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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 16:47

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Je m'en étais allée toute contente. Je revins, ravie. Le large panier rempli exhalait une débauche de parfums. Sur les conseils de Marie, je disposai avec soin les herbes généreuses sur la grande table d'une chambre fraîche et ventilée. On en eût compté plus de cent variétés. Au fur et à mesure que se déroulait ce travail minutieux qu'accompagnaient les subtiles senteurs, Marie énumérait les noms comme des mélodies pleines de promesses.

 

« Vois la gentiane au suc amer, la prêle à collerette, la camomille romaine, la bardane aux capitules crochus, l'aunée et l'achillée* millefeuille, la sauge officinale, le thym et le serpolet, la mauve et la guimauve, la reine-des-prés, la chélidoine1 qu'on appelle aussi grande éclaire, l'ortie blanche, le pissenlit ou dent-de-lion, la timide violette et la capucine orangée, le cresson poussé près de la source, le basilic et le romarin. Va chercher dans le jardin, derrière la maison, la sarriette et quelques feuilles du laurier-sauce que tu ne devras utiliser que séchées, entends-tu, que séchées. Et l'ail et l'oignon et le persil, les indispensables pour maintenir une excellente santé. Je t'apprendrai quoi hacher, quoi concasser, quoi écraser, quoi râper... Mais que vois-je ? Quel bouquet est-ce là ? Des digitales, ma fille ! Va-t'en sans délai me jeter ces fleurs empoisonnées ! 

Elles sont si belles, Marie, si belles pourtant. Quel plaisir de les contempler !

Apprends donc, innocente, qu'on ne doit jamais se fier aux apparences. Vierge folle2, ne sais-tu pas que la sagesse n'est autre chose que la science du bonheur3 ? »

..................................................................... 

1-Le ch se prononce [k] dans achillée et chélidoine.

>Mots difficiles à prononcer - Risques de fautes de prononciation et d'orthographe - antienne, patio, argutie, cation, kantien, varech, pers, handicap ...

2-Allusion biblique : les Vierges Folles et les Vierges Sages 

3-La sagesse n'est autre chose que la science du bonheur. Diderot 

 

NOTES 

Je m'en étais allée toute contente.

Mieux que Je m'étais en allée (incorrect)

Je m'en suis allée. Nous nous en sommes allés. Ils s'en seront allés.

> La place de Y et de EN dans la phrase. Vous recherchez des difficultés dans cet exercice ? Vous finirez bien par Y EN trouver. + QUIZ 67

 

Le large panier rempli exhalait une débauche de parfums

EX-EXH LES MOTS COMMENCANT PAR EX NE PRENNENT PAS DE H. Voir note du texte 9.

exister, exciter, exercer, exalter, exulter, exaucer...

SAUF exhaler, exhausser (surélever), exhiber, exhorter, exhumer. 

Une débauche de parfums,  une grande quantité, une abondance de parfums.

 

Vois la gentiane... va chercher... apprends donc...

L'IMPERATIF présent des verbes du premier groupe et de quelques- uns du troisième qui se terminent par un e muet, ne prend pas de s à la première personne.

Sache-le, aime, chante, danse, cueille les roses de la vie.

Pour les autres verbes, on a un s.

Viens, cours, attends, plains-toi.

EXCEPTIONS Va, aie.

MAIS, va-t'en, vas-y, pour raison d'euphonie.

Va, cours, vole, et nous venge ! (Le Cid)

À la forme négative. Ne pars pas, ne crie pas, n'obéis pas.

Impératif passé. Sois revenue avant cinq heures et aie fini ton travail quand j'arriverai., ma fille.

 

On en eût compté plus de cent variétés

eût compté, subjonctif plus que parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme) On en aurait compté.

LES ADJECTIFS NUMÉRAUX CARDINAUX. Un, deux, trois...

Les mille parfums. Les quatre vérités. Les cent recommandations. 

MILLE, invariable, sauf le nom, les milles marins. Année mil (ou mille) neuf cent quatre-vingts, ou deux mille onze. Il s'écrit mil dans les dates lorsqu'il est suivi d'un nombre.

Des mille et des cents. 

CENT et VINGT prennent un s lorsqu'ils sont à la fois multipliés par un nombre qui les précède et non suivis d'un nombre.

Cent, cent trois, deux cents, deux cent trente-quatre, cinq mille deux cents, trois cent mille, puisque mille est adjectif numéral.

Mais deux cents millions, puisque million est un nom. Idem pour quatre cents milliards.

Vingt, vingt et un (pas de trait d'union), quatre-vingts, quatre-vingt-deux. Quatre-vingt-quinze. Invariable quand il suit cent et mille. Mille vingt, cent vingt. Quatre-vingts millions, quatre-vingts milliards.

Si quatre-vingt est employé comme ADJECTIF NUMÉRAL CARDINAL (=quatre-vingtième), il ne prend pas de s. Page quatre-vingt (=quatre-vingtième page). Article quatre-vingt.

ON NOTERA LA PLACE DES TRAITS D'UNION DANS TOUS LES EXEMPLES.

Pour en savoir + lire l'article :

Savoir orthographier les adjectifs numéraux cardinaux (cent ou cents, vingt ou vingts...) + des millions, des milliards, des billions + Une réflexion sur "les liaisons dangereuses" de Michel Serres

 

<< 17 Délires autour de ma soif de connaissances -Ho ! vous en voulez trop savoir.*

>> 19 Délires de la vieille Marie toute bouleversée -" L'amour n'a point d'âge : il est toujours naissant."

 

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 16:01

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 C'est alors que Marie Cratère nous invectiva.

« Je vous vois là bien hardies2, femelles, à vous approcher de la pestiférée, de la lépreuse, du suppôt de Satan – des épithètes toutes charmantes dont on m'affuble sans vergogne. Mais peut-être me trompé-je sur vos intentions. Venez-vous pour me caresser dans le sens du poil ou pour m'insulter ostensiblement ? À qui donc ai-je affaire ? »

 

Moi qui, on me connaît, n'avais pas la langue dans ma poche, je ne voulus pas tergiverser, et lui répondis tout de go, en des termes choisis pour lui plaire.

N'avais-je pas appris de Sissi la commère les dons de la vieille qui ne refusait jamais de venir en aide à ses semblables quand ils avaient épuisé les effets inefficaces des remèdes allopathiques. Pour tout dire, j'étais là pour devenir son élève si tant est que la savante recluse voulût bien accepter de m'enseigner les rudiments de son art.

 

« Tout doux, ma belle, me répondit-elle. Quand je t'aurai appris les vertus émollientes, adoucissantes, calmantes, diurétiques, stimulantes, vomitives, aphrodisiaques, dépuratives, fébrifuges, antiseptiques, sudorifiques, astringentes, antispasmodiques, antitussives, toniques, digestives, laxatives et apaisantes des plantes, tu voudras en savoir davantage et me demanderas le nom des vénéneuses.

C'est bien mal me connaître. Prends-moi quelques jours chez toi, n'aie pas peur, je serai docile et silencieuse comme un agneau3. »

 

Marie Cratère mesura les accents de ma sincérité, et consentit à me faire confiance. Elle me proposa sur le champ d'aller cueillir les herbes bénéfiques, par monts et par vaux, en parcourant l'adret et l'ubac des montagnes, de grappiller au creux des vallons, en traversant les vastes prairies parsemées de ronds de sorcières. Et nous nous en allâmes ainsi, côte à côte, à la recherche des végétaux précieux dont on tirerait toute la quintessence.

 

La laie renonça à la course et proposa un somme à ses petits qui s'étaient déjà lovés dans son giron. 

............................................................ 

*1 (titre) - Ho ! vous en voulez trop savoir !

Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, écrivain, moraliste, essayiste, 1715 - 1747.

Il nous a donné aussi la célèbre maxime : 

Pour exécuter de grandes choses, il faut vivre comme si on ne devait jamais mourir.

Cet aimable marquis nous a quittés à l'âge de trente-deux ans en nous laissant de belles pensées.

2-Je vous vois là bien hardies - hardi, h aspiré, pas de liaison. La hardiesse.

3-je serai docile et silencieuse comme un agneau. cf. Le Silence des Agneaux, The Silence of The Lambs, roman de Thomas Harris adapté au cinéma par Jonathan Demme en 1991.

 

NOTES

des épithètes toutes charmantes dont on m'affuble sans vergogne

une épithète substantif féminin

tout adverbe exceptionnellement variable 

Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe variable dans certains cas et substantif

sans vergogne, sans honte

 

Peut-être me trompé-je (ou me trompè-je)

verbe se tromper au présent de l'indicatif, avec le sujet je inversé.  

C'est un peu fort ! m'exclamé-je, /s'exclame-t-il.

Remarque sur l'inversion du sujet je avec un verbe au présent de l'indicatif

me trompé-je / m'exclamé-je

me trompè-je, m'exclamè-je (forme rare) 

Le Conseil supérieur de la langue française a recommandé en 1990 de remplacer é par è. L’Académie admet cette proposition.

Voir l'article eussé-je, eussè-je, fussé, fussè-je, fût-ce, fussent-ils...

 

Venez-vous pour me caresser dans le sens du poil ou pour m'insulter ostensiblement ?

Ostensible, que l'on montre ouvertement

 

À qui donc ai-je affaire ?

Voir l'article > Avoir affaire ou avoir à faire ? Les affaires, une affaire de coeur, j'en fais mon affaire, je lui ai fait son affaire, une ténébreuse affaire, faire le bizness... 

 

quand ils avaient épuisé les effets inefficaces des remèdes allopathiques

Allopathie, médecine classique (différente de l'homéopathie et des médecines douces)

 

j'étais là pour devenir son élève si tant est que la savante recluse voulût bien accepter de m'enseigner

ou

si tant est qu'elle voulait bien accepter...

Si tant est que, locution conjonctive qui exprime une supposition mais elle est douteuse.  

