Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 17:48

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

 

Des adverbes et des locutions adverbiales de temps

qui marquent la fréquence

 

DES FOIS est populaire.

Des fois, je la vois passer devant ma fenêtre.

 

QUELQUEFOIS

Il m'est quelquefois arrivé de lui dire bonjour.

 

PARFOIS, langue soignée, employé souvent à l'écrit

Elle me lançait parfois un regard amical. J'étais comblé.

J'aurais aimé lui parler, impérieusement parfois.

 

PLUSIEURS FOIS, DEUX FOIS, TROIS FOIS, etc.

PAR DEUX FOIS, etc.

CHAQUE FOIS, TOUTES LES FOIS

Je lui ai fait deux fois un petit signe de la main.

Elle a baissé les yeux les deux fois.

Par trois fois j'ai ouvert ma fenêtre.

Elle s'est enfuie en courant (à) chaque fois.

 

Langue soignée :

DE NOMBREUSES FOIS, BIEN DES FOIS, MAINTES FOIS

J'ai soupiré maintes fois en la regardant s'éloigner.

 

TANT DE FOIS, TELLEMENT DE FOIS, TROP DE FOIS, UNE QUANTITE DE FOIS...

Croyez-moi, je l'ai suivie du regard trop de fois pour l'oublier.

 

SOUVENTES FOIS expression vieillie

Souventes fois je rêve d'elle, et j'emporterai avec moi son souvenir.

 

D'autres locutions adverbiales de temps qui marquent la fréquence

DE TEMPS EN TEMPS, DE TEMPS À AUTRE, PAR MOMENTS, OCCASIONNELLEMENT, À L'OCCASION, etc.

 

D'autres adverbes

Constamment, continuellement, continûment, habituellement, incessamment, fréquemment, régulièrement, souvent, jamais, toujours, éternellement, sempiternellement, invariablement, etc.

 

Des locutions conjonctives de subordination

> Des fois que

> Chaque fois que

> Toutes les fois que

> Une fois que

 

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 15:48

 ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

1-vrai 2-beau 3-grand 4-triste 5-bas 6-long 7-heureux 8-brave 9-jeune 10-curieux 11-pauvre 12-mou 13-méchant 14-sacré 15-propre 16-les adjectifs de couleurs

Un vrai casse-tête !

Où placer ces adjectifs ? Avant ou après le nom ? Pour un non francophone, c'est un exercice difficile. Mais parfois les francophones, les Français, entre autres, hésitent aussi.

Quand l'adjectif est placé avant le nom, on dit qu'il est antéposé.

Quand l'adjectif est placé après le nom, on dit qu'il est postposé.

 

Des règles aux multiples exceptions (la liste n'est pas exhaustive)

On peut dire que, généralement, ...

 

on ne place pas un adjectif long devant un nom d'une seule syllabe.

Il me parle toujours d'un ton affectueux.

Mais :

Tu es incommensurablement niais !

un adjectif de sens figuré se place devant l'adjectif ; un adjectif de sens propre se place après.

C'est un bon garçon. Mais il a épousé une mauvaise femme.

Elle ne lui fait que de mauvais gâteaux, des gâteaux immangeables.

un adjectif de sens subjectif se place devant le nom ; les adjectifs subjectifs expriment un sentiment ou une appréciation.

Quel insupportable enfant ! Quel enfant insupportable !

Il a fait preuve d'un remarquable cran./ d'un cran remarquable.

un adjectif suivi de son complément, modifié par un adverbe ou dans une suite coordonnée se place après le nom.

C'était un homme riche comme Crésus.

J'ai eu affaire à son fils infiniment généreux.

Il avait un chien intelligent, affectueux et docile.

Mais : Ce doux et bel enfant, c'est mon petit-fils.

les participes employés comme adjectifs se placent après le nom.

Je sortais chaque soir à la nuit tombée et j'admirais les étoiles scintillantes.

se placent après le nom les adjectifs dérivés de noms propres

Le doute cartésien, un choix cornélien

Parfois, on peut antéposer un adjectif long si l'on veut faire un effet de style, poétique ou emphatique.

Je viens de vivre une épouvantable mésaventure.

C'est charmant ; il m'a offert de magnifiques fleurs pour ma fête.

Se placent après le nom les adjectifs dérivés de noms propres

 

Des adjectifs qui ont des acceptions différentes

1 Vrai, vraie

C'était une vraie blonde. La couleur de ses cheveux est naturelle.

Elle avait ses vraies dents à 90 ans. Pas de fausses dents.

On a dû le relâcher puisqu'il avait un vrai passeport, de vrais papiers. Qui ne peut être suspecté d'aucune intention de tromperie.

C'est un vrai Picasso. Un tableau peint par Picasso. Pas une copie.

C'est une histoire vraie. Conforme à la réalité.

C'est une vraie histoire de fou. Une véritable histoire de fou. Pas forcément vraie.

Il voulait faire du cinéma vrai. À partir de la vie réelle. Qui s'inspire de la réalité humaine, concrète, quotidienne

Pour ce journaliste rien ne comptait que le petit fait vrai. Conforme à la réalité.

Je trouverai le vrai remède pour résoudre vos problèmes. Le remède adéquat, celui qui convient le mieux.

Ce buste de Socrate est en vrai bronze. Par opposition à faux, artificiel.

Ce sont des écus en or véritable que vous avez dans votre cassette. On ne dit pas en vrai or.

Vous êtes donc un vrai marquis !

Pour en savoir + lire sur le Cnrtl VRAI

2 Beau, bel, masculin – belle, féminin

J'ai rencontré hier une femme très belle. Une très belle femme. On ne dit pas : J'ai rencontré hier une femme belle.

C'était une femme belle et élégante. Deux adjectifs coordonnés postposés

J'aime bien papoter avec ma belle voisine.

Je vis un beau garçon qui marchait devant moi , avec une belle prestance et de belles manières. Apparence générale d'une personne.

On sortait du théâtre et on ne rencontrait que du beau monde. Des gens riches et élégants.

Tout me réussit. Je suis dans une belle veine, pensais-je. Peut-être parce que de beaux sentiments m'animent.

Comment peux-tu fréquenter ce vieux beau ? Il a trois fois ton âge et ne cherche qu'à séduire les femmes.

Voir dans ce blog l'article > Vieux ou vieil ? Beau ou bel ? Nouveau ou nouvel ? Fou ou fol ? Mou ou mol ? Un vieux monsieur et un vieil homme - Un beau monsieur et un bel homme...

sur le Cnrtl BEAU

3 Grand, grande

C'était un grand gaillard qui me dépassait d'un demi-mètre. Un homme grand, on dirait plutôt : un homme de grande taille.

Les grandes personnes sont parfois petites. Ma maman mesurait un mètre cinquante. Les grandes personnes : les adultes.

Les personnes de grande taille n'ont pas besoin d'escabeau pour atteindre le haut des placards. On ne dit pas : les personnes grandes.

Me suivait une grande femme qui marchait en se dandinant.

Ils étaient riches et vivaient sur un grand pied. Ils dépensaient beaucoup.

Celui qui avait toute mon estime était un grand homme. Il surpassait les autres par son génie et par ses qualités morales.

Littré : Un grand homme est un homme d'un grand mérite intellectuel et moral. Un homme grand est un homme d'une grande taille.

Grande avec femme ne signifie que la taille, et l'on ne dit ni : c'est une grande femme, pour exprimer c'est une femme de grand mérite, comme on dit c'est un grand homme ; ni les grandes femmes de l'antiquité, comme les grands hommes de l'antiquité.

> L'agglutination – grand'mère ou grand-mère

La Grand Rue (La Grand'Rue, la grand-rue) de Sainté mesure sept kilomètres de La Terrasse à Bellevue.

Cnrtl GRAND

4 Triste

Tu as l'air triste, un regard triste, un sourire triste. Que t'est-il donc arrivé ?

