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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 13:57

LES QUIZ

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 Sauriez-vous répondre à la question ?

LES NOMS : ténèbres, abois, auspices, décombres,

entrefaites, affres, aguets, frais, alentours, gens, existent-ils au singulier ?

 

Les substantifs donnés ci-dessous sont employés généralement au pluriel, mais pas toujours. Certains ont une acception différente au singulier ou, d'emplois rares, se rencontrent dans des textes littéraires ou en poésie ; d'autres s'employaient autrefois au singulier ; d'autres encore n'existent qu'au pluriel.

Vous voulez en savoir + sur le sens des mots > Lexicographie - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales  (Le Trésor, L'Académie, etc)

 

Complétez le tableau - La solution suit

Noms au pluriel

 

Genre

M

Genre

F

Peuvent ou non s'employer au singulier

1

Ténèbres

 

 

 

2

Funérailles

 

 

 

3

Tripes

 

 

 

4

Moeurs

 

 

 

6

Sévices

 

 

 

7

Abois

 

 

 

8

Auspices

 

 

 

9

Décombres

 

 

 

10

Doléances

 

 

 

11

Entrefaites

 

 

 

12

Arrhes

 

 

 

13

Affres

 

 

 

14

Calendes

 

 

 

15

Fiançailles

 

 

 

16

Aguets

 

 

 

17

Frais

 

 

 

18

Alentours

 

 

 

19

Rillettes

 

 

 

20

Ambages

 

 

 

21

Condoléances

 

 

 

22

Gens

 

 

 

23

Annales

 

 

 

24

Confins

 

 

 

25

Honoraires

 

 

 

26

Appointements

 

 

 

27

Dépens

 

 

 

28

Matines, Laudes, Complies

 

 

 

29

Thermes

 

 

 

30

Archives

 

 

 

31

Ébats

 

 

 

32

Us

 

 

 

33

Armoiries

 

 

 

34

Entrailles

 

 

 

35

Obsèques

 

 

 

36

Vêpres

 

 

 

37

Arrérages

 

 

 

38

Épousailles

 

 

 

39

Pénates

 

 

 

40

Victuailles

 

 

 

41

Relevailles

 

 

 

42

Babines

 

 

 

43

Emplettes

 

 

 

44

Fripes ou frippes

 

 

 

45

Blandices

 

 

 

46

Retrouvailles

 

 

 

47

Ouailles

 

 

 

48

Semailles

 

 

 

49

Oubliettes

 

 

 

50

Accordailles

 

 

 

51

Agrès

 

 

 

52

Comics

 

 

 

53

Écrouelles

 

 

 

54

Effondrilles

 

 

 

55

Environs

 

 

 

59

Errements

 

 

 

60

Fringues

 

 

 

61

Hardes

 

 

 

62

Frusques

 

 

 

63

Effondrilles

 

 

 

64

Grègues

 

 

 

65

Tripous ou Tripoux

 

 

 

66

ravages

 

 

 

67

Intempéries

 

 

 

68

Lochies

 

 

 

69

Mamours

 

 

 

70

Pouilles

 

 

 

71

Menstrues

 

 

 

72

Prémices

 

 

 

73

Mânes

 

 

 

74

Gémonies

 

 

 

75

Royalties

 

 

 

76

Tricoises

 

 

 

77

Prolégomènes

 

 

 

78

Ancêtres

 

 

 

79

Bestiaux

 

 

 

80

Catacombes

 

 

 

 

Solutions

Remarque : Certains noms généralement au pluriel

peuvent avoir un autre sens au singulier.

Noms au pluriel

F : Féminin

M : Masculin

Toujours ou généralement employé au pluriel

existe au

singulier rare ou ancien

1

Ténèbres F

OUI

 

Les demi-ténèbres ou la demi-ténèbre

On trouve très rarement le mot Ténèbre au singulier. Voir TÉNÈBRE

dans   CONCORDANCE

2

Funérailles F

OUI

 

3

Tripes F

x

une tripe

4

Moeurs F

OUI

 

6

Sévices M

OUI

 Anciennement au singulier

Académie 1694-1740

7

Abois M

Être aux abois

Un aboi, cri du chien

8

Auspices M

OUI

 le plus souvent au pluriel

Un auspice

9

Décombres M

OUI

Un décombre

Le singulier est rare, littéraire

10

Doléances F

OUI

Une doléance

Au singulier, emploi vieilli ou littéraire

11

Entrefaites F

OUI

Une entrefaite

Au sing : temps qui s'écoule entre deux actions

12

Arrhes F

OUI

 

13

Affres F

OUI

 Le singulier ne s'emploie plus depuis le XVIIe siècle

14

Calendes F

Ides F

Nones F

OUI

Antiquité Romaine

Dans le calendrier romain, le quinzième jour des mois de mars, mai, juillet et octobre, et le treizième jour des autres mois. Les calendes, les nones et les ides (les calendes grecques)

 

15

Fiançailles F

OUI

 

16

Aguets M

OUI

Un aguet

Sens vieilli au singulier

17

Frais M

OUI

 

18

Alentours M

OUI

 Origine : locution adverbiale à l'entour > alentour

Cf. Littré : Seulement quand alentour est précédé de la préposition de, il n'y a plus de choix et il faut écrire alentour d'un seul mot.

19

Rillettes F

OUI

Une rillette

Usage ancien régional, longue bande de lard.

20

Ambages F

OUI

sans ambages

Une ambage

Le singulier est vieilli

21

Condoléances F

OUI

Une condoléance

Au singulier, vieux, rare

22

Gens F

( accord au masculin dans certains cas)

 

OUI*

*voir à la suite du tableau


 La gent

Cf. L'Académie 8e édition : (Pluriel : Gens.) Vieux mot qui signifiait Nation. La gent qui portait le turban, Les anciens Turcs, la nation des Turcs. Il signifiait aussi Race. La gent marécageuse. Les grenouilles. La gent trotte-menu, Les souris. Fig., La gent moutonnière, Les personnes qui font ce qu'elles voient faire, qui suivent aveuglément l'exemple des autres, comme les moutons.

23

Annales F

OUI

 

24

Confins M

OUI

Le confin

Rare au singulier

25

Honoraires

M

OUI

Un honoraire

Rare au singulier

26

Appointements M

OUI

À l'appointement figure dans Le Dictionnaire de l'Académie 1835 & 1878

27

Dépens M

OUI

 

28

Matines, F Laudes, F Complies F

OUI

Lithurgie catholique

 

29

Thermes M

OUI

 

30

Archives F

OUI

 

31

Ébats M

OUI

dans le sens de jeux de plaisirs, de l'amour

Un ébat

Au singulier, rare, littéraire

32

Us M

OUI

Us et coutumes [yzekutym]

 

33

Armoiries F

OUI

 Singulier avant 1304

34

Entrailles F

OUI

 

35

Obsèques F

OUI

 

36

Vêpres F

OUI

 Vieux, régional (synonyme de soir) :

le vêpre M, la vêprée

37

Arrérages M

OUI

 

38

Épousailles F

OUI

 

39

Pénates M

OUI

Les Pénates étaient des dieux domestiques protecteurs du foyer, chez les Romains et les Étrusques.

 

40

Victuailles F

OUI

Vieux ou littéraire, la victuaille 

 

41

Relevailles F

OUI

 

42

Babines F

x

Une babine

43

Emplettes F

x

Une emplette

44

Fripes F frippes

x

Une fripe

ou frippe

45

Blandices F

OUI

littéraire

 On trouve le singulier en poésie

46

Retrouvailles F

OUI

Une retrouvaille

Au singulier, emploi vieilli.

47

Ouailles F

x

Une ouaille

48

Semailles F

OUI

 Académie 1694 une semaille

49

Oubliettes F

OUI

 

Moins souvent au singulier :

une oubliette

50

Accordailles F

OUI

 

51

Agrès M

OUI

 

52

Comics M

OUI

 

53

Écrouelles F

OUI

 

54

Gravats M

OUI

 

55

Environs M

OUI

 

59

Errements M

OUI

 

60

Fringues F

OUI

 

61

Hardes F

OUI

 

62

Frusques F

OUI

 

63

Effondrilles F

OUI

 

64

Grègues F

OUI

 Autrefois au singulier

65

Tripous ou Tripoux M

OUI

 

66

Ravages M

x

Un ravage

Le singulier était autrefois plus courant que le pluriel

67

Intempéries F

OUI

 

68

Lochies F

OUI

 

69

Mamours M

OUI

 

70

Pouilles F

OUI

 

71

Menstrues F

OUI

Un menstrue

un dissolvant

72

Prémices F

OUI

 

73

Mânes M

OUI

 

74

Gémonies F

OUI

 

75

Royalties F

OUI

royalty

généralement au pluriel

76

Tricoises F

OUI

Une tricoise (singulier dans un autre sens)

77

Prolégomènes

OUI

 

78

Ancêtres M & F

OUI

Un ancêtre (aïeul)

une ancêtre

(aïeule)

79

Bestiaux M

OUI

Familièrement ou ironiquement en parlant d'un homme grand : "Quel bestiau !"

ou d'une bête : "Regarde le bestiau que j'ai dans mon assiette !"

80

Catacombes F

OUI

Une catacombe

Le mot est le plus souvent au pluriel

   Cette liste n'est pas exhaustive

GENS

Cf. Académie 8e édition (extrait) > GENS, n. f.

GENS sujet se met toujours au masculin. Quoique déchus de leurs honneurs et de leur fortune, ces gens paraissent heureux. Instruits par l'expérience les vieilles gens sont soupçonneux.

GENS est précédé d'un adjectif des deux genres, on met Tous au masculin. Tous les honnêtes gens. Tous les habiles gens. Quand au contraire l'adjectif qui précède Gens est F, On met Toutes. Toutes les vieilles gens.

GENS est suivi d'une épithète ou de quelque autre mot déterminatif. Tous les gens sensés, raisonnables, pieux, etc.

 

>> Retour au début de l'article

 

Voir aussi l'article > Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4.

 

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 13:01

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ON pronom personnel indéfini, 3e personne du singulier.
 

Remarques

Au XVe siècle, on trouve le verbe conjugué avec ON au pluriel. Cf. Le Trésor

ON signifiait NOUS au XVIe siècle, on le rencontrait parfois à la 1re personne du pluriel. Cf. Grevisse

 

1 ON, c'est quelqu'un mais sûrement pas toi, ni moi, ni vous.

On frappe à la porte.

 

2 ON, c'est tout le monde (moi, toi, vous et eux).

On a souvent besoin d'un plus petit que soi. La Fontaine


3 ON, c'est nous.

Il est de plus en plus fréquent d'employer ON pour NOUS

Emploi sylleptique de ON

Si le verbe se conjugue toujours à la 3e personne du singulier, le participe passé, l'adjectif, les possessifs, etc. s'accordent avec la ou les personnes dont on parle.

Qu'est-ce qu'une syllepse ?

Académie 8e édition : Figure par laquelle le discours répond plutôt à notre pensée qu'aux règles grammaticales.

 

On est contents de notre balade. On s'est bien amusés.

On n'est pas des nuls quand même.

On était invincibles quand on avait vingt ans.

On a de la chance de vivre dans notre beau pays.

On représente le groupe sujet dont je fais partie.

 

Ah ! la vie avec elle n'était pas rose ; on s'était séparés et puis raccommodés.

ON représente un groupe de deux personnes dont je fais partie, elle et moi, par exemple, ou toi et moi...

 

4 ON, c'est toi ou vous.

C'est curieux que tu ne puisses pas retenir cette leçon. Allez, on s'accroche !

Alors, on se réveille ? On a bien dormi ? On est prêts à bosser ? Debout là-dedans !

(À un enfant) Qu'est-ce qu'on dit ? On dit merci.


5 ON, c'est lui ou elle.

Comme on est belle à seize ans !

Comme on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans ! (d'après Arthur Rimbaud)

Nuance de mépris, d'ironie : Regardez-la qui fait la tête. On est vexée Germaine ?


6 ON, c'est elles ou eux.

Rosine et Loulou sont odieuses ; comme on est donc mal élevées dans cette famille !


7 ON s'accompagne de SE, de SOI

On ne s'est jamais aussi bien senti que chez soi.

Emploi sylleptique : On ne s'est jamais aussi bien sentis que chez nous.


8 ON repris par VOUS ou NOUS

On ne peut pas se passer de télévision aujourd'hui ; elle s'impose à nous.

OU

On ne peut pas se passer de télévision aujourd'hui ; elle s'impose à vous.

 

9 TU mis pour ON

Langue familière ou langage des jeunes

Tu ne peux pas te passer de télévision aujourd'hui ; elle s'impose à toi.

 

J'ai vu Fabien Marsaud, Grand Corps Malade, à l'émission ALLÔ DOCTEURS du 21 juin 2013. Il présentait son concert du 25 juin donné au profit de L'association Théodora (pour les enfants malades).

Il a parlé de sa maladie. Je rapporte ici quelques-uns de ses propos :

"[Les enfants] t'apportent plus que toi tu leur apportes."

"Y a plus de choses qui te marquent."

"... la période intubée où tu peux pas trop parler."

à voir sur la toile :

Fabien Marsaud : un grand corps malade au grand coeur ...


10 ON et NOUS : mise en relief du sujet.

Vous vous ennuyez ? Nous, on s'amuse bien ici.


11 Étymologie de On

homo (latin) > homme > om > on


12 Emploi de ON ou de L'ON : Quand faut-il choisir L'ON ? Quand faut-il l'éviter ?

>>Les homophones ont, on - l'on, l'ont, long 

................................................................................

13 Emploi sylleptique du pronom personnel dans mes Délires  :

>>158 Délires sur de froides retrouvailles dans la forêt obscure - la selva oscura*

« Je ne sache pas que, lorsqu'on s'était quittées, on se fût raccommodées dans des embrassements. »

on s'était quittées, on se fût raccommodées 

syllepse : emploi de on pour nous (Marie et moi), ce qui justifie l'accord des participes. Tournure familière

 

La syllepse est une figure de style qui permet d'exprimer notre pensée sans pour autant suivre les règles grammaticales.

Quand les pronoms personnels nous et vous sont employés pour une personne au singulier, l’adjectif, le participe passé qui s’accordent normalement avec ces pronoms, se mettent au singulier et au genre correspondant au sexe de la personne. 

 

Emploi sylleptique de ON (familier) dans le sens de NOUS.