Subjonctif ou indicatif après si tant est que 

 Voir l'article > Si  

 

par monts et par vaux, en parcourant l'adret et l'ubac des montagnes, à grappiller au creux des vallons

Par monts et par vaux. Vaux ou vals pluriels de val. 

L'adret et l'ubac, le versant au soleil et celui de l'autre côté. 

Grappiller, cueillir de petites choses (vient de grappe).

 

des végétaux précieux dont on tirerait toute la quintessence.

La quintessence, principe essentiel d'une substance.

 

ses petits qui s'étaient déjà lovés dans son giron

Se lover, s'enrouler sur soi-même.  

Le serpent se love.

lover, ployer en rond.

Lover un câcle.

 

L'ACCORD DES PARTICIPES PASSÉS

DES VERBES PRONOMINAUX

 

 A- Les participes passés des verbes pronominaux de sens réfléchi et ceux de sens réciproque suivent la même règle d'accord que les verbes conjugués avec l'auxiliaire AVOIR, ils s'accordent avec le COD (le complément d'objet direct) s'il y a un COD et s'il est placé avant.

 

1-Pronominaux de sens réfléchi

 Les petits s'étaient lovés dans son giron.

Ils avaient lové qui ? se qui est le pronom réfléchi représentant les petits. (eux-mêmes)

Elle s'est piquée. Elle a piqué qui ? se (elle-même)

Elle s'était regardée dans la glace.

Elle avait regardé qui ? se (elle-même)

 

2- Pronominaux de sens réciproque

Paul et Virginie se sont tant aimés (l'un l'autre).

 Paul a aimé Virginie et Virginie a aimé Paul.

Nous nous sommes regardés avec un air entendu.

Je l'ai regardé et elle m'a regardée.  

Nous nous sommes regardées. (si nous est féminin)

 

ATTENTION !

Elle s'est piqué le doigt.

COD placé après, pas d'accord.

Ils se sont donné des coups. Idem.

Scarlett et Rhett se sont parlé, ils se sont souri, ils se sont causé, ils se sont menti.

Pas d'accord.

Se n'est pas un COD mais un COI, un complément d'objet indirect.  

Scarlett a parlé à Rhett et Rhett a parlé à Scarlett donc pas d'accord.

 

SE SUCCÉDER

Ils se sont succédé de père en fils. SE est COI

 

B- L'accord des participes passés des verbes pronominaux se fait AVEC LE SUJET lorsque ce sont des verbes pronominaux subjectifs.

-soit essentiellement pronominaux, ils n'ont aucun sens sans le SE.

s'emparer,  s'esclaffer, s'escrimer, se gargariser, se gausser, s'insurger etc.

Les ennemis se sont emparés de la forteresse.

 

-soit des verbes pronominaux dont le SE fait partie intégrante du verbe, ces verbes qui ne sont ni réfléchis ni réciproques parce que le sujet ne fait pas l'action sur lui-même mais qui existent dans un autre sens en tant que verbe non pronominal comme s'apercevoir, se douter, se taire, se plaindre, se prévaloir, etc.

 Elle s'est doutée de quelque chose, elle s'est aperçue de son erreur, ils se sont rendus à l'évidence, nous nous sommes piqués au jeu, etc. 

 

C- Les verbes pronominaux de sens passif s'accordent avec le sujet.

Les pommes se sont bien vendues cette année.

Elles ont été bien vendues, on les a bien vendues.

 

D- Cas particuliers

Certaines locutions verbales pronominales n'ont jamais l'accord du participe passé.

 Ex : se faire mal, se faire tort, se faire justice, se rendre compte, se donner rendez-vous...

Elle ne s'est rendu compte de rien.

Ils se sont donné rendez-vous.

> Les compléments d'objet directs sont placés après le participe passé.

 

ATTENTION. Les participes passés de se plaire(à), se déplaire (à), se complaire (à), se rire (de), se jouer (de), sont invariables.

Ils se sont joué de nous. Elles s'étaient ri de vous. Elle s'est plu à me faire enrager. 

 

Pour en savoir plus, lire les articles :

>L'accord des participes passés

>Qu'est-ce qu'un verbe pronominal ? QUIZ 32 sur l'accord des participes passés des verbes pronominaux - Cas particuliers.

>QUIZ 26 sur l'accord des participes passés 

Récapitulation des articles sur l'accord des participes passés
 

<< 16 Délires sur la recherche intempestive d'un havre -"Nous ne sommes pas nés seulement de notre mère. La terre aussi est notre mère*"

>> 18 Délires sur une cueillette aromatique et médicinale. Écrire les nombres sans fautes

 

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 08:31

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À peine avions-nous fini de sécher nos larmes, si grande avait été notre émotion, que Sissi, ne perdant pas le nord°, revint à sa pensée première, celle de me trouver un toit, coûte que coûte. Elle me suggéra de rencontrer l'une de ses connaissances d'une personnalité peu commune, me confia-t-elle, et qui n'était autre que Marie Cratère, la sorcière, qu'on appelait ainsi par crainte de croiser son regard aigu et rougeoyant, comme si le feu de l'enfer allait faire éruption, alors qu'elle n'aurait pu agresser une mouche — tout au moins Sissi le croyait-elle jusque-là. Mais il en est ainsi des réputations ; elles se font, pour peu qu'on ait besoin d'un bouc émissaire, et ce serait un calvaire de vouloir les défaire.

 

« Je l'ai vu cueillir mille fois des herbes inconnues, dit mon amie toute frissonnante. Elle connaît l'art de confectionner des potions, des philtres et des onguents mystérieux. »

 

Or donc, nous approchâmes d'une habitation vétuste et solitaire et guettâmes la propriétaire. Nous l'aperçûmes à quelques pas de là qui ramassait des herbes dont nous n'avions jamais eu l'usage et dont elle seule connaissait le secret. On disait qu'elle tenait cette science de Paracelse1 lui-même, qu'elle avait rencontré dans des temps très anciens puisque, comme le Comte de Saint-Germain2, elle n'avait pas d'âge.

 

« Holà, Madame Marie ! criai-je sans me laisser impressionner. Que collectez-vous donc là qui vaille la peine ?

 Je cueille... » dit la vieillarde, sans s'étonner qu'on l'interpellât de façon aussi cavalière, alors que d'ordinaire elle était fuie comme la peste, excepté dans certaines circonstances particulières que nous verrons tout à l'heure... « je cueille, continua-t-elle, ce que Dame Nature veut bien me prodiguer. »

 

Je me piquai de curiosité et voulus en savoir davantage.

...................  

1-Le titre : Nous ne sommes pas nés seulement de notre mère.

La terre aussi est notre mère

Qui pénètre en nous jour après jour

Avec chaque bouchée que nous mangeons

Paracelse

Paracelse, de son nom suisse Theophrast Bombast von Hohenheim, en latin Philippus Areolus Theophrastus Paracelsus (vers 1493-1541) était un médecin passionné d'alchimie. Il affirmait que le corps humain, le microcosme, correspondait à l'univers, le macrocosme.

 

2-Le comte de Saint-Germain, en France entre 1750 et 1570, éveillait la curiosité par ses contes peu ordinaires et sa pratique du spiritisme. Il disait qu'il vivait déjà à l'époque de Jésus Christ.

 

NOTES

La recherche intempestive d'un havre

Intempestif, (dans le titre) qu'il ne convient pas de faire à ce moment-là, imprévu.

Il entra dans la chambre de façon intempestive et nous surprit. Ciel !

 

Sissi, ne perdant pas le nord...

Ne pas perdre le nord°, garder son sang-froid.

Perdre le nord°, perdre la tête, être déboussolé.

 

dit mon amie toute frissonnante

elle connaît l'art de confectionner des potions, des philtres

VERBES SE TERMINANT PAR ONNER. ILS PRENNENT 2N

affectionner, frissonner, collectionner, impressionner, pardonner. .

SAUF détoner (explosion), s'époumon(n)er, ramoner, téléphoner, prôner, trôner.

Voir la note des Délires n°63, dérivés des mots se terminant par on. 

Un philtre, breuvage magique destiné à inspirer l'amour.

À ne pas confondre avec un filtre qui permet de filtrer.

 

par crainte de croiser son regard aigu et rougeoyant

Aigu, aigus, aiguë, aiguës, le tréma n'est pas sur le U, même chose pour ambigu, exigu, contigu. ambiguë, contiguës etc.

La nouvelle orthographe donne aigu, aiguë, etc.

Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique Com

 

Rougeoyer, engageant, arrangeait, neigeant, ne pas oublier le E après G.

 

comme si le feu de l'enfer allait faire éruption

PARONYMES, éruption, irruption. On dit faire irruption, ici une petite liberté d'homophonie avec faire éruption. En référence au volcan. Ne s'appelle-t-elle pas Marie Cratère ?

Pour en savoir plus sur les paronymes, voir l'article Paronymes et Paronomase et faites le quiz.

 

pour peu qu'on ait besoin d'un bouc émissaire

Pour peu que, locution conjonctive de condition

AUTRES CONJONCTIONS CONDITIONNELLES si, au cas où, à condition que, à supposer que, en admettant que, à moins que, si tant est que, soit que... soit que...

Voir L'article sur le subjonctif.

Un bouc émissaire, personne sur laquelle on fait retomber les fautes des autres. (Vient du bouc choisi dans la tradition hébraïque et sur lequel pesaient toutes les fautes)

L'ALLITERATION est la répétition du même son qui doit produire un effet. Cratère, sorcière, enfer, émissaire, calvaire, défaire. Puis solitaire, propriétaire.

Le son [r] n'est jamais de bon augure !

 

que collectionnez-vous là qui vaille la peine

subjonctif dans une proposition subordonnée relative qui comporte une idée de conséquence.

 

Holà ! Interjection

1- sert à appeler quelqu'un

2- sert à tempérer. Holà ! Pas si fort !.

