ici à ce que, et d'ici que.

être tout sucre et tout miel°, se montrer aimable mais avec hypocrisie

 

Tout heureuse d'être délivrée

L'adverbe tout > voir  Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

je n'en étais pas moins désireuse de recouvrer une liberté inconditionnelle

Recouvrer. On recouvre la vue, l'ouïe, la liberté...

Ne pas confondre avec retrouver ni recouvrir.

 

les termes de nos rapports

les termes : à ne pas confondre avec les thermes.

 

Peut-être avions-nous négligé de nous confier l'une à l'autre

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

ma vie avait été sur le point d'être écourtée

écourtée, raccourcie.

 

notre relation avait bien failli tourner au vinaigre,

autrement dit : elle aurait pu avoir une fin tragique

UN EUPHÉMISME est une figure de style qui permet de dire de façon adoucie, une chose qui pourrait choquer si elle était décrite telle qu'elle est.

 

L'aigreur avait entaché nos sentiments

entaché, gâté, souillé, sali.

Une tache qu'on nettoie, une tâche qu'on accomplit.

> L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux...

 

Vêtues des oripeaux de l'orgueil, nous avions été empêchées de trouver un compromis

Les oripeaux, vêtements que l'on devine avoir été de qualité mais qui sont usés jusqu'à la corde.

Voir l'article > Cherchez l'intrus parmi les synonymes - Quiz 62

guenille(s) - loque(s) - fringues - haillon(s) - frusques - harde(s) - oripeau(x) - penaille(s) - nippe(s) - défroque - fripe(s)

empêchées est ici un adjectif, attribut de nous.

Particularités du verbe EMPÊCHER :

Après empêcher que, on emploie généralement le subjonctif et le NE explétif , mais on peut supprimer le NE.

Le serment qu'il vient de faire empêchera qu'il (ne) fasse de fausses allégations.

Après il n'empêche que, OU n'empêche que, on a l'indicatif OU le conditionnel:

Il n'empêche qu'il fera toujours ce qui lui plaît.

N'empêche qu'il serait le seul a en subir les fâcheuses conséquences.

Cela n'empêche pas que se construit avec l'indicatif ou le subjonctif.

Cela n'empêche pas que je lui fais (fasse) remarquer ses erreurs de conduite.

 

c'est au-delà de ce qu'on pouvait espérer

au-delà, au delà

> Y a-t-il un trait d'union ou pas ? Au delà ou au-delà ? Par delà ou par-delà ? AU ou PAR ou EN etc. + deçà, delà, devant, derrière, avant, arrière, dessus, dessous, dedans, dehors, haut, bas.

 

> L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

 

<< 39 Délires libérateurs

>> 41 Délires un peu calculateurs, mais pas seulement - Foin des habits de malheur !

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Avez-vous tout retenu ?

Question de grammaire :

Que diriez-vous ?

1-Son serment empêchera qu'il mente.

OU Son serment empêchera qu'il ne mente

2-Cela n'empêche pas que je lui fais des reproches.

OU Cela n'empêche pas que je lui fasse des reproches.

Voir la réponse ci-dessus dans les notes

§ Particularités du verbe EMPÊCHER

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 10:32

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Dès potron-minet j'étais sur pied. Je sentis avec bonheur que je n'avais rien perdu de mon enthousiasme vital lorsque j'aperçus, après avoir poussé la porte du réduit qui m'était alloué, que la forêt avait conservé son pouvoir de séduction. Je respirai profondément les senteurs subtiles exsudant des résineux, mêlées aux effluves sucrés de l'humus nourricier. Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèles*, et dans le bois flottaient les souffles de la nuit.

Sissi m'accueillit.

Je m'attendais à la voir, penaude, déconfite et repentante de m'avoir si lâchement abandonnée. Que nenni. Elle jubilait. N'avait-elle pas rameuté tous ses congénères pour menacer Marie Cratère ?

Une harde hurlante et hardie, hérissée de mâles, défenses acérées, dagues aiguisées pour la circonstance, s'était présentée, telle une armée conquérante, devant la maison qui — Sissi peut en témoigner — fut la proie d'une secousse irraisonnée. Marie en perdit de sa superbe. L'impressionnant envahissement des lieux, la troupe soldatesque qui faisait brusquement irruption, tout laissait supposer un service de transmissions parfaitement organisé par un génie militaire digne de la Grande Armée napoléonienne**. La vieille Marie, assiégée, eut peur. Cette soudaine posture rédhibitoire coupa court à toute riposte. On la fit s'agenouiller et jurer qu'elle me délivrerait sur l'heure. Pas étonnant qu'elle eût oublié de se vanter de cette misérable reddition.

 

Les pouvoirs de Marie étaient donc limités. Je sentis les miens renforcés.

............................................................... 

*Noter l'allitération dans les vers : le son [f]  

"Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèles ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.

L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle ;
Les anges y volaient sans doute obscurément,
Car on voyait passer dans la nuit, par moment,
Quelque chose de bleu qui paraissait une aile."