Tu fais triste mine et tu ressasses de tristes propos.

Cesse de boire ! Tu as le vin triste. Un abus d'alcool peut rendre gai ou triste.

J'habite un quartier triste, dans une ville triste. Austère, lugubre, sinistre.

Je viens de faire une triste expérience ; je me suis laissé embarquer par un triste sire qui m'a rouée de coups. Un sale individu.

Cnrtl TRISTE

5 Bas, basse

Quand on eut découvert sa forfaiture, il s'en alla la tête basse.

J'ai grondé Médor ; le voilà qui s'en va la queue basse.

J'ai la vue basse, je n'y vois presque plus.

On devait se courber pour entrer dans cette chambre basse. Dont le plafond est bas

Il a fait main basse sur ma fortune. Quelle naïve j'ai été ! Faire main basse : voler.

Je me perdis dans un monde abject peuplé d'âmes basses animées par de bas instincts, occupées par de basses besognes. Adjectif antéposé : Vil(es), intéressé(es)

Votre fils a de basses vues sur votre héritage.

Cnrtl BAS

6 Long, longue

Il a de longs bras et de longues jambes.

Il a le bras long. Il a beaucoup de pouvoir, il jouit d'une grande influence.

Il a les dents longues et serait capable de tout pour parvenir à ses fins. Sens figuré : Être ambitieux, avide d'honneurs ou d'argent. Avoir des dents qui rayent le parquet ou qui arrachent la moquette. [Anciennement : Il est affamé]

Cnrtl LONG

7 Heureux, heureuse

J'ai gagné beaucoup sur le 5. J'ai eu la main heureuse. J'ai bien choisi de miser sur ce numéro.

Je vis avec un homme d'une heureuse constitution et d'un heureux caractère. Que demander de plus ? Il est doué de qualités exceptionnelles !

Grâce à toi, ma chérie, je suis un homme heureux. Je savoure mon bonheur

Un heureux hasard m'a fait te rencontrer. Adjectif antéposé : qui tient du hasard, du destin

Cnrtl HEUREUX

8 Brave

Goriot était un brave homme, mais il s'est fait duper par ses filles. Brave antéposé : Honnête et simple

J'ai rencontré rarement, pour ne pas dire jamais, des hommes braves. La bravoure serait-elle en voie de disparition ? Brave postposé : courageux devant le danger, devant l'adversité

Littré : 1-Un brave homme est un honnête homme ; un homme brave est un homme qui a de la bravoure. Cette distinction, qui est maintenant établie par l'usage, ne l'était pas au XVIIe siècle ; et, comme on peut voir dans les exemples, Corneille a dit constamment un brave homme pour un homme brave. Quant à braves gens, il a les deux sens et signifie soit des hommes vaillants, soit des hommes bons et obligeants.

2-Le sens de bon que brave a dans : c'est un brave homme, est étendu, dans le Midi, à toutes sortes d'emplois qui sont vicieux : notre curé est fort brave, voilà de braves poulets ; il faut dire : notre curé est un brave homme ; ces poulets sont beaux. Un brave curé, c'est un curé qui est un excellent homme ; un curé brave serait un curé qui aurait de la bravoure.

Cnrtl BRAVE

9 Jeune

Pourquoi ce vieux monsieur est-il donc bouleversé quand il croise une jeune femme belle comme le jour ? Belle est suivi d'un complément de l'adjectif

Il est près de s'évanouir quand il croise une femme jeune et belle. Jeune postposé quand il fait partie d'une énumération.

Le vieux monsieur épousa ainsi une femme étonnament jeune. Jeune postposé lorsqu'il est modifié par un adverbe : étonnamment

Dans les années soixante, le Nouveau Roman faisait partie de la jeune littérature. Qui existe depuis peu de temps

Une jeune fille dans l'article :

Les mots ont une histoire - Pathologie verbale ou lésions de certains mots dans le cours de l'usage

Cnrtl JEUNE

10 Curieux, curieuse

Mon petit-fils est un enfant curieux de tout. Tout l'intéresse. Envie de savoir - éprouver de l'intérêt pour quelque chose.

Vous avez une curieuse façon de vous adresser à moi. Soyez poli ! Une étrange façon, une façon bizarre

J'ai une voisine curieuse ; elle n'hésite pas à regarder par le trou de la serrure pour m'épier. Emploi péjoratif, indiscrète.

Cnrtl CURIEUX

11 Pauvre

Tu m'as trahie. Tu es vraiment un pauvre type. Vil, méprisable

Quand je vois les hordes d'émigrants qui fuient leurs pays dévastés, je me dis que ce sont vraiment de pauvres gens. Des gens misérables

Les gens riches n'ont aucune idée de ce que peuvent vivre et ressentir les gens pauvres. Les pauvres, ceux qui n'ont pas assez d'argent pour vivre décemment.

Cnrtl PAUVRE

12 Mou, mol - Mou(s) et mol(s) masculin, molle féminin

J'ai failli m'étrangler avec un caramel mou. Dans l'usage courant, on emploie l'adjectif mou après le substantif.

J'ai les jambes molles. Elles sont fatiguées.

Je me laissais bercer par le mol balancement de l'eau. Mol(s) emploi littéraire et désuet

Littré : Dans le style soutenu et surtout en poésie, on dit quelquefois mol au masculin quand le mot qui suit commence par une voyelle : un mol abandon.

Cnrtl MOU

13 Méchant, méchante

J'ai été embarqué dans une méchante affaire. Une affaire pleine de désagréments

Martine, mais jetez-moi donc ce méchant tapis ! Il est hors d'usage. En mauvais état

Si tu vas dans la forêt, tu y rencontreras une méchante sorcière. Malfaisante

Attention au chien méchant. Cruel, féroce

Cnrtl MÉCHANT

14 Sacré, sacrée

J'ai rencontré aujourd'hui un sacré bonhomme. Antéposé : peu ordinaire, étonnant

On me lisait chaque soir quelques pages d'un livre sacré. Postposé : religieux

Cnrtl SACRÉ

15 Propre

Prends donc une chemise propre, tu sens mauvais ! Contraire : sale

Mais prends donc ta propre chemise, pas la mienne ! Celle qui t'appartient.

Chaque Britannique se fait sa propre opinion pour rester dans l'UE ou pour le Brexit. Aujourd'hui, le vote. Suspense ! Son opinion personnelle

Comment vous n'avez pas reçu ma convocation ? On vous l'a pourtant remise en mains propres. Directement, sans passer par un intermédiaire.

Mon cher mari, sachez que vous n'hériterez pas de mes biens propres. Biens personnels qui n'entrent pas dans la communauté.

J'ai fait des paris à Paris et j'ai perdu. Tant pis ! Grammaire : Paris nom propre (la ville de paris), (des) paris nom commun.

Cnrtl PROPRE1 PROPRE2

16 les adjectifs de couleurs se placent après le nom

sauf dans des titres ou des noms propres comme :

Jaune revolver

Rose bonbon

Les Blancs-Manteaux

Wikipédia : Le terme Blancs-Manteaux est, à l'origine, le surnom donné, à Paris, de 1258 à 1277, aux moines mendiants de l’ordre des Servites de Marie en raison de la couleur de leur habit, le blanc, symbole de la virginité de Marie. « Blancs-Manteaux » s'est appliqué ensuite aux Guillemites, puis aux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. Ce terme s'applique aujourd'hui, à Paris, dans le quartier du Marais à une église, à une rue, à un ancien marché et à un théâtre.

> Jeux sur les couleurs

des couleurs prises dans un sens figuré :

Méfiez-vous. Ils fomentent de noirs desseins. De sombres projets

et des expressions ou des phrases poétiques :

Je m'en irai marcher dans les verts pâturages.