On a été bloqués dans un embouteillage.

Regardez-nous les garçons. On n'est pas jolies ?  

 

Un autre emploi sylleptique :

« Alors mademoiselle, nous nous sommes réveillée bien tard ce matin ! Nous sommes-nous bien reposée ? »

NOUS mis pour ELLE

 

Article connexe : Remplacer ON par ce qu'il représente – QUIZ

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:08

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> AUTRES DICTÉES 

> Orthographe grammaire pour les hésitants

Correction du texte d'Anatole France : Le Coq – Le Journal de Suzanne

"Dictée" n°3

ATTENTION ! Avant de lire cet article qui donne la correction du texte, reportez-vous à l'article où vous devrez corriger les fautes d'orthographe que j'ai faites tout exprès pour exercer votre réflexion.

 

Retour aux 1re et 2e parties de l'article dans :

>> Dictée n°3 ANATOLE FRANCE - Le livre de Suzanne

 

Excellent exercice d'attention et de recherche qui vous permettra d'apprendre ou de réviser certaines règles d'orthographe et de grammaire.

3e partie de l'article

Le texte (découpé arbitrairement en 15 §) avec les fautes corrigées

suivi des explications nécessaires 

1-Suzanne ne c’était1 pas encore mis a2 la recherche du beau. Elle si3 mit à trois mois et vingts4 jours avec beaucoup d’ardeur.

S’était5 dans la salle à manger. Elle a, cette salle, un faux air d’anciennetée6 a cause des plats de faience7, des bouteilles de grès, des buires d’étain et des fioles de verre de Venise qui charge8 les dressoir. C’est la maman de Suzanne qui a arrangée9 tout cela en parisienne10 entiché11 de bibelot.

Suzanne, au milieux12 de ses vieilleries, parait13 plus fraiche14 dans sa robe blanche brodée, et l’on se dit, en la voyant la15 :

Suzanne ne s’était pas encore mise à la recherche du beau. Elle s’y mit à trois mois et vingt jours avec beaucoup d’ardeur.

C’était dans la salle à manger. Elle a, cette salle, un faux air d’ancienneté à cause des plats de faïence, des bouteilles de grès, des buires d’étain et des fioles de verre de Venise qui chargent les dressoirs. C’est la maman de Suzanne qui a arrangé tout cela en Parisienne entichée de bibelots.

Suzanne, au milieu de ces vieilleries, paraît plus fraîche dans sa robe blanche brodée, et l’on se dit, en la voyant là :

1 Suzanne ne s’était pas encore mise : verbe pronominal se mettre (à) - Ici le participe passé mise s'accorde avec le sujet

2 à la recherche : à, préposition avec un accent grave.

Ne pas confondre avec le verbe (ou auxiliaire) avoir : Il a un pantalon. Il a bien chanté.

3 Elle s'y mit, s'y mettre, se mettre à la recherche – Y pronom personnel qui remplace à la recherche.

4 Vingt jours – les adjectifs numéraux vingt et cent prennent un S lorsqu'ils sont multipliés par un nombre qui les précède (quatre-vingts, trois cents) et non suivis d'un autre nombre (quatre-vingt cinq, trois cent douze)

5 C’était dans la salle, c'est dans la salle (ici, il n'y a pas de verbe pronominal)

> cela se passait dans la salle à manger.

6 ancienneté

Les noms féminins se terminant par -té ou -tié s'écrivent sans -é .

Ce sont des noms abstraits ou des qualités.
Exemples : l'amitié, la liberté, la volonté.

Ils sont formés à partir des adjectifs qui leur correspondent.

obscur, obscurité – cher, cherté – beau, beauté.


Exceptions : 
1. la dictée, la jetée, la montée, la pâtée, la portée.
2. les noms féminins qui indiquent une quantité ou un contenu.

Exemples : une portée, une brouettée, une charretée...

7 faïence, un tréma sur le ï pour prononcer fa-ïence

8 qui chargent, le sujet qui, pronom relatif remplace bouteilles, buires, fioles au pluriel.

9 la maman de Suzanne qui a arrangé, a arrangé, passé composé du verbe arranger. Le participe passé arrangé ne s'accorde avec aucun mot (pas de complément d'objet direct placé avant lui)

Le cod tout cela est placé après.

10 une Parisienne, une habitante de Paris : il faut une majuscule, c'est un nom. Mais on aurait l'adjectif parisienne sans majuscule, par exemple : une allure parisienne.

11 une Parisienne entichée de bibelots : entichée s'accorde avec le substantif féminin.

12 au milieu, un milieu (singulier) les milieux (pluriel)

> Les noms qui se terminent par au, aux, aus, eau, eaux, eu, eux, eus, oeu, oeux, ou, oux, ous - QUIZ 73

13 au milieu de ces vieilleries – ces, adjectif démonstratif, les vieilleries dont on vient de parler.

Ses vieilleries signifierait qu'elles appartiennent à Suzanne (ses, adjectif possessif) ce qui n'est pas le cas.

14 Suzanne paraît plus fraîche

Les verbes en AÎTRE et OÎTRE garde leur accent circonflexe sur le Î devant le T : ÎT - il paraîtra, il décroît, il disparaîtrait...

15 en la voyant là – l'adverbe de lieu LÀ a un accent grave.

 

2-« C’est, en vérité, une petite créature toute neuve ! » Elle est indifférente à cette vaiselle15 d’aieux17, aux vieux portraits noirs et aux grands plats de cuivres18 pendus aux murs. Je compte bien que, plus tard, toutes ces antiquités lui donnerons19 des idées fantastiques et ferons19 germer dans sa tête des rêves bizares, absurdes et charmants. Elle aura ses visions. Elle y excercera20, si son esprit si21 prête, cette jolie imagination de détail et de style qui embellie22 la vie. Je lui conterais23 des histoires incensées24 qui ne serons25 pas beaucoup plus fausses que les autres, mais qui serons25 beaucoup plus belle26 ; elle en deviendra folle. Je souhaite à tous ceux que j’aime un petit grain de folie. Cela rend le cœur gay27.

« C’est, en vérité, une petite créature toute neuve ! » Elle est indifférente à cette vaisselle d’aïeux, aux vieux portraits noirs et aux grands plats de cuivre pendus aux murs. Je compte bien que, plus tard, toutes ces antiquités lui donneront des idées fantastiques et feront germer dans sa tête des rêves bizarres, absurdes et charmants. Elle aura ses visions. Elle y exercera, si son esprit s’y prête, cette jolie imagination de détail et de style qui embellit la vie. Je lui conterai des histoires insensées qui ne seront pas beaucoup plus fausses que les autres, mais qui seront beaucoup plus belles ; elle en deviendra folle. Je souhaite à tous ceux que j’aime un petit grain de folie. Cela rend le cœur gai.

 

16 vaisselle SS entre deux voyelles pour avoir le son [s] sauf exceptions.

> Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

17 les aïeux, les ancêtres.

18 plats de cuivre, en cuivre - Complément de matière (au singulier). Complément introduit le plus souvent par de ou en qui indique de quoi, en quoi est fait un objet.

19 toutes ces antiquités...donneront...feront, verbes au futur, le sujet ces antiquités est la 3e personne du pluriel.

20 elle y exercera, verbe exercer, exercice – Prononciation de X différente dans exister et exciter.

21 si son esprit s'y prête – si son esprit se prête à cela – Y pronom personnel neutre

22 cette jolie imagination... qui embellit la vie – verbe embellir, 2e groupe. Le sujet est la 3e personne du singulier.

23 je lui conterai des histoires, futur > tu lui conteras, nous lui conterons des histoires – Ne pas confondre avec le conditionnel : je lui conterais des histoires > tu lui conterais, nous lui conterions des histoires.

24 des histoires insensées, qui n'ont aucun sens.

Vous êtes sensé > vous êtes raisonnable.

Vous êtes censé réussir > vous êtes supposé réussir.

25 des histoires qui ne seront pas... qui seront... futur, 3e personne du pluriel

26 des histoires... qui seront beaucoup plus belles – belles adjectif attribut de qui (pronom relatif ayant pour antécédent histoires = qui remplace histoires)

27 Cela rend le cœur gai > joyeux.

Gay > homosexuel

3-En attendant, Suzanne ne sourit même pas au petit Baccus28 assis sur son tonneaux29. On est sérieux, à trois mois et vingt jours.

Or, c’était un matin, un matin d’un gris tendre. Des liserons emmellés à la vigne vierge encadrait la fenêtre de leurs étoiles diversement nuancée. Nous avions finis de déjeûner30, ma femme et moi, et nous causions comme des gens qui n’on rien à dire. C’étaient une de ces heures ou31 le temps coule comme un fleuve tranquile. Il semble qu’on le voit32 couler et que chaque mot qu’on dit soit un petit cailloux29 qu’on y jette. Je crois bien que nous parlions de la couleur des yeux de Suzanne. C’est un sujet innépuisable.

En attendant, Suzanne ne sourit même pas au petit Bacchus assis sur son tonneau. On est sérieux, à trois mois et vingt jours.

Or, c’était un matin, un matin d’un gris tendre. Des liserons emmêlés à la vigne vierge encadraient la fenêtre de leurs étoiles diversement nuancées. Nous avions fini de déjeuner, ma femme et moi, et nous causions comme des gens qui n’ont rien à dire. C’était une de ces heures où le temps coule comme un fleuve tranquille. Il semble qu’on le voie couler et que chaque mot qu’on dit soit un petit caillou qu’on y jette. Je crois bien que nous parlions de la couleur des yeux de Suzanne. C’est un sujet inépuisable.

28 Bacchus, le dieu romain du vin et de la vigne (> Dionysos le dieu grec)

29 un tonneau, des tonneaux - un caillou, des cailloux

> Les noms qui se terminent par au, aux, aus, eau, eaux, eu, eux, eus, oeu, oeux, ou, oux, ous - QUIZ 73

30 déjeuner, jeûner (ne pas s'alimenter) le jeûne

Ne pas confondre avec la jeunesse, les jeunes gens...

31 c'était une de ces heures où le temps coule – l'heure où, le moment ou, le jour où, etc. locutions conjonctives équivalant à quand

32 Il semble qu'on le voie : subjonctif après il semble que. Il semble que vous le voyions.

On le voit. Indicatif

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

> Ne pas confondre l'indicatif présent et le subjonctif présent de certains verbes - Quiz 54

4-« Ils sont d’un bleu d’ardoise.

Ils ont un ton de vieille33 or et de soupe à l’onion.

Ils ont des reflets verts.

Tout cela est vrai ; ils sont miraculeux. »

En ce moment Suzanne entra ; ils était, pour cette fois, de la couleur du tant, qui était d’un si joli gris. Elle entra dans les bras de sa bonne. L’éléganse mondène voudrait que se fut34 dans les bras de sa nourrisse. Mais Suzanne fait comme l’agneau de La Fontaine et comme tout les agneau : elle tête35 sa mère. Je sais bien quand pareil cas et dans cette excès de rusticité, on doit sauvé au moins les apparenses et avoir une nourrisse sèche. Une nourrisse sèche à des grosses épingle et des ruban à son bonnet comme une autre nourrisse ; il ne lui manque que du lait.

Le lait, cela regarde seullement l’enfant, tandis que tout le monde voit les rubans et les épingles. Quant36 une mère a la faiblesse de nourir, elle prends, pour cacher sa honte, une nourrisse sèche.

« Ils sont d’un bleu d’ardoise.

Ils ont un ton de vieil or et de soupe à l’oignon.

Ils ont des reflets verts. 

Tout cela est vrai ; ils sont miraculeux. »

En ce moment Suzanne entra ; ils étaient, pour cette fois, de la couleur du temps, qui était d’un si joli gris. Elle entra dans les bras de sa bonne. L’élégance mondaine voudrait que ce fût dans les bras de sa nourrisse. Mais Suzanne fait comme l’agneau de La Fontaine et comme tous les agneaux : elle tète sa mère. Je sais bien qu’en pareil cas et dans cet excès de rusticité, on doit sauver au moins les apparences et avoir une nourrisse sèche. Une nourrisse sèche a des grosses épingles et des rubans à son bonnet comme une autre nourrisse ; il ne lui manque que du lait.

Le lait, cela regarde seulement l’enfant, tandis que tout le monde voit les rubans et les épingles. Quand une mère a la faiblesse de nourrir, elle prend, pour cacher sa honte, une nourrisse sèche.

33 Ils ont un ton de vieil or et de soupe à l’oignon.

vieil or - VIEIL masculin singulier devant une voyelle ou un H MUET > Vieux ou vieil ? Beau ou bel ? Un vieux monsieur et un vieil homme - Un beau monsieur et un bel homme

oignon se prononce [onion]

34 l'élégance mondaine voudrait que ce fût... – l'élégance mondaine veut que ce soit ... subjonctif

35 elle tète sa mère, verbe téter. Ne pas confondre avec la tête.

36 quand, conjonction de subordination de temps (synonyme lorsque)

quant à, quant au, quant aux > en ce qui concerne – quant à moi, en ce qui me concerne. - quant aux enfants, pour ce qui est des enfants

5-Mais la maman de Suzanne est une étourdie qui n’a pas songer à ce belle37 usage.

La bonne de Suzanne est une petite paysane qui vient de son village, ou38 elle a élever39 sept ou huit petits frères, et qui chantent40 du matin au soir des chansons Lorraines41. On lui accorda une journée pour voir Paris ; elle revint enchanté42 : elle avait vus de beaux radis. Le reste ne lui semblait point lait, mais les radis l’émerveillait : elle en écrivis41 au pays. Cette simplicité l'a42 rend parfaite avec Suzanne, qui, de son coté, ne semble remarqué43 dans la nature entière que les lampes et les caraffes.

Mais la maman de Suzanne est une étourdie qui n’a pas songé à ce bel usage.

La bonne de Suzanne est une petite paysanne qui vient de son village, où elle a élevé sept ou huit petits frères, et qui chante du matin au soir des chansons lorraines. On lui accorda une journée pour voir Paris ; elle revint enchantée : elle avait vu de beaux radis. Le reste ne lui semblait point laid, mais les radis l’émerveillaient : elle en écrivit au pays. Cette simplicité la rend parfaite avec Suzanne, qui, de son côté, ne semble remarquer dans la nature entière que les lampes et les carafes.