Victor Hugo, La Légende des siècles, Booz endormi

Extrait

 

**La Grande Armée napoléonienne, c'est UN PLEONASME (pardon pour le pléonasme !) puisque La Grande Armée (avec les majuscules) est unique, c'est celle de Napoléon.

 

NOTES

Dès potron-minet j'étais sur pied

Dès potron-minet, à l'aube. à l'heure où l'on voit le postérieur des chats qui disparaissent. On dit aussi potron-jaquet (ou potron-jacquet, jacquet étant l'écureuil)

 

Les senteurs subtiles exsudant des résineux, mêlées aux effluves sucrés de l'humus nourricier 

Exsuder (de suer) Les résineux exsudent leur résine qui suinte de leur tronc.

mêlées s'accordent avec senteurs

aux effluves sucrés, effluve est masculin

Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4

humus, terre végétale (terreau) provenant des matières organiques en décomposition.

Dérivé > homme

 

Que nenni, que non.

Comment dire non > Non ! Ah ça non ! Mais non ! Non mais ! Pourquoi non ? p'têt ben qu'non. Que nenni !

 

dagues aiguisées pour la circonstance

les dagues, les défenses des sangliers.

 

Marie en perdit de sa superbe

Perdre de sa superbe, perdre son attitude orgueilleuse.

Il est plein de superbe. / Il a perdu de sa superbe, il est devenu humble.

 

L'impressionnant envahissement des lieux

ou l'invasion.

 

Cette soudaine posture rhédibitoire coupas court à toute riposte

Rhédibitoire, qui empêche absolument d'agir à cause d'un défaut. 

 

Pas étonnant qu'elle eût oublié de se vanter de cette misérable reddition

la proposition principale est elliptique de il n'était pas

Il n'était pas étonnant qu'elle eût oublié...

eût oublié,  

> mode subjonctif, le verbe de la principale est impersonnel,

> temps plus-que-parfait, pour la concordance des temps, la principale est à l'imparfait de l'indicatif.

La phrase au présent serait : Il est étonnant qu'elle ait oublié...  (ait oublié, passé du subjonctif)

 

Une reddition, une capitulation.

Se rendre, capituler.

 

Pour en savoir +

*La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style (ou le discours) direct et indirect

**Suite de l'article sur la concordance des temps

 

<< 38 Délires d'une ressuscitée ou c'est tout comme + QUIZ 4 Noms masculins ou féminins? à vous de le dire.

>> 40 Délires remplis de bonnes résolutions

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 02:20

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

 

QUIZ 4 - FEMININ OU MASCULIN ?

Dans le texte précédent (38 Délires d'une ressuscitée), vous avez peut-être hésité sur le genre des mots SYLPHE et ELFE, ces mots sont masculins comme vous l'avez vu avec l'accord du participe passé ATTENTIONNÉS.

Faites un petit exercice et voyez si vous savez le genre des mots suivants.

On notera que certains mots peuvent avoir les deux genres avec la même signification, d'autres avec des significations différentes (homonymes).

  Pourriez-vous citer des noms

qui sont au masculin ou au féminin avec des sens différents ?

Vous pouvez en trouver au moins vingt*

 

pupille

acné

barde

algèbre

acrostiche

crêpe

ambre

anagramme

emblème

esclandre

ecchymose

greffe

foudre

garenne

manoeuvre

mémoire

ombre

pendule

solde

oriflamme

impasse

écritoire

amour

silicone

souris

vapeur

anthracite

apogée

immondices

penne

enseigne

appendice

antre

aigle

amalgame

aune

armistice

asphalte

astérisque

augure

anicroche

ébène

camée

coryphée

edelweiss

éphémérides

arcane

épithète

élytre

haltère

hémisphère

hyménée

hymne

après-midi

ivoire

pétale

planisphère

tentacule

ankylose

atmosphère

autostop

autoroute

épître

paillasse

parallèle

réglisse

scolopendre

oasis

odyssée

équinoxe

espèce

alvéole

 

Et si vous avez un doute sur la signification d'un mot, prenez votre courage à deux mains et jetez un coup d'oeil sur votre dictionnaire.

Une référence, le CNRTL crée par le CNRS :

Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales. Vous y trouverez  Le Dictionnaire de l'Académie, Le Trésor de la Langue française, etc.

 

La solution est ci-dessous

Les noms féminins sont en rose, les noms masculins en bleu.

*Noms au masculin ou au féminin avec des sens différents

 

*pupille pupille

acné 

*barde barde

algèbre

acrostiche

*crêpe crêpe

ambre

anagramme

emblème

esclandre

ecchymose

*greffe greffe

*foudre foudre

*garenne..garenne

*manoeuvre manoeuvre

*mémoire..mémoire

*ombre ombre

*pendule..pendule

*office office

*solde solde

oriflamme

impasse

écritoire

amour amour

*silicone silicone

*souris souris

*vapeur vapeur

anthracite

apogée

immondices

penne

*enseigne..enseigne

appendice

antre

*aigle aigle

amalgame

*aune aune

armistice

asphalte

astérisque

augure

anicroche

ébène

camée

coryphée

edelweiss

éphémérides

arcane

épithète

 

élytre

haltère

hémisphère

hyménée

*hymne hymne

après-midi après-midi

ivoire

pétale

planisphère

tentacule

ankylose

atmosphère

autostop

autoroute autoroute

épître

*paillasse paillasse

*parallèle parallèle

*réglisse réglisse

scolopendre

oasis

odyssée

équinoxe  

espèce

alvéole° alvéole°

 

UNE ESPÈCE : Je suis bien sûre qu'aucun d'entre vous n'a hésité un instant sur le genre du substantif espèce.