Le vert paradis dans le poème :

Moesta et errabunda - Charles BAUDELAIRE

[extrait]

Mais le vert paradis des amours enfantines,
Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,
Les violons vibrant derrière les collines,
Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets,
- Mais le vert paradis des amours enfantines,

[...]

>> Retour au début de l'article

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 15:52

 ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

 

Appliquons-nous à éviter le parler bébé ou le parler populaire.

On entend trop souvent POUR PAS QUE ou POUR NE PAS QUE ou POUR PLUS QUE. C'est une faute.

On dit POUR QUE, locution conjonctive, qui introduit une proposition dont le verbe est à la forme négative.

 

Exemple

Si l'on veut parler correctement, on ne dit pas :

Je te conseille de prendre un tablier pour pas que tu te salisses.

ni :

Je te conseille de prendre un tablier pour ne pas que tu te salisses.

mais on dit :

Je te conseille de prendre un tablier pour que tu ne te salisses pas.

 

Lorsque le sujet de la proposition principale est le même que celui de la proposition subordonnée, on emploie un infinitif.

On ne dit pas :

Je prendrai un tablier pour pas que je me salisse.

mais on dit :

Je prendrai un tablier pour ne pas me salir.

 

Corrigez les phrases

Chaque soir, Maman me mettait le pot à côté de mon lit pour pas que je mouille mes draps. Sitôt que j'avais envie, je sautais à bas du lit. Le pot était là, tout près, pour pas que j'aie à traverser l'appartement. C'était vite fait. Parfois je m'oubliais. Les draps étaient trempés. Alors je disais à Maman que j'avais été malade pour pas qu'elle me gronde ; ou bien j'allais chercher des draps propres et je cachais les draps souillés sous l'armoire pour pas qu'elle les voie.

Papa disait : "Ce petit a un problème de vessie. On va l'emmener chez le docteur pour plus qu'il fasse pipi n'importe où."

Il m'arrivait aussi d'inonder ma chaise à l'école. Un jour j'ai fait caca, ma grosse commission si vous voulez. J'ai rien dit pour pas que la maîtresse le voie. Mais Julien, mon voisin, a senti. Je l'ai menacé pour pas qu'il me dénonce. J'en avais plein les cuisses et je me suis mis à pleurer. La maîtresse a compris et m'a nettoyé pour pas que je reste comme ça, tout plein de caca. Elle est gentille ma maîtresse. Je crois que je recommencerai pas pour pas qu'elle ait de nouveau à faire ça.

Pour pas que je m'essuie quand je vais au cabinet (j'ai horreur de ça) j'appelle Maman. Aujourd'hui elle m'a dit : "C'est ton anniversaire, tu as huit ans. Je t'essuierai plus les fesses à l'avenir pour plus que tu te comportes comme un bébé."

C'est dur de grandir.

 

Correction

Chaque soir, Maman me mettait le pot à côté de mon lit pour que je ne mouille pas mes draps. Sitôt que j'avais envie, je sautais à bas du lit. Le pot était là, tout près, pour que je n'aie à traverser l'appartement. C'était vite fait. Parfois je m'oubliais. Les draps étaient trempés. Alors je disais à Maman que j'avais été malade pour qu'elle ne me gronde pas ; ou bien j'allais chercher des draps propres et je cachais les draps souillés sous l'armoire pour qu'elle ne les voie pas.

Papa disait : "Ce petit a un problème de vessie. On va l'emmener chez le docteur pour qu'il ne fasse plus pipi n'importe où."

Il m'arrivait aussi d'inonder ma chaise à l'école. Un jour j'ai fait caca, ma grosse commission si vous voulez. Je n'ai rien dit pour que la maîtresse ne le voie pas. Mais Julien, mon voisin, a senti. Je l'ai menacé pour qu'il ne me dénonce pas. J'en avais plein les cuisses et je me suis mis à pleurer. La maîtresse a compris et m'a nettoyé pour que je ne reste pas comme ça, tout plein de caca. Elle est gentille ma maîtresse. Je crois que je ne recommencerai pas pour qu'elle n'ait pas de nouveau à faire ça.

Pour ne pas m'essuyer quand je vais au cabinet (j'ai horreur de ça) j'appelle Maman. Aujourd'hui elle m'a dit : "C'est ton anniversaire, tu as huit ans. Je ne t'essuierai plus les fesses à l'avenir pour que tu ne te comportes plus comme un bébé.

C'est dur de grandir.

 

Des équivalences :

Maman me mettait le pot à côté de mon lit pour que je ne mouille pas mes draps.

Maman me mettait le pot à côté de mon lit afin que je ne mouille pas mes draps.

Maman me mettait le pot à côté de mon lit de peur que je (ne*) mouille mes draps.

Maman me mettait le pot à côté de mon lit de crainte que je (ne*) mouille mes draps.

(ne* est explétif, on peut ne pas le mettre)

 

Voir les articles :

Pour que , Afin que

De crainte que, De peur que

Remarque : On emploie le subjonctif après ces locutions conjonctives de but.

Voir aussi :

NE explétif - Quand peut-on l'employer ?

>> Conjonctions de subordination et locutions conjonctives classées : cause conséquence but temps condition comparaison concession exception proportion manière conformité supposition addition alternative

 

***

 

Le petit texte que j'ai osé commettre ci-dessus me fait irrésistiblement penser à un chapitre du roman Poil de Carotte de Jules Renart.

Le voici :

 

 

LE POT

I

Comme il lui est arrivé déjà plus d’un malheur au lit, Poil de Carotte a bien soin de prendre ses précautions chaque soir. En été, c’est facile. À 9 heures, quand madame Lepic l’envoie se coucher, Poil de Carotte fait volontiers un tour dehors ; et il passe une nuit tranquille.

L’hiver, la promenade devient une corvée. Il a beau prendre, dès que la nuit tombe et qu’il ferme les poules, une première précaution, il ne peut espérer qu’elle suffira jusqu’au lendemain matin. On dîne, on veille, 9 heures sonnent, il y a longtemps que c’est la nuit, et la nuit va durer encore une éternité. Il faut que Poil de Carotte prenne une deuxième précaution.

Et ce soir, comme tous les soirs, il s’interroge.

Ai-je envie ? se dit-il ; n’ai-je pas envie ?

D’ordinaire il se répond « oui », soit que, sincèrement, il ne puisse reculer, soit que la lune l’encourage par son éclat. Quelquefois M. Lepic et grand frère Félix lui donnent l’exemple. D’ailleurs la nécessité ne l’oblige pas toujours à s’éloigner de la maison, jusqu’au fossé de la rue, presque en pleine campagne. Le plus souvent il s’arrête au bas de l’escalier ; c’est selon.

Mais, ce soir, la pluie crible les carreaux, le vent a éteint les étoiles et les noyers ragent dans les prés.

Ça se trouve bien, conclut Poil de Carotte, après avoir délibéré sans hâte, je n’ai pas envie.

Il dit bonsoir à tout le monde, allume une bougie, et gagne au fond du corridor, à droite, sa chambre nue et solitaire. Il se déshabille, se couche et attend la visite de madame Lepic. Elle le borde serré, d’un unique renfoncement, et souffle la bougie. Elle lui laisse la bougie et ne lui laisse point d’allumettes. Et elle l’enferme à clef parce qu’il est peureux. Poil de Carotte goûte d’abord le plaisir d’être seul. Il se plaît à songer dans les ténèbres. Il repasse sa journée, se félicite de l’avoir fréquemment échappé belle, et compte, pour demain, sur une chance égale. Il se flatte que, deux jours de suite, madame Lepic ne fera pas attention à lui, et il essaie de s’endormir avec ce rêve.

À peine a-t-il fermé les yeux qu’il éprouve un malaise connu.

C’était inévitable, se dit Poil de Carotte.

