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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 09:16

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Jetant des regards furtifs de droite et de gauche pour nous assurer que personne ne nous entrapercevait, Alcmène m'emmena au fond du jardin où était aménagée une fosse qui ne laissait passer aucune onde de quelque nature qu'elle fût.

Lorsque la trappe fut retombée sur nous, l'atmosphère cotonneuse semblait faire barrage à nos voix qui en étaient tout assourdies. Le silence épais donnait à entendre des bruits inconnus qui venaient de l'intérieur de notre enveloppe charnelle, inaudibles dans les situations ordinaires de la vie, comme le sang canonnant sous nos tempes, le chuintement de nos alvéoles pulmonaires qui se déployaient et se repliaient à chaque souffle, nos viscères qui travaillaient sans relâche, mettant au turbin° enzymes et bactéries, notre système lymphatique qui charriait incessamment, et pas si lympathiquement que ça, ses petits soldats toujours prêts à l'attaque de microbes effrontés, nos ligaments et nos tendons qui bandaient dans l'effort pour maintenir notre équilibre, et le va-et-vient humide de nos paupières qui s'alourdissaient dans la pénombre.

J'attendais, anxieuse, l'explication d'Alcmène.

 

J'eus un instant le souvenir fugace d'un lieu clos où j'avais souffert un martyre si douloureux qu'il restait gravé en moi, profondément, jusqu'à me tarauder encore, bien que je fusse à l'abri du bourreau que j'avais fui. Mais il était trop tôt encore pour que la cicatrice se fût effacée, et il m'aurait fallu un psy expert en victimologie* pour me guérir des réminiscences qui me torturaient à chaque fois qu'une situation nouvelle me renvoyait aux épreuves endurées avec Marie Cratère.

 

Prétatou, qui s'était faufilé entre nos jambes, serait le témoin de notre conversation. C'est avec acuité qu'il percevait déjà l'émotion dans nos voix. L'oreille dressée et la queue immobile, on eût pensé, à le voir ainsi, se retenant de haleter, qu'il s'impliquait tout entier dans cette affaire.

...................................................................................

*David Servan-Schreiber, neuropsychiatre nous fait part de ses découvertes en neurobiologie dans les livres qu'il a écrits (Guérir, anti-cancer, etc.) Il a travaillé sur une méthode l'EMDR, qui vise à contrôler l'amygdale, où siègent nos émotions, afin de les archiver dans notre cortex frontal. Cette méthode, reconnue par l'INSERM en 2004 soigne le syndrome de stress post-traumatique par le mouvement de l'oeil. Voir sur la toile : David Servan-Schreiber, les vidéos proposées sur la question, EMDR, le cerveau émotionnel, etc.

EMDR, Eye Movement Desentization and Reprocessing – Reprogrammation et Désensibilisaton par le Mouvement de l'Oeil

Le 24 juillet 2011, David Servan-Schreiber meurt. Je suis triste.

Retrouver la note sur nos trois cerveaux à la suite du texte 67

 

NOTES

Personne ne nous entrapercevait

Entrapercevoir, on peut rencontrer entr'apercevoir. Apercevoir à peine, de façon rapide et fugitive.

Voir l'article L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

 

qui ne laissait passer aucune onde de quelque nature qu'elle fût

fût, subjonctif imparfait

de quelque nature qu'elle soit, subjonctif présent.

voir  l'article Quelque... que

 

l'atmosphère cotonneuse semblait faire barrage à nos voix qui en étaient tout assourdies

Cotonneuse, dérivés de mots se terminant par ON voir note du texte 63.

poumon, s'époumon(n)er, pulmonaire. 1N

tout assourdies, tout adverbe invariable mais pas tout le temps.

Voir l'article Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

les petits soldats de notre système lymphatique, les lymphocytes.

 

Aller au turbin° (argot) aller au boulot.

 

nos ligaments et nos tendons qui bandaient dans l'effort

Les ligaments relient les os entre eux dans les articulations.

Les tendons relient les muscles aux os.

 

il était trop tôt encore pour que la cicatrice se fût effacée

Le verbe s'effacer est au plus-que-parfait du subjonctif.

Subjonctif après la locution conjonctive pour que qui introduit une subordonnée finale (de but)

Voir l'expression du but dans la note du texte 51

 

j'avais souffert un martyre si douloureux

un martyre ou un martyr ? (Reprise de la note du texte 1)

Un martyre, souffrance ou mort endurée pour une cause, un idéal. Le martyre des premiers Chrétiens.

Par extension, une grande douleur.

Il lui a fait subir un martyre.

Un martyr, une martyre - substantif

celui ou celle qui a souffert et mort pour sa foi.

Saint Irénée, grec de naissance et évêque de Lyon mourut en martyr.

victime, celui qui souffre ou a souffert physiquement ou psychologiquement.

martyr(e) - adjectif qualificatif

un enfant martyr, une petite fille martyre.

 

Prétatou serait le témoin de notre conversation.

Serait, futur du passé 

Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur du passé - Le futur hypothétique

 

On eût pensé qu'il s'impliquait tout entier

eût pensé, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé (deuxième forme)

> on aurait pensé...

 

<< 69 Délires dans un drôle de pays de cocagne - La métanalyse

>> 71 Délires à vous donner des frissons, à votre corps défendant - QUIZ 14

 

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 10:40

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Je me levai tard le lendemain. Je savais que, dans ce pays bien étrange s'il en fut, la coutume requérait de ne travailler que trois heures par jour. Je supposais que des revendications sociales avaient fait leur oeuvre dans un cadre économique suffisamment confortable. Tout juste de quoi ne pas perdre la main pour préserver le précieux savoir-faire acquis depuis des temps immémoriaux dans toutes les activités humaines, encore que certaines se fussent déjà envolées de longue date, les fils n'ayant pas voulu embrasser la profession des pères.

On ne parlait plus depuis belle lurette d'aboyeurs (les taxis n'exigeaient point qu'on les hélât), d'affineurs (les cordes étaient devenues synthétiques), d'afoireurs (on savait les nouvelles par des médias divers), ni d'allumeurs de réverbères (il était d'usage que la Fée Électricité se chargeât d'éclairer les rues). Quant aux apothicaires...

 

Ma charmante patronne entra pour me réveiller.

« Alcmène, » demandai-je après lui avoir souhaité un bonjour sincère, pourriez-vous m'indiquer une pharmacie pour...

Une pharmacie ? Ce mot est ici hors d'usage Si un mal quelconque a eu l'audace d'agresser votre corps ou votre âme, courez vite au Château pour vous y faire soigner.

Au château ? l'interrogeai-je interloquée.

Mademoiselle Marisa-Loup de Saint-Ange* se fera un devoir de vous...

Marisa-Loup ! Je l'avais oubliée ! Est-elle donc châtelaine... et pharmacienne de surcroît ?

Elle l'est.

Dites-moi deux mots d'elle. Savez-vous qu'elle connaît Marie Cratère ? Je l'ai vue en visite il y a peu.

Tout s'éclaire ! s'étonna mon interlocutrice comme frappée d'une révélation incroyable.

Expliquez-vous !

C'est trop risqué. Venez donc dans ma chambre aveugle et insonorisée. »

....................................................................

*Marisa-Loup de Saint-Ange, descendante de Marisa-Louisa de Saint-Ange. Voir le conte en abyme texte n° 44 : Le Bal de Madame de Saint-Ange.

 

NOTES

Le pays de cocagne est un lieu imaginaire ou le bonheur est roi.

 

la coutume requérait de ne travailler que trois heures par jour

requérir, acquérir, quérir.

quérir, verbe défectif qui ne s'emploie qu'à l'infinitif.

