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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 17:33

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      « Chère Oli, as-tu jamais blâmé semblable finitude ? Que l'homme, au cerveau minuscule, reconnais-le, puisse vouloir embrasser les mondes infinis, conjecturer comment ils fonctionnent, élaborant des stratégies, à tâtons, et claudiquant, deux pas en avant, un pas en arrière. Voilà qu'il effleure cette connaissance, tout ver de terre, toute petite chiure de mouche qu'il est, microbe perdu, atome insignifiant, électron si peu libre, quark à l'affût de la moindre étincelle, soumis au hasard et à la nécessité, imbu d'une importance prodiguée à une dose infinitésimale, et cependant, roseau pensant*, si avide de tout savoir, de tout croire, de tout imaginer, jusqu'à se faire conspuer, jalouser, haïr de ses semblables, jusqu'à se prendre pour Dieu, jusqu'à s'enflammer, puis s'éteindre enfin sur le bûcher.

 

      — Époustouflant, chère laie pensante, que tu saches si bien mesurer la prétention des hommes. Ton sort, bien que tu ne coures qu'à ras de terre, est bien plus enviable. Tu vis au jour le jour et je t'aime telle quelle. Tes facultés, même si l'on te regarde avec mépris, sont une construction magnifique d'instincts, et de surcroît, quoique d'une intelligence toute porcine, souvent plus clairvoyante que la nôtre à bien des égards. Tu nous édifierais si l'on prenait la peine d'analyser tes qualités nombreuses. Et bon nombre d'humains ne peuvent t'égaler. Il faut, pour m'émouvoir, que je voie tes petits, si abondamment nourris qu'ils en bavent, en dormant, le lait de tes mamelles. Rien ne vaut l'amour Sissi. Rien qui ne vaille l'amour ! » 

 

Quelle fut soudain cette langueur qui pénétra nos coeurs ?**

.........................................................................  

*Blaise Pascal 

L'HOMME n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.
Toute notre dignité consiste donc en la pensée…
Travaillons donc à bien penser… "
Pensées. 

>>BLAISE PASCAL - Pensées - Les deux infinis

  Voir aussi >> LE PARI DE PASCAL ET LE PARI D'ARNOBE

................................... 

**Inspiré de Paul Verlaine, rappelez-vous :

Il pleure dans mon coeur

Comme il pleut sur la ville ;

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits !

Pour un coeur qui s'ennuie,

Ô le chant de la pluie !

[...]

NOTES

à tâtons, à l'affût, bûcher...

Quelle fut soudain cette langueur...

notre, la nôtre

L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux... + Quiz 58

La nouvelle orthographe a fait disparaître beaucoup d'accents circonflexes, mais pas tous.

Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

Je t'aime telle quelle

je t'aime telle que tu es

Tel quel (variable), comme il est, sans arrangement. Telle quelle, telles quelles, tels quels.. 

 

As-tu jamais blâmé semblable finitude ?

L'adverbe JAMAIS

On rencontre le plus souvent JAMAIS accompagné de NE, quand il est négatif.

Sachez, monsieur, que je ne vous dirai jamais oui.

 

Mais il peut se construire sans NE, avec un sens positif. En un temps quelconque, un jour.

Avez-vous jamais vu la mer ? = Avez-vous déjà vu... ? Vous est-il arrivé de... ?

C'est la femme la plus sexy que j'aie jamais vue. (subjonctif après le superlatif)

C'est le blog le plus déjanté que vous ayez jamais eu sous les yeux.

Pour marquer une opposition. C'est ce soir où jamais. C'est le moment où jamais.

Pour répondre de façon négative. Jamais de la vie. Jamais de café (pour moi) !

Devant un adjectif épithète. C'est un enfant jamais satisfait. Tu es un garçon jamais content.

Quelques expressions

à jamais, à tout jamais = pour toujours.

Jamais le dimanche ! Film grec de Jules Dassin avec Mélina Mercouri, 1960.

Jamais sans ma fille. Not without my daughter. Roman autobiographique de Betty Mahmoody, 1987.

Jamais plus jamais. Never say never again. 1983.

Sean Connery aimait raconter que c'était son épouse française, Micheline, qui avait trouvé le titre du film. 

Pour en savoir + Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques... + Adverbes et locutions adverbiales de temps

 

et, de surcroît, souvent plus clairvoyante que la nôtre

De surcroît, par surcroît (du vieux verbe surcroître) de plus, en outre.

Les pronoms possessifs : La nôtre, les nôtres, le vôtre, les leurs, les miens, la tienne, les siens etc.

 

tu nous édifierais, si l'on prenait la peine d'analyser tes qualités nombreuses

VERBES EN IER OU IR ? Tu nous édifierais (du verbe édifier)

Le futur simple et le conditionnel présent des verbes du premier groupe conservent le ER du radical, ierai, ieras ierons, ierais, ierait etc. Ne pas confondre avec les verbes en ir

je copierai, tu te fieras, il se pliera, nous pépierions...

MAIS j'accomplirai, vous nous faiblirions, elles subiraient

Homophones :

je lirai, je lierai, tu reliras, tu relieras, elle pâlirait, elle pallierait... 

de lire et lier, pâlir et pallier...

 

bien que tu ne coures qu'à ras de terre

il faut que je voie tes petits

coures ou cours/vois ou voie) : Indicatif ? Subjonctif ?

COMMENT NE PAS CONFONDRE :

1-LE PRESENT DE L'INDICATIF avec LE PRESENT DU SUBJONCTIF des personnes du singulier et de la troisième du pluriel de certains verbes (ceux du Ier groupe et quelques-uns du 3ème)  je chante, tu cueilles, ils s'aiment tous.

indicatif présent - subjonctif présent

je crie - il faut que je crie

je cours -  que je coure

tu cueilles  - que tu cueilles

elle croit - qu'elle croie

il voit - qu'il voie

il meurt - qu'il meure

Ils s'aiment - qu'ils s'aiment

Phonétiquement, c'est la même chose pour elle croit et qu'elle croie, je cours et que je coure, il voit et qu'il voie , il meurt et qu'il meure.

Certains verbes (ceux du 2ème groupe et certains du 3ème) ne prêtent pas à confusion. Je compatis, il faut que je compatisse, je le dis, il faut que je le dise, je le résous, il faut que je le résolve...

COMMENT NE PAS CONFONDRE

2-L'IMPARFAIT DE L'INDICATIF avec LE PRESENT DU SUBJONCTIF des deux personnes du pluriel IONS, IEZ

Indicatif imparfait - subjoncti présent

Hier, nous parlions - Maintenant, il faut que nous parlions

         nous résolvions - que nous résolvions

         vous méditiez - que vous méditiez

         vous régniez- que vous régniez

         nous cueillions - que nous cueillions

         nous payions - que nous payions

         vous copiiez - que vous copiiez

         vous appréciiez - que vous appréciiez

         vous craigniez - que vous craigniez

 Il faut que vous vous méfiiez des verbes en ier, iller, yer, gnez et ne pas oublier le i du radical du verbe que l'on n'entend pas clairement puisqu'il se confond avec la syllabe qui le précède.

nous cueillions, vous appréciiez, vous vous ennuyiez, vous régniez, vous craigniez, etc.

 

Un truc pour trouvez si l'on a un subjonctif, c'est de remplacer le verbe qui pose problème, par le verbe faire. (= fasse...).

Ex : Il faut que vous cueilliez les fleurs de la vie, dès aujourd'hui.

> Il faut que vous le fassiez.

Mais il faut y penser ! Dans le texte ci-dessus

- bien que tu ne coures qu'au ras de terre (bien que tu fasses)

- Il faut que je voie tes petits. (il faut que je fasse)

 

SUBJONCTIF PRESENT – CONJUGAISON

Pour tous les verbes E-ES-E-IONS-IEZ-ENT

(il faut)  que je sache, que tu ries, qu'il finisse, que nous priions, que vous feigniez, qu'elles la ramènent.

DEUX EXCEPTIONS 

-AVOIR il faut que j'aie, que tu aies, qu'il ait, que nous ayons, que vous ayez, qu'ils aient

-ETRE il faut que je/tu sois, qu'il soit que nous soyons, que vous soyez, qu'ils soient

 

POUR LE SUBJONCTIF IMPARFAIT, penser à ^T à la 3ème pers. du singulier. Il fallait qu'il cueillît, qu'il échappât, qu'il mourût, qu'il devînt. Pour tous les verbes !

(il fallait) que je susse, que tu risses, qu'il finît, que nous priassions, que vous feignissiez, qu'elles ne la ramenassent plus !

Étonnant non !

 

Rappel : pour trouver le subjonctif imparfait, pensez au passé simple.