Un autre se lèverait. Mais Poil de Carotte sait qu’il n’y a pas de pot sous le lit. Quoique madame Lepic puisse jurer le contraire, elle oublie toujours d’en mettre un. D’ailleurs, à quoi bon ce pot, puisque Poil de Carotte prend ses précautions ?

Et Poil de Carotte raisonne, au lieu de se lever.

Tôt ou tard, il faudra que je cède, se dit-il. Or, plus je résiste, plus j’accumule. Mais si je fais pipi tout de suite, je ferai peu, et mes draps auront le temps de sécher à la chaleur de mon corps. Je suis sûr, par expérience, que maman n’y verra goutte.

Poil de Carotte se soulage, referme ses yeux en toute sécurité et commence un bon somme.

II

Brusquement il s’éveille et écoute son ventre.

Oh ! oh ! dit-il, ça se gâte !

Tout à l’heure il se croyait quitte. C’était trop de veine. Il a péché par paresse hier soir. Sa vraie punition approche.

Il s’assied sur son lit et tâche de réfléchir. La porte est fermée à clef. La fenêtre a des barreaux. Impossible de sortir.

Pourtant il se lève et va tâter la porte et les barreaux de la fenêtre. Il rampe par terre et ses mains rament sous le lit à la recherche d’un pot qu’il sait absent.

Il se couche et se lève encore. Il aime mieux remuer, marcher, trépigner que dormir et ses deux poings refoulent son ventre qui se dilate.

Maman ! maman ! dit-il d’une voix molle, avec la crainte d’être entendu, car si madame Lepic surgissait, Poil de Carotte, guéri net, aurait l’air de se moquer d’elle. Il ne veut que pouvoir dire demain, sans mentir, qu’il appelait.

Et comment crierait-il ? Toutes ses forces s’usent à retarder le désastre.

Bientôt une douleur suprême met Poil de Carotte en danse. Il se cogne au mur et rebondit. Il se cogne au fer du lit. Il se cogne à la chaise, il se cogne à la cheminée, dont il lève violemment le tablier et il s’abat entre les chenets, tordu, vaincu, heureux d’un bonheur absolu.

Le noir de la chambre s’épaissit.

III

Poil de Carotte ne s’est endormi qu’au petit jour, et il fait la grasse matinée, quand madame Lepic pousse la porte et grimace, comme si elle reniflait de travers.

Quelle drôle d’odeur ! dit-elle.

Bonjour, maman, dit Poil de Carotte.

Madame Lepic arrache les draps, flaire les coins de la chambre et n’est pas longue à trouver.

J’étais malade et il n’y avait pas de pot, se dépêche de dire Poil de Carotte, qui juge que c’est là son meilleur moyen de défense.

Menteur ! menteur ! dit madame Lepic.

Elle se sauve, rentre avec un pot qu’elle cache et qu’elle glisse prestement sous le lit, flanque Poil de Carotte debout, ameute la famille et s’écrie :

Qu’est-ce que j’ai donc fait au ciel pour avoir un enfant pareil ?

Et tantôt elle apporte des torchons, un seau d’eau, elle inonde la cheminée comme si elle éteignait le feu, elle secoue la literie et elle demande de l’air ! de l’air ! affairée et plaintive.

Et tantôt elle gesticule au nez de Poil de Carotte :

Misérable ! tu perds donc le sens ! Te voilà donc dénaturé ! Tu vis donc comme les bêtes ! On donnerait un pot à une bête, qu’elle saurait s’en servir. Et toi, tu imagines de te vautrer dans les cheminées. Dieu m’est témoin que tu me rends imbécile, et que je mourrai folle, folle, folle !

Poil de Carotte, en chemise et pieds nus, regarde le pot. Cette nuit il n’y avait pas de pot, et maintenant il y a un pot, là, au pied du lit. Ce pot vide et blanc l’aveugle, et s’il s’obstinait encore à ne rien voir, il aurait du toupet.

Et, comme sa famille désolée, les voisins goguenards qui défilent, le facteur qui vient d’arriver, le tarabustent et le pressent de questions :

Parole d’honneur ! répond enfin Poil de Carotte, les yeux sur le pot, moi je ne sais plus. Arrangez-vous.

 

Pour lire Poil de Carotte en entier, reportez-vous à Wikisource :

> Poil de Carotte/Texte entier - Wikisource

https://fr.wikisource.org/wiki/Poil_de_Carotte/01

 

> Retour au début du texte

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags) 

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 14:57

  ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

QUIZ 118

Retrouvez la bonne définition des 10 mots

parmi celles données ci-dessous

 

1

Résipiscence

2

Yponomeute

3

Alexithymie

4

Catabase

5

Pogonologie

6

Tartempion

7

Camouflet

8

Chattemite

9

Cautèle

10

Rabouillère

 

Définitions en vrac :

-Insecte lépidoptère nocturne dont la chenille, s'attaquant aux arbres fruitiers, tisse des toiles denses pour en dévorer les feuilles.

-Science de la barbe. Manière de la tailler, signification socioculturelle.

-Bidule, chose, Duchmol, machin, machin-chose, machine, madame Michu, monsieur Tout-le-monde, "Pierre, Paul, Jacques", trucmuche...

-Vexation humiliante, affront.

-Reconnaissance de sa faute avec volonté de s'amender.

-Hypocrite qui affecte, pour tromper, un air doux, humble et flatteur

-Terrier du lapin de garenne.

-Descente d'un vivant aux Enfers.

-Difficulté à identifier et à exprimer ses émotions, ou parfois celles d'autrui. Troubles du spectre autistique et symptômes psychosomatiques.

-Précaution mêlée de défiance et de ruse.

 

Les mots et leurs définitions

 

1

Résipiscence

\ʁe.si.pi.sɑ̃s\

ou \ʁe.zi.pi.sɑ̃s\

Venir à résipicence : regretter une faute en promettant de se corriger

2

Yponomeute

Insecte lépidoptère nocturne dont la chenille, s'attaquant aux arbres fruitiers, tisse des toiles denses pour en dévorer les feuilles

3

Alexithymie

difficulté à identifier et à exprimer ses émotions, ou parfois celles d'autrui. Troubles du spectre autistique et symptômes psychosomatiques

4

Catabase

 

Descente d'un vivant aux Enfers. Mythologie grecque

Orphée,Héraklès, Enée, Ulysse.

Contraire : anabase, montée de l'esprit

5

Pogonologie

Science de la barbe. Manière de la tailler, signification socioculturelle.

6

Tartempion

Duchmol, Machin, etc.

7

Camouflet

Vexation humiliante, affront.

8

Chattemite

Hypocrite qui affecte, pour tromper, un air doux, humble et flatteur

Faire la chattemite

9

Cautèle

Précaution mêlée de défiance et de ruse

10

Rabouillère

Terrier du lapin de garenne.

 

D'autres mots

QUIZ 27 Trouver le mot qu'il faut - Paronymes et paronomase

 

QUIZ 111 (1) acquis/acquit-acception/acceptation-immanent/imminent/éminent-satyre/satire-prolixe/prolifique

QUIZ 111 (2) vénéneux/venimeux-colorier/colorer/coloriser-emporter/apporter/emmener/amener-conjoncture/conjecture-somptueux/somptuaire

QUIZ 111 (3) munificence/magnificence-capiteux/captieux-affiler/affilier-luxurieux/luxuriant-argumentateur/argumentaire

QUIZ 111 (4) donateur/donataire-notable/notoire-septique/sceptique-prolongement/prolongation- déduction/induction

 

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

 

Je rends hommage à Monsieur Alain Horvilleur dont le blog est un trésor.

Le Garde-mots de A à Z  A-B  C-D  E-K  L-P  Q-Z  

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 16:51

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

La descente fut rude - longue, longue, longue*.

Si interminable qu'elle parût, je ne doutais pas qu'elle s'achèverait.

Elle s'acheva.