Pour en savoir plus sur les verbes défectifs voir l'article : Les verbes défectifs

 

un cadre économique suffisamment confortable 

suffisamment, voir Les adverbes en -MENT

 

le précieux savoir-faire acquis depuis des temps immémoriaux

des temps immémoriaux, dont on a perdu la mémoire, il y a très longtemps.

Mots commençant par le préfixe in (im-, ir-, il-) voir note du texte 4

 

encore que certaines se fussent envolées de longue date.

verbe au subjonctif plus-que-parfait

Encore que, bien que, quoique, locutions conjonctives et conjonction de concession ou d'opposition. Elles sont suivies du mode subjonctif.

> Conjonctions de sub. et locutions conjonctives classées : cause conséquence but temps condition comparaison concession exception proportion manière conformité supposition addition alternative

Pour en savoir plus sur le subjonctif : 

Récapitulation des articles sur le subjonctif

 

On ne parlait plus depuis belle lurette

depuis belle lurette, depuis longtemps, il y a belle lurette...

Belle lurette vient de la métanalyse de l'expression belle heurette (petite heure).

 

LA MÉTANALYSE, mauvaise interprétation du découpage des sons des mots, ce qui donne des mots nouveaux.

Exemple : Il avait une mine pas tibulaire mais presque. (au lieu de patibulaire) Coluche

On peut rapprocher cette distorsion lexicale de la paronymie (qui est proche de l'homonymie ou de l'homophonie) dans des expressions comme parler comme une vache espagnole au lieu de parler comme un Basque l'espagnol – être fier comme bar tabac, au lieu de être fier comme Artaban – avoir une voix de centaure au lieu de Stentor...

Soit on peut jouer avec cette tournure particulière, soit elle est le signe de l'ignorance de celui qui l'emploie.

Voir le quiz 27 Paronymie - Paranomase

 

De très vieux métiers : 

Les aboyeurs appelaient les fiacres au sortir des spectacles.

Les affineurs affinaient le chanvre pour en faire des cordes.

Les afoireurs étaient des crieurs publics, informateurs de la population.

 

Les taxis n'exigeaient point qu'on les hélât ;

hélât subjonctif imparfait

subjonctif car le verbe de la principale exprime une volonté, un désir, exiger.

imparfait puisque le verbe de la principale est à un temps passé, l'imparfait (de l'indicatif)

>*La concordance des temps dans les propositions subordonnées + Le style ou le discours direct et indirect

le point-virgule. En typographie, on laisse une espace avant et une autre après ce signe de ponctuation. 

 

> J'aime bien le point-virgule

> Des espaces en typographie - avant/après : la virgule, le point, le point-virgule, les points d'exclamation et d'interrogation, les deux points, les guillemets, etc.

 

Je l'ai vue en visite il y a peu.

♦ vue, participe passé employé avec avoir s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant, L' :  LA pronom élidé pour Marisa-Loup de Saint-Ange.

♦ il y a peu, il n'y a pas longtemps.

 

Pour en savoir plus sur l'accord des participes passé

Récapitulation des articles sur l'accord des participes passés

 

<< 68 Délires morphiques

>> 70 Délires près de dévoiler un secret

 

AJOUT

Note du 21 janvier 2013

En écrivant cet épisode de la fiction surréaliste et fantasmagorique des Délires (n°69), je ne croyais pas si bien dire. À savoir que l'illustre économiste britannique, Mr Keynes, avait déjà imaginé qu'il serait possible de ne travailler que trois heures par jour dans une société où chacun aurait dompté son Hybris. Cela suffirait pour subvenir à ses besoins. Cf. J. M. Keynes, La pauvreté dans l’abondance

John Maynard Keynes 1883-1946

Comment suis-je parvenue à la découverte, chez Mr Keynes, de cette idée folle, mais ô combien intéressante, bien après qu'elle eut germé dans mon esprit ? Je vais vous le dire.

J'ai écouté l'interview de Monsieur Michel Rocard, que j'ai en grande estime, sur RMC, le 21 janvier 2013. Il fait allusion à la pensée de Mr Keynes, qui, si elle peut sembler datée à certains, contient une vision qui mérite qu'on s'y attarde aujourd'hui.

En surfant sur la toile, je retrouve l'idée dans la revue CONTRETEMPS.

En voici un extrait :

Keynes, et après ? | Contretemps

"Keynes poussa l’audace jusqu’à envisager, pour une société capable de dompter son hybris, « des postes de trois heures par jour ou de quinze heures par semaine », car « trois heures par jour suffiront amplement à satisfaire le vieil Adam chez la plupart d’entre nous »[28]. Dans la Théorie générale, il reconnait certes « qu’à l’heure actuelle, la grande majorité des individus préfèrent l’augmentation de leur revenu à l’augmentation de leur loisir », et qu’on ne peut obliger ceux qui préfèrent un supplément de revenu à jouir d’un supplément de loisir ». Mais, aujourd’hui comme hier, la question (que Keynes ne pose pas) est de savoir pourquoi tant d’individus peuvent préférer travailler plus pour gagner plus dans un travail aliéné, que se serrer la ceinture dans un temps réputé libre mais tout aussi aliéné et vide. L’expérience des 35 heures avec flexibilité et compensation salariale apporterait d'édifiants éléments de réponse."

 

Étonnant, non ?

L'utopie des trois heures de travail par jour apparaît dans la cité d'Utopinambourg, lieu où se passe mon récit. À y réfléchir de près, ne serait-ce qu'une utopie ?

 

 

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 18:39

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Un Romain à la toge immaculée et en caliges cloutées brandit la main pour me saluer. Tout juste si je n'étais pas troublée, à voir son allure altière. L'accompagnait une vénus (Vénus) callipyge  dont le péplos dorien se balançait, suggestif, à chaque pas. Elle me fit des gracieusetés.

Sa jumelle, en stola aux longues manches sur sa tunica intima qui se laissait deviner, se tenait un peu en arrière et lançait des œillades à un Grec en chlamyde légère dont l'ample étoffe était retenue par une précieuse fibule en oméga.

Un autre qui lui ressemblait comme un frère* était drapé d'un palladium hellène, un himation dont la longue bande de tissu reposait cérémonieusement sur le bras gauche.

Plus loin, un Berbère en gandoura devisait aimablement avec un Touareg dont le chèche indigo, trônant en pièce montée sur le chef, devait bien faire au moins huit mètres de long, mais semblait n'avoir aucun poids, tant la nuque était musclée et se mouvait avec grâce. Une majesté royale pour un homme au sang bleu.

Un Bédouin s'efforçait de rétablir son keffieh (kéfié) de guingois pour que l'emblème palestinien ne perdît pas de sa grandeur.

Un groupe d'hommes et de femmes en djellabas discutaient bruyamment de choses inédites qu'un Coréen en dobok n'approuvait pas, à voir sa mine déconfite. Il faisait des gestes cabalistiques à un Mexicain dont le regard torride lançait des éclairs de dessous son grand sombrero.

Je ne vous parlerai pas du boxeur birman, le sarong noué en triangle autour de la taille, que personne ne menaça jamais, tant la couleur de son grade impressionnait.

Tout ce monde bariolé s'affairait.

Je les avais servis. Ils m'avaient poliment remerciée, et il me restait de leurs couleurs plein la tête.

 

Lorsque je fus près de m'endormir enfin, je sursautai, je tombai dans un puits sans fond. C'est alors que surgit, devant mes yeux égarés, un Maasaï (Masaï) en shuka, le visage peint d'ocre et la bouche écarlate d'où s'écoulait quelques gouttes du sang d'une vache vampirisée.