37 ce bel usage, beau au masculin singulier devient bel devant une voyelle ou un H MUET > un bel homme, un beau héros (héros commence par un H ASPIRÉ)

38 son village où elle a élevé sept ou huit petits frères... où, pronom relatif qui a pour antécédent village, complément circonstanciel de lieu de a élevé

39 elle a élevé sept ou huit petits frères – verbe élever au passé composé

40 qui... et qui chante du matin au soir des chansons : les deux pronoms relatifs qui ont le même antécédent, féminin singulier.

41 elle en écrivit au pays > elle écrivit à ce sujet au pays – verbe écrire au passé simple.

42 cette simplicité la rend parfaite – la, pronom personnel qui remplace la bonne de Suzanne

43 [elle] ne semble remarquer ... que les lampes et les carafes

TRUC - Quand vous hésitez entre un participe passé et un infinitif, remplacez le verbe par faire (>infinitif) ou fait (>participe passé). Cela fonctionne (pratiquement) toujours

> elle ne semble remarquer > elle ne semble faire

6-Quand Suzanne parue44, la salle à manger devint très gay.

On rit à Suzanne ; Suzanne nous rit : il y a toujour moyen de s’entendre quand on s’aime. La maman tendit ces45 bras souples, sur lesquel la manche du peinoir coulait dans l’abandon d’un matin d’été. Alors Suzanne tendit ses petits bras de marrionette qui ne pliait pas dans leur manche de piqué. Elle écartait les doigt, en sorte qu’on voyait cinq petits rayons roses aux bouts des manches. Sa mère, éblouit46, la prit sur ces genoux, et nous étions tous trois parfaitement heureux ; ce qui tient peut-être à se que47 nous ne pensions à rien.

Quand Suzanne parut, la salle à manger devint très gaie.

On rit à Suzanne ; Suzanne nous rit : il y a toujours moyen de s’entendre quand on s’aime. La maman tendit ses bras souples, sur lesquels la manche du peignoir coulait dans l’abandon d’un matin d’été. Alors Suzanne tendit ses petits bras de marionnette qui ne pliaient pas dans leur manche de piqué. Elle écartait les doigts, en sorte qu’on voyait cinq petits rayons roses au bout des manches. Sa mère, éblouie, la prit sur ses genoux, et nous étions tous trois parfaitement heureux ; ce qui tient peut-être à ce que nous ne pensions à rien.

44 Suzanne parut, verbe paraître au passé simple.

45 la maman tendit ses bras - ses, adjectif possessif (ce sont les siens)

46 sa mère, éblouie, la prit... - éblouie : participe passé employé comme adjectif, apposé à sa mère

47 ce qui tient peut-être à ce que nous ne pensions à rien.

On écrit toujours ce devant qui ou que : CE QUI ou CE QUE

7-Cette48 état ne pouvait durer. Suzanne, pencher vers la table, ouvrit les yeux temps et si bien, qu’ils devinrent tout rond, et secoua ses petits bras comme si ils49 eussent été en bois, ainsi qu’ils en avait l’air. Il y avait de la surprise et de l’admiration dans son regard. Sur la stupiditée touchante et vénérable de son petit visage, on voyait ce glisser je ne sais quoi de spirituel. Elle poussa un cri d’oiseaux blessé.

« C’est peut-être une épingle qui l’a piqué50 », pensa sa mère, fort attaché, par bonheur, aux réalités de la vie.

Cet état ne pouvait durer. Suzanne, penchée vers la table, ouvrit les yeux tant et si bien, qu’ils devinrent tout ronds, et secoua ses petits bras comme s’ils eussent été en bois, ainsi qu’ils en avaient l’air. Il y avait de la surprise et de l’admiration dans son regard. Sur la stupidité touchante et vénérable de son petit visage, on voyait se glisser je ne sais quoi de spirituel. Elle poussa un cri d’oiseau blessé.

« C’est peut-être une épingle qui l’a piquée », pensa sa mère, fort attachée, par bonheur, aux réalités de la vie.

48 Cet état ne pouvait durer – Ce, cet, cette, ces : adjectifs démonstratifs. On écrit cet (masculin) devant un mot commençant par une voyelle ou un H MUET

49 S'IL – S'ILS : Il n'y a pas de disjonction mais une élision pour éviter l'hiatus (pour que ce soit plus agréable à l'oreille)

Si conjonction de subordination de condition, IL ou ILS pronoms personnels.

50 C’est peut-être une épingle qui l’a piquée

Le participe passé piquée (du verbe conjugué avec l'auxiliaire avoir) s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant lui : l' qui remplace Suzanne

> Qu'est-ce qu'un complément d'objet direct ? un complément d'objet second ? un complément d'objet indirect ? Qu'est-ce qu'un attribut ?

8-Ces épingles anglaises se défont sans qu’on s’en aperçoit51 et Suzanne en a huit sur elle !

Non, se n’était pas une épingle qui l'a piquait. C’était l’amour du beau.

« L’amour du beau à trois mois et vingts jours ?

Juger52 plutôt : coulée à demi hors des bras de sa mère, elle agitait les points sur la table et, s’aidant de l’épaule et du genoux, souflant, toussant, bavant, elle parvint à embrasser une assiette. Un vieille ouvrier rustic de Strasbourg (se devait être un homme simple ; la paie soit à ses os !) avait peind sur cette assiette un coq rouge. » Suzanne voulut prendre se coq ; se n’était pas pour le mangé, c’était donc parcequ’elle le trouvait beau.

Ces épingles anglaises se défont sans qu’on s’en aperçoive et Suzanne en a huit sur elle !

Non, ce n’était pas une épingle qui la piquait. C’était l’amour du beau.

« L’amour du beau à trois mois et vingt jours ?

Jugez plutôt : coulée à demi hors des bras de sa mère, elle agitait les poings sur la table et, s’aidant de l’épaule et du genou, soufflant, toussant, bavant, elle parvint à embrasser une assiette. Un vieil ouvrier rustique de Strasbourg (ce devait être un homme simple ; la paix soit à ses os ! ) avait peint sur cette assiette un coq rouge. » Suzanne voulut prendre ce coq ; ce n’était pas pour le manger, c’était donc parce qu’elle le trouvait beau.

51 sans qu'on s'en aperçoive – On a toujours le subjonctif après la locution conjonctive SANS QUE

52 Jugez plutôt – Impératif présent du verbe juger
Ne pas confondre Plutôt (synonymes selon le cas : de préférence, du moins, assez
) avec Plus tôt (moins tard)

Ne pas confondre Plutôt (synonymes selon le cas : de préférence, du moins, assez) avec Plus tôt (moins tard)

 

9-Sa mère, a qui je fis ce simple résonnement53, me répondis :

« Que tu est54 bête ! si Suzanne avait put saisir ce coq, elle l’aurait mit tout de suite à sa bouche au lieu de le contemplé. vraiment, les gens d’esprit n’ont pas le sens commun !

Elle n’y eut55 point manqué, répondis-je ; mais quesque56 cela prouve, si non que ses facultés diverses et déjà nombreuses ont pour principal organe la bouche ?

Elle a exercer sa bouche avant d’exercer ses yeux, et elle a bien fait ! Maintenant sa bouche exercer, délicate et sensible, est le meilleur moyen de connaisance qu’elle est57 encore à son service. Elle a raison de l’employer. Je vous dis que votre fille est la sagesse même. Oui, elle aurait mis le coq dans sa bouche ; mais elle lit aurait mis comme une belle chose et non comme une chose nourissante. Noter que cette habitude, qui existe en faite chez les petits enfants, reste en figure dans la langue des hommes. Nous disons gouter un poême, un tableaux, un opéra. » Pendant que j’exprimais ces idées insoutenables que le monde philosophique accepterait toute fois, si elles étaient émises dans un language58 innintelligible, Suzanne frappait l’assiette avec ses points, la grattait de l’ongle, lui parlait (et dans quel joli babile mystérieux ! ) puis la retournait avec de grandes secousses.

Sa mère, à qui je fis ce simple raisonnement, me répondit :

« Que tu es bête ! si Suzanne avait pu saisir ce coq, elle l’aurait mis tout de suite à sa bouche au lieu de le contempler. vraiment, les gens d’esprit n’ont pas le sens commun !

Elle n’y eût point manqué, répondis-je ; mais qu’est-ce que cela prouve, sinon que ses facultés diverses et déjà nombreuses ont pour principal organe la bouche ?

Elle a exercé sa bouche avant d’exercer ses yeux, et elle a bien fait ! Maintenant sa bouche exercée, délicate et sensible, est le meilleur moyen de connaissance qu’elle ait encore à son service. Elle a raison de l’employer. Je vous dis que votre fille est la sagesse même. Oui, elle aurait mis le coq dans sa bouche ; mais elle l’y aurait mis comme une belle chose et non comme une chose nourrissante. Notez que cette habitude, qui existe en fait chez les petits enfants, reste en figure dans la langue des hommes. Nous disons goûter un poème, un tableau, un opéra. » Pendant que j’exprimais ces idées insoutenables que le monde philosophique accepterait toutefois, si elles étaient émises dans un langage inintelligible, Suzanne frappait l’assiette avec ses poings, la grattait de l’ongle, lui parlait (et dans quel joli babil mystérieux ! ) puis la retournait avec de grandes secousses.

56 Elle n'y eût point manqué – Le verbe manquer est ici au subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme)

> elle n'y aurait point manqué, conditionnel passé (1re forme)

57 le meilleur moyen de connaissance qu’elle ait encore à son service

Le verbe avoir est au subjonctif présent dans la proposition relative : qu’elle ait encore à son service (verbe avoir : que j'aie, que tu aies, qu'il ait, que nous ayons...)

Quand on a un superlatif dans la proposition principale (le plus, le moins, le meilleur, le pire, le moindre, OU le premier, le dernier, le seul l'unique...) on a le subjonctif dans la relative.

58 un langage – en anglais language

inintelligible : Préfixe IN- > in- intelligible

10-Elle ni mettait pas beaucoup d’addresse59 ; non ! et ses mouvements manquaient d’exactitudes. Mais un mouvement, si simple qu’il paraisse, est très difficile à faire quant il n’est pas habituel. Et quelles habitudes voulez-vous qu’on est60 à trois mois et vingts jours ? Songer a se qu’il faut gouverner de nerfs, d’os et de muscles pour seulement lever le petit doigt. Conduire tous les fils des marrionnettes de M. Thomas Holden n’est, en comparaison, qu’une bagatelle. Darwin, qui est un observateur sagace, s’émerveillait de se que les petits enfants pussent rire et pleurer. Il écrivit un gros volume pour expliquer comment ils si prenaient.

Elle n’y mettait pas beaucoup d’adresse ; non ! et ses mouvements manquaient d’exactitude. Mais un mouvement, si simple qu’il paraisse, est très difficile à faire quand il n’est pas habituel. Et quelles habitudes voulez-vous qu’on ait à trois mois et vingt jours ? Songez à ce qu’il faut gouverner de nerfs, d’os et de muscles pour seulement lever le petit doigt. Conduire tous les fils des marionnettes de M. Thomas Holden n’est, en comparaison, qu’une bagatelle. Darwin, qui est un observateur sagace, s’émerveillait de ce que les petits enfants pussent rire et pleurer. Il écrivit un gros volume pour expliquer comment ils s’y prenaient.

59 adresse en français – address en anglais

60 Et quelles habitudes voulez-vous qu’on ait à trois mois et vingt jours ?

> Et quelles habitudes voulez-vous que nous ayons à trois mois et vingt jours ? ait, ayons, subjonctif 

11-Nous sommes sans pitié, « nous autre savants », comme dit M. Zola.

Mais je ne suis pas, heureusement, un aussi grand savant que M. Zola. Je suis superfitiel. Je ne fais pas des expériences sur Suzanne, et je me contente de l’observer, quand je puis le faire sans la contrarier.

Elle grattait son coq et devenait perplexe, ne consevant pas qu’une chose visible fut61 insaisissable. Cela passait son intelligence62, que d’ailleur tout passe. C’est même celà qui rend Suzanne admirable. Les petits enfants vivent dans un perpétuelle miracle ; tout leurs63 est prodige ; voilà pourquoi il y a une poésie dans leur regard. Prêts de nous, ils habite d’autres régions que nous. L’inconnu, le divin inconnu les enveloppent.

 

Nous sommes sans pitié, « nous autres savants », comme dit M. Zola.

Mais je ne suis pas, heureusement, un aussi grand savant que M. Zola. Je suis superficiel. Je ne fais pas des expériences sur Suzanne, et je me contente de l’observer, quand je puis le faire sans la contrarier.

Elle grattait son coq et devenait perplexe, ne concevant pas qu’une chose visible fût insaisissable. Cela passait son intelligence, que d’ailleurs tout passe. C’est même cela qui rend Suzanne admirable. Les petits enfants vivent dans un perpétuel miracle ; tout leur est prodige ; voilà pourquoi il y a une poésie dans leur regard. Près de nous, ils habitent d’autres régions que nous. L’inconnu, le divin inconnu les enveloppe.

 

61 ne concevant pas qu’une chose visible fût insaisissable. Subjonctif

Verbe concevoir > comprendre

au présent : ne concevant pas qu’une chose visible soit insaisissable.

> Valeurs et emplois du subjonctif

62 Cela passait son intelligence > cela dépassait son intelligence > elle ne pouvait pas comprendre cela.

63 tout leur est prodige – leur représente les petits enfants, pronom personnel invariable

 

12-« Petite bête ! dit sa maman.

-— Chère amie, votre fille est ignorante, mais raisonnable. Quand on voit une belle chose, on veut la posséder.

C’est un penchand naturel, que les loies ont prévues. Les Bohémiens de Béranger, qui disent que voir, c’est avoir, sont des sages d’une espèce fort rare. Si tout64 les hommes pensaient comme eux, il n’y aurait pas de civilisation et nous vivrions nus et sans art65 comme les habitants de la Terre de Feu. vous n’êtes point de leur sentiment ; vous aimez les vieilles tapisseries ou l’on voit des ciguognes sous des arbres et vous en couvrer tous les murs de la maison.

« Petite bête ! dit sa maman.

Chère amie, votre fille est ignorante, mais raisonnable. Quand on voit une belle chose, on veut la posséder.

C’est un penchant naturel, que les lois ont prévu. Les Bohémiens de Béranger, qui disent que voir, c’est avoir, sont des sages d’une espèce fort rare. Si tous les hommes pensaient comme eux, il n’y aurait pas de civilisation et nous vivrions nus et sans arts comme les habitants de la Terre de Feu. vous n’êtes point de leur sentiment ; vous aimez les vieilles tapisseries où l’on voit des cigognes sous des arbres et vous en couvrez tous les murs de la maison.