Je me retrouvai au fond, tout au fond d'une cheminée ; c'est pour le moins la sensation que j'éprouvais. Et je n'étais pas seule, loin s'en faut* que dis-je, loin de là. Dans la cavité qui s'élargissait, un peuple souterrain grouillait, celui-là même dont Utopinambourg avait voulu se débarrasser, dont il s'était débarrassé définitivement, en tout cas le croyait-il, sans crainte de voir revenir ces parias précipités sans merci dans les oubliettes. Mais voilà, ils ne s'y étaient pas abîmés une fois pour toutes. Ils étaient là, bien vivants, blessés, mutilés, meurtris, crapoteux, mais déterminés à passer dans un monde qu'ils espéraient meilleur, un monde qu'ils étaient près d'atteindre, de découvrir, enfin.

Mon sauveur me prit par la main et m'accompagna dans un coin où l'on pouvait se rafraîchir. Je le remerciai et il me sourit. Une source claire jaillissait de la paroi rocheuse et prodiguait ses bienfaits. Nous recueillîmes l'eau bienfaisante dans nos mains jointes en coupes et nous la bûmes, lentement, avec délices.

J'étais dans un état de malpropreté à nulle autre pareille. J'aurais voulu au plus tôt me désaffubler, me débarrasser de l'accoutrement qui me mettait au supplice, mais la situation ne s'y prêtait guère. Non que j'eusse, à ce moment-là, l'envie de coqueter pour plaire à mon nouvel ami, mais j'imaginais avec horreur l'image qu'il avait de moi. Je m'étais appliquée à ressembler à une gueuse et j'y avais réussi. Comment m'y prendrais-je pour l'ôter d'un doute sans trahir le rôle que j'avais joué dans cette affaire ?

Carloman, c'était son nom, était aux petits soins pour moi. Comme il m'avait sauvée d'une mort certaine, il se sentait redevable. Il était rien de moins que reconnaissant de m'avoir tiré d'un mauvais pas. Vous me direz que j'inverse ici les rôles et que c'était moi qui étais son obligée. Que nenni ! Ne lui avais-je pas permis d'être plus heureux qu'il ne l'était ? Pour rien au monde il n'eût voulu se faire gloire d'être mon bienfaiteur.

La gorge nouée, il grasseya : "Que ne vous ai-je rencontrée plus tôt !" Il me laissa deviner la suite, me donna un baiser du bout des lèvres et fut, sur-le-champ, absous de son audace.

.................................................................................

*La descente fut rude - longue, longue, longue*.

Phrase inspirée par Charles Cros.

Voir son poème à la fin de l'article : Le Hareng saur

 

Notes

Si interminable qu'elle parût, je ne doutai pas qu'elle s'achèverait.

Voir > Si... que §2° expression de la concession

 

*Je n'étais pas seule, tant s'en faut / loin de là

> Loin s'en faut

C'est une faute que d'écrire l'expression Loin s'en faut ; elle vient de la confusion entre les expressions Loin de là et Tant s'en faut.

 

ces parias précipités sans merci dans les oubliettes

sans merci, sans pitié.

 

ils ne s'y étaient pas abîmés une fois pour toutes

ils n'étaient pas tombés dans un abîme, dans un gouffre

 

Ils étaient là, bien vivants, blessés, mutilés, meurtris, crapoteux

crapoteux – Larousse donne crasseux, sordide.

Crapoteux n'est pas admis dans le Trésor ni dans L'Académie

 

un monde qu'ils étaient près d'atteindre

qu'ils étaient sur le point d'atteindre

> près de, prêt à

 

J'étais dans un état de malpropreté à nulle autre pareille

à nulle autre pareil(le), littéraire.

sans pareil(le), sans égal(e), incomparable.

 

J'aurais voulu au plus tôt me désaffubler

ou me défubler, ôter mon affublement, enlever mon accoutrement.

 

Non que j'eusse, à ce moment-là, l'envie de coqueter pour plaire à mon nouvel ami, mais...

Non que introduit la négation d'une cause > Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que

coqueter, faire la coquette.je coquette, elle coquettera...

 

Il était rien de moins que reconnaissant

= Il était reconnaissant

Voir > Mosaïque de quelques curiosités de la Langue Française

 §9  rien moins que – rien de moins que

 

Pour rien au monde il n'eût voulu se faire gloire d'être mon bienfaiteur.

eût voulu, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé.

Pour rien au monde il n'aurait voulu se vanter/se fait fort d'être mon bienfaiteur.

 

La gorge nouée, il grasseya : "Que ne vous ai-je rencontrée plus tôt !"

Grasseyer Littré - Prononcer les r d'une manière vicieuse. Ceux qui grasseyent ou parlent gras ont de la peine à prononcer la lettre r, et ils lui substituent souvent la lettre l.

Je grasseye, tu grasseyais, ils grasseyeront...

Que ne vous ai-je... : Pourquoi ne vous ai-je pas rencontrée plus tôt ?

 

[il] fut sur le champ absous de son audace.

Le participe passé du verbe absoudre : absous, absoute.

La Nouvelle Orthographe (réforme de 1990) recommande : Il est absout

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

<< 183 Délires tout empreints d'angoisse

>> 185 Délires d'un badin qui semble avoir perdu le sens des réalités

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

  Charles Cros
(1842-1888)

Le hareng saur
 

Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.
 
Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.
 
Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur nu - nu, nu, nu.
 
Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.
 
Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.
 
Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.
 
J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,

Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,

Et amuser les enfants - petits, petits, petits.

 

> FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Articles classés par catégories (tags)

Tous les articles du blog

   

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article
23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 17:20

 ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

 

"Ce soir, je préfèrerais rester chez nous plutôt que d'aller au restaurant.

—Moi aussi, j'aimerais mieux rester ici que de sortir.

Ensuite, je préfèrerais un bon livre à un film."

 

La faute la plus courante est d'employer que au lieu de à devant un substantif :

Exemple : Je préfèrerais un livre qu'un film.

 

Préférer suivi d'un substantif :

On préfère quelqu'un à quelqu'un.

Je préfère ma voisine à mon voisin. Oui, je la préfère à M. Dupond qui ne me salue jamais, lui.

 

On préfère quelque chose à quelque chose.

Je préfère le café au thé, il va sans dire. On s'intoxique avec le thé bon marché parce qu'il contient trop de fluor.

 

Préférer suivi d'un infinitif :

Préférer + infinitif

Préférez-vous vous distraire avec moi ou vous ennuyer avec elle ?

 

Préférer de + infinitif ¨(tournure vieillie)

Vous préférez de vous ennuyer avec moi.

 

Préférer + infinitif ... plutôt que

Je préfère garder les enfants plutôt qu'aller me promener avec toi.

 

Préférer + infinitif ... plutôt que de + inf

Elle préfère danser avec moi plutôt que de rester assise à m'écouter.

 

Préférer + infinitif ... que + inf

Je préfère t'écouter que te regarder avec ta verrue sur le nez.*

 

Préférer + infinitif ... que de + inf

Franchement je préfère rester chez moi que de faire le ménage chez toi.*

 

*Grevisse signale que la constuction sans plutôt est condamnée par les puristes.

 

Aimer mieux

Aimer mieux ... que

Comme compagnie, j'aimerais mieux mon voisin que ma voisine.

J'aimerais mieux passer pour un étourdi que pour un imbécile, si tu veux savoir.

 

Aimer mieux... que de + infinitif

Elle aimerait mieux danser avec toi que de rester assise à t'écouter.

J'aime mieux ne rien faire que de tricoter.

Tu aimerais mieux garder les enfants que d'aller te promener avec moi !

 

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 17:28

 ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

 

On rencontre souvent une faute d'orthographe avec un verbe conjugué à la première personne du singulier JE.

On écrit la terminaison -RAIS au lieu de -RAI.

Cette confusion vient du fait que la prononciation est la même, dans la langue courante, pour le futur Je partirai et le conditionnel Je partirais.