3- Nom masculin. Mettre le holà, mettre fin.

 

d'ordinaire elle était fuie comme la peste

Fuir - S'enfuir

intransitif, je fuis

pronominal, s'enfuir, je m'enfuis

transitif, je les ai fuies, ces bêtes immondes,

et à la forme passive, elle était fuie (on la fuyait).

 

Je voulus en savoir davantage > plus.  

Donnez m'en davantage.

À ne pas confondre avec d'avantage (un avantage, un intérêt).

Je n'ai pas d'avantage à faire un effort.= Cela ne m'apporte rien. OU BIEN  Cela ne me rapporte rien.

Ne pas confondre : davantage, d'avantage...

 

Je cueille ce que Dame Nature veut bien me prodiguer

Cueillir, cueillette, UE au lieu de EU pour avoir le son [k].

Comme écueil, orgueil, recueillir...

 

ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EMPLOYÉ AVEC AVOIR

ET SUIVI D'UN INFINITIF 4 cas.

 

1- Je l'ai vue cueillir des herbes.  

Le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant si ce complément d'objet direct fait l'action de l'infinitif.  

l' c'est-à dire la sorcière. la sorcière a cueilli des herbes.

 

2- Voici les herbes que j'ai vu cueillir.

Ici, le participe passé. ne s'accorde pas parce que le complément d'objet direct que (les herbes) ne fait pas l'action de l'infinitif.  

Les herbes ont été cueillies.

Autres exemples :

Les fruits que j'ai vus mûrir sont délicieux.

Les fruits que j'ai vu manger n'étaient pas assez mûrs.

Ces petites filles, je les ai entendues crier.

Les spectateurs d'hier soir, je les ai vus applaudir avec enthousiasme. (ils ont applaudi)

 

3- Le participe passé FAIT suivi d'un infinitif est invariable

Elle s'est fait couper les cheveux. Ils se sont bien fait avoir.

 

4- Si l'infinitif est précédé d'une préposition, règle générale, le participe passé s'accorde avec le COD placé avant.

Ce sont les livres que je t'ai donnés à lire.

Elle m'a rendu les robes que je lui avais portées à repasser.

 

ATTENTION  

Voici les opérations que tu m'as prié de faire.

Opérations est COD de faire, pas de prier, donc pas d'accord.

Je te rends les livres que tu m'as donné à lire.

> Tu m'as donné à lire des livres

OU Je te rends les livres que tu m'as donnés à lire.

> Tu m'as donné des livres à lire

Cela peut se discuter.

 

Pour en savoir plus sur les participes passés : QUIZ 26

 

<< 14 Délires chargés d'une émotion incommensurable -It's a long way to Tipperary*

<< Intermède 15 Délires pour un bestiaire. QUIZ 3 - Ces animaux qui nous parlent -"Animals are such agreeable friends"

>> 17 Délires autour de ma soif de connaissances -Ho ! vous en voulez trop savoir.*

 

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 14:35

Tous les QUIZ

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Animals are such agreeable friends - they ask no questions, they pass no criticisms. George Eliot

Les animaux sont des amis tellement agréables - ils ne posent jamais de questions, ils ne font aucune critique.

 

QUIZ

 côté du nom des animaux, mettez les numéros qui correspondent à leurs cris, paragraphe après paragraphe. La correction suit.

 

TABLEAU 1

A-Aigle

1-beugler, meugler

B-Abeille, Bourdon

2-blatérer

C-Alouette

3-bourdonner

D-Âne

4-braire

E-Bélier

5-bramer

F-Boeuf

6-cancaner

G-Mouche

7-carcailler, courcailler

H-Buffle

8-glatir

I-Caille

9-souffler

J-Canard

10-grisoller

K-Cerf

11-margauder, cacaber

 

12-réer

 

13-nasiller

 

14-raire

 

15-pituiter

 

16-margoter, margotter

 

17-raller

 

18-trompéter

 

***********************************************************

L-Chacal

19-hennir

M-Chameau

20-aboyer, clabauder (vènerie)

N-Cheval

21-bégueter

O-Chèvre

22-chuinter

P-Chien

23-blatérer

Q-Chiot

24-claqueter

R-Chouette (chevêche, effraie, hulotte)

25-roucouler

S-Cigale

26-chevroter, bêler

T-Cigogne

27-renâcler, grogner

U-Colombe

28-hurler

V-Rhinocéros

29-striduler

 

30-japper

 

31-craqueter

TABLEAU 2

A-Corbeau

32-bramer

B-Corneille

33-barrir

C-Crapaud

34-cajoler

D-Cygne

35-coasser

E-Daim

36-crailler

F-Dindon

37-raler

G-Elephant

38-glouglouter

H-Faisan

39-croasser

I-Faon

40-grailler

J-Geai

41-criailler

K-Grenouille

42-siffler

 

43-trompéter

***********************************

***********************************

L-Oiseaux de nuit, Chat-huant, hibou...

44-grésiller

M-Hirondelle

45-glapir, japper

N- Grillon

46-clapir

O-Jars

47-vagir

P-Lapin

48-gazouiller

Q-Lièvre

49-hululer, ululer

R-Lion

51-trisser

S-Merle

52-jargonner

T-Mésange

53-huer

U-Moineau

54-pépier

V-Renard

55-rugir

 

56-zinzinuler

 

57-siffler

 

TABLEAU 3

A-Crocodile

58-piauler

B-Mouton

59-brailler

C-Ours

60-glousser, caqueter

D-Paon

61-se lamenter

E-Perdrix

62-cacaber

F-Pintade

63-criailler

G-Poule

64-bêler

H-Pie

65-jacasser

I-Poulet

66-grogner

J-Poussin

67-jaser

***************************

***************************

K-Pinson

68-grommeler

L-Sanglier

69-criailler

M-Serpent

70-feuler

N-Souris

71-hurler

O-Taureau

72-nasiller

P-Tigre

73-gémir, roucouler

Q-Tourterelle

74-cacarder

R-Chat

75-mugir

S-Oie

76-jaser

T-Hyène

77-siffler

U-Perroquet

78-chicoter

V-Hibou

79-ramager

 

80-rauquer

 

81-ricaner

  82-boubouler, bubuler

La liste n'est pas exhaustive.  

 

CES ANIMAUX QUI NOUS PARLENT

 

La Solution

TABLEAU 1

Première partie

A-Aigle 8-glatir 18-trompéter

B-Abeille Bourdon 3-bourdonner

C-Alouette 10- grisoller

D-Äne 4- braire

E-Bélier 2-blatérer

F-Boeuf 1-beugler, meugler

G-Mouche 3- bourdonner

H-Buffle 9-souffler

I-Caille 7-carcailler, courcailler-11-margauder, cacaber 15-pituiter 16-margoter, margotter

J-Canard 6-cancaner 13-nasiller

K-Cerf 5-bramer 12-réer 14-raire 17-raller

 

Deuxième partie

L-Chacal -30-japper

M-Chameau 23-blatérer

N-Cheval -19-hennir

O-Chèvre 21-bégueter chevroter bêler

P-Chien 20-aboyer clabauder (vènerie) hurler

petit chien 30-japper

Q-Chiot 30-japper

R-Chouette (chevêche, effraie, hulotte) 22-chuinter

S-Cigale 29-striduler

T-Cigogne 24-claqueter 31-craqueter

U-Colombe roucouler

V-Rhinocéros 27-renâcler, grogner

 

 

TABLEAU 2

Première partie

A-Corbeau 39-croasser

B-Corneille 36-crailler 40-grailler 41-criailler

C-Crapaud 35-coasser

D-Cygne 42-siffler 43-trompéter

E-Daim 32-bramer

F-Dindon 38-glouglouter

G-Elephant 33-barrir

H-Faisan

I-Faon 37-raler

J-Geai 34-cajoler

K-Grenouille 35-coasser

Deuxième partie

L-Oiseaux de nuit, Chat-huant, hibou... 49-hululer, ululer 53-huer

M-Hirondelle 48-gazouiller 51-trisser

N- Grillon 44-grésiller

O-Jars 52-jargonner

P-Lapin 46-clapir

Q-Lièvre 47-vagir

R-Lion 55-rugir

S-Merle 57-siffler

T-Mésange 56-zinzinuler

U-Moineau 54-pépier

V-Renard 45-glapir, japper

 

TABLEAU 3

Première partie

A-Crocodile 61-se lamenter pleurer

B-Mouton 64-bêler

C-Ours 66-grogner

D-Paon 59-brailler 63-criailler

E-Perdrix 62-cacaber

F-Pintade 63-criailler

G-Poule 60-glousser caqueter

H-Pie 65-jacasser 67-jaser

I-Poulet 58-piauler

J-Poussin 58-piauler

Deuxième partie

K-Pinson 79-ramager

L-Sanglier 68 -grommeler 72-nasiller

M-Serpent 77-siffler

N-Souris 78-chicoter

O-Taureau 75-mugir

P-Tigre 70- feuler 80-rauquer

ronronner (seulement quand il expire)

Q-Tourterelle 73-gémir, roucouler

R-Chat 70-feuler miauler

ronronner (quand il inspire et quand il expire)

S-Oie 74-cacarder

T-Hyène 71-hurler 81-ricaner

U-Perroquet 76-jaser

V-Hibou 82 boubouler bubuler (hululer)

FIN

 

Cet article s'intercale entre les épisodes :

<< 14 Délires chargés d'une émotion incommensurable -It's a long way to Tipperary*

>> 16 Délires sur la recherche intempestive d'un havre -"Nous ne sommes pas nés seulement de notre mère. La terre aussi est notre mère*"

 

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 13:50

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Deux angelots, couleur d'œillet et de rose, s'enlaçaient l'un l'autre si étroitement qu'on eût dit que jamais l'amour n'avait existé avant eux. Tout au plus, ce qu'on appelle l'amour, ne pouvait être qu'un pâle reflet de ce qu'on voyait là. Des hymnes chérubiques montèrent dans nos cœurs, et nos voix imperceptibles balbutiaient leurs amènes paroles.