ET POURTANT, on entend tous les jours ce mot au masculin sous prétexte que le complément de nom qui le suit est au masculin. Même dans la bouche des gens qui ont à coeur d'employer une langue châtiée !

Il faut dire :

Je vis arriver une espèce de fanfaron. 

Au lieu de : un espèce de fanfaron

Vous parlez d'une d'espèce d'abruti !

Au lieu de : un espèce d'abruti.

Eh oui !

Voir à ce sujet la note des Délires 119 sur la syllepse.

 

DES GENS : l'adjectif ou le participe passé qui précède le mot gens se met au féminin. Les vieilles gens, les petites gens...

Ceux qui suivent sont au masculin. Les gens malheureux...

On aura la phrase bizarre : Les petites gens sont courageux.

Quant à la gent trotte-menu (La Fontaine), c'est une autre histoire...

> la gent, les gens...  

 

DES AMOURS : peut s'employer au féminin pour exprimer la passion amoureuse, ou bien en poésie.

"Le vert paradis des amours enfantines" (Baudelaire)

 

Des noms au genre qui pose un problème

Sont au féminin le plus souvent dans l'usage :

Agave se trouve au féminin dans la plupart des dictionnaires.

°Alvéole, voir ce mot ci-dessous au masculin.

Anagramme, le masculin apparaît dans plusieurs articles du Petit Larousse. Le Robert l'emploie deux fois, une fois au féminin, une autre fois au masculin.

Antique, oeuvre d'art de l'Antiquité, s'emploie aussi au masculin.

Clope était autrefois masculin dans le sens de mégot. Il est devenu féminin pour désigner la cigarette, dans le Dictionnaire de l'Académie.

Disparate est aussi bien féminin (Dict. de l'Académie) que masculin.

Drupe, féminin dans la plupart des dictionnaires.

Enzyme, la plupart du temps féminin, mais l'usage donne enzyme parfois au masculin., de moins en moins souvent.

Génitoires, au pluriel, a un genre indécis.

Mérule a les deux genres, le féminin l'emporte aujourd'hui.

Moufle est féminin dans le sens de gant, mais masculin dans d'autres sens.

Palabre est des deux genres mais le féminin prend le pas sur le masculin.

Parasange se trouve au masculin dans les dictionnaires, mais on peut le rencontrer au féminin.

Réglisse est féminin dans la plupart des cas (plante, racine, pâte) disent les dictionnaires. Littré le donne au masculin pour la pâte.

Relâche est au féminin mais le dict. de l'Académie de 1935, le donne au masculin sauf dans les termes de marine.

Steppe, très rarement rencontré au masculin.

Vanne, parole incongrue, quolibet ou blague, son masculin est vieux.

 

Au masculin le plus souvent :

°Alvéole, masculin selon l'Académie, de plus en plus employé au féminin. Le dictionnaire le Robert considère même comme vieux de l'employer au masculin. Larousse le donne au féminin.

Wiktionnaire nous dit que l'usage hésite.

Wikipédia préfère le masculin dans la plupart des acceptions sauf en géographie pour désigner une cuvette humide à fond plat (voir + de détails sur le site).

Automne, est parfois employé au féminin (emploi littéraire des auteurs classiques).

Bastringue est parfois employé au féminin. (musique instrumentale).

Effluve est masculin mais on le trouve parfois au féminin vu sa consonance finale.

Office, autrefois féminin dans le sens de la pièce à côté de la cuisine, là où l'on prépare de service de la table.

Pamplemousse, nom de l'arbre (ou pamplemoussier) peut avoir les deux genres. Pour le fruit, certains dictionnaires le donnent au masculin, Littré le donne au féminin.

Silicone peut être masculin dans le sens du composé du silicium, et féminin dans celui du polymère que l'on utilise en cosmétologie et en chirurgie (pour les seins).

Synopsis aujourd'hui pratiquement toujours au masculin

 
Revenons aux Délires :

<< 37 Délires d'une rescapée -"Si je me montrais aux autres comme je suis, ils me croiraient folle."

<< 38 Délires d'une ressuscitée ou c'est tout comme

 >>39 Délires libérateurs - "Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèles."

 

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

Repost 0

Présentation

  • : LE BLOG DE MAMIEHIOU - La langue française telle qu'on l'aime  De la grammaire, des exercices divers, des dictées commentées, des histoires, des textes d'auteurs, des infos pratiques...
  • : Pour tous ceux qui aiment la langue française. Son histoire, sa grammaire et son orthographe. Des dictées commentées, des exercices ébouriffants, un florilège de textes d'auteurs, etc.
  • Contact

Mon Profil

  • mamiehiou.over-blog.com
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.

Mon blog

Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

Rechercher Un Mot Du Blog