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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 14:50

  FLORILÈGE

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                                                                                                                                                  I

Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

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-29-

 

 À la manière de...

 

Paul Reboux & Charles Müller

 

  TROULALA – À la manière de Chateaubriand - 1913

 

Le Pastiche est un art bien fait pour amuser le lecteur. Paul Reboux et Charles Müller y ont excellé et nous ont donné quelques textes savoureux.

Si vous vous plongez dans les oeuvres de ces deux pasticheurs de talent, vous en sucerez la substantifique moelle, et cela d'autant plus que vous connaîtrez les auteurs pastichés. Et si d'aventure Chateaubriand vous a enchanté, vous saurez puiser dans l'exercice de style de ce court extrait, tout l'humour qui en fait le charme ; à peine de quoi vous mettre l'eau à la bouche.

Que ne puis-je vous donner à lire le texte intégral : il n'est pas encore, à mon grand regret, dans le domaine public.
 

TROULALA

 [extrait]

Quand le vaisseau sur lequel j'avais réfugié mon aventureuse destinée parvint en vue du Nouveau-Monde, un orage comme on n'en voit qu'en ces contrées sembla nous condamner à notre perte. Tantôt la mer boursouflait ses flots comme des collines, tantôt des torrents d'eau s'écoulaient contre les flancs de la frégate, avec tant de force que nous recommandions sans cesse notre âme à Dieu. Les mugissements de l'abîme répondaient aux roulements de la foudre, et d'impétueux éclairs illuminaient sans interruption le chaos des éléments déchaînés. Enfin retentit un fracas plus horrible encore ; je crus que ma dernière heure était venue, et je perdis le sentiment.
Quand je revins à moi, j'étais couché sur un lit de sensitives. Un arquebousier gigantesque étendait sur mon front ses ramures. Devant moi, la Savane déroulait ses riants tableaux. Ici paissaient des biches ; là se pourchassaient des opossums ; plus loin des ocarinas, sortes de rongeurs assez semblables à nos lapins d'Europe, se balançaient aux branches, suspendus par leurs longues queues.
Près de moi se trouvait une jeune femme dont la céleste beauté me fit croire que l'ange du sauvetage se présentait à ma vue.


Ô vierge, m'écriai-je en versant des larmes de reconnaissance, quel est ton nom?
Je me nomme Troulala, répondit-elle. Mon père est un cacique renommé qui règne sur la tribu des Zagaragar. Tandis qu'il est allé porter ses offrandes aux Manitous et aux Génies des Roches, il m'a confié le soin de veiller sur tes jours.

 
Ah ! qu'il eût mérité d'être plaint, celui qui ne se fût pas, à ces paroles, prosterné, plein de gratitude, devant les décrets de la divine Providence ! Mes pleurs ruisselaient sur mes joues, tel un flot que les abîmes de la terre essaient en vain de retenir, ou tel le lait nourricier, mais inutile, que le sein de la mère fait jaillir comme une libation sur le tombeau du défunt nouveau-né. Je saisis la main de Troulala et la pressai contre mes lèvres.
Ô solitude où tout est silence et repos ! Ô plaines fortunées du Nouveau-Monde ! Ô riants bocages de chênes-fraisiers et d'arbres à pain d'épice ! Que de fois nous vous avons contemplés ensemble, soit que l'astre du jour nous inondât de ses rayons, soit que la lune brillât parmi les nuages, comme un chandelier d'argent que le Seigneur eût tenu sur nos fronts pour protéger nos naissantes amours.

 

Les séries des pastiches publiés par Reboux & Müller

À la manière de...

Paul Reboux avec la collaboration de Charles Müller :

Première série, 1908 : Maurice Maeterlinck – Paul Adam – Francis Jammes – Maurice Barrès – José-Maria de Heredia – Tristan Bernard – La Rochefoucauld – J.-K. Huysmans – Charles-Louis Philippe – Lucie Delarue-Mardrus – Conan Doyle – Henry Bataille – Jules Renard – Shakespeare

Deuxième série, 1908 : Octave Mirbeau – Henri de Régnier – Léon Tolstoï, et les romanciers russes traduits en français – Lamartine – Mme de Noailles – Baudelaire – Marcelle Tinayre – Frédéric Mistral – Pierre Loti – Gyp – Jean Jaurès – Charles Dickens, Edmond de Goncourt, Émile Zola, Alphonse Daudet

Troisième série, 1913 : Jean Racine* – Gabriele D'Annunzio – Chateaubriand – Paul Déroulède – Georges d'Esparbès – Henry Bordeaux – Henry Bataille – Paul Fort – G. Lenôtre – Max et Alex Fischer – Stéphane Mallarmé – André de Lorde – Charles Péguy – Marcel Prévost – Brieux – Abel Bonnard – Paul Verlaine – Rudyard Kipling – Émile Faguet – Catulle Mendès – Auguste Rodin – Jules Claretie – Mariani – Octave Mirbeau – Cécile Sorel – René Bérenger – Docteur Doyen – X, directeur du Matin – Léon Frapié – Rothschild – Colette Willy – Mme Séverine – Henry Bernstein

Sans la collaboration de Charles Muller :

Quatrième série, 1925, Paul Morand – Jean de La Fontaine – J.-H. Fabre – J.J. Brousson – Marcel Boulenger – Francis Carco – Gustave Flaubert – Marcel Proust – Docteur Mardrus – Paul Géraldy – Georges de Porto-Riche – Buffon – André Gide – Victor Hugo – Jean Giraudoux – Henry Bataille – Raymond Radiguet – Léon Daudet – Henri Lavedan – Comtesse de Ségur – Henry Murger – Clément Vautel – Raymond Roussel.

 

*Jean Racine pastiché

Et comment ne pas rire à la lecture de la première page de présentation de la pièce Cléopastre.


 

Cléopastre
 

Premier acte inédit d'une pièce inconnue jusqu'à ce jour,

colligé, annoté et interpolé

Par M. LIBELLULE

Professeur de troisième classe au lycée de Romorantin
 

PERSONNAGES
 

AUGUSTE, Empereur de Rome.

ANTOINE, Général romain, amant de Cléopastre.

EXUTOIRE, confident d'Auguste.

ZOÉ, confidente de Cléopastre.

ADJUPÈTE, confident d'Antoine.

 

 

 FLORILÈGE - LA PENSÉE DES AUTRES (titres des textes)

 

ACCUEIL & SOMMAIRE

Oserai-je proposer un pastiche que j'ai fait :

Une fable de Mamiehiou à la manière de La Fontaine : Le Gouda qui voulait se faire plus fort que le Camembert

 

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Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Florilège - la pensée des autres
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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