Et là, une cigogne blanche, tout occupée à leur prodiguer la chaleur de ses ailes au-dessus d'eux déployées, les berçait au rythme envoûtant du claquement de son interminable bec incarnat.

Était-ce elle qui les avait si douillettement installés dans un panier d'osier garni de son tiède duvet, ou bien d'autres mains célestes ? Avait-elle abandonné pour un temps ses petits cigogneaux pour sa fragile livraison ? Et que faisait-elle donc là, perdue au milieu de nulle part, alors que devait attendre, impatiente, la future jeune maman à qui l'on avait promis les jumeaux ?

 

« Madame La Cigogne, êtes-vous donc si fourbue qu'il vous a fallu vous arrêter dans cet endroit feuillu ? osai-je demander.

It's a long way to Tipperary*, gémit-elle.

J'en ai bien peur, répliqua Sissi. Tu n'es pas encore arrivée. Et tu ferais bien de te dépêcher avant qu'une parturiente irlandaise ne s'impatiente. »

 

Sur ce, la cigogne, très consciente des devoirs qu'exigeait d'elle sa fonction, saisit prestement l'anse du moïse quelques instants posé sur la mousse, et se fraya un passage à travers les ramures pour accéder jusqu'au ciel. On entendit le ténu gazouillis des petits qui accompagnait son envol. Nous les suivîmes du regard jusqu'à tant que nos cristallins pussent se tendre non sans douleur vers un point toujours s'éloignant et se rétrécissant dans l'espace infini.

Et c'est à regret que soudain nous le vîmes disparaître à jamais.  

.................................................................................. 

*  It's a long way to Tipperary, c'est loin jusqu'à Tipperary. Ballade irlandaise que chantaient les soldats américains pendant la dernière guerre, pour se donner du courage. Tipperary est un coin en Irlande.  

It's A Long Way To Tipperary, musique de Jack Judge et Harry Williams, 1912

It's a long way to Tipperary 
It's a long way to go.
It's a long way to Tipperary
To the sweetest girl I know!
Goodbye Piccadilly !  
Farewell Leicester Square !
It's a long long way to Tipperary,
But my heart's right there. 
La route est longue jusqu'à Tipperary,
La route est longue pour y aller.
La route est longue jusqu'à Tipperary,
Jusqu'à la fille la plus douce que je connaisse !
Au revoir Piccadilly,
Adieu Leicester square !
La route est longue longue jusqu'à Tipperary,
Mais c'est là qu'est mon cœur.

NOTES 

deux angelots... s'enlaçaient si étroitement qu'on eût dit...

On eût dit = on aurait dit, conditionnel passé.

Un ange (adj. angélique), un angelot, un chérubin (adj. chérubique), un séraphin (séraphique) un archange.

Voir la locution conjonctive si... que

 

Des hymnes chérubiques montèrent dans nos cœurs

Un hymne, un hymne national, l'Hymne à la Joie (de Beethoven)

Une hymne ou un hymne, chant à la louange de Dieu (pour les chrétiens).

 

et nos voix imperceptibles balbutiaient leurs amènes paroles

Amène, agréable, doux et aimable.

Aménité, amabilité pleine de charme, douceur d'un paysage.

 

une cigogne blanche, tout occupée à leur prodiguer la chaleur de ses ailes

tout, adverbe.

Voir l'article : Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif 

 

LE PARTICIPE PASSÉ EMPLOYÉ AVEC AVOIR

Il s'accorde avec le complément d'objet direct (COD), s'il y en a un, et s'il est placé avant le participe passé.

 

Jamais l'amour n'avait existé avant eux.

existé, pas d'accord puisqu'il n'y a pas de COD, le verbe est intransitif.

Etait-ce elle qui les avait si douillettement installés ?

le participe passé installés s'accorde avec le COD LES placé avant.

Avait-elle abandonné ses petits cigogneaux ?

abandonné, pas d'accord le COD est placé après.

la jeune maman à qui l'on avait promis les jumeaux

promis pas d'accord, le COD est placé après.

Il vous a fallu vous arrêter.

fallu pas d'accord, le participe passé d'un verbe impersonnel est toujours invariable.

 

LE PARTICIPE PASSÉ EMPLOYÉ AVEC L'AUXILIAIRE ETRE.

Il s'accorde avec le sujet.

Tu n'es pas encore arrivée.

le participe passé s'accorde avec le sujet tu (la cigogne). 

Pour en savoir plus sur les participes passés (tous les cas) : L'accord des participes passés + QUIZ 26  

 

avant qu'une parturiente irlandaise ne s'impatiente

Une parturiente, une femme qui accouche, une femelle qui met bas.

 

et se fraya un passage à travers les ramures

Se frayer. Lire se frai-ier, comme balayer, rayer, monnayer...

exception bayer (aux corneilles), lire ba-yer.

Rayer, différent de railler, payer, de pailler...

 

NOMS SE TERMINANT PAR URE. Sens du suffixe URE

1- un ensemble, les rameaux, la ramure, parer, la parure, le cheveu, la chevelure, le mât, la mâture...

2- le résultat d'une action, piquer, la piqûre, pincer, la pinçure (sensation de quelqu'un qui est pincé), égratigner, l'égratignure, casser, la cassure, briser, la brisure...

"Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure." Aragon

 

jusqu'à tant que nos cristallins pussent se tendre non sans douleur vers un point toujours s'éloignant et se rétrécissant dans l'espace infini.

Voir l'article :  Jusqu'à ce que, jusqu'à tant que

 

Et c'est à regret que soudain nous le vîmes disparaître à jamais.

Disparaître, paraître, naître, croître, accroître, décroître prennent l'accent circonflexe devant le T. Il disparaît, mais je disparais. Il disparaîtra, mais il disparaissait. Elle s'accroît mais elles se sont accrues.

De plus, pour le verbe CROÎTRE on met l'accent sur le Î devant le T, et à chaque fois qu'on peut le confondre avec CROIRE. Je croîs, il croît, je crûs, j'ai crû, je croîtrai, je croissais, croissant...

La Nouvelle Orthographe admet ces verbes sans l'accent circonflexe sauf pour croitre lorsqu'il y a confusion avec croire.

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

<< 13 Délires spectaculaires « Ô temps, suspends ton vol ! »

>> 15 Délires pour un bestiaire. QUIZ 3 - Ces animaux qui nous parlent -"Animals are such agreeable friends"

 

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 13:40

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Peu accoutumée aux rumeurs sylvestres, je tendis une oreille inquiète aux claquements de bec.

« Ce sera une poule égarée, présumai-je. Entre savoir et ignorer, on ne peut que supposer.1 »

Nous nous approchâmes prudemment du lieu d'où venait le bruit de claquettes. Cette bizarrerie nous plongeait dans une inconcevable perplexité. Ce que nous aperçûmes soudain au milieu d'un fourré nous bouleversa à tel point que nous ne pûmes retenir des cris de stupeur et d'apitoiement, chacun d'entre nous cinq s'exprimant dans ses vocables spécifiques.

C'était la vision la plus merveilleuse, la plus stupéfiante, la plus déconcertante, la plus saisissante, la plus surprenante, la plus irréelle, la plus inattendue2 qui se fût jamais offerte à nos yeux.

À la fois ébaudis et pétrifiés, nous ne savions à quelle émotion nous allions succomber. Nos yeux écarquillés sortaient de leur orbite. Une fièvre, plus endiablée que celle du samedi soir3, parcourut nos nerfs et nous étreignit, à notre corps défendant... et paralysé.

 

Au bout d'un temps au vol suspendu4, les petits de Sissi s'animèrent.

Youpi ! s'écria Sou.

Hourra ! se permit Ci.

Hurrah ! Youpi ! s'exclama en écho Souci.

Doucement ! gronda Sissi en chuchotant. Ils dorment, vous allez les réveiller.

Nous nous mîmes à genoux pour mieux contempler l'ineffable spectacle, et nous regrettâmes de ne rien avoir à offrir qui ne fût à la hauteur de la myrrhe ou de l'encens.

................................................

1-Entre savoir et ignorer, on ne peut que supposer*. En substance, pensée inspirée par André Gide

2-Une lettre fameuse de Madame de Sévigné à sa fille Madame de Grignan, aligne ainsi les superlatifs.

3-La Fièvre du Samedi Soir, Saturday Night Fever. Film de John Badham 1978. Ah ! John Travolta ! Sur les Bee Gees !

4-Référence au poème Le Lac.

Ô temps, suspends ton vol ! suppliait Alphonse de Lamartine quand il était dans les bras de Madame Charles qu'il évoquait sous le nom d'Elvire.

 

NOTES  

Peu accoutumée aux rumeurs sylvestres

Sylvestre, de la forêt.

 

Nous nous approchâmes prudemment

VERBES COMMENÇANT PAR APP

ILS PRENNENT GENERALEMENT 2P

approcher, appartenir, apporter, apprivoiser...

SAUF apaiser, apanager, apercevoir, apetisser, apeurer, aplanir, aplatir, apitoyer, apostasier, aposter, apostiller, apostropher, apurer.

 

Ce sera une poule égarée, présumai-je

Emploi particulier du futur, ici on note une supposition que l'on fait.

 

C'était la vision la plus merveilleuse, la plus stupéfiante, la plus déconcertante, la plus saisissante, la plus surprenante, la plus irréelle, la plus inattendue2 qui se fût jamais offerte à nos yeux.

Procédés de style :

L'ACCUMULATION
Ici, accumulation d'adjectifs

L'HYPERBOLE est une figure de style qui utilise des moyens permettant de mettre une idée en relief. Ici accumulation de superlatifs.

On peut la rencontrer dans les cas suivants : ironie, caricature, emphase, amplification.