64 si tous les hommes pensaient – tous, adjectif indéfini au masculin pluriel, s'accorde avec le substantif qui le suit.

65 nous vivrions nus et sans arts

SANS suivi d'un singulier ou d'un pluriel. Règle générale : On se pose la question qui va logiquement donner la réponse : S'il y en avait, y aurait-il un art ou des arts ?

13-Je ne vous le reproche pas, loin de là. Mais comprenez donc Suzanne et son coq.

Je la comprend66, elle est comme petit Pierre, qui demanda la lune dans un seaux d’eau. On ne la lui donna pas. Mais, mon ami, n’allez pas dire qu’elle prend un coq peint pour un coq véritable, puisqu’elle n’en a jamais vu.

Non ; mais elle prend une illusion pour une réalité. Et les artistes sont bien un peu responsable67 de sa méprise.

Je ne vous le reproche pas, loin de là. Mais comprenez donc Suzanne et son coq.

Je la comprends, elle est comme petit Pierre, qui demanda la lune dans un seau d’eau. On ne la lui donna pas. Mais, mon ami, n’allez pas dire qu’elle prend un coq peint pour un coq véritable, puisqu’elle n’en a jamais vu.

Non ; mais elle prend une illusion pour une réalité. Et les artistes sont bien un peu responsables de sa méprise.

66 Verbes en DRE au présent de l'indicatif -DS -DS -D

je comprends, tu mouds, il défend

MAIS verbes en INDRE et SOUDRE -S, -S -T

je crains, tu peins, il joint

je résous, tu absous, il dissout

67 les artistes sont bien un peu responsables, responsables adjectif attribut de artistes

14-Voila bien longtemps qu’il cherche à imiter, par des lignes et des couleurs, la forme des choses. Depuis combien de millier d’années est mort ce brave homme des cavernes qui grava d’après nature un mamouth sur une lame d’ivoir ! La belle merveille qu’après tant et de si longs efforts dans les arts d’imitation ils soient parvenus à séduire une petite créature de trois mois et vingts jours ! Les apparances ! Qui ne séduise-t-elle pas ? La science elle-même, dont on nous assomme, vat-elle68 au-dela de se qui semble ? Quesque69 M. le professeur Robin trouve au font de son microscope ? Des apparances et rien que des apparances.

Voilà bien longtemps qu’ils cherchent à imiter, par des lignes et des couleurs, la forme des choses. Depuis combien de milliers d’années est mort ce brave homme des cavernes qui grava d’après nature un mammouth sur une lame d’ivoire ! La belle merveille qu’après tant et de si longs efforts dans les arts d’imitation ils soient parvenus à séduire une petite créature de trois mois et vingt jours ! Les apparences ! Qui ne séduisent-elles pas ? La science elle-même, dont on nous assomme, va-t-elle au-delà de ce qui semble ? Qu’est-ce que M. le professeur Robin trouve au fond de son microscope ? Des apparences et rien que des apparences.

68 La science … va-t-elle au-delà de ce qui semble ?

Le T de va-t-elle est euphonique. On ne peut pas dire va elle.

Comme le S de Vas-y. L'impératif d'aller est Va sans S

69 qu'est-que M. Robin trouve au fond de son microscope ?

Introducteur de la phrase interrogative : est-ce que – est-ce qui

Est-ce que tu pars ? > Pars-tu ? - Qu'est-ce que tu dis ? > Que dis-tu ?

Qu'est-ce qui fait du bruit ? Qui est-ce qui part ? > Qui part ?

 

15-« Nous sommes vainement agité par des mensonges », a dit Euripide… » Je parlais ainsi et, me préparant à commenter le vers d’Euripide, j’y aurai69 sans doutes trouvé des significations profondes auquel70 le fils de la marchande d’herbes n’avait jamais pensé. Mais le milieu devenait tout à fait inpropre71 au spéculation philosophique ; car, ne pouvant parvenir a détacher le coq de l’assiette, Suzanne se jetta dans une colère qui l'a rendi72 rouge comme une pivoine, lui élargi le nez à la facon des Cafres, lui remonta les joues dans les yeux et les sourcils jusque73 au sommet du front. Ce front, tout à coup rougi, bouleversé, travaillé de bosses, de cavités, de sillons contraires, resemblait à un sol volcannique. Sa bouche se fendit jusque aux73 oreilles et il en sortit, entre les gencives, des hurlements barbares. […]

 « Nous sommes vainement agités par des mensonges », a dit Euripide… » Je parlais ainsi et, me préparant à commenter le vers d’Euripide, j’y aurais sans doute trouvé des significations profondes auxquelles le fils de la marchande d’herbes n’avait jamais pensé. Mais le milieu devenait tout à fait impropre aux spéculations philosophiques ; car, ne pouvant parvenir à détacher le coq de l’assiette, Suzanne se jeta dans une colère qui la rendit rouge comme une pivoine, lui élargit le nez à la façon des Cafres, lui remonta les joues dans les yeux et les sourcils jusqu’au sommet du front. Ce front, tout à coup rougi, bouleversé, travaillé de bosses, de cavités, de sillons contraires, ressemblait à un sol volcanique. Sa bouche se fendit jusqu’aux oreilles et il en sortit, entre les gencives, des hurlements barbares.

69 j’y aurais sans doute trouvé des significations profondes – verbe trouver au conditionnel passé > nous y aurions trouvé sans doute...

70 des significations profondes auxquelles le fils de la marchande d’herbes n’avait jamais pensé – auxquelles, pronom relatif ayant pour antécédent significations, complément d'objet indirect de n'avait jamais pensé -

 > le fils de la marchande d’herbes n’avait jamais pensé à des significations profondes.

  Pronoms relatifs formés avec quel : singulier : lequel, auquel, duquel, (à) laquelle - pluriel : lesquels, lesquelles, auquel, auxquels, auxquelles, desquels,, desquelles,

Exemple : les jeunes filles à côté desquelles je m'étais assis étaient fort plaisantes.

71 impropre aux spéculations philosophiques > le singulier serait : impropre à la spéculation philosophique

impropre M devant P

 Le N devient M devant M B et P sauf bonbon, bonbonne, bonbonnière, embonpoint, néanmoins

Exemples immaculé, imberbe, importer

72 une colère qui la rendit rouge comme une pivoine – verbe rendre au passé simple – La, pronom personnel remplaçant Suzanne.

Si l'on avait le passé composé, on aurait : une colère qui l'a rendue rouge

73 jusqu'au sommet du front – jusque est élidé

Même chose pour : jusqu'aux oreilles

> Quoique, puisque, lorsque, quelque, et presque s'élident-ils ? Si oui dans quels cas ? 

 

 

Suite du texte sans fautes

 

« À la bonne heure ! m’écriai-je. voilà l’éclat des passions ! Les passions, il n’en faut pas médire. Tout ce qui se fait de grand en ce monde est fait par elles. Et voici qu’un de leurs éclairs rend un tout petit bébé presque aussi effrayant qu’une menue idole chinoise. Ma fille, je suis content de vous. Ayez des passions fortes, laissez-les grandir et croissez avec elles. Et si, plus tard, vous devenez leur maîtresse inflexible, leur force sera votre force et leur grandeur votre beauté. Les passions, c’est toute la richesse morale de l’homme.

Quel vacarme ! s’écrie la maman de Suzanne. On ne s’entend plus dans cette salle, entre un philosophe qui déraisonne et un bébé qui prend un coq peint pour je ne sais quoi de véritable. Les pauvres femmes ont bien besoin de sens commun pour vivre avec un mari et des enfants !

Votre fille, répondis-je, vient de chercher le beau pour la première fois. C’est la fascination de l’abîme, dirait un romantique ; c’est, dirai-je, l’exercice naturel des nobles esprits. Mais il ne faut pas s’y livrer trop tôt et avec des méthodes trop insuffisantes. Chère amie, vous avez des charmes souverains pour calmer les douleurs de Suzanne.

Endormez votre fille. » 

 

Voir la suite sur WIKISOURCE : SUZANNELe livre de Suzanne ( 1- Le Coq)

> Le Livre de Suzanne - SuzanneWikisource

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Trouvez la terminaison correcte : -I, -IE, -IS, -IES, -IT, -ÎT

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Les questions qu'il faut se poser :

Est-ce un adjectif, un participe passé employé comme adjectif ?

> Si oui, que deviendrait-il au féminin : IE, ISE, ITE ?

Si le participe passé fait partie d'un verbe conjugué dois-je faire l'accord ?

> Je repère s'il y a un complément d'objet direct placé avant lui, etc.

 

Est-ce un verbe conjugué au présent de l'indicatif ? > IS IS IT

au passé simple ? > IS IS IT

au subjonctif imparfait ? > ÎT

Vous pouvez lire les explications qui suivent le texte avant de faire l'exercice

 

Le petit chat de Madeleine est parti

 

Madeleine raconte :

Ce matin, mon petit chat a aboli... les règles et franchi... la barrière de mon petit jardin. Je suis abasourdi.... Je croyais avoir acqui... sa confiance. Que nenni ! Son absence assombri... ce jour et je me sens anéanti....

J'ai réfléchi.... Que pouvais-je donc faire ?

J'ai gravi... la colline voisine. Mes cris ont retenti... si fort et si longtemps que j'en ai vomi... mon petit déj.

Qui ne se serait pas enqui... de lui dans tout le voisinage ?

Je l'avais pourtant averti... et j'ai cru que les soins que je lui prodiguais l'avaient conqui... et sédui... pour la vie. Pourquoi donc s'est-il enfui... ? Je lui avais interdi... de me quitter. Le monde est rempli... d'ennemis ; ne le lui avais-je pas di... ? C'était pourtant un petit chat averti....

Je l'ai nourri..., je l'ai chéri..., je l'ai servi... comme un prince, je ne l'ai jamais puni..., jamais haï..., jamais honni... quoi qu'il fi... ; j'ai écri... pour lui des vers que je li... et reli... pour me bercer de son souvenir.

Et il est parti... ! Il s'est évanoui... dans la nature ! Il m'avait promi... qu'il ne me quitterait pas et il a menti.... Il m'a trahi....

N'est-il pas déjà rédui... en bouillie, aplati... par quelque véhicule ?

J'ai tant pleuré que mes yeux en ont rougi..., mes cheveux ont blanchi... et mes larmes sont d'ores et déjà tari.... Je me sens meurtri..., empli... de haine et enlaidi... par le chagrin.

Je frémi... de peur pour lui et je gémi... en l'attendant sur le pas de ma porte.

Soudain l'air a fraîchi... et j'en suis toute refroidi....

Il y a un instant, j'ai tressailli.... N'était-ce pas un cri de mon petit ?

Le voici qui rapplique tout réjoui.... Il ignore les angoisses que j'ai ressenti....

Instant béni... ! Mon imagination a fini... d'envisager le pire. Et me voilà toute ragaillardi....

Viens, mon petit chat que je chéri.... Ne me donnes-tu pas là une joie inouï... ?

Voilà une histoire qui fini... bien, me direz-vous.

 

Vous trouverez la correction de cet exercice à la fin de l'article, après les règles de grammaire qui éclaireront votre lanterne si tant est qu'il faille qu'elle soit éclairée.

 

Comment reconnaître les verbes du 2e groupe de ceux du 3e groupe qui se terminent par IR ?

Les verbes du 2e groupe ont leur participe présent en ISSANT pas ceux du 3e groupe.

Ex : 2e groupe : réunir, réunissant

3e groupe : sentir, sentant

MAIS maudire, maudissant

 

Remarque sur les participes passés :

On peut rencontrer des participes passés

 

a-lorsqu'ils sont conjugués avec un auxiliaire avoir ou être à un temps composé

ex : Il a ri trop longtemps et il s'est senti mal. (passé composé par exemple)

b- ou à la voix passive avec l'auxiliaire être

J'ai été saisi d'une rage irrépressible.

 

Le participe passé peut-être

participe passé verbal :

Ma journée finie, je sortais pour voir la lune et ma nuit s'écoulait remplie de rêves.

Ma journée finie est une proposition participiale, le participe passé finie a un sujet propre : ma journée. Elle équivaut à la proposition Quand ma journée était finie.

participe passé employé comme adjectif :

Tu es enfin devenu un homme réfléchi.

participe passé substantivé (nom)

C'est vraiment tous des pourris !

 

UN TRUC pour repérer la terminaison en i, is, it du participe passé : chercher la forme au féminin :

-I > -IE

démenti > démentie - subi > subie -fini > finie – ravi > ravie - chéri > chérie, choisi > choisie...

-I > -IT

écrit > écrite – dit > dite – contredit > contredite...

-IS > -ISE

commis > commise - compris > comprise – assis > assise...

Attention ! Il y a des exceptions selon le sens du mot comme :

béni, bénie ou bénit, bénite – subi, subie ou subit, subite

> bénit s'emploie pour quelque chose qu'un prêtre a béni :

exemples : l'eau bénite, le pain bénit.

Son père l'a béni avant de le voir s'en aller.

Expression familière : C'est pain bénit ! C'est bien mérité !

> subi (ie) est un participe passé, subit (te) est un adjectif :

Il a subi des dommages - Une mort subite (qui surgit inopinément). J'ai eu alors une inspiration subite.

 

CORRECTION

Le petit chat de Madeleine est parti

 

Ce matin, mon petit chat a aboli les règles et franchi la barrière de mon petit jardin. Je suis abasourdie. Je croyais avoir acquis sa confiance. Que nenni ! Son absence assombrit ce jour et je me sens anéantie.

J'ai réfléchi. Que pouvais-je donc faire ?

J'ai gravi la colline voisine. Mes cris ont retenti si fort et si longtemps que j'en ai vomi mon petit déj.

Qui ne se serait pas enquis de lui dans tout le voisinage ?

Je l'avais pourtant averti et j'ai cru que les soins que je lui prodiguais l'avaient conquis. Pourquoi donc s'est-il enfui ? Je lui avais interdit de me quitter. Le monde est rempli d'ennemis ; ne le lui avais-je pas dit ? C'était pourtant un petit chat averti.

Je l'ai nourri, je l'ai chéri, je l'ai servi comme un prince, je ne l'ai jamais puni, jamais haï, jamais honni quoi qu'il fît* ; j'ai écrit pour lui des vers que je lis et relis pour me bercer de son souvenir.