 

Il n'y a pas de confusion avec les autres personnes : tu, il/elle, nous, vous, ils/elles.

Tu partiras, tu partirais, il partira, il partirait, etc.

 

Une astuce pour mettre en évidence le temps et le mode :

changer la personne (le pronom personnel)

INDICATIF : FUTUR SIMPLE

INDICATIF : FUTUR SIMPLE

Demain, je partirai pour ne plus revenir.

Je partirai quand je voudrai.

Je partirai si tu me le demandes.

Demain, tu partiras pour ne plus revenir.

Tu partiras quand tu voudras.

Tu partiras si je te le demande.

 

CONDITIONNEL PRESENT

CONDITIONNEL PRESENT

Je partirais si tu me le demandais.

Je partirais si je voulais.

Je partirais si c'était possible.

Tu partirais si je te le demandais.

Tu partirais si tu voulais.

Tu partirais si c'était possible.

 

Conjugaison à toutes les personnes

INDICATIF : FUTUR SIMPLE

CONDITIONNEL PRESENT

Je partirai

Tu partiras

il partira

Nous partirons

Vous partirez

Ils partiront

Je partirais

Tu partirais

il partirait

Nous partirions

Vous partiriez

Ils partiraient

 

Je lui dis : "Je partirai demain."

Au discours indirect, on a la concordance des temps.

Je lui dis que je partirai demain.

Je lui ai dit que je partirais demain. (ou le lendemain)

La proposition principale : Je lui ai dit est au passé composé (un temps passé)

la proposition subordonnée indirecte : que je partirais demain est au conditionnel présent.

Le temps de la subordonnée dépend du temps employé dans la principale.

Tu me dis que tu partiras demain.

Tu m'as dit que tu partirais demain. (ou le lendemain)

 

Pour en savoir + lire les articles :

>> Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? + Exercice d'application*

Le futur du passé et le futur hypothétique

 

>> La concordance des temps dans les propositions subordonnées (2e partie : le discours direct et le discours indirect)

et aussi

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

 

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

Repost 1
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
commenter cet article
7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 17:46

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Les diverses catégories (ou tags)

 

FULGURANCE

 

Dès que mes yeux se posèrent sur la photo accrochée au mur de la salle d'attente, je fus frappée d'une émotion intense. Un couple s'y étreignait avec violence.

Le jeune homme avait enfoui la tête dans le creux de l'épaule de sa bien-aimée. Elle, rejetant la tête en arrière, se cambrait sous le poids de l'embrassement. Il la serrait passionnément contre lui, la pressait de toutes ses forces.

Derrière eux, tout près encore, un train s'en allait, crachant sa fumée blanche, un halo qui emprisonnait les deux amants.

Le plan italien, qui ne permettait pas de voir le bas des corps, laissait deviner, dans la perspective, qu'ils étaient au milieu de la voie. Qu'importait le danger ? Qu'un autre train fût arrivé, il les eût fauchés dans l'extase. En y prenant garde, ils auraient pu lire deux pancartes dressées à gauche : Beware of trains, Please do not cross the line here. La répétition de l'avertissement laissait supposer le danger extrême.

Ils restaient là, immobiles, l'un à l'autre.

 

Elle portait une coiffure haute avec un chignon sur la nuque retenu par des peignes invisibles. Comme elle était fraîche et délicate dans sa petite robe sombre à pois blancs ! Lui, semblait vêtu d'un par-dessus ordinaire et froissé. Ses cheveux frisés, en bataille, ajoutaient à sa fougue.

S'étaient-ils séparés longtemps ? On pouvait le croire, à voir l'élan qui les unissait. La guerre peut-être. La guerre sûrement. J'en imaginais l'époque sombre.

*

Qui a jamais vécu un tel instant de retrouvailles connaît les sensations ardentes qui submergent le corps, les transports qui subliment l'âme ! Retrouver l'être aimé après l'absence ! L'exaltation fait exploser le coeur et inonde la tête de petits corps subtils et délicieux. On est autre, on est ailleurs, dans un paradis qu'on croyait jusqu'alors perdu. Et le partage de l'amour le décuple. Sentiment à jamais gravé au fond de soi et qu'on recherchera toujours. Aucun érotisme ne l'égale.

*

Le noir et le blanc expressionniste, la lumière qui baigne le couple, soulignent l'histoire tragique des deux jeunes gens en cet instant rare où se mêlent à leur paroxysme la souffrance et la joie.

*

Je plongeai tout éveillée et à corps perdu dans l'univers onirique qui me rappelait un souvenir très ancien, et intact.

*

Tout autour de moi, les gens allaient et venaient, s'asseyaient et se levaient à l'appel de leur nom. Je les regardais les uns après les autres avec l'envie furieuse de leur montrer du doigt la photo. Aucun d'eux n'y jeta un regard. Aucun d'eux ne sembla l'apercevoir. Elle était grande pourtant et j'étais la seule à la voir. Je me retins de rien dire. Que se serait-il donc passé si je leur avais fait part de mon admiration ? Ils m'auraient cru folle. Trop originale pour le moins. Je résolus de rester raisonnable — et muette.

 

Ma cardiologue vint me chercher pour la consultation. Tout excitée encore par l'émotion, je ne pus que dire : « Vous avez une bien belle photo dans votre salle d'attente ! »

Étrange. Elle sembla ne pas savoir de quoi je parlais et se contenta de me regarder, interloquée. Peut-être était-elle trop absorbée par le cas d'un patient qu'elle venait d'ausculter.

Elle était bien douce ma cardiologue, attentive, gentille presque. Je lui confiai mon coeur.

 

Note prise furtivement sur mon agenda :

le photographe est Jocelyn Bain Hogg.

La photo est éditée par Portfolio Gallery.

 

Quelques mois plus tard, alors que je retournais la voir pour un suivi médical, je ne trouvai plus la photo à sa place.

« Qu'est donc devenue la belle photo que vous aviez dans votre salle d'attente ? » demandai-je à mon médecin.

Oh ? La photo ? Elle est tombée un jour et le cadre a volé en éclats. On l'a jetée. »

Que n'avais-je été là le jour où c'est arrivé ; je l'aurais bien récupérée - même un peu froissée !

Mars 2005

 

J'ai cherché en vain la photo sur internet mais je ne l'ai pas trouvée.

N'y a-t-il pas d'archives sur l'Oeil de la photographie

qui se veut le Wikipédia de la photo ?

L'Oeil de la Photographie

> http://www.loeildelaphotographie.com/fr/quest-ce-que-loeil-de-la-photograph

 

Les différents plans

Lire sur > Cours Photographie : Le Cadrage et les Plans - Valbou Photogra

  • Le Plan Général : est un plan très large de prise de vue d'un contexte permettant d'y intégrer un maximum de données sur le décor, l'ambiance etc...

  • Le Plan Pied : est un plan relativement large où le sujet est visible des pieds à la tête.

  • Le Plan Italien : montre le sujet des genoux à la tête

  • Le Plan Américain : prend le sujet de mi-cuisse à la tête

  • Le Plan Taille : comme son nom l'indique, il permet de faire apparaitre le sujet de la tête à la taille. Ce cadrage permet de mettre le sujet à une distance qui correspond à l'écart entre deux personnes qui discutent. Il met en avant le dialogue et atténuant la place du décor.

  • Le Plan Poitrine : Il est également utilisé pour mettre en avant les conversations. Il est cependant plus intime et donnera plus de poids à ce qu'exprime l'individu. Ce plan est très utilisé par les journalistes. Il intègre la tête et la poitrine.

  • Le Gros Plan : est un plan très intime puisqu'il ne prend que la tête et une partie du cou. Il mettra avantageusement une expression en valeur.

  • Le Très Gros Plan : est un cadrage très particulier, il met l'accent sur un détail d'un visage ou d'un objet. Il permet de plonger le spectateur dans un élément qui pourrait passer inaperçu sur un plan moins serré.