Il chanta, qu'il chantât / il devint, que nous devinssions/ Il vainquit, qu'elles vainquissent/ il cousit, que vous cousissiez, il put, que je pusse, il mit qu'elle mît, il partit, que tu partisses/ il rechigna, que tu rechignasses/ Il apprit, que tu apprisses, enfin.

Voir : La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

QUIZ 54 Ne pas confondre l'indicatif présent et le subjonctif présent 

QUIZ 55 Ne pas confondre l'indicatif imparfait et le subjonctif présent

 

<< 10 Délires intrinséquemment nocturnes - « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles »

>> 12 Délires confidentiels - Quand on n'a pas ce que l'on aime...

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 17:10

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La fraîcheur et les rumeurs fantasmagoriques de la nuit s'immiscèrent dans mes rêves et agirent conséquemment, et à mon insu. Je fus secouée de soubresauts hystériques dus à des cauchemars incontrôlés que, illico, ma compagne compatissante se mit en devoir d'anéantir. Une claque bien sentie s'abattit sur ma joue étonnée. L'onde de choc aussitôt parvint à mes centres nerveux tout proches, provoquant un extravagant fouillis dans mes logiciels et mes périphériques biologiques déconnectés.

« D'où te vient si soudain cette humeur assassine ? m'enquis-je, amère et courroucée, aussitôt après que ma conscience se fut éclaircie.

Il suffit ! Te voilà délivrée de tes monstres oniriques, ingrate. Ton jugement s'égare, je ne veux que ton bien, lâcha la laie. »

Je me blottis contre ses soies rugueuses, entre Sou et Ci, et me sentis rassérénée.

 

Ne pouvant retrouver derechef le sommeil, je levai les yeux vers la voûte constellée — « Cliché ! » railla Sissi. — et, plongeant notre regard dans les espaces vertigineux, nous commençâmes une conversation métaphysiquement astronomique sur l'univers chiffonné1, digne de Ptolémée et d'Aristote, de Kepler, de Copernic et de Galilée, de Newton et d'Einstein, et de bien d'autres bâtisseurs de mondes innombrables.

« Dithyrambe d'une astro-physicienne de base », ponctua Sissi.

« Que contemples-tu ? interrogeai-je.

Je regarde ce que je ne vois pas. 

Développe.

Les galaxies lointaines, soupira-t-elle, et les trous noirs... les trous noirs qui nous avaleraient dans l'indifférence d'un glouglou gigantesque.

Gloups, fis-je. »

 

Des étoiles tombait une obscure clarté2, et la lune impudente et joufflue nous lorgnait. 

............................................................

1-cf. Jean Pierre Luminet, L'univers chiffonné.- l'espace cosmique à topologie variable,

       

 2- Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
 Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles ;
 L'onde s'enfle dessous, et d'un commun effort
 Les Maures et la mer montent jusques au port.

 Corneille, Le Cid (1682), Acte IV, scène 3

 

NOTES

Titre : Délires intrinsèquement nocturnes

Intrinsèque, qui est intérieur à l'objet, qui appartient à son essence même. (contraire, extrinsèque)

 

que, illico, ma compagne compatissante se mit à anéantir

illico, familier, tout de suite, sur-le-champ.

On remarque que le texte est truffé de mots appartenant à des registres différents.

Voir : Champ lexical - Champ sémantique - Niveau de langue - Registre de langue - style soutenu, courant, familier, populaire, argotique, ou vulgaire - Archaïsmes

 

l'onde de choc [...] provoquant un extravagant fouillis

-GUANT ou -GANT, -QUANT ou -CANT ? 

Verbes au PARTICIPE PRESENT

provoquant, fatiguant

extravaguant (=déraisonnant, divaguant, délirant)

Le U (GU) du radical du verbe est conservé.

À ne pas confondre avec les ADJECTIFS QUALIFICATIFS

provocant(e-s-es) extravagant(e-s-es) fatigant(e-s-es).

Tu es provocante. Des travaux fatigants.

Le participe est souvent suivi d'un complément. Son air extravagant, provoquant mon émoi, me déplut.  

Voir l'article : Ne pas confondre participes présents, gérondifs et adjectifs verbaux, (en) fatiguant fatigant – (en) convainquant convaincant – (en) émergeant émergent – (en) résidant résident... et faire le quiz

 

m'enquis-je, amère et courroucée

S'enquérir de, faire des recherches sur quelque chose ou sur quelqu'un, s'informer, se renseigner, Il se conjugue comme acquérir, requérir, conquérir.

Voir note texte 5.

Indicatif Présent, je m'enquiers, nous nous enquérons, elles s'enquièrent / Imparfait, je m'enquérais / Passé simple, je m'enquis / Futur, je m'enquerrai / Passé composé, je me suis enquis (enquise)

Subjonctif Présent, que je m'enquière, Imparfait, que je m'enquisse, qu'il s'enquît.

Conditionnel Présent, je m'enquerrais.

Participe Présent, s'enquérant.

REMARQUE, le verbe QUERIR, défectif, ne s'emploie qu'à l'infinitif.

courroucé, en colère - le courroux, littéraire pour la colère

 

m'enquis-je [...] aussitôt après que ma conscience se fut éclaircie

se fut éclaircie, passé antérieur (indicatif) dans la proposition subordonnée de temps, avec un verbe au passé simple m'enquis-je dans la principale.

> AVANT QUE + LE SUBJONCTIF

> APRES QUE + L'INDICATIF (OU LE CONDITIONNEL qui est considéré comme un temps de l'indicatif)

Tu ne pleureras pas après que j'aurai tourné les talons. Futur antérieur.

Vous auriez donc pleuré après qu'il serait parti ? Conditionnel Passé.

Il faut bonne mémoire après qu'on a menti (Corneille). Passé composé.

PROBLEME

Il est de plus en plus fréquent d'entendre le subjonctif 

après APRES QUE, c'est TRÈS CRITIQUÉ  

J'ai pleuré après que tu m'aies raconté cette histoire. 

J'ai réfléchi à tout cela après qu'elle soit venue m'en parler.

Voir dans le Trésor le paragraphe B sur la locution après que > APRÈS

On préférera : 

J'ai pleuré après que tu avais raconté cette histoire.

Je pleurai après que tu eus raconté cette histoire. (style soutenu)

Le plus-que-parfait de l'indicatif et le passé antérieur indiquent une action passée (raconter une histoire) et antérieure à une autre action passée (pleurer). 

Tu as raconté, ensuite j'ai pleuré.

Mais voilà, dans la langue courante on emploie de plus en plus (à tort) le subjonctif en imitant la tournure avec la locution conjonctive AVANT QUE qui, elle, est bien suivie du subjonctif.

Je n'ai jamais réfléchi à tout cela  avant qu'elle ne fasse cet exposé. Subjonctif présent.

Je n'avais jamais réfléchi à tout cela avant qu'elle n'ait fait cet exposé. Subjonctif passé.

Je sais bien que je pleurerai après que tu m'auras raconté cette histoire.

Futur antérieur. Ici l'action est future et également passée par rapport à une autre action future.

Ah ! Tout cela n'est pas simple !

Pour en savoir plus sur le subjonctif lisez l'article qui tente d'en débusquer les moindres pièges : L'emploi du subjonctif. 

 

te voilà délivrée de tes monstres oniriques

onirique, du rêve

 

ne pouvant retrouver derechef le sommeil

derechef, une seconde fois, encore une fois.

 

je levai les yeux vers la voûte constellée

constellé, couvert de constellations, d'étoiles

un corsage constellé de perles.

NE PAS DIRE un ciel constellé d'étoiles,  

ce serait un PLÉONASME.              

Le mot constellé contient déjà le mot étoile

(stella, stellaire, constellation, etc.)    

 

d'autres bâtisseurs de mondes innombrables

Innombrable, 2N : préfixe in-, radical nombre.

 

Un dithyrambe, un éloge plein d'enthousiasme, qui frise parfois l'exagération. Un discours dithyrambique

 

Gloups ou glou, onomatopée qui imite le bruit de la déglutition.

Qu'est-ce qu'une interjection ? Qu'est-ce qu'une onomatopée ?

 

Des étoiles tombait une obscure clarté

une obscure clarté, sujet inversé de tombait.

 

L'OXYMORE ou OXYMORON,  figure de style, alliance de mots dont le rapprochement est inattendu, les termes étant des contraires.

Exemples :

"Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles ;"
Pierre Corneille

 

"Je la hais d'amour comme tout un chacun."

Robert Desnos

 

"Ma seule étoile est morte, — et mon luth constellé

Porte le soleil noir de la Mélancholie."

Gérard de Nerval

 

"Par ma foi, voilà un beau jeune vieillard pour quatre-vingt-dix ans ! ”

Molière

 

La lune impudente et joufflue nous lorgnait.

LA PERSONNIFICATION, figure de style qui nous décrit ici la lune comme un être animé.