Et il est parti ! Il s'est évanoui dans la nature ! Il m'avait promis qu'il ne me quitterait pas et il a menti. Il m'a trahie.

N'est-il pas déjà réduit en bouillie, aplati par quelque véhicule ?

J'ai tant pleuré que mes yeux en ont rougi, mes cheveux ont blanchi et mes larmes sont d'ores et déjà taries. Je me sens meurtrie, emplie de haine et enlaidie par le chagrin.

Je frémis de peur pour lui et je gémis en l'attendant sur le pas de ma porte.

Soudain l'air a fraîchi et j'en suis toute refroidie.

Il y a un instant, j'ai tressailli. N'était-ce pas un cri de mon petit ?

Le voici qui rapplique tout réjoui. Il ignore les angoisses que j'ai ressenties.

Instant béni** ! Mon imagination a fini d'envisager le pire. Et me voilà toute ragaillardie.

Viens, mon petit chat que je chéris. Ne me donnes-tu pas là une joie inouïe ?

"Voilà une histoire qui finit bien" me direz-vous !

 

 

*quoi qu'il fît, subjonctif imparfait

quoi qu'il fasse, subjonctif présent.

quoi qu'il ait fait, subjonctif passé

quoi qu'il eût fait, subjonctif plus-que parfait

 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 14:25

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Petit exercice préliminaire :

Comment écririez-vous au singulier et au pluriel :

bestiau-, matériau-, sarrau-, landau-,

bijou-, ripou-, verrou-, banal-, idéal-, travail-.

La correction de l'exercice se trouve tout à la fin de l'article.

Les mots sont écrits en vert dans le corps de l'article.

Sommaire de l'article

- Le quiz

- La correction du quiz

- Les règles orthographiques

 

QUIZ.- Dans le texte suivant, choisissez la bonne orthographe du mot écrit en rouge :

1-soit le mot se termine par -U

2-soit il se termine par -US

3-soit il se termine par -UX

 

Vous trouverez la correction et les règles après l'exercice

 

 Tonton et Jeannot à la pêche

Les tournures familières sont notées en italique

  Ce jour-là nous sommes partis à la pêche, mon neveu(-, s, x) et moi et nous n'avons eu que des aléas. Ma voiture, qui était bien loin d'être un  joyau(.), n'a pas pu démarrer, les essieu( ) étaient cassés et les pneu( ) lisses. "Tes bagnoles, c'est pas mieux que des landau( )" s'est esclaffé mon petit Jeannot qui n'avait pas la langue dans sa poche de manteau( ).

Nous avons décidé d'y aller à pied, mais mon petit louveteau( ) a trébuché sur un caillou( ) et il s'est blessé au genou( ). Il s'est fait de gros bleu( ) parce qu'un vaisseau( ) a claqué. Il criait comme un veau(.). Pauvre chou( ) ! Encore heureux qu'il puisse encore avancer. Il a, par mégarde, écrasé un oiseau( ) et l'on pouvait voir les boyau( ) du pauvre animal. C'était peut-être un passereau( ), un hirondeau( ) ou un fauconneau( ), ou même un petit cailleteau( ), beauseigne*, va savoir. Il s'en est fallu d'un cheveu( ) que Jean n'éclate en sanglots, mais je me suis dit que ce n'était pas la peine de lui chercher des pou(.) dans la tête, et qu'un boyau( ) d'oiseau( ), ça n'valait pas un clou( ).

Il s'est mis à me parler des émeu( ) qu'il avait occis un jour et il ne s'en était jamais remis. Il avait fait le voeu( ) de ne plus tirer les oiseau( ) au lance-pierre. Sur le chemin, on entendait les coucou( ). Jean m'a affirmé que c'étaient pas des besogneu( ) et qu'ils piquaient le nid des autres oiseau( ), de vrais voyou( ), des affreu( ).

On est arrivés à la rivière, le lieu( ) était poissonneux ; c'est alors qu'on a eu un petit creu( ). On a déballé la bouffe. "Chouette, des tripou( ) !" s'est écrié mon petit Jean, "on va se goinfrer comme des fou(.)". Je lui ai dit d'y aller mou( ). Il a répliqué en me faisant des clins d'yeux. "Y a pas de souci, tonton !"

Après avoir sucé son esquimau( ), mon Jeannot m'a aidé à déballer notre matériel. " Des hameçons en acier !" s'est-il exclamé, "C'est un bon matériau( ), ça !" Et il a accroché un vermisseau( ) comme appât.

On s'est mis à pêcher. Jean a eu de la chance et il a attrapé un petit barbeau( ). Il était déçu. J'ai ironisé : "Quel bestiau( ) ! Tu n'crois pas que tu allais pêcher des merlans ou des lieu( ) dans ce ruisseau, mon petit !"

On a rencontré un pauvre hère, un vieux scrogneugneu( ), bref, un ancien ripou( ), un chemineau( ) connu pour ses vagabondages et vêtu d'un oripeau( ) qui ne fleurait pas la vanille. "Attention !" nous a-t-il dit, "il y a des pièges qui vous prennent les pieds comme dans des étau(.)."

"Il nous mène en bateau( )", ai-je soufflé à Jeannot.

Moi, je n'ai pas eu de chance et j'ai ramené des choses bizarres, un râteau( ), un appeau( ), un marteau( ), un cerceau( ), même un bijou( ) de pacotille. On a passé le temps à se raconter des histoires. Jean m'a fait rire avec un fabliau( ) du Moyen Âge et il m'a récité un rondeau( ).

Je vais vous faire un aveu( ) : on a quand même passé un bon après-midi et un aimable paysan nous a ramenés dans son tombereau( ) crotté. Heureusement que j'avais pris un de mes grands sarrau( ) !

Des chouchou( ) comme Jeannot, on en rêve.

*beauseigne se prononce [beausseigne] expression du parler stéphanois (le gaga) qui exprime l'apitoiement. Elle viendrait de "beau seigneur !"

"Il souffre ! Oh beauseigne !

Ce type, c'est vraiment un beauseigne

 

CORRECTION

Ce jour-là nous sommes partis à la pêche, mon neveu et moi et nous n'avons eu que des aléas. Ma voiture, qui était bien loin d'être un joyau, n'a pas pu démarrer, les essieux étaient cassés et les pneus lisses. "Tes bagnoles, c'est toujours des landaus", s'est esclaffé mon petit Jeannot qui n'avait pas la langue dans sa poche de manteau( ).

Nous avons décidé d'y aller à pied, mais mon petit louveteau a trébuché sur un caillou et il s'est blessé au genou. Il s'est fait de gros bleus parce qu'un vaisseau a claqué. Il criait comme un veau. Pauvre chou ! Encore heureux qu'il puisse encore avancer. Il a, par mégarde, écrasé un oiseau et l'on pouvait voir les boyaux du pauvre animal. C'était peut-être un passereau, un hirondeau ou un fauconneau, ou même un petit cailleteau, beauseigne, va savoir. Il s'en est fallu d'un cheveu que Jean n'éclate en sanglots, mais je me suis dit que ce n'était pas la peine de lui chercher des poux dans la tête, et qu'un boyau d'oiseau, ça n'valait pas un clou.

Il s'est mis à me parler des émeus qu'il avait occis un jour et il ne s'en était jamais remis. Il fit le voeu de ne plus tirer les oiseaux au lance-pierre. Sur le chemin, on entendait les coucous. Jean m'a affirmé que c'étaient pas des besogneux et qu'ils piquaient le nid des autres oiseaux, de vrais voyous, des affreux.

On est arrivés à la rivière, le lieu était poissonneux ; c'est alors qu'on a eu un petit creux. On a déballé la bouffe. "Chouette, des tripous (ou des tripoux) !" s'est écrié mon petit Jean, "on va se goinfrer comme des fous". Je lui ai dit d'y aller mou. Il a répliqué en me faisant des clins d'yeux. "Y a pas de souci, tonton !"

Après avoir sucé son esquimau, mon Jeannot m'a aidé à déballer notre matériel. " Des hameçons en acier !" s'est-il exclamé, "C'est un bon matériau, ça !" Et il a accroché un vermisseau comme appât.

On s'est mis à pêcher. Jean a eu de la chance et il a attrapé un petit barbeau. Il était déçu. J'ai ironisé : "Quel bestiau ! Tu n'crois pas que tu allais pêcher des merlans ou des lieus dans ce ruisseau, mon petit !"

On a rencontré un pauvre hère, un vieux scrogneugneu, bref, un ancien ripou, un chemineau connu pour ses vagabondages et vêtu d'un oripeau qui ne fleurait pas la vanille. "Attention ! nous a-t-il dit, il y a des pièges qui vous prennent les pieds comme dans des étaux."

"Il nous mène en bateau", ai-je soufflé à Jeannot.

Moi, je n'ai pas eu de chance et j'ai ramené des choses bizarres, un râteau, un appeau, un marteau, un cerceau, et même un bijou de pacotille. On a passé le temps à se raconter des histoires. Jean m'a fait rire avec un fabliau du Moyen Âge et il m'a récité un rondeau.

Je vais vous faire un aveu : on a quand même passé un bon après-midi et un aimable paysan nous a ramenés dans son tombereau. Heureusement que j'avais pris un de mes grands sarraus !

Des chouchous (ou chouchoux) comme Jeannot, on en rêve.

 

LES NOMS SE TERMINANT PAR -OU prennent un S au pluriel

fou-fous, bambou-bambous, voyou-voyous, verrou-verrous...

 

EXCEPTIONS : Prennent un X bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou.

des bijoux, des cailloux, des choux, des genoux, des hiboux, des joujoux, des poux.

Ripoux verlan de pourri, admis par Larousse.

Un ripou

Des tripous ou tripoux, l'usage hésite.

Un chouchou

Des chouchous ou chouchoux, ne figurent pas dans les dictionnaires.

 

LES MOTS SE TERMINANT PAR -AU, -EAU, -EU, -OEU prennent un X au pluriel.

un matériau, des matériaux, un tuyau, des tuyaux, un boyau, des boyaux, un oiseau, des oiseaux,

un essieu, des essieux, un neveu, des neveux, un cheveu, des cheveux, un voeu, des voeux...

 

EXCEPTIONS : Prennent un S landau, sarrau - des landaus, des sarraus - et bleu, émeu, lieu (poisson), pneu – des bleus, des émeus, des lieus (poissons), des pneus.

et aussi beu, bisteu, enfeu, rebeu

et le participe passé de avoir : eu, eus

 

Remarques

1-Familièrement on peut employer un bestiau pour une bête.

Ah ! J'ai trouvé un bestiau dans mon assiette !

Pour parler en se moquant d'une personne grande et imposante :

Tu as vu ce bestiau ?

2-un scrogneugneu, des scrogneugneux.

 

LES NOMS MASCULINS SE TERMINANT PAR -AL font généralement leur pluriel en -AUX

un cheval, des chevaux...

 

SAUF les noms suivants qui ont un pluriel en -ALS :

bal, carnaval, cérémonial, chacal, choral, festival, pal, récital, régal, santal.

Un festival, des festivals...

REMARQUES

- CHORAL fait chorals ou choraux (nom, chorals / adjectif, chorals ou choraux)

des ensembles chorals ou choraux (qui concernent des choeurs), des chants choraux, des chorals religieux, des chorals sur orgues, clavecins...

- IDÉAL fait idéals ou idéaux (nom et adjectif)

- BANAL (adjectif) fait banals ou banaux dans :

des fours, des moulins banaux,

et banals (sens abstrait) : des romans banals, des gens banals...

 

LES NOMS MASCULINS SE TERMINANT PAR -AIL font généralement leur pluriel en -AILS

un portail, des portails - un éventail, des éventails...

Un travail (pluriel des travails) est l'appareil dans lequel on place les chevaux pour les ferrer.

Remarque : Le mot travail a deux sens : un travail, des travaux/travails

 

SAUF les noms suivants qui ont un pluriel en -AUX,

bail, corail, émail, fermail, soupirail, travail, vantail et vitrail – baux, coraux, etc

 

Le nom AIL fait au pluriel AILS ou AULX

 

Articles connexes :

Ne pas confondre LIEU (2) et LIEUE – CIELS et CIEUX

Ne pas confondre : FEUX et FEUS

 

Les petites histoires à trous

Récapitulation de tous les exercices à trous

Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

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Correction de l'exercice préliminaire

Pour plus de précisions, lire le corps de l'article.

Comment écririez-vous au singulier et au pluriel :

bestiau-, un bestiau, des bestiaux

matériau-, un matériau, des matériaux

sarrau-, un sarrau, des sarraus

landau-, un landau, des landaus

bijou-, un bijou, des bijoux

ripou-, un ripou, des ripoux

verrou-, un verrou, des verrous

idéal-, un idéal, des idéals, des idéaux

travail-. un travail, des travaux ou des travails, selon le sens

banal-, banal, banals ou banaux selon le sens

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 09:57

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Je ne suis pas la seule à m'être posé la question – comme beaucoup d'autres questions d'ailleurs auxquelles je tente de répondre dans ce blog.

Je pensais que AUTANT POUR MOI était l'orthographe correcte de cette locution jusqu'à ce qu'un de mes lecteurs me signale que l'Académie donnait AU TEMPS POUR MOI.

 

Il en va ainsi de la mémoire visuelle ; on rencontre un mot dans un texte ; il s'inscrit dans notre hippocampe (ou ailleurs, que sais-je ?) sans qu'on fasse aucun effort pour en garder la graphie et il ressort tel quel un jour ou l'autre quand le besoin s'en fait sentir. Se pose-t-on la question de savoir s'il est bien orthographié ? Pas toujours. On ne court pas les dictionnaires à chaque mot un peu alambiqué que l'on écrit ; et c'est bien là l'erreur.

Ainsi donc mon lecteur, Benoît pour le nommer, me fait justement remarquer que j'aurais dû écrire AU TEMPS POUR MOI dans le commentaire de mon article : Les mauvaises manières de parler le français - Barbarismes et solécismes - QUIZ 30

Pas si évident.

 

Ma recherche m'amène à lire ce que pensent quelques grammairiens de cette question cruciale.