LA SUSPENSION Figure de rhétorique. Elle met le lecteur en attente, de telle sorte qu'il s'impatiente de savoir ce qu'on lui annonce. Mise en relief d'une idée, d'un fait.

La suspension augmente l'effet des choses qu'on doit annoncer. Dictionnaire de l'Académie

Emploi de Jamais : Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques...  

la plus irréelle

MOTS COMMENÇANT PAR IRR

irréel, irrépressible, irréfléchi, irrévocable, irrésolu, irrémédiable.

Voir note du texte 3 Préfixe in-

Ils prennent généralement 2R sauf (pour les plus usités) ire (colère) irascible, iriser, iridium, iris, ironie, iroquois.

 

À la fois ébaudis et pétrifiés, nous ne savions à quelle émotion nous allions succomber

ébaudir, égayer, réjouir. S'ébaudir, littéraire . Mon âme s'ébaudit à la pensée du paradis.

 

à notre corps défendant... et paralysé.

À mon corps défendant, à contrecœur, malgré moi.  

LE ZEUGMA rapproche un mot concret et un mot abstrait ou vice versa. Il lie des mots n'appartenant pas au même registre.

Exemples :

"Vêtu de probité candide et de lin blanc."

Victor Hugo

 

"Tout jeune, Napoléon était très maigre

et officier d'artillerie

plus tard il devint empereur

alors il prit du ventre et beaucoup de pays..."

Jacques Prévert

Nous nous mîmes à genoux

PLURIEL DES NOMS SE TERMINANT PAR OU

Ils prennent généralement un S fous, cous, remous...

EXCEPTIONS : Prennent un X bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou.

Les noms qui se terminent par au, aux, aus, eau, eaux, eu, eux, eus, oeu, oeux, ou, oux, ous -Tonton et Jeannot vont à la pêche

 

pour mieux contempler l'ineffable spectacle

Ineffable, indicible, inexprimable, indescriptible, qu'on ne peut exprimer par des mots.

Ineffable s'emploie pour des choses agréables. Un bonheur ineffable, sublime.

 

nous regrettâmes de ne rien avoir à offrir qui ne fût à la hauteur de la myrrhe ou de l'encens

La myrrhe, résine aromatique du balsamier, et l'encens, substance résineuse qui donne un arôme capiteux quand on la fait brûler.

La myrrhe et l'encens furent les cadeaux précieux des Rois Mages faits à l'Enfant Jésus.

 

<< 12 Délires confidentiels -Quand on n'a pas ce que l'on aime...

>> 14 Délires chargés d'une émotion incommensurable -It's a long way to Tipperary*

 

 

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 23:00

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Le lendemain matin, je posai à Sissi une question indiscrète.

« N'as-tu donc point d'époux ? Ou bien t'es-tu acoquinée avec un lâche qui se soucie de Sou, de Si et de Souci comme d'une guigne ?°

Mon conjoint n'est pas en odeur de sainteté°, sache-le. Baucent sème à tous vents ses gamètes fertiles, et insatiables sont ses concubines. Ma vengeance, tu l'as vue. Je le trahis aussi.

Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que l'on a°, osai-je suggérer.

Que ne faut-il pas entendre ? lança Sissi. Ce n'est pas à une vieille guenon qu'on apprend à faire la grimace !*

Quelle engeance ! Mais conte-moi la lignée de ton phallocrate infidèle. N'aurait-il pas eu dans ses aïeux un Baucent  jadis fameux ?

Certes, un autre Baucent**, contemporain d'un goupil mal embouché et malfaisant*** qui avait nom Renart en des temps tourmentés. Rappelle-toi. Sans doute cet ancêtre servile avait-il pris fait et cause pour la ruse et la perversité, et mon Baucent, pour mon malheur, a hérité de ses vices tels quels. Mais puisque nous en sommes ainsi aux confidences, voudras-tu m'éclairer enfin sur ton errance ?

Je ne sais plus d'où je viens, où je suis, où je vais. Aussi veux-je m'attacher à toi, mon unique ancrage, soupirai-je.

Tu es bien sonnée à ce que je vois, grommela la laie. Bon ! Soyons pragmatiques, il te faut d'ores et déjà trouver un gîte. Suis-moi... Mais qu'entends-je ? Qui donc claquette dans le sous-bois ? »

................................................................................. 

*Ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire la grimace.° Proverbe

**Baucent, le nom du sanglier dans Le Roman de Renart, XIIème, XIIIe siècles. Renart, le nom du renard qu'on appelait un goupil à l'époque.

Voir à la fin de l'article le nom des personnages du Roman de Renart

***malfaisant, prononcer fe pas fai 

Voir l'article : Prononciation problématique de quelques mots en français

 

NOTES

t'es-tu acoquinée avec un lâche qui se soucie de Sou, de Si et de Souci comme d'une guigne ?

S'acoquiner, s'attacher à une personne louche, peu fréquentable.

Les mots commençant par AB et ABB, AC et ACC, AD et ADD, AF et AFF, AG et AGG, AL et ALL, AM et AMM, AN et ANN, etc.

Se soucier de quelqu'un comme d'une guigne, se soucier très peu de lui ou même pas du tout.  

 

Mon conjoint n'est pas en odeur de sainteté, sache-le

Ne pas être en odeur de sainteté, être mal vu. L'origine de cette expression, vient du fait que la dépouille des Saints dégage une odeur parfumée.

LES NOMS SE TERMINANT PAR TÉ ou TIÉ

ne prennent pas de E : la sainteté, l'amitié, la bonté, la velléité...

SAUF les noms féminins exprimant une contenance, assiettée, pelletée... et sauf butée, dictée, jetée, montée, portée, tétée.

 

Conte-moi la lignée de ton phallocrate infidèle

phallocrate, macho. (de phallus, membre viril en érection)

lignée, descendance, filiation.

 

Baucent sème à tous vents ses gamètes fertiles

Gamète mâle ou spermatozoïde.

 

Quelle engeance !

Engeance, personnes méprisables.

 

N'aurait-il pas eu dans ses aïeux un Baucent jadis fameux ?

aïeux, ancêtres

aïeul(s), aïeule(s), grand-père(s), grand-mère(s)

Bisaïeul, bisaïeule, père et mère des aïeuls, trisaïeuls, leurs grand-père et grand-mère.

 

Sans doute cet ancêtre servile avait-il pris fait et cause pour la ruse...

servile, qui se soumet de façon avilissante.

Une proposition commençant par SANS DOUTE, AUSSI, AINSI, PEUT-ÊTRE, À PEINE, DU MOINS, ENCORE, NON SEULEMENT, EN VAIN, etc. contient fréquemment une inversion du sujet. Ces expressions ne sont pas suivies d'une virgule.  

Sans doute viendra-t-il. Ainsi soit-il. Aussi ai-je cru qu'il s'était lassé de moi. À peine l'avais-je aperçu que je m'enfuis en courant.

Pour en savoir + 

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

Emploi de PEUT-ÊTRE. On peut dire, selon les niveaux de langue, du plus soutenu au plus familier :

Peut-être viendra-t-il ce soir.

Il viendra ce soir peut-être

Peut-être qu'il viendra ce soir.

Quand AUSSI signifie de plus et marque une idée de conséquence, il est suivi d'une virgule et il n'y a pas d'inversion.

Il est très fâché contre moi. Aussi, il ne m'écrit plus.

 

Baucent a hérité de ses vices tels quels
HÉRITER

1- verbe transitif indirect, hériter de quelque chose, devenir propriétaire d'un bien d'une succession. J'ai hérité d'une maison.

2- verbe transitif direct, littéraire, hériter quelque chose, recueillir par héritage. J'ai hérité une grosse fortune. Au sens figuré, hériter une tradition, une culture.


tu es bien sonné à ce que je vois, grommela la laie

LES VERBES SE TERMINANT PAR ELER

appeler, grommeler...

doublent le L devant le E muet quand on a le son ê. Le sanglier grommelle et la laie l'appellera. Mais, je l'appelais, elle grommela.

SAUF celer, ciseler démanteler, écarteler, geler, harceler, marteler, modeler, peler. On a un accent grave.

Je cèle, je cisèlerai, tu démantèleras, il écartèle, Il gèlerait, tu me harcèles, elle martèle, je modèle, il pèle. Mais, il gelait, tu l'écartelas.


qui donc claquette dans le sous-bois ?

LES VERBES SE TERMINANT PAR ETER

jeter, craqueter, claqueter...

doublent le T devant le E muet quand on a le son ê. Le feu craquette, l'aigle trompette.

SAUF acheter, corseter, crocheter, fureter, haleter, j'achète, je corsète, il crochèterait, tu furèteras, on halète (pas de liaison, H aspiré - le halètement)

La nouvelle orthographe donne claquète...

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique 

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

A la fin de l'article : le nom des personnages dans le Roman de Renart

<< 11 Délires pascaliens -« L'homme n'est qu'un roseau... »

>> 13 Délires spectaculaires -« Ô temps, suspends ton vol ! »

 

> Retour au début de l'article

 

QUIZ

  Vous avez dit proverbes ?

Tableau 2

Cherchez la bonne définition de chaque proverbe

parmi les 4 proposées.

A-Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que l'on a.

1-On le dit en se moquant de quelqu'un qui veut donner des leçons à plus fort que lui.

B-Ce n'est pas à un vieux singe que l'on apprend à faire la grimace.

2-On se remet toujours d'avoir perdu de l'argent.

C-C'est le chien de Jean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle.

3-Il vaut mieux se contenter de son sort.

D-Plaie d'argent n'est pas mortelle.

4-Se dit de celui qui s'éloigne quand on veut le retenir.

***

***

E-Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

1-Avec de la patience, on vient à bout de tout.

F-Tout vient à point à qui sait attendre.

2-On oublie souvent les bontés des autres mais jamais leurs méchancetés.

G-Les injures s'écrivent sur le marbre et les bienfaits sur le sable.