Je frissonnais, mais ce n'était qu'un songe. J'avais sombré.

.................................................

*Un autre, qui lui ressemblait comme un frère... 

Il me vient en mémoire La Nuit de Décembre d'Alfred de Musset

 

Du temps que j'étais écolier,

Je restais un soir à veiller

Dans notre salle solitaire.

Devant ma table vint s'asseoir

Un pauvre enfant vêtu de noir

Qui me ressemblait comme un frère.

NOTES

Titre, Délires morphiques

Morphique, voir la note du texte précédent sur Morphée et Somnus

On tire la morphine des sels morphiques.

Morphinisme, morphinique, le morphinisme n'a rien à envier à l'alcoolisme.

Des médicaments morphiniques, antidouleur. 

 

des caliges (féminin) des sandales des soldats romains.

 

Le salut romain : la main levée.

Morituri te salutant ! Ceux qui vont mourir te saluent. Salut des gladiateurs à César dans l'arène, avant le combat.

 

une vénus callipyge  

qui a de belles fesses ou qui a de grosses fesses

La Vénus Callipyge, statue au musée archéologique national de Naples.

Type de statue grecque qui représente Aphrodite (Vénus) soulevant son péplos pour regarder ses fesses par dessus son épaule.

Jean de La Fontaine tira un conte de l'histoire des deux soeurs qui voulaient savoir laquelle des deux avait les plus belles fesses, et George Brassens mit Vénus aux-belles-fesses en chanson.

 

Le péplos, la tunique de la femme romaine.

Dorien, le style de la tunique.

 

Elle me fit des gracieusetés

Gracieusetés, marques d'une politesse charmante, d'une civilité affectueuse.

Gracieux du latin gracios, bon, bienveillant (Sa Gracieuse Majesté) - souriant

adverbe gracieusement

gracioso, en musique

Grâce, du latin gratia, aide de Dieu – gracier, rendre grâce, faire grâce à un condamné.

De tous ces mots, seul grâce a l'accent circonflexe.

> L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux... + Quiz 58

 

La stola vêtement féminin des Romaines qui se porte sur la tunica intima.

 

La tunica intima, les dessous chics de l'époque.

 

La chlamyde grecque manteau d'une seule pièce.

 

Une fibule en oméga, agrafe qui sert à fixer les extrémités du vêtement.

 

Le palladium nom latin du vêtement grec, ou l'himation, drapé autour du corps, le costume national.

 

La gandoura, tunique berbère

 

le chèche indigo, trônant en pièce montée sur le chef 

Un chèche de Touareg, turban de 4 à 8 mètres.

sur le chef, sur la tête.

 

Les hommes au sang bleu

Cette expression vient de la couleur indigo de leur chèche, de leurs vêtements.

 

Les Bédouins (Irak, Jordanie, Syrie) portent le keffieh (ou kéfié) qui est devenu l'emblème des Palestiniens, à l'origine, c'était un couvre-chef paysan.

 

djellaba ou jilbab, longue robe, vêtement arabo-musulman pour les hommes et les femmes.

 

Le dobok coréen (vêtement de la Voie) blanc à ceinture noire, vêtement pour l'entraînement du corps.

 

Des gestes cabalistiques, mystérieux.

 

Le longyi ou sarong birman est noué en triangle autour de la taille, il sert de serviette, de ceinture, de couvre-chef. En occident il se porte sur le short. Sa couleur est spécifique de la boxe birmane et marque le grade.

 

Lorsque je fus près de m'endormir enfin

Près de, prêt à -

Ne pas confondre : sortir, assortir, ressortir intrans. ou trans. indirect- quelquefois, quelques fois – davantage, d'avantage – bientôt, bien tôt – sitôt, si tôt - près de, prêt à

 

Le Maasaï ou Masaï appartient à une ethnie du Kénya. Les Masaïs se nourrissaient principalement de viande et boivent le sang des vaches en faisant une incision dans leur cuir.

Aujourd'hui les Masaï se sédentarisent. La sécheresse ne permet plus aux troupeaux d'avoir assez d'herbe pour se nourrir.

 

MAJUSCULE OU MINUSCULE ?

Un boxeur birman, un Mexicain, un dobok coréen, un Romain, le keffieh d'un Bédouin irakien, syrien ou jordanien.

Les noms des habitants d'un pays, d'une région, d'une ville prennent une majuscule, les adjectifs, une minuscule. En anglais, on a des majuscules dans tous les cas.

 

Je tombai dans un puits sans fond.

Quand on s'endort, cette sensation vient de la perte du tonus musculaire.

Un puits >

Les noms au singulier finissant par -S (ds, ts, cs, ps, rs, ns, ls, etc.)

 

<< 67 Délires qui surgissent inopinément au terme d'une journée d'enfer + Nos trois cerveaux

>> 69 Délires dans un drôle de pays de cocagne

 

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 05:04

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La nuit tombant, l'heure inéluctable de la fermeture survint, enfin. L'inquiétude avait disparu mais nous étions épuisées, Alcmène et moi. Les émotions avaient surmené notre système limbique, et notre unique espoir était que la nuit réparerait notre amygdale excédée. Nous n'avions aucune envie de prolonger cette journée trop fertile en rebondissements.

 

L'été battait son plein, et les nuits, encore courtes, faisaient de l'air une étuve. L'endormissement tardait. Dans ma coquette chambrette les pensées m'assaillaient et barraient le passage à Somnus, dolent et shooté.

 

Je refusai obstinément de compter les moutons bien tranquilles là-haut dans leurs verts pâturages, nul ne s'étant jamais endormi pour les avoir vus défiler dans une imagination imbécile. C'est connu.

 

Le bruit de la rue... les bruits de la rue*, incessants, entêtants, couraient sur ma couche étroite.

 

Que t'ai-je quitté, vent de ma forêt

Qui me susurrait tes chansons légères ?

Qui faisait trembler, tes jours de fureur,

Le grand chêne vert** et le saule en pleurs ?

Je ne t'entends plus, vent de ma forêt.

 

J'aimais ta douceur, j'aimais tes colères

Faut-il qu'aujourd'hui, vent de ma forêt

J'aie dû t'échanger contre ces clameurs ? 

 

Le moment vint, propice aux fantasmes, où se déploya un monde incertain entre la veille et le sommeil.

S'y côtoyaient toutes sortes de gens que j'avais croisés tantôt, affublés de costumes qu'en d'autres circonstances on eût dit d'autres temps, en d'autres lieux. Mais pourquoi m'étonner ? Savais-je où j'étais et en quelle année ?

 

Ils repassèrent devant mes yeux, ces étrangers de cette ville étrange, et se mirent à déambuler sans cesse ni repos. Mes représentations cérébrales mémorisées surgissaient comme des diables de leur boite. 

...............................................................  

*voir l'énumération des bruits d'Utopinambourg dans les Délires n° 53.

 

**Le grand chêne vert, l'yeuse que nous avons rencontrée dans Les Délires n°4

Voir les mots commençant par Y. Y a-t il liaison ou disjonction ? >La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

 

Notes

Somnus, dieu romain du sommeil.

♦ On sait que Morphée, son homologue grec, est souvent représenté avec, dans la main, une fleur de pavot.

♦ La morphine, mot tiré de Morphée. 

Morphine, alcaloïde de l'opium extrait de la fleur de pavot.

Dormir, être dans les bras de Morphée.

Shooté, drogué.

 

les émotions avaient surmené notre système limbique

le système limbique, l'amygdale, le siège des émotions.