 

<< 9 Délires amicalement compatibles - Faire contre mauvaise fortune bon coeur° - Le mot-valise

>> 11 Délires pascaliens - « L'homme n'est qu'un roseau... »

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 16:49

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Je dus m'agenouiller pour accéder à leur hauteur.

« J'ai l'air niaise », pensai-je.

J'exécrai cela. Je m'en tins à un seul bisou chacun, sur le front. Le groin m'eût débectée*.

« Et moi alors !  » s'écria la mère.

Et, sans attendre mon refus qu'intuitivement elle pressentit, elle se jeta amoureusement sur ma personne toute paralysée de confusion, et me bécota bruyamment. C'était sans compter ses deux quintaux que je reçus en pleine poitrine comme une bombe°. Nous roulâmes, comme enchaînées l'une à l'autre, jusqu'au bord d'une rivière en crue où la chute nous eût été fatale, mais la laie avisée écarta au dernier moment ses quatre pattes, ce qui la transforma en une plate-forme**, certes pas très plate, mais suffisamment pour que la roulade s'achevât. Forcées de faire contre mauvaise fortune bon coeur°, nous devînmes de vraies amies.

 

« Il serait temps de nous présenter, proposai-je. Appelle-moi Oli, du petit nom que j'ai choisi.

Et moi Sissi, répondit impérialement la laie, et mes enfants, Souci, Sou et Ci. Quand je crie “Souci !”, Souci, Sou et Ci rappliquent ici.

Pratique, le nom-valise, acquiesçai-je. »

 

La faim nous prit soudain par surprise. Il nous fallait d'urgence trouver quelque expédient. La truie fougea le sol de son solide boutoir et dénicha ce qu'elle put, les petits sucèrent goulûment ses tétins roses et généreux, j'avalai quelques baies non vénéneuses. Nous optâmes, repus, pour un repos nécessaire, après avoir prononcé doctement ces paroles hugoliennes : « Couchons-nous sur la terre et dormons*. »

 

La truie ne dormant pas, songeait tout près de moi aux effets salutaires de sa maternelle attitude.

Ahurissant non ?

............................................................................................

* "Couchons-nous sur la terre et dormons

Caïn ne dormant pas, songeait au pied des monts." 

 Cf. La Conscience dans la Légende des Siècles de Victor Hugo.

 

NOTES

Je dus m'agenouiller pour accéder à leur hauteur

Je dus, passé simple de devoir.

Voir l'article :

Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, dût

 

J'ai l'air niaise, pensai-je. 

ou

J'ai l'air niais

Avoir l'air

1-sembler, paraître. L'adjectif qui suit s'accorde avec le sujet si c'est une chose. 

Ces objets ont l'air inanimés.

2- de même s'il s'agit d'une personne (on peut intercaler être)  

Elle a l'air (d'être) idiote.

3- Si air signifie physionomie, mine, l'adjectif s'accorde avec air.  

Elle a l'air sérieux (=son air est sérieux)

4- si air est suivi d'un complément, accord avec air.

Elle a l'air méchant d'une harpie.

> Mosaïque de quelques curiosités de la Langue Française

 

*le groin m'eût débectée (débecquetée, débequetée)

débecter, débecqueter, débequeter = dégoûter, répugner (argot)

verbe au subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme)

le groin m'aurait débectée (1re forme)

Il m'aurait dégoûtée jusqu'à me donner envie de vomir.

le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct au féminin M' (ME élidé) placé avant lui

> Règles de l'accord des participes passés

 

J'exécrai cela

EX ou EXC, se fier au son. Exister (gz) exciter (ks)

exalter, exécrer (= détester, abhorrer, abominer) exaspérer, exaucer, excès, exciser... et leurs dérivés, exaltation, exécrable, excitant, existence, excessif...

EXH exhaler, exhausser (=surélever, augmenter), exhéréder (=déshériter), exhiber, exhorter, exhumer, exhaure, exhaustif, et leurs dérivés, exhalaison, exhausteur, exhibitionniste...

 

c'était sans compter ses deux quintaux que je reçus en pleine poitrine comme une bombe

un quintal, cent kilos.

Comme une bombe, avec une grande soudaineté, sans qu'on s'y attende.

 

**une plate-forme

ou plateforme d'après la Nouvelle orthographe, orthographe réformée (1990)

Cf. Renouveau :

A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z

 

La chute nous eût été fatale

conditionnel passé, elle nous aurait été fatale

 

nous devînmes de vraies amies

PASSE SIMPLE DE VENIR, TENIR et de leurs dérivés

nous vînmes, vous vîntes, nous tînmes, vous tîntes.

Nous contînmes notre joie, nous convînmes de nous taire.

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

Pratique, le nom-valise, acquiesçai-je.

acquiesçai-je : proposition incise qui indique le locuteur dans des paroles rapportées.

acquiescer (approuver) passé simple : acquiesçai-je, acquiesça-t-il

acquiescement

Un mot-valise est un mot formé de deux mots accolés, parfois tronqués, histoire de faire un jeu de mots. En un seul mot, on peut dire deux choses à la fois.

Ex. franglais, tapuscrit, alicament... ou adoléchiant, merdiateur...

Lewis Caroll, (1832-1898) auteur de Alice in Wonderland,  Alice au Pays des Merveilles a aimé faire des mots-valises.

"...there are two meanings packed up into one word " , explique-t-il.

... il y a deux sens empaquetés en un seul  mot.

Son poème The hunting of the snark, La Chasse au Snark met en scène un animal fantastique, le snark, mot valise formé de snake et et de shark, serpent et requin.

En anglais "a porte-manteau word" qui vient du français porte-manteau, anciennement une valise à deux compartiments.

> Hapax, mots-valises, mots fantômes et autres mots étranges 

 

il nous fallait trouver d'urgence quelque expédient

un expédient, un moyen de se tirer d'affaire.

Quelque, littéraire. Au singulier, un certain, un quelconque

 

après avoir prononcé doctement ces paroles hugoliennes

docte, doctement - Parler doctement, savamment, comme un livre.

hugoliennes : de Victor Hugo

 

Faire contre mauvaise fortune bon coeur

ne pas perdre courage devant les difficultés, se contenter de ce qu'on a.

 

<< 8 Délires zoologiquement inattendus - Comme un cheveu sur la soupe° 

>> 10 Délires intrinsèquemment nocturnes - « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles »

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 15:44

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Épuisée par la course folle dont les effets me taraudaient encore,  transie de froid malgré la défroque crasseuse, embarrassée de solitude, je me résolus au repos forcé, dans cette terre inconnue.

J'avais tout juste senti mes paupières alourdies faire ce que bon leur semblait, lorsque j'entendis un froufrou d'une étrangeté qui me fit tressaillir. Je me dressai sur mes ergots°, prête à agir selon les circonstances, lorsque j'entrevis, dans la lueur diffuse de la lune, quatre êtres qui se dirigeaient, effrontément, dans ma direction. J'accommodai mes pupilles démesurément dilatées, lorsque je reconnus, progressant à la queue leu leu, ma compagne la laie suivie de ses trois marcassins, zébrés à souhait pour se fondre plus efficacement dans la nature, si tant est qu'elle fût quelque peu rayée — fait zoologiquement et scientifiquement démontré. La laie, quant à elle, ayant abandonné les siennes à l'adolescence, ne pouvait se cacher derrière aucun dessin approprié.

Les zèbres, eux, gardent leurs zébrures. On dit que le jeu des couleurs, le clair et le foncé alternés, l'un repoussant la chaleur des rayons du soleil, l'autre l'absorbant, permet une circulation d'air bénéfique. Mais laissons donc là ces digressions qui arrivent comme un cheveu sur la soupe °!

 

On grommelait, on grognait, on couinait à faire peur au dahut.

—Qui va là ? m'informai-je. Qui donc vient troubler ma méditation existentielle ? 

—Ô injustice ! Ô ingratitude ! iodla* la laie. Ne vois-tu pas que je fais ici amende honorable en te montrant mon instinct maternel. Vois mes petits rassasiés, vois mes petits désireux de te connaître. Ta leçon a porté des fruits salvateurs. Nous venons te remercier pour ta clairvoyance. Sois clémente et baise-les.

.........................

*iodla, yodla, jodla

 

NOTES

transie de froid malgré une défroque crasseuse

une défroque, une guenille, des hardes, des haillons, des frusques.

Autre sens, un prêtre défroqué, un défroqué. qui a abandonné la prêtrise, le froc.

Cherchez l'intrus parmi les synonymes - Quiz 62

 

Se dresser sur ses ergots, monter sur ses ergots, prendre une attitude agressive, comme un coq. Prendre une attitude fière et menaçante, être prêt à la riposte

 

embarrassée de solitude

embarras, embarrassé 2R

Écrire et ne pas écrire - Les fautes d'orthographe les plus usuelles

 

J'accommodai mes pupilles

la pupille est l'ouverture centrale de l'iris qui varie avec l'intensité de la lumière. C'est un acte réflexe.