3-On ne commence pas par ce qui doit être à la fin.

H-Il ne faut pas mettre la charrue devant les boeufs.

4-Même si l'on n'est pas très intelligent, on peut briller au milieu des imbéciles.

***

***

I-Il ne faut pas clocher devant le boiteux.

1-Il ne sait pas comment se tirer d'embarras.

J-Il ne sait plus de quel bois faire flèche.

2-Ne rien faire pour rappeler à l'autre son infirmité.

K-Qui se fait brebis, le loup le mange.

3-Nous ne sommes affligés que de maux supportables, grâce à Dieu.

L-A brebis tondue, Dieu mesure le vent.

4-Gare aux méchants si vous êtes trop bon !

***

***

M-On ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs.

1-Donner à chacun son dû, ce n'est que justice.

N-Qui casse les verres les paie.

2-On fait chez soi comme on aime.

O-Il faut rendre à César ce qui appartient à César.

3-On doit réparer le dommage que l'on cause.

P-Charbonnier est maître en sa maison.

4-Difficile d'arriver à ce que l'on veut sans peine.

***

***

Solution ci-dessous

A3 B1 C4 D2 - E4 F1 G2 H3 - I2 J1 K4 L3 - M4 N3 O1 P2

A-Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que l'on a.

3-Il vaut mieux se contenter de son sort.

B-Ce n'est pas à un vieux singe que l'on apprend à faire la grimace.

1-On le dit en se moquant de quelqu'un qui veut donner des leçons à plus fort que lui.

C-C'est le chien de Jean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle.

4-Se dit de celui qui s'éloigne quand on veut le retenir.

D-Plaie d'argent n'est pas mortelle.

2-On se remet toujours d'avoir perdu de l'argent.

***

E-Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

4-Même si l'on n'est pas très intelligent, on peut briller au milieu des imbéciles.

F-Tout vient à point à qui sait attendre.

1-Avec de la patience, on vient à bout de tout.

G-Les injures s'écrivent sur le marbre et les bienfaits sur le sable.

2-On oublie souvent les bontés des autres mais jamais leurs méchancetés.

H-Il ne faut pas mettre la charrue devant les boeufs.

3-On ne commence pas par ce qui doit être à la fin.

***

I-Il ne faut pas clocher devant le boiteux.

2-Ne rien faire pour rappeler à l'autre son infirmité.

J-Il ne sait plus de quel bois faire flèche.

1-Il ne sait pas comment se tirer d'embarras.

K-Qui se fait brebis, le loup le mange.

4-Gare aux méchants si vous êtes trop bon !

L-A brebis tondue, Dieu mesure le vent.

3-Nous ne sommes affligés que de maux supportables, grâce à Dieu.

***

M-On ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs.

4-Difficile d'arriver à ce que l'on veut sans peine.

N-Qui casse les verres les paie.

3-On doit réparer le dommage que l'on cause.

O-Il faut rendre à César ce qui appartient à César.

1-Donner à chacun son dû, ce n'est que justice.

P-Charbonnier est maître en sa maison.

2-On fait chez soi comme on aime.

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Les personnages du Roman de Renart

Renart : le renard est appelé goupil jusqu'à la fin du XVIIe siècle.

Puis on l'appelle Renard d'après le nom Renart

donné au goupil dans Le Roman de Renart.

Ysengrin : le loup, éternel ennemi de Renart, toujours dupé.

Il est l'oncle de Renart.

Dame Hersent, la louve épouse d'Ysengrin.

Drouineau, l'oiseau.

Bruyant, le taureau.

Primaut, le loup, frère d'Ysengrin.

Noble, le lion, le roi des animaux.

Fiere, la lionne, son épouse

Beaucent, le sanglier.

Espineux, le hérisson.

Belin, le mouton.

Petitfouineur, le putois.

Baudoin (ou Bokart), l'âne, le secrétaire du roi.

Brun (ou Bruno ou Bruin), l'ours, d'après la couleur de son poil.

Chanteclerc, le coq.

Chanteclin, le coq, le père de Chanteclerc.

Couart, le lièvre.

Eme, le singe, l'époux de Dame Rukenawe, la guenon.

Grimbert, le blaireau : défenseur et cousin de Renart.

Grymbart, la renarde, la sœur de Renart.

Hermeline, la renarde, l'épouse de Renart.

Hersent, la louve, l'épouse d'Ysengrin.

Tibert, le chat.

Tiécelin, le corbeau.

Cado, le canard.

Blanche, l'hermine.

Brichemer, le cerf, sénéchal.

Bernard, l'âne.

Corbant, le freux.

Sharpebek, l'épouse de Corbant.

Coupée, la geline (ancien nom de la poule).

Courtois, le petit chien.

Drouin, le moineau.

Hubert, l'escoufle (milan).

Eme, le singe.

Firapel, le léopard.

Jacquet, l'écureuil.

Dame Mésange, la mésange.

Musart, le chameau, le légat du pape.

Ordegale, le castor.

Pantecroet, la loutre.

Percehaie, Malbranche, et Renardel, (ou Rovel), les fils

 de Renart et d'Hermeline.

Roonel (ou Roënel), le mâtin (le gros chien).

Dame Rukenawe, la guenon, l'épouse d'Eme, le singe.

Tardif, le limaçon.

Rousse, la mère de Renart.

Pinte et Copette, les deux poules.

Pelé, le rat.

Mouflart, le vautour.

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 17:33

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      « Chère Oli, as-tu jamais blâmé semblable finitude ? Que l'homme, au cerveau minuscule, reconnais-le, puisse vouloir embrasser les mondes infinis, conjecturer comment ils fonctionnent, élaborant des stratégies, à tâtons, et claudiquant, deux pas en avant, un pas en arrière. Voilà qu'il effleure cette connaissance, tout ver de terre, toute petite chiure de mouche qu'il est, microbe perdu, atome insignifiant, électron si peu libre, quark à l'affût de la moindre étincelle, soumis au hasard et à la nécessité, imbu d'une importance prodiguée à une dose infinitésimale, et cependant, roseau pensant*, si avide de tout savoir, de tout croire, de tout imaginer, jusqu'à se faire conspuer, jalouser, haïr de ses semblables, jusqu'à se prendre pour Dieu, jusqu'à s'enflammer, puis s'éteindre enfin sur le bûcher.

 

      — Époustouflant, chère laie pensante, que tu saches si bien mesurer la prétention des hommes. Ton sort, bien que tu ne coures qu'à ras de terre, est bien plus enviable. Tu vis au jour le jour et je t'aime telle quelle. Tes facultés, même si l'on te regarde avec mépris, sont une construction magnifique d'instincts, et de surcroît, quoique d'une intelligence toute porcine, souvent plus clairvoyante que la nôtre à bien des égards. Tu nous édifierais si l'on prenait la peine d'analyser tes qualités nombreuses. Et bon nombre d'humains ne peuvent t'égaler. Il faut, pour m'émouvoir, que je voie tes petits, si abondamment nourris qu'ils en bavent, en dormant, le lait de tes mamelles. Rien ne vaut l'amour Sissi. Rien qui ne vaille l'amour ! » 

 

Quelle fut soudain cette langueur qui pénétra nos coeurs ?**

.........................................................................  

*Blaise Pascal 

L'HOMME n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.
Toute notre dignité consiste donc en la pensée…
Travaillons donc à bien penser… "
Pensées. 

>>BLAISE PASCAL - Pensées - Les deux infinis

  Voir aussi >> LE PARI DE PASCAL ET LE PARI D'ARNOBE

................................... 

**Inspiré de Paul Verlaine, rappelez-vous :

Il pleure dans mon coeur

Comme il pleut sur la ville ;

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits !

Pour un coeur qui s'ennuie,

Ô le chant de la pluie !

[...]

NOTES

à tâtons, à l'affût, bûcher...

Quelle fut soudain cette langueur...

notre, la nôtre

L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux... + Quiz 58

La nouvelle orthographe a fait disparaître beaucoup d'accents circonflexes, mais pas tous.

Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

Je t'aime telle quelle

je t'aime telle que tu es

Tel quel (variable), comme il est, sans arrangement. Telle quelle, telles quelles, tels quels.. 

 

As-tu jamais blâmé semblable finitude ?

L'adverbe JAMAIS

On rencontre le plus souvent JAMAIS accompagné de NE, quand il est négatif.

Sachez, monsieur, que je ne vous dirai jamais oui.

 

Mais il peut se construire sans NE, avec un sens positif. En un temps quelconque, un jour.

Avez-vous jamais vu la mer ? = Avez-vous déjà vu... ? Vous est-il arrivé de... ?

C'est la femme la plus sexy que j'aie jamais vue. (subjonctif après le superlatif)

C'est le blog le plus déjanté que vous ayez jamais eu sous les yeux.

Pour marquer une opposition. C'est ce soir où jamais. C'est le moment où jamais.

Pour répondre de façon négative. Jamais de la vie. Jamais de café (pour moi) !

Devant un adjectif épithète. C'est un enfant jamais satisfait. Tu es un garçon jamais content.

Quelques expressions

à jamais, à tout jamais = pour toujours.

Jamais le dimanche ! Film grec de Jules Dassin avec Mélina Mercouri, 1960.

Jamais sans ma fille. Not without my daughter. Roman autobiographique de Betty Mahmoody, 1987.

Jamais plus jamais. Never say never again. 1983.

Sean Connery aimait raconter que c'était son épouse française, Micheline, qui avait trouvé le titre du film. 

Pour en savoir + Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques... + Adverbes et locutions adverbiales de temps

 

et, de surcroît, souvent plus clairvoyante que la nôtre

De surcroît, par surcroît (du vieux verbe surcroître) de plus, en outre.

Les pronoms possessifs : La nôtre, les nôtres, le vôtre, les leurs, les miens, la tienne, les siens etc.