 

Nous distinguons trois cerveaux dans notre tête. 

- le cerveau reptilien,cerveau primitif où siègent les instincts de base, les besoins fondamentaux (se maintenir en vie, se reproduire pour conserver l'espèce...)

- le cerveau limbique, apparu plus tardivement dans l'évolution des espèces, où siègent entre autres l'hypothalamus, l'hippocampe et l'amygdale qui est le siège des émotions comme l'agressivité et la peur. (voir l'hippocampe que nous avons rencontrée dans le texte n°34)

Il comporte les processus de la mémoire et rend possible une adaptation à l'environnement social.

- le cortex cérébral, ou néocortex.Voilà le top du top. Celui qui nous fait dire que nous sommes mieux que les autres, ici-bas. Ce qui fait les hommes comme vous et moi, façon de parler.

Ah ! Le néocortex ! Sa souplesse, sa plasticité ! Sa capacité d'imagination et de créativité, sa pensée abstraite, et son langage, son langage, mesdames et messieurs !

Il distille un orgueil qui fait qu'on croit toujours qu'on est au sommet d'une pyramide. Indéboulonnable !

Un peu d'humilité, je vous prie, où est la sagesse dans tout ça ?  

Nous ne sommes pas éloignés des bonobos, membres de la famille des hominidés, nos cousins... nos cousins, que dis-je, nos frères, bien moins agressifs que les humains, et que les chimpanzés. Notre cerveau ressemble au leur pour plus de 98%, de quoi mesurer notre animalité.

Peut-être nous faudra-t-il un quatrième cerveau.

Que nous réserve donc l'évolution qui n'a pas fini de nous étonner ?

 

Exemple illustré :

Si le cerveau reptilien pousse l'amoureux à se rapprocher le plus possible* de sa compagne, le cerveau limbique lui donne l'envie de l'embrasser, de la caresser, de la mignoter, de faire la parade aussi, et le néocortex l'incite à lui offrir des fleurs, et à l'emmener au ciné !

*euphémisme permettant de ne pas employer certains verbes trop suggestifs qui pourraient choquer le prude lecteur.

 

Que t'ai-je quitté, vent de ma forêt...

Que dans le sens de pourquoi, littéraire.

> QUE dans tous ses états – pronom interrogatif - pronom relatif - conjonction de subordination ou élément d'une locution conjonctive - adverbe interrogatif ou exclamatif – ne... que - etc.

 

Nul ne s'étant jamais endormi pour les avoir vus défiler... 

pour les avoir vus défiler : L'expression de la cause, voir la note du texte 33

avoir vus défiler : la délicate règle qui nous dit quand on doit accorder ou non le participe passé employé avec avoir et suivi d'un infinitif avec le COD placé avant (plusieurs cas) :

> Règles de l'accord des participes passés suivis d'un infinitif § 2 3 et 4

Ici, le pronom LES fait l'action de l'infinitif (ils ont défilé) donc accord du participe passé vus avec le COD.

 

S'y côtoyaient toutes sortes de gens.

Sujet inversé. On rencontre le verbe en tête de phrase pour mettre en valeur un indicatif ou un subjonctif expressif.

Puisses-tu réussir cette fois !

 

toutes sortes de gens que j'avais croisés.

Le participe passé employé avec avoir s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant : que = les gens)

 

gens que j'avais croisés tantôt

Tantôt (emploi vieilli) ici dans un passé récent

Tantôt peut être employé aussi pour un futur proche (bientôt).

 

On eût dit d'autres temps, en d'autres lieux

 > on aurait dit... conditionnel passé

 

Les représentations cérébrales.

cf. La psychologie cognitive.

 

<< 66 Délires après le choc

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 18:02

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Je m'en voulus de n'avoir pu être d'aucun secours à ma protectrice et je me sentis un peu coupable. N'étais-je pas, sans le vouloir, à l'origine de cette fâcheuse affaire ? Je ne savais que lui dire pour lui témoigner ma compassion, le moindre geste de ma part l'eût fait éclater en sanglots et l'expression de mon empathie lui eût nui plutôt qu'elle ne l'eût aidée.

 

Elle baissa les yeux quelques instants et déglutit. Ses larmes séchées, elle se tourna vers moi pour mesurer à quel point l'émotion m'avait atteinte. Je lui souris. Nous étions liées à jamais.

Il n'était pas question que je larmoyasse ou que je m'appesantisse davantage sur cet incident regrettable. Le temps pressait.

Les tables, jonchées des reliefs du repas, demandaient d'urgence à être nettoyées. Je passai un ramasse-miettes furtif et préalablement désinfecté.

Les spectateurs, un instant médusés, reprenaient lentement leurs gestes coutumiers. Il n'y eut pas de commentaires circonstanciés. On se contint.

.....................................................

 

NOTES

Le moindre geste l'eût fait éclater en sanglots.

Rappel. Le participe passé FAIT est invariable lorsqu'il est suivi d'un infinitif.

eût fait... aurait fait. Conditionnel passé.

Voir : L'accord problématique des participes passés FAIT et LAISSÉ - Ils se sont fait ou faits / Elle s'est fait ou faite / Ils se sont laissé ou laissés...

 

L'expression de mon empathie lui eût nui plutôt qu'elle ne l'eût aidée.

l'empathie, faculté que l'on a de pouvoir se mettre à la place des autres et de ressentir les mêmes joies et les mêmes douleurs.

- sympathie, antipathie
eût nui, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé - conditionnel passé 2e forme - style soutenu.

> lui aurait nui (conditionnel passé 1re forme)

ici pas d'accord du participe passé nui employé avec avoir, il n'y a pas de COD. Nuire à quelqu'un un. Voir :  Règles de l'accord des participes passés 

 

plutôt 1-de préférence 2-assez, c'est plutôt agréable

plus tôt, moins tard, avant l'heure.

Voir l'article : Ne pas confondre : alcoolique, alcoolisé – rabattre, rebattre - amener, apporter – geai, jais - jadis, naguère – plutôt, plus tôt

 

Venez aujourd'hui plutôt que demain.

aujourd'hui, c'est préférable

Venez aujourd'hui plus tôt qu'hier.

hier, vous êtes venu un peu tard.

 

plutôt qu'elle ne l'eût aidée.

aidée s'accorde avec le COD l' placé avant.


Aider. Je l'aide ou bien je lui aide ?

Aider une personne transitif direct.  

J'aide ma soeur, je l'aide.

Transitif indirect, vieilli ou régional, aider à une personne.

J'aide à ma soeur, je lui aide.

Transitif indirect, aider à une chose, faciliter.  

Ce remède aide à sa guérison, il l'aide à guérir.

S'aider, pronominal réfléchi.

Aide-toi, le ciel t'aidera.

Pronominal réciproque.

Nous nous sommes aidés dans l'adversité, nous nous sommes entraidés.

 

Il n'était pas question que je larmoyasse ou que je m'appesantisse...

subjonctif imparfait dans les subordonnées 

Voir : Valeurs et emplois du subjonctif

imparfait puisque le verbe de la principale est à un temps passé (était, imparfait de l'indicatif)

Il n'est pas question que je larmoie ou que je m'appesantisse...

la principale étant au présent de l'indicatif, les verbes de la subordonnée sont ici au présent du subjonctif.
Rappel : les verbes du 2e groupe (comme appesantir) ont la même forme au présent et à l'imparfait du subjonctif sauf à la 3ème personne du singulier.

il n'est pas question qu'il s'appesantisse...

Il n'était pas question qu'il s'appesantît...