MOTS COMMENÇANT PAR ACC (prononcer ak ou aks)

Ils prennent généralement 2C quand ils sont suivis d'une voyelle, accommoder, accident, accomplir, accès, accourir, accumuler etc.

Mais il y a de nombreuses exceptions (voir le dico), les plus usités : acabit, acacia, académie*, acadien*, acajou, acanthe, acariâtre, acarien*, acaule (sans tige apparente, le pissenlit est une plante acaule), aconit (plante renonculacée), acolyte, acompte, s'acoquiner*, acoustique, acouphène, acuité, acupuncture, etc.*

*et les mots de la même famille

 

Je reconnus, progressant à la queue leu leu,

À la queue leu leu, en marchant à la manière des loups, l'un derrière l'autre, en file indienne.

leu (leu) vient de loup

 

j'avais tout juste senti mes paupières alourdies

j'entendis un froufrou qui me fit tressaillir

VERBES SE TERMINANT PAR I, IE, IES, IS, IT, ÎT

PAR I (s'il y a accord, on a IE, IES)

Le participe passé des verbes du 2ème groupe et certains du 3ème groupe. 

j'ai fini, j'ai accompli ma tâche, la tâche que j'ai accomplie, il a cueilli des bouquets, les bouquets qu'il a cueillis.

PAR IS ou IT

1- Le participe passé de certains verbes du 3ème groupe.

Il a compris, il est conquis, Elle l'a dit, nous l'avons écrit.

Pour repérer le IT ou le IS, mettre au féminin, comprise, conquise, dite, écrite.

2- Les verbes du 2ème groupe et certains du 3ème aux 3 personnes du singulier du présent de l'indicatif IS-IS-IT

je remplis, tu punis, il suit

3- Les verbes du 2ème groupe et certains du 3ème au passé simple, IS-IS-IT  

il s'enfuit, tu me vis, je vous haïs (noter ici le tréma qui le différencie du je vous hais au présent)

PAR ÎT

Les verbes du 2ème groupe et certains du 3ème à la 3ème personne du singulier au subjonctif imparfait (langue soutenue) Il fallait qu'il le lui dît, qu'on le lui apprît, qu'elle le sentît, qu'il le lui écrivît, et qu'il en finît.

QUIZ - Verbes se terminant par I, IE, IS, IES, IT, ou ÎT  Le petit chat de Madeleine est parti

 

Les zèbres gardent les leurs (leurs rayures).

LA LAPALISSADE, c'est une évidence et pas une véritable information !

LEUR, LEURS, LES LEURS

LEUR pronom personnel invariable

Je leur donne des claques, pour voir.

LEUR, LEURS l'adjectif démonstratif suivi d'un nom s'accorde avec lui. J'aime bien taquiner leurs enfants !

LE LEUR, LA LEUR, LES LEURS, le pronom possessif s'accorde avec le nom qu'il remplace.

J'ai là un gros paquet de bonbecs. Prenez les vôtres et qu'ils prennent les leurs !

> Ne pas confondre les homophones : leur, leurs, l'heure, leurre et l'heur - QUIZ

 

si tant est qu'elle fût quelque peu rayée

Si tant est que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

quelque peu, un peu.

 

Comme un cheveu sur la soupe, de façon incongrue, inopportunément, à l'improviste.

QUIZ -  Les noms qui se terminent par au, aux, aus, eau, eaux, eu, eux, eus, oeu, oeux, ou, oux, ous -Tonton et Jeannot vont à la pêche

 

on couinait à faire peur au dahut

Le dahut, animal imaginaire. Partir à la chasse au dahut.

 

ta leçon a donné des fruits salvateurs

salvateur, salvatrice, qui sauve.

 

Ô injustice ! Ô ingratitude ! iodla la laie

Ô : INTERJECTION suivie d'un nom propre, d'un syntagme nominal (groupe nominal) sans article, ou d'un pronom.

 1- sert à interpeller, à invoquer,

Ô ciel ! Ô Dieu de l'univers !

Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais ! Baudelaire

 2- ou traduit un sentiment vif : joie, admiration, crainte, colère, douleur.

Ô rage ! Ô désespoir ! Molière.

Qu'est-ce qu'une interjection ? Qu'est-ce qu'une onomatopée ?

yodler, iodler, jodler, chanter à la manière d'une tyrolienne.

 

Sois clémente et baise-les.

Baiser, archaïsme pour embrasser, donner un baiser.

Champ lexical - Champ sémantique - Niveau de langue - Registre de langue - style soutenu, courant, familier, populaire, argotique, ou vulgaire - Archaïsmes

 

Baise m'encor, rebaise-moi et baise :

Donne m'en un de tes plus savoureux,

Donne m'en un de tes plus amoureux :

Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

Poème de Louise Labé à lire dans :

Poèmes d'amour – Tome 2 - Florilège proposé par mamiehiou

 

<< 7 Délires bucoliques - J'ai la berlue !

>> 9 Délires amicalement compatibles - Faire contre mauvaise fortune bon coeur° - Le mot-valise

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 15:29

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Nous arrêtâmes nos pas dans un vaste enclos où paissaient des ruminants pacifiques. Les abeilles, séduites par les fragrances florales, échevelaient les pistils et s'enivraient de nectar. Nous avions atteint une terre promise, un pays de lait et de miel1. Il fallut que nous bussions à même les pis et que nous suçassions les rayons de cire des essaims, gorgés et dégouttant de leur trésor melliflu. Nous devisâmes gaiement* avec les hyménoptères généreux qui renoncèrent à planter irrévérencieusement leur dard dans l'épithélium de mon corps glabre, donc exposé. Des chevaux alezan clair nous firent fête. Nous leur causâmes en hennissements aigus. L'herbe était vert tendre et nous servit momentanément de couche moelleuse.

 

J'ai la berlue ! s'écria un vilain à la mine patibulaire. Que faites-vous là mes belles, et laquelle attraperai-je ?

La laie quitta les lieux prestement. 

Vêtez-moi décemment et sur-le-champ ! rétorquai-je.

 

Interloqué par mon air de défi et mon ton péremptoire, il me céda sa houppelande crottée. Je m'y enveloppai, tenant la dragée haute à l'hurluberlu hébété. Il disparut, dépité.

 

Que je perçusse l'ululement2 de l'effraie ne vous étonnera guère. La nuit tombait. Je me sentis seule. J'appelai la laie. Me revint à l'ouïe une cacophonie étonnante :“Laie... lai... laye... laid... lais... lé... les... lez... lei...”

Qui l'eût dit ? Qui l'eût cru3 ! Que l'écho fut pourri ? Que la laie fut perdue ?

.................................................. 

1-Allusion biblique.

2-l'ululement ou le hululement, pas d'élision devant le H ASPIRÉ

3-On pense au Cid de Corneille et aux cris déchirants des deux amants qui vivent un amour impossible.

Rodrigue qui l'eût cru ?

Chimène qui l'eût dit ?

>> PIERRE CORNEILLE - Le Cid - Acte 3 Scène 4 - Va, je ne te hais point. - Rodrigue qui l'eût cru ?

 

NOTES

Les abeilles, séduites par les fragrances florales

flagrance, odeur agréable, parfum.

 

Nous avions atteint une terre promise

atteint, participe passé du verbe atteindre.

VERBES EN DRE

Règle générale : aux 3 personnes du singulier du présent de l'indicatif, on a DS DS D

Je couds, tu étends, il prend, il moud

Participe passé : (j'ai) cousu, étendu, pris, moulu.

MAIS

VERBES EN INDRE ET SOUDRE,

au présent de l'indicatif, on a S S T

J'éteins, tu résous, il atteint, j'enfreins.

Participe passé : (il a) éteint, atteint, peint, feint, enfreint, ceint, craint, absout etc.

Mais (il a) résolu...

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent...

 

*nous devisâmes gaiement

gaîment, ou gaiment (orthographe modifiée 1990)

>> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

les essaims dégouttant de leur trésor melliflu

qui dégouttaient

du verbe dégoutter (de goutte).

homonyme homophone : dégoûtant

Melliflu, ou meliflu / melliflue, qui fait du miel, sucré comme le miel, douceâtre.

melliflue sens figuré, péjoratif, vieilli (le e final n'est pas la marque du féminin)

Une parole melliflue. Un discours melliflue (ou melliflu). Un langage mellibflue, doucereux, sirupeux.

 

[ils] renoncèrent à planter leur dard dans l'épithélium de mon corps glabre, donc exposé

notre corps est couvert de cellules épithéliales, celles de la peau.

glabre, sans poils.