 

Questions de langue | Académie française

www.academie-francaise.fr/la-langue-francaise/questions-de-langue

Aller à Au temps pour moi – (sommaire)

 

Claude Duneton, historien du langage penche pour autant pour moi (18 décembre 2003 dans la rubrique « au plaisir des mots » du Figaro)

Damourette et Pichon [auteurs de Des mots à la pensée. Essai de grammaire de la langue française] se demandent si autant n’est pas la forme primitive. Note du Grevisse 2012

 

Grevisse (411 a et R) fait référence à l'Académie 9e édition qui donne la formule : "Au temps pour les crosses" (à l'entrée CROSSE), injonction qui, dans le langage militaire, demande de recommencer le maniement des armes qui a été mal synchronisé.

 

AU TEMPS POUR MOI ! signifie que l'on reconnaît son erreur.

.......

Compte tenu de ces explications, je pense qu'on peut raisonnablement opter pour l'une ou l'autre graphie, à sa guise ; sans oublier que cette expression est familière.

 

Le débat continue :

http://www.langue-fr.net/Au-temps-ou-autant-pour-moi

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 12:06

 

 

Le point-virgule marque une pause, plus longue que celle de la virgule, moins longue que celle du point.

J'estime que ce signe de ponctuation est injustement de plus en plus délaissé de nos jours par les écrivains, les journalistes, les étudiants qui écrivent tant bien que mal, les barbouilleurs de tous poils et j'en passe ; pourtant le point-virgule a un sens ; il a un rôle à jouer ; dans la lecture à haute voix ne permet-il pas que l'on reprenne un peu son souffle ?

J'en viens à douter qu'à l'école on apprenne qu'il existe.

 

Cf. Littré : Point et virgule ( ; ), signe de ponctuation, qu'on emploie pour séparer des membres de phrases subordonnés non grammaticalement, mais logiquement.

Substantivement, le point-virgule. Le point-virgule marque une pause plus forte que la virgule.

 

On notera que le point virgule est précédé d'un espace (contrairement à la virgule), et que ce qui suit ne prend jamais de majuscule.

 

On peut l'employer :

dans des phrases longues donnant une énumération d'éléments déjà séparés par des virgules, un ou plusieurs de ces éléments étant eux-mêmes subdivisés en d'autres éléments séparés par des virgules.

 

Texte du 1/1/1835, valide du 1/1/1835 au 7/2/1924 L’acte de décès contiendra les prénoms, nom, âge, profession et domicile de la personne décédée ; les prénoms et nom de l’autre époux, si la personne décédée était mariée ou veuve ; les prénoms, noms, âge, professions et domiciles des déclarants ; et, s’ils sont parents, leur degré de parenté. Code civil - Article 79

 

pour séparer des propositions qui ont entre elles une relation logique.

Extraits de textes que vous pouvez retrouver dans ce blog

 

Ces récits occupaient tout le temps du coucher de ma mère et de ma soeur : elles se mettaient au lit mourantes de peur.; je me retirais au haut de ma tourelle ; la cuisinière rentrait dans la grosse tour, et les domestiques descendaient dans leur souterrain.

>> CHATEAUBRIAND - Mémoires d'Outre-Tombe - À Combourg

 

lorsque les phrases sont unies par un adverbe ou un syntagme à valeur adverbiale : pourtant, cependant, ensuite, enfin, à savoir, par conséquent, etc.

On rencontre le point-virgule avant la conjonction mais, parfois avant et.

 

Sa figure était une pomme rouge, un bouton de pivoine prêt à fleurir ; et là-dedans s’ouvraient, en haut, deux yeux noirs magnifiques, ombragés de grands cils épais qui mettaient une ombre dedans ; en bas, une bouche charmante, étroite, humide pour le baiser, meublée de quenottes luisantes et microscopiques.

>> GUY DE MAUPASSANT - Boule de Suif - Dans la diligence qui les emmène au Havre.

 

Il reste à savoir si l'on peut l'employer aujourd'hui dans une phrase pour séparer certaines parties de la phrase qui, de ce fait, ne sont pas des phrases complètes, comme dans les exemples ci-dessous (les parties de phrases sont ici des subordonnées conjonctives ou d'autres éléments).

Je n'ai trouvé ce cas cité dans aucune grammaire, ni dans aucun site sur la toile (se souciant de cette histoire de point-virgule), mais j'ai lu de nombreuses phrases d'écrivains utilisant ainsi le point-virgule.

 

Bundari, le second historien, conte que Zoroastre était Juif, et qu’il avait été valet de Jérémie ; qu’il mentit à son maître ; que Jérémie, pour le punir, lui donna la lèpre ; que le valet, pour se décrasser, alla prêcher une nouvelle religion en Perse, et fit adorer le soleil au lieu des étoiles.

>>VOLTAIRE - Dictionnaire philosophique - Zoroastre, prophète et fondateur du zoroastrisme

 

Que l'homme, étant revenu à soi, considère ce qu'il est au prix de ce qui est ; qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature ; et que de ce petit cachot où il se trouve logé, j'entends l'univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes et soi-même son juste prix. Qu'est-ce qu'un homme dans l'infini ?

>> BLAISE PASCAL - Pensées - Les deux infinis

 

Les anciens, les Chaldéens sans doute exceptés, la prenaient pour deux étoiles différentes ; ils la nommaient Hesper ou Vesper, l'occidentale, à son apparition du soir. Les modernes l'appellent l'étoile du berger, parce qu'elle est pour celui-ci le signal de la retraite dans les beaux jours ; et les cœurs tendres, l'étoile des amants, dont elle est le discret et mystérieux flambeau.

>> WILLIAM DUCKETT - Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Lucifer (Phosphore, Vénus, Astarté, Vénus-Uranie, Anahid, Hesper ou Vesper, Boker)

 

Je ne suis pas la seule à m'émouvoir de la disparition progressive du point-virgule :

>> Enfin; une cause ! Par MM. Benoît Leblanc et Claude Tousignant

cause qui est d'ailleurs bien mollement défendue !

 

On utilisait beaucoup le point-virgule avant le XXe siècle.

Et je veux l'utiliser à ma guise, sans qu'on me cherche noise !

 

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Vos pouvez lire aussi : J'aime l'esperluette

 

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 08:22

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Complétez avec les homophones : leur, leurs, l'heure, leurre ou l'heur. 

Exercice 1-

1-C'est un .. de croire que vous aurez un jour ... de me plaire.

2-Je n'approuve pas ... bêtises.

3-Je ne suis pas des ... . 4-Qu'on le ... dise !

Exercice 1  Correction

1- C'est un leurre de croire que vous aurez un jour l'heur de me plaire.

2-Je n'approuve pas leurs bêtises.

3-Je ne suis pas des leurs. 4-Qu'on le leur dise !

Exercice 2 

 

LES CONFIDENCES DE SIDONIE LALÈCHE

Je ne ...... ai pas dit que j'avais eu ...... de plaire à mon professeur et qu'il m'avait mis une bonne note pour mon excellent devoir. Il ...... avait parlé de ...... façon d'apprendre ...... leçons, en critiquant ...... désinvolture, ce qui ...... aurait permis de s'améliorer. Mais ...... obstination à n'en faire qu'à ...... tête les avait perdus et ...... notes s'en ressentaient.

...... moyenne était mauvaise.

J'ai toujours été attentive aux consignes de mes professeurs et ...... conseils m'ont aidée. Je ...... ai toujours obéi en tout et ils m'ont donné ...... confiance. Que ...... élèves réussissent est ...... objectif, c'est sûr. J'apprends mes leçons et les autres n'apprennent pas les ...... . C'est ...... choix. Le regretteront-il plus tard ? C'est un ...... de croire que dans la vie tout est facile, et qu'on peut faire seulement ce qui plaît. Je ne ...... dirai rien de tout cela, mais vous pouvez toujours le ...... faire savoir.

 

LEUR peut être

Adjectif possessif : Ils tiennent toujours fermement leurs enfants par la main quand ils sont dans la rue.

Pronom possessif : Ce ne sont pas mes enfants mais les leurs.

Pronom personnel : Je leur conseille toujours la prudence.

 

LEUR, LEURS : ADJECTIF POSSESSIF

C'est un déterminant qui accompagne un substantif (un nom)

Ces parents sont imprudents si leurs enfants ne les écoutent pas. Leur autorité est défaillante.

Pour repérer l'adjectif possessif, on peut le remplacer par un autre adjectif possessif : mon, ma, mes, ton, ta, tes, son, sa ses, notre, nos, votre, vos.

 

LE LEUR, LA LEUR, LES LEURS : PRONOM POSSESSIF

Le pronom remplace un nom.

Mes enfants sont obéissants, pas les leurs. (= pas leurs enfants)

Mon fils est particulièrement attentif. Le leur est toujours distrait. (= leur fils)

Ma fille suit mes conseils, alors que la leur n'écoute jamais.

Pronoms possessifs : le mien, la mienne, les miens, les miennes, le tien (etc.), le sien (etc.), le nôtre, la nôtre, les nôtres, le vôtre (etc.) le leur, la leur, les leurs

LE, LES devant LEUR(S) se contractent avec les prépositions A et DE

AU LEUR, AUX LEURS, DU LEUR, DES LEURS.

Je pense toujours à mes petits-enfants, mais ils ne pensent jamais aux leurs.

Je parle toujours de mon petit, je ne les ai jamais entendu parler du leur.

 

LEUR : PRONOM PERSONNEL INVARIABLE (jamais de S)

Le pronom remplace un nom qui répond à la question : À quoi ? ou À qui ?

complément d'objet indirect / complément d'objet second.

Tu leur parles toujours avec gentillesse. (Tu parles aux enfants)

Donne ces jouets aux enfants. Donne-leur ces jouets.

Donne-les-leur.

Attention à la place de leur lorsqu'il y a deux pronoms personnels.

Notez les traits d'union.

 

L'HEURE

Quelle heure est-il ? Il est deux heures et demie.

UN LEURRE

Un objet destiné à tromper. Un appât pour dresser un faucon par exemple.

Quelque chose que l'on croit et qui n'est pas vrai, c'est un leurrre.

VERBE LEURRER

On leurre quelqu'un avec quelque chose. Il me leurre avec ses belles promesses.

Je me leurre sur quelque chose, je me fais des illusions.

L'HEUR nom masculin

Ce qui arrive d'heureux, ce qui fait plaisir, une chance heureuse.

Je n'ai pas l'heur de vous plaire, tant pis.

> Je n'ai pas la chance, le plaisir de vous plaire.

Mots formés sur HEUR : bonheur, malheur.

 

Correction de l'exercice 2

LES CONFIDENCES DE SIDONIE LALÈCHE

Je ne leur ai pas dit que j'avais eu l'heur de plaire à mon professeur et qu'il m'avait mis une bonne note pour mon excellent devoir. Il leur avait parlé de leur façon d'apprendre leurs leçons, en critiquant leur désinvolture, ce qui leur aurait permis de s'améliorer. Mais leur obstination à n'en faire qu'à leur tête les avait perdus et leurs notes s'en ressentaient.

Leur moyenne était mauvaise.

J'ai toujours été attentive aux consignes de mes professeurs et leurs conseils m'ont aidée. Je leur ai toujours obéi en tout et ils m'ont donné leur confiance. Que leurs élèves réussissent est leur objectif, c'est sûr. J'apprends mes leçons et les autres n'apprennent pas les leurs. C'est leur choix. Le regretteront-il plus tard ? C'est un leurre de croire que dans la vie tout est facile, et qu'on peut faire seulement ce qui plaît. Je ne leur dirai rien de tout cela, mais vous pouvez le leur faire savoir.

 

>> Retour au début de la page 

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> AUTRES DICTÉES 

> Orthographe grammaire pour les hésitants

 

Vous pouvez vous dispenser de relire l'introduction à cet exercice si vous l'avez déjà lue dans l'article de la dictée 1

 > Orthographe – grammaire : comment se remettre à niveau – Dictée 1

 

Que de fautes de français dans les textes écrits !

Et que de gens désireux d'améliorer leur orthographe !

Mon blog propose déjà de nombreux exercices.

Je vous donne ici un texte "comme si vous faisiez une dictée". Certains mots écrits "phonétiquement" demanderont à être "décryptés phoniquement " et écrits correctement.

Je n'emploie pas les signes phonétiques internationaux qui pourraient ajouter des difficultés au décryptage.

Le texte d'auteur est ensuite donné sans fautes et je tâche d'expliquer ce qui aurait pu vous paraître difficile.

 

Exemples de mots ou de terminaisons écrits "phonétiquement" :

ê pour ai, ais, ait, aie, aies, ait, aient, et, est, es

sa pour sa, ça ou çà.

ou pour ou où hou ouh 

du pour dû, du(s), du(es), dut, dût

quel pour quels/quelle/quelles ou qu'elle/elles

quelque pour quelque ou quels/quelle/quelles + que

quoique pour quoique et quoi que

ver pour ver, vers, vert, verre, vair, ou au pluriel

si pour si, s'y ou ci

a pour a, à, ah, ha

o pour ô, oh, ho, au, aux, eau, eaux, haut

leur pour leur, leurs, leurre ou l'heure (ou même l'heur)

c'étê pour c'était ou c'étaient

é pour és, ée, ées, er

etc.

Rétablissez les accents s'il le faut.

Il faudra accorder les verbes, les participes passés, les adjectifs, etc.

>> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

CONSEIL :

Écrivez en toutes lettres les mots à corriger.

Mieux encore : Imprimez le texte et écrivez les mots dans l'interligne.

Bon courage et faites-en profiter vos amis !
 

 

Exemple :

Toute les foi qu'il me rencontrê, il me demandê si j'avê mangé.

Correction :

Toutes les fois qu'il me rencontrait, il me demandait si j'avais mangé.

 

La Mort d'Olivier Bécaille d'Émile Zola

Sê un samedi, a six heure du matin que je suis mort après trois jour de maladies. Ma povre femme fouillê depuis un instant dans la malle, ou elle cherchê du linge.
Lorsqu'elle sê relevé ê quel ma vue rigide, les yeux ouvert, sans un soufle, elle ê acouru, croyant a un évanouissement, me touchant les mains, se penchant sur mon visage. Puis, la terreur la prise ; ê, afolée elle a bégayer, en éclatant en larme :
- Mon Dieu ! mon Dieu ! il ê mort !