La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

  

Un ramasse-miettes, des ramasse-miettes

Le pluriel des noms composés

Voir le QUIZ > Les noms composés - Quiz 97 Ma soirée avec Jojo

 Il faut se fier au sens

Un nom suivi d'un adjectif, les deux mots ont généralement la marque du pluriel, des coffres-forts, des wagons-lits...

Un verbe et un nom, seul le nom peut être au pluriel, selon le sens, un ramasse-miettes, un couvre-chef...

Deux noms, seul le premier est au pluriel si le second est ou peut être un complément de nom avec préposition, des timbres-poste = des timbres de la poste, des choux-fleur = des choux en fleur, des gueules-de-loup...

un nom et un mot invariable, seul le nom peut être au pluriel, des arrière-trains, des en-têtes...

deux mots, si le premier se termine par o, seul le second peut varier, des afro-américains...

un adjectif et un nom, généralement, les deux mots se mettent au pluriel, des plates-bandes, des courtes-pointes, des hauts-de-chausses...

Mais

grand au masculin prend un s au pluriel, des grands-oncles, des grands-pères...

grand au féminin est invariable des grand-mères, les grand-rues, les grand-messes...

quelques noms composés :

des on-dit, des coq-à-l'âne, des va-nu-pieds, des pot-au-feu, des ayant-cause et des ayants-droit, des pur-sang, des tête-à-tête, des après-midis...

Les règles changent avec la Nouvelle Orthographe

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

les spectateurs, un instant médusés, frappés de stupeur.

La Méduse, figure mythologique peu sympathique. Elle changeait en pierre ceux qu'elle regardait. C'est l'une des trois Gorgones avec Euryale et Sthéno.

Vous la reconnaissez, Médousa avec sa tête surmontée de serpents.

 

Des commentaires circonstanciés, détaillés.

 

On se contint, ils se continrent, nous nous contînmes, etc. Passé simple

se contenir, contenir, refréner, ficeler, réprimer, brider ses émotions. 

 

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<< 67 Délires qui surgissent inopinément au terme d'une journée d'enfer + Nos trois cerveaux

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 18:01

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Et l'intermède cessa, faute de contestataires*.

Avant de s'en aller, le sergent prévaricateur jeta un regard circulaire pour s'assurer qu'aucun regard désapprobateur n'était dirigé sur lui.

Il savoura l'instant.

Tous s'efforçaient d'affecter un air indifférent comme si rien ne s'était passé. Ils n'en pensaient pas moins.

Je ressentis dans l'air des transmissions télépathiques ondulatoires nées d'une frustration commune intenable. La vibration émise était néfaste et électrisait mes chakras. L'atmosphère était empuantie tant on transpirait.

Les fonctionnaires de l'état se dirigèrent lentement vers la sortie, non sans oublier de rebrancher les caméras qui n'avaient pas transmis leurs agissements coupables. À peine s'était-on aperçu qu'ils les avaient aveuglées tantôt, si forte avait été la surprise occasionnée par leur arrivée intempestive.

Ils disparurent enfin.

L'air vicié gonfla les poitrines qui avaient trop longtemps retenu leur souffle. L'appétit était coupé.

Alcmène continua de sangloter quelques instants en prenant soin de ne pas gâter de ses larmes les plats qu'elle servait, puis elle se calma.

L'incident était clos. 

........................................................................... 

*"Et le combat cessa, faute de combattants", le Cid, Corneille.

 

NOTES

le sergent prévaricateur jeta un regard circulaire

prévaricateur, corrompu, se dit par exemple d'un fonctionnaire coupable d'un grave manquement dans sa fonction.

 

la vibration émise électrisait mes chakras

Chakra (du sanskrit) canal d'énergie du corps humain.

 

ils les avaient aveuglées tantôt [les caméras]

♦ aveuglées, rendues aveugles.

aveuglées, participe passé employé avec avoir, s'accorde avec  le complément d'objet direct les placé avant lui, qui remplace caméras. 

♦ tantôt (vieilli) ici dans un passé récent, c'est-à-dire, quand les policiers sont arrivés.

Tantôt peut être employé aussi pour un futur proche (bientôt).

 

L'incident était clos

clore et clôturer 

clore, vieux, ou littéraire le plus souvent. Mettre un terme, boucher, fermer.

L'incident est clos. La séance est close.

Verbe défectif, l'imparfait de l'indicatif et le passé simple n'existent pas, ni l'imparfait du subjonctif.

INDICATIF Prés. Je clos, tu clos, il clôt, ils closent, pas de nous/vous.

Futur, je clorai etc.

SUBJONCTIF présent. Que je close etc

CONDITIONNEL présent. Je clorais

PARTICIPES passé clos, présent, closant. 

Clôturer, fermer, enclore.  

clôturer un compte, clôturer un champ, enclore un terrain.

Un clos, un enclos, une clôture.

Et déclore

Ne pensez-vous pas aussitôt à l'Ode à Cassandre de Pierre de Ronsard ?

 

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait déclose

Sa robe de pourpre au Soleil

A point perdu cette vêprée,

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vôtre pareil.

 

Las ! voyez comme en peu d'espace,

Mignonne, elle a dessus la place

Las ! las ses beautés laissé choir !

Ô vraiment marâtre Nature,

Puisqu'une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

 

Cueillez, cueillez votre jeunesse :

Comme à cette fleur la vieillesse

Fera ternir votre beauté.

 

(dans le texte de Ronsard, desclose, vesprée, vostre, beautez, cheoir, vrayment, marastre, puis que)

Déclore ne s'emploie qu'à l'infinitif et au participe passé déclos, déclose.

Déclore un terrain, un champ, en enlever la clôture.

Et aussi dans le sens désuet que nous venons de rencontrer chez Ronsard : ouvrir.

Voir l'article :

> Les verbes défectifs. Pour peu qu'il vous en chaille !

> Confusions : Débattre (de, sur ?) se rappeler (de ?) clore ou clôturer, qu'est-ce qui lui (le ?) prend ? Aller (au, chez) quid (de, sur ?) battre froid (à ?) contredire (à ?) c'est, ce sont...

 

<< 64 Délires qui n'admettent aucune échappatoire

>> 66 Délires après le choc

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 07:52

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Les deux compères se dirigèrent vers mon Alcmène tout effarouchée et l'intimèrent de justifier sur le champ le hurlement qu'elle avait poussé quelque dix minutes auparavant, rappelez-vous. Je remarquai qu'ils n'avaient pas fait fissa, et que, si mon amène amie eût couru un danger imminent, ils ne l'eussent point sauvée, pas même de justesse.

Elle marmonna quelques excuses, et se mélangea les pinceaux°. Des larmes non retenues glissèrent sur ses joues rosies par l'émotion incontinente.

Le galonné grinça, rugit, menaça, Alcmène trissa, rougit, acquiesça.

Mais rien ne sortit de sa bouche, qui pût me mettre en danger.

Faute avouée, n'est pas forcément pardonnée**.

 

Amphi dut cracher au bassinet° une somme considérable pour que le chef de la sûreté ne donnât pas suite à cette affaire. Le gardien de la loi empocha une liasse qu'il fourrerait sans état d'âme dans son matelas bien rembourré. Mieux valait que le sous-fifre gardât la bouche cousue°, il se sentait déjà bien coupable d'avoir été le témoin d'un acte de corruption patent. Il se tiendrait résolument coi.

............................................................

*N'avouez jamais ! (sagesse populaire)

**Faute avouée, n'est pas forcément pardonnée

D'après le proverbe (détourné) : Faute avouée est à moitié pardonnée. 