 

tu nous édifierais, si l'on prenait la peine d'analyser tes qualités nombreuses

VERBES EN IER OU IR ? Tu nous édifierais (du verbe édifier)

Le futur simple et le conditionnel présent des verbes du premier groupe conservent le ER du radical, ierai, ieras ierons, ierais, ierait etc. Ne pas confondre avec les verbes en ir

je copierai, tu te fieras, il se pliera, nous pépierions...

MAIS j'accomplirai, vous nous faiblirions, elles subiraient

Homophones :

je lirai, je lierai, tu reliras, tu relieras, elle pâlirait, elle pallierait... 

de lire et lier, pâlir et pallier...

 

bien que tu ne coures qu'à ras de terre

il faut que je voie tes petits

coures ou cours/vois ou voie) : Indicatif ? Subjonctif ?

COMMENT NE PAS CONFONDRE :

1-LE PRESENT DE L'INDICATIF avec LE PRESENT DU SUBJONCTIF des personnes du singulier et de la troisième du pluriel de certains verbes (ceux du Ier groupe et quelques-uns du 3ème)  je chante, tu cueilles, ils s'aiment tous.

indicatif présent - subjonctif présent

je crie - il faut que je crie

je cours -  que je coure

tu cueilles  - que tu cueilles

elle croit - qu'elle croie

il voit - qu'il voie

il meurt - qu'il meure

Ils s'aiment - qu'ils s'aiment

Phonétiquement, c'est la même chose pour elle croit et qu'elle croie, je cours et que je coure, il voit et qu'il voie , il meurt et qu'il meure.

Certains verbes (ceux du 2ème groupe et certains du 3ème) ne prêtent pas à confusion. Je compatis, il faut que je compatisse, je le dis, il faut que je le dise, je le résous, il faut que je le résolve...

COMMENT NE PAS CONFONDRE

2-L'IMPARFAIT DE L'INDICATIF avec LE PRESENT DU SUBJONCTIF des deux personnes du pluriel IONS, IEZ

Indicatif imparfait - subjoncti présent

Hier, nous parlions - Maintenant, il faut que nous parlions

         nous résolvions - que nous résolvions

         vous méditiez - que vous méditiez

         vous régniez- que vous régniez

         nous cueillions - que nous cueillions

         nous payions - que nous payions

         vous copiiez - que vous copiiez

         vous appréciiez - que vous appréciiez

         vous craigniez - que vous craigniez

 Il faut que vous vous méfiiez des verbes en ier, iller, yer, gnez et ne pas oublier le i du radical du verbe que l'on n'entend pas clairement puisqu'il se confond avec la syllabe qui le précède.

nous cueillions, vous appréciiez, vous vous ennuyiez, vous régniez, vous craigniez, etc.

 

Un truc pour trouvez si l'on a un subjonctif, c'est de remplacer le verbe qui pose problème, par le verbe faire. (= fasse...).

Ex : Il faut que vous cueilliez les fleurs de la vie, dès aujourd'hui.

> Il faut que vous le fassiez.

Mais il faut y penser ! Dans le texte ci-dessus

- bien que tu ne coures qu'au ras de terre (bien que tu fasses)

- Il faut que je voie tes petits. (il faut que je fasse)

 

SUBJONCTIF PRESENT – CONJUGAISON

Pour tous les verbes E-ES-E-IONS-IEZ-ENT

(il faut)  que je sache, que tu ries, qu'il finisse, que nous priions, que vous feigniez, qu'elles la ramènent.

DEUX EXCEPTIONS 

-AVOIR il faut que j'aie, que tu aies, qu'il ait, que nous ayons, que vous ayez, qu'ils aient

-ETRE il faut que je/tu sois, qu'il soit que nous soyons, que vous soyez, qu'ils soient

 

POUR LE SUBJONCTIF IMPARFAIT, penser à ^T à la 3ème pers. du singulier. Il fallait qu'il cueillît, qu'il échappât, qu'il mourût, qu'il devînt. Pour tous les verbes !

(il fallait) que je susse, que tu risses, qu'il finît, que nous priassions, que vous feignissiez, qu'elles ne la ramenassent plus !

Étonnant non !

 

Rappel : pour trouver le subjonctif imparfait, pensez au passé simple.

Il chanta, qu'il chantât / il devint, que nous devinssions/ Il vainquit, qu'elles vainquissent/ il cousit, que vous cousissiez, il put, que je pusse, il mit qu'elle mît, il partit, que tu partisses/ il rechigna, que tu rechignasses/ Il apprit, que tu apprisses, enfin.

Voir : La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

QUIZ 54 Ne pas confondre l'indicatif présent et le subjonctif présent 

QUIZ 55 Ne pas confondre l'indicatif imparfait et le subjonctif présent

 

<< 10 Délires intrinséquemment nocturnes - « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles »

>> 12 Délires confidentiels - Quand on n'a pas ce que l'on aime...

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 17:10

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La fraîcheur et les rumeurs fantasmagoriques de la nuit s'immiscèrent dans mes rêves et agirent conséquemment, et à mon insu. Je fus secouée de soubresauts hystériques dus à des cauchemars incontrôlés que, illico, ma compagne compatissante se mit en devoir d'anéantir. Une claque bien sentie s'abattit sur ma joue étonnée. L'onde de choc aussitôt parvint à mes centres nerveux tout proches, provoquant un extravagant fouillis dans mes logiciels et mes périphériques biologiques déconnectés.

« D'où te vient si soudain cette humeur assassine ? m'enquis-je, amère et courroucée, aussitôt après que ma conscience se fut éclaircie.

Il suffit ! Te voilà délivrée de tes monstres oniriques, ingrate. Ton jugement s'égare, je ne veux que ton bien, lâcha la laie. »

Je me blottis contre ses soies rugueuses, entre Sou et Ci, et me sentis rassérénée.

 

Ne pouvant retrouver derechef le sommeil, je levai les yeux vers la voûte constellée — « Cliché ! » railla Sissi. — et, plongeant notre regard dans les espaces vertigineux, nous commençâmes une conversation métaphysiquement astronomique sur l'univers chiffonné1, digne de Ptolémée et d'Aristote, de Kepler, de Copernic et de Galilée, de Newton et d'Einstein, et de bien d'autres bâtisseurs de mondes innombrables.

« Dithyrambe d'une astro-physicienne de base », ponctua Sissi.

« Que contemples-tu ? interrogeai-je.

Je regarde ce que je ne vois pas. 

Développe.

Les galaxies lointaines, soupira-t-elle, et les trous noirs... les trous noirs qui nous avaleraient dans l'indifférence d'un glouglou gigantesque.

Gloups, fis-je. »

 

Des étoiles tombait une obscure clarté2, et la lune impudente et joufflue nous lorgnait. 

............................................................

1-cf. Jean Pierre Luminet, L'univers chiffonné.- l'espace cosmique à topologie variable,

       

 2- Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
 Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles ;
 L'onde s'enfle dessous, et d'un commun effort
 Les Maures et la mer montent jusques au port.

 Corneille, Le Cid (1682), Acte IV, scène 3

 

NOTES

Titre : Délires intrinsèquement nocturnes

Intrinsèque, qui est intérieur à l'objet, qui appartient à son essence même. (contraire, extrinsèque)

 

que, illico, ma compagne compatissante se mit à anéantir

illico, familier, tout de suite, sur-le-champ.

On remarque que le texte est truffé de mots appartenant à des registres différents.

Voir : Champ lexical - Champ sémantique - Niveau de langue - Registre de langue - style soutenu, courant, familier, populaire, argotique, ou vulgaire - Archaïsmes

 

l'onde de choc [...] provoquant un extravagant fouillis

-GUANT ou -GANT, -QUANT ou -CANT ? 

Verbes au PARTICIPE PRESENT

provoquant, fatiguant

extravaguant (=déraisonnant, divaguant, délirant)

Le U (GU) du radical du verbe est conservé.

À ne pas confondre avec les ADJECTIFS QUALIFICATIFS

provocant(e-s-es) extravagant(e-s-es) fatigant(e-s-es).

Tu es provocante. Des travaux fatigants.

Le participe est souvent suivi d'un complément. Son air extravagant, provoquant mon émoi, me déplut.  

Voir l'article : Ne pas confondre participes présents, gérondifs et adjectifs verbaux, (en) fatiguant fatigant – (en) convainquant convaincant – (en) émergeant émergent – (en) résidant résident... et faire le quiz

 

m'enquis-je, amère et courroucée

S'enquérir de, faire des recherches sur quelque chose ou sur quelqu'un, s'informer, se renseigner, Il se conjugue comme acquérir, requérir, conquérir.

Voir note texte 5.

Indicatif Présent, je m'enquiers, nous nous enquérons, elles s'enquièrent / Imparfait, je m'enquérais / Passé simple, je m'enquis / Futur, je m'enquerrai / Passé composé, je me suis enquis (enquise)

Subjonctif Présent, que je m'enquière, Imparfait, que je m'enquisse, qu'il s'enquît.

Conditionnel Présent, je m'enquerrais.

Participe Présent, s'enquérant.

REMARQUE, le verbe QUERIR, défectif, ne s'emploie qu'à l'infinitif.

courroucé, en colère - le courroux, littéraire pour la colère

 

m'enquis-je [...] aussitôt après que ma conscience se fut éclaircie

se fut éclaircie, passé antérieur (indicatif) dans la proposition subordonnée de temps, avec un verbe au passé simple m'enquis-je dans la principale.

> AVANT QUE + LE SUBJONCTIF

> APRES QUE + L'INDICATIF (OU LE CONDITIONNEL qui est considéré comme un temps de l'indicatif)

Tu ne pleureras pas après que j'aurai tourné les talons. Futur antérieur.

Vous auriez donc pleuré après qu'il serait parti ? Conditionnel Passé.

Il faut bonne mémoire après qu'on a menti (Corneille). Passé composé.