 

> Retour au début de l'article

 

CONTES, NOUVELLES, POÉSIES & RÉCITS DE MAMIEHIOU

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans contes-nouvelles-poèmes
commenter cet article
1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 17:33

 FLORILÈGE

ACCUEIL & SOMMAIRE

Les diverses catégories (ou tags)

Tous les articles du blog

 

J'ai un souvenir ému lorsque je pense à mon professeur de philosophie qui m'a enseigné en classe terminale au Lycée Simone Weil* de Saint-Étienne. Comme j'ai eu la curiosité de parcourir les sites qui ont mentionné son nom, j'ai trouvé quelques jalons qui ont émaillé sa vie, ses oeuvres sur sa discipline de prédilection, ses livres sur Bergson, son amour pour l'art, la transcription de ses conférences.

J'ai été son élève pendant l'année scolaire 1961-62. Il était alors tout jeune professeur, et je me souviens l'enthousiasme qu'exaltaient en moi ses cours passionnants.

Je rentrais chez moi, la tête en feu, électrisée par les notions nouvelles qu'il nous prodiguait dans notre classe de Philo 2. Et je racontais, à ma mère, elle qui n'avait jamais suivi de cours de philosophie, et qui savait si bien m'écouter avec indulgence, tout ce que j'avais retenu du cours, lequel venait de s'achever.

Mes camarades et moi buvions les paroles de notre professeur avec ravissement et il était aussi à notre écoute. Non, je ne craignais pas, pendant le cours, de lui poser des questions pour éclaircir ou approfondir quelques notions qui m'échappaient, et il me répondait avec bienveillance.

Il n'est que de lire sa conférence du 1er décembre 1998 pour mesurer combien il concevait sa mission de professeur de philosophie.

Il y répond à sa question : "Quel sens donner à cette mission qu'à l'instar de Socrate nous avons choisi de remplir ?"

 

> L'enseignement philosophique au lycée, grandeur et humilité

 

J'ai conservé précieusement les cahiers sur lesquels j'ai transcrit les cours de philosophie dispensés par mon professeur, sept cahiers de 96 pages de dimensions 17cm/22cm, chacun d'eux étant consacré à une partie bien précise de la philosophie.

C'est dans le premier cours que nous apprenons que le cours de philosophie ne traite pas seulement de la métaphysique mais concerne aussi d'autres domaines comme la logique, la psychologie, la morale.

Je recopie ici ce premier cours.

 

Ainsi parla Monsieur Bardy :

 

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Qu'est-ce que la philosophie ?

Plan

Introduction

Le double objet de la Philosophie

I Ambition et décadence de la philosophie

a-La philosophie comme science universelle

b-La métaphysique classique

c-L'attitude critique

d-La philosophie positive

II La philosophie devant le monde actuel

a-Le discrédit de la philosophie

b-La revanche de la philosophie

III Les problèmes philosophiques

Lecture : René Descartes Discours de la méthode

...............

Nous ne savons pas exactement ce qu'est la philosophie. Essayons de nous demander le sens de ce mot.

Étymologie - grec ancien : philo-sophos

philein : aimer

sophos : ce qui est sage

le philosophe est l'ami de la sagesse.

De nos jours, la sagesse désigne une certaine attitude morale, un art de vivre (prudence, sens moral, réflexion). Il faut agir conformément à certaines règles morales.

L'idée de sagesse concerne en général l'action.

Idée de vertu

C'est la vertu qui surmonte l'emportement de juger. Alain

Ne pas se laisser aller à ses premières impulsions.

Vigilance de l'esprit

Celui qui n'est pas sage s'empresse de croire que son ennemi s'est déhonoré.

La sagesse est une précaution toujours éveillée contre tous les genres de précipitation et de prévention. Alain

Définition de la vertu

C'est la puissance de vouloir agir contre ce qui plaît et ce qui déplaît, C'est une puissance acquise contre tous les genres de convulsions, d'emportements, d'ivresse et d'horreurs. Alain

La vertu, tout comme la sagesse, implique un effort envers un jugement trop précipité, trop hâtif.

Chez les Anciens, le terme sagesse avait aussi une autre signification.

Sophia désignait non seulement un art de vivre, mais aussi une connaissance scientifique.

Sophia { vertu & savoir

Chez Descartes, on retrouve ces deux sens pour le mot sagesse.

DESCARTES 1596-1650

1628 Regulae ad directionem ingenii

1637 Discours de la méthode

1641 Méditations métaphysiques

1649 traité des passions

 

Cf. Préface des Principes de la Philosophie

J'aurais voulu premièrement y expliquer ce que c'est que la philosophie, en commençant par les choses les plus vulgaires, comme sont que ce mot de philosophie signifie l'étude de la sagesse, et que par la sagesse on n’entend pas seulement la prudence dans les affaires, mais une parfaite connaissance de toutes les choses que l'homme peut savoir tant pour la conduite de sa vie que pour la conservation de sa santé et l’invention de tous les arts [...] Descartes

 

La philosophie est amour du Bien et du Vrai. La philosophie veut à la fois nous enseigner à vivre, c'est-à-dire à nous conduire et à nous apprendre à penser.

Elle a un double objet : la Connaissance et l'Action.

Un double problème :

Que dois-je faire ?

Que puis-je savoir ?

Y a-t-il des limites à la connaissance humaine ? Quelle est sa valeur ?

La philosophie doit nous fournir une morale et une vision vraie du monde.

 

1 Ambition et décadence de la philosophie

a-La philosophie comprise comme science universelle

À l'origine sapientia universalis, elle a prétendu assimiler toutes les sciences, toutes les connaissances humaines.

La philosophie est née en Grèce au VIe siècle avant J.C. avec

Thalès, grand astronome,

Platon, grand mathématicien,

Eudoxe de Cnide, astronome, géomètre, médecin et philosophe,

(le Timée, dialogue de Platon qui n'aborde que des considérations astronomiques et biologiques)

Aristote qui fonde le Lycée ; il touche à tous les domaines, c'est un véritable génie encyclopédique.

 

Au XVIIe siècle, on retrouve cette idée chez les philosophes anglais : Philosophie naturelle.

Chez Descartes de même, on retrouve cette idée de science universelle.

Comparaison avec un arbre :

Ainsi toute la philosophie est comme un arbre dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences, qui se réduisent à trois principales : à savoir la médecine, la mécanique et la morale ; j'entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui présupposant une entière connaissance des autres sciences, est le dernier degré de la sagesse.

DESCARTES Principes de la Philosophie, lettre-préface

 

Pourquoi la philosophie a-t-elle été comprise comme science universelle ?

-À l'origine, les sciences étaient peu développées. Un même esprit pouvait prétendre tout connaître.

-On a cru que toutes les sciences étaient liées et pouvaient être assimilées par un même esprit.

La philosophie comme science universelle s'est peu à peu désagrégée.

Les sciences se sont les unes après les autres libérées de la philosophie.

 

L'évolution des sciences

Les mathématiques avec Euclide vers 300 avant J.C.

-la géométrie se détache de la philosophie avec les postulats d'Euclide,

-puis l'algèbre avec les Arabes.

-la mécanique avec Galilée

-la géométrie analytique avec Descartes

-le calcul différenciel avec Leibnitz et Newton

-la théorie des ensembles avec Cantor

La physique vers la Renaissance

1543 Système de Copernic : il marque la fin de la période où les hommes se considéraient comme au centre de l'univers (Ptolémée)

Galilée – Kepler – Descartes

Les sciences biologiques au milieu du XIXe siècle

Introduction à la médecine expérimentale par Claude Bernard

Les sciences humaines au début du XXe siècle

Psychologie, histoire, sociologie, etc.

Les sciences se sont dispersées et ont évolué.

À l'heure actuelle, les termes de métaphysique et de philosophie sont synonymes.