J'entendê tout, mais les sons afaiblis semblê venir de très loin. Seul, mon euil gauche persevê encor une lueur confuse, une lumière blanchatre ou les objets ce fondaient ; l'euil droit se trouvê complètemment paralisé.
S'étê une sincope de mon être entier comme un cou de foudre qui m'avait anéantit. Ma volontée étê morte, plus une fibre de ma chaire ne m'obéissê. ê, dans se néant, au-dessus de mes menbres inertes, la pensé seul demeurê, lante ê parresseuse, mais d'une nettetée parfaite.
Ma povre Marguerite pleurê, tombé a genou devant le lit, répétant d'une voie déchiré :
- Il ê mort, mon Dieu ! il ê mort !

Étê-ce dont la mort, se singulié état de torpeur, cette chaire frappé d'immobilitée, tandis que l'inteligence fonctionê toujour ? étê-ce mon ame qui s'atardêt ainsi dans mon crane, avant de prendre son vole ? Depuis mon enfanse, j'étê sujê a des crises nerveuse. Deux foi, tout jeune, des fièvres aigües avê faillie m'enporté. Puis, autour de moi, on s'étê habituer a me voire maladif ; ê moi même j'avais défendus a Marguerite d'allé chercher un mèdecin, lorsque je m'étê couché le matin de nôtre arrivé a Paris, dans cette hotel meublé de la rue Dauphine. Un peu de repos sufirê, s'étê la fatigue du voyage qui me courbaturê ainssi. Pourtant, je me sentê plain d'une angoise afreuse. Nous avions quitter brusquement notre province, très povres, ayant a peine de quoi atendre les apointements de mon premier mois, dans l'administrasion ou je m'étê assuré une place. ê voila qu'une crise subite m'emportê !

Étê-ce bien la mort ? Je m'étê imaginé une nuit plus noir, un silence plus lourt. Tout petit, j'avais déjà peur de mourrir. Comme j'étê débil ê que les gens me carressê avec compassion, je penssê constament que je ne vivrê pas, qu'on m'entererê de bonne heure. ê cette pensé de la terre me cosê une épouvante, a laquel je ne pouvais m'habitué, bien qu'elle me hanta17 nuit ê jour. En grandissant, j'avais gardé cet idée fix. Parfois, après des journées de réflection, je croyais avoir vaincus ma peur. Et bien !
On mourait, c'étê finit ; tout le monde mourait un jour ; rien ne devait être plus comode ni meilleure. J'arrivê presqu'a être gay, je regardê la mort en face. Puis, un frison brusque me glassê, me rendait a mon vertige, comme si une main géante m'eut balancé au-dessus d'un goufre noire. S'étê la pensé de la terre qui revennê ê emportê mes résonements.

Que de foi, la nuit, je me suis réveillé en surso, ne sachant quel soufle avait passer sur mon sommeil, joingnant les mains avec désespoir, balbussiant :

“ Mon Dieu ! mon Dieu ! il faut mourrir ! ” Une anxiétée me cérê la poitrine, la néssecitée de la mort me paréssê plus abominable, dans l'étourdisement du réveille. Je ne me rendormê qu'avec peine, le sommeil m'inquiètê, tellement il resemblê a la mort. Si j'allais dormir toujour ! Si je fermê les yeux pour ne lé rouvrirent jamais !
J'ignore si d'autre on souferts se tourment. Il a désoler ma vie. La mort sê dressé entre moi ê tout se que j'ê aimé. Je me souvient des plus heureux instants que j'ê passé avec Marguerite.

Dans les premier mois de notre marriage, lorsqu'elle dormê la nuit a mon coté, lorsque, je songê a elle en fesant des rèves d'a venir, s'en sesse l'atente d'une séparation fatal gatê mes joies, détruisê mes espoir. Il faudrê nous quittés, peut-être demain, peut-être dans une heure. Un immense découragement me prenê, je me demandê a quoi bon le bonneur d'être ensembles, puisqu'il devê aboutire a un déchirement si cruel. Alors, mon imagination ce plaisê dans le deuil. Qui partirê le premier, elle ou moi ? ê lune ou l'autre alternative m'atendrissê aux larmes, en déroullant le tableaux de nos vies brisés. Au meilleur époque de mon existance, j'ê eut ainsi des mélancolies soudaines que personne ne comprenê. Lorsqu'il m'arrivê une bonne chance, on s'étonnê de me voir sombre. S'étê que tout d'un cou, l'idée de mon néant avait traversé ma joie. Le terrible : “A quoi bon ?” sonê comme un gla a mes oreilles.

 

 

Texte avec les fautes soulignées suivies des explications

Se rapporter aux numéros à la suite de chaque paragraphe

 

Texte original

Extrait

La Mort d'Olivier Bécaille

un samedi, a six heure du matin que je suis mort après trois jour de maladies. Ma povre femme fouillê depuis un instant dans la malle, ou1 elle cherchê du linge.
Lorsqu'elle
sê relevé2 ê quel ma vue3 rigide, les yeux ouvert, sans un soufle, elle ê acouru4, croyant a un évanouissement, me touchant les mains, se penchant sur mon visage. Puis, la terreur la prise5 ; ê, afolée elle a bégayer, en éclatant en larme :
- Mon Dieu ! mon Dieu ! il
ê mort !

La Mort d'Olivier Bécaille

C'est un samedi, à six heures du matin que je suis mort après trois jours de maladie. Ma pauvre femme fouillait depuis un instant dans la malle, où elle cherchait du linge.
Lorsqu'elle s'est relevée et qu'elle m'a vu rigide, les yeux ouverts, sans un souffle, elle est accourue, croyant à un évanouissement, me touchant les mains, se penchant sur mon visage. Puis, la terreur l'a prise ; et, affolée elle a bégayé, en éclatant en larmes :
- Mon Dieu ! mon Dieu ! il est mort !
 

 

Notes :

1- la malle où elle cherchait du linge

où, pronom relatif qui a pour antécédent malle : elle cherchait du linge dans la malle

 

2-elle s'est relevée, verbe pronominal se relever conjugué au passé composé avec l'auxiliaire être.

La règle de l'accord des participes passés des verbes pronominaux est la même que lorsque les verbes sont conjugués avec avoir : ils s'accordent avec le complément d'objet direct s'il y en a un et s'il est placé avant le participe passé.

Se dans se relever est un pronom réfléchi. Elle s'est relevée > elle a relevé elle-même. Donc accord.

 

3-et qu'elle m'a vu

que (élidé en qu' devant une voyelle) remplace lorsque pour éviter la répétition : lorsqu'elle s'est relevée et lorsqu'elle m'a vu

> Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ?

4-elle est accourue – verbe accourir au passé composé.

Note de Littré : Accourir se construit avec l'auxiliaire avoir et l'auxiliaire être. L'on se sert du premier quand on a particulièrement l'intention d'exprimer l'action d'accourir ; et du second, quand on a l'intention d'exprimer l'état d'une personne qui est accourue. Elles ont accouru en hâte nous porter secours ; elles sont accourues et ont contemplé ce triste spectacle.

Le participe passé s'accorde avec le sujet lorsqu'il est conjugué avec l'auxiliaire être (sauf celui des verbes pronominaux)

Verbes commençant par AC- ACC- Ils s'écrivent tous avec 2C, sauf acquérir et s'acoquiner

 

5-la terreur l'a prise, prendre au passé composé. Le participe passé prise s'accorde avec le complément placé avant lui : l' (la élidé) qui remplace ma pauvre femme.

J'entendê tout, mais les sons afaiblis6 semblê venir de très loin. Seul, mon euil gauche persevê encor7 une lueur confuse, une lumière blanchatre8 ou les objets ce fondê ; l'euil droit se trouvê complètemment9 paralisé.
S'étê une sincope de mon être entié comme un cou de foudre qui m'avait anéantit10. Ma volontée étê morte, plus une fibre de ma chaire ne m'obéissê. Ê, dans se11 néant, au-dessus de mes menbres
12 inertes, la pensé seul demeurê, lante ê parresseuse, mais d'une nettetée13 parfaite.
Ma
povre Marguerite pleurê, tombé a genou devant le lit, répétant d'une voie déchiré :
- Il ê mort, mon Dieu ! il ê mort !

J'entendais tout, mais les sons affaiblis semblaient venir de très loin. Seul, mon oeil gauche percevait encore une lueur confuse, une lumière blanchâtre où les objets se fondaient ; l'oeil droit se trouvait complètement paralysé.
C'était une syncope de mon être entier comme un coup de foudre qui m'avait anéanti. Ma volonté était morte, plus une fibre de ma chair ne m'obéissait. Et, dans ce néant, au-dessus de mes membres inertes, la pensée seule demeurait, lente et paresseuse, mais d'une netteté parfaite.
Ma pauvre Marguerite pleurait, tombée à genoux devant le lit, répétant d'une voix déchirée :
- Il est mort, mon Dieu ! il est mort !

 

6-les sons affaiblis, affaiblis est un participe passé employé comme adjectif. Il s'accorde avec LES SONS, masculin pluriel. (un son affaibli)

7-encore peut s'écrire sans E en poésie. C'est une licence poétique pour la rime ou la mesure du vers.
 

8-L'adverbe complètement est formé à partir de l'adjectif au féminin complète + MENT

Dure, durement – sotte, sottement - etc.
 

Les adverbes formés sur les adjectifs se terminant par MENT ou MANT prennent 2M :

patient, patiemment – brillant, brillamment – etc


9-blanchâtre, bleuâtre, rougeâtre, douçâtre.

>>L'accent circonflexe – Mettons-le seulement là où il faut - cru, crû, idolâtre, psychiatre, écolâtre, gaîment, absolument, ambigument, fantomatique, tempétueux...

10- un coup de foudre qui m'avait anéanti : le verbe du 2e groupe est à l'indicatif plus que parfait. Anéanti est le participe passé.
 

11- Et dans ce néant au-dessus de mes membres inertes :

ce néant, celui dont il vient de parler. Ce, adjectif démonstratif.
 

12-mes membres

Devant le M, le B, le P, on écrit M pas N

Exceptions : bonbon, bonbonne, bonbonnière, embonpoint, néanmoins.

13- une netteté parfaite

Les noms féminins se terminant par -té ou -tié s'écrivent sans -é .

Ce sont des noms abstraits ou des qualités.
Exemples : l'amitié, la liberté, la volonté.

Ils sont formés à partir des adjectifs qui leur correspondent.

obscur, obscurité – cher, cherté – beau, beauté.


Exceptions : 
1. 
la dictée, la jetée, la montée, la pâtée, la portée. 
2. les noms féminins qui indiquent une quantité ou un contenu.

Exemples : une portée, une brouettée, une charretée...

 

Étê-ce dont la mort, se singulié état de torpeur, cette chaire14 frappé d'immobilitée, tandis que l'inteligence fonctionê toujours ? étê-ce mon ame qui s'atardêt ainsi dans mon crane, avant de prendre son vole ? Depuis mon enfanse, j'étê sujê a des crises nerveuse. Deux foi15, tout jeune, des fièvres aigües avê faillie m'enporté16. Puis, autour de moi, on s'étê habituer a me voire17 maladif ; ê moi même j'avais défendus a Marguerite d'allé chercher un mèdecin, lorsque je m'étê couché le matin de nôtre18 arrivé a Paris, dans cette hotel19 meublé de la rue Dauphine. Un peu de repos sufirê, s'étê la fatigue du voyage qui me courbaturê ainssi. Pourtant, je me sentê plain d'une angoise afreuse. Nous avions quitter brusquement notre province, très povres, ayant a peine de quoi atendre les apointements de mon premier mois, dans l'administrasion20 ou je m'étê assuré une place. ê voila21 qu'une crise subite m'emportê !

Était-ce donc la mort, ce singulier état de torpeur, cette chair frappée d'immobilité, tandis que l'intelligence fonctionnait toujours ? Était-ce mon âme qui s'attardait ainsi dans mon crâne, avant de prendre son vol ? Depuis mon enfance, j'étais sujet à des crises nerveuses. Deux fois, tout jeune, des fièvres aiguës avaient failli m'emporter. Puis, autour de moi, on s'était habitué à me voir maladif ; et moi-même j'avais défendu à Marguerite d'aller chercher un médecin, lorsque je m'étais couché le matin de notre arrivée à Paris, dans cet hôtel meublé de la rue Dauphine. Un peu de repos suffirait, c'était la fatigue du voyage qui me courbaturait ainsi. Pourtant, je me sentais plein d'une angoisse affreuse. Nous avions quitté brusquement notre province, très pauvres, ayant à peine de quoi attendre les appointements de mon premier mois, dans l'administration où je m'étais assuré une place. Et voilà qu'une crise subite m'emportait !

14-chair > Ne pas confondre les homophones : (adjectif) cher, (adverbe) cher, substantifs) la chère, la chair, la chaire, la cheire.

15—deux fois

FOIS -que de fois, une fois – Dérivés : quelquefois, parfois

FOI- avoir la foi, être croyant – avoir foi en quelqu'un, en quelque chose.

Eh bien ma foi ! Par ma foi !

FOIE – le foie est un organe qui sécrète la bile.

16-des fièvres aiguës

aigu, ambigu, exigu et la ciguë ont un tréma sur le e au féminin singulier et pluriel aiguë, ambiguë, exiguë.

La ciguë

des fièvres aiguës avaient failli m'emporter

avaient failli, plus-que parfait, le participe passé est failli.

Emporter est à l'infinitif.

Si l'on remplace emporter par faire on a :

des fièvres aiguës avaient failli me faire (et non pas fait)

17-voire avec un E : même.

On dit aussi voire même  > Voire ou voire même ? Que doit-on dire ?

 

18-notre arrivée à Paris

NOTRE est un adjectif possessif, on peut le remplacer par un autre déterminant comme un article indéfini : l'arrivée, ou un article indéfini : une arrivée.

NÔTRE est un pronom possessif, il remplace un nom.

C'est notre voiture.

> C'est la nôtre. (nôtre remplace notre voiture)

19-cet hôtel

Les adjectifs démonstratifs masculins au singulier : ce, cet, (suivis d'un nom)

Cet est suivi d'une voyelle ou d'un h muet : cet homme, cet élève attentif.

20-administration

Les mots se terminant par ATION s'écrivent avec un T sauf passion et compassion.

21-un accent à voilà (Vois là) > Voilà - Voici

pas d'accent à cela.