PROBLEME

Il est de plus en plus fréquent d'entendre le subjonctif 

après APRES QUE, c'est TRÈS CRITIQUÉ  

J'ai pleuré après que tu m'aies raconté cette histoire. 

J'ai réfléchi à tout cela après qu'elle soit venue m'en parler.

Voir dans le Trésor le paragraphe B sur la locution après que > APRÈS

On préférera : 

J'ai pleuré après que tu avais raconté cette histoire.

Je pleurai après que tu eus raconté cette histoire. (style soutenu)

Le plus-que-parfait de l'indicatif et le passé antérieur indiquent une action passée (raconter une histoire) et antérieure à une autre action passée (pleurer). 

Tu as raconté, ensuite j'ai pleuré.

Mais voilà, dans la langue courante on emploie de plus en plus (à tort) le subjonctif en imitant la tournure avec la locution conjonctive AVANT QUE qui, elle, est bien suivie du subjonctif.

Je n'ai jamais réfléchi à tout cela  avant qu'elle ne fasse cet exposé. Subjonctif présent.

Je n'avais jamais réfléchi à tout cela avant qu'elle n'ait fait cet exposé. Subjonctif passé.

Je sais bien que je pleurerai après que tu m'auras raconté cette histoire.

Futur antérieur. Ici l'action est future et également passée par rapport à une autre action future.

Ah ! Tout cela n'est pas simple !

Pour en savoir plus sur le subjonctif lisez l'article qui tente d'en débusquer les moindres pièges : L'emploi du subjonctif. 

 

te voilà délivrée de tes monstres oniriques

onirique, du rêve

 

ne pouvant retrouver derechef le sommeil

derechef, une seconde fois, encore une fois.

 

je levai les yeux vers la voûte constellée

constellé, couvert de constellations, d'étoiles

un corsage constellé de perles.

NE PAS DIRE un ciel constellé d'étoiles,  

ce serait un PLÉONASME.              

Le mot constellé contient déjà le mot étoile

(stella, stellaire, constellation, etc.)    

 

d'autres bâtisseurs de mondes innombrables

Innombrable, 2N : préfixe in-, radical nombre.

 

Un dithyrambe, un éloge plein d'enthousiasme, qui frise parfois l'exagération. Un discours dithyrambique

 

Gloups ou glou, onomatopée qui imite le bruit de la déglutition.

Qu'est-ce qu'une interjection ? Qu'est-ce qu'une onomatopée ?

 

Des étoiles tombait une obscure clarté

une obscure clarté, sujet inversé de tombait.

 

L'OXYMORE ou OXYMORON,  figure de style, alliance de mots dont le rapprochement est inattendu, les termes étant des contraires.

Exemples :

"Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles ;"
Pierre Corneille

 

"Je la hais d'amour comme tout un chacun."

Robert Desnos

 

"Ma seule étoile est morte, — et mon luth constellé

Porte le soleil noir de la Mélancholie."

Gérard de Nerval

 

"Par ma foi, voilà un beau jeune vieillard pour quatre-vingt-dix ans ! ”

Molière

 

La lune impudente et joufflue nous lorgnait.

LA PERSONNIFICATION, figure de style qui nous décrit ici la lune comme un être animé.

 

<< 9 Délires amicalement compatibles - Faire contre mauvaise fortune bon coeur° - Le mot-valise

>> 11 Délires pascaliens - « L'homme n'est qu'un roseau... »

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 16:49

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Je dus m'agenouiller pour accéder à leur hauteur.

« J'ai l'air niaise », pensai-je.

J'exécrai cela. Je m'en tins à un seul bisou chacun, sur le front. Le groin m'eût débectée*.

« Et moi alors !  » s'écria la mère.

Et, sans attendre mon refus qu'intuitivement elle pressentit, elle se jeta amoureusement sur ma personne toute paralysée de confusion, et me bécota bruyamment. C'était sans compter ses deux quintaux que je reçus en pleine poitrine comme une bombe°. Nous roulâmes, comme enchaînées l'une à l'autre, jusqu'au bord d'une rivière en crue où la chute nous eût été fatale, mais la laie avisée écarta au dernier moment ses quatre pattes, ce qui la transforma en une plate-forme**, certes pas très plate, mais suffisamment pour que la roulade s'achevât. Forcées de faire contre mauvaise fortune bon coeur°, nous devînmes de vraies amies.

 

« Il serait temps de nous présenter, proposai-je. Appelle-moi Oli, du petit nom que j'ai choisi.

Et moi Sissi, répondit impérialement la laie, et mes enfants, Souci, Sou et Ci. Quand je crie “Souci !”, Souci, Sou et Ci rappliquent ici.

Pratique, le nom-valise, acquiesçai-je. »

 

La faim nous prit soudain par surprise. Il nous fallait d'urgence trouver quelque expédient. La truie fougea le sol de son solide boutoir et dénicha ce qu'elle put, les petits sucèrent goulûment ses tétins roses et généreux, j'avalai quelques baies non vénéneuses. Nous optâmes, repus, pour un repos nécessaire, après avoir prononcé doctement ces paroles hugoliennes : « Couchons-nous sur la terre et dormons*. »

 

La truie ne dormant pas, songeait tout près de moi aux effets salutaires de sa maternelle attitude.

Ahurissant non ?

............................................................................................

* "Couchons-nous sur la terre et dormons

Caïn ne dormant pas, songeait au pied des monts." 

 Cf. La Conscience dans la Légende des Siècles de Victor Hugo.

 

NOTES

Je dus m'agenouiller pour accéder à leur hauteur

Je dus, passé simple de devoir.

Voir l'article :

Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, dût

 

J'ai l'air niaise, pensai-je. 

ou

J'ai l'air niais

Avoir l'air

1-sembler, paraître. L'adjectif qui suit s'accorde avec le sujet si c'est une chose. 

Ces objets ont l'air inanimés.

2- de même s'il s'agit d'une personne (on peut intercaler être)  

Elle a l'air (d'être) idiote.

3- Si air signifie physionomie, mine, l'adjectif s'accorde avec air.  

Elle a l'air sérieux (=son air est sérieux)

4- si air est suivi d'un complément, accord avec air.

Elle a l'air méchant d'une harpie.

> Mosaïque de quelques curiosités de la Langue Française

 

*le groin m'eût débectée (débecquetée, débequetée)

débecter, débecqueter, débequeter = dégoûter, répugner (argot)

verbe au subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme)

le groin m'aurait débectée (1re forme)

Il m'aurait dégoûtée jusqu'à me donner envie de vomir.

le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct au féminin M' (ME élidé) placé avant lui

> Règles de l'accord des participes passés

 

J'exécrai cela

EX ou EXC, se fier au son. Exister (gz) exciter (ks)

exalter, exécrer (= détester, abhorrer, abominer) exaspérer, exaucer, excès, exciser... et leurs dérivés, exaltation, exécrable, excitant, existence, excessif...

EXH exhaler, exhausser (=surélever, augmenter), exhéréder (=déshériter), exhiber, exhorter, exhumer, exhaure, exhaustif, et leurs dérivés, exhalaison, exhausteur, exhibitionniste...

 

c'était sans compter ses deux quintaux que je reçus en pleine poitrine comme une bombe

un quintal, cent kilos.

Comme une bombe, avec une grande soudaineté, sans qu'on s'y attende.

 

**une plate-forme

ou plateforme d'après la Nouvelle orthographe, orthographe réformée (1990)

Cf. Renouveau :

A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z

 

La chute nous eût été fatale

conditionnel passé, elle nous aurait été fatale

 

nous devînmes de vraies amies

PASSE SIMPLE DE VENIR, TENIR et de leurs dérivés

nous vînmes, vous vîntes, nous tînmes, vous tîntes.

Nous contînmes notre joie, nous convînmes de nous taire.

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

Pratique, le nom-valise, acquiesçai-je.

acquiesçai-je : proposition incise qui indique le locuteur dans des paroles rapportées.

acquiescer (approuver) passé simple : acquiesçai-je, acquiesça-t-il

acquiescement

Un mot-valise est un mot formé de deux mots accolés, parfois tronqués, histoire de faire un jeu de mots. En un seul mot, on peut dire deux choses à la fois.

Ex. franglais, tapuscrit, alicament... ou adoléchiant, merdiateur...

Lewis Caroll, (1832-1898) auteur de Alice in Wonderland,  Alice au Pays des Merveilles a aimé faire des mots-valises.

"...there are two meanings packed up into one word " , explique-t-il.

... il y a deux sens empaquetés en un seul  mot.

Son poème The hunting of the snark, La Chasse au Snark met en scène un animal fantastique, le snark, mot valise formé de snake et et de shark, serpent et requin.

En anglais "a porte-manteau word" qui vient du français porte-manteau, anciennement une valise à deux compartiments.

> Hapax, mots-valises, mots fantômes et autres mots étranges 

 

il nous fallait trouver d'urgence quelque expédient

un expédient, un moyen de se tirer d'affaire.

Quelque, littéraire. Au singulier, un certain, un quelconque

 

après avoir prononcé doctement ces paroles hugoliennes

docte, doctement - Parler doctement, savamment, comme un livre.

hugoliennes : de Victor Hugo

 

Faire contre mauvaise fortune bon coeur

ne pas perdre courage devant les difficultés, se contenter de ce qu'on a.

 

<< 8 Délires zoologiquement inattendus - Comme un cheveu sur la soupe° 

>> 10 Délires intrinsèquemment nocturnes - « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles »

 

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  • : LE BLOG DE MAMIEHIOU - La langue française telle qu'on l'aime  De la grammaire, des exercices divers, des dictées commentées, des histoires, des textes d'auteurs, des infos pratiques...
  • : Pour tous ceux qui aiment la langue française. Son histoire, sa grammaire et son orthographe. Des dictées commentées, des exercices ébouriffants, un florilège de textes d'auteurs, etc.
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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Mon blog

Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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