 

J'ai la berlue°

La berlue : Lésion de la vue, dans laquelle on perçoit des objets qui ne sont pas réellement devant les yeux, tels que des insectes, des mouches, des toiles d'araignée, etc.

Fig. Avoir la berlue, mal voir ; se faire une fausse idée d'une chose. Ceux qui la verront croiront avoir la berlue. 

Cf. Dictionnaire Littré

 

Des chevaux alezan clair, une herbe vert tendre

L'ADJECTIF DE COULEUR, quand il est précisé par un deuxième adjectif ou par un nom, est invariable.

Des chandails bleu pâle, des joues rouge vif.

Remarque : Les noms employés comme adjectifs de couleur sont invariables. Des yeux marron.

Exceptions - Sont variables les adjectifs : rose, mauve, pourpre, écarlate.

Des lilas mauves, des joues roses...

   ♦ Vous aimez les couleurs ?

Jeux sur les couleurs : 1-Complétez les phrases avec des noms de couleurs 2-Trouvez la couleur dans les titres des films 3-Cherchez l'intruse - QUIZ 63

 

Vêtez-moi décemment

vêtir, Impératif, vêts, vêtons, vêtez.

Les adverbes en -MENT + Quiz 109

décent, décemment

 

VERBES se terminant pas IR

Comment savoir s'ils appartiennent au 2ème ou au 3ème groupe ? Chercher leur participe présent.

S'il se termine par ISSANT, c'est un verbe du 2ème groupe : punir, punissant (2ème) 

Cueillir, cueillant, vêtir, vêtant (3ème groupe) 

 

Homophones / Paronymes :

> Homophones/paronymes : Savoir reconnaitre l'ai l'aie l'aies l'ait l'aient l'es l'est l'ais les lait laie lai lais lé lez lei laid

> QUIZ - Homophones/paronymes – Compléter avec l'ai l'aie l'aies l'ait l'aient l'es l'est l'ais les lait laie lai lais lé lez lei laid - Les trois copines - Dans le petit bois de Parcimoneilles (épisode 3)

-la laie, femelle du sanglier

-la laie ou le layon, espace déboisé rectiligne

-le lai, poème lyrique ou narratif du moyen âge, Le Lai du Chèvrefeuille de Marie de France qui évoque l'amour de Tristan et Iseut que même la mort ne peut séparer

-la laye, partie de l'orgue  

-lai, servant, convers, qui se consacre aux travaux manuels dans un couvent, frère lai, soeur laie

-le lais, le legs, Les Lais des Testaments de Villon

-le lé, bande de tissu ou de tapisserie

-lez, près de, Plessis-lez-Tours -

-le lei (pluriel leu) monnaie roumaine.

-laid, pas joli joli. 

>> Que signifient les mots synonyme, homonyme, antonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ?

>> PARONYMES – PARONOMASE + QUIZ agonir et agoniser - anoblir et ennoblir - bâiller, bailler et bayer - conjecture et conjoncture - ablation et ablution - recouvrer et recouvrir...

 

Qui eût (aurait) cru que l'écho fut (était) pourri ? 

eût cru, subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme)

fut, passé simple

 

<< 6 Délires inconsidérés - Je n'en peux mais !

>> 8 Délires zoologiquement inattendus -Comme un cheveu sur la soupe° 

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 14:43

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Le han subit d'un bûcheron retint notre attention. Je me dressai sur mon séant, tout ouïe.

« Il n'est plus temps de discourir ! m'exclamai-je. Mais bien temps de m'éclipser. »

Je me levai promptement. Tout abasourdie, et éblouie à la vue de mon corps déployé à la verticale, il ne s'en fallut guère que la laie ne perdît le sens et elle tenta une imitation pour le moins époustouflante. Elle se dressa sur ses pattes de derrière, mais, embarrassée, comme on peut l'imaginer, elle s'empêtra dans sa marche improvisée, jusqu'à s'affaler magistralement. Il s'ensuivit un bruit mat.

Et, sans atermoiement, nous nous enfuîmes de conserve.

 

Nous parvînmes sans encombre à la lisère de la forêt hercynienne, où l'autoroute, saturé (saturée) inopinément d'embouteillages, interrompit notre galopade. Mille raisons nous empêchaient de faire de l'auto-stop (autostop). Nous rebroussâmes chemin en cherchant un itinéraire adéquat. C'est en un gymkhana périlleux que se mua alors notre périple aventureux.

Nous gravîmes des rocs, enjambâmes des avens*, plongeâmes bravement dans des torrents tumultueux.

Je n'en peux mais, lâchai-je, essoufflée.

Et moi itou, répondit ma compagne improvisée, comme saoule (soûle) de s'être trop hâtée**.

...........................................................................

*des avens, prononcer avènes

**trop hâtée, pas de liaison puisque le H est aspiré (la hâte)

 >La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

 

NOTES

Le han subit d'un bûcheron retint notre attention

Un han : le bûcheron pousse un han quand il lance sa cognée. Han !

> Qu'est-ce qu'une interjection ? Qu'est-ce qu'une onomatopée ? 

SUBI(E, S, ES), SUBIT(E, S, ES)-SUBIT, SUBÎT

Subit(s), subite(s), adjectif, brusque, soudain, soudaine.

À ne pas confondre avec le participe subi du verbe subir,

j'ai subi un dommage, la torture que j'ai subie

ni avec les 3 personnes du singulier du présent de l'indicatif et du passé simple du verbe subir,  

je subis, tu subis, il subit,

ni avec l'imparfait du subjonctif,  

(il fallait) qu'il subît

 

Je me dressai sur mon séant, tout ouïe

le séant, le derrière

Tout ouïe, je suis tout ouïe = j'écoute attentivement, je suis tout oreilles. Tout est employé adverbialement.

Tout abasourdie, tout adverbe.

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

Il ne s'en fallut guère que la laie ne perdît le sens

>Ne pas confondre : Pour un peu, un peu plus, il s'en faut peu de choses, il s'en faut beaucoup, il ne s'en est fallu guère, il s'en faudrait peu, il s'en faut de beaucoup, de peu...

 

SUBJONCTIF IMPARFAIT et SUBJONCTIF PLUS-QUE-PARFAIT

Dans la langue courante on utilise plus fréquemment

le présent du subjonctif au lieu de l'imparfait du subjonctif

et le passé du subjonctif au lieu du plus-que-parfait du subjonctif

Il ne s'en fallut guère que la laie ne perdît le sens. (imparfait du sub.) 

On dirait plus facilement : que la laie ne perde le sens. (présent)

On écrit :

Je voudrais, je voulais, je voulus, j'aurais voulu qu'il fût arrivé avant 8 heures. (plus-que-parfait du sub.)

On préférera dire  : qu'il soit arrivé... (passé du sub.)

 

Pour trouver le subjonctif imparfait d'un verbe on pense au passé simple.

Je courus, que je courusse,

il plia, qu'il pliât,

il sut, qu'il sût,

elles cueillirent, qu'elles cueillissent,

tu vins, que tu vinsses,

je cousis, que je cousisse,

tu sus, que tu susses,

ils vainquirent, qu'ils vainquissent.

Voir l'article sur les emplois du subjonctif et les deux quiz d'application Quiz 28 et Quiz 29

 

On notera à la 3ème personne des verbes en IR du 2e groupe :

Je ne veux pas qu'il faiblisse (présent du subjonctif)

Je ne voulais pas qu'il faiblît (imparfait du subjonctif)

3e groupe :

Je veux qu'elle cueille. Je voulais qu'elle cueillît

>Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

elle se dressa sur ses pattes de derrière

Derrière, arrière

Ses pattes de derrière (nom), par derrière la maison (locution prépositive) Il est sorti par derrière (adverbe)

MAIS : les feux arrière (adjectif invariable)

en arrière (locution adverbiale)

 

et sans atermoiement nous nous enfuîmes de conserve

atermoyer, différer, remettre à plus tard, à une date ultérieure.

atermoiement, apitoiement, fourvoiement, tutoiement, vouvoiement ou voussoiement, etc. 

de conserve, de concert (et non pas en concert !), ensemble.

 

Nous parvînmes sans encombre à la lisière de la forêt hercynienne

sans encombre, sans rencontrer aucun ennui ni aucun obstacle.

la forêt hercynienne, datant de l'ère primaire.

 

l'autoroute saturé inopinément d'embouteillages

Une ou un autoroute

 

Autostop ou auto-stop

 

nous enjambâmes des avens

des gouffres creusés dans le calcaire, ex. l'aven d'Orniac.

 

Je n'en peux mais : je n'en peux plus

n'en pouvoir mais, vieilli ou familier.

 

et moi itou : et moi de même

itou, familier.

 

<< 5 Délires moralisateurs avec un artiodactyle - Je bats ma coulpe. Mea culpa !