 

NOTES

Titre : une échappatoire

Une échappatoire, une dérobade, un faux-fuyant, un moyen de se tirer d'affaire. Voir les mots où l'on hésite entre le féminin et le masculin,

> Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4

 

quelque cinq minutes auparavant

ici, quelque est un adverbe (invariable) environ cinq minutes...

 

Faire fissa°, (argot,  populaire) faire vite, se hâter. 

Fissa, vient de l’arabe في ساعة, fy sāʿah signifiant dans l’instant. 

Mot déjà employé avant 1870 par les soldats français en Afrique du Nord.

"Fais fiça, grouille-toi !"  Raymond Queneau

 

Se mélanger les pinceaux°, s'embrouiller.

Les pinceaux sont les jambes.

 

Si elle eût couru un danger imminent, ils ne l'eussent point sauvée.

eussent... sauvée conditionnel passé 2ème forme ( = ils ne l'auraient point sauvée). Voir l'expression de la condition, la subordonnée introduite par Si + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

sauvée, participe passé, s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant (l' qui représente Alcmène)

Pour en savoir plus sur les participés passés > QUIZ 26

 

ses joues rosies par l'émotion incontinente

incontinent, que l'on ne peut contenir, qui s'extériorise malgré soi.

 

Alcmène trissa, rougit, acquiésça

L'hirondelle trisse quand elle est en danger, quand elle est prise au piège.

Voir les cris des animaux > quiz 3 texte 15 délires pour un bestiaire.

Aussi trisser = faire trois fois / bisser = deux fois

 

rien qui pût me mettre en danger

Le mode subjonctif est ici dans une proposition relative qui contient une idée de conséquence.

On remarque que le pronom relatif qui est éloigné de son antécédent rien, il y a disjonction.

 

pour qu'il ne donnât pas suite à cette affaire

donnât, subjonctif imparfait.

Le mode subjonctif parce que la subordonnée finale est introduite par la conjonction de subordination > Pour que, pour... que.

Le temps imparfait, puisque la principale est à un temps passé

 

une liasse qu'il fourrerait dans son matelas rembourré

fourrer, rembourrer, 2R.

fourrure, bourre, bourrelets...


Amphi dut cracher au bassinet une somme considérable

Cracher au bassinet°, payer à regret

Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

 

mieux valait que le sous-fifre gardât la bouche cousue

sous-fifre, (familier), un subordonné, un subalterne.

Garder la bouche cousue°, garder un secret.

 

il se tiendrait résolument coi

coi (coite), silencieux.

Voir les adjectifs féminins irréguliers, note du texte 23.

 

<< 63 Délires sur Big Brother

>> 65 Délires sur une scandaleuse impunité

 

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 05:43

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Tenir leur rôle en toutes circonstances sans jamais se laisser prendre au dépourvu, c'est bien ce que tous ces gens s'efforçaient de faire autour de moi. Il n'était que de scruter leur mine, que d'étudier chaque détail de leurs gestes et de leur attitude pour m'apercevoir qu'ils affectaient des poses, se retenaient d'exprimer leurs sentiments, évitaient tout rictus qui eût trahi leurs émotions. Je me rendis compte que quelque chose ne tournait pas rond°. Tout se passait comme si des caméras invisibles espionnaient leurs réactions, fussent-elles les plus banales. Ils se tenaient sur leurs gardes, la plupart du temps silencieux. C'était criant.

Un Big Brother les épiait-il ? Je l'eusse parié. Nous en étions donc arrivés là !

 

Un drôle de sergent galonné survint, talonné par un acolyte subalterne, visiblement à la botte° du premier, lequel le foudroyait du regard à chaque fois que le susdit subordonné, tout ballonné de rancœur, hoquetait, comme si le pauvre animal venait de recevoir une violente semonce qu'il avait du mal à digérer. Pauvre animal, c'était l'épithète choisie par son collègue à la mine chafouine, en manque d'humanité. On ne rigolait pas avec la hiérarchie policière de ce pays !

 

Je caressai Prétatou prêt à bondir. Il comprit d'instinct le message subliminal. Notre connivence se renforçait.

............................................................................. 

* « The best books [...] are those that tell you what you know already. »

« Les meilleurs livres sont ceux qui racontent ce que l'on sait déjà. »

George Orwell

 

NOTES

Big Brother est un personnage allégorique du roman 1984 de l'écrivain britannique George Orwell, de son vrai nom Eric Arthur Blair (1903-1950).

Il est à la tête de l'appareil gouvernemental d'une société qui prive le citoyen de toutes ses libertés.

1984, c'est une anticipation, une prévision (!) une extrapolation, une prophétie (qui sait ?), une dystopie.

une dystopie, une contre-utopie. Si une utopie présente un monde parfait, une dystopie, au contraire, imagine le monde où l'homme est le plus malheureux possible.

1984, inversion du 8 et du 4, 1948, année où a été écrit le livre.

 

Il n'était que de scruter leur mine

Il n'est que de + infinitif, il suffit de, il n'y a qu'à...

Il n'est que d'être roi pour être heureux au monde. André Chénier

Leur mine, leur attitude, au singulier. Chacun d'eux a une mine, une attitude.

On peut écrire aussi : leurs mines, leurs attitudes.

 

tout rictus qui eût trahi leurs émotions

eût trahi, subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel passé (2ème forme).

dans une proposition subordonnée comportant une idée de conséquence.

un rictus, une grimace de la bouche, le plus souvent involontaire. Il peut marquer une émotion ou le mépris, la moquerie, etc.

trahi, participe passé du verbe du 2e groupe, trahir

> Verbes se terminant par I, IE, IS, IES, IT, ou ÎT - QUIZ 74

 

leurs réactions, fussent-elles les plus banales,

même si elle étaient les plus banales

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

 

la plupart du temps silencieux. C'était criant.

Antithèse, figure de style : silencieux, criant.
criant, évident, patent.

 

Un Big Brother les épiait-il ? je l'eusse parié

eusse parié, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel (passé 2e forme)

je l'aurais parié, conditionnel passé du verbe parier.

Question d'orthographe

Les mots suivants s'écrivent-ils avec 1 N ou 2 N ?

canton(n)al, canton(n)er, déton(n)er, réson(n)er, asson(n)ance, réson(n)ance, million(n)ième, s'époumon(n)er

> Réponse

LES DÉRIVÉS DES NOMS QUI FINISSENT PAR ON s'écrivent le plus généralement avec deux N

Galon, galonné, talon, talonné, ballon, ballonné.

SAUF national, cantonade, cantonal (mais cantonner, cantonnement, cantonnier), patronal, patronage, patronat (mais patronner etc.), régional, détoner (exploser, mais détonner quand on chante), détonation, détonateur, donation, donataire (de don), s'époumoner (ou s'époumonner), limoner, millionième, violoner, violoniste, sonore (de son), sonorité, assonance , assoner, résonance, résonateur, résonant (ou résonnant)...

Voir d'autres mots de leur famille.

 

un acolyte subalterne

LES MOTS QUI COMMENCENT PAR ACC, AC, voir la note du texte n°8

 

Être à la botte de quelqu'un°, être sous sa domination.

 

pauvre animal, c'était l'épithète choisie

Une épithète peut louer une personne ou l'injurier, c'est selon !

> Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4

 

son collègue à la mine chafouine, sournoise.

 

il comprit d'instinct le message subliminal

subliminaire, qui parle à l'inconscient.

 

Notre connivence se renforçait

Connivence, entente, complicité parfois.

 

<< 62 Délires en costume adéquat - LES MOTS

>> 64 Délires qui n'admettent aucune échappatoire

 

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 17:00

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La position où je me trouvais, sans l'avoir voulue vraiment, me seyait à merveille. Je n'avais plus d'un seul coup à me préoccuper ni du gîte ni du couvert, et l'alliée que j'avais trouvée semblait toute dévouée à ma cause. Qu'exiger de plus?

 

When there's a will there's a way1, disent les Anglais

 

Légère et court vêtue2, un petit tablier blanc à dentelle ceint autour de ma taille fine et une coiffe on ne peut plus désuète perchée sur ma chevelure cuivrée, je m'apprêtai à servir la clientèle.

Allais-je être à la hauteur de ma tâche ? Je n'aurais su le dire, mais il fallait en passer par là et l'idée ne me serait pas venue de me plaindre.

Je pourrais ainsi tout à loisir observer et écouter les autochtones qui s'installeraient et leur table et deviseraient sans me remarquer, ce qui ne manquerait pas de m'ouvrir au monde que j'allais découvrir.

 

Je compris que l'on donnait dans ce pays une grande importance à ce que chacun se tînt à sa place et donnât le meilleur de lui-même, et j'étais toute disposée à ne pas prêter le flanc° ni à la critique ni au ridicule, ce qui vous tombe parfois dessus sans crier gare°.

Il me faudrait à l'avenir brider ma spontanéité dont j'avais souffert les revers, ficeler résolument mon amour-propre, déguiser tous propos innocents, cesser de monter comme une soupe au lait° à chaque fois que surgissait l'insupportable, et par surcroît contenir mon humeur si jamais quelque malotru s'avisait de me titiller, de me taquiner, de me provoquer même.

J'apprendrais à devenir exemplaire, à l'image de cette société nouvelle dans laquelle je prenais pied. J'apprendrais à sourire malgré l'orage, à dissimuler ma candeur, à louvoyer comme les navires qui dansent en zigzags pour remonter au vent, à biaiser afin d'arriver coûte que coûte à mes fins, à jouer la comédie du mieux possible sur cette scène de marionnettes, microcosme qui, je le supposais, n'avait rien à envier au reste du monde, et tout cela sans me faire épingler°.

 

Cynique ? Moi ? Non ! Flexible tout au plus ! Mieux encore, souple, modulable à souhait !

J'apprendrais, en un mot, à me civiliser, pour survivre, en suivant à la lettre° le conseil camusien :

Tout le monde ment. Bien mentir, voilà ce qu'il faut3.

..................................................................................

1-When there's a will, there's way. Vouloir, c'est pouvoir.

Et si vous germanisez : Wer will, der kann.

Ma devise a toujours été : Wage ! Dulde ! Die Welt is dein. Ose ! Endure ! Le monde est à toi. Ernst Morik Arndt 1769-1860

Bluffant, non ?

 

2-Légère et court vêtue, comme la Perrette de la Fontaine, plus jolie même, mais moins niaise.

 

3-Tout le monde ment. Bien mentir, voilà ce qu'il faut.  Albert Camus 1913-1960, Les Justes.

 

NOTES

La position où je me trouvais, sans l'avoir voulue vraiment, me seyait à merveille.

Le participe passé voulue est employé avec avoir, il s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant lui : LE élidé L' , pronom personnel qui remplace la position.

Seyait imparfait de l'indicatif du verbe seoir, bien aller, convenir.

Verbe défectif déjà rencontré, voir note du texte 22 (seyant, sis etc.)

 

L'alliée que j'avais trouvée

le complément d'objet direct du verbe trouver est placé avant le participe passé, accord avec que qui a pour antécédent alliée.

 

un petit tablier ceint autour de ma taille

Ceint, participe passé du verbe ceindre, mots de la même famille : enceinte, ceinture etc.

Pour connaître les particularités de la conjugaison des verbes en DRE et ceux en INDRE > Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

et une coiffe on ne peut plus désuète

Désuet (désuète), suranné, archaïque, vieillot, démodé, obsolète.

 

je m'apprêtai à servir la clientèle

je me préparai, je me disposai.

 

Je pourrais ainsi tout à loisir observer et écouter les autochtones... J'apprendrais... J'apprendrais...

les autochtones, ceux qui sont originaires de ce pays.

En fait, Oli se trompe en parlant d'autochtones puisque aucun des habitants de Utopinambourg n'est originaire de la cité.

Le futur du passé > Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur (antérieur) du passé - Le futur (antérieur) hypothétique - Exercice d'application

 

on donnait à ce pays une grande importance à ce que chacun se tînt à sa place

À ce que

se tînt, imparfait du subjonctif

 

prêter le flanc à la critique, s'exposer, donner prise à la critique.

 

flexible, souple, docile, malléable, maniable.

 

Souplesse et flexibilité

Pour moi, la souplesse s'accompagne d'une grâce particulière que n'a pas la flexibilité qui se donne un air contraint. On ne sait pas jusqu'à quel point une chose flexible que l'on a forcée revient aisément à sa position première et s'il ne reste pas une blessure. C'est un sentiment tout personnel, une sensation inexplicable.

Les mots nous parlent, nous caressent et nous enchantent, ou nous blessent et nous torturent. Nous pénétrons dans leur mystère, nous les manipulons, nous les interprétons, nous les enrichissons de nos émotions, nous les faisons nôtres ou nous les rejetons. Les mots sont vivants, ils exaltent notre esprit ou nous abaissent. Ils nous chuchotent des choses étranges. Ils sont de ce monde et nous entraînent dans tous les mondes possibles.

Tel mot que j'aime, vous le haïssez. Tel autre que j'abomine, vous vous en gargarisez.

Nos souvenirs les ont déformés, embellis ou maltraités, abîmés ou cristallisés. Ils sont le reflet de nous-mêmes. Sans eux que serions-nous ?

LES MOTS !

Je propose un développement sur le thème des mots dans l'article du 2 décembre 2013 : LES MOTS

 

<< 61 Délires hégéliens* + QUIZ 13 Au revoir Monsieur Chabrol

>> 63 Délires sur Big Brother "Les meilleurs livres sont ceux qui racontent ce que l'on sait déjà."

 

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 06:36

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Toutes les choses de la vie sont perpétuellement

en fuite devant nous**.

S'il est une chose désagréable pour une personne normalement constituée, c'est bien de sentir sur ses épaules le poids d'être immensément redevable à quelqu'un d'inconnu qui lui a voulu du bien.

Je fus saisie soudain de la conscience malheureuse qui naquit du vif sentiment de gratitude. N'allais-je pas devoir porter à l'avenir le fardeau d'une aliénation perpétuelle ? Je devrais témoigner à cette jeune femme une reconnaissance sans bornes, situation qui ferait de moi son esclave d'une certaine manière. À coup sûr, n'espérerait-elle pas que j'adopterais pour toujours, envers elle, une attitude particulière qui rappellerait à tout instant que je lui devais la vie ?

Et, si d'aventure, elle allait rester sans cesse en alerte de ma reconnaissance pour le bienfait dont elle venait de me combler, histoire de maintenir l'image positive qu'elle voudrait avoir d'elle-même, cela dépendrait sans aucun doute de mon aptitude à répondre à son attente, à savoir lui prodiguer un dévouement sans limite pour l'acte héroïque — disons-le — dont elle avait fait preuve, ayant couru le risque de se voir elle-même accusée d'infraction à la Règle qui régissait le pays, ce qui n'était pas rien !

 

Mais trêve d'analyse psychologique due probablement aux bribes d'une vague réflexion hégélienne* qui refaisait surface à propos.

Je me contentai de servir à ma bienfaitrice un merci très bref et très sec pour qu'elle ne se fît aucune illusion sur moi.

....................................................................  

*Titre : Délires hégéliens - Georg Wilhelm Friedrich Hegel, 1770-1831, philosophe allemand dont l'étude s'attache au Savoir Absolu. Il a influencé toute la philosophie moderne (art, phénoménologie, science, histoire, politique, religion droit... ). Incontournable pour qui s'intéresse à la philosophie.

Phénoménologie de l'esprit, Encyclopédie des sciences philosophiques, etc.

 

**Toutes les choses de la vie sont perpétuellement en fuite devant nous.

Qui saurait mieux que moi se bercer de ta pensée, Victor ?

J'ai dit Victor ?

Hugo, bien sûr.

Qui d'autre ?

 

NOTES

sentir sur ses épaules le poids d'être redevable

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR DS

Le s en rouge se prononce

poids, surpoids, fonds (à ne pas confondre avec fond), tréfonds, défends (ou défens), remords

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR TS

mets, puits, starets (ou stariets)

Ne sont pas donnés ici tous les mots composés comme :

coupe-jarrets, cure-dents, lave-ponts, cache-pots, pèse-moûts nu-pieds, bas-fonds...

Ni (évidemment) les mots que l'on trouve seulement au pluriel, comme :

achards, rets, goguenots, rotoplots...

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR CS

lacs, tomber dans le lacs, dans le piège. prononcer [la]

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR PS

corps (et ses composés anticorps, etc.), temps (et ses composés, printemps, contretemps, etc.), biceps, quadriceps, triceps, reps, seps, blaps, laps, relaps, schnaps, tricératops, cynips...

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR LS

fils (féminin fille), beau-fils.

NOMS AU SINGULIER FINISSANT PAR RS

cours (et les mots contenant cours : parcours, concours, recours, etc.) volontiers, vers, envers, devers, convers, univers, divers, revers, travers, velours, tiers, secours, rebours, recors...

MOTS FINISSANT PAR UNE VOYELLE + S

Ils sont très nombreux : taffetas, propos, procès, bonus, malus, crocus...

 

Je devrais témoigner à cette jeune femme une reconnaissance sans bornes

Sans bornes, locution adverbiale au pluriel, sauf dans certains cas en poésie.

Voir : Sans, s'en, sens, sent, c'en, cent, sang, des homophones à ne pas confondre – Sans suivi d'un singulier ou d'un pluriel ?

 

l'acte héroïque dont elle avait fait preuve

héroïque, H muet - élision dans l'héroïne, l'héroïsme.

Mais le héros, H aspiré.

Le bel homme, mais le beau héros. 

La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

 

savoir lui prodiguer un dévouement sans limite

NOMS FINISSANT PAR OUEMENT, IEMENT, UEMENT, OIEMENT, AIEMENT.

Par ouement :

Dévouement, ennouement, dénouement, renouement, enrouement, engouement, enjouement, ébrouement, échouement, ébrouement, renflouement, secouement.

On retrouve les verbes dont ces noms sont dérivés, dévouer, ennouer (mettre dans des liens, enchaîner) etc.

De même on a : remercier, remerciement, replier, repliement etc.

nettoyer, nettoiement, fourvoyer, fourvoiement, etc.

remuer, remuement, engluer, engluement, etc.

égayer, égaiement, déblayer, déblaiement, payer, paiement, etc.

 

trêve d'analyse psychologique

assez d'analyse psychologique , arrêtons là !

 

les bribes d'une vague réflexion

une bribe, un petit morceau.

Les bribes de conversation, les bribes de phrases, de fromage, de tabac...

 

pour qu'elle ne se fît aucune illusion

proposition subordonnée de but introduite par Pour que + subjonctif

fît, verbe faire au subjonctif imparfait

 

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12 septembre 2010

Au revoir Monsieur Chabrol !

Avez-vous vu tous ses films ?

Non ?... Quelle chance ! Que de bons moments en perspective....

Oui ?… Ah, vous voulez les voir ou les revoir !...

Vous pouvez en retrouver les titres, avec quelques indices :

 

  QUIZ n°13

1959 Le beau...

1959 Les c...

1959 A double...

1960 Les Bonnes...

1960 Les go...

1962 Les sept... (sketch, l'...)

1962 L'oeil...

1963 Op...

1963 La...u

1964 Les plus belles escroqueries du monde (sketch, l'homme... )

1964 … la chair fraîche

1965 Paris vu par (sketch, La M... )

1965 Marie-Chantal contre...

1965 Le tigre... à la dynamite

1966 La ligne...

1967 Le... le.

1967 La route de...

1968 Les bi...

1969 La femme...

1969 … meure.

1970 Le... er

1970 La ru...

1971 ... avant la nuit.

1971 La... prodigieuse

1972 ... Popaul

1973 … rouges

1974 Na...

1975 Une partie...

1975 … mains sales.

1976 Les ma...

1976 … bourgeoises

1977 Alice ou

1978 Les liens...

1978 ….ette ….re

1980 Le cheval...

1982 Les fantômes...

1984 Le sang...

1984 Poul...

1986 …din.

1987 Ma...

1988 Le cri...

1988 … de femmes

1990 … à Clichy

1990 … M

1991 Madame

1992 ...ette ...

1993 L'oeil... (montage de documents historiques)

1994 l'en...

1995 La ...nie

1997 Rien...

1999 Le coeur...

2000 Merci...

2003 … du mal.

2004 … Honneur.

2006 L'ivresse...

2007 … en deux

2009 Bel...

 

Cinéphiles, à vos corrections !

 

1959 : Le beau Serge

1959 : Les Cousins

1969 : À double tour

1960 : Les Bonnes femmes

1961 : Les Godelureaux

1962 : Les sept Péchés capitaux ( sketch L'avarice)

1962 : L'Œil du Malin

1963 : Ophelie

1963 : Landru

1964 : Les plus belles Escroqueries du monde (sketch L'homme qui vendit la Tour Eiffel))

1964 : Le Tigre aime la chair fraîche

1965 : Paris vu par...(sketch La Muette)

1965 : Marie-Chantal contre docteur Kha

1965 : Le Tigre se parfume à la dynamite

1966 : La Ligne de démarcation

1967 : Le Scandale

1967 : La Route de Corinthe

1968 : Les biches

1969 : La Femme infidèle

1969 :  Que la Bête meure. 

1970 : Le Boucher

1970 : La rupture

1971 : Juste avant la nuit

1971 : La Décade prodigieuse

1972 : Docteur Popaul

1973 : Les Noces Rouges

1974 : Nada

1975 : Une partie de plaisir

1975 : Les innocents aux mains sales

1976 : Les Magiciens

1976 : Folies bourgeoises

1977 : Alice ou la Dernière Fugue

1978 : Les Liens de sang

1978 : Violette Nozière 

1980 : Le Cheval d'Orgueil

1982 : Les Fantômes du Chapelier

1984 : Le Sang des autres

1985 : Poulet au vinaigre 

1986 : Inspecteur Lavardin

1987 : Masques

1988 : Le Cri du Hibou

1988 : Une Affaire de femmes 

1990 : Jours tranquilles à Clichy

1990 : Docteur M

1991 : Madame Bovary 

1992 : Betty

1993 : L'Oeil deVichy )

1994 : L'enfer

1995 : La Cérémonie 

1997 : Rien ne va plus

1999 : Au cœur du Mensonge

2000 : Merci pour le chocolat

2003 : La Fleur du mal

2004 : La Demoiselle d'Honneur

2006 : L'ivresse du pouvoir 

2007 : La Fille coupée en deux

2009 : Bellamy

Merci Monsieur Chabrol !

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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