Étê-ce bien la mort ? Je m'étê imaginé une nuit plus noir, un silence plus lourt. Tout petit, j'avais déjà peur de mourrir22. Comme j'étê débil ê que les gens me carressê avec compassion, je penssê constament23 que je ne vivrê pas24, qu'on m'entererê de bonne heure. ê cette pensé de la terre me cosê une épouvante, a laquel je ne pouvais m'habitué, bien qu'elle me hanta25 nuit ê jour. En grandissant, j'avais gardé cet idée fix. Parfois, après des journées de réflection je croyais avoir vaincus26 ma peur. Et bien27 !
On mourait,
c'étê finit ; tout le monde mourait un jour ; rien ne devait être plus comode ni meilleure. J'arrivê presqu'a28 être gay29, je regardê la mort en face. Puis, un frison brusque me glassê, me rendait a mon vertige, comme si une main géante m'eut balancé30 au-dessus d'un goufre noire. S'étê la pensé de la terre qui revennê ê emportê mes résonements31.

Était-ce bien la mort ? Je m'étais imaginé une nuit plus noire, un silence plus lourd. Tout petit, j'avais déjà peur de mourir. Comme j'étais débile et que les gens me caressaient avec compassion, je pensais constamment que je ne vivrais pas, qu'on m'enterrerait de bonne heure. Et cette pensée de la terre me causait une épouvante, à laquelle je ne pouvais m'habituer, bien qu'elle me hantât nuit et jour. En grandissant, j'avais gardé cette idée fixe. Parfois, après des journées de réflexion, je croyais avoir vaincu ma peur. Eh bien !
On mourait, c'était fini ; tout le monde mourait un jour ; rien ne devait être plus commode ni meilleur. J'arrivais presque à être gai, je regardais la mort en face. Puis, un frisson brusque me glaçait, me rendait à mon vertige, comme si une main géante m'eût balancé au-dessus d'un gouffre noir. C'était la pensée de la terre qui revenait et emportait mes raisonnements.

22-MOURIR (comme COURIR et ses dérivés accourir, recourir) prend 2R seulement au futur, je courrai, il courra... et au conditionnel présent, je courrais, il courrait.

23-voir les adverbes au n°8

adjectif constant

adverbe constamment 

24-je pensais constamment que je ne vivrais pas, qu'on m'enterrerait de bonne heure.

Mettons la phrase au présent :

Je pense constamment que je ne vivrai pas, qu'on m'enterrera ...

Concordance des temps :

Le présent dans la proposition principale entraîne le futur (vivrai) dans la subordonnée.

Le passé dans la proposition principale entraîne le conditionnel (vivrais) dans la subordonnée.

Ce conditionnel est un futur du passé.

25-je ne pouvais m'habituer bien qu'elle me hantât

On a ici le subjonctif hantât et pas un passé simple (hanta). Après la locution conjonctive bien que, on a toujours le subjonctif > Bien que

26-je croyais avoir vaincu ma peur

avoir vaincu, infinitif passé

vaincre, verbe du 3e groupe

présent de l'indicatif : je vaincs, il vainc

passé simple : je vainquis

passé composé : j'ai vaincu

27- Eh bien – Eh oui

28-j'arrivais presque à être gai.

Il y a une disjonction après presque (le E final n'est pas élidé) sauf dans presqu'île

29- gai, joyeux.

gay, homosexuel.

Changeons le sujet :

Tu penses constamment que tu ne vivras pas.

Tu pensais constamment que tu ne vivrais pas.

Le radical de enterrer est terre. 2R

30-comme si une main géante m'eût balancé : subjonctif plus-que-parfait

La conjonction de subordination SI et la locution conjonctive COMME SI sont suivies de l'indicatif ou du subjonctif (langue soignée)

comme si une main géante m'avait balancé : indicatif plus-que-parfait.

> Si > Comme si

31-mes raisonnements

Ne pas confondre résonner, retentir

et raisonner, exercer sa raison.

Que de foi, la nuit, je me suis réveillé en surso32, ne sachant quel soufle avait passer sur mon sommeil, joingnant33 les mains avec désespoir, balbussiant :

Mon Dieu ! mon Dieu ! il faut mourrir ! ” Une anxiétée me cérê la poitrine, la néssecitée de la mort me paréssê plus abominable, dans l'étourdisement du réveille. Je ne me rendormê qu'avec peine, le someil m'inquiètê, tellement il resemblê a la mort. Si j'allais dormir toujour ! Si je fermê les yeux pour ne rouvrirent jamais !
J'ignore si
d'autre on souferts se34 tourment. Il a désoler ma vie. La mort s'ê dressé entre moi ê tout se que j'ê aimé. Je me souvient des plus heureux instants que j'ê passé35 avec Marguerite.

Que de fois, la nuit, je me suis réveillé en sursaut, ne sachant quel souffle avait passé sur mon sommeil, joignant les mains avec désespoir, balbutiant :

Mon Dieu ! mon Dieu ! il faut mourir ! ” Une anxiété me serrait la poitrine, la nécessité de la mort me paraissait plus abominable, dans l'étourdissement du réveil. Je ne me rendormais qu'avec peine, le sommeil m'inquiétait, tellement il ressemblait à la mort. Si j'allais dormir toujours ! Si je fermais les yeux pour ne les rouvrir jamais !
J'ignore si d'autres ont souffert ce tourment. Il a désolé ma vie. La mort s'est dressée entre moi et tout ce que j'ai aimé. Je me souviens des plus heureux instants que j'ai passés avec Marguerite.

32-un saut, un sursaut, sursauter

33-joindre, verbe du 3e groupe

Indicatif présent : je joins, il joint, nous joignons

passé composé : j'ai joint

passé simple : je joignis

participe présent joignant

34-j'ignore si d'autres ont souffert ce tourment

ont souffert, passé composé de souffrir

Le complément d'objet direct:CE TOURMENT est placé après le verbe souffrir, dont pas d'accord du participe passé.

Ce tourment, ce, adjectif démonstratif : ce tourment-là

> Qu'est-ce qu'un complément d'objet direct ? un complément d'objet second ? un complément d'objet indirect ?
 

35- des plus heureux instants que j'ai passés avec Marguerite.

Le participe passé PASSÉS s'accorde avec le complément d'objet direct QUE (pronom relatif qui remplace instants) placé avant lui.

> Règles de l'accord des participes passés

 

Dans les premier mois de notre marriage, lorsqu'elle dormê la nuit a mon coté, lorsque je songê a elle en fesant des rèves d'a venir, s'en sesse l'atente d'une séparation fatal gatê mes joies, détruisê mes espoir. Il faudrê nous quittés, peut-être demain, peut-être dans une heure. Un immense découragement me prenê, je me demandê a quoi bon le bonneur d'être ensembles36, puisqu'il devê aboutire a un déchirement si cruel. Alors, mon imagination ce plaisê37 dans le deuil. Qui partirê38 le premier, elle ou moi ? ê lune ou l'autre alternative m'atendrissê aux larmes, en déroullant le tableaux de nos vies brisés. Au meilleur époque de mon existance, j'ê eut ainsi des mélancolies soudaines que personne ne comprenê. Lorsqu'il m'arrivê une bonne chance, on s'étonnê de me voir sombre. S'étê que tout d'un cou, l'idée de mon néant avait traversé ma joie. Le terrible : “A quoi bon ?” sonê comme un gla a mes oreilles.

Dans les premiers mois de notre mariage, lorsqu'elle dormait la nuit à mon côté, lorsque je songeais à elle en faisant des rêves d'avenir, sans cesse l'attente d'une séparation fatale gâtait mes joies, détruisait mes espoirs. Il faudrait nous quitter, peut-être demain, peut-être dans une heure. Un immense découragement me prenait, je me demandais à quoi bon le bonheur d'être ensemble, puisqu'il devait aboutir à un déchirement si cruel. Alors, mon imagination se plaisait dans le deuil. Qui partirait le premier, elle ou moi ? Et l'une ou l'autre alternative m'attendrissait aux larmes, en déroulant le tableau de nos vies brisées. Aux meilleures époques de mon existence, j'ai eu ainsi des mélancolies soudaines que personne ne comprenait. Lorsqu'il m'arrivait une bonne chance, on s'étonnait de me voir sombre. C'était que tout d'un coup, l'idée de mon néant avait traversé ma joie. Le terrible :
“À quoi bon ?” sonnait comme un glas à mes oreilles.

36-ensemble est un adverbe invariable : nous sommes ensemble.

Le substantif varie : un ensemble (costume, maths, musique, etc.) des ensembles.

37-mon imagination se plaisait dans le deuil

verbe pronominal se plaire

elle se plaît : notez l'accent.

38-Qui partirait le premier ?

Voir la note 24 : concordance des temps.

Si le récit était au présent, on aurait : Qui partira le premier ?

Le récit est au passé : partirait, futur du passé.

 

 

Voir le texte intégral complet dans in Libro Veritas

>> Emile Zola - La Mort d'Olivier Bécaille - texte intégral - In Libro Veritas

La Mort d'Olivier Bécaille d'Emile Zola

1884

 

Extrait

C'est un samedi, à six heures du matin que je suis mort après trois jours de maladie. Ma pauvre femme fouillait depuis un instant dans la malle, où elle cherchait du linge.
Lorsqu'elle s'est relevée et qu'elle m'a vu rigide, les yeux ouverts, sans un souffle, elle est accourue, croyant à un évanouissement, me touchant les mains, se penchant sur mon visage. Puis, la terreur l'a prise ; et, affolée elle a bégayé, en éclatant en larmes :
- Mon Dieu ! mon Dieu ! il est mort !
J'entendais tout, mais les sons affaiblis semblaient venir de très loin. Seul, mon oeil gauche percevait encore une lueur confuse, une lumière blanchâtre où les objets se fondaient ; l'oeil droit se trouvait complètement paralysé.
C'était une syncope de mon être entier comme un coup de foudre qui m'avait anéanti. Ma volonté était morte, plus une fibre de ma chair ne m'obéissait. Et, dans ce néant, au-dessus de mes membres inertes, la pensée seule demeurait, lente et paresseuse, mais d'une netteté parfaite.
Ma pauvre Marguerite pleurait, tombée à genoux devant le lit, répétant d'une voix déchirée :
- Il est mort, mon Dieu ! il est mort !
Était-ce donc la mort, ce singulier état de torpeur, cette chair frappée d'immobilité, tandis que l'intelligence fonctionnait toujours ? Était-ce mon âme qui s'attardait ainsi dans mon crâne, avant de prendre son vol ? Depuis mon enfance, j'étais sujet à des crises nerveuses. Deux fois, tout jeune, des fièvres aiguës avaient failli m'emporter. Puis, autour de moi, on s'était habitué à me voir maladif ; et moi-même j'avais défendu à Marguerite d'aller chercher un médecin, lorsque je m'étais couché le matin de notre arrivée à Paris, dans cet hôtel meublé de la rue Dauphine. Un peu de repos suffirait, c'était la fatigue du voyage qui me courbaturait ainsi. Pourtant, je me sentais plein d'une angoisse affreuse. Nous avions quitté brusquement notre province, très pauvres, ayant à peine de quoi attendre les appointements de mon premier mois, dans l'administration où je m'étais assuré une place. Et voilà qu'une crise subite m'emportait !
Était-ce bien la mort ? Je m'étais imaginé une nuit plus noire, un silence plus lourd. Tout petit, j'avais déjà peur de mourir. Comme j'étais débile et que les gens me caressaient avec compassion, je pensais constamment que je ne vivrais pas, qu'on m'enterrerait de bonne heure. Et cette pensée de la terre me causait une épouvante, à laquelle je ne pouvais m'habituer, bien qu'elle me hantât nuit et jour. En grandissant, j'avais gardé cette idée fixe. Parfois, après des journées de réflexion, je croyais avoir vaincu ma peur. Eh bien !
On mourait, c'était fini ; tout le monde mourait un jour ; rien ne devait être plus commode ni meilleur. J'arrivais presque à être gai, je regardais la mort en face. Puis, un frisson brusque me glaçait, me rendait à mon vertige, comme si une main géante m'eût balancé au-dessus d'un gouffre noir. C'était la pensée de la terre qui revenait et emportait mes raisonnements.

Que de fois, la nuit, je me suis réveillé en sursaut, ne sachant quel souffle avait passé sur mon sommeil, joignant les mains avec désespoir, balbutiant :

Mon Dieu ! mon Dieu ! il faut mourir ! ” Une anxiété me serrait la poitrine, la nécessité de la mort me paraissait plus abominable, dans l'étourdissement du réveil. Je ne me rendormais qu'avec peine, le sommeil m'inquiétait, tellement il ressemblait à la mort. Si j'allais dormir toujours ! Si je fermais les yeux pour ne les rouvrir jamais !
J'ignore si d'autres ont souffert ce tourment. Il a désolé ma vie. La mort s'est dressée entre moi et tout ce que j'ai aimé. Je me souviens des plus heureux instants que j'ai passés avec Marguerite.

Dans les premiers mois de notre mariage, lorsqu'elle dormait la nuit à mon côté, lorsque je songeais à elle en faisant des rêves d'avenir, sans cesse l'attente d'une séparation fatale gâtait mes joies, détruisait mes espoirs. Il faudrait nous quitter, peut-être demain, peut-être dans une heure. Un immense découragement me prenait, je me demandais à quoi bon le bonheur d'être ensemble, puisqu'il devait aboutir à un déchirement si cruel. Alors, mon imagination se plaisait dans le deuil. Qui partirait le premier, elle ou moi ? Et l'une ou l'autre alternative m'attendrissait aux larmes, en déroulant le tableau de nos vies brisées. Aux meilleures époques de mon existence, j'ai eu ainsi des mélancolies soudaines que personne ne comprenait. Lorsqu'il m'arrivait une bonne chance, on s'étonnait de me voir sombre. C'était que tout d'un coup, l'idée de mon néant avait traversé ma joie. Le terrible : “À quoi bon ?” sonnait comme un glas à mes oreilles.

 

Les homophones ou où hou ouh houx août houe / Ton père ou ta mère viendra ou viendront ?

Les homophones/paronymes et es est ai aie aies ait aient eh hé hais hait haie ais ès + Note sur les conjonctions de coordination

>> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

*Valeurs et emplois du subjonctif

La clef des modes - Indicatif, subjonctif ou conditionnel, lequel choisir ?

Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

 Les Textes de mes  DÉLIRES  peuvent vous servir de textes de dictées (pour les grands)

Voir aussi  La dictée de Mérimée avec ses difficultés expliquées par le menu

 

 Si vous avez fait beaucoup de fautes, refaites la dictée dans quelques temps.

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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