>> 7 Délires bucoliques - J'ai la berlue !

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 14:21

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Je rassemblai mes esprits épars. L'un d'eux, récalcitrant, m'échappa.

«  Attends, que je t'attrape ! »

Mes neurones remis en place, je lui octroyai une fessée cérébrale qu'il ne requérait pas.

La laie, malapprise, grogna. En voyant, sur ces entrefaites, des trous béants çà et là creusés, je m'enquis de sa santé mentale.

Je l'interpellai1 cavalièrement :

« Ah çà ! Qu'as-tu-fait là, vandale ?

J'ai foui. Mais de glands, point. Ni de truffes.

Tu te fourvoies dans les saisons, paumée ! Mais je m'apitoierai sur toi volontiers si tu m'avoues avoir mis bas il y a peu, vu tes mamelles rebondies.

Mes petits, mal-en-point, se meurent d'inanition. Entends-les ahanner (=ahaner).

Et tu t'en vas courir le guilledou° tout juste après tes relevailles ? Cochonne ! Infâme ! Nymphomane invétérée ! Mater2 nullarde !

Mea culpa, fit l'hypocrite, s'absolvant elle-même en son for intérieur. »

Il s'ensuivit un silence pythagorique.

Je lui intimai d'avaler avec prestesse quelques bourgeons nouveau-nés, tendres à souhait, bien vitaminés, pour requinquer ses fonctions hormonales corrompues.

................................................................  

1-interpeller se prononce comme s'il n'y avait qu'un seul L

L'orthographe rectifiée permet interpeler.

>Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

2-mater, mot latin, prononcer "matère"

 

NOTES

Le titre : un artiodactyle, ordre des mammifères ongulés (porcins, ruminants, etc) comptant un nombre pair de doigts.

 

Je rassemblai mes esprits épars

rassembler ses esprits, recueillir, rappeler son esprit/ ses idées, pour s'appliquer à réfléchir.

 

je lui octroyai une fessée qu'il ne requérait pas.

VERBES EN AYER OYER UYER EYER

Balayer, je balaie ou je balaye / je balayais / je balaierai ou je balayerai

Octroyer, j'octroie, j'octoyais, j'octroierai.

Essuyer, j'essuie, j'essuyai, j'essuierai.

MAIS Grasseyer, je grasseye, je grasseyais, je grasseyerai. (parler gras, avec une prononciation gutturale, grasseyer les R, c'est différent de rouler les R)

MAIS Bayer (aux corneilles) prononcer ba-yer, je baye, tu bayais, il bayerait (homophones, bailler, bâiller)

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

il ne requérait pas

requérir, (prier instamment), se conjugue comme conquérir, acquérir.

Je requiers, je requerais, je requerrai, je requerrais, requis.

Mais quérir est défectif, il ne s'emploie qu'à l'infinitif. (=chercher)

Va quérir une échelle.

Voir la liste des verbes défectifs

 

des trous béants çà et là creusés

Béer, avoir la bouche grande ouverte quand on regarde quelque chose.

Par extension rêver, rêvasser.

Béant, bouche bée. (bée n'a pas de masculin)

 = bayer, bayer aux corneilles.

çà 

1- ça, cela

2- le ça de Freud, pulsions inconscientes (voir le moi, le surmoi)

3- Ah ça alors ! =étonnement.

4- Çà et là, ici et là

5- Ah çà, allez-vous sortir ! =colère 

6- Or çà ! Déjeunons ! (vieilli, ordre, incitation)

QUIZ > SA, ÇA, ÇÀ - Homophones – Les trois copines - La garden-party (7)

 

Entends-les ahaner

Ahaner ou ahanner, respirer avec difficulté.

 

mater nullarde

Une mater, familièrement, une mère. Une mater dolorosa 

 

tu t'en vas courir le guilledou juste après tes relevailles

Courir le guilledou°, aller chercher des aventures galantes.

les relevailles

Voir la phrase 11 dans  le QUIZ >> Les différents sens du suffixe -AILLE

 

Mea culpa, fit l'hypocrite

Mea-culpa, rappel : pas d'accent en latin.  

Je fais mon mea-culpa, je bats ma coulpe, je me repens, j'avoue ma faute.

Mea culpa !  C'est ma faute !

 

s'absolvant elle-même

Absoudre, donner l'absolution, pardonner les péchés.

Conjuguer comme dissoudre. J'absous, il absout, nous absolvons, j'absolvais, j'absoudrai, j'absoudrais, que j'absolve, absolvant.

Certains dictionnaires (par ex. Le Petit Robert) nous disent que le passé simple et le subjonctif imparfait d'absoudre n'existent pas.

Littré donne j'absolus, que j'absolusse (et les autres personnes)

Participe passé irrégulier, absous, absoute, absoutes.

Voir l'article sur les verbes défectifs 

 

il s'ensuivit un silence pythagorique

Pythagore demandait à ses disciples d'être silencieux.

 

Nouveau-né(s), nouveau-née(s) nouveau, ici adverbe (invariable)

Voir l'article : Ne pas confondre NOUVEAU l'adjectif (un nouvel ami) et l'adverbe (des nouveau-nés), les locutions adverbiales À NOUVEAU et DE NOUVEAU – nouvellement – une nouvelle - le renouveau ...

 

<< 4 Délires inopérants -Immodérées et charmeresses blandices de la volupté

>> 6 Délires inconsidérés -Je n'en peux mais !

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 14:10

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Un proverbe traduit une pensée qui exprime une vérité d'expérience, un conseil de sagesse populaire commun à un groupe social ou à un pays.

 

  Choisissez à côté du proverbe la bonne définition.

4 réponses proposées pour 4 proverbes

A-A bon chat, bon rat.

1-On se méfie à l'excès quand on a été une victime.

B-Le chat parti, les souris dansent.

2-On réplique si l'on est attaqué, à supposer que les deux parties soient de force égale.

C-Chat échaudé craint l'eau froide.

3-Différents moyens sont possibles pour arriver au but que l'on s'est fixé.

D-Tous les chemins mènent à Rome.

4-Les subordonnés s'en donnent à coeur joie quand leur chef n'est plus là.

*************************************

*************************************

E-Petit homme abat grand chêne.

1-On doit veiller à ses intérêts.

F-Quand le foin manque au râtelier, les ânes se battent.

2-L'intelligence dépasse la force.

G-Il fait toujours bon de tenir son cheval par la bride.

3-L'argent qui manque provoque des querelles de ménage.

H-Où la chèvre est attachée, il faut qu'elle broute.

4-Savoir se contenter de la situation où l'on est.

*************************************

*************************************

I-Bon chien chasse de race.

1-N'écoutez pas ceux qui ne supporteront pas les actes auxquels ils vous pousseront.

J-Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son.

2-Ne renoncez pas à vos objectifs après la première difficulté

K-Il ne faut pas jeter le manche après la cognée.

3-Les enfants ont les qualités de leurs parents (mais aussi leur défauts).

L-Les conseilleurs ne sont pas les payeurs.

4-Il vaut mieux connaître les arguments des deux parties pour juger d'une affaire.

*************************************

*************************************

M-Il y a loin de la coupe aux lèvres.

1-Attention au danger si l'on s'y expose trop.

N-Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

2-On n'est jamais sûr d'arriver au résultat escompté.

O-Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse.

3-Peu importent les conséquences quand tu fais ton devoir.

P-Fais ce que dois, advienne que pourra.

4-Mieux vaut une application dès le début plutôt qu'un effort tardif.

************************************

*************************************

Réponses

A-A bon chat, bon rat.

2-On réplique si l'on est attaqué, à supposer que les deux parties soient de force égale

B-Le chat parti, les souris dansent.

4-Les subordonnés s'en donnent à coeur joie quand leur chef n'est plus là.

C-Chat échaudé craint l'eau froide.

1-On se méfie à l'excès quand on a été une victime.

D-Tous les chemins mènent à Rome.

3-Différents moyens sont possibles pour arriver au but que l'on s'est fixé.

***

E-Petit homme abat grand chêne.

2-L'intelligence dépasse la force.

F-Quand le foin manque au râtelier, les ânes se battent.

3-L'argent qui manque provoque des querelles de ménage.

G-Il fait toujours bon de tenir son cheval par la bride.

1-On doit veiller à ses intérêts.

H-Où la chèvre est attachée, il faut qu'elle broute.

4-Savoir se contenter de la situation où l'on est.

***

I-Bon chien chasse de race.

3-Les enfants ont les qualités de leurs parents (mais aussi leur défauts).

J-Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son.

4-Il vaut mieux connaître les arguments des deux parties pour juger d'une affaire.

K-Il ne faut pas jeter le manche après la cognée.

2-Ne renoncez pas à vos objectifs après la première difficulté

L-Les conseilleurs ne sont pas les payeurs.