 

b-La métaphysique classique

Nous nous référons à la philosophie d'Aristote.

Étymologie - meta : après

origine du mot : traité écrit par Andronicas de Rhodes sur les ouvrages d'Aristote.

Définition donnée par Aristote : la philosophie première, c'est la science des premières causes et des premiers principes.

Trois groupes d'études :

-l'étude de l'être en tant qu'être

-l'étude de la cause première, c'est-à-dire Dieu

-l'étude des causes finales

 

-Qu'est-ce qui fait qu'un être est ce qu'il est ?

Recherche de l'essence même de l'être : ontologie.

-Pourquoi les êtres existent-ils ?

Voir Heidegger

Aristote : la cause matérielle

S'il n'y avait pas d'airain, il n'y aurait pas de statues. Il faut aussi que dans l'esprit du sculpteur, il existe l'idée de la statue qu'il va réaliser. C'est la cause formelle.

Il faut aussi l'intervention d'un agent qui sera la cause motrice.

L'explication d'Aristote consiste à remonter d'un phénomène à sa cause, puis de cette cause à la cause de cette cause. La cause au-delà de laquelle on ne peut pas remonter sera la cause première ou Dieu.

-La cause finale

Aristote se préoccupe de la fin vers laquelle se dirigent les choses.

Quelle est la destinée de l'être ?

Là est la substance de la métaphysique du Moyen Âge.

 

c- L'attitude critique

C'est Descartes qui inaugure ce nouveau genre de philosophie.

Avant Descartes, le philosophe ne doute pas que sa raison puisse lui permettre de résoudre tous les problèmes.

Le philosophe se demande s'il peut apporter une réponse à tous les problèmes. Il procède alors à un examen de son intelligence. Il procède à une attitude critique.

Descartes met en doute toutes les choses qu'on lui a enseignées (Cf. Discours de la Méthode). Certaines choses qu'on lui avaient enseignées pour vraies étaient fausses.

Le doute pour Descartes est le seul moyen d'arriver à la vérité.

 

Le doute cartésien est méthodique, radical, universel.

-méthodique : destiné à permettre l'accès à la vérité.

-radical, tout ce qui est entaché d'erreur est considéré comme faux.

-universel, il concerne la totalité des sciences.

 

Discours de la méthode II

Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle ; c’est-à-dire, d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute.

Descartes recherche une vérité indubitable. Au moment même où il doute, il se trouve en face de la première évidence : je ne puis pas douter de mon doute.

Je suis certain que je doute durant tout le temps que je doute. Or si je doute, je pense. Je pense, donc je suis.

Tel est le cogito cartésien. L'existence est la première vérité de Descartes.

 

L'attitude critique est l'attitude du philosophe qui revient sur sa propre connaissance pour la juger et pour jauger sa propre valeur.

 

L'attitude critique devient plus nette avec le philosophe Kant.

Kant 1724-1800

Kant remarque que les sciences ont beaucoup évolué mais que la métaphysique n'a pas progressé. Les métaphysiciens n'arrivent pas à s'entendre.

Préface de la 2e édition de la Critique de la Raison Pure de Kant

La métaphysique [...] En elle, il faut sans cesse rebrousser chemin, parce qu’on trouve que la route qu’on a suivie ne mène pas où l’on veut arriver. Quant à l’accord de ses partisans dans leurs assertions, elle en est tellement éloignée qu’elle semble être plutôt une arène tout particulièrement destinée à exercer les forces des lutteurs en des combats de parade et où jamais un champion n’a pu se rendre maître de la plus petite place et fonder sur sa victoire une possession durable.

[...]

Ainsi en allait-il du cours de mon Professeur de Philosophie.

Merci, Monsieur Bardy !


 

Hommage à Jean Bardy - Amoureux d'Art en Auvergne

La création et l'art; Chemins vers la création; Jean Bardy; préface de Paul Eychart

 

*Le Collège Moderne de Jeunes Filles qui se trouvait 24 rue Rouget de Lisle à Saint-Etienne est devenu le Lycée Simone Weil. Le lycée s'est installé à Saint-Priest en Jarez en 1981.

Aujourd'hui c'est le Collège Claude Fauriel qui se trouve rue Rouget de Lisle.

 

FLORILÈGE – La pensée des autres

ACCUEIL & SOMMAIRE

Les diverses catégories (ou tags)

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Florilège - la pensée des autres
commenter cet article
25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 17:25

FLORILÈGE - La pensée des autres

ACCUEIL & SOMMAIRE

Les diverses catégories (ou tags)

Tous les articles du blog

 

Gabriel Garcia Márquez 1927-2014

Je n'accepte pas de mourir. La seule chose qui compte vraiment, c'est la vie, c'est d'être vivant. Pour moi la mort est un piège, une trahison qui nous tombe dessus sans condition. Pour moi, c'est très grave que la vie se termine et presque à notre insu, hormis le moment venu. Je trouve ça injuste.

- Comment l'éviter ?

- En écrivant.

Extrait de l'interview de Gabriel Garcia Marquez – Écrire pour vivre, Arte Derrière les Portes

Vu le 17 avril 2016 sur Arte – 23 h 05

Gabriel García Márquez | ARTE à voir jusqu'au 17 mai 2016

 

Umberto Eco 1932-2016

La production du faux et la panaroïa dans l'histoire.

J'étais toujours obsédé par le plus important du faux, c'est-à dire celui qui a eu le résultat le plus tragique "Les Protocoles des Sages de Sion" qui, étant tombé dans les mains d'Hitler a produit ce qu'il a produit. "Les Protocoles" parle d'un complot universel, le complot universel des Juifs. Le Protocole a été démontré faux en 1921 par le Times, et depuis ça, on a continué à le prendre au sérieux. Je ne parle pas du monde arabe où on le vend dans tous les coins. Mais même là, je peux t'indiquer des libraires à Paris où tu peux le trouver. Un jeune homme ou une jeune femme qui trouve cela sur Internet ne sait pas si c'est vrai ou faux.

Je suis fasciné par le mensonge parce que je suis un sémioticien. Je m'occupe des et du langage.

La force du langage ce n'est pas de dire ce qu'il y a là, mais ce qu'il n'y a pas. Ce qui m'a toujours fasciné, ce n'est pas la méchanceté de ceux qui commettent des crimes, mais la stupidité de ceux qui les suivent.

Extrait de l'interview de Umberto Eco – 29 février 2016 – Arte, Derrière les Portes

> Interview UMBERTO ECO - DERRIÈRE LES PORTES

D'autres interviews :

Umberto Eco "Le Nom De La Rose" | Archive INA

Umberto Eco - « Vérités et Mensonges à l'heure digitale »

Dans l'univers d'Umberto Eco

Umberto Eco - « Vérités et Mensonges à l'heure digitale »

Umberto Eco ► L’écriture et le souci de la langue

Hommage à Umberto Eco La Grande Librairie

"le Pendule de Foucault", d'Umberto Eco (Alchimie d'un roman)

Umberto Eco in conversation with Paul Holdengräber

Umberto Eco: I Was Always Narrating

Umberto Eco

FLORILÈGE

ACCUEIL & SOMMAIRE

Les diverses catégories (ou tags)

Tous les articles du blog

Repost 0
Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Florilège - la pensée des autres
commenter cet article

Présentation

  • : LE BLOG DE MAMIEHIOU - La langue française telle qu'on l'aime  De la grammaire, des exercices divers, des dictées commentées, des histoires, des textes d'auteurs, des infos pratiques...
  • : Pour tous ceux qui aiment la langue française. Son histoire, sa grammaire et son orthographe. Des dictées commentées, des exercices ébouriffants, un florilège de textes d'auteurs, etc.
  • Contact

Mon Profil

  • mamiehiou.over-blog.com
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.

Mon blog

Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

Rechercher Un Mot Du Blog