1-N'écoutez pas ceux qui ne supporteront pas les actes auxquels ils vous pousseront.

***

M-Il y a loin de la coupe aux lèvres.

2-On n'est jamais sûr d'arriver au résultat escompté.

N-Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

4-Mieux vaut une application dès le début plutôt qu'un effort tardif.

O-Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse.

1-Attention au danger si l'on s'y expose trop.

P-Fais ce que dois, advienne que pourra.

3-Peu importent les conséquences quand tu fais ton devoir.

***

 

A2 B4 C1 D3 / E2 F3 G1 H4 / I3 J4 K2 L1 / M2 N4 O1 P3

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 14:09

LES DÉLIRES Tous les épisodes

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Je cessai de raisonner sur ma position innommable. Et, nonobstant l'inconfort du viol de ma pudeur, je parvins tant bien que mal à supporter l'iniquité flagrante qu'on avait exercée sur ma personne, tout occupée à jouir des délices   des délices, que dis-je   des blandices de mes sens aiguisés par le contact inattendu de ma peau sur la maternelle Cybèle. Je m'apprêtai à me conformer inconditionnellement à la nature exigeante, exigeant de moi sans ambages que je me soumisse à ses lois, fussent-elles délectables ou même incongrues.

 

L'yeuse voisine bruissa. Des sensations aiguës m'assaillirent alors. Je fus saisie d'une cataplexie qui avait à voir avec le haut mal, une épilepsie où mes synapses en folie n'étaient plus maîtresses d'elles-mêmes.

Quand le boutoir d'une hure frôla mon corps désarçonné, je ne pus ni geindre ni regimber. Des phéromones odoriférantes se mêlèrent à l'haleine fétide qu'exhalait la laie en chasse. Elle me humait.

« C'est la cata ! m'exclamai-je avant de m'effondrer. »

 

Trivial, non ? Il n'y eut pas d'échappatoire.  

.............................................................................  

* « À l'encontre des immodérées et charmeresses blandices de la volupté. »

 (des attraits excessifs et enchanteurs de la volupté) 

Montaigne 1533-1592

Voir l'extrait des ESSAIS en fin d'article.

 

Résumé de l'épisode

Alors que je me laissais aller au plaisir d'être couchée sur la terre maternelle, je lâchai prise et décidai d'oublier mon cauchemar pour me soumettre aux lois de la nature. C'est à ce moment-là que je m'évanouis.

J'eus une belle frayeur lorsque je sentis le groin d'une laie (un sanglier femelle) venir me flairer de près. Je m'évanouis de nouveau. C'était banal. Difficile de se sortir d'une situation pareille.

Je sens, cher lecteur, que vous vous êtes déjà habitué à mon style amphigourique et que vous n'aurez dorénavant plus besoin d'une version simplifiée de chacun des épisodes.  

Bonne continuation !    

 

NOTES

Je cessai, je parvins

passé simple : c'est un récit.

> Les emplois de l'imparfait de l'indicatif et du passé simple

 

Je cessai de raisonner sur ma position innommable
raisonner, à ne pas confondre avec résonner

Innommable, que l'on ne peut nommer.

> PRÉFIXE IN (sens négatif) opportun, inopportun, onde, inonder

In + n si le radical du mot commence par n comme nombre, innombrable, nom, innommable, nouveau, innover, innovation.

Im + b ou p ou m, probable, improbable, parfait, imparfait, buvable, imbuvable, mature, immature, moral, immoral.

Ir + r, réfléchi, irréfléchi.

Il + l, légal, illégal 

 

nonobstant l'inconfort du viol de ma pudeur, malgré l'inconfort...

Prépositions et locutions prépositives marquant la concession :

Nonobstant, sans avoir égard à, en dépit de, malgré. 

ici préposition synonyme de malgré.

nonobstant peut être un adverbe, synonyme de pourtant, cependant.

 

l'iniquité flagrante qu'on avait exercée sur ma personne

iniquité, acte contraire à la morale.

exercée, participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant lui : qu' (que élidé) mis pour l'antécédent iniquité.

>> Règles de l'accord des participes passés

 

tout occupée à jouir des délices, que dis-je, des blandices...

tout, adverbe invariable, sauf devant une consonne ou un h aspiré d'un mot féminin.

>> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif 

blandices (nom féminin, s'emploie le plus souvent au pluriel) d'après Littré, charmes, jouissances, flatteries pour gagner le coeur.

 

la maternelle Cybèle

Cybèle, divinité anatolienne, force reproductrice de la nature. Voir Rhéa, Gaïa et Déméter.

 

la nature exigeante (adjectif), exigeant de moi (participe présent...) sans ambages que je me soumisse à ses lois.

LE POLYPTOTE est la répétition d'un même mot revêtant différentes formes grammaticales dans une même phrase. 

 

PARTICIPE PRÉSENT - ADJECTIF VERBAL - GÉRONDIF

Exigeant(e), adjectif verbal (s'accorde)sans ambages que je me soumisse à ses lois.

Exigeant, participe présent (verbe, invariable).

En exigeant, gérondif

Une furie, hurlant de rage, s'est jetée dans mes bras.

Vous êtes bien peu tentante, lui ai-je dit.

Vous m'avez fait peur en tentant de me séduire ainsi.

> Ne pas confondre participes présents, gérondifs et adjectifs verbaux, en fatiguant fatigant – en convainquant convaincant – en émergeant émergent – en résidant résident...

 

exigeant de moi sans ambages que je me soumisse à ses lois, fussent-elles délectables ou même incongrues. 

ambages, détours qu'un interlocuteur utilise pour ne pas aller au but directement. 

Sans ambages, sans s'embarrasser de circonlocutions, sans tourner autour du pot°.

♦  que je me soumisse, subjonctif imparfait. 

fussent-elles > même si elles étaient incongrues > Eussé-je, eussè-je, j'eusse, eût-il, fût-il, fussent-ils... 

incongru, inconvenant. 

 

L'yeuse voisine bruissa

♦ l'yeuse, le chêne vert.

Pas de disjonction devant le Y de yeuse

♦ LE Y EN DEBUT DE MOT.

Dans la plupart des cas il y a disjonction (pas d'élision, pas de liaison) 

la yole, le yacht, les vénéneux yuccas (et pas z-yuccas)

Exceptions : 

les yeux (liaison z-yeux, d'où zyeuter ou zieuter), l'yeuse, l'ypérite (gaz moutarde qui servit d'arme de guerre).  

Pour en savoir plus, voir l'article : La liaison, l'élision, l'enchaînement, la disjonction. 

♦ BRUIRE ET BRUISSER

 Les points de vue sur bruire et bruisser divergent selon les grammairiens.

Le verbe bruire ne s'emploie généralement qu'à l'infinitif et au participe passé bruissant. On peut cependant le rencontrer à tous les temps, il se conjugue comme finir.

L'adjectif bruyant est un ancien participer présent de bruire.

Le verbe bruisser est formé sur bruire. L'Académie ne le reconnaît pas.

Pour en savoir plus, voir l'article :  Ne pas confondre : feux et feus – sensé et censé – chaos et cahot – efficace et efficient – émotionné et ému - bruire et bruisser

 

Je fus saisie d'une cataplexie qui avait à voir avec le haut mal

♦ cataplexie, perte du tonus musculaire, (différent de catalepsie qui est l'incapacité des mouvements musculaires).  

♦ haut mal,vieilli pour épilepsie 

 

une épilepsie où mes synapses en folie n'étaient plus maîtresses d'elles-mêmes.

synapse, cellule cérébrale.

 

Quand le boutoir d'une hure

♦ La hure, la tête d'un sanglier ou d'un cochon.

♦ Le boutoir, le bout du groin.

Un coup de boutoir, une réflexion désagréable et blessante.

 

je ne pus ni geindre ni regimber

♦ Geindre, gémir, se plaindre, se lamenter. Un geignard.  

♦ Regimber, refuser avec force, résister. Le cheval regimbe, il se cabre.

 

C'est la cata

La cata, familier pour la catastrophe.

 

Trivial, non ? Il n'y eut pas d'échappatoire. 

♦ Trivial, commun, banal, rebattu.  

♦ Une échappatoire, on cherche une échappatoire pour sortir d'une situation

difficile. 

 

<< 3 Délires évanescents -Fais ce que dois, advienne que pourra !

>> 5 Délires moralisateurs avec un artiodactyle - Je bats ma coulpe. Mea culpa !

 

Vous avez lu les 4 premiers Délires ? Vous pourrez faire le QCM – Vocabulaire rencontré dans les Délires 1, 2, 3 et 4.

 

MONTAIGNE

Les Essais, Livre III, chapitre XIII (extrait)

J'ordonne à mon âme de regarder et la douleur et la volupté de veuë pareillement réglée (« eodem enim vitio est effusio animi in loetitia, quo in dolore contractio1 ») et pareillement ferme, mais gayment l'une, l'autre severement, et, selon ce qu'elle peut y aporter, autant songneuse2 d'en esteindre3 l'une que d'en estendre4 l'autre. Le voir sainement les biens tire après soi le voir sainement les maux. Et la douleur a quelque chose de non évitable en son tendre commencement, et la volupté quelque chose d'évitable en sa fin excessive. Platon les accouple, et veut que ce soit pareillement l'office de la fortitude5 combatre à l'encontre de la douleur et à l'encontre des immoderées et charmeresses blandices de la volupté6. Ce sont deux fontaines ausquelles qui puise, d'où, quand et combien il faut, soit cité, soit homme, soit beste, il est bien heureux. La première, il faut la prendre par medecine et par necessité, plus escharnement7 ; l'autre, par soif, mais non jusques à l'ivresse. La douleur, la volupté, l'amour, la haine sont les premieres choses que sent un enfant si, la raison survenant, elle s'applique à elles, cela c'est vertu.

La Pléiade page 1091- éditions Gallimard

 

Notes de mamiehiou

veuë, vue.

1-eodem enim vitio est effusio animi in loetitia, quo in dolore contractio"

La dilatation de l'âme dans la joie n'est pas moins blâmable que sa contraction dans la douleur", Cicéron. 

2-Songneuse, soigneuse. 

3-Esteindre, éteindre. 

4-Estendre, étendre. 

5-La fortitude, état de celui ou de ce qui est fort, force d'âme, courage. 

6-des immoderées et charmeresses blandices de la volupté : des attraits excessifs et enchanteurs de la volupté 

7-plus escharnement, plus chichement

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 14:00

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À partir de l'instant paroxysmique où Morphée s'en fut, me délivrant concomitamment de mes fantasmes amoraux et de mes élucubrations mortifères, j'ouvris mes quinquets virginaux et tus mon bec* qui se serait complu dans une jactance emphatique.

L'onirique et surréaliste vision fondit dans la nue. Et c'est nue que je me découvris avec effroi.

    « Abject, susurrai-je. »

Étais-je victime d'une aberration chromatique, d'un astigmatisme m'astreignant à revisiter les règles d'une réflectivité déficiente ?

C'est toute tremblante et tout ébaubie que je repris consciemment les rênes de mon libre arbitre. Je renonçai précipitamment à l'espoir qu'on ne me vît pas dans le plus simple appareil dont une main malveillante m'avait affublée, à mon corps défendant. Je n'osai me mouvoir, comme si je fusse atteinte de dyspraxie.

 

    « Fais ce que dois, advienne que pourra°, soupirai-je. »

 

Toujours étendue sur le sol herbu et plein de sollicitude, j'épandis conséquemment mes larmes soufrées et je sentis s'immiscer subrepticement en moi l'envie irrépressible et inattendue de jouir de la contemplation du paysage alentour.

Un geai aux cent couleurs et un corbeau couleur de jais zébrèrent l'azur jusqu'à ce qu'ils vinssent se positionner au zénith, sur une branche au faîte du frêne élastique qui m'ombrageait voluptueusement. L'air de bonhomie et de placidité de l'un jurait avec l'obscure et méphistophélique posture de l'autre. Que je me surprisse à entendre résonner le nevermore** de Poe vous eût étonné, il va sans dire.

 

Mais qu'entends-je donc ? Un persiflage inopiné ? Foin des opinions intellectuellement immatures !

..................................................... 

*Je tus mon bec, expression empruntée à Émile Zola. 

 

** Nevermore, voir le poème d'Edgar Allan Poe The Raven, Le Corbeau  "nevermore", le seul mot prononcé par le lugubre volatile, revient en fin de strophe comme un leitmotiv.

 

Version simplifiée 

En me réveillant au moment le plus critique de mon rêve épouvantable, j'ouvris les yeux et décidai de ne rien dire. Je me rendis compte, à ma grande stupéfaction, que j'étais toute nue. Je crus à une hallucination. Cette situation me paralysa.

Il me fallait me résigner à faire du mieux que je pouvais.

Je me mis à trembler tout en regardant ce qui m'entourait. Au sommet de l'arbre sous lequel j'étais allongée, s'étaient perchés un geai et un corbeau qui ne se ressemblaient guère. Il me vint à l'esprit le lugubre poème d'Edgar Poe intitulé The Raven.

Vous vous moquez de moi ? Tant pis.

 

NOTES
À partir de l'instant paroxysmique où Morphée s'en fut

♦ Paroxysme, le point le plus intense d'une situation, d'un sentiment, d'une émotion, d'une maladie, de la douleur...

Morphée, fils d'Hypnos, dieu du sommeil.

Dormir, être dans les bras de Morphée. 

♦ Morphée s'en fut, Morphée s'en alla

 

me délivrant concomitamment de mes fantasmes amoraux et de mes élucubrations mortifères

Concomitant, qui se passe simultanément avec un autre fait.

> me délivrant en même temps de mes fantasmes.... 

Adverbe concomitamment. 

Amoral (a-privatif), sans aucune morale.

Différent d'immoral = contraire à la morale. 

Mortifère, qui entraîne la mort.

 

j'ouvris mes quinquets

quinquets (populaire) yeux

 

et tus mon bec qui se serait complu dans une jactance emphatique

Jactance, défaut de celui qui tient des discours insolents et emphatiques. Familièrement, bavardage excessif.

 

l'onirique et surréaliste vision fondit dans la nue

♦ onirique, du rêve.

la nue, les nuages - par métonymie, le ciel.

 

et c'est nue que je me découvris avec effroi.

Nue, la nue

L'ANTANACLASE  figure de rhétorique. On joue par deux fois sur un mot avec deux acceptions différentes. 

L'onirique et surréaliste vision fondit dans la nue . Et c'est nue que je me découvris avec effroi.

   

abject, susurrai-je

Susurrer, 1 seul S entre les 2 U, chuchoter, murmurer.

Pour en savoir + Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

 

les règles d'une réflexibilité déficiente

Réflexivité, propriété qu'ont des ondes à être réfléchies, par un miroir, une lentille, etc.

 

c'est toute tremblante et tout ébaubie que je repris les rênes de mon libre arbitre

Ébaubie, très étonnée, ébahie.

Une rêne : courroie du harnais d'un animal permettant de le diriger.

Homophones, un renne (l'animal), une reine.

Que signifient les mots synonyme, antonyme, homonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ?

TOUT ADVERBE, toute tremblante, tout ébaubie.

 

Les adverbes sont généralement invariables, sauf TOUT dans un cas précis, pour raison d'euphonie, quand il précède un adjectif au féminin qui commence par une consonne, ou un H ASPIRÉ

 

On écrira, une femme toute honteuse (h aspiré), toute menue, toute belle. Mais une femme tout épanouie, une chevelure tout hirsute (h muet, on fait la liaison)

Ne pas confondre tout adverbe, avec l'adjectif indéfini ou le pronom indéfini qui s'accordent : Toutes les femmes sont exquises. Toutes le sont. Elles le sont toutes.

Pour tout savoir sur TOUT :  Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

comme si je fusse atteinte de dyspraxie

les modes employés après > Comme si
Dyspraxie, incapacité à faire des mouvements coordonnés et/ou à se situer dans l'espace.

> http://www.123dys.fr/dyspraxies/les-dyspraxies.php

 

Fais ce que dois, advienne que pourra°.

Proverbe : Fais ton devoir, fais ce que te dicte ta conscience et ne te soucie pas des conséquences.

 

je sentis s'immiscer subrepticement en moi

sans bruit et furtivement.


Un geai aux cent couleurs et un corbeau couleur de jais

> Ne pas confondre : alcoolique, alcoolisé – rabattre, rebattre - amener, apporter – geai, jais - jadis, naguère – plutôt, plus tôt

 

l'air de bonhomie et de placidité de l'un

Bonhomie, 1M, bonhomme 2M.

orthographe réformée : bonhommie

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

l'obscure et méphistophélique posture

méphistophélique, adjectif dérivé de Méphistophélès, démon assoiffé de connaissances et désireux de détruire le monde dans le mythe de Faust.

 

Que je me surprisse... lorsque la phrase commence par une subordonnée introduite par QUE, on a toujours le subjonctif. Que je me surprenne (subj. présent) que je me surprisse (subj. imparfait.)

Pour en savoir + Valeurs et emplois du subjonctif

 

Foin des opinions intellectuellement immatures !

Foin, interjection qui marque l'impatience et le mépris.

 

<< 2 Délires schizophrènes - Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse !

>> 4 Délires inopérants - Immodérées et charmeresses blandices de la volupté

 

> Retour au début de l'article 

Article suivant : QUIZ 1 - Vous avez dit proverbes